dimanche, 29 décembre 2024
La guerre de l'Arctique

La guerre de l'Arctique
par Pierluigi Fagan
Source: https://www.ariannaeditrice.it/articoli/la-guerra-artica
Le Groenland est la plus grande île du monde et correspond à 22% du territoire des États-Unis, soit à peu près la superficie additionnée de l'Italie + la France + l'Espagne + l'Allemagne + la Pologne + le Royaume-Uni, avec seulement 60.000 habitants. Elle fait partie du Royaume du Danemark mais dispose de pouvoirs autonomes étendus.

Selon un rapport de l'US Geological Survey, 13% des ressources pétrolières et 30% des ressources gazières mondiales, ainsi que de l'or, des rubis, des diamants, du zinc, du fer, du cuivre, des terres rares et beaucoup d'uranium, se trouvent dans le sous-sol (entre la terre ferme et les fonds marins) pour une valeur totale estimée à environ 400 milliards d'USD, soit une année de PIB pour le Danemark.
Les États-Unis y possèdent déjà plusieurs bases militaires non divulguées, à l'exception de celle, bien connue, de Pituffik, qui est le centre de l'ensemble du réseau de protection de l'espace (NORAD). Au-delà des ressources, certes substantielles, il ne fait aucun doute que le principal poids stratégique de l'île glacée est d'ordre géostratégique, puisqu'elle fait partie du pôle Nord et qu'elle en contrôle l'accès pour tout le Sud-Ouest.
Pour le pôle Nord, limitrophe de la Sibérie, les Chinois envisagent de développer leur route de la soie polaire, alternative stratégique pour éviter les détroits d'Asie du Sud-Est (alors Bab el-Mandeb, Mer Rouge, Suez) et aussi raccourcir le temps de traversée vers l'Europe.
Je rappelle que les États-Unis ne sont considérés comme une nation polaire qu'en raison d'une partie (nord) de l'Alaska, qui était autrefois une terre russe achetée par les Américains (en 1867). Le sous-sol du pôle Nord est quant à lui crédité d'énormes réserves de pétrole, de gaz, de palladium, de nickel, de phosphate, de bauxite, de terres rares, et j'en passe.

Bien sûr, tout ce battage autour du Grand Nord suit les mesures et les prévisions sur la fonte progressive des glaces que les hauts commandements stratégiques des grandes puissances mondiales semblent croire, mais ils ne suivent pas les canaux actifs des négationnistes du climat, les seuls à savoir réellement ce qu'il en est. Cette ligne est activement financée par l'entourage de Trump, qui donc quand cela l'arrange nie, quand cela l'arrange achète par anticipation ce qu'il nie par ailleurs. Dans ces réseaux de nouvelles qui sont pour beaucoup invérifiables et apparemment contradictoires, plusieurs fake news sont repérables.
En 1991, un forum de consultation, de coordination et de coopération - le Conseil de l'Arctique - a été créé par les États membres de l'Arctique, à savoir le Canada, le Danemark, la Finlande, l'Islande, la Norvège et le Royaume-Uni : Le Canada, le Danemark, la Finlande, l'Islande, la Norvège, la Russie, la Suède et les États-Unis. En mars 2022, les pays occidentaux ont suspendu leur participation en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Suite au renoncement à la neutralité historique et à l'adhésion à l'OTAN de la Suède et de la Finlande, ces pays sont désormais tous membres de l'OTAN (à l'exception, bien sûr, de la Russie).

Ce dernier virage scandinave n'est certainement pas dû à la crainte face à l'hypothétique convoitise des Russes pour les élans, les rennes et les lichens scandinaves, mais plutôt à l'alignement stratégique des perspectives concernant le conflit -certain- à venir ou au moins le "différend chaud"qui s'instaurera avec l'Arctique pour objet. En particulier, avec la Finlande et accessoirement la Suède, toutes deux désormais dans l'OTAN, l'une des bases russes les plus importantes dans l'Arctique, la péninsule de Kola, est directement menacée. Avec une quarantaine de navires, les Russes peuvent se targuer d'avoir la plus grande flotte de brise-glaces au monde, et leur présence en direction du pôle est bien organisée et continuellement renforcée.
Il y a quelques jours, Trump a relancé l'idée d'acheter l'île du Groenland, une idée que les Américains poursuivent depuis 1867 et que Trump lui-même avait mise sur la table lors de sa première présidence. Il a ensuite déplacé l'ambassadeur qui se trouvait en Suède, soit l'homme qui avait évidemment piloté, avec des arguments intéressants et convaincants, la renonciation de Stockholm à l'histoire de sa neutralité qui durait depuis deux siècles. Ce diplomate est l'un des fondateurs de PayPal et donc un membre décisif de la PayPalMafia (Thiel, Musk, Nosek, Levchin), ainsi qu'un « jeune leader mondial » élu par le Forum économique mondial. Chaque jour un peu plus, ce groupe prend une fonction stratégique dans l'administration Trump; à quelles fins ? L'avenir nous le dira.

'Trump veut acheter le Groenland' est un titre pour les journaux et les émissions télévisées, l'affaire est cependant bien moins absurde. Les Américains peuvent acheter une partie (Nord) ou la louer pour 99 ans ou avoir des permis de construction et d'exploitation limités ou envenimer le conflit d'autonomie entre les indigènes et le Danemark en soutenant les souhaits d'indépendance ou en se proposant comme médiateur qui peut « rendre tout le monde heureux », c'est-à-dire surtout les États-Unis. La partie qui intéresse les États-Unis se trouve dans le nord, tandis que la population inuit, par ailleurs peu nombreuse, se trouve dans le sud.

Les Inuits sont la population dont le taux de suicide est le plus élevé au monde. Les noyer sous les dollars ne les rendra pas heureux, mais en bref, cela les aidera peut-être.
La question est d'ailleurs la dénégation la plus flagrante de la Doctrine Monroe puisque l'île fait en fait partie de la plate-forme nord-américaine.
Le retour de la Doctrine Monroe s'est également traduit par la mise sur la table, de manière synchronisée, d'une nouvelle question panaméenne. Comme nous l'avions anticipé dans notre article publié quelques jours après l'élection américaine, la ré-annexion hégémonique de l'ensemble du continent aux intérêts et aux souhaits de Washington constitue l'épine dorsale de la vision stratégique de la nouvelle administration.
Cette vision, contrairement au rejet obstiné et irréaliste de la présidence précédente, semble considérer l'évolution multipolaire de l'ordre mondial comme acquise, alors autant compacter son propre pôle et le faire sur des bases solidement géopolitiques (pôle américain) et non idéalistes (États-Unis+UE=Ouest/Occident). Qu'on le veuille ou non, le « groupe Trump » fait preuve d'une logique géostratégique solide et articulée.
Pour toutes ces raisons qui viennent d'être évoquées et pour l'élasticité des nombreuses solutions possibles, je prendrais l'opération pour faite, en perspective, nous verrons bien combien et comment.
20:32 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, danemark, groenland, europe, affaires européennes, donald trump, états-unis, doctrine de monroe, géopolitique, arctique, inuit |
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Financements étrangers en politique ? Acceptables si Soros paie, inadmissibles si Musk paie

Financements étrangers en politique ? Acceptables si Soros paie, inadmissibles si Musk paie
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/finanziamenti-stranieri-alla-po...
Ah, comme Soros était merveilleux lorsqu’il spéculait contre la lire, ruinant ainsi l’économie italienne. Comme il était formidable lorsqu’il organisait et finançait les printemps arabes et les révolutions colorées, toutes rigoureusement spontanées, bien entendu. Quand il soutenait, avec plus ou moins de succès, des tentatives de coups d’État un peu partout dans le monde.
Et comme il est désormais détestable, Elon Musk, qui finance le MAGA de Trump, rencontre Farage au Royaume-Uni, vante les mérites de l’AfD en Allemagne et s’affiche avec Meloni (le baiser dont il la gratifie en vidéo est une création de l’intelligence artificielle, mais qu’importe).
La Repubblica n’émet aucun doute lorsqu’il s’agit de diviser le monde en bons et en méchants. Les bons, c’est eux et leurs petits amis: leurs financiers, leurs protecteurs. Les méchants, ce sont les autres, tous les autres. De Trump à Poutine, de Xi Jinping à Modi, qui, le vilain bougre, a rouvert l’ambassade indienne en Corée du Nord. Et surtout, lui, là : ce M. Musk. Qui non seulement est passé des démocrates aux républicains pro-Trump, mais est aussi plus riche que Soros et peut donc influencer la politique dans divers pays.
Ainsi, depuis qu'il est entré en lice, comme par miracle, les financements étrangers octroyés aux partis et aux organisations politiques sont devenus inacceptables, une honte, une tentative de manipuler les électeurs.
Étrange, car il y a encore quelques mois, ce qui était ignoble et inadmissible, c’étaient les lois de pays comme la Russie et la Géorgie qui cherchaient à empêcher les organisations locales d’être financées par des groupes et des spéculateurs étrangers. L’objectif ? Éviter les ingérences et les manipulations. Mais dans ces cas-là, les financiers étaient les bons. Cette fois, c’est le méchant qui paie. Et les interférences étrangères dans la politique sont acceptables ou inacceptables non pas en fonction de principes universels, mais en fonction des positions politiques en rapport à la gauche journalistique.
14:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, financements politiques |
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samedi, 28 décembre 2024
L'Approche Unique de Kierkegaard sur le 'Péché'

L'Approche Unique de Kierkegaard sur le 'Péché'
Troy Southgate
Source: https://troysouthgate.substack.com/p/kierkegaards-unique-...
Bien que nous soyons habitués à entendre des chrétiens décrire des comportements tels que la fornication ou l'hédonisme comme des manifestations de comportements « pécheurs », il existe une manière légèrement différente d'aborder la question, qui pourrait même intéresser les non-chrétiens.
Søren Kierkegaard, ayant grandi dans un environnement profondément religieux, où lui et ses compagnons luthériens étaient constamment rappelés à la nécessité d’examiner leur conscience à la recherche de traces persistantes de « péché », a adopté une perspective différente dans ses propres travaux. Plutôt que de prendre un ton moralisateur, il envisageait la déviance humaine de manière analogue à celle de Saint Augustin d'Hippone, qui parlait de désorientation spirituelle. Pour Kierkegaard, le « péché » naît dès que les êtres humains, face à la liberté, deviennent anxieux et échouent à faire le bon choix. La vie est pleine de moments difficiles, mais c’est la manière dont nous les affrontons qui compte.
Dans son ouvrage de 1844, Le Concept de l'angoisse, Kierkegaard explique que nous devons laisser passer en nous les préoccupations et l’incertitude, et qu’en utilisant notre force intérieure, nous pouvons tenir face à la tempête comme un homme condamné à mort refuse de plier devant ses ennemis. En embrassant la liberté qui nous est donnée et en « passant à travers l’anxiété du possible », nous nous purifions de tout ce qui est mesquin et inférieur. Plutôt que de décrire le « péché » comme une tentation à éviter, Kierkegaard insiste sur le fait que nous devons accueillir ces moments de crise personnelle, car ils nous offrent une véritable libération et peuvent enseigner à l'individu :
« À ne pas avoir d'anxiété, non pas parce qu'il peut échapper aux terribles épreuves de la vie, mais parce que celles-ci deviennent toujours faibles en comparaison avec celles du possible ».
Ainsi, comme Augustin avant lui, Kierkegaard croyait que bien que la notion de péché originel soit tirée du récit de la désobéissance d'Adam et Ève dans le Jardin d'Éden, les humains vivent encore et encore la Chute tout au long de leur vie, ce qui explique l’apparition récurrente de ces moments d’anxiété.
Compte tenu du syndrome de Stockholm qui a conduit les populations de l'Europe et de l'Amérique du Nord contemporaines à développer une affinité psychologique avec leurs geôliers financiers, il est évident que la plupart des gens ne prennent pas au sérieux les conseils de Kierkegaard sur la saisie de la liberté. Ils choisissent plutôt l'option plus « pécheresse » qui leur permet de réprimer leur anxiété à l'aide des artifices synthétiques de la vie moderne. Bien que Kierkegaard accepte que notre chemin à travers ce royaume terrestre soit difficile, il n'y a vraiment aucune excuse pour rejeter la liberté dès qu'elle se présente à nous.
23:14 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philosophie, sören kierkegaard, angoisse |
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Trump veut Panama et le Groenland. L’hypocrisie yankee est terminée, la souveraineté n’est plus un droit

Trump veut Panama et le Groenland. L’hypocrisie yankee est terminée, la souveraineté n’est plus un droit
Augusto Grandi
Source: https://electomagazine.it/trump-vuole-panama-e-groenlandia-lipocrisia-yankee-e-finita-la-sovranita-non-e-un-diritto/
Il n’est pas encore installé à la Maison Blanche mais Trump a déjà commencé à menacer plusieurs pays. En dehors des habituelles polémiques avec la Chine, le président revenu aux affaires a annoncé son intention d’imposer des droits de douane sur les produits canadiens et mexicains, c’est-à-dire sur les importations des deux pays avec lesquels les États-Unis ont signé un accord commercial allant dans une direction opposée.
Jusqu’ici, on reste dans le domaine économique. Incorrect, mais uniquement économique.
Les vrais problèmes commencent avec Panama. Car Trump veut la souveraineté sur le canal et des tarifs plus bas. À Panama, la réaction a été plutôt négative, et le président a précisé que l’indépendance et la souveraineté de l’État ne sont pas négociables. « Chaque kilomètre carré du canal et des zones environnantes restera sous le contrôle de Panama », a-t-il déclaré. La réponse de Trump ne s’est pas fait attendre : « Bienvenue au canal américain ». Pas vraiment un geste amical.
Mais le président yankee ne s’arrête pas là. Il veut aussi le Groenland, car cela représente une « nécessité absolue ». Dommage qu’il y ait également des habitants sur l’île. Le Premier ministre, Múte Egede, a assuré que le Groenland n’est pas à vendre et ne le sera pas non plus à l’avenir.
D’ailleurs, si Israël peut envahir Gaza, la Cisjordanie, la Syrie sans que l’Occident collectif ne daigne au moins protester, pourquoi Washington devrait-il respecter la souveraineté d’autres pays ? Au moins, Trump met fin à l’hypocrisie et annonce au monde que le deux poids, deux mesures est devenu officiel. Et ceux qui ne se plient pas seront envahis si cela convient aux États-Unis. Bien sûr, cela ne s’applique pas à la Chine et à ses revendications...
23:04 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : donald trump, panama, groenland, états-unis |
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Dans "Histoire africaine de l'Afrique", nous retrouvons l'écho de Frobenius et Davidson

Dans "Histoire africaine de l'Afrique", nous retrouvons l'écho de Frobenius et Davidson
Journaliste de la BBC, la Soudanaise Zeinab Badawi élargit le regard sur un continent sous-estimé
Par Carlo Romano
Source: https://www.barbadillo.it/117744-nella-storia-africana-de...
La civilisation africaine (édition italienne: Einaudi, 1971)
Dans un livre qui, depuis la fin des années 1960, est resté une référence pour les lecteurs italiens, l’historien, journaliste et – entre autres qualifications – officier de liaison entre les forces alliées et la Résistance en Ligurie, Basil Davidson, avait formulé cet objectif :



« Présenter un résumé de ce que l’on sait aujourd’hui des idées et systèmes sociaux, des religions, des valeurs morales, des croyances magiques, des arts et de la métaphysique d’une série de peuples africains, en particulier ceux d’Afrique tropicale. Ensuite, examiner les façons dont ces éléments se sont développés et transformés depuis le passé lointain jusqu’à aujourd’hui. Enfin, replacer ces aspects de la civilisation africaine dans leur perspective contemporaine en tant que parties cohérentes d’un ensemble vital ».
En s’éloignant des préjugés coloniaux, avec La civilisation africaine (Einaudi, 1971) et une vaste œuvre de vulgarisation accompagnée d’une série de documentaires, Davidson a pleinement atteint son objectif. Avec le temps, ce livre – bien qu’il ne soit pas strictement académique, même s’il a été adopté par de nombreuses universités – n’a pas été complété par beaucoup d’autres études. Cependant, une édition actualisée, également intitulée La civilisation africaine, a été publiée en 1997.


Avant cet ouvrage, on pouvait se référer à Histoire de la civilisation africaine/Kulturgeschichte Afrikas (Einaudi, 1950 et Adelphi, 2013) de Leo Frobenius, ethnologue, fondateur de divers instituts, correspondant avec Ezra Pound sur des questions économiques, et auteur en 1910 du magnifique compendium de légendes africaines Le Décaméron noir (Rizzoli, 1971).

Ce livre a influencé le concept de Négritude, de Aimé Césaire à Léopold Sédar Senghor, selon lesquels Frobenius « avait restitué à l’Afrique sa dignité et son identité ». La phrase « chaque fois qu’un vieillard meurt en Afrique, c’est une bibliothèque entière qui disparaît » semble illustrer parfaitement le contenu de Der schwarze Dekameron.
Des ouvrages comme ceux de Frobenius et Davidson ont renversé l’idée nuisible du « sauvage noir », réduisant les traditions et les arts africains à de simples visions exotiques, tout au plus décoratives. Cependant, d’autres livres et pamphlets – notamment à partir de Malcolm X – qui ont politisé l’idée même de civilisation africaine, ont parfois montré un préjugé inverse à celui du colonialisme, revendiquant par fierté de prétendues suprématies.

On pense ici au livre d’un spécialiste de la Grèce ancienne auprès de l’université Cornell, Martin Bernal, dont la publication a suscité de vifs débats, bien que beaucoup se soient arrêtés au titre provocateur, Black Athena (Pratiche Editrice, 1992). Bernal identifiait deux modèles historiographiques: l’« antique », élaboré par les Grecs eux-mêmes, et l’« aryen », imprégné de romantisme et influencé par des éléments extérieurs et idéologiques, comme le racisme. Bernal va même jusqu’à affirmer que les langues indo-européennes auraient un substrat d’origine africaine.
Ses thèses ont été contestées par de nombreux spécialistes du classicisme, notamment dans le volume collectif Black Athena Revisited (1996).


Avec An African History of Africa/Une Histoire africaine de l’Afrique de la journaliste soudanaise Zeinab Badawi – diplômée d’Oxford, ancienne présidente de la Royal African Society et collaboratrice de la BBC, où elle a présenté The History of Africa, une série de documentaires basée sur les rapports de l’UNESCO et sur l’ouvrage Histoire générale de l’Afrique qui en a découlé – nous avons aujourd’hui un essai de grande vulgarisation. Ce travail intègre l’expérience que l’auteure a acquise aussi bien avec les chercheurs africains qu’avec les gardiens des traditions orales.
L’histoire de l’Afrique est celle des origines de la civilisation humaine, mais on discute peu de son histoire ancienne et moderne, étouffée par les récits occidentaux évoquant la pauvreté, l’esclavage et le colonialisme. Ainsi, les récits fascinants des reines guerrières, des puissantes civilisations, des bâtiments somptueux et des marchés animés restent méconnus, alors que l’Afrique est bien plus que ce que nous imaginons.
22:32 Publié dans Histoire, Livre, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, livre, zeineb badawi, leo frobenius, basil davidson, histoire |
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Comment un pont terrestre mondial pourrait créer un partenariat entre l'Inde, la Chine, la Russie et les États-Unis à l'ère Trump

Comment un pont terrestre mondial pourrait créer un partenariat entre l'Inde, la Chine, la Russie et les États-Unis à l'ère Trump
par Atul Aneja
Source: https://telegra.ph/Come-un-ponte-terrestre-mondiale-pu%C3...
Pour les pans de l'humanité qui aspirent à l'avènement d'un monde multipolaire, l'arrivée du président américain nouvellement élu Donald Trump sur la scène mondiale a provoqué un certain émoi.
Non pas parce que Trump est un défenseur du multipolarisme, fondé sur l'essor collectif et collaboratif des États civilisés. En fait, sa vision du monde est plutôt nationaliste et ne vise que la renaissance de la « grandeur » américaine. Cependant, sa vision internationale est basée sur un pragmatisme extrême. Ainsi, si l'élévation de l'Amérique peut se faire en s'engageant avec des régimes dits « autoritaires », que ce soit en Corée du Nord ou en Chine, c'est bien, tout comme il est bien de travailler avec les Européens, à condition qu'ils se débarrassent de leurs instincts parasitaires et qu'ils établissent une relation véritablement équitable et symbiotique avec Washington.
Cependant, il est important de comprendre ce que Trump n'est pas. Le 44ème président** des États-Unis n'est pas un mondialiste. Cela signifie qu'il rejette la croisade anti-tradition d'une élite transnationale ultra-puissante, non élue et dirigée par les États-Unis, qui insiste pour imposer la démocratie libérale à l'ensemble de la planète, même au prix de créer des changements de régime dans les pays qui s'opposent à ce diktat. En d'autres termes, Trump partage son programme antimondialiste avec l'idée sous-jacente du multipolarisme, qui rejette le mondialisme et veut créer un monde multipolaire sous la forme d'une alliance d'États-civilisations souverains.
Selon le philosophe russe Alexandre Douguine, il est peu probable que Trump adhère au multipolarisme ; il est partisan de l'hégémonie américaine. "Cependant, il considère cette hégémonie d'une manière radicalement différente des mondialistes qui ont dominé le pouvoir américain au cours des dernières décennies (qu'ils soient démocrates ou républicains)".
Les mondialistes associent la domination politico-militaire et la supériorité économique à une idéologie libérale fondée sur l'imposition de valeurs anti-traditionnelles dans le monde entier (y compris aux États-Unis). Pour eux, l'hégémonie n'est pas la domination d'un pays, mais d'un système idéologique libéral international.
Trump, quant à lui, estime que les intérêts nationaux doivent primer, enracinés dans les valeurs américaines traditionnelles. En d'autres termes, il s'agit d'une hégémonie droite-conservatrice, idéologiquement opposée à l'approche gauche-libérale (Clinton, Bush Jr., Obama, Biden).
On ne sait pas encore comment le trumpisme se manifestera dans les relations internationales. Il pourrait objectivement accélérer la transition vers le multipolarisme, ou la ralentir ».
Malgré l'incertitude ambiante, l'arrivée de Trump a ouvert la porte à l'entrée d'un air frais. Les partisans du multipolarisme ne peuvent pas gaspiller ce moment de transition possible pour définir un nouveau système mondial.
Pour faire une percée, de nouvelles idées sont nécessaires, en particulier sur la connectivité transcontinentale qui peut naturellement transcender les fixations géopolitiques rigides et générer un nouveau paradigme de collaboration sans précédent.
Le projet de connectivité transcontinentale a déjà été amorcé. Malgré des critiques en partie légitimes, les Chinois ont déjà lancé leur initiative dénommée « la Ceinture et la Route », une gigantesque entreprise de connectivité reliant l'Asie à l'Europe à travers la vaste masse continentale eurasienne, avec des points nodaux s'étendant jusqu'au Sud mondial. La Russie a son propre projet d'Union économique eurasienne (UEE) qui implique également une connectivité profonde. De même, la Russie, l'Inde et l'Iran ont été les pionniers du corridor international de transport nord-sud (INSTC).
Compte tenu de ces avancées, comment les Américains peuvent-ils se joindre à ces gigantesques initiatives de connectivité, créant ainsi un vaste espace pour la création de richesses et l'essor économique ?
La création d'un pont terrestre mondial pourrait apporter une réponse.
L'Institut Schiller, basé aux États-Unis et en Allemagne, propose depuis longtemps que les États-Unis s'associent à la Russie pour intégrer physiquement les Amériques à la Sibérie, ce qui conduirait à un enchevêtrement logistique, économique et culturel avec l'Eurasie, qui est déjà connectée avec la BRI de la Chine et l'UEE de la Russie.

Dans l'une de ses présentations, l'Institut a souligné qu'il existe un projet visant à combler le fossé entre l'Alaska et la Sibérie par la construction d'un tunnel sous le détroit de Béring. Il s'agit du projet de connectivité le plus décisif, qui conduira à la création d'un pont terrestre mondial, puisqu'il reliera la Russie et les États-Unis, c'est-à-dire toute l'Eurasie, à l'ensemble du continent américain.
Il existe un deuxième projet, également d'une importance capitale pour la connectivité terrestre avec les Amériques et l'ensemble du globe.
Il s'agit de la proposition de relier l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud plus au sud, à travers la fosse dite de Darien, par des routes et des trains à grande vitesse. Une fois la trouée de Darien franchie, une liaison ferroviaire pourra être créée pour relier l'Amérique du Sud à l'Eurasie, générant des millions d'emplois, ouvrant de nouveaux marchés et donnant naissance à de nouvelles villes, à des parcs industriels et à des pôles touristiques. L'osmose culturelle de telles entreprises, par le biais de contacts interpersonnels, à l'échelle industrielle, est impensable.

Heureusement, Moscou et Pékin soutiennent activement le tunnel de la mer de Béring, conscients qu'il peut contribuer à élever l'économie mondiale à un tout autre niveau, en mettant fin aux rivalités géopolitiques et en bénéficiant à l'humanité toute entière grâce à un projet gigantesque reposant sur une science et une ingénierie de pointe.

Auparavant, le Siberian Times avait rapporté que Vladimir Iakounine, ancien président des chemins de fer russes, avait présenté un plan de développement d'une gigantesque route transsibérienne qui relierait la frontière orientale de son pays à l'État américain de l'Alaska, en traversant une partie étroite de la mer de Béring.

Le projet de développement de la ceinture transeurasienne (TEPR) prévoit la construction d'une grande route le long du chemin de fer transsibérien existant, ainsi que d'un nouveau réseau ferroviaire et d'oléoducs et de gazoducs.
Il s'agit d'un projet interétatique et intercivilisationnel », a déclaré M. Iakounine selon le Siberian Times. Le projet doit être transformé en une « zone d'avenir » mondiale et doit être basé sur des technologies de pointe et non de repli ». M. Iakounine a indiqué que la route relierait la région de Tchoukotka, à l'extrême est de la Russie, à la péninsule de Seward, en Alaska, en passant par le détroit de Béring. La route entrerait probablement en Alaska au nord de la ville de Nome.
Les Chinois ont également proposé une liaison « Chine-Russie-Canada-Amérique », qui rejoindrait l'Alaska par le tunnel du détroit de Béring. Le journal d'État Beijing Times a rapporté qu'un tunnel sous-marin de 200 kilomètres serait nécessaire pour traverser le détroit de Béring. La ligne s'étendrait sur 13.000 km, soit environ 3000 km de plus que le chemin de fer transsibérien. Le voyage durerait deux jours et le train atteindrait une vitesse moyenne de 350 km/h.

La participation de l'Inde au projet de connectivité trilatérale avec le Myanmar et la Thaïlande dans le cadre de l'initiative « Act East » offre un autre moyen de s'engager dans les corridors de croissance transcontinentaux. Par exemple, la Thaïlande est au centre d'un projet de chemin de fer visant à relier Singapour à la province chinoise du Yunnan. Partant de Singapour, le chemin de fer proposé traversera la Malaisie, la Thaïlande et le Laos avant d'entrer dans le Yunnan.
Une fois qu'un corridor terrestre aura été créé avec la Thaïlande, ce pays d'Asie du Sud-Est pourra devenir la porte d'entrée de l'Inde sur un réseau ferroviaire très développé qui relie déjà la Chine à l'Europe.
19:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : connectivité, actualité, eurasie, amérique, pont terrestre, géopolitique |
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vendredi, 27 décembre 2024
La spirale infernale de l'Allemagne: quand l'idéologie étrangle l'économie

La spirale infernale de l'Allemagne: quand l'idéologie étrangle l'économie
Source: https://report24.news/deutschlands-todesspirale-wenn-ideo...
La politique allemande ressemble actuellement à une pièce digne du théâtre des absurdités. Alors que le pays s'enfonce dans sa plus grave crise économique depuis l'après-guerre, l'élite politique s'exerce à un remarquable déni de réalité. Le récent scandale de l'ingérence d'Elon Musk dans la politique allemande n'est que la pointe d'un iceberg bien plus grand.
Les faits sont accablants: un quart des Allemands ne peuvent plus payer leurs factures mensuelles. 17,5 millions de personnes - une réévaluation choquante des chiffres de la pauvreté en incluant les frais de logement - vivent dans la pauvreté. Les « champions cachés » de l'industrie allemande, autrefois fiers de leurs prestations, luttent pour leur survie. Les animaux domestiques deviennent des produits de luxe, les banques alimentaires doivent rationner la nourriture.
La construction, que fut le gouvernement dit « feu tricolore », a implosé de manière spectaculaire le 6 novembre, le vote de confiance du 16 décembre n'était plus qu'une formalité. Mais les partis établis - qu'il s'agisse de la SPD, de la CDU/CSU, de la FDP ou des Verts - ne présentent que des solutions cosmétiques aux problèmes structurels à l'approche des nouvelles élections du 23 février.
Le point décisif que le mainstream politique s'obstine à ignorer: le déclin économique de l'Allemagne n'est pas une catastrophe naturelle, mais le résultat d'une castration politique qu'elle a elle-même choisie. La perte de l'énergie russe bon marché - non pas, notons-le, par décision de Moscou, mais par auto-sanction et sabotage occidentaux (mot-clé,ici, c'est "Nord Stream") - a coupé l'herbe sous le pied de l'industrie allemande.
L'analogie est aussi pertinente qu'effrayante : l'Allemagne ressemble à une PME vieillissante qui n'a pas seulement négligé sa forme physique, mais qui s'est en plus coupée elle-même l'alimentation en air. Les Etats-Unis, sous Joe Biden comme sous le président désigné Trump, exploitent habilement cette auto-strangulation pour débaucher les entreprises allemandes à coups de subventions.
Seuls deux partis osent appeler cet éléphant dans la pièce par son nom : l'AfD d'Alice Weidel, désormais deuxième force dans les sondages, et le BSW de Sahra Wagenknecht. Le fait que ces antipodes politiques soient justement les seuls à évoquer la nécessité de normaliser les relations avec la Russie montre toute l'absurdité de la situation.
La tragédie la plus profonde réside dans la capitulation intellectuelle de la politique allemande: au lieu de défendre les intérêts nationaux évidents, on se soumet à la pensée du groupe atlantiste qui mène l'Allemagne à l'abîme économique. La concurrence chinoise, les marchés d'exportation en déclin et la menace de droits de douane punitifs des Américains font le reste.
Bloomberg parle déjà d'un « point de non-retour » - un déclin qui menace d'être irréversible. La politique allemande réagit à cela avec un mélange de déni de la réalité et d'aveuglement idéologique. Tandis que l'on s'émeut de l'« ingérence » de Musk, on passe soigneusement sous silence l'intervention américaine massive dans la souveraineté économique de l'Allemagne.
L'amère vérité est que les problèmes de l'Allemagne peuvent certes être résolus - mais pas tant que la classe politique refuse de briser les chaînes qu'elle s'est elle-même imposées. Les prochaines élections n'y changeront rien tant que tous les partis potentiellement au pouvoir s'en tiendront à un dogme qui subordonne les intérêts de l'Allemagne à ceux de Washington.
Ce que nous vivons n'est pas une crise économique ordinaire, mais le démantèlement systématique d'un site industriel par un auto-enfermement idéologique. Un pays commet un suicide économique - et son élite politique applaudit en plus. L'ironie est que pendant que l'on s'indigne de la prétendue ingérence de Musk, on oublie volontairement comment Joe Biden pousse l'Allemagne vers la désindustrialisation et comment Michael Roth, justement le président de la commission des affaires étrangères, s'immisce sans vergogne dans la politique d'autres pays comme la Géorgie.
L'avenir de l'Allemagne est en jeu et le temps presse. Sans une correction fondamentale du cours politique, sans le rétablissement d'une relation rationnelle avec la Russie et sans le retour aux intérêts économiques nationaux, le déclin sera inéluctable. Il ne s'agit pas d'un tableau noir, mais de l'analyse lucide d'un déclin qui s'accélère. La question n'est plus de savoir si, mais seulement quand l'Allemagne perdra définitivement son statut de puissance économique européenne.
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Le kaléidoscope syrien: israélisation, ottomanisation et désiranisation

Le kaléidoscope syrien: israélisation, ottomanisation et désiranisation
Par Alfredo Jalife Rahme
Source: https://noticiasholisticas.com.ar/caleidoscopio-de-siria-...
Pendant 11 ans, le destin de Bashar al-Assad a été écrit dans les astres, comme je l'avais prédit (https://bit.ly/41pJAHt ). La longue durée du règne d'al-Assad et l'étonnante rapidité de la chute énigmatique de son armée, qui n'a opposé aucune résistance à l'avancée fulgurante des djihadistes islamiques d'Al-Qaïda/ISIS dirigés par Abou Mohammed al-Jolani, de son vrai nom Ahmed Hussein al-Shar'a, né à Riyad, en Arabie saoudite, étaient stupéfiantes.
En 2016, j'ai déballé la géopolitique du djihadisme mondial (https://bit.ly/4is56l4 ). Al-Jolani est-il aujourd'hui le « nouvel Oussama Ben Laden » du djihadisme, qui, soit dit en passant, n'attaque jamais Israël, mais répond toujours présent pour déstabiliser les frontières islamiques de la Russie et de la Chine dans le cadre du « plan Brzezinski (https://bit.ly/3D57xdg ) »?
Elon Musk, un proche de Trump, commente sarcastiquement que « nos impôts financent en quelque sorte les deux camps (encore une fois ; https://bit.ly/4gsfWpw ) », en faisant référence à un article du Los Angeles Times qui affirme qu'« en Syrie, des milices armées par le Pentagone combattent des milices armées par la CIA (https://bit.ly/3VymQS9 ) ». Le compte rendu du Wall Street Mav sur X pose la question suivante : « Quel groupe armé a gagné en Syrie : celui qui est soutenu par la CIA ou celui qui est soutenu par le Pentagone ? Ou était-ce le groupe soutenu par l'Arabie saoudite ou était-ce ISIS ? »
La Syrie est passée du « Guatemala au Guatepeor » : du népotisme de 54 ans de la secte alaouite (10 à 13 % de la population multiethnique et multireligieuse totale ; https://bit.ly/4gvTj3x ) à la terrorocratie involutive de la transmutation Al Qaeda/ISIS/Al Nusra avec sa ramification embryonnaire « HTS », alliée aux Talibans d'Afghanistan et aux fondamentalistes palestiniens sunnites du Hamas : une ramification des « Frères musulmans (https://bit.ly/3V3gSYc ) », qui ont célébré sans retenue la chute d'Al Assad.
Il existe de nombreuses approches « locales, régionales et mondiales » de la chute dramatique de la Syrie : de sa désintégration en cours à sa balkanisation probable avec trois conséquences irrémédiables : 1) l'expansion du « Grand Israël » paléo-biblique qui a déjà envahi les villages de la secte druze (https://bit.ly/41wo1Fh ), dont l'armée se trouve à 20 kilomètres de Damas, lorsque le ministre des finances kahaniste Bezalel Smotrich exige l'occupation de la capitale syrienne ; 2) la ré-ottomanisation sunnite, et 3) la dés-iranisation au grand dam de l'islam chiite.
Il est intéressant de noter que Smotrich était un colon du Golan annexé, alors que le père d'al-Jolani y est également né : coïncidences malicieuses de leur destin eschatologique ?
Les accords secrets Sykes-Picot (https://bit.ly/3Bj9i61 ) de 1916 - le partage du Moyen-Orient entre la Grande-Bretagne et la France, avec l'accord de la Russie et de l'Italie de l'époque - ont précédé d'un an la déclaration Balfour (https://bit.ly/3KczGzh ) énoncée dans sa lettre au banquier Rothschild pour favoriser la création d'un « foyer juif » dans la Palestine britannique dés-ottomanisée.
Existe-t-il aujourd'hui un partage similaire du succulent gâteau syrien où deux superpuissances mondiales, la Russie et les États-Unis, disposent de bases militaires et où trois autres puissances régionales, Israël/Turquie/Iran, maintiennent, l'une en progression, l'autre en recul, des présences militaires notables ? Depuis le début de la guerre civile syrienne, Al-Assad - avant l'attaque foudroyante des djihadistes sponsorisés par la Turquie, les Etats-Unis (Pentagone/CIA) et Israël - ne contrôlait que 20 % du territoire tandis que les Etats-Unis et leurs alliés kurdes syriens (https://bit.ly/4fhV7vQ ) dominent aujourd'hui la région pétrolière et céréalière (près de 40 % !) d'un pays déjà démembré (https://bit.ly/3BoKg5k ). La connectivité du Grand Israël avec les Kurdes et les Etats-Unis (ce qui ressemble à un pléonasme) le place de facto sur la frontière sensible avec l'Irak et les rapproche des frontières de l'Iran.
De nombreuses batailles intestines et fratricides seront menées, notamment entre la Turquie et les Kurdes syriens, Ankara gardant un pied dans l'OTAN et l'autre dans les BRICS+, ce qui définira l'une des directions vectorielles du « nouveau Moyen-Orient ». La désintégration du kaléidoscope syrien ne fait que commencer avec ses métastases concomitantes.
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La disparition de Dalmacio Negro Pavón

La disparition de Dalmacio Negro Pavón
Carlo Gambescia
Source: https://carlogambesciametapolitics2puntozero.blogspot.com/
Le décès de Dalmacio Negro Pavón, survenu le 23 décembre à Madrid, sa ville natale, des suites d'une maladie soudaine, à l'âge de 93 ans, est une grande perte pour la science politique européenne. Le destin a voulu qu'il s'éteigne le jour même de sa anniversaire.
Il s'agit d'un homme généreux, affable, cultivé, toujours capable d'autodérision, d'un grand professeur et d'un profond politologue, encore très lucide et en pleine activité. Parmi ses ouvrages les plus récents figure La ley de hierro de la oligarquía (Encuentro, 2015). Un examen dense de la question qui, en moins de cent pages, explore de manière convaincante ce qui peut être défini à la fois comme une régularité métapolitique et un outil pour illustrer la crise des classes dirigeantes européennes. Un petit chef-d'œuvre digne du savoir d'un Gaetano Mosca et de l'éthique politique de Benedetto Croce.

Enfin, il faut rappeler Tradición de la libertad (Unión Editorial, 2019), véritable concentré de sa pensée en la matière, dans lequel le cri d'alarme pour la liberté, prise entre l'énorme appétit fiscal de l'État welfariste et le conformisme des bureaucraties de la pensée, se fait à la fois pressant et lucide.
En Italie, j'ai eu le plaisir de publier Il Dio Mortale. Il mito dello stato tra crisi europea e crisi della politica (2014). Il est sorti pour la série Foglio que je dirige avec Jerónimo Molina, son élève, à la Complutense, où Negro a enseigné, ainsi que, ces dernières années, à la CEU San Pablo. L'étude a été traduite et éditée par l'excellent Aldo La Fata.
Une anecdote explique bien l'homme et le savant. Je lui écrivit, un jour, pour compléter quelques notes. Je l'ai immédiatement regretté, craignant d'en faire toute une histoire (déranger un professeur de cette importance...). Au contraire, Don Dalmacio m'a répondu en un éclair, me remerciant pour ma précision et m'envoyant toutes les données nécessaires. Un grand moment.


Sa position politique et historiographique peut être placée en toute sécurité dans la galerie très spéciale du "triste libéralisme". Autrement dit, le libéralisme réaliste, « non ridens ». Negro a d'ailleurs beaucoup apprécié mon livre sur le sujet et a fait tout son possible, avec son ami Molina, pour qu'il soit publié en castillan.
Pour une étude plus approfondie de sa pensée, nous recommandons, in primis (également parce qu'en Italie il n'a pas été traduit autant qu'il le méritait), le déjà mentionné Il dio mortale (Il Foglio 2014), in secundis, Historia de las formas de Estado (El Buey Mudo, 2010), ainsi que Gobierno y Estado (Marcial Pons, Ediciones Jurídicas y Sociales, 2002) et La tradición liberal y el estado (Unión Editorial, 1995).

Un triste libéralisme, disions-nous, qui, outre la grande leçon des penseurs libéraux européens tels que Tocqueville, a approfondi celle de Carl Schmitt. Sur ce point, voir Estudios sobre Carl Schmitt (Fundación Cánovas del Castillo, 1995). Sans oublier l'influence d'un christianisme réaliste, attentif aux œuvres plutôt qu'aux paroles de l'Église. Un sujet qu'il approfondit dans Lo que Europa debe al cristianismo (Unión Editorial, 2006).
Negro peut sans aucun doute être rattaché, même si ce n'est pas chronologiquement, à ce que Jerónimo Molina a appelé le « cuarto siglo de oro del pensamiento político español » (1935-1969*).
Cependant, il faut dire honnêtement qu'au niveau des définitions, même à titre posthume, le « siglo de oro », en tant que canon, était un peu étroit pour Negro. Dans le sens d'une plus grande ductilité à l'égard de la pensée politique européenne du courant libéral et moderne, transcendant ainsi la tragique confrontation séculaire entre les deux Espagnes, la traditionaliste et la moderne. La guerre civile de 1936-1939 en fut le point culminant.
Manifestement, Negro bouge « con juicio ». Il n'a jamais été un fanatique de la modernité, ni un défenseur d'une tradition enracinée dans un quelconque hyperuranium. Ce qui, pour ne pas être trop fin, exclut une interprétation de gauche de sa pensée (**).
Libéralisme, réalisme, christianisme sont les trois termes pour interpréter son œuvre. Le cercle vertueux de sa pensée. Sans oublier la rigueur scientifique et son regard désenchanté sur le monde.
Un désenchantement sain, disons, pas celui du pèlerin nihiliste et du snob de l'existence: le désenchantement de Negro est celui du réaliste sérieux, qui étudie le monde (où l'on ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière) parce qu'il fait partie du monde et qu'il veut le comprendre.
Negro ne se tripote jamais le nombril, il veille sur les faits. Ce qui, mais c'est notre très humble avis (***), lui a permis, grâce aussi à sa forte constitution, d'atteindre et de dépasser les 93 ans.
Disons qu'il l'a bien mérité.
Notes:
(*) L'article de Molina se trouve ici : https://www.eldebate.com/cultura/20240316/francisco-javie... .
(**) Sur les différents points de la pensée de Negro, voir le recueil d'écrits pour son 90ème anniversaire édité par Jerónimo Molina, Pensar el estado. La política de los hechos y la política de la libertad, Los papeles del sitio, 2022.
(***) Pour ces aspects, voir “Presentancíon del Editor” in D. Negro, Liberalismo e iliberalismo. Articulos políticos (1989-2013), Edición de Molinagambescia, Los papeles del sitio, 2021).
19:29 Publié dans Hommages, Théorie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dalmacio negro pavon, hommage, théorie politique, politologie, sciences politiques, philosophie politique |
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La Syrie « libérée » par ses démolisseurs

La Syrie « libérée » par ses démolisseurs
par Manlio Dinucci
Source: https://www.ariannaeditrice.it/articoli/la-siria-liberata...
Abu Mohammed al-Jolani, qui détient de facto le pouvoir à Damas aujourd'hui, a une histoire surprenante: il a commencé son militantisme djihadiste dans les rangs d'al-Qaeda en tant qu'associé d'Abu Bakr al-Baghdadi, le "calife" qui a fondé en 2013 l'ISIS, l'"État islamique d'Irak et de Syrie". En 2011, lors de la phase préparatoire, al-Baghdadi l'a envoyé en Syrie avec d'importants fonds pour créer le Front al-Nusra, une faction formellement autonome mais appartenant en réalité à l'État islamique.
Depuis sa création, la faction d'al-Jolani a participé à l'opération menée par les États-Unis et l'OTAN pour démolir l'État syrien. L'une des raisons de cette opération est le fait que la Syrie, l'Iran et l'Irak avaient signé un accord en juillet 2011 pour un gazoduc censé relier le champ iranien de South Pars, le plus grand du monde, à la Syrie et donc à la Méditerranée et à l'Europe, créant ainsi un corridor énergétique alternatif à ceux passant par la Turquie donc par d'autres routes contrôlées par des entreprises américaines et européennes.
La guerre couverte en Syrie a commencé par une série d'attentats terroristes, principalement perpétrés à Damas et à Alep. Des centaines de spécialistes des forces d'élite britanniques SAS opèrent en Syrie, aux côtés d'unités américaines et françaises. Les opérations sont commandées depuis les navires de l'OTAN dans le port d'Alexandretta, en Turquie. La force de frappe est constituée d'une armée de groupes islamiques originaires d'Afghanistan, de Bosnie, de Tchétchénie, de Libye et d'autres pays. Les armes arrivent via un réseau international organisé par la CIA, qui les fournit aux groupes infiltrés en Syrie, déjà entraînés dans des camps installés sur le territoire turc et jordanien. L'opération est dirigée depuis le quartier général avancé de l'US Central Command dans la base aérienne qatarie d'Al Udeid. C'est alors que Moscou décide en 2015, à la demande de Damas, d'intervenir directement en soutien à l'armée syrienne. L'intervention, menée avec des forces aériennes, prouve que la « coalition anti-ISIS » dirigée par les États-Unis faisait semblant de combattre ISIS. En un peu plus de deux ans, la coalition russo-syrienne a libéré environ les trois quarts du territoire du pays, qui étaient tombés aux mains de l'ISIS et d'autres mouvements soutenus par les États-Unis.

En 2016, al-Jolani a officiellement rompu ses liens avec al-Qaïda, renommant le groupe Jabhat Fatah al-Sham, puis Hayat Tahrir al-Sham (HTS) en 2017. Sous la direction de Jolani, le HTS est devenu la force dominante à Idlib, le plus grand bastion « rebelle » du nord-ouest de la Syrie. Soutenue notamment par la Turquie, la faction al-Jolani se prépare pendant un an à l'opération en Syrie. Pour ce faire, elle est armée par des canaux secrets et entraînée par les forces spéciales Khimik du renseignement ukrainien.
Pénétrant en Syrie le 8 novembre, la faction islamiste armée d'al-Jolani progresse rapidement et conquiert Damas le 7 décembre. L'armée syrienne n'oppose pas de résistance significative, symptôme d'une désintégration interne attestée par le fait que, tandis que le président Assad reçoit l'asile en Russie, le personnel de l'ambassade syrienne à Moscou hisse le drapeau des « rebelles » islamistes qui viennent de conquérir Damas.
Alors que les Etats-Unis confirment être en contact avec les « rebelles » via la Turquie, Israël s'empare d'un autre morceau du territoire syrien sur le plateau du Golan et mène des centaines de frappes aériennes, qualifiées de « défensives », contre les ports et les aéroports syriens. La conquête de la Syrie par ces forces constitue un coup dur à la fois pour l'Iran, qui voit s'affaiblir le front de résistance à l'offensive israélienne au Moyen-Orient soutenue par les États-Unis, l'OTAN et l'UE, et pour la Russie, qui perdra presque certainement l'accès au port syrien de Tartous, seul poste d'amarrage pour ses navires militaires en Méditerranée, et risque de ralentir ou d'interrompre le corridor de transport Nord-Sud qui, à travers le Moyen-Orient, lui permet de contourner le blocus de l'Occident.
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jeudi, 26 décembre 2024
Révélations : le plus grand collectif de journalisme d'investigation au monde est financé par le gouvernement américain

Révélations: le plus grand collectif de journalisme d'investigation au monde est financé par le gouvernement américain
Les États-Unis derrière un célèbre collectif de journalisme d’investigation
Les médias néerlandais également influencés par l’OCCRP
Par Eric van de Beek
Source: https://deanderekrant.nl/nieuws/onthullend-grootste-journ...
Le plus grand collectif de journalisme d’investigation au monde, l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), est financé à plus de 50% par le gouvernement américain. En conditionnant ce financement, Washington détermine les sujets de recherche, laisse de côté ceux qui pourraient ternir l’image des États-Unis, mais cible des pays comme la Russie et le Venezuela, avec lesquels les États-Unis sont en conflit. Aux Pays-Bas, l’OCCRP collabore notamment avec Trouw, Het Financieele Dagblad, NRC, De Groene, Follow the Money, Platform Investico et NOS Nieuwsuur.
Il est l’un des journalistes les plus influents au monde, mais reste presque inconnu du grand public: l’Américain Drew Sullivan, 60 ans, est le cofondateur et directeur de l’OCCRP. Créé en 2008 dans la capitale bosniaque Sarajevo, ce collectif visait initialement à enquêter sur le crime organisé et la corruption dans les Balkans. Seize ans plus tard, l’OCCRP est, selon Sullivan, « la plus grande organisation de journalisme d’investigation au monde ». Avec un budget annuel de 20 millions d’euros et 200 employés répartis sur tous les continents, l’OCCRP a lancé ou participé aux plus grandes enquêtes journalistiques internationales des dernières années, notamment les Panama Papers.

En 2015, l’OCCRP a révélé une vaste collection de documents confidentiels provenant du cabinet panaméen Mossack Fonseca, exposant des cas de fraude fiscale et d’autres pratiques illégales impliquant des personnalités de premier plan. D’autres enquêtes ont suivi, avec des noms tout aussi retentissants : Pandora Papers, Suisse Secrets, Narco Files, Pegasus Project, Cyprus Confidential et Laundromat.
Basé aujourd’hui à Washington, Amsterdam et Sarajevo, l’OCCRP collabore avec des dizaines de médias à travers le monde pour ses révélations. «Toute organisation cherchant une audience mondiale peut s’adresser à l’OCCRP et mobiliser 100 journalistes», affirme Sullivan. Parmi ses partenaires figurent des titres prestigieux comme The New York Times et The Washington Post aux États-Unis, The Guardian au Royaume-Uni, Der Spiegel et Süddeutsche Zeitung en Allemagne, ainsi que Le Monde en France. Aux Pays-Bas, l’OCCRP a collaboré avec Trouw, Het Financieele Dagblad, NRC, De Groene, Follow the Money, Platform Investico et NOS Nieuwsuur.
Bien que l’OCCRP se présente comme indépendant, il dépend fortement du gouvernement américain, selon une enquête conjointe menée par des journalistes de Mediapart (France), Drop Site News (États-Unis), Il Fatto Quotidiano (Italie), Reporters United (Grèce) et le diffuseur public allemand NDR. Cette enquête révèle que l’OCCRP a été fondé grâce au soutien financier du Bureau américain des affaires internationales de stupéfiants et de répression criminelle. Aujourd’hui encore, Washington fournit environ la moitié de son budget.
Bien que l’OCCRP admette sur son site Web recevoir des fonds du département d’État américain, principalement via USAID, il dissimule l’ampleur de ce financement et les conditions qui y sont liées. Cette source de financement n’est jamais mentionnée dans les articles produits par l’OCCRP.
Depuis sa création, l’OCCRP a reçu au moins 47 millions de dollars du gouvernement américain, selon des audits financiers publics qu’il est tenu de transmettre aux autorités américaines. À cela s’ajoutent 1,1 million d’euros de l’Union européenne, 7 millions du Royaume-Uni, 4 millions de la Suède et un total de 2 millions provenant du Danemark, de la Suisse, de la Slovaquie et de la France.
En réaction, l’OCCRP affirme que ses plus gros bailleurs de fonds n’exercent aucune influence sur son travail journalistique. « Dès le début, nous avons mis en place des mesures pour empêcher les subventions publiques d’influencer nos reportages. Nous sommes convaincus qu’aucun gouvernement ni donateur n’a exercé un contrôle éditorial sur les enquêtes de l’OCCRP », a déclaré l’organisation.
Cependant, les médias ayant collaboré à l’enquête sur l’OCCRP affirment que cette influence existe bel et bien. Ainsi, le gouvernement américain dicte les priorités de recherche de l’OCCRP, en allouant des fonds spécifiquement pour enquêter sur la Russie, le Venezuela ou d’autres pays en conflit avec Washington. De plus, les États-Unis imposent comme condition de financement un droit de veto sur la nomination ou la reconduction des « membres clés du personnel » tels que Sullivan. L’OCCRP ne mène pas non plus d’enquêtes sur des affaires douteuses aux États-Unis ou dans d’autres pays d’où provient son financement.
En outre, l’OCCRP doit se conformer à la loi américaine Foreign Assistance Act, qui stipule que les financements doivent être alignés sur la politique étrangère et les intérêts économiques des États-Unis. Les dossiers disponibles sur le site de l’OCCRP reflètent ces priorités: les enquêtes se concentrent sur la Russie (deux dossiers), l’Ukraine, la Géorgie et le Kirghizistan.
«Notre politique est de ne pas enquêter sur un pays avec leur propre argent», a admis Sullivan dans une interview avec NDR. « Je pense que le gouvernement américain ne le permettrait pas. Mais même dans des pays où ces règles ne s’appliquent pas, nous évitons cela pour éviter les conflits d’intérêts. » Malgré cet aveu, l’OCCRP a menacé de poursuites judiciaires les médias ayant participé à l’enquête sur l’organisation. Les médias néerlandais n’ont pas réagi à ces révélations.
15:18 Publié dans Actualité, Manipulations médiatiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : occrp, états-unis, journalisme, manipulations médiatiques, médias |
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Expulsion au nom de l’hystérie climatique: les Masaï de Tanzanie forcés de quitter leurs terres

Le système à tuer les peuples
Expulsion au nom de l’hystérie climatique: les Masaï de Tanzanie forcés de quitter leurs terres
Source: https://report24.news/vertreibung-im-namen-der-klimahyste...
Ces jours-ci, une variante particulièrement perverse du colonialisme moderne refait surface. Ce qui se déroule en Tanzanie, en Afrique de l’Est, laisse sans voix et jette une lumière crue sur les zones d’ombre d’une prétendue noble lutte pour la protection du climat. Car les certificats de CO2, eux, rapportent beaucoup d’argent.
Le gouvernement tanzanien a commencé à expulser plus de 110.000 membres du peuple Masaï hors de la zone protégée du Ngorongoro. Le prétexte officiel: la protection de la nature. La dure réalité: il s’agit de certificats de CO2 rentables et d’un tourisme de safari lucratif. "Le gouvernement fait tout pour étouffer les communautés locales et tirer davantage de revenus du tourisme et de la chasse aux trophées", déclare Moloimet Olemoko, un berger masaï, au Telegraph britannique. Ses paroles résonnent comme un cri désespéré contre le cynisme mêlant protection climatique et appât du gain.
Au sud de Ngorongoro, une entreprise nommée Carbon Tanzania vend déjà des certificats de CO2 sur environ 110.000 hectares de terres – précisément là où les Masaï font paître leurs troupeaux depuis des générations. En février, un autre accord de 120.000 dollars a été signé avec Kilombero North Safaris, interdisant aux Masaï l’accès à trois de leurs forêts ancestrales. L’histoire se répète: dans les années 1950, les Masaï avaient déjà été chassés du Serengeti, à l’époque sous prétexte de conservation de la nature classique. Aujourd’hui, ce sont des projets climatiques « modernes » qui servent de justification à leur expulsion.

Ce schéma s’est généralisé: du Kenya à la Thaïlande, du Congo au Cambodge, des peuples autochtones sont expulsés de leurs terres au nom de la lutte contre le changement climatique. Rob Williams, de l’Université d’Arizona, résume bien la situation: "Ces soi-disant projets de conservation sont principalement dirigés par des intérêts étrangers, avec peu de considération pour les droits des populations locales".
Ce que nous observons ici n’est rien d’autre qu’un colonialisme climatique à l’état pur. Tandis que l’Occident achète des certificats de CO2 pour apaiser sa conscience écologique, les populations locales sont privées de leurs moyens de subsistance. Les Masaï paient le prix de notre commerce d’indulgences climatiques.

Ironie du sort : ce sont précisément ces peuples, qui vivent depuis des siècles en harmonie avec la nature, qui sont aujourd’hui expulsés au nom de la protection de l’environnement. Leur mode de vie traditionnel, transmis de génération en génération, est présenté comme une menace – tandis que les lodges de safari rentables et les projets de crédits carbone sont qualifiés de "durables".
Les Masaï résistent : des dizaines de milliers d’entre eux ont déjà bloqué les accès à la région de Ngorongoro. Mais face à l’alliance malsaine entre le gouvernement, les multinationales et les prétendus défenseurs du climat, leur combat est difficile. Leur sort est un avertissement, un exemple poignant de la façon dont la frénésie climatique peut devenir un outil d’oppression perverti.
14:57 Publié dans Actualité, Ecologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : masaï, tanzanie, climat, afrique, affaires africaines, hystérie climatique |
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Le choc Trump à l’OTAN: 5 % pour la défense ou des "conséquences"

Le choc Trump à l’OTAN: 5 % pour la défense ou des "conséquences"
Source: https://report24.news/trumps-nato-schock-5-prozent-fuers-...
Donald Trump frappe encore comme un obus. Le futur président des États-Unis exige des partenaires de l’OTAN rien de moins qu’un doublement des dépenses de défense actuelles, pour atteindre pas moins de 5% du produit intérieur brut. Une annonce qui pourrait faire l’effet d’un cataclysme budgétaire à Berlin (ndt: et pas seulement à Berlin...).
Pour le gouvernement allemand, qui tente péniblement de sortir de la crise budgétaire, cette exigence tombe au plus mauvais moment. Actuellement, l’Allemagne atteint tout juste un peu plus de 2% du PIB, effleurant ainsi l’objectif précédent fixé par l’OTAN. Passer à 5% représenterait des dépenses supplémentaires d’environ 100 milliards d’euros par an – soit presque un tiers du budget fédéral actuel.
Selon le journal Financial Times, qui s’appuie sur des échanges entre les conseillers en politique étrangère de Trump et des diplomates européens de haut rang, l’ex-président pourrait cependant se contenter de 3,5% – ce qui impliquerait tout de même une hausse de près de 50 milliards d’euros pour le budget allemand. Une sorte de compromis qui mettrait néanmoins le futur ministre des Finances allemand, après les élections législatives anticipées, dans une situation critique.
Fait intéressant, Trump adopte une approche étonnamment pragmatique sur la question ukrainienne. Contrairement à sa rhétorique de campagne, il semble envisager de poursuivre le soutien militaire à Kiev – mais uniquement après un cessez-le-feu et sans envisager l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déjà réagi avec scepticisme face aux promesses européennes en matière de défense sans implication américaine: « Ce n’est pas suffisant », a-t-il déclaré après des négociations-marathon à Bruxelles.
La situation rappelle un jeu de poker où Trump augmente drastiquement les mises tandis que l’Europe, frappée de sueurs froides, reste à la table. Ce qui est particulièrement notable, c’est que le républicain lie habilement les dépenses de défense à des avantages commerciaux: ceux qui investissent davantage dans des chars, des avions de combat et des missiles pourront exporter davantage vers les États-Unis. Par ailleurs, c’est surtout l’industrie de l’armement (américaine) qui profite de cette augmentation des dépenses militaires des États membres de l’OTAN.
Pour le budget allemand, cela représente un véritable test de résistance. Le nouveau gouvernement devra soit opérer des coupes massives dans d’autres secteurs, soit contracter de nouvelles dettes – ce qui, après la décision de la Cour constitutionnelle sur le frein à l’endettement, poserait de sérieux problèmes – soit augmenter les impôts. Aucune de ces options ne semble pouvoir séduire les électeurs.
Les États membres de l’OTAN discutent déjà d’une augmentation à 3% lors du sommet de La Haye en juin. Pourtant, même cet objectif est perçu dans de nombreuses capitales comme un effort presque insurmontable. À titre de comparaison, les États-Unis dépensent actuellement environ 3,1% de leur PIB pour la défense. Le message en provenance de l’entourage de Trump est clair: l’ère du « passager clandestin » au sein de l’OTAN est révolue. La question de savoir si l’Europe avalera cette pilule amère sera l’un des enjeux de politique de sécurité les plus fascinants de l’année à venir.
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La critique culturelle de Richard Weaver: leçons pour un conservatisme moderne

La critique culturelle de Richard Weaver: leçons pour un conservatisme moderne
Alexandre Douguine
Richard Malcolm Weaver Jr. était un intellectuel américain connu pour ses contributions à la pensée conservatrice. Voici quelques-unes des idées clés qui lui sont associées :
« Les idées ont des conséquences » (Ideas Have Consequences)
Dans son œuvre la plus célèbre, Weaver soutient que le déclin de la civilisation occidentale a commencé avec l'abandon de la croyance en une vérité absolue et une réalité objective à la fin du Moyen Âge. Il affirme que ce changement a conduit au nominalisme, qu'il identifie comme la racine du relativisme moderne et de la décadence morale.

La défense de la tradition
Weaver était un ardent défenseur des valeurs traditionnelles et considérait que la sagesse du passé devait guider le présent. Il insistait sur l'importance de la continuité culturelle et du patrimoine.

Le rôle de la rhétorique
En tant qu’universitaire spécialisé en rhétorique, Weaver soulignait le pouvoir du langage et de la persuasion. Il voyait la rhétorique comme un moyen de transmettre la vérité et de maintenir des normes morales élevées.
Critique de la modernité
Weaver était critique envers le progressisme moderne, la culture de masse et ce qu'il percevait comme l'érosion de la responsabilité individuelle et l'essor du collectivisme.

Hiérarchie et ordre
Il valorisait la hiérarchie sociale et soutenait que l'ordre, tant social que métaphysique, était nécessaire à une société stable. Weaver croyait aux différences naturelles entre les individus, non basées sur l'égalité, mais sur le mérite et le caractère.

Agrarisme
Weaver exprimait de la sympathie pour les agriculteurs du Sud des États-Unis, qui privilégiaient la vie rurale et l'agriculture à petite échelle par rapport à l'industrialisation et à l'urbanisation. Il voyait dans ce mode de vie un modèle de stabilité sociale et de vie éthique.
Les idées de Weaver sont souvent considérées comme la base du mouvement intellectuel conservateur aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale.
13:55 Publié dans Nouvelle Droite | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : richard weaver, alexandre douguine, nouvelle droite, conservatisme, conservatisme américain |
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mardi, 24 décembre 2024
Y2025

Gelukkig Kerstfeest & Nieuwjaar 2025
Joyeux Noël & Bonne année 2025
Fröhliche Weihnachten & Glückliches Neujahr 2025
Merry Christmas & Happy New Year 2025
Feliz Navidad & Feliz Ano Nuevo 2025
Buon Natale & Felice Anno Nuovo 2025
*
Robert Steuckers & Ana Robleda
16:03 Publié dans Réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voeux |
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lundi, 23 décembre 2024
La Géorgie prise en tenaille: l'Occident impose des sanctions aux «amis de Moscou»

La Géorgie prise en tenaille: l'Occident impose des sanctions aux «amis de Moscou»
Source: https://report24.news/georgien-im-zangengriff-westen-verh...
Les événements se précipitent en Géorgie. Les dernières vicissitudes dans ce petit pays, mais stratégiquement important, situé sur le littoral de la mer Noire, révèlent un jeu de pouvoir complexe entre l'Est et l'Ouest, jeu dans lequel la Géorgie se retrouve de plus en plus entre les mailles du filet des grandes puissances. Washington et Londres ne veulent manifestement pas respecter les résultats des élections démocratiques. Cela sent le chantage.
Les faits parlent d'eux-mêmes: Mikheil Kavelashvili, 53 ans, du parti du « Rêve géorgien », a été élu président avec une majorité quasi soviétique de 225 voix contre 224 - un processus que l'opposition a tenté de délégitimer par son absence. Un véritable processus démocratique aurait pourtant un air bien différent.
Mais tandis que les drapeaux des protestataires, partisans de l'UE, flottent à Tbilissi, Washington et Londres resserrent les vis. En prenant des sanctions coordonnées contre de hauts représentants du gouvernement géorgien, l'Occident tente d'exercer son influence et montre ainsi clairement qu'il ne veut pas tolérer des résultats électoraux obtenus démocratiquement s'ils ne correspondent pas à ses propres vues. Le porte-parole du département d'Etat américain Matthew Miller parle de « violence brutale et injustifiée contre les citoyens géorgiens » - une description qui semble étonnamment exagérée au vu de la situation réelle sur place.
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy lui a emboîté le pas en dénonçant une « attaque monstrueuse contre la démocratie ». Les rapports disponibles montrent pourtant une image nettement plus nuancée: les affrontements entre les manifestants et la police se situent dans les limites habituelles que l'on observe lors de tels scénarios de protestation. Sans parler du fait que les partisans de l'UE ne sont manifestement qu'une simple minorité (bien que bruyante), d'autant plus que les résultats des élections sont éloquents.
Kavelashvili lui-même, que le consortium médiatique occidental a le réflexe d'étiqueter « extrême droite », met en garde contre les efforts occidentaux visant à pousser son pays dans un conflit avec la Russie. Une position qui pourrait bien se justifier au vu de l'expérience ukrainienne. Les parallèles avec la crise ukrainienne de 2013/2014 sont évidents: un pays à la croisée des chemins entre l'Est et l'Ouest, des tensions politiques internes et des acteurs externes qui poursuivent leurs propres intérêts géopolitiques. Le parti du « Rêve géorgien » a certes consolidé son contrôle sur les affaires gouvernementales, mais le prix à payer pourrait être élevé.
L'investiture de Kavelashvili, prévue pour le 29 décembre, promet de déclencher de nouveaux troubles. On craint de plus en plus que la Géorgie ne devienne à nouveau le théâtre d'une « révolution de couleur » initiée par l'Occident, voire d'une guerre sanglante par procuration - une crainte qui circule depuis longtemps à Tbilissi.
Cette situation complexe montre une fois de plus que le simple manichéisme en noir et blanc présenté par les figures politiques occidentales ne rend pas compte de la réalité sur place. La Géorgie mérite un regard plus nuancé - et surtout le droit de trouver sa propre voie, sans être poussée de l'extérieur dans une direction ou une autre.
21:26 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : actualité, géorgie, europe, caucase, affaires européennes |
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Les Houthi et l’avenir de l’Égypte

Les Houthi et l’avenir de l’Égypte
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/gli-houthi-e-il-futuro-dellegit...
Le leader d'Ansarallah, Abdul Malik al-Houthi, qui dirige les forces zaydites, une faction particulière du chiisme en guerre depuis longtemps contre la coalition du Golfe menée par l'Arabie saoudite, lance une alerte qui devrait nous préoccuper.
L’Égypte doit être extrêmement prudente, déclare-t-il. Elle doit se méfier d’Israël, avec lequel elle semble aujourd’hui entretenir de bonnes relations diplomatiques.
Car la situation, tant internationale qu’interne, apparaît en rapide détérioration. Et Tel-Aviv pourrait en profiter pour déstabiliser l’Égypte.
Présentée ainsi, cela pourrait sembler une invective dénuée de véritable signification, une exagération de la part d’un chef terroriste dans une région reculée.
Mais ce n’est pas le cas. Tout d'abord, car les Houthi, rebelles yéménites de confession zaidite, ne sont pas un simple groupe de terroristes que l'on pourrait juger négligeables.
Au contraire, ils représentent une force militaire notable, capable de tenir en échec depuis des années les Saoudiens et d'autres pays du Golfe. Et cela malgré l’appui aérien important que la coalition du Golfe reçoit des États-Unis et du Royaume-Uni, sans oublier une autre mission de contrôle naval à laquelle l’Italie participe aussi.

Mais, malgré ce déploiement massif de forces, les Houthi ont non seulement réussi à maintenir le contrôle de leur territoire dans le nord du Yémen, mais ils ont aussi rendu extrêmement difficile le passage par Suez. Ce passage est désormais, de fait, interdit aux navires américains et européens, contraints de contourner l’Afrique, avec les répercussions économiques que l’on peut facilement imaginer.
En outre, les Houthi se sont clairement positionnés en faveur de Gaza et des Palestiniens du Hamas, lançant à plusieurs reprises des attaques de missiles contre Israël. Ces attaques semblent inefficaces, mais suffisent néanmoins à inquiéter Netanyahu et son gouvernement, qui ripostent durement, par des attaques aériennes, et frappent les bases houthis au Yémen.
Ainsi, ce qu’a déclaré Abdul Malik doit être pris au sérieux. Terriblement au sérieux, puisqu’il semble prévoir une déstabilisation de l’Égypte, une hypothèse que nulle autre source, à ma connaissance, n’a évoquée jusqu’à présent.
Pourtant, il s’agit d’une menace réelle. Car le gouvernement d’al-Sissi semble solidement au pouvoir, mais repose en réalité sur une poudrière.
Les factions liées aux Frères musulmans bouillonnent sous une apparente tranquillité. Et elles se préparent à une revanche.

Elles peuvent d’ailleurs probablement compter sur le soutien, ou du moins la connivence, des Européens et, surtout, des Américains.
Ainsi que d’Israël, qui aurait tout intérêt à voir une Égypte déstabilisée.
Une Égypte entre les mains de factions jihadistes qui, rappelons-le, n’ont jamais créé de problèmes à Tel-Aviv. Au contraire, elles ont toujours joué leur rôle pour combattre le front chiite, considéré, à juste titre, par Netanyahu, comme son principal et plus menaçant adversaire.
Une Égypte déstabilisée, ou pire, contrôlée par les Frères musulmans, serait, de fait, utile à toutes les forces qui souhaitent maintenir le monde arabe dans une position de faiblesse et de soumission. Ces forces, nombreuses, sont souvent difficiles à identifier.
Le chef des Houthi a lancé son alerte, avertissant publiquement al-Sissi.
Nous verrons dans les prochains mois s’il s’agissait simplement d’une déclaration stérile.
Sincèrement, je crains qu’il s’agisse d’un avertissement très sérieux et préoccupant.
21:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : houthi, actualité, yémen, égypte |
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Les oligarchies libérales choisissent l'autoritarisme (avec la complicité de l'intelligentsia progressiste)

Les oligarchies libérales choisissent l'autoritarisme (avec la complicité de l'intelligentsia progressiste)
par Elena Basile
Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/29485-elen...
Les médias occidentaux ont mené à bien une opération d'une grande importance politique. La majorité silencieuse, les classes moyennes et populaires ont été bien conditionnées. On lui adit: l'Occident libre et démocratique est attaqué; des autocraties comme la Chine et la Russie, des théocraties comme l'Iran, le terrorisme, nous menacent; et la guerre est la seule réponse salvatrice. Comme l'affirme Ori Goldberg, les génocides à travers l'histoire ont été principalement motivés par l'autodéfense.

L'empire américain en déclin, contraint de militariser le dollar, avance ses pions sur les échiquiers internationaux, indifférent au droit international. En langage orwellien, il tue la démocratie en son nom. L'exemple symbolique a été la déclaration du président de la Corée du Sud qui a promu la loi martiale pour défendre ses citoyens contre l'autocratique Corée du Nord. En Europe, alors que Blinken incite Zelensky à abaisser le recrutement militaire de 25 à 18 ans, la destruction d'un pays et de centaines de milliers de garçons est justifiée par la nécessaire défense contre Moscou. En Géorgie et en Roumanie, le résultat d'élections démocratiques n'a pas été accepté. Les candidats qui ne veulent pas vendre leur pays aux intérêts américains et européens ne peuvent pas l'emporter.
On parle de fraude électorale sans fournir de preuves. L'ingérence russe se ferait par le biais de TikTok. Nous savons que le soft power est un monopole occidental. Les quatre agences de presse internationales qui régissent les médias sont inféodées aux puissances nationales et se spécialisent, avec des modulations différentes, dans le copier-coller de dépêches.
C'est donc avec le langage de la dictature mondiale orwellienne, capable d'affirmer le contraire de ce qui se passe en réalité, que TikTok et le soft power de Moscou sont dénoncés. Même s'il était prouvé que des financements russes existent pour créer des influenceurs dans les médias sociaux, cela ne représenterait qu'un grain de sable dans le désert de la désinformation occidentale. En réalité, en Géorgie comme en Roumanie, le financement américain et européen des ONG, des associations militantes et des faux instituts de recherche est multiple. L'enregistrement en Géorgie des ONG ayant plus de 20% de financement étranger, à l'image des lois existantes en Occident, a été fortement contesté par la Commission européenne. Comment se fait-il que cette interprétation à l'envers du monde actuel ne soit pas comprise par la droite modérée et le centre-gauche ? La transformation anthropologique à laquelle nous assistons est due au jugement de valeur qui a été injecté dans l'ADN des classes dirigeantes.
Si l'on part du principe que l'avancée de l'influence européenne jusqu'aux frontières russes apporte le bien démocratique, si l'on part du principe que notre civilisation et notre forme de gouvernement sont meilleures que celles des autres, les militants progressistes seront amenés à fermer les yeux sur les moyens utilisés pour célébrer les victoires du libéralisme. Il peut être amusant de constater que ceux-là mêmes qui accusent la Russie d'être obsédée par l'idée de « zones d'influence », idée qui serait un héritage du passé, croient fermement au droit de l'Otan et de l'UE d'étendre les leurs.

En Syrie, des formations affiliées à Al-Qaïda appelées les rebelles (comme les bataillons Azov dont les membres seraient devenus des lecteurs de Kant, selon la Repubblica) sont exhumées par la CIA avec la complicité de la Turquie dans une fonction anti-russe et anti-iranienne. Nous sommes face à l'une des nombreuses opérations secrètes de la CIA qui attaquent l'État souverain syrien par l'intermédiaire de milices djihadistes. La guerre civile ne se fige pas pendant des années puis réexplose d'elle-même, spontanément, lorsque la Russie gagne en Ukraine et que l'Iran prouve à Israël qu'il peut frapper son territoire. La déstabilisation d'une société ne réussit que s'il y a un pilote avec des fonds et une organisation. Ce ne sont pas des fantasmes. Les preuves existent, à commencer par les aveux de Clinton. Le "criminel Poutine" utilise TikTok, nous utilisons le Djihad.
La Turquie, capable de mener une politique autonome pour son seul intérêt national, collabore avec la Russie comme avec les États-Unis selon des tactiques guidées par des objectifs géopolitiques. Miner la Syrie et étendre son influence anti-kurde est une priorité pour Ankara. Fort de sa rhétorique pro-Gaza, Erdogan, en empêchant l'approvisionnement iranien du Hezbollah via la Syrie, favorise Israël. La Russie pourrait être amenée à négocier une solution de type bosniaque avec Ankara, en se pliant aux pressions centrifuges, pro-américaines, pro-israéliennes et pro-turques, afin de sauvegarder une Syrie chancelante mais toujours utile à l'axe russo-iranien. Les dictatures et les démocraties sont des acteurs interchangeables de la politique internationale. Les choix éthiques n'existent que dans le film autistique de nos citoyens manipulés sans méfiance. Les oligarchies libérales choisissent l'autoritarisme avec la complicité de l'intelligentsia progressiste.
19:57 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, syrie |
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Roumanie: le rôle (pas si caché) des Etats-Unis derrière le chaos électoral

Roumanie: le rôle (pas si caché) des Etats-Unis derrière le chaos électoral
par Roberto Vivaldelli
Source: https://www.ariannaeditrice.it/articoli/romania-il-ruolo-...
La semaine dernière, la décision de la Cour constitutionnelle roumaine d'annuler le premier tour des élections présidentielles, quelques jours avant que devait se tenir le second, a fait couler beaucoup d'encre. Cette décision a eu pour effet de réinitialiser le processus électoral, le gouvernement étant appelé à fixer une nouvelle date pour le scrutin. Le premier tour, qui s'est tenu le 24 novembre, avait été remporté à la surprise générale par Călin Georgescu, indépendant de droite et critique à l'égard de l'OTAN, qui devait affronter au second tour la pro-européenne Elena Lasconi, du parti Sauver l'Union roumaine. Voici ce qui se cache derrière tout cela.
L'implication des États-Unis en Roumanie
L'arrêt de la Cour a été rendu à la suite de la « déclassification » de documents des services de renseignement qui auraient montré une opération massive d'ingérence étrangère de la part de Moscou en faveur de Georgescu, face à son adversaire, une ingérence qui se serait manifestée dans les sondages. La dite ingérence se serait produite par l'utilisation de milliers de comptes de médias sociaux destinés à manipuler l'opinion publique, en exploitant des plateformes telles que TikTok et Telegram. Quelques heures après la décision retentissante de la Cour suprême, M. Georgescu a déclaré à une chaîne de télévision que la démocratie roumaine était « attaquée », qualifiant le verdict de « coup d'État formalisé ».
Cependant, à l'heure actuelle, il n'a pas été établi, même superficiellement - et encore moins dans une mesure suffisante pour constituer une preuve juridiquement admissible - que les comptes sur TikTok auraient pu avoir un impact électoral tel qu'ils auraient modifié ou influencé de manière significative le processus électoral. Mais ce n'est pas le seul aspect controversé de cette décision « choc ». Comme l'a révélé le journaliste d'investigation américain Lee Fang dans Substack, les critiques de Georgescu à l'égard de l'Alliance atlantique pendant la campagne électorale « ont alarmé les responsables des États-Unis et de l'OTAN ». Actuellement, note Lee Fang, la Roumanie est le point de départ des programmes de formation de l'OTAN pour les pilotes ukrainiens et accueille un projet de construction qui aboutira à la construction de la plus grande base de l'OTAN en Europe », qui sera construite près de l'actuelle base militaire “Mihail Kogalniceanu”, qui sera agrandie et qui est située près du port pontique de Constanta.

La réaction du département d'État
À ce moment-là, explique le célèbre journaliste, des groupes de réflexion et des ONG financés par les États-Unis - par l'intermédiaire des programmes d'aide à l'étranger de l'USAID, de la National Endowment for Democracy (NED) et du département d'État - se sont empressés d'influencer la décision de la Cour suprême roumaine et d'alimenter le récit de la prétendue ingérence russe, dénoncée par des organisations telles que Global Focus et Funky Citizens. Il s'agit d'ONG financées par l'USAID, la NED et l'ambassade américaine à Bucarest. Dans les jours qui ont précédé l'arrêt de la Cour suprême, ces organisations - loin d'être au-dessus des parties, bien évidemment - ont soutenu des narratifs visant à délégitimer le résultat des élections, en accusant des plateformes sociales telles que TikTok d'avoir diffusé des contenus pro-Georgescu. Existe-t-il des preuves que ces prétendus comptes sociaux ont effectivement déterminé le résultat de l'élection en faveur du candidat indépendant de droite ? Non, bien sûr, il n'y en a aucune.
Flux d'argent en provenance des États-Unis vers des ONG anti-Georgescu
Parmi les ONG financées par les États-Unis qui se sont distinguées dans les accusations portées contre M. Georgescu figure Expert Forum, qui a affirmé que TikTok avait violé ses conditions d'utilisation en autorisant la diffusion de contenus pro-Georgescu pendant les élections. Septimius Pârvu, directeur exécutif de l'organisation, a déclaré lors d'un récent séminaire en ligne, que certains comptes TikTok pro-Georgescu avaient été créés en 2016, suggérant qu'il s'agissait de la preuve d'une « opération à long terme ». Les archives fédérales montrent que l'ambassade des États-Unis à Bucarest a fourni un flux régulier d'argent à Expert Forum. Le dernier contrat en date a accordé au groupe 79.964 dollars pour développer une « solution intégrée contre la régression démocratique en Roumanie ».
Et ce n'est pas tout, car l'ingérence américaine dans le processus électoral roumain est bien plus vaste. Comme le rapporte InsideOver, l'accusation d'utiliser de faux comptes sur TikTok pour obtenir du soutien et diffuser de la « désinformation » émane de l'Association pour la technologie et l'Internet, elle-même membre de European Digital Rights (EDRi), qui se décrit comme « le plus grand réseau européen de défense des droits et des libertés en ligne ». Mais la partie la plus intéressante concerne les bailleurs de fonds de ce réseau, tels que les habituelles Open Society Foundations du magnat libéral George Soros, le réseau Omidyar du fondateur d'eBay Pierre Omidyar, la Fondation Ford, la Fondation MacArthur, et bien d'autres encore. Il s'agit, de toute évidence, de « bonnes interférences » et non de mauvaises (et non des interférences qui, jusqu'à présent, demeurent "présumées") comme celles qui proviendraient de Moscou.
17:59 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manipulations médiatiques, ingérences américaines, roumanie, europe, affaires européennes |
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