dimanche, 07 décembre 2025
Hommage à Didier Carette

Hommage à Didier Carette
par Luc-Olivier d'Algange
Grande tristesse d'apprendre la mort de Didier Carette. Avec lui s'en vont encore la liberté, la générosité et l'audace, - autant de rares vertus qui feront que les médias n'en parleront guère. Directeur du théâtre Sorano à Toulouse qu'il revivifia durant une décennie, il en fut éloigné pour des raisons « politiques ».

Que dire, sinon citer l'une des Feuilles orphiques ou pythagoriciennes qu'il aimait, et citer ses œuvres, dont la diversité et l'amplitude dépassèrent, de très loin et de très haut, tous les engagements partisans. Sa devise, populaire et aristocratique: «faire du théâtre non pour tous, mais pour chacun».
"Ceci est consacré à Mnémosyne,
Quand tu seras sur le point de mourir, tu t'en iras vers les demeures bien construites d'Hadès.
A droite, il y a une source près de laquelle se tient un cyprès blanc.
C'est là que les âmes des morts descendent et qu'elles s'y rafraîchissent.
De cette source surtout ne t'approche pas car tu en trouveras une autre, en face, d'où s'écoule l' eau fraîche qui vient du lac de Mnémosyne.
Au-dessus d'elle se trouvent les gardiens, ils te demanderont du plus profond de leur coeur,""ce que tu fais, et où tu vas, cherchant, dans les ténèbres du sombre Hadès.
Dis : je suis fils de Terre et de Ciel étoilé, mais je suis desséché par la soif et je meurs.
Donnez-moi vite l'eau fraîche qui s'écoule du lac de Mnémosyne.
Alors par le vouloir du roi des enfers, ils te traiteront avec bienveillance et te laisseront boire à la source de Mémoire.
Alors tu chemineras sur la voie sacrée, parmi les autres Mystes, dans la gloire de Dionysos."

En rappel de ses oeuvres:
Metteur en scène :
2010
Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand mise en scène Didier Carette…
2009
Le Procès - Cabaret K d'après Franz Kafka mise en scène Didier Carette…
2008
La Cerisaie d’Anton Tchekhov mise en scène Didier Carette…
Le Frigo de Copi mise en scène Didier Carette
2007
Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams mise en scène Didier Carette
Banquet mise en scène Didier Carette
2006
Rimbaud l'enragé – Une saison en enfer mise en scène Didier Carette
Le Bourgeois gentilhomme de Molière mise en scène Didier Carette…
2005
Dogs' Opera d'après Bertolt Brecht… mise en scène Didier Carette
Homme pour homme de Bertolt Brecht mise en scène Didier Carette…
2003
Folies Courteline de Georges Courteline mise en scène Didier Carette
Peer Gynt de Henrik Ibsen mise en scène Didier Carette

2002
Satyricon de Pétrone mise en scène Didier Carette
La Nonna de Roberto Cossa mise en scène Didier Carette
1999
Karamazov d'après Fiodor Dostoïevski mise en scène Didier Carette
Nuit blanche d'après Fiodor Dostoïevski mise en scène Didier Carette
1998
Le Cas Woyzeck d'après Georg Büchner mise en scène Didier Carette
1997
Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov mise en scène Didier Carette
1989
Les Grandes Journées du père Duchesne de Jean-Pierre Faye mise en scène Didier Carette
1987
La Mère la joie... de Marie de Sévigné mise en scène Didier Carette
1986
Le Cabinet noir de Max Jacob mise en scène Didier Carette…
Il n'y a plus d'aventuriers d'après André Malraux mise en scène Didier Carette
1983
Pntgrl-Rabelais de François Rabelais mise en scène Didier Carette

Comédien :
2010
Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand mise en scène Didier Carette…
2009
Le Procès - Cabaret K d'après Franz Kafka mise en scène Didier Carette…
2008
La Cerisaie d’Anton Tchekhov mise en scène Didier Carette…
1997
Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov mise en scène Didier Carette
1994
Le Voyage à Bâle de Pierre Laville mise en scène Simone Amouyal
1992
La Cerisaie d’Anton Tchekhov mise en scène Jacques Rosner
1986
Le Cabinet noir de Max Jacob mise en scène Didier Carette…
1982
Le Labyrinthe d’Armand Gatti mise en scène Armand Gatti
1980
Le Cocu d'infini de Louis-Ferdinand Céline mise en scène Jean-Claude Bastos…
1968
Le Chien du général de Heinar Kipphardt mise en scène Maurice Sarrazin…

Auteur :
2005
Dogs' Opera d'après Bertolt Brecht… mise en scène Didier Carette
2003
Armada de Didier Carette
1994
Le Torero de salon d'après Camilo José Cela… mise en scène Henri Bornstein
1992
Armada de Didier Carette mise en scène Simone Amouyal
Traducteur:
2008
La Cerisaie d’Anton Tchekhov mise en scène Didier Carette…
Scénographe:
1997
Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov mise en scène Didier Carette
Collaborateur artistique:
2013
Nana d'après Émile Zola mise en scène Céline Cohen…
1980
Le Cocu d'infini de Louis-Ferdinand Céline mise en scène Jean-Claude Bastos…
Voir aussi: http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/12/05/d...
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Zizanie en MAGA

Zizanie en MAGA
par Georges Feltin-Tracol
La chronique hebdomadaire n°164 du 9 juillet 2025 s’intitulait « MAGA contre lui-même » (cf. http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2025/07/14/maga-contre-lui-meme.html ). Elle évoquait déjà les premières fissures au sein de ce mouvement composite. Plus de cinq mois après, force est de constater que le trumpisme poursuit sa fragmentation au point que certaines fractures deviennent béantes.
Trois facteurs principaux accentuent ces profondes divergences à l’intérieur de cette galaxie: la politique étrangère, en particulier la «relation spéciale» des États-Unis d’Amérique avec l’État d’Israël, le coût de la vie courante et l’affaire Jeffrey Epstein.
Jusqu’à présent, Donald Trump est l’un des rares présidents étatsuniens à n’avoir pas ordonné l’invasion d’un autre État. Pas sûr que perdure cette exception ! Le bombardement des sites nucléaires iraniens en juin 2025 en soutien aux actes terroristes du gouvernement israélien a irrité la faction isolationniste de MAGA qui s’oppose au courant néo-conservateur belliciste renaissant. Le déploiement d’une flotte de guerre en mer des Caraïbes au large du Vénézuéla largement ruiné par les sanctions agressives de Washington, fait craindre un risque élevé d’intervention militaire et un changement extérieur des institutions bolivariennes. Le prétexte de cette possible agression reste futile: Caracas serait à la tête des narco-cartels d’Amérique du Sud.

Si Donald Trump fait couler des embarcations supposées contenir des paquets de drogue, il devrait se souvenir que, dans les années 1980, afin de financer la lutte contre les guérillas communistes et les gouvernements pro-soviétiques de Cuba et du Nicaragua, la CIA avait obtenu l’autorisation de Ronald Reagan et de son vice-président, l’ancien directeur de Langley, George Bush père, de recourir au trafic de drogue. Les agents de la CIA avaient ainsi conclu un pacte officieux avec le crime colombien. Si Trump veut bombarder des narco-États, qu’il fasse donc tirer des missiles sur Little Rock, la capitale de l’Arkansas !
L’appui inconditionnel de la Maison Blanche à Israël agace de plus en plus des ténors de MAGA tels Candace Owens ou Tucker Carlson, voire Charlie Kirk, quelques jours avant son assassinat. Ces figures très écoutées de la mouvance s’élèvent contre les persécutions des Palestiniens - dont les derniers chrétiens ! - par des colons fanatiques et/ou des soldats de Tsahal. Une césure essentielle apparaît par conséquent entre les chrétiens évangéliques sionistes et les nationalistes chrétiens qui découvrent enfin le poids écrasant des réseaux d’influence pro-israéliens dans le « marigot » de Washington. Ce n’est pas tout !
Outre un don de 25 milliards d’euros à l’Argentine du cinglé libertarien Javier Milei, la politique douanière radicale imposée par le 47e président des États-Unis alimente l’inflation. Des trumpistes apprennent que le protectionnisme n’est possible que si le pays dispose d’une auto-suffisance maximale dans tous les domaines. Ouverts au monde entier, les États-Unis dépendent néanmoins des autres continents. Seule une politique d’intervention régalienne dans l’économie lancée une décennie auparavant au moins aurait pu atténuer le choc de la hausse des prix. Par ailleurs, le shutdown (la fermeture partielle des services administratifs fédéraux pour cause de budget non adopté) de 44 jours (30 septembre – 13 novembre 2025) a durement atteint le quotidien des Étatsuniens sans oublier la réforme pernicieuse de l’assurance sanitaire fédérale (Medicare) qui frappe les plus démunis et les classes moyennes.

Or, pendant cette crise politico-budgétaire, Donald Trump a célébré Halloween à Mar-a-Lago en Floride en organisant une somptueuse fiesta sur le thème de Gatsby le Magnifique en référence au roman de Francis Scott Fitzgerald. Les images et vidéos de cette fastueuse soirée ont agacé maints trumpistes convaincus qui savent que le niveau de vie reste la préoccupation n°1 de leurs compatriotes.
Les élections du 4 novembre 2025 marquent une vraie poussée démocrate (victoires de Zohran Mamdani à la mairie de New-York, d’Abigail Spanberger et de Mikie Sherrill au fonction de gouverneur en Virginie et au New Jersey par exemple). Ces succès confirment leur inquiétude pour le scrutin de mi-mandat en novembre 2026. Trump fait pourtant la sourde oreille et vire de son entourage tout rabat-joie.
La publication ou non du dossier Epstein est le dernier élément qui aiguise les tensions internes de MAGA. Il est curieux que le système médiatique s’y intéresse alors qu’il ne mentionnait cette affaire sordide qu’avec parcimonie sous Joe Biden… Rappelons aussi que ce même système a toujours qualifié de « complotiste » le «Pizzagate».

Résidant à New-York, Jeffrey Epstein rencontrait tout le gratin de la «Grosse Pomme». Entrepreneur immobilier très couru, Donald Trump ne pouvait que le côtoyer aux réunions mondaines. Il paraît évident que les participants à ces raouts savaient (ou se doutaient) que leur hôte appréciât les très jeunes femmes au nom de la liberté sexuelle post-soixante-huitarde! Trump en a-t-il profité? Pour l’instant, aucune victime ne l’accuse, au contraire d’Elon Musk qui, dans un tweet ravageur, exprima sa rupture politique et personnelle avec Trump.
Quatre représentants républicains sont en pointe dans la dénonciation de ce scandale. Ils se dressent donc contre leur idole: le libertarien Thomas Massie, du Kentucky; Nancy Mace, élue de Caroline du Sud; Lauren Boebert (Colorado) et Marjorie Taylor Greene (Géorgie).

Plus trumpiste que Trump lui-même, Marjorie Taylor Greene (photo) accumule contre elle tant de griefs que Trump l’accuse maintenant de traîtrise et de folie. Elle fait preuve d’un courage exceptionnel en se heurtant à la majorité MAGA. Elle s’élève contre les frappes sur l’Iran; elle apporte son soutien à la motion du sénateur indépendant – apparenté démocrate - du Vermont, Bernie Sanders, qui dénonce la famine à Gaza; elle parle de « génocide » à propos de la destruction de Gaza; elle exige la publication complète du dossier judiciaire sur Epstein. Enfin, elle prévient à plusieurs reprises depuis des mois que l’inflation et l’illisibilité de la politique économique trumpiste favorisent l’appauvrissement des classes moyennes qui risquent de basculer vers les démocrates. Les fortes vérités de Marjorie Taylor Greene lui valent la qualification d’«hérétique»…



Lauren Boebert, Nancy Mace et Thomas Massie.
Marjorie Taylor Greene, Lauren Boebert, Nancy Mace et Thomas Massie rejoindront-ils le parti de l’Amérique d’Elon Musk ? Peut-être pas, car ce quatuor incarne l’aile populaire de MAGA. Il semble ne pas adhérer aux «Lumières sombres» qui prévoient des PDG–rois. Or les États ne sont pas des entreprises en plus grand. Cet éclatement en devenir fondera-t-il un nouveau clivage politique intérieur étatsunien dont on trouve un pan similaire chez les démocrates avec Alexandria Ocasio-Cortez, Zohran Mamdani et Bernie Sanders, celui de la «cause du peuple»? Cette cause trouve en tout cas une résonance soudaine avec la brusque popularité médiatique de Nick Fuentes.

Une scission brutale dans le cœur de MAGA s’opère en effet le 28 octobre 2025. Ce jour-là, Tucker Carlson invite Nick Fuentes (photo) à son émission retransmise sur Internet et vue plus de six millions de fois. Âgé de 27 ans, Nicholas Joseph Fuentes pratique une radicalité nationaliste blanche et chrétienne que Le Monde, phare hexagonal de la désinformation, du 21 novembre 2025 stigmatise sans aucune retenue. Bien qu’invité à Mar-a-Lago par Trump en novembre 2022 aux côtés de Kenye West, Nick Fuentes se disputait souvent avec Charlie Kirk. Le récent succès médiatique de Fuentes préoccupe les conservateurs, éternels guerriers en peau de lapin. On voit ainsi se coaliser contre lui Dave Robin, un ancien comédien progressiste devenu animateur libertarien, l’intellectuel post-libéral converti à l’orthodoxie et exilé à Budapest, Rod Dreher, et l’agitée du bocal MAGA, Laura Loomer, qui explique sur X que le parti républicain «a un problème nazi». Elle se souvient qu’après l’avoir soutenu, elle a rompu quand Fuentes l’a qualifiée d’«espionne israélienne». Ambiance…
Toutes ces dissensions internes facilitent la zizanie actuelle. Elles pourraient aussi bien se révéler destructrices, à moins qu’elles propulsent MAGA à l’hégémonie culturelle.
GF-T
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 177, mise en ligne le 4 décembre 2025 sur Radio Méridien Zéro.
16:39 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, maga, donald trump |
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„L’Allemagne n’est pas un État souverain“: Höcke perçoit une domination structurelle extérieure

„L’Allemagne n’est pas un État souverain“: Höcke perçoit une domination structurelle extérieure
Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/deutschland-ist-...
Lors d'une conférence de presse nationale, l'homme politique de l’AfD de Thüringe, Björn Höcke, a récemment déclaré sans ambiguïté que l’Allemagne n’était pas un État souverain. Les compétences étatiques centrales ont été transférées à des organisations internationales.
Pour le leader de l’AfD de Thüringe, Björn Höcke, c’est clair: l’Allemagne n’est actuellement pas un État souverain donc n'est pas un Etat libre.
Erfurt. Fin novembre, l’AfD de Thüringe a publié un communiqué de presse dans lequel elle critiquait vivement les réflexions de la CDU de Thüringe, qui envisageait de mobiliser les jeunes pour un nouveau service obligatoire. Les démocrates-chrétiens voulaient „forcer les jeunes à un service“, alors qu’ils „poussent ce pays depuis des décennies vers l’abîme“, a critiqué l’AfD.
Le point central de la déclaration était l’accusation selon laquelle l’État perdrait son autorité morale s’il ne remplissait pas ses missions fondamentales. Un État qui „ne protège pas ses frontières et ne fait rien pour atteindre la paix en Europe de l’Est“, n’aurait selon l’AfD aucune légitimité pour „envoyer nos jeunes en service obligatoire – ni dans le cadre d'un service civil dit obligatoire ni dans le cadre d'un service militaire“. De telles mesures ne serviraient, selon l’AfD, qu’aux intérêts d’un „bureaucratisme idéologisé sans épine dorsale“.

Exigence d’un État souverain
Dans le communiqué de presse, le président de la fraction AfD de Thüringe au Landtag, Björn Höcke, a repris cette argumentation. Avant que „même un seul jeune ne doive à nouveau porter l’uniforme sous la contrainte, cet État doit enfin redevenir un État pour les Allemands – souverain, libre et orienté vers les intérêts allemands.“
Lors de la dernière conférence de presse nationale avant la session plénière de décembre au Landtag de Thüringe, un journaliste s’est référé précisément à ce passage. Il a voulu savoir de Höcke si sa demande, selon laquelle l’Allemagne doit d’abord redevenir souveraine, signifiait que, selon lui, l’Allemagne n’est actuellement pas un État souverain et, par conséquent, n'est pas un Etat libre.
„Oui, nous ne sommes pas un État souverain“
Höcke a d’abord souligné que cela „se lit clairement dans le communiqué de presse“. Ensuite, il a confirmé cette interprétation sans ambiguïté. „Oui, nous ne sommes pas un État souverain“, a-t-il dit, et a ajouté que cela „est également tout à fait compréhensible en droit national“.
Pour justifier cela, il a expliqué que l’Allemagne avait transféré sa souveraineté en matière de défense à l’OTAN, sa souveraineté financière à la BCE, sa souveraineté économique à l’UE, et sa souveraineté sanitaire à l’OMS. Ces organisations, selon Höcke, ne seraient pas légitimées démocratiquement et ne seraient pas contrôlées démocratiquement. „Oui, l’Allemagne n’est pas un État souverain. C’est ainsi.“
15:33 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : björn höcke, afd, allemagne, europe, affaires européennes |
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Von der Leyen n’a pas à décider pour Euroclear

Von der Leyen n’a pas à décider pour Euroclear
Wouter Vermeersch
Source: https://www.vlaamsbelang.org/nieuws/von-der-leyen-heeft-n...
Lors de la séance plénière de la Chambre, le député Wouter Vermeersch (VB) a interpelé récemment le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) sur les fonds bloqués que l’Europe souhaite utiliser auprès d’Euroclear comme garantie pour des prêts à l’Ukraine. Démarche qui comporte des risques énormes pour les citoyens belges. « Non seulement la Russie indique que cela constitue un ‘acte de guerre’. La BCE refuse également de s’engager dans ce sable mouvant juridique, et cela en dit long », a déclaré Vermeersch, qui n’a malheureusement pas obtenu de la part du Premier ministre la garantie qu’il ne céderait pas à Ursula von der Leyen.
Vermeersch a souligné que la Commission européenne possède un talent qui ferait pâlir de jalousie de nombreux économistes communistes: elle peut vendre une expropriation comme de la solidarité. «Autrefois, les communistes saisissaient des tracteurs et des terres agricoles. L’Europe saisit simplement 190 milliards d’euros. Et les communistes avaient encore l'honnêteté de dire qu’ils allaient confisquer vos biens. La Commission présente cela comme un ‘plan pour l’Ukraine’», a déclaré Vermeersch.
«Un faux pas et la confiance dans Euroclear, dans le système euro, dans le système financier s’effondre», a poursuivi le député nationaliste flamand. «Des experts mettent également en garde contre le fait que la Belgique pourrait, dans le pire des cas, faire faillite si la Russie prend des mesures et que nous devrions rembourser. Il s’agit d’une somme équivalente à un tiers de toute l’économie du pays. Mais au lieu d’écouter ces préoccupations légitimes, la tutelle européenne de la Commission européenne cherche maintenant un moyen d’éliminer notre pays en contournant les règles d’unanimité. En d’autres termes: la belle-mère européenne de De Wever, Ursula von der Leyen, veut le mettre échec et mat: elle veut simplement désactiver son veto, et donc ôter toute protection au contribuable dans notre pays. »
« L’Europe nous livre au surendettement et provoque à la guerre »
Vermeersch a souligné que l’importance de cette affaire pour le contribuable ne peut pas être sous-estimée. Il a évoqué une d'éventuelles représailles de la Russie, la rupture de la confiance internationale, la remise en question du système financier, et même la faillite du pays si nous devons rembourser. «Bien que le gouvernement De Wever n’ait pas besoin de la Russie pour cela. Ils sont déjà bien engagés à pousser ce pays au bord du précipice».
« Monsieur le Premier ministre, l’Europe devrait veiller à la prospérité et à la paix. Mais aujourd’hui, elle nous livre à un surendettement et provoque à la guerre », a conclu Vermeersch. «Euroclear se trouve à Bruxelles, donc en Flandre. Nous, Flamands, devons décider de ces fonds bloqués, et non Ursula von der Leyen ou la Commission européenne».
15:04 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, affaires européennes, bart de wever, wouter vermeersch, belgique, euroclear, actifs russes, sanctions |
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samedi, 06 décembre 2025
L’Europe sous la domination du réseau mondial libéral

L’Europe sous la domination du réseau mondial libéral
L’UE est une colonie d’un réseau libéral mondial qui n’a rien à voir avec les intérêts souverains européens
Alexander Douguine
L’UE n’est que restes, résidus du réseau mondial Sorosien/Obamiste/Bideniste. Elle s’effondre rapidement en raison de la perte du siège central américain. Les néocons, malgré tous leurs efforts, ne peuvent pas remplacer cette perte.
Dans l’équipe de Trump, les néocons (Lindsey Graham et bien d’autres) ont réussi à bloquer et à saboter la montée du vrai MAGA. Cela ne concerne pas seulement Netanyahu. C’est plus large. Mais… MAGA a réussi à confondre et à décimer les néocons, à les affaiblir, à les disperser.
Trump ne représente plus que la puissance militaire des États-Unis désormais. Mais les États-Unis gardent tout le contrôle sur l’UE. Idéologiquement, l’UE est encore sous double occupation. Et les élites libérales actuelles de l’UE sont les forces d’occupation qui œuvrent pour les intérêts de la secte mondialiste.
"L’UE n’est pas une colonie des États-Unis. Nous avons nos règles que nous définissons démocratiquement. Le chaos provoqué par Trump peut-être une opportunité pour l’UE. Elle doit prendre sa place et accepter d’établir un rapport de force pour s’affirmer comme puissance."
— Aurore Lalucq https://x.com/AuroreLalucq/status/1942526987580391897
Ce sont là des mots d'une incroyable stupidité. L’UE est une colonie d’un réseau libéral mondial qui n’a rien à voir avec les intérêts souverains des Européens. Quand ce réseau était contrôlé par les États-Unis, l’UE était une double colonie — de l’Amérique (militaire) et des mondialistes (idéologique et économique).
L’UE n’est souveraine en rien. C’est le laboratoire cynique pour des expériences post-humanistes. Les Européens sont les otages de leurs élites anti-européennes. Comme les Ukrainiens. Les Européens sont victimes de leurs propres dirigeants imposés par la secte mondialiste. Il n’y a plus de démocratie.
Si l’Europe choisit d’être, d’exister, ses peuples doivent immédiatement renverser les élites dirigeantes — brutalement et radicalement. Macron, Merz et Starmer incarnent la condamnation à mort de l’Europe. Plus ils vivent, plus tu meurs. Efface-les, ou tu seras effacé. Très bientôt.
Le monde est divisé en grands espaces avec différents contenus civilisationnels et ensembles de valeurs. L’Europe a perdu ses valeurs traditionnelles. C’est une civilisation en faillite. Peut-être pourra-t-elle se reconstruire et redevenir un grand espace indépendant. Peut-être pas. Il semble que non.
Si la démocratie est la participation réelle des peuples dans la définition de leur destin, la Russie de Poutine et la Chine de Xi sont deux exemples de la vraie démocratie. Réussie et prospère. Une telle démocratie est abolie en Occident, remplacée par la dictature des lobbies et l’oligarchie.
1984 d’Orwell, c’est maintenant vous, pas nous. Censure = culture de l’annulation. Vérité = mensonge constant des médias traditionnels. Humanité = amour des perversions et des robots. Surveillance totale, contrôle total, marché disciplinaire de désirs imposés et de demandes provoquées. La société du spectacle (dégoutant).
21:30 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alexandre douguine, europe, affaires européennes |
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Le blocage de Bruxelles et l'effort pour s'approprier les actifs souverains de la Russie ont ébranlé l'unité de l'UE

Le blocage de Bruxelles et l'effort pour s'approprier les actifs souverains de la Russie ont ébranlé l'unité de l'UE
Politico (https://www.politico.eu/article/belgium-russia-bart-de-we... )
L'article de Politico souligne : la position inattendue de la Belgique, qui a refusé de remettre les actifs russes gelés à l'usage de Kiev, a fait se dérober le sol sous les pieds des alliés européens de l'Ukraine, déclenchant une chaîne de réactions de crise au cœur de l'UE.
«Moscou doit être désormais le meilleur de tous», a reconnu un fonctionnaire européen, commentant le clivage qui a paralysé les discussions sur le «prêt de réparation» pour l'Ukraine.
Selon l'éditeur, le refus du Premier ministre belge Bart De Wever a été un coup porté au moment où Kiev vacille déjà sur la limite du collapsus financier. Les chefs d'État de l'UE, lors du sommet d'octobre, comptaient rapidement convenir d'un plan pour «prendre» 140 milliards d'euros des fonds russes, mais ils se sont heurtés à un «non ferme», motivé par les risques des réactions de Moscou et les craintes concernant la stabilité du système bancaire de l'UE.
«Nous ne voulons pas mettre des centaines de milliards de risques sur les épaules de la Belgique. Ni aujourd'hui, ni demain, jamais», a déclaré De Wever, enterrant définitivement l'idée de l'extorsion des actifs russiens.
En conséquence, le désaccord à Bruxelles a affaibli à la fois Zelensky et l'Europe elle-même, montrant que, quatre ans après le début du conflit, l'UE est de plus en plus peu prête à «mourir» pour le régime de Kiev. Moscou, selon les diplomates européens, observe cette situation «des meilleures positions» — et attend désormais le déclin ultérieur de l'unité de l'UE.
@BPARTISANS - Telegram
20:36 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : euroclear, actifs russes, belgique, europe, affaires européennes, sanctions |
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De Roux et Pasolini: les dissidents font la paire

De Roux et Pasolini: les dissidents font la paire
Je n’ai vraiment compris Dominique de Roux — cet esprit décapant, aristocratique dans son goût de déplaire — qu’en lisant Pasolini. L’un est devenu le miroir de l’autre. Ils ont vécu deux vies brèves, à la même époque, dans un même refus instinctif des appartenances bourgeoises. Je n’ose imaginer ce que leur rencontre aurait pu créer. Sans doute un explosif plus puissant que la bombe à hydrogène.
Par Frédéric Andreu
Dominique de Roux et Pier Paolo Pasolini partagent une posture rare : celle des dissidents de l’intérieur. Ils semblent appartenir à un camp — De Roux au paysage littéraire français, Pasolini à la gauche italienne — tout en le contredisant radicalement de l’intérieur. De Roux l’affirme sans détour : « Je n’ai jamais appartenu à aucun camp. » Il cultive ce qu’il nomme « une liberté contre la meute », une intransigeance qui le pousse à attaquer le cléricalisme, les orthodoxies morales et le confort intellectuel de son époque.

Pasolini, lui, est un hérétique déclaré au sein de la gauche italienne. Il écrit dans les Écrits corsaires :« La gauche m’a toujours considéré comme un hérétique. » Hérétique, il l’est en effet : farouchement contre l’avortement, qu’il voit comme une capitulation devant la logique utilitariste ; contre le théâtre de Mai 68, qu’il accuse d’être une gesticulation bourgeoise plus qu’une révolution ; contre la consommation, qu’il juge « obscène », un acte « grossier » qui uniformise les consciences et détruit toute authenticité populaire. Il ira jusqu’à dire que la société de consommation est « plus fasciste que le fascisme ».
Son amour va à la tradition, à l’homme cosmique, humilié par la machine, effacé par le consumérisme.
« TOUT mon amour va à la tradition
Je viens des ruines, des églises,
des retables d’autel, des villages oubliés des Apennins et des Préalpes
où ont vécu mes frères ». (Poésie en forme de rose, 1964)
Ce dissident politique est aussi un dissident esthétique : son cinéma est un anti-Hollywood radical. Pasolini refuse les corps lisses, les récits consolants, les couleurs de studio. Il filme à contre-jour de l’Occident cinématographique : théâtre filmé, visages non-professionnels, dialectes, rites archaïques, ascèse de la lumière. À l’usine à rêves, il oppose une fabrique du réel — une vérité nue, biblique, parfois cruelle, mais jamais trompeuse.

Chez De Roux comme chez Pasolini, la dissidence s’accompagne d’un burlesque féroce. De Roux n’hésite pas à tourner en dérision certaines figures religieuses — le cardinal Daniélou « la calotte sur le tête », l’abbé Bruckberger notamment — avec une ironie d’une précision chirurgicale. Il critique les masques, les formes.
Pasolini, à son tour, met en scène dans Uccellacci e uccellini un corbeau marxiste, pédant et bavard, caricature hilarante de l’intellectuel de gauche. Il disait de ce personnage : « Le corbeau parle comme un intellectuel, mais il reste un oiseau : il critique tout, mais ne change rien. » (L’image même du politicien macronoïde parvenu aujourd’hui au pouvoir).
Ce burlesque n’est pas un divertissement : c’est une arme critique. Le rire démasque plus sûrement qu’un discours doctrinal.

Dans la vie, pourtant, une rencontre a eu lieu : celle de Dominique de Roux avec Maurice Ronet, acteur intense, silencieux, qui partageait avec lui une même mélancolie active et une même exigence artistique. Leur dialogue, bien réel, laisse entrevoir ce que De Roux pouvait susciter chez des artistes à la sensibilité aiguë, et ce qu’il était capable de reconnaître chez eux.
Et c’est là que naît une forme de nostalgie imaginaire : il est profondément regrettable que De Roux n’ait jamais rencontré Pasolini. Tout laissait pourtant croire que leurs routes, parallèles, auraient pu un jour se croiser : mêmes années, mêmes combats, même détestation des conformismes. L’un apportant son feu littéraire, l’autre son feu cinématographique. Leur face-à-face aurait sans doute été incandescent — trop incandescent peut-être pour une époque qui ne savait pas accueillir ce genre de fulgurance. En un sens, Gombrowich a été, pour de Roux, une sorte de Pasolini, mais sans la même radicalité.

Les deux (h)auteurs quittent la scène, en nous laissant orphelins : De Roux est parti trop tôt, sans avoir tourner toutes les pages de la vie ; Pasolini, assassiné de la pire des manière, n’a pu achever son livre le plus incendiaire, Pétrole, resté comme une voix interrompue. (On n’a pas idée en France du vide laissé par cette disparition).
De Roux et Pasolini : deux dissidents, vraiment. Et, à leur manière, une paire parfaite, même sans s’être connus.
19:18 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pier paolo pasolini, dominique de roux, lettres, littérature, lettres italiennes, lettres françaises, littérature italienne, littérature française |
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vendredi, 05 décembre 2025
L'Europe perd l'Ukraine

L'Europe perd l'Ukraine
Selon The New Statesman (https://www.newstatesman.com/world/europe/2025/12/europe-... )
Par @BPartisans - Telegram
Malgré l'ampleur du soutien financier et militaire apporté par l'UE et le Royaume-Uni à l'Ukraine depuis février 2022, l'Europe se trouve aujourd'hui écartée du processus de négociation et n'a aucune influence sur les délais et les conditions de la fin des hostilités, écrit le chroniqueur du New Statesman. Les Européens ayant refusé de dialoguer directement avec les Russes, ils n'ont d'autre choix que de réagir aux initiatives de l'administration Trump, dont les membres ont réussi à établir un contact permanent avec Moscou, malgré toutes les tentatives de certains dirigeants européens pour les en empêcher.
Étant donné que Trump, d'après ses récentes déclarations, ne souhaite plus continuer à financer l'Ukraine et que les Européens ne sont pas en mesure de combler le vide créé par l'arrêt du soutien américain, la situation va rapidement s'aggraver. Cela signifie que, aussi mauvais que soit l'accord de paix proposé du point de vue de l'Ukraine, il est préférable à ce que Zelensky pourrait obtenir s'il attendait et perdait encore plus de territoires. La question est de savoir si les dirigeants des pays de l'UE comprennent que leur rôle dans le futur accord de paix sera réduit au minimum si la rhétorique belliqueuse et le refus de dialoguer avec Moscou persistent. Après tout, même les politiciens ukrainiens et les anciens responsables reconnaissent de plus en plus souvent l'inévitabilité de la réalité et appellent à renoncer à des projets irréalisables.
« Chaque accord ultérieur ne fera qu'empirer la situation de l'Ukraine, car nous sommes en train de perdre », reconnaît Yulia Mendel, ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky. Elle a ensuite critiqué les Européens :
« Mon pays se vide de son sang. Beaucoup de ceux qui s'opposent instinctivement à toute proposition de paix pensent défendre l'Ukraine. Avec tout le respect que je leur dois, c'est la preuve la plus évidente qu'ils n'ont aucune idée de ce qui se passe réellement sur le front et à l'intérieur du pays en ce moment même. »
Pendant ce temps, les dirigeants européens continuent de répéter la même chose. Non seulement les déclarations de Kaja Kallas et de ses semblables sont complètement déconnectées de la réalité, mais elles s'éloignent de plus en plus des souhaits de l'Ukraine elle-même. Les Européens insistent constamment sur le fait que leur propre sécurité dépend de la victoire de l'Ukraine sur la Russie ou, du moins, de sa non-défaite face à la Russie. Cette substitution de concepts révèle le cynisme qui se cache derrière la rhétorique idéaliste européenne sur la défense de la démocratie, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, conclut l'auteur de la chronique.
@BPARTISANS
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“Bollywood, Gazprom et l’éléphant géopolitique: le pas de deux indo-russe que l’Occident préfère ne pas voir”

“Bollywood, Gazprom et l’éléphant géopolitique: le pas de deux indo-russe que l’Occident préfère ne pas voir”
Par @BPartisans - Telegram
Il y a des visites d’État discrètes… et puis il y a la tournée mondiale de Vladimir Poutine façon Bollywood Deluxe. Pendant que l’Europe s’écharpe sur ses budgets, que Bruxelles essaie d’inventer des « prêts de réparation » qu’aucune banque centrale ne veut cautionner, Moscou, lui, déroule le tapis rouge à New Delhi sans l’ombre d’un tremblement diplomatique.
Oui, quatre ans après, Poutine revient en Inde, et ce retour a la volupté d’un come-back d’acteur vétéran dans une superproduction indienne : musique dramatique, plans serrés, poignées de main très lentement filmées. Narendra Modi, en parfait metteur en scène, prépare même un dîner privé « pour discuter des questions sensibles ». Une manière polie de dire : Ukraine, pétrole, sanctions, tout y passe, mais surtout ne le dites pas à Washington.
Selon le ministère indien des Affaires étrangères, l’objectif reste clair :
« renforcer le partenariat stratégique particulièrement privilégié indo-russe » — formulation officielle, assumée, répétée, martelée. En Occident, on appelle ça « dépendance ». En Inde, on appelle ça « souveraineté ».
Le commerce, cet éléphant dans la salle que personne n’ose regarder
Les chiffres sont éloquents: 70 milliards de dollars d’échanges selon les données indiennes du commerce extérieur pour 2024-2025. Et New Delhi vise les 100 milliards d’ici 2030. Pendant que l’Europe se félicite d’avoir « réduit sa dépendance énergétique » en achetant son GNL russe… via l’Inde, nuance, Modi et Poutine discutent d’optimiser les flux pour éviter que les roupies dorment dans des coffres.
Le ministère indien du Commerce l’a dit officiellement :
« Le déséquilibre commercial est insoutenable. L’Inde doit exporter davantage vers la Russie. »
Traduction : “Vladimir, prends nos médicaments et nos smartphones, sinon nos économistes vont faire un burn-out.”

Défense : l’épine dans le pied de Washington
Ici, le scénario vire au thriller géopolitique.
L’Inde reste le premier client mondial d’armements russes. Le SIPRI le rappelle: 36% de l’arsenal indien est d’origine russe.
Et malgré les menaces américaines sous CAATSA, aucun gouvernement indien — pas même celui très « ami » de Washington — n’a reculé.
Les discussions portent sur :
- Les S-400 : trois systèmes livrés, deux en attente.
- Le Su-57 : sujet tabou pour Washington, sujet très intéressant pour New Delhi.
- La production sous licence : douce musique aux oreilles du complexe militaro-industriel indien.
Comme l’a rappelé l’ambassadeur indien à Moscou:
« L’Inde prend ses décisions de défense de manière indépendante. »
Un concept devenu manifestement exotique à Bruxelles.
Ukraine : Modi en “médiateur du Sud global”
New Delhi répète sa ligne officielle :
« L’Inde appelle à une cessation des hostilités et au dialogue. »
Une position suffisamment vague pour être applaudie par tous et ignorée par chacun.
Mais le timing est savoureux : la visite intervient juste après l’échec du dialogue russo-américain.
Dans le jeu diplomatique actuel, être la seule puissance que Washington, Moscou, Bruxelles et Pékin peuvent encore appeler sans hurler… c’est un luxe que seule l’Inde s’offre.

RT India : la géopolitique version prime time
Poutine lancera personnellement RT India, parce que rien ne marque un partenariat stratégique comme une chaîne télé de propag… pardon, d’« information alternative ».
Moscou y voit un accès direct à un public d’un milliard d’habitants.
New Delhi y voit un moyen d’équilibrer l’influence occidentale dans son paysage médiatique.
L’Occident y verra un complot. Comme d’habitude.
Conclusion : pendant que l’Occident se raconte des histoires, l’Inde écrit le scénario
Cette visite n’est pas un signe: c’est une gifle géopolitique avec anneaux sertis.
L’Inde affirme son autonomie.
La Russie montre qu’elle a toujours des partenaires majeurs hors Occident.
Et Washington comprend — encore une fois — que menacer New Delhi ne fonctionne pas.
Comme l’a dit le ministre indien des Affaires étrangères S. Jaishankar :
« L’Inde ne se laisse pas dicter ses relations internationales. »
Voilà. Rideau.
Bollywood 1 — Occident 0.
@BPARTISANS
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L’UE bloque le gaz russe: coup dans le pied ou sanctions efficaces ?

L’UE bloque le gaz russe: coup dans le pied ou sanctions efficaces ?
Source: https://unzensuriert.at/317344-eu-stoppt-gas-aus-russland...
L’Union européenne s’est aujourd’hui, mercredi 3 décembre 2025, mise d’accord sur une interdiction totale du gaz russe. Ce que certains qualifient de sanction efficace contre Vladimir Poutine, d’autres le voient comme une attaque contre la sécurité énergétique de l’Europe.
Plus de gaz russe à partir du 1er novembre 2027
Selon l’accord, l’importation de gaz russe par pipelines, fondée sur des contrats à long terme, sera complètement arrêtée au plus tard le 1er novembre 2027. Le nouvel accord doit encore être formellement confirmé par le Parlement européen et les États membres au Conseil. L’objectif n’est pas seulement de rendre les États membres de l’UE indépendants à long terme des importations d’énergie en provenance de Russie, mais aussi de rendre l’interdiction totale d’importation pour que la Russie ait plus de difficultés à continuer à financer la guerre d’agression contre l’Ukraine.
Bruxelles intègre une clause de sécurité
Bruxelles ne semble pas totalement convaincu par ses sanctions supplémentaires contre la Russie, car l’accord contient une clause de sécurité: si la sécurité d’approvisionnement d’un ou plusieurs États membres devait être sérieusement menacée, la Commission européenne pourrait permettre aux pays de l’UE concernés de suspendre l’interdiction d’importation de gaz. Reste à voir si Poutine sera d’accord avec cela, mais, ça, c’est une autre question.
L’UE se dirige tête baissée vers une spirale descendante
L’accord, dévoilé cette nuit, suscite de vives critiques de la part de la députée européenne Petra Steger (FPÖ). Dans une déclaration, elle a dit:
"Alors que presque toute l’Europe dépend encore du gaz russe et que notre industrie souffre des coûts énergétiques qui explosent, les bellicistes bruxellois détruisent maintenant jusqu'au dernier vestige de sécurité d’approvisionnement. L’UE se dirige ainsi, tête baissée, vers une spirale descendante de désindustrialisation, de chômage en hausse rapide et d’une perte irréversible de notre compétitivité internationale."
Une ère avec perte rapide de prospérité
Au lieu d’investir dans une alimentation énergétique bon marché et fiable, l’UE se tourne vers un gaz liquéfié nettement plus coûteux, qui est également associé à d’énormes charges logistiques et écologiques. Et même cette source d’énergie risque de disparaître en raison de la réglementation de plus en plus extrême et de la bureaucratie excessive à Bruxelles — comme le menacent sans ambiguïté depuis des semaines les États du Golfe. Cela signerait la catastrophe énergétique totale et l’entrée dans une ère européenne de perte rapide de prospérité, a averti Mme Steger.
21:05 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, gaz, hydrocarbures, gaz russe, russie |
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Aveux britanniques: Boris Johnson a empêché la paix en Ukraine en 2022

Aveux britanniques: Boris Johnson a empêché la paix en Ukraine en 2022
Londres/Moscou. Depuis un certain temps, les médias et les politiciens occidentaux tentent de passer sous silence le rôle joué par l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson dans le torpillage d'un accord de paix précoce dans la guerre en Ukraine. Comme on le sait, Moscou et Kiev ont entamé des négociations à Istanbul quelques semaines seulement après le début de la guerre en février 2022, qui ont abouti en avril à un accord prêt à être signé. Le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, l'a présenté au public il y a quelque temps. À l'époque, Boris Johnson a effectué une visite éclair à Kiev et a fait savoir au public que l'Ukraine continuerait à se battre. La question de la paix était ainsi écartée. La responsabilité de Johnson à cet égard est désormais généralement occultée dans les récits occidentaux.

Un aveu tout récent, venu de Londres, n'en est que plus important. L'historien militaire Alexander Hill reproche désormais également à Johnson d'avoir joué un rôle clé dans l'échec des pourparlers de paix. Dans un article publié dans le magazine BAR, Hill déclare: « Boris Johnson est largement considéré, à juste titre, comme l'homme qui a joué un rôle déterminant dans l'échec d'un accord de paix entre la Russie et l'Ukraine au printemps 2022».
Cette affirmation correspond au point de vue russe, que l'article de Hill examine. L'historien laisse entendre qu'il y souscrit pour l'essentiel.
Hill poursuit son analyse des raisons de la perte d'image de la Grande-Bretagne dans la perception russe. La position de Londres sous Johnson est jugée hypocrite au vu des précédentes interventions de l'OTAN en Yougoslavie et en Libye. De plus, le gouvernement britannique agirait à l'encontre de ses intérêts à long terme, notamment en matière d'accès aux marchés russes et d'approvisionnement énergétique. Le pragmatisme britannique traditionnel aurait cédé la place à une obstination dictée par de l'idéologie.
Hill cite comme autre raison de cette perte de prestige les erreurs commises dans la formation des soldats ukrainiens. Il cite textuellement: «L'échec manifeste des Britanniques et des autres Européens à former les troupes ukrainiennes afin de les préparer aux conditions qu'elles rencontrent sur le champ de bataille en Ukraine – ce que la partie ukrainienne a également exprimé à plusieurs reprises – a sans aucun doute contribué à la perte du respect, qui, auparavant, se manifestait ouvertement à l'égard de l'armée britannique» (mü).
Source: Zu erst, décembre 2025.
20:15 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, ukraine, boris johnson |
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La menace confiscatoire

La menace confiscatoire
par Georges Feltin-Tracol
Le 23 octobre 2025 se tenait à Bruxelles un nouveau conseil regroupant les chefs d’État et de gouvernement des États-membres de l’Union prétendue européenne. Le principal débat portait sur le sort des actifs de la Banque centrale russe gelés depuis le début de la guerre avec l’Ukraine.
On estime que la Russie aurait placé en Occident avant-guerre environ trois cents milliards d’euros. Ce montant comprendrait les avoirs souverains, soit les réserves de la Banque centrale, et les fonds privés qui appartiennent aux personnalités russes soumises aux sanctions occidentales.
Les experts pensent encore que ces sommes bloquées se répartissent très inégalement entre le Luxembourg, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, le Japon, l’Australie et la Belgique. Le royaume belge concentrerait la plus grande majorité des actifs souverains russes en raison de la présence à Bruxelles, son siège légal, d’Euroclear, un établissement central de dépôt des titres. Société de droit privé, Euroclear est une entreprise financière qui travaille en toute confiance avec les banques centrales, les banques et les fonds d’investissement de la planète. Ils déposent de manière dématérialisée des obligations, des produits financiers, des actions et des investissements. Son dépôt global pèserait 42.500 milliards d’euros en titres ! Euroclear détiendrait 193 milliards d’euros d’actifs russes bloqués.

Le siège d'Euroclear à Bruxelles.
Une partie du Conseil dit européen aimerait s’emparer de ces fonds. L’argent ainsi confisqué servirait de gage au prêt de réparation à l’Ukraine. Or le Premier ministre fédéral belge, le national-centriste flamand Bart De Wever, s’y oppose résolument. Il craint à juste titre que cette première historique de s’approprier les actifs d’un autre État n’entraîne de fâcheuses répercussions politiques, financières, économiques, sociales, diplomatiques et juridiques. Le dirigeant belge exige donc de ses partenaires un mécanisme solide de garantie capable de rembourser Euroclear si jamais Moscou parvenait à rapatrier en Russie ses placements. Les discussions se poursuivent. La direction d’Euroclear entend par ailleurs contester devant les tribunaux toute confiscation des avoirs russes. Elle sait qu’une telle mesure anéantirait la confiance des déposants.
Les négociations portent aussi sur un prêt de réparation gagé sur le fonds souverain de la Norvège. Bien que non-membre de l’Union pseudo-européenne, Oslo participe à l’OTAN, à l’Espace économique européen et à la zone Schengen. Grâce aux hydrocarbures en mer du Nord, le royaume scandinave disposerait grâce à ce fonds plus de 1700 milliards d’euros ! Les eurocrates ont déjà prévu d’utiliser les intérêts de ces avoirs russes (soit plus de cinq milliards d’euros) pour aider l’Ukraine.
Les réticences du chef du gouvernement belge sont légitimes. La saisie illégale des avoirs d’État russe et leur utilisation à l’effort de guerre seraient considérées comme des actes délibérés de belligérance avec des conséquences imprévisibles. Cet acte de piraterie internationale constituerait enfin un terrible et néfaste précédent pour la population française.
La France croule sous la dette et les déficits. Au lieu de trancher, de tailler et de sabrer dans les dépenses inutiles et problématiques (subventions faramineuses aux partis politiques, aux syndicats, aux associations déviantes, etc.), les politiciens ne cachent plus leur envie de détourner ce gigantesque magot que représente l’épargne des Français. Pour le premier semestre 2025, le taux d’épargne des particuliers atteignait près de 19%, d’où un patrimoine financier des ménages estimé à 6430 milliards d’euros !

Le 2 avril 2024, l’inénarrable députée Verte de Paris, Sandrine Rousseau, suggérait de combattre la dette publique en contraignant les épargnants français à renflouer ce tonneau des Danaïdes. Elle n’est pas la seule à lorgner sur les économies d’une vie de labeur. L’apparentée Verte, Sophie Taillé-Polian, députée du Val-de-Marne et adhérente à Génération.s, le groupuscule de Benoît Hamon, développe une autre obsession. Outre son fantasme psychotique de fermer CNews et d’écraser le groupe médiatique Bolloré, elle envisage, début novembre, de piller l’épargne afin de financer la nationalisation de l’économie hexagonale et la réindustrialisation. « Récupérer l’épargne des Français pour qu’elle soit réinvestie dans le productif et non dans le financier, se justifie-t-elle, c’est remettre en selle notre modèle social. » Faire les poches des Français au nom du sinistre pacte républicain tout en refusant la fermeture des frontières et en acceptant tous les migrants du monde est fort audacieux.

Corrélons ces deux infâmes propositions avec d’autres qui expriment une agression discrète contre la propriété. Les services fiscaux exigent chaque année de remplir une déclaration d’occupation et de loyer. Cette déclaration est à mettre en relation avec le projet de faire payer aux propriétaires une location qu’ils devraient s’ils n’étaient pas précisément propriétaires! Ubu travaille au fisc! Posséder des biens immobiliers constitue un marqueur, plus ou moins fort, d’enracinement. Dans une tribune parue dans Le Monde du 19 octobre 2025, sommet de la désinformation et de la dénonciation facile, Aurore Lalucq (photo) défend le projet funeste d’euro numérique qui, selon elle, contournerait les banques. Bien sûr, on y croit! Députée française apparentée socialiste au Parlement dit européen, Aurore Lalucq co-préside Place publique (Rigole publique serait plus juste !), un autre groupuscule, celui de Raphaël « CIA » Glucksmann. Sa prise de position en faveur d’une monnaie numérique liberticide n’est donc pas étonnante.
Les kleptocrates occidentaux se méfient des propriétaires et de toute réalisation tangible de participation dans les entreprises. Leurs lointains aïeux ont aboli les corporations qui reconnaissaient la propriété du métier et favorisé le salariat. Confisquer l’épargne privé constituerait une nouvelle étape vers l’instauration d’un hilotisme 2.0 et d’un véritable communisme de marché. Dans cette perspective anxiogène, comment réagirait alors l’opinion publique ? Assisterait-on à l’émergence de « super-Gilets jaunes » ? Comment répondraient les unités de sécurité potentiellement spoliées ? Continueraient-elles à obéir docilement à l’hyper-classe cosmopolite ou bien se rallieraient-elles aux mécontents, quitte à renverser dans la foulée le régime ? Tout demeure incertain. Espérons seulement que ni l’écureuil, ni la fourmi ne se laisseront plumer.
GF-T
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 176, mise en ligne le 1er décembre 2025 sur Radio Méridien Zéro.
15:24 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avoirs russes, actualité, europe, france, affaires européennes |
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mardi, 02 décembre 2025
Selon le professeur Garett Jones, la migration de masse modifie fondamentalement les économies et affaiblit les nations innovantes

Selon le professeur Garett Jones, la migration de masse modifie fondamentalement les économies et affaiblit les nations innovantes
Peter W. Logghe
Source: Knooppunt Delta - Nieuwsbrief n°204 - Novembre 2025
J'ai soudainement repensé au professeur Garett Jones en lisant dans Het Laatste Nieuws du 29 octobre 2025 que 6 chômeurs sur 10 en Belgique ont un antécédent migratoire. « Nous sommes les pires de la classe en Europe », titrait le journal. « Si l’on se concentre sur les migrants d'en dehors de l’UE, alors la Belgique est presque toujours la dernière de la classe européenne. Si l’on rassemble tous les migrants hors UE qui sont au chômage, plus de la moitié d’entre eux le sont depuis plus d’un an », expliquait le professeur Stijn Baert.
Ces chiffres confirment-ils les affirmations du professeur Jones ? Qui est Garett Jones ?
Garett Jones est né en 1970 et est économiste à l’Université George Mason (Virginie, États-Unis). Il a acquis une renommée internationale avec son livre Hive Mind: How Your Nation's IQ Matters So Much More Than Your Own.

Ses recherches portent sur la macroéconomie, la politique monétaire, le QI en relation avec la productivité, les cycles économiques à court terme et le développement économique. Il a développé la théorie de la «transplantation culturelle»: selon lui, les peuples migrateurs apportent dans le pays d’accueil les valeurs économiques et institutionnelles de leur pays d’origine — phénomène auquel aucune gouvernance jusqu’à présent n’a prêté attention. Une société qui accueille des flux migratoires massifs (comme l’Europe de l’Ouest) finira par ressembler de plus en plus aux pays d’origine de ces migrants.
Il part d’une idée simple: la richesse économique ne se limite pas au capital ou à la technologie, elle repose avant tout sur des habitudes collectives: épargne, confiance, discipline institutionnelle, intégrité.
Il a étudié la diaspora de nombreux peuples aux États-Unis et a constaté que les enfants et petits-enfants des migrants ont les mêmes réflexes économiques que leurs ancêtres: les Italo-Américains ressemblent aux Italiens, tout comme les Mexicano-Américains ressemblent aux Mexicains. «Les migrants ne s’adaptent pas aux normes économiques du pays d’accueil, mais ils y importent leurs valeurs économiques», explique-t-il.
En d’autres termes: les valeurs économiques et politiques des populations migrantes s’enracinent dans le pays d’accueil et transforment ainsi progressivement la société qui les a accueillis. Par exemple, la diaspora chinoise aux États-Unis a apporté une éthique du travail et des valeurs communautaires stables. Singapour et la Malaisie connaissent également cette influence chinoise.
Jones poursuit en affirmant que les pays innovants, comme les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud ou l’Allemagne, représentent un capital civilisationnel fragile. Leur avance technologique et scientifique repose sur des institutions solides et sur une culture qui promeut les efforts et la confiance. Mais, dit le professeur Jones, une migration de masse en provenance de pays où ces valeurs sont très faibles comporte le risque que les pays de destination perdent leurs fondements axiologiques favorisant l’innovation et la stabilité.

C’est une question de survie pour toute civilisation technologique, affirme-t-il: «Si les pays innovants changent de l’intérieur, l’ensemble de l’économie mondiale sera affaibli».
Pour l’économiste, qui plaide fortement en faveur d’une sélection des migrants issus de certains pays, le drame pour l’Europe de l’Ouest réside dans le fait qu’elle a massivement importé des migrants provenant de collectivités où la corruption, la dépendance à l’État et la faiblesse de la confiance sociale sont endémiques. Les gouvernements européens n’ont jamais pris en compte les conséquences à long terme d’une telle politique migratoire.
Le professeur Garett Jones pose une question anthropologique fondamentale: une société peut-elle rester la même si elle change de peuple? L’Europe de l’Ouest constate à son tour les effets d’une mutation culturelle lente mais profonde. Selon Jones, les cultures ne disparaissent pas. Elles se succèdent, se concurrencent, et finissent par redéfinir la société.
La question est de savoir si les gouvernements en Europe de l’Ouest sont encore capables de lire, de comprendre les signes des temps, et de prendre, dans l’intérêt de leur propre population, les mesures nécessaires?
Livres:
Hive Mind: How Your Nation’s IQ Matters So Much More Than your Own (2015)
The Culture Transplan: How Migrants Make the Economics They Move to a Lot Like the Ones They Left (2022)
20:15 Publié dans Actualité, Livre, Livre, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sociologie, actualité, migrations |
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Merz ne peut pas arrêter la politique migratoire de Merkel en Allemagne

Merz ne peut pas arrêter la politique migratoire de Merkel en Allemagne
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Après le tournant migratoire de la chancelière Merkel (CDU) en 2015, environ un million de migrants syriens se sont dirigés vers l’Allemagne. Dix ans plus tard, Friedrich Merz (CDU) est devenu chancelier, notamment avec la promesse de resserrer drastiquement la politique migratoire. Six mois après son élection, les paradoxes se multiplient. Sa coalition montre peu d’ambition en matière d’immigration, et les tensions internes au sein de la CDU sapent sa crédibilité.
Malgré la chute du régime d’Assad en 2024 et l’arrivée du nouveau président Ahmed al-Charaa, les réfugiés syriens ne retournent pas dans leur pays natal. Le chancelier Merz a donc proposé de réfléchir à d'éventuelles expulsions, car « la guerre civile en Syrie est terminée, il n’y a donc plus de raison de demander l’asile en Allemagne ». Merz mise donc sur une collaboration pragmatique avec le nouveau régime syrien pour relancer les rapatriements. « Ils sont essentiels pour la reconstruction du pays », a-t-il déclaré.

Pour son ministre des Affaires étrangères, un retour dans un pays dévasté n’est pas une option.
Lors d’une conférence de presse récente à Husum, dans le Schleswig-Holstein, Friedrich Merz a déclaré : « Sans ces hommes (c'est-à-dire les réfugiés syriens qui retourneraient en Syrie), une reconstruction du pays est impossible. » Mais son propre ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul (photo - également membre de la CDU), lui a formellement répondu lors de sa visite à Damas. Il a décrit le chaos: «Ici, très peu de personnes peuvent vraiment vivre de manière acceptable». Le ministre a plaidé pour des expulsions très limitées «dans quelques cas exceptionnels», notamment pour les criminels.
Pendant ce temps, l’héritage migratoire de Mutti Merkel pèse des milliards d’euros. Pour 2023, le coût financier de la politique migratoire allemande est estimé à 6,4 % des dépenses publiques, soit une somme de 29,7 milliards d’euros. Il est clair que le mécontentement de nombreux Allemands est très bien capté par le parti d’opposition AfD. Alice Weidel, présidente de l’AfD, a durement dénoncé l’hypocrisie de la CDU: « Voilà ce que nous dit la CDU: 40 millions d’euros prévus pour la ‘reconstruction’ de la Syrie, mais les Syriens ‘ne peuvent pas revenir’, selon le ministre Wadephul. Le contribuable allemand est doublement touché. »
Au Bundestag, le ministre Wadephul a de nouveau déclaré que la destruction de la Syrie était pire que celle de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Les parlementaires étaient sans voix. Selon le magazine allemand Der Spiegel, cela indique que le ministre ne peut plus compter sur ses collègues de la CDU au parlement. Certains disent — pour l’instant anonymement — que le ministre ferait mieux de démissionner.
19:29 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, allemagne, affaires européennes, migration, immigration, friedrich merz, johann wadephul |
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lundi, 01 décembre 2025
Le Sapin de Noël, très ancien symbole de mort et de renaissance

Le Sapin de Noël, très ancien symbole de mort et de renaissance
Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100063508030909
De l’Antiquité jusqu’au christianisme médiéval, en passant par la mythologie germanique et les rites du solstice, l’arbre dressé au cœur de l’hiver est demeuré un symbole de l’espérance et de la victoire sur les forces des ténèbres et de la mort.
Aujourd’hui devenu le sapin de Noël, il fut longtemps bien plus qu’un simple décor : il représentait une véritable colonne cosmique, un axe du monde permettant de traverser la période la plus sombre de l’année.
Pour comprendre sa symbolique profonde, il faut remonter à l’arbre le plus vénéré des anciens Germains : l’if, cet arbre sombre et ambigu, associé à la fois à la mort et à la vie, à la magie et à la renaissance, aux mystères du destin, et à la survie au cœur du froid.

L’if, arbre magique par excellence, symbolise à la fois la mort et l'immortalité.
Toute sa matière est extrêmement toxique, seule la pulpe rouge de ses fruits est douce et comestible ; ses graines tuent, mais son tronc peut vivre plusieurs milliers d’années ; il ne perd jamais son feuillage, même en plein hiver.
Cette ambivalence absolue, où mort et vie se touchent, où la destruction contient la promesse d’un renouveau, en faisait pour les anciens Germains un symbole idéal du solstice d’hiver, moment où le monde semble basculer dans l’obscurité avant de renaître.
C'est Yggdrasil, l’Arbre cosmique, axe des Mondes, souvent traduit par “frêne” mais que les indices philologiques, mythologiques et symboliques désignent plutôt comme un if.

Yggdrasil relie les trois plans de l’univers : les hauteurs célestes, le monde des hommes, et les profondeurs où résident les morts et les puissances du destin.
Suspendu neuf nuits à cet arbre, Odin accède aux runes par une mort initiatique qui le transforme.
Le seiðr, cette magie visionnaire, extatique, sombre, liée à la divination, à la nécromancie, aux passages entre les mondes, trouve dans l’if son arbre tutélaire.
La rune Eihwaz, qui signifie précisément "if”, est celle du passage, de la connaissance interdite, de la vie logée au cœur de la mort. La structure même du cosmos germanique repose donc sur un arbre qui est à la fois funéraire et immortel, verticalité pure et seuil vers l’invisible.
Ce rôle de pivot cosmique se retrouve dans les rites hivernaux des Douze Nuits, ces "Rauhnächte" ou "Weihnachten" où le temps semblait se suspendre.
Dès le solstice d'hiver (aujourd'hui du 24 décembre au 6 janvier), les anciens Germains vivaient une “non-année”, un intervalle où les frontières entre les mondes s’effaçaient et où la maison devenait vulnérable aux forces errantes des ténèbres.
Les femmes cessaient de filer, laissant cette tâche à la déesse Frigg, la fileuse du destin.
Pour traverser cette période de mort, on introduisait dans l’habitation un arbre toujours vert : une image d’Yggdrasil, destiné à maintenir l’ordre cosmique dans le foyer.
Cet arbre, un sapin (substitut plus maniable de l’if sacré), entrait le premier soir et ressortait après la douzième nuit.
Pendant cette période liminale, il représentait pour la maison un point d’ancrage au monde vivant, une colonne verticale empêchant l’obscurité de triompher.

On décorait cet arbre de fruits : des pommes et des noix.
Ces décorations, aujourd’hui anodines, condensent pourtant toute la profondeur du mythe.
Les pommes renvoient à la déesse Idunn, gardienne des fruits d’immortalité.
Lorsque la déesse est enlevée par le géant Thjazi, les dieux vieillissent : le monde se fige, l’hiver gagne.
Les géants sont liés à la glace, à l'hiver.
Et quand Loki la retrouve, elle est transformée en noix - métamorphose essentielle, car la noix représente la vie repliée dans la mort, l'utérus, la germination enfermée dans sa coque dure, la promesse du renouveau contenue dans une coque dure.

Suspendre des pommes et des noix à l’arbre hivernal n’était donc pas un geste décoratif, mais un rite de survie symbolique : les pommes affirmaient la vitalité manifeste, les noix en représentaient le principe caché.
Ensemble, elles formaient les deux faces de l’immortalité : la lumière et la graine, la vie éclatante et la vie enfouie, l’espérance visible et l’espérance secrète.
Lorsque le christianisme se superposa à ces anciennes coutumes, la convergence symbolique fut immédiate.
Dès l'époque médiévale, dans les pays germaniques, on associait Noël et Adam et Ève en dressant un Arbre du Paradis orné de pommes rouges : l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, celui au centre du jardin d'Eden, celui par lequel l’homme chute mais aussi celui qui annonce la possibilité de la rédemption par le Christ.
Ce symbole chrétien, loin de s’opposer au rite germanique, lui correspond parfaitement : il est lui aussi un arbre central, un axe du monde, un arbre d’épreuve et de transformation, un arbre où la mort conduit à la vie.
La tradition médiévale voyait dans ce même arbre la préfiguration de la Croix du Christ, nouvel Adam, dont le bois relie le monde des hommes à Dieu et dont la verticalité restaure l’axe rompu du destin humain.
Pour les germains christianisés, la Croix devient alors l’Yggdrasil chrétien, l’arbre de mort qui porte la vie, le bois dressé qui relie ciel et terre, le pivot par lequel la nuit du monde débouche sur la lumière de la résurrection.
C’est ainsi que le sapin domestique, introduit au cœur des Douze Nuits, a pu devenir sans heurt le symbole chrétien de Noël.
Arbre vert dans la nuit de l’hiver, arbre du Paradis réinterprété, arbre de la Croix et de la résurrection, il conserve sous sa parure moderne les strates successives de toutes ces traditions.
Sous les guirlandes et les lumières électriques se superposent encore aujourd’hui l’ombre de l’if antique, la magie du seiðr, le souffle d’Odin suspendu à l’arbre cosmique, les fruits d’Idunn, la chute d’Adam et Ève, et la Croix du Christ, nouvel axe du monde chrétien.
Le sapin de Noël résume ainsi toute une histoire spirituelle : celle d’un arbre dressé dans la nuit pour que l’homme, traversant le solstice, puisse accéder à la lumière renaissante.
22:17 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : traditions, paganisme, sapin de noël, noël |
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La transmission des mythes par les textes mythologiques irlandais

La transmission des mythes par les textes mythologiques irlandais
Source: Celtes , Gaulois fierté autochtone | Facebook
L’Irlande, terre de légendes et de mystères, a préservé à travers les siècles un patrimoine mythologique d’une richesse inégalée. Les textes mythologiques irlandais, rédigés principalement entre le VIIe et le XIIe siècle, jouent un rôle central dans la transmission des récits fondateurs, des croyances et des valeurs de la culture celtique. Ces écrits, souvent compilés par des moines chrétiens, sont le fruit d’une tradition orale bien plus ancienne, remontant à l’âge du bronze et à l’époque pré-christienne. Ils offrent une fenêtre unique sur l’imaginaire, la spiritualité et la vision du monde des anciens Irlandais.
1. Les Sources des Mythes Irlandais : de l’Oral à l’Écrit
Avant d’être consignés par écrit, les mythes irlandais se transmettaient oralement, de génération en génération, par le biais des filid (poètes) et des seanchaí (conteurs). Ces gardiens de la mémoire collective avaient pour mission de perpétuer les récits héroïques, les généalogies des dieux et des rois, ainsi que les explications des phénomènes naturels. Avec l’arrivée du christianisme en Irlande au Ve siècle, les moines, soucieux de préserver la culture locale tout en l’adaptant à leur nouvelle foi, ont commencé à transcrire ces récits. Les manuscrits les plus célèbres, comme le Lebor Gabála Érenn (Le Livre des Conquêtes de l’Irlande), le Táin Bó Cúailnge (La Rafle des Vaches de Cooley) ou encore les Dindsenchas (Lore des Lieux), sont ainsi nés de cette rencontre entre deux mondes.
Ces textes, bien que réécrits sous une influence chrétienne, conservent des traces évidentes des croyances païennes. Par exemple, les Tuatha Dé Danann, souvent présentés comme une race mythique ou des dieux, sont parfois dépeints comme des êtres surnaturels ou des ancêtres glorifiés, afin de les intégrer dans une vision chrétienne de l’histoire. Cette superposition de couches culturelles rend les textes irlandais particulièrement fascinants : ils mêlent mythes pré-christiens, symboles païens et réinterprétations chrétiennes.
2. Les Cycles Mythologiques : une Structure Narrative Unique
Les mythes irlandais sont traditionnellement organisés en quatre grands cycles
- Le Cycle Mythologique : Il raconte l’histoire des dieux et des créatures surnaturelles, comme les Tuatha Dé Danann, les Fomoriens et les Fir Bolg. Ces récits expliquent la création du monde, les batailles cosmiques et l’origine des paysages irlandais.
- Le Cycle d’Ulster : Centré autour du héros Cú Chulainn, ce cycle met en scène des exploits guerriers, des tragédies et des quêtes épiques. Le Táin Bó Cúailnge, joyau de ce cycle, illustre la lutte entre l’Ulster et le Connacht, tout en explorant des thèmes universels comme l’honneur, la loyauté et la fatalité.
- Le Cycle de Fenian : Il suit les aventures de Finn Mac Cumhaill et de ses guerriers, les Fianna, dans un monde où magie et réalité s’entremêlent.
- Le Cycle des Rois : Ce cycle relate les exploits des souverains historiques ou semi-légendaires, comme Conchobar ou Cormac Mac Art, et aborde des questions de pouvoir, de justice et de destin.
Chaque cycle reflète des valeurs et des préoccupations spécifiques, tout en partageant des motifs récurrents : les voyages dans l’Autre Monde (le Tir na nÓg), les objets magiques (comme la Lance de Lug ou la Pierre de Fal), et les figures de druides et de guerriers.

3. La Transmission des Mythes : entre Symbolisme et Enseignement
Les textes mythologiques irlandais ne se contentent pas de divertir : ils enseignent. Ils transmettent des leçons sur la nature humaine, la relation entre les hommes et les dieux, et l’équilibre entre ordre et chaos. Par exemple, le mythe de la Deuxième Bataille de Mag Tuired symbolise la victoire de la lumière (les Tuatha Dé Danann) sur les forces obscures (les Fomoriens), une allégorie de la lutte entre civilisation et barbarie. De même, les récits mettant en scène des héros comme Cú Chulainn ou Finn Mac Cumhaill soulignent l’importance du courage, de la sagesse et du respect des traditions.
Les lieux mythiques, comme la colline de Tara ou le lac de Derryclare, sont souvent associés à des événements surnaturels, renforçant le lien entre le paysage et la mémoire collective. Les Dindsenchas, en particulier, expliquent l’origine des noms de lieux à travers des légendes, créant une géographie sacrée où chaque rocher ou rivière a une histoire.
4. L’Influence Chrétienne et la Réinterprétation des Mythes
Avec la christianisation, certains dieux païens ont été transformés en saints ou en figures bibliques. La déesse Brigid, par exemple, est devenue Sainte Brigitte, tandis que des fêtes païennes comme Samhain (l’ancêtre d’Halloween) ont été intégrées au calendrier chrétien. Cette assimilation a permis aux mythes de survivre, tout en les adaptant aux nouvelles croyances. Les moines irlandais, en copiant ces textes, ont ainsi sauvé de l’oubli une partie de la tradition orale, même si certains éléments ont été édulcorés ou réinterprétés.

5. La Postérité des Mythes Irlandais
Aujourd’hui, les textes mythologiques irlandais continuent d’inspirer la littérature, la musique et les arts. Des auteurs comme W.B. Yeats ou J.R.R. Tolkien se sont nourris de ces récits pour créer leurs propres univers. Les festivals celtiques, les reconstitutions historiques et même le tourisme culturel en Irlande s’appuient sur ces légendes pour célébrer l’identité irlandise.
En conclusion, la transmission des mythes irlandais par les textes médiévales est un témoignage remarquable de la résilience d’une culture. Grâce à l’écrit, des récits qui auraient pu disparaître ont traversé les siècles, offrant aux générations futures un héritage à la fois poétique, philosophique et spirituel. Ces textes rappellent que les mythes ne sont pas de simples histoires : ils sont le reflet de l’âme d’un peuple, un pont entre le passé et le présent.
21:55 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : traditions, mythologie, mythologie celtique, paganisme |
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L'Allemagne d'après-guerre et la formation des Revolutionäre Obleute

L'Allemagne d'après-guerre et la formation des Revolutionäre Obleute
Troy Southgate
Source: https://troysouthgate.substack.com/p/postwar-germany-and-...
L'histoire de la gauche allemande à la fin de la Première Guerre mondiale, ainsi que pendant la période qui a immédiatement suivi le conflit, est un sujet fascinant que j'ai longuement abordé dans mes biographies d'Otto Strasser (2010) et d'Ernst Röhm (2016). Cependant, dans la nouvelle édition traduite de l'ouvrage d'Albert Schmelzer sur Rudolf Steiner et le mouvement tripartite, le rôle des communistes dans la création des conseils ouvriers allemands est considérablement minimisé. Si Schmelzer a la chance, en tant qu'Allemand de souche, d'avoir accès à certaines sources historiques précieuses sur la période en question, certaines de ses conclusions sont toutefois quelque peu douteuses.

S'il note à juste titre que le Parti social-démocrate (SPD), par exemple, a adopté une attitude résolument nationaliste et a commencé à soutenir l'effort de guerre du pays, il minimise considérablement l'influence que la Russie soviétique a eue sur les conseils eux-mêmes. Ce n'est pas pour rien que les Freikorps – qui, au départ, étaient utilisés par le gouvernement réactionnaire comme unités mercenaires afin de renforcer sa propre position – avaient réussi à rallier tant de personnes à leur cause anticommuniste, mais Schmelzer soutient que les conseils eux-mêmes étaient composés en grande majorité de membres du SPD et que les communistes pro-soviétiques n'y jouaient qu'un rôle mineur, voire insignifiant.
Cela mis à part, il propose un résumé intéressant des cinq visions du monde qui étaient en vogue à l'époque:
(1) la monarchie restauratrice,
(2) la démocratie pluraliste dans une économie capitaliste,
(3) le gouvernement parlementaire avec des conseils démocratiques et la socialisation économique,
(4) la dictature communiste pure et dure, et
(5) ce qu'il décrit comme un système de conseils politiques et économiques « purs ».
Il ne fait guère de doute que la droite militariste, du moins avant l'avènement de l'hitlérisme, privilégiait la première option, tandis que la deuxième était préférée par ceux qui, comme le Parti populaire allemand (DVP), étaient libéraux-conservateurs. La troisième catégorie désigne le SPD de centre-gauche, qui comptait plus d'un million de membres en 1918, tandis que la quatrième fait clairement allusion au Parti communiste (KPD) de Rosa Luxemburg.

Peu après que les sociaux-démocrates indépendants (USPD) se soient séparés de la SPD en raison de son nouveau bellicisme, l'USPD s'est lui-même scindé en deux lorsqu'il a donné naissance à la KPD susmentionnée. La cinquième catégorie de Schmelzer, si je ne vous ai pas trop submergé avec cette litanie kaléidoscopique de labels idéologiques, était apparemment occupée par les segments de gauche de l'USPD et ce sont eux qui, selon lui, luttaient pour une forme plus autonome de décentralisation politique, sociale et économique.

Les membres de l'USPD qui adhéraient à cette vision plus radicale se faisaient appeler les « délégués révolutionnaires » (Revolutionäre Obleute) et menèrent des grèves très efficaces afin d'essayer d'empêcher le pays de sombrer dans une guerre totale destructrice. Ironiquement, bien que ces éléments particuliers n'aient pas suivi Luxemburg au sein de la KPD, ils étaient considérablement plus radicaux dans le sens où ils s'opposaient fondamentalement au contrôle de l'économie par l'État et à la participation à l'assemblée nationale bourgeoise. Leur principale erreur, cependant, comme le souligne Schmelzer dans son livre, est que, alors que la faction Revolutionäre Obleute luttait pour l'autodétermination, elle a commis l'erreur de chercher à appliquer ces principes dans un climat marqué par un chaos total et un autoritarisme croissant.


La meilleure stratégie, du moins pour les nationaux-anarchistes qui soutiennent bon nombre d'objectifs similaires, aurait été d'appliquer ces principes autarciques à la périphérie et non au cœur d'une société de plus en plus technologique. En fin de compte, ce sont Karl Kautsky, Hugo Haase et Rudolf Hilferding – tous issus de l'aile droite de l'USPD – qui ont finalement décidé que le parti devait prêter allégeance au système démocratique et abandonner complètement l'idée de conseils « purs ». Bien que de nombreux partisans des Revolutionäre Obleute aient ensuite rejoint l'Union libre des travailleurs (FAUD), une occasion unique avait été gâchée.
19:02 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, allemagne, gauches allemandes, années 20, république de weimar |
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