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mardi, 29 août 2017

Les néocons poussent les USA et le monde dans une crise dangereuse

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Les néocons poussent les USA et le monde dans une crise dangereuse


Par le Saker – Source The Saker

D’abord, mes prévisions

En octobre dernier, j’ai écrit une analyse que j’ai intitulée Les États-Unis sont à la veille d’affronter la pire crise de leur histoire… et comment l’exemple de Poutine pourrait inspirer Trump et je pense que c’est une bonne chose d’y revenir maintenant. Je commençais l’analyse en examinant les calamités qui pourraient frapper les États-Unis si Hillary était élue. Puisque ce n’est pas arrivé (Dieu merci !), nous pouvons sans problème ignorer cette partie et regarder ma prédiction de ce qui arriverait si Trump était élu. Voici ce que j’écrivais.

Trump gagne.  Problème : il sera complètement seul. Les néocons ont un contrôle total, total je le répète, sur le Congrès, les médias, la banque et la finance, et les tribunaux. De Clinton à Clinton, ils ont profondément infiltré le Pentagone, Foggy Bottom [quartier où se trouvent de nombreux services gouvernementaux, NdT] et les agences à trois lettres. La Fed est leur fief. Comment diable Trump pourrait-il faire face à ces féroces « fous dans la cave » ? Regardez la campagne de haine vicieuse que toutes ces « personnalités » (depuis les acteurs jusqu’aux journalistes en passant par les politiciens) ont déchaîné contre Trump – elles ont brûlé leurs vaisseaux, elles savent qu’elle perdront tout si Trump l’emporte (et s’il prouve qu’il se laisse facilement avoir, son élection ne fera aucune différence). Les néocons n’ont rien à perdre et ils combattront jusqu’au bout. Que pourra faire Trump pour que les choses changent s’il est entouré de néocons et de leurs agents d’influence ? Mettre en place une équipe totalement différente ? Comment va-t-il les sélectionner ? Son premier choix a été de prendre Pence comme vice-président – un désastre (il est déjà en train de saboter Trump sur la Syrie et le résultat des élections). Je redoute d’apprendre qui Trump désignera comme chef de cabinet à la Maison blanche et je crains qu’il ne nomme quelque nouvelle version du tristement célèbre Rahm Emanuel uniquement pour calmer les néocons…  Et si Trump prouvait qu’il a à la fois des principes et du courage, les néocons peuvent toujours le liquider et le remplacer par Pence. Et voilà ! [En français dans le texte, NdT]

Je poursuivais en suggérant que le seul choix de Trump serait de suivre l’exemple de Poutine et de faire aux néocons ce que Poutine avait fait aux oligarques. À l’évidence ce n’est pas ce qui s’est passé. En effet, un mois après l’élection de Trump, j’ai écrit une autre analyse intitulée Les néocons et l’« État profond » ont châtré la présidence de Trump, c’est cuit, les gars !

Il y a moins d’un mois, j’ai averti qu’une révolution de couleur était en cours aux États-Unis. Mon premier élément de preuve était la prétendue « enquête » que la CIA, le FBI, la NSA et d’autres menaient contre le candidat du président Trump au poste de conseiller à la sécurité, le général Flynn. Ce soir, le complot pour se débarrasser de Flynn a finalement réussi et le général Flynn a dû offrir sa démission. Trump l’a acceptée. Maintenant, mettons immédiatement une chose de côté : Flynn était loin d’être un saint ou un homme parfaitement sage qui aurait sauvé tout seul le monde. Il ne l’était pas. Cependant, Flynn était tout simplement la pierre angulaire de la politique de sécurité nationale. (…) L’« État profond », dirigé par les néocons, a forcé Flynn à démissionner sous le prétexte idiot qu’il avait eu une conversation téléphonique avec l’ambassadeur de Russie sur une ligne ouverte, non sécurisée et clairement surveillée.  Et Trump a accepté cette démission. Depuis que Trump est arrivé à la Maison Blanche, il a pris coup sur coup de la part des médias néocon-sionistes, du Congrès, de toutes les « stars » de Hollywood, culs doublement bénits, bien-pensants et propres sur eux, et même des politiciens européens. Et Trump a encaissé chaque coup sans jamais riposter. Nulle part on n’a vu son fameux « Vous êtes viré ! ». Mais j’avais encore de l’espoir. Je voulais espérer. Je sentais que c’était mon devoir d’espérer. Mais maintenant, Trump nous a tous trahis. Je le répète, Flynn n’était pas mon héros. Mais il était, tous comptes faits, le héros de Trump. Et Trump l’a trahi. Les conséquences de tout cela seront immenses. Pour une raison : Trump est maintenant clairement brisé. Il n’a fallu que quelques semaines à l’« État profond » pour castrer Trump et le faire s’incliner devant les puissances établies. Ceux qui auraient voulu le soutenir comprendront maintenant qu’il ne les soutiendra pas eux-mêmes et ils s’éloigneront tous de lui. Les néocons se sentiront des ailes d’avoir éliminé leur pire ennemi et, enhardis par cette victoire, ils pousseront leur avantage, doublant la mise encore et encore. C’est fini, les gars, l’État profond a gagné.

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Je concluais ensuite que les conséquences de cette victoire seraient catastrophiques pour les États-Unis :

Dans leur rage haineuse contre Trump et le peuple américain – c’est-à-dire « le panier de déplorables » –, les néocons ont dû montrer leur vrai visage. Par leur rejet du résultat des élections, leurs émeutes, leur diabolisation de Trump, les néocons ont mis en évidence deux choses cruciales : premièrement que la démocratie américaine est une sinistre plaisanterie et qu’eux, les néocons, sont un régime d’occupation qui gouverne contre la volonté du peuple américain. En d’autres termes, exactement comme Israël, les États-Unis n’ont plus de légitimité. Et puisque, tout comme Israël, les États-Unis sont incapables d’effrayer leurs ennemis, ils sont fondamentalement nus, sans légitimité, sans capacité de coercition. Donc oui, les néocons ont gagné. Mais leur victoire élimine la dernière chance pour les États-Unis d’éviter un effondrement.

Je crois que ce que nous voyons aujourd’hui sont les premiers signes de l’effondrement imminent.

Les symptômes de l’agonie

  • À l’extérieur, la politique étrangère des États-Unis est essentiellement « gelée » et, à la place d’une politique étrangère nous avons une longue série de menaces vides lancées à une liste de pays diabolisés à qui sont promises maintenant « les flammes de l’enfer » s’ils osaient désobéir à Oncle Sam. Si c’est bon pour faire les grands titres, cela ne qualifie pas pour faire une « politique » quelle qu’elle soit (j’ai discuté longuement de cette question lors de ma récente interview avec South Front). Ensuite, il y a le Congrès qui a fondamentalement déchu Trump de ses pouvoirs de diriger la politique étrangère. Cette forme étrange et illégale de « vote de défiance » martèle encore dans son message que Trump est soit un fou, soit un traître, soit les deux.
  • À l’intérieur, Trump est maintenant accusé des dernières émeutes à Charlottesville ; après avoir été un agent de Poutine, il est encore diabolisé comme une sorte de nazi (voir le premier et le second avertissement de Paul Craig Roberts à propos de cette dynamique).
  • Sur le plan organisationnel, il est clair que Trump est entouré d’ennemis comme l’illustre le fait absolument scandaleux qu’il ne peut même pas parler à un chef d’État étranger sans que la transcription de cette conversation ne soit divulguée aux siomédias.

Je crois que ce sont là des étapes préliminaires pour préparer une crise majeure et l’utiliser pour chasser Trump, soit par un processus d’impeachment soit par la force sous prétexte de crise. Regardez le message que les siomédias ont martelé dans les esprits de la population américaine.

La préparation psychologique pour le coup d’État à venir : les terrifier tous à mort

Voici trois exemples très parlants tirés de la couverture de Newsweek :

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Posez-vous la question : quel est le message ici ?

Trump est un traître, il travaille pour Poutine, Poutine veut détruire la démocratie aux États-Unis et maintenant, ces deux hommes sont ensemble les deux personnes les plus dangereuses sur la planète. C’est un « complot contre l’Amérique », pas moins !

Pas mal, n’est-ce pas ?

« Ils » sont clairement là pour « nous » avoir et « nous » sommes terriblement en danger : Kim Jong-un est sur le point de déclarer une guerre nucléaire aux États-Unis, Xi et Poutine menacent le monde avec leurs armées et « notre » propre président est arrivé au pouvoir grâce au « KGB russe » et aux « hackers de Poutine », il travaille maintenant pour les Russes, il est aussi à l’évidence un nazi, un suprémaciste blanc, un raciste et, peut-être un « nouvel Hitler » (tout comme Poutine, bien sûr !).

Et puis il y a ces musulmans et ces Aye-rabs vraiment effrayants qui apparemment ne veulent que deux choses dans la vie : détruire « notre mode de vie » et tuer tous les « infidèles ». C’est pourquoi nous avons besoin de la TSA, de 16 agences de renseignement et de troupes de police militarisées SWAT partout : au cas où les terroristes viendraient nous prendre là où nous vivons.

De dangereuses conséquences internationales

Tout cela serait assez drôle si ce n’était pas extrêmement dangereux. D’une part, les États-Unis s’en prennent vraiment à un dangereux ennemi lorsqu’ils essaient constamment de faire peur à Kim Jong-un et au gouvernement de la RPDC. Non, pas à cause des armes nucléaires nord-coréennes (qui ne sont probablement pas des ICBM capables de lancer des armes nucléaires mais une combinaison pas nécessairement compatible de « dispositifs » nucléaires et de missiles balistiques à portée intermédiaire), mais à cause de l’immense et difficile tâche de détruire l’armée conventionnelle nord-coréenne. La vraie menace, ce n’est pas les missiles, mais une combinaison mortelle d’artillerie conventionnelle et de forces spéciales qui représente un très faible danger pour les États-Unis ou leur armée, mais qui constitue une énorme menace pour la population de Séoul et de la partie nord de la Corée du Sud. Les armes nucléaires, sous quelque forme que ce soit, sont vraiment un problème en plus, un « glaçage » toxique sur un « gâteau conventionnel » déjà très dangereux.

Aparté
Un cauchemar de la vie réelle : maintenant, si vous voulez vraiment vous terrifier vous-même et rester éveillé toute la nuit, considérez ce qui suit. Alors que je crois personnellement que Kim Jong-un n’est pas fou et que le principal objectif des dirigeants nord-coréens est d’éviter une guerre à tout prix, que se passe-t-il si je me trompe ?  Qu’en est-il si ceux qui disent que les dirigeants nord-coréens sont totalement fous ont raison ? Ou, ce que je crois beaucoup plus probable, si Kim Jong-un et les dirigeants nord-coréens sont parvenus à la conclusion qu’ils n’ont rien à perdre, que les Américains vont tous les tuer, en même temps que leurs familles et leurs amis ? Que pourraient-ils faire, théoriquement, s’ils sont vraiment désespérés ? Eh bien, permettez-moi de vous le dire : oubliez Guam, pensez Tokyo ! En effet, tandis que la RPDC pourrait dévaster Séoul avec des systèmes d’artillerie dépassés, ses missiles sont probablement capables de frapper Tokyo ou la région de Keihanshin qui englobe Kyoto, Osaka et Kobé, y compris les industries clés de la région industrielle de Hanshin. La zone du Grand Tokyo (la région de Kanto) et la région de Keihanshin sont très densément peuplées (37 et 20 millions d’habitants, respectivement) et contiennent un très grand nombre d’industries, dont beaucoup déclencheraient un désastre écologique aux proportions immenses si elles étaient frappées par des missiles. Non seulement cela, mais une attaque sur les principaux nœuds économiques et financiers du Japon donnerait probablement lieu à un effondrement international genre 9/11. Donc si les Coréens du Nord voulaient vraiment, vraiment nuire aux Américains, ce qu’il pourraient faire est de frapper Séoul et des villes importantes au Japon entraînant une immense crise politique pour la planète entière. Pendant la Guerre froide, nous avions coutume d’étudier les conséquences d’une attaque soviétique contre le Japon et la conclusion était toujours la même : le Japon ne peut se permettre aucune guerre. Le territoire japonais est trop petit, trop densément peuplé, trop riche en cibles lucratives et une guerre dévaste tout le pays. C’est encore vrai aujourd’hui, encore plus. Imaginez seulement la réaction en Corée du Sud et au Japon si une attaque américaine folle sur la RPDC entraînait une frappe de missiles sur Séoul et Tokyo ! Les Sud-Coréens ont déjà fait connaître leur position sans aucune ambiguïté, d’ailleurs. Quant aux Japonais, ils placent officiellement leurs espoirs dans des missiles (comme si la technologie pouvait atténuer les conséquences de la folie !). Donc oui, d’accord, la RPDC est extrêmement dangereuse et la pousser dans ses derniers retranchements est totalement irresponsable en effet, armes nucléaires ou non.

Ce que nous observons aujourd’hui est une boucle de rétroaction positive dans laquelle chaque geste des néocons déstabilise plus profondément le système tout entier. Inutile de le dire, c’est extrêmement dangereux et ne peut avoir qu’une catastrophe ou un effondrement final pour résultat. En fait, les signes que les États-Unis perdent totalement le contrôle sont déjà partout, voici seulement quelques gros titres en guise d’illustration :

Une expression française dit que « quand le chat n’est pas là, les souris dansent », et c’est exactement ce qui se passe maintenant : les États-Unis sont à la fois très faibles et essentiellement absents. Quant aux Arméniens, ils disent que « La souris rêve de ce qui pourrait terrifier le chat ». Bon, les « souris » du monde dansent et rêvent, et ignorent tout simplement le « chat ». Chaque mouvement du chat ne fait qu’aggraver les choses pour lui. Le monde change pendant que le chat est occupé à se détruire.

Des conséquences intérieures dangereuses

blackkids.jpgLes émeutes raciales seraient en tête de ma liste. En fait, elles se passent déjà partout aux États-Unis, mais elles sont rarement présentées en tant que telles. Et je ne parle pas des émeutes « officielles » de Black Lives Matter, qui sont assez mauvaises, je parle des nombreuses mini-émeutes que les médias officiels essaient systématiquement de dissimuler. Ceux qui sont intéressés à ce sujet devraient lire le livre de Colin Flaherty, Don’t Make the Black Kids Angry, qui montre que les attaques racistes par des Noirs sur des Blancs (également dites « chasse à l’ours polaire ») sont en augmentation presque partout dans le pays. De même, à quelqu’un qui persiste obstinément à ignorer la forte corrélation entre la race et le crime devrait lire l’analyse essentielle de Ron Unz, Race and Crime in America.  Maintenant, avant que quelque militant autoproclamé de la police de la pensée m’accuse de racisme : je ne parle pas du tout des causes des problèmes raciaux aux États-Unis. Je dis seulement que la violence raciale y est grave et s’aggrave rapidement.

Le deuxième problème que je vois menacer la société américaine est une délégitimation extrêmement rapide de tout le système politique étasunien et, en particulier, du gouvernement fédéral. Pendant des décennies, les Américains ont voté pour « A » et chaque fois ce qu’ils ont fini par avoir, c’est « non-A ». Parmi les exemples, il y a le célèbre « lisez sur mes lèvres, pas de nouveaux impôts », bien sûr, mais également les promesses d’Obama de stopper les guerres idiotes, et maintenant la promesse de Trump de « drainer le marais ». On a menti aux Américains pendant des décennies et ils le savent. Il y a un fossé grandissant entre les prétendues « valeurs américaines » enseignées dans les écoles et la réalité du pouvoir. Alors que les États-Unis sont officiellement censés défendre la démocratie, la liberté et toutes les bonnes choses préconisées par les Pères fondateurs, la réalité dégoûtante est qu’ils couchent avec les wahhabites, les nazis et les sionistes. L’hypocrisie omniprésente de tout cela menace maintenant de faire tomber tout le système politique étasunien exactement comme l’hypocrisie tout aussi omniprésente du système soviétique a fait tomber l’URSS (si vous êtes intéressé, vous pouvez en lire davantage sur ce thème ici). La simple vérité est qu’aucun régime ne peut survivre longtemps lorsqu’il soutient activement l’exact opposé de ce qu’il est officiellement censé défendre. Le résultat ? Je n’ai pas encore rencontré d’Américain adulte qui croie sincèrement qu’il/elle vit dans dans « le pays des hommes libres et la maison des braves ». Peut-être que les nourrissons avalent encore ces sottises, mais même les adolescents savent que c’est carrément de la foutaise.

Troisièmement, pour toutes les statistiques encourageantes sur le Dow Jones, le chômage et la croissance, la réalité est que la société américaine se transforme rapidement en une société à trois vitesses : au sommet, un petit nombre de gens obscènement riches, en dessous, une certaine quantité de professionnels qualifiés qui servent les richissimes et qui luttent pour maintenir un style de vie associé dans le passé à la classe moyenne. Et puis l’immense majorité des Américains qui cherchent fondamentalement à gagner « un salaire minimum plus un petit quelque chose » et qui survivent essentiellement en ne payant pas pour l’assurance santé, en ayant généralement deux emplois, en mangeant de la « bouffe prolo » bon marché et malsaine et en renonçant à ce dont tout travailleur américain pouvait profiter dans les années 1950 et 1960 (un parent à la maison, des vacances payées, une deuxième maison pour les vacances, etc.). Les Américains sont pour la plupart des gros bosseurs et, jusqu’à présent, la plupart d’entre eux survivent, mais ils sont aussi pour la plupart à un salaire de la pauvreté vraiment grave. Beaucoup d’entre eux ne font que joindre les deux bouts parce que leurs parents et leurs grands-parents les aident (c’est également vrai pour l’Europe du Sud, d’ailleurs). Un segment important de la population américaine survit maintenant grâce à Walmart et à Dollar Store. Une fois que cela ne marche plus, les tickets alimentaires sont la dernière option. Cela, ou la prison, bien sûr.

Combinez tout cela et vous obtenez une situation extrêmement explosive, potentiellement. Il n’est pas surprenant que lorsque tant d’Américains ont entendu le commentaire de Hillary sur le « panier de déplorables », ils aient pris cela comme une déclaration de guerre

Et que prévoient les néocons pour faire face à tout ça ?

En réprimant la liberté d’expression et la dissidence, bien sûr ? Quoi d’autre ?

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Leur unique réponse – la répression bien sûr !

YouTube, Google, Facebook, Twitter – tous sont en train de réprimer le « mauvais » discours qui comprend à peu près n’importe quel sujet qui fait froncer les sourcils à une grande variété de ceux qui se décrivent eux-mêmes comme « libéraux ». GoDaddy et Google poursuivent même des noms de domaine. Certes, personne n’est jeté en prison pour défendre, disons, le Deuxième amendement, mais ils sont « démonétisés » et leurs comptes sont simplement fermés. Ce ne sont pas les flics qui répriment la liberté d’expression, c’est « l’Amérique des affaires », mais l’effet est le même. Apparemment, les néocons ne réalisent pas que la censure n’est pas une stratégie viable à l’ère d’Internet. Ou peut-être le réalisent-ils et essaient-ils délibérément de provoquer une réaction ?

Ensuite il y a la campagne de diffamation dans les médias : à moins de faire partie d’une sorte de « minorité », vous êtes supposé être néfaste de naissance et coupable de tous les maux sur la terre. Et votre chef est Trump, bien sûr, ou peut-être même Poutine lui-même, voir ci-dessus. Les mâles blancs chrétiens et hétérosexuels feraient mieux de se mettre à l’abri…

Quoi qu’il en soit, par leur insistance maniaque, d’une part à humilier et à écraser Trump et d’autre part à réprimer des millions d’Américains, les néocons commettent une double erreur. D’abord ils montrent leur vrai visage et ensuite, ils déstabilisent les institutions mêmes qu’ils utilisent pour contrôler et diriger ce pays. Cela, bien sûr, ne fait qu’affaiblir les néocons et les États-Unis eux-mêmes et ensuite affaiblit la boucle de rétroaction positive mentionnée plus haut, qui menace maintenant le système international tout entier.

Nous et eux

Ce qui rend l’effondrement graduel de l’Empire anglosioniste particulièrement dangereux est qu’il est de loin le plus grand et le plus puissant empire de l’histoire mondiale. Aucun empire n’a jamais eu le quasi monopole du pouvoir dont les États-Unis ont joui depuis la Seconde Guerre mondiale. D’une manière ou d’une autre, militaire, économique, politique, sociale, les États-Unis sont sortis de la Seconde Guerre mondiale comme un géant et alors qu’il y a eu des hauts et des bas au cours des décennies qui ont suivi, l’effondrement de l’URSS n’a fait que réaffirmer ce qui apparaissait comme leur victoire totale. À mon avis, subjectif il est vrai, le dernier président américain compétent (non, je n’ai pas dit « bon », j’ai dit « compétent ») était George Herbert Walker Bush qui, contrairement à ses successeurs, savait au moins comment gouverner un Empire. Après cela, tout n’est que déclin, de plus en plus rapidement. Et si Obama a probablement été le président le plus incompétent dans l’histoire des États-Unis, Trump sera le premier à être ouvertement lynché pendant qu’il est en poste. Résultat, l’Empire anglosioniste est maintenant comme un immense train de marchandises qui a perdu sa locomotive mais qu’un énorme élan pousse en avant même s’il n’y a plus personne pour le contrôler. Le reste de la planète, à l’exception sans importance des Européens de l’Est, fait des pieds et des mains pour sortir de la trajectoire de ce train incontrôlé. Jusqu’à présents, les rails (bon sens minimum, réalités politiques) résistent plus ou moins, mais un accident (politique, économique ou militaire) pourrait arriver à tout moment. Et c’est très, très effrayant.

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Les États-Unis ont entre 700 et 1000 bases militaires dans le monde, tout le système financier international est profondément enchevêtré avec l’économie américaine, le dollar US est toujours la seule véritable monnaie de réserve, les bons du Trésor américain sont détenus par tous les acteurs internationaux importants (y compris la Russie et la Chine), SWIFT est politiquement contrôlé par les États-Unis, qui sont le seul pays au monde qui peut imprimer autant d’argent qu’il veut et, pour couronner le tout, ils ont un énorme arsenal nucléaire. Résultat, un effondrement des États-Unis menacerait tout le monde et cela signifie que personne ne voudrait le provoquer. L’effondrement de l’Union soviétique n’a menacé l’humanité que d’une seule manière : par son arsenal nucléaire. En revanche, tout effondrement des États-Unis menacerait tout le monde de diverses manières.

Donc la vraie question aujourd’hui est celle-ci : le reste de la planète peut-il empêcher un effondrement catastrophique de l’Empire anglosioniste ?

C’est l’ironie de notre situation : même si la planète entière est malade et fatiguée de l’arrogance incompétente des Anglosionistes, personne ne veut que leur Empire s’écroule dans le désastre. Et pourtant, avec les néocons au pouvoir, un tel effondrement semble inévitable, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour tout le monde.

C’est vraiment incroyable, réfléchissez-y : tout le monde hait les néocons, non seulement une majorité d’Américains, mais vraiment la planète entière. Et pourtant ce groupe numériquement faible a en quelque sorte fait en sorte de mettre tout le monde en danger, y compris eux-mêmes, par leur affreux caractère vindicatif, leur arrogance infinie et leur myopie idéologiquement induite. Que cela ait pu se produire, et à l’échelle planétaire, est un témoignage dramatique de la dégradation morale et spirituelle de notre civilisation : comment avons-nous pu laisser aller les choses si loin ?

Et la question suivante, évidente : pouvons-nous les arrêter ?

Honnêtement, je ne sais pas. J’espère, mais je n’en suis pas sûr. Mon plus grand espoir avec Trump était qu’il serait prêt à sacrifier l’Empire pour le salut des États-Unis (le contraire de ce que font les néocons : ils sont prêts à sacrifier les États-Unis pour sauver l’Empire) et qu’il organiserait une transition relativement sûre et, avec un peu de chance, non violente de l’Empire à un « pays normal ». À l’évidence, cela ne se produira pas. Au lieu de quoi, les néocons menacent tout le monde : les Chinois, les Russes, les Nord-Coréens et les Vénézuéliens bien sûr, mais aussi les Européens (économiquement), tout le Moyen-Orient ( (via la « seule démocratie du Moyen-Orient »), tous les pays en développement et même le peuple américain. En plus, ils menacent même le président des États-Unis lui-même, et d’une manière assez peu subtile !

Donc quelle est la suite ?

Vraiment, je ne sais pas. Mais mon sentiment dominant est que Trump sera chassé du pouvoir, soit pour « crimes et délits graves », soit pour « raisons médicales » (ils le déclareront tout simplement fou et inapte à assumer la présidence). À voir combien Trump est faible et mou, il pourrait même être « convaincu » de démissionner. Je ne les vois pas l’assassiner, simplement parce qu’il n’est pas non plus Kennedy. Après cela, Pence arrive au pouvoir et ce sera présenté à tous comme un événement merveilleux, un rassemblement des élites suivi d’une répression immédiate et sans merci de toute forme d’opposition politique ou de dissidence, qui sera immédiatement étiquetée comme raciste, homophobe, antisémite, terroriste, etc. On trouvera la sale main du « KGB russe » (oui, je sais, le KGB a été dissout en 1991) partout, en particulier chez les libertariens américains (qui seront probablement les seuls à avoir assez de cervelle pour comprendre ce qui se passe). La (pseudo) Gauche jubilera. Si cette façon de procéder déclenche un niveau de résistance inattendu, régional ou social, un 9/11 sous fausse bannière suivi d’une guerre sera le scénario le plus probable (pourquoi renoncer à quelque chose qui a tellement bien marché la première fois ?). À moins qu’ils ne décident de ré-envahir la Grenade ou de donner à Nauru une raclée bien méritée, n’importe quelle guerre plus ou moins réelle entraînera un échec catastrophique pour les États-Unis au point que le recours aux armes nucléaires par les fous néocons pourrait devenir un risque très réel, en particulier si des cibles symboliques, comme des porte-avions, sont frappées (en 1991, lorsque les États-Unis ont envoyé la 82e AB en Irak, il n’y avait rien entre cette troupe d’infanterie légère et les divisions blindées irakiennes. Si les Irakiens avaient attaqué, le plan était d’utiliser des armes nucléaires tactiques. Ensuite tout cela fut rapidement oublié).

Il y a une raison pour laquelle les néocons prospèrent en temps de crise : cela leur permet de se dissimuler derrière le chaos, en particulier s’ils sont ceux qui l’ont provoqué en premier. Cela signifie que tant que les néocons sont proches du pouvoir, ils ne permettront jamais, jamais, que la paix éclate soudain, de peur que les projecteurs soient subitement dirigés sur eux. Chaos, guerre, crises – c’est leur habitat naturel. Pensez-y comme au sous-produit de leur existence. Finalement, bien sûr, ils seront arrêtés et vaincus, comme tous leurs prédécesseurs dans l’Histoire. Mais je frémis lorsque je pense au prix que l’humanité devra payer cette fois-ci.

The Saker

L’article original article a été rédigé pour Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

 

mercredi, 20 avril 2016

How the American Neoconservatives Destroyed Mankind’s Hopes for Peace

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How the American Neoconservatives Destroyed Mankind’s Hopes for Peace

Ex: http://zejournal.mobi

When Ronald Reagan turned his back on the neoconservatives, fired them, and had some of them prosecuted, his administration was free of their evil influence, and President Reagan negotiated the end of the Cold War with Soviet President Gorbachev.

The military/security complex, the CIA, and the neocons were very much against ending the Cold War as their budgets, power, and ideology were threatened by the prospect of peace between the two nuclear superpowers.

I know about this, because I was part of it.  I helped Reagan create the economic base for bringing the threat of a new arms race to a failing Soviet economy in order to pressure the Soviets into agreement to end the Cold War, and I was appointed to a secret presidential committee with subpeona power over the CIA. The secret committee was authorized by President Reagan to evaluate the CIA's claim that the Soviets would prevail in an arms race. The secret committee concluded that this was the CIA's way of perpetuting the Cold War and the CIA's importance.

The George H. W. Bush administration and its Secretary of State James Baker kept Reagan's promises to Gorbachev and achieved the reunification of Germany with promises that NATO would not move one inch to the East.

The corrupt Clintons, for whom the accumulation of riches seems to be their main purpose in life, violated the assurances given by the United States that had ended the Cold War. The two puppet presidents-George W. Bush and Obama-who followed the Clintons lost control of the US government to the neocons, who promptly restarted the Cold War, believing in their hubris and arrogance that History has chosen the US to exercise hegemony over the world.

Thus was mankind's chance for peace lost along with America's leadership of the world.  Under neocon influence, the United States government threw away its soft power and its ability to lead the world into a harmonious existance over which American influence would have prevailed.

Instead the neocons threatened the world with coercion and violence, attacking eight countries and fomenting "color revolutions" in former Soviet republics.

The consequence of this crazed insanity was to create an economic and military strategic alliance between Russia and China. Without the neocons' arrogant policy, this alliance would not exist.  It was a decade ago that I began writing about the strategic alliance between Russia and China that is a response to the neocon claim of US world hegemony. 

The strategic alliance between Russia and China is militarily and economically too strong for Washington. China controls the production of the products of many of America's leading corporations, such as Apple.  China has the largest foreign exchange reserves in the world. China can, if the government wishes, cause a massive increase in the American money supply by dumping its trillions of dollars of US financial assets.

To prevent a collapse of US Treasury prices, the Federal Reserve would have to create trillions of new dollars in order to purchase the dumped financial instruments. The rest of the world would see another expansion of dollars without an expansion of real US output and become skepical of the US dollar. If the world abandoned the US dollar, the US government could no longer pay its bills.

Europe is dependent on Russian energy. Russia can cut off this energy. There are no alternatives in the short-run, and perhaps not in the long run. If Russia shuts off the energy, Germany industry shuts down. Europeans freeze to death in the winter. Despite these facts, the neocons have forced Europe to impose economic sanctions on Russia.

What if Russia responded in kind?

NATO, as US military authorities admit, has no chance of invading Russia or withstanding a Russian attack on NATO.  NATO is a cover for Washington's war crimes.  It can provide no other service.

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Thanks to the greed of US corporations that boosted their profits by offshoring their production to China, China is moderinized many decades before the neocons thought possible. China's military forces are moderized with Russian weapons technology. New Chinese missiles make the vaunted US Navy and its aircraft carriers obsolete.

The neocons boast how they have surrounded Russia, but it is America that is surrounded by Russia and China, thanks to the incompetent leadership that the US has had beginning with the Clintons. Judging from Killary's support in the current presidential primaries, many voters seem determined to perpetuate incompetent leadership.

Despite being surrounded, the neocons are pressing for war with Russia which means also with China. If Killary Clinton makes it to the White House, we could get the neocon's war.

The neocons have flocked to the support of Killary. She is their person. Watch the feminized women of America put Killary in office.  Keep in mind that Congress gave its power to start wars to the president.

The United States does not have a highly intelligent or well informed population. The US owes its 20th century dominance to World War I and World War II which destroyed more capable countries and peoples. America became a superpower because of the self-destruction of other countries.

Despite neocon denials that their hubris has created a powerful alliance against the US, a professor at the US Navy War College stresses the reality of the Russian-Chinese strategic alliance#mce_temp_url#.

Last August a joint Russian-Chinese sea and air exercise took place in the Sea of Japan, making it clear to America's Japanese vassal that it was defenceless if Russia and China so decided.

The Russian defense minister Sergey Shoigu said that the joint exercise illustrates the partnership between the two powers and its stabilizing effect on that part of the world.

Chinese Foreign Minister Wang Yi said that Russian-Chinese relations are able to resist any international crises.

The only achievements of the American neoconservatives are to destroy in war crimes millions of peoples in eight countries and to send the remnant populations fleeing into Europe as refugees, thus undermining the American puppet governments there, and to set back the chances of world peace and American leadership by creating a powerful strategic alliance between Russia and China.

This boils down to extraordinary failure. It is time to hold the neoconservatives accountable, not elect another puppet for them to manipulate.


- Source : Paul Craig Roberts

dimanche, 20 mars 2016

Hillary Clinton, candidate des néoconservateurs américains

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Bernhard Tomaschitz :

Hillary Clinton, candidate des néoconservateurs américains

Si Hillary Clinton est élue présidente des Etats-Unis, il faut compter avec un retour en force du bellicisme de l’ère Bush !

Après le Super Tuesday, ou Super Mardi, où des élections préliminaires ont eu lieu dans onze Etats, les choses se sont clarifiées positivement pour Hillary Clinton : elle risque fort bien d’être choisie comme candidate à la présidence en juillet lors de la diète des Démocrates. L’ancienne ministre des affaires étrangères des Etats-Unis dispose désormais de 544 délégués et bat ainsi son principal concurrent dans le parti démocrate, Bernard « Bernie » Sanders, qui n’a obtenu jusqu’ici, dans les préliminaires, que 349 délégués. Pour être « nominé », il faut au moins 2383 délégués. Du côté des Républicains, tout porte à penser que le milliardaire de l’immobilier Donald Trump emportera le morceau.

Hillary Clinton n’est pourtant pas la favorite dans la course à la succession de Barack Obama : elle est surtout la candidate du grand capital et des cénacles néoconservateurs. Timothy Alexander Guzman, journaliste indépendant, signale que parmi les « sponsors » de la campagne électorale d’Hillary Clinton, on trouve les géants de la finance Citigroup, Goldman Sachs et JP Morgan Chase. Parmi ses soutiens, on dénombre aussi le spéculateur George Soros et toute une série de personnalités influentes appartenant à la mouvance sioniste, ce qui permet à Guzman de conclure : « A Washington D. C., l’argent, c’est le pouvoir et Hillary en dispose largement. 90% des cotisations qui lui sont versées proviennent d’entreprises ou de bureaux d’avocats qui travaillent pour les plus grandes d'entre elles». Ensuite, Hillary Clinton peut compter sur « l’appui de personnalités puissantes à Hollywood, dans les banques, dans le complexe militaro-industriel, dans les organisations féministes, à l’AIPAC (le lobby américain pro-Israël) et dans les consortiums multinationaux pour l’aider à accéder au trône ».

A cela s’ajoute que les principaux médias américains se mobilisent pour promouvoir la campagne de l’épouse de l’ancien Président Bill Clinton. En janvier, un article élogieux sur sa personne est paru dans le « New York Times » : « Hillary serait le première candidate nominée par un parti populaire. Elle a servi le pays comme sénatrice d’un Etat important et comme ministre des affaires étrangères. Il faut aussi souligner qu’elle a l’expérience d’une First Lady avec son époux formidable mais fautif, l’ex-Président Bill Clinton ». Vient ensuite un passage de l’article qui indique que les Etats-Unis, sous une Présidente comme Hillary Clinton, mèneraient une politique étrangère encore plus agressive et belliciste qu’auparavant : « Madame Clinton sera capable de mener une politique plus dure qu’Obama quand il s’agira d’engager la puissance militaire américaine, comme l’annoncent d’ores et déjà son exigence d’imposer une zone interdite aux survols aériens en Syrie et son soutien antérieur à toute politique visant à armer et à entraîner les rebelles syriens ».

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Déjà le 5 juillet 2014, Jacob Heilbrunn, éditeur de la revue spécialisée « The National Interest », posait la question dans un article du « New York Times » : les néoconservateurs sont-ils prêts à s’allier à Hillary Clinton ? Dans ce cas, la mouvance néoconservatrice, après environ dix années de traversée du désert, reviendrait à l’avant-plan et profiterait du chaos créé en Ukraine et en Irak pour accuser Obama du désastre global et non pas la politique étrangère interventionniste de l’ère Bush. Tout en vilipendant Obama, les « néocons » prépareraient un coup de Jarnac en s’alliant à Clinton, tout au début de sa campagne, afin « de récupérer le siège conducteur de la politique étrangère américaine ».

De fait, il faut bien constater qu’Hillary Clinton, en tant que sénatrice et que ministre des affaires étrangères, a bel et bien mené une politique néoconservatrice. Heilbrunn le démontre : « Madame Clinton a voté pour le déclenchement de la guerre en Irak, elle a soutenu les livraisons d’armes aux rebelles syriens, a comparé le Président russe Vladimir Poutine à Adolf Hitler, a soutenu Israël du fond du cœur et a sans cesse souligné la nécessité de promouvoir la « démocratie » ». Par voie de conséquence, on peut « aisément s’imaginer » que Clinton donnera des positions importantes dans son gouvernement à des néoconservateurs.

Diana Johnstone, la grande dame du journalisme américain, rappelle fort opportunément le rôle d’Hillary Clinton dans l’aval aux bombardements de l’OTAN contre la Serbie au printemps de 1999 : « Dans Hillary’s Choice, une biographie de la First Lady, Gail Sheehy explique l’aval donné par Hillary Clinton à ces bombardements contre la Yougoslavie en 1999. Le livre de Gail Sheehy démontre comment Hillary a pu convaincre son mari, qui hésitait, à lancer la campagne de bombardements de 78 jours contre les Serbes, en avançant l’argument suivant : « A la fin de ce siècle, qui a connu l’holocauste, tu ne peux pas tolérer que ces épurations ethniques se poursuivent ».

Pour Diana Johnstone, les justifications d’Hillary Clinton sont « théâtrales » et totalement dépourvues de pertinence en ce qui concerne le conflit des Balkans. Car, en effet, il n’y a pas eu d’ « épuration ethnique » avant l’intervention militaire du Pacte nord-atlantique ; ce sont plutôt les bombes qui ont obligé les populations à fuir dans tous les sens. A la suite de quoi, la propagande de l’OTAN a utilisé cette catastrophe comme une preuve des « épurations ethniques » que les Américains et leurs séides voulaient en théorie empêcher en déversant leurs bombes sur le pays. La guerre des bombes de l’OTAN contre la Serbie a marqué une césure dans la politique internationale : en effet, depuis lors, toute « intervention humanitaire » peut sauter au-dessus du droit des gens et instaurer le droit du plus fort.

Bernhard TOMASCHITZ.

(article paru dans « zur Zeit », Vienne, n°10/2016, http://www.zurzeit.at ).

vendredi, 27 novembre 2015

Léo Strauss, maître à penser des néo-conservateurs criminels

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Léo Strauss, maître à penser des néo-conservateurs criminels

Auteur : RI
Ex: http://zejournal.mobi

Il y a consensus pour blâmer les instigateurs et les exécutants des guerres, révolutions, assassinats, bombardements, renversement des gouvernements et autres actes criminels qui ont ensanglanté des régions étendues de la planète, tout particulièrement depuis 2001, date charnière, qui a donné suite aux évènements du 11 Septembre de la même année.

Chacun y va de sa harangue, et désigne qui ceux-ci, qui ceux-là. À raison évidemment. L’empire du chaos est bien sûr omniprésent au cœur des désignés. Mais remontons un peu plus loin, au programme source, jusqu’à celui qui a concocté l’idéologie qui a déclenché en cascades tous ces crimes planétaires auxquels la Russie et Poutine s’efforcent de mettre fin aujourd’hui. La géostratégie mondiale menée par les pays puissants est fortement inspirée par les idéologies qui la sous-tend. Les politiques intérieures des états le sont également. Qui pourrait nier que l’idéologie socialiste et néo-libérale n’a pas d’impact sur la politique intérieure de la France ?

Certaines idéologies sont connues mondialement, avec leurs idéologues. On pense évidemment à Karl Marx par exemple, à l’idéologie fasciste, sioniste ou socialiste aussi. Mais d’autres idéologues, à peine connus du grand public et même des dissidents les plus affûtés, ont influencé directement des groupes puissants qui ont incité à semer guerres et destructions au cours des 15 à 20 dernières années. Léo Strauss a nourri directement les délires des néo-conservateurs américains qui ont, depuis leur fameux Project for a New American Century (PNAC de 1995), sous-tendu les politiques criminelles des Présidents américains, de George Bush à Obama, même si celui-ci s’en détourne encore trop timidement au cours de son deuxième mandat.

Il n’est pas surfait de craindre que ce qui se joue actuellement, en Syrie notamment, avec la Russie et Poutine, sera prolongé d’une guerre, ou bien non. Cette issue, qui pourrait s’avérer fatale même pour beaucoup d’entre nous, dépendra de la réponse américaine, et du résultat des luttes intestines au sein de son gouvernement et de son administration entre Américains patriotes et néo-conservateurs liberticides et hégémoniques, en grande partie, il faut bien le dire, inspirés par le sionisme fanatique aussi présent en Amérique qu’il l’est dans l’entité qui se fait appeler Israël.

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Léo Strauss, né en 1899 d’une famille de juifs orthodoxes des environs de Marbourg, en Allemagne, vécut aux Etats-Unis de 1938 jusqu’à sa mort, en 1973. Professeur de philosophie politique à l’université de Chicago de 1953 à 1973, Strauss a créé toute une génération d’idéologues et de politiciens qui, aujourd’hui, sont infiltrés dans le gouvernement américain et dans le milieu néo-conservateur, et qui ont eu une influence énorme sur le Président Bush et qui sont encore là avec Obama. Léo Strauss était idéologue. On sait que les idéologies sont souvent le substrat des stratégies politiques dangereuses. Le fascisme était l’idéologie de l’Allemagne nazie, le marxisme celle du stalinisme. Les nazis ont tué des dizaines de millions de gens. Le straussisme était l’idéologie des faucons de Bush et celle des faucons néolibéraux d’Obama. Bush, ignare à son arrivée à la Maison Blanche (il l’est resté jusqu’au bout), avait endossé cette idéologie de A à Z. Les dégâts considérables dans les pays Arabo-Musulmans qu’on connaît et qu’on déplore aujourd’hui sont directement à associer à l’influence néfaste de Léo Strauss.

J’emprunte à « solidarité et progrès » ainsi qu’à plusieurs journaux américains certaines révélations sur le mouvement straussien qui est organisé en réseaux aux États-Unis : le principal idéologue qui se réclame de Léo Strauss dans l’administration Bush est le vice-ministre de la Défense, Paul Wolfowitz, qui a étudié auprès d’Allan Bloom à l’université de Chicago. Depuis les années 70, il compte parmi ses collaborateurs Richard Perle, Steven Bryen et Elliot Abrams. On peut en citer un autre, l’ancien directeur de la CIA, James Woolsey, membre du « Defense Policy Board », et adjoint du Général Garner qui a dirigé le gouvernement irakien. Dans le domaine des médias, on peut citer John Podhoretz, rédacteur du New York Post et ancien éditeur du Weekly Standard, ainsi qu’Irving Kristol, éditeur de Public Interest, l’organe des néo-conservateurs, et collaborateur de l’American Entreprise Institute (A.E.I), lieu privilégié de Bush pour ses discours de propagande. Son fils William Kristol est un des idéologues du parti républicain. Citons encore Werner Dannhauser, un protégé personnel de Strauss qui a quitté le monde universitaire pour assurer la rédaction de Commentary, après le départ à la retraite de Norman Podhoretz, ainsi que deux autres membres de la rédaction du Weekly Standard, David Brook et Robert Kagan, le fils d’un professeur straussien de Yale, Donald Kagan.

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Dans le domaine du département de la justice, des straussiens inconditionnels sont le juge de la Cour suprême, Clarence Thomas, et l’ex ministre de la Justice, John Ashcroft. Pour ce qui est du gouvernement Bush à l’époque, on y trouve Lewis Libby, directeur de cabinet de l’ex vice-président Richard Cheney et ancien élève de Wolfowitz à l’université de Yale. Après le 11 septembre 2001, insatisfait des renseignements fournis par la CIA et l’intelligence militaire, Abram Shulsky fut nommé à la tête d’une unité de renseignements au sein de la bureaucratie civile du Pentagone, créée pour produire, au besoin inventer, tous les montages dont les faucons avaient besoin pour justifier la guerre contre l’Irak. Straussien convaincu, Shulsky anime encore aujourd’hui des débats sur la pensée du « maître ». Parmi les « penseurs » et stratèges, on compte l’auteur du Choc des civilisations, Samuel Huntington, ainsi que Francis Fukuyama et Allan Bloom, qui lui est décédé.

Alors qu’ils avaient été tenus totalement à l’écart du gouvernement américain pendant la présidence de Bill Clinton, les straussiens ne sont cependant pas restés inactifs. Outre l’élaboration de doctrines militaires, dont celles qui ont cours actuellement, ils ont notamment rédigé un document pour le gouvernement israélien (Clean Break), prévoyant la fin des accords d’Oslo. Plusieurs disciples de Strauss et de Bloom avaient d’ailleurs émigré en Israël où ils militaient contre la paix. L’Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS) a été créé à Washington et à Jérusalem en 1984, afin de promouvoir le libre-échange et explicitement, dès 1996, la pensée de Strauss.

Début 1997, William Kristol et Robert Kagan, deux « intellectuels dans la tradition de Strauss », ont lancé à Washington, en collaboration avec l’American Entreprise Institute, une organisation intitulée « Project for the New American Century », dont le but déclaré est de promouvoir la présence militaire américaine partout dans le monde, pour y tenir littéralement le rôle de « gendarme du globe », à commencer par l’Irak. Le 3 juin 1997, cette organisation a publié un acte de fondation, appelant à une nouvelle politique étrangère basée sur l’« hégémonie globale bienveillante » des Etats-Unis. Parmi les signataires de cette lettre : Elliot Abrams, William Bennett, Jeb Bush (frère du Président de l’époque), Dick Cheney, Francis Fukuyama, Lewis Libby, Norman Podhoretz, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz.

Project for the New American Century

Maintenant que l’on connaît le nom des straussiens les plus influents de l’ex gouvernement Bush, et qu’il est aisé d’imaginer l’influence écrasante qu’ils ont eu et veulent encore avoir sur la politique américaine et le cours des évènements mondiaux, il nous reste à décrire les grandes lignes de l’idéologie de Léo Strauss.

Le philosophe, pour Léo Strauss, c’est l’homme rare, capable de supporter la vérité. Cette vérité, c’est qu’il n’y pas de Dieu, que l’univers n’a que faire de l’homme et de l’espèce humaine et que l’entièreté de l’histoire humaine n’est qu’une minuscule poussière insignifiante sur la croûte de l’univers, dont la naissance coïncide quasiment avec la disparition. Il n’existe ni moralité, ni bien ni mal, et toute discussion sur l’au-delà n’est que commérage. Mais évidemment, l’immense majorité de la population est si incapable de faire face à la vérité qu’elle appartient quasiment à une autre race, ce que Nietzsche appelait « le troupeau » ou encore « les esclaves ». Ils ont besoin d’un Dieu « père fouettard », de la crainte d’une punition après la vie, et de la fiction du bien et du mal. Sans ces illusions, ils deviendraient fous et se révolteraient, ce qui empêcherait toute forme d’ordre social. Puisque la nature humaine est ainsi faite et ne changera jamais, selon Strauss, ce sera toujours comme ça. C’est le surhomme ou « philosophe » qui fournit au troupeau les croyances religieuses, morales et autres, dont il a besoin, mais dont il sait très bien, lui, qu’elles sont erronées. En réalité, les « philosophes » n’utilisent ces manigances que pour plier la société à leurs propres intérêts. Par ailleurs, les philosophes font appel à toutes sortes de gens utiles, y compris les « gentlemen » qui sont formatés dans les connaissances publiques. On les dresse à croire à la religion, à la moralité, au patriotisme et à la chose publique et certains deviennent hauts fonctionnaires. Bien sûr, en plus de ces vertus, ils croient aussi aux philosophes qui leur ont enseigné toutes ces bonnes choses. Ces « gentlemen », qui deviennent des politiques, continueront à écouter à vie les conseils des philosophes. La gouvernance du monde par l’intermédiaire de ces golems implantés dans les gouvernements est ce que Strauss appelle le « Royaume secret » et pour beaucoup de ses élèves, c’est la mission de leur vie.

Ça vous semble du délire ? Ça l’est ! Imaginez vous que l’Amérique, le plus puissant pays au monde, était dirigée par un Président, George W. Bush, qui est tombé totalement et inconditionnellement sous l’influence de l’idéologie straussienne, décrite plus haut. Une trentaine de faucons de l’administration Bush sont pétris de cette idéologie, et la relève a été assurée aujourd’hui auprès d’Obama. Vous n’aurez aucun mal à établir la longue liste d’idéologues néo-conservateurs qui polluent encore au premier degré les politiques et inspirent les prétentions des Etats-Unis.

Les conséquences possibles de cette situation font frémir. Sans foi, ni loi, ni moralité, manipulant les autres, méprisant les masses, d’un racisme consommé, les straussiens américains ont commencé à étendre leur ombre malfaisante sur le monde. Le nôtre, dans lequel on vit, celui qui aura à souffrir de l’idéologie de Léo Strauss, qui n’a rien à envier au fascisme qui a noirci les plus belles pages de l’histoire du XX ème siècle. Mort en 1973, Léo Strauss aura marqué les premières années du XXI ème siècle et pourrait encore exercer son influence mortifère au cours des prochaines années.

Les relations entre les États-Unis et nos gouvernements qui se targuent d’être démocratiques risquent de tourner court, tant que l’idéologie straussienne dictera les politiques américaines, ce qui fut le cas à 100% avec George W. Bush et qui le reste encore trop avec Obama. D’ailleurs qu’en sera t-il avec le prochain Président, homme ou femme, aux Etats-Unis ? Une réponse qui aura un impact essentiel sur le reste du monde car cela dictera la politique extérieure américaine. D’un côté une idéologie barbare et archaïque, de l’autre des principes humanistes, religieux, moraux, sur lesquels sont fondés notre civilisation.

Il faut savoir nommer son ennemi, le désigner. On dit : les Américains mettent le monde à feu et à sang, comme si ce peuple de lui-même agissait de façon démoniaque. Ce ne sont pas les Américains qu’il faut blâmer, ce sont leurs gouvernements, directement influencés depuis les 15 à 20 dernières années par des groupes de pression puissants comme les néo-conservateurs, eux-mêmes nourris par des idéologies mortifères comme celle de Léo Strauss. On notera une fois de plus que la presque totalité de ces néo-conservateurs straussiens sont des binationaux, qui détiennent à la fois des passeports américains et israéliens. Serait-ce une coïncidence ?

Le néo-conservatisme straussien s’appuie sur six caractéristiques principales, qui se recoupent en grande partie :

– la volonté d’employer rapidement la force militaire ;

– un dédain pour les organisations multilatérales ;

– une faible tolérance pour la diplomatie ;

– une focalisation sur la protection d’Israël et donc un interventionnisme orienté et tronqué au Moyen-Orient ;

– une insistance sur la nécessité pour les États-Unis d’agir de manière unilatérale ;

– une tendance à percevoir le monde en termes binaires (bon/mauvais).

Ces caractéristiques, que vous reconnaîtrez de toute évidence, vous font-elles penser aux « Américains » ? C’est plutôt le néo-conservatisme straussien qu’il faut reconnaître et condamner. C’est là, in fine, que le mal absolu s’est logé, là d’où tout est parti, et qui est la source d’un chaos invraisemblable qui submerge la planète.

Algarath


- Source : RI

jeudi, 29 octobre 2015

The Gospel According to Kristol

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The Gospel According to Kristol

Having noticed that Bill Kristol has agreed with Billy Graham that Seventh Day Adventists are “great on New Testament doctrine,” I have to wonder how much canonical weight Bill’s judgment here would carry among Murdochites. (My friend Boyd Cathy has created this term for those whose minds are totally imprisoned in the synthetic world of the Murdoch media.) Now I can figure out why Kristol the Lesser has conferred his seal of approval on the Seventh Day Adventists. His least favorite Republican presidential contender, the Donald, has been lording it over Dr. Ben, a political competitor who, unlike the Presbyterian Trump, is a lowly Adventist. Trump’s comments on this subject seem hardly worth remembering, and for all I know, they may have been said jokingly. But Kristol decided to come to the defense of the candidate whom he’s hoping will knock out the hated Trump, not because Bill really wants a black Adventist surgeon named Ben Carson to become the GOP nominee but because he needs Carson to get rid of Trump. At that point he and the other neocons will push one of their paid lackeys, preferably Rubio, to the front of the line, providing they can do a number on Dr. Ben.

All of this should seem obvious to anyone who has been following the GOP presidential contest with open eyes. The problem is, authentic Murdochites would never accept the view that Bill Kristol is not speaking as an expert on the Bible.  Neocons for the adepts are experts on everything they deign to address, just as Marxists used to claim an extensive knowledge about everything because of their Marxist “science.” Allow me to mention that I’ve just finished an anthology of essays mostly on historical topics, which Northern Illinois University Press will be publishing after my book on fascism. Among those distortions and half-truths I engage in this volume, the bulk came from neoconservative journalists, typically misrepresented as “conservatives” or “libertarians.”  Friends ask me why I would waste my time dealing with these lightweights. The answer is simple: These lightweights get loads of publicity in the neoconservative and established leftist press; and whatever kooky stuff they write about the past or about the Bible or about anything else they “explain” to the rest of us, is widely treated as the alternative position to what the academic Left is saying. Unfortunately what these self-described scholars are peddling are not really alternative views but what the Left used to proclaim before it went on to even nuttier positions.

I for one wouldn’t care what these scribblers wrote if they weren’t reaching millions of people, at least some of whom have told me the following nonsense: There is no reason to write anything else on fascism because Jonah Goldberg has already treated this subject from a “conservative” point of view, and everyone who counts, including Ted Cruz and the New York Times Bestseller list, has recognized the brilliance and comprehensiveness of Jonah’s scholarship.  Or: the Germans and Austrians were entirely responsible for World War One because Victor Davis Hanson and Max Boot say so. What supposedly seals the case is that the Weekly Standard ran an article maintaining that Kaiser Bill planned to invade the US as soon as he finished off “democratic” England. Since most of this article was an attack on the “horrid” Germanophile H.L. Mencken, it was unclear whether Mencken was embroiled in the invasion or was simply ready to cheer it on.  Let’s not get into Lincoln and the American Civil War, subjects about which there is no significant difference between what the PC Left drums into our heads and what the “conservatives” are proposing as their non-alternative alternative. Tom DiLorenzo may have to devote the rest of his earthly existence to the “conservative” defenders of the “conservative” Lincoln, trying to change their obstinate minds. I shall gladly leave him this task.

In a less uniformly leftist and less ideologically leftist culture, I would not feel obliged to write my “revisions and dissents,” which is the provisional title of my anthology; nor would other non-leftist revisionist historians have to fight what usually looks like a combined leftist-neocon front on historical questions; nor would I find myself battling “conservative interpretations” of subjects like fascism prepared by culturally illiterate partisan Republicans. Even more depressing is the activity of the Murdoch media, which spits out instant historical interpretations that have no factual content but correspond to neoconservative prejudices or momentary GOP strategy.  Each time I encounter this nonsense my blood pressure goes through the roof. The new Authorized Version rarely deviates from what the establishment Left taught us in college and graduate school.  But back then one could easily extract alternative views from traditional conservatives, from libertarian authors like Murray Rothbard or from some traditional Marxist who had an interesting take on some historical development. Murdoch and his friends have been able to white out the discussion of alternative historical views from the non-authorized Right. And even worse, they duplicate what they pretend to oppose.

Of course on certain subjects they go their own way, particularly when it comes to the Middle East. I’ve no idea how Murdoch’s Jerusalem Post can pretend that no Palestinian was ever ethnically cleansed during the creation of the Israeli state. In a well-researched dossier, Israeli historian Ilan Pappe puts the figure for non-combatant Palestinians who were killed or driven from the present Israeli territory (excluding the West Bank) at about 800,000. One does not have to be an enemy of the Jewish state (and I am certainly not one) to recognize that Palestinians do have justified historical gripes. Furthermore, their territory was not a land waiting for a people when Jewish settlers arrived from Europe. On this historical point the neocons and their sponsors differ significantly from everyone else, and the rest of the Left may be closer to the truth here than the neoconservatives and establishment Republicans. Also on those very few issues on which “conservative” history now diverges from the opinions of the rest of the Left, the Old Right, or what’s left of one, may find itself closer to the official Left than it is to the faux conservatives.

dimanche, 08 mars 2015

The Neoconservative Threat to International Order

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The American Hegemony

The Neoconservative Threat to International Order

by PAUL CRAIG ROBERTS
Ex: http://www.counterpunch.org

Last week I was invited to address an important conference of the Russian Academy of Sciences in Moscow.  Scholars from Russia and from around the world, Russian government officials, and the Russian people seek an answer as to why Washington destroyed during the past year the friendly relations between America and Russia that President Reagan and President Gorbachev succeeded in establishing.  All of Russia is distressed that Washington alone has destroyed the trust between the two major nuclear powers that had been created during the Reagan-Gorbachev era, trust that had removed the threat of nuclear armageddon. Russians at every level are astonished at the virulent propaganda and lies constantly issuing from Washington and the Western media. Washington’s gratuitous demonization of the Russian president, Vladimir Putin, has rallied the Russian people behind him.  Putin has the highest approval rating ever achieved by any leader in my lifetime.

Washington’s reckless and irresponsible destruction of the trust achieved by Reagan and Gorbachev has resurrected the possibility of nuclear war from the grave in which Reagan and Gorbachev buried it.  Again, as during the Cold War the specter of nuclear armageddon stalks the earth.

Why did Washington revive the threat of world annihilation?  Why is this threat to all of humanity supported by the majority of the US Congress, by the entirety of the presstitute media, and by academics and think-tank inhabitants in the US, such as Motyl and Weiss, about whom I wrote recently?

It was my task to answer this question for the conference.  You can read my February 25 and February 26 addresses below.  But first you should understand what nuclear war means.  You can gain that understanding here.

The Threat Posed to International Relations By The Neoconservative Ideology of American Hegemony,

Address to the 70th Anniversary of the Yalta Conference, Hosted by Institutes of the Russian Academy of Sciences and Moscow State Institute of International Relations, Moscow, February 25, 2015,  Hon. Paul Craig Roberts

Colleagues,

What I propose to you is that the current difficulties in the international order are unrelated to Yalta and its consequences, but have their origin in the rise of the neoconservative ideology in the post-Soviet era and its influence on Washington’s foreign policy.

The collapse of the Soviet Union removed the only constraint on Washington’s power to act unilaterally abroad.  At that time China’s rise was estimated to require a half century. Suddenly the United States found itself to be the Uni-power, the “world’s only superpower.”  Neoconservatives proclaimed “the end of history.”

By the “end of history” neoconservatives mean that the competition between socio-economic-political systems is at an end.  History has chosen “American Democratic-Capitalism.” It is Washington’s responsibility to exercise the hegemony over the world given to Washington by History and to bring the world in line with History’s choice of American democratic-capitalism.

In other words, Marx has been proven wrong.  The future does not belong to the proletariat but to Washington.

The neoconservative ideology raises the United States to the unique status of being “the exceptional country,” and the American people acquire exalted status as “the indispensable people.”

If a country is “the exceptional country,” it means that all other countries are unexceptional.  If a people are “indispensable,” it means other peoples are dispensable. We have seen this attitude at work in Washington’s 14 years of wars of aggression in the Middle East. These wars have left countries destroyed and millions of people dead, maimed, and displaced. Yet Washington continues to speak of its commitment to protect smaller countries from the aggression of larger countries.  The explanation for this hypocrisy is that Washington does not regard Washington’s aggression as aggression, but as History’s purpose.

We have also seen this attitude at work in Washington’s disdain for Russia’s national interests and in Washington’s propagandistic response to Russian diplomacy.

The neoconservative ideology requires that Washington maintain its Uni-power status, because this status is necessary for Washington’s hegemony and History’s purpose.

PaulWolfowitz.jpgThe neoconservative doctrine of US world supremacy is most clearly and concisely stated by Paul Wolfowitz, a leading neoconservative who has held many high positions: Deputy Assistant Secretary of Defense, Director of Policy Planning US Department of State, Assistant Secretary of State, Ambassador to Indonesia, Undersecretary of Defense for Policy, Deputy Secretary of Defense, President of the World Bank.

In 1992 Paul Wolfowitz stated the neoconservative doctrine of American world supremacy:

“Our first objective is to prevent the re-emergence of a new rival, either on the territory of the former Soviet Union or elsewhere, that poses a threat on the order of that posed formerly by the Soviet Union. This is a dominant consideration underlying the new regional defense strategy and requires that we endeavor to prevent any hostile power from dominating a region whose resources would, under consolidated control, be sufficient to generate global power.”

For clarification, a “hostile power” is a country with an independent policy (Russia, China, Iran, and formerly Saddam Hussein, Gaddafi, Assad).

This bold statement struck the traditional American foreign policy establishment as a declaration of American Imperialism.  The document was rewritten in order to soften and disguise the blatant assertion of supremacy without changing the intent.  These documents are available online, and you can examine them at your convenience.

Softening the language allowed the neoconservatives to rise to foreign policy dominance. The neoconservatives are responsible for the Clinton regime’s attacks on Yugoslavia and Serbia. Neoconservatives, especially Paul Wolfowitz, are responsible for the George W. Bush regime’s invasion of Iraq. The neoconservatives are responsible for the overthrow and murder of Gaddafi in Libya, the assault on Syria, the propaganda against Iran, the drone attacks on Pakistan and Yemen, the color revolutions in former Soviet Republics, the attempted “Green Revolution” in Iran, the coup in Ukraine, and the demonization of Vladimir Putin.

A number of thoughtful Americans suspect that the neoconservatives are responsible for 9/11, as that event gave the neoconservatives the “New Pearl Harbor” that their position papers said was necessary in order to launch their wars for hegemony in the Middle East.  9/11 led directly and instantly to the invasion of Afghanistan, where Washington has been fighting since 2001. Neoconservatives controlled all the important government positions necessary for a “false flag” attack.

Neoconservative Assistant Secretary of State Victoria Nuland, who is married to another neoconservative, Robert Kagan, implemented and oversaw Washington’s coup in Ukraine and chose the new government.

The neoconservatives are highly organized and networked, well-financed, supported by the print and TV media, and backed by the US military/security complex and the Israel Lobby.  There is no countervailing power to their influence on US foreign power.

The neoconservative doctrine goes beyond the Brzezinski doctrine, which dissented from Detente and provocatively supported dissidents inside the Soviet empire. Despite its provocative character, the Brzezinski doctrine remained a doctrine of Great Power politics and containment. It is not a doctrine of US world hegemony.

While the neoconservatives were preoccupied for a decade with their wars in the Middle East, creating a US Africa Command, organizing color revolutions, exiting disarmament treaties, surrounding Russia with military bases, and “pivoting to Asia” to surround China with new air and naval bases, Vladimir Putin led Russia back to economic and military competence and successfully asserted an independent Russian foreign policy.

When Russian diplomacy blocked Washington’s planned invasion of Syria and Washington’s planned bombing of Iran, the neoconservatives realized that they had failed the “first objective” of the Wolfowitz Doctrine and had allowed “the re-emergence of a new rival . . . on the territory of the former Soviet Union” with the power to block unilateral action by Washington.

The attack on Russia began. Washington had spent $5 billion over a decade creating non-governmental organizations (NGOs) in Ukraine and cultivating Ukrainian politicians.  The NGOs were called into the streets. The extreme nationalists or nazi elements were used to introduce violence, and the elected democratic government was overthrown. The intercepted conversation between Victoria Nuland and the US ambassador in Kiev, in which the two Washington operatives choose the members of the new Ukrainian government, is well known.

If the information that has recently come to me from Armenia and Kyrgyzstan is correct, Washington has financed NGOs and is cultivating politicians in Armenia and the former Soviet Central Asian Republics.  If the information is correct, Russia can expect more “color revolutions” or coups in other former territories of the Soviet Union.  Perhaps China faces a similar threat in Uyghurstan.

The conflict in Ukraine is often called a “civil war.”  This is incorrect.  A civil war is when two sides fight for the control of the government.  The break-away republics in eastern and southern Ukraine are fighting a war of secession.

Washington would have been happy to use its coup in Ukraine to evict Russia from its Black Sea naval base as this would have been a strategic military achievement.  However, Washington is pleased that the “Ukraine crisis” that Washington orchestrated has resulted in the demonization of Vladimir Putin, thus permitting economic sanctions that have disrupted Russia’s economic and political relations with Europe. The sanctions have kept Europe in Washington’s orbit.

Washington has no interest in resolving the Ukrainian situation.  The situation can be resolved diplomatically only if Europe can achieve sufficient sovereignty over its foreign policy to act in Europe’s interest instead of Washington’s interest.

The neoconservative doctrine of US world hegemony is a threat to the sovereignty of every country.  The doctrine requires subservience to Washington’s leadership and to Washington’s purposes.  Independent governments are targeted for destabilization. The Obama regime overthrew the reformist government in Honduras and currently is at work destabilizing Venezuela, Bolivia, Ecuador, and Argentina, and most likely also Armenia and the former Central Asian Soviet Republics.

Yalta and its consequences have to do with Great Power rivalries.  But in the neoconservative doctrine, there is only one Great Power–the Uni-power.  There are no others, and no others are to be permitted.

Therefore, unless a moderate foreign policy arises in Washington and displaces the neoconservatives, the future is one of conflict.

It would be a strategic error to dismiss the neoconservative ideology as unrealistic. The doctrine is unrealistic, but it is also the guiding force of US foreign policy and is capable of producing a world war.

In their conflict with Washington’s hegemony, Russia and China are disadvantaged. The success of American propaganda during the Cold War, the large differences between living standards in the US and those in communist lands, overt communist political oppression, at times brutal, and the Soviet collapse created in the minds of many people nonexistent virtues for the United States. As English is the world language and the Western media is cooperative, Washington is able to control explanations regardless of the facts. The ability of Washington to be the aggressor and to blame the victim encourages Washington’s march to more aggression.

This concludes my remarks.  Tomorrow I will address whether there are domestic political restraints or economic restraints on the neoconservative ideology.

 

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Paul Craig Roberts, Address to the 70th Anniversary of the Yalta Conference, Moscow, February 26, 2015

Colleagues,

At the plenary session yesterday I addressed the threat that the neoconservative ideology poses to international relations.  In this closing session I address whether there are any internal restraints on this policy from the US population and whether there are economic restraints.

Just as 9/11 served to launch Washington’s wars for hegemony in the Middle East, 9/11 served to create the American police state.  The  Constitution and the civil liberties it protects quickly fell to the accumulation of power in the executive branch that a state of war permitted.

New laws, some clearly pre-prepared such as the PATRIOT Act, executive orders, presidential directives, and Department of Justice memos created an executive authority unaccountable to the US Constitution and to domestic and international law.

Suddenly Americans could be detained indefinitely without cause presented to a court. Habeas corpus, a constitutional protection which prohibits any such detention, has been set aside.

Suddenly people could be tortured into confessions in violation of the right against self-incrimination and in violation of domestic and international laws against torture.

Suddenly Americans and Washington’s closest allies could be spied on indiscriminately without the need of warrants demonstrating cause.

The Obama regime added to the Bush regime’s transgressions the assertion of the right of the executive branch to assassinate US citizens without due process of law.

The police state was organized under a massive new Department of Homeland Security.  Almost immediately whistleblower protections, freedom of the press and speech, and protest rights were attacked and reduced.

It was not long before the director of Homeland Security declared that the department’s focus has shifted from Muslim terrorists to “domestic extremists,” an undefined category. Anyone can be swept into this category.  Homes of war protesters were raided and grand juries were convened to investigate the protesters. Americans of Arab descent who donated to charities–even charities on the State Department’s approved list–that aided Palestinian children were arrested and sentenced to prison for “providing material support to terrorism.”

All of this and more, including police brutality, has had a chilling effect on protests against the wars and the loss of civil liberty.   The rising protests from the American population and from soldiers themselves that eventually forced Washington to end the Vietnam War have been prevented in the 21st century by the erosion of rights, intimidation, loss of mobility (no-fly list), job dismissal, and other heavy-handed actions inconsistent with a government accountable to law and the people.

In an important sense, the US has emerged from the “war on terror” as an executive branch dictatorship unconstrained by the media and barely, if at all, constrained by Congress and the federal courts. The lawlessness of the executive branch has spread into governments of Washington’s vassal states and into the Federal Reserve, the International Monetary Fund, and the European Central Bank, all of which violate their charters and operate outside their legal powers.

Jobs offshoring destroyed the American industrial and manufacturing unions. Their demise and the current attack on the public employee unions has left the Democratic Party financially dependent on the same organized private interest groups as the Republicans.  Both parties now report to the same interest groups.    Wall Street, the military/security complex, the Israel Lobby, agribusiness, and the extractive industries (oil, mining, timber) control the government regardless of the party in power. These powerful interests all have a stake in American hegemony.

The message is that the constellation of forces preclude internal political change.

Hegemony’s Achilles heel is the US economy. The fairy tale of American economic recovery supports America’s image as the safe haven, an image that keeps the dollar’s value up, the stock market up, and interest rates down.  However, there is no economic information that supports this fairy tale.

Real median household income has not grown for years and is below the levels of the early 1970s. There has been no growth in real retail sales for six years. The labor force is shrinking. The labor force participation rate has declined since 2007 as has the civilian employment to population ratio. The 5.7 percent reported unemployment rate is achieved by not counting discouraged workers as part of the work force. (A discouraged worker is a person who is unable to find a job and has given up looking.)

A second official unemployment rate, which counts short-term (less than one year) discouraged workers and is seldom reported, stands at 11.2 percent.  The US government stopped including long-term discouraged workers (discouraged for more than one year) in 1994.  If the long-term discouraged are counted, the current unemployment rate in the US stands at 23.2 percent.

The offshoring of American manufacturing and professional service jobs such as software engineering and Information Technology has decimated the middle class. The middle class has not found jobs with incomes comparable to those moved abroad. The labor cost savings from offshoring the jobs to Asia has boosted corporate profits, the performance bonuses of executives and capital gains of shareholders. Thus all income and wealth gains are concentrated in a few hands at the top of the income distribution.  The number of billionaires grows as destitution reaches from the lower economic class into the middle class.  American university graduates unable to find jobs return to their childhood rooms in their parents’ homes and work as waitresses and bartenders in part-time jobs that will not support an independent existence.

With a large percentage of the young economically unable to form households, residential construction, home furnishings, and home appliances suffer economic weakness.  Cars can still be sold only because the purchaser can obtain 100 percent financing in a six-year loan.  The lenders sell the loans, which are securitized and sold to gullible investors, just as were the mortgage-backed financial instruments that precipitated the 2007 US financial crash.

None of the problems that created the 2008 recession, and that were created by the 2008 recession, have been addressed.  Instead, policymakers have used an expansion of debt and money to paper over the problems. Money and debt have grown much more than US GDP, which raises questions about the value of the US dollar and the credit worthiness of the US government.  On July 8, 2014, my colleagues and I pointed out that when correctly measured, US national debt stands at 185 percent of GDP.

This raises the question: Why was the credit rating of Russia, a country with an extremely low ratio of debt to GDP, downgraded and not that of the US?  The answer is that the downgrading of Russian credit worthiness was a political act directed against Russia in behalf of US hegemony.

How long can fairy tales and political acts keep the US house of cards standing?  A rigged stock market.  A rigged interest rate. A rigged dollar exchange value, a rigged and suppressed gold price.  The current Western financial system rests on world support for the US dollar and on nothing more.

The problem with neoliberal economics, which pervades all countries, even Russia and China, is that neoliberal economics is a tool of American economic imperialism, as is Globalism.  As long as countries targeted by Washington for destabilization support and cling to the American doctrines that enable the destabilization, the targets are defenseless.

If Russia, China, and the BRICS Bank were willing to finance Greece, Italy, and Spain, perhaps those countries could be separated from the EU and NATO.  The unraveling of Washington’s empire would begin.

Paul Craig Roberts is a former Assistant Secretary of the US Treasury and Associate Editor of the Wall Street Journal. Roberts’ How the Economy Was Lost is now available from CounterPunch in electronic format. His latest book is How America Was Lost.

vendredi, 27 février 2015

Kagan + Nuland: Liberal Interventionists

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Kagan + Nuland: Liberal Interventionists

By

Ex: http://www.lewrockwell.com

Why is Victoria Nuland reliably confrontational and antagonistic toward Russia? Why does she push power, force, and military might to the forefront in Ukraine? Why does she risk war with Russia? Why does she even care about Russia’s relations with Ukraine enough to inject the U.S. government into their affairs and conflicts?

Her philosophy is the same as her husband’s, Robert Kagan. One article calls them “THE ULTIMATE AMERICAN POWER COUPLE“. It says “Victoria Nuland and Robert Kagan fell in love ‘talking about democracy and the role of America in the world’ on one of their first dates. It’s a shared passion that hasn’t faded over time.” Presumably that inner quote is from one or both of them.

For a brief profile of Robert Kagan’s ideas, shared by Victoria Nuland, see here. That article contains some criticism of their positions coming from the academic side. It is enough to know that Kagan supports Hillary Clinton in foreign policy and that she appointed Nuland to see that in foreign policy Americans at the moment have no major party presidential choice except more of the same.

Kagan and Nuland advocate U.S. activism and intervention throughout the world. Kagan has always endorsed more and more and more U.S. commitments worldwide. In September, 2003, he endorsed “a ‘generational commitment’ to bringing political and economic reform to the long-neglected Middle East–a commitment not unlike that which we made to rebuild Europe after the Second World War.” (The phrase “generational commitment’ is Condoleezza Rice’s.) The article’s title is “Do what it takes in Iraq”, which is never enough to suit Kagan. This is one of his excuses for why the policies of war and might that he advocates have failed. The U.S. doesn’t try hard enough to suit him. The U.S. tried very, very hard in Vietnam, Iraq and Afghanistan, however. It still did not produce what Kagan and Kristol glowingly wanted in any of these countries and in Libya: “American ideals and American interests converge in such a project, that a more democratic Middle East will both improve the lives of long-suffering peoples and enhance America’s national security.” The very opposite has resulted!

The projection of American power and might into these lands has not produced what Kagan and Kristol forecasted would be the result.

The ideas and policies of Kagan and Nuland are influential in Washington and on Obama. They are always the most hawkish. In a Sept. 5, 2014 essay, Kagan wrote “The most hawkish members of Congress don’t think it safe to argue for a ground attack on the Islamic State or for a NATO troop presence in Ukraine.”

hqdefault.jpgKagan wants both an American ground attack on IS, which would mean attacks in three or more countries, and NATO in Ukraine. Nuland has constantly made provocative statements about Russia and she supports every move by Washington deeper and deeper into Ukraine’s politics and military campaigns. If Poroshenko is removed from office by another coup, Nuland will be there to influence and control the new leaders. She will anoint and bless them, even if they are neo-nazis.

The same article contains Kagan’s distorted interpretation of history. Kagan stands for the liberal values that came out of the Enlightenment and characterize the Western states. But he also believes that these states are pansies who need to be muscular in defense of these values. “Muscular” means interventionist and ever-willing to insert force and arms in foreign lands; not in classic self-defense but on a pro-active, preemptive basis. In other words, to maintain liberal values and promote liberalism worldwide, the liberal states have to behave illiberally. They have to attack other countries that they deem threatening. They have to be provocative toward any country that doesn’t meet their standards of liberality.

Kagan prefers the title “liberal interventionist” (Nuland presumably is the same.) This policy position is self-contradictory. A liberal position allows for self-defense, but it does not allow for remaking the world and attacking other countries. It is not necessarily the case that when the U.S. government provokes and confronts, or even invades, other nations that have different political setups, this benefits Americans.

Kagan’s idea is that there are military solutions to what he assumes are American problems in Syria and Ukraine. He bemoans “‘There is no military solution’ is the constant refrain of Western statesmen regarding conflicts from Syria to Ukraine…”, implying that there are such solutions. But are these lands actually problems for Americans in the first place? It’s hardly obvious that they are. They become problems only when the U.S. government follows the Kagan-Nuland philosophy of liberal interventionism and inserts itself into these conflicted lands. Kagan wants military solutions for problems that he has helped to create by his constant support and promotion of interventions.

Kagan’s justification of pro-active and preemptive military interventions and military solutions goes back to his interpretation of 20th century history, in particular, the role of Germany and Japan versus the western powers. He sees appeasement as a basic component of World War II. And he argues that Germany and Japan had grievances and resentments that could not be assuaged by concessions or accommodations from the West. He transfers this argument to the present and sees new enemies and threats in Russia, China and the Middle East.

Kagan’s ideas about Japan are oversimplified. The history of Japanese-American relations has to go back to armed U.S. naval expeditions in 1846, 1848 and 1852. It has to go back to friction over the Open Door Policy and U.S. immigration policy. China became an important bone of contention. Appeasement is hardly a consideration in any of this. Just the opposite. It is American resistance to Japan’s policies in China that is a nexus of frictions.

To engage in appeasement is to make a concession over what one owns or has a legitimate interest or obligation in. What concessions or legitimate interests did the U.S. sacrifice in order to avoid war with Japan and Germany? The U.S. did not have a treaty obligation to Czechoslovakia. The U.S. didn’t sign the Munich Agreement. The U.S. didn’t undertake to enforce Wilson’s idea of self-determination of nations when they came under threat from larger powers. It cannot be said that the U.S. appeased Germany. Furthermore, the U.S. participation in World War I, which would have been approved of by the Kagan-Nuland philosophy, had results that led to World War II. It cannot be argued that the U.S. appeased Germany in and before World War I.

With respect to the U.S. and NATO, it cannot be argued today that Ukraine is another Sudetenland or Czechoslovakia. The U.S. has no treaties with Ukraine to protect the territorial integrity of Ukraine or prevent it from breaking apart in a civil war. If it did have such a treaty, as it does with a good many other countries, it would only be asking for trouble.

Kagan’s understanding of the 19th century and appeasement is subject to serious questions. And when one considers how different the situations are today with respect to those states or countries that he seeks to replace Germany and Japan with, such as Iraq, Libya, Afghanistan, Islamic State, Russia and China, the Kagan-Nuland philosophy of American force projection is far more simply needless provocation and war-making than the non-appeasement that Kagan and Nuland envision it to be. Furthermore, the military intrusions of the U.S. can hardly be said to have appeased anyone; and they have done nothing to promote those liberal interventionist aims that Kagan and Nuland fell in love over.

jeudi, 02 janvier 2014

Neocons Push Israeli-Saudi Alliance

Neocons Push Israeli-Saudi Alliance

by Robert PARRY

Ex: http://www.a-w-i-p.com

Exclusive: Early U.S. presidents warned against the dangers of “entangling alliances,” prescient advice that the neocons want President Obama to ignore amid demands from Israel and Saudi Arabia that America tie itself up in the endless and bloody sectarian conflicts of the Middle East, reports Robert Parry.

American neocons are rallying to the new Israeli-Saudi alliance by demanding that President Barack Obama engage more aggressively against the two countries’ foes in the Middle East, thus “bolstering Israeli and Saudi confidence,” as the Washington Post’s deputy editorial-page editor Jackson Diehl declared.

For years, the Washington Post has served as Official Washington’s neocon flagship, bristling in support of every hawkish demand for U.S. intervention in the Mideast, most notably assembling a flotilla of misguided consensus in support of President George W. Bush’s 2003 invasion of Iraq and then pounding any American skeptics who dared emerge over the horizon.

Diehl’s column on Monday [10/28/13] represented an extension of the neocons’ knee-jerk support of Israeli interests to those of the Saudi monarchy, Israel’s new secret friend. Diehl hoisted the banner of this odd-couple alliance in excoriating President Obama for letting down these two “allies” as they maneuver to crush what’s known as the Shiite crescent extending from Iran through Iraq and Syria to the Hezbollah strongholds in Lebanon.

In sync with the regional interests of Saudi Arabia and Israel, Diehl argued that the United States should toughen up its military posture in the Middle East with the goal of “reshaping conditions on the ground,” specifically going after Bashar al-Assad’s regime in Syria and damaging the new Iranian government of President Hassan Rouhani, or in Diehl’s words, “weakening Assad [and] degrading Iranian strength.”

Diehl added, “That work could be done without deploying U.S. troops, but it would be hard, expensive and require a lot of presidential attention.” Presumably, Diehl wants the U.S. military to launch those cruise missiles that were poised to “degrade” Assad’s regime in late August, and he hopes the U.S. diplomatic corps will rebuff Iran’s overtures for a diplomatic settlement over its nuclear program.

Like other neocons, Diehl takes Obama to task for giving peace a chance – by accepting Assad’s surrender of Syria’s chemical weapons, by seeking a negotiated settlement to the Syrian civil war (with Assad agreeing to send representatives to Geneva although the fractious Saudi-backed Syrian rebels and their jihadist allies still balk), by working with Iran on a deal that would swap tighter international controls over Iran’s nuclear program for sanctions relief, and by pressing for meaningful talks between Israel and Palestine toward a two-state solution.

Diehl deems this diplomatic offensive a series of “foreign policy fantasies,” the title of his Washington Post op-ed. By pushing diplomacy over confrontation, Obama has, in Diehl’s view, “driven a wedge between the United States and some of its closest allies [leaving] U.S. allies in the region – Israel, Saudi Arabia, Jordan and Turkey – marooned in a scary new world where their vital interests are no longer under U.S. protection.

“Israel and Saudi Arabia worry that Obama will strike a deal with Iran that frees it from sanctions without entirely extirpating its capacity to enrich uranium — leaving it with the potential to produce nuclear weapons. But more fundamentally, they and their neighbors are dismayed that the United States appears to have opted out of the regional power struggle between Iran and its proxies and Israel and the Arab states aligned with the United States.

“It is the prospect of waging this regional version of the Cold War without significant U.S. support that has prompted Saudi leaders to hint at a rupture with Washington — and Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu to talk more publicly than ever about Israel’s willingness to act alone.”

Fighting for Others

Diehl — like virtually all his compatriots in the mainstream U.S. news media — leaves out the detail that Israeli already possesses one of the most sophisticated though undeclared nuclear arsenals in the world, while U.S. intelligence agencies still conclude that Iran is not working on even a single nuclear bomb.

Diehl also doesn’t bother to explain exactly why the American people should continue to expend vast amounts of money, prestige and blood to take sides in these interminable and often incomprehensible conflicts in the Middle East. The neocons simply behave as if every American should understand why a Shiite-dominated regime is so much more objectionable than a Sunni one; why an absolute monarchy like Saudi Arabia is preferable to a limited democracy like Iran; and why Israel has some fundamental right to possess East Jerusalem and other Palestinian lands.

For many Americans, it’s perhaps even harder to understand why the likes of Jackson Diehl and his boss, editorial-page editor Fred Hiatt, continue to reign over the Washington Post’s editorial section more than a decade after they helped guide the American people into the disastrous war in Iraq.

Not only has there been no accountability for their journalistic errors, including reporting Saddam Hussein’s alleged possession of WMDs as “flat fact” when it was no fact at all, but also none for the ugly character assassination against war critics, such as former U.S. Ambassador Joseph Wilson whose wife, CIA officer Valerie Plame, saw her career destroyed when the Bush administration exposed her identity on the Post’s op-ed pages and Hiatt then kept up a years-long campaign to destroy Wilson’s reputation. [See Consortiumnews.com’s “Why WPost’s Hiatt Should Be Fired.”]

Beyond no accountability at the Post, there appear to have been no lessons learned. Hiatt, Diehl and the other neocons simply continue to place the policy desires of Israel, in particular, and now its new buddy, Saudi Arabia, above the foreign policy of the U.S. government and above the interests of the American people.

In the early years of the Republic, Presidents George Washington and John Adams warned against the dangers of “entangling alliances” that could draw the United States into faraway and expensive conflicts that would drain the Treasury and create unnecessary enemies. In his Farewell Address, Washington saw the risk of foreign influence coming not only from adversaries but from allies who would seek to twist American domestic opinion in their favor.

Washington warned: “The great rule of conduct for us, in regard to foreign nations, is in extending our commercial relations, to have with them as little political connection as possible. Europe has a set of primary interests, which to us have none, or a very remote relation. Hence she must be engaged in frequent controversies the causes of which are essentially foreign to our concerns. Hence, therefore, it must be unwise in us to implicate ourselves, by artificial ties, in the ordinary vicissitudes of her politics, or the ordinary combinations and collisions of her friendships or enmities.”

Those early warnings seem particularly prescient today regarding the Middle East, given the extensive and expensive efforts by Israel and Saudi Arabia to win favor in Official Washington through lobbying, propaganda and financial favors doled out to many influential Americans.

While Israel’s skills at lobbying and propaganda are renowned, Saudi Arabia also can throw its weight around through its ownership of American debt, its ability to manipulate oil prices and its stakes in major U.S. corporations, including in the powerful Wall Street financial sector.

Now that these two longtime rivals, Israel and Saudi Arabia, have formed a behind-the-scenes alliance – joining together on key regional issues such as countering Iranian influence, subverting the Assad regime in Syria, and backing the military coup in Egypt – the Obama administration finds itself confronting an imposing phalanx of political and economic clout.

The ease with which neocons like Jackson Diehl lift up the banner of this new combination of Israeli-Saudi interests is a telling sign of the two countries’ impressive geopolitical muscle. [For more on this topic, see Consortiumnews.com’s “Israeli-Saudi Alliance Slips into View.”]
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Robert Parry broke many of the Iran-Contra stories in the 1980s for the Associated Press and Newsweek. His latest book, Neck Deep: The Disastrous Presidency of George W. Bush, was written with two of his sons, Sam and Nat, and can be ordered at neckdeepbook.com. His two previous books, Secrecy & Privilege: The Rise of the Bush Dynasty from Watergate to Iraq and Lost History: Contras, Cocaine, the Press & 'Project Truth' are also available there. Or go to Amazon.com
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Article published here: Consortiumnews.com. Image: © N/A
URL: http://www.a-w-i-p.com/index.php/2013/11/18/neocons-push-israeli-saudi-alliance

lundi, 19 avril 2010

De la société secrète "Skull & Bones" au nouvel ordre mondial

Archives de SYNERGIES EUROPEENNES - 2003

De la Société secrète “Skull and Bones” au nouvel ordre mondial

Entretien avec Maurizio BLONDET

Propos recueillis par Giuseppe COSCO

 

illconfsnb322.jpgCOSCO: Docteur Blondet, vous vous êtes penché sur l’histoire de la “Société Skull and Bones”. Que pouvez-vous nous en dire, outre qu’elle est une société secrète mystérieuse, mais à nulle autre pareille?

 

BLONDET: C’est une société secrète, au départ réservée aux étudiants.Elle a  été fondée en 1832, quand quelques étudiants de l’Université de Yale, l’une des principales universités américaines, ont été choisis par, disons, le patriciat américain. Ils  étaient au nombre de douze par an. Il est notoire que Georges Bush Senior, l’ancien président des Etats-Unis, en a fait partie, et, avant lui, son père, et, après lui, tout naturellement, son fils, pour autant que l’on puisse admettre que ce fiston soit capable de suivre des cours à Yale, ce que l’on peut mettre en doute. Le candidat républicain à la présidence n’en a pas la capacité, à mon sens [l’interview date d’avant l’élection  de Bush Junior, ndlr]. Mais on peut affirmer avec quelque certitude qu’il fait partie de cette secte, non au sens strict; indubitablement , il est issu de ce milieu. La famille Bush est ensuite très proche des banquiers Harriman, qui constituent l’un des groupes les plus puissants de l’établissement américain.

 

COSCO: Peut-on dire que la Skull and Bones a investi aussi la CIA, car Bush-le-Père, c’est bien connu, a été le directeur de cette institution?

 

BLONDET: Il n’y a évidemment pas d’identité entre la Skull and Bones et la CIA. Les choses ne sont pas aussi simples. Mais il est vrai que plusieurs directeurs de  la CIA ont été membres de la Skull and Bones. En général, l’objectif d’une société de ce type est de constituer des groupes d’hommes du même âge, mais aussi des groupes intergénérationnels qui s’aident selon les circonstances. C’est l’évidence! Il faut aussi savoir que l’idéologie de la confraternité se place au-delà de la gauche et de la droite. La “droite” et la “gauche” sont, pour eux, des éléments d’une dialectique, qu’ils entendent surplombercar ils s’estiment supérieurs. La Skull and Bones représente un groupe de gnostiques qui veulent, très spécifiquement, s’adonner à toutes les manœuvres politiques, tant et si bien qu’ils utilisent tantôt l’idéologie attribuée à la “droite”, tantôt celle attribuée à la “gauche” comme  de simples étiquettes. Ces personnes se placent de toute façon au-dessus de ces distinctions. Ce n’est pas un hasard, par exemple, que Harriman fut le banquier que l’on nomma ambassadeur des Etats-Unis en Union Soviétique, afin qu’il puisse offrir une aide très importante à Staline et à son régime, alors qu’ils s’est toujours proclamé anti-communiste. Il faisait partie de cette brochette de banquiers, dont on ne se souvient plus aujourd’hui, qui ont toujours soutenu le système soviétique, jusque et y compris sous Gorbatchev.

 

COSCO: Pour être admis dans la Société Skull and Bones, faut-il être citoyen américain ou bien des personnalités issues d’autres nations y sont-elles admises aussi?

 

BLONDET: Je ne sais pas. L’unique source sûre sur cette société secrète est un livre paru il y a quelques années. Je n’ai pas connaissance d’autres travaux ou ouvrages. C’est l’historien Anthony C. Sutton qui a abordé l’histoire de cette fraternité si puissante : cf. Anthony C. Sutton, America’s Secret Establishment – An Introduction to The Order of Skull & Bones, by Anthony Sutton" (Liberty House Press, Billings, Montana - 1986). Il me paraît toutefois improbable que des non Américains en fassent partie. Peut-être que quelques Britanniques en sont membres,  mais certainement pas des Mexicains ou des Italiens, par exemple.

 

COSCO: L’histoire de la secte des “British Israelites” a-t-elle quelque chose à voir avec la Société Skull and Bones?

 

BLONDET: Pour autant que je le sache, les British Israelites ne sont pas directement liés à la Skull and Bones.

 

COSCO: La Skull and Bones est suspectée, depuis la  fin du 19ième siècle, de pratiquer le satanisme. Est-ce vraisemblable selon vous?

 

BLONDET: On peut, sans plus, le  suspecter. On sait simplement qu’il existe un rituel utilisant des ossements, ceux, dit-on, du chef amérindien Geronimo, que possèderait le groupe. Ces ossements serait conservés dans une salle à Yale, inaccessible au commun des mortels, où se déroule chaque année le rituel de l’initiation. Le rite est incontestablement d’origine maçonnique, comme l’atteste son style, où le postulant se retrouve dans un cercueil, afin de perpétrer un rituel de mort et de renaissance symboliques. Ensuite, le postulant doit révéler des choses dont il a honte et en parler normalement; il s’agit pour l’essentiel de choses concernant son mode de vivre sa sexualité. Le rituel doit le conduire à une sorte de purification, ce qui fait aussi de ce rituel une parodie de la confession catholique.

 

COSCO: Ils célèbrent donc un rite ésotérique?

 

BLONDET: Indubitablement. Il est cependant difficile d’affirmer qu’il soit satanique au sens strict du terme. On se doute également qu’à un certain moment du rituel, intervient une prêtresse, alors que le groupe est composé exclusivement d’hommes. Cette femme a donc un rôle dans cette liturgie, mais on ne peut pas le définir avec certitude.

 

COSCO: Peut-on dire que l’ex-Président Clinton  en a fait ou en fait partie?

 

BLONDET: Non, certainement pas Clinton. L’histoire de Clinton est différente. Il a reçu une formation typiquement anglo-saxonne. Il est parti étudié en Angleterre et y a acquis, semble-t-il, une répugnance profonde pour l’univers britannique.Al Gore, en revanche, est un homme d’un tout autre type. La famille d’Al Gore est puissante depuis toujours dans l’établissement américain, exactement comme celle de Bush, mais elle fait plutôt partie de l’établissement considéré comme “rouge”. Le père d’Al Gore a toujours été très proche, sur le plan des affaires, de ce fameux Hammer, de confession israélite, qui fut le premier à aider Lénine. Il est mort à plus de 90 ans, il y a quelques années, laissant une fortune colossale. Pendant toute sa vie, comme il s’en vantait lui-même, il a été un agent soviétique. Hammer était très célèbre : c’était lui qui faisait les “affaires sales” avec l’Union Soviétique et entendait soutenir cette monstruosité politique, même si, sans aide occidentale, elle se serait écroulée rapidement. Ce n’est donc pas un hasard si Al Gore a commis récemment une “erreur”. Il y a quelques petites années, le FMI a prêté à fonds perdus et à des conditions extrêmement favorables 7 milliards de dollars à la  Russie d’Eltsine à la demande et sous la caution d’Al Gore. Ces 7 milliards de dollars ont immédiatement été investis à l’étranger, pas  un centime n’est entré en Russie ou n’y a été investi. Cet argent a abouti sur le compte des “oligarques”, ou sur ceux d’anciens agents du KGB ou d’autres personnalités, devenues “entrepreneurs” dans la nouvelle Russie.

 

COSCO : La société “Skull and Bones” a été un jour définie comme une résurgence américaine des “Illuminés de Bavière” de Weisshaupt. Qu’ne pensez-vous?  

 

BLONDET: C’est possible, mais  je ne crois pas que l’on puisse avancer des preuves irréfutables en la matière. Nous nous  trouvons plus probablement face à quelque chose de plus général et de plus vaste, parce que le profil de la “Skull and Bones” n’est pas à proprement parler “révolutionnaires”.  Certes, elle est internationaliste, globaliste à la manière de Bush, mais nullement révolutionnaire.

 

COSCO: Peut-on dire que cette secte tend à réaliser le “nouvel ordre mondial”?

 

BLONDET: C’est le sens que lui a donné Bush. Le Président Bush (père), au temps de la guerre contre l’Irak, fut le premier à parler ouvertement de “nouvel ordre mondial”, lequel devait émerger à la suite de cette guerre. Mais, par la suite, les vicissitudes qui ont animé l’échiquier planétaire ne se sont pas exactement déroulées comme il l’avait pensé. Nous  avons en effet affaire à un “nouvel ordre mondial” en acte, mais on ne peut pas dire, avec exactitude quelles en seront les conséquences à long terme. Le pouvoir mondial ne se dissimule plus derrière le masque de l’ONU, mais avance directement sous la bannière étoilée. L’Amérique demeure l’unique superpuissance; elle n’a plus besoin de se caché derrière l’artifice de l’ONU.

 

COSCO: Quel est le véritable visage du “nouvel ordre mondial”, que beaucoup de gens considèrent comme le “bien suprême”?

 

BLONDET: Essentiellement, le “nouvel ordre mondial”, c’est la libre circulation des capitaux, avant même d’être la libre circulation des marchés, car ceux-ci ne se situent qu’à la deuxième place; vient ensuite la libre circulation des hommes, qui se placent en troisième position.La libre circulation des hommes est limitée au territoire américain. En effet, à la frontière mexicaine, les capitaux sont bien acceptés, mais non les hommes. Dans ce “nouvel ordre mondial”, divers phénomènes actuels s’expliquent; tous ne doivent pas être condamnés a priori. Nous devons révisés quelques-unes de nos positions idéologiques habituelles, surtout quand elles sont négatives. Le capitalisme, même globalisé, fonctionne, et pas toujours mal. Les pays qui en tirent avantage ne sont pas toujours des pays du “premier monde”, celui qui “compte”, mais aussi des pays qui connaissent un regain de vitalité et qui réaniment leurs particularités culturelles profondes. Ce regain culturel n’était sans doute pas prévu. Exemple : l’Inde est devenue un exportateur majeur de logiciels, parce que tous les géants du logiciel indiens appartiennent à la caste brahmanique, compsée de familles où l’on connaît le sanscrit, c’est-à-dire une langue classique, de même où l’on connaît encore une mathématique traditionnelle abstraite.  Les représentants de cette caste parlent anglais, produisent des logiciel en anglais, qui coûtent moins cher sur le marché mondial. Autre pays avantagé par la globalisation   —et plus qu’on ne l’imagine: l’Espagne.  Cet avantage est dû à un fait culturel précis. L’Espagne a possédé un empire pendant cinq cents ans. Aujourd’hui, 400 millions de personnes parlent espagnol dans le monde. L’Espagne est en train de devenir la puissance économique dominante sur les marchés sud-américains. Les banques espagnoles sont en train d’acquérir les banques d’Argentine, du Venezuela, etc. L’Espagne acquiert de plus en plus le visage d’une mère patrie impériale. Je me suis rendu en Espagne récemment et j’ai constaté, fait singulier, qu’il n’y avait pas, là-bas, un affect culturel anti-globaliste, comme il en existe un en France, en Italie et également en Allemagne. Ce n’est pas un hasard car l’anti-globnalisme prend le visage de la gauche, celle qui a généré des gouvernements inefficaces. Nous sommes contre la globalisation parce que nous sommes en faveur de la tradition et, pendant ce temps-là, la gauche improvise et redécouvre les traditions nationales, pour ne pas continuer à perdre du terrain.

 

COSCO: Et quels sont les aspects négatifs du “nouvel ordre mondial”?

 

BLONDET: Les aspects négatifs, à l’évidence, se concentrent dans l’excès de libre circulation de capitaux purement spéculatifs. Au moindre mouvement de panique, ces capitaux s’en vont, en quelques minutes, parce que, désormais, la monnaie électronique se meut à la vitesse des télécommunications, laissant brusquement des pays entiers  à sec, plongés dans de graves crises économiques, parce qu’ils s’étaient endettés, non  pas par pauvreté intrinsèque, mais parce qu’ils venaient de vivre un moment de croissance. Tout d’un coup, ils se rtrouvaient privés de liquidités. Les éléments négatifs du “nouvel ordre mondial” relèvent donc de phénomènes liés à la finance spéculative et révèlent d’énormes bulles de dettes impayables, comptabilisées par personne. Certains pays d’Amérique latine subissent de tels effets de manière particulièrement dramatique.  Je pense à la Colombie. Ces pays devraient se spécialiser dans les domaines où ils sont compétitifs. Ceux qui savent bien faire des cravattes, comme les italiens, et bien qu’ils produisent et vendent des cravattes et non pas des avions ou d’autres appareils dont ils ne pourront de toutes façons pas développer le secteur industriel. La Colombie produit la coca. Un tiers de  son territoire est d’ores et déjà contrôlé par des bandes guerrières, qui ont existé, là-bas, de tous temps. Elles se donnent bien entendu une étiquette de “gauche”. Elles sont en réalité constituées de narco-trafiquants, étiquettés de “gauche”, et, en juillet dernier, le directeur de la Bourse de New York, un certain Richard Grasso, est allé rendre visite à ces terroristes de fait, qui terrorisent la population, tuent des enfants, se livrent à des voies de fait dignes du Cambodge de Pol Pot, mais cela n’a pas dérangé outre mesure ce monsieur Grasso. Il a offert à cette bande d’”investir” leur argent sdale dans la Bourse de New York. Si le monde financier américain s’intéresse à l’argent des narco-trafiquants colombiens, cela signifie, en clair, que l’on va bientôt légaliser les drogues dures.

 

COSCO: Certains catholiques ont peur, car la mise en œuvre d’une globalisation totale provoquera la disparition de la religion catholique.  Pensez-vous que cette crainte se justifie?

 

BLONDET: Les milieux, qui veulent l’avènement du “nouvel ordre mondial” sont hostiles au catholicisme. Je pense surtout à Bush. Et aussi à Al Gore. La lutte contre le catholicisme est dure, elle relève de divers phénomènes autonomes, mais je pense toutefois qu’il est difficile d’agir directement  sur la religion catholique, c’est-à-dire sur le Vatican. Le vrai problème réside à mon sens dans une sorte de ressac final du catholicisme clérical. Le haut clergé du Vatican lui-même semble adopter une sorte de nihilisme souriant, qui l’induit à minimiser les contenus forts de l’orthodoxie, afin de provoquer de grands événements médiatiques, qui ne sont finalement que pures apparences, sans substance. Les choses sont allés si loin que l’an dernier, à la Noël, D’Alema, chef du gouvernement de gauche en Italie, a amené sa femme et ses enfants à la messe de minuit à Bethléem. Cela paraît anodin mais c’est proprement renversant : nous avons affaire à un homme politique qui ne croit en rien et qui amène sa famille pour assister, au fond, à un spectacle, de nature spirituelle, fort suggestif. En uncertain sens, cette visite constitue, pour moi, un événement symbolique fort, tout comme ce jubilée de la jeunesse [catholique] où, le dernier jour, dans les fauteuils réservés au VIP, on a pu voir se prélasser, invitées ou non, pratiquement toutes les personnalités du centre gauche...

 

COSCO: D’après vous, l’Eglise n’est plus rien d’autre qu’un vaste spectacle suggestif, destinés à impressionner les masses?

 

BLONDET: Effectivement, nous n’avons plus affaire  qu’à une Eglise-spectacle, patronné par cette espèce de cléricalisme institutionnel athée, car il est un clergé fourbe, aujourd’hui, qui est de gauche et qui est athée. Certains comportements de l’Eglise, comme les demandes continuelles de “pardon”, laissent les vrais catholiques perplexes et, à l’inverse, récoltent les oreilles attentives du consensus institutionnel de la gauche qui ne croit pas, mais qui prend les masses en considération, que nous ne sommes pas capables de mobiliser, alors qu’eux le peuvent. La CGIL est encore capable de s’organiser et d’organiser de vasgfes activités  sociales, ce que les paroisses ne peuvent plus faire. Mais, quoi que l’on fasse, ces jeunes ne seront véritablement chrétiens,comme l’a rappelé le Pape, que s’ils sont prêts à payer leur foi de leur sang. Et moi, je n’y crois pas!

 

Giuseppe Cosco

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