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mardi, 07 mai 2024

La fonction d'information est devenue la censure

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La fonction d'information est devenue la censure

par Andrea Zhok

Source : Andrea Zhok & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/la-funzione-dell-informazione-e-divenuta-la-censura

Le 3 mai, c'était la « Journée internationale de la liberté de la presse ». Cet anniversaire, comme d'autres, a été promu par l'Assemblée générale des Nations unies en 1993, au plus fort du triomphe néolibéral, à une époque où l'on pensait qu'il n'y avait plus qu'une seule forme de civilisation sur le point de se répandre dans le monde, celle représentée par les États-Unis. Le fait que les États-Unis aient toujours eu une relation assez controversée avec la « liberté de la presse » et le sens à donner à l'information publique (voir Fifth Estate ou Le cinquième pouvoir de Sydney Lumet) ne semblait plus être un problème.

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La liberté de la presse fait également partie des droits de l'homme inscrits dans la charte de 1948 (art. 19) et qui n'ont commencé à prendre de l'importance qu'au lendemain de l'effondrement de l'URSS, lorsqu'on a cru que ces droits pouvaient être gérés sans trop de problèmes par la seule superpuissance hégémonique restante. C'est lors de cette phase que les droits de l'homme ont été utilisés pour lancer des campagnes militaires ou de discrédit, toujours strictement destinées aux ennemis des États-Unis (l'ère des « guerres humanitaires »: Irak, Afghanistan, Serbie, etc.)

Mais de manière inattendue, plus ou moins depuis les lendemains de la crise des subprimes, donc depuis les années 2010, certains contre-pouvoirs ont commencé à émerger dans le monde dirigé par les États-Unis, menaçant le monopole de la vérité et de l'information internationale. C'est le début d'une nouvelle phase, où l'Occident, c'est-à-dire les succursales extérieures de l'Empire américain, a commencé à réagir de manière de plus en plus hystérique face aux revendications de la liberté d'information.

C'est en 2010 que la persécution d'Assange a commencé (en novembre 2010 on formule l'accusation, aujourd'hui certifiée comme fausse, de viol en Suède).

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Avec le cocovivid, un nouveau durcissement s'est opéré, qui se poursuit encore aujourd'hui: la fermeture systématique de sites, de pages web, la suppression de vidéos, la fermeture de plateformes web, l'utilisation systématique d'algorithmes de blackout pour les mots-clés, etc. ont commencé.

L'utilisation de fabrications médiatiques à visée militante devient désormais constante. On sait aujourd'hui que certains événements décisifs (massacres, bombardements à l'arme chimique) pour les interventions en Serbie ou en Syrie étaient déjà des fabrications médiatiques. Mais pour en venir aux événements en cours, on apprend ce matin que le narratif des fameux « 40 enfants décapités » par le Hamas au début du conflit étaient également un mensonge fabriqué de toutes pièces et propagé avec art pour justifier ce qui a suivi. Avec le temps, quand un tel narratif n'est plus nécessaire, certains démentis parviennent encore à émerger au grand jour. En ce qui concerne l'affaire de la pandémie, ce n'est qu'au prix d'efforts considérables qu'un début de vérité commence à émerger, ici et là, et même là seulement pour les plus vigilants, parce que l'appareil dominant continue obstinément à garder le silence et à dissimuler les faits. Il est douteux qu'à ce rythme, le grand public parvienne un jour à comprendre l'ampleur de la manipulation qui a eu lieu (ne voulant pas tomber dans la banalité, j'hésite à rappeler ici le lot de mensonges qui ont passé pour des vérités scientifiques).

Dans ce cadre, il est difficile de donner un sens autre que sarcastique à la « Journée mondiale de la liberté de la presse ». Dans le nouveau contexte de tension internationale, contexte d'une nouvelle « guerre froide », l'espoir qu'une quelconque apparition tangible d'information non manipulée soit produite est très faible.

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En revanche, je suis certain qu'aujourd'hui les « grands noms » de la presse italienne s'échangeront de grandes médailles du mérite pour leur combat exemplaire contre les « fake news », c'est-à-dire dans la lutte contre toute nouvelle qui perturbe pro tempore la manœuvre de l'agent manœuvrier / pourvoyeur de salaire. Et c'est bien la seule fonction qui leur reste. Le manque de crédibilité de l'information officielle est aujourd'hui largement perçu, ce qui se traduit concrètement par la chute des ventes et de l'audimat. Les seuls à y croire aveuglément sont les minorités de ZTL qui ont un intérêt substantiel à continuer à y croire (rien ne donne plus de force de persuasion à une prétendue vérité que le fait qu'elle soit commode).

La fonction laissée à l'information officielle n'est donc plus de produire des convictions fortes dans le grand public. Cela peut arriver sur des sujets inédits, comme lors de la pandémie, mais ce type d'emprise est de plus en plus faible. Non, le rôle laissé à la « grande information publique » (en cela similaire au rôle des « grands partis ») est surtout de créer un bouchon qui empêche l'éclosion de nouveauté. Ils ne sont plus capables de convaincre, encore moins d'éduquer, mais ils parviennent à occuper presque tous les espaces mentaux avec le bruit stérile de leurs propres récits commodes. Et en ce qui concerne les quelques espaces qu'ils n'occupent pas, ils se produisent constamment dans une activité de discrédit et de délégitimation des voix indépendantes, traitées comme des conspirations, comme des « canulars » à soumettre à leur propre vérification des faits, qui, elle, est posée comme irréprochable.

L'information d'aujourd'hui n'est plus vraiment capable de produire une vérité publique convaincante, mais on lui a laissé la tâche d'empêcher toute autre vérité de passer, et elle s'acquitte encore admirablement de cette tâche.

dimanche, 05 mai 2024

La propagande, la science du mensonge

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La propagande, la science du mensonge

par Roberto Pecchioli               

Source: https://www.ariannaeditrice.it/articoli/propaganda-la-scienza-della-menzogna

Être perché du mauvais côté de la barrière permet de dire des choses inconfortables, désagréables, qui ne seront pas entendues parce qu'elles sont le fruit de l'esprit de ceux qui sont mal à l'aise dans l'époque en laquelle ils doivent vivre. Peu d'aspects de la société contemporaine sont aussi insupportables que la publicité, son intrusion, son infiltration partout, son occupation de l'imaginaire, sa modification non seulement des habitudes commerciales, mais aussi du langage, des comportements, des préférences, des modes de vie. Nous détestons son faux optimisme d'aboyeur, ses techniques très raffinées, sa capacité à utiliser - selon les produits, les services, les idées qu'elle sert - le registre mélioratif, quasi hypnotique, la gaieté forcée du consommateur satisfait, la fausse neutralité "scientifique" lorsqu'elle vante des produits de santé ou d'hygiène, sa capacité à pénétrer et à coloniser l'imaginaire collectif. Aujourd'hui, elle a acquis la capacité de devenir personnalisée, sur mesure, grâce au profilage du net et du smartphone, à l'habitude inconsidérée de dévoiler sur les réseaux sociaux ses habitudes, ses déplacements, ses préférences et ses manies.

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Personne ne peut demander à la publicité de dire la vérité: ce n'est pas son but. Elle doit affirmer et vendre des comportements, déterminer des choix - et pas seulement des achats -, diffuser, créer ou normaliser des conduites, des idées. C'est-à-dire qu'elle doit "propager" quelque chose, en premier lieu la forme-marchandise et son fétichisme (Marx), mais aussi des visions, des propensions, l'acceptation ou le rejet d'idées ou de modes de vie. Sur le moteur de recherche le plus important au monde, Google, nous avons trouvé, à la question de la différence entre propagande et publicité, une réponse - la première, celle que des millions de personnes accepteront comme vraie - effrayante par la charge de mensonges qu'elle affirme. "La propagande communique des vérités, des certitudes et des valeurs dans le but de les faire passer dans le sens commun, tandis que la publicité informe sur un produit qui résout un problème quotidien".

Une telle définition - fruit des ateliers sous-culturels du système - est une propagande flagrante, un mensonge élevé au rang de système, et en même temps une publicité pour le système de consommation. Chaque mot de la prose du géant des géants, maître de nos vies, peut être facilement déconstruit. Propagande est le gérondif pluriel latin du verbe propagare ("les choses à répandre") et la définition correcte est "l'action tendant à influencer l'opinion publique, à l'orienter vers certains comportements collectifs, et l'ensemble des moyens par lesquels elle est mise en œuvre". "En ce qui concerne les produits et services commerciaux, on utilise le terme de publicité, l'ensemble des moyens de diffusion de la connaissance et de la vente de biens et de services. Cependant, les deux concepts tendent à coïncider, puisque tout - dans la marchandisation intégrale de la vie - est produit. La propagande et la publicité sont de plus en plus difficiles à distinguer de la vérité.

Aucune activité n'échappe à la griffe de la communication intéressée à faire connaître une marque, un nom, une marchandise. Pas moins de cinq stades d'équipes de football de la Serie A portent le nom - provisoire et payant - de sociétés commerciales. Pratiquement aucune initiative publique - culturelle, civique, caritative, etc. - ne peut avoir lieu sans qu'au moins un sponsor - groom, encore un mot latin ! - pour la financer en échange de visibilité et de publicité, directe et indirecte. La publicité occupe non seulement notre imagination, mais aussi notre temps et nos sens. Quiconque écoute la radio, regarde une émission de télévision ou consulte des contenus sur le net est bombardé de publicités, d'annonces à caractère publicitaire et/ou propagandiste. Il existe même un indice de "crowding" que les radiodiffuseurs sont censés respecter, mais qu'ils contournent par divers artifices qui font de la programmation "normale" un intermède entre d'interminables blocs publicitaires. En outre, d'autres publicités ou propagandes subliminales (les sensations qui se produisent sous le niveau de la conscience, trop faibles pour être ressenties, mais capables d'influencer l'inconscient et de conditionner le comportement) sont insérées dans les grilles.

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Il y a de nombreuses années, au début de l'explosion publicitaire produite par la télévision commerciale, un couple d'amis nous a parlé avec inquiétude des pleurs de leur petit garçon qui n'acceptait pas la fin des publicités et la reprise des programmes. La publicité et la propagande agissent sur chacun d'entre nous, mais deviennent dévastatrices pour les plus jeunes, dont elles créent le comportement et la vision du monde. Le premier est le désir de consommer des produits, de porter des vêtements et de posséder des objets "signés" (et non fabriqués !) par telle ou telle entreprise. La marque (brand) prime sur le produit. Karl Marx serait fou de voir comment sa distinction entre valeur d'usage et valeur d'échange a pris fin. Le concept de biens "durables" disparaît également: on produit pour consommer, indépendamment de l'utilité, en programmant l'obsolescence pour induire une nouvelle consommation que l'appareil publicitaire se charge de propager en créant le besoin. L'un des mensonges les plus singuliers de la communication publicitaire est l'insistance sur le bonheur artificiel du consommateur. Satisfaction éphémère, aussitôt contrariée par le désir compulsif d'autres biens, d'autres marques, d'autres modes de vie à l'imitation de ceux de la publicité.

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Aucun aspect de la vie n'échappe à la propagande : la politique, le sport, la culture (l'industrie culturelle, comme l'entendaient Adorno et Horkheimer), les idées, les principes fondateurs de la société. Une marque d'eau minérale propage son produit comme la boisson d'une famille homo et transgenre heureuse. En revanche, aucune campagne publicitaire ne met en garde contre l'usage et les effets des drogues, alors qu'une machine multimédia efficace diffuse des valeurs qui conduisent à l'usage de certaines substances. Médicalisation de la vie, diffusion de modèles de compétition permanente pour lesquels il faut être "performant", ce qui passe par l'utilisation de médicaments ou, pire, de drogues. De combien diminuerait la consommation de stupéfiants, de pilules, de cocktails de substances diverses, si un État réellement soucieux du bien commun ou un véritable philanthrope - pas Soros, Gates, Rockefeller - investissait des sommes importantes pour diffuser des modes de vie sans rapport avec les drogues et autres addictions ? Impossible : le système est basé sur la consommation, l'usage de drogues génère des revenus, le mensonge est donc indispensable. La publicité et la propagande sont la science du mensonge.

 Ce n'est pas nous qui le disons, nous qui avons l'habitude de nous tromper, mais les inventeurs des appareils de manipulation, d'endoctrinement et d'inculcation auxquels nous sommes soumis.

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Dans le domaine de la communication politique et des valeurs, le livre de Marcello Foa, Gli stregoni della notizia, est fondamental. Les sorciers (stregoni) sont ceux qui maîtrisent la communication "comme un ensemble de techniques unilatérales d'endoctrinement du public". Ce sont des manipulateurs professionnels, des menteurs en permanence. Leur arme principale est le "cadre", le cadre qui délimite ce qui peut être vu. Foa fait la comparaison avec un tableau représentant une ville en flammes, avec à côté une forêt envahie par des oiseaux fuyant les flammes. Si l'on découpe la forêt et qu'on l'encadre, on obtient un tableau représentant une magnifique forêt peuplée d'oiseaux joyeux. C'est ainsi que fonctionne notre esprit: au-delà de la réalité objective, nous percevons le monde à travers ce qui entre dans notre cadre, via les "lunettes cognitives" (Wittgenstein) avec lesquelles nous observons le monde. La magie des sorciers réside dans leur capacité à créer le cadre de référence.

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"La manipulation consciente et intelligente des opinions et des habitudes des masses joue un rôle important dans une société démocratique ; ceux qui maîtrisent ce dispositif social constituent un pouvoir invisible qui dirige véritablement le pays".

C'est ainsi que s'ouvre le livre intitulé Propaganda d'Edward Bernays, père des relations publiques et de la publicité. Neveu de Freud installé en Amérique, il débute sa carrière au sein de la commission gouvernementale chargée de convaincre les Américains de participer à la Première Guerre mondiale. C'est ainsi qu'est née la célèbre affiche représentant l'Oncle Sam, le doigt pointé et les mots "I want you for U.S. Army" (Je vous veux dans l'armée américaine). Bernays, payée confidentiellement par les multinationales du tabac, convainc les femmes de fumer dans une campagne d'émancipation féminine où chaque femme "de carrière" est invariablement représentée avec une cigarette à la main ou à la bouche. En 1954, elle a mené une campagne contre le président du Guatemala qui envisageait de nationaliser les terres de la United Fruit Company, ce qui a conduit à son éviction, qui a satisfait les intérêts américains.

Il semble que son livre, publié en 1928, ait été inspiré par Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande du Troisième Reich. Un passage significatif révèle la réalité dans laquelle nous sommes plongés: "la manipulation secrète est nécessaire à la démocratie. Nous sommes dans une large mesure gouvernés par des hommes dont nous ne savons rien, mais qui sont capables de modeler notre mentalité, d'orienter nos goûts, de nous suggérer ce qu'il faut penser. Un gouvernement invisible façonne nos esprits". Et encore: "Nous avons volontairement laissé à un gouvernement invisible le soin de trier les informations, d'identifier le problème principal et de le ramener à des proportions réalistes. Nous acceptons que nos dirigeants et les organes de presse qu'ils utilisent nous signalent les questions qu'ils jugent d'intérêt général. Nous acceptons qu'un guide moral, un pasteur, un savant ou simplement une opinion populaire nous prescrive un code normalisé de comportement social auquel nous nous conformons la plupart du temps". Les persuadeurs ne sont nullement cachés.

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L'important, révèle Bernays, est de nous donner l'illusion que nous agissons selon notre volonté : "On peut critiquer certains phénomènes, notamment la manipulation de l'information, l'exaltation de l'individualisme et tout le battage publicitaire autour de personnalités politiques, de produits commerciaux ou d'idées sociales. Mais ces activités sont nécessaires à une vie bien ordonnée. Les techniques d'encadrement de l'opinion publique ont été inventées puis développées au fur et à mesure que la société se complexifiait et que le besoin d'un gouvernement invisible devenait de plus en plus nécessaire". Ainsi, sans manipulation secrète, la démocratie ne serait pas possible. "La machine à vapeur, l'imprimerie et l'alphabétisation des masses ont arraché le pouvoir aux souverains et l'ont remis au peuple qui l'a reçu en héritage. Le suffrage universel et la généralisation de l'éducation ont renforcé ce processus. Aujourd'hui, cependant, une réaction se profile, la minorité a découvert qu'elle pouvait influencer la majorité en fonction de ses intérêts ; il est désormais possible de modeler l'opinion des masses afin de les convaincre d'orienter leur pouvoir nouvellement acquis dans la direction souhaitée. Un processus inévitable, compte tenu de la structure actuelle de la société".

Les techniques de propagande et de manipulation peuvent être utilisées pour exploiter les impulsions, les instincts, les pulsions et inculquer de nouvelles croyances. "La propagande est l'organe exécutif du gouvernement invisible. La publicité et la propagande font partie des techniques les plus sophistiquées du soft power, une expression inventée par Joseph Nye - professeur à Harvard et conseiller du gouvernement américain - pour désigner la capacité à influencer les comportements par la persuasion plutôt que par la coercition. Actualités télévisées, films, publicités, séries télévisées, jeux vidéo, émissions sportives, programmes scolaires, éducation. La société postmoderne se reproduit, construit un consensus par le biais d'une propagande totale 24 heures sur 24, du berceau à la tombe. Le martelage incessant a remplacé les moyens violents des anciens totalitarismes sans en changer la substance. Notre société est fondée sur la propagande, le facteur le plus important pour façonner et contrôler les comportements. Un véritable goulag mental, le dispositif qui nous asservit à une liberté artificielle et contrôlée, en nous convainquant de la liberté de nos choix. Le miracle de la manipulation.

mercredi, 13 décembre 2023

Les élites et l'instrumentalisation de Gramsci, Maslow et Bezmenov dans la guerre cognitive contre le peuple

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Les élites et l'instrumentalisation de Gramsci, Maslow et Bezmenov dans la guerre cognitive contre le peuple

Par Marcelo Ramírez

Source: https://noticiasholisticas.com.ar/las-elites-y-la-instrumentacion-de-gramsci-maslow-y-bezmenov-en-la-guerra-cognitiva-contra-los-pueblos-por-marcelo-ramirez/#google_vignette

Les événements qui se déroulent dans le monde mettent en évidence l'indifférence des sociétés occidentales à l'égard de l'avenir immédiat. Il existe plusieurs stratégies, comme la doctrine Samson, que l'État d'Israël envisage d'utiliser avec ses armes nucléaires pour détruire le Moyen-Orient et une grande partie du monde ; l'attaque du barrage des Trois Gorges, dont les médias russes révèlent qu'elle fait partie d'un plan de dernière chance taïwanais, est en cours. D'autres plus anciennes, comme la Global Prompt Strike imaginée par les États-Unis pour attaquer la Russie sans que celle-ci puisse répondre avec ses forces nucléaires, nous amènent à nous interroger sur ce qui se passe : que se passe-t-il pour que l'Occident s'autodétruise et cherche à entraîner tout le monde dans son sillage dans l'indifférence générale ?

Médias, intellectuels, politiques, tous les acteurs du pouvoir réel ignorent ces faits. La réponse n'est pas simple, mais elle est liée à un processus d'inférence dans l'opinion publique. Les puissances qui contrôlent réellement le monde, celles qui prennent les grandes décisions qui seront ensuite mises en œuvre par les politiciens, ont mis en place un processus complexe de manipulation sociale avec différentes caractéristiques qui ont amené le monde à ce stade.

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L'Occident subit une débâcle qui se traduit par une grande décadence culturelle qui conduit à la mise en œuvre d'un plan méthodique de destruction sociale et, par conséquent, des États eux-mêmes. Il s'agit pratiquement d'une campagne de sape sociale dont les racines se trouvent dans la distorsion des fondements de la pensée d'Antonio Gramsci, communiste convaincu qui pensait que, pour faire une révolution socialiste, il fallait changer les matrices de la pensée. Si elle est contrôlée, la violence n'est pas nécessaire, ou devrait l'être moins, car les masses soutiendront une révolution sociale. Par conséquent, le marxisme culturel qui lui est attribué est inexact, ce n'est pas du marxisme, c'est du libéralisme sous une autre peau et un peu de cosmétique.

Les élites ploutocratiques occidentales ont compris le potentiel de ces idées, les ont dépouillées des éléments nuisibles à leurs intérêts et ont utilisé leurs principes méthodologiques pour mettre en place un processus d'attaque contre leurs sociétés et le monde. Les anciens cadres idéologiques qui donnaient des valeurs éthiques et morales étaient installés dans la conscience des masses par des siècles de tradition et devaient être changés et remplacés par un nouveau cadre. Un cadre, bien sûr, adapté à leurs besoins.

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Youri Bezmenov était un ancien agent du KGB, expert en propagande et en subversion psychologique. Après avoir quitté l'Union soviétique, il est passé à l'Ouest et est devenu un fervent critique du communisme et des pratiques du KGB. Il s'est fait connaître par ses conférences et ses interviews détaillant les méthodes de subversion utilisées par l'Union soviétique pour affaiblir et déstabiliser les sociétés de l'intérieur. Les méthodes qu'il dénonçait expliquaient le processus de lavage de cerveau global qui permettrait au communisme de vaincre le capitalisme.

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Bezmenov explique que ce processus se déroule en quatre étapes :

  1. 1) la démoralisation
  2. 2) déstabilisation,
  3. 3) la crise et
  4. 4) la normalisation.

Il a insisté sur le fait que les influences culturelles et idéologiques peuvent avoir un impact profond sur une société et, par conséquent, conduire à son autodestruction afin que d'aucuns en prennent le contrôle.

Bezmenov a expliqué que l'URSS cherchait à combattre le capitalisme sur ses flancs moraux, bien qu'il ait eu tort de ne pas comprendre que l'Occident n'était pas le paradis qu'il supposait être, mais quelque chose qui pouvait être encore pire que ce qu'il détestait. Comme pour Gramsci, ses idées ont été utilisées pour autre chose, en principe pour une furieuse campagne maccarthyste.

Quelles étaient ses véritables motivations, peut-être une désillusion à l'égard de son pays, quelque chose de personnel, ou bien il pensait simplement que devenir un outil de propagande était très rentable et qu'il pouvait vivre dans des conditions privilégiées.

Nous ne connaissons pas ses motivations et ne pouvons que spéculer, mais sa mort en 1993 à l'âge de 54 ans semble étrange. D'autant plus qu'il n'avait aucun problème de santé et que la nouvelle de sa mort est passée inaperçue, à l'exception d'un petit journal local. Bezmenov avait été cité dans les grands médias nationaux et il est mort dans l'oubli, si tant est qu'il soit mort, car avec de tels personnages, il est très difficile de connaître la vérité.

Quoi qu'il en soit, ses avertissements, recouverts d'une épaisse couche de propagande, ont mis au jour une véritable méthodologie à l'œuvre. Il ne faut pas oublier que l'outil utilisé n'est jamais bon ou mauvais, ce n'est qu'un outil et ses qualités dépendent de son application. Les élites l'ont compris et l'utilisent à leur avantage. Dans leur cas, la fin justifie les moyens.

Le processus de destruction sociale qu'il décrit permet aux élites de reconstruire la société à leur guise après avoir atteint la dernière étape. C'est très important pour ceux qui pensent que la bataille culturelle est une question mineure et qu'il faut plutôt se préoccuper des intérêts immédiats des gens. Cependant, si la société est brisée et que sa volonté est manipulée selon les caprices des puissants, la voie est libre pour réinitialiser les valeurs et la pensée. Cela implique le contrôle d'un futur dystopique à la 1984.

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L'objectif est de contrôler l'esprit et le comportement des masses, et quiconque essaie de penser est un dissident dont l'avenir est sombre. Rappelez-vous que dans le roman d'Orwell, il ne s'agissait pas de tuer ceux qui pensaient différemment, mais de les briser.

L'être humain est composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit, et sa volonté est soumise à une base physiologique déterminante, de sorte que le contrôle des besoins physiologiques est un pas vers le contrôle de l'esprit. On ne peut pas réfléchir à des valeurs plus élevées sans manger.

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Abraham Maslow (photo) était un psychologue qui, au milieu du 20ème siècle, a écrit un article intitulé "Théorie de la motivation humaine", dans lequel il affirme que les besoins peuvent être classés dans une hiérarchie, certains besoins, tels que les besoins physiologiques et de sécurité, se trouvant au bas de l'échelle. Un être plus primitif ou plus élémentaire ne pourrait pas contourner ces étapes pour répondre aux besoins sociaux et aux besoins de l'ego.

Les quatre niveaux inférieurs constituent ce que l'on appelle la pyramide des "besoins déficitaires". Ces besoins sont fondamentaux dans le sens où leur satisfaction ne génère généralement pas de sentiment notable, mais leur manque provoque de l'anxiété ou de l'inconfort. Le niveau le plus élémentaire de cette pyramide est occupé par les besoins physiologiques : se nourrir, s'hydrater et se reposer. Ils sont essentiels à la survie et au bien-être physique. Le deuxième niveau se concentre sur les besoins de sécurité et de stabilité, précieux pour un sentiment de protection et de prévisibilité dans la vie. Le troisième niveau concerne le besoin humain d'être aimé, d'être inclus et d'appartenir, des aspects essentiels pour le développement émotionnel et social. Enfin, le quatrième niveau répond au besoin de reconnaissance, de prestige et d'honneur, qui joue un rôle important dans l'estime de soi et l'identité personnelle. Chaque niveau représente une étape essentielle dans la recherche du bien-être et de l'épanouissement personnel. Le cinquième niveau d'épanouissement, la créativité, la réalisation de soi, est celui qui permet de se dépasser et de développer le potentiel humain, permettant ainsi un meilleur développement de la société.

C'est sur cette base que le transfuge soviétique a expliqué les étapes de la décomposition sociale aux Etats-Unis en fonction de la guerre froide dans laquelle il a vécu. Les quatre étapes mentionnées : démoralisation, déstabilisation, crise et normalisation sont toujours en vigueur aujourd'hui, mais sous des formes différentes.

La méthodologie de déstabilisation qu'il a dénoncée est résumée dans le tableau, où nous pouvons analyser les similitudes avec les événements que nous avons vus se dérouler au cours des dernières décennies, et en particulier au cours des dernières années, et tirer nos propres conclusions sur le fait que Bezmenov s'est trompé. Nombre de ses affirmations sont aujourd'hui incontestablement vérifiables, même si l'on peut imaginer que ses contributions sur le libre-échange et d'autres questions ont été bien accueillies par son public.

Les États-Unis se dirigent vers l'abîme, c'est une chose que nous savons tous et à laquelle nous pouvons difficilement échapper. Ce n'est pas à cause de problèmes économiques, technologiques, industriels ou militaires, même s'il est vrai que dans tous ces domaines et dans bien d'autres encore, le déclin est très marqué, mais la source du problème est culturelle. Ce qui s'est produit, c'est l'effondrement de son système de valeurs, de ses structures sociales, et c'est ce qui a précipité cette situation en fin de compte.

Les quatre étapes sont les mêmes, mais nous pouvons aujourd'hui les identifier comme le développement d'un même plan qui, contrairement à ce que croyait Bezmenov, n'était pas le communisme ou les Soviétiques, mais les élites anglo-saxonnes elles-mêmes. Ces élites, ayant éliminé leur ennemi soviétique, ont entrepris de mettre en œuvre un nouveau modèle en fonction de leurs propres besoins. Aujourd'hui, la technologie exige un changement de système et le modèle qu'elles poursuivent est quelque chose qui, pour être mis en œuvre, exige non seulement la docilité, mais aussi un changement de valeurs parmi les masses.

Les quatre étapes se sont développées depuis les années 1960, peut-être un peu plus longtemps que celles mentionnées par Bezmenov. Elles peuvent être détaillées comme suit :

1) La démoralisation

Le stade de la démoralisation propose d'éroder les idées, les structures et les composantes de la vie. Les idées à mettre en œuvre sont soutenues par les médias, le divertissement, l'éducation et la culture.

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Les symboles historiques sont remplacés par de faux symboles. Les héros, les patriotes ou même les saints sont remplacés par des idoles problématiques, contradictoires et ignorantes. Le déclin culturel est palpable.

Les institutions sont simultanément érodées. Les forces de sécurité, les forces armées, la justice, l'Église, etc. sont attaquées. Rien de ce en quoi on peut croire ou avoir confiance ne doit être laissé en l'état.

Remise en cause des cadres traditionnels : famille, couple, religion, histoire, rôles. Tout doit être remis en question.

L'histoire nationale est modifiée et remplacée par une histoire réécrite en fonction de nouveaux intérêts.

Les vieux antagonismes, comme la répartition des richesses, sont remplacés par de nouveaux conflits créés à cet effet : LGBTisme, féminisme, écologisme, animalisme, racialisme, etc. Des idées qui favorisent la confusion et la fragilité sont installées : machisme toxique, victimisme hors de propos.

2) Déstabilisation et bases de l'anarchie

L'objectif est de criminaliser le discours par le politiquement correct.

La liberté d'expression est remise en cause parce qu'elle choque.

Approfondissement de la destruction des valeurs familiales et culturelles traditionnelles pour tout changer. De nouvelles formes sont mises en œuvre qui tendent à l'isolement de l'individu. L'égoïsme est promu comme synonyme de liberté personnelle. C'est la "déconstruction" que beaucoup proclament fièrement.

Les processus de déstabilisation commencent par la mise en place de révolutions colorées, ressorts ou apparemment anti-système, candidats incapables ou dangereux, selon chaque réalité.

On sème le doute sur le résultat électoral avec des systèmes non transparents qui génèrent des doutes pour enlever la légitimité. L'important n'est pas tant le vainqueur que la résistance à ce dernier.

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Favoriser les affrontements sur les disparités de droits (migrants, femmes, homosexuels, etc.) par rapport au reste de la société.

Faire émerger des minorités qui s'autonomisent en intronisant les individus les plus agressifs et les plus résistants contre des majorités politiquement non représentées.

Promouvoir la drogue, l'alcool, la vie dissipée, la banalité et la superficialité.

L'endettement individuel et collectif qui conditionne et stresse.

Une voix unique avec une dissidence apparente qui ne représente pas les ambitions et les conflits réels, mais les conflits induits.

Ochlocratie déguisée en démocratie, c'est-à-dire des personnes ignorantes et pleines de préjugés à la tête visible des États.

L'incertitude, la perplexité, la confusion et la colère entraînent l'incapacité d'agir. Paralysie et division.

3) La crise

Les révolutions, les affrontements, les guerres, l'anarchie, la guerre moléculaire finissent par éclater.

On trouve des raisons de violer les droits d'expression et d'installer des gouvernements dictatoriaux. Elles sont la réponse aux troubles, aux catastrophes et à l'anarchie elle-même. La société réclame le rétablissement de la sécurité et de l'ordre.

Sans valeurs, sans traditions, avec une société culturellement déconstruite, des gouvernements adaptés aux besoins des élites seront mis en place. La société est incapable de se rendre compte de ce qui se passe.

4) La normalisation

Bezmenov a utilisé ce terme avec ironie en référence aux invasions soviétiques de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie, mais il est acceptable parce qu'il met fin au conflit et permet une vie réglementée. Le système a été modifié en fonction des besoins des élites, les gens ordinaires accueilleront favorablement un minimum d'ordre dans leur vie. La crainte d'un retour à l'anarchie sera suffisamment dissuasive pour accepter les nouvelles règles.

Ce dernier point était l'objectif ultime : établir une nouvelle organisation basée sur le pouvoir. C'est la méthodologie de Bezmenov et la base psychologique d'Abraham Maslow, critiqué pour son caractère réducteur. Néanmoins, sa contribution permet de comprendre les raisons qui poussent les êtres humains à se comporter comme ils le font et les bases sur lesquelles ils travaillent pour mettre en œuvre le plan de déconstruction.

Ce que nous voyons alors dans le monde n'est que le fruit de ce processus qui empêche les réactions saines aux plans bellicistes des gouvernements occidentaux. Alors que dans les années 1980, les Européens, Allemands en tête, étaient descendus en masse dans la rue pour protester contre les euro-missiles (les Pershing II américains) qui faisaient d'eux des cibles pour les missiles nucléaires soviétiques, ils sont aujourd'hui presque indifférents au gouffre nucléaire dans lequel l'Union européenne les conduit en affrontant la Russie. De plus, la démolition de leur économie, avec des hausses de prix des denrées alimentaires, de l'énergie et du logement qui entraîneront une violente récession, n'aide pas non plus à la prise de conscience.

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Qu'est-ce qui mobilise encore les Européens ? Pas grand-chose, les défilés gays de la journée des fiertés et pas grand-chose d'autre. Seuls les indignados espagnols y échappent, mais ils se confondent avec les idées libertaires, comme on appelle aujourd'hui les libéraux, qui pensent que l'État est leur ennemi et non le cerveau qui le contrôle.

Le plan de destruction a franchi les deux premières étapes et se dirige à toute vapeur vers la troisième. Ils sont très proches de leur but et le mieux que nous puissions faire est de les mettre en garde. Nous devons être matures, comprendre le jeu, voir la stratégie plutôt que la tactique, le fond plutôt que la conjoncture.

Bien sûr, les besoins fondamentaux, ceux qui se trouvent à la première et à la deuxième base de la pyramide de Maslow, sont essentiels; sans eux, il n'y a rien de plus. Néanmoins, nous devons comprendre la destination finale, car si l'initiative est entre les mains des élites, nous ne réagirons toujours que légèrement à leurs politiques et nous le ferons avec retard.

Les élites ne sont ni de gauche ni de droite, il ne s'agit pas de la "gauche" qui subvertit nos nations, il s'agit de l'élite mondialiste qui subvertit nos nations par l'intermédiaire d'agents politiques de gauche ou de droite, qu'ils bricolent avec leurs étiquettes pour déformer ou confondre.

Il faut donc faire preuve d'agilité et d'ouverture d'esprit pour comprendre le jeu qui change régulièrement. La mutation permanente fait partie de la stratégie employée. Lorsque nous parvenons à comprendre leurs politiques et à faire en sorte que la société comprenne et réagisse à un fait, c'est qu'ils ont pris de nouvelles mesures et que le défi est différent. Si nous ne connaissons pas la destination finale qu'ils visent, nous ne pourrons jamais anticiper leurs mouvements et changer l'initiative, c'est pourquoi nous devons évaluer correctement la guerre cognitive, communément appelée bataille culturelle.

mardi, 17 octobre 2023

Les mécanismes du déploiement propagandiste et les ultrabellicistes

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Les mécanismes du déploiement propagandiste et les ultrabellicistes

par Andrea Zhok*

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/26539-andrea-zhok-i-meccanismi-di-schieramento-e-gli-ultra-della-guerra.html

En un clin d'œil, toute la rhétorique sur la guerre en Ukraine s'est éteinte et s'est tout de go reportée sur le conflit israélo-palestinien. Mais choisir de ne pas analyser, embrasser les mécanismes de déploiement des diverses propagandes, c'est une bête façon d'avoir une opinion sans avoir à se donner la peine de penser.

Les mécanismes de sélection habituel, avec le schéma gauche-droite, sont depuis longtemps une forme de pathologie politique et sociale.

Ils sont le succédané de la capacité de réflexion. Ils permettent d'avoir une opinion sans se donner la peine de réfléchir.

Et donc, comme c'est toujours le cas pour la bêtise, elles sont plus nocives encore que la nébulosité: la seule chose qui est plus nocive socialement et politiquement que la méchanceté, c'est l'abrutissement.

La réalité et l'histoire sont toujours traversées par des raisons multiples, par des lignes de motivation plurielles.

Il n'y a que dans les films qu'il y a un bien et un mal absolus. Et reconnaître ce fait ne signifie pas ne pas assumer la responsabilité de jugements même tranchés, mais cela signifie comprendre que, pour chaque position que les humains prennent collectivement, aussi déplorable soit-elle, il y a des raisons, et que ce n'est qu'en évaluant ces raisons que l'on peut tenter de trouver une solution.

Couvrir les panneaux d'affichage et les journaux de drapeaux, de banderoles et de slogans est le symptôme d'une faiblesse d'analyse et contribue toujours à la non-résolution des problèmes.

Dans l'histoire, il n'y a pas de bons et de mauvais supporters.

Il peut y avoir des luttes pratiques où l'on est forcé de prendre parti dans l'action réelle.

Mais même dans ce cas, il ne faut pas confondre l'acuité des choix pratiques avec l'encouragement ou la diabolisation du camp adverse.

D'autant plus que pour ceux qui ne sont pas directement impliqués, pour ceux qui ne sont pas obligés par les circonstances de prendre parti sur un plan pratique, l'encouragement idéologique et la diabolisation d'un camp ou d'un autre constituent un péché mortel, ils contribuent à l'imbécillité publique, à l'exacerbation des conflits, à l'incompréhension, à la destruction.

* Compte rendu d'Andrea Zhok, philosophe et universitaire italien, professeur d'anthropologie philosophique et de philosophie morale à l'université de Milan.

mardi, 14 février 2023

Propagande et manipulation en Occident

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Propagande et manipulation en Occident

Source: https://katehon.com/ru/article/propaganda-i-manipulyacii-na-zapade

Récemment, Josep Borrell a annoncé un nouvel effort déployé pour combattre l'influence des médias russes en Europe dans ce qui ressemble à un mélange de censure et de propagande. Les techniques de traitement de l'opinion publique sont variées et doivent être explorées.

La manipulation des médias est une série de techniques connexes par lesquelles les gens créent une image ou un argument pour servir leurs intérêts. Ces tactiques peuvent inclure l'utilisation de sophismes logiques, la manipulation, la tromperie pure et simple (désinformation), les techniques de rhétorique et de propagande, la suppression d'autres points de vue en les écartant du programme d'information, en incitant les gens à ne plus écouter certains arguments ou simplement en détournant l'attention vers autre chose.

De nombreuses techniques modernes de manipulation des médias sont des variantes de la technique de "distraction" et reposent sur l'hypothèse que le public a une capacité d'attention limitée.

Techniques modernes de manipulation

La manipulation d'Internet implique l'utilisation de technologies numériques telles que les algorithmes de réseaux sociaux à des fins commerciales, sociales ou politiques. Elle peut être utilisée dans l'intention expresse de modifier l'opinion publique, de polariser les citoyens, de réduire au silence les dissidents politiques, de nuire aux entreprises ou aux opposants politiques, ou d'améliorer sa propre réputation ou son image de marque. Cela est généralement le fait de pirates informatiques ou d'autres professionnels engagés. Ils utilisent des logiciels spéciaux - généralement des bots Internet (bots sociaux, bots de vote et clickbots).

Le scandale de Facebook est un excellent exemple de cette manipulation. Les chercheurs ont vivement condamné une expérience menée par la société dans laquelle elle a manipulé les fils d'actualités de près de 700.000 utilisateurs pour voir si cela affecterait leurs émotions.

L'expérience a permis de cacher certains éléments du fil d'actualité de 689.003 personnes - environ 0,04 % des utilisateurs - pendant une semaine en 2012. Les développeurs de Facebook ont caché un "petit pourcentage" de mots émotionnels dans le fil d'actualité des gens pour tester l'effet que cela aurait sur les statuts ou les likes.

Les résultats ont montré que, contrairement aux attentes, les utilisateurs réagissaient activement à ce qu'ils voyaient - les chercheurs ont appelé cela la "contagion émotionnelle".

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Mais l'étude a fait l'objet de vives critiques car, contrairement aux publicités diffusées par Facebook, dont on peut dire qu'elles visent à modifier le comportement des gens et à les inciter à acheter des produits ou des services de certains annonceurs, les changements apportés aux fils d'actualité ont été effectués à l'insu des utilisateurs.

La manipulation d'Internet est également utilisée à des fins politiques dans le monde entier.

Par exemple, au Royaume-Uni. Les fichiers publiés par Edward Snowden ont révélé que le GCHQ (Government Communications Centre) avait développé des outils pour influencer les débats en ligne, les résultats des sondages, ainsi que pour "amplifier" les posts autorisés sur YouTube et envoyer de faux e-mails à partir de comptes enregistrés.

First Look Media, qui a publié la fuite, l'a décrite comme une arme des services secrets britanniques pour maîtriser l'Internet.

Les documents affirment que le personnel du GCHQ a été invité à "voir grand" sur ce qu'il pourrait créer pour faciliter la "manipulation en ligne".

Le GCHQ a déclaré que leurs programmes, portant des noms de code tels que Warpath, Silver Lord et Rolling Thunder, avaient été lancés "dans des cadres juridiques et politiques stricts" et étaient soumis à une "surveillance stricte".

La base de données contenant les programmes a été consultée plus de 20.000 fois, mais il n'y a aucune preuve qu'ils aient jamais été utilisés par quelqu'un d'autre que le personnel du GCHQ.

Internationalisation des pratiques

L'Ukraine utilise également la manipulation d'Internet comme tactique.

En décembre 2014, le ministère de l'Information a été créé pour contrer la propagande et a été rapidement surnommé le "ministère de la Vérité".

Quelques mois plus tard, le ministre de l'information Yuriy Stets a créé une "armée de l'information". Il a recruté des Ukrainiens pour se battre sur le front le plus important - le front de l'information. Dans une interview accordée à Radio Free Europe, M. Stets a déclaré que plus de 20.000 personnes avaient accepté de consacrer leur temps à la "lutte quotidienne".

La BBC a rapporté que l'une des premières tâches du projet, connu sous le nom de i-Army, consistait à créer des comptes de médias sociaux et à trouver des "amis" se faisant passer pour des résidents de l'est de l'Ukraine.

À l'approche des élections indiennes de 2014, le Bharatiya Janata Party (BJP) et le Parti du Congrès ont été accusés d'embaucher des "trolls politiques" qui les favorisaient sur les blogs et les médias sociaux.

Le Times of India a rapporté que les personnes ayant un bon "capital en ligne" ont été invitées à participer, y compris celles dont les opinions avaient déjà été publiées dans les médias sérieux. La presse indienne a également parlé d'un groupe de trolls sur Twitter défendant avec véhémence le leader du BJP et Premier ministre indien Narendra Modi.

On pense également que le gouvernement chinois dirige une armée d'utilisateurs pour renforcer une vision positive du Parti communiste chinois (PCC). L'organisation a été surnommée "l'armée des 50 centimes" en raison de la somme qu'ils seraient payés pour un commentaire publié.

L'organisation de défense des droits de l'homme Freedom House a décrit ces efforts comme "une politique globale du PCC, accompagnée d'un vaste système de formation et de récompenses".

Des courriels piratés de certains fonctionnaires chinois ont détaillé comment les commentateurs Internet de la petite ville de Ganzhou étaient chargés de diriger les conversations en ligne dans la "bonne direction".

En 2013, "analyste d'opinion sur Internet" est devenu une profession officiellement reconnue en Chine, et le Beijing Morning Post estime que 2 millions de personnes étaient employées pour surveiller et analyser l'opinion publique.

Il est difficile pour les analystes mondiaux de faire la distinction entre les personnes travaillant officiellement pour le gouvernement, les trolls payés et ceux qui participent activement aux discussions dans divers forums et qui ont sincèrement des opinions pro-chinoises.

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Distraction

À l'ère de la surcharge d'informations, il est bien plus facile et plus rentable de ne pas discuter d'un problème que de dépenser de l'argent en propagande et en relations publiques. De nombreux gouvernements pourraient trouver que la communication avec le public est mieux réalisée avec des armes de distraction massive.

Il ne fait aucun doute que tous les pays ont des priorités en matière d'information et que, dans de nombreux cas, le parti pris sera en faveur de l'administration actuellement au pouvoir.

Distraire les médias est relativement facile, grâce à certaines méthodes éprouvées. Par exemple, l'utilisation de ces techniques a contribué à maintenir le soutien de l'opinion publique aux États-Unis pour l'invasion de l'Irak.

Pendant la campagne présidentielle de 2008, Obama et son équipe ont été mis en garde contre le fait de se laisser trop emporter par les "objets brillants" qui occupaient la presse. Les patrons de presse exigent un flux constant de matériel, ce qui fait qu'une grande partie des reportages ne sont pas pris en compte. Les clients veulent de la rapidité - ou ils cliqueront ailleurs; les concurrents créent leurs propres nouvelles non vérifiées, et les campagnes ne sont que trop heureuses de les publier, sinon leurs adversaires le feront. Les "objets brillants" deviennent les outils de moindre résistance. Les sondages et les gaffes demandent moins de temps et d'effort mental pour comprendre la situation que les livres ou les articles analytiques.

Un autre cas d'espèce concerne Sarah Palin. Lors d'une apparition sur CNN, l'expert Paul Begala a déploré que les démocrates semblent être "tout simplement incapables de résister" en se concentrant sur un "sujet brillant" - Sarah Palin. Moins d'un an après le début de la campagne, Palin a démissionné de son poste de gouverneur et s'est lancée dans une carrière lucrative de troll des médias, d'experte, d'écrivain et de tête d'affiche de rallye, qui a reçu des sommes à huit chiffres depuis 2009.

L'ère des fake news

Les fausses nouvelles sont des informations fausses ou trompeuses présentées comme des nouvelles. Ces nouvelles sont souvent destinées à nuire à la réputation d'une personne ou d'une entité, ou à gagner de l'argent grâce aux recettes publicitaires. Bien que les fausses nouvelles aient été diffusées tout au long de l'histoire, le terme a été utilisé pour la première fois dans les années 1890, lorsque les reportages sensationnalistes dans les journaux étaient monnaie courante. Cependant, le terme n'a pas de définition fixe et est largement appliqué à tout type de fausse information.

En raison de la grande variété de types de fake news, les chercheurs commencent à préférer le terme "fouillis d'informations", plus neutre et plus informatif.

La propagation des fake news s'est accélérée avec l'essor des médias sociaux, notamment la croissance du fil d'actualité de Facebook, et la désinformation qui y est publiée s'infiltre lentement dans les médias traditionnels. Plusieurs facteurs contribuent à la propagation des fake news: la polarisation politique, la politique de la post-vérité, le raisonnement motivé, le biais de confirmation et les algorithmes des médias sociaux.

Le Washington Post a été accusé de publier des fake news. La publication a publié un rapport important alléguant que l'administration Trump a orchestré une campagne visant à refuser systématiquement les passeports aux Hispaniques nés à la frontière.

"L'administration Trump a accusé des centaines, et peut-être des milliers, de Latinos vivant à la frontière d'utiliser de faux certificats de naissance depuis leur enfance, et a entrepris une répression généralisée", écrit le journal.

Mais le Washington Post a retenu des données clés, déformé des informations et accusé le médecin décédé de fraude sans en parler à sa famille, qui s'est publiquement plainte des journalistes après la publication. Le matériel a été substantiellement modifié à trois reprises.

Même dans sa dernière version, le rapport du Washington Post reste trompeur. Il s'appuie sur des données non corroborées pour faire des affirmations explosives qui contredisent les chiffres officiels. Pour aggraver les choses, le journal a toujours refusé de corriger le compte rendu, à moins que d'autres journalistes n'y aient répondu.

"Le but était d'aider à illustrer la complexité et l'ampleur potentielle du problème", écrit le journal. - "Cela dit, nous aurions dû préciser que l'affidavit auquel nous faisions référence faisait partie d'une affaire survenue sous l'ère Obama."

18:34 Publié dans Actualité, Manipulations médiatiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manipulation, propagande | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 20 mars 2021

Comment interpréter le concept de liberté utilisé par Freedom House?

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Comment interpréter le concept de liberté utilisé par Freedom House?

Leonid Savin

https://rebelion.org/

Traduction par Juan Gabriel Caro Rivera

Bien que Freedom House (FH) prétende être une organisation non gouvernementale, 70 à 80% de son budget total provient du gouvernement américain. Par conséquent, une grande partie du travail effectué par cette ONG est le reflet des politiques américaines. Récemment, FH a publié son dernier rapport annuel dans lequel il analyse l'état des libertés civiles dans le monde (1). Le rapport se fonde sur le concept occidental de ‘’liberté négative’’, qui conçoit la liberté comme l'absence d'obligations et de restrictions dictées par les relations sociales.

Les pays sont divisés en trois catégories: les libres, les ‘’partiellement libres’’ et les non libres. D'ici 2020, la FH prévoit qu'il y aura 82 pays libres, 59 pays partiellement libres et 54 pays non libres.

Pour avoir une idée de l'approche utilisée par Freedom House pour classer les différents États, il suffit de noter que des pays comme la Russie, la Turquie, le Kazakhstan, la Chine et le Vietnam sont considérés comme non libres, tandis que l'Ukraine, le Royaume du Maroc, le Pakistan et l'Inde sont classés comme partiellement libres ; les vaches sacrées de la démocratie sont les pays d'Europe occidentale et les États-Unis.

L'Estonie est le pays qui s'en approche le plus, avec un total de 94 points, ce qui est étrange, car cette démocratie balte est connue pour le fait qu'elle considère que la population russe ne fait pas partie de la citoyenneté estonienne, ce qui porte atteinte aux droits de l'homme pour des raisons ethniques, mais l'Estonie est considérée comme un pays libre par les employés de Freedom House. La même discrimination existe en Lettonie, mais ce pays reçoit un total de 89 points.

Le rapport note que le niveau des libertés démocratiques a sensiblement diminué au cours de l'année écoulée dans un total de 45 pays (2). La FH fait référence à plusieurs pays, notamment la Biélorussie.

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Aux États-Unis, le niveau de liberté individuelle s'est dégradé, ce qui a fait tomber ce pays loin derrière la Lettonie et l'Estonie (le score en matière de libertés civiles aux États-Unis est passé de 94 à 83 au cours de l'année écoulée), mais c'est la faute à Donald Trump.

Le rapport note également que l'épidémie de coronavirus a eu un impact négatif sur la promotion de la liberté, cela est clair en ce qui concerne des pays comme la Hongrie, la Pologne, l'Algérie, l'Égypte, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Inde, la Chine, le Canada, l'Argentine, le Brésil, le Venezuela, la Colombie, l'Iran, la Thaïlande et les Philippines. ...

Le système de classement est plutôt biaisé. Par exemple, le rapport est caractérisé par des jugements tels que ceux-ci : "Les ennemis de la liberté défendent l'idée fausse que la démocratie est entrée dans un processus de déclin parce qu'elle est incapable de répondre aux besoins du peuple. En fait, la démocratie est en déclin pour une autre raison : parce que ses représentants les plus éminents ne font rien pour la défendre. Les démocraties doivent de toute urgence commencer à se montrer solidaires les unes des autres afin de conserver leur leadership mondial. Les gouvernements qui défendent la démocratie, y compris la nouvelle administration à Washington, doivent se réunir le plus rapidement possible..."

Que signifie "ne pas faire assez pour défendre la démocratie"? Bombarder la Yougoslavie, envahir l'Irak et l'Afghanistan, détruire l'État libyen, tenter de renverser le président de la Syrie, promouvoir un coup d'État en Ukraine? Soutenir une dictature brutale au Bahreïn afin d'assurer la présence de la cinquième flotte de la marine américaine?

À peu près au même moment où le rapport de Freedom House a été publié, le directeur du renseignement national des États-Unis a rendu public un rapport spécial sur l'implication du gouvernement saoudien dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Le meurtre s'est produit en octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Le rapport indique que le prince héritier Mohammed bin Salman a donné le feu vert à une opération visant à capturer et à tuer ce journaliste saoudien, mais les États-Unis n'ont imposé aucune sanction contre l'Arabie saoudite ou contre le prince héritier (Washington s'est limité à imposer quelques sanctions contre l'ancien chef des services de renseignement saoudiens Ahmad al-Asiri).

Il n'est pas non plus important que les employés de Freedom House écrivent sur l'état des libertés civiles dans les pays non libres (comme l'Arabie saoudite), puisque ces pays sont, dans l'ensemble, des vassaux des États-Unis. Les vassaux sont autorisés à faire certaines choses que les autres ne peuvent pas faire, et ces choses doivent inclure la suppression des libertés civiles, comme cela se passe actuellement en Ukraine avec l'approbation du gouvernement américain (3).

Notes :

  1. (1) https://freedomhouse.org/report/freedom-world/2021/democracy-under-siege
  2. (2) https://freedomhouse.org/explore-the-map?type=fiw&year=2021
  3. (3) https://www.fondsk.ru/news/2021/03/01/ozhestochennaja-borba-so-svobodoj-...

Source : https://www.fondsk.ru/news/2021/03/07/o-nesvobodnoj-rossii-i-otnositelno...

samedi, 05 septembre 2020

Novlangue, langue de coton et autres langues de censure

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Novlangue, langue de coton et autres langues de censure

par François-Bernard Huyghe

Ex: https://www.cairn.info

Contrôler la langue c’est pouvoir contrôler et orienter les populations. Des jargons professionnels à l’écriture inclusive, tout un arsenal s’étend pour faire de la nécessaire mise en ordre des mots et des propos une mise au pas des idées. Censure officielle et autocensure individuelle peuvent se conjuguer au service d’un totalitarisme verbal, régnant en faveur d’un supposé bien.

La plupart des lecteurs conviendront que la langue (système de signes a priori fait pour cela) sert à communiquer. Mais elle fait aussi intérioriser un pouvoir : utiliser certains mots, d’une certaine façon, interdit de penser certaines idées.

Jargon, novlangue et langue de coton

Parmi les langues de pouvoir, nous distinguerons trois familles (ou trois logiques principales) : la famille jargon, la famille novlangue et la famille langue de coton. Étant entendu qu’il y a énormément de mariages et cousinages entre les trois branches.

Les jargons sont des langues spécifiques à des catégories sociales ou professionnelles. Ils permettent de se comprendre à l’intérieur d’un cercle et d’exclure les non-initiés (comme les argots dans les groupes marginaux). Globalement, un jargon sert à s’identifier à une communauté (« je maîtrise les codes »), et à faire sentir aux autres qu’ils n’en sont pas (« ils ne comprennent pas »). Il en résulte souvent, grâce à des termes ésotériques, techniques ou savants, un effet de persuasion (« puisque je ne comprends pas, ce doit être vrai »). La sidération fonde l’autorité. Et le mystère, la soumission.

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La novlangue a une origine bien précise : le génial roman d’Orwell 1984 décrit comment le pouvoir de Big Brother développe scientifiquement un néovocabulaire et une néosyntaxe. Le but est de remplacer l’ancienne langue naturelle par le newspeak. La fonction est d’empêcher la formulation de toute critique afin de produire une soumission idéologique. Pour cela, des bureaucrates suppriment une partie du vocabulaire et réassignent un sens nouveau à d’autres (le fameux « la guerre, c’est la paix, la vérité, c’est le mensonge »). L’usage révisé devient obligatoire et, dans les mots forgés par le parti, s’exprime l’adhésion à la doctrine. Toute représentation de l’histoire et de la réalité est parallèlement modifiée par les médias et les archives sont réécrites suivant la ligne politique. Le système repose sur le couple interdiction plus automaticité. Les phrases, purifiées des mots inutiles, s’enchaînent pour mener aux conclusions souhaitées. Parallèlement, la « doublepensée » permet d’assumer des contradictions évidentes. Essentiellement idéologique, la novlangue suppose un ennemi, coupable du mal par excellence : la « crimepensée », c’est-à-dire le seul fait de concevoir (et nommer) le monde autrement que Big Brother.

« Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement limité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées… La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. »
George Orwell, 1984.

Certes la novlangue n’a jamais été parlée que dans le roman, mais elle se réfère à la « sovietlangue », ou langue de bois soviétique, outil historique d’une logocratie : une parole officielle formalisée et dont la répétition obligatoire s’impose à tous. Elle sert à occulter la réalité (les échecs du régime ou les contradictions de la doctrine). Elle contraint chacun à feindre de croire en un monde imaginaire où ladite doctrine fonctionnerait parfaitement. Mentionnons aussi une LTI (« lingua terti imperi », langue du Troisième Reich) nazie que s’imposaient les membres du parti. Totalitarisme et contrôle du langage entretiennent un lien évident. La recherche de la prévisibilité maximale : conformité de toute parole, même dans des échanges privés. Donc contrôle maximal des esprits qui ne maîtriseront plus de codes pour penser autrement.

huyghe_1991_coton_couv-1-649x1024.jpgLa troisième catégorie de notre typologie ne fonctionne pas par les conventions d’une minorité ou par la contrainte des autorités : elle est si consensuelle, si peu discriminante, si floue qu’il n’est plus possible de dire le contraire. Cette « langue de coton » a particulièrement fleuri à la fin des années 1980, dans les discours médiatique, politique et technocratique. Irréfutable parce que l’on ne peut pas énoncer la thèse opposée, elle dit des choses tellement imprécises ou moralement évidentes qu’il est impossible de savoir à quelle condition son message pourrait être reconnu faux tant il offre d’interprétations. On reconnaît la langue de coton à ce que ses concepts sont interchangeables. Les mêmes mots peuvent servir à parler de n’importe quoi d’autre.

« Cela dit, dès que l’on échappe au physicalisme des rapports de force pour réintroduire les rapports symboliques de connaissance, la logique des alternatives obligées fait que l’on a toutes les chances de tomber dans la tradition de la philosophie du sujet, de la conscience, et de penser ces actes de reconnaissance comme des actes libres de soumission et de complicité. »
Interview non parodique de Pierre Bourdieu parue dans Libération en 1982.

En résumé, les jargons jouent sur le ressort de l’incompréhension (sens ésotérique), les novlangues et sovietlangues sur l’interdiction et la prescription (sens obligatoire) et la langue de coton par exclusion de la critique (vidée de sens).

Politiquement correct et écriture inclusive

Cela posé, à quoi ressemblent les langues idéologiques d’aujourd’hui ? Le lecteur se doute que nous allons répondre : un peu des trois. Mais d’autres facteurs plus récents s’ajoutent.

Le premier est le « politiquement correct ». Dans la décennie 1980, on commence à employer l’expression aux États-Unis (vite abrégée en PC pour political correctness). Ce sont des formules et vocables qui se réclament d’une vision ouverte et moderne du monde. Elle impose de reformuler les façons anciennes de nommer certaines catégories de gens ou certaines notions. Non seulement le PC multiplie les interdits et les expressions figées (avec périphrases ridicules), mais il le fait au nom d’un impératif : ne pas offenser telle catégorie – minorités ethniques, femmes – telle forme de sexualité, tel handicap, tel mode de vie, telle conviction. Le tout pour ne pas discriminer. Des phrases sont bannies non parce qu’elles seraient fausses (rappelons que nommer, c’est discriminer, pour bien distinguer ce dont on parle de tout le reste), mais parce qu’elles provoqueraient une souffrance ou une humiliation. Elles révéleraient une domination. Le parler ancien serait plein de stéréotypes, globalement imposés par les hommes blancs hétérosexuels prospères et conservateurs. Lexique et grammaire (prédominance du masculin en français) refléteraient un rapport de pouvoir à déconstruire. Pour le remplacer par un langage convenu (par qui, au fait ?) et de nouveaux rapports de respect et de tolérance.

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Ce raisonnement repose sur trois présupposés. D’abord que ceux qui ont produit la langue jusqu’à présent (le peuple et les écrivains) ignoraient la nature oppressive de la langue et, partant, étaient complices des dominants. Seconde idée : une minorité éclairée est, elle, en mesure de déconstruire le complot séculaire et de fixer les bonnes dénominations source des bonnes pensées. Troisième postulat : imposer la pensée correcte par les mots rectifiés, c’est supprimer la source du mal, dans la tête. Cela permet de criminaliser toute critique : par les mots mêmes que vous employez, ou votre refus du PC, vous êtes du côté des oppresseurs et des abrutis. Donc vous ne pensez pas vraiment : votre tête est pleine de stéréotypes dont nous allons vous guérir.

À un degré plus avancé, se développe l’écriture inclusive, qui, au mépris de la grammaire, impose des contorsions destinées à établir l’égalité entre masculin et féminin. Le but est que personne ne puisse se sentir mal représenté ou lésé par l’orthographe. Double bénéfice : ceux qui l’adoptent se forment au dogme et ceux qui la maîtrisent manifestent leur supériorité morale. On gagne à tous les coups : qui ne parle pas comme moi (par exemple, qui doute de la « théorie du genre ») ne pense littéralement pas, il a des fantasmes et des haines. Et comme la langue est performative (elle a des effets dans la vie réelle), il est comme responsable de quelques crimes relevant du sexisme, du patriarcat, du colonialisme.

« Quand il·elle·s sont tout neuf·ve·s,
Qu’il·elle·s sortent de l’oeuf,
Du cocon, Tou·te·s les jeunes morveux·euse·s
Prennent les vieux·vieilles mecs·nanas
Pour des con·ne·s.
Quand il·elle·s sont d’venu·e·s
Des têtes chenues,
Des grison·ne·s,
Tous les vieux fourneaux
Prennent les jeunot·te·s
Pour des con·ne·s. »
Chanson de Georges Brassens traduite en écriture inclusive.

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Amusant paradoxe : si la novlangue de Big Brother s’assume comme langue d’autorité, le politiquement correct se pare des prestiges de la critique. S’il s’impose c’est, disent ses partisans, pour nous libérer et parce que nous étions aliénés. Ce qui lui permet, en toute bonne conscience, de transformer des opinions adverses en délits. Le jour où nous parlerons comme des robots, nous serons totalement libres.

Marqueurs progressistes et marqueurs conservateurs

Bien entendu, la plupart des éditorialistes ou des hommes politiques ne parlent pas comme des décoloniaux intersectionnels queers. Leur discours, surtout à l’heure du « en même temps », fonctionne plus banalement avec un stock de mots éprouvés et rassurants : compétitivité, ouverture, société civile, transition écologiste, parité, décentralisation, attentes sociétales, participation citoyenne, dimension européenne, dialogue. La tendance à la standardisation se renforce avec des tics verbaux comme « être en capacité de » ou « dans une logique de dialogue ». De ce point de vue, le discours macronien n’est pas fondamentalement différent de la rhétorique progressiste libérale-libertaire typique des classes dominantes européennes. Mélangeant parler techno-libéral et inévitable appel aux valeurs, il opte pour le sens le moins discriminant possible et les affirmations les plus tautologiques et morales. Le tout sous le chapeau du « progressisme », dont on croit comprendre qu’il consisterait à accorder plus de droits et de libertés à chacun dans un cadre de prospérité et de sécurité. Difficile d’être férocement contre.

« Les valeurs qui avaient guidé la construction des démocraties libérales sont remises en cause, les clivages politiques traditionnels disqualifiés, les débats encombrés d’idées bradées en une poignée de signes, d’opinions brandies comme des vérités, et débitées dans une accélération frénétique… Contre les vents contraires de l’Histoire, la pression des idées reçues et les idéologies avançant sous le masque d’un prétendu pragmatisme […]. Réconcilier le savant, le politique et le citoyen, faire le pari de la raison et de l’intelligence collective pour retrouver le chemin d’un progrès devenu si difficile à définir. »
Texte non parodique de présentation de la collection « Raison de plus », chez Fayard.

Le problème de cette néo-langue de coton est qu’elle suscite deux fortes oppositions, celle du réel et celle de couches sociales rétives au parler d’en haut.

Une grande partie du discours des élites consiste, sinon à dire que tout va bien et qu’il n’y a pas d’alternative, du moins à faire oublier les réalités déplaisantes. D’où un code du déni. Le citoyen moyen a une idée de ce que cachent des euphémismes comme : mineurs non accompagnés, dommages collatéraux, drague qui a mal tourné, individu déséquilibré muni d’un couteau, islamiste modéré, échauffourées dans un quartier sensible, faire société, croissance négative ou restructuration de l’entreprise.

L’autre menace pour la langue dominante serait que les dominés ne la pratiquent guère. Quiconque a fréquenté un rassemblement de Gilets jaunes a compris que l’on n’employait pas les mêmes périphrases que sur les plateaux de télévision et dans les beaux quartiers. Mais il y a plus : quand une domination idéologique recule, cela se traduit aussi par une lutte du vocabulaire. En sens inverse : de repentance à bobos, de mondialisme à immigrationnisme, d’oligarchie à extra-européen, d’islamo-gauchisme à dictature de la bien-pensance, certains termes sont devenus des marqueurs conservateurs. Autant de termes mauvais à dire et de thèmes mauvais à penser pour les tenants d’une hégémonie qui se réclame du progrès et de l’ouverture.

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Sans parler des lois contre les fake news, de la lutte contre le discours de haine, les bons esprits veulent démasquer et endiguer le discours réac paré d’un charme sulfureux anti-establishment et subversif. D’autant qu’il dénonce la censure conformiste et le totalitarisme latent des bien-pensants en un singulier retournement. Du coup, on s’inquiète de la montée intellectuelle du « national-populisme ». Comme si un certain héritage – Lumières, Mai 68, multiculturalisme – était menacé par une « révolte contre la révolte » des réactionnaires. Et comme si leur reconquête intellectuelle passait aussi par les mots.

Certains termes agissent comme des déclencheurs. Ainsi, même en période de coronavirus et tandis que de nombreux pays ferment les leurs, le seul emploi du mot « frontière » suscite un rire méprisant et un soupçon politique (« relents identitaires » ?). Peuple, nation, dictature médiatique, élites, étranger, oligarchie, islamiste, culture, identité, sont des marqueurs dont l’emploi sur un plateau de télévision ne peut que déclencher en riposte un « mais qu’entendez- vous par là ? » ironique. La question est en réalité une mise en cause destinée à bien marquer la différence entre, d’une part, un langage totem démocratique apaisé d’ouverture qui va de soi, et, d’autre part, des termes tabous qui pourraient bien dissimuler des stéréotypes archaïsants, des arrière-pensées suspectes et le début d’un langage totalisant.

On répète souvent la phrase de Confucius, « pour rétablir l’ordre dans l’empire il faut commencer par rectifier les dénominations », ou celle de Camus, « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Et c’est vrai. Mais encore faut-il se rappeler que le désordre et la confusion des mots servent les détenteurs d’un pouvoir : celui de nommer ou d’occulter.

Mis en ligne sur Cairn.info le 08/07/2020

mardi, 19 novembre 2019

Propagande, le mot et la chose

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Propagande, le mot et la chose

par François-Bernard Hiuyghe

Ex: http://www.huyghe.fr

La propagande est une forme d'action sur le cerveau d'autrui définie et décryptée depuis longtemps, mais l'emploi du mot même se fait de plus en plus rare. Serait-elle remplacée par des méthodes plus subtiles ?

Originellement, le latin, propaganda signifie «devant être propagées» et se réfère à des vérités de la foi. Le mot se retrouve dans la langue médiévale. Au XII° siècle, le dominicain Humbert de Romans écrit un Manuel de propagande des croisades, méthode censée inciter le lecteur à aller guerroyer en Terre Sainte. La notion prend tout son poids lorsque le pape Grégoire XV institue une la Congregatio de Propaganda Fide le 22 Juin 1622. Elle répandra la religion dans les contrées mal évangélisées en usant des moyens rhétoriques ou psychologiques les plus propres à impressionner ceux qui n’ont pas encore reçu la bonne nouvelle évangélique.

PREMIERS DISPOSITIFS

Le premier appareil de propagande est donc une congrégation de cardinaux commandant des armées de missionnaires au service d’un message doctrinal, le tout formant un véritable dispositif : organisation, relais et arguments.

Dans les dictionnaires français, « propagande » apparaît vers 1790 avec des associations laïques cette fois, voire révolutionnaires qui se consacrent à la diffusion de certaines opinions. Puis le sens du mot glisse de l’acteur à l’action : la propagande, ce sera désormais l’ensemble des méthodes visant à répandre certaines idées auprès du peuple. Des bureaux de propagande se proposent de diffuser la Raison et la Liberté en lieu et place de la Foi et du Dogme.

Encore une étape et nous retrouvons le mot propagande dans le vocabulaire des partis ouvriers, : faire de la propagande, c’est faire partager l’idée socialiste aux masses, les éduquer à la lutte des classes. Par la parole, par l’écrit, par l’organisation, mais aussi ajoutent certains anarchistes, par l’action. « Propagande par l’action », ou encore « action directe » vont vite devenir synonymes de terrorisme, ou du moins d’une stratégie de rupture visant à exacerber les conflits sociaux

S’il fallait assigner une date de naissance à la propagande dans son sens moderne, - celui d’une forme de communication politique destinée à agir sur les masses- nous dirions qu’il est popularisé au début du XX° siècle dans un double contexte : partis de masse et massacres de masses (avec en arrière-plan des mass media pour faciliter les deux).

Pendant la première guerre mondiale, les belligérants pratiquent tous la propagande : ils créent même des bureaux pour cela. Ils sont chargés de censurer les mauvaises nouvelles et de présenter les bonnes, de convaincre le front, l’arrière, voire d’inciter l’opinion internationale à soutenir la juste guerre de la patrie.

L'entre-deux guerres voit éclore des ministères de la Propagande En URSS, l'existence d'un Département pour l'agitation et la propagande, organe des Comités centraux et régionaux du parti communiste soviétique (Dotdel agitatsii i propagandy) ne choque personne ; il est vrai qu’en russe, propagande signifierait simplement diffusion d’idées.

Mais propagande se veut aussi un concept scientifique : les laboratoires, surtout outre-Atlantique, étudient les méthodes de persuasion directe ou via les médias. Les uns pour en préserver les citoyens, les autres pour exploiter cette nouvelle rhétorique qui passe aussi par l’image, dans le cadre de la publicité ou pour améliorer les grandes campagnes d'opinion. Si les partis communistes, fascistes et nationaux-socialistes pratiquent ouvertement la propagande, le mot répugne aux libéraux.

ÉVITER LE MOT QUI CHAGRINE

Depuis au moins la chute du Mur, le mot est devenu quasiment tabou : il évoque une vision à la fois idéologisée et conflictuelle de la politique. Les politiciens modernes, surtout libéraux, se réfèrent plutôt à la communication, à la proximité, à la participation, à la transparence… La plupart du temps, le « communicant » se contente de dire qu’il informe ou qu’il pratique les relations publiques, simple mise en valeur d’un homme ou d’une cause.
 

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Le double impératif de la force des choses (les lois du marché, les contraintes de la modernisation, les impératifs d’une politique moderne, la fin des dogmes…) et de la « proximité » (être réactifs, proches des gens, à l’écoute…) incite à abandonner cette vieillerie que serait la propagande. En paroles au moins…

Car le terme est concurrencé à la fois par des concepts proches et par quelques périphrases un peu compliquées.

L’administration U.S. se montre particulièrement inventive pour désigner par euphémisme ce que les «good guys» devaient faire pour contrer la propagande des « bad guys ». Elle a baptisé les agences ou institutions vouées à la diffusion de la bonne parole de noms étranges, et les spécialistes du Pentagone remplissent des dictionnaires entiers d’acronymes.

Dans la pratique, on s’aperçoit vite que cette logomachie (Office of Strategic Influence, Psyop, Office of Global Communication, Under Secretary of State for Public Affairs and Public Diplomacy, Strategic Communications. Information Operation Task Force.) renvoie à des activités qui répondent bien à la définition officielle de la propagande par l’Otan : « Toutes les informations, idées, doctrines, appels, communiqués pour influencer l’opinion, les émotions, les attitudes ou le comportement de tout groupe particulier dans le but d’obtenir un bénéfice direct ou indirect. »
On retrouve notamment diverses combinaisons de termes suivants :

o psychologique (guerre psychologique ou opérations ou actions psychologiques, psychological warfare…) incluant des offensives destinées à affaiblir des groupes ennemis.
o déception : toutes les formes de tromperies réservées à l’adversaire
o influence (p.e . influence stratégique comme dans Office of Strategic Influence )
o perception (management de…, guerre de la…)
o diplomatie publique (qui contrairement à la diplomatie « classique » s’adresserait directement aux peuples)
o soft power (pouvoir « doux » d’attraction ou de séduction des valeurs américaines)

Cette phraséologie repose pourtant sur des notions simples :

o Il s’agit dans tous les cas de fournir, de diffuser, de sélectionner, des «informations» pour des publics (en anglais « audiences »)

o Ces informations, données ou indicateurs suscitent, ou renforcent des raisonnements, sentiments ou attitudes chez leurs destinataires

o Le but recherché est soit que ces publics soutiennent la réalisation de certains objectifs des USA, soit deviennent «favorables» aux intérêts américains (directement s’ils sympathisent, indirectement et a contrario s’il s’agit d’adversaires paralysés, démoralisés ou poussés à la faute). On notera que la jurisprudence US distingue bien le mensonge d’État condamnable s’il s’adresse à des citoyens américains des actions d’intoxication, leurre, déception, désinformation et autres, acceptables si elles s’adressent à des publics étrangers et même si elles supposent le recours au mensonge.
 

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Pour le dire autrement, cet ensemble englobe deux types d'action ; les premières ressortent à la bonne vieille guerre psychologique, telle que la pratiquait l'armée française dans les années 60, ordinateurs en moins : se concilier les populations, affaiblir ou diviser l'adversaire. Quant aux secondes, il s'agit de glorifier l'Amérique, ou du moins de «faire entendre sa voix» pour en exalter le modèle.

Tout cela fonctionne suivant un schéma simpliste stimulus réponse : de « bonnes » informations engendrent des bonnes pensées ou sentiments d’où de bons résultats. Surtout, elles peuvent couvrir à peu près n’importe quelle sorte de communication.

AUTOUR DE LA PROPAGANDE

Mais la question des mots laisse intacte celle de la chose.

Or le mot de propagande en évoque plusieurs autres, qui forment autant de domaines adjacents souvent évoqués sur ce site :

O La désinformation. Celle-ci porte par définition sur un fait faux, fabriqué, mis en scène ou du moins très déformé et se présente toujours comme neutre (passant souvent par l’intermédiaire d’un tiers, par exemple un média réputé objectif, pour que les destinataires ne puissent pas comprendre la finalité de la manœuvre). Autre caractère qui différence la désinformation : elle est presque toujours négative et vise à diaboliser ou décrédibiliser un adversaire. Faire une belle affiche, disant « votez pour moi », c’est de la propagande. Répandre dans les rédactions des rumeurs et calomnies sur l’intégrité ou le passé politique de son adversaire, c’est de la désinformation. Le Cuirassé Potemkine est un film de propagande soviétique, les mises en scène par lesquelles Staline a tenté d’accréditer l’idée que le massacre de Katyn en Pologne avait été perpétré par la Wehrmacht, non par l’Armée Rouge, offrent un parfait exemple de désinformation. Comme on s’en doute, cette distinction, claire sur le papier, l’est beaucoup moins dans la pratique. Car dans la vie quotidienne, nous sommes surtout confrontés à la mésinformation.

O La mésinformation. La mésinformation est en principe non délibérée. Vérités partielles, événements ou images présentés hors de leur contexte, faux effets de symétrie entre deux opinions, balance inégale entre deux courants ou deux types de faits comparables… Les procédés sont multiples qui s’interposent entre la réalité et son reflet médiatique. S’ils résultent d’une simple déformation, idéologique ou autre, mais involontaire par les médias, il faudrait en principe parler de mésinformation, pas de désinformation ou de propagande, qui sont de vraies stratégies. Reste à savoir ce qui est volontaire…


o L’influence. Si la propagande fait partie des procédés d’influence, elle n’en couvre pas tout le champ. La seconde comporte aussi une action par l’image que l’on émet, par l'intermédiaire de réseaux que l’on mobilise et par toutes sortes de stratégies indirectes… La propagande peut être considérée comme l’équivalent politique ou idéologique de la publicité : votez pour moi, soutenez mon pays, je suis le meilleur... C’est un message qui ne cache pas sa source ni ses objectifs et qui est censé persuader directement et positivement. Le domaine de l’influence, en tant que stratégie indirecte, est forcément plus vaste : le lobbying, la désinformation, le formatage des esprits, l’action sur l’opinion à travers des ONG ou des personnalités prestigieuses, l’art de trouver des alliés pour soutenir votre point de vue... Cela dit, il y a des moments où les deux méthodes se recoupent. Par exemple, si vous créez une radio arabophone comme al Sawa, destinée d’abord à la population de l’Irak et qui se présente comme un média de distraction et d’information, donnant une image favorable des USA, c’est censé être une action d’influence. Néanmoins, pour les auditeurs hostiles qui savent qui finance ce média, cela apparaît comme de la propagande grossière qui déforme la réalité. La propagande apparaît comme la forme la plus visible, la plus naïve et la moins sophistiquée de l’influence.


o La publicité. A priori la distinction semble évidente. La publicité vend des choses, pas des idées. Elle promet d’avoir et ne commande pas de devenir. Elle incite à consommer, pas à faire des choix politiques, encore moins à mourir ou à tuer. Son action est orientée vers un but unique et limité (achetez ce produit) non vers la transformation profonde du destinataire ou de sa vision du monde. La publicité, même comparative, dit du bien de la marchandise, elle ne diabolise pas des gens, des idées, des partis, des nations…. Pourtant la frontière peut être poreuse dans les deux sens. D’une part, nombre de procédés de marketing politique ou des relations publiques, qui sont une forme ou un avatar de la propagande de papa, consistent à « vendre » un homme politique « comme une savonnette », suivant la formule consacrée. D’autre part, la publicité dans son ensemble promeut globalement des valeurs. Ce peut être explicite, notamment lorsqu’une pub tente de nous persuader qu’en consommant X nous faisons acte de militantisme écologique et contribuons à sauver la planète. Ce peut-être implicite : la pub véhicule un idéal, une image du bonheur ou de l’individu épanoui qui n’est pas neutre idéologiquement.

o La distinction entre culture et propagande n’est pas si évidente qu’il semblerait a priori. D’une part, la propagande même sous sa forme la plus grossière, cherche à s’approprier des valeurs culturelles supérieures. Son esthétique souvent kitsch est un hommage indirect aux pouvoirs supposés de l’art, comme ses références fréquentes à un passé mythifié ou à des autorités intellectuelles constituent un tribut à la mémoire et à la pensée des peuples. Mobiliser le monde de la culture pour sa cause, par exemple en expliquant que l’on est dans le camp des valeurs universelles, de l’Art, de la Pensée, etc.. – tandis que l’autre est un affreux barbare ennemi de toute liberté de l’Esprit – est une des plus vieilles recettes de la propagande. Mais, si nous considérons la chose dans l’autre sens, toute institution vouée à la transmission des valeurs, que ce soit l’École, le Musée ou une Église est aussi une machine à faire croire, à valoriser certaines représentations de la réalité, des courants d’idées, des principes éthiques ou politiques. La différence serait-elle que la propagande s’adresse à des citoyens lambda inconscients de ses effets, voire qui n’ont pas demandé à y être soumis ? alors que celui qui s’est mis en situation d’apprendre ou d’imiter sait qu’il est là pour être transformé (et pense-t-il amélioré) à un degré ou à un autre ?

o Si toute propagande est aussi la propagation d’une idéologie (des explications du monde entraînant un jugement de valeur et visant à une transformation ou une justification de la réalité), l'inverse est-il vrai ? Peut-on propager une idéologie – dont la vocation est précisément de se répandre contre d'autres visions du monde – sans faire de la propagande ? Un théoricien qui a écrit un in-octavo bourré de notes sera choqué de se voir comparer à un distributeur de tracts. Il a le sentiment d’argumenter non de séduire ou d. Est-ce si certain ?

o Enfin la propagande suppose la persuasion : le but est que des gens soient convaincus que.. (par exemple que c’est l’ennemi qui a déclenché la guerre, ou que le plan quinquennal a été dépassé) voire persuadés de faire… (voter, s’engager…). Pour autant la persuasion n’est qu’un des aspects de la propagande qui suppose d’autres modes d’orchestration, de diffusion des messages et d'incitation à l'engagement. Et toute persuasion n’est pas de la propagande : la persuasion par démonstration scientifique, ou encore celle qui intervient dans les relations interpersonnelles. Persuader quelqu’un de vous épouser, ce n’est pas de la propagande.

prop6.jpgAu total les définitions de la propagande suggèrent pourtant des conditions minimales :

O une foi et une volonté de la faire partager, ou au moins des principes politiques généraux : pour faire de la propagande, il faut avoir une cause et des idées. Pas de propagandiste sans conviction, réelle ou feinte.
O le pouvoir politique, celui de l’État ou d’un parti qui cherche à assurer un consensus ou celui de la faction qui cherche le conquérir
O des spécialistes de la persuasion qui pratiquent cet art en toute conscience
O des idées qui cherchent repreneurs et relais contre des résistances: elles doivent multiplier leurs disciples en situation de concurrence
O des moyens matériels de diffusion : des médias et des relais humains pour les faire passer
O le caractère unilatéral de la propagande, relation asymétrique entre un émetteur et un récepteur passif qui ne peut qu’adhérer ou refuser
O l’idée enfin que la propagande sert les intérêts du propagandiste n serait-ce qu’en lui faisant gagner des partisans.

Il semble plutôt exister une fonction propagande (remplie par des moyens matériels, humains et symboliques au service d’une intentionnalité) plutôt qu'une entité propagande. Cette fonction n'est pas la même
- dans une situation de compétition (ou, comme pour la publicité, divers «produits» idéologiques cherchent à conquérir le public en respectant peu ou prou des règles), - dans une situation de domination où toutes les ressources de la propagande servent à maintenir un ordre déjà accepté,
- -ou encore dans une configuration où la propagande doit conquérir, qu'il s'agisse de gagner des âmes ou de faire une révolution.

Resterait par ailleurs à savoir si cette fonction est remplie de même façon suivant les époques. Les différences sont profondes entre les propagandes de type totalitaire et celle qui se pratique en situation de compétition pluraliste. Cette évolution ne tient pas seulement au contraste entre un discours unique, appuyé sur la censure et sur le monopole de la parole d’une part et d’autre part un langage « plus modéré » ou « moins délirant » tenu par celui qui sait qu’il risque d’être contredit. L’ancienne propagande évoquait slogans, foules alignées parfois en uniformes, d’affiches montrant des héros aux mâchoires d’acier, doctrine officielle, appels à la lutte… Mobilisation en somme. Ce qui en tient place aujourd’hui fonctionne au sondage, au message personnalisé, à la séduction douce, aux images de candidats en chemise entourés de leur famille et de leur chien, aux réunions qui rassemblent tous les people pour un show en prime time. Elle se réfère à l’intimité et à la proximité, se vante de son pragmatisme et de sa modestie…

L’ancienne propagande tonitruait, la nouvelle susurre. L’ancienne voulait créer un homme nouveau, la nouvelle satisfaire un consommateur. La première faisait descendre sa révélation sur les masses, la seconde est « à l’écoute des courants d’opinion ». La première est « hard », la seconde « soft ».… Nous reviendrons ailleurs ce qu’un tel changement, symbolisé par l’apothéose des « spin doctors » et autres conseillers en communication, doit à l'évolution de nos systèmes politiques et ce qu’il doit à l’ère de la télévision et maintenant d’Internet.

vendredi, 29 juin 2018

Les manipulateurs sont au pouvoir

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Les manipulateurs sont au pouvoir

par Pierre-Emile Blairon

Oswald Spengler avait prédit le « Déclin de l’occident », Mircea Eliade avait donné quelques scénarii de fins de cycle en se référant aux traditions des civilisations disparues qui avaient pour beaucoup fini leur existence à la suite d’une catastrophe naturelle, comme un déluge, le plus souvent couplé à une dégradation des mœurs des hommes qui avaient porté ces civilisations, René Guénon et Julius Evola avaient pointé la principale cause de notre fin de cycle européen qui entraînera dans sa chute toute la planète qu’il avait conquise par sa technique : la matérialisation de tout élément de vie autrefois spirituel qui aboutit inéluctablement au règne de la quantité et donc au règne de l’argent, à l’inversion des valeurs, celles qui permettaient aux hommes de se tenir debout ; ils marchent désormais sur la tête, ou plutôt à plat ventre.

Cette décadence voit fleurir toutes sortes de comportements déviants, de personnages sans foi ni loi, de crapules qui, assurées de leur quasi impunité par une justice défaillante ou complaisante, n’hésitent plus à tuer pour « un mauvais regard », d’escrocs en tous genres, de fonctionnaires corrompus, de bandits de grands chemins (les autoroutes) qui rançonnent les automobilistes, de vermines qui prolifèrent sur une société en putréfaction dont les oripeaux nauséabonds sont occultés par les paillettes hédonistes des fêtes et des « concerts » à répétition et les hurlements des supporters de football devant leurs télés.

Une pathologie récemment découverte

Les niveaux « sociologiquement » supérieurs de la société actuelle, ceux qu’on désigne par le terme pour eux bien usurpé d’«élites », sont essentiellement composés – dans l’ordre descendant de nuisance - par les pouvoirs financiers, médiatiques, politiques, judiciaires, publicitaires, artistiques, intellectuels, associatifs, syndicalistes…

De ces fausses élites surnage en eaux troubles un caractère bien trempé qui a dirigé le monde depuis l’apparition de l’hubris prométhéenne - Prométhée, celui qui défiait les dieux - mais qui n’est en fait qu’une pathologie dont on commence à peine à cerner les contours, la maladie du pouvoir et que le site Pour la science[1] qualifie de syndrome : « perte du sens des réalités, intolérance à la contradiction, actions à l’emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir : tels sont quelques-uns des symptômes d’une maladie mentale récemment répertoriée qui se développerait durant l’exercice du pouvoir. »

Ce caractère a été étudié et ses comportements soigneusement analysés par la thérapeute comportementaliste Isabelle Nazare-Aga[2] qui en a défini les principales composantes : manipulateur, beau parleur, dissimulateur, menteur, égocentrique, narcissique, vaniteux, dénué de scrupules et de morale… dont le principal élément de défense lorsqu’il est (rarement) attaqué consiste à répercuter en miroir sur son détracteur ses propres turpitudes et à le culpabiliser et le dévaloriser. Les manipulateurs vivent en suçant de manière vampirique l’énergie de ceux qui les entourent.

Ces individus (hommes ou femmes) possèdent un don inné de la dissimulation qui consiste à paraître constamment comme des personnes séduisantes, charmantes et agréables à vivre dont personne ne soupçonnerait la duplicité, la perversité et la cruauté (c’est ainsi, par exemple, que beaucoup d’amis d’un couple prennent la défense d’un mari qui bat sa femme alors qu’elle passe pour une hystérique ou une affabulatrice lorsqu’elle y fait allusion ; c’est ainsi aussi que beaucoup d’hommes politiques habiles à manier le verbe, coupables de crimes odieux, ont échappé à la justice).

Le goût infantile du secret

Isabelle Nazare-Aga évalue le nombre de manipulateurs à 3% de la population (ce qui est énorme) ; nous pouvons même estimer que ce pourcentage peut être majoré en ce qui concerne la représentation de la maladie chez les dirigeants de notre monde actuel (dans les diverses composantes que j’ai plus haut définies) d’autant plus que le virus s’étend et prolifère dans un milieu qui lui est favorable, comme la pollution des mers engendre de nouvelles espèces de poissons qui se nourrissent des déchets des hommes.

Ce que les manipulateurs « domestiques » font au niveau de leur foyer, d’autres, quelquefois les mêmes, vont le faire au niveau d’un village, d’une ville, d’un pays, d’un continent. Les manipulateurs se reconnaissent entre eux et, même s’ils sont concurrents et se haïssent, vont se regrouper opportunément pour éliminer ceux qui ont percé à jour leur déviance. Ils sont généralement dotés d’une intelligence supérieure qui leur permet d’éviter tous les pièges et d’arriver à leurs fins sans se soucier des moyens employés ; ces hommes (et ces femmes) mégalomaniaques n’hésiteront pas une seconde à marcher sur la tête de leur meilleur ami si cela leur permet d’accéder à encore plus de ce pouvoir dont ils ne se rassasient jamais. Chacun teste ses limites, essaie de savoir jusqu’où il peut aller sans se faire prendre ; il sait, dans ce grand jeu qui est, dans notre période de fin de cycle, devenu planétaire, qu’il pourra compter sur ses semblables, ceux qui sont atteints de la même pathologie, qui vont l’aider dans tous leurs domaines de compétence (voir à nouveau la liste des « élites » établie plus haut) ; des sociétés plus ou moins secrètes qu’ils ont créées ont établi les règles du jeu et intronisé les joueurs, comme dans le film Eyes wide shut, quelle n’est pas alors la fierté d’un journaliste d’être accueilli au dîner du Siècle, d’un notable local d’être convié à suivre les travaux d’une session du groupe Bilderberg, d’un jeune ambitieux d’être distingué par « Young leaders » de la « French American Foundation », autant de ramifications d’une secte qui s’apparente à la mafia qui gangrène tous les paliers du pouvoir mondial.

Le jeu du chat et de la souris

Les manipulateurs de haut niveau jouent au chat et à la souris : le chat torture savamment la souris avant de l’achever, c’est leur plaisir suprême et pervers, qui est naturel pour un chat. La souris, pour eux, c’est le peuple, enfin, les masses, soigneusement abruties par les relais médiatiques et autres panem et circenses, comme le taureau dans l’arène est « préparé » par les picadors et autres banderilles. On peut sourire (jaune) à constater à quel niveau de naïveté ils arrivent à mener des masses qui les croient sincères quand ils font des promesses ou qu’ils récusent des accusations pourtant fondées sur des faits réels. Ils arrivent, grâce à leur duplicité et à leurs instruments médiatiques, à faire aimer sa condition à la souris qui finit par aimer le jeu où elle est si malmenée. On ne peut imaginer leur jouissance quand ils arrivent à faire en sorte que les sondages (qu’ils manipulent tout autant que les autres pions du jeu) leur sont favorables, car leurs adversaires, dans ce même jeu, en font tout autant.

Les valeurs comme le bon sens, l’empathie, la morale, la spiritualité, le bien commun, le peuple, la terre, l’honneur, la nation, l’amélioration du bien-être… n’ont pour eux aucune signification. Ils jouent. Ils ne sont intéressés, in fine, ni par l’argent ni par la gloire qu’ils ont déjà. Seul, le désir de gagner au jeu les motive. Ils tentent des coups, comme au poker - rien de plus facile pour eux que de jouer au poker menteur - et ne prennent même plus de précaution quand ils décident de pousser un pion en utilisant des moyens totalement illégaux. Pour eux, il n’y a pas de loi. Ils attendent, avec le sourire, la réaction de l’adversaire. Les peuples soigneusement décérébrés n’imaginent même pas leur degré de perversité, ils sont prêts à tout gober sans discussion ; « plus le mensonge est gros, plus il passe, plus souvent il est répété, plus le peuple le croit », nos manipulateurs au pouvoir ont bien assimilé la doctrine de Joseph Goebbels à qui cette phrase est attribuée (peut-être d’une manière mensongère ?).

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Ils se sont ainsi institués mutuellement en « maîtres du monde », sans doute en souvenir des dessins animés de leur enfance et ont imaginé un jeu total : on renverse la table, plus de règle, plus de limite, tous les coups sont permis ; le gagnant est celui qui arrivera le premier au but défini. Il s’agit de remplacer toute cette populace blanche, européenne ou autre, par tous les autres peuples que porte la Terre ; à terme, il s’agira de remplacer l’Homme lui-même par le robot. Chiche ! Amusant, non ? Comme dans Albator, Star Wars ou Capitaine Flam !

Des manipulations qui tournent au ridicule

Sans remonter trop loin dans le temps (mais il y aurait largement matière) on peut donc évoquer plusieurs phases du jeu qui passionne nos « élites » et qui sont évidemment centrées sur la capacité de manipulation des joueurs :

c’est ainsi qu’on voit un Colin Powell brandir une fiole supposée contenir des produits chimiques que l’Irak s’apprêtait à déverser sur le monde, ce qui a permis aux USA de l’envahir, c’est ainsi que l’ancien président français Sarkozy a été mis en examen ainsi que certains de ses proches pour une affaire de financement libyen supposé de sa campagne après l’assassinat inexpliqué du président libyen, c’est ainsi qu’une coalition occidentale, sans mandat de l’ONU, a bombardé la Syrie, sous le prétexte de répondre à des attaques chimiques qui auraient été perpétrées par le gouvernement syrien, accusé de martyriser son propre peuple. Cette coalition de trois pays : USA, Grande-Bretagne et France prétendait détenir les « preuves » des agissements supposés du gouvernement syrien. On attend toujours que ces « preuves » soient exposées…, c’est ainsi que le gouvernement anglais a accusé la Russie d’avoir empoisonné un ancien espion russe et sa fille, lesquels sont toujours vivants et l’accusation a été démentie par les propres services sanitaires anglais, c’est ainsi qu’on a vu un journaliste russe, Babtchenko ressuscité et en pleine forme le lendemain après avoir été tué la veille de trois balles dans le dos, selon le gouvernement ukrainien, c’est ainsi qu’on a vu, à Paris, un Mamoudou escalader à mains nues plusieurs étages comme un membre des commandos des forces spéciales super-entraînés, à la rescousse d’un petit garçon qui s’est miraculeusement raccroché à une rambarde en tombant d’un ou deux étages plus haut, etc.

Les pires ennemis de ces personnes atteintes de ces troubles psychiques si particuliers (dont l’attitude fait penser à ces adolescents dépendants des jeux vidéos) sont ceux qui essayent d’interrompre leur jeu, c’est ce que nous essayons de faire, ou ce que tentent de faire les « lanceurs d’alerte ». Avez-vous déjà essayé de soustraire la souris des griffes d’un chat ? Il devient hystérique.

Notes:

[1] https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychanalyse/le-syndrome-d-hubris-la-maladie-du-pouvoir-3250.php

[2] Les manipulateurs sont parmi nous, éditions de l’Homme.

dimanche, 24 juin 2018

III Encuentro Literario Editorial EAS Ramón Irles y Felipe Botaya

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III Encuentro Literario Editorial EAS

Ramón Irles y Felipe Botaya

 
III Encuentro Literario de la Editorial EAS - Conferencia de Ramón Irles y Felipe Botaya sobre Programación Mental y el Control d ela Población, en Madrid el 5 de mayo de 2018.
 

mercredi, 07 mars 2018

Manipulation: entre ruse et conditionnement

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Manipulation: entre ruse et conditionnement

par François-Bernard Huyghe

Ex: http://www.huyghe.fr

Manipulation, la notion recouvre un très vaste éventail allant de la persuasion par la rhétorique au conditionnement des masses par formatage des esprits . Si ses recettes sont simples, c'est pourtant un art tout d'exécution plutôt qu'une technique scientifique...

Qu’une minorité soit en mesure d’amener la majorité à adopter les comportements ou attitudes désirées, tout en conservant l’illusion de la liberté : voilà assurément une des notions qui a le plus fait couler d’encre au siècle précédent. Elle se nourrit de la crainte du totalitarisme ou du fanatisme politique, de l’inquiétude face aux méthodes économiques, comme celles du marketing et de la publicité, de la dénonciation du pouvoir des médias, dénonciation qui devient vite celle de l’idéologie et du système ou encore de la révélation des ruses, du lobbyiste ou du « spin doctor » pour obtenir que les décideurs ou l’opinion souscrivent à ses vues.

Tout cela se résume en un mot : manipulation. Cette vision est d’autant plus puissante qu’elle est partagée par nombre de praticiens de la communication. L’un des plus illustres, Edward Bernays, neveu de Freud, et véritable inventeur des relations publiques dès la première Guerre mondiale écrivait en 1928 " Si nous comprenons les mécanismes et les mobiles propres au fonctionnement de l'esprit de groupe, il devient possible de contrôler et d'embrigader les masses selon notre volonté et sans qu'elles en prennent conscience. La manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions organisées des masses est un élément important dans une société démocratique. Ce mécanisme invisible de la société constitue un gouvernement invisible qui est le véritable pouvoir dirigeant de notre pays. » Cette vision est reprise notamment par le chef de l’école psychologique behaviouriste B.F. Skinner. Décrivant un pays utopique, Walden Two » il imagine un monde où chacun atteint la “bonne vie” par le conditionnement parfait. Le lecteur comprend qu’il s’agit plutôt d’une illustration de théories que l’auteur croit applicables. L’ordonnance du docteur Skinner se présente sous couvert d’un artifice littéraire : car les utopies sont, comme le dit Toynbee, "des programmes d'action déguisés en descriptions sociologiques imaginaires."

Dans la même veine, on peut citer « La persuasion cachée » de Vance Packard (décrivant la publicité comme un gigantesque système à manipuler l’inconscient du consommateur par des messages et symboles cachés), à peu près tous les livres politiques de Noam Chomky. De fait, l’explication par la manipulation des masses a du succès dans des milieux très différents. Ainsi, on la retrouve aussi bien chez une droite sensible à la rhétorique des « minorités agissantes » que chez les altermondialistes (confrontés au lancinant problème de la passivité supposée des masses face à une situation qu’ils décrivent comme insupportable). Manipulation est le cri de ralliement de tous les déçus de l’Histoire.

Mais au fait, qu’est-ce que la manipulation ?

Du premier sens qui est de manier transformer des minerais ou des produits chimiques (et maintenant l’ADN comme dans « Manipulation génétique »), le mot a pris une signification proche de manoeuvre obscure. Dans l’usage commun – très péjoratif – la manipulation est un concept explique tout : les comptes du chômage sont manipulés, les Russes sont manipulés par Poutine, les gens ne pensent pas comme moi ; c’est qu’ils sont manipulés par les médias. Manipulation fait aussi songer au prestidigitateur manipulateur qui manie les cartes, les foulards ou les cordes de telle façon que nous croyons ce qui n’existe pas et que nous ne réalisons pas ce qu’il fait réellement, le fameux « truc ».

Le mot renvoie donc à plusieurs idées :
1. La notion a valeur explicative a contrario, : s’ils agissaient librement ou spontanément, les citoyens n’auraient pas fait ce qu’ils ont fait ;

2. La manipulation est clandestine (sauf pour l’observateur malin qui en prend conscience): ses victimes en sont inconscientes;

3. Elle est délibérée : le manipulateur utilise des méthodes indirectes, parfois des mensonges ou des mises en scène voire des techniques. Elles peuvent être énumérées et classées.

4. Elle passe par l’opinion du manipulé qui est amené à croire quelque chose ou à lui accorder une valeur. Cela le mène à un comportement ou à une absence de comportement (telle une passivité complice ou un acquiescement muet) qui sert les intérêts du manipulateur.

5. Manipulation évoque falsification : le vrai et le juste ne sauraient être manipulateurs.

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D’où une question cruciale : existe-t-il une notion ou une méthode scientifiques de manipulation ?

Pouvons-nous alors nous tourner vers les sciences humaines ?
Prenons la définition de « manipulations psychologiques » dans un ouvrage à succès de Philippe Breton (La parole manipulée) : « La manipulation s’appuie sur une stratégie centrale, parfois unique : la réduction la plus complète possible de la liberté de l’auditoire de discuter ou de résister à ce qu’on lui propose. Cette stratégie doit être invisible… Dans l’acte de manipulation, le message, dans sa dimension cognitive, ou sous sa forme affective, est conçu pour tromper, induire en erreur faire croire ce qui n’est pas. »

Après une seconde de réflexion, cette définition séduisante soulève plus de problèmes qu’elle n’en résout. Il y aurait donc des propositions face auxquelles nous conserverions notre autonomie de jugement, auxquelles nous pourrions décider ou non d’adhérer librement et d’autres dont la forme ou le mode de circulation seraient telles que nous perdrions notre distance critique ou notre libre-arbitre.

Certaines affirmations présentées d’une certaine façon équivaudraient donc à une violence invisible et auraient la faculté de nous faire littéralement opiner à des thèses que nous trouverions fausses et immorales en temps normal ou formulées autrement ! D’accord, mais on ne fait là que reporter l’effet de persuasion sur une étrange faculté qu’auraient certaines phrases arrangées dans un certain ordre de nous faire conclure d’une certaine façon, ou certaines images de provoquer chez nous certains sentiments. Cela ressemble un peu à la « vertu dormitive » de l’opium.

Soient les jugements
- « je dois aller à la messe » (comme on me la enseigné toute mon enfance et comme cela se pratique dans mon milieu social),
- -« je désire inviter cette femme séduisante à dîner » (comme m’y invite son décolleté suggestif),
- -« la théorie de la relativité d’Einstein est géniale » (comme je l’ai lu partout),
- -ou « il faut voter oui à la constitution européenne » (comme le disent les grands partis politiques, les médias à 79% et la plupart des vedettes interrogées).

Pervers-narcissique-qui-est-il-vraiment.jpgLaquelle de ces opinions est résistible ou irrésistible ? Et au cas où ce classement pourrait être établi, selon quel critère ? Quel « traitement » appliqué à l’opinion (rhétorique, mise en scène ,répétition..) fait que le choix d’accord/ pas d’accord est ainsi faussé ? Où passe la frontière entre le désir licite de convaincre ou de séduire, ce que nous tentons de faire la moitié du temps quand nous ouvrons la bouche, et la manipulation scandaleuse?

Si nous rentrons dans l’ouvrage de Breton, nous découvrons que les manipulations seraient de deux sortes : cognitives et affectives. Les premières consisteraient en « recadrage » des opinions (arguments d’autorité, présentation dans un contexte faussé, amalgames, emploi de mots ambivalents et autres). Quant aux manipulations affectives (esthétisation du message, appel à la peur ou à l’autorité, identification..), elles joueraient et sur les sentiments que l’on suscite, et sur un effet «fusionnel» quasi hypnotique. L’auteur aurait ajouter aux dimensions cognitives et affectives des manipulations leur dimension collective : manipuler, c’est souvent jouer d’un conformisme, de la soumission à l’autorité du groupe, du besoin d’imitation ou de celui, chaud et rassurant de croire ensemble.

La théorie de Breton redécouvre donc les catégories fondamentales de la rhétorique inventée par les Grecs, il y a vingt-cinq siècles : agir sur autrui par la parole consiste à employer le logos(l’art de l’amener à tenir une proposition pour vraie en menant son raisonnement où l’on désire), et le pathos (art de susciter certains sentiments chez lui). La philosophie grecque avait même découvert la troisième catégorie de l’éthos (utiliser les valeurs et autorités au service de son discours persuasif).

Manipuler : entre faire et faire paraître

Comparons maintenant à un autre ouvrage à succès : « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens ». de J-L Beauvois et R-V Joule. Cette fois, la manipulation est spécifiquement présentée comme un moyen d’obtenir d’autrui un comportement désiré, quand on ne dispose ni du pouvoir de le lui ordonner, ni de l’argumentation pour l’en convaincre (ce qui est une différence évidente avec le livre précédent). Il ne s’agit donc pas de faire que les gens « pensent » ce qu’ils n’auraient pas pensé avant de subir une « violence » cognitive ou affective et s’ils n’avaient été, d’une façon ou d’une autre, abusés.

Il s’agit pour Beauvois et Joule de décrire les méthodes relevant essentiellement de la psychologie sociale anglo-saxonne : ce sont souvent des recettes de vente enseignées aux commerciaux et qui figurent dans des dizaines de manuels. Elles sont censées permettre de faire faire ce qu’autrui n’aurait pas fait spontanément..

Ces méthodes (qui ne recouvrent pas tout les champs de la manipulation) reposent sur la théorie de l’engagement. En amenant A à faire x, une première concession ou un premier engagement, je peux le conduire à faire y que je désirais secrètement, en vertu de la tendance générale de l’être humain à adopter un comportement « consistant » par rapport àses actes antérieurs. Par exemple, constatent les auteurs, il est plus facile de taper quelqu’un d’une pièce pour téléphoner après lui avoir demandé un renseignement. (technique du pied dans la porte).

Ou encore, le manipulateur demande à quelqu’un un service très important qu’il refuse, puis un second moins contraignant, et enfin on lui fait une troisième demande, plus modérée, à laquelle il ne peut dire non (et qui était celle que l’on visait initialement).

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Dans la version de Beauvois et Joule, le manipulé est, certes, trompé par la disposition stratégique des demandes du manipulateur, mais il se piège aussi un peu luimême : par ses actes, il se met dans une situation où une demande A qu’il aurait refusée si elle lui avait été présentée brutalement, lui semble admissible par rapport à d’autres éléments de comparaison ou par rapport à la relation qui s’est établie avec le manipulateur.

Troisième livre et troisième exemple, l’ouvrage La manipulation à la française. Cette fois, les multiples exemples présentés ressortent à la communication, le plus souvent médiatique : désinformation »par des services spéciaux, réécriture de l’Histoire dans tel pays ou par tel média, manoeuvres financières, présentation faussée des statistiques, mise en condition des opinions publiques, trucages journalistiques.
 
ricalens.jpgLa catégorie manipulation recouvrirait pratiquement toutes les stratégies par l’information: désinformation, propagande, mystification, endoctrinement, stratagèmes.
Il s’agirait surtout d’opérations délibérées visant à persuader l’opinion en général (ou des milieux particuliers) de la véracité de faits qui ne le sont pas. Nous serions donc cette fois dans le domaine de la production d’illusions efficaces comme source de pouvoir.
Ce troisième sens est le plus proche du langage courant où la manipulation renvoie le plus souvent à « eux » : les puissants, les habiles, les maîtres de la presse, les élites qui nous mentent…
Certes, ces trois conceptions ne sont pas inconciliables, même si la première insiste sur le jugement, la seconde sur le comportement et la troisième sur la représentation.
Surtout, elles ont en commun de supposer une relation cause/effet unilatérale : le discours persuasif, la manoeuvre d’engagement, la mise en scène médiatique produisent un effet sur le cerveau non prévenu. Les trois livres semblent présenter la victime comme isolée,
passive : une page vierge où vient s’inscrire le texte mensonger que dicte le manipulateur.
 
Pour clarifier, il faut commencer distinguer entre des sous-catégories de
manipulations déjà bien repérées :
- Des techniques de communication interpersonnelles (dont le prototype est le
« baratin » du vendeur d’encyclopédie qui sonne à votre porte) et dont on peut mesurer peu ou prou l’efficacité empiriquement
- Des messages persuasifs – dont on connaît l’intentionnalité (amener le public à acheter un produit, à voter, à adopter une opinion), dont on mesure les moyens (expérience en laboratoire, campagne de presse limitée) – . On tente de comprendre les variables qui produisent ladite persuasion et sur lesquelles ont peut jouer expérimentalement. Nous restons alors dans un domaine bien connu de la psychologie sociale.

Elle pose des questions du type « À quelle fréquence faut-il répéter le message ? » ; «L’image subliminale est-elle efficace ? », « Faut-il discuter les arguments contraires ? », « Quel mélange de texte et d’image donne le meilleur résultat ?», « Un récepteur attentif est-il plus facile à persuader qu’un auditeur distrait ? ». Toutes ces questions sont largement étudiées dans des manuels classiques comme les chemins de la persuasion de JN Kapferer.

chemins-de-la-persuasion-690357-264-432.jpg- Des effets plus généraux de manipulation à travers les médias. Leur capacité globale à produire tel effet sur l’opinion en situation réelle, entendez hors laboratoire et soumise à une pluralité de messages, serait alors l’objet d’une ‘science des médias » (media studies anglo-saxonne ou sociologie des médias). Celle-ci tenterait de décrire la nature et les limites du « pouvoir des médias », zone qui circonscrirait le domaine des manipulations efficaces ou non

- Des manoeuvres orchestrées qui seraient comme les «grands batailles» de la guerre de l’information: les faux carnets d’Hitler, la plate-forme Brent Spar ou le mythe des ADM en Irak, par exemple. De telles constructions seraient alors justifiables d’une analyse politique et stratégique.

Manipulation nous apparaît de plus en plus comme un mot-valise pour deux raisons.

La première est qu’il est difficile de dire où commence la manipulation et qui ne la pratique pas peu ou prou dans ses rapports avec les autres, ne serait-ce que pour se faire aider ou aimer.

Le second problème est que toute tentative de décrire le fonctionnement d’une manipulation révèle très vite un mensonge (A dit x qu’il sait non vrai à B), une ruse (A fait X afin que, comme il le souhaite, B fasse y en croyant obtenir un tout autre résultat), une mise en scène (A présente la réalité X de telle façon que B arrive à conclure y) et autnt de termes plus précis qui pourrraient sans doute remplacer le concept central de manipulation.

Enfin, il y a des degrés de gravité. Difficile de mettre dans le même sac de véritables crimes d’État (comme les Soviétiques falsifiant les massacres de Katyn) et les trucs du camelot qui cherche à provoquer l’achat.

Sans compter que la plupart des théories de la manipulation supposent que le sujet est totalement passif, incapable de réaliser l'intention du manipulateur, et surtout isolé, dépourvu de tout contact avec des ressources critiques.

Une véritable théorie de la manipulation serait la partie pragmatique d’une théorie de l’influence (comme façon d’agir sur la décision d’autrui en en modifiant les cadres mentaux et références). Elle reste largement à construire
Mini-bibliographie :
Beauvois Jean-Léon et Joule Robert-Vincent, Petit traité de manipulation à l’usage des
honnêtes gens Grenoble, P.U.G. 2000
Breton Philippe., La Parole manipulée, Paris, la Découverte, 1998
Brune François, Les médias pensent comme moi, Paris, Plon, 1993
Colon Michel, Attention médias. Les médiamensonges du Golfe Manuel antimanipulation,
Bruxelles, EPO, 1992
Fondation pour les études de défense, Les manipulations de l’image et du son, Paris,
Hachette, 1996
Fresnault-Desruelle, L’image manipulée, Paris, Edilig coll. Médiathèques, 1983
Kapferer Jean Noël Les chemins de la persuasion Gauthier-Villars 1979
Raynaud P., L’Art de manipuler, Paris, Ulrich, 1996
Ricalens P. (dir.) La manipulation à la française, Economica 2003
Woodrow A. Information Manipulation , éditions du Félin 1990

mardi, 23 janvier 2018

Manipulating the Mass Mind & Attention

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Manipulating the Mass Mind & Attention

By FRED DODSON

Ex: http://www.newdawnmagazine.com

In my 30 years as a self-improvement coach, the most important insight is that where you put your attention is where your energy goes. If you find that hard to believe, try this: Walk through a crowd. Put your attention on the people. Then walk through the same crowd again and put your attention on the gaps between the people. More of them will now make way. Try it. It never fails. Here’s another experiment: Stand at the corner of any city street and look upwards for a while. You will notice people around you also look upwards. They want to know what you are looking at, and for that brief period you determined the direction of their attention.

If I tell a group of people to think of a red car, there is a great likelihood that all of them will do it. And if I tell them not to think of a red car… they will also think of a red car! They could have chosen to think of a blue mountain instead. From that you realise how easy it is to steer mass attention.

MMM-picture.jpgRarely will anyone form their own thought or choose different than what they are told. In fact, if you do not make decisions and intentions, someone else will do it for you. You know this from your own life: If your spouse asks you where you want to go for dinner and you don’t really have any specific preference, then they will decide where to go. The same applies on a mass-scale.

Due to a general weakness of will and awareness, most people have their reality decided for them, with merely the illusion of choice given – such as being able to choose whether you will pay your taxes by credit card or bank wire.

In school, children do not learn how to think but what to think. They do not learn how to steer attention but instead various things they are supposed to steer attention to.

It is humbling to realise that most people on the planet do not practice focusing, guiding, re-directing, shifting, retrieving and un-sticking their own attention. Thus the life-experience of most of us is determined by external agendas as given by mass media, schools, our parents and countless other sources that have very little to do with our innermost heart’s truth.

We are lucky that at least some of the direction we get from outside is benign. We are lucky if we have parents who say, “You are highly talented, intelligent and beautiful,” thus directing our attention in the right direction. Have you ever heard a newscaster tell you, “You are safe, talented, intelligent, beautiful, empowered and able”? Not hardly. You’ll hear you are the victim of horrible circumstances that you can do nothing about.

Through directing attention, you become a mini-reality-creator. But the mass media is the grand sorcerer of reality manipulation as it directs the attention of millions. It’s not generally understood to what bizarre extent the news media actively participate in the creation of our reality. It is thought they only “report” what is “happening,” but that’s not the case.

The following are different levels of mass-reality-creation by the news media, sorted by the degree of manipulation:

Level 1: Filtering

When I create a movie for my work, I usually choose an outdoor location. I make sure to set up the camera in nature so the scenery looks really good. By choosing what to point the camera at, I am excluding everything I don’t want viewers to see, anything that does not fit my agenda.

I recently filmed breathtaking natural scenery… or at least that’s what it looked like in the final result. I excluded an adjacent parking place, trashcans, roaming dogs, public signs, ugly houses and anything else that disturbed the illusion of me being in paradise. Any filmmaker understands to which extent the filmmaker distorts reality.

From the millions of events that happen every day, the reporter filters which ones to report. This is a normal process. I do it for my own website by presenting only information relevant to its overall topic. People do it on Facebook by presenting themselves in a certain way and excluding pictures that might put them in a bad light.

News media, however, tend to apply several filters. The first one is the filter of negative bias. Why? Because at Earth’s current level of consciousness, fear, drama and hatred still capture more interest than peace, prosperity and harmony. Desperate to sell ad slots on their news program and their declining newspapers, most reports are filtered by how much upheaval and action they contain. In addition, televised news media follows the creed, “if there is no footage (video), it doesn’t matter.” When I was younger I worked for a well-known news station where I was told exactly that. I tried to get the editor to cover important angles of a story, but if there was no footage of it, it was as if it didn’t exist.

If they were to portray life on a day on Earth accurately, as it is for most people most of the time, it might appear “boring.” So the camera zooms in on places of the most mayhem and tragedy. This extreme filtering gives the audience the false impression that the whole world is mostly in a state of chaos, coupled with the implication there is absolutely nothing you can personally do about it. The sensationalist journalist never adds words of advice on improving your life, moving to peaceful surroundings or words of encouragement. He only cares about the sheer terror of explosions, debris, blood and destruction. If any of your relatives talked like a news anchor, you’d consider them mentally unstable.

MMM-NCr.jpgA recent movie The Nightcrawler (starring Jake Gyllenhaal) exposes the juvenile and sadistic mindset of some sections of modern “journalism.” No doubt, the last decade has seen a rise in terrorist attacks all over the world. And while these are horrific, they are still actually just localised events, pinpointed at certain buildings with a limited amount of people. They are not nearly as bad as the nation-to-nation all-out-wars we’ve had in decades before that.

I happened to be in the city of Munich on the day of a terrorist attack at the end of July 2016. The shooting of 9 people at the hands of a 19-year-old kid named Ali went around the world. And yet, I learned it from the news, not from being in Munich at the time. On that day I was riding my bike along the river and went for a swim. I received numerous text messages asking whether I’m still alive and sending blessings to me and my family. You see my point…. things are bad, but rarely as bad as the news says they are.

On an odd note: The same journalist who happened to be at the Nice (France) terror attack only a week before, shooting live footage of it, also “coincidentally” happened to be pre-positioned at Munich on location and filming. His name is Richard Gutjahr and he is either magnetically attracted to such events for the sake of “terrortainment” or there is something more sinister going on.

When, if I may ask, is the last time you saw windsurfers in the Palestinian Gaza Territory or a happy family having a barbecue in their Jerusalem garden in the news? These events happen every day, by the hundreds, but they do not automatically come to your mind when I say “Gaza!” or “Israel!” I have been to both Palestine and Israel on numerous visits, both privately and for business, and I’ve always had a great time. Yet when I tell people I am travelling there, they tell me “be careful! That’s dangerous!” They associate these places with the blood and gore the news showed them. They know virtually nothing about the realities of these places than what they have been shown.

I mean no disrespect to the suffering of people in the Middle East or anywhere else for that matter. I am merely using these extreme examples to make the point of filtered-realities. They cause a lack of balance in our perception of the world as well as desensitising us toward violence.

Ideally, news media would have to not only show a nice segment at the end of their show, but more positive and interesting segments throughout. Then we learn that the world is a balance of light and darkness. Where are the news reports of hope, inspiration, everyday-heroes and human accomplishment? They are far and few between. If a proper balance of dark and light were given, the audience would become more involved in the healing of darkness rather than apathetic to it.

Level 2: Distortion

The next level of reality-manipulation is deliberate distortion by the journalists themselves because they wish to see something in a certain manner or are partial to some political, religious or philosophical ideology.

Of course, nobody is completely neutral and unbiased, nor is that expected. But one of the problems of our times is there is virtually no mass media outlet that is not widely known as being affiliated with some political, governmental, anti-governmental or philosophical “side” and a far shot from “neutral.” Latest statistics from my country (USA) show that the Top Ten most successful “news” outlets on the Internet are either “right-wing” or “left-wing” affiliated. The fact that we are able to determine whether an outlet is “left” or “right” is in itself problematic. It is disheartening how almost every story “top news outlets” carry is filtered through political bias. In other words, these are not “news” outlets and their employees are not “journalists,” they are unabashed propaganda outlets for one of the two political parties in the US.

Another form of distortion occurs when a journalist makes something better or worse than it is. He knows the editor will only accept a story if its interesting enough so he adds a few details here and there, knowing nobody will likely ever examine them more closely. From writing my own blog to a fairly large audience, I am somewhat familiar with the problem, but have always resisted the urge to exaggerate reports. I’d rather have some of my reports be understated (“boring”) than to report things that did not happen. Needless to say, I am not only blaming the mass media, as they only reflect the desires of the populace, who favour entertainment and excitement over reason and truth. When that audience goes to the cinema, they rarely pay to see peace, love and harmony, they usually pay to see death and suffering.

Another form of distortion is that most news stories are reported without wrapping them into a wider context. Most things that happen are part of a greater pattern, part of a history, part of a mindset. Yet, the way stories are reported is as separate pieces that have little or no relation to each other.

When I report on my blog, I frequently like to put what I wrote into context and comparison with other things I wrote in order to give a congruent overall big-picture. This is not the case in conventional news media where people think that the presidential elections in the US, the hurricane that happened just before, the resignation of the CIA-boss and the resurgent Israel-Palestine conflict (all having happened within a few weeks a couple of years ago) have nothing whatsoever to do with each other and are separate bits of information. But they are interconnected, not only metaphysically but geopolitically. Because the news reports too much and journalists write too quickly, ignoring context and connections, they breed ignorance of the depth and meaning of things.

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Level 3: Deliberate Fabrication

This is the most intense form of reality-manipulation which hopefully does not occur too often. I recently spoke to someone who used to work for the British “Ministry of Defense.” He shared the following story: Some decades ago a group of reporters went to Northern Ireland to capture footage of the conflict. When they arrived everything was peaceful, so they went ahead and created some chaos, just so they could return home with footage. They bribed a local to make and throw molotov cocktails (amateur bombs) off rooftops into the streets, setting cars and trashcans ablaze. In this instance, the journalists literally created the news. They refused to go home saying “the streets of Belfast are peaceful at this time.” The guy who told me the story lamented that this scandal of sorts was never revealed or reported on to this day. It was covered up by the BBC to avoid embarrassment.

For a mature human being it is important to at least be aware of how news media manipulates reality. Mere awareness immunises you. You can then read and watch the news without being dragged down to victim-mentality or desensitised apathy, and if you are interested in a story you can then read different news outlets to view the different viewpoints and versions of it and gain a birds-eye-view.

It’s better not to rely on only one news outlet. In my view, most of these stories are just the world-mind processing garbage, like in some kind of bad dream. None of it needs to have anything to do with you, your reality and the reality of those around you. You experience only what you attract through the contents of your own consciousness and subsequent decisions. In some cases you will have a friend or relative who gets way too caught up in news media, exaggerating the importance of various events.

Back in the 80s some believed AIDS would completely wipe out the entire planet by the year 2000. It didn’t happen. Then they thought “Swine-Flu” would “wipe out civilisation as we know it”: It didn’t happen. Then they thought 2012 would enlighten humanity to a golden era of peace and bliss. Didn’t happen. And they thought 9/11 would mark the beginning of World War III. Didn’t happen. I dare say that for most of us, life went on like it did the 10 years before and progressed or regressed in accordance with our personal level of consciousness.

Those who take the news way too seriously very rarely do anything actively to help the situation. They’d prefer being worried and indignant to taking positive action. For them, daily preoccupation with the news is like an escape from their own lives which may lack movement or excitement. But when the time comes that their own lives pick up, their interest in daily news recedes. This means they have chosen to focus their precious attention to places that really matter in the development of their own spirit.

Attention is the currency of the 21st century and I recommend you use yours wisely. Be conscious of what you give your eyes to see, your ears to hear, your mind to think and your heart to feel.

If you appreciate this article, please consider a digital subscription to New Dawn.

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FRED DODSON is the creator of Reality Creation Coaching. Since 1999 he has taught the outermost optimisation of personal performance, the expansion of awareness and the ascension to higher states of consciousness. He believes there are many versions of ‘you’ and that you can access higher-versions of yourself by which you attract different experiences into your life. He calls this process Reality Creation. Fred has a range of fascinating books (available from his website or www.amazon.com) and courses. Find out more here: www.realitycreation.org.

The above article appeared in New Dawn 159 (Nov-Dec 2016)

mercredi, 06 décembre 2017

Die Unmöglichkeit des Dialogs in der Demokratie

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Die Unmöglichkeit des Dialogs in der Demokratie

samedi, 04 novembre 2017

The Dishonest Career of the Remarkable Srđa Popović

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The Dishonest Career of the Remarkable Srđa Popović

F. William Engdahl

Ex: https://journal-neo.org

Many readers likely never heard the name of the remarkable Serbia-born political operator named Srđa Popović. Yet he and his organization, CANVAS, have played a lead role in most every CIA-backed Color Revolution since he led the toppling of Serbian President Slobodan Milosevic in 2000, at least fifty according to last count. Now he has turned his sights on Hungary and Hungary’s popular and defiant Prime Minister Victor Orban.

On September 8, the professional regime-change specialist Srđa Popović came to Budapest and joined with the anti-Orban opposition groups in front of the Hungarian Parliament. It‘s clear that Popović was not in town to promote his Hungarian book on nonviolent regime change but rather to give aid to the anti-Orban parties before Hungarian elections in spring of 2018. Many in Hungary smell the oily hand of Hungarian-born regime-change financier George Soros behind the Popović appearance now in Budapest.

Because of the manufactured aura of “hip doer-of-good-deeds” surrounding the personality of Srđa Popović, it’s useful to look closely at who sponsored his remarkable career since he founded a tiny Belgrade student opposition NGO called Otpor! in 1998 with its now famous clenched fist logo. The career of Srđa Popović from 2000 until today suggest a remarkably dishonest manipulator in the service of foreign intelligence agencies and governments, despite his vehement claims otherwise.

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Serbia’s Otpor!

Popović first came to international notice as the founder of the Belgrade student political activist organization Otpor! which means “Resistance!” in Serbian. In October 1998 Popović founded Otpor!, initially as a student protest group at Belgrade University dealing with student grievances. That was soon to change. He and other Otpor founders were trained in the methods of US regime-change specialist Gene Sharp founder of the Albert Einstein Institute in Cambridge Massachusetts and by US State Department soft coup specialists such as Belgrade Ambassador Richard Miles and other trained US intelligence operatives, including election specialists and public relations image makers.

Guiding Otpor!’s Milošević ouster operation, US Ambassador to Serbia Richard Miles was a specialist in regime change, far more so than in classical diplomacy. He orchestrated the CIA coup in Azerbaijan that brought Aliyev to power in 1993 before arriving in Belgrade, and after that went on to orchestrate the CIA coup in Georgia that brought US asset Mikheil Saakashvili to power.

The US Agency for International Development (USAID), widely known as a CIA front, had channeled the Serb Otpor! Millions of dollars in funds through commercial contractors and through the US-government-financed NGOs: the National Endowment for Democracy (NED), the National Democratic Institute, and the International Republican Institute. The Open Society Institute of George Soros was also funneling money into Popović ’s Otpor! for the toppling of Milosevic. I have yet to find a CIA and US State Department regime change or Color Revolution in which the “democracy-building” foundations of Soros were not in a kind of harmony with the Washington State Department and CIA agenda. Maybe just a coincidence.

The NED with all its affiliates was a project of Ronald Reagan CIA head, Bill Casey, in the early 1980’s to conceal CIA regime change operations around the world behind the front of a “private” democracy NGO, the NED. Allen Weinstein, cofounder of the NED admitted to the Washington Post, “A lot of what we do today was done covertly 25 years ago by the CIA.”

According to Michael Dobbs, who was foreign investigative reporter for the Washington Post during the Milosevic ouster, the IRI paid for Popović and some two-dozen other Otpor! leaders to attend a training seminar on nonviolent resistance at the Hilton Hotel in Budapest in October,1999. There Popović and the other handpicked Serbian students received training in such matters as how to organize a strike and how to communicate with symbols, such as the clenched fist that became their logo. They learned how to overcome fear and how to undermine the authority of a dictatorial regime.

The principal lecturer at the secret Hilton Hotel meeting was Gene Sharp’s associate, retired US Army Col. Robert Helvey, a former Defense Intelligence Agency analyst who trained and then used the Otpor! activists to distribute 70,000 copies of a manual on nonviolent resistance in Serb translation. Helvey worked with Gene Sharp, founder of the controversial Albert Einstein Institution, teaching techniques to the US government to conceal its coup d’états under the guise of nonviolence. Sharp was described by Helvey as “the Clausewitz of the nonviolence movement,” a reference to the renowned Prussian military strategist.

Popović and his Otpor! NGO were recipients of a major share of over $41 million US government money for their “democracy-building” campaign in Serbia. Dobbs describes the US involvement:

Behind the seeming spontaneity of the street uprising that forced Milošević to respect the results of a hotly contested presidential election on September 24 was a carefully researched strategy put together by Serbian democracy activists with active assistance of Western advisers and pollsters… US-funded consultants played a crucial role behind the scenes in virtually every facet of the anti-drive, running tracking polls, training thousands of opposition activists and helping to organize a vitally important parallel vote count. US taxpayers paid for 5,000 cans of spray paint used by student activists to scrawl anti-Milošević graffiti on walls across Serbia.

In short, Popović began his revolution-making career as a regime change specialist in an operation funded by the CIA, US State Department, US Government NGOs including the infamous NED and George Soros’ Open Society Institute. The question is what did Srđa Popović do after his first helpful service to Washington in 2000?

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Globalization of revolutions

After his success in getting rid of Milosevic for his US Government sponsors, Popović created a new organization called CANVAS. He decided to globalize his business model that worked so well in Belgrade in 2000, to make himself an international “go to” person for making US State Department fake democracy regime change. CANVAS or the Centre for Applied Nonviolent Action and Strategies calls itself a non-profit, non-governmental, “educational institution focused on the use of nonviolent conflict.” According to Wikipedia, CANVAS seeks to “educate pro-democracy activists around the world in what it regards as the universal principles for success in nonviolent struggle.”

Popović and CANVAS claim that at least 50% of their obviously substantial funding for this philanthropic work comes from Popović ’s Otpor ally, Slobodan Đinović, co-chair of CANVAS and listed as CEO of something called Orion Telecom in Belgrade. A Standard & Poors Bloomberg business search reveals no information about Orion Telecom other than the fact it is wholly-owned by an Amsterdam-listed holding called Greenhouse Telecommunications Holdings B.V. where the only information given is that the same Slobodan Đinović is CEO in a holding described only as providing “alternative telecommunication services in the Balkans.” It sounds someting like a corporate version of the famous Russian matryoshka doll nested companies to hide something.

Leaving aside the unconvincing statement by Popović ’s CANVAS that half their funds come from Dinovic’s selfless generosity from his fabulous success as telecom CEO in Serbia, that leaves the other roughly 50% of CANVAS funds unaccounted for, as Popović declines to reveal the sources beyond claiming they are all private and non-government. Of course the Washington NGO is legally private though its funds mainly come from USAID. Of course the Soros Open Society Foundations are private. Could these be some of the private patrons of his CANVAS? We don’t know as he refuses to disclose in any legally auditable way.

There is no charge for CANVAS workshops and its revolutionary know-how can be downloaded for free on the Internet. This generosity, when combined with the countries CANVAS has trained regime-change opposition group “pro-democracy activists” suggests that the other 50%, if not more, of CANVAS funding comes from money channels that lead at least in part back to the US State Department and CIA. The Washington Freedom House is known to have financed at least a part of the activities of CANVAS. Freedom House, closely tied to the US neo-conservative war lobby, gets most of its funding from the US Government.

Popović’s CANVAS claims to have trained “pro-democracy activists” from more than 50 countries, including Ukraine, Georgia, Zimbabwe, Burma (actually the legal name since independence from the British is Myanmar but Washington insists on the colonial name), Ukraine, Georgia, Eritrea, Belarus, Azerbaijan, Tunisia, Egypt and Syria. Popović ’s CANVAS was involved as well in unsuccessful attempts to start Color Revolution regime change against Venezuela’s Hugo Chaves and the opposition in the failed 2009 Iran Green Revolution.

Every one of those countries happen to also be targets for Washington regime-change of governments who refuse to toe the Washington line on key foreign policy issues, or which contain vital raw materials such as oil, natural gas or strategic minerals.

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Goldman Sachs and Stratfor

Even more interesting details recently came to light on the intimate links between the US “intelligence consultancy”, Stratfor—known as the ”Shadow CIA” for its corporate clients which include Lockheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon and U.S. government agencies including the Department of Homeland Security and the Defense Intelligence Agency.

It was revealed in a huge release of internal memos from Stratfor in 2012, some five million emails provided them by the hacker community Anonymous, that Popović, after creating CANVAS also cultivated very close relations with Stratfor. According to the Stratfor internal emails, Popović worked for Stratfor to spy on opposition groups. So intimate was the relationship between Popović and Stratfor that he got his wife a job with the company and invited several Stratfor people to his Belgrade wedding.

Revealed in the same Stratfor emails by Wikileaks was the intriguing information that one of the “golden geese” funders of the mysterious CANVAS was a Wall Street bank named Goldman Sachs. Satter Muneer, a Goldman Sachs partner, is cited by Stratfor’s then-Eurasia Analyst Marko Papic. Papic, asked by a Stratfor colleague whether Muneer was the “golden goose” money behind CANVAS, writes back, “They have several golden gooses I believe. He is for sure one of them.”

Now the very remarkable Mr Popović brings his dishonest career to Hungary where, not a dictator, but a very popular true democrat who offers his voters choices, is the target for Popović’ peculiar brand of US State Department fake democracy. This will not at all be as easy as toppling Milošević, even if he has the help of student activists being trained at Soros’ Central European University in Budapest.

F. William Engdahl is strategic risk consultant and lecturer, he holds a degree in politics from Princeton University and is a best-selling author on oil and geopolitics, exclusively for the online magazine “New Eastern Outlook.”
https://journal-neo.org/2017/10/01/the-dishonest-career-o...

mercredi, 09 août 2017

Numériser la langue de bois, remplacer le cerveau humain

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Discours assisté par ordinateur

Numériser la langue de bois, remplacer le cerveau humain
 
par François-Bernard Huyghe
 
Ex: http://www.huyghe.fr

Un discours peut-il être tellement vide de sens qu’une machine le produise à la place d’un homme sans différence apparente ? Ou ce qui revient au même peut-on employer des catégories si vastes qu’elles englobent tout et que les mots se combinent dans n’importe quel ordre ? La réponse est évidemment oui.

Dès le XIX° siècle, les anti-hégeliens avaient inventé le principe de la matrice verbale pour se moquer du maître d’Heidelberg. Vous tracez verticalement une colonne sujet, une colonne verbe et une colonne complément sur un tableau. Vous les remplissez d’expressions standardisées et de stéréotypes. Puis vous pouvez démontrer qu’ils se combinent n’importe comment dans le sens de la largeur. Vous pensez ainsi avoir prouvé que le discours de votre adveïrsaire n’est qu’un bruit de la bouche : la profondeur de ses concepts ne paraît telle qu’à ceux qui en ignorent la vacuité et l’interchangabilité.

En clair : faites suivre n’importe quel groupe sujet de n’importe quel groupe verbe et accolez lui n’importe quel complément : la phrase semblera avoir un sens grave et pompeux.

Bien entendu le principe peut s’appliquer à tout charabia, jargon, langue de bois ou de coton… Vous pouvez ainsi faire une matrice à produire du discours de bureaucrate,de politicien, de psy, de sociologue… En passant sans relâche dans les colonnes horizontales de droite à gauche (en changeant de niveau à chaque fois) vous êtes en mesure de produire un discours de plusieurs heures. Vous pouvez enrichir en créant une quatrième colonne (des compléments d’objet de la troisième..) et continuer autant que vous voulez.

Ainsi, il circule à l’Ena un tableau destiné à produire de la langue de bois (téléchargeable ci-dessous en PDF) qui éclairera parfaitement ce qui vient d'être décrit.
De cette façon, vous pouvez dire :

Je reste fondamentalement persuadé (col 1) que la conjoncture actuelle (col 2) conforte notre désir incontestable d’aller dans le sens (col 3) d’un projet porteur de véritables espoirs, notamment pour les plus démunis (col 4)

Aussi bien que :

Je reste fondamentalement persuadé (col 1) que la volonté farouche de tirer notre pays de la crise (col 2) interpelle le citoyen que je suis et nous oblige tous à aller de l’avant dans la voie (col 3) d’un plan correspondant véritablement aux exigences légitimes de chacun (col 4)

Et depuis la rédaction de cette "matrice", le marketing politique (voir Voir 1, 2,3, 4) a encouragé cette tendance.


Suivant le même principe, on trouve sur Internet des générateurs de langue de bois, des «pipotron», et producteurs numériques d’autres parlures ébouriffantes. Ils démontrent parfaitement qu'un bon algorithme peut produire des discours pas très différents de ceux que reproduisent les médias chaque jour.

En économie cela donne :

Untel/Unetelle joue dans la cour des grands ; il/elle caracole désormais en tête. Il faut dire qu'il/elle ne manque pas d'atouts. Il/Elle a su dynamiser son équipe de cadres et la mettre en ordre de bataille et la mode qu'il/elle a initiée sur le marché domestique est incontournable. Il/Elle dispose d'un vrai projet d'avenir au niveau de sa branche d'activité, ce qui est un signal fort en direction de la communauté des acteurs, et, cerise sur le gâteau, son activité devrait générer des marges conséquentes.

Untel/Unetelle devra revoir sa copie au niveau de sa stratégie car sa marge de manœuvre est désormais trop étroite. Son business plan paraît plutôt un héritage du passé, une véritable usine à gaz. Il/Elle souffre, en outre, d'un déficit de communication. A force de bousculer le calendrier, il/elle n'a pu franchir la barre symbolique des 10% de progression et, à défaut de lancer un vrai débat et de monter au créneau pour y envoyer un signal fort, on peut dire qu'il/elle va droit dans le mur.

En politique :

Par ailleurs, c'est en toute connaissance de cause que je peux affirmer aujourd'hui que la volonté farouche de sortir notre pays de la crise conforte mon désir incontestable d'aller dans le sens d'un processus allant vers plus d'égalité.Je tiens à vous dire ici ma détermination sans faille pour clamer haut et fort que le particularisme dû à notre histoire unique doit prendre en compte les préoccupations de la population de base dans l'élaboration d'un avenir s'orientant vers plus de progrès et plus de justice. Dès lors, sachez que je me battrai pour faire admettre que l'acuité des problèmes de la vie quotidienne doit nous amener au choix réellement impératif d'une restructuration dans laquelle chacun pourra enfin retrouver sa dignité. Et ce n'est certainement pas vous, mes chers compatriotes, qui me contredirez si je vous dis que la volonté farouche de sortir notre pays de la crise conforte mon désir incontestable d'aller dans le sens d'un processus allant vers plus d'égalité.

Dans le genre pseudo-philosophique

Si on ne saurait reprocher à Bergson son monogénisme moral, il systématise cependant la conception morale du primitivisme et il en particularise ainsi la démystification rationnelle dans sa conceptualisation.
C'est d'ailleurs pour cela qu'il conteste ainsi l'herméneutique de la société alors qu'il prétend la resituer ainsi dans sa dimension sociale et politique, et on ne saurait assimiler, comme le fait Spinoza, l'universalisme minimaliste à une géométrie existentielle, cependant, il conteste l'expression morale du primitivisme.
Par le même raisonnement, il donne une signification particulière à l'origine du primitivisme pour la resituer dans toute sa dimension sociale.



Nous-mêmes en 1991 avions composé (mais sans logiciel à l’époque) un guide permettant au lecteur de composer des discours un peu plus pointus, puisqu’il pouvait générer à sa guise un discours de Bernard-Henri Lévy, de Michel Rocard, de Bourdieu, de Valéry Giscard d’Estaing, et ainsi de suite… Depuis, nous avons découvert qu’il existait un générateurs de discours creux en langue de coton sur Internet.


Que déduire de tout ce qui précède ? Que tout cela est bidon, qu’ils (politiciens, experts, journalistes, essayistes) se valent tous et qu’ils parlent pour ne rien dire ? Ce n’est malheureusement pas si simple.

Cette langue de coton qui nous bouche les oreilles a, dans la réalité, un sens caché. Pour prendre l’exemple du jour quand Jacques Chirac déclare aux joueurs de football qui viennent d’échouer de peur au Mondial La France est forte quand elle est rassemblée dans sa diversité et quand elle a confiance en elle.» (le Monde du 12 Juillet 2006), la phrase semble creuse : qui serait contre l’unité, la diversité ou la confiance en soi ?

Mais elle fonctionne sur l’évocation quasi magique de l’unité dans la diversité, synthèse des contraires apparents par l’alchimie de l’universalisme républicain, et de la confiance en soi : il est bien connu que les problèmes de la France sont surtout psychologiques, de même que la croissance économique est affaire de « moral des ménages » et qu’avec un peu de volonté…. La phrase renvoie à tout un passé de l’imaginaire français, comme l’exaltation de l’équipe « black, blanc, beur » qui avait gagné la coupe en 1998. Bref une telle proposition est datée : elle aurait été absurde si elle avait été prononcée par le président Coty ou par Georges Pompidou. Ou plus exactement, à l’époque, elle aurait eu un contenu idéologique très paternaliste et très marqué à droite. Un Roland Barthes en aurait tiré une chronique qui aurait fait s’esclaffer les intellectuels.

Aujourd’hui cette phrase fait partie d’un corpus de lieux communs sur les valeurs, la République, l’Autre, la diversité, qui se retrouvent dans tous les discours, tous les médias et dans tout l’éventail de la classe politique. En vertu du principe «on ne peut pas ne pas communiquer (y compris en se taisant)», nous verrons qu’il est impossible de ne rien dire même quand on parle creux.

Vous pouvez écouter ce texte en cliquant ici, puis en activant le bouton "lis moi".

Voir aussi sur novlangue et compagnie et sur la langue de bois, sur le "Parler vrai"...

jeudi, 03 novembre 2016

Die Manipulation der Massenmedien

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Die Manipulation der Massenmedien

 

Eine Podiumsdiskussion mit Rico Albrecht, Daniele Ganser, Michael Friedrich Vogt, Wojna und Thomas Cassan: zum Thema "Manipulation der Massenmedien" in Lustenau.

Am 17.06.2016 waren Dr. Michael Friedrich Vogt, Dr. Daniele Ganser und Rico Albrecht Lustenau. Der fünfte Gast auf der Bühne ist Wojna von der "Bandbreite" http://www.diebandbreite.de/

Am Ende der Impulsvorträge gab es eine kurze, aber recht interessante Podiumsdiskussion zum Thema Manipulation der Massenmedien.

Diskutiert werden beispielsweise Feindbilder die die Mainstremmedien im kollektiven Bewußtsein erfolgreich installieren, die Mechanismen von Trennung und Spaltung, die Destabilisierung Europas mittels der Migrationswaffe und die Machtelite.

Die Podiumsdiskussion widmet sich aber auch den Lösungen zu, also konkreten Vorschlägen und Möglichkeiten was jeder einzelne tun kann.

Veranstalter war die Gruppe "Die Vorarlberger".

http://www.dievorarlberger.at/
"Die Vorarlberger - Verein zur Förderung der Bewusstseinsbildung"
Lachenmahd 17a
A-6850 Dornbirn
info@dievorarlberger.at
Telefon: +43 (0)660 78 22 377

vendredi, 15 juillet 2016

Christian Harbulot : "Fabricants d'intox, la guerre mondialisée des propagandes"

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Christian Harbulot : "Fabricants d'intox, la guerre mondialisée des propagandes"

Le directeur de l’Ecole de guerre économique, Christian Harbulot, nous présente son ouvrage intitulé “Fabricants d’intox”. Dans un récit édifiant, l’auteur dévoile la manière dont les Etats, les militaires, la société civile et les acteurs économiques se servent de la propagande pour arriver à leurs fins.



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mercredi, 02 mars 2016

Storytelling: Fictions et conviction

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Storytelling

Fictions et conviction
par François-Bernard Huyghe
Ex: http://huyghe.fr

Storytelling, L'ouvrage de Christian Salmon qui a popularisé le terme décrit une technique «l’art de raconter des histoires » employée aussi bien dans les affaires, dans la communication politique, dans le management et même dans la formation des militaires… Il s’agit à première vue d’une mode qui s’est diffusée surtout à partir des années 90 aux États-Unis sous l’impulsion de quelques gourous de la communication. Les dirigeants la pratiquent, qu’il s’agisse du PDG d’une marque célèbre, du président G.W. Bush (qui reprend là une technique largement employée par Reagan vingt ans plus tôt), ou d’un directeur cherchant à motiver ses employés et à leur insuffler la culture de l’entreprise.

Au lieu de faire appel à des abstractions (la Nation, la Modernité, la Productivité..), l’orateur ou l’auteur choisit une histoire exemplaire, que ce soit la sienne, celle du créateur d’une marque ou celle d’un anonyme dont le destin est particulièrement représentatif des valeurs et principes qu’il veut illustrer. On est tenté de dire « et alors ? », n’a-t-on pas toujours recommandé de recourir à l’exemple, d’illustrer son propos par des cas concrets, même dans les anciens manuels de rhétorique ? La fonction de « raconteur d’histoire », de l’aède au griot, n’est-elle pas une des plus anciennes du monde ? Où est le scandale ? Où est la manipulation ?

Le problème réside dans la systématicité et son utilisation comme méthode de contrôle. Quand le storytelling devient un procédé qui tient lieu de démonstration et d’argumentation, quand on parle de « tournant narratif » en économie ou en stratégie, quand produire des histoires que les gens « aiment » et auxquelles ils peuvent s’identifier devient la seule manière d’obtenir leur adhésion, il s’est effectivement produit quelque chose qui touche les règles du débat. Disons quelque chose de nouveau dans la façon de diriger les hommes. Désormais fictions et émotions joueront un rôle inédit dans l’art de faire croire.

Significativement, Christian Salmon avait sous-titré son livre « La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits ». Sans doute pense-t-il aux « manufactures du consentement », expression souvent employée pour désigner la propagande. Et il y a une différence entre une action systématique visant à faire approuver (l’opinion, c’est fait pour opiner) à des « thèses » (au sens de propositions abstraites générales sur ce qui est bien et mal, sur ce qu’il faut faire en politique, s’il faut faire la guerre ou pas…) d’une part et d’autre part, une technique qui fonctionne sur les ressorts du plaisir et de l’identification. Et qui touche à la distinction même entre réalité et fiction, en traitant le destinataire du message en spectateur avec tout ce que le terme suggère de passivité et de suggestibilité.

Quelques exemples :

Le marketing d’entreprise : le passage du brand image (on ne vend plus des produits plus ou moins désirables, on vend l’image de la marque, avec toutes les connotations qui s’y attachent) au brand story (les marketers racontent l’histoire de la marque, de préférence sa success story. « Les gens n’achètent pas des produits, mais les histoires que ces produits représentent. Pas plus qu’ils n’achètent des marques, mais les mythes et les archétypes que ces marques symbolisent. » dit un des gurus cité par Salmon. La clientèle est considérée comme une « audience » à qui il faut vendre une bonne histoire avec laquelle ils peuvent établir une « relation plus intime ».

Le management par storytelling, adopté par Mac Donalds, Coca, Ibm, Microsoft encourage les « histoire basées sur des valeurs », telles des expériences rapportées par des salariés et soigneusement cosmétisées par des spécialistes et qui serviront de stimulants à l’engagement dans les objectifs de l’entreprise

L’organisation du travail visera en particulier les pratiques qui reposent sur les « émotions » et qui amènent chacun à participer au « changement volontaire », faisant preuve d’une adaptabilité toujours croissante, bien adaptée aux nouvelles formes de l’entreprise. Qu’il s’agisse des « call centers », ces centres de réponse téléphonique aux consommateurs souvent délocalisés dans le Sud, mais dont les travailleurs finissent par se fantasmer comme « super occidentaux », ou des méthodes de Renaut pour faire vivre le déménagement d’une usine comme une vraie saga racontée par ses héros.
 

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Le marketing politique. Aux USA, les spin doctors truffent les discours de leurs candidats de ces histoires (le brave petit gars qui s’est battu en Irak, la jeune fille issue d’un quartier défavorisé qui a réussi..) qui remplacent de plus en plus la moindre ombre de proposition ou de programme. Exemple éclairant : le spot publicitaire à 6,5 millions de dollars de la campagne Bush en 2004 qui se contente de montrer une jeune fille dont la mère est morte le 11 Septembre et qui reprend confiance dans la vie en rencontrant G.W.B. qui la prend dans ses bras (en bon «conservateur compassionnel») parce qu’elle réalise que « l’homme le plus puissant du monde se soucie d’elle (he cares for me) ». La fonction de démonstration et de légitimation de l’historiette fonctionne à plein en politique aussi (car, nous nous trompons pas, il s’agit chaque fois d’histoires individuelles, pas de ces grands récits mythiques partagés qui forgent l’identité d’une nation). Belle illustration de la « stratégie de Shérazade » de Carl Rove, conseiller de Bush : raconter de belles histoires émouvantes auxquelles on a envie de croire pour retarder la sentence de mort politique qu’aurait du attirer l’échec en Irak dès 2004 (et que promettaient les sondages quelques mois avant l’élection).

La coopération entre le Pentagone et Hollywood avec les simulations de guerre en univers virtuel des soldats : il ressemble de plus en plus à un jeu vidéo dont ils sont les héros. Ou encore les jeux vidéos en ligne pour convaincre les jeunes gens de s’engager.


Le branding de l’Amérique elle-même par la diplomatie publique (un sujet que connaissent bien les lecteurs de ce site) ou la promotion d’une idéologie primaire par Fox News, championne toutes catégories de l’infotainment, l’information montée comme des fictions.
Salmon, qui trouve également quelques bonnes illustrations dans la dernière campagne électorale présidentielle en France conclut que « Sous l’immense accumulation des récits que produisent les sociétés modernes, se fait jour un « nouvel ordre narratif » (NON) qui préside au formatage des désirs et à la propagation des émotions – par leur mise en forme narrative, leur indexation et leur archivage, leur diffusion et leur instrumentalisation à travers toutes les instances de contrôle. »

Cela nous semble correspondre à ce que nous avion nous-mêmes nommé la « post-propagande ». Si la propagande cherche à propager, conformément à son étymologie, un corpus de croyances d’ordre politique, la post-propagande remplit une triple fonction : dissimulation, simulation, stimulation.

C’est une grille qui semble s’appliquer assez bien au storytelling :

- Dissimulation : une belle histoire occulte nécessairement beaucoup de choses, comme une image de télévision fait oublier tout ce qui est hors du cadre. Elle fait oublier en particulier la genèse, les rapports de force, les conditions culturelles qui forment le contexte de cette histoire (d’ailleurs pas forcément représentative)
- Stimulation : un histoire est forcément un déclencheur de désirs ou d’émotion. Celle dont abuse le plus la télévision – terrain idéal pour une construction fictionnelle de la réalité filmée – c’est la pitié. Le culte de la victime, l’exhibition de la victime devient un des ressorts les plus puissants pour faire agir les masses, qu’il s’agisse de donner pour le tsunami, de condamner un régime ou d’approuver une guerre humanitaire.
- Simulation : le langage devient producteur de réalité. On monte des situations sur le modèle des feuilletons avec du suspense, des bons, des méchants et un dénouement clair à la fin. C’est cette réalité exemplaire – irréfutable : comment douter de ce que l’on a vu de ses yeux – qui s’imposera finalement. Quitte à aboutir à la révélation du montage quelques mois après, qu’il s’agisse des ADM en Irak ou de l’aventure de la soldate Jessica Lynch, capturée par les soudards de Saddam en 2003.

mercredi, 14 octobre 2015

Individus sous influences: une société de moutons?

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Individus sous influences: une société de moutons?

Auteur : C.B & Stéphane Hairy 

Ex: http://zejournal.mobi

“Nous sommes dans une société de moutons”, “les gens vont dans le sens de la majorité”,  “la population se laisse influencer par les médias de masse”…  qui n’a jamais entendu ce genre de propos au sujet de notre société ? Pourtant, l’opinion, les comportements, attitudes, croyances, ou sentiments d’un individu sont loin d’être strictement régies par l’influence des masses. Il existe aussi l’influence minoritaire, qui au contraire du conformisme, nous influence en profondeur. En effet, nous sommes émerveillés par certaines personnes qui font avancer nos idées, nous aident au quotidien ou nous impressionnent intimement. Nous sommes prêts à suivre certains leaders que nous considérons comme étant aptes et légitimes à nous montrer une direction à suivre ou même à diriger nos vies. Nous sommes même dans certains cas, complétement sous emprise d’une personnalité, comme le sont certains humains “fans” de personnalités connus.

Nous allons donc essayer de comprendre le fonctionnement de ces influences pour tenter de répondre à LA question existentielle, celle que l’on se pose tous les matins en prenant les transports, celle qui nous traverse l’esprit en voyant nos contemporains s’enivrer dans une décadence profonde, la question cosmique  : sommes-nous de vrais moutons ?

1 – Influence des masses

Il existe effectivement ce que l’on appelle l’influence majoritaire, que l’on appelle communément le conformisme. Ce processus est celui de l’influence des opinions, comportements, perceptions, d’une majorité sur une minorité de gens. Récemment, des psychologues de l’Université de Princeton ont étudié ce qui se passe dans notre tête lorsque nous sommes en situation sous l’influence d’une majorité. Une structure cérébrale (l’insula) semble déterminer l’abandon de l’analyse personnelle au profit de la posture conforme aux attentes du groupe. Cette insula est réputée centraliser des informations de nature émotionnelle en provenance du corps, et s’activer lorsque l’individu sent peser la menace d’être exclu de son groupe d’appartenance.

Le paradoxe de Condorcet.

Nicolas de Condorcet, philosophe et mathématicien, avait déjà montré au XVIIIe siècle que le système électoral livre des décisions sensées, à condition que les électeurs soient ignorants des décisions prises par leurs voisins (paradoxe de Condorcet). Autrement dit, il faut savoir se protéger du « biais de conformité ».

C’est aussi ce qu’a montré une étude réalisée dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle française de 2012. Quelques 1 000 votants étaient interrogés sur leurs intentions de vote au second tour. Dès lors qu’on leur présentait les résultats d’un sondage fictif allant dans le sens contraire de leur intention initiale, ils changeaient d’opinion dans 25 pour cent des cas, pour rallier l’avis majoritaire exprimé par le sondage.

L’expérience de Asch.

L’expérience la plus célèbre est celle de S. Asch (en 1951) ; elle démontre que même lorsqu’il y a une réponse évidente à donner, un individu va donner une réponse fausse et absurde juste parce que la majorité des gens qui constituent son groupe a fourni cette réponse là.

Les psychosociologues (Deutsch & Gerard, 1955 ; Moscovici, Mucchi-Faina & Maass, 1994) s’accordent à dire que si l’individu se conforme autant c’est à cause de la comparaison sociale qu’il opère lorsqu’il n’est pas d’accord avec la majorité : il souhaite éviter le conflit pour surtout ne pas être rejeté par le groupe…

VIDEO: Expérience de Asch, le conformisme

(Le psychologue S. Asch montre que dans une simple tâche perceptive consistant à comparer les longueurs de différents segments de droite, la connaissance de l’avis majoritaire suffit à faire prendre des décisions absurdes à des individus qui, isolés, répondent correctement.)

Cette expérience des lignes de Asch est célèbre et est souvent instrumentalisée pour démontrer que les individus sont des moutons qui se rallient à une idée dominante, majoritaire. Or, ce n’est pas tout à fait vrai, l’influence majoritaire est superficielle car elle agit sur les comportements et non sur les pensées des individus. Agir n’est pas penser. Dire que l’on pense pareil que son groupe ne signifie pas qu’on pense effectivement comme eux. En effet, dans les expériences de Asch, on voit que les personnes se focalisent sur les enjeux sociaux de la situation (que va-t-il se passer si je réponds différemment d’eux ? quelle sera ma place ?), au lieu de traiter  la véracité des réponses données par le groupe.

Mais alors, quelle genre d’influence agit sur les opinions et pensées des individus ?

 

(Le type d’image que l’on se fait du conformisme pour exprimer notre capacité à être influencé par les masses)

2 – Influence des minorités

Si le conformisme engendre le fait que les personnes se rallient à l’opinion de la majorité, cet effet n’est souvent présent qu’en public (face au regard des autres) et non au-delà. Il existe à l’inverse l’influence d’une personne ou d’une minorité qui induit une réelle persuasion et une modification profonde de notre jugement qui persiste dans le temps : c’est l’influence minoritaire. Là où la majorité agit en surface, la minorité modifie en profondeur.

Le psychosociologue S. Moscovici a été le premier à s’intéresser à l’influence minoritaire : comment un individu ou une minorité de personnes peut-elle exercer une influence sur un groupe ou sur une majorité ? Son ambition est de comprendre l’apparition des faits historiques tels que le développement du féminisme, la révolution copernicienne ou encore l’impact de Martin Luther King, Galilée, Nelson Mandela…

(Discours le plus célèbre de Martin Luther King “I have a dream”, prononcé le le 28 août 1963, devant le Lincoln Memorial, à Washington, D.C).

Des expériences illustrent la prégnance de cette influence de la minorité, comme celle de Moscovici, Lage et Naffrechoux (1969). Les expérimentateurs démontrent que même si un individu va se comporter en répondant conformément dans un premier temps, il sera par la suite influencé de manière inconsciente en modifiant ses perception et opinion sur les choses.

Pour comprendre l’influence minoritaire, il faut se pencher sur le caractère inconscient des phénomènes d’influences en partant sur la notion de conflit. Lorsqu’on est confronté à une opinion qui diffère de la sienne, on éprouve un certain conflit interne. Les individus ont tendance à fuir ce type de tension et recherchent le consensus. La majorité compte précisément sur ce malaise pour engendrer la conformité.
De son côté, le comportement ferme et confiant de la minorité instaure le doute, attire l’attention, signale l’existence d’un point de vu alternatif, démontre l’attachement de la minorité à sa position et annonce que le seul moyen de sortir du conflit consiste à prendre en considération son point de vue. Pour S. Moscovici, la minorité force la majorité à analyser le contenu de son message de manière approfondie, puisque le traitement de l’information suppose, pour invalider l’opinion adverse, de s’y pencher et de la comprendre. Ce sont ces activités qui nous préparent à un processus d’intégration de l’information et d’appropriation des idées.

Selon Moscovici, la minorité agissante se définit par 5 styles de comportements et c’est l’interprétation de ces styles de comportement de la minorité par la majorité qui permet à l’influence d’opérer.

Les 5 styles sont :

Investissement et visibilité : c’est l’importance que le sujet ou la minorité accorde à son objectif ou à ses idées. La visibilité de l’implication est importante ainsi que la sincérité du sacrifice personnel et de la haute estime des buts poursuivis.

Autonomie : c’est l’indépendance du jugement et des attitudes et cela reflète la détermination selon ses propres principes.

Consistance : c’est le fait de maintenir toujours la même idée, être catégorique, avoir et maintenir une position cohérente.

Rigidité : C’est la version “dure” de la consistance. Il faut adopter un modèle comportemental assuré pouvant parfois aller jusqu’à l’extrémisme. Moscovici explique qu’un comportement qui se situerait à mi-chemin entre la rigidité et la souplesse serait le meilleur moyen pour influencer quelqu’un.

Équité : elle rend compte du souci de la minorité d’établir des relations réciproques avec la majorité.

3 – Comparaison : Influence de la majorité VS. Influence de la minorité.

Lorsqu’un individu se sait l’objet d’une influence, il éprouve un sentiment d’ambivalence, c’est à dire, qu’il peut ressentir deux sentiments pourtant opposés ou contradictoires. Cependant selon que la source d’influence émane d’une minorité ou d’une majorité, cette ambivalence n’est pas la même :

- Face à une majorité, les individus expriment plutôt une attirance publique et une réserve ou une hostilité privée.

- Face à une minorité, les individus peuvent éprouver dans le même temps une hostilité publique, une admiration, voir même une envie privée.

En fait, c’est en se défendant sur le plan conscient d’une influence qu’on augmente les chances d’être influencé sur le plan non conscient. Il s’agit donc d’un réel paradoxe puisque plus on résiste à un agent d’influence, plus on a de risque de lui céder sur le long terme.

L’influence latente et différée est propre à l’influence minoritaire. Car le traitement de l’information des minorités innovantes (dans le sens où elles changent de l’opinion majoritaire) suppose, qu’il faut invalider certaines idées, s’ouvrir à de nouveaux messages et faire preuve de compréhension. C’est pour cette raison que l’influence des minorités est plus ancrée en profondeur et s’installe dans vos idées, dans votre manière de voir le monde. Contrairement à l’influence des masses qui impacte votre comportement mais n’a pas d’influence sur vos idées, il s’agit d’un suivisme qui n’engendre pas de changement notable sur votre manière de voir le monde.

Documentaire sur le conformisme social: Testez votre cerveau : Le conformisme social

4 – En conclusion, les minorités ont une influence plus profonde sur les individus mais…

… la majorité peut également les influencer sur le plan des attitudes et convictions.
Et oui, comme rien n’est simple dans notre machine cognitive humaine, les influences sont multiples ! Hélas nous restons sujets à la “moutonnerie” et nous sommes ainsi profondément influencés par la majorité, à savoir les opinions dominantes…
Mais comment sommes-nous influencés par cette majorité ? par nos propres actes !

Car l’acte de se conformer publiquement et de manière répétée est un facteur d’engagement. Or plus on est engagé et plus on adhère à l’idée dominante : c’est ce qu’on appelle la théorie de la rationalisation, qui consiste à rationaliser ses actes pour expliquer ses conduites d’une part, mais surtout pour éviter l’état de conflit interne entre ce que vous pensez et votre comportement devant les autres (dissonance cognitive). Cette rationalisation se manifeste par le fait que les attitudes deviennent une conséquence du comportement et non l’inverse.

Ainsi, lorsqu’on se conforme publiquement (par exemple au travail, acquiescer devant les autres collègues lorsque votre patron exprime son opinion qui pourtant est bien différente de la votre, est un acte qui vous engage). Vous modifiez votre façon de penser en faveur de l’idée dominante afin d’auto-justifier votre comportement. De même, le fait de répéter cet acte de conformisme est également un facteur qui vous engage en faveur de celui-ci.
Pour en savoir plus sur les facteurs d’engagement, nous vous invitons à lire le psychosociologue C. Kiesler. Ces techniques d’engagement (dîtes de manipulation) sont notamment utilisées par les managers de grands groupes industriels et dans le commerce.
En conclusion, nous sommes tous des sujets sous influences, mais contrairement à l’idée répandue ce n’est pas l’influence de la majorité (médias de masse, opinions répandues, etc.) qui est la plus prégnante sur nos opinions mais l’influence des minorités (petits groupes, personnes, dissidents).


Ceci-dit, si on ne veut pas être influencés par la majorité – être un mouton quoi -, il faut se défendre des actes que nous poussent à faire cette majorité (exemple d’acte généré par une majorité : une grande partie de la population pense qu’il faut voter aux élections pour favoriser la démocratie en France). Le suivisme permet de ne pas “s’engager”, de ne jamais changer d’opinion, en d’autres termes, de se faire manipuler par la majorité dominante.
Le libre arbitre est un mythe mais commencer par s’empêcher d’agir dans un sens contraire à nos convictions est un bon début !

mercredi, 02 septembre 2015

L’Occident répand l’idiotie intellectuelle universelle

Lavage de cerveau versus Éducation: l’Occident répand l’idiotie intellectuelle universelle

Auteur : Andre Vltchek
Ex: http://zejournal.mobi

 

Est-ce qu’un dictateur pourrait désirer mieux? La population entière de l’Empire, ou presque, pense maintenant de la même manière!

La population est instruite dans les écoles et le personnel des universités est composé d’enseignants et de professeurs soumis et lâches.

La population est informée par des centaines de milliers de journalistes et d’analystes serviles. Il n’y a pratiquement pas d’écart par rapport au récit officiel.

Félicitations, l’Empire occidental! Vous avez réussi là où d’autres ont échoué. Vous avez obtenu une obéissance et une discipline presque absolues, une servilité totale.

Et encore mieux, la plupart des gens pensent réellement qu’ils sont libres, qu’ils ont le contrôle. Ils croient qu’ils peuvent choisir, qu’ils peuvent décider. Ils sont convaincus que leur civilisation est la plus grande civilisation que la Terre ait jamais connue!

Des dizaines de millions font la queue, volontairement, demandant à être instruits pour obtenir à la fin un de ces diplômes impériaux officiels. Ils veulent être acceptés, certifiés et loués par les dirigeants.

Les gens offrent leurs propres têtes courbées à une intervention complexe et prolongée de lobotomie. En échange de chiffons de papier timbré nommés diplômes, des hommes et des femmes perdent, pour toujours, leur capacité à penser de manière indépendante, à analyser et à voir le monde de leurs propres yeux. En guise de récompense pour leur soumission, leurs chances d’obtenir des postes prestigieux dans les bataillons d’élite du régime, institutions, universités et autres, augmentent de manière spectaculaire.

Le degré extrême de conformité de la majorité des hommes et des femmes vivant dans nos sociétés rend les vieux livres comme Fahrenheit 451 et 1984 modérément dérangeants. Notre réalité de 2015 est beaucoup plus psychédélique, bizarre et effroyable… et scandaleuse aussi!

La plupart des citoyens sont même prêts maintenant à payer de leur poche (ou de celle de leur famille) pour ces chirurgies du cerveau éducatives et propagandistes; ils sont désireux de s’endetter lourdement pour être soigneusement programmés et endoctrinés. Plusieurs années plus tard, lorsque tout est fini et que rien n’est resté de leur individualité, ils bombent le torse avec orgueil et souvent ils pleurent lorsqu’ils reçoivent ce morceau de papier timbré qui ne signifie en fait qu’une chose: «Admis, accepté et certifié – prêt à servir et à être utilisé par l’Empire et son régime fasciste.» 

Des millions d’étrangers se bousculent pour bénéficier aussi de cette lobotomie. Ceux qui viennent des pays colonisés et détruits sont souvent les plus impatients. Les enfants des élites sont excités à la perspective de recevoir le sceau d’approbation de l’Empire, pour être moulés, pour se fondre dans les masses en Europe ou en Amérique du Nord. Après l’obtention de leur diplôme et après leur retour à la maison, ils ajoutent leurs titres partout sur leurs cartes de visite, ils augmentent leurs tarifs et demandent du respect pour leurs manières occidentales et leur collaboration intellectuelle avec l’Empire. Ensuite, beaucoup d’entre eux s’occupent à voler et à endoctriner leurs compatriotes pour le compte de l’Occident.

Dans de nombreux pays, il n’y a même aucune raison de quitter la maison. Le lavage de cerveau occidental est facilement accessible par le biais des innombrables écoles privées, chrétiennes et internationales, des églises, des institutions culturelles et, bien sûr, du divertissement.

Même des pays comme la Chine, qui peuvent compter sur des cultures beaucoup plus grandes et plus anciennes que la culture occidentale, sont maintenant terriblement influencés par leurs propres fils et filles, qui ont été programmés à croire dans la grandeur de la civilisation occidentale. Ils ont été endoctrinés soit dans les établissements éducatifs à l’étranger, soit par les armées d’éducateurs occidentaux, savants et prédicateurs, de plus en plus occupés à voyager et à répandre leur évangile toxique partout dans le monde.

Au lieu que soit dispensé un savoir diversifié et multiculturel, les écoliers et les étudiants ont reçu des doses d’endoctrinement calculées avec précision, bien éprouvées au cours des siècles d’impérialisme et de colonialisme. Maintenant, l’Empire sait extrêmement bien comment manipuler l’esprit humain. Celles et ceux qui sont violés sont forcés de croire qu’ils ont fait l’amour. A ceux qui ont été dépouillés indistinctement, on enseigne à encenser les puissances coloniales pour avoir construit leurs bâtiments administratifs et leurs chemins de fer, et on enseigne aux gens sur place à ne ressentir aucune honte pour leur passé et leur présent.

Au lieu d’être encouragés à penser de manière indépendante, au lieu d’être invités à révolutionner leur pensée elle-même, les gens sont ligotés, prisonniers de carcans intellectuels austères.

Le courage et l’indépendance d’esprit sont systématiquement dénigrés et rabaissés. Les âmes rebelles sont étiquetées inemployables, presque comme antisociales.

La couardise, la soumission et la médiocrité sont promues et commercialisées par le système extrêmement complexe et diversifié de la propagande, la publicité, les événements culturels et de divertissement et les médias.

Dans un monde totalement uniforme, où même la culture et les médias sont au service de l’Empire et de ses intérêts commerciaux néolibéraux, le Nouvel Homme et la Nouvelle Femme sont pétris dans l’argile intellectuelle, et ensuite placés sur des socles massifs : tous sont grands et minces, tous régurgitent éloquemment et bruyamment des clichés, évitant soigneusement les véritables questions, communiquant intensément avec les autres à propos de rien, tout en restant incroyablement ignorants du monde.

Les Nouveaux Humains sont tous souriants et ont l’air très cool. Ils conduisent les derniers modèles de voitures et tiennent des gadgets modernes dans leurs mains. Ils ont confiance en eux et sont constamment égoïstes. Leurs fesses sont de plus en plus parfaites, et stéréotypées.

Beaucoup d’entre eux prennent des sédatifs, des antidépresseurs ou des drogues, la plupart d’entre eux sont malheureux, peu sûrs d’eux, mécontents de leur travail, malheureux dans leur famille, incapables de trouver ou de chercher leur deuxième moitié. Tout cela, bien sûr, ne se montre pas! En apparence, d’innombrables hommes et femmes occidentaux ont l’air ravissants!

Les fascistes italiens et allemands ont essayé désespérément de créer cette race de super-humains en apparence sûrs d’eux, mais obéissants.

Ils ont échoué.

Mais cet Empire est en train de réussir! Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il existe une chance que les robots remplacent finalement les êtres humains. Pas les robots de plastique et de métal, mais des humains reconditionnés, recyclés en robots.

Le fascisme italien, le nazisme allemand, le corporatisme des États-Unis, l’impérialisme, le racisme, le colonialisme, l’exceptionnalisme, la propagande, la publicité, l’éducation – tout cela a été habilement entrelacé.

Félicitations, l’Empire! Vous êtes le premier à avoir réussi à standardiser les êtres humains et leur façon de penser!

Ce n’est pas facile de combattre un tel Empire, avec des paroles et des idées.

Ce n’est pas seulement la logique ou la philosophie générale des concepts qu’il faut affronter, et défier.

Il y a aussi des milliers de perceptions, de dogmes, de codes, tous poursuivant le même but – maintenir les gens loin de la réalité et d’un mode de pensée et d’analyse indépendants.

La plupart des citoyens de l’Empire occidental sont en fait beaucoup plus endoctrinés que les membres de groupes tels que les talibans ou État islamique, parce que l’Empire travaille très dur et emploie des millions de professionnels qui créent des concepts extrêmement efficaces destinés à contrôler les esprits humains: des idéologues aux psychologues, en passant par les propagandistes, les éducateurs, les artistes, les journalistes et d’autres personnes hautement spécialisées.

Des médias sociaux aux séries télévisées, en passant par les films de Hollywood, la musique pop et les chaînes de télévision, presque tout mène dans la même direction – entraîner les gens loin des principes de base de l’humanisme. Les forcer à ne pas penser comme un groupe de personnes rationnelles, bienveillantes, compassionnelles.

La réalité est soit banalisée soit portée à des niveaux fantasmagoriques auxquels nulle logique ne peut être efficacement appliquée.

Le destin le plus important de la pensée humaine – réfléchir, rêver et concevoir de nouvelles formes bien meilleures et plus douces pour la société – est totalement absent du récit auquel les hommes, les femmes et les enfants de l’Empire et de ses colonies sont confrontés quotidiennement.

Les citoyens de l’Empire sont empêchés de penser et d’agir de manière naturelle. Résultat, ils sont frustrés, déprimés et confus. Mais au lieu de se rebeller (la plupart d’entre eux n’en sont pas capables, de surcroît), ils deviennent de plus en plus agressifs. Tandis que les victimes de l’Empire, dans le monde entier, sont assassinées, exploitées et humiliées, l’organisation du monde apporte en fait très peu de joie (malgré de nombreux bénéfices matériels) aux citoyens de l’Empire – les Européens et les Nord-Américains.

À l’autre extrême: des milliards de gens dans les anciennes colonies et dans les néo-colonies sont aussi bombardés, constamment, par les mêmes messages tordus, recyclés et modifiés [et trop souvent des vraies bombes, NdT]. Ils sont confrontés à une avalanche perpétuelle de propagande (légèrement modifiée pour chaque région particulière), ruisselant jour et nuit des canaux d’endoctrinement de l’empire : les feuilletons télévisés, le plus bas niveau des films et des jeux vidéo (la même chose, vraiment), la musique pop avec des paroles répétitives relevant de la mort cérébrale, l’art décoratif inoffensif et les reportages publiés par les agences de presse dominantes. Ces messages sont diffusés via les organes de presse locaux qui sont à leur tour principalement contrôlés par des intérêts commerciaux qui collaborent résolument avec le régime mondial occidental.

L’Empire et son organisation du monde sont outrageusement racistes et brutaux, mais la plupart de ses citoyens, même ses sujets dans les territoires dévastés, sont forcés de croire qu’il ont effectivement le système le plus tolérant et progressiste sur terre.

Y a-t-il un espoir que l’humanité survive à cette production de masse de l’idiotie?

Oui, bien sûr qu’il y en a un!

La bataille a commencé.

Ce ne sont pas seulement les manœuvres des marines russes, chinoises et iraniennes qui contestent actuellement l’impérialisme occidental.

Ce ne sont pas seulement les Latino-américains et les Sud-Africains qui ont fait des efforts décisifs pour récrire l’histoire et pour armer le peuple avec des connaissances plutôt qu’avec des diplômes.

Peut-être le plus grand cinéaste européen actuellement en vie, Emir Kusturica, a récemment écrit, sarcastique, que «la Troisième Guerre mondiale commencera avec le bombardement de RT par le Pentagone», en se référant au puissant réseau de télévision Russia Today. RT a commenté :

«RT est une réelle menace pour la propagande états-unienne puisqu’elle atteint les Américains chez eux, dans un anglais parfait, meilleur que celui qu’ils utilisent sur CNN.» Et c’est pourquoi, selon le directeur, Washington pourrait en avoir assez et chercher à faire taire RT par la force – un peu comme l’Otan l’a fait avec la télévision d’État serbe en avril 1999.

À son tour, Kusturica prédit que Moscou détruirait CNN, qu’il considère comme le porte-drapeau de la propagande pro-américaine: «CNN, dans ses transmissions en direct, assure que depuis les années 1990, l’Amérique a mené des actions humanitaires, et non des guerres, et que ses avions militaires font pleuvoir des anges, pas des bombes!»

Bien que quelques-uns des plus grands penseurs qui affrontaient l’Empire – Saramago, Galeano et Pinter – soient récemment décédés, il en y a encore beaucoup qui parviennent à échapper à l’endoctrinement. Certains se regroupent autour des chaînes de télévision non occidentales comme TeleSUR, RT et PressTV.

C’est comme le Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, de nouveau. Certaines personnes, obstinément, refusent de brûler leurs livres.

Même en Occident, certains médias puissants – CounterPunch, Dissident Voice, ICH, VNN, Global Research, et d’autres – gardent le cap. Ils ne gagnent pas encore, loin de là, mais ils ne meurent pas non plus!

Tant que la pensée indépendante est vivante, tout n’est pas perdu.

«Je me révolte ; donc nous existons», a écrit le philosophe français Albert Camus. Il a ajouté aussi : «Le sentiment de révolte est né dans l’oppression.»

L’Empire nie qu’il opprime le monde. Il endoctrine à la fois les oppresseurs et les opprimés, redéfinissant, et en fait convertissant l’oppression en liberté.

Ceux d’entre nous qui parviennent à échapper à son endoctrinement se révoltent aujourd’hui. Par conséquent, l’humanité existe encore.

Le champ de bataille devient très bien défini : il se passe maintenant sur le plan de l’information et de la connaissance.

Les actes, les ruses pratiqués par l’Empire sont sales, horribles, mais très transparents. Ils peuvent être acceptés ou tolérés par des milliards de gens uniquement grâce à la répétition permanente des mensonges, et à cause des concepts tordus martelés dans les cerveaux des gens au travers de l’enseignement dominant.

La guerre pour la survie de l’humanité est déjà en cours. C’est la Grande Guerre humaniste– la guerre sur les esprits et les cœurs des gens, pas sur un territoire. On peut aussi l’appeler la guerre de l’information, une guerre de désintoxication, ou une guerre pour ramener les êtres humains à la vie en les sortant de leur intoxication, de leur torpeur et de leur servilité, une guerre pour un monde bien meilleur, une guerre qui mettrait la connaissance au-dessus des diplômes tamponnés, la chaleur humaine et la gentillesse au-dessus de la violence et de l’agression, et les êtres humains au-dessus des profits et de l’argent.

La victoire ne pourra intervenir qu’accompagnée par la connaissance, la pensée indépendante, l’humanisme rationnel, la compassion, la solidarité, et enfin la chaleur humaine.

 - Source : Andre Vltchek

mardi, 01 septembre 2015

Manipulation! La stratégie du stress permanent…

Manipulation! La stratégie du stress permanent…

Auteur : Auteur Mn.B pour les MoutonsEnrages
Ex: http://zejournal.mobi

La manipulation des foules et des peuples en occident.

Pendant les années 50 et 60 au moins, l’armée des Etats Unis a fait des expériences scientifiques pour essayer de savoir comment manipuler les comportements et les pensées des êtres humains, (voir le documentaire la stratégie du choc). Il est apparu entre autre, qu’un individu exposé à un choc, devient pendant un temps, très ouvert à la suggestion.

Le contrôle des médias et des informations qui nous parviennent, est le résultat d’études extrêmement précises faites par des anthropologues des neuropsychiatres. Études qui continuent probablement aujourd’hui sur la manipulation de la pensée et du comportement de l’être humain.

Pour être très clair, si Louis 16 en avait eu, en son temps, le contrôle total des médias, et s’il avait étudié l’anthropologie et la neuropsychiatrie, il n’y aurait jamais eu de révolution française. Il n’avait qu’à annoncer ou organiser, l’arrivée imminente des sarrasins, des attentats faits par les sarrasin sur le sol français, des images de gens égorgés, une épidémie Peste noire ou de choléra, et cela aurait relativisé l’intérêt de prendre la bastille, on aurait peut être même eu le slogan « je suis Louis »…

Voilà pourquoi.

Pour comprendre le fonctionnement du cerveau humain, il faut se souvenir que l’être humain, et ses ancêtres, ont vécu des millions d’années dans un décor, qui a été à très stable sur le plan visuel et sonore. L’être humain a toujours vécu en groupe, dirigé par un chef, peut-être doit on dire un mâle dominant.

Tout d’abord revoyons la définition scientifique de deux des trois cerveaux de l’homme.

LE CERVEAU REPTILIEN (source http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/0001/bin27/c11.htm)

Il est appelé le cerveau primaire ou primitif ou encore cerveau archaïque. Les êtres humains avaient à l’origine, essentiellement un premier cerveau reptilien dont l’homme conserve encore bien des instincts de base (dont l’instinct de conservation). Certains animaux (vertébrés inférieurs, reptiles…) sont régis uniquement par ce cerveau. Il est la source des comportements primitifs qui répondent à des besoins fondamentaux. Il assure entre autre la sauvegarde de l’individu et de l’espèce.

Ces comportements sont incapables d’adaptation et restent insensibles à l’expérience du fait que le cerveau primitif n’a accès qu’à une mémoire à court terme.

Le noyau dit  » amygdalien  » en particulier commande l’agressivité, le souci du territoire et de sa défense.

LE CERVEAU LIMBIQUE.

Le cerveau viscéral de survie, surnommé ainsi par Mac Lean (1), est en étroite relation avec les centres des pulsions et des émotions. C’est le centre physiologique des émotions et donc le système dominant de l’affectivité.

Chez l’être humain, ..; son fonctionnement domine l’affectivité et les processus de la mémoire » Henri Laborit. (2)

Comme le cerveau reptilien, il ne s’exprime pas verbalement mais peut exciter le cortex qui lui, s’exprime par la parole.

Sa fonction essentielle est la survie par une bonne adaptation à l’environnement social : empathie, statut social, intégration à un groupe, convictions et croyances, sentiment de sécurité…

Principales lois physiologiques attribuées par les biologistes au cerveau limbique.

A- Le système limbique est imperméable à toute logique.

B- Le cerveau limbique agit comme un filtre, il a un rôle sélectif et détectif : toute information passe d’abord par le limbique qui filtre l’information et excite le cortex selon le filtre lui-même lié aux tonalités émotionnelles de l’information (intérêt, sécurité, plaisir, motivation, ….) Les émotions déclenchées par des stimuli agissant sur le système limbique ne sont pas sous le contrôle du cortex. La peur, par exemple ne disparaît pas par voie de raisonnement. Le cerveau limbique a une certaine autonomie par rapport au cortex: il peut bloquer toute réactivité des zones corticales, et anesthésier les infos déplaisantes qui n’atteignent pas le cortex mais il peut aussi stimuler certaines zones du cortex. La communication est donc unidirectionnelle.

Le cerveau primaire et le cerveau limbique sont donc, l’un incapable de toute adaptation et l’autre imperméable à toute logique…

C’est le cerveau limbique qui reçoit toute information qui nous parvient et qui la filtre. Il l’a la transmet ou pas au néo cortex. Après un choc ou une très forte émotion, il faut quelques heures ou quelques jours pour que le néo cortex, pour que nos esprits « logiques » reprennent la main sur notre comportement.

La technique adoptée par le système médiatique occidental est simple. Sur un fond de chômage de masse, d’épidémies fictives, de SIDA, qui pré-conditionnent l’individu au stress, à une insécurité permanente qui réactive nos instincts de survie, on nous abreuve d’informations qui s’adressent aux cerveaux limbiques et primaires. Par définition, quand les cerveaux limbiques et primaires fonctionnent, ils bloquent le fonctionnement du néo-cortex. C’est à dire, qu’on empêche le néo-cortex de réfléchir, d’analyser, en nous maintenant dans un genre de stress, de choc, de survie de soi même et de sa progéniture, ou d’euphorie, joie, ravissement, de satisfaction de soit, de compassion. L’individu, les peuples doivent être toujours en stress permanent, insécurité, épidémie, terrorisme, invasions d’immigrés fictives ou organisées. Oui oui, j’ai bien dit organisées.

Et donc, on a pas fini d’avoir des débats sur l’identité nationale, le mariage pour tous, la fin de vie, le droit aux enfants pour couples homo, sur le clonage humain, etc… Bref des débats de « société » pour nos cerveaux limbiques et primaires.

On aura jamais un débat sur la dette : on paye quoi, à qui, jusqu’à quand? Ou alors : on ne doit aucun argent puisque l’argent qu’on nous a prêté n’existait pas. Le simple fait de nous l’avoir prêter, a créer cet argent. Et si on ne rembourse pas, les banques ne perdent rien, puisque qu’elle nous ont prêté aucun argent c’est notre prêt qui l’a créer etc.

Au contraire, les faits divers sordides qui nous inondent. On est choqué, on s’indigne, on se scandalise. L’info va souvent très loin dans l’étalement du dégueulasse et du sordide. On nous exhibe régulièrement des malades pour le téléthon. C’est le cerveau limbique qui absorbe ces images de peine, de compassion, de douleur et donc qui bloque à chaque fois le fonctionnement du néocortex qui analyse et réfléchi.

Ce genre d’informations ont pour but de nous mettre en mode stress « survie de soi ou de sa progéniture », avec une implicite auto-glorifications de soi même et ces propres valeurs ou une joie qui n’a aucune utilité. La télé surdose le fonctionnement des cerveaux limbique et primaire.

Notre cerveau aussi est sollicité sur la survie de l’espèce, la protection du territoire (cerveau primaire) épidémie, catastrophe naturelle, et puis tout ce qui a trait au débat sur l’islam, l’intégration, Daesh, le port du voile, Ébola, H1N1, le Sida, le réchauffement climatique et vous verrez par vous même, il y en aura tant d’autres. Cela dure un temps, comme Ebola ou H1N1 et hop ça disparaît.

Il apparaît clairement que le débat sur l’immigration, l’islam fait réagir le cerveau primaire sans son  » souci du territoire et de sa défense « qui est un de ces instincts le plus puissant. Nous allons donc y avoir droit encore longtemps. Ce type d’information, la fabrication de ce type d’événements devient sans que nous le sachions un message prioritaire pour nos cerveaux.

Tout le système médiatique vise à supprimer tout esprit critique. Et quand même on aurait quelque chose à dire de différent, on est étiqueté « complotiste ».

Les révolutions, mouvements de masse des populations sont neutralisés par ces informations permanentes, voire, quand la tension devient trop grande, on sort une pseudo épidémie, H2N1 ou Ebola, pour recadrer le peuple par la peur et survie. C’est exactement ce qu’il s’est passé en 2009, quand hors syndicats des ouvriers de toute l’Europe ont voulu s’unir…. La grippe porcine ou mexicaine a calmé tout le monde.

L’information des média grands publics, est le résultat d’études sur la manipulation des populations, basées sur la neuropsychiatrie et l’anthropologie, qui visent à nous empêcher de réfléchir avec des messages prioritaires pour notre cerveau limbique ou primaire.

Tout ce système de lavage de cerveau des populations, discret et permanent, ne sert que la survie d’un système économique et politique aberrant, qui vise à la domination mondiale par une petite minorité dirigeante.

La plupart de ces problèmes n’ont jamais vraiment existés, sont très largement exagérés ou sont carrément organisés. Afin de maintenir le groupe en état de choc, de stress, de volonté de survivre, donc sans réflexion ni analyse sur le système et surtout, sans contestation.

L’être humain devant une crise une catastrophe, une attaque, a le réflexe vital et ancestral de se regrouper, en plus d’être immédiatement, après le choc, facilement suggestionable. Les gouvernements occidentaux accentuent volontairement l’effet de choc et l’effet de groupe. Tout de suite, pendant la période de choc, on nous livre l’analyse, les coupables et l’enquête est bouclée, pendant le temps où le cerveau est suggestionable. On l’a vu pour le 11 septembre, pour l’affaire Charlie. Et le troupeau s’est bien rassemblé, tel des gnous dans la savane, attaqué par un épouvantail de lion.

Il est facile de comprendre que l’être humain, n’ayant pas de griffes de sabots, ne courant pas très vite, n’a pu survivre, au fil de son histoire que par l’appartenance à un groupe, une tribu, un troupeau, le plus vaste possible. L’appartenance au groupe est pour notre inconscient synonyme de survie, et aussi un signe de force. Surtout que les prédateurs, il y a quelques milliers et millions d’années étaient bien plus nombreux et autrement plus dangereux que les animaux d’aujourd’hui.

Mais il semble surtout, que le plus grand ennemi de l’homme, au fil de son histoire soit l’homme lui-même, c’est pour cela qu’il a cet instinct puissant du territoire et des ressources comme éléments essentiels à sa survie.

On a vu tous ces Charlie (au pluriel on dit charlots ?) qui n’ont jamais vu une guerre dire « on a pas peur ». Et oui l’appartenance au groupe le plus grand possible donne un sentiment de sécurité et de force. Dès le début de l’affaire Charlie Hebdo, on a assisté à la fabrication médiatique d’un « groupe de survie » autour de la phrase imposée : je suis Charlie.

On crée un groupe de survie autour de soi-disant valeurs de défense du groupe, même à travers les émissions police-justice. On exhibe le bon droit du groupe principal, ces moyen de défenses, afin que, implicitement on adhère à ce groupe. On nous fait croire en permanence qu’on est attaqué, ou en danger, ou protégé par le groupe.

Isoler quelqu’un du groupe, le bannir c’est le condamner à mort très rapidement. Cela crée un malaise chez la personne bannie, que beaucoup ne peuvent supporter. D’ailleurs la plupart des gens réintègrent le groupe rapidement. L’appartenance au groupe devient une priorité supérieure à toute autre. Savoir si le groupe a raison ou tord n’a aucune importance, il faut suivre le groupe, car il est dans notre inconscient la survie.

Aucun animal qui vit en groupe ne peut quitter le groupe seul. Gnous, Zèbres, Singes. Quitter le groupe s’est de mettre en danger. Il en est ainsi pour les humains.

Vis à vis de Vladimir Poutine ou de l’Iran par exemple, les médias principaux veulent à tout prix nous faire croire qu’ils sont isolés sur le plan international. Ce n’est pas innocent. C’est pour éviter que quiconque ne se rallie à eux, qu’on les déclare « banni ». Pour la Chine on ne le dit pas, par un groupe de .1.5 Milliard d’habitant ne peut pas par définition être isolé. D’ailleurs vous avez remarqué que « la communauté internationale c’est surtout l’Europe et les USA pour ne pas dire les blancs ». Ils se sont autoproclamés communauté internationale.

Attaquer le groupe c’est souvent dans l’inconscient collectif, remettre en cause la survie de chacun de ces membres. C’est pour cela que le groupe est assez virulent avec les contestataires.

La bipolarisation de la politique nous vient des États Unis et elle a envahi l’Europe. Et finalement aujourd’hui, nous avons tous compris, que les deux groupes principaux sont exactement les mêmes, alors on introduit un épouvantail, qu’on gonfle ou qu’on dégonfle à volonté, le FN, pour ramener le troupeau là ou il doit être. Ainsi sont verrouillées les portes du pouvoir, aucun petit parti ne peut exister et grandir car l’épouvantail FN doit nous ramener au vote utile, au vote barrage.

On pourrai faire aussi tout un chapitre sur l’utilisation de la parole répétée, car le cerveau de l’homme a cette étrange faculté de prendre pour vrai ce qu’on lui dit un certain nombre de fois. Surtout si le néo-cortex est fatigué. « Les grecs ne payent pas leurs impôts »… Et hop ça devient une vérité, une évidence pour la majorité. La pensée unique a un effet certain sur les hommes. Voila pourquoi tous les médias diffusent tous les mêmes informations.

Le cerveau humain n’est pas adapté à la surabondance d’images extrêmement complexes, et en mouvements et de sons qui sont plus des bruits que des la musique. Cela fatigue le néo cortex et l’épuise. Rien dans le décor millénaire de l’homme n’est comparable à la complexité, la profusion, la rapidité des images et des sons que nous recevons de notre petit ou grand écran. Bien souvent d’ailleurs, par la publicité. Mais pas uniquement. Tous les génériques des flashs infos sont étonnements complexes, images superposées, fractales et en mouvements, musique « impressionnante ».

Les plans séquences des films et des séries américaines récentes sont beaucoup plus courts depuis quelques années. Dans les années 40 50 60 70 80 les plans séquences duraient souvent 10 secondes ou bien plus. Ces plans séquences ultras courts (moins de 1 secondes) ont pour but de fatiguer le néo cortex et diminuer notre capacité de réflexion profonde. Le néocortex s’habitue à survoler les choses sans entrer dans le détail. (Comparez Mission Impossible, Zorro, Amicalement Votre, Colombo, Magnum etc à New York Unité Spéciale, Les Experts, RIS Police Scientifique)

Étant donné que tout cela se passe sous nos yeux, tout cela est très facile à vérifier. Il suffit de ne plus regarder de séries, d’émissions ayant des plans-séquences courts, ni génériques et clips vidéo visuellement complexes, et vous verrez par vous même que cela change la profondeur de votre propre réflexion au bout de quelques jours. Bien entendu il faut systématiquement arrêter de regarder et d’écouter les pubs. Cela doit être un réflexe : détourner son regard des pubs, et couper le son pendant la pub. Les pubs contiennent trop d’images d’infos de sons, de suggestions de sensations, d’émulations de nos désirs. Elles contiennent aussi beaucoup trop de schémas de comportements sociaux familiaux ou de couple qui finissent par nous influencer.

Il y a bien trop d’émissions sur les enquêtes de police justice, ou de séries policières pour que cela soit innocent. On doit être en état de stress permanent et nous habituer à approuver le système. Et on a même droit à avoir de la compassion pour les victimes et de l’indignation contre les coupables, ce qui fortifie notre ego social, moral ou spirituel. C’est comme cela qu’on se fait discrètement laver le cerveau.

Ben Laden tué par les américains en 2011, sans images sans témoins, sans tombe. Les 25 marin’s qui sont supposés l’avoir tué meurent à leur tour deux mois plus tard, le premier ministre du Pakistan avait pourtant annoncé en 2008 que Ben Laden a été assassiné.

Oussama Ben Laden est mort depuis longtemps selon Benazir Bhutto

Et personne ne se pose de question ? Pour une raison simple. Notre inconscient a été formaté ainsi : Se mettre à l’écart du groupe c’est se mettre en danger. Beaucoup de ne peuvent pas imaginer remettre en question le groupe. Quelque soit le mensonge que nous vivons.

Et pour 11 Septembre et l’attentat de Charlie, comme par hasard, on découvre les auteurs immédiatement, juste après le choc, quand le cerveau est plus ouvert à la suggestion : le passeport pour le 11 septembre, la carte d’identité pour Charlie. C’est grâce à cela qu’on reconnaît l’arnaque. Parce qu’elle utilise tous les ingrédients de la manipulation mentale de masse.

Les informations qui sont traitées par les cerveaux primaires ou limbiques sont hélas physiologiquement prioritaires sur les autres activités que sont l’analyse et la réflexion. La télé ne laisse plus fonctionner le néocortex. C’est comme ça que l’on manipule les foules et les peuples en Europe et aux États-Unis.

Dans le cas de l’affaire Merah, on voit qu’ont été utilisés la stratégie du choc, plus des appels au cerveau primaire à travers des références racistes, que le cerveau primaire comprend comme des dangers, des menaces sur l’espace de survie, et le cerveau limbique comme la survie de soit même et de sa progéniture. Et bien entendu la dernière couche est faite sur la peine la compassion qui excitent encore le cerveau limbique : analyse et esprit critique : ZERO.

Merah cerné par le GIGN sort de l’appartement passer un coup de fil, sans que la police le voit, et il revient dans l’appartement se faire abattre bien gentiment par les flics. On nous a « vendu » une information, mais en même temps cette information est diffusée dans un emballage qui empêche le cortex de faire un travail d’analyse, de réflexion et d’esprit critique pour la plupart des gens.

C’est toujours comme cela que les informations sont traitées, aucune ou très peu d’analyse, juste de l’émotion, de l’indignation, de la joie, de la peur, de la vengeance de la compassion. C’est toujours le choc et le stresse qui priment. Après cela, pour ceux qui nous gouvernent c’est simple, en ne diffusant que des infos qui s’adressent au cerveau primaire ou limbique, on fait de nous des êtres d’une facilité déconcertante à manipuler et à gober un peu tout et n’importe quoi. Après un choc de masse, Il est très important aussi de nous donner l’explication pendant la période qui suit le choc, pour qu’elle entre dans notre cerveau sans aucun esprit critique.

Qui fait ces choses là? Ce n’est pas bien compliqué à savoir. Regardez qui inonde le monde d’images de séries de films et de pub. Regardez le logo de Paramount avec sa montagne pyramide, celui de Columbia avec la femme debout sur une pyramide en escalier, les nuages en forme de pyramide et la lumière de son flambeau à la place de l’œil de la pyramide. Mais aujourd’hui ces logos sont cachés, bien plus qu’autrefois.

Est ce qu’une émission de télé (le grand journal ou le petit, c dans l’air, ou spécial investigation ou capital), un journal (le monde, libération, le nouvel obs, Marianne, le canard enchainé ) nous a-t-il un jour parler de Vanguard group, Blackrock, FMR, ou State Street ?

Actionnaires principaux de la Fed, Monsanto, Apple, Google, Microsoft, IBM, Exxon, Mac Donald’s, Pepsico, Mondelez International (n*1 de l’agroalimentaire mondial), Paramount, Goldman Sachs, Bank of New York Mellon, City Group, Jp Morgan Chase, Honda, US Bancorp, Philip Morris, Imperial Tobaco, Bank of America

Actionnaires de : Nasdaq, Facebook, Altice (Patrick Drahi), Yahoo, Wells Fargo, Deutche Bank, Banque Lazard, Morgan Stanley, HSBC, Lockheed Martin, Alcoa Inc. Altria Group, AT&T, Boeing, Washington Post, The New York Time, E bay, Amazone, Caterpillar, Coca- Cola, Pepsi co, General Electric, Rolls Royce, Trip Advisor, Unilever, Nestlé, Siemens, Allianz, General Motors, Ford, Renault, Daimler, Chrysler, Fiat, Bmw, V A G, Harley Davinson, Halliburton, Hewlett-Packard, BASF, Intel, Motorola, Nokia, Cisco, Xerox, 3M, Johnson & Johnson, Novatis, Merck & Co, Pfizer, Bayer, Roche, Teva, Sanofi, Procter & Gamble, Time Warner, Walt Disney, Viacom, CBS Corporation, NBC Universal, E-bay, Amazone,Samsung, Mitsubishi, LG, Vivendi, Nestle,Total, BP, Publicis, AirBus Eads, Axa, Bnp Paribas, Illiad, Havas, etc, et de la plupart des sociétés européennes cotés en bourse et des agences de notation. Il n’est pas possible de les nommer toutes il y a en des milliers.

Quand on nous parle « des marchés financiers, on sait mieux de qui on parle ». Mais le plus troublant, c’est que les propriétaires, les dirigeants de ces 4 grands groupes n’existent pas. Ils sont les uns propriétaires des autres. Ce qui est étonnant et tout à fait suspect.

La télé, les médias se moquent de nous, on nous traite comme des bestiaux.

Pourquoi ces gens ont décidé de diriger l’être humain ? L’être humain, surtout le mâle, est un être extrêmement violent dangereux, imprévisible. Surtout s’il est bien nourri. Souvenez de 1968.

Le plein emploi, la croissance, l’espérance de vie qui s’accroît, pas de Sida, pas de Daesh ni Al Qaïda, ni immigration de masse. Et pourtant c’est à ce moment la que le peuple est descendu dans la rue contre ces dirigeants. L’homme bien nourrit et en paix, est un problème pour les dirigeants.

Aux USA, les dirigeants ont compris les leçons de la contestation de la guerre de Viet Nam.

Pour l’Irak, d’abord on terrorise les gens, on les choque, on leur fait croire qu’ils sont en danger et après personne ne conteste le bien fondé d’une guerre basée sur le mensonge et le pillage.

La seule chose crainte par les dirigeants, c’est la foule quand elle devient violente et ingérable. Les dirigeants du monde ont décidé de nous dresser plutôt que nous éduquer.

Dans ce système plus ou moins bien fabriqué, malheur à ce celui qui détecte un anachronisme, « une faille dans la matrice », il devient tout de suite un « complotiste » : quelqu’un qui doute du bien fondé de la pensé commune, et donc du groupe de survie. La plupart des gens n’écoutent pas les arguments et défendent, sans le savoir, le groupe, c’est à dire dans leur inconscient, leur propre survie. Un gnou, euh pardon, un homme qui semble attaquer le groupe sera détruit par le groupe, car le groupe c’est la survit de tous. Nos schémas de fonctionnement sont toujours les mêmes depuis des millions d’années.

Le cerveau limbique communique avec le cortex et donc à une certaine influence sur lui, l’inverse n’est pas possible. Il se trouve alors que le cortex, devient l’esclave du limbique et du primaire, et la « logique » se met à justifier les peurs les sensations de joie, de puissance, les traumatismes etc. C’est exactement ce qui se passe sous nos yeux tous les jours. En s’adressant à notre cerveau limbique, on met de plus en plus le néo-cortex en mode « esclave ». Et la plupart des gens croient qu’ils réfléchissent correctement car ils ont l’air d’argumenter, et bien non. Très souvent, cette logique-là justifie simplement les ressentis et les impressions et le néo-cortex devient l’esclave des cerveaux limbique et primaire. La logique habille et cherche à justifier les ressentis, les peurs, les joies. C’est une inversion fondamentale de ce qu’il devrait se passer.

« La vengeance est un plat qui se mange froid » et « la nuit porte conseil » sont des dictons populaires, qui exprime bien qu’il faut agir quand le cerveau limbique à laisser la main au néocortex. Mais avec la stratégie de saturation des cerveaux primaires et limbiques, le système médiatique ne laisse jamais le néo cortex reprendre la main. On est en stress permanent, en mode survie : violence, délinquance, sida, Ebola, chômage, attentat, invasion d’immigrés, guerre, accidents etc.

Dans le documentaire, la stratégie du choc, sont évoquées les expériences faites par les états unis sur l’être humain pour le rendre faible, malléable et docile, voire programmable. Le gouvernement américain a mandaté des scientifiques et des universitaires pour faire ce genre d’études. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux dénonce la dérive de ces expériences vers la mise en souffrance des individus et nous informe de cela.

Vidéo supprimée (droits d’auteurs)

Quand on arrête totalement de voir ces images ultra rapides, superposées, fractales, notre conscient aborde alors des questions plus profondes, on est plus serein, moins stressé. On commence à voir plus clair dans sa vie, en soi et …, dans le monde. Notre cerveau est très efficace dans un décors visuel et sonore simple. Voila pourquoi et comment la télé nous empêche de réfléchir.

L’information, que le citoyen est en droit d’avoir par les média, est devenue une suite de fait divers, d’excitation de nos instincts et nos ressentis, bien entendu aussi, avec le football largement promotionné, qui remet en scène et fortifie notre esprit clanique, tribal, des joies et des peines vite oubliées, des victoires inutiles.

L’information s’arrête à la porte de l’analyse ou de l’esprit critique, sauf bien entendu quand il s’agit de faire valider par l’opinion publique la nécessité de faire une guerre « humanitaire », au nom des droits de l’homme, de l’homme blanc bien sur, contre la Libye ou la Syrie.

Tous les journaux et télés, sont complices. Ce système a mis 50 ans à se mettre en place. Aujourd’hui c’est un outil bien rodé et efficace.

Voila pourquoi peu de gens contestent : le groupe de survie ne peux pas être une escroquerie. Et quand bien même, notre cerveau nous oblige à adhérer à ce groupe. Face au danger, la survie est dans le groupe. Un gnou ne traversera pas une rivière tout seul. Un zèbre n’ira pas balader seul dans la savane. La survie pour l’être humain est dans le groupe aussi.

On fait de nous, gentiment, poliment des animaux dociles et irréfléchis. On se sert de l’appartenance au groupe, pour nous faire valider des choses stupides. On utilise, contre les peuple, les média et l’audiovisuel comme une technique de dressage et de lobotomisation, de manipulation du comportement, de paralysie de l’esprit critique.

Chaque être humain doit se poser la question en lisant ou regardant une information à quelle partie de son cerveau le média s’adresse. Et il doit se poser la question de la manipulation des sens.

Chaque être humain doit se poser la question en lisant ou regardant une information à quelle partie de son cerveau le média s’adresse. Et il doit se poser la question de la manipulation des sens, des émotions, de la douce et discrète paralysie de la réflexion et de l’analyse. On perd tout simplement notre esprit critique.

Oui Mac Lean a étudié le cerveau limbique, mais visiblement il n’est pas le seul, vu comment les médias occidentaux traitent l’info. L’appartenance à une majorité, la mise à l’écart des gens anormaux, complotistes ou différents fortifient ce sentiment vital pour le cerveau limbique d’appartenir au groupe majeur, au groupe de survie.

Et puis, mais c’est peut être un sujet plus délicat, comment réagissent l’homme et la femme vis-à-vis de ces manipulations, et pourquoi la majorité des pubs TV s’adressent aux femmes, d’ailleurs avec parfois mise en scène de l’homme ou du couple parfaitement rétrograde. On ridiculise l’homme, le male dominant. L’homme est infantilisé , démis de ces responsabilité (ex : adopteunmec.com)

Calmez vous mesdames du MLF, le male dominant ce n’est pas un affreux macho, c’est celui qui protège sa famille, sa tribu, celui qui se dresse contre un ennemi un danger; celui qui combat jusqu’à la mort. Le mâle dominant, c’est le lion qui se lève affronter trois autres lions, pour sauver sa famille, son territoire. Même si il sait qu’il ne peut pas gagner, il ira et combattra. C’est cet homme-là, celui qui fait les révolutions qui est tant redouté par le système, qu’on essai de le neutraliser, de le ridiculiser.

(Regardez les pubs du crédit mutuel

Beaucoup trop de pub ridiculisent les hommes pour que cela soit un hasard. La dernière en date? Le lynx.fr

Bien entendu, l’homme est un crétin, et la femme non.

C’est trop souvent comme cela dans la pub. La femme explique à l’homme etc etc vous avez vu, vous verrez par vous même. Le mâle dominant est ridiculisé, neutralisé.

Bref, la famille et le couple sont attaqués au bénéfice d’un groupe plus grand et plus anonyme, dont le chef est pré-désigné par la sondages. Il s’agit d’une démarche toute à fait comparable aux dérives sectaires : isoler quelqu’un de ces proches pour mieux le manipuler. Créer des débats de société qui amènent la division au seins même des familles, nous apprendre à mépriser le mâle dominant. Trop de pub nous montre des schémas de comportement de rejet des parents de leur autorité, c’est exactement la méthode utilisés par les sectes.

La pensée unique confirme la dérive sectaire de nos sociétés.

On a plus le droit de se poser de questions, les photos d’Apollo sur la lune sont pleines d’anachronismes, la mort de Ben Laden ridicule, l’avion scratché contre le pentagone invisible etc. Sinon la « secte » déclarera que nous sommes des complotistes. La pensée unique de nos gouvernements est tout à fait semblable à une secte.

Le système fabrique des gens dociles dont il n’a rien à craindre. Les États-Unis ont même atteint un tel taux d’obèses, que les autorités ont du mal à recruter pour les services de pompiers d’armée et de police. Mais avez vous déjà vu une révolution faite par des obèses ?

Et puisqu’il faut un chef au groupe depuis toujours, tout cela est simple, on introduit Valls dans les sondages comme ça d’un coup, ou Strauss Khan. Le système introduit ces poulains, ces défenseurs, ceux qu’il a formés à l’exclusion de tout autre.

D’ailleurs depuis le temps que les sondages existent, je n’ai personnellement jamais été sondé et je ne connais personne qui ait jamais été sondé. Avez vous déjà été sondé ? Connaissez vous quelqu’un qui ait déjà été sondé ? Alors ils sondent qui ?

JFK a déclaré dans un discourt 10 jours avant sa mort la volonté d’un groupe occulte d’acquérir tous les média à des fins d’usage hégémonique. Nous savons aujourd’hui ou cela nous mène.

http://blogs.mediapart.fr/blog/mbdl/161011/le-discours-de-jfk-10-jours-avant-sa-mort.

Alors voilà :

L’assassin de Kennedy : mort, les frères Couachi : morts, les auteurs des attentats du 11 septembre : morts, Mohamed Merah : mort, les assassins de Ben Laden : mort etc etc..

Ça facilite les enquêtes, mais à un moment ça fait beaucoup. Ils pourraient changer de recette ça commence à faire vraiment faux et bidon ce genre d’enquêtes.

Les grecs contestent l’Europe ? on leur envoi des milliers d’immigrés, ça les occupera et il ne penseront plus à l’Europe. Chaque fois que la France abandonne un part de sa souveraineté, les infos pour le cerveau primaire sont mises très en avant. Devant une attaque, même fictive, l’être humain a le réflexe de se rassembler. Comment créer une Europe Fédérale, comment faire passer le TAFTA ? Envoyer des centaines de milliers d’immigrés en Europe, et bien faire les titres des infos sur le sujet pendant quelques mois.

Faites attentions à vos enfants si vous ne voulez pas qu’ils deviennent les zombis du 21e siècle.

Quelque soit votre vie, réservez vous des longs moments de calme ou de silence chaque jour. Loin de la télé, des images trop nombreuses et trop rapides et des informations agressives que nous subissons. Choisissez des programmes visuellement calmes. Refusez qu’on s’adresse à vos peurs, à vos peines, à vos instincts. Vivez le plus possible dans un décor naturel, pour nettoyer votre cerveau et ne pas devenir un produit manufacturé.

Correction Voltigeur

Paul D. MacLean est un médecin et neurobiologiste américain né le 1er mai 1913, à Phelps (en) dans l’État de New York, décédé le 26 décembre 2007. Il est l’auteur de la théorie dite du cerveau triunique selon laquelle l’évolution du cerveau dans le règne animal se retrouve dans la structure du système nerveux central humain avec un étage reptilien, un étage limbique et enfin le néocortex.

Henri Laborit est né le 21 novembre 1914 à Hanoï, alors en Indochine, et mort le 18 mai 1995 à Paris. Médecin chirurgien et neurobiologiste, il introduisit l’utilisation des neuroleptiques en 1951. Il était également éthologue (spécialiste du comportement animal), eutonologue, selon sa propre définition (spécialiste du comportement humain) et philosophe.

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mercredi, 10 juin 2015

Le contrôle du langage

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Le contrôle du langage

Auteur : Nafy-Nathalie
Ex: http://zejournal.mobi

La tentative des gouvernants de contrôler le peuple en contrôlant le langage n’est pas nouvelle. Petit rappel historique.

La nouvelle est tombée sur BFM : dans certains collèges et lycées, le « tchip », ce petit bruit de succion qui rendrait fou des professeurs, est maintenant réglementé.

Là où le bât blesse, c’est que ce fameux tchip, « concentré de dédain », a été rendu populaire par nulle autre que Madame Taubira. Elle l’avait en effet utilisé pour qualifier ses détracteurs, le rendant populaire au point de devenir habituellement utilisé par les adolescents

Je ne m’attarde pas sur l’incongruité d’interdire à certains l’usage d’une onomatopée permise à d’autres sans donner le sentiment d’une liberté d’expression à géométrie variable. En effet, chaque langue forge d’une façon particulière la vision du monde de ceux qui l’utilisent. On voit ce que l’on dit. Je prends l’exemple de l’anglais qui différencie le sheep (dans le pré) du mouton (dans l’assiette).

Nommer est une décision humaine intelligente, la première étape de la pensée scientifique et de la pensée tout court. Nommer, c’est distinguer, classer, mettre en ordre le monde, le comprendre et le modifier. C’est, plus simplement, prendre le pouvoir. Il s’agit donc d’une arme redoutable qui peut servir à libérer, magnifier ou à l’inverse, réduire en esclavage, insulter, lancer des propagandes, exclure.

Le contrôle du langage est donc important pour nos dirigeants qui sont censés avoir conscience de l’impact des mots. D’ailleurs, mus par une éthique souvent contestable, ils usent et abusent constamment de cette arme dans les promesses qu’ils nous font, les injonctions dont ils nous menacent, les pseudo-vérités qu’ils nous assènent, les visions délirantes de la société dont ils veulent nous convaincre.

Il n’est pas innocent dans ce contexte de remplacer un mot par un autre véhiculant une vision différente. Ainsi la « secrétaire » devient « assistante », une « femme de ménage » une « technicienne de surface », un « instituteur » se transforme en « professeur des écoles ». La réforme des programmes scolaires et son lot de remplacements ridicules comme substituer  « nager » par « se déplacer de manière autonome dans un milieu aquatique profond » en est également une illustration édifiante.

La tentative des gouvernants de contrôler le peuple en contrôlant le langage n’est pas nouvelle : si les Serments de Strasbourg en 842 sont considérés comme le plus ancien document écrit en français, la France jusqu’au 17ème siècle était multilingue (langue vulgaire et latin), ce qui posait problème notamment dans l’assise du pouvoir administratif et judiciaire. Il était indispensable d’unifier la nation autour d’une langue. C’est ainsi que l’ordonnance de Villers-Cotterêts a permis d’entamer ce processus :

Article 110 : afin qu’il n’y ait cause de douter sur l’intelligence des arrêts de justice, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement, qu’il n’y ait, ni puisse avoir, aucune ambiguïté ou incertitude, ni lieu à demander interprétation.

Article 111 : et pour que de telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel français et non autrement.

Richelieu a créé en 1635 l’Académie Française afin, selon les termes de Marc Fumaroli, de « donner à l’unité du royaume forgé par la politique une langue et un style qui la symbolisent et la cimentent ». Ainsi, l’article 24 des statuts précise que « la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ».

La révolution française a accolé l’idée de nation à la langue pour amener un sentiment d’identité nationale, confirmant le processus qui a été encore accentué par Jules Ferry (l’école obligatoire) et le concept de laïcité.

Il est par contre notable de constater que le pouvoir politique a laissé à une institution indépendante, pendant des siècles le soin d’enregistrer, d’établir et de régler l’usage du français. Depuis les années 1970 cependant, le gouvernement, toutes tendances politiques confondues, essaie régulièrement d’étendre son pouvoir en régulant la langue française.

Sous Pompidou (Pierre Messmer Premier ministre), a décidé de lutter contre l’invasion ou la prédominance anglaise. À partir de 1972, des commissions ministérielles de terminologie et de néologie sont constituées pour désigner, au besoin créer, des termes français pour éviter un mot étranger. Ces termes s’imposent alors à l’administration. Ainsi baladeur remplace walkman par exemple.

Sous Valéry Giscard d’Estaing (Chirac Premier ministre), en 1975, la loi dite « Bas-Lauriol » rend l’emploi du français obligatoire dans l’audiovisuel, le commerce et dans le monde du travail.

Toutes ces dispositions n’empêchent pas l’anglais d’être LA langue. Au cours des années 1990, la gauche décide de renforcer l’ensemble législatif.

Sous Mitterrand (Bérégovoy Premier ministre), un nouvel alinéa est ajouté, le 25 juin 1992, à l’article 2 de la Constitution : la langue de la République est le Français.

La loi du 4 août 1994, dite « loi Toubon » tente d’élargir les dispositions de la loi de 1975 relative à la primauté des termes francophones face aux anglicismes. Elle reconnait le droit de s’exprimer et de recevoir, et l’obligation de rédiger toutes les informations en français. Il est intéressant de noter que le Conseil constitutionnel l’a beaucoup allégée, estimant que l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen interdisait à l’État de déterminer le vocabulaire à utiliser par les médias ou les personnes privées dans l’ensemble de leurs activités. La loi ne peut intervenir que pour les personnes morales de droit public et les personnes de droit privé dans l’exercice d’une mission de service public (article 5 de la loi).

Sous Chirac (Juppé Premier ministre), le décret du 3 juillet 1996 met en place une nouvelle commission générale de terminologie et de néologie. L’accord de l’Académie Française devient indispensable pour que les termes d’enrichissement « recommandés » soient publiés avec leurs définitions au Journal Officiel. La prédominance de fait de l’Académie se trouve ainsi confirmée par le droit.

La tentative de féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres est une illustration assez marquante de cette volonté de légiférer à tout va. Il a en effet été décidé, dans les années 80, de lutter contre le sexisme dans la société grâce aux mots.

Ainsi sera créée une « commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activités des femmes » pour que « la féminisation des noms de professions et de titres vise à combler certaines lacunes de l’usage de la langue française dans ce domaine et à apporter une légitimation des fonctions sociales et des professions exercées par les femmes ».

L’Académie Française, non consultée, fait part de ses réserves et indique, arguments à l’appui, que la féminisation risque d’aboutir à un résultat inverse et créer dans la langue une discrimination entre les hommes et les femmes. Elle en profite pour contester enfin le principe même d’une intervention gouvernementale sur l’usage, jugeant qu’une telle démarche risque « de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l’usage, et qu’il paraîtrait mieux avisé de laisser à l’usage le soin de modifier ».

Une circulaire du Premier ministre Jacques Chirac recommandera, en 1986, de procéder malgré tout à la féminisation, mais cette circulaire ne sera pas appliquée.

En 1997 (Présidence Chirac- Gouvernement Jospin), certains ministres du gouvernement préconiseront pour leur compte la forme féminisée « la ministre », ce qui provoquera une nouvelle réaction des immortels.

Dans une circulaire du 6 mars 1998, le Premier ministre Lionel Jospin, constatant le peu d’effet du texte de 1986, propose malgré tout d’imposer la féminisation « dès lors qu’il s’agit de termes dont le féminin est par ailleurs d’usage courant ». Il charge alors une commission générale de terminologie et de néologie de « faire le point sur la question ». Le rapport de la commission en octobre 1998 rappelle qu’une intervention gouvernementale sur l’usage n’est pas recommandée et ne sera pas suivie d’effet.

L’incident qui a eu lieu à l’Assemblée Nationale il y a peu de temps est assez symptomatique de tout cela.

Tout est dit : légiférer la langue de manière aussi directe est juste une perte de temps et d’énergie. Pour influencer les esprits, il faut le faire plus subtilement, ce dont ils ne se privent d’ailleurs pas.

Un exemple édifiant est celui d’un morceau de tissu pouvant cristalliser des positions racistes en fonction du nom qui lui est donné et de l’interprétation qui en est faite.

Nous nous dirigeons vers une sombre période. Je repense au livre de George Orwell, 1984, dans lequel était décrit le lien entre le contrôle des mots, de leur définition et signification et le contrôle de la pensée réelle du peuple. Il suffit d’observer l’évolution des définitions dans le temps, qui finissent par perdre leur substance, et donner une autre interprétation

Restons vigilants ! Nous nous attachons à défendre nos libertés, principalement la liberté d’expression, face à un État qui ne pense qu’à les grignoter, au motif de faire notre bien. Ne nous laissons pas prendre la première d’entre elle, qui est celle de penser.

- Source : Nafy-Nathalie

lundi, 04 mai 2015

L'INFORMATION CONTRE NOS LIBERTES

L'INFORMATION CONTRE NOS LIBERTES

Méridien Zéro a proposé un entretien avec Laurent Ozon pour disséquer l'information, non pas sous l'angle de la réinformation, ce que nous avons déjà eu l'occasion de traiter, mais par une approche plus globale sur ce qui constitue aujourd'hui l'information, coeur nucléaire du système que nous combattons.

A la barre et technique, JLR

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Pour écouter:

http://www.meridien-zero.com/archive/2015/02/13/emission-n-221-l-information-contre-nos-libertes-5558115.html

jeudi, 26 mars 2015

La mise en place d’un système de propagande au niveau européen

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La mise en place d’un système de propagande au niveau européen

 

 

 

 

Il y a quelques mois, le média EUobserver signalait l’existence d’un document informel à l’initiative de la Grande-Bretagne, de la Lituanie, de l’Estonie et du Danemark, appelant à doter l’UE de moyens d’informations communs destinés à « déconstruire… la propagande hostile » que représenteraient les médias russes dans le cadre du conflit ukrainien. L’affrontement du bloc américano-occidental et de la Russie, a en effet permis de mettre à jour l’embrigadement des grands médias occidentaux sur les sujets géopolitiques et stratégiques et a permis à de nombreux citoyens européens à la recherche d’une information réaliste et factuelle de s’informer hors de la sphère d’influence américaine par le biais des grands médias russes, comme Russia Today, qui dispose maintenant d’une édition en langue française. La simple comparaison entre les informations déployées à l’intérieur du bloc OTAN et celles circulants hors de la sphère d’influence américano-occidentale, permet effectivement de prendre conscience de la propagande de guerre à l’oeuvre dans les médias européens et de leur manipulation de l’information.

Le document, probablement d’origine états-unienne, prévoyait donc la mise en place au niveau européen d’une « plate forme permanente au sein de laquelle l’UE et l’OTAN pourraient échanger leurs points de vue sur la communication stratégique » et appelait les producteurs médiatiques à « encourager les échanges entre les productions des différents pays (divertissements, films, documentaires) afin de fournir des alternatives compétitives à la production russe sur le marché européen de la télévision. »

Le conseil européen des 19 et 20 mars derniers, a adopté à cet effet une « feuille de route » concernant la mise en place des mesures préconisées par ce document, sous la supervision de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, dans le but « de superviser le nouveau programme d’envergure pour contrecarrer le travail des médias russes. »

Cette dernière a notamment déclaré le 19 janvier : “Nous travaillons sur la mise en place d’une stratégie de communication pour faire face à la propagande en langue russe“.

A cet effet, il est prévu de lancer un grand média en langue russe destiné à promouvoir la vision atlantiste dans la sphère d’influence de la Russie et à contrer Russia Today, sur le modèle des anciens médias opérés par la CIA du temps de la guerre froide, comme Radio Liberty ou Radio Free Europe. Le document, qui n’a pas été rendu public et serait classé « secret défense », mais dont certains éléments ont fuité, invite également les journalistes d’investigation à se rapprocher de structures telle que la European Endowment for Democracy, opérée par la CIA.

Russia Today, en tant que premier média international russe, est la cible privilégiée de cette campagne. En Grande-Bretagne, l’Office of communications, la structure de régulation des médias, a formulé en décembre un avertissement à Russia Today en menaçant de lui retirer sa licence si la chaîne ne tenait pas compte de ses remarques.

En début d’année, le rédacteur en chef du quotidien américain The Economist, Edward Lucas, a qualifié les employés de RT « d’excentriques et de propagandistes » et a appelé à leur boycott. Il a notamment affirmé : « Quiconque déposera son CV sur mon bureau et que je vois que cette personne a travaillé chez RT ou Sputnik ou quelque choses comme ça, alors ce CV sera jeté à la poubelle. Nous devons être capables d’humilier ces chaînes, ces personnes et les personnes qui les ont nommés, les producteurs qui les ont lancés et de les repousser en marge du monde des médias pour qu’on ne les considère plus comme de vrais journalistes ou de vraies chaînes mais comme des excentriques et des propagandistes. »

Un premier pas dans la mise en place d’une stratégie européenne de propagande de masse vient d’être effectué avec la signature d’une alliance entre sept grands quotidiens nationaux qui comprend Le Figaro, pour la France, La Republica pour l’Italie, El Pais pour l’Espagne, Le Soir pour la Belgique, La Tribune de Genève et Tages-Anzeiger pour la Suisse, et qui sera dirigée par Javier Moreno, ancien directeur de la rédaction d’El País. Les objectifs officiels sont « la mise en commun des compétences ainsi que la promotion du journalisme de qualité. »

Cette alliance a été nommée Leading European Newspaper Alliance  (LENA) et elle s’est donnée pour objectif opérationnel de mettre en place une « plateforme d’entraide entre éditeurs pour partager leurs expériences à l’ère numérique« , c’est à dire qu’elle proposera une plateforme de mutualisation des contenus. Cette mutualisation aura pour conséquence une réduction de la diversité éditoriale et une uniformisation des contenus à l’échelle européenne, ce qui facilitera l’imposition et la circulation de la propagande atlantiste à l’échelle du continent. L’objectif affiché est ainsi de « faire émerger une opinion publique en Europe« …

Guillaume Borel

mardi, 28 janvier 2014

CHI MANOVRA I “MODERNISTI ISLAMICI”?

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CHI MANOVRA I “MODERNISTI ISLAMICI”?

Enrico Galoppini

Ex: http://www.eurasia-rivista.org

Per gentile concessione della rivista di studi afro-asiatici “Africana”, mettiamo a disposizione l’articolo di Enrico Galoppini Chi manovra i “modernisti islamici”? (XVII, 2012, pp. 141-148: http://www.giovanniarmillotta.it/africana/africana12.html [1]).

“Timbuctu è in mano agli integralisti islamici”: così titolavano giornali ed agenzie ai primi di luglio 2012, che riferivano di distruzioni di moschee e santuari da parte dei militanti di Ansâr ed-Dîn, i quali avevano preso il controllo della città santa del Mali.[1]

Qui non c’interessa entrare nel merito dello scontro tra questi e il governo, e tra i medesimi e i tuareg “laici”, fino a pochissimo tempo prima loro alleati. Ma una cosa va detta: senza l’eliminazione di Gheddafi, che non era affatto un “ateo”, questo pandemonio in Mali – che segue quello in atto in Libia, con protagonisti vittoriosi dalle analoghe ristrette vedute – non sarebbe stato possibile. Quindi se lo segnino bene tutti quelli che adesso piangono lacrime di coccodrillo, perché chi più chi meno hanno tutti lavorato per produrre questo capolavoro. E lasciamo pure perdere il fatto che Timbuctu è considerata “patrimonio mondiale dell’umanità” dall’Unesco, poiché l’importanza, il valore di una città, di un sito, e tanto meno di un luogo sacro, non viene certo data, come si vorrebbe far credere, dalla “certificazione” da parte di un’agenzia delle Nazioni Unite, che sappiamo per quali motivi sono state istituite: preparare il “governo unico mondiale” senza Dio, con tutte le conseguenze che ne derivano.

Detto questo, passiamo ad esaminare perché questi “fondamentalisti” infieriscono con particolare veemenza e furore su quei luoghi di culto islamici, e sottolineiamo islamici, che ospitano le spoglie di personaggi considerati “santi”, modelli di pietà e virtù dalla locale popolazione (e non solo), la quale – dopo averli seguiti finché erano in questo mondo – vi si reca in “visita” [2] per beneficiare della baraka che ne promana, delle sue “influenze spirituali” ed ottenere così una “intercessione” presso il Signore, e non certo per adorarli quali “dei”. [3]

Per prima cosa, al riguardo del “culto dei santi”, degli awliyâ’ [4] in Islam, vi è da dire che esso è completamente “islamico”, mentre tutti questi “modernisti”, “salafiti”, “wahhabiti” e chi più ne ha più ne metta lo ritengono “blasfemo”, da “idolatri”. La loro argomentazione principale è che per salvaguardare il principio del tawhîd (Unità ed Unicità divine: il Principio non può che essere uno e unico) bisogna evitare assolutamente tutto ciò che fa incorrere il musulmano nell’errore di “associazionismo” (shirk), ovvero quello di attribuire a Dio dei “pari”.

Ora, fin qui (la concezione “non duale”) siamo tutti d’accordo, tuttavia per ‘eccesso di zelo’ accade che questi calvinisti d’Arabia, a furia di togliere legittimità a tutto quel che può risultare un supporto, un sostegno intermedio, una ‘rampa di lancio’ per facilitare l’elevazione del credente sino al grado più alto,  quello della Realizzazione spirituale appannaggio solo degli “eletti”, finiscono per fare completamente “terra bruciata” lasciando le persone, ancorché animate da buone intenzioni, alla mercé della cosa più pericolosa che esista: il proprio metro di giudizio [5].

I “modernisti”, infatti, da cui derivano i “salafiti”, i “takfiri” eccetera, ritengono che ciascuno, nel proprio cammino di “conoscenza” (realizzare intimamente, con “certezza assoluta”, che tutto è Dio e che Dio è ovunque) debba fare affidamento solo sul proprio sforzo; che ogni essere umano in fondo sia “il maestro di  se stesso”. Tutt’al più riconoscono l’autorità di “sapienti” usciti da determinate scuole, tutti invariabilmente della loro ideologia. Ma guai a parlare di “santi”, di “realizzati”, di “maestri”: per loro non ne esistono, salvo poi prendersene di virtuali, “di carta”, televisivi, o peggio ancora su internet, e qui cade a pennello la selva di canali satellitari che rincitrulliscono chi crede che basti spaparanzarsi in poltrona a casa e sorbirsi il predicozzo di qualcheduno che “buca lo schermo” da uno studio televisivo per ritenere di avere una guida autorevole e, soprattutto, in contatto con le “entità” benefiche che abitano il “mondo dell’invisibile” (‘âlam al-ghayb).
Ora chiunque può comprendere che se si nega che vi possano essere uomini in grado di stabilire in vita, da quaggiù, una “connessione” di questo tipo, si nega implicitamente l’esistenza del “mondo dell’invisibile”, menzionato a chiare lettere dal Corano [6].

Per questi Savonarola dell’Islam, da dottrina completa e quindi vera nella misura in cui traduce in linguaggio intelligibile per gli uomini di un’epoca (quella del Kali Yuga) [7] i dati della metafisica (che per sua essenza è una), l’Islam si trasforma in “Islamismo”, in una “ideologia religiosa”. Un po’ come il Sionismo, che lungi dal rappresentare l’Ebraismo è nient’altro che una sua interpretazione ideologica che grazie all’azione concomitante di vari fattori ha preso completamente la scena al punto che sia i suoi fautori sia i suoi
detrattori lo identificano tout court con la tradizione ebraica. Con il moderno “fondamentalismo islamico” il discorso è analogo: si tratta né più né meno che di un’interpretazione ideologica dell’Islam, che ipso facto produce un’esiziale incomprensione di cosa sia davvero l’Islam, il quale diventa, agli occhi di chi non ne sa nulla (gli “occidentali”), comprensibilmente odioso e “barbaro” [8].

Siamo dunque di fronte ad una manifestazione di “riduzionismo”, ad una semplificazione risultante da una fondamentale incomprensione che, com’è tipico di chi ha compreso ben poco, si vuole imporre a tutti quanti. In pratica si riconosce che esiste la vetta della montagna e che bisogna arrivarci, ma sul percorso e, soprattutto, sul fatto che esistano delle “guide esperte”, si glissa allegramente. Si pensi un po’ a che fine farebbe uno sprovveduto ed improvvisato alpinista qualora decidesse di salire sulla vetta dell’Everest armato solo di cartine, diari di famosi scalatori e tutto il meglio dell’attrezzatura disponibile! Certo, alla fine  ciascuno fa le ‘sue’ esperienze, ed in questo il suo viaggio è ‘unico’, diverso da quello degli altri, mentre lo sforzo profuso non è invano (non è la stessa cosa farsi portare lassù con un elicottero!), ma la meta è la stessa per tutti e da lassù si vede lo stesso panorama: si domina il mondo e si comprende che cosa è il “reale”. Questi “modernisti”, invece, convintisi che non è possibile raggiungere la vetta della montagna preferiscono divorare biblioteche intere di saggi ed enciclopedie sull’alpinismo e l’arrampicata, gareggiando a chi ne sa di più, ma guardiamoci bene dal prenderli come “guide” perché al primo crepaccio, senza alcuna  esperienza, vi finirebbero dentro trascinandovi gli incauti compagni di cordata.

La ‘montagna’, poi, bisogna amarla, e non farne un argomento da “record”, come ha spiegato un’infinità di volte Reinhold Messner. L’analogia funziona anche qui: non si può sperare di ottenere “virtude e conoscenza” solo con la “testa”… Cosa resta dunque a chi fa della “conoscenza” solo una questione d’erudizione? Per di più brandendola come una scure all’indirizzo di “apostati” (kuffâr) di cui si ha bisogno come l’aria per fortificarsi nella convinzione d’avere sempre ragione? L’affidamento alle facoltà razionali.

Ne abbiamo una plastica rappresentazione nella questione della distruzione di una porta di un celebre mausoleo a Timbuctu, tenuta chiusa per decenni, o forse ancor di più. La tradizione locale riporta che l’apertura di quella porta sarebbe avvenuta solo “alla fine dei tempi”… Allora, gli aderenti a Ansâr ed-Dîn, in segno di sfida alla “creduloneria” locale, hanno abbattuto quella porta, e naturalmente non è successo “niente”… Al che avranno certamente gongolato pavoneggiandosi per questa vittoria sulla “superstizione”!

Essi, poveretti, non si rendono conto che il punto importante non che “non è successo nulla”. L’importante è invece che hanno sfondato quella porta, che hanno superato “il limite”. Così hanno, senza rendersene conto, “inverato la profezia”. Ma facendo affidamento sulle mere facoltà razionali dell’uomo – il che li rende indifesi di fronte allo psichismo inferiore – essi agiscono credendo di operare in un senso quando in realtà lavorano per forze intente a realizzare l’esatto contrario di ciò in cui credono. In pratica, essi ritengono di agire per “sfatare la profezia”, mentre sono proprio loro che la “realizzano”! Tutto ciò è terribilmente
perfetto ed inesorabile.

Fra l’altro la distruzione della porta di Timbuctu e di vari altri santuari in tutto il mondo islamico, significativi anche perché radicano l’Islam in un tessuto locale, esattamente come i santuari cattolici (e guarda caso i protestanti non ne hanno), è analoga alla demolizione dei “buddha di Bamyan” in Afghanistan ad opera dei Talebani. Come in quell’occasione, si parla di “scempio verso la cultura”, di intolleranza religiosa” e via discorrendo, senza cogliere il punto essenziale, ancor più semplice da individuare quando a cadere sotto la  furia dei “puritani islamici” sono santuari e luoghi di culto dell’Islam stesso.

Si tratta forse di ‘sigilli’, di opere di ‘protezione’ che finché sussistono impediscono la penetrazione (o la fuoriuscita) d’influenze dissolutrici? Lo sviluppo degli eventi, in tutto il mondo islamico, non tarderà a mostrarci se ci siamo sbagliati o meno…

Ma non è finita qui. Perché l’altra grande domanda che a questo punto dobbiamo porci è: chi manovra i “modernisti islamici”?

Segnaliamo subito un fatto curioso: da quando è cominciata la cosiddetta “Primavera araba” [9], i “militanti islamici” sono ridiventati improvvisamente “simpatici” [10], da che erano dipinti – fino ad un paio d’anni fa, quando Obama, novello Kennedy, “tese la mano all’Islam” col suo discorso del Cairo – come degli autentici mostri che minacciavano i cosiddetti “Paesi arabi moderati”.
Abbiamo spiegato nella prima parte di quest’articolo qual è la mentalità di questi “modernisti” e da che ‘pulpito’ – forse sarebbe meglio dire da che ‘abisso’ – giunge la loro ‘predica’. Abbiamo anche indicato in ogni forma di “modernismo” un fenomeno di riduzionismo, quindi di fondamentale incomprensione di che cosa siano le realtà spirituali, che sono per l’appunto “realtà”, di una concretezza diversa da quella delle cose ordinarie, ma non bei discorsi e né la sopravvalutata “erudizione” di cui si vantano troppi musulmani
odierni.

D’altra parte, se il buongiorno si vede dal mattino, sono da attendersi queste ed altre ‘imprese’, ben poco…‘edificanti’: quando i wahhabiti (che non sono sunniti!) [11] conquistarono per la prima volta Medina, nel XVIII secolo, non esitarono a distruggere persino la tomba del Profeta dell’Islam, e ancora oggi di fatto impediscono il regolare svolgimento degli atti di devozione, al suo cospetto, che milioni di fedeli anelano a compiere quando si recano in Arabia per il Pellegrinaggio (o la “visita”, la ‘umra) presso “la Casa di Allâh”.

La furia ‘iconoclasta’ di questi “puritani dell’Islam” (motivo per cui van d’accordo alla perfezione con l’Angloamerica) non accenna a placarsi, dall’Egitto alla Tunisia: nel primo, addirittura, in un delirio che non teme di sfociare nella buffoneria, vi è chi propone di demolire le piramidi, simboli del “paganesimo” [12]! E non poteva mancare la Libia, vittima predestinata dopo la destabilizzazione dei due Stati vicini, sempre in nome della “lotta alla superstizione” e di un “Islam autentico” dai tratti razionalistici che si sta diffondendo
purtroppo a macchia d’olio anche in Europa grazie all’azione di organizzazioni che, commettendo un pasticcio inescusabile, cercano, un po’ perché ci credono e un po’ perché sono dei furbacchioni, di presentarsi presso “istituzioni” compiacenti come i portabandiera di un assurdo ed improponibile connubio tra “Islam e democrazia”, peraltro sostenuto a livello accademico da una sfilza di “sociologi dell’Islam” uno più incompetente e in malafede dell’altro. E tutti uniti appassionatamente – gli uni protagonisti della “primavera”, gli altri incanalando il sapere universitario in un alveo rassicurante – al servizio della loro vera ‘madrepatria’: il “mondo moderno”, nel quale si trovano entrambi a loro agio e di cui la “democrazia” è il totem indiscutibile, tanto che – senza spiegare bene da dove ciò trarrebbe legittimità dottrinale – appena una “rivolta” va a buon segno i Freedom Fighters sotterrano l’ascia di guerra ed inaugurano la stagione dei ludi elettorali, mostrando felici ai media delle stesse cricche usurocratiche che hanno finanziato le “ribellioni” il pollice intriso d’inchiostro di chi finalmente s’è messo al collo il giogo della partitocrazia e del relativo governo dei peggiori.

In Libia, quelli che ‘qualcuno’ ha denominato “drogati” e “ratti della Nato”, dopo aver servito da truppe cammellate dei “liberatori”, si sono dunque dati alla loro attività preferita [13], che è quella di profanare ciò che è completamente fuori dalla loro portata intellettuale [14]. Essi si dedicano a maledire e distruggere ciò che non capiscono, perché come tutti gli ignoranti, adusi a semplificare, vanno fuori di testa al pensiero che esista qualche cosa in grado di sfuggirgli, che gli è completamente precluso. E, colmo del ridicolo, si pavoneggiano delle loro nefande azioni, facendo a gara a chi grida più a perdifiato Allâhu akbar (“Iddio è più grande”), come per dimostrare che siccome l’ira del santo di turno, dell’intimo di Dio (il walî), non s’è scaricata sugli autori del gesto, ciò significherebbe che tutta la devozione nei suoi confronti era decisamente mal riposta poiché il Signore non ha fatto nulla per difenderne il mausoleo, né ha ‘folgorato’ gli autori della distruzione. Sembra di vedere all’opera dei positivisti ottocenteschi, tanto queste ‘dimostrazioni’ sono puerili e demenziali [15]. Questo punto non verrà mai sottolineato abbastanza per comprendere la “decadenza islamica” rappresentata da queste tendenze “moderne”, che solo qualcuno a digiuno di che cosa sia la Tradizione può scambiare per “rinascita”.


Una delle ultime bravate di questo tipo nella “Libia liberata” (quella per intendersi, ripiombata sotto il tallone dell’usura e dei suoi “prestiti”, quella del nuovo sottosviluppo camuffato da “tradizione”, quella della svendita di tutti i settori strategici che configurano la sovranità di una nazione, quella di un tribalismo inconcludente) è stata la distruzione, da parte di una massa di pecoroni aizzati dal peggior tipo di ‘pretaglia’ che esista [16], della moschea-mausoleo di ‘abd as-Salâm al-Asmar [17], di cui esiste anche una sconcertante testimonianza filmata [18].

Questo luogo di culto e di devozione, che conteneva circa 5.000 volumi finiti in cenere (avranno controllato che non ci fossero opere di Ibn Taymiyya, il loro preferito!), non è l’unico finito sotto le grinfie di questa ciurmaglia fanatizzata. A Tripoli, come scimmie ammaestrate, hanno demolito a colpi di bulldozer [19] un altro importante luogo di devozione (islamico, sottolineiamolo ancora per chi avesse cominciato a pensare che questi “musulmani” ce l’hanno con dei non musulmani) [20]. Ma al santuario di Sîdî Ahmed az-Zarrûq [21], gli stessi invasati hanno superato se stessi, svignandosela con la salma del sant’uomo lì sepolto [22].

Le “autorità” sedicenti tali, giunte a Tripoli sul ‘tappeto volante’ della British Airways, prendono le distanze, ma è un film già visto, poiché anche in Italia nei primissimi anni post-“Liberazione” erano all’opera, con licenza di uccidere e devastare, bande di “puri dell’Idea resistenziale”, evidentemente lasciate fare su ordine del vero padrone, che non era certo il governicchio degli ex di “Radio Londra” e dei ‘villeggianti’ al “confino”, ma quello che aveva stabilito la subitanea eliminazione del capo del Fascismo e la sparizione della sua famosa cartella con documenti “compromettenti”.
A proposito di bulldozer, è interessante notare che quando Israele distrugge le proprietà palestinesi coi medesimi sbrigativi mezzi, si scatena giustamente un’unanime esecrazione da parte islamica, ma in questo caso, specialmente da parte dei ‘primaverandi’, felici delle loro ‘moschee dell’Ikea’ [23], non si erge la benché minima critica.
I leader religiosi di questi ultimi, inoltre, sono perennemente imbufaliti, lanciano anatemi a destra e a manca, puntano il dito sempre contro qualcuno, ma poi, quando arrivano le palanche di qualche “emiro”, come per incanto diventano mansueti come agnellini e disposti a tollerarne ogni marachella: pecunia non olet, specialmente se sa di petrolio.

Mi chiedo come ci si possa prendere a “guida spirituale” individui che non promanano alcun senso di pace, di fratellanza, di amore [24] nel vero senso della parola, pur nelle necessarie intransigenza ed adesione allo spirito vivificatore della lettera del Messaggio (Risâla), pena lo scadimento nello “spiritualismo” e nell’irrazionale, l’altro polo dello sfaldamento dell’autentica spiritualità (e con essa dell’uomo al quale è destinata), assieme al letteralismo razionalista di cui questi “duri e puri” sono la più recente manifestazione.

Mi chiedo anche dove vogliono arrivare quando avranno consegnato tutte le sponde meridionale ed orientale del Mediterraneo a costoro. Ci metteranno il terrore mediatico addosso per imbarcarci così in una nuova stagione dello “scontro di civiltà” a beneficio del divide et impera nel Mediterraneo? La Nato li aiuterà ad attaccarci e a colonizzarci qualora tentassimo di sbarazzarci dei nostri pluridecennali occupanti?
Eh sì, perché questi signori – a parte il pulcherrimo attentato dell’11/9 attribuito ad Osama bin Mossad – non sembrano affatto interessati a nuocere all’America e all’Inghilterra, che anzi ammirano in cuor loro e poi odiano perché l’ammirazione non è ricambiata, ma sono costantemente disposti a seminare morte e distruzione in tutti quei paesi che periodicamente l’Occidente individua come “il nemico” da distruggere: prima l’Afghanistan con la scusa del “comunismo ateo” (perché, l’Occidente non è “ateo”?), poi la Jugoslavia con la scusa della “pulizia etnica” (a senso unico), poi l’Algeria con la scusa del “pericolo fondamentalista” (da essi stessi alimentato per rovesciare un governo inviso!), poi la Cecenia con la scusa che comunque i russi sono sempre “comunisti” ed “ubriachi”, poi la “primavera araba” con la scusa delle “tirannie” (a geometria variabile)… E il prossimo obiettivo su commissione chi sarà? L’India perché
“adorano le vacche”? La Cina perché mangiano maiale con funghi e bambù? La Chiesa cattolica perché la Trinità è “pagana”? L’Iran e gli sciiti perché sono “eretici”? Insomma, la lista dei “cattivi” consegnata da qualche James Bond assieme alla valigetta coi dobloni è ancora lunga, e nemmeno alla fine si scorge il nome dell’Angloamerica. No, per loro, alla prova dei fatti, e non di qualche fanfaronata plateale che non costa nulla, il problema non sussiste.

Qualcuno piuttosto famoso tra i musulmani, l’Imam Khomeyni, certamente consapevole che l’Avversario è ben altro che un accidente del mondo, ebbe a definire l’America “il Grande Satana” e una certa concezione della sua medesima religione “l’Islam americano”. Si dice anche che l’astuzia più abile del Demonio sia quella di far credere che non esiste. Ecco, questi “modernisti islamici” non saranno arrivati a tanto, ma di sicuro lo scambiano di continuo con qualcun altro.

http://www.cese-m.eu/cesem/2014/01/chi-manovra-i-modernisti-islamici/[2]

 

NOTE

 

1. ROSSELLA BENEVENIA, Mali: integralisti distruggono entrata moschea a Timbuctu, “Ansa.it” 3 luglio 2012.

 

2. Il termine arabo per “visita” è ziyâra, dal verbo zâra/yazûru, che significa appunto “visitare”, utilizzato anche in senso più generale e meno “tecnico”.

 

3. Su tale importantissima pratica, riscontrabile in moltissime tradizioni, cfr. NELLY AMRI, Le corps du saint dans
l’hagiographie du Magherb médiéval, pubblicato il 5 settembre 2012 sul sito “al-Simsimah” (http://alsimsimah.blogspot.be/2012/09/le-corps-du-saint-dans-lhagiographie-du.html).

 

4. Sing. walî, da una radice che veicola il significato di “vicinanza”, “amicizia”, quindi di “governo per conto di” (in questo specifico caso, “per conto del Signore”).

 

5.Sulla questione della “liceità”, dal punto di vista islamico, della pratica della “visita” alle tombe dei santi e di tutto quel che vi attiene, un testo di riferimento è Rudûd wa munâqashât ‘alà mâ warada fî kutayyibât “ash-shirk wa
wasâ’iluhu ‘inda fuqahâ’ al-madhâhib al-arba‘a” [Repliche e discussioni riguardo ai libelli (della serie) su “L’associazionismo e i suoi strumenti presso i giurisperiti delle quattro scuole di diritto”], quello pubblicato dalla Idârat al-iftâ’ wa al-buhûth – Qism al-buhûth [Direzione delle fatwa e delle ricerche – Dipartimento per le ricerche] (senza riferimenti di luogo e data). Qui, per “associazionismo” s’intende quel che talvolta è tradotto malamente con
“politeismo”: tecnicamente, lo shirk consiste nell’associare, nella pratica e nel pensiero, altri “dei” all’Unico Dio; si tratta, in altre parole, della sanzione dell’errore in cui cade chi professa in qualsiasi modo una concezione dualista.

 

6. A partire dalla sûra II, v. 3.

 

7. Sulla dottrina dei “cicli cosmici”, una delle migliori opere disponibili è quella di GASTON GEORGEL, Le quattro età
dell’umanità, (trad. it.) Il Cerchio, Rimini 1982 (ed. orig. In francese Archè, Milano, 1975).

 

8. Qui per “occidentali” non s’intende coloro che abitano una determinata area del pianeta, bensì tutti quelli che
condividono, adeguandovi il loro modo di vita, la visione del mondo “moderna”, caratterizzata essenzialmente all’ateismo (che può camuffarsi in vari modi, tra i quali vi è il cosiddetto “laicismo”). “Occidentale”, pertanto, è
sinonimo di “moderno”.

 

9. Rimandiamo al nostro “Primavera araba” o “fine dei tempi”?, pubblicato su “Europeanphoenix.it” il 6 aprile 2011.

 

10. Lo sono stati già molte volte, all’epoca della guerra contro l’Urss in Afghanistan, durante lo smembramento della ex Jugoslavia, di nuovo in funzione anti-russa in teatri come la Cecenia, l’Ossezia, il Daghestan ecc.

 

11. MOHAMED OMAR, I sunniti sono oppressi in Arabia saudita, non in Siria, “Eurasia-rivista.org”, 13 agosto 2012.

 

12. Cfr. I salafiti: “Le piramidi vanno distrutte. Sono simboli pagani”, “Il Messaggero”, 13 luglio 2012  (http://www.ilmessaggero.it/primopiano/esteri/i_salafiti_le_piramidi_vanno_distrutte_sono_simboli_pagani/notizie/208009.shtml).

 

13. Cfr. Libia: attacchi ai mausolei, dal sito di “Euronews”, 26 agosto 2012.

 

14. Qui adottiamo la definizione di “intelletto” secondo la quale si tratta della conoscenza intuitiva, del cuore, non della mente.

 

15. Si potrebbe proporre un ardito accostamento. Quelli che si radunano sotto la croce e chiedono al Cristo, per tentarlo, perché, se è “veramente il Figlio di Dio”, non chiama una legione di angeli a salvarlo, è come se insinuassero: “Siccome non è stato mandato nessuno a salvarti, sei un ciarlatano! Non sei quello che affermi di essere!”.

 

16. Quella di casa a Londra che – tanto per citare un esempio della sua mostruosità – incita all’omicidio di altri musulmani (“deviati”, of course) per il solo fatto che non belano all’unisono secondo i dettami dell’“ideologia islamica” che intendono gabellare per Islam. Si veda quel che afferma lo “shaykh” libanese Omar Bakri, di stanza per lungo tempo proprio a Londra: http://www.youtube.com/watch?v=GIgnUuOC4RE&feature=youtu.be.

 

17. http://en.wikipedia.org/wiki/Abd_As-Salam_Al-Asmar.

 

18. http://www.youtube.com/watch?v=wnlRVKVuo7M&feature=youtu.be.

 

19. http://www.youtube.com/watch?v=wnlRVKVuo7M&feature=youtu.be.

 

20. Cfr. GINETTE HESS SKANDRANI, La nouvelle Libye démocratique, tribaliste, takfiriste, otanesque, oscurantiste…, “La voix de la Libye”, 26 agosto 2012 (http://lavoixdelalibye.com/?p=5574).

 

21.  Qui una biografia: http://alsimsimah.blogspot.it/search/label/Biographie%20de%20Sidi%20Ahmed%20Zarrouqq.

 

22. Shaykh Ahmad Zarroq’s grave has been desecrated in Libya, articolo del 26 agosto 2012, che segnala anche un filmato in cui un’autorità islamica residente in Canada denuncia in maniera molto chiara l’azione dei salafiti: http://www.youtube.com/user/ShaykhFaisalVideoBlo?feature=watch). Per giudicare il livello “intellettuale” di questi ‘picconatori islamici’, si veda quest’intervista, nella quale il custode della moschea-mausoleo di ‘Uthmân Bâshâ, in Libia, racconta alcuni aneddoti relativi al raid distruttivo di cui è stata oggetto: http://www.youtube.com/watch?v=xzwskvKyWqY.

 

23. Il riferimento è a luoghi di culto standardizzati, costruiti secondo uno stile inconfondibile, alieno rispetto alla storia e alle tradizioni del luogo, dai quali naturalmente sono banditi tutti gli elementi cosiddetti “superstiziosi”. I Balcani si sono riempiti, da una decina d’anni a questa parte, di moschee di questo tipo.

 

24 Cfr. ENRICO GALOPPINI, Solo un santo ci può salvare dalla “crisi”, “Europeanphoenix.it”, 22 dicembre 2011,  http://europeanphoenix.it/component/content/article/3-societa/206-solo-un-santo-ci-puo-salvare-dalla-crisi.