Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 22 mai 2022

Philippe Rushton et les stratégies de vie

QE5M75EDPJBLPFWD7FIOGWI5OY.jpg

Philippe Rushton et les stratégies de vie

par Joakim Andersen

Source: https://motpol.nu/oskorei/2022/05/13/philippe-rushton-och-livsstrategierna/

Philippe Rushton (1943-2012) a été l'un des chercheurs les plus controversés des décennies du tournant du millénaire. Le psychologue britannico-canadien a, diplomatiquement parlant, balayé les sensibilités politiquement correctes lorsqu'il a avancé la théorie selon laquelle non seulement les espèces animales mais aussi les espèces humaines différaient et suivaient des stratégies de vie différentes. Rushton a fait l'objet de menaces, d'attaques physiques et d'attaques tout aussi émotionnelles et négligentes de la part d'autres scientifiques. Dans le même temps, il a été salué comme un génie, comparable à Galilée, par des scientifiques et des profanes, notamment dans les milieux anti-immigration.

Une étude intéressante de la théorie du K différentiel de Rushton, à la lumière à la fois de la recherche et de sa propre biographie et de l'histoire même de sa propre vie, est l'ouvrage d'Edward Dutton, J. Philippe Rushton : A Life History Perspective. L'approche consistant à utiliser la propre perspective de Rushton pour mieux comprendre sa théorie controversée a un charme considérable; Dutton est bien placé pour écrire le livre en premier lieu parce qu'il évolue dans la même tradition intellectuelle que Rushton et a beaucoup écrit sur les génies en particulier.

51mFAdvA9jL.jpgLes livres de Dutton traitent souvent de sujets originaux mais intrigants, des génies et des naissances prématurées aux différences d'ethnocentrisme entre les races humaines et à la parenté entre les sorcières médiévales et les féministes contemporaines. Son ouvrage How to Judge People by What They Look Like en est un exemple fascinant. Il aborde des recherches récentes qui soutiennent en partie l'idée de la physiognomonie selon laquelle des indices de la personnalité peuvent être donnés par l'apparence. Que vous soyez ou non entièrement d'accord avec ses conclusions, ce sont des sujets fascinants; Dutton fait également régulièrement référence à des recherches plus récentes et intéressantes.

Dans le livre sur Rushton, Dutton présente au profane sa théorie la plus célèbre, intitulée de manière cryptique "Differential-K". Rushton est parti d'une théorie biologique dans laquelle on suppose que les différentes espèces diffèrent par la rapidité de leur histoire de vie (Life History Strategy ou LHS). Certaines espèces sont rapides (r), d'autres sont lentes (K). Dutton résume les stratégies par les mots "la stratégie r implique des taux de reproduction élevés, de faibles niveaux d'investissement parental et une vie rapide" et "une stratégie K implique des taux de reproduction plus faibles, un investissement parental plus élevé et une vie plus lente". La contribution de Rushton a été l'idée que cela s'appliquait également aux trois principales races de personnes, les Noirs, les Caucasiens et les Asiatiques de l'Est, et que cela expliquait de nombreuses différences entre elles.

Dutton résume la théorie de Rushton comme suit: "Les Noirs mènent une "vie rapide", ce qui signifie qu'ils investissent beaucoup d'énergie dans le sexe, et dans la promiscuité sexuelle, qu'ils grandissent rapidement et qu'ils investissent très peu d'énergie dans l'éducation. En raison de l'imprévisibilité de leur écologie, a expliqué M. Rushton, il vaut mieux privilégier "la quantité à la qualité", lorsqu'il s'agit de la progéniture. En d'autres termes, les Noirs "vivent vite, meurent jeunes". Cela fait d'eux les plus r-stratégiques. Les Asiatiques de l'Est mènent une "vie lente" (stratégie K). Ils investissent relativement peu d'énergie dans le sexe et ont peu de partenaires sexuels. Ils investissent la plus grande partie de leur énergie dans l'éducation, car la grande stabilité de leur environnement signifie que les gens sont en concurrence les uns avec les autres et que seuls ceux qui sont bien éduqués survivront. Les Caucasiens sont intermédiaires mais plus proches des Asiatiques de l'Est." Cela ne signifie pas qu'il n'y avait pas de différences individuelles au sein des trois groupes, ni qu'aucun d'entre eux était "meilleur" ou "moins bon". Par exemple, la plupart des gens auraient rencontré des Suédois natifs ayant une histoire de vie en forme de R sans les percevoir comme des personnes "inférieures".

Rushton a soutenu qu'un certain nombre de différences entre les trois races pouvaient être expliquées par leurs différentes stratégies de vie. Il a notamment cité le fait que les Noirs ont plus souvent des jumeaux que les Asiatiques de l'Est, qu'ils ont un cerveau plus petit et un QI plus faible en moyenne que les Asiatiques de l'Est, qu'ils ont des dents plus tôt, qu'ils ont des débuts sexuels plus précoces, qu'ils deviennent parents et séniles plus tôt, qu'ils sont plus souvent psychopathes, qu'ils ont des mariages moins stables et des organes génitaux plus grands, etc. Que cela ait suscité des sentiments forts de rejet chez les libéraux est aussi logique que pour d'autres, cela semblait être la théorie qui expliquait toutes les pièces du puzzle.

Selon M. Dutton, le fait que de nombreux universitaires aient répondu à la théorie de Rushton par des attaques chargées d'émotion s'explique par le mécanisme psychologique qui se cache derrière l'expression "la dame proteste trop, je crois". Consciemment ou inconsciemment, ils soupçonnaient qu'il y avait une quantité désagréable de substance dans la théorie de Rushton. En même temps, ces sentiments forts signifiaient qu'ils avaient du mal à identifier les points faibles qui existaient réellement en K différentiel.

9780130234087-us-300.jpgDans le livre, Dutton évoque des recherches plus récentes qui semblent confirmer cette théorie. Il s'agit notamment d'études sur la relation entre la pigmentation et la stratégie de vie, ainsi que sur l'existence d'un "facteur général de personnalité". Dutton écrit ici que des scores élevés sur les traits de personnalité "Agréable", "Consciencieux", "Extraverti" et "Ouvert" et des scores faibles sur le Névrosisme caractérisent la K-personnalité. Elle est également, conformément à la théorie de Rushton, largement héréditaire. Dutton mentionne également des différences dans les idéaux de beauté entre les "trois grands". Il s'agit d'un domaine que Rushton n'a pas abordé lui-même, mais des études sur les différences soutiennent sa théorie. Ces différences sont fascinantes en soi, mais Dutton évoque également des études qui suggèrent des différences dans la nature du cérumen et des odeurs corporelles entre les "trois grands".

Dans le même temps, Dutton note que la théorie comporte des faiblesses. L'affirmation concernant les différences de taille des organes génitaux était basée en partie sur les estimations que les participants avaient eux-mêmes déclarées. La recherche génétique moderne suggère en outre qu'il n'y a pas seulement trois races humaines, ou groupes, mais dix (les "Caucasiens" de Rushton étant divisés en Européens, en Africains du Nord et en Asiatiques du Sud). Il s'agit aussi des Bushmen et des Pygmées, des Africains subsahariens, des Asiatiques du Nord-Est et des Amérindiens. L'accent mis sur les "trois grands" est peut-être dû à un point de départ historiquement nord-américain. Les Asiatiques du Nord-Est ne correspondent pas toujours au modèle. Étant donné que le "care for care's sake" est associé à la stratégie K, on pourrait supposer qu'ils sont les plus favorables à l'adoption et aux animaux de compagnie, mais ce n'est pas le cas. Aux États-Unis, les Blancs et les Noirs sont plus favorables que les Asiatiques à ces deux types K d'extension de la famille. Les Asiatiques sont également plus hostiles aux autres groupes, ce que l'on appelle l'ethnocentrisme négatif, que les Noirs et les Blancs aux États-Unis. Cela ne correspond pas à ce que l'on pourrait attendre de la théorie, bien qu'il existe des explications possibles qui pourraient compléter le K différentiel.

71KETbTjtOL.jpgDutton pose la question de savoir si Rushton était un génie, et y répond par la négative. Il possédait à la fois la haute intelligence et la personnalité hors du commun requises pour présenter une nouvelle théorie originale, mais il n'était pas un nouveau Galilée. S'inspirant en partie de ses propres études et de la définition de Rushton, Dutton écrit qu'un génie scientifique combine une intelligence extrêmement élevée avec des traits de personnalité particuliers. Le génie a des scores relativement bas pour la Conscience (contrôle des impulsions et capacité à suivre les règles) et l'"Agréabilité" (altruisme). Cela est nécessaire pour pouvoir proposer de nouvelles idées qui dérangent les adeptes d'un ancien paradigme. Le génie scientifique peut être décrit en quelque sorte comme un r-stratège très intelligent. Le problème de Rushton, selon Dutton, était qu'il était trop stratège pour son intelligence ; il était également narcissique et quelque peu instable mentalement. De cette manière, il était plus proche du génie artistique en tant qu'archétype que du scientifique.

Dutton fait une étude approfondie de Rushton l'homme, y compris la généalogie et la physionomie. La physionomie de Rushton suggère un taux élevé de testostérone et des traits narcissiques (notamment son cou musclé, sa peau relativement foncée et ses sourcils épais). L'histoire de sa vie semble être "rapide", y compris une période en tant que "décrocheur", et il n'est pas étranger à la défense physique de son modèle Hans Eysenck lorsqu'il a été attaqué par des militants de gauche pendant une conférence. Rushton a eu plusieurs relations, souvent avec des femmes n'appartenant pas à son groupe ethnique, peut-être même avec une femme noire mariée. On retrouve donc des caractéristiques compatibles avec une stratégie R, avec des relations multiples, y compris extra-ethniques, et une tendance à prendre des risques. Mais Dutton décrit également des traits de caractère K ; Rushton, par exemple, était un père célibataire et s'est engagé dans une relation avec le fils d'un autre homme. Beaucoup le décrivent comme un véritable gentleman et ne semble pas avoir nourri de sentiments négatifs envers les non-blancs. L'une de ses épouses, la professeur juive-allemande Elizabeth Weiss, l'a décrit comme suit : "Pendant toutes les années où j'ai été mariée à lui, je ne l'ai jamais entendu dire quoi que ce soit de personnellement raciste, je ne l'ai jamais vu traiter quelqu'un mal en raison de sa race et je n'ai jamais eu le sentiment qu'il était raciste". D'autre part, il semble s'être épanoui dans le rôle de diseur de vérité et de challenger de la sagesse conventionnelle. À tel point qu'il a spontanément envoyé son livre à des milliers d'universitaires. Par moments, l'analyse de l'histoire de Rushton par Dutton semble étrange. Sa défense physique de son modèle Eysenck, par exemple, n'est pas nécessairement un exemple de stratégie R ; même les stratèges K peuvent se trouver dans des situations où leurs croyances les poussent à agir physiquement.

38310006._SY475_.jpgQuoi qu'il en soit, Dutton termine le livre en expliquant pourquoi même les libéraux devraient tolérer des gens comme Rushton ; en bref, le point est que les génies ne sont ni excessivement gentils ni particulièrement communs. Mais nous en avons besoin, Dutton cite Turing et l'ordinateur moderne en exemple, si nous voulons conserver notre civilisation. Il faut un type de personnalité inhabituel pour être capable et oser proposer de nouvelles théories sur la réalité, surtout dans une société comme la nôtre. Les traits moins sympathiques de Rushton, tels que son narcissisme et son côté provocateur, n'étaient alors pas secondaires mais bien des conditions préalables pour qu'il puisse secouer le monde académique avec sa théorie du "Differential-K". Bien qu'elle se soit avérée avoir des faiblesses, elle avait également des forces et a inspiré d'autres recherches. Il est impossible de savoir à l'avance quel scientifique intelligent mais complexe se révélera être un génie de l'histoire, mais une société intolérante, sursocialisée et surbureaucratisée en écartera la plupart.

Incidemment, un aspect précieux du livre de Dutton est qu'il nous rappelle l'existence de différents types de personnalité, et la dialectique entre eux et la société en général. Les dissidents, par exemple, sont plus susceptibles de présenter certains traits de personnalité spécifiques que la population générale, comme la testostérone, l'autisme, l'idéalisme et le narcissisme. Les opinions peuvent différer sur ce point, mais fondamentalement, il est inévitable que la dissidence dans notre société comporte des risques. En être conscient et être capable d'identifier les types de personnalité, souvent atypiques mais en même temps très divers, est souvent la chose la plus constructive que l'on puisse faire. Dans l'ensemble, il s'agit d'un livre fascinant qui présente à la fois Rushton et un domaine de recherche intéressant. En tant que première connaissance de Dutton, il est plus provisoire, auquel cas les Race Differences in Ethnocentrism ou Witches, Feminism, and the Fall of the West pourraient être plus intéressants.

jeudi, 19 mai 2022

Nihilisme généralisé/ La société "pathologique" et l'angoisse face à la vie

shutterstock_619960997_370864.jpg

Nihilisme généralisé/ La société "pathologique" et l'angoisse face à la vie

par Claudia Castaldo

Source: https://www.destra.it/home/nihilismo-diffuso-la-societa-patologica-e-ansia-della-vita/

Parmi les processus de déspiritualisation que connaît l'anthropologie contemporaine, celui de la sécularisation des questions de sens est le plus inquiétant. Depuis que le nihilisme de la société technologique post-moderne, courant vétéran issu de la fin du sacré compris en termes religieux autant qu'éthiques, a redimensionné l'espace intérieur de l'homme, les angoisses constitutives de l'être humain ont été adaptées au monde scientifique et clinique dans lequel nous nous trouvons, dans lequel il n'y a de place que pour la "vie nue" (Agamben) dépouillée de la dimension de l'au-delà. Ainsi, le désir ardent de l'inconnu et la tension vers le transcendant ont été remplacés par la peur concrète et réifiée du monde, par l'obsession de la maladie et du corporel, qui se transforment en une attitude de préoccupation angoissée et épuisante de l'existence elle-même.

Le monde médicalisé qui prend l'apparence d'une clinique, soutenu par des poussées technico-scientifiques, prive l'individu de l'effort d'excavation intérieure pour faire remonter à la surface les questions spirituelles, qui méritent au contraire une réflexion approfondie qui doit toujours rester vivante. Les pulsions de la conscience sont progressivement dé-potentialisées pour être remplacées par une anxiété généralisée dirigée sans discernement contre la vie elle-même.

L'approfondissement de la dimension eschatologique, dépassée par la modernité et l'héritage d'un monde mythico-spirituel tombé en ruine, n'est pas permis. Les gens peuvent toutefois déverser cette fonction anthropologique et psychologique fondamentale sur le front émotionnel, puisque les émotions semblent plus faciles à vivre intérieurement. La peur et l'espoir sont intensément perçus, et c'est sur eux que peuvent se fonder des comportements et des attitudes de masse détachés de tout examen attentif effectué par la raison: c'est l'accomplissement parfait de la société pathologique par excellence, dans laquelle les sentiments se déchaînent sans passer par l'examen de la rationalité. Les énergies psychiques et intellectuelles consacrées à la dimension du destin ultime, qui anime l'homme dans sa quête de sens, en ont été détournées pour être tournées vers la création d'un espace privé et irrationnel où règnent la paranoïa, les angoisses et les inquiétudes. L'exploitation de ces instincts intimes par les institutions et les médias permet un contrôle total sur les individus, qui se laisseront manœuvrer de l'extérieur pour mettre fin au sentiment de précarité et d'instabilité dans lequel ils sont contraints de vivre.

words-on-chalkboard-womans-hand-on-face.jpg

La vie est vécue dans la peur dévorante générée par ce qui échappe au contrôle humain, et c'est sur cette peur anxiogène et omniprésente que les systèmes politiques phobocrates établissent leur consensus, en l'alimentant constamment. Les gens sont stimulés à l'anxiété de sorte qu'ils se réfugient dans leur monde émotionnel personnel à la recherche d'une paix intérieure, perdant le contact avec la réalité factuelle et n'étant plus capables d'analyser lucidement les faits. Ils deviennent des jeunes gens problématiques, anxieux et paranoïaques, ayant toujours besoin d'aide et de consolation, qui, comme des enfants impuissants, n'ont ni la force de supporter le douloureux sentiment d'égarement et de privation qui vide sans cesse leurs existences, ni le courage de rêver les fondations d'un monde nouveau.

L'explication causale et rationnelle des événements est remplacée par une foi aveugle dans les récits dominants et par conséquent dans les solutions bizarres proposées aux problèmes sociaux, qui apaisent momentanément les âmes tourmentées des ineptes perpétuellement effrayés. Pour faire face aux vides laissés par le manque de spiritualité, la société de l'angoisse remplit ses cavités intérieures de récits passionnants, pleins de passions contradictoires, qui semblent, seulement en apparence, restaurer une partie de cette profondeur spirituelle oubliée, que même l'homme moderne continue de rechercher bien qu'il ne se soit pas doté des outils mentaux pour la refonder et la cultiver. Règles et tabous de guerre pour faire face à l'absence de valeurs éthiques ; obsession, peur et espoir en lieu et place de la recherche spirituelle de l'au-delà.

Le vide laissé par la dé-spiritualisation de l'homme se remplit d'anxiété.

samedi, 07 mai 2022

La psychologie politique et l'irrationalité des masses

onporbl.jpg

La psychologie politique et l'irrationalité des masses

"Psychologie politique" de Gustave Le Bon, publié par OAKS et édité par Francesco Ingravalle, est de retour en librairie en Italie.

par Giovanni Sessa

Source: https://www.barbadillo.it/104295-la-psicologia-politica-e-lirrazionalita-delle-masse/

Le-Bon-2-320x500.jpgL'un des postulats fondamentaux de la pensée de Gustave Le Bon peut se résumer à cette affirmation: l'irrationalité des masses, mues par le sentiment, donne toujours lieu, dans la sphère politique, à la recherche d'un chef. Ce constat ressort des pages de la nouvelle édition italienne de l'un des ouvrages capitaux du psychologue et sociologue français, Psychologie politique, reparu récemment en librairie grâce aux éditions OAKS et sous la direction de Francesco Ingravalle (pour les commandes : info@oakseditrice.it, pp. 291, 16,00 euros). L'idée maîtresse que nous avons évoquée est, ab origine, un motif récurrent de la philosophie politique. Présente chez Platon, elle est réaffirmée par Althusius, Taine et guide les considérations de Pareto lui-même. Chez Le Bon, l'éditeur nous rappelle que "la raison est propre aux minorités, aux élites, les sentiments sont la voix des masses" (p. II). La première édition française de Psychologie politique a été publiée en 1910, un peu plus de quinze ans après la publication de la Psychologie des foules, à une époque où l'auteur avait pleinement défini son monde idéal.

L'édition que nous présentons est structurée en cinq livres (le livre VI a été éliminé, car il est aujourd'hui dépassé). Dans le premier, le penseur français plaide pour l'urgence de développer une véritable psychologie politique afin de gouverner les évolutions possibles de la société de masse, en tenant compte de l'importance accordée à cette discipline par Machiavel. Elle conduit, en premier lieu, à l'observation: "des préjugés héréditaires d'un peuple et de la nécessité pour l'homme politique d'introduire progressivement les changements nécessaires [...] afin de créer de nouvelles coutumes" (p. XII). Au XXe siècle, la société est dominée par le facteur économique et le caractère supranational du capitalisme, qui produit "des maîtres invisibles mais omnipotents auxquels les peuples et leurs propres souverains doivent obéir" (p. XII). Celles-ci, agissant sur la psychologie des profondeurs et des masses, visaient à conditionner le comportement et les choix des hommes. À mesure que le désordre grandit, la logique du sentiment pousse les masses, note Le Bon, dans les bras d'un César. En outre, dans tout choix politique, un rôle pertinent devrait être attribué aux "prédispositions raciales" (p. XII) du peuple et de son histoire antérieure. Ces facteurs déterminent la manière différente dont l'État est considéré par les peuples latins qui penchent vers le "socialisme", l'étatisme, et les peuples anglo-américains qui en sont fait les gardiens des libertés individuelles.

s-l400psypolglb.jpgDans le deuxième livre, Le Bon traite des lois. Il affirme qu'elles ne sont rien d'autre que la formalisation de coutumes ataviques. L'homme politique qui voudrait s'y opposer vouerait son action à l'échec: "Les vrais motifs de l'action politique sont la peur, la haine, l'envie" (p. XIII). Dans les premières décennies du siècle dernier, la substitution de l'intérêt de classe au bien commun était la caractéristique la plus évidente de la contestation politique. Dans les pays latins en particulier, cela a ouvert la voie aux démagogues de différentes tendances. Dans le troisième livre, Le Bon insiste sur l'importance des élites et l'impartialité des processus de démocratisation de la vie politique, en soulignant le risque de voir profiter de cette situation des démagogues qui, en renforçant la crédulité des foules, en les stimulant "sentimentalement", répandent leur charisme par contagion mentale. Dans le quatrième livre, le socialisme est présenté par l'auteur comme une immanentisation du mysticisme chrétien, visant à atteindre le paradis sur terre, en partant "d'une hypothèse infondée: tous les maux dérivent du capitalisme" (p. XV).

Dans la dernière partie du livre, Le Bon avertit ses contemporains que le désordre social produira bientôt une forme intolérable de "césarisme socialiste". Face à cette situation, il a appelé à une "défense sociale" capable d'inverser ce résultat politique. Dans ce contexte, il serait essentiel de "défendre le concept de patrie" (p. XVI), qui garantirait les hiérarchies sociales sans lesquelles aucun ordre politique ne peut être préservé. C'est sur la base de ces considérations que la première édition italienne de Psychologie politique, éditée par Adrian Popa en 1973, a rencontré un certain succès. Les thèses de Le Bon conciliaient l'anticommunisme atlantiste de la "majorité silencieuse" de ces années-là avec les revendications "révolutionnaires" des groupes de droite radicale qui se tournaient vers l'expérience politique de Jeune Europe. Pour l'un comme pour l'autre : "Le fait que Mussolini ait considéré la Psychologie politique comme "une œuvre capitale" était [...] une certification suffisante" (p. XVII) pour faire de ce livre une référence essentielle pour le "retour à l'ordre". En bref, si lors de la Convention de l'"Institut Alberto Pollio" à l'Hôtel Parco dei Principi à Rome dans les années 60, la propagation du communisme dans le monde occidental était lue comme le résultat de l'"ingénierie des âmes" ou de la "guerre psychologique" menée par ces derniers, à cette occasion, il a été décidé de leur opposer une "ingénierie des âmes" opposée et contraire, selon la leçon de Le Bon.

Les éditions italiennes ultérieures de ce texte ont rencontré un paysage politique très différent. Le virage à "droite" n'avait pas eu lieu et l'imposition de la "société de contrôle" était clairement annoncée. Dans ce livre, pour la première fois dans l'histoire, "la possibilité télématique de "créer des foules" et de déployer de nouvelles formes de contrôle social" (p. XXII) était exprimée, ce qui rendait le livre du psychologue français, malgré la situation différente, très actuel. Le "capitalisme cognitif" exerce son pouvoir par la colonisation omniprésente de l'imaginaire individuel et communautaire. Le Bon invitait ses contemporains à se battre pour la "défense sociale": aujourd'hui, cette bataille se déroule sur le front "esthétique", à l'endroit où le Capital-Forme réalise la marchandisation de la vie. Dans cette tranchée, les thèses de Le Bon peuvent également jouer le rôle d'un contrepoids important.    

 

mardi, 08 mars 2022

Edward Dutton : le QI est-il en hausse ou en baisse ?

maxresdqiqiqiqiefault.jpg

Edward Dutton : le QI est-il en hausse ou en baisse ?

par A. Hercynský

Ex: https://deliandiver.org/2022/01/edward-dutton-roste-iq-nebo-klesa.html

Edward Dutton, britannique d'origine qui vit à Oulu, en Finlande, est professeur agrégé d'anthropologie, enseigne la psychologie évolutionniste dans une université privée à Łódź, en Pologne, et est membre de plusieurs sociétés scientifiques, principalement dans les pays scandinaves. Il dirige une chaîne YouTube Jolly Heretic, où il présente son point de vue sur certains phénomènes sociaux. Dutton est un excentrique, tant dans son expression que dans sa façon d'introduire chacune de ses vidéos par une scène fictive déguisée. Il présente chacune ce ses vidéos comme une comédie, mais son contenu peut être considéré comme parfaitement sérieux, même si l'on ne peut pas être d'accord avec tout.  Les interprétations de Dutton reposent sur plusieurs prémisses, dont l'une est la notion d'un déclin constant du QI moyen depuis la révolution industrielle. Il discute notamment de ce déclin dans cette vidéo.

MV5BN2ViMjc3MDktYzAxNC00NjUwLWE2NDgtYzkwZDJjNWFiMDhmXkEyXkFqcGdeQXVyMDY3OTcyOQ@@._V1_.jpg

543x840.jpg

Edward Dutton soutient que l'intelligence moyenne a atteint un pic tout au début de la révolution industrielle, au 18e siècle, avec un déclin constant depuis lors. Cela est censé être dû au fait que les segments les moins intelligents de la population ne meurent pas, mais prospèrent au contraire grâce aux avancées modernes telles que les soins médicaux, et se reproduisent plus rapidement que le reste de la société. Avant cela, selon Dutton, la société fonctionnait de telle manière que les plus intelligents restaient au sommet de la société, tandis que les moins intelligents descendaient vers le bas jusqu'à ce que, aux niveaux les plus bas, ils sortent complètement de la roue. Comme Dutton le fait remarquer ailleurs, l'intelligence est également corrélée aux prédispositions génétiques à diverses maladies, il ne s'agit donc pas seulement d'une question de sécurité matérielle externe. À l'extrême, les personnes véritablement démentes souffrent souvent d'autres maladies génétiques associées, mais cela se manifeste à des niveaux moins graves.

801x1200.jpg

Dutton a développé ses vues dans son livre At Our Wits' End : Why We're Becoming Less Intelligent and What it Means for the Future (2017, Sol Noctis, 2020). Le livre est un recueil populaire et une méta-analyse de nombreuses études partielles, pour la plupart récentes, mais il ne contient lui-même presque aucune analyse de données ou recherche propre ; pour cela, il faut se reporter aux sources citées (les chapitres 8 et 9 en particulier sont essentiels).

Il est vrai que la psychologie a connu une augmentation des résultats des tests de QI au cours du siècle dernier. Cette découverte est connue sous le nom d'effet Flynn, du nom du psychologue à qui elle est attribuée à tort. Toutefois, même Wikipedia indique à ce sujet qu'il existe différentes perspectives et que l'effet Flynn doit être interprété correctement. Dutton traite le phénomène à peu près comme suit : les résultats des tests de QI sont relatifs, une valeur de 100 correspond à une moyenne et est périodiquement ajustée. Ainsi, les tests montrent une comparaison des sujets au sein d'un groupe (défini par le temps), mais ils ne peuvent pas être utilisés pour une comparaison directe entre plusieurs groupes (puisque chacun a une ligne de base fixée ailleurs). La vérité, dit-il, est qu'après une difficile conversion en valeurs absolues, c'est-à-dire comparables, on peut observer une sorte d'augmentation. Toutefois, lorsqu'il analyse les parties du test qui présentent une amélioration et celles qui n'en présentent pas, il conclut que l'augmentation est davantage due aux compétences pratiques, tandis que les parties du test où l'intelligence générale séparée (généralement désignée en psychologie par la lettre g) est la plus appliquée ne présentent aucune augmentation. Nous discuterons plus tard de cette différence et de la manière dont elle est très significative.

Selon Edward Dutton, les gens, grâce aux moyens modernes de fonctionnement (tests scolaires, ordinateurs, etc.), ont atteint un état où ils peuvent utiliser leur potentiel au maximum dans des tests de QI conçus de manière similaire - mais la barre du potentiel lui-même, l'intelligence générale, g, n'a pas bougé, au contraire, elle baisse. À titre d'exemple, il donne un test du type : lequel des animaux sélectionnés n'est pas un mammifère ? Pour pouvoir répondre, le répondant doit connaître les animaux en question et savoir ce que signifie le mot mammifère ; de plus, il doit penser de manière abstraite et analytique ; Dutton donne l'exemple suivant : lorsque des chercheurs ont posé une question similaire au début du 20e siècle à un paysan russe, un homme dont la pensée était essentiellement pré-moderne, il a été incapable de répondre, n'était pas habitué à penser en catégories abstraites et a répondu par une construction mentale inattendue. Ainsi, si un répondant est formé à ce mode de pensée, qui convient le mieux pour réussir un test de QI, il obtiendra les meilleurs résultats aux tests de QI - mais l'intelligence générale n'augmentera pas pour autant. Par analogie, on peut citer le cas de la croissance de la taille corporelle qui, bien qu'elle ait également augmenté au fil du temps, principalement en raison de l'alimentation, s'est arrêtée à un moment donné et aucune autre croissance n'est possible.

La question plus sérieuse est de savoir quelle est l'intelligence générale g. Dans son livre, Dutton donne un certain nombre d'exemples sur lesquels l'intelligence générale peut être mesurée séparément, qui sont tous en corrélation les uns avec les autres. Bien entendu, il ne s'agit pas d'une liste exclusive ; l'intelligence générale se reflète d'une manière ou d'une autre dans chaque activité humaine libre. Parcourons ces exemples de manière télégraphique :

    - la vitesse de réaction, corrélée à l'intelligence, les records de mesure depuis 1800, et les résultats en baisse constante [cf. "homme lent"] ;
    - la capacité de reconnaissance fine des couleurs (peut être testée ici - https://www.colorblindnesstest.org/farnsworth-munsell-100-hue-test/ -, mais elle est conditionnée par la qualité et le calibrage du moniteur) ;
    - l'utilisation de mots complexes, qui est peut-être l'exemple le plus intéressant ; on a constaté que, bien que le vocabulaire augmente sensiblement avec l'éducation, il s'agit de mots conceptuellement plus simples, alors que l'on observe un déclin constant de l'utilisation de termes plus complexes (voir le graphique de la page 170) ;
    - la capacité de répéter une série de chiffres à l'envers, alors que la capacité de répéter une série de chiffres dans l'ordre avant s'est améliorée, ce que l'auteur décrit comme une capacité purement pratique sans besoin de plus d'intelligence ;
    - l'orientation spatiale ;
    - Développement de l'enfant, les enfants sont de moins en moins capables d'estimer les tailles et les poids [l'inclusion ici peut être considérée comme discutable, elle pourrait être plus valable comme preuve de ces compétences pratiques] ;
    - Diminution du nombre de personnes brillantes ;
    - La créativité, son déclin est mesurable selon l'auteur.

Edward Dutton a constaté que tous les critères ci-dessus sont corrélés et que l'on peut observer une tendance à la baisse de ces critères depuis l'époque de la révolution industrielle jusqu'à aujourd'hui.

En conclusion, même si l'on peut contester certains des signes observés comme étant arbitrairement ou volontairement sélectionnés, il est difficile de nier que la maîtrise de certaines compétences pratiques ne peut être confondue avec la croissance de l'intelligence générale. Je ne doute pas non plus que la non-extinction et la prolifération des moins intelligents est un fait indéniable (ainsi que le faible taux de natalité des personnes intelligentes) qui doit nécessairement avoir un effet sur l'intelligence moyenne.

vendredi, 29 octobre 2021

 Le libéralisme comme expression du sadisme chez Dostoïevski

Dostoevskij_1876.jpg

Le libéralisme comme expression du sadisme chez Dostoïevski

Par Mateus Pereira

Ex : https://www.osentinela.org/o-liberalismo-como-expressao-sadica-em-dostoievski/

Il y a une scène dans Crime et châtiment qui est particulièrement intéressante et symptomatique de la critique du libéralisme occidental par le vieux Dostoïevski. Svidrigailov, un pédéraste qui a eu une relation sexuelle avec une jeune fille mineure, devient enchanté et tombe amoureux de la sœur de Raskolnikov, le protagoniste.

Elle le rejette. Connaissant son passé glauque, elle le considère comme un homme repoussant et ne pourrait jamais l'épouser, même si elle vit dans une misère absolue et sait que le mariage pourrait la sauver de la disgrâce matérielle.

Le point culminant du conflit du personnage apparaît dans le roman lorsqu'il décide, dans un désespoir total, de se suicider. Svidrigailov marche dans la rue avec un pistolet dans sa poche. Après une courte marche, il colle le canon glacé du pistolet sur son front. Un garde qui passait par là voit la scène et, de loin, tente de l'arrêter.

C'est inutile. Svidrigailov est déterminé. Quelques minutes avant d'appuyer sur la gâchette, il crie au garde qu'il a choisi la liberté et qu'il se rend aux États-Unis. Le garde ne comprend rien et se contente de regarder la balle traverser le crâne de l'étranger. Il s'agit de l'une des critiques les plus viscérales du libéralisme économique que quiconque ait jamais écrit. Si vous choisissez la liberté, les États-Unis et le capitalisme, vous choisissez la mort.

George Steiner, dans son livre Tolstoï ou Dostoïevski, fait une association qui, jusqu'alors, m'avait subtilement échappé et, pour des raisons dont j'ai déjà parlé à une autre occasion, j'étais même injuste dans mon jugement.

J'ai lu Les 120 jours de Sodome et je n'ai pas été du tout impressionné. En fait, l'ouvrage entier est un panégyrique des excentriques paraphiliques et présente des individus profondément tourmentés par un déséquilibre féroce de leur propre sexualité. Rien de plus que ça. J'ai jugé l'œuvre superficielle, et elle l'est effectivement, mais c'est peut-être là sa fonction.

Mais notez l'influence du marquis de Sade sur la vision du monde de Dostoïevski et les fruits qu'elle a portés, notamment dans sa critique de l'occidentalisme russe.

C'est dans Balzac, Dickens et George Sand qu'il puise sa notion de la "ville infernale", avec ses ruelles crasseuses et ses petites pièces claustrophobes, mal éclairées et humides, mais c'est dans le "divin Marquis" - c'est ainsi que Rimbaud l'appelle - qu'il absorbe la leçon la plus profane qui soit: l'agonie d'un enfant molesté est l'offense suprême à Dieu.

Voyez que les romans de Dostoïevski, et ici je me réfère à pratiquement TOUS ses romans, apportent toujours dans la genèse un élément sadique ouvertement dégoûtant, étant fréquente la présence de personnages masculins âgés et, bien sûr, ivrognes, qui commettent les vilenies les plus infâmes contre de petits enfants innocents sans ressentir aucune culpabilité. Quelques exemples:

1. Svidrigáilov : déjà mentionné au début du texte. Il viole deux jeunes filles mineures, provoquant la noyade de l'une et la pendaison de l'autre, tant elles sont dégoûtées par cet acte. Il raconte aussi calmement qu'il a déjà fouetté un enfant à mort, mais ce détail macabre n'apparaît que dans les brouillons de Dostoïevski, il a omis de le reproduire dans le roman.

2. Liza Hohlakova : qui raconte à Aliósha (Aliocha) avoir rêvé de la crucifixion d'un petit enfant et avoir éprouvé une sombre satisfaction à écouter ses gémissements torturés tout en se léchant avec des "confitures d'ananas".

3. Netochka Nezvanova : la protagoniste qui donne son nom au roman est sexuellement attirée par son propre beau-père.

51-rDeGxxQL._SX210_.jpgJe ne m'attarderai pas trop sur ces descriptions car elles sont trop lourdes, si vous voulez en savoir plus, lisez Dostoïevski lui-même. En fait, il y a un modèle de répétition lugubre dans ses œuvres sur des cas comme ceux que j'ai cités, même dans ses romans ou ses nouvelles, c'est une sorte d'obsession qu'il a. Je crois que c'est aussi une critique du libéralisme occidental, une manière qu'il a trouvée pour dire que ceux qui choisissent les libertés individuelles et le capitalisme atteignent le dernier stade de la dégénérescence morale, qui est précisément le stade dans lequel se trouve le violeur de petits enfants.

C'est peut-être l'influence de Sade qui lui a permis de révéler ces transgressions sous la forme d'une critique du libéralisme. Le roman du XIXe siècle a évité cette exploration plus pathologique du monde souterrain des aberrations sexuelles, à l'exception de la littérature d'horreur dans quelques cas et de l'érotisme, mais, à mon avis, c'est Dostoïevski qui parvient à insérer cet univers dans le gigantesque cosmos de l'expérience humaine dans toute sa dimension politique, atteignant des sphères que Sade ne pouvait même pas entrevoir.

jeudi, 28 octobre 2021

Les addictions et la crise des appartenances communautaires

00867.jpeg

Pierre Le Vigan

Les addictions et la crise des appartenances communautaires

Depuis des décennies, les polémiques s’enchainent sur le « communautarisme ». Le terme n’est jamais défini. On veut croire qu’il s’agit d’un excès de communauté. Mais si une communauté est une bonne chose, que veut dire l’excès d’un bien ? Des liens qui empêchent de penser par soi-même ? Soit.  Encore faut-il voir aussi les pathologies qui peuvent dériver du manque de communauté. Les liens communautaires relèvent d’un besoin de l’homme. C’est le besoin de se retrouver dans un « nous ». C’est le besoin d’appartenance. C’est le besoin de partage d’un univers culturel. C’est le besoin d’une identité qui ne soit pas seulement individuelle, qui soit une identification. Il ne s’agit en aucune façon d’abandonner son libre arbitre dans le « nous », mais de se frotter à d’autres que soi qui soient un intermédiaire entre le soi concret et l’abstraction de l’humanité.

L’enracinement ne va plus de soi. Il est devenu lui-même une construction. Il faut en prendre acte. On ne reviendra pas sur la naissance du sujet. Le « nous » est une construction sociale. La « nostrité », notion d'anthropologie, est ainsi devenue une question corrélée à toute réflexion sur la communauté[i]. La nostrité, c'est la place que tient le « nous ». « Nous-ensemble », « nous-autres », qu'est-ce que cela veut dire ?  Toute expérience de vie se fonde sur le rapport aux groupes humains. C'est le groupe qui est le support de la vie relationnelle.

« Nous autres », c'est « nous qui sommes, dans notre groupe, autres que les autres ». Nous qui sommes nous-mêmes dans la mesure où nous sommes ensemble. C'est l'identité collective, l’identité groupale. Il y a le risque de la vulgarité de la camaraderie dépersonnalisante. Mais il y a la chance de la solidarité. Or, c'est dans le groupe que se développe l'oralité. C'est aussi dans le groupe que se définissent les sentiments de goût: les goûts sociaux, les goûts esthétiques, vestimentaires, alimentaires, les goûts urbanistiques, etc. La nostrité est l'ambiance qui prédispose à être-avec, à parler à l'autre, à entre-agir avec lui. L'oralité est le premier et essentiel support de la confiance. L'oralité prime sur l'écrit, de même que la parole donnée prime sur le contrat. La promesse orale est plus importante que la promesse écrite, précisément parce qu'elle n'est ni susceptible de recours, ni d'interprétation (ou fort peu) donc de contestation : ce qui est convenu est convenu. La promesse orale est attestée, et elle est en l'occurrence attestée par le groupe de référence.

Comme l'écrit donc Dominique Pringuey, « le sens oral est le sens de la confiance »[ii]. Il s'agit tout d'abord de la confiance dans les autres qui est possible à partir des échanges oraux et qui devient facteur de la construction de la confiance en soi. Le dysfonctionnement de la capacité de confiance est d'ailleurs clairement pathologique : c'est la paranoïa, pathologie de la nostrité blessée comme le note avec justesse Georges Charbonneau [iii]. L'expérience du « nous », c'est donc l'expérience de l'être-avec-autrui, de l'être-avec-les-autres, de la coexistence de soi et d'autrui. La nostrité n'est pas un événement postérieur au sujet; ce n'est pas la rencontre avec l'autre comme Il (l'illéité).

24044353_6711137.jpgLa nostrité est un état originel de l'être tel que les choses et les êtres sont déjà-là. La nostrité précède l'auto-donation du sujet. La nostrité est un être-déjà-ensemble. C'est au fond l'expérience même de la présence de l'homme dans le monde car n'est pas pensable l'expérience d'un homme isolé dans le monde. En est témoin l'histoire de Vendredi que relate Michel Tournier, expérience dans laquelle l'humanité se résorbe dans la naturalité. En effet, la volonté de créer des artefacts techniques est en elle-même inapte à produire de l'humanité. Sans nostrité, pas d'hominisation. « Autrui est pour nous un puissant facteur de distraction, écrit Michel Tournier, non seulement parce qu'il nous dérange sans cesse et nous arrache à notre pensée intellectuelle, mais aussi parce que la seule possibilité de sa survenue jette une vague lueur sur un univers d'objets situés en marge de notre attention, mais capable à tout instant d'en devenir le centre ». L’autre renouvelle notre rapport aux objets. « La partie de l'objet que je ne vois pas, poursuit Tournier, je la pose en même temps comme visible pour autrui ; si bien que lorsque j'aurai fait le tour pour atteindre à cette partie cachée, j'aurai rejoint autrui derrière l'objet pour en faire une totalisation prévisible »[iv]. On peut donc voir que la profondeur d'un objet pour moi est toujours une largeur pour autrui. La condition même de l'existence d'un objet est autrui, c'est l'existence possible d'au moins un autre point de vue, et pourquoi pas d'une multitude d'autres points de vue. C'est de même parce que l'objet d'un désir est aussi objet possible d'un désir d'autrui qu'il y a désir. La nostrité est ainsi la condition même du désir.

394mtvendredi99-gf.jpgIl a été très justement remarqué que la nostrité comporte deux axes. L’un est le partage d’un moment. C’est une nostrité spatiale. « J’étais là ». L’autre axe est le sentiment de faire partie d’une chaine historique. C’est une nostrité verticale. Je suis un maillon d’une histoire qui m’englobe, qui vient de mes ancêtres et se poursuit dans la descendance, ancêtres et descendance n’étant pas forcément biologiques mais pouvant être symboliques (des camarades de combat, des militants par exemple).

Mais il y a des cas où la nostrité est en défaut, particulièrement les cas de dépendances du sujet, qualifiés d'addictions.  Par addictions, on désigne des formes de pathologies qui ne définissent pas une personnalité par elles-mêmes, mais qui peuvent concerner divers types de personnalités : anti-sociales, schizophrènes, histrioniques, etc. L’addiction est une dépendance liée à une compulsion. En effet, la simple dépendance caractérise nombre d'activités humaines non pathologiques. Il est a priori normal de dépendre de l'estime de ses collègues de travail, de l'affection de ses proches, etc. C'est la dépendance par rapport à une activité répétitive, compulsive qui pose problème. A fortiori quand cette activité répétitive est un usage de psychotropes, ce qui est le cas de la toxicomanie qu'il s'agisse de produits licites ou illicites, alcool inclus. Assurément, il y a aussi des addictions non liées à l'usage de produits psychotropes, mais caractérisées par des pratiques, comme la fièvre des achats compulsifs, analysée par Jean Adès et Michel Lejoyeux[v], comme les rituels de vérifications diverses, comme l'addiction à une sexualité compulsive, étudiée par Joyce MacDougall [vi], comme l'addiction pathologique au souvenir, dont traite Régine Waintrater [vii],, etc.

Comment les addictions peuvent-elles être interprétées comme des pathologies de la nostrité ? L'addiction, a t-il été remarqué par Edward Glover, a un pied dans les névroses, un pied dans les psychoses[viii]. A certains égards, on peut avancer qu'elle tend à valider la thèse que les psychoses peuvent être des névroses poussées à l'extrême. Névrotique, l'addiction l'est en ce sens qu'elle tend à la préservation du sujet. L'addiction est une tentative de se soigner. C'est une auto-médication. Et, de fait, elle est auto-protection du psychique dans bien des cas. L'addiction peut ainsi contribuer à aménager un sentiment de continuité corporelle, un sentiment d'existence d'une « peau » protectrice, réponse parmi d'autres à la crise de la corporéité qu'étudie David Le Breton[ix]. Dans le même temps, l'addiction a un pied dans la psychose. Elle tend à la séparation du sujet d'avec lui-même. L'addiction est en effet une tentative d'annuler ce que le fonctionnement psychique doit à l'autre. Elle tend vers la psychose au même titre, et presque sur le même mode, que la mélancolie. De la même façon, elle incorpore l'objet de la dépendance en essayant ainsi de l'annuler. Elle tend à fixer le fonctionnement psychique sur un stade inerte. L'addiction manifeste et renouvelle par là un trauma, c'est-à-dire un défaut d'inscription dans le mouvement réel des êtres et des choses, et, comme dit Monique Schneider, « une impuissance à investir ce qui advient »[x]. Or, qu’est-ce qui peut remédier à la séparation du sujet d’avec lui-même ? La reliance avec les autres. En d’autres termes, la communauté. Disons, comme elles peuvent être plurielles, les communautés.  

L'addiction n'est pas seulement compulsion, et dépendance à la compulsion, c'est-à-dire impossibilité de s'en passer, elle est aussi malaise dans la dépendance. C'est ici qu'il faut se rappeler que le terme addiction vient de « contrainte par corps », comme l'a souligné Jean Bergeret[xi]. L'addiction, ainsi, s'accompagne souvent du sentiment d'une dette à payer. Qui prononce cette sentence de dette ? Le surmoi, répond Sylvie Le Poulichet[xii]. Le surmoi comme lieu où le sentiment d'être se confronte (douloureusement) au sentiment d'un devoir-être.

imaaddges.jpg

dépendance-au-smartphone-02.jpg

L'addiction apparait ainsi, au delà des signes de l'addiction que sont les usages et les pratiques, pour ce qu'elle est : le lieu d'une crise, et souvent d'une honte, et aussi un remède, une auto-médication, mais qui peut tuer le malade. L'addiction est bien entre névrose et psychose. Les pathologies de l'addiction tiennent ainsi à une fragilité du Soi, elle-même liée à une incertitude quant à la reliance avec la nostrité. En d'autres termes, les personnalités dépendantes - qu'il s'agisse de la dépendance à un objet, à un produit, à une pratique - sont en déficit de nostrité. L'expérience du Nous fait défaut - et peut-être surtout - le plaisir du lien social fait défaut. De là émergent des pratiques conjuratoires telles les addictions.

Prenons le cas de la dépendance alcoolique. Celle-ci est, plus qu'un usage excessif, une perte de la liberté de se passer de l'alcool.  L'ivresse alcoolique, et même la simple imprégnation alcoolique, pousse l'être humain vers la présence pure : elle l'amène du coté d'une pure expérience de spatialité sans dimension historique. Ni passé, ni futur n'existent plus. L'homme ne se projette plus. Il tente par l'ivresse de combler pleinement le vide du présent, que la mise en perspective historique permet généralement de combler pour tout un chacun. Le malade alcoolique tente d'abolir la séparation entre l'homme et le monde. « Ne faire qu'un avec toutes choses vivantes ! A ces mots ... la dure Fatalité abdique, la mort quitte le cercle des créatures, et le monde guéri de la séparation et du vieillissement, rayonne d'une beauté accrue » (Hölderlin, Hypérion).

Eao2Lt9X0AoOrqr.jpg

L'homme en proie à la recherche d'alcoolisation tente aussi d'abolir l'angoisse, en remplaçant la difficile et toujours recommencée « conquête de soi » par une conquête absolue, évidemment vulnérable lors du dégrisement et de sa mélancolie conjointe. Par l'ivresse, le dépendant à l'alcool tente d'échapper moins à ses émotions qu'à son humeur (Stimmung) qui, comme le remarque Dominique Pringuey, « n'est pas l'affectivité comme émotion ou sentiment, mais le fondement thymique, arrière-plan de nature proprement psychosomatique, qui oriente toute perception et action, qui permet toute émotion et sentiment »[xiii]. Avec l'alcool, il s'agit de la recherche d'une fusion, c'est-à-dire du passage sans transition d'un entre-nous, donc d'un espace inter-subjectif, à un Tout, c'est-à-dire une totalité communicationnelle en fusion. Que l'alcool soit une fête collective ou qu'il soit une fête solitaire, il est un appel à la nostrité.

Il en est de même pour le cannabis qui se partage, s'échange, circule, constitue un élément de connivence et un point de repère groupal, alors que dans le même temps, le cannabis a un effet déréalisant de séparation du monde. Par contre, la cocaïne apparait un stupéfiant plus « individualiste », souvent perçu comme stimulant, rendant plus performant, et très lié comme tel à l'idéologie de la compétition, et à la recherche du « zéro défaut » psychique, comme le suggère son association à des médicaments psycho-actifs (anxiolytiques notamment). La cocaïne comme d'autres stupéfiants apparait ainsi avoir un rapport étroit avec une angoisse à l'égard des exigences de performance du monde moderne. De son coté, l'usage de l'héroïne, par sa dimension ordalique - la recherche du sens par affrontement au risque – apparaît, plus encore peut-être, lié à une crise de la nostrité. Il s'agit, quand il n'y a plus de reconnaissance par le groupe, de questionner le monde lui-même.

Il y a d'autres dépendances que celles qui concernent un produit. Avec la dépendance affective – non pas les attachements d'une évidente nécessité anthropologique – mais les situations de totale dépendance à l'autre, se manifeste fortement le défaut de nostrité. La dépendance à « un-autre » devient substitut de la relation aux autres et témoigne d'une réduction du champ de l'expérience humaine. La recherche de fusion apparaît une forme de co-dépendance et éloigne de l'attention au tout-venant, à la vie de tous les jours, à ce que Walter Benjamin appelait ce « concret le plus extrême », à ce qui fait que la vie n’est pas « nue », n’est pas pure survivance biologique.

Au delà de la recherche jubilatoire d'un événement de rencontre avec les autres, et avec le monde, les addictions disent la volonté d'échapper à une nostrité perçue comme menaçante en développant des singularités. Elles sont de ce fait un appel à une autre nostrité, qui serait plus proche, plus apprivoisée, que les nostrités sociales classiques, liées à de grands référents comme le travail, l'habitat, le couple, la famille, etc. Les addictions apparaissent ainsi sous un double jour : elles ont l'expression d'une tentative de singularité maximum, et en même temps manifestent une crise de l'évidence naturelle du Nous, du lien aux autres, et une réduction du champ du possible relationnel.

Le champ des addictions se tient ainsi entre ces deux formes du défaut de lien aux autres que sont la mélancolie et la paranoïa. Dans la mélancolie intervient une altération de la nostrité par crise du sens de ce qui fait histoire et récit, par implosion dans le regret d'un sujet initial perdu ; la nostrité devient une possibilité historiale à jamais perdue. La mélancolie est ainsi une crise de l'historialité (ce que nous avons désigné plus haut comme l'axe vertical). Dans la paranoïa, par contre, il y a crise de la simultanéité du lien aux autres ; il s'agit en quelque sorte d'une crise de la spatialité, du lien horizontal, à un moment donné.  Les addictions se tiennent donc sur le chemin de crise de la nostrité. Elles sont une tentative de réponse à cette crise, une auto-médication, bien évidemment problématique, mais qui témoigne de la force de cet appel du Nous. Comme dit René Char, « sur cette terre des périls, je m'émerveille de l'idolâtrie de la vie ». 

Pierre Le Vigan

Notes: 

[i] Georges Charbonneau, « De la nostrité », L’art du comprendre, 9, 2000 et Ado Huygens, « Les tonalités affectives fondamentales : de l’angoisse à la sérénité », conférence, Ecole belge de Daseinsanalyse, 16 mars 2002 et thèse d’A. Huygens, Etre et présence, publication partielle sur le net.

[ii] Dominique Pringuey, « La nostrité alcoolique », conférence de phénoménologie clinique, Hôpital Necker, 29 février 2000, et son article in L'Art du Comprendre, 10, juin 2001.

[iii] G. Charbonneau, « De la nostrité », op. cit.

[iv] Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, Gallimard, 1972.

[v] Jean Adès, Michel Lejoyeux, La fièvre des achats compulsifs, Les empécheurs de penser en rond, 1999.

[vi] Joyce Mc Dougall, Eros aux mille et un visages, NRF, Gallimard, 1996; François Duparc (direction), Joyce aux mille et un visages. L'oeuvre de Joyce Mc Dougall, Delachaux et Nieslé, 2000.

[vii] « L'addiction au souvenir, défense ultime contre la désobjectalisation » in Sylvie Le Poulichet (direction), Les addictions, PUF, 2000.

[viii] Edward Glover, psychanalyste britannique (1888-1972) proposa dés 1932 la notion d’addiction (c’est-à-dire de dépendance excessive et incontrôlée) sans drogue (comme les addictions au travail, au sexe, au jeu, etc). Cf. E. Glover, Technique de la psychanalyse, Bibliothèque des introuvables, 2001. Cf. aussi l’excellent article de Marc Valleur et Dan Velea, Centre médical Marmottan, 75017 Paris, « Les addictions sans drogue(s) », revue Toxibase, 6, juin 2002.

[ix] L'adieu au corps, Métaillié, 1999.

[x] M. Schneider : « L’admission du « corps étranger » dans l’espace interne » in Les addictions (direction Sylvie Le Poulichet), op. cit. Cf. aussi M. Schneider, conférence « La souffrance psychique », Université de Tous Les Savoirs, jeudi 15 novembre 2001.

[xi] Jean Bergeret, « Psychanalyse et toxicomanie », revue Toxibase, 2, 1993. Voir aussi J. Bergeret, Psychologie pathologique. Théorie et clinique, Masson, 2004.

[xii] S. Le Poulichet, « Les identifications addictives inconscientes » in Les addictions, op. cit.

[xiii] D. Pringuey, « La nostrité alcoolique », art. cit.*

Pierre Le Vigan est auteur de nombreux ouvrages.

Derniers parus :

Métamorphoses de la ville, La barque d’or et bookelis ; Achever le nihilisme, Sigest (préface de Rémi Soulié) ;

Le grand empêchement. Comment le libéralisme entrave les peuples, Perspectives Libres (préface de Bernard Bourdin).

A lire aussi de Pierre Le Vigan,

Le malaise est dans l’homme

Face à l’addiction

***

Le Malaise est dans l'homme. Psychopathologie et ... - Amazon

Le malaise est dans l'homme: Souffrances ... - Amazon.fr

Face à l'addiction: Dépendances, toxicomanies ... - Amazon.fr

 

dimanche, 16 mai 2021

L’affaire Sarah Halimi, un écho des dérives sanitaires

Untitled-1-2.png

L’affaire Sarah Halimi, un écho des dérives sanitaires

Dr. Daniel Cosculluela & Dr. Joël Hartmann

Cette affaire dans ses conclusions légales est d’autant plus choquante, qu’elle souligne la toute-puissance de la dictature sanitaire, son incohérence et ses contradictions.

Dans cette affaire il n’est de réalité incontestable que le massacre de Sarah Halimi et les propos qui l’ont accompagné. Les motivations du criminel et ses hypothétiques troubles pathologiques relèvent de l’hypothèse ou de l’interprétation.

L’évocation de la prise, déterminante, de drogues et d’alcool n’est pas avérée car si tel était le cas, les effets délinquantiels en seraient systématiques et validés par les études scientifiques comparatives.

Ceci étant également avéré dans l’affaire que nous évoquons.

La validation du déterminisme, de la causalité entre prise de produits perturbateurs du comportement et actes délictueux ou criminels relève du rôle des experts. Or ceux-ci n’ont pas systématiquement la preuve objective, matérielle et scientifique, des faits allégués, produits consommés et quantité, et ne font qu’interpréter la « réalité » feuilletonnée.

Mais surtout, le rôle initial de l’expert, tel qu’il nous a été enseigné est de définir la pathologie éventuelle du sujet selon la classification psychiatrique européenne traditionnelle.

La désignation d’un expert relève d’une faculté de choix du magistrat et non d’une obligation selon l’arrêt de la Cour de Cassation de 2016, rappelant qu’aucune disposition de Code de procédure Pénale ne fait obligation au juge d’ordonner une expertise psychiatrique ou psychologique.

La notion de pathologie fondamentale structurelle est donc aujourd’hui minorée ou négligée avec corrélativement une pathologisation accentuée des comportements et conduites humaines, ce qui contribue, sauf situations idéologiques particulières relevant de la pensée unique et de la novlangue, à une banalisation des actes et des faits.

L’affaire Sarah Halimi, caractérisée par le meurtre sauvage d’une sexagénaire de confession juive par un voisin dans un accès de « folie » meurtrière, soulève de nombreuses interrogations.

Sur le plan de l’expertise psychiatrique, la responsabilité pénale déterminée par la première expertise a été invalidée par les suivantes.

La question centrale est celle d’un accès délirant aigu à tonalité mystique, sous emprise de toxiques, ayant été la principale cause du meurtre sauvage.

Ce que l’on sait du profil de l’assassin :

Un homme d’origine malienne de 27 ans au moment des faits, de confession musulmane, connu des services de police pour de nombreux délits, vols, violences, port d’armes, outrages et usage de stupéfiants…

Cet homme au cours d’un épisode singulier en 2017 s’est déchaîné dans la violence,  a d’abord séquestré des voisins avant de s’en prendre cruellement à une autre voisine, Madame Halimi, qu’il a battu à mort avant de la défenestrer du troisième étage en proférant des sourates du Coran et en criant « Allah Akbhar » !!!

Ceci relèverait d’une voix entendue et ordonnant ces actes. Doit-on croire ce qu’un individu déclare et prétends se souvenir en alléguant par ailleurs être sous l’emprise de drogues ?

L’alcoolisme est également fréquemment générateur de ces états et les ivresses aigues, les magistrats le savent bien, déterminent souvent des passages à l’acte dramatiques qui n’auraient pas lieu sans les effets de l’alcool.

La jurisprudence révèle que la totalité des délits ou crimes, volontaires ou involontaires commis dans ces circonstances sont pénalement responsables.

Pourtant un alcoolique en ivresse prononcée, qui prend sa voiture et tue sur la route comme il aurait pris une autre arme que son véhicule, n’a évidemment pas la capacité de jugement, de vigilance, de discernement et d’analyse de ce qu’il fait au moment où il le fait, mais demeurera pénalement toujours responsable des conséquences. On sait très bien que si cet alcoolique est ordinairement violent ou impulsif que ces tendances seront renforcées par son ivresse…

Mais s’il tue à ce moment précis, le meurtre aura-t-il principalement été déterminé par la nature de l’auteur ou l’altération de ses capacités de contrôle permise par l’effet du toxique ?

file6vnggifcijl1heejqh5i.jpg

La toxicomanie est un fléau de santé publique et l’utilisation des drogues puissamment hallucinatoires tels que le LSD, acides ou champignons hallucinogènes est malheureusement très répandue.

Qu’en est-il de la responsabilité pénale de l’individu sous l’effet de ces drogues qui commet l’irréparable ? Pire ! La Kétamine, drogue potentiellement hallucinatoire est, depuis 2019, commercialisée et prescrite aux USA pour le traitement de la dépression, tandis que le LSD et le Psilocybe (champignon hallucinogène) sont actuellement étudiés pour les mêmes indications thérapeutiques ainsi que le CBD désormais autorisé en France. On prescrit donc déjà d’authentiques drogues capables d’abolir le contrôle de soi pour traiter une dépression ! Nous nous rapprochons étrangement du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley.

Cette affaire renvoie donc à la nécessité morale et pénale de réviser la notion de responsabilité du sujet, du corps social…et le redéfinir le rôle des experts afin que cesse cette odieuse extension de la notion d’irresponsabilité promue par l’appareil judiciaire.

Docteur Daniel COSCULLUELA

Docteur Joël HARTMANN

jeudi, 11 février 2021

Libération autochtone : sortir du triangle de Karpman

triangle-dramatique.jpg

Libération autochtone : sortir du triangle de Karpman

par Antonin Campana

Ex: http://www.autochtonisme.com

« Le triangle dramatique de Karpman consiste à réduire le discours politique à trois places : le bourreau, la victime et le sauveur » (Lucien Cerise, Neuro-Pirates, Réflexion sur l’ingénierie sociale, Kontre Kulture, 2016. Un livre fondamental que tout Réfractaire devrait avoir dans sa bibliothèque).

On sait qu’utiliser le vocabulaire de l’adversaire revient à s’inscrire dans son système de pensée. Dans un même ordre d’idée, consentir au triangle de Karpman orchestré par une entité ennemie revient à accepter une manipulation dont on ne peut sortir indemne.  Dans un triangle de Karpman, le sommet du triangle est généralement tenu par un acteur dont les motivations réelles sont masquées derrière la confiance ou l’indifférence qu’il suscite. Cet acteur furtif échappe aux radars des deux autres acteurs qui vont ainsi accepter le récit manipulatoire qu’il développe sournoisement et qui très souvent vise en fait à les opposer pour qu’ils se neutralisent mutuellement à son profit. 

Prenons un exemple.

Qui est responsable des attentats islamistes ? A première vue, évidemment… les islamistes. Pourtant, en creusant un peu, nous voyons bien que sans les politiques d’immigration massives que nous subissons depuis quarante ans, il n’y aurait pas eu d’islamistes au milieu de nous. Donc la responsabilité incombe en premier lieu au régime qui a initié les politiques d’immigration et à l’Etat qui les a mise en œuvre méthodiquement. Quand un chimiste provoque une explosion en mélangeant deux produits incompatibles on n’accuse pas l’un ou l’autre des produits. On accuse le chimiste, ici, donc, le régime et l’Etat. Or qu’observe-t-on ? 

Une narration triangulée qui pourrait être schématisée de la manière suivante :

Les attentats islamistes

Victime : la population

Persécuteur : les terroristes

Sauveur : le régime en place

=>  Le régime gagne

La narration dominante (celle du régime) oppose donc une population pacifique à des terroristes qui lui font la guerre. La population traumatisée se tourne spontanément vers l’Etat, qui se montre évidemment protecteur. Pourtant c’est bien lui, l’Etat, qui a placé la population en situation de grande insécurité. C’est bien lui, l’Etat, qui est le véritable persécuteur. Même si le terrorisme n’est pas directement le fait de l’Etat (encore que, parfois…), on peut parler d’un « terrorisme d’Etat » dans la mesure où le terrorisme procède directement de son action. L’Etat est donc responsable du terrorisme, et l’on devrait objectivement avoir une conflictualité à deux acteurs seulement, du type :

Etat / population autochtone

Or, la narration triangulée est précisément mise en œuvre pour que la population ne fasse pas une telle réflexion, n’accuse pas l’Etat et se jette au contraire dans ses bras salvateurs. Le régime peut tranquillement faire progresser son entreprise d’ingénierie sociale et, sans opposition notable, augmenter son contrôle… de la population (loi sur le renseignement, caméras de surveillance, contrôles bancaires, fichage…) ! Nous l’avons dit : « le régime gagne ». Et donc nous perdons !

Cette narration triangulée peut avoir plusieurs variantes, avec la même finalité manipulatoire.

 Par exemple :

Victime : les valeurs de la République (la laïcité)

Persécuteur : les islamistes

Sauveur : Le vivre-tous-ensemble

=> Le régime gagne

Toute orchestration d’un triangle de Karpman dénote donc une volonté de manipulation au profit de celui qui se place furtivement au sommet du triangle, soit comme victime, soit comme sauveur, et au détriment des deux autres côtés, placés dans une situation qui les met en opposition.

triangle-de-Karpman.001.jpeg

La capacité à mettre en scène un triangle de Karpman dépend essentiellement de la puissance de communication de celui qui veut occuper le sommet du triangle. Cette capacité est aujourd’hui concentrée entre quelques mains hostiles qui en usent et en abusent au dépend des Autochtones. Prenons quelques autres exemples de narrations triangulées :

  • Les Gilets Jaunes

Victime : l’ordre public (syndrome « Arc de Triomphe »)

Persécuteur : les Gilets Jaunes

Sauveur : les Forces de l’ordre

=> Le régime gagne

Encore une fois, la mise en scène du triangle de Karpman est celle du régime. Les Gilets Jaunes n’ont pas la puissance de communication nécessaire pour imposer un triangle du type :

Victime : la France qui peine

Persécuteur : le régime en place

Sauveur : les Gilets Jaunes

=> Les Gilets Jaunes gagnent

  •  Le racisme 

Victime : les allochtones

Persécuteur : les Autochtones

Sauveur : les valeurs de la République

=> Le régime gagne

Ce triangle dramatique se fonde sur un système d’avilissement des Blancs, que nous avons nommé « antijaphétisme » (Japhet étant l’ancêtre des peuples européens selon la Bible, comme Sem est celui des Sémites. Pour une analyse de l’antijaphétisme institutionnel voyez par exemple ici). Ce triangle (artificiellement construit par l’accueil étatique de millions d’allochtones) oppose allochtones et Autochtones, tout en mettant sur le compte du racisme héréditaire des Blancs l’échec du modèle républicain de « vivre-tous-ensemble » (ce qui permet de ne pas remettre en question la validité de ce modèle). L’objectif de la triangulation antijaphite est donc de protéger les principes mondialistes de société ouverte, donc le régime politique qui les met en œuvre (la République). Les Autochtones ne sont pas en capacité d’imposer un triangle du type :

Victime : le peuple autochtone

Persécuteur : le régime politique en place

Sauveur : un Etat national autochtone

Ou bien :

Victime : le peuple autochtone

Persécuteur : l’Etat mondialiste immigrationniste

Sauveur : l’Etat autochtone remigrationniste

  • La Crise sanitaire

Victime : la population

Persécuteur : le virus

Sauveur : le gouvernement

=> Le régime gagne

Une autre variante, très en vogue :

Persécuteur : le complotisme

Victime : le gouvernement

Sauveur : le Conseil scientifique (la "Science")

=> Le régime gagne

  • Le Progressisme sociétal (LGBT, féminisme, antiracisme…)

Victime : les « minorités »

Persécuteur : l’hétéronormativité, le patriarcat, le privilège blanc…

Sauveur : l’Etat de droit égalitaire

=> Le régime gagne

=> Les minorités gagnent

Dans ce cas de figure deux triangles de Karpman se superposent et se soutiennent mutuellement. D’une part celui du régime, qui fait progresser son agenda mondialiste en opposant les minorités persécutées à la majorité persécutrice, tout en se posant comme seul et unique recours des premières contre la seconde. D’autre part, celui des minorités qui opposent la majorité à l’Etat de droit, faisant ainsi pression sur celui-ci pour qu’il fasse usage de son arsenal législatif répressif contre la majorité.   

Et une petite dernière, d’un point de vue gauchiste :

Persécuteur : les faits

Victime : le progressisme

Sauveur : la « post-vérité »

=> Les gauchistes gagnent (puis les faits s’imposent, et alors ils perdent)

On aura compris le schéma général. Se laisser enfermer dans un triangle de Karpman est « dramatique » car cela revient à accepter une logique qui mène à notre persécution. Si le seul recours que vous trouvez face à l’islamisation se trouve dans les « valeurs de la République », alors vous aurez encore plus d’islam car ce sont ces « valeurs » qui fondent la société ouverte. Si vous comptez sur le gouvernement pour vous protéger des virus, alors vous aurez toujours moins de libertés, sans avoir davantage de sécurité. Si vous pensez que la couleur de votre peau fait de vous un persécuteur et un « privilégié », alors l’égalité républicaine fera de vous un esclave (ce que vous êtes sans doute déjà).

Mais comment sortir d’un triangle de Karpman ?

Imaginons une femme dont l’époux prend des libertés avec son serment de fidélité (on pourrait bien sûr inverser la problématique !). Nous avons une relation triangulée assez simple : l’épouse trompée, le mari volage, la maîtresse accueillante. Chaque membre du trio pourra développer une narration triangulée qui minimise son propre rôle (il s’efface alors de la problématique) et oppose les deux autres acteurs.

Comment l’épouse trompée peut-elle sortir de cette relation triangulée ?

Elle aura essentiellement trois solutions :

1. Faire semblant d’ignorer la relation triangulée, au risque de la subir un jour brutalement (« j’ai toute confiance en mon mari »)

2. Révéler le triangle de Karpman (« c’est elle ou moi »)

3. Sortir du triangle de Karpman (« puisque c’est comme ça, je pars ») 

Les Autochtones ignorent depuis quarante ans les triangles dramatiques qui les enferment. On en voit les conséquences avec le « Grand Remplacement ». Refouler les réalités n’est donc pas un bon choix. 

svp-bd-karpman-1400x956-23.jpg

Ce petit blog et d’autres sites tentent en vain, depuis plusieurs années, de dénoncer les triangles de Karpman qui nous oppriment. Tous ces efforts n’ont servi à (presque) rien. Les raisons sont simples : nous n’avons pas la puissance de communication nécessaire pour révéler et briser les manipulations triangulées (ceux, en revanche, qui disposent de cette puissance peuvent aisément nous faire passer pour des « complotistes »). 

Reste donc la troisième solution. L’Etat a été infidèle au peuple autochtone, ce qui lui enlève sa légitimité et nous libère. Il lui préfère désormais sa maîtresse multiethnique et ne reviendra jamais en son foyer historique. Comme une épouse trompée, notre peuple doit maintenant envisager de « refaire sa vie ».  Il nous faut donc divorcer, nous séparer, faire sécession.

Pour le coup, il n’y a pas d’autre solution : soit nous restons dans le schéma triangulé pervers, qui fait de nous des monstres racistes et dont la logique aboutira inexorablement à notre extermination, soit nous nous libérons du triangle par la sécession !

Nous ne pouvons contester médiatiquement le système d’avilissement qui justifie notre oppression. Nous ne pouvons l’ignorer non plus. Il nous faut donc à la fois le dénoncer auprès de ceux qui ont des oreilles, un cerveau et quelques tripes ; et nous extraire des rivalités triangulées en poursuivant nos propres buts. Pour cela, il nous faudra passer outre les conflictualités artificielles et les narrations qu’on nous propose. 

Comment ? Nous en revenons toujours à notre idée de départ : notre but doit être de créer un Etat national autochtone qui boutera l’Etat infidèle hors de France et hors d’Europe. Nous avons longtemps espéré que des personnalités représentatives du courant réfractaire, unies dans une sorte de CNR, finiraient par proclamer la formation d’un Etat parallèle autochtone articulé sur une société autochtone organisée. Visiblement, cela ne se produira pas. D’autres solutions, moins pyramidales, sont probablement possibles. Nous devons désormais y réfléchir.  

Antonin Campana

dimanche, 31 janvier 2021

Les conséquences psychologiques de la crise : Pierre Le Vigan

PLV-Clmerc.jpg

Les conséquences psychologiques de la crise : Pierre Le Vigan

Pierre Le Vigan, auteur prolifique, essayiste, urbaniste et spécialiste de l'Histoire des idées philosophiques était notre invité pour ce nouvel entretien. Nous y abordons les conséquences psychologiques du couvre-feu, des confinement et du port du masque. Les dépressions étudiantes, également.
 
Ses derniers livres :
1/ Le Grand Empêchement, éditions perspectives libres : https://cerclearistote.com/2019/11/pa...
2/ Avez-vous compris les philosophes ? III : https://www.bookelis.com/documents/44...
 
Soutenez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/Le-club-du-M...
Soutenez-nous sur Tipee : https://fr.tipeee.com/le-club-du-merc...
 

lundi, 25 janvier 2021

Calamiteux confinement pour les garçons : ils n'ont plus de rites d'initiation

1136_gettyimages-1215946385.jpg

Calamiteux confinement pour les garçons : ils n'ont plus de rites d'initiation

par le Prof. Claudio Risé

Source : Claudio Risé et https://www.ariannaeditrice.it

L'éducation contemporaine a fait des voies éducatives traditionnelles une terre brûlée !

Ils sont blessés, torturés, parfois tués. Les adolescents et les enfants souffrent beaucoup, surtout depuis que le confinement à la maison est presque devenu leur quotidien. Les hôpitaux n'ont pas assez de lits consacrés à cette éventualité, jusqu'ici imprévue (à tort). Les lits fournis sont (dans toute l'Italie) au nombre de 92. Dans certaines régions : 0. Que se passe-t-il et pourquoi ? La Verità avait déjà souligné, à plusieurs reprises, dans Lo sguardo selvatico, le grand danger des enfermements pour les enfants, les définissant comme ‘’anti-vitaux’’. Cela va littéralement à l'encontre de la vie des très jeunes. En effet, même chez les humains, comme chez toutes les autres espèces vivantes, pour se renforcer et grandir de manière équilibrée après le sevrage et la petite enfance, les très jeunes doivent quitter la maison et se confronter à leurs pairs, au monde qui les entoure et à la nature. Comme cela a toujours été le cas, même jusqu'à il y a à peine quelques décennies.

imaconfgar.jpg

En peu de temps, cependant, la rue et les environs de la maison, qui, avec l'école, étaient (surtout pour les garçons, mais pas seulement) leurs principaux lieux de socialisation, ont presque complètement disparu de la vie des adolescents. Ainsi, la voie est déjà ouverte au phénomène dit ‘’des réfugiés dans la chambre à coucher’’ : les hikikomori qui, à partir du Japon se sont répandus presque partout, et dans une moindre mesure aussi en Espagne et en Italie ; les pays où la présence de la mère est plus envahissante, et son absence ou sa crise plus déstabilisante. C'était déjà le premier glissement d'un monde adolescent ouvert, avec ses risques, mais aussi avec la richesse et la positivité de l'esprit d'aventure et de découverte, vers un monde plus fermé, désormais limité à ses outils techniques, ordinateurs, smartphones, tablettes etc., où le corps, privé de découvertes et de mouvements, s'affaiblit fatalement, devenant de plus en plus insécurisé et craintif.

1 qWXgzvB-gik0o8gDlqs5Cg.jpg

Les confinements, avec leur obligation de rester dans le foyer familial d'où l'adolescent doit surtout sortir, ont alors provoqué une régression physique et psychique qui a engendré l'insécurité, et des crises fréquentes et graves, conduisant à de l'automutilation, souvent ritualisées dans les habitudes morbides et des tentatives de suicide. Parfois, malheureusement, avec succès. Nous nous demandons alors pourquoi.

Une première réponse est que l'éducation contemporaine, dont nous nous vantons souvent, avec son approche laïque et rationalisante, a fait des parcours éducatifs traditionnels une terre brûlée, a détruit ce qui a toujours aidé l'adolescent à reconnaître les transformations de son propre corps et à prendre progressivement les devants. L'adolescent, en fait, après la puberté, est comme quelqu'un qui conduit une voiture sans trop savoir comment la guider, voiture qui, graduellement, se transforme entre ses mains. Le ‘’déconcertement’’ est grand et les explications rationnelles données, médicales et hygiéniques, sont largement insuffisantes, car elles sont totalement dépourvues d'empathie et de références psychologiques, symboliques et spirituelles qui sont au contraire essentielles à tout processus de développement humain, en relation avec le corps propre de la personne.

SewCream-cyberharcèlement-trauma-1200.jpg

Ainsi, une expérience millénaire et universelle, tissée de rites d'initiation (le dernier en date étant le service militaire), a été liquidée ; or ces rites, même dans leurs aspects apparemment stupides ou déviants avaient des fonctions précises dans l'accompagnement et l'organisation du développement psychique du futur adulte. Nous considérons que c'est un acte de ‘’décivilisation’’ que de les avoir supprimés mais les besoins qu'ils ont satisfaits demeurent, même s'ils sont ignorés, et les enfants y pourvoient comme ils le peuvent. S'il n'y a plus le supérieur qui les épuise avec des marches jusqu'à ce qu'ils deviennent fiers de leurs muscles, ils se lacèrent les jambes, s’automutilent : c'est aussi une façon de faire quelque chose pour leur corps. "L'automutilation devient alors un baume qui guérit les blessures de l'âme en les déplaçant sur le corps." (Lancini, Cirillo, Scodeggio, Zanella L'adolescente. Psychopathologie et psychothérapie évolutionniste, éditeur Cortina). De nombreuses personnes conservent les lames avec lesquelles elles se coupent ainsi que les boîtes de médicaments. S'attaquer au sang est une façon, certainement erronée, de demander de la profondeur à une société dégoûtante de superficialité.

samedi, 07 novembre 2020

Roland Gori - La Fabrique des Imposteurs

maxresdefaultgori.jpg

#RolandGori #Imposture #Société

Roland Gori - La Fabrique des Imposteurs

 
"L'imposteur est aujourd'hui dans nos sociétés comme un poisson dans l'eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l'apparence et à la réputation plutôt qu'au travail et à la probité, préférer l'audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l'opportunisme de l'opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l'art de l'illusion plutôt que s'émanciper par la pensée critique, s'abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l'amour et à la création. Voilà le milieu où prospère l'imposture ! Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L'imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l'opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes. L'imposteur vit à crédit, au crédit de l'Autre. Soeur siamoise du conformisme, l'imposture est parmi nous. Elle emprunte la froide logique des instruments de gestion et de procédure, les combines de papier et les escroqueries des algorithmes, les usurpations de crédits, les expertises mensongères et l'hypocrisie des bons sentiments. De cette civilisation du faux-semblant, notre démocratie de caméléons est malade, enfermée dans ses normes et propulsée dans l'enfer d'un monde qui tourne à vide. Seules l'ambition de la culture et l'audace de la liberté partagée nous permettraient de créer l'avenir." A travers cette conférence, organisée dans le cadre des conférences de l'Université permanente de l'Université de Nantes, Roland Gori revient sur les idées fortes de son dernier ouvrage "La Fabrique des imposteurs".
 
 
 
Abonnez-vous à la chaîne pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/UnivNantes/?s...
Retrouvez les conférences de l'Université de Nantes sur France Culture : https://www.franceculture.fr/conferen... Suivez l'Université de Nantes sur les réseaux sociaux : FACEBOOK : https://www.facebook.com/univnantes/ TWITTER : https://twitter.com/UnivNantes

samedi, 05 septembre 2020

Carlos X. Blanco: «La vida es un camino muy largo hacia el bosque»

Carlos-X.-Blanco-La-vida-es-un-camino-muy-largo-hacia-el-bosque.jpg

Carlos X. Blanco: «La vida es un camino muy largo hacia el bosque»

G.L. 

Ex: https://adaraga.com

Afortunadamente, no encontrarás La caballería espiritual en las estanterías de los más vendidos de Casa del Libro o de la FNAC. Y digo afortunadamente porque este libro de Carlos X. Blanco no ha sido escrito para ser deglutido por esa turba de consumidores compulsivos teledirigidos por los dominicales de El Mundo o El País sino para su degustación por paladares y mentes selectas. A caballo, nunca mejor dicho, entre la filosofía y la psicología (un espacio que nunca debió haberse perdido y que Carlos reivindica), esta obra sencilla pero de extraorinaria profundidad nos ayuda a elegir nuestro camino correcto para adentrarnos en la emboscadura.

G.L: La caballería espiritual comienza con una preciosa alusión al cuento infantil de Pulgarcito como estrategia vital y describes que «la vida es un camino muy largo hacia el bosque». ¿Qué nos aguarda en el bosque?

Carlos X. Blanco: El bosque es un lugar originario del que todos procedemos y hacia el que todos podemos volver, implica  una región densa y oscura;  entrar en el bosque significa «perdernos» en él; perderse en todos los sentidos de la palabra. Perderse o ser incapaces de retomar el hilo de nuestra existencia, no recordar quiénes somos, no hallar una salida. El bosque envuelve la libertad de las múltiples sendas, la región que esconde toda posible senda, pero también la ansiedad de no saber qué pasos dar, qué orientación seguir. El bosque libera de una vida trazada, pero también es angustia por la falta de diferenciación personal y por no saber resolver nuestros conflictos. El bosque está lleno de lobos y de ocasiones para perderse.

Otros filósofos, y en concreto me viene a la mente Ernst Junger, también se han referido al bosque. ¿Por qué el bosque es uno de los principales mitos europeos?

El bosque representa la realidad material primigenia, indiferenciada. La palabra griega hyle (materia) lo expresa muy bien. Significa materia y significa también el bosque,  la madera, esto es, la materia prima que sirve de base o que se considera receptora de las formas. Materia y madera son palabras relacionadas. Europa fue una selva que hubo de ser talada parcialmente en pro de la civilización. Sin embargo, esa selva europea perdida y añorada prosigue su existencia en el fondo del alma humana, al menos en la europea, y es el elemento base y el fondo primitivo al cual, no obstante, deseamos reintegrarnos. La cabaña, el templo, la empalizada, el poblado, eran aún de madera ya trabajada por el hombre en unos primeros momentos de la historia. La primera europeidad cultural era una secreción del bosque. El Levante, Egipto, el resto de Asia, en cambio, fueron tierras de grandes ríos, civilizaciones de la piedra o adobe, antes que de madera, fueron universos áridos reconquistados por  la ciudad, fueron regadíos y mercados esclavistas. En el mundo mediterráneo, como en Oriente, hay ya un alejamiento muy temprano de ese hogar boscoso, pues la cuenca de este mar se «civilizó» pronto, esto es, se secó, se taló, se superpobló desde hace miles de años. Desde la polis, desde la urbs, el hombre vio ya con temor y distancia esa primera patria de la que procede.

foretdebrocliande-1024x683.jpg

En España nos ha sucedido lo mismo…

Sí, tenemos esa dialéctica entre el bosque atlántico-cantábrico, por un lado, y la llanura y costa sureña-levantina, por el otro. Los conceptos de civilidad y ruralidad difieren mucho en las distintas regiones del país. También ocurre algo muy importante en relación con la técnica. La caballería espiritual europea no puede divinizar la técnica: la pone al servicio de metas espirituales más altas.

Algunos conceptos capitales de Carl Gustav Jung son una constante a lo largo de esta obra como, por ejemplo, el inconsciente colectivo. En un mundo deshumanizado y cibernético como el actual, ¿todavía podemos hallarlo?

Si no lo encontramos, el propio inconsciente colectivo saldrá a nuestro encuentro. Lo hace en nuestros sueños, mueve las manos del artista o del escritor, modela creencias del hombre corriente y concentra altas dosis de energía para hacer las cosas de la vida. El inconsciente colectivo es un océano lleno de energía, repleto de vida, corrientes y mareas. Todo él es fuerza, empuje. El hombre domesticado y mecanizado de hoy, si no sabe manejarlo, sucumbirá. El mundo moderno es el mayor pecado contra la naturaleza. Seas o no creyente, has de saber que muchas de las propiedades esenciales que la psicología jungiana atribuye al inconsciente colectivo son co-extensivas con las que las religiones más poderosas espiritualmente hablando (verbigracia, el cristianismo) atribuyen a Dios. Ir contra esta fuerza es ir contra la naturaleza, y es la mayor de las herejías. No puedes enfrentarte a tal océano de energía. Religiosamente eso es pecado. Psicológicamente eso es enfermedad. Metafísicamente es ir contra el ser, significa despojarse de la manera más absoluta.

¿Podemos encontrar a Dios?

Se puede hallar. Amando a tus hijos y a tu pareja. Arraigándote en una patria y a una comunidad. Haciendo de tu familia y de los tuyos un remanso y una fortaleza, construyendo una pequeña patria invencible con ellos. Buscando ratos de soledad y de contacto con la naturaleza, leyendo signos de divinidad en tu interior y en tu derredor.

Foret-feuillus-2-DR.jpg

«La vida psíquica es compensación». ¿Somos realmente libres o el censor que llevamos dentro nos lo impide?

La homeostasis, la búsqueda del equilibrio, la restauración de valores estables, forma parte de la vida orgánica y en la vida orgánica se verifican las mismas leyes que en la espiritual. En nuestro crecimiento y en nuestro combate contra la enfermedad, el pecado, el conflicto (en el fondo es todo lo mismo) contamos con un aliado, que es el propio proceso auto-curativo. El bien se hace camino, a cada paso se abren sendas para hallarlo. La verdadera espiritualidad (y dentro de ella, la religión) consiste en leer esos signos que hacen que no te pierdas, en aceptar esos dones y en no ser «rebelde» (diabólico) ante ellos. Mi ensayo La Caballería Espiritual es una pequeña brújula para orientarnos en ese crecimiento, para ser caballeros en el sentido medieval de una vida de servicio que acepta los dones pero también los sacrificios que la propia vida nos pide si queremos existir ennoblecidos, si deseamos ser dignos y no volver al lodo. El ser humano es, él mismo, un quicio. Somos, como dicen varios filósofos (Eugenio Trías, Manuel Fernández Lorenzo), seres fronterizos. Eso supone una gran dignidad pero también un gran riesgo, y antes que Jung o los pensadores citados, nos ha sido descrito muy bien por Santo Tomás de Aquino: semejantes a Dios, cercanos a los más ínfimos de los ángeles, pero muy por encima de las bestias. Así somos los hombres. Podemos bestializarnos o podemos deificarnos. De hecho nos deificamos un poco a diario cada vez que amamos, somos responsables o volcamos esfuerzo y espíritu de servicio.

«En mí está Todo». Una reflexión breve pero muy profunda. ¿Está capacitado el hombre del siglo XXI para saber quién es realmente?

Cada vez menos, pues nos vemos inmersos en un proceso brutal y satánico que consiste en la abolición de lo humano. El gran capital ha descubierto que la persona sobra, que le estorba ese animal racional que, incluso de manera inconsciente y confusa, busca deificarse. El gran capital ha descubierto que no solamente los bienes de la naturaleza o el fruto del trabajo pueden ser mercancías, sino que la propia mercancía humana es la más interesante para acumular beneficios, producir plusvalía. Y estamos en la transición horrenda de pasar de la esclavitud «enteriza» del individuo humano (cada cuerpo humano es tratado como una mercancía, ignorando su alma), a una esclavitud mucho más completa e interior, una especie de infección que afecta al compuesto humano mismo, a su alma y a las relaciones de su alma con cada una de las potencias del hombre.

forets-progressent-france-arbres-jean-daniel-bontemps-une.jpg

¿De qué forma estamos siendo esclavizados?

Somos un pequeño cosmos, y la colonización y esclavización de cada parte de ese universo humano que es cada persona, va siendo un proceso imparable. Introducir la tecnología en todas nuestras funciones más vitales, no ya simplemente para aliviar el dolor o la fatiga en el trabajo, paliar el hambre o mejorar la cosecha, sino para poder, simple y llanamente, vivir… es un gran pecado. Debemos armar una fuerza de caballería para rescatar esos santos lugares que son el alma de cada individuo. El mundo va mal porque yo voy mal. Qué simple es el pensamiento jungiano. Le acusan de gnóstico, pero en muchos puntos expresa el Evangelio al modo más católico.

¿Puede el hombre de hoy escapar de alguna manera de este mundo no ya alejado de sino enfrentado abiertamente a Dios?

Sí, sin dudarlo. Hay que crear refugios en la familia. Educar a los niños al margen, y a veces, en contra, de las directrices autoritarias del Estado, de la partitocracia, de la UNESCO, etc. Hay que hacer «asamblea», verdadero sentido de la palabra Iglesia (ecclesía) con aquellos que también buscan a Dios. También hay que formar comunidades equivalentes a los monasterios medievales, refugios de la cultura, de la espiritualidad, del humanismo clásico, en medio de un mundo bárbaro. Europa se está barbarizando a marchas forzadas, y la creación de una red de comunidades de personas que buscan, que anhelan el crecimiento y la sanación, que se resisten al proceso nivelador, que no desean la «muerte» de su radical singularidad, es de todo punto esencial.

Un concepto muy interesante que desarrollas en tu obra es el de «el hombre planta».

Tenemos raíces. Necesitamos suelo nutricio. No somos fácilmente trasplantables. El hombre-nómada no es un modelo para nuestra especie. Muy pocas personas pueden vivir sanas dentro del nomadismo moderno.  Debemos volver al terruño. Como creo que decía Sam Gamyi, el inolvidable personaje de El Señor de los Anillos, debemos cavar en nuestro huerto, cavar hondo. La lealtad a su señor Frodo se prolonga con la lealtad a su huerto, a su granja cargada de hijos, fruto del amor a su esposa. Sam echó raíces, pero ya las tenía desde el principio. Era leal a Frodo.

Ese concepto, el del «hombre planta», imbrica muy bien con el todo, como parte de una totalidad. ¿Qué es ese todo?

Somos un sistema, una totalidad ordenada y, como católico, te diré que formamos parte de un sistema o totalidad perfectamente jerárquica. Si sabemos no cortar raíces, respetarnos, ser leales, estamos contribuyendo al bien en que consiste ese todo. La caballería en la que debemos militar no es rebelde ante otra cosa que ante el mal. Nuestra bandera debe ser el bien. Cuando plantas un roble chiquitito y, al cabo de muchos años ves un árbol que te supera en altura, estás viendo una imagen del bien. Ese roble te dará sombra, te ofrecerá sus bellotas y permitirá que tus niños se encaramen a sus ramas. Debería ser obligatorio plantar árboles: ellos te recuerdan que somos parte del todo, ellos nos lanzan el mensaje de ser colaboradores y amigos tuyos. Si al todo lo llamas, según tus creencias, el bien o Dios, entonces estás siendo un co-laborador de lo más alto. Co-laborador: trabajar con, vives  como aliado, cooperador.

¿Cómo es ese todo?

No es un todo estático en el que te pierdes como la gota de agua en el mar, o la vaca negra en medio de una noche. Es el todo jerárquico donde la persona se halla feliz por ser importante en la escala que le corresponda. A todo niño deberíamos enseñarle a ser humilde por ser importante, único, imprescindible. Nadie sobra. No dejar traer al niño al mundo, impedir el sano desarrollo del feto es un crimen en el terreno metafísico, no sólo civil: esa persona, con todo su proyecto importante, con su puesto en la creación debidamente asignado, ha sido «abortado». El todo se revuelve con cada «interrupción voluntaria» de su dinámica única e intransferible. Es un crimen contra el Todo.

jung 3.png

Volviendo a Jung, a mi juicio, aciertas en señalar sus paralelismos con Hegel y aludes a una dialéctica común.

Ambos son grandes pensadores dialécticos. Hay en el alma, como en la realidad misma, un dinamismo inagotable. El mundo es lucha, oposición, síntesis, pero también la Psique humana es eso mismo. No tengo dudas: los mundos físicos, históricos, culturales, etc. , al igual que la psique humana, que es parte y a la vez espejo de esos otros mundos, son sistemas que buscan una diferenciación cada vez mayor. Y lo buscan por naturaleza, a pesar de esa corriente niveladora que nació con la modernidad. No podemos ser iguales, nunca lo seremos: la jerarquía del mundo implica una tendencia a la perfección. Un guijarro o un grano de arena ya son suficientemente perfectos en la playa donde reposan y se parecen demasiado a sus vecinos. Contienen toda la perfección que el mundo o el creador esperaban para ellos. El esfuerzo nos corresponde a nosotros, los hombres, que no somos guijarros uniformes arrojados en la playa. Siendo siempre imperfectos, debemos seguir las orientaciones y adentrarnos en el bosque, correr peligro y matar dragones. A mayor perfección de entrada, nunca absoluta, mayor esfuerzo de perfección para alcanzar el destino: nobleza obliga. La nobleza de que está investido el hombre, impone obligaciones y responsabilidades.

Perteneció a la escuela de Sigmund Freud pero rompió con su maestro. ¿Qué nos enseña Jung frente a Freud?

Que el ser humano no es una cloaca. Que nosotros somos espíritu. La verdadera psicología no es una para-física, un remedo de las ciencias naturales. Además de sexo, el ser humano es amor y crecimiento. No somos simplemente máquinas homeostáticas, sino líneas dinámicas que se orientan a un todo que, en el mundo mecanicista de hoy, nos lo quieren ocultar. Somos seres con vocación de servicio, somos caballería, orden monástica, asamblea de seres libres y capaces de caridad, y no, en modo alguno, una piara de cerdos.

Te muestras muy crítico con la psicología convencional, particularmente con la clínica, y reivindicas aquella «más amplia en intereses, valentía y profunidad». ¿Es el cientifismo el nuevo enemigo a batir?

Desde luego. Poseo formación en psicología experimental y neurociencias, y conocí demasiado bien a los «ratólogos», esos expertos en torturar roedores de laboratorio sin ton ni son, y conocí a pedantes conductistas, fieles seguidores de Skinner, que explicaban la mística de Santa Teresa, por ejemplo, en términos behavioristas o de drogadicción. Los freudianos reducirían la mística a la frustración sexual, etc. La psicología clínica actual, la de las más diversas sectas y escuelas que quiere ayudar a los pacientes basándose en experimentos con ratas o perros, o en abstracciones y modas americanas (la «inteligencia emocional», etc.) no es la sino terapia mecanicista acorde con un mundo-máquina, es un «servicio» que en realidad no cura nada y se limita a dar nombres raros a problemas existenciales de la persona, para los que no ofrece verdaderas salidas, sólo «modelos» para dar de comer a unos miles de titulados, cuando lo que ofrecen en venta no son, en gran medida, sino humo bien empaquetado, fraudes, cuando no simples placebos.

efficacite-en-affaires.jpg

Vivimos en una sociedad obsesionada con la medición, la productividad y la eficacia. ¿Todavía queda espacio para aquello que, afortunadamente, no es medible ni es necesario que lo sea?

Sí, pero para ello habría que ir sustituyendo las ciencias «modernas» (economía, psicología, sociología…) por la metafísica. A fin de cuentas, no son ciencias: son metafísica barata, remedos. No hay salvación para el mundo si no volvemos a la metafísica y a la sacra doctrina. Habría que replantearse lo que fue la «Revolución Científica». Se quiso presentar como una ruptura con la sabiduría medieval. Triunfó la perspectiva de la cantidad, que es sólo una de las categorías del ser. Hoy en día todo se quiere medir o cuantificar, pero a veces no tenemos ni la más remota idea de lo que estamos midiendo (véase el ejemplo de la Inteligencia: ¿Qué es la inteligencia?, pues lo que miden los tests de inteligencia). Por encima de todas las ciencias, está la sabiduría. La propia fe no se enfrenta a las ciencias. La verdadera fe es una sabiduría superior al conjunto de las ciencias particulares. No es irracional, como empezó a pensarse después de Occam y tras la reforma de los protestantes. Es, por el contrario, suprarracional. Esto significa que la propia razón y la medida, sin despreciarlas ni mucho menos, deben subordinarse a la meta más alta.

«Gran parte de lo que hoy se llama ciencia no es conocimiento, es basura».

La pandemia del coronavirus lo demuestra. Se nos llenaba la boca con la «ciencia» moderna, en realidad con la tecnología al servicio de trasnacionales depredadoras y poderes militares, pero no podemos con este virus. Un niño posee un móvil con microprocesadores y minicámaras de última generación, pero no llega el agua potable a muchas aldeas y poblados en el mundo. Una «ciencia», así, permíteme, es una porquería. O buscamos un conocimiento cierto fundando en la búsqueda de causas verdaderas, con unas conclusiones necesarias que se derivan de principios de evidencia firme, o no tenemos ciencia. Manipular variables, construir juguetitos o publicar artículos «salami» en «revistas de impacto» no es ciencia… es añadir más porquería del mundo moderno. Un mundo que no hace otra cosa: producir la más espesa y olorosa de las porquerías.

A1OyAxYGZiL.jpg

Carlos X. Blanco: La caballería espiritual. Editorial EAS (Noviembre de 2018)

Imagen: Nadine Doerlé: Armadura de caballero

mardi, 18 août 2020

Violences gratuites, une vision prophétique. Entretien avec le Dr. Maurice Berger

BM-Illu-M-Berger.png

Violences gratuites, une vision prophétique.

Entretien avec le Dr. Maurice Berger

Propos recueillis par Tatiana Hachimi

Ex: https://b-mag.news

Les violences gratuites, ces agressions physiques sans raison apparente qui peuvent aller jusqu’au meurtre, se multiplient de façon dramatique. Au lendemain du massacre particulièrement insoutenable d’une jeune femme, Axelle Dorier, percutée par un conducteur qui l’a traînée sur huit-cents mètres dans une rue de Lyon avant de prendre la fuite, nous avons souhaité recueillir l’avis du Dr. Maurice Berger dont le dernier ouvrage  « Sur la violence gratuite en France: adolescents hyper-violents, témoignages et analyse » donne les principales clefs pour appréhender ce phénomène tant au niveaux des causes que des solutions. 

Les violences gratuites ne sont ni une surprise, ni une fatalité. Pour les comprendre, et les analyser, il faut aller au contact des auteurs. En remontant le fil leur histoire, de leur éducation on finit par observer plus que des récurrences, plutôt de véritables modèles qui constituent la matrice de cette violence particulière à plusieurs titres, dont notamment la surreprésentation des auteurs d’origine maghrébine.

BM-Ilu-Dr.M.-Berger-cover-livre-1024x783.jpg

Le dernier ouvrage du Dr. Maurice Berger consacré de façon prophétique aux violence gratuites qui se multiplient en France comme en Belgique.

B-Mag: Quel est votre regard  sur le drame de cette jeune femme percutée volontairement par un conducteur qui l’a ensuite traînée dans une rue de Lyon?

Dr. Maurice Berger : 

Même si cela ne représente qu’une partie des problèmes de sécurité, la proportion de délinquants d’origine immigrée est effectivement importante, et cela mérite qu’on y réfléchisse. Je précise d’emblée que je travaille dans un Centre éducatif renforcé dépendant du Ministère de la Justice, et dont l’équipe est à 80 % originaire du Maghreb. Ceci  montre que de nombreuses personnes appartenant à cette culture ont un fonctionnement compatible avec le respect des règles légales de la société. Dit autrement, on nait d’abord dans une famille qui transmet-ou non- des valeurs éducatives avant de naître dans un « quartier ».

A propos de la mort d’Axelle Dorier, la justice précisera les circonstances exactes de cet événement dramatique. Concernant l’auteur, je propose une hypothèse qui ne sera probablement pas explorée lors du procès.  Le conducteur d’origine maghrébine est confronté à une jeune femme, d’origine européenne de surcroît, qui se met en travers de la route pour le faire s’arrêter, c’est-à-dire se soumettre. Dans la culture maghrébine, comme l’indique la sociologue Nassima Driss, l’espace est genré, l’espace public est masculin alors que la place de la femme se situe au sein du foyer. Il y a là une différence anthropologique de représentation de l’espace. Pour cette jeune femme, on doit agir en être responsable et donc discuter. Pour l’auteur, cela a peut-être été impensable car c’est l’homme qui commande. 

a5af5e301ad89bd790c77e116267f4de88ba3b48.jpeg

Par ailleurs, j’entends l’indignation liée aux agressions mortelles récentes mais ces faits ne m’étonnent pas car nous vivons depuis des dizaines d’années dans un triple déni de la violence.

Un déni sociologique, celui qui a forgé le concept de « sentiment d’insécurité » alors qu’il y a une insécurité réelle, avec une violence gratuite toutes les 44 secondes en France en 2018.

Un déni médiatique,  que je combats depuis 1992 lorsque j’ai décrit pour la première fois cette violence dont je commençais à voir l’augmentation dans ma pratique médicale, et où j’indiquais que nous allions avoir des milliers d’adultes violents dans vingt années à venir. En 2008, dans mon livre « Voulons-nous des enfants barbares ? Prévenir et traiter la violence extrême“, j’ai consacré un chapitre à la nécessité de comprendre  les processus menant à la violence chez les adolescents maghrébins. Aucun des nombreux journalistes qui m’ont interviewé à propos  de cet ouvrage n’a voulu évoquer ce chapitre, en m’expliquant que ce n’était pas politiquement correct. 

Un déni politique aussi, le mot d’ordre étant « après moi, le déluge ». 

On constate dans l’actualité  quotidienne le résultat logique de ce triple aveuglement.

Je  renvoie aussi à la récente étude d’Alain Bauer et Christophe Soullez, « Le grand retour de l’homicide? » (2020)  qui montre une augmentation du nombre des homicides en France après une baisse de 60 % entre les années 1994 et 2014. Les chiffres de 2018 sont de 845. Ceux de 2019, autour de 950, donc une augmentation de 8,5 % en un an. Ce chiffre de 2019 est supérieur à celui de 2015 (872, incluant les attentats terroristes du Bataclan) et à celui de 2016 (892, incluant l’attentat de Nice).  Les auteurs concluent : « En tout état de cause, un profond mouvement de retour à la violence physique semble se produire en Occident, ignoré, volontairement ou involontairement, ou sous-estimé (…), ce qui remet en cause un acquis fondateur : le droit de vivre ». Le crime est donc devenu un mode de traitement des litiges. 

B-MAG: Quelle est la part de la maltraitance dans l’historique des sujets violents?  

95% des sujets violents proviennent de familles maltraitantes au sens large qui englobe les négligences, avec souvent un trouble psychiatrique chez l’un des parents. 5% sont issus de familles sans problème éducatif majeur.

Mais parmi les éléments qui favorisent l’apparition d’un comportement violent, deux autres facteurs sont particulièrement fréquents. Tout d’abord, l’exposition à des violences conjugales avant l’âge de deux ans. Là où je travaille, ceci concerne 80 % des mineurs violents, lesquels ont intériorisé précocement ces scènes. Or ces violences conjugales sont plus fréquentes dans les cultures où il y a une inégalité homme-femme. 

indexviolenceor.pngUn autre élément  est un fonctionnement familial clanique,  très répandu chez les gens du voyage, les familles kosovares et maghrébines. Un clan est comme un corps dont chaque individu est un membre.  Alors que le but d’une famille devrait être que les parents cherchent à ce que leur enfant se construise une pensée personnelle et puisse s’éloigner d’eux pour se construire un projet personnel, dans une famille clanique le mode de pensée est indifférencié, le but n’est pas qu’un sujet pense par lui-même, son identité est d’abord d’appartenir au groupe. Le terme de ghettoïsation est donc inexact car on est enfermé dans un ghetto alors qu’ici au contraire, la contrainte est intérieure,  autosécrétée, car c’est l’éloignement du groupe qui est angoissant, en pensée, ou physiquement hors du territoire. Les populations concernées n’ont pas été contraintes de se regrouper, ce sont elles qui choisissent de se concentrer sur la base d’une identité groupale. Et la représentation que les membres d’un clan  ont de la relation n’est pas de personne à personne mais de groupe à groupe. Si l’un d’eux est en difficulté dans une relation, il rameute son groupe : « mes frères vont venir te tuer ». Ce mode clanique est un obstacle à l’intégration des individus, les codes du groupe peuvent primer sur les règles de la République.

Il faut ajouter actuellement que beaucoup de délinquants sont aussi d’origine sahélienne, leur organisation psychique peut être influencée  par la dimension  polygamique de leur famille qui s’accompagne de mariages forcés précoces.

B-MAG: Dans votre dernier ouvrage, « Sur la violence gratuite en France », un  concept que vous évoquez à titre de solution pour enrayer cette spirale de la violence est la « contenance ». Pouvez-vous en esquisser les contours?

La contenance est vraiment un élément essentiel de cet ouvrage, mais difficile à comprendre quand on n’est pas sur le terrain. Elle consiste avant toute chose à empêcher de manière physique la survenue d’un acte violent et à écouter les pensées qui surgissent alors chez le sujet.

Même si ce propos peut paraître choquant,  mon expérience auprès d’enfants et d’adolescents violents m’a montré que la violence se combat par la force et qu’il s’agit d’un passage presqu’obligé pour que la pensée advienne chez eux. 

Lorsqu’un sujet violent éprouve une forte tension, dans l’incapacité où il est de la mentaliser, il va la décharger sur l’extérieur.  Avec la contenance qui peut constituer en un enveloppement dans une couverture, une mise en pièce d’apaisement ou d’isolement, on va leur donner une sorte de prothèse d’enveloppe, de peau. Ce n’est qu’alors qu’ils peuvent commencer à penser, justement parce qu’on a empêché cette décharge sur autrui. Cela signifie non pas que le sujet est mis en exil, mais qu’un professionnel est présent pour écouter les sentiments et les pensées qui vont apparaître chez lui, souvent pour la première fois. En pratique, c’est très difficile à mettre en oeuvre car il faut construire une équipe qui soit d’accord sur ces principes et qui accepte d’être disponible  au gré des crises. Pour certains mineurs, la prison peut constituer plus qu’une sanction, mais aussi cette expérience de contenance

En France, le concept de contenance est très peu compris car il est balayé par un débat idéologique sur l’opposition entre répressif et éducatif.

FilipDeblaere.png

B-Mag : Le futur ?

Lutter contre la violence actuelle nécessite un ensemble de mesures pédagogiques, la mise en place de dispositifs législatifs et judiciaires, un véritable « plan violence » ayant une cohérence globale et qui nécessiterait plusieurs changements de paradigme. En particulier, il   faut commencer par arrêter de laisser grossir la quantité  de sujets problématiques, sinon les professionnels comme moi ont le sentiment de vider la mer avec une petite cuillère. Je ne vois pas comment éviter une remise en cause de la CEDH et de son dogme du regroupement familial qui est à l’origine de « l’importation » de fonctionnements claniques.  Ou encore, tout ceci coûte très cher: 560 euros par jour pour un jeune pris en charge dans un CER et  690 euros par jour dans un CEF  (NDLR: centre éducatif renforcé et centre éducatif fermé). II y a 58% de mineurs étrangers non accompagnés dans les établissements pénitentiaires pour mineurs de Marseille (540 euros par jour), 40% à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Ce n’est un secret pour personne qu’une grande partie de ces mineurs sont en fait des majeurs. Je pense que tout mineur non accompagné qui vient commettre des délits en France doit être expulsé afin que nous puissions consacrer nos moyens déjà très insuffisants à la prise en charge des mineurs violents nationaux. 

Maurice Berger est pédopsychiatre, psychanalyste, ex-professeur associé de psychologie de l’enfant. Il travaille en Centre Educatif Renforcé et enseigne à l’Ecole Nationale de la Magistrature.

Propos recueillis par Tatiana Hachimi

jeudi, 09 avril 2020

Confinement et violence

Mutiny   50.jpg

Confinement et violence

par Antonin Campana

Ex: http://www.autochtonisme.com

Le 16 avril 1797, jour de Pâques, l’équipage du Queen Charlotte, navire de la Royal Navy, hisse le drapeau rouge, signale de la mutinerie. Après une longue expédition dans la Manche, Lord Bridport, Amiral de la flotte, vient en effet de donner l’ordre de reprendre la mer. Pour les marins, c’en est trop ! Immédiatement, le Royal George, le Royal Sovereign, le London, le Glory, le Dukes, le Mars, le Marlborouth, le Ramillies, le Robust, l’Impétueux, le Defence, le Terrible, le Pompée, le Minotaur et le Defiance, hissent à leur tour le pavillon de la révolte. Les marins débarquent des officiers dont certains manqueront d’être pendus. Des hommes sont tués. La mutinerie se répand bientôt dans toute la Royal Navy. Les équipages, divisés entre mutins et loyalistes, se battent au moment de l’appareillage des navires. L’Amirauté ne plie pas et fait tirer sur les navires rebelles. La répression mettra fin à la mutinerie le 13 juin. Des peines de mort par pendaison, des châtiments corporels (fouet) et la prison attendent les mutins qui ne parviennent pas à fuir à l’étranger.

Pour les historiens, l’une des causes des mutineries de 1797 serait… l’ajout récent de plaques de cuivre sur la coque des navires ! En effet, ces plaques protègent les coques, ce qui limite les périodes d’entretien des navires en cale sèche et augmente d’autant la durée du service en mer des marins, donc la durée de leur confinement.

La marine militaire et l’administration pénitentiaire sont à peu près les seules grandes institutions qui mettent en place des systèmes de confinement hermétiquement clos : les navires et les prisons (les monastères, quant à eux, sont généralement des lieux plus ou moins ouverts sur l’extérieur, dont on peut facilement s’échapper). Or, c’est précisément dans ces lieux confinés, les navires et les prisons, que s’observent régulièrement les mutineries les plus nombreuses et les plus sanglantes. Notons que la violence peut aussi surgir, et il nous semble que c’est le cas le plus fréquent, lorsque le confiné sort de son confinement. Ainsi, depuis des siècles, les ports connaissent des bagarres de marins fraichement débarqués, tout comme notre société subit les récidives de prisonniers, parfois fraichement libérés.

maxstockworld395293-4707118.jpg

Semblant confirmer la relation observée entre confinement et violence, Castaner nous fait savoir que les violences conjugales ont augmenté de 32% en une semaine ! On aimerait connaître les violences sur enfants et les taux de suicides. On aimerait connaître aussi les violences dans les banlieues. C’est que l’enfermement génère stress, angoisse et dépression. Selon une étude, 23% des Français se sentent capables de rester chez eux trois semaines et 8 % estiment pouvoir tenir un mois. Mieux : « une femme sur deux et plus d’un homme sur trois pensent avoir besoin d’un accompagnement psychologique pour faire face à la crise du coronavirus » !

Indubitablement, le confinement déstabilise et fait monter en pression une population fragile. C’est le cas notamment de la population urbaine, confinée dans de petits appartements. Les gagnants de la mondialisation sont tout-à-coup les perdants. Les premiers de la classe se retrouvent au piquet, alors que les derniers, ruraux jusqu’alors moqués, jouissent encore d’un petit jardin ou d’une petite terrasse qui leur permet d’adoucir leur enfermement. Pendant que les uns sont au mitard, les autres font promenade. De leur côté, les banlieues sont, encore une fois, les quartiers favorisés. Les sorties y sont libres, mais que faire quand les clients sont confinés et qu’il n’y a plus de business possible ?

La France est une cocotte-minute dont on aurait bouché la soupape de sécurité. Au lieu d’en évacuer la vapeur, le gouvernement macronien, par ses mensonges criminels, son incompétence et son inaction, en fait monter la pression. Tout cela se traduira par des milliers de morts supplémentaires. Des gens vont perdre des proches, des soignants risquent leur vie parce que les bonnes décisions n’ont pas été prises au bon moment. A-t-il seulement conscience, ce gouvernement, de la somme de haines et de colères qui s’accumule ? A-t-il conscience, ce gouvernement, que les comportements collectifs pourraient changer de nature, n’être plus ce qu’ils étaient avant le confinement, et se déchaîner contre lui, avec toute la brutalité d’une mutinerie brutale et sanglante ?

cocottes-minute-826x459.jpg

Il est impossible, pour le moment, de dire l’ampleur qu’aura cette mutinerie après 30 ou 45 jours de mise sous pression. Il est également impossible de dire la forme qu’elle prendra. Sera-t-elle politique et policée ou en passera-t-elle par la rue et l’émeute, voire la guerre civile ? Seule la discipline sociale la plus stricte pourrait faire que les choses reviennent à peu près comme elles étaient avant le confinement. Mais le problème est que toute discipline suppose en amont le pouvoir potentiel de contraindre. Nous ne sommes pas en Chine : ce gouvernement macronien, méprisé à force d’être minable, pourra-t-il longtemps contraindre les banlieues privées de trafics, les classes urbaines privées de mondialisation, et la France périphérique qui n’a pas oublié qu’elle avait une revanche à prendre ?

On peut en douter.

 L’été sera chaud.

Antonin Campana

lundi, 24 février 2020

Dekonstruktion, Fragmentierung und Schizophrenie – zur Psychopathologie des Genderwahnes

schizo1-624x294-624x250.jpg

Dekonstruktion, Fragmentierung und Schizophrenie – zur Psychopathologie des Genderwahnes

Wie Genderwahn und Schizophrenie Hand in Hand gehen

Einzelne Menschen können psychisch erkranken. Es gibt aber auch soziale Pathologien. Diese können Analogien und Verwandtschaften mit den Gesetzmäßigkeiten und Verwandtschaften des Individuellen haben.[1]

So ist  dem Psychotherapeuten Prof. Stavros Mentzos (1930-2015) die bemerkenswerte Korrespondenz zwischen der Selbst-Fragmentierung in der Psychose und der Dezentrierung und Inkonsistenz in der Postmoderne aufgefallen. Unter Postmoderne versteht Mentzos den Oberbegriff auf über diejenigen philosophischen Strömungen, die unter anderem als Dekonstruktivismus und Genderismus in bestimmten Milieus an Boden gewinnen. Eine strukturelle Homologie zwischen der Fragmentierung des Ichs in der Schizophrenie und der Dekonstruktion sozialer Zusammenhänge wie im Genderismus ist unübersehbar. Sie wirft die Frage nach der Psychopathologie eines Teils unserer Gesellschaft auf.

Beim schizophrenen Menschen fragmentiert die basale Persönlichkeit sich, gerade so wie wir in der Gesellschaft unserer Abspaltungen und Fragmentierungen antagonistischer Milieus beobachten können. Wenn die Psychatrie die Entpersönlichung des Schizophrenen mit dem Bild einer in viele Sandkörner zerfließenden Sandburg beschreibt, erleben wir einen analogen Verlust der gesamtgesellschaftlichen Bindungskräfte: Früher gemeinschaftliche Sinnstiftungen, Wertüberzeugungen und Identitäten rinnen uns wie Sand durch die Finger.

079.jpg

Die Persönlichkeit des Schizophrenen zerbricht in Fragmente, die sich abspalten.
(Gemälde des Künstlers Alen Kopera)

Kranke Gesellschaft?

Im engeren Sinne kann nur eine Person erkranken, keine Gesellschaft.[2] Die Zerfallserscheinungen der Psyche in der Schizophrenie haben aber ihre Entsprechung in gesellschaftlichen Auflösungserscheinungen. Diese bestehen in einem drastischen Verlust der sozialen Gestaltwahrnehmung. Ideologien wie der Genderismus halten soziale Einheiten wie Familien und Völker nicht für reale Gegebenheiten. Diese beruhten lediglich auf Konventionen und seien konstruiert, vermutlich, um bestimmte Minderheiten zu unterdrücken. Selbst die Existenz zweier verschiedener Geschlechter wird geleugnet. Wer so denkt, muß sich die Frage nach seiner geistigen Gesundheit gefallen lassen.

Der Psychiater Burkhard Voß hat in seinem 2015 erschienenen Buch “Deutschland auf dem Weg in die Anstalt” das Thema aufgegriffen und stellt fest:

„Die Auflösungsprozesse innerhalb der schizophrenen Psychose und innerhalb der postmodernen Gesellschaft sind nicht nur nahezu deckungsgleich, sondern sie haben auch die gleichen schwerwiegenden Folgen“[3]

Burkhard VOß, Deutschland auf dem Weg in die Anstalt, Münster 2015, S. 135.

Psychiater sprechen eine für Laien oft schwer verständliche Fachsprache, ebenso wie Philosophen und Politologen ihre eigenen Fachbegriffe haben. Die Begrifflichkeien der verschiedenen Wissenschaften decken sich nicht. Darum haben Philosophie und Psychiatrie bisher nicht genug voneinander Kenntnis genommen. Dem soll hier abgeholfen werden.

Der 2015 verstorbene Psychiater Prof. Mentzos hat die Frage aufgeworfen:

“Sind vielleicht diese beschriebenen Gestaltähnlichkeiten und Analogien zwischen psychotischen und Borderline-Vorgängen und bestimmten geschichtlichen oder gesellschaftlichen Prozessen bloß interessant, aber eigentlich nur zufällig, oder weisen sie doch auf eine dahinterstehende, ebenfalls analoge Dynamik oder Problematik oder sogar auf eine gemeinsame Ursache hin?”[4]

Stavros MENTZOS, Die bemerkenswerte Korrespondenz zwischen der Selbst-Fragmentierung in der Psychose und der Dezentrierung und Inkonsistenz in der Postmoderne, in: Günter Lempa und Elisabeth Troje (Hrg.), Gesellschaft und Psychose, Göttingen 2002, S.50-67 (58).

Diese Frage läßt sich beantworten, wenn man die strukturellen und funktionalen Parallelen zwischen postmoderner Philosophie und Symptomen psychischer Erkrankungen wie Borderline und Schizophrenie genauer betrachtet.

Fragmentierung und Auflösung der Person in der Schizophrenie

Anke Engel, eine der zentralen Figuren der „Queer“-Bewegung in Deutschland, führte einen Verein an, dem Susanne Baer ihr GenderKompetenzZentrum übergeben hat. Sie bezieht sich in ihrer Dissertation auf Judith Butler, die Nestorin des Genderismus. Man müsse die „Binarität“, also die Zweigeschlechtlichkeit, „denaturalisieren“, indem man „auf die Konstruiertheit und Kontingenz geschlechtlicher und sexueller Identitäten“ verweist.

»Ziel dieser Arbeit ist es, VerUneindeutigung und Destabilisierung als Strategien in einem zu entwickelnden Konzept der Repräsentationspolitiken plausibel zu machen. Es geht nicht darum, Ambiguität, Instablität und Kontingenz als Abbild oder Annäherung an eine geschlechtliche „Wahrheit“ zu behaupten, sondern VerUneinheitlichung und Destabilisierung als kontextuelle Praktiken in historisch und kulturell spezifischen Machtverhältnissen vorzustellen.«

Anke Engel, Wider, die Eindeutigkeit, 2002

Wie das praktisch funktionieren soll, schilderte René Pfister (im SPIEGEL 1/2007) am Beispiel eines Vereins “Dissens” für eine „aktive Patriarchatskritik”:

»So spielten Dissens-Mitarbeiter bei einer Projektwoche mit Jungs in Marzahn einen “Vorurteilswettbewerb”, an dessen Ende die Erkenntnis stehen sollte, daß sich Männer und Frauen viel weniger unterscheiden als gedacht. Es entspann sich eine heftige Debatte, ob Mädchen im Stehen pinkeln und Jungs Gefühle zeigen können, Sätze flogen hin und her. Am Ende warfen die beiden Dissens-Leute einem besonders selbstbewußten Jungen vor, “daß er eine Scheide habe und nur so tue, als sei er ein Junge”, so steht es im Protokoll.

Einem Teenager die Existenz des Geschlechtsteils abzusprechen ist ein ziemlich verwirrender Anwurf, aber das nahmen die Dissens-Leute in Kauf, ihnen ging es um die “Zerstörung von Identitäten”, wie sie schreiben. Das Ziel einer “nichtidentitären Jungenarbeit” sei “nicht der andere Junge, sondern gar kein Junge.“«.

René Pfister (im SPIEGEL 1/2007)

Hier ist Zerstörung der angeborenen Geschlechtsidentität eine aktiv induzierte Depersonalisation. Phänomene einer solchen Selbstentfremdung, also ein Sich-selbst-Fremdwerden im weiteren Sinn, sind charakteristisch für psychische Krankheiten.[5] Zu ihnen zählen die Borderline-Störung und schlimmstenfalls die Schizophrenie. Darüber schreibt der Psychiater Thomas Fuchs:

“Für ein Verständnis dieser Erkrankung, das über die bloße Symptombeschreibung hinausgeht, ist daher eine philosophisch  fundierte  Psychopathologie  unabdingbar.  Umgekehrt  müssen  die  schizophrenen Störungen des Selbsterlebens für jede Philosophie der Subjektivität von zentralem Interesse sein, die ihre Konzepte von Selbstbewußtsein, Personalität oder Intersubjektivität an empirischen Phänomenen überprüfen will.
Die zentrale Rolle des Selbsterlebens für die schizophrenen Psychosen war von Psychiatern bereits zu Beginn des 20. Jahrhunderts betont worden. Kraepelin (1913, 668) charakterisierte die Schizophrenie als „eigenartige Zerstörung des inneren Zusammenhanges der psychischen Persönlichkeit“  und  als  „Zersplitterung  des  Bewußtseins“  („Orchester  ohne  Dirigent“). Bleuler, der der Krankheit den heutigen Namen gab, sah ihre „[…] elementarsten Störungen in  einer  mangelhaften  Einheit,  in  einer  Zersplitterung  und Aufspaltung  des  Denkens,  Fühlens und Wollens und des subjektiven Gefühles der Persönlichkeit“ (Bleuler 1983, 411).”

Thomas Fuchs, Selbst und Schizophrenie, DZPhil, Akademie Verlag, 60 (2012) 6, 887.

Auf solche Störungen des Selbsterlebens deutet es hin, wenn jemand ernsthaft bestreitet, es gebe objektiv Männer und Frauen, Familie oder Völker. Seine Meinung über andere widerspiegelt nämlich sein eigenes Selbsterleben: Er schließt von sich auf andere. Sein basales Selbsterleben dürfte gestört sein:

“Die phänomenologisch orientierte Psychopathologie der letzten Jahrzehnte hat diese Konzepte durch subtile Analysen des basalen, präreflexiven Selbst- und Welterlebens erweitert, das bei den Patienten meist schon vor dem Ausbruch der Krankheit in der akuten Psychose tiefgreifend verändert ist (Blankenburg 1971, Saß u. Parnas 2003, Stanghellini 2004, Fuchs 2000, 2005). Entscheidend für das Verständnis der Erkrankung ist demnach aus phänomenologischer  Sicht  weniger  die  so  genannte  „produktive“  Symptomatik  der  akuten  Phase  (das heißt Wahnideen und Halluzinationen) als vielmehr die schleichende Aushöhlung des leiblichen Selbsterlebens, Wahrnehmens und Handelns, die in unauffälligen Vorstadien häufig bis in die Kindheit der Patienten zurückreicht.”[6]

Fuchs S.888

Die Psychiatrie unterscheidet das basale Selbsterleben der eigenen Person vom darauf aufbauenden Selbstkonzept. Dieses Selbstkonzept bildet das kleine Kind

“durch die Fähigkeit, andere als intentionale Agenten zu verstehen und ihre Perspektive nachzuvollziehen (Perspektivenübernahme); –    durch ein höherstufiges Bewußtsein der eigenen Zustände und Erlebnisse (introspektives oder reflexives Selbstbewußtsein); –    des weiteren durch die Fähigkeit, die eigenen Erfahrungen zu verbalisieren und zu kohärenten Geschichten zu verknüpfen (narrative Identität); –    schließlich  durch  ein  begriffliches  und  autobiographisches  Wissen  von  sich  selbst.”[7]

Fuchs S.890

Schizophrenie ist eine tiefgreifende Störung des basalen Selbsterlebens. Nur  ein  Wesen  mit  einem  primären  Selbsterleben  ist  in  der  Lage,  sich selbst  auch  aus  der  Sicht  der  anderen  zu  sehen,  Geschichten  von  sich  zu  erzählen  und  ein Selbstkonzept zu entwickeln. Dieses Selbstkonzept bildet seine Identität in Abgrenzung zu anderen Personen. Analog dazu gibt es Selbstkonzepte ganzer Familien und Völker. Das Selbstkonzept der Deutschen ist zur Zeit hart umkämpft.

Bei einer basalen Störung des individuellen Selbsterlebens löst sich das Selbstkonzept auf:

“Es kommt zu einer Entfremdung selbstverständlicher Handlungsvollzüge und Wahrnehmungen, die sich auch als pathologische Explikation bezeichnen läßt (Fuchs 2001, 2011).   Die Explikation des Selbstverständlichen ist an sich eine häufige Erfahrung. Wenn man eine Wahrnehmungsgestalt in ihre Einzelelemente auflöst, also diese Elemente expliziert, sieht man sozusagen den Wald vor lauter Bäumen nicht mehr. Betrachtet man zum Beispiel die Merkmale eines Gesichts einzeln oder aus zu großer Nähe, so geht die Wahrnehmung des Gesichtsausdrucks  insgesamt  verloren. “[8]

Fuchs S.692

Die gestörte Gestaltwahrnehmung, bei der man vor lauter Bäumen den Wald nicht sieht, ist auch eines der zentralen Merkmale des philosophischen Dekonstruktivismus. Die Parellelen sind drastisch:

“In der Wahrnehmung manifestiert sich die Entfremdung der Leiblichkeit in einer Störung der  Fähigkeit,  vertraute  Gestalten  und  Muster  zu  erkennen,  verbunden  mit  einer  Fragmentierung des Wahrgenommenen und einer Überfülle von Details. Auch hier kommt es also zu einer pathologischen Explikation: […]
Die Auflösung von Gestaltzusammenhängen resultiert in einem Verlust vertrauter Bedeutsamkeiten und führt so zu einer grundlegenden Fragwürdigkeit der wahrgenommenen Welt.”[9]

Fuchs S.694

Der Betroffene verliert auch das Gefühl für grundlegende soziale Sinnbezüge:

“Die  Grundstörung  der  Schizophrenie  läßt  sich  als  eine  Schwächung  des  basalen  Selbstgewahrseins beschreiben, die zunächst das präreflexive, selbstverständliche In-der-Welt-Sein erfaßt. […] Integrale Wahrnehmungsgestalten lösen sich auf, störende Details treten in den Vordergrund, und die wahrgenommene Welt verliert zunehmend ihre vertrauten Sinnbezüge. Schließlich werden auch die Beziehungen zu den anderen fragwürdig, und die fraglose Teilnahme an der gemeinsamen Lebenswelt und ihrem „Common Sense“ mißlingt.

Fuchs a.a.O.

Zu diesem Common Sense gehört zentrale die Wahrnehmung der übrigen Menschen, sozialen Gemeinschaften wie einer Familie oder einem Volk anzugehören.

382x215xbrain-and-identity-1920x1080.jpg.pagespeed.ic.03_hogascF.jpg

Fragmentierung und Auflösung sozialer Einheiten im Dekonstruktivismus

Wie sich die einzelne Person in der Schizophrenie auflöst, fragmentiert und teile von sich abspaltet, lösen sich gesellschaftliche Zusammenhänge im Dekonstruktivismus auf. Der Zusammenhalt geht durch Fragmentierung verloren. Teile spalten sich ab. Intrasystemische Konflikte werden durch Schuldzuweisungen nach außen, durch Schuldzuweisung und Kultivierung von Feindbildern gelindert.[10] Wie ein kranker Einzelner quasi einen Teil seiner Persönlichkeit von sich abspaltet, um die Integrität des basalen Selbst zu retten, vermag die Gesellschaft insgesamt emnen ihrer Teile Schuld zuzusprechen und ihn abzuspalten, zum Beispiel indem jener Teil zu Ketzern, Parias, Untermenschen oder Nazis erklärt wird.

Was in einer funktionierenden Gesellschaft als unverzichtbarer Funktionsteil des Ganzen galt, wird dekonstruiert. Statt einer Synthese gesellschaftlicher Teile findet eine „Zertrümmerung durch Angriffe“ statt, die

„alles, was vorher als organisiertes Ganzes gedacht werden konnte (Person, Geschichte, Natur) in Teile oder Fragmente, die nicht mehr in notwendigen Beziehungen zueinander standen,“[11]

Panajotis KONDYLIS, Der Niedergang der bürgerlichen Denk- und Lebensform, Weinheim 1991, S.66 f.

verwandelt. Der Philosoph Kondylis (1943-1998) erklärt,

„Während in der bürgerlichen Harmonievorstellung der Teil immer Teil des Ganzen war und von dieser Beziehung zum ganzen lebte, welches seinerseits erst durch den Vielfalt und den Reichtum seiner Teile zum wahren Ganzen wurde, verselbständigen sich nun der Teil und das Fragment.“[12]

Kondylis S.67

Die Fragmentierung des Wahrgenommenen und die Überfülle von Details beim Schizophrenen haben wir oben schon erläutert. Die analoge Erscheinung tritt gesellschaftlich auf unter Geltung der analytischen Denkfigur, die dem Dekonstruktivismus zugrundeliegt:

„Eine Einzelheit, ein isoliertes Ereignis, ein Augenblick, ein Eindruck werden zu würdigen Gegenständen gründlicher Betrachtung, wobei man immer wniger nach dem notwendigen Einordnungsrahmen und immer mehr nach der ureignen Tiefe und Bedeutung des jeweiligen Teils oder Fragmnts fragt oder wenigstens be ihm verweilt, selbst wenn man den Verlust des Ganzen beklagt.
Die Auflösung der bürgerlichen Normenhierarchie […] gestattete es zudem, daß Gegensätze, die früher als unüberbrückbar empfunden wurden (Gutes und Böses, Schönes und Häßliches, Rationales und Irrationales, Notwendiges und Zufälliges, Männliches und Weibliches etc.) nun als Sprosse aus derselben Einen Wurzel betrachtet werden konnten.“[13]

Kondylis S.67

So verfällt der Blick für das Prägende jeder sozialen Gestalt, ja sogar der biologischen Identität in Mann und Frau,

„auf jeden Fall durften sie als gleichberechtigte Größen nebeneinander auf den Plan trten, deren jede sich gegebenenfalls in ihr Gegenteil verwandeln ließe.“[14]

Kondylis S.67

So besagt der auf dem Konstruktivismus basierende Genderismus, daß „alle Menschen oberhalb des Halses alle gleich sind“, wie der Engländer Douglas Murray spottet:

 „Die Lehre unserer Zeit besagt, daß alle Menschen gleich sind und daß Rasse und Geschlecht und vieles mehr nichts weiter sind als soziale Konstrukte; und daß jeder werden kann, was immer er sein möchte.“[15]

Douglas MURRAY, Wahnsinn der Massen, Wie Meinungsmache und Hysterie unsere Gesellschaft vergiften, 2019.S.223.

Konstruktivist ist, wer sprachliche Begriffe und die von ihnen bezeichneten sozialen Phänomene als bloße gesellschaftliche Konstruktionen bezeichnet, letztlich als Resultate sprachlicher Konvention. Begriffen wie Familie, Mann, Frau oder Nation wird ihr realer Gehalt abgestritten, indem sie als bloße gesellschaftliche Konstruktion – Hirngespinst gewissermaßen – bezeichnet werden. Dekonstruktion ist eine

„Strategie der Subversion und Destabilisierung gegenüber den Geltungsansprüchen traditioneller – einschließlich kritischer – Theorien, Disziplinen und Paradigmen.“[16]

Nieter NOHLEN, Dekonstruktion, in: Lexikon der Politikwissenschaft, 2010, Spalte 131.

Studiengänge wie „Black Studies“, Womans Studies“ oder „Queer Studies“ schossen in den USA aus dem Boden.

„In den vergangenen Jahrzehnten war es die oberste Priorität dieses akademischen Fachbereichs, […] alles anzugreifen, zu unterminieren und letzten Endes niederzureißen, was zuvor als sichere Erkenntnis galt, und dazu zählte auch biologisches Wissen. Aus dem Wissen, daß es zwei verschiedene Geschlechter gibt, wurde die These, daß es zwei verschiedene Geschlechtsidentitäten – neudeutsch: Gender – gibt. Von diesem Punkt war es nur noch ein kleiner Schritt zu einer – zumindest an den Universitäten – weit verbreiteten Schlußfolgerung, die da lautete, daß es gar kein Gender gibt. Gender ist folglich nichts Reales, sondern ein ‚soziales Konstrukt‘.“[17]

Murray S.76

Damit stimmen für Genderisten ihre Paradigmen überein mit der Realität – ihrer „Realität“. Sie schaffen sich ihre eigene, höchst individuelle und private Realität und leugnen die Existenz einer objektiven, alle Menschen überspannenden Wirklichkeit.

Leider bemerken sie in ihrem Jubel nicht den Unterschied zwischen einem realen Phänomen und dem Begriff, den wir ihm verpassen. Daß alle abstrakten Begriffe bequeme Etiketten sprachlicher Verständigung und wie soziale Paradigmen nur gedankliche Konstruktionen sind, abstrakte Leitplanken unseres Denkens, Hilfslinien auf unseren geistigen Landkarten, ist ein so alter Hut, daß er rund 600 Jahre in die Geschichte der Metaphysikkritik zurückreicht. Auch wenn ein Dekonstruktivist das Wort Hund dekonstruiert und klarstellt, daß Hund nur ein Hauch der Stimme ist, ein abstrakter Begriff, kann Nachbars Hund Lumpi ihn trotzdem kräftig beißen. An Begriffen und Paradigmen kann man dekonstruieren, soviel man will: Man wird die realen Phänomene nicht los. Die Mitglieder einer Familie laufen nicht in alle Welt davon, weil man ihnen erzählt, daß das Paradigma des Familienzusammenhalts bloß auf gesellschaftlicher Konvention beruht und nichts als ein Konstrukt ist.

Zu den realen Phänomenen gehören vielerlei Gesamtheiten: Es gibt nicht nur einzelne Bäume, sondern auch Wälder. In einem Wald stehen viele Bäume miteinander in wechselseitiger Beziehung, auch durch die Wurzeln in physischer. Dekonstruktivisten vermögen vor lauter Bäumen keinen Wald zu sehen.

Ein Ganzes ist oft mehr als die Summe seiner Teile. Es hat eine ganz eigene Gestalt und gehorcht eigenen Gesetzmäßigkeiten. Diese gehen oft kategorial über die Gesetze hinaus, die für seine Bestandteile gelten. So besteht zwar ein menschlicher Körper aus Einzelteilen wie Atomen. Diese lassen sich mit den Gesetzmäßigkeiten der Chemie beschreiben. Als ganzer Mensch ist er aber auch höheren Gesetzmäßigkeiten wie denen der Biologie unterworfen.

Wer komplexe Gebilde nicht mehr als solche wahrnimmt, erkennt auch nicht die Gesetzmäßigkeiten, denen solche Gbilde in ihrer Komplexität unterliegen. Ein Vogelschwarm gehorcht weitergehenden Gesetzen als ein Vogel, eine Brücke anderen physikalischen Gesetzen als ein einzelner Stein und eine Gruppe anderen als ein einzelner Mensch.

Alle solche Gesetzmäßigkeiten treten erst auf einer jeweils höheren Organisationsstufe auf. Sie sind dabei objektiv vorhanden und unabhängig von menschlicher Konvention. Menschen mit gestörter Gestaltwahrnehmung nehmen soziale Gesamtheiten nicht wahr und behaupten, diese seien nur sozial konstruiert.

fragmentation.png

Die Destruktion der Gesellschaft

Wie bei einem psychisch Erkrankten die Persönlichkeit sich auflöst und ihr Zusammenhalt verlorengeht, werden im Konstruktivismus soziale Zusammenhänge dekonstruiert, fragmentiert und aufgelöst. Das Verständnis für den Sinn sozialer Einheiten geht verloren. Der Psychiater Mantzos resümiert, hier werde nicht das Subjekt von seinen Ketten befreit, sondern von der „Last des Subjektseins“:

„Suche nach Konsistenz, Sinn und innerer Übereinstimmung erweist sich als Hindernis auf dem Weg zu neuartigen Synthesen von Subjekt und Gesellschaft. Das Subjekt ist der Gesellschaft gewissermaßen zu altmodisch, zu wenig plural, zu langsam und nicht flexibel genug, um den modernen Anforderungen gerecht zu werden.“[18]

Mentzos S.52

Am Ende stehe ein Subjektivismus als Glaube, „die Wirklichkeit würde nicht unabhängig vom Betrachter bestehen.“[19] Der Genderismus formuliert das so: Geschlechter bestünden nur in der Vorstellung des gesellschaftlichen Betrachters, der sie konstruiere und sich mit anderen konventionell darauf einige, sie als verschieden zu betrachten.

So zerfällt die objektiv vorhandene Welt in nicht mehr kohärente Einzelteile.

„Mangel an Kohärenz und Fragmentierung in gleichwertige und austauschbare Größen bedeutet aber unbegrenzte Kombinierbarkeit dieser letzten miteinander, also beliebige Konstruierbarkeit der Welt. Wird nun das, was früher als Ganzes und Synthese erschien, einmal fragmentiert und zerstückelt, so muß es schließlich in Atome zerlegt werden.“[20]

Kondylis S.67

Diese gesellschaftlichen „Atome“ sind die einzelnen Menschen als wahllos austauschbare Grundbausteine der Massengesellschaft – wie die einzelnen Sandkörner einer Sandburg. Sie verlieren ihre Identität als Angehörige übergeordneter sozialer Einheiten wie Familien und können wie ein beliebiges Flickwerk („Patchwork-Familie“) zusammengwürfelt werden. Verloren geht mit den höheren sozialen Einheiten wie „Volk“ auch der Teil der persönlichen Identität als Angehöriger eines Volkes, eingebettet in eine identitätsstiftende Heimat. Verloren geht jeder historische Bezug, denn die fragmentierten und abgespaltenen Menschen-Atome haben für sich genommen keine Geschichte.

Wenn die Fragmentierung, Abspaltung und Auflösung einer Person in der Schizophrenie eine Erkrankung ist, wovon Psychiater überzeugt sind, hat diese auf sozialer Ebene ihre Entsprechung: Wenn hinreichend große Teile des sozialen Ganzen sich abspalten, das Ganze auflösen, sich in Szenen und Milieus fragmentieren und den anderen Fragmenten grimmig gegenüberstehen, darf von einer Psychopathologie dieser Gesellschaft gsprochen werden.


[1] Stavros Mentzos, Die bemerkenswerte Korrespondenz zwischen der Selbst-Fragmentierung in der Psychose und der Dezentrierung und Inkonsistenz in der Postmoderne, in: Günter Lempa und Elisabeth Troje (Hrg.), Gesellschaft und Psychose, Göttingen 2002, S.50-67 (59).

[2] Mentzos a.a.O. S.50.

[3] Burkhard Voß, Deutschland auf dem Weg in die Anstalt, Münster 2015, S. 135.

[4] Mentzos a.a.O. S.58.

[5] Thomas Fuchs, Selbst und Schizophrenie, DZPhil, Akademie Verlag, 60 (2012) 6, 887.

[6] Fuchs a.a.O. S.888.

[7] Fuchs a.a.O. S.890.

[8] Fuchs a.a.O. S.692.

[9] Fuchs a.a.O. S.694.

[10] Mentzos S.58.

[11] Panajotis Kondylis, Der Niedergang der bürgerlichen Denk- und Lebensform, Weinheim 1991, S.66 f.

[12] Kondylis a.a.O. S.67.

[13] Kondylis a.a.O. S.67.

[14] Kondylis a.a.O. S.67.

[15] Douglas Murray, Wahnsinn der Massen, Wie Meinungsmache und Hysterie unsere Gesellschaft vergiften, 2019.S.223.

[16] Nieter Nohlen, Dekonstruktion, in: Lexikon der Politikwissenschaft, 2010, Spalte 131.

[17] Murray (2019), S.76.

[18] Mentzos a.a.O. S.52.

[19] Mentzos a.a.O. S.53 nach Klaus Leferingk, Sympathie mit der Schizophrenie, in: M. Zaumseil und K. Leferingk (Hrg.), Schizophrenie in der Moderne, Bonn, S.27-82 (78)

[20] Kondylis a.a.O. S.67.

dimanche, 23 février 2020

La manipulation mentale, une arme de destruction massive de notre démocratie directe et participative

manipulation-mentale-1024x683.jpg

La manipulation mentale, une arme de destruction massive de notre démocratie directe et participative

Par PD. Dr. méd. Dominique Schwander

Ex: https://www.lesobservateurs.ch

Les manipulateurs pervers narcissiques représentent 2 à 3 % de la population occidentale et les psychopathes 1%. Ils sont parmi nous. Des élus, des politiques et, évidemment, des spécialistes en communication, des meneurs de campagne électorale nous manipulent, sans être nécessairement des pervers narcissiques ou des psychopathes. Tous ces gens, les mass médias et leur intelligentsia journalistique qui a trahi sa mission de leader informateur, font des efforts conscients pour manipuler de manière éhontée l’opinion publique et les électeurs. Nous sommes tous plus ou moins manipulés car nous sommes tous humains et donc manipulables.

Les techniques et stratégies de manipulation mentale sont exercées individuellement, par exemple dans une famille ou sur le lieu de travail. Sun Tzu, Mahomet, Pavlov, Schopenhauer, Goebbels, Bernais, Chomsky, Bush, Obama, le couple Clinton, Merkel, Erdogan, Macron, Leuthard, Sommaruga, Berset, Darbellay, etc, étaient/sont des adeptes de la manipulation de masse. Les techniques de manipulations de masse sont exercées sur une population à des fins politiques, idéologiques, religieuses, économiques ou militaires. Depuis Sun Tzu, les armées et les dictatures ont toutes leur manuel de manipulation et de diversion, par exemple l’armée des USA: « Silent weapons for quiets wars". Operations Research Technical Manual TW-SW7905.1.1979. Et bien sûr tant de gouvernements, pas seulement de pays musulmans et de dictatures, ont peur de laisser un libre penseur, un individu critique, voir une partie du peuple Souverain développer leurs propres sphères d’influence, ce qui risque de remettre en question les fondements de la société et leur pouvoir mais surtout créerait des changements sociaux remettant en cause la légitimité, le statut et les avantages d’élus carriéristes et de hauts fonctionnaires.

Les autorités qui manipulent un peuple ne mènent pas une vie exemplaire sur le plan moral, bien au contraire. A force d’être manipulé, tôt ou tard, le peuple  laisse un régime autoritaire puis une dictature être instaurés. Les supporters de cette dictature manipulent à loisir, profitent de la situation, la corruption se généralise et contamine toute la société, de bas en haut. Ils oublient vite que, dès que la classe dominante cesse d’être un symbole des valeurs éthiques, sa chute devient inévitable, même si cela prend beaucoup de temps. Finalement, comme on peut l’observer en Afrique et en Amérique latine, les entrepreneurs et les élus font l’apologie de la corruption en affirmant que grâce à elle l’économie est florissante et le produit national brut augmente chaque année. Promus dans la caste aux côtés d’oligarques enrichis ou rêvant de le devenir, ils ne voient plus que, sauf quelques exceptions semblables à eux, la classe moyenne s’appauvrit, le pouvoir d’achat baisse plus que le PIB augmente, les pauvres augmentent, sont prêts à  écouter un groupe d’aristocrates de l’esprit communistes et à les soutenir afin de rompre sciemment avec le démocratisme ploutocrate, corrompu et exploiteur.

controle-mental-10-techniques.jpg

Ci-après une liste non-exhaustive de comportements, de stratégies, de tactiques et de techniques de manipulation mentale, dénommée aussi sujétion psychologique, dont l’objectif est toujours de contrôler notre perception de la réalité en prenant le contrôle psychique du sujet manipulé, qu’il est plus juste de nommer la victime:

    • Le gas lighting est une tactique de manipulation mentale qui consiste à déformer ou à fausser le récit des évènements de manière à faire douter la victime de sa mémoire, de sa perception et de son équilibre psychique, par exemple l’électeur, une femme maltraitée ou un Donald Trump. Cette tactique s’appuie sur la dissonance cognitive, c’est-à-dire le conflit entre deux différentes informations, entre deux pensées contraires, entre deux opinions. Le déni de la réalité et du contenu intolérant, meurtrier et impératif du coran et des autres textes musulmans « sacro-saints » est une telle manipulation mensongère entretenue par des élus islamo-collabos, angéliques ou idiots utiles. Pour ces derniers en déni, l’islam-idéologie est une religion de paix, de tolérance et de bonheur. Pour les autres, qui ont pris connaissance du coran, des hadiths, etc, et qui observent la réalité quotidienne autour d’eux, c’est une idéologie guerrière, militante, envahissante, d’une autre temporalité et irrationnelle.
    • Manipulation du langage: les idéologues et les politiques doctrinaires manipulent le langage. Par exemple l’islam-idéologie est très proche du communisme et du socialisme par leur manipulation du langage.
    • Jouer sur l’émotion est une technique classique pour empêcher toute analyse rationnelle d’une situation. On fait appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion. C’est ce que font quotidiennement les présentateurs à la télévision, des élus, des imams, plutôt que d’essayer d’apporter des faits, des explications objectives, une observation  impartiale et d’encourager les spectateurs et les gens à analyser et à raisonner avant qu’ils choisissent ou décident par eux-mêmes. Manipuler ou susciter des émotions permet d’accéder à l’inconscient et au moi narrateur des individus, à influencer les gens dans leurs idées, leurs peurs individuelles ou collectives, leurs désirs, par exemple le paradis pornographique de Allah et de sa superstar Mahomet. Ce faisant les manipulateurs nous suggèrent des comportements et des décisions que nous croyons venir du plus profond de  notre être, alors que ce n’est pas le cas.
    • La stratégie de la diversion et de la distraction est très utilisée et très efficace. Elle détourne l’attention du public des vrais problèmes pour lui imposer à la place du superflu insignifiant que l’on met savamment en scène dans les émissions d’actualité traitées dans les mass médias. Le réchauffement climatique, la possession légale d’armes, « panem et circenses » de la Rome antique, les manifestations sportives actuelles, les rituels de l’islam-idéologie, le pas d’amalgame, en sont des exemples quotidiens.
    • 5c93150536000027256db476.jpeg

    • La stratégie de l’homme de paille ou sophisme de l’épouvantail est très utilisée en politique et en islam. Elle représente de manière fausse ou exagérée, de façon absurde ou irrationnelle, vos propres pensées et sentiments. Cela finit par invalider totalement notre droit à avoir ou à exprimer des pensées, des émotions, une opinion ou un vote et finalement nous avons des doutes, culpabilisons et changeons d’avis. Les pervers narcissiques, les psychopathes essayent de représenter nos opinions, nos émotions et nos expériences vécues de manière fausse, absurde ou irrationnelle afin de convaincre les autres que nous avons nous des défauts de caractère et sommes irrationnels.
    • Traiter les gens comme des enfants: des émissions grand public ou de la publicité s’adressent à nous comme à des enfants, ce qui génère des réactions émotionnelles « cool » du public confronté en réalité à de graves problèmes qui sont ainsi minimisés, vu qu’ils suscitent bien peu de réactions.
    • Maintenir les gens dans l’ignorance sous prétexte que les gens qui savent sont dangereux, menacent l’équilibre du système en place, de l’établissement politico-économique, religieux ou idéologique. Toute dictature, tout gouvernement autoritaire et/ou théocratique maintiennent l’instruction publique et l’éducation à un niveau très bas. Cela fait partie des techniques pour que des systèmes autoritaires, (Inquisition par exemple), idéologiques (islam-idéologie par exemple) ou corrompus (nation africaine ou sud-américaine), perdurent. C’est attristant. En réalité, l’instruction publique et les mass médias sont les deux secteurs à partir desquels le monde pourrait devenir, sans corruption ni violence, renouvelé et élevé moralement. L’instruction publique nourrit ou empoisonne l’esprit de l’enfant. Les mass médias nourrissent ou empoisonnent l’esprit de l’adulte. De nos jours, l’école et les mass médias sont tous deux aux mains d’une gauche dénuée d’esprit: les remettre aux mains de l’esprit et de la raison serait la plus haute tâche de toute politique idéale, de toute révolution idéale
    • Encourager la médiocrité en érigeant au rang de valeurs, la bêtise, la vulgarité, la sexualisation de tout, l’ignorance, voir un rap idiot, grossier et sexuel ou les émissions de télé-réalité. Plus la chanteuse est vulgaire, sexualisée et désinhibée, plus elle est adulée et considérée une superstar. On encourage le public à se complaire dans la médiocrité puis à élire des médiocres.
    • La stratégie du différé ajourne une mesure impopulaire en la présentant comme une concession équitable, le port du voile islamique ou du burkini, la viande halal. On nous fait accepter finalement telle mesure parce qu’elle ne nous affecterait pas directement ou dans l’immédiat.
    • La stratégie du problème/solution clé en main consiste à faire croire au public que beaucoup de situations ou événements présentés comme aléatoires ou liés au hasard (par exemple le réchauffement climatique), répondent à une logique implacable. Cette manœuvre fait que la  solution apportée qui serait parfaitement inacceptable en temps normal, est non seulement acceptée mais également plébiscitée par ceux-là mêmes qui en feront les frais. Par exemple, en brûlant des cierges et en diminuant les libertés l’une après l’autre, suite à un acte terroriste musulman, en ayant du lait dans nos veines et pas du vitriol comme le terroriste musulman, nous transformons petit à petit une démocratie en une démocrature.
    • Le manipulateur emploie différentes formes de menaces, de chantage et d’abus mental pour prendre un ou des individus en otage. Il essaye de vous terrifier pour que vous soyez toujours en accord avec lui. C’est ce qui se passe dans les zones de non-droit dites aussi zones islamisées de France, de Suède, etc. Dans le monde des manipulateurs, les pervers narcissiques sont les seules personnes à avoir raison, et tout autre avis ou menace pour leur supériorité entraîne leur rage.
    • Culpabiliser l’esprit de révolte ou d’indignation: en inversant les valeurs dans un Etat-nation, en culpabilisant le révolté et l’indigné, en les tenant pour responsables de leurs peines ou malheur, en leurs faisant accepter progressivement une mauvaise image de soi, les manipulateurs dépriment et inhibent toute nouvelle action. La révolte et l’indignation sont alors remplacées par la culpabilité.
    • Si le manipulateur n’arrive pas à modifier la manière dont vous vous percevez vous-même et vous vous exprimez en public, il cherche, par des campagnes de rabaissement public, de diffamation et d’harcèlement à contrôler et à changer la manière dont les autres personnes vous perçoivent. La diabolisation ad hiltlerum ou traiter d’extrême droite un élu de droite, Christophe Blocher ou Donald Trump, est devenue, depuis Staline, une pratique émotionnelle courante de la politique guerrière que mène la gauche et les partis qui lui sont soumis. Depuis des années, de telles frappes préventives manipulatrices sont faites quotidiennement contre le Front national français et les partis populistes de droite.
    • La triangulation est une technique très utilisée par de nos élus avant les votations concernant une initiative, Elle consiste à faire intervenir l’opinion réelle ou supposée, voire la menace d’une tierce personne, faiseur d’opinion, relais d’opinion, ancien élu, professeur d’université, guide religieux, etc, ou même le public lors d’un débat publique ou télévisé, tout en invalidant en même temps la réaction légitime des  victimes face à l’abus.
    • Le manipulateur est toujours obsédé à maintenir un contrôle permanent des moindres petits aspects de votre vie et de vos émotions. A ce faire, il va même inventer des situations de conflit, afin de vous déstabiliser et de vous affaiblir. Ainsi l’islam-idéologie gère chaque facette de la vie du musulman pratiquant, ne lui laisse aucun espace de liberté, condamne tout individualisme et glorifie son oumma.
    • 800x420-trump-manipulator.jpg

    • La projection mentale est un mécanisme de défense des manipulateurs. Ainsi depuis XIV siècles les musulmans utilisent les juifs et Israel comme bouc émissaire et recourent à leur victimisation expiatoire pour justifier leurs razzias, leurs attaques, leurs guerres asymétriques ou hybrides et leurs actes terroristes. Ce faisant, les musulmans manipulateurs déplacent leurs responsabilités, refusent de reconnaître leurs torts et d’assumer leurs actes.
    • Attaqué le manipulateur, par exemple tel Tariq Ramadan, utilise des stratagèmes élaborés, employant des biais cognitifs, des sophismes, des arguments fallacieux et la taqyia de la nébuleuse musulmane, soit une conversation absurde et irrationnelle. Ces stratagèmes lui permettent de crier au complot, de gagner le débat, de manipuler et de vaincre l’adversaire, d’avoir toujours le dernier mot, même en ayant complètement tort. Nombres de manipulateurs dans les débats, plutôt que de prendre le temps d’examiner attentivement différentes perspectives, généralisent tous vos propos et arguments en faisant des discours généralisants qui ne reconnaissent pas les nuances.
    • Le conditionnement destructeur pratiqué par le manipulateur nous conditionne lentement et durablement parce que, en particulier, il craint tout ce que nous aimons d’autre, à part lui qui s’estime le meilleur. Nos élus eurolâtres et nos bruxellisés s’adonnent à ce travers manipulateur
    • La stratégie du dégradé est classique; quand l’addition est trop lourde, on fait plusieurs tickets. Voyez Berset avec l’AVS, les retraites vieillesse et l’assurance maladie et accident ou les revendications et exigences croissantes des immigrants musulmans.
    • Créer des problèmes, puis offrir des solutions. Le problème peut être par exemple une « false flag operation ». Les raisons données par les Français et leurs alliés pour s’ingérer militairement en Iraq et en Syrie furent des manipulations mensongères bien pires que celles données par les USA de Bush pour s’ingérer militairement en Iraq.
    • Finalement la stratégie et la technique de l’avenir: connaître les gens mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes. Les techniques de pointe en algorithmes, en intelligence artificielle, en biologie, en neurobiologie, en génétique, en psychologie appliquée, par exemple concernant le moi narrateur, toutes exploitées par face de plouc, WhatsApp et autres réseaux « sociaux » scrutinateurs-surveilleurs-contrôleurs-espions apporteront tant de connaissances nouvelles sur la femme, l’homme, la société et leurs fonctionnements, que l’individu lui même ne se connait pas aussi bien que ceux qui ont accès à ce savoir, tout particulièrement aux puissants algorithmes nous concernant. Si nous ne réagissons pas, si nous ne faisons pas de meilleurs choix, ce nouveau savoir représentera un pouvoir et un outil de contrôle puissants et autoritaires pour tous ceux qui ont un intérêt à manipuler les autres et se seront donnés ces nouveaux moyens. Avant une prochaine votation, vous aurez dans votre inconscient, qui face de plouc a décidé que vous choisissiez. Comme l’a écrit en 1925  le visionnaire Comte autrichien R. N. Coudenhove-Kalergi dans son livre « Idéalisme pratique, noblesse, technique, pacifisme »:  « La technique sans l’éthique mène aussi bien à des catastrophes que l’éthique sans la technique. L’éthique et la technique doivent se compléter, doivent avancer ensemble, se réfléchir et se conscientiser ensemble. »Actuellement, chez nous, c’est la télévision, puis l’islam-idéologie, puis les élus eurolâtres et autres bruxellisés, qui contribuent le plus à la manipulation mentale de masse. C’est pourquoi, nos élus de gauche se félicitent que nos chaînes nationales accaparent la quasi totalité, soit beaucoup plus que 1 milliard de CHF, des redevances que tous les citoyens suisses payons ; une bonne raison de voter oui à l’initiative NO BILLAG, de libéraliser et de privatiser le marché de la télévision et de la radio. Notre télévision nationale coûte très cher au peuple et est vraiment mauvaise. Pour le prix que paie chaque famille et même (!) nos entreprises notre télévision est une misère. Les Espagnols et les latino-américains ont deux termes imagés et métaphoriques pour qualifier une télévision comme notre nationale: « telebasura » soit téléordure ou mieux encore « TV chatarra » soit TV ferraille ou TV débris, la « comida chatarra » étant la malbouffe. Nos coûteuses chaînes de télévision nationales ne sont-elles pas une fort coûteuse TV malbouffe contre laquelle nous devons réagir avec fermeté et indignation. 

hypnose-pantin2.jpg

    •  
  • Notre télévision suisse pollue notre mental et celui de nos enfants avec des émissions de plus en plus bêtes et addictives. Elle suggère des idées pauvres, des façons de penser irrationnelles, une inculture, un faux savoir et un tas de choses à consommer. Elle est devenue si mauvaise qu’elle n’incite pas à la réflexion.
  • Il n’y a pas de vrais débats à la télévision. Les débats ne sont plus présidés et dirigés par une personne impartiale et cultivée.
  • Les invités sont toujours des soit-disants experts qui débitent et débitent comme des journaux pisses-copie, de façon mal dissimulée, une vérité dictée par l’idéologie, une tendance politique le plus souvent de gauche, l’argent, ou le pouvoir, mais bien évidemment jamais discutable.
  • Notre télévision nationale est devenue l’art de perdre du  temps; moins pour les entrepreneurs qui sont eux beaucoup plus axés sur la lecture que la classe ouvrière et les enfants et moins pour les jeunes devenus accrocs au réseaux sociaux et à l’internet.
  • Notre télévision, comme notre presse quotidienne, est un flot ininterrompu d’informations inutiles, sur lesquelles le téléspectateur/lecteur n’a pas d’influence, contrairement aux sites web de réinformation qui publient les nombreux commentaires des internautes. Donald Trump, disant ce qu’il pense et faisant tant d’efforts pour faire ce qu’il a promis avant d’être élu, est passé par là: les journaux quotidiens tel le poubelliste, le liberticide, autres bidonneurs et canards aux accroches, angles, scoops, audience douteux et équivoques, qui ont rien d’interactif, parce que leur redac’chef qui se met en photo en première page refuse de publier les lettres d’opinion et même les articles de lecteurs qui lui paraissent politiquement incorrects, prendront un bouillon puis feront faillite et seules les futures chaînes de télévision privées qui seront vraiment interactives survivront. Réjouissons-nous, la chaîne CNN manipulatrice et tellement menteuse a perdu 30 % de ses annonceurs, les finances du New York Times et du Chicago Tribune, que nos quotidiens copient fidèlement le lendemain matin, vont mal.
  • L’information est tronquée, et manipulée parce que quelques oligarques, la caste pseudo-aristocratique de l’argent, détiennent la très grande majorité des mass médias du monde entier, tous supports confondus. Si bien que ceux qui gobent cette  « info » ne savent plus ce qui se passe réellement dans leur canton, dans leur pays et dans le monde. Ils vivent dans le récit d’un monde factice qui désigne ses gentils et ses méchants au gré des intérêts politiques, idéologiques, économiques et militaires du moment.
  • Notre télévision nationale est la reine de la désinformation. Pour être désinformé rien de rien de tel qu’écouter quotidiennement « les infos » et les « nouvelles ».
  • Notre télévision rend étroit d’esprit et ramollit le cerveau. L’information est déversée tel quelle dans notre cerveau. Nous ingurgitons tout ce que les journaleux ripeurs nous versent. Nous entendons tout le temps les mêmes choses et à longueur de journée (chômage, précarité, immigrés, catastrophes et tant de futilités) à tel point que nous pensons que c’est le seul point de vue viable, que c’est la vérité et finalement nous ne mettons même pas en doute ce que nous entendons et voyons ni ne nous viendrait à l’esprit de soupçonner l’existence d’autres points de vue.
  • A la télévision, la publicité est toujours présente, importante et primordiale. Ce neuromarketing nous fait consommer d’avantage et mal. En outre, toutes ces émissions de télévision subventionnées par les citoyens-contribuables sont pensées et choisies pour mettre le téléspectateur-consommateur dans la meilleure disposition mentale possible pour avaler tant les messages publicitaires que les affirmations et conclusions partiales de journalistes de gauche, de la caste à la Soros et de dits experts.
  • Des études ont montré que l’obésité augmente même chez les enfants à mesure des heures quotidiennes passées devant la télévision et que la télévision est mauvaise pour la santé.Succomber au pouvoir de séduction, de suggestion, de persuasion et de soumission volontaire ou non, des manipulateurs mentaux est facile; c’est même inévitable si nous n’y prêtons pas une attention soutenue et quotidienne. Bien informés, nous sommes des citoyens; mal informés, nous devenons des sujets puis des soumis. Citoyens du peuple Souverain suisse, reprenons tous le contrôle de notre propre vie et de notre cerveau pour revendiquer un monde meilleur, tout simplement; pour cela, le 4 mars prochain, ne nous laissons plus être manipulés par nos dispendieuses chaînes TV malbouffe, leurs bien trop nombreux employés qui luttent pour leur juteux fond de commerce et leurs supporters.

PD. Dr. méd. Dominique Schwander

vendredi, 07 février 2020

Nos enfants sont déjà des poissons rouges

poissons-rouge-ethanol-alcool-production-eau-non-oxygenée-750x400.jpg

Nos enfants sont déjà des poissons rouges

par Charles André 
Ex: http://www.zejournal.mobi

Dernièrement, dans ces colonnes, nous posions la question de savoir si nous ne sommes pas en train de devenir des poissons rouges (lire Sommes-nous en train de devenir des poissons rouges ? du 9 janvier 2020).

Bruno-Patino-Civilisation-poisson-rouge.jpgUne interrogation suscitée par les révélations de Bruno Patino, dans son ouvrage La civilisation du poisson rouge (Grasset), qui s’alarme de l’addiction aux écrans, notamment celui du smartphone, provoquée par les manœuvres des géants du numérique pour nous rendre accros. Nous avons vu que cette dépendance commençait très tôt, dès la petite enfance.

Si les dégâts déjà bien tangibles sur la population des adolescents commencent à inquiéter le milieu médical, ceux qui affectent la petite enfance se révèlent carrément alarmants. Le docteur Anne-Lise Ducanda, membre du « Collectif surexposition écrans » (CoSE) l’expliquait récemment dans le journal de Christelle Rebière sur RTL. L’exposition aux écrans a « des risques très importants chez les 0–3 ans qui sont dans une phase de développement ultra-rapide », dit-elle, « le temps passé sur les écrans compte autant que le contenu de ce qui est regardé ». Et de citer des cas d’enfants de 3 ans qui jouent avec GTA (Grand Theft Auto) ! Elle précisera que 45 % des élèves de CP jouent avec GTA (jeux en principe interdits aux moins de 18 ans) et que ce taux atteint 65 % chez les élèves de CM2 ! Ahurissant.

Sur le site du CoSE, on apprend que ses membres ont, depuis plusieurs années déjà, alerté sur les conséquences de la surexposition aux écrans à travers des articles, des colloques, dans des commissions de réflexion, auprès d’associations de professionnels, de parents… Dans une tribune parue dans Le Monde du 31/05/2017, ils ont relaté, leur expérience clinique et exprimé leur préoccupation concernant l’évolution du nombre de jeunes enfants présentant des retards importants dans le développement de la communication, du langage, de la cognition et de l’affect. Prenant appui sur des travaux internationaux, ils interrogent sur le temps que ces enfants passent devant les écrans car tous les champs de leur développement sont atteints par cette surexposition.

grand-theft-auto-v-premium-online-edition-cover.jpgLa constitution d’un collectif autour d’une charte s’est donc imposé à ces praticiens afin de pouvoir porter une parole pluriprofessionnelle. Pour eux, il s’agit d’un engagement sociétal. C’est pourquoi ils n’ont pas seulement ouvert leur collectif aux professionnels mais aussi aux parents concernés. L’objectif est d’être le plus grand nombre possible pour sensibiliser aux effets catastrophiques de la surexposition aux écrans sur le développement du jeune enfant.

Lors de son interview, le docteur Anne-Lise Ducanda a dénoncé l’utilisation d’applications dédiées aux tout-petits comme celles censées leur apprendre les langues. Elle s’appuie pour cela sur de nombreuses études convergentes qui ont montré que, jusqu’à 3 ans (et plus) ce genre d’apprentissages ne peut se faire qu’au contact des adultes. Une interaction vivante est absolument nécessaire sinon l’enfant ne fait que du psytacisme (1) sans associer du sens ; c’est ce que les chercheurs appellent le « déficit vidéo ». Or, 53 % des parents achètent des jeux éducatifs vidéo à leurs petits croyant améliorer ou accélérer leur développement. Non seulement c’est improductif mais ça les expose prématurément, et donc dangereusement, aux écrans. À ce sujet, il convient de noter que l’Éducation nationale a eu tout faux lorsqu’elle a introduit la télé puis les ordinateurs dans les classes pour favoriser et améliorer les apprentissages à l’école ; bravo les pédagogistes !

Les études menées de 2010 à 2018, révèle le Dr Ducanda, ont constaté 94 % d’augmentation de troubles du langage chez les écoliers du CP au CM2. Et cette tendance s’accroît constamment à cause de l’omniprésente des écrans dans la vie de nos enfants. Sur le site du CoSE, d’innombrables témoignages sont là pour en attester. Certains font froid dans le dos comme celui de la maman de Delya : « Depuis ses 12 mois nous étions inquiets de certains comportements que nous observions chez elle ainsi que des retards que nous avons constatés par la suite concernant la parole, l’assise, la marche, la motricité globale ou encore la dextérité » explique-t-elle. Désespérés, ces parents ont consulté tous les praticiens possibles et imaginables. L’enfant a subi un électroencéphalogramme, un bilan auditif, un dépistage de l’autisme, des examens psychiatriques qui ont soupçonné (avec forte probabilité) l’autisme tant redouté… C’est lorsque tous les écrans lui ont été soustraits que la petite fille a changé pour rattraper le retard accumulé dans tous les domaines. Les changements ont été radicaux, explique la maman, mais le sevrage fut un moment terrible : « Nous avons affronté des crises de Delya, semblables à celles d’un toxicomane en sevrage. Aujourd’hui, 6 mois après l’arrêt des écrans […], Delya est une autre petite fille. […] Nous ne pouvons nier la corrélation entre le développement soudain et rapide de notre fille et l’arrêt des écrans aux contenus lobotomisant et anesthésiant qui l’entouraient au quotidien ». Que ne s’en était-elle aperçu plus tôt ? On s’interroge quand-même sur la dose d’écran absorbée par cette enfant depuis sa naissance pour en arriver là. Si on peut se féliciter de la prise de conscience de ses parents, on est aussi en droit de condamner leur irresponsabilité originelle.

D’autres témoignages tout aussi ahurissants sont à découvrir sur le site du CoSE. Comme celui de cette orthophoniste qui apporte un éclairage particulièrement intéressant. Elle y cite le cas de deux enfants dyslexiques, Matthis et Charlotte. Au retour de vacances, elle leur a proposé de réaliser une carte à partir de ce mot inspirant qu’est « vacances ». Voici les résultats, ils sont édifiants :

Dyslexie.1_.jpg

Charlotte

Dyslexie.2_.jpg

Matthis

Inutile de dire que Charlotte, malgré son handicap, n’est pas en échec scolaire alors que Matthis, lui, fait une 6e catastrophique et sera orienté en SEGPA (Section d’enseignement général et professionnel adapté), la voie de garage jusqu’à l’âge de la déscolarisation légale (16 ans).

Pour terminer, le docteur Anne-Lise Ducanda fait quelques recommandations résultant des 1 500 études qui préconisent zéro écran entre 0 et 6 ans. Ces écrans n’apportent absolument rien en terme de développement, bien au contraire, et entraînent l’addiction précoce.

Au-delà d’une quinzaine de minutes par jour, il y a danger

Donc, jamais d’écran le matin avant d’aller à l’école, pas d’écran au moment des repas pour favoriser les échanges, pas d’écran avant les devoirs du soir et, surtout, pas d’écran avant de s’endormir (toutes les études prouvent que cela génère des troubles du sommeil). Pas d’écran dans la chambre, non plus, pour éviter la tentation. Enfin, pour éviter la frustration, et donc la transgression, elle conseille d’accorder une demi-heure le mercredi et/ou durant le weekend.

Si nos sociétés ne prennent pas rapidement conscience des terribles dégâts que l’exposition précoce aux écrans entraîne dans le développement de nos enfants et si elles ne réagissent pas plus vite, il est à craindre que nous soyons en train de fabriquer des générations d’inadaptés et d’asociaux qui finiront aux crochets de la collectivité dans des centres spécialisés qui devront se multiplier. Les enseignants de maternelles s’en rendent compte qui ont tiré la sonnette d’alarme mais l’Éducation nationale préfère mettre des moyens dans le primaire et le secondaire… lorsqu’il est trop tard ! « Nous faisons face à une crise éducative majeure » déclare sans détour une professeur des écoles.

Les orthophonistes à qui les parents se confient plus facilement sont effarés du temps passé devant les écrans : jusqu’à 40 heures hebdomadaires ! Chiffre multiplié par 7 en 10 ans, déplorent les uns d’entre eux sur le site. Quant aux médecins, psychologues et pédopsychiatres, il constatent une augmentation alarmante des demandes de consultation pour les tout-petits à cause de « retards massifs du langage », de « syndromes d’allure autistique », d’« évitement relationnel »… L’un d’eux s’inquiète : « On observe des enfants qui cherchent à faire glisser leur doigt sur les différents objets et notamment les livres ! »

strats-image-4026522.jpeg.png

Malheureusement, les parents se montrent le plus souvent très fiers de l’agilité de leur enfant et sont peu sensibles aux recommandations des enseignants et des professionnels du milieu médical. Ainsi sommes-nous en présence d’un sérieux problème de santé publique dont la solution apparaît très difficile à trouver vu que l’addiction aux écrans a déjà gagné les parents de ces enfants en danger. Nos dirigeants en ont-ils conscience ou songent-ils davantage à promouvoir la mondialisation heureuse fondée sur le toujours plus, plus de consommation, plus de numérique et… plus d’écrans ?

« L’important n’est pas de convaincre mais de donner à réfléchir »

Note:

(1) Fait de répéter quelque chose comme un perroquet en raisonnant sans comprendre le sens des mots que l’on utilise ; en partic., récitation mécanique de mots, de phrases, de notions dont le sens n’a pas été compris ou a été mal assimilé (d’apr. Aur.-Weil 1981).
Par suite :
Trouble du langage qui consiste à répéter sans raison ce que l’on a entendu ou lu sans même le comprendre. Une forme particulière de ce trouble est l’écholalie. (Psychol. Enfant 1976).

- Source : Nice-Provence

vendredi, 24 mai 2019

Hedonistische technocratie houdt ons gevangen in pôst-adolescentie

postado.jpeg

Hedonistische technocratie houdt ons gevangen in post-adolescentie

door Sid Lukkassen

Ex: https://www.novini.nl

Ex: Eerder dit jaar filosofeerde ik over het boek Keep the Aspidistra Flying. Daarin maakt George Orwell invoelbaar hoe banaal en afgestompt het leven van de Britse middenklasse was. Nadien verscheen er in Nederland een boek met een soortelijk thema: het is geschreven door Mel Bontje en heet Bart Mittendorf, een zak met niets. Van de film The Matrix (1999) kennen we allemaal de keuze tussen de blauwe en de rode pil. Wie de rode pil slikt, wordt wakker in de harde realiteit maar leeft wel in de authentieke waarheid. De blauwe pil betekent weer in slaap vallen en wegdromen bij comfortabele leugens.

Laat me daarom tevoren één opmerking maken: voorbij dit boek is de weg naar de blue pill onbegaanbaar. Reader beware.

Het verhaal heeft raakvlakken met films als Fight Club (1999) en Noise (2007). In Noise ontmoet een man die is voorbestemd voor het leven van de familie doorzon een even wellustige als gewillige filosofiestudente. Zij prikkelt zijn geest en vervult zijn oerinstincten. Hierdoor ziet hij in een moment van helderheid hoe hij gebukt gaat onder een hedonistische technocratie: hij breekt los uit zijn routinebestaan en besluit volledig break the system te gaan.


bart.jpgVanaf de openingspagina is duidelijk welke auteur voor Mel Bontje een grote inspirator is. Seks in een boek is één ding, maar waarom toch die fascinatie met zelfbevlekking? Een ander feit dat in het oog springt is dat de auteur doorklinkt in de gesprekken. Hij laat zich kennen in zowel zijn fascinatie met aftandsheid en verval, als in zijn erudiete woordkeuzes om sociale analyses uit te drukken. Dit rijmt niet overal met de personages: het zijn deftige zinnen waarmee de jonge geest absoluut en doordringend oordeelt over de werkelijkheid.

De hoofdpersoon Bart Mittendorf loopt een zielloze haptent binnen. “Het enige speelse in de zaak was het geluid van het borrelende frituurvet” (p.38). Elke pagina kent dergelijke zinnen – de auteur is duidelijk getalenteerd. Wel geven de personages lange, gestileerde commentaren op de maatschappij en op wat er speelt in hun leven. Deze reflecties vinden plaats binnen situaties die daar soms te vluchtig voor lijken.

Via deze commentaren drukt het boek het afgrijzen uit van het vooruitzicht een diploma te halen bij een instituut dat zich niet om je bekommert, om vervolgens in dienst te treden bij een bedrijf dat zich niet om je bekommert. Ondertussen een sprankelend en levenslustig enthousiasme veinzend om jezelf ‘in de markt te zetten’ – dit afgrijzen wordt met drank, drugs of Netflix gekalmeerd en dit noemen we ‘vrijheid’.

“Ik heb het geprobeerd, maar ik kwam erachter dat ik geen geluk haal uit een leven dat bestaat uit interactie met jongens en meisjes die hun gebrek aan authenticiteit verschuilen achter maat- en mantelpakjes […] Alles voor het behalen van validatie in een absurde, ontwortelde en volledig vervlakte realiteitscontext. Niemand was meer dan een mislukte reproductie van een vacatureomschrijving.” (p.16-7)

Het type leven dat zojuist werd omschreven hebben we ook nog eens uitgeroepen tot het hoogst haalbare in de menselijke geschiedenis, namelijk ‘liberale democratie’. En zo stuurt het boek ons indirect in de richting van een levenswijsheid: niet het hebben van een hoog inkomen is het geheim van de vrijheid, maar het hebben van een laag uitgavenpatroon. De auteur verwoordt dit als volgt: “Zijn buikvet zou schuilgaan achter een maathemd van dure stof. Dag in dag uit zou hij gehuld moeten gaan in een mantel van leugens en opgaan in de grijze massa der kantoorschepsels tot hij niet beter zou weten. Toch wilde hij de chaos in zijn ziel niet laten bedwingen door de dwangbuis van het bedrijfsleven.” (p.17)

De kernzin van het boek – en feitelijk van de Westerse cultuur – vinden we op pagina 52: “Niets dwong me om serieus te worden.” Oftewel de hedonistische technocratie houdt ons gevangen in een post-adolescentie. Het is normaal dat je na je afstuderen een vaste baan vindt met een degelijk salaris en dan een gezin sticht. Tenminste dat geldt voor een beschaving die wil voortbestaan. Onze realiteit na het afstuderen is tig onbetaalde stages, nul urencontracten, tien jaar Tinderen, een leven lang huurwoningen.

Échte volwassenheid betekent in deze situatie: een slaaf worden van het systeem. Steeds meer jongvolwassenen zien dit en slikken de rode pil. Ik ken een arts die maandelijks 4.000 euro verdient en 2.500 overhoudt. Ik ken een consultant die 5.000 verdient en 2.800 overhoudt. Beiden werken dag en nacht. De auteur beschrijft soortgelijke situaties en concludeert dat we welbeschouwd werkvee zijn van een globale elite, die jongeren met kosmopolitische propaganda bestookt om hen in dit keurslijf te lokken:

“Hoe langer de jonge westerling op reis is, hoe meer hij gaat geloven in de maakbaarheid van de wereld, het ideaal van mondiaal pacifisme en postmoderne theorieën. In de Berlijnse hostels krioelt het van de cultuurmarxisten: types die het als hun levensdoel zien om zich op te werpen voor alles wat zwak en zielig is. Ze willen niets liever dan zichzelf wegcijferen voor alles dat als minderheid, onderdrukt of achtergesteld bestempeld kan worden. Het Berlijnse jeugdhostel is de bunker van de Gutmensch.” (p.56)

Dat de welbespraaktheid van de personages niet overal rijmt met hun sociale stratificatie, maakt echter niet dat het geen leuke personages zijn om over te lezen. Neem nu Vera – zij wordt omschreven als slank, blond en goed in vorm. “Vera zweeg, legde haar hand op Barts rug, bracht haar lippen richting zijn hals en klom langzaam op zijn schoot. Ze zat met haar gezicht naar hem toe, met zijn neus onder haar boezem” (p.56). Dit personage vervult een belangrijke pedagogische rol: Vera’s geile gekronkel leert jeugdige lezers dat cultuurrealisme en postprogressivisme wel degelijk kunnen leiden tot goede seks.

Dit is een passend moment om kort iets te zeggen over Houellebecq, met wiens proza er vele gelijkenissen zijn. “Mijn wanstaltige voorkomen zou ze met een enkele blik veroordelen. Zonder woorden zou ze de verwerpelijkheid van mijn gedaante in volle helderheid bevestigen” (p.35). Deze Franse schrijver wordt soms ‘vrouwonvriendelijkheid’ verweten oftewel misogynie – het tegendeel is waar. Deze auteur die in de verleidingskunst wat klungelig is, maakt zijn vrouwelijke personages tot lustvolle sletten die zélf het contact initiëren. ‘Sletterig’ is hier niet in een negatieve zin bedoeld, maar juist in een sekspositieve. De vrouwelijke karakters die hun genot najagen zijn uiterst geëmancipeerd.

Het enige kritiekpunt op Bart Mittendorf is dat de auteur mogelijk teveel doorschijnt in de erudiete volzinnen van de personages. De dialogen van de personages zijn soms te intelligent geschreven voor de proleten die ze zijn. Maar al met al is dit een perfect jeugd- en avonturenboek dat de huidige tijdsgeest weerspiegelt. De anti-Steppenwulf.

“Rustig blijven we onze dagelijkse taken uitvoeren; we hopen dat iedereen elkaar ooit, zonde enige vorm van wrok, de hand zal reiken. In lijn met de Duitse filosoof Johann Gottfried von Herder stellen we ons voor dat culturen elkaar prachtig aanvullen, zoals bloemen in een tuin. Wat we vergeten is dat al die bloemen snakken naar licht, ruimte en lucht. Het hardnekkigste onkruid zal de dienst gaan uitmaken en al het overige verdringen. We laten iedereen binnen en zien alles steeds verder naar de klote gaan. Hierover durven we geen oordeel te vellen.” (p.63)

“We worden uitgeleverd door een politieke elite die zijn machtsgeile gezicht verschuilt achter een masker van valse humanitaire waarden. Het is de neomarxistische elite die de fatale baksteen in het bloedende gezicht van Europa smijt. Ik kan het niet accepteren om als nietszeggend schepsel te worden vertrapt onder de schoenzolen van de botsende beschavingen.” (p.64)

“In de menigte leek iedereen op elkaar: het kroost van het kroost van 68-ers.” (p.77)

“We zijn te laf om de slijmerige realiteit te ontsluieren. Tot dat moment, het moment dat we onszelf hebben ontdaan van de leugen, zullen we enkel leven om vergeten te worden, tot niets groots in staat zijn en louter onzinnig slavengedrag vertonen.” (p.22)

De schrijver Mel Bontje zal natuurlijk niet worden ‘ontdekt’ door ‘kwaliteitsmedia’: daarvoor is het deuggehalte onvoldoende – zo zal duidelijk zijn uit het bovenstaande meesterlijke proza. Maar het boek is zéker de moeite van het lezen waard. Misschien is het hier en daar zelfs net te gepassioneerd geschreven ‘for his own good’. Zoals ik al zei: voorbij dit boek is de weg naar de blue pill onbegaanbaar.

Op zaterdag 29 september om 15:00 uur vindt een boekpresentatie plaats van het boek ‘Bart Mittendorf. Een Zak Met Niets’ in Boekhandel Cursief te Gorinchem. Meer informatie hier: https://www.facebook.com/events/1129092800581064/

jeudi, 03 mai 2018

Préface à Pierre Le Vigan - Face à l’addiction

Pierre-Le-Vigan-282x300.jpg

Nicolas Bonnal:

Préface à Pierre Le Vigan

Face à l’addiction

Esprit prudent mais prévoyant, notre ami polymathe Pierre Le Vigan avait écrit son petit essai universitaire sur l’addiction bien avant que le mot ne devînt trop à la mode. Les uns parlent d’addiction au sexe, d’autres aux drogues – vieux sujet fatigué des seventies -, d’autres enfin à la dette ou pétrole, comme le faisait Thomas Friedman dans un ombrageux édito du NYT au moment de la crise de 2007, qui déclencha, elle, des vocations d’addiction à l’apocalypse ou à l’écroulement du système – cet aperçu indiquant bien au lecteur combien de psychologie contiendra ici l’essai de notre ami.

PLV-addiction.jpgAvec érudition et sérieux, Le Vigan brave les sentiers battus universitaires, évite l’addiction au verbiage jargonneux et se lance dans une série de digressions, d’élargissements et de références (Lao Tze, maître Eckhart, Balzac…) qui nous enchantent et balaient le sujet si vite qu’elles lui donnent une aura bien différente ! Si l’homme (le pauvre homme) est un être addictif (le travail, le sexe, Dieu…), l’addiction n’est-elle pas le royal sujet au sens alchimique, qui nécessiterait son Rabelais ou son Fulcanelli pour en parler ? Etant moi-même soumis à l’addiction des citations (car pourquoi écrire enfin, quand tant de gens brillants ou même géniaux le font mieux que vous ?), je citerai le texte de Pierre… On trouve ainsi le passage de la névrose à la dépression. Historiquement et freudiennement, cela sonne comme ça. Notre savant écrit : « Trop d’interdits, dans les sociétés traditionnelles, créaient des refoulements et des conflits intérieurs, mais trop peu de cadres, trop peu de disciplines venues de l’extérieur enferment l’individu dans un rêve de toute puissance. « Le sujet ne souffre d’aucune contrainte affective, mais se voit enserré dans la course haletante à la jouissance qui le voue à la dialectique ‘’dépression-antidépression’’ » [citant J. Arènes et N. Sarthou-Lajus]…

J’avais lu un jour qu’à la rébellion des grandes années étudiantes avaient suivi la dépression postmoderne. Pierre, lui, écrit : « Comme la névrose guettait l’individu divisé entre le permis et le défendu, la dépression menace un individu déchiré entre le possible et l’impossible. »

Un bel aphorisme (de l’Héraclite décalé ?) : « On a pu dire avec justesse que le dépressif est un Moi sans sujet, tandis que le schizophrène est un sujet sans Moi. » Parfois on trouve même la vérité dans un magazine (lisez leurs pages pratiques, oubliez politique et diplomatie) : « Ils sont incapables de réaliser que le problème se situe, très majoritairement, dans l’instabilité neurobiologique que le produit a créé en eux »…

Là, je peux en parler d’expérience. Des médicaments prescrits pour je ne sais quel mal de vivre vieux comme Chateaubriand, Sénèque, ou Salomon (les proverbes ou l’Ecclésiaste bien sûr !) m’emmenèrent fort bas. C’est qu’il n’est rien de pire que l’addiction sinon la chasse scientifique à l’addiction. Et comme dirait un sage chinois, La plus grande maladie est de croire que tout doit être guéri… C’est très vrai en économie et pour le bon taoïste que je suis, l’important est de ne rien faire car en voulant guérir ou prévenir les crises, on a créé la modique dette mondiale de 237 000 milliards ou plus. C’est Pierre qui rappelle Sigmund Freud (génie méconnu et méprisé aujourd’hui) et notre désir inconscient de se perdre. Tocqueville évoquait cette angoisse de vivre de l’Américain qui le frappe au milieu de son effervescence politique, de sa frénésie matérialiste. Mais le remède des addictifs est toujours pire que le mal (c’est ainsi qu’on pourrait définir un addictif ?) : « L’addiction au sport, l’addiction aux conduites à risque, l’addiction au travail le montrent aussi : l’addiction est une angoisse devant l’incertain, et, ainsi, souvent une fuite en avant, une volonté de programmer l’incertitude pour ainsi la maîtriser. »

Récemment je suis allé relire Foucault, absent ici (ils ne sont pas nombreux !) et qui disait très justement : « A la suite de cette nouvelle circonspection, toute une armée de techniciens est venue soulager le bourreau, l'anatomiste immédiat de la souffrance: les gardes, les médecins, les aumôniers, les psychiatres, les psychologues, les éducateurs. » Eh oui, le monde moderne c’est cela, et c’est ce qui nous coupe les couilles (Pierre parle de castration). Freud écrivait, ce grand esprit biblique selon mon vieux maître Jean Brun* : « C’est à ce phénomène (la culture) que nous devons le meilleur de ce dont nous sommes faits et une bonne part de ce dont nous souffrons. Ses causes et ses origines sont obscures, son aboutissement est incertain, et quelques-uns de ses caractères sont aisément discernables… Peut-être conduit-il à l’extinction du genre humain, car il nuit par plus d’un côté à la fonction sexuelle… »** C’est à tout cela que vous fera penser ce dense essai qui est aussi, surtout, un bréviaire de la psychologie humaine.

N.B

1er mai 2018.

Notes (PLV) :

* Jean Brun, philosophe (1919-1994).

** Pourquoi la guerre, correspondance entre Sigmund Freud et Albert Einstein, 1933.

Pierre Le Vigan, Face à l’addiction, éditions La barque d’or, diffusion Amazon, broché, 157 pages, 14,99 €. Disponible aussi en format kindle.

mardi, 20 mars 2018

Le visage changeant de l'homme

schizophrenie.jpg

Le visage changeant de l'homme

Tucker Carlsson

Ex: http://echelledejacob.blogspot.be

 
Les signes sont partout. Si vous êtes un homme d'âge moyen, vous connaissez probablement un pair qui s'est suicidé ces dernières années. Au moins un. Si vous êtes un parent, vous avez peut-être remarqué que les copines de votre fille semblent un peu plus alertes que les copains de votre fils. Elles ont de meilleures notes. Elles fument moins d'herbe. Elles vont dans des universités plus prestigieuses. Si vous êtes un employeur, vous avez peut-être remarqué que vos employées se présentent à l'heure, alors que les jeunes hommes ne le font pas souvent. Et bien sûr, si vous vivez dans ce pays, les États-Unis, vous venez d'assister à une série horrifiante de fusillades de masse, beaucoup plus que jamais auparavant. Ce ne sont pas des femmes qui ont fait ça. Dans tous les cas, le tireur était un homme.

Quelque chose d'inquiétant arrive aux hommes en Amérique. Tous ceux qui font attention le savent. Ce qui est étrange, c'est à quel point on l'entend rarement reconnaître publiquement. Nos dirigeants s'engagent à créer davantage de possibilités pour les femmes et les filles, qui, selon eux, échouent. Les hommes n'ont pas besoin d'aide. C'est le patriarcat. Ils vont très bien. Plus que bien.

Mais vont-ils vraiment bien ? Voici les chiffres :

Commencez par le plus élémentaire, la vie et la mort. L'Américain moyen mourra cinq ans avant l'Américaine moyenne. L'une des raisons en est la dépendance. Les hommes sont deux fois plus susceptibles que les femmes de devenir alcooliques. Ils sont aussi deux fois plus susceptibles de mourir d'une overdose. Dans le New Hampshire, l'un des États les plus durement touchés par la crise des opioïdes, 73 % des décès par overdose étaient des hommes.

Mais la raison la plus triste d'une réduction de l'espérance de vie est le suicide. Soixante-dix-sept pour cent de tous les suicides sont commis par des hommes. Le taux global augmente à un rythme spectaculaire. Entre 1997 et 2014, il y a eu une augmentation de 43 % des décès par suicide chez les hommes américains d'âge moyen. Les taux sont les plus élevés chez les Indiens d'Amérique et les hommes blancs, qui se suicident à un taux environ dix fois supérieur à celui des femmes hispaniques et noires.

On entend souvent parler de la crise de l'incarcération en Amérique. C'est aussi un problème presque exclusivement masculin. Plus de 90 % des détenus sont des hommes.

Ces problèmes sont complexes et commencent jeunes. Par rapport aux filles, les garçons échouent en plus grand nombre à l'école. Plus de filles que de garçons obtiennent leur diplôme d'études secondaires. Beaucoup plus vont à l'université et obtiennent leur diplôme. Les garçons représentent l'écrasante majorité des cas de discipline scolaire. Une étude a révélé qu'un garçon sur cinq au secondaire avait reçu un diagnostic de trouble d'hyperactivité, comparativement à seulement une fille sur 11. Beaucoup d'entre eux ont reçu des médicaments. Les effets à long terme de ces médicaments sur la santé ne sont pas entièrement compris, mais ils semblent inclure la dépression plus tard dans la vie.

Les femmes sont nettement plus nombreuses que les hommes dans les études supérieures. Elles obtiennent la majorité des doctorats. Elles représentent maintenant la majorité des nouveaux inscrits dans les facultés de droit et de médecine.

Pour les hommes, les conséquences d'un échec scolaire sont lourdes de conséquences. Entre 1979-2010, les hommes en âge de travailler qui n'ont obtenu qu'un diplôme d'études secondaires ont vu leur salaire horaire réel chuter d'environ 20 %. Au cours de la même période, les femmes ayant fait des études secondaires ont vu leur salaire augmenter. Le déclin de l'économie industrielle a fait un tort disproportionné aux hommes.

Il y a maintenant sept millions d'hommes américains en âge de travailler qui ne sont plus sur le marché du travail. Ils ont abandonné. Près de la moitié d'entre eux prennent des analgésiques tous les jours. C'est le taux le plus élevé au monde.

Beaucoup moins de jeunes hommes se marient qu'il y a quelques décennies et moins de jeunes hommes restent mariés. Environ un enfant américain sur cinq vit avec sa mère. C'est le double du taux de 1970. Des millions d'autres garçons grandissent sans père. Les jeunes hommes adultes sont maintenant plus susceptibles de vivre avec un parent qu'avec leur conjoint ou partenaire. Ce n'est pas le cas des jeunes femmes. Les femmes célibataires achètent leur propre maison à un taux deux fois plus élevé que les hommes célibataires. Les femmes sont également plus nombreuses que les hommes à posséder un permis de conduire.

Chaque fois que des différences entre les sexes apparaissent dans le débat public, l'écart salarial domine la conversation. Une femme gagne 77 cents pour chaque dollar qu'un homme gagne. Voilà les statistiques que vous entendrez. C'est répété partout. Mais ce chiffre compare tous les hommes américains à toutes les Américaines, toutes professions confondues. Aucun sociologue légitime ne considérerait qu'il s'agit d'une mesure valable. Ce chiffre est à la fois dénué de sens et intentionnellement trompeur. C'est un sujet de controverse.

Une fois que l'on compare des hommes et des femmes qui ont une expérience semblable et qui travaillent les mêmes heures dans des emplois semblables pendant la même période - et c'est la seule façon de le mesurer - l'écart disparaît presque complètement. En fait, il peut même s'inverser. Une étude fondée sur des données de recensement a révélé que les femmes célibataires de 20 ans vivant dans des régions métropolitaines gagnent maintenant huit % de plus en moyenne que leurs homologues masculins. Soit dit en passant, la majorité des gestionnaires sont maintenant des femmes. En moyenne, les femmes obtiennent des résultats plus élevés aux tests de QI que les hommes.

Les hommes prennent même du retard physiquement. Une étude récente a révélé que près de la moitié des jeunes hommes ont échoué au test de condition physique d'entrée de l'Armée de terre pendant leur entraînement de base. Soixante-dix pour cent des hommes américains sont en surpoids ou obèses, comparativement à 59 % des femmes américaines.

Le plus terrifiant peut-être, c'est que les hommes semblent devenir moins masculins. Le nombre de spermatozoïdes dans l'Ouest a chuté de près de 60 % depuis le début des années 1970. Les scientifiques ne savent pas pourquoi. Les taux de testostérone chez les hommes ont également chuté rapidement. Une étude a révélé que les taux moyens de testostérone chez les hommes ont chuté de un pour cent chaque année après 1987. Cela n'a rien à voir avec l'âge. L'homme moyen de 40 ans en 2017 aurait des taux de testostérone inférieurs de 30 % à ceux de l'homme moyen de 40 ans en 1987.

Il n'y a aucun avantage à cela. Chez les hommes, une baisse du taux de testostérone est associée à la dépression, à la léthargie, au gain de poids et à une diminution des capacités cognitives. Rien de tel ne s'est jamais produit. On pourrait penser qu'on souhaiterait savoir exactement ce qui se passe et comment y remédier. Mais les médias ignorent l'histoire. C'est considéré comme un sujet marginal.

Ce n'est pas non plus une priorité dans le milieu de la recherche scientifique. Nous n'avons pas trouvé une seule étude financée par le NIH sur les raisons de la baisse des taux de testostérone. Nous avons trouvé une étude sur, citons, « Pubic Hair Grooming Prevalence and Motivation Among Women in the United States » (Prévalence et motivation du toilettage des poils pubiens chez les femmes aux États-Unis).

Ce sont les chiffres. Ils brossent un tableau très clair: les hommes américains échouent dans leur corps, leur mental et leur esprit. C'est une crise. Pourtant, nos dirigeants prétendent que ce n'est pas le cas. Ils nous disent le contraire: les femmes sont victimes, les hommes sont des oppresseurs. Remettre en question cette hypothèse, c'est risquer la punition. Même si les femmes dépassent de loin les hommes dans l'enseignement supérieur, pratiquement tous les campus universitaires soutiennent un département d'études féminines, dont le principal objectif est de s'attaquer au pouvoir masculin. Nos politiciens et nos chefs d'entreprise intériorisent et amplifient ce message. Les hommes sont privilégiés. Les femmes sont opprimées. Embaucher, promouvoir et récompenser en conséquence.

Ce serait parfait si c'était vrai. Mais ce n'est pas vrai. Au mieux, c'est une vision dépassée d'une Amérique qui n'existe plus. Au pire, c'est un mensonge pernicieux.

De toute façon, ignorer le déclin des hommes n'aide personne. Les hommes et les femmes ont besoin les uns des autres. L'un ne peut exister sans l'autre. C'est de la biologie élémentaire, mais c'est aussi la réalité que chacun de nous a vécue, avec ses parents, ses frères et sœurs et ses amis. Quand les hommes échouent, nous souffrons tous. 
 

jeudi, 22 février 2018

La persistance de l’âme des peuples chez Gustave Le Bon

psychologie-collective-jpg_4124101_660x281.jpg

La persistance de l’âme des peuples chez Gustave Le Bon

Reconnu pour son ouvrage La psychologie des foules prophétisant dès 1895 les mécanismes psychologiques sur lesquels se sont appuyés les régimes totalitaires du XXe siècle et les démocraties modernes, Gustave Le Bon s’est aussi intéressé aux racines historiques des psychologies collectives. Médecin et psychologue mais également anthropologue passionné par les civilisations orientales, ce penseur français était convaincu que chaque peuple est doté d’une âme propre, garante du maintien de son identité collective à travers les siècles.

GlB-Psy.jpgGustave Le Bon affirme que l’évolution des institutions politiques, des religions ou des idéologies n’est qu’un leurre. Malgré des changements superficiels, une même âme collective continuerait à s’exprimer sous des formes différentes. Farouche opposant du socialisme de son époque, Gustave Le Bon ne croit pas pour autant au rôle de l’individu dans l’histoire. Il conçoit les peuples comme des corps supérieurs et autonomes dont les cellules constituantes sont les individus. La courte existence de chacun s’inscrit par conséquent dans une vie collective beaucoup plus longue. L’âme d’un peuple est le résultat d’une longue sédimentation héréditaire et d’une accumulation d’habitudes ayant abouti à l’existence d’un « réseau de traditions, d’idées, de sentiments, de croyances, de modes de penser communs » en dépit d’une apparente diversité qui subsiste bien sûr entre les individus d’un même peuple. Ces éléments constituent la synthèse du passé d’un peuple et l’héritage de tous ses ancêtres : « infiniment plus nombreux que les vivants, les morts sont aussi infiniment plus puissants qu’eux » (lois psychologiques de l’évolution des peuples). L’individu est donc infiniment redevable de ses ancêtres et de ceux de son peuple.

Le psychologue français prétend que les événements historiques ne sont capables de modifier que les qualités accessoires d’un peuple mais n’altèrent pas son âme. Même soumis à des événements violents et de grande envergure, les peuples retournent inéluctablement à leurs aspirations profondes « comme la surface d’un lac après un orage ». Tant qu’elles ne s’attaquent pas à la substance même d’un peuple, les ruptures historiques ne sont donc que superficielles. Le système français jacobin s’est par exemple révélé tout autant centralisateur, autoritaire et despotique que la monarchie française qu’il prétendait détruire. Pour Gustave Le Bon, les institutions de la Révolution française se conformaient à la réalité de l’âme du peuple français, peuple majoritairement latin favorable à l’absorption de l’individu par l’état. Peuple également enclin à rechercher l’homme providentiel à qui se soumettre et que Napoléon incarna. D’une toute autre mentalité, le peuple anglais a construit son âme autour de l’amour de la liberté. Gustave Le Bon rappelle comment ce peuple anglais a refusé à travers les siècles les dominations et ingérences étrangères avec les rejets successifs du droit romain et de l’Eglise catholique. Ce goût de l’indépendance et du particularisme résonne jusqu’à nos jours à travers les relations conflictuelles qu’entretient l’Angleterre avec le continent européen. Ces réflexions amènent Le Bon à juger sévèrement l’idéal colonial de son temps en ce qu’il prône l’imposition d’institutions politiques et d’idéologies à des peuples qui y sont étrangers. S’opposant frontalement à l’héritage des penseurs des Lumières et à leur quête du système politique parfait et universel, il estime que de bonnes institutions politiques sont avant tout celles qui conviennent à la mentalité profonde du peuple concerné.

gustave-le-bon-psychologie-des-foules.jpgLa dilution des religions dans l’âme des peuples

Pour l’essentiel, l’âme des peuples reste également insensible aux révolutions religieuses. La conversion d’un peuple à une nouvelle religion se traduit le plus souvent avec le temps par l’adaptation de celle-ci aux aspirations profondes du peuple converti. Fasciné par la civilisation indienne, Gustave Le Bon rappelle que l’islam, religion égalitaire, n’est jamais parvenu à remettre en question durablement le système des castes en Inde. L’islam encore n’a pas imposé la polygamie orientale aux populations berbères pourtant converties depuis des siècles. De même, le catholicisme s’est très largement laissé imprégner par les traditions païennes européennes, dissimulant souvent par une christianisation de forme les concessions faites aux croyances des peuples convertis. C’est encore par l’âme des peuples concernés que Gustave Le Bon explique la naissance du protestantisme en pays germaniques et les succès de la religion réformée dans le nord de l’Europe. Amoureux de liberté individuelle, d’autonomie et d’indépendance, ces peuples nordiques et germaniques étaient enclins à discuter individuellement leur foi et ne pouvaient accepter durablement la médiation de l’Eglise que la servilité latine était plus propice à accepter. Dans la civilisation de l’Inde, l’anthropologue français explique également comment le bouddhisme indien, issu d’une révolution religieuse, a peu à peu été absorbé par l’hindouisme, religion charnelle des peuples indiens et de leurs élites indo-iraniennes.

Chaque peuple fait apparaître les particularités de son âme dans des domaines différents. La religion, les arts, les institutions politiques ou militaires sont autant de terrains sur lesquels une civilisation peut atteindre l’excellence et exprimer le meilleur de son âme. Convaincu de la capacité instinctive des artistes à traduire l’âme d’un peuple, Gustave Le Bon accorde un intérêt particulier à l’analyse des arts. Il remarque que les romains ont peiné à développer un art propre mais se sont distingués par leurs institutions politiques et militaire et leur littérature. Cependant, même dans leur architecture largement inspirée par la Grèce, les romains exprimaient une part d’eux mêmes. Les palais, les bas reliefs et les arcs de triomphe romains incarnaient le culte de la force et la passion militaire. Gustave Le Bon admet bien sûr que les peuples ne vivent pas en autarcie et s’inspirent mutuellement, notamment dans le domaine artistique. Pourtant, il soutient que ces inspirations ne sont qu’accessoires. Les éléments importés ne sont qu’une matière brute que les aspirations profondes du peuple importateur ne manquent jamais de remodeler.

psychologiedeled00lebo.jpgAinsi, l’art de l’Egypte ancienne a irrigué la création artistique d’autres peuples pendant des siècles. Mais cet art, essentiellement religieux et funéraire et dont l’aspect massif et imperturbable rappelait la fascination des égyptiens pour la mort et la quête de vie éternelle, reflétait trop l’âme égyptienne pour être repris sans altérations par d’autres. D’abord communiqué aux peuples du Proche-Orient, cet art égyptien a inspiré les cités grecques. Mais Gustave Le Bon estime que ces influences égyptiennes ont irrigué ces peuples à travers le prisme de leur propre esprit. Tant qu’il ne s’est pas détaché des modèles orientaux, l’art grec s’est maintenu pendant plusieurs siècles à un stade de pâle imitation. Ce n’est qu’en se métamorphosant soudainement et en rompant avec l’art oriental que l’art grec connut son apogée à travers un art authentiquement grec, celui du Parthénon. A partir, d’un matériau identique qu’est le modèle égyptien transmis par les Perses, la civilisation indienne a abouti à un résultat radicalement différent de l’art grec. Parvenu à un stade de raffinement élevé dès les siècles précédant notre ère mais n’ayant que très peu évolué ensuite, l’art indien témoigne de la stabilité organique du peuple indien : « jusqu’à l’époque où elle fut soumis à la loi de l’islam, l’Inde a toujours absorbé les différents conquérants qui l’avaient envahie sans se laisser influencer par eux ».

Néanmoins, Gustave Le Bon admet que les idées puissent pénétrer un peuple en son âme. Il reconnaît aux idées religieuses une force particulière, capable de laisser une empreinte durable dans la psychologie collective même si elles ne sont le plus souvent qu’éphémères et laissent ressurgir le vieux fonds populaire. Seul un nombre infime d’idées nouvelles a vocation à modifier l’âme d’un peuple et ces idées nécessitent pour cela beaucoup de temps. Elles sont d’abord défendues par un petit nombre d’individus ayant développé une foi intense en elles. Estimant que « les foules se laissent persuader par des suggestions, jamais par les démonstrations », Gustave Le Bon explique que ces idées se propagent par le prestige de leur représentants ou par les passions collectives que ceux-ci savent attiser. Après avoir dépassé le stade intellectuel, trop fragile, pour se muer en sentiments, certaines idées accèdent au statut de dogmes. Elles sont alors solidement ancrées dans les mentalités collectives et ne peuvent plus être discutées. Gustave Le Bon estime que les civilisations ont besoin de cette fixité pour se construire. Ce n’est que lors des phases de décadence que les certitudes d’un peuple pourront être remises en question.

lebon_revol_francaise_L20-bdd86.jpgLa genèse des peuples

Gustave Le Bon n’élude pas la question de la naissance des peuples et de l’âme qu’ils incarnent. Loin de tout dogmatisme, l’anthropologue français souligne que c’est la dynamique de l’histoire qui accouche des peuples. Seuls des peuples marginaux vivant retirés du monde pourraient prétendre ne pas être le fruit de l’histoire et des brassages de populations. Les peuples historiques, tels qu’ils existent aujourd’hui, se sont édifiés avec le temps par de lentes accumulations héréditaires et culturelles qui ont homogénéisé leurs mentalités. Les périodes historiques produisant des fusions de populations constituent le meilleur moyen de faire naître un nouveau peuple. Cependant, leur effet immédiat sera de briser les peuples fusionnés provoquant ainsi la décadence de leurs civilisations. Le Bon illustre ses propos par l’exemple de la chute de l’empire romain. Pour lui, celle-ci eut pour cause première la disparition du peuple romain originel. Conçues par et pour ce peuple fondateur, les institutions romaines ne pouvaient pas lui survivre. La dilution des romains dans les populations conquises aurait fait disparaître l’âme romaine. Les efforts déployés par les conquérants pour maintenir les institutions romaines, objet de leur admiration, ne pouvaient donc qu’être vains.

Ainsi, de la poussière des peuples disparus, de nouveaux peuples sont appelés à naître. Tous les peuples européens sont nés de cette façon. Ces périodes de trouble et de mélange sont également des périodes d’accroissement du champ des possibles. L’affaiblissement de l’âme collective renforce le rôle des individus et favorise la libre discussion des idées et des religions. Les événements historiques et l’environnement peuvent alors contribuer à forger de nouvelles mentalités. Cependant, privées de tout élan collectif et freinées par l’hétérogénéité des caractères, de telles sociétés décadentes ne peuvent édifier que des balbutiements de civilisation. En décrivant ainsi la genèse et la mort des peuples, Gustave Le Bon révèle que sa théorie des civilisations repose sur l’alternance du mouvement et de la fixité. A la destruction créatrice provoquée par des mélanges de populations succèdent des périodes de sédimentation qui laissent une place conséquente à l’histoire et parfois aux individus. Ce n’est qu’après l’achèvement de cette sédimentation que la fixation des mentalités collectives permettra d’édifier une nouvelle âme, socle d’une nouvelle civilisation. Tant que cette âme n’aura pas été détruite, le destin de son peuple dépendra étroitement d’elle.

Le psychologue français défend également le rôle du « caractère » dans le destin d’un peuple. Contrairement à l’âme qui est fixe, le caractère d’un peuple évolue selon les époques. Le caractère se définit par la capacité d’un peuple à croire en ses dogmes et à s’y conformer avec persévérance et énergie. Tandis que l’âme incarne le déterminisme collectif des peuples et alors que l’intelligence est une donnée individuelle inégalement répartie au sein d’un même peuple, le caractère est le fruit d’une volonté collective également répartie au sein d’un peuple. La teneur du caractère détermine la destinée des peuples par rapport à leur rivaux : « c’est par le caractère que 60.000 Anglais tiennent sous le joug 250 millions d’Hindous, dont beaucoup sont au moins leurs égaux par l’intelligence, et dont quelques uns les dépassent immensément par les goûts artistiques et la profondeur des vues philosophiques ». Admiratif du caractère des peuples anglais et américain de son époque, Gustave Le Bon affirme qu’ils sont parmi les seuls à égaler celui du peuple romain primitif.

Archétype de l’intellectuel généraliste du XIXe siècle, Gustave Le Bon a développé une réflexion originale de la notion de peuple. Irriguée par une solide culture historique, sa pensée se distingue tant de l’idéalisme abstrait des Lumières que d’un matérialisme darwinien. L’âme et le caractère sont chez lui des notions qui mêlent hérédité et histoire en laissant également sa place à la volonté collective.

 

mercredi, 17 janvier 2018

Nos sociétés souffrent d'un très haut taux de maladies psychologiques

How-Trauma-Can-Lead-to-Depression-722x406.jpg

Il n'est donc pas étonnant que nos sociétés souffrent d'un très haut taux de maladies psychologiques comme l'anxiété, l'insomnie et la dépression

Par Piero San Giorgio

Ex: http://www.oragesdacier.info

Il est amusant d'observer une population composée essentiellement d'employés de bureau bien dociles, qui suit massivement des modes issues de cultures qui étaient dans le temps marginales. Tatouages tribaux et censés être impressionnants pour les hommes. Petits coeurs, dauphins, fleurs, caractères chinois pour les femmes, quand ce n'est pas une sorte de flèche sur le bas du dos ou au-dessus des fesses pointant vers l'anus (probablement voulant dire entrez ici ?). Tatouages donc, piercings, fringues, sorties, vacances originales, appartenance à des tribus... Il faut être différent, comme tout le monde !
 
   PSG-surv.jpg  Tout est fait pour le divertissement immédiat : amusement constant, pornographie, drogues. La culture de la consommation nous focalise sur l'avoir au lieu de l'être, sur la possession au lieu des relations, sur les apparences au lieu du bien-être. Cela pousse à l'égoïsme, à l'égocentrisme, à la concurrence constante. Dans tous les domaines, on se compare toujours au niveau le plus haut, idéalisé, impossible à atteindre. La confusion et la frustration engendrées sont considérables. Résultat : des problèmes comme les maladies mentales, le taux de divorce, l'addiction aux drogues et à d'autres substances, et même les taux de criminalité n'ont fait qu'augmenter partout en Occident depuis les années 1950.
 
     En 1970, 79% des étudiants américains avaient comme objectif une vie qui ait plus de sens. En 2005, ce même sondage montre que l'objectif de 75% des étudiants était de bien gagner leur vie, mais 81% de ceux-ci avouaient ressentir un vide existentiel. 30% des travailleurs admettent être des workaholics, accoutumés à leurs emails, blackberry, iphones et autres gadgets électroniques censés les rendre plus productifs. 50% des travailleurs disent ne pas passer assez de temps avec leurs enfants et leur famille et 40% disent ne pas avoir assez de temps pour eux-mêmes et leurs loisirs. 
 
     Il n'est donc pas étonnant que nos sociétés souffrent d'un très haut taux de maladies psychologiques comme l'anxiété, l'insomnie et la dépression. Un ami médecin m'a bien résumé le problème : "Nous sommes prisonniers d'un cercle vicieux : nous faisons un travail aliénant et sans sens, créant un état dépressif chez le travailleur ; un médicament permet au travailleur de continuer à travailler ; le travail permet au travailleur d'avoir les moyens de se payer ce médicament ; le docteur qui prescrit le médicament est obligé de le faire et de rester dans le système, car il doit rembourser l'emprunt qu'il a fait pour financer ses études de médecine, sans parler de sa cotisation annuelle au club de golf."
 
     Les médias zappent d'un sujet sensationnel à l'autre, sans arrêt, sans jamais faire une analyse de fond ou donner le temps de réfléchir. Si pour la plupart des téléspectateurs, à l'esprit émoussé, voire lobotomisé depuis longtemps, ce divertissement suffit, l'esprit aiguisé perçoit de manière évidente l'influence de qui possède le média en question : marchand d'armes, groupe industriel d'un Etat. Dans ce monde matérialiste où l'on vénère l'argent, la moindre critique du système marchand-consumériste et de l'accumulation de la richesse à outrance est devenue une forme d'hérésie. Tout politicien, professeur ou citoyen parlant contre la société de consommation met sa carrière en danger et doit s'attendre à être chahuté, accusé d'extrémisme, ridiculisé et ignoré. Les rares résistants ou dissidents travaillent hors du système des médias, comme un Beppe Grillo en Italie, par exemple.

Piero San Giorgio, Survivre à l'effondrement économique

vendredi, 08 septembre 2017

The 13 Books That Have Taught Me the Most About Manhood and Masculinity

manliness.jpg

The 13 Books That Have Taught Me the Most About Manhood and Masculinity

By

The Art of Manliness 

In every time period, and all across the world, men have been very interested in the question of what it means to be a man. Some of their answers were learned intuitively by watching their peers and mentors, while other aspects of manliness were taught to them and imparted intentionally and explicitly.

In primitive times, the “secret knowledge” of manhood was passed down from elders to boys in elaborate coming-of-age ceremonies.

In ancient times, philosophers contemplated the virtues and qualities that constituted the attainment of arete — a word meaning “excellence” that was sometimes used interchangeably with andreia or “manliness.”

In our own times, men experience few knowledge-imparting rites of passage, and the meaning of manliness is not often discussed by present-day philosophers. Most unfortunately, the chains of intuitive manhood — the mentor relationships which offer a chance to learn manhood by example — are all too often severed or nonexistent.

As a result, many men are unsure of what it means to be a man — how they’re different from women, why they sometimes act the way they do, and what kinds of virtues and behaviors they need to cultivate in their lives in order to understand who they are, fulfill their potential, and live a satisfying life.

I know when I started the Art of Manliness back in 2008, I had only the foggiest idea of what exactly manliness meant. My ideas had mostly been picked up unconsciously from various streams of popular culture and absorbed without much examination.

In the last 8 years, I’ve dived headfirst into getting an education in the meaning and nature of manhood. I’ve read dozens of books on the biology, psychology, anthropology, and philosophy of masculinity, all in search of developing a multi-faceted answer to the big questions surrounding the male experience: What is manliness and where does it come from? Why is it that we associate aggression, risk-taking, and bravado with manhood? How did past cultures harness the traits of masculinity for good rather than evil?

Most of the books that I’ve read on the subject were okay, but a select few have done a masterful job of explaining the answers to these questions. Below you’ll find the ones I think are the best of the best. They’ve influenced how I approach the topic of manliness on the site immensely and have given me insights into my own life and place in the world. My series on honor, the 3 P’s of manhood, and male status relied heavily on research from these books, and they’re ones I have found myself returning to year after year — often re-reading them only to find new insights.

Some of the books focus on one aspect of manliness, like the evolutionary origins of male physical and psychological traits or how men behave in groups, while others take a big picture approach to looking at manliness as a cultural imperative or a set of virtues. I don’t agree with all the conclusions that most of the authors draw. And that’s okay. It’s good to have your ideas challenged and it’s still possible to get something out of a book even if you don’t end up agreeing with the author’s final thesis.

In a time where ideas about manliness are often fuzzy or contradictory, if they’re even discussed at all, these books give you insights into history, culture, and understanding more about who you are; they’ll help you discover a “secret knowledge” that’s largely been lost in the past several decades. If you’d like to further your understanding of what it means to be a man, give these books a read.

The Way of Men

way of men book cover jack donovan

Arguably the modern classic on masculinity. Jack Donovan works to strip away all the culturally/religiously relative definitions of manhood that exist in order to arrive at the very essentials of what makes men, men. He calls these essentials the “tactical virtues” and they include: strength, courage, mastery, and honor.

While the amoral nature of Donovan’s idea of masculinity may make some uncomfortable, that is in many ways its greatest strength. Whenever my thinking on manhood gets muddled by all the competing definitions and claims out there, I return to The Way of Men to get reacquainted with the very core of masculinity. It’s a short, accessible book, with pithy, muscular prose — there’s really no reason every man shouldn’t read it and consider its forceful and challenging ideas. Once you do, you can take Donovan’s vision of the foundation of masculinity and stop there, or you can add a moral/philosophical layer onto it. For that task, I’d recommend the next book.

Listen to my podcast interview with Jack Donovan.

The Code of Man: Love, Courage, Pride, Family, Country

code of man book cover waller newell

If the The Way of Men is the book on the biological/anthropological nature of manhood, The Code of Man is the book on the philosophical vision of manhood.

In The Code of Man, Dr. Waller R. Newell argues that modern men have lost touch with the values and virtues that have defined manliness for thousands of years. Consequently, many men (particularly young men) are lost, confused, and angry. Newell believes that the road to recovery is taken along the five paths to manliness: love, courage, pride, family, and country. Using Western writers and thinkers like Aristotle and Plato, Newell attempts to guide men down the path to achieving a “manly heart.”

Newell’s idea of honorable and virtuous manliness is aligned almost perfectly with the conception of manliness that we espouse on AoM. I’ve actually read this book again several times since my initial reading a few years ago and I still find it as stirring and as relevant as the first time I read it.

Listen to my podcast interview with Dr. Waller Newell.

Manhood in the Making: Cultural Concepts of Masculinity

manhood in the making book cover david gilmore

If you enjoyed our 3 P’s of Manhood series, then you’ll want to read the book that inspired it. Manhood in the Making is by far the most enlightening book on manhood I’ve ever read. In it, anthropologist David Gilmore shares the results of his cross-cultural study of manliness around the globe. Gilmore found that the concern for being manly and the idea of being a “real man,” is hardly a culturally-relative, social norm-based phenomenon, but instead has been shared by nearly every culture in the world, both past and present.

While every society’s idea of what constitutes a “real man” has been molded by their unique histories, environments, and dominant religious beliefs, Gilmore found that almost all them share three common imperatives or moral injunctions — what I call the 3 P’s of Manhood: a male who aspires to be a man must protect, procreate, and provide.

Despite being an academic book, Manhood in the Making is a fairly easy and enjoyable read. I couldn’t put it down after I started it and several times could sense a veritable light bulb going off above my head.

Is There Anything Good About Men? How Cultures Flourish by Exploiting Men

anything good about men book cover baumeister

In Is There Anything Good About Men?, eminent professor of psychology Roy F. Baumeister flips the feminist argument that it’s only women who have been oppressed and exploited from the beginning of time. Baumeister argues that, in many ways, men are the ones that society “exploits” (even if they accept their responsibilities willingly). He explores the fact that throughout history men have been seen as far more expendable than women; they’re the ones who went to war, took the dirty jobs, and sacrificed their lives to advance civilization.

That might seem like a controversial thesis to some, but Baumeister lays it out in a very sensible, straightforward, non-inflammatory, and ultimately hard-to-argue-with way. He uses studies from the growing fields of evolutionary psychology and sociobiology to explain why cultures have exploited men the way they have. And he explains how and why certain aspects of male and female behavior are hardwired and that these differences should be used to complement each other rather than as fodder in the gender wars.

The book is a really interesting read, but honestly, the article he wrote that became the book sums up his main points much more succinctly and for free!

Listen to my podcast interview with Dr. Roy R. Baumeister.

Men In Groups

men in groups book cover lionel tiger

You’ve probably heard the phrase “male bonding.” Well, this is the book where it originated from. In Men in Groups, anthropologist Lionel Tiger takes a look at the ingrained male propensity to form and act in gangs. Looking at primatology, sociobiology, and anthropology, Tiger highlights the fact that human males are very adept at forming male-only coalitions in order to dominate something — be it a competing tribe, a competing business, or even nature itself. He argues that this tendency for human males to organize in male-only coalitions is an evolved trait; similar male grouping patterns are seen in our closest primate relative, the chimpanzee. He goes on to describe how across cultures, males often bond with one another through competition amongst themselves and that this intra-group competition may be a way to prepare for inter-group competition with other teams/gangs.

Men in Groups was written in 1969 so a lot of the research in it is old and outdated. Even so, the main thesis of the book is still relevant today, and many modern sociologists and anthropologists have built on the initial work done by Tiger.

Also be sure to check out Tiger’s The Decline of Males for an interesting treatise on how the advent of birth control has impacted modern masculinity.

Listen to my podcast interview with Dr. Lionel Tiger.

Plato and the Hero: Courage, Manliness, and the Impersonal Good

plato and the hero book cover angela hobbs
 
I’m a classics guy, so the ancient Greeks and Romans inform a lot of my ideas about what manliness means, particularly how they equated manliness with living a life of virtue. One of the best books that I’ve come across on how the Greeks saw manliness as intwined with virtue is by professor of philosophy Angela Hobbs. In Plato and the Hero: Courage, Manliness, and the Impersonal Good, Hobbs goes into detail clarifying Greek concepts related to manliness, including andreia (courage), thumos (spiritedness), and time (honor). She hones in on Plato’s uneasiness with these wild, masculine, Homeric virtues and shows how part of his philosophy was an attempt to harness these virtues for the greater good of society.
 

The Professor in the Cage: Why Men Fight and Why We Like to Watch

professor in the cage book cover jonathan gottschall

Research shows that men are drawn to violence, be it the criminal or sporting kind. Why is that? In The Professor in the Cage, english professor Jonathan Gottschall takes us on a personal as well as interdisciplinary tour to answer that question.

Using his experience training to be an MMA fighter, as well as looking to research from biology, anthropology, and sociology, Gottschall argues that men are both made and conditioned to fight. We’ve got a fighting spirit inside of us that can be used for good or evil — simply depending on how this energy is directed. Gottschall does a great job tying together all the research about manhood and the male fighting instinct in an accessible, enlightening, and entertaining read. If you enjoyed our honor and manhood series, then you’ll certainly get a lot out of this book.

Listen to my podcast interview with Jonathan Gottschall. 

The Poetics of Manhood: Contest and Identity in a Cretan Mountain Village

poetics of manhood book cover michael herzfeld

While many of the books on this list concentrate on broad, general examinations of masculinity, The Poetics of Manhood brings the discussion down to earth and into the specifics. During the 1960s, anthropologist Michael Herzfeld lived among the people inhabiting a small, mountainous village on the island of Crete, observing their culture of masculinity. The resulting field study Herzfeld wrote up isn’t always the clearest or easiest read, but the book is chockfull of interesting tidbits on the nature of lived manhood, with insights on why men are drawn to meat, risk, competition, and improvisation. This is the book where the idea of “being a good man vs. being good at being a man” originates, though the Cretans used it in a slightly different way than it’s come to be understood in the modern manosphere.

The Hunting Hypothesis

hunting hypothesis book cover robert ardrey

In The Hunting Hypothesis, playwright and paleoanthropologist Robert Ardrey eloquently lays out the case that hunting is what made humans, humans. Not only did the meat from hunting increase the brain size of our early human ancestors, but hunting acted as a selection method for traits that we consider uniquely human. Ardrey argues that speech, large group co-operation, abstract thinking, and tool making can all trace their roots back to hunting. What’s more, he argues that men in particular were selected for hunting due to their larger stature, strength, and propensity for risk taking. While Ardrey’s theory was originally controversial when first published in 1976, it’s now accepted by many anthropologists, evolutionary biologists, and psychologists.

What I love most about this book is how absolutely fun it is to read. Ardrey’s talent as a playwright and screenwriter shine through in his work and he’s able to take complex ideas like paleoanthropology and make them accessible to the layman.

Another Ardrey book to check out that’s tangentially related to The Hunting Hypothesis is The Territorial ImperativeIn that book he takes a look at the human drive toward territoriality and the implications it has on property ownership and nation building. It doesn’t really get into the topic of gender differences or why men are the way they are like The Hunting Hypothesis does, but it’s still a fascinating and worthwhile read.

Heroes, Rogues, & Lovers: Testosterone and Behavior

heros rogues lovers testosterone book cover james dabs

We all know that testosterone is what makes men (generally) stronger and more aggressive than women, but how does this hormone affect other areas of a man’s life? In Heroes, Rogues, & Lovers: Testosterone and Behavior, cognitive psychologist James M. Dabbs (along with his wife Mary) highlight research showing testosterone’s effect on behavior in the workplace, in school, in the bedroom, and even in utero. This is one of the most fascinating and engaging books I’ve read. No other book out there tackles the topic of testosterone’s effect on human behavior like this one. If you want a more complete understanding of why men behave the way they do, pick up a copy.

Fighting for Life: Contest, Sexuality, and Consciousness

fighting for life book cover walter ong

Walter J. Ong was a Jesuit priest who spent his career as an academic studying and writing about how humanity’s transition from an oral to written culture changed human consciousness. In Fighting for Life Ong takes a look at how competition — particularly male competition — has shaped human consciousness. He focuses on how the male drive for competition influenced philosophers and academics from ancient Greece through the Enlightenment to create a learning environment that was agonistic  and competitive. Ong argues that after the Romantic Era, education became much more “feminized” and an emphasis on co-operation rather than competition began to pervade classrooms. Fighting for Life was originally published in 1981, but the insights Ong had have later been confirmed by researchers exploring how boys and girls learn differently. For example, check out Boys Adrift by Dr. Leonard Sax which highlights research showing that boys thrive academically when there’s an element of competition in the classroom.

Roman Honor: The Fire in the Bones

roman honor book cover carlin barton

Back in 2012, we published a series on the history and decline of traditional manly honor in the West. I thought I had turned over every rock when researching those posts, but a few months after we wrapped up the series, I came across Roman Honor: The Fire in the Bones by Carlin Barton, a professor of ancient history at the University of Massachusetts. I wish I had known about this book when I was researching and writing my series on honor. Roman Honor is the best book I’ve read on honor — bar none. Barton masterfully explores how honor shaped the lives of ancient Rome from the early days of the Republic and all the way through the fall of the empire. She shows how small, intimate groups are vital for honor to survive and how imperialism kills it. This book is a hard read, but it’s well worth the effort. The insights are so brilliant they’re almost startling, and even the footnotes are packed with fascinating asides.

Listen to my podcast interview with Dr. Carlin Barton.

Manvotionals: Timeless Wisdom and Advice on Living the 7 Manly Virtues

manvotionals book cover manly virtues brett mckay

I promise this isn’t a shameless plug (at least not entirely!); Manvotionals is an anthology of letters, speeches, quotes, etc., from history’s eminent men, so I can’t at all take credit for the wisdom contained therein! I can only say that putting together this collection really helped refine my vision and understanding of what I consider the 7 manly virtues: manliness (it’s a distinct virtue in and of itself), courage, industry, resolution, self-reliance, discipline, and honor (integrity). This is my favorite book we’ve ever put out, and I still return to it personally in order to revitalize my vision and aim for becoming the kind of man I want to be: one who maximizes his full potential in body, mind, and soul, effectively uses his abilities to fulfill his life’s purposes, and overcomes setbacks and challenges to make a difference and leave a real and lasting legacy.

Tags:

mardi, 16 mai 2017

Mikhail Bakhtins taalfilosofie en de psychoanalyse van de schizofrene psychose

MikhailMikhailovichBakhtin-s-h.jpg

Het psychotisch discours in dialogisch perspectief

Mikhail Bakhtins taalfilosofie en de psychoanalyse van de schizofrene psychose

Arne Saeys

Scriptie voorgelegd aan de FACULTEIT PSYCHOLOGIE EN
PEDAGOGISCHE WETENSCHAPPEN,
voor het behalen van de graad van
Licentiaat in de
Psychologie.

Academiejaar: 2003-2004

KATHOLIEKE UNIVERSITEIT LEUVEN

Promotor: Prof. Dr. Jan Godderis 

Inleiding

Hoofdstuk 1. Verklaren, begrijpen, interpreteren en dialogeren

  1. Nosologie: van Kraepelin tot DSM-IV 
  2. Jaspers’ methodologie

        2.1. Ontwikkeling van de persoon

        2.2. Empathisch begrijpen vs interpreteren

  1. Fenomenologisch begrijpen
  2. Psychoanalytisch interpretaties
  3. Sociale verhoudingen

Hoofdstuk 2. Taal en de Ander: Bakhtin & Lacan

  1. De symbolische orde en de psychose
  2. 1. De symbolische orde
  3. 2. De verwerping van de Vader-metafoor
  4. Taal: Structuralisme & dialogisme
  5. Het taalsysteem en het individuele spreken
  6. Het probleem van de verwijzing 
  7. De gelaagdheid van de taal .
  8. Bemiddeling van het onmiddellijke
  9. 5. Metafoor en metonymie

             5.1. Jakobsons metafoor en metonymie

             5.2. Jakobsons functies van de taal

             5.3. Lacans metafoor en metonymie

             5.4. Metafoor en cultuur

  1. Omtrent betekenis
  2. De Ander en de anderen in het discours

            7.1. Het gedeelde subject

            7.2. De geadresseerde ander

            7.3. Dubbelstemmig discours

                 7.3.1. De vrije indirecte rede

                 7.3.2. Het gelijk gerichte dubbelstemmige woord

                 7.3.3. Het verschillend gerichte dubbelstemmige woord

                 7.3.4. Interne en externe dialoog

            7.4. De polyfone auteur

    III. Subject: Psychoanalyse & literaire creatie

  1. Het Spiegelstadium en de Dubbelganger
  2. Auteur en Held
  3. De sociale band 
  4. Het dialogische zelf
  5. ‘Het onbewuste is gestructureerd als een taal’
  6. Het groteske lichaam & de driften
  7. Besluit: Taal, subject & lichaam

Hoofdstuk 3. De schizofrene psychose: taal en subject

  1. Het psychotisch discours
  2. Een discours zonder referentie
  3. Neologisme, refrein en onderbreking
  4. Dromen en associaties
  5. De hallucinatie
  6. De psychotische structuur
  7. Mislukking van de Symbolische identificatie
  8. Mislukking van de Imaginaire identificatie
  9. De horror van het Reële

    III. Psychose en sociale band

  1. De breuk in ‘het dialogische zelf’
  2. De narratieve structuur in de psychose 
  3. Positieve en negatieve symptomen
  4. Afwezigheid van een handelende protagonist
  5. Intersubjectiviteit als bedreiging
  6. De ‘psychotische structuur’ en de dialogische ontwikkeling
  7. Het groteske en het schizofrene lichaam 
  8. Niet-symbolisatie van het lichaam
  9. Lust en onlust
  10. De verwerping van het groteske lichaam
  11. Besluit: Taal, structuur en lichaam in de psychose

Hoofdstuk 4. Therapie en dialoog

  1. Narratieve transformaties
  2. Dialogische overdracht
  3. Het groteske lichaam in therapie
  4. De Open-Dialoog-Benadering
  5. Besluit

Conclusie

Referenties

mikhail-bakhtin-69-22-10.jpg

Samenvatting

Saeys, Arne. Het psychotisch discours in dialogisch perspectief. Mikhail Bakhtins taalfilosofie en de psychoanalyse van de schizofrene psychose.

Verhandeling aangeboden tot het verkrijgen van de graad van Licentiaat in de Psychologie, september 2004.

Leiding: Prof. Dr. Jan Godderis 

Deze literatuurstudie tracht bestaande fenomenologische en psychoanalytische betekenissen die aan het psychotisch discours verleend zijn in het licht te plaatsen van de taalfilosofische noties van de Russische linguïst Mikhail Mikhailovich Bakhtin. Bakhtin heeft evenwel zelf nooit iets over psychopathologie geschreven. Zijn reflecties betreffen in hoofdzaak het proces van literaire creatie zoals bijvoorbeeld in het werk van Dostojevski en Rabelais. Bakhtin is echter meer dan een literatuurwetenschapper. Vanuit zijn literatuurtheorie ontwikkelde hij een heel eigen filosofie die in grote mate toepasbaar is op domeinen ver buiten de literatuurtheorie.

Bakhtin stelt dat de mens op de eerste plaats een talig en cultureel subject is. Deze zienswijze toont overeenkomsten met de structuralistische visie op taal en subject van Jacques Lacan. Gezien de baanbrekende opvattingen van Lacan inzake de psychose lijkt het interessant zijn visie op taal en subject met die van Bakhtin te vergelijken. Beiden beklemtonen het belang van de taal in de subjectwording. Er zijn evenwel verschillen in hun taalopvattingen. Het probleem van de verwijzing, betekenisverlening, metaforisatie, dubbelstemmig discours en andere taalfenomenen worden uitgebreid besproken. Het wordt duidelijk dat Lacans benadering een grote nadruk legt op het structurerende van de taal. Bakhtin daartegenover stelt dialogische relaties boven het systeem van de taal. Waar Lacan de taal voornamelijk ziet als de structuur die orde schept in de sociale relaties tussen mensen, zal Bakhtin de rol van de taal vooral zien als datgene wat mensen met elkaar verbindt. Na een confrontatie tussen structuralistische en dialogische taalopvattingen wordt het belang van het Spiegelstadium bij Lacan vergeleken met het proces van de literaire creatie bij Bakhtin. In de de-individualisering van het menselijke subject wordt een belangrijk punt van overeenkomst gevonden tussen beide denkers. Waar het subject bij Lacan slechts verdeeld wordt door dé Ander, drijft Bakhtin de verdeling van het subject nog verder door. Uiteindelijk belandt men bij een ‘meerstemmig’ of ‘dialogisch zelf’, dat uit zovele posities bestaat, dat er een levendige innerlijke dialoog kan plaatsvinden. Ook het lichaam wordt bij Bakhtin ontdaan van zijn individualiteit, wanneer hij spreekt over het ‘groteske lichaam’. In de carnavalsgemeenschap overschrijdt het groteske lichaam zijn grenzen, waardoor het een sociale betekenis krijgt.

In een volgend luik worden de implicaties van deze bevindingen voor het spreken van de psychoticus uitgewerkt. Eerst worden de merkwaardigheden uit het psychotisch discours bekeken vanuit een linguïstisch standpunt. Daarna volgt een psychoanalytische interpretatie van de psychotische taalfenomenen en de hallucinatie. Het ontbreken van een symbolische bemiddeling in de psychose staat centraal. Lacan beschrijft vandaar uit de psychotische structuur. Door een mislukking van een symbolische en een imaginaire identificatie zou het subject ten prooi vallen aan de horror van het reële. De psychoticus plaatst zich buiten de taal als sociale band met de Ander. Geïnspireerd door Bakhtins filosofie werd recentelijk een theorie uitgewerkt die het psychotische subject vanuit een dialogisch perspectief bekijkt. Centraal staat de breuk in het ‘dialogische zelf’. Het psychotische subject zou moeilijkheden hebben om zich te positioneren in de interne en externe dialoog. Vanuit een integratie van de theorie van het ‘dialogische zelf’ en de psychoanalyse zouden we kunnen zeggen dat de psychotische structuur gekenmerkt wordt door een verstoorde dialogische positionering tegenover de Ander(en). Tenslotte wordt de houding van de psychoticus ten opzichte van het eigen lichaam besproken. Het lichaam zou niet gesymboliseerd zijn en zou beheerst worden door de ‘doodsdrift’. Vanuit Bakhtin kunnen we stellen dat de psychoticus het groteske lichaam verwerpt.

Uit de hier voorgestelde visies vloeien een aantal psychotherapeutische praktijken voort. De narratieve benadering van het ‘dialogische zelf’ richt zich op het versterken van de innerlijke dialoog. De psychoanalyse gaat dieper in op het verschijnsel van de overdracht in de externe dialoog. Er wordt gesteld de overdracht te laten plaatsgrijpen op het niveau van het lichamelijke. Tenslotte wordt vanuit een systemische hoek het belang van een Open Dialoog met allen die betrokken zijn bij de crisis van de psychoticus benadrukt, zodat de psychose vanuit de dialoog een gedeelde betekenis kan krijgen.

mardi, 17 janvier 2017

La bienveillance est-elle source de violence?

harcelement-ecole-touche-enfant-10_0_730_400.jpg

Bob Woodward:

Ex: http://decryptnewsonline.com 

La deuxième journée nationale contre le harcèlement à l’école a eu lieu début novembre 2016. Parents, professionnels et enfants étaient visés par cette nouvelle campagne. Mais, si l’initiative était louable et que certaines vidéo présentées à l’occasion n’ont pas manqué d’émouvoir et de susciter l’indignation, on est en droit de se demander si le ministère ne s’est pas, tout simplement, trompé de cible…

Les parents, déjà largement sensibilisés à cette pratique, sont ceux qui, en dépit de tout bon sens, accusent régulièrement les enseignants de harceler leurs enfants. Les enseignants font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire pas grand-chose, délestés qu’ils sont depuis des années de toute autorité. Quant aux enfants, beaucoup y sont sensibles, beaucoup sauf les principaux intéressés… Les sourires entendus et ricanements de certains caïds tournent souvent à la franche rigolade.

Comment s’en étonner quand un ministère se persuade que les dangers principaux qui guettent l’enfant à l’école sont l’humiliation (par les professeurs !) et l’ennui, auxquels il faut remédier grâce à la « pédagogie de la bienveillance ». On ne peut prôner sans cesse l’indulgence envers les bourreaux, les faire passer pour des victimes et espérer que disparaissent miraculeusement ces brimades.

« Comment se fait-il que l’équipe éducative n’ait rien vu ? », entend-on régulièrement après un drame. Soit les adultes, qui n’ont plus aucun pouvoir depuis que l’école a décrété que la parole de l’élève valait autant que celle du professeur, ont tant d’autres choses à gérer qu’ils passent à côté. Soit, plus grave, la direction ferme les yeux ou minimise les actes de harcèlement et ne punit pas leurs auteurs à la mesure de leur comportement. Les exemples, hélas, sont légion. Un suffit à incarner le malaise : à Saint-Michel-sur-Orge dans l’Essonne, un établissement choisi pour lancer la précédente campagne contre le harcèlement n’a même pas respecté le protocole établi dans le cas de sa victime.

Certains se demandent aussi pourquoi les jeunes harcelés ne préviennent pas un adulte. Tout est fait pour les en dissuader. Dès leur plus jeune âge, on explique aux élèves qu’il ne faut pas « rapporter » – tout en leur interdisant de se faire justice eux-mêmes – certains allant même jusqu’à l’assimiler à de la « délation », mot que j’ai entendu de nombreuses fois dans les bouches des principaux/ proviseurs, de certains CPE, voire de certains professeurs.
Les harceleurs ne sont quasiment jamais exclus.

C’est oublier également que l’élève, qui ose raconter ce qu’il subit, prend le risque de voir ses brimades redoubler. De la part de ses autres camarades, prêts à toutes les compromissions pour ne pas passer pour des « balances » (des « poucaves ») et être du côté du plus fort – surtout dans une école qui a érigé le cancre en modèle (à Béziers, le harcelé s’est fait taper pendant l’intercours parce qu’il a répondu à une question posée par la prof et ce malgré tous les efforts qu’il faisait pour rester un élève moyen). Mais aussi de la part de la direction. Dans cette école qui a inversé toutes les valeurs, les harceleurs ne sont quasiment jamais exclus, on leur trouve toutes les circonstances atténuantes possibles et imaginables. C’est donc le plus souvent au harcelé de quitter l’école. Et tout le monde n’a pas nécessairement les moyens ou l’opportunité de déménager.

Sensibiliser au harcèlement, certes, cela ne peut pas faire de mal. Mais cette campagne risque fort de ne toucher que les adultes. Peu de chances pour que des enfants de 11 à 14 ans (c’est au collège que le harcèlement est, statistiquement, le plus fréquent) changent tout à coup de comportement. Une poignée de victimes osera peut-être en parler. Mais rien ne permettra de régler le problème en amont : une société qui attend tout de ses enfants et ne responsabilise pas ses adultes est une société malade.

En voulant éradiquer l’humiliation des élèves par le professeur, l’école moderne a construit l’humiliation des élèves par leurs semblables. En invitant les « apprenants » à échafauder eux-mêmes leur propre savoir, elle a confisqué l’autorité du professeur. En cherchant par tous les moyens à faire de ce dernier un égal de l’élève, elle a fait de lui un être pas davantage capable de le protéger que ses camarades.

article_illuscollege.jpg

« Traiter tous les hommes avec la même bienveillance et prodiguer indistinctement sa bonté peut tout aussi bien témoigner d’un profond mépris des hommes que d’un amour sincère à leur égard » disait Nietzsche. On ne saurait mieux résumer l’idéologie de l’Education nationale.
L’école bienveillante est un courant pédagogique dont un des  exemples est la pédagogie Freinet.  Cette pédagogie est basée sur le constructivisme « aider l’enfant à construire son savoir » et a pour doctrine l’absence de notations. Je ne veux pas me mettre à dos tous les enseignants qui se réclament du « mouvement Freinet ». Leur manière d’aborder la pédagogie a une réelle valeur ajoutée si elle est utilisée par des personnes qui connaissent les mécanismes cognitifs de l’apprentissage et qui sont capables de relativiser les conséquences pour l’enfant des agressions de son environnement.  Cependant l’éducation nationale l’a instrumentalisé en décrivant des conséquences de sa non-application qui sont inexactes  de manière à pouvoir, encore une fois, accuser à tort les enseignants des difficultés de l’école.

Par ailleurs la vision intégriste de l’ « école bienveillante »  est inopérante en éducation prioritaire à cause de la violence que fait subir la société aux enfants et elle a des biais sociaux importants sur la capacité de l’enfant à trouver sa place dans le monde des adultes.

Il s’agit pas de vouloir nier la valeur ajoutée de cette approche quand elle est utilisée avec intelligence pour ce qu’elle est, mais de montrer que la manière dont elle a été instrumentalisée par l’Education Nationale a trois effets pervers : la perte de repère sur ce qui met réellement en situation de malaise les enfants, la plus grande difficulté à obtenir une ambiance de classe sereine dans les établissements prioritaires, la plus grande difficulté pour les enfants dont les parents ne connaissent pas les codes à trouver leur place dans le monde des adultes. Les agressions fortes, comme l’harcèlement moral par le groupe, peuvent détruire la confiance en soi et avoir des conséquences importantes sur la vie d’adulte.

L’institution scolaire doit avoir une politique pour éviter les agressions fortes, doit avoir une action de fonds pour améliorer le bien-être scolaire  et doit repérer et aider les enfants en situation de mal-être quelle qu’en soit la cause, y compris familiale.

Mon problème est que je n’ai pas compris pourquoi les inspecteurs généraux de l’éducation nationale et certaines personnes dans une association de parents d’élèves et dans certains syndicats d’enseignants refusaient de voir les violences des élèves entre eux, ou du groupe sur un élève. Je n’ai pas compris pourquoi ce sujet a été systématiquement censuré,  jusqu’à une période récente, dans les analyses venant du système éducation nationale. La raison était qu’il ne fallait pas « stigmatiser certaines population ». En réalité, les violences morales entre élèves existent dans tous les milieux.

Pourtant une étude britannique, portant sur 7771 enfants nés en 1948, a montré que les élèves harcelés dans leur jeunesse, étaient à l’âge adultes plus souvent dépressifs, angoissés et suicidaires et plus souvent au chômage et moi rémunérés quand ils travaillaient. Aujourd’hui, il y a une vraie politique de prévention des violences entre élèves, mais c’est très récent. La France a 40 ans de retard sur ce sujet.
Mon deuxième questionnement est que je n’ai pas compris pourquoi le principal problème du collège, celui qui est responsable de la perte de l’estime de soi et le découragement devant les efforts scolaires n’étaient pas traités par le système éducation nationale : le fait que, à partir de la quatrième, les contrôles dans toutes les matières sont impossibles à réussir par les élèves qui maîtrisent insuffisamment la lecture et l’expression écrite. Ce n’est pas la faute de l’enseignant mais du système éducation nationale qui impose des contrôles inadaptés aux classes hétérogènes, y compris là où ce n’est pas utile. Que celui qui est en difficulté en expression écrite n’arrive pas à réussir des contrôles de Français cela peut se concevoir. Mais pourquoi avoir utilisé des doctrines pédagogiques (dont l’inefficacité est aujourd’hui prouvée) en SVT et en physique qui  ont pour conséquence de mettre en situation d’échec ceux qui ont la compréhension des concepts  de la matière mais des difficultés d’expression ? Alors que le problème est bien établi depuis 40 ans, la situation a empiré depuis 10 ans. Les contrôles des matières "dites secondaires" ont évolué pour être encore moins accessibles pour les élèves ayant de graves lacunes en expression écrite.

Par contre, je n’ai jamais perçu des enfants traumatisés par leurs notes, ou par des remarques des enseignants. Il y a certaines anecdotes qui m’ont été rapportées sur une enseignante venant de l’étranger, qui a été mise en retraite anticipée suite à divers témoignages.  J’ai repéré une fois une prof de français de Seconde qui cherchait à piéger les élèves en donnant pas les consignes de manière codée. Ce sont des cas extrêmement particuliers. Il convient que le système éducation nationale ait les actions de management adéquates, cependant c'est malhonnête de communiquer comme si c'était une généralité. Mon constat est que les agressions moralement perçues par les enfants à cause de leurs notes ou des commentaires se situent dans la quasi-totalité des cas du niveau de celles qui permettent à l’élève de se construire.

Les découragements arrivent quand l’enfant a fait des efforts importants pour progresser sans aucun résultat. Cela n’est nullement dû aux enseignants mais à la forme de contrôle imposée par l’éducation nationale.En conclusion, l’accusation envers les enseignants de ne pas savoir être bienveillants est une accusation injuste. La première des causes de mal-être des enfants sont les taquineries répétées de leurs camarades. La deuxième cause est que des jeunes se trouvent devant des devoirs que, quels soient leurs efforts, ils ne peuvent pas réussir. Si parfois, un enfant est un peu vexé par une remarque d’un enseignant, il n’y a rien d’insurmontable. Par ailleurs, c’est parfois inévitable pour obtenir une ambiance de travail dans une classe de 30 enfants. Ce n’est malheureusement pas le message qu’envoie l’Education Nationale. Une  « l’école bienveillante » s’obtient par  une prévention efficace des violences entre élève, et en s’organisant pour qu’aucun élève ne  soit devant un contrôle dont il ne peut pas en faire la moitié s’il fait des efforts, tout le reste est du deuxième ordre.
Il est bien entendu facile d’appliquer à la lettre les théories de l’école bienveillante dans un établissement privé où l’on sélectionne les élèves. Je pense qu’il est possible de les adapter avec pragmatisme à beaucoup de situations d’enseignements pour donner l’envie d’apprendre aux enfants. Cependant, il faut en reconnaître les limites. Quand il y a des phénomènes de groupes où le jeu collectif est de mettre en difficulté l’enseignant, où quand celui qui s’investit dans l’effort scolaire subit un véritable harcèlement moral de ses camarades, toutes ces théories ont leur limite.

Nous avons vu la catastrophe qu’a été l’interdiction des punitions collectives, heureusement abandonnée. L’enseignant était obligé de laisser les transgressions graves dont l’auteur n’avait pas été identifié,  impunies. L’autorité de l’enseignant est un pilier de la tenue de classe. Tout ce qui la sape est à bannir pour l’intérêt des enfants. Car quand ce sont les élèves qui font la loi, il est impossible de mettre en place une école bienveillante. Or, certaines remarques de personnes ayant autorité envers des enseignants qui ont du mal à tenir leur classe sont inadmissibles. La classe en tant que groupe peut ne pas être bienveillante et ce n’est pas des théories de « casimir au pays des bisounours » qui aident à trouver des solutions. Par ailleurs, il faut prendre avec circonspection les affirmations d’un ressenti d’une injustice d’un jeune. Il s’agit d’un élément de langage qu’il est normal d’utiliser pour mettre en difficulté des enseignants. Or, trop souvent, ceux qui ne sont pas sur le terrain prennent cette affirmation au premier degré. L’école doit être attentive à l’état de bien-être  de chaque enfant, avoir une attention d’éviter ce qui peut créer du mal-être et d’aider les enfants qui font face à des problèmes qui le mettent en état de malaise fort, y compris quand ceux-ci sont extérieurs à la classe. Toutefois, il faut prendre en compte l’environnement qui parfois est extrêmement agressif. Les théories de bisounours qui focalisent sur la relation enfant-prof peuvent être totalement inadaptées. Dans ce cas, les imposer aux enseignants est une violence morale.