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mardi, 09 janvier 2018

Cosmos de Michel Onfray : une ontologie matérialiste

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Cosmos de Michel Onfray : une ontologie matérialiste

Rémy Valat
Historien.

« Le jardin est une bibliothèque quand trop peu de bibliothèques sont des jardins »

Qui lira Bernard-Henri Lévy ou Jacques Attali dans 20 ans ? Personne. Dans un monde en devenir qui doute, critique et repense ses fondements, il est presque assuré que Michel Onfray figurera parmi les auteurs que l’on enseignera à l’école, mais certainement pas au même titre que les « philosophes des Lumières » (Vous rappelez-vous peut-être d’un certain Voltaire, cet Onuphre qui dénonçait l’esclavage, mais vivait de ses bénéfices). Lassées des manipulateurs de symboles dont les modes de vie révèlent un net décalage avec leurs discours, les classes populaires sont à la recherche d’autres modèles et de valeurs profondes. Un besoin de réel se fait entendre. Michel Onfray, qui pense et agit à partir du réel, nous a offert, il y a deux ans, sa première « pilule rouge » : Cosmos.

Bienvenue dans le monde réel….

Cosmos est le premier opus d’une trilogie, intitulée Brève encyclopédie du monde, une oxymore qui cache en réalité un véritable défi philosophique. Cosmos est paru aux éditions J’ai Lu en 2015, son cadet Décadence qui a vu le jour il y a un an, à quelques semaines des élections présidentielles, a quant à lui fait couler beaucoup d’encre, car il aborde frontalement la question du déclin de notre civilisation et abonde dans le sens du livre d’Éric Zemmour, Le suicide français (paru chez Albin Michel en 2014). Et enfin, Sagesse paraîtra cette année.

Les pieds sur terre (ou dans la boue pour ses détracteurs), Michel Onfray qui défend les valeurs de la gauche identitaire, s’est mis à dos l’élite parisienne de la bien-pensance. En enracinant sa pensée dans le réel, cet héritier de Frédéric Nietzsche, des philosophes grecs et de Pierre-Joseph Proudhon a brisé un tabou en repartant à la conquête de domaines de la connaissance laissés en friche par la gauche (si ce mot peut encore avoir un sens aujourd’hui) : l’histoire dans sa longue durée, le devenir des civilisations, la nature, le vitalisme, le darwinisme… des sujets de « fachos » et de « réacs ».

Il n’est pas vraiment le seul, il est vrai que Régis Debray, ancien compagnon de route du « Che », s’intéresse au « sacré » et à la soif de transcendance, éléments, selon lui essentiels, de la cohésion sociale (conceptions qui l’éloigne de l’athéisme matérialiste de Michel Onfray). Mais en définitive, les « penseurs » de gauche qui osent se remettre en question se comptent sur les doigts d’une main. Surtout, le philosophe en noir s’est attiré la ire de la bien-pensance pour avoir osé porter un regard moins naïf sur l’Islam et dénoncer le manque de recul des médias (qui privilégient l’immédiateté et le sensationnalisme) et leur incapacité à traiter ce sujet en profondeur.

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Cosmos est, selon Michel Onfray, son premier livre. Il est le fruit de ses précédentes recherches et réflexions (en particulier sa « contre-histoire de la philosophie »), mais aussi de drames personnels : la perte du conjoint et d’un père, dont l’art de vivre, « virgilien » selon les propres mots de l’auteur, s’est imposé à lui comme un modèle de vie, une philosophie à part entière. « Mon père, écrit-il, qui ne faisait jamais d’autres leçons de morale qu’en vivant moralement, m’apprit que (l’étoile polaire) est la première levée, la dernière couchée qu’elle indique infailliblement le nord, quelles que soient les circonstances et que, quand on est perdu, il suffit de la regarder, car elle nous sauve en nous montrant le cap à tenir. Leçon d’astronomie, certes, mais aussi leçon de philosophie, mieux même : leçon de sagesse. Savoir qu’il nous faut un point de repère existentiel pour pouvoir mener une vie digne de ce nom, voilà qui donnait à l’enfant que j’étais un colonne vertébrale pour enrouler son être » (page 17).

Ce livre est aussi et surtout une inversion des perspectives (et par conséquent des valeurs), alimenté certes par le rejet (bien compréhensible) des monothéismes, religions du livre qui prétendent dire le monde. « Trop de livres, écrit Michel Onfray, se proposent de faire l’économie du monde tout en prétendant nous le décrire. Chacun des trois textes fondateurs de religion prétend abolir les autres livres pour rester le seul. Ces trois-là ont généré une infinité de livres qui les commentent, ouvrages tout aussi inutiles pour comprendre le réel. Le jardin est une bibliothèque quand trop peu de bibliothèques sont des jardins » (page 37).

Cosmos est un texte écrit à la première personne. Comme Frédéric Nietzsche, Michel Onfray ne dissocie pas l’auteur de son œuvre. L’écrivain doit se dévoiler, révéler les éléments de son existence constitutifs de sa pensée avec un réel souci épistémologique. Chaque pensée est unique et une philosophie personnelle. Méthode qui élève Michel Onfray en héritier de Karl Popper (1902-1994). Cosmos est un livre de réflexion, pas un livre d’incantations. Il pourrait servir de modèle aux historiens du temps présent, qui bien souvent cachent leurs opinions politiques ou leurs liens avec leur objet d’étude de manière à réinterpréter l’histoire avec le secret espoir de pouvoir peser sur les événements contemporains.

Sur la forme, le style souvent poétique, le rythme lent et descriptif sans être pesant et la parfaite maîtrise de la langue française rendent la lecture de l’ouvrage agréable et enrichissante à celles et ceux qui prennent le temps d’en comprendre le contenu et l’esprit. Ce n’est pas un livre fast-food et Cosmos a reçu le prix Lire du meilleur livre de philosophie.

Par delà la gauche et la droite

Pourquoi parler de Cosmos deux années après sa publication ?

Parce que l’esprit de Métamag n’est pas de se plier à la loi de l’instant, un livre de philosophie (comme un bon vin) vit selon un rythme propre, il a sa propre temporalité (le sujet du livre s’y prête bien). Et aussi parce que j’estime que Décadence, de par son succès médiatique, pourrait occulter Cosmos, qui est à mon sens plus fondamental. Parce qu’également la personnalité de Michel Onfray interpelle : issu d’une famille modeste, il est devenu enseignant, puis démissionne de l’éducation nationale. Un choix radical. Alors que certains professeurs se tiennent éloignés de l’enseignement en pantouflant dans les services éducatifs d’institutions publiques, Michel Onfray a créé une université populaire, gratuite, où il professe (2002). Ces leçons de contre-philosophie sont radiodiffusées par France Culture. Un moyen d’offrir au classes populaires les moins favorisées le moyen d’accéder, et permettez-moi de paraphraser Fernand Pelloutier (1867-1901), à « la science de son malheur ». Son attachement à l’anarcho-syndicalisme et au fédéralisme proudhonien et au peuple et sa volonté affichée de combattre le Front National, le rapprocheraient « paradoxalement » de la droite non institutionnelle. Cette ouverture d’esprit facilite le débat et l’échange d’idées : tout en restant sur ses positions, le dialogue est possible entre ce philosophe de gauche et des penseurs de droite.

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Honnête, il a tout en se démarquant idéologiquement des auteurs « dits d’extrême-droite » ayant mis en lumière les falsifications de Sigmund Freud reconnu le bien-fondé de leurs analyses : pour lui, les faits n’ont pas de coloration politique et l’antisémitisme n’est qu’un pansement idéologique sur la jambe de bois de la psychanalyse freudienne.

Le débat avec Alain de Benoist autour de la pensée, de l’oeuvre et de la postérité de Proudhon en est une belle illustration ( voir vidéo ci-dessous). Il témoigne de la fin du clivage « gauche-droite » traditionnel et révèle plutôt une ligne de fracture (centre-périphérie, classes populaires et élite auto-proclamée et héréditaire des villes, intégrées aux bénéfices de la « mondialisation »), constitutive du jacobinisme et multipliée par la dite « mondialisation » (l’anglicisme Globalisation serait plus approprié pour définir ce processus à visée totalitaire). Les constats du géographe Christophe Guilly sont vécus depuis longtemps par les « gens de la périphérie ». Un auteur qui fait grincer les dents de Libération (Michel Onfray qualifie avec truculence Serge July de « curé ») et la gauche dorée et institutionnelle. Il est certain qu’une « Commune » ne pourrait plus se produire à Paris : la société française pourrait bien changer à partir de sa base et de sa périphérie par un mouvement fédéraliste qu’il appelle de ses vœux (les premières sections de l’Internationale ouvrière, d’inspiration proudhonienne, ont vu le jour en Normandie, patrie du philosophe). Par cet essai, Michel Onfray achève d’une balle dans la tête un socialisme et un communisme déjà moribonds : la mort programmée de la civilisation judéo-chrétienne a déjà fait ses premières victimes.

Un manifeste pour un matérialisme ontologique

Ce livre interroge le réel. L’arsenal de son auteur : la philosophie grecque, le paganisme et la culture européenne. Ce livre reflète-t-il le Zeitgeist de la post-modernité ? La réalité serait-elle païenne ?

Michel Onfray s’attaque aux racines du mal, l’héritage platonicien et chrétien en Occident, il rejette toute notion scindant l’homme en une entité matérielle et spirituelle, un sujet et un objet : une paresse intellectuelle ou une peur d’affronter le complexité et la multiplicité d’un monde concret et immanent par des spéculations rassurantes et simplistes autour de la transcendance divine. Dans son chapitre dédié au Temps, par exemple, l’auteur souligne que « l’âme humaine qui est matérielle porte en elle la mémoire d’une durée qui se déplie par delà le bien et le mal. La durée vécue n’est pas naturellement perçue, elle est culturellement mesurée (40) ». En somme, le temps se trouve dans la cellule de ce qui est.

Michel Onfray est ouvertement vitaliste, l’homme provient de la matière, il est un modeste élément de l’univers, qui comme lui, est animé par la « volonté de puissance », cette pulsion de vie qui veut la vie (l’auteur rappelle dans son ouvrage l’interprétation erronée de ce concept par la propagande nazie, une trahison et une instrumentalisation de la pensée de Nietsche par sa sœur, Elisabeth Förster-Nietzsche et recadre la définition du surhomme qui est celui qui sait qu’on ne peut rien à ce qui est. Conception qui s’oppose radicalement aux idéologies de l’espérance du christianisme aux fascismes, en passant par le droit-de-l’hommisme.).

Rien ne distingue l’homme de l’animal, du végétal ou du minéral, sinon une différence de degré. Pour lui, l’éthologie humaine est un remède contre toutes les spéculations réduisant la nature à une matière à détruire (très présente dans la doctrine paulinienne), alors que celle-ci serait plutôt une force à maîtriser. Si Michel Onfray réhabilite justement Charles Darwin (1809-1882), il aurait pu élargir son propos à Konrad Lorenz (1903-1989), mais on ne lui en voudra pas. Dans le même ordre d’idée, Michel Onfray met également en avant les ravages de l’anthropomorphisation de la nature (qui est une vision déformée de celle-ci, parce que rapportée à l’échelle de nos préoccupations et désirs) qui alla de pair avec la destruction (par le Christianisme et l’Islam en particuliers) des cultures et civilisations entretenant un rapport sacré avec la nature. Ces dernières véhiculant la connaissance intuitive que celle-ci comporte une part de sacré et réciproquement.

En replaçant l’homme à sa juste place, celui-ci se retrouve un simple élément d’un processus fait de contraintes ne laissant qu’une faible part de liberté : l’humain, l’animal et le végétal sont soumis au même diktat et les moyens d’adaptation varient de la collaboration au conflit. L’exemple du sipo matador, la liane tueuse, qui épuise et parasite l’arbre lui servant d’appui pour accéder à la lumière, ou plus largement le processus de colonisation des espèces végétales sur notre planète ne nous éloigne guère du phénomène humain des migrations de masse.

Cosmos est une tentative réaliste de réconciliation de l’homme avec lui-même, faite d’une acceptation non résignée de notre état (amor fati) et un manifeste pour une recherche concrète d’une éthique libérée de la pilule rouge des carcans moraux des idéalismes de tout poils.

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vendredi, 30 janvier 2015

Le cosmos englouti de l'Occident

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Le cosmos englouti de L’Occident

Jan Marejko
Philosophe, écrivain, journaliste

Nous sommes la seule civilisation à avoir déconstruit le cosmos. En forçant le trait, on pourrait dire que l'apocalypse n'est pas devant nous mais derrière nous. L'univers des sociétés traditionnelles avait un ordre permettant de s'orienter vers le haut ou le bas. Cet univers, tel l'Atlantide, a été englouti dans l'espace infini, homogène et isotrope de la Révolution scientifique. L'Occident est la seule civilisation à avoir provoqué un tel engloutissement. Cela ne signifie pas qu'il est supérieur aux autres civilisations, ni qu'il leur est inférieur, mais qu'il a une spécificité qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Cela signifie-t-il que nous allons avoir un clash de civilisations ? Je n'en sais rien.

L'engloutissement du cosmos peut être daté du procès de Galilée en 1633, mais il faut relativiser. On parle volontiers de révolution copernicienne mais c'est étrange car cet astronome n'a joué presque aucun rôle dans la naissance de la nouvelle science. Giordano Bruno, l'un des seuls à se réjouir de l'avènement d'un cosmos infini, meurt sur le bûcher en 1600. En 1611, le poète anglais John Donne publie son Anatomy of the World avec ce vers resté célèbre, « Tis all in pieces, all coherence gone » (Tout s'est effondré en mille miettes, toute cohérence est perdue). On ne saurait mieux dire qu'il n'y a plus d'ordre cosmique. Lorsque Blaise Pascal le redira un demi-siècle plus tard avec sa célèbre formule sur le silence des espaces infinis, toute l'Europe savante avait pris acte de la disparition non seulement d'un cosmos traditionnel, mais des conditions qui rendent un cosmos possible. Par exemple, reconnaître une différence qualitative entre le ciel et la terre.  Cette différence avait déjà été rendue problématique par l'astronome Tycho Brahé avec sa découverte d'une nova en 1572. Avec Newton (1687), cette différence disparaît complètement et, pour autant que nous puissions en juger, définitivement. Quelques années avant la Révolution française a lieu une éclipse de soleil. Le peuple de Paris danse dans les rues. Cette éclipse l'amuse car il n'y voit plus un signe divin comme un prêtre inca dans une aventure de Tintin. Les cieux sont devenus une grande mécanique céleste.

Donne avait posé un diagnostic. Descartes, lui, décida d'aller plus loin. Dès 1637, date de la publication de son Discours de la méthode, il mesure l'énorme impact culturel de la révolution scientifique, à savoir l'impossibilité pour l'homme de trouver sa place, voire une place dans l'univers. Pour paraphraser Pascal, quoi de plus effrayant que de se voir ici plutôt que là sans qu'il y ait une raison à cette différence topologique ? Où suis-je et qui suis-je, si je n'arrive plus à dire pourquoi j'occupe tel lieu plutôt que tel autre, si je n'arrive plus à m'assigner une place dans la création ? Suis-je un crapaud ou un ange ? Un prince ou un manant ? Ne sommes-nous pas tous égaux du vermisseau à Mozart ? Comment savoir ? A quelle certitude puis-je encore accéder ?

La réponse de Descartes est restée célèbre : « je pense donc je suis ». Autrement dit, le monde, l'univers, le cosmos pourraient être une illusion, pourraient même ne pas être, mais il est impossible que moi je ne sois point. Et si c'est impossible, c'est parce que je pense ou, comme dira Descartes, parce que je suis une chose pensante. Même si je pensais mal ou faux, il n'en resterait pas moins que je penserais.

Jusque-là, on croit comprendre et le raisonnement de Descartes, finalement, est simple. Mais cette simplicité n'est qu'apparente. Car cette « chose pensante », ce moi qui voulait retrouver de quoi se situer dans le temps et dans l'espace, n'est pas lui-même dans le temps et dans l'espace. Il n'est justement pas une chose repérable. Le moi, même s'il est certain d'être, n'a pas pour autant retrouvé un monde.

La question qui se posera à Descartes et à tous ses successeurs sera de savoir comment cette irrepérable « chose » pensante pourrait retrouver un cosmos et, surtout, s'y situer. En fait, nous n'avons jamais pu répondre à cette question et le silence des espaces infinis est toujours aussi angoissant qu'à l'époque de Pascal. Nous n'avons pas retrouvé le cosmos perdu de la Révolution scientifique.

Cet échec explique beaucoup de choses. Deux philosophes contemporains, Rémi Brague et Olivier Rey viennent chacun de publier un ouvrage sur la démesure. Interviewés par Alain Finkielkraut dans sa célèbre émission Réplique,  ils ont fait allusion à l'éclatement du cosmos provoqué par la Révolution scientifique, observant que si notre univers est un espace infini, la porte est grande ouverte pour toutes les démesures. Mais ils se sont contentés d'une allusion et c'est bien dommage. Car dans la modernité nous n'avons pas du tout affaire à un grand élan prométhéen visant à dépasser toute limite, pour la simple raison que la notion de dépassement n'a aucun sens dans un espace infini. A moins qu'avec un certain Stephen Hawking on fasse l'hypothèse que l’espace-temps est fini mais sans bord. Toutefois, à s'engager dans d'aussi subtiles distinctions, on prend un risque, celui de dire tout et son contraire. Pourquoi ne pas proposer l'hypothèse inverse, à savoir que l'espace-temps est infini mais qu'il a des bords ? De telles propositions n'ont aucun sens, mais elles impressionnent dans les salons où l'on cause et parfois même dans des centres de recherche.

Jan Marejko, 26 janvier 2015

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samedi, 05 février 2011

Sostener el cosmos: conocimiento y sabiduria en el politeismo

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SOSTENER EL COSMOS : CONOCIMIENTO Y SABIDURÍA EN EL POLITEÍSMO.

 

Plan

SOBRE LA HOMOLOGIA

1 - Ciclos temporales y verdad

2 - Renovar de un ciclo a otro.

3 - Mentira y decadencia

4 - Construir la armonía

ORDEN CONCRETO : EL DEBER

NOCHE Y PRINCIPIO VITAL

UNA TRADICIÓN DE LAS INSTITUCIONES

1 - La familia

2 - Ni dios ni ley

3 - Organizar la diversidad : castas y comunidades.

EN PRÁCTICA, el politeísmo vive en el marco de instituciones a temporales que aseguran la transmisión de su tradición cuya origen comenzó cuando este universo se desplegó. Ningún universo fue creado. La tradición inicia con el despliegue de aquel universo o, sino, cuando ha terminado el caos original.

EN PENSAMIENTO, el politeísmo razona por medio de símbolos que permiten relacionar los niveles de realidad entre si, con una doble lógica de equivalencia y de jerarquía. Cualquier hecho siempre está colocado en el cruce de dos ejes: horizontal (equivalencias) ; vertical (jerarquia). El eje vertical termina con el desconocido por una parte y con el caos (en Grecia) o el principio neutro (caso de la India) por otra parte. Toda la diversidad del mundo está integrada por el método de la homologia

SOBRE LA HOMOLOGIA

Entre todos los aspectos de la vida se encuentran equivalencias y paralelismos : sonidos, formas, números, colores, ideas, etc. Representar una cosa en términos de algo diferente necesita un sistema de correspondencia. La base fundamental de la representación del mundo es el ciclo, que siempre inicia abriendo una “puerta” : la Aurora y la Primavera.

La Aurora del ciclo cósmico es homóloga de la del año y de la del día. En el caso de Grecia, la Aurora cotidiana se llamaba EOS, cuando las dos otras, año y cósmica se llamaban Afrodita quien, por esa razón, era la diosa del amor. El poema La Iliada, expone como la unión amorosa de Zeus y Hera inicia la Primavera, teniéndose sobre una montaña, lugar en que se observa el regreso del sol. Las auroras salen de la montaña en Grecia como, en el Veda, las Auroras salen de una gruta (la gruta Vala).

Los ciclos son el marco del culto y también su objeto. Los seres humanos deben asegurar el regreso del sol y de las estaciones. Tal preocupación sirve de modelo tan a la verdad como al orden social.

1 -  Ciclos temporales y verdad

En el sanscrito, el nombre de las estaciones es rtavah, semejante al nombre de la verdad, rta, los dos dimanando de la raíz indo-europea AR  “ajustar, articular, adaptar lo correcto”. La definición, es muy probable, viene de la dificultad que tropezó a los sabios en su esfuerzo para determinar con exactitud el año y la concordancia entre ciclos solares y lunares. El ciclo del año sostiene la verdad y expresa una concepción técnica de ella. La verdad es lo que está bien ajustado, lo que concorda. El regreso de las estaciones y en particular de la buena época del año es la imagen de la verdad, poste del orden en el mundo y en la sociedad.

Considerar que la Verdad significa “ajuste correcto” es la característica fundamental del politeísmo cuyos efectos fueron fundamentales para el pensamiento y la civilización. La necesidad de buscar la verdad dio forma a la ciencia y a la técnica como a la mentalidad crítica y filosófica. No existe un corpus de verdades todas hechas desde siempre, impuesto por un poder político-religioso. La verdad se quedó el objeto de un libre examen, de una investigación sin fin contestando el adquirido sin cesar.

2 - Renovar : de un ciclo al otro.

Pasar de un ciclo al otro, a cualquier nivel, día, año, cosmos, supone la intervención de algunas fuerzas. Por medio del método simbólico se establecen correspondencias entre el día y la vida, entre la noche y la muerte. Durante el año, el invierno se asimila a una muerte y para el cosmos, la noche de los tiempos es el caos de donde emergerá la vida. La fuerza de renovación cambia según las zonas culturales, pero está asimilada a una divinidad. Por ejemplo, Es Zeus en Grecia y Agni en la India.

El mundo nocturno contiene entidades que atan el Sol, las Auroras, o las Aguas. El poder de las entidades nocturnas, el poder de las fuerzas que se manifiestan en la noche se caracteriza por una parálisis. Por eso, en la sociedad, garantizan los juramentos, aseguran la buena fin de las promesas solemnes.

A las entidades nocturnas, se rinde un culto “negativo” : se les honra al no ofenderles. De aquí viene la concepción de que la mentira y el engaño traducen la ruptura de un compromiso.

El cambio de una fase del ciclo a la otra, de la noche al día, del invierno a la primavera resulta de un conflicto entre las potencias de contención y las fuerzas de restauración. Una de ellas, es la palabra de verdad que surtes la energía para fracturar las potencias de contención. Palabra que se expresa en formas diversas : la palabra sagrada del sacerdote (el braman por ejemplo) ; la palabra inspirada por la emoción o el temor ; la fórmula bien pensada y reflexionada (el mantra) ; la voz que canta o grita. La palabra de verdad puede expresarse directamente, como una flecha, cuando su contenido carece de ambigüedad, que todo aparece claro sin nada en la sombra, pero también la palabra se revela inaudible a veces para los que no saben interpretarla. Ciertas aserciones valen en algunos casos como verdades en otros como mentiras, por ejemplo la poesía, por que el conocimiento se adquiere con esfuerzos y los niveles más profundos se comprenden con educación : la muchedumbre no puede acceder a tal nivel.

3 - Decadencia y mentira

La mentira se relaciona con el inicio del caos cosmológico, con la noche y el invierno. Son el odio y el desdén hacia el cumplimiento de sus deberes que provocan el desorden “oscuro”. Una categoría de gente, los brujos, a través de sus mentiras y sus palabras engañosas rompe el espíritu de buen acuerdo dentro del grupo social. Los enemigos del culto y del orden social utilizan la calumnia y las insultas para incitar a la violación de los contratos. En el mundo escandinavo por ejemplo, según la EDDA, la decadencia inicia con el perjurio de los dioses frente al constructor de su palacio, el Valhalla. La origen del perjurio la tiene la culpa el dios Loki, personificación de la palabra de fuego de los calumniadores.

La verdad es el pilar de la concepción politeísta del mundo. A la vez con la ética de la verdad, apoyada en divinidades que se honran en evitando ofenderlas, por que vigilan el respecto de los contratos, y a la vez con la religión de la verdad, manifestada por dioses a los cuales se rinde un culto positivo. La ética de la verdad, con el respeto a los compromisos se aplica a los contratos, juramentos, enlace social y el reparto de las riquezas.

4 - Construir la armonía.

La sociedad armoniosa significa la conformidad entre realeza y verdad. En el orden social, eso se traduce por el comportamiento conforme a su posición social y a sus funciones. Es un ideal que fija una norma para el comportamiento, con necesidad de reanimarlo cada mañana, cada primavera y a lo largo de los siglos para luchar en contra del caos. La investigación de la verdad, la del comportamiento perfecto según su rango y su función llevan al orden y la armonía.

El divino está en el ser humano que puede despertarlo a partir de cualquier situación, con tal de que sigue un camino que reproduce, simbolícamente, la carrera del sol. Todos los caminos son aceptables, lo que fundamenta la tolerancia. Todos podemos subir hacia la perfección, hacia el absoluto.

La renovación de la armonía cotidiana, anual y cosmica necesita artesanos muy adiestrados con calidad de artistas para que el nuevo ciclo sea similar (y no idéntico) al anterior. En cada tradición se encuentra esta función : los Rbhu en la India, los Alfes en escandinavia, hasta en Roma que humanizó la función en la persona de Veterius, capaz producir once escudos semejantes. La armonía se construye gracias a la competencia técnica y con la destreza de los que utilizan la palabra. Ellos, por función, luchan

en contra de las mentiras, directamente por vía de sus palabras, o al movilizar los dioses guerreros que golpean los calumniadores. Una actitud valorizada por la ética de la verdad es la ausencia de malignidad, del malo espíritu.

EL ORDEN CONCRETO : EL DEBER.

El deber de cada uno contribuye a la armonía social. Si cada uno respeta su deber la sociedad será bien “ajustada”. La sociedad politeista define la armonía social como la interdependencia entre tres funciones sociales : la soberanía, la fuerza, la abundancia. En cada una, los deberes difieren. Los miembros tienen que aprender el deber de su función y actuar para que sus actas sean conformes al ideal :

- El soberano. Su deber abarca la justicia equitativa y la paz interna. El nacimiento no da los atributos del poder, solo lo merece el que tiene las calidades adecuadas.

- El guerrero. Muchas leyendas describen el deber del guerrero. En Grecia, por ejemplo, Heraclés encarna esa función. Debe de alejarse de las culpas hacia los dioses, hacia el enemigo, hacia los demás.

- La abundancia. Supone saber elegir los elementos del crecimiento y, en cada actividad saber ejercer su arte con eficacia.

De eso sobresale el héroe, lo mejor en cualquier actividad, consecuencia de la escala establecida entre los dos polos extremos : hombres de un lado y dioses al otro. Toda una gama de posibilidades se abre, puesto que los hombres pueden acercarse a los dioses y al revés, algunos dioses caen. El héroe se detiene a la confluencia entre hombres y dioses. Proporcionan una imagen de la perfección en su dominio de excelencia y escapen a la segunda muerte del anonimato.

LA NOCHE Y EL PRINCIPIO VITAL

Pasar de un ciclo a otro supone que algunas divinidades cambian de partido, abandonan los dioses de la fase a la cual pertenecen y toman el partido de las nuevas fuerzas que van a acompañar la nueva fase. En Grecia, Zeus toma el poder después de haberse rebelado en contra de Ouranos. En la India, algunos de los Asuras (divinidades nocturnas) toman el partido de Indra, jefe de los Devas, el partido luminoso. La noche, la oscuridad contiene un principio de cambio, lo que los Indues han llamado el principio vital o ASU.

La noche se relaciona a la muerte. A la escala de una jornada, durante la noche, el ser humano que duerme está como muerto. Cuando despierte, el ser humano retoma posesión de su principio vital (ASU) que rechaza la noche a favor de la luz. Este principio vital conoce dos estados : latento, en la noche y el sueño ; patento cuando el ser despierta. En la noche, como en la muerte se encuentra el inicio y el fin.

También, el sueño fundamenta la función del silencio. El sueño prepara el terreno para el rejuvenecimiento del universo que intervendrá a la próxima aurora. Una correspondencia entre el silencio y el sueño explica el rol de ese. Durante la noche, el terreno lo ocupan los hechiceros, las fuerzas negativas. Al mismo tiempo, no hacer nada, no decir nada protege lo que se prepara, el brote de la nueva época. La inactividad de los seres de luz, durante la fase oscura, su silencio entonces, empide los rayos lanzados por las fuerzas maléficas aplastar la semilla del rebrote. Sin embargo, el silencio no se concibe como estado de ánimo pasivo. El sabio silencioso ilumina su ser, a dentro, con conocimiento y concentra su pensamiento.

UNA TRADICIÓN DE LAS INSTITUCIONES

Los politeistas afirman que lo esencial para cada uno consiste en entenderse a si mismo y, después, realizarse. Por eso, la teología no se mezcla con la Iglesia. La autoridad es la de las instituciones : familias, castas, gremios. El hombre piensa lo que quiere, pero tiene que respetar los ritos que caracterizan su deber social, el enlace entre generaciones y la continuidad de la tradición. Es normal boicotear a los que desdeñan a las tradiciones aunque acepten vivir en esta sociedad.

1 - La Familia

Es el grupo familiar que fundamenta todo. No la pareja. La familia, con les hermanos y hermanas, tíos y tías,

esposas y esposos es sagrada. Uno alaba su familia. Como institución, aquella se somete a reglas y preceptos religiosos. Según las castas, las leyes son más o menos rígidas y estrictas. Pero, como se trata de una unión moral y material, los miembros viven según una jerarquía precisa que fija a cada uno sus derechos y deberes, como su manera de vestirse y dirigir la palabra a los demás. 

Cada individuo es orgulloso de sus ancestros y considera que ellos han sido engendrado por un ser glorioso en una actividad. Cada uno mira a sus papás con respeto, de tal manera que es inconcebible desobedecerles. Es imposible actuar sin su aprobación puesto que ellos representan la suma autoridad humana. Encarnan el enlace real entre todos los seres vivientes de la familia y los ancestros cuyo culto se celebra a diario. El culto a los ancestros toma la forma del respeto y transmisión de la doble herencia cultural y social que nos han legado.

El matrimonio no se limita a un permiso para fornicar. Se arregla según las costumbres de la casta, del clan, del linaje. Como organiza la aparición de un nuevo escalón de la familia, el matrimonio con personas de grupos étnicos o raciales diferentes es un ultraje a la creación y a la armonía del mundo.

2 - Ni dios ni ley. Elogio de la jerarquía : el caso de China.

Ni dioses ni ley. Las costumbres, los modales son los fundamentos de la vida social en China. Se observa

cuatro tipos de devociones religiosas : el taoísmo ( de origen china, del siglo VI antes de la era cristiana. Instaurador principal del TAO : Lao-Tseu) ; el budismo ( llegó desde India en el siglo I) ; el confucianismo, filosofía en la cual descansó el Imperio a partir del siglo II antes de la era cristiana); el maoísmo, ajuste del comunismo al estilo chino incluyendo además procedimientos abusivos.

Los chinos tienen para resolver sus problemas una cosmovisión holística : Una percepción global del mundo. No aplican el método de disgregación de los problemas que enseño el filósofo francés René Descartes (1596 - 1650). Para ellos el contexto tiene una mayor preponderancia que el análisis de las causas del contexto.

Practican el pensamiento concreto a base de experiencia y de observaciones. Utilizan refranes y metáforas. El aspecto explícito transpira en su arte de la caligrafía. En dicho arte se dibujan cosas concretas por medio de figuras.

Los patrónes de conductas privilegian la asociación. La antigua tradición taoísta explica el mundo a través de la interdependencia entre el Ying y el Yang. Vivir en harmonía con la naturaleza resulta esencial. En la vida práctica eso significa que el principio de contradiccíon se rechaza. Lo que es verdad desde un punto de vista, se revela falso desde otro punto y vice versa.

Los chinos acuerdan menos importancia a las palabras que otros pueblos. Están más a gusto actuando a partir de imágenes que reflejan un complejo de realidades, sentimientos y emociones. El dicho famoso de MAO lo dice todo : « Una imagen vale más que mil palabras ».

Una concepción circular del tiempo. Lo que ya pasó puede repetirse, no de forma igual en sus elementos constitutivos, pero semejante en sus estructuras y sus significados. Es el concepto de la homología. Jamás se puede hablar de cosas totalmente nuevas, porque a los fenómenos no existe ningún principio ni fin.

La verdad se ve muy relativa y se aproxima con matices. La verdad es efímera, para una configuración definida y no en el absoluto. 

 

3 - Organizar la diversidad : castas y comunidades. El caso de la India.  Los grupos son distintos y relacionados por tres caracteres :

- Separación para los matrimonios y ningún contacto directo o indirecto.

- División del trabajo. Cada grupo tiene una profesión cuyos miembros pueden alejarse en limites estrechas.

- Jerarquía. Los grupos son ordenados en relativamente superiores o inferiores.

Al final, todos los grupos son interdependientes y complementarios.

Una vía se salud personal está abierta : la del renunciante. 

CONCLUSIÓN : ENSEÑANZAS

1 - El politeismo no tiene inicio histórico. La origen es cósmica. Entonces, las variantes son poco relevantes. El punto fundamental es la comprensión de que los dioses son entidades espacio temporales a las cuales uno puede prestar une realidad. La realidad dada a los dioses es una construcción que cada uno puede rehusar considerándola como falsa. El paso, lo salvaron los filósofos griegos quienes, renunciando a los relatos míticos decidieron pensar el mundo a través de la razón. La vía, siempre será abierta.

2 - Sin revelación, cualquier texto puede guiar o educar. La necesidad de cumplir con sus deberes sociales se mantiene a pesar de elegir un camino personal. El yo no se opone a las convenciones sociales.

De igual forma, la fe resulta necesaria para fundamentar un sistema de valor por el cual vale la pena sacrificarse. La fe en algo funciona a la manera de un clavo que fija y entonces disuelve la duda. La fe significa fe en la naturaleza cósmica de nuestro ser. La fe toma la forma de una convicción en el sentido de la vida (homóloga a la des cosmos), que en cada uno se encuentra el divino, que somos más que materia. 

3 - La estructura social en la cual vivimos pide respecto de normas y ritos. Participar a ellos es afirmarse solidario de la vida social. Es cierto que cualquier sociedad siempre conoce tensiones cuyas causas son recurrentes. En particular, dos fenómenos son peligrosos :

- Grupos que se organizan para apoderarse las funciones de los otros. Poco a poco se expande el desorden y la incompetencia. Unas jerarquías se instituyen en base a las intrigas y la suerte. Cuando unos grupos se atribuyen las prerrogativas de varias funciones, entonces entramos en una tiranía unilateral.

- Grupos quieren privar a los otros de lo que no pueden o no quieren tener. Actitud anti social que justifica una restricción de sus tejemanejes.

Es así que, en una época, el conocimiento no se transmite, los deberes se olviden, etc. Aberraciones se observan. Sin embargo, no vienen del politeísmo. Es la consecuencia de otros factores.

 ¿ QUE HACER ? 

Durante nuestra vida, cualquier sea la época, es preciso guardar su moral personal, transmitida por su cultura o linaje. Para cada uno, la búsqueda de perfección es la norma, gracias a la cual siempre se manifiesta la voluntad de hacer algo mejor en el triple nivel de la virtud, de la riqueza y del amor.

Si el entorno se presenta como muy hostil, es fundamental practicar una vida “secreta” a la manera de los heréticos de la edad media en Europa. Por ejemplo, el mundo actual destruye las condiciones de vida digna de las clases medias. En importante saber reducir sus necesidades para no caer en la esclavitud voluntaria del trabajo no elegido. También, en algunos casos es preferible salir del marco social e ir a vivir en otras estructuras.

En un mundo en transformación permanente, la tiranía desaparecerá algún día. Todo debe de ser preparado para un renacimiento.

Bernard Notin

00:10 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cosmos, traditions, traditionalisme, polythéisme, tradition | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook