dimanche, 15 mars 2026
L’Iran et l’essor du Croissant chiite - Le rôle stratégique de l’Iran dans le Moyen-Orient multipolaire

L’Iran et l’essor du Croissant chiite
Le rôle stratégique de l’Iran dans le Moyen-Orient multipolaire
par Nuestra América
Nuestra América sur l’Iran en tant que pierre angulaire du monde chiite à l’ère multipolaire.
Dans l’architecture géopolitique du Moyen-Orient et du monde islamique, l’Iran occupe une position singulière : il est le principal État chiite et l’un des rares acteurs capables d’articuler simultanément pouvoir religieux, politique et stratégique. Cette conjonction a fait de Téhéran une pièce maîtresse dans la configuration d’un ordre international de plus en plus multipolaire.
Historiquement, l’Iran s’est imposé comme bastion du chiisme à partir du XVIe siècle, lorsque la dynastie safavide transforma le pays en centre du chiisme duodécimain, le distinguant de l’environnement majoritairement sunnite de la région. Ce processus a fait de l’Iran le principal pôle religieux et culturel du chiisme, une condition qui continue d’influencer sa politique étrangère contemporaine.
Après la Révolution iranienne de 1979, cette dimension religieuse s’est intégrée à une stratégie politique plus large. Le nouvel État iranien a promu un réseau de relations avec les communautés et mouvements chiites dans différents pays, combinant diplomatie religieuse, soutien politique et coopération militaire. Ce réseau s’est progressivement étendu de l’Iran vers l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen, formant ce que plusieurs analystes appellent le « Croissant chiite », une ceinture d’influence reliant les présences chiites du Golfe Persique à la Méditerranée.

Dans ce cadre, l’Iran agit non seulement comme un État-nation traditionnel, mais aussi comme le centre idéologique et l’organisateur d’une constellation d’acteurs étatiques et non étatiques. Des organisations telles que le Hezbollah au Liban, les milices chiites en Irak et le mouvement houthiste au Yémen ont entretenu des liens politiques, financiers ou militaires avec Téhéran. Ensemble, ils forment ce que certaines études qualifient « d’Axe de la Résistance » face à l’influence occidentale et à des alliés régionaux comme Israël et l’Arabie saoudite.
Ce rôle prend une dimension supplémentaire dans le contexte d’un monde multipolaire émergent. L’Iran se présente comme l’un des nœuds géopolitiques reliant le Moyen-Orient à des acteurs eurasiens plus larges, entretenant des relations stratégiques avec des puissances comme la Russie et la Chine, tout en participant à des réseaux économiques et diplomatiques qui fonctionnent comme des alternatives au système occidental. Bien que ces alliances ne soient ni homogènes ni exemptes de tensions, elles contribuent à situer l’Iran dans un cadre plus large de pouvoirs globaux.
En même temps, l’influence iranienne n’est ni absolue ni homogène. Au sein même des communautés chiites existent diverses tendances religieuses et politiques, et certains pays à forte population chiite maintiennent des positions indépendantes, voire critiques vis-à-vis de Téhéran. La relation entre identité religieuse et géopolitique est donc complexe et dynamique.
En résumé, l’Iran fonctionne comme la pierre angulaire du monde chiite contemporain, non seulement en raison de son poids démographique ou religieux, mais par sa capacité à articuler des réseaux politiques, idéologiques et stratégiques qui dépassent ses frontières nationales. Dans la transition vers un système international multipolaire, ce rôle fait de Téhéran un acteur central pour comprendre les nouvelles configurations informelles au Moyen-Orient et au-delà.
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dimanche, 08 mars 2026
L’Iran sous attaque : une recette pour le désastre

L’Iran sous attaque: une recette pour le désastre
Lic. Andrés Berazategui
Source: https://politicar.com.ar/contenido/1645/iran-bajo-ataque-...
L’attaque contre l’Iran déstabilise un ordre toujours fragile au Moyen-Orient et expose des calculs stratégiques divergents entre les États-Unis et Israël, avec des risques d’escalade susceptibles de transformer radicalement la région.
ANALYSE
L’attaque contre la République islamique d’Iran menée par les États-Unis et Israël est une action qui bouleverse un ordre déjà très fragile au Moyen-Orient et qui peut avoir des conséquences dépassant le cadre régional, ce qui rend pertinent l’examen des objectifs et des calculs de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu. Essayons d’évaluer ces motivations d’un point de vue stratégique.
Les États-Unis comme garants de l’ordre régional
Le président américain a déclaré que les objectifs des actions visaient principalement à anéantir le projet nucléaire iranien, ainsi qu’à forcer un changement de régime à Téhéran. En accord avec ces objectifs, la nécessité de limiter la capacité de l’Iran en matière de missiles balistiques, de dégrader ses capacités navales et de mettre fin au soutien de Téhéran à son réseau d’alliés régionaux (Hezbollah, Hamas, Houthis, etc.) a également été évoquée.
Historiquement, la région du Golfe Persique a revêtu une importance stratégique centrale pour les États-Unis, en raison de la place critique du pétrole dans l’économie mondiale. Ce facteur a poussé Washington à se poser en garant d’un certain ordre régional – du moins pour éviter une explosion généralisée – autour d’une ressource naturelle dispersée entre plusieurs pays, mais concentrée géographiquement, cruciale pour l’économie internationale et située dans une zone hautement volatile, marquée par des conflits potentiellement explosifs de nature religieuse, ethnique et géopolitique.

Cependant, depuis l’essor du gaz de schiste dans la décennie 2010, la nature de l’intérêt américain a changé. Ayant atteint l’autosuffisance dans l’accès et la production de pétrole, il ne s’agit plus tant d’assurer l’approvisionnement direct que de préserver la stabilité systémique du marché énergétique mondial et de conditionner (comme au Venezuela) l’approvisionnement de la Chine, principal défi stratégique des États-Unis. De plus, Washington cherche à éviter de fortes perturbations des prix du pétrole qui auraient un impact négatif sur son économie et, dans le même temps, à empêcher ses rivaux de profiter géopolitiquement de la région.
Si l’on établissait une échelle de priorisation des intérêts, on pourrait dire que la région a perdu une centralité relative dans la grande stratégie américaine. Elle reste importante, mais n’en constitue plus l’un des axes structurants : son importance découle en grande partie de sa connexion avec la compétition stratégique mondiale. Même si l’Iran conserve la capacité d’affecter la sécurité énergétique internationale et d’entraver, par ses propres moyens ou par l’intermédiaire de ses alliés, les objectifs régionaux de Washington, il ne représente pas une menace directe pour le territoire continental des États-Unis, ni ne semble en mesure de compromettre des objectifs stratégiques plus larges des États-Unis. Tout cela nous amène à affirmer que les actions entreprises constituent, au minimum, une manœuvre hautement risquée.
La perception existentielle d’Israël
Pour Israël, en revanche, la question est plus grave. Téhéran est perçue comme une menace existentielle, d’où l’intérêt vital d’affaiblir structurellement le gouvernement des ayatollahs et, éventuellement, de transformer l’Iran en un acteur incapable de changer l’équilibre régional, soit par son intégration dans un ordre régional plus favorable aux intérêts israéliens, soit par un affaiblissement qui ferait de l’Iran un État dysfonctionnel.

Depuis plusieurs décennies, les responsables israéliens ne considèrent pas l’État perse comme un adversaire stratégique, mais comme un ennemi – un hostis, au sens schmittien – qui met en danger l’existence même d’Israël. Les dirigeants juifs ont depuis longtemps consolidé le récit (aujourd’hui largement partagé dans la société israélienne) selon lequel Israël est un petit État entouré d’ennemis puissants cherchant sa destruction (et aucun n’est aussi dangereux que l’Iran), ce qui justifie toute action, aussi radicale soit-elle.
Ce récit a également pénétré profondément de nombreux pays occidentaux, en particulier les États-Unis. Ainsi, en amplifiant les dénonciations d’antisémitisme, en attirant le soutien des mouvements sionistes-chrétiens ou encore grâce à l’action de divers lobbies pro-israéliens, une stratégie de captation des volontés (et de neutralisation des critiques) a été élaborée, visant à rechercher le soutien sur des fondements identitaires, religieux ou directement politiques. Une méthode globale et efficace, il faut le reconnaître.
On sait comment cela a commencé, mais on ne sait pas comment cela finira
Les actions des États-Unis et d’Israël reposent donc sur des appréciations stratégiques motivées par différents niveaux d’intérêt. Cependant, il est très probable qu’en Iran, les positions se radicalisent au sein du système politique actuel (qui n’a pas encore implosé) et que des secteurs significatifs de la société iranienne renforcent leur soutien au gouvernement selon une logique de cohésion face à l’agression extérieure.
Cela amène à se demander s’il valait vraiment la peine de déstabiliser un ordre régional aussi fragile, en exacerbant une situation historiquement complexe face à un acteur qui a démontré à plusieurs reprises une grande résilience. Si les calculs stratégiques de toutes les parties impliquées ne sont pas précisément ajustés, la dynamique des événements pourrait s’emballer et déboucher sur un scénario de conséquences régionales, voire systémiques, difficiles à contenir. Dans ce cas, la situation pourrait conduire à un désastre de grande ampleur.
20:19 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, moyen-orient, proche-orient, israël |
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samedi, 07 mars 2026
L’Iran s’attaque au système nerveux de la projection de puissance américaine

L’Iran s’attaque au système nerveux de la projection de puissance américaine
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Pour comprendre l’escalade actuelle au Moyen-Orient, il faut d’abord prendre du recul. Dans nos médias occidentaux, un récit familier domine toujours: les États-Unis et Israël attaquent les capacités militaires iraniennes, tandis que Téhéran réagit avec des missiles et des drones. La conclusion est alors généralement de dire que l’Iran serait militairement affaibli.
Mais cette perspective passe à côté d’un point crucial. La stratégie iranienne ne vise apparemment pas en premier lieu l’affrontement militaire direct. Téhéran cherche plutôt à mettre en évidence les faiblesses structurelles de l’architecture militaire américaine au Moyen-Orient.
C’est précisément là que réside le cœur stratégique des opérations actuelles. Les systèmes militaires modernes ne fonctionnent plus comme des plateformes d’armes isolées, mais comme des réseaux complexes de capteurs, de systèmes de communication et de capacités d’interception. Les systèmes de défense antimissile, par exemple, sont largement aveugles sans leurs radars et leurs capteurs d’alerte précoce. Si ces composants sont endommagés ou détruits, l’ensemble du système perd son efficacité opérationnelle.

Dans ce contexte, la démarche iranienne apparaît bien plus rationnelle qu’on ne la présente souvent. Téhéran concentre de plus en plus ses attaques sur le niveau sensoriel et infrastructurel de la présence militaire américaine. Cela concerne notamment :
- Les systèmes d’alerte précoce et les radars stratégiques
- Les centres de communication et de transmission de données
- Les capteurs des systèmes de défense antimissile
- L’infrastructure des bases militaires américaines
Ces installations constituent la colonne vertébrale technologique de la puissance militaire américaine dans la région. Sans elles, même des systèmes aussi sophistiqués que le Patriot perdent une grande partie de leur efficacité. La logique opérationnelle peut donc être résumée simplement: l’Iran ne cherche pas à saturer la défense antimissile américaine, mais à la rendre aveugle.
Il s’agit d’une stratégie asymétrique classique, qui vise à modifier la structure des coûts d’un adversaire technologiquement supérieur. Alors que les missiles et drones iraniens peuvent être produits à moindre coût, l’infrastructure des défenses antimissiles modernes est extrêmement onéreuse et difficile à remplacer rapidement. Un radar stratégique ou un centre de communication complexe ne se reconstruit pas du jour au lendemain. Si cette infrastructure est endommagée, il en résulte une vulnérabilité opérationnelle durable.
Quand les bases militaires deviennent un risque sécuritaire
Un second effet, souvent négligé, concerne le rôle des bases militaires américaines au Moyen-Orient. Pendant des décennies, la présence des forces américaines a été présentée comme une garantie de stabilité régionale. Mais en cas d’escalade, cette logique peut s'inverser.
Les bases militaires ne sont pas seulement des instruments de projection de puissance ; ce sont aussi des cibles stratégiques de grande valeur. Cela signifie que les États qui accueillent des infrastructures militaires américaines deviennent automatiquement des cibles potentielles en cas de conflit, même s’ils ne participent pas activement aux hostilités.
Cette réalité stratégique ne concerne pas seulement le Moyen-Orient. Elle est aussi directement valable pour l’Europe.
En effet, de nombreux pays européens abritent des bases militaires américaines, des systèmes de défense antimissile et des nœuds logistiques.
La question centrale est donc la suivante: de telles structures sont-elles, en cas de crise, une protection – ou deviennent-elles elles-mêmes un risque ?
18:44 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, bases américaines, iran, moyen-orient, golfe persique |
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Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes

Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Si l’on observe les évolutions actuelles de manière objective, une parenté stratégique apparaît entre la guerre en Ukraine et l’escalade actuelle au Moyen-Orient. La clé décisive des conflits géopolitiques modernes se situe de moins en moins sur le champ de bataille – mais de plus en plus dans l’économie et les flux énergétiques.
Guerre en Ukraine : Les conséquences économiques touchent l’Europe – surtout l’Allemagne
La guerre en Ukraine n’a pas frappé “l’Occident tout entier” de manière égale sur le plan économique. Les charges sont très inégalement réparties. Alors que les États-Unis ont pu générer des revenus supplémentaires grâce à l’exportation massive de GNL (gaz naturel liquéfié), c’est surtout l’industrie européenne qui s’est retrouvée sous pression – et au sein de l’Europe, particulièrement l’Allemagne.
Les causes sont structurelles:
- L’Allemagne dépendait fortement de l’énergie russe bon marché.
- Les industries à forte consommation d’énergie sont la colonne vertébrale de l’industrie allemande.
- La hausse des prix de l’énergie touche donc directement la base industrielle.
Depuis la rupture des relations énergétiques avec la Russie, les coûts de chauffage et les prix de l’énergie ont nettement augmenté, tandis que les prix de l’électricité pour l’industrie et les ménages restent parmi les plus élevés d’Europe. La conséquence en est une faiblesse économique persistante: l’économie allemande stagne depuis des années.

Moyen-Orient : Attaque contre le système énergétique mondial
C’est précisément ici que le conflit avec l’Iran devient géopolitiquement pertinent: le détroit d’Ormuz est l’une des artères énergétiques les plus importantes du monde. Une part significative du commerce mondial du pétrole transite par ce détroit.
Les attaques contre les pétroliers ou la menace sur la navigation ont des conséquences immédiates:
- hausse des prix du pétrole;
- hausse des prix du gaz;
- nervosité sur les marchés financiers.
Même de petites perturbations de cette route peuvent faire grimper l’inflation et les prix de l’énergie dans le monde entier.
La logique stratégique
La logique de tels conflits est relativement simple. Lorsqu’un État est militairement en nette infériorité, il ne cherche pas nécessairement à gagner la guerre. Il tente plutôt de maximiser les coûts économiques pour l’adversaire.
Cela signifie :
- hausse des prix de l’énergie;
- chaînes d’approvisionnement sous pression;
- marchés financiers très sensibles.
La guerre se déplace ainsi du champ de bataille vers le système économique.
Et l’Allemagne ?
Voici le point décisif. L’Allemagne a déjà supporté la plus grande partie des coûts structurels de la guerre en Ukraine:
- perte d’une énergie bon marché;
- augmentation des coûts de production;
- pression croissante sur l’industrie et les PME.
Si une nouvelle crise énergétique venait à éclater au Moyen-Orient, ce point sensible serait une nouvelle fois touché. La hausse des prix du pétrole et du gaz aurait un effet immédiat: coûts de production plus élevés – inflation accrue – pression supplémentaire sur l’industrie et le tissu économique.
Ou, pour le dire simplement: la guerre en Ukraine a déjà massivement affaibli l’économie allemande. Une nouvelle crise énergétique au Moyen-Orient pourrait être le coup de grâce pour la puissance industrielle allemande.
17:49 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, économie, actualité, ukraine, hydrocarbures, allemagne, europe, affaires européennes, moyen-orient |
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vendredi, 06 mars 2026
Rien appris de “l’Afghanistan” – Trump envisage de soutenir des milices en Iran

Rien appris de “l’Afghanistan” – Trump envisage de soutenir des milices en Iran
Par ELA
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/192060
Autrefois, dans la lutte “contre l’invasion russe” en Afghanistan, les États-Unis avaient armé les talibans.
Les conséquences désastreuses qui en ont résulté sont consignées dans les livres d’histoire et restent actuelles à ce jour.
Soutien aux milices armées
Trump n’est, comme on le sait, pas un homme politique, et il ne semble pas non plus très familier avec “l’histoire”, ce qui, de toute évidence, n’a que peu d’importance pour un homme d’affaires.
Désormais, il s’engage pourtant apparemment “sans le savoir” sur des voies où les États-Unis, dans un passé récent, se sont déjà “plus d’une fois cassé les dents”.
Le président américain Trump envisage maintenant de soutenir des milices armées en Iran.
Trump a déclaré ouvertement vouloir soutenir des groupes en Iran qui souhaitent renverser le régime, comme l’a rapporté le Wall Street Journal (WSJ), citant des responsables américains ayant confirmé des discussions avec des dirigeants kurdes.
Selon le rapport, cette idée pourrait transformer des factions iraniennes, grâce au soutien rhétorique de Washington, en troupes terrestres.
Cependant, selon ces responsables, Trump n’a pas encore pris de décision définitive concernant la fourniture d’armes, la formation ou le soutien en matière de renseignement.
L’Iran n’est en aucun cas « sans direction »
Trump ne devrait cependant pas se faire d’illusions, croyant que l’Iran serait sans direction ou affaibli après la mort du grand mollah Khamenei.
La mort du chef suprême, l’ayatollah Khamenei, ne semble en rien avoir affaibli l’Iran. Au contraire, la colère du peuple ne cesse de croître. Et cela non seulement en Iran, mais dans tout le monde islamique. Les premières voix s’élèvent déjà pour se demander si le principal des mollahs ne l’a pas même délibérément voulu.
La minorité kurde dans le pays, en revanche, n’est ni armée ni ne peut véritablement être qualifiée de milice, et il est en outre peu probable qu’elle soit prête à combattre massivement le régime des mollahs, avec ou sans « armement extérieur ».
20:58 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerilla, iran, kurdes, moyen-orient |
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mercredi, 04 mars 2026
La fermeture du détroit d'Ormuz est la dernière touche à un commerce maritime déjà fragilisé

La fermeture du détroit d'Ormuz est la dernière touche à un commerce maritime déjà fragilisé
Source: https://mpr21.info/el-cierre-del-estrecho-de-ormuz-es-la-...
Le transport maritime est à nouveau confronté à une crise politique grave, à durée incertaine. Depuis les attaques contre l’Iran par les États-Unis et Israël, le centre géographique de la crise est la région du Golfe Persique, complètement isolée depuis que la Garde révolutionnaire a imposé un blocus aux navires souhaitant franchir le détroit d'Ormuz. Chaque navire reçoit une alerte radio indiquant que le franchissement est interdit.
Dimanche, trois petits pétroliers qui tentaient de naviguer dans ce détroit de 30 kilomètres de large, bordé au nord par la côte iranienne, ont été attaqués. En quelques heures, presque tous les navires tentant d’entrer ou de sortir de la zone ont décidé de changer de cap et de chercher un mouillage sûr. Il s’agissait de porte-conteneurs, mais aussi d’autres types de navires, tels que pétroliers, vraquiers transportant des produits chimiques ou alimentaires, y compris des méthaniers de gaz liquéfié.
Environ 170 porte-conteneurs de toutes tailles, représentant 1,4% de la flotte mondiale en termes de capacité de charge, sont bloqués dans les eaux du Golfe Persique, incapables de poursuivre leur route. D’autres ont regagné leurs bases.
Dans la flotte de CMA CGM, par exemple, une quarantaine de navires sont actuellement cloués dans le Golfe, et sept ont été déviés car ils ne pouvaient pas entrer dans la zone. Certaines compagnies, comme MSC et Maersk, ont suspendu leurs réservations de cargaisons destinées à cette zone, tandis que CMA CGM, depuis lundi, se limite à refuser les produits périssables.
Au total, 72 navires naviguaient encore dans le détroit d’Ormuz samedi, contre 116 la veille. Une réticence marquée est observée parmi les transporteurs d’hydrocarbures: seuls huit navires ont traversé dimanche la passe (7 pétroliers et 1 méthanier), contre une moyenne quotidienne de 55 à 80 navires dans les deux sens.
Le Secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Domínguez, a dénoncé le blocus: «La liberté de navigation est un principe fondamental du droit maritime international et doit être respectée par toutes les parties, sans exception [...] Dans la mesure du possible, les navires doivent éviter de transiter par la région affectée jusqu’à ce que les conditions s’améliorent».
La fermeture affecte déjà de nombreux flux commerciaux. Les pays du Golfe importent la majorité de leurs biens de consommation, arrivant en conteneurs, ainsi que de nombreux produits alimentaires (céréales, riz, maïs, viande, etc.). Par ailleurs, ils exportent dans le monde entier, en plus du pétrole et du gaz, des marchandises et matières premières telles que l’aluminium, les fertilisants, l’ammoniac, le soufre et le polyéthylène.
Les ports du Moyen-Orient ne sont que des escales sur une route maritime beaucoup plus longue. Avant de traverser le détroit d’Ormuz, des ports comme Jebel Fakkan (Émirats arabes unis), Sohar et Duqm (Oman) pourraient remplacer les grands centres régionaux comme Jebel Ali, le port principal de Dubaï, ou Jalifa, à Abu Dhabi… si l’espace est suffisant pour tous les navires. Les itinéraires alternatifs pourraient rapidement congestionner les quais, même dans les ports asiatiques, perturbant une chaîne logistique très bien rodée.
Les compagnies maritimes ne peuvent éviter ces escales dans leur transport intercontinental, et laissent leur cargaison dans le port offrant l’option la moins dommageable, avant de la transporter par route jusqu’à sa destination finale.

De la mer d’Oman à la mer Rouge
Un autre point stratégique compromis par l’attaque de samedi est la traversée de la mer Rouge et du canal de Suez, qui donne accès à la Méditerranée. Plusieurs compagnies, dont Maersk et CMA CGM, avaient repris prudemment cette route depuis plusieurs mois, pour éviter les importants détours par le sud de l’Afrique, imposés depuis octobre 2023.
Mais les répercussions de l’agression militaire mettent également fin aux espoirs d’un retour massif du transport maritime de conteneurs dans la mer Rouge cette année. Les Houthis, situés à l’entrée de la mer Rouge, dans le détroit de Bab El Mandeb, à 2000 kilomètres au sud du canal de Suez, ont averti que les premiers attaques pourraient commencer très bientôt.
Les missions d’escorte avec des frégates, comme la mission européenne Aspides, avaient déjà subi des coupes budgétaires.
Les conséquences de cette agression impérialiste entraîneront une militarisation accrue du commerce et anéantiront l’espoir d’un retour massif du transport maritime de conteneurs dans la mer Rouge. La déviation par l’Afrique du Sud va se poursuivre longtemps, faisant monter les prix sur tous les marchés mondiaux.
15:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : détroit d'ormuz, golfe persique, moyen-orient, iran, transport maritime |
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Décision pour l'Iran

Décision pour l'Iran
Karl Richter
Source: https://www.facebook.com/karl.richter.798
Le 28 février 2026 restera, quand on portera un regard rétrospectif, comme le jour où beaucoup de choses ont changé. Ce jour entrera dans l’histoire comme celui où un grand pas vers la barbarisation de l’ordre international a été franchi. Comme le jour où les États-Unis et Israël ont définitivement enterré le droit international.
Depuis des décennies, l’Iran est considéré comme un paria dans le monde. Le pays avait déjà été soumis à des sanctions américaines dans les années 1950, lorsque le premier ministre du Shah, Mossadegh, avait nationalisé l’industrie pétrolière. Depuis 1979, le régime de sanctions est permanent. Depuis 2018, pendant le premier mandat de Trump, les exportations de pétrole iranien subissent même un embargo total. Les conséquences frappent principalement la population.
La guerre actuelle a donc une longue histoire, qui peut finalement être ramenée à deux éléments centraux: le pétrole et la signification géostratégique du pays. Si l’Iran tombe aujourd’hui, la Russie et la Chine tomberont demain. Le plateau iranien est le territoire-pivot essentiel de la masse continentale eurasienne. Si les États-Unis y prennent pied, toutes les voies vers la Russie, la Chine et la domination du grand continent eurasiatique leur seront ouvertes. Et enfin: le Grand Satan ne tolère pas de pays qui lui font face. En même temps, la résistance à l’ordre occidental, aux criminels et pédophiles de grande envergure, est plus que jamais nécessaire. Le géopolitologue russe Alexandre Douguine a récemment formulé, à propos des dossiers Epstein (dont plus personne ne parle soudainement!): «Le monde occidental s’est effondré. Aucun leader politique occidental, qu’il soit aux États-Unis ou dans l’Union européenne, ne possède plus aucune autorité morale. C’est une révélation: pratiquement tout l’Occident apparaît comme une organisation sataniste et pédophile. C’est la fin de toute prétention à diriger».
Et plus, l’agression de ces derniers jours paraît absurde; de surcroît elle montre à quel point la démarche arrogante, sans aucune retenue, affichée ces derniers jours, relève de la démesure. Le ministre américain des Affaires étrangères Hegseth affirme sérieusement que les États-Unis n’ont pas commencé la guerre, mais la terminent. Lors de l’attaque, Américains et Israéliens ont utilisé des renseignements obtenus par les services secrets selon lesquels la haute direction iranienne se rassemblerait dans un complexe à Téhéran, où se trouvent le bureau du président, du guide suprême Ali Khamenei et du Conseil national de sécurité. Trente bombes ont frappé le bâtiment. Khamenei, 86 ans, qui était depuis près de quarante ans la figure spirituelle de la République islamique, a trouvé la mort. Avec lui sont morts le président du Conseil de défense nationale, le chef des Gardiens de la révolution, le ministre de la Défense et le chef d’état-major, ainsi qu’au moins une vingtaine d’autres hauts responsables militaires et décisionnaires; sans parler de l’élimination d’une école pour filles à Minab avec 180 enfants tués. L’assassinat ciblé commis par la direction du camp adverse équivaut à une rupture avec tout principe de civilisation. La Russie ne s’est pas laissée entraîner à de tels écarts dans la guerre d'Ukraine qui dure depuis quatre ans.
Donald Trump, qui avait promis de mettre fin aux guerres interminables menées par les États-Unis, a laissé tomber le masque samedi dernier. Il a promis de réduire en cendres l’arsenal des missiles iraniens et a menacé de représailles sévères si l’Iran réagissait à l’assassinat de Khamenei. On connaît la chanson: les attaqués ne doivent même pas se défendre et doivent se faire tuer en silence. Une demande similaire avait été adressée par l’OTAN en 1999 à la Yougoslavie envahie par elle.

Le motif officiel de l’attaque – la soi-disant menace nucléaire – ne résiste à aucune vérification. Rafael Grossi (photo), directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, avait déclaré peu avant qu’il n’y avait pas de programme nucléaire iranien ni de menace immédiate. Et la veille de l’attaque, le ministre des Affaires étrangères d’Oman, qui avait favorisé les négociations entre Washington et Téhéran pendant des semaines, a annoncé qu’un accord de paix était à portée de main – l’Iran aurait accepté de réduire ses réserves d’uranium enrichi au niveau le plus bas possible. Puis les bombes sont tombées. De la même manière, les Ukrainiens mènent depuis des années des attaques qui mènent à l'escalade: frappes délibérées en plein milieu de négociations en cours – un exemple de ce qu’on peut appeler les "valeurs occidentales".

Dominik Steiger (photo), professeur de droit international à l’Université technique de Dresde, a été d’une belle clarté sur la question de la légalité de l’attaque contre l’Iran: «La réponse est très simple: non, ils n’avaient pas le droit de le faire». La Charte des Nations unies ne prévoit que deux exceptions à l’interdiction de toute violence: la légitime défense contre une attaque armée immédiate ou un mandat du Conseil de sécurité. Aucune des deux conditions n’était remplie. Une prétendue menace future ne suffit pas. Si on accepte cela, aujourd’hui, comme motif de guerre, demain, les frappes préventives suite à de simples soupçons seront monnaie courante. Il est évident que Washington et Tel Aviv souhaitent qu'advienne une telle organisation mondiale de nature criminelle. Elle équivaudrait à des guerres permanentes à travers le monde.
La démolition progressive du droit et la barbarisation qui en découle sont indiscutablement en cours. Dès la guerre du Golfe en 2003 – mais en réalité déjà lors des procès de Nuremberg en 1945/46 – le monde a été habitué à accepter à nouveau la torture comme un moyen juridique, revenant ainsi en arrière, avant l'ère des Lumières. Les interventions illégales et criminelles de l'OTAN en Yougoslavie (1999), en Irak (2003), en Libye (2011) et en Syrie (2012) étaient déjà clairement contraires au droit. Depuis le début de la guerre de Gaza en 2023, la conduite de guerre s'est placée totalement hors du droit: c'est bien là le fait du gouvernement Netanyahu dans la bande de Gaza et c'est largement tolérée à l’échelle internationale. L’interdiction de la violence, principe fondamental des relations internationales depuis 1945, est désormais ouvertement considérée par l’Occident moralement déliquescent, y compris Israël, comme un obstacle, et est simplement ignorée.
Ce qui est particulièrement choquant: une grande partie des conservateurs et des soi-disant « éveillés », jusque dans les rangs de l’AfD, applaudissent également. C’est après la crise du coronavirus et la guerre en Ukraine le prochain grand test d’intelligence, où beaucoup échouent. Malheureusement, tous ces Schunke, Tichy et Reichelt sont aveuglés par leur haine de l’islam et ne comprennent pas ce qui se joue réellement. Si le droit du plus fort l’emporte maintenant, demain, n’importe qui pourrait devenir la prochaine victime pour n’importe quelle raison, et personne ne pourra plus se plaindre. Avec de bonnes raisons, Alexandre Douguine conseille à la direction russe de ne pas prendre le même risque que la haute direction iranienne, qui a été anéantie, et plutôt d’utiliser les méthodes américaines: « Cela signifierait que nous pourrions éliminer la direction militaire et politique de l’Ukraine et, sans se soucier des coûts, résoudre les tâches de l’opération spéciale militaire». Tout à fait exact. Seuls des fous ou des criminels peuvent vouloir de telles relations internationales.
L’Europe, et en particulier l’Allemagne, devront se préparer à des turbulences. La sécurité de l’Allemagne et de ses voisins, tous incapables militairement, ne repose pas sur des porte-avions, mais uniquement sur la fiabilité du droit. Si cela disparaît et qu’un gouvernement de dilettantes, comme celui de Merz, provoque simultanément un conflit avec la Russie, les États-Unis et le monde islamique, des temps très troublés nous attendent. Chacun de nos voisins, comme la Pologne, et surtout la Russie, pourrait envahir notre territoire sans conséquences et tout mettre à sac. Au mieux, un tel scénario signifierait au moins la fin du régime.

Nous ne parlerons même pas des conséquences évidentes de la politique criminelle américano-israélienne. Depuis samedi, le prix du pétrole a augmenté de 16 %, celui du gaz LNG du Qatar de 45 %. Mardi, l’Iran a officiellement fermé le détroit d’Ormuz. Nous allons probablement assister à une poussée inflationniste, à des chaînes d’approvisionnement interrompues, peut-être à des attentats – après tout, l’Allemagne collabore avec la coalition Epstein. La Chine a déjà arrêté l’exportation de terres rares vers les États-Unis. Le système du pétrodollar – déjà sous pression depuis que la part du dollar dans les réserves monétaires mondiales est tombée de 71 % à 57,8 % – perd rapidement du terrain, ce qui est une bonne nouvelle. L’intégration du bloc BRICS s'accélére involontairement: le système de paiement interbancaire de la Chine et la plateforme mBridge, qui ouvre des corridors monétaires numériques entre la Chine, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et d’autres États, sont pleinement opérationnels. Leur mise en service pourrait être avancée, ce qui ferait encore chuter le dollar.
Téhéran ne pourra pas gagner militairement la guerre contre les puissances criminelles que sont Israël et les États-Unis. Ce n’est même pas la question la plus importante. L’Iran doit simplement tenir, survivre et faire monter le prix pour le bloc USrael. Moralement, personne ne pourra déjà leur enlever la victoire: le vieux Khamenei, qui ne s’est pas laissé évacuer et qui aurait déjà désigné son successeur, est devenu un martyr. Un martyr pèse plus lourd pour les chiites qu’un titulaire de fonction. Le chef suprême mort est une impulsion puissante pour rassembler le pays sous les yeux du monde. Par ailleurs, aucune opposition viable n’est visible. Chaque jour que l’Iran lutte et ne capitule pas, est une défaite pour Washington.
On a toujours eu raison dans le passé de se solidariser avec ceux que les médias, transatlantiques et amis d’Israël, ont tournés en ridicule ou criminalisés: Kadhafi, Saddam Hussein, Assad, les contestataires du Co vid, les Russes, et surtout Poutine. Dans la lutte pour le droit à l’autodétermination des peuples souverains et pour un ordre mondial plus juste, je suis depuis longtemps du côté de l’Iran. J’y étais il y a quelques années et j’ai participé à une conférence internationale à Mashhad. J’ai rencontré un peuple qui, malgré les sanctions, a conservé sa joie de vivre, son hospitalité et sa fierté nationale. Aujourd’hui, je suis avec lui dans mes prières et mes souhaits. Avec l’aide de Dieu, Satan mordra la poussière sur la terre des Aryens.
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Le danger d'une déstabilisation de l'Europe: l’AfD et la FPÖ appellent à la modération dans la guerre en Iran

Le danger d'une déstabilisation de l'Europe: l’AfD et la FPÖ appellent à la modération dans la guerre en Iran
Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/warnung-vor-dest...
Face à la guerre d’agression contre l’Iran, l’AfD et la FPÖ appellent à la retenue et à un retour à la diplomatie. La FPÖ met également en garde contre des conséquences économiques et sécuritaires de grande ampleur pour l’Autriche.
Face aux tensions croissantes après l’attaque contre l’Iran, l’AfD et la FPÖ prônent la prudence politique ainsi qu’un retour à la table des négociations.
Berlin/Vienne – Après les récentes frappes militaires d’Israël et des États-Unis contre des cibles en Iran, la situation au Moyen-Orient s’est encore aggravée. Depuis le week-end, on parle d’une escalade qui s'avère évidente. Des observateurs mettent en garde contre une extension des hostilités au-delà de la région. Dans ce contexte, l’AfD en Allemagne ainsi que la FPÖ en Autriche appellent à la retenue et à la désescalade.
L’AfD appelle à la retenue
Les coprésidents du groupe parlementaire de l’AfD au Bundestag, Alice Weidel et Tino Chrupalla, ont réagi avec inquiétude aux actions militaires contre l’Iran. Dans une déclaration commune, ils ont déclaré: «Nous avons pris connaissance avec grande inquiétude des attaques d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Nous appelons toutes les parties au conflit à une retenue absolue». La population civile et les infrastructures civiles doivent être protégées, et le droit international ainsi que le droit humanitaire international doivent être respectés sans restriction.
«La nouvelle déstabilisation du Moyen-Orient ne sert pas l’intérêt de l’Allemagne et doit cesser», ont indiqué les deux figures de proue de l’AfD.

Ils reçoivent également un soutien interne au parti. Le député fédéral de l’AfD, Torben Braga, rappelle que les frappes aériennes seules ne peuvent pas imposer un changement politique durable. Malgré cette « réalité indiscutable », l’AfD, ou plutôt Weidel et Chrupalla, subissent « massivement des critiques et des attaques parce qu’ils restent calmes, au lieu de tomber dans la fièvre belliciste et de célébrer aveuglément les opérations militaires des États-Unis et d’Israël». Selon Braga, cette critique n’est plus objective.
Il souligne que «tout tourne maintenant autour d'une volonté d'harceler l’AfD parce qu’elle ose prendre une position qui ne correspond pas à 1000 % à leur propre opinion», critique-t-il.
La FPÖ mise sur la désescalade au Moyen-Orient
Face à la guerre d'agression, la FPÖ appelle également à la modération. La porte-parole en politique étrangère du parti, Susanne Fürst (photo), s’est montrée profondément préoccupée par l’évolution de la situation.

«L’escalade actuelle au Moyen-Orient me remplit de la plus grande inquiétude. La chose la plus importante est maintenant que la situation ne dégénère pas en une conflagration généralisée et que les hostilités militaires cessent dès que possible», a-t-elle souligné ce week-end dans un communiqué.
Elle espère donc «qu’une désescalade de la situation sera de nouveau possible, que le maximum de vies humaines sera épargné, et qu’il y aura un retour à la table des négociations».
Elle a également rappelé la tradition de neutralité de l’Autriche: La neutralité nous a apporté paix, liberté, sécurité et prospérité pendant des décennies, même en ces temps de turbulences géopolitiques mondiales».
L’Autriche doit revenir à une politique de neutralité active et devenir «un lieu de dialogue et de médiation».
Kickl exige des clarifications sur les conséquences de l’attaque américano-israélienne
Pendant ce temps, Herbert Kickl (photo), chef du parti FPÖ, s’est concentré sur les conséquences économiques et sécuritaires possibles de l’escalade pour l’Autriche. Il attend des réponses concrètes du gouvernement fédéral concernant l’impact de la hausse des prix du pétrole sur l’économie nationale, ainsi que sur d’éventuelles interruptions ou réductions d’approvisionnement en gaz naturel liquide dans la région.
Il souligne également que la mer Rouge est une question centrale pour le commerce international et l’approvisionnement en énergie, et il s’interroge sur les conséquences possibles d’un blocus.

Il évoque aussi l’impact du conflit sur la situation sécuritaire en Autriche, notamment en lien avec une éventuelle future migration. Le gouvernement doit préciser quelles mesures ont déjà été prises ou sont planifiées pour protéger le pays contre les effets directs et indirects du conflit.
Il s’agit aussi de savoir quelles actions le ministère des Affaires étrangères entreprend pour protéger les citoyens autrichiens dans la région concernée.
« Je suis curieux de savoir combien de temps il faudra avant que nous en tirions quelque chose. Je pense que la population a le droit de le savoir », a déclaré Kickl.
Selon un rapport de Fass ohne Boden, les premières conséquences économiques de l’escalade guerrière sont déjà perceptibles. Des compagnies maritimes ont suspendu leurs traversées du détroit d’Hormuz, et plusieurs pétroliers sont à l’ancre, immobilisés dans le Golfe Persique.
Les tensions sont dues à des avertissements des Gardiens de la révolution iraniens, qui affirment qu’aucun navire ne doit traverser le détroit. Parallèlement, les primes d’assurance pour le transport par la région ont fortement augmenté, ce qui entraîne une hausse des coûts pour l’énergie et les marchandises.
Ce passage stratégique, qui représente environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et une part importante du commerce mondial de gaz naturel liquéfié, est considéré comme un point névralgique de l’économie mondiale.
Les marchés réagissent déjà avec nervosité : le prix du Brent a augmenté sensiblement. Une véritable blocus entraînerait, selon les analystes, d’importantes perturbations dans le commerce mondial — avec des conséquences perceptibles en Europe aussi.
11:15 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afd, fpÖ, autriche, allemagne, europe, affaires européennes, iran, moyen-orient, bellicisme, neutralité |
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mardi, 03 mars 2026
Moyen-Orient: Premières fissures dans l’accord de sécurité avec les États-Unis

Moyen-Orient: Premières fissures dans l’accord de sécurité avec les États-Unis
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Un représentant du gouvernement saoudien a fait une déclaration d'une remarquable franchise lors d’une émission d’Al Jazeera:
La défense américaine se concentre en réalité sur Israël, tandis que les États arabes du Golfe — malgré les bases militaires américaines installées dans la région — ne reçoivent qu’une attention limitée.
Cette déclaration est géopolitiquement sensible, car elle touche au cœur du modèle de sécurité régional jusqu’ici en place:
Les États du Golfe fournissent territoire, infrastructure et financement — en échange, ils obtiennent des garanties de protection de Washington.
Mais ce modèle est désormais visiblement mis sous pression:
Premièrement: Au sein des élites de la région, le sentiment s’affirme que, en cas de crise, les États-Unis donneront des priorités claires. Et ces priorités ne seraient pas les monarchies arabes, mais Israël.
Deuxièmement: Cela soulève pour la première fois la question ouverte de l’utilité réelle de la présence militaire américaine. Les bases militaires ne garantissent pas automatiquement la protection. Au contraire, elles peuvent même devenir des cibles, sans qu’un bouclier défensif équivalent soit en place.
Troisièmement: Cette perception s’inscrit dans un contexte où l’Iran agit de plus en plus de manière précise et calculée. Les attaques contre les infrastructures et les alliés américains ne visent pas seulement des objectifs militaires, mais remettent également en cause la crédibilité de Washington sur le plan politique.
Avec chaque jour supplémentaire d’escalade militaire, ce malaise devrait s’accentuer.
Pour la direction américaine, cela représente un double risque:
Au plan intérieur, un conflit prolongé pourrait entraîner des pressions économiques et politiques.
Sur le plan extérieur, il y a un risque croissant de perte de confiance chez les partenaires régionaux clés.
Si cette tendance se poursuit, l’architecture de sécurité au Moyen-Orient pourrait se déplacer à long terme. Dans ce cas, les États du Golfe commenceront à diversifier leurs options stratégiques — sur le plan économique, technologique et peut-être aussi militaire.
Il ne s’agirait pas d’une rupture immédiate, mais d’un processus lent.
Mais ce genre de processus finit toujours par modifier l’ordre géopolitique.
12:32 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, états-unis, moyen-orient, actualité |
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lundi, 02 mars 2026
L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran

L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran
par Filippo Bovo
Source : Filippo Bovo & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/l-eterogenesi-dei...
Maintenant que nous sommes au troisième jour du conflit,celui-ci atteint une intensité qui dépasse toutes les prévisions. Il dépasse sûrement, même si c'est négativement, celles des États-Unis ainsi que d’Israël, qui pensaient mener une opération éclair selon la doctrine militaire du « shock and awe »n « frappe et terrorise », visant à une « domination rapide » du conflit), mais aussi celles de leurs alliés en Europe et dans le Golfe. Il dépasse également celles de nombreux autres, qui, du côté opposé, regardaient ces derniers jours avec une inquiétude motivée le déploiement massif et croissant des forces américaines dans la région, en prévision d’une attaque destructrice contre l’Iran.
Plusieurs facteurs corroborent ce phénomène. Par exemple, au début des attaques, le premier jour, la thèse dominante était que le conflit ne durerait pas plus de 4 jours. Cependant, hier seulement, entre le deuxième et le troisième jour, Trump a rectifié ses prévisions en parlant d’au moins 4 ou 5 semaines, tout en mettant en garde contre le risque de nouvelles pertes parmi les forces américaines (officiellement, nous en sommes déjà à 3 morts et plusieurs blessés, dont certains très graves), ainsi que d’autres «dommages collatéraux» (par exemple, une moindre disponibilité d’hydrocarbures et l'augmentation relative de leurs prix, avec des conséquences pour l’inflation: ce n’est pas un hasard si la Maison Blanche pousse maintenant à une forte augmentation de la production de shale oil et à l’utilisation des réserves stratégiques, le Brent ayant entre-temps augmenté de +9 %, à 80 dollars).

Il faut faire la différence entre le langage électoral et la réalité sur le terrain: les élections de mi-mandat sont très proches, et le pays est déjà en campagne électorale. En arrivant face aux électeurs avec une victoire facile, après un conflit court qui lui aurait permis de brandir d’énormes résultats (la fin, outre du « spectre » nucléaire iranien, de son programme de missiles et de ses liens avec le Hezbollah, les Houthis, les milices chiites irakiennes comme Harakat Hezbollah al-Nujaba, Asaib Ahl al-Haq, Kataib Hezbollah, l’Organisation Badr, peut-être aussi un «changement de régime» et la fin de l’opposition à Israël), Trump aurait eu la garantie d’un résultat «bulgare» pour le Parti républicain au Congrès. Avec un conflit qui s’allonge et dont l’issue est incertaine, tout cela devient beaucoup plus difficile: c’est un «marécage» qui peut entraîner des coûts humains et économiques peu «hygiéniques» dans la perspective des élections.
De plus, Netanyahu, avant de partir pour Berlin, où il a trouvé refuge contre les frappes iraniennes qui mettent sérieusement en crise le système de la défense aérienne israélienne (à cause de l’éblouissement des radars dans les bases américaines du Golfe et de la saturation, avec des drones et des missiles à bas coût, de systèmes d'interception coûteux comme Patriot, THAAD et Arrow 3, qui sont rapidement gaspillés), a déclaré à la télévision que la confrontation avec l’Iran sera longue et dure. Le Premier ministre israélien, lui aussi, repose sur une majorité fragile, et fait face à la pression de la magistrature nationale dans au moins trois affaires de corruption. La guerre devait lui assurer une longue vie politique (éradiquer une fois pour toutes la «menace» de Téhéran ferait de lui un héros national), mais pour l’instant, cela ne se passe pas comme prévu.
Puisque ni les États-Unis ni Israël n’ont l’intention de s’engager dans une crise guerrière prolongée et incertaine (les deux pays disposent de systèmes militaires orientés vers des affrontements courts et efficaces, peu enclins à des conflits de toute autre nature, encore moins une guerre asymétrique et de friction comme celle menée par Téhéran), la recherche d’une solution est évidemment saluée favorablement. L’Iran a été approché par des pays tiers, même co-belligérants (pas par hasard, les bases américaines sur leur territoire ont été frappées, comme dans d’autres pays du Conseil de coopération du Golfe), tels le Qatar et Oman, qui ont présenté une demande de « cessez-le-feu » envoyée par les États-Unis. Téhéran, par la voix du Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a cependant rejeté avec dédain cette offre. Même l’Italie, qui maintient également des canaux informels avec l’Iran, a collaboré pour transmettre une demande de « cessez-le-feu » de la part de Washington, mais n’a obtenu qu’un refus (d’ailleurs, il est assez curieux d’apprendre cette nouvelle dans des journaux étrangers, alors que Tajani présente aujourd’hui un rapport au Parlement italien: nos médias n’en parlent pas ou très vaguement).
Naturellement, ici aussi, le langage électoral entre en jeu. Trump, qui ne peut pas se permettre, pour des raisons évidentes, le luxe de révéler à ses concitoyens qu’il a «prié» pour un «cessez-le-feu» de la part de Téhéran avant une extension du conflit sans réserves militaires suffisantes pour le contenir, a «retourné l’œuf» en disant que les nouveaux dirigeants iraniens, succédant à Khamenei, lui avaient demandé de parler et qu’il avait accepté. Quand le démenti iranien est arrivé, avec le rejet de tout «cessez-le-feu», est arrivé, la crise a éclaté.

Ce n’était pas le seul cas: presque simultanément, une correction a été publiée par Riyad à un article du Washington Post (propriété du milliardaire d’Amazon Jeff Bezos, également considéré comme un pilier profond du Département d’État américain), qui attribuait au prince héritier MBS des pressions sur Trump pour qu’il lance l’attaque contre l’Iran dès que possible. Avec un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères saoudien a démoli point par point cet article, réaffirmant que Riyad a jusqu’ici plutôt fait pression sur l’administration Trump pour qu’elle n’entreprenne pas d’actions nuisibles aux efforts saoudiens visant à préserver la stabilité régionale. L’article du Washington Post est une «fausse information» journalistique, qui répond néanmoins à une stratégie précise: pousser l’Arabie saoudite et tous les autres membres du Conseil de coopération du Golfe à la guerre contre Téhéran, ce qui a été largement révélé. D’autres épisodes y contribuent, comme la récente et controversée attaque sur la raffinerie ARAMCO de Ras Tanura (qui s’apparente à celle du plus grand complexe de liquéfaction de GNL au monde, à Ras Laffan, à proximité, avec une suspension de la production).
Pour l’Iran, une extension du conflit dans ces termes équivaut à mettre encore plus la machine économique et militaire israélo-américaine sous pression, et, par suite, à la paralyser. Cependant, puisque les États du Golfe ont officiellement maintenu leur neutralité envers Téhéran (à l’exception d’être dupés et abandonnés par les États-Unis, comme l’a déclaré un officiel saoudien à Al Jazeera), jusqu’à présent, les forces iraniennes n’ont pas attaqué leurs sites énergétiques, se concentrant principalement sur les bases américaines. Déjà, alors que la Ligue arabe renouvelle ses appels à la désescalade, plusieurs figures politiques du Conseil de coopération du Golfe déconseillent une intervention contre Téhéran, affirmant que ni leurs pays ni l’Iran n’en tireraient profit, mais seulement d’autres puissances extérieures aux intentions tout sauf amicales envers la région.
Mais, en fin de compte, une extension de la fracture diplomatique entre Washington et Riyad (avec tout le Conseil de coopération du Golfe) serait également un excellent résultat pour l’Iran: l’équivalent d’une extension du conflit, sous une autre forme.
19:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, iran, arabie saoudite, golfe persique, moyen-orient, donald trump |
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dimanche, 01 février 2026
Pas même le Venezuela et l’Iran suffisent à Trump: il menace maintenant l’Irak

Pas même le Venezuela et l’Iran suffisent à Trump: il menace maintenant l’Irak
par Sergio Caruso
Source: https://www.ariannaeditrice.it/articoli/non-bastano-venez...
Pas même le Venezuela et l’Iran suffisent à Trump qui menace à nouveau l'Irak, un pays que les États-Unis ont contribué à dévaster avec leur invasion de 2003, menée sur la base d’accusations présentées à l’ONU — les fameuses armes de destruction massive — qui se sont révélées infondées par la suite, mais qui, en attendant, ont justifié bombardements, occupation militaire et le renversement violent de Saddam Hussein, ouvrant une phase de chaos que l’Irak n’a jamais vraiment surmontée.
Aujourd’hui, après avoir annoncé l’envoi d’un second groupe d’attaque navale dans le golfe persique, Trump revient à la charge en menaçant ouvertement Bagdad, avertissant que si l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki revenait au pouvoir, les États-Unis retireraient leur « aide », comme si ce soutien n’avait été dès le départ qu’un levier politique plus qu’un acte de solidarité, et comme si l’Irak n’avait pas déjà été profondément marqué par une intervention qui a détruit institutions, infrastructures et cohésion sociale.

Les paroles de Trump, confirmées par plusieurs sources internationales, s’inscrivent dans une logique désormais consolidée: Washington revendique le rôle de principal garant de la stabilité irakienne, mais utilise en même temps ce rôle pour conditionner ouvertement les choix politiques internes du pays, en présentant l’« aide » américaine comme indispensable tout en ignorant que l’instabilité actuelle, pour l'essentiel, est une conséquence directe de l’invasion et de la gestion post-guerre.
Le soutien apporté après 2003 — en termes de sécurité, de formation militaire et de fonds pour la reconstruction — a toujours été accompagné d’énormes avantages géostratégiques pour les États-Unis, du contrôle d’une zone clé pour les routes énergétiques à la présence militaire permanente au cœur du Moyen-Orient, jusqu’à la possibilité de contenir l’influence iranienne, transformant l’Irak en un terrain de compétition entre puissances plus qu’en un État réellement souverain.
Dans ce contexte, les menaces de Trump contre le retour d’al-Maliki ne sont pas seulement un jugement personnel sur un leader controversé, mais un signal politique direct aux élites irakiennes, encore une fois appelées à choisir sous pression extérieure, avec le risque d’aggraver les fractures internes entre forces pro-américaines, groupes proches de Téhéran et une population de plus en plus fatiguée d’être l'otage d’un équilibre imposé de l’extérieur.
Les implications politiques sont profondes : sur le plan intérieur, de telles déclarations alimentent la perception selon laquelle le processus politique irakien est contrôlé de l’extérieur, ce qui affaiblit encore la confiance des citoyens dans les institutions et renforce les acteurs armés ou populistes qui se présentent comme défenseurs de la souveraineté nationale ; sur le plan régional, l’Irak reste un nœud central du jeu au Moyen-Orient, pris entre les États-Unis et l’Iran, et chaque intervention verbale ou militaire de Washington contribue à durcir le conflit, rendant plus difficile une stabilisation durable et confirmant l’image d’un pays qui, plus de vingt ans après la chute de Saddam, continue de payer le prix d’une guerre décidée ailleurs et jamais vraiment terminée.
20:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irak, moyen-orient, monde arabe, monde arabo-islamique |
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jeudi, 15 janvier 2026
Pakistan et Arabie saoudite: affaires, armes et alliances

Pakistan et Arabie saoudite: affaires, armes et alliances
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/pakistan-e-arabia-saudita-affar...
Il a suffi d'un seul affrontement aérien entre le Pakistan et l'Inde pour garantir à Islamabad des commandes d'avions Jf-17 (photo), les chasseurs chinois qui ont remporté la victoire contre les avions de fabrication française, permettant ainsi au Pakistan de sortir théoriquement du programme du Fonds monétaire international dans les six mois.

Un accord avec l'Arabie saoudite vaut déjà 4 milliards de dollars, entre la conversion d'un prêt et de nouveaux achats. Mais six pays seraient en négociation pour l'achat de ces chasseurs. Ils s'ajoutent à la Libye qui a déjà signé une commande gigantesque.
Ce n'est pas seulement une question économique. Car l'accord avec Riyad va bien au-delà de la fourniture d'avions et d'autres systèmes d'armes. Il prévoit des interventions militaires réciproques en cas d'attaque contre l'un des deux pays. Le Pakistan est par ailleurs un allié proche de la Chine, ce qui pourrait entraîner des changements considérables dans l'échiquier du Moyen-Orient et du golfe Persique. Notamment à la lumière de ce qui se passe en Iran.
Des changements rapides, des alliances qui naissent et meurent en l'espace de quelques semaines. Tout cela dans une région proche de l'Europe et qui, en partie, donne sur la Méditerranée, avec la Turquie, Israël et la Libye en constante agitation.
Mais il n'y a pas lieu de s'inquiéter: la brillante politique étrangère européenne a réussi à exprimer son inquiétude face aux événements en Iran. À peu près ce que l'Europe a fait face à l'extermination de 70 000 Palestiniens à Gaza...
20:36 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, pakistan, arabie saoudite, moyen-orient, asie, affaires asiatiques |
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mercredi, 14 janvier 2026
L'Iran au cœur du conflit géopolitique – Zones d’influence, intérêts, logique d’escalade

L'Iran au cœur du conflit géopolitique – Zones d’influence, intérêts, logique d’escalade
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
PARTIE 1
La situation actuelle d’escalade autour de l’Iran ne peut être comprise qu’en la lisant comme un conflit entre des zones d’influence clairement définies. Il ne s’agit ni, au principal, d’un processus de réforme interne en Iran ni d’une question «systémique» abstraite, mais de la confrontation entre les intérêts stratégiques de quatre acteurs: les États-Unis, Israël, la Russie et la Chine. Toute analyse qui omet ce cadre reste nécessairement incomplète.
L’Iran n’est pas simplement un acteur de second ordre mais est un espace-clé où ces intérêts se croisent. Sa position géographique – entre le Golfe Persique, la mer Caspienne, le Caucase et l’Asie centrale – en fait un pivot pour la projection de toute puissance étatique. Qui gagne en influence en Iran ou le neutralise, modifie l’équilibre stratégique de plusieurs régions en même temps.
Pour les États-Unis, l’Iran occupe depuis des décennies une place centrale dans leur politique de mise en ordre dans les régions du Moyen-Orient et d'Asie centrale. Un État iranien autonome limite l’espace d’influence américain entre la Méditerranée et l’Asie centrale. Un Iran affaibli ou recentré politiquement donnerait à Washington non seulement plus de marges de manœuvre mais aussi un accès à des zones sensibles – du Caucase du Sud à la mer Caspienne et vers l’Asie centrale. L’objectif n’est pas tant de contrôler l’Iran lui-même que l’espace que l’Iran bloque aujourd’hui.

Israël voit l’Iran sous un angle différent, existentiel. Pour Tel-Aviv, l’Iran est le seul acteur régional capable, militairement, idéologiquement et structurellement, de remettre en question la supériorité stratégique d’Israël à long terme. La présence iranienne en Syrie, au Liban et indirectement dans toute la région levantine est donc perçue non comme un problème tactique, mais comme une menace fondamentale. Il en découle un intérêt clair: un Iran durablement affaibli ou transformé politiquement perd cette capacité de projection.
Pour la Russie, l’Iran constitue un pilier central de stabilité dans le sud. Un État iranien solide limite l’influence des puissances étrangères dans le Caucase, la mer Caspienne et l’Asie centrale. De plus, l’Iran est pour Moscou un partenaire en matière de sécurité, qui aide à maintenir l’instabilité loin du territoire russe. Une chute de l’Iran n’allégerait pas le fardeau de la Russie, mais engendrerait une cascade de nouveaux risques – de l’insécurité militaire aux dynamiques migratoires et extrémistes.

La Chine poursuit surtout des intérêts géoéconomiques. L’Iran est pour Pékin un maillon indispensable de la connectivité eurasienne: approvisionnement énergétique, axes de transit et projets d’infrastructure à long terme convergent ici. Un Iran déstabilisé couperait les corridors centraux des connexions occidentales de la Chine et réduirait la profondeur stratégique de Pékin dans l’espace eurasien. L’intérêt de la Chine est donc clairement orienté vers la continuité et la prévisibilité de l’État iranien.
Face à ce contexte, la logique actuelle d’escalade s’explique: la pression extérieure rencontre des tensions internes, qui sont délibérément renforcées pour forcer des décisions politiques autrement inaccessibles. Les charges économiques pour la population, les luttes de pouvoir internes et la fatigue sociale agissent comme catalyseurs. De telles configurations sont connues dans d’autres régions – elles créent des dynamiques difficiles à maîtriser dès qu’un certain seuil est dépassé.
Particulièrement critique est l’érosion de l’élite sécuritaire iranienne. La suppression ciblée de figures clés comme Qassem Soleimani a non seulement touché aux capacités opérationnelles, mais aussi affaibli le poids politique des acteurs sécuritaires.
Un effondrement de l’Iran serait perçu très différemment par les acteurs mentionnés, mais ses conséquences régionales seraient indéniables. Au lieu d’un transfert ordonné, un vide de pouvoir se créerait, entraînant interventions extérieures, conflits par procuration et une déstabilisation durable. Les expériences en Irak, en Libye et en Syrie parlent d’elles-mêmes.
L’Iran est donc le terrain clé d’un conflit géopolitique plus vaste.
Partie II – Conséquences pour l’Allemagne et l’Europe: une lecture géopolitique ciblée
Une destabilisation de l’Iran ne serait pas un événement régional lointain pour l’Europe, mais un choc externe avec des répercussions directes sur l’économie, la société et la sécurité. Cela ne dépend pas d’une proximité ou d’une distance politique par rapport à Téhéran, mais du rôle structurel de l’Iran dans les enjeux mondiaux liés à l’énergie, aux migrations et à la sécurité. Pour l’Allemagne, ces effets sont particulièrement perceptibles, car sa stabilité économique et politique réagit de manière extrêmement sensible aux perturbations externes.

Énergie : pourquoi l’Iran agit via les prix
Le levier central est le détroit d’Hormuz, l’un des points névralgiques mondiaux de l’énergie. Il ne s’agit pas seulement d’un blocage réel, mais déjà de la menace crédible de perturbations. Les marchés de l’énergie anticipent: les risques sont immédiatement intégrés dans les prix.
Pour l’Allemagne, cela agit indirectement mais inévitablement. La hausse des prix du pétrole et du GNL entraîne une hausse mondiale des prix du gaz, indépendamment de l’origine du gaz. Le gaz est souvent le prix de référence pour l’électricité en Allemagne. Si le prix du gaz augmente, les prix de l’électricité suivent via ce mécanisme. D’où une cascade bien connue : prix de l’énergie plus élevé -> coûts de production accrus -> pression sur l’industrie -> pression politique sur le gouvernement, avec moins de marges de manœuvre économiques qu’auparavant.
Migration: réactions en chaîne régionales
Un Iran affaibli provoquerait non seulement des flux de réfugiés, mais déstabiliserait toute l’ordre régional – de l’Irak et la Syrie au Caucase. La conséquence serait une pression migratoire durable et multiforme vers l’Europe. L’Allemagne en serait particulièrement touchée, puisqu’elle sert de point final à la migration vers l'Europe. La perception que l'on a de la capacité de contrôle étatique est plus importante que le nombre absolu. Les chocs externes renforcent la polarisation sociale et l’instabilité politique.
Sécurité: émergence de zones grises
La déstabilisation régionale crée aussi des risques pour la sécurité en Europe. Il ne s’agit pas seulement de terrorisme mais aussi de zones grises où se superposent radicalisation, criminalité organisée et structures financières et logistiques illégales. De plus, en période de tension accrue, l’Europe devient le terrain arrière des services de renseignement concurrents, lorsque les États-Unis, Israël, la Russie et la Chine jouent leurs intérêts indirectement les uns contre les autres. La importance politique et économique de l’Allemagne accroît sa vulnérabilité.
Asymétrie entre décision et coûts
Les principales décisions d’amorcer l'escalade sont prises en dehors de l’Europe. Cependant, les coûts économiques, sociaux et sécuritaires retombent sur l’Europe – en particulier l’Allemagne. La politique étrangère devient ainsi, inévitablement, une politique intérieure: via les prix de l’énergie, la migration et la sécurité.
D’un point de vue géopolitique, l’Allemagne devrait suivre une ligne claire, orientée par ses intérêts, une ligne prônant la désescalade. Le critère n’est pas la prise de parti mais la limitation des dégâts. Cela implique: œuvrer pour la désescalade, pour la sécurité des voies maritimes internationales – en particulier le détroit d’Hormuz – et prendre clairement ses distances avec des scénarios planifiant une chute de régime, dont l’Europe supporterait les coûts.
La stabilité de l’État doit primer sur les expérimentations géopolitiques. Ce n’est pas une question de sympathie politique, mais de préservation lucide des intérêts allemands (et européens).
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Un nouveau bloc de puissance – et la perplexité de l’Allemagne

Un nouveau bloc de puissance – et la perplexité de l’Allemagne
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
La possible formation (https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-01-09/turkey... ) d’un pacte militaire tripartite entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan n’est pas un événement marginal et exotique, mais le symptôme de changements plus profonds. Ceux qui considèrent ce processus de manière isolée négligent sa véritable nature. Il ne s’agit pas d’idéologie, pas de religion, pas même principalement de rivalités régionales – il s’agit de l’érosion des garanties de sécurité existantes et de la recherche d’architectures de substitution qui soient fonctionnelles.
Déjà, l’alliance saoudo-pakistanaise a modifié la structure du pouvoir au Moyen-Orient. Le Pakistan fournit la dissuasion nucléaire, des missiles, une masse militaire. L’Arabie saoudite apporte du capital. L’éventuelle adhésion de la Turquie en ferait plus qu’une simple alliance utilitaire: Ankara y apporterait l’industrie, la technologie, l’expérience opérationnelle – et surtout la capacité d’intégrer la puissance militaire dans une stratégie politique. Le résultat ne serait pas une «mini-OTAN», mais un cartel de sécurité spécialisé, où chacun contribue avec ce qui manque à l’autre.

Mais le point clé se trouve ailleurs: ce pacte ne se crée pas contre les États-Unis, mais à cause des États-Unis. Parce que les garanties de sécurité américaines sont aujourd’hui perçues comme politiquement volatiles. Parce que les acteurs régionaux ont appris que ces garanties ont une durée de vie limitée. Le pacte tripartite est donc moins une attaque contre l’ordre établi qu’un vote de défiance à son encontre.
C’est ici que commence le problème stratégique pour l’Allemagne. Berlin a tendance à moraliser ou à ignorer toutes nouvelles configurations de pouvoir. Les deux options seraient erronées. D’un point de vue réaliste et de sécurité, un tel bloc représente avant tout une rupture avec l’ordre en place, avec des conséquences à long terme. Pas nécessairement déstabilisateur lors de sa création, mais risqué, car il crée des couches supplémentaires de dissuasion, de malentendus et de chemins possibles pour en arriver à une escalade.
Le rôle de la Turquie est particulièrement délicat. En tant que membre de l’OTAN, Ankara ne peut pas bâtir une architecture de sécurité parallèle sans compromettre la cohérence de l’alliance. Mais isoler la Turquie ou la mettre sous pression publiquement ne ferait que l’inciter davantage à adhérer à de telles constructions. La seule approche stratégique sensée est la relier plutôt que la sermonner: impliquer, assurer la transparence, consulter. Non par sympathie, mais par intérêt propre.
Le facteur nucléaire qu'apporte le Pakistan aggrave encore la situation. Il ne s’agit pas tant de voir s'instaurer une prolifération immédiate que de percevoir une stabilité en crise. Plus la dissuasion nucléaire devient dense dans des régions déjà fragmentées, plus le risque de mauvaises évaluations est grand – surtout lorsque plusieurs centres de pouvoir envoient des signaux simultanément.
De plus, des acteurs tiers sont aussi sous pression. L’Iran est en fait contenu sans être officiellement nommé. Israël perd son exclusivité stratégique. L’Inde doit interpréter toute montée en puissance du Pakistan comme une menace. Même la Chine fait face à une évolution silencieuse de son levier pakistanais. Le pacte tripartite agit ainsi comme un catalyseur, accélérant des tensions existantes sans pour autant les résoudre.
Que cela signifie-t-il pour l’Allemagne? Certainement pas une politique d'ordre symbolique. Ni l’illusion qu’on puisse «prendre position» sans moyens ni influence. Le rôle de l’Allemagne ne peut être que celui d’un stabilisateur dans l’ordre: limiter les risques d’escalade, protéger les routes commerciales et maritimes, suivre une logique de non-prolifération cohérente, et surtout mener une politique extérieure qui ne se résume pas à des formules de valeurs, mais qui définit clairement ses intérêts.
Le constat principal est décevant: le possible pacte tripartite montre moins la force de ses membres que la faiblesse de l’architecture de sécurité existante. Ceux qui le condamnent uniquement n’apprennent rien. Ceux qui l’analysent voient: le monde réorganise la sécurité. L’Allemagne ferait bien de cesser enfin d’être spectatrice.
#géopolitique@global_affairs_byelena
15:37 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, turquie, pakistan, arabie saoudite, moyen-orient |
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lundi, 22 septembre 2025
L’attaque israélienne à Doha: la fin des refuges sûrs dans un Moyen-Orient multipolaire

L’attaque israélienne à Doha: la fin des refuges sûrs dans un Moyen-Orient multipolaire
par Peiman Salehi
Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/31254-peim...
Le raid aérien israélien contre les dirigeants du Hamas à Doha, en septembre 2025, a été bien plus qu’une opération militaire. Il s’agit d’une rupture symbolique dans l’architecture même de la diplomatie au Moyen-Orient. Pendant des décennies, le Qatar s’est forgé une image de «médiateur neutre» en accueillant des négociations entre les talibans et Washington, ou en servant de plateforme à des pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis. L’attaque israélienne a brisé cette perception: l’ère des «refuges sûrs» pour la diplomatie en Asie occidentale est terminée.

La capitale du Qatar, Doha, a longtemps été décrite comme un pôle paradoxal. D’un côté, elle abrite la base aérienne d’Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine de la région. De l’autre, elle a accueilli les bureaux du Hamas et a servi de plateforme pour des négociations entre des acteurs considérés comme hostiles par Washington et Tel-Aviv. Doha a prospéré dans cet espace contradictoire, se forgeant un rôle de médiateur mondial. La décision israélienne de lancer une frappe aérienne sur Doha a brisé ce paradoxe. Elle a montré que même un allié des États-Unis, un supposé médiateur «protégé», n’est pas immunisé contre la logique qui veut l’expansion du champ de bataille. En frappant les dirigeants du Hamas alors qu’ils étaient apparemment en pourparlers avec des responsables qataris, Israël n’a pas seulement sapé la souveraineté du Qatar, mais a aussi envoyé un message glaçant aux autres acteurs du Sud global: la neutralité est une illusion dans les conflits actuels.
L’un des aspects les moins abordés de l’attaque de Doha est sa portée pour le Sud global. Pendant des années, des États comme le Qatar, Oman ou la Turquie ont cherché à affirmer leur indépendance en s’imposant comme médiateurs. Ces rôles n’étaient pas seulement diplomatiques; ils étaient aussi l’expression de la volonté des petits États de façonner la multipolarité à leur manière. L’attaque israélienne peut être interprétée comme faisant partie d’une stratégie plus vaste visant à démanteler ces espaces dédiés aux médiations indépendantes. C’est, en fait, une déclaration selon laquelle l’Occident, par le biais de ses mandataires régionaux, ne tolérera pas que des acteurs non occidentaux tentent de créer des cadres diplomatiques alternatifs. Doha n’est pas seulement une capitale attaquée; c’est un symbole de la souveraineté fragile des médiateurs du Sud global.
L’attaque révèle également une vérité plus profonde sur la géographie changeante de la résistance. En visant des dirigeants du Hamas sur le sol qatari, Israël a étendu le champ de bataille au-delà de Gaza, du Liban ou de la Syrie. Le message est clair: il n’existe plus d’«arrière» où les leaders de la résistance peuvent opérer en relative sécurité. Paradoxalement, cela pourrait avoir l’effet inverse de ce qu’Israël recherche. Au lieu d’isoler le Hamas, l’attaque pourrait encourager une coordination plus étroite entre l’Iran, le Qatar et même la Turquie, qui partagent désormais un intérêt commun à résister aux ingérences israéliennes. En ce sens, l’attaque pourrait accélérer la consolidation de ce que certains analystes appellent un «axe de résistance multipolaire».

Du point de vue des relations internationales, l’attaque de Doha est un signe supplémentaire de l’érosion de l’ordre libéral. Les États-Unis soutiennent depuis longtemps que leurs alliances au Moyen-Orient reposent sur des règles et une certaine prévisibilité. Pourtant, lorsque Israël lance une frappe aérienne sur le territoire de l’un des partenaires les plus proches de l’Amérique, ces règles s’effondrent dans la contradiction. Si Washington a toléré l’attaque, cela révèle une complicité et une hypocrisie: proclamer le respect de la souveraineté tout en la violant via un allié. Si Washington n’a pas été consulté, cela révèle une crise encore plus profonde: l’hégémonie américaine s’est érodée au point que son allié le plus proche ignore ses intérêts. Dans les deux cas, la crédibilité de l’ordre libéral subit un nouveau coup.
L’importance de l’attaque de Doha dépasse le Moyen-Orient. Elle illustre une dynamique clé du monde multipolaire émergent: la rupture de la distinction entre «centre» et «périphérie». Dans un ordre unipolaire, les petits États pouvaient trouver protection en s’alignant sur l’hégémon. La stratégie du Qatar, pendant des décennies, a été précisément d’héberger des troupes américaines tout en jouant le médiateur en marge. Dans un contexte multipolaire, cependant, cette protection n’est plus garantie. Ce développement pousse les États du Sud global à faire un choix net: continuer à dépendre de garanties sécuritaires occidentales de moins en moins fiables, ou investir dans des alliances alternatives dans un cadre multipolaire. Le sommet BRICS+ de cette année a déjà montré un intérêt croissant pour cette dernière option. L’attaque de Doha pourrait encore accélérer ce réajustement stratégique.
D’un point de vue civilisationnel, l’attaque souligne les limites de l’universalisme occidental. Israël, en tant qu’avant-poste de l’Occident au Moyen-Orient, a clairement fait comprendre que la survie de son hégémonie prime sur le respect de la souveraineté, de la diplomatie ou du droit international. Le Sud global, cependant, considère la souveraineté comme la dernière ligne de défense contre la domination. Ce choc de priorités n’est pas seulement géopolitique, mais aussi civilisationnel. Le silence de nombreuses capitales occidentales après l’attaque de Doha contraste fortement avec l’indignation des sociétés arabes et musulmanes. Pour les élites occidentales, le calcul de la puissance l’emporte sur les principes qu’elles affirment défendre. Pour l’opinion publique du Sud global, la violation de la souveraineté du Qatar est un rappel de plus que l’ordre libéral n’est pas universel, mais appliqué de façon sélective.

L’attaque israélienne contre Doha doit être comprise comme un tournant. Il ne s’agit pas seulement du Hamas ou du Qatar; il s’agit des fondements ébranlés d’un système international où la diplomatie bénéficiait autrefois de sanctuaires. Dans la nouvelle réalité multipolaire, même les États «neutres» deviennent des champs de bataille potentiels. Pour Israël, cela peut sembler un succès tactique. Pour la région, il s’agit d’une rupture stratégique qui pourrait avoir des conséquences inattendues: la perte de confiance dans la médiation dirigée par l’Occident, la consolidation d’une résistance multipolaire et l’accélération, pour le Sud global, de la recherche de cadres alternatifs de sécurité et de diplomatie. En résumé, la guerre est entrée à Doha non pas à coups de roquettes ou de troupes, mais parce que l’architecture même de la diplomatie a été bombardée. Le refuge sûr a disparu, et avec lui, une autre illusion colportée par le monde unipolaire.
15:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, diplomatie, doha, qatar, israël, moyen-orient |
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lundi, 15 septembre 2025
Sur le rapprochement irano-arabe - Les actions d'Israël rapprochent les Arabes des Iraniens

Sur le rapprochement irano-arabe
Les actions d'Israël rapprochent les Arabes des Iraniens
Alexander Douguine
Alexander Douguine soutient que les actions de Trump et d’Israël accélèrent la formation d’alliances anti-occidentales et rapprochent les Arabes des Iraniens.
Trump a réussi à rapprocher l’Inde et la Chine, et maintenant il rapproche également les Iraniens et les Arabes. J’ai remarqué que Trump contribue à la construction d’un monde multipolaire, non pas directement (en l’admettant), mais de manière opposée — en prenant sporadiquement des décisions politiques abruptes qui accélèrent la création d’alliances anti-occidentales aux niveaux régional et mondial, et les renforcent.
La réaction vague de Trump aux frappes israéliennes contre le Qatar a provoqué une vague de perplexité parmi les États arabes. Ils étaient prêts à s’approcher davantage d’Israël, trahissant les forces de la Résistance et l’Iran, mais subir en plus des frappes de missiles était le coup de trop.
Si les Israéliens avaient tué la direction du Hamas, cela aurait pu être en quelque sorte acceptable. Mais quelqu’un a averti le Hamas à la dernière minute (on dit que ce sont les Turcs), et seuls les Qataris ont souffert de la frappe. Quelques-uns, seulement six personnes, mais pourquoi y en a-t-il eu tout court ? Quel genre de « tir ami » sous forme d’attaques de missiles contre des alliés est-ce là ? Trump n’avait rien à dire sur le sujet, et Netanyahou ne parle tout simplement à personne s’il n’en a pas envie. Ceci est désormais évident pour tout le monde.
Il est trop tôt pour dire que les positions des Iraniens et des monarchies du Golfe convergent (ce n’est pas encore le cas), mais la proposition de l’Iran d’installer sa défense antimissile à la place de l’américaine tombe à point nommé. Les monarchies du Golfe et d’autres États arabes de la région sont devenus les otages de la politique d’Israël, qui les ignore complètement et se comporte comme le maître absolu du Moyen-Orient, entouré de vassaux et d’esclaves. Un rôle désagréable pour des élites arabes pragmatiques et prêtes au compromis, mais néanmoins fières.
19:23 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, moyen-orient, iran, émirats arabes unis, qatar |
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lundi, 18 août 2025
Du Zangezour au Corridor de David: la refonte silencieuse du commerce mondial et la voie vers la guerre avec l'Iran

Analyses:
Du Zangezour au Corridor de David: la refonte silencieuse du commerce mondial et la voie vers la guerre avec l'Iran
Ibrahim Majed
Source: https://geoestrategia.eu/noticia/44912/geoestrategia/del-...
Sur l'échiquier changeant de la géopolitique mondiale, peu d'événements sont aussi importants et aussi peu médiatisés que l'émergence de deux corridors: le corridor de Zangezur et le corridor de David.
Ces projets, qui s'étendent du sud du Caucase au nord de l'Irak, ne sont pas seulement des infrastructures: ils sont les instruments d'un nouvel ordre géopolitique.
Ce ne sont pas seulement les flux commerciaux et énergétiques mondiaux qui changent, mais aussi le paysage stratégique de toute guerre future contre l'Iran.
Le corridor de Zangezur: rompre le lien Est-Ouest de l'Iran
Le corridor de Zangezur, qui traverse la province arménienne de Syunik, est conçu comme un pont terrestre reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan et, au-delà, à la Turquie.
Avec le soutien de la Turquie et d'Israël et un appui solide des intérêts énergétiques alignés sur l'Occident, ce corridor contourne efficacement l'Iran en tant que centre de transit régional, ce qui sape sa valeur géopolitique le long de la route de la soie Est-Ouest.
- Contournement stratégique de l'énergie: le projet Zangezur est étroitement lié au transport de l'énergie. Il permet au gaz de la Caspienne, provenant d'Azerbaïdjan et d'Asie centrale, d'atteindre l'Europe via la Turquie, sans dépendre de l'Iran ou de la Russie.
- Asphyxie économique de l'Iran: comme l'initiative chinoise « Belt and Road » et le corridor de transport nord-sud de la Russie dépendaient autrefois de l'Iran, ce changement redirige le commerce de l'Iran, l'isolant économiquement des principaux marchés eurasiatiques.
- Influence d'Israël et de l'OTAN: la présence militaire et les services de renseignement israéliens en Azerbaïdjan se sont considérablement renforcés, profitant de ce corridor pour recueillir des renseignements et, à l'avenir, établir des bases militaires sur le front nord de l'Iran.

Le corridor de David : une porte dérobée vers le flanc occidental de l'Iran
Alors que le corridor de Zangezur affecte l'Iran depuis le nord, le corridor de David (terme désignant la route terrestre émergente qui part de la Palestine occupée, traverse la Jordanie et la Syrie et se dirige vers l'Irak) remplit une double fonction: logistique et militaire.
Accès stratégique pour Israël: cette route offre à Israël une connexion terrestre potentielle avec les forces américaines et alliées stationnées dans le Kurdistan irakien. Il s'agit d'un point d'inflexion en termes de déploiement logistique, de surveillance et même d'armement.
Déstabiliser le Levant: le succès du corridor dépend de la fragmentation de la Syrie et de l'Irak, en maintenant ces deux pays trop faibles ou trop divisés pour résister à sa formation.
Contrôle par les puissances en Irak: le nord de l'Irak, en particulier la région kurde, est devenu une plate-forme non seulement pour les militaires américains et israéliens, mais aussi pour l'extraction d'énergie qui échappe au contrôle de Bagdad.
Redessiner la carte du commerce mondial sous couvert militaire
Ensemble, ces corridors représentent une stratégie sur deux fronts :
- Au nord, le corridor de Zangezur vise à couper les artères économiques de l'Iran, en redirigeant les oléoducs, les chemins de fer et les infrastructures numériques hors du contrôle de Téhéran.
- À l'ouest, le corridor de David offre une voie logistique militarisée directement vers le flanc ouest vulnérable de l'Iran, raccourcissant ainsi le champ de bataille pour une éventuelle guerre future.
Il ne s'agit pas seulement de commerce : c'est une guerre des infrastructures.
Le tableau d'ensemble : l'encerclement et l'isolement de l'Iran
Ces corridors ne sont pas des phénomènes isolés, mais font partie d'une stratégie d'encerclement coordonnée :
- L'Azerbaïdjan est désormais une base avancée pour les opérations israéliennes près du nord de l'Iran.
- Le nord de l'Irak est en train de se transformer en une zone militaire molle avec une forte présence israélienne et américaine.
- Le Levant, en proie à la guerre et aux divisions, offre suffisamment de chaos pour permettre au Corridor de David de s'étendre sans être remarqué.
Pendant ce temps, les exercices militaires de l'Iran à la frontière avec l'Azerbaïdjan, ses liens de plus en plus étroits avec la Russie et la Chine et ses efforts pour sécuriser des routes alternatives vers l'est sont autant de signes que Téhéran voit se former un piège.
Que la guerre commence bientôt ou non, le champ de bataille est déjà en train d'être préparé, corridor par corridor.
* * *

Analyse:
Le « Corridor David », offensive d'Israël pour balkaniser la Syrie et imposer les « Accords d'Abraham »
Alfredo Jalife-Rahme
Bien que cela puisse sembler inconcevable, Israël a lancé un projet d'expansion territoriale qui comprend l'annexion... de la capitale syrienne ! Le président autoproclamé de ce dernier pays semble déjà avoir cherché refuge à Idlib, avec sa famille, sous la protection de la Turquie.
À l'époque du « collectif Biden » – groupe imposteur de la Maison Blanche qui a suppléé l'illégale et trompeuse « auto-pen » (fausse « auto-signature » automatisée) de l'ancien président handicapé –, le corridor géoéconomique projeté depuis l'Inde, passant par les Émirats arabes unis (EAU), l'Arabie saoudite jusqu'à Israël et l'Europe a été bouleversée par l'étrange attaque de la guérilla palestinienne du Hamas de Gaza, aujourd'hui décimée au maximum.
Le corridor géoéconomique Inde-EAU-Arabie saoudite-Israël-Europe «soutenu par les États-Unis» et annoncé lors du sommet du G20 à New Delhi, visait à «rivaliser avec la nouvelle route de la soie de la Chine» [1]. On suppose que l'un des objectifs de la « guerre de 12 jours » menée par Israël et les États-Unis contre l'Iran était de saboter le carrefour géoéconomique de ce pays, âme des BRICS, afin de le déconnecter à la fois de la Route de la Soie avec la Chine et du Corridor de transport international Nord-Sud, qui relie la Russie à l'Inde en passant par l'Azerbaïdjan et l'Iran [2].
Le Moyen-Orient est en proie à la collision des corridors géoéconomiques des trois superpuissances (États-Unis, Russie et Chine) qui définiront la connectivité tricontinentale entre l'Asie/le Moyen-Orient (et l'Afrique) et l'Europe. En parallèle, la puissance régionale (Israël), soutenue par Trump comme jamais auparavant dans l'histoire des États-Unis, cherche à imposer son « Corridor David » [3], qui relie ses deux alliés ethniques et théologiques: les Druzes et les Kurdes du nord-est de la Syrie (la région du Rojava) [4].
Dans mon interview avec NegociosTV, en Espagne [5], j'ai expliqué qu'Israël a intérêt à la balkanisation du Moyen-Orient afin de démembrer les pays et de mieux les contrôler. L'objectif du « Corridor David » est de positionner Israël à la frontière de l'Irak pour tenter de le balkaniser en trois morceaux, et ainsi atteindre les frontières de l'Iran pour lui porter un coup nucléaire sur l'une de ses sept frontières terrestres, qui sont neuf si l'on ajoute ses deux autres frontières maritimes dans la mer Caspienne (ancienne mer des Khazars), la Russie et le Kazakhstan.
Le Premier ministre Netanyahu se heurte au mauvais moment au putschiste syrien Al-Jolani, décapiteur professionnel – condamné hier par les États-Unis pour être le chef d'une des branches d'Al-Qaïda/Daech et dont la capture était récompensée par 10 millions de dollars, mais aujourd'hui sanctifié comme « héros » par l'Europe et Washington –, qui extermine sans distinction les minorités alaouites, chrétiennes et druzes.
Israël a détruit le ministère de la Défense à Damas, ce qui a contraint le décapiteur al-Jolani à fuir avec sa famille vers la région nord d'Idlib, sous la protection de la Turquie. Les médias arabes et turcs ont commencé à dévoiler le plan israélien et son « corridor David », qui vise à intégrer le plus grand nombre de pays démembrés aux « accords d'Abraham ».
Abraham, accepté par les trois religions monothéistes, était originaire d'Ur, à 16 kilomètres du fleuve Euphrate, puis a émigré vers ce qui est aujourd'hui connu sous le nom d'Israël. Il convient de noter que le drapeau israélien comporte deux bandes bleues représentant les deux fleuves, le Nil et l'Euphrate, prétendues frontières du « Grand Israël » : projet talmudique eschatologique du Khazar Netanyahu, d'origine polonaise et dont le nom de famille d'origine est Mileikowsky, dont le père était un collaborateur de Jabotinsky, doctrinaire du révisionnisme sioniste.
Les Kurdes du nord-est de la Syrie, alliés d'Israël, sont installés dans le bassin de l'Euphrate, le plus grand fleuve d'Asie du Sud-Ouest avec ses 2800 kilomètres, qui prend sa source en Turquie et traverse la Syrie et l'Irak. Grâce à l'annexion de la région druze syrienne des hauteurs du Golan et à sa nouvelle pénétration autour du mont Hermon, Israël positionne ses troupes à 10 kilomètres de Damas [6], la capitale syrienne, que son ministre des Finances Bezalel Smotrich exige d'envahir [7].
Pour plaisanter, on dit au Liban que Netanyahu s'apprête à ajouter une troisième bande bleue à son drapeau, qui représenterait le fleuve Litani, toujours sous le contrôle du Hezbollah.
Notes:
[1] «Le corridor Inde-Europe soutenu par les États-Unis qui veut rivaliser avec la nouvelle route de la soie chinoise », Nikhil Inamdar, BBC News, 4 octobre 2023.
[2] « International North-South Transport Corridor (INSTC) », Piyush Shukla, Adda247, 2 août 2022.
[3] « David’s Corridor : The Hidden Axis Behind Israel’s Expansion into Syria and Iraq », Times Headline, 18 juillet 2025.
[4] «La région kurde du Rojava, dans le nord de la Syrie, face à un avenir incertain », Christopher Phillips, Majalla, 28 mars 2023.
[5] «50 jours passionnants à venir ! : Kaléidoscope des balkanisations au Moyen-Orient », Alfredo Jalife, YouTube, 15 août 2025.
[6] « Syrie : la dangereuse stratégie israélienne », Éditorial, Le Monde (France), 18 juillet 2025.
[7] « Smotrich : l'avenir d'Israël est de « s'étendre jusqu'à Damas » », Middle East Monitor, 13 octobre 2024.
16:42 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : géopolitique, levant, proche-orient, moyen-orient, israël, azerbaïdjan, arménie, iran, irak, syrie, corridor du zangezour, corridor david |
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dimanche, 03 août 2025
La menace yéménite

La menace yéménite
Source: https://electomagazine.it/la-minaccia-yemenita/
Yémen. Le général de brigade Saree semble extrêmement déterminé. Les forces armées yéménites ne permettront plus le passage d'aucun navire marchand destiné à traverser ensuite les eaux et le territoire israéliens. Et ce, indépendamment de leur cargaison, de leur destination et de leur pavillon.
Car il est désormais clair pour Saree que la guerre sans merci menée par Israël contre ses « frères » palestiniens signifie une guerre contre tout le monde arabe. Qui ne peut et ne doit pas accepter sans réagir ce qui se passe à Gaza. À savoir un nettoyage ethnique systématique.

Aujourd'hui, la menace de Saree (photo) doit être prise très au sérieux. Même si le général représente l'une des deux factions qui divisent l'armée yéménite. À savoir celle qui soutient les Houthis, les chiites pentésimains, en lutte depuis longtemps contre les sunnites soutenus par l'Arabie saoudite et la coalition du Golfe.
Un conflit qui dépasse largement les limites, pourtant cruciales, de la péninsule arabique. Et qui implique, d'un côté, l'Iran, devenu le bastion de tous les chiites, quelles que soient leurs origines, souvent très différentes.

Comme c'est le cas des Houthis. Qui sont « pentésimains ». C'est-à-dire qu'ils suivent la tradition du cinquième imam. Et présentent des formes rituelles qui ne sont pas très éloignées de celles communes aux sunnites.
De l'autre côté, derrière les Saoudiens, se profilent les États-Unis. Qui soutiennent la tentative, vieille de plus de dix ans, d'arracher une grande partie du Yémen au contrôle iranien.
Il s'agit en substance d'une guerre locale, causée par des raisons historiques et religieuses particulières. Mais elle est devenue un terrain d'affrontement pour des puissances qui agissent et évoluent dans des dimensions bien différentes.
Il s'agit donc d'un nouvel épisode de cette guerre mondiale asymétrique qui, pour ceux qui observent attentivement un planisphère, semble en cours depuis un certain temps déjà.
Cependant, la force des Houthis et de la faction de l'armée yéménite à laquelle appartient le général Saree est considérable. Comme ils l'ont démontré en résistant pendant des années à la tentative de conquête saoudienne.
Tellement considérable qu'elle est devenue une véritable menace pour le commerce international.
Car la menace que représente Saree doit être prise au sérieux. Très au sérieux. De nombreuses compagnies de transport international ont déjà commencé à détourner leurs cargos vers d'autres itinéraires. Cela les oblige à effectuer une longue et coûteuse circumnavigation de l'Afrique. Ce qui, bien sûr, entraînera à court terme une augmentation considérable des prix de toutes les marchandises transportées, du pétrole aux denrées alimentaires.
Aujourd'hui, il est en effet impossible, voire impensable, de considérer un conflit régional comme une entité distincte du contexte mondial.
Certes, la guerre au Yémen est un conflit de longue date dont les racines sont anciennes. Mais les alliances et les intérêts en jeu vont bien au-delà.
Ils finissent inévitablement par influencer nos vies. Et les conditionner de manière extrêmement lourde.
20:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, yémen, péninsule arabique, moyen-orient |
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mardi, 15 juillet 2025
La sympathie habituelle des États-Unis pour les terroristes

La sympathie habituelle des États-Unis pour les terroristes
Par Lorenzo Maria Pacini
"C'est nous qui décidons qui est terroriste"
Les États-Unis ont révoqué la désignation de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), également connu sous le nom de Front al-Nosra, comme organisation terroriste étrangère. La décision a été annoncée par le secrétaire d'État Marco Rubio dans un mémorandum daté du 23 juin, publié à l'avance dans le Federal Register.
Oui, vous avez bien lu: une fois de plus, les États-Unis jouent les gendarmes du monde et décident qui reçoit la médaille d'honneur et qui doit être considéré comme un criminel. Ce n'est peut-être qu'une coïncidence, mais les États-Unis n'accusent jamais de terrorisme ceux qui servent leurs intérêts économiques, alors qu'ils sont très prompts à juger ceux qui contredisent leur volonté. La géopolitique de l'intimidation.
Cette révocation s'inscrit dans le contexte d'un changement plus large de la politique américaine à l'égard de la Syrie, après que le président Donald Trump a signé un décret visant à assouplir les sanctions unilatérales contre Damas, en vigueur depuis 1979 en raison de son hostilité envers Israël.
Après la chute du président Bachar al-Assad, le HTS a pris le contrôle du pays et, dans le même temps, Israël a intensifié ses frappes aériennes et occupé de nouvelles zones en Syrie au-delà du plateau du Golan. Le nouveau gouvernement syrien s'est montré ouvert à la normalisation des relations avec Israël, et des négociations sont en cours en vue d'un éventuel accord d'ici 2026. Le changement d'approche des États-Unis et de la Syrie semble marquer un nouveau cap dans la dynamique géopolitique du Moyen-Orient.
L'Iran, un ennemi vraiment mortel
Deux stratégies possibles se dessinent actuellement: l'une implique une intervention militaire directe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran; l'autre consiste en une campagne de manipulation psychologique massive visant à la fois la population iranienne et la communauté internationale, prélude à une agression armée. Les méthodes, les raisons et le calendrier dépendront de l'évolution de la situation et des premiers signaux, qui ne sont pas encore suffisamment clairs pour être divulgués. Toutefois, un conflit armé semble inévitable.

L'Iran est bien préparé, mais les stratégies employées par ses adversaires pourraient générer confusion et peur, avec le risque de pertes importantes. L'évolution des événements reste incertaine, mais une chose est claire: les États-Unis et Israël devront réfléchir mûrement avant de s'engager dans un conflit à grande échelle, compte tenu des conséquences.
Parallèlement, des signes de plus en plus nombreux indiquent l'existence d'un plan visant à déstabiliser le Liban, en particulier en ciblant les communautés chiites, avec le soutien d'Israël, des Émirats arabes unis et de leurs alliés. Cela pourrait ouvrir un nouveau front et entraîner l'Iran dans un conflit plus large, voire déclencher une guerre civile libanaise.
La décision de retirer Al-Nosra de la liste des organisations terroristes semble étroitement liée à la volonté de permettre aux partenaires régionaux des États-Unis de soutenir ce mouvement ouvertement, en l'utilisant contre les communautés chiites. Il ne s'agit pas seulement d'une manœuvre diplomatique, mais d'une exploitation planifiée du terrorisme, déguisée en défense du droit international.
Dans ce contexte, il est essentiel de renforcer un front commun de résistance. Que ce soit par la dissuasion nucléaire ou par l'opposition sur tous les fronts, il est urgent de contrer et de neutraliser tous les instruments de l'axe américano-sioniste-wahhabite-HTS, quel que soit le nom qu'il porte. L'Iran, en tout état de cause, doit être abattu par cette alliance nouvelle. C'est l'ennemi par excellence en Asie occidentale et il ne peut être épargné.
L'Amérique de Trump, quant à elle, connaît bien cette litanie: lorsqu'en 2020, le président a ordonné – puis revendiqué fièrement lors d'une conférence de presse nationale – l'assassinat du général Qassem Soleimani, en visite à Bagdad pour des accords de coopération internationale, il l'a fait en réitérant sa promesse de « libérer » la région du monstre iranien. Un monstre qui continue d'être présenté comme tel par la presse internationale, qui s'est rapidement regroupée après 12 jours d'agression israélienne.
La géométrie varie
Pourtant, l'Amérique se retire de son rôle de gendarme du monde, car la puissance militaire, aussi grande soit-elle, ne suffit plus, tout comme l'influence politique n'est plus au rendez-vous. Il y a quinze ans, une bataille comme celle qui a duré 12 jours aurait probablement signifié un massacre pour l'Iran, mais l'Iran a changé et est désormais une puissance mondiale et un pays clé pour la stabilité mondiale. Aujourd'hui, cependant, les États-Unis sont tout au plus capables de sauver leur allié d'une guerre éclair ratée grâce à une série d'attaques ciblées.
Néanmoins, certaines façons de penser semblent difficiles à ébranler: Donald Trump, suivant les traces de George W. Bush, a posé des exigences extrêmes à Téhéran, appelant à une capitulation totale. À une époque, de telles exigences ont donné des résultats: la Yougoslavie a été contrainte de céder le Kosovo, l'Irak a été occupé et la Libye a sombré dans le chaos. Mais aujourd'hui, cette stratégie ne fonctionne plus: le changement de régime en Iran reste un objectif inatteignable. Le programme balistique de Téhéran est toujours actif et son programme nucléaire se poursuit sans relâche.
Washington est confronté à une situation dans laquelle il sera bientôt contraint de démontrer par des faits qu'il peut encore s'imposer par la force sur la scène internationale. Sinon, la vague croissante de défiance à l'égard de l'ordre unipolaire s'intensifiera, le poussant vers une désintégration lente mais inévitable.
Et aujourd'hui, les États-Unis, qui se sont présentés pendant des années comme les champions de la lutte contre le terrorisme islamique, forment des terroristes et les placent à la tête d'un pays tout entier, réalisant ainsi le rêve de Daech de contrôler ces terres et d'exploiter leur position pour maintenir la région dans un état de précarité, de peur et de risque élevé de conflit généralisé. Une fois de plus, la géopolitique des tyrans, qui menace de nuire à tout le monde. Mais, cher tyran nommé Amérique, tes coups ne font plus peur: il y a tout un monde qui a appris à encaisser les coups et à riposter avec force.
La géométrie internationale a changé, et Washington doit s'y faire.
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mercredi, 09 juillet 2025
Iran. Premier bilan

Iran. Premier bilan
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/iran-primi-bilanci/
Cessez-le-feu au Moyen-Orient, nous dit-on. Ou plutôt, une illusion de cessez-le-feu, puisque Netanyahu n’a manifestement aucune intention de le respecter. Et l’Iran semble prêt à riposter coup sur coup.
Trump est furieux. Cependant, sa colère ne sert pas à grand-chose. Il espérait calmer le conflit et, en même temps, favoriser un changement de régime en Iran. C’est ainsi que le vieux prétendant au Trône du Paon, désormais complètement américanisé depuis des décennies, a été de nouveau évoqué: Reza Shah.
Mauvais calculs et mauvaises analyses. Car, en réalité, la République islamique semble sortir renforcée et resserrée par ces attaques. Ce n’est pas que l’opposition intérieure n’existe pas, mais il est clair que cela n’a rien à voir avec des sympathies pour Israël ou les États-Unis. Au contraire…
Ainsi, Khamenei a eu le dessus. Il a transféré le pouvoir effectif aux Pasdaran, dépossédant ainsi le modéré Pezeshkian.
En fait, c’est l’état d’urgence. Tout simplement. Ces mesures renforcent le régime iranien et donnent plus de pouvoir à l’aile militaire.
Et affaiblissent ceux qui espéraient une détente avec Washington, en particulier les classes bazari et marchandes.
Après quinze jours de guerre à distance, Israël semble en difficulté. Et ce malgré le militarisme proclamé par Netanyahu.
Il n’a simplement pas réussi à faire plier Téhéran ni à favoriser le dissensus iranien. Au contraire, le régime des ayatollahs semble plus solide que jamais, et la riposte militaire a provoqué de véritables crises de nerfs internes en Israël.
Netanyahu a même dû tenter d’empêcher la fuite des principales villes, notamment des citoyens juifs qui veulent se réfugier, ou plutôt revenir, à l’étranger.
Il est vrai que Bibi mise surtout sur les « colons », qui représentent la face la plus déterminée et agressive du sionisme.
Mais le malaise intérieur en Israël est évident.
Téhéran, d’ailleurs, n’est pas totalement seul. Plus que Poutine, qui est trop occupé en Ukraine pour pouvoir offrir autre chose qu’un soutien politique à l’Iran, le véritable allié du régime des ayatollahs est la Chine. La Chine importe du gaz et du pétrole iraniens, essentiels pour son économie.
La politique de Xi Jinping vise, bien sûr, à éviter autant que possible les conflits directs, surtout avec Washington.
Pourtant, cela n’empêche pas la Chine de soutenir Téhéran de toutes les manières possibles, car elle ne veut absolument pas de changement de régime. Xi Jinping a été très clair et ferme sur ce sujet.
De plus, le Pakistan s’est déjà dit prêt à intervenir militairement aux côtés des Iraniens. Et le Pakistan, en plus de sa puissance nucléaire, est étroitement lié à Pékin.
Puis il y a Kim Jong-un. La Corée du Nord est une puissance nucléaire, et le jeune dictateur, maître incontesté du pays, exploite habilement la situation internationale pour briser l’isolement politique et économique dans lequel Pyongyang était plongé depuis longtemps.
Il a également déclaré être prêt à intervenir militairement pour aider l’Iran.
Une situation donc extrêmement difficile à déchiffrer. Trop de variables, trop d’acteurs. Trop de dangers.
Incontestablement, nous vivons une époque « intéressante », qui, selon une vieille malédiction chinoise, signifie justement « dangereuse ».
19:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, moyen-orient, politique internationale |
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lundi, 07 juillet 2025
Fanatiques et fin du monde

Fanatiques et fin du monde
Par Federico Bischoff
Source: https://www.compact-online.de/fanatiker-und-weltuntergang...
Les fondamentalistes religieux du judaïsme, du christianisme et de l’islam rêvent de la dernière bataille, où le diable sera vaincu. Après quoi, le royaume de Dieu s’installera. Pour en savoir plus sur les prophéties religieuses de la fin du monde et leurs effets sur l’histoire mondiale, lisez le bestseller d’Oliver Janich, « Le secret dévoilé ». Très pertinent ! En savoir plus ici: https://www.compact-shop.de/shop/neu/oliver-janich-das-of....
Les gens ordinaires craignent bel et bien qu’une guerre mondiale éclate. Bertolt Brecht écrivait — comme pour lancer un avertissement aux Allemands : « La grande Carthage a mené trois guerres. Elle était encore puissante après la première, encore habitable après la deuxième. On ne pouvait plus la retrouver après la troisième. »
Les fanatiques voient cela plus froidement. Mao se moqua de la crainte des Soviétiques d’un conflit nucléaire mondial et de la politique de détente de Moscou, en argumentant que la Première Guerre mondiale avait libéré un sixième de la Terre du capitalisme, et qu’après la Seconde, d’autres pays étaient devenus socialistes — alors pourquoi craindre la Troisième ?

Pour les apocalypse juifs, la situation est similaire. Au milieu des batailles de 1914-1918, l’Empire britannique donna, pour affaiblir l’ennemi ottoman, le décisif coup de pouce à la colonisation sioniste de la Palestine avec la Déclaration Balfour. Et après 1945, la création de l’État d’Israël ne pouvait plus être empêchée. Alors, qu’est-ce qui s’oppose à une nouvelle guerre mondiale ? — demandent les cyniques.

Martin Buber résuma la pensée des factions apocalyptiques du judaïsme dans son roman « Gog et Magog » :
« Le monde des nations est en agitation, et nous ne pouvons pas vouloir qu’il s’arrête, car c’est seulement lorsque le monde se met en travail qu’adviennent les douleurs du Messie. La délivrance n’est pas un cadeau fini de Dieu, déposé du ciel sur la terre. Dans de grandes douleurs, le corps du monde doit accoucher, il doit toucher le seuil de la mort avant de pouvoir naître. »
Et encore : « Nous devons œuvrer pour que cette lutte s’intensifie jusqu’aux douleurs du Messie. Les nuages de fumée autour de la montagne du monde sont encore petits et éphémères. De plus grands, plus persistants, viendront. Nous devons attendre le moment où le signe nous sera donné… Il ne nous est pas ordonné de l’éteindre, mais de l’enflammer. »
L’outil de Dieu
La dernière phrase est décisive. Le vrai pieux, selon la théorie, n’attend pas la venue du royaume de Dieu, mais agit activement en provoquant l'Armageddon. Celui qui souhaite la venue du Messie sait très bien que la dernière bataille de l’humanité doit la précéder. Dans toutes les religions monothéistes, elle se déroule en Terre Sainte.

Fatalement, l’alliance formée entre des juifs fondamentalistes et des évangéliques partageant les mêmes idées s'avère particulièrement dangereuse. En réalité, l'ancien Testament et les enseignements du Nouveau Testament présentent de grandes différences: Yahvé est un Dieu colérique et punisseur, qui extermina les ennemis d’Israël, et qui contraint les pécheurs de ses fidèles à l’obéissance par le feu et l’épée (voir Sodome et Gomorrhe). Jésus, lui, prêche le pardon et l’amour des ennemis, et il sauve non seulement les Israélites, mais toute l’humanité.
Mais il existe un pont théologique enjambant cette fracture, c’est la fameuse Révélation de Jean dans le Nouveau Testament, qui correspond à la description de l’Armageddon dans l’Ancien Testament par le prophète Ézéchiel. Il y est question du jugement contre « Gog de Magog », un souverain du Nord (ce qui peut s’interpréter comme Babylone/Bagdad, l’Iran ou aussi la Russie d’aujourd’hui).
Ézéchiel : « Oui, tu viendras de ton lieu, du plus extrême Nord, toi et beaucoup de peuples avec toi, qui monteront tous sur des chevaux, une multitude grande et un peuple puissant. Tu monteras contre mon peuple Israël, comme une nuée obscure qui couvre le pays. »
Gog et ses armées seront totalement détruits :
« Et je jugerai contre lui lui envoyant pestilence et sang ; je ferai pleuvoir des pluies diluviennes, des grêlons, du feu et du soufre sur lui et sur ses hordes de guerre, sur beaucoup de peuples qui sont avec lui. »

Dans l’Apocalypse de Jean, une bataille similaire est décrite. Cependant, Gog n’apparaît pas, et les ennemis sont Satan, « la bête », « le faux prophète » et « la prostituée Babylone ». À Jérusalem, 144.000 pieux seront rachetés. Les sept sceaux, sept trompettes et sept coupes de la colère répandent mort et terreur, peut-être avec des armes de destruction massive. À la fin, tous les incroyants seront jetés « dans une mer de feu et de soufre brûlant ». Ensuite, Christ revient sur terre et établit son royaume millénaire.
Chez les juifs fondamentalistes, qui nient Jésus en tant que Sauveur, la venue du Messie est liée à la restauration du mythique temple du roi Salomon. La communauté Chabad Loubavitch est convaincue que cela doit se produire sur le site de l’ancien temple, c’est-à-dire le Mont du Temple à Jérusalem. Mais cela nécessiterait d’abord de démolir un bâtiment important: la mosquée al-Aqsa, vieille de 1300 ans. Enfin, il serait impensable de construire le troisième temple tant qu’un sanctuaire musulman s’y trouve.
Déjà en 1948, le grand-rabbin de l’époque déclarait :
« Tel Aviv ne sera pas la capitale, mais Jérusalem, car c’est là que se trouvait le temple de Salomon, et toute la jeunesse juive est prête à sacrifier sa vie pour conquérir le site de leur temple sacré. » Il est difficile d’imaginer que les musulmans renoncent à leur troisième lieu saint, après La Mecque et Médine, sans être chassés militairement de Palestine.
L’alliance apocalyptique
Les États-Unis, sous la direction des francs-maçons mais avec une majorité évangéliste, sont le creuset où se mêlent ultrareligieux évangélistes et juifs apocalyptiques. Ces fameux puritains (du latin purus = pur) ont émigré de Grande-Bretagne, après les guerres de religion entre anglicans et catholiques aux 15ème et 16ème siècle, quand une certaine tolérance s’était installée, où on les considérait, dès lors, comme dangereux à cause de leurs idées. Dans les colonies américaines, les fervents de l’Ancien Testament dominaient. Il y aurait eu plus de sorcières brûlées là-bas que sous les injonctions de l’Inquisition catholique.
Une coalition lâche entre la majorité blanche protestante (WASP) et les Juifs s’est formée dès avant la Première Guerre mondiale, car les banquiers juifs représentaient la base financière de la future grande puissance, mais cette alliance resta fragile à cause de l’antisémitisme des vieux puritains anglais.
Ce n’est qu’avec la création, au début des années 1970, du mouvement des néoconservateurs qu’une symbiose stable s’est formée, basée sur une solidarité sans compromis avec Israël et sur l'ambition américaine d'exercer une hégémonie sur le monde entier ; toute politique de détente, au Moyen-Orient comme vis-à-vis de l’URSS, a été rejetée. Les néoconservateurs atteignirent leur apogée sous ce président religieux que fut George W. Bush (2001-2009), notamment après le 11 septembre.
Les principaux centres de décision — notamment au Pentagone — furent occupés par des tenants de l'idéologie neocon. Des groupes de travail communs entre le Likoud israélien et les républicains américains (par exemple par le truchement du think tank « Project for the New American Century ») ont sans cesse préparé les guerres qui furent menées contre les États islamiques, notamment en falsifiant des preuves quant aux armes de destruction massive qu'aurait possédées Saddam Hussein, alors qu'elles n’ont jamais existé. Une attaque contre l’Iran, prévue dès 2008/2009, a été évitée de justesse suite à l'intervention de l’état-major américain.

La bataille finale dans l’islam
La figure salvatrice du Mahdi apparaît chez les musulmans après la mort de Mahomet, lorsque les califes ont éliminé le successeur désigné du prophète, Ali. Les partisans de ce dernier, les chiites, voient, depuis, Ali comme le souverain attendu, celui qui doit rétablir la vraie foi. À la fin des temps, il unira tous les musulmans et participera à la bataille décisive contre Dajjâl (le mal ultime, comparable à l’Antéchrist).
L’historien nord-africain islamisé Ibn Khaldoun décrit comme suit, au 14ème siècle, le déroulement de cette bataille finale:
« Ensuite, Jésus descendra et tuera Dajjâl. Ou Jésus descendra avec lui, aidera à tuer Dajjâl et priera derrière lui. » La description montre que, même s’il n’est pas vu comme le Messie, dans l’islam, Jésus joue un rôle positif et important, comme prophète et aussi dans les événements de la fin des temps.
Ce personnage a inspiré les sanglants soulèvements mahdi contre la domination coloniale britannique au Soudan à la fin du 19ème siècle. En Iran, le Mahdi est considéré depuis la Révolution islamique de 1979 comme le véritable chef de l’État. Sa résurrection n’est prophétisée qu’après des bouleversements et des guerres majeurs, ce qui alarme l’Occident, craignant que les mollahs ne provoquent une telle évolution.

Au cours des trente dernières années, l’Iran a adopté une politique extérieure défensive. Des milices chiites comme le Hezbollah ont participé, avec le soutien de Téhéran, à la lutte contre al-Qaida et l’État islamique, et ont défendu aussi, dans la guerre civile syrienne et au Liban, des villages chrétiens. La relation avec le Hamas sunnite, jusqu’à l’escalade récente, était froide.
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dimanche, 29 juin 2025
Grand dérangement au Moyen-Orient

Grand dérangement au Moyen-Orient
par Georges Feltin-Tracol
Les dirigeants du Hamas se doutaient-ils qu’en lançant leur offensive–éclair le 7 octobre 2023, ils changeraient le visage du Moyen-Orient ? Ne faut-il pas maintenant s’interroger sur l’existence d’un enchâssement machiavélique de plans destinés à briser l’« Axe de la Résistance » contre Israël ? Les guerres de Benyamin Netanyahou lui permettront-elles de remodeler à sa guise toute une région et d’arrêter l’apparition d’un monde multipolaire aux valeurs pluriverselles?
À l’origine, les services secrets israéliens ont encouragé l’essor du Hamas opposé à l’OLP de Yasser Arafat. Une fois encore, le golem s’est retourné contre ses maîtres. Malgré le départ des colons israéliens et le retrait des troupes de Tsahal en 2005 sur l’ordre du premier ministre israélien d’alors, Ariel Sharon, Tel-Aviv n’a jamais cessé de surveiller dans le détail la Bande de Gaza dont la superficie correspond à peu près à trois fois Paris (bois de Boulogne et de Vincennes inclus). Par ailleurs en pointe dans le contrôle numérique de masse, Israël a proscrit l’argent liquide et sait parfaitement identifier une population gazaouie désormais martyre.

En agressant l’Iran sans prendre la peine de lui déclarer la guerre tel un autre 1er septembre 1939, Israël ouvre un cinquième front à la suite de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est occupés, du Liban et de la Syrie. Ces différents conflits quasi-simultanés occultent les procès en corruption qui frappent Netanyahou et détournent l’attention de l’opinion publique du contentieux féroce entre la Cour suprême et l’exécutif. Cette nouvelle guerre préventive d’agression soude pour le moment les six partis de la coalition gouvernementale.
Le gouvernement Netanyahou invente un danger nucléaire iranien imminent alors que le premier Guide suprême de la Révolution, Rouhollah Khomeiny, avait émis une fatwa condamnant cette arme redoutable. Ce fait importe peu pour Tel-Aviv qui rêve de briser la « Pieuvre » tant ses tentacules que sa tête. Dans Le Figaro Magazine des 23 et 24 mai 2025, Alexandre Devecchio interroge Stéphane Simon, co-auteur avec Pierre Rehov du 7 Octobre. La Riposte (Fayard, 2025). Stéphane Simon déclare qu’« aujourd’hui, Israël prépare la dernière manche qui vise la fin du régime de Téhéran ». Pourquoi ? Parce que l’instant lui est propice.
La Syrie néo-baasiste de Bachar al-Assad a disparu en décembre 2024 au profit de forces islamistes subventionnées par la Turquie et le Qatar. L’état-major israélien a aussi tiré tous les enseignements de la guerre de 2006 contre le Hezbollah. Quelques exemples rapportent la haute fiabilité des réseaux de renseignement qui associent données satellitaires - numériques et collectes précises d’informations sur le terrain, d’où l’assassinat de Hassan Nasrallah, secrétaire général charismatique du Hezbollah, le 27 septembre 2024. Évoquons aussi le piège des talkies walkies et autres bipeurs qui a tué, blessé ou handicapé plusieurs milliers de cadres du Hezbollah. Produits en Israël, les trois grammes d’explosif implantés, les bipeurs sont cédés à une société hongroise qui les vend ensuite au Hezbollah. Israël avait donc bien préparé cette opération depuis plusieurs trimestres, voire années… Ainsi peut-on se demander si, à l’instar de Franklin Delano Roosevelt qui sût la veille du 7 décembre 1941 l’attaque-surprise japonaise sur Pearl Harbor, Benyamin Netanyahou était au courant de l’action sanglante du 7 octobre sans penser à son ampleur, ni à son impact tragique. Dès son premier mandat de premier ministre (1996 – 1999), il considère l’Iran comme son ennemi principal. Il déteste l’Iran qui signifie « royaume des Aryens ». Cette appellation servirait-elle de prétexte à une susceptibilité mémorielle excessive ?

L’agression contre l’Iran n’est pas une foucade du régime suprémaciste de Tel-Aviv, mais une action de guerre mûrement réfléchie. Appliquant les méthodes opérationnelles de l’OTAN, l’aviation israélienne se serait rendue maîtresse du ciel iranien en dépit des 1500 – 2000 km de distance entre les deux États.
On reste toutefois pantois devant l’impréparation de l’Iran, pourtant puissance régionale de plus de 82 millions d’habitants, face à une guerre préventive aérienne: pas d’abris de défense pour les civils, sécurité publique déficiente, faiblesse de la protection autour des responsables militaires iraniens. À ces manques s’ajoute une absence flagrante de réactions de la part des « tentacules », à savoir d’alliés affaiblis (Hezbollah, Hamas), lointains (les « partisans d’Allah » houthistes du Yémen) ou dubitatifs (les milices populaires irakiennes). L’assassinat de hauts responsables militaires et scientifiques, la destruction de centres stratégiques militaires et nucléaires, le bombardement des locaux de la télévision officielle indiquent la présence en Iran d’agents secrets, de forces spéciales et de collaborateurs locaux, et ce depuis de nombreux mois, même de nombreuses années.
À la lumière des récents événements, deux faits confirment la forte implication d’Israël dans le désordre intérieur iranien. L’un se passe le 31 juillet 2024. Ce jour-là, le chef du Hamas, « Ismaël Haniyeh, rapporte encore Stéphane Simon, meurt dans sa chambre piégée d’une bombe au cœur d’une résidence sécurisée du palais présidentiel » iranien. Toujours pour Stéphane Simon, c’est « la démonstration de l’infiltration du Mossad au cœur du régime iranien ». Sous l’empire Pahlavi, le Shah d’Iran était un allié précieux pour Israël au même titre d’ailleurs que la Turquie laïque et les Kurdes d’Irak et de Syrie. Cette proximité stratégique n’a pas empêché les États-Unis de fomenter en partie la révolution islamique afin de surseoir au développement nucléaire de l’Iran.

Le second concerne la révolution de couleur « Femme – Vie – Liberté », processus incontestable de déstabilisation socio-politique qui s’apparente à une intense action de guerre psychologique. Les manifestants et les manifestantes hostiles aux institutions de la République islamique agissent en idiots utiles du suprémacisme israélien anti-iranien. À côté des actions clandestines montées par les services israéliens sur le sol iranien, « Femme – Vie – Liberté » signale la réalité d’une cinquième colonne qui a pour objectif le renversement de la république islamique. Par qui la remplacer ? Israël ne se tournera pas vers Maryam Radjavi, présidente des Moudjahiddines du peuple qui ont longtemps séjourné dans l’Irak baasiste de Saddam Hussein. Quant à recourir au prétendant impérial en exil Reza Pahlavi, ce ne serait guère judicieux, car il deviendrait aussitôt un nouveau repère d’unité nationale pour tous les Iraniens.
Il est possible que le gouvernement israélien mise sur un éclatement, effectif ou latent, de l’Iran en jouant sur des minorités ethniques. Au Sud-Est, les indépendantistes baloutches pourraient ériger un État qui attirerait ensuite vers lui le Baloutchistan pakistanais. Au Nord-Ouest, les Kurdes édifieraient un territoire autonome à l’image du Kurdistan irakien et, peut-être, du Rojava syrien. Au Sud-Ouest, les arabophones (plus d’un tiers de la population locale) du Khouzistan (ou Arabistan), assez rétifs à la tutelle de Téhéran, s’en sépareraient pour mieux se rapprocher de l’Irak. Mais la plus grande menace provient du Nord, des portes du Caucase.

Les Occidentaux oublient que l’Arménie, encerclée à l’Est et à l’Ouest par la Turquie et l’Azerbaïdjan, y compris par son exclave du Nakhitchevan, entretient d’assez mauvaises relations avec son voisin géorgien. Le seul État qui persiste à aider Erevan s’appelle l’Iran. Pendant la guerre de reconquête de l’Artsakh, l’Azerbaïdjan a bénéficié de l’aide militaire israélienne. La fragilisation poussée de l’Iran inciterait l’Azerbaïdjan à s’emparer des régions iraniennes de langue azérie au nom des vieilles revendications rattachistes, puis d’effacer définitivement l’Arménie des cartes en se partageant avec la Turquie son territoire. Un Grand Azerbaïdjan pèserait alors de tout son poids sur l’avenir non seulement de l’Iran, mais aussi de l’Asie centrale avec le risque accru d’irriter une Russie attentive à son étranger proche et d’encourager les forces islamistes les plus extrémistes à renverser les gouvernements du Kazakhstan, du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan, du Turkménistan et du Kirghizistan à partir du foyer inflammable de la vaste vallée de la Ferghana.
L’effondrement de l’Iran assurerait à l’actuel gouvernement israélien la satisfaction de ses visées messianiques dans la reconfiguration géopolitique du Moyen-Orient. La fin de l’« Axe de la Résistance » lui faciliterait la déportation massive des Palestiniens de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est vers le Liban, la Syrie, la Jordanie et l’Égypte aux frontières redessinées, mais aussi vers l’Europe. Le régime de Tel-Aviv ferait deux pierres d’un coup : résoudre la question démographique palestinienne lancinante et semer les ferments de division multiculturalistes chez l’héritière d’Édom, la civilisation européenne d’essence boréenne, qu’il exècre. L’Iran ou le dernier avant-poste de l’Europe boréale ? L’histoire est plus que jamais imprévisible et surprenante.
GF-T
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 162, mise en ligne le 24 juin 2025 sur Radio Méridien Zéro.
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« Les États-Unis ont attaqué non seulement l’Iran, mais aussi la multipolarité… »

« Les États-Unis ont attaqué non seulement l’Iran, mais aussi la multipolarité… »
Onur Sinan Güzaltan
Les États-Unis ont rejoint les attaques d’Israël contre l’Iran, et la guerre s’est intensifiée.
Les États-Unis ont ciblé les installations nucléaires en Iran. Quel est votre avis sur cette question ?
Les États-Unis ont attaqué l’Iran en ignorant le droit et les normes internationales. Cette attaque aura de nombreuses conséquences négatives.
L’Iran, qui est la cible des attaques, y répondra bien sûr de différentes manières. La plus évidente de ces réponses sera de continuer à frapper Israël, la plus grande base américaine dans la région. En dehors de cela, il est possible que les alliés de l’Iran dans la région, notamment les Houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban, soient impliqués dans cette guerre qui ne cesse de s'accroître. Il y a de nombreuses bases, centres et soldats américains dans la région… Il est très probable qu’ils soient ciblés dans la période à venir. De plus, l’Iran pourrait prendre des mesures visant à perturber la chaîne économique mondiale via le détroit d’Hormuz et la mer Rouge.
Dans tous les cas, les États-Unis et Israël paieront un prix lourd.
D’un autre côté, en termes de politiques américaines, les discours MAGA, ou « America First » (l’Amérique d’abord), représentés par Trump, sont complètement tombés en désuétude. Les États-Unis sont de nature agressive et l’ont montré une fois de plus au monde avec l’attaque contre l’Iran.
Une autre leçon à tirer de l’attaque américaine contre l’Iran est que les négociations avec l’impérialisme n’ont aucune suite. La Russie a été visée durement à chaque fois qu’elle s’est assise à la table de négociation pour régler la question de l’Ukraine. Assad s’est assis à la table avec l’Occident en 2010, et la guerre civile a immédiatement éclaté dans son pays. Kadhafi a été renversé de façon similaire…
Et l’Iran a été ciblé alors qu’il négociait avec les États-Unis…
Ces exemples montrent que l’impérialisme ne comprend que la force, pas la négociation.
Comment le rôle des États-Unis dans la guerre changerait-il le cours de la guerre ?
Eh bien, les États-Unis sont manifestement un pays puissant. Ils disposent d’une supériorité technologique, d’armes avancées et de capacités de renseignement.
Mais l’Iran est aussi un pays puissant et aura des réponses à donner aux États-Unis.
L’étendue dans laquelle les États-Unis peuvent prendre des risques dans la période à venir sera décisive. Si l’Iran répond, quelle sera la position des États-Unis ? Oseront-ils, par exemple, lancer une opération terrestre ? Je ne pense pas… Les États-Unis ont fait un choix difficile, et je doute qu’ils voient clairement quel chemin suivre.
D’un autre côté, l’attitude de la Russie et de la Chine sera importante.
En frappant les installations nucléaires iraniennes, les États-Unis ont tenté d’envoyer un message non seulement à l’Iran, mais au monde entier; ils ont voulu dire: « Je suis toujours le maître du monde. »
La Russie et la Chine accepteront-elles ce message ?
Il vaut la peine de souligner que l’attaque américaine ne concerne pas seulement l’Iran, mais aussi la multipolarité.

Comment évaluez-vous la situation d’Israël dans la guerre ?
La situation actuelle montre clairement que le système de défense aérienne et le Dôme de fer d’Israël ont échoué face aux frappes de missiles de l’Iran.
Les rapports indiquent qu’Israël ne peut tenir que 10 ou 12 jours de plus dans une telle guerre. C’est précisément la réalité qui se profile derrière l’implication des États-Unis. Trump s’est impliqué dans cette guerre pour sauver Israël, qui s’effondrait et perdait la guerre.
Quant aux déclarations provenant d’Iran, à la fin, le peuple iranien et l’État iranien défendent leur propre terre. C’est une défense territoriale. Et jusqu’à présent, ils ont réussi. Ils ont pu répondre à chaque mouvement israélien par une contre-attaque équivalente.
Il y a eu des discussions sur la supériorité technologique d’Israël et de ses alliés. Mais l’utilisation des missiles Fattah par l’Iran dans ses frappes de représailles a suscité de nouveaux débats à ce sujet. Quel est votre point de vue ?
La réalité sur le terrain nous montre ceci: tout d’abord, l’Iran lutte contre les sanctions occidentales depuis plus de 45 ans. Il a donc développé une économie indépendante.
Deuxièmement, nous voyons maintenant clairement que ces mêmes sanctions ont poussé l’Iran à développer sa propre industrie nationale de défense. Et avec les armes qu’ils produisent, ils peuvent résister contre les États-Unis et Israël.
Troisièmement, l’Iran possède un territoire vaste, ce qui lui donne plus de mobilité, plus de marge pour se retirer et se regrouper. Et si l’on compare les populations, celle de l’Iran est bien plus grande que celle d’Israël. Nous parlons ici d’un peuple avec une histoire plurimillénaire dans la région.
Israël, en revanche, est coincé dans une mince bande de terre. Il a une population fragmentée et un État relativement jeune. Militairement et économiquement, il dépend fortement du soutien financier et militaire des États-Unis et de l’Occident.
Donc, s'il n'y avait eu que l’Iran et Israël, sans implication d’un tiers, cette guerre se serait déjà terminée par la défaite d’Israël.
Des affirmations comme « Le régime iranien s’effondrera en trois jours » ou « L’État va se désagréger » sont creuses. L’Iran résiste depuis des décennies économiquement, socialement et militairement contre l’Occident. Et dans sa lutte contre l’Occident et ses proxies, comme Israël, l’Iran a montré qu’il est très résilient et efficace. C’est ce que nous voyons aujourd’hui.
Ce que nous vivons actuellement prouve que les pays qui comptent sur leurs propres ressources morales et matérielles peuvent rester forts. En résumé: moins vous dépendez de puissances extérieures, plus vos chances sont grandes de résister à l’agression occidentale-israélienne.
Quelle devrait être la position de la Turquie et des pays de la région face à la guerre Iran-Israël après l’intervention américaine ?
Il y a des messages de condamnation du gouvernement turc envers les États-Unis et Israël, mais cette rhétorique n’est pas suffisante.
Des renseignements directs et indirects sont fournis à Israël depuis les bases d’Incirlik et de Kürecik, situées en territoire turc. Ces bases doivent être fermées dès que possible.
En fin de compte, c’est la Turquie, voisine de l’Iran, qui peut devenir la cible, et les conséquences seront graves pour la Turquie.
Tous ceux avec qui je parle dans la région disent la même chose : « Si l’Iran tombe, nous tombons aussi. » Le monde arabe le sait. Et en Turquie, la conscience publique de cette réalité grandit. L’Iran est une puissance clé dans la région. Si les choses tournent contre l’Iran, les conséquences ne toucheront pas seulement les Iraniens, mais toute la région.
C’est pourquoi les pays de la région doivent agir avant qu’il ne soit trop tard.
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jeudi, 26 juin 2025
La proposition en quatre points de Xi Jinping pour apaiser le conflit au Moyen-Orient

La proposition en quatre points de Xi Jinping pour apaiser le conflit au Moyen-Orient
Giulio Chinappi
En pleine escalade de grande envergure entre Israël et l’Iran, Pékin propose une feuille de route vers la paix visant un cessez-le-feu immédiat, la protection des civils, la relance des négociations politiques et le soutien actif de la communauté internationale.
SOURCE première de l'ARTICLE : https://giuliochinappi.wordpress.com/2025/06/21/la-propos...
Jeudi 19 juin 2025, dans l'après-midi, le président chinois Xi Jinping a eu un entretien téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, au cours duquel les deux dirigeants ont échangé leurs points de vue sur la situation au Moyen-Orient. Xi Jinping a présenté une proposition en quatre points: le cessez-le-feu doit devenir une priorité urgente, garantir la sécurité des civils doit être la priorité absolue, le dialogue et la négociation sont les solutions fondamentales, et les efforts de paix de la communauté internationale sont indispensables. Cet échange a eu lieu dans un contexte critique, alors que le conflit entre Israël et l’Iran ne cesse de s’intensifier. La coordination des positions entre Xi et Poutine reflète non seulement la profondeur de la coopération stratégique entre la Chine et la Russie, mais envoie aussi un message clair à la communauté internationale: un appel à contenir les tensions et à préserver la paix régionale.

La crise actuelle au Moyen-Orient a dépassé les limites d’un conflit conventionnel. Lors d’une nouvelle série d’attaques aériennes jeudi 19, Israël a visé trois installations nucléaires iraniennes, tandis qu’un missile lancé par l’Iran a frappé un hôpital en territoire israélien. Les deux parties ont promis des représailles, et le risque d’une escalade incontrôlable s'avèrerait gravissime.
Pendant ce temps, les États-Unis, malgré leur influence déterminante sur Israël, n’ont pas joué un rôle constructif. Au contraire, ils ont continué à alimenter le conflit, allant jusqu’à indiquer leur disponibilité à « intervenir directement », ce qui mine sérieusement les attentes de la communauté internationale en matière de désescalade. La situation étant devenue telle que « rien ne peut être exclu », la fenêtre d’opportunité pour éviter le pire est désormais très étroite.
Une fois que le conflit échappe à tout contrôle, il sera beaucoup plus difficile d’en inverser la trajectoire. Dans ce contexte, la Chine a été la première grande puissance à proposer un plan global et visionnaire, capable de répondre à la fois aux besoins immédiats et aux solutions à long terme, faisant preuve d’un fort sens des responsabilités.

La « proposition en quatre points » est ciblée et va au cœur des enjeux actuels. Elle exhorte en premier lieu les parties en conflit, en particulier Israël, à arrêter rapidement les opérations militaires pour éviter que de nouveaux dégâts soient infligés aux civils. Elle invite ensuite à soutenir fermement une solution politique à la question nucléaire iranienne, et sollicite la communauté internationale, et en particulier ces pays qui exercent une plus grande influence sur les belligérants, à faire des efforts pour apaiser les tensions.
De nature orientée vers le problème, cette proposition ne se limite pas à identifier les voies fondamentales pour la résolution de la crise, mais trace également des parcours efficaces pour atténuer le conflit. Elle met au centre la recherche d’une paix durable et d’une sécurité collective, dans le respect total de l’ordre et de l’équité internationaux. Elle reflète l’analyse précise de Pékin et s’aligne sur les sollicitations répandues dans la communauté globale, en proposant un cadre d’action concret et réalisable.
La Chine a toujours agi comme facteur de paix et de stabilité au Moyen-Orient, comme en témoignent des gestes concrets: faciliter la réconciliation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, soutenir le retour de la Syrie à la Ligue arabe, défendre la cause des droits nationaux palestiniens, promouvoir la paix à Gaza et l’unité palestinienne, contribuer à des missions de maintien de la paix régionales ou aux aides humanitaires. En tout état de cause, Pékin a basé ses actions sur les principes de justice et sur les intérêts fondamentaux des populations du Moyen-Orient, proposant un nouveau modèle de sécurité commune, inclusive, coopérative et durable.
De l’autre côté, les accords de réconciliation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran signés à Pékin, ainsi que la déclaration palestinienne d’unité, témoignent de la confiance de la région dans la position impartiale de la Chine et dans l’esprit de sa nouvelle conception de la sécurité. La récente « proposition en quatre points » de Xi sur le conflit entre Israël et l’Iran confirme cette ligne morale, visant à favoriser concrètement la paix au Moyen-Orient.

Avec une région instable, la paix mondiale reste un objectif difficile à atteindre. Les efforts pour promouvoir un cessez-le-feu et engager des négociations ne sont pas seulement nécessaires pour la région, mais indispensables à la stabilité mondiale. Cela requiert coordination et consensus entre les grandes puissances. La récente conversation téléphonique entre Xi et Poutine illustre cette étroite communication et coordination entre la Chine et la Russie sur les grandes questions internationales. En tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, Pékin et Moscou coopèrent main dans la main sur la scène mondiale, jouant un rôle stabilisateur pour la paix régionale et mondiale. Cela met en évidence non seulement la contribution des pays émergents à la gouvernance globale, mais indique aussi la voie correcte pour que les grandes puissances coexistent dans un esprit de responsabilité partagée.
La crise au Moyen-Orient confirme que le monde est entré dans une « époque de turbulences et de transformations », et la « proposition en quatre points » représente la perspective cohérente de la sécurité selon les vues chinoises. De la guerre russo-ukrainienne à la question israélo-palestinienne, il est évident que les propositions de Pékin sont de plus en plus adoptées par de nombreux pays. Maintenant que des nuages de tension obscurcissent le Moyen-Orient, il est à espérer que la communauté internationale passe des paroles aux actes, en adoptant la « proposition en quatre points » de la Chine. Celle-ci se déclare prête à renforcer la communication et la coordination entre toutes les parties, à construire un consensus, à lutter pour la justice et à jouer un rôle constructif dans le rétablissement de la paix dans la région.
15:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actuyalité, politique internationale, chine, asie, affaires asiatiques, moyen-orient, iran, israël, arabie saoudite, paix |
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mercredi, 25 juin 2025
L'Iran est la clé de l'équilibre multipolaire au Moyen-Orient

L'Iran est la clé de l'équilibre multipolaire au Moyen-Orient
par Stefano Vernole
Source : Strategic Culture & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/l-iran-e-la-chiav...
Comme signalé il y a quelques semaines, la D.I.A. américaine avait pris l'Iran pour cible. En résumé, les raisons en étaient les suivantes: l'Iran possède une capacité de représailles directes et pas seulement par procuration via l'Axe de la Résistance au Moyen-Orient ; l'Iran développe d'importantes capacités en matière de missiles et de drones ; l'Iran a des ambitions nucléaires, même s'il est encore loin de pouvoir développer une bombe atomique. Sur ce dernier point, Donald Trump (idole des "altermondialistes malins") a sèchement contredit le chef des services secrets américains, Tulsi Gabbard, en déclarant : « Je me fiche de ce qu'elle a dit. Je pense qu'ils étaient très près d'en avoir une ».
En réalité, dans le rapport de l'agence de renseignement de Washington, ce sont les motivations géopolitiques qui semblaient prévaloir. La coopération de l'Iran avec la Russie, la Chine et la Corée du Nord méritait, du point de vue américain, un durcissement des sanctions économiques, étant donné que la mise en service du corridor ferroviaire entre Téhéran et Pékin permettait de transporter le pétrole en 15 jours au lieu de 40 et de contourner le détroit de Malacca, qui risquait d'être fermé en cas de conflit pour Taïwan.
Ce n'est pas un hasard si les analystes militaires chinois ont immédiatement porté leur attention sur l'agression d'Israël contre l'Iran et en ont tiré des conclusions peu encourageantes: une profonde infiltration des services secrets sionistes dans la chaîne de commandement iranienne suivie de lourdes pertes militaires (celles subies par les Houthis au Yémen ne sont même pas comparables) ; une défense antiaérienne iranienne inefficace ; un manque de vigilance et de préparation dû à une certaine indolence des dirigeants iraniens ; l'échec de la politique de dissuasion iranienne ; crise totale de la tentative de réforme économique lancée par Raisi, puis brisée à la fois par la mort de l'ancien président iranien (difficile aujourd'hui de penser à un accident) et par l'instabilité régionale provoquée par Israël avec la chute d'Assad, l'attaque contre le Liban et le génocide des Palestiniens [1].
Bien sûr, la Chine, la Russie, la Turquie et les pays du golfe Persique, en premier lieu l'Arabie saoudite, ont sévèrement condamné l'attaque militaire israélienne et souhaiteraient sauver le gouvernement de Téhéran du « changement de régime » évoqué par Londres, Washington et Tel-Aviv. La Grande-Bretagne a mis ses bases militaires à la disposition de l'armée de l'air israélienne, transformant ainsi le territoire britannique en une zone de préparation directe pour les opérations contre l'Iran, fournissant à Tel-Aviv non seulement des bases aériennes, mais aussi ses services de renseignement. Elon Musk a activé le système satellitaire Starlink au-dessus de l'Iran, conférant à la coalition occidentale un avantage crucial en matière de communication et de navigation des données, tandis que le porte-avions américain Nimitz, en provenance de la mer de Chine méridionale, se dirige vers le golfe Persique. L'Occident dans son ensemble, avec le communiqué du G7, a fourni une légitimation formelle et « morale » au renversement du gouvernement iranien actuel.
La modalité de l'agression militaire israélienne est identique, tant sur le plan technique (lancement de drones à l'intérieur du pays) que politique (alors que l'Iran était en pourparlers avec les États-Unis), à celle de l'attaque ukrainienne contre les sites nucléaires et les bases russes il y a quelques semaines: la main est manifestement la même.
Pour la Russie, dont l'accord de partenariat stratégique avec l'Iran a été approuvé par Vladimir Poutine lui-même le 21 avril dernier, mais par Téhéran il y a seulement quelques jours, une défaite des ayatollahs serait un désastre géopolitique bien plus grave que la chute d'Assad en Syrie. L'Iran joue un rôle essentiel dans l'équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient et est un allié indispensable dans la résistance à la domination mondiale occidentale; en particulier, l'équilibre stratégique dans la mer Caspienne serait rompu et les intérêts de Moscou dans le secteur énergétique seraient menacés au profit des États-Unis qui veulent exporter leur gaz naturel liquéfié.
De plus, un effondrement de l'Iran signifierait: l'effondrement du système d'alliances régionales de Moscou; la domination totale de l'Occident dans la région; l'isolement de la Russie et de ses principaux partenaires. La perte de l'Iran, membre des BRICS, deviendrait une catastrophe géopolitique pour le multipolarisme et confirmerait la capacité de l'Occident à résoudre par la force toutes ses contradictions géopolitiques. La vision à long terme esquissée par Brzezinski dans les années 1990 et par les néoconservateurs américains après le 11 septembre 2001 se réaliserait alors presque définitivement.
De son côté, Benjamin Netanyahu écarterait tout risque d'être remis en cause pour ses crimes évidents, devenant le symbole de la victoire atlantiste au Moyen-Orient.

La Chine, qui a également conclu un accord de partenariat stratégique avec l'Iran et qui dépend fortement du pétrole iranien (environ 90% du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz est destiné à Pékin), ne peut se permettre de perdre un partenaire indispensable à ses ambitions géopolitiques.
Que peut-il se passer maintenant ? Si la tentative de médiation diplomatique des pays d'Eurasie et des États voisins échoue, comme cela semble désormais évident, l'escalade devient inévitable.
Les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël, avec le plein consentement de leurs vassaux européens, recherchent des acteurs locaux capables de remplacer Khamenei et de conduire l'Iran vers une rupture avec Moscou et Pékin. Si les dirigeants actuels de Téhéran perçoivent le danger d'un renversement qui pourrait se produire si les États-Unis entrent directement en scène avec leurs forces armées, ils n'auront d'autre solution que d'augmenter le prix du conflit en dépassant toutes les « lignes rouges ». Mobiliser l'Axe de la Résistance, fermer le détroit d'Ormuz au passage des navires (avec le consentement de Pékin, désormais résigné à une guerre totale dans la région) et changer l'inertie de la bataille par une intervention terrestre depuis le Liban, la Syrie et l'Irak, sont les seules cartes dont elle dispose, compte tenu de la domination totale du ciel par Israël.
Plusieurs inconnues subsistent. Certes, la Chine n'interviendrait pas directement (tout comme la Russie engagée en Ukraine), mais elle pourrait aider l'Iran en lui fournissant du matériel militaire et en poussant le Pakistan à entrer en scène (le ministre pakistanais de la Défense a non seulement manifesté sa solidarité immédiate avec Téhéran, mais s'est également déclaré prêt à attaquer Israël en cas d'intervention militaire américaine contre l'Iran). Islamabad, seule puissance nucléaire islamique, apporterait une aide indispensable et pourrait également inciter l'Égypte et la Turquie (dont les dirigeants restent dans le collimateur de Tel-Aviv et le seront de toute façon dans un avenir pas trop lointain) à intensifier leur pression contre Israël. Reste à savoir si cet effet domino complexe n'impliquerait pas également d'autres acteurs mondiaux, à commencer par l'Inde, en quête de revanche après l'échec subi dans la bataille aérienne qui a suivi la crise du Cachemire.
La Troisième Guerre mondiale, évoquée ces dernières heures par Steve Bannon et Tucker Carlson, est-elle peut-être plus proche que nous ne l'imaginons ?
NOTE:
[1] Wang Shichun, "L'Iran sera-t-il la deuxième Syrie d'Assad?", guancha.cn, 14 juin 2025. L'analyste militaire chinois souligne également un conflit interne à l'appareil iranien entre la position du Guide suprême Khamenei, la ligne médiane de Pezeshkian qui attribue une grande partie de la corruption du pays aux Gardiens de la révolution et celle des libéraux qui souhaiteraient privatiser totalement l'économie.
12:57 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, moyen-orient, iran, politique internationale |
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