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dimanche, 01 novembre 2015

Crise syrienne, paysage intellectuel français et «Grand Remplacement»

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Crise syrienne, paysage intellectuel français et «Grand Remplacement»

Entretien avec Robert Steuckers

Propos recueillis par Adriano Scianca pour « Primato nazionale »

1.     Que pensez-vous de la manière dont l'Europe a géré la crise de l'immigration suite à la crise syrienne?

L’Europe est inexistante en tant que puissance politique qui compte dans la région hautement stratégique qu’est le Levant. Elle n’a su ni impulser une politique de stabilité qui aurait joué dans son intérêt le plus légitime ni faire face aux catastrophes que l’intervention des Etats-Unis et de leurs alliés dans la région ont entraînées. Parmi ces catastrophes, la plus visible aujourd’hui en Europe, de la Grèce à l’Allemagne en passant par tous les pays des Balkans, est bien sûr cet afflux massif de réfugiés que les Etats européens ne sont pas capables d’intégrer à l’heure d’un certain ressac de l’économie européenne, perceptible même en Allemagne. L’intérêt de l’Europe aurait été de maintenir la stabilité au Levant et en Irak. C’était le point de vue du fameux « Axe Paris-Berlin-Moscou » qui s’était insurgé contre l’intervention de Bush en Irak en 2003. Les Etats-Unis, qui ne sont pas une puissance romaine au sens classique du terme et au sens où l’entendait Carl Schmitt, ne font donc pas comme Rome, ils n’apportent ni « pax romana » ni « pax americana » mais génèrent le chaos, auquel les populations essaient tout naturellement d’échapper, au bout d’une douzaine d’années voire d’un quart de siècle si l’on tient compte de la première intervention en Irak en 1990. Ces pays, jadis structurés selon les principes de l’idéologie baathiste (personnaliste, transconfessionnelle et étatiste), avaient le mérite de la stabilité et faisaient l’admiration d’un grand diplomate néerlandais, Nikolaos Van Dam, docteur en langue et civilisation arabes, qui a consacré un ouvrage en anglais à la Syrie baathiste qui mériterait bien d’être traduit en toutes les grandes langues d’Europe. Cette stabilité, maintenue parfois avec rudesse et sévérité, a été brisée : on a cassé la forme d’Etat qui finissait vaille que vaille par s’imposer dans une région, soulignait aussi Van Dam, marquée par le tribalisme et allergique à cette forme étatique et européenne de gestion des « res publicae ». L’Europe a fait du « suivisme », selon la formule d’un observateur flamand des relations internationales, le Prof. Rik Coolsaet. Elle a benoîtement acquiescé aux menées dangereuses et sciemment destructrices de Washington, puissance étrangère à l’espace européen et à l’espace du Levant et de la Méditerranée orientale. Elle paie donc aujourd’hui les pots cassés car elle est la voisine immédiate des régions où l’hegemon-ennemi a semé le chaos. Celui-ci cherche à éviter ce que j’appellerais la « perspective Marco Polo », la cohésion en marche des puissances d’Eurasie (Europe, Russie, Inde, Chine), par le truchement des télécommunications, des nouvelles voies maritimes et ferroviaires en construction ou en projet, du commerce, etc. Par voie de conséquence, l’hegemon hostile doit mener plusieurs actions destructrices, « chaotogènes » dans les régions les plus sensibles que les géopolitologues nomment les « gateway regions », soit les régions qui sont des « passages stratégiques » incontournables, permettant, s’ils sont dominés, de dynamiser de vastes espaces ou, s’ils sont neutralisés par des forces belligènes, par un chaos fabriqué, de juguler ces mêmes dynamismes potentiels. La Syrie et le Nord de l’Irak sont une de ces « gateway regions » et l’étaient déjà au moyen-âge car ce Levant, avec sa projection vers l’hinterland mésopotamien, donnait accès à l’une des routes de la soie, menant, via Bagdad, à l’Inde et la Chine. L’Ukraine est une autre de ces « gateway regions ». L’abcès de fixation du Donbass est un verrou sur la route du nord, celle empruntée, avant la première croisade d’Urbain II, par les Coumans turcs, tandis que leurs cousins seldjouks occupaient justement les points-clefs du Levant, dont on reparle aujourd’hui : cette tenaille turque, païenne au nord et musulmane au sud, barrait la route de la soie, la voie vers l’Inde et la Chine, enclavait l’Europe à l’Est et risquait de la provincialiser définitivement.

Par ailleurs, dans un avenir très proche, d’autres zones de turbulences pourront éclore autour de l’Afghanistan, non pacifié, dans le Sinkiang chinois, base de départ d’une récente vague d’attentats terroristes en Chine, en Transnistrie/Moldavie ou ailleurs. L’Europe, dans cette perspective, doit être cernée par des zones de turbulence ingérables, afin qu’elle ne puisse plus se projeter ni vers l’Afrique ni vers le Levant ni vers l’Asie centrale au-delà de l’Ukraine. L’Europe a la mémoire courte et ses établissements d’enseignement ne se souviennent plus ni de Carl Schmitt (surtout le théoricien du « grand espace » et le critique des faux traités pacifistes dictés par les Américains) ni surtout du géopolitologue Robert Strausz-Hupé (1903-2002) qui, pour le compte de Roosevelt et de Truman, percevait très clairement les atouts de la puissance européenne (allemande à son époque), que toute politique américaine se devait de détruire. Ces atouts étaient, entre bien d’autres choses, l’excellence des systèmes universitaires européens, la cohésion sociale due à l’homogénéité des populations et la qualité des produits industriels. Le système universitaire a été détruit par les nouvelles pédagogies aberrantes depuis les années 60 et par ce que Philippe Muray appelait en France l’idéologie « festiviste » ; l’homogénéité des populations est sapée par des politiques migratoires désordonnées et irréfléchies, dont l’afflux massif de ces dernières semaines constitue l’apothéose, une apothéose qui détruira les systèmes sociaux exemplaires de notre Europe, qui seront bientôt incapables de s’auto-financer. Les Européens seront dès lors dans l’impossibilité de consacrer des budgets (d’ailleurs déjà insuffisants ou inexistants) à l’insertion de telles quantités de nouveaux venus. L’Europe s’effondre, perd l’atout de son excellent système social et ne peut plus distraire des fonds pour une défense continentale efficace ou pour la « recherche & développement » en technologies de pointe. Avec le scandale Volkswagen, qui verra le marché américain lui échapper, un coup fatal est porté à l’industrie lourde européenne. La boucle est bouclée.

2.     Partout en Europe des mouvements hostiles à l'immigration ont beaucoup de succès. Dans bon nombre de ces cas, cependant, ces partis n'ont pas très clairement compris qu’attaquer l'immigration sans se battre contre la vision du monde libérale et les mécanismes du capitalisme est une bataille qui ne touche pas les racines du Système. Que pensez-vous?

Votre question pointe du doigt le problème le plus grave qui soit : effectivement, les succès récents de partis ou mouvements hostiles à cette nouvelle vague migratoire, considérée comme ingérable, sont dus à un facteur bien évident : les masses devinent inconsciemment que les acquis sociaux des combats socialistes, démocrates-chrétiens, nationalistes, communistes et autres, menés depuis la fin du 19ème siècle, vont être balayés et détruits. Le paradoxe que nous avons sous les yeux est le suivant : depuis 1979 (année de l’accession au pouvoir de Thatcher en Grande-Bretagne), la vogue contestatrice de l’Etat keynésien, jugé trop rigide et mal géré par les socialistes « bonzifiés » (Roberto Michels), a été la vogue néolibérale, mêlant, en un cocktail particulièrement pernicieux, divers linéaments de l’idéologie libérale anti-étatique et anti-politique. Une recomposition mentale erronée s’est opérée : elle a injecté dans toutes les contestations des déviances et errements politiques régimistes une dose de néolibéralisme, dorénavant difficilement éradicable. Quand ces partis et mouvements anti-immigration acquièrent quelque pouvoir, même à des niveaux assez modestes, ils s’empressent de réaliser une partie du vaste programme déconstructiviste des écoles néolibérales, préparant de la sorte l’avènement d’horreurs comme le Traité transatlantique qui effacera toute trace des Etats nationaux et tout résidu d’identité populaire et nationale. On combat l’immigration parce qu’on l’accuse de porter atteinte à l’identité mais on pratique des politiques néolibérales qui vont bientôt tuer définitivement toute forme d’identité. Le combat contre le néolibéralisme et ses effets délétères doit être un combat socialiste et syndicaliste musclé (retour à Sorel et Corridoni), pétri, non plus des idées édulcorées et dévoyées des pseudo-socialistes actuels, mais des théories économiques dites « hétérodoxes », dérivées de Friedrich List, des écoles historiques allemandes et de l’institutionnalisme américain (Thorstein Veblen). Parce que ces écoles hétérodoxes ne sont pas universalistes mais tiennent compte des contextes religieux, nationaux, civilisationnels, culturels, etc. Elles ne théorisent pas un homme, un producteur ou un consommateur abstrait mais un citoyen ancré dans une réalité léguée par l’histoire. Etre en rébellion contre le système, négateur des réalités concrètes, postule d’être un hétérodoxe économique, qui veut les sauver, les réhabiliter, les respecter.

3.     Que pensez-vous des positions actuelles, plus ou moins «identitaires» des intellectuels comme Zemmour, Onfray, Houellebecq, Finkielkraut, Debray?

Tous les hommes que vous citez ici sont bien différents les uns des autres : seuls les praticiens sourcilleux de la médiacratie contrôlante et du « politiquement correct » amalgament ces penseurs en une sorte de nouvel « axe du mal » au sein du « paysage intellectuel français » (PIF). Zemmour dresse un bilan intéressant de la déconstruction de la France au cours des quatre dernières décennies, déconstruction qui est un démantèlement progressif de l’Etat gaullien. En ce sens, Zemmour n’est pas un « libéral » mais une sorte de personnaliste gaullien qui estime qu’aucune société ne peut bien fonctionner sans une épine dorsale politique.

 

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Onfray a toujours été pour moi un philosophe plaisant à lire, au ton badin, qui esquissait de manière bien agréable ce qu’était la « raison gourmande », par exemple, et insistait sur l’homme comme être de goût et non pas seulement être pensant à la façon de Descartes. Onfray esquissait une histoire alternative de la philosophie en ressuscitant des filons qu’une pensée française trop rationaliste avait refoulés ou qui ne cadraient plus avec la bien-pensance totalitaire inaugurée par Bernard-Henry Lévy à la fin des années 70, période où émerge le « politiquement correct » à la française. Plus récemment, Onfray a sorti un ouvrage toujours aussi agréable à lire, intitulé « Cosmos », où il apparaît bien pour ce qu’il est, soit un anarchiste cosmique, doublé d’un nietzschéen libertaire, d’un avatar actuel des « Frères du Libre Esprit ». Certaines de ses options le rapprochent des prémisses organicistes, dionysiaques et nietzschéennes de la fameuse « révolution conservatrice » allemande, du moins dans les aspects non soldatiques qu’elle a revêtus avant la catastrophe de 1914. D’où un certain rapprochement avec la nouvelle droite historique, observable depuis quelques jours seulement.

 

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Houellebecq exprime, mieux que personne en Europe occidentale aujourd’hui, l’effondrement moral de nos populations, leur dé-virilisation sous les coups de butoir d’un féminisme exacerbé et délirant, ce qui explique, notamment, le succès retentissant de son ouvrage Soumission aux Etats-Unis. Houellebecq se déclare affecté lui-même par la maladie de la déchéance, qui, qu’on le veuille ou non, fait l’identité européenne actuelle, radical contraire de ce que furent les fulgurances héroïques et constructives de l’Europe d’antan. L’homo europaeus actuel est un effondré moral, une loque infra-humaine qui cherche quelques petits plaisirs furtifs et éphémères pour compenser le vide effroyable qu’est devenue son existence. Pour retrouver une certaine dignité, notamment face à ce féminisme castrateur, cet homo europaeus pourrait, pense Houellebecq, se soumettre à l’islam, le terme « islam » signifiant d’ailleurs soumission à la volonté de Dieu et aux lois de sa création. Ce passage à la « soumission », c’est-à-dire à l’islam, balaierait le féminisme castrateur et redonnerait quelque lustre aux mâles frustrés, où ceux-ci pourraient reprendre du poil de la bête dans une Oumma planétaire, agrandie de l’Europe.

Le parcours de Finkielkraut est plus étonnant, dans la mesure où il a bel et bien fait partie de ces « nouveaux philosophes » de la place de Paris, en lutte contre un totalitarisme qu’ils jugeaient ubiquitaire et dont ils étaient chargé par la « Providence » ou par « Yahvé » (Lévy !) de traquer les moindres manifestations ou les résurgences les plus ténues. Ce totalitarisme se percevait partout, surtout dans les structures de l’Etat gaullien, subtilement assimilé, surtout chez Bernard-Henri Lévy, à des formes françaises d’une sorte de nazisme omniprésent, omni-compénétrant, toujours prêt à resurgir de manière caricaturale. Ces diabolisations faisaient le jeu du néolibéralisme thatchéro-reaganien et datent d’ailleurs de l’avènement de celui-ci sur les scènes politiques britannique et américaine. Finkielkraut a été emblématique de ces démarches, surtout, rappelons-le, lors de la guerre de l’OTAN contre la Serbie. Finkielkraut avait exhumé des penseurs libéraux serbes du 19ème siècle inspirés par le philosophe différentialiste allemand Herder, pour démontrer de manière boiteuse, en sollicitant les faits de manière pernicieuse et malhonnête, que deux de ces braves philologues serbes, espérant se débarrasser du joug ottoman, étaient en réalité des précurseurs du nazisme (encore !). Ce travail de Finkielkraut était d’autant plus ridicule qu’au même moment, à Vienne, un journaliste très connu, Wolfgang Libal, également israélite mais, lui, spécialiste insigne du « Sud-Est européen », écrivait un ouvrage à grand tirage pour démontrer le caractère éminemment démocratique (national-libéral) des deux philologues, posés comme pionniers de la modernité dans les Balkans !!

9782070415526.jpgAprès son hystérie anti-serbe, Finkielkraut, sans doute parce qu’il prend de l’âge, s’est « bonifié » comme disent les œnologues. Son ouvrage sur la notion d’ingratitude, qui est constitué des réponses à un très long entretien accordé au journal québécois Le Devoir, est intéressant car il y explique que les malheurs de notre époque viennent du fait que l’homme actuel se montre « ingrat » par rapport aux legs du passé. J’ai lu cet entretien avec grand intérêt et beaucoup de plaisir, y retrouvant d’ailleurs une facette de l’antique querelle des anciens et des modernes. Je dois l’avouer même si le Finkielkraut serbophobe m’avait particulièrement horripilé. A partir de cette réflexion sur l’ingratitude, Finkielkraut va, peut-être inconsciemment, sans doute à son corps défendant, adopter les réflexes intellectuels des deux Serbes herdériens qu’il fustigeait avec tant de fureur dans les années 90. Il va découvrir l’« identité » et, par une sorte de tour de passe-passe qui me laisse toujours pantois, défendre une identité française que Lévy avait posée comme une matrice particulièrement répugnante du nazisme !

Debray est un penseur plus profond à mes yeux. Le début de sa carrière dans le paysage intellectuel français date des années 60, où il avait rencontré et accompagné Che Guevara en Bolivie. Cet aspect suscite toutes les nostalgies d’une époque où l’aventure était encore possible. Jean Cau, ancien secrétaire de Sartre (entre 1947 et 1956) qui, ultérieurement,  ne ménagera pas ses sarcasmes à l’encontre des gauches parisiennes, consacrera en 1979 un ouvrage au Che, intitulé Une passion pour Che Guevara ; en résumé, nous avons là l’hommage d’un ancien militant de gauche, passé à « droite » (pour autant que cela veuille dire quelque chose…), qui ne renie pas la dimension véritablement existentielle de l’aventure et de l’engagement pour ses idées, fussent-elles celles qu’il vient explicitement de rejeter. Debray a donc mis, dans une première phase de sa carrière, sa peau au bout de ces idées. Peu ont eu ce courage même si d’aucuns ont cherché plus tard à minimiser son rôle en Bolivie.

51EqyovmguL._SX302_BO1,204,203,200_.jpgDans les années 80, Debray, devenu, plutôt à son corps défendant, faire-valoir du mitterrandisme ascendant, participera à toutes les mascarades de la gauche officielle, en voie de « festivisation » et d’embourgeoisement, où les cocottes et les bobos se piquent d’eudémonisme et se posent en « belles âmes » (on sait ce que Hegel en pensait…). Les actions qu’il mène, je préfère les oublier aujourd’hui, tant elles ont participé des bouffonneries pariso-parisiennes. Mais entre l’épisode du militant guevariste et celle du néo-national-gaulliste d’aujourd’hui, il n’y a pas eu que cette participation à la lèpre républicano-mitterrandiste, il y a eu le passage du Debray militant et idéologue au Debray philosophe et « médiologue » (une science visant à cerner l’impact des « médiations », des images, dont éventuellement celles des médias, sur la formation ou la transformation des mentalités et des aspirations politiques). C’est dans le cadre de ce statut de « médiologue », qui commence en 1993, que Debray va glisser progressivement vers des positions différentes de celles imposées par le ronron médiatique ou le « politiquement correct » des « nouveaux philosophes » (Lévy, etc.) « qui », dit-il, « produisent de l’indignation au rythme de l’actualité ». Debray, comme l’indique alors le titre d’un de ses ouvrages récents, Dégagements, se « dégage » de ses engagements antérieurs, l’espace de la gauche, de sa gauche, ayant été phagocyté par de nouveaux venus qui se disent « occidentaux » et participent à la pratique perverse de la table rase, notamment en Amérique latine : leur travail de sape serait entièrement parachevé si des hommes comme Evo Morales, qu’il qualifie positivement d’« indigéniste », ne s’étaient pas dressés contre son vieil ennemi l’impérialisme américain, appuyé par les bourgeoisies compradores.

Enfin, les révolutions socialistes (et communistes) sont d’abord des nationalismes, écrit-il en 2010 : en dépit de l’omniprésence du Front National dans la vie politique de l’Hexagone, Debray ne craint plus le mot, à l’heure où les nouvelles gauches « néo-philosophiques » perdent et ruinent tout sens historique et basculent dans la moraline répétitive et incantatoire, dans le compassionnel et l’indignation programmée. Debray se déclare aussi « vieux jeu » : ce n’est pas le reproche que je lui ferai ; cependant, l’abus, dans ses œuvres polémiques récentes, est d’utiliser trop abondamment le vocable (également incantatoire) de « République » qui, pour tout observateur non parisien, est un véhicule d’éléments délétères de modernité donc d’ignorance du véritable tissu historique et populaire. De même, sa vision de l’« Etat » est trop marquée par l’idéologie jacobine, figée au fil des décennies depuis le début du 19ème siècle. Ceci dit, ses remarques et ses critiques (à l’adresse de son ancien camp) permettent de réamorcer un combat, non pas pour rétablir la « République » à la française avec son cortège de figements et d’archaïsmes ou un Etat trop rigide, mais pour restaurer ce que Julien Freund, à la suite de Carl Schmitt, nommait « le politique ». Combat qui pourrait d’ailleurs partir des remarques excellentes de Debray sur la « représentation », sur le « decorum », nécessaire à toute machine politique qui se respecte et force le respect : Carl Schmitt insistait, lui aussi, sur les splendeurs et les fastes du catholicisme, à reproduire dans tout Etat, sur la visibilité du pouvoir, antidote aux « potestates indirectae », aux pouvoirs occultes qui produisent les oligarchies dénoncées par Roberto Michels, celles qui se mettent sciemment en marge, se dérobent en des coulisses cachées, pour se soustraire au regard du peuple ou même de leurs propres militants. Schmitt hier, Debray aujourd’hui, veulent restaurer la parfaite visibilité du pouvoir : nous trouvons là une thématique métapolitique offensive qu’il serait bon, pour tous, d’articuler en nouveaux instruments de combat. Debray est sans nul doute une sorte d’enfant prodigue, qui a erré en des lieux de perdition pour revenir dans un espace à l’air rare et vif. L’histoire des idées se souviendra de son itinéraire : nous jetterons dès lors un œil narquois sur les agitations qu’il a commises dans les années 80 dans les allées du pouvoir mitterrandien et vouerons une admiration pour l’itinéraire du « médiologue » qui nous aura fourni des arguments pour opérer une critique de la dictature médiatique et pour rendre au pouvoir sa visibilité, partageable entre tous les citoyens et donc véritablement « démocratique » ou plutôt réellement populiste. Derrière cela, les quelques « franzouseries » statolâtriques et « républicagnanates », qu’il traine encore à ses basques, seront à mettre au rayon du folklore, là où il rangeait lui-même le vieux et caduc « clivage gauche/droite », dans quelques phrases bien ciselées de Dégagements.

4.     Êtes-vous d'accord avec la thèse du Grand Remplacement?

Camus—Identitaires.jpgJe ne considère pas la notion de « Grand Remplacement » comme une thèse mais comme un terme-choc impulsant une réflexion antagoniste par rapport au fatras dominant, comme une figure de rhétorique, destinée à dénoncer la situation actuelle où le compassionnel, introduit dans les pratiques politiques par les nouveaux philosophes, évacue toute éthique de la responsabilité. Vous avez vous-même, en langue italienne, défini et explicité la notion de « Grand Remplacement » (http://www.ilprimatonazionale.it/cultura/grande-sostituzione-32682/ ). Vous l’avez fait avec brio. Et démontré que Marine Le Pen comme Matteo Salvini l’avaient incluse dans le langage politico-polémique qui anime les marges dites « droitières » ou « populistes » des spectres politiques européens d’aujourd’hui. Renaud Camus, père du concept, a le sens des formules, du discours (selon une bonne tradition française remontant au moins à Bossuet). Il est aussi le créateur de deux autres notions qui mériteraient de connaître la même bonne fortune : la notion de « nocence », contraire de l’« in-nocence », puis la notion de « dé-civilisation ». Renaud Camus se pose comme « in-nocent », comme un être qui ne cherche pas à nuire (« nocere » en latin). Les régimes politiques en place, eux, cherchent toujours à nuire à leurs citoyens ou sujets, qu’il haïssent au point de vouloir justement les remplacer par des êtres humains perdus, venus de partout et de nulle part, attirés par les promesses fallacieuses d’un paradis économique, où l’on touche des subsides sans avoir à fournir des efforts ni à respecter des devoirs sociaux ou citoyens. Les établis forment donc le parti de la « nocence », de la nuisance, auquel il faut opposer l’idéal, peut-être un peu irénique, de l’« in-nocence », sorte d’ascèse qui me rappelle tout à la fois le bouddhisme de Schopenhauer, le quiétisme de Gustav Landauer, but de son idéal révolutionnaire à Munich en 1919, et l’économie empathique de Serge-Christophe Kolm, inspiré par les pratiques bouddhistes (efficaces) qu’il a observées en Asie du Sud-est (cf. notre dossier : http://www.archiveseroe.eu/kolm-a118861530 ). Si la « nocence » triomphe et s’établit sur la longue durée, la civilisation, après la culture et l’éducation, s’effiloche, se détricote et disparait. C’est l’ère de la « dé-civilisation », du « refus névrotique de l’héritage ancestral », commente l’écrivain belge Christopher Gérard. Ce pessimisme n’est pas une idée neuve mais, à notre époque, elle constitue un retour du réalisme, après une parenthèse trop longue de rejet systématique et pathologique de nos héritages.

arton70.jpgJe mettrais en parallèle la double idée de Renaud Camus d’une « dé-culturation » et d’une « dé-civilisation » avec l’idée de « dissociété », forgée par le philosophe Marcel De Corte au début des années 50. Pour De Corte, monarchiste belge et catholique thomiste, l’imposition des élucubrations libérales de la révolution française aux peuples d’Europe a conduit à la dislocation du tissu social, si bien que nous n’avons plus affaire à une « société » harmonieuse, au sens traditionnel du terme comme l’entendait Louis de Bonald, mais à une « dissociété ». L’idée, en dépit de son origine très conservatrice, est reprise aujourd’hui par quelques théoriciens d’une gauche non-conformiste, dont le Prof. Jacques Généreux qui constate amèrement que les pathologies de la dissociété moderne sont une « maladie sociale dégénérative qui altère les consciences en leur inculquant une culture fausse ». Généreux, socialiste au départ et rêvant à l’avènement d’un nouveau socialisme capable de gommer définitivement les affres de la « dissociété », quitte, déçu, le PS français en 2008 pour aller militer au « Parti de Gauche » et pour figurer sur la liste « Front de Gauche pour changer l’Europe », candidate aux élections européennes de 2009. En mars 2013, les idées, pourtant pertinentes, de Généreux ne séduisent plus ses compagnons de route et ses co-listiers : il n’est pas réélu au Bureau politique ! Preuve que la pertinence ne peut aller se nicher et prospérer au sein des gauches françaises non socialistes, bornées dans leurs analyses, sclérosées dans des marottes jacobines et résistancialistes qui ne sont qu’anachronismes ou tourneboulées par les délires immigrationnistes dont l’irréalisme foncier est plus virulent et plus maladivement agressif en France qu’ailleurs en Europe.

Ceci dit, l’idée de « Grand Remplacement » est à mes yeux un des avatars actuels d’un ouvrage écrit en 1973, le fameux récit Le Camp des Saints de Jean Raspail, où l’Europe est envahie par des millions d’hères faméliques cherchant à s’y installer. Les grandes banlieues des principales villes de France étaient déjà occupées par d’autres populations, complètement coupées des Français de souche. Dorénavant on voit la bigarrure ethnique émerger, à forte ou à moyenne dose, dans de petites villes comme Etampes, Vierzon ou Orléans, où elle semble effectivement « remplacer » les départs antérieurs, ceux de l’exode rural, ceux du départ vers les grandes mégapoles où dominent les emplois du secteur tertiaire. La France donne l’impression de juxtaposer sur son territoire deux ou plusieurs sociétés (ou dissociétés) parallèles, étanches les unes par rapport aux autres. Personne n’est satisfait ; d’abord les « remplacés », bien évidemment, dont les modes de vie et surtout les habitudes alimentaires sont dénigrées et jugées « impures » (ce qui fâche tout particulièrement les Français, très fiers de leurs traditions gastronomiques) mais aussi les « remplaçants » qui ne peuvent pas reproduire leur mode de vie et manifestent dès lors un mal de vivre destructeur. Le plan satanique du libéralisme se réalise dans cette bigarrure : la société est disloquée, livrée à la « cash flow mentality », déjà décriée par Thomas Carlyle au début du 19ème siècle. Le néolibéralisme, amplification monstrueuse de cette « mentality », étendue à la planète entière, ne peut survivre que dans des sociétés brisées, de même que les « économies diasporiques » ou les réseaux mafieux, pourfendus par les gauches intellectuelles non conformistes mais non combattus sur le terrain, dans le concret de la dissociété réellement existante.

5.     Dans le parlement italien, on est en train de changer les lois sur la citoyenneté, en introduisant le principe de la citoyenneté par le lieu de naissance (jus soli) à la place de celui fondé sur la nationalité des parents (jus sanguinis). Selon vous quelles conséquences cela aura sur le tissu social de notre pays?

Le débat opposant le jus sanguinis au jus soli est ancien. Il remonte à l’époque napoléonienne. Napoléon voulait accorder automatiquement la nationalité française à toute personne vivant en France et ayant bénéficié d’une éducation (scolaire) française. Le but était aussi de recruter des soldats pour les campagnes militaires qu’il menait partout en Europe. Les rédacteurs du Code civil optent toutefois pour le jus sanguinis. Ces dispositions seront modifiées en 1889, vu l’afflux massif d’immigrés dans la France du 19ème siècle, essentiellement belges et italiens, dans une moindre mesure allemands et espagnols. Même visée que celle de Napoléon : la France de souche connait un ressac démographique, encore léger toutefois, face à une Allemagne qui, elle, connaît un véritablement boom démographique, en dépit des émigrations massives vers les Etats-Unis (plus de 50 millions de citoyens américains sont aujourd’hui d’origine allemande). Il faut à cette France angoissée devant son voisin de l’Est une masse impressionnante de soldats. De même, il faut envoyer des troupes dans un Outre-Mer souvent en révolte où les effectifs de la « Légion étrangère » ne suffisent pas. Dans Paris, sur les monuments aux morts de la première guerre mondiale, on lit plus de 10% de noms germaniques, allemands, suisses ou flamands, quelques noms italiens (ou corses ?), ce qui ne mentionne rien sur les immigrés romans de Suisse ou de Wallonie, parfois de Catalogne, dont les patronymes sont gallo-romans, comme ceux des Français de souche. La France s’est voulue multiethnique dès la fin du 19ème siècle, forçant parfois les immigrés européens, notamment en Afrique du Nord, à acquérir la nationalité française. Tant que cet apport volontaire ou forcé était le fait de peuples immédiatement périphériques, l’intégration et la fusion s’opéraient aisément. Après l’horrible saignée de 1914-18, quand les villages de la France profonde sont exsangues, une immigration plus exotique prend le relais de celle des peuples voisins. La départementalisation de l’Algérie et l’entrée, d’abord timide, de travailleurs algériens, puis subsahariens, colore la nouvelle immigration. Rien à signaler dans un premier temps. Ou rien que des broutilles. A partir du moment où certaines banlieues deviennent à 90% exotiques, le projet d’intégration et d’assimilation cafouille : pourquoi s’intégrer puisque l’environnement de l’immigré n’est en rien « Français de souche » ? Il lui est désormais possible de vivre en complète autarcie par rapport à la population d’origine. La société devient « composite » comme le déplorent les théoriciens indiens du RSS et du BJP qui estiment aussi que de telles sociétés n’ont pas d’avenir constructif, sont condamnées au chaos et à l’implosion. Pour les sociétés européennes, l’avenir nous dira si ces prophéties des théoriciens indiens s’avèreront exactes ou fausses. En attendant, l’introduction du jus soli, au détriment de tout jus sanguinis, en Italie comme ailleurs en Europe, est le signe d’un abandon volontaire de toute idée de continuité, d’héritage. Avec les théories du genre (le « gendérisme ») et les pratiques du néolibéralisme   ­-dont la délocalisation et la titrisation soit l’abandon de toute économie patrimoniale et industrielle au profit d’une économie de la spéculation boursière-   ce glissement annonce l’éclosion d’une société nouvelle, éclatée, amnésique, jetant aux orties l’éthique wébérienne de la responsabilité, pour la remplacer par des monstrations indécentes de toutes sortes d’éthiques de la conviction, prononcée sur le mode de l’hystérie « politiquement correcte » et travestie d’oripeaux festivistes et compassionnels. Bref, un Halloween planétaire et permanent.

Forest-Flotzenberg, octobre 2015.

jeudi, 21 mai 2015

Éric Zemmour on the Suicide of France / Zemmour vs. Soral on the Decline of France

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Éric Zemmour on the Suicide of France

Éric Zemmour
Le Suicide français
Paris: Albin Michel, 2014

I approached Éric Zemmour’s door-stopper of a book, Le Suicide français, with some trepidation. I had not always been impressed with his previous work, he is after all one of “the System’s” journalists, and Alain Soral had spoken ill of it. My fears were for the most part unfounded: This is a very worthwhile book, indeed remarkably so for one promoted by mainstream media, notwithstanding its flaws, as we shall see.

Le Suicide is a chronicle of the gradual disintegration of France both as a nation and a state from the death of General Charles de Gaulle in 1970 to the present day. The culprits? The end of patriarchy, the rise of feminism, individualism, multiculturalism, globalized capitalism, European integration, and borderlessness in all spheres. Amazingly for a mainstream publication, the book explicitly highlights the contributions of Left-wing and ethnocentric Jews to this process, with full chapters on SOS Racisme’s Judeo-Trotskyite character, the tribal activism of the official Jewish lobby,[1] Bernard-Henri Lévy’s representing “the ruling ideology for dummies”[2] (19), and “the rise of the Shoah as the official religion of the French Republic” (383).

I was frankly very impressed that Zemmour would go so far in criticizing Jewish ethnocentrism and activism in his account,[3] this strikes me as going far beyond what your typical “neoconservative” fare.[4] No doubt he gets away with more than others would because he is a Sephardic Jew, nonetheless, his explicit positions on Jews and Afro-Muslims remain rather risqué for a mainstream career. Indeed, he was widely attacked upon the book’s release for defending the Vichy Regime’s policy of protecting French Jews over foreign ones (he estimates 90% of French Jews survived the war) and was fired by i>Télé from one of his pundit jobs when comments he gave to the Italian newspaper Corriere della Sera were interpreted as calling for the expulsion of all Muslims.

The book benefited from substantial media coverage, with Zemmour being repeatedly invited to various talk shows. The interviewers’ questions were often hostile but, were he really beyond the pale, they would not have given him such publicity in the first place. Le Suicide sold 400,000 copies between October and December 2014.

Le Suicide is rather similar in its fears and presentation to Thilo Sarrazin’s Deutschland schafft sich ab, which also examines the slow suicide of a great European nation. Deutschland is the work of an erudite German professor who, with all the dry rigor of a post-Prussian central banker familiar with Anglo-American studies of human biodiversity, steadily makes his case with a barrage of socio-economic data. Le Suicide in contrast is the latest polemic of a conservative journalist-turned-pundit, a professional provocateur (Zemmour has been called a “troll” more than once), each chapter presenting a colorful vignette of a key cultural, economic, social, political, or even sports moment in France’s decline. Zemmour’s work has the great merit of taking a holistic approach to national decline, exploring the complex mix of underlying causes and how they into the wider world and individual experience.[5] In doing this, he draws from an impressive array of mainstream and alternative sources (mostly French, naturellement, but also a few Anglophones and Europeans). Though he does not cite Soral, many of Zemmour’s points on feminism and Balkanization are very close (the two men apparently correspond regularly).

The book is of course not perfect. Zemmour is constantly using various rhetorical devices to exaggerate for effect: flowery metaphors, superficial analogies, pseudo-paradoxes. While certainly evocative in a single chapter – and perhaps more suited to the brevity of an op-ed or the spectacle of radio or television, where he excels – the repetitive use of such wordplay grows tiresome over time;[6] especially in a 527-page book. His rhetorical prowess is certainly impressive on occasion, as when he describes the Green movement:

Environmental politics would become this curious far-left movement which only speaks to the urban petty bourgeois; despising globalization and hating borders; advocates of local productions but with foreigners freely arriving from the entire world; defenders of the precautionary principle for nature (nuclear, GMOs, shale gas) but not for man (gay marriage, adoption by gay couples), nor for the nation (massive immigration, the right to vote and even of candidature for foreigners) [. . .]. (79-80)

Zemmour presents the most controversial points in indirect ways, using conditional or speculative qualifiers, or putting them in the mouths of others, especially concerning Jewish power (François Mitterrand and Jean-Marie Le Pen said there was a “Jewish lobby,” Muslims are anti-Semitic, Richelieu and De Gaulle were opposed to any “State within the State,” [259] etc.). This is a well-advised technique of plausible deniability. Soral has called Zemmour “a wily right-winger,” no doubt Savitri Devi would have classed him among the “clever Levantines.”

zerm53261.jpgThe book was often promoted by the media alongside Michel Houellebecq’s Soumission,[7] and indeed the two works share a number of themes, namely the negative effects of individualism, sexual liberation, and Jewish influence upon French society. The main difference is in the treatment of Islam: Whereas Houellebecq sees still-patriarchal Muslims as an opportunity to re-inject the French with values of Tradition, for Zemmour Islamization is an exclusively negative phenomenon.

Zemmour advocates, in effect, a return to the virtues of the Gaullist era, with a patriarchal, sovereign, non-aligned, state capitalist France without immigration; a defensible position, not dissimilar to that of a Patrick Buchanan in America. But how does one get from here to there? He knows full well the clock cannot and should not be turned back (we’d just end up back where we are).[8]

Here the book itself is rather silent. Indeed, too often Zemmour excessively idealizes the past or paints an unduly dark picture of the present. The trends are bad, of course, but everything has a silver lining. When Zemmour presents a purely negative picture of the Internet (218), because of its encouraging atomization and creating massive transnational IT giants, the points are well-taken, but it seems to me the net effect remains enormously positive in economic, cultural, and even social terms (such as enabling self-employment).

Zemmour then provides no explicit way out. He is asking a question, presenting a diagnostic. But I believe, similarly to Houellebecq, certain conclusions can be drawn from Le Suicide as a publishing event and Éric Zemmour as a political actor, which I think may also help to explain why a Sephardic Jew has become mainstream France’s leading advocate of “nationalism,” and why the media are promoting his particular brand of it.

Who is Éric Zemmour?

Zemmour’s biography helps to explain his personal positions and his place in the French politico-media system. He was born in 1958 in the Parisian département[9] of Seine-Saint-Denis to North African Jewish immigrants fleeing the Algerian War. His forefathers, along with 35,000 other Algerian Jews, were given full French citizenship in 1870 with the Crémieux Decree.[10] Seine-Saint-Denis has since become the most thoroughly Afro-Islamized département in the country, with considerable associated poverty and criminality.

While Zemmour’s father was an ambulance technician, the son studied at Sciences Po Paris, an elite grande école, and became a journalist for various media. He would go on to work as a political reporter for the conservative Figaro newspaper and a radio and TV pundit, where he would be (in)famous for his politically incorrect tirades (“most drug dealers are Black or Arab,” “If there were no races, there would also be no métissage [race-mixing]”).

Today Zemmour co-hosts a talk show on regional TV station Paris Première, has a morning op-ed on RTL radio, and a column for Figaro Magazine. He is now the most famous and influential nationalist voice allowed on French television, all but calling to vote for the Front National (although he has always been coy on this, claiming to not remember who he voted for in the 2012 presidential elections, the “democratic” French regime has yet to allow a single French pundit openly back the FN and still work in mainstream media, a party representing 10-25% of the vote). No doubt the diversity of his jobs, along with his book sales, provide him with some economic leeway to be more politically incorrect than most.

Zemmour is then a typical example of Jewish upward social mobility in post-Enlightenment, meritocratic Western societies, once secularization had made the Jewish/Christian divide apparently less salient. He and his family owe everything, from its being granted French citizenship in majority-Muslim Algeria, to the French Republic and nation. Zemmour seems to ask: Was France not the first nation to emancipate the Jews during the French Revolution? Did not Napoleon’s code civile not free all Jews from their ghettos wherever the French armies triumphed? Today, Paris is ringed by sullen, impoverished, crime-prone Afro-Islamic neighborhoods, and in particular his birthplace of Seine-Saint-Denis. The same people who, sixty years ago, a blink of an eye historically, kicked his parents out of Algeria, along with 1 million European settlers. Le Suicide is dedicated “to my father.”

As I have suggested elsewhere, I believe Zemmour wants to save France for the same reasons Ron Unz wants to save America [2]: because the end of Western civilization would be a tragedy for all, including the Jews. His audience is as much France’s elites, Jewish and indigenous,[11] as the general public, pleading: Why destroy France, where else have we been allowed to prosper so? Are we not “as happy as God in France”?[12] Do you really want to put French Jewry at the mercy of an Afro-Islamic majority, with Jewish children already bullied in some neighborhoods and Jews being periodically murdered by Muslim chavs-turned-jihadis?

The fact that Zemmour has been promoted by the politico-media system shows, I believe, that there is genuine intra-elite debate [3] in France on whether the French Republic and nation should be preserved or whether the current program of slow by steady abolition should be pursued to its logical conclusion.[13] He is the symbol of a possible change of course in the regime. Concretely, this would pass by the reconciliation of the ruling establishment with the Front National, which might then come to power alone or as part of a coalition, an action which would be useful insofar as it restored French politico-economic sovereignty, halted and then reversed migratory flows, and reinstituted freedom of speech on ethnic and historical questions. Such gains would no doubt be helpful in the demographic and cultural struggle, and gradual reconquest of our sovereignty and cohesion; were the FN to achieve power without them, this would be a sign of selling out to the regime.[14]

This strategy will no doubt strike many as too conservative or indeed foolhardy. Zemmour does not really explain how the forces of disintegration which destroyed his beloved 1960s France can be overcome, saying: “This enlightened conservatism was no doubt too subtle to resist the destructive folly of the age” (113). No doubt far more radical thinking and novel action will be eventually required.

Zemmour on Jews

Jews are an enormous presence in Le Suicide – between the dedicated chapters and references under other headings, perhaps 100 pages deal with the community’s members and organizations. This is suggestive of the enormous presence of Jews among France’s cultural, economic, legal, and political elites.[15]

Zemmour wants French Jews to return to the republican pact, to become what he calls “Israelites,” what Winston Churchill called “national Jews.” He quotes the Count of Clermont-Tonnerre’s argument for Jewish emancipation before the Constituent Assembly in 1789:

We must refuse everything to the Jews as a nation and accord everything to the Jews as individuals; they must form neither a political body nor an order within the State; they must individually be citizens. But, I will be told, they do not want to be citizens. Well then! If they do not want to be citizens, let them say it, let us banish them. It is loathsome that there be within the State a society of non-citizens and a nation within the nation. (259)

This meritocratic promise is why Zemmour is so infatuated with republican and even Napoleonic France[16]: Had the French Republic or the French Empire been stronger, there would have been no Third Reich and no persecution of the Jews of Europe.[17] Zemmour accuses organized Jewry – notably the CRIF – of betraying this promise. In his words they have “murdered Napoleon” and repeatedly refers to them as a “State within the State.”

Zemmour repeatedly describes left-wing Jewish agitation against the native French:

In the 1970s, the hatred of France was reinforced with a hatred of the French [. . .]. In this politico-historical context – [Robert] Paxton’s work [on Vichy], The Sorrow and the Pity, Night and Fog, etc. – inglorious memories return, of the war, of collaboration, of the extermination of the Jews. The youth, which did not experience the Occupation, ignorantly condemned the behavior of their fathers, guilty at once of having lost the war, collaborated, and handed over Jews. The leaders of leftist micro-groups [groupuscules] were mostly Jews, sons of those Ashkenazis who had been chased out, or handed over to the Germans, because they were not French citizens. [. . .]

But this youth – more imbued with Judeo-Christianity than they would care to admit – cannot mourn the loss of all millenialism, nor of all salvatory religion. The immigrant would be their new Christ, their new chosen people. His suffering would be that of the Jewish people; his oppressor – the French people of course – would be identified together in an implacable curse. (150)

He condemns left-wing Jews’ scapegoating of nationalists for various events, such as when a pro-Palestinian Arab bombed the Copernic Street synagogue in 1980:

Movements of young “anti-fascist and anti-racist” Jews hurried to demonstrate in the streets of the capital; others pillaged the Parisian head office of the European Nationalist Fasces, or fought with “neo-nazis” [. . .]; gunfire was shot against the Œuvre française office [. . .].[18] (183)

Zemmour’s account is not ideal. He recognizes the issue of dual loyalty while seeming to suggest Western Jews have no agency in the matter, citing “the effective action of the Israeli State’s PR, which had closely associated the Jewish communities of the entire world – and particularly those of the United States and France – to its destiny” (186). He wants to save our “civilization, Greco-Roman and Judeo-Christian” (523). He curiously described contemporary “French self-hatred” as modeled on nineteenth-century Jewish self-hatred (506). He describes the tensions between native French and African immigrants as a return of “the ancient conflict which we had thought long past between nomads and sedentaries,” a very strange choice of words, since after all those immigrants are generally looking to permanently settle (211).

Zemmour’s narrative on the relationship between post-revolutionary France and Jews is not entirely persuasive, but has a significant degree of truth. He recognizes that the nineteenth century Universal Israelite Alliance engaged in a “parallel diplomacy,” seeking to influence the French state in the sole interests of foreign Jewish communities. Zemmour appears to consider this a legitimate anti-Semitic grievance. Many French Jews did sincerely uphold French republicanism and some even died for it, like Marc Bloch. Jewish ethnocentrism has clearly become more overt and explicit since the 1960s.

Zemmour is then the strange successor to that other Jewish intellectual associated with France’s conservative establishment, Raymond Aron, though they radically differ in style.[19] The ever-hyperbolic and metaphorical Zemmour fears, as Aron did towards the end of his life 30 years ago, that the rise in explicit Jewish ethnocentrism, in particular since the 1967 Six Day War, will have adverse consequences. While the measured, conciliatory Aron was pessimistic on immigration and European decadence, Zemmour wants immigration ended and multiculturalism abolished, decadence arrested.

zemmbouq.jpgBut there is the same problem with Zemmour’s civic nationalism as with Aron’s or Soral’s: It only works in good times and is inherently unstable, just waiting to fall into debilitating contradictions or outright collapse as soon as any group’s ethnocentrism rises, causing other groups’ ethnocentrism to rise in retaliation and the usual escalation through mimetic rivalry. When the mass of society is ethnically divided, this leads to bloody partition. When a minority ethnic group is influential at the top of society, this leads a country’s elites to be hostile to majority-group ethnocentrism and supportive of the minority group’s (e.g. Israel). A multiethnic country is an accident waiting to happen.[20]

Notes

1. The Representative Council of Jewish Institutions of France (CRIF).

2. Given Lévy’s notorious ethnocentrism and Francophobia, this is in effect admitting that France is dominated by a MacDonaldian culture of critique. Kevin B. MacDonald, The Culture of Critique (First Books, 2002). Zemmour summarizes Lévy’s thesis thus: “Love of France is therefore the extermination of the Jews” (193) and accuses him of “alternating between pacifism on French TV shows, and nationalist pride in Jerusalem” (195).

3. Indeed, I thought some of these texts were so noteworthy they merited translation into English. Éric Zemmour, “The Rise of the Shoah as the Official Religion of the French Republic,” The Occidental Observer, May 12, 2015 http://www.theoccidentalobserver.net/2015/05/eric-zemmour-the-rise-of-the-shoah-as-the-official-religion-of-the-french-republic/ [4] Zemmour, “SOS Racisme: A Case Study in Anti-Nationalist Jewish Activism,” The Occidental Observer, May 14, 2014. http://www.theoccidentalobserver.net/2015/05/eric-zemmour-sos-racisme-a-case-study-in-anti-nationalist-jewish-activism/ [5]

4. Although, admittedly, I may not be in a good position to compare, as I have always been repulsed by, and rarely expose myself to, such brain poison.

5. The following extracts from Zemmour’s conclusion give a sense of his style and argument:

De Gaulle failed. Forty years after his death, his masterpiece is in ruins. [. . .]

For the most part our elites have abdicated. Our political elites have abandoned national sovereignty and independence in the name of the great European project. Our economic elites betray the interests of France in the name of globalization and a necessary internationalization. Over half the companies of the French stock exchange are owned by foreign funds. Industrial France no longer belongs to France. The French stock exchange has not welcomed new companies for 20 years. Bosses are leaving the Hexagon [metropolitan France], following or preceding their children who are studying in London, New York, Montreal, Los Angeles, establishing their companies in England, the Netherlands, America, Singapore or Shanghai, as though their future growth only depended on emerging countries, as though their past growth owed nothing to the dear old country.

Our media elites justify and exalt this great abdication, admonish and track down rare dissenters, and unleash a continuous flow of guilt-inducing moralism upon the public mind.

Their common objective is to bind France to the Western ensemble which will unite against the new threat from the East, in particular China. The transatlantic free trade agreement [TAFTA] has as its goal, in the words of the American negotiators, to build “an economic NATO.” This agreement would subject the European economy to U.S. health, technical, environmental, legal, and cultural norms; this would definitively spell the end of a coherent and independent Europe. (517-519)

He goes on:

For them [French elites], the cultural coherence which our people had been able to preserve, despite significant immigration in the nineteenth century, is suspect [. . .]. The future of our dear Hexagon lies between a vast touristic amusement park and Islamic fortresses, between Disneyland and Kosovo. The State is no more than an empty shell which has conserved only the worst Gaullian particularities (elite arrogance), without having the remarkable effectiveness. We would need the firm hand of a Colbert or a Pompidou for our lost industries to be reborn from their ashes. We would need an implacable Richelieu to relentlessly fight “the State within the State” [a thinly-veiled to organized Jewry, among others] and the “foreigners’ parties” [partis de l’étranger, serving foreign power, rather than immigrants] to destroy the “Islamic La Rochelles” which are being built on our territory; but we give way to the internal enemy which we have allowed to prosper, and we ally with foreign powers who feed it with their subsidies and religious propaganda – the Gulf Arab princes have replaced the Duke of Buckingham [. . .].

The anti-racist and multiculturalist ideology of globalization will be to the twenty-first century what nationalism was to the nineteenth and totalitarianism was to the twentieth: a warmongering messianic progressivism; we will have transferred war between nations to war within nations [. . .]

It’s the entire Occident which is suffering this gigantic movement of peoples, losing bearings, identities and certainties. [. . .]

France is dying, France is dead.

Our political, economic, administrative, media, intellectual, and artistic elites are spitting on her grave and trampling on her festering corpse. They draw social and financial gratification from this. All watch, with sarcasm and feigned emotion, the France that is being felled; and write with a bored and disdainful air, “the last pages of the history of France.” (525-7) 

This or similar expressions were used by presidents Charles de Gaulle and François Mitterrand. Zemmour quotes De Gaulle after he (temporarily) lost power in 1946: “French decadence began in the middle of the eighteenth century. Since, there have only been occasional resurgences. The last was in 1914. Me, I bluffed, and by bluffing I was able to write the last pages of the history of France.” (24) The journalist Georges-Marc Benhamou reported Mitterrand saying: “I am the last of the great presidents . . . Well, I mean the last in De Gaulle’s tradition. After me, there will not be any more in France . . . Because of  Europe . . . Because of globalization.” Georges-Marc Benhamou, Le dernier Mitterrand (Plon: 1996), 145-6.

6. “France is the sick man of Europe” (9, who isn’t sick in Europe?), Europeans’ settlement of America is likened to the Israelites’ flight from Egypt, the 1981 race riots of Vénissieux are termed the French Communists’ “Dien Bien Phu,” etc. Zemmour engages in hyperbolic excess to better condemn: France’s (limited) decentralization in the 1980s meant “the State was decapitated at the top after having been gnawed at from the bottom. The Gulliver inherited from Colbert, Napoleon, De Gaulle was bound, ridiculed, humiliated. Assassinated” (228). An excellent chapter on the difficult subject of European Central Bank President Jean-Claude Trichet begins with a just slightly overdone metaphor. “He was the final sovereign of a European continent which had abolished sovereignty in the name of peace. He was at once the Emperor Charlemagne and the last head of the French State” (483).

7. Guillaume Durocher, “Houellebecq, Islam, & the Jews: A Review of Michel Houellebecq’s Soumission,” Counter-Currents, February 26, 2015. http://www.counter-currents.com/2015/02/michel-houellebecq-soumission/ [6]

8. Zemmour notes that Socialist President François Mitterrand tried briefly to restore a kind of socially progressive nation-statist dirigisme in 1981 but “the economic transformations (abolition of borders within Europe, end of the gold standard, price of oil, etc), but also the decapitation by May 68 of the hierarchical structure which was the backbone of French society, had made this Restoration [. . . ] impossible” (232).

9. County.

10. Named after the Franco-Jewish Justice Minister of the day, Adolphe Crémieux, who incidentally had taken a leading role in more generally organizing Jewish lobbying worldwide, founding the Universal Israelite Alliance in 1860.

11. The argument for the preservation of France is somewhat different for native French elites and oligarchs: Are you really comfortable in a world where only English may be spoken? Are you really comfortable destroying the French Republic and putting your fate in the hands of the ineffectual, unresponsive Eurocracy? Are you and your children really going to be better off when you are reduced to a minority in an Afro-Islamic country?

12. Guillaume Durocher, “‘As Happy as God in France’: The state of French Jewish elites,” The Occidental Quarterly 14, no. 4 (Winter 2014-2015): 41-56.  http://www.theoccidentalobserver.net/2014/05/as-happy-as-god-in-france-the-state-of-french-jewish-elites-part-1/ [7]

13. Other rising stars symbolizing this debate include “philosopher” Alain Finkielkraut and pundit Élisabeth Lévy, both of whom are objectively hysterical. Like Zemmour, these two have promoted a certain rehabilitation of French culture and criticism of multiculturalism. Finkielkraut once lamented that the French national football team had become “Black-black-black” (saying it in English, a play on the old multiracial slogan: “black-blanc-beur” [Black-White-Arab]). As such, he could hardly complain if we remark that these three mainstream “nationalist” voices form a “Jew-Jew-Jew” trio. Élisabeth Lévy once famously attacked a Black activist, who demanded more people of color on television, saying: “If there is aren’t enough of X, then what is there ‘too much’ of, exactly?” As it happens, if Jews in the French media were gracious enough to hand their positions to Blacks and Muslims in line with their share of population (15-20%), they would still be the most over-represented group. No other (pseudo-)nationalist pundits are allowed on French television. One would indeed find it strange if, in Israel, only Christians were allowed by the media to present an apology of “Israeli nationalism” . . .

14. À la Gianfranco Fini.

15. Zemmour peppers the book with ominous quotes, such as Claude Lévi-Strauss’ “The ultimate goal of the human sciences is not to build man, but to dissolve him” (14), Michel Foucault’s “I am creating something which ultimately is used for a siege, for a war, for a destruction” (122), and the strange “philosopher” Benny Lévy’s ideological journey “from Mao to to Moses,” ending up teaching “Levinassian studies” in Jerusalem under the patronage of Bernard-Henri Lévy and Alain Finkielkraut . . . Difficult to imagine a more blatant transition from pseudo-universalist anti-European agitation to absolute Jewish ethnocentrism.

16. Zemmour’s previous book, Mélancolie française, is a short historical overview which portrays France as a sort of failed empire, which I think is an incorrect view, the revolutionary-Napoleonic episode being an exception, as opposed to being the first and archetypical nation-state. I found Le Suicide a far better work, Zemmour I believe being much more familiar with contemporary history.

17. As an aside, Zemmour quotes a particularly perceptive De Gaulle: “In the victories of Alexander, there is Aristotle” (477). A conqueror’s political œuvre – above and beyond the cruelly ruthless pragmatism of any successful war leader – is inevitably shaped by the ruling intellectual Zeitgeist, by the intellectuals, dead or alive, who have given them their assumptions and values. While Adolf Hitler drew from the German conservative revolutionary and Anglo-American evolutionary thinkers of the day, Napoleon followed the bourgeois Enlightenment. Thus I suspect that had Napoleon defeated England and his vast, largely ethnically-naïve Empire endured, Jews would have risen to the same position of privilege there as they currently enjoy in the United States.

18. A nationalist group.

19. Guillaume Durocher, “The Jew as Citizen: Raymond Aron & Civic Nationalism,” Counter-Currents, November 5, 2014. http://www.counter-currents.com/2014/11/the-jew-as-citizen-part-1/ [8]

20. During a chance meeting, the francophone Black Nationalist Kemi Seba explained his skepticism of Soralism to me with the following example: Will Soral’s Algerian supporters “die for France” if the French Republic were to go to war with Algeria?

Article printed from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com

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[1] Image: http://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2015/05/Zemmour.jpg

[2] Zemmour wants to save France for the same reasons Ron Unz wants to save America: http://www.theoccidentalobserver.net/2015/01/towards-kosher-nationalism-4-the-rise-of-eric-zemmour-and-the-case-of-france/

[3] genuine intra-elite debate: http://www.radixjournal.com/journal/2015/5/12/cracks-in-the-facade

[4] http://www.theoccidentalobserver.net/2015/05/eric-zemmour-the-rise-of-the-shoah-as-the-official-religion-of-the-french-republic/: http://www.theoccidentalobserver.net/2015/05/eric-zemmour-the-rise-of-the-shoah-as-the-official-religion-of-the-french-republic/

[5] http://www.theoccidentalobserver.net/2015/05/eric-zemmour-sos-racisme-a-case-study-in-anti-nationalist-jewish-activism/: http://www.theoccidentalobserver.net/2015/05/eric-zemmour-sos-racisme-a-case-study-in-anti-nationalist-jewish-activism/

[6] http://www.counter-currents.com/2015/02/michel-houellebecq-soumission/: http://www.counter-currents.com/2015/02/michel-houellebecq-soumission/

[7] http://www.theoccidentalobserver.net/2014/05/as-happy-as-god-in-france-the-state-of-french-jewish-elites-part-1/: http://www.theoccidentalobserver.net/2014/05/as-happy-as-god-in-france-the-state-of-french-jewish-elites-part-1/

[8] http://www.counter-currents.com/2014/11/the-jew-as-citizen-part-1/: http://www.counter-currents.com/2014/11/the-jew-as-citizen-part-1/

 

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Suicide or Homicide?
Zemmour vs. Soral on the Decline of France

by Guillaume Durocher

Éric Zemmour
Le Suicide français
Paris: Albin Michel, 2014

Zemmour vs. Soral: Abetz vs. De Gaulle?

In Le Suicide français, Éric Zemmour’s major concern with immigration appears to be with Islam. He makes no real mention of race-replacement, beyond a few cryptic references and mentions of disproportionate African criminality and welfare use.[1] Alain Soral has been very critical of Zemmour’s focus on Islam, arguing during a conversation with Dieudonné:

[There is] the incredible promotion and the incredible current and promised success of Zemmour’s book, and the content of Zemmour’s book. Eighty percent of Zemmour’s book is Comprendre l’Empire.[2] There is only the conclusion which differs where he says the problem is Islam and the Muslims, and basically that we won’t avoid a civil war in France, which is a way of calling for civil war.

This does not strike me as a fair characterization (I do not know if Soral has actually read the book). Zemmour certainly predicts civil war, but he does not exclusively blame Islam, and indeed Islam, while a major issue, is not even the primary focus. He explicitly recognizes that ethnocentric and left-wing Jewish groups played a major role. Zemmour’s conclusion calls on all communities, except perhaps the native French,[3] to refrain from engaging in ethnic activism. He also calls for the destruction of “Islamic La Rochelles”[4] and of Jewish “States within the State,” like the CRIF.

Soral is correct in highlighting a certain hypocrisy in Zemmour’s treatment of Muslims and Jews. Zemmour writes:

To “integrate” Islam, France would need to renounce a thousand years of history, to renounce Philip the Fair, Richelieu, Louis XIV, Napoleon, De Gaulle; we would steadily go from a multiethnic society to a multicultural society, which would become multiconfessional on the Lebanese model. (330)

Islam, Zemmour argues, cannot be integrated. But if Islam cannot be integrated, can Judaism – or its postwar secular manifestation, the Shoah world-religion which animates and even fanaticizes organized Jewry, and terrorizes guilt-stricken goyim – be integrated? There is, as Soral points out, a double standard and perhaps Soral feels motivated by this to condemn Zemmour, particularly to remain credible with the Maghrebi portion of his base.

I tend to think both writers are useful. The Zemmour/Soral tangent resembles, albeit imperfectly, that of German Ambassador to France Otto Abetz and Free French leader Charles de Gaulle during the Second World War. After the war, Abetz regretted that Hitler had rejected – either out of wartime wariness of potentially unreliable partners or lack of common European feeling – the Vichy Regime’s overtures for greater wartime collaboration in exchange for French independence. So does Zemmour, a member of the establishment, plead with it to stop abolishing the French state and Balkanizing the French nation, our nation-state being a rare socio-political masterpiece, the fruit of over a millennium of work since the coming to power of the Frankish kings. Zemmour remarks: “[The nationalist Charles] Maurras once exalted the forty kings who made France; we must now tell the tale of the forty years which have undone France” (16).

De Gaulle in contrast collaborated with the Anglo-Americans to destroy what he saw as the greater threat to France, the Third Reich. So Soral, a native Frenchman, seeks to ally with all those who have as their common enemy the “Americano-Zionist Empire” which is working to destroy or  all the world’s nations which might contest its power, including Blacks and Muslims, hoping that some revolutionary upheaval or divine surprise would, like Joan of Arc, liberate France before it is too late. Each of us obeys his destiny.

Neoliberalism and Globalism: France’s Assisted Suicide

soraldiss.jpgSoral also objected to Zemmour’s choice of the word “suicide” in the title: “It’s not a suicide, it’s an attempt at murder!” One can see Soral’s point. However I think Zemmour shows the expression to be somewhat accurate because many of the worst policies were largely passed by France’s indigenous center-right conservative/liberal elite put in charge after 1945. As ever, it remains extremely difficult to isolate the impact of Jewish activism as against indigenous European and bourgeois propensities; both have clearly played a role. No doubt Matthew Heimbach’s expression of “assisted suicide” is appropriate. Zemmour summarizes the French situation thus: “Our ‘BHL-ized’ elites are returning to the old aristocratic cosmopolitanism of the eighteenth century and of Coblenz”[5] (194).

This is evident in the 1970s, when many of the most demographically-damaging liberal measures were taken. Between 1970 and 1975, the laws recognizing bastardy and patriarchy were abolished, while divorce was simplified. The 1975 Veil Act[6] decriminalizing abortion was passed under the center-right liberal President Valéry Giscard d’Estaing and his conservative Prime Minister Jacques Chirac (“8 million French lives lost” to this, Zemmour notes [139]). The creation in 1976 of family reunification under this same government paved the way for the mass Afro-Islamic settlement of the country.

To those on the far-left and right concerned with international high finance, Zemmour praises the merits of financing the government through citizens’ savings and the national bank, as opposed to reliance on financial markets. He mentions the 1973 Pompidou-Giscard-Rothschild Act,[7] which is alleged to have banned the Banque de France from lending to the state,[8] making the government vulnerable to international speculation and usurious debt slavery. This “deprived French citizens of the mastery of their national debt by ceding it to international financiers. In a few decades, they would explain that the ‘markets’ have a veto on France’s policies and that her citizens can no longer decide alone” (236-7).

More generally, Zemmour presents an eloquent account of the rise, through neoliberal borderlessness, of a deracinated, globalized economic elite hostile to nationhood.[9] This is in effect a postnational version of the bourgeoisie. The French invented the bourgeoisie, and the bourgeoisie is the name of that rationalizing, deracinated group whose interests ever-tends to grow distinct from the population.

The global bourgeoisie – including plutocrats, high finance, and multinational corporations – wants a world without national borders hindering the free movement of capital, goods, services, and people. It wants to maximize its wealth and power by squeezing the working and middle classes through low-wage immigrant labor, offshoring, too-big-to-fail banks (heads I profit, tails you bailout), privatizing and internationalizing public entities, and organizing tax evasion through offshore accounts and siphoning profits through tax havens. National governments are to be reduced to impotence, constrained by the Golden Cage. In this supposed “post-political” order, “[t]he administration of things will replace the government of men,” as Saint-Simon said.

As a result, says Zemmour: “In all countries, a new aristocracy (the famous 1%, or even 0.01%) was being reborn from its ashes, isolating itself from the rest of the population, living in areas reserved for it across the globe” (283). The global bourgeoisie is, today, centered upon the American Empire and is made up of those from national bourgeoisies who have been able to defect from the constraints of national solidarity to join the Euro-Atlantic constellation.[10] While there have always been Anglophiles in France, the degree of elite defection today is unprecedented, as Zemmour notes:

Bosses are leaving the Hexagon, following or preceding their children who are studying in London, New York, Montreal, Los Angeles, establish their companies in England, the Netherlands, America, Singapore or Shanghai, as though their future growth only depended on emerging countries, as though their past growth owed nothing to the dear old country. (518)

Zemmour, like Soral, shows how the nation is a necessary condition for the left-wing goals of social justice and well-being. Leftists have also identified the role of neoliberal borderleness in promoting this inequality, but with few exceptions, are utterly incapable of recognizing the nation’s contributions in tackling these problems (a small minority of left-wing civic nationalists will recognize the merits of the nation-state in this, a tinier minority still will recognize the ethnic factor at both the bottom and top of society in heightening this inequality, and become rightists).

soral-abecedaire-de-la-beti.jpgZemmour also shows how the French bourgeoisie spearheaded the entrenching of neoliberal principles into international law. He cites Rawi Abdelal’s Capital Rules describing the “Paris Consensus” in which the French promoted the idea of locked-in unlimited free movement of capital and free trade as goals in and of themselves. “Globalization was first financial,” Zemmour notes (236).

French diplomats, starting with the corrupt parliamentarians of the Fourth Republic to today, have inscribed similar bourgeois principles in the European treaties.[11] France has produced many of the leading functionaries – many of them “Socialists” – establishing and running the new order: Jean Monnet at the founding of the European Communities, Jacques Delors at the European Commission, Pascal Lamy[12] at the World Trade Organization, Jean-Claude Trichet at the European Central Bank (who declared in English upon taking office: “I am not French.”), Dominique Strauss-Kahn and Christine Lagarde at the International Monetary Fund, and the French-speaking judges at the European Court of Justice . . .

The role of these economic trends in European dispossession should not be underestimated. Members of the global bourgeoisie[13] – a deracinated, mobile, Anglophone elite – have little vested interested in preserving either their nation of origin or of residence, and have a strong interest in reducing any cohesion or organization in the masses which could challenge their power.

The Importance of Culture: Americanization and Judeocentrism

Zemmour’s approach has the great merit of showing how elements of apparently apolitical everyday life – sports and pop culture – have accentuated or reflected France’s decline. The story is much the same as in America, with a more brutal shift from a significantly Marxoid culture which lionized the proletarian martyr-class, to a demonization of the racist, chauvinist, misogynistic working White male (Georges Lajoie of the 1975 film Dupont Lajoie standing in for Archie Bunker). Instead of Sumner Redstone and MTV, we have Léo Scheer creating Canal+, a satellite TV channel featuring Le petit journal (France’s even-more-puerile answer to The Daily Show).

Zemmour highlights the role of moral signaling in European self-dispossession. Celebrities appealed to humanitarian openness to the immigrant as in Daniel Balavoine’s 1985 hit song L’Aziza (“the beauty” in Arabic, dedicated to his Moroccan Jewish wife): “The Aziza, your yellow star is your skin [. . .] I want you if you want me” (189, the song naturally won the “SOS Racisme prize”). Following the culture they had imbibed, students backed illegal immigrant children on moral grounds:

[F]or all the high school students who protested against the deportation of their “classmates” in the same schools, the “undocumented person” turned out to be an unhoped for blessing, an ideal “Jew” which allowed them to take upon the prestigious air of the “Righteous” without risking falling to the bullets of the SS or of the Milice.[14] (415)

Indeed, Zemmour notes, “bobos” today want both the pleasures of privilege and the moral smugness of playacting “fighting the power” . . .

France’s cultural decline is a terribly sad, tragic story going to the heart to the most intimate and casual aspects of life. The forenames “Pierre” and “Marie” give way to “Mohammed” and “Jennifer.” Petty thugs in court, having watched American TV, refer to the judge as “Votre honneur” (it should be “Monsieur le juge”). European judges imposed the removal of quotas of local players from football clubs as a “barrier to free trade,” cutting off clubs from any affiliation with their city and turning football into the deracinated, gaudy business it is today. The victorious “black-blanc-beur” football team of the 1998 world cup – touted as overcoming France’s racial divisions – gives way to a majority-minority team dominated, to the nation’s horror, by the ruffian culture of the banlieues.

Zemmour calls the American TV show Dallas “a formidable weapon of the colonization of the minds, which the Americans called soft power” and an “Americanization of minds” (198). “French society, impregnated with a triple catholic, revolutionary, and communist culture, bent the knee before Texan cowboys,” he says. The influence of American elite and pop culture over Europe is difficult to overestimate, as the German hard rock band Rammstein has pointed out [2]: “We’re all living in America.”

A particularly disgusting piece of obscenity has been the promotion by the French government (namely the Jewish Minister of Culture Jack Lang) and media of explicitly anti-French rappers, such as Doc Gynéco and the group NTM (short for “Nique Ta Mère,” “Fuck Your Mom,” hard to think of a more hostile and antisocial role model). It may seem too poetic to be true, but the leading purveyor of this Satanic anti-culture, the rap-focused radio station Skyrock, has been heavily invested in by Goldman Sachs and Deutsche Bank. The Socialists in particular have continued to sink ever-lower in their degeneracy. During his presidential campaign, François Hollande released an ad targeting Blacks and Muslims using Jay-Z and Kanye West’s “Niggers in Paris” as the soundtrack [3], seeming to want to symbolically incite the Underman to race war:

Slogan: “Change is now.”

West: “I got my niggers in Paris, and they going gorillas.”

Hollande: “If some are richer than you, you outnumber them.”

Surely a sign of the end-times.

At elite level there was much the same, namely with the transformation of Sciences Po into a globalized institution: Massive increase in students fees, massive expansion and internationalization of the student body, some token affirmative action for French Blacks and Muslims. This was done under the apparently cocaine-addicted homosexual Richard Descoings. The latter nonetheless had a pro forma marriage with a woman, whom he conveniently made vice president of the university.  Zemmour describes Descoings’ work:

But Descoings’ model was this America of the West and East Coasts, liberal and libertarian, individualist, inegalitarian, multiculturalist, and feminist (and gay friendly), following a relaxed (cool) and festive protestantism, where the cult of money has destroy the old morality of the founding fathers and the former ethnic solidarities.[15] (406)

Descoings once had Alain Soral forcefully evicted from Science Po’s book fair by the police, despite the writer having been invited by students, his presence displeasing the Zionist lobby. The resulting video [4] of the incident contributed to Soral’s growing notoriety. Descoings died in a New York hotel at the age of 53 – he was there to attend a “Global Colloquium of University Presidents” – stricken by a heart attack (probably related to drug abuse) and abandoned by the two male prostitutes he had hired. The new French elite.

Zemmour writes at length on “the rise of the Shoah as the official religion of the French Republic” and a general Judeo-centrism, which need not be described further here.[16]

Petty-Frenchness: Europe reduced to “France, but bigger”

There is much to be said for the nation-state, indeed, I personally believe this constructive vision of progressive harmony, both within the population and between the population and the polity, remains unsurpassed. But Zemmour also appears to be representative of a strain of French petty-nationalism which is unhelpful insofar as it is indifferent or even hostile to Europe.

Zemmour is very strong in his critique of the EU[17] and hilariously quotes innumerable French politicians vaunting the benefits for employment and growth of the neoliberal 1992 Maastricht treaty.[18] He is an admirable wielder of the French nationalist theodicy. These French concerns are often lost on our European brothers and many French nationalists enter the struggle not through concerns on immigration – which may still seem manageable – but from the already-accomplished castration of the French state (despite the French people’s manifest objection to this process as embodied in the 2005 rejection of the EU “constitutional treaty” by referendum) and neoliberalization of our economy. In destroying France’s sovereignty, the French elite has, in Zemmour’s words, broken a “millennial pact” with the people (520). The French, living in “the reflection of the prince,” cannot but be alarmed at having the agitated Sarkozy and the pathetic Hollande as the highest representatives of the nation.

But Zemmour has very little to say on Europe as such. He laments that French leaders declined to celebrate the two-hundredth anniversary of the Battle of Austerlitz because “[w]e do not celebrate a victory over our European friends” (504). He is wedded to the absurd notion that the only worthwhile European construction would be one under French domination:

French elites have given up on dominating Europe, and the rest of the continent now refuses any hegemony, even cultural or ideological, of the former “Grande Nation.” But the combination of these refusals is leading the European project to its ruin. As though the death of French Europe dragged all of Europe to its downfall. The historian Pierre Gaxotte understood this well: “Europe existed. It is behind us. It was a community of civilization and this civilization was French.” (519)

This is of course nonsense. The problem is not that the current French regime is no longer strong enough to bully its partners into granting more substantial agricultural subsidies or that European Commission officials no longer draft documents in la langue de Molière. Furthermore, it is absurd to imagine Europe as merely “la France en grand.” European civilization is the fruit of all our peoples, shaped, after the collapse of the Roman Empire, most significantly by the Roman Catholic Church and the Frankish aristocracy (to which, lest we forget, France owes her name). In addition this largely Latin and Germanic foundation in the West, there are of course other contributions – Hellenic, Celtic, Anglo-Saxon, Viking, Slavic, etc. The French period was admittedly long, stretching for six centuries from the reign of Saint Louis to the fall of Napoleon, but it is hardly synonymous with Europe as a whole (or even Carolingian Europe). (Perhaps a hegemonic nation is necessary to keep any European polity together, but that may well be an argument against such an entity, and in any event Germany has comfortably filled any vacancy.)

soralEq3Pht-L.jpgZemmour then is also affected by a certain parochialism which was so powerful it convinced millions of Europeans to kill their kin, often enlisting Africans and Asians in the process, in the terrible Brüderkrieg of 1914-1918. He jokes on French officials presenting “Europe as a grail which is won through innumerable sacrifices” (521). But if by “Europe” we mean our “Europe,” that of our blood and spirit (and not some transient political organization), we could only rejoice at joining such a quest!

Zemmour’s attitude may be explained partly by the fact that his English, like Soral’s, seems to be rather poor (at times, one has the impression both writers are making a point of misspelling the occasional English words they use).[19] They are of that generation of French writers, raised under De Gaulle, for whom France and the Francophonie were enough.[20] France being a great nation, there is no question that a Frenchman should be required to know a foreign language to operate freely in the world. This is the splendid parochialism of a once psychologically self-confident and culturally self-sufficient nation. It has its charms and has helped preserve France’s specificity for a time, making it unusually pugnacious in its independence vis-à-vis the Anglo-Zionist world.[21] Today still, the French singularity lives on in the unique contributions to the world of a Soral, a Dieudonné, a Houellebecq, or indeed a Le Pen père. But we cannot afford political parochialism today. Whatever political organization we dream of for Europe, and I believe the nations are fundamental building blocks, we cannot think of our nationhood outside of a European consciousness.

Zemmour then has given us a highly interesting work, a veritable panorama of French decadence over the past half-century and an implicit offer, no doubt insufficient, for renewal. He provides an eloquent defense of the homogeneous French nation-state, with its strengths and weaknesses, and a critique of Jewish activism remarkable for a mainstream publication. The book marks a significant milestone in Jewish elites and the French regime’s changing and highly ambiguous attitudes towards the Front National and Islam. How significant? Time will tell. As Zemmour writes: “We have forgotten that history is a succession of strategic surprises” (402).

Notes

1. Zemmour writes: “It is not structures which forge superstructures; it’s the population – and the changes of population – which shape the environment” (95). And: “‘Demography is destiny,’ the Americans rightly say: Territorial conquest always precedes ideological, political, cultural conquest. Civilizational” (212). (In fact, “demography is destiny” appears to be from Auguste Comte.) He also quotes President Georges Pompidou at length on the futility of attempting to Americanize France: “The changing of a society would require full blood transfusion, that we expel 50 million Frenchmen and replace them with 50 million Anglo-Saxons! The French are as they are, and they will remain so. Doctors do not tell their patient: ‘Sir, you have a sanguine temperament. That is no good for me. I would heal you more easily if you had a bilious temperament.’ They take him with the temperament he has, without trying to change it, and they try to heal him, if they can” (128).

2. Soral’s masterwork, a political essay.

3. Zemmour does not mention the Identitarians and scarcely criticizes the Front National.

4. The city of La Rochelle served as major Protestant citadel during the sixteenth century Wars of Religion in France. Zemmour believes Islam’s growing presence in many French cities, splitting the country religiously along Islamic and secular-Christian lines, will lead to similar political fragmentation and civil war.

5. BHL refers to Bernard-Henri Lévy. Coblenz was a major center for aristocratic émigrés during the French Revolution, plotting to retake power with the support of foreign powers.

6. Named for the Jewish then-health minister, Simone Veil.

7. Georges Pompidou worked as the director-general of the Rothschild Bank before serving as President de Gaulle’s chief of staff and then Prime Minister, before becoming President himself in 1969.

8. The subject is too technical for me to confirm or not. In any event, the 1992 Maastricht treaty banned the new European Central Bank from directly financing states and the current situation in the Eurozone can be fairly described as usurious.

9. In France, Zemmour reports, 40-50% of French stock exchange (CAC40) shares are held by foreigners, while 85% of profit are made abroad. The “French company” decreasingly exists.

10. In this schema, all Western European oligarchies have largely defected – thinking of themselves collectively as minor appendages and collaborators of the American Empire, rather than genuinely independent actors, and individually as free-moving, selfish atoms in the Euro-Atlantic constellation – while those of Russia and China have yet to.

11. Zemmour notes that Ronald Reagan and Margaret Thatcher imposed neoliberalism by wrapping it in Anglo-American patriotism. Mitterrand in contrast “preferred to hide his abandonment of socialism and of the State behind the façade of a European mythology” (238).

12. Lamy is typical of this deracinated, apatride technocratic elite, recently declaring [5] – shades of Barbara Spectre – on the EU’s proposal of imposing refugee quotas upon the 28 member nations: “Europe does not have this culture of immigration [of the United States, Australia, and Canada] [. . .] The negotiations are going to be difficult but [refugee quotas] are a necessary step in this transformation towards of a culture of immigration, which seems inevitable, principally for demographic reasons. The European Union will lose 20 million people of working age in the next 10 years [. . .] this transformation towards a culture of immigration quotas seems to me inevitable within 10 or 20 years.” There is a special place in hell . . .

13. Whose goy members include Rupert Murdoch, Pierre Bergé, Carlos Slim . . .

14. The Vichy Regime’s militia.

15. Italicized words in English in the original.

16. See my translations on The Occidental Observer as well as an upcoming book review of Anne Kling’s work on Jewish ethnic lobbies in France. http://www.theoccidentalobserver.net/author/guillaume-durocher/ [6]

17. Zemmour describes French leaders as “sticking to the [Deutsch-]Mark like a little boy hides behind his big brother in the playground, to guarantee his protection in exchange for submission.” He also quotes in extenso Jacques Chirac’s remarkable 1978 Le Pen-like critique of European integration: “[B]ehind the mask of the technocrats’ words and jargon, they are preparing the vassalization of France [. . .]. [A] federal Europe could not avoid being dominated by American interests. [. . .]  It is a fact that today this [European Economic] Community – outside of agricultural policy, which is also threatened – is tending towards being, today, nothing more than a free trade area favoring perhaps the most powerful foreign interests, but which condemns entire sectors of our industry to dismantlement, left without protection against unequal, wild competition or who decline to grant us reciprocity. [. . .] We want, as much as the others, that Europe be built. But a European Europe, where France leaders her destiny of a great nation. We say no to this vassal-France in an empire of merchants, no to a France who would abdicate today to disappear tomorrow. As always, when it comes to lessening France, the foreigners’ party is at work” (165-7).

18. Jean-Luc Mélenchon, a Socialist Freemason who later joined the far-left, sold the treaty at the time saying: “It’s the advent of the European nation, bringing peace, civilization and solidarity” (362). One can almost hear Sir Oswald Mosley! Observers do not often enough recognize the extent to which the EU has been sold to the public with implicit appeals to White identity and European ethnocentrism.

19. Zemmour writes of “racist, macho red skins,” clearly thinking of rednecks (63).

20. Practically, it also means that Zemmour and Soral’s audiences are thoroughly constrained within the French-speaking world. They cannot dream of shifting their loyalty, like so many, to Brussels, London, New York, Jerusalem, or some other part of the Euro-Atlantic constellation. They will fight for France or go down with it. This may also explain, in the case of Soral, a certain complacency and sense of kinship regarding the non-White parts of the French-speaking world.

21.  I hope I will not be accused of petty-French chauvinism if I confess that I cannot think of a better hope for Europe today than to saw off the gangrenous Anglo-Saxon world as soon as possible. Not as part of that centuries-long struggle between the English and French oligarchies (eighteenth century naval and colonial wars, Napoleon’s Continental System, De Gaulle’s excluding Britain from the European Community, Mitterrand’s European currency . . .), but to emancipate Continental Europeans from the toxic cultural influence and false sense of security provided by America, a necessary step before any restoration of hard thinking and real sovereignty in Europe.

Article printed from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com

URL to article: http://www.counter-currents.com/2015/05/eric-zemmour-on-the-suicide-of-france-part-2/

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[1] Image: http://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2015/05/la-haine.jpg

[2] Rammstein has pointed out: https://www.youtube.com/watch?v=4NAM3rIBG5k

[3] “Niggers in Paris” as the soundtrack: http://www.dailymotion.com/video/xqhrlh_french-presidential-candidate-uses-jay-z-and-kanye-s-niggas-in-paris-in-campaign-ad_music

[4] resulting video: http://www.dailymotion.com/video/xqmx4_scandale-a-sciencespo-alain-soral_news

[5] recently declaring: http://www.fdesouche.com/598253-pascal-lamy-les-quotas-limmigration-en-europe-sont-inevitables

[6] http://www.theoccidentalobserver.net/author/guillaume-durocher/: http://www.theoccidentalobserver.net/author/guillaume-durocher/

mercredi, 25 mars 2015

Le visage d'Eric Zemmour

par Julien Rochedy

Ex: http://www.rochedy.fr

Il faut regarder le visage d’Eric Zemmour de ces derniers jours pour comprendre que quelque chose s’est passé. Que quelque chose est passé. Sur lui, et aussi, par lui. Je me rappelle son visage lors de ses premières années en tant que star médiatique : Zemmour parvenait, en toutes circonstances, à conserver son air bon enfant, ses yeux rieurs et complices, y compris avec d’infâmes invités à qui il venait juste d’assener deux ou trois vérités. Zemmour, c’était le gentil mec, le sympathique, le seul qui pouvait faire rimer réactionnaire avec débonnaire, celui qui n’était pas d’accord avec la guimauve de la pensée télévisuelle, mais qui terminait toujours en riant, comme si, au final, tout cela n’était pas si grave. On a beaucoup glosé sur la judéité de Zemmour qui seule, semblait-il, le protégeait dans l’espace médiatique, compte tenu de tout ce qu’il pouvait y dire. On a beaucoup entendu que si Zemmour avait été un catholique blond aux yeux bleus d’un mètre quatre vingt, il eut été catalogué comme "nazi" et aussitôt exclu du PAF. Je crois que l’essentiel n’était pas là ; sa longévité, il la tenait plutôt de son côté accommodant, de son air bienveillant : il la tenait de son visage souriant.

N’importe quel personnage issu de son école de pensée (gaullo-bonapartiste, en somme : patriote), en face d’un BHL ou d’un Edwy Plenel, à l’écoute des mensonges des uns ou des naïvetés des autres, eut fini par sévèrement froncer les sourcils, par hausser la ton, par croiser les bras ou au contraire les déplier pour atteindre le nez de ceux d’en face. Pas Zemmour. Depuis 2003 qu’on le voit à la télévision jusqu’à aujourd’hui, jamais il ne fut grave, ou très rarement. On obtient tout avec une arme à la main disait Al Capone ; à la télévision, on obtient tout avec un sourire plaisant. Zemmour s’est battu des années contre la pensée moderne avec la meilleure des armes modernes, une arme féminine qui plus est : la gentillesse.

Grâce à elle, il est passé par toutes les mailles du filet, on l’a gardé, on l’a fait intervenir, on ne l’a pas vu venir, et au final, il les a tous battus. La société a changé, la gauche morale s’est écroulée – quelque chose s’est passé – Zemmour a triomphé chez les téléspectateurs. Et c’est alors que quelque chose s’est aussi passé sur le visage d’Eric Zemmour. Je le regarde depuis plus d’une semaine, tandis qu’il écume les plateaux télé pour la promotion de son livre Le suicide Français. Son visage s’est durci subitement, il ne sourit plus, ou moins, et il affronte avec une gravité nouvelle les attaques de tous les prêtres médiatiques qui sentent bien que c’est encore par aménité que Zemmour a parlé de suicide plutôt que de meurtre, sans quoi ils eussent tous été sur le banc des accusés. Le visage d’Eric Zemmour s’est transformé. Il parle désormais sans légèreté de la mort de ce qu’il aime passionnément, la France, son pays, son enfance, et ses rêves de maréchaux napoléoniens éclaboussant de gloire la grande nation. Il sait que tout cela est mort et n’a plus envie de le dire en riant pour faire plaisir aux Ruquier ou aux Domenach. Il parle désormais d’autorité, car il sait que les Français – je veux dire : ceux qu’il reste – sont avec lui et partagent, sinon ses vues, au moins son désarroi. Zemmour n’a plus à jouer désormais, il est devenu grave, plus sombre, plus solennel ; médiatiquement, il n’a plus de visage bon enfant ; c’est un homme maintenant. D’une certaine manière, ce visage est l’heuristique de l’époque dans laquelle nous sommes entrés, car le temps de la dérision est passé, révolu par la réalité dure et violente ; le tragique reprend peu à peu ses droits sur l’Histoire et le temps des hommes revient.

Zemmour, sans conteste, en est un.  

vendredi, 20 mars 2015

Une mélancolie à consommer sans modération

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Une mélancolie à consommer sans modération

par Patrick JANSEN

 

9782213654508.jpgLes plus attentifs d’entre nous avaient remarqué Éric Zemmour dès ses débuts au Quotidien de Paris puis surtout à Infomatin, vers 1994. Dans ce journal hélas éphémère et qui se voulait de gauche, il était surprenant et agréable de voir un journaliste encore jeune chercher à comprendre pourquoi le Front national atteignait alors son apogée, au lieu de se livrer à l’obligatoire exercice de diabolisation imposé par la profession.

 

Zemmour a fait du chemin depuis. Son entrée au Figaro, ce temple du conformisme bourgeois et de la trahison institutionnalisée du peuple français, nous laissa, bien sûr, craindre le pire. Mais dans le même temps il nous donnait des biographies sans complaisance des frères ennemis de la Droite institutionnelle, un Balladur dont le titre valérien soulignait l’immobilisme louis-philippard et surtout un, ou plutôt deux, Chirac, puisque L’Autre révélait sous forme de roman à clés tout ce qu’une narration officielle, L’Homme qui ne s’aimait pas, comportait de nécessairement lacunaire.

 

Au fil des ans et des livres, les prises de position véhémentes d’Éric Zemmour contre la judiciarisation de notre société, certains abus journalistiques, le féminisme imbécile (pardon pour le pléonasme) ou encore le ridicule odieux du militantisme homosexuel achevaient de nous le rendre fort sympathique, d’autant que l’homme ne manquait pas de courage en donnant à Réfléchir & Agir un long entretien.

 

Nous sommes donc sans doute assez nombreux à voir dans sa montée en puissance médiatique un signe d’espérance, à écouter sa chronique journalière sur R.T.L. à 7 h 15, à attendre avec impatience « Ça se dispute » en fin de semaine sur I-Télé ou encore, chaque samedi soir, « On n’est pas couchés », sur France 2.

 

Mais on attendait de sa plume un ouvrage d’envergure. Avec Mélancolie française, le moins qu’on puisse dire, c’est que le pari est pleinement réussi. Rien ou presque, n’est inutile ni même superficiel dans les 250 pages de cet essai qui se veut autant une méditation sur l’histoire de France qu’une interrogation sur l’identité française et qu’une réflexion prospective angoissée sur l’avenir de notre pays.

 

Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les gardiens autoproclamés de telle ou telle « Mémoire », l’histoire n’est pas le lieu d’une distribution de bons points ni celui des repentances. Elle est, dans sa dimension essentiellement tragique, le lieu d’accomplissement du destin des peuples. Mélancolie française est au premier chef une déclaration d’amour au peuple français auquel Zemmour appartient.

 

Le livre entier montre que Zemmour a fait sienne la phrase admirable de Napoléon, son personnage historique français à juste titre préféré : « J’assume tout de l’histoire de France, de Clovis au Comité de Salut Public ». Les constantes de l’histoire de France, Zemmour les analyse dans une perspective géopolitique de long terme : l’hostilité à l’Angleterre (et, pour les mêmes raisons aux États-Unis) ne repose pas sur le désir de venger Jeanne d’Arc, Napoléon ou Fachoda mais sur l’antagonisme structurel qui oppose nécessairement et pour toujours une puissance thalassocratique comme l’Angleterre aux puissances du continent. Si Zemmour cite nommément Ratzel, il a manifestement tout aussi bien lu les géopoliticiens anglo-saxons, les amiraux Mahan et Mackinder ou encore Spykman dont le cauchemar fut précisément l’unification du continent, cet « axe » Paris – Berlin – Moscou, seul salut potentiel de notre civilisation européenne, un court moment esquissé par Jacques Chirac en 2003 et que l’arrivée au pouvoir d’Angela Merkel a hélas remis à plus tard.

 

Rien de « passéiste » donc dans l’approche de Zemmour, quel que soit son goût pour le passé. On aimerait tout citer de ses analyses, par exemple le caractère fondamentalement mortifère du capitalisme libre-échangiste (« le libre-échange, c’est la guerre (p. 76) ») ou encore la dénonciation de la religion des « Droits de l’Homme », celle qui a remplacé le christianisme pour le plus grand malheur des peuples dans un néo-colonialisme d’une abjection et d’une hypocrisie totales.

 

Parmi les pages les plus originales, figurent celles que Zemmour consacre au Maréchal Pétain (chapitre 5, pp. 109 à 138). « Question sacrilège », avoue-t-il lui-même ! Loin d’en vouloir au Pétain de 1940, c’est à celui de 1917 que notre auteur réserve ses flèches pour avoir admis et même espéré l’arrivée de l’Amérique et de ses « boys » comme arbitre d’une guerre jusque-là européenne. En un mot, Pétain fut traître à l’Europe en 17 et non à la France en 40. Bravo ! Il fallait oser l’écrire.

 

Je ne sais comment un jeune Français de moins de 20 ans découvrant la politique ou la métapolitique peut réagir devant un tel livre. Éric Zemmour a aujourd’hui légèrement dépassé la cinquantaine. Ceux qui appartiennent à sa classe d’âge et qui, comme lui, réfléchissent avec amour sur notre passé français et européen ne peuvent, eux, que partager l’intense mélancolie que diffuse son livre. C’est sans doute la seule critique de fond qu’on puisse lui adresser : il faut réfléchir pour agir et non pour s’attrister.

 

Le spectacle qui nous entoure est pourtant souvent angoissant, coincés que nous sommes entre des « élites mondialisées parlant, [et] pensant en anglais et [un] lumpenprolétariat islamisé (p. 246) ». Contrairement à Éric Zemmour qui semble mettre ces menaces sur un pied d’égalité, on peut toutefois penser que la première est infiniment plus dangereuse que la seconde.

 

Patrick Jansen

 

• Éric Zemmour, Mélancolie française, Paris, Fayard – Denoël, 2010,  17 €.

 

• D’abord paru dans Réfléchir & Agir, n° 35, été 2010, p. 57.

 


 

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mardi, 23 décembre 2014

Raspail, Zemmour, Houellebecq ou le « Grand Remplacement » en littérature

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Raspail, Zemmour, Houellebecq ou le «Grand Remplacement» en littérature
 
 
Témoins implacables de leur temps, ces contempteurs du réensauvagement s’élèvent par la plume contre le dogme totalitaire des lendemains métissés.
 
par Aristide Leucate
Ex: http://www.bvoltaire.fr
 

Houellebecq, prix Goncourt 2010 (pour La Carte et le Territoire), se prenant pour Destouches – jusqu’à cultiver la ressemblance physique avec le père de Bardamu – mais sans jamais parvenir à être génialement Céline, aime l’odeur de la poudre. Grâce à un plan « communication » subtilement étudié, l’auteur de L’Extension du domaine de la lutte annonce à ses lecteurs la parution, à l’orée 2015, d’un roman mêlant anticipation et politique-fiction. Intitulé d’un claquant Soumission, le livre promet de faire couler beaucoup d’encre.

Celui qui, peu après le 11 septembre, déclara que « la religion la plus con, c’est quand même l’islam» a imaginé un scénario dont on ne sait s’il doit faire sourire ou pleurer. D’après les premiers bruissements médiatiques, le livre raconte comment, en 2022, le mahométan Mohammed Ben Abbes est élu à l’Élysée avec le concours de son parti, Fraternité musulmane, associé à un front « républicain » UMP-UDI-PS opportunément constitué pour faire barrage à Marine Le Pen. Le nouveau président nommera même François Bayrou comme Premier ministre. Parallèlement, on suivra la conversion progressive d’un prof bobo obsédé sexuel qui finira par épouser la religion de son souverain.

Coïncidence ou conséquence d’une lecture déjà métabolisée, Bruno Roger-Petit, de L’Obs, augurait récemment l’extinction « démographique » des « adeptes du zemmourisme politiquement remplacés par des citoyens français plus ouverts, en prise avec la mondialisation et les formidables opportunités qu’elle offre, et qui n’auront pas peur […] avant la fin de ce siècle, [d’élire] un président de la République française dont le prénom sera Mohammed, ou Ahmed, ou Norredine. »

actualité,france,grand remplacement,littérature,lettres,lettres françaises,littérature française,eric zemmour,michel houellebecq,renaud camus,europe,affaires européennes,immigrationQuoi qu’il en soit, Houellebecq a le vent en poupe et l’on peut gager qu’il pulvérisera les ventes de début d’année. Il ne s’inscrit pas moins à la suite d’auteurs précurseurs comme Jean Raspail, lui-même empruntant, avec son prophétique et magistral Camp des saints, la dimension proprement visionnaire d’un Jules Verne au XIXe siècle ou d’un Anthony Burgess avec son Orange mécanique au XXe siècle.

Aux côtés des nombreux essayistes (Tribalat, Caldwell, Sarrazin, Marchand, Bat Ye’or, etc.), on ne compte plus, depuis quelques années, les écrivains talentueux qui se sont essayés au genre littéraire du futurisme politique et civilisationnel dans ses extrapolations les plus sombres. Avec Poitiers demain, Philippe Randa modernisait la version ibérique de la Reconquista quand son épique Apocalypse yankee décrivait la résistance d’une Europe vaincue par les États-Unis. Dans un genre plus discret mais tout aussi corrosif, le Petit Frère d’Éric Zemmour entreprenait la satire politique et sociale d’une époque dont les prodromes immigrationnistes et antiracistes des années 1980 annonceront les douloureuses déconvenues multiculturalistes du XXIe siècle. On pourrait également citer le gauchisant – tendance Michéa – Jérôme Leroy, auteur d’un Bloc particulièrement réaliste ou encore l’eschatologique Mosquée Notre-Dame de Paris, année 2048 de la sulfureuse Elena Tchoudinova.

Témoins implacables de leur temps, ces contempteurs du réensauvagement – « cette situation d’un peuple dans le peuple, des musulmans au milieu des Français [qui] amènera le chaos et la guerre civile » qu’Éric Zemmour, horresco referens, osa dénoncer, il y a peu, dans un journal transalpin – s’élèvent par la plume contre le dogme totalitaire des lendemains métissés. En cela, ils sont les dignes épigones d’Orwell, Huxley et Bradbury.

“Eric Zemmour is het slachtoffer van een media-fatwa”

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“Eric Zemmour is het slachtoffer van een media-fatwa”

In een onderhoud dat hij toestond aan FigaroVox, neemt Jean-François Kahn de verdediging op van Éric Zemmour, en hekelt hij de onmogelijkheid om in Frankrijk nog sereen debat te voeren.

Jean-François Kahn is een Franse journalist en auteur, historicus van opleiding. In 1984 stichtte hij L'Événement du jeudi, en in 1997 het weekblad Marianne, waarvan hij directeur was tot 2007. Zijn jongste boek, Marine Le Pen vous dit merci! verscheen bij Plon.

Devecchio: Bent u geschokt door het feit dat i-Télé aan Éric Zemmour de bons heeft gegeven naar aanleiding van een polemiek die Jean-Luc Mélenchon op gang had getrokken, en die werd opgepikt door de patron van de PS-afgevaardigden, tevens minister van Binnenlandse Zaken?

Kahn: Ja, ten zeerste geschokt, en wel om drie redenen. Vooreerst kan men door het ongehoorde succes van zijn boek zien dat een belangrijk deel van de bevolking zich kan vinden in wat Éric Zemmour schrijft. Men kan dit betreuren, en soms doe ik dat ook. Maar kan men zich in de ontkenning verschuilen? Kan men in ernst een zo sterke stroming in het land op die manier wegcijferen? In zekere zin sluit de zaak Zemmour aan bij de algemene verkiezingen. Kan men in ernst zich erover verheugen dat een partij die 19% van de stemmen haalt, door amper twee verkozenen vertegenwoordigd wordt in de Assemblée nationale? De zaak Zemmour toont het probleem aan van het gebrek aan pluralisme in onze democratie.

Ten tweede vind ik het schokkend dat i-Télé wijkt voor een perscampagne die grenst aan een mediatieke lynchpartij. Éric Zemmour vertelt niets nieuws. Onderhand twintig jaar onderhoudt hij hetzelfde discours. Bij i-Télé wist men wat men deed toen ze hem aanwierven, overigens misschien precies omdat hij die ideeën verdedigde. Waarom hem dan nu wegsturen? Omwille van een ‘woord’ dat hij niet eens heeft uitgesproken. Verachtelijk vind ik het procedé dat erin bestaat een ‘woord’ of een ‘zinsnede’ te gebruiken, vaak uit hun verband gerukt, om zo iemand uit te schakelen. Ik zeg dit des te liever, omdat ikzelf al het slachtoffer werd van die methode.

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En tenslotte wens ik eraan te herinneren dat «Ça se dispute», een debatprogramma was waar Éric Zemmour een tegenstem moest trotseren. Het was niet zo dat hij een vrije tribune ter beschikking kreeg. In een debat is het normaal dat er twee invalshoeken zijn. Het gaat niet op te beslissen dat één ervan ongepast is, en eruit moet. Wat mij bij de televisie vandaag choqueert, zijn niet de debatten waar een echte ideologische confrontatie plaatsheeft, maar die waar iedereen met iedereen akkoord gaat. In de media vandaag zien we de liberaal-modernistische houding overheersen, die Alain Minc omschreef als de “club van de redelijkheid.” Die gedachtegang is niet noodzakelijk verkeerd, maar als ze even hegemoniaal blijft, kan dat afschrikkende gevolgen hebben.

Devecchio: Zou u zeggen dat Marine Le Pen dankjewel mag zeggen aan al diegenen die liever verbieden dan weerwerk te bieden?

Kahn: Door Zemmour aan de deur te zetten doet men niets anders dan voedsel geven aan de wrok bij een deel van de bevolking, dat terecht zich niet meer vertegenwoordigd voelt. Dat is inderdaad een geweldig cadeau voor Marine Le Pen. Vanzelfsprekend geeft dit legitimiteit aan haar discours tegen het systeem. Mag ik eraan toevoegen dat ook voor Éric Zemmour dit een formidabel cadeau is, want nu heeft hij makkelijk spel als hij zich voor martelaar van de politieke correctheid wil uitgeven. Wees maar zeker dat hij nu nog 40 000 boeken meer zal verkopen, en dat het hem in zijn statuut van rebel tegen het establishment zal sterken, en daar is hij dol op.

Devecchio: Hebt u er begrip voor als organisaties vragen dat een journalist geen tribune meer krijgt?

Kahn: Daar alweer verwijderen we ons verder en verder van de grondbeginselen van de democratie. Wie benoemt en verkiest die organisaties? Hun politiek gewicht lijkt me niet in verhouding te staan tot hun representativiteit. Volstaat het om twaalf man bijeen te brengen en communiqués te schrijven, om voor legitiem door te gaan? Die organisaties, dat zijn onbenoemde imams, overigens niet altijd onbenoemd, die dan fatwa’s lanceren.

Devecchio: Zijn er niet toch grenzen aan de vrijheid van meningsuiting? Heeft Éric Zemmour die overschreden?

Kahn: Er bestaan wetten, met name wat betreft racisme en het vergoelijken van oorlogsmisdaden. Maar zodra iemand, zonder de wet te schenden een sterke stroming vertegenwoordigt, moet hij mogelijkheid krijgen om zich uit te drukken. Vandaag is dat niet het geval, zeker wat economische en sociale thema’s betreft, als iemand zich voorneemt om af te wijken van de liberaal-modernistische consensus. Zo bijvoorbeeld is de vraag rond de exit uit de Euro taboe. Men zal zich ook herinneren dat 90% van de media zich in 2005 uitspraken voor een ‘Ja’ bij het referendum over het grondwettelijk verdrag, waarbij ze in het voorbijgaan ook elke vorm van tegenstand diaboliseerden. Nochtans heeft het ‘nee’-kamp het gehaald, al was het slecht vertegenwoordigd.

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Devecchio: Is debatteren vandaag nog mogelijk?

Kahn: Om te beginnen wil ik opmerken dat het boek van Zemmour nogal moeilijk leest. Voor wie nog andere bezigheden heeft, neemt het een week in beslag. Maar de dag dat het verscheen waren er in de linkse pers al lange bladzijden te lezen over Le Suicide français. Duidelijk was dat de meeste journalisten maar een paar uittreksels gelezen hadden. Wat we dus bijwoonden, was een aanzwellende polemiek, uitgaande van een boek dat niemand gelezen had. Men raakte gepolariseerd rond een oninteressant hoofdstuk gewijd aan Vichy, terwijl heel wat passages veel interessanter waren. Ik denk dan speciaal aan het hoofdstuk over de Crif, dat de communautaristische wending van veel Franse joden op de korrel neemt. Over die kwestie ging evenwel niet één artikel.

Als reactie op de ontketende linkse pers, heeft de rechtse pers eerder de lof gezongen van het boek. Nochtans is het zonneklaar dat zij het evenmin gelezen hadden. Want inderdaad, laat Le Suicide français het meest reactionaire boek zijn sinds lang, het is tegelijk ook een antiliberaal pamflet. Op sociaaleconomisch gebied is het een waar neomarxistisch manifest, waarin Zemmour tekeergaat tegen het financieel kapitalisme, dat volgens hem verantwoordelijk is voor alles wat misgaat. Wat men moet lezen zijn de tien pagina’s gewijd aan een lofzang op Georges Marchais, of het dithyrambische hoofdstuk waarin hij zijn steun betuigt aan de sociale beweging tegen de wetten Juppé van 1996. Dit alles zegt veel over het ideologische debat vandaag: lezen doet men niet meer, men redeneert afgaand op etiketten, en banvloeken lanceert men al na een paar slagzinnetjes.

Vertaling: Marc Vanfraechem

jeudi, 18 décembre 2014

Suicide français: l’erreur de diagnostic de Zemmour

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Suicide français: l’erreur de diagnostic de Zemmour

zem9782226254757g.jpgDans son essai remarquable et qui a secoué l’oligarchie parce qu’il y défend le peuple avec insolence et brio contre une gauche cynique et désemparée, Éric Zemmour donne du déclin et du suicide français une percutante analyse dans les domaines métapolitiques et culturels. Son diagnostic est d’une lucidité impeccable, sauf sur un point majeur : il incrimine comme une des causes de la décadence le libéralisme, le consumérisme individualiste, la société marchande, la mondialisation économique….Bref, l’argent, le capitalisme, la fonction marchande etc.  seraient sources d’occultation de la nation et de son histoire. Cette position, qui fut aussi longtemps la mienne, doit être sérieusement amendée. D’autre part, sur son analyse de Mai 68, E. Zemmour néglige certains points.  Voici pourquoi. En dix arguments.

1) Cette erreur de jugement a été partagée aux Etats-Unis en leur temps par Christopher Lasch et Thorstein Veblen, acerbes critiques du consumérisme et de la marchandisation de la société. Elle est au fond d’origine épistémologique marxiste (Diamat, ”matérialisme dialectique”, dogme central marxiste) : l’économie serait l’infrastructure des comportements culturels. Ce qui est faux, c’est l’inverse. En réalité, le déclin des valeurs d’identité ethno-nationale, familiales, éducatives, etc. n’est pas corrélé à un régime économique ni à un niveau matériel de vie ; mais à un socle idéologique et culturel qui joue comme une infection virale à long terme. L’infrastructure des sociétés est mentale et non pas matérielle et économique.

2) Mai 68 qui a joué comme un accélérateur de tendances plus anciennes fut, certes, un mouvement libertaire, mais pas du tout ”libéral”. Je l’ai vécu de l’intérieur, je peux en parler. L’idéologie dominante de Mai 68 était néo-marxiste, adepte de l’École de Francfort, violemment anti-capitaliste, anti-marchande, anti entrepreneurs privés, pseudo prolétarienne, maoïste, léniniste et trotskiste dans ses fondamentaux culturels. Les deux piliers idéologiques de Mai 68 étaient : a) internationalisme et cosmopolitisme à tendances libertaires ”sociétales” et égalitaristes anti-sélectives ; b) idéologie socio-économique néo-marxiste avec modèle communiste dominant. 

3) La France d’aujourd’hui est bien l’héritière de ces deux piliers de Mai 68 : a) cosmopolitisme déraciné ; b) socialisme étatisé avec puissantes corporations protégées. Le ”suicide français” provient du mélange des deux.  Le ”bobo” (bourgeois bohème) est à la fois urbain cosmopolite déraciné libertaire et fonctionnarisé, apparatchik, privilégié. Le soixante-huitard n’a pas majoritairement, contrairement aux clichés, donné lieu à la figure du ”faiseur d’argent”, du money maker, mais plutôt à celle du petit bourgeois fonctionnaire de gauche, attaché à ses privilèges et adepte des idées de Terra Nova.    

4) C’est une plaisanterie que de prétendre que la France est un pays rongé par le libéralisme et le capitalisme marchand. Zemmour est tenté par cette analyse. Tout au contraire, nous vivons dans un système économique socialisé et étatisé où plus de 50% de la richesse est accaparé et redistribué (mal) par un système bureaucratique qui détient le record de l’OCDE de la faiblesse du secteur marchand. Le déclin français ne provient pas du capitalisme (anémique) ou du consumérisme individualiste débridé, mais, au contraire, de l’égalitarisme, du réglementarisme, du fiscalisme, de la fuite des entrepreneurs, de la sclérose de l’État Providence pachydermique.

5) L’égalitarisme anti-sélectif qui ronge la société française, de l’Éducation nationale à la législation économique (discriminations positives, etc), est totalement incompatible avec toutes les valeurs du capitalisme libéral (je préférerais le terme ”entrepreneurial”) fondé sur les valeurs de méritocratie sélective, de hiérarchie naturelle, de compétition, de circulation des élites. Donc, de ”darwinisme social”, ce concept abhorré par tous les héritiers de Mai 68. On est loin des idées de Schumpeter.

6) La ”société marchande”, la ”marchandisation du monde ” (ou des rapports sociaux) sont des concepts intellectualistes hors sol. Ils ne correspondent à aucune réalité dans une société française fondée sur l’assistanat et les privilèges corporatistes ; non pas sur la recherche de l’enrichissement et du profit individuels, lourdement punis. Dans l’histoire comme sur la planète d’aujourd’hui, des sociétés et des États ont cultivé les valeurs marchandes sans oublier les autres. Et sans nullement entrer en décadence, comme nous. Diaboliser la performance économique, financière et marchande relève de l’hypocrisie.

7) L’esprit de Mai 68, égalitariste et néo-marxiste, déteste l’idée de concurrence, qui est, à l’inverse, le pilier de la vision ”libérale” de la société. Cette détestation produit un anti-élitisme, ou plus exactement l’instauration d’une oligarchie incompétente, sélectionnée selon des critères qui ne sont plus la réussite objective ou la méritocratie mais le système des castes, des communautés et des corporations privilégiées.  Sans oublier une vision égalitariste et contre productive de la ”justice sociale”  qui fait, par exemple, supprimer les bourses au mérite au profit des bourses de classe – et d’origine.

8) Les maux que dénonce avec justesse Éric Zemmour, comme l’immigration-colonisation incontrôlée, le laxisme judiciaire et policier face à la criminalité, l’abandon de l’enseignement de l’identité française (et européenne), l’idéologie androgyne du ”genre” et les délires du féminisme anti féminin, le torpillage de la famille, la xénophilie de l’idéologie dominante, l’oubli de la nation au profit d’une vision idéologique de la ”république”, etc. proviennent exclusivement d’un virus culturel et métapolitique. Une infection mentale qui n’a rien à voir avec le libéralisme, le capitalisme, le mondialisme, le consumérisme, etc.

9) Cette infection mentale, ce virus idéologique  découlent en réalité de l’influence de l’École de Francfort néo-marxiste sur l’idéologie de Mai 68, actuellement au pouvoir (W.Reich, Th.Adorno, W. Benjamin, etc.) ainsi que de l’influence de la French Theory de la ”déconstruction”, elle aussi néo-marxiste : Althusser, Lacan, Foucault, Deleuze, Derrida, etc. Sartre et Beauvoir, compagnons de route du communisme, doivent aussi être cités. (1) Tout ce bourgeoisisme marxisé est la racine du suicide français, ou plutôt de la tentative de meurtre de la France par une idéologie minoritaire mais despotique. Cette guérilla culturelle fut autrement plus meurtrière que les manœuvres des  banquiers mythiques à gros cigares.

10) Ce que déteste cette planète idéologique, qui a objectivement pris le pouvoir sur les esprits de l’oligarchie, c’est la notion d’identité française et européenne et donc tout ce qui fonde son ordre naturel social, familial, sexuel. Elle est animée par une sorte de post-trotskisme qui vise, avec haine, à détruire (”déconstruire”) l’idée de nation et ses fondements. Sans s’embarrasser de la terrifiante contradiction de son soutien objectif à l’islam dans nos murs, qui ne partage pourtant pas ses valeurs. Mais peu importe : le but obsessionnel de l’idéologie à l’œuvre dans le ”suicide français”, c’est (ethnomasochisme) la fin de nos traditions, de nos cultures et de notre civilisation. ”Du passé faisons table rase…afin que nous n’ayons plus d’avenir.”

Conclusion

Les idées mènent le monde plus que les infrastructures économiques. Ce qui a provoqué la maladie, ce ne sont pas, comme le suggère Zemmour, le libéralisme, la société marchande, l’individualisme consumériste, l’argent, les banques, la finance, le capitalisme, les spéculateurs (qu’il faut se garder d’encenser, évidemment) mais plutôt cette conjonction dramatique : un virus mental et idéologique qui atteint le cerveau de la France (le gauchisme) et une paralysie nerveuse et musculaire (le socialisme) qui atteint son corps. La guérison, nécessairement révolutionnaire, devra donc porter sur ces deux aspects.

Note: 

(1)  Simone de Beauvoir fut une des inspiratrices de la ”gender  theory”. Son ami, J-P Sartre, devenu marxiste au moment de Mai 68, exemple même du pseudo-philosophe oublié, a commencé sa carrière à Paris, comme auteur dramatique, sous l’occupation allemande, sans se signaler par sa ”résistance“.

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mardi, 25 novembre 2014

Lettre ouverte à Eric Zemmour

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Lettre ouverte à Eric Zemmour

par Peter Eisner

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com

Monsieur Eric Zemmour, je n'ai pas lu votre dernier livre, dont on a beaucoup parlé. En revanche je suis régulièrement votre débat avec Nicolas Domenach dans l'émission Ca se dispute de la chaîne i-télé. Ainsi ai-je pu me faire une idée de vos positions.

Bien qu'éloigné de la ligne souverainiste que vous affichez, point sur lequel je reviendrai en détail, je précise que ce n'est que très rarement que j'approuve les critiques, parfois virulentes, de votre contradicteur de l'émission citée, lequel se complait dans l'hypocrisie politiquement correcte, bourgeoise et mondialiste. De la même façon, j'ai trouvé lamentable l'avalanche de reproches qui vous ont été adressés et notamment inepte la critique que Christophe Barbier a fait de votre livre dans l'Express. Sur la plupart des points, je vous donne toujours raison. Aussi suis-je très heureux du succès de votre livre. Il est cependant un sujet sur lequel je ne vous suis pas.

Vous dites par exemple que les Français ne reconnaissent plus la France. Voilà qui est très bien vu. Mais est-ce bien la France qu'ils ne reconnaissent plus? Si vous allez en Pologne, voire à Ekaterinbourg en Sibérie, vous vous croirez en France, ou plutôt peut-être dans une France d'il y a quelques décennies. Ce que les Français ne reconnaissent plus dans leur environnement, c'est tout simplement celui d'un pays européen. Bien sûr, la plupart des pays européens ont un cachet qui leur est propre. C'est le cas de l'Angleterre notamment, et l'on comprend que les Anglais tiennent à leurs coutumes. Mais si vous allez en Alsace ou en Corse, vous ne vous sentirez pas en région parisienne non plus. Même à l'intérieur de la Lorraine, de Nancy à Sarrebourg par exemple, au bout d'une heure de route vous êtes dépaysé.

Vous dites également que vous aimez la musique classique, vous la trouvez supérieure au rap. Ce n'est pas moi qui vous contredirai. J'imagine que vous aimez Bach, Mozart, Beethoven, Schubert. Ils n'étaient pas Français, ce qui n'empêchait pas d'ailleurs Mozart de tenir une correspondance en langue française. Notre patrimoine culturel est européen, qu'il concerne la littérature, la philosophie, la peinture, la sculpture, l'architecture, la musique … A la Renaissance, les artistes parcouraient l'Europe, comme les scientifiques. Descartes était-il français, quand il se trouvait chez lui en Hollande ?

Vous dites encore que la France n'est pas née de la révolution, qu'elle est bien plus ancienne. C'est vrai. Maintenant où la faire démarrer? Certains pensent à Vercingétorix. Mais la Gaule n'a jamais existé; elle n'a jamais été qu'une création romaine. Il y avait bien un pays celte, débordant très largement notre Hexagone. Avec les Latins, les Germains et quelques autres, on retrouve en gros la population de l'Europe occidentale et centrale. Or cette dernière était déjà presque instaurée en Etat au début la Rome impériale. C'est bien l'Europe qui est notre patrie d'origine. La France n'a jamais été qu'une Europe en réduction : un peuple au départ celte, une profonde imprégnation latine et une conquête par les Germains qui a donné au pays son nom.

Vous aimez la France de l'ancien régime, à l'époque où elle dominait intellectuellement l'Europe, et vous aimez celle de Napoleon, quand il accumulait les victoires et fondait le Code civil. Entre les deux, vous semblez voir la grande révolution, ses horreurs mises à part, comme initiatrice d'une forme de mondialisme. Quelques signes peuvent aller dans ce sens en effet, mais là n'est pas l'essentiel. Il faut retenir d'abord le retentissement, auprès des intellectuels de nos pays voisins, des idées révolutionnaires --- sans oublier dans cette affaire nos prédécesseurs américains. Il est bien dommage que Napoléon n'ait pas su se servir de cet avantage pour fonder une Europe non soumise, jusqu'à la Russie comprise. A l'époque de la révolution, on ne pensait pas vraiment à l'humanité dans son ensemble; plus tard les premiers internationalistes marxistes ne voyaient guère plus loin, non plus, que les Romains antiques. Quand on pensait pour la France, Europe en réduction, on pensait pour l'Europe et sa diaspora américaine.

Je conclus. Nous avons une patrie; c'est l'Europe. Qu'est-ce qui vous empêche de le reconnaître?

Peut-être pensez-vous tout simplement que cette idée européenne n'est pas réaliste, dans les circonstances d'aujourd'hui. Il est difficile de vous donner complètement tort. L'idée européenne ne progresse pas trop lentement; elle régresse. Mais pourquoi régresse-t-elle ? Vous ne semblez pas vous poser la question.

Vous voyez l'origine de tous nos maux dans l'Union européenne, cette construction technocratique. Vous avez raison d'en dire le plus grand mal. Elle réduit à une peau de chagrin la démocratie à l'intérieur de chacun des pays membres, au point que le choix de leurs dirigeants importe désormais bien peu. Elle sert de porte ouverte à la mondialisation. Elle place l'Europe sous la tutelle des Etats-Unis d'Amérique. Tout cela est exact.

Mais peut-être votre critique n'est-elle simplement pas assez sévère. Vous oubliez que c'est cette construction qui fait justement régresser l'Union Européenne. Vous semblez pourtant en avoir discerné la vraie nature. Ce n'est qu'une oligarchie, un club de dirigeants. N'avez-vous pas vu qu'ils sont tous mondialistes et europhobes, comme l'a très justement constaté un Elie Barnavi ? D'ailleurs votre contradicteur Nicolas Domenach, qui se déclare européen, l'est bien moins que vous-même. Et Christophe Barbier, lorsqu'il s'avance à citer une nation européenne, n'y met pas ce qu'il convient. Ce sont des hypocrites. Bref, comment n'avez-vous pas noté qu'avant tout autre chose l'Union européenne n'était pas européenne ?

Ensuite votre critique manque de discernement. L'Union européenne actuelle n'étant pas l'Europe, il ne faut pas dénoncer les idées européennes en même temps que le fonctionnement de la technostructure bruxelloise. Faisons une comparaison. Qui défendrait, dans la France d'avant la révolution, le système des fermiers généraux? Est-ce, pour autant, qu'il fallait détruire la France ? Certainement pas. Or nos commissaires bruxellois ne sont jamais que les fermiers généraux d'aujourd'hui, chargés qu'ils sont d'affermir les contraintes imposées aux Etats membres pour le compte d'un club de dirigeants, dits nationaux, tous coupés du peuple.

C'est à tort qu'on vous accuse de vous réjouir d'un déclin qui conforterait vos thèses. Mais vous n'avez pas vu non plus que du mal peut aussi surgir un bien? C'est l'ancien régime des fermiers généraux qui a convoqué des Etats généraux, lesquels ont pris pouvoir et commencé par abolir les privilèges. C'est notre assemblée européenne fantoche qui peut un jour prendre le pouvoir à des dirigeants corrompus. Et cela ne se fera peut-être pas dans la douceur.

En attendant, tout ce qui peut contribuer à réunir les Européens est bon à prendre. Croyez-vous qu'Allemands et Français aient besoin de systèmes sociaux vraiment différents ? La sécurité sociale a été installée par Bismarck bien avant d'exister chez nous. Certes, aujourd'hui, nous suivons des voies divergentes. Cependant notre plus grande différence tient dans notre taux d'allogénisation, lequel est bien supérieur qu'outre Rhin. Donc à ce qui fait qu'on ne reconnaît plus la France. Cette France qui ne peut pas marcher avec l'Allemagne est précisément celle qui vous déplaît.

Essayez donc d'y réfléchir. L'Europe, comme Nation, est un beau projet, comme l'unification allemande et italienne l'ont été . Si vous le portiez, vos ennemis seraient démasqués, désarmés.

Pierre EISNER (PSUNE/LBTF)

samedi, 22 novembre 2014

Zemmour et le suicide français