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lundi, 20 juin 2022

Traditionalisme et sémiotique

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Traditionalisme et sémiotique

Alexandre Douguine

via Facebook (https://www.facebook.com/groups/262431180450314)

Le but de cet article est d'examiner la figure de "l'Antéchrist" et le champ sémantique de "la fin des temps" sans référence à une tradition religieuse particulière.

Mais la figure de l'"Antéchrist" (Ο Αντίχριστος) a un lien évident avec le christianisme. Par conséquent, nous considérons non seulement et cela, pas tellement directement, la figure chrétienne de l'Antéchrist, mais aussi ses analogues. Cela nous amène au thème du traditionalisme.

Qu'est-ce que le traditionalisme ? Ce n'est pas une seule tradition. C'est cette matrice structurelle, ce paradigme qui est commun aux différentes traditions.

Si nous les comparons avec la société moderne, avec le New Age et avec le paradigme séculaire de la science moderne, nous constatons que toutes les traditions et religions particulières ont quelque chose en commun.

Le désir de décrire, d'identifier, de mettre en évidence ce point commun conduit au traditionalisme.

Dans un tel contexte, le traditionalisme peut être compris comme le résultat d'une analyse sociologique de la modernité (en tirant, ce faisant, des conclusions négatives) et d'un comparatisme parallèle des traditions spécifiques. Mais il revendique (par exemple, en la personne de Guénon [1]) quelque chose d'autre - le "primordialisme", c'est-à-dire que le traditionalisme est une expression de la Tradition primordiale, qui précède, plutôt que suit, les traditions connues.

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Nous ne discuterons pas maintenant de la question de savoir si cette affirmation est justifiée. Pour l'instant, il nous suffit de constater que la procédure sociologique reconstituant le traditionalisme ou le paradigme de la société traditionnelle par opposition à la société moderne est parfaitement valable. Ce seul fait donne de la crédibilité à Guénon. Cependant, la question de savoir si sa conviction que le concept sociologique et philosophique de "Tradition" correspond de manière réaliste et historique, ainsi qu'ontologique, à une certaine essence sous-jacente qui peut être perçue de manière expérientielle (y compris les formes métaphysiques et spiritualisées de l'expérience) est justifiée, nécessite un examen plus attentif. En d'autres termes, la question de savoir si nous pouvons parler d'une véritable "primordialité" plutôt que d'une simple reconstruction mentale a posteriori s'apparentant aux généralisations postmodernistes est une question ouverte.

La valeur de Guenon dans le contexte du postmoderne est évidente. Mais comment ses idées se rapportent-elles aux structures du Prémoderne ? Et y a-t-il quelque chose dans le Prémoderne qu'il identifie comme sa partie centrale - c'est-à-dire la Tradition primordiale ?

Notre hésitation nous évitera de tomber dans le syncrétisme, le New Age, l'occultisme et le néo-spiritualisme. Nous ne rendons pas un verdict, nous disons : acceptons la thèse de la "Tradition" et même de la "Tradition Primordiale" comme un concept certainement opérant sociologiquement (structure commune pour des traditions spécifiques) et mettons (pour l'instant) entre parenthèses sa validité historique et ontologique.

Abordons le problème sous l'angle de la sémiotique. Qu'est-ce qu'une tradition particulière ? Une tradition religieuse, par exemple. C'est un langage. Ce langage est structuré, contient des signes et une syntaxe, crée des champs de signification (connotatifs - pour les structuralistes), constitue ou décrit (constitue) des dénotations. Dans tous les cas, une tradition particulière comporte trois strates linguistiques et logiques :

    - une série de signes (symboles, dogmes, intrigues, mythes, récits), c'est-à-dire la structure du signifiant ;

    - une série de significations (signifiants) correspondant aux signes ;

    - et une série de significations (régissant les relations de la première et de la deuxième rangée - ou la relation des signes de la première rangée entre eux, la connotation).

Par exemple, lorsqu'un musulman dit "Allah", il ne veut pas dire la même chose qu'un chrétien lorsqu'il dit "Dieu". Sans une analyse détaillée de ces trois rangées, nous ne pouvons rien comprendre à une tradition particulière. De la même manière, "l'Antéchrist" n'a strictement de sens (et de signification) qu'en tant que figure du récit chrétien, des dogmes chrétiens ; il est relié au Christ de manière complexe (le plus souvent en sens inverse) et nous renvoie à un dénotatif (un dénoté) qui est constitué exclusivement par la religion chrétienne et réside dans son cadre. Il est possible de parler de l'Antéchrist comme d'une connotation qui tire son être de sa place conceptuelle dans le système du langage chrétien et de sa structure.

On peut dire la même chose de toute figure d'une religion particulière. Par exemple, la Khizra des musulmans ou le prophète Elijah des juifs. Certaines choses sont vaguement analogues dans d'autres religions, dans d'autres non.

En outre, il existe des emprunts et des réinterprétations des mêmes figures dans des contextes différents. Cela complique l'analyse.

jeudi, 29 juillet 2021

Pierre-Emile Blairon: Qu'est-ce que la "Tradition primordiale"?

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Qu’est-ce que la «Tradition primordiale»?

par Pierre-Emile Blairon

Avant toute chose, je tiens à préciser que la dictature qui se met en place en France et dans le monde et que beaucoup ne font que découvrir maintenant, ne constitue pas une surprise pour ceux qui connaissent le système des  cycles et qui savent que nous sommes à la fin de l’Âge de Fer, le dernier âge avant le rétablissement des valeurs traditionnelles, avant le Grand retournement ; savoir ce qu’est la cyclologie et la Tradition primordiale qui sont les fondements de la spiritualité indo-européenne permet une vision cohérente de tout ce qui se passe actuellement.

Cette dictature constitue simplement l’un des éléments qui caractérisent une fin de cycle ; une fin de cycle s’appelle le Kali-Yuga en Inde, l’Age de Fer chez les anciens Grecs ; elle est composée de la réunion de plusieurs événements, certains provoqués par les hommes : par exemple, le dépeuplement des campagnes au profit des villes mondiales, comme l’avait bien montré Oswald Spengler dans Le Déclin de l’Occident ; ça peut être aussi une dégénérescence physique globale, là, il suffit de se promener dans les villes européennes pour s’en rendre compte, ça peut être un suicide collectif ou catégoriel, comme pour les paysans en France, etc., d’autres catastrophes sont naturelles, dans ce cas, le plus souvent des inondations, selon les études de Mircéa Eliade sur les déluges originels, mais ça peut être aussi d’énormes incendies, des tremblements de terre, des ouragans, etc., et, bien sûr, nous pouvons avoir un condensé des deux quand les hommes manipulent la nature et provoquent ces catastrophes qui ne sont donc plus naturelles.

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Mon nouveau livre, L’iceberg, qui vient de paraître il y a quelques jours, est constitué pour moitié de la recension des articles que j’ai écrit sur l’avènement prévisible de cette dictature avec l’invention de cette pseudo-pandémie ; le premier de ces articles en mai 2020 s’appelait tout simplement : les apprentis-dictateurs.

Ce nouveau livre est le dixième paru sous ma signature, hors livres collectifs et hors traductions étrangères.

L’Iceberg est le troisième volet d’une trilogie exclusivement consacrée à la connaissance de la Tradition primordiale et à la cyclologie.

La Tradition primordiale et la cyclologie

La signification de l’expression Tradition primordiale a été largement expliquée par René Guénon et Julius Evola qui considèrent qu’il s’agit d’un principe originel permanent et immuable qui a fondé toutes les traditions du monde sur toute la surface de la Terre ; ces traditions se réfèrent, consciemment ou non, à la Tradition primordiale et en sont une émanation ; sur le plan plus concret, la Tradition primordiale est représentée par un continent mythique, Hyperborée, lui aussi originel, enfoui désormais sous les glaces du Pôle arctique qui a essaimé son savoir sur la totalité du globe et a laissé de nombreuses traces, notamment architecturales.

Dans tous mes livres, je m’efforce de montrer que la Tradition primordiale est le lien qui réunit les trois mondes, comme déjà nos ancêtres les Gaulois l’avaient pressenti[1] : le cosmos, l’Homme et la nature. Ceci permet de montrer que le concept de Tradition primordiale n’est pas une croyance, une théorie intellectuelle, ou une idée d’ordre philosophique mais qu’elle constitue l’origine concrète de ce qui est à la fois visible et invisible.

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Il existe en effet un rapport constant, sur le plan concret, mathématique, entre le cosmos, l‘homme et la nature ; l’Homme se situe originellement à l’intersection de ces trois mondes en tant que régulateur de la nature, et non pas en tant que prédateur.

La cyclologie est une simple mise en forme conceptuelle élaborée à partir de l’observation par les anciens du fonctionnement de la nature et du cosmos ; tout ce qui vit fonctionne d’une manière cyclique : les jours, les semaines, les mois, les années, se suivent selon le même processus, la Terre tourne autour du Soleil, le soleil se lève chaque matin, les fleurs repoussent au printemps, les marées sont dépendantes des mouvements lunaires, et les femmes aussi. Le cycle basique : naissance, vie, mort, renaissance, vaut pour tout ce qui existe sur Terre, y compris les civilisations.

Le principe du cycle est toujours en involution comme tout ce qui vit sur Terre : on va toujours de la naissance à la mort, jamais de la mort à la naissance, ce qui serait une évolution, mais l’évolution appartient à l’au-delà ; sur Terre, tous les mouvements cycliques procèdent de l’involution ; c’est pourquoi le principe du « progrès » n’existe pas, excepté d’ordre technique, matériel ; le progressisme est une utopie, une invention humaine.

Pour les hommes qui ont compris le fonctionnement cyclique du temps, revenir en arrière n’est pas retourner vers le passé, c’est, au contraire, retourner à la source, retrouver une nouvelle jeunesse en s’y abreuvant. Re-venir, c’est se donner un nouvel à-venir. Le passé n’est pas un port où se réfugier et mourir, c’est un phare qui nous guide vers l’aventure du futur.

Rappelons une des règles fondamentales de la logique traditionnelle : plus une manifestation apparaît tardivement, plus elle est éloignée de la source originelle et, donc, plus elle est spirituellement dégradée. L’apparition de la civilisation américaine est un bon exemple de ce principe, laquelle est devenue civilisation sans passer par le stade culturel (parce que dépourvue de passé) selon la hiérarchie spenglérienne ; c’est sans surprise que l’on a vu apparaître à la fin du XIXe siècle à New-York et à Chicago les premiers gratte-ciels de l’Histoire qui sont des marqueurs du titanisme moderne.

Un autre exemple de cette règle nous est donné par Julius Evola à propos des « sauvages » (c’est le terme qu’il emploie, le politiquement correct n’existait pas encore à son époque) :

« Dans la plupart des cas, les sauvages, tant sur le plan de la race au sens biologique que sur le plan de la culture, sont des résidus crépusculaires de cycles d’une humanité si ancienne que, souvent, d’elle-même, le nom et le souvenir ont été perdus. Les sauvages ne représentent donc pas le commencement, mais la fin d’un cycle ; non la jeunesse, mais la sénilité extrême. Ce sont d’ultimes ramifications en voie de dégénérescence, donc l’exact contraire des « primitifs » au sens de peuples originels. »

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Un grand cycle, à la fois chez les Indiens et chez les Grecs, comprend quatre âges qui vont du meilleur au pire.

Chez les anciens Grecs, l’Âge d’or est suivi par l’Âge d’argent, puis par l’Âge de bronze et se termine par l’Âge de fer ; l’Âge d’or est représenté par un métal incorruptible, brillant comme le soleil, alors que le fer disparaît en rouillant.

Un autre exemple pour montrer ce qu’est le système cyclique : la montre. Si vous avez une montre classique, ronde, avec trois aiguilles, vous verrez que le cycle commence au zénith, les trois aiguilles en haut, sur le 12, elles sont triomphantes, puis ça se gâte, en descendant l’arc de cercle ver le 6 ; les trois aiguilles ont alors la tête en bas, les valeurs de l’Âge d’or sont alors inversées ; nous sommes au nadir, les trois aiguilles se rejoignant forment alors le 666, le temps de l’Apocalypse chez les chrétiens, le temps du Grand retournement ; le temps de remonter : c’est  l’Apocalypse, mais aussi la Révélation, et la remontée vers un nouvel Âge d’or.

La trilogie

Le premier ouvrage de cette trilogie, La Roue et le sablier, paru en 2015, donne une photographie du monde européen en ce début du XXIe siècle, tel qu’il en ressortait après des millénaires d’une histoire européenne toujours en train de se faire, et qui continuera à se faire : cet ouvrage explique les bases de la spiritualité indo-européenne.

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Le titre de ce livre est tout à fait symbolique : le monde, comme la Terre elle-même, tourne comme une roue à la fois sur le plan spatial et sur le plan temporel. Au centre, au moyeu de la roue, est lové le dieu qui fait tourner la roue ; le moyeu est l’élément immobile de la roue qui tourne autour de lui et dont il constitue le pivot, impassible, permanent ; c’est le principe de la Tradition primordiale, principe transcendant, immuable, pérenne ; la roue représente la succession des cycles temporels ; il y a aussi un autre déplacement, plus symbolique dans le concept de la roue : plus on monte vers le moyeu, plus on monte vers la spiritualité, plus on descend les rayons de la roue et plus on descend vers la matérialité, vers le cercle métallique extérieur qui délimite la roue, qui l’enferme et qui est en contact direct avec le sol, la matière.

Le deuxième terme de ce titre La Roue et le Sablier, le sablier, donc, m’a été inspiré par Georges Dumézil et le concept indo-européen des trois fonctions qu’il a redécouvert. Les trois fonctions sont, pour la première, celle des conducteurs, pouvoir sacerdotal et royal, la deuxième, celle des protecteurs : armée et police, qui sont là protéger le peuple et les frontières, la troisième, celle des producteurs, qui nourrissent, habillent, abritent les citoyens ; en temps de Kali-Yuga, le sablier est retourné, la fonction productrice est au sommet, mais elle ne produit plus rien, on ne fait plus travailler que l’argent, la classe des conducteurs est en bas, désavoué, niée, condamnée à se taire ; et, au centre, au goulet du sablier, l’armée ou la police deviennent des milices au service du pouvoir d’en haut.

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Le projet de La Roue et le sablier était de faire la recension des valeurs qui avaient fait la force et le génie de notre Europe afin de les préserver dans la tourmente de l’Age sombre, celle que nous vivons, pour qu’elles servent à nouveau de base au cycle futur, d’où le sous-titre de cet ouvrage : Bagages pour franchir le gué.

Enfin, je constate dans ce livre l’émergence d’une caste prométhéenne oligarchique et ploutocratique entièrement tournée vers la matière, atteinte par l’hubris, une vanité démesurée, dont le rêve est de remplacer Dieu ou les dieux, d’asservir le monde en transformant les hommes en robots ou en esclaves, et, surtout, de devenir matériellement immortelle ; le titre du livre du représentant de cette caste en France, le transhumaniste Laurent Alexandre, résume bien ce dernier projet : La Mort de la mort.

Cette secte n’est pas née d’hier, il faut faire remonter ses origines au moins au mythe de Prométhée : le Titan Prométhée vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes, ses créatures ; ce n’est pas tout , lors du partage d’un bœuf, il tente de rouler les dieux en leur donnant les plus bas morceaux ; le psychothérapeute Paul Diel dit de Prométhée que c’est un dieu à mètis, un roublard, un menteur qui veut essayer de posséder Zeus, de lui jouer un tour » ; alors qu’ Evola traite ce même Titan de « tordu », c’est le mot exact qu’il emploie. Diel ajoute : « Zeus crée l'homme en tant qu'être spirituel, capable du choix juste, animé de l'élan évolutif, du désir essentiel ; le Titan crée l'homme en tant qu'être matériel, capable du choix faux, attaché à la Terre-mère, à la matière. »

« Les hommes, en tant que créatures de Prométhée, formés de boue et animés par le feu volé, réalisent la révolte du Titan et ne pourront que se pervertir. Guidés par la vanité de l'intellect révolté, fiers de leurs capacités d'invention et de leurs créations ingénieuses, les hommes s'imagineront être pareils aux dieux. La perversion des sentiments qui en résulte poussera les hommes à se disputer haineusement les biens matériels et fera ainsi régner la destruction »

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Le livre Chroniques d’une fin de cycle est le deuxième volet de cette trilogie ; il est paru fin 2019 ; il est essentiellement consacré à la manière dont cette caste mondiale désormais au pouvoir s’y prend pour saper les traditions des peuples et couper les hommes de leurs racines pour en faire des robots déboussolés, sans aucun repère.

Les enfers parodisiaques, c’est le sous-titre de ce livre qui rassemble une série d’articles qui décortique sur tous les sujets le fonctionnement du pouvoir mondial en place et dénonce ses mensonges ; une parodie de tous les instants que Guénon appelait « La Contre-Tradition » ; la Contre-Tradition a l’apparence de la Tradition mais c’est un leurre ; une manifestation des forces négatives ; le diable sous l’apparence du pape, par exemple ; l’art, l’architecture, la mode, la langue, la gastronomie, etc. tous ces domaines sont touchés par cette volonté d’éradication ; 37 articles en tout qui montrent comment toutes les valeurs qui constituaient la base stable d’une société sont exactement inversées ou systématiquement détruites ; c’est le règne de la quantité, de la matérialité, de l’argent, du mensonge.

L’Iceberg, mon nouveau livre donc, reprend, dans le premier chapitre, sept articles de fond parus dans différents sites en 2020, articles consacrés à la manipulation mondiale sous couvert sanitaire qui a marqué toute cette année passée.

La secte maléfique est passée à l’offensive plus tôt que prévu en inventant cette pseudo-pandémie pour soumettre et robotiser la population mondiale.

J’ai choisi ce titre, L’Iceberg, pour plusieurs raisons symboliques : d’abord parce que, comme tout ce qui est accessible à nos sens, on n’en voit que la partie apparente, qui ne constitue que le dixième de la réalité, en tout cas pour l’iceberg, parce qu’il est l’exacte représentation d’un cycle hyperboréen, c’est-à-dire européen, dans sa totalité.

Mon livre se veut de nature ésotérique et symbolique, le symbole étant le langage des dieux, donc un langage sacré, mais on va voir que ce langage s’applique tout aussi bien à des faits très concrets. Le titre et le sous-titre résument entièrement le livre.

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L’Iceberg est une montagne de glace ; la montagne, lieu éminemment sacré chez les anciens Européens ; ils pensaient, comme pour l’arbre sacré Yggdrasyl, que cette élévation était un chemin vers les dieux, l’axe et le centre du monde.

La montagne est l’attribut symbolique par excellence de la Tradition primordiale parce qu’elle exprime l’immuabilité et la stabilité.

L’iceberg, lui, représente le cycle : il est même emblématique de ce qu’est un cycle cosmique dans sa totalité, de sa naissance à sa fin, en parfaite involution, comme c’est le destin de tout ce qui vit sur la Terre : la couleur blanche, sacerdotale, symbole de pureté, et la glace des origines – l’Hyperborée, la civilisation primordiale, enfouie sous la banquise - mais aussi la lente dégradation (la fonte de la glace) et sa dérive finale, mot pris dans ses deux acceptions, physique et psychique, autrement dit le nomadisme, toutes conditions caractéristiques du Kali-Yuga.

De plus, l’iceberg peut se retourner comme un glaçon dans un verre et donc opérer le Grand retournement qui se manifeste à la fin du cycle ultime.

Le titre de ce livre m’a été inspiré, à l’origine, par un événement devenu mythique qui a marqué tous les esprits du XXe siècle : la collision d’un iceberg avec un bateau qui s’appelait le Titanic ; c’était en 1912, exactement le 15 avril 1912.

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Rien ne pouvait être plus allégorique des deux forces qui s’affrontent en cette fin de cycle et qui a donné le sous-titre de ce livre : La Tradition primordiale contre le Titanisme. Je fais remarquer au début de l’ouvrage que ce sont les forces traditionnelles qui battront les forces négatives, car c’est bien l’iceberg qui a coulé le Titanic et non l’inverse. Je vois dans cet événement une prémonition, d’autant plus que le naufrage du Titanic avait été exactement décrit par un roman prophétique : en 1898, donc 14 ans avant le naufrage du Titanic, Morgan Robertson, un écrivain new-yorkais, faisait paraître un roman qui s’intitulait The wreck of the Titan (Le naufrage du Titan). Ce livre racontait le naufrage d’un navire dénommé Titan qui coule en avril à la suite d’une collision avec un iceberg et il annonçait toutes les caractéristiques techniques du Titanic et les circonstances dans lesquelles il coulerait, incluant le nombre presque exact des disparus.

Une autre catastrophe, dont on ne sait toujours pas si elle est d’origine criminelle ou pas, aura le même impact émotionnel sur les populations, un peu plus d’un siècle plus tard, c’est l’incendie de Notre-Dame de-Paris ; elle se produira le... 15 avril 2019, le même jour que le naufrage du Titanic. C’est peut-être une coïncidence, peut-être pas.

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Je montre, dans ce livre, que les manifestations d’ordre sacré, symboles et nombres, peuvent être aussi vérifiées concrètement ; par exemple, 1,618, le nombre d’or, si bien nommé parce qu’il est la traduction mathématique de l’harmonie, la divine proportion, dans le domaine architectural ou musical notamment, mais aussi chez l’être humain : on constate que le rapport de la taille d’une personne avec la hauteur de son nombril est proche du nombre d’or. Il est aussi présent dans beaucoup d’éléments naturels, notamment d’ordre végétal : on le retrouve dans la logique d’agencement des parastiches du tournesol (les parastiches sont les réseaux de spirales qui constituent le cœur de la fleur de tournesol). Cette logique est transmise mathématiquement par la « suite de Fibonacci », qui est une extension des principes qui règlent l’application du « nombre d’or ». Fibonacci, savant médiéval qui a donné son nom à sa découverte, l’a ainsi énoncé : chacun des termes de la suite est égal à la somme des deux précédents : 1.1.2.3.5.8.13.21.34.55.89.144… Cette suite se retrouve aussi dans les écailles de pommes de pin, d’ananas, les coquilles d’escargot, dans les étamines de fleurs de magnolias, les cœurs de chardons ou d’artichauts…

Autre exemple qui tend à prouver le lien réel qui existe entre les trois mondes précédemment cités : le nombre 25920, qui est un nombre cosmique, donc sacré, est aussi présent dans plusieurs manifestations concrètes et même humaines :  c’est d’abord le temps que dure l’Âge d’or selon la tradition indienne, mais ce nombre a aussi des applications plus courantes : Faisons le calcul d’une journée, mais, cette fois, pour faire un mois : 60 secondes x 60 minutes = 3600 x 24 heures = 86400 secondes. En un mois, moyenne de 30 jours : 86400 x 30 = 2 592 000 secondes.

On pourrait penser qu’il s’agit d’un hasard si je donne un autre calcul à faire : la vitesse de la lumière est de 300 000 km par seconde, comme il y a 86400 secondes en un jour, la lumière parcourt donc 25920 millions de kilomètres par jour.

Encore une coïncidence ? La vitesse de la Terre autour du Soleil est de 30 km par seconde. Elle couvre donc 2 592 000 km par jour.

La Terre tourne sur elle-même et elle tourne autour du Soleil, mais un troisième mouvement l’anime, ce mouvement est connu par l’expression « précession des équinoxes ». L’axe de la Terre n’est pas fixe, il tourne lui-même selon un mouvement qu’on pourrait comparer à celui d’une toupie en bout de course ; le mouvement du pôle terrestre est cependant régulier et ne va pas s’arrêter, du moins pas avant quelques milliards d’années.

Ce mouvement met, vous l’avez deviné, 25920 ans pour dessiner une révolution complète.

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Ce nombre cosmique est pleinement analogique et prouve que l’Homme est un être cosmique, si l’on considère que le nombre moyen de respirations de l’être humain est de 18 par minute, soit, pour une journée : 25920.

Sur le plan zodiacal, nous allons entrer dans l’ère du Verseau, qui succède à celle des Poissons. Chacune de ces ères compte 2160 années ; on définit approximativement l’ère des Poissons comme ayant commencé avec la naissance du Christ, voire quelques dizaines d’années auparavant avec la naissance de Mithra dont le Christ est une sorte de calque. La totalité du cycle zodiacal compte 12 ères de 2160 années chacune, soit… 25920 ans.

L’iceberg est, par excellence, un symbole ésotérique qui cache 90% de son essence, de sa vérité, les 10% restants accessibles aux sens humains, ne constituant que la partie exotérique et superficielle de l’iceberg. « Le visible n’est que la trace de l’invisible », disait Léon Bloy. L’iceberg s’apparente alors à l’être humain, dont on ne voit que le corps physique mais qui est pourtant composé en outre de plusieurs corps dits subtils, invisibles pour le commun des mortels, qui manque de subtilité

L’iceberg, en tant que concept ou symbole, représente aussi la rupture provoquée par les hommes entre histoire et préhistoire, entre science profane et science sacrée, histoire et sciences des hommes versus histoire et science des dieux. L’immense partie immergée, donc cachée aux regards profanes, représente le monde des dieux, et sa partie émergée, celle que l’homme moderne peut appréhender avec ses sens atrophiés, le monde de l’humanité profane.

René Guénon avait posé les frontières entre ces deux mondes et, donc, aussi, entre l’intuition intellectuelle et la connaissance profane :

« Cette perception directe de la vérité, cette intuition intellectuelle et supra-rationnelle dont les modernes semblent avoir perdu jusqu’à la simple notion, c’est véritablement la « connaissance du cœur ».

Julius Evola avait bien compris la nature de cette rupture lorsqu’il distinguait la Voie des Pères introduite par le Titan Prométhée qui donne le pouvoir à l’Homme qui se survit à lui-même par la lignée, et la Voie des Dieux, ou Voie olympienne, où l’Homme admet et respecte la supériorité divine tout en s’efforçant d’atteindre à nouveau ce statut perdu.

Les transhumanistes pourront y consacrer tous les milliards du monde, ils pourront décortiquer le corps de tous les humains, le recomposer en pièces métalliques, ils n’accèderont jamais au mystère élucidé par les penseurs et les poètes, ils ne découvriront jamais le principe de régénération déclenché par la petite étincelle qui les anime car elle est de nature divine. La fin de mon livre explique ce combat final qui, donc, ne se fera pas sur un champ de bataille dans le sang, le bruit et la fureur, mais dans le silence des labos, qui est aussi celui des agneaux, ou… des moutons.

Notes:

[1] Les Gaulois estimaient qu’il existait trois mondes : celui d’en haut, celui d’en bas, et le monde des hommes. ; le principe de l’analogie et celui de la concordance constitue les principales caractéristiques de l’ésotérisme.

Commandes aux éditions du Lore:

Pour commander L'Iceberg: http://www.ladiffusiondulore.fr/home/897-l-iceberg-la-tradition-primordiale-contre-le-titanisme.html

Pour commander Chroniques d'une fin de cycle: http://www.ladiffusiondulore.fr/home/781-chroniques-d-une-fin-de-cycle-les-enfers-parodisiaques.html?search_query=blairon&results=3

mardi, 14 janvier 2020

Le symbolisme du Pôle, du Nord et de l'Hyperborée

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Le symbolisme du Pôle, du Nord et de l'Hyperborée

 
Lecture de mon article "Le symbolisme du Pôle et du Nord" concernant le mythe universel du continent nordique primordial d'une nature tant physique que spirituelle.
 
 

dimanche, 11 novembre 2018

Le symbolisme du « Pôle » et du « Nord »

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Le symbolisme du « Pôle » et du « Nord »

par Pierre-Yves Lenoble ( Articles )

Ex: https://sophiaperennis.unblog.fr

« (…) nous considérons l’origine des traditions comme nordique, et même plus exactement comme polaire, puisque cela est expressément affirmé dans le Vêda, aussi bien que dans d’autres livres sacrés. La terre où le soleil faisait le tour de l’horizon sans se coucher devait être en effet située bien près du pôle, sinon au pôle même », René Guénon, Formes traditionnelles et cycles cosmiques (Gallimard, 1970, p. 37).

Chez un nombre considérable de traditions et de sacralités humaines, généralement issues de la sphère civilisationnelle indo-européenne et de l’hémisphère nord, le symbolisme du « Pôle » ou du « Nord », sous des formes mythologiques diverses et variées, a joué un rôle central et primordial.

On ne compte plus en effet les récits et les écrits sacrés faisant état de l’archétype, tant micro- que macrocosmique, du continent (de l’île ou de la montagne) situé dans les lointaines régions polaires ou circumpolaires, et considéré à la fois comme une terre réelle et une terre céleste, à la fois foyer originel de l’humanité et séjour spirituel suprême, à la fois « Centre » du monde et de l’être, à la fois lieu bien réel et état ontologique surhumain, ainsi que l’exige la pensée traditionnelle faisant de la géographie terrestre un reflet analogique de la géographie de l’âme.

Mettant en parallèle les traditions avestique et islamique de Perse, Henry Corbin montre bien l’omniprésence et l’importance de cet archétype imaginal du « Nord cosmique », de la « Montagne polaire » ou du « Pôle céleste » dans leurs enseignements cosmologiques et métaphysiques, et écrit par exemple que « (…) les Hyperboréens symbolisent l’homme dont l’âme a atteint une complétude et une harmonie telles, qu’elle est sans négativité ni ombre ; elle n’est ni de l’orient ni de l’occident. (…) un paradis terrestre dans l’Extrême-Nord dont la configuration est celle d’un carré parfait, comme le var de Yima, comme les cités d’émeraude Jâbalqâ et Jâbarsâ, comme la Jérusalem céleste » (L’homme de lumière dans le soufisme iranien, Présence, 1971, p. 65).

Nous élargirons le propos en rappelant l’universalité et la floraison du symbolisme polaire, et surtout, en précisant qu’un grand nombre de civilisations traditionnelles à travers l’histoire — de l’Arabie musulmane à l’Antiquité gréco-latine en passant par l’Europe nordico-celtique, du Moyen-Orient mazdéen à la Sibérie chamanique en passant par l’Inde brahmanique, des diverses traditions amérindiennes à la Chine confucéenne en passant par les steppes païennes d’Eurasie — ont toutes connu des récits sacrés, des mythes et des légendes autour d’un situs nordique primordial, d’une région septentrionale, mi-tangible mi-éthérée, en tant que berceau géographique de l’humanité et terre édénique des Immortels.

Donnons donc quelques illustrations caractéristiques, de façon non-exhaustive bien entendu, des plus célèbres traditions autour du « Pôle » symbolique et du « Nord » cosmique.

vendidad.jpgAinsi, dans l’ancienne religion iranienne la contrée nordique et archétypique est l’Airyanem Vaejah (ou Erân-Vêj), le lieu d’origine des fameux Aryens (et plus généralement de l’humanité entière), aujourd’hui rayé des cartes suite à une terrible glaciation planétaire provoquée par les puissances ahrimaniennes. Selon le Vendidad (II, 21), le dieu céleste Ohrmazd demande à Yima, le premier homme, de construire le Var — sorte d’enclos paradisiaque incorruptible, éclairé de l’intérieur par une lumière supra-sensible — afin de se prémunir contre la catastrophe à venir et pour y rassembler les meilleurs de tous les êtres. Notons que ce territoire fortifié, situé idéalement dans les hautes régions polaires (assimilées au sommet du mont cosmique Alborj), doit être avant-tout conçu comme un domaine supra-terrestre en dehors de notre espace/temps et se présente donc comme un monde spirituel, tant génésiaque qu’eschatologique.

Des archétypes et des symboles tout à fait similaires se rencontrent aussi chez les voisins de l’Inde védique et brahmanique. Les textes de l’hindouisme parlent à cet égard d’une fabuleuse Île Blanche primordiale (Shwêta-dwîpa), située dans l’ « océan de lait » à l’extrême-nord du monde habité et considérée comme un âge d’or intemporel (on la surnomme l’ « île de la splendeur » ou le « séjour des Bienheureux »). Sur cette île trans-mondaine (amalgamée symboliquement avec le sommet du mont cosmique Mêru où se trouve l’Étoile Polaire flamboyante, le pivot central de l’univers) vivent harmonieusement tous les yogis et les hommes libérés des liens de la matière, réunis autour du dieu Vishnu sous sa forme solaire (il est présenté comme le « Blond », le « Doré » et le « portier du ciel », son palais brille de mille feux). Ce peuple d’élus est connu comme la race des Uttarakura (uttara signifiant en sanskrit « nord » ou « région la plus élevée » ; les auteurs grecs évoquent quant à eux les Attacori ou les Ottorokorai) ou les « fils de Brahma » ; voici comment les protagonistes du Mahâbhârata (III, 38-39) décrivent les habitants de ce paradis polaire : « Là nul n’était supérieur aux autres, tous avaient la même luminosité, d’un blanc étincelant. Nous pensâmes que ce continent était le séjour de la lumière des origines »…

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Notons enfin que toutes ces traditions concernant le foyer arctique primitif des peuples indo-iraniens — qui revêtent prioritairement un caractère symbolique et qui sont porteuses de multiples enseignements métaphysiques — se présentent également comme un lointain souvenir d’un précédent cycle d’humanité, historique bien qu’antédiluvien. Effectivement, l’éminent savant indien Lokamanya Bâl Gangâdhar Tilak (dont la vie est aussi instructive que l’oeuvre), dans son livre d’un intérêt majeur intitulé explicitement Origine polaire de la tradition védique (Archè, 1979, p. 363) a indiscutablement démontré que les sacralités indo-aryennes proviennent d’un ancien peuple unique, originaire des régions polaires et circumpolaires, obligé de descendre vers des contrées plus méridionales suite à une catastrophe naturelle (vraisemblablement une glaciation soudaine) : « Notre objet était simplement de montrer qu’il y a suffisamment de preuves dans les Védas et l’Avesta pour établir l’existence d’une origine arctique des Aryens à l’époque interglaciaire, et le lecteur qui nous a suivis tout au long de notre exposé peut voir à présent que la théorie que nous avons tenté de démontrer est fondée sur un solide ensemble de textes et de passages qui ont été préservés par la tradition, qui appartiennent aux deux plus anciens recueils de la race aryenne, et qui trouvent une confirmation indépendante à partir de sciences telles que la géologie, l’archéologie, la paléontologie linguistique, la mythologie comparée et l’astronomie ».

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En ce qui concerne les ancestrales traditions extrême-orientales (Chine, Tibet et Sibérie), le mythe universel de l’île/continent septentrionale en tant qu’ailleurs béatifique éthéré est également bien présent. Songeons par exemple aux aventures des héros civilisateurs Yu-le-Grand et Mou, les empereurs légendaires naviguant chacun vers une terre arctique merveilleuse, sorte de pays de Cocagne habité perpétuellement par les « hommes transcendants » et autres sages immortels (les textes parlent de « la race aux os mous et aux corps souples », d’hommes blancs comme la neige et volant à travers les airs) qui s’abreuvent à la fontaine de jouvence ; dans le Lie-Tseu (V, 6), nous lisons ainsi : « Alors que le grand Yu mettait de l’ordre sur terre et canalisait les eaux, il s’égara, contourna la mer du nord, et arriva, très loin, tout au septentrion, dans un pays sans vent ni pluie (…). La région est très salubre, ses habitants sont doux et simples. (…) Ils apaisent leur soif en buvant l’eau du geyser merveilleux et réparent leurs forces par un bain dans ces mêmes eaux. », et plus loin, il est dit : « Le roi Mou de Tcheou, voyageant dans le Nord, atteignit, lui aussi, cette contrée et s’y oublia durant trois années. Quant il eut rejoint son palais de Tcheou, il fut pris d’une si grande nostalgie pour ce pays qu’il fut frappé de mélancolie : il refusa de toucher à la nourriture et au vin, il refusa de voir ses femmes et ses serviteurs ».

Pour le Bouddhisme tibétain, le séjour spirituel suprême, réservé aux pieux et aux justes, est incarné symboliquement par le fameux territoire caché d’Agartha et sa capitale mystique de Tshang Shamballa, surnommée de façon explicite la « Cité du Nord » ou la « Cité de la Paix » (entendu comme la paix intérieure) ; les yogis utilisent d’ailleurs l’expression caractéristique de « chemins du Nord » pour parler de la voie initiatique menant à la délivrance finale (cela équivaut à la « voie lactée » des cultes païens, la « voie des dieux » platonicienne, la Dêva-yâna de l’Inde, le Tao chinois, le Shinto japonais ou la « voie droite » islamique).

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Dans un registre similaire, les traditions ésotériques de l’Islam évoquent également une terre transfigurée (de nature psycho-cosmique dira-t-on) localisée à l’extrémité septentrionale du monde connu, pour ne pas dire au seuil de l’autre-monde. Selon les récits et les légendes du Soufisme, il est possible pour l’être engagé dans une voie de libération spirituelle — via une ascèse constante et une vision théophanique provoquée par l’imagination active, en faisant fonctionner « l’œil du coeur » — d’accéder à la cime imaginale de la montagne polaire de Qâf située in medio mundi, que l’on atteint « ni par terre ni par mer », qui est insubmersible lors des déluges et qui abrite saints et autres immortels. Sur le blanc sommet de Qâf, en ce domaine subtil des Lumières incréées, des Formes parfaites et autres Archétypes apparitionnels, les voyageurs de l’âme, revenus à « l’état primordial » d’avant la Chute, ont l’occasion de contempler et de découvrir divers endroits (ou plutôt des envers) tous plus magico-idylliques les uns que les autres, à l’image de la terre mystique de Hûrqalyâ et ses cités rayonnantes, de la Sphère des Sphères planétaires ou du Plérôme archangéliques, de l’inébranlable Rocher d’émeraude communiquant son reflet à tout le cosmos, de la Source de Vie, du Huitième Continent central (notons qu’à notre époque de souillure généralisée, le « huitième continent » désigne un gigantesque amas de déchets en plastique répugnant), ou encore de la mystérieuse Île Verte au milieu de la mer blanche.

Nous terminerons ce rapide tour d’horizon de la symbolique du « Pôle » en évoquant bien sûr les traditions de l’Antiquité gréco-latine et de l’Europe barbare nordico-celtique. Songeons simplement à la légende très connue de l’Apollon Hyperboréen (célébré notamment dans le prestigieux sanctuaire de Delphes), le dieu de la lumière civilisatrice venu des terres polaires originelles, guidé par des cygnes sacrés…

apollonleukos.jpgDe même, de nombreux philosophes antiques (Pythagore, Homère, Plutarque, Diodore, Pindare, Strabon, Pline, Cicéron… etc.) ont fait mention d’un mystérieux continent perdu (ou d’une île inaccessible) situé tout au nord de la planète, près du pôle, et considéré, comme il se doit dans la perspective traditionnelle, tel un Élysée mirifique, un jardin des délices supra-terrestre et achronique, où héros et bienheureux vivent des jours heureux. La meilleure description de cette terre céleste nous est donnée par Hécatée d’Abdère (cité par Diodore de Sicile au Livre II de sa Bibliothèque historique) plusieurs siècles avant notre ère : « Vis-à-vis de la contrée des Celtes‚ dans les parties de l’Océan‚ il y a une île appelée Leuké‚ c’est-à-dire Blanche. Latone‚ mère d’Apollon‚ y naquit‚ et à cause de cela‚ Apollon y est vénéré plus que les autres dieux (Apollon était appelé Apollon LeukosLeukiosLeukaios). Parce que les Hyperboréens de l’Île Blanche célèbrent ce dieu chaque jour et lui rendent les plus grands hommages‚ on dit que ces hommes sont les prêtres d’Apollon. (…) De cette île on peut voir la Lune‚ peu éloignée. Les souverains sont les Boréades‚ descendants de Borée. On appelait aussi cette île Helixea (Felicia) ou l’île des Bienheureux ».

D’autres auteurs ont particulièrement insisté sur les caractères éthérique, surnaturel, intemporel et paradisiaque de l’Île Blanche boréenne. Le poète Pindare, dans sa dixième Ode Pythique, précise bien que « Ni par bateaux ni par terre vous ne pourrez trouver la merveilleuse route qui vous mènerait chez les Hyperboréens » ; dans le même esprit, le navigateur semi-légendaire Pythéas le Massaliote, dans ses récits de voyage en mer du Nord (qui sont connus grâce à son De l’Océan dont de rares bribes nous sont parvenues), dépeint l’extrémité septentrionale du monde comme une zone « où on ne trouve plus de terre proprement dite, ni de mer, ni d’air, mais un mélange de tous ces éléments ». Dès lors, nous dirons simplement que l’île nordique de l’Ultima Thulé (similaire à la Tula des Hindous ou la Tullan des vieux Toltèques), de Leuké ou d’Hyperborée des traditions antiques, au même titre que l’Ogygie homérique, n’est localisable sur aucune mappemonde et est bel et bien, comme ses surnoms l’indiquent, la « terre du brouillard » ou la « terre au-delà des brumes », pour ne pas dire la terre subtile située dans les nuées des « eaux supérieures »…

Les traditions celtes et scandinaves des barbares européens ne furent pas en reste quant à ce continent polaire primordiale, d’une nature plus imaginale que géographique. Pensons par exemple aux mythiques Boréens, ces fameux « descendants de Borée » évoqués par Diodore, qui sont identiques aux « fils de Bor » de la tradition nordique (surnommés la « race d’or » et siégeant intemporellement dans le Midgard)‚ c’est-à-dire proprement les “fils de l’Ours”‚ les racines bor, bur ou bar désignant « l’ours ». Du reste, selon certains linguistes, le terme « barbare » proviendrait de l’expression wisigothique Bär Baur signifiant « fils de l’ours », et serait vraisemblablement à l’origine de notre mot « baron » ; on retrouve aussi cette dénomination chez certains peuples anciens comme les Burgondes, les Bouriates ou les Borussis (anciens noms des Prussiens).

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De même‚ les racines celtes arca ou arth servent à désigner l’ours‚ la Grande Ourse ou le nord, ce qui permet d’avancer que cette “terre de l’ours” est bien située en Arctique (pensons aussi aux régions d’Arcadie ou d’Artois) ; rappelons au passage que le blason des Goths était l’ours et que les Aïnous du Japon (peuple non-asiatique d’origine paléosibérienne) se rangent eux-aussi parmi les “peuples de l’Ours” puisque leur cosmogonie affirme que l’ours divin Aïoïna a été envoyé sur terre par la divinité suprême pour les enfanter et les instruire.

Enfin, à titre anecdotique, nous tenons à citer ce curieux passage d’Hérodote (Clio IV, 7) qui rapporte une étrange croyance scythique faisant référence à une terre nordique cachée, vraisemblablement plus aérienne que physique : « Les lieux les plus lointains, au nord des régions habitées, ne sont, disent les Scythes, ni visibles ni abordables, à cause des plumes répandues en l’air et sur le sol : leur abondance est telle qu’elles interceptent la vue »…

A travers cet article et à la suite de tous ces exemples (tout à fait concordants entre eux bien qu’issus de traditions complètement disparates), l’idée principale nous souhaitions dégager est celle-ci : à une époque fort reculée, la région polaire et circumpolaire ― qui devait jouir en ces temps-là d’un climat tempéré ― a été l’un des plus importants foyers de l’espèce humaine (nous ne disons pas Le foyer de l’humanité, tel R. Guénon, mais l’un des foyers car il en existe d’autres selon nous), et, à la suite d’une catastrophe naturelle (vraisemblablement une terrible glaciation, mais certains auteurs parlent d’une inclinaison de l’axe terrestre), les hommes ont émigré vers le sud pour y fonder diverses civilisations.

Cependant, selon la loi traditionnelle d’analogie entre les causes physiques et les causes spirituelles, la question de la provenance géographique de l’humanité n’a qu’une importance secondaire. En effet, si l’on se penche de plus près sur tous les textes et les récits sacrés évoquant la terre nordique originelle, on en arrive vite à la conclusion que ce lieu idyllique devait être avant-tout d’une nature supra-terrestre : nous sommes là en face du mythe universel de la chute des anges rebelles, de l’expulsion du paradis ou de la fin de l’âge d’or, dont la signification première est celle de la solidification du proprium humain, de la dégradation ontologique de l’homme (en ce sens, on peut dire qu’il a « perdu le nord »), voyant ce dernier quitter son origine subtile et parfaite au sein de la Terre céleste éternelle pour se retrouver ici-bas, incarné dans un corps de chaire corruptible…

mardi, 04 janvier 2011

Frans Boenders over Oost en West, primordiale traditie...

Frans Boenders, een Vlaamse Mishima-kenner, over o.a. Oost en West, primordiale traditie en de culturele kaalslag in China

Ex: http://www.h-vv.be/50-jaar-de-pil-Frans-Boenders-over-Oos...

20060221-frans-boenders-3.jpgFrans Boenders gaf begin dit jaar aan de FVG een lezing met als thema Oost en West. Een enorm omvangrijk thema, maar twee kernwaarden kwamen snel bovendrijven: verlichting en verlossing. Verlichting associeerde hij met het Oosten, verlossing met het Westen!

Frans Boenders: Dat komt omdat bij ons de leidende godsdienst of levensvorm er een is van verlossing. De mens is zwak, is wel een afspiegeling van God, maar hij moet zich realiseren hoe zwak hij is en hij moet zich eigenlijk overgeven. Dus de overgave impliceert dat je ergens ook wordt opgevangen, en dat is dan de verlossing, de basisbeweging of de basis dubbele richting. Er is een enorme liefde die de verlossing in het vooruitzicht stelt en de mens moet vertrouwen hebben, bijna blind, in die liefde, en dan zal hij verlost worden. Wat is nu verlichting? Verlichting is iets wat je zelf kunt doen, want we hebben allemaal een bewustzijn gekregen dat kritisch is, sceptisch moet zijn volgens de Boeddha. Het boeddhisme is dan toch immers de enige universele religie die in het Oosten is ontstaan en universeel is geworden, net zoals het christendom ontstaan is in het Nabije Oosten en universeel is geworden. Die laten zich dus uitstekend vergelijken. In het boeddhisme is Boeddha trouwens niets anders dan ‘bodhi’, wat licht is, of wijsheid, als je het anders interpreteert. Je hebt dus een bewustzijn, en met dat bewustzijn moet je het doen. Er zijn modellen, Boeddha zelf zegt: als je dat wilt, kun je mij als model nemen, maar je zult toch altijd kritisch moeten blijven, want je moet het zelf doen. Het zelf doen betekent niet dat je op een arrogante manier op je kennis en je eruditie berust; ik denk zelfs dat te veel kennis en te veel eruditie wegen zijn die niet direct leiden naar de verlichting. Maar je moet bij wijze van spreken eerst tabula rasa maken, een soort leegte in jezelf maken, om het licht te laten schijnen. Dat is natuurlijk maar een metafoor, maar dat zegt wat verlichting is, versus de verlossing.

Maar eigenlijk gaat het dan toch wel om een heel fundamenteel verschil, en dat komt ook tot uiting wanneer je het hebt over denken en bewustzijn! Bijvoorbeeld: ‘ ik BEN een bewustzijn’ tegenover ‘ik HEB bewustzijn’!

Wij zeggen: ‘ik HEB een bewustzijn’. Denk aan Descartes! En we leven toch nog altijd onder die fantastische revolutie. Descartes heeft gezegd: ik kan aan alles twijfelen behalve aan het feit dat ik twijfel, dus dat ik denk. En dus, dat heb ik omdat ik een bewustzijn heb. Ik heb alles, eigenlijk bezitten wij alles, vinden wij. Als we nu even God, de Schepper of de Natuur opzijzetten. Die Natuur werkt ook in mij, maar eigenlijk sta ik boven de Natuur door het hebben van dat bewustzijn. In het Oosten gaat het over: ‘ik BEN bewustzijn’. Dat wil zeggen dat ik een onderdeel ben van het bewustzijn dat eigenlijk het universum is. Het universum denkt in mij. Het vreemde is dat dat in de Franse filosofie ook werd gezegd, door hen die je kunt noemen de poststructuralisten of de late structuralisten: ‘ça pense en moi’, het denkt in mij. Dus die komen daar een beetje in de buurt. Alleen Heidegger, overigens niet mijn favoriet, een westerse filosoof, vond eigenlijk ook dat we een onderdeel zijn van iets wat veel groter is. En de Japanse boeddhisten zijn Heidegger gaan bestuderen, die, toen hij nog leefde, het fantastisch vond dat hij aansluiting kon vinden bij hen. Maar inderdaad, het verschil is dus: in het Oosten houdt men veel minder vast, men bezit veel minder, men hecht ook minder aan bezit. Natuurlijk, met onze kapitalistische uitstraling is dat nu wel allemaal anders geworden, maar traditioneel is het wel zo. Men voelt zich een onderdeel van iets heel groots, en of je dat nu kosmos, universum of de wereldgeest noemt, lazert eigenlijk niets; het is gewoon een manier van leven die toch totaal anders is en die verklaart waarom sommige auteurs, maar daar ben ik het eigenlijk niet mee eens, hebben gezegd dat het Westen altijd het Westen en het Oosten altijd het Oosten zal blijven. ‘And the twain shall never meet’, zoals Kipling het zegt. Daar ben ik het niet mee eens. We kunnen zeker elkaar begrijpen en dat is ook volop bezig, denk ik.

Vaak zie je de opdeling: in het Westen streeft men naar iets, er is een doel, er is een project. In het Oosten zou men zich eerder onderwerpen aan het geheel, zou men eerder berusten! Maar in hoeverre beantwoordt zo’n opdeling nog aan enige realiteit? Economisch bijvoorbeeld zijn nu net India en China dé grote groeiers op wereldniveau!

Dat is de grote paradox vandaag. Tot hiertoe heb ik in zeer algemene termen (want anders kun je het niet, je hebt het in het begin zelf gezegd) Oost en West vergeleken. Ik ging uit van de traditionele levensvormen, om dat wittgensteiniaanse woord te gebruiken. De traditie die dieper gaat dan de verschillende tradities. De traditie die we eigenlijk niet meer kunnen benoemen, maar die de basis vormt van de tradities. Dus ik ben heel ver teruggegaan. Ik heb het boeddhisme ook gezien als een offshoot, als een scheut aan een boom die veel ouder is en die teruggaat tot de vedische tijd, misschien tot de zoroastrische tijd enzovoorts. Aan de andere kant heb ik het christendom ook beschouwd als een scheut van een veel grotere boom, waar natuurlijk het jodendom in het vizier komt, maar ook vele andere dingen. Ook een stuk van het zoroastrisme. Dus uiteindelijk zouden we weer terug kunnen komen. Zo ver ben ik teruggegaan. Dat is natuurlijk gedeeltelijk geïdealiseerd, om niet te zeggen sterk geïdealiseerd. Vandaag zien we dat er maar één ideologie meer bestaat, en dat is het kapitalisme. Of men dat nu in communistische termen of linkse termen het laatkapitalisme noemt, in de hoop dat het zal verdwijnen, dat durf ik niet te zeggen. Ik zie alleen dat het kapitalisme bloeit op een verschrikkelijke manier en dat, zoals je zelf hebt geïmpliceerd in je vraag, China maar ook India (India, waarvan we altijd gedacht hebben dat het veel spiritueler was dan wij) nu plotseling onze meesters worden in het hedendaagse kapitalisme, in onze manier om de informatica en de technologie te gebruiken, allemaal dingen die in wezen van ons komen, dus de westerse wetenschap, dat is het enige geüniversaliseerde kennen. Dat heeft men dan ogenschijnlijk op dit moment, ik zou zeggen, allemaal naar voren geschoven in de hoop, voor sommigen althans, in China en zeker in India, dat datgene wat eronder ligt en waaraan ik daarnet refereerde, als de basis van de tradities, uiteindelijk toch wel zal overleven zoals het altijd heeft gedaan. Maar men begint eraan te twijfelen. En versta onder men, ik begin daar ook aan te twijfelen.

Zeker in China zie je dat. Ik ben toevallig vorig jaar nog naar de Heilige Bergen geweest, die gedeeltelijk boeddhistisch en taoïstisch zijn en eigenlijk die twee religies syncretiseren. Daar blijft niets van over! Wat men heeft gedaan en wat de Chinezen altijd doen, is alles eerst afbreken tot op het bot en dan op hun manier, vanuit hun visie, heropbouwen. Dus wat ik daar zag, was een volkomen loze, valse en misleidende vorm van taoïsme en boeddhisme. Alleen erop gericht om toeristen te lokken, vooral de binnenlandse toeristen overigens, want het is ook een bekend fenomeen dat de hedendaagse Chinezen die vandaag weer internationaal gaan reizen (dat wil zeggen die nieuwe rijken tussen dertig en vijfenveertig jaar, de middenmoot die rijk is, heel rijk is in China), toch die leegte aanvoelen en nu overal in het Oosten, maar ook in het Westen, tempels en kerken gaan bezoeken in de hoop daar iets van op te steken. Ze snappen er dus geen moer meer van en het is een heel rare situatie. Mensen die veel meer vertrouwen hebben in de gang van zaken, los van de interventies van de mens, die zeggen: ‘Dat zal zijn tijd wel hebben, dat komt weer terug. In China heb je altijd van die periodes.’ Ik heb daar mijn twijfels over. Laten we niet vergeten wat er gebeurd is tijdens de culturele revolutie, die officieel maar tien jaar heeft geduurd, van ’65 tot ’75 in de vorige eeuw, maar die eigenlijk al begonnen is in voorbereiding vanaf 1950, de stichting van de volksrepubliek, en geduurd heeft tot het aantreden van Deng Xiaoping in 1979. Dus dat zijn twee generaties die zijn opgevoed zonder enige vorm van religie in de zin van een verbinding van geestelijke solidariteit. En dus, zal dat terugkomen? Ik mag het hopen. Maar een teken aan de wand vond ik dat, toen Deng Xiaoping aantrad en ik voor de BRT toen die documentaires maakte over oosterse religies, dat iemand die later mijn vriend is geworden, de grote specialist op het gebied van het taoïsme, Rik Schipper, gevraagd werd in China om de leden van de Sociale Academie, dus de intellectuele top van China, onderricht te geven in het taoïsme. Want nagenoeg alles was verdwenen. De tempels waren verwoest, de teksten waren vernietigd en diegene die over waren gebleven, werden bestudeerd in het Westen. Op zichzelf is het natuurlijk interessant dat wij in het Westen nu niet de pretentie, maar misschien wel de knowhow hebben om de traditie van de Chinezen en de Indiërs weer nieuwe bedding te geven. Dat is vroeger nog gebeurd met het christendom en de islam, wat de Griekse traditie van ons betreft. Dus het kan wel, maar ik vrees, samenvattend, dat het kapitalisme op dit moment zo allesomvattend is, en dus ook niet te bestrijden valt omdat er niemand is die verantwoordelijk is voor het kapitalisme als ideologie. Het is dus bij wijze van spreken een sluipende ideologie die zich niet kenbaar maakt, maar die wel overal aanwezig is, zodat ik op dit moment niet zie hoe ze tot een einde kan komen. En ik denk wel dat het nodig is om terug te komen tot een waarachtige spiritualiteit.

mardi, 16 novembre 2010

The Primordial Tradition: A Tribute to Ananda Coomaraswamy

The Primordial Tradition:
A Tribute to Ananda Coomaraswamy

by Ranjit Fernando

Ex: http://www.freespeechproject.com/ 

Ananda_Coomaraswamy_80232_200.jpgAnanda Coomaraswamy once suggested that Buddhism has been so much admired in the West mainly for what it is not; and he said of Hinduism, that although it had been examined by European scholars for more than a century, a faithful account of it might well be given in the form of a categorical denial of most of the statements that have been made about it, alike by European scholars and by Indians trained in modern modes of thought.

In the same way, it could perhaps be said of Coomaraswamy himself, that he is admired in Lanka, as in India, almost entirely for what he was not, and that a true account of his ideas might well take the form of a denial of most of the statements made about him in the land of his birth.

Coomaraswamy has long been presented, both in India and in Lanka, as a patriot, a famous indologist and art historian, an eminent scholar and orientalist; it would be as well to examine the validity of these widely-held beliefs about a man who was undoubtedly one of the greatest figures of our time.

The subject matter of all Coomaraswamy's mature writings can be placed under one heading, namely, Tradition. The Tradition that he writes about has little to do with the current usage of this term to mean customs or social patterns that have prevailed for some time. Coomaraswamy's theme is the unchanging Primordial and Universal Tradition which, as he shows, was the source from which all the true religions of the present as well as the past came forth, and likewise the forms of all those societies which were molded by religion.

The particular aspect of Tradition which Coomaraswamy chose as his own specialty -- the one best suited to his own talents -- was, of course, the traditional view of art, now mainly associated with the East, but once universally accepted by East and West alike, as also by the civilizations of antiquity and, indeed, by those societies which we are pleased to call primitive. Coomaraswamy never tired of demonstrating that the traditional view of life and of art was always the universal and normal view until the Greeks of the so-called classical period first introduced a view of life and of art fundamentally at variance with the hitherto accepted view.

In his aversion to what has been called 'the Greek miracle', Coomaraswamy is at one with Plato whose attitude to the changes that were taking place in his time was, to say the least, one of the strongest disapproval. Coomaraswamy shows, as Plato did, that the view of life and of art invented and glorified by the Greeks, and subsequently adopted by the Romans was, in the context of the long history of mankind, an abnormal view, an aberration; and that although this view lost its hold on men's minds with the rise of Christendom in the Middle Ages, it was to re-establish itself with greater force at the Renaissance thus becoming responsible for the fundamental ills of the modem world.

In all traditional societies, quite apart from his ability to reason, man was always considered capable of going further and achieving direct, intuitive knowledge of absolute truth which, as the traditionalist writer, Gal Baton says, "carries with it an immediate certainty provided by no other kind of knowledge."

"In the modem world," he continues, "we think in terms of "intellectual progress", by which we mean a progress in the ideas which men formulate with regard to the nature of things; but, from the point of view of traditional knowledge, there can be no progress, except in so far as particular individuals advance from ignorance to reflected or rational know ledge, and from reason to direct intuitive knowledge which, we might add, by its nature cannot be defined, but which, nevertheless stands over and above all other forms of knowledge being nothing less than knowledge itself.

From a traditional point of view, the fault of the Greeks lay in their substitution of the rational faculty for the supra-rational as the highest faculty of man, and in the words of Coomaraswamy's distinguished colleague, Rene Guenon, "it almost seems as if the Greeks, at a moment when they were about to disappear from history, wished to avenge themselves for their incomprehension by imposing on a whole section of mankind the limitations of their own mental horizon." Since the Renaissance, as Baton points out, the modem world has, of course, gone much further than did the Greeks in the denial even of the possibility of a real knowledge which transcends the narrow limits of the individual mentality." Moreover, as we are all aware, that which, from a traditional point of view, appears to be a serious narrowing of horizons, is seen from our modem point of view as an unprecedented intellectual breakthrough!

While it is hardly possible in a brief summary, such as this, to further discuss the issues involved, we might usefully ponder on Plato's story of the subterranean cave where some men have been confined since childhood. These men are familiar only with the shadows cast by a fire upon the dark walls of the cave, which they have all the time to study, and about which they are most knowledgeable. They know nothing of the outside world and therefore do not believe in its existence.

Coomaraswamy, like Plato, would have us realize that we, too, are in darkness like these men, and that we would do well to seek the light of another world above by concerning ourselves with those things, which our ancestors knew and understood so well. He constantly points out, that modem or anti-traditional societies are shaped by the ideas men develop by their own powers of reasoning, there finally being as many sets of ideas as there are men; he also tries to show that traditional societies, on the other hand, were based on perennial ideas of quite another order -ideas of divine origin and revealed -- whereby all the aspects of a society were determined.

A recurrent theme in Coomaraswamy's writings was the traditional view of art. When referring to European art, he repeatedly stressed that Graeco-Roman art and Renaissance art, like all the more modern schools of European art, were of earthly inspiration and therefore of human origin like the philosophies that went with them, whereas traditional art, like traditional philosophy, was related to the metaphysical order and therefore religious in character and divine in origin.

We now see that in his earliest works such as the monumental Medieval Sinhalese Art, Coomaraswamy did not as yet fully understand the difference between these two contrasting points of view which were to form the basis of his later and more significant work; in his early writings, his profound understanding of the traditional arts of Greater India, as indeed his already considerable grasp of the true meaning of religion, was a little clouded with modernistic prejudice, the outcome, no doubt, of his early academic training in England which was of a kind that he had, even then, begun to despise. But later, following his association with the French metaphysician, Rene Guenon, Coomaraswamy's writings assumed the complete correctness of exposition and the great authority, which we associate with his most mature work.

Insofar as we are able to see that a universalist approach to the study of the world's religions, coupled with an understanding of the true meaning of Tradition, have, at the present time, a special importance for the modern world, we shall also see that two men, the Frenchman, Rene Guenon, and Sri Lanka's Ananda Coomaraswamy, stand out as the greatest thinkers of the first half of this century. A great gulf separates their thought from the thought of nearly all their contemporaries. The second half of this century has witnessed the emergence of a whole school founded on their pioneering work and on the Perennial Philosophy, a movement which has found acceptance in many parts of a confused and bewildered world.

It will now be apparent that, if we are to regard Coomaraswamy as an eminent orientalist and art historian, it must first be clearly understood that he stands apart from almost all those other scholars who can be similarly described, in that while they approach the life and art of traditional societies from a modern standpoint {which is both "skeptical and evolutionary", to use his own words), Coomaraswamy, like his few true colleagues and collaborators, takes the view that takes the view that Tradition can only be understood by a careful consideration of its own point of view however inconvenient this may be. Once this is realized, it would certainly be true, not only to say that Coomaraswamy was an eminent scholar but, as Marco Pallis has said, a prince among scholars.

Coomaraswamy saw that a feudal or hierarchical society based on metaphysical principles is essentially superior to the supposedly egalitarian systems held in such high esteem today. Like Plato, he maintained that democracy was one of the worst forms of government, nor did he view any other materialistic system with more favour. His enthusiasm for such institutions as caste and kingship was based, not on sentiment, but on a profound understanding of the vital relationship between spiritual authority and temporal power in society and government. He would hardly have approved of the road which India and Lanka have taken since achieving their so-called independence, although he would have regarded it as inevitable.

It is well known that, from the very beginning, Coomaraswamy deplored the influence of the West on Eastern peoples, and especially the consequences of British rule in Greater India. He has therefore been placed alongside those who in India and Lanka have been regarded as national leaders in the struggle for independence. But here again, a complete difference of approach separates Coomaraswamy from his contemporaries, for it was not imperialism or the domination of one people by another that he was concerned about, but rather the destruction of traditional societies by peoples who had abandoned sacred forms. It was what the British stood for and not the British that he detested; on the contrary, there is no doubt that he loved England because he knew another, older England which in form as well as spirit was so much like the oriental world he understood so well.

It would, in conclusion, be appropriate to quote the words of that highly respected English artist-philosopher, Eric Gill, who in his autobiography paid Coomaraswamy this great tribute:

"There was one person, to whose influence I am deeply grateful; I mean the philosopher and theologian, Ananda Coomaraswamy. Others have written the truth about life and religion and man's work. Others have written good clear English. Others have had the gift of witty exposition. Others have understood the metaphysics of Christianity and others have understood the metaphysics of Hinduism and Buddhism. Others have understood the true significance of erotic drawings and sculptures. Others have seen the relationships of the true and the good and the beautiful. Others have had apparently unlimited learning. Others have loved; others have been kind and generous. But I know of no one else in whom all these gifts and all these powers have been combined. I dare not confess myself his disciple; that would only embarrass him. I can only say that I believe that no other living writer has written the truth in matters of art and life and religion and piety with such wisdom and understanding."