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vendredi, 02 janvier 2026

La course aux armements devient un état permanent – et ce que cela signifie pour l’Europe

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La course aux armements devient un état permanent – et ce que cela signifie pour l’Europe

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

L’Institut de Kiel pour l’économie mondiale vient de révéler quelque chose (https://www.kielinstitut.de/de/publikationen/aktuelles/au... ), qui a cependant été réalisé depuis longtemps sur le plan politique, mais a été soigneusement dissimulé dans la communication: la confrontation avec la Russie n’est pas une exception temporaire, mais un facteur structurel à long terme dans la politique de l’UE, avec des conséquences fiscales directes pour l’Europe.

L’étude utilise des données historiques couvrant environ 150 ans et montre un schéma stable et récurrent: le renforcement militaire est d’abord financé par la dette, puis par des impôts plus élevés, ponctionnés de façon permanente. Pas ponctuellement, pas temporairement, mais de manière systématique.

Le mécanisme est clairement décrit. Dans la première phase, la dette publique augmente rapidement. Fonds spéciaux, budgets d’exception, dépenses de défense financées par crédit. Cela paraît d’abord abstrait: mais historiquement, la deuxième étape suit de manière parfaitement prévisible: des augmentations d’impôts, de nouvelles taxes, des charges indirectes plus élevées, qui ne sont pas entièrement annulées après la fin des tensions militaires. Dix ans après le début d’une phase de renforcement, les recettes fiscales sont en moyenne supérieures de 20 à 30 % par rapport au niveau initial. Ce n’est pas un cas extrême, mais la norme.

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La comparaison historique, que les chercheurs de Kiel eux-mêmes établissent, est particulièrement révélatrice. La montée actuelle des armements des pays de l’OTAN fait partie des plus grands cycles de militarisation des pays industrialisés occidentaux depuis 150 ans — comparable aux périodes qui ont précédé les guerres mondiales ou ont suivi la guerre de Corée. Ceux qui prennent ces références au sérieux le savent: de tels cycles laissent des cicatrices fiscales durables.

Pour l’UE, cela signifie un déplacement silencieux mais profond des priorités. L’état d’urgence politique se transforme en une logique de planification permanente. La guerre — ou au moins une capacité de guerre permanente — passe d’un cas exceptionnel à une normalité calculée dans la gestion budgétaire de l’État.

Ce que cela signifie concrètement pour l’Europe peut être clairement déduit des données: des charges fiscales croissantes, moins d’espace fiscal, une pression accrue sur les budgets sociaux et d’infrastructure. Pas nécessairement par des coupes ouvertes, mais par un sous-financement insidieux et des charges croissantes pour de larges couches de la population. La marge financière de l’individu se réduit, tandis que l’État consacre des moyens toujours plus importants à la défense et au service de la dette.

Ce qui est frappant — et politiquement révélateur —, c’est ce qui n’est plus discuté dans l’analyse. La question du sens de cette course aux armements n’apparaît pas. Elle est considérée comme tranchée. Seules la mise en œuvre, le rythme et le financement sont soumis à débats — pour l’instant encore, on tient compte de l’acceptation publique. Le débat fondamental a été clôt silencieusement avant d’être ouvert en Europe en général et en Allemagne en particulier.

En résumé, l’Institut de Kiel ne fournit pas matière à polémique, mais un diagnostic sobre. C’est justement pourquoi il est si éclairant: l’UE se prépare structurellement à une crise fiscale de longue durée.

La facture n’est pas immédiatement présentée. Mais elle est déjà prise en compte.

#geopolitik@global_affairs_byelena

Tierra y Libertad – Eternel désir au Mexique

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Tierra y Libertad – Eternel désir au Mexique

Peter Backfisch

Source: https://opposition24.com/politik/tierra-y-libertad-ewige-sehnsucht-in-mexico/

393-RHZ_2024_3_Web-2830206869.pngLes lecteurs du portail opposition24.com connaîtront probablement peu de choses sur les périodiques de l’organisation d’aide patronnée par l’extrême gauche, porte-voix d'Antifa en Allemagne, « Die Rote Hilfe ». On pourrait aussi supposer qu’on préfère généralement jeter ce genre de publications à la poubelle plutôt que de les feuilleter.

L’auteur de ces lignes les as feuilletées et est tombé sur des choses plutôt intéressantes ! D’une part, il y a le point central du magazine, 4.2025, « Resistencia – Luttes et répressions au Mexique », qui débute par une introduction assez instructive sur l’histoire du pays. La Révolution mexicaine (1910-1917) y est traitée en détail, notamment la lutte du légendaire chef paysan Emilio Zapata. Sous la devise « Tierra y Libertad » (Terre et Liberté), il mena une lutte armée contre les grands propriétaires fonciers pour la restauration de droits ancestraux sur la terre. « La terre doit appartenir à ceux qui la cultivent. » Il jouit encore aujourd’hui d’un grand respect auprès de la population rurale.

Cela est particulièrement vrai pour les États de Chiapas et Oaxaca, où j'ai séjourné en 1992/1993, exactement un an avant l’insurrection de l’« Armée zapatiste ». Dans le numéro du magazine que j'ai examiné, les événements sont rapportés de manière bien informée et majoritairement correcte. J’ai pu ressentir l’atmosphère pré-révolutionnaire lors de mes échanges avec les Indigènes, entre Noël 1992 et le Nouvel An 1993. Quelque chose flottait dans l’air, et il était conseillé, lorsqu’on demandait si l’on était un « Gringo », de nier et d’affirmer que l’on était « Alemán », ce qui passa sans problème.

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Au cœur du Chiapas, à San Cristóbal de las Casas, l’ancienne ville de « Ciudad Real », fondée en 1528 et dite « Ville Royale », les Indigènes se rassemblèrent la veille de Noël 1992 sur la place Zócalo devant la magnifique cathédrale construite dans le style colonial espagnol, et débattaient passionnément des événements qui se dessinaient à l’horizon. La participation du Mexique au traité de libre-échange NAFTA (North American Free Trade Agreement) était prévue pour le 1er janvier 1994, ce qui devait aggraver encore la situation des Indigènes de Chiapas et Oaxaca.

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L’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) rappelle les anciennes revendications du chef révolutionnaire Emilio Zapata, les reprend et ajoute à « Terre et Liberté » les revendications de « Pain, Éducation et Meilleure Santé », appelant en janvier 1994 à la révolte contre le traité NAFTA et le statu quo. L’armée mexicaine n’a pas été en mesure de rétablir la paix et l’ordre, et de longues négociations avec des représentants du gouvernement s’engagèrent.

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Samuel Ruiz, évêque de Chiapas (photo), joua le rôle de médiateur. Il s’était déjà engagé dans la défense des droits des Indigènes lors de ses sermons, notamment lors de la messe de Noël 1992 dans la cathédrale de San Cristóbal de las Casas, à laquelle j'ai eu la chance d’assister. L’évêque Ruiz, qui s’était attiré la colère des grands propriétaires terriens par son engagement, mit fin aux combats par un accord. Les revendications de la population furent partiellement satisfaites, les insurgés reçurent la garantie de liberté de mouvement et d’impunité, assurée par l’Église catholique de Chiapas.

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En lisant les articles relatant ces événements dans le magazine, on remarque que beaucoup de paragraphes sont écrits à travers le prisme d’une vision historique de gauche, tandis que d’autres aspects importants de la situation des Indigènes dans le sud du Mexique ne sont pas mentionnés. Par exemple, la situation des Indigènes lacandones (photo), « les derniers gardiens de la forêt ». Ils restent aujourd’hui les seuls habitants humains de la vaste forêt tropicale du sud du Mexique, jusqu’à la frontière guatémaltèque. Ils parlent toujours une langue maya et maîtrisent peu ou pas du tout l’espagnol. Ils chassent encore à l’arc et à la flèche des sangliers, des cerfs, des tapirs et d’autres animaux de la forêt tropicale.

Les turbulences de l’insurrection dans le Chiapas ont probablement peu affecté les Iacandones/Lacandones (les deux graphies existent), ce qui explique aussi pourquoi ils ne sont pas mentionnés dans un magazine de gauche.

Pour les renégats et les activistes de gauche des années 1970, l’histoire de « Rote Hilfe » pourrait aussi être intéressante. Peut-être fête-t-elle aujourd’hui ses 50 ans ? Mais on ne le sait pas avec certitude. Au début des années 70, il existait en tout cas deux organisations « Rote Hilfe », créées par la KPD/ML: la Rote Hilfe Deutschland (RHD) et celle de la KPD/AO, la Rote Hilfe e.V. Elles se sont affrontées violemment jusqu’à ce que le Comité central du Parti communiste chinois intervienne et exige l’unification immédiate des deux organisations. Après un voyage de délégation à Pékin, cela fut effectivement mis en œuvre. Un document d’unification était prêt en 1975, mais fut à plusieurs reprises saboté par différentes sections locales. La description des événements est divertissante et montre encore une fois que la gauche n’est pas capable de donner vie à ses propres objectifs.

Mis à part les textes qui m'intéressent, le périodique « Rote Hilfe » est imbuvable. Les contributions que je ne mentionne pas, qui sont autant d'hommages propagandistes de mouture antifa, et, par suite, illisibles, méritent vraiment d’être jetées à la poubelle.

Qui est Peter Backfisch?

Peter Backfisch, né en 1954, est diplômé en pédagogie et a travaillé pendant 40 ans pour une organisation (ONG) du secteur social. Il a été notamment conseiller du président du conseil d’administration en politique internationale. Il a aussi travaillé jusqu’en 2004 en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans les États de la CEI en tant que collaborateur indépendant pour divers prestataires internationaux. Depuis 2019, il écrit en tant qu’auteur indépendant, notamment pour Junge Freiheit, Abendland, Wochenblick, Attersee Report et Tumult (en ligne).

Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute

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Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute

Enrico Toselli

Source: https://electomagazine.it/cinesi-arabi-indiani-statuniten...

À qui revient l'Allemagne ? À eux ! Non, non, pas aux Allemands. Mais à tous ceux qui mettent sur la table des industriels de l'ancienne locomotive de l'Europe une somme considérable en dollars, roupies, yens, yuans, rials. En somme, toute devise provenant de n'importe quelle partie du monde est la bienvenue. Tout comme en Italie. La seule différence est qu'ici, les acheteurs potentiels se montrent difficiles lorsqu'il s'agit d'acheter l'ancienne Ilva ou les nombreuses entreprises métallurgiques en difficulté, tandis que l'industrie allemande profite encore d'une image d'efficacité.

Le résultat, cependant, est le même. On vient faire ses achats en Europe parce que les entrepreneurs du Vieux Continent ne sont plus à la hauteur de leurs pères et grands-pères qui ont bâti les entreprises. Avec les exceptions incontournables, bien sûr. Ferrero s'engage à se développer tant en interne que par des acquisitions à l'étranger. Mais c'est justement une exception. Avec quelques autres. En Italie comme en Allemagne. Et aussi en France, à part Arnault et quelques autres rares entrepreneurs.

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Pour le reste, mieux vaut beaucoup d'argent, puisqu'on est fichu, et tout de suite. Volkswagen s'apprête, pour la première fois, à fermer une usine sur le sol allemand. Et il y a déjà des étrangers prêts à prendre la relève. Cela vaut pour la chimie, les technologies de pointe, les secteurs innovants, les services qui attirent les Américains.

Les acquisitions étrangères ont augmenté ces dernières années, représentant un cinquième de toutes celles effectuées dans l'Union européenne, et concernent non seulement les grands groupes, mais aussi, de plus en plus souvent, les PME.

Les données relatives aux investissements étrangers greenfield, c'est-à-dire ex novo, sont également particulièrement intéressantes. L'Espagne occupe la première place en Europe, suivie de près par l'Allemagne. Cela signifie que les entrepreneurs étrangers croient au potentiel des travailleurs européens, ainsi qu'aux opportunités offertes par les différents pays. Ce sont les entrepreneurs européens qui manquent de courage et de compétences. Ils sont remplacés par des collègues venus du monde entier.

Ils rachètent des entreprises mécaniques, automobiles et électroniques. Mais les Chinois sont également sur le point de finaliser l'acquisition d'activités commerciales telles que celles du groupe allemand Ceconomy, qui détient, en Italie, le réseau Mediaworld. Sans oublier le secteur de la mode et de l'alimentation.

 

L’espace stratégique en expansion de la Chine – De la grande profondeur marine à l’Arctique, de la Lune au cyberespace

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L’espace stratégique en expansion de la Chine – De la grande profondeur marine à l’Arctique, de la Lune au cyberespace

Markku Siira

Source: https://geopolarium.com/2025/12/12/kiinan-laajeneva-strat...

La politologue et sinologue Elizabeth Economy examine dans Foreign Affairs comment la Chine cherche systématiquement à approfondir sa présence et son influence dans des domaines stratégiquement importants : en haute mer, dans la région arctique, dans l’espace, dans le cyberespace et dans le système financier international. Economy met en avant la cohérence de la politique chinoise – investissements massifs dirigés par l’État, pénétration des institutions existantes, création de forums alternatifs et engagement des pays émergents dans sa sphère d’influence – ainsi que l’objectif du président Xi Jinping de remettre la Chine au centre de la politique mondiale.

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Concernant les ressources minérales en haute mer, Economy décrit de manière fiable la montée en puissance de la Chine. Le pays possède la plus grande flotte de navires de recherche civile au monde, cinq contrats d’exploration minière accordés par l’Autorité internationale des fonds marins (ISA) (le plus grand nombre au monde) et une représentation importante dans les organes décisionnels de l’organisation. La Chine poursuit une accélération de l’exploitation minière et a bloqué l’adoption de moratoires environnementaux au sein de l’ISA. Cependant, la majorité des membres de l’ISA – près de 40 pays – s’oppose à cette ligne et demande des mesures de protection plus strictes. La supériorité technologique de la Chine est indiscutable, mais lors de la définition des normes, elle a jusqu’à présent perdu.

Dans la région arctique, Economy met en avant la Route de la soie polaire et le premier transport direct de fret maritime vers l’Europe, réalisé en octobre. La coopération de la Chine avec la Russie s’est renforcée suite à la guerre en Ukraine, menant à de nouveaux projets miniers, portuaires et ferroviaires. Cependant, seulement 18 des 57 propositions d’investissements arctiques de la Chine ont été réalisées – les autres États arctiques (Canada, Danemark, Islande, Norvège, Suède et Finlande) ont rejeté ces financements chinois pour des raisons de sécurité. La Russie a ouvert ses portes sous prétexte d’un partenariat stratégique, mais maintient fermement le contrôle décisionnel et insiste sur le fait que la Chine ne possède pas le statut de véritable puissance arctique.

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Dans l’espace, la Chine progresse de manière convaincante : elle dispose de plus de 700 satellites, d’une station spatiale habitée (Tiangong - photo) et prévoit de construire une base lunaire permanente. Dans le cadre du projet ILRS dirigé par la Chine et la Russie, 11 pays participent, tandis que l’Accord d’Artemis, signé par 60 États, n’est pas représentatif d’un affaiblissement diplomatique chinois, mais d’une stratégie délibérée, où les objectifs nationaux priment sur le consensus international. La Chine peut atteindre ses principaux objectifs spatiaux sans réseau de partenaires étendu.

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Dans les secteurs du cyberespace et de la technologie, Economy souligne la volonté de la Chine de remodeler l’architecture fondamentale d’Internet. Un exemple clé est le New IP, une architecture réseau proposée par Huawei et l’Union internationale des télécommunications (UIT). La proposition aurait permis un contrôle étatique beaucoup plus strict et des moyens intégrés pour couper des parties du réseau si nécessaire. Présentée comme une avancée technologique, elle a été largement perçue comme une menace pour Internet ouvert, et le projet a été rejeté par les pays occidentaux et le secteur civil. Il est notable que même des pays bénéficiant du soutien financier chinois ont rejeté la proposition. Bien que le nombre de propositions de normes chinoises ait explosé, leur influence dans les organes clés reste limitée.

Dans le système financier, la montée du renminbi chinois s’est arrêtée à un niveau faible: sa part dans les paiements SWIFT (2,5-3,2 % en 2025) et ses réserves en devises dans les banques centrales (environ 2,1-2,2 %) restent marginales. Alors que la politique de sanctions des États-Unis a accéléré la dédollarisation en Iran, en Russie, au Brésil et en Inde, le renminbi ne devient pas une alternative au dollar. Une internationalisation totale nécessiterait une libéralisation des flux de capitaux et une soumission de la banque centrale aux normes du système financier occidental, ce qui est impossible pour la Chine sans renier son modèle économique dirigé par l’État et renoncer à sa souveraineté économique.

Un analyste américain reprend finalement les clichés habituels: face à la concurrence chinoise, les États-Unis doivent investir dans leurs capacités militaires et technologiques, renforcer leurs alliances et restaurer leur réputation en tant que leader responsable. Ces lignes directrices sont compréhensibles, mais semblent optimistes, car les propositions de solution ne prennent pas suffisamment en compte les dommages causés par la politique américaine elle-même. Par exemple, la critique de Trump envers l’Europe, ses menaces d’ignorer les règles de l’ISA ou d’interpréter unilatéralement des accords, pourrait affaiblir l’Occident plus rapidement que la montée de la Chine.

Economy propose une vision américaine de la stratégie à long terme de la Chine, mais son interprétation est parfois alarmiste. La Chine a certes progressé dans de nombreux domaines, mais son influence dans le système mondial reste limitée. Les préoccupations environnementales, les peurs sécuritaires, les différends réglementaires et l’attrait d’un modèle plus ouvert se sont révélés plus puissants que prévu. La question décisive n’est pas seulement la persévérance de la Chine, mais aussi si les États-Unis ou tout autre pays peuvent offrir une vision crédible et attrayante d’un avenir commun pour la communauté mondiale. À l’heure actuelle, cela ne semble pas être le cas.

16:31 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, asie, affaires asiatiques | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 01 janvier 2026

Échec du F-35: le Pentagone et Lockheed Martin refusent d’en assumer la responsabilité

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Échec du F-35: le Pentagone et Lockheed Martin refusent d’en assumer la responsabilité

par Drago Bosnic

Source: https://steigan.no/2025/12/f35-fiaskoen-pentagon-og-lockh...

Le prétendu programme Joint Strike Fighter était censé fournir aux États-Unis et à leurs alliés un «avion miracle» pouvant remplacer toute une génération d’avions de chasse. Au lieu de cela, le Pentagone se retrouve avec une flotte de F-35 à peine disponible la moitié du temps, avec des coûts d’entretien énormes, des défaillances techniques constantes – et un fournisseur toujours récompensé par des milliards de primes. Par ailleurs, tant les exercices que l’expérience de guerre réelle montrent que l’appareil ne remplit ni ses fonctions de plateforme d’armement ni ses fonctions de système de renseignement.

Défaillances chroniques sans solution

À un moment donné dans un avenir proche, quelqu’un établira une liste des pires avions militaires de l’histoire. La question n’est pas de savoir si le F-35 y figurera, mais à quel rang.

Ce jet de combat américain a échoué à passer en revue tous les audits et révisions en dix ans de service. L’organe de contrôle américain, le Government Accountability Office (GAO), a publié plusieurs rapports sur près de 900 écarts et défauts dans le programme Joint Strike Fighter (JSF) – allant de la disponibilité et de la préparation au combat à la robustesse et à la fiabilité.

Selon le dernier rapport, aucun de ces problèmes n’a été résolu. Au contraire, de nouvelles faiblesses ont été découvertes, aggravant la réputation déjà catastrophique du programme F-35.

Disponibilité inférieure à 50% – mais des milliards de bonus pour Lockheed

Le contrôleur général du ministère de la Défense affirme que la flotte totale de F-35 dans les forces armées américaines – tous les branches qui utilisent cet appareil – n’a pas amélioré sa disponibilité opérationnelle. La flotte reste sous la barre des 50%.

Dans une révision publiée le 19 décembre dernier, il est indiqué que «même si les avions n’étaient pas disponibles pour le vol la moitié du temps, et que des problèmes d’entretien empêchaient de répondre aux exigences minimales pour un service militaire», le Pentagone a tout de même versé 1,7 milliard de dollars en primes à Lockheed Martin.

Le rapport met en garde contre le fait que le ministère de la Défense « n’a pas systématiquement tenu Lockheed Martin responsable des défaillances liées à l’entretien du F-35, dont l’entreprise est contractuellement responsable».

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Avions de combat plus récents – mais une disponibilité inférieure à celle des appareils vétérans

Les audits précédents ont montré que la faible disponibilité, les besoins extrêmes en entretien et les coûts élevés de cycle de vie du F-35 ont considérablement affaibli la capacité de combat, souvent jusqu’à seulement 29%. Lockheed Martin a, à plusieurs reprises, promis des améliorations, mais a systématiquement échoué.

Ce qui est particulièrement inquiétant pour le Pentagone, c’est que les avions les plus récents de l’arsenal ont une disponibilité en opération bien inférieure à celle d’avions vieux de plusieurs décennies comme le F-15, le F-16 et le F/A-18E/F. Ces appareils plus anciens ont une disponibilité opérationnelle nettement meilleure, malgré plus de 30 ans d’utilisation intensive.

Plus alarmant encore, cela indique une disponibilité encore plus faible pour le F-35 à mesure que les appareils vieillissent, tandis que la maintenance deviendra plus coûteuse et plus complexe – ce qui réduira encore la capacité de combat, probablement en dessous de 30%.

Courte durée de vie et retrait anticipé

La situation est si grave que le Pentagone prévoit probablement de commencer à retirer certains F-35 dès 2026, moins de dix ans après leur mise en service officielle.

L’US Air Force (USAF) doit acheter des variantes fortement modernisées du F-15 pour compenser le manque d’avions modernes réellement combatifs, afin d’avoir au moins une chance théorique face aux avions russes et chinois.

Cela s’explique par le fait que la durée de vie prévue du fuselage du F-35 n’est que de 8000 heures de vol, tandis que le nouveau F-15EX est conçu pour atteindre 20.000 heures – 2,5 fois plus.

En pratique, cela signifie que le F-15, un modèle des années 1970, durera plus longtemps que le tout récent F-35. Un F-15EX, introduit au début des années 2020, pourra voler jusqu’au 2080, soit plus de cent ans après la mise en service de la première version du F-15. En comparaison, le dernier F-35 devrait être retiré d’ici la fin des années 2070, à condition que le programme JSF survive aussi longtemps.

À l’exception du F-35I, auquel Israël a le droit d’apporter des modifications selon ses besoins, le programme JSF a été une série ininterrompue d’échecs – y compris les moteurs Pratt & Whitney F135 peu fiables et sujets à la surchauffe, et une multitude de bugs logiciels.

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F-35 comme « plateforme de capteurs » – une mythologie qui a éclaté

L’armée américaine a souvent affirmé que l’atout principal du F-35 ne réside pas dans ses capacités militaires, mais dans ses qualités de plateforme de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) – une sorte de «multiplicateur de puissance» pour d’autres systèmes.

Mais la seule fois où l’avion a eu réellement la chance de prouver cela, il a échoué complètement.

En février 2022, après que la Russie a lancé son opération spéciale en Ukraine, des F-35 de la 388ème et 419ème escadre de chasse, déployés en Allemagne, ont été utilisés pour la collecte de renseignements électroniques (ELINT) afin de capter les signaux des défenses aériennes russes.

Malgré des capteurs avancés et une connexion au vaste réseau ISR de l’OTAN, le F-35 n’a pas pu identifier les systèmes de missile sol-air russes (SAM). Le pilote d’un des appareils raconte que toutes les ressources de surveillance dans la zone indiquaient la présence d’un S-300, mais que les capteurs très sophistiqués de l’appareil n’ont pas pu classifier le système correctement.

«Nous avons identifié le système SA-20 [nom OTAN pour le S-300PMU-1/2]. Je savais que c’était un SA-20, et le renseignement a confirmé qu’un système SA-20 était en opération dans la zone, mais mon avion n’a pas pu le reconnaître – probablement parce que la défense aérienne fonctionnait en "mode réserve de guerre" que nous n’avions jamais rencontré», a déclaré le pilote de l’US Air Force.

Performances inférieures – même face à de vieux F-16

En termes de performance pure, le F-35 reste très inférieur même aux vieux F-16 – sans parler des chasseurs russes et chinois modernes.

L’idée JSF pouvait en théorie sembler attrayante: un avion unique pour couvrir les besoins de la défense aérienne, des attaques, de la marine et de l’infanterie de marine – une «plateforme universelle» pour remplacer plusieurs avions différents.

Mais dans la pratique, c’est tout autre chose: les plateformes spécialisées sont presque toujours supérieures aux solutions universelles qui tentent de tout faire en même temps.

Trois variantes coûteuses – faible standardisation commune

La famille F-35 en est la preuve. À l’origine, il était exigé que les trois principales variantes – F-35A (USAF), F-35B (US Marine Corps) et F-35C (US Navy) – partagent au moins 80% de leurs composants.

En réalité, le taux de partage était de seulement 20 à 40%, selon la version. On s’attendait à ce que le F-35B, avec son décollage court et son atterrissage vertical, soit la plus différente. Mais personne n’avait prévu que les variantes A et C deviendraient aussi différentes qu’elles le sont finalement lors de leur approbation pour la production en série.

Le résultat est que le Pentagone a en fait trois avions différents intégrés dans un seul modèle. Il aurait été plus économique et plus simple de développer trois avions séparés, adaptés à leurs missions spécifiques, plutôt qu’une solution bâtarde qui ne fonctionne bien dans aucun rôle.

La Marine et le Corps des Marines condamnés à des solutions médiocres

L’insistance sur le F-35 a laissé les trois branches des armées américaines avec des solutions médiocres qui deviendront à terme plus coûteuses et moins efficaces que des systèmes spécialisés alternatifs.

La Marine américaine continue donc d’acheter le F/A-18E/F «Super Hornet» et de l’équiper de nouveaux missiles longue portée air-air, comme le AIM-174B. Transporter ces armes sur le F-35 est presque impossible, ce qui oblige la Marine à maintenir le « Super Hornet » en première ligne – simplement parce que le F-35 ne peut pas rivaliser avec la portée des missiles air-air russes et chinois.

Le Corps des Marines n’est pas non plus satisfait du F-35B. L’avion est beaucoup moins robuste et beaucoup plus cher que l’AV-8B « Harrier II », qui aurait dû être retiré il y a plus de dix ans.

Pourtant, le USMC doit encore maintenir le F-35B en service au moins jusqu’en 2027 – probablement plus longtemps, en raison des nombreux retards, même si l’avion est déjà dépassé.

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Avertissements de la GAO ignorés – les intérêts de l’industrie militaire dominent

Comme mentionné, la GAO (Office of the U.S. Government Accountability) a à plusieurs reprises averti des nombreuses faiblesses du programme F-35 – sans que cela n’ait eu de conséquences concrètes.

Bien que la hiérarchie militaire ne soutienne pas vraiment le F-35, le complexe militaro-industriel (MIC) et le secteur «du renseignement et de la sécurité» ont des intérêts importants à la poursuite du programme JSF – respectivement pour le profit et pour un accès électronique étendu chez les alliés.

Le résultat est un avion imposé aux États-Unis et à leurs alliés, malgré ses évidentes faiblesses opérationnelles. Comme le démontre le rejet constant de l’Inde, aucun État souverain et respecté ne veut acheter volontairement le F-35. La liste des clients se limite en pratique aux États-Unis, à leurs vassaux et à leurs États satellites.

Cet article a été publié par Info-BRICS. Traduit en norvégien et publié par Derimot.no.

Gaspillage d’argent pour la Norvège pour une génération

La Norvège s’est engagée à acheter 52 chasseurs F-35A, tous livrés à ce jour (avril 2025). L’engagement total pour l’achat (incluant avions, équipements de soutien, simulateurs, armes, formation et infrastructure) est estimé à environ 104 milliards de couronnes norvégiennes (environ 9 milliards d’euros).

Les coûts de cycle de vie (exploitation, maintenance, modernisations jusqu’en 2054 environ) sont estimés à plus de 394 milliards de couronnes norvégiennes au total.

Parution du numéro 490 du Bulletin célinien

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Parution du numéro 490 du Bulletin célinien

Sommaire : 

2025-12-BC-Cover.jpgCollaboratrices (Lucienne Delforge, Maud de Belleroche, Simone Mittre,…) 

Une fausse citation d’Erasme chez Céline 

Dans la bibliothèque de Céline : Hamlet 

James Salter lecteur de Waugh et de Céline.

Stigmate

Céline fut un “collaborateur” pour le moins atypique. Henri Godard a indiqué qu’il s’est tenu à l’écart de toute collaboration officielle. C’est le moins que l’on puisse dire. Pendant l’Occupation, cet électron libre n’a pas arrêté de morigéner les uns et les autres (politiques et journalistes) estimant qu’ils n’étaient pas à la hauteur de la situation. Histoire de doper les ventes, les historiens ne rechignent pas à le mettre en couverture de leur livre.  Ce fut le cas d’un spécialiste de l’Épuration en France¹ ; c’est aujourd’hui celui d’un jeune historien qui publie sa thèse de doctorat sur les écrivains collaborateurs. Il y analyse ce que sont devenus les deux cents (!) écrivains frappés à la Libération.  Et de s’interroger sur  la  postérité  littéraire d’écrivains mineurs mais aussi de Rebatet, Morand, Maurras,… et Céline auquel il consacre tout un chapitre.

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D’entrée de jeu, il passe en revue les éléments de nature, on le conçoit aisément, à exaspérer ceux qui honorent la mémoire des intrépides ayant combattu l’envahisseur. C’est le cas de l’auteur, attaché scientifique à un musée de la Résistance. Quels sont ces éléments qui datent tous du début de ce siècle ? Dans l’ordre : l’inscription (suivi du retrait) de Céline au recueil des Célébrations nationales du ministère de la Culture (2011) ; l’entrée de Drieu la Rochelle dans la “Bibliothèque de la Pléiade” (2012) ; l’édition de la correspondance de Morand et Chardonne (2013) ; la réédition des Décombres de Rebatet (2015) ; l’initiative (avortée) de la réédition des pamphlets par Gallimard (2018) ; la présence de Maurras et Chardonne dans Le Livre des Commémorations nationales (2018) ; la réapparition de manuscrits inédits (2021) suivie de leur publication avec succès. Cela fait beaucoup. Et montre que, pour ce qui le concerne, Céline est tout sauf un écrivain maudit². 

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L’auteur affirme pourtant que celui-ci est auréolé de ce statut par ses biographes. Et, selon lui, Céline, seul, sut convertir sa déchéance en littérature. Là où il serait magistral, c’est que, devenu un “auteur canonique” (Voyage au bout de la nuit fut inscrit au programme de l’agrégation des lettres modernes en 1993 et en 2003), il n’en devient pas pour autant un écrivain figé. L’intérêt suscité est entretenu par sa légende sulfureuse qu’il a contribué à bâtir par ses romans d’après-guerre dans lesquels il raconte son exil ignominieux aux yeux de ceux qui n’accepteront jamais de le lire. Céline renverse en outre le stigmate en imposant l’image qu’il a de lui-même, évitant dans ses romans d’expliquer son engagement en faveur de l’Axe. C’est la conclusion de l’auteur, un tantinet jargonnante: «Il s’agit d’élaborer et de diffuser une narration qui s’empare de la marque infamante pour la réajuster à une illusion biographique acceptable. Cependant, si le renversement du stigmate est unanimement reconnu, alors la provocation qu’il porte disparaît. Afin d’éviter cette routinisation du charisme, tout l’enjeu revient alors à entretenir la tension entre la canonisation et l’impiété.» Pari réussi pour Céline au grand dam de ses contempteurs qui auraient préféré que son œuvre ne lui survive pas.

• Tristan ROUQUET, Les écrivains collaborateurs (Engagement, stigmate et postérité), CNRS Éditions, coll. “Nationalisme et guerres mondiales”, 2025, 448 p. (26 €)

  1. (1) Marc Bergère, Lignes de fuite (L’exil des collaborateurs français après 1945), P.U.F., 2024.
  2. (2) Voir Marc Laudelout, « Céline, écrivain maudit ? » in Pierre Saint-Servant (éd.), Les Maudits. Ces écrivains qu’on vous interdit de lire, Éd. La Nouvelle Librairie, 2019, pp. 113-118.

BB "vue de droite"...

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DÉBATS :
 
BB "vue de droite"...
 
Pierre Robin
 
Source: https://www.facebook.com/pierre.robin.121
 
Dans les (premiers) hommages officiels, politiques et médiatiques, à la grande - et chère - disparue, il y a en général un non dit, ou rapidement dit, sur le côté "sombre", c.a.d. l'orientation "idéologique", globale et constante, de BB (c'est sans doute moins vrai des élus haineux LFI/PCF/Verts et du quotidien gauchisto-maastrichien Libération, qui ne lâchent rien et n'ont d'ailleurs honte de rien). De toutes façons les commentateurs "de base" facebookiens et des autres réseaux sociaux ont moins de ces pudeurs: j'ai aperçu deux ou trois fois des réactions du genre "une électrice du RN en moins" ou "Fachotte". Bon c'est humain - humain de gauche ou macronien hardcore en l'occurrence - et les passions politiques peuvent, j'en sais parfois quelque chose, gravement altérer les perspectives et appréciations.
 
Caillou réac dans la chaussure progressiste
 
Oui, donc une certaine vigilance "citoyenne" et hargneuse nous rappelle avec gravité que Brigitte Bardot était d'"extrême droite", avant que d'être l'actrice sexy ultime, la protectrice des animaux et un phénomène socioculturel de dimension internationale. Outre que ce "label" (comme dirait Macron) renvoie à des positions contradictoires ou à des circonstances historiques assez variées, on pourrait dire, comme le faisait - dès les années 80 - dans son Journal l'écrivain "sulfureux" (et d'ailleurs souvent assimilé à l'ex. dr. par les professionnels de la profession) Marc-Edouard Nabe qu'au fond la seule vraie droite c'est justement l'extrême droite, vu les glissements au centre de la droite chiraco-giscardienne. Mais bon c'est pas la question. On en veut à BB, même à son cadavre encore chaud, de ses amitiés avec JMLP, de sa critique de la classe politique "normale" et des médias afférents, de sa détestation sonore et permanente d'une société française effondrée dans la laideur et l'inculture quotidienne, et subvertie à grande échelle par l'immigration de masse (elle est allée assez loin sur le sujet dans ses Mémoires).
 

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On lui en veut d'autant plus que ce "côté sombre" gâcherait le versant "lumineux", c.a.d. féministe au quotidien, bousculant - comme en 1956 dans Et Dieu... créa la femme - les hypocrisies et la grisaille de l'ancien monde, au nom de la liberté des femmes et de leurs corps. Et s'attirant pour ça les éloges de Simone de Beauvoir et les digressions favorables de Roland Barthes, émus par la modernité et la liberté de cette jeune femme "new look". Oui, pour cette gauche culturelle Brigitte aurait pu être une Jane Fonda à la française, 100% progressiste. Mais non, elle a tout gâché par ses amitiés particulières - et son éducation bourgeoise classique après tout, en dépit des mini-jupes et de l'érotisme XXL qu'elle irradiait (et, peut-être, les LGBT ont-ils des problèmes avec sa sexualité certes libérée mais quand même vachement binaire).

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J'ai vu, au hasard des réseaux, une photo - qui se voulait évidemment accusatoire - où vers la fin des années 50, BB est entourée de Le Pen, alors député pro-Algérie française, et de Lagaillarde, futur animateur de barricades algéroises et factieuses. BB était sans doute d'une droite Algérie française. Mais là où l'on voit vite que c'est plus compliqué que ça, c'est que plus tard elle a fait l'objet d'une tentative de racket de la part de l'OAS. A cette maladresse insigne de l'organisation activiste, BB a d'ailleurs répondu par une déclaration assez radicale, elle aussi, où elle exprimait son refus de payer et assimilait plus ou moins les OAS à des nazis. Un épisode qui n'a en rien, d'ailleurs, affecté ses relations d'estime et d'amitié avec Jean-Marie, ni bien plus tard son soutien à Marine.

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On pourrait dire que son ami et égal en gloire fantasmatique Alain Delon a présenté de ce point de vue un profil assez proche. Mais moi tout ça me fait penser à d'autres figures culturellement importantes de notre modernité. Ainsi bien sûr Louis-Ferdinand Céline, aussi incontournable qu'"embarrassant" au rayon "littérature du XXème siècle". Ainsi encore Salvador Dali, incontournable lui aussi dans la catégorie "Art moderne" mais aussi "Dandysme post-moderne": le Divin Dali poussait la provocation et la facétie jusqu'à soutenir - jusqu'au bout - Franco et son régime (et ce n'était pas uniquement par provocation), et cet aspect du maître gênait moult commentateurs systémiques. On pourrait dire que BB, comme Dali, est une dissidente de la modernité, qui prend à revers ladite modernité généralement considérée comme la propriété intellectuelle exclusive de la ou des gauches.
 
Oui BB demeurera pour ça comme un caillou réac dans la chaussure progressiste (comme pas mal d'autres que je ne me fatiguerai pas à citer) et ça, comme elle le disait dans une de ses plus belles chansons, "C'est rigolo - C'est rigolo - C'est rigolo!"
 
 
 

Brigitte Bardot (1934-2025)

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Ma jeunesse s'en souviendra! 

Brigitte Bardot (1934-2025)

Pierre Robin

Source: https://www.facebook.com/pierre.robin.121

C'était là le grand rdv que je redoutais, ces mauvais temps-ci. Peut-être par paresse "littéraire", si je puis dire, car que raconter, qu'écrire d'Elle, après? Oh, on peut déjà rappeler que c'était l'autre grand astre français survivant après son ami Delon, et cet astre il brille bien au-delà du cinéma, bien au-delà d'une vie, d'une époque. Il y a trop de Bardot en vérité: la Femme créée soudain par Dieu au beau milieu de la peu sexy IVème République. Bardot  en Notre-Dame du désir moderne (j'ai dû collecter, mâle vieillissant et complétiste, pas loin de mille photos d'elle et s'il y en a une vingtaine où elle n'est pas troublante...), vierge folle qui a démodé tout (et toutes) autour d'elle. Bardot et son féminisme pro-mecs (jetables ou un peu durables), à gêner rétrospectivement toutes les Adèle Haenel et les Judith Godrèche d'Occident wokeux ou, plus tôt, les miss Météo formatées de Canal+. Quoi encore ? Bardot et l'antique civilisation (disparue de son vivant) de Saint-Trop'. Bardot et le binôme Islam-Immigration (la même que Bardot imprécatrice, parfois maladroite toujours courageuse). Bardot et Gainsbourg avec tous les émouvants scopitones que cette aventure à suscités (et aussi ce bel hymne à l'amour, Initials BB). Bardot et les animaux bien sûr, quand elle attendit moins du genre humain...

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Indépassable désirable... 

Bardot et le cinéma au fait. Je crois qu'elle s'en foutait un peu du Septième Art même si elle lui doit tout. On pouvait toujours ricaner de sa voix nunuche, mais quand elle dansait en 1956 dans Et Dieu... ce mambo signalant des temps nouveaux - oh d'ailleurs le film n'est pas le navet qu'on a dit, avec son casting solide et ses dialogues marrants. Du reste BB a tourné pas mal de films "marrants", qui étaient souvent de bonnes comédies - revoyez seulement Voulez-vous danser avec moi de Michel Boisrond (1959) ou même Les Femmes de Jean Aurel (1969), ou encore L'Ours et la Poupée de Michel Deville (1970).

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Ah vous voulez du grand art tragique, comme chez les Grecs antiques et Jean Vilar ? Dans En cas de Malheur d'Autant-Lara (1958), où elle affronte un Gabin installé, elle est une splendide racaille blanche qui montre (sous René Coty !) ses fesses et apporte le chaos dans la bourgeoisie et puis la Mort ; et dans La Vérité de Clouzot (1960) son personnage de bombe sexuelle malheureuse se suicide, juste avant qu'elle-même tente de le faire pour de vrai, éprouvée par le difficile tournage et sans doute pas mal de déceptions de superstar - elle joue à cet égard son propre rôle de super-vedette victime de sa gloire dans le moyen Vie Privée de Louis Malle (1962) .

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C'est vrai, Clouzot n'était pas gentil, et Jean-Luc Godard non plus sur le tournage du Mépris (1963), lui peut-être par frustration de timide. Quelle frustration inspirée ! Bardot, cheveux noirs ou cheveux blonds, est à tomber, elle a là sa plus belle moue méprisante (ça tombe bien) pour le personnage d'amant de Piccoli ou le dragueur yankee Jack Palance, et tout ça se passe dans le bleu hellénistique de Capri, sur le blockhaus inspiré de la Villa Malaparte, et aux accords du beau thème triste de Camille signé Georges Delerue. Et puis citons encore les westerns foutraques, 2ème degré, de Viva Maria (1965) de Louis Malle en Pétroleuses de Christian-Jaque (1971) en passant par Shalako d'Edward Dmytryck (1968), avec leurs bagarres et leur révolution pour rire - et l'immense Sean Connery reparti la queue basse ! Et à chaque fois, quoiqu'elle joue, toujours sexy - j'allais écrire "bandante" mais je me suis retenu à temps !

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Bon, j'en oublie sûrement, des films et des amants de prestige. Mais on retiendra qu'elle a quitté tout ça, un beau jour de l'an 73, pour ne pas faire un film de trop, de plus. Après, les bébé phoques et la défense de tout le genre animal, la croisade contre l'Islam migratoire et la sainte colère contre les "élites" politiques et médiatiques de sa deuxième moitié de vie, je ne les mettrais certes pas au passif de cette vie. C'est méritoire de persister à être clivante quand on pourrait se contenter d'être une icône rituellement vénérée par tous les cool-nomenklaturistes de l'époque, je trouve. C'est méritoire et puis c'est tout simplement courageux.

Bon Dieu Brigitte Bardot est morte ! Le Troisième millénaire peut officiellement commencer avec juste un quart de siècle de retard, un peu comme le XXème siècle a débuté en 1914. Sa France, la mienne par la même occasion, est officiellement morte elle aussi...

https://youtu.be/VPOYtC1n5bE?si=Tf8XQ0GC9TCmMQ6a

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Bonne année 2026

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Gelukkig Nieuwjaar 2026
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