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dimanche, 05 avril 2026

Évaluation stratégique et géopolitique (vendredi 3 avril 2026, 35ème jour de la guerre)

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Évaluation stratégique et géopolitique (vendredi 3 avril 2026, 35ème jour de la guerre)

Talal Nahle 

Source: https://www.facebook.com/demir.adnan.2025

La page Facebook d'Adnan Demir commente chaque jour les événements de la guerre d'Iran, en langue turque. Nous ne pourrons pas traduire chaque jour ces précieux commentaires. Que nos lecteurs consultent donc quotidiennement cette page remarquable.

35ème jour : « La rébellion des généraux » frappe le Pentagone... L’Iran brûle ses serveurs technologiques dans son espace aérien et abat un F-15E ! 

Ce 35ème jour ouvre une page sans précédent dans l’histoire des conflits modernes. Pour la première fois, nous assistons à une « révolte silencieuse » qui secoue les plus hautes sphères de la commandement militaire américain; le Commandant des forces terrestres quitte immédiatement ses fonctions, et le Secrétaire à la Défense (y compris le Commandant des forces terrestres) démet plus de douze généraux. Le Pentagone se désagrège intérieurement en rejetant les ordres suicidaires de Trump concernant une opération terrestre contre l’Iran. 

Sur le champ de bataille, l’Iran tient la situation bien en mains: ses missiles frappent les serveurs de la Silicon Valley à Bahreïn et aux Émirats arabes unis, et leur défense aérienne abat les F-15E, symboles de la supériorité aérienne américaine. Entre-temps, la position internationale menée par la Russie, la Chine et la France refuse que l’ONU autorise l’usage de la force dans le détroit d’Hormuz, ce qui fracture le parapluie occidental. 

Je vous présente cette analyse approfondie de l’échiquier régional et international : 

Premièrement : « Le massacre des généraux »... Le Pentagone refuse le suicide de l’armée de terre

C’est le développement le plus dangereux à Washington depuis la guerre du Vietnam. 

GEN_Randy_A._George_(2).jpg- Le limogeage des commandants : la démission du Général d’Armée Randy George (photo) et la révocation, par le Secrétaire à la Défense (Pete Hegseth), de 12 généraux dont le Commandant de l’Armée de terre n’est pas une simple rotation. Ces commandants professionnels, ayant une connaissance réelle du terrain, réalisent que les plans d'invasion de Trump (à Kharg ou pour saisir l’uranium) constituent un « hachoir à viande » pour la Marine. Plutôt que d’envoyer des milliers d’Américains à la mort, ils choisissent de se révolter ou de démissionner. 

- L’attitude moqueuse des Français: le général français « Yakovleff » résume ces plans américains ostentatoires en disant: « Les responsables américains devraient arrêter de se droguer à la coke.». La structure militaire occidentale considère que les ordres de Trump relèvent plus du Hollywood que de la réalité militaire.

Deuxièmement : L’hypocrisie française et la chute de l’avion F-15E... Les ennemis contrôlent le ciel iranien 

- Le choc Strike Eagle : les médias iraniens ont publié des images du crash d’un chasseurs de type F-15E Strike Eagle appartenant à la 494ème escadrille américaine basée au Royaume-Uni, abattu dans l’État de Markazi. Cet événement répété horrifie Washington: l’Iran ne se contente pas d’abattre de petits drones, mais aussi ses avions de chasse de quatrième génération, parmi les plus avancés. 

- L’arnaque française (Mission 52): malgré la déclaration publique que la France refuse toute opération militaire, les données aériennes ont prouvé que les bombardiers stratégiques américains B-52H ont toujours survolé l’espace aérien français pour frapper l’Iran. Ce double jeu de Paris—d’un côté la diplomatie douce (pour permettre le transit de ses navires dans le détroit d'Ormuz) et de l’autre le soutien militaire secret—est confirmé.

Troisièmement : L’équation de la Silicon Valley... Les frappes contre Amazon et Oracle 

imambages.jpg- L’application stricte de l’ultimatum: comme prévu, les Gardiens de la Révolution ont maintenu leur menace. Après avoir attaqué « Amazon » au Bahreïn (en représailles à l’assassinat de Fathali Zadeh), l’Iran a détruit aujourd’hui l’infrastructure cloud d’Oracle aux Émirats (en représailles à l’attentat contre Kamal Kharrazi). 

- Message aux grandes entreprises technologiques - avec la liste suivante: Google, Microsoft, Meta. Ce ciblage ébranle considérablement la confiance dans l’infrastructure numérique du Golfe. Si « Amazon » minimise la perte financière, le « coût de la perte de confiance » forcera Trump à faire pression pour arrêter la guerre. La poursuite du conflit fera de tous les centres de données occidentaux des cibles légitimes dans tout le Moyen-Orient.

Quatrièmement: L’économie de l’armement et l’épuisement d’Israël... «L’armée épuisée» 

imaghsles.jpg- La stratégie du Hezbollah (économie des armes): le média hébreu «Or Heller» (Kanal 13) admet que le Hezbollah mène la guerre avec une intelligence redoutable: il lance 200 roquettes par jour (dont 70% pour écraser les forces terrestres au sud du Liban). Le Hezbollah prévoit une guerre qui plongera Israël dans une crise grave, par épuisement des munitions et retards dans la préparation, guerre qui pourra durer des mois. 

- L’aveuglement d’Israël: Yedioth Ahronoth (Ron Ben-Yishai) reconnaît que l’armée n’a attaqué qu'«après avoir tiré ses roquettes» sur les plateformes du Hezbollah, ce qui constitue un échec honteux en termes d’«attaques préventives». 

- Le projet de «zone tampon» sectaire: la radio militaire israélienne a annoncé un plan pour éradiquer une zone de 4 km dans le sud afin de créer une « zone tampon » qui exclurait «les villages chrétiens sous contrôle de la sécurité israélienne». C’est une tentative malveillante et flagrante d’attiser les tensions sectaires au Liban et de créer une nouvelle «Armée de Lahad»; ce projet est condamné d’avance à l’échec.

Cinquièmement : La défaite dissuasive américaine et l’acceptation de la souveraineté iranienne 

- La souveraineté de Hormuz: CNN et le Financial Times confirment que l’appel de Trump à sécuriser le détroit d’Hormuz équivaut en réalité à «reconnaître indirectement la victoire stratégique de l’Iran et son contrôle sur le passage»; Téhéran a prouvé que «l’honneur national» ne peut pas s’acheter avec les accords commerciaux de Trump. 

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- L’attaque du radar THAAD en Arabie saoudite: la confirmation par CNN de l’attaque contre le radar critique AN/TPY-2 du système THAAD en Arabie saoudite montre que la «surveillance défensive» américaine dans la région est devenue aveugle; cela explique la précision extrême des missiles iraniens contre leurs cibles.

Conclusion pour les leaders : Que se passera-t-il après le « cul-de-sac » à Washington ?

Nous assistons à «la désintégration du consensus américain» et à la concrétisation de la victoire de l’Axe: 

- États-Unis: l’annonce par Washington que «les négociations avec Israël sont dans une impasse», la rébellion des généraux, et le refus du Conseil de sécurité de légitimer la guerre. Trump est coincé, incapable de négocier, et les généraux refusent l’opération terrestre; de grandes entreprises, telles Amazon et Oracle, sont bombardées. 

- L’axe de la Résistance: il est passé de la «défense stratégique» à la «discipline géoéconomique»; viser le port de Fouzair avec des drones ferme la dernière porte de sortie, et l’abattage du F-15E confirme que l’Iran possède toujours des systèmes de défense aérienne très avancés (comme la version améliorée du Bavar-373).

Prévision stratégique:

Les prochains jours seront décisifs pour les États-Unis: Trump subira une forte pression du « Deep State » (renseignement, Département d’État, grandes entreprises) pour réduire la tension. S’il persiste dans son entêtement (en utilisant des bombardiers B-52), l’Iran réagira en attaquant Google et Microsoft, ce qui déclenchera une nouvelle crise financière sur Wall Street et forcera Trump à capituler ou à être destitué sous la pression de l’économie mondiale en déclin. 

 

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vendredi, 03 avril 2026

Erdogan entre dans le jeu

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Erdogan entre dans le jeu

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/erdogan-entra-in-gioco/

Dites ce que vous voulez, mais il est certain que Recep Tayyyp Erdogan n’est pas un homme qui se contente de demi-mesures diplomatiques.

Il parle et il parle très clairement. Et, en général, il agit en conséquence.

La situation qui est en train de se créer avec la guerre en Iran, déclenchée par Washington et Israël, ne lui plaît pas du tout. Pour toute une série de raisons.

Avant tout, le fait que le Mossad israélien arme les Kurdes iraniens pour les utiliser contre le régime de Téhéran.

Et cela, pour Ankara, constitue un gros problème. En fait, une véritable menace.

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Le parti kurde iranien, le PJAK, est en effet une branche du PKK, le parti communiste kurde turc, toujours en conflit contre Ankara.

Et la Turquie a beaucoup peiné au fil des années pour réprimer, sinon éliminer complètement, la guérilla kurde sur son territoire.

Il est donc évident qu’Erdogan craint que le soutien d’Israël au PJAK, pour l’utiliser à des fins anti-iraniennes, se traduise par une nouvelle révolte des Kurdes de Turquie.

Un risque, rappelle Erdogan, déjà couru en Syrie. Et il rappelle justement qu’Ankara était alors intervenue militairement. Et lourdement contre les Kurdes syriens. Indifférent aux jeux d’alliances et au soutien que ceux-ci recevaient de Washington.

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Erdogan ne mâche pas ses mots. Le soutien aux Kurdes est une menace pour la Turquie. Donc, si Israël continue sur cette voie, Ankara interviendra militairement. En demeurant totalement indifférent aux alliances liant ces Kurdes à Washington et sans tenir compte des contraintes de l’OTAN.

Car, certes, la Turquie fait partie de l’OTAN. En fait, elle représente la deuxième armée de l’Alliance atlantique. Dépourvue d’armes nucléaires, mais dotée d’une force redoutable.

Mais, pour les Turcs, faire partie de l’alliance ne signifie pas être serviles et soumis.

Cela ne signifie pas subir des choix qui nuisent à ses propres intérêts.

Comme l’a fait, rappelons-le, l’Italie en Libye. Et, à bien des égards, même avant, en Serbie.

Par ailleurs, il faut noter que l’alliance étroite, peut-être trop étroite, entre Washington et Tel-Aviv – qui ne fait pas partie de l’OTAN – commence à devenir un gros problème pour l’Alliance atlantique.

Dans un certain sens, cela pourrait en devenir la tombe.

Déjà l’Espagne a pris ses distances, ce qui a mis Trump en colère. Et la dissidence face à la politique américaine au Moyen-Orient est apparue aussi à Paris et, fait plus notable, à Londres.

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Ici, cependant, nous avons la deuxième puissance militaire de l’OTAN qui se prépare à entrer en scène contre ces Kurdes qui sont utilisés par Israël et, par corrélation logique, par Washington.

Peut-être pouvons-nous commencer à raisonner selon des paramètres différents. L’OTAN est désormais une vieille chose. Le vestige d'une guerre (froide) du passé. Un instrument devenu complètement inutile.

Erdogan le fait comprendre clairement. Et tous, même à Rome, devraient commencer à s’en rendre compte.

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jeudi, 02 avril 2026

Il est temps de fermer les bases militaires américaines en Asie occidentale

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Il est temps de fermer les bases militaires américaines en Asie occidentale

Brecht Jonkers

La décision du régime américain de faire la guerre à la République islamique d’Iran, en particulier durant le mois de Ramadan, restera dans l’histoire comme un exemple manifeste de l’hybris impérial, de l’arrogance et du surestimation de soi. Et, tout comme le règne hautain et auto-satisfait du Pharaon et la confiance excessive et pécheresse de Sodome et Gomorrhe, cela ne fera qu’accélérer l’effacement de l’Empire qui sombrera dans les oubliettes de l’histoire.

Ce que Trump avait promis était une opération de changement de régime «rapide et facile», censée durer tout au plus quelques semaines. Cela rappelle étrangement le souvenir de l’Arabie saoudite promettant de vaincre le Yémen en seulement six semaines en 2015, une guerre qui, à ce jour, en est à son onzième anniversaire.

Ce que Trump a réellement provoqué, cependant, c’est un Iran plus uni que jamais, le détroit d’Ormuz entièrement sous contrôle iranien et inaccessible à tout allié du sionisme, le marché mondial du pétrole en désarroi, la destruction généralisée et le mécontentement parmi les monarchies alliées des États-Unis dans le Golfe Persique, et une récession économique qui va maintenir la plupart des pays occidentaux et leurs satellites sous une poigne ferme pendant des années.

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Loin de voir le gouvernement islamique de Téhéran s’effondrer sous les bombes américaines pour être remplacé par un régime fantoche issu d’une «révolution colorée» typique soutenue par les États-Unis, l’héritage de la Révolution islamique a atteint un niveau élevé de cohésion nationale. Le peuple iranien, et une grande partie du monde, comprennent qu’il s’agit d’un conflit fondamental mené à un niveau eschatologique: une guerre claire entre le bien et le mal.

Les différences politiques entre les factions en Iran ont été mises de côté, et même d’anciens participants aux manifestations anti-gouvernementales des derniers mois ont rejoint les rassemblements d’un million de personnes en soutien à la défense de l’Iran. De plus, des décennies de propagande politique visant à diaboliser la République islamique ont été défaites en quelques semaines, alors que les capacités de mener une soft war de l’Iran ont fait un travail remarquable en exposant, sur les réseaux sociaux et par le journalisme populaire, le fonctionnement interne de la clique sioniste.

La guerre d’agression contre l’Iran survient juste après les révélations fracassantes sur l’opération pédophile menée par le clan Epstein, et la méfiance publique envers le régime américain atteint un niveau record. Des personnalités majeures de l’establishment, telles que Joe Kent démissionnant de la direction du National Counterterrorism Center en signe de protestation, ou le politologue John Mearsheimer déclarant que les États-Unis ont « déjà perdu » la guerre contre l’Iran, sont des gifles retentissantes aux propagandistes de l'impérialisme américain qui auraient été impensables au sommet de la frénésie de la « guerre contre le terrorisme » il y a vingt ans. Petit à petit, les populations occidentales se réveillent face à la vérité derrière les mensonges qu’on leur a servis depuis leur naissance.

Les États-Unis ont dû recourir à leurs États satellites pour obtenir de l’aide, tels un suzerain féodal appelant ses vassaux à la rescousse lorsque la situation devient difficile. L’humiliation a été aggravée lorsque aucun porte-étendard n’a rallié le drapeau, car l’ensemble de l’OTAN, à l’exception de la Grande-Bretagne, a refusé l’appel. Même parmi les monarchies arabes habituellement loyales du Golfe Persique, le mécontentement gronde face aux actions de Washington et au manque de coordination avec ses alliés supposés.

L’Iran a répété à plusieurs reprises qu’il n’a aucun conflit direct avec les pays de la région du Golfe Persique. Il cible exclusivement les bases militaires utilisées par l’ennemi américano-sioniste. Il l’a fait avec une précision chirurgicale et une efficacité remarquable: chacune des 17 bases militaires américaines identifiées par l’Iran dans la région ouest-asiatique ont été rendues inopérantes. En conséquence, l’ensemble des bases stratégiques et militaires américaines dans le Golfe Persique, fruit de plus de trois décennies de travail, a été annulée en quelques semaines seulement.

Il faut désormais s’attendre à ce que les monarchies arabes exigent bientôt le départ complet et officiel des troupes américaines de leurs territoires. Ce n’est pas une hypothèse farfelue, car la plupart de ces bases sont un phénomène récent. À l’exception du Bahreïn, où les États-Unis ont repris les bases coloniales britanniques après l’indépendance du pays, toutes les bases américaines de la région datent des années 1990, lorsque l’atmosphère de la première guerre du Golfe a entraîné une augmentation rapide des bases militaires.

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Ce n’est qu’après le pivot américain vers le monde arabe, qui a débuté en 1991, que la région du Golfe Persique est devenue centrale dans la politique étrangère américaine, motivée à la fois par une soif insatiable de pétrole bon marché et par l’influence croissante des néoconservateurs à Washington.

Exiger la fin du déploiement militaire direct dans des pays comme le Qatar serait tout à fait raisonnable. Surtout, cela mettrait fin presque immédiatement aux frappes de missiles et de drones iraniens sur ces royaumes. Il est inconcevable que cette idée n’ait pas traversé l’esprit des dirigeants arabes, surtout lorsque la survie même des monarchies pourrait être en jeu si leur implication directe dans cette guerre se poursuit. Trump a montré, avec son manque habituel de tact, que les États-Unis considèrent les États arabes comme à peine plus que de l’immobilier utile pour un usage purement militaire, et ne feront rien pour les défendre comme le ferait un véritable allié ou suzerain.

L’importance du retrait des troupes américaines du Golfe Persique ne saurait être surestimée. Il saboterait effectivement le cœur de la doctrine militaire américaine de bombardement stratégique, de la même manière que l’Iran l’a déjà fait militairement en mettant hors service les bases américaines.

Malgré tout le faste et l’apparat entourant la posture militaire américaine, la guerre reste toujours soumise à la dure réalité matérielle. Si les bombardiers stratégiques américains peuvent atteindre l’Iran depuis des bases telles que Diego Garcia ou même depuis les États-Unis eux-mêmes, la situation est bien plus compliquée pour les chasseurs-bombardiers et les avions d’accompagnement qui étaient auparavant stationnés autour du Golfe Persique. Désormais, avec l’incapacité de quasi toutes les bases américaines de la région, les États-Unis doivent dorénavant compter sur les porte-avions comme seul socle fiable pour leur aviation de réaction rapide.

Après tout, les forces américaines ont dû quitter l’Afghanistan il y a quelques années, et ont quasiment fui l’Irak face à la résistance incessante des Forces de mobilisation populaire. Ainsi, les avions embarqués restent la seule option fiable.

Il est à noter qu’à ce moment précis, il n’y a qu’un seul porte-avions, l’USS Abraham Lincoln, qui a été affecté aux opérations de combat contre la République islamique. L’USS Gerald Ford (photo) était destiné à l’opération, mais a depuis été envoyé à Split, en Croatie, pour réparations à la suite d’un prétendu « incendie dans la buanderie ». La limitation à un seul porte-avions est étrange, sachant que la marine américaine se vante d’avoir au moins 11 porte-avions opérationnels à tout moment.

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Les États-Unis ont commencé à redéployer du matériel militaire depuis l’Asie orientale vers le Golfe Persique, comme l’a montré le retrait récent de certains systèmes de missiles en Corée du Sud. Toutefois, ils devront faire face au fait que, sans leurs bases opérationnelles, cela aura un impact minimal.

Il est remarquable que l’Iran n’ait aucune revendication territoriale concernant les monarchies du Golfe, même pas envers Bahreïn qui était un territoire iranien avant 1971. Contrairement à la rhétorique sioniste et wahhabite en cours, l’Iran n’est pas et n’a jamais été une menace pour l’existence ou l’intégrité territoriale de l’un des pays entourant le Golfe Persique.

Bien que certains internautes aient exprimé des désirs fantasques concernant une expansion iranienne ou des expéditions punitives contre les États khaleeji, l’Iran n’a jamais envisagé ces idées. En réalité, la principale menace pour les systèmes politiques des monarchies vient probablement du fait que les piliers jumeaux de l'architecture géopolitique de la région, soit 1) le soutien militaire américain garanti et 2) le flux ininterrompu de pétrodollars sont en train d’être sapés. Rompre la dépendance à l’égard des États-Unis et forger une voie souveraine pourraient s’avérer les moyens les plus fiables d’assurer la stabilité politique. Oman en est la preuve.

Comme dans le célèbre conte « Les Habits neufs de l’Empereur », il suffit d’une âme courageuse avec du bon sens et de l’audace pour pointer du doigt et dire que l’empereur est en réalité nu. Une fois que cette voix s’exprime, la mascarade s’achève et la vérité est révélée au monde entier.

L’Iran s’est imposé comme cette âme courageuse de notre époque. Les vêtements de l’imperator, qui aujourd’hui portent des noms tels que le Dôme de fer, l’armée américaine, le pétrodollar et « l’ordre fondé sur des règles », se sont révélés n’être que des illusions communément acceptées. Les missiles et drones du Corps des gardiens de la révolution islamique ont démoli le rideau de fumée masquant la faiblesse intrinsèque de l’hégémonie américano-sioniste.

La guerre est encore loin d’être terminée, malgré les tentatives continues et de plus en plus désespérées de Trump pour négocier la paix. L’Iran a rejeté ces demandes à plusieurs reprises. Les termes d’un accord de paix seront entièrement fixés par l’Iran, en tant que vainqueur de cette guerre qui restera dans l’histoire comme une humiliation majeure pour l’empire américain.

Quelles que soient les évolutions des prochains mois, il est certain que l’Asie occidentale ne sera plus jamais la même.

Les problèmes d'une éventuelle invasion terrestre de l’Iran

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Les problèmes d'une éventuelle invasion terrestre de l’Iran

Raphael Machado

Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100069794930562

Dans l’état actuel des événements au Moyen-Orient, nous n’avons aucune idée quant à savoir si les États-Unis vont tout simplement abandonner le conflit avec l’Iran pour se concentrer sur d’autres objectifs suite à l’échec de leurs plans contre Téhéran, ou s’ils vont tout aussi simplement doubler la mise et tenter de débarquer des troupes dans la région.

Cette guerre ne peut pas être analysée selon la seule perspective d’intérêts économiques ou d’objectifs géopolitiques nécessaires et réalistes de la part des États-Unis, de sorte que leurs décisions sont habituellement irrationnelles et donc peu prévisibles.

Supposons donc que les États-Unis soient effectivement en train de planifier un doublement de la mise et vont lancer une invasion terrestre de l’Iran.

En premier lieu, pourquoi feraient-ils cela ? Parce que la seule façon de vaincre militairement une puissance régionale ou mondiale est de le faire en utilisant des forces terrestres. Il est possible de bombarder une micro-nation jusqu’à sa soumission, mais pas une puissance, même régionale.

Les attaques de décapitation ne fonctionnent pas non plus. Les embargos et blocus navals encore moins. Seule l’action de forces terrestres, c’est-à-dire d’armées au sens classique du terme, permet d’entreprendre l’occupation territoriale, la destitution d’un gouvernement et d’infliger une défaite stratégique et définitive à un ennemi qui n’est pas une micro-nation.

La motivation serait donc d’imposer une défaite claire et inéluctable à l’Iran, lui infligeant échec et mat ou, au minimum, un simple échec. En d’autres termes, il pourrait s’agir aussi bien d’une opération visant un changement de régime par voie terrestre (échec et mat) que de l’occupation d’un ou plusieurs points stratégiques dans le but de forcer des négociations dans des conditions favorables aux États-Unis, sans viser la destruction définitive de l’ennemi (échec).

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On ne parle pratiquement que de la possibilité d’un débarquement sur l’île de Kharg, mais il existe plusieurs autres hypothèses de cible. La prise de Qeshm, par exemple, et des autres îles du détroit d’Ormuz. La prise de Bandar Abbas, par exemple, ville qui fait face directement au détroit. D’autres évoquent une opération plus ambitieuse dans le port de Chabahar, au Baloutchistan iranien.

À présent, tout est possible, y compris une opération amphibie (c’est-à-dire un débarquement de troupes sur un territoire hostile) réussie, qui atteindrait ses objectifs. Mais les précédents historiques ne sont pas très favorables aux intentions possibles des États-Unis.

Hormis dans certaines conditions très particulières, il n’existe pas, dans l'histoire d’opérations amphibies ayant constitué des victoires.

Rapidement, il y aurait ceux qui feraient référence au célèbre débarquement en Normandie, l’Opération Overlord, dans laquelle une avant-garde de 160.000 hommes a traversé la Manche pour entamer l’invasion de l’Europe «germanisée». Mais nous sommes ici dans un cas très spécifique.

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Les Allemands, sur le théâtre de la France du Nord, étaient clairement en minorité par rapport aux troupes alliées – un mois et demi après le débarquement, on comptait 300.000 Allemands contre un million cinq cent mille Alliés. De plus, 80% des hommes et des ressources militaires de l’Allemagne étaient mobilisés sur le Front de l’Est contre l’URSS. Autrement dit, l’Allemagne menait une guerre sur deux fronts. À ce moment-là, les Alliés avaient déjà acquis la pleine suprématie aérienne sur les Allemands. La Luftwaffe n’existait plus, donc les soldats alliés n’avaient pas à se soucier de l’« artillerie aérienne » allemande.

Aucune de ces conditions n’est présente en Iran.

Les Iraniens seront en supériorité numérique face à toute opération amphibie occidentale. On compte 350.000 membres actifs dans l’Artesh, 200.000 hommes dans la Garde Révolutionnaire, et chez les Basij, 90.000 hommes actifs, 400.000 en réserve, et jusqu’à un million ou plus qui sont mobilisables.

Les Iraniens, en outre, ne mènent pas une guerre terrestre sur deux fronts. Il semble cependant que les États-Unis tentent de résoudre cela en instrumentalisant les Kurdes comme force de diversion, afin d’attirer des troupes iraniennes vers le nord-ouest pendant que d’éventuels débarquements auraient lieu au sud. Le problème, évidemment, est que sous n’importe quel angle, les Kurdes ne représentent pas une menace suffisamment forte pour obliger les Iraniens à déplacer la majeure partie de leurs forces vers le nord-ouest. Au contraire, les Iraniens maintiennent déjà les Kurdes en échec uniquement par des attaques de missiles et de drones, ainsi que par quelques actions terrestres rapides et ponctuelles. Une attaque kurde devrait aussi se préoccuper de sa propre arrière-garde face aux milices chiites irakiennes, et de la possibilité d’une intervention turque.

Même la suprématie aérienne est aléatoire. Les missions de bombardement contre l’Iran évitent l’espace aérien iranien. Les avions tirent à distance, que ce soit depuis l’Irak, l’Arabie Saoudite ou d’autres pays. Lorsqu’ils pénètrent dans l’espace aérien iranien, ils sont souvent touchés et finissent par s’écraser ou doivent effectuer un atterrissage d’urgence. L’Iran a peut-être perdu ou simplement renoncé à utiliser sa propre force aérienne, mais en ce qui concerne l’utilisation comme soutien tactique à l’infanterie et aux marines, les missiles et les drones peuvent jouer le même rôle.

Quelle serait la viabilité du succès d’une opération terrestre avec une grande infériorité numérique, devant affronter une bonne partie des forces militaires iraniennes et sans suprématie aérienne ?

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On pourrait évoquer d’autres exemples historiques. Par exemple, la campagne américaine dans le Pacifique contre le Japon ? Le premier problème de cette comparaison est que la majeure partie de la force japonaise était concentrée au Japon. Ce que le Japon possédait sur ses îles du Pacifique, c’était de petites forces dispersées, presque sans soutien aérien et très peu de soutien naval. Le coup final qui convainquit le Japon de se rendre fut l’invasion de la Mandchourie par les soviétiques avec une grande masse militaire, et non les opérations amphibies des États-Unis.

La Guerre de Crimée? Là-bas, la réalité est que l’objectif franco-britannique était extrêmement limité, et en fait, la Russie gardait également la majorité de ses troupes près de la Baltique pour éviter une invasion par cette direction, ainsi que dans les environs de la Pologne.

L’invasion de la Sicile? On retrouve la répétition des scénarios et conditions déjà évoqués: l’Italie avait déjà perdu une grande partie de ses troupes en Afrique du Nord, elle n’avait plus de soutien aérien ni naval, elle était en minorité et le gouvernement italien ne voulait plus combattre et allait bientôt renverser Mussolini.

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Quant à presque toutes les autres opérations amphibies des deux derniers siècles? Elles ont échoué. Le cas classique étant la campagne de Gallipoli, où l’armée ottomane, pourtant obsolète et fragile, réussit à fixer et à bloquer les deux têtes de pont de l’Entente, les épuisant jusqu’à ce que les Britanniques soient contraints d’évacuer leurs troupes ou de les transférer sur d’autres fronts.

Il faut comprendre que l’eau est une des plus grandes difficultés de la guerre et que peu de choses protègent un pays mieux que les mers. Combien de fois, par exemple, le Royaume-Uni a-t-il été envahi? Ou même les États-Unis qui, face à leurs principaux rivaux, ressemblent à une île?

Bref, il se peut que les États-Unis prennent effectivement cette décision, et si c’est une opération limitée, juste pour forcer des négociations, accompagnée d’une campagne aérienne dévastatrice et d’une invasion à grande échelle par les Kurdes, il existe alors une petite chance de réussite de l’opération. Mais cela fait beaucoup de « si ».

La probabilité la plus élevée reste l’échec de l’opération amphibie et le gaspillage de vies américaines.

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jeudi, 26 mars 2026

Dans l'impasse

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Dans l'impasse

par Daniele Perra

Source : Daniele Perra & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/vicolo-cieco

Cette histoire de Donald J. Trump qui continue de proclamer une victoire qui n’existe pas, avec un « changement de régime » qui n’a pas eu lieu, devient lassante. Cela rappelle ce fameux adage (à tort attribué à Goebbels) selon lequel, si l’on répète un mensonge suffisamment grand un nombre incalculable de fois, les gens finiront par y croire. C’est un peu comme si Mussolini, quatre semaines après l’attaque contre la Grèce, avait proclamé la victoire alors que les troupes étaient embourbées en Épire et que les Grecs se préparaient à contre-attaquer.

J’ai jeté un œil aux « quinze points » proposés par Washington, qui devraient constituer la base d’une négociation. Précisons que, avec la fermeture du détroit d’Ormuz (où passent non seulement le trafic pétrolier mais aussi de nombreux câbles sous-marins essentiels au trafic mondial d’internet), l’Iran se retrouverait en position de force à la table des négociations (par conséquent, je pense que le conflit se poursuivra encore jusqu’à une nouvelle folie des États-Unis ou d’Israël).

Ce qui frappe avant tout, c’est la « levée totale des sanctions ». Cela revient, de fait, à une reconnaissance de la défaite/de l’échec, si l’on considère que l’administration Trump a bâti sa propagande de guerre (notamment sur le plan intérieur) en soulignant qu’Obama et Biden avaient «offert de l’argent à l’Iran» (en réalité, il s’agissait de fonds iraniens gelés aux États-Unis).

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Il est également exigé la destruction des sites d’Ispahan, Fordow et Natanz (photo). Mais les États-Unis ne les avaient-ils pas déjà détruits à la fin de la «guerre des 12 jours» lors de leur « terrific victory », et maintenant à nouveau ? On demande à l’Iran de ne pas construire d’armes nucléaires, alors que les États-Unis ont éliminé celui qui s’est toujours opposé à la fabrication d’armes de destruction massive au nom des préceptes islamiques (Khamenei), ainsi qu’Ali Larijani, celui qui, plus que tout autre, s’était montré par le passé ouvert à une solution négociée.

On exige l’arrêt du programme balistique, alors que Hegseth et le Pentagone ne cessent d’énumérer de supposées données sur sa destruction. De plus, Washington exige de participer au développement du nucléaire civil iranien (ce qui sera difficilement acceptable pour Téhéran) afin de limiter le rôle de la Russie (certains parlent-ils encore de «l’esprit d’Anchorage»?). Enfin, il n’existe aucune véritable garantie de sécurité pour Téhéran, qui serait définie ultérieurement, laissant une nouvelle fois la porte ouverte à une intervention militaire, qui est toujours bienvenue pour Israël.

Inutile de dire que Washington cherche simplement un moyen de sortir d’une impasse.

Pendant ce temps, Israël fait sauter les ponts sur le fleuve Litani, tente d’annexer le sud du Liban et lance une opération de nettoyage ethnique qui pourrait entraîner la migration forcée d’un million de personnes. Mais, bien sûr, personne n’en parle.

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mercredi, 25 mars 2026

Agressions voyoucratiques

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Agressions voyoucratiques

par Georges Feltin-Tracol

Finies les spéculations oiseuses ! Les masques tombent enfin ! En dépit de quelques frappes inacceptables contre la Syrie néo-baasiste du président Bachar al-Assad sous son premier mandat, Donald Trump exprimait souvent en public sa réticence à toute intervention militaire extérieure. Insensibles au tourbillon MAGA, les responsables du parti républicain d’alors alimentaient cette attitude d’autant qu’ils incarnaient des adultes dans une chambre soumise au bon vouloir d’un garnement plus que gâteux.

Pour son second mandat, Trump a évincé ces « adultes » en faveur de fidèles prêts à suivre leur champion dans toutes les aventures possibles. La nomination de Marco Rubio, néo-conservateur assumé, comme secrétaire d’État en est la première marque. Le choix de changer le département de la Défense en département de la Guerre en est une deuxième. L’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse au début de l’année 2026 entérine cette nouvelle disposition d’esprit belliciste !

imagfuryes.jpgLe déclenchement simultané des opérations israélienne « Lion rugissant » (détournement du symbole impérial iranien) et étatsunienne « Fureur épique » contre l’Iran ce 28 février 2026 signale le ralliement du trumpisme au néo-conservatisme. Soyons encore plus précis: on observe la synthèse des délires «néo-cons» et des ambitions sans limites de la faction technolâtre transhumaniste au sein de la mouvance MAGA. On supposait que les États-Unis trumpistes se contenteraient d’un grand espace englobant tout l’hémisphère occidental (les Amériques) élargi au Groenland, voire à l’Islande, ainsi qu’une partie de l’Océanie; c’était sans compter avec le gouvernement israélien d’émanation sioniste révisionniste qui entend désormais remodeler à son seul profit tout le Moyen-Orient. Toutefois, ayant déjà mis la main sur les vastes réserves en hydrocarbures du Venezuela, Washington cherche à contrôler la cinquième réserve pétrolière du monde et la deuxième en gaz. Des atouts non négligeables contre Moscou et Pékin…

Tel-Aviv et Washington se justifient en prétextant une soi-disant « guerre préventive ». Il est en réalité bien curieux d’assister à l’attaque concertée d’un État souverain, pas encore détenteur de l’arme nucléaire, par deux puissances atomiques militaires effectives, l’une officielle et l’autre officieuse qui l’a acquise au mépris renouvelé de tous les traités de non-prolifération. Elles violent la souveraineté de l’État iranien. Outre la fin définitive des recherches nucléaires militaires (et peut-être civiles), les deux agresseurs exigent aussi la fin du programme balistique, la disparition de la marine nationale iranienne et l’arrêt du soutien de Téhéran à ses mandataires: le Hezbollah libanais qui compte des unités de combat chrétiennes, le Hamas palestinien, les milices chiites en Irak et les partisans d’Allah au Yémen.

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Le conflit est-il formel? Le 4 mars, un sous-marin étatsunien a coulé au large du Sri Lanka la frégate iranienne Dena (photo), ce qui constitue un indéniable acte de guerre. Pourtant aucune guerre n’a été déclarée ! Les États-Unis et Israël pratiquent par conséquent un terrorisme de grande ampleur. On remarquera que le monde sportif n’a toujours pas exclu les équipes US et israélienne. Deux poids deux mesures…

Dans la journée du 6 mars, Donald Trump rejette toutes nouvelles négociations et, dans la continuité de la diplomatie yankee, réclame la reddition sans condition de l’Iran. Les agresseurs rêvent de transformer l’Iran en une autre Allemagne occidentale post-1945, énervée et dégénérée. Le dirigeant étatsunien veut dans le même temps qu’on lui rende compte du choix du successeur du Guide suprême de la Révolution islamique assassiné. Non content de gouverner les États-Unis depuis son terrain de golf en Floride, il veut s’occuper de Gaza, du Venezuela et maintenant de l’Iran !

imlionages.jpgComme ses soutiens déments de la Silicon Valley, le locataire de la Maison Blanche voit sa tête gonflée. Contre cette honteuse guerre, saluons – pour une fois – la réaction salutaire du président socialiste du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Dans la même veine, comme l’écrit fort bien dans une tribune parue dans Libération du 4 mars dernier, l’ancien premier ministre Dominique Galouzeau de Villepin qui prépare par ce biais sa candidature probable à la présidentielle de l’année prochaine, estime que « nous voyons […] se dessiner l’hubris impériale sous ses deux formes. Du côté américain, l’aspiration à la domination par la puissance, la tentation de substituer la contrainte à la procédure, de remplacer le cadre par la décision unilatérale. Du côté israélien, une logique de sécurité qui n’est plus seulement défensive, mais qui tend vers la domination et l’écrasement, partout où c’est jugé nécessaire, au profit de la fragmentation et des zones grises, du Sud-Liban au Sud-Syrie, du Yémen aux autres interstices où l’État s’efface ». Dans quelques mois, de tels propos tomberont-ils sous le coup de l’abjecte et funeste proposition de loi déposée par Caroline Yadan qui instaurerait un délit de blasphème géopolitique ? Il faut le craindre…

Oui, les masques tombent ! Sans rien comprendre des enjeux, les crétins droitards qui persistent à hanter les plateaux malfamés de Cnews, continuent à voir en Trump le croisé de l’Occident judéo-chrétien (une belle ineptie historique magistrale) alors qu’il n’est que le pourvoyeur d’un Occident américanomorphe corrupteur de notre Europe ancestrale. Trump a reconnu le régime islamiste d’Ahmed al-Charaa en Syrie qui ne se soucie guère du sort des Druzes, des Alaouites et des Kurdes en attendant celui des chrétiens. L’actuel gouvernement belliciste et suprémaciste de Tel-Aviv envisagerait, en cas de chute de l’Iran, le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza et des autres territoires occupés dont la minorité chrétienne. Vers quelle destination ? Très certainement le continent européen qui, soumis aux lois liberticides foisonnantes, se fera ainsi remplacer.

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Malgré un fort sentiment national, voire nationaliste, l’Iran qui a subi une occupation britannique et soviétique, risquerait de se fragmenter selon des critères ethniques. Les Kurdes d’Iran (10% de la population) rêvent d’une région autonome similaire à son équivalent en Irak. Ils se méfient toutefois de la duplicité occidentale par rapport à l’effacement du Rojava en Syrie. Les Baloutches (environ 4%) pourraient se soulever, surtout si les assistent leurs homologues au Pakistan en sourde révolte contre Islamabad. Ce soutien, direct ou non, fragiliserait par contrecoup l’unique puissance nucléaire musulmane.

L’Azerbaïdjan pourrait s’emparer du territoire iranien où vivent les Azéris (16%). Tout dépendra du sort du détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution iranienne le bloquent et sèment une belle pagaille dans la circulation économique et commerciale planétaire. Déverrouiller ce point névralgique impliquerait des bâtiments escortés par des navires de guerre étatsuniens sous une protection aérienne permanente. Mais cette solution n’est guère satisfaisante en raison de l’étroitesse du site. Il est dès lors possible que se déroule un débarquement dans cette région arabophone afin de créer aux dépens de l’intégrité territoriale iranienne une zone neutre sous le contrôle de la Maison Blanche. Cette occupation illégale résonnerait avec la reconnaissance israélienne du 26 décembre 2025 du Somaliland, un État-fantôme près du détroit de Bab el-Mandeb en face du Yémen houthi et à proximité du canal de Suez.

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Souvent chrétiens, les droitards hexagonaux savent-ils que l’effondrement de la République islamique d’Iran serait une catastrophe pour l’Arménie qui survit grâce à sa frontière méridionale avec l’Iran ? Le traité de paix conclu entre Erevan et Bakou, le 8 août 2025, prévoit cependant la formation d’un corridor sous l’égide des États-Unis le long de la frontière iranienne entre l’exclave azérie du Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan. La région arménienne du Zanguezour se placerait en pratique sous une tutelle extraterritoriale. Par ailleurs, ce tracé encouragerait le projet pantouranien qui se substituerait ainsi aux ambitions néo-ottomanes d’Ankara avec, à plus ou moins long terme, un choc frontal avec l’Empire du Milieu chinois…

La dynamique propre de ce conflit ne va pas s’arrêter de si tôt. Espérons que la logique clauswitzienne de montée aux extrêmes accentue les tensions inhérentes à la société étatsunienne ! Souhaitons que Trump et sa clique perdent largement les élections de mi-mandat en novembre prochain tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat. La Maison Blanche détourne volontiers l’attention du public des affres de l’affaire Epstein et de ses échecs intérieurs : le coût de la vie augmente; les salaires stagnent. L’ICE, la police anti-immigration, se retire de la municipalité démocrate de Minneapolis après une vive contestation de la part des électeurs démocrates.

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Une fidèle du mouvement MAGA, ancienne gouverneur du Dakota du Sud, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem (photo), est congédiée le 5 mars dernier, suite à des pressions du Congrès. Une victoire incontestable de l’opposition démocrate dans les deux chambres favoriserait certainement la destitution simultanée de Donald Trump et de J.D. Vance afin que la speakerine démocrate de la Chambre des représentants, Alexandria Ocasio-Cortez, si elle ne brigue pas le siège de sénateur de New York de Chuck Schumer qui ne se représente pas, accède au Bureau Ovale. Son arrivée perturberait grandement la vie politique intérieure des États-Unis d’Amérique.       

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 185, mise en ligne le 15 mars 2026 sur Radio Méridien Zéro.

mardi, 17 mars 2026

La guerre de l’eau

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La guerre de l’eau

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/la-guerra-dellacqua/

La guerre entre l’Iran et les États-Unis (et, bien entendu, Israël) présente de nombreux aspects, causes et théâtres d’opérations.

Le pétrole, bien sûr. Mais aussi la position géopolitique de l’Iran, qui constitue un pont politique et économique fondamental avec la Chine.

Sans oublier l’équilibre global de tout le Moyen-Orient élargi.

Avec Téhéran qui représente le contrepoids, le principal obstacle à la naissance du Grand Israël.

C’est donc une guerre qui se mène à de nombreux niveaux. Avec différents outils.

Une guerre qui, désormais, devient aussi celle de l’eau.

C’est-à-dire qu’elle implique les ressources hydriques dont toute la région a besoin. Et qui, dans bien des cas, garantissent la survie même de peuples entiers.

Les faits sont clairs et simples.

L’aviation américaine a frappé, et de fait paralysé, les installations de désalinisation de Qesm, une île dans le détroit d’Ormuz, qui dépend entièrement de ces installations.

Il semblerait que ce soient les Américains. Même si, à l’heure actuelle, ils se renvoient la responsabilité avec Israël.

Oui… car ces installations avaient pour seul but de fournir de l’eau potable à la population de l’île. Aucune valeur militaire. Aucun rôle stratégique.

Bref, une absurdité totale. Mais une absurdité qui pourrait avoir de graves conséquences, comme l’ont déjà laissé entendre les déclarations iraniennes.

Parce que l’Iran, dans son ensemble, dispose de beaucoup d’eau, au point de pouvoir en vendre. Les sources d’eau sont abondantes. Les grands fleuves irriguent tout le pays.

Ceux de Qesm constituent un cas limite. Isolé. Un avant-poste.

Cependant, la situation est tout autre dans les pays arabes voisins, qui sont les bases de départ des opérations américaines.

Les besoins en eau de la population y sont, pour l’essentiel, couverts par des installations de désalinisation.

Cela va d’environ 70 % pour l’Arabie saoudite, à près de 100 % pour le Qatar.

Vous comprenez ? Sans usines de désalinisation, dans ces pays, on risque tout simplement de mourir de soif.

C’est pourquoi elles sont entretenues avec le plus grand soin.

C’est aussi pour cette raison qu’on a tenté de les tenir à l’écart du conflit.

Mais ensuite, des génies (américains ou israéliens, peu importe) ont eu la brillante idée de détruire Qesm. Sans aucune raison stratégique.

Et maintenant, qu'arrivera-t-il, pensez-vous?

Téhéran a été clair. À partir de maintenant, elle considère comme objectifs militaires tous, absolument tous, les sites de désalinisation de la péninsule Arabique.

La population civile, bien sûr, n’a rien à voir là-dedans. Mais ces pays arabes accueillent, disons-le, les bases aériennes et de missiles d’où partent les attaques américaines. D’où, probablement, est également partie celle contre l’usine de désalinisation iranienne.

Alors… faites vos comptes.

Riyad et les petits États du Golfe sont déjà en panique. Une riposte iranienne pourrait les mettre plus bas que terre. Les condamner à la soif.

Et cela rendra assurément très difficile le contrôle de populations en grande partie chiites, qui sympathisent déjà avec Téhéran.

Une absurdité militaire, disais-je. L’une des nombreuses absurdités criminelles, comme le bombardement d’une école pour enfants.

Une absurdité qui, dans ce cas, pourrait coûter très cher.

Vraiment très cher.

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Guerre et temps

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Guerre et temps

par Pierluigi Fagan

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/32542-pier...

Comme cela avait été préalablement annoncé, à Rome, la rencontre promue par Interferenza sur les questions de politique mondiale s'est tenue. Prévue sous un angle analytique et réflexif général, il est clair qu’à la lumière des événements, la guerre contre l’Iran prend une importance particulière. Voici donc le condensé de mon intervention, qui sert aussi de récapitulatif des pièces placées sur l’échiquier pour toute personne intéressée.

Le Moyen-Orient est une fractale de la complexité du monde (de nombreuses variables et interrelations non linéaires entre ces dernières). Il l’est pour des raisons géographiques, historiques, religieuses, économiques et financières. Autour de sa composition articulée, qui, en plus des monarchies du Golfe, du Yémen, de la Syrie, de la Jordanie, du Liban et de l’Irak, voit également des acteurs intéressés comme la Turquie, l’Iran, l’Égypte, sans oublier la présence particulière d’Israël, on retrouve aussi les grandes puissances : Russie, États-Unis, Chine et Inde. Dans ce contexte, l’UE, ou plus généralement l’Europe, a son importance, même si elle reste passive.

Le cadre stratégique de fond est le plan israélo-américain, d’abord connu sous le nom d’Accords d’Abraham (Trump), puis comme "Route du Coton" (Biden), visant à faire de la péninsule arabique le trait d’union entre l’Inde et l’Europe. Chemins de fer, gazoducs, oléoducs (qu’il faudrait réorienter vers le nord et non plus vers le Golfe), lignes électriques, co-entreprises, tourisme, recherche de nouvelles technologies, flux massifs d’investissements, paradis du luxe et de l’évasion fiscale, et des liens d’interdépendance réciproque forts. Le tout débouchant en Israël, comme façade méditerranéenne tournée vers l’Europe.

La «conditio sine qua non»: chasser les Palestiniens de Gaza, détruire – après le Hamas – le Hezbollah au Liban, et couper la tête du serpent iranien.

De la guerre en cours, on peut donner de nombreuses raisons, mais se trompe celui qui croit avoir trouvé la raison: ce type de phénomène complexe, avec ses nombreuses variables et interrelations, possède également de multiples raisons, c’est-à-dire de causes et de contextes. Passons donc à une rapide analyse des acteurs en présence.

CHINE. Avec les accords Arabie Saoudite-Iran, suite à une réunion tenue à Pékin en 2023, les Chinois avaient affiché la volonté de pacifier la région pour l’ordonner autour de leurs intérêts commerciaux réciproques. De fait, depuis lors, plusieurs rencontres ont suivi entre ces deux poids lourds régionaux, chefs de file respectifs du sunnisme et du chiisme, et ils ont notablement atténué leur animosité historique. L’Iran a alors rejoint d’abord l’Organisation de Coopération de Shanghai, puis les BRICS élargis (où se trouvent aussi les Émirats Arabes Unis, mais pas l’Arabie Saoudite). En 2025, la Chine a investi 15,7 milliards de dollars dans le Golfe. Il y a quelques jours, après le début du conflit, les banques et assurances publiques chinoises ont suspendu ou drastiquement réduit les lignes de crédit aux pays du Golfe et bradé des obligations saoudiennes et Aramco; la société pétrolière nationale d’Abu Dhabi a dû suspendre une émission massive d’obligations qui avait été prévue.

La Chine importe 70% de ses besoins énergétiques fossiles et un peu plus de la moitié de cette quantité provient du Golfe, un quart de celle-ci vient d’Iran (donc moins de 10% du total), disposant d’environ 115 jours de réserves en cas de blocage total, plus la possibilité de recourir au charbon ou d’augmenter le flux depuis la Russie. Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé l’envoi prochain d’une mission diplomatique dans la région. Mais un éventuel et durable blocus pèserait autant, voire plus, sur l’Inde, la Corée du Sud, Taïwan et le Japon.

À noter: le 31 mars, l’entretien annoncé et déjà planifié entre Xi et Trump.

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INDE. Modi s’est récemment rendu en Israël (fin février) et y a prononcé un discours très applaudi à la Knesset. Israël est fournisseur d’armes de l’Inde et ils ont divers partenariats, non seulement dans l’armement, mais aussi en cybersécurité, en innovation agricole et en gestion de l’eau. Modi s’est aussi engagé à envoyer jusqu’à 50.000 Indiens travailler en Israël. L’Inde est le terminal des projets de la Route du Coton (I2 pour Inde et Israël, U2 pour EAU et USA, accord de 2023), et membre des BRICS et de l’OCS.

RUSSIE. La hausse de la demande mondiale en cas de pénurie durable d’approvisionnement et la montée en flèche des prix sont évidemment bien vues, tout comme la probable réduction de l’envoi d’armes et de financements occidentaux à l’Ukraine. Aucune certitude, mais si la situation devait devenir vraiment grave, peut-être l’attitude d’ostracisme européenne envers la Russie pourrait-elle changer, ou pas, nous verrons.

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ISRAËL va vers de nouvelles élections le 27 octobre. Pour la première fois depuis longtemps, les quatre partis arabes présenteront une liste unie, estimée à 14 sièges potentiels, troisième parti du pays. Il y a quelques jours, Netanyahu a aussi évoqué une mystérieuse « alliance Hexagone » qui réunirait la Grèce et Chypre (contre la Turquie, autour des importants gisements sous-marins de la région), puis l’Inde, peut-être le Somaliland, les Émirats Arabes Unis, et qui sait qui d’autre. Après la question du Hamas, l’objectif est de détruire le Hezbollah, dont la branche militaire a déjà été déclarée illégale par le gouvernement libanais, mais peut-être aussi l’occupation durable du sud du pays, lui aussi riche en gisements sur la côte.

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GOLFE. Il y a deux jours, bin Salman a appelé les pays du CCG, à savoir Bahreïn, Koweït, Qatar, Émirats Arabes Unis, Oman, pour leur demander instamment de minimiser publiquement les attaques iraniennes et d’appeler à la désescalade. Le Qatar (qui entretient de très bonnes relations avec l’Iran et partage avec lui le plus grand gisement gazier du monde, North Dome/South Pars), a déclaré par la voix de son ministre de l’Énergie qu’on redoute un blocage total des exportations, avec un pétrole à 150 dollars et un effondrement de l’économie mondiale. Plus généralement, ils nourrissent des doutes:

1) doute sur l’origine des attaques (certaines seraient des fausses bannières israéliennes);

2) doutes sur la gestion de l’« après » Iran avec qui il faudra vivre;

3) craintes sur l’épuisement des ressources et la prolongation de la guerre (catastrophe économique et pour le projet de « pôle du luxe », Vision 2030 de MBS);

4) risque d’humiliation militaire (arsenaux modernes mais peu de personnels et de techniciens), risque d’invasion terrestre (Koweït), de révolte (Bahreïn) et de reprise de la guerre avec les Houthis;

5) risque que l’Iran frappe les infrastructures de dessalement, avec catastrophe alimentaire;

6) risque de réaction de l’opinion musulmane, après Gaza, si on laisse trop de champ à Israël (projet du Grand Israël), ce qui pourrait les submerger à l’avenir. Et il y a enfin le pouvoir stratégique-financier d’interdiction de la Chine.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi (Oman n’est ni chiite, ni sunnite, et joue historiquement le rôle de médiateur dans tous les dossiers diplomatiques régionaux, y compris les négociations USA-Iran sur le nucléaire), a qualifié le jour même du début de la guerre le conflit d’«incompréhensible», estimant que les Iraniens avaient accepté toutes les conditions posées pour minimiser leur programme nucléaire et que, selon lui, la signature était imminente.

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STRATÉGIE DES ETATS ETHNIQUES (vieille marotte néocon sur le Moyen-Orient, ici centrée sur l’Iran). C’est l’idée d’utiliser les Kurdes iraniens et irakiens pour faire le sale boulot «au sol». Je souligne que la Syrie et la Turquie n’en seraient pas du tout ravies, ce serait une catastrophe locale d’avoir à gérer demain un État kurde à la frontière. Il y a aussi la question des Baloutches, et là l’histoire est longue, mais le Pakistan n’apprécierait pas non plus. Enfin, certains estiment que des rébellions ethniques provoqueraient une réaction nationaliste iranienne. Les Allemands se disent préoccupés d’éventuelles diasporas vers l’Europe. Au Liban, on compte déjà 500.000 déplacés venus du sud du pays.

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REPRÉSAILLES. Vous savez tout d'Ormuz désormais. Mais j’ai signalé il y a quelques jours aussi l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC – Azerbaïdjan-Géorgie-Turquie), propriété de BP, qui transporte du pétrole d’Azerbaïdjan en Israël.

Les HOUTIS sont pour l’instant dormants. Mais, si la situation dégénère, ils seront toujours sur la mer Rouge (où l’AS a le seul terminal qui ne débouche pas sur le golfe Persique). De là, le Bab el-Mandeb, le port d'Eilat, et, en cas de crise, le Canal de Suez sont à portée de tir.

Etats-Unis. Ils auront des élections de mi-mandat une semaine après celles qui se tiendront en Israël, en novembre 2026, et Trump subira les conséquences de la guerre, qu’elles soient positives ou négatives.

EN CONCLUSION. La variable décisive de cette guerre, c’est le temps.

Combien de temps l’Iran tiendra-t-il (et quels choix de commandement fera-t-il), et quelle est la capacité réelle des arsenaux des USA et d’Israël.

Combien de temps Trump résistera-t-il aux pressions mondiales dues à l’inflation et à la stagflation, au marché des énergies fossiles et à la survie des monarchies du Golfe.

Combien de temps celles-ci tiendront-elles, et avec elles tous ceux qui dépendent de leurs investissements et de leurs exportations énergétiques.

Si, «du bord de l’abîme», nous tomberons dedans ou parviendrons à reculer, nous verrons.

Vidéo de la conférence dans son intégralité. Mon intervention commence vers 1:24

https://www.youtube.com/watch?v=RBKmscvV2dg

(à 1:54, il est mentionné comme possible nouveau Guide Suprême « Arisi », mais il s’appelle en réalité Alireza Arafi, actuellement membre du Conseil provisoire, je m’excuse pour l’erreur).

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dimanche, 15 mars 2026

L’Iran et l’essor du Croissant chiite - Le rôle stratégique de l’Iran dans le Moyen-Orient multipolaire

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L’Iran et l’essor du Croissant chiite

Le rôle stratégique de l’Iran dans le Moyen-Orient multipolaire

par Nuestra América

Nuestra América sur l’Iran en tant que pierre angulaire du monde chiite à l’ère multipolaire.

Dans l’architecture géopolitique du Moyen-Orient et du monde islamique, l’Iran occupe une position singulière : il est le principal État chiite et l’un des rares acteurs capables d’articuler simultanément pouvoir religieux, politique et stratégique. Cette conjonction a fait de Téhéran une pièce maîtresse dans la configuration d’un ordre international de plus en plus multipolaire.

Historiquement, l’Iran s’est imposé comme bastion du chiisme à partir du XVIe siècle, lorsque la dynastie safavide transforma le pays en centre du chiisme duodécimain, le distinguant de l’environnement majoritairement sunnite de la région. Ce processus a fait de l’Iran le principal pôle religieux et culturel du chiisme, une condition qui continue d’influencer sa politique étrangère contemporaine.

Après la Révolution iranienne de 1979, cette dimension religieuse s’est intégrée à une stratégie politique plus large. Le nouvel État iranien a promu un réseau de relations avec les communautés et mouvements chiites dans différents pays, combinant diplomatie religieuse, soutien politique et coopération militaire. Ce réseau s’est progressivement étendu de l’Iran vers l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen, formant ce que plusieurs analystes appellent le « Croissant chiite », une ceinture d’influence reliant les présences chiites du Golfe Persique à la Méditerranée.

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Dans ce cadre, l’Iran agit non seulement comme un État-nation traditionnel, mais aussi comme le centre idéologique et l’organisateur d’une constellation d’acteurs étatiques et non étatiques. Des organisations telles que le Hezbollah au Liban, les milices chiites en Irak et le mouvement houthiste au Yémen ont entretenu des liens politiques, financiers ou militaires avec Téhéran. Ensemble, ils forment ce que certaines études qualifient « d’Axe de la Résistance » face à l’influence occidentale et à des alliés régionaux comme Israël et l’Arabie saoudite.

Ce rôle prend une dimension supplémentaire dans le contexte d’un monde multipolaire émergent. L’Iran se présente comme l’un des nœuds géopolitiques reliant le Moyen-Orient à des acteurs eurasiens plus larges, entretenant des relations stratégiques avec des puissances comme la Russie et la Chine, tout en participant à des réseaux économiques et diplomatiques qui fonctionnent comme des alternatives au système occidental. Bien que ces alliances ne soient ni homogènes ni exemptes de tensions, elles contribuent à situer l’Iran dans un cadre plus large de pouvoirs globaux.

En même temps, l’influence iranienne n’est ni absolue ni homogène. Au sein même des communautés chiites existent diverses tendances religieuses et politiques, et certains pays à forte population chiite maintiennent des positions indépendantes, voire critiques vis-à-vis de Téhéran. La relation entre identité religieuse et géopolitique est donc complexe et dynamique.

En résumé, l’Iran fonctionne comme la pierre angulaire du monde chiite contemporain, non seulement en raison de son poids démographique ou religieux, mais par sa capacité à articuler des réseaux politiques, idéologiques et stratégiques qui dépassent ses frontières nationales. Dans la transition vers un système international multipolaire, ce rôle fait de Téhéran un acteur central pour comprendre les nouvelles configurations informelles au Moyen-Orient et au-delà.

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dimanche, 08 mars 2026

L’Iran sous attaque : une recette pour le désastre

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L’Iran sous attaque: une recette pour le désastre

Lic. Andrés Berazategui

Source: https://politicar.com.ar/contenido/1645/iran-bajo-ataque-...

L’attaque contre l’Iran déstabilise un ordre toujours fragile au Moyen-Orient et expose des calculs stratégiques divergents entre les États-Unis et Israël, avec des risques d’escalade susceptibles de transformer radicalement la région.

ANALYSE

L’attaque contre la République islamique d’Iran menée par les États-Unis et Israël est une action qui bouleverse un ordre déjà très fragile au Moyen-Orient et qui peut avoir des conséquences dépassant le cadre régional, ce qui rend pertinent l’examen des objectifs et des calculs de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu. Essayons d’évaluer ces motivations d’un point de vue stratégique.

Les États-Unis comme garants de l’ordre régional

Le président américain a déclaré que les objectifs des actions visaient principalement à anéantir le projet nucléaire iranien, ainsi qu’à forcer un changement de régime à Téhéran. En accord avec ces objectifs, la nécessité de limiter la capacité de l’Iran en matière de missiles balistiques, de dégrader ses capacités navales et de mettre fin au soutien de Téhéran à son réseau d’alliés régionaux (Hezbollah, Hamas, Houthis, etc.) a également été évoquée.

Historiquement, la région du Golfe Persique a revêtu une importance stratégique centrale pour les États-Unis, en raison de la place critique du pétrole dans l’économie mondiale. Ce facteur a poussé Washington à se poser en garant d’un certain ordre régional – du moins pour éviter une explosion généralisée – autour d’une ressource naturelle dispersée entre plusieurs pays, mais concentrée géographiquement, cruciale pour l’économie internationale et située dans une zone hautement volatile, marquée par des conflits potentiellement explosifs de nature religieuse, ethnique et géopolitique.

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Cependant, depuis l’essor du gaz de schiste dans la décennie 2010, la nature de l’intérêt américain a changé. Ayant atteint l’autosuffisance dans l’accès et la production de pétrole, il ne s’agit plus tant d’assurer l’approvisionnement direct que de préserver la stabilité systémique du marché énergétique mondial et de conditionner (comme au Venezuela) l’approvisionnement de la Chine, principal défi stratégique des États-Unis. De plus, Washington cherche à éviter de fortes perturbations des prix du pétrole qui auraient un impact négatif sur son économie et, dans le même temps, à empêcher ses rivaux de profiter géopolitiquement de la région.

Si l’on établissait une échelle de priorisation des intérêts, on pourrait dire que la région a perdu une centralité relative dans la grande stratégie américaine. Elle reste importante, mais n’en constitue plus l’un des axes structurants : son importance découle en grande partie de sa connexion avec la compétition stratégique mondiale. Même si l’Iran conserve la capacité d’affecter la sécurité énergétique internationale et d’entraver, par ses propres moyens ou par l’intermédiaire de ses alliés, les objectifs régionaux de Washington, il ne représente pas une menace directe pour le territoire continental des États-Unis, ni ne semble en mesure de compromettre des objectifs stratégiques plus larges des États-Unis. Tout cela nous amène à affirmer que les actions entreprises constituent, au minimum, une manœuvre hautement risquée.

La perception existentielle d’Israël

Pour Israël, en revanche, la question est plus grave. Téhéran est perçue comme une menace existentielle, d’où l’intérêt vital d’affaiblir structurellement le gouvernement des ayatollahs et, éventuellement, de transformer l’Iran en un acteur incapable de changer l’équilibre régional, soit par son intégration dans un ordre régional plus favorable aux intérêts israéliens, soit par un affaiblissement qui ferait de l’Iran un État dysfonctionnel.

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Depuis plusieurs décennies, les responsables israéliens ne considèrent pas l’État perse comme un adversaire stratégique, mais comme un ennemi – un hostis, au sens schmittien – qui met en danger l’existence même d’Israël. Les dirigeants juifs ont depuis longtemps consolidé le récit (aujourd’hui largement partagé dans la société israélienne) selon lequel Israël est un petit État entouré d’ennemis puissants cherchant sa destruction (et aucun n’est aussi dangereux que l’Iran), ce qui justifie toute action, aussi radicale soit-elle.

Ce récit a également pénétré profondément de nombreux pays occidentaux, en particulier les États-Unis. Ainsi, en amplifiant les dénonciations d’antisémitisme, en attirant le soutien des mouvements sionistes-chrétiens ou encore grâce à l’action de divers lobbies pro-israéliens, une stratégie de captation des volontés (et de neutralisation des critiques) a été élaborée, visant à rechercher le soutien sur des fondements identitaires, religieux ou directement politiques. Une méthode globale et efficace, il faut le reconnaître.

On sait comment cela a commencé, mais on ne sait pas comment cela finira

Les actions des États-Unis et d’Israël reposent donc sur des appréciations stratégiques motivées par différents niveaux d’intérêt. Cependant, il est très probable qu’en Iran, les positions se radicalisent au sein du système politique actuel (qui n’a pas encore implosé) et que des secteurs significatifs de la société iranienne renforcent leur soutien au gouvernement selon une logique de cohésion face à l’agression extérieure.

Cela amène à se demander s’il valait vraiment la peine de déstabiliser un ordre régional aussi fragile, en exacerbant une situation historiquement complexe face à un acteur qui a démontré à plusieurs reprises une grande résilience. Si les calculs stratégiques de toutes les parties impliquées ne sont pas précisément ajustés, la dynamique des événements pourrait s’emballer et déboucher sur un scénario de conséquences régionales, voire systémiques, difficiles à contenir. Dans ce cas, la situation pourrait conduire à un désastre de grande ampleur.

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samedi, 07 mars 2026

L’Iran s’attaque au système nerveux de la projection de puissance américaine

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L’Iran s’attaque au système nerveux de la projection de puissance américaine

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena#

Pour comprendre l’escalade actuelle au Moyen-Orient, il faut d’abord prendre du recul. Dans nos médias occidentaux, un récit familier domine toujours: les États-Unis et Israël attaquent les capacités militaires iraniennes, tandis que Téhéran réagit avec des missiles et des drones. La conclusion est alors généralement de dire que l’Iran serait militairement affaibli.

Mais cette perspective passe à côté d’un point crucial. La stratégie iranienne ne vise apparemment pas en premier lieu l’affrontement militaire direct. Téhéran cherche plutôt à mettre en évidence les faiblesses structurelles de l’architecture militaire américaine au Moyen-Orient.

C’est précisément là que réside le cœur stratégique des opérations actuelles. Les systèmes militaires modernes ne fonctionnent plus comme des plateformes d’armes isolées, mais comme des réseaux complexes de capteurs, de systèmes de communication et de capacités d’interception. Les systèmes de défense antimissile, par exemple, sont largement aveugles sans leurs radars et leurs capteurs d’alerte précoce. Si ces composants sont endommagés ou détruits, l’ensemble du système perd son efficacité opérationnelle.

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Dans ce contexte, la démarche iranienne apparaît bien plus rationnelle qu’on ne la présente souvent. Téhéran concentre de plus en plus ses attaques sur le niveau sensoriel et infrastructurel de la présence militaire américaine. Cela concerne notamment :

- Les systèmes d’alerte précoce et les radars stratégiques

- Les centres de communication et de transmission de données

- Les capteurs des systèmes de défense antimissile

- L’infrastructure des bases militaires américaines

Ces installations constituent la colonne vertébrale technologique de la puissance militaire américaine dans la région. Sans elles, même des systèmes aussi sophistiqués que le Patriot perdent une grande partie de leur efficacité. La logique opérationnelle peut donc être résumée simplement: l’Iran ne cherche pas à saturer la défense antimissile américaine, mais à la rendre aveugle.

Il s’agit d’une stratégie asymétrique classique, qui vise à modifier la structure des coûts d’un adversaire technologiquement supérieur. Alors que les missiles et drones iraniens peuvent être produits à moindre coût, l’infrastructure des défenses antimissiles modernes est extrêmement onéreuse et difficile à remplacer rapidement. Un radar stratégique ou un centre de communication complexe ne se reconstruit pas du jour au lendemain. Si cette infrastructure est endommagée, il en résulte une vulnérabilité opérationnelle durable.

Quand les bases militaires deviennent un risque sécuritaire

Un second effet, souvent négligé, concerne le rôle des bases militaires américaines au Moyen-Orient. Pendant des décennies, la présence des forces américaines a été présentée comme une garantie de stabilité régionale. Mais en cas d’escalade, cette logique peut s'inverser.

Les bases militaires ne sont pas seulement des instruments de projection de puissance ; ce sont aussi des cibles stratégiques de grande valeur. Cela signifie que les États qui accueillent des infrastructures militaires américaines deviennent automatiquement des cibles potentielles en cas de conflit, même s’ils ne participent pas activement aux hostilités.

Cette réalité stratégique ne concerne pas seulement le Moyen-Orient. Elle est aussi directement valable pour l’Europe.

En effet, de nombreux pays européens abritent des bases militaires américaines, des systèmes de défense antimissile et des nœuds logistiques.

La question centrale est donc la suivante: de telles structures sont-elles, en cas de crise, une protection – ou deviennent-elles elles-mêmes un risque ?

Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes

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Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena#

Si l’on observe les évolutions actuelles de manière objective, une parenté stratégique apparaît entre la guerre en Ukraine et l’escalade actuelle au Moyen-Orient. La clé décisive des conflits géopolitiques modernes se situe de moins en moins sur le champ de bataille – mais de plus en plus dans l’économie et les flux énergétiques.

Guerre en Ukraine : Les conséquences économiques touchent l’Europe – surtout l’Allemagne

La guerre en Ukraine n’a pas frappé “l’Occident tout entier” de manière égale sur le plan économique. Les charges sont très inégalement réparties. Alors que les États-Unis ont pu générer des revenus supplémentaires grâce à l’exportation massive de GNL (gaz naturel liquéfié), c’est surtout l’industrie européenne qui s’est retrouvée sous pression – et au sein de l’Europe, particulièrement l’Allemagne.

Les causes sont structurelles:

- L’Allemagne dépendait fortement de l’énergie russe bon marché.

- Les industries à forte consommation d’énergie sont la colonne vertébrale de l’industrie allemande.

- La hausse des prix de l’énergie touche donc directement la base industrielle.

Depuis la rupture des relations énergétiques avec la Russie, les coûts de chauffage et les prix de l’énergie ont nettement augmenté, tandis que les prix de l’électricité pour l’industrie et les ménages restent parmi les plus élevés d’Europe. La conséquence en est une faiblesse économique persistante: l’économie allemande stagne depuis des années.

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Moyen-Orient : Attaque contre le système énergétique mondial

C’est précisément ici que le conflit avec l’Iran devient géopolitiquement pertinent: le détroit d’Ormuz est l’une des artères énergétiques les plus importantes du monde. Une part significative du commerce mondial du pétrole transite par ce détroit.

Les attaques contre les pétroliers ou la menace sur la navigation ont des conséquences immédiates:

- hausse des prix du pétrole;

- hausse des prix du gaz;

- nervosité sur les marchés financiers.

Même de petites perturbations de cette route peuvent faire grimper l’inflation et les prix de l’énergie dans le monde entier.

La logique stratégique

La logique de tels conflits est relativement simple. Lorsqu’un État est militairement en nette infériorité, il ne cherche pas nécessairement à gagner la guerre. Il tente plutôt de maximiser les coûts économiques pour l’adversaire.

Cela signifie :

- hausse des prix de l’énergie;

- chaînes d’approvisionnement sous pression;

- marchés financiers très sensibles.

La guerre se déplace ainsi du champ de bataille vers le système économique.

Et l’Allemagne ?

Voici le point décisif. L’Allemagne a déjà supporté la plus grande partie des coûts structurels de la guerre en Ukraine:

- perte d’une énergie bon marché;

- augmentation des coûts de production;

- pression croissante sur l’industrie et les PME.

Si une nouvelle crise énergétique venait à éclater au Moyen-Orient, ce point sensible serait une nouvelle fois touché. La hausse des prix du pétrole et du gaz aurait un effet immédiat: coûts de production plus élevés – inflation accrue – pression supplémentaire sur l’industrie et le tissu économique.

Ou, pour le dire simplement: la guerre en Ukraine a déjà massivement affaibli l’économie allemande. Une nouvelle crise énergétique au Moyen-Orient pourrait être le coup de grâce pour la puissance industrielle allemande.

 

vendredi, 06 mars 2026

Rien appris de “l’Afghanistan” – Trump envisage de soutenir des milices en Iran

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Rien appris de “l’Afghanistan” – Trump envisage de soutenir des milices en Iran

Par ELA

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/192060

Autrefois, dans la lutte “contre l’invasion russe” en Afghanistan, les États-Unis avaient armé les talibans.

Les conséquences désastreuses qui en ont résulté sont consignées dans les livres d’histoire et restent actuelles à ce jour.

Soutien aux milices armées

Trump n’est, comme on le sait, pas un homme politique, et il ne semble pas non plus très familier avec “l’histoire”, ce qui, de toute évidence, n’a que peu d’importance pour un homme d’affaires.

Désormais, il s’engage pourtant apparemment “sans le savoir” sur des voies où les États-Unis, dans un passé récent, se sont déjà “plus d’une fois cassé les dents”.

Le président américain Trump envisage maintenant de soutenir des milices armées en Iran.

Trump a déclaré ouvertement vouloir soutenir des groupes en Iran qui souhaitent renverser le régime, comme l’a rapporté le Wall Street Journal (WSJ), citant des responsables américains ayant confirmé des discussions avec des dirigeants kurdes.

Selon le rapport, cette idée pourrait transformer des factions iraniennes, grâce au soutien rhétorique de Washington, en troupes terrestres.

Cependant, selon ces responsables, Trump n’a pas encore pris de décision définitive concernant la fourniture d’armes, la formation ou le soutien en matière de renseignement.

L’Iran n’est en aucun cas « sans direction »

Trump ne devrait cependant pas se faire d’illusions, croyant que l’Iran serait sans direction ou affaibli après la mort du grand mollah Khamenei.

La mort du chef suprême, l’ayatollah Khamenei, ne semble en rien avoir affaibli l’Iran. Au contraire, la colère du peuple ne cesse de croître. Et cela non seulement en Iran, mais dans tout le monde islamique. Les premières voix s’élèvent déjà pour se demander si le principal des mollahs ne l’a pas même délibérément voulu.

La minorité kurde dans le pays, en revanche, n’est ni armée ni ne peut véritablement être qualifiée de milice, et il est en outre peu probable qu’elle soit prête à combattre massivement le régime des mollahs, avec ou sans « armement extérieur ».

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mercredi, 04 mars 2026

La fermeture du détroit d'Ormuz est la dernière touche à un commerce maritime déjà fragilisé

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La fermeture du détroit d'Ormuz est la dernière touche à un commerce maritime déjà fragilisé

Source: https://mpr21.info/el-cierre-del-estrecho-de-ormuz-es-la-...

Le transport maritime est à nouveau confronté à une crise politique grave, à durée incertaine. Depuis les attaques contre l’Iran par les États-Unis et Israël, le centre géographique de la crise est la région du Golfe Persique, complètement isolée depuis que la Garde révolutionnaire a imposé un blocus aux navires souhaitant franchir le détroit d'Ormuz. Chaque navire reçoit une alerte radio indiquant que le franchissement est interdit.

Dimanche, trois petits pétroliers qui tentaient de naviguer dans ce détroit de 30 kilomètres de large, bordé au nord par la côte iranienne, ont été attaqués. En quelques heures, presque tous les navires tentant d’entrer ou de sortir de la zone ont décidé de changer de cap et de chercher un mouillage sûr. Il s’agissait de porte-conteneurs, mais aussi d’autres types de navires, tels que pétroliers, vraquiers transportant des produits chimiques ou alimentaires, y compris des méthaniers de gaz liquéfié.

Environ 170 porte-conteneurs de toutes tailles, représentant 1,4% de la flotte mondiale en termes de capacité de charge, sont bloqués dans les eaux du Golfe Persique, incapables de poursuivre leur route. D’autres ont regagné leurs bases.

Dans la flotte de CMA CGM, par exemple, une quarantaine de navires sont actuellement cloués dans le Golfe, et sept ont été déviés car ils ne pouvaient pas entrer dans la zone. Certaines compagnies, comme MSC et Maersk, ont suspendu leurs réservations de cargaisons destinées à cette zone, tandis que CMA CGM, depuis lundi, se limite à refuser les produits périssables.

Au total, 72 navires naviguaient encore dans le détroit d’Ormuz samedi, contre 116 la veille. Une réticence marquée est observée parmi les transporteurs d’hydrocarbures: seuls huit navires ont traversé dimanche la passe (7 pétroliers et 1 méthanier), contre une moyenne quotidienne de 55 à 80 navires dans les deux sens.

Le Secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Domínguez, a dénoncé le blocus: «La liberté de navigation est un principe fondamental du droit maritime international et doit être respectée par toutes les parties, sans exception [...] Dans la mesure du possible, les navires doivent éviter de transiter par la région affectée jusqu’à ce que les conditions s’améliorent».

La fermeture affecte déjà de nombreux flux commerciaux. Les pays du Golfe importent la majorité de leurs biens de consommation, arrivant en conteneurs, ainsi que de nombreux produits alimentaires (céréales, riz, maïs, viande, etc.). Par ailleurs, ils exportent dans le monde entier, en plus du pétrole et du gaz, des marchandises et matières premières telles que l’aluminium, les fertilisants, l’ammoniac, le soufre et le polyéthylène.

Les ports du Moyen-Orient ne sont que des escales sur une route maritime beaucoup plus longue. Avant de traverser le détroit d’Ormuz, des ports comme Jebel Fakkan (Émirats arabes unis), Sohar et Duqm (Oman) pourraient remplacer les grands centres régionaux comme Jebel Ali, le port principal de Dubaï, ou Jalifa, à Abu Dhabi… si l’espace est suffisant pour tous les navires. Les itinéraires alternatifs pourraient rapidement congestionner les quais, même dans les ports asiatiques, perturbant une chaîne logistique très bien rodée.

Les compagnies maritimes ne peuvent éviter ces escales dans leur transport intercontinental, et laissent leur cargaison dans le port offrant l’option la moins dommageable, avant de la transporter par route jusqu’à sa destination finale.

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De la mer d’Oman à la mer Rouge

Un autre point stratégique compromis par l’attaque de samedi est la traversée de la mer Rouge et du canal de Suez, qui donne accès à la Méditerranée. Plusieurs compagnies, dont Maersk et CMA CGM, avaient repris prudemment cette route depuis plusieurs mois, pour éviter les importants détours par le sud de l’Afrique, imposés depuis octobre 2023.

Mais les répercussions de l’agression militaire mettent également fin aux espoirs d’un retour massif du transport maritime de conteneurs dans la mer Rouge cette année. Les Houthis, situés à l’entrée de la mer Rouge, dans le détroit de Bab El Mandeb, à 2000 kilomètres au sud du canal de Suez, ont averti que les premiers attaques pourraient commencer très bientôt.

Les missions d’escorte avec des frégates, comme la mission européenne Aspides, avaient déjà subi des coupes budgétaires.

Les conséquences de cette agression impérialiste entraîneront une militarisation accrue du commerce et anéantiront l’espoir d’un retour massif du transport maritime de conteneurs dans la mer Rouge. La déviation par l’Afrique du Sud va se poursuivre longtemps, faisant monter les prix sur tous les marchés mondiaux.

Décision pour l'Iran

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Décision pour l'Iran

Karl Richter

Source: https://www.facebook.com/karl.richter.798

Le 28 février 2026 restera, quand on portera un regard rétrospectif, comme le jour où beaucoup de choses ont changé. Ce jour entrera dans l’histoire comme celui où un grand pas vers la barbarisation de l’ordre international a été franchi. Comme le jour où les États-Unis et Israël ont définitivement enterré le droit international.

Depuis des décennies, l’Iran est considéré comme un paria dans le monde. Le pays avait déjà été soumis à des sanctions américaines dans les années 1950, lorsque le premier ministre du Shah, Mossadegh, avait nationalisé l’industrie pétrolière. Depuis 1979, le régime de sanctions est permanent. Depuis 2018, pendant le premier mandat de Trump, les exportations de pétrole iranien subissent même un embargo total. Les conséquences frappent principalement la population.

La guerre actuelle a donc une longue histoire, qui peut finalement être ramenée à deux éléments centraux: le pétrole et la signification géostratégique du pays. Si l’Iran tombe aujourd’hui, la Russie et la Chine tomberont demain. Le plateau iranien est le territoire-pivot essentiel de la masse continentale eurasienne. Si les États-Unis y prennent pied, toutes les voies vers la Russie, la Chine et la domination du grand continent eurasiatique leur seront ouvertes. Et enfin: le Grand Satan ne tolère pas de pays qui lui font face. En même temps, la résistance à l’ordre occidental, aux criminels et pédophiles de grande envergure, est plus que jamais nécessaire. Le géopolitologue russe Alexandre Douguine a récemment formulé, à propos des dossiers Epstein (dont plus personne ne parle soudainement!): «Le monde occidental s’est effondré. Aucun leader politique occidental, qu’il soit aux États-Unis ou dans l’Union européenne, ne possède plus aucune autorité morale. C’est une révélation: pratiquement tout l’Occident apparaît comme une organisation sataniste et pédophile. C’est la fin de toute prétention à diriger».

Et plus, l’agression de ces derniers jours paraît absurde; de surcroît elle montre à quel point la démarche arrogante, sans aucune retenue, affichée ces derniers jours, relève de la démesure. Le ministre américain des Affaires étrangères Hegseth affirme sérieusement que les États-Unis n’ont pas commencé la guerre, mais la terminent. Lors de l’attaque, Américains et Israéliens ont utilisé des renseignements obtenus par les services secrets selon lesquels la haute direction iranienne se rassemblerait dans un complexe à Téhéran, où se trouvent le bureau du président, du guide suprême Ali Khamenei et du Conseil national de sécurité. Trente bombes ont frappé le bâtiment. Khamenei, 86 ans, qui était depuis près de quarante ans la figure spirituelle de la République islamique, a trouvé la mort. Avec lui sont morts le président du Conseil de défense nationale, le chef des Gardiens de la révolution, le ministre de la Défense et le chef d’état-major, ainsi qu’au moins une vingtaine d’autres hauts responsables militaires et décisionnaires; sans parler de l’élimination d’une école pour filles à Minab avec 180 enfants tués. L’assassinat ciblé commis par la direction du camp adverse équivaut à une rupture avec tout principe de civilisation. La Russie ne s’est pas laissée entraîner à de tels écarts dans la guerre d'Ukraine qui dure depuis quatre ans.

Donald Trump, qui avait promis de mettre fin aux guerres interminables menées par les États-Unis, a laissé tomber le masque samedi dernier. Il a promis de réduire en cendres l’arsenal des missiles iraniens et a menacé de représailles sévères si l’Iran réagissait à l’assassinat de Khamenei. On connaît la chanson: les attaqués ne doivent même pas se défendre et doivent se faire tuer en silence. Une demande similaire avait été adressée par l’OTAN en 1999 à la Yougoslavie envahie par elle.

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Le motif officiel de l’attaque – la soi-disant menace nucléaire – ne résiste à aucune vérification. Rafael Grossi (photo), directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, avait déclaré peu avant qu’il n’y avait pas de programme nucléaire iranien ni de menace immédiate. Et la veille de l’attaque, le ministre des Affaires étrangères d’Oman, qui avait favorisé les négociations entre Washington et Téhéran pendant des semaines, a annoncé qu’un accord de paix était à portée de main – l’Iran aurait accepté de réduire ses réserves d’uranium enrichi au niveau le plus bas possible. Puis les bombes sont tombées. De la même manière, les Ukrainiens mènent depuis des années des attaques qui mènent à l'escalade: frappes délibérées en plein milieu de négociations en cours – un exemple de ce qu’on peut appeler les "valeurs occidentales".

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Dominik Steiger (photo), professeur de droit international à l’Université technique de Dresde, a été d’une belle clarté sur la question de la légalité de l’attaque contre l’Iran: «La réponse est très simple: non, ils n’avaient pas le droit de le faire». La Charte des Nations unies ne prévoit que deux exceptions à l’interdiction de toute violence: la légitime défense contre une attaque armée immédiate ou un mandat du Conseil de sécurité. Aucune des deux conditions n’était remplie. Une prétendue menace future ne suffit pas. Si on accepte cela, aujourd’hui, comme motif de guerre, demain, les frappes préventives suite à de simples soupçons seront monnaie courante. Il est évident que Washington et Tel Aviv souhaitent qu'advienne une telle organisation mondiale de nature criminelle. Elle équivaudrait à des guerres permanentes à travers le monde.

La démolition progressive du droit et la barbarisation qui en découle sont indiscutablement en cours. Dès la guerre du Golfe en 2003 – mais en réalité déjà lors des procès de Nuremberg en 1945/46 – le monde a été habitué à accepter à nouveau la torture comme un moyen juridique, revenant ainsi en arrière, avant l'ère des Lumières. Les interventions illégales et criminelles de l'OTAN en Yougoslavie (1999), en Irak (2003), en Libye (2011) et en Syrie (2012) étaient déjà clairement contraires au droit. Depuis le début de la guerre de Gaza en 2023, la conduite de guerre s'est placée totalement hors du droit: c'est bien là le fait du gouvernement Netanyahu dans la bande de Gaza et c'est largement tolérée à l’échelle internationale. L’interdiction de la violence, principe fondamental des relations internationales depuis 1945, est désormais ouvertement considérée par l’Occident moralement déliquescent, y compris Israël, comme un obstacle, et est simplement ignorée.

Ce qui est particulièrement choquant: une grande partie des conservateurs et des soi-disant « éveillés », jusque dans les rangs de l’AfD, applaudissent également. C’est après la crise du coronavirus et la guerre en Ukraine le prochain grand test d’intelligence, où beaucoup échouent. Malheureusement, tous ces Schunke, Tichy et Reichelt sont aveuglés par leur haine de l’islam et ne comprennent pas ce qui se joue réellement. Si le droit du plus fort l’emporte maintenant, demain, n’importe qui pourrait devenir la prochaine victime pour n’importe quelle raison, et personne ne pourra plus se plaindre. Avec de bonnes raisons, Alexandre Douguine conseille à la direction russe de ne pas prendre le même risque que la haute direction iranienne, qui a été anéantie, et plutôt d’utiliser les méthodes américaines: « Cela signifierait que nous pourrions éliminer la direction militaire et politique de l’Ukraine et, sans se soucier des coûts, résoudre les tâches de l’opération spéciale militaire». Tout à fait exact. Seuls des fous ou des criminels peuvent vouloir de telles relations internationales.

L’Europe, et en particulier l’Allemagne, devront se préparer à des turbulences. La sécurité de l’Allemagne et de ses voisins, tous incapables militairement, ne repose pas sur des porte-avions, mais uniquement sur la fiabilité du droit. Si cela disparaît et qu’un gouvernement de dilettantes, comme celui de Merz, provoque simultanément un conflit avec la Russie, les États-Unis et le monde islamique, des temps très troublés nous attendent. Chacun de nos voisins, comme la Pologne, et surtout la Russie, pourrait envahir notre territoire sans conséquences et tout mettre à sac. Au mieux, un tel scénario signifierait au moins la fin du régime.

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Nous ne parlerons même pas des conséquences évidentes de la politique criminelle américano-israélienne. Depuis samedi, le prix du pétrole a augmenté de 16 %, celui du gaz LNG du Qatar de 45 %. Mardi, l’Iran a officiellement fermé le détroit d’Ormuz. Nous allons probablement assister à une poussée inflationniste, à des chaînes d’approvisionnement interrompues, peut-être à des attentats – après tout, l’Allemagne collabore avec la coalition Epstein. La Chine a déjà arrêté l’exportation de terres rares vers les États-Unis. Le système du pétrodollar – déjà sous pression depuis que la part du dollar dans les réserves monétaires mondiales est tombée de 71 % à 57,8 % – perd rapidement du terrain, ce qui est une bonne nouvelle. L’intégration du bloc BRICS s'accélére involontairement: le système de paiement interbancaire de la Chine et la plateforme mBridge, qui ouvre des corridors monétaires numériques entre la Chine, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et d’autres États, sont pleinement opérationnels. Leur mise en service pourrait être avancée, ce qui ferait encore chuter le dollar.

Téhéran ne pourra pas gagner militairement la guerre contre les puissances criminelles que sont Israël et les États-Unis. Ce n’est même pas la question la plus importante. L’Iran doit simplement tenir, survivre et faire monter le prix pour le bloc USrael. Moralement, personne ne pourra déjà leur enlever la victoire: le vieux Khamenei, qui ne s’est pas laissé évacuer et qui aurait déjà désigné son successeur, est devenu un martyr. Un martyr pèse plus lourd pour les chiites qu’un titulaire de fonction. Le chef suprême mort est une impulsion puissante pour rassembler le pays sous les yeux du monde. Par ailleurs, aucune opposition viable n’est visible. Chaque jour que l’Iran lutte et ne capitule pas, est une défaite pour Washington.

On a toujours eu raison dans le passé de se solidariser avec ceux que les médias, transatlantiques et amis d’Israël, ont tournés en ridicule ou criminalisés: Kadhafi, Saddam Hussein, Assad, les contestataires du Co vid, les Russes, et surtout Poutine. Dans la lutte pour le droit à l’autodétermination des peuples souverains et pour un ordre mondial plus juste, je suis depuis longtemps du côté de l’Iran. J’y étais il y a quelques années et j’ai participé à une conférence internationale à Mashhad. J’ai rencontré un peuple qui, malgré les sanctions, a conservé sa joie de vivre, son hospitalité et sa fierté nationale. Aujourd’hui, je suis avec lui dans mes prières et mes souhaits. Avec l’aide de Dieu, Satan mordra la poussière sur la terre des Aryens.

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Le danger d'une déstabilisation de l'Europe: l’AfD et la FPÖ appellent à la modération dans la guerre en Iran

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Le danger d'une déstabilisation de l'Europe: l’AfD et la FPÖ appellent à la modération dans la guerre en Iran

Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/warnung-vor-dest...

Face à la guerre d’agression contre l’Iran, l’AfD et la FPÖ appellent à la retenue et à un retour à la diplomatie. La FPÖ met également en garde contre des conséquences économiques et sécuritaires de grande ampleur pour l’Autriche. 

Face aux tensions croissantes après l’attaque contre l’Iran, l’AfD et la FPÖ prônent la prudence politique ainsi qu’un retour à la table des négociations. 

Berlin/Vienne – Après les récentes frappes militaires d’Israël et des États-Unis contre des cibles en Iran, la situation au Moyen-Orient s’est encore aggravée. Depuis le week-end, on parle d’une escalade qui s'avère évidente. Des observateurs mettent en garde contre une extension des hostilités au-delà de la région. Dans ce contexte, l’AfD en Allemagne ainsi que la FPÖ en Autriche appellent à la retenue et à la désescalade. 

L’AfD appelle à la retenue

Les coprésidents du groupe parlementaire de l’AfD au Bundestag, Alice Weidel et Tino Chrupalla, ont réagi avec inquiétude aux actions militaires contre l’Iran. Dans une déclaration commune, ils ont déclaré: «Nous avons pris connaissance avec grande inquiétude des attaques d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Nous appelons toutes les parties au conflit à une retenue absolue». La population civile et les infrastructures civiles doivent être protégées, et le droit international ainsi que le droit humanitaire international doivent être respectés sans restriction. 

«La nouvelle déstabilisation du Moyen-Orient ne sert pas l’intérêt de l’Allemagne et doit cesser», ont indiqué les deux figures de proue de l’AfD. 

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Ils reçoivent également un soutien interne au parti. Le député fédéral de l’AfD, Torben Braga, rappelle que les frappes aériennes seules ne peuvent pas imposer un changement politique durable. Malgré cette « réalité indiscutable », l’AfD, ou plutôt Weidel et Chrupalla, subissent « massivement des critiques et des attaques parce qu’ils restent calmes, au lieu de tomber dans la fièvre belliciste et de célébrer aveuglément les opérations militaires des États-Unis et d’Israël». Selon Braga, cette critique n’est plus objective. 

Il souligne que «tout tourne maintenant autour d'une volonté d'harceler l’AfD parce qu’elle ose prendre une position qui ne correspond pas à 1000 % à leur propre opinion», critique-t-il. 

La FPÖ mise sur la désescalade au Moyen-Orient

Face à la guerre d'agression, la FPÖ appelle également à la modération. La porte-parole en politique étrangère du parti, Susanne Fürst (photo), s’est montrée profondément préoccupée par l’évolution de la situation. 

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«L’escalade actuelle au Moyen-Orient me remplit de la plus grande inquiétude. La chose la plus importante est maintenant que la situation ne dégénère pas en une conflagration généralisée et que les hostilités militaires cessent dès que possible», a-t-elle souligné ce week-end dans un communiqué. 

Elle espère donc «qu’une désescalade de la situation sera de nouveau possible, que le maximum de vies humaines sera épargné, et qu’il y aura un retour à la table des négociations». 

Elle a également rappelé la tradition de neutralité de l’Autriche:  La neutralité nous a apporté paix, liberté, sécurité et prospérité pendant des décennies, même en ces temps de turbulences géopolitiques mondiales». 

L’Autriche doit revenir à une politique de neutralité active et devenir «un lieu de dialogue et de médiation». 

Kickl exige des clarifications sur les conséquences de l’attaque américano-israélienne

Pendant ce temps, Herbert Kickl (photo), chef du parti FPÖ, s’est concentré sur les conséquences économiques et sécuritaires possibles de l’escalade pour l’Autriche. Il attend des réponses concrètes du gouvernement fédéral concernant l’impact de la hausse des prix du pétrole sur l’économie nationale, ainsi que sur d’éventuelles interruptions ou réductions d’approvisionnement en gaz naturel liquide dans la région. 

Il souligne également que la mer Rouge est une question centrale pour le commerce international et l’approvisionnement en énergie, et il s’interroge sur les conséquences possibles d’un blocus. 

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Il évoque aussi l’impact du conflit sur la situation sécuritaire en Autriche, notamment en lien avec une éventuelle future migration. Le gouvernement doit préciser quelles mesures ont déjà été prises ou sont planifiées pour protéger le pays contre les effets directs et indirects du conflit. 

Il s’agit aussi de savoir quelles actions le ministère des Affaires étrangères entreprend pour protéger les citoyens autrichiens dans la région concernée. 

« Je suis curieux de savoir combien de temps il faudra avant que nous en tirions quelque chose. Je pense que la population a le droit de le savoir », a déclaré Kickl. 

Selon un rapport de Fass ohne Boden, les premières conséquences économiques de l’escalade guerrière sont déjà perceptibles. Des compagnies maritimes ont suspendu leurs traversées du détroit d’Hormuz, et plusieurs pétroliers sont à l’ancre, immobilisés dans le Golfe Persique. 

Les tensions sont dues à des avertissements des Gardiens de la révolution iraniens, qui affirment qu’aucun navire ne doit traverser le détroit. Parallèlement, les primes d’assurance pour le transport par la région ont fortement augmenté, ce qui entraîne une hausse des coûts pour l’énergie et les marchandises. 

Ce passage stratégique, qui représente environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et une part importante du commerce mondial de gaz naturel liquéfié, est considéré comme un point névralgique de l’économie mondiale. 

Les marchés réagissent déjà avec nervosité : le prix du Brent a augmenté sensiblement. Une véritable blocus entraînerait, selon les analystes, d’importantes perturbations dans le commerce mondial — avec des conséquences perceptibles en Europe aussi.

mardi, 03 mars 2026

Moyen-Orient: Premières fissures dans l’accord de sécurité avec les États-Unis

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Moyen-Orient: Premières fissures dans l’accord de sécurité avec les États-Unis

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena#

Un représentant du gouvernement saoudien a fait une déclaration d'une remarquable franchise lors d’une émission d’Al Jazeera:

La défense américaine se concentre en réalité sur Israël, tandis que les États arabes du Golfe — malgré les bases militaires américaines installées dans la région — ne reçoivent qu’une attention limitée.

Cette déclaration est géopolitiquement sensible, car elle touche au cœur du modèle de sécurité régional jusqu’ici en place:

Les États du Golfe fournissent territoire, infrastructure et financement — en échange, ils obtiennent des garanties de protection de Washington.

Mais ce modèle est désormais visiblement mis sous pression:

Premièrement: Au sein des élites de la région, le sentiment s’affirme que, en cas de crise, les États-Unis donneront des priorités claires. Et ces priorités ne seraient pas les monarchies arabes, mais Israël.

Deuxièmement: Cela soulève pour la première fois la question ouverte de l’utilité réelle de la présence militaire américaine. Les bases militaires ne garantissent pas automatiquement la protection. Au contraire, elles peuvent même devenir des cibles, sans qu’un bouclier défensif équivalent soit en place.

Troisièmement: Cette perception s’inscrit dans un contexte où l’Iran agit de plus en plus de manière précise et calculée. Les attaques contre les infrastructures et les alliés américains ne visent pas seulement des objectifs militaires, mais remettent également en cause la crédibilité de Washington sur le plan politique.

Avec chaque jour supplémentaire d’escalade militaire, ce malaise devrait s’accentuer.

Pour la direction américaine, cela représente un double risque:

Au plan intérieur, un conflit prolongé pourrait entraîner des pressions économiques et politiques.

Sur le plan extérieur, il y a un risque croissant de perte de confiance chez les partenaires régionaux clés.

Si cette tendance se poursuit, l’architecture de sécurité au Moyen-Orient pourrait se déplacer à long terme. Dans ce cas, les États du Golfe commenceront à diversifier leurs options stratégiques — sur le plan économique, technologique et peut-être aussi militaire.

Il ne s’agirait pas d’une rupture immédiate, mais d’un processus lent.

Mais ce genre de processus finit toujours par modifier l’ordre géopolitique.

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lundi, 02 mars 2026

L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran 

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L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran 

par Filippo Bovo 

Source : Filippo Bovo & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/l-eterogenesi-dei...

Maintenant que nous sommes au troisième jour du conflit,celui-ci atteint une intensité qui dépasse toutes les prévisions. Il dépasse sûrement, même si c'est négativement, celles des États-Unis ainsi que d’Israël, qui pensaient mener une opération éclair selon la doctrine militaire du « shock and awe »n « frappe et terrorise », visant à une « domination rapide » du conflit), mais aussi celles de leurs alliés en Europe et dans le Golfe. Il dépasse également celles de nombreux autres, qui, du côté opposé, regardaient ces derniers jours avec une inquiétude motivée le déploiement massif et croissant des forces américaines dans la région, en prévision d’une attaque destructrice contre l’Iran.

Plusieurs facteurs corroborent ce phénomène. Par exemple, au début des attaques, le premier jour, la thèse dominante était que le conflit ne durerait pas plus de 4 jours. Cependant, hier seulement, entre le deuxième et le troisième jour, Trump a rectifié ses prévisions en parlant d’au moins 4 ou 5 semaines, tout en mettant en garde contre le risque de nouvelles pertes parmi les forces américaines (officiellement, nous en sommes déjà à 3 morts et plusieurs blessés, dont certains très graves), ainsi que d’autres «dommages collatéraux» (par exemple, une moindre disponibilité d’hydrocarbures et l'augmentation relative de leurs prix, avec des conséquences pour l’inflation: ce n’est pas un hasard si la Maison Blanche pousse maintenant à une forte augmentation de la production de shale oil et à l’utilisation des réserves stratégiques, le Brent ayant entre-temps augmenté de +9 %, à 80 dollars).

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Il faut faire la différence entre le langage électoral et la réalité sur le terrain: les élections de mi-mandat sont très proches, et le pays est déjà en campagne électorale. En arrivant face aux électeurs avec une victoire facile, après un conflit court qui lui aurait permis de brandir d’énormes résultats (la fin, outre du « spectre » nucléaire iranien, de son programme de missiles et de ses liens avec le Hezbollah, les Houthis, les milices chiites irakiennes comme Harakat Hezbollah al-Nujaba, Asaib Ahl al-Haq, Kataib Hezbollah, l’Organisation Badr, peut-être aussi un «changement de régime» et la fin de l’opposition à Israël), Trump aurait eu la garantie d’un résultat «bulgare» pour le Parti républicain au Congrès. Avec un conflit qui s’allonge et dont l’issue est incertaine, tout cela devient beaucoup plus difficile: c’est un «marécage» qui peut entraîner des coûts humains et économiques peu «hygiéniques» dans la perspective des élections.

De plus, Netanyahu, avant de partir pour Berlin, où il a trouvé refuge contre les frappes iraniennes qui mettent sérieusement en crise le système de la défense aérienne israélienne (à cause de l’éblouissement des radars dans les bases américaines du Golfe et de la saturation, avec des drones et des missiles à bas coût, de systèmes d'interception coûteux comme Patriot, THAAD et Arrow 3, qui sont rapidement gaspillés), a déclaré à la télévision que la confrontation avec l’Iran sera longue et dure. Le Premier ministre israélien, lui aussi, repose sur une majorité fragile, et fait face à la pression de la magistrature nationale dans au moins trois affaires de corruption. La guerre devait lui assurer une longue vie politique (éradiquer une fois pour toutes la «menace» de Téhéran ferait de lui un héros national), mais pour l’instant, cela ne se passe pas comme prévu.

Puisque ni les États-Unis ni Israël n’ont l’intention de s’engager dans une crise guerrière prolongée et incertaine (les deux pays disposent de systèmes militaires orientés vers des affrontements courts et efficaces, peu enclins à des conflits de toute autre nature, encore moins une guerre asymétrique et de friction comme celle menée par Téhéran), la recherche d’une solution est évidemment saluée favorablement. L’Iran a été approché par des pays tiers, même co-belligérants (pas par hasard, les bases américaines sur leur territoire ont été frappées, comme dans d’autres pays du Conseil de coopération du Golfe), tels le Qatar et Oman, qui ont présenté une demande de « cessez-le-feu » envoyée par les États-Unis. Téhéran, par la voix du Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a cependant rejeté avec dédain cette offre. Même l’Italie, qui maintient également des canaux informels avec l’Iran, a collaboré pour transmettre une demande de « cessez-le-feu » de la part de Washington, mais n’a obtenu qu’un refus (d’ailleurs, il est assez curieux d’apprendre cette nouvelle dans des journaux étrangers, alors que Tajani présente aujourd’hui un rapport au Parlement italien: nos médias n’en parlent pas ou très vaguement).

Naturellement, ici aussi, le langage électoral entre en jeu. Trump, qui ne peut pas se permettre, pour des raisons évidentes, le luxe de révéler à ses concitoyens qu’il a «prié» pour un «cessez-le-feu» de la part de Téhéran avant une extension du conflit sans réserves militaires suffisantes pour le contenir, a «retourné l’œuf» en disant que les nouveaux dirigeants iraniens, succédant à Khamenei, lui avaient demandé de parler et qu’il avait accepté. Quand le démenti iranien est arrivé, avec le rejet de tout «cessez-le-feu», est arrivé, la crise a éclaté.

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Ce n’était pas le seul cas: presque simultanément, une correction a été publiée par Riyad à un article du Washington Post (propriété du milliardaire d’Amazon Jeff Bezos, également considéré comme un pilier profond du Département d’État américain), qui attribuait au prince héritier MBS des pressions sur Trump pour qu’il lance l’attaque contre l’Iran dès que possible. Avec un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères saoudien a démoli point par point cet article, réaffirmant que Riyad a jusqu’ici plutôt fait pression sur l’administration Trump pour qu’elle n’entreprenne pas d’actions nuisibles aux efforts saoudiens visant à préserver la stabilité régionale. L’article du Washington Post est une «fausse information» journalistique, qui répond néanmoins à une stratégie précise: pousser l’Arabie saoudite et tous les autres membres du Conseil de coopération du Golfe à la guerre contre Téhéran, ce qui a été largement révélé. D’autres épisodes y contribuent, comme la récente et controversée attaque sur la raffinerie ARAMCO de Ras Tanura (qui s’apparente à celle du plus grand complexe de liquéfaction de GNL au monde, à Ras Laffan, à proximité, avec une suspension de la production).

Pour l’Iran, une extension du conflit dans ces termes équivaut à mettre encore plus la machine économique et militaire israélo-américaine sous pression, et, par suite, à la paralyser. Cependant, puisque les États du Golfe ont officiellement maintenu leur neutralité envers Téhéran (à l’exception d’être dupés et abandonnés par les États-Unis, comme l’a déclaré un officiel saoudien à Al Jazeera), jusqu’à présent, les forces iraniennes n’ont pas attaqué leurs sites énergétiques, se concentrant principalement sur les bases américaines. Déjà, alors que la Ligue arabe renouvelle ses appels à la désescalade, plusieurs figures politiques du Conseil de coopération du Golfe déconseillent une intervention contre Téhéran, affirmant que ni leurs pays ni l’Iran n’en tireraient profit, mais seulement d’autres puissances extérieures aux intentions tout sauf amicales envers la région.

Mais, en fin de compte, une extension de la fracture diplomatique entre Washington et Riyad (avec tout le Conseil de coopération du Golfe) serait également un excellent résultat pour l’Iran: l’équivalent d’une extension du conflit, sous une autre forme.

dimanche, 01 février 2026

Pas même le Venezuela et l’Iran suffisent à Trump: il menace maintenant l’Irak

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Pas même le Venezuela et l’Iran suffisent à Trump: il menace maintenant l’Irak

par Sergio Caruso 

Source: https://www.ariannaeditrice.it/articoli/non-bastano-venez...

Pas même le Venezuela et l’Iran suffisent à Trump qui menace à nouveau l'Irak, un pays que les États-Unis ont contribué à dévaster avec leur invasion de 2003, menée sur la base d’accusations présentées à l’ONU — les fameuses armes de destruction massive — qui se sont révélées infondées par la suite, mais qui, en attendant, ont justifié bombardements, occupation militaire et le renversement violent de Saddam Hussein, ouvrant une phase de chaos que l’Irak n’a jamais vraiment surmontée.

Aujourd’hui, après avoir annoncé l’envoi d’un second groupe d’attaque navale dans le golfe persique, Trump revient à la charge en menaçant ouvertement Bagdad, avertissant que si l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki revenait au pouvoir, les États-Unis retireraient leur « aide », comme si ce soutien n’avait été dès le départ qu’un levier politique plus qu’un acte de solidarité, et comme si l’Irak n’avait pas déjà été profondément marqué par une intervention qui a détruit institutions, infrastructures et cohésion sociale.

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Les paroles de Trump, confirmées par plusieurs sources internationales, s’inscrivent dans une logique désormais consolidée: Washington revendique le rôle de principal garant de la stabilité irakienne, mais utilise en même temps ce rôle pour conditionner ouvertement les choix politiques internes du pays, en présentant l’« aide » américaine comme indispensable tout en ignorant que l’instabilité actuelle, pour l'essentiel, est une conséquence directe de l’invasion et de la gestion post-guerre.

Le soutien apporté après 2003 — en termes de sécurité, de formation militaire et de fonds pour la reconstruction — a toujours été accompagné d’énormes avantages géostratégiques pour les États-Unis, du contrôle d’une zone clé pour les routes énergétiques à la présence militaire permanente au cœur du Moyen-Orient, jusqu’à la possibilité de contenir l’influence iranienne, transformant l’Irak en un terrain de compétition entre puissances plus qu’en un État réellement souverain.

Dans ce contexte, les menaces de Trump contre le retour d’al-Maliki ne sont pas seulement un jugement personnel sur un leader controversé, mais un signal politique direct aux élites irakiennes, encore une fois appelées à choisir sous pression extérieure, avec le risque d’aggraver les fractures internes entre forces pro-américaines, groupes proches de Téhéran et une population de plus en plus fatiguée d’être l'otage d’un équilibre imposé de l’extérieur.

Les implications politiques sont profondes : sur le plan intérieur, de telles déclarations alimentent la perception selon laquelle le processus politique irakien est contrôlé de l’extérieur, ce qui affaiblit encore la confiance des citoyens dans les institutions et renforce les acteurs armés ou populistes qui se présentent comme défenseurs de la souveraineté nationale ; sur le plan régional, l’Irak reste un nœud central du jeu au Moyen-Orient, pris entre les États-Unis et l’Iran, et chaque intervention verbale ou militaire de Washington contribue à durcir le conflit, rendant plus difficile une stabilisation durable et confirmant l’image d’un pays qui, plus de vingt ans après la chute de Saddam, continue de payer le prix d’une guerre décidée ailleurs et jamais vraiment terminée.

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jeudi, 15 janvier 2026

Pakistan et Arabie saoudite: affaires, armes et alliances

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Pakistan et Arabie saoudite: affaires, armes et alliances

Enrico Toselli

Source: https://electomagazine.it/pakistan-e-arabia-saudita-affar...

Il a suffi d'un seul affrontement aérien entre le Pakistan et l'Inde pour garantir à Islamabad des commandes d'avions Jf-17 (photo), les chasseurs chinois qui ont remporté la victoire contre les avions de fabrication française, permettant ainsi au Pakistan de sortir théoriquement du programme du Fonds monétaire international dans les six mois.

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Un accord avec l'Arabie saoudite vaut déjà 4 milliards de dollars, entre la conversion d'un prêt et de nouveaux achats. Mais six pays seraient en négociation pour l'achat de ces chasseurs. Ils s'ajoutent à la Libye qui a déjà signé une commande gigantesque.

Ce n'est pas seulement une question économique. Car l'accord avec Riyad va bien au-delà de la fourniture d'avions et d'autres systèmes d'armes. Il prévoit des interventions militaires réciproques en cas d'attaque contre l'un des deux pays. Le Pakistan est par ailleurs un allié proche de la Chine, ce qui pourrait entraîner des changements considérables dans l'échiquier du Moyen-Orient et du golfe Persique. Notamment à la lumière de ce qui se passe en Iran.

Des changements rapides, des alliances qui naissent et meurent en l'espace de quelques semaines. Tout cela dans une région proche de l'Europe et qui, en partie, donne sur la Méditerranée, avec la Turquie, Israël et la Libye en constante agitation.

Mais il n'y a pas lieu de s'inquiéter: la brillante politique étrangère européenne a réussi à exprimer son inquiétude face aux événements en Iran. À peu près ce que l'Europe a fait face à l'extermination de 70 000 Palestiniens à Gaza...

mercredi, 14 janvier 2026

L'Iran au cœur du conflit géopolitique – Zones d’influence, intérêts, logique d’escalade

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L'Iran au cœur du conflit géopolitique – Zones d’influence, intérêts, logique d’escalade

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena 

PARTIE 1

La situation actuelle d’escalade autour de l’Iran ne peut être comprise qu’en la lisant comme un conflit entre des zones d’influence clairement définies. Il ne s’agit ni, au principal, d’un processus de réforme interne en Iran ni d’une question «systémique» abstraite, mais de la confrontation entre les intérêts stratégiques de quatre acteurs: les États-Unis, Israël, la Russie et la Chine. Toute analyse qui omet ce cadre reste nécessairement incomplète.

L’Iran n’est pas simplement un acteur de second ordre mais est un espace-clé où ces intérêts se croisent. Sa position géographique – entre le Golfe Persique, la mer Caspienne, le Caucase et l’Asie centrale – en fait un pivot pour la projection de toute puissance étatique. Qui gagne en influence en Iran ou le neutralise, modifie l’équilibre stratégique de plusieurs régions en même temps.

Pour les États-Unis, l’Iran occupe depuis des décennies une place centrale dans leur politique de mise en ordre dans les régions du Moyen-Orient et d'Asie centrale. Un État iranien autonome limite l’espace d’influence américain entre la Méditerranée et l’Asie centrale. Un Iran affaibli ou recentré politiquement donnerait à Washington non seulement plus de marges de manœuvre mais aussi un accès à des zones sensibles – du Caucase du Sud à la mer Caspienne et vers l’Asie centrale. L’objectif n’est pas tant de contrôler l’Iran lui-même que l’espace que l’Iran bloque aujourd’hui.

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Israël voit l’Iran sous un angle différent, existentiel. Pour Tel-Aviv, l’Iran est le seul acteur régional capable, militairement, idéologiquement et structurellement, de remettre en question la supériorité stratégique d’Israël à long terme. La présence iranienne en Syrie, au Liban et indirectement dans toute la région levantine est donc perçue non comme un problème tactique, mais comme une menace fondamentale. Il en découle un intérêt clair: un Iran durablement affaibli ou transformé politiquement perd cette capacité de projection.

Pour la Russie, l’Iran constitue un pilier central de stabilité dans le sud. Un État iranien solide limite l’influence des puissances étrangères dans le Caucase, la mer Caspienne et l’Asie centrale. De plus, l’Iran est pour Moscou un partenaire en matière de sécurité, qui aide à maintenir l’instabilité loin du territoire russe. Une chute de l’Iran n’allégerait pas le fardeau de la Russie, mais engendrerait une cascade de nouveaux risques – de l’insécurité militaire aux dynamiques migratoires et extrémistes.

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La Chine poursuit surtout des intérêts géoéconomiques. L’Iran est pour Pékin un maillon indispensable de la connectivité eurasienne: approvisionnement énergétique, axes de transit et projets d’infrastructure à long terme convergent ici. Un Iran déstabilisé couperait les corridors centraux des connexions occidentales de la Chine et réduirait la profondeur stratégique de Pékin dans l’espace eurasien. L’intérêt de la Chine est donc clairement orienté vers la continuité et la prévisibilité de l’État iranien.

Face à ce contexte, la logique actuelle d’escalade s’explique: la pression extérieure rencontre des tensions internes, qui sont délibérément renforcées pour forcer des décisions politiques autrement inaccessibles. Les charges économiques pour la population, les luttes de pouvoir internes et la fatigue sociale agissent comme catalyseurs. De telles configurations sont connues dans d’autres régions – elles créent des dynamiques difficiles à maîtriser dès qu’un certain seuil est dépassé.

Particulièrement critique est l’érosion de l’élite sécuritaire iranienne. La suppression ciblée de figures clés comme Qassem Soleimani a non seulement touché aux capacités opérationnelles, mais aussi affaibli le poids politique des acteurs sécuritaires.

Un effondrement de l’Iran serait perçu très différemment par les acteurs mentionnés, mais ses conséquences régionales seraient indéniables. Au lieu d’un transfert ordonné, un vide de pouvoir se créerait, entraînant interventions extérieures, conflits par procuration et une déstabilisation durable. Les expériences en Irak, en Libye et en Syrie parlent d’elles-mêmes.

L’Iran est donc le terrain clé d’un conflit géopolitique plus vaste. 

Partie II – Conséquences pour l’Allemagne et l’Europe: une lecture géopolitique ciblée

Une destabilisation de l’Iran ne serait pas un événement régional lointain pour l’Europe, mais un choc externe avec des répercussions directes sur l’économie, la société et la sécurité. Cela ne dépend pas d’une proximité ou d’une distance politique par rapport à Téhéran, mais du rôle structurel de l’Iran dans les enjeux mondiaux liés à l’énergie, aux migrations et à la sécurité. Pour l’Allemagne, ces effets sont particulièrement perceptibles, car sa stabilité économique et politique réagit de manière extrêmement sensible aux perturbations externes.

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Énergie : pourquoi l’Iran agit via les prix

Le levier central est le détroit d’Hormuz, l’un des points névralgiques mondiaux de l’énergie. Il ne s’agit pas seulement d’un blocage réel, mais déjà de la menace crédible de perturbations. Les marchés de l’énergie anticipent: les risques sont immédiatement intégrés dans les prix. 

Pour l’Allemagne, cela agit indirectement mais inévitablement. La hausse des prix du pétrole et du GNL entraîne une hausse mondiale des prix du gaz, indépendamment de l’origine du gaz. Le gaz est souvent le prix de référence pour l’électricité en Allemagne. Si le prix du gaz augmente, les prix de l’électricité suivent via ce mécanisme. D’où une cascade bien connue : prix de l’énergie plus élevé -> coûts de production accrus -> pression sur l’industrie -> pression politique sur le gouvernement, avec moins de marges de manœuvre économiques qu’auparavant.

Migration: réactions en chaîne régionales

Un Iran affaibli provoquerait non seulement des flux de réfugiés, mais déstabiliserait toute l’ordre régional – de l’Irak et la Syrie au Caucase. La conséquence serait une pression migratoire durable et multiforme vers l’Europe. L’Allemagne en serait particulièrement touchée, puisqu’elle sert de point final à la migration vers l'Europe. La perception que l'on a de la capacité de contrôle étatique est plus importante que le nombre absolu. Les chocs externes renforcent la polarisation sociale et l’instabilité politique.

Sécurité: émergence de zones grises

La déstabilisation régionale crée aussi des risques pour la sécurité en Europe. Il ne s’agit pas seulement de terrorisme mais aussi de zones grises où se superposent radicalisation, criminalité organisée et structures financières et logistiques illégales. De plus, en période de tension accrue, l’Europe devient le terrain arrière des services de renseignement concurrents, lorsque les États-Unis, Israël, la Russie et la Chine jouent leurs intérêts indirectement les uns contre les autres. La importance politique et économique de l’Allemagne accroît sa vulnérabilité.

Asymétrie entre décision et coûts

Les principales décisions d’amorcer l'escalade sont prises en dehors de l’Europe. Cependant, les coûts économiques, sociaux et sécuritaires retombent sur l’Europe – en particulier l’Allemagne. La politique étrangère devient ainsi, inévitablement, une politique intérieure: via les prix de l’énergie, la migration et la sécurité.

D’un point de vue géopolitique, l’Allemagne devrait suivre une ligne claire, orientée par ses intérêts, une ligne prônant la désescalade. Le critère n’est pas la prise de parti mais la limitation des dégâts. Cela implique: œuvrer pour la désescalade, pour la sécurité des voies maritimes internationales – en particulier le détroit d’Hormuz – et prendre clairement ses distances avec des scénarios planifiant une chute de régime, dont l’Europe supporterait les coûts.

La stabilité de l’État doit primer sur les expérimentations géopolitiques. Ce n’est pas une question de sympathie politique, mais de préservation lucide des intérêts allemands (et européens).

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Un nouveau bloc de puissance – et la perplexité de l’Allemagne

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Un nouveau bloc de puissance – et la perplexité de l’Allemagne

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena 

La possible formation (https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-01-09/turkey... ) d’un pacte militaire tripartite entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan n’est pas un événement marginal et exotique, mais le symptôme de changements plus profonds. Ceux qui considèrent ce processus de manière isolée négligent sa véritable nature. Il ne s’agit pas d’idéologie, pas de religion, pas même principalement de rivalités régionales – il s’agit de l’érosion des garanties de sécurité existantes et de la recherche d’architectures de substitution qui soient fonctionnelles.

Déjà, l’alliance saoudo-pakistanaise a modifié la structure du pouvoir au Moyen-Orient. Le Pakistan fournit la dissuasion nucléaire, des missiles, une masse militaire. L’Arabie saoudite apporte du capital. L’éventuelle adhésion de la Turquie en ferait plus qu’une simple alliance utilitaire: Ankara y apporterait l’industrie, la technologie, l’expérience opérationnelle – et surtout la capacité d’intégrer la puissance militaire dans une stratégie politique. Le résultat ne serait pas une «mini-OTAN», mais un cartel de sécurité spécialisé, où chacun contribue avec ce qui manque à l’autre.

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Mais le point clé se trouve ailleurs: ce pacte ne se crée pas contre les États-Unis, mais à cause des États-Unis. Parce que les garanties de sécurité américaines sont aujourd’hui perçues comme politiquement volatiles. Parce que les acteurs régionaux ont appris que ces garanties ont une durée de vie limitée. Le pacte tripartite est donc moins une attaque contre l’ordre établi qu’un vote de défiance à son encontre.

C’est ici que commence le problème stratégique pour l’Allemagne. Berlin a tendance à moraliser ou à ignorer toutes nouvelles configurations de pouvoir. Les deux options seraient erronées. D’un point de vue réaliste et de sécurité, un tel bloc représente avant tout une rupture avec l’ordre en place, avec des conséquences à long terme. Pas nécessairement déstabilisateur lors de sa création, mais risqué, car il crée des couches supplémentaires de dissuasion, de malentendus et de chemins possibles pour en arriver à une escalade.

Le rôle de la Turquie est particulièrement délicat. En tant que membre de l’OTAN, Ankara ne peut pas bâtir une architecture de sécurité parallèle sans compromettre la cohérence de l’alliance. Mais isoler la Turquie ou la mettre sous pression publiquement ne ferait que l’inciter davantage à adhérer à de telles constructions. La seule approche stratégique sensée est la relier plutôt que la sermonner: impliquer, assurer la transparence, consulter. Non par sympathie, mais par intérêt propre.

Le facteur nucléaire qu'apporte le Pakistan aggrave encore la situation. Il ne s’agit pas tant de voir s'instaurer une prolifération immédiate que de percevoir une stabilité en crise. Plus la dissuasion nucléaire devient dense dans des régions déjà fragmentées, plus le risque de mauvaises évaluations est grand – surtout lorsque plusieurs centres de pouvoir envoient des signaux simultanément.

De plus, des acteurs tiers sont aussi sous pression. L’Iran est en fait contenu sans être officiellement nommé. Israël perd son exclusivité stratégique. L’Inde doit interpréter toute montée en puissance du Pakistan comme une menace. Même la Chine fait face à une évolution silencieuse de son levier pakistanais. Le pacte tripartite agit ainsi comme un catalyseur, accélérant des tensions existantes sans pour autant les résoudre.

Que cela signifie-t-il pour l’Allemagne? Certainement pas une politique d'ordre symbolique. Ni l’illusion qu’on puisse «prendre position» sans moyens ni influence. Le rôle de l’Allemagne ne peut être que celui d’un stabilisateur dans l’ordre: limiter les risques d’escalade, protéger les routes commerciales et maritimes, suivre une logique de non-prolifération cohérente, et surtout mener une politique extérieure qui ne se résume pas à des formules de valeurs, mais qui définit clairement ses intérêts.

Le constat principal est décevant: le possible pacte tripartite montre moins la force de ses membres que la faiblesse de l’architecture de sécurité existante. Ceux qui le condamnent uniquement n’apprennent rien. Ceux qui l’analysent voient: le monde réorganise la sécurité. L’Allemagne ferait bien de cesser enfin d’être spectatrice.

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lundi, 22 septembre 2025

L’attaque israélienne à Doha: la fin des refuges sûrs dans un Moyen-Orient multipolaire

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L’attaque israélienne à Doha: la fin des refuges sûrs dans un Moyen-Orient multipolaire

par Peiman Salehi

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/31254-peim...

Le raid aérien israélien contre les dirigeants du Hamas à Doha, en septembre 2025, a été bien plus qu’une opération militaire. Il s’agit d’une rupture symbolique dans l’architecture même de la diplomatie au Moyen-Orient. Pendant des décennies, le Qatar s’est forgé une image de «médiateur neutre» en accueillant des négociations entre les talibans et Washington, ou en servant de plateforme à des pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis. L’attaque israélienne a brisé cette perception: l’ère des «refuges sûrs» pour la diplomatie en Asie occidentale est terminée.

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La capitale du Qatar, Doha, a longtemps été décrite comme un pôle paradoxal. D’un côté, elle abrite la base aérienne d’Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine de la région. De l’autre, elle a accueilli les bureaux du Hamas et a servi de plateforme pour des négociations entre des acteurs considérés comme hostiles par Washington et Tel-Aviv. Doha a prospéré dans cet espace contradictoire, se forgeant un rôle de médiateur mondial. La décision israélienne de lancer une frappe aérienne sur Doha a brisé ce paradoxe. Elle a montré que même un allié des États-Unis, un supposé médiateur «protégé», n’est pas immunisé contre la logique qui veut l’expansion du champ de bataille. En frappant les dirigeants du Hamas alors qu’ils étaient apparemment en pourparlers avec des responsables qataris, Israël n’a pas seulement sapé la souveraineté du Qatar, mais a aussi envoyé un message glaçant aux autres acteurs du Sud global: la neutralité est une illusion dans les conflits actuels.

L’un des aspects les moins abordés de l’attaque de Doha est sa portée pour le Sud global. Pendant des années, des États comme le Qatar, Oman ou la Turquie ont cherché à affirmer leur indépendance en s’imposant comme médiateurs. Ces rôles n’étaient pas seulement diplomatiques; ils étaient aussi l’expression de la volonté des petits États de façonner la multipolarité à leur manière. L’attaque israélienne peut être interprétée comme faisant partie d’une stratégie plus vaste visant à démanteler ces espaces dédiés aux médiations indépendantes. C’est, en fait, une déclaration selon laquelle l’Occident, par le biais de ses mandataires régionaux, ne tolérera pas que des acteurs non occidentaux tentent de créer des cadres diplomatiques alternatifs. Doha n’est pas seulement une capitale attaquée; c’est un symbole de la souveraineté fragile des médiateurs du Sud global.

L’attaque révèle également une vérité plus profonde sur la géographie changeante de la résistance. En visant des dirigeants du Hamas sur le sol qatari, Israël a étendu le champ de bataille au-delà de Gaza, du Liban ou de la Syrie. Le message est clair: il n’existe plus d’«arrière» où les leaders de la résistance peuvent opérer en relative sécurité. Paradoxalement, cela pourrait avoir l’effet inverse de ce qu’Israël recherche. Au lieu d’isoler le Hamas, l’attaque pourrait encourager une coordination plus étroite entre l’Iran, le Qatar et même la Turquie, qui partagent désormais un intérêt commun à résister aux ingérences israéliennes. En ce sens, l’attaque pourrait accélérer la consolidation de ce que certains analystes appellent un «axe de résistance multipolaire».

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Du point de vue des relations internationales, l’attaque de Doha est un signe supplémentaire de l’érosion de l’ordre libéral. Les États-Unis soutiennent depuis longtemps que leurs alliances au Moyen-Orient reposent sur des règles et une certaine prévisibilité. Pourtant, lorsque Israël lance une frappe aérienne sur le territoire de l’un des partenaires les plus proches de l’Amérique, ces règles s’effondrent dans la contradiction. Si Washington a toléré l’attaque, cela révèle une complicité et une hypocrisie: proclamer le respect de la souveraineté tout en la violant via un allié. Si Washington n’a pas été consulté, cela révèle une crise encore plus profonde: l’hégémonie américaine s’est érodée au point que son allié le plus proche ignore ses intérêts. Dans les deux cas, la crédibilité de l’ordre libéral subit un nouveau coup.

L’importance de l’attaque de Doha dépasse le Moyen-Orient. Elle illustre une dynamique clé du monde multipolaire émergent: la rupture de la distinction entre «centre» et «périphérie». Dans un ordre unipolaire, les petits États pouvaient trouver protection en s’alignant sur l’hégémon. La stratégie du Qatar, pendant des décennies, a été précisément d’héberger des troupes américaines tout en jouant le médiateur en marge. Dans un contexte multipolaire, cependant, cette protection n’est plus garantie. Ce développement pousse les États du Sud global à faire un choix net: continuer à dépendre de garanties sécuritaires occidentales de moins en moins fiables, ou investir dans des alliances alternatives dans un cadre multipolaire. Le sommet BRICS+ de cette année a déjà montré un intérêt croissant pour cette dernière option. L’attaque de Doha pourrait encore accélérer ce réajustement stratégique.

D’un point de vue civilisationnel, l’attaque souligne les limites de l’universalisme occidental. Israël, en tant qu’avant-poste de l’Occident au Moyen-Orient, a clairement fait comprendre que la survie de son hégémonie prime sur le respect de la souveraineté, de la diplomatie ou du droit international. Le Sud global, cependant, considère la souveraineté comme la dernière ligne de défense contre la domination. Ce choc de priorités n’est pas seulement géopolitique, mais aussi civilisationnel. Le silence de nombreuses capitales occidentales après l’attaque de Doha contraste fortement avec l’indignation des sociétés arabes et musulmanes. Pour les élites occidentales, le calcul de la puissance l’emporte sur les principes qu’elles affirment défendre. Pour l’opinion publique du Sud global, la violation de la souveraineté du Qatar est un rappel de plus que l’ordre libéral n’est pas universel, mais appliqué de façon sélective.

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L’attaque israélienne contre Doha doit être comprise comme un tournant. Il ne s’agit pas seulement du Hamas ou du Qatar; il s’agit des fondements ébranlés d’un système international où la diplomatie bénéficiait autrefois de sanctuaires. Dans la nouvelle réalité multipolaire, même les États «neutres» deviennent des champs de bataille potentiels. Pour Israël, cela peut sembler un succès tactique. Pour la région, il s’agit d’une rupture stratégique qui pourrait avoir des conséquences inattendues: la perte de confiance dans la médiation dirigée par l’Occident, la consolidation d’une résistance multipolaire et l’accélération, pour le Sud global, de la recherche de cadres alternatifs de sécurité et de diplomatie. En résumé, la guerre est entrée à Doha non pas à coups de roquettes ou de troupes, mais parce que l’architecture même de la diplomatie a été bombardée. Le refuge sûr a disparu, et avec lui, une autre illusion colportée par le monde unipolaire.

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lundi, 15 septembre 2025

Sur le rapprochement irano-arabe - Les actions d'Israël rapprochent les Arabes des Iraniens

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Sur le rapprochement irano-arabe

Les actions d'Israël rapprochent les Arabes des Iraniens

Alexander Douguine

Alexander Douguine soutient que les actions de Trump et d’Israël accélèrent la formation d’alliances anti-occidentales et rapprochent les Arabes des Iraniens.

Trump a réussi à rapprocher l’Inde et la Chine, et maintenant il rapproche également les Iraniens et les Arabes. J’ai remarqué que Trump contribue à la construction d’un monde multipolaire, non pas directement (en l’admettant), mais de manière opposée — en prenant sporadiquement des décisions politiques abruptes qui accélèrent la création d’alliances anti-occidentales aux niveaux régional et mondial, et les renforcent.

La réaction vague de Trump aux frappes israéliennes contre le Qatar a provoqué une vague de perplexité parmi les États arabes. Ils étaient prêts à s’approcher davantage d’Israël, trahissant les forces de la Résistance et l’Iran, mais subir en plus des frappes de missiles était le coup de trop.

Si les Israéliens avaient tué la direction du Hamas, cela aurait pu être en quelque sorte acceptable. Mais quelqu’un a averti le Hamas à la dernière minute (on dit que ce sont les Turcs), et seuls les Qataris ont souffert de la frappe. Quelques-uns, seulement six personnes, mais pourquoi y en a-t-il eu tout court ? Quel genre de « tir ami » sous forme d’attaques de missiles contre des alliés est-ce là ? Trump n’avait rien à dire sur le sujet, et Netanyahou ne parle tout simplement à personne s’il n’en a pas envie. Ceci est désormais évident pour tout le monde.

Il est trop tôt pour dire que les positions des Iraniens et des monarchies du Golfe convergent (ce n’est pas encore le cas), mais la proposition de l’Iran d’installer sa défense antimissile à la place de l’américaine tombe à point nommé. Les monarchies du Golfe et d’autres États arabes de la région sont devenus les otages de la politique d’Israël, qui les ignore complètement et se comporte comme le maître absolu du Moyen-Orient, entouré de vassaux et d’esclaves. Un rôle désagréable pour des élites arabes pragmatiques et prêtes au compromis, mais néanmoins fières.

19:23 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, moyen-orient, iran, émirats arabes unis, qatar | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 18 août 2025

Du Zangezour au Corridor de David: la refonte silencieuse du commerce mondial et la voie vers la guerre avec l'Iran

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Analyses:

Du Zangezour au Corridor de David: la refonte silencieuse du commerce mondial et la voie vers la guerre avec l'Iran

Ibrahim Majed

Source: https://geoestrategia.eu/noticia/44912/geoestrategia/del-...

Sur l'échiquier changeant de la géopolitique mondiale, peu d'événements sont aussi importants et aussi peu médiatisés que l'émergence de deux corridors: le corridor de Zangezur et le corridor de David.

Ces projets, qui s'étendent du sud du Caucase au nord de l'Irak, ne sont pas seulement des infrastructures: ils sont les instruments d'un nouvel ordre géopolitique.

Ce ne sont pas seulement les flux commerciaux et énergétiques mondiaux qui changent, mais aussi le paysage stratégique de toute guerre future contre l'Iran.

Le corridor de Zangezur: rompre le lien Est-Ouest de l'Iran

Le corridor de Zangezur, qui traverse la province arménienne de Syunik, est conçu comme un pont terrestre reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan et, au-delà, à la Turquie.

Avec le soutien de la Turquie et d'Israël et un appui solide des intérêts énergétiques alignés sur l'Occident, ce corridor contourne efficacement l'Iran en tant que centre de transit régional, ce qui sape sa valeur géopolitique le long de la route de la soie Est-Ouest.

- Contournement stratégique de l'énergie: le projet Zangezur est étroitement lié au transport de l'énergie. Il permet au gaz de la Caspienne, provenant d'Azerbaïdjan et d'Asie centrale, d'atteindre l'Europe via la Turquie, sans dépendre de l'Iran ou de la Russie.

- Asphyxie économique de l'Iran: comme l'initiative chinoise « Belt and Road » et le corridor de transport nord-sud de la Russie dépendaient autrefois de l'Iran, ce changement redirige le commerce de l'Iran, l'isolant économiquement des principaux marchés eurasiatiques.

- Influence d'Israël et de l'OTAN: la présence militaire et les services de renseignement israéliens en Azerbaïdjan se sont considérablement renforcés, profitant de ce corridor pour recueillir des renseignements et, à l'avenir, établir des bases militaires sur le front nord de l'Iran.

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Le corridor de David : une porte dérobée vers le flanc occidental de l'Iran

Alors que le corridor de Zangezur affecte l'Iran depuis le nord, le corridor de David (terme désignant la route terrestre émergente qui part de la Palestine occupée, traverse la Jordanie et la Syrie et se dirige vers l'Irak) remplit une double fonction: logistique et militaire.

Accès stratégique pour Israël: cette route offre à Israël une connexion terrestre potentielle avec les forces américaines et alliées stationnées dans le Kurdistan irakien. Il s'agit d'un point d'inflexion en termes de déploiement logistique, de surveillance et même d'armement.

Déstabiliser le Levant: le succès du corridor dépend de la fragmentation de la Syrie et de l'Irak, en maintenant ces deux pays trop faibles ou trop divisés pour résister à sa formation.

Contrôle par les puissances en Irak: le nord de l'Irak, en particulier la région kurde, est devenu une plate-forme non seulement pour les militaires américains et israéliens, mais aussi pour l'extraction d'énergie qui échappe au contrôle de Bagdad.

Redessiner la carte du commerce mondial sous couvert militaire

Ensemble, ces corridors représentent une stratégie sur deux fronts :

- Au nord, le corridor de Zangezur vise à couper les artères économiques de l'Iran, en redirigeant les oléoducs, les chemins de fer et les infrastructures numériques hors du contrôle de Téhéran.

- À l'ouest, le corridor de David offre une voie logistique militarisée directement vers le flanc ouest vulnérable de l'Iran, raccourcissant ainsi le champ de bataille pour une éventuelle guerre future.

Il ne s'agit pas seulement de commerce : c'est une guerre des infrastructures.

Le tableau d'ensemble : l'encerclement et l'isolement de l'Iran

Ces corridors ne sont pas des phénomènes isolés, mais font partie d'une stratégie d'encerclement coordonnée :

- L'Azerbaïdjan est désormais une base avancée pour les opérations israéliennes près du nord de l'Iran.

- Le nord de l'Irak est en train de se transformer en une zone militaire molle avec une forte présence israélienne et américaine.

- Le Levant, en proie à la guerre et aux divisions, offre suffisamment de chaos pour permettre au Corridor de David de s'étendre sans être remarqué.

Pendant ce temps, les exercices militaires de l'Iran à la frontière avec l'Azerbaïdjan, ses liens de plus en plus étroits avec la Russie et la Chine et ses efforts pour sécuriser des routes alternatives vers l'est sont autant de signes que Téhéran voit se former un piège.

Que la guerre commence bientôt ou non, le champ de bataille est déjà en train d'être préparé, corridor par corridor.

* * * 

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Analyse:

Le « Corridor David », offensive d'Israël pour balkaniser la Syrie et imposer les « Accords d'Abraham »

Alfredo Jalife-Rahme

Bien que cela puisse sembler inconcevable, Israël a lancé un projet d'expansion territoriale qui comprend l'annexion... de la capitale syrienne ! Le président autoproclamé de ce dernier pays semble déjà avoir cherché refuge à Idlib, avec sa famille, sous la protection de la Turquie.

À l'époque du « collectif Biden » – groupe imposteur de la Maison Blanche qui a suppléé l'illégale et trompeuse « auto-pen » (fausse « auto-signature » automatisée) de l'ancien président handicapé –, le corridor géoéconomique projeté depuis l'Inde, passant par les Émirats arabes unis (EAU), l'Arabie saoudite jusqu'à Israël et l'Europe a été bouleversée par l'étrange attaque de la guérilla palestinienne du Hamas de Gaza, aujourd'hui décimée au maximum.

Le corridor géoéconomique Inde-EAU-Arabie saoudite-Israël-Europe «soutenu par les États-Unis» et annoncé lors du sommet du G20 à New Delhi, visait à «rivaliser avec la nouvelle route de la soie de la Chine» [1]. On suppose que l'un des objectifs de la « guerre de 12 jours » menée par Israël et les États-Unis contre l'Iran était de saboter le carrefour géoéconomique de ce pays, âme des BRICS, afin de le déconnecter à la fois de la Route de la Soie avec la Chine et du Corridor de transport international Nord-Sud, qui relie la Russie à l'Inde en passant par l'Azerbaïdjan et l'Iran [2].

Le Moyen-Orient est en proie à la collision des corridors géoéconomiques des trois superpuissances (États-Unis, Russie et Chine) qui définiront la connectivité tricontinentale entre l'Asie/le Moyen-Orient (et l'Afrique) et l'Europe. En parallèle, la puissance régionale (Israël), soutenue par Trump comme jamais auparavant dans l'histoire des États-Unis, cherche à imposer son « Corridor David » [3], qui relie ses deux alliés ethniques et théologiques: les Druzes et les Kurdes du nord-est de la Syrie (la région du Rojava) [4].

Dans mon interview avec NegociosTV, en Espagne [5], j'ai expliqué qu'Israël a intérêt à la balkanisation du Moyen-Orient afin de démembrer les pays et de mieux les contrôler. L'objectif du « Corridor David » est de positionner Israël à la frontière de l'Irak pour tenter de le balkaniser en trois morceaux, et ainsi atteindre les frontières de l'Iran pour lui porter un coup nucléaire sur l'une de ses sept frontières terrestres, qui sont neuf si l'on ajoute ses deux autres frontières maritimes dans la mer Caspienne (ancienne mer des Khazars), la Russie et le Kazakhstan.

Le Premier ministre Netanyahu se heurte au mauvais moment au putschiste syrien Al-Jolani, décapiteur professionnel – condamné hier par les États-Unis pour être le chef d'une des branches d'Al-Qaïda/Daech et dont la capture était récompensée par 10 millions de dollars, mais aujourd'hui sanctifié comme « héros » par l'Europe et Washington –, qui extermine sans distinction les minorités alaouites, chrétiennes et druzes.

Israël a détruit le ministère de la Défense à Damas, ce qui a contraint le décapiteur al-Jolani à fuir avec sa famille vers la région nord d'Idlib, sous la protection de la Turquie. Les médias arabes et turcs ont commencé à dévoiler le plan israélien et son « corridor David », qui vise à intégrer le plus grand nombre de pays démembrés aux « accords d'Abraham ».

Abraham, accepté par les trois religions monothéistes, était originaire d'Ur, à 16 kilomètres du fleuve Euphrate, puis a émigré vers ce qui est aujourd'hui connu sous le nom d'Israël. Il convient de noter que le drapeau israélien comporte deux bandes bleues représentant les deux fleuves, le Nil et l'Euphrate, prétendues frontières du « Grand Israël » : projet talmudique eschatologique du Khazar Netanyahu, d'origine polonaise et dont le nom de famille d'origine est Mileikowsky, dont le père était un collaborateur de Jabotinsky, doctrinaire du révisionnisme sioniste.

Les Kurdes du nord-est de la Syrie, alliés d'Israël, sont installés dans le bassin de l'Euphrate, le plus grand fleuve d'Asie du Sud-Ouest avec ses 2800 kilomètres, qui prend sa source en Turquie et traverse la Syrie et l'Irak. Grâce à l'annexion de la région druze syrienne des hauteurs du Golan et à sa nouvelle pénétration autour du mont Hermon, Israël positionne ses troupes à 10 kilomètres de Damas [6], la capitale syrienne, que son ministre des Finances Bezalel Smotrich exige d'envahir [7].

Pour plaisanter, on dit au Liban que Netanyahu s'apprête à ajouter une troisième bande bleue à son drapeau, qui représenterait le fleuve Litani, toujours sous le contrôle du Hezbollah.

Notes:

[1] «Le corridor Inde-Europe soutenu par les États-Unis qui veut rivaliser avec la nouvelle route de la soie chinoise », Nikhil Inamdar, BBC News, 4 octobre 2023.

[2] « International North-South Transport Corridor (INSTC) », Piyush Shukla, Adda247, 2 août 2022.

[3] « David’s Corridor : The Hidden Axis Behind Israel’s Expansion into Syria and Iraq », Times Headline, 18 juillet 2025.

[4] «La région kurde du Rojava, dans le nord de la Syrie, face à un avenir incertain », Christopher Phillips, Majalla, 28 mars 2023.

[5] «50 jours passionnants à venir ! : Kaléidoscope des balkanisations au Moyen-Orient », Alfredo Jalife, YouTube, 15 août 2025.

[6] « Syrie : la dangereuse stratégie israélienne », Éditorial, Le Monde (France), 18 juillet 2025.

[7] « Smotrich : l'avenir d'Israël est de « s'étendre jusqu'à Damas » », Middle East Monitor, 13 octobre 2024.