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mercredi, 06 septembre 2017

La curieuse famille Freud et les débuts de la psychanalyse

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La curieuse famille Freud et les débuts de la psychanalyse

Dr Bernard Plouvier, auteur, essayiste

Ex: https://metamag.fr


La psychanalyse n’est pas aussi originale qu’on l’a prétendu.

Durant l’Antiquité gréco-romaine, l’interprétation des rêves, guère plus fantaisiste ni moins mercantile que celle des psychanalystes, était une spécialité des prêtres et de certains médicastres. Aelius Aristide, au IIe siècle de notre ère, semble avoir collationné tous ses rêves en des dizaines de milliers de lignes sur papyrus (Schiavone, 2003), comme son contemporain Artémidore, auteur de l’Onironcriticon (l’interprétation des rêves).

De même, dans de nombreuses peuplades primitives, une plante ou un organe animal, pouvant passer pour un symbole phallique, paraissent un gage de fertilité ou un espoir de guérir de l’impuissance : la corne de rhinocéros est depuis longtemps un composant essentiel de la pharmacopée chinoise, dans le traitement (parfaitement illusoire) de l’anérection. De ce fait, le très corruptible gouvernement d’Afrique du Sud a ré-autorisé la chasse au rhinocéros en 2014, officiellement, pour « réduire le trafic » des cornes ornant son museau. La sexologie de type fumisterie n’est pas une invention de Freud et associés.

Au XVIe siècle, le génie médical suisse Theophrast Bombast v. Hohenheim, plus connu sous le pseudonyme universitaire de Paracelse, rapportait les maladies mentales à une influence magnétique pernicieuse sur le cerveau (de nos jours, l’on parlerait de perturbations de l’électricité cérébrale) et avait entrevu le rôle des frustrations et conflits sexuels dans la genèse de certaines de ces maladies mentales.

Diderot, époux et amant très volage, aborda le problème de la sexualité dans une lettre de juillet 1767 adressée au sculpteur Étienne Falconet : « Il y a un peu de testicule au fond de nos sentiments les plus sublimes et de notre tendresse la plus épurée » (Guyot, 1963). Dans ses livres non publiés de son vivant, il se fait le propagandiste de la liberté sexuelle, prônant la masturbation comme remède à la névrose hystérique et considérant la chasteté comme « un crime contre nature » (in Suite de l’entretien de d’Alembert, de 1769).

Peu après, l’excellent médecin Franz-Anton Mesmer traite les névrosées par le « magnétisme humain » (ayant mal interprété les petites décharges électriques liées à l’hyperexcitabilité neuromusculaire), par une ébauche d’électrothérapie et surtout par des conseils sexologiques aux maris inexperts. Mesmer a le tort de se comporter en histrion et d’aimer l’argent… travers assez répandus dans sa profession.

En 1846, le neurologue Moritz Romberg (de Berlin) et, en 1868, Moritz Benedikt (un Goy de Vienne, à ne pas confondre avec son homonyme , directeur de journal) envisagent un ou des traumatismes mentaux infantiles comme causes de l’hystérie (Hirschmüller, 1991). Dans les années 1880 sq., de façon séparée, Benedikt et Pierre Janet (du Havre) traitent les névrosé(e)s en leur faisant évoquer des souvenirs d’enfance et d’adolescence (Corraze, 1976 ; Hirschmüller, 1991), soit bien avant les premiers essais de Josef Breuer, puis de Freud, à Vienne.

En 1869 avec Philosophie de l’inconscient et en 1879 avec Phénoménologie de la conscience morale, Eduard von Hartmann décrit tout ce que Freud reprendra à propos de l’inconscient individuel que l’on ferait beaucoup mieux de nommer subconscient (cf. infra). Hartmann est aussi un précurseur de Pierre Teilhard de Chardin : l’évolution darwinienne ne peut, selon lui, qu’être orientée vers la « rédemption universelle ».

Le Dr. Arthur Schnitzler, une Diva  de Vienne qui haïssait Freud autre Diva  médicale, avait, dans sa pièce de 1899 consacrée à Paracelse, insisté lourdement sur l’interprétation des rêves et le rôle des amours inassouvies dans la genèse de quelques névroses (Flem, 1986). Au début du XXe siècle, Otto Weininger, qui fréquente les deux Divas précitées, qui est lui-même un schizophrène en révolte contre ses parents, sa judéité, ses penchants homosexuels, devient l’un des concepteurs de la théorie du genre librement choisi par l’individu dont les émois sexuels contredisent sa conformation.

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Arrivent deux individus très perturbés, Wilhelm Fliess et Sigismond-‘’Sigmund’’ Freud, inventeurs de la psychanalyse qui, selon la définition assez juste de Karl Kraus, un Juif viennois qui haïssait Freud, est « une maladie mentale qui se prend pour une thérapie » (Field, 1967). Freud et Fliess sont deux Juifs racistes, convaincus de l’extraordinaire supériorité des Juifs sur les Goyim (Masson, 1984 ; Cohen, 2012). Leurs motivations sont beaucoup moins innocentes et « scientifiques » qu’on l’a trop souvent écrit.

La très curieuse tribu des Freud

Depuis son enfance, le paranoïaque Freud « aspirait à apporter un nouveau message à l’humanité… Il a réalisé son vieux rêve, d’être le nouveau Moïse montrant une nouvelle Terre promise : la conquête du Ça par le Moi » (Fromm, 1959). À dire vrai, le grand neurophysiologiste  de Vienne Thomas Meynert enseignait depuis de nombreuses années l’importance du « moi intérieur » ou subconscient, mais comment Freud pourrait-il citer celui dont il fut l’assistant et qui l’avait chassé ignominieusement en raison de sa toxicomanie à la cocaïne, dont il se faisait généreusement le propagandiste auprès des malades du service de Meynert ? Freud use (et abuse) de la cocaïne de 1884 à 1904 (Cohen, 2012), soit durant la période de naissance de sa conception de la psychiatrie, une spécialité qu’il avait fort peu étudiée, quoi qu’on en ait dit (Bénesteau, 2002, l’a démontré).

On peut négliger le verbiage final d’Erich Fromm, marxiste et psychanalyste, et ne retenir que la mégalomanie de Sigismond Freud, fils de Jakob, pédophile incestueux, et développant lui-même des sentiments incestueux pour sa mère (et l’une de ses filles). Ainsi naissent, par l’exploitation habile d’écrits de prédécesseurs et de sa triste expérience familiale, le complexe d’Œdipe et le meurtre rituel du père par le fils. Toute sa vie, Freud lutta contre sa bisexualité, tandis que sa fille Anna, devenue en 1927 membre du Comité de l’Association Internationale de Psychanalyse, se vautra dans le lesbianisme.

Maman Freud, née Amalia Nathanson, plus jeune de 19 ans que son pédophile de mari, Jakob, qui eut trois épouses, a entretenu une liaison sexuelle torride avec Philipp Freud, fils du premier mariage de Jakob (Krüll, 1983). Sigismond épouse en 1886 la fille d’un commerçant qu’il croit riche et qui s’avère n’être qu’un escroc (Cohen, 2012). Comble de malheur, ce paranoïaque bisexuel, à l’homosexualité refoulée, développe des sentiments incestueux envers sa fille Mathilde, lorsqu’elle est âgée de 9 ans, apparemment sans être passé à l’acte (s’il faut en croire une lettre adressée à Fliess, en 1896, in Cohen, 2012). On comprend que Freud, accablé par tant d’ignominies et de perversions familiales sans oublier ses propres tares, ait présenté le sentiment de culpabilité – singulièrement pour ce qui est de la sexualité – comme l’un des fondements de la vie morale (Freud, 1905, 1915, 1920).

Que le jeune Freud, élevé dans un milieu sexuellement dépravé, ait vécu un martyre intérieur, n’importe qui peut le comprendre et compatir aux malheurs de cet homme torturé. Hélas, il a fallu qu’il fasse don à l’ensemble de l’humanité de ses turpitudes personnelles et familiales et qu’il en généralise l’application, après avoir reçu les confidences de son ami  de Berlin Wilhelm Fliess, un otorhinolaryngologiste bisexuel, également paranoïaque, massacrant littéralement certains de ses patients et ne tirant aucune leçon de leur mort, qui nourrissait une passion incestueuse pour son propre fils Robert, alors âgé de 5 ans (Masson, 1984 ; Correspondance non-expurgée Freud-Fliess, 2006, notamment les lettres de Freud, en date des 2 et 11 février 1897). La correspondance de Freud témoigne de son égocentrisme, de son avidité de gloire et d’argent ; elle est farcie de termes scatologiques et orduriers (Freud-Fliess, 2006 ; Cohen, 2012).

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Fliess et Freud ont rompu lorsqu’en 1906, le premier a reproché au second de plagier les travaux d’un authentique psychiatre, Albert Moll, les déformant de façon grotesque (Bénesteau, 2002). Freud a violé l’anonymat de ses patients, dans sa correspondance avec des confrères, mais aussi en discutant avec des amis non médecins, ce qui est un délit grave. Enfin, il a très souvent menti sur ses résultats thérapeutiques (Bénesteau, 2002).
Freud et ses disciples, haineusement anticatholiques (ce que leur reprochait leur ennemi juif Karl Kraus, converti au catholicisme par conviction intime, comme c’était le cas des grands anxieux Alfred Adler et Gustav Mahler), taxaient « d’antisémitisme » tous ceux qui contestaient le bien fondé de leurs thèses. Le  très talentueux Carl-Gustav Jung sera accusé de cette façon pour avoir, bien avant la Grande Guerre, affirmé que la psychanalyse n’était d’aucun secours dans le traitement des psychoses ; il avait pleinement raison.

Pourtant, la carrière de Freud ne souffrit nullement de son anticatholicisme ni de son implication dans la secte maçonnique des B’naï B’rith (à compter de 1897, in Flem, 1986, qui, très curieusement, en fait une loge maçonnique « très libérale »). Docteur en médecine en 1881, il est agréé Privatdozent (maître de conférences agrégé) à la Faculté de médecine de Vienne en 1885, professeur extraordinaire (sans chaire) en 1902 et titulaire de chaire en 1919 (Ellenberger, 1970), mais la rengaine de « Freud, victime de l’antisémitisme viennois » fait toujours la gloire et la fortune de romanciers et de scénaristes (Mahler est également bien placé dans ce registre totalement erroné).

En retour, Freud, le pistonné de la faculté de médecine de Vienne, voue à sa ville « une haine personnelle » (in lettre à Fliess, du 11 mars 1900).  Freud ne souffre nullement d’un soi-disant antijudaïsme institutionnel (pas plus que n’en souffre Mahler, qui pourtant le dénonce lui aussi) : c’est un perpétuel insatisfait, une Diva assoiffée de gloriole et d’argent, qui explique ses échecs par la malignité publique. On sait que, depuis deux millénaires et demi, divers Juifs ont pris l’habitude de dénoncer le racisme des Goyim, sans se soucier le moins du monde de leur propre racisme matrimonial.
Psychanalyste ou pas, Freud poursuit aveuglément la tradition paranoïaque de certains Juifs, du style : « Tout le monde nous en veut, parce que nous sommes les plus beaux, les plus intelligents, les plus…, les moins… ».

Les curieux débuts de la religion psychanalytique

Est-il véritablement nécessaire de faire intervenir les passages érotiques, la symbolique sexuelle ou les associations d’idées plus ou moins délirantes de la Kabbale (Eysenck, 1965 ; Bailey, 1972), pour expliquer les ahurissantes explications que Freud et consorts ont tirées des confidences de leurs malades, immédiatement répercutées dans des livres et les exposés publics des géniaux découvreurs des « secrets de l’inconscient » ?

On peut d’ailleurs faire une objection sémantique à la prétention de ces génies : s’il existe un « inconscient » dans l’esprit humain, il est aussi impénétrable à l’intelligence humaine que les célébrissimes voies de la providence divine. L’on peut négliger les doctes âneries de Jacques Lacan sur « l’inconscient structuré comme le langage ». Seul le subconscient est accessible, soit les souvenirs enfouis au plus profond de la conscience, sous d’épaisses couches de mensonges et grâce aux oublis volontaires.

La religion psychanalytique est née de la réunion, à Vienne, d’un nombre ahurissant de dérangés mentaux, presque tous juifs ; le seul Goy des origines du nouveau culte viennois qui lui soit demeuré fidèle (Jung a très vite déserté la chapelle freudienne), le Britannique Ernest Jones, était lui-même pédophile (Bénesteau, 2002). Comme l’a dit Freud au médecin britannique Stanley Blanton, à propos des étudiants en médecine qui orientent leur carrière vers la psychiatrie : « C’est parce qu’ils ne se sentent pas normaux et qu’ils veulent se convaincre qu’ils le sont » (Blanton, 1973)… on peut même penser qu’ils espèrent se guérir eux-mêmes.

On est ébahi du nombre de pionniers de la psychanalyse morts suicidés ou déments (Zwang, 1985 ; Bénesteau, 2002). Parmi les suicidés, l’on trouve Wilhelm Stekel (qui, en 1910, s’était fait connaître par une publication où il faisait du suicide le désir d’expier une faute sexuelle, soit une reductio a sexis, parfois vérifiée, mais souvent absente des motivations du suicidaire), Victor Tausk, Otto Gros, et quatre autres fidèles des premières années : messieurs Federn, Kahane, Schrötter et Silberer. Sont réputés morts déments Otto Rank (fils d’ivrogne et longtemps l’élève préféré de Freud) et Sandor Ferenczi, tous deux obsédés sexuels et exceptionnellement laids (Ferenczi a dirigé la psychanalyse à Budapest durant les tueries communistes de 1919, in Roheim, 1967, qui fut lui-même un autre Juif, riche et marxiste, de la bande de Bela Kohn dit Kun, de triste mémoire). George Groddeck, un Goy élevé en fille jusqu’à l’âge de 6 ans et obsédé par le mythe platonicien de l’androgyne (cf. Groddeck, 1920), est également mort dément.


À cette liste de noms, dont certains furent célèbres, on peut ajouter ceux de Mélanie Klein (une déséquilibrée, selon Bruno Bettelheim, 1991), qui fut à l’origine de la fable des « enfants traumatisés par le pot de chambre », et de la schizophrène Sabina Spielrein. Alfred Adler, l’homme du complexe d’infériorité, et Wilhelm Reich, le chantre de l’amour libre et le théoricien de l’orgone auquel nul n’a jamais rien compris (peut-être parce que c’était un absurdité intégrale), étaient deux nabots, laids et marxistes. Quant à l’honorable Max Eitington, il fut à la fois un Juif fort riche et un agent stalinien du NKVD (l’ancêtre du KGB).

De 1902 à 1938, 25 des 307 membres de l’Association Internationale de Psychanalyse se sont suicidés. Prenant conscience de cette surmortalité endogène, Freud a dit, peu de temps avant de quitter Vienne : « Le jour n’est pas loin où l’on considérera la psychanalyse comme une cause légitime de décès » (in Bénesteau, 2002). On peut apprécier l’humour noir dans la fiction romanesque, mais une telle phrase sur un tel sujet est indigne d’un médecin.

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Nombre de ces malheureux  avaient beaucoup souffert durant leur enfance et l’on ferait bien de s’intéresser au fardeau génétique de l’endogamie rituelle forcenée et aux ignominies sexuelles parentales. Rank, fils d’ivrogne a focalisé ses études sur le traumatisme de la naissance et sur la domination du psychanalysé par son analyste (Johnston, 1985). Rank et Ferenczi, obsédés sexuels, semblent avoir abusé de certaines de leurs patientes (Bénesteau, 2002).

Freud lui-même fut un monument d’arrogance et de psychorigidité, rectifiant motu proprio les souvenirs de ses malades quand ceux-ci ne cadraient pas avec son interprétation, fondée sur des aprioris (Jones, 1969). Freud mentait effrontément dans les publications des cas cliniques qu’il avait observés et plus encore sur les résultats thérapeutiques qu’il était censé avoir obtenus (Bénesteau, 2002). Comme bien des obsessionnels, Freud était avant toute autre chose un grand anxieux, refusant, par esprit de système, de laisser quelque rôle que ce soit au hasard ou, si l’on préfère, faisant de la vie et de ses aléas une nécessité voulue par une divinité impersonnelle, comme Albert Einstein qui refusait l’indétermination et l’incertitude d’Heisenberg, parce que « Dieu ne joue pas aux dés ».

Le Juif ne sommeillait jamais en Freud, qui se souvenait de la faute originelle, selon le texte de la Genèse : Ève avait perverti Adam, pour s’être laissée séduire par Satan. L’œuvre de Freud, soit la prétention d’avoir exploré la « psychologie des profondeurs de l’esprit humain », n’était fondée que sur sa propre introspection. De ses tares, de ses peurs, de ses désirs insanes réprimés et inassouvis, de sa culture biblique et talmudique, il a inféré une conception fort restrictive de l’être humain : celle du Tout-sexuel. Ses thèses furent fort bien reçues par les tenants de l’école de Francfort, qui les exportèrent aux USA durant les années 1938-60, d’où elles revinrent en Europe occidentale lors de l’explosion politico-sexuelle des années 1965-1975.


La sous-littérature  d’inspiration psychanalytique consacrée au Führer du IIIe Reich affublera cet homme chaste et austère des tares et des anomalies de comportement du grand Freud, qui expulsait ses accès de colère en cassant des objets, qui consultait des voyantes et autres diseuses de bonne aventure, qui luttait furieusement contre ses tendances homosexuelles, qui multipliait les aventures extra-conjugales, qui pratiquait un véritable fétichisme des nombres, qui haïssait Vienne et les Viennois (Bénesteau, 2002) : toutes tares et déviances dont on pare un Hitler de fantaisie (cf. Plouvier, 2012, IIe partie).

Il serait absurde de nier le caractère sexuel de nombreux rapports conflictuels entre humains, notamment ceux régissant l’hégémonie, pour la seule raison que Freud et ses élèves en ont abondamment disserté (Gérard Zwang, 1985, va trop loin dans le déni). De même, si l’on ne peut que sourire des allégations freudiennes selon lesquelles tout être humain est bisexuel (une fois de plus, le maître faisait de son cas une généralité), on ne peut qu’accepter les statistiques non-biaisées qui permettent d’estimer les homosexuels exclusifs aux alentours de 3% des humains avec un pourcentage très voisin de bisexuels (cf. les études rapportées in Randa, 2013).

Tous les pseudo-travaux des psychanalystes, notamment ceux de Mélanie Klein, sur le pouce de l’enfant utilisé comme substitut du mamelon maternel sont devenus obsolètes lorsque les études échographiques de la grossesse ont démontré que tous les fœtus sucent leur pouce in utero, bien avant de téter le sein maternel.

On ne peut nier que la « scolastique freudienne » (Debray-Ritzen, 1991) repose sur des ratiocinations grotesques à partir de prémices infondées et de pseudo-« vérités révélées » par Freud, tantôt délirant, tantôt faussaire (Bénesteau, 2002) et consorts. De même, il est indubitable que « la méthodologie psychanalytique relève du délire d’interprétation » (Zwang, 1985) et d’une pseudo-religion. Pour bien des esprits faibles, de 1900 à nos jours, le bagout des psychanalystes a remplacé les prêches du clergé, coûtant davantage d’argent à leurs ouailles.

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Néanmoins, on ne peut éliminer tous les apports psychiatriques des années 1870-1930 sur les névroses et la part psychosomatique de nombreuses maladies, au prétexte que de trop nombreux psychanalystes furent des charlatans débauchés et fort peu honnêtes. Le seul grand psychiatre de l’ère pré-chimiothérapique fut Carl-Gustav Jung, qui souffrait lui-même de psychose maniaco-dépressive comme sa mère. Il eut l’immense mérite de différentier les personnalités introverties (très influencées par les impressions subjectives, dont l’esprit analytique favorise la réflexion personnelle) et les extraverties (objectives, dogmatiques et positives, d’esprit synthétique, très sensibles aux faits), avec toute la gamme des personnalités intermédiaires (Jung, 1977).

La psychiatrie moderne doit divorcer de la supercherie psychanalytique qui restera un inépuisable filon de science-fiction.

Bibliographie

P. Bailey : Sigmund, le tourmenté, La Table Ronde, 1972
J. Bénesteau : Mensonges freudiens. Histoire d’une désinformation séculaire, Mardaga,
B. Bettelheim : Le poids d’une vie, essais-souvenirs, Laffont, 1991
S. Blanton : Journal de mon analyse avec Freud, P.U.F., 1973
D. Cohen : Freud sous coke, Balland, 2012
J. Corraze : De l’hystérie aux pathomimies, Dunod, 1976
P. Debray-Ritzen : La psychanalyse, cette imposture, Albin Michel, 1991
H. F. Ellenberger : The discovery of the unconscious. The history and evolution of dynamic psychiatry, Basic Books, New York, 1970 (cet énorme pavé permet de réfuter les allégations sur l’antijudaïsme qui aurait « régné en maître » à la faculté de médecine de Vienne ou dans la haute administration autrichienne avant la Grande Guerre)
H. J. Eysenck : Fact and fiction in psychology, Penguin Books, Londres, 1965
F. Field : The last days of mankind. Karl Kraus & his Vienna, McMillan, Londres, 1967
L. Flem : La vie quotidienne de Freud et de ses patients, Hachette, 1986
S. Freud : Trois essais sur la théorie de la sexualité, Gallimard, 1966 (1ère édition allemande de 1905, texte très remanié en 1915)
S. Freud : Essais de psychanalyse, Payot, 1970 (1ère édition, allemande en 1920)
S. Freud : Lettres à Wilhelm Fliess. 1887-1904, P.U.F., 2006 (1ère édition non expurgée)
E. Fromm : La mission de Sigmund Freud, Éditions Complexe, Bruxelles, 1975 (1ère édition nord-américaine de 1959)
G. Groddeck : La maladie, l’art et le symbole, Gallimard, 1969 (compilation de textes écrits de 1909 à 1933)
C. Guyot : Diderot par lui-même, Seuil, 1963 (1ère édition de 1953)
A. Hirschmüller : Josef Breuer, P.U.F., 1991 (1ère édition allemande de 1978)
E. Jones : La vie et l’œuvre de Sigmund Freud, P.U.F., 1969
W. M. Johnston : L’esprit viennois. 1848-1938, P.U.F., 1985 (ouvrage d’exception)
C. G. Jung : Types psychologiques, Georg, Genève, 1977 (1ère édition de 1950)
M. Krüll : Sigmund, fils de Jacob : un lien non dénoué, Gallimard, 1983
J. M. Masson : Le réel escamoté. Le renoncement de Freud à la théorie de la séduction, Aubier, 1984
B. Plouvier : Faux et usage de faux en histoire, pour la IIe partie : Les faussaires de l’hitléromanie, Dualpha, 2012
P. Randa : Mafia rose. Des fantasmes dénoncés à l’exaspération actuelle, Déterna, 2013
G. Roheim : Psychanalyse et anthropologie, Gallimard, 1967 (1ère édition US en 1950 ; avant-propos hagiographique de Roger Dadoun)
A. Schiavone : L’histoire brisée. La Rome antique et l’Occident moderne, Belin, 2003 (édition originale italienne de 1996)
G. Zwang : La statue de Freud, Laffont, 1985

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dimanche, 19 mai 2013

MICHEL ONFRAY contre les dogmes freudiens

MICHEL ONFRAY contre les dogmes freudiens


Pierre Le Vigan
Ex: http://metamag.fr/
 
Fidèle à sa méthode Michel Onfray cherche à opposer en tous domaines – ici la psychanalyse – les « autoritaires » d’un côté, les « libertaires-libertins » de l’autre. On peut le dire aussi différemment : les orthodoxes normatifs d’un côté, les hétérodoxes hédonistes de l’autre. On a compris : ceux qui ont précédé et préparé Onfray, et ceux qui ont précédés les ennemis d’Onfray. Pour être un peu sommaire ce clivage est  éclairant. Il met du désordre dans un faux ordre, travail philosophique s’il en est.
 

                                                                                Michel Onfray et Sigmund Freund
 
Dans Le crépuscule d’une idole, Michel Onfray avait produit une critique radicale – et retentissante ! – de Freud. Il avait certes repris les réflexions d’un Pierre Debray-Ritzen (La psychanalyse cette imposture, 1991) et bien entendu du Livre noir de la psychanalyse (2005) mais avec un écho plus grand. 
 
Otto Gross toxicomane et vitaliste 

Il s’attache à autre chose dans Les freudiens hérétiques. Son but est de défendre 3 figures de psychanalystes fâchés avec Freud. Le premier, Otto Gross, fils d’un criminologue conservateur, se veut révolutionnaire. Il se livre à toutes sortes d’expériences limites. Il oppose le « refoulement toxique du dionysisme individuel par l’apollinisme social. » à la nécessaire libération des forces dionysiaques- ce qui n’est pas faux mais renvoie à la structure de toute société. Il politise et socialise ainsi la question de l’inconscient. En termes freudiens, il prêche la mise à l’écart du surmoi au profit du ça.  Les pulsions primitives et vitales sont donc valorisées au détriment des normes sociales. « Otto Gross (…) ne se contente pas d’en appeler à une hétérosexualité libre, il souhaite également en finir avec la division des sexes et l’inscription des corps dans une logique dite aujourd’hui gendrée (ou genrée), avec d’un côté les hommes, de l’autre les femmes. » On voit qu’il ne suffisait pas de s’éloigner de Freud pour ne pas professer des absurdités ! Otto Gross est trouvé mort en 1920. Un infirmier note : « Le docteur en médecine Otto Gross, âgé de 42 ans et de religion mosaïque, est décédé à 5 heures du matin. Il a couché durant la nuit dernière dans un passage inutilisé conduisant à un entrepôt. Une pneumonie, aggravée par la sous-alimentation, ne pouvait plus être traitée ».
 

Otto Gross

Deuxième figure : Wilhelm Reich 
 
Issu d’une famille juive autrichienne très assimilé, proche de Gross quant aux idées, il «inscrit l’inconscient non pas dans un univers purement métapsychologique, mais dans un monde sociologique et politique. » (Michel Onfray). Autre différence, contrairement à Freud, il soigne surtout des pauvres.  
 
 
Sa thèse centrale est qu’ « il n’y a qu’un seul mal chez les névrosés : le manque de satisfaction sexuelle totale répétée. » Selon W. Reich la « mauvaise sexualité » vient du capitalisme. D’où la nécessité d’une révolution/libération sexuelle anticapitaliste. Il croit trouver l’Eden dans la Russie bolchévique, Lénine ayant déclaré que « le communisme ne doit pas apporter l’ascèse mais la joie de vivre, la vigueur et également une vie amoureuse comblée » (ce qui est peut-être beaucoup demander à la politique !).  Comme Rousseau, Wilhelm Reich croit qu’à l’origine des temps historiques l’acte sexuel était simple et sans complexe. Pourquoi ? Parce que dans le communisme primitif tout était la propriété commune de tous. Wilhelm Reich mourra en 1957 dans la cellule d’une prison américaine. Il avait écrit : « La plupart des psychanalystes étaient eux-mêmes des malades souffrants  de troubles sexuels, et cela n’était pas sans influer sur leur évolution. » (La fonction de l’orgasme).
  
Erich Fromm contre le mythe freudien de la pulsion de mort

Erich Fromm, le troisième hétérodoxe d’Onfray est sans doute le plus intéressant des trois - et le moins malade. Juif allemand, passionné par le Talmud, installé aux Etats-Unis à partir de 1934, il critique la société technicienne et cybernétique, refuse la notion de pulsion de mort telle que l’entendait Freud, et récuse l’hermétisme et l’intellectualisme distanciateur de Lacan et des freudiens orthodoxes. Il applique la méthode nietzschéenne de recherche de la généalogie d’une pensée pour la comprendre (La mission de Sigmund Freud). C’est l’application du « D’où parles-tu ? » à Freud.  Il en conclut que la philosophie de Freud n’est rien d’autre que sa confession et son autobiographie. Pour Erich Fromm, Freud a inscrit toute sa vie sous le signe de l’avoir : « l’argent, la réputation, les honneurs, les richesses ». Selon Fromm la psychanalyse est devenue « un produit de remplacement de la religion pour les classes moyennes, ou tant soit peu supérieures, des villes, qui ne souhaitaient pas faire un effort radical plus complet. » Ce qui n’est pas mal vu. 
 
 
Erich Fromm fait l’apologie de la pulsion de vie aussi bien contre les dérèglements psychiques tels dit-il la pornographie ou le sadisme généralisé que contre les dérèglements sociaux tels la folie consumériste, le culte des gadgets, le nihilisme des valeurs. Toutes idées qui ne sont pas sans évoquer Herbert Marcuse ou Yvan Illich. Michel Onfray conclut son livre par un démontage aussi hilarant que convaincant de l’imposture lacanienne. « La chape de plomb du freudo-lacanisme fut une malédiction pour la scène intellectuelle [française]» écrit Michel Onfray. Une lecture roborative.
 
Michel Onfray, Les freudiens hérétiques. Contre histoire de la philosophie 8, 388 p., 20,90 €, Grasset, 2013.

lundi, 20 février 2012

Freud's Follies: Psychoanalysis as a Religion, Cult, and Political Movement

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Freud's Follies: Psychoanalysis as a Religion, Cult, and Political Movement

Kevin MacDonald

Ex: http://www.wermodandwermod.com/

We begin to grasp that the deviser of psychoanalysis was at bottom a visionary but endlessly calculating artist, engaged in casting himself as the hero of a multivolume fictional opus that is part epic, part detective story, and part satire on human self-interestedess and animality. This scientifically deflating realization . . . is what the Freudian community needs to challenge if it can. (Frederick Crews, The Memory Wars: Freud's Legacy in Dispute, pp. 12-13)

Since its inception, psychoanalysis has been denounced as a pseudoscience. By the early 1960's philosophers of science such as Michael Polanyi, Karl Popper, Ernst Nagel and Sidney Hook had noted the self-authenticating nature of psychoanalytic assertions. More recently, highly critical accounts of psychoanalysis from Henri Ellenberger (1970), Frank Sulloway (1992/1979), Adolph Grünbaum (1984), Frank Cioffi (1969, 1970, 1972), and, most recently, Malcolm Macmillan (1991) have appeared.

These critiques have been entirely irrelevant to the perpetuation of psychoanalysis as an intellectual movement. That in itself says a great deal, and we will have to investigate why this might be so.

The good news is that there are signs that psychoanalysis may finally be on the ropes, pummeled most effectively by the work of Frederick Crews. Crews published three book review essays in the prestigious New York Review of Books (NYRB) on recent revisionist scholarship on psychoanalysis and the recovered memory movement. Predictably, the Crews' articles provoked an impassioned response'one of the largest in NYRB history'from the psychoanalytic and recovered memory establishments. Fortunately, the NYRB has published almost the entire exchange in book form under the title The Memory Wars: Freud's Legacy in Dispute (Crews et al, 1995).

One tip off to the pseudoscientific nature of psychoanalysis is to describe its institutional structure. In a real science there are no central organizations that function to ensure doctrinal conformity, expel those who deviate from the accepted truth, and present a united front to the world. It has long been apparent to observers, however, that this is exactly what psychoanalysis has done and continues to do. As Crews notes, psychoanalysis 'conducted itself less like a scientific-medical enterprise than like a politburo bent upon snuffing out deviationism' (Crews, 1995, p. 110). Perhaps the first person to notice and be repelled by this aspect of psychoanalysis was the famous Swiss psychiatrist Eugen Bleuler. Bleuler briefly flirted with psychoanalysis. But when he left the psychoanalytic movement in 1911, he said to Freud 'this 'who is not for us is against us,' this 'all or nothing,' is necessary for religious communities and useful for political parties. I can therefore understand the principle as such, but for science I consider it harmful.' (in Gay 1987, pp. 144-145). The quotation is telling. To become a psychoanalyst was like joining a religious or political movement and not at all like becoming a scientist.

The apex of the authoritarian, anti-scientific institutional structure of psychoanalysis was the Secret Committee of hand-picked loyalists sworn to uphold psychoanalytic orthodoxy, described by Phyllis Grosskurth in The Secret Ring: Freud's Inner Circle and the Politics of Psychoanalysis: By insisting the Committee must be absolutely secret, Freud enshrined the principle of confidentiality.

The various psychoanalytic societies that emerged from the Committee were like Communist cells, in which the members vowed eternal obedience to their leader. Psychoanalysis became institutionalized by the founding of journals and the training of candidates; in short an extraordinarily effective political entity. (Grosskurth 1991, p. 15)

There were repeated admonitions for the Committee to present a 'united front' against all opposition, for 'maintaining control over the whole organization', for 'keeping the troops in line' and 'reporting to the commander' (Grosskurth 1991, p. 97). Consider Otto Rank's astonishing letter of 1924 in which he attributes his heretical behavior in questioning the Oedipal complex to his own neurotic unconscious conflicts, promises to see things 'more objectively after the removal of my affective resistance,' and is thankful that Freud 'found my explanations satisfactory and has forgiven me personally' (Grosskurth 1991, p. 166). Grosskurth notes how 'Freud seems to have acted as the Grand Inquisitor, and Rank's groveling 'confession' could have served as a model for the Russian show trials of the 1930's' (Grosskurth 1991, p. 167). Freud viewed the entire episode as a success; Rank had been cured of his neurosis 'just as if he had gone through a proper analysis' (quoted in Grosskurth 1991, p. 168).

The staunch Freud disciple, Fritz Wittels (1924) decried the 'suppression of free criticism within the Society.... Freud is treated as a demigod, or even as a god. No criticism of his utterances is permitted.' He tells us that Freud's Drei Abhandlungen zur Sexualtheorie is 'the psychoanalyst's Bible. This is no mere figure of speech. The faithful disciples regard one another's books as of no account. They recognize no authority but Freud's; they rarely read or quote one another. When they quote it is from the Master, that they may give the pure milk of the word' (p. 142-143). Freud 'had little desire that [his] associates should be persons of strong individuality, and that they should be critical and ambitious collaborators. The realm of psychoanalysis was his idea and his will, and he welcomed anyone who accepted his views' (p. 134). The others were simply expelled.

All of the major figures around Freud appear to have been extremely submissive personalities who absolutely revered Freud as father figure. Indeed, the members appear to have self-consciously viewed themselves as loyal sons to Freud the father-figure (complete with sibling rivalry as the 'brothers' jockeyed for position as the 'father's' favorite), while Freud viewed his close followers as his children, with power to interfere in their personal lives (Grosskurth 1991, p. 123; see also Hale 1995, p. 29).

Ernest Jones, Freud's worshipful biographer and the official head of the movement after the expulsion of Jung, 'grasped the fact that to be a friend of Freud's meant being a sycophant. It meant opening oneself completely to him, to be willing to pour out all one's confidences to him' (Grosskurth 1991, 48). Masson (1990, 152) suggests that 'Jones believed that to disagree with Freud (the father) was tantamount to patricide (father murder).' When S��ndor Ferenczi, a central figure in the inner circle of psychoanalysis during the 1920's, disagreed with Freud on the reality of childhood sexual abuse, Jones called him a 'homicidal maniac' (p. 152).

Regarding Ferenczi, Grosskurth (1991) notes that '(t)he thought of a disagreement with Freud was unbearable ...' (p. 141); 'There were occasions when he rebelled against his dependency, but always he returned repentant and submissive' (pp. 54-55). Similarly, Masson (1990) describes Kurt Eissler, the closest confidant of Anna Freud's inner circle in the 1960's, by saying that 'What he felt for Freud seemed to border on worship' (p. 121). '(H)e held one thing sacred, and hence beyond criticism: Freud' (p. 122). It was common among the disciples to imitate Freud's personal mannerisms, and even among analysts who did not know Freud personally, there were 'intense feelings, fantasies, transferences, identifications' (Hale 1995, 30).

Evidence for the essentially cult-like nature of psychoanalysis is the unique role of disciples who are able to trace themselves back to Freud in a direct line of descent. 'The idea of being a chosen disciple, privileged to have direct contact with the master, has survived and is continued in the procedures of many of the training programs of the institutes' (Arlow & Brenner 1990, 5; see also Masson 1990, 55, 123). 'The intensely filial relationships to Freud of the first generation were gradually replaced by a highly emotional relationship to a fantasied Freud, still the primal founder, but also to organizations, to peers, to superiors in the institute hierarchy'above all'to the training analyst, the training analyst's analyst, and, if possible, back to Freud and his circle became a determinant of psychoanalytic prestige' (Hale 1995, 32).

Unlike a real science, there is a continuing role for Freud's writings as what one might term the sacred texts of the movement, both in teaching and in the current psychoanalytic literature. Arlow and Brenner (1988) note that Studies of Hysteria and The Interpretation of Dreams are almost 100 years old, but continue to be standard texts in psychoanalytic training programs. They also describe 'the recurrent appearance in the analytic literature of articles redoing, extending, deepening, and modifying Freud's early case histories' (p. 5). Indeed, it is remarkable just to simply scan psychoanalytic journal articles and find how many references there are to Freud's work which was written well over 60 years ago. In examining 6 issues of Psychoanalytic Quarterly from 1988-1989, I found 92 references to Freud in 33 articles. Only 4 articles had no references to Freud, and of these, one had no references at all and one had only one reference. As Wittels (1924, 143) noted early on: 'The faithful disciples regard one another's books as of no account. They recognize no authority but Freud's; they rarely read or quote one another. When they quote it is from the Master, that they may give the pure milk of the word.'

The continued use of Freud's texts in instruction and the continuing references to Freud's work would not be conceivable in a real science. While Darwin is venerated for his scientific work as the founder of the modern science of evolutionary biology, studies in evolutionary biology only infrequently refer to his writings because the field has moved so far beyond his work. The Origins of Species and The Descent of Man are important texts in the history of science, but are not used for current instruction. Moreover, central features of Darwin's account, such as his views on inheritance, have been completely rejected by modern workers. With Freud, however, there is continuing slavish loyalty to the master, at least within an important subset of the movement.

Besides Rank, other deviators, Fleiss, Adler, Jung, and Ferenczi, were diagnosed as suffering from a variety of psychiatric disorders and therefore needing further psychoanalysis to bring them back to the true faith. Freud 'never tired of repeating the now notorious contention that the opposition to psychoanalysis stemmed from 'resistances'' arising from emotional sources (Esterson 1993, 216). He attributed Jung's defection to 'strong neurotic and egotistic motives' (quoted in Gay 1988, 481). Even Peter Gay, the psychoanalytic loyalist and historian of the movement, writes that 'These ventures into character assassination are instances of the kind of aggressive analysis that psychoanalysts, Freud in the vanguard, at once deplored and practiced. This ... was the way that analysts thought about others, and about themselves.' The practice was 'endemic among analysts, a common professional deformation' (1988, p. 481).

This practice continues to this day. A common thread of the letters sent by the many aggrieved psychoanalysts in response to Crews' articles was that they were 'composed in a state of bitter anger by a malcontent with a vicious disposition' (Crews, 1995, p. 293). Crews' Freud bashing was typically explained in terms of botched transferences and Oedipal complexes gone awry. Another recent case is that of Jeffrey Masson (see Masson 1990) who suffered similar questionings of his sanity for challenging the central Freudian dogma of the Oedipal complex.

None of this is new to people even marginally acquainted with the scholarship on psychoanalysis. But it bears repeating because psychoanalysis, unlike a scientific theory but very much like certain religious or political movements, has essentially been immune from attacks leveled at it either from inside or outside the movement. Insiders who dissented from central doctrines were simply expelled and often went on to found their own psychoanalytically-oriented sects, typically with the same disregard for canons of scientific method as the parent religion. There is a long line of such expelled dissenters in the history of psychoanalysis, and the list continues to lengthen with the recent expulsion of Jeffrey Masson. Moreover, the central core of loyalists that has always existed in psychoanalysis functions to preserve the image of Freud as a heroic scientist to the point that many of Freud's papers have been locked away from the prying eyes of scholars for periods extending as far ahead as the 22nd Century.

The entire enterprise begins to appear more and more like an authoritarian religious cult than a scientific movement. Indeed, several authors have pointed out that psychoanalysis has many features in common with brainwashing (Bailey 1960, 1965; Salter 1996). Frank Sulloway (1979b) describes the indoctrination characteristic of training analyses in which any objection by the analysand is viewed as a resistance to be overcome. And even Shelly Orgel (1990), who remains a defender of the psychoanalytic faith, writes of the feelings of many contemporary analysands that their analysts had behaved aggressively toward them, turning them into devoted and passive followers of their highly idealized analyst, a role that was facilitated by the 'unquestioned authority' (p. 14) of the analyst.

Jeffrey Masson (1990) provides fascinating insight into psychoanalysis as thought control and aggression. Masson's training analysis involved a completely one-sided relationship in which the analyst had all of the power and in which the trainee was expected to put up with any and all indignities. Leaving the training analyst would have meant giving up psychoanalysis because the training analyst would claim that the trainee was unfit for a career as a psychoanalyst. The result of the analysis was an idealization of the training analyst and expressions of fealty regarding the worth of the training analyst's writings. Masson was more or less blackmailed into agreeing to include his own training analyst's name on a paper he was writing or be forced to re-enter analysis (pp. 83-83). Masson comments that 'Being in such an analysis is like growing up with a despotic parent' (p. 86), since the qualities it requires in the prospective analysts are meekness and abject obedience.

I suggest that the inculcation of passive and devoted followers via the aggression and thought control represented by psychoanalysis has always been an important aspect of the entire project. At a deep level, the fundamentally pseudoscientific structure of psychoanalysis implies that disputes cannot be resolved in a scientific manner, with the result that, as John Kerr (1992) notes, the only means of resolving disputes involves the exercise of personal power. The result was that the movement was doomed to develop into a mainstream orthodoxy punctuated by numerous sectarian deviations originated by individuals expelled from the orthodox movement. These heretical offshoots then replicated the fundamentally irrational pseudoscientific structure of the original. '(E)ach major disagreement over theory or therapy seemed to require a new validating social group, a psychoanalytic tradition that recent splits within Freudian institutes seem only to confirm' (Hale 1995, 26). Perhaps the most bizarre such offshoot was the movement initiated by Wilhelm Reich's, well-covered in Joel Carlinsky's Skeptic (Vol. 2, No. 3) article 'Epigones of Orgonomy.'

All of this is well-known, but there are several aspects of the recent controversy that are new. First, recent scholarship on psychoanalysis shows not only that psychoanalysis was never more than a pseudoscience but that Freud engaged in scientific fraud from the get-go in developing his theories. Allen Esterson's (1992) Seductive Mirage: An Exploration of the Work of Sigmund Freud demonstrates convincingly that Freud's patients did not volunteer any information on seduction or primal scenes at all. The seduction stories that provide the proffered empirical basis of the Oedipal complex were in fact a construction by Freud who then interpreted his patients' distress on hearing his constructions as confirmation. Freud then deceptively obscured the fact that his patients' stories were reconstructions and interpretations based on his a priori theory. He also retroactively changed the identity of the fancied seducers from non-family members (servants, etc.) when his Oedipal story required fathers instead.

Esterson provides numerous other examples of deception (and self-deception) and notes that they were typically couched in Freud's brilliant and highly convincing rhetorical style. And because of the reconstructive, interpretive manner of theory construction, the authority of the psychoanalyst became the only criterion of the truth of psychoanalytic claims. The movement, in order to be successful, would have to be, of necessity, highly authoritarian'a point brought out most forcefully in John Kerr's (1992) A Most Dangerous Method: The Story of Jung, Freud, and Sabina Spielrein. The movement was authoritarian from the beginning and has remained so throughout its history.

Now 100 years after its inception, the theory of the Oedipal complex, childhood sexuality, and the sexual etiology of the neuroses remain without any independent empirical validation and play no role whatever in mainstream developmental psychology. From an evolutionary perspective, the idea that children would have a specifically sexual attraction to their opposite sex parent is extremely implausible, since such an incestuous relationship would result in inbreeding depression (see MacDonald 1986). The proposal that boys desire to kill their fathers conflicts with the general importance of paternal provisioning of resources in understanding the evolution of the family (MacDonald, 1988; 1992a,b): Boys who had succeeded in killing their fathers and having sex with their mothers would not only be left with genetically inferior offspring, they would also be deprived of paternal support and protection. Modern developmental studies indicate that many fathers and sons have very close, reciprocated affectional relationships beginning in infancy, and the normative pattern in Western societies is for mothers and sons to have very intimate and affectionate, but decidedly non-sexual relationships. Most violence occurs with adoptive relatives (Daly & Wilson, 1981).

The continued life of these concepts in psychoanalytic circles is testimony to the continuing unscientific nature of the entire enterprise. Indeed, Kurzweil (1989, 89) notes that 'In the beginning, the Freudians tried to 'prove' the universality of the Oedipus complex; later on, they took it for granted. Ultimately, they no longer spelled out the reasons for the pervasiveness of childhood sexuality and its consequences in the cultural monographs: they all accepted it.' What started out as a speculation in need of empirical support ended up as a fundamental a priori assumption.

Another trend in recent scholarship is the increasing attention paid to the ethical dimensions of psychoanalysis as Freud actually practiced it. Freud seems to have been remarkably indifferent to his patient's suffering, but his ethical lapses extend far beyond a lack of empathy. Crews recounts the case of Horace Frink, an American psychoanalyst who was having an affair with a bank heiress. Freud diagnosed Frink as a latent homosexual (!) and advised him to divorce his wife and marry the heiress, with the stated aim of tapping into the heiress' funds for a financial contribution to psychoanalysis. To make the plan work, the heiress had to divorce her husband as well. All of this came about, but the two abandoned spouses were devastated and soon died, Frink's new wife sued for divorce, and Frink himself sank into depression and repeated attempts at suicide.

And then there is the case of Dora Bauer. In what could pass as a story line on a daytime soap opera, Freud diagnosed the teen-aged Dora as suffering from hysteria for refusing to have a sexual relationship with a married man, Herr K., as a sort of quid pro quo so that her father could continue to have an affair with Herr K.'s wife. Crews comments that 'In short, a sexually and morally uninhibited [Dora] rounded into psychic trim by Freud, would have been of service to both her father and Herr K., the two predatory males who, unlike any of the women in the story, basked in the glow of Freud's unwavering respect' (Crews, 1995, p. 52). The Dora case is typical also in that the patient's diagnosis was based entirely on preconceived ideas and circular reasoning in which the patient's negative emotional response to the psychoanalytic hypothesis was construed as evidence for the hypothesis.

A third aspect of recent scholarship focuses on the very pernicious effect psychoanalysis has had on psychotherapeutic practice, particularly the phenomenon of the Recovered Memory Therapy (RMT). Crews terms RMT the stepchild of psychoanalysis. At the time when the articles originally appeared in the NYRB, Crews was content to claim only a genealogical relationship between psychoanalysis and RMT. He now documents a much closer relationship between the two movements. A significant number of psychoanalysts are now rejecting the orthodox psychoanalytic theory that claims of infantile sexual abuse are illusory manifestations of Oedipal desires. These renegade psychoanalysts are now in fact adopting Freud's earlier seduction theory of 1896 in which neurosis was conceptualized as the result of actual sexual abuse. Crews notes, Freud developed this theory in the same manner as he did the Oedipal story that replaced it: by making suggestions to patients and doggedly persisting in his explanation until the patient acknowledged the 'truth' of the psychoanalytic explanation. Crews emphasizes that there is no end to the possible harmful social and moral influences of such a theory in the hands of its pseudoscientific practitioners, including bankruptcy, breaking up of families, and imprisonment of family members, all of which have been well described in John Hochman's Skeptic article (Vol. 2, #3).

Because of its belief in the reality of memories of childhood sexual abuse, the RMT movement must be viewed as a psychoanalytic heresy. As with all of the previous psychoanalytic heresies, however, RMT shares a commitment to a methodology that results in self-validation of theoretical claims. Unverifiable phenomena have been at the very center of psychoanalysis and its intellectual offspring from the beginning. The following quotation from Freud is an exemplar of the type of attitude that carries over into the RMT movement:

The work keeps on coming to a stop and they keep on maintaining that this time nothing has occurred to them. We must not believe what they say, we must always assume, and tell them, too, that they have kept something back.... We must insist on this, we must repeat the pressure and represent ourselves as infallible, till at last we are really told something.... There are cases too in which the patient tries to disown [the memory] even after its return. 'Something has occurred to me now, but you obviously put it into my head.' ... In all such cases, I remain unshakably firm. I ... explain to the patient that [these distinctions] are only forms of his resistance and pretexts raised by it against reproducing this particular memory, which we must recognize in spite of all this. (SE, 2:279-280; in Crews, p. 209)

Recently the RMT movement has coalesced around the assertion that sexually abused subjects experience a dissociation'a withdrawal of the victim's sense of self from the scene of the trauma. As Crews points out, dissociation is the perfect psychoanalytic-style vehicle for creation of a pseudoscience, since there is no way to disprove its existence and recovered memories never need be tested by comparing them with conscious memories. After all, if children dissociate themselves from the experience, one could not expect them to have any memories of the event.

As a result, the therapist may suppose that the patient had experienced sexual trauma even without any external evidence or memory of the event. Recovered Memory Therapists, in the words of one such practitioner, 'must validate the patient's belief that abuse occurred, or risk reenacting the role of denying parent, which may have enabled the abuse in the first place' (Crews, p. 25n21). The technique ensures validation and indeed finds a moral rationale for insisting on validation. But it cannot provide even the beginnings of a search for truth.

Several spectacular case studies illustrate the pathetic consequences of this pseudoscientific technique. That of Eileen Franklin Lipsker is particularly fascinating because Lipsker has more recently 'remembered' several other crimes that could not have possibly occurred. Crews shows that even before this turn of events Lipsker had developed increasingly bizarre 'memories' about her father, including a murder that no one else, including the police, had heard about and a supposed rape by Eileen's godfather that was aided by the father. The 'memories' were gradually elaborated as a result of the suggestions of a psychotherapist and their veracity attested to by Lenore Terr, a professor of psychiatry at the University of California-San Francisco. Terr used the aura of science surrounding her academic affiliation to convince the jury that that an expert like herself could distinguish authentic from non-authentic repressed memories.

Then there is the fantastic case of the Ingram family of Olympia, Washington in which Paul Ingram confessed to a myriad of crimes whose memory he had completely repressed, including repeatedly raping both his daughters and one son, getting his daughters to perform sexual favors for his friends, torturing the girls, getting his wife to have sex with animals, and murdering and cannibalizing a great many babies at Satanic rituals. The truly remarkable thing about this example is the willingness of people to be convinced of the bizarre and impossible'a phenomenon that Skeptic readers are only too familiar with. The belief among a significant number of professionals in psychology that such repressed memories are a commonplace greatly facilitates the public's credulity. No fewer than five psychologists and counselors encouraged Ingram in his hallucinations. However, a skeptical psychologist finally asked Ingram about a completely fictitious accusation that Ingram had encouraged his children to have sex while he watched. Sure enough, the next day Ingram came up with a highly detailed repressed memory of watching his children have sex. Ingram, who pleaded guilty to the crimes after belatedly coming to believe in his innocence, is now serving 20 years in prison for 6 counts of child molestation.

Like psychoanalysis itself, RMT has become a political movement bent on enforcing an official orthodoxy. Indeed, given the history of psychoanalysis, it is not in the least surprising that RMT would likewise be an authoritarian political movement. A leading proponent of RMT, Judith Lewis Herman, states that 'Advances in the field occur only when [women] are supported by a political movement powerful enough to legitimate an alliance between investigators and patients and to counteract the ordinary social processes of silencing and denial' (Crews, p. 160). RMT has been behind lengthening the statutes of limitations in some states to periods of 30 years or more to provide enough time for repressed memories of crimes to surface. And, as with any such political movement, it seems superfluous to note that big money is involved, in the case of RMT ranging from fees for therapy, the publication industry, and the litigation industry spawned by this movement.

Perhaps the most notable thing about the uproar over Crews' book is that much of its importance stems from where his articles were originally published, and that says a lot. The original articles were published in the NYRB, that bastion of the intellectual left, which, as Crews notes, is 'almost like pet owners who had negligently or maliciously consigned their parakeet to the mercies of an ever-lurking cat' (Crews, 1995, p. 288). The implication is that publications like the NYRB have been instrumental in propagating psychoanalytic and similar doctrines as scientifically and intellectually reputable for decades, and it also suggests that had Crews published his articles in a less visible and less politicized medium they could have been safely ignored as has commonly been the practice over the long history of psychoanalysis.

To this we must add a discussion of the very central role of psychoanalysis in the intellectual left of this century and the role of publications like the NYRB in maintaining and nourishing the scientific veneer of psychoanalysis. The influence of psychoanalysis has hardly been confined to psychotherapeutic practice, but has been a pervasive influence on 20th-century Western culture. In the eyes of many, Freud is the most towering intellectual figure of the century, second perhaps only to Marx.

For his part, Crews seems to regard the influence as entirely benign, so much so that he thinks psychoanalysis may have been justified because of its cultural influences even if it is entirely lacking as a scientific enterprise. He states that there is 'some merit' to the idea that psychoanalysis and its practitioners exercised a benign cultural influence by ridding psychiatry of 'sinister theories of hereditary degeneration and racial inferiority,' and by 'their candor about sex, their cultivation of a developmental perspective, their addressing of the problems and opportunities posed by transference, and their belief in deep and intricate continuities among a patient's disparate productions of symptom and language.... To be progressive, after all, a psychological movement needn't put forward accurate hypotheses; it need only raise useful new questions and attract followers who are eater to put aside the older dispensation' (p. 70-71).

But whether one views the cultural influences of psychoanalysis as benign is largely a political, rather than a scientific matter. Psychoanalysis never, at any stage of its history, approached the status of a scientific discipline. What was really central to psychoanalysis and why it seems impervious to all rational objections is that first and foremost psychoanalysis achieved and retained its status over the decades because it had become a pillar of the intellectual and cultural left, what Paul Hollander (1991) has dubbed 'the adversary culture.'

There is in fact a very long association between psychoanalysis and the political and cultural left. Support of radical and Marxist ideals was common among Freud's early followers. Leftist attitudes have been common in later years among psychoanalysts (Hale 1995, 31; Kurzweil 1989, 36, 284), among the groups in Berlin and Vienna during the post-World War I era (Kurzweil 1989; 46-47), in the post-revolutionary Soviet Union where all of the top psychoanalysts were Bolsheviks and Trotsky supporters and were among the most powerful political figures in the country (Chamberlain 1995), and in America from the 1920's to the present (Torrey 1992, 33, 93ff; 122-123). Given the institutional structure of psychoanalysis as an authoritarian political movement, one is left with the conclusion that one of the century's major intellectual and cultural forces was in fact a highly disciplined political movement masquerading as science.

Psychoanalysis has proved to be a veritable treasure trove of ideas for those intent on developing radical critiques of Western culture, beginning with Freud's own Totem and Taboo and Civilization and Its Discontents. Recent Freudian scholarship shows very clearly that Freud tended to make dogmatic claims about the source of his patients' unhappiness based on nothing more than his own suggestions. His failure to follow even the minimum standards of scientific or rational intellectual inquiry extended to his cultural writings as well. Freud's wider speculations on human culture rest on a number of extremely naive, pre-scientific conceptualizations of human sexual behavior and its relation to culture. Particularly outrageous was Freud's 'primal horde' story of how over many generations sons had killed their fathers in order to mate with their mothers until Oedipal guilt had forced them to repress this activity. The theory is not only completely speculative and indeed attempts to explain a non-existent phenomenon'the Oedipal complex, but also requires Lamarckian inheritance, a theory that, at least by the time of Civilization and Its Discontents (where the doctrine was reaffirmed), had been completely rejected by the scientific community.

This was a self-consciously speculative theory, but Freud's speculations clearly had an agenda. Rather than provide speculations which reaffirmed the moral and intellectual basis of the culture of his day, his speculations were an integral part of his war on culture'so much so that he viewed Totem and Taboo as a victory over Rome and the Catholic Church (Rothman & Isenberg, 1974). In Freud's eyes he was the Carthaginian general Hannibal fighting the evil Romans that to him represented Western civilization. Peter Gay notes that Freud was proud of his enemies'the persecuting Roman Catholic Church, the hypocritical bourgeoisie, the obtuse psychiatric establishment, the materialistic Americans'so proud, indeed, that they grew in his mind into potent specters far more malevolent and far less divided than they were in reality. He likened himself to Hannibal, to Ahasuerus, to Joseph, to Moses, all men with historic missions, potent adversaries, and difficult fates. (Peter Gay 1988, p. 604)

Gay states that 'A charged and ambivalent symbol, Rome stood for Freud's most potent concealed erotic, and only slightly less concealed aggressive wishes ....' Rome was 'a supreme prize and incomprehensible menace' (Gay 1988, p. 132). Freud himself described this 'Hannibal fantasy' as 'one of the driving forces of [my] mental life' (McGrath 1974, p. 35; see also Sulloway 1979).

In this regard, it is interesting to note that Totem and Taboo and Civilization and Its Discontents present the view that the restrictions on sexual behavior, so apparent as an aspect of Western culture during Freud's life, are the source of art, love, and even civilization itself. Freud's conceptions of the origins and function of sexual repression in Western societies contain, as Peter Gay (1988, p. 329) notes, some of Freud's 'most subversive conjectures.' Neurosis and unhappiness are the price to be paid for civilization because neurosis and unhappiness are the inevitable result of repressing sexual urges. As countercultural guru Herbert Marcuse wrote concerning this aspect of Freud's thought:

The notion that a non-repressive civilization is impossible is a cornerstone of Freudian theory. However, his theory contains elements that break through this rationalization; they shatter the predominant tradition of Western thought and even suggest its reversal. His work is characterized by an uncompromising insistence on showing the repressive content of the highest values and achievements of culture. (Marcuse, 1974, p. 17)

Western culture has been placed on the couch, and the role of psychoanalysis is to help the patient adjust somewhat to a sick, psychopathology-inducing society: 'While psychoanalytic theory recognizes that the sickness of the individual is ultimately caused and sustained by the sickness of his civilization, psychoanalytic therapy aims at curing the individual so that he can continue to function as part of a sick civilization without surrendering to it altogether' (Marcuse 1974, p. 245).

Freud appears to have been well aware that his conjectures were entirely speculative. Freud was 'amused' when Totem and Taboo was termed a 'just so' story by a British anthropologist in 1920, and stated only that his critic 'was deficient in phantasy' (in Gay 1988, p. 327), apparently a concession that the work was indeed fanciful. Freud stated that 'It would be nonsensical to strive for exactitude with this material, as it would be unreasonable to demand certainty' (quoted in Gay, 1988, p. 330). Similarly, Freud described Civilization and Its Discontents as 'an essentially dilettantish foundation' on which 'rises a thinly tapered analytic investigation' (quoted in Gay 1988, p. 543). And Freud was well aware that his attack on religion in The Future of an Illusion was scientifically weak, describing it by noting that 'the analytic content of the work is very thin' (quoted in Gay 1988, 524).

Freud's countercultural writings scarcely exhaust the mischief wreaked by psychoanalysis. The works of Herbert Marcuse, Norman Brown, Wilhelm Reich, Jaques Lacan, Erich Fromm and a host of neo-Freudians come to mind immediately, but this barely scratches the surface. Psychoanalysis influenced thought in a wide range of areas, including sociology, child rearing, criminology, anthropology, literary criticism, art, literature, and the popular media such as TV and the movies to the point that, as Kurzweil (1989, p. 102) notes, 'something like a culture of psychoanalysis was being established.' E. F. Torrey (1992. p. 37) describes in some detail the spread of the movement in the United States, originally through the actions of a small group of activists with access to the popular media, the academic world, and the arts, to a pervasive influence in the 1950's. 'It is a long road from a beachhead among New York intellectuals to a widespread influence in almost every phase of American life. Literature, drama, anthropology, sociology, child rearing, education, criminology, and many other parts of American thought and culture were to become permeated by Freud.'

Given this association of psychoanalysis and the Left, it is not surprising that Crews' critique of psychoanalysis was itself analyzed and found to be as an attack on the Left: Eli Zaretsky (1994, p. 67) states such critiques 'are continuous with the attack on the Left that began with the election of Richard Nixon in 1968.... They continue the repudiation of the revolutionary and utopian possibilities glimpsed in the 1960s.'

Psychoanalysis was indeed an integral component of the countercultural movement of the 1960's and a central pillar of the intellectual zeitgeist of prominent countercultural figures such as Herbert Marcuse. In Eros and Civilization (1974/1955) Marcuse points the way to a non-exploitative utopian socialist civilization that would result from the complete end of sexual repression in a manner that goes beyond Freud's ideas in Civilization and Its Discontents only in its even greater optimism regarding the beneficial effects of ending sexual repression. Marcuse accepts Freud's theory that Western culture is pathogenic due to the repression of sexual urges, paying homage to the one who 'recognized the work of repression in the highest values of Western civilization'which presuppose and perpetuate unfreedom and suffering' (p. 240).

Attacks on psychoanalysis are therefore correctly perceived by Zaretsky as attacking a cornerstone of left/radical political culture. It is surely correct that psychoanalysis brought us a greater candor about sex. It is also reasonable to suppose that its influence has since extended far beyond sexual candor to become an obsession with sexual behavior. From its beginnings, psychoanalytic perspectives on sexuality have drawn the criticism of those concerned about the harmful influence of Freudian ideas on mainstream family life.

Freud's ideas have in fact often been labeled as subversive. Indeed, '[Freud himself] was convinced that it was in the very nature of psychoanalytic doctrine to appear shocking and subversive. On board ship to America he did not feel that he was bringing that country a new panacea. With his typically dry wit he told his traveling companions, 'We are bringing them the plague'' (Mannoni 1971, 168).

Peter Gay terms Freud's work generally as 'subversive' (1987, 140), his sexual ideology in particular as 'deeply subversive for his time' (p. 148); and his Totem and Taboo as containing 'subversive conjectures' (p. 327) in its analysis of culture. Rothman and Isenberg (1974) convincingly argue that Freud actually viewed the Interpretation of Dreams as a victory over the Catholic Church and that he viewed Totem and Taboo as a successful attempt to analyze the Christian religion in terms of defense mechanisms, primitive drives and neurotic symptomatology. Gay notes that 'while the implications of Darwin's views were threatening and unsettling, they were not quite so directly abrasive, not quite so unrespectable, as Freud's views on infantile sexuality, the ubiquity of perversions, and the dynamic power of unconscious urges' (p. 144).

And the contrast between Freud and Darwin as scientists could scarcely be more clear. Darwin spent years patiently collecting his data and was hesitant to publish his work, agreeing to do so only after another scientist, Alfred Russel Wallace, came up with similar ideas. Freud, on the other hand, conducted his career more like a one man PR firm with himself as his only client.

While Darwin was satisfied with revising his work after further reflection and absorbing palpable hits by rational critics, while he trusted the passage of time and the weight of his argumentation, Freud orchestrated his wooing of the public mind through a loyal cadre of adherents, founded periodicals and wrote popularizations that would spread the authorized word, dominated international congresses of analysis until he felt too frail to attend them and after that through surrogates like his daughter Anna. (Gay 1987, 145)

There was a great deal of hostility to psychoanalysis in the German-speaking world centering around the perceived threat of psychoanalysis to mainstream Christian sexual ethics, including the acceptance of masturbation and premarital sex (Kurzweil, 1989, p. 18). By the second decade of the 20th century in America Freud was firmly associated with the movement for sexual freedom and social reform, and he had become the target of social conservatives (Torrey 1992, 16ff). As late as 1956 a psychiatrist discussing psychoanalysis in the American Journal of Psychiatry complained that 'Is it possible that we are developing the equivalent of a secular church, supported by government monies, staffed by a genital-level apostolate unwittingly dispensing a broth of existential atheism, hedonism, and other dubious religio-philosophical ingredients?' (Johnson 1956, p. 40).

And, although other factors are undoubtedly involved, it is remarkable that the increasing trend toward and acceptance of what an evolutionist would term low-investment parenting (i.e., parenting that involves a low level of resources available for children) in America largely coincides with the triumph of the psychoanalytic and radical critiques of American culture represented by the political and cultural success of the counter-cultural movement of the 1960's. Since 1970 the rate of single parenting has increased from 1/10 families to 1/3 families (Norton & Miller 1992), and there have been dramatic increases in teenage sexual activity and teenage childbearing without marriage (Furstenberg 1991). There is excellent evidence for an association among teenage single parenting, poverty, lack of education, and poor developmental outcomes for children (e.g., Dornbusch & Gray 1988; Furstenberg & Brooks-Gunn 1989; McLanahan & Booth 1989; Wilson 1993, a, b).

Indeed, all of the negative trends related to the family show very large increases that developed at the same time as the triumph of the countercultural movement beginning in the mid-1960's (Herrnstein & Murray 1994; Kaus, 1995), including increases in trends toward lower levels of marriage, 'cataclysmic' increases in divorce rates (Herrnstein & Murray, 1994; p. 172), and higher rates of illegitimacy. In the case of divorce and illegitimacy rates, the data indicate an enormous shift upward during the 1960's from previously existing trend lines, with the upward trend lines established during that period continuing into the present. For good, bad, or both, the 1960's marked a watershed period in American cultural history.

The sexual revolution is 'the most obvious culprit' underlying the decline in the importance of marriage (Herrnstein & Murray 1994, 544) and its concomitant increase in low-investment parenting.

What is striking about the 1960s 'sexual revolution,' as it has properly been called, is how revolutionary it was, in sensibility as well as reality. In 1965, 69 percent of American women and 65 percent of men under the age of thirty said that premarital sex was always or almost always wrong; by 1972, these figures had plummeted to 24 percent and 21 percent... In 1990, only 6 percent of British men and women under the age of thirty-four believed that it was always or almost always wrong. (Gertrude Himmelfarb 1995, 236)

Psychoanalysis has a lot to answer for. The contemporary upsurge of victims of RMT and the long line of individual victims like Horace Frink and Dora Bauer are only a small part of its moral wreckage. But don't expect either psychoanalysis or RMT to die soon. Because they are fundamentally religious and political rather than scientific, these movements have a life of their own and will expire only when they are perceived as no longer serving the personal or political interests of their advocates.

Indeed, one might note that precisely the same sort of uproar greeted the publication of Derek Freeman's expos�� of another pillar of the cultural left'Margaret Mead's work in Samoa (see Caton, 1990; Freeman, 1983; 1991). Here the idealized father figure was Franz Boas who quite self-consciously originated his movement in order to combat evolutionary approaches to anthropology, replacing Darwinian (and some hyper- and pseudo-Darwinian) approaches with the ideology that human nature is infinitely malleable and that humans are entirely a product of their culture. The Boasian school has dominated anthropology since the 1920's, and this school and its postmodern offspring seem to be in no danger of losing ground to the new breed of evolutionists who have sprung up as a result of the sociobiological revolution in the biological sciences.

The fact that the NYRB published Crews' attacks on psychoanalysis may be a vital sign that the life of psychoanalysis as an underpinning of the intellectual left is weakening. The NYRB is only one of many elements of the vast media and intellectual network that has supported psychoanalysis throughout the century, but all signs are that psychoanalysis has become an intellectual and scientific embarrassment to all save the truest of true believers. The fact that its scientific stature has been utterly discredited in such a prestigious forum and by someone who is sympathetic to the cultural influences it has generated suggests that psychoanalysis may well have lost its political punch.

But skeptics need not fear having nothing left to be skeptical of. Look for a new, cult-like, politically-inspired, scientific-sounding ideology to take its place soon at a university and psychotherapeutic clinic near you. It's also a safe bet that critics of such movements will be diagnosed/cleared/re-associated/analyzed/deconstructed as suffering from mental/moral/spiritual disorder:

What passes today for Freud bashing is simply the long-postponed exposure of Freudian ideas to the same standards of noncontradiction, clarity, testability, cogency, and parsimonious explanatory power that prevail in empirical discourse at large. Step by step, we are learning that Freud has been the most overrated figure in the entire history of science and medicine'one who wrought immense harm through the propagation of false etiologies, mistaken diagnoses, and fruitless lines of inquiry.

Still the legend dies hard, and those who challenge it continue to be greeted like rabid dogs. (Crews 1995, 298-299)

Spoken like a true Skeptic!

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First Published in Skeptic, 4(3),  94–99. Reprinted in The Encyclopedia of Pseudoscience, Michael Shermer (Ed.). ABC-CLIO, December 2002.

dimanche, 21 novembre 2010

"Le crépuscule d'une idole" de Michel Onfray

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Le crépuscule d'une idole (M. Onfray)

 

« Le crépuscule d’une idole » est une charge de Michel Onfray contre Freud. Nous lui devons le distrayant spectacle de la secte psychanalytique en émoi. Toutefois, au-delà du côté ridicule de cette bataille d’intellos et sous-intellos (1), il y a le texte.

Note de lecture, donc. Histoire de savoir de quoi on parle.

 


*

 

D’emblée, notons que le rapport d’Onfray à la psychanalyse est… psychanalytique. Il l’avoue, sans faire de chichi : pour lui, Freud, c’est important. Le petit Michel, voyez-vous, a subi l’orphelinat (avec prêtre pédophile en option gratuite et automatique, d’après ce qu’il dit – d’où, sans doute, sa rage antichrétienne).

Trois auteurs l’aident à s’évader de cet « enfer » : Marx, Nietzsche, Freud. Alors soyons clair : il est évident que pour Onfray, flinguer Freud est une manière de liquider ce qu’il y a de psychanalytique dans sa propre pensée. Onfray réglant ses comptes avec Freud, c’est un peu l’intello français anticatholique de base faisant un choix. Nietzsche, et pas Freud (2). Avec la répudiation discrète de Marx, auquel il dit maintenant préférer Proudhon, Onfray achève de définir une identité idéologique. Une quête identitaire qui, visiblement, nourrit depuis pas mal de temps la démarche de cet intello français typique, perpétuellement à la recherche de maîtres. Des maîtres qu’il va idolâtrer, puis brûler – et bien sûr il faut qu’il les idolâtre, pour ensuite les brûler.

Très classique, tout ça : quand on analyse le parcours de nos intellos, on trouve souvent, très souvent, un traumatisme dans l’enfance, au départ de ce qui va devenir leur « raison », et qui est, d’abord, la rationalisation de leur sensibilité. Celle d’Onfray est caractérisée par un très fort individualisme (doublé d’un hédonisme revendiqué), une volonté d’indépendance intellectuelle farouche (d’où l’appétit de rupture avec toute « classe sacerdotale ») et, d’une manière générale, un enfermement non su dans les catégories modernes. Vraiment, une caricature d’intellectuel français. Ce que les héritiers des Lumières françaises, imprégnés malgré eux d’une culture catholique détestée mais intériorisée, et en outre un tantinet enfermés dans leur narcissisme intellocrate par l’héritage de mai 68, peuvent comprendre de Nietzsche : voilà, en gros, la  pensée d’Onfray.

Le côté positif du personnage est sa capacité à produire une pensée iconoclaste. Onfray déboulonnant une idole, c’est logique, c’est dans la nature du bonhomme.

Or donc, le jour est venu où, ayant fini de déboulonner « l’idole » judéo-chrétienne, notre intello français s’avisa qu’il convenait à présent de déboulonner une idole juive, ou réputée telle. Et notre intello, donc, s’attaqua au bon docteur Sigmund…

C’est là que les ennuis du philosophe commencèrent, mais c’est aussi là qu’il devint vraiment iconoclaste – puisque, par les temps qui courent, on obtient son diplôme d’hérétique en attaquant la psychanalyse, et certes pas en décochant un coup de pied rageur au catholicisme européen, ce corps immense et moribond.

Cette inscription dans la catégorie des hérétiques du moment vaudra à Onfray de figurer parmi les auteurs commentés sur ce modeste blog – ce sera notre humble contribution à son excommunication par les cléricatures dominantes.

 

*

 

Onfray analyse l’œuvre de Freud comme un travail avant tout autobiographique. En gros, il ne nie pas que les constats du bon docteur aient été justes le concernant, lui, personnellement. Il nie que ces constats soient vrais pour l’ensemble de l’humanité. Pour Onfray, Freud n’est pas un scientifique : c’est un philosophe à la rigueur. Et, en outre, un philosophe de seconde zone.

Démonstration.

Freud a menti sur sa biographie, ou en tout cas, disons qu’il l’a fortement arrangée. Pourquoi ? Parce que, nous dit Onfray, il éprouvait un besoin pathologique qu’on parle de lui en bien. Il ne supportait pas la critique. Et Onfray, ici, de suggérer que le bon docteur, toute sa vie, a cherché à donner de lui-même une image conforme à celle que sa mère se faisait de lui (la dénonciation du rôle de la mère juive n’est pas loin, mais Onfray s’arrange pour frôler le précipice sans y tomber). Exemple caricatural : Freud est cocaïnomane, donc la cocaïne permet de guérir certaines pathologies – voilà la méthode freudienne.

Pour dissimuler les conditions dans lesquelles il a bâti son système, Freud, à 29 ans, a brûlé tous ses papiers. Objectif selon Onfray : présenter la psychanalyse comme un « coup de génie », nier qu’elle soit le résultat d’une démarche à la scientificité douteuse.

D’où encore, selon Onfray, la volonté de Freud de « détruire Nietzsche » : il s’agit avant tout de dissimuler que la psychanalyse est née dans le contexte intellectuel créé par Nietzsche (un meurtre du père, en somme !). Idem pour Schopenhauer : si Freud l’a rejeté, c’est pour ne pas avouer que sa théorie du refoulement n’est qu’une resucée du « monde comme volonté et comme représentation ». Idem, au fond, pour toute la philosophie : Freud prétend s’en être détourné à cause de son caractère « abstrait » : en réalité, ce qu’il veut cacher, c’est le caractère abstrait de son œuvre à lui.

Pourquoi cette imposture ? Parce que Freud est un aventurier, obligé de dissimuler qu’il est un aventurier. La thèse d’Onfray a le mérite de la clarté : Freud ne veut pas la vérité scientifique, il veut les honneurs, l’argent, la célébrité. Mais pour avoir les honneurs, l’argent, la célébrité, il doit prétendre avoir découvert une vérité scientifique qu’il a longuement cherchée (l’inconscient), et trouvée à l’issue de travaux très sérieux. Cette vérité, en réalité, était déjà toute entière dans Nietzsche (la volonté de puissance), Schopenhauer (le vouloir vivre), et quelques autres (l’inconscient de Hartmann, et même, déjà, le conatus de Spinoza). Simplement, Freud l’habille d’un vernis de fausse scientificité, pour la revendre au meilleur prix. Si, au passage, il faut assassiner la philosophie, nier qu’elle possède une valeur spécifique, pour tout ramener à une catégorie naissante des « sciences humaines », tant mieux : une main lavera l’autre, la destruction de la filiation permettra de cautionner l’imposture. Freud est un médiocre philosophe, qui se déguise en grand médecin. Et donc, la psychanalyse n’est pas une science, c’est la philosophie d’un petit philosophe.

Après cette première salve d’artillerie à longue portée, Onfray part à l’assaut pour l’attaque à la baïonnette. Et là, c’est du corps à corps, on achève le blessé au couteau de tranchée.

La philosophie de Freud se résume, nous dit Onfray, à une banale pathologie de la relation au père, à la fois humilié (donc castré) et humiliant (donc castrateur). Le complexe d’Œdipe n’est pas une vérité universelle, mais tout simplement une pathologie spécifique à la famille du petit Sigmund, qui prend son cas pour une généralité. On nage, chez Freud, dans l’autobiographie vaguement hystérique d’un adulte qui n’est jamais parvenu à échapper à une mère fusionnelle, qui n’a pas pu construire son identité sexuelle normalement (collision des générations dans la famille), et qui, pour se dissimuler qu’il est un fils à maman, va présenter sa pathologie comme une règle générale. Onfray consacre une centaine de page à l’analyse des pathologies freudiennes ; un ami à moi, menuisier de son état, sait très bien résumer ça en une phrase définitive : ça sent le slip de pédé.

Toute la pensée de Freud, nous explique Onfray, tourne autour de sa pathologie propre. Il veut tuer Moïse, créateur de la religion où il fut élevé, parce que Moïse est assimilé à la figure paternelle (Freud interdit à sa femme, fille de rabbin, d’élever leurs enfants dans la religion). Il déteste le président Wilson au seul motif que celui-ci a pris son père en modèle. Il y a, chez Freud, une rage anti-patriarcale qui a plus à voir avec la névrose qu’avec la méthode scientifique.

Voilà, à très grands traits et sans entrer dans les détails, la théorie d’Onfray sur Freud. C’est un carnage.

 

*

 

La théorie est étayée par une analyse approfondie des méthodes du bon docteur Sigmund. Où l’on apprend en vrac :

-          Que Freud s’est vanté de guérisons imaginaires, les patients en cause ayant généralement fait des rechutes (limite de l’effet placebo),

-          Qu’il a lui-même présenté sa théorie du « père de la horde originaire » comme un « mythe scientifique » (soit un aveu du caractère non-scientifique de la théorie),

-          Qu’il a lui-même présenté la psychanalyse comme l’incarnation de « l’esprit du nouveau judaïsme », c'est-à-dire non comme une science, mais comme une religion qui se substitue à une autre religion (ici, Onfray fait une remarque inattendue et intéressante : Freud aurait-il été ami de l’Egypte, et ennemi de Moïse, précisément parce que la terre des Pharaons fut une des rares civilisations connues pour pratiquer l’inceste à grande échelle ? – Onfray va jusqu’à parler d’un antisémitisme latent chez Freud, au-delà d’un antijudaïsme évident),

-          Que les patients de Freud et de certains de ses disciples immédiats ont une fâcheuse tendance à se suicider après quelques années d’analyse (dont, entre autres, Marilyn Monroe, qui, en léguant une partie de sa fortune à la Fondation Anna Freud, a beaucoup fait pour les finances de la secte),

-          Que le bon docteur a beaucoup écrit sous l’emprise de la cocaïne, ce qui, on l’admettra, n’est pas franchement un gage d’objectivité scientifique (au passage, on peut remarquer que Freud a si bien soigné un patient à grands coups de cocaïne par injection… que ledit patient en est mort !),

-          Que Freud annonça avoir renoncé à l’hypnose à cause de son caractère « mystique », mais que ce renoncement arriva comme par hasard après qu’il se fut avéré qu’il était mauvais hypnotiseur,

-          Qu’il a ouvertement reconnu avoir abandonné la balnéothérapie parce qu’elle n’était pas rentable financièrement,

-          Etc. etc.

Plus intéressant que ce dossier à charge lourd mais anecdotique au regard des enjeux réels, Onfray attaque le freudisme, et pas seulement Freud. Et bien sûr, c’est là qu’est le vrai débat : au fond, que le bon docteur n’ait été qu’un charlatan n’a aucune importance ; ce qui est important, c’est de savoir si l’impact de sa pensée est positif ou négatif. Un charlatan médical peut très bien être un philosophe de grande portée ; est-ce le cas de Freud ?

Onfray accuse Freud d’avoir plongé l’esprit occidental dans un rapport magique au monde. Sa philosophie est caractérisée par une dénégation inconsciente du corps, dont le primat accordé au psychisme n’est que le masque. Ce déni du corps traduit, en profondeur, un refus de l’incertitude, une volonté obstinée de ne pas concéder à l’humain sa part de mystère : l’inconscient freudien est une pure abstraction, qui se révèle par des phénomènes que l’existence de cette abstraction permet de relier arbitrairement. Le discours freudien est donc celui d’une reconstitution artificielle d’un monde parallèle, où le pouvoir du mage transcende les limites de la connaissance humaine. C’est une pensée magique, et, plus grave, c’est le point de départ d’un univers sectaire : le monde freudien, déconnecté du réel, fournit en réalité un placebo à des malades eux-mêmes atteints d’une semblable déconnexion. Le psychanalyste ne guérit pas, il cautionne la maladie, il la rend acceptable par son patient. Fondamentalement, c’est de la magie noire.

Cette magie, explique Onfray, est dangereuse parce qu’elle repose sur un ensemble de mythes agissants. Si vous vivez dans un monde où l’on vous dit que tout est sexe, au bout d’un moment, dans votre esprit, tout sera effectivement sexe (surtout si ce discours vous libère d’un puritanisme étouffant). Si vous vivez dans un monde où l’on analyse toute relation comme perverse, alors toute relation deviendra effectivement perverse (surtout si vous vivez dans un monde dont les  structures socio-économiques sont réellement perverses). Et si en plus, vous vivez dans un monde où les tenants des thèses en question pratiquent l’intimidation à l’égard de quiconque ne partage pas leurs certitudes, vos réflexes d’obédience viendront renforcer l’impact pathogène du discours sectaire dans lequel votre société est enfermée. Ne perdons pas de vue qu’à travers le Comité Secret de la Société psychologique et ses ramifications à travers toute l’Europe, la psychanalyse s’est, très tôt, organisée comme une franc-maçonnerie particulièrement sectaire, dont les affidés chassaient en meute – d’où la dictature intellectuelle des milieux freudiens dans les intelligentsias.

Sous cet angle, on sort de la lecture d’Onfray avec en tête une hypothèse : Freud se rattache peut-être à la catégorie des faiseurs « d’horribles miracles », pour parler comme René Girard – il crée une peste, la répand dans la société en jouant sur les mimétismes, et se vante ensuite de pouvoir guérir du mal qu’il a lui-même créé. C’est en effet ainsi, explique Girard dans « Je vois Satan tomber comme l’éclair », que procédaient les thaumaturges du paganisme tardif – dans les catégories chrétiennes, Freud serait donc un faux prophète, un antéchrist.

Qu’Onfray n’ait pas anticipé la formulation de cette hypothèse, parmi les réactions possibles de son lecteur, se laisse bien voir à la dernière partie de son livre, où il nous présente le Freud « réactionnaire » – rappelons ici que Freud réaffirme, à travers la théorie de la sublimation, un interdit de l’inceste (fût-ce pour y voir la source de toutes les névroses). Et, à juste titre, Onfray nous fait remarquer que cette manière de poser le problème débouche, mécaniquement, sur une vision du monde très noire : rares seront les hommes heureux, car rares seront les hommes qui sauront accorder leurs désirs et leurs possibilités, donc la règle est la compétition pour le peu de bonheur disponible, presque un concours de bites, au fond, et que le meilleur gagne ! (sous cet angle il est évident que le freudisme est en partie une idéologie bourgeoise, voire un proto-fascisme, et en tout cas un nihilisme).

Et cependant, on sort de cette cinquième partie avec un sentiment d’inachevé…

En fait, Onfray passe à côté de la conclusion qui aurait dû couronner sa charge. On soupçonne ici que, pour dire les choses simplement, l’intello d’Argentan ne s’est jamais remis de son passage chez les curés (pédophiles d’après lui, et qui en outre lui auraient interdit de se branler). Résultat : chez Onfray, il manque l’essentiel.

Onfray ne peut condamner l’instrumentalisation du désir qu’au nom du désir, parce qu’il ignore, ou en tout cas néglige, la notion d’Amitié (au sens aristotélicien). C’est pourquoi, à ses yeux, il ne peut y avoir que deux camps : ceux qui veulent réprimer le désir (où il range Freud), et ceux qui veulent le libérer (où il se range). Puisque Freud décourage les hédonistes, c’est que Freud est un réac : voilà la conclusion d’Onfray – qui montre ici les limites de son positionnement, et passe donc complètement à côté de la question où, pourtant, son travail aurait dû l’amener : est-ce que le fond du problème, chez Freud, ce ne serait pas tout simplement une certaine incapacité à aimer ? A s’oublier soi-même ? Et si, pour sortir de la névrose, il ne fallait tout simplement admettre que l’on doit s’occuper d’autre chose que de soi ?

Autant de questions qu’Onfray, profondément individualiste, irréductiblement moderne, ne peut pas poser, parce qu’il ne peut pas les penser. Pour Onfray, le monde se réduit à un face-à-face entre phallocratie et libération sexuelle : il n’a pas remarqué que ce ne sont là, fondamentalement, que deux figures possibles d’une même réduction de l’Agapè à l’Eros. En quoi, et il l’avoue d’ailleurs à demi-mots dans sa conclusion, Onfray ne peut pas, à ce stade, se libérer vraiment de l’emprise de Freud…

( 1 ) Les lecteurs désireux de se détendre pourront se régaler de ce morceau de bravoure, offert par un « psy » tellement caricatural qu’on a peine à croire au premier degré : voici l’impossible remix de « Freud est grand et je suis son prophète » sur un sampling d’Offenbach, la vie parisienne, « Yé choui bréjilien y’ai dé l’or » (ne pas manquer).

( 2 ) Sur le sous-nietzschéisme d'Onfray, à lire très bientôt sur ce blog un résumé de la critique de Nietzsche par Lukacs. Qu'il soit bien entendu que cette note de lecture ne vaut pas approbation de la position d'Onfray dans l'absolu.