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mardi, 28 mars 2017

Elections parlementaires en Bulgarie : à gauche et très à droite

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Elections parlementaires en Bulgarie : à gauche et très à droite

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

Les élections parlementaires bulgares anticipées de 2017, les dernières élections ayant eu lieu en 2014, à la demande du gouvernement sortant de droite de Boyko Borisov autour de son parti, le GERB, ont eu lieu dans un contexte tendu où la position vis-à-vis de la Russie et de l’Union Européenne a été au cœur des enjeux, tout comme dans la Macédoine voisine.

Avec 32,6% en 2017 contre 32,67% en 2014, le GERB (« Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie ») reste la première force du pays avec une étonnante constante, maintenant à peu près à l’identique son résultat antérieur. Il gagne 11 sièges, l’amenant à disposer de 95 sièges sur 240, en raison de l’effondrement de plusieurs formations modérées qui ont perdu tous leurs mandats en tombant en dessous de la barre fatidique de 4% des voix.

Mais c’est le Parti Socialiste Bulgare, russophile, qui avec 27,2% des voix, progresse de près de douze points, devant la principale force d’opposition au GERB. Avec 80 sièges (+41), il n’est certes pas en mesure de créer une coalition majoritaire autour de lui, mais il a montré qu’il fallait compter avec lui. Il a profité notamment de l’effondrement du Parti des Réformateurs (3,06%, - 5 points, -23 sièges) et aussi de l’ABR-Mouvement 21, social-démocrate et pro-russes, qui est passé de 5,35% (4,15 + 1,2) et 11 sièges à 1,55% et aucun siège.

De la même façon, la division des partis représentant la population turque de Bulgarie a abouti à un recul du parti DSB (« Mouvement des droits et libertés ») qui, avec 8,99% (-5 points) et 26 sièges (-12) n’est plus faiseur de roi. Il a été notamment victime d’une scission du mouvement Dost, qui obtient 2,86% des voix mais aucun siège.

C’est à la droite du GERB que le jeu a changé. Autour de la coalition « Patriotes unis », les principaux partis nationalistes bulgares autour de l’IMRO, du FNSB et Ataka (le mouvement de Volen Siderov), ont obtenu ensemble 9,07% des voix et 27 sièges (-3) soit moins que la liste Front Patriotique et la liste Ataka en 2014 (11,8%). Leur unité aurait dû logiquement les renforcer mais ils ont été victimes de la concurrence du mouvement Volya (« Volonté ») qui avec 4,15% des voix rentre au parlement et obtient en outre 12 sièges.

Les autres mouvements politiques font de la figuration. Les mouvements nationalistes PNR (0,07%), Association Nationale Bulgare (0,11%) et Renouveau (1,08%), nouveaux, n’ont pas réussi leur implantation dans un contexte de forte concurrence à droite. A gauche, les Verts obtiennent 2,88% des voix, la « Nouvelle République » 2,48% des voix, échouant l’un comme l’autre à entrer au parlement.

Cinq partis seulement seront donc représentés ce qui limite les combinaisons électorales possibles. Le PSB, même avec le parti turc, est minoritaire. Le GERB l’est également, et doit donc se doter d’alliés. L’alliance possible avec le parti Volya serait insuffisante. Il faut donc que le GERB s’ouvre aux « Patriotes unis » afin de disposer d’une majorité parlementaire. Il y aura nécessairement droitisation de la ligne gouvernementale dans un sens en outre davantage eurosceptique. Une grande coalition GERB/BSP est peu vraisemblable. La situation n’est pas celle de l’Autriche ou de l’Allemagne. La droite nationale en Bulgarie n’est pas victime d’un ostracisme particulier.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

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lundi, 27 mars 2017

Les plus belles miettes de la revue de presse de Pierre Bérard

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Les plus belles miettes de la revue de presse de Pierre Bérard

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com 

Au sommaire :

DÉBAT ENTRE LES CINQ PRINCIPAUX CANDIDATS À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Bilan du débat entre les cinq principaux candidats. Machine à lancer des promesse mirobolantes et coûteuse pour Hamon (demain on rase gratis) largement distancé de  ce point de vue par Mélenchon qui se révèle, sans surprise, le meilleur tribun. Macron incarne excellemment le zeitgeist post-politique de l’époque; seigneur de l’empire du vide,  le néant en marche n’a pas crevé l’écran où il apparaissait pour la première fois en débat. Alors qu’il était le plus attendu des candidats, il n’est pas parvenu à dégager une  « vision » d’avenir de sa possible présidence. Provoquant l’éclat de rire de Marine Le Pen, Il n’a pas hésité à répéter le « fake new » selon lequel le nombre d’immigrés n’avait  pas augmenté depuis les années trente, la même ritournelle que les médias nous servent avec leur psittacisme habituel. Il a également assuré sans pouffer de rire qu’il savait ce qu’était les fins de mois difficiles. Macron, pauvre comme Crésus, les neuf millions de démunis apprécieront… L’état de grâce qu’il connaissait jusqu’alors risque d’en pâtir.  Les autres étaient dans leur registre habituel. À ce propos le check up de Laurent Cantamessi.
 
 
L’un des meilleurs debriefing du débat du 19 mars, on le trouve sur TV-Libertés. Bref et précis. Il en ressort que Macron, pour autant qu’on puisse en cerner les idées, correspond à la parfaite définition du ludion selon le dictionnaire, un objet creux rempli d’air soumis par des pressions successives à un incessant mouvement d’aller et retour. Ondoyant, fluctuant et sans doute versatile, il se dérobe sans cesse sans qu’on puisse l’attraper, comme un savon précipité au fond de la baignoire. Mais le bébé cadum du paysage audiovisuel français continuera d’être, n’en doutons pas, le chouchou de la médiasphère.
 
 
Pour Raoul Fougax qui signe sur Metamag son bilan du débat, ce fut d’abord un round d’observation qui a permis à chacun de marquer son territoire sans mordre la poussière. 
Selon lui Mélenchon fut sans conteste le meilleur, ce qui constitue pour Hamon, le terne apparatchik, une mauvaise nouvelle. Macron possède un art consommé de ne rien dire en parlant beaucoup. Il demeure « le joker mondialiste et médiatique choisi contre Marine le Pen… qui, elle, n’est pas parvenue à élargir son électorat ».
 
 

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ZOOM SUR LE CANDIDAT MACRON 
 
• Tous les médias nous cachent délibérément les turpitudes du candidat Macron. TV Libertés, la chaîne TV dissidente, nous réinforme. Émission présentée par Élise Blaise.
 
 
Quand la folie Macron s’empare du « cercle de la raison ». Vincent Trémolet de Villers s’étonne, dans une décoiffante tribune du Figaro, que ceux qui ne juraient jadis que pour la litanie des chiffres, les experts et leur courbe, les techniciens et leur calcul, les spécialistes et leur démonstration puissent s’abandonner aux délires irrationnels du freluquet d’En marche. Faire « marcher » dans la langue vernaculaire se dit aussi de ceux que l’on veut berner…
 
 
Tribune de Paul-François Paoli dans Le Figaro. L’auteur de « Quand la gauche agonise » (Éditions du Rocher, 2016) souligne la contradiction d’un homme qui se dit admirateur de l’historien républicain Ernest Lavisse qui défendait tout à la fois le roman national, dont il fut « l’instituteur », et la mission civilisatrice de la France des droits de l’homme dans ses colonies et qui déclare à Alger tel un Janus contemporain que la colonisation fut un crime contre l’humanité. Le sophiste Macron, symptôme de la névrose de l’universalisme française ?
 
 
Complicité entre « Young Leader ». Emmanuel Macron est-il le candidat de l’atlantisme pur sucre ? Réponse sur le site des Identitaires, Novopress.
 
 
Richard Millet sur son site écrabouille le candidat Emmanuel Macron dont il blâme la servilité idéologique à la repentance, particulièrement éclatante dans ses deux récentes prises de position sur l’absence de culture française et sur le colonialisme assimilé en bloc à un crime contre l’humanité. Position qui lui a valu un satisfecit d’Al-Quaïda dans la péninsule arabique.
 
 
Selon Jean-Paul Brighelli le programme scolaire de Macron est fait pour les gobe-mouches.  
 
 
• L’avocat Régis de Castelnau fait feu contre Macron en relevant les très nombreuses irrégularités qui environnent sa campagne, la propagande éhontée à laquelle se livrent les médias subventionnés, les diverses interventions de l’État et le caractère plus que trouble de son financement. Sa conclusion est limpide : « Emmanuel Macron est donc la solution pour cette partie du Capital, celui de l’oligarchie néolibérale mondialisée qui a fait sécession et qui emmène avec elle celles des couches moyennes qui en profitent… La mondialisation néolibérale est incompatible avec la démocratie. Les gens qui la conduisent le savent bien qui rêvent de démocratie sans démos. Macron est leur agent ». 
 
 
Parus sur le blog de Jean-Paul Brighelli les échanges qu’il a eu avec Malika Sorel-Sutter font le point sur les récentes déclarations du candidat Macron et décèle chez ce présidentiable la parfaite copie conforme du libéral-libertaire, un produit de synthèse entre « Terra Nova » et « L’Institut Montaigne ».
 
 
La caricature d’Emmanuel Macron diffusée sur le compte Twitter des Républicains le vendredi 10 mars a suscité une effervescence démesurée sur les réseaux sociaux et  dans les médias. Tous s'enflamment et accusent le visuel de faire référence aux pires clichés antisémites des nauséeuses années trente. Si il y a motif à être surpris par cette histoire rocambolesque et l’hystérie qu’elle soulève ce n’est pas par le croquis d’une banalité extrême. On pourrait en effet s’étonner que Les Républicains qui ne passent pas pour des ennemis acharnés de la ploutocratie financière aient pu figurer l’ex-banquier Macron selon les stéréotypes classiques du possédant affameur du peuple avec son haut-de-forme, son costume élégant (offert par Bourgi ?) et tranchant avec une faucille maculée de sang un imposant cigare. Comme le remarque Emmanuel Debono dans Le Monde cette imagerie est internationale et dénuée de connotation judéophobe. Elle fut surtout utilisée, et abondamment, par la gauche et les communistes dans leur propagande contre « le grand capital ». La reprise de ce lieu commun par Les Républicains n’avait donc rien à voir avec les arrière-pensées antisémites que certains se plaisaient à y voir, et le visage figuré de Macron ne ressemblait d’aucune façon à l’iconographie en vogue dans les milieux anti-juifs des années trente. Mais puisque on est sensés revivre dans l’atmosphère méphitique de ces années là il fallait bien que la caricature y soit rapportée contre toute évidence. La disposition des médaillons représentant les différents ralliés au fringuant hologramme de Hollande dans laquelle certains ont voulu percevoir une réminiscence de la fameuse toile d’araignée d’un complot enserrant le monde n’avait pour but que de figurer l’éclectisme des has-been rejoignant le panache du candidat (d'Alain Madelin l’ancien Occidental, à Robert Hue fossoyeur du Parti communiste français, et aux dernières nouvelles, jusqu’au crétin des Pyrénées, le traîne-misère Douste-Blazy, c’est dire l’escroquerie !). 
Difficile donc de faire passer ce croquis badin comme relevant des codes de l'obsession antisémite. Pourtant rien n’y a fait : après que le dessin ait été prestement évacué à la première alerte, le courageux Fillon demandait des sanctions contre son auteur.
 
 
Et
 
 
DIVERS
 
L’économiste-philosophe Frédéric Lordon invité de France culture le vendredi 24 mars parle de la souveraineté qui pour lui « s’assimile en totalité au concept de démocratie ». Héros de Nuits debout, il poursuit une réflexion intéressante sur la sortie de l’UE par le bord « droit » (Brexit, Marine le Pen) ou le bord « gauche » qu’il approuve mais dont il éprouve beaucoup de mal à donner un exemple concret.
 
 
Pour Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique et membre du Comité Orwell le cycle néolibéral commencé le 15 août 1971 avec la fin du système de Bretton Woods touche à sa fin. Brexit et Trump sont les prodromes de ce changement de cap qui nous introduit dans une phase de démondialisation, de retérittorialisation et de réhabilitation des frontières. Sa conclusion géopolitique est édifiante : « Soit l’Allemagne joue le jeu de l’Europe européenne, pour reprendre une expression gaullienne, et normalise à cette fin sa relation avec Moscou. Soit elle demeure atlantiste et refuse d’envisager la dimension stratégique de son rapport au monde. Elle restera alors un pays exclusivement mercantiliste… Mais il n’est pas certain que le construction européenne puisse survivre longtemps à la seconde option ».
 
L’Observatoire des Journalistes et de l’Information Médiatique (OJIM) poursuit son indispensable travail de critique des médias de grand chemin. Cette fois il traite  de la mainmise des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) les quatre multinationales américaines, sur notre vie quotidienne. En contrôlant l’information numérique elles contrôlent de fait le formatage des citoyens. 
 
 
Face aux déclarations contradictoires de Donald Trump concernant l’OTAN et la Russie, Jean-Paul Basquiast propose de remplacer l’alliance atlantique par un nouvel organisme de sécurité collective s’étendant de Vancouver à Vladivostok.
 
 
Dans un récent numéro de Marianne, Jean-François Kahn moque la russophobie rabique des médias du « système » qui ont trouvé l’ouvre-boîte universel pour expliquer leurs nombreuses déconvenues face au monde tel qu’il va : « c’est la faute à Poutine ». Tout cela n’est pas sans évoquer la célèbre phrase de Guy Debord extraite de ses commentaires sur la société du spectacle : « cette démocratie si parfaite qu’elle veut en effet être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats ». 
 
 
• Excellente analyse de l’ouvrage de François Bousquet « La droite buissonnière » (Éditions du Rocher, 2017) par Nicolas Faure sur le site de la Fondation Polémia.
 
 
• Rendre le pouvoir au peuple suivant le voeu du fondateur de la cinquième République, tel est l'objectif de Jean-Yves Le Gallou selon lequel ce pouvoir est accaparé par des juges dépourvus de légitimité démocratique. Il faudrait en revenir à une stricte séparation des pouvoirs, condition sine qua non d’un bon équilibre suivant Montesquieu. Ce qui bien entendu n’est plus de règle aujourd’hui, puisque les juges interprètent les lois qui nous gouvernent selon des principes tellement généraux qu’ils peuvent donner cours aux gloses les plus contradictoires. Bonne intervention sur le zoom de TV-libertés assortie d’une déambulation instructive dans le Paris des véritables centres de décision : le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, le Tribunal administratif, la Cour de cassation, le Tribunal de Paris où siège la XVII chambre liberticide et pour finir la Cour européenne des droits de l’homme qui siège à Strasbourg.
 

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Pour Michel Maffesoli l’écologie reste dans la droite ligne du productivisme, c’est pourquoi il propose de lui substituer ce qu’il appelle l’écosophie, néologisme par lequel il entend non plus un traitement de notre rapport à la nature mais une discipline considérant que l’espèce humaine fait partie de la nature, n’en est séparée d’aucune façon. 
Il y a une « nature des choses » et la prétention de la changer n’a conduit qu’à la dévastation du monde naturel et social. Reprenant la distinction faite par la philosophie allemande entre la culture c’est à dire l’instituant et la civilisation, c’est à dire l’institué, sa démarche s’inscrit dans une perspective résolument « révolutionnaire conservatrice ».
 
 
Ingrid Riocreux affichant en épigraphe de son blog « Décryptons les décrypteurs ! » démonte le reportage de C8 sur le Front National niçois en en dévoilant les trucages et les combines. À dire vrai le procédé de l’infiltration qui caractérise ce type de « révélation » qui ne révèle rien et qui n'est employé qu'à l’encontre de ceux que les médias aiment tant haïr nous en apprend beaucoup plus sur les procédés d’une presse subventionnée que sur les cibles qu’elle vise avec une constance et une obstination jamais démentie et dont chacun a pu mesurer depuis des dizaines d’années la remarquable efficacité.
On lira, pour parfaire cet article, le remarquable entretien de décodage des médias qu’elle livre dans la dernière livraison d’Éléments.                  . 
 
 
La dernière édition d’I-Média présentée par Jean-Yves Le Gallou et Hervé Grandchamp étudie le festival de novlangue fait de litotes utiles pour euphémiser le terrorisme islamique. Elle rappelle opportunément le discours prophétique d’Enoch Powell qui vit sa carrière brisée car il appelait les britanniques au sursaut face à l’immigration. Le Zapping nous signale que le présentateur du journal de TF1 se fait taper sur les doigts par le CSA pour avoir proféré une vérité dérangeante et nous montre un Pascal Bruckner soucieux avant tout de faire battre Marine Le Pen… Une séquence sur les diverses performances des débatteurs lors de l’émission opposant les cinq principaux candidats aux présidentielles publiées dans la presse qui sacre « une large victoire de Macron » confirme ce que nous savions : les médias de l’oligarchie votent et poussent à voter pour le godelureau. Enfin l’émission se termine avec un gros plan sur « La semaine de la presse à l’école » sensée forger l’esprit critique des élèves mais qui se révèle une véritable séance d’endoctrinement, assimilant la critique des médias au « complotisme »…
 
 
La coalition anti État Islamique se devait d’épargner autant que faire ce peut les civils dans son siège de Mossoul, à la grande différence des « barbares russes et pro-assad »qui à Alep n’avaient pas hésité à recourir à des moyens de terreur face à des populations désarmés. On voit par cet article du Monde qu’il n’en est rien. Les guerres ne sont jamais propres, et qui plus est les guerres modernes. Cette information que Le Monde traite avec une pudeur de vierge, ne serait-ce que par le titre de l’article qui parle « d’effondrement » au lieu de rapporter la vérité crue qui est celle d’un « bombardement » en dit long sur l’alignement des médias sur le suzerain américain. Qu’aurait-on lu si il s’était agi d’une action russe au Proche-Orient ?
 
 
Michel Onfray prend position pour un régionalisme anti-jacobin inspiré des Girondins et de Proudhon, seule façon selon lui de renouer avec un idéal communautaire. Son livre « Décoloniser les provinces. Contribution aux présidentielles » Éditions de L’Observatoire, vient de paraitre.
 

dimanche, 26 mars 2017

Entretien avec Claude Karnoouh: Le grand désenchantement de l’Europe de l’Est

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Entretien avec Claude Karnoouh:

Le grand désenchantement de l’Europe de l’Est

Ex: http://rebellion-sre.fr

Ndlr: Cet entretien date de 2006 

R/ La désintégration du bloc de l’Est fut un événement majeur et fondateur de notre époque. Pourtant, les raisons de l’éclatement du système soviétique restent en grande partie mystérieuses. Vous avez, depuis plusieurs années, tenté de déchiffrer cette énigme par vos recherches. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Il est vrai que j’ai longuement écrit sur ce thème sans pour autant, me semble-t-il, avoir donné une réponse décisive ou entièrement satisfaisante. J’avais naguère conclu un chapitre d’un de mes ouvrages intitulé « Le réalisme socialiste ou la victoire de la bourgeoisie » par une boutade qui bien sûr avait déplu à la bienséance frileuse des universitaires : « Ce ne sont ni les gesticulations antisoviétiques du pape Jean-Paul II ni même les investissements militaires pharaoniques requis par la course aux armements sans cesse relancée par les États-Unis et la guerre des étoiles ! Car, dans des situations bien plus tragiques l’URSS est demeurée soviétique, certes avec des aménagements, mais néanmoins soviétiques. Ce qui a fait implosé le système c’est une mutation idéologique pour parler vite, ou mieux une mutation de la vision du monde et donc du futur dans les élites soviétiques et dans une partie de la population… Le sacrifice, l’effort, la compétition du militant pour un monde social et collectif meilleur les avaient déserté depuis la fin de l’ère Khroutchev ; disons que l’ère de Brejnev a été, les vrais débuts de l’entrée de l’URSS dans un temps de consumérisme, certes de consumérisme fragile et sans cesse inaccompli. Aussi, ce qui a conduit à l’abandon aussi rapide du système politico-économique soviétique tient quelque part à la victoire des images véhiculées par les feuilletons, les films, les revues étasuniennes et occidentales en général. C’est, je pense, une fois encore la preuve que le ciment d’une société demeure le copartage général d’une idée sur le monde, c’est-à-dire outre les sagas héroïsant le passé, à un accord à la fois explicite et implicite sur le bon gouvernement et le bien commun du futur… Mais, il resterait encore à faire des études très pointues sur la manière donc les visions concordantes du futur en Union soviétique après la mort de Staline se sont peu à peu effritées, fissurées parmi une majorité des élites politiques, sociales, économiques, culturelles, pour conduire à l’implosion dont nous fûmes à la fin des années 1980 les témoins… Car, c’est bien au cœur de l’élite des élites la plus centrée sur la connaissance et l’analyse de l’Occident, parmi les spécialistes de l’économie au sein du KGB que le changement a été pensé, puis mis en œuvre sous la férule de leur chef Youri Andropov ! Par-delà les détails de politologie et de sociologie à trois sous, c’est en ce lieu que se sont concentrées les analyses, et aussi les contradictions d’où sont nées les crises des années 1986-2000, depuis la Perestroïka jusqu’à l’élection de Poutine… Le reste de l’Europe de l’Est a suivi, car, nous le voyons bien aujourd’hui, ces pays n’ont aucune autonomie politique (dussent-ils avoir de fortes autonomies culturelles), les élites y font ce que le plus fort qui les domine leur commande. Hier ce furent les Soviétiques, aujourd’hui les États-Unis, demain, sait-on jamais, peut-être les Chinois ou les Indiens !

R/ Vous avez particulièrement étudié l’histoire de la Roumanie. La chute de Ceausescu fut un enjeu important du démantèlement du « glacis soviétique ». Elle donna lieu à la première grande manipulation médiatique contemporaine avec l’affaire du faux charnier de Timisoara. Pouvez-vous revenir sur les enjeux et les mécanismes de la « révolution » roumaine?

Je ne pense pas que la chute du gouvernement national-communiste dirigé par le président Ceausescu fut importante sur le plan purement géopolitique de la puissance. Dès lors que la Pologne, la Hongrie et l’Allemagne de l’Est avaient basculé, le poids géopolitique de la Roumanie, même assez indépendante du Pacte de Varsovie à cette époque la Roumanie ne comptait guère. Son armée était plus que médiocrement entraînée et armée. Du point de vue géostratégique plus important fut de démolir la Yougoslavie qui détenait à coup sûr la meilleure armée des Balkans, une armée entraînée en permanence à la guerre de guérilla (c’est pour cela il n’y a jamais eu de confrontation terrestre entre les troupes de l’OTAN et l’armée serbe). En revanche, la chute de Ceausescu a eu une importance symbolique cardinale en ce que les média occidentaux, Radio Free Europe, RFI, Deutsche Welle, La Voix de l’Amérique, et par des groupes d’émigrés plus ou moins jeunes, allant des anciens fascistes de la Garde de fer à de jeunes intellectuels venus chercher fortune en Occident et faisant le plus souvent passer de l’émigration économique pour de l’émigration politique avec la complaisance des autorités occidentales de toutes sortes, etc., avaient construit un personnage effrayant, une sorte de nouveau « Dracula »… Or, malgré les coups de boutoirs médiatiques, il n’arrivait pas à tomber, parce que les élites culturelles roumaines étaient totalement à la fois soumise au pouvoir (aujourd’hui on en apprend les détails ma foi plus que grotesques) et d’un mépris total pour une possible alliance avec les ouvriers (on l’a vu pendant les révoltes des mineurs de la Vallée du Jiu en 1977 et des métallos des usines de tracteurs de Brasov en 1988). Or, le pouvoir du régime de Ceausescu possédait une authentique légitimité dans les diverses couches ouvrière et paysanne malgré des restrictions à la consommation assez drastiques, lesquelles avaient en revanche rehaussé la fierté nationale parce que l’année de sa chute le régime avait réussi à rembourser toutes ses dettes au FMI et à la Banque Mondiale. Aussi faut-il voir qu’une alliance s’est conclu entre les alliés roumains de la Perestroïka via Moscou, des agents soviétiques en poste à Bucarest, ceux de la Yougoslavie (encore communiste) dans l’Ouest de la Roumanie et en particulier à Timisoara, ceux de la Hongrie en train de changer de pouvoir et les États-Unis pour organiser un véritable coup d’État (sûrement précisé entre experts lors de la réunion de Malte entre Gorbatchev et Reagan) et scénographié en révolution. Certes il y eut beaucoup moins de pertes que la manipulation médiatique l’avança, toutefois le cynisme des comploteurs les conduisit à la mise en place de véritables scènes de tueries, comme, par exemple, celles des élèves de l’école de la Sécurité (police politique) de Bucarest envoyés désarmés à l’aéroport de Bucarest pour arrêter de prétendus « terroristes », mais attendus de fait par des éléments de l’armée pour faire accroire au contraire à une attaque terroriste, et tirés comme des lapins de garenne… On comprend que tous les moyens furent bons pour éliminer le chef de l’État y compris sa parodie de procès et ce qu’il faut bien regardé comme son meurtre ainsi que celui de son épouse, dans une scène qui n’était pas, en raison de la dignité des époux Ceausescu au moment ultime, sans me faire penser à celle du roi Lear… mais, par peur de fuite possible, on apprit, à court terme, le suicide (?) de certains des protagonistes qui avaient participé à cette macabre justice expéditive…

Une fois Ceausescu disparu, symboliquement le système communiste n’avait plus que des dictateurs de moindre importance, le Bulgare, Jivkov éliminé par une révolution de palais, et l’Albanie, avec ses vendettas archaïques entre fractions du parti qui se confondent avec des alliances familiales…

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R/ Vous montrez l’importance fondamentale de la fascination de la nomenklatura pour les valeurs occidentales dans l’origine du processus qui aboutit à la fin du « socialisme réel ». Comment expliquer la « trahison » et la rapide reconversion des élites de l’est à la logique libérale ? Peut-on expliquer ce phénomène sans précédent dans l’histoire par la nature même du système soviétique ?

Une partie de la réponse est déjà donnée. La seconde partie de votre question obligerait à une très longue analyse de la manière dont le système soviétique a créé les classes moyennes dans son empire et ses satellites, classes qui l’ont délégitimé. Je ne sais si l’on peut parler de trahison dans ce cas. Ou alors l’histoire n’est qu’une longue suite de « trahisons » ! Par ailleurs il n’y a pas eu de conversion rapide, seulement en apparence elle fut rapide pour les besoins de du spectacle médiatique. Je pense que cette conversion, si on peut nommer ainsi ce phénomène (quant à moi je préfère parler d’un changement de la stratégie de l’accession ou du maintien du pouvoir) a duré une quarantaine d’année, à partir du moment où, après la Seconde Guerre mondiale, l’URSS (et les pays satellites) ont déployé des efforts considérables de reconstruction et de développement et en particulier de développement des catégories socio-professionnelles fondatrices des classes moyennes, les ingénieurs et les techniciens supérieurs, autant d’agents de la fabrication de la puissance technoscientifique, et donc militaire. Ces gens sont peu à peu devenus ce qu’ils partout ailleurs des acteurs sociaux de la modernité qui veulent consommer en compensation de leur travail, et qui délaisse les idéaux de vertu sociale du socialisme et de la révolution, et ce d’autant plus que le parti dirigeant, le PCUS et les partis satellites étaient devenus une immense machine bureaucratico-administrative… Ce qu’il faudrait plutôt expliquer, c’est la convergence des aspirations et des visions du futur, comme l’avenir réduit à la vision gestionnaire, de toutes les classes moyennes dans n’importe quel régime politique de la modernité…

R/ Contrairement à l’impression donnée par la propagande occidentale durant la guerre froide, le camp soviétique était loin d’être un univers figé. En son sein, un processus de modernisation des sociétés est-européennes s’est opéré et des valeurs collectives furent mises en avant. Pourquoi et comment ce système n’a pu ou n’a su offrir des alternatives viables et véritables au capitalisme US ?

Vos questions reprennent les réponses que j’ai tenté de donner dans mes trois derniers ouvrages.
Sur le plan de la modernité technique, l’Union soviétique d’abord, puis le camp soviétique n’ont jamais été un espace figé, glaciaire (sauf le climat), partout le développement y a explosé avec une vitesse sidérale et donc, avec une violence qui non seulement criminalisait le pouvoir soviétique confronté à une société russe paysanne indolente, archaïque, conservatrice au sens étymologique du terme, mais, et la propagande anti-soviétique l’a omis systématiquement, cette violence manifestait en contrepartie une dynamique de la promotion sociale sans précédent qui permettait à des hommes et des femmes d’accéder à des fonctions de pouvoir et de prestige en un quelques années… Si le Goulag vidait des institutions, d’autres personnes venaient occuper les fonctions ainsi « libérées ». En termes de sociologie du travail, on dirait qu’il y avait un grand turn over des salariés…Cela était « normal » dans une situation hautement révolutionnaire, ou qui suivit immédiatement la Seconde Guerre mondiale avec son cortège de règlements de compte où il fallait mettre en œuvre un hyper développement simultanément contrôlé par une forte répression de toutes les oppositions quelle qu’en soit la nature.

communiste_en_Roumanie.jpgLes raisons pour lesquelles ce système n’a pas pu donner une véritable alternative au capitalisme étatsunien me paraissent tenir au modèle même de développement choisi par l’URSS, de fait, le modèle étasunien plus que les modèles européens (cf. les reportages de Joseph Roth, Rüssiche Reisen), où tout en maintenant et déployant des coûts sociaux gigantesques que le système étasunien laisse à la philanthropie privée ou simplement abandonne à la débrouillardise, à souvent à la délinquance… A-t-on mesuré les coûts des vacances très largement subventionnées par les syndicats et donc les entreprises, les systèmes d’enseignement gratuits, la couverture médicales, peut-être médiocre en qualité) mais elle aussi quasi gratuite, comme la protection sociale, la culture, etc. Prenons un autre exemple : lors d’une interview donnée vers la fin de sa vie Tarkovski, le cinéaste soviétique, affirmait qu’il regrettait avoir émigré, car les conditions de travail qu’il avait trouvé en Occident (Suède et Italie) l’obligeaient à travailler rapidement, et donc sans le fignolage extrême qu’il affectionnait, en raison des problèmes de coût et de rentabilité, tandis qu’en URSS disait-il, on peut refaire une scène quarante fois sans que personne de la production ne vienne vous demande d’arrêter parce que c’est trop cher ! Ceci multiplié à l’échelle d’un empire (multiplication des établissements d’enseignement dans les républiques asiatiques, multiplication des institutions culturelles locales, cinéma arméniens, géorgiens, du Kazakhstan, Ouzbékistan), nous montre des coûts dont les États-Unis se dispensaient de supporter. De plus et ce n’est pas négligeable, à l’échelle de l’économie mondiale, les Soviétiques n’ont jamais eu la maîtrise d’une quelconque parcelle du commerce mondial en ce que la monnaie étalon de tous les échanges a toujours été le dollar, voire dans certaines zones européennes, le mark allemand, mais jamais le rouble même avec des alliés outre-mer de l’URSS comme autrefois l’Egypte, l’Ethiopie, l’Angola ; le rouble avait cours au sein du Comecon, et encore de très nombreux échanges s’y établissaient sur la base du troc… Certes, nul ne peut nier que deux raisons entravèrent la compétition avec les États-Unis, d’une part l’ampleur des destructions de la Russie d’Europe et de l’Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale, (on ne mesure pas ou l’on ne veut mesurer aujourd’hui l’ampleur de ces pertes) et le coût de la reconstruction dans un empire ayant refusé pour des raisons politiques le plan Marshall, à cela on rappellera à nouveau les coût du développement des armements afin de maintenir la puissance soviétique face aux États-Unis et, last but not least, une gabegie typiquement russe (longuement dénoncée par certains écrivains depuis le milieux du XIXe siècle) qui tient de son rapport conflictuel à la modernité que l’on retrouve dans les Balkans, voire en Hongrie et dans les Pays Baltes… gabegie qui était déjà là lors de la première modernisation de la Russie à la fin du XIXe et au début du XXe siècles…

R / Dans l’ensemble des Démocraties Populaires, le passage à l’économie de marché fut l’occasion pour une minorité de tirer profit du bradage des biens publics. Dans le même temps, pour la majorité de la population, cela s’est traduit par une dégradation dramatique de ses conditions de vie. Après 15 ans de libéralisation sauvage, quelle est la situation économique et sociale des pays de l’Est ?

Elle s’est un peu améliorée, mais de manière différente selon les pays… Le différentiel de richesse est demeuré le même entre les divers pays de l’ex-glacis soviétique. Mais très souvent ces pays, sauf l’Allemagne de l’Est, ressemble à des pays du tiers-monde, des plus riches comme la République tchèque, aux plus pauvres comme la Roumanie, la Bulgarie, l’Albanie, la république de Moldavie. Bien évidemment une telle paupérisation entraîne l’abandon de la plupart des services sociaux, médecine préventive, protection de l’enfance, des mères célibataires, des retraités, des gens aux métiers les moins qualifiés, etc… Très souvent les ONG n’y sont que des instruments du spectacle de la charité occidentale qui servent à entretenir des Occidentaux qui normalement seraient au chômage et des locaux qui ne sont que des prédateurs sur les fonds alloués aux pauvres… Exactement comme en France tous les employés des associations diverses et l’ANPE qui sont chargés de gérer le chômage et la précarité du travail… Comment pourraient-ils lutter contre cette situation puisqu’elle leur garantit la pérennité de leur travail et une retraite… Les employés des ONG, Occidentaux et les employés locaux sont dans une situation semblable…

Il suffit de faire un tour dans les quartiers populaires des villes, et surtout des villes moyennes de provinces des pays de l’Est pour se rendre compte de la grande catastrophe économique du postcommunisme, non pas de la macroéconomie qui en général marche bien, mais de la microéconomie celle dont les gens ont l’expérience quotidienne…

R / Face à cette situation, on est surpris de l’absence de réactions et du fatalisme des classes populaires. Comment expliquer cette apathie générale et existe-t-il des courants contestataires au sein des sociétés est européennes? Peut-on faire un lien avec le désintérêt et la méfiance grandissants pour la politique que l’on retrouve en Europe de l’Ouest ?

Certes, il y a un lien avec la défiance des populations occidentales envers la politique. Comme les Européens de l’Ouest, ceux de l’Est ont compris que les alternatives démocratiques dans un système politique multipartis, ne change en rien les orientations économiques et à leur vie quotidienne… Que ce soit la droite ou la gauche parlementaire qui gère l’État, hormis quelques effets symboliques différentiels vites éventés, le devenir demeure identique… Alors pourquoi voter si aucune alternative concrète ne se manifeste dans l’expérience de chacun une fois le vote achevé…

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Le problème de l’apathie des peuples est un vieux problème auquel se sont confrontés nombre de penseurs de la politique. Les espoirs jamais vérifiés avancés par un marxisme sociologisant quant à la révélation des contradictions au sein du peuple par l’action du peuple même demeurent dans l’ordre du « wishful thinking », ou comme l’eût écrit Nietzsche dans un « idéalisme de rêve ». Les peuples bougent lorsqu’ils ont peur, lorsque subjectivement ils perçoivent qu’il n’y a pas d’alternative que la révolte, et non lorsque les conditions objectives seraient réunies. C’est là que l’on doit rappeler le génie politique de Lénine et de Trotski contre le bureau politique du parti bolchevique en1917, lesquels forcent le destin en mettant en œuvre un quasi-coup d’État alors que les conditions objectives des contradictions politiques n’étaient pas, selon leurs camarades, théoriquement réunies… Les peuples peuvent aussi se révolter à contretemps des conditions objectives, ce qui ne veut pas dire qu’ils perdront systématiquement. Les peuples peuvent aussi s’en remettre à des solutions momentanées plus démocratiques en apparence (élection de 1933 du parti nazi) qui se révèlent assez rapidement mortifères, catastrophiques, malgré les promesses de bonheur millénaire. Du point de vue d’un marxisme repensé, arraché au dogmatisme hérité du passé stalinien ou trotskiste, écarté de la somnolence rhétorique des débats universitaire complaisants, d’un marxisme fermement renouvelé par l’ajout de la critique heideggérienne de la technique (cf., l’œuvre du philosophe récemment décédé Gérard Granel), et celle de la culture de masse par Adorno et Benjamin (quasiment oubliée), il faut le constater : nous sommes en Europe dans le creux de la vague d’une prise de conscience de l’énorme aliénation engendrée par la modernité tardive et le capitalisme de troisième type. Les gens sont totalement mithridatisés par les spectacles culturels qui leur font accroire à une démocratisation alors que la plupart du temps ils ne font qu’accroître l’ignorance généralisée qui gagne. Il suffit d’écouter nos étudiants pour nous en rendre compte. Il suffit souvent de lire leur texte, dissertation ou mémoire, pour nous rendre compte que le tout culturel que l’État et les collectivités locales promeuvent avec fébrilité n’engendre pas un surplus de culture, mais, au contraire, abrutissement généralisé, clichés identiques répétés à l’infini… pas même souvent un minimum de maîtrise de la langue nationale… (que dire alors des langues étrangères !) Et ce ne sont pas, chez nous, les manifestations contre le CPE qui me semblent contredire mon approche, parce que la plupart des étudiants qui se mirent en grève exigèrent non pas un meilleur enseignement, la fin des disciplines bidons qui n’apporte aucune compétence, mais une entrée plus intégrée dans le système de la consommation. Personne ne souleva les questions essentielles que pose la décomposition des systèmes éducatifs en France (aussi en Europe), sur la nature et la qualité des enseignements qu’on leur délivre, enseignement qui est celui de l’ignorance ou comme le désigne un enseignant, la mise en œuvre de la fabrique des crétins… En réclamant des diplômes facilement obtenus, les étudiants en grève s’automutile l’avenir, car ce qu’ils veulent c’est une peau d’âne de l’incompétence. Or, l’Université n’est pas là en principe pour préparer des vendeurs et des vendeuses de fringues ou de voitures… C’est pourquoi le véritable système universitaire qui ne dit pas son nom comme tel n’est autre que les grandes écoles, lesquelles, en effet, n’engendre pas des chômeurs. Mais comme par hasard personne lors des grèves étudiantes n’a soulevé ce problème… Le tout culturel, la crise profonde de la finalité des universités, le mélange des genres tout cela fait perdre tout repère, toute capacité de jugement solidement fondé, tout cela va de pair. Dès lors que le premier chanteur venu qui sait mettre de vers de mirliton l’un à la suite de l’autre est présenté, par les médias aux ordres, comme l’équivalent d’un Baudelaire, d’un René Char ou d’un Saint John Perse, alors, comme l’écrivait Hannah Arent le tout est possible triomphe et l’on est sur la voie des dictatures totalitaires.On a flatté la fainéantise pour mieux dominer, alors qu’un enseignement populaire de haute qualité devrait exiger l’effort permanent pendant les années d’apprentissage. Pourquoi le demande-t-on aux sportifs de haut niveau, aux danseurs, aux musiciens et non aux élèves et aux étudiants ? Voilà pour notre monde occidental. Quant l’Europe de l’Est qui avait un système d’enseignement de type soviético-germanique d’excellente qualité pour sa forme de la sélection, elle est en train de se conformer aux normes de la convention de Bologne (LMD) qui est, à l’évidence, la fin de la quête de l’excellence, de la qualité, au profit d’une démocratisation s’articulant sur le nivellement par le bas au nom de la mondialisation, et cela avec l’appui d’une certain « gauche » qui a déserté totalement la vertu et l’effort républicain, pour l’hédonisme d’une science de l’éducation servant de cataplasme sur la jambe de bois de la décomposition universitaire et les pièges démagogiques de l’affirmative action, nouvelle manière, certes bien plus perverse, de mépriser les jeunes gens issus de milieux peu ouverts aux enseignements supérieurs de qualité…

R/ La présence américaine en Europe de l’Est s’est renforcée avec l’extension de l’Otan aux anciens pays du Pacte de Varsovie. Quelle est la stratégie poursuivie par les États-Unis dans la région ?

Simple, ceinturer la Russie, seul pouvoir issu de l’ancien système soviétique capable de contrer l’hégémonie agressive des États-Unis.

R/ L’adhésion de plusieurs pays d’Europe de l’Est à l’Union Européenne est actuellement en cours. Qu’attendent, ces « nouveaux européens », de Bruxelles ?

la seule chose qu’attendent les ex-pays de l’Europe communiste qui sont entrés dans l’UE ce sont des subventions. L’Europe n’ayant aucune existence politique, ces pays se sont mis dans l’OTAN pour bénéficier de la prétendue « protection américaine ». L’UE est une source d’argent, d’argent qui malheureusement est très souvent détourné par la corruption, tant et si bien qu’il ne sert pas les buts pour lesquels il avait été prévu !

R/ Dans votre texte paru dans la revue Krisis n°28, sur Heidegger penseur de la politique, vous écrivez en commentant la réflexion du philosophe allemand concernant la Technique : « nul ne peut nourrir un quelconque espoir de renouvellement de la spiritualité moderne, nul ne peut même espérer un sauvetage tant que la Technique n’aura pas achevé d’accomplir son déploiement… », et un peu plus loin : « de mon point de vue, seul l’impératif catégorique moral propre à chaque individu peut l’engager ou ne pas l’engager dans le choix d’une praxis politique, dût-il savoir, qu’au bout du compte, rien dans l’essentiel ne changera… ». Est-ce le constat d’une impasse historique? Ne peut-on rien attendre de mouvements politiques à dimension collective ?

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Cela dépend de ce qu’ils proposent, ou plutôt de ce que les hommes se proposent comme action pour leur futur. Mais jusqu’à présent la plupart n’ont proposé au mieux que de redistribuer autrement une partie de la plus-value (révolution bolchevique, chinoise, Vietnam,) en mettant en place les mêmes instruments de développement selon, en essence, les mêmes modalités techniques, les mêmes procédures de travail, de salariat et de commandement que les pays capitalistes. Tant et si bien qu’on est en droit d’affirmer que les hommes sont pensés par l’essence de la Technique qui, comme nous l’a appris Heidegger, n’est ni technique ni scientifique, mais métaphysique, laquelle réalise l’accomplissement ultime de la métaphysique. C’est pourquoi l’une des attitudes les plus radicalement critiques se tient dans la déconstruction de la métaphysique et vise à son élimination des interprétations du monde. La métaphysique n’est que le double du réel, le faux-semblant, le simulacre… La métaphysique terminale se tient par exemple dans le culte du progrès comme accomplissement éthique, dans le fait de penser que ce que l’on dit, écrit présentement serait mieux ou meilleur que ce que disaient ou écrivaient les anciens penseurs. Or toutes les constructions métaphysiques n’ont jamais résisté au destin modelé par la naissance et le déploiement du capitalisme. Si le communisme a implosé de cette façon, c’est qu’à sa manière aussi, il était l’une des ultimes versions de la métaphysique. Le réel que la métaphysique refoule (au sens littéral), fait sans cesse retour, et c’est cela à la fois qui apparaît comme l’histoire (le grand jeu politique) et ce que ce retour du réel porte : l’inédit de la liberté humaine, ce qui ne veut jamais dire que cette liberté œuvre seulement pour le bien, elle peut tout aussi bien s’investir dans le mal, ce qu’un marxisme simpliste, mécaniste et sociologisant ne peut comprendre, car il est lui-même pris au piège de la métaphysique. Ce qui est paradoxal, c’est de constater combien les modalités d’interprétations métaphysiques ont résisté aux nombreux démentis qui lui furent infligés. Il faudrait se poser la question pour savoir si ce ne serait pas cela le destin ultime de l’Occident, la renaissance permanente, tel un Phoenix, de la métaphysique comme le double illusoire du monde réel ? L’Occident peut-il, du fait même qu’il est l’Occident en finir avec la métaphysique, non pas au profit d’un matérialisme banal, d’un réalisme de bazar, d’un empirisme superficiel, mais au profit de la pensée qui en montrera la grandeur et la vanité, au profit d’un nouveau rapport au réel de l’appréhension de ce qui est-là pour simplement ce qui est là et non pour autre chose, au profit d’une réalité mouvante et subtile, et non pour rassembler cette mouvance dans la rigidité de concepts, fussent-ils dialectiques ? Je n’ai aucune réponse immédiate. Je médite sur ce sujet depuis des années. J’écris des bribes d’approches que je déchire ou je publie…

Pour ce qui concerne les régimes communistes, il me paraît que l’expérience chinoise confirme, ou, à tout le moins ne contredit pas mon hypothèse. Le régime communiste semble y avoir été le moyen idéal, au nom d’une transcendance nommée le sens de l’histoire (et la science de la société) faisant fonction de l’être du monde, d’engendrer un développement rapide et violent de la modernité dans ces pays très arriéré, avec des erreurs immenses, comme la manière dont a été gérée la révolution culturelle, laquelle assumait dans le champ d’un confucianisme rémanent l’advenue des « lendemains qui chantent » les plus radicaux, c’est-à-dire la construction d’une nouvelle Cité idéale comme Platon et Aristote l’avaient en leur temps et à leurs manières imaginée… Preuve encore que la métaphysique n’avait pas abandonné cette version radicale du marxisme-léninisme, fût-elle tempérée de confucianisme…

À une échelle plus empirique, il me semble, qu’avec toutes ses imperfections Cuba tenterait d’échapper à ce modèle de développement, à tempérer le culte du développement pour le développement par une manière d’affirmer que le but d’un socius heureux n’est pas simplement le consumérisme, même si, tout compte fait, il est encore trop tôt pour en juger clairement. L’histoire du XXe siècle ressemble à la mise en œuvre de divers types de gouvernement des hommes, afin de dépasser sans cesse les limites qu’ils s’étaient tracés au développement. En effet, le capitalisme libéral comme le capitalisme d’État ne se peut déployer dans sa plénitude qu’en assumant, même si c’est illusoire, l’illimité… ou si l’on préfère en assumant le fantasme de l’infinité.

R / Vous êtes le rédacteur en chef de la « Pensée Libre ». Pouvez-vous nous présenter cette revue, à la démarche des plus intéressante ( NOTE : La revue est devenue depuis 2008 un site internet ) ?

Réponse : D’abord je n’en suis pas le rédacteur en chef, mais le co-rédacteur en chef avec trois collègues et amis (trois universitaires et un syndicaliste) dont un, Bruno Drweski, est grâce à la loi, obligé d’assumer le rôle de directeur.

Cette revue est née d’une évidence ; nous avons constaté sur la scène politico-intellectuelle française l’absence d’une revue authentiquement critique (au sens philosophique le plus fort). Il y a des revues prestigieuses, mais elle s’arrêtent dès lors qu’il s’agit d’aborder les problèmes délicats, sensibles, ceux qui dès qu’on les aborde mobilisent le conformisme dans des campagnes de presse qui n’ont rien à envier aux mises au pas de la presse soviétique à la grande époque stalinienne. Deux exemples éclaireront notre constat, ce que l’on a pris l’habitude de désigner comme l’« affaire Heidegger » et tout ce qui touche au Moyen-Orient, à l’Islam, au conflit israélo-palestinien. Mais on peut étendre les plages du conformisme, on le trouve dans des revues de prestige sur la manière de traiter divers aspects de la vie intellectuelle et politique : par exemple, toutes ces revues prestigieuses se sont engagées fermement pour le « oui » au référendum sur la constitution de l’UE, sans jamais publier une seule analyse sérieuse des raisons du « non ». pour en lire, il fallait se rendre sur des sites Internet alternatifs. Je pourrais ainsi multiplier les exemples. Mais ce que nous avons voulu réaliser, c’est la publication de textes de qualité dont le contenu n’appartient pas forcément à nos champs d’interprétations, ou avec lesquels nous pouvons être en désaccord. Notre but étant d’informer les lecteurs francophones de débats, d’interprétations qui ne trouvent pas beaucoup de place en France pour avoir une audience publique… Par exemple, l’un des dernier texte publié avec lequel j’ai des désaccords est cependant extrêmement intéressant car il développe, pour un public francophone, les fondements de la théologie politique de la religion orthodoxe, domaine quasiment inconnu en France, hormis de quelques rarissimes spécialistes publiant dans des revues ultra-confidentielles. Or, une revue sur site Internet, permet à un très large public d’avoir accès à des textes difficiles, mais importants, nous semble-t-il, pour saisir quelque chose de l’histoire politique du monde orthodoxe… et en particulier de la Russie…

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La France, à la différence de l’Italie par exemple, est devenu un pays où le conformisme politico-intellectuel est tel que parfois, pour ceux qui comme moi ont longtemps vécu dans des pays communistes particulièrement vigilants quant à la tenue idéologique, ressemble à s’y méprendre à l’uniformisation de la censure de l’époque ceausescu en Roumanie, à l’Allemagne de l’Est d’Ulbricht ou à la feue Tchécoslovaquie de Husak…

Ce non-conformisme n’est pas une volonté de prendre systématiquement le contre-pied des discours dominants. Notre choix a été guidé par cette affirmation de Hegel complétée par moi-même, à savoir que le penseur doit non seulement penser son temps, mais très souvent pour l’expliciter, penser contre son temps. Il est vrai que plaire aux pouvoirs apporte plus de bénéfices de toutes sortes que de montrer combien le roi est souvent nu… Nous avons choisi de penser, de publier ceux qui pensent (par forcément comme nous), au risque de déplaire… Mais, au bout du compte, le but n’est ni de plaire ni de déplaire, mais de témoigner…

Voilà, résumé pourquoi nous nous sommes engagés dans le travail que représente la publication de cette revue et la recherche d’articles et d’essais qui précisément témoignent de l’état de notre époque…

Merci pour vos questions…

La grande braderie à l’Est

Chronique du livre sous la direction de Claude Karnoouh et de Bruno Drweski

CK-Drw2537.jpgVoici un ouvrage qui a le mérite d’amener à la fois des éléments novateurs pour déchiffrer l’énigme de la chute du Bloc soviétique et d’éclairer sur la situation actuelle des Pays de l’Est. Échappant à l’autoglorification des valeurs « démocratiques et libérales » qui est la règle de la plupart des analystes occidentaux sur le sujet, il présente une vision bien plus complexe de la réalité du système « socialiste ». Il donne aussi un tableau quasi complet de l’histoire économique et sociale immédiate des principales ex-républiques populaires.

Claude Karnoouh et Bruno Drweski , et les jeunes universitaires de l’Est dont ils ont réuni les contributions, donnent une explication en profondeur et en rupture avec nombre de préjugés encore en cours.
Les sociétés issues des changements provoqués par la révolution d’Octobre 1917 apparaissent ainsi comme faisant partie d’un ensemble hybride, fruit d’une synthèse paradoxale (la contribution de Bruno Drweski en fait une démonstration éclairante). Ainsi les états de type soviétique ont emprunté de nombreuses caractéristiques des sociétés existantes antérieurement. Pour le meilleur (l’aspiration communautaire du monde paysanne slave) ou pour le pire (le goulag). Dans le même temps, les régimes communistes ont mené une modernisation approfondie et sans précédent des sociétés de l’Est. Rattrapant leur retard par rapport à l’Ouest, les états socialistes ont effectivement réussi à hisser leurs peuples à un niveau économique développé à la sortie de la seconde guerre mondiale. Dans des secteurs comme la santé ou l’éducation, les progrès furent indéniables. Les sociétés de l’Est ont aussi été accoutumées aux idées d’entraide, de collectivité, de solidarité et d’un internationalisme basé sur le refus de l’impérialisme, ce qui explique pourquoi elles peinent encore à accepter l’égoïsme, l’idéologie des « gagneurs », la domination de l’économique ou le consumérisme sans frein. Autant de valeurs « normales » de règle en Occident. L’empreinte du socialisme, loin de s’effacer, donne naissance à une certaine forme de nostalgie et à un scepticisme devant les beaux discours des élites occidentalisées.

L’incapacité des pouvoirs communistes à gagner la guerre technico-économique face au monde capitaliste (concurrence faussée, vu que le capital ne connaît aucune limite et qu’il ne s’embarrasse jamais d’aucune morale ou idéologie pour étendre son emprise) amènera progressivement leurs désagrégations. Malgré un appareil répressif massif, ils ne purent empêcher le développement des frustrations qu’alimentait la propagande occidentale.
Comme le montre Claude Karnoouh, l’élément décisif dans la chute du système soviétique fut le long travail de sape mené par la « culture de masse » américaine dans les esprits de l’Est. L’image déformée de la prospérité des économies de marché, diffusée par les multiples feuilletons TV des années 80, créa une vision mythique de l’Ouest, terre d’abondance et de libre entreprise. On ne peut s’empêcher de penser que la série Dallas a eu plus d’impact idéologique dans l’éclatement du bloc soviétique que l’ensemble des sadmiszdats d’Alexandre Soljenitsyne… Une grande partie des « élites » politico-économiques soviétiques va rapidement comprendre que son intérêt était de faire basculer leurs pays dans le système libéral. Voulant bénéficier du mode de vie occidental et ne se souciant nullement du sort du reste de la population, elles vont opérer un bradage en règle de dizaine d’années de socialisme. L’auto destruction du bloc de l’Est donnera lieu à un pillage méthodique par cette nouvelle oligarchie issue des anciennes institutions. Avide et déculturée, elle évolue aux marges de la légalité.

Au bilan catastrophique du passage au capitalisme pour les Pays de l’Est, le livre ajoute des analyses pertinentes et originales sur les conséquences de la chute du Bloc soviétique pour l’Afrique et le Moyen-Orient, la naissance d’un monde unipolaire livrant ces régions à l’impérialisme et au chaos. Mais c’est surtout la présentation des répercussions sur nos sociétés occidentales qui est particulièrement intéressant.

Le capitalisme a survécu à ses multiples crises grâce à sa capacité d’adaptation. Ainsi, avec l’instauration des « Etats Providences » et la décolonisation, donc avec sa « socialisation » partielle ou au moins apparente, il a garanti son maintien dans la plus grande partie du monde. Cela, principalement, sous la pression des principes mis en avant par le monde communiste (l’intégration des travailleurs au système capitaliste et l’indépendance des anciennes colonies étant devenues une obligation devant le risque représenté par la propagation des idées socialistes).

On comprend alors que la chute de l’URSS allait lui permettre de revenir à son inclination naturelle. Les illusions d’un capitalisme bienveillant n’allaient pas durer d’avantage. La mondialisation était désormais en marche et la restructuration des économies occidentales réduisait les acquis des années des Etats providences. La « victoire sur le communisme » ouvrait la voie à l’autoglorification du modèle ultra-libéral, devenu un horizon indépassable pour l’Humanité. Désormais, toute recherche de justice et de progrès social était condamnée au nom du goulag, devenu l’aboutissement unique du socialisme dans le jargon libéral. Mais pourtant loin d’assister à la « fin de l’histoire », les événements allaient montrer que le capitalisme n’avait aucune réponse à apporter au désir de liberté des peuples, que d’autres voies pouvaient et devaient être explorées.

Éditions le Temps des Cerises (6 avenue Edouard Vaillant, 93500 Patin) / 18 euros.

Claude Karnoouh est anthropologue, il a débuté sa carrière comme spécialiste des problèmes du monde rural archaïque et de la naissance du nationalisme en Europe de l’Est communiste. Après avoir fait des études de physique-chimie (Sorbonne), de philosophie, de sociologie et d’anthropologie sociale (Sorbonne et Paris X-Nanterre), et avoir enseigné dans le secondaire de 1962 à 1967, il a été chercheur en sciences sociales au CNRS de 1967 à 2005 tout en menant de front une carrière de professeur invité dans des universités roumaines, hongroises, étasuniennes et britanniques. Il est présentement chercheur retraité et professeur invité à l’Université Saint Joseph de Beyrouth. Aimant à se définir comme « un spécialiste des généralités », ses recherches sur le monde rural archaïque de l’Europe communiste, l’ont conduit à poursuivre une réflexion philosophique originale sur les diverses manières dont la modernité, politique et culturelle, se déploie. Nous le remercions d’avoir pris le temps de répondre à nos questions ( Entretien paru dans le numéro de Septembre 2006 de Rébellion).

mercredi, 22 mars 2017

Entretien avec Jean-Michel Quatrepoint

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« Le cycle néolibéral touche à sa fin »

Entretien avec Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique et essayiste

Ex: http://metamag.fr

Dans une vidéo parue sur Xerfi canal, vous expliquez que nous sommes en train de changer de cycle et que le néolibéralisme a atteint ses limites. Qu’est-ce qui vous faire dire ça ? Est-ce l’élection de Trump aux États-Unis ? Le Brexit en Europe ?
Oui. Le néolibéralisme est entré dans un processus de reflux, après son apogée que je situe en 2007-2008, avec la grande crise : crise des subprimes aux États-Unis, puis crise des « dettes souveraines » et de l’euro, par ricochet, en Europe.

JMQ-1.jpgCe cycle néolibéral avait commencé le 15 août 1971, avec l’abandon de la convertibilité du dollar en or, autrement dit avec la fin du système de Bretton Woods. Une fin décidée unilatéralement par Nixon alors que les Américains avaient besoin de créer beaucoup de monnaie pour financer tout à la fois la guerre du Vietnam et la guerre des étoiles. En 1971, on bascule donc dans un système de changes flexibles. Dans le même temps, l’école de Chicago [une école de pensée néolibérale dont la figure emblématique est Milton Friedman] entreprend un travail théorique visant à bâtir un corps de doctrine en rupture avec le keynésianisme. Cette école théorise le « trop d’État, trop de syndicats, trop de conglomérats et de monopoles ». Elle plaide pour la dérégulation et la casse du système pour le rendre plus dynamique.

Puis Reagan arrive au pouvoir aux États-Unis (Thatcher l’a précédé en Grande-Bretagne, de la même façon que le Brexit a précédé Trump de quelques mois) pour appliquer ce programme. Il est d’ailleurs amusant de rappeler qu’il se fait élire sur le slogan « Make America great again ». Car à la fin des années 1970, l’Amérique est en proie au doute. On se situe juste après le Watergate, l’impeachment de Nixon, la défaite au Vietnam, la prise d’otage à l’ambassade d’Iran. Par ailleurs, c’est l’époque où se posent les premiers problèmes de désindustrialisation. Les États-Unis se heurtent à l’ambition japonaise, tout comme ils se heurtent aujourd’hui à l’offensive chinoise. Pendant la première moitié de la décennie 1980, ils organisent donc la contre-offensive. L’affaire se solde par les accords monétaires du Plaza de septembre 1985. Le Japon est mis à genoux et obligé de réévaluer sa monnaie de 100 % en un an. Au passage, l’Allemagne doit réévaluer elle aussi.

Vous voulez dire en somme que le début de la présidence Reagan correspondait à l’entrée dans un cycle, comme celui dans la présidence Trump signale qu’on est en train d’en sortir ?
Oui. Avec des différences mais avec des similitudes également. A l’époque – c’est une différence -Reagan commence par casser les monopoles : dans les télécoms, dans le transport aérien, etc. Puis il dérégule, libéralise progressivement les mouvements de capitaux. Enfin, il se tourne vers les Européens et leur demande de procéder de même, au nom de la réciprocité. Mais par ailleurs – ça, ce sont plutôt des similitudes – Reagan donne un coup de pouce fiscal aux entreprises d’une part, et entreprend de gros travaux d’infrastructure d’autre part. Sur ce, au début des années 1990, le communisme s’effondre.

C’est une nouvelle étape du cycle…
Tout à fait. Une étape décisive. On considère que le système américain a gagné, puisqu’il est le seul à subsister. Il a gagné parce qu’il a produit plus de richesses en Occident et les a mieux redistribué que le communisme. Puisqu’il a gagné on va donc appliquer ses règles – libre échange, privatisations, dérégulation, démocratie à l’occidentale – aux quatre coins du monde. Et l’on se met à théoriser la globalisation.

Politiquement, les États-Unis entrent dans l’ère Clinton. C’est un tournant. Alors que les Républicains étaient l’un sans être l’autre, pour la première fois arrivent aux commandes, avec les Démocrates, des gens qui sont à la fois très néolibéraux en économie et très « diversitaires » sur le plan culturel. Dès lors, on voit monter en puissance la glorification des minorités et la sacralisation des différences.

JMQ-2.jpgAu nom d’une certaine idée de « l’ouverture » ?
Et au nom de l’idée que puisqu’on a gagné, c’est qu’on a le meilleur modèle. Qu’il n’y a pas de prospérité possible sans l’application de ce modèle. C’est ce que les Américains vont tenter d’expliquer aux Chinois et aux Russes.

Concernant les Russes, on envisage avant tout d’en faire des fournisseurs de matières premières. Mais d’abord on les punit en démantelant l’édifice dont ils sont le pivot. La Russie passe à 140 millions alors que l’URSS en comptait 300 millions. Et Brzezinski – l’auteur très écouté du « Grand échiquier » et qui a longuement plaidé pour une séparation irrémédiable de la Russie et de l’Ukraine – voulait aller plus loin encore.

Quant à la Chine, elle est perçue comme un eldorado où les multinationales américaines vont pouvoir massivement délocaliser, dans l’espoir de s’emparer à terme du marché chinois. Les États-Unis envisagent d’installer toute l’industrie en Chine et de se spécialiser sur la finance, les services, la Défense, l’entertainment (Hollywood, les produits culturels…). Il est également prévu que l’on compense le déficit commercial ainsi généré grâce aux excédents sur les services les revenus des brevets, des capitaux, et les achats de dette américaine par les pays qui accumulent les excédents commerciaux. Lawrence Summers ( économiste et secrétaire au Trésor de Bill Clinton en 1999-2001 ) a d’ailleurs théorisé la chose en expliquant qu’il fallait délocaliser toute l’industrie polluante dans les pays émergents, et ne conserver sur le sol américain que les activités « nobles » et de conception.

Mais aujourd’hui, on change de cap…
A vrai dire, c’est Obama qui aurait dû opérer ce virage. Il a été élu précisément pour cela. Lors de la primaire démocrate, il avait été choisi contre Clinton, à la surprise générale. Sachant que les Clinton incarnent à eux deux tout le processus de déréglementation économique (suppression du Glass Stiegel act qui séparait les banques de dépôt et celles d’investissement, par exemple), le vote Obama représentait déjà une tentative de sortir de ce piège.

Le problème c’est qu’Obama a énormément déçu. Il voulait agir, pourtant. Mais il a capitulé devant tous les lobbies et le bilan de son Obamacare est très mitigé. En revanche il a sauvé General Motors et mené à bien une révolution énergétique qui a permis au pays de devenir autosuffisant dans le but de diminuer le déficit de la balance commerciale. Ça, ce n’est pas rien.

Revenons sur Trump. Que peut-il faire à présent ?
Trump a une obsession, c’est le déficit de la balance des comptes courants. Et il a raison. Lorsqu’on regarde les chiffres de ce déficit, on s’aperçoit que rien n’a changé sous Obama. Les avantages tirés de la politique énergétique volontariste sont effacés. L’an dernier, le déficit commercial s’est élevé à 750 milliards de dollars. Certes, avec 250 milliards de bénéfices sur les services et la finance, le déficit des comptes courants n’est « que » de 500 milliards. Mais cela fait dix ans que ça dure ! C’est colossal ! Car bien sûr, tout cela se traduit par de l’endettement. Sous Obama, la dette publique a doublé. Elle est passé de 10 000 à 20 000 milliards de dollars. Quant à la dette privée, celle des entreprises et des ménages, elle repart actuellement à la hausse. L’épargne est négative aux États-Unis.

Ce que Trump veut, c’est combler ces déficits colossaux. Il s’est donc fixé pour objectif de récupérer de l’industrie manufacturière et de la matière fiscale. C’est aussi la raison pour laquelle il s’est empressé de cibler les pays ayant des excédents sur l’Amérique. Ces pays sont la Chine, l’Allemagne, le Mexique et le Japon. Le tout dernier est une pièce maîtresse du dispositif géostratégique américain dans le Pacifique, donc il est relativement épargné. Mais les trois autres sont pilonnés par l’administration Trump.

D’où l’idée invraisemblable du mur à la frontière mexicaine, par exemple ?
Oui, cette annonce est très symbolique. Mon hypothèse est que Trump a fait le choix, parce que c’est dans son tempérament et parce qu’il a constaté l’échec d’Obama, de « casser la baraque », y compris en se montrant très provocateur. Il part du principe qu’avec l’establishment, la manière douce est inopérante. Donc il y va au chalumeau. Par exemple, il brutalise les journalistes et se passe des médias : il twitte. Et c’est loin d’être sans effet ! Regardez les grandes entreprises. Ce qui compte, pour elles, c’est évidemment leur valeur boursière. Et si le Président fait un tweet expliquant que Ford est un mauvais américain parce qu’il veut délocaliser 1000 emplois, immédiatement, l’action chute en bourse.

La contrepartie c’est que Trump s’est constitué un pool d’ennemis irréductibles qui feront tout pour se débarrasser de lui. Parmi ceux-ci figurent les agences de renseignement, qui sont nombreuses et emploient plus de 800 000 personnes. Depuis le 11 septembre 2001, elles ont pris une importance considérable et constituent un véritable État dans l’État. Parmi les ennemis de Trump figure également l’administration, tout aussi jalouse de ses prérogatives qu’elle peut l’être en France. Vient ensuite l’establishment médiatique, qu’il n’a pas flatté dans le sens du poil, c’est le moins que l’on puisse dire. Autres ennemis enfin, les « GAFA » (les géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon). Ils fascinaient Obama, qui leur a tout passé, n’a rien su réguler, n’est jamais parvenu à leur faire rapatrier les profits accumulés à l’étranger. Trump, lui, les a ignorés. Il a gagné l’élection en faisant sciemment l’impasse sur les côte Est et Ouest, et en ne faisant quasiment campagne que dans les dix swing states. Dans ces swing states, il a par ailleurs utilisé pour sa campagne un logiciel fabriqué par une entreprise appartenant à Peter Thiel, le seul magnat de la Silicon Valley à l’avoir soutenu et aujourd’hui son conseiller technologique. Cet outil permet un ciblage marketing extrêmement fin qui a permis aux organisateurs de la campagne d’identifier les électeurs qui, dans les États concernés, étaient capable de faire pencher la balance en faveur du candidat. C’est sur ceux-ci qu’on a fait porter l’effort maximal.

Mais Trump a été élu dans des conditions improbables, à l’arrachée. S’il n’a en plus que des ennemis, avec qui peut-il gouverner ?
Avec la moitié des Américains tout de même, c’est à dire avec ceux qui l’ont élu ! Trump a également de son côté une bonne partie des syndicats, notamment ceux du transport routier, du secteur pétrolier, du BTP. Forcément, avec 1 300 milliards d’investissements annoncés dans les infrastructures…

JMQ-3.jpgIl a aussi quelques banquiers…. et c’est paradoxal. Vouloir acter la fin du cycle néolibéral en s’entourant d’anciens de chez Goldman Sachs…. on a le droit d’être dubitatif ?
On a le droit. Mais je pense surtout que Trump a compris qu’on ne pouvait pas avoir trop d’ennemis en même temps. Donc il ménage Wall Street. Il n’y a qu’à voir la bourse américaine, qui était supposé souffrir et qui bat en réalité record sur record. En plus, c’est habile. Parce que les GAFA, qui sont souvent surcotées en bourse, ont davantage besoin de Wall Street que l’inverse. Si l’on se fâche avec les unes, il est important de ménager l’autre.

Une partie du patronat, enfin, soutient Trump. Certains patrons ont bien compris qu’un changement de cycle était déjà amorcé. Le principal signe en est que le commerce mondial progresse désormais moins vite que le PIB mondial… alors-même que celui-ci augmente moins vite. Depuis deux ou trois ans, les grandes entreprises, sans aller jusqu’à relocaliser, commencent à réorganiser leur chaîne de valeur. Les investissements ont déjà commencé à être réorientés avant l’accession de Trump à la présidence. La difficulté à ce stade, c’est que ces choses-là ne s’opèrent pas en un claquement de doigts. Une décision d’investissement relocalisé peut demander des années d’étude et de travail. A noter également : les créations d’usine relocalisées aux États-Unis poussent très loin la robotisation, et ne créent pas forcément tant d’emplois que cela. C’est d’ailleurs là le vrai sujet du nouveau cycle économique qui s’ouvre, et pas seulement aux États-Unis : où créée-t-on de l’emploi ?

Le problème est d’autant plus saillant que personne n’a vraiment anticipé le changement de cycle. Tout le monde – jusqu’à Pascal Lamy – est d’accord pour dire que la globalisation a été trop loin. Et qu’il faut instaurer des régulations et des freins. Quelles régulations toutefois ? Et quels freins ?….

Sommes-nous entrés dans une phase de démondialisation ?
Tout à fait. Ou de retérittorialisation, même si ses modalités restent à définir. La notion de « frontière » est en cours de réhabilitation…..

Et l’Europe dans tout ça ? Trump n’a de cesse de vilipender les gros pays créanciers, c’est à dire la Chine et l’Allemagne. Quelles conséquences cela peut-il avoir sur l’Allemagne, donc sur l’Europe ?
N’allons pas trop vite. Le principal problème pour lui est la Chine, non l’Allemagne. Les États-Unis restent très dépendants de Pékin. Et même si Trump a été très offensif au début en appelant la Présidente de Taïwan – c’était peut-être une gaffe d’ailleurs – il a tout de même fait une fleur substantielle aux Chinois en renonçant au TTP (le traité de libre-échange trans-Pacifique) qui était explicitement dirigé contre eux.

Vient ensuite la question de la mer de Chine. Les Chinois considèrent que c’est leur mer intérieure et que les Américains n’ont rien à y faire. Inversement, les Américains refusent depuis toujours l’idée qu’une puissance du Pacifique possède une flotte capable de venir frôler leurs côtes. A vrai dire, ils se considèrent comme une île et pour eux – comme pour les Anglais autrefois – le contrôle des mers est essentiel. Dès lors, lorsque les Chinois affichent, comme c’est le cas, une volonté de constituer une flotte de guerre avec des porte-avions, il s’agit pour les États-Unis d’un casus belli. En somme, il y a sans doute, entre les deux puissances, un compromis à négocier. Il pourrait consister à laisser intégralement la main aux Chinois en mer de Chine, et à leur demander, en contrepartie, un strict respect de la doctrine Monroe (« l’Amérique aux Américains ») énoncée au début du XIX° siècle mais toujours prégnante.

Est-ce que ce « donnant-donnant » pourrait valoir aussi avec les Russes ?
La Russie, pour les Américains, n’est pas un enjeu de même ampleur que la Chine. La Russie est une vraie puissance militaire. C’est d’ailleurs là une brillante réussite de Poutine, qui a redonné de la fierté à son pays en utilisant l’armée et avec peu de moyens. En revanche, sur le plan économique, la Russie n’existe pas. Son PIB c’est celui de l’Espagne, guère plus. Elle est poursuivie par cette malédiction des pays pétroliers qui vivent de la rente et ne parviennent pas à accéder au stade suivant du développement économique.

Donc au bout du compte, si Trump veut normaliser les relations entre les États-Unis et la Russie, c’est parce qu’il n’y a pas spécialement de danger de ce côté-là….
Non, la Russie n’est en aucune façon un créancier des États-Unis. De plus, les Américains n’ont aucun intérêt à ce que se forme une alliance trop étroite entre la Russie et la Chine.

Et pour en revenir à l’Allemagne ?
Que veut l’Allemagne ?… C’est une question à laquelle je serais bien en peine de répondre à ce stade. Attendons déjà de voir si le prochain chancelier sera Merkel ou Schulz. Le SPD, en effet, est traditionnellement bien plus pro-russe que la CDU. Il suffit de se rappeler l’époque Schröder, et la manière dont l’axe Paris-Berlin-Moscou s’est opposé à Bush au moment où il lançait sa guerre en Irak.

Peut-on recréer cet axe ? Pour moi, le véritable enjeu de l’Europe est celui-ci. Soit l’Allemagne joue le jeu de « l’Europe européenne », pour reprendre une expression gaullienne, et normalise à cette fin sa relation avec Moscou. Soit elle demeure atlantiste et refuse d’envisager la dimension stratégique de son rapport au monde. Elle restera alors le pays exclusivement mercantiliste qu’elle est actuellement, soucieuse uniquement de se tailler la part du lion dans le commerce mondial en usant et abusant à cette fin d’une monnaie qui l’arrange, l’euro. Mais il n’est pas certain que la construction européenne puisse survivre longtemps à la seconde option.

Jean-Michel Quatrepoint est notamment l’auteur de Le Choc des empires. Etats-Unis, Chine, Allemagne: qui dominera l’économie-monde ? (Le Débat, Gallimard, 2014) et de Alstom, scandale d’Etat – dernière liquidation de l’industrie française (Fayard, en septembre 2015) . ll est membre du Comité Orwell présidé par Natacha Polony.

Source

Larges extraits de la revue de presse de Pierre Bérard

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Larges extraits de la revue de presse de Pierre Bérard

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com 

Au sommaire :

L’émission de Méridien Zéro du 10 mars était consacrée au dernier numéro de Nouvelle École portant sur Charles Maurras, «  instituteur » du nationalisme-royaliste qui  exerça pendant un demi-siècle un magistère intellectuel de premier plan. Deux des contributeurs de la revue, Rémi Soulié et Olivier François, et les animateurs habituels de  la radio s’efforcent d’approfondir de façon passionnante certains des aspects de l’homme et de l’oeuvre, sans en taire les limites et les impasses.
 
 
• Vincent Coussedière s’érige en faux contre le sentiment commun d’une vague « populiste » irrésistible. Et pour cause; celui qui parle du « retour du peuple » n’identifie pas ce retour aux partis dits populistes car le peuple n’est pas un parti. Le populisme du peuple doit, selon lui, s’interpréter comme la pression exercée par les peuples voulant conserver leur existence substantielle contre les système partisans qui se montrent non seulement incapables de les protéger mais qui entendent les liquider. Ainsi, si la décomposition des systèmes politiques est généralisée, leur recomposition « populiste » fantasmée par de nombreux commentateurs n’est pas encore à l’ordre du jour comme vient de le montrer le relatif échec de Geert Wilders aux Pays-Bas. Vincent Coussedière vient de publier « Fin de partie. Requiem pour l’élection présidentielle » chez Pierre-Guillaume de Roux.
 
 
Courte chronique de Yannick Jaffré au sujet de l’ouvrage de Michel Onfray « Décadence » sur les ondes de Radio Libertés. 
 
  
Excellent commentaire de Michel Drac à propos des « Écrits corsaires » de Pier Paolo Pasolini, un livre des années 70 où le cinéaste tenait sur l’évolution de nos sociétés vers  un hédonisme de masse un discours d’avant garde. Saisissant parfaitement l’esprit de cette époque, Pasolini y voyait, à l’encontre des débris de l’antifascisme archaïque, l’imposition du nouvel ordre bourgeois de la marchandise.
 
 

aides-a-la-presse-compte-rendu.png

De Michel Drac on peut également consulter le compte-rendu du livre de John Rushton « Race, Evolution and Behavior. A Life History Perspective» (première référence). Également sa chronique de l’ouvrage de Stratediplo intitulé « La huitième plaie » qui traite de l'invasion que subit notre continent et qui selon lui résulte d’un plan globalement concerté par les oligarchies auxquelles nous avons délégué notre souveraineté (deuxième référence).
 
 
 
Quand Daoud Boughezala (rédacteur en chef de « Causeur ») dénonce le racisme subliminal de Laura Slimani. Non, contrairement aux apparences elle n’est pas membre du Parti des Indigènes de la République, mais « porte-parole égalité femmes-hommes » de la campagne de Benoît Hamon et accessoirement présidente des Jeunes socialistes européens.
 
 
Dans un entretien avec Causeur l’économiste, Jean-Luc Gréau affirme que si notre pays crée bien des emplois (187000 en 2016), ce ne sont que des emplois à faible productivité, tandis que les emplois à forte productivité continuent de quitter le sol national, ce qui explique le faible taux de croissance. Conclusion : l’économie française se tiers-mondise toujours plus.
 
 
Pour le Commissaire européen Dimitris Avramopoulos, l’heure est grave car les « valeurs » de l’Europe sont en jeu. « Allons-nous nous laisser submerger par la montée du populisme, du nationalisme et de la xénophobie ? » s’interroge-t-il, anxieux, dans un entretien à La Tribune de Genève. Ce qui ne l’empêche nullement de souffler sur les braises en décrétant que « Les Vingt-Sept auront besoin à l’avenir de 6 millions d’immigrés », et de décider ex abrupto « d’ouvrir des bureaux dans tous les pays de la rive sud de la Méditerranée et en Afrique de l’Ouest » car c’est le meilleur moyen de lutter contre les passeurs ». Les attentats islamistes ? Aucun problème puisqu’ils  « ont été commis par des citoyens européens » (ce qui est vrai sur le papier). Bref, nulle précision sur les « valeurs » de l’Europe ni sur ce qu’il faut entendre par le concept « citoyen européen ». 
 
 
Selon Joachim Véliocas de l’Observatoire de l’islamisation, le candidat Emmanuel Macron, l’un des porte-paroles préférés de l’oligarchie qui se présente néanmoins comme« antisystème, brisant les routines de la classe politique française » , affiche sans complexe un domaine où surtout rien de doit changer en France. C’est la politique d’immigration.  Si d’aventure il se trouvait élu en mai prochain non seulement il compte ouvrir grand la vanne des frontières pour les « migrants » mais il renforcerait l’exercice de la discrimination positive (déclaration du 8 mars) c’est à dire celle des passe-droits accordés aux membres de certaines catégories de la population afin de leur permettre d’échapper aux critères du droit commun de la République. Comme le dit Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel, « L’adjectif positif est destiné à gommer le caractère négatif de la différenciation puisque toute discrimination est en l’espèce évidemment positive pour son bénéficiaire mais négative pour celui qu’elle exclut. Une discrimination en faveur des femmes ou des Noirs se fait au détriment des hommes ou des Blancs. Et dès lors que l’on prétend ériger la lutte contre toutes les discriminations en politique publique, il est incohérent de prétendre parallèlement les encourager en faveur de certaines catégories et donc au dépens des autres » (Le Figaro du 16 mars).
 
 
Si l’on en croit Arnaud Lachaize (pseudonyme d’un haut fonctionnaire soumis au droit de réserve) Emmanuel Macron qui était reçu le jeudi 16 mars par la chancelière Angela Merkel développe comme elle un programme assumé d’ouverture des frontières. En janvier lors d’une précédente visite il avait loué la généreuse politique d’accueil inconditionnel de la dirigeante allemande qui avait ouvert son territoire à plus d’un million de « migrants » parmi lesquels des terroristes et des criminels et reprochait à une Europe frileuse de n’avoir pas « réagi comme elle aurait dû à ce moment là ». Très bonne mise au point face à l’angélisme de certaines élites. On regrettera seulement une incise inutile sur la soi-disante « xénophobie » qui aurait cours en France.
 
 
Dans l’émission d’Olivier de Lagarde « Moi président » sur France Info du 16 mars Malika Sorel-Sutter présentait son projet d’abolition de l’ensemble des lois mémorielles qui censurent abusivement la liberté d’expression et encouragent, selon elle, le communautarisme victimaire. Une intervention courageuse dont il n’est pas certain que le candidat Fillion la reprenne à son compte. Malika Sorel figurait cependant à ses cotés lors de la manifestation du Trocadéro…
 
 
Le débat « intellectuel » dans l’espace médiatique destiné au grand public ne doit pas être confondu avec le débat intellectuel tel qu’il se déroule dans les laboratoire ou au sein du milieu feutré du CNRS. Le premier souffre en termes pascalien de la confusion des ordres avec l’intrusion abusive du moralisme (aussi bien celui des intentions que  celui des conséquences) et des arrières pensées politiques. Ainsi substitue-t-on les critères du bien et du mal là où ne devraient s’imposer dans la délibération, que la question du vrai et du faux. Ainsi s’est imposée dans le débat médiatique la sentence que même vraie une proposition doit être tue au regard des conséquences qu’elle pourrait avoir ou parce que elle ferait le jeu de x ou y. André Perrin, auteur du livre « Scènes de la vie intellectuelle en France. L’intimidation contre le débat » (préface de Jean-Claude Michéa, paru en 2016 aux Éditions de l’Artilleur) déroule ainsi son raisonnement convainquant au cours d'une émission Répliques d’Alain Finkielkraut. Un Finkielkraut qui s’abandonne lui même à une facile confusion des ordres dès que pointe le soupçon terrifiant de « révisionnisme ». 
 
 
L’émission de Radio communauté juive animée par Elisabeth Lévy et Alain Finkielkraut  du 12 mars prend acte tout d’abord de la relaxation de Georges Bensoussan à la suite du procès qui lui avait été infligé par des associations islamistes et la Licra qui voudrait faire passer toute critique argumentée de l’islam pour une apologie du racisme puis commentent les graves « incidents » intervenus au lycée Suger en Seine Saint-Denis. Finkielkraut s’insurgeant contre ceux qui lorsqu’on ose avancer que le déclin s’empare de tout ou partie de l’activité sociale se récrient tout de go avec cette apostrophe sublime empruntée à la doxa : « Vous n’allez pas prétendre que c’était mieux avant ». Pourtant, dit-il, ce qui s’est passé les 6 et 7 mars aux abords de ce lycée de Saint-Denis n’a pas d’antécédent dans l’école républicaine. La bataille rangée contre les forces de l’ordre laisse de marbre les nouveaux Pangloss qui prennent prétexte des inégalités dont souffrent les banlieues pour tout pardonner aux fauteurs de trouble au nom de l’antiracisme. Protégée par l’alibi sociologique la violence des encapuchonnés du lycée Suger est expliquée par la violence sociale qui se déverse sur eux, ils cessent du même coup d’être fautifs et les victimes se retrouvent métamorphosées en coupables. Il est vrai que Geoffroy de Lagasnerie, le sociologue pour lequel le syntagme « intellectuel de droite » relève de l'oxymore affirme « qu’excuser est un beau programme pour la gauche ». Ainsi, comme on le voit, l’antiracisme fou n’a pas fini de faire des ravages.  
 

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Bonne intervention d'Éric Zemmour sur la crise agricole. Si à l’occasion du salon de l’agriculture chaque candidat y est allé de sa visite mimant ainsi Jacques Chirac, c’est aussi au temps de Chirac que les paysans sont devenus des « agriculteurs » et se simple mot a tout changé. On se moquait désormais de la qualité des produits, de la pollution, des dettes et des saisons. C’était le Pérou et il avait pour capitale Bruxelles et sa politique agricole commune. Mais, selon lui la PAC n’existe plus et se sont les technocrates bruxellois eux-mêmes qui ont cassé leur jouet en jetant les agriculteurs dans la fournaise du marché mondial où la plupart périssent quand ils ne sont pas mis dans la main des grandes surfaces et des banques. Elle produit toujours plus et toujours plus mauvais, elle ruine les sols et les estomacs. De là le choix qui en découle pour le monde de la terre : jouer le jeu de la « ferme des 1000 vaches » ou celui de l’agriculture biologique et des circuits courts.
 
 
Raisonnement semblable à celui de Zemmour chez Périco Légasse.
 
 
Eugènie Bastié présente « Les derniers gaulois », le beau documentaire de Patrick Buisson consacré à l’ethnocide des paysans qui a vu disparaitre en deux générations un monde séculaire et presque immobile.
 
 
Eugénie Bastié nous introduit au livre « Aux origines de la décroissance. Cinquante penseurs », ( L’Échappée-Le Pas de côté-Ecosociété) recueil de portraits des précurseurs de cette école qui a tracé son sillon du XIX au XX siècle. Contre l’hubris de la civilisation industrielle qui ne connait plus de limites elle nous rappelle avec Jacques Ellul que « S’intéresser à la protection de l’environnement et à l’écologie sans mettre en question le progrès technique, c’est engager une opération non seulement inutile, mais fondamentalement nocive ».
 
 
Dans le denier numéro de « Perspectives Libres » dirigée par Pierre-Yves Rougeyron, (numéro 19 consacré à « De Gaulle au XXI siècle »), trois articles de Pierre Le Vigan ont retenu notre attention. Il s’agit de « L’implosion du politique. Du constat de l’impuissance de nos élites à la possible relève populaire du politique », de « La culture post-moderne, une imposture. Hédonisme, technophilie et marchandisation », et « Comment et pourquoi l’école a cessé d’être l’école ».
 
 
Dans un entretien avec le site de réflexion « Le comptoir », Frédéric Pichon, historien et géopolitologue auteur de « Syrie: Pourquoi l’Occident s’est trompé » et tout récemment de « Syrie, une guerre pour rien » (Édition du Cerf) reprend les propos de Dominique de Villepin sur le déploiement en France d’une sorte de « virus néoconservateur » et reconnait que notre pays est incapable d’agir sans demander l’autorisation de Washington. Il note également l’influence des lobbies anti-iraniens au quai d’Orsay et fustige l’action des ONG dans cette partie du monde qui a fait libérer de nombreux islamistes des geôles dans lesquelles ils pourrissaient aggravant ainsi le malheur des populations locales; « le messianisme occidental faisant la courte échelle aux fondamentalistes… ». Un démêlement des intrigues de ce Proche-Orient compliqué, savant et très bien informé qui met en valeur la réaction « clausewitzienne » russe privilégiant le rapport de force militaire et qui a fait d’elle l’acteur majeur de la recomposition de la région.  
 
 
S’exprimant sur notre politique en Syrie, Frédéric Pichon déclare « nommer l’ennemi c’est précisément définir ce qui nous distingue, ce qui nous discrimine, c’est tracer une frontière, une limite même normative, c’est affirmer contre, toutes choses auxquelles la culture contemporaine a décider de renoncer… » Selon lui, nos politiques se sont lourdement trompés en Syrie.
 

Larges extraits de la revue de presse de Pierre Bérard

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Larges extraits de la revue de presse de Pierre Bérard

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com 

Au sommaire :

L’émission de Méridien Zéro du 10 mars était consacrée au dernier numéro de Nouvelle École portant sur Charles Maurras, «  instituteur » du nationalisme-royaliste qui  exerça pendant un demi-siècle un magistère intellectuel de premier plan. Deux des contributeurs de la revue, Rémi Soulié et Olivier François, et les animateurs habituels de  la radio s’efforcent d’approfondir de façon passionnante certains des aspects de l’homme et de l’oeuvre, sans en taire les limites et les impasses.
 
 
• Vincent Coussedière s’érige en faux contre le sentiment commun d’une vague « populiste » irrésistible. Et pour cause; celui qui parle du « retour du peuple » n’identifie pas ce retour aux partis dits populistes car le peuple n’est pas un parti. Le populisme du peuple doit, selon lui, s’interpréter comme la pression exercée par les peuples voulant conserver leur existence substantielle contre les système partisans qui se montrent non seulement incapables de les protéger mais qui entendent les liquider. Ainsi, si la décomposition des systèmes politiques est généralisée, leur recomposition « populiste » fantasmée par de nombreux commentateurs n’est pas encore à l’ordre du jour comme vient de le montrer le relatif échec de Geert Wilders aux Pays-Bas. Vincent Coussedière vient de publier « Fin de partie. Requiem pour l’élection présidentielle » chez Pierre-Guillaume de Roux.
 
 
Courte chronique de Yannick Jaffré au sujet de l’ouvrage de Michel Onfray « Décadence » sur les ondes de Radio Libertés. 
 
  
Excellent commentaire de Michel Drac à propos des « Écrits corsaires » de Pier Paolo Pasolini, un livre des années 70 où le cinéaste tenait sur l’évolution de nos sociétés vers  un hédonisme de masse un discours d’avant garde. Saisissant parfaitement l’esprit de cette époque, Pasolini y voyait, à l’encontre des débris de l’antifascisme archaïque, l’imposition du nouvel ordre bourgeois de la marchandise.
 
 

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De Michel Drac on peut également consulter le compte-rendu du livre de John Rushton « Race, Evolution and Behavior. A Life History Perspective» (première référence). Également sa chronique de l’ouvrage de Stratediplo intitulé « La huitième plaie » qui traite de l'invasion que subit notre continent et qui selon lui résulte d’un plan globalement concerté par les oligarchies auxquelles nous avons délégué notre souveraineté (deuxième référence).
 
 
 
Quand Daoud Boughezala (rédacteur en chef de « Causeur ») dénonce le racisme subliminal de Laura Slimani. Non, contrairement aux apparences elle n’est pas membre du Parti des Indigènes de la République, mais « porte-parole égalité femmes-hommes » de la campagne de Benoît Hamon et accessoirement présidente des Jeunes socialistes européens.
 
 
Dans un entretien avec Causeur l’économiste, Jean-Luc Gréau affirme que si notre pays crée bien des emplois (187000 en 2016), ce ne sont que des emplois à faible productivité, tandis que les emplois à forte productivité continuent de quitter le sol national, ce qui explique le faible taux de croissance. Conclusion : l’économie française se tiers-mondise toujours plus.
 
 
Pour le Commissaire européen Dimitris Avramopoulos, l’heure est grave car les « valeurs » de l’Europe sont en jeu. « Allons-nous nous laisser submerger par la montée du populisme, du nationalisme et de la xénophobie ? » s’interroge-t-il, anxieux, dans un entretien à La Tribune de Genève. Ce qui ne l’empêche nullement de souffler sur les braises en décrétant que « Les Vingt-Sept auront besoin à l’avenir de 6 millions d’immigrés », et de décider ex abrupto « d’ouvrir des bureaux dans tous les pays de la rive sud de la Méditerranée et en Afrique de l’Ouest » car c’est le meilleur moyen de lutter contre les passeurs ». Les attentats islamistes ? Aucun problème puisqu’ils  « ont été commis par des citoyens européens » (ce qui est vrai sur le papier). Bref, nulle précision sur les « valeurs » de l’Europe ni sur ce qu’il faut entendre par le concept « citoyen européen ». 
 
 
Selon Joachim Véliocas de l’Observatoire de l’islamisation, le candidat Emmanuel Macron, l’un des porte-paroles préférés de l’oligarchie qui se présente néanmoins comme« antisystème, brisant les routines de la classe politique française » , affiche sans complexe un domaine où surtout rien de doit changer en France. C’est la politique d’immigration.  Si d’aventure il se trouvait élu en mai prochain non seulement il compte ouvrir grand la vanne des frontières pour les « migrants » mais il renforcerait l’exercice de la discrimination positive (déclaration du 8 mars) c’est à dire celle des passe-droits accordés aux membres de certaines catégories de la population afin de leur permettre d’échapper aux critères du droit commun de la République. Comme le dit Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel, « L’adjectif positif est destiné à gommer le caractère négatif de la différenciation puisque toute discrimination est en l’espèce évidemment positive pour son bénéficiaire mais négative pour celui qu’elle exclut. Une discrimination en faveur des femmes ou des Noirs se fait au détriment des hommes ou des Blancs. Et dès lors que l’on prétend ériger la lutte contre toutes les discriminations en politique publique, il est incohérent de prétendre parallèlement les encourager en faveur de certaines catégories et donc au dépens des autres » (Le Figaro du 16 mars).
 
 
Si l’on en croit Arnaud Lachaize (pseudonyme d’un haut fonctionnaire soumis au droit de réserve) Emmanuel Macron qui était reçu le jeudi 16 mars par la chancelière Angela Merkel développe comme elle un programme assumé d’ouverture des frontières. En janvier lors d’une précédente visite il avait loué la généreuse politique d’accueil inconditionnel de la dirigeante allemande qui avait ouvert son territoire à plus d’un million de « migrants » parmi lesquels des terroristes et des criminels et reprochait à une Europe frileuse de n’avoir pas « réagi comme elle aurait dû à ce moment là ». Très bonne mise au point face à l’angélisme de certaines élites. On regrettera seulement une incise inutile sur la soi-disante « xénophobie » qui aurait cours en France.
 
 
Dans l’émission d’Olivier de Lagarde « Moi président » sur France Info du 16 mars Malika Sorel-Sutter présentait son projet d’abolition de l’ensemble des lois mémorielles qui censurent abusivement la liberté d’expression et encouragent, selon elle, le communautarisme victimaire. Une intervention courageuse dont il n’est pas certain que le candidat Fillion la reprenne à son compte. Malika Sorel figurait cependant à ses cotés lors de la manifestation du Trocadéro…
 
 
Le débat « intellectuel » dans l’espace médiatique destiné au grand public ne doit pas être confondu avec le débat intellectuel tel qu’il se déroule dans les laboratoire ou au sein du milieu feutré du CNRS. Le premier souffre en termes pascalien de la confusion des ordres avec l’intrusion abusive du moralisme (aussi bien celui des intentions que  celui des conséquences) et des arrières pensées politiques. Ainsi substitue-t-on les critères du bien et du mal là où ne devraient s’imposer dans la délibération, que la question du vrai et du faux. Ainsi s’est imposée dans le débat médiatique la sentence que même vraie une proposition doit être tue au regard des conséquences qu’elle pourrait avoir ou parce que elle ferait le jeu de x ou y. André Perrin, auteur du livre « Scènes de la vie intellectuelle en France. L’intimidation contre le débat » (préface de Jean-Claude Michéa, paru en 2016 aux Éditions de l’Artilleur) déroule ainsi son raisonnement convainquant au cours d'une émission Répliques d’Alain Finkielkraut. Un Finkielkraut qui s’abandonne lui même à une facile confusion des ordres dès que pointe le soupçon terrifiant de « révisionnisme ». 
 
 
L’émission de Radio communauté juive animée par Elisabeth Lévy et Alain Finkielkraut  du 12 mars prend acte tout d’abord de la relaxation de Georges Bensoussan à la suite du procès qui lui avait été infligé par des associations islamistes et la Licra qui voudrait faire passer toute critique argumentée de l’islam pour une apologie du racisme puis commentent les graves « incidents » intervenus au lycée Suger en Seine Saint-Denis. Finkielkraut s’insurgeant contre ceux qui lorsqu’on ose avancer que le déclin s’empare de tout ou partie de l’activité sociale se récrient tout de go avec cette apostrophe sublime empruntée à la doxa : « Vous n’allez pas prétendre que c’était mieux avant ». Pourtant, dit-il, ce qui s’est passé les 6 et 7 mars aux abords de ce lycée de Saint-Denis n’a pas d’antécédent dans l’école républicaine. La bataille rangée contre les forces de l’ordre laisse de marbre les nouveaux Pangloss qui prennent prétexte des inégalités dont souffrent les banlieues pour tout pardonner aux fauteurs de trouble au nom de l’antiracisme. Protégée par l’alibi sociologique la violence des encapuchonnés du lycée Suger est expliquée par la violence sociale qui se déverse sur eux, ils cessent du même coup d’être fautifs et les victimes se retrouvent métamorphosées en coupables. Il est vrai que Geoffroy de Lagasnerie, le sociologue pour lequel le syntagme « intellectuel de droite » relève de l'oxymore affirme « qu’excuser est un beau programme pour la gauche ». Ainsi, comme on le voit, l’antiracisme fou n’a pas fini de faire des ravages.  
 

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Bonne intervention d'Éric Zemmour sur la crise agricole. Si à l’occasion du salon de l’agriculture chaque candidat y est allé de sa visite mimant ainsi Jacques Chirac, c’est aussi au temps de Chirac que les paysans sont devenus des « agriculteurs » et se simple mot a tout changé. On se moquait désormais de la qualité des produits, de la pollution, des dettes et des saisons. C’était le Pérou et il avait pour capitale Bruxelles et sa politique agricole commune. Mais, selon lui la PAC n’existe plus et se sont les technocrates bruxellois eux-mêmes qui ont cassé leur jouet en jetant les agriculteurs dans la fournaise du marché mondial où la plupart périssent quand ils ne sont pas mis dans la main des grandes surfaces et des banques. Elle produit toujours plus et toujours plus mauvais, elle ruine les sols et les estomacs. De là le choix qui en découle pour le monde de la terre : jouer le jeu de la « ferme des 1000 vaches » ou celui de l’agriculture biologique et des circuits courts.
 
 
Raisonnement semblable à celui de Zemmour chez Périco Légasse.
 
 
Eugènie Bastié présente « Les derniers gaulois », le beau documentaire de Patrick Buisson consacré à l’ethnocide des paysans qui a vu disparaitre en deux générations un monde séculaire et presque immobile.
 
 
Eugénie Bastié nous introduit au livre « Aux origines de la décroissance. Cinquante penseurs », ( L’Échappée-Le Pas de côté-Ecosociété) recueil de portraits des précurseurs de cette école qui a tracé son sillon du XIX au XX siècle. Contre l’hubris de la civilisation industrielle qui ne connait plus de limites elle nous rappelle avec Jacques Ellul que « S’intéresser à la protection de l’environnement et à l’écologie sans mettre en question le progrès technique, c’est engager une opération non seulement inutile, mais fondamentalement nocive ».
 
 
Dans le denier numéro de « Perspectives Libres » dirigée par Pierre-Yves Rougeyron, (numéro 19 consacré à « De Gaulle au XXI siècle »), trois articles de Pierre Le Vigan ont retenu notre attention. Il s’agit de « L’implosion du politique. Du constat de l’impuissance de nos élites à la possible relève populaire du politique », de « La culture post-moderne, une imposture. Hédonisme, technophilie et marchandisation », et « Comment et pourquoi l’école a cessé d’être l’école ».
 
 
Dans un entretien avec le site de réflexion « Le comptoir », Frédéric Pichon, historien et géopolitologue auteur de « Syrie: Pourquoi l’Occident s’est trompé » et tout récemment de « Syrie, une guerre pour rien » (Édition du Cerf) reprend les propos de Dominique de Villepin sur le déploiement en France d’une sorte de « virus néoconservateur » et reconnait que notre pays est incapable d’agir sans demander l’autorisation de Washington. Il note également l’influence des lobbies anti-iraniens au quai d’Orsay et fustige l’action des ONG dans cette partie du monde qui a fait libérer de nombreux islamistes des geôles dans lesquelles ils pourrissaient aggravant ainsi le malheur des populations locales; « le messianisme occidental faisant la courte échelle aux fondamentalistes… ». Un démêlement des intrigues de ce Proche-Orient compliqué, savant et très bien informé qui met en valeur la réaction « clausewitzienne » russe privilégiant le rapport de force militaire et qui a fait d’elle l’acteur majeur de la recomposition de la région.  
 
 
S’exprimant sur notre politique en Syrie, Frédéric Pichon déclare « nommer l’ennemi c’est précisément définir ce qui nous distingue, ce qui nous discrimine, c’est tracer une frontière, une limite même normative, c’est affirmer contre, toutes choses auxquelles la culture contemporaine a décider de renoncer… » Selon lui, nos politiques se sont lourdement trompés en Syrie.
 

samedi, 18 mars 2017

José Javier Esparza "De la nueva Derecha a la "alt-right"

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José Javier Esparza

"De la nueva Derecha a la "alt-right"

Ponencia de José Javier Esparza en el Seminario de metapolítica 2017:
"De la nueva Derecha a la "alt-right"
www.seminariometapolitica.wordpress.com

L’avenir des Etats européens

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L’avenir des Etats européens

par Pierre Eisner

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

A l’émission de Radio Courtoisie du mardi 28 février, on a entendu Guillaume Faye et Renaud Camus, tous deux adeptes de la cause d’un peuple européen, soutenir le maintien des actuels Etats. A l’inverse l’organisateur du débat prônait la disparition de ces Etats au profit d’un Etat européen unitaire. Y avait-t-il vraiment divergence de vues ou était-ce seulement le reflet de positions présentées, par manque de temps, d’une façon trop schématique ? La question qui se pose est ici celle de l’avenir des actuels Etats, comme la France, dans un Etat unitaire européen. Il se trouve qu’il y a aussi bien une place au maintien qu’une place à la disparition.

Que faut-il maintenir d’abord ? Les Etats doivent absolument conserver deux choses. Ils doivent rester les porteurs d’une identité propre ainsi que le lieu d’une expression démocratique. C’est cette démocratie qui sera le garant de leur identité. Cela signifie qu’un champ très large de questions seront de leur responsabilité. Pour y répondre, ils disposeront d’assemblées votant des lois et seront administrés par des élus. Subsidiairement ils délégueront une partie de leurs responsabilités auprès de provinces. Cela signifie qu’il y aura une double hiérarchie de régions européennes : les euro-régions et les provinces. L’organisation des provinces relèvera toujours des euro-régions.

Déjà les grandes euro-régions auront gagné en pouvoir par rapport aux actuels états. L’état unitaire, fort de l’assise de sa population, de son poids économique et de son organisation militaire, leur apportera des leviers dont ils ne disposent actuellement pas. Pour ne prendre que quelques points mineurs, la protection des modes de vie contre la pression universaliste, celle des sites contre l’appétit des grands groupes immobiliers, celle des petites exploitations et des industries locales contre le rouleau compresseur des grandes fermes et des entreprises internationales, tout cela pourra s’appuyer sur des règles mises à leur disposition par l’état unitaire.

Il y encore autre chose. L’Etat unitaire comportera deux chambres. L’une d’elles, un peu analogue au Sénat français ou au Bundesrat allemand, sera une émanation des régions. Il y aura donc aussi un contrôle des euro-régions sur l’Etat unitaire. C’est par cette instance que sera développé un appel permanent auprès de ce dernier pour la mise en place de nouveaux outils de protection.

En revanche il ne faudrait pas croire que la part de souveraineté que conservent actuellement les Etats de l’Union permette d’éviter leur décomposition, l’abandon de leur culture, de tout ce fait leur identité, s’il leur arrive d’élire un gouvernement dont la vision est post-nationale, entièrement orientée par l’adaptation au mondialisme, comme l’engouement suscité par tel candidat aux présidentielles françaises le laisse présager.

Que faut-il faire disparaître ensuite ? Ce ne sont pas vraiment les Etats qui sont visés, mais plutôt ce que l’on pourrait appeler les matrices étatiques. Par cette expression il faut entendre tout ce qui est au-dessus du vote populaire, comme les grands principes, les grandes institutions, et qui se traduit dans une constitution et des traités. Par dessus tout, il faut changer le sens de la subsidiarité. Aujourd’hui l’Union Européenne se voit comme un super-Etat qui tire sa légitimité des Etats qui la composent : l’Union est une émanation des Etats. A la place il faut un Etat unitaire qui confère une légitimité à des euro-régions qui en seront des émanations. Autrement dit la matrice institutionnelle doit être située au niveau de l’Europe. Cela passe par la disparition de tout l’arsenal juridique lié aux actuels Etats.

Bien sûr les euro-régions qui se substitueront aux actuels Etats ne signeront pas de traités. Le point déterminant est qu’elles ne devront pas avoir de constitution. La seule constitution sera celle de l'Etat unitaire européen. Les grands principes, comme la séparation des pouvoirs, n’auront pas de sens en dehors du niveau européen. En particulier les grandes institutions, comme la justice, n’auront de sens qu’à ce niveau. Rien ne devra limiter le vote populaire dans les euro-régions, si ce n’est le respect de la constitution européenne. La disparition des matrices étatiques se traduira ainsi, paradoxalement, par davantage de souveraineté locale.

Aussi étrange que cela puisse paraître, ces impératifs sont presque réalisés, pour leur partie négative, dans la caricature que représente l’actuelle Union Européenne. On a vu, à propos du CETA et du TAFTA, que les Etats actuels ne pouvaient pas signer eux-mêmes des accords commerciaux. Ils n’ont pas le loisir de traiter. Ils ont bien une constitution, mais elle comporte une clause, selon laquelle les lois de l’Union Européenne sont supérieures aux lois nationales, qui est complètement contradictoire avec la qualité de loi fondamentale attribuée à leur constitution. La souveraineté des Etats actuels n’est qu’un leurre. Sachant par ailleurs qu’aucune souveraineté collective n’est venu en prendre le relais. Lesdits Etats sont ainsi dépouillés de toute possibilité de se défendre. Le Brexit, aussi dommageable soit-il, n’est que la conséquence logique d’une gestion hypocrite d’un projet européen qui ne veut pas dire où il veut aller.

Est-il alors nécessaire de supprimer ces constitutions qui n’en sont plus ? La réponse est absolument oui pour deux raisons. D’abord il faut qu’il existe une constitution et, pour la clarté, elle ne peut se trouver qu’à un seul niveau. Ou bien c’est au niveau des états et il faut renoncer à l’actuelle Union, comme les souverainistes le demandent, ou bien c’est au niveau de l’Europe et d’elle seule, et il faut alors aller jusqu’au bout du raisonnement. Ensuite, s’il y a deux niveaux, il faut mettre un sens à la subsidiarité. Ou bien on maintient, en tout ou partie, des éléments institutionnels au niveau des Etats, qui seront alors des entraves à la perspective européenne, faisant le jeu des ennemis de l’Europe, ou bien on fait tout disparaître et il faut alors oser l’annoncer.

Il faut encore comprendre qu’une organisation efficace de l’Europe ne peut être que positive. Il ne faut pas partir d’une feuille surchargée dans laquelle on retire point après point sans contrepartie : les frontières nationales sans avoir la garantie de frontières européennes, les monnaies nationales sans disposer d’une union politique pour contrôler la monnaie commune, avec un plafonnement de l’endettement national sans disposer d’un outil commun pour le limiter. Il faut au contraire partir d’une feuille blanche, sur laquelle une assemblée constituante européenne viendra écrire la constitution unitaire et que viendront compléter des lois européennes, puis des lois locales, dans la plus grande cohérence.

Faut-il, en même temps, faire table rase des institutions européennes ? La réponse est nuancée. On doit conserver le principe général d’une assemblée unitaire, la monnaie unique représentée par l’€uro, comme les quelques symboles que sont l’hymne et le drapeau. En revanche on ne gardera rien des règlements, lesquels n’ont été conçus que comme des contraintes appliquées aux Etats. Même la règle de libre circulation des travailleurs n’a pas de raison d’être intégralement conservée. Il n’est pas souhaitable que les travailleurs européens se déplacent en masse dans la période transitoire où l’équilibre des salaires n’aura pas été réalisé.

Ce qui vient d’être dit ne touche pas à la substance des Etats actuels. En effet ce sont bien les simulacres de leurs constitutions et le cortège des principes et institutions gravitant autour qui les pourrissent. On a vu, avec la récente affaire Fillon, comment quelques magistrats très engagés pouvaient décider du processus démocratique, en se protégeant des critiques derrière le paravent sacré des institutions. On voit tous les jours comment les propositions de tel candidat sont dénigrées au nom de leur inconstitutionnalité. Qui profite de ces simulacres ? Ce sont quelques clans et sectes qui ont su infiltrer les médias et les institutions. Ce ne sont pas les populations des Etats.

Ainsi rendre le pouvoir démocratique aux Etats actuels, et in fine leur permettre de survivre, passe par la création d’un Etat unitaire fort. Il n’y a pas de véritable contradiction entre les deux positions dont il a été question au début.

Pierre EISNER (Le Parti des Européens)

vendredi, 17 mars 2017

Heilige Krieger am Bosporus

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Heilige Krieger am Bosporus

von Michael Paulwitz

Ex: http://www.jungefreiheit.de 

Hoppla, ist es schon wieder soweit? War doch erst 1526 und 1683, daß türkische Armeen vor Wien standen. Und jetzt droht der türkische Außenminister Mevlüt Çavuşoğlu Europa schon wieder mit „heiligen Kriegen“?

Çavuşoğlu ist die Stimme seines Herrn: Staatspräsident Recep Tayyip Erdoğan warf dem Europäischen Gerichtshof in einer im Fernsehen übertragenen Rede vor, er habe mit seinem Kopftuch-Urteil „einen Kreuzzug gegen den Halbmond“ gestartet. Seine begeisterten Anhänger werden’s schon richtig verstanden haben: Wir schlagen zurück.

„Wo ist die Glaubensfreiheit? Wo ist die Religionsfreiheit?“ schimpfte Erdoğan. Heißt das, Europa soll sich ein Beispiel an der „Religionsfreiheit“ in der Türkei nehmen, wo Christen in bester osmanischer Tradition wie „Schutzbefohlene“ und Untertanen zweiter Klasse mit bürokratischer Verfolgung überzogen werden und die Behörden achselzuckend wegschauen, wenn mal wieder einer massakriert wird?

„Die Türkei befiehlt“

Natürlich nicht. Çavuşoğlu spricht ja Klartext: „Die Türkei befiehlt“, sie steht für die „Umma“, die weltweite Gemeinschaft von „zwei Milliarden“ Muslimen. Wer was will, soll gefälligst demütig bitten.

Man kann das in dieser Häufung nicht einfach nur als überzogenes Wahlkampfgetöse eines hochnervösen Autokraten und seiner Paladine abtun. Der Propagandafeldzug verschärft die Tonlage, da wird schon mal offen ausgesprochen, was man sich sonst nur bei sich denkt, solange man diplomatisch schöntut. So gesehen muß man Erdoğan und seiner Truppe geradezu dankbar sein, daß sie mal aus ihrem Herzen keine Mördergrube machen.

Denn der „Krieg“ hat längst begonnen. Er wird nur nicht mit Krummsäbel, Pauken und Janitscharenmusik geführt wie zu Zeiten Süleymans des Prächtigen. Sein Epigone Erdoğan setzt lieber auf die Migrationswaffe, mit der er mal mehr, mal weniger offen droht. In letzter Zeit eher aggressiv und unverblümt.

Grenzen selbst schützen

Erdoğan ist, wie man schon lange weiß, ein in der Wolle gefärbter Islamist. Er fühlt sich in der Nachfolge der osmanischen Sultane als Schutzherr des Islam, der die Grenzen der muslimischen Welt weiter ausdehnt. Jeder illegale Einwanderer, den er als „Flüchtling“ nach Europa weiterreichen kann, ist ein Beitrag zu diesem Werk.

Das bedeutet nicht, daß Europas Staatenlenker jetzt die großspurige martialische Rhetorik des Möchtegern-Sultans kopieren und mit gleicher Münze zurückgeben sollten. Wohl aber sollten sie die entlarvenden Tourette-Anfälle der Erdoğan-Crew zum Anlaß nehmen, die Lage nüchtern zu überdenken und daraus die richtigen Konsequenzen zu ziehen.

Heißt: Nicht auch noch kollaborieren, wenn die hier lebenden Türken zur „Fünften Kolonne“ aufgestachelt werden. Wer türkische Innenpolitik treiben will, kann das gern in der Türkei tun. Keine törichten Abkommen schließen, die die muslimische Masseneinwanderung auch noch institutionalisieren. Und vor allem: Die Grenzen selbst schützen, statt noch länger den Bock zum Gärtner zu machen.

Bei der Gelegenheit kann man ja daran erinnern, daß auch frühere „Heilige Kriege“ gegen das Abendland am Ende doch immer gescheitert sind – obwohl Europa da noch viel zerstrittener war als heute.

École: quand la « bienveillance » devient complaisance

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École: quand la « bienveillance » devient complaisance

Par Antoine Desjardins

Ex: http://www.lefigaro.fr

FIGAROVOX/ENTRETIEN- La notion de bienveillance inspirée de la pédagogie Freinet a fait dans les dernières années une entrée en force à l'école. Pour Antoine Desjardins, la « bienveillance » permet surtout de tromper les parents des milieux modestes sur le niveau réel de leurs enfants.


Antoine Desjardins est professeur de Lettres, coauteur du livre Sauver les lettres: des professeurs accusent (éd. Textuel). Membre du Comité Orwell, présidé par Natacha Polony, il est aussi Président d'honneur et cofondateur du collectif Condorcet, milite pour l'abrogation de la réforme du collège et soutient l'appel pour le rétablissement des horaires de français.


FIGAROVOX.- Que pensez-vous de cette bienveillance qui serait désormais le moyen de lutter contre tous les problèmes de l'école? Il paraît même que l'E.N organise des journées de formation sur ce thème pour les enseignants...

Antoine DESJARDINS.-La bienveillance est un mot magnifique. C'est une qualité primordiale chez un enseignant. La plupart s'efforcent d'être bienveillants et ce serait un procès injuste que de les accuser d'ignorer la bienveillance.

Mais au fil du temps cette «bienveillance» s'est dévoyée... Quand on utilise ce mot désormais on parle de tout autre chose. Je n'irais pas jusqu'à traduire par «laxisme» ou «complaisance», mais on n'en est pas loin.

Faire preuve de beaucoup de psychologie, aider tous les élèves, encourager chacun selon sa mesure, féliciter même les efforts minimes, ne jamais stigmatiser ou étiqueter les élèves, la plupart des enseignants le font depuis longtemps... Lutter contre le mal-être de certains est aussi une priorité. Il faut que l'école soit un lieu où l'on vient apprendre dans le plaisir, sans angoisse ni appréhension. Un lieu serein où l'on sait que l'on sera encouragé et valorisé dès lors qu'on fournit un effort même minime. Où personne ne sera mis à l'écart. Tout le monde devrait être d'accord avec cela. Le sympathique Daniel Pennac qui encourage pour qu'on aille dans ce sens dans un récent entretien du Monde, a raison, sauf que l'on ne parle plus de la même bienveillance et que nous ne sommes plus dans les années soixante...

On parle vraiment d'autre chose... On devrait parler de trafic d'indulgence, qu'il s'agisse des notes (qu'on veut d'ailleurs à terme supprimer) ou des «compétences» qu'on va valider à la louche pour ne pas faire de peine à personne: la bienveillance qui est désormais prônée permet surtout de tromper les parents des milieux modestes sur le niveau réel de leurs enfants.

Mais l'école n'alerte t-elle pas les parents quand l'élève connaît des difficultés spécifiques? On nous parle de suivi individualisé. En arrive-t-on à être bienveillant avec les parents en taisant ou en minimisant les problèmes?

Au lieu de donner l'alerte à temps, de prévenir qu'il y a des carences dans tel ou tel domaine, on endort tout le monde, le plus longtemps possible.

Une voisine, femme de ménage, dont la fille a été «très brillante» (selon les mots mêmes utilisés par certains instituteurs, me dit-elle), s'avère en réalité ne pas savoir quasiment lire en sixième.

Cette dame a eu le tort de faire confiance à l'institution scolaire qui désormais roule les parents dans la farine.

On ne peut en aucun cas dire d'une élève qui arrive en sixième en ne sachant pas lire qu'elle est brillante, sans émettre la moindre réserve: ce faisant on berne les parents qui, s'entendant dire cela et seulement cela, pense que leur fille est sur de bons rails, ce qui n'est pas du tout le cas.

Cette même jeune fille qui ne sait pas lire (et encore moins écrire, on s'en doute) présente de graves lacunes également en mathématiques. Mais là encore, «l'oral était brillant» paraît-il! L'oral en mathématiques! Inutile de dire que les parents qui n'examinaient rien de près, n'en ayant pas les moyens culturels (la mère est d'origine péruvienne et le père tchèque) tombent de très très haut.

J'observe que dans le même temps des collègues dont les enfants sont à l'école ont, eux, les moyens de s'interroger et de questionner, voire de soupçonner, cette «bienveillance» qui est devenue au fil du temps une duperie organisée. Telle collègue (de mathématiques) me dit que sa fille en CM1 a une très bonne moyenne en orthographe, alors qu'elle s'étonne, elle, d'un niveau qu'elle juge plutôt catastrophique. Elle était ravie que sa fille ait de bonnes notes, au début, mais s'interroge de plus en plus, passés les premiers temps d'euphorie. Elle a constaté que les textes des dictées, fort courtes, étaient donnés à l'avance! Elle a pu prendre conscience à temps, sans rien dire à la maîtresse, que sa fille était en réalité très faible et elle s'emploie à lui faire faire de nombreuses vraies dictées le plus souvent possible. Sa fille s'en sortira...

Mais la bienveillance, c'est aussi un climat de bien-être, une attention aux différences, une écoute des difficultés et parfois des problèmes personnels? L'école d'autrefois n'avait-elle pas tendance à oublier cette dimension?

Je suis d'accord. Mais voilà longtemps que l'école a pris en compte cette dimension indispensable. Les enseignants agressifs, cassants, méprisants cela a pu exister mais aujourd'hui ils n'ont plus leur place dans l'institution. La psychopédagogie a depuis des décennies fait son œuvre. Dolto, par exemple a été lue et approuvée en général.

Mais à la vérité on parle ici d'autre chose...

La plupart des parents sont totalement leurrés par une «bienveillance» qui s'exprime à présent le plus souvent par des notes (ou des compétences validées) qui ne reflètent en rien le niveau réel et des appréciations souvent très louangeuses («brillant», «vif», «oral excellent», «talent») qui procurent aux parents beaucoup de satisfaction et une ivresse passagère qui leur fait perdre tout esprit critique et toute objectivité. L'institution flatte bassement leur progéniture le plus longtemps possible pour avoir la paix et anesthésier le parent-consommateur qui croit pouvoir dormir sur ses deux oreilles.

Dans le temps même qu'on explique aux parents que leurs enfants sont pris en charge individuellement et qu'ils n'ont plus à se soucier de rien, dans le temps qu'une évaluation parcellisée et pseudo-scientifique (les fameuses «compétences» auxquelles les parents ne comprennent rien) donne à croire que la moindre défaillance va être détectée et faire l'objet d'une «remédiation ciblée» (alors que le nombre d'élève par classe ne cesse d'augmenter et que les horaires dévolus aux fondamentaux baissent) dans ce même temps, les élèves sont en réalité abandonnés à leurs lacunes et livrés à eux mêmes, comme ils ne l'ont jamais été (l'élève construit lui-même son propre savoir pour certains théoriciens fumeux...)

Baudrillard à propos de la séduction disait: «séduire c'est mourir comme *réalité* et se produire comme *leurre*.» L'école est désormais enjointe, à tous les niveaux, de séduire les parents, comme pourrait le faire, notamment, une entreprise qui voudrait aguicher ses clients. Elle se repose sur une communication de type publicitaire et commercial qui n'a cure de la vérité ou si peu. Non seulement on utilise les moyens de la publicité en un lieu où elle ne devrait pas exister, mais cette publicité est mensongère. C'est d'ailleurs pour cela que le contrat de confiance qui liait jadis les parents et l'école publique est en train de se rompre.

Je dis et je constate de plus en plus que les parents sont bernés parfois bien entendu, très au delà des années d'école. Le collège s'y est mis depuis longtemps. Le professeur devrait pourtant lancer l'alerte auprès des parents au bon moment pour qu'ils puissent prendre la mesure des problèmes et parfois y remédier avec le seul moyen qui leur reste hélas parfois: les cours privés.

Mais de plus en plus cette alerte est retardée par l'institution qui se complaît dans le mensonge ou l'euphémisme. La cour des Comptes le constate elle même: la loi du 23 avril 2005 a consacré l'objectif, réaffirmé par celle du 8 juillet 2013, de conduire 100 % des élèves d'une classe d'âge au niveau du socle commun de compétences et de connaissances à l'issue de la scolarité obligatoire. Or les résultats obtenus par la France lors de la dernière enquête Pisa, ainsi que la proportion élevée de jeunes sortis sans diplôme de notre système éducatif, témoignent de l'incapacité du système éducatif actuel à atteindre les objectifs qui lui ont été fixés.

Les nouveaux dispositifs d'évaluations, les fameuses «compétences» compliquent prodigieusement la tâche de l'enseignant, ne servent en rien l'élève ni les parents, ne permettent nullement de lutter contre l'illettrisme et l'innumérisme. Pas plus d'ailleurs que le tout numérique, qui ne pourra que faire les choux gras de Microsoft ou d'autres. En fait, ces nouveautés indigestes qui se donnent les gants de «l ‘évaluation scientifique» permettent de noyer le poisson et d'opacifier le système. Les parents veulent des outils simples et lisibles et ils veulent surtout qu'on leur dise la vérité. Le nouveau LSU par exemple (Livret scolaire unique) est une usine à gaz «numérique» pour faire accroire, en cochant des cases, que l'école remplit bien sa mission. Il s'agit avant tout d'une mise au pas de la liberté pédagogique de l'enseignant.

Hormis ces gadgets superflus, ces thermomètres évaluatifs falsifiés, les parents voudraient surtout qu'on fasse étudier sérieusement les mathématiques et le français au lieu de faire des éoliennes en carton...

En tout cas, il faudrait au moins qu'on laisse la possibilité aux parents de remédier au bon moment, par leurs propres moyens (!) aux insuffisances manifestes: l'école ne sait même plus faire un travail de diagnostic juste et fiable. Il s'agit seulement de ne jamais inquiéter: c'est cela la «bienveillance». On ne rend pas du tout services à nos élèves en agissant ainsi!

Voici un dialogue drolatique lu sur un réseau social qui pourrait, sans aucune caricature, résumer la situation: on y entend la logique pédagogiste bienveillante à l'œuvre:

Ils sont mauvais a l‘écrit? Pédagogiste bienveillant: «Faites davantage d'oral.»

Ils ont des mauvaises notes?: «Supprimez les notes.»

Ils ont du mal a travailler seuls?: «Faites les travailler en groupes.»

Ils font des fautes?: «La faute n'est pas si importante si le message passe.»

Ils ont écrit «il prena» au lieu de «il prit»?: «Ils ont eu la «sensation» du passé simple, c'est déjà bien.»

Ils n'écoutent pas un cours magistral?: «Ne faites pas de cours magistral.»

lls ne travaillent que si c'est ludique?: «Faites du ludique.»

Ils ont du mal avec l'abstrait?: «Faites du concret.»

Ils ne comprennent pas la consigne?: «Simplifiez la consigne.»

Ils ne font pas leurs devoirs chez eux?: «Faites-leur faire en classe.»

Ils sont déconcentrés au bout de quelques minutes?: «Changez d'activité au bout de quelques minutes.»

lls n'aiment pas lire?: «Travaillez sur des documents iconographiques et des vidéos.»

Ils mémorisent mal? Ils ont peu de connaissances?: «Ils peuvent tout trouver dans Google et Wikipédia.»

Bref: ils ont un problème? Au lieu de leur apprendre à affronter le problème, apprenez-leur sans cesse à FUIR le problème.

Ainsi va la logique pédagogiste «bienveillante.»

Je pense, à mots pesés, qu'il y a là un scandale dont les enfants d'origine modeste, comme d'habitude, feront et font déjà les frais.


ANNONCE

TROISIEME TABLE RONDE DU COLLECTIF CONDORCET

25 Mars 2017

9H30-18H

La France Insoumise, le Parti Socialiste, en Marche!, Les Républicains, Debout la France et le Mouvement Républicain et Citoyen ont d'ores et déjà répondu favorablement à notre invitation pour notre troisième table ronde le samedi 25 mars à L'École Normale Supérieure.

Le Collectif Condorcet invite les représentants de ces partis politiques à répondre à la question: «Quel projet pour l'Ecole de la République?»

Cette 3° Table Ronde aura lieu dans la salle Jaurès de l'Ecole Normale Supérieure, au 29 rue d'Ulm, 75005 PARIS.

Seront représentés:

— La France Insoumise (Paul Vannier, professeur d'hsitoire-géographie, secrétaire national à l'Education)

—Debout la France ( Eric Anceau, responsable du programme présidentiel de Nicolas Dupont-Aignan et délégué national de DLF à la Cohésion nationale et à l'Ecole de République)

— Le MRC ( Fatiha Boudjahlat, professeur, secrétaire nationale à l'Education)

— Les Républicains (Annie Genevard, Commission des Affaires culturelles et de l'Education, députée du Doubs, maire de Morteau , secrétaire générale adjointe LR et déléguée générale à l'éducation)

—le Parti Socialiste (Charlotte Brun, adjointe au maire de Lille, en charge de l'éducation pour #Hamon2017)

—En Marche! (Christophe Brunelle, professeur d'anglais, QG d'En Marche!)

Inscription recommandée par mail: collectif.condorcet@gmail.com

Sur Condorcet:

Rythmes scolaires à l'école, réforme Belkhacem du collège, réforme Chatel du lycée. Tout est à revoir et refaire. Il faut réinstituer l'école républicaine et retrouver les idéaux fondateurs d'un Condorcet. Il faut faire le pari de l'égalité, de la haute-culture, de la transmission. Il faut faire cesser la malbouffe scolaire et se donner les moyens de la qualité. L'enjeu est de civilisation. L'école de l'«employabilité» ne passera pas par le collectif Condorcet.

Il est temps que les Vrais Européens s’organisent !

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Il est temps que les Vrais Européens s’organisent !

Devant une situation des États européens qui, inexorablement, se délite de tous les côtés, et devant une Union européenne tétanisée par le moindre craquement de la bulle dans laquelle vivent ses dirigeants, il est temps que les Vrais Européens s’organisent afin qu’ils soient en capacité de montrer aux peuples européens le seul chemin qui est susceptible de les sortir du désarroi et de la désespérance qui les gagnent ; et cela en leur évitant de tomber dans les ornières d’un repli sur soi plein d’illusions et de déconvenues garanties comme vient de le faire le peuple anglais.

En tant que Vrais Européens, on entend ici, non seulement ceux dont l’enracinement est démontré, mais surtout ceux qui, sans arrière-pensée hégémonique, sans complexe de supériorité, sans l’intention cupide de vouloir profiter de la solidarité des autres, envisagent, sans faux semblants, le salut de la diversité européenne, et celui de leur propre identité, dans l’union politique, c’est-à-dire dans une structure commune, que l’on peut dénommer comme on le veut, mais qui est celle d’un État, parce que celui-ci est le seul instrument qui permet à un peuple, ou à plusieurs peuples réunis en son sein, quand il est puissant, d’affronter les défis de l’Histoire et de surmonter les aléas du monde connexe et synchrone dans lequel ils sont tous désormais emportés.

Des échéances qui se précisent

La mondialisation est irréversible, et le problème qui se pose aux peuples et aux États n’est pas de savoir comment s’en esquiver, mais de la surmonter, c’est-à-dire d’être assez puissants pour ne pas la subir, et pour défendre leurs intérêts et leurs valeurs. Les flux financiers, les routes migratoires, et l’enveloppe des réseaux de communication sont désormais en place. C’est, en quelque sorte la rançon de l’univers technologique crée par l’Occident. La redistribution de la puissance est faîte, et pas à son avantage. Elle se partage maintenant entre un petit nombre d’Etats géants et les grandes compagnies financières, bancaires, médiatiques, et industrielles.

Or, ce monde globalisé n’est pas du tout celui du doux commerce d’Adam Smith, mais de plus en plus celui de la lutte pour la survie, comme l’avait prévu Maurice Allais (économiste français, prix Nobel) qui dénonçait les risques de l’extension du libre-échange aux pays en voie de développement. Cela devient d’autant plus pathétique que s’annoncent, à la fois, la stagnation séculaire ou permanente de la croissance mondiale, les dégâts sociaux de la numérisation de l’économie, l’épuisement des ressources énergétiques et les pénuries alimentaires. Ce sont les effets rétroactifs et négatifs de la mondialisation dont les États-Unis ont pourtant été le maître d’œuvre au lendemain de la fin de l’Urss, et ceci au nom de l’idéologie rooseveltienne du One World, qui justifient le repli américain, sans doute temporaire, annoncé par Donald Trump. Par ailleurs, ont commencé les débordements démographiques (celui de l’Afrique, en particulier) qui créent d’énormes problèmes de cohabitation en Europe, en voie d’être submergée dans les prochaines décennies, et les affrontements sur les conceptions de l’Homme et du monde, qu’ils soient d’essence religieuse ou non. De tels bouleversements ne peuvent que mettre les États européens en mauvaise posture.

Une nouvelle ère géopolitique s’ouvre

Ils le sont d’autant plus que la configuration géopolitique du monde a changé. Ils n’ont aucune prise sur la nouvelle réalité internationale. Ils sont désormais hors-jeu. Ils sont rejetés à la périphérie d’un espace mondial centré sur le face à face sino-américain. Les États-Unis, sur le déclin, s’inquiètent de revivre le « cauchemar anglais de Mackinder », du début du XX° siècle, mais cette fois à l’initiative de la Chine, et non plus d’une puissance européenne, c’est-à-dire de se voir écartés de l’ensemble eurasiatique, et d’y perdre la plus grande partie de leurs parts de marché, par suite aux alliances et aux accords passés par l’hégémon asiatique avec les États de ce continent, comme de l’Afrique aussi. Pour le politologue américain J.W. Garver, les nouveaux corridors ferroviaires transcontinentaux établis entre la Chine et l’Europe de l’Ouest préfigurent le dessein géopolitique chinois.

La balance Chine/États-Unis va sans aucun doute commander à l’avenir du monde, et dans les nouveaux équilibres la position de l’Europe et l’enjeu qu’elle représente pour Washington seront dévalués. Déjà, Donald Trump a fait savoir, au sujet de l’Otan, que « l’addition était top salée ». Les Européens vont se retrouver de plus en plus livrés à eux-mêmes. Ce qui est aussi, une chance à saisir !

Des ripostes populistes inappropriées et improductives

Face à un tel contexte, l’angoisse commence à gagner les peuples européens, en particulier les classes moyennes et populaires, celles qui sont exposées aux effets socialement déstructurant de la mondialisation et à la présence toujours plus prégnante et aliénante d’immigrants, de plus en plus nombreux, qui se comportent de plus en plus comme s’ils étaient en pays conquis, surtout quand ils sont de religion musulmane. Pourtant, comme l’ont noté bien des observateurs, c’est la léthargie qui caractérise ces Européens à qui l’on demande de faire de la place aux nouveaux venus et de respecter leurs coutumes. En attendant d’être eux-mêmes, un jour, minoritaires et soumis sur leur propre sol.

Cette résignation apparente est la conséquence de deux faits majeurs : le vieillissement fort et rapide des peuples européens qui agit sur l’esprit de résistance ; l’inhibition mentale et idéologique des Européens de tous âges et de leurs gouvernants par la religion séculaire des droits de l’Homme, qu’ils se sont inventé au temps des Lumières, et réinventé depuis 1948 en accentuant son aspect cosmopolite et millénariste (en faisant des droits de l’homme un code universel, sans tenir compte des contextes de vie des communautés, à généraliser coûte que coûte), et dont les principes se retournent contre eux dans le conflit culturel qui les confrontent à des adversaires qui leurs sont réfractaires parce qu’ils sont étrangers à leurs croyances.

L’endogamie sociale, entre les élites mondialisées et leurs peuples originaires, et communautaire, entre les populations autochtones et les différents groupes ethnoculturels allogènes, devient ainsi la règle des sociétés européennes. C’est cette situation, parce qu’elle est insupportable pour une majorité de citoyens, que est à l’origine de l’apparition et de la montée des populismes en Europe.

Malheureusement, la démarche politique de tous les mouvements populistes, à quelques exceptions près, est irrationnelle, inappropriée et, elle s’avèrerait, si elle devait aboutir, contreproductive. Elle est irrationnelle parce qu’elle ne tient pas compte du changement mondial, des nouvelles réalités de la puissance, et qu’elle s’appuie sur des représentations dépassées et des notions obsolètes pour essayer de justifier des retours en arrière impossibles. Elle est incohérente et inappropriée parce qu’elle est viscéralement anti-européenne, sous couvert d’être contre l’Union européenne qu’elle rend responsable de tous les maux. Alors que ceux-ci sont, avant tout, les conséquences des différentes politiques nationales et de l’incurie des personnels politiques (ce qui est surtout vrai des États de l’Europe du sud, France comprise). Elle serait, enfin, en cas d’arrivée au pouvoir de la plupart des partis populistes, contreproductive, en raison de leurs programmes économiques démagogiques et irresponsables qui, au lieu de régler les problèmes qui se posent, les aggraveraient. Sachant par ailleurs, qu’il n’existe pas de solution nationale à beaucoup d’entre eux.

Dès lors, parce qu’ils sont chauvins ou xénophobes, ces partis ne trouveraient pas d’autres choses à faire que de rouvrir des querelles entre Européens ; ce qui serait proprement suicidaire. Au final, à cause de leur propre impuissance, inhérente à leur fausse perception de la réalité, et à la suite de la profonde fragmentation de l’Europe qu’ils provoqueraient, les populismes risquent fort, s’ils persistent dans le sens où ils vont et même s’ils parvenaient au pouvoir, de rester dans l’histoire comme les derniers soubresauts de nations moribondes (ce n’est pas la faute à l’Union européenne si elles n’assurent plus leurs descendances !). Afin qu’il en soit autrement, il faudrait qu’ils fusionnent dans une forme de « nationalisme européen », c’est-à-dire dans un élan commun de résistance et de renouveau.

La Res publica europensis ou le salut des particularismes dans l’union

Au-delà des populistes, un nombre immense d’Européens, qui acceptent sans broncher la désagrégation de leurs nations respectives par l’immigration de masse et par les flux médiatiques de la culture globale, s’inquiètent de perdre leurs identités, et de renier leurs glorieuses histoires, en adoptant une structure étatique européenne. Pourtant, il n’existe aucune antinomie entre celle-ci et les particularismes européens, qu’ils soient nationaux ou régionaux. Au contraire, dans l’environnement mondial qui se dessine, l’État communautaire est leur seul cadre de survie, celui dans lequel on peut envisager une restructuration économique et sociale en rupture avec le système dominant, une régulation restaurée à la suite de l’harmonisation des lois sociales et fiscales, et une action politique non dévolue aux seuls intérêts économiques, mais bâtie à partir d’un projet de société et de civilisation.

La République européenne peut réunir autant de nations que l’on veut, mais dans un seul État garant du bien commun. Sans lui, les peuples européens vieillissants et repliés sur eux-mêmes, subiront les hégémonies qui vont succéder à celle des Etats-Unis, ou bien seront engloutis dans le maelström des flux globaux.

Un projet et une organisation pour convaincre

Les Vrais Européens, parce qu’ils ont dépassé leurs ethnocentrismes, et qu’ils ont bien conscience que c’est seulement unis, que leurs concitoyens pourront surmonter les difficultés qui commencent à les accabler (lesquelles ne sont rien par rapport aux épreuves à venir) sont les seuls en mesure de porter l’idée de l’Europe communautaire, républicaine, et souveraine. A savoir, celle d’un État continental respectueux de tous ses particularismes, dotés à cet effet des prérogatives nécessaires à leur pérennité, et garant du caractère démocratique et équitable de leurs relations mutuelles, comme des droits des populations. Un État, bien entendu, assez puissant pour garantir la sécurité, l’identité, et la prospérité de toutes ses composantes contre toutes les formes possibles d’ingérence ou d’agressions extérieures.

Et avant d’imaginer comment ce projet sera reçu, il faut bien avoir à l’esprit que toutes les formes étatiques et institutionnelles actuelles sont en fin de cycle, parce qu’elles sont incapables de régler les problèmes qui se posent à elles, et qui sont à l’échelle d’une globalité qui les dépassent. Il faut bien voir aussi que toutes les formules politiques autres que celle de la puissance étatique continentale sont, d’une part, des « fausses-fenêtres » pour éviter d’aborder, justement, la question de la puissance qui dérange en Europe (mais certainement pas en Chine, ni en Russie, ni aux Etats-Unis ou ailleurs), ou d’autre part, des faux fuyants pour essayer de sauvegarder les structures étatiques nationales, bien qu’elles soient obsolètes puisqu’elles ne sont plus en capacité de défendre leurs citoyens, parce que cela permettrait la sauvegarde d’une quantité de privilèges.

Il n’est que temps, car le temps passe vite, et que la mondialité technologique postmoderne l’accélère, tout en changeant à vive allure, dans chacune de ses dimensions, l’environnement des Européens, que s’organisent des instances transnationales européennes, à l’instar du think tank EurHope, qui se donnent pour mission de faire émerger une authentique opinion publique européenne et de faire circuler, d’un bout à l’autre du continent, d’une part, les aspirations et les inquiétudes légitimes des citoyens de ses différentes régions, et d’autre part, les réponses qui peuvent leur être données dans une perspective solidaire et constructive européenne.

Ensuite peut-être, sera-t-il possible, d’aller plus loin, de pouvoir penser à une organisation politique supranationale susceptible de faire entendre la voix des Vrais Européens dans les futurs débats, ou dans les prochaines luttes politiques, cruciaux pour le destin de tous les Européens.

Gérard Dussouy, professeur émérite à l’université de Bordeaux,  a publié un Traité de Relations internationales, en trois tomes, Editions L’Harmattan, 2009. Et en 2013, Contre l’Europe de Bruxelles, fonder un État européen, Editions Tatamis. Une édition italienne de ce dernier livre, mise à jour et adaptée, est parue.

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mercredi, 15 mars 2017

“Il 9 novembre 1989 segnò la fine del ciclo storico socialdemocratico, il 9 novembre 2016 invece l’elezione di Trump a Presidente USA rappresenta la fine di quello neoliberale”

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“Il 9 novembre 1989 segnò la fine del ciclo storico socialdemocratico, il 9 novembre 2016 invece l’elezione di Trump a Presidente USA rappresenta la fine di quello neoliberale”

Ex: https://byebyeunclesam.wordpress.com

Intervista allo storico Paolo Borgognone (1981), autore di diversi saggi, tra cui presso Zambon editore una trilogia sulla disinformazione strategica, Capire la Russia. Correnti politiche e dinamiche sociali nella Russia e nell’Ucraina postsovietiche, L’immagine sinistra della globalizzazione. Critica del radicalismo liberale, Deplorevoli? L’America di Trump e i movimenti sovranisti in Europa, nonché di Generazione Erasmus. I cortigiani della società del capitale e la “guerra di classe” del XXI secolo in corso di pubblicazione presso Oaks Editrice.

A cura di Federico Roberti.

Il tuo ultimo libro, “Deplorevoli? L’America di Trump e i movimenti sovranisti in Europa”, prende le mosse con l’affermazione che il 9 novembre 2016 è caduto il muro invisibile caratterizzato, nel suo lato economico, dal neoliberalismo e, in quello culturale, dalla retorica dell’antifascismo in assenza di fascismo volta a fidelizzare alla sinistra politicamente corretta i ceti popolari. Possiamo quindi considerare questa data una sorta di 9 novembre 1989, giorno della caduta del Muro di Berlino, al contrario?


Sì, perché il 9 novembre 1989 il Muro di Berlino fu abbattuto da una controrivoluzione di ceti medi cosmopoliti che desideravano recarsi all’Ovest per guadagnare di più, acquistare prodotti e merci capaci di assicurare loro maggior comfort e riconoscimento in termini simbolici e di status, ovvero accedere ai modelli di consumo e stili di vita europei e americani, entrare in possesso legalmente di valuta pregiata e gestire la propria esistenza secondo i ritmi scanditi dalla società di mercato. La retorica mainstream volta a celebrare la ritrovata libertà di opinione dei tedesco-orientali è poco meno che un orpello propagandistico utilizzato ad hoc per legittimare quello che l’Ottantanove esteuropeo in effetti fu, ossia il trionfo della pseudocultura della mobilità e delle velleità individuali al successo imprenditoriale di una parte rilevante delle società preconsumistiche dei Paesi fino a quel momento interni alle logiche del Patto di Varsavia, del Comecon e del socialismo concretizzato. Il 9 novembre 1989 segnò la fine del ciclo storico socialdemocratico. Il 9 novembre 2016 invece, Brexit e l’elezione di Trump a Presidente USA rappresentarono la fine del ciclo storico neoliberale, poiché questi fenomeni si verificarono all’intersezione tra la destra politico-culturale e la sinistra economica, ovvero ebbero come propria base di consenso un postproletariato nazionale sradicato dai processi di globalizzazione e ostile nei confronti della summenzionata, elitaria, sottocultura della mobilità. Ventisette anni prima il conflitto geopolitico e ideologico in corso tra USA e URSS fu vinto da attori sociali che avevano fatto propria l’articolazione concettuale e simbolica, nichilista, del capitalismo liberale, poiché la proposta politica che scaturì da quel ciclo storico di rivolte controrivoluzionarie si basava sull’egemonia di una cultura gauchiste e libertaria, tutta protesa alla retorica dei diritti cosmetici e sul predominio del neoliberismo in economia. Esattamente l’opposto accade oggi, per questo le citate élite del denaro che “non dorme mai” e della mobilità globale che avevano celebrato l’Ottantanove esteuropeo attivano tutto il potere di fuoco multimediale di cui dispongono per demonizzare, riproponendo l’ormai antistorica dicotomia novecentesca fascismo/antifascismo, l’ascesa degli eterogenei movimenti di insorgenza populista in Europa e Stati Uniti.

A tuo parere, sono fondati i timori che possa verificarsi una rivoluzione di velluto nei confronti del neoeletto Presidente USA? Oppure è più probabile che possa essere messo da parte attraverso un golpe che potremmo definire psichiatrico? Per non affrontare la complessa procedura congressuale prevista per il cosiddetto “impeachment”, infatti qualcuno potrebbe essere tentato di ricorrere al paragrafo 4 del 25° emendamento della Costituzione USA, che prevede la destituzione del Presidente nel caso non sia più in grado fisicamente o mentalmente di assolvere alle sue funzioni, le quali verrebbero assunte almeno temporaneamente dal Vice Presidente. Nella fattispecie, una diagnosi di psichiatri di chiara fama, sostenuti da un certo numero di membri dell’esecutivo, sarebbe sufficiente a rimuovere Trump.


Il ricorso alla psichiatria dovrebbe essere lo strumento di analisi con cui interpretare le idiosincrasie ideologiche di chi, e mi riferisco a Bernie Sanders e sodali, alle primarie del Partito Democratico ha fatto continuamente appello al richiamo populista e alla proposta economica socialdemocratica per sfidare le élite del capitalismo finanziario e l’establishment di Wall Street contigui a Hillary Clinton e poi, in sede elettorale, è rifluito sul sostegno alla paladina dello stato di cose presenti. Ora, non dico che Sanders avrebbe dovuto appoggiare Trump ma il sostegno che l’anziano esponente socialista democratico ha regalato incondizionatamente a Hillary Clinton è la riprova, ulteriore, della subalternità ideologica della sinistra al campo liberale. Una subalternità giustificata tramite il ritornello del “nemico principale” identificato nella destra populista e non nel capitalismo di libero mercato in quanto tale. Non dubito che i Millennials che alle primarie del Partito Democratico appoggiarono Sanders, oggi potrebbero fungere da massa di manovra controrivoluzionaria per un “golpe colorato” avente l’obiettivo di neutralizzare l’outsider Donald Trump. Le centrali ideologiche di questo golpe in itinere io le cercherei più nella Silicon Valley (culla degli apologisti dell’ideologia del progresso fondata sulle potenzialità taumaturgiche delle nuove tecnologie sulla strada della transizione al postumano) che non a Wall Street mentre le corporation dell’industria dello spettacolo hollywoodiana potrebbero offrire la sponda di copertura e legittimazione scenica di questa “rivoluzione colorata”. L’impeachment potrebbe essere una strada percorribile da parte degli oppositori di Trump, così come lo sono il sabotaggio parlamentare delle procedure di Brexit. Tuttavia, non credo che i cicli storici di cambiamento epocale dell’approccio pubblico alle questioni interne e internazionali possano essere fermati a colpi di decreto.

A seguito dell’elezione di Trump e degli eventi politici che hanno costellato il 2016 – citiamo, fra gli altri, la vittoria del “leave” al referendum sulla Brexit e la netta maggioranza con la quale in Italia è stato respinto il progetto di riforma costituzionale avanzato dal governo Renzi – quale è, se esiste, la strada tracciata dinanzi a quelli che tu chiami movimenti sovranisti in Europa, più frequentemente e spregiativamente denominati populisti?


Una strada che appare simile a un labirinto. I sovranisti sono attori politici con un’identità ideologica incerta, tra loro eterogenei e spesso incompatibili (la galassia politica sovranista si articola in un perimetro che va dal PVV olandese, liberal-liberista, atlantista, filoisraeliano e interno alla narrativa islamofoba fallaciana fino allo Jobbik ungherese, un partito eurasiatista e antisionista), frutto dei caratteri nazionali dei rispettivi contesti d’origine e piuttosto inclini alle logiche del partito imprenditore della rappresentanza dei ceti genericamente incazzati nei confronti di un’oligarchia i cui contorni politico-affaristici e i cui legami internazionali gli stessi sovranisti esitano a delineare con precisione. Detto questo, i sovranisti sono accomunati da alcune proposte programmatiche condivise, ad esempio il ripristino dei poteri pubblici statali sulle frontiere nazionali dei singoli Paesi, la contestualizzazione del conflitto di classe in corso su linee verticali (chi sta in alto vs chi sta in basso) e la narrativa anti-immigrazione. Quest’ultima sembrerebbe, per ovvi motivi di appeal in quanto l’immigrazione è un problema che tocca, nei Paesi della UE, la quotidianità delle persone assai più di altri sconvolgimenti frutto delle politiche neoliberali sistemiche, la direttrice propagandistica foriera di maggiori consensi pubblici ai partiti sovranisti. Certo, non sarebbe male se i sovranisti inquadrassero il fenomeno migratorio nel contesto del regime dei flussi imposto dal capitalismo finanziario e digitale globale, invece che ingannare l’opinione pubblica perseverando a sentenziare che, una volta giunti al governo dei rispettivi Paesi, avrebbero rispedito i migranti a casa propria con il proverbiale “calcio in culo” di leghista memoria. Nel momento in cui i partiti sovranisti della destra si convinceranno che il “calcio in culo” di cui sopra va assestato, più che agli immigrati, agli esponenti di quella upper class creativa di mode e stili di consumo, desiderio e capriccio forgiate ad hoc per dettare il tono della vita di tutti, potranno costituire un’alternativa di sistema ai partiti globalisti tuttora al governo nei principali Paesi della UE. Sull’altro versante, i partiti populisti di sinistra, qualora vi fossero forze politiche organizzate di questo tipo in Europa (e, francamente, a parte alcune eccezioni, come Unità Popolare in Grecia e spezzoni minoritari della Linke in Germania, non sono in grado di scorgerne), potranno risultare convincenti nel momento in cui si risolveranno a convenire sull’assunto concernente l’irriformabilità dall’interno della UE, abbandonando ogni velleità di “uscire” dalla crisi di sovranità in cui le politiche neoliberali dell’élite finanziaria globalista hanno precipitato popoli e nazioni rimanendo “dentro” le strutture di governance multilivello stabilite proprio dai ceti finanziari che, a parole, la sinistra ambisce contrastare.

In Francia, la pressione mediatica e giudiziaria sui candidati alle prossime elezioni presidenziali considerati filo-russi, François Fillon e Marine Len Pen, sta crescendo vertiginosamente. Con il paradossale esito che i consensi persi dal primo vadano a rafforzare ulteriormente la seconda…


E’ noto che un’eventuale vittoria elettorale di Marine Le Pen in Francia alle prossime presidenziali sconvolgerebbe definitivamente gli assetti neoliberali della UE e pertanto questa vittoria è, da parte di chi si ritrova nella prospettiva politica antiglobalista, auspicabile, al di là delle critiche che si possono muovere alla candidata del FN, come ad esempio l’essere piuttosto filoisraeliana in politica estera, il guidare un partito a direzione familiare o l’aver approntato un programma economico semi-liberista. C’è sempre qualche rivoluzionario più rivoluzionario di tutti pronto a giocare il gioco di un candidato come Macron prestando il fianco, da schizzinoso, agli strali anti-lepenisti della sinistra radicale.


In definitiva, se Marine Le Pen, che parla esplicitamente di fuoriuscita della Francia da UE, euro e strutture militari della NATO, nonché di dar vita a un’Europa di patrie, popoli e nazioni da Lisbona a Vladivostok, dunque alleata con la Russia in funzione anti-atlantista, è avversata dal 100 per cento dei media mainstream internazionali, significa che codesta candidata costituisce il male minore, ossia il bene maggiore, per il suo Paese. E le caste globaliste dei media aziendali faranno di tutto per gettare discredito su Marine Le Pen, rivolgendosi al discorso antifascista di autocelebrazione dello stato di cose presenti e costruendo pretesti scandalistici per incastrare la leader del FN. La strategia è infatti il “metodo Fillon”, utile per levare dai piedi a Macron un avversario potenzialmente urtante in termini di spartizione dei consensi dei ceti medi urbani pro-UE ma, rispetto al giovane banchiere dei Rothschild, percepito come “filo-russo” in politica estera (in passato infatti, Fillon, non si sa se per convinzione personale o per drenare alla propria causa politica, liberale di destra e dunque sistemica, voti appannaggio del FN, aveva denunciato l’«imperialismo americano» nel perimetro geopolitico ex sovietico e condannato le sanzioni imposta dall’amministrazione Obama contro la Russia). Tuttavia, credo che la Commissione Europea e la Merkel ripongano molta fiducia in Macron e abbiano mobilitato tutte le forze di cui dispongono per giungere, in Francia, a un ballottaggio presidenziale tra questi e Marine Le Pen, archiviando la prospettiva, inizialmente coltivata ma divenuta impraticabile nel dopo-Trump, di una presidenza Fillon più difficile da inquadrare nell’ottica di quel conflitto culturale e di classe che oppone flussi a luoghi e globalisti a sovranisti. Dopo Trump i ceti globalisti hanno deciso di serrare i ranghi, puntando tutto sullo showdown finale tra il loro candidato, Emmanuel Macron, banchiere internazionale fedelissimo alla linea liberale di centrosinistra, atlantista, filosionista e clintoniano ideologico, e Marine Le Pen. Le prossime elezioni francesi, il ballottaggio soprattutto, vedranno il concretizzarsi politico e mediatico del conflitto multilivello in corso tra i vincenti della globalizzazione e gli sradicati in cerca di sicurezza, identità e rappresentanza.

La serie di elezioni che sta per prendere il via in Europa rischia di ridisegnare la geografia politica del continente, seppellendo nelle urne l’eurozona e le istituzioni di Bruxelles. Quali potranno essere, a tuo parere, i nuovi possibili scenari di politica internazionale? Sarà possibile trovare una soluzione diplomatica ai conflitti in Siria e Ucraina, nonché avviarsi alla pacificazione del teatro libico? Diminuiranno le tensioni con la Russia oppure la NATO proseguirà nella sua strategia di accerchiamento-avvicinamento ai confini del gigante eurasiatico?


Accolgo con favore i patti di reciproca collaborazione firmati a Mosca tra Russia Unita, il partito di Vladimir Putin, e alcuni soggetti politici a vario titolo considerati “populisti” dei Paesi della UE, come la Lega Nord e la FPӦ. Forse, e mi perdonerai se pecco di ottimismo, un comune sentire filo-russo da parte di questi partiti potrebbe smorzarne l’elemento sciovinistico interno, aiutandoli a convergere in direzione di una più spiccata sensibilità antiglobalista, rinunciando al nazionalismo e a una visione schematica e mistificatoria dell’Islam come sorta di unitario blocco terroristico antioccidentale. Penso che i populismi (reattivi e patrimoniali) europei odierni siano molto eterogenei tra loro e poco inclini alla prospettiva, propria di uno studioso come Dominique Venner, di uno Stato identitario europeo da contrapporre alla UE neoliberale e transatlantica. Tuttavia, i partiti populisti, esito finale della conversione ideologica della sinistra da partito delle classi lavoratrici autoctone a sponda politica privilegiata dei ceti medi creativi, cosmopoliti e affluenti, i cosiddetti figli della globalizzazione liberale, hanno il merito, pur nella loro inequivocabile eterogeneità ideologica di fondo, di contribuire a far emergere quelle contraddizioni interne al capitalismo globale che probabilmente contribuiranno a cortocircuitare questo regime della paranoia e del nichilismo istituzionalizzati. Per quanto riguarda la NATO, penso che continuerà a puntellare i pericolanti governi sciovinisti di destra dei Paesi baltici e dell’Ucraina in funzione anti-russa. Il tutto mentre il ceto politico-intellettuale pseudo-progressista europeo da un lato persevererà nel condannare colui che definisce il “dittatore” Putin e a sfilare, bandiera rossa (o meglio, arcobaleno) in pugno alle manifestazioni di memorialistica e folklore antifascisti del 25 aprile e, dall’altro, utilizzerà litri d’inchiostro per consolidare, nell’immaginario stereotipato dei lettori dei giornali liberal dove codesti intellettuali organici al politically correct ricoprono il ruolo di strapagati editorialisti, l’idea secondo cui la NATO, insieme ai “combattenti per la libertà” ucraini e baltici, costituirebbe un “baluardo democratico” per proteggere i “valori cosmopoliti europei” dall’“aggressione” russa. I media mainstream sono unanimi nella condanna di una invero inesistente “Internazionale Sovranista” coordinata, secondo tale vulgata, di volta in volta da Trump o Putin nonché finalizzata alla demolizione della UE transatlantica, liberista e cosmopolitica e, al contempo, si prodigano nell’apologia diretta e indiscutibile della, concreta e tangibile, “Internazionale Liberal” il cui scopo manifesto è annientare ogni traccia di etica comunitaria e identità collettiva caratteristiche dell’Europa come spazio geopolitico tradizionale propriamente inteso.

mardi, 14 mars 2017

Qui commande en France: Paris ou Ankara?

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Qui commande en France: Paris ou Ankara?

Communique de presse de Jacques Myard

Ex: http://www.lesobservateurs.ch 

12 mars 2017

Le 9 mars dernier je marquais mon étonnement dans un communiqué reproduit ce dessous, du silence des Etats européens qui restaient sans voix alors que le sieur Erdogan traitait l’Allemagne de Nazie, certaines communes allemandes ayant interdit des réunions politiques présidées par des ministres turcs.

L’affaire se reproduit quelques jours plus tard cette fois-ci avec les Pays-bas qui refuse d’accueillir le ministre turc des affaires étrangères, ce qui suscite les mêmes accusations de nazisme de Recep Erdogan.

Mais l’affaire ne s’arrête pas à cette nouvelle salve d’insultes parfaitement inadmissibles et scandaleuses, les Français apprennent avec stupéfaction que le-dit ministre turc refusé d’accès aux Pays-Bas s’est posé à Metz où il a tenu sa réunion : incroyable mais vrai !

Paris en autorisant cette réunion commet une triple faute :

1) Le gouvernement foule au pied la plus élémentaire solidarité à l’égard de l’un de nos alliés et partenaires européens alors même que le tandem Hollande-Cazeneuve nous rabâche leur sempiternel pathos pro-européen : belle hypocrisie !

2) La réunion politique turque est une violation directe de la souveraineté de la France en ce qu’elle est un acte d’une puissance publique étrangère effectué sur le territoire national. Si le droit international public autorise des étrangers à voter pour des élections nationales la France encadre ce droit rigoureusement afin d’éviter les dérives politiques et débordements: en réponse à ma question écrite que je lui ai posée, le ministre de l’intérieur m’indique au JORF le 7 Octobre 2014 notamment:

« Tout État étranger qui souhaite organiser en France une élection nationale se voit rappeler de façon systématique l’interdiction : d’afficher en dehors des locaux diplomatiques et consulaires ; de réunion dans des lieux publics ouverts ; de distribution de tracts, profession de foi… »

La réponse souligne aussi l’exigence de réciprocité… À ce titre on peut se montrer un peu curieux….

Dans ces conditions la liberté d’expression évoquée par le secrétaire général de la Préfecture, sans doute sur ordre, est un argument hors de propos car ce qui est en jeux c’est le respect de notre souveraineté qui doit conduire un Etat étranger à la retenue !

3) Mais le gouvernement en s’écartant des principes réaffirmés en 2014 et en lâchant la bride à un homme qui n’en restera pas là – ce dernier a parfaitement compris la lâcheté d’un gouvernement à bout de course – a commis une faute diplomatique qu’il sera très difficile de corriger sauf au prix d’une crise majeure .

La diplomatie demande du courage et surtout de la lucidité !

Le 9 mars 2017

La Turquie n’est plus la Sublime Porte ! 

Les péripéties de notre élection présidentielle nous font parfois oublier les enjeux réels du monde dont les conséquences peuvent être beaucoup plus dramatiques sur notre destin que nos querelles internes.

La radicalisation islamique de la Turquie est, à l’évidence, une tendance structurelle, de fond, qui est en passe d’éradiquer toutes les forces laïques.

Plus graves encore sont les prétentions arrogantes du régime de diffuser sa propagande en Europe auprès de ses expatriés en violation de la souveraineté des États où ils se trouvent.

En application de la souveraineté de chaque État, le droit international public interdit à un Etat étranger de conduire des actions politiques auprès de ses nationaux expatriés.

Erdogan viole ce principe et, en accusant l’Allemagne de nazisme, il insulte notre voisin alors que des communes décident de refuser que des Ministres turcs viennent faire campagne pour la gloire du régime turc.

 Il n’est pas admissible qu’il n’y ait eu aucune protestation des États européens au motif qu’il ne faut pas « froisser » Ankara en raison de son rôle dans la question des migrants.

C’est là une lâcheté sans pareille, que nous allons payer cher, car Erdogan a bien l’intention de pousser son avantage et d’utiliser les diasporas turques à des fins politiques pour peser sur les choix des Européens dans tous les domaines, internes et externes.

Il sera alors trop tard, mais nous aurons été prévenus !

Site de Jacques Myard : www.jacques-myard.org

Jacques Myard, Député-Maire de Maisons-Laffitte, Président du Cercle Nation et République, Membre de la commission des affaires étrangères et européenne.

Jacques Myard, Député-Maire de Maisons-Laffitte, Président du Cercle Nation et République, Membre de la commission des affaires étrangères et européenne.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

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Is Turkey Lost to the West?

Ex: http://lewrockwell.com

Not long ago, a democratizing Turkey, with the second-largest army in NATO, appeared on track to join the European Union.

That’s not likely now, or perhaps ever.

Last week, President Recep Tayyip Erdogan compared Angela Merkel’s Germany to Hitler’s, said the Netherlands was full of “Nazi remnants” and “fascists,” and suggested the Dutch ambassador go home.

What precipitated Erdogan’s outbursts?

City officials in Germany refused to let him campaign in Turkish immigrant communities on behalf of an April 16 referendum proposal to augment his powers.

When the Netherlands denied Turkish Foreign Minister Mevlut Cavusoglu landing rights, he exploded, saying: “The Netherlands … are reminiscent of the Europe of World War II. The same racism, Islamophobia, xenophobia, anti-Semitism.”

When Turkey’s family and social policies minister, Betul Sayan Kaya, drove from Germany to Rotterdam to the campaign, Dutch police blocked her from entering the Turkish consulate and escorted her back to Germany.

Liberal Europeans see Erdogan’s referendum as a power grab by an unpredictable and volatile ruler who has fired 100,000 civil servants and jailed 40,000 Turks after last summer’s attempted coup and is converting his country into a dictatorship.

This crisis was tailor-made for Geert Wilders, the anti-EU, anti-Muslim Dutch nationalist who is on the ballot in Wednesday’s Dutch general election.

Claiming credit for the tough stance of conservative Prime Minister Mark Rutte, Wilders tweeted: “I am telling all Turks in the Netherlands that agree with Erdogan: GO to Turkey and NEVER come back!”

“Wilders is a racist, fascist Nazi,” replied Cavusoglu.

Wilders had been fading from his front-runner position, but this episode may have brought him back. While no major Dutch party would join a government led by Wilders, if he runs first in the election March 15, the shock to Europe would be tremendous.

Rutte, however, who dominated the media through the weekend confrontation with the Turks, could be the beneficiary, as a resurgent nationalism pulls all parties toward the right.

All Europe now seems to be piling on the Turks. Danes, Swedes, and Swiss are taking Europe’s side against Erdogan.

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Marine Le Pen, the leader of the populist National Front in France, called on the socialist regime to deny Turkish leaders permission to campaign in Turkish communities. She was echoed by conservative party candidate Francois Fillon, whose once-bright hopes for the presidency all but collapsed after it was learned his wife and children had held do-nothing jobs on the government payroll.

On April 23 comes the first round of the French elections. And one outcome appears predictable. Neither of the major parties — the socialists of President Francois Hollande or the Republicans of ex-President Nicolas Sarkozy — may make it into the May 7 finals.

Le Pen, the anti-EU populist who would lift sanctions on Putin’s Russia, is running even with 39-year-old Emmanuel Macron, a socialist running as the independent leader of a new movement.

Should Le Pen run first in April, the shock to Europe would be far greater than when her father, Jean-Marie Le Pen, made the finals in 2002.

At the end of 2017, neither Wilders nor Le Pen is likely to be in power, but the forces driving their candidacies are growing stronger.

Foremost among these is the gnawing ethnonational fear across Europe that the migration from the South — Maghreb, the Middle East, and the sub-Sahara — is unstoppable and will eventually swamp the countries, cultures, and civilization of Europe and the West.

The ugly and brutal diplomatic confrontation with Turkey may make things worse, as the Turks, after generous payments from Germany, have kept Syrian civil war refugees from crossing its borders into Europe. Should Ankara open the gates, a new immigration crisis could engulf Europe this spring and summer.

Other ethnonational crises are brewing in a familiar place, the Balkans, among the successor states born of the 1990s breakup of Yugoslavia.

In Bosnia, secessionists seek to pull the Serb Republic away from Sarajevo toward Belgrade. The Albanian minority in Macedonia is denouncing political discrimination. The Serbs left behind after Kosovo broke loose in 1999, thanks to 78 days of U.S. bombing of Serbia, have never been reconciled to their fate.

Montenegro has charged Russia with backing an attempted coup late last year to prevent the tiny nation from joining NATO.

The Financial Times sees Vladimir Putin’s hand in what is going on in the Western Balkans, where World War I was ignited with the June 1914 assassination of the Austrian archduke in Sarajevo.

The upshot of all this:

Turkey, a powerful and reliable ally of the U.S. through the Cold War, appears to becoming unmoored from Europe and the West and is becoming increasingly sectarian, autocratic and nationalistic.

While anti-immigrant and anti-EU parties across Europe may not take power anywhere in 2017, theirs is now a permanent and growing presence, leeching away support from centrist parties left and right.

With Russia’s deepening ties to populist and nationalist parties across Europe, from Paris to Istanbul, Vlad is back in the game.

lundi, 13 mars 2017

Von Mediokristan ins Land Extremistan

Von Mediokristan ins Land Extremistan

 

Hans-Peter Schwarz analysiert die dramatischen Fehler der Bundesregierung zur hausgemachten Einwanderungskrise, aus Unfähigkeit und Gefallsucht einer infantilisierten Gesellschaft. Schwarz erklärt, wie die Migrationspolitik neu justiert werden könnte.

Die Urheber der heutigen Europäischen Verträge „sitzen in einer selbst gestellten Falle und wissen nicht, wie sie sich daraus befreien sollen.“ Sagt Hans-Peter Schwarz. Mit seiner Habilitationsschrift „Vom Reich zur Bundesrepublik“, einem Standardwerk zur Nachkriegsgeschichte, seinen Biographien von Konrad Adenauer, Helmut Kohl und Axel Springer und vielen anderen Werken hat er in wahrstem Sinne Geschichte geschrieben. Seinem neuen Buch ist zu wünschen, dass es gehört wird.

Die Bundesmarine als Helfer der Schleuser

Er geht damit streng mit Politik und Medien sowie der politischen Öffentlichkeit um, „frivoler Optimismus und fürbürgerliche Gefahrenblindheit endeten wie gewöhnlich im Katzenjammer“. In Politik wie Öffentlichkeit sei ein vernünftiges Gefahrenbewusstsein verlorengegangen, auch und gerade des „zeitweilig zum Propagandaapparat verschlampten Willkommensrundfunks“. Mit dieser Sichtweise ausgestattet zerfetzt er das Taktieren und Finassieren der Regierung Merkel, aber auch der ihr ergebenen Medien. Immer wieder weist er auf absurde Fehler hin und benennt sie: Etwa Operation „Triton“, jene zwei Fregatten der Bundesmarine. „Sie brachten künftig die gewissenlosen Schleuserkapitänen ausgesetzten oder in Schlauchbooten zusammengepferchten Flüchtlinge an die Küste Italiens, von wo sie sich auf den Weg nach Deutschland machen konnten. Eine größere Absurdität lässt sich kaum vorstellen, auch kein besseres Beispiel dafür, wie sich humanitäre Erpressung bezahlt macht. Die Seestreitkräfte Europas wurden von sentimentalen Regierungen zu einem ganz unentbehrlichen Zwischenglied in der Schleuserkette umfunktioniert“.

Das Land Mediokristan

Über das Buch von 2007 Der Schwarze Schwan. Die Macht höchst unwahrscheinlicher Ereignisse des aus alter libanesischer Familie stammende Nassim Nicholas Taleb sagt Schwarz in seiner Einleitung:

„In Mediokristan werkeln tüchtige, häufig aber phantasielose Politiker, Manager, Beamte, Wissenschaftler, Theologen, Lobbyisten, auch Journalisten und Professoren innerhalb überkommener Institutionen und im festen Glauben an eine überkommene politische Kultur, an die bewährte Unternehmensstrategie oder an vorherrschende philosophische Wertesysteme routiniert vor sich hin, als könne nie ein schwarzer Schwan auftauchen. Solange das tatsächlich nicht geschieht, bewirkt diese Elite manches Nützliche, treibt ihre Machtspielchen, macht die üblichen kleinen oder größeren Dummheiten, erspart aber sich und uns die ganz großen, katastrophalen Fehler. Das mag gutgehen, solange keine schwarzen Schwäne einfliegen.

In Wirklichkeit aber sind diese mediokren, gefahrenblinden Eliten unterwegs nach Extremistan. Denn wenn wider alle Erfahrung ein schwarzer Schwan auftaucht, also ein weitreichendes, unvorhergesehenes Ereignis, fällt ihnen nichts ein, als stoisch und zum Schaden aller an den Verhaltensweisen, Wertvorstellungen und Strategien festzuhalten, die sie sich in Mediokristan angeeignet haben. Doch nun drohen sich ihre kleineren und größeren Dummheiten zu Katastrophen für ihre Länder, Unternehmen oder ganze Zivilisationen auszuwachsen.“

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Schon dieser Bezug auf Taleb liest sich 1:1 wie die Einwanderungskrise, die ganz Europa, vor allem aber seine Wohlfahrtsstaaten erfasst hat, auch wenn das die politische und mediale Klasse nur in Ausnahmefällen bisher begriffen hat oder wahrhaben will.

Schwarz erinnert an Ludger Kühnhardt, der 1984 die Monographie Die Flüchtlingsfrage als Weltordnungsproblem. Massenzwangswanderungen in Geschichte und Gegenwart veröffentlichte: „Rund 250 Millionen Menschen, so Kühnhardts Befund, begaben sich in den ersten acht Jahrzehnten des 20. Jahrhunderts auf die Flucht.“ Und: „Kühnhardt hat in seiner Untersuchung überdies darauf aufmerksam gemacht, daß eine akzeptable Bewältigung des Flüchtlingsproblems nicht nur von den Aufnahmestaaten abhängt, sondern auch von den Flüchtlingen selbst. Jeder von ihnen hat eine ganz individuelle Geschichte, jeder bringt seine Hoffnungen, Überzeugungen, auch seine Vorurteile, seine Enttäuschungen und seinen Haß ins Gastland. Die meisten zeigen Bereitschaft, sich einzugliedern und sich ein neues Leben aufzubauen. Aber es gibt auch jene Engagierten, die in den Gastländern ihre politischen, ethnischen oder religiösen Auseinandersetzungen untereinander fortführen und weiterhin versuchen, auf die Entwicklungen in ihren Heimatländern Einfluß zu nehmen.“

Lassen wir den Autor selbst sagen, was uns in seinem brandneuen Buch Die neue Völkerwanderung nach Europa – Über den Verlust Politischer Kontrolle und moralischer Gewissheit erwartet:

Kapitel 1 (Der Schwarze Schwan) ist eine Art Ouvertüre. Seit dem fatalen Sommer 2015 sieht sich das alte Europa in eine unbekannte, zusehends bedrohliche Geschichtslandschaft gestoßen. Auch Deutschland hat sich – unvorbereitet, doch in naivem Selbstvertrauen – auf eine Reise begeben, die, mit Nicholas Taleb zu spre- chen, aus dem Land Mediokristan ins Land Extremistan führt. Ich selbst habe mir in der folgenden essayistischen Studie vorgenommen, den Reisebegleiter zu spielen, der die auffälligsten Beobachtungen notiert und sie kritisch kommentiert.

Kapitel 2 (Eine Völkerwanderung neuen Typs) beschäftigt sich mit den Fragen: Wie hat sich die neue Völkerwanderung angekündigt? Gab es Vorzeichen und Vorahnungen? Was sind ihre Merkmale? Von wann an hat sich die Metapher Völkerwanderung zur Kennzeichnung der neuen Lage aufgedrängt? Und warum ist schon das Wort so umstritten? Flüchtlingsströme dieser Wucht und Größenordnung sind einerseits eine humanitäre Herausforderung, andererseits ein Sicherheitsproblem. Wie soll sich Europa verhalten? Das Dilemma ist schwer auflösbar.

schw1.jpgKapitel 3 (Wie kam es zum Kontrollverlust?) analysiert in historischer Perspektive die institutionellen Pull-Faktoren, die in der Europäischen Union entstanden sind: die offenen Landesgrenzen, die fehlende Sicherung der Außengrenzen und das großzügige Flüchtlingsrecht. Statt den Schutz der Außengrenzen umsichtig zu organisieren, hat die Europäische Union buchstäblich einem jeden der mehr als sechs Milliarden Menschen außerhalb Europas das gerichtlich zu überprüfende Individualrecht zugesichert, ein aufwendiges Asylverfahren zu beantragen. Daß alle Verantwortlichen, die Bescheid wissen, diesen Fehler tief unter der Decke halten, ist verständlich, wenngleich unentschuldbar. So ist eine Lage entstanden, die Henry Kissinger mit den Worten charakterisiert hat: »Wir beobachten heute ein sehr seltenes historisches Ereignis. Eine Region verteidigt ihre Außengrenzen nicht, sondern öffnet sie stattdessen. Das hat es seit einigen tausend Jahren nicht gegeben.« Beim Blick auf die Faktoren, die seitens der EU zum Kontrollverlust beigetragen haben, muß auch der nicht ganz unerhebliche deutsche Anteil skizziert und bewertet werden.

Kapitel 4 (Improvisierte Strategien) diskutiert die Krisenstrategien, mit deren Hilfe die EU mit Deutschland als Vorreiter beim Ansturm der Flüchtlingswelle das teilweise selbstverschuldete Chaos in den kritischen Monaten September 2015 bis März 2016 zu bewältigen suchten. Führt man sich die Vielzahl von Maßnahmen vor Augen, mit denen die Europäische Union und ganz besonders die Bundesregierung experimentiert haben und immer noch experimentieren, kommt das bissige Aperçu des Ökonomen Joseph A. Schumpeter in Erinnerung: »Politiker sind wie schlechte Reiter, die so stark damit beschäftigt sind, sich im Sattel zu halten, daß sie sich nicht mehr darum kümmern können, in welche Richtung sie reiten.« Der Ritt hat bekanntlich an den Hof des Sultans Erdogan geführt und ist vorerst im März 2016 mit einem ziemlich fragwürdigen Deal zu Ende gegangen. Immerhin erlaubt die in jenem Monat vorerst eingetretene Ruhepause eine erste kritische Prüfung der verfügbaren Defensivstrategien. Wie stets bei derart schwierigen Herausforderungen ist ein Maßnahmenmix erforderlich. Schon in dieser Phase hat sich gezeigt, daß es bei diesem alarmierenden Kontrollverlust letzten Endes die Staaten waren, die – vorerst provisorisch – den voreilig an die EU übertragenen Schutz ihrer Landesgrenzen wieder zu übernehmen hatten. Dabei mußten leider auch die altbekannten Zwangsmittel wie strikte Grenzkontrollen und Grenzzäune wieder zum Einsatz kommen, damit ein Kollaps verhindert wurde.

Kapitel 5 (Worauf wir uns einstellen sollten) ist ein Versuch, aus den bisherigen Beobachtungen eine Anzahl langfristiger Trends herauszulesen. Der Befund ist besorgniserregend: Die Europäische Union ist mit langfristigen Gefahren konfrontiert, deren Wucht gar nicht überschätzt werden kann. Das gilt nicht zuletzt für Deutschland, dessen Regierung sich viel zu weit herausgelehnt hat. Was Wolfgang Schäuble Mitte November 2015 mit fröhlichem Zynismus in ein Bild gefaßt hat, wird hier detaillierter erörtert: »Lawinen kann man auslösen, wenn ein etwas unvorsichtiger Skifahrer aus dem Hang geht und ein bißchen Schnee bewegt. Ob wir schon in dem Stadium sind, wo die Lawine im Tal angekommen ist, oder ob wir im Stadium am oberen Ende des Hanges sind, weiß ich nicht.« Inzwischen wissen wir Bescheid: Eine erste Lawine hat sich bereits in Bewegung gesetzt – und die Europäische Union ist in ihren Sog geraten. Weitere werden wahrscheinlich folgen.

In Kapitel 6 (Umsteuern, aber wie?) sind einige Leitlinien skizziert, wie die Europäische Union das Schengen-System und ihre Flüchtlingspolitik neu justieren könnte, wenn der gewaltige Migrationsdruck, wie zu erwarten, weiterhin anhält. Noch wagt keine Regierung, an den Kern der Schwierigkeiten zu rühren. Eine kritische Diskussion tiefgreifender Reformmaßnahmen hat noch nicht begonnen: »Überfällig, aber immer noch tabuisiert …« Der hier angedeutete Umbau der Institutionen wäre eine politisch heikle und moralisch unerfreuliche Operation. Auf Reformen wird sich die EU wohl erst einlassen, wenn ihr das Wasser bis zum Hals steht. Wahrscheinlich ist bis auf weiteres ein Kurs unentschiedenen Durchwurstelns. Sicher ist nur eines: In ihrer derzeitigen institutionellen Verfassung wird die Europäische Union auf lange Sicht mit der neuen Völkerwanderung nicht fertig werden.“

Kein Staat in der Welt hat auf die Sicherung seiner Grenzen de facto so verzichtet wie die Mitgliedsländer das der EU erlaubt haben. Niemand sonst hat sich das Recht aus der Hand nehmen lassen, selbst zu bestimmen, wer einwandern darf und wer nicht. Am Ende wird die EU zu dieser Normalität zurückkehren, nachdem es einzelne EU-Länder für sich getan haben, weil die EU nicht handelt. Bis dahin kann aber der Import von fremden Problemen weiter fortgesetzt werden. Auch wenn das völlig unverantwortlich ist.

Das Werk von Schwarz ist ungewöhnlich faktenreich und sauber recherchiert. Es ist verständlich geschrieben, mit einem umfangreichen Anhang versehen und voller Bonmots und scharfsinniger Beobachtungen. Zur Bekämpfung von Risiken und Nebenwirkungen, die nach der Lektüre entstehen und den Leser in tiefe Verzweiflung angesichts der offenbarten Unfähigkeit der Regierenden stürzen, dazu werden keine Rezepte mitgeliefert.

vendredi, 10 mars 2017

Quelques bribes tirées de la revue de presse de Pierre Bérard

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Quelques bribes tirées de la revue de presse de Pierre Bérard

Au sommaire :

Dans son émission Répliques du 04/03/2017 Alain Finkielkraut donnait la parole à Dorian Astor et Céline Dent sur le thème « Comment peut-on être nietzschéen ? » 
 
 
Mis en cause par la vertueuse coalition des juges et des journalistes François Fillon doit faire face à une vive déstabilisation de sa campagne. Répondant à Natacha Polony, Alain Finkielkraut constate que Fillon ne fait que recevoir la monnaie de sa pièce mais que de ce fait les affaires communes (le commun) ne sont nullement abordées dans cette période pourtant propice à l’échange d’arguments contradictoires. Bref, magistrats et pouvoir médiatique confisquent le débat politique renforçant ainsi la dépolitisation du pays. 
La morale privée prend la place de la morale politique. Conclusion de cet excellent entretien : « L’essentiel, contrairement à ce que nous martèle la vulgate économiste commune au marxisme et et au libéralisme, ce n’est pas l’économie mais la situation de la France, le risque de partition du pays et la violence qui s’installe ».
 
 
Contre l’égoïsme national qui risque de mener l’Europe à sa perte Gérard Dussouy partant du fait que la mondialisation est un fait acquis propose aux « Vrais Européens » de s’unir en une unité continentale suffisamment puissante pour conserver ses identités et jouer son rôle dans la reconfiguration du monde telle qu’elle est en train de se jouer.
 
 

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Le pessimisme actif de Laurent Ozon concernant la généralisation des Organismes Génétiquement Modifiés et la privatisation du vivant qu’elle implique est contrebalancée par une conclusion qui pourra paraitre surprenante au regard de ceux qui se disent « humanistes » et qui nous gouvernent présentement : « Jamais dans l’histoire, une technologie n’a disparu de la surface de la terre sans avoir été dépassée en puissance ou en efficacité ou sans l’élimination de ses utilisateurs ».
 
 
La démocratie présupposant la liberté d’expression, la séparation des pouvoirs et la protection des élus par des immunités parlementaires Jean-Yves Le Gallou avance avec raison que ces trois conditions ne sont plus remplies dans la France d’aujourd’hui. 
 
 
On pourrait user de cette phrase d’un député frondeur du PS : « Le bilan politique de Hollande est une catastrophe, il nous laisse un champ de ruines »( Le Monde 06/03 ) et l’étendre à l’ensemble de la droite gouvernementale tant « l’obstination » ( le mot prononcé le même jour est d’Alain Juppé ) semble mortifère pour celle-ci qui se trouve acculée dans l’impasse. De ce réjouissant spectacle de déliquescence d’une caste politique faillie, Laurent Cantamessi tire une chronique amusante dont il ressort qu’en cas de duel final entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron c’est bien la mise au rancart du vieux clivage horizontal droite-gauche qui serait confirmée au profit d’une polarisation inédite opposant la France d’en bas à la France d’en haut.
 
 
La « rééducation » des Allemands de l’ouest considérés comme une population déviante par des psychiatres américains avant et après 1945. Une guerre culturelle qui s’ignore pour 
nombre de ses protagonistes. Il s’agissait d’aboutir à une société mondiale des égaux comme la projetaient Margareth Mead et ses amis. Cette entreprise de remodelage et de mise au pas semble avoir fonctionné au delà de toute espérance. En ajoutant à cette longue et Intéressante émission de la chaîne Arte les travaux de Lucien Cerise concernant l’ingénierie sociale contemporaine on aura une vue complète des possibilités de manipulation qu’offrent les science sociales.
 
 
Un article de la Fondation Polémia illustre à merveille le thème précédent en enregistrant le décès possible de l’Allemagne emportée par une épidémie de peste blanche et le tarissement démographique qui s’ensuit. Payerait-elle là sa « rééducation » au prix fort ? On se le demande tant les Allemands ahuris semblent consentir à leur propre disparition.
 
 
Toujours dans le même ordre d’idées on pourra constater les ravages saisissants du lavage de cerveau dans l’école qui est sensée former les « élites » françaises (Sciences-Po) avec cette malheureuse élève qui nous présente le parfait clone d’un hybride zombie-perroquet occidentiste.
 
 
L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne organise des stages de formation à fort contenu intellectuel. Ici, la troisième partie du mémoire de fin de cycle que nous propose Valoë Frimas portant sur « La réécriture des mythes européens dans le Seigneur des Anneaux » (Tolkien). Rappelons que L’Institut Iliade organise par ailleurs son colloque annuel le samedi 18 mars à la Maison de la chimie sur le thème : « Européens : transmettre ou disparaître ».
 
 
Dans le libre Journal de l’identité du 03-03-2017, Grégoire Gambier présentait L’Institut Iliade et son prochain colloque du 18 mars (première référence). Jean-Yves Le Gallou quant à lui explique les motivations profondes qui ont présidé à l’organisation de ce colloque (deuxième référence).
 
 
10 ans après sa mort, Jean Baudrillard incite toujours penser. Article fort honnête provenant, pour une fois, du quotidien Le Monde.
 

mercredi, 08 mars 2017

Deutschlands finstere Rolle in der Weltpolitik

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Deutschlands finstere Rolle in der Weltpolitik

Sicherheitskonferenz in München

von Karl Müller

Ex: http://www.zeit-fragen.ch 

Vor 15 Jahren, am 11. Februar 2002, schrieb ich das erste Mal über die Münchner Sicherheitskonferenz («Der Weltkrieg ist geplant»). Schon damals war der US-amerikanische Senator John McCain ein Redner auf der Konferenz und dabei unzweideutig als jemand zu erkennen, der zur Kriegspartei gehört.


Für den Senator aus den USA war der ein paar Wochen zuvor begonnene Krieg gegen Afghanistan nur die erste Front in einem weltweit zu führenden Krieg. Es gehe darum, so McCain damals, «eine neue Welt zu schaffen», und für die USA und ihre militärischen Verbündeten gelte: «Wir stehen vor der Geschichte mit dieser Mission.»
John McCain ist seinen Plänen von damals treu geblieben, auch dieses Jahr wieder. Er hat noch immer nicht bemerkt, dass der damalige Plan der US-Regierung undurchführbar geworden ist, dass sich die Welt seitdem verändert hat und die Kriegspartei, Anfang 2002 noch auf dem Höhepunkt ihrer Macht, in den vergangenen 15 Jahren an so vielen Orten der Welt einen so gewaltigen Scherbenhaufen an Opfern und Zerstörung hinterlassen hat, dass das Ansehen in der Welt abgewirtschaftet ist. Trotzdem glauben Menschen wie John McCain noch immer an den «Endsieg», vielleicht auch durch den Einsatz von «Wunderwaffen».

John McCain lobt Angela Merkel

Etwas jedoch ist anders geworden bei Senator McCain. Er, die laute Stimme der Kriegspartei, hatte dieses Jahr ein besonderes «Lob» parat: für die deutsche Regierung und deren Kanzlerin Angela Merkel: «Nicht jeder in Amerika versteht die absolut lebenswichtige Rolle, die Deutschland und seine ehrenwerte Kanzlerin Merkel für die Verteidigung der Idee und des Gewissens des Westens spielt. Aber für alle von uns, die dies tun, lasst mich Danke sagen.»
In der Tat, mit dem Regierungswechsel in den USA und nach dem «Briefing» durch den ehemaligen US-Präsidenten Barack Obama Ende letzten Jahres steht die deutsche Kanzlerin an vorderster Front der Kriegspartei, sekundiert vor allem von ihrer Ministerin Ursula von der Leyen. Die SPD spielt dabei, das konnte man der Rede des deutschen Aussenministers Siegmar Gabriel entnehmen, eher eine Statistenrolle und hat wohl die Aufgabe, die Gemüter zu beschwichtigen. Faktisch scheint sie ohne aussenpolitische Macht zu sein.

Ursula von der Leyen gibt den Ton an

Den Ton in München hat Ursula von der Leyen angegeben. Dabei halten die Lobeshymnen der deutschen Verteidigungsministerin für deutsche Militäreinsätze in aller Welt einer kritischen Prüfung nicht stand. Geradezu peinlich war ihr Loblied auf Litauen und den dort jetzt begonnenen deutschen Militäreinsatz.
Warum verlor die Ministerin kein Wort über die Diskriminierung der russischen Minderheit im Lande? Das wäre ein ehrliches Wort gewesen und hätte mehr zum Frieden beitragen können als selbstgefällige Anmassungen. Frau von der Leyen masste sich einiges an. Sie wollte der neuen US-Regierung den Tarif durchgeben: keine aussenpolitische Entscheidung der neuen US-Regierung ohne mich (und die Kanzlerin); nicht im Kampf gegen den Terrorismus und nicht in den Beziehungen zu Russland. Frau von der Leyen tat dies nicht im Auftrag und nicht mit Rückendeckung der Deutschen, ihre Auftraggeber sitzen woanders.

Die deutsche Kanzlerin gibt sich «soft»…

Die deutsche Kanzlerin hat in München eine andere Rolle übernommen. Angela Merkel gab sich «nachdenklich» und «soft». Sie plädierte für «multilaterale internationale Strukturen» und meinte damit EU, Nato, Uno und G 20. Die Institution aber, die für den Versuch, die Ost-West-Spaltung vor 1990 zu überwinden, die Hauptarbeit leistete, die KSZE (heute OSZE), erwähnte sie interessanterweise nicht. Statt dessen schloss sie sich ihrer Ministerin an: «Wir werden auch mehr im Bereich der Verteidigungspolitik tun.» Tatsächliche europäische Eigenständigkeit soll es dabei nicht geben; denn «Europäische Verteidigungsfähigkeit» dürfe «niemals alternativ zur Nato gesehen werden», sie müsse sich immer «in die Fähigkeiten der Nato einfügen». Das wird sie Obama versprochen haben, damit sie «Eu­ropa führen» darf.
Angela Merkel ging erneut auf die Situation in der Ukraine ein und formulierte damit ihr Bekenntnis zur Kriegspartei: «Die Bedeutung der Nato hat auf eine, wie ich sagen möchte, sehr traurige Art und Weise noch einmal an Wichtigkeit gewonnen, nämlich durch die Annexion der Krim und die Auseinandersetzungen im Osten der Ukraine, wo Russland ja die Separatisten unterstützt.» Diese Entwicklung habe «so grosse Sorge» bereitet und zu «so viel Verunsicherung» geführt, «weil das Prinzip, das uns in Europa nach dem Zweiten Weltkrieg Sicherheit und Frieden gebracht hat, nämlich das Prinzip der territorialen Integrität, verletzt wurde.»

… will aber die Menschen für dumm verkaufen

Da fragt man sich, mit welcher Unverfrorenheit die Menschen in Europa für dumm verkauft werden sollen; denn in diesen wenigen Sätzen stimmt alles nicht.
Pro memoria: Die Grenzen in Europa haben sich nach 1990 mehrfach verändert, auch mit intensiver deutscher (Kriegs-)Beteiligung: die gewalttätige Auflösung Jugoslawiens seit 1990 (Deutschland erkannte mit als erstes die «Unabhängigkeit» von Slowenien und Kroatien an). Auch die Sowjet­union löste sich Ende 1991/Anfang 1992 auf, und auch hier gab es neue Staaten in Europa: die baltischen Staaten, Weissrussland, die Ukraine und Moldawien, Georgien, Armenien und Aserbaidschan – auch das geschah ohne irgendwelche Volksabstimmungen – und um das Völkerrecht scherte sich damals keiner der Beteiligten, es war der politische Wille der damals Mächtigen.
Die Halbinsel Krim gehörte jahrhundertelang zu Russland, bevor sie 1954 der sowjetischen Teilrepublik Ukraine «geschenkt» wurde – ohne die Bewohner der Krim zu befragen. Die überwältigende Mehrheit der Krim-Bewohner hat sich nach dem Staatsstreich in Kiew im Frühjahr 2014 in einer Volksabstimmung für einen Austritt aus dem Staatsverband der Ukraine und eine Mitgliedschaft in der Russischen Föderation entschieden. Die völkerrechtlichen Beurteilungen der Vorgänge im Frühjahr 2014 fallen unterschiedlich aus. Staats- und Verfassungsrechtler wie Markus Merkel, Karl Albrecht Schachtschneider oder Alfred de Zayas jedenfalls sehen die Sachlage anders als Frau Merkel.
Die Situation im Osten der Ukraine ist hochgradig komplex. Experten der OSZE vor Ort sagen aus, dass jede der direkt beteiligten Konfliktparteien (Regierung in Kiew, Söldnertruppen vor Ort und sogenannte Separatisten) noch immer vor allem Propaganda betreibt und ihr «Kriegsziel» erreichen will. Die sehr konkreten Schilderungen des russischen Aussenministers auf eine entsprechende Frage in München1 sind eine Lektüre wert und zeigen ein differenziertes Bild, das nicht zur «westlichen» Sicht der Dinge passt. Die Formulierungen der Kanzlerin hingegen sind nichts als Stimmungsmache, die keineswegs dem dienen, was am wichtigsten wäre: dass endlich die Waffen ruhen und die Menschen selbst und frei entscheiden können, wie sie leben wollen.

Wann hört Frau Merkel auf, Öl ins Feuer zu giessen?

Zusammengefasst: Es wäre eine Wohltat und ein Segen für die Verständigung, wenn Frau Merkel (und ihre Regierung) differenzieren und nach der Wahrheit streben würden. Sie tut dies bewusst nicht, sondern giesst immer wieder Öl ins Feuer. Da bleibt nur eine Schlussfolgerung: Angela Merkel gehört zur Kriegspartei.
Wieviel wertvoller wäre auf der Münchner Sicherheitskonferenz ein deutscher Beitrag gewesen, in dem eine ernsthafte Suche danach zum Ausdruck kommt, wonach doch eigentlich alle Menschen in Ost und West suchen müssten: einen Weg zu einem gerechten Frieden.    •

1    www.mid.ru/en/press_service/minister_speeches/-/asset_pub...

Remplacer l'Otan par un nouvel organisme de sécurité collective

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Remplacer l'Otan par un nouvel organisme de sécurité collective

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu 

Donald Trump avait fait sensation en affirmant que l'Otan était obsolète. Il n'avait pas précisé ce qu'il proposait à la place, sinon reporter sur les Etats-membres de l'Otan l'essentiel des coûts militaires en résultant, coûts actuellement largement à la charge de l'Amérique.
Beaucoup de commentateurs au sein de l'Otan avaient cru qu'il souhaitait que l'Otan ne soit pas uniquement dirigée contre la Russie, comme c'est le cas en pratique actuellement. Cependant, la lutte contre le terrorisme récemment évoquée par lui ne s'est pas encore traduite en termes pratiques au sein de l'Organisation. Chez les membres de l'Otan, la déclaration de Trump avait semé la consternation. Depuis ses origines, l'Otan avait été en effet conçue pour contenir puis faire reculer, d'abord l'URSS, ensuite la Russie.

Depuis, plusieurs des ministres de Trump avaient essayé de les rassurer, en expliquant que la Russie demeurait la principale menace, voire une menace existentielle, dont l'Otan devait protéger le monde occidental. Trump avait ultérieurement repris ces propos. Aujourd'hui, il a proposé une augmentation massive des dépenses militaires américaines. Celles-ci n'auraient pas d'intérêt si elles ne servaient pas à renforcer les moyens de lutter contre la Russie, et accessoirement contre la Chine 1).

La récente Conférence Mondiale sur la Sécurité à Munich 2) dominée par les Etats-Unis, n'a guère évoqué d'autres menaces que celle provenant d'une Russie dotée d'une force nucléaire considérable. Pourtant bien d'autres dangers, bien plus actuels, pèsent sur la sécurité mondiale. En dehors du terrorisme islamique qui ne cessera de se développer, vu la probabilité forte que l'islam radical ne s'étende progressivement (bien que marginalement, souhaitons-le) à l'ensemble du monde musulman, la prolifération des armes de destruction de masse aux mains d'Etats dits voyous ou ou d'Etats dits faillis, devrait essentiellement inquiéter – en supposant que les Etats actuellement en possession de l'arme nucléaire continuent à refuser d'y avoir recours.

Ces armes de destruction massive peuvent en effet être utilisées à tous moments par des mouvements incontrôlés désirant affirmer leur pouvoir. Les exemples de telles utilisations, comme par exemple celle de gaz sarin, sont restés jusqu'à présent très limités en nombre et en étendue. Néanmoins rien ne permet d'affirmer que ces armes ne seront pas prochainement employées à plus grande échelle quelque part dans le monde, provoquant des dizaines de milliers de mort. 

Il n'existe pas d'organisation collective de défense, capable d'agir contre des ennemis extérieurs. Les organismes internationaux, tels que l'ONU ou l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) seraient incapables de prévenir de telles attaques, et à fortiori de réagir en conséquence. Elles se bornent à réguler l'usage de la force par les pays membres.

Sécurité atlantico-eurasienne

C'est pourquoi en Europe comme en Russie, certains spécialistes de défense ont proposé de mettre en place une Organisation Atlantico-Eurasienne de Sécurité, qui inclurait comme son nom l'indique les Pays européens, les Etats-Unis mais aussi la Russie et si possible la Chine. On lira sur ce sujet un article du Pr Tom Sauer, de l'Université d'Anvers, publié le 22 février 2017 sur le site The National Interest 3) .

Il semble que les autorités russes soient prêtes à reprendre cette proposition et négocier avec leurs « partenaires » en vue de la concrétiser. Lors de la Conférence de Munich, le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov avait envisagé la mise en place d'un « espace commun de sécurité  et de bon voisinage, s'étendant de Vancouver à Vladivostok».

La France, pays doté d'une force nucléaire et membre de l'Otan, devrait reprendre une telle proposition. Sa diplomatie, vu l'urgence, aurait beaucoup de chances d'être entendue.  Malheureusement, le gouvernement actuel comme les candidats à la Présidence de la République paraissent ignorer totalement le problème.

Références

  1. Voir notre article http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2017/178/CMI.htm

  1. Voir notre article http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2017/178/CMI.htm

  1. Voir http://nationalinterest.org/feature/take-it-european-nato...

lundi, 06 mars 2017

Petits morceaux choisis de la revue de presse de Pierre Bérard (mars 2017)

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Petits morceaux choisis de la revue de presse de Pierre Bérard

Au sommaire :

Le dimanche 26 février Alain Finkielkraut analyse l’affaire Mehdi Meklat et la complaisance du milieu journalistique (qui ne veut pas voir ce qu’il voit)  vis à vis de ce jeune homme de banlieue dont le double éventé twittait avec rage des propos machos, racistes et homophobes que les formatés du Monde et de Libé n’auraient pas manqué de dénoncer si leur auteur n’ avait été qu’un misérable souchien. Mais voilà: il était devenu le chouchou des média et l’étendard flamboyant d’une duplicité qui ne veut plus « mettre la plume dans la plaie » selon le mot d’Albert Londres. Décidément, à l’ère du soupçon universel certains s’en sortent immaculés.
 
 
Jean-Yves Le Gallou avec son compère Hervé Grandchamp présentent un nouveau numéro de leur émission hebdomadaire « I-Média ». Gaillardement menée, elle offre notamment un tour complet de l’affaire Mehdi Meklat.
 
 
Le « comité Orwell » publie un entretien avec Jean-Claude Michéa où le philosophe répond aux questions d’Alexandre Devecchio. Il répond sur ses rapports avec l’oeuvre de George Orwell.
 
 

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• Iurie Rosca, journaliste et ancien vice-premier ministre de Moldavie, livre dans cet entretien fort intéressant son bilan des 25 dernières années du régime libéral de son pays. 25 années durant lesquelles les moldaves, enthousiastes au début, ont perdu toutes leurs illusions sur un système qui les a appauvri et qui n’a su remplir aucune de ses promesses. Comme Soljénitsyne il affirme que le communisme et le capitalisme représentent deux visions mortifières du monde et met en cause, outre la société de marché, les oligarchies financières tant européennes qu’américaines associées aux industries de manipulation émanant du « philanthrope » George Soros. À l’encontre du paradigme libéral il plaide pour un retour du politique axé sur les valeurs conservatrices et la souverainetés identitaires en Europe. Enfin, il cite comme référence Alexandre Douguine et Alain de Benoist qui seront les invités d’un grand colloque à Chinisau en mai prochain.
 
 
Pareil à Shelob ? Pour en savoir plus sur ce bienfaiteur de l’humanité qu’est George Soros, voici un article découpé en deux volets de Giampaolo Rossi pour le quotidien Il Giornale. Pour notre part nous attendons avec impatience que la lumière d’Earendil se déverse enfin sur ce marionnétiste  ploutocrate.
 
 
La suite renvoie au site Dreuz-info qui interprète les différentes initiatives de Soros comme relevant de « la gauche ». Nous ne faisons pas, pour notre part, la même exégèse du matériel collationné, qui de toute évidence indique une volonté de semer ce chaos providentiel nécessaire aux yeux de certains intérêts néo-libéraux qui adoptent aussi bien la défroque de gauche que le déguisement de droite pour parvenir à leurs fins.
 
  

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• « L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne » publie sur « La Morsure des dieux » de Cheyenne-Marie Carron une excellente critique de l’abbé Guillaume de Tanouärn.
 
 
Breizh-info a interrogé Cheyenne-Marie Carron sur la signification de son film. Elle déclare dans cet entretien : « Cette réconciliation entre Païens et Chrétiens semble en troubler plus d’un… pour moi, la mémoire spirituelle des peuples Européens se joue là… ».
 
 
Bras de fer entre la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) partisane, au nom de la compétitivité, d’une agriculture industrielle et les associations environnementales. Enjeu : la carte des cours d’eau de France dont le puissant syndicat (et la plupart des chambres d’agriculture qu’il contrôle) entend « déclasser » le plus grand nombre possible de ruisseaux afin de permettre aux agro-industriels de polluer des zones jusque là indemnes car protégés par l’interdiction des épandages de pesticides et de travaux sur leurs abords. Ainsi suffit-il de reclasser ce qui était naguère défini comme un cours d’eau en fossé, ravine ou thalweg et le tour est joué. Périrons-nous au nom de la sainte croissance ?
 
 
L’avocat Régis de Castenau, défenseur des libertés publiques, qui n’est pas le moins du monde « lepeniste » donne ici raison à Marine Le Pen de se soustraire aux procédures auxquelles le pouvoir entend la soumettre (et que s’empressent de talonner les apparatchiks des médias) et il explique pourquoi. De même démontre-t-il que les fonctionnaires qui se sentiraient visés par son discours de Nantes auraient tout à fait tort puisque celle-ci ne pointait que les ordres manifestement illégaux qu’ils pourraient être amenés à suivre à l’instigation d’un pouvoir aux abois. Exposé limpide.
 
 
Affirmant qu’un homme politique doit être jugé sur sa capacité à résoudre les maux dont souffre notre pays plutôt que sur son intégrité morale Bruno Mégret regrette que l’exigence de transparence des leaders en fasse des captifs des médias et de la justice. Le politique conclue-t-il n’est pas de l’ordre de la morale. Juste réflexion qui n’est pas sans évoquer Julien Freund.
 
 
La Révolution Conservatrice vue par Georges Feltin Tracol, un doctorant en histoire qui travaille sur la réception de la RC en France présenté sous le nom de Thierry et Monsieur K. Émission très intéressante, illustrée du beau chant de lansquenets « Landsknecht Sang » . La critique amicale d’Éléments suspecté de trouble voisinage avec le mensuel Causeur est superfétatoire dans ce registre. Production d’Orage d’acier.
 
 

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Le site « Fragments sur le temps présent » fait paraitre la version complète d’un article de Jean-Yves Camus paru originellement dans le quotidien suisse « Le Temps » : « La révolution conservatrice inclut tout et son contraire ». Quelques réflexions élémentaires portant sur les mauvais usages de ce syntagme.
 
 
Jacques Sapir, Élisabeth Lévy (directrice de « Causeur »), et Olivier Berruyer (animateur du site « Les crises ») s’en prennent au Décodex du Monde qui s’est arrogé un droit de police sur les opinions exprimées sur le net en triant le bon grain de l’ivraie. Les bons journalistes « objectifs » et la tribu de méchants idéologues. La presse mainstream qui a de moins en moins de lecteurs stigmatise les sites alternatifs qui en rassemblent toujours plus. Ce faisant elle agit comme une nouvelle gendarmerie sacrée qui met à l’index les convictions qui lui déplaisent. Mais qui évaluera les évaluateurs subventionnés, ces éternels donneurs de leçons ? On trouvera par ailleurs sur le site « Les crises » nombre de critiques bien informés sur le candidat Emmanuel Macron qui n’ont pas, elles, la prétention à une pure objectivité que l’on ne trouve nulle part.
 
 
Dans le meilleur des mondes Jean-Michel Aphatie est un prince qui peut se permettre de révéler publiquement le fond de son discours subliminal. On s’aperçoit alors qu’il est très performatif et fâcheusement orienté. Décryptage d’Ingrid Riocreux.
 
 
Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste était samedi dernier l’invité de Laurent Ruquier dans son émission « On est pas couché ». Il y fut une victime toute désignée d’un P.A.F. bobocratique, sûr de lui et dominateur. Un traitement que ne risque pas d’endurer Charles Robin, ex camarade de lutte de Poutou que sa critique du libéralisme comme « fait social total » a éloigné des fallacieux ennemis du capitalisme comme le montre son « Itinéraire d’un gauchiste repenti » (Krisis).
 
 
Sur le dernier livre de Vincent Coussedière « Fin de partie, requiem pour l’élection présidentielle » (parution le 2 mars) une très brève critique sur boulevard Voltaire.
 
 
Nous évoquions dans notre dernière revue de presse la dévitalisation des centres villes dans la France périphérique qu’un ensemble de cartes publié par France culture rend parfaitement clair et contribue à en désigner les causes.
 

Presseschau März 2017

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Presseschau
März 2017
 
Wieder einige Links. Bei Interesse anklicken...
 
AUßENPOLITISCHES
 
Politik ohne Volk
Die Machtkaste hat sich in ihre eigene Realität verabschiedet. Das führt zu enormen Verwerfungen.
 
(Europäischer Gerichtshof)
Stoppt den EuGH!
 
Ex-Chef des IWF: Rodrigo Rato zu viereinhalb Jahren Gefängnis wegen Korruption verurteilt
 
Deutschland hat bald keine großen Verbündeten mehr
 
Erste Amtshandlung nach Wahlsieg
Le Pen droht mit "Frexit"
 
Libanon
Streit über Kopftuch
Le Pen bricht Treffen mit Großmufti ab
 
Europafreund Macron wird zum Hoffnungsträger gegen Le Pen
 
Frankreich
Linksextremisten randalieren bei Front-National-Kundgebung
 
Paris
Soldat schießt vor Louvre auf Angreifer
Ein Soldat hat vor dem Louvre in Paris einen Angreifer offenbar schwer verletzt. Dieser hatte Sicherheitskräfte mit einer Machete angegriffen und soll "Allahu Akbar" gerufen haben.
 
Frankreich brennt: Unruhen in 20 Städten
 
Gewalt in den Vorstädten
Frankreich vor der Staatskrise
von Jürgen Liminski
 
„Dänemark bis zur Eider“
Dänischer Politiker will Grenze zu Deutschland neu ziehen
 
Schweden
Mehr Gewalt, weniger Polizei
 
Niederlande
Sicherheitsleck: Wilders setzt Wahlkampf aus
 
Niederlande
Europa hat jetzt eine erste reine Migrantenpartei
 
(Knappe Entscheidung)
Dänischer Parlamentsbeschluss: Dänen sollen nicht zur Minderheit werden
 
Österreich: Kultusminister für Umbennenung des Heldenplatzes
 
Rockverbot für britische Luftwaffensoldatinnen
 
US-Präsident
Pathos und Propaganda
von Thorsten Brückner
 
Flüchtlingsstreit zwischen Australien und den USA
 
(Zum beginnenden Handelskrieg zwischen den USA und China)
Das Jahr des Hahns - und der Anfang vom Ende?
 
USA
In der Realität angekommen
von Thomas Fasbender
 
Streit um Danziger Museum geht in neue Runde
Der Streit um Danzigs neues Museum des Zweiten Weltkriegs hält Polen in Bann: Warschauer Kulturpolitiker wollten die Darstellung der Geschichte ändern, kritisieren die Museumsmacher und wehren sich vor Gericht.
 
Eindrücke von Rußland
 
Siedlungsbau
Knesset beschließt Enteignung von palästinensischem Privatland
 
Israel: Gesetz gegen Lärmbelästigung durch Muezzin
 
Oberhausen
10.000 Erdogan-Türken rufen “Allahu Akbar”
 
Mossul
Ex-Guantanamo-Häftling begeht Anschlag im Irak
Für seine Haftzeit in Guantanamo erhielt er von der britischen Regierung eine hohe Entschädigungssumme, weil man ihm die Opferrolle abnahm. Jetzt hat sich Jamal al-Harith für den "Islamischen Staat" im Irak in die Luft gesprengt.
 
Bevölkerungsentwicklung in Afrika
 
(Zur Kooperation von Russland und China)
Eine neue Weltordnung am Horizont
von Thomas Fasbender
 

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INNENPOLITISCHES / GESELLSCHAFT / VERGANGENHEITSPOLITIK
 
Die beste Heuchel-Republik, die es für meine Steuern gibt
 
Deutschland im Wahljahr
Dann ist es vorbei mit der «mächtigsten Frau der Welt»
Gastkommentarvon Hans-Hermann Tiedje
Angela Merkel will zum vierten Mal eine Bundestagswahl gewinnen. Was sind ihre Aussichten? Die Chronologie der vorhersagbaren Ereignisse verheisst nichts Gutes.
 
Was steckt hinter Merkels Maske? (JF-TV Im Fokus)
 
Merkel: „Das Volk ist jeder, der in diesem Land lebt“
 
(Schulz will AfD-Wähler gewinnen…)
SPD-Kanzlerkandidat Martin Schulz
"Deutschland ist kein gerechtes Land"
 
(Zu Martin Schulz)
Große Klappe, keine Kontur
von Michael Paulwitz
 
Gauck-Nachfolge
Steinmeier zum Bundespräsidenten gewählt
 
Bundespräsidentenwahl
Mehr Demokratie wagen
von Thomas Fasbender
 
Deutschland wieder im Zweifrontenkrieg
von Thomas Fasbender
 
Rückholaktion
Deutsches Gold kehrt heim
 
Karneval unter Polizeischutz 2017
 
Warnung der Botschaft China: Nachts in Deutschland nicht allein auf die Straße
2016 waren mehrere Chinesen in Deutschland Opfer von Gewalttaten geworden. Jetzt warnt Peking seine Bürger in einem drastisch formulierten "Sicherheitshinweis".
 
Aufrüstung
Die deutsche Bombe
Trump wackelt, Putin droht. Mancher fragt bang: Wer schützt uns, wenn die Russen kommen? Die gefährliche Logik der Abschreckung ist zurück. Aber diesmal könnte es richtig irre werden: Bekommt Deutschland eine eigene Atombombe?
Eine Kolumne von Jakob Augstein
 
Nach Trumps Wahlsieg
Das ganz und gar Undenkbare
Angesichts der geostrategischen Kontinentalverschiebung, die nach Trumps Wahl droht, muss auch Deutschland seine Sicherheitspolitik einer Revision unterziehen.
von Berthold Kohler
 
(Protest gegen die Umbenennung der Greifswalder Arndt-Universität)
 
(Ebenfalls zu den Protesten gegen die Umbenennung der Greifswalder Arndt-Universität)
Fake News oder wie man 500 Demonstranten verschwinden lässt
 
Anschlag in Berlin Berichte von Angehörigen - Als erstes kam der Gebührenbescheid
 
Gedenken
Oberbürgermeister: „Dresden war keine unschuldige Stadt“
 

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LINKE / KAMPF GEGEN RECHTS / ANTIFASCHISMUS / RECHTE
 
„Invasoren“ und „Umvolkung“
Strafbefehl wegen Volksverhetzung gegen Pirinçci
 
(Stadtrat der "Linken")
Weissenburg
Zwei Hausverbote: Wieder Ärger für Stadtrat Dinar
 
(Zum "Antifa"-Angriff auf Martin Sellner von den "Identitären")
Der Sprecher der Identitären wurde von der Antifa attackiert
Nach Schüssen in Wien: Jetzt spricht Martin Sellner
 
Österreich
Antifa-Gewalt wird systematisch vertuscht
Fake News: Friedliche Proteste
In den Medien hören wir von „ruhigen Protesten“ gegen den Wiener Akademikerball und den Linzer Burschenbundball. Doch davon kann keine Rede sein.
 
Köln
AfD-Bundesparteitag
Todesdrohungen gegen Mitarbeiter des Maritim-Hotels
 
Proteste gegen “Maritim” zeigen Wirkung: Hotelkette setzt AfD bundesweit auf Blacklist
 
Nach Maritim-Kündigung
AfD geht gegen Kölner Oberbürgermeisterin vor
 
AfD-Boykott
Lästige Freiheiten
von Michael Klonovsky
 
(Politpropaganda bei "Mainz bleibt Mainz"…)
„Mainz bleibt Mainz, wie es singt und hetzt…“
 
(ebenfalls dazu…)
Mainz 2017: Rasendes Kleinbürgertum im Vollsuff der Selbstgerechtigkeit
 
Hamburg
Afrikaner-Ausschreitungen
CDU erhebt Vorwürfe gegen Linkspartei-Politiker
 
Nordrhein-Westfalen
Linkspartei verweigert Fairneßabkommen für den Wahlkampf
 
",direkt Gänsehaut bekommen ..."
Rede von Sahra Wagenknecht 02/2017
 
Schnellroda
Protest gegen Winterakademie des Götz Kubitschek
 
(Dazu ein Bericht…)
Das war’s. Diesmal mit: linkem Pöbel und dem Asylantendrama Bibi & Tina
 
Linksextremisten hetzen gegen BFF-Stadtverordnete
Rufmord-Kampagne mit unlauteren Mitteln
 
„Links-Aktivisten“ auf dem Holzweg
Ein Kommentar zum „Antifa“ Pamphlet gegen BFF-Stadtverordnete
 
Frankfurt
Antifa-Gruppen rufen zu Demonstration in Frankfurt auf
 
Demonstration in Frankfurt
Antifa-Gruppen protestieren friedlich gegen "Neue Rechte"
 
Demonstrationen
Mehr als 1000 Teilnehmer bei Antifa-Demo in Frankfurt
 
Staatsschutz ermittelt
Attacke auf Auto von AfD-Politiker
Unbekannte haben das Auto der Offenbacher AfD-Fraktionsvorsitzenden stark beschädigt.
 
Rödermark
Schaden von 8000 Euro
Farbattacke auf Haus von AfD-Chef
 
Greifswald
Farbanschlag auf Studentenverbindung
 

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EINWANDERUNG / MULTIKULTURELLE GESELLSCHAFT
 
Die Dekonstruktion der Bundesrepublik hat begonnen
 
Leitbild der Friedrich-Ebert-Stiftung - Der Umbau von Deutschland
Kolumne: Grauzone. Die Friedrich-Ebert-Stiftung hat zum Zusammenleben in der Einwanderungsgesellschaft einen Leitfaden veröffentlicht. Darin steht, wie sich die Linke offenbar die Zukunft vorstellt: Deutschland soll zu einer transformatorischen Siedlungsregion in der Mitte Europas werden
 
Jusos für weltweites Recht auf Einwanderung
 
CDU-Politiker fordert Frauenquote für Flüchtlinge
 
Nordrhein-Westfalen: Neuer Vorstoß für Ausländerwahlrecht
 
Menschenrechtsrat
UN-Arbeitsgruppe bescheinigt Deutschland institutionellen Rassismus
 
Asylkrise
Der scheiternde Staat
von Michael Paulwitz
 
Europäischer Gerichtshof
Dieses Plädoyer ist eine Katastrophe für die Flüchtlingspolitik
 
Aufgedeckt: 6 Mio. Flüchtlinge wollen nach Europa
Diese Zahlen gehen aus einem Geheim-Papier der deutschen Sicherheitsbehörden hervor.
 
Illegale Einwanderer stürmen spanische Exklave
 
Großdemo in Barcelona
Mehr Flüchtlinge, bitte!
„Schluss mit den Ausreden! Nehmen wir sie jetzt auf!“ 160.000 Menschen haben in Barcelona für die Aufnahme von Flüchtlingen aus Kriegsgebieten demonstriert.
 
Gefordertes Abkommen mit Nordafrika
Oppermann wegen Flüchtlingspolitik in der Kritik
 
Volksabstimmung
Schweizer stimmen für erleichterte Einbürgerungen
 
(Kreation eines neuen Wahlvolkes)
Özoguz fordert Wahlrecht für Migranten ohne deutschen Pass
 
Ungarn will Flüchtlinge aus Europa aufnehmen
Ungarns Premier Viktor Orban will „wahre Flüchtlinge“ in seinem Land aufnehmen. Er meint damit Deutsche, Niederländer, Franzosen und Italiener, denen die Eliten im eigenen Land die Heimat weggenommen haben.
 
Berlin-Lankwitz
Park soll für Flüchtlinge weichen
 
Berliner Bezirk Steglitz-Zehlendorf
200 Bäume werden für Flüchtlingsheim gefällt
Im Leonorenpark in Berlin-Lankwitz müssen seit dem Morgen 200 alte Bäume für den Bau einer modularen Unterkunft für Geflüchtete weichen. Bürgerinitiativen protestierten vor Ort.
 
Aus Gutleutviertel in Notunterkunft
Elends-Lager in Frankfurt abgerissen
 
Essen: Asylheimbetreiber verdient sich goldene Nase
 
Asylbewerber erschleicht sich Sozialleistungen
 
(Einwanderern gegen Geld Neubauwohnungen vermittelt)
Korruption in Köln
GAG und Behörden wollen schnelle Aufklärung – Mitarbeiter freigestellt
 
Muslimbruderschaft breitet sich in Sachsen weiter aus
 
Abschiebung von 18 Afghanen kostet 100.000 Euro
 
Die Signale der SPD
Kommentar: Keine Abschiebungen mehr nach Afghanistan?
 
Vorwürfe an Homo-Lobby
Spahn: Schwulenfeindlichkeit islamischer Einwanderer wird heruntergespielt
 
22 bewaffnete Tschetschenen am Freitag in Wien festgenommen
 
Georg-Büchner-Club: Forschungsergebnisse zur Kölner Silvesternacht vorgestellt
 
Schweden: Polizist packt Wahrheit über kriminelle Migranten aus – Bevölkerung überschüttet ihn mit Dank
 
(Die haben Probleme…)
Sexuelle Aufklärung
Das Problem mit dem Penis
Viele Geflüchtete haben in ihrer Heimat nie über Sex gesprochen. Das führt nicht nur im Bett zu Problemen. Nun lernen sie es bei dem "Fräulein, das immer über Sex redet".
Von Sophie Roznblatt
 
Fahndung nach Verdächtigem läuft 22-Jährige auf Hessenweg erstochen
Ahaus - Eine 22-jährige Frau aus Ahaus ist in der Nacht zu Samstag auf dem Hessenweg erstochen worden. Eine Mordkommission fahndet nach einem 27-jährigen Asylbewerber aus Nigeria.
 
Chemnitz
Keine Ruhe an der Zenti: Drei brutale Attacken innerhalb weniger Stunden
 

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KULTUR / UMWELT / ZEITGEIST / SONSTIGES
 
München
Architekt will Nazi-Bau in Originalzustand zurückversetzen
Rekonstruktion? Renovierung des Haus der Kunst heftig diskutiert
 
Denkmal in Berlin
Die Einheitswippe wird nun doch gebaut
 
OBM für Matthäikirchhof
Neuer Termin, neuer Ort: Plötzlich wieder Bewegung beim Leipziger Freiheitsdenkmal
 
Wir wollen ein Mahnmal für die Opfer der Kommunistischen Gewaltherrschaft in Deutschland
 
Österreich
Streit um Ho-Chi-Minh-Statue in Wien
 
Parkett in´s Schloss !!
Wir fordern den Einbau/Nachbau (zumindest einer Auswahl) der im Berliner Stadtschloss ursprünglich vorhandenen Parkettböden.
 
Schweiz
Himmel hilf!
Paul Furrer (68) baute auf seinem Grundstück eine Kapelle für die Christen im Kanton Uri. Doch nun will die Regierung, dass er alles wieder abreisst. Ihm fehlt die Bewilligung.
 
Kunstaktion in Dresden
Buswracks vor der Frauenkirche erinnern an zerstörtes Aleppo
 
Wer baute die Straßensperre von Aleppo?
Vorbild des „Monument“ vor der Frauenkirche war eine Barrikade in Syrien. Es gibt Hinweise, dass militante Salafisten sie errichteten, keine Zivilisten. Das bestätigte ein Augenzeuge gegenüber der SZ.
 
Denkmal der Schande in Dresden - Monumente und Macht
 
Die Dresdner Installation als Provokation
von Claus-M. Wolfschlag
 
„Eure Politik ist Schrott“
Identitäre hissen Banner am Dresdner „Monument“
 
Zerstörung Dresdens
Solidarität mit den Toten
von Thorsten Hinz
 
Video: Energiewende: Warum Mieter die Zeche zahlen
Deutschland steckt im Sanierungsfieber. Die Energiewende hat einen Boom ausgelöst, vor allem bei Wohnungsbaugesellschaften. Doch oft gehen die Heizkosten nach der Sanierung kaum runter, die Mieten jedoch kräftig rauf.
 
Limburger Rathaus
Nach Veganer-Protest: Bürgermeister tauscht Rathaus-Glockenspiel aus
https://www.welt.de/vermischtes/article161930333/Stadt-aendert-Glockenspiel-Melodie-Nach-Veganer-Protest.html
 
(Rüge für englischen Arzt, weil er nur von schwangeren Frauen, nicht aber schwangeren Männern sprach…)
Don't call pregnant patients 'mothers': Doctors are banned from using the word over fears it will upset those who are transgender
 
Trump kippt Obamas Transgender-Toilettenrichtlinie
 
Fake-Feminismus: Irrweg der Frauen
 
Neue Ansprechstelle für Betroffene von Diskriminierung, Mobbing sowie körperlicher und seelischer Gewalt
Verteidigungsministerin Ursula von der Leyen hat in ihrer Rede zum Workshop "Sexuelle Orientierung und Identität in der Bundeswehr" am 31. Januar darauf hingewiesen, dass die Bundeswehr mit dem "Stabselement Chancengerechtigkeit, Vielfalt und Inklusion" eine zentrale Ansprechstelle für all diejenigen hat, die aufgrund ihrer Homosexualität, Bisexualität oder Transsexualität in der Bundeswehr Nachteile erfahren.
 
("Fake News" in etablierten Medien)
Falsche Berichte
Debatte um Wohnsitz: Urteil stützt AfD-Politiker Petry und Pretzell
 
Umfrage
Medien genießen bei Flüchtlingsthemen geringe Glaubwürdigkeit
 
(Politisch-korrekte Sprache…)
Vergewaltigungen ohne Opfer
 
Twitter geht gegen Haßsprache vor
 
Hetze im Netz
Facebook-Nutzer muss 2000 Euro wegen Beleidigung zahlen
Ein Facebook-User muss fast 2000 Euro zahlen, weil er Claudia Roth beleidigt hat. Den Prozess hat die Grünen-Politikerin aber nicht selbst angestrengt.
 
(Zum Streit um die Nennung der Nationalität von Tätern in der Presse)
Afghanen oder Aliens
Das Kreuz mit der Politischen Korrektheit
 
(Zur Medienkampagne gegen Trump)
Trump ist nicht ihr Daddy!
von Thorsten Hinz
 
Keine Volksverhetzung
Deutsche dürfen „Köterrasse“ genannt werden
 
Kampagne
Das ist nicht okay – Poltisch korrekt zum Karneval
von Michael Paulwitz
 
Debatte um „totalitäre Demokratie“
Tut ihr da oben, was ihr sollt?
von Karlheinz Weißmann
 
Krankheit Politik I: Pathologisierungen
 
Gewaltlose Disziplin
von Martin Sellner
 
Das Unwesen der Umverteilung
 
"Dissonantes Pathos"
Interview mit Götz Kubitschek (zur Gedenkstätten-Rede von Björn Höcke)
 
(Auch zur Rede von Björn Höcke)
Patriotismus contra völkischen Nationalismus
 
Will die AfD sich kastrieren?
Der Mehrheitsbeschluss des AfD-Bundesvorstands, gegen Björn Höcke ein Parteiausschlussverfahren einzuleiten, ist politisch ebenso schädlich wie aufschlussreich für die Zukunft der Partei, sollte das Verfahren zum Ausschluss führen.
(Von Wolfgang Hübner, Frankfurt)
 
Streit in der AfD
Quertreiber vom Hof jagen!
 
("Julia Görges kommen die Tränen. Beim Fed Cup in den USA unterläuft den Gastgebern ein schlimmer Hymnen-Fehler. „Mit Abstand das Schlimmste, was mir im Leben passiert ist“, schimpft Andrea Petkovic.")
Tennis
„Frechheit, Ignoranz“ Hymnen-Eklat bei deutschen Tennis-Frauen
 
Nachklapp zum Talk im Hangar-7
von Martin Lichtmesz
Am Donnerstag, den 9.2., lud mich der österreichische Privatsender Servus-TV zu einer Diskussionsrunde mit dem Thema "Politiker wie Trump: Ist das unsere Zukunft?".
 
Asterix
Sonntagsheld (1) – Der identitäre Gallier
 
„Angst vor Antisemitismus“ - Rapnacht mit Kollegah abgesagt
 
Erlensee verbietet Theaterstück über Putsch in Türkei
 
Hitler-„Doppelgänger“ festgenommen
Jener Mann, der in der Geburtsstadt Adolf Hitlers Braunau mehrmals als sein „Doppelgänger“ aufgetreten ist, wurde am Montagabend festgenommen. Er wurde wegen des Verdachtes der Wiederbetätigung angezeigt.
 
Nürnberg
Streit um Trikot mit der Nummer 88
 
Rassismusvorwurf in Fulda
Karnevalsverein bekommt Polizeischutz
Ein Karnevalsverein in Fulda sieht sich Rassismusvorwürfen ausgesetzt. Laut Polizei sind die Narren am Rosenmontag in Gefahr.
 
(Lega Nord kritisiert Afrikanisierung und Globalisierung des Stadtbildes…)
Mailand auf der Palme
 
Deutscher Mückenatlas
Gefährliche Exoten auf dem Vormarsch
Im Dienst der Wissenschaft werden viele Bürger zu Mückenjägern – mit einem für Forscher alarmierenden Ergebnis. Unter die heimischen Arten dieser lästigen Insekten mischen sich immer mehr gefährliche Exoten.
 
Japanischer Zoo vergiftet 57 Schneeaffen – wegen ihrer Gene
 
(Regelungswut…)
Lebensmittel für die Tonne – Streit um gesetzliche Regelung
Nordrhein-Westfalen fordert in einem Bundesratsantrag die Regierung auf, etwas gegen das Wegwerfen von Nahrungsmitteln zu unternehmen
 
(Diese Pizza dürfte nicht weggeworfen werden…)
Teure Zutaten
Warum diese Pizza 2000 Dollar kostet
 
kanal schnellroda: Kositza über Sieferle

mardi, 28 février 2017

LE « SANS FRONTIERISME » OU LA HAINE DE SA CULTURE

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LE « SANS FRONTIERISME » OU LA HAINE DE SA CULTURE

Dominique Bianchi
Journaliste indépendant
Ex: http://www.lesobservateurs.ch 
 

Les tenants d'une Europe sans frontières, « citoyens du monde », universalistes et autres adeptes de l'idéologie globaliste ne ratent pas une occasion de s'indigner et de hurler haut et fort contre le « renfermement sur soi » et la « fermeture d'esprit » lorsque de plus en plus de gens revendiquent la possibilité de rétablir le contrôles des voyageurs aux limites de leurs états.

Pourtant les mêmes indignés ne bronchent pas lorsqu'ils se retrouvent bloqués par des contrôles à la frontière marocaine, tunisienne ou algérienne après avoir franchi la méditerranée pour venir dépenser leurs économies dans des complexes touristiques et des marchés exotiques venant ainsi enrichir l'économie du pays visité.

Les adeptes de la libre circulation sont outrés qu'une partie de la population ukrainienne des Dombas n'ait pas envie de passer un contrôle douanier lorsqu'ils désirent aller dans un pays voisin qui parle la même langue qu'eux et qui faisait jadis partie de leur même culture bien avant que les colons européens prennent le territoire de Manhattan aux indiens en échange de quelques kilos de verroteries.

Les citoyens du monde revendiquent le droit aux palestiniens d'établir une frontière entre eux et les israéliens. Ils manifestent pour que les tibétains puissent maintenir une frontière avec leur puissant voisin afin que les chinois n'envahissent pas leur pays et détruisent leur culture « pittoresque et millénaire » en imposant leurs règles, leurs lois et leur culture par la supériorité démographique d'une population étrangère qui les submerge massivement.

Les tenant d'une Europe sans frontières qui nient aujourd'hui les particularités et les différences des substrats culturels propres à chaque pays européens sont souvent les premiers à s'émerveiller devant les cultures et les identités des pays qu'ils vont visiter en Amériques en Asie ou en Afrique heureux d'avoir dégotté sur un étale destiné aux touristes, une statuette Aztéque, une marionnette balinaise, ou un masque baoulé qu'ils pourront exposer dans leur salon en témoignage de ces richesses culturelles pas encore englouties sous le raz de marée consuméristes de l'impérialisme occidental ou l'invasion progressive d'une communauté culturelle voisine.

Les révisionnistes qui tentent de nier l'existence d'une culture propre à un pays européen pour justifier l'éradication de toute frontières sont les mêmes qui déclarent que « c'est vraiment dommage que la culture de l'hospitalité soit en train de disparaître en Mongolie depuis que les chinois y sont de plus en plus nombreux ou de déplorer que les femmes des Célèbes ou des Maldives portent toutes le voile et sont menacées de sanctions sévères si elle parlent à un étranger depuis que les musulmans s'y sont massivement répandus. Ils se félicitent que les pays africains comme l'Algérie aient retrouvé leur indépendances et donc leurs propres constitutions, et par extension, le contrôle de leurs frontières. Ils déplorent aussi souvent, en rentrant de vacances touristiques, que la présence massive du tourisme a perverti les coutumes locales et les mentalités et que c'est ma foi bien triste.

Les opposants au prétendu « renfermement sur soi » incarné par les frontières et le protectionnisme national sont en fait des masochistes suicidaires déterminés à liquider leur propre culture au nom d'un prétendu multiculturalisme qui ne serait finalement destiné qu'à éradiquer toutes racines culturelles, coutumes et particularités propres du pays dont ils sont originaires et qu'ils méprisent profondément dans une sorte de haine de soi ou seul compte finalement le désir de disparaître sous le poids des mixités propagées par les coutumes de « l'Autre » qui ne les intéressent, dans le fond, que lorsque ils les découvrent en tant que touriste de passage. "L'Autre » ce sauveur messianique fantasmé qui les subjuguera dans une soumission repentante et régénératrice que l'on pourrait aussi nommer : Colonialisme culturel.

Moi, je veux bien qu'on abolisse les frontières dans le monde, mais il ne faudra pas venir se plaindre que l'Inde disparaisse sous une masse de chinois qui finira par imposer ses règles aux Indiens, ou que le chinois devienne la première langue parlée dans un Sénégal contrôlé par des magnats de Beijing ou de Honk Hong, que les russes se répandent et contrôlent tous les commerces ukrainiens, polonais et hongrois ou que la Grande Bretagne devienne la première république islamique d'Europe, avant le Frankistan et le Belgistan.

On peut faire tomber toute les frontières mais il ne faudra pas déplorer que le croissant islamique flotte sur le Vatican transformé en mosquée par des masses d'africains musulmans venus s'installer en Italie et qui auront réduit en poussière le David de Michel-Ange parce que sa nudité est contraire aux dogmes religieux adoptés par la majorité des Italiens qui auront jadis décidé d'ouvrir complétement leurs frontières à des dizaines de millions de citoyens africains en quête d'un Eldorado plus riche et plus clément.

Dominique Bianchi

L'IRREDENTISMO CORSO

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L'IRREDENTISMO CORSO

Ex: http://www.katehon.com 

Con il Trattato di Versailles, firmato dai rispettivi plenipotenziari il 15 maggio 1768, la Repubblica di Genova offrì la riottosa e fiera isola di Corsica al Regno di Francia, come garanzia per i debiti contratti con Parigi pari a due milioni di lire genovesi. La situazione politica dell’isola, al momento del passaggio di consegne, era in piena ribellione contro l’occupazione genovese,  che continuò anche contro i francesi guidati dal grande patriota Pasquale Paoli.

L’anelito indipendista fu schiacciato con la battaglia di Ponte Nuovo, tra l’8 e il 9 maggio 1769, dai francesi, che in seguito alla vittoria occuparono tutta la Corsica, ma ciononostante non riuscirono a troncare i radicati e plurisecolari rapporti commerciali e culturali con la Penisola italiana.

Il decreto di riunione della Corsica alla Francia, ultimo atto dell’annessione francese verso l’isola del Mediterraneo, avvenne il 30 novembre 1789. L’italianità era però molto forte, tanto che il filologo e storico Niccolò Tommaseo, in collaborazione con il magistrato e poeta di Bastia Salvatore Viale, tra gli anni 30 e 40 dell’800 studiò il vernacolo corso, influenzato dalla Toscana, definendolo come il più puro dei dialetti italiani. Per tutto il resto del secolo vi fu una sorta di divisione degli ambiti linguistici: il vernacolo corso venne considerato adatto solo a soggetti giocondi, farseschi, popolareschi, mentre per i soggetti più seri la scelta ricadeva sull'italiano.

Il cambiamento di rotta francese avvenne con Napoleone III e la sua francesizzazione che comportò l’imposizione della lingua, delle leggi e dei costumi francesi. Si arrivò addirittura al mancato riconoscimento dei titoli di studio rilasciati dalle Università italiane. Diversi garibaldini e patrioti italiani erano di provenienza corsa, come per esempio Leonetto Cipriani di Centuri che terminò la sua folgorante carriera politica e militare diventando senatore del Regno d’Italia. Dopo la prima guerra mondiale, l’ambito dell’italianità isolana andò peggiorando a causa della politica sciovinistica francese che pretendeva di annullare ogni riferimento culturale italiano della Corsica, scardinando di pari passo anche i legami politici e commerciali. Fu in questo contesto che nacque, per reazione, in Corsica un appassionato movimento irredentista che si diffuse in tutta la popolazione ed in tutti gli strati sociali.

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La situazione economica, già precaria, era diventata disastrosa: molti corsi furono costretti ad emigrare, a fare delle scelte di campo. Chi si appoggiò alla Francia riuscì a trovare un lavoro nell’amministrazione e nell’esercito coloniale francese, chi vedeva un futuro, per l’isola, nell’Italia, come molti intellettuali, si recarono a studiare e a lavorare in Italia. In Corsica, nel frattempo si verificarono continui, meschini scontri tra clans, tra “parrocchie” autonomiste e gruppetti codini di vecchi pensionati dell’impero coloniale francese, per la spartizione di quote locali di potere.

Con l’avvento di Mussolini al potere crebbe, in Italia, l’interesse per i territori di cultura e lingua italiane ancora non riuniti a Roma, come per esempio Corsica e Malta. In contemporanea crebbe in Corsica e nelle altre zone irredente un sentimento fortissimo favorevole a Roma, avvantaggiato peraltro dalle conquiste sociali del Regime.

Quotidiani come  Il Telegrafo di Livorno e L’Isola di Sassari, tra gli altri, che pubblicavano settimanalmente una pagina riguardante la vita corsa. Contemporaneamente fiorirono riviste a carattere spiccatamente  còrso e irredentista, come: Corsica antica e moderna, di Francesco Guerri,  nome di battaglia, “Mimmo Grosso”, e  L’idea còrsa, diretta da Anton Francesco Filippini. Uno tra i primi intellettuali corsi favorevoli all’Italia fu Petru Rocca, nato a Vico il 28 settembre 1887. Dopo aver partecipato alla Prima Guerra Mondiale, fondò, nel 1920, la rivista A Muvra, organo di informazione del Partitu Corsu d’Azzione (PCdA).

Questo partito nel 1927 fu rinominato Partitu Corsu Autonimistu la cui costituzione voleva scrivere Rocca con l’obiettivo di una resistenza corsa verso la Francia. Avendo preso una forte impronta antifrancese nel 1939 il partito fu bandito nel 1939 con l’accusa di aver collaborato con Mussolini. La già ricordata rivista A Muvra esponeva in continuazione l’obiettivo fisso dei suoi redattori: l’unione della Corsica all’Italia. Altri patrioti furono Petru Giovacchini, Marco Angeli e Bertino Poli, i quali fondarono nei primi anni Trenta i Gruppi di Azione Corsa, allo scopo di svolgere attività culturale e politica per l'annessione della Corsica al Regno. Mentre i primi due trattavano argomenti vari e letterari, Poli espresse un contenuto più politico con opere come Il pensiero irredentista còrso e le sue polemiche, pubblicato a Firenze nel 1940, e A Corsica di dumani, pubblicata a Livorno nel 1943. Quello che però aderì  più concretamente e fattivamente al fascismo e che riscosse quindi maggiore apprezzamento presso le autorità italiane fu Petru Giovacchini.

Questi nacque a Canale Verde il primo gennaio 1910 da un’antica nobile famiglia, italiana per cultura, sentimenti, tradizioni. I suoi antenati si erano sempre battuti per l’italianità della Corsica. Simeone Giovacchini, fatto prigioniero durante i primi moti antifrancesi, morì nella fortezza di Tolone senza mai aver rinnegato i suoi ideali di libertà dallo straniero. Un altro antenato, Anghieluvisu, partecipò attivamente al Risorgimento italiano come capo dei Pennuti, i Carbonari corsi. Petru Giovacchini si trasferì a Bastia per studiare al Liceo Nazionale, e si dice che già da adolescente collaborasse a periodici riguardanti l’autonomismo corso. Nel 1927, avendo deciso di dover scrivere su un settimanale risolutamente irredentista, fondò il Primavera, che però venne presto sequestrato comportando per Giovacchini l’espulsione dal  liceo. Nei due anni successivi pubblicò due raccolte di canti patriottici dialettali: Musa casalinga e  Rime notturne. Nel 1930 si iscrisse alla Facoltà di Medicina presso l’Università di Pisa, ma, essendo poi tornato in Corsica per assistere il padre gravemente ammalato, fu costretto a prestare il servizio militare di leva, subendo persecuzioni e violenze durante la ferma, finita la quale gli venne negata la possibilità di concludere gli studi  in Italia. Si trasferì all’Università di Pavia dove fondò, nel 1933, i Gruppi di Cultura Còrsa nel novembre dello stesso anno. Ben presto questi gruppi si trasformarono nei già ricordati Gruppi d’Azione Corsa. Petru Giovacchini fu volontario in Africa  Orientale, arruolato nel 147° battaglione CC.NN. Fu volontario anche in Spagna, come ufficiale medico della Milizia, distinguendosi per valore, ottenendo decorazioni ed il trasferimento in servizio permanente per meriti di guerra. Quando l’Italia entrò in guerra, 10 giugno 1940, Petru chiese di combattere in prima linea per la liberazione della Corsica dal giogo francese, ma il Comando Generale della Milizia ritenne che sarebbe stato molto più producente sfruttare le sue abilità dialettiche nel campo della propaganda. La dichiarazione di guerra alla Francia e la conquista della Corsica da parte delle truppe italiane, dettero speranza agli irredentisti, ma Mussolini rinviò la formalizzazione dell’annessione alla fine della guerra, per non inimicarsi la Francia di Vichy. Nel 1942 fu proposto come Governatore della Corsica non appena fosse terminato l’immane conflitto bellico.

Giovacchini_P..jpgNel febbraio 1943, in Sardegna, fu costituito un Battaglione Corso, inquadrato nella 73° Legione Camice Nere. Questo episodio rappresentò il culmine della collaborazione tra corsi e italiani. Dopo l’8 settembre, ancor prima della rioccupazione della Corsica da parte delle truppe golliste, fu sequestrato dai partigiani locali e in seguito condannato a morte il colonnello Petru Simone Cristofini, con l’accusa di aver collaborato con le autorità italiane e tedesche presenti sull’isola e per aver fornito informazioni sulla resistenza locale. Venne fucilato ad Algeri nel novembre 1943, dopo che il colonnello ebbe tentato il suicidio lanciandosi da una finestra del tribunale al quarto piano. Sua moglie, Marta Renucci, prima donna in Corsica a fare la giornalista, fu condannata a cinque anni di reclusione, che dovette scontare nelle carceri di Algeri, i beni dei coniugi vennero confiscati. Con le stesse accuse furono condannati a morte il colonnello Pantalacci ed il figlio Antoine, che però riuscirono a fuggire in tempo in Italia. Un altro colonnello, Pascal Mondielli, fu condannato all’ergastolo per collaborazionismo. Dopo l’otto settembre, Petru Giovacchini (foto) affidò l’organizzazione irredentista a Giuseppe Mastroserio e si trasferì al Nord per arruolarsi nella Rsi insieme agli amici Angeli e Poli. Non tornarono più in Francia, pendendo sulla loro testa la pena di morte.

La Corte di Giustizia di Bastia, nell’autunno del 1946, condannò a morte in contumacia Giovanni Luccarotti, un lontano discendente di Pasquale Paoli, Pietro Luigi Marchetti, giornalista, Bertino Poli, Marco Angeli e Petru Giovacchini, tutti latitanti, rifugiati in Italia, dove vivevano in semiclandestinità per evitare la giustizia francese. A pesanti pene detentive furono condannati altri imputati: Petru Rocca a quindici anni di lavori forzati, deportato alla Guiana; Yvis Croce, conservatore degli archivi di Stato della Corsica a cinque anni di lavori forzati; don Domenico Parlotti, canonico della cattedrale di Bastia e scrittore dialettale a dieci anni di reclusione, morì in carcere; don Giuseppe Damiani, direttore didattico a cinque anni di lavori forzati. Risultarono condannate anche due donne: Margherita Ambrosi, vedova del poeta Piazzoli che aveva esaltato l’Italia a cinque anni di reclusione e Maria Rosa Alfonsi, giovane parrucchiera di Ajaccio, in contumacia a cinque anni di lavori forzati. Fu condannato a due anni di reclusione Angelo Giovacchini, fratello di Petru. Tutti furono ritenuti colpevoli di aver attentato alla sicurezza nazionale. I loro beni vennero confiscati, eccezion fatta per Angelo Giovacchini. Mentre il sindaco di Pastricciola, Marco Leca, venne condannato alla  degradazione nazionale.

La repressione francese, seguita alla vittoria degli eserciti alleati, fu durissima; ogni movimento autonomista fu soppresso. Si volle  proibire e annullare ogni ricorso alla lingua italiana e perfino al dialetto còrso. Gli alunni delle varie scuole, quando  venivano sorpresi a parlare in dialetto, venivano espulsi e finanche percossi. Fu una repressione feroce. Persino la Chiesa cattolica, che aveva fino allora sempre adoperato l’italiano nelle omelie, nelle prediche, nelle comunicazioni ufficiali, fu costretta ad usare il francese sotto la minaccia di arresti e di persecuzioni. Gli irredentisti, poi, vennero perseguitati accanitamente, braccati, arrestati, processati, condannati, deportati. La francesizzazione dell’isola venne perseguita con una vera e propria colonizzazione imposta con  l’insediamento di coltivatori francesi profughi dall’Algeria,e non solo, i famosi Pieds Noirs ai quali furono concessi i migliori terreni demaniali dell’isola. Venne favorita anche la speculazione turistica straniera ed infine, per coronare l’opera, fu trasferita la Legione Straniera a Corte. Queste manovre di carattere neocoloniale hanno, credo, snaturato completamente il quadro etnico della Corsica.
 

lundi, 27 février 2017

Banlieues: stop au faux discours victimaire

Les banlieues s’embrasent : vite, donnons-leur raison ! Ce ne sera pas la première fois que le discours officiel, avalisé par un Etat à la main tremblante, se tiendra à cette capitulation. Tout est idéologiquement en place pour faire peser sur la France, ex-puissance coloniale, la responsabilité des guérillas urbaines à venir. En fait, cela fait longtemps que la police nationale est vue, dans les cités musulmanes en ébullition, comme une force d’occupation étrangère qu’il convient de chasser. Certes, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a condamné ce lundi "toutes les violences" et a promis d’être "intraitable avec tous les casseurs". Mais parallèlement, les mouvements antiracistes ont été reçus par le premier ministre, Bernard Cazeneuve. Il avait qualifié de "sauvageons", en octobre 2016, ceux qui avaient tenté de brûler vifs quatre policiers dans leurs deux voitures à Viry-Châtillon. Benoît Hamon, candidat du PS pour la présidentielle, dit de Marine Le Pen, ce matin, qu’elle "jette de l’huile sur le feu" après les violents incidents, samedi à Bobigny (Seine-Saint-Denis), en marge d’une manifestation de soutien à Théo. Le jeune homme, noir, a été blessé le 2 février par des policiers accusés par un juge d’instruction de l’avoir violé à l’aide d’une matraque ; une version contestée par l’enquête de la police des polices (IGPN), qui parle d’accident. Après Bobigny, d’autres cités de la région parisienne se sont enflammées ce week-end. Afin d’éviter la généralisation de ces intifadas, il faut s’attendre à voir le gouvernement multiplier les compromissions avec une contre-société qui se construit depuis trente ans dans la détestation de la France et de tout ce qui la représente.

Si la France est coupable, c’est d’avoir laissé ses dirigeants multiplier ces bombes sociétales depuis des décennies. L’aveuglement porté, par la droite et la gauche, à une immigration de peuplement perméable à la quérulence islamiste est à l’origine des rejets qui s’expriment contre la démocratie ouverte et ses valeurs. Les près de 100 milliards d’euros déversés depuis 1977 sur les banlieues (la "politique de la ville") pour acheter la paix sociale n’ont évidemment pas suffit à faire naître un vivre ensemble qui est de plus en plus refusé. S’il y a un racisme dans les cités, il n’est pas porté, sauf exceptions, par les forces de l’ordre laissées seules face à une population extra-européenne qui vit majoritairement dans l’entre-soi. Les policiers sont devenus des cibles permanentes. En revanche, il existe un racisme anti-Juif qui est toléré par les bons apôtres. Cette haine se manifeste également contre l’Occidental, le Chrétien, le Blanc. "Les collabos de journalistes blancs" ont été pris à partie, samedi à Bobigny, par des émeutiers dont certains criaient "Allahou akbar !". La tentation va être grande, chez les propagandistes, de faire à nouveau passer ces "jeunes" pour des victimes d’une République qui discrimine et qui maltraite. Mais l’explication est devenue beaucoup trop courte. Il y a, derrière ces émeutes, un désir d’humilier la nation française et de la soumettre à d’autres règles. "Stop à la guerre !", a lancé Théo de son lit d’hôpital. C'est très exactement ce que ne veulent pas entendre ceux qui aiment voir la France à genoux.

dimanche, 26 février 2017

Le Grand Désordre Global

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Le Grand Désordre Global

par Antonin Campana

Ex: http://www.autochtonisme.com 

Dans un article publié en octobre 2015, nous faisions remarquer que le « Système » paraissait paniqué par l’emballement des crises et la perspective d’un possible effondrement. Nous nous demandions cependant si la confusion et les contradictions qui agitaient alors le Système, et à quoi semblait se ramener le Système, n’indiquaient pas plutôt un possible changement de stratégie.

Entretemps, l’effondrement du Système a semblé s’accélérer sous l’effet du Brexit, du référendum italien, de l’élection de Trump et de la montée en puissance des mouvements « populistes ». Le désordre mondial est maintenant extrême et il est devenu très difficile de formuler une hypothèse qui rende compte et explique l’intégralité des situations contradictoires que nous pouvons observer.

Indubitablement, le « Système » entre dans une nouvelle période de son histoire. Ce sera, selon notre lecture, la cinquième et dernière.

La première période commence lorsque Jules Ferry propose à l’Industrie, la Banque et le Commerce de se servir du sang français pour ouvrir de nouveaux marchés aux produits capitalistes et aux idéaux républicains. L’entreprise coloniale signe la naissance du Système dans la mesure où le Système repose à la fois sur une puissance économique et financière héritée du capitalisme et sur une puissance idéologique et sociétale (la « démocratie », les « droits de l’homme », la « société ouverte »…) héritée de la République de 1789.

La seconde période commence en 1945 à l’issue d’une guerre mondiale qui a commencé en 1914. Cette guerre (unique et non pas double) verra les nations dominées par le capitalisme et organisées selon les principes républicains de la société ouverte, l’emporter sur les nations dominées par des élites traditionnelles et organisées selon des principes hérités des identités et des cultures. En 1945, le cœur du Système n’est plus en France mais dans le monde anglo-saxon.

Une troisième période s’ouvre à partir des années 1990. Les régimes communistes en Europe de l’Est se sont alors tous effondrés. Le Bloc de l’Est n’existe plus. L’URSS elle-même est dissoute (décembre 1991). Le néoconservateur américain Francis Fukuyama décrète la fin de l’Histoire au nom du consensus sur la démocratie libérale. Paul Wolfowitz énonce alors sa célèbre doctrine que l’on peut résumer ainsi : les valeurs du Système et la démocratie de marché, appuyées sur la puissance des Etats-Unis, doivent maintenant s’imposer au monde entier et engendrer un monde unifié sous une gouvernance globale. Autrement dit, le Système mondialiste est persuadé que rien ni personne ne pourra désormais arrêter son irrésistible expansion.

Le véritable choc surviendra en août 2008 : quatrième période. Depuis 1992, la Russie était sous la coupe des libéraux américains, c’est-à-dire du Système, et subissait une « thérapie de choc » sur fond de privatisations et de concentrations des richesses entre les mains de quelques uns. Entre 1990 et 1998, le PIB chute de 45% ! Vladimir Poutine arrive au pouvoir en 2000 et rompt immédiatement avec la « thérapie de choc ». Les médias occidentaux parlent alors de « néo-tsarisme ». Mais la véritable déconvenue surviendra lors de la guerre avec la Géorgie, un pays dont les forces militaires sont formées et armées par les Etats-Unis. Alors que la Russie avait fermé les yeux sur la destruction de la Yougoslavie en 1999, elle réagit vigoureusement à l’invasion de l’Ossétie en 2008. Non seulement la Russie résistera au dispositif de containment qui sera alors mis en place, mais, dans un second temps et sous l’impulsion de Vladimir Poutine, elle désarticulera le dispositif géopolitique du Système. En annexant la Crimée après le coup d’Etat en Ukraine, en bloquant par son intervention en Syrie le processus des révolutions de couleur au Moyen-Orient (« Printemps arabes »), la Russie va renvoyer la doctrine Wolfowitz dans les poubelles de l’Histoire.

La Russie s’est donc levée face au Système générant un vent d’espoir sur toute la planète. Entretemps, la Chine est devenue une puissance économique et militaire majeure avec laquelle il allait falloir compter. Si en 1990, le Système pouvait espérer une fin de l’Histoire à son profit, en 2017 les choses sont donc complètement différentes. C’est une grande désillusion pour l’Etat profond américain et pour l’oligarchie. Certains imaginent une guerre mondiale qui pourrait redonner la main au Système. « Malheureusement », Donald Trump et non Hillary Clinton, vient d’accéder à la présidence.

Ici nous abordons la cinquième et dernière période du Système. En 1990, tout semblait donc promis au Système. En 2015, il apparaissait nettement que la mondialisation et la « gouvernance globale » avaient subi un sérieux coup d’arrêt (principalement grâce à Vladimir Poutine). Aujourd’hui, nous assistons à une remise en cause et à un reflux du Système sur ses « propres terres » : l’Europe et le monde anglo-saxon.

Il faut bien comprendre que le Système est un parasitoïde. Un parasitoïde est un «organisme qui se développe sur ou à l’intérieur d’un autre organisme dit « hôte » mais qui tue inévitablement ce dernier au cours de ce développement ou à la fin de ce développement ». Les peuples et les nations constituent à l’évidence cet « organisme hôte ». Autrement dit, le Système ne peut exister que par les peuples. Soros, les membres du groupe de Bilderberg, les dirigeants de l’Etat profond américain… ne seraient rien sur une île déserte et passeraient sans doute leur temps à se cannibaliser. Les mêmes au milieu d’un peuple se comportent immédiatement comme des parasites entretenant des liens étroits et souvent solidaires. Or tout montre désormais que l’organisme hôte n’est plus aussi passif qu’il l’a été ces dernières années.

Nous assistons en effet à une sorte d’éloignement de plaques tectoniques. Une plaque « populiste » s’est maintenant détachée de la plaque mondialiste. Le Brexit, l’élection de Trump, les forts scores électoraux des mouvements antiSystème… montrent une prise de conscience et une certaine imperméabilité des populations aux discours des médias-Système. L’entreprise d’ingénierie sociale menée par le Système est clairement remise en cause à travers le refus des politiques d’immigration. La notion même de Système est devenue courante et se définie toujours d’un point de vue explicitement antiSystème. En d’autres terme, l’organisme hôte cherche à se détacher du parasitoïde qui le tue.

Devant ce mouvement tectonique, le Système parasitoïde a trois solutions. La première (et la plus probable ?) est le déclenchement d’une guerre, voire d’une guerre civile, qui brise net les reins de la plaque tectonique populiste. La seconde solution consiste au contraire à intégrer la plaque tectonique populiste en attendant des jours meilleurs. La dernière est de laisser faire les choses, de laisser se multiplier les Donald Trump, au risque de se trouver « isolé sur une île déserte », sans organisme hôte à parasiter.

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Or nous observons que les élites-Système commencent à se partager entre la première et la seconde option (la troisième étant bien sûr exclue). L’immense majorité d’entre elles, appuyée sur les médias, les services de renseignements, les fondations, les lobbies, le progressisme sociétal… semble avoir opté pour une lutte dure quitte à risquer la guerre civile à l’intérieur et la guerre mondiale à l’extérieur (appel à la destitution ou à l’assassinat de Trump, menaces de soulèvement des banlieues si Marine Le Pen était élue, provocations envers la Russie ou la Chine…). Mais une minorité semble avoir d’ores et déjà déserté la plaque mondialiste et rejoint la plaque populiste. C’est le cas de Trump bien sûr, qui indubitablement provient du Système, mais aussi d’une grande partie de son entourage : Steven Mnuchin a passé 17 ans chez Goldman Sachs, Rex Tillerson est le PDG d’ExxonMobil, le Général Flynn était un ancien chef (nommé par Obama !) de la Defense Intelligence Agency (DIA)… C’est aussi le cas de personnalité comme Fillon, membre du Siècle qui a commis le crime de lorgner du côté de la Russie, regardée par beaucoup comme le cœur de l’antiSystème. C’est le cas au Royaume-Uni d’une Theresa May, très liée au milieu bancaire, qui devant Goldman Sachss’affirmait contre le Brexit et qui maintenant se prononce pour un « Brexit dur ». C’est le cas en Allemagne de Sigmar Gabriel, Ministre fédéral des Affaires étrangères, qui critique la politique d’immigration de Merkel et appelle à lever les sanctions contre la Russie…

En fait, ces « transfuges » font aujourd’hui ce que les cadres du parti communiste soviétique ont fait hier dès l’amorce de l’effondrement du régime : ils se positionnent favorablement dans le monde qui arrive. Gorbatchev, fossoyeur du régime (le Trump Russe ?), était le Président du Soviet suprême de l’URSS ; Boris Eltsine, fossoyeur de la Russie, était membre du comité central du PCUS ; Tchernomyrdine était à la tête de Gazprom ; Alexandre Lebed était membre du PCUS et général de l’armée soviétique ; l’oligarque Anatoli Tchoubaïs, vice-président du Gouvernement de la Fédération de Russie, était un cadre du PCUS… Combien d’anciens dissidents et de rescapés du goulag parmi eux ? Aucun ! Le nouveau régime a été massivement investi par les cadres et les dirigeants de l’ancien système soviétique.

Il semblerait donc qu’une petite partie des élites-Système a fait, consciemment ou pas, le pari de l’effondrement du Système. Et l’autre partie, pour le moment majoritaire, lui a déclaré une guerre sans merci.

Nous assistons donc à un désordre sans précédent que nous nommons « Grand Désordre Global ». Celui-ci se situe à quatre niveaux :

  • Le Système combat avec acharnement le printemps des peuples. Il est clairement entré dans une logique de guerre civile avec mobilisation des masses non blanches (en France les Banlieues, aux Etats-Unis les Latinos et les Noirs), mobilisation des classes urbaines possédantes (l’extrême gauche, la gauche morale), mobilisation des mouvements sociétaux (LGBT, féministes…) et bien sûr mobilisation des médias.

  • Le Système alimente un dangereux désordre géopolitique (Ukraine, Syrie, mer de Chine…) avec l’espoir de contrarier l’influence des nations positionnées hors Système (notamment la Russie)

  • Le Système mène une guerre interne pour contrer ceux des siens qui s’en écartent, par stratégie ou par conviction, et passent du côté des peuples. Il règne probablement un climat de guerre civile au sein même des cercles les plus influents.

  • Le camp antiSystème est quant à lui parasité par les transfuges venus du Système. Il perd de sa cohérence interne. Par exemple, Trump est accusé de s’entourer de milliardaires, ce qui est vrai. Mais le plus grave est que ceux-ci n’ont absolument pas abandonné leurs préjugés d’autrefois. Leur manière de penser est restée celle des cercles influents du Système. Leur discours sur la Russie, par exemple, reproduit la narrative-Système habituelle ce qui rend illisible la politique étrangère de Trump et fragilise, voire remet en question, son positionnement antiSystème.

En résumé de tout ce qui précède, selon nous :

  • Le Système pensait au début des années 1990 avoir remporté la partie

  • Le réveil de la Russie et son retour sur la scène géopolitique marque un premier coup d’arrêt (d’où cette hostilité viscérale envers la Russie, pays clivant Système et antiSystème)

  • Le printemps des peuples (référendum grec, Brexit, élection de Trump, montée du « populisme »…) entame une phase de repli du Système. Celui-ci est partiellement délégitimé sur ses « terres historiques ».

  • Aujourd’hui, c’est le Système lui-même qui semble se fractionner : faut-il continuer à dissoudre les peuples au risque de manquer le train de l’histoire, ou faut-il feindre de s’adapter aux nouvelles donnes ?

C’est la résistance d’un Système fossilisé qui est cause du chaos que nous observons aujourd’hui et qui va en s’amplifiant. Le Grand Désordre Global est le fait d’un Système dinosaurien qui refuse de s’adapter en se soumettant aux peuples, préférant engendrer dislocation sociale et destruction de la planète plutôt que d’abandonner son projet malsain de domination mondiale.

Antonin Campana

Faisons le vrai bilan de la colonisation

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Faisons le vrai bilan de la colonisation

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

Le débat sur la colonisation française en Algérie a été relancée par Emmanuel Macron qui s’est laissé aller à dire qu’elle était un « crime contre l’humanité », suscitant un tollé logique en France en retour. Nombreux ont souligné l’ineptie de cette accusation contre son propre pays par un candidat aux élections présidentielles en visite en Algérie. La preuve même que la colonisation n’est pas terminée, c’est est allé à Alger dans le cadre de sa campagne pour récupérer le vote des binationaux franco-algériens. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, les accords d’Evian, validés en 1962 par le peuple français, n’ont pas réglé la question. Par le biais de l’immigration en provenance des anciennes colonies, elle est revenue sous une autre forme.

La droite et l’extrême-droite ont réagi en évoquant « l’œuvre civilisatrice de la France en Algérie », au lieu de faire le vrai bilan de la colonisation, qui ne justifie ni opprobre ni apologie. Car la France, comme les autres nations colonisatrices d’Europe, a commis une grave faute, une erreur majeure qu’elle a payée cher financièrement à l’époque, et qu’elle paie aujourd’hui aussi.

L’ouvrage de Daniel Lefeuvre (« Pour en finir avec la repentance coloniale ») a été en ce sens salutaire mais n’a pas été compris comme il aurait dû l’être. Bernard Lugan également a fait le bilan financier de la colonisation. On se rend compte ainsi des sommes pharamineuses que la France a dû payer pour construire routes, écoles et hôpitaux en Algérie. Le bilan financier de la colonisation est très déficitaire, ce qui signifie que non seulement la France ne s’est pas enrichie en colonisant l’Afrique, mais qu’elle y a perdu, qu’elle s’est même attachée un boulet économique aux pieds, freinant sa propre croissance économique. Les sommes gaspillées en pure perte au profit de l’illusion coloniale auraient pu et dû être utilisées pour renforcer l’armée et pour améliorer les conditions de vie des Français.

La colonisation fut donc du point de vue de l’intérêt des Français une folie. Elle a créé les conditions favorables à l’immigration post-coloniale comme nous la connaissons aujourd’hui, en créant des ponts entre les deux rives de la Méditerranée, et en perturbant gravement le système démographique de ces pays. En faisant artificiellement baisser drastiquement le taux de mortalité des populations colonisées, alors que l’évolution des mentalités est longue, le taux de natalité continuant d’être très élevé, le colonisateur a créé une dynamique démographique anormale, un désordre qui explique pourquoi, notamment en Afrique subsaharienne, la croissance démographique explose littéralement. Et bien sûr cette explosion démographique a un impact migratoire sur l’Europe.

AFFICHE_2.jpgAlors que la France n’a pas hésité à faire venir des travailleurs nord-africains sur son territoire depuis 1946, et continue de les laisser venir, elle a abandonné les colons français à un sort détestable, qui les a amenés dans des conditions extrêmement douloureuses à regagner la métropole après 1962. Un échange de population aurait au moins été logique mais il n’a pas eu lieu, et si De Gaulle a eu raison de vouloir « lourder » le boulet colonial, il a eu le tort de ne pas rompre radicalement avec les anciennes colonies. Car il fallait une séparation totale, qui n’a pas eu lieu, parce que les gouvernements ont remplacé le colonialisme classique par un néo-colonialisme qu’on appelle Françafrique (ou Commonwealth chez les Britanniques) et par l’immigration, réintroduisant ainsi la « question coloniale » au cœur même de l’ancienne métropole.

Ne pas comprendre qu’il y a un lien entre la colonisation, une décolonisation non aboutie et l’immigration, est une erreur majeure d’analyse et de compréhension. Au contraire, le bilan de la colonisation doit nous amener à condamner l’expérience du point de vue de nos intérêts, au lieu de prétendre avoir fait œuvre utile, et avoir ainsi donné des armes qu’on retourne désormais contre nous. Le cynisme aurait été plus excusable que l’humanitarisme derrière lequel on s’est caché. Il n’y a jamais eu de « fardeau de l’homme blanc » autre qu’imaginaire, aucun « devoir » au sens de Jules Ferry. C’est le Parti Radical qui est le seul responsable, au nom d’une conception universaliste du monde, paravent d’une logique purement affairiste, de la colonisation, donc la « gauche » de l’époque. Les droites n’ont pas à l’assumer ni à en faire l’éloge.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)