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jeudi, 10 septembre 2020

Nostradamus, le masque, et le Covid19

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Nostradamus, le masque, et le Covid19

par Pierre-Emile Blairon

L’article que Georges Gourdin a fait paraître : Nostradamus aurait-il inspiré Pierre-Emile Blairon ? m’a quelque peu désarçonné sur le coup car il ne m’avait pas avisé de sa parution ; mais c’est une heureuse surprise : il m’a permis de réfléchir sur les motifs qui m’ont amené à écrire les quelques phrases que vous avez déjà lues ou que vous allez lire. C’est le but de ma présente démarche : vous exposer ces motifs.

« La fin d’un cycle est toujours caractérisée par une accélération et une multiplication d’événements tragiques ou aberrants, par le règne du mensonge, l’inversion totale des valeurs longuement élaborées par la civilisation qui est en train de mourir mais c’est alors le moment où chaque instant de la vie sociale revêt un masque, en l’occurrence mortuaire, comme une gigantesque fête de carnaval dont les acteurs revêtiraient des costumes de zombies errants à la recherche d’un souffle de vie.

Funèbre parodie où l’on tente en vain de découvrir dans cette foule un véritable humain.

En fait, quand tout n’est que parodie, c’est que le monde réel est déjà mort.

Sous le masque, il n'y a que le néant. »

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Je ne me souvenais pas d’avoir écrit ces lignes. Il faut dire que, un livre terminé, mon esprit est occupé par le suivant alors que j’oublie presque tout du précédent ; je ne suis pas vraiment un bon commercial.

Au moment même de la parution de mon dernier livre, Chroniques d’une fin de cycle, paru aux Editions du Lore en décembre 2019, « l’élite » mondiale pédo-sataniste au pouvoir mettait la dernière main à la plus grande manipulation de tous les temps, qui allait aboutir à ce délire que constitue le totalitarisme sanitaire planétaire, si bien réussi dans ses moindres détails.

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Pour toute commande: http://www.ladiffusiondulore.fr/home/781-chroniques-d-une-fin-de-cycle-les-enfers-parodisiaques.html

Le pire des mondes

Le sous-titre de ce livre Chroniques d’une fin de cycle, où ces phrases citées figurent parmi les premières, les annonce déjà : Les enfers parodisiaques ; un amalgame de « paradis » et « parodie » ; le paradis est ici un faux paradis, et même l’inverse, puisqu’il est un enfer, tandis que la parodie est une vraie parodie qui singe le bonheur, tel que Aldous Huxley l’avait évoqué dans son livre Le meilleur des mondes qui signifie évidemment « Le pire des mondes ».

Le pire des mondes – comme il n’en a encore jamais existé - est celui que nous sommes destinés à vivre et que nous vivons déjà pour certains d’entre nous, parmi les plus lucides ; la plupart de nos contemporains étant complètement inconscients de ce qui arrive et, surtout, de ce qui va arriver.

Les populations sont devenues globalement incapables d’analyser la situation présente, d’entrevoir quelque chemin d’avenir, inaptes à tirer les moindres leçons du passé. Elles répètent stupidement les mêmes schémas, exécutent machinalement les mêmes gestes, obéissent massivement aux moindres injonctions si ce n’est aux moindres stimuli ; elles sont entrées dans un processus d’abêtissement complet ; et encore, certaines bêtes ont plus de facultés intelligentes pour se situer dans la vie et pour affirmer leur « personnalité ».

Le rapport avec Nostradamus ? Pourquoi m’aurait-il influencé ? C’est que je l’ai longtemps fréquenté en écrivant sa biographie, en tentant de résoudre ses énigmes, en donnant des conférences et des articles sur le personnage et son œuvre. Inévitablement, une sorte de complicité est née et, peut-être inconsciemment, j’ai pensé à lui en écrivant ces lignes sur le masque quelque peu prémonitoires.

Avant d’être devin, Nostradamus était médecin

Mais quelques éléments d’ordre tout à fait concret peuvent avoir aussi creusé un petit sillon dans ma mémoire ; ainsi, rappelons-nous que Nostradamus, avant d’être devin, était médecin, qu’il n’hésitait pas à se rendre dans les villes terrassées par une épidémie (autrement plus grave que la gripette préfabriquée qu’on veut nous faire passer pour une catastrophique pandémie mondiale) pour exercer son métier qui était alors un véritable sacerdoce souvent de nature sacrificielle ; nombre de médecins y laissaient leur vie ; la télé n’existait pas encore pour passer le plus clair de son temps à s’y pavaner, grassement payés au nombre de mensonges proférés comme font les Diafoirus actuels[1] au lieu d’exercer leur métier.

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La peste, en effet, sévissait régulièrement et partout à cette époque (début du XVIe siècle) et Nostradamus se rendait sur les lieux de l’épidémie pour tenter d’y soulager les malheureux contaminés. Les médecins portaient alors des masques en forme de bec de pélican dont la renflure était remplie de plantes médicinales censées les protéger des miasmes environnants. Nostradamus avait mis au point une décoction magique constituée de plantes et de fleurs aux propriétés antiseptiques qui se révélèrent particulièrement efficaces puisqu’il ne fut jamais atteint par la maladie (c’était un bon vivant, il est mort de… la goutte !).

Déduire plus que prédire

Nostradamus était connu, et l’est encore, pour ses prédictions, dont beaucoup furent vérifiées.

Certes, les dieux, ceux des Gaulois, des Indous, des Chaldéens et des Hébreux, s’étaient penchés sur son berceau ; c’est lui-même qui les évoque, et les invoque, selon ses dires. C’est, sans doute, un petit coup de leurs pouces qui a permis ses hallucinantes prophéties calculées au jour près (comme, par exemple, le début et la fin du communisme soviétique)

Son disciple, Chavigny, ne l’appelait-il pas le « Janus français », Janus, le dieu de l’antiquité, le dieu primordial, le dieu des commencements, celui qui a deux visages, l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir ?

Car le génie de Nostradamus, plus que de prédire, consistait à déduire.

Nostradamus fut l’un des premiers modernes (il a vécu pendant la Renaissance, début des Temps modernes) à avoir compris le système des cycles qui explique la marche du monde.

Les premiers écrits de cyclologie apparaissent chez les Indous, qui ne faisaient que s’en référer aux cycles de vie naturels : tous les êtres naturels, les plantes, les astres, les saisons, les jours, les heures, les hommes, les animaux vivent selon un cycle : naissance, vie, mort ; le temps est cyclique, tout recommence lorsque tout est mort.

Mais les civilisations naissent, vivent et meurent selon le même processus.

Les Indous avaient divisé le temps cyclique en quatre périodes, chacune d’elles appelée Yuga. Nous sommes à la fin de la dernière période, appelée Kali-Yuga, déclin entamé il y a 6400 ans.

Toutes les anciennes sociétés traditionnelles se référaient au système cyclique, au temps cyclique, le temps linéaire n’étant qu’une invention humaine initiée par les monothéistes.

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Les Grecs, par les écrits d’Hésiode notamment, ont aussi adopté le concept de temps cyclique, lui aussi partagé en quatre périodes qui vont du meilleur au pire ; le système cyclique est un système involutif. L’Age d’or est suivi de l’Age d’argent, puis du bronze, puis du fer, qui correspond donc au Kali-Yuga, celui dont nous vivons les derniers instants ; à la fin du grand cycle réapparaît le nouveau avec un nouvel Age d’or.

Ainsi donc, Nostradamus, le Janus français, doté d’une longue mémoire, d’une grande culture, ainsi que d’une profonde intuition, héritier spirituel de plusieurs ethnies et cultures, déduisait des anciens cycles les événements qui allaient apparaître pour le nouveau.

Le système cyclique a été compris et repris par quelques-uns de nos auteurs contemporains qui se sont ainsi avérés être des passeurs et des mainteneurs des anciennes sociétés traditionnelles à travers le monde, et, plus particulièrement, du monde indo-européen :  Spengler, Mircéa Eliade, Georges Dumézil, René Guénon, Julius Evola… auxquels il convient de se référer pour comprendre quelque chose à l’Histoire du monde et aux terribles événements qui se déroulent sous nos yeux.

Je terminerai par une phrase qui résume bien cet article, phrase de Paul-Georges Sansonetti qui, lui aussi, appartient à cette catégorie distinguée de passeurs et de mainteneurs : « Comme disait Goethe :" Les évènements à venir projettent leur ombre vers nous". Encore faut-il que de véritables voyants (alliant une intuition indissociable de la conscience ethnique à une lucidité héroïque) soient capables d'interpréter ces ombres messagères. »

Note:

[1] Les Diafoirus sont des médecins, père et fils, dans la pièce de Molière, Le Malade imaginaire. « Cuistres grandiloquents et rétrogrades dont le charlatanisme finit par éclater au grand jour » (Wiktionnaire)

samedi, 01 août 2020

Objectif Covid : soumission et robotisation de la population planétaire

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Objectif  Covid : soumission et robotisation de la population planétaire

Le monde entre les mains de « l’élite » transhumaniste

par Pierre-Emile Blairon

En 2015, j’avais écrit un article intitulé Le système à remplacer Dieu (sous-entendu : le Système destiné à remplacer Dieu) que certains sites avaient repris comme ceci : le Système a remplacé Dieu ; en quelque sorte, une prémonition pour pallier une subtilité de la langue française incomprise. Ce qui n’était alors qu’une anticipation est devenue une constatation.

Car nous y sommes.

En vérité, je n’aurais pas grand-chose à rajouter à cet ancien article, si ce n’est que les modalités de la machination opérée par les « élites » mondialistes se précisent d’une manière très explicite et que ces « élites » ne prennent même plus la peine de déguiser leur projet, tellement l’assentiment des populations leur est acquis sans aucune réserve. Un terrain favorable préparé depuis longtemps (de nombreux siècles au minimum ; parler de milliers d’années risquerait d’effrayer les esprits peu habitués aux assertions dérangeantes) ; je le répète dans mes ouvrages, articles et conférences : nous sommes à la fin d’un cycle et, à la fin de chaque cycle, les civilisations s’effondrent, meurent, soit par le fait des hommes, des guerres, un suicide collectif, démographique par exemple, mais aussi des cataclysmes, en général, une conjonction de diverses catastrophes, mais toujours accompagnée d’une inversion des valeurs qui constituaient le socle, la colonne vertébrale, des dites civilisations.

« On verra apparaître, venant d’Amérique, une sorte d’interdiction de penser »

Les contraintes physiques imposées par la pseudo-pandémie viennent d’un passé beaucoup plus proche : casque pour les motards et ceintures de sécurité pour les automobilistes étaient les premières restrictions à la liberté individuelle et l’une des plus importantes : la liberté de circulation (voir mon article : les apprentis-dictateurs, mai 2020).

VrRloXu1H4B0ClbrOp1P6aXsBSY.jpgLes modalités d’une fin de cycle ont été évoquées par toutes les traditions de toutes les civilisations ; un penseur chrétien proche de nous dans le temps, Rudolf Steiner, avait fait œuvre de prédiction quand il avait prononcé ces phrases en 1916 : « Il ne faudra pas attendre longtemps après l’an 2000 pour que l’humanité ait à vivre des choses fort étranges qui ne se préparent encore que lentement. La plus grande partie de l’humanité sera sous l’influence de l’ouest. Les prémices idéalistes que nous percevons déjà sont bien sympathiques en comparaison de ce qui vient. On verra apparaître, venant d’Amérique, une sorte d’interdiction de penser, non pas directe mais indirecte ; une loi qui aura pour but de réprimer tout penser individuel. On assistera à une oppression généralisée de la pensée dans le monde. »

Les épidémies figurent aussi parmi les grands fléaux dont la conjonction est caractéristique d’une fin de cycle ; mais même Steiner, en parlant « de choses fort étranges » n’avait pas imaginé à quel niveau de duplicité les hommes de pouvoir pouvaient arriver puisqu’il s’agit avec ce Covid 19 d’une fausse pandémie créée artificiellement en vue d’un but précis. Steiner évoquait une « interdiction de penser » (le politiquement correct) qui est devenu une interdiction de parler (le baillon qu’on appelle « masque » ou la censure exercée par la presse aux ordres), autant de contraintes qui sont l’apanage d’une dictature mondiale plus ou moins déguisée si bien décrite en 1949 par Georges Orwell dans son ouvrage 1984. Le plan se déroule méthodiquement sans aucune espèce d’opposition, sauf les quelques rares personnes lucides qui tentent d’alerter une population qui semble définitivement acquise à toutes les mesures qui organisent sa disparition. A vrai dire, dans un contexte où l’égoïsme règne en maître, la grande majorité de la population ne s’intéresse qu’à la satisfaction de ses petits besoins hédonistes et se fout éperdument de la mort de nos vieilles sociétés européennes et de leurs merveilleuses créations. Après moi, le déluge.

Le transhumanisme n’est rien d’autre que l’autre nom du satanisme

AVT_Philippe-Guillemant_2462.jpegOn retrouve sous la plume de Philippe Guillemant (photo), ingénieur physicien, chercheur au CNRS, mais néanmoins esprit indépendant, un résumé de l’objectif évidemment non dévoilé de l’apparition préfabriquée du Covid : « Les « pro-masques » et plus précisément ceux qui sont pour l’obligation du port du masque sous-estiment grandement le fait que le masquage est un prélude à la vaccination, qui est elle-même un prélude à l’identification numérique puis au traçage humain qui s’ensuivra naturellement, avant de nous conduire en très peu de temps à l’ère transhumaniste, introduite par l’analyse en temps réel de tous nos gestes, actes, déplacements et rencontres par des programmes, ma spécialité. Or cette perspective est à mes yeux bien plus grave que n’importe quelle bombe atomique ou guerre mondiale. »

On peut en effet douter de la philanthropie de Bill Gates et de ses comparses transhumanistes qui ne rêvent que de réduire l’Homme à une sorte d’esclave consentant disponible pour tous les désirs de ses maîtres ; l’étape suivant cette traçabilité humaine (comme on le ferait d’un animal de boucherie) serait l’instauration d’un salaire universel , un concept utopique apparu depuis de nombreux siècles ; mais je me suis demandé pourquoi ce revenu de base avait été renommé récemment revenu universel alors qu’il était libre de le définir à la convenance des différents pays qui le mettraient en place - nous avons désormais la réponse - avant de priver les humains de tout salaire puisqu’ils seraient ensuite entièrement robotisés et débarrassés de tout besoin de subsistance.

Certains s’étonnent que l’Ordre mondial, dont les valeurs sont uniquement fondées sur la matérialité et l’argent, veuille à tout prix détruire tous les rouages de l’économie en place et ne veulent pas croire que les mesures accompagnant l’apparition du coronavirus (confinement, port du masque, des gants, distanciation « sociale » - alors qu’elle n’est que « sanitaire » - , etc.) n’ont d’autre but que de supprimer économiquement les principaux producteurs de richesses d’un pays traditionnel : les paysans, les professions libérales, les commerçants, les indépendants d’une manière générale ainsi que l’élimination physique des personnes âgés qui, selon un transhumaniste français, Jacques Attali, ne servent plus à rien passé 65 ans. C’est que la conception ancienne d’un capitalisme producteur a fait place à celle d’une économie basée sur le travail non rémunéré d’une population robotisée comme nous l’avons précisé.

Mais que vient faire Dieu dans ce dispositif ?

L’hubris (la vanité) des transhumanistes est telle que ces derniers ont pour but ultime de supprimer la mort (La mort de la mort est le titre de l’ouvrage du représentant en France des transhumanistes, Laurent Alexandre), l’Homme étant progressivement dépouillé de ses organes naturels pour se transformer in fine en répliquant comme dans le film-culte Blade Runner.

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On peut lire ceci dans l’ouvrage de Laurent Alexandre : « Grâce aux révolutions concomitantes de la nanotechnologie et de la biologie, chaque élément de notre corps deviendra réparable, en partie ou en totalité, comme autant de pièces détachées. »

Le transhumanisme n’est rien d’autre que l’autre nom, plus technologique, plus moderne, plus chic, du satanisme en vogue dans les siècles passés. Mais ce n’est pas pour autant que les pratiques horribles perpétrées par la comtesse hongroise Elisabeth Bathory, par exemple, ne se sont pas perpétuées. Il semble même qu’elles se sont répandues à l’ensemble de la planète dans tous les cercles de pouvoir et pour les mêmes raisons. La légende macabre de la comtesse sanglante raconte que la comtesse était obsédée par la peur de vieillir et de mourir et qu’elle aurait saigné jusqu’à ce que mort s’ensuive des centaines de jeunes filles pour prendre des bains de leur sang dans l’espoir de garder une jeunesse éternelle.

Quand on a tout ce qui constitue le meilleur dans ce monde matériel qui est le nôtre : la gloire, la puissance et l’argent, il ne reste plus qu’à s’adonner aux pires perversités – puisqu’on est assuré de l’impunité - et à vendre son âme au diable pour organiser son immortalité physique.

En France même, plusieurs affaires se rapportant à la pédocriminalité et aux perversions sexuelles impliquant de hautes personnalités ont secoué un temps l’opinion publique avant que les répercussions de ces affaires ne soient désamorcées par les pouvoirs en place et les médias autorisés.

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Plus récemment, l’affaire Epstein, aux ramifications internationales, loin de trouver son épilogue par la mort « mystérieuse » de son principal protagoniste risque de rebondir avec l’inculpation et la mise en prison de sa compagne, Ghislaine Maxwell, fille du milliardaire du même nom, qui possède un fichier contenant les noms des personnalités qui ont participé aux turpitudes qui auraient horrifié même les enquêteurs pourtant rompus aux plus folles divagations. Dans cette affaire, la classe des hyper-riches, la jet-set mondiale et la plupart des dirigeants politiques planétaires y seraient compromis, bref, la quasi-totalité des représentants de l’Ordre mondial. Plusieurs témoignages évoquant le meurtre rituel d’enfants par « l’élite » sont apparus sur les réseaux sociaux.

La manipulation Covid s’inscrit dans un processus global de domination planétaire et n’est que l’un des aspects du dispositif mis en place ; entre autres exemples possibles, la population désinformée ne voit pas le lien entre la fulgurante ascension de l’islam dans les pays de tradition chrétienne et le Covid ; ce sont justement les mêmes manipulateurs, les « élites » mondialistes, qui ont favorisé l’expansion de l’islam notamment en Europe parce qu’il sert ses intérêts du moment, quitte ensuite à l’éradiquer lorsqu’il aura fini son œuvre destructrice ; les islamistes sont les hommes de main du gouvernement mondial qui lui permettent d’accélérer le processus de destruction des valeurs européennes traditionnelles. Il faut juste rappeler à ce sujet que le mot « islam » signifie « soumission » et que le port du masque pour les populations sur l’ensemble du globe qui va devenir une obligation ad vitam aeternam n’est que l’extension aux populations non musulmanes des contraintes archaïques et obscurantistes subies depuis des siècles par les femmes musulmanes.

On peut ne pas croire à l’existence de Satan, mais les satanistes existent bien, depuis au moins l’apparition des trois dieux uniques, en tout cas sous ce vocable.

Le projet des transhumanistes est donc bien de remplacer Dieu, que ce dernier soit une entité d’origine naturelle, cosmique, c’est-à-dire selon les critères religieux traditionnels anciens, ou transcendant (extérieur et supérieur) et révélé par l’écriture comme l’évoquent les monothéismes. C’est aussi le projet de Satan, l’ange déchu qui semble avoir rallié à lui ces représentants du pouvoir mondialiste en manque de sensations perverses.

665_cl10.jpgLe dernier pape

A cet égard, les monothéistes sont, sous certains aspects, un terrain fertile pour tester l’efficacité de ce monstrueux dessein. Catholique ne veut-il pas signifier « universel » ?

Les chrétiens attendent le retour du Christ à la « fin des temps » qui viendra absoudre les péchés des hommes et préparer son avènement, son règne de mille années, et le jugement dernier. Mais les textes chrétiens prédisent qu’un Antéchrist, un imposteur, se manifestera avant : « Que personne ne vous égare d’aucune manière car auparavant viendra l’Apostasie et se manifestera l’Homme du Péché, le Fils de la perdition… jusqu’à s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu et se présenter comme s’il était Dieu. »

Certains chrétiens ésotéristes pensent que le dernier pape sera cet imposteur parvenu à usurper le trône de Saint-Pierre. En vertu de la loi de l’inversion des valeurs qui préside à une fin de cycle, le pape François qui n’a de cesse que de favoriser les ennemis du christianisme, ne serait-il pas ce dernier pape ?

Il n’est donc pas paradoxal de constater que, souvent, les plus acharnés défenseurs des mesures coercitives édictées par l’Ordre mondial se situent dans les rangs des croyants monothéistes qui ont juste besoin de suivre un « berger » ; le vocabulaire biblique ne les désigne-t-il pas comme un troupeau de « brebis » ? Ce sont des chrétiens hédonistes (quel paradoxe !) qui trouvent confortable de ne pas se poser de question et de suivre aveuglément les directives de l’Eglise et celles du Système qui s’est insidieusement substitué à elle quand elle a renoncé à sa mission sacrée. Un auteur catholique, Jean-Pierre Aussant, s’en étonne dans son ouvrage : L’instrumentalisation du corona[1] : « Les ultimes finalités de cette instrumentalisation ne sauraient se réduire aux Bill Gates et autres Soros. Non, elles sont infiniment plus abyssales, et concernent les changements civilisationnels et anthropologiques à long terme, et ce, notamment dans le domaine de la procréation de l’espèce. C’est qu’Il s’agit, après l’avoir déconstruit et « déshérité » (surtout de Dieu) de repenser et « re-créer » l’être humain tout court. En cela, l’instrumentalisation du corona (le corona qui certes tue, mais, en vraies données corrigées, pas plus que ce virus de la grippe de la saison 2017-2018), est un accélérateur de l’histoire, un pas de plus vers la dictature participative. En instaurant cette peur universelle d’être contaminé par « l’autre », non seulement la culture « de l’après corona » va séparer les sexes entre eux (ce qui va booster la PMA et bien d’autres choses…), mais au fond, chose étrange, elle suggère un commandement antichristique : d’ores et déjà ce n’est plus « aime ton prochain comme toi-même » mais « méfie-toi de lui comme de la peste ». Exactement le contraire de ce que nous a enseignés le Christ. Étrange, non ? »

Comme disait Sartre dans un autre contexte, pour ces chrétiens déboussolés, l’enfer, c’est les autres.

Justement, parlons-en, de l’enfer.

L’enfer, le diable, la Bête, Satan : le Mal contre le Bien, aussi indispensable chez les monothéistes que l’ombre l’est à la lumière ; un raccourci improbable car, justement, en vertu de l’inversion des valeurs, Satan est aussi appelé Lucifer, le porteur de… lumière.

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La marque de la Bête

On ne peut s’empêcher de rapprocher ce que Philippe Guillemant appelle « l’identification numérique » du texte qu’on retrouve dans l’Apocalypse de Jean : « Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. » (Chapitre 13, versets 17-18)

Suite de l’histoire : un ange vient brandir le glaive du châtiment ; tous ceux qui ont été trompés par les signes du faux prophète et ont accepté de les arborer ne connaîtront aucun repos ; par contre, ceux qui n’ont pas accepté volontairement de recevoir la marque seront distingués et vivront avec le Christ triomphant pendant mille ans.

On peut bien sûr sourire de ce qui semble être un conte pour enfants qu’on leur raconte pour faire peur à ceux qui n’ont pas été sages, mais cette histoire paraît avoir été inspirée en partie par les préceptes de la sagesse traditionnelle bien plus ancienne que les religions du Livre.

La contre-Tradition

Pour les tenants de la Tradition primordiale, qui se réfèrent au temps cyclique naturel, et non pas au temps linéaire monothéiste, ce processus se renouvelle à chaque fin de cycle. A ce moment-là, dans les derniers moments de l’existence d’une civilisation, toutes les valeurs qui la caractérisaient sont inversées, le règne du mensonge se met en place ; c’est ce que René Guénon appelle la contre-tradition : « Le règne de la contre-tradition est, en effet, très exactement ce qui est désigné  comme le « règne de l’Antéchrist ; celui-ci, quelque idée qu’on s’en fasse d’ailleurs, est en tout cas ce qui concentrera et synthétisera, en soi, pour cette œuvre finale, toutes les puissances de la « contre-initiation », qu’on le conçoive comme un individu ou comme une collectivité. »

Puissances maléfiques, forces noires, forces négatives, contre-Tradition… voilà ce qui correspond, pour les traditionalistes, à ce que les chrétiens appellent Satan. Guénon pense que ces forces maléfiques sont constituées de résidus psychiques de toutes sortes provenant de la dissolution de civilisation mortes il y a très longtemps.

imagesct.jpgQuelques soient les tourments que nous pourrions subir de cette fin de cycle, il est fascinant de penser que notre génération et les deux ou trois qui suivront pourraient connaître ce moment si particulier dans l’Histoire cosmique où une civilisation finissante donne naissance à celle qui va lui succéder ; tous les accouchements se font dans la douleur.

Les « hommes différenciés », ceux qui auront pu traverser les affres des temps derniers dans une relative sérénité, sachant d’intuition ce qui les attend, sont les semblables des « justes » chrétiens qui ont su résister aux appels des sirènes maléfiques et aux injonctions du pouvoir mondial.

Les masses lobotomisées et terrorisées sont incapables de réaliser que c’est toute la beauté du monde et la richesse de la vie dont ils seront privés par l’observance des prétendus gestes barrières ; nous entrons dans une nouvelle ère d’obscurantisme dont on ne sait quand elle prendra fin ; la beauté et l’expression d’un visage, la joie de prendre un être cher dans ses bras ou de serrer la main d’un ami, parce qu’on le croise au détour d’une rue… Toutes ces petites joies de la vie seront désormais interdites.

La légèreté du masque nous empêche de penser qu’il s’agit d’une chape de plomb qui vient de tomber sur nos existences.

Il est recommandé aux êtres différenciés d’essayer de se reconnaître – c’est plus facile quand les masques sont tombés - , de se rassembler et d’organiser ensemble, sinon la résistance, du moins la survivance pour préparer de nouveaux jours.

Et un dernier conseil : n’oubliez pas de respecter le seul geste-barrière utile : jetez votre téléviseur et lavez-vous soigneusement les mains ensuite.

Pierre-Emile Blairon.

Note:

[1] Jean-Pierre Aussant, L’instrumentalisation du corona, Un ouvrage très pertinent sur le fond mais bien insuffisant sur la forme, le livre étant truffé de fautes de français alors même que son auteur est enseignant de notre langue.

13:23 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, covid-19, coronavirus, pierre-émile blairon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 20 mai 2020

Pierre-Emile Blairon: "Les apprentis-dictateurs"

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Les apprentis-dictateurs

par Pierre-Emile Blairon

Pour votre sécurité

« Pour votre sécurité, contrôles radars fréquents ».

Ce panneau qui jalonne les autoroutes françaises en a fait sourire ou rager plus d’un. Les premiers radars automatiques sont apparus en 2003. « Pour votre sécurité », remplissez les caisses de l’Etat.

title-1576680650.jpgMais aussi, étouffez-vous : le port du casque pour les motards et la ceinture (de sécurité pour votre sécurité) pour les automobilistes avaient précédé cette touchante attention des autorités qui voulaient protéger nos vies sans notre accord express ; car, après tout, nous sommes responsables de notre destin et il n’appartient qu’à nous d’en faire ce que nous voulons, à une seule condition : que nous respections les règles de la société qui interdisent d’attenter à la liberté des autres (et encore plus à leur vie ou à leur intégrité physique). Que la vitesse excessive non maîtrisée de votre véhicule soit proscrite hors circuit, voilà qui est bien compréhensible ; mais le port du casque ou de la ceinture concerne exclusivement notre propre personne sans qu’il soit mis en danger la vie d’autrui.

La fureur de vivre

Les jeunes petits-bourgeois incultes qui se moquent des boomers (les vieux qui sont nés après la seconde guerre mondiale) en pensant qu’ils ne s’intéressaient, comme eux, qu’à l’économie et à la surconsommation, ignorent tout de la jeunesse de la plupart de ces « boomers » qui vivaient ailleurs qu’à Paris et d’une manière autrement moins conformiste qu’eux au même âge.

A l’époque de la « Fureur de vivre » et de la « Dolce vita », les jeunes rebelles avaient envie de mourir ailleurs que dedans un bon lit, comme dit la chanson, en brûlant la vie par les deux bouts et en la quittant, par exemple, le crâne fracassé contre un platane (qui en avait vu de toutes les couleurs).

D’autres, ou les mêmes, sur un registre plus romantique, se délectaient de voir passer les jolies filles des années 60, robes légères et cheveux au vent sur leurs mobylettes, leurs scooters ou leurs Solex.

02ab39c083d8e45b807c3772dc830b1e.jpgC’était l’époque des Blousons noirs, des bandes, de la castagne, le début des années 60, l’époque juste avant celle où Brigitte Bardot chantait sur son Harley-Davidson : « Que m’importe de mourir les cheveux dans le vent », une époque où « on se traitait de con, à peine qu’on se traitait », chantait Claude Nougaro, un temps qui n’avait pas encore vu la pseudo-révolution des mao-spontexs, les enfants des grands bourgeois parisiens, qui allaient s’amuser à faire mai 68 en prenant pour modèles de vertu les sanguinaires khmers rouges (avant de succéder aux affaires de leurs papas et de prendre le pouvoir politique), un temps qui n’avait pas encore vu les rassemblements Peace and love à la sexualité débridée et le mignon Flower power.

Aucun des membres de ces troupes bien disparates, gentils comme méchants, n’aurait imaginé porter un casque pour faire de la moto ou attacher une ceinture en montant dans une voiture.

On peut, en effet, ne pas aimer avoir le crâne compressé dans un casque (quand il n’est pas question de faire la guerre), dans une « prison pour la tête ». On peut ne pas aimer être ligoté dans une ceinture comme un aliéné (aliéné : être étranger à soi-même). J’entends déjà certains dire : « vous savez ce que ça coûte un accident, pour l’hôpital ? » Mais pourquoi est-ce toujours au citoyen d’être responsable de ce qu’il paye déjà, de n’être responsable que lorsqu’il s’agit de payer ? Combien coûtent tous ces parasites payés à ne rien faire ou à mal faire (Voir à ce sujet l’article de Michel Lebon sur Nice-Provence Info où il donne la liste des employés de l’Agence régionale de santé pour notre région Provence-Alpes-Côte d’azur[1]) et combien coûtent toutes les erreurs du gouvernement actuel (ah oui, l’hôpital, parlons-en…) ?

On a ensuite commencé à entendre ce slogan « sauver des vies » lorsqu’il s’est agi d’épargner celles causées par les accidents de la route puis celle des fumeurs. La formule était encore une fois mal venue car, après tout, on ne sauve jamais aucune vie qui finira bien par trouver son terme d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard.

Le 17 mai 1973, La Prévention routière avait diffusé une campagne de publicité (voir photo) pour marquer les esprits afin de dénoncer le nombre de victimes annuel par accident de la route : 16545, approximativement la population de Mazamet qu’on fait allonger dans les rues de la ville. A noter que Chantal Perrichon, la présidente de la Ligue contre la violence routière, n’avait pas encore commencé à sévir.

Le principe de prévention

Il y avait, tout près de chez moi, une route qui menait directement à la ville ; elle était bordée, à son départ, par une falaise rocheuse ; longtemps, il y eut un panneau triangulaire très simple représentant une chute de pierres. Symbole compréhensible pour tout le monde, même ceux ne parlant pas français.

chutepierres.jpgLe panneau voulait dire : attention, des pierres sont déjà tombées à cet endroit, méfiez-vous, le risque subsiste ; ce qui voulait aussi signifier : vous vous engagez dans cette voie à vos risques et périls, sous votre responsabilité ; ce panneau était simplement là pour vous faire comprendre que vous étiez libre de prendre une décision qui était votre choix, qu’il n’était pas question de vous infantiliser. Le panneau faisait partie d’un système de signalisation qui, à l’époque, n’avait pas de nom, parce que le bon sens n’a pas besoin d’être nommé, un concept qu’on aurait pu appeler alors le principe de prévention, du verbe « prévenir ».

Le principe de précaution

Et puis, il y a une dizaine d’années, des pierres sont à nouveau tombées de cette falaise sur la route.

Le panneau à usage préventif avait disparu. Que faire ? il fallait entreprendre des travaux, placer un filet métallique pour recouvrir cette partie de la falaise sur une dizaine de mètres. Mais, derrière chaque incident de ce type, partout en France, il y a une énorme bureaucratie à la française, des milliers d’employés qui vont s’intéresser ou pas au problème (le plus souvent pas), des centaines de propositions contradictoires qui vont faire que rien ne sera fait avant longtemps ; c’est ce qui est arrivé. La route a été fermée pendant des mois parce que les différentes couches décisionnaires (l’Etat, la Région, le département, la communauté de communes, la Métropole, la ville, puis la DDE, le préfet, et les diverses instances bureaucratiques… (ce qu’on a appelé le « millefeuille administratif ») n’ont jamais voulu prendre la décision d’ouvrir la route avant que ne soient effectués les travaux - ça peut se comprendre – mais ont mis des mois avant d’autoriser leur réalisation, chacun des « décisionnaires » tenant trop à son confort pour risquer quelque initiative que ce soit. Et ce sont les citoyens qui pâtissent in fine de cette effarante impéritie.

Le principe de précaution provient du droit de l'environnement et du droit de la santé, ayant été développé à la suite d'affaires telles que celle du sang contaminé où les instances dirigeantes du milieu hospitalier se renvoyant la patate chaude pour ne pas prendre de décision ont fini par être « responsables » (mais « pas coupables ») de la mort de centaines de personnes parmi les populations hémophiles transfusées. Le scandale débouchera en 1993 sur la création de la Cour de justice de la République, compétente pour juger les crimes ou délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions, juridiction d’exception dont le président Macron a souhaité la disparition.

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Le principe de précaution représente l’un des archétypes du politiquement correct d’une société bien policée, bien soumise et bien timorée, un principe contre lequel personne n’ose s’élever.

Il consiste à priver de liberté l’ensemble de la population pour sauver d’une part des irresponsables - les individus incapables de se gérer - et les décideurs, d’autre part, qui préfèrent pénaliser l’ensemble de la population au profit de leur confort personnel ; qu’il est loin le temps où les fonctionnaires étaient au service de la nation et des citoyens !

Les partisans de l’Ordre mondial, comme le sont tous nos gouvernants de l’ouest européen, rêvent d’une suppression des frontières au niveau national, mais assignent, « en même temps », à chaque citoyen une limite territoriale qui ne peut excéder celle de son propre corps (lequel citoyen l’accepte généralement très bien puisqu’il a été mutilé de son esprit critique très insidieusement par les médias, et principalement par la télé). Nous avons vu quel a été le processus de cet enfermement gradué et indolore qui a affecté perfidement la population depuis la fin des années 60.

Avant de poursuivre, je ferai remarquer que ces principes de sécurité et de précaution totalement artificiels et superflus mais dont le gouvernement semble tenir grand compte ne font nullement référence à la véritable insécurité, celle dont l’Etat doit se préoccuper en tout premier lieu – il s’agit d’une fonction régalienne - mais qui ne l’intéresse nullement de combattre car elle lui permet d’entretenir un climat de peur et de psychose qui affecte le citoyen dans le but de rester au pouvoir ; je veux parler de l’insécurité causée par les délinquants sur les personnes et les biens : incivilités, vols, viols, meurtres, de nos jours perpétrés au quotidien.

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[Les citoyens] « ont peur, donc s’isolent les uns des autres, cessent de sortir, mettent une sourdine à leurs revendications. Les rues se vident, l’espace public se délite, chacun se replie sur sa sphère privée, meublent ses soirées en regardant la télévision : quoi de plus favorable à l’exercice de l’autorité ? En laissant les délinquants agir à sa place, le pouvoir fait d’une pierre deux coups. L’ordre se défait, tout est d’ailleurs mis en œuvre pour qu’il se défasse, mais le désarroi même qui en résulte débouche paradoxalement dans une relégitimation du pouvoir (car le pouvoir apparaît comme l’ultime rempart contre le désordre triomphant). Les forces de l’ordre ont pour consigne de laisser faire, c’est-à-dire de ne rien faire qui puisse empêcher l’ordre de se défaire (politique de passivité). »

Voilà ce qu’écrivait Eric Werner en 1998[2], nous nous retrouvons dans cette exacte situation en ce printemps 2020 après les mesures édictées dans le monde entier à l’occasion de cette pandémie ; nous voyons que les objectifs du Système n’ont guère changé. La peur de la pandémie a succédé, avec beaucoup plus de succès pour ceux qui l’ont instillée, à celle du terrorisme ; le « Restez chez vous » a remplacé plus efficacement le « Je suis Charlie » qui avait fait l’objet, à l’époque, d’une véritable hystérie collective.

Covid 19 : le coup de tonnerre qui bouleverse le monde

Soyons clair : un coup de tonnerre est un phénomène naturel ; nous ne sommes pas certains que le Covid19 soit véritablement une pandémie d’origine naturelle.

Le véritable coup de tonnerre est celui-ci : pourquoi le Système mondial a-t-il décidé de passer brutalement à l’action en propageant ce virus ? Nous nous attendions à une mise en place plus lente dans sa guerre contre les peuples traditionnels. En fait, je crois qu’il a mis en application le dicton : « L’occasion fait le larron ». Il est possible qu’un employé du fameux laboratoire P4 de Wuhan ait malencontreusement ou intentionnellement répandu le virus hors les murs du laboratoire ; et quelques esprits avisés dans les sphères du pouvoir mondial ont profité de cette opportunité pour mettre en place ce plan de manipulation des masses qui existe vraisemblablement depuis de nombreuses années « dans les cartons », comme on dit.

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C’est ainsi que les deux principes que nous dénonçons ont tellement bien fait leur travail que les promoteurs de la pandémie ont pensé qu’il serait un jeu d’enfant de poursuivre le processus ; le monde est mûr pour un puçage global sous forme de vaccination, par exemple. Le principe de sécurité et le principe de précaution (tous deux entrés en vigueur contre la population) vont servir à canaliser et à faire accepter les restrictions aux libertés décidées à l’occasion de cette pandémie.

Une autre mise au point : la gestion de la crise pandémique par le gouvernement français (mais qui fut à peu de détails près la même dans d’autres pays européens : l’Italie, la Belgique, l’Espagne, notamment), cette gestion a été qualifiée de catastrophique par l’opposition réactionnaire de droite et de gauche ; rien n’est plus faux ; notre gouvernement est arrivé à ses fins avec un brio qu’il faut saluer. Inutile que je développe ce point, Georges Gourdin l’a remarquablement bien fait dans son article sur Nice-Provence-Info : https://www.nice-provence.info/2020/05/11/detrompez-vous-...

Souvenez-vous de ce que les commentateurs ont considéré comme un cafouillage au tout début de la crise : les déclarations contradictoires entre les différents membres du gouvernement sur l’existence de stocks de masques, de tests, sur les modalités tout aussi contradictoires du confinement, dont la dernière perle revient au président Macron lui-même qui assure, le lundi 18 mai, que la France n’a « jamais été en rupture de stock de masques », perle précédée de celle du ministre de l’Education nationale Blanquer : « Il y a plus de risques à rester chez soi que d’aller à l’école », après que tous les membres du gouvernement et autres « experts » en pandémies nous aient répété en boucle le contraire qui tenait en un mot : confinement , qui est un autre terme pour désigner l’incarcération, celle-ci quasiment volontaire de la part des incarcérés. On connaît la formule d’Aldous Huxley qui peut accompagner tous les épisodes de cette gigantesque manipulation : « La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude ... »

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En réalité, tout le monde au gouvernement et dans les médias a admirablement joué le rôle qui lui a été attribué pour décontenancer le peuple qu’ils méprisent, tous plus acteurs et menteurs les uns que les autres.

Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n'est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut pas se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d'agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et, avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez”, disait Hannah Arendt.

Résultat, à l’heure où j’écris, un sondage vient d’être publié qui confirme que la côte du Premier ministre s’envole à 57%[3] d’opinions favorables après toutes les turpitudes dont ce sinistre personnage s’est rendu coupable ; se référer plus haut au texte d’Eric Werner pour comprendre l’attitude de la population qui peut apparaître comme une aberration.

Les matamores de la pandémie

On ne sait pas si c’est le principe de précaution qui s’est appliqué puissance 10 lors de cet épisode de pandémie. En tout cas, le conditionnement actuel de la population par le Système mondial a été préparé avec une telle constance et une telle méticulosité grâce à ces principes de « sécurité » rabâchés jusqu’à la nausée par les médias pendant des années qu’il n’y avait pratiquement plus rien à faire pour la conduire exactement là où il voulait qu’elle aille, c’est-à-dire : nulle part. Un labyrinthe dépourvu de sortie, un piège à rats. D’où le slogan : restez chez vous.

Je dirais qu’il y avait en partie de ça en ce qui concerne les petits décideurs, certains petits maires par exemple, toujours prompts à imiter ce qui se fait en haut lieu, histoire de passer pour des gens importants, même s’ils ne comprennent rien aux véritables intentions de l’oligarchie mondiale, ou même nationale. Nous avions déjà vu ce phénomène en ce qui concerne un autre sujet, tout à fait différent, mais qui procède de la même démarche, lorsque j’avais évoqué dans un autre article ces ronds-points « agrémentés » d’une « œuvre d’art » dont nous gratifiaient certains édiles locaux[4].

Si ces édiles, pour la plupart de bonne foi, savaient à quelle monstruosité ils s’empressent de collaborer avec un zèle inouï en croyant « protéger » leurs concitoyens, ils en resteraient mortifiés pour le reste de leur vie.

L’un des premiers à se distinguer dans cette surenchère sanitaire liberticide fut le maire de Sanary qui prohibait de circuler à plus de 10 mètres de son domicile et qui interdisait d’aller chez le boulanger pour acheter une seule baguette ; il avait été obligé de faire marche arrière devant le nombre de protestations de la population.

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Robert Ménard, pour ne pas être en reste, a fait enlever tous les bancs de sa ville, Béziers, pour empêcher bien sûr la population de s’y asseoir (après avoir encensé, d’ailleurs, le premier discours du Président Macron sur la crise sanitaire ; il n’a pas été récompensé de cette flagornerie, l’Etat lui a interdit de proposer un test au personnel des écoles et des crèches).

A Biarritz, on n’avait pas le droit de s’asseoir « plus de deux minutes » sur les bancs publics face à la mer ; qu’importe, quand on a vu ses reflets changeants sous la pluie (comme chantait Charles Trénet) plus de deux minutes, on a tout vu ; Georges Brassens doit se retourner dans sa tombe, lui qui prenait la défense des amoureux qui se bécotaient sur les bancs publics, bravant les regards désapprobateurs des « passants honnêtes ».

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse va demander que chaque personne souhaitant venir sur l'île (Corses compris) « présente à l'aéroport ou au port un test de dépistage négatif datant de moins de sept jours avant le départ. ». On a connu ce monsieur moins regardant sur les conditions d’entrée sanitaire sur l’île lorsqu’il proposait d’accueillir les clandestins de l’Aquarius.

J’ai gardé pour la bonne bouche l’inénarrable Estrosi qui nous a fait la totale à Nice.

A propos des déplacements dits brefs, relatifs à la pratique sportive, aux promenades en famille ou aux sorties nécessaires pour les animaux domestiques, trop nombreux sont ceux dévoyant ces règles pour contourner les mesures du confinement. Trop nombreux sont ceux utilisant ce prétexte pour se retrouver entre amis, aller voir la famille ou tout simplement s’offrir un bol d’air…» C’est moi qui souligne. Et on rajoutera à ça quelques mesures qu’il avait prévues comme le port du masque obligatoire, le couvre-feu à partir de 20 h dans certains quartiers, la fermeture des plages, de la Promenade des Anglais, de l’avenue Jean Médecin et des parcs et jardins, les fermetures administratives des entreprises ne faisant pas respecter la « distanciation sociale »…

Masque : muselière, baillon, ou les deux ?

masquemuqzeliere.jpgLe port du masque est aussi efficace que la loi Avia pour attenter à la liberté d’expression et presque aussi efficace que la fameuse marque de la bête, le puçage que Bill Gates nous promet en même temps que la vaccination à échelle mondiale.

Le masque, muselière, baillon, ou les deux à la fois, constitue le symbole parfait de soumission à l’ordre régnant qui permet à nos gouvernants de savoir globalement (sauf exception) quels sont ceux des Français qui leur sont passivement acquis et, mieux encore (car leurs visages sont à découvert) ceux qui deviennent de facto des dissidents.

On se souvient des polémiques qu’avait suscitées le port du voile, véritable signe de soumission de la femme musulmane ; nous avons avec cette nouvelle « masquarade » l’équivalent mondial du niqab pour tous.

Porteurs du masque ou visages découverts : paradoxalement, on pourrait dire que, quelque soit le choix, les masques sont (quand même) tombés.

Retour aux heures les plus sombres

La pandémie va passer, les big brothers de pacotille vont se faire oublier, resteront les modalités du but recherché qui a été atteint sans doute au-delà des espérances de ses promoteurs et particulièrement en France, comme l’a si bien relevé Eric Werner, encore lui :

« La France n’a pas été le seul pays d’Europe à instaurer un confinement strict de sa population, mais nulle part ailleurs la répression policière en lien avec la mise en œuvre de cette mesure, en elle-même, il est vrai, déjà très discutable, n’a comporté des traits d’une telle férocité, parfois même d’inhumanité. Certaines vidéos en font foi. L’État français traite aujourd’hui sa propre population comme s’il était en guerre avec elle. Une telle situation est complètement atypique et même unique en Europe.

Observons au passage que les Français dans leur ensemble n’en ont pas ou que rarement conscience. Il faudrait que quelqu’un prenne un jour la peine de le leur expliquer : leur dire que nulle part ailleurs sur le continent, la police ne se permettrait de traiter ainsi les gens. Ce n’est même pas imaginable. Le leur dirait-on qu’ils se montreraient peut-être moins timides dans leurs protestations. Quand on croit que c’est la même chose ailleurs, on a tendance à dédramatiser, quand ce n’est pas à banaliser. Or, justement, ce n’est pas la même chose ailleurs. » Article d’Eric Werner paru dans la rubrique «Enfumages» de l’Antipresse n° 232 du 10/05/2020.

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En vérité, les citoyens eux-mêmes, dans leur grande majorité, auront dépassé les souhaits des apprentis-dictateurs qui voulaient les contraindre ; chacun d’eux faisant assaut de veulerie, de mesquinerie et de conformisme, dénonçant à la police son voisin qui ne respectait pas à la lettre les règles du confinement ou regardant comme des criminels ceux qui ne portaient pas de masque, tous ces bons petits-bourgeois étant persuadés d’être, dans leur bon droit, des modèles de vertu. C’est le retour aux heures les plus sombres de la collaboration.

Pendant des siècles, nos soldats se sont battus pour conserver à leur peuple sa liberté qui était alors considérée comme la valeur suprême qui devait être le socle de toute vie digne de ce nom ; beaucoup sont morts pour cette cause.

monmorts.jpgLes Français du XXIe siècle ont choisi : ils préfèrent désormais l’esclavage à la liberté. Comme l’avait si bien montré le dessin de Konk qui, représentant un monument aux morts, avait remplacé l’inscription « Morts pour la France » par celle plus en rapport avec la mentalité actuelle : « Morts pour rien ».

Paul-Georges Sansonetti a fort bien défini la situation tragique qui est actuellement la nôtre dans son livre, Présence de la Tradition primordiale (éditions ODS) : Si les civilisations s'épanouissent en reflétant, par la formulation de la beauté, un ordre suprahumain, leur sauvegarde n'est assurée que lorsque s'affirme une volonté combattante sans faille. Asservissements et ténèbres ne croissent qu'en des temps où rouillent les épées."

Pierre-Emile Blairon

Notes:

[1] « Par curiosité, faites-vous mal, jetez un coup d’œil sur l’organigramme de l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur. Des comme ça, il y en a dans toutes les Régions. Ça en fait des brasseurs d’air pour décider du nombre de cases de la marelle. » (La marelle, Nice-Provence-Info, 10.5.2020)

[2] Eric Werner, L’avant-guerre civile, Editions L’âge d’homme.

[3] Sondage publié, le 12 mai, par Paris Match et Sud Radio et réalisé par l’IFOP.

[4] L’art de la provocation.

 

dimanche, 22 mars 2020

L’homme cosmique et la Tradition primordiale

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L’homme cosmique et la Tradition primordiale 

Conférence Mont-de-Marsan, 28 mars 2020

par Pierre-Emile Blairon

Bonjour, chers amis,

L’Europe : une longue mémoire

Tout le monde peut constater que chaque jour qui passe amène son lot de folie, de mensonges, de turpitudes, de déni de tout ce qui a fait la grandeur de l’Europe depuis des milliers d’années. J’ajouterai cette épidémie de coronavirus qui nous tombe sur le dos, et qui fait partie du dispositif - l’épidémie, créée ou non par l’Homme, est l’un des éléments majeurs de la conjonction des catastrophes d’une fin de cycle.

L’heure est donc à l’urgence.

Je veux d’abord rendre ici un hommage à nos héros qui ont porté les valeurs chevaleresques de l’Europe, celles qui ont donné aux Européens la maîtrise de leur destin et de leurs frontières, rendre un hommage à nos savants qui lui ont donné ses armes techniques, surtout dans le domaine de la médecine - merci, Docteur Alexis Carrel - !, rendre hommage à nos poètes et nos artistes - merci, Lovecraft, merci, Tolkien - et tant d’autres ! qui ont façonné ce qui fait la force originale de l’Europe : je veux parler de sa faculté de se projeter dans un imaginaire que nous avons été les seuls à concevoir et à habiter, sans l’aide de substances artificielles, je veux rendre hommage à notre faculté de création, notre faculté d’inventer de nouveaux mondes, au jour le jour, s’il le fallait.

Si nous sommes toujours capables d’étonner le monde, c’est parce que nous sommes porteurs d’une longue mémoire, sans que nous en soyons toujours conscients, une mémoire cachée au plus profond de notre être, une mémoire qui réapparaît aux moments les plus cruciaux de notre longue histoire et qui nous force à combattre, une mémoire qui nous vient de nos ancêtres hyperboréens, qui ont créé le monde dont nous vivons les plus néfastes moments, mais c’est dans l’ordre des choses, et  nous avons à assurer la pérennité de nos lointaines origines. Nietzsche disait : « Regardons-nous en face. Nous sommes des hyperboréens, — nous savons suffisamment combien nous vivons à l’écart. « Ni par terre, ni par mer, tu ne trouveras le chemin qui mène chez les hyperboréens » : Pindare l’a déjà dit de nous. Par-delà le Nord, les glaces et la mort — notre vie, notre bonheur… Nous avons découvert le bonheur, nous en savons le chemin, nous avons trouvé l’issue à travers des milliers d’années de labyrinthe. Qui donc d’autre que nous l’aurait trouvé ? »

L’heure est à l’urgence parce que nous sommes à la fin, à la fin de la fin, d’un grand cycle. Je reviendrai tout à l’heure sur la notion de cycle qui est la base même de nos connaissances européennes et de notre statut, pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec ce concept fondamental et incontournable.

Continuer à se battre

Il faut le redire : les jeux sont faits, rien ne va plus, toutes les valeurs sur lesquelles s’appuyaient nos peuples sont inversées ; les forces négatives qui nous traquent depuis des millénaires semblent prendre le dessus. Elles ne le pourront pas, in fine, parce que nous ne pouvons pas rester sans agir ; on a dit de nos ancêtres gaulois qu’ils étaient de fameux guerriers ; l’un des plus puissants caractères de l’homme européen est de continuer à se battre même lorsqu’il semble que tout est perdu ; nous n’acceptons pas la fatalité comme les musulmans. Il faut que cette ténacité et ce courage servent cependant à quelque chose.

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Notre ami Maurice Martin, ou Robert Dun, l’avait déjà compris il y a trente ans quand il disait : « Nous sommes à l’âge missionnaire qui doit suivre toute grande prophétie. Chacun de nous a le devoir de devenir missionnaire. Mais cela exige de se cultiver, de lire et de réfléchir beaucoup, de développer son élocution et ses capacités de discussion calme et efficace. Cela exige donc de connaître l’adversaire. C’est certes plus pénible que d’attendre l’apparition d’un problématique chef charismatique et même de vendre des journaux, de coller des affiches et de tenir des meetings. Prendre le pouvoir ? Qui peut espérer encore en avoir le temps ? »

Effectivement, nous n’avons plus le temps. Les hommes de ma génération et ceux de la génération qui l’a précédée après-guerre, ont tenté de faire reculer l’échéance inévitable de cette fin de cycle. Ils ont tenté de conserver intacts les principales facettes du génie européen, avec les moyens et l’esprit hérités du monde ancien, c’est-à-dire surtout le combat viril, celui qui est traditionnellement réservé à la deuxième fonction chez les Indo-européens, la fonction guerrière.

Ce sont souvent les mêmes qui ont constaté l’inanité du combat militant - on nous appelait « activistes » - et ce sont les mêmes qui ont ensuite privilégié le combat métapolitique, tout aussi infructueux. Nous n’étions pas très futés.

Il faut bien admettre que 60 ans de militantisme acharné ne nous ont pas permis d’accéder au pouvoir, ni politique, ni électoral, ni culturel. La gauche, les progressistes, les mondialistes règnent sur le continent européen comme jamais.

Paganisme : croyance ou savoir ?

Nous avons cependant eu le mérite de réveiller le tréfonds religieux de nos peuples européens, ce qui fut autrefois appelé le paganisme, à l’heure du christianisme naissant, expression destinée à humilier les forces vives paysannes de nos terroirs ; le temps a passé, les antiques valeurs européennes ont perduré ici et là à travers différentes manifestations sacrées, comme le cycle du Graal, puis, dans les années 1960, au sortir de la guerre d’Algérie, nous avons voulu établir d’autres fondements, nous avons espéré rebâtir la vieille charpente du paganisme préhistorique ; mais nous avons agi légèrement, sans bien comprendre les bases essentielles de ce passé spirituel que nous venions de redécouvrir et nous avons alors engendré une croyance hybride qui balançe entre un athéisme hédoniste et un animisme qui se contente timidement de la Voie des pères – la lignée - , pour assurer une continuité, sans faire l’effort de tenter d’accéder à la Voie des dieux, olympienne et transcendante, selon la distinction faite par Julius Evola qui disait : « avec l'avènement de l'humanisme et du prométhéisme, il a fallu choisir entre la liberté du souverain et celle du rebelle, et l'on a choisi la seconde[1]."

J’ai employé le mot « transcendante », ce qui veut dire extérieure et supérieure. Mais, nous, petits hommes de cette fin de cycle, nous ne croyons que ce que nous voyons ; d’un iceberg, on ne voit que le dixième ; d’une carotte en terre, on ne voit que les fanes, et si l’on considère l’horizon, on peut croire que la Terre est plate (c’est à la mode) alors que notre œil n’est capable de ne voir, et ne voit effectivement, qu’un infime arc de cercle qui ne paraît pas courbe du tout ; or, il l’est. L’homme se raccroche à la raison et à la matière, de peur de s’envoler vers d’autres mondes de peur de découvrir qu’il est plus que ce qu’il ne paraît. Je vous invite à méditer cette phrase d’un sage indou du Ve siècle : « « On ne peut pas dire qu’une chose n’existe pas parce que les sots ne la perçoivent pas » (Buddhaghosa)

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Les monothéistes ne voient pas leur dieu, mais ils y croient ; les païens d’aujourd’hui voient leurs dieux, mais ils n’y croient pas. Pourtant, ils les voient tous les matins dans leur glace ; c’est Dieu qu’ils voient, sous les milliards de faces des milliards d’hommes vivants sur Terre. L’Homme est Dieu, une parcelle de Dieu plus ou moins grande, un être cosmique dont la stature grimpe jusqu’aux étoiles ou sur le dos de son voisin, selon son degré de sagesse et de connaissance ; c’est là la différence entre le paganisme originel et certains groupes néopaïens - et ces groupes-là foisonnent notamment dans la sphère New-Age ! - ; ces païens modernes ne peuvent être que de leur temps et de ce monde, soumis, dans le meilleur des cas, à la raison héritée des Grecs, d’une part, et à la matérialité, la force brute, héritée des Romains d’autre part ; nulle place pour la spiritualité des Celtes. Les universitaires historiens se sentiraient diminués s’ils avaient à consacrer ne serait-ce qu’un article à autre chose qu’à l’antiquité gréco-latine.

Bien qu’ils n’aient que le mot « sacré » à la bouche, ces gens refusent de franchir le pas vers le monde sacré, d’enjamber l’abime qui les sépare de cet autre monde ; parce que c’est aller vers l’inconnu dont ils ont peur et qu’ils sont bien trop impliqués dans leur monde bourgeois profane et son confort ; les vieux païens, dans des temps très anciens, savaient qu’ils côtoyaient leurs dieux ; ils les voyaient puisqu’ils étaient aussi présents dans chaque élément de la nature.

Nous ne devons pas parler, à propos des rapports avec le divin, de croyance ou de foi ; ces termes ne nous concernent pas ; Jung disait : « je ne crois pas, je sais. » ; nous devons parler de connaissance, qu’elle soit acquise par l’étude, ou par l’intuition, l’intuition qui n’est qu’une réminiscence des temps anciens, un souvenir blotti quelque part dans notre cœur et notre cerveau.

Dans cette volonté de rupture radicale avec le monde moribond qui nous entoure, il faut désormais se recentrer sur l’essentiel, la mission dont parlait Robert Dun, il faut rompre avec les vaines et vaniteuses dialectiques intellectuelles, il faut oublier les commentaires d’actualité qui n’auront plus d’intérêt le lendemain, il faut se garder de verser dans les intrigues et les machinations politiques… Toutes ces activités, si elles nous font plaisir, nous font perdre un temps précieux. Le monde qui vient a besoin de révolutionnaires, pas de réactionnaires, et encore moins d’intellectuels. Notre ami Guillaume Faye disait pertinemment, à ce sujet : « Alors que les barbares assiègent les murailles de Constantinople, on continue de disserter du sexe des anges et à faire de l’intellectualisme ».

Fin de cycle

J’ai parlé d’une fin de cycle ; Chroniques d’une fin de cycle, c’est le titre de mon dernier ouvrage ; mais il y a des fins de cycle qui n’ont rien de commun avec la Tradition.

Les écologistes, sous la férule d’Yves Cochet, inventent la « collapsologie », une sorte de fin du monde liée aux agressions subies par la planète

Certains économistes de « droite », « droite » avec des guillemets, se revendiquent « déclinistes » comme Nicolas Baverez.

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Oswald Spengler, dans son Déclin de l’Occident, un prodigieux ouvrage paru en 1917, avait minutieusement analysé les causes historiques de ce déclin que nous constatons aujourd’hui et il en avait tiré le caractère cyclique des vies et des morts des civilisations. Il a écrit de splendides pages mais, il faut bien le dire, l’ensemble du Déclin de l’Occident, qui foisonne d’érudition, n’est pas accessible au plus grand nombre.

En ce qui nous concerne, nous tirons la connaissance de cette doctrine cyclique des anciennes traditions, celles qui ont constitué l’ossature initiale de la quasi-totalité des peuples de la planète et, spécialement, pour nous, en tant qu’indo-européens, de la Grèce protohistorique et de l’Inde ancienne.

Le symbole de l’ouroboros, le serpent qui se mord la queue, est répandu dans toutes ces antiques traditions, l’ouroboros, cet animal qui se nourrit de lui-même et qui renaît de lui-même, qui est donc le symbole du cycle, de l’infini, du retour aux sources, de l’éternel retour, dont le mythe a été évoqué, par Nietzsche ou Eliade. Ouroboros, quatre « o » dans le même mot pour bien signifier le cercle (du grec boros, manger, et oura, queue).

La Tradition primordiale

En amont de l’Histoire humaine, profane, nous sommes, nous, Européens, les héritiers de la civilisation primordiale, originelle, qui a apporté ses connaissances au monde, ce qu’on a nommé la Tradition primordiale, dont on situe le berceau géographique en une mythique Hyperborée, en Europe de l’extrême nord où le dieu grec Apollon effectuait ses visites annuelles à bord d’un char volant conduit par des cygnes blancs, selon la légende. C’est grâce à la Tradition primordiale qu’on peut comprendre pourquoi des pyramides ou des mégalithes sont disséminés de toutes parts à travers le monde alors que les civilisations qui les ont construits semblent n’avoir aucun lien entre elles.

Chronologiquement, nous nous situons à la fin d’un grand cycle de notre civilisation européenne qui renaîtra de ses cendres, si nous prenons la peine de rassembler les éléments positifs, ceux qui en ont constitué la grandeur. Les fins de cycles possèdent toutes les mêmes caractéristiques ; c’est une convergence de catastrophes naturelles et humaines qui ne laisse sur Terre qu’un infime échantillon de chaque règne : humain, animal, végétal, minéral, destiné à engendrer le cycle suivant. Et même le mythe biblique de l’Arche de Noé participe de cette vision. Il se fait que le cycle qui nous concerne est un grand cycle qui a duré, selon la Tradition, 64800 ans. Il y a eu, dans l’Histoire sacrée, c’est-à-dire la préhistoire, l’Histoire antérieure à l’Histoire profane des historiens et des archéologues officiels, il y a eu plusieurs grands cycles, et des centaines de petits cycles contenus dans les grands cycles. Je ne vais pas m’attarder sur ce point précis, je l’ai déjà souvent développé.

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Avant de poursuivre, je vais citer une phrase de René Guénon qui correspond assez bien à la situation actuelle ; il dit : « Les événements à venir ne pourront pas être compris par la généralité, mais seulement par le petit nombre de ceux qui seront destinés à préparer, dans une mesure ou dans une autre, les germes du cycle futur. Il est à peine besoin de dire que, dans tout ce que nous exposons, c’est à ces derniers que nous avons toujours entendu nous adresser exclusivement, sans nous préoccuper de l’inévitable incompréhension des autres. »

 « Tradition primordiale » : On comprend facilement le sens du mot « primordiale » dans l’expression Tradition primordiale : c’est ce qui est à l’origine de tout. On comprend moins le sens du mot Tradition, un mot galvaudé, utilisé à toutes les sauces. La Tradition n’est pas le passé ; elle ne passe pas, elle reste ; sa principale caractéristique est d’être pérenne ; quand nous terminons un cycle, nous ne retournons pas vers le passé, mais nous remontons vers la source, c’est-à-dire vers notre naissance, vers notre re-naissance. J’ai pris tout à l’heure l’exemple de l’ouroboros, je peux prendre aussi l’exemple de la roue pour bien faire comprendre ce qu’est la Tradition primordiale.

La roue

Dans une roue, le moyeu est immobile, c’est le centre, là où se tient lové le dieu qui fait tourner la roue ; le moyeu représente la pérennité, ce qui est immuable, permanent, éternel ; c’est un principe comme l’était, par exemple autrefois, le principe monarchique ; tout s’agite et tourne autour du moyeu, le dieu-roi fait tourner le monde, les cycles se succèdent. Au moyeu se tient le principe spirituel. Plus on s’éloigne du centre, du moyeu, du pôle, plus on descend vers le cercle extérieur, en contact direct, dur et bruyant avec le sol, plus on descend vers ce cercle, plus on entre dans la matérialité ; les rayons constituent le moyen de dégringoler vers la matérialité ou, à l’inverse, en sens contraire, de monter vers le divin, vers le centre spirituel, vers l’origine, pour se régénérer, se ressourcer, retourner à la source et renaître à nouveau.

Vous aurez tous compris qu’il est bien plus difficile de remonter que de descendre. Julius Evola voyait justement la mode du ski alpin comme un symbole de cette négation de l’effort ; à ski, on ne fait que descendre, et on utilise ensuite des remontées mécaniques pour… recommencer à descendre.

Nous allons nous intéresser à ce monde que fait tourner autour de lui le dieu qui veille dans son moyeu.

Le système cyclique

La cyclologie, le système cyclique, n’est pas un concept utopique ; ce n’est pas non plus le résultat de supputations intellectuelles mûrement élaborées ; le système cyclique est le fondement même de la marche concrète du monde, du cosmos ; rappelons que le mot cosmos lui-même signifie « ordre » en grec. Tout ce qui vit sur Terre est soumis à l’ordre cosmique et à son fonctionnement qui est cyclique dans toutes ses manifestations.

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C’est une constatation d’ordre pratique qui ne laisse aucune place à l’approximation, aux digressions ou à l’émission d’autres hypothèses, la nature est ainsi faite, que ça plaise ou non.

Justement, ça ne plaît pas à tous.

Les monothéismes ont inventé la linéarité : un début, une fin. C’est un concept tout à fait artificiel conçu par l’Homme. Le dogme darwinien constitue un quatrième monothéisme, scientiste cette fois, dans cette perspective linéaire. Nous sommes issus, d’après ce concept, d’un singe et, après quelques millions d’années, nous avons appris à nous servir d’une massue pour fracasser le crâne des animaux et nous avons appris à cueillir des baies et des fruits pour nous nourrir puis il nous a fallu quelques millions d’années encore pour planter quelque chose et élever du bétail, et ainsi de suite jusqu’au siècle dernier où, en quelques années, nous avons peut-être marché sur la lune… Enfin, peut-être.

Evola dit que de l’inférieur ne peut naître le supérieur. Et il dit encore « Pour être précis, il est à nos yeux plus juste de dire que le singe dérive de l’homme par involution que d’affirmer que l’homme dérive du singe par évolution. Comme pour de Maistre, pour nous aussi, les peuples sauvages ne sont pas des peuples primitifs, au sens de peuples originels, mais souvent des restes dégénérés, crépusculaires, nocturnes, de races plus anciennes qui ont entièrement disparu. »

La linéarité suppose une évolution ; l’évolution a créé le dogme du « progrès ». Le progrès n’existe pas, autre que technique, on peut constater qu'il n'y a pas de progrès spirituel, tout le monde continuant à s'écharper de plus belle mais les progressistes, eux, persistent à exister ; ils ont échappé à tous les massacres, hélas.

C’est en observant le mouvement cyclique des planètes que nos ancêtres ont établi une mesure du temps ; les arbres, les fleurs, les saisons, les calendriers : heures, jours, mois, années, les civilisations, les peuples, meurent et renaissent suivant un processus bien ordonné, même s’il paraît aléatoire, de la même façon que le mouvement des planètes est réglé suivant un laps de temps précis mais pas toujours égal, ce que nous avons quelquefois du mal à comprendre, car si le mouvement cyclique consistait en un cercle fermé, ce serait plus simple ; mais le cercle fermé n’offre pas d’avenir autre que similaire à tout ce qui a été ; or, nous voyons bien que l’Histoire n’est pas exactement pareille même si ses épisodes se ressemblent étrangement. De même, les astres ne tournent pas en suivant un cercle bien formé mais selon une figure spiralée – notre galaxie est une spirale – de la même façon que notre planète n’est pas une sphère parfaite mais une figure ellipsoïde. C’est dans cette différence que tient le mouvement, quelquefois légèrement décalé, et ce mouvement, imparfait dans sa rotation, c’est la vie. Le système cyclique n’est pas un système qui suppose que notre destin est tracé une fois pour toutes. Il laisse, en spirale ouverte, une part à l’inconnu. C’est la part qui est destinée à l’âme européenne, celle des dieux.

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La réincarnation

J’ai parlé des civilisations et aussi des peuples dont la vie est réglée de manière cyclique ; je n’ai pas parlé des vies humaines, individuelles ; il s’agit là du concept de réincarnation ; le concept de réincarnation suit aussi un processus cyclique, mais, cette fois, en évolution ; les scientifiques profanes appellent « entropie » la loi de dégradation de l’énergie qui conduit à l’énergie zéro, c’est-à-dire à la mort. Lorsque cette loi s’inverse, on parle d’entropie négative, dans ce cas, le temps ne dégrade plus mais, au contraire, il construit (ce qui, d’ailleurs, n’a rien de négatif, ce serait même positif, allez comprendre le langage des modernes !). En gros, tout ce qui est de l’ordre de la matière sur Terre, tout ce qui concerne le profane, est en involution, et tout ce qui est de l’ordre du spirituel, du sacré, dans le cosmos, est en évolution. Nous avons vu ce processus double à propos de la roue, où l’individu monte ou descend les rayons selon sa qualité ou son absence de qualité, sa paresse ou sa volonté.

Selon le concept de réincarnation, cette doctrine soutenue par les Grecs, notamment par Pythagore et Platon, la Terre est une sorte d’école où les âmes individuelles vivent, meurent et renaissent dans des corps différents tout au long d’une longue vie qui peut se compter en milliers d’années terrestres ; chaque vie doit amener l’âme à devenir meilleure que dans la vie précédente ; l’âme choisit avant de revenir sur Terre le cadre dans lequel elle va vivre sa nouvelle vie, elle choisit donc aussi les parents et la famille, qui vont l’aider pour ce projet ; selon les traditions, notamment indoues, ceux qui se sont comportés comme des êtres nocifs au cours d’une vie doivent payer leur malfaisance et leurs turpitudes dans la vie suivante ; ils revivent donc, cette fois sans avoir le choix, dans les plus tristes conditions : infirmes sur le plan physique ou mental, mal dans leur peau, de quelque couleur qu’elle soit, ou de quelque sexe indéfini qu’elle soit, ces gens sont aussi dédiés à vivre une vie misérable dans des pays miséreux avec des gens qui leur ressemblent, dans des conditions de travail, de santé, d’hygiène, de moeurs épouvantables ; l’ensemble de ces conditions dégradantes s’appelle le karma chez les Hindous ; chez les Européens, ces gens constituent ceux qu’on appelle aujourd’hui les « minorités », tous ces individus décalés qui osent en plus revendiquer un statut au moins égal à ceux qui se sont toujours bien comportés ; il n’y a pas de quoi s’apitoyer sur le sort de ces individus qui tentent de culpabiliser l’Homme blanc et l’Européen avant tout, même s’ils sont eux-mêmes blancs et Européens.

Les forces négatives désormais à la tête de l’ordre mondial manipulent cette masse de disgraciés contre les gens normaux pour qu’elle instaure la « dictature des minorités » en remplacement des structures anciennes existantes ; cette horde de déshérités aux faibles immunités sera à son tour balayée dès la destruction accomplie de l’ancien monde.

Ne nous trompons pas sur l’aspect : Les âmes matérialistes et rationalistes sont de jeunes âmes, des enfants qui apprennent à marcher mais qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez ; je rappelle que, en vertu de l’inversion des valeurs en fin de cycle, ce sont ces gens qui tiennent illégitimement le haut du pavé ; la sagesse n’est pas une question d’âge ; il n’y a aucune raison pour des personnes saines d’être impressionnées par le vieux sénateur bedonnant, bouffi d’orgueil et d’assurance, qui connaît toutes les ficelles pour « faire du fric » ; c’était l’expression employé par Sarkozy quand on lui demandait quels étaient ses projets après avoir perdu l’élection présidentielle.

Selon certaines sources, des personnes ayant souhaité revivre des vies antérieures ont pu le faire sous la conduite d’un hypnotiseur ; selon ces témoignages, certaines d’entre elles ont pu retrouver la maison toujours existante qui a abrité une de leurs précédentes vies, en reconnaissant les lieux avec précision.

La montre

Je vous ai jusqu’à présent exposé ce qui semble être des théories ; Nous allons maintenant entrer dans le concret avec un exemple très simple et accessible à tout le monde.

Regardez votre montre avec ses trois aiguilles qui tournent à une vitesse différente ; ces aiguilles sont généralement pourvues d’une flèche à leur extrémité. Elles sont triomphantes et pleines de santé quand elles pointent en haut sur le midi, mais elles ont la tête en bas quand elles se rejoignent sur le 6, formant ainsi le nombre 666. A ce moment précis, toutes les valeurs qui régissaient une vie ordonnée cosmiquement sont inversées ; c’est l’Apocalypse, la fin d’un monde, mais c’est aussi la Révélation et l’annonce d’un monde nouveau puisque, lorsque tout espoir est perdu et que la situation est devenue catastrophique et cataclysmique, les aiguilles ne s’arrêtent pas et entament leur remontée vers le midi ; il faut que la dissolution de toute forme positive qui subsistait encore soit accomplie pour que les aiguilles puissent symboliser le basculement vers l’Age d’Or, vers le Grand Midi.

Dans la roue qui indique la succession des quatre Ages, on passe directement de l’Age de fer (l’Age du loup, selon les nordiques) ou l’Age sombre, à l’Age d’Or.

L’instant précis où les trois aiguilles se chevauchent sur le 6 marque une conjonction, celle d’un grand cycle.

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Ceux qui possèdent une montre où tous les rouages sont visibles constatent que plusieurs roues dentées de diamètres différents tournent à des vitesses également différentes et se rejoignent donc à un moment pour déterminer cette conjonction. La montre est le reflet du monde en mouvement avec des civilisations différentes qui ne vivent pas au même rythme mais qui finissent par se rejoindre à un moment pour entamer un nouveau cycle général.

Nous en sommes là, à ce moment précis que certains d’entre vous qui m’écoutez auront à la fois la chance et le malheur de vivre.

Les quatre âges

Cet exemple de la montre avec ses engrenages va nous aider à comprendre les différentes durées de cycles qui s’emboîtent les uns les autres comme des poupées russes.

Je le disais : ce sont principalement les Indous et les Grecs qui ont élaboré cette science sacrée qu’on appelle la cyclologie. Nous allons voir que tous les nombres édictés par ces deux grandes cultures ont une répercussion exacte sur la vie de la nature et la vie des hommes, ces deux vies étant inséparables.

L’indianiste Alain Daniélou nous parle d’humanités qui se succèdent, donc qui disparaissent et renaissent et non pas de civilisations dont les durées de vie sont subordonnées à celle de chacune de ces humanités. On peut être surpris par le fait que la tradition shivaïte situe le début du Kali Yuga de notre Humanité, c’est-à-dire le début de la fin de notre cycle, à environ 5000 ans en arrière. Si l’on considère que nous sommes vraiment arrivés au bout du bout de ce grand cycle, déterminé par l’âge de fer, autrement dit le Kali-Yuga, notre déclin aurait commencé vers moins 4460.

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Cette tradition situe même avec précision le début de la fin de ce même Kali-Yuga en 1939, date qui marque une fracture de l’histoire. Les Hindous, tout comme Hésiode, poète grec du VIIIe siècle avant notre ère, distinguent quatre âges pour chaque cycle ; ces quatre âges ont des périodes de vie calculées sur la base proportionnelle 4, 3, 2, 1. L’Age d’or, fort heureusement, est le plus long, et l’Age de fer le moins long ; il existe plusieurs façons de calculer ces âges, selon qu’il s’agit d’un petit cycle ou d’un grand cycle mais les valeurs de base sont toujours les mêmes.

À l’Âge d’or cité par Hésiode correspond, chez les Indous, le Krita Yuga.

À l’Âge d’argent correspond le Treta Yuga.

À l’Âge d’airain, ou de bronze, correspond le Dvapara Yuga.

À l’Âge de fer correspond le Kali Yuga.

Sans entrer dans le détail, je fais remarquer qu’il y a là une hiérarchie des métaux, à partir de l’or, qui est incorruptible et brillant comme le soleil, jusqu’au fer qui se dégrade en rouille pour finir par disparaître totalement.

Mircea Eliade nous dit qu’on « peut calculer de différentes manières la durée relative de chacun de ces quatre yugas ; tout dépend de la valeur qu’on accorde aux années, c’est-à-dire si on a affaire à des années humaines ou à des années « divines » dont chacune comprend 360 ans[2]. »

Revenons aux Yugas ; René Guénon est précis : « évaluées en années ordinaires, ces mêmes durées des quatre yugas seront respectivement de 25920, 19440, 12960, et 6480 ans, formant le total de 64800 ans[3]. » Remarquons que le kali-yuga constitue le dixième du siècle.

Un grand cycle présente une particularité, une « coïncidence », la conjonction (ou la convergence selon le terme employé par Guillaume Faye), la conjonction de plusieurs fins, de la même façon qu’il existe en astrologie des conjonctions extraordinaires ou, tout simplement, des éclipses. Le temps des hommes et celui de la Tradition, ou des dieux, se rejoignent. Le crépuscule du Kali-Yuga coïncide avec la fin d’un christianisme deux fois millénaires mais à bout de souffle, et avec le déclin de l’Occident emporté par la même vague puisqu’il avait identifié son Histoire à celle du christianisme. Les membres des sectes chrétiennes millénaristes espèrent une « apocalypse » - mot pris ici dans le sens de « fin du monde », et non pas de « révélation » - une fin du monde qui verra leur accession au ciel, près du trône de Dieu. Cette conjonction oppose deux vues-du-monde complètement différentes, l’une cosmique pour qui le crépuscule du Kali-Yuga ne représente que la fin d’un cycle et le début d’un nouveau, l’autre chrétienne, qui ne peut envisager d’autre fin que totale, et définitive.

25920, le nombre cosmique

Je vais maintenant vous parler d’un nombre important : le 25920.

Ce nombre est déjà apparu dans la conférence : c’est le temps que dure l’Age d’or en petit cycle. Un nombre qu’on peut au moins prononcer. Ça n’est pas étonnant, c’est un nombre humain. Faisons le calcul d’une journée, mais, cette fois, pour faire un mois : 60 secondes x 60 minutes = 3600 x 24 heures = 86400 secondes. En un mois, moyenne de 30 jours : 86400 x 30 = 2 592 000 secondes.

On pourrait penser qu’il s’agit d’un hasard si je donne un autre calcul à faire : la vitesse de la lumière est de 300 000 km par seconde, comme il y a 86400 secondes en un jour, la lumière parcourt donc 25920 millions de kilomètres par jour.

Encore une coïncidence ? La vitesse de la Terre autour du Soleil est de 30 km par seconde. Elle couvre donc 2 592 000 km par jour.

La Terre tourne sur elle-même et elle tourne autour du Soleil, mais un troisième mouvement l’anime, ce mouvement est connu par l’expression « précession des équinoxes ». Le très ancien laboratoire astronomique de Stonehenge, constitué de mégalithes dressés selon un ordre bien précis, avait parfaitement défini et prévu ce mouvement dans ses phases ultérieures quelques milliers d’années avant les calculs effectués par ordinateur. L’axe de la terre n’est pas fixe, il tourne lui-même selon un mouvement qu’on pourrait comparer à celui d’une toupie en bout de course ; le mouvement du pôle terrestre est cependant régulier et ne va pas s’arrêter, du moins pas avant quelques milliards d’années.

Ce mouvement met…, vous l’avez deviné, 25920 ans pour dessiner une révolution complète.

Ce nombre cosmique est pleinement analogique et prouve que l’Homme est un être cosmique, si l’on considère que le nombre moyen de respirations de l’être humain est de 18 par minute, soit, pour une journée : 25920.

Les ères zodiacales

Sur le plan zodiacal, nous allons entrer dans l’ère du Verseau, qui succède à celle des Poissons. Chacune de ces ères compte 2160 années ; on définit approximativement l’ère des Poissons comme ayant commencé avec la naissance du Christ, voire quelques dizaines d’années auparavant avec la naissance de Mithra dont le Christ est une sorte de calque. La totalité du cycle zodiacal compte 12 ères de 2160 années chacune, soit… 25920 ans.

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Je rappelle, par ailleurs, que le kali-yuga, notre fin de cycle, englobe trois ères zodiacales, qui sont, à mesure de leur apparition, de plus en plus marquées par la dégradation des valeurs originelles européennes, la dernière représentée par le christianisme, l’ère des Poissons, et, actuellement, par un pape dévoyé qui renie toutes les valeurs qui ont eu cours en Europe pendant 2000 ans, même celles revendiquées par les chrétiens. Inutile de parler du dernier avatar monothéiste qu’est l’islam, vous savez ce qu’il faut en penser.         

Le nombre d’or

Un dernier exemple qui prouve de façon incontestable que la nature, et donc le principe divin, avait bien tout prévu. C’est le nombre d’or, 1.618, la divine proportion, divine proportion parce que toutes les mesures harmonieuses du corps humain sont régies par la loi du nombre d’or et que c’est aussi le cas dans la nature pour d’innombrables espèces animales ou végétales ; là encore, le seul mérite de l’Homme est d’avoir découvert ce qui existait déjà. Les plus grands peintres comme Dürer ou Da Vinci et les plus grands architectes comme les constructeurs des abbayes cisterciennes ont fondé leurs oeuvres sur le principe du nombre d’or ; il se retrouve même dans la construction de certains dolmens, comme celui du Goërem à Gâvres dans le Morbihan (daté de – 5000 ans). C’est le symbole, et le secret, de tout ce qui est harmonieux sur Terre. Dans la nature, les exemples sont nombreux, depuis l’ammonite de plus de 100 millions d’années jusqu’aux coquilles d’escargot, les tournesols ou les coeurs de chardon.

L’involution contre le progressisme

Tous ces chiffres que je vous assène ont leur importance ; nous nous situons sur le terrain même de l’ennemi : les chiffres, les nombres, le règne de la quantité ; eh bien, sur ce terrain-là, leur propre terrain, ils ont tort ; ces nombres prouvent que le progressisme est une escroquerie.

Les esprits sont formatés par l’utopie de l’évolution et du progrès depuis au moins 2000 ans. Dire ce que je dis équivaut à faire du révisionnisme spirituel.

Et, pourtant, ces références chiffrées du système cyclique sont tout à fait claires et en conformité avec la science profane, ou moderne, comme vous voulez, qui ne reconnaît que ce qui est statistiquement reproductible.

La doctrine cyclique nous vient du fond des âges ; nous allons voir qu’elle est le plus sûr moyen de contrer l’idéologie progressiste qui est une supercherie, car les cycles naturels terrestres procèdent concrètement de l’involution, exact contraire de l’évolution ou du progrès.

C’est le principal, et définitif, argument que nous avons pour contrer l’utopie progressiste.

Ainsi, de notre vie humaine : les progressistes peuvent-ils aller contre la constatation que, dès que le bébé pousse ses premiers vagissements lui répondent les derniers râles d’agonie de l’homme mourant ? Que, dès nos premiers instants de vie, nous sommes condamnés à la mort. Est-ce ça qu’ils appellent une évolution ou un progrès ? Est-ce ça qu’ils appellent « aller de l’avant », une de leurs expressions favorites ?

Autre exemple :la nuit la plus courte de l’année, au solstice d’été, marque, dès le lendemain, le début d’une régression : les jours commencent à rallonger et, déjà, l’hiver pointe son nez alors que l’été n’est pas encore commencé ; est-ce là un progrès, une évolution ?

Dernier exemple : dès qu’un jour commence, il va vers sa fin pour être remplacé par la nuit, et inversement.

Le concept de modernité

Il est ancré dans les esprits que plus un concept est récent et plus il a de qualités parce qu’il serait le fruit de la modernité. Et les snobs (vous le savez sans doute, mot qui signifie sine nobilate : sans noblesse) de se pâmer devant telle sculpture ancienne aux lignes épurées parce qu’elle est tellement pleine de modernité, comme si l’étalon du beau était définitivement celui de l’art contemporain, de notre époque ; Or, c’est le contraire : plus un concept est récent, et plus il est le résultat, l’incarnation, de la dégradation du cycle, plus il est porteur des miasmes délétères de la fin. Plus quelque chose est nouvelle dans le cycle finissant et plus elle est marquée par une déchéance et une décomposition. Le « nouveau monde » est donc plus vicié que l’ancien, l’Amérique plus décadente que l’Europe ; plus nous allons vers le futur et l’avenir, et plus nous régressons, plus nous nous rapprochons de notre mort, de notre fin. Mais, je le répète, l’involution ne concerne que le monde profane ou moderne.

Christophe Levalois écrivait en août 2000, dans la revue Roquefavour : « Il importe en premier lieu de cerner ce que nous entendons par modernité. Pour nous, ce terme n’est pas synonyme de monde actuel ou encore de présent. La modernité est une vision du monde, une manière d’être et d’agir, qui engendre un type de société. Elle domine sans partage aujourd’hui. Sa caractéristique principale est un refus et un éloignement de l’Esprit (qu’on l’appelle Un, comme Plotin, Dieu, ou encore les Olympiens). La transcendance est non seulement niée, mais totalement incomprise.

Le moderne ignore ce qu’il ne perçoit pas en raison de son incrédulité et, il faut bien le dire, de l’atrophie de certaines de ses perceptions devenues extrêmement grossières et déséquilibrées.

Il a perdu le sens du surnaturel, lequel n’a aucun rapport avec l’irrationnel ou des troubles psychologiques dans lesquels les rejettent les modernes. L’irrationnel est le corollaire du rationnel. Le surnaturel n’est pas une déviance de notre réalité, mais une réalité tout aussi concrète que celle que nous connaissons au quotidien. »

A dire vrai, c’est l’Homme moderne qui présente des insuffisances par rapport à un être différencié ayant conservé l’essentiel de ses facultés de raisonnement. L’être « différencié » ne l’est que par rapport à la dégradation des facultés naturelles de la quasi-totalité des humains qui l’entourent.

Les hommes et les femmes qui vont relancer la roue du nouveau cycle ne feront plus partie du monde profane.

L’être différencié, nous allons en parler pour finir cette conférence ; c’est le volet qui nous concerne tous et fondamentalement.

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L’Homme cosmique

Notre mission ? Celle dont parlait Robert Dun ?

Déjà bien définir l’ennemi.

 D’abord, les mondialistes, quelques hyper-riches qui tiennent la planète sous leur joug, puis leurs laquais qui gouvernent nos pays, puis les masses de progressistes qui les soutiennent, puis les tas de bourgeois apeurés et résignés à se laisser massacrer, grand troupeau de moutons qui se laisse docilement mener à l’abattoir ; puis les hédonistes, après, les minorités dégénérées dont j’ai parlé plus haut, et aussi, dans l’urgence, les islamistes.

Dans l’urgence, nous sommes pris en tenaille d’une part entre les hordes de zombies qu’on appelle de nos jours les « minorités visibles » (et elles font tout pour l’être, Vous n’avez qu’à regarder la vidéo d’une gay pride ou d’un défilé de mode) et, d’autre part, l’autre arme de l’Ordre mondial : les fanatiques islamistes instrumentalisés eux aussi par les entités sataniques qui dirigent le monde. Ces sauvages bourrés de Captagon, sorte de meute déchaînée et hallucinée, sans foi ni loi, comme les orques dans « Le Seigneur des anneaux », vont se répandre comme les barbares à la fin de l’empire romain, dans nos pays européens – et ils ont déjà bien entamé leur mission - dans une apocalypse de feu et le sang. Ce sont ces derniers qui vont s’en prendre d’abord aux LGBT et autres invertis. On peut prévoir que nombre d’homosexuels, hommes et femmes, seront précipités du haut de la tour Eiffel ; puis ils massacreront les masses progressistes ou apathiques avant d’être eux-mêmes exterminés par les milices de l’Ordre mondial. N’oublions pas que l’islam, comme les deux autres religions du livre est en décadence ; les mondialistes – Satan – l’utilisent comme un cheval de Troie pour arriver à leur fin ; l’islam signifiant « soumission », rien ne peut mieux convenir aux élites mondialistes ; le comportement des musulmans va aider les mondialistes qui vont tout faire pour que les musulmans remplacent les Européens. Quand nos gouvernants ne répondent pas à l’invasion, c’est que c’est eux qui l’organisent, il ne s’agit ni de suicide, ni d’imprévision, ni de naïveté.

Le but de nos ennemis, c’est d’atteindre le moyeu de la roue pour arrêter cette dernière et empêcher le démarrage du nouveau cycle. Les transhumanistes veulent remplacer Dieu ; Mircea Eliade écrit dans « Le sacré et le profane » : S’il est vrai que notre monde est un cosmos, toute attaque extérieure menace de le transformer en « Chaos »

Julius Evola appelle « l’être différencié » un certain type de personne qui a renoncé à s’impliquer dans ce monde ; c’est un concept élaboré dans son ouvrage Chevaucher le tigre, un titre qui signifie qu’il convient de vivre dans ce monde tout en n’étant pas dupe du conditionnement cérébral qu’il nous impose.

L’Homme cosmique

Il y a eu les veilleurs qui nous ont aidé à arriver jusqu’à la fin ; maintenant, c’est aux hommes différenciés de prendre le relais : les sages occupant la première fonction vont rassembler les bagages ; une chevalerie va naître pour la deuxième fonction, les producteurs vont nous aider à vivre en autarcie.

Cette chevalerie devra naître sur la base du principe aristocratique, le gouvernement des meilleurs. Ceux qui sont capables de se donner des règles et maintenir pour eux-mêmes et pour les autres un comportement sans taches, impeccable, mot qui signifie sans faute, ou sans péché.

51lngVVkqNL.jpgLa mission des êtres différenciés est triple : elle consiste d’abord à se protéger, à survivre pour faire repartir le nouveau cycle ; inutile de s’investir dans la mêlée ; laissons-les s’entretuer. Le deuxième volet de cette mission consiste à rassembler les bagages pour franchir le gué, c’est le sous-titre de mon livre : La Roue et le sablier ; cette mission consiste à réunir tout ce qui a fait la grandeur de l’Europe. Enfin, le troisième volet consiste, par notre seule présence et notre seule volonté, comme une sorte d’égrégore, à empêcher nos ennemis d’arrêter le mouvement de la roue et la naissance du nouveau cycle.

Concrètement, mais je ne suis pas le mieux placé pour en parler, je suggère que se créent des structures solidaires disséminées – ce ne sont pas inévitablement des regroupements communautaires physiquement installés qui pourraient être trop facilement ciblées par nos ennemis ; je suggère que ces structures solidaires agissent sur le principe du localisme, un mot nouveau pour faire revivre ce qui était la base de nos sociétés indo-européennes ; je suggère que, au sein de chacune de ces structures soit désigné un représentant de chacune des anciennes fonctions indo-européennes : la fonction sacerdotale et royale qui est celle des constructeurs ; la fonction guerrière, celle qui protège les frontière du territoire qui accueille le clan, qui protège ses biens et les membres du clan, c’est celle des protecteurs, la fonction qui assure les besoins vitaux d’une communauté, celle des producteurs. Ces triumvirats seront en contact et en échanges permanents avec les autres triumvirats de chacune des communautés.

J’espère que cette conférence aura servi à quelque chose. Merci de m’avoir écouté.

Notes:

[2] Mircéa Eliade, Images et symboles, Gallimard

[3] René Guénon, Formes traditionnelles et cycles cosmiques, Gallimard

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jeudi, 28 novembre 2019

Chroniques d'une fin de cycle : Les enfers parodisiaques

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L'anthologie des écrits de Pierre-Emile Blairon aux éditions du Lore !

Chroniques d'une fin de cycle : Les enfers parodisiaques

Pour toute commande: http://www.ladiffusiondulore.fr/home/781-chroniques-d-une-fin-de-cycle-les-enfers-parodisiaques.html

PEB-portrait.jpgDans le monde d’avant 1968, point de photographie du Président de la République française enlacé par deux jeunes hommes noirs, torses nus ; encore moins de plug anal géant défigurant la très distinguée place Vendôme à Paris. Et s’il n’y avait que cela…

Par quel « sortilège » de telles aberrations se présentent-elles comme banalités quotidiennes aux yeux d’une population aveuglée, presque éteinte ? Notre antique Kalos kagathos (le beau pour le bien) aurait-il été remplacé par « le laid pour le mal » ?

Les êtres différenciés observent que leurs familles, collègues de travail, voisins, semblent avoir perdu tout bon sens. Nous soustraire à ce processus de lobotomisation générale, telle est l’ambition à laquelle aspire l’auteur.

Vivre dans ce monde tout en n’étant pas de ce monde : c’est ainsi que Pierre-Emile Blairon propose au lecteur quelques clefs afin de comprendre le fonctionnement de l’ennemi.

Un ouvrage efficient à l’heure où sida mental et cancer moral semblent s’imposer.

L’auteur :

Né en 1948, Pierre-Emile Blairon réside près d’Aix-en-Provence.

HYPER003.jpgIl partage ses activités littéraires entre deux passions :

 - Les spiritualités traditionnelles : il anime la revue Hyperborée qui se consacre à l’histoire spirituelle de l’Europe et à son devenir. Son livre La Roue et le sablier résume la vue-du-monde de l’auteur et des collaborateurs de la revue.

 - La Provence : il anime la revue Grande Provence, a écrit plusieurs ouvrages sur la Provence secrète : La Dame en signe blanc, Le Guide Secret d’Aix-en-Provence, Le Guide Secret de la Côte d’Azur et deux biographies sur deux grands Provençaux : Jean Giono et Nostradamus.

SOMMAIRE

 Introduction

Chapitre I : Origines

-          Les solstices

-          Nos ancêtres ? Rien n’a changé, ce sont toujours les Gaulois !

-          Spiritualité païenne

Chapitre II : L’Algérie

-          Algérie française : la France doit être fière de l’œuvre accomplie !

-          1962 : l’abandon de l’Algérie ouvrait la porte au déferlement des populations africaines sur l’Europe

Chapitre III : La Provence

-          Nostradamus, le messager des dieux

-          De l’Avent à Caramentran

-          Provence et Tradition, entretien avec Thierry Durolle

-          Pour une « Grande Provence »

-          Homo festivus sur le cours Mirabeau

Chapitre IV : Chevaucher le tigre

-          Légitime défense et défense immunitaire : tout peuple qui se renie disparaît

-          La police de la pensée dans l’affaire Piquemal

-          Vergogna à tè chì vendi a terra !

-          17 novembre : fronde des automobilistes ou nouvelle Révolution française ?

-          Gilets jaunes : jacquerie française ou révolution planétaire ?

-          Guillaume Faye : un météore de la pensée vient de s’éteindre

Chapitre V : La décomposition

-          La République est-elle une valeur française ?

-          Aide aux « migrants » : compassion ou collaboration ?

-          Passeurs de clandestins : la mafia en cause

-          Voulez-vous manger des cafards ?

-          Signes religieux distinctifs : la kippa et… la mini-jupe

-          Le système à remplacer Dieu

-          Made for sharing : qui « partage » encore le respect de la langue française ?

-          La Morsure des dieux : le mariage de la terre et du ciel

-          La bicyclette est-elle une tradition française ?

-          Les mots qui font peur

-          Le problème des expulsions : une honte française

-          Villages à vendre

-          Architecture contemporaine : le triomphe de la vanité

-          Non, M. Wauquier, la république n’est pas la France !

-          Les nouveaux gladiateurs et l’hymne républicain Les manipulateurs sont au pouvoir

-          This is the end… : Fête de la musique 2018 à l’Élysée

-          La mode : les manipulations physiques de la subversion mondiale

-          L’art de la provocation

-          Les piétons sont-ils des Gaulois réfractaires ?

-          La disparition programmée de la langue française

-          Policiers et paysans : pourquoi se suicident-ils ?

Chapitre VI : Le nouveau cycle

-          Condition animale entre éco et égo, quelle est la responsabilité des humains ?

dimanche, 23 juin 2019

Homo festivus sur le cours Mirabeau

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Homo festivus sur le cours Mirabeau

par Pierre-Emile Blairon

 

L’homo festivus est un type d’homme très commun à notre époque dans le monde occidental. On le verra se répandre sur toutes les places et les artères de nos villes européennes, sur le cours Mirabeau, les Champs-Elysées ou la Promenade des Anglais, la Piazza del Duomo ou la Puerta del Sol, à la recherche d’étourdissement et de paradis artificiels. Il a besoin de la foule de ses semblables pour ne pas se sentir seul. Il est l’homme des derniers jours.

Le vendredi 14 juin 2019, L’une des plus anciennes, des plus belles et des plus fameuses artères de notre pays, le cours Mirabeau à Aix-en-Provence, était investie par un étrange ballet de semi-remorques ; affairés à l’arrière des camions, des hommes en noir déversaient des échafaudages qui furent montés en un temps record ; Quelques temps après, on entendait de formidables explosions qui faisaient trembler l’eau des fontaines ; les techniciens testaient le son qui jaillissait des énormes enceintes. Le soir même, des milliers de jeunes gens se trémoussaient tout le long du cours aux injonctions saccadées de la musique techno qui avait envahi la totalité de la ville ancienne.

Le charme discret de l’aristocratie

Je ne connaissais pas Aix-en-Provence quand je suis arrivé à la fin des années 60 (XXe siècle) pour y poursuivre quelques études (à moins que ce ne soit le contraire). Quoiqu’il en soit, je n’ai plus voulu en partir ; j’avais été séduit par cette atmosphère de sérénité, de légèreté paisible, qui se dégageait de ses ruelles, quelques notes de piano qui dégoulinaient d’un balcon, le murmure cristallin des fontaines, émerveillé par la beauté des façades dont nulle faute de goût ne venait rompre l’harmonie ; la ville tout entière était un pur chef-d’œuvre, délicat et fragile. Aix-en-Provence était alors vouée entièrement à l’art, à l’étude, à l’éloquence, à la musique classique, à la flânerie, à une certaine qualité de vie qui correspondait bien à sa personnalité issue des traditions les plus élaborées de son prestigieux passé. Cette lente maturation de ce que le génie européen avait produit de plus beau avait fini par constituer une valeur incontestée, immuable et transcendante, un recours auquel pouvait se raccrocher tous ceux qui se sentaient en perte de repères, un lieu sacré éternel, sorte de temple urbain inviolable. Inviolable ? Vraiment ?

Les coups de boutoir des progressistes

Les progressistes mondialistes portent leurs coups de boutoir en priorité contre tout ce qui les dépasse – le passé les dépasse, il est trop riche - tout ce qui est enraciné profondément dans la terre et la pierre. Dans un premier temps, le patrimoine rural fut la cible prioritaire des destructeurs : musées, châteaux, église, abbayes… tous ces marqueurs traditionnels furent systématiquement dégradés par des spectacles, des expositions ou des architectures hors-sol accolées aux monuments visant à les dévaloriser. Ils en viennent maintenant à attaquer les villes anciennes elles-mêmes.

Une ville de culture et de tradition comme Aix-en-Provence va attirer la haine et la jalousie de tous ceux qui veulent faire table rase du passé.

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Ils y emploieront tous les moyens dont ils disposent pour dégrader et ridiculiser cette richesse patrimoniale qui leur fait horreur ; rien que le mot : patrimoine contient la notion de père et de patrie. L’art contemporain, l’architecture mondialiste, la publicité, la mode, la musique déracinée, les minorités revendicatives, l’homme nomade sans feu ni lieu, L’homo festivus, fabrications superficielles et éphémères (mais renouvelables à l’infini) du Système constituent la panoplie non exhaustive de ces moyens.

Des platanes emmaillotés

La première agression contre cette identité dont je me souviens a été visuelle. L’art dit contemporain avait envahi la ville. C’était en 2013 ; la cosmopolite métropole marseillaise, désignée alors ville de culture européenne, avait poussé ses manifestations modernistes et pathétiques jusque dans les cours de nos aristocratiques hôtels particuliers ; les platanes du cours Mirabeau avaient été emmaillottés d’un tissu rouge à pois blancs, la cour de la mairie ornée de personnages en plastique rouge vif moulé, et l’entrée du palais de justice, solennelle comme il sied à cette vénérable institution, ridiculisée par d’improbables « sculptures » aux couleurs bigarrées qui en barraient l’accès.

On commence à comprendre aujourd’hui que l’art contemporain est essentiellement une imposture destinée à devenir une monnaie virtuelle mondiale[1].

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Symbolisme de pacotille

En ce qui concerne l’architecture contemporaine, qu’il faudrait nommer plus clairement mondialiste[2] (comme l’art tout aussi « contemporain »), nos édiles ont eu, jusqu’à présent, la sagesse de l’autoriser uniquement à l’extérieur du périmètre ancien. Ainsi a pu se construire un « pôle culturel » qui ressemble à un alignement hétéroclite d’égos d’architectes nomades venus poser là leur dernière lubie. Ah ! Chacun y est allé de sa référence à un symbolisme de pacotille pour justifier son caprice, en feignant d’avoir recours à la « tradition ». Ainsi, le Pavillon noir, Centre de danse, conçu par Rudy Ricciotti, évoque pour certains l’emplacement proche de l’ancienne manufacture des allumettes, aujourd’hui bibliothèque Méjanes, et la disposition des croisillons qui constitue la trame de l’édifice rappelle le mikado, ce jeu de bâtonnets jetés d’une manière aléatoire ; mais l’architecte lui-même, qui se confie au Monde[3], va plus loin : « Il y a ici une sexualité particulière ; un côté un peu sado-maso, un peu latex, un peu cuir, moulé, très près du corps … C'est un bâtiment pour les initiés et pour Pythagore sous l'emprise de l'absinthe » (imaginer Pythagore sous l’emprise de l’absinthe, c’est… gore.)

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Le japonais Kengo Kuma assure, lui, avoir été inspiré par l’art traditionnel du pliage japonais (origami) en construisant le Conservatoire de musique qui jouxte le Pavillon noir ; fort bien, mais quel rapport avec la tradition provençale ?

Quant au GTP, Grand Théâtre de Provence, situé juste en face du Pavillon noir et du Conservatoire de musique, son architecte italien Vittorio Gregotti a souhaité "faire écho à la montagne Sainte-Victoire, et intégrer l’œuvre dans son paysage aixois". L’aspect massif, genre buncker, du bâtiment, effectivement, plaide pour ce rapprochement un peu facile.

Le mirage de la modernité

L’évocation de cette salle nous ramène au cours Mirabeau. La modernité est le lien entre tous ces domaines culturels. La modernité, c’est cette fuite en avant qui consiste à rechercher sans cesse ce qui peut être « tendance », qui peut constituer une « avancée » (mais de quoi ?) ; c’est comme la mode qui a, comme la modernité, cet aspect momentané (la mode est ce qui se démode) mais à un niveau qui globalise l’ensemble des facettes de la vie, qui consiste à rejeter tout ce qui fait partie du passé pour le prochain « coup de cœur » éphémère, qu’il soit d’ordre culturel, politique, matériel, etc. La modernité, autrement dit, c’est le dogme du progrès qui a été imposé dès notre plus tendre enfance par les partisans de ce qui était encore une utopie, devenue le Système lui-même. Dans cette perspective, aucun élément du passé ne trouve grâce aux yeux des progressistes, toujours prêts à tout démolir selon le goût du moment pour s’enticher d’une nouvelle coqueluche. C’est la société du tout-à-jeter. Le syndrome kleenex.

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La société du spectacle

L’homo festivus, selon la formule de Philippe Muray, est l’individu qui se donne avec enthousiasme à la société du spectacle, selon le titre d’un livre de Guy Debord. Il n’y a là rien de bien nouveau ; c’est le fameux « panem et circenses » de la fin de l’Empire romain ; donnons au peuple du pain et des jeux (du cirque, à l’époque) afin de le soumettre plus facilement à nos lois, même si elles sont iniques.

La majorité des individus de notre fin de cycle ne dispose pas d’une formation suffisante lui permettant l’accès à des activités culturelles de qualité. Elle ne pense, pour ses moments de loisir, qu’à s’étourdir dans la fureur, dans le bruit et dans la consommation de substances alcooliques ou stupéfiantes. C’est déjà un bon début pour le Système, qui a pour ambition d’asservir les « masses ».

Il est à parier, dans ce contexte, que la drogue sera bientôt en vente libre.

Mais pourquoi la municipalité accepte-t-elle ces violentes intrusions ?

Le GTP a coûté 45 millions d’euros pour une capacité d’accueil de 1382 personnes. Mais une salle encore plus grande (8000 spectateurs) a vu le jour fin 2017 : l’Arena. Elle a coûté 50 millions d’euros H.T. En juin, l’Arena a accueilli deux spectacles.

Alors se pose la question : pourquoi diable la municipalité qui a construit ou aménagé des salles de spectacle innombrables (bien d’autres salles existent dans le Pays d’Aix) se croit-elle obligée d’offrir le cours Mirabeau et la quasi-totalité du centre ancien aux bruyants « teufeurs » (on disait « fêtards » à une autre époque) ?

Pourquoi prend-elle le risque de mécontenter une grande partie des habitants de la ville qui ne sont pas spécialement des adeptes de ce genre de musique, ou, tout simplement (pour des motifs qui ne peuvent échapper à personne) ont peut-être envie de dormir la nuit, alors que des salles construites à grands frais sont disponibles pour ce genre de manifestation ? On ne parle pas des dégâts adjacents que tout le monde peut imaginer dans ce genre de circonstances (insalubrité et saleté) qui n’existent pas dans ces équipements modernes qui disposent de tout le confort adéquat, c’est bien le moins.

Il faut dire que le domaine artistique n’est pas le seul bénéficiaire de ce laxisme. Des dizaines de stades ont été aménagés tout autour de la ville qui persiste à accueillir à grand bruit et charroi sur ce même cours Mirabeau des manifestations sportives qui n’ont pas vocation à s’y produire.

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Pourquoi ? Mais parce que la plupart des décideurs municipaux font eux-mêmes partie, consciemment ou inconsciemment, de cette caste de destructeurs avec le sentiment d’être du côté du « bien ». Et c’est le cas dans toutes les structures administratives, nationales, locales ou régionales de notre pays, gangrenées depuis bien longtemps par l’illusion du progrès, méprisant tout ce qui tient encore debout.

L’Homo festivus, comme toutes les minorités, considèrerait comme outrageant et discriminatoire d’être cantonné dans une salle réservée à une activité particulière, serait-ce la sienne. Il veut investir l’espace public, comme il ne viendrait pas à l’idée des cyclistes d’aller exercer leur sport sur un vélodrome, plutôt que sur les routes, ou aux trottinettistes de respecter un quelconque code de déplacement spécifique, ou aux membres des groupuscules LGBT-UVWXYZ d’aller manifester leurs « fiertés » ailleurs que sur les endroits stratégiques des cités les plus en vue (leur exhibitionnisme souffrirait, bien sûr, d’une moindre exposition). Notre pays est livré à la dictature des minorités. Mais ce sera le sujet d’un prochain article.                                                                                                                   

Pierre-Emile Blairon

Notes:

[1] http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/09/23/l-art-de-la-provocation.html

[2] Il s’agit d’une architecture qui n’a aucune attache avec le sol où elle est construite ; on peut la retrouver n’importe où dans n’importe quel pays de n’importe quelle culture.

[3] 20 octobre 2006

mercredi, 06 mars 2019

La disparition programmée de la langue française

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La disparition programmée de la langue française

par Pierre-Emile Blairon

peblf-4grevisse.jpgJ’ai dans ma bibliothèque quelques livres de grammaire et de langue française (chinés dans les vide-greniers) dans un état qui laisse supposer qu’ils ont été fréquemment pris en main. Par exemple, celui-ci, dont la trente et unième édition (!) fut imprimée en 1950. C’est un manuel de grammaire destiné aux classes de sixième. La deuxième leçon présente, dans la rubrique La vie des mots, le texte suivant : « Le sens des mots s’élargit : Le mot boucher désignait au Moyen-Age l’homme qui vendait de la viande de bouc. Un panier n’était proprement qu’une corbeille à pain. Le mot bureau a désigné tout d’abord un petit morceau de bure ou étoffe grossière, ensuite le meuble sur lequel on pose cette bure, puis la salle dans laquelle ce meuble est placé… »

Qui d’entre nous sait encore ce qui constituait, pour un élève de sixième en 1950, le B.A ba de son apprentissage de la langue française ?

L’histoire des mots venait en parallèle de l’histoire des hommes ou de l’histoire d’une nation car les notions de langue, de citoyenneté et de nation étaient naguère (c’est-à-dire il n’y a guère de temps, dans un passé récent) intimement liées.

18 ans après, il ne resterait rien, en quelques mois, de cet ancestral mais fragile ordonnancement des règles subtiles et précieuses de notre langue ; la révolte de mai 68 était passée par là ; rébellion plus que révolte des étudiants petits-bourgeois, enfants de grands bourgeois, marxistes d’opérette qui, pour faire la nique à papa et à maman (expression qui a trouvé son délicat point d’orgue, ou son point G, de nos jours), se donnait pour tâche d’appliquer en France les pratiques radicales (et collectivistes en matière d’éducation) du Petit livre rouge de Mao.

C’est ainsi que, de démission en démission (de ministres de l’Education nationale) et de dogmatisme idéologique en abdication laxiste, désinvolte ou inconsciente (on pense à cette professeur-e ou professeuse qui, le pistolet sur la tempe, était en train de rigoler bêtement), les « maîtres » ont renoncé à inculquer la moindre règle de grammaire ou d’orthographe aux petits Français. C’est ainsi que ceux qui fréquentent les réseaux sociaux ou qui s’enquièrent de quelques commentaires sur internet peuvent lire ces perles que j’ai relevées (en l’état) en quelques minutes sur la toile, qui pourraient prêter à sourire, si elles n’étaient pas aussi tragiquement révélatrices d’un épouvantable désastre : l’indigence de notre enseignement qui a fabriqué des analphabètes en masse.

  • « moi je dit que cette imprimant vaux le coût quand ton voix les prix des cartouche cet imprimante est a 599€ mais je dit que l'on peu faire des économies sur les cartouche d'encre. »
  • « Feu circoncis sans dégât de la raffinerie !"
  • "Le politicien qui se fait dessus plus vite que son nombre ! »
  • Ils font aussi faucheton que tout la bande
  • Bonjour à tous allor comme je ne suis plus censuré je reviens vaire vous pour nôtre petit concours national, avez vous fait vaut pancarte et, ou banderole avec revendications à metre partout en ville ?
  • "les règles imposé ne sont pas les n'autres !"
  • il faudrait arrêter d accuser à tord et art vers.
  • « maintenant sa de viens du n'importe quoid »

Effectivement, ça devient n’importe quoi… Pour beaucoup de personnes, l’attention que l’on accorde à l’orthographe et à la grammaire est une question de bonne éducation ; quand on écrit, on s’astreint, par respect de soi et des lecteurs, par courtoisie, à éviter les fautes ou à les corriger, comme on peut trouver naturel de dire bonjour à sa boulangère.

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D’autres – les plus nombreux, hélas – ne voient pas cette nécessité. Ils estiment que la forme importe peu du moment qu’on se fait comprendre. En d’autres termes, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. C’est effectivement un raisonnement de pochard. Un homme bien né et bien éduqué ne boit pas du champagne dans une tasse à café et nos amis belges savent bien qu’une bonne bière ne peut être dégustée dans n’importe quel bock ; chaque bière de tradition a d’ailleurs élaboré son propre verre comme, en France, il existe des verres pour déguster du bordeaux, du bourgogne ou de l’alsace.

Le flacon, en même temps qu’il contient le nectar, lui donne sa forme, sa structure, et sublime ses qualités. Sans contenant, il n’y a pas de contenu. La langue française contient à elle seule tout le génie français.

peblf-wartburg.jpgLa langue, l’écriture, l’expression, la communication

On a prétendu que le XXIe siècle allait être celui de la communication. C’est vrai qu’il n’y eut jamais autant d’outils pour la servir ni autant de mots pour la définir. Mais il est vrai aussi qu’il n’y eut jamais aussi peu de liberté d’expression ; on croyait 1984 dépassée, mais cette année rendue intemporelle par George Orwell arrive en 2019, au pas clouté des flics-robots anonymes, cachés derrière leurs visières et leurs boucliers, sans pitié, sans états d’âme ni de service.

« Une langue est un système conventionnel de signes utilisé par un groupe social (Larousse) qui ne précise pas : humain.

Les animaux, eux, ont des moyens de communiquer très variés (chant des baleines ou des oiseaux, danse des abeilles, postures des chiens, etc.) qui laissent supposer que les hommes auraient bien à en apprendre, même s’ils ne se servent ni de leur langue (comme organe vocal) ni de l’écriture.

Certains situent les débuts de l’écriture à Sumer en Mésopotamie (l’actuelle Irak) environ quatre millénaires avant notre ère ; mais les tablettes de Tartaria découvertes en Roumanie pourraient être antérieures de 1500 ans à l’écriture sumérienne si leur authenticité est prouvée.

Nos ancêtres les Gaulois

La civilisation celtique, installée sur la quasi-totalité de l’Europe avant l’émergence des civilisations grecque et romaine, a fait son apparition un millénaire avant notre ère, son écriture, et les quelques bribes de gaulois dont nous avons héritées (quelques dizaines de mots[1]), est apparue trois ou quatre siècles après, mais nous n’en avons aucune certitude.

Les druides étaient les représentants sacerdotaux des Gaulois, intercesseurs entre le peuple et les dieux, mais aussi leurs sages et leurs savants ; leur parole prévalait sur celle du roi ; leur parole… car les druides n’écrivaient pas et n’enseignaient pas l’écriture, qu’ils connaissaient parfaitement[2], mais qu’ils considéraient déjà comme l’un des éléments de la fin du cycle, une concession faite à la matérialité ; les candidats à la fonction druidique apprenaient pendant une vingtaine d’années les bases de la sagesse (la connaissance) celte en faisant travailler leur cerveau, leur mémoire et en les vérifiant sur le terrain.

Ce rigorisme spirituel n’a pas servi la culture celte ; les historiens et les « intellectuels » ont considéré la civilisation celte comme négligeable pace qu’elle n’avait laissé ni une écriture complète et des écrivains, ni des temples à colonnes, ni un art de la guerre. La force des Romains et la raison des Grecs semblent avoir gagné sur la spiritualité des Celtes. Pourtant, les druides connaissaient le langage des dieux qui est celui des symboles ; pour les druides, la langue des dieux ne pouvait pas s’écrire ; plus tard, pourtant, une écriture est née de ce langage des formes qui ne s’adresse qu’à l’intuition, au cœur et à l’intelligence, il s’agit de l’écriture runique dont on découvre peu à peu sa richesse[3]

Ce sont les Gaulois qui ont inventé la charrue et les plus importantes méthodes de culture du sol, avec lequel ils entretenaient des liens magiques, et ce sont eux qui travaillaient le plus finement l’art de la parure et des bijoux. A la fois des paysans frustes et des artistes délicats. Le génie français vient de cet antagonisme apparent. Et, comme tout est analogie, un autre antagonisme apparaîtra issu du premier avec les langues régionales, implantées dans le terroir de leurs ancêtres, et, plus tard, la langue française dont s’entichera toute l’Europe pour sa délicatesse et sa préciosité. C’est ce que Spengler appellera une langue de culture, voire de civilisation puisque le français tendra à l’universalité.

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Les langues régionales

Les langues régionales, elles, naissent du sol, du terroir, chacune portant dans son accent toute l’histoire d’un pays, jusqu’aux moindres intonations, la couleur des toits et des robes, le souffle du vent, le chant des oiseaux, l’odeur des foins, les gestes des semeurs, des bûcherons, du cordonnier, la chaleur des amitiés, la défiance de l’étranger en même temps que le sens de l’hospitalité. Le gallo-roman a donné naissance à la langue d’oc au sud et d’oïl au nord mâtinée de franc. Dans les abbayes romanes construites sur les lieux sacrés des païens, les moines copistes, dans le froid et le silence des scriptorii, s’évertuent à éradiquer les derniers témoignages des anciens guérisseurs des campagnes, à propager la parole du nouveau dieu et à l’enluminer.

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L’apparition de la langue française et son triomphe dans le monde

En 1539, François Ier, par l’Edit de Villers-Cotterêts, imposera le français comme langue administrative de tout le royaume et les Révolutionnaires jacobins de 1789 continueront l’œuvre de centralisation et d’uniformisation des rois en interdisant les langues régionales.

La langue française ne pouvait que triompher et les langues régionales péricliter ; les élèves des troisième et quatrième républiques s’appliquaient tout autant à écrire leurs dictées - peut-être en tirant la langue - que les scribes du Moyen-Age à reproduire les textes sacrés. Jusqu’en 1968, la langue française conservera de par le monde une aura indéniable et, en France même, une utilisation châtiée, ou tout au moins policée, jusque dans les milieux les plus modestes. Un enfant d’ouvrier maniait la langue française avec autant d’aisance et de maîtrise qu’un enfant de bourgeois.

Puis le paysan fut moqué et la terre natale désertée. Ce fut la ruée vers les villes, les mégapoles, la mondialisation, le mondialisme ; l’anglais basique remplaça le français comme langue universelle.

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L’éternel combat entre la qualité et la quantité allait ressurgir ; quand le français était devenu la langue européenne au XVIIIe et mondiale au XIXe siècle, sa difficulté à la maîtriser constituait, paradoxalement, l’un de ses atouts, à des époques où le goût de l’effort était répandu, mais aussi parce qu’on lui reconnaissait cette beauté qui s’était patiemment construite et qui avait fini par devenir naturelle : la distinction s’apparentait alors à la grâce. Ceux qui avaient consenti (entre autres) à cet effort étaient légitimement l’élite d’une nation.

« Notre langue est réputée pour sa clarté, pour la précision de son vocabulaire, pour la richesse de ses verbes et de leur construction, pour la force de sa syntaxe. C’est pour cela que toute l’Europe se l’est appropriée il y a trois siècles. » disait Hélène Carrère d’Encausse devant les membres de l’Académie française en 2002.

Hélène Carrère d’Encausse poursuivait : « « L’enseignement, tel qu’il était conçu, enserrait l’élève dans les mailles serrées d’un même savoir lui offrant la maîtrise de la langue, la connaissance de l’histoire nationale, d’une géographie remarquable par sa variété. Ce savoir commun à des générations de toutes origines les avait unifiées dans la certitude de partager un même passé, une même culture, un même patrimoine et par là même d’être unies dans un même destin et une même vision de l’avenir. Mais depuis presque un demi-siècle, des théoriciens de la pédagogie ont imposé au système éducatif français une idée que naïvement ils croyaient neuve, c’est que l’école avait pour mission d’écouter l’enfant au lieu de lui apporter les connaissances qui formeraient son raisonnement. »

En 2019, il est impossible d’avoir recours au passé et tout ce qui faisait le charme de la vie est interdit.

La langue française, à partir de 1968, fut méthodiquement, lentement mais rageusement et inexorablement, assassinée.

Qui sont les assassins ?

Les commanditaires de l’assassinat sont les idéologies progressiste et mondialiste, l’une et l’autre ayant pour but de faire table rase du passé quel qu’il soit et de détruire tout ce qui peut constituer un système structuré ou des points de repère : la langue, la nature, le patrimoine, le genre sexuel, l’architecture, la famille, l’identité, les cultures, l’histoire, les nations, les peuples, etc.

En ce qui concerne la langue française, leurs hommes de main – les exécuteurs des basses œuvres - sont l’idéologie, le laxisme, la paresse, le « progrès », le « politiquement correct », la superficialité, la mode qui s’entendent tous comme larrons en foire et il est bien souvent difficile de les distinguer.

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L’idéologie est représentée par les fonctionnaires de l’Education nationale (autrefois appelés « maîtres »), par les féministes et les militants du « genre » (l’écriture dite « inclusive ») et par le politiquement correct, un totalitarisme importé des Etats-Unis.

C’est ainsi qu’une gomme devient un « bloc mucilagineux à effet soustractif », un nain, « une personne à verticalité contrariée », nager dans une piscine, c’est « se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé et traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête ». Les lycéens ne savaient pas qu’il fallait, comme ils disent, « se prendre la tête » avant d’en piquer une.

Les féministes ont cru féminiser tous les noms de métiers en inventant des néologismes qui ne font que caricaturer leur recours inconscient et systématique au « mâle » dont elles ne cessent pourtant de dénoncer la prédominance : c’est ainsi qu’une « chercheure » devient le féminin de « chercheur » (un missile à tête chercheure ?) qu’une « auteure » est le féminin d’auteur alors que les membres de l’Académie française ont décidé de se lancer dans la surenchère et optent pour « autrice ». Qui sont les plus ridicules ? les précieuses ou les précieux ?

La reddition au « globish », cet anglais de basse-cour qui a envahi le monde, est le résultat d’un effet de mode, ceux qui veulent être « modernes », dans le vent (s’assimilant ainsi d’emblée à des girouettes), du laxisme de nos gouvernants qui n’ont rien fait pour protéger notre langue et, bien au contraire, tout fait pour l’éradiquer, tout comme nos médias qui ne manquent pas une occasion de remplacer un mot français existant par sa version globish, ce qu’ils font par snobisme, par mépris du peuple et par inculture.

Enfin le « progrès » technique planétaire mis à la disposition du plus grand nombre a zombifié de par le monde des millions de jeunes gens incapables de communiquer autrement que par leurs smartphones. Ils écrivent, certes, mais des SMS en langage phonétique dévalué dit « texto ».

Quel est, dans ce contexte, l’avenir de notre langue ? Bien sombre, vous en conviendrez. Il ne passe, comme tout ce que nous dénonçons dans bien d’autres domaines de notre culture agonisante, que par un profond changement de paradigme, un violent coup de barre qui arrêterait le processus d’involution et d’uniformisation par le bas, et qui ne peut être désigné, pour dire clairement les choses, que par un seul mot : révolution.

Pierre-Emile Blairon

Notes

[1] http://users.skynet.be/sky37816/Mots_gaulois.html

[2] L’écriture de Glozel, qui n’a jusqu’ici jamais pu être identifiée, pourrait bien être de l’ancien gaulois : voir la revue Ialon n°47

[3] Paul-Georges Sansonetti, Les Runes et la Tradition primordiale, éditions Exèdre.

dimanche, 02 septembre 2018

La mode : les manipulations physiques de la subversion mondiale

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La mode : les manipulations physiques de la subversion mondiale

par Pierre-Emile Blairon

Nous avons plusieurs corps

Les traditions indoues distinguent chez l’individu cinq types de corps subtils, par ordre ascendant de l’immatérialité : le corps physique, puis éthérique, astral, causal, et mental.

La Tradition primordiale, qui inclut les traditions indoues et toutes les autres, admet comme seule hiérarchie celle qui va du haut vers le bas, donc du supérieur à l’inférieur, de la Tradition aux traditions, du spirituel au matériel, de l’intérieur à l’extérieur, du naturel à l’artificiel, du fondamental au superficiel, de l’être au paraître, principe que nous avons signifié symboliquement par la roue[1] où le moyeu immobile, au point le plus central et le plus intérieur, représente le fondement immuable, intangible, permanent, celui qui ne tourne pas, et, au bout des rayons qui convergent vers ce centre, en contact direct avec le sol et la matérialité, le cercle de fer ou de bois, le point le plus extérieur.

Comme tout est analogique, le corps humain procède du même principe. Le plus vulnérable, soumis à toutes les agressions, est sa surface, sa peau, tout comme l’écorce de la Terre est la partie la plus fragile de son entité.

Cette hiérarchie s’applique avec toute sa force au début d’un cycle civilisationnel (ce que les Grecs appelaient l’Age d’or) mais, les civilisations étant aussi mortelles que tout ce qui vit, le déclin advient lentement, amenuise leurs défenses immunitaires et les rend plus vulnérables, les sciences sacrées cèdent la place aux profanes, les exigeants fondements spirituels sont grignotés par les besoins matériels créées artificiellement.

Des fonctions qui ne sont plus vitales

Les fonctions qui étaient vitales et nécessaires autrefois : se nourrir, se protéger des variations climatiques (les vêtements) et des agressions (la maison) n’ont cessé de grossir artificiellement – le règne de la quantité, qui est aussi celui de l’argent - (prolifération des obèses, accroissement de l’offre vestimentaire, envolée des prix du logement) alors mêmes qu’elles sont devenues superflues puisqu’abondantes dans nos sociétés occidentalisées. D’autres fonctions sont apparues, communication, déplacements, loisirs… qui ne sont ni vitales ni nécessaires mais tout aussi superflues et pléthoriques.

A la fin du dernier Age, l’Age de fer, celui dont nous vivons les derniers instants, les valeurs positives de bon sens, de respect et de rectitude qui maintenaient l’équilibre de la société et réglaient sa bonne marche sont désavouées, ignorées, méprisés et périclitent sous les coups de boutoir des populations fanatisées ou décérébrées par les gourous du désordre mondial et du chaos qui prêchent l’uniformité, la confusion, la facilité, l’hédonisme, l’égalitarisme et l’anarchie. Toutes les fins de cycle civilisationnelles voient l’apparition de non-valeurs qui sont l’inversion systématique de celles qui constituaient la colonne vertébrale des dites civilisations.

Le corps vestimentaire

A la liste des cinq types de corps subtils, nous ajouterons un corps de plus, dans le sens de la matérialité : le corps vestimentaire, qui constitue comme une seconde peau de l’Homme.

Sans remonter aux débuts de notre cycle (ni même à celui de notre dernier Age, le Kali-Yuga, qui a commencé son processus involutif 4500 ans avant notre ère), en s’en tenant aux temps historiques bien plus récents, on sait que le vêtement était très codifié, en accord avec le type de culture que s’était donnée la communauté de sang et de sol qui l’avait adopté ; parmi les exemples les plus intéressants, celui des clans écossais qui portaient des tartans (kilts) dont les couleurs étaient tirées de plantes qui poussaient sur le sol qu’ils occupaient. Cette coutume est très ancienne puisqu’on a retrouvé des momies tokhariennes dans le désert du Tarim en Chine, qui vivaient 3500 ans avant notre ère ; ces momies portant des tartans sont supposées être indo-européennes, voire ancêtres des Celtes.

Le vêtement, à l’origine marque d’une tribu, d’une communauté, d’un clan, d’une fonction, s’est ensuite individualisé chez presque tous les peuples du monde, pour s’uniformiser en même temps que progressait l’emprise du mondialisme initié par la sous-culture américaine destructrice des cultures natives. L’Homme est passé, sans se révéler entièrement en tant qu’être humain, du statut naturel à celui de la machine et même de « produit ».

Le vêtement : voile ou dévoilement de l’être intérieur ?

En Europe, les familles royales qui voulaient s’accaparer le plus de territoire possible ont pratiqué une centralisation effrénée et ont exigé de leurs vassaux l’abandon des langues, coutumes et vêtements régionaux bien vite méprisés. La « mode » en pratique dans les cours royales, commune à toute l’Europe, est née mais le rapport avec les fondamentaux traditionnels a subsisté sous d’autres formes et l’élégance qui a remplacé la tradition est l’une des formes de cet héritage ancien.

Quelques princesses ont été remarquées et admirées dans ces cours, non seulement pour leur beauté, mais aussi pour leur maintien, leur port de tête. Certains hommes, princes et officiers, se distinguaient par leur stature, une élégance désinvolte et une prestance qui les supposaient aussi à l’aise à cheval sur un champ de bataille que sous les lustres des salons royaux.

Les cas extrêmement rares où la beauté extérieure reflète parfaitement la beauté intérieure sont une résurgence miraculeuse des temps anciens où cette adéquation était la règle ; où le paraître était l’expression de l’être ; la cohésion de la personne était assurée par la cohérence de ses divers composants ; c’était de vrais aristocrates, qui n’avaient pas besoin de prouver leurs quartiers de noblesse qui trouvaient leurs sources dans les traditions enfouies.

Chez les Européens de l’Ouest, certains peuples ont conservé cet héritage à travers leurs traditions, comme en témoignent encore de nos jours les Arlésiennes ou les Bavarois. Les Françaises, d’une manière générale, ont su longtemps imposer leur distinction naturelle et leur grâce au monde jusqu’à une période très récente ; ce fut ensuite la dégringolade et la disparition quasi-totale de tout ce qui pouvait se rapporter à cette intelligence du goût et de la beauté.

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La dictature de l’informe

On peut facilement situer ce basculement qui a vu disparaître toute trace de raffinement en France après les manifestations des « révoltés » de mai 68, petits-bourgeois, enfants de grands bourgeois, ceux-là même qui sont maintenant au pouvoir.

La forme a alors disparu au profit de l’informe et la prestance au profit de l’inconsistance. Le vêtement reflétait bien la décomposition des caractères et des corps.

Les pseudo-rebelles de 68 se sont insurgés contre les uniformes (surtout militaires)… pour en adopter d’autres ; après le passage de ces gauchistes qui prétendaient s’affranchir de la pesanteur américaine sur la culture mondiale, on a vu déferler en France et en Europe le « style » américain : baskets, jeans, tee-shirts, casquettes ; les petits écoliers français et européens ont été sommés d’adopter cet uniforme sous peine d’être exclus des cours de récréation.

Les enfants du nouveau système, lentement dépossédés de toute éducation, d’exemple, de repères et, plus encore, d’héritage culturel, se glissèrent avec joie sous le rouleau compresseur de Big Brother ; le mimétisme et le paraître devinrent pour eux les seules attitudes gratifiantes, l’argent, qui leur permettait d’acheter les gadgets à la mode, la seule valeur susceptible d’éveiller chez eux un soupçon d’intérêt.

Des trous à l’âme

Le débraillé vestimentaire, l’absence de recherche esthétique, a ensuite franchi un nouveau pas au début du XXIe siècle avec la mode des jeans troués qui nous fait penser aux « trous » du corps astral, lorsque l’individu est en état d’agression ou de faiblesse, et nous pensons aussi aux trous de la couche d’ozone, agression opérée par l’être humain sur la nature.

Pendant ce temps, les couturiers invertis – il fallait bien ceux-là dans une société en inversion complète des valeurs - qui donnent le ton de ce qu’on appelle la « mode » dans les salons parisiens, anglais, italiens ou américains ne visent qu’à ridiculiser les femmes et efféminer les hommes. Il suffit de voir les vidéos des défilés conçus par ces « génies » de la « haute » couture pour réaliser à quel niveau de perversité le citoyen est tenu d’adhérer[2]. Le « show » que nous avait offert le Président de la République sur le perron de l’Elysée le 21 juin 2018 procède de la même démarche « esthétique ».

C’est vrai qu’il n’y a là qu’un très lointain rapport avec cette mode populaire somme toute banale, et presque innocente, des jeans troués. Encore faut-il bien comprendre ce que cette démarche qui consiste à acheter un jeans usagé (quelquefois beaucoup plus cher qu’un neuf) dans une boutique représente d’absurde et de pathologique.

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Une ethnospiritualité de l’enveloppe

Mais il y a plus grave. Le jeans troué est le symptôme de l’attaque de forces négatives sur le processus même de la vie, le processus vital. Le vêtement, symboliquement, est une protection (sans doute illusoire concrètement) contre les agressions extérieures. Le triomphe de la matière advient quand elle commence à grignoter ce qui n’est plus de son domaine. Sous son action, le corps vestimentaire se délite, devient poreux, le chemin vers le centre intérieur s’insinue par les brèches ouvertes. L’usure de l’enveloppe, qui était naturelle et l’œuvre du temps, est devenue artificielle et l’œuvre de puissances malsaines.

Mais les forces de la subversion mondiale ne s’en sont pas tenues là ; l’objectif, leur semble-t-il, est à leur portée.

Sous le corps vestimentaire commence le corps physique qui, tout physique qu’il est, n’en fait pas moins partie des cinq corps subtils de la Tradition. La peau est son enveloppe extérieure. Première ou ultime protection selon qu’on l’envisage de l’extérieur ou de l’intérieur. Notre corps recèle en effet d’autres système de protection, contre les multiples agressions, extérieures ou intérieures (les maladies). Mais la peau constitue aussi l’interface entre l’intérieur et l’extérieur, entre la matière et le spirituel. Et elle donne aussi à connaître au monde le mode de vie et le sol que le divin, qui n’aime pas l’uniformité, a choisi pour matérialiser l’âme que transporte ce corps sur notre Terre : notamment sa couleur.

Les forces anti-traditionnelles s’efforcent de nier cette évidence par tout un système de propagande que nous connaissons bien. Ceci reste du domaine de l’idéologie mais ces forces négatives s’attaquent désormais concrètement, matériellement, à cette protection naturelle et à cette forme d’identité qu’est la peau par le biais, encore une fois, de la mode.

Il faut sauver sa peau !

Toutes les formes d’agression sont utilisées pour décomposer et meurtrir cette enveloppe. La contre-tradition, comme son nom l’indique déjà, est une imposture qui s’efforce de reprendre maladroitement les codes présumés et incompris de la Tradition qui seraient restés vaguement ancrés dans les esprits, comme une mémoire collective. C’est ainsi que prolifèrent sur les visages des jeunes gens (mais aussi des plus âgés, mais aussi ailleurs que sur les visages) toutes sortes d’anneaux ou de bijoux accrochés, insérés, à toutes les parties symboliques du corps comme il était souvent coutume chez les peuples dits primitifs (lesquels sont en réalité des peuples tardifs découlant d’un processus dégénératif, mais ceci est une autre histoire[3]). De même que les scarifications en pratique chez ces peuples lors de rites initiatiques sont reprises sous forme de tatouages indiscrets et pléthoriques qui font ressembler de frêles jeunes filles européennes à de vigoureux camionneurs ou à des membres de la secte japonaise des Yakuzas.

La subversion mondiale, qui croit avoir déjà gagné, n’a qu’un but : atteindre le centre de la Tradition pour le détruire et empêcher le retour à un nouveau cycle. Le corps humain est la représentation analogique du corps de la Tradition et la plus vulnérable. Il convient que chacun résiste à cette intrusion.

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Face à ces agressions, que doivent faire les hommes différenciés ?

Les hommes différenciés sont, selon l’expression employée par Julius Evola, cette infime minorité de personnes lucides et responsables, celle-là même qui est investie d’une mission propre à faire repartir la roue du temps pour un nouveau cycle.

Selon Guénon, les individus n’ayant pas su conserver dans leurs différents êtres une cohérence et une consistance seront irrémédiablement condamnés à disparaître, à se « volatiliser »  lorsqu’adviendra, inévitablement, la catastrophe finale ; seule, une minorité, dotée encore de la conscience des valeurs traditionnelles primordiales, un souvenir de l’Age d’Or, ayant conservé les repères naturels, biologiques, spirituels, culturels, intellectuels, émotifs, de la Tradition, sera sauvegardée afin d’accomplir sa mission de transition, cette mission consistant à semer les germes du nouveau cycle.

L’on n’est pas toujours maître de son apparence physique mais on est presque toujours responsable de l’aspect de son corps vestimentaire et, plus intimement, de son enveloppe corporelle.

Il convient donc pour ces personnes appartenant à cette minorité de ressembler à ce qu’elles sont, ou à ce qu’elles essayent d’être sans qu’il y ait, entre les différents corps, de visible différence. Le principe étant celui de l’équilibre et du bon sens. Il est indispensable de recentrer ses différents corps pour les besoins de sa cohérence psychologique et de sa cohésion physique. La tradition exige de disposer d’une colonne vertébrale solide et de présenter une forme définie dans toutes les circonstances de la vie. Il appartient à chacun, à la fois dans sa démarche spirituelle et dans son comportement extérieur, d’être à la hauteur de ce qu’il est ou de ce qu’il prétend être, dans son désir d’être perfectible.

La vie est faite de signes perceptibles et apparents ; mais les symbolistes savent qu’un monde parallèle existe qui est fait de signes imperceptibles et apparents seulement à certains, et que ces signes sont aussi nombreux, aussi clairs et aussi évidents que ceux du monde directement perceptible. Le paraître est une composante essentielle de la vie ; il n’est superficiel, inconsistant, que si on l’est soi-même profondément. Le paraître est le miroir de ce que nous sommes au regard des autres ; il n’est l’œuvre que de notre intelligence, de notre sensibilité et de notre volonté ; il est un aspect de l’exercice de notre responsabilité, de notre libre-arbitre, il reflète, dans la forme, le respect que nous avons de nous-mêmes et des autres. Il nous situe, et nous revendiquons cette situation.

Notes:

[1] Pierre-Emile Blairon, La Roue et le sablier, Amazon

[2] https://www.vogue.fr/video/vogue-hommes/videos/les-backstage-du-defile-man-printemps-ete-2019-a-la-fashion-week-de-londres/34833

[3] Julius Evola : La Métaphysique du sexe, éditions L’Age d’Homme, page 18.

samedi, 28 avril 2018

Les nouveaux gladiateurs et l’hymne républicain

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Les nouveaux gladiateurs et l’hymne républicain

par Pierre-Emile Blairon

Le jeu de balle au pied (football) est l’un des éléments majeurs de conditionnement des foules par les élites au pouvoir principalement en Europe. La recette est bien connue et ne date pas d’hier ; pour détourner les peuples des enjeux cruciaux et laisser le pouvoir agir sans l’aval des masses, il suffit de leur présenter un hochet ; l’Empire romain décadent prévenait toute tentative de soulèvement du peuple en lui fournissant Panem et circenses, du pain et des jeux du cirque. Les Romains arrivaient donc en foule dans les arènes pour voir mourir les gladiateurs qui s’étripaient entre eux ou qui affrontaient des bêtes sauvages. Ces gladiateurs étaient des mercenaires bien payés, hommes libres ou esclaves, qui trouvaient dans ce métier l’occasion d’accéder à un statut social envié quand ils avaient survécu.

Les footballeurs sont nos nouveaux gladiateurs (à moindre risque), mercenaires internationaux, dont le prix d’achat dépasse toutes les normes acceptables. Ils viennent de toutes les parties du monde mais, en France, essentiellement de nos anciennes colonies d’Afrique, du Nord et sub-saharienne (les fameux Blacks-Blancs-Beurs au sein desquels on a intelligemment supprimé toute discrimination en les appelant uniformément les « Bleus »).

Pas plus que les gladiateurs romains (le fameux : Ave Caesar, qui morituri te salutant ne concernait que certains délinquants condamnés à mort), les footballeurs ne sont tenus à saluer les officiels occupant les tribunes. Cependant, on leur demande, avant chaque match international, de chanter leur hymne national, enfin, l’hymne du pays dont ils ont acquis la nationalité et qu’ils représentent dans les compétitions internationales. La loi veille : tout outrage à l’hymne national est, en France, depuis 2003, susceptible d’être puni par un emprisonnement de 6 mois et 7 500 euros d'amende.

Certes, Karim Benzema n’entrait pas dans le cadre visé par la loi en déclarant en avril 2018 ne pas chanter la Marseillaise sur les stades parce que, «Si vous écoutez bien, la Marseillaise appelle à faire la guerre. Et ça, ça ne me plait pas». Benzema est un footballeur natif de Lyon, officiant dans le club madrilène dont son compère Zidane (ancien footballeur, natif, lui, de Marseille) est entraîneur. «On ne va pas me forcer à chanter La Marseillaise. Zidane, par exemple, ne la chantait pas forcément. Et il y en a d'autres».

Benzema n’avait pas tout à fait tort, s’il s’en était tenu là, mais nous allons voir que ce n’était pas le cas.

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Ce jour-là…

Sans doute, en effet, ce jour-là, avait-il fini par percevoir les paroles du refrain du chant révolutionnaire hurlées dans les gradins par les supporters. Elles lui parvenaient indistinctement, brouillées par les bruissements des étendards claquant au vent, arborant fièrement les logos des diverses multinationales sponsor.e.s des footballeurs. Il recevait, troublé, effaré même, quelques paroles étranges clamées avec enthousiasme par cette belle et sportive jeunesse française : sanglant, égorger, sang impur, féroces soldats…

Il regardait ses coéquipiers bouger silencieusement les lèvres – television is watching you ! - d’autres marmonnant des incantations destinées à attirer sur eux la bienveillance des antiques dieux de la savane.

Benzema, imperturbable, un léger voile d’inquiétude dans les yeux, avait décidé de ne pas faire semblant de chanter en ne chantant pas du tout. Il allait, dans un moment, à mains nues et les pieds uniquement armés de crampons, affronter les redoutables Lions (club de Brisbane, Australie, en match amical). Les maillots des champions étincelaient sous le soleil, marqués aux armes de Nike (prononcer Naïque) et d’EDF.

Il avait décidé, ce jour-là, de ne plus chanter du tout car, décidément, ces paroles étaient indignes.

Un exemple et un contre-exemple

Bel exemple de pacifisme pour ces jeunes de banlieues dont il était devenu l’idole. Ils ne songeaient qu’à marcher dans ses traces, ils ne rêvaient tous que de voitures luxueuses, de sex-tapes torrides, de villas somptueuses à Malibu ou à Dubaï, décorées de damasquins aux couleurs chatoyantes, aux salles de bains rutilantes avec leurs robinets d’or, aux piscines remplies de superbes jeunes femmes à l’abondante chevelure d’un blond platiné, à la plastique généreuse et indéformable, comme dans un conte des mille et une nuits…

L’exemplarité du discours et de l’attitude de Benzema s’arrête sans doute là ; le boxeur champion du monde Patrice Quarteron, d’origine guadeloupéenne, lui aussi issu de la banlieue – il est né à Sevran - est aussi un exemple pour les jeunes, d’autres jeunes, ceux qui sont reconnaissants à la France de les avoir accueillis. Il a violemment et publiquement[1] dénoncé l’attitude de Benzema, lorsqu’il s’est permis de cracher au sol lorsqu’a retenti la Marseillaise.

« Sur les terrains, tu traînes partout ton arrogance, ton mépris du public, de la ferveur des supporteurs, des journalistes. Sûr de toi, convaincu d’être le prochain Zidane. Et encore… Tout ça n’est que du foot. Mais il a fallu que tu commettes l’impardonnable. L’insupportable. L’insulte à la nation.

C’était en Espagne. La Marseillaise retentit, la France rend hommage aux victimes d’un attentat. Et toi, tu craches au sol. Si tu avais fait cela en Algérie, tu serais probablement un homme mort. »

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Ceci en réponse à la déclaration d’amour de Benzema pour le pays d’origine de ses parents :

« Parce que l’Algérie c’est mon pays, voilà, mes parents ils viennent de là-bas. Après, la France… C’est plus sportif, voilà. »

Et Patrice Quarteron d’exprimer sa propre position dans un langage coloré:

« Quand vous portez un drapeau d'un pays où vous ne vivez pas, on vous dit "bravo, j'adore, c'est courageux, c'est un signe d'ouverture". Quand on porte le drapeau du pays dans lequel vous vivez, où vous payez vos impôts, avec lequel vous souffrez, aimez, combattez, on vous dit : "t'es un chien, un putain de facho". Je porte mon drapeau fièrement. Et j'emmerde les fils de putes qui préfèrent se sentir Américains, Marocains, Russes, etc. tout ça parce qu'ils vont en vacances une semaine dans un autre pays et reviennent en se sentant étrangers à leur propre pays. Soyez patriotes et reconnaissants. Vous devez tout à la France. »

La Marseillaise : hymne national ou hymne républicain ?

N’était cette remise en cause de notre hymne national, personne ne se serait intéressé outre mesure à ses paroles, inconnues pour la plupart des Français, hormis son refrain vengeur.

Aux armes, citoyens,

Formez vos bataillons,

Marchons, marchons !

Qu'un sang impur

Abreuve nos sillons !

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Le texte est certes fort belliqueux, de même que le sont beaucoup d’hymnes nationaux dans le monde, tel celui des Algériens, le pays chéri de Benzema, où l’on perçoit un ressentiment vis-à-vis de la France qui a pourtant tout donné à ce pays qui n’existait pas, jusqu’à son nom et sur l’héritage duquel les Algériens vivent sans rien y avoir apporté depuis 1962 :

Ô France ! le temps des palabres est révolu

Nous l'avons clos comme on ferme un livre

Ô France ! voici venu le jour où il te faut rendre des comptes

Prépare-toi ! voici notre réponse.

Mais revenons à notre hymne national : aucune ligue de vertu ne s’indigne à l’énoncé de ce « sang impur », parfaite illustration du racisme le plus abject ? Non, parce que le « sang impur » est celui des peuples européens à qui la France vient de déclarer la guerre, la Bohême et la Hongrie ; donc, le même sang que celui des Révolutionnaires, qui n’est donc pas plus impur ; les prémices de l’ethnomasochisme en quelque sorte.

La Marseillaise fut chantée la première fois rue Thubaneau, à Marseille (d’où son nom), rue célèbre pour la prolifération de ses lupanars (loin de moi l’idée d’employer l’expression triviale de Patrice Quarteron !)

Le premier couplet est le seul encore chanté (sur les sept que compte l’hymne) :

Allons, enfants de la Patrie,

Le jour de gloire est arrivé !

Contre nous de la tyrannie

L'étendard sanglant est levé, (bis)

Entendez-vous dans les campagnes

Mugir ces féroces soldats ?

Ils viennent jusque dans vos bras

Égorger vos fils, vos compagnes !

marseillaiserenoir.jpgLes féroces soldats en question sont donc ceux à qui la Révolution vient de déclarer la guerre et qui, à cet effet, a créé l’Armée du Rhin, dont la Marseillaise, à l’origine, était destinée à en être le chant.

Cette Armée du Rhin comprendra d’innombrables sous-armées dont les dénominations varieront au gré des regroupements décidés par les Révolutionnaires. L’armée de Meuse, Sarre et Moselle fut confiée à François-Claude de Bouillé, monarchiste fidèle au roi et qui servit donc la France révolutionnaire qui ne lui en sut pas gré car il est stigmatisé par la cinquième strophe de la Marseillaise dans laquelle il devient le complice de ceux qu’il a combattus.

Cette incohérence s’explique par le fait qu’il sut mater, à la demande de Lafayette, une mutinerie à Nancy avec la plus grande rigueur, il en fut même félicité, dans un premier temps, par l’Assemblée révolutionnaire ; mais la part importante qu’il prit à l’organisation de la fuite du roi ne le racheta pas.

Où l’on constate que les paroles de la Marseillaise composées par Rouget de Lisle s’attachent (excepté le septième couplet qui n’est pas de lui) à décrire des péripéties très marquées temporairement sans pouvoir s’élever pour les dépasser à des considérations englobant l’histoire de France dans le temps, dans l’espace et dans l’énoncé. Ces paroles restent liées à une période bien précise : la Révolution, à la guerre menée contre le roi de Bohême et de Hongrie et au régime républicain qui l’a suivie, sans accéder au statut national, au « roman national » dirait-on aujourd’hui, que l’hymne mériterait.

On peut déplorer que le seul nom cité soit celui de Bouillé pour le vilipender alors que les noms de héros authentiques qui ont lutté pour l’indépendance de la France ne sont pas mentionnés pour les glorifier, comme celui de Vercingétorix qui sut rassembler les Gaulois contre l’envahisseur romain, comme celui de Jeanne d’Arc qui se sacrifia pour bouter les Anglais hors de notre territoire, et comme tous ceux qui firent don de leur personne à la France.

Pierre-Emile Blairon

[1] https://www.valeursactuelles.com/societe/le-poing-final-de-patrice-quarteron-benzema-comment-oses-tu-cracher-sur-le-pays-qui-ta-nourri-94988

mardi, 27 mars 2018

Architecture contemporaine : le triomphe de la vanité

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Architecture contemporaine : le triomphe de la vanité

par Pierre-Émile Blairon

La principale, si ce n’est la seule, justification de la présence de l’Homme sur Terre se retrouve dans le rapport charnel et spirituel qu’un peuple formé entretient avec la terre qu’il a choisie ou qui l’a choisi, dans des rapports de respect mutuel. Et un peuple n’est formé que lorsque cet acte éminemment symbolique – le mythe des origines – a été transformé en acte rituel. On sait comment nos ancêtres les Gaulois déterminaient la fondation d’une ville en faisant descendre le ciel sur la terre. Ils délimitaient les enceintes de la ville en répercutant sur le sol élu la configuration stellaire au moment où ce choix, et donc ce rituel, s’accomplissait. La pérennité du mythe d’origine, de cette fondation bien matérielle, est assurée par les gardiens du temple, les vestales qui maintiennent le feu sacré.

Le rite est la répétition du mythe ; tant que ce rite est maintenu, l’équilibre du monde, celui que le peuple a délimité aussi loin qu’il porte le regard autour de lui, est assuré. Et tant que l’esprit de la maison ou de la ville – les dieux lares – que l’homme antique a bâtie est conservé.

En ces temps de Kali-Yuga où les valeurs sont totalement inversées, les prêtres et les sages ont laissé la place aux brigands. Ce sont ces derniers qui règnent sur le monde sous une apparence policée de banquiers arrogants et jamais repus.

Sans doute la plus criante des manifestations de cette fin de cycle est celle qui nous agresse chaque jour, visiblement, certes, mais bien plus, invisiblement (selon la théorie de l’iceberg, dont on ne voit que le dixième de la masse) quand on décortique le processus à la fois historique et idéologique qui a engendré cette horreur : l’architecture contemporaine.

Spengler, villes mondiales et villes de culture

« Aujourd’hui, comme au temps de l’hellénisme au seuil duquel se fonde une grande ville artificielle, donc étrangère à la campagne – Alexandrie – ces villes de culture, Florence, Nuremberg, Salamanque, Bruges, Prague… sont devenues villes de province et opposent à l’esprit des villes mondiales une résistance intérieure désespérée. »

C’est ce que disait Oswald Spengler il y a cent ans.

C’est en France au Moyen-Âge, avec le château ou l’église, les premiers éléments patrimoniaux, les premières œuvres d’art, que les monuments qui vont devenir « historiques » vont constituer la marque de la ville de culture, pur produit du génie de la main, chef-d’œuvre des compagnons, et de l’esprit, sanctuaire du savoir. Des villes, généralement à format humain, c’est-à-dire où, en moins d’une heure à pied, on a pu dénombrer une bonne dizaine de merveilles architecturales et, quelquefois, effectuer la traversée de cette ville ancienne de part en part. Cette ville ancienne était contenue autrefois « intramuros », à l’intérieur des remparts qui la délimitaient et la protégeaient et qui ont malheureusement presque tous disparus (quelques villes, comme Carcassonne ou Avignon en France, ont pu les préserver, merci, M. Viollet-le-Duc). La plupart des villes de culture, même certaines qui sont devenues villes mondiales, ont su conserver un centre historique que des millions de touristes du monde entier viennent admirer, retrouver la grandeur des temps passés… et y dépenser leurs devises, signifiant que le passé a un avenir, même sonnant et trébuchant(1).

Nous aurions espéré que, par ce biais – se battre avec les armes de l’ennemi, l’argent – ces villes au passé prestigieux pourraient s’imposer et perdurer face au rouleau compresseur des mégapoles, lesquelles sont bâties sur du sable, sans passé – ou dont elles ont systématiquement effacé toute trace – et donc sans avenir. Après tout, l’industrie du tourisme bien pensée est moins polluante que bien d’autres et aide à conserver le patrimoine.

A vrai dire, ces villes de culture dont Spengler constatait qu’elles opposaient aux mégapoles une « résistance désespérée » résistent de moins en moins.

Je vais prendre trois exemples emblématiques de ces villes moyennes, villes de culture européennes au riche passé, que la gangrène moderniste commence à défigurer : Bruges, Aix-en-Provence, Saint-Malo.

Bruges

Spengler cite Bruges, l’une des plus belles villes du monde. Une ville réservée aux piétons qui sont souvent des touristes amoureux de ses belle pierres, de la sérénité qui s’en dégage, de sa douceur de vivre. Ici, le seul bruit provient des notes cristallines des carillons des beffrois.

Première place financière d’Europe au XVe siècle, on l’a appelée « la belle endormie », tout comme Aix, ou Bordeaux, ou Reims… sans doute parce que les villes qui conservaient leur patrimoine en quelque sorte « par défaut », comme on dit en informatique, en ne succombant pas aux sirènes du « progrès », fort à la mode en ces temps bénis où il n’avait pas encore démontré sa nocivité, étaient considérées au début du siècle dernier comme des villes n’aspirant qu’à mourir. Ce qui est le lot de tout ce qui vit, y compris les villes mais, selon l’adage plein d’espoir : le plus tard possible !

Pour une ville, mourir, ce n’est pas comme un être humain, mourir, pour une ville, c’est perdre son âme en perdant son corps.

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 Une verrue au cœur historique de Bruges : la salle des concerts

Si Bruges est belle, c’est parce qu’elle est harmonieuse, parce qu’elle a réussi à sauvegarder la parfaite unité de son domaine architectural, parce qu’elle a réussi à résister au chaos qui caractérise l’architecture contemporaine ; rectifions : qu’elle avait réussi jusqu’à ce qu’on y construise une salle de concert qui ressemble à un immense blockhaus de brique, sur la même place que l’Office de tourisme : le ver est dans le fruit.

Bruges est à peu près de la même taille qu’Aix-en-Provence. 120 000 habitants pour Bruges, 140 000 habitants pour Aix-en-Provence, à peu de chose près aussi, la même superficie du centre historique : 186 km2 pour Aix contre 138 pour Bruges.

Aix-en-Provence

Bruges fut la capitale économique de la Flandre, Aix-en-Provence la capitale administrative de la Provence au Moyen-âge. La ville provençale ressemble par maints aspects à Bruges ; ville élégante et aristocratique, peuplée de beaux hôtels particuliers du XVIIIe siècle et de ravissantes fontaines, elle est un centre judiciaire important depuis des siècles et un pôle universitaire renommé qui attire des dizaines de milliers d’étudiants chaque année qui assurent une ambiance jeune et dynamique très appréciée des visiteurs.

Le drame d’Aix-en-Provence, c’est d’être située à trente kilomètres de Marseille, mégapole qui rassemble la totalité des inconvénients d’une grande ville cosmopolite (pauvreté, mauvaise qualité de vie, stress, insécurité, saleté, laideur architecturale avec ses tours et la multitude de ses ensembles urbains d’après-guerre…) Quelques beaux quartiers préservés autour du Vieux Port, de la Corniche ou du Prado, résidus de son faste ancien, résistent avec leurs habitants tant bien que mal à cette dégradation.

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La foire aux égos à Aix-en-Provence : à gauche au premier plan le Pavillon noir, centre de la danse de Rudy Ricciotti, au second plan à gauche : le Conservatoire de musique de Kengo Kuma, à droite, le Grand Théâtre de Provence de Vittorio Gregotti

Tout ceci serait un moindre mal si Marseille, forte de sa population importée, n’avait eu l’ambition d’absorber, avec l’aide de l’État, culturellement et économiquement Aix-en-Provence et le Pays d’Aix dans son aire de métropolisation.

La municipalité actuelle d’Aix tente d’empêcher ce phagocytage en demandant la mise sous tutelle de Marseille, endettée, et en projetant de créer sa propre métropole.

C’est le moment ou jamais de faire preuve de créativité et d’intelligence, de sortir des ornières du règne de la quantité qui submerge toute entreprise de nos jours et de se dégager de la tutelle des « experts » et des « prévisionnistes » qui ne voient jamais rien venir et qui se trompent en permanence. Sans craindre le pire – la maire d’Aix n’a-t-elle pas affirmé « vouloir construire la ville de demain à taille humaine dans le respect de son identité et de son passé(2) » – il conviendrait de rester vigilants car, si l’on en croit les premières modalités dévoilées de ce projet(3), il semble qu’il emprunte la droite ligne de ce qui s’est déjà fait à quelques dizaines de mètres du centre historique : de part et d’autre d’une esplanade dénudée se dressent, comme à la parade, les œuvres disparates et extravagantes que nous ont concoctées quelques architectes internationaux soucieux avant tout de laisser un peu partout dans le monde une trace de leur « génie » : Rudy Ricciotti avec le Pavillon noir, cube de béton et de verre dédié à la danse, le Grand Théâtre de Provence de Vittorio Gregotti, qui reste dans le désormais « classique » style blockhaus, le Grand Conservatoire de Musique du Japonais Kengo Kuma qui dit s’être inspiré pour construire le bâtiment du traditionnel pliage de papier japonais, l’origami (mais pourquoi ne pas l’avoir créé au Japon où il aurait été plus à sa place ?)

Saint-Malo

Nous allons retrouver notre Japonais Kengo Kuma à Saint-Malo ; ce sera le seul lien commun entre la Provence et la Bretagne.

Saint-Malo ne ressemble en rien aux deux villes précédentes et, comme si sa présence ici venait en contradiction de ce que nous voulons exprimer, Saint-Malo n’a aucun passé architectural encore visible, excepté ses remparts. Non, cette fois, il n’y a plus grand-chose à sauvegarder d’ancien, tout simplement parce que la ville a été presqu’entièrement supprimée, écrasée sous les bombes anglo-américaines (et nos pudiques historiens oublient de dire : et les habitants avec(4) comme beaucoup de villes du littoral atlantique et comme beaucoup de villes en France.

Contrairement à ses voisines comme Lorient, Brest, Le Havre ou Royan où l’on a opté pour la facilité, c’est-à-dire pour l’architecture à la mode après-guerre, celle qui avait pour dieu le béton, celle qui a créé tous ces sinistres ensembles producteurs de tensions et qui ont défiguré la plupart de nos villes, Saint-Malo a été soigneusement reconstruite à l’identique, ou presque, au sein des anciens remparts miraculeusement conservés. La cité des corsaires fut relevée avec des vrais matériaux locaux, notamment un granit bien épais et rassurant récupéré dans les décombres, chaque pierre soigneusement nettoyée et numérotée ; Les rues furent élargies et les immeubles purent disposer du confort « moderne », eau et gaz à tous les étages !

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Saint-Malo reconstruite après sa destruction par les bombardements anglo-américains à la fin de seconde guerre mondiale.
Le futur musée d’histoire maritime de Saint-Malo de l’architecte japonais Kengo Kuma

Ce choix ne fut pas celui artificiel d’un aréopage soumis aux diktats de la mode et de la démocratie à usage personnel mais celui de citoyens regroupés en association pour faire valoir leur attachement à une ville et à ses pierres dont chacune représentait l’âme des cent-quarante-quatre Malouins enterrés sous les gravats. Et cette association confia ce travail à des architectes respectueux du site qui ne pensèrent pas à laisser leur nom par une provocation égocentrique. Les constructeurs de cathédrales – qui sont des bâtiments autrement plus intéressants et durables que les plaisanteries éphémères contemporaines – étaient modestement anonymes.

Mais voilà que la municipalité s’avise de créer un Musée d’histoire maritime qui, comme tous les musées nouvellement créés doivent ressembler à tout, sauf à des musées. Non, non, ce n’est pas une boutade : ces nouveaux musées sont des bâtiments qu’on dit futuristes mais qui sont surtout des caprices de « créateurs » choisis par concours par des édiles soucieux de leur réélection et des spécialistes (des « experts ») qui ont, de facto puisqu’ils sont spécialistes, une culture générale limitée pour la plupart.

Pourquoi les musées, ces bâtiments censés accueillir les artefacts d’un passé nécessaire à comprendre le présent, sont-ils toujours la représentation idoine de ce qu’on présuppose, dans un délire de science-fiction de BD, être des éléments du futur ?

Parce que, dans ce domaine touchant à l’histoire et à la mémoire, là plus qu’ailleurs, il convient d’orienter les esprits.

L’idée n’est pas bien nouvelle, elle peut se résumer dans ce vers de l’Internationale : Du passé, faisons table rase, qui suppose une dictature du progrès qui n’est lui-même qu’une illusion.

Ce qui fait que notre architecte japonais, mais néanmoins mondialiste, a conçu le projet titanique de ce musée qui ressemble à l’empilement de trois hangars décalés d’une hauteur de 35 mètres pour sept étages qui surplombera la ville de Saint-Malo, « Un belvédère couvert au dernier étage du futur musée offrira une perspective sur toute la ville de Saint-Malo », selon Ouest-France. Mais le contraire est vrai aussi. A savoir qu’à Saint-Malo, on ne verra plus que ce bâtiment.

« C’est le seul endroit de la ville où je ne la vois pas » disait Maupassant quand il mangeait au restaurant de la tour Eiffel.

Quelques exemples…

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Le Stedelijk Museum à Amsterdam (Musée d’art contemporain) : une énorme baignoire accolée à un immeuble ancien

Oh, bien sûr, les trois villes que nous prenons en exemple sont loin d’être les seules touchées par cette gangrène ; nous les prenons en exemple parce que nous espérons qu’il est encore possible de les sauver, mais que faire du grotesque Musée Pompidou qui défigure Paris,

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Le parvis nord du centre Beaubourg accolé à l’église Saint-Merri (XVIe siècle) et l’entrée principale du Centre Pompidou en état de délabrement. Le bassin d’agrément (?) au premier plan égayé (?) par des œuvres d’art (?) contemporaines (mars 2018)

du massif et disgracieux Palais des Festivals de Cannes, du cataclysmique Musée des Confluences de Lyon (illustration ci-dessous), qui ressemble à une immense soucoupe volante qui se serait crashée là,

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dans un amas indescriptible de tôles et de béton qui devrait susciter la terreur des Lyonnais s’ils n’avaient pas été bien formatés, à accepter l’outrage de l’effrayante et agressive Philharmonie de Paris de Jean Nouvel,

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gueule béante d’un dragon qui semble prêt à vous dévorer (la musique adoucit-elle vraiment les mœurs ?), du Musée de la Romanité à Nîmes,

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Nîmes est une ville accoutumée à nier son passé ; les monuments romains y sont systématiquement affublés d’une incongruité contemporaine

encore un musée en forme de boîte de conserves mal ouverte jouxtant les Arènes de Nîmes, du Stederlijk Museum (encore un) d’Amsterdam qui ressemble à une énorme baignoire blanche accolée à un bel immeuble ancien, de la Cité du Vin à Bordeaux, sorte de monstrueux étron doré comme un staphylocoque, quel rapport avec Bordeaux ou le vin ?

« And the winner is… »

La palme de l’infamie – ou du ridicule – est remportée par Philippe Starck qui ne se cache pas de construire des bâtiments acculturés, « l’acculturation est son projet » nous prévient David Orbach(5). Sa prochaine victime sera la ville de Metz où il va construire un hôtel de treize niveaux pour une hauteur de quarante mètres. « Au sommet, l’établissement offrira sur la ville de Metz une vue à couper le souffle », précise un journal local.

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Et les Messins auront la vue sur la tour, comme les Malouins ont la vue sur leur nouveau musée. Mais vous pensez bien que l’architecte « adulé de par le monde pour ses fulgurances et sa fabuleuse fécondité » (selon un autre journal local qui n’est pas en mal non plus de dithyrambe) ne s’est pas contenté de construire une tour, il fallait aussi qu’il appose sa patte idéologique (à défaut de la lever) : il construira au sommet de la tour la réplique d’une maison du XIXe siècle, qui va donc représenter de visu le déracinement cher au designer. « C’est un jeu sur les racines déracinées », explique sans complexe l’architecte. Effectivement, quel génie ! Quelle « fabuleuse fécondité » ! Une tour stupide bien lisse trouée de fenêtres avec au sommet une villa reconstituée (même pas l’idée d’en construire une originale…)

L’Ordre Mondial

Spengler avait bien montré le processus de déclin de l’Occident qui entraîne dans sa chute tout ce qui vit sur la planète puisque l’Occident y a instillé lentement et partout ses valeurs et surtout ses poisons(6).

Depuis la Révolution française et l’avènement de Darwin comme nouveau prophète, l’Occident est totalement imprégné de l’idée que le progrès est un concept incontournable, que le monde est en constante évolution avec l’idée d’une avancée linéaire sans fin et des lendemains qui chantent toujours et de plus en plus fort et de plus en plus mal à mesure qu’on croit s’approcher du paradis mais qui, inéluctablement, comme tout ce qui vit, nous amène vers la mort, vers une fin, quelle qu’elle soit.

Le temps est à l’image du monde : toute vie sur Terre, quel que soit son règne : végétal, animal, humain, et même minéral, procède d’un mouvement cyclique et y est soumis. Tout meurt et tout revit.

On ne peut pas comprendre, de nos jours, que passé, présent et futur cohabitent dans un même maelström et sont interdépendants, que le passé n’est pas un but mais un phare, qu’il n’est pas poussiéreux mais constitue une source pure d’où procède la vie, source constamment renouvelée lorsqu’on y revient et donc toujours jeune.

Cette construction spirituelle est bien trop difficile à concevoir pour nos contemporains ; un cycle se dégrade de spiritualité en matérialité ; comme nous sommes à la fin d’un cycle, nous sommes donc en pleine matérialité – essentiellement représentée par le culte de l’argent – et tous les comportements humains sont conditionnés par cette dégradation, y compris le choix de notre architecture.

Ce qu’on appelait encore Occident il y a un siècle est donc devenu l’Ordre Mondial.

L’Ordre Mondial est dirigé par quelques sociétés plus tellement secrètes dont font partie la plupart de nos gouvernants ; leur dessein est de s’approprier le monde matériel en ayant soin de détruire les fondements des sociétés traditionnelles et leur enracinement ; il ne prend plus beaucoup de précautions pour cacher ses objectifs ; sa nuisance s’exerce dans tous les domaines : comme le rôle de la mode actuelle est de déstructurer les corps, celui de la philosophie de déstructurer les esprits, celui de l’art ou de la musique, de rompre les liens avec le sacré, celui de l’agroalimentaire consiste à habituer les estomacs à manger des horreurs (des insectes, par exemple) et, surtout, à faire disparaître le paysannat, et celui qui nous occupe ici, l’architecture contemporaine, dont le but est clairement de déstructurer le bel ordonnancement de nos villes et de faire en sorte que les peuples ne puissent plus se référer à leur sol.

Comment en est-on arrivé là ?

Il nous faut ici remonter avant même ce que certains sites internet qui se consacrent à une Histoire parallèle du monde appellent la « Fraternité du Serpent », l’ancêtre supposée des Illuminati qui aurait manifesté les premières nocuités de ce courant à l’époque sumérienne 3 300 ans avant notre ère, un millénaire après le commencement de notre Kali-Yuga.

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Illustration par Gustave Doré de l’enfer de Dante (La Divine Comédie). Planche LXV, Chant XXXI : Les titans et les Géants. « L’orgueilleux que tu vois prétendit défier avec tout son pouvoir le puissant Jupiter »

Nous allons parler plutôt de certains personnages mythologiques, des Titans, dont Prométhée est le plus illustre exemple, puisqu’il créa l’Homme qui, originellement, était presque semblable aux dieux mais qui, par une faute de Prométhée – la connaissance du feu qu’il donna aux hommes – perdit ses pouvoirs originels ; Prométhée est l’archétype même du Titan, celui qui veut se mesurer aux dieux – c’est l’hubris, la vanité, qui le mène – et qui utilise la ruse pour arriver à ses fins. On sait ce qui advint de lui quand Zeus décida de le punir de son arrogance et de ses tricheries. On comprend mieux qu’il représente à la fois l’humanisme, l’Homme qui se veut supérieur aux autres règnes, le surhumanisme, supérieur à lui-même, et qui va aboutir au transhumanisme, l’Homme qui croit qu’il est l’égal des dieux, ou de Dieu. Cette vanité s’exprime par ce qu’on appelle de nos jours le titanisme, des œuvres grandioses, notamment en matière d’architecture, qui vont se manifester par la construction de tours – des « gratte-ciel » – toujours plus hautes, qui veulent arriver « jusqu’au ciel », donc jusqu’aux dieux et par les moyens utilisés pour les construire et les faire proliférer, la ruse ou l’escroquerie érigée en mode de relation. Nous sommes donc entrés dans une nouvelle ère prométhéenne, Prométhée, l’archétype des origines qui ressurgit, à la fin du cycle, comme un bateau qui, avant de couler, montre sa proue une dernière fois comme un pied-de-nez, ou comme le serpent, l’ouroboros, qui se mord cycliquement la queue(7).

Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, fut l’un de ces architectes-urbanistes inventeurs de l’architecture contemporaine. Ce Français d’origine suisse, donné en exemple dans toutes les écoles d’architecture du monde, avait conçu un projet, le plan Voisin,

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Le Plan Voisin : le projet de Le Corbusier auquel a échappé Paris

visant à construire des tours à Paris en détruisant l’ensemble des bâtiments antérieurs, sauf les églises (l’ironie du sort veut que ce sont d’abord les églises qui sont détruites aujourd’hui…). Ce projet n’était pas un coup de folie passager puisque Le Corbusier a récidivé lors d’un séminaire d’architectes et d’urbanistes en présentant en 1933 la Charte d’Athènes qui devait systématiser le plan Voisin à l’ensemble de la planète. Cette Charte fut appliquée après la guerre pour reconstruire les villes détruites par les bombardements anglo-américains en France, un plan idéologique et totalitaire auquel a fort heureusement échappé Saint-Malo.

Ce processus morbide n’a pu être mis en place qu’avec la complicité de certains édiles, atteints de cette même hubris, souvent de mégalomanie et plus sûrement attentifs à laisser leur nom sur une plaque de rue.

Marquer son passage en marquant son territoire

On sait comment les animaux marquent leur territoire ; mais comment faire en sorte que son passage sur Terre reste dans l’Histoire, surtout si l’on a été un médiocre chef d’État ? L’œuvre de l’Homme dépasse l’homme au moins parce qu’elle lui survit plus longtemps. C’est à cet espoir que se sont raccrochés les présidents de la Ve République française dont la vanité n’a réussi qu’à enlaidir la capitale. C’est sûr qu’ils n’allaient pas construire dans le Cantal ; pour autant, leurs traces ne dureront pas le temps des pyramides, ni même celui des cathédrales, ni même celui des humbles maisons paysannes.

Pompidou a donc laissé son nom au Centre Beaubourg, Mitterrand aux tours de la Bibliothèque nationale, Chirac a suivi avec le Musée des Arts premiers.

Les maires des grandes villes françaises, puis des villes moyennes, puis des petites villes et même des villages, entraînés par d’aussi illustres exemples, n’ont pas tardé à les imiter. C’est ainsi que la France s’est « parée » de toutes sortes de constructions loufoques jusque dans ses derniers recoins.

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Une église au centre d’Istres (43000 habitants) en Provence

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Une salle de sports à La Fare-les-Oliviers (8000 habitants) en Provence

C’est que, pour leur défense, ces édiles pensent faire le bien de leurs concitoyens : toujours plus haut, plus grand, plus « moderne » (dans les années 60, des panneaux fleurissaient à l’entrée des villages : son château, ses commerces, sa piscine « olympique »…)

Mais pourquoi s’imaginent-ils que, lorsqu’on choisit une ville moyenne pour y habiter, on n’a qu’une seule envie, c’est de voir cette ville grandir, s’étaler avec ses hideuses zones industrielles et commerciales, ses panneaux publicitaires, ses PLU à l’infini, rongeant chaque jour les terres agricoles… ?

La quantité plutôt que la qualité de vie ? Faut-il vivre dans une grande ville pour être heureux ? Si on choisit pour vivre une ville moyenne ou petite, c’est pour sa qualité de vie, ce n’est pas pour qu’elle devienne une grande ville.

Les élus des villes culturelles veulent à la fois faire avancer leur ville vers le « progrès » et accroître la manne des retombées touristiques qui attirent dans leurs cités des millions de touristes qui ne viennent que pour une chose : la spécificité architecturale de la ville ancienne. Ces visiteurs ne viennent pas pour admirer la nouvelle tour du célèbre architecte Machin ou la nouvelle médiathèque en forme de bateau échoué. Ça, ils l’ont dans toutes les autres villes du monde qui ne peuvent s’enorgueillir de leur passé, de Dubaï à New-York en passant par Shangaï.

Jean Giono disait fort justement : « À quoi bon aller là-bas si rien n’est différent d’ici ? »

Une architecture hors-sol

Autrefois respectées, les recommandations des architectes des Bâtiments de France sont de plus en plus souvent contournées avec l’approbation des autorités locales. Pourtant, leur charte est basée sur le bon sens.

« L’architecture est une expression de la culture. La création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d’intérêt public. Les autorités habilitées à délivrer le permis de construire ainsi que les autorisations de lotir s’assurent, au cours de l’instruction des demandes, du respect de cet intérêt(8). »

Dans sa belle conférence(9) enregistrée à l’Université populaire de Caen, David Orbach, architecte contemporéaniste repenti, comme il se présente lui-même, nous donne quelques clefs supplémentaires de compréhension du phénomène qu’il a pêchées de son expérience et au contact de ses condisciples et de leurs œuvres.C’est encore une fois le Corbusier qui a donné l’exemple en prônant une architecture hors-sol, comme les tomates que l’agroalimentaire nous donne maintenant à manger, analogie qui n’est évidemment pas le fait du hasard. Partant du principe que la nature est sale et qu’il convient d’envisager un monde lisse dépourvu de toute aspérité, l’architecture contemporaine doit donc se dégager du sol ; les maisons seront construites sur pilotis comme sa villa Savoye

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La villa Savoye « hors sol » de Le Corbusier à Poissy

ainsi que les unités d’habitation comme La Cité radieuse. C’est dans ce même esprit antinaturel que Le Corbusier avait préconisé d’installer les crèches au sommet des immeubles pour éviter aux enfants la promiscuité avec le sol comme ce fut le cas pour la « Maison du fada » comme les Marseillais surnommaient la Cité radieuse.

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La « Cité Radieuse », sur pilotis et donc physiquement hors sol, de Le Corbusier à Marseille, unité d’habitation où il a pu développer son utopie collectiviste pour ne pas dire concentrationnaire

L’architecture contemporaine doit appliquer deux règles principales :
• Refus de l’antériorité : le passé et le savoir qui est inclus dans ce passé.
• Refus de l’intériorité : une maison doit être de préférence installée dans un désert, espace ouvert et libre plutôt que dans une forêt ; elle ne doit pas refléter un « repli sur soi », les occupants de la maison doivent avoir une vue sur l’extérieur tout comme leur vie doit être vue de l’extérieur, elle doit être « nue », d’où la systématisation de la mise en place des grandes baies vitrées et le refus de toute décoration, ne serait-ce qu’une bordure.

Les matériaux traditionnels faisant référence au sol, à la culture, au passé et à la nature seront bannis.

On préférera donc l’emploi du béton, du verre et de l’acier.

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Un projet à Paris, avenue de Breteuil qui s’inscrit en rupture des immeubles de l’avenue

La solution : renouer avec les rites

Les rites, dont nous avons dit qu’ils étaient la répétition du mythe d’origine, sont aussi une respiration régulière de ce tout ce qui est vivant ; une maison, un village ou une ville sont vivants.

Comprenons-nous bien : puisque la technique existe, il n’est pas question de s’en priver ; au contraire, comme ce qui a été fait à Saint-Malo et comme ce qui se fait avec d’anciennes maisons restaurées, il convient de respecter le passé tout en bénéficiant des acquis du présent.

Le problème se pose moins pour des maisons individuelles éloignées d’un environnement historique.

Les réalisations de maisons individuelles dites d’architectes (sic) implantées hors ville et qui s’intègrent quelquefois parfaitement au paysage environnant ne manquent pas et, disposant de toutes les innovations techniques, sont agréables à vivre et permettent à la créativité des architectes de s’exprimer sans détruire une antériorité inexistante.

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Exemple d’un immeuble édifié à Anvers dans les règles de l’art et le respect des immeubles environnants

De même, Il est bien évident que ces villes anciennes doivent elles aussi s’adapter sur le plan de la fonctionnalité ; encore faut-il que les municipalités envisagent cet avenir en tenant compte des spécificités du passé qui ont façonné ces villes : chacune possède une âme qu’il convient de ne pas détruire en optant pour la facilité du choix individuel d’un architecte international puis d’un autre, et de promouvoir un chaos visuel au lieu d’imaginer un processus global qui ne vient pas en rupture avec les strates architecturales qui se sont humblement insérées et ont cohabité harmonieusement tout au long des siècles.

Dans cette optique, les édiles devraient consulter d’autres personnes que des technocrates ; ils doivent rassembler autour d’eux ceux qui ont quelque légitimité à donner un avis : historiens, techniciens du bâtiment, écrivains, citoyens éclairés amoureux de leur ville… et aussi les architectes respectueux de leur travail et du contexte dans lequel il doit s’exercer, qui ne sont pas là pour imposer les productions de leur égocentrisme. Il faudrait pour cela que les édiles aient le sens du bien commun et comprennent que le futur ne peut surgir que du passé, de tous ceux qui sont morts au cours des générations pour que leur ville reste belle. L’équilibre de la beauté est précaire, n’importe quelle chiquenaude peut le détruire à jamais.

Ces quelques rares architectes qui sauvent l’honneur de la profession sont évidemment dénigrés par la majorité de leurs confrères soumis aux impératifs du marché et de la mode ; ces derniers croient pourtant détenir la vérité et faire partie d’un courant novateur qui s’insère dans une sorte de sens de l’Histoire illusoire et idéologique. Ces architectes conformistes ont inventé l’arme absolue à l’encontre des rebelles à l’uniformisation : celui qui entend respecter le passé et les citoyens (qui ont aussi leur mot à dire) et qui s’efforce d’insérer harmonieusement son travail dans le bâti existant est taxé de « pasticheur ».

Sur toute la planète et de tous temps, se sont construites et ont subsisté des maisons et des villes dont les caractéristiques : forme, couleurs, matériaux… avaient un lien avec la nature du sol, le climat de la région, le caractère de ses habitants et la culture esthétique du lieu qui s’est lentement et laborieusement formée, hommes et terroirs se façonnant mutuellement ; c’est cette diversité issue du sol qui se manifeste parfois d’un village à l’autre qui fait la richesse de la vie et qui est garante de sa pérennité. Peut-être qu’un jour – lorsque les hommes auront retrouvé leur esprit – se débarrassera-t-on de ces verrues pour magnifier le monde, comme on se débarrasse de ces disgracieuses excroissances sur notre peau.

Pierre-Émile Blairon

(1) Le secteur économique touristique constitue la première source de revenus en France (en y comprenant les activités annexes comme l’artisanat d’art et tous les commerces liés au tourisme), loin devant les activités issues de la révolution industrielle du XIXe siècle ; mais on continue, au nom d’un « romantisme » ouvrier et d’un mépris du passé, à ignorer les premières pour pratiquer un acharnement thérapeutique sur les secondes.
(2) Aix en Dialogue n° 58, supplément hors-série : La métamorphose d’une ville, janvier 2013
(3) La Provence, 1er mars 2018
(4) Selon l’estimation la plus courante : 75 000 victimes et 550 000 tonnes de bombes déversées en 1944 sur la France, pays « allié ».
(5) Architecture contemporaine et laideur par Coste Orbach : regarder la vidéo
(6) Ce processus est analysé dans mon ouvrage : La Roue et le sablier, disponible sur Amazon.
(7) La Roue et le sablier, op. cit.
(8) www.architecte-bâtiments.fr
(9) Architecture contemporaine et laideur par Coste Orbach : regarder la vidéo

lundi, 15 janvier 2018

Pour une « Grande Provence »

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Pour une « Grande Provence »

PEB-por.jpgNous publions régulièrement dans nos colonnes des éditoriaux de Pierre-Émile Blairon, auteur installé à Aix-en-Provence qui partage ses activités littéraires entre deux passions :
La Provence : il anime la revue Grande Provence, il a écrit deux biographies sur deux grands provençaux : Jean Giono et Nostradamus et Le Guide secret d’Aix-en-Provence.
Les spiritualités traditionnelles : il anime la revue Hyperborée qui se consacre à l’histoire spirituelle du monde et à son devenir. La roue et le sablier résume la vue-du-monde de l’auteur et des collaborateurs de la revue.

Amoureux et grand connaisseur de la Provence, Pierre-Émile Blairon est l’auteur des Guides secrets d’Aix-en-Provence et de la Côte d’Azur.

Pierre-Émile Blairon nous fait part dans un éditorial très argumenté de son point de vue sur le nom qu’il recommande pour notre Région.

Pour une « Grande Provence » ?

Mondialistes et altermondialistes

Nos politiciens et la presse aux ordres veulent nous faire croire que les Français sont toujours régis par le clivage gauche-droite ; il y a pourtant belle lurette que ce clivage démocratique (car inspiré à l’origine de la situation géographique des députés au sein de l’Assemblée nationale) n’existe plus. Ce sont désormais les tenants « progressistes » de l’uniformisation du monde qui s’opposent aux partisans de l’enracinement et de la Tradition, clivage qui ne peut être démocratique car issu (pour ces derniers) des théories complotistes et conspirationnistes, selon le politiquement correct.

provence,pierre-émile blairon,régions,terres d'europe,europe,affaires européennes,france,côte d'azur,nice,histoire,régionalismeLes mondialistes n’avoueraient pour rien au monde qu’ils nous préparent un avenir transhumaniste, c’est-à-dire la robotisation intégrale de la condition humaine, de l’Homme, pour être clair. La procédure exige qu’avant d’arriver à cette étape ultime, il convient de gommer soigneusement tous les éléments de la vie courante qui feraient référence à ces coutumes honnies et largement dépassées qui font référence à l’Histoire, aux traditions, au bon sens, aux vertus, au sentiment patriotique, ou, pire encore, à l’attachement à un sol, ce qui dénoterait un esprit obtus, poussiéreux et rédhibitoirement indécrottable, qui plus est farouchement hostile aux lendemains radieusement métalliques que l’Ordre mondial condescend à nous préparer.

C’est dans cette perspective que ce bon Renaud Muselier, président de l’assemblée régionale Provence-Alpes-Côte d’Azur, met toute son intelligence (et on sait qu’elle est grande) à bien interpréter les directives qu’il reçoit des instances suprêmes. Ainsi, a-t-il proposé le 15 décembre 2017 - enfin, non, a-t-il unilatéralement décidé - de baptiser la PACA (acronyme qui, certes, ressemblait vaguement à une marque de lessive) du nouveau nom, ô combien original et ambitieux ! de « Sud » qui, lui, ressemble au titre d’une chanson de Nino Ferrer, l’inoubliable interprète des chefs-d’œuvre que sont « Gaston, y a l’téléphon qui son », des « Cornichons » et de « z’avez pas vu Mirza ». M. Muselier aurait pu choisir un autre titre de Nino Ferrer ; « Mirza », par exemple, basique mais accessible, même si ça ne veut rien dire, ou « Cornichon » ; c’est bien, « cornichon », on pense à la corniche, c’est touristique, la corniche, et puis « on », c’est anonyme. Touristique et anonyme : que demande le peuple ?

  1. Muselier est parfaitement en accord avec ses collègues des autres entités régionales françaises tout aussi ingénieux et imaginatifs qui ont baptisé leurs régions du nom de Hauts de France et Grand Est. Quant à Hervé Morin, il a confié le soin de trouver un nouveau nom pour la région normande à une agence de publicité qui a accouché d’une trouvaille géniale : « Normandie », pour la modique somme de 140 000 euros.

provence,pierre-émile blairon,régions,terres d'europe,europe,affaires européennes,france,côte d'azur,nice,histoire,régionalismeMuselier aurait pu aussi appeler la PACA « Bas de France » pour faire pendant aux « Hauts de France », ou, pour faire plus simple et en concertation avec les autres régions françaises, donner des numéros : zone 1 (pour Paris, évidemment) puis zone 2, 3, etc. Muselier, tel un capitaine de navire tenant fermement la barre, nous explique que « le Sud, c’est le soleil, la mer, la montagne et le bien-vivre » (tiens, ça me rappelle une autre chanson : il y a le ciel, le soleil et la mer…). Le navire en question, c’est certainement l’une de ces usines à touristes flottantes qui accostent à Marseille et dont les passagers en descendent pour visiter… Aix-en-Provence.

Ça, c’était pour les mondialistes mais il y en a d’autres de mondialistes, qui sont mondialistes mais autrement : les altermondialistes, où l’on retrouve toute la génération des héritiers des soixante-huitards, « Zadistes » actuels ou anciens hippies du Larzac, qui avaient trouvé dans le mouvement régionaliste un bon moyen de faire croire qu’il étaient attachés à une terre et à un peuple mais qui, en réalité, n’en poursuivent pas moins l’application de leur idéologie ringarde ; il y a bien longtemps que les peuples ont compris que Mao, Staline et Pol-Pot étaient morts et leurs utopies fumeuses et sanglantes avec.

Ainsi, le conseiller régional Partit occitan, Hervé Guerrera, qui lance une pétition pour la dénomination « Provence » pour notre région.

Avec lui, vous n’aurez que la dénomination ; pour le reste, il milite pour l’accueil des clandestins dans notre belle région ; lui, une terre, un peuple, il ne connaît pas ; la Provence, c’est le droit du sol pour tout le monde, et surtout pour les clandestins. Il a d’ailleurs voté un budget de trois millions d’euros dans ce sens.

https://www.aquodaqui.info/Herve-Guerrera-accueillir-c-es...

Un peu d’histoire ?

Trêve de plaisanterie, car cette affaire ressemble à une plaisanterie, c’est loufoque, ridicule, absurde.

Les politiciens ont-ils la moindre idée de ce que pensent les gens qu’ils sont censés représenter ? Sont-ils totalement hors-sol, comme les tomates qu’ils nous font manger ?

Il faut apprendre à ces braves gens incultes, de « gauche » et de « droite », ce qu’est l’histoire de notre région, histoire qui peut déterminer son avenir.

Provence-Alpes-Côte d’Azur est composée de trois entités ; l’une est légitime, la Provence, la deuxième rapportée, les Alpes, la troisième artificielle, la Côte d’Azur.

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A l’origine, ce sont les Celto-ligures qui ont donné sa première unité à cette région ; les Salyens, Celtes issus des pourtours de l’étang de Berre s’étaient établis sur l’ensemble de ce qui constitue le territoire actuel de la Provence-Alpes-Côte d’Azur ; ils s’étaient liés d’amitié (et plus si affinité) avec les Ligures, originaires, eux, de la côte italienne et principalement établis dans la région de Nice.

Puis les Grecs sont arrivés ; ils ont établi des comptoirs tout le long de ce qu’on appelle actuellement La Côte d’Azur (selon le promoteur de l’expression, Stéphen Liégeard, la « Côte d’Azur » démarrait à Marseille pour s’achever à Menton.)

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Puis les Romains sont arrivés ; contrairement aux Grecs qui étaient tournés vers la mer, les Romains investissaient l’intérieur des terres. Ce sont eux qui ont créé le terme de Provence (issu de provincia), la Provence, intégrée ensuite dans la Narbonnaise, étant leur première implantation hors du territoire italien actuel.         Les Alpes constituèrent des provinces distinctes (Alpes Cottiennes) ainsi que la province des Alpes maritimes dont le chef-lieu était Cimiez.

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Aix-en-Provence (Aquae Sextiae) devient la capitale de la Seconde Narbonnaise au IVe siècle.

Après une longue période de décadence essentiellement causée par les diverses invasions (notamment wisigothe, burgonde, ostrogothe, franque, mérovingienne, carolingienne), la Provence retrouve son unité en expulsant au Xe siècle les Sarrasins de leur place-forte de La Garde-Freinet sous l’impulsion du burgonde Guillaume qui devient de ce fait le Libérateur ; le comté de Provence s’étend alors jusqu’à Nice.

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En 1229, le comte de Barcelone, et de Provence, Raymond Bérenger V soumet la commune de Nice qui s’était donnée aux Génois, créant ainsi un Etat régional provençal stable de Barcelonnette dans les Alpes actuelles (ville dénommée ainsi pour rappeler l’origine des comtes de Provence) à Nice, avec Aix-en-Provence pour capitale, avant que  la Provence ne devienne française en 1481 sous Louis XI.

Nice, après s’être donnée à Gênes, se donne à la Savoie en 1388 puis se rattache à la France révolutionnaire, puis au royaume de Piémont-Sardaigne, avant de retourner dans le giron français en 1860.

Sur les armoiries de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur figurent le blason provençal aux deux couleurs rouge et jaune provenant de la maison de Barcelone, le blason de Nice, mais aussi un élément de celui du Dauphiné, représentant les Alpes provençales chères à Jean Giono.

Patries charnelles

Comment concilier ces éléments de la diversité de notre région ? Il y a plusieurs Provences qui cohabitent harmonieusement parce que, hormis une histoire et des épreuves communes, d’autres critères sont venus renforcer la cohésion de notre région, comme l’attachement commun des Pacaïstes (?) aux traditions, aux paysages, aux arts, à la culture, à l’architecture paysanne, à la gastronomie issue des produits locaux, au patrimoine, aux langues originelles, même si elles sont en déclin. Tout ceci représente tout simplement la conscience pour chacun de faire partie d’un peuple attaché à son sol et qui envisage un destin et des projets communs, qui vibre pour les mêmes mots forgés par le terroir et les mêmes musiques enracinées.

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N’importe quelle terre n’appartient pas indifféremment à n’importe qui ni à tout le monde ; elle appartient au peuple qui l’a conquise, comme on conquiert un être aimé, qui l’a labourée, enrichie, soignée ; elle se mérite (il ne suffit pas d’y naître) et elle se respecte.

Les vieux peuples, quand ils marchent sur leur terre, marchent sur des millions de morts, des centaines de générations qui les ont précédés, qui reposent là où ils ont vécu, où ils ont combattu, leurs ancêtres qui ont défendu cette terre et pour laquelle ils sont morts.

Comme nous le voyons avec ce clin d’œil (« Pacaïstes »), pour l’instant, les habitants de notre région ne peuvent pas se nommer, tout comme ne peuvent pas se nommer les habitants des autres nouvelles « zones » ; comment nommer les habitants des « Hauts de France » ? Les Hautistes ? ou du « Grand Est » ? Il s’agit bien là d’une négation pure et intentionnelle d’une identité ; on sait qui sont les Bretons, les Normands ou les Occitans, mais comment appeler les habitants de l’Auvergne-Rhône-Alpes ? Ceux qu’on ne nomme pas n’existent pas.

Quel nouveau nom pour la région ?

Il convient donc de tenir compte de l’Histoire et de la volonté d’enracinement et d’identité des populations qui vivent dans les « pays » qui composent la région administrative, volonté hélas qui s’émousse devant les postes de télévision à regarder des programmes qui, tous, prônent l’uniformisation. et dans les fêtes à répétition concoctées par la République pour faire oublier les manipulations ( Panem et circenses).

provence,pierre-émile blairon,régions,terres d'europe,europe,affaires européennes,france,côte d'azur,nice,histoire,régionalismeLes identités les plus affirmées encore actuellement dans notre région constituent ces nombreux « pays » qui se sont regroupés au sein d’une entité plus importante formée par la grande Provence (qui inclut les « Bas-Alpins » comme les appelait Giono, mais qu’on dénommera plus volontiers les Alpes provençales) et par les Niçois, le Pays de Nice étant un pays ligure à l’origine. Aussi, j’aurais proposé initialement de choisir entre ces deux appellations : Grande Provence et Provence-Ligurie mais nous devons tenir compte du fait que l’ancien comté de Nice, même s’il est constitué essentiellement par la seconde ville de la région en termes d’habitants, ne représente qu’un tout petit territoire sur le plan géographique et que cette particularité pourrait entraîner légitimement la revendication d’autres « pays » tout aussi modestes en superficie qui aimeraient voir aussi leur nom accolé au principal pour diverses raisons, touristiques ou historiques (la Camargue, ou le Comtat venaissin, par exemple), principal qui ne peut être que Provence et nous retomberions dans l’inévitable acronyme pour faire vite, à l’image de notre temps, ce dont nous voulons justement nous débarrasser. D’autre part, cela créerait une confusion avec la province italienne voisine éponyme et engendrerait des problèmes d’ordre concret, notamment administratifs, voire diplomatiques. Je m’en tiens donc à « Grande Provence » pour éviter toute discrimination ou ambiguité.

Pierre-Emile Blairon

Et vous, qu’en pensez-vous ? Répondez à notre grande enquête PACA ou pas PACA ? L’enquête en ligne

(1) Lire à ce sujet Symbolisme des étendards de la Provence
(2) Habitants de la Région PACA

lundi, 20 novembre 2017

Tradition, Nostradamus, Provence et Grand Monarque - Entretien avec Pierre-Émile Blairon

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Tradition, Nostradamus, Provence et Grand Monarque

Entretien avec Pierre-Émile Blairon

Ex: http://www.europemaxima.com

PEB-P.jpgY a–t-il une Provence secrète ? Il semblerait bien que oui. Pierre-Émile Blairon a eu l’excellente idée de rééditer son livre La Dame en signe blanc (La prophétie du Grand Monarque, Éditions Hyperborée, 2017, 284 p., 20,00 €) qui plonge le lecteur dans les mystères de la région de Roquefavour, entre Graal païen et prédictions de Nostradamus. Il n’en fallait pas plus pour qu’Europe Maxima se décide à l’interroger.

Europe Maxima : Lorsque l’on regarde la note biographique de vos ouvrages il est question de deux passions, la Provence et la spiritualité traditionnelle. La Dame en signe blanc réunit ces deux passions qui vous sont chères. Par quelle « intuition intellectuelle » avez-vous opéré cette jonction ?

Pierre-Émile Blairon : J’avoue que cette expression « intuition intellectuelle », quand je l’ai lue sous la plume de Julius Evola (mais je crois qu’elle provient de René Guénon), m’a décontenancé tellement ces deux termes sont antinomiques, tellement nos deux grands traditionalistes sont proches de ce mot « intuition » et loin de cet autre mot : « intellectuelle », en tout cas, dans l’acception que nous lui donnons aujourd’hui; il n’est rien de plus éloigné d’un intellectuel que l’intuition. Un intellectuel se trompe toujours, aveuglé qu’il est par l’image qu’il prend soin de donner au monde, au « public », de son immodeste et narcissique personne; il se comporte comme un politicien, toujours à chercher d’où vient le vent, sans jamais découvrir où il va (il s’en moque, c’est le temps présent qui compte : après moi, le déluge) mais en caressant dans le sens du poil les masses, les médias, et les nombreuses mais peu diverses coteries parisiennes, car il n’est de bon bec…

Si j’ai bien compris le sens que voulait lui donner Evola, « l’intuition intellectuelle » fait qu’un être différencié ne peut pas se tromper car il porte en lui, naturellement, comme un don, comme une mission – un don est une mission, sinon, à quoi servirait-il ? – cet héritage supra-humain qui lui a fait choisir la Voie des Dieux, olympienne, aristocratique, plutôt que la Voie des Pères, qui lui a fait choisir l’immortalité des dieux, même si elle est, de facto, inaccessible, plutôt que la laborieuse suite lignagière des générations humaines.

Pour en revenir à mes choix, il est évident que j’ai voulu conjuguer mon désir de comprendre le monde à son plus haut niveau, cosmique, et mon besoin d’enracinement, de réenracinement, en ce qui me concerne – je suis né dans une ancienne province française qui n’existe plus – du sol qui vous porte, ou, mieux, qui vous a vu naître, la tête dans les étoiles, les pieds sur terre, image qui résume cette recherche de l’équilibre qui est la base même de l’identité indo-européenne.

EM : Votre intérêt pour la Provence vous a amené à étudier l’œuvre de Nostradamus, figure énigmatique dont certaines prédictions sont plus que troublantes… Pensez-vous que ce dernier détenait un savoir traditionnel ?

P-ÉB : La figure de Nostradamus a été ternie par les nombreux exégètes qui se sont servis de son nom pour faire connaître le leur, sans bien comprendre le personnage et son œuvre.

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On a présenté Nostradamus soit comme un astrologue, charlatan revêtu d’une longue robe bleue parsemée d’étoiles, une boule de cristal à la main, soit comme un « humaniste » parce qu’il vivait à l’époque de la Renaissance (et encore pire, dans l’acception qu’on lui donne aujourd’hui, celui qui s’intéresse à son prochain, mais plus encore à son lointain), soit comme un médecin qui soignait par les plantes au risque d’être inquiété par l’Inquisition. En vérité, Nostradamus a passé sa vie à acquérir toutes sortes de connaissances, alchimiques, astrologiques, astronomiques, médicales, historiques, métaphysiques… pour mener à bien une mission dont il était conscient d’en être porteur : annoncer aux humains du XXIe siècle le sort qui les attend. La fin d’un cycle mais le commencement d’un nouveau en même temps, enfin, juste après… J’ai sous-titré la biographie que j’ai consacrée à Nostradamus parue aux éditions Hyperborée, « Le messager des dieux », parce que Nostradamus connaissait parfaitement le système des cycles et la Tradition primordiale, laquelle représente symboliquement ce qu’on peut appeler « les Dieux », que Guénon appelle aussi le « supra-humain »; Nostradamus a vécu pendant ce qu’on a appelé la Renaissance, période qui constituait un palier dans le cours de l’Âge de Fer, le cycle final et, comme tel, nous sommes en pleine inversion des valeurs : la Renaissance signifie le début de la fin comme le siècle des Lumières, celui de l’obscurcissement du monde.

EM : En parlant de Tradition, pourriez-vous nous présenter la revue Hyperborée ?

P-ÉB : Hyperborée est la fille d’une modeste revue que j’avais lancée en 1994, qui s’appelait Roquefavour. J’avais constaté que la véritable et salutaire révolution qu’avait constituée la réapparition du paganisme 25 ans plus tôt, initiée par ce qu’on a appelé plus tard la « Nouvelle Droite », n’avait pas suffisamment mis l’accent sur les spiritualités anciennes-européennes, limitées essentiellement aux panthéons grec et romain, au risque d’engendrer dans les mêmes termes et pour les mêmes raisons une seconde Renaissance, dont j’ai souligné plus haut l’aspect illusoire de la première, cette deuxième fois heureusement débarrassée de la chape de plomb que l’Inquisition, le bras armé du catholicisme, faisait peser à l’époque sur tous les aspects de la vie.

PEB-Hy.JPGOn s’est alors hélas intéressé, si l’on s’en réfère à la trifonctionnalité indo-européenne telle que définie par Georges Dumézil, plus à la deuxième fonction, la fonction guerrière, celle des protecteurs, et à la troisième fonction, la fonction économique, celle des producteurs, qu’à la première fonction, la fonction sacerdotale et royale, la fonction spirituelle, celle des conducteurs, qui régit les deux autres.

Je n’ai personnellement jamais été attiré par les écrits des philosophes, anciens ou modernes, dont le jargon prétentieux, en ce qui concerne les seconds, m’ennuyait profondément, ni par ce qu’on a appelé la « Raison » grecque, issue en partie des réflexions des premiers, ni par ce qui a constitué le matérialisme et la force de l’Empire romain, qui a été, selon moi, surtout un système d’oppression sur les peuples européens, à l’image du prométhéisme – du titanisme – triomphant de notre mondialisation actuelle.

Je me suis senti beaucoup plus proche du lyrisme de nos « ancêtres les Gaulois », dont la civilisation empreinte de spiritualité à travers l’enseignement de ses druides a été promptement mise sous le boisseau et nos ancêtres les Gaulois mâtinés en Gallo-Romains.

La civilisation celte, qui s’étendait, avant l’Empire romain, sur la quasi-totalité de l’Europe, avait su conserver le mystère et les pulsions intuitives qui la reliait directement aux dieux. Je tente de démontrer, dans La Dame en signe blanc, que les Celtes étaient les descendants des Hyperboréens, dont les anciens Grecs avaient gardé la nostalgie, en témoigne la geste d’Apollon qui leur rendait régulièrement visite.

Avec la création de la revue Hyperborée, j’ai voulu donner un ton plus ésotérique, ou spirituel, à une histoire qui nous projette dans le plus lointain passé indo-européen, le sous-titre de la revue étant « Aux sources de l’Europe ».

Ces sources étant essentiellement constituées par ce qu’on appelle la Tradition primordiale, une culture-racine qui a apporté sa connaissance à l’ensemble des peuples de la planète et dont le siège géographique mythique serait installé au pôle, vraisemblablement sous les glaces.

La revue se réfère régulièrement à d’autres messagers des dieux (expression que j’ai utilisée pour définir Nostradamus) qui, dans des domaines différents ont, surtout par leurs écrits, communiqué les vérités essentielles qui constituent la base de notre grand peuple européen mais aussi son avenir. Nous retrouverons ainsi dans notre revue les noms et les textes d’Oswald Spengler, de Mircea Eliade, de René Guénon, de Julius Evola, d’Alain Daniélou et de quelques autres. Comme nous y incitait logiquement l’approche plus poétique et spirituelle de notre héritage celte, nous nous sommes volontiers intéressés à la poésie et aux auteurs fantastiques comme Tolkien, Lovecraft, Giono (mais oui !), voire aux peintres surréalistes et fantastiques (belges comme Delvaux et Magritte, espagnol comme Dali, ou italien comme Giorgio De Chirico), ou au cinéma de Stanley Kubrick, de John Boorman, de John Milius, de Coppola, de Cimino pour y adjoindre nos frères exilés aux Amériques.

Dès le premier numéro d’Hyperborée est apparue la signature de mon ami le professeur Paul-Georges Sansonetti, le grand spécialiste du monde nordique, de la runologie, du symbolisme et de la guématrie, qui collaborait déjà à Roquefavour et qui a amené dans son sillage d’autres collaborations, venant notamment du mouvement de scoutisme fondé par Jean Mabire, les Oiseaux migrateurs. Le professeur Jean Haudry, incontestable maître de l’indo-européanisme, y a aussi régulièrement collaboré.

La revue, à partir de cette année 2017, ne paraît plus sous sa forme papier mais continue sous sa forme numérique grâce au site Hyperboree.fr, qui regroupe en lecture libre et gratuite l’ensemble de notre production depuis le premier numéro en 2006. D’autre part, ce choix nous permet une plus grande souplesse. Ainsi, je pourrai déployer sur le site un reportage photographique complet sur les sites évoqués dans La Dame en signe blanc, ce qui permettra une meilleure compréhension du livre.

EM : En 2015 paraît La Roue et le Sablier (Bagages pour franchir le gué, Éditions Hyperborée, 2015, 288 p., 20,00 €). Tout d’abord nous devons saluer la qualité de cet ouvrage qui expose de façon claire et concise une vue du monde à la fois traditionaliste, au sens guénonien, et païenne. Ce livre entre-t-il en résonance avec La Dame en Signe Blanc ?

PEB-RS.jpgP-ÉB : Le titre, La Roue et le Sablier, indique deux symboles, la roue représente le monde profane qui tourne autour du moyeu qui, lui est fixe, c’est le domaine des dieux qui font tourner le monde, c’est la Tradition primordiale, immuable et pérenne. Plus on se rapproche du centre, du moyeu immobile, et plus on se rapproche du monde spirituel, et, inversement, plus on va vers le grand cercle, celui qui va toucher le sol dur, la terre, et plus on est dans le matériel.

Le sablier représente certes le temps, mais aussi la trifonctionnalité. Au sommet du sablier, la première fonction, celle du prêtre et du roi, celle des conducteurs, puis, au centre, dans le goulet d’étranglement, la deuxième fonction, celle des protecteurs, et en bas, celle des producteurs. Lorsqu’on arrive à la fin d’un cycle, les fonctions sont inversées, celle des producteurs est en haut, en fait, même les producteurs – il y avait une grande noblesse dans le travail du paysan et de l’artisan – ne produisent plus rien, ou plus grand-chose, on fait simplement travailler l’argent (oui, il n’y a que l’argent qui « travaille »), celle des conducteurs est en bas, ils ne conduisent plus rien du tout, ils sont rejetés, décrédibilisés, moqués, celle du milieu, l’armée et la police, est au service de la fonction qui est en haut, quelle qu’elle soit, sans états d’âme. Lorsque le monde retrouve son équilibre après la fin du cycle, le sablier est à nouveau renversé et tout rentre dans l’ordre.

J’ai entièrement adhéré la définition de la première fonction qu’en donne mon ami Pierre Vial dans la dernière livraison de sa revue, Terre et Peuple, n° 73, sur le paganisme, et dont je vous donne la teneur : « Le paganisme de première fonction, lui, a pour mission d’incarner et d’enseigner la conception du monde, de la vie, de l’homme, de l’Histoire qui est la nôtre. C’est le rôle des éveilleurs de peuples qui doivent être, comme le furent les druides, des pédagogues. Mais des pédagogues enseignant d’abord par l’exemple, en se vouant totalement à leur mission et en laissant de côté, donc, tout souci de réussite sociale, d’enrichissement, de renommée intellectuelle, tous ces hochets qui domestiquent l’individu et en font un être soumis à ceux qui, dans notre société, détiennent les pouvoirs, tous les pouvoirs. »

Je me rends compte que c’est la seule citation que j’ai donnée jusqu’à présent dans cet entretien, ceci dit pour en souligner l’importance.

Ce livre, La Roue et le Sablier, a bien sûr un rapport avec La Dame en signe blanc, qui est le premier livre que j’avais écrit; en fait, on peut remarquer que les écrivains (ceux qui ont quelque chose à transmettre, et non pas à gagner) sont comme les peintres qui peignent toujours le même tableau.

PEB-DSB.jpegEM : Cela est moins le cas dans La Dame en signe Blanc mais nous avions remarqué dans La Roue et le Sablier que vous citiez à plusieurs reprises Rudolf Steiner. Envisagez-vous l’anthroposophie de façon positive, bien que cette « seconde religiosité », pour emprunter l’expression de Spengler, fut durement critiquée par Julius Evola, ou séparez-vous cette doctrine d’une partie de l’œuvre de Steiner ?

P-ÉB : Steiner a employé l’expression « intuition transcendantale » – et nous en revenons au début de cet entretien – qui me paraît plus appropriée que celle d’« intuition intellectuelle » pour dire à peu près la même chose que ce que disaient Guénon et Evola. Je me suis intéressé plus au personnage qu’au concept d’anthroposophie, qu’il a, à mon sens, largement dépassé, par une imagination foisonnante et la création de multiples concepts à l’intérieur du concept principal qui finit par s’effacer : l’eurythmie, la biodynamie (la plupart des vignerons actuels tendent vers cette pratique), l’éducation (les écoles Steiner sont très réputées) et, tout comme Nostradamus, Steiner avait de véritables dons de voyance. En lisant ses conférences, on se perd dans un dédale poétique, surréaliste ou fantastique, qui a aussi existé chez les théosophes de Madame Blavatsky. Je sais bien qu’Evola, et encore plus Guénon, parlant de contre-initiation, ont condamné ces deux courants, il n’en reste pas moins qu’ils ont participé à mon éveil, de la même façon que Le Matin des magiciens, le cultissime ouvrage de Pauwels et Bergier, qui m’a ouvert l’esprit sur des domaines que j’ignorais.

EM : Vous venez donc de rééditer votre ouvrage La Dame en signe Blanc. Pourquoi rééditer ce livre ? Y avez-vous apporté des modifications par rapport à l’édition originale ?

P-ÉB : La Dame en signe blanc est une expression de Nostradamus pour désigner la reine qui dort à côté du Grand Monarque qui est appelé à se réveiller lorsque l’Europe sera en danger de mort, selon la légende.

Je m’étonnais d’une demande récurrente de quelques amis concernant la réédition de cet ouvrage pour lequel j’avais une certaine affection – c’était mon premier – et je m’y suis replongé, il avait des défauts comme tous les livres, et encore plus comme les premiers. Les événements ont fait que les écrits de Nostradamus concernant le Grand Monarque étaient de plus en plus crédibles – quand il disait qu’un grand chef allait se dresser pour combattre une invasion musulmane – et j’ai donc ajouté ce sous-titre à mon ouvrage, La Prophétie du Grand Monarque. J’ai d’autre part également réactualisé mon livre en y ajoutant une fin concernant les prémisses du nouveau cycle que j’entrevois qui, à mon sens, va voir le rapprochement de l’espèce humaine avec celle des autres règnes, végétal et animal, sans quoi, la Terre, qui un être vivant, mourra et ce qui en vit avec.

EM : La perspective de ce livre est fort intéressante car elle s’inscrit dans un cadre local et historique (la région de Roquefavour). « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut », formule ésotérique bien connue, résumerait à merveille le contenu de l’ouvrage…

P-ÉB : Les Celtes, les Gaulois chez nous en l’occurrence, avaient coutume de percevoir le monde en s’appropriant celui que leur vision pouvait englober; le Gaulois était au centre du monde, de son monde; les Bituriges, les habitants gaulois de Bourges, en avaient même fait leur raison d’être : ils étaient « les rois du monde ». Et, de fait, Bourges était bien le centre de la France, donc, les rois de notre pays.

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J’ai un peu dépassé ce concept, démontrant d’abord que ce lieu dont je parle, Roquefavour, que j’appelle Le Cercle magique, fut l’un des centres de l’ancien monde, par les événements qui s’y sont déroulés, et suggérant qu’il pourrait être aussi celui qui verra la naissance du nouveau, en accord avec l’un de ses illustres voisins, Nostradamus.

En effet, Nostradamus situe le tombeau, et donc le réveil du Grand Monarque et de son épouse dans le Cercle magique, ou non loin; il situe également non loin du Cercle magique de grandes batailles qui permettront au Grand Monarque d’arrêter les envahisseurs. On pourrait se dire qu’il est bien facile pour le mage de situer tous ces événements sur un territoire qu’il connaît bien – il habitait Salon, à une vingtaine de km du Cercle magique, situé sur la commune de Ventabren – et qu’il y aurait là comme un enfantillage ou une supercherie. Nous pourrions répondre que ce n’est pas le messager des dieux qui situe là ces grands événements, il ne fait que constater ou prédire ce qui aura lieu. Ce sont les dieux, le supra-humain, qui décident. Si ces événements devaient se passer au Japon ou au Canada, nous aurions tout simplement un Nostradamus japonais ou canadien pour en parler.

J’émets l’hypothèse qu’un cycle doit renaître sur les lieux où l’ancien a fini sa course, selon la loi du « témoin » celui d’une course où le coureur passe le témoin à un autre pour accomplir son nouveau tour de piste.

EM : Le livre s’organise autour de trois cycles : l’un païen, le suivant chrétien et le dernier nommé « Ère du Verseau ». Concernant les deux premiers, vous parlez du christianisme comme étant une « religion de coucous », c’est–à–dire qu’elle s’est servie du paganisme pour asseoir son autorité. Dès lors pensez-vous que ce l’on a pour coutume de nommer ésotérisme chrétien n’a de chrétien que le nom ?

P-ÉB : Je ne fais que me référer au système des cycles et, plus précisément, au système des cycles zodiacaux qui durent chacun 2160 ans. Le cycle païen était placé sous le signe du Bélier, de Mars, de la guerre, cycle initié par Prométhée, le Titan, qui voit, paradoxalement, s’accomplir ses rêves de puissance en notre fin de cycle chrétien; nul ne peut contester que le titanisme – le mondialisme – prend tous ses terribles effets à l’époque que nous vivons. Quel fut le rôle du christianisme dans ce processus, le cycle des Poissons ? Atténuer sa brutalité ou bien la corrompre dans une mièvrerie humaniste ? Ces deux cycles, en y ajoutant celui du Taureau, faisaient déjà partie du Kali-Yuga, le cycle de la fin. Mais s’est perpétuée, à travers tous les cycles, quels qu’ils soient, la pérennité de la Tradition primordiale; l’ésotérisme chrétien constitue cette perpétuation, intangible, à travers notamment les écrits de Saint-Jean sur l’Apocalypse, et, d’autre part, les interventions des druides après leur supposée disparition, notamment dans l’élaboration du concept cistercien, sur le plan architectural et spirituel.

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EM : Le dernier cycle qui est en fait l’Ère du Verseau, thème prisé dans les milieux New Age, correspond à la fin de ce que Jean Phaure appelait « Cycle de l’humanité adamique ». Selon ce dernier, la durée de ce cycle serait d’ailleurs indéterminée… Comment envisagez-vous celui-ci ?

P-ÉB : Non, le dernier cycle n’est pas l’ère du Verseau mais bien l’ère des Poissons; nous somme dans cette période transitoire où nous ne savons pas exactement quand finit un cycle et quand commence le nouveau (les nombres bien précis que nous transmettent la Tradition sont vraisemblablement exacts mais comme nous ne savons rien, ou pas grand-chose, de la période où ces cycles auraient commencé, le problème de la datation reste entier). En ce qui concerne le nouveau cycle, je l’ai dit, je pense qu’il y aura un rapprochement des divers règnes, l’homme n’étant plus le prédateur et le déprédateur qu’il a toujours été jusqu’à présent mais bien le régulateur d’un monde que les dieux lui ont confié et qu’il a si mal géré.

EM : La figure du Grand Monarque dont vous parlez n’est pas sans rappeler les annonciateurs/restaurateurs du cycle nouveau tels Baldr, Kalki ou Jésus, mais aussi les rois cachés comme Arthur ou Sébastien. Le nouvel Âge d’Or étant inéluctable, quid de l’action politique durant le Kali-Yuga ?

P-ÉB : Le Grand Monarque n’est pas un avatar, c’est-à-dire un être divin qui descend sur Terre, comme le Christ. Ce serait plutôt une sorte de demi-dieu.

Plusieurs personnages de l’Histoire ont représenté le Grand Monarque, que Nostradamus appelait aussi le Grand Romain, le Grand Celtique, ou le Grand Chyren, ou le Prince Dannemarc, faisant alors référence à l’un de ces personnages légendaires, Ogier le Danois qui était l’un des lieutenants de Charlemagne, qui dort et se réveillera lorsque le Danemark sera en danger, le fameux roi Arthur, chef de guerre celte, qui combattit l’invasion des Germains au VIe siècle, qui est lui aussi en dormition, mais le Grand Monarque, c’est aussi le Khan, titre porté par les chefs mongols, turcs ou chinois. Citons aussi Roderik le Wisigoth qui s’opposa à l’invasion musulmane de ce qui deviendra l’Andalousie. Il serait mort noyé mais son corps ne fut jamais retrouvé. Le Shaoshyant en Iran mazdéen est le nom du Sauveur suprême qui apparaîtra dans les derniers jours du monde.

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Chez René Guénon, le Grand Monarque, c’est le Roi du monde, qu’il définit comme le législateur primordial et universel.

Tous ces personnages ont au moins trois points communs :

– Ils sont légendaires, on n’est pas sûr de leurs existences et encore moins de leurs morts.

– Ils dorment d’un long sommeil jusqu’à leur réveil : c’est la dormition.

– Ils sont appelés à être réveillés pour sauver la patrie en danger.

Et, en fait, le Grand Monarque constitue une synthèse de tous ces personnages de légende, un principe universel même car il est appelé à une mission divine.

L’action politique est claire, telle que je l’ai exposé dans La Roue et le Sablier et telle qu’elle est résumée dans le sous-titre « Bagages pour franchir le gué ».

D’abord, il s’agirait de choisir sans état d’âme son camp lorsque l’affrontement guerrier prédit par Nostradamus demandera un engagement total, mais ce n’est pas tout, d’autres actions en amont auront été nécessaires.

Nos ennemis tentent de faire en sorte d’arrêter la roue qui tourne, la robotisation du monde et des hommes annoncée par le transhumanisme va dans ce sens; arrêter le cours du monde signifierait leur victoire, même si cette victoire constituerait aussi une défaite, puisque ses promoteurs, ou leurs héritiers, n’y survivraient pas. Mais leur égoïsme ne se soucie même pas du sort de leurs héritiers, « Après moi, le déluge » est une belle expression pour définir ces nihilistes égotistes. Nous ne savons pas encore si la fin de notre cycle sera caractérisée principalement par un déluge, nous savons que toutes les fins de cycle antérieures à la nôtre, dont Mircea Eliade a collecté les derniers témoignages chez tous les peuples, se traduisent par une conjonction de catastrophes, à la fois humaines et naturelles.

Il nous faut donc rassembler tous les concepts historiques et spirituels qui ont fait la grandeur de l’Europe, une sorte d’Arche de Noé, ou les braises qu’on transporte dans le film, La Guerre du feu, pour pouvoir rallumer le feu en franchissant le gué.

Une autre attitude, mais qui peut être aussi complémentaire, consiste, comme le préconisait Julius Evola, à faire tomber le mur qui menace de s’écrouler; le principe de survie consistant à ne pas se trouver dessous, mais de l’autre côté. Cette méthode revient à précipiter la fin d’un monde qui meurt, le Kali-Yuga, l’Âge de Fer, pour pouvoir accéder plus rapidement au cycle suivant, l’Âge d’Or, qui rétablit l’ordre du cosmos. Ce faisant, paradoxalement, nous pourrions prendre de court ceux qui tentent laborieusement d’empêcher sa venue.

Propos recueillis par Thierry Durolle

vendredi, 29 janvier 2016

Le système à remplacer Dieu

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Le système à remplacer Dieu

par Pierre-Emile Blairon*, écrivain, journaliste

Ex: http://metamag.fr

La France s’enfonce lentement dans les eaux noires de la barbarie, de la veulerie et de la putréfaction mais on n’entend pas, dans le fracas de la submersion du grand paquebot, les Français chanter « Plus près de toi, mon Dieu ».

Nos compatriotes vivent ces événements dramatiques (la submersion justement) dans une stupéfiante inconscience. Les « fêtes », puis les soldes et les stations de ski où il n’y avait pas de neige, mais beaucoup de tartiflette, ont aminci leur portefeuille ainsi que leur cerveau, et arrondi leur bide. Nulles paroles vengeresses ne viennent aux lèvres des Français, celles-là mêmes qui figurent dans l’hymne national : « Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans vos bras égorger vos fils, vos compagnes. Que veut cette horde d’esclaves, de traîtres, de rois conjurés ? Quoi ! Des cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers ! Quoi ! Des phalanges mercenaires terrasseraient nos fiers guerriers ! »… Oui, oui, c’est bien La Marseillaise !

Nos fiers guerriers gaulois n’auront connu des canons que ceux qui accompagnaient leurs agapes et d’autres qui déversaient de la neige apportée à grands renforts d’hélicoptères sur des pistes où les étoiles ne brilleront plus.

Les politiciens et les médias continuent à donner, à la mesure de leur générosité : les premiers donnent le change et les seconds donnent l’heure, et vice-versa, dans le ronronnement habituel de la désinformation. La pieuvre mafieuse déroule ses tentacules sur la vie normale qui continue à cultiver sa routine, en parallèle, sans que rien, ou pas grand-chose, ne vienne la troubler.

Nous nous dirigeons vers un scénario où la scène finale du film présentera des Mad Max obèses, pleurant sur les corps de leurs femmes souillées et déchiquetées, sans pouvoir se relever.

Nos gouvernants savent pertinemment ce qu’ils font

Les commentateurs de « droite », constatant l’avance inexorable de l’invasion migratoire, continuent à s’interroger sur l’attitude complaisante, étrange pour eux, de nos gouvernants (français et européens de l’Ouest) qui auraient « perdu la raison », qui « font preuve d’un angélisme dangereux », de « désinvolture », qui sont « stupides », « naïfs » ou « agissent par idéologie ».

Mais non, mesdames, messieurs, nos gouvernants ne sont pas plus des anges que des imbéciles, et il y a bien longtemps que les « idées » n’ont plus de place dans leurs cerveaux ; ce sont des politicards aguerris qui ont réussi à se hisser à la première place en écrasant impitoyablement tous leurs adversaires qui n’étaient pas des perdreaux de l’année, eux non plus, et ils n’en ont rien à faire, des bons sentiments, non plus que de leurs peuples. Ils savent pertinemment ce qu’ils font, selon un schéma élaboré point par point, à la fois dans sa progression et dans sa facture et ils appliqueront scrupuleusement les consignes qu’ils ont reçues des Maîtres du monde.

Eh oui, nos grands présidents ne sont que des marionnettes ! C’est vous dire que nous sommes nous-mêmes, le peuple, bien peu de chose ! Nous avons à faire à des créatures sans âme, sans foi ni loi, des robots façonnés par les Frankenstein de l’Ordre Mondial. Le principal trait de caractère de ces mutants : Ils sont possédés par l’hubris (la démesure, la vanité, l’orgueil, l’egocentrisme), la soif d’argent et de pouvoir ; il y a dans cette perte des repères qui définissent un honnête homme, comme on disait autrefois, un appauvrissement des facultés intellectuelles et morales où le bon sens et la mesure qui siéent à des gens responsables et honorables n’a plus cours.

Nous prendrons comme exemple patent un Sarkozy qui, lors de son mandat présidentiel, a accumulé toutes les preuves de ce dysfonctionnement psychiatrique. La première et la plus urgente de leurs préoccupations est de dresser un écran de fumée bien opaque autour d’eux afin qu’on ne sache rien de leurs turpitudes et de leurs projets maléfiques.

Des pare-feu ont été mis en place par les médias aux ordres afin qu’on ne puisse pas déceler de liens entre les divers événements qui se produisent à travers le monde et dont les connexions paraissent évidentes pour des esprits logiques. Les exemples sont légion (il n’y a qu’eux, hélas, pour l’être).

L’Europe dite « de Bruxelles » n’est qu’un relais de l’impérialisme américain

L’Europe dite « de Bruxelles » n’est qu’un relais de l’impérialisme américain, autrement dit le « Nouvel Ordre Mondial », on le sait maintenant.

Est-ce un hasard si Sarkozy a fait passer le Traité « européen » en France, suivant les consignes de ses maîtres, contre l’avis du peuple français qui avait voté non en 2005 ?

Est-ce un hasard si les mêmes « Européens » ont appuyé les bombardements de l’Otan en Yougoslavie pour contrer un rapprochement de l’Europe de l’Est avec celle de l’Ouest et créer un Etat islamique du Kosovo en plein cœur de l’Europe ?

Est-ce un hasard si le même Sarkozy a fait assassiner Kadhafi, déstabilisant un pays, la Libye, qui contenait les hordes d’envahisseurs ?

Est-ce un hasard si ce sont les seuls pays stables et non islamiques du Moyen-Orient (Irak, Syrie, entre autres) que l’Ordre mondial veut détruire, appuyé par les « Européens », la France de Fabius, Valls et Hollande en tête ?

Un hasard si l’embargo anti-russe (l’exemple des navires non livrés par la France à la Russie) ne gêne en rien l’Amérique, mais ruine l’Europe ?

Un hasard si les États-Unis insistent pour que la Turquie, autre cheval de Troie musulman, intègre l’Europe,?

Un hasard si c’est la pauvre Grèce, l’un des berceaux de l’Europe, qui est ruinée par les banques et qui doit faire face en plus à l’invasion des clandestins ?

Un hasard si Merkel (qui croit l’Allemagne coupable des dix plaies d’Egypte) ouvre en grand les vannes qui donnent le passage à des millions de clandestins en Europe ?

Un hasard si l’Europe dénonce les pays qui résistent au déferlement, comme la Hongrie ou la Pologne ?

Un hasard si les viols et les violences des migrants pendant la nuit du Nouvel an se sont produits en même temps dans une dizaine de villes européennes ?

Et ne parlons pas de toutes les mesures « sociétales » qui n’ont pour but que de détruire les fondements de la société et faire disparaître corps et biens les peuples européens. Ou, plutôt, si, parlons-en.

Complotistes et comploteurs : lesquels sont les coupables ? 

Quand les liaisons paraissent trop dangereuses parce que flagrantes, ceux qui dénoncent les complots et les comploteurs sont traités de « complotistes » ou de « conspirationnistes », qui semblent des gros mots dans la bouche des suppôts des maîtres du monde. Selon une inversion des valeurs qui est la marque d’une fin de cycle, les coupables sont ceux qui crient « au feu » et non ceux qui l’allument.

Il faut, avant de mettre en place le « Nouveau monde », le monde satanique que nos dirigeants appellent de leurs vœux, détruire l’ancien, supprimer toutes les structures traditionnelles et toutes leurs valeurs (droiture, honneur, intégrité, dévouement…) qui assuraient depuis des millénaires un équilibre planétaire entre les peuples.

Est-ce un hasard si aucune politique nataliste n’a été mise en place pour les Françaises de souche, si le « Planning familial » et Simone Veil (pas la philosophe, l’autre) ont fait des ravages avec leur politique de destruction des embryons, alors que les masses étrangères sont invités à multiplier leurs naissances chez nous grâce aux aides multiples dont elles bénéficient ?

Est-ce un hasard si les trois postes ministériels parmi les plus importants (Travail, Culture, Education) sont tenus par des « Françaises issus de l’immigration » ? Les ministres qui sont mis en place le sont non pas pour leurs compétences mais, au contraire, parce qu’ils sont justement ceux qui peuvent le mieux détruire les structures de la société et des ministères dont ils ont la charge… de la destruction.

Une quatrième vient de démissionner non sans avoir auparavant fait beaucoup de mal aux Français. Payera-t-elle un jour ses crimes ? Ceux commis par les délinquants que sa justice a fait libérer ?

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Les Maîtres du monde ne sont rien de plus que des maffiosi

Selon les « complotistes », la mise en place de la grande conspiration visant à la domination du monde aurait commencé avec une secte dissoute en 1785, les Illuminati, mais dont le projet aurait ensuite perduré de nos jours jusqu’aux officines dites « secrètes » mais qui ne se cachent désormais plus.

Les « complotistes » ont beaucoup glosé sur le « plan Kalergi » ; Il faut remarquer, à ce sujet, que ces complotistes-là ont raté une bonne occasion de se crédibiliser.

Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi fut l’un des « Pères » de l’Europe, à qui l’on a prêté les intentions les plus noires, du type : « Kalergi déclare que les habitants des futurs « Etats-Unis d’Europe » ne seront plus les peuples originaires du Vieux Continent, mais plutôt une sorte de sous- humanité bestiale issue de mélanges raciaux. Il affirmait, sans demi-mesure, qu’il était nécessaire de « croiser » les peuples européens avec les Asiatiques et les Noirs, pour créer un troupeau multi- ethnique sans qualités spécifiques et facile à dominer pour les élites au pouvoir », textes qui seraient tirés de son livre Idéalisme pratique qu’aucun de ses détracteurs n’a lu.

En réalité, il a simplement écrit que l’Homme du lointain futur sera un homme métissé d’une race « négroïdo-eurasienne », mais il y a par ailleurs des considérations intéressantes dans son livre qui rappellent celles d’un Spengler. En tout cas, si ce projet n’était pas celui de Kalergi, il existe bien, et c’est pour cette raison que nousl’avons évoqué.

Depuis les Illuminati, les choses ont évolué : on peut considérer que les actuels « Maîtres du monde » sont les banquiers internationaux, Goldman-Sachs ou Rothschild, par exemple, les milliardaires comme Soros (qui finance les Femen), les roitelets saoudiens ou qataris (qui disparaîtront des places internationales et de la scène tout court dès que le pétrole cessera de remplir leurs tonneaux dont le contenant vaut maintenant plus cher que le contenu), les multinationales qui détruisent la planète sans état d’âme ; le lien entre les grands ploutocrates mondiaux et les diverses mafias a été établi par les services secrets de la plupart des Etats : CIA, Mossad, pour les plus connus ; les ventes d’armes un peu partout dans le monde, la contrebande de drogue, en Afghanistan notamment, ont définitivement conclu le pacte entre voyous, financiers et politiques jusqu’au trafic lucratif d’organes (au Kosovo) et d’êtres humains, esclaves qu’on nous présente maintenant comme des « migrants ».

Tout ce beau monde (banquiers, milliardaires et mafias), réunit ses affidés (hommes et femmes politiques qui viennent se faire adouber, économistes, représentants des grandes entreprises, vedettes des medias…), au sein de sociétés qui peuvent s’apparenter à des sectes : Trilatérale, Skull and Bones, Davos, Bilderberg, CFR… et qui tiennent régulièrement conférence pour organiser leurs méfaits et distribuer les rôles.

Les milices de cette organisation de malfaiteurs mondiale et mondialiste sont constituées par les groupes soi-disant islamistes (mais c’est une façade) qu’elle a créés, tueurs au front bas qui savent à peine parler, hommes de main qu’elle fait intervenir un peu partout dans le monde au gré de ses intérêts. Il faut ajouter à ce peu reluisant conglomérat les associations « antiracistes », en fait racistes anti-blancs, les benêts du show-biz, chanteurs et acteurs, musiciens, « artistes »…, les ONG, les syndicats, la franc-maçonnerie, l’Eglise…

La mafia n’est rien d’autre qu’une grande conspiration du crime organisé et les Maîtres du monde ne sont rien d’autre que des maffiosi. La mafia a expliqué à ses sujets les bases mêmes de sa « réussite », que, pour atteindre le paradis sur terre, il fallait se débarrasser de tout scrupule, de toute pitié, entrer dans la matérialité la plus dense, le cynisme, la cruauté, atteindre le statut de « surhomme », de « Titan » prométhéen. En fait, on fait de l’hubris la colonne vertébrale du système. Evacuer le dieu des religions et le remplacer, c’est ce qu’avait tenté de faire le communisme, on a vu le résultat : échec total, l’homme ne peut vivre sans spiritualité ; la religion n’est cependant pas « l’opium du peuple », mais une aspiration spirituelle de son être, de son statut, niée par les nouveaux maîtres du monde et leurs vassaux.

Le plan établi consiste à remplacer les populations blanches, de longue mémoire et de longue tradition, éduquées et susceptibles de réaction, par des populations du Tiers et du Quart-Monde qui n’ont pas grand-chose à perdre et qui seront plus malléables ; le projet serait de constituer une masse d’esclaves soumis qui permettrait une plus forte rentabilisation des travaux que « l’élite » obligerait à effectuer sans salaire.

Toute cette engeance tourne maintenant en rond, mécaniquement, uniquement préoccupée de rester dans sa bulle, que protège physiquement la police des sursauts salutaires (éventuels) du peuple (et de personne d’autre). En fait de bulle, il s’agit plutôt d’une grosse machine avec plein de rouages ; tout le monde est à son poste et tourne dans cette grande cage comme des écureuils sans plus très bien savoir pourquoi ; simplement pour faire perdurer égoïstement ses avantages.

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Le projet des transhumanistes : remplacer Dieu

Mais le paradis sur Terre, c’est bien, si on peut en profiter longtemps, voire éternellement. Les progressistes se heurtaient à une évidence matérielle incontournable : le progrès, oui, mais seulement jusqu’à la mort, qui fait tout repartir… à zéro. Qu’à cela ne tienne, si la mort est un obstacle au progrès, supprimons la mort. Entrent en scène les « transhumanistes » dont les moyens financiers et techniques ringardisent tous les Soros de la planète lesquels se demandent désormais (comme Soros lui-même, Merkel ou Juncker) s’ils ne seraient pas allés trop loin dans leur mépris des peuples.

Cette nouvelle mafia « light » n’emploie plus les méthodes brutales des mafias traditionnelles ; à vrai dire, même si elle ne fait référence qu’aux valeurs matérielles, elle ne se préoccupe pas d’argent puisqu’elle compte parmi ses membres les gens les plus riches de la planète, ceux qui détiennent les entreprises les plus en vue du moment : Google, Microsoft et d’autres du même acabit. Ces gens consacrent une bonne part de leur immense fortune à financer des structures scientifiques dont les travaux vont permettre de transformer les hommes en robots, pour ceux qui servent actuellement d’esclaves et, éventuellement, d’assurer pour la « véritable humanité », les transhumanistes, l’hyperclasse, la possibilité d’une vie qui durerait plusieurs centaines d’années, au moins. C’est sans doute la nouvelle carotte qui motive nos dirigeants. Leurs travaux, déjà bien avancés, ne sont pas du tout utopiques. C’est l’aboutissement du rêve prométhéen titanesque : remplacer Dieu.

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Et le peuple, dans tout ça ?

Le peuple, lui, regarde, hébété (rendu à l’état de bête), ahuri, cette bulle tourner, sans comprendre qu’il s’agit d’un autre monde, qui n’a plus aucune espèce de lien avec les sociétés traditionnelles, ni même avec des humains. Il poursuit donc sa petite vie qu’il espère tranquille le plus longtemps possible ; mentalité d’autruche qui enfonce la tête dans le sable. Les Français, exceptés quelques cercles lucides, sont tellement décervelés et châtrés qu’ils apparaissent comme des zombies à ceux qui n’ont pas subi leur lavage de cerveau. A titre d’exemple, on se rend compte que les prières du genre : « quand leurs filles seront violées, vous verrez qu’ils se réveilleront », sont un vœu pieux. Il sefait qu’une élue socialiste se trouvait au Bataclan pendant le carnage et qu’elle a rapporté à la presse que, pendant qu’elle était allongée au sol au milieu d’une flaque de sang, elle s’inquiétait de la stigmatisation qui s’ensuivrait à l’égard des musulmans après cet événement tragique… Syndrome de Stockholm ?

Quelles solutions ?

Arrivés à ce stade, on peut penser qu’il ne faut plus rien attendre de nos concitoyens, ni des peuples européens de l’Ouest, d’une manière générale, encore moins, bien sûr, de leurs dirigeants puisque ce sont eux qui organisent la destruction de nos sociétés.

Restent quatre éventualités, aucune d’entre elles n’apparaissant plus crédible qu’une autre.

1. Si on ne peut pas croire à un soulèvement général, il n’est pas impossible que certains citoyens excédés, plus volontaires, plus patriotes et plus courageux que la masse décident un jour de s’organiser en structures résistantes et de mener un combat de guérilla.

2. Certains pays de l’Est peuvent venir au secours de leurs frères de l’Ouest pour éviter de se trouver totalement encerclés par l’ennemi islamiste, lequel est, pour l’instant, manipulé par les USA, ou l’Ordre mondial, si vous préférez.

3. Un parti patriote de type Front national réussit à prendre légalement le pouvoir.

4. L’armée et/ou la police se décident enfin à assumer leurs responsabilités : défendre le peuple contre les traîtres et non le contraire.

On le sait, généralement, ce n’est pas une hypothèse qui se trouve réalisée mais un mélange de toutes qui a le plus de chances de voir le jour, voire, malheureusement, aucune.

Enfin, nous pouvons toujours nous raccrocher à la prédiction de Nostradamus qui verra le réveil du Grand Monarque porter la guerre contre l’envahisseur, dans le quatrainV-74 :

De sang Troyen naistra cœur germanique,

Qui deviendra en si haute puissance :

Hors chassera gens estrange arabique,

Tournant l’Eglise en pristine prééminence.

*Pierre-Émile Blairon anime les revues Grande Provence.  et Hyperborée. Il est également l’auteurs de nombreux ouvrages dont  « Jean Giono », « Nostradamus »,  «Le Guide secret d’Aix-en-Provence» et  « La Roue et le sablier » qui  résume la vue-du-monde de l’auteur.