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jeudi, 06 juillet 2023

Spengler, Marx et Lénine : Capitalisme, communisme et racisme

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Spengler, Marx et Lénine: Capitalisme, communisme et racisme

Constantin von Hoffmeister

Source: https://www.eurosiberia.net/p/spengler-marx-and-lenin-capitalism?utm_source=post-email-title&publication_id=1305515&post_id=132756558&isFreemail=true&utm_medium=email

L'aigle bicéphale du Saint-Empire romain germanique ou de l'Empire russe comme symbole de l'hypertrophie impériale : les collisions entre les dirigeants et les dirigés ne peuvent disparaître que lorsque les intérêts de profit sont réduits et que les crises internes d'accumulation du travail et du capital sont résolues, ce qui, dans des conditions de type impérialiste, ne peut jamais être que temporaire. En fait, il n'y aura pas de fin tant que les entités impérialistes et leurs structures capitalistes sous-jacentes n'auront pas été détruites. Cependant, les écrits d'Oswald Spengler ne doivent pas seulement être lus comme un examen du socialisme, mais aussi comme un bilan du capitalisme de Manchester. La raison en est que Spengler considère ce dernier comme une variante du marxisme. Tous deux sont anti-étatiques et matérialistes de part en part. Spengler justifie ce point de vue en soulignant que le marxisme, comme le "manchesterisme", considère le travail comme une "marchandise" et non comme une profession, un service ou un but dans la vie. Pour le prouver, Spengler utilise l'équation du travail et de la marchandise avec laquelle Karl Marx analyse le système capitaliste à travers la théorie de la plus-value. Dans le socialisme prussien, le travail est un devoir - dans le marxisme, c'est une marchandise. Ce qui peut être vendu ne doit pas être conservé. Un devoir est une obligation interne et n'est donc pas disponible pour le troc - c'est un ancrage dans la société, et non un choix.

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Spengler a combattu la République de Weimar et voulait avant tout éviter que sa crise ne débouche sur une révolution. Il s'est donc efforcé de dénoncer les communistes, qui voulaient mettre l'expérience du bolchevisme à l'ordre du jour en Allemagne, comme n'étant pas dignes de confiance. Dans son livre L'homme et la technique, publié en 1931, Spengler affirme que, contrairement aux discours internationalistes des partis marxistes, les peuples opprimés d'Europe ont en réalité profité de la pratique de l'exploitation dans d'autres parties du monde. A y regarder de plus près, les classes inférieures avaient elles aussi un "niveau de vie luxueux" par rapport aux peuples non-européens, grâce au "salaire élevé de l'ouvrier blanc", qui "reposait exclusivement sur le monopole que les chefs d'industrie avaient érigé autour de lui", c'est-à-dire sur le partage des profits supplémentaires générés dans les colonies.

Certes, ce sont les catastrophes de l'époque de la guerre mondiale, les crises de l'impérialisme européen et les convulsions d'un capitalisme qui s'affirme à l'échelle mondiale qui ont fourni aux mouvements de lutte communistes les armes, les arguments et la force morale. Mais ce sont les conditions extérieures qui ont amené le communisme au pouvoir, tout comme elles l'ont fait pour le fascisme italien et, plus tard, pour le national-socialisme allemand. Ces deux mouvements désormais classés "à droite" ont été précédés par l'exemple soviétique de la mobilisation d'innombrables esprits et de mains qui voulaient créer quelque chose de nouveau et de bon au sens propre, et pas seulement pour eux-mêmes et leur groupe politique ou leur classe sociale, ou même pour leur "race", mais idéalement pour toute l'humanité.

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Vladimir Lénine avait besoin d'un ennemi politique concret et l'a trouvé dans le "capitaliste". Il plaide pour la destruction sociale et physique du capitaliste, dans l'esprit des théories racistes. Pour cet "excrément de l'humanité, ces éléments désespérément pourris et dépravés, cette peste, ce fléau, ce furoncle", il ne devait y avoir aucune pitié, disait Lénine. Dans les quelques écrits où Marx a traité du racisme, il a déjà développé trois éléments fondamentaux : premièrement, le capitalisme favorise la concurrence entre les travailleurs ; deuxièmement, la classe dirigeante utilise délibérément le racisme pour maintenir les travailleurs à l'écart les uns des autres et les rendre ainsi plus contrôlables ; et troisièmement, l'oppression d'un groupe de travailleurs a des effets néfastes sur tous les travailleurs parce qu'elle les affaiblit dans les luttes de classe.

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dimanche, 05 mars 2023

Poutine et Lénine, selon Spengler

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Poutine et Lénine, selon Spengler

Constantin von Hoffmeister

Source: https://eurosiberia.substack.com/p/putin-and-lenin-according-to-spengler

Dans les profondeurs sombres et exaspérantes du passé, Spengler a contemplé une figure sinistre connue sous le nom de Vladimir Lénine, un présage de la fin de l'Occident, dont l'existence même menaçait de briser les fondements de la société traditionnelle. Aux yeux de Spengler, Lénine et son parti bolchevique incarnaient les pouvoirs malveillants de la modernité, une force qui menaçait d'engloutir le monde dans un tourbillon de chaos et de destruction. En Lénine, Spengler voyait l'issue inévitable de la descente de l'Occident dans la folie et le désespoir, alors que la culture autrefois grande était consumée par sa propre hubris et avait perdu le contact avec ses racines spirituelles.

Pourtant, dans les profondeurs de l'esprit de Spengler, il aurait pu entrevoir une vision de Vladimir Poutine comme un leader plus banal, s'efforçant de ressusciter la vitalité culturelle et spirituelle de la Mère Russie. Peut-être aurait-il même pu voir en Poutine un symbole de défi contre les forces sinistres de l'âge moderne, celles qui visent à décimer les principes sacrés de la tradition et de la vertu.

Spengler était convaincu qu'au crépuscule du déclin d'une civilisation, une figure formidable et captivante apparaîtrait, capable d'assurer l'ordre et la sécurité par la seule force de sa volonté et de sa personnalité. Cette croyance constituait le fondement de sa thèse de "l'avènement des Césars", qu'il considérait comme un schéma récurrent dans les annales de l'histoire, de tels leaders émergeant souvent au cours de périodes de bouleversements et de catastrophes.

À l'époque actuelle, la notion d'un nouveau César est toujours pertinente, car le globe est en proie à des problèmes contrariants qui exigent un leadership fort et inébranlable. Néanmoins, cette idée a suscité des critiques pour avoir "promu l'autoritarisme et le mépris des valeurs démocratiques". En outre, l'impact qu'un individu peut avoir sur le cours de l'histoire diminue à l'ère de la mondialisation et du progrès technologique. Les défis auxquels les sociétés modernes sont confrontées nécessitent des efforts et des solutions collectives qui dépassent la capacité d'un seul leader, aussi imposant ou magnétique que soit son aura.

Par conséquent, bien que la notion de nouveau César puisse encore conserver une certaine pertinence à notre époque moderne, il est impératif que nous l'examinions à la lumière des obstacles du présent et de la nécessité de trouver des moyens coopératifs pour faire face aux difficultés. Spengler a postulé que lorsque les sociétés entrent dans leur phase finale de déclin, elles ont tendance à engendrer des leaders formidables et séduisants, expérimentés dans la préservation de la loi et de la stabilité par la puissance de leur résolution et de leur présence.

Spengler voyait ces dirigeants comme les Césars de la Rome antique, qui pouvaient maintenir intact un empire en ruine grâce à leur charme personnel et leur volonté inflexible. Il estimait que l'Occident était confronté à une période de déclin comparable à celle de l'Orient, et que ce n'était qu'une question de temps avant qu'un nouveau César ne surgisse pour rétablir l'ordre et la stabilité. Peut-être Poutine, avec son leadership autoritaire et ses efforts pour rétablir la position de la Russie dans le monde, aurait-il été considéré par Spengler comme un prétendant à ce rôle convoité. Spengler a peut-être aussi été conscient des entreprises de Poutine pour rétablir la domination de la Russie sur la scène mondiale.

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samedi, 04 février 2023

L’arrière-plan géopolitique de la révolution de 1917

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L’arrière-plan géopolitique de la révolution de 1917

Alexandre Douguine

(extrait du livre Last War of the World-Island, Arktos, 2015)

La fin de la dynastie tsariste ne signifiait pas encore la fin de la Première Guerre mondiale pour la Russie. Et bien que l’une des raisons du renversement des Romanov était les difficultés de la guerre et la tension qu’elle imposait aux ressources humaines, à l’économie et à toute l’infrastructure sociale de la société russe, les forces qui arrivèrent au pouvoir après l’abdication de Nicolas II (le Gouvernement Provisoire [1] constitué principalement sur la base de la franc-maçonnerie de la Douma [2] et des partis bourgeois) continuèrent le cours de la participation de la Russie à la guerre aux cotés de la Triple Entente [3].

Géopolitiquement, ce point est décisif. Nicolas II aussi bien que les partisans de la forme de gouvernement républicaine, démocratique-bourgeoise alignée avec lui étaient orientés vers l’Angleterre et la France ; ils cherchaient à positionner la Russie dans le camp des Etats thalassocratiques. Sur le plan intérieur, il y avait des contradictions irréconciliables entre le modèle monarchique et le modèle démocratique-bourgeois, et l’escalade de ces contradictions conduisit au renversement de la dynastie et de la monarchie. Mais dans l’orientation géopolitique de Nicolas II et du Gouvernement Provisoire, il y avait au contraire une continuité et une succession – une orientation vers la civilisation de la Mer créait une affinité entre eux. Pour le Tsar c’était un choix pratique, et pour les « févriéristes » [4] un choix idéologique, puisque l’Angleterre et la France étaient des régimes bourgeois établis depuis longtemps.

Le 25 février 1917, par un décret impérial, l’activité de la Quatrième Douma d’Etat fut suspendue. Le soir du 27 février, un Comité Provisoire de la Douma d’Etat fut créé dont le président était M. V. Rodzyanko (un octobriste, et président de la Quatrième Douma). Le Comité reprit les fonctions et l’autorité du pouvoir suprême. Le 2 mars 1917, l’Empereur Nicolas II abdiqua, et transféra les droits d’héritage au Grand-duc Mikhail Alexandrovitch [5] qui, à son tour, déclara le 3 mars son intention de n’assumer l’autorité suprême qu’après que la volonté du peuple se fut exprimée dans l’Assemblée Constituante concernant la forme finale que le gouvernement devait prendre.

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Le 2 mars 1917, le Comité Provisoire de la Douma d’Etat forma les premiers services publics. Le nouveau gouvernement annonça des élections pour l’Assemblée Constituante, et une loi démocratique concernant les élections fut adoptée ; il y aurait des élections au suffrage universel, égal, direct, et à bulletins secrets. Les anciens organes de gouvernement furent abolis. A la tête du Comité Provisoire il y avait le président du Soviet des Ministres et Ministre des Affaires intérieures, le prince G. E. Lvov (ancien membre de la Première Douma d’Etat et Président du Comité Principal de l’Union populaire panrusse). Cependant, le Soviet, dont la tâche était de surveiller les actions du Gouvernement Provisoire, continua à fonctionner. En conséquence, un pouvoir dual fut établi en Russie. Les Soviets des Représentants des Travailleurs et des Soldats étaient contrôlés par les partis de gauche, qui restaient auparavant largement en-dehors de la Douma d’Etat : les socialistes-révolutionnaires (SR) [7] et les sociaux-démocrates [8] (les mencheviks [9] et les bolcheviks). En politique étrangère, les bolcheviks, conduits par Lénine et Trotski, suivirent avec succès une orientation pro-allemande. Cette orientation pro-allemande était basée sur plusieurs facteurs : une coopération étroite entre les bolcheviks et les sociaux-démocrates marxistes allemands, et des accords secrets avec le service de renseignement du Kaiser concernant l’assistance matérielle et technique fournie aux bolcheviks. De plus, les bolcheviks comptaient sur le refus de la guerre par les masses populaires. Ils basaient leur propagande là-dessus, la formulant dans l’esprit de l’idéologie révolutionnaire : la solidarité des classes laborieuses de tous les pays et le caractère impérialiste de la guerre elle-même, qui s’opposait aux intérêts des masses. C’est pourquoi le pouvoir dual divisé entre le Gouvernement Provisoire et les Soviets (qui étaient sous le contrôle des bolcheviks depuis le début) dans l’intervalle entre mars et octobre 1917 reflétait deux vecteurs géopolitiques, le vecteur pro-anglais et le vecteur pro-français pour le Gouvernement Provisoire, et le vecteur pro-allemand pour les bolcheviks. Cette dualité révèle aussi sa signification et son caractère dans ces événements historiques qui sont directement reliés à l’époque de la Révolution et de la Guerre Civile.

Le 18 avril 1917, la première crise gouvernementale éclata, se terminant par la formation du  premier gouvernement de coalition le 5 mai 1917, avec la participation des socialistes. Sa cause fut la note de P. N. Milioukov [10] le 18 avril adressée à l’Angleterre et à la France, dans laquelle il annonçait que le Gouvernement Provisoire continuerait la guerre jusqu’à sa fin victorieuse et honorerait tous les accords internationaux qui avaient été passés par le gouvernement tsariste. Nous avons ici affaire à un choix géopolitique qui influença les processus intérieurs. La décision du Gouvernement Provisoire provoqua l’indignation populaire, qui déborda dans des meetings et des manifestations massives, demandant la fin rapide de la guerre, la démission de P. N. Milioukov et d’A. I. Guchkov [11], et le transfert du pouvoir aux Soviets. Ces troubles furent organisés par les bolcheviks et les socialistes-révolutionnaires. P. N. Milioukov et A. I. Guchkov quittèrent le gouvernement. Le 5 mai, un accord fut conclu entre le Gouvernement Provisoire et le Comité Exécutif du Soviet de Petrograd pour la création d’une coalition. Cependant, les partis d’extrême-gauche n’étaient pas unis par une vision géopolitique commune. Les bolcheviks préféraient logiquement une ligne pro-allemande et anti-guerre. Une partie des mencheviks et des socialistes-révolutionnaires de gauche (dont les dirigeants appartenaient aussi souvent à des organisations maçonniques, où dominait une orientation pro-française et pro-anglaise) avaient tendance à soutenir le Gouvernement Provisoire, dans lequel les socialistes-révolutionnaires avaient reçu quelques postes à ce moment.

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Le premier Congrès panrusse des Soviets des Représentants des Travailleurs et des Soldats, qui eut lieu du 3 au 24 juin, fut dominé par les socialistes-révolutionnaires et les mencheviks, les conduisant à soutenir le Gouvernement Provisoire et à rejeter la demande des bolcheviks de mettre fin à la guerre et de transférer le pouvoir aux Soviets. Ensuite l’effondrement rapide de la Russie commença. Le 3 juin une délégation du Gouvernement Provisoire, conduite par les ministres Terechtchenko et Tsereteli, reconnut l’autonomie de la Rada Centrale ukrainienne (UCR) [12]. Entretemps, avec l’approbation du gouvernement, une délégation définit les limites géographiques de l’autorité de l’UCR, incluant certaines des provinces sud-ouest de la Russie. Cela provoqua la crise de juillet [13]. Au sommet de la crise de juillet le Seim finlandais [14] proclama l’indépendance de la Finlande dans ses affaires intérieures et limita la compétence du Gouvernement Provisoire aux questions de la guerre et de la politique étrangère. Du fait de la crise, un second gouvernement de coalition fut constitué avec le social-révolutionnaire A. F. Kerenski à sa tête. Les socialistes-révolutionnaires et les mencheviks occupaient un total de sept postes dans ce gouvernement.

Le social-révolutionnaire Kerenski, qui était aussi dans le groupe des Trudoviks (socialistes-populaires), était une figure éminente de la franc-maçonnerie russe de la Douma, membre de la loge « Petit Ours » et secrétaire de l’organisation maçonnique congrégative secrète « Le Soviet Suprême du Grand Orient des Peuples de Russie ». Kerenski s’en tenait à une orientation pro-anglaise et était étroitement lié à la franc-maçonnerie anglaise. Le 1er septembre 1917, dans le but de s’opposer au Soviet de Petrograd, Kerenski créa un nouvel organe de pouvoir, le Directoire (Soviet des Cinq), qui proclama que la Russie était une république et dissolva la Quatrième Douma d’Etat. Le 14 septembre 1917, la Conférence Démocratique panrusse fut ouverte, qui devait décider de la question de l’autorité gouvernante, avec la participation de tous les partis politiques. Les bolcheviks s’en retirèrent en guise de protestation. Le 25 septembre 1917, Kerenski forma le troisième gouvernement de coalition. Pendant la nuit du 26 octobre 1917, au nom des Soviets, les bolcheviks, les anarchistes et les socialistes-révolutionnaires gauchistes renversèrent le Gouvernement Provisoire et arrêtèrent ses membres. Kerenski s’enfuit. Significativement, il fut aidé par des diplomates anglais, en particulier Bruce Lockhart [15], et fut envoyé en Angleterre où, dès son arrivée, il fut actif dans les loges maçonniques anglaises. Géopolitiquement, la Révolution bolchevik d’Octobre, que diverses écoles historiques et les représentants de diverses visions-du-monde évaluent de manières différentes aujourd’hui, était spéciale parce qu’elle signifiait un changement d’orientation brutal de la politique étrangère de la Russie, passant d’une orientation thalassocratique à une orientation tellurocratique. Nicolas II et les républicains maçonniques de la Douma à partir du Gouvernement Provisoire avaient maintenu une orientation anglo-française et étaient restés fidèles à l’Entente. Les bolcheviks étaient sans équivoque orientés vers la paix avec l’Allemagne et la rupture avec l’Entente.

Après la séparation de l’Assemblée Constituante [16], où les bolcheviks ne reçurent pas l’appui nécessaire pour légaliser pleinement leur prise du pouvoir, l’autorité fut transférée au Conseil des Commissaires du Peuple, où les bolcheviks dominaient. A ce moment, les socialistes-révolutionnaires gauchistes étaient leurs alliés.

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Le 3 mars 1918, un accord de paix séparée entre les bolcheviks et les représentants des Puissances Centrales (Allemagne, Austro-Hongrie, Turquie, et Bulgarie) fut conclu à Brest-Litovsk, signifiant la sortie de la Russie de la Première Guerre mondiale. D’après les termes de l’accord, les provinces de Privislinskie, l’Ukraine, les provinces avec une population principalement biélorusse, la Province d’Estonie, la Province de Courlande, la Province de Livonie, la Grande Principauté de Finlande, le district de Kars, et le district de Batumsk dans le Caucase étaient tous arrachés à l’Ouest de la Russie. Le gouvernement des Soviets promit de cesser la guerre contre le Soviet Central ukrainien (la Rada) de la République du Peuple ukrainien, de démobiliser l’armée et la flotte, de retirer la flotte baltique de ses bases en Finlande et dans les Etats baltes, de transférer la flotte de la Mer Noire avec toutes ses infrastructures aux Puissances centrales, et de payer six millions de marks de réparations. Un territoire de 780.000 kilomètres carrés, comprenant une population de 56 millions de personnes (un tiers de la population de l’Empire russe), fut arraché à la Russie soviétique. En même temps, la Russie retira toutes ses troupes des régions désignées, alors que l’Allemagne, d’autre part, faisait entrer ses troupes et gardait le contrôle de l’Archipel des Monzundski et du Golfe de Riga.

Tel fut le prix énorme que la Russie soviétique paya (en partie parce qu’elle s’attendait à une révolution prolétarienne imminente en Allemagne et dans d’autres pays européens) pour son orientation pro-allemande.

Le traité de Brest-Litovsk fut immédiatement rejeté par les socialistes-révolutionnaires de gauche, dont une partie des dirigeants était orientée vers la France et l’Angleterre comme avant. En signe de protestation contre les conditions de l’armistice, les socialistes-révolutionnaires de gauche quittèrent le Conseil des Commissaires du Peuple ; au Quatrième Congrès des Soviets, ils votèrent contre le traité de Brest. Le socialiste-révolutionnaire S. D. Mstislavski inventa le slogan « Pas de guerre, donc une insurrection ! », appelant les « masses » à se « soulever » contre les forces occupantes germano-autrichiennes. Le 5 juillet, au Cinquième Congrès des Soviets, les socialistes-révolutionnaires de gauche attaquèrent à nouveau activement les politiques des bolcheviks, condamnant le traité de Brest. Le 6 juillet, un jour après l’ouverture du Congrès, deux socialistes-révolutionnaires de gauche, Yakov Blumkin [17] et Nikolaï Andreiev, des officiels du Comité Extraordinaire panrusse (AEC), entrèrent dans l’ambassade allemande à Moscou suivant un décret de l’AEC, et Andreiev tua l’ambassadeur allemand Mirbach. Le but des socialistes-révolutionnaires était de ruiner les accords avec l’Allemagne. Le 30 juillet, le socialiste-révolutionnaire de gauche B.M. Donskoï tua le général commandant les forces d’occupation, Eichhorn, à Kiev. La dirigeante des socialistes-révolutionnaires de gauche Maria Spiridinova fut envoyée au Cinquième Congrès des Soviets, où elle annonça que « le peuple russe est libéré de Mirbach », impliquant que la ligne pro-allemande était finie en Russie soviétique. En réponse, les bolcheviks mobilisèrent leurs forces pour la répression du « soulèvement socialiste-révolutionnaire de gauche » et arrêtèrent et exécutèrent leurs dirigeants [*]. Ici apparaissait à nouveau une différence d’orientation géopolitique : cette fois-ci entre les forces de gauche radicales qui avaient pris le pouvoir en Russie soviétique. Les socialistes-révolutionnaires de gauche avaient tenté de ruiner la ligne pro-allemande des bolcheviks, mais ils échouèrent et disparurent rapidement en tant que force politique.

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Si nous réunissons tous ces éléments géopolitiques, nous obtenons le tableau suivant : Nicolas II, les partis bourgeois et, en partie, les socialistes-révolutionnaires de gauche (les francs-maçons de la Douma) maintinrent une orientation vers l’Entente et, en conséquence, vers la thalassocratie ; alors que les bolcheviks poursuivirent constamment une politique de coopération avec l’Allemagne et d’autres Etats centre-européens, et avec la Turquie ; c’est-à-dire qu’ils étaient en faveur de la tellurocratie. Ce motif géopolitique nous permet d’avoir un regard nouveau sur les événements dramatiques de l’histoire de la Russie en 1917-1918 et prédétermine les développements de la période soviétique.

Notes

[1] Le Gouvernement Provisoire apparut à la suite de l’abdication du Tsar Nicolas II en mars 1977, et devait organiser les élections qui conduiraient à la formation d’un nouveau gouvernement. Il était composé d’une coalition de nombreux partis différents. Après la révolution bolchevik en octobre, il fut aboli. (NDE)

[2] Cependant, la loge la plus nombreuse du Grand Orient des Peuples de Russie en 1912-1916 était indubitablement la loge de la Douma, « la Rose », que rejoignirent beaucoup de députés maçonniques de la Quatrième Douma d’Etat en 1912. Elle fut ouverte le 15 novembre 1912. Sa principale différence avec la Troisième Douma consistait en la diminution explicite du centre (le nombre d’octobristes dans la Douma était fortement réduit : au lieu de 120, seuls 98 demeuraient, alors que le nombre de droitistes passait de 148 à 185 ; et le nombre de gauchistes, membres du Parti Démocratique Constitutionnel (connu sous le nom de « parti cadet », NDE) et de progressistes passa de 98 à 107).

[3] La Triple Entente était une alliance entre le Royaume-Uni, la France et la Russie et qui fut établie en 1907. (NDE)

[4] Ceux qui soutenaient le Gouvernement Provisoire qui fut établi après la Révolution de Février 1917. (NDE)

[5] Mikhaïl Alexandrovitch (1878–1918) était un prince qui était second dans la ligne de succession au trône du Tsar. Après l’abdication de Nicolas II, Alexandrovitch fut choisi pour lui succéder de préférence au fils du Tsar, Alexei, car ce dernier était considéré comme trop malade pour régner. Il refusa cependant d’accepter le trône. Cela ne lui valut aucune faveur des bolcheviks, qui l’exécutèrent en 1918. (NDE)

[6] Ces conseils furent établis après la Révolution de Février pour maintenir l’ordre jusqu’à ce que des élections puissent être tenues, et pour déterminer la nature et la composition du nouveau gouvernement. (NDE)

[7] Les socialistes-révolutionnaires (SR) étaient socialistes, mais pas marxistes. Ils étaient l’un des principaux partis en Russie au moment de la Révolution. (NDE)

[8] Les bolcheviks et les mencheviks étaient des branches du Parti Travailliste Démocratique Social russe. Après le départ des mencheviks, celui-ci devint une organisation bolchevik, devenant finalement le Parti Communiste de l’URSS. (NDE)

[9] Les mencheviks avaient connu une scission avec les bolcheviks en 1904 pour des questions d’idéologie et d’appartenance au Parti, Après cela ils furent un parti d’opposition communiste, considéré comme plus modéré que les bolcheviks. (NDE)

[10] Pavel Milioukov (1859–1943) était le ministre Affaires Etrangères dans le Gouvernement Provisoire. (NDE)

[11] Alexander Guchkov (1862–1936) était le ministre de la Guerre dans le Gouvernement Provisoire. (NDE)

[12] L’UCR était le conseil qui assuma le pouvoir en Ukraine après la Révolution de Février en Russie, avec l’intention d’assurer l’indépendance ukrainienne. Il fut déclaré illégal par les Soviets en décembre 1917. (NDE)

[13] Entre le 3 et 7 juillet, des soldats et des ouvriers de Petrograd, soutenus par les bolcheviks, firent des manifestations contre le Gouvernement Provisoire. Celui-ci accusa les manifestants de fomenter un coup d’Etat et les réprima en utilisant la force militaire, conduisant à un revers temporaire pour les bolcheviks. (NDE)

[14] Le Seim était l’Assemblée populaire finlandaise. (NDE)

[15] Sir Robert Hamilton Bruce Lockhart (1887–1970) était le consul-général britannique à l’époque de la Révolution russe. Au nom de ses supérieurs à Londres, et en conjonction avec l’Intelligence Service, il tenta de persuader les bolcheviks de rester en guerre contre l’Allemagne, mais sans succès. Après une série de tentatives secrètes pour influencer le cours de la Révolution, en 1918, avec l’agent secret Sidney Reilly, il tenta de faire assassiner Lénine et de renverser les bolcheviks, ce qui est connu sous le nom de « complot Lockhart ». Celui-ci échoua, bien que Lockhart fut plus tard autorisé à quitter la Russie lors d’un échange de prisonniers. (NDE)

[16] L’Assemblée Constituante panrusse fut formée en résultat d’une élection tenue en novembre 1917. Lorsqu’il devint clair que le nombre de représentants des socialistes-révolutionnaires dépasserait de loin celui des bolcheviks à l’Assemblée, ceux-ci commencèrent à jeter le doute sur la valifité de l’Assemblée, et elle ne fut autorisée à se réunir qu’une seule fois en janvier 1918 avant d’être dissoute. (NDE)

[17] Yakov Blumkin (1898–1929) était le directeur des opérations de contre-espionnage de la Tcheka (la police secrète révolutionnaire) à l’époque. Il fut pardonné par les bolcheviks pour avoir participé au coup d’Etat des SR, et travailla plus tard comme exécuteur et agent secret. Envoyé pour aider à fomenter la subversion révolutionnaire contre les Britanniques au Moyen-Orient, ses aventures orientales le rendirent célèbre. Il devint plus tard l’ami de Trotski ; après l’exil de Trotski hors d’URSS, il servit de courrier pour les messages de Trotski ; quand cela fut découvert, il fut exécuté sur l’ordre de Staline. (NDE)

[*] On peut ajouter que le 30 août 1918, Fanny Kaplan, une militante socialiste-révolutionnaire, tenta de tuer Lénine et le blessa gravement. Elle déclara qu’elle considérait Lénine comme un « traître à la révolution », qui avait interdit et réprimé son parti (les SR). (NDT)

 

mardi, 20 juillet 2021

Le train plombé de Lénine et la géostratégie russo-allemande

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Le train plombé de Lénine et la géostratégie russo-allemande

Gaston Pardo

Le lundi 3 avril 1917, jour des Pâques dans la Russie orthodoxe, Vladimir Illitch Oulianov (Lénine) est attendu à la gare de Finlande à Petrograd - aujourd'hui Saint-Pétersbourg - par un important groupe de partisans conduits à la gare pour accueillir le stratège marxiste par les comités bolcheviques des usines, les marins de Cronstadt et les soldats pacifistes, enthousiasmés par la musique d'une fanfare militaire.

Tout ce dispositif imagé a été mis en place pour contrer les inévitables interprétations décrivant un leader revenant d'exil et bien associé à la cause allemande dans la Grande Guerre, qui a commencé en 1914 et qui en était alors à sa troisième année.

À cette époque, la Russie tsariste avait cessé d'exister et l'Allemagne encourageait les mouvements insurrectionnels pour déstabiliser les Français et les Britanniques. L'objectif de Catherine Merridale, historienne britannique formée dans le Hampshire, est de reconstituer le plus fidèlement possible le voyage de Lénine depuis Zurich à partir des archives des musées ferroviaires et des itinéraires existants en 1917, et de comparer les versions officielles créées des années plus tard de ce "voyage qui a changé le monde".

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En onze chapitres, l'auteur développe à partir des variables inhérentes à la situation européenne et russe de ces années-là, l'expérience de Lénine à la tête du groupe revenu d'exil, jusqu'au sort de ses compagnons de route dans les années qui ont suivi l'arrivée au pouvoir des bolcheviks.

La période 1916-1917 se caractérise par le froid le plus rigoureux depuis le début de la guerre, ce qui accentue la pénurie de produits de base pour les travailleurs. Il en résulte un rejet général de l'impératrice et de la participation de la Russie à la Triple-Entente, avec pour conséquence une augmentation des protestations qui passent des revendications économiques aux revendications politiques. Cette situation était aggravée par la faiblesse du régime tsariste résultant de la paralysie institutionnelle causée par le tsar Nicolas II lui-même, des rumeurs de conspiration interne et de l'absence de services secrets unifiés.

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La conséquence: des élites divisées entre un petit groupe de courtisans au pouvoir et une large majorité opposée par le radicalisme et la réaction. L'inapplicabilité du régime tsariste est l'image globale qui se dégage du premier chapitre.

Confrontée à l'impossibilité d'infiltrer l'Europe de l'Est après l'expulsion de ses diplomates, la stratégie de l'Allemagne consiste à encourager l'agitation sociale à l'intérieur du pays. Le facteur externe de la guerre pour la Russie est contenu dans un chapitre qui précise le rôle allemand dans le cadre des actions des bolcheviks pour le retour de Lénine.

En mars 1915, les Allemands décident de soutenir l'initiative proposée par Parvus (Alexander Lvovich Parvus, né Israel Lazarevich Gelfand/Helfand, 1869-1924), rédacteur en chef d'Iskra, visant à unifier l'opposition russe en exil, ce qu'il n'a jamais réussi à faire étant donné les divergences au sein du mouvement social-démocrate russe depuis 1903.

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Malgré ses années d'exil, Lénine connaît la qualité de son parti et de ses membres. Tous étaient marxistes, politiquement conscients et engagés dans la cause du socialisme. Il s'attendait à ce que les positions de Kamenev et de Staline rencontrent une certaine résistance au sein du mouvement bolchevique et de sa base.

Quoi qu'il en soit, les événements en Russie se déroulaient à une vitesse fulgurante: le parti baptisé "bolchevik" était en crise et sa propre présence à Petrograd se trouvait dans une situation critique.

MartovW.jpgLors d'une discussion entre les exilés russes à Zurich le 19 mars, le dirigeant menchevik, Julius Martov, a suggéré de rechercher un accord avec le gouvernement allemand pour les laisser passer par l'Allemagne. Ils pourraient ensuite traverser la mer Baltique jusqu'en Suède, et atteindre la Russie via la Finlande. En contrepartie, a proposé Martov, ils accepteraient de demander la libération des prisonniers de guerre allemands à leur arrivée en Russie.

Acteurs et incidents

Le marxiste suisse, Fritz Platten, entame des négociations avec l'ambassade d'Allemagne à Zurich. Kroupskaya rapporte que les conditions étaient les suivantes :

    - Que les exilés russes seraient autorisés à passer en Allemagne, quelle que soit leur position sur la guerre.
    - Que personne ne pouvait entrer dans les wagons du train sans la permission de Platten.
    - Qu'il n'y aurait pas d'inspection des bagages ou des passeports des exilés.
    - Que les exilés s'engagent à demander la libération d'un nombre correspondant d'internés allemands et autrichiens en Russie.

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Le "train plombé" quitte Zurich le 27 mars, transportant Lénine et 29 autres exilés, dont les bolcheviks Kroupskaya, Inessa Armand et Grigori Zinoviev. Le 31 mars, après avoir traversé la Baltique, ils arrivent en Suède. De là, ils sont passés en Finlande et ont pris le train pour Petrograd. Kroupskaya a rappelé que Lénine "a demandé si nous serions arrêtés à l'arrivée". Ses camarades, écrit-elle, "souriaient".

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Lénine arrive à la gare de Finlande à Petrograd le soir du 3 avril 1917. Loin d'être arrêté, il est accueilli par des milliers d'ouvriers et de soldats qui soutiennent les bolcheviks, lui offrant même un bouquet de roses. Il reçoit une salutation au nom des Soviets de la part du menchevik Alexandre Tchekhidze, qui l'exhorte à soutenir la ligne conciliante du Comité exécutif du Soviet.

Lénine, en revanche, a lancé un appel passionné à la révolution socialiste. En privé, il reproche à Kamenev la ligne politique "défensiste et pro-guerre" qu'il promeut à travers la Pravda. Léon Trotsky qualifie la suite de "Réarmement du Parti".

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Le lendemain, le 4 avril, Lénine a présenté ses "thèses d'avril" à une réunion des délégués bolcheviks au Soviet des ouvriers et des soldats de Petrograd ; il l'a fait à nouveau devant une réunion des délégués bolcheviks et mencheviks. Que disaient ses thèses d'avril ? Le document était composé de dix points. Ils décrivent l'attitude de Lénine à l'égard du gouvernement provisoire et de la guerre, ainsi que son évaluation de la signification historique des Soviets en tant que forme nouvelle et supérieure d'État. Ils ont expliqué les mesures économiques urgentes et nécessaires pour faire face aux conditions sociales de la classe ouvrière et de la paysannerie en Russie. Ils ont appelé à changer le nom du Parti ouvrier social-démocrate russe en Parti communiste bolchevique.

Enfin, et c'est peut-être le plus important, Lénine insiste sur le fait que les bolcheviks doivent prendre l'initiative de créer une nouvelle Internationale révolutionnaire, non seulement en opposition aux partis de la Deuxième Internationale qui ont trahi le socialisme en soutenant leurs bourgeoisies respectives dans la guerre, mais contre tous les "centristes" qui ont refusé de rompre avec ces partis.

David North, du WSWS, analyse le léninisme en tant que force politique russe. Examen des thèses d'avril. L'influence allemande brille par son absence

Premier point : aucun changement dans la position du parti vis-à-vis de la guerre. Dans notre attitude face à la guerre, qui, du côté russe, reste indiscutablement une guerre impérialiste et prédatrice, également sous le nouveau gouvernement Lvov & Co, en vertu du caractère capitaliste de ce gouvernement, la moindre concession à la "défense révolutionnaire" est intolérable ......

Ce que Lénine soulignait aux cadres bolcheviques, c'est qu'il importait peu que le parti représente une minorité aujourd'hui. La tâche était de dire la vérité. La logique de la lutte des classes conduirait Kerensky et les mencheviks à exposer leur caractère contre-révolutionnaire.

Deuxième point : l'adoption par Lénine de la théorie de la "révolution permanente" ou "ininterrompue", associée avant tout à Léon Trotsky.

Lénine avait soutenu, contre Trotsky, que le retard économique et social de la Russie était un obstacle objectif à l'établissement par la classe ouvrière d'un gouvernement ouvrier - la dictature du prolétariat. Les masses russes, la vaste paysannerie rurale, constituaient une classe petite-bourgeoise dont les ambitions se limitaient à la réforme agraire et aux droits démocratiques. Ils n'avaient aucun intérêt de classe essentiel à lutter pour le socialisme.

Lénine n'avait pas répondu à la question de savoir quelle classe, et donc quels intérêts, domineraient une telle "dictature démocratique" et, en outre, comment elle réagirait à l'éruption inévitable d'un conflit entre la classe capitaliste et les travailleurs. En avril 1917, Lénine a appelé à la création d'un État ouvrier, qui gagnerait la loyauté de la majorité de la paysannerie par la réforme agraire et la démocratie.

La Russie, isolée, était caractérisée par un retard économique et social. Mais à l'échelle mondiale, comme Lénine l'avait évalué, la guerre impérialiste signifiait que les conditions objectives du socialisme - une économie mondiale intégrée - étaient mûres. La tâche de la classe ouvrière en Russie était de profiter de cette fenêtre qui s'était ouverte pour elle pour prendre le pouvoir et l'utiliser pour la marche de la révolution mondiale. Par conséquent, le développement de la Russie devait faire partie du développement de la planification socialiste internationale.

Troisième point : aucun soutien au gouvernement provisoire. Dans un reproche accablant à la fois adressé à la direction des Soviets et à la faction Kamenev-Staline du parti bolchevique, les Thèses d'avril déclarent sans ambages :

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Pas de soutien au gouvernement provisoire ; expliquer la fausseté complète de toutes ses promesses, notamment la renonciation aux annexions. Démasquez ce gouvernement, qui est un gouvernement de capitalistes, au lieu de prôner l'inadmissible et illusoire "demande" qu'il cesse d'être impérialiste.

Quatrième point : une évaluation objective de l'équilibre des forces et de l'importance des Soviétiques. Reconnaître que dans la plupart des Soviets de députés ouvriers, notre Parti est en minorité, et pour le moment en petite minorité, face au bloc de tous les éléments petits-bourgeois et opportunistes - soumis à l'influence de la bourgeoisie et exerçant cette influence sur le prolétariat - depuis les socialistes populaires et les révolutionnaires sociaux jusqu'au Comité d'organisation de Chjeidze, Tsereteli, Steklov.

Tant que nous serons minoritaires, disait Lénine, nous poursuivrons le travail de critique et de clarification des erreurs, tout en défendant la nécessité que tout le pouvoir de l'État passe aux Soviets des députés ouvriers, afin que, sur la base de l'expérience, les masses puissent corriger leurs erreurs. Dans une organisation où commençait à prévaloir la position selon laquelle il fallait apporter un soutien critique au gouvernement provisoire parce que les conditions n'étaient pas encore réunies pour établir une "dictature démocratique du prolétariat et des paysans", ces déclarations de Lénine ont eu, comme l'écrit le professeur Alexandre Rabinowitch, "un effet explosif".

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Cinquième point : le Soviet comme forme suprême de l'État.

Le cinquième point des Thèses d'avril indique clairement que Lénine prône le renversement de l'État capitaliste et l'établissement d'une nouvelle forme supérieure de pouvoir d'État, la dictature du prolétariat entraînant derrière lui les sections les plus pauvres de la paysannerie: Non pas une république parlementaire - y revenir à partir des Soviets des députés ouvriers serait faire un pas en arrière - mais une République des Soviets des députés ouvriers, paysans et agriculteurs dans tout le pays, de la base au sommet.

Suppression de la police, de l'armée et de la bureaucratie.

La rémunération des fonctionnaires, qui sont tous éligibles et révocables à tout moment, ne doit pas dépasser le salaire moyen d'un ouvrier qualifié.

Les points restants détaillent la mise en œuvre la plus radicale possible de la réforme agraire, aux dépens des grands propriétaires terriens, afin de gagner le soutien de la paysannerie, ainsi que le contrôle par la classe ouvrière des secteurs financiers, industriels et de distribution par le biais de leurs soviets. Aux dépens de la classe capitaliste.

Le sixième point demande la nationalisation de la terre et l'expropriation des grands domaines des propriétaires terriens, pour répondre aux aspirations et aux revendications de la paysannerie.

Le septième point appelle à la fusion de toutes les banques en une seule banque nationale contrôlée par les Soviétiques.

Dans le huitième point, il demande de placer toute la production et la distribution sous le contrôle des travailleurs.

Le neuvième point appelle à un congrès du parti pour aligner son programme sur la lutte pour le pouvoir soviétique et pour changer le nom du parti du Parti ouvrier social-démocrate au Parti communiste.

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Dixième point : une nouvelle Internationale.

Il déclare simplement : "Initiative pour construire une Internationale révolutionnaire, une Internationale contre les social-chauvins et contre le 'centre'". Lénine définit le "centre" comme la "tendance" de la Deuxième Internationale "qui oscille entre les chauvins (les "défenseurs") et les internationalistes". Il cite parmi ses représentants Kautsky et compagnie en Allemagne, Longuet et compagnie en France, Turati et compagnie en Italie, MacDonald et compagnie en Grande-Bretagne, et Chjeidze (photo) et compagnie en Russie - c'est-à-dire les mencheviks, avec lesquels les comités bolcheviques étaient déjà engagés dans des négociations et avec lesquels, quelques jours auparavant, Staline avait préconisé le regroupement.

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L'impression des bolcheviks en entendant les Thèses d'avril pâlit devant la réaction des députés mencheviks au Soviet. Comme le rappelle le menchevik Soukhanov, le rapport de Lénine est qualifié d'"anarchisme primitif" et de "délires d'un fou". Le dirigeant menchevik Skobelev a déclaré que Lénine était une "personne dépassée qui se trouve en dehors des rangs du mouvement" [10].

Lénine ne reçoit pas le soutien immédiat de la direction du parti bolchevique, mais il n'est certainement pas "dépassé". Son intervention dans la situation politique a eu un impact décisif.

Le 6 avril, Kamenev et Staline s'opposent tous deux à Lénine lors d'une réunion du Comité central bolchevique.

Le 7 avril, les Thèses sont publiées par la Pravda, mais avec l'avertissement qu'elles ne représentent que les opinions de Lénine.  Cependant, des débats intenses et des réalignements au sein du parti étaient déjà en cours.

Le même jour, le 7 avril, onze délégués bolcheviks et trois autres du Comité exécutif du Soviet changent leur position de "soutien critique" au gouvernement provisoire et votent "non" contre une résolution de la majorité menchevik/RS qui donne l'aval du Soviet à un "prêt de liberté" pour financer la poursuite de la guerre.

Le 8 avril, Kamenev, au nom des rédacteurs de la Pravda, a tenté de discréditer les Thèses d'avril comme suit : "En ce qui concerne le schéma général du camarade Lénine, il nous semble inacceptable, car il part de la reconnaissance que la révolution démocratique est terminée et s'appuie sur la transformation immédiate de la révolution en une révolution socialiste....".

Entre le 8 et le 13 avril, Lénine écrit ses Lettres sur la tactique en réponse à la position de Kamenev. Elles ont été diffusées parmi les dirigeants bolcheviks de Petrograd et publiées dans un pamphlet avant la conférence du parti qui s'est tenue du 24 au 29 avril.

Contre les arguments mécaniques selon lesquels le parti bolchevik avait toujours insisté sur le fait que la révolution démocratique bourgeoise ne pouvait être réalisée que par une "dictature démocratique", Lénine a répondu :

" Je réponds : les slogans et les idées bolcheviques, en général, ont été pleinement confirmés par l'histoire, mais concrètement, les choses se sont passées différemment de ce que pouvait (qui que ce soit) prévoir, d'une manière plus originale, particulière et variée.

La "dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et des paysans" a déjà été réalisée dans la révolution russe sous une certaine forme et à un certain degré, puisque cette "formule" n'envisage qu'une corrélation de classes et non une institution politique concrète appelée à réaliser cette collaboration. Le "Soviet des Députés Ouvriers et Soldats" est déjà la réalisation, imposée par la vie, de la "dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et des paysans".

"Cette formule a déjà expiré. La vie l'a fait passer du domaine des formules au domaine de la réalité, en lui donnant chair et sang, en le concrétisant et en le transformant ainsi".

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Répercussion

Rien n'a médiatisé l'avancée de la révolution socialiste telle que Lénine et Trotsky la souhaitaient. Lénine disait que si les bolcheviks devaient quelque chose à l'Allemagne, ils la rembourseraient en organisant une bonne révolution (1919) et son aboutissement dans les accords de Rapallo de 1922, qui favorisaient la collaboration militaire russo-allemande, créant un mécanisme auquel les acteurs bolcheviks et allemands de 1917 n'auraient pu penser pour aucune raison.

Démystifier le léninisme sur son piédestal d'activisme pro-allemand est indispensable pour favoriser une relation géostratégique, favorable à l'alliance de la Russie avec l'Allemagne à l'heure actuelle.

13:04 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, russie, révolution russe, lénine | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 04 décembre 2020

Revolution as Profession

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Revolution as Profession

When the historian Ernst Nolte formulated the thesis that Auschwitz was “the fear-induced reaction to the extermination processes of the Russian Revolution,” he was finished in the academic world. It was even of no help to him emphasizing that the copy was more irrational, more appalling and atrocious than the original. He was not forgiven the comparison since he seemed to call into question the singularity thesis, the incomparability of NS terror. That fit the taboo on totalitarianism theory. Right-wing and left-wing terror should not be mentioned in the same breath; National Socialism and International Socialism are not to be compared. And therefore all attempts to similarly work through the reign of terror by the Communists in its broad impact, as has been done with that of the Nazis, have been in vain. Of course, one would have to differentiate here. French intellectuals have undoubtedly been affected by the shocking reports by Koestler and Solzhenitsyn about the Moscow Trials and the Gulag. That was, at best, embarrassing for the German left. And so it should be no surprise that it celebrated Lenin’s 150th birthday—though under coronavirus conditions.

Lenin was the star of the Bolsheviks, who understood themselves to be the Jacobins of the twentieth century. He was undoubtedly an exceptionally gifted demagogue, but one should not imagine the Russian Revolution as resulting from a social movement; it was a project of intellectuals. The Bolshevik vanguard consisted of theorists, frequently emigrants, who had learned from Marx to use Hegel’s dialectic as a weapon. In this respect, the neo-Marxist bible History and Class Consciousness (1923) by Georg Lukács is still today unsurpassed. Here Hegel’s adroit dictum “all the worse for the facts” is taken seriously: more real than the facts is the totality as it presents itself from the standpoint of the proletarian class. In this way, dialectics becomes opium for the intellectuals.

what_is_to_be_done_47.jpgLike the French Revolution, the Russian is also marked by an alliance of philosophy with fanatical enthusiasm. And this fanaticism of the Lenin cult has found its intellectual fans up into the present—one thinks of the hypersensitive aesthetician Walter Benjamin, of the communist model poet Bert Brecht, of the philosopher Jean-Paul Sartre, then the student movement of ’68 and the present-day left. We owe the most extreme formulation of the cult to Ernst Bloch: “Ubi Lenin, ibi Jerusalem,” where Lenin is, there is salvation, the kingdom of freedom and eternal childhood in God. Ernst Nolte was thus right when he characterized Marxism as “the last faith in Europe.” And this faith was “organized” by Lenin.

The central Leninist dogma was that of the actuality of revolution; it was on the agenda. The suggestive project formula was: “electrification plus soviets.” The revolutionary project was thus constructed like an ellipse around two focal points, the industrialization of agrarian Russia and secondly radical democracy: “All power to the councils.” However, a Soviet Union in the literal sense never quite existed. The Soviet myth was never anything other than opium for the people. For Lenin had designs all along on a dictatorship of the party. It owes its vanguardist self-image as the embodiment of proletarian class consciousness to strict organization and sharp selection. It not only claims to make the proletarians conscious of their true interests, but claims, as well, to be the leader of all the oppressed. With this noble claim, an elite cadre party legitimizes its totalitarian rule. Thus characteristic of the Russian Revolution was not the spontaneity of the masses but authoritarian leadership. From the outset, the dictatorship of the proletariat was a dictatorship of the bureaucracy. The Bolshevist elite had the utmost mistrust of the chaotic people, who were to be transformed into an alliance of the oppressed, organized by fanatical intellectuals. And for this reason we can say today: Lenin is current in a baleful sense, as long as the thought of a revolutionary dictatorship lives on—as long as there are parties that understand themselves as the embodiment of the truth and abuse the state as a weapon.

Revolutionary vanguard, Bolshevist elite, cadre party—what inspires these concepts is the notion of revolution as a profession. In his pamphlet “What Is to Be Done?” from the year 1902, Lenin also presents us with the figure of the professional revolutionary. His living existence is party work. Lukács’s Lenin apology went on to further elaborate the theoretical ideal of the sacrificial professional revolutionary in the interest of humanity. As a fanatical Jacobin, he enters the stage of world history for the first time. Yet has one really to imagine the professional revolutionary as an engaged, ascetic fighter? Hannah Arendt drew an entirely different picture: “His time is essentially filled with study and contemplation, with theories and discussions, and of course with reading newspapers, and the sole object of all these purely mental activities is the study of revolutions. The history of the professional revolutionary in the nineteenth and twentieth centuries belongs in truth neither to the history of the working nor the owning classes, but surely to the as yet unwritten history of productive idleness.” What drives the professional revolutionary is therefore not the suffering of the oppressed, but the bohemians’ hatred for the bourgeoisie. The profession of revolution is held by those who have no profession and who stylize, as an aesthetic-political posture, their ressentiment against achievement.

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One could speak of a birth of Red Terror from the spirit of dialectical philosophy—of a transition of the bohemian attitude into “merciless mass terror.” Lenin demonstrated that the absolute terror of Jacobin rule could be exceeded, namely, by the radical destruction of the bourgeoisie. Here Marxist class struggle assumes the character of an absolute antagonism. The struggle against the class enemy escalates to a war against monsters. Thus Lenin preached civil war and the necessity of violence. This makes him to the present day one of the most important theoreticians of partisan struggle and guerrilla warfare. For Lenin, an avid reader of Clausewitz, not only war but above all civil war marked the continuation of politics. In this way, even the completely non-Marxist Russian Sonderweg to communism could be justified. Class warfare came to replace for him the crisis of capitalist society. He construed World War I as the result of capitalist collapse and as a historical sign of world revolution.

Anyone who did not share the red belief in the actuality of revolution already came to feel the horror of totalitarian rule in Lenin’s time. There were camps for regime opponents, pogroms against religious believers, and concentration camps for the class enemy. Anyone who opposed the Bolshevist elite was considered a criminal, strikes were considered treason, and every critic was treated as an enemy. That expressions of free speech were prohibited was then self-evident. Stalin only had to systemize this. In the course of the Great Purge, the “enemy of the people” gradually replaced the class enemy. And enemies of the people could indeed also be found within one’s own ranks; they all disappeared in the Gulag. And there, “counter-revolutionaries” were treated even more cruelly than criminals. In 1949 Arthur Koestler, who was himself from 1931 to 1937 a member of the CP, could write in summary: “It is a fact that Stalinism has transformed itself into a movement of the most extreme right over the course of the last 20 years, in accord with established criteria: chauvinism, expansionism elevated to the extreme, a police regime without habeas corpus, monopolization of the means of production by a corrupt hereditary oligarchy, oppression of the masses, elimination of all opposition, abolition of civil and individual rights.” In plain words: with the Great Purge, the red terror culminates in right-wing extremism. A clearer confirmation of totalitarianism theory is not even conceivable. Mussolini and Lenin, Hitler and Stalin were ideological doubles.

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Hardly any other book has more strongly altered the European view of the Soviet Union than The Gulag Archipelago by Solzhenitsyn. Through its countless witness testimonies, it has the distinction of being authentic. But one can best gain an impression of the Leninist-Stalinist system by reading Koestler’s Darkness at Noon and Orwell’s 1984. For at issue is not only physical but also psychological cruelty of unimaginable dimensions. What is meant here are show trials, confessions of guilt extracted under torture, and self-incriminations preceded by thorough brainwashing.

We in Germany know show trials primarily through the film footage documenting how in the early 1940s Roland Freisler, president of the People’s Court of Justice, handed down death sentences that had already been determined. These trials were aggressive humiliations in which the defendants were granted no right to a defense. The prototype of such trials was established by the Moscow Trials from 1936 to 1938, in the course of which nearly the entire leadership of the October Revolution was liquidated. One did not shrink from torture to produce “confessions of guilt.” Like Leon Feuchtwanger, Ernst Bloch was also among the intellectuals who justified these Moscow show trials. But the liquidation of the “enemies of the people” did not suffice those in power. The memory of the “non-persons” was also to be wiped out. Several retouched photos of Lenin and Stalin became famous precisely because of this.

Lukács-comisario-alimentos-hungría--outlawsdiary02tormuoft.pngThe self-incriminations before the tribunals, which were not forced by torture, but also those in numerous writings of communist intellectuals, belong to the great moral scandals of history. One understands them better when one sees how Bolshevism abrogated the moral verities of bourgeois society. Lukács spoke of a “second ethics” that would forcibly and cruelly create clarity in the confused world of the humane. The terrorist is the Gnostic of the deed, who takes crime upon himself as a necessity in the struggle against capitalism. Lukács dedicated his essay “Tactics and Ethics” to the young generation of the Communist Party: the terrorist as hero sacrifices his ego on the altar of the idea that presents itself as an order issued from the world historical situation. And in a letter to Paul Ernst from May 4, 1915, one reads about the revolutionary: “Here—to save the soul—the soul itself must be sacrificed: one must, out of a mystical ethics, become a cruel political realist.” Such is in keeping with the syndrome that Manès Sperber called treason out of loyalty, that is, denial of one’s own standards and convictions, intellectual masochism, and obsequious ingratiation with the “working class.”

So this is the real answer to the question “What is to be done?” Even if Stalin and Mao then surpassed him—Lenin set standards in revolutionary inhumanity. He stood against everything that state policy in the modern era was supposed to accomplish until now: namely, to prevent civil war, to bracket war, and to still see in the enemy human beings. For Lenin, good was everything that demolished bourgeois society. Whoever celebrates him is therefore either ignorant or malicious. One should treat Lenin’s birthday with the same tabooed reticence as April 20th.

mardi, 19 mai 2020

Aleksandr Solzhenitsyn’s Lenin in Zürich

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Aleksandr Solzhenitsyn’s Lenin in Zürich

51tMhCAkhzL._SX303_BO1,204,203,200_.jpgIn 1975, Aleksandr Solzhenitsyn excised the several Lenin chapters from his massive and unfinished Red Wheel epic and compiled them into one volume entitled Lenin in Zürich. At the time, only one of these chapters had been published — in Knot I of the Red Wheel, known as August 1914 — while the remaining chapters would still have to languish in the author’s desk drawer for decades before appearing as part of The Red Wheel proper (November 1916 and March 1917, specifically). In order to save time and make an impression on his contemporaries, many of whom in the West still harbored misplaced sympathies for Lenin, Solzhenitsyn decided to share with the world his eye-opening and unforgettable treatment of the Soviet Revolutionary.

Solzhenitsyn’s approach, which was based on close study of Lenin’s speeches and letters as well as few accounts of his exile in Switzerland, combines third-person narration and first-person intimacy to deliver a nearly-Satanic depiction of Lenin at that time. Lenin is peevish, intolerant, tyrannical, ideologically murderous, and astoundingly petty. He’s also brilliant, dedicated, focused, and consumed by inhuman energy. It’s both fiction and not, and, as with the entire Red Wheel saga, demonstrates how Solzhenitsyn used the narrative arts to reconstruct and decipher historical events.

Lenin in Zürich’s enduring meaning for the Right lies not so much in Solzhenitsyn’s negative portrayal of Lenin, the memory of whom most Rightists would rather smash with a pedestal than hold up with one. Lenin’s ruthlessness and cruelty as a world leader is well documented. Rather, Solzhenitsyn cuts open, as only a novelist could, the repulsive psychological innards of the nation-killing Left, thereby defining the Right as its opposite in comparison.

We feel the strain, first off. Through his Nietzschean use of exclamation points and the constant stream of insults he hurls, unspoken, at his fellow socialists, Lenin never seems to enjoy being Lenin. He resembles Milton’s Lucifer cast down to Hell in Paradise Lost, only he’s stuck in Zurich, a place so peaceful, so prosperous, so bourgeois, so pleased with itself — in the middle of a world war, no less — that Lenin could just spit. Even the socialists there are incompetent, blockheaded vacillators. All Lenin can do is study the newspapers, plot unlikely ways in which the war could instigate communist revolutions, and fulminate. But mostly, he fulminates.

But worst of all, obscenest of all, Kautsky, with his false, hypocritical, sneaking devotion to principle, had started squawking like an old hen. What a vile trick: setting up a “socialist court” to try the Russian Bolsheviks, and ordering them to burn the all-powerful five-hundred-ruble notes! (Lenin had only to see a picture of that hoary-headed holy man in his goggling glasses, and he retched as though he had found himself swallowing a frog.)

August 1914 was a low point for the Bolsheviks abroad, apparently. They had few prospects and constantly bickered among themselves. That many on the Swiss Left were hampered by quaint notions of nationalism infuriated Lenin, but there was little he could do about it. After the failed Russian revolution in 1905, expectations were low — that is, until world war is declared. Solzhenitsyn’s first indication of how the Left operates against humanity, almost like a cancer, appears when Lenin reveals how overjoyed he is with the war. Death and destruction mean nothing to him unless it helps the Cause. He sees the struggle on the Left as patriots vs. anti-patriots — but on a larger scale, his revolutionary framework pits nationalists against anti- (or super-) nationalists. And nothing can weaken nationalism more than a senseless and protracted war. At one point, he ghoulishly admits that the greater the number killed in battle, the happier he gets. He worries only that the European leaders would do something stupid and ghastly like sue for peace before he and his fellows could instigate revolution in teetering-on-the-brink nations such as Switzerland and Sweden.

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The little things that Lenin does, and many of his offhand remarks and observations, also reveal his enmity towards everything traditional, natural, and morally wholesome. He complains bitterly against the principle of property rights. He recoils when approached by nuns on a train platform. He endeavors to keep his colleagues quarreling when it is useful to him. He opposes the Bolshevik employment of individual terror only because he believes terror should be a “mass activity.” He passes shops and delicatessens on the street and imagines them being smashed by an axe-wielding mob. He even foreshadows the Soviet Dekulakization of the next decade by claiming that

The Soviet must try to ally itself not with the peasantry at large but first and foremost with the agricultural labourers and the poorest peasants, separating them from the more prosperous. It is important to split the peasantry right now and set the poor against the rich. That is the crux of the matter.

Lenin not only pits himself against mankind, he pits himself irrevocably against his own colleagues. When he meets with the Swiss Social Democrats (dubbed “the Skittles Club”) at a restaurant, Solzhenitsyn offers this diabolic nugget:

Lenin’s gaze slides rapidly, restlessly over all those heads, so different, yet all so nearly his for the taking.

They all dread his lethal sarcasm.

And don’t get him started on the Mensheviks. He hates the Mensheviks. At one point, Lenin rather hilariously avers that he “would sooner see Tsarism survive another thousand years than give a millimetre to the Mensheviks!”

He also lies. He announces that Switzerland is an imperialist country when he knows it isn’t. He also claims, to the bafflement of the Swiss socialists, that Switzerland is the most revolutionary country in the world. He makes false promises to the more moderate socialists regarding their post-revolutionary roles. Double standards are nothing to him as well. He advocates opposing the war in public but egging it on in private. He professes to support democracy, but only before the revolution. Afterward, it should be abolished with all other hindrances to his planned totalitarian rule.

If any of this sounds familiar, it should. The Left has not changed much since Lenin’s day, merely exchanging class for race in the twenty-first century. The same bunch that clamored for civil rights for non-whites in the 1960s are now calling for the open oppression of whites. Just as with Lenin, what the Left says it wants and what it truly wants are two different things — the only determining factor here being who wields the power. Furthermore, a stroll through anti-white Twitter or anti-white Hollywood will show quite clearly that Left’s violent fantasies against their perceived enemies aren’t going anywhere.

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Another aspect of the Left that Solzhenitsyn reveals is its Jewishness. True, he does not name the Jew in Lenin in Zürich like he does in 200 Years Together. However, since all the characters in these chapters are historical figures, it’s easy enough to gauge exactly how Jewish Lenin’s circle was and how important some of these Jews were to his — and the Bolsheviks’ — ultimate success. And the answer is considerable on both counts.

Parvus_Alexander.jpgA man known as Parvus appears foremost among the Jews in Lenin in Zürich. Born Izrail Lazarevich Gelfand, he comes across, at least to Lenin, as an enigmatic and somewhat unscrupulous capitalist and millionaire who, for some reason, dedicates his life to socialist causes. Either this, or he wishes to destroy Russia while exhibiting a suspicious allegiance to Germany. Parvus, along with his protégé Leon Trotsky, had tried and failed to overthrow the Tsar in 1905, and now offers a new plan: With his deep contacts in the German government, he will arrange for the Bolsheviks’ to travel through Germany in order to re-enter Russia where they can foment revolution against a weakened Tsar. This would serve not only Lenin but Parvus’ German friends as well by knocking Russia out of the war. Suspicious of Parvus’ outsider status, and especially of his tolerance of Lenin’s detested Mensheviks, Lenin at first refuses. However, he cannot shake his respect and fascination for this mysterious benefactor.

Fat, ostentatious, and lacking tact, Parvus appears just as repulsive to the reader as he does to Lenin. However, his great wealth and his acumen for political scheming tames Lenin’s rapacious attitude and manages to shut him up for a while (which perhaps exonerates him somewhat as a character in the reader’s mind). He’s also quite prescient, having predicted World War I at an earlier point and impressing upon an incredulous Lenin that “the destruction of Russia now held the key to the future history of the world!”

And, of course, he’s a financial genius:

It was a matter of instinct with him, the emergence of disproportions, imbalances, gaps which begged him, cried out to him to insert his hand and extract a profit. This was so much part of his innermost nature that he conducted his multifarious business transactions, which by now were scattered over ten European countries, without a single ledger, keeping all the figures in his head.

d595b497ad4d0145202370e65cddfeb5.jpgAnother Jew who figures prominently in Lenin in Zürich is Radek (born Karl Berngardovich Sobelsohn). Lenin has tremendous respect for Radek as a writer and propagandist — that Radek had become one of the Soviet Union’s most prominent journalists years after Lenin’s death certainly justifies Lenin’s esteem. In all, he is clever and resourceful and the only person to whom Lenin would voluntarily surrender his pen. After the February Revolution in Russia, as Lenin prepares for travel back to his home country according to Parvus’ plan, Radek contrives ingenious solutions to formidable logistical problems that threaten to sink the enterprise. This makes Lenin, for one of the few times in the book, truly happy.

Not included in the later editions of The Red Wheel, which contain all of the Lenin in Zürich chapters, is an extremely useful “Author’s Index of Names” in the back of the book. Forty-nine names are mentioned, fifteen of which are Jews — sixteen if we include the half-Jewish Ryazanov (David Borisovich Goldendakh). This is over thirty percent, with a couple of names that I could not verify one way or the other. The ones I could are: Aleksandr Abramovich, Moisei Bronski, Grigory Chudnovsky, Lev Kamenev, Moisei Kharitonov, Paul Levi, Maksim Litvinov, Yuly Martov, Parvus, Radek, Georgy Shklovsky, Georg Sklarz, Grigory Sokolnikov, Moisei Uritsky, and Grigory Zinoviev.

Further, not all of the gentiles mentioned were part of Lenin’s inner circle. Some, such as the much-despised Robert Grimm and Fritz Platten, were Swiss socialists who contended with Lenin and did not accompany him to Russia. Others, such as Aleksandr Shlyapnikov and Nikolai Bukharin, were important and were mentioned frequently in the text but were not in Switzerland during the timeframe of the chapters. And two, Nadezhda Krupskaya (his neglected wife) and Inessa Armand (his beloved mistress) made few substantive contributions to his revolutionary work in the pages of Lenin in Zürich. According to Solzhenitsyn, many of Lenin’s closest associates in Zurich were Jews. Certainly, the two most important ones were.

From the perspective of the Right, Solzhenitsyn offers tantalizing evidence that the October Revolution would not have occurred (or would not have been as successful) without crucial actions from Jews at the most important moments. Without Parvus and Radek, Lenin likely would have stayed in Zurich in March 1917. Would he have gotten out in April or May or at all? Would he have even made it to Russia in time to make a difference? Would the Bolsheviks have been as successful without him? Impossible to say, but a reasonable conclusion would be that the fate of the Soviet Union would have hung much more in the balance without Lenin running things during its formative years. And without a successful October Revolution, we likely wouldn’t have the tens of millions of people senselessly killed by the Soviets during the 1920s and 1930s.

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Lenin in Zürich offers positive value to the Right as well, almost to the point of irony. Despite being an unhinged, foul-tempered, miserable villain, Solzhenitsyn’s Lenin exhibits some admirable characteristics that dissidents of any stripe would do well to emulate — provided they sift out the destructive elements. His gargantuan faith in himself makes him utterly impervious to ridicule and embarrassment. He thinks in slogans — always striving for a way to control and motivate the masses. (“The struggle against war is impossible without socialist revolution!”) He’s obsessed with time and gets annoyed almost to the point of rage whenever he wastes any. Everything is urgent for him. The man also demonstrates inhuman energy, always working, always reading, always striving. Solzhenitsyn, to his great credit as an author, makes Lenin’s intensity vibrate on nearly every page. Here’s a sample:

By analogy, by association, by contradiction, sparks of thought were continually struck off, flying at a tangent to left or right, on to loose scraps of paper, on to the lined pages of exercise books, into blank margins, and every thought must be stitched to paper with a fiery thread before it could fade, to smoulder there until it was wanted, in a draft summary or else in a letter begun there and then so that he could forge his sentences red-hot.

In essence, Lenin’s bulletproof spiritual constitution makes him the perfect radical machine. Who wouldn’t want to follow such a man during a crisis?

But to afford this, Lenin must live a Spartan life. He dedicates his entire life for his cause, and so does little for himself in terms of pleasure. Sadly for him, and for humanity, his dear Inessa could not requite his infatuation with her. In a candid moment, Lenin admits that only in her presence could he slow down and relax and do things for himself — day after gloriously languid day. Perhaps if he had found a little more solace with her, the world could have been spared his Mephistophelean wrath. Perhaps with her, he could have been more human and less Lenin.

Here is where I believe Solzhenitsyn fibs in the way all great authors should fib. This is all too good, too perfect a story to tell. I sense an all-encompassing tragic architecture rather than the ramshackle formation of truth. I can’t prove it, but I would guess that Vladimir Lenin would have remained a devourer of worlds even if he had had his way with Inessa every night while in Zurich. He would have eventually grown bored and contemptuous of her, like he did with most everyone else. Nothing would have changed.

But Solzhenitsyn makes us wish it had. And he makes us believe, even if only for a moment, that through romantic love it could have. When Lenin has an introspective moment alone, shortly after learning of the first revolution in Russia, he contemplates how his life is going to change forever. He then sits on a park bench before an obelisk commemorating a 1799 Zurich battle between the Russians and Austrians and the French. Yes, Russians of the past had fought even here, he thinks.

The clip-clop of hooves startles him. Inessa! Here she comes! What a surprise! She’s sitting upright in the saddle of a chestnut horse. She’ll be with him at any moment!

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Of course, it isn’t her, but a beautiful woman nonetheless. And this gets our Lenin to thinking. . .

He sat very still studying her face and the hair like a black wing peeping under her hat.

If he could suddenly liberate his mind from all the work that needed to be and must be done — how beautiful this would seem! A beautiful woman!

Her only movement was the swaying of shoulders and hips as the sway of the horse lifted her toe-caps in the stirrups.

She rode on downhill to a turn in the road — and there was nothing but the rhythm of hooves for a little while longer.

She rode on, carrying a little part of him away with her.

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samedi, 09 novembre 2013

Wall Street & the November 1917 Bolshevik Revolution

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Wall Street & the November 1917 Bolshevik Revolution

By Kerry Bolton 

Ex: http://www.counter-currents.com

My last article [2] documented the funding of the March 1917 Revolution in Russia.[1] The primary financier of the Russian revolutionary movement 1905–1917 was Jacob Schiff, of Kuhn Loeb and Co., New York. In particular Schiff had provided the money for the distribution of revolutionary propaganda among Russians prisoners-of-war in Japan in 1905 by the American journalist George Kennan who, more than any other individual, was responsible for turning American public and official opinion against Czarist Russia. Kennan subsequently related that it was thanks to Schiff that 50,000 Russian soldiers were revolutionized and formed the cadres that laid the basis for the March 1917 Revolution and, we might add–either directly or indirectly–the consequent Bolshevik coup of November. The reaction of bankers from Wall Street and The City towards the overthrow of the Czar was enthusiastic.

This article deals with the funding of the subsequent Bolshevik coup eight months later which, as paradoxical as it might seem to those who know nothing of history other than the orthodox version, was also greeted cordially by banking circles in Wall Street and elsewhere.

Apologists for the bankers and other highly-placed individuals who supported the Bolsheviks from the earliest stages of the communist takeover, either diplomatically or financially, justify the support for this mass application of psychopathology as being motivated by patriotic sentiment, in trying to thwart German influence over the Bolsheviks and to keep Russia in the war against Germany. Because Lenin and his entourage had been able to enter Russia courtesy of the German High Command on the basis that a Bolshevik regime would withdraw Russia from the war, Wall Street capitalists explained that their patronage of the Bolsheviks was motivated by the highest ideals of pro-Allied sentiment. Hence, William Boyce Thompson in particular stated that by funding Bolshevik propaganda for distribution in Germany and Austria this would undermine the war effort of those countries, while his assistance to the Bolsheviks in Russia was designed to swing them in favor of the Allies.

These protestations of patriotic motivations ring hollow. International banking is precisely what it is called–international, or globalist as such forms of capitalism are now called. Not only have these banking forms and other forms of big business had overlapping directorships and investments for generations, but they are often related through intermarriage. While Max Warburg of the Warburg banking house in Germany advised the Kaiser and while the German Government arranged for funding and safe passage of Lenin and his entourage from Switzerland across Germany to Russia;[2] his brother Paul,[3] a partner of Jacob Schiff’s at Wall Street, looked after the family interests in New York. The primary factor that was behind the bankers’ support for the Bolsheviks whether from London,[4] New York, Stockholm,[5] or Berlin, was to open up the underdeveloped resources of Russia to the world market, just as in our own day George Soros, the money speculator, funds the so-called “color revolutions” to bring about “regime change” that facilitates the opening up of resources to global exploitation. Hence there can no longer be any doubt that international capital a plays a major role in fomenting revolutions, because Soros plays the well-known modern-day equivalent of Jacob Schiff.

Recognition of Bolsheviks Pushed by Bankers

This aim of international finance, whether centered in Germany, England or the USA, to open up Russia to capitalist exploitation by supporting the Bolsheviks, was widely commented on at the time by a diversity of well-informed sources, including Allied intelligence agencies, and of particular interest by two very different individuals, Henry Wickham Steed, editor of The London Times, and Samuel Gompers, head of the American Federation of Labor.

On May 1, 1922 The New York Times reported that Gompers, reacting to negotiations at the international economic conference at Genoa, declared that a group of “predatory international financiers” were working for the recognition of the Bolshevik regime for the opening up of resources for exploitation. Despite the rhetoric by New York and London bankers during the war that a Russian revolution would serve the Allied cause, Gompers opined that this was an “Anglo-American-German banking group,” and that they were “international bankers” who did not adhere to any national allegiance. He also noted that prominent Americans who had a history of anti-labor attitudes were advocating recognition of the Bolshevik regime.[6]

What Gompers claimed, was similarly expressed by Henry Wickham Steed of The London Times, based on his observations. In a first-hand account of the Paris Peace Conference of 1919, Steed stated that proceedings were interrupted by the return from Moscow of William C. Bullitt and Lincoln Steffens, “who had been sent to Russia towards the middle of February by Colonel House and Mr. Lansing, for the purpose of studying conditions, political and economic, therein for the benefit of the American Commissioners plenipotentiary to negotiate peace.”[7] Steed also refers to British Prime Minister Lloyd George as being likely to have known of the Mission and its purpose. Steed stated that international finance was behind the move for recognition of the Bolshevik regime and other moves in favor of the Bolsheviks, and specifically identified Jacob Schiff of Kuhn, Loeb & Co., New York, as one of the principal bankers “eager to secure recognition”:

Potent international financial interests were at work in favor of the immediate recognition of the Bolshevists. Those influences had been largely responsible for the Anglo-American proposal in January to call Bolshevist representatives to Paris at the beginning of the Peace Conference—a proposal which had failed after having been transformed into a suggestion for a Conference with the Bolshevists at Prinkipo. . . . The well-known American Jewish banker, Mr. Jacob Schiff, was known to be anxious to secure recognition for the Bolshevists . . .[8]

In return for diplomatic recognition, Tchitcherin, the Bolshevist Commissary for Foreign Affairs, was offering “extensive commercial and economic concessions.”

Wickham Steed with the support of The Times’ proprietor, Lord Northcliffe, exposed the machinations of international finance to obtain the recognition of the Bolshevik regime, which still had a very uncertain future.

Steed related that he was called upon by US President Wilson’s primary adviser, Edward Mandel House, who was concerned at Steed’s exposé of the relationship between Bolshevists and international financers:

That day Colonel House asked me to call upon him. I found him worried both by my criticism of any recognition of the Bolshevists and by the certainty, which he had not previously realized, that if the President were to recognize the Bolshevists in return for commercial concessions his whole “idealism” would be hopelessly compromised as commercialism in disguise. I pointed out to him that not only would Wilson be utterly discredited but that the League of Nations would go by the board, because all the small peoples and many of the big peoples of Europe would be unable to resist the Bolshevism which Wilson would have accredited.[9]

Steed stated to House that it was Jacob Schiff, Warburg and other bankers who were behind the diplomatic moves in favor of the Bolsheviks:

I insisted that, unknown to him, the prime movers were Jacob Schiff, Warburg, and other international financiers, who wished above all to bolster up the Jewish Bolshevists in order to secure a field for German and Jewish exploitation of Russia.[10]

Steed here indicates an uncharacteristic naïveté in thinking that House would not have known of the plans of Schiff, Warburg, et al. House was throughout his career close to these bankers and was involved with them in setting up a war-time think tank called The Inquiry, and following the war the creation of the Council on Foreign Relations, in order to shape an internationalist post-war foreign policy. It was Schiff and Paul Warburg and other Wall Street bankers who called on House in 1913 to get House’s support for the creation of the Federal Reserve Bank.[11]

House in Machiavellian manner asked Steed to compromise; to support humanitarian aid supposedly for the benefit of all Russians. Steed agreed to consider this, but soon after talking with House found out that British Prime Minister Lloyd George and Wilson were to proceed with recognition the following day. Steed therefore wrote the leading article for the Paris Daily Mail of March 28th, exposing the maneuvers and asking how a pro-Bolshevik attitude was consistent with Pres. Wilson’s declared moral principles for the post-war world?

. . . Who are the tempters that would dare whisper into the ears of the Allied and Associated Governments? They are not far removed from the men who preached peace with profitable dishonour to the British people in July, 1914. They are akin to, if not identical with, the men who sent Trotsky and some scores of associate desperadoes to ruin the Russian Revolution as a democratic, anti-German force in the spring of 1917.[12]

Here Steed does not seem to have been aware that some of the same bankers who were supporting the Bolsheviks had also supported the March Revolution.

Charles Crane,[13] who had recently talked with President Wilson, told Steed that Wilson was about to recognize the Bolsheviks, which would result in a negative public opinion in the USA and destroy Wilson’s post-War internationalist aims. Significantly Crane also identified the pro-Bolshevik faction as being that of Big Business, stating to Steed: “Our people at home will certainly not stand for the recognition of the Bolshevists at the bidding of Wall Street.” Steed was again seen by House, who stated that Steed’s article in the Paris Daily Mail, “had got under the President’s hide.” House asked that Steed postpone further exposés in the press, and again raised the prospect of recognition based on humanitarian aid. Lloyd George was also greatly perturbed by Steed’s articles in the Daily Mail and complained that he could not undertake a “sensible” policy towards the Bolsheviks while the press had an anti-Bolshevik attitude.[14]

Thompson and the American Red Cross Mission

As mentioned, House attempted to persuade Steed on the idea of relations with Bolshevik Russia ostensibly for the purpose of humanitarian aid for the Russian people. This had already been undertaken just after the Bolshevik Revolution, when the regime was far from certain, under the guise of the American Red Cross Mission. Col. William Boyce Thompson, a director of the NY Federal Reserve Bank, organized and largely funded the Mission, with other funding coming from International Harvester, which gave $200,000. The so-called Red Cross Mission was largely comprised of business personnel, and was according to Thompson’s assistant, Cornelius Kelleher, “nothing but a mask” for business interests.[15] Of the 24 members, five were doctors and two were medical researchers. The rest were lawyers and businessmen associated with Wall Street. Dr. Billings nominally headed the Mission.[16] Prof. Antony Sutton of the Hoover Institute stated that the Mission provided assistance for revolutionaries:

We know from the files of the U.S. embassy in Petrograd that the U.S. Red Cross gave 4,000 rubles to Prince Lvoff, president of the Council of Ministers, for “relief of revolutionists” and 10,000 rubles in two payments to Kerensky for “relief of political refugees.”[17]

The original intention of the Mission, hastily organized by Thompson in light of revolutionary events, was ‘”nothing less than to shore up the Provisional regime,” according to the historian William Harlane Hale, formerly of the United States Foreign Service.[18] The support for the social revolutionaries indicates that the same bankers who backed the Kerensky regime and the March Revolution also supported the Bolsheviks, and it seems reasonable to opine that these financiers considered Kerensky a mere prelude for the Bolshevik coup, as the following indicates.

Thompson set himself up in royal manner in Petrograd reporting directly to Pres. Wilson and bypassing US Ambassador Francis. Thompson provided funds from his own money, first to the Social Revolutionaries, to whom he gave one million rubles,[19] and shortly after $1,000,000 to the Bolsheviks to spread their propaganda to Germany and Austria.[20] Thompson met Thomas Lamont of J. P. Morgan Co. in London to persuade the British War Cabinet to drop its anti-Bolshevik policy. On his return to the USA Thompson undertook a tour advocating US recognition of the Bolsheviks.[21] Thompson’s deputy Raymond Robbins had been pressing for recognition of the Bolsheviks, and Thompson agreed that the Kerensky regime was doomed and consequently “sped to Washington to try and swing the Administration onto a new policy track,” meeting resistance from Wilson, who was being pressure by Ambassador Francis.[22]

The “Bolshevik of Wall Street”

Such was Thompson’s enthusiasm for Bolshevism that he was nicknamed “the Bolshevik of Wall Street” by his fellow plutocrats. Thompson gave a lengthy interview with The New York Times just after his four month tour with the American Red Cross Mission, lauding the Bolsheviks and assuring the American public that the Bolsheviks were not about to make a separate peace with Germany.[23] The article is an interesting indication of how Wall Street viewed their supposedly “deadly enemies,” the Bolsheviks, at a time when their position was very precarious. Thompson stated that while the “reactionaries,” if they assumed power, might seek peace with Germany, the Bolsheviki would not. “His opinion is that Russia needs America, that America must stand by Russia,” stated the Times. Thompson is quoted: “The Bolsheviki peace aims are the same as those of the Untied States.” Thompson alluded to Wilson’s speech to the United States Congress on Russia as “a wonderful meeting of the situation,” but that the American public “know very little about the Bolsheviki.” The Times stated:

Colonel Thompson is a banker and a capitalist, and he has large manufacturing interests. He is not a sentimentalist nor a “radical.” But he has come back from his official visit to Russia in absolute sympathy with the Russian democracy as represented by the Bolsheviki at present.

Hence at this time Thompson was trying to sell the Bolsheviks as “democrats,” implying that they were part of the same movement as the Kerensky regime that they had overthrown. While Thompson did not consider Bolshevism the final form of government, he did see it as the most promising step towards a “representative government” and that it was the “duty” of the USA to “sympathize” with and “aid” Russia “through her days of crisis.” He stated that in reply to surprise at his pro-Bolshevik sentiments he did not mind being called “red” if that meant sympathy for 170,000,000 people “struggling for liberty and fair living.” Thompson also saw that while the Bolsheviki had entered a “truce” with Germany, they were also spreading Bolshevik doctrines among the German people, which Thompson called “their ideals of freedom” and their “propaganda of democracy.” Thompson lauded the Bolshevik Government as being the equivalent to America’s democracy, stating:

The present government in Russia is a government of workingmen. It is a Government by the majority, and, because our Government is a government of the majority, I don’t see how it can fail to support the Government of Russia.

Thompson saw the prospects of the Bolshevik Government being transformed as it incorporated a more Centrist position and included employers. If Bolshevism did not proceed thus, then “God help the world,” warned Thompson. Given that this was a time when Lenin and Trotsky held sway over the regime, subsequently to become the most enthusiastic advocates of opening Russia up to foreign capital (New Economic Policy) prospects seemed good for a joint Capitalist-Bolshevik venture with no indication that an upstart named Stalin would throw a spanner in the works.

The Times article ends: “At home in New York, the Colonel has received the good-natured title of ‘the Bolshevik of Wall Street.’”[24] It was against this background that it can now be understood why labor leader Samuel Gompers denounced Bolshevism as a tool of “predatory international finance,” while arch-capitalist Thompson lauded it as “a government of working men.”

The Council on Foreign Relations Report

The Council on Foreign Relations (CFR) had been established in 1921 by President Wilson’s chief adviser Edward Mandel House out of a previous think tank called The Inquiry, formed in 1917–1918 to advise President Wilson on the Paris Peace Conference of 1919. It was this conference about which Steed had detailed his observations when he stated that there were financial interests trying to secure the recognition of the Bolsheviks.[25]

Peter Grose in his semi-official history of the CFR writes of it as a think tank combining academe and big business that had emerged from The Inquiry group.[26] Therefore the CFR report on Soviet Russia at this early period is instructive as to the relationship that influential sections of the US Establishment wished to pursue in regard to the Bolshevik regime. Grosse writes of this period:

Awkward in the records of The Inquiry had been the absence of a single study or background paper on the subject of Bolshevism. Perhaps this was simply beyond the academic imagination of the times. Not until early 1923 could the Council summon the expertise to mobilize a systematic examination of the Bolshevik regime, finally entrenched after civil war in Russia. The impetus for this first study was Lenin’s New Economic Policy, which appeared to open the struggling Bolshevik economy to foreign investment. Half the Council’s study group were members drawn from firms that had done business in pre-revolutionary Russia, and the discussions about the Soviet future were intense. The concluding report dismissed “hysterical” fears that the revolution would spill outside Russia’s borders into central Europe or, worse, that the heady new revolutionaries would ally with nationalistic Muslims in the Middle East to evict European imperialism. The Bolsheviks were on their way to “sanity and sound business practices,” the Council study group concluded, but the welcome to foreign concessionaires would likely be short-lived. Thus, the Council experts recommended in March 1923 that American businessmen get into Russia while Lenin’s invitation held good, make money on their investments, and then get out as quickly as possible. A few heeded the advice; not for seven decades would a similar opportunity arise.[27]

However, financial interests had already moved into Soviet Russia from the beginning of the Bolshevik regime.

The Vanderlip Concession

H. G. Wells, historian, novelist, and Fabian-socialist, observed first-hand the relationship between Communism and big business when he had visited Bolshevik Russia. Travelling to Russia in 1920 where he interviewed Lenin and other Bolshevik leaders, Wells hoped that the Western Powers and in particular the USA would come to the Soviets’ aid. Wells also met there “Mr. Vanderlip” who was negotiating business contracts with the Soviets. Wells commented of the situation he would like to see developing, and as a self-described “collectivist” made a telling observation on the relationship between Communism and “Big Business”:

The only Power capable of playing this role of eleventh-hour helper to Russia single-handed is the United States of America. That is why I find the adventure of the enterprising and imaginative Mr. Vanderlip very significant. I doubt the conclusiveness of his negotiations; they are probably only the opening phase of a discussion of the Russian problem upon a new basis that may lead it at last to a comprehensive world treatment of this situation. Other Powers than the United States will, in the present phase of world-exhaustion, need to combine before they can be of any effective use to Russia. Big business is by no means antipathetic to Communism. The larger big business grows the more it approximates to Collectivism. It is the upper road of the few instead of the lower road of the masses to Collectivism.[28]

In addressing concerns that were being expressed among Bolshevik Party “activists” at a meeting of the Moscow Organization of the party, Lenin sought to reassure them that the Government was not selling out to foreign capitalism, but that, in view of what Lenin believed to be an inevitable war between the USA and Japan, a US interest in Kamchatka would be favorable to Soviet Russia as a defensive position against Japan. Such strategic considerations on the part of the US, it might be added, were also more relevant to US and other forms of so-called “intervention” during the Russian Civil War between the Red and the White Armies, than any desire to help the Whites overturn the Bolsheviks, let alone restore Czarism. Lenin said of Vanderlip to the Bolshevik cadres:

We must take advantage of the situation that has arisen. That is the whole purpose of the Kamchatka concessions. We have had a visit from Vanderlip, a distant relative of the well-known multimillionaire, if he is to he believed; but since our intelligence service, although splendidly organized, unfortunately does not yet extend to the United States of America, we have not yet established the exact kinship of these Vanderlips. Some even say there is no kinship at all. I do not presume to judge: my knowledge is confined to having read a book by Vanderlip, not the one that was in our country and is said to be such a very important person that he has been received with all the honors by kings and ministers—from which one must infer that his pocket is very well lined indeed. He spoke to them in the way people discuss matters at meetings such as ours, for instance, and told then in the calmest tones how Europe should be restored. If ministers spoke to him with so much respect, it must mean that Vanderlip is in touch with the multimillionaires.[29]

Of the meeting with Vanderlip, Lenin indicated that it was based on a secret diplomacy that was being denied by the US Administration, while Vandrelip returned to the USA, like other capitalists such as Thompson, praising the Bolsheviks. Lenin continued:

. . . I expressed the hope that friendly relations between the two states would be a basis not only for the granting of a concession, but also for the normal development of reciprocal economic assistance. It all went off in that kind of vein. Then telegrams came telling what Vanderlip had said on arriving home from abroad. Vanderlip had compared Lenin with Washington and Lincoln. Vanderlip had asked for my autographed portrait. I had declined, because when you present a portrait you write, “To Comrade So-and-so,” and I could not write, “To Comrade Vanderlip.” Neither was it possible to write: “To the Vanderlip we are signing a concession with” because that concession agreement would be concluded by the Administration when it took office. I did not know what to write. It would have been illogical to give my photograph to an out-and-out imperialist. Yet these were the kind of telegrams that arrived; this affair has clearly played a certain part in imperialist politics. When the news of the Vanderlip concessions came out, Harding—the man who has been elected President, but who will take office only next March—issued an official denial, declaring that he knew nothing about it, had no dealings with the Bolsheviks, and had heard nothing about any concessions. That was during the elections, and, for all we know, to confess, during elections, that you have dealings with the Bolsheviks may cost you votes. That was why he issued an official denial. He had this report sent to all the newspapers that are hostile to the Bolsheviks and are on the pay roll of the imperialist parties . . .[30]

This mysterious Vanderlip was in fact Washington Vanderlip who had, according to Armand Hammer, come to Russia in 1919, although even Hammer does not seem to have known much of the matter.[31] Lenin’s rationalizations in trying to justify concessions to foreign capitalists to the “Moscow activists” in 1920 seem disingenuous and less than forthcoming. Washington Vanderlip was an engineer whose negotiations with Russia drew considerable attention in the USA. The New York Times wrote that Vanderlip, speaking from Russia, denied reports of Lenin’s speech to “Moscow activists” that the concessions would serve Bolshevik geopolitical interests, with Vanderlip declaring that he had established a common frontier between the USA and Russia and that trade relations must be immediately restored.[32] The New York Times reporting in 1922: “The exploration of Kamchatka for oil as soon as trade relations between this country and Russia are established was assured today when the Standard Oil Company of California purchased one-quarter of the stock in the Vanderlip syndicate.” This gave Standard Oil exclusive leases on any syndicate lands on which oil was found. The Vanderlip syndicate comprised sixty-four units. The Standard Oil Company has just purchased sixteen units. However, the Vanderlip concessions could not come into effect until Soviet Russia was recognized by the USA.[33]

The Vanderlip syndicate holds concessions for the exploitation of coal, oil, and timber lands, fisheries, etc., east of the 160th parallel in Kamchatka. The Russian Government granted the syndicate alternate sections of land there and will draw royalties amounting to approximately 5 percent on all products developed and marketed by the syndicate.[34]

It is little wonder then that US capitalists were eager to see the recognition of the Soviet regime.

Bolshevik Bankers

In 1922 Soviet Russia’s first international bank was created, Ruskombank, headed by Olof Aschberg of the Nye Banken, Stockholm, Sweden. The predominant capital represented in the bank was British. The foreign director of Ruskombank was Max May, vice president of the Guaranty Trust Company.[35] Similarly to “the Bolshevik of Wall Street,” William Boyce Thompson, Aschberg was known as the “Bolshevik banker” for his close involvement with banking interests that had channeled funds to the Bolsheviks.

Guaranty Trust Company became intimately involved with Soviet economic transactions. A Scotland Yard Intelligence Report stated as early as 1919 the connection between Guaranty Trust and Ludwig C. A. K. Martens, head of the Soviet Bureau in New York when the bureau was established that year.[36] When representatives of the Lusk Committee investigating Bolshevik activities in the USA raided the Soviet Bureau offices on May 7, 1919, files of communications with almost a thousand firms were found. Basil H. Thompson of Scotland Yard in a special report stated that despite denials, there was evidence in the seized files that the Soviet Bureau was being funded by Guaranty Trust Company.[37] The significance of the Guaranty Trust Company was that it was part of the J. P. Morgan economic empire, which Dr. Sutton shows in his study to have been a major player in economic relations with Soviet Russia from its early days. It was also J. P. Morgan interests that predominated in the formation of a consortium, the American International Corporation (AIC), which was another source eager to secure the recognition of the still embryonic Soviet state. Interests represented in the directorship of the American International Corporation (AIC) included: National City Bank; General Electric; Du Pont; Kuhn, Loeb and Co.; Rockefeller; Federal Reserve Bank of New York; Ingersoll-Rand; Hanover National Bank, etc.[38]

The AIC’s representative in Russia at the time of the revolutionary tumult was its executive secretary William Franklin Sands, who was asked by US Secretary of State Robert Lansing for a report on the situation and what the US response should be. Sands’ attitude toward the Bolsheviks was, like that of Thompson, enthusiastic. Sands wrote a memorandum to Lansing in January 1918, at a time when the Bolshevik hold was still far from sure, that there had already been too much of a delay by the USA in recognizing the Bolshevik regime such as it existed. The USA had to make up for “lost time,” and like Thompson, Sands considered the Bolshevik Revolution to be analogous to the American Revolution.[39] In July 1918 Sands wrote to US Treasury Secretary McAdoo that a commission should be established by private interests with government backing, to provide “economic assistance to Russia.”[40]

Armand Hammer

One of those closely associated with Ludwig Martens and the Soviet Bureau was Dr. Julius Hammer, an emigrant from Russia who was a founder of the Communist Party USA. There is evidence that Julius Hammer was the host to Leon Trotsky when the latter with his family arrived in New York in 1917, and that it was Dr. Hammer’s chauffeured car that provided transport to Natalia and the Trotsky children. The Trotskys were met on disembarkation at the New York dock by Arthur Concors, a director of the Hebrew Sheltering and Immigrant Aid Society, whose advisory board included Jacob Schiff of Kuhn, Loeb and Co.[41] Dr. Hammer was the “primary owner of Allied Drug and Chemical Co.,” and “one of those not so rare creatures, a radical Marxist turned wealthy entrepreneur,” who lived an opulent lifestyle, according to Professor Spence.[42] Another financier linked to Trotsky was his own uncle, banker Abram Zhivotovskii, who was associated with numerous financial interests including those of Olof Aschberg.[43]

The intimate association of the Hammer family with Soviet Russia was to be maintained from start to finish, with an interlude of withdrawal during the Stalinist period. Julius’ son Armand, chairman of Occidental Petroleum Corporation, was the first foreigner to obtain commercial concessions from the Soviet Government. Armand was in Russia in 1921 to arrange for the reintroduction of capitalism according to the new economic course set by Lenin, the New Economic Policy. Lenin stated to Hammer that the economies of Russia and the USA were complementary, and in exchange for the exploitation of Russia’s raw materials he hoped for America’s technology.[44] This was precisely the attitude of significant business interests in the West. Lenin stated to Hammer that it was hoped the New Economic Policy would accelerate the economic process “by a system of industrial and commercial concessions to foreigners. It will give great opportunities to the United States.”[45]

Hammer met Trotsky, who asked him whether “financial circles” in the USA regard Russia as a desirable field of investment? Trotsky continued:

Inasmuch as Russia had its Revolution, capital was really safer there than anywhere else because, “whatever should happen abroad, the Soviet would adhere to any agreements it might make. Suppose one of your Americans invest money in Russia. When the Revolution comes to America, his property will of course be nationalized, but his agreement with us will hold good and he will thus be in a much more favorable position than the rest of his fellow capitalists.[46]

The manner by which Russia fundamentally changed direction, resulting eventually in the Cold War when Stalin refused to continue the wartime alliance for the purposes of establishing a World State via the United Nations Organization, traces its origins back to the divergence of opinion, among many other issues, between Trotsky and Stalin in regard to the role of foreign investment in the Soviet Union.[47] The CFR report had been prescient in warning big business to get into Russia immediately lest the situation changed radically.

Regimented Labor

But for the moment, with Trotsky entrenched as the warlord of Bolshevism, and Lenin favorable towards international capital investment, events in Russia seemed to be promising. A further major factor in the enthusiasm certain capitalist interests had for the Bolsheviks was the regimentation of labor under the so-called “dictatorship of the proletariat.” The workers’ state provided foreign capitalists with a controlled workforce. Trotsky had stated:

The militarization of labor is the indispensable basic method for the organization of our labor forces. . . . Is it true that compulsory labor is always unproductive? . . . This is the most wretched and miserable liberal prejudice: chattel slavery too was productive. . . . Compulsory slave labor was in its time a progressive phenomenon. Labor obligatory for the whole country, compulsory for every worker, is the basis of socialism. . . . Wages must not be viewed from the angle of securing the personal existence of the individual worker [but should] measure the conscientiousness, and efficiency of the work of every laborer.[48]

Hammer related of his experiences in the young Soviet state that although lengthy negotiations had to be undertaken with each of the trades unions involved in an enterprise, “the great power and influence of the trade unions was not without its advantages to the employer of labor in Russia. Once the employer had signed a collective agreement with the union branch there was little risk of strikes or similar trouble.”

Breaches of the codes as negotiated could result in dismissal, with recourse by the sacked worker to a labor court which, in Hammer’s experience, did not generally find in the worker’s favor, which would mean that there would be little chance of the sacked worker getting another job.[49]

However, Trotsky’s insane run in the Soviet Union was short-lived. As for Hammer, despite his greatly expanding and diverse businesses in the Soviet Union, after Stalin assumed power Hammer packed up and left, not returning until Stalin’s demise. Hammer opined decades later:

I never met Stalin—I never had any desire to do so—and I never had any dealings with him. However it was perfectly clear to me in 1930 that Stalin was not a man with whom you could do business. Stalin believed that the state was capable of running everything without the support of foreign concessionaires and private enterprise. That is the main reason I left Moscow. I could see that I would soon be unable to do business there and, since business was my sole reason to be there, my time was up.[50]

Foreign capital did nonetheless continue to do business with the USSR[51] as best as it was able, but the promising start that capitalists saw in the March and November revolutions for a new Russia that would replace the antiquated Czarist system with a modern economy from which they could reap the rewards was, as the 1923 CFR report warned, short-lived. Gorbachev and Yeltsin provided a brief interregnum of hope for foreign capital, to be disappointed again with the rise of Putin and a revival of nationalism and opposition to the oligarchs. The policy of continuing economic relations with the USSR even during the era of the Cold War was promoted as a strategy in the immediate aftermath of World War II when a CFR report by George S Franklin recommended attempting to work with the USSR as much as possible, “unless and until it becomes entirely evident that the U.S.S.R. is not interested in achieving cooperation . . .”

The United States must be powerful not only politically and economically, but also militarily. We cannot afford to dissipate our military strength unless Russia is willing concurrently to decrease hers. On this we lay great emphasis.

We must take every opportunity to work with the Soviets now, when their power is still far inferior to ours, and hope that we can establish our cooperation on a firmer basis for the not so distant future when they will have completed their reconstruction and greatly increased their strength. . . . The policy we advocate is one of firmness coupled with moderation and patience.[52]

Since Putin, the CFR again sees Russia as having taken a “wrong direction.” The current recommendation is for “selective cooperation” rather than “partnership, which is not now feasible.”[53]

The Revolutionary Nature of Capital

Should the fact that international capital viewed the March and even the November Revolutions with optimism be seen as an anomaly of history? Oswald Spengler was one of the first historians to expose the connections between capital and revolution. In The Decline of the West he called socialism “capitalistic” because it does not aim to replace money-based values, “but to possess them.” H. G. Wells, it will be recalled, said something similar. Spengler stated of socialism that it is “nothing but a trusty henchman of Big Capital, which knows perfectly well how to make use of it.” He elaborated in a footnote, seeing the connections going back to antiquity:

Herein lies the secret of why all radical (i.e. poor) parties necessarily become the tools of the money-powers, the Equites, the Bourse. Theoretically their enemy is capital, but practically they attack, not the Bourse, but Tradition on behalf of the Bourse. This is as true today as it was for the Gracchuan age, and in all countries . . .[54]

It was the Equites, the big-money party, which made Tiberius Gracchu’s popular movement possible at all; and as soon as that part of the reforms that was advantageous to themselves had been successfully legalized, they withdrew and the movement collapsed.[55]

From the Gracchuan Age to the Cromwellian and the French Revolutions, to Soros’ “color revolutions” of today, the Russian Revolutions were neither the first nor the last of political upheavals to serve the interests of Money Power in the name of “the people.”

 Notes

[1] K. R. Bolton, “March 1917: Wall Street & the March 1917 Russian Revolution,” Ab Aeterno, No. 2 (March 2010).

[2] Michael Pearson, The Sealed Train: Journey to Revolution: Lenin–1917 (London: Macmillan, 1975).

[3] Paul Warburg, prior to immigrating to the USA, had been decorated by the Kaiser in 1912.

[4] Col. William Wiseman, head of the British Secret Service, was the British equivalent to America’s key presidential adviser, Edward House, with whom he was in constant communication. Wiseman became a partner in Kuhn, Loeb & Co. From London on May 1, 1918 Wiseman cabled House that the Allies should intervene at the invitation of the Bolsheviks and help organize the Bolshevik army then fighting the White Armies in a bloody Civil War at a time when the Bolshevik hold on Russia was doubtful (Edward M. House, ed. Charles Seymour, The Intimate Papers of Col. House [New York: Houghton, Mifflin Co., 1926], Vol. III, p. 421).

[5] Olof Aschberg of the Nye Banken, Stockholm, the so-called “Bolshevik banker” who became head of the first Soviet international bank, Ruskombank, channeled funds to the Bolsheviks. On September 6, 1948 The London Evening Star commented on Aschberg’s visit to Swiss bankers that he had “advanced large sums to Lenin and Trotsky in 1917. At the time of the revolution Mr. Aschberg gave Trotsky money to form and equip the first unit of the Red Army.”

[6] Samuel Gompers, “Soviet Bribe fund Here Says Gompers, Has Proof That Offers Have Been Made, He Declares, Opposing Recognition. Propaganda Drive. Charges Strong Group of Bankers With Readiness to Accept Lenin’s Betrayal of Russia,” The New York Times, May 1, 1922. Online at Times’ archives: http://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=9E00E3D81739EF3ABC4953DFB3668389639EDE [3]

[7] Henry Wickham Steed, “Through Thirty Years 1892–1922 A personal narrative,” The Peace Conference, The Bullitt Mission, Vol. II.  (New York: Doubleday Page and Co., 1924), p. 301.

[8] Ibid.

[9] Ibid.

[10] Ibid.

[11] Charles Seymour, 165–66. House was assigned by Wilson to draw up the constitution for the League of Nations, and in 1918 formed a think tank at Wilson’s request, called The Inquiry, to advise on post-war policy, which became the Council on Foreign Relations. House was the US chief negotiator at the Peace Conference in Paris, 1919–1920.

[12] Henry Wickham Steed, “Peace with Honor,” Paris Daily Mail, 28 March 1922; quoted in Steed (1924).

[13] Crane was a member of a 1917 Special Diplomatic Mission to Russia, and a member of the American Section of the Paris Peace Conference in 1919.

[14] H. W. Steed, 1924, op. cit.

[15] Antony Sutton, Wall Street and the Bolshevik Revolution (New York: Arlington House Publishers, 1974), p. 71.

[16] Ibid., p. 75.

[17] Ibid., p. 73.

[18] William Harlan Hale, “When the Red Storm Broke,” America and Russia: A Century and a Half of Dramatic Encounters, ed. Oliver Jensen (New York: Simon and Schuster, 1962), p. 150.

[19] Ibid., p.151.

[20] “Gives Bolsheviki a Million,” Washington Post, 2 February 1918, cited by Sutton, ibid., pp. 82–83.

[21] A. Sutton, op.cit., p. 8.

[22] W. Harlan Hale, op.cit., p. 151.

[23] Trotsky while still in the USA had made similar claims. “People War Weary. But Leo Trotsky Says They Do Not Want Separate Peace,” New York Times, March 16, 1917. This was why he became the focus of British intelligence efforts via R. H. Bruce Lockhart, special agent to the British War Cabinet in Russia.

[24] “Bolsheviki Will Not Make Separate Peace: Only Those Who Made Up Privileged Classes Under Czar Would Do So, Says Col. W. B. Thompson, Just Back From Red Cross Mission,” New York Times, January 27, 1918.

[25] Robert S. Rifkind, ‘”The Wasted Mission,” America and Russia, op. cit., p. 180.

[26] Peter Grose, Continuing The Inquiry: The Council on Foreign Relations from 1921 to 1996 (New York: Council on Foreign Relations, 2006). The entire book can be read online at: Council on Foreign Relations: http://www.cfr.org/about/history/cfr/index.html [4] (Accessed on February 27, 2010).

[27] Ibid. Chapter: “Basic Assumptions.”

[28] H. G. Wells, Russia in the Shadows, Chapter VII, “The Envoy.” Wells went to Russia in September 1920 at the invitation of Kamenev, of the Russian Trade Delegation in London, one of the leaders of the Bolshevik regime. Russia in the Shadows appeared as a series of articles in The Sunday Express. The whole book can be read online at: gutenberg.net.au/ebooks06/0602371h.html [5]

[29] V. I. Lenin, December 6, 1920, Collected Works, 4th English Edition (Moscow: Progress Publishers, 1965), Volume 31, 438–59 http://www.marxists.org/archive/lenin/works/1920/dec/06.htm [6] (Accessed on August 4, 2010).

[30] Ibid.

[31] A. Hammer, Witness to History (Reading, England: Hodder and Stoughton, 1988), pp.151-152.

[32] “Vanderlip’s Empire,” The New York Times, December 1, 1920, 14.

[33] “Standard Oil Joins Vanderlip Project,” The New York Times, January 11, 1922, p. 1.

[34] Ibid.

[35] Antony Sutton, Wall Street and the Bolshevik Revolution (New York: Arlington House Publishers, 1974), pp. 62–63.

[36] “Scotland Yard Intelligence Report,” London 1919, US State Dept. Decimal File, 316-22-656, cited by A. Sutton, ibid., p. 113.

[37] Basil H. Thompson, British Home Office Directorate of Intelligence, “Special Report No. 5 (Secret),” Scotland Yard, London, July 14, 1919; cited by Sutton, ibid., p. 115.

[38] A Sutton, op.cit., pp. 130–31.

[39] Sands’ memorandum to Lansing, p. 9; cited by Sutton, ibid., pp. 132, 134.

[40] A. Sutton, ibid., p. 135.

[41] Richard B Spence, “Hidden Agendas: Spies, Lies and Intrigue Surrounding Trotsky’s American Visit, January-April 1917,” Revolutionary Russia, Vol. 21, #1 (2008).

[42] Ibid.

[43] Ibid.

[44]  A. Hammer, Witness to History, op. cit., p. 143.

[45] Ibid.

[46] Ibid., p. 160.

[47] K. R. Bolton, “Origins of the Cold War: How Stalin Foiled a New World Order,” Foreign Policy Journal, May 31, 2010, http://www.foreignpolicyjournal.com/2010/05/31/origins-of-the-cold-war-how-stalin-foild-a-new-world-order/all/1 [7]

[48] Leon Trotsky, Third All-Russian Congress of Trade Unions, April 6th, 1920. http://www.marxists.org/archive/brinton/1970/workers-control/05.htm [8] (Accessed on August 4, 2010).

[49] A. Hammer, op. cit., p. 217.

[50] Ibid., p. 221.

[51] Charles Levinson, Vodka-Cola (West Sussex: Biblias, 1980). Antony Sutton, National Suicide: Military Aid to the Soviet Union (New York: Arlington House, 1973).

[52] Peter Grose, op. it., “The First Transformation,” http://www.cfr.org/about/history/cfr/first_transformation.html [9]

[53] Jack Kemp, et al., Russia’s Wrong Direction: What the United States Can and Should do, Independent Task Force Report, no. 57 (New York: Council on Foreign Relations, 2006) xi. The entire publication can be downloaded at: http://www.cfr.org/publication/9997/ [10]

[54] Oswald Spengler, The Decline of The West (London: George Allen & Unwin, 1971), Vol. 2,  p. 464.

[55] Ibid., p. 402.

Source: Ab Aeterno, no. 5, Fall 2010

 


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[6] http://www.marxists.org/archive/lenin/works/1920/dec/06.htm: http://www.marxists.org/archive/lenin/works/1920/dec/06.htm

[7] http://www.foreignpolicyjournal.com/2010/05/31/origins-of-the-cold-war-how-stalin-foild-a-new-world-order/all/1: http://www.foreignpolicyjournal.com/2010/05/31/origins-of-the-cold-war-how-stalin-foild-a-new-world-order/all/1

[8] http://www.marxists.org/archive/brinton/1970/workers-control/05.htm: http://www.marxists.org/archive/brinton/1970/workers-control/05.htm

[9] http://www.cfr.org/about/history/cfr/first_transformation.html: http://www.cfr.org/about/history/cfr/first_transformation.html

[10] http://www.cfr.org/publication/9997/: http://www.cfr.org/publication/9997/

mercredi, 25 septembre 2013

Der Tod des “Behemoth”

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Der Tod des “Behemoth”

Bernd Rabehl
 
Ex: http://berndrabehl.wordpress.com
 

Geheimtipp

bernd rabehl,théorie politique,sciences politiques,politologie,philosophie,béhémoth,leviathan,carl schmitt,lénine,rudi dutschkeBei der Rezeption der politikwissenschaftlichen Theoriegeschichte nach 1968 kam niemand an den Gutachten und Theorieentwürfen von Carl Schmitt vorbei. Dieser Grenzgänger zwischen bürgerlicher Demokratie und Diktatur hatte durchaus Berührungspunkte mit Karl Marx und W. I. Lenin. Allein sich zu bemühen, einen „Begriff des Politischen“ im Zeitalter der Krisen, Revolutionen und Weltkriege zu entwerfen, der den Ausnahmestaat oder „Sondergesetze“ zum Inhalt hatte, erinnerte an die vielfältigen, marxistischen Diskussionen über den Charakter und das Ziel der „Diktatur des Proletariats“. Schon deshalb gehörte Carl Schmitt zur geheimnisvollen „Theoriegeschichte“, die in den sechziger und siebziger Jahren im Zentrum der akademischen und politischen Diskussionen stand.

Die Übergänge und Umbrüche einer Studentenrevolte, die die unterschiedlichen, historischen Ideologien aktualisiert hatte, nahm irgendwann die vielfältigen Themen der „Diktatur“ im Marxismus auf und aktualisierte sie. Die Massnahmen der Reformuniversität und die Bildungspolitik einer Sozialliberalen Koalition lenkten zu Beginn der siebziger Jahre die Diskussionen auf die Realität des Bildungs-, Sozial- und „Notstandsstaates“. Der dissidente Marxismus, den die jüdische Emigration nach 1945 an die westdeutschen Universitäten, vor allem nach Frankfurt/Main und an die FU gebracht hatte, beeinflusste die einzelnen Exponenten der Studentenbewegung und ihrer Nachgänger, sich mit der Bedeutung der Marx’schen Kapitaltheorie und mit den „politischen Schriften“ des Marxismus zu befassen. Es entstand nach 1970 ein Interesse an der theoretischen „Rekonstruktion“ des Marxismus von Marx, Lenin, Trotzki, Stalin u. a.. Eine Marxismusrenaissance öffnete den Blick für die europäische Sozialgeschichte des 19. Und 20. Jahrhunderts.

Diese Theoriewendungen erklärten sich aus der Radikalisierung einer Studentenrevolte, die sich sehr bald zwischen den Extremen des illegalen Partisanenkrieges der RAF und des sozialdemokratischen Reformismus bzw. der kommunistischen „Realpolitik“ der DDR und der neu zugelassenen DKP auflöste. Ein derartige Kampf der „Linien“ fand sein Echo im inneruniversitären Streit zwischen den unterschiedlichen Theoriefraktionen des Neomarxismus, der Kulturtheorie und der „bürgerlichen Soziologie“. Er wurde zwischen den „alten Professoren“ und den neuen Dozenten, Assistenten und „Zeitprofessoren“ ausgetragen und gehörte zugleich zu den Streitpunkten der Studenten und Assistenten, die sich den unterschiedlichen kommunistischen Gruppen angeschlossen hatten. Die Reformuniversität hatte die Ziele einer „Kulturrevolution“ und Studentenrevolte in die Lehre und Forschung übersetzt und dadurch entschärft und entpolitisiert. Dem „theoretischen Radikalismus“ wurde die Praxis und die „revolutionäre Aktion“ genommen. Er fand Platz in den theoretischen Disputen und Streitigkeiten der unterschiedlichen „Kader“ an der Universität und verlor im akademischen und studentischen Milieu trotzdem die Schärfe, zur „politischen Entscheidung“ zu drängen. Dieser Radikalismus, der für die Sozialwissenschaften bisher vollkommen fremd war, befruchtete und „ideologisierte“ die sozialwissenschaftliche Debatten in den unterschiedlichen „Fachbereichen“ der westdeutschen Universitäten und der FU.

Die entstehende „Massenuniversität“ nahm die Widersprüche der Gesellschaft und des geteilten Europas auf. Die neuen Lehrkräfte hatten den wachsenden Zugang von Studenten pädagogisch zu „verarbeiten“ und sie erweiterten das Lehrangebot durch die skizzierten, neuen Themen. Über den „Marxismus“ nahm zugleich die Propaganda und die „grosse Ideologieindustrie“ der DDR Einfluss auf die Sozialwissenschaften. Die unzähligen „Kapitalkurse“ wurden ergänzt durch die Themen der Sozialpsychologie, der Familiensoziologie, der Sozialgeschichte, des „Faschismus in seiner Epoche“, der Staatstheorie und durch die DDR – Forschung bzw. durch den „Systemvergleich“. Die Gegenüberstellung der Marx’schen Staatsauffassung mit der Max Weber’schen Herrschaftssoziologie öffnete die Diskussionen hin zu W. I. Lenins „Staat und Revolution“ und zu Antonio Gramscis Interpretation von Machiavelli und der Sicht des „virtu“ und der „Hegemonia“, die die Legitimation von Opposition und Staat begründen sollten. Plötzlich wurden die Arbeiten von Carl Schmitt entdeckt und interessant, der zwar als Parteigänger der Militärdiktatur und der NS – Herrschaft galt und durch Georg Lukacs, Herbert Marcuse und Karl Löwith den Makel des Zerstörers der Demokratie und der „Vernunft“ erhalten hatte, trotzdem in seiner Charakterisierung des demokratischen „Parlamentarismus“, des „Politischen“ und der Fragen der „Legitimation“ von Staat und Opposition die Fragen ansprach, die durch Marx, Lenin und Gramsci nicht gelöst wurden: Wie gelang es der Staatsmacht oder einer „Führerpartei“, die Massen für die eigenen Ziele zu gewinnen und zu begeistern? Inwieweit gehörten die Feindmobilisierung, die „Ausnahmegesetze“ und die „Entscheidungsfähigkeit“ einer Regierung zur Grundlage der modernen „Staatlichkeit“? Konnte eine „ausserparlamentarische Opposition“ eine hegemoniale „Macht“ in den jungen Generationen entfalten und sich in einer „feindlich gesinnten Gesellschaft“ durchsetzen?

Radikalität und Faschismus

Aber nicht nur von der marxistischen Staatstheorie her wurde auf Carl Schmitt aufmerksam gemacht. Ralf Dahrendorf und Jürgen Habermas, die die soziologische Zwischengeneration zwischen der „jüdischen Emigration“, den ehemaligen „Wehrmachtsoffizieren“ und Professoren an der Universität, dem „Widerstand“, der soziologischen „Klassik“ und den neuen Dozenten verkörperten, diskutierten in den sechziger Jahren die westeuropäische und die deutsche Demokratiegeschichte. Habermas benutzte in seiner Darstellung von „Strukturwandel der Öffentlichkeit“ sogar die Schmitt’sche Parlamentarismuskritik und inspirierte eine rebellische Studentenschaft in ihrer Kritik der Parteienpolitik des Bundestages, der Medienkonzerne und der Rolle des Springerkonzerns in der Öffentlichkeit und der Gesellschaft. Über Schmitt wurde die Demokratiekritik radikalisiert und sie gewann in diesen Kreisen eine „anarchistische“ Interpretation. Habermas vollzog als „Vorbild“ und Ideengeber der Revolte im Juni 1967 deshalb einen Positionswechsel, indem er die Frage des „Linksfaschismus“ in die Debatte warf und von der Zerstörung der Errungenschaften der „europäischen Rationalität“ durch die unterschiedlichen Fraktionen der Studentenrevolte warnte.

Rudi Dutschke war für ihn ein typischer Vertreter des Neoanarchismus und des „Linksfaschismus“. Habermas wandte sich schnell dem Hegel’schen Staatsidealismus zu und benannte die „Notwendigkeit“ der Kommunikation und des sozialen Ausgleichs als Ausdruck des „positiven Rechts“ und der progressiven „Staatlichkeit“. Von Carl Schmitt wechselte er zum Rechtspositivismus von Hans Kelsen, dem theoretischen Gegner von Schmitt. Habermas entsprach dadurch dem Zeitgeist, die Politik der Sozialliberalen Koalition mit dem Auftrag der westlichen Zivilisation zu verbinden, sich gegen den „Extremismus“, gegen den östlichen „Sozialismus“ und gegen die faschistische bzw. nationalsozialistische Vergangenheit zu behaupten. Carl Schmitt stand plötzlich bei den „Marxisten“, bei der „Kritischen Theorie“ und innerhalb der „bürgerlichen Soziologie“ im Mittelpunkt der Auseinandersetzung.

Carl Schmitts Werk schien eine Parallelität in den Arbeiten von W. I. Lenin zu besitzen Dieser hatte in „Was tun“ und in der Schrift über den „Imperialismus“ den bolschewistischen Politikbegriff gegen die Sozialdemokratie und gegen den Liberalismus entworfen. Eine „Verfassungslehre“ wurde in den Schriften über „Staat und Revolution“ und über die Notwendigkeit des „Kriegskommunismus“ sichtbar. Die Schriften und Polemiken über den „Linksradikalismus“ als „Kinderkrankheit des Kommunismus“ enthielten Fragestellungen der Kritik der „politischen Romantik“ und der „Theologie“ bei Carl Schmitt. Lenin arbeitete situativ und interpretierte jeweils den Stand der sozialen Revolution oder der Transformation der Diktatur nach den Massgaben einer Ideologie, die als Weltanschauung theologische und religiöse Merkmale besass. Ähnlich ging Carl Schmitt vor, indem er die unterschiedlichen Umbrüche von Staat und Gesellschaft, des Kaiserreichs, der Militärdiktatur nach 1916, der Revolution und der Konterrevolution zwischen 1918 und 1923, der Weimarer Republik, der Notverordnungsdiktaturen 1930/1933, der Hitlerdiktatur 1933/1945, der Besatzungsdiktatur 1945/49 und der Bundesrepublik ab 1949 interpretierte, analysierte und „repräsentierte“. Als Gutachter und Jurist und als Vertreter des Ausnahmestaates rechtfertigte Schmitt jeweils die autoritären Eingriffe des zentralen Staates, die die Entscheidungsgewalt und die Souveränität des Staates begründen sollten.

Lenin und Schmitt waren durchaus vergleichbar. Lenin setzte sich für die zentrale Macht einer Diktatur und eines Planstaates ein, der sich allerdings aus der asiatischen Tradition des russischen Zarismus und des Polizeiterrors ableiten liess. Carl Schmitt begründete als katholischer „Konterrevolutionär“ den Ausnahmestaat und die Militärdiktatur, die jeweils den Bürgerkrieg beenden oder über die zentrale Entscheidungsgewalt in der Gesellschaft verfügen sollten. Schmitt diskutierte das geltende Recht als Machtfaktor. Für Lenin bildeten die zentralistische Partei und das hierarchische Entscheidungsprinzip von oben nach unten den Ausgangspunkt, Staat und Gesellschaft als Medium der Intervention der Berufsrevolutionäre einzuschätzen. Der Katholik Schmitt näherte sich ab 1933 dem nationalsozialistischen Führerstaat an und war von den Werten der NS – Ideologie beeindruckt. Nach Nikolai Berdjajev und nach Ernst Nolte inspirierte die bolschewistische Revolution und Politik den europäischen Faschismus und beeindruckte über Hans Rosenberg und Joseph Goebbels den Nationalsozialismus. Schmitt als Vertreter der katholischen Ordnungsprinzipien dieser Zeit verringerte durch seine Begeisterung für die NS – Ideologie die Distanz zum atheistischen Bolschewismus. Er blieb jedoch misstrauisch gegenüber dem „jüdischen Bolschewismus“. Wichtig war für ihn die „Diktatur“ als Ordnungsfaktor und Garant der sozialen und politischen Stabilität gegen die Entscheidungsunfähigkeit der parlamentarischen Demokratie und des Parteienstaates.

Die historischen Umbrüche und die juristische Anpassung Carl Schmitts an die neuen Aufgaben des Staates liessen sich mit der Gabe Lenins vergleichen, die politische Taktik der Bolschewiki auf die politische Lage zu orientieren. Ein derartiger Realitätssinn hatte vorerst nichts mit Opportunismus zu tun. Die „Verfassungslehre“, die Schriften über die „politische Romantik“, den „Parlamentarismus“ und die „Diktatur“, über den „Begriff des Politischen“, über die „Raumrevolution“ und über den „Nomos der Erde“ enthielten wie bei Lenin Ansätze einer modernen „Staatsphilosophie“, die vergleichbar wären mit den Arbeiten von Thomas Hobbes, Machiavelli, Hegel, Marx und Kelsen. Schmitt dachte über seine Zeit hinaus und entdeckte in Staat und Verfassung Tendenzen, die in die Zukunft wiesen. Schmitt argumentierte jedoch äusserst subtil „theologisch“ oder „ideologisch“. Als Advokat berief er sich auf die juristische Sprache und deutete die Gesetzeslage bzw. die Machtfaktoren, die in Recht und Verfassung sichtbar wurden.

Carl Schmitt als Ideologe und Wissenschaftler

Carl Schmitt hatte nach 1943 bereits deutlich gemacht, wie er sich selbst sehen wollte, welche Bedeutung und welche Grenzen er hatte. Nach seiner Überzeugung würde die deutsche Landmacht den „Weltbürgerkrieg“ verlieren und andere Verfassungsordnungen aus USA oder sogar aus Russland würden die deutsche Rechts- und Verfassungstradition überwinden und eine neue Politik und neues Verfassungsrecht begründen. Schmitt blieb bewusst, dass die neuen Welt- und Besatzungsmächte ihn zur Verantwortung ziehen würden. Er bereitete sich auf eine innere Emigration, auf einen „Prozess“ oder auf eine Haftzeit vor, denn er hatte in seinen Kommentaren und Rechtsgutachten drei gravierende Fehler gemacht, die das „universalistische Recht“ des Westens oder die „Prinzipien“ der Diktatur des Proletariats ihm ankreiden würden. Er hatte 1934 den Mord an seinen konservativen Freunden, General v. Schleicher, Edgar Jung und Klausner in der Schrift „Der Führer schützt das Recht“ gerechtfertigt. Sie wurden bei den Aktionen von GESTAPO unnd SS im „Röhmputsch“ umgebracht. Auf einem Kongress gegen das „Judentum in den Rechtswissenschaften“, den er in Berlin an der Universität organisiert hatte, hatte er 1936 den jüdischen Rechtsgelehrten jegliche Kapazität und Konsistenz abgesprochen und sie aus der deutschen Rechtstradion ausgeschlossen. Fast zum gleichen Zeitpunkt rechtfertigte er den „Führerbefehl“ und wollte ihn in das Strafgesetzbuch des Reiches aufnehmen, um den inneren „Feind“ direkt zu bekämpfen und zu liquidieren. Der Jurist Schmitt hatte die pure Willkür und den Staatsterror zum Prinzip des Führerstaates erhoben.

Jetzt, 1943, vollzog er einen Rückzieher und bereitete seine Verteidigung gegen die westlichen oder östlichen Ankläger vor. Nach seiner Überzeugung war der „wissenschaftliche Jurist“ kein „Theologe“ und kein „Philosoph“. Allerdings war er auch keine „blosse Funktion“ des „gesetzten Sollens“. Er wehrte sich gegen eine „subalterne Instrumentalisierung“. Gegen den philosophishen und theologischen Anspruch und gegen die Unterwerfung des Juristen zum „Funktionsträger“ und „Staatsdiener“ wollte er sich als „Wissenschaftler der Jurispondenz“ behaupten. Hier lag seine „geistige Existenz“. Er musste sich als Denker und Wissenschaftler bewähren, obwohl die unterschiedlichen Ordnungen, Machtwechsel und Staaten unterschiedliche Anforderungen an ihn stellten. In diesen „wechselnden Situationen“ wollte und musste er die Grundlagen eines „rationalen Menschseins“ definieren und feststellen. Die „Prinzipien des Rechts“ mussten in den Umbrüchen vom Kaiserreich zur Weimarer Republik, von dieser Republik zur NS Diktatur und von der Diktatur zur Bundesrepublik  bewahrt werden. Zu diesen „Prinzipien“ zählte Schmitt die gegenseitige  Achtung und Anerkennung des Juristen und Wissenschaftler als „Person“. Der „Sinn für Logik“, die „Folgerichtigkeit der Begriffe und Institutionen“,  der „Sinn für Reziprozität“ und für das „Minimum eines geordneten Verfahrens“ und einen „due process of law“, ohne den es kein Recht geben würde, sollten weitere Kriterien der objektiven Rechtsanwendung sein. Es kam ihm darauf an, den „unzerstörbaren Kern des Rechts“ zu erhalten. Darin lag die „Würde“ des Juristen, dieses „Minimum“ in allen Systemen und Staaten einzuklagen. (Carl Schmitt, in: „verfassungsrechtliche Aufsätze, Berlin 1985 (3. Auflage), S. 385, 442)

Schmitt selbst stellte sich als ein „situativer Denker“ vor, der je nach Lage, den Staat beriet und Gutachten anfertigte, jedoch auf „Objektivität“ und „Rechtsausgleich“ bestand. Dabei wollte er den „unzerstörbaren Kern des Rechts“ einhalten und sich je nach Institution um den rechtslogischen „Begriff“ und um die „Wiederholbarkeit“ und „Logik“ des Verfahrens kümmern. Neben der opportunistischen Anpassung an den Zeitgeit und die Macht des Staates musste der Jurist seine „geistige Existenz“ und seinen „Anspruch des Rechtsgelehrten“ verteidigen. Schmitt konnte, wurden diese Zeilen auf den juristischen Stand angewandt, als Exponent seiner Generation und der juristischen Wissenschaften erklärt werden. Der Seinsgrund seines Denkens entsprach dem politischen Wechsel und den unterschiedlichen Situationen. Trotzdem mussten die Widerstände nachweisbar sein, die der Jurist gegen die Willkür und den Staatsterror entwickeln würde. Mit vielen anderen Wissenschaftlern, Ideologen, Philosophen und Juristen genügte er jedoch dem Karriereangeboten der unterschiedlichen Staatsformen und wollte sich der jeweiligen Staatsmacht andienen. Zugleich musste er die unterschiedlichen Wendungen vor seinen wissenschaftlichen und moralischen Ansprüchen legitimieren, verarbeiten und interpretieren.

In den Arbeiten von Reinhard Mehring: „Carl Schmitt, Aufstieg und Fall, eine Biographie“, München 2009, Bernd Rüthers, Carl Schmitt im Dritten Reich, München 1990 und Heinrich Meier: „Die Lehre Carl Schmitts“, Stuttgart 1994, wurde dieser Selbstbespiegelung widersprochen. Allerdings wurde Carl Schmitt in Nürnberg nach 1945 freigesprochen. Ossip K. Flechtheim, amerikanischer Ankläger, Offizier und später Professor an der Freien Universität, zugleich Mentor und Beschützer des SDS, redete später davon, dass ein „Voltaire“ nicht in die Strafanstalt geschickt werden konnte. Schmitt wurde allerdings von der Lehrtätigkeit an einer Universität ferngehalten. Jacob Taubes, Philosophieprofessor und Religionswissenschaftler an der FU, nahm zu diesem konservativen Theoretiker und Juristen Schmitt Kontakte auf, um mit ihm die „Raumrevolution“ der Zukunft und die „Theorie des Partisanen“ zu diskutieren. Derartige Ideen erreichten den Republikanischen Club und den SDS.

Carl Schmitt erschliesst sich uns heute als Charakter und Generationstyp durch die soziale Herkunft, durch den sozialen Aufstieg, durch das Milieu und durch die Institutionen, in denen er sich bewegte und arbeitete. Die Verbindungen zum wohlhabenden Onkel und später zu den Vorgesetzten, Lehrern und Professoren gaben ihm Impulse und Orientierung. Die Freundes- und Kollegenkreise und der Einfluss der Mentoren und Ideengeber bezeichneten die Situation und den sozialen Hintergrund von Aufstieg.  Sie wurden bis auf Ausnahmen bei jedem Karriereschritt ausgetauscht und durch neue Kreise und Verbindungen ersetzt. Die Institution der Universität, des Staates oder des Militärkommandos, der Verbindungen oder der „Partei“ wiesen Hindernisse und Potentiale auf, die Schmitt jeweils erkennen musste, um sich behaupten zu können. Er musste allerdings seine Intelligenz, zugleich seine Anpassungsfähigkeit und seinen juristischen Geist als Gutachter und Textschreiber unter Beweis stellen. Primär durch Leistung, durch „geniale Ideen“, Fleiss und Beweisführungen, durch Anpassung und Subsumtion unter Personen und Ideen fand er die Anerkennung seiner Vorgesetzten und seiner Förderer und konnte dadurch den Weg nach oben nehmen. Diese Nähe zu den informellen Hierarchien und Entscheidungsträgern und die Leistungsfähigkeit des Juristen Schmitt erklärten den Aufstieg als Fachberater und Wissenschaftler, der als Gutachter bei den unterschiedlichen Gremien, Stabsstellen und später Regierungen oder Ministerien auftrat und als Porfessor Anerkennung finden konnte. Sowohl die kleinbürgerliche Herkunft und die künstlerische Begabung erzeugten bei Schmitt den „Willen“ und eine spielerische Bereitschaft, die unterschiedlichen sozialen und funktionalen Barrieren zu überwinden. Der „Drang“ in eine andere Schicht aufzusteigen, „richtiges Geld“ zu verdienen und zu Wohlstand zu gelangen, beschrieb eine wichtige Seite des Charakters dieses Juristen. Seine Intellektuellität und die Begabung, vor allem sein künstlerisches Talent, gaben ihm die Fähigkeit, Texte zu formulieren und Ideen zu entwickeln, die gut juristisch fundiert waren und hinausgigen über die Fachsprache oder die gängigen Dispute.

Diese Selbstbehauptung war typisch für Carl Schmitt. Dadurch entsprach er einer Zeitfigur, einem Typus von Juristen und Experten, einer bestimmten Physiognomie und „Maske“, die innerhalb der deutschen Intelligenz zwischen 1914 und 1945 und nach dem „Zeitbruch“ tausendfach zu finden war. Seine Begeisterung für die NS- Diktatur kam aus der Überzeugung einer funktionalen Intelligenz, dass die „nationale Revolution“ und die Ausschaltung der „Marxisten“ und „Juden“ den Weg an Universität und Staat für sie selbst freigab, in neue und lukrative Funktionen zu kommen. Ausserdem war er von der Durchschlagkraft dieser Führerdiktatur überzeugt, die eine Neuordnung Deutschlands und Europas einleiten würde. Die NS – Ideologie begeisterte und trug das Ziel, für eine längere Periode die neue Macht zu sichern. Dieser „Kulturbruch“ bzw. politische „Umsturz“ und die Öffnung der Staats-, Kultur- und Wissenschaftsapparate nach 1933 machten auch Carl Schmitt blind, das „Hintergründige“, das „Extreme“, den „Vernichtungswillen“, den Niedergang dieser Führerdiktatur oder die Niederlage im Krieg überhaupt zu bedenken. Er redete im NS – Jargon und steigerte sogar den Antisemitismus in die Überzeugung, dass ihm vorerst nichts passieren konnte. Er wurde deshalb zum willfähigen Diener dieser Diktatur, die zugleich die Grundlage seines Erfolgs abgeben sollte. Erst als die SS Professoren aus dem „Schwarzen Korps“ und der „Sicherheitsdienste“ ihm die Grenzen zeigten, und er an seinen „konservativen Katholizismus“ und an seine „Judenfreundlichkeit“ in „Weimar“ erinnert wurde, wurde er vorsichtig und er kehrte zurück zum subtilen und feinfühligen Opportunismus seiner frühen Jahre. Der juristische, wissenschaftliche Ansatz erlangte erneut ein Primat.

Die genialen Visionen, die Carl Schmitt entwickelte, kamen aus diesen Zeitbrüchen nach 1918 und nach 1942. Diese Weitsichten gaben ihm die Grösse der historischen Staatsphilosophen. Als Vertreter der Militärdiktatur setzte er auf einen zentralen Staat, der die eindeutige Befehlsgewalt über einen Generalstab oder über einen Präsidenten aufwies. Er kritisierte den Liberalismus und Parlamentarismus als Methode der Zersplitterung, des Zerfalls, der Relativierung, der Geheimdiplomatie und der Machenschaften der Cliquen und Klüngel und er hatte das Thema der „politischen Romantik“ und der „Lage des Parlamentarismus“ gefunden. Die Diktatur als Entscheidungsgewalt und Definitionsmacht des inneren und äusseren Feindes erlaubten ihm, eine „allgemeine Verfassungslehre“ und den „Begriffs des Politischen“ allgemein zu definieren. Schmitt nahm durch diese Schriften den Niedergang der Weimarer Republik vorweg. Nach der Niederlage der Wehrmacht in Stalingrad 1942 und nach der Landung der Westalliierten in Marokko und Sizilien wandte er sich der Thematik der „Landnahme“ zu. Die NS- Diktatur würde zerschlagen werden. Europa und vor allem Deutschland würde in der Zukunft von den Seemächten USA und England bestimmt werden. Sie würden die Grundlagen von Politik, Verfassung und Recht legen. Der „Nomos“ und die Theorie der „Raumrevolution“ erblickten das Licht der Welt.

Die Diktatur in der bürgerlichen Demokratie

Carl Schmitt musste primär als Jurist, Advokat und zugleich als ein moderner Denker gesehen werden, dessen Analysen noch heute aktuell sind, weil sie richtige Fragen aufwerfen. Dadurch bestätigte er die „Politisierung“ der Sozialwissenschaften. Ihre juristische Erschliessung konnte zwar ideologische Einflüsse nicht überwinden, trotzdem enthielt sie objektivierende Ansprüche und zeigte sich als Mittel und Methode, den Zustand von Staatsmacht, Recht und Verfassung zu ergründen. Wer würde sich in den Machtkämpfen durchsetzen? Worin lag das Ziel des Staates? Würde die finanzkapitalistische Weltmacht USA über die NS – Raummacht oder den realen „Sozialismus“ Russlands triumphieren oder würden nach dem weltpolitischen Sieg der USA neue Machtzentren, etwa in China sich herausbilden, die das Völkerrecht oder die internationale Raumpolitik umdefinieren würden?

Die theoretishen Denktraditionen und Vorbilder dieses Juristen sind deshalb zu benennen. Sie gipfelten nicht etwa nur in den Bezügen zu Machiavelli oder zum spanischen Konterrevolutionär Donosso Cortes. Schmitt entwickelte eine feinfühlige Marxismuskritik, die sich auf Max Stirner und auf die Lebensphilosophie von Soren Kierkegaard bezog. Schmitt übernahm die Kritik am „massiven Rationalismus“ der materialistischen Theorie, die alles Denken als Funktion und „Emanation vitaler Vorgänge“ auffasste. Durch diesen Rückzug auf logische, mathematische, naturwissenschaftliche und ökonomische „Gesetze“ und Vorgänge in der Gesellschaft schlug dieser Materialismus in eine „irrationale Geschichtsauffassung“ um. Sie blendete wichtige politische, humane und soziale Zusammenhänge aus. Sie wurde zu einem sinnlosen „Funktionalismus“, der alles zu erklären schien, trotzdem aktuelle und konkrete Zeitgeschichte nicht aufnehmen und deuten konnte. Selbst Georges Sorel mit seinem Gespür für mythologische Vorgänge in der Gesellschaft durch das weite Spektrum von Gewalt und Macht fand bei Schmitt keine Anerkennung, solange er an der Marxschen Theorie des „Klassenkampfes“ festhielt.

Schmitt gewichtete die Kriegspolitik des internationalen „Finanzkapitals“ vor 1914 und nach 1918, das auf Eroberung, Herrschaft, Unterwerfung, Vormacht und Diktatur drängte, mit Geld operierte und manipulierte, um die „Fremdherrschaft“ und die „Unterdrückung“ der Völker in Europa einzuleiten. Die deutsche und europäische Kultur sollte nach Schmitt im I. Weltkrieg und durch den Versailler Vertrag zerschlagen und grundlegend umgewertet werden. In dieser historischen Kriegserklärung entstand eine „Feindschaft“, die so einfach nicht zu erkennen war und deshalb verharmlost wurde, jedoch gegen die deutsche und europäische Substanz von Kultur, Recht, Verfassung und Staat gerichtet war. Dieser „Feindbegriff“ würde das „Wesen einer Epoche“ bestimmen. Er besass einen politischen Anspruch von dominierender Macht und Herrschaft. Dieser „Feind“ verfolgte das Ziel, den Willen des deutschen Staates zu brechen und das Volk und die Eliten zu zermürben. Er unterminierte den Widerstandswillen. Er war enthalten in den unterschiedlichen Ideologien. Gab sich unerkennbar, verschleierte und verdrängte den Anspruch auf Vormacht. Nicht die Ökonomie als „Funktion“ und Grundlage von Gesellschaft war wichtig, sondern die Feindbestimmung wurde bedeutsam und liess sich über das Völkerrecht, internationale Verträge und politische Auflagen und Bündnisse entschlüsseln. Schmitt hatte sein Thema und seinen Ansatz gefunden, über die Rechts- und Staatsanalyse den „Feindbegriff“ zu thematisieren und zu ergründen.

Machiavelli wurde dadurch zu einem Vordenker und Vorbild für ihn, denn er bestimmte die Staatstypen über den stattfindenden Bürgerkrieg in Norditalien des späten Mittelalters. Daraus ergab sich, daß die Stadtrepubliken sich jeweils nur als Diktaturen, „oligarchische Demokratien“ oder Herrschaftsformen erhalten konnten, in denen bestimmte Familien, Parteien, Machtgruppen oder Geheimgesellschaften dominierten. Allerdings benötigten derartige „Republiken“ oder „Diktaturen“ die Anerkennung durch das Volk, wollten sie „Kontinuität“ bewahren und sich längere Zeit gegen die Feinde behaupten. Eine derartige „Legitimation“ wurde über die Propaganda und die Mobilisierung des Volkes gegen vermeintliche oder echte Feinde erreicht. Der Staat  als „Fürst“ oder „Macht“ musste die zentrale Entscheidungsgewalt gegenüber den demokratischen Gruppen und Institutionen behaupten und er erlangte eine unbedingte Souveränität, konnte er ein Gleichgewicht im potentiellen Bürgerkrieg herstellen und über die Ausnahmesituation verfügen. Der entstehende, moderne Staat liess sich nicht aus einem „Gottesgnadentum“, dem Auftrag der christlichen Religion oder einer überhistorischen Mission der Fürsten, Könige oder „Familien“ ableiten. Der Staat liess sich auch nicht aus den Aufgaben eines „Weltgeistes“ erklären. Er wurde nicht über das positive Recht definiert, das als abstraktes Postulat Gerechtigkeit und den „ewigen Frieden“ herstellen würde. Der „amtierende Staat“ war auf keinen Fall der „Überbau“ der ökonomischen und kapitalistischen Entwicklung. Er folgte dem Auftrag, sich gegen den „Feind“ zu behaupten, der seine Grundlagen zerstören und das Volk in Elend und Not treiben würde. „Feindschaft“ zeigte sich als „Kulturbegriff der Umwertung und der Dekadenz“. Sie würde Wirtschaft und Handel, Staat und Politik zersetzen, zerstören und in den Ruin treiben. Sie unterminierte den Stolz und der Widerstandwillen der Eliten und Völker.

Hier folgte Schmitt den Überzeugungen von Max Weber. Eine Analyse der vorherrschenden Herrschaftsformen, die sich aus der „Tradition“, dem rationalen Aufbau von Wirtschaft und und Staatsbürokratie ergaben und dem charismatischen, mystischen Führungsansprüchen historischer Persönlichkeiten folgten, liessen sich nur bedingt ökonomisch, psychologisch, religionswissenschaftlich oder soziologisch erklären. Sie benötigten die „Machtanalyse“ über Recht und Verfassung. Bei dieser Vorgehensweise wurde deutlich, dass Schmitt seine Ideen wie ein Dramaturg in die historischen Vorbilder, Hobbes, Machiavelli, Hegel, Weber u. a. projizierte, um sie in seinem Sinn erfolgreich zu zitieren. In dieser Vorgehensweise unterschied er sich kaum von anderen Wissenschaftlern. Er gab jedoch dadurch zu erkennen, dass er selbst einen „Weltplan“ anerkannte, der nicht über die  idealistische Philosophie, nicht über eine Utopie oder das positive Recht begründet werden konnte. Er war enthalten in den Zielen der feindlichen Weltmacht, die als Leviathan die Landmacht Behemoth besiegen wollte.

Nach Schmitt wurde die „bürgerliche Gesellschaft“ über die nordamerikanische Unabhängigkeit und über die Französische Revolution begründet. Sie wurde schnell in die Abhängigkeit zur Geldaristrokratie gebracht und enthielt keinerlei Ziel, Wahrheit, Leidenschaft oder Heldentum. Sie bewegte sich je nach „Lage“ zwischen den sozialistischen Ideen und der politischen Reaktion, akzeptierte die Geldmanipulationen, verkam in den entscheidungslosen Diskussionen zur labilen, schwachen Macht und zerredete jedes Engagement, jede Entscheidung und zerstörte dadurch die „Staatlichkeit“. Der „demokratische Staat“ zeigte sich offen für derartige Manipulationen und leitete über den Parlamentarismus die Selbstaufgabe der bürgerlichen Gesellschaft ein. Die Mittelklassen lösten sich auf. An der Spitze agierten die Milliardäre der Finanzspekulation. Unten verkam das pauperisierte Volk in Dekadenz, Kriminalität und Armut.

Dagegen behauptete die „Theologie“ der Gegenrevolution den Schöpfungsgedanken und die Hierarchie einer katholischen Ordnung, die die Einheit der Welt und die „Menschgeltung“ nach christlichen Werten restaurieren wollte. Das biologische Mass des Menschen wurde anerkannt, jedoch durch das Gottesgebot gehegt. Eine derartige Ordnung besass keinen „rationalen Aufbau“, folgte nicht dem „Profit“, sondern besaß eine menschliche, katholische Disposition. Reformation, Atheismus, Utopismus und Liberalismus lieferten die Gesellschaft an die Interessen der Geldaristrokratie und der Spekulanten aus, die ihre „Demokratie“ als potentielle und unfassbare „Diktatur“ einrichteten. Die Lobbygruppen der Geldmanager bestimmten Parteien und Regierung.

Schmitt sympathisierte mit der „katholischen Reaktion“ eines Donosso Cortes und machte deutlich, dass er die bürgerliche Ordnung primär als eine Art „Verschwörung“ betrachtete. Er konnte diese einseitige Festlegung über die Verfassung, das geltende Recht und das Strafgesetzbuch belegen. Die Ausnahmegesetze sicherten der „politischen Klasse“ die Macht. Trotzdem blieb bedenklich, eine juristische Staatssicht des „Liberalismus“ als eine pure Manipulation oder Verschwörung zu sehen. Schmitts „Theologie“ kannte als Alternative zur „bürgerlichen Demokratie“ die Militär- oder Präsidialdiktatur, weil der Soldat oder der Beamte fähiger und toleranter zu sein schien als der liberale Macher und Manipulateur. Das machiavelistische „Virtu“ wurde durch Schmitt als Verantwortungsethik, Kapazität, Überzeugung und Willen übersetzt und einer bestimmten Schicht und Religion zugeschrieben. Schmitt wurde bestätigt bei der Reichswehr oder bei den katholischen Reichskanzlern der Weimarer Republik. Sogar das Bündnis zwischen Wehrmacht, NSdAP, Industrie und konservativer Staatsbürokratie schien noch diesen „Willen“ zu enthalten. Er zersprang bereits mit dem Machtantritt Hitlers 1933 und nach 1939 und 1941 in dem Augenblick, wo der Krieg in einen totalen Technikkrieg gesteigert  und der Terror gegen den „inneren Feind“ forciert wurde.

Die Analyse von Marx über die bürgerliche Gesellschaft im Bürgerkrieg in Frankreich und Nordamerika kam zu ähnlichen Resultaten wie Schmitt. Sie enthielt über die staatliche Zentralbürokratie, Verfassung und Recht die innere Tendenz zur Diktatur. Marx analysierte die Rolle des Finanzkapitals in Frankreich und USA und kam zum Ergebnis, dass dieses „Kapital“ als Geld- und Zentralmacht den zentralen Staat über den „Präsidenten“ fügen und kontrollieren wollte. Es finanzierte die aufwendigen Wahlkämpfe und es unterstützte die Regierungen, sich gegen demokratische Kontrollen abzusichern. Es finanzierte die Rüstung und war an Kriegen interessiert, um Raum und Markt für die Finanzspekulationen zu erweitern. Das Finanzkapital nahm die Währungen, die Rohstoffe, die Industrie, die Immobilien, den Handel zum Objekt und verwandelte sie in die Derivate, Aktien oder Anleihen. Nur als internationale Macht konnte es sich behaupten und bildete gegenüber dem Nationalstaat einen internationale, staatsähnliche Macht, die die Bedingungen von Wirtschaft und Politik diktieren würde. Nach Marx enthielt das Finanzkapital sozialistische Prinzipien der Planung, der Zentralisation, der Arbeits- und Konjunkturpolitik, um sie allerdings „privat“ umzusetzen. Dadurch wurde es zur Macht der Zerstörung und zum „Feind“ gesellschaftlicher Ziele, um über Zerstörungen neue Methoden und Mittel des „Aufbaus“ und der Spekulation zu finden. Krieg und Chaos waren in diesem finanzkapitalistischen System vorgegeben. Es bedeutete die „negative Aufhebung“ des Kapitalismus auf „kapitalistischer Grundlage“ und war an Diktatur und Krieg interessiert. Es zerstörte die „bürgerliche Gesellschaft“ und zielte auf die „soziale Paralyse“ und den Polizeistaat, denn diese Politikformen erleichterte die Regentschaft der wenigen Milliardäre über die Masse der Völker. Für Marx bildete allerdings die „proletarische Revolution“ und die „Diktatur des Proletariats“ als „Negation der Negation“ die Alternative.

Lenin dachte ähnlich wie Schmitt und Marx über die demokratische Republik. In seiner Imperialismusschrift und den Vorarbeiten dazu diskutierte er die Rolle der Banken und des Finanzkapitals bei der Organisierung der Monopole und Trust. Ihr Einfluss auf den Staat und die imperialistische Kriegspolitik wurde unterstrichen. Die „Fäulnis“ und die „Dekadenz“ der politischen Eliten war für Lenin Anlass, nach seiner Rückkehr im April 1917 nach Petrograd auf den bolschewistischen Aufstand zu drängen. Er hatte keinerlei Bedenken, sich die Durchfahrt von der Schweiz nach Russland durch Deutschland durch den deutschen Generalstab „gewähren“ zu lassen. Die „Provisorische Regierung“ und ihre Parteien zeigten sich unfähig, den Krieg mit Deutschland zu beenden, obwohl die Arbeiter und die unzähligen Bauernsoldaten kriegsmüde waren und desertierten. Das Entente – Kapital und hier wieder die finanzkapitalistischen Investoren der Kriegsindustrie bestanden auf der Kriegsbereitschaft Russlands, um die deutschen Truppen in einem Zweifrontenkrieg endgültig niederzuringen. Der „bolschewistische Sturm“ auf das Winterschloss hatte die symbolische Kraft, die bürgerliche Regierung auszuschalten und zu verhaften und die Auflösung der Front einzuleiten und Frieden mit Deutschland zu schliessen. Die Oktoberrevolution fand lediglich in zwei, drei Grosstädten statt, hatte jedoch das Echo im weiten Land, in den unzähligen Landumverteilungen und in den Streiks der Arbeiter. Die „Fäulnis“ hatte die herrschenden Eliten machtunfähig gemacht. Der republikanische Staat wurde durch die Revolutionäre zerschlagen und ersetzt durch die unterschiedlichen Initiativen, eine „Rote Armee“ zu fügen, die „Tscheka“ einzusetzen und eine kriegskommunistische Umverteilung und soziale „Reproduktion“ zu organisieren. Die Bolschewiki wollten im entstehenden Bürgerkrieg eine organisatorische und waffentechnische Überlegenheit erreichen. Aus diesen „Organen“ entstand eine neue Variante der asiatischen „Staatlichkeit“.

Das „Revolutionäre“ dieser Oktoberrevolution stammte aus dem wachsenden Chaos. Die Organisationskraft der Bolschewiki, die zentrale Propaganda und der Einsatz der „Produktivkraft“ des Terrors gegen Sozialdemokratie, Liberalismus, Konservatismus und das „alte Russland“ nahmen diesen revolutionären Schwung auf. Die „Massen“ folgten einem „Glauben“ der Erlösung. „Stenka Razin“ erlebte eine historische „Auferstehung“. Lenin interpretierte diese Eigendynamik einer Revolution und zog erst dann die Notbremse, als die Selbstzerstörung der Revolution einsetzte. Schmitt, der sicherlich die Leninschriften kannte, verglich die Situation seit 1929 in Deutschland mit dem Jahr 1917 in Russland, so die Vermutung. Nach Lenins Überzeugung waren die  wachsende „Fäulnis“ und die „Selbstparalyse“ einer Gesellschaft Bestandteil der Profitsucht der finanzkapitalistischen Milliardäre und ihrer Zuhälter. „Fäulnis“ bezeichnete den Gegensatz zur Verantwortungsethik oder zum „virtu“ einer produktiven Machtelite. Eine fatale Gesinnung der Mächtigen steckte die ganze Gesellschaft an und trieb sie in die Lethargie und in den inneren Zerfall. „Revolution“ bedeutete Erneuerung und den radikalen „Austausch“ der Eliten, die nun aus den unverbrauchten, jungen Generationen kamen.

Der Triumph des „Leviathan“

Schmitt unterschied in seiner Kritik des Völkerrechts und des Varsailer Vertrages generell zwischen der Landmacht Behemoth und der Seemacht Leviathan. Für ihn gab es zwei grundverschiedene Rechtssysteme, die jeweils bei der europäischen Landmacht angesiedelt waren und die ihre Wurzeln in der Seemacht Englands oder der USA hatten. In der Landmacht, so seine These, wurzelt alles Recht auf einem „bodenhaften Urgrund“, in dem Raum und Recht, Ordnung und Ortung zusammentrafen. Die Seemacht kannte keine festen Beziehungen. Je nach Macht und Situation wurde das Recht umgeschrieben und es diente den Mächtigen als eine vorläufige Legitimation, bis die nachfolgenden Mächtigen ihr neues Recht verkündeten. Vor allem in der Auseinandersetzung mit Thomas Hobbes begründete Schmitt dieses doppelte Weltrecht.

Der Völkerbund und das Völkerrecht schrieben nach 1918 den Versailer Vertrag fest und sicherten den bestehenden „Besitzstand“. Im Völkerbund wurde nicht Recht oder Gerechtigkeit vertreten, sondern die historische Entwicklung und die bestehende Machthierarchie zwischen den Staaten und Völker festgeschrieben. Es wurden Verträge geschlossen, die bei nächster Gelegenheit gebrochen wurden. Die Souveränitätsansprüche der Mittelmächte und Russlands wurden eingeschränkt und das Völkerrecht fragmentiert und in Ost- und Zentraleuropa in eine Vielzahl von Sonderzonen und Gebietsforderungen aufgelöst. Die Eigenstaatlichkeit wurde durch internationale Verträge relativiert und zugleich durch die Forderung der Freiheit der Meere und der Rohstoffe der Zugriff der Seemächte gestärkt. Die Gültigkeit des Völkerrechts kannte keinerlei Rechtslogik und war nicht einer allgemeinen Moral verpflichtet, sondern fügte sich dem Gewohnheitsrecht oder wurde von der us – amerikanischen Grossmacht je nach Situation interpretiert. Die Moroedoktrin, die die Freiheit des Handels einklagte und die Freiheits- und Menschenrechte gegen den katholischen Imperialismus Spaniens und Portugal einforderte, wurde nach 1918 auf Europa übertragen und sollte den Landmächten Deutschland und Russland die Souveränität nehmen und ein vages Interventionsrecht begründen.

Die Landmächte sollten ihre innerstaatliche Souveränität verlieren und sollten von aussen durch das Völkerrercht begründet werden. Der demokratische Willen der Völker wurde dadurch ignoriert oder aufgelöst und den Seemächten ein politischer Eingriff garantiert. Über internationale Verträge oder Bündnisse, Absprachen, Abkommen wurde das natioanle Recht ausgehöhlt und den einzelnen Staaten die Souveränität genommen. Internationale Gremien, durchaus anonym, nicht durch Wahlen legitimiert, unkontrolliert, übernahmen die Aufgabe, sich in die inneren, nationalen Belange der Einzelstaaten einzumischen. So entstand eine bürokratische Diktatur, die im Auftrag des internationalen Finanzkapitals agierte, jedoch vollkommen unabhängig war von der demokratischen Kontrolle der Völker und Wähler. Selbst die nationalen Regierungen hatten ihren Direktiven zu folgen. Es fällt auf, dass Schmitt die Vorbehalten gegen den westlichen Liberalismus und das Finanzkapital auf die Staatsform und den „Imperialismus“ der Seemächte übertrug. Allerdings schien ihm die strikte Analyse der Vertragsformen und des Völkerrechts Recht zu geben, obwohl die positive und negative Idealisierung dieser zwei Staatstypen sichtbar war.

Nach 1939 nahm Schmitt diese Kritik aus den zwanziger Jahren auf. Jetzt reduzierte er die bisherige „Weltgeschichte“ auf eine Geschichte des Kampfes der Seemächte gegen die Landmächte. Die Welt zerfiel in zwei Lager, die jeweils unterschiedliche Wirtschaftsformen, Gesellschaftstypen, Staatsstrukturen und Rechtsnormen aufwiesen. 1941 kommentierte Schmitt die Atlanticcharta, die durch den amerikanischen Präsidenten Roosevelt und den englischen Premier Churchill aufgestellt wurde und die eindeutig gegen die NS – Diktatur in Deutschland gerichtet war, die sich jedoch auf Russland und später auf China übertragen liess. Schmitt veröffentlichte bei Reclam in Leipzig drei Aufsätze zu diesem Thema: „Das Meer gegen das Land“, „das neue Problem der westlichen Hemisphäre“ und „Land und Meer“. Die alliierten Konferenzen in Casablanca, 1943 und in Teheran und Yalta, 1945, die die bedingungslose Kapitulation Deutschlands festschrieben, schienen ihn zu bestätigen. Die USA würden Westeuropa und Deutschland besetzen und in einer „Landnahme“ rechtlich und politisch umwälzen und nach dem Vorbild der USA gestalten. Nicht primär Europa wurde von dieser Umwälzung betroffen. Die ganze Welt sollt nach der Perspektive des Leviathans geordnet werden. In der „Marinerundschau“ vom August 1943 gab Carl Schmitt dieser weltpolitischen Tendenz in dem Aufsatz über „die letzte globale Linie“ Ausdruck.

Es interessiert, ob nicht die Landmächte Deutschland und Russland, die ihre Verfassungen der NS – Diktatur geöffnet hatten bzw. der bolschewistischen „Revolution“ keinen Widerstand entgegensetzen konnten, ob diese Landmächte, die als Rechts- und Verfassungsstaaten sich dem politischen Massnahmestaat unterwarfen, ob diese Landmächte nicht notwendig ersetzt werden mussten durch das nordamerikanische Prinzip von Verfassung und Politik. Bei Schmitt klingt wiederum eine „Verschwörung“ an. Deutschland und Russland als Militärmächte, Planstaaten und Diktaturen konnten ihre Ambitionen von „Raumpolitik“ und „Weltmacht“ nur über den Massenterror und durch den totalen Krieg eröffnen und scheiterten letztlich an der USA bzw. an der Taktik, Russland gegen Deutschland in Front zu bringen. Nach 1945 wurde auf West- und Zenraleuropa das amerikanische Prinzip von Politik, Medienmacht, Demokratie und Verfassung übertragen. Es garantierte den Zugriff der nordamerikanischen Grossmacht auf die Innenpolitik der europäischen „Volksparteien“ und Staaten. Nach 1989 wurde Russland und Osteuropa diesem Prinzip unterworfen. Widerstand würde entweder in Fernost, in China oder in den islamischen Republiken entstehen, die die Wurzeln der Landmacht konservierten. Daneben entstand im Volk die Idee des „Partisanen“, sich gegen die wachsende Dekadenz, gegen die Armut, das Verbrechen und die Willkür zu wehren. Schmitt erinnerte in diesen Überlegungen an Marx, der eine „negative Dialektik“ kannte, die seiner Utopie des Fortschritts widersprach. Negative Zuspitzungen von Krisen, Chaos und Krieg kannten den Widerspruch und den Widerstand, die sich zusammenführen liessen aus den Resten von Tradition und Überlebenswillen der einzelnen Eliten und Völker.