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mardi, 03 novembre 2026

Musk, Trump, Zelensky et Starlink

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Musk, Trump, Zelensky et Starlink

Alexandre Douguine

Présentateur: Nous allons aborder un sujet très proche de nous, d’une grande importance et, si vous voulez, « élevé » — ne serait-ce qu’en termes de distance et d’altitude orbitale.

Le réseau de satellites Starlink se retrouve une fois encore au cœur des débats, des polémiques et des justifications les plus vifs. Elon Musk a fait une série de déclarations retentissantes. Il apparaît que les forces ukrainiennes auraient exploité certaines failles techniques du système — en clair, contourné des restrictions, piraté des fonctionnalités et utilisé le service commercial Starlink à des fins purement offensives pour le ciblage de frappes, ce qui, selon Musk, est catégoriquement inacceptable. Musk a promis de combler toutes les failles et de ramener l’ensemble à des paramètres strictement civils. Zelensky a déjà indiqué que les communications avaient été rétablies, mais, dans le même temps, les déclarations émanant de Kiev montrent clairement que l’on s’attend à tout moment à de nouvelles mauvaises surprises de la part de Musk et de son système.

Parallèlement, Musk lui-même a déclaré sans détour que Starlink était la seule raison pour laquelle la ligne de défense ukrainienne ne s’était pas encore complètement effondrée.

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Alexandre Guélievitch [Douguine], que signifie tout cela à l’heure actuelle ? S’agit-il simplement d’un prétexte commode et d’un règlement de comptes tactique au sein de l’establishment américain à l’approche des élections nationales, ou est-ce le signe que toute cette pyramide technologique commence réellement à vaciller et qu’une fracture systémique apparaît dans le dispositif militaro-technique de l’Occident?

Alexandre Douguine : Tout d’abord, Musk — comme Trump au tout début, et comme l’écrasante majorité du mouvement MAGA, à l’exception des néoconservateurs, qui ont malheureusement considérablement renforcé leur influence ces derniers temps — était opposé à cette guerre. Trump lui-même et le noyau du mouvement MAGA étaient initialement opposés au soutien financier et militaire au régime de Zelensky, opposés à l’entraînement des États-Unis dans un conflit avec l’Iran, et insistaient pour que l’Amérique se concentre exclusivement sur son programme de politique intérieure.

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Cependant, le puissant lobby sioniste aux États-Unis, allié aux néoconservateurs, a de fait contraint Trump à s’enliser dans la confrontation avec l’Iran. Ils continuent à attiser systématiquement la russophobie systémique — rappelons, par exemple, la célèbre initiative législative de Lindsey Graham (photo). Fait remarquable, ce sont exactement les mêmes personnes. Mark Levin, Ben Shapiro: des néoconservateurs typiques et, en même temps, des sionistes militants. Pour ce groupe de sionistes américains, les orientations pro-israéliennes, anti-iraniennes et antirusses ont toujours coïncidé avec un soutien inconditionnel à Zelensky — en contraste flagrant avec les positions du partisan ordinaire de MAGA.

Et, au sein de cet ensemble, Musk était l’un des représentants les plus marquants de la « première vague » de MAGA. Il a créé l’organisme chargé d’améliorer l’efficacité de l’appareil d’État, le DOGE, et a démantelé progressivement les programmes de l’USAID. Mais lorsque Trump a pris ce tournant sioniste et néoconservateur, Musk a semblé se murer dans le silence. Au moment des événements internationaux les plus importants, des bouleversements tectoniques, il s’est délibérément tenu à l’écart et a commenté des choses parfaitement insignifiantes — par exemple, en se vantant de sa merveilleuse IA Grok et des belles images de style anime qu’elle pouvait générer.

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Ce fut une véritable émigration intérieure dans l’espace numérique. Il s’est retiré de la grande politique, s’est cantonné strictement au domaine des affaires et a cessé de livrer des analyses géopolitiques, alors qu’auparavant il s’exprimait à pratiquement chaque occasion.

Et maintenant, on le ramène partiellement au service de l’État — à de grands contrats, assortis de pouvoirs spécifiques — et il a recommencé à s’exprimer. À mon avis, une nouvelle politique « post-trumpiste » prend actuellement forme, dans laquelle Musk est appelé à jouer l’un des rôles clés.

C’est précisément pour cette raison que des thèmes à moitié oubliés reviennent au premier plan : une critique acerbe de l’engagement dans le conflit avec l’Iran, des accusations contre l’Union européenne, les mondialistes et le Parti démocrate, selon lesquelles ce sont eux qui ont déclenché le massacre sanglant entre Russes et Ukrainiens.

Musk a publié un message retentissant, déclarant explicitement: «Maudits soient ceux qui ont appelé à cette guerre, qui a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes!». C’était un coup direct et dévastateur porté aux néoconservateurs au sein du Parti républicain ainsi qu’aux démocrates. Cela concerne à la fois la guerre elle-même et l’aide insensée apportée à Kiev.

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Musk s’en est immédiatement pris à Zelensky, affirmant sans détour que cet homme ne veut absolument pas la paix et ne fonctionne que sur la base de la guerre. Ces formulations étaient extrêmement dures.

Quant à la Russie, même Trump essaie de maintenir une position relativement mesurée: il n’est pas un russophobe enragé et primaire comme ses adversaires démocrates ou ses alliés néoconservateurs, et il tente de préserver un certain équilibre. Bien que, comme nous le voyons clairement, il soit loin d’être libre de suivre pleinement sa propre ligne.

Et il est ici extrêmement important que les critiques de Musk visent aussi directement le déclenchement d’une guerre contre l’Iran. Le terme « fauteurs de guerre », dans ses reproches, s’applique avec la même force au théâtre ukrainien et au théâtre moyen-oriental.

Peut-être s’agit-il en partie d’une subtile manœuvre électorale, car les sondages montrent implacablement qu’à un certain stade, Trump a rapidement dilapidé sa réserve d’or qui était le soutien dont il jouissait parmi les partisans fidèles du MAGA des débuts. Il a méthodiquement repoussé le noyau idéologique, estimant pouvoir se passer de lui.

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Permettez-moi de rappeler que, dans ses publications sur Truth Social, il s’est emporté contre les dirigeants les plus loyaux et les plus convaincus de ce mouvement — Tucker Carlson, Marjorie Taylor Greene, Megyn Kelly, Alex Jones et Musk lui-même. Pourtant, c’est précisément cette cohorte d’idéologues qui lui a, pour l’essentiel, apporté la victoire, en lui procurant la marge décisive dont les républicains traditionnels étaient dépourvus. D’ailleurs, J.D. Vance est issu du même cercle.

Et maintenant, cette force profonde, extrêmement intéressante à observer, commence à se manifester ouvertement en Amérique. Elle est fondamentalement opposée au soutien militaire à Kiev.

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En même temps, Musk est un pragmatique endurci et un homme d’affaires. Il trace une ligne claire: le dispositif militaire Starshield relève directement des prérogatives du Pentagone et de l’État américain, et Musk lui-même n’y prend formellement aucune décision. Bien sûr, auparavant, il fermait les yeux sur la manière dont les Ukrainiens pirataient sans vergogne le système commercial Starlink et l’utilisaient pour des frappes offensives. Mais le simple fait qu’il ait cessé de fermer les yeux et commencé à dresser publiquement des barrières constitue un symptôme de la plus haute importance.

Il ne s’agit pas simplement d’agitation préélectorale ni d’une tentative de reconquérir, pour le bénéfice de Trump, un électorat désillusionné. Tout cela est beaucoup plus profond: nous entrons progressivement dans l’ère post-Trump. Aux États-Unis se cristallise une immense et puissante force conservatrice et isolationniste, opposée au lobby sioniste, à la guerre en Ukraine, aux mondialistes et aux bureaucrates européens. En raison de la politique maladroite de Trump, et, par endroits, elle a tout simplement ratée, cette masse de plusieurs millions de personnes s’est retrouvée politiquement orpheline. Une lutte acharnée se déroule maintenant pour déterminer qui la dirigera et sous quelles bannières elle sera ralliée. Les démocrates se frottent déjà les mains, comptant dresser leurs adversaires les uns contre les autres et organiser une chasse aux figures clés de MAGA.

Mais il faut envisager le problème plus largement. Nous ne devons pas ramener l’analyse à un niveau enfantin: «Musk a coupé Starlink — bravo; il ne l’a pas coupé — mauvais point». Nous devons comprendre clairement ceci: nous sommes en état de guerre directe avec les États-Unis, et Trump ne met pas fin à cette guerre.

L’issue idéale serait peut-être que les dirigeants des trois grandes puissances — Poutine, Trump et Xi Jinping — se rencontrent sans aucun intermédiaire, sans Ukrainiens ni Européens, afin que ces derniers ne viennent tout simplement pas leur mettre des bâtons dans les roues. Aujourd’hui, nous avons un monde tripolaire pleinement constitué. Et les véritables dirigeants de ces trois États-civilisations devraient s’asseoir à la même table et négocier directement entre eux.

Il est révélateur que Trump lui-même laisse périodiquement échapper: «L’Ukraine ne m’intéresse absolument pas, je ne veux pas en discuter; parlons plutôt de stabilité stratégique et d’arsenaux nucléaires». Pour lui, le dossier ukrainien est une question périphérique et secondaire. Mais, sous la pression étouffante de forces internes et externes, il est contraint de poursuivre cette ligne. Alors qu’il est enlisé dans une multitude de conflits, abandonner le soutien à Zelensky serait la mesure la plus rapide et la plus douloureuse pour les démocrates, et une mesure que le pays tout entier accueillerait favorablement. Mais Trump est malheureusement pieds et poings liés et ne dispose pas d’une souveraineté suffisante pour prendre cette décision de sa propre initiative.

vendredi, 30 octobre 2026

L’Europe appelée à payer la facture ukrainienne tandis que Washington se désengage

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L’Europe appelée à payer la facture ukrainienne tandis que Washington se désengage

Par Giulio Chinappi

Source : Strategic Culture Foundation & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/l-europa-chiamata...

Le Conseil européen des 15 et 16 octobre a mis en évidence la nouvelle réalité financière de la guerre : tandis que Washington réduit progressivement son engagement, Kiev fait état auprès de l’Europe d’un besoin supplémentaire d’environ 70 milliards d’euros pour la seule année 2027.

Le Conseil européen des 15 et 16 octobre a eu le mérite, peut-être involontaire, d’expliciter une question qui planait depuis des mois sur l’avenir du conflit ukrainien : qui continuera à payer la guerre si les États-Unis réduisent encore leur implication ? La réponse qui se dessine à Bruxelles est de plus en plus clairement : « l’Europe ». Mais entre l’affirmation politique selon laquelle l’Union européenne serait prête à prendre la place de Washington et sa capacité effective à le faire, il existe un écart considérable, qui concerne non seulement l’argent, mais aussi la structure même de la puissance européenne.

Intervenant lors du sommet, Volodymyr Zelensky a chiffré à 155 milliards d’euros le coût total de la guerre pour l’Ukraine en 2027, demandant aux partenaires européens de trouver au moins 70 milliards supplémentaires « pour la défense, pour les armes et pour notre résilience ». Ursula von der Leyen a ensuite confirmé l’existence d’un déficit de financement de l’ordre de 70 milliards, précisant qu’en revanche les besoins pour 2026 étaient couverts.

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Cette demande intervient alors que l’Union européenne est encore en train de mettre en œuvre le gigantesque prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine pour la période 2026-2027, décidé par le Conseil européen en décembre 2025, puis transposé dans le cadre législatif correspondant. Sur cette somme, 30 milliards sont destinés au soutien macroéconomique et au budget de l’État ukrainien, tandis que pas moins de 60 milliards sont réservés aux besoins militaires ainsi qu’au développement et à l’acquisition de capacités industrielles de défense. Le financement repose sur des émissions de dette de l’Union sur les marchés, garanties par le budget européen, tandis que le remboursement par l’Ukraine ne devrait intervenir qu’une fois obtenues d’éventuelles réparations de la Russie — autrement dit, jamais.

Le problème est qu’une somme qui paraissait énorme à la fin de 2025 s’est révélée insuffisante moins d’un an plus tard. Les conclusions officielles du Conseil européen du 16 octobre se bornent à constater que les ressources nécessaires pour couvrir les besoins budgétaires et de défense de l’Ukraine en 2026 ont été identifiées, et renvoient à une nouvelle évaluation de la Commission européenne et du Fonds monétaire international pour les années suivantes. Mais le langage diplomatique ne dissimule pas le fond du problème : pour poursuivre la guerre, Bruxelles doit trouver une nouvelle somme considérable, et doit le faire rapidement.

Dès la veille du sommet, le commissaire européen à l’Économie et à la Productivité, Valdis Dombrovskis, avait expliqué que l’Union disposait d’environ 45 milliards d’euros déjà prévus pour 2027, mais que cette somme ne suffirait pas. Bruxelles entend couvrir approximativement les deux tiers des besoins ukrainiens, laissant le tiers restant à d’autres partenaires, tels que le Royaume-Uni, la Norvège, le Canada, le Japon et la Suisse. La Commission elle-même envisage de débloquer par anticipation une partie des fonds déjà programmés afin de gagner du temps, en attendant que d’autres gouvernements apportent de nouvelles ressources.

Malgré la contribution éventuelle de partenaires extérieurs à l’UE, le changement par rapport aux premières années du conflit reste considérable. Selon les données de l’Ukraine Support Tracker de l’Institut de Kiel, l’Europe a désormais dépassé les États-Unis en volume total d’aide militaire allouée à l’Ukraine et a sensiblement accru sa contribution en 2025 pour tenter de compenser la réduction drastique des nouvelles allocations américaines. Au premier semestre 2026, les institutions européennes ont en outre encore augmenté les crédits alloués grâce au nouveau prêt de 90 milliards.

Les institutions de l’UE estiment désormais à plus de 220 milliards d’euros le soutien total mobilisé par l’Union et ses États membres depuis le début de la guerre, en incluant les aides financières, économiques, militaires et humanitaires, ainsi que l’aide aux réfugiés. Un chiffre qui montre que l’Europe est déjà devenue, toutes catégories confondues, le principal bailleur de fonds de l’Ukraine.

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Dans le même temps, l’analyse des données fait apparaître une contradiction flagrante. Le même Institut de Kiel relève qu’environ 30 % des achats effectués par les pays européens pour soutenir militairement l’Ukraine au premier semestre 2026 provenaient de l’industrie américaine. Dans le cadre du mécanisme PURL de l’OTAN, destiné à répondre aux besoins prioritaires ukrainiens, plus de 90 % des armements prélevés sur les stocks existants étaient d’origine nord-américaine. L’Ukraine Support Tracker a résumé le problème en soulignant que l’Europe continuait de dépendre de l’accès aux systèmes d’armes américains, mettant à nu les vulnérabilités tant économiques que militaires de Bruxelles.

Le problème concerne surtout les capacités qui ne peuvent pas être simplement remplacées par une augmentation des crédits budgétaires : missiles intercepteurs Patriot, renseignement satellitaire, alerte avancée contre les missiles balistiques, communications militaires par satellite, maintenance et munitions destinées aux plateformes d’origine américaine. Même les F-16 fournis par des pays européens restent largement tributaires de composants, d’armements et d’une assistance technique nord-américains.

Parallèlement, le désengagement progressif de l’administration Trump place l’UE face au problème stratégique qui a été repoussé pendant des années. Les États-Unis peuvent en effet réduire leurs transferts financiers et militaires directs vers Kiev tout en sachant qu’ils détiennent certaines des capacités technologiques décisives dont leurs alliés continuent de dépendre; l’UE, en revanche, peut augmenter les sommes engagées sans acquérir automatiquement la capacité de remplacer Washington dans les fonctions les plus sophistiquées de la guerre.

Les évolutions de ces dernières semaines rendent cette vulnérabilité encore plus manifeste. Les relations entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont encore détériorées, tandis que Washington a considérablement réduit ses livraisons directes d’armes et a laissé entendre qu’il souhaitait utiliser certains instruments de soutien — du renseignement aux systèmes satellitaires, en passant par les fournitures militaires — comme leviers dans les négociations avec Kiev et Moscou. Les États-Unis n’ont pas disparu du conflit, mais leur rôle évolue : de moins en moins bailleur de fonds inconditionnel de l’Ukraine, et de plus en plus puissance extérieure conservant les instruments indispensables pour peser sur ses choix.

À Bruxelles, pendant ce temps, il reste surtout une facture salée à payer.

Toutefois, même sur le plan purement financier, le passage de relais est loin d’être simple. Le prêt européen de 90 milliards a été rendu possible par un nouveau recours à l’endettement commun garanti par le budget de l’UE. Le Premier ministre estonien Kristen Michal a déjà indiqué ouvertement qu’un nouveau prêt européen semblait être la solution la plus probable pour couvrir les besoins supplémentaires de 2027. Mais le précédent dispositif avait déjà été approuvé dans le cadre d’une coopération renforcée, avec la participation de 24 États membres et l’exemption de la République tchèque, de la Hongrie et de la Slovaquie des obligations financières correspondantes.

Autrement dit, même le consensus sur le financement de l’Ukraine est moins homogène que ne le laisse entendre le langage des déclarations finales.

À cette division politique s’ajoute une fracture économique. L’Europe doit simultanément faire face à une faible croissance, à un endettement public élevé, à des coûts énergétiques toujours lourds pour les ménages et l’industrie, à une hausse des dépenses de défense et aux pressions liées au vieillissement de la population. Le Fonds monétaire international prévoit une croissance de la zone euro de seulement 1,2 % en 2027 et signale que la dette publique moyenne pourrait passer de 88,7 % du PIB en 2025 à 91,2 % en 2027. Au vu de ces chiffres, le FMI lui-même demande à une grande partie des gouvernements européens de nouveaux efforts d’assainissement budgétaire.

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Il en résulte une contradiction politique difficilement soutenable indéfiniment. On demande simultanément aux États membres de respecter les règles budgétaires, d’augmenter considérablement leurs dépenses militaires, de financer la transition énergétique et industrielle, de protéger des systèmes sociaux soumis à une pression croissante et de trouver chaque année des dizaines de milliards supplémentaires pour soutenir l’État ukrainien.

La réponse des institutions européennes est que le coût d’un abandon du soutien à Kiev serait supérieur à celui de l’aide : une victoire russe rendrait l’Europe moins sûre et imposerait des dépenses militaires encore plus importantes à long terme. C’est l’argument fondamental utilisé pour justifier le transfert progressif de la charge financière des États-Unis vers le continent européen. Mais précisément parce que cet engagement est désormais présenté comme structurel et potentiellement pluriannuel, la question de l’adhésion de l’opinion publique devient incontournable.

Les tensions politiques sont déjà visibles : en France, Marine Le Pen a remis en question la possibilité de continuer à augmenter indéfiniment la contribution française aux programmes européens en faveur de l’Ukraine ; en Hongrie et en Slovaquie, l’opposition à de nouveaux engagements est désormais bien ancrée. Et 2027 sera une année électorale particulièrement délicate dans plusieurs pays européens, ce qui explique pourquoi certains gouvernements souhaitent conclure un nouvel accord financier avant que le sujet ne se retrouve au cœur des campagnes électorales.

À la lumière de ces considérations, la question n’est donc plus seulement de savoir qui paiera pour l’Ukraine en 2027. Il s’agit de savoir jusqu’à quand l’Europe et les Européens seront disposés à payer, quelle part de ce coût sera répercutée sur les budgets et les contribuables des États membres, et quel sera le prix politique d’une stratégie dans laquelle Washington conserve une grande partie du pouvoir de décision tandis que Bruxelles assume une part toujours plus importante des charges économiques.

dimanche, 25 octobre 2026

Dragana Trifković: l’Ukraine entre la réalité militaire et les illusions diplomatiques de l’Occident

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Dragana Trifković: l’Ukraine entre la réalité militaire et les illusions diplomatiques de l’Occident

Par Dragana Trifković, directrice générale du Centre d’études géostratégiques

Source: https://geostrategy.rs/dragana-trifkovic-ukrajina-izmedju...

«Washington tente, par une initiative diplomatique, d’enrayer l’aggravation de la crise ukrainienne et de réduire ses propres coûts stratégiques, tandis que Moscou cherche à orienter les négociations vers un règlement durable des questions qu’elle considère comme les causes fondamentales du conflit».

La nouvelle tentative de Washington de relancer les négociations sur le conflit ukrainien doit être envisagée dans le contexte de transformations géopolitiques plus larges et d’une situation internationale de plus en plus complexe pour les États-Unis d’Amérique. Après le conflit avec l’Iran, et alors que les problèmes sociaux et économiques intérieurs restent irrésolus, l’administration américaine s’efforce de renouer le dialogue avec Moscou et de trouver une issue à la crise ukrainienne, qui pèse depuis des années sur les ressources politiques, militaires et économiques de l’Occident.

Les négociations d’Oslo montrent que Washington reprend l’initiative diplomatique, tandis que les États européens se retrouvent de plus en plus dans une position subordonnée. Bien qu’ils participent aux consultations et cherchent à influer sur la formulation de positions communes, leur capacité à déterminer de manière autonome l’orientation du processus de négociation demeure limitée. Le canal de communication décisif se rétablit entre Washington et Moscou, ce qui confirme que les questions essentielles de la sécurité européenne ne peuvent être réglées sans un dialogue russo-américain direct.

L’objectif principal de l’initiative diplomatique occidentale reste d’obtenir un cessez-le-feu le plus rapidement possible. Toutefois, cette demande ne doit pas être considérée uniquement comme une initiative de paix, mais aussi comme une conséquence de l’évolution défavorable de la situation pour l’Ukraine et ses alliés occidentaux. L’armée ukrainienne subit des pertes importantes, fait face à une pénurie d’effectifs et à l’épuisement de ses ressources militaires, tandis que les forces russes poursuivent une progression méthodique, consolidant progressivement leur contrôle sur des positions d’importance stratégique et créant les conditions de nouveaux succès opérationnels. Si cette dynamique se poursuit, elle compliquera davantage encore la situation de la partie ukrainienne, tant sur le plan militaire que dans les négociations.

Dans de telles circonstances, le temps devient l’un des facteurs stratégiques les plus importants. Pour les États occidentaux, la prolongation du conflit signifie des engagements financiers supplémentaires, des risques politiques et une incertitude croissante quant à la capacité de l’Ukraine à tenir durablement ses positions actuelles. Dans cette perspective, un cessez-le-feu pourrait permettre de stabiliser le front et d’empêcher une nouvelle dégradation de la position de négociation ukrainienne.

Pour la Russie, cependant, la logique des négociations est fondamentalement différente. Moscou ne considère pas le cessez-le-feu comme un objectif en soi, mais insiste sur la nécessité de remédier aux causes du conflit et d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés au début de l’Opération militaire spéciale. Au cœur de ces exigences demeurent la démilitarisation de l’Ukraine, son statut neutre et non aligné, ainsi que des règlements territoriaux qui confirmeraient le contrôle russe sur les régions que Moscou considère comme siennes.

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C’est précisément là que réside la contradiction fondamentale du processus diplomatique actuel. Alors que la partie occidentale cherche à obtenir d’abord un cessez-le-feu, puis à négocier un règlement politique à long terme, la Russie exige que le futur accord élimine au préalable les menaces sécuritaires qui, selon la justification officielle russe, ont motivé le déclenchement de l’opération militaire.

Les déclarations faites après les entretiens d’Oslo, notamment les positions de Volodymyr Zelensky sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, ne témoignent pas d’un rapprochement substantiel des positions. Des demandes de garanties d’une portée comparable à celle de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord peuvent difficilement être acceptables pour Moscou, car elles pourraient instaurer une forme de protection occidentale permanente en matière militaire et de sécurité, même sans adhésion formelle de l’Ukraine à l’OTAN.

La question du soutien militaire et du soutien en matière de renseignement apportés par les États-Unis à l’Ukraine revêt également une importance particulière, notamment en ce qui concerne les renseignements satellitaires et les livraisons de missiles destinés aux systèmes de défense antiaérienne Patriot. Le fait que ces sujets soient abordés dans les discussions diplomatiques révèle à quel point les capacités militaires ukrainiennes dépendent des décisions américaines. Washington dispose donc de moyens de pression sur Kiev qui dépassent largement la médiation diplomatique.

La question reste donc ouverte de savoir si Washington peut réellement parvenir, avec Kiev et ses alliés européens, à un consensus sur une proposition qui serait également acceptable pour la partie russe. L’harmonisation formelle des positions occidentales ne signifie pas qu’une base de compromis avec Moscou a été trouvée.

C’est dans ce contexte qu’il faut également considérer la mission de l’émissaire américain Steve Witkoff, qui a présenté à la partie russe des propositions concernant un cessez-le-feu, des arrangements de sécurité, la reconstruction de l’Ukraine après la guerre et une éventuelle reprise des négociations directes. L’examen de mécanismes techniques et de dispositifs d’expertise peut constituer une démarche diplomatique utile, mais ne résout pas, à lui seul, les désaccords politiques fondamentaux.

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La possibilité annoncée d’une reprise des négociations trilatérales entre la Russie, les États-Unis et l’Ukraine après le 10 novembre constitue une certaine avancée diplomatique, mais ne doit pas être interprétée comme une disposition de Moscou à renoncer à ses exigences fondamentales. Consentir à la poursuite du dialogue et accepter un plan de paix concret sont deux choses fondamentalement différentes. La Russie maintient ainsi un canal de communication diplomatique, tout en cherchant à préserver sa position de négociation.

Le fait que les discussions abordent de plus en plus les questions économiques, notamment la reconstruction de l’Ukraine, les investissements et les perspectives d’une future coopération russo-américaine, mérite une attention particulière. Cela montre que Washington envisage un cadre plus large pour un éventuel accord, qui pourrait englober non seulement le conflit ukrainien, mais aussi certains aspects des relations futures entre les deux grandes puissances. Toutefois, les incitations économiques peuvent difficilement se substituer au règlement des questions que Moscou considère comme essentielles à sa sécurité nationale.

La profonde crise de confiance entre la Russie et l’Occident constitue un obstacle supplémentaire à l’ensemble du processus. L’expérience des accords de Minsk, ainsi que les interprétations divergentes des processus diplomatiques antérieurs, ont renforcé à Moscou la conviction que les États occidentaux utilisent les négociations et les accords provisoires pour gagner du temps et consolider leurs propres positions. C’est précisément pour cette raison que la Russie insiste sur des garanties concrètes, vérifiables et viables à long terme, plutôt que sur des promesses politiques.

Dans le même temps, les États occidentaux continuent de formuler des exigences qui ne correspondent guère au rapport de forces réel sur le terrain. Ce décalage entre les ambitions politiques et la réalité militaire complique davantage encore la possibilité de parvenir à un accord. Le problème ne réside pas seulement dans les divergences entre les positions de négociation, mais aussi dans le fait que les capitales occidentales, malgré l’évolution défavorable de la situation, cherchent toujours à maintenir des objectifs politiques qui n’ont pas été atteints par la voie militaire.

La question essentielle aujourd’hui n’est pas de savoir si Washington souhaite un cessez-le-feu, mais s’il est prêt à accepter les conséquences politiques et sécuritaires de l’évolution du conflit jusqu’à présent. Si l’administration américaine continue d’insister sur une solution qui viserait avant tout à geler la situation actuelle, sans répondre aux exigences fondamentales de la Russie, il est difficile d’espérer des progrès substantiels.

Les négociations d’Oslo et la poursuite des contacts directs avec Moscou constituent donc davantage une tentative de l’Occident d’enrayer une évolution défavorable des événements que la preuve qu’un accord de paix est proche. Pour Washington, le temps devient un facteur de plus en plus important, tandis que Moscou, estimant que le rapport de forces évolue progressivement en sa faveur, n’a pas les mêmes raisons d’accepter un compromis rapide.

Washington tente, par une initiative diplomatique, d’enrayer l’aggravation de la crise ukrainienne et de réduire ses propres coûts stratégiques, tandis que Moscou cherche à orienter les négociations vers un règlement durable des questions qu’elle considère comme les causes fondamentales du conflit.

L’issue finale des négociations ne dépendra pas du nombre de rencontres diplomatiques, mais de la volonté de l’Occident d’adapter ses exigences politiques au rapport de forces réel et d’accepter de discuter des questions essentielles de la sécurité européenne. Sans cela, chaque nouvelle proposition de paix risque de rester une simple tentative de suspendre temporairement le conflit, plutôt que de constituer une base pour son règlement durable.

Source : Centre d’études géostratégiques

lundi, 19 octobre 2026

Ukraine: la guerre de Londres contre Trump et le nouveau Yalta

Image ID 2J2N4TG Ukrainian flag and British Union Jack flag flying together in UK, showing solidarity & support for people of Ukraine in the Russia Ukraine war CREDIT ALAMY STOCK PHOTO 270423.png

Ukraine: la guerre de Londres contre Trump et le nouveau Yalta

Entre-temps, Trump a levé toutes les sanctions imposées à Moscou, réduisant à néant les analyses de ceux qui avaient prédit qu’il brandirait comme une massue les sanctions infernales conçues par le sénateur Lindsey Graham.

Par Davide Malacaria

Source: https://www.piccolenote.it/mondo/ucraina-la-guerra-di-lon...

Trump poursuit son offensive de pression sur Zelensky pour le contraindre à négocier avec Poutine. Celle-ci va de pair avec les pressions exercées sur l’Europe pour qu’elle cesse de soutenir la posture musclée du président ukrainien et qu’elle renoue des relations avec la Russie, en commençant par l’achat de gaz acheminé par Nord Stream — dans lequel des entrepreneurs américains souhaitent investir.

Entre-temps, Trump a levé toutes les sanctions imposées à Moscou, réduisant à néant les analyses de ceux qui avaient prédit qu’il brandirait comme une massue les sanctions infernales conçues par le sénateur Lindsey Graham et approuvées par le Congrès après son décès (¹). Lorsqu’il avait signé la résolution, il était évident qu’il en atténuerait la portée ou ne l’appliquerait pas au moment opportun.

Il reste toutefois qu’à ce jour, la paix n’en est qu’au stade des pourparlers et que les déclarations de Trump, chargées de frustration et d’irritation envers Zelensky, qu’il accuse de ne pas vouloir la paix — il n’est pas le seul à le penser —, ne suffisent pas à le faire plier.

Zelensky a tout à perdre à la paix: le pouvoir, l’argent — il est impossible qu’il soit le seul homme honnête de son cercle rapproché, décimé depuis des années par les enquêtes judiciaires — et, enfin, le prestige international que le conflit lui a offert (sic!).

Ainsi, le 14 octobre, l’Amérique a envoyé un message fort et clair en interrompant pendant une nuit le fonctionnement du réseau satellitaire Starlink, facilitant ainsi les opérations russes.

Zelensky, misant sur les critiques généralisées des oligarchies occidentales contre l’initiative trumpienne, critiques qui n’ont effectivement pas manqué de se manifester, a poursuivi imperturbablement sa route, comptant sur le rétablissement du réseau, qui a bien eu lieu.

Malgré ce rétablissement, Zelensky s’est toutefois plaint que le service n’avait pas été pleinement restauré pour les forces armées ukrainiennes. Et cette nuit, une nouvelle attaque russe contre Kiev n’a pas été signalée par Starlink.

Zelensky s’est donc décidé à téléphoner aux hommes de Trump, Witkoff et Kushner, ce qu’il s’était abstenu de faire depuis qu’il avait commencé à polémiquer violemment avec le président américain après la levée, par celui-ci, des sanctions visant le gazole russe.

Zelensky s’entretient avec Witkoff et Kushner sur fond de crise entre les États-Unis et l’Ukraine

Nous n’en sommes qu’à un premier pas, ambigu de surcroît, compte tenu de l’entêtement de Zelensky et de sa fragilité, autre facteur qui l’empêche de s’engager sur la voie de la paix: il risque d’être tué pour trahison par ses amis, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Pour comprendre ce que préparent les soutiens de Zelensky afin de contrer l’offensive trumpienne, reprenons les propos d’Anders Åslund dans le Kyiv Post, média ukrainien étroitement lié aux Britanniques. Trump, écrit le professeur, a «désormais jeté le masque» et montre son vrai visage à l’Europe.

En réalité, Trump avait déjà manifesté par le passé son penchant pour une approche non conflictuelle avec Moscou — et pour la recherche de la paix en Ukraine —, disposition à laquelle les dirigeants européens avaient répondu par la flatterie et la persuasion.

Cette fois, Trump paraît plus déterminé et cette approche ne fonctionnera pas, écrit Åslund, qui ajoute: «L’Europe ne peut plus rester passive. Elle ne peut pas non plus faire semblant de considérer les États-Unis comme un allié. Il s’agit d’un ennemi qui soutient la Russie, s’oppose à l’Ukraine et veut détruire l’UE». Aussi, selon le professeur, la première mesure à prendre, conjointement avec le Canada, consiste à transformer l’OTAN en «éliminant le plus rapidement possible le personnel et les éléments américains»…

La nouvelle OTAN, qui serait ainsi placée sous la houlette britannique, doit «développer rapidement» les capacités de renseignement nécessaires pour soutenir Kiev et entreprendre de «s’armer le plus vite possible». Cette évolution doit aller de pair avec un processus d’intégration de l’Ukraine à l’OTAN, lequel doit avancer «au plus vite, mais cela ne peut se faire qu’après l’exclusion des États-Unis».

Nous ne citerions pas un article aussi hallucinant s’il ne donnait voix à un sentiment qui circule dans de nombreux milieux intellectuels européens, lesquels caressent le rêve — comprenez: le cauchemar — d’un affrontement direct avec la Russie. Ils le caressent, le présentent comme quelque chose de réalisable, en faisant semblant de croire que l’on pourrait éviter la catastrophe qui en résulterait.

Mais cet article est évidemment intéressant aussi pour son exhortation à modifier les rapports avec l’Amérique, du moins celle de Trump, que ces milieux considèrent précisément comme une entité hostile.

Ce n’est pas seulement la guerre en Ukraine qui éloigne comme jamais les deux rives de l’Atlantique, mais aussi, et surtout, la perspective vers laquelle s’oriente Trump, évoquée dans un article du Wall Street Journal. Lors de l’entretien téléphonique entre Trump et Poutine du dimanche 14 juin, il a en effet été question d’une éventuelle rencontre trilatérale entre Poutine, Trump et Xi Jinping au sommet de l’APEC des 18 et 19 novembre.

Dans notre compte rendu de cet appel, nous avions laissé entendre que tel était le contenu de la conversation; le WSJ le confirme avec autorité. Selon le journal américain, cette rencontre porterait sur la paix en Ukraine. C’est possible, même s’il faut un interlocuteur ukrainien pour la conclure, mais l’enjeu est bien plus vaste: un nouveau Yalta, sous d’autres formes et modalités, un nouvel ordre mondial qui mette fin à la dynamique actuelle des guerres sans fin.

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Poutine évoque un sommet avec Trump et Xi pour discuter d’un accord sur l’Ukraine

Un nouveau Yalta dont l’Europe serait exclue, avec toutes les conséquences que cela implique. Mais surtout la Grande-Bretagne, qui était présente au précédent Yalta et joua un rôle important dans l’ordre mondial de l’après-guerre, dont la dynamique des guerres sans fin constitue un prolongement devenu incontrôlable — ces guerres servent en effet à tenter de préserver le pouvoir des anciens maîtres et à contenir l’émergence de nouvelles réalités géopolitiques.

Ce n’est pas pour rien que Winston Churchill fut à l’origine du rideau de fer, cette barrière infranchissable entre l’Est et l’Ouest qui donna forme à ce Yalta, conférant à l’oligarchie anglo-saxonne la direction de l’Occident.

Ce précédent explique pourquoi la Grande-Bretagne a aujourd’hui lancé un djihad contre cet hypothétique nouveau Yalta trilatéral. La guerre en Ukraine est un précieux levier à cette fin. Londres est en proie à une véritable démesure, au point d’aller jusqu’à rêver de prendre la tête d’une OTAN sans les États-Unis. Entre-temps, elle a attelé l’UE à son char. Ce n’est pas rien.

Note: 

(¹) Note de traduction : le texte italien porte bien «dopo il suo decesso» («après son décès»). Cette formulation, dont le référent est ambigu, est conservée sans correction.

L’accord sur le diesel et la fin de l’Ukraine

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L’accord sur le diesel et la fin de l’Ukraine

Anastassia Guéchéva

Le début de la fin de la guerre en Ukraine progresse bien. Un regroupement des forces se prépare dans le camp mondialiste et, malgré tous mes efforts pour trouver des conséquences négatives pour la Russie à cet accord sur le diesel, je n’en trouve aucune.

En revanche, il n’a aucune conséquence positive pour les mondialistes occidentaux. Tout d’abord, il semble que les conditions d’un effondrement interne de l’UE et de l’OTAN soient enfin réunies. Que les indicateurs économiques aient joué ou non un rôle décisif dans la décision de la Maison-Blanche de conclure un accord avec le Kremlin importe peu. Car, quelle que soit la durée de l’aide occidentale à l’Ukraine, celle-ci ne détruira pas l’économie russe et empêchera encore moins l’issue militaire de la guerre.

Première conclusion : la cinquième année de la guerre menée par l’OTAN et l’UE contre la Russie en Ukraine a marqué le début de l’effondrement… L’Occident s’attendait à ce que Poutine meure, soit assassiné ou renversé, mais, dans tous les cas, éliminé. Au lieu de cela, il a remporté les élections à la Douma, ce qui a contraint Trump à agir. Pourquoi? Pour deux raisons: l’épuisement des capacités des États-Unis à fournir des armes à l’Ukraine et l’épuisement de leurs capacités à contenir leur propre crise politique et économique intérieure liée à la guerre contre la Russie en Ukraine.

On s’attendait à la chute de Poutine, mais ce sont Trump, Macron et Merz qui tombent. Trump s’est ressaisi et, pour ne pas se retrouver dans le camp des principaux imbéciles, a entrepris de racheter ses fautes. De plus, Trump a conduit les États-Unis dans une impasse à cause de l’Iran — une stratégie erronée et une mauvaise appréciation géopolitique — et cela, ajouté à l’Ukraine, est devenu pour lui un fardeau mortellement lourd.

Lorsqu’il est devenu évident, en 2026, que les États-Unis perdaient le Moyen-Orient et que leurs actions dans cette région avaient provoqué un problème pétrolier mondial, l’esprit d’Anchorage a brusquement ressuscité et frappé Zelensky là où il aurait dû le frapper dès le mois d’août dernier. Mais, en août dernier, Trump n’était pas encore enlisé au Moyen-Orient et élaborait encore des projets avec Ursula.

Voici maintenant ce qui se profile :

Un conflit entre les États-Unis et l’Angleterre au sujet de l’Ukraine. À long terme, j’avais prévu des affrontements militaires des États-Unis tant avec l’Angleterre qu’avec Israël. Parce que telle est précisément la logique à long terme. Le problème de l’Amérique n’est pas la Chine, mais ses alliés, qui n’accepteront pas ce qui se passe. Ainsi, Poutine sauve le Congrès pour Trump, mais cela jette immédiatement et bel et bien Trump dans les griffes des mondialistes anglais, qui tenteront de détruire la majorité républicaine au Congrès. Autrement dit: Trump et Poutine contre Londres. J’avais envisagé cette option comme le seul choix juste et fructueux pour Trump dès son retour sur le trône. Voilà, les événements eux-mêmes l’y ont conduit !

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Trump n’a littéralement aucun coup gagnant à jouer dans cette situation ni dans toutes celles qui suivront. Un accord avec la Russie signifie la guerre avec Londres, avec Ursula et avec leur nain Zelensky. Les premières étincelles de cette guerre verbale sont déjà apparues: Trump a annoncé qu’il couperait non seulement les financements, mais aussi les livraisons d’armes à l’Ukraine, et c’est déjà très sérieux. Le portail par lequel l’Ukraine passe commande auprès du complexe militaro-industriel américain — PURL, par lequel l’UE passe également des commandes pour Kiev — a été officiellement rendu public. Les États-Unis ont appelé toutes les capitales de l’UE ainsi que Kiev pour les informer que PURL pourrait cesser de fonctionner. Et c’est aussi très sérieux! Car cela signifie une crise du mécanisme américain de manipulation de la guerre en Ukraine: ils ne donneront pas d’armes, mais les vendront aux Européens, qui les remettront ensuite à l’Ukraine. Cela revient à déclarer la guerre à Ursula.

L’accord de Trump avec Poutine signifie la fin de l’UE. Deux possibilités existent: soit l’UE se disloque et la Commission européenne cesse de fonctionner, soit l’UE décide d’entrer dans une guerre ouverte contre la Russie. Il n’existe aucune autre manœuvre qui permettrait de justifier et de maintenir le fonctionnement antérieur de l’Union.

Examinons maintenant l’OTAN.

Tout ce qui précède décrit la situation. L’Angleterre et l’UE peuvent-elles prendre en charge la guerre contre la Russie en Ukraine sans les États-Unis? La réponse est non, parce que le commandant suprême de l’OTAN en Europe est un général américain. Par conséquent, si Trump poursuit la voie qu’il a choisie vers un accord avec la Russie — j’ai expliqué pourquoi il n’a pas d’autre issue s’il veut éviter de se retrouver dans le camp des perdants de la guerre en Ukraine —, cela signifie une rupture au sein de l’OTAN. Si Zelensky continue de répondre hargneusement à Trump, il devra s’attendre non seulement à un scénario vénézuélien ou iranien, mais aussi à l’arrêt de l’aide américaine à l’Ukraine en matière de renseignement et de moyens numériques.

L’OTAN peut-elle faire la guerre à la Russie sans les États-Unis ?

Je vous laisse répondre à cette question…

Regardons un peu la situation au-delà de l’Europe. La Russie est déjà le médiateur officiel entre les États-Unis et l’Iran. Trump n’a aucune chance dans une nouvelle guerre contre l’Iran. Israël s’y résoudra-t-il? Nous verrons, mais je me dois aussi de relayer l’avertissement de Mohsen Rezaï, président du Conseil de discernement — c'est-à-dire le secrétaire du Conseil de sécurité — de l’Iran: si les hostilités contre l’Iran reprennent, Téhéran sectionnera le câble sous-marin passant par le Moyen-Orient et détruira les centres de données de la région. Autrement dit, il aveuglera les États-Unis et Israël.

Autre nouvelle très intéressante: une délégation chinoise s’est rendue auprès des Houthis au Yémen pour tenter de convaincre Ansar Allah de ne pas attaquer l’Arabie saoudite, car la Chine y possède de nombreux intérêts. Eh bien! C’est extrêmement sérieux! Les Houthis et l’Iran ne font qu’un; la Chine est le principal partenaire stratégique de l’Iran, mais aussi de l’Arabie saoudite! Et maintenant?

Sans parler du fait qu’il s’agit d’un affrontement dans la région entre Kiev, d'une part, et la Chine et la Russie, d'autre part.

Ainsi, nous continuons à traverser à toute vitesse des transformations irréversibles du monde, d’une profondeur et d’une gravité stupéfiantes, tandis que les positions antérieures s’effondrent.

Les répercussions sur la Bulgarie, dans notre situation intérieure complexe, nous les découvrirons tous. Mais l’aide à l’Ukraine touche à sa fin. Ou alors nous devrons nous joindre aux opérations militaires de l’UE et de l’Angleterre contre la Russie.

Il me reste toutefois une autre question (ironique): quand « Azov » tentera-t-il d’assassiner Trump ?

mercredi, 14 octobre 2026

Norbert van Handel à propos du discours de Ioulia Mendel, ancienne porte-parole de Zelensky

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Norbert van Handel à propos du discours de Ioulia Mendel, ancienne porte-parole de Zelensky

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/207896

Étant donné que, tout particulièrement dans le cadre de la guerre en Ukraine, le courant dominant de la politique occidentale, et surtout les médias, agissent systématiquement contre la Russie et en faveur de l’Ukraine, nous souhaitons aujourd’hui donner la parole à Ioulia Mendel, ancienne porte-parole de Zelensky. En raison de la longueur de son intervention devant le Parlement européen à Strasbourg, nous n’en reproduirons que quelques extraits.

Ioulia Mendel a été la porte-parole de Zelensky pendant deux ans. Auparavant, elle avait travaillé comme collaboratrice indépendante pour le New York Times et comme conseillère auprès de la Banque mondiale.

Voici ses propos:

- Depuis son indépendance en 1991, l’Ukraine a perdu plus de la moitié de sa population. Elle comptait alors 52 millions d’habitants; aujourd’hui, même selon les estimations optimistes, ce chiffre se situe autour de 25 millions. Au cours du premier semestre 2026, il y a eu quatre fois plus de décès que de naissances. À cela s’ajoutent environ 300.000 émigrants officiellement enregistrés. Le nombre réel est certainement bien plus élevé, si bien que, selon des estimations prudentes, l’Ukraine perd chaque année plus de 600.000 habitants.

- La guerre a fait de l’Ukraine un endroit où la vie et l’espoir d’un avenir meilleur paraissent de plus en plus impossibles. C’est de la simple arithmétique — une arithmétique qui montre comment mon pays disparaît sous vos yeux, tandis que des applaudissements chaleureux accompagnent un homme sur le tapis rouge [il s’agit de Zelensky], un homme qui est désormais au pouvoir depuis huit ans et qui trouve toujours une nouvelle raison pour laquelle la guerre ne peut pas prendre fin.

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- Dans notre pays, il n’y a plus de science ni d’innovation en dehors du domaine militaire. Les petites entreprises disparaissent, les grandes transfèrent leurs capitaux à l’étranger et les moyennes ont déjà disparu.

- Chacun d’entre vous ici sait qu’une défaite militaire de la Russie est impossible.

- Croyez-vous réellement qu’une course aux armements sans fin, dans laquelle toujours davantage d’armes sont accumulées, aidera l’Ukraine à remporter la victoire — sans économie et avec une population qui diminue chaque année bien plus rapidement que celle de la Russie?

- Nous rejetons constamment toute la faute sur Poutine, mais nous ne voyons pas la poutre qui est dans notre propre œil. L’Occident a-t-il réellement fait tout ce qui était en son pouvoir pour instaurer la paix?

- Voici ce que je vois: des menaces au lieu de la diplomatie; la volonté de détruire la Russie, quel que soit le nombre de vies ukrainiennes que cela coûtera et l’affaiblissement qui en résultera pour l’Ukraine; et la volonté de vendre autant d’armes que possible.

- Oui, la Russie a commencé cette guerre, mais ce sont les lobbyistes de la guerre qui la font durer — ceux qui en tirent profit. Ce n’est ni mon cas ni le vôtre. Pourquoi devriez-vous donc soutenir ce massacre, cette guerre d’usure menée contre l’Ukraine?

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- Peut-on entretenir des relations amicales avec la Russie? En tant qu’Ukrainienne, après toutes les souffrances que nous avons dû endurer, je ne vois aucune possibilité d’amitié immédiate. Mais devons-nous continuer à nous entretuer? Ne pas être amis est une chose; continuer à tuer en est une tout autre.

- Zelensky modifie les conditions de paix d’une semaine à l’autre : tantôt il s’agit de l’adhésion à l’OTAN, tantôt de la restitution de la Crimée, tantôt des frontières de 1991, tantôt de l’adhésion à l’Union européenne — comme si tout cela pouvait être obtenu d’un seul coup. Et parfois, il s’agit du refus de céder le Donbass.

- S’il s’agit de défendre la démocratie, notre démocratie est désormais si fragile qu’elle ne se distingue presque plus d’un régime autocratique: la liberté d’expression est fortement restreinte, les institutions sont affaiblies et des droits constitutionnels fondamentaux sont violés.

- S’il s’agit d’écarter Zelensky du pouvoir, il en est pourtant le principal bénéficiaire: alors qu’en 2021 il était sur le point de perdre le pouvoir, il a trouvé dans la guerre le moyen de prospérer. Il a tiré profit de chaque aspect du conflit, accumulé un pouvoir presque illimité dans son propre pays et s’est prélassé dans la gloire internationale.

- Selon un récent sondage Gallup, 66% des Ukrainiens veulent la paix le plus rapidement possible. Onze pour cent supplémentaires n’ont pas été en mesure de répondre, probablement par crainte d’exprimer leur véritable opinion.

- Plusieurs blogueurs ukrainiens connus, tant ukrainophones que russophones, suivis par des millions de personnes, ont publié un message dans lequel ils demandaient qu’il soit mis fin à la guerre. Je cite: «Nous n’avons pas besoin des frontières de 1991, car les gens ne veulent que la paix et la tranquillité».

- Zelensky impose des sanctions à quiconque dit ce qu’il ne veut pas entendre. Bon nombre de ses anciens collaborateurs ont déjà été sanctionnés parce qu’ils s’étaient prononcés contre la guerre et contre la corruption.

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- Permettez-moi donc d’être parfaitement claire: quiconque est disposé à combattre la Russie avec du sang ukrainien, tout en ignorant les souffrances des gens ordinaires, agit contre l’Ukraine et contre les valeurs démocratiques. Quiconque défend aujourd’hui la politique de Zelensky défend un statu quo qui signifie pour l’Ukraine suivre la voie de l’Afghanistan et qui constitue une honte historique pour l’Occident.

- J’appelle aujourd’hui tous les responsables politiques européens à s’unir au service de la paix, afin de contribuer à mettre fin à cette terrible guerre russo-ukrainienne et de rendre à notre continent la stabilité et la sécurité. C’est cela — et non le bellicisme et la mise en scène de sa propre supériorité morale — qui constitue la voie vers un avenir prospère et la mission de nos responsables politiques.

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Mendel s’est vu refuser l’accès au Parlement européen

Ioulia Mendel a prononcé ce discours devant le Parlement européen à Strasbourg le 16 septembre 2026, par liaison vidéo. L’accès au bâtiment en personne lui a été refusé.

L’Union européenne a également donné pour consigne à ses interprètes de ne pas traduire son discours prononcé en anglais. Un scandale!

Aujourd’hui, on se réjouit des affaires réalisées par l’industrie de l’armement; avec l’argent des 27 États membres, dont les populations n’ont jamais été consultées pour savoir si elles le souhaitaient, on se réarme sans merci et à une échelle gigantesque, tout en se félicitant des bénéfices de l’industrie de la défense.

Et, en définitive, d’un côté on détruit l’Ukraine et, de l’autre, on empêche toute coopération raisonnable avec la Russie à l’avenir, comme si la Russie cesserait d’exister une fois la guerre terminée.

Professeur Norbert van Handel, 6 octobre 2026, Steinerkirchen an der Traun.

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Ioulia Mendel intervient par liaison vidéo lors d’un événement organisé par l’ESN.

Censure au Parlement européen: l’ancienne porte-parole de Zelensky interdite d’accès au bâtiment!

Ioulia Mendel, ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky, s’est exprimée lors d’un événement organisé par l’ESN — mais uniquement par liaison vidéo. Le Parlement européen lui a refusé l’accès au bâtiment. Une femme qui, pendant des années, a fait partie du cercle le plus intime du pouvoir à Kiev devait parler de paix, de diplomatie et de la situation en Ukraine. C’est précisément ce qu’elle n’a pas été autorisée à faire sur place.

Quelques jours auparavant, Zelensky avait imposé de lourdes sanctions à son ancienne porte-parole. Puis est venue l’exclusion à Strasbourg. Quiconque témoigne de l’intérieur sur la manière dont fonctionnent le pouvoir, la propagande et les intérêts commerciaux à Kiev est déclaré persona non grata. Non pas parce que ses arguments auraient été réfutés, mais parce qu’ils dérangent.

Les blocs majoritaires à Bruxelles et à Strasbourg ne veulent manifestement entendre aucune voix susceptible de perturber le discours officiel. Mendel évoque les occasions de négociation manquées, un système qui étouffe la critique et une politique qui présente la paix comme un danger. C’est précisément ce qui ne devait avoir lieu au Parlement européen ni publiquement ni en personne.

Le message est sans équivoque: quiconque dénonce les manœuvres qui sous-tendent l’escalade permanente est tenu à l’écart. La vérité doit rester dehors. Selon l’eurodéputé Petr Bystron, si Mendel a malgré tout pu s’exprimer, ce n’est pas grâce à l’ouverture du débat au sein du Parlement, mais grâce à la ténacité de l’ESN et à la solution technique de secours qu’a constituée la liaison vidéo.

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mardi, 06 octobre 2026

Readiness 2030: peut-être ne s'agit-il pas du tout de l'autonomie de l'Europe? 

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Readiness 2030: peut-être ne s'agit-il pas du tout de l'autonomie de l'Europe? 

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena 

Le nouveau rapport de l’Agence européenne de défense met en évidence un problème: l’Europe se réarme, mais pas assez rapidement. D’importantes lacunes subsistent en matière de défense aérienne et antimissile, de munitions, de drones, de forces terrestres et navales. L’objectif reste néanmoins inchangé: atteindre la préparation en matière de défense d’ici à 2030.

C’est peut-être précisément là que réside une erreur de raisonnement.

Nous supposons souvent qu’à long terme, Bruxelles souhaite bâtir une puissance militaire européenne stratégiquement autonome, moins dépendante des États-Unis et dotée de sa propre industrie ainsi que de ses propres capacités.

Mais si, à court terme, ce n’était tout simplement pas la priorité?

Et s’il s’agissait d’abord, d’ici à 2030, de constituer aussi rapidement que possible une masse militaire aussi importante que possible — au besoin en recourant au crédit, au besoin avec des systèmes d’armes américains, et toujours dans le cadre des structures de l’OTAN?

Readiness 2030 correspond en tout cas à cette logique. Jusqu’à 800 milliards d’euros doivent être mobilisés, dont 150 milliards au moyen de prêts SAFE. D’autres marges de manœuvre considérables seront créées grâce à l’assouplissement des règles budgétaires applicables aux dépenses de défense. Parallèlement, l’OTAN s’engage sur une trajectoire à long terme pouvant atteindre 5% du PIB des pays membres d’ici à 2035.

Dans le même temps, le Conseil européen qualifie désormais explicitement la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine de «défi existentiel pour l’Union européenne» et demande que la préparation en matière de défense soit renforcée d’ici à 2030 «à un rythme soutenu et à grande échelle».

Il s’agit d’une formulation politique remarquablement forte.

Et elle change la logique.

Si les dirigeants politiques européens considèrent réellement la confrontation avec la Russie comme existentielle, l’enjeu principal n’est plus de concevoir l’architecture de défense européenne la plus adéquate pour les vingt prochaines années. Ce qui compte avant tout, c’est le temps.

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Des armes maintenant. Des munitions maintenant. Une défense aérienne maintenant. Des capacités de production maintenant.

La provenance du matériel devient alors secondaire.

L’achat de systèmes américains ne contredit donc nullement une telle stratégie. L’autonomie stratégique constituerait un objectif à long terme. La préparation à la guerre d’ici à 2030 est une mission à moyen terme.

Et c’est ici que l’Ukraine acquiert également une seconde fonction.

Officiellement, il s’agit de défendre l’Ukraine. Dans le même temps, l’Union européenne affirme elle-même que l’expérience militaire et les innovations ukrainiennes en matière d’armement doivent être mises en relation avec l’industrie européenne de la défense. Ursula von der Leyen a déjà déclaré que l’Ukraine disposait de l’innovation et que l’Europe pouvait assurer le changement d’échelle — tout en renforçant ainsi sa propre défense.

On peut en déduire une hypothèse plus large:

L’Ukraine maintient la Russie engagée militairement, tandis que l’Europe gagne du temps pour reconstruire sa propre base militaire.

Il ne s’agit pas d’une stratégie secrète avérée. Mais cette fonction stratégique est difficile à ignorer.

Fait intéressant, Moscou décrit désormais cette évolution exactement de cette manière, mais en termes beaucoup plus tranchés. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a déclaré en juin que la Russie partait du principe que l’Union européenne et l’OTAN se préparaient à une confrontation militaire «aux alentours de 2030». Le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a, quant à lui, soutenu que l’Europe souhaitait plutôt «geler» le conflit ukrainien, gagner du temps et parvenir à sa propre aptitude au combat d’ici à 2030. Il s’agit d’interprétations russes, non de constatations factuelles indépendantes. Elles montrent toutefois comment le réarmement européen est perçu à Moscou.

Et c’est précisément là qu’apparaît un dangereux effet miroir.

La Russie considère elle aussi l’issue de la guerre en Ukraine comme une question stratégique existentielle. Du point de vue de Moscou, un cessez-le-feu dépourvu d’un nouvel ordre de sécurité ne serait peut-être qu’une pause durant laquelle l’Ukraine serait réarmée et intégrée plus étroitement aux structures militaires occidentales. De son côté, l’Union européenne déclare officiellement que, même après un cessez-le-feu, des garanties de sécurité à long terme et une capacité ukrainienne durable à dissuader la Russie resteraient nécessaires.

Les deux parties ne considèrent donc pas nécessairement la période suivant un éventuel cessez-le-feu comme une période de paix.

Elles pourraient la voir comme une phase de préparation en vue du prochain affrontement.

Dès lors, le réarmement européen prend lui aussi une autre signification.

Non pas :

Guerre en Ukraine → cessez-le-feu → nouvel ordre de sécurité européen.

Mais peut-être :

Guerre en Ukraine → gain de temps → réarmement européen → confrontation militaire durable avec la Russie.

Pour les institutions politiques européennes, cette évolution crée en outre un mécanisme classique de coûts irrécupérables.

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Plus les budgets, l’industrie, les infrastructures et les discours politiques seront orientés vers l’hypothèse d’une menace russe durable, plus il sera difficile de procéder ultérieurement à un changement de cap fondamental.

Car si une détente politique stable devait réellement s’instaurer, une question finirait inévitablement par se poser:

Pourquoi 5%? Pourquoi 800 milliards? Pourquoi cette mobilisation permanente?

Cela ne signifie pas pour autant que les responsables politiques européens «veulent» la guerre.

Mais cela signifie que les institutions, les budgets et la légitimation politique sont de plus en plus liés à une certaine perception de la menace. Et, comme on le sait, de telles structures développent leur propre inertie.

Peut-être faudrait-il donc considérer Readiness 2030 moins comme un projet de souveraineté stratégique européenne.

Peut-être s’agit-il avant tout d’une course contre la montre: l’Europe veut être militairement en mesure d’agir avant que l’Ukraine ne cesse de jouer son rôle de zone tampon militaire avancée.

Si cette hypothèse est juste, elle permet également d’expliquer la contradiction entre la grande rhétorique européenne sur l’autonomie et la dépendance persistante à l’égard des capacités américaines.

L’autonomie peut attendre.

2030, apparemment, ne le peut pas.

#géopolitique @global_affairs_byelena

vendredi, 25 septembre 2026

Par la guerre en Ukraine vers la soumission aux États-Unis

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Par la guerre en Ukraine vers la soumission aux États-Unis

Franz Ferdinand 

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/206398

Au cours des deux dernières semaines, la situation sur le champ de bataille a évolué de manière plutôt laborieuse pour la Russie : au nord de l’agglomération de Kramatorsk et Sloviansk, l’armée ukrainienne a mené avec succès des contre-attaques qui n’étaient peut-être, elles aussi, qu’une sorte de version ukrainienne de l’offensive allemande des Ardennes pendant la Seconde Guerre mondiale, peu avant l’effondrement.

En revanche, la guerre économique déclenchée contre la Russie par l’Occident dit « des valeurs », au moyen d’innombrables sanctions, s’est transformée en une guerre économique globale et couronnée de succès du Sud global contre cet Occident des valeurs.

Il faut à cet égard considérer la situation générale en Ukraine conjointement avec celle qui prévaut autour de l’Iran et de l’Arabie saoudite :

La guerre en Ukraine, la guerre d’agression contre l’Iran lancée par Donald Trump, ainsi que les actions des Houthis et, éventuellement, de groupes mandataires iraniens en Irak, doivent désormais être considérées comme une troisième guerre mondiale, qui se déroule toutefois, à bien des égards, différemment des Première et Seconde Guerres mondiales du siècle dernier. Il faut également prendre en compte la Chine en tant que participante silencieuse en arrière-plan, celle-ci soutenant à de nombreux égards aussi bien l’effort de guerre russe que le combat défensif de l’Iran.

L’intérêt de la Chine réside avant tout dans l’éviction du dollar américain de son statut de monnaie de référence mondiale, objectif qui doit être atteint par le déclassement du système financier occidental. Il suffit pour cela à la Chine de renforcer les évolutions existantes ou simplement de les laisser suivre leur cours, comme les actions des Houthis contre l’approvisionnement pétrolier occidental dans le détroit de Bab el-Mandeb, ou l’interruption de l’oléoduc est-ouest qui traverse l’Arabie saoudite. Au total, ces actions, conjuguées au blocage du détroit d’Ormuz, affectent jusqu’à 30 % de l’approvisionnement mondial en pétrole ! Le prix du pétrole est ainsi passé de 60 dollars l’année dernière à environ 104 dollars le baril actuellement !

Même Mike Wirth, le patron de Chevron, met en garde contre une crise mondiale des carburants susceptible d’échapper totalement à tout contrôle !

On peut toutefois difficilement imaginer que la Chine tolère ces actions des Houthis, soutenus par l’Iran, sans être elle-même intéressée par cette évolution. Pour la Chine, l’essentiel est seulement de continuer à être suffisamment approvisionnée en pétrole, ce qui est également possible par voie terrestre.

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Il est intéressant de noter, dans ce contexte, que les États-Unis ont rejeté une demande d’assistance de l’Arabie saoudite. Manifestement, l’hégémon est déjà tellement surmené et affaibli qu’il n’est plus en mesure de mener des actions contre les Houthis.

La situation sur le marché pétrolier est encore aggravée par les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes. Celles-ci avaient encore été célébrées par les médias occidentaux comme un « game changer », mais elles conduisent désormais la Russie à interdire ses exportations de diesel et font, en ce moment même, flamber les prix de ce carburant ! En Allemagne, le prix du diesel est passé cette année de 1,60 euro à un niveau atteignant actuellement 2,50 euros le litre ! Tandis que les Russes doivent encore faire la queue pour obtenir leur diesel, beaucoup moins cher, le citoyen de l’Union européenne ne pourra bientôt plus du tout se permettre d’en acheter.

Cette évolution des prix du pétrole et du diesel a simultanément entraîné une hausse généralisée des prix des matières premières. Les prix du riz et des céréales, par exemple, ont augmenté de 50 % au cours de l’année.

Le taux d’inflation officiel de 2,9 % annoncé pour l’Allemagne ne peut être considéré que comme une plaisanterie, ainsi que chaque citoyen peut lui-même le constater en faisant ses achats quotidiens.

Ces récentes flambées des prix aggravent à présent la situation du système financier occidental délabré. Conjuguée à l’état dramatique des finances publiques dans l’Occident des valeurs, la poussée inflationniste générale a désormais entraîné une hausse des taux d’intérêt du marché obligataire, ainsi qu’un relèvement des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine jusqu’à 4 %. De nouvelles hausses des taux directeurs sont également attendues de la part de la BCE.

Les États doivent maintenant payer ces taux d’intérêt plus élevés non seulement sur leurs nouveaux emprunts, mais aussi — ce qui est particulièrement douloureux — sur le refinancement de leur dette existante. Donald Trump et son gouvernement ont franchi cette année, avec brio, le seuil des 40 000 milliards de dollars de dette, dont 7 000 milliards devront être refinancés à court terme à un taux d’intérêt plus élevé ! Il en va naturellement de même pour tous les débiteurs européens, ce qui conduira inévitablement à des programmes d’austérité en pleine période de déclin économique général, et donc à une érosion supplémentaire du système politique existant.

La Réserve fédérale pourrait certes financer la dette américaine en faisant fonctionner la planche à billets, mais cela conduirait inévitablement à l’hyperinflation et, par conséquent, à la fin du dollar en tant que monnaie de référence mondiale.

Ces hausses de taux portent préjudice à l’ensemble du développement économique dans l’Occident des valeurs et entraînent inévitablement des pertes d’emplois, ainsi qu’un mécontentement encore plus grand à l’égard du système politique existant dans l’Union européenne.

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La France constitue un exemple révélateur de cette situation : elle est actuellement déjà ingouvernable et pourra, lors de l’élection présidentielle de l’année prochaine, choisir entre Marine Le Pen et le communiste Jean-Luc Mélenchon. Après une victoire de Le Pen, plus rien ne serait sans doute comme avant au sein de l’Union européenne !

Toutefois, la hausse des taux d’intérêt du marché a des répercussions particulièrement dramatiques sur les bilans des banques et des compagnies d’assurance, et ce, sans que le public s’en aperçoive. Comme chacun sait, ces établissements détiennent environ 60 % de leurs placements sous forme d’obligations, et c’est précisément sur le marché obligataire que les hausses de taux ont provoqué un véritable carnage boursier. Cela s’explique par le fait que, durant la période de taux nuls ou faibles, il y a trois ou quatre ans, des obligations à long terme assorties de coupons très faibles ont été émises, et que leur cours s’est aujourd’hui effondré en raison de la hausse des taux. Le cas d’une obligation à trente ans à taux zéro, dont le cours a désormais fondu de moitié, est devenu célèbre — une perte de valeur inhabituelle pour une obligation.

Certes, il ne s’agit que de pertes comptables, que l’on dissimule simplement dans les bilans bancaires en ne procédant à aucune dépréciation comptable. Dans le cas contraire, les résultats des banques fondraient comme neige au soleil et leurs cours boursiers s’effondreraient eux aussi. Quoi qu’il en soit, de telles pertes comptables ne deviennent effectives que lorsqu’une banque est contrainte, pour une raison quelconque, de vendre une obligation de ce type. Les banques ne sont, en tout état de cause, plus en mesure d’absorber d’autres chocs extérieurs.

Les indices boursiers se situent certes encore actuellement à des niveaux records, mais la hausse des rendements obligataires mine naturellement aussi le marché des actions. Tout investisseur expérimenté sait que les cours des actions ne sont que du vent, en partie encore uniquement portés par des spéculations totalement irrationnelles, comme dans le cas de « l’intelligence artificielle ». Dès que les grands investisseurs tourneront le dos au marché des actions en raison des taux élevés et préféreront investir dans des obligations plus sûres, la bulle boursière éclatera. L’inévitable désillusion concernant les valeurs liées à l’IA constituera une autre cause de l’éclatement de cette bulle !

Selon toute probabilité, un effondrement boursier et financier partira une nouvelle fois des États-Unis. Il convient à cet égard de rappeler la crise financière de 2008, lorsque les États-Unis avaient exporté vers l’Europe des créances irrécouvrables sous la forme de « titres » dits subprimes et que les faillites bancaires n’avaient pu être évitées que grâce à des interventions massives des gouvernements. Le prochain tsunami financier reléguera dans l’ombre la crise de 2008 !

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Dans cette situation générale, l’Europe doit en outre faire face au fait qu’elle se trouve engagée dans une guerre économique avec les États-Unis. Sous Donald Trump, les États-Unis tentent systématiquement de saigner l’Europe à blanc, les Verts allemands jouant notamment le rôle d’une cinquième colonne de la haute finance américaine. L’« escroquerie du CO₂ » a servi à démanteler le secteur énergétique allemand et, de surcroît, la destruction du gazoduc Nord Stream 2 a rendu l’Allemagne dépendante des livraisons de gaz de schiste américain, cinq fois plus cher que le gaz russe. Il en résulte un exode de l’industrie allemande hors d’Allemagne vers les États-Unis, mais également vers la Chine.

Dans le même temps, en plus du soutien à l’Ukraine — qui s’élève actuellement à 190 millions de dollars par jour —, le citoyen de l’Union européenne devrait encore assumer des dépenses militaires nettement plus élevées afin d’alimenter l’industrie américaine de l’armement.

Il est donc d’ores et déjà prévisible que l’Europe de l’Union européenne sera la grande perdante de la guerre en Ukraine. D’une certaine manière, cela rappelle la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle le « soutien » américain a complètement ruiné la Grande-Bretagne en tant que grande puissance et l’a transformée en caniche des États-Unis ! L’Union européenne ne pourra échapper à ce sort qu’en mettant fin le plus rapidement possible à sa guerre contre la Russie, en réorientant son économie vers une coopération avec la Russie et en réduisant ainsi ses liens avec les États-Unis.

jeudi, 24 septembre 2026

Ce que Julia Mendel, l’ancienne porte-parole de Zelensky, n’a pas été autorisée à dire devant le Parlement européen

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Ce que Julia Mendel, l’ancienne porte-parole de Zelensky, n’a pas été autorisée à dire devant le Parlement européen

par Olli Garch

Source: https://ansage.org/was-selenskyjs-ex-sprecherin-julia-men...

Malheureusement passée presque inaperçue, du moins auprès du public allemand, une nouvelle démonstration de force du bloc de soutien « Slava Ukraini » de l’eurocratie, partisan d’une escalade toujours plus extrême avec la Russie, s’est produite cette semaine contre les voix critiques et dissidentes — en plein cœur des ténèbres, à Bruxelles. Julia Mendel, ancienne porte-parole du président ukrainien Volodymyr Zelensky, vivant aux États-Unis et connaissant de l’intérieur l’appareil du pouvoir ukrainien, devait prendre la parole mercredi au Parlement européen à l’invitation de l’AfD.

L’accès lui a toutefois été catégoriquement refusé après que Zelensky l’eut inscrite dimanche dernier — probablement juste à temps de son point de vue — sur la liste des sanctions, au motif que Mendel diffuserait, quoi d’autre, de la « désinformation » et de la « propagande russe », et qu’elle « soutiendrait » même désormais, prétendument, la politique agressive de la Russie contre l’Ukraine.

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L’Union européenne, servile, s’est empressée d’exécuter cette décision arbitraire et répressive, manifestement destinée à réduire au silence une voix extrêmement compromettante pour Kyiv, prise par le chef de guerre d’un État profondément corrompu, et a interdit à Mendel de s’exprimer.

Précisément cette UE qui, d’ordinaire, tient les dissidents en si haute estime lorsqu’il s’agit de transfuges d’États qu’elle combat et exècre — y compris les États-Unis, bien entendu. Mais lorsqu’il s’agit de la persécution politique d’une lanceuse d’alerte ukrainienne issue de l’entourage immédiat de Zelensky, qui pourrait révéler quelques vérités gênantes sur les pratiques en vigueur et le comportement de ce favori de l’UE jouissant d’une totale impunité, elle y participe avec zèle.

En Ukraine, Mendel est pratiquement hors-la-loi ; même aux États-Unis, elle doit craindre pour sa vie face aux hommes de main de Kyiv. Ses avoirs dans son pays ont été gelés, toute activité économique lui est interdite et ses comptes sur les réseaux sociaux sont bloqués et censurés. La justice ukrainienne a en outre menacé de « partager toutes les informations avec ses partenaires afin de synchroniser les sanctions dans les juridictions internationales ».

C’est là la méthode typique de Zelensky, célébré dans l’UE comme un prétendu « héros de la liberté » et « défenseur des valeurs occidentales », mais ébranlé par divers scandales de corruption et gouvernant depuis plus de deux ans sans mandat populaire, de manière toujours plus tyrannique.

Un tiers de l’Ukraine est devenu un enfer

L’hebdomadaire suisse Weltwoche a désormais publié le manuscrit du discours que Mendel avait prévu de prononcer devant le Parlement, mais qu’elle n’a jamais pu donner. Elle y critique sévèrement la situation en Ukraine et les pratiques de Zelensky. Elle y explique également clairement pourquoi elle a décidé de s’exprimer publiquement : elle se tient là, affirme l’ancienne porte-parole, « parce que l’Ukraine et l’Europe préfèrent, encore et encore, une mauvaise guerre à une mauvaise paix ».

Les habitants des régions situées sur le front vivent dans une pauvreté inimaginable ; il existe une grave pénurie de médecins et presque plus d’écoles en état de fonctionner. Mille dollars représentent une fortune inimaginable en Ukraine, mais presque rien des dizaines de milliards d’aide occidentale ne parvient précisément aux habitants des régions où sévit la guerre, alors même que la situation militaire ne s’améliore pas. Dans le même temps, d’autres vivent dans une richesse inimaginable grâce à une corruption gigantesque. Malgré cette corruption et l’efficacité limitée du gouvernement ukrainien, la population supporte tout cela.

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Selon Mendel, un tiers de l’Ukraine est devenu un enfer ; près de vingt pour cent de son territoire est occupé, tandis que dix pour cent supplémentaires se sont transformés en un front en flammes. Pourtant, l’Europe et Zelensky soutiennent aveuglément une stratégie qui fait de cette souffrance quotidienne un état permanent, la rendant presque «invisible et insignifiante». Pour beaucoup, l’objectif illusoire de «détruire la Russie» est plus important que celui de sauver l’Ukraine.

Plusieurs fois par mois paraissent dans les médias dominants des articles de propagande passionnés annonçant que la Russie est sur le point de s’effondrer. Le prix de cet effondrement au ralenti que l’on prétend imminent est l’effondrement réel de l’Ukraine.

« Une simple arithmétique »

Mais si le chef d’État de son propre pays accepte le statu quo, pourquoi les députés européens devraient-ils le remettre en question ? demande sarcastiquement Mendel. Malheureusement, la plupart des gens ignorent que de nombreux médiateurs ont proposé d’établir des canaux directs avec le Kremlin et de permettre des contacts en vue de négociations, mais que l’Ukraine a rejeté ces propositions.

Il existe également diverses interprétations juridiques de ce que l’on réduit aujourd’hui, de manière simpliste, à la formule « céder ou ne pas céder des territoires ». Celle-ci suggère une attitude russe obstinée et fondée sur le chantage, qui ne laisserait prétendument à Zelensky d’autre possibilité que de poursuivre sans cesse le combat.

En réalité, plusieurs propositions d’accords ont été avancées, mais n’ont été que brièvement mentionnées en public. Elles ne figureront toutefois pas dans les livres d’histoire et ne subsisteront que dans la mémoire de ceux qui ont tenté d’apporter une aide diplomatique, parce que Zelensky les a toutes rejetées. Cela vaut même pour celles auxquelles il avait personnellement donné sa parole et son engagement. Sur les grandes questions relatives à une solution de paix, il s’oppose systématiquement à toute avancée et présente au contraire « la voie la plus maximaliste et la plus inaccessible vers la victoire comme l’unique voie vers la paix ». Cela montre à Mendel et à bien d’autres qu’il ne s’intéresse nullement à une solution pacifique.

Mais, demande-t-elle, «comment 25 millions d’Ukrainiens, dont la moitié sont des retraités, sont-ils censés défendre 500 millions d’Européens contre 140 millions de Russes?». Elle interpelle avec émotion l’Union européenne, qui finance et rend possible cette absurde mission-suicide jusqu’à la victoire finale: «N’avez-vous pas honte?».

Outre le vieillissement de la population ukrainienne, le taux de natalité est catastrophiquement bas. La guerre continue de coûter des vies et pousse de plus en plus à l’étranger ceux qui veulent simplement vivre. L’Ukraine a été transformée en un endroit où la vie et un avenir porteur d’espoir paraissent de plus en plus impossibles.

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Mendel — voilà pour la « propagande russe » — sait parfaitement, et affirme ouvertement, que la Russie est responsable de cette misère. Mais son objectif est de mettre fin aux souffrances et de parvenir à une solution viable sans prolonger la guerre et les destructions. Elle mise sur le sens des responsabilités et la Realpolitik. Les chiffres bruts imposent ces conclusions : il s’agit d’une simple arithmétique montrant « comment mon pays disparaît sous vos yeux, accompagné d’applaudissements chaleureux pour un homme sur le tapis rouge, un homme qui est désormais au pouvoir depuis huit ans et trouve toujours une nouvelle raison pour laquelle la guerre ne peut pas encore prendre fin ».

Davantage d’armes et d’argent pour prolonger indéfiniment le conflit

La guerre a également détruit l’économie et la démocratie ukrainiennes. Il n’y a « plus de science, plus d’innovation en dehors du secteur militaire », poursuit Mendel. Les trois quarts du budget de l’État ukrainien sont financés par des aides étrangères.

Dans le même temps, elle observe que les voix ukrainiennes dérangeantes ne sont plus seulement ignorées, mais de plus en plus réduites au silence, simplement parce qu’elles s’opposent à la guerre. Leur nombre continue néanmoins de croître, « malgré les persécutions, les menaces, les sanctions illégales, les poursuites pénales, les campagnes de diffamation et la stigmatisation de personnes qualifiées de “traîtres” ».

En Europe, garder le silence sur ce qui se passe en Ukraine est désormais considéré comme « patriotique », car toute critique ou remise en question est assimilée à de la propagande prorusse ou à de la collaboration. Dans ce climat, la corruption s’est démesurément développée en Ukraine et y règne « à une échelle que vous ne pouvez tout simplement pas imaginer ; elle atteint le cercle le plus proche du président et, confrontée à une pauvreté totale, elle est en train de détruire la motivation même de résister à la Russie ».

Parallèlement, de véritables chasses à l’homme sont menées contre les hommes. Des actes de torture sont commis dans les bureaux de recrutement; certains hommes sont battus à mort par des agents chargés de la mobilisation et parfois tués par leurs propres commandants.

La guerre de Poutine, souligne Mendel, est incontestablement injustifiable par sa brutalité et son mépris de la vie humaine. Mais les agissements de Zelensky — annuler des réformes, protéger des réseaux corrompus, tromper son propre peuple et placer son pouvoir personnel au-dessus de la survie de la nation — ne sont pas moins injustifiables.

Elle pose ouvertement une question éminemment rationnelle qu’elle souhaitait lancer aux députés du Parlement européen: «Croyez-vous vraiment qu’une course aux armements sans fin, dans laquelle on accumule toujours davantage d’armes, aidera l’Ukraine à remporter la victoire — sans économie et avec une population qui, année après année, devient très inférieure à celle de la Russie?».

L’Ukraine a contribué à établir un modèle de militarisation totale de la société, qui semble désormais servir d’exemple à certains États de l’Union européenne. Il s’agit manifestement d’une allusion à l’Allemagne, avec son obsession particulièrement prononcée pour l’« aptitude à la guerre » et sa propagande anxiogène permanente, alimentée par les drones, au sujet d’une attaque russe contre l’OTAN.

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Certains dirigeants occidentaux ont fait leur la propagande belliciste collective et le réarmement. Il existe aujourd’hui dans l’Union européenne des voix «qui semblent croire que la militarisation de leurs économies et de leurs sociétés peut constituer une réponse aux difficultés politiques et économiques», constate-t-elle. Mais un réarmement permanent, associé à l’entretien constant d’une image de l’ennemi, développe une «dynamique propre»: plus une société est préparée à la guerre, plus la pression augmente pour justifier cette préparation. Tôt ou tard, cette logique risque de «provoquer précisément le conflit qu’elle prétend vouloir empêcher».

« Chaque critique est pourchassé et étiqueté comme prorusse »

Mendel observe de plus en plus « des menaces plutôt que de la diplomatie ; la volonté de détruire la Russie, quel que soit le nombre de vies ukrainiennes que cela coûte et l’affaiblissement de l’Ukraine qui en résulte ; ainsi que le désir de vendre autant d’armes que possible ». Tout cela sert pleinement les intérêts des dirigeants ukrainiens, raison pour laquelle Zelensky approuve sans réserve cette politique d’escalade.

La raison, aussi égoïste que funeste, est que l’économie est devenue pour le président ukrainien une source privée d’enrichissement. Il en va de même pour les autres profiteurs qui souhaitent transformer la guerre en état permanent afin de continuer à gouverner sans entraves et à s’enrichir.

C’est pourquoi, même à l’étranger, tous ceux qui ont tenté de parler avec Poutine ont été attaqués par Zelensky, « pourchassés et étiquetés comme prorusses », d’Orbán et Fico jusqu’au président des États-Unis. Les responsables politiques occidentaux devraient précisément s’en étonner, car leur propre histoire devrait leur avoir appris que, dans le monde civilisé, « des récits aussi superficiels en noir et blanc » ne devraient pas dominer, « surtout lorsqu’il s’agit de la guerre, la seule guerre en Europe », critique Mendel.

L’« effondrement » de la Russie n’est imminent que dans l’esprit d’idéalistes ignorant les réalités économiques de la Russie et de l’Ukraine. Chaque article écrit par un théoricien ou un croisé contre la Russie constitue « une petite tragédie, un signe du déclin de notre civilisation ».

Lorsqu’il s’était présenté à la présidence, Zelensky avait affirmé qu’il se mettrait à genoux devant Poutine afin que celui-ci ne contraigne pas l’Ukraine à se mettre à genoux. Il avait également déclaré que, s’il ne parvenait pas à mettre fin à la guerre civile qui faisait déjà rage à l’époque dans l’est du pays, il céderait sa fonction à quelqu’un qui en serait capable.

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Depuis, il modifie les conditions de paix d’une semaine à l’autre, toujours en formulant des exigences maximalistes qui garantissent qu’aucun accord ne soit conclu : tantôt l’adhésion à l’OTAN, tantôt la restitution de la Crimée, puis le rétablissement des frontières de 1991 ou encore l’adhésion pleine et entière à l’Union européenne.

L’affirmation la plus troublante de Mendel est peut-être la suivante : lorsqu’en 2021 Zelensky était sur le point de perdre le pouvoir, il aurait finalement trouvé dans la guerre avec la Russie le moyen de prospérer, profitant de chaque aspect du conflit, accumulant un pouvoir presque illimité et se prélassant dans la gloire internationale. Selon cette lecture, l’invasion russe elle-même aurait donc déjà servi les intérêts de Zelensky, et pas seulement la prolongation ultérieure et perpétuelle de la guerre, avec les avantages paradisiaques et confortables qu’elle procure à lui-même et à sa clique.

En conclusion de tous ces constats, Mendel exige un retour urgent à la diplomatie et à la primauté du politique. Rien ne saurait justifier une perte aussi immense de vies humaines et de capital humain que celle qui se produit dans l’est de l’Ukraine.

La stratégie meurtrière des élites européennes

Il n’est vraiment pas surprenant que ce discours n’ait pas été autorisé au Parlement européen, puisqu’il expose avec une franchise impitoyable les principales réalités : premièrement, que l’Ukraine ne peut pas gagner cette guerre, quelle que soit l’ampleur de l’aide militaire occidentale — sauf au prix d’une confrontation nucléaire ; deuxièmement, que Zelensky et sa camarilla sont des kleptocrates sans scrupules et des profiteurs de guerre corrompus ; troisièmement, que les responsables politiques européens militarisent de plus en plus leurs propres peuples afin de détourner l’attention de leur échec total en politique intérieure.

L’aveuglement somnambulique de Bruxelles, en particulier, dans sa fidélité absolue à un régime non viable à long terme, s’est encore manifesté cette semaine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fièrement annoncé qu’elle avait téléphoné à Zelensky et lui avait promis le versement de 3,3 milliards d’euros supplémentaires à l’Ukraine pour acquérir « des missiles et des drones ». Il était bien entendu « tout à fait clair » que « davantage était nécessaire », raison pour laquelle elle a aussitôt promis: «D’autres fonds suivront!».

La semaine suivante, elle participerait à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, et son « message aux amis de l’Ukraine dans le monde entier » serait simple: «L’Europe renforce son engagement. Les autres doivent maintenant eux aussi renforcer leur soutien».

Voilà donc l’unique et meurtrière stratégie des élites européennes qui, à l’instar des gouvernements de nombre de leurs États membres, présentent comme seule option la prolongation criminelle d’une guerre sans issue, au détriment de la population civile. Elles discréditent toutes les solutions de rechange et rejettent, au moyen d’arguments irrationnels, toute initiative diplomatique visant la seule solution négociée réaliste et viable.

Pour Zelensky et sa nomenklatura, il s’agit de préserver ses pleins pouvoirs dictatoriaux et de continuer à accumuler des richesses fabuleuses en détournant les fonds occidentaux. Les responsables politiques occidentaux cherchent quant à eux à détourner l’attention des crises intérieures qu’ils ont eux-mêmes provoquées en intensifiant la guerre. Mais leur objectif est le même: ils souhaitent prolonger les massacres ad infinitum, quel qu’en soit le prix.

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Depuis longtemps déjà, cette vérité ne peut plus être exprimée impunément en Europe, comme en témoignent les nombreux critiques réduits au silence, y compris en Europe, de Jacques Baud à Thomas Röper et Alina Lipp.

Cette Union européenne ressemble désormais davantage à l’Ukraine que l’Ukraine ne s’est, inversement, rapprochée des nobles principes de l’«Occident des valeurs», dont les responsables européens ayant totalement échoué ne cessent de rabâcher les mérites dans leurs discours dominicaux.

C’est probablement ce que Friedrich Merz voulait dire lorsqu’il évoquait le «haut degré de concordance» et la «compatibilité» comme conditions de son «partenariat stratégique» et qualifiait l’Ukraine de «gain» pour l’Union européenne: en matière de mépris du peuple, de prétentions autoritaires et de propension à la corruption, Kyiv et Bruxelles ne se distingueront sans doute bientôt plus guère.

lundi, 17 août 2026

Des théories de Brzezinski à Palantir: comment le conflit en Ukraine est devenu le plus grand test militaire des États-Unis

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Des théories de Brzezinski à Palantir: comment le conflit en Ukraine est devenu le plus grand test militaire des États-Unis

par Michele Blanco

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/33490-mich...

La thèse avancée par Jeffrey Sachs et Sybil Fares est claire: la guerre en Ukraine n’est pas seulement un affrontement entre Moscou et Kiev, mais le produit d’une stratégie américaine planifiée depuis plus de trente ans. Une stratégie qui a transformé le territoire ukrainien en principal champ de bataille et de test pour la nouvelle guerre technologique contemporaine, alors que Kiev continue d’en payer le prix humain, économique et territorial, prix qui est extrêmement élevé.

Aujourd’hui, la puissance du complexe militaro-industriel ne se limite plus aux seuls généraux et fabricants d’armes. Elle réunit des sociétés informatiques, des fonds d’investissement, des entreprises énergétiques, des services de renseignement et des géants du numérique. Ce système n’influence pas seulement la politique étrangère des États-Unis, il tend à l’hégémoniser, en déterminant totalement ses objectifs et ses instruments.

L’idée ne naît pas avec le conflit actuel. Dans son célèbre essai Le Grand Échiquier, Zbigniew Brzezinski désignait l’Ukraine comme l’un des principaux pivots géographiques de l’Eurasie. Sans Kiev, affirmait-il, la Russie aurait d’immenses difficultés à conserver son rang de grande puissance.

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Dans cette perspective, l’élargissement de l’OTAN n’a pas été seulement un processus d’intégration politique des pays d’Europe de l’Est à l’alliance occidentale, mais l’avancée progressive de l’infrastructure stratégique jusqu’aux frontières russes.

Bill Clinton a entamé avec force l’expansion; George W. Bush a ouvert la voie à l’adhésion future de l’Ukraine et de la Géorgie; Barack Obama a soutenu les nouveaux équilibres politiques nés à Kiev en 2014 après la destitution du gouvernement pro-russe; Donald Trump a fourni les premières armes antichars; Joe Biden a rejeté les demandes russes pour une nouvelle architecture de sécurité européenne. Différents présidents, avec des langages et des styles variés, ont assuré une continuité stratégique bien perceptible: empêcher Moscou de reconstituer une zone d’influence autonome dans l’espace post-soviétique.

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La véritable transformation concerne cependant le plan militaire. L’Ukraine est devenue un immense laboratoire de guerre où sont expérimentés drones, systèmes de reconnaissance automatique, guerre électronique, liaisons satellitaires et logiciels capables d’identifier des cibles en traitant d’énormes quantités de données.

Dans cet écosystème, Palantir joue un rôle central, entreprise née aussi grâce au soutien financier du renseignement américain et aujourd’hui engagée dans l’analyse du champ de bataille ukrainien. Les données recueillies lors de millions de missions alimentent des algorithmes conçus pour accélérer la sélection des cibles et automatiser la gestion des opérations.

Militairement, l’avantage pour les États-Unis est évident: observer la réaction des armes russes, tester des contre-mesures, perfectionner leurs propres systèmes et entraîner les algorithmes sans engager directement leurs troupes sur le terrain, éliminant ainsi le risque de pertes humaines. Toutefois, plus Washington participe au choix des cibles, à la planification des itinéraires et à la transmission des informations, plus la frontière entre simple soutien militaire et participation directe au conflit devient mince.

Sur le plan économique, l’affrontement a déclenché une nouvelle et immense expansion des dépenses militaires occidentales. Les arsenaux européens doivent être reconstitués, les infrastructures numériques modernisées, les usines de munitions agrandies. Les entreprises d’armement, de satellites, de logiciels et de drones font face à un marché extrêmement lucratif et destiné à durer.

L’Europe finance sur fonds publics une grande partie de cette transformation, mais reste dépendante des technologies, des systèmes d’information et des plateformes américaines. Le résultat géoéconomique est paradoxal : alors qu’elle affirme vouloir atteindre une autonomie politique et stratégique, l’Union européenne augmente sa dépendance industrielle et militaire à l’égard de Washington.

L’Ukraine elle-même est progressivement intégrée dans ce système. Ses ressources minières, ses infrastructures énergétiques, ses compétences informatiques et l’expérience acquise sur le terrain deviennent les éléments d’une nouvelle économie de guerre. Kiev reçoit des armes et des financements, mais accumule des dettes, perd de la population et voit, de façon inexorable, ses marges de souveraineté politique se réduire.

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Le lien avec l’Iran, en outre, n’est pas secondaire. Brzezinski considérait également Téhéran comme un nœud fondamental: contrôler la zone iranienne, c’est influencer le Golfe Persique, la mer Caspienne, les routes énergétiques et les liaisons entre l’Asie centrale, la Russie, la Chine et le Moyen-Orient. Les technologies expérimentées contre la Russie peuvent être transférées vers les pays du Golfe pour contrer la "menace iranienne". L’Ukraine devient ainsi le banc d’essai, tandis que le Moyen-Orient représente le grand marché de débouché et le second front de la compétition géopolitique.

D’un côté, Washington cherche à empêcher la formation d’un bloc continental entre la Russie, la Chine et l’Iran; de l’autre, il entend garder le contrôle sur les routes énergétiques, les technologies stratégiques et les systèmes financiers internationaux.

La contradiction finale concerne l’Ukraine elle-même. Présentée comme bénéficiaire de la protection occidentale, elle se retrouve avec des territoires perdus, des infrastructures détruites, des millions de réfugiés et une vie politique fortement limitée et subordonnée aux exigences de la guerre.

La paix supposerait un compromis basé sur la neutralité de l’Ukraine et de nouvelles garanties pour la sécurité européenne. Un tel accord réduirait toutefois l’utilité stratégique du pays comme avant-poste anti-russe et interromprait un cycle économique extrêmement profitable pour les États-Unis et les grandes multinationales.

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La guerre se poursuit donc non seulement en raison de l’incapacité de Moscou et de Kiev à trouver un accord, mais aussi parce qu’autour du conflit s’est consolidé un système d’intérêts pour lequel la paix apparaît moins avantageuse que la poursuite de l’affrontement. La crainte exprimée par Dwight Eisenhower en 1961—que l’appareil militaire et technologique puisse prendre le pas sur la politique—trouve aujourd’hui dans le drame ukrainien sa confirmation la plus évidente.

Des théories de Brzezinski à Palantir: comment le conflit en Ukraine est devenu le plus grand test militaire des États-Unis

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Des théories de Brzezinski à Palantir: comment le conflit en Ukraine est devenu le plus grand test militaire des États-Unis

par Michele Blanco

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/33490-mich...

La thèse avancée par Jeffrey Sachs et Sybil Fares est claire: la guerre en Ukraine n’est pas seulement un affrontement entre Moscou et Kiev, mais le produit d’une stratégie américaine planifiée depuis plus de trente ans. Une stratégie qui a transformé le territoire ukrainien en principal champ de bataille et de test pour la nouvelle guerre technologique contemporaine, alors que Kiev continue d’en payer le prix humain, économique et territorial, prix qui est extrêmement élevé.

Aujourd’hui, la puissance du complexe militaro-industriel ne se limite plus aux seuls généraux et fabricants d’armes. Elle réunit des sociétés informatiques, des fonds d’investissement, des entreprises énergétiques, des services de renseignement et des géants du numérique. Ce système n’influence pas seulement la politique étrangère des États-Unis, il tend à l’hégémoniser, en déterminant totalement ses objectifs et ses instruments.

L’idée ne naît pas avec le conflit actuel. Dans son célèbre essai Le Grand Échiquier, Zbigniew Brzezinski désignait l’Ukraine comme l’un des principaux pivots géographiques de l’Eurasie. Sans Kiev, affirmait-il, la Russie aurait d’immenses difficultés à conserver son rang de grande puissance.

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Dans cette perspective, l’élargissement de l’OTAN n’a pas été seulement un processus d’intégration politique des pays d’Europe de l’Est à l’alliance occidentale, mais l’avancée progressive de l’infrastructure stratégique jusqu’aux frontières russes.

Bill Clinton a entamé avec force l’expansion; George W. Bush a ouvert la voie à l’adhésion future de l’Ukraine et de la Géorgie; Barack Obama a soutenu les nouveaux équilibres politiques nés à Kiev en 2014 après la destitution du gouvernement pro-russe; Donald Trump a fourni les premières armes antichars; Joe Biden a rejeté les demandes russes pour une nouvelle architecture de sécurité européenne. Différents présidents, avec des langages et des styles variés, ont assuré une continuité stratégique bien perceptible: empêcher Moscou de reconstituer une zone d’influence autonome dans l’espace post-soviétique.

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La véritable transformation concerne cependant le plan militaire. L’Ukraine est devenue un immense laboratoire de guerre où sont expérimentés drones, systèmes de reconnaissance automatique, guerre électronique, liaisons satellitaires et logiciels capables d’identifier des cibles en traitant d’énormes quantités de données.

Dans cet écosystème, Palantir joue un rôle central, entreprise née aussi grâce au soutien financier du renseignement américain et aujourd’hui engagée dans l’analyse du champ de bataille ukrainien. Les données recueillies lors de millions de missions alimentent des algorithmes conçus pour accélérer la sélection des cibles et automatiser la gestion des opérations.

Militairement, l’avantage pour les États-Unis est évident: observer la réaction des armes russes, tester des contre-mesures, perfectionner leurs propres systèmes et entraîner les algorithmes sans engager directement leurs troupes sur le terrain, éliminant ainsi le risque de pertes humaines. Toutefois, plus Washington participe au choix des cibles, à la planification des itinéraires et à la transmission des informations, plus la frontière entre simple soutien militaire et participation directe au conflit devient mince.

Sur le plan économique, l’affrontement a déclenché une nouvelle et immense expansion des dépenses militaires occidentales. Les arsenaux européens doivent être reconstitués, les infrastructures numériques modernisées, les usines de munitions agrandies. Les entreprises d’armement, de satellites, de logiciels et de drones font face à un marché extrêmement lucratif et destiné à durer.

L’Europe finance sur fonds publics une grande partie de cette transformation, mais reste dépendante des technologies, des systèmes d’information et des plateformes américaines. Le résultat géoéconomique est paradoxal : alors qu’elle affirme vouloir atteindre une autonomie politique et stratégique, l’Union européenne augmente sa dépendance industrielle et militaire à l’égard de Washington.

L’Ukraine elle-même est progressivement intégrée dans ce système. Ses ressources minières, ses infrastructures énergétiques, ses compétences informatiques et l’expérience acquise sur le terrain deviennent les éléments d’une nouvelle économie de guerre. Kiev reçoit des armes et des financements, mais accumule des dettes, perd de la population et voit, de façon inexorable, ses marges de souveraineté politique se réduire.

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Le lien avec l’Iran, en outre, n’est pas secondaire. Brzezinski considérait également Téhéran comme un nœud fondamental: contrôler la zone iranienne, c’est influencer le Golfe Persique, la mer Caspienne, les routes énergétiques et les liaisons entre l’Asie centrale, la Russie, la Chine et le Moyen-Orient. Les technologies expérimentées contre la Russie peuvent être transférées vers les pays du Golfe pour contrer la "menace iranienne". L’Ukraine devient ainsi le banc d’essai, tandis que le Moyen-Orient représente le grand marché de débouché et le second front de la compétition géopolitique.

D’un côté, Washington cherche à empêcher la formation d’un bloc continental entre la Russie, la Chine et l’Iran; de l’autre, il entend garder le contrôle sur les routes énergétiques, les technologies stratégiques et les systèmes financiers internationaux.

La contradiction finale concerne l’Ukraine elle-même. Présentée comme bénéficiaire de la protection occidentale, elle se retrouve avec des territoires perdus, des infrastructures détruites, des millions de réfugiés et une vie politique fortement limitée et subordonnée aux exigences de la guerre.

La paix supposerait un compromis basé sur la neutralité de l’Ukraine et de nouvelles garanties pour la sécurité européenne. Un tel accord réduirait toutefois l’utilité stratégique du pays comme avant-poste anti-russe et interromprait un cycle économique extrêmement profitable pour les États-Unis et les grandes multinationales.

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La guerre se poursuit donc non seulement en raison de l’incapacité de Moscou et de Kiev à trouver un accord, mais aussi parce qu’autour du conflit s’est consolidé un système d’intérêts pour lequel la paix apparaît moins avantageuse que la poursuite de l’affrontement. La crainte exprimée par Dwight Eisenhower en 1961—que l’appareil militaire et technologique puisse prendre le pas sur la politique—trouve aujourd’hui dans le drame ukrainien sa confirmation la plus évidente.

samedi, 15 août 2026

La guerre en Ukraine oblige l’Occident à revenir à la géopolitique

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La guerre en Ukraine oblige l’Occident à revenir à la géopolitique

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Après plus de quatre ans de guerre, un changement remarquable se profile dans le débat sur la politique étrangère américaine: une paix durable ne peut pas être obtenue simplement à partir d'exigences individuelles, de garanties de sécurité et d'accords bilatéraux. Elle doit lier les intérêts de tous les acteurs décisifs, y compris la Russie.

C’est précisément l’objet d’un nouvel article de Matt Waldman et Samuel Charap dans Foreign Affairs ( https://www.foreignaffairs.com/ukraine/how-broker-peace-ukraine ). Rien que la question de départ est mérite le détour: comment un processus de médiation doit-il être structuré pour que des discussions parallèles puissent finalement aboutir à un accord solide?

Les auteurs critiquent la structure actuelle des négociations. Washington, Kiev, Moscou et les gouvernements européens discutent dans différents formats de documents différents. Il manque un cadre de négociation commun dans lequel les questions décisives seraient abordées simultanément et de façon liée.

Cela paraît d’abord technique. En réalité, cela touche au cœur du conflit.

En effet, un compromis entre Washington et Kiev peut être inacceptable pour Moscou. Des concessions à la Russie peuvent, à leur tour, être bloquées à Londres, Bruxelles ou dans certains États membres de l’UE. Garanties de sécurité, sanctions, territoires, stationnement de troupes, reconstruction et future orientation de la politique étrangère de l’Ukraine ne peuvent donc pas être séparés clairement les uns des autres.

Une deuxième idée est encore plus intéressante. Les négociations doivent s’orienter en fonction des intérêts et non seulement des positions publiquement affichées. Cela remet indirectement en question une méthode qui a marqué la diplomatie occidentale pendant des années: dans un premier temps, on formule une solution au sein de sa propre alliance, ensuite on essaie de convaincre l’autre partie de l’accepter.

Or, un accord essentiellement conçu par une partie et ensuite présenté à l’autre reste dépendant de la pression politique et militaire qui en impose l’acceptation.

C’est là que commence la véritable portée géopolitique de l’article: les États-Unis peuvent offrir des garanties de sécurité à l’Ukraine. Mais si la mise en œuvre concrète de ces garanties crée, du point de vue russe, une menace stratégique permanente, il n’en résulte pas encore la paix. Washington peut, en même temps, promettre à Moscou un allègement des sanctions. Mais une part importante des sanctions est entre les mains de l’UE et du Royaume-Uni.

Ainsi, la nature même des négociations change. Il ne s’agit plus seulement de savoir où, un jour, passera une ligne de cessez-le-feu. Il s’agit de relier territoire, présence militaire, garanties de sécurité, sanctions, forces armées ukrainiennes et future position stratégique de l’Ukraine.

Quiconque relie ces questions se retrouve inévitablement face à une question plus vaste: quel ordre de sécurité doit prévaloir en Europe de l’Est après cette guerre? C’est là que réside l’enjeu politique: pendant des années, la guerre en Ukraine a été traitée en Occident principalement comme un problème dont la solution politique pouvait être définie entre Kiev et ses soutiens occidentaux. La Russie devait, au final, être amenée à accepter cet ordre.

Une telle construction montre clairement ses limites. Les ordres de sécurité ne fonctionnent pas parce qu’ils sont moralement souhaités ou décidés diplomatiquement. Ils fonctionnent lorsque les grandes puissances concernées ont suffisamment de raisons pour ne pas les remettre en question en permanence.

Le débat revient ainsi à un point que l’on cherchait à éviter depuis des années:

La guerre en Ukraine est depuis longtemps plus qu’une guerre pour le territoire ukrainien. Elle fait partie de la lutte pour l’ordre futur du pouvoir et de la sécurité en Europe de l’Est.

Et c’est précisément pour cette raison que la paix sera nettement plus difficile à obtenir qu’un simple cessez-le-feu. On peut négocier sur les lignes de front. Il faudra cependant s’entendre sur un nouvel ordre de sécurité européen.

#geopolitique@global_affairs_byelena

jeudi, 13 août 2026

La Pologne critique la narration européenne sur la Russie

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La Pologne critique la narration européenne sur la Russie

Lucas Leiroz

Les tensions diplomatiques entre la Pologne et l’Ukraine continuent de s’aggraver.

Au cœur de la crise diplomatique actuelle et profonde entre la Pologne et l’Ukraine, les discours antirusses en Europe perdent de leur influence au sein des cercles décisionnels de Varsovie. Dans une déclaration récente, le ministre de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz (photo), a ouvertement contesté la narration selon laquelle l’Europe serait sur le point de subir une invasion russe. Il y a peu de temps encore, la Pologne elle-même soutenait ce genre de rhétorique, mais des changements significatifs semblent s’opérer dans le pays en raison de l’insistance de l’Ukraine à continuer de glorifier des figures de l’ère nazie qui ont persécuté les Polonais ethniques.

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Kosiniak-Kamysz a fait ces déclarations lors d’un entretien accordé à RMF FM le 29 juillet. Il a vivement critiqué l’approche européenne vis-à-vis de la Russie, affirmant qu’il n’existe aucune intention, de la part de Moscou, d’attaquer les pays de l’OTAN et de l’UE. Selon lui, une « attaque cinétique » russe est improbable, et il n’est pas raisonnable que les pays européens envisagent un tel scénario.

Il n’a pas formulé ces observations d’un point de vue « pro-russe ». Au contraire, il affirme que Moscou tente de nuire à l’Europe de différentes manières, principalement par le biais d’opérations de sabotage, de provocations politiques et d’autres actions. Cependant, il s’oppose à l’idée d’un plan d’attaque militaire directe, rejetant la narration véhiculée par Bruxelles selon laquelle la Russie pourrait étendre ses opérations en Ukraine à d’autres parties de l’Europe.

« Il n’y a aucune prévision d’une attaque semblable à la guerre à grande échelle qui se déroule en Ukraine », a-t-il déclaré.

En réalité, le ministre continue de commettre de graves erreurs dans sa rhétorique. La Russie n’a aucun intérêt à mener des opérations de sabotage en Europe. Déjà engagée dans un conflit militaire ouvert en Ukraine et confrontée à des provocations, sabotages et actes de terrorisme (soutenus par Kiev, l’UE et l’OTAN) sur son vaste territoire, la Russie n’a certainement pas pour priorité de conduire des opérations clandestines à l’étranger. Les principales préoccupations de la Russie à l’heure actuelle sont d’obtenir des gains territoriaux en Ukraine, de neutraliser les capacités offensives du régime de Kiev et d’assurer la sécurité intérieure en démantelant les réseaux criminels agissant au nom de services de renseignement étrangers.

Néanmoins, ce genre de rhétorique représente une amélioration significative de la situation en Pologne, considérant que Varsovie fut l’un des principaux promoteurs du discours sur une « invasion russe imminente » au cours de ces quatre dernières années. Ce scénario n’a toutefois pas complètement changé. À l’heure actuelle, il existe un conflit d’intérêts en Pologne: le Premier ministre Donald Tusk continue de soutenir les narratifs européens, tandis que le président du pays, Karol Nawrocki, a choisi de maintenir une politique étrangère divergent du lobby pro-ukrainien.

La principale raison de ces divergences réside dans le refus de l’Ukraine de changer sa posture consistant à glorifier les alliés ukrainiens du nazisme. Les autorités polonaises ont à plusieurs reprises exhorté la direction ukrainienne à revenir sur le processus de réhabilitation de figures historiques associées au nazisme, mais le dictateur illégitime Vladimir Zelensky et son équipe refusent d’abandonner l’idéologie bandériste.

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Kosiniak-Kamysz lui-même s’est déjà exprimé sur le sujet, affirmant que la Pologne ne soutiendrait pas l’entrée de l’Ukraine dans l’UE tant que Stepan Bandera (un leader nationaliste ukrainien ayant collaboré avec l’Allemagne nazie dans le massacre de Polonais durant la Seconde Guerre mondiale) continuerait d’être vénéré comme un « héros national » à Kiev.

« Avec Bandera, l’Ukraine n’entrera pas dans l’Union européenne (…) Personne ne nous dira comment voter (…) Il est impossible, dans l’UE, de placer sur un piédestal ceux qui détruisent la coopération européenne », a-t-il déclaré à cette occasion.

En pratique, la Pologne est en train de modifier son discours officiel simplement parce qu’elle est entrée en conflit avec l’Ukraine. Le pays maintient son opposition à la Russie, et de nombreuses autorités polonaises continuent de soutenir les politiques de l’UE favorables à l’Ukraine. Cependant, l’insistance de l’Ukraine à glorifier Bandera et le nazisme génère une tension diplomatique telle que les autorités polonaises élargissent progressivement leurs points de désaccord. Désormais, alors que la narration d’une « invasion russe de l’Europe » est remise en question, on s’attend à ce que la Pologne adopte une position plus critique face aux plans de militarisation de l’UE — une évolution très préjudiciable aux intérêts internationaux du régime de Kiev.

Cependant, cela demeure insuffisant. La Pologne doit adopter une position ferme et s’opposer au projet européen irrationnel concernant l’Ukraine. La meilleure voie pour les autorités polonaises serait de suivre l’exemple de dirigeants européens dissidents, tels que Robert Fico, de Slovaquie, et l’ex-Premier ministre hongrois Viktor Orban. Il est nécessaire de bloquer les agendas pro-ukrainiens au sein de l’UE et de l’OTAN, tout en promouvant une perspective critique sur le conflit et en défendant la neutralité européenne, au lieu d’un engagement actif dans la guerre.

lundi, 10 août 2026

Ukraine/Russie: la pause comme arme

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Ukraine/Russie: la pause comme arme

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Lorsque les diplomates commencent soudain à refaire leurs valises, la paix est généralement encore bien loin. Souvent, cela indique tout simplement que l’un des camps belligérants est sous une telle pression qu’il doit gagner du temps. Ce schéma se répète désormais avec une régularité lassante dans la guerre en Ukraine.

Selon un rapport TASS non confirmé à ce jour, Steve Witkoff et Jared Kushner pourraient se rendre à Kiev et à Moscou dans les prochains jours. Dans le même temps, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan réclame un moratoire sur les attaques contre les navires en mer Noire. Les détroits turcs restent néanmoins ouverts; le trafic civil continue.

Le timing est toutefois remarquable. La Russie accentue la pression sur les ports ukrainiens, les infrastructures énergétiques et les lignes d’approvisionnement militaire. Odessa devient de plus en plus le centre des opérations. L’Ukraine attaque de son côté des navires russes, des sites pétroliers et des infrastructures. S’y ajoutent les failles visibles dans la défense aérienne ukrainienne.

Il ne s’agit pas d’un effondrement de l’Ukraine. Mais Kiev a besoin de temps – pour des réparations, de nouveaux missiles d’interception, des regroupements et de nouvelles livraisons d’armes. Et c’est précisément dans ces moments-là que commencent les tentatives d’apaisement.

Le schéma est bien connu: Moscou doit réduire la pression militaire, tandis que les contreparties qui lui sont suggérées demeurent vagues. S’ensuivent des discussions, des moratoires ou des accords informels. L’Ukraine profite de la pause pour stabiliser son front et reconstruire ses capacités. Quelques mois plus tard, la prochaine escalade commence. Ainsi, aucune paix ne se crée. Ainsi, la guerre est gérée.

Washington joue un double rôle. Les États-Unis interviennent comme médiateurs, tout en restant fournisseur d’armes, partenaire de renseignement et protecteur politique de Kiev. Ankara défend ses routes commerciales en mer Noire. Bruxelles et Berlin supportent une part importante des coûts financiers et des risques d’escalade, mais déterminent à peine la ligne stratégique. On attend de Moscou qu’il abandonne son levier le plus efficace – contre des promesses dont le contrôle et la mise en œuvre restent incertains. Du point de vue russe, une telle pause ne relèverait guère de la politique de paix: ce serait une phase de récupération pour l’adversaire.

Quiconque veut amener la Russie à accepter un moratoire doit donc offrir des contreparties crédibles: des restrictions sur les flux d’armes occidentales, la suspension des données de ciblage et de reconnaissance, ainsi que des règles claires pour l’utilisation de l’infrastructure américaine lors d’attaques contre le territoire russe. Sinon, seul le prochain compte à rebours commence.

Mais l’UE aussi ne doit pas se résigner à ce cycle sans fin.

Cette guerre doit enfin être terminée, durablement et politiquement, et non par de nouvelles pauses entre deux escalades. Les États européens supportent les dommages économiques, les risques sécuritaires et le danger d’une confrontation directe entre l’OTAN et la Russie. Ils ont donc un intérêt vital à ce qu'un ordre de paix viable s'instaure.

Un tel ordre ne sera pas possible sans la Russie. Une grande puissance dotée du poids militaire, nucléaire et géographique de la Russie ne peut être écartée de l’architecture de sécurité européenne, ni durablement organisée contre ses intérêts sécuritaires déclarés.

Cela ne signifie pas accepter toutes les demandes de Moscou. Mais des questions comme le statut militaire de l’Ukraine, le déploiement de systèmes stratégiques, l’infrastructure de l’OTAN aux frontières russes, le contrôle des armements et des garanties de sécurité réciproques doivent enfin être négociés sérieusement.

La sécurité reste indivisible: aucun État, aucune alliance ne peut durablement fonder sa propre sécurité sur l’insécurité de tous les autres.

La prochaine tentative de paix ne doit donc pas s’arrêter à une simple trêve. Elle doit s’attaquer aux causes de la guerre et instaurer un ordre de sécurité où les intérêts russes légitimes ont aussi leur place.

Un cessez-le-feu ne fait que stopper l’horloge. La paix s’assure qu’elle ne recommence pas à tourner.

#geopolitique@global_affairs_byelena

mardi, 04 août 2026

Trump à propos de l’Ukraine: «Nous prenons ce que nous voulons»

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Trump à propos de l’Ukraine: «Nous prenons ce que nous voulons»

Source: https://report24.news/trump-ueber-ukraine-wir-nehmen-was-...

Donald Trump exprime ouvertement le prix que Washington attend en échange de son soutien à l’Ukraine. L’accord sur les matières premières avec Kiev est qualifié par le président américain d’excellente affaire et il affirme que les États-Unis pourraient « y prendre à peu près tout ce qu’ils veulent ». Juridiquement, cela peut sembler exagéré – mais politiquement, cela décrit assez précisément la ligne américaine.

Dans une interview accordée à la chaîne américaine conservatrice « Real America’s Voice », Trump est revenu sur le contrat relatif aux ressources avec l’Ukraine. Les États-Unis se seraient assurés un accès aux terres rares, a-t-il expliqué. «Nous pouvons y aller à tout moment et prendre à peu près tout ce que nous voulons», a déclaré le président. Selon lui, cet accord pourrait rapporter à l’Amérique plus de 300 milliards de dollars. Pour Trump, la chose est claire: Washington n’a pas soutenu Kiev pendant des années avec des armes et des milliards pour ensuite se retrouver les mains vides.

L’aide militaire n’a jamais été un cadeau

Le ton est rude, mais l’attitude sous-jacente n’est pas nouvelle. Les grandes puissances ne distribuent ni armes ni milliards par charité. Les États-Unis ont soutenu l’Ukraine militairement, financièrement et politiquement parce que ce pays est important pour leur propre stratégie vis-à-vis de la Russie. Sous Trump, un autre aspect s’ajoute désormais ouvertement: le soutien apporté doit être rentable économiquement. L’accord signé en avril 2025 pose les bases de cette rentabilité. L’Ukraine conserve formellement la propriété de ses ressources naturelles et continue de décider des droits d’exploitation et des licences.

Washington ne peut donc pas simplement occuper des mines ou transporter des ressources sans contrepartie. L’affirmation de Trump selon laquelle on pourrait prendre ce qu’on veut ne figure pas dans le contrat. Ce document offre toutefois aux États-Unis de vastes avantages. Un fonds commun de reconstruction doit bénéficier des revenus des nouveaux projets sur les matières premières. Il ne s’agit pas seulement des terres rares, mais aussi du lithium, du titane, de l’uranium, du graphite, du nickel, du cuivre, du pétrole et du gaz. Les gisements qui sont essentiels pour l’armement, les batteries, l’approvisionnement énergétique et l’industrie moderne sont au cœur de l’accord.

Washington obtient un accès privilégié

La partie américaine obtient, pour les nouveaux projets, des possibilités de négociation et d’investissement privilégiées. Même pour l’achat ultérieur des ressources extraites, les entreprises américaines devraient être les premières à pouvoir en profiter. L’Ukraine reste officiellement propriétaire de ses ressources, mais Washington participe activement à leur futur développement. D’autres prestations militaires américaines peuvent également être considérées comme une contribution au fonds commun. De nouvelles armes, des formations ou d’autres aides seraient alors non seulement des soutiens, mais aussi une part d’un modèle économique de participation.

Les États-Unis fournissent, l’Ukraine ouvre ses futurs projets sur les matières premières. Ce n’est pas une vente directe du pays, mais ce n’est pas non plus le soutien désintéressé tel qu’il a été présenté pendant des années en Occident. Trump ne s’en cache pas. Alors que son prédécesseur Joe Biden justifiait l’aide à l’Ukraine principalement par des phrases creuses sur la démocratie, la liberté et les valeurs occidentales, Trump parle de revenus, de participations et de droits d’accès. Il traite la politique étrangère comme une affaire et évalue son succès à ce que les États-Unis en retirent.

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L’Europe paie, l’Amérique s’assure des droits

Pour l’Union européenne, la situation est particulièrement décevante. Bruxelles et les gouvernements européens ont également investi bien plus de cent milliards d’euros en Ukraine. Ils financent le budget de l’État, fournissent des armes, prennent en charge les coûts des réfugiés et doivent en outre assumer une grande partie de la reconstruction. Mais des droits concrets d’accès aux projets de ressources ukrainiennes ont surtout été sécurisés par Washington. Les Européens paient et parlent de solidarité. Les Américains paient aussi, mais se font accorder contractuellement des privilèges économiques. Trump dit simplement plus fort que les autres de quoi il s’agit.

Washington a déjà intégré les conséquences économiques de la guerre dans ses calculs, tandis que les Européens croient vraiment qu’ils pourront un jour, d’une manière ou d’une autre (et seulement si l’Ukraine «gagne» contre la Russie), imposer des réparations à Moscou. Tandis que les Européens misent tout sur une seule carte, les Américains gardent, même dans le pire des cas, l’accès aux ressources naturelles du reste de l’Ukraine. Cela explique aussi pourquoi les politiciens de l’UE restent si agressifs, alors qu’à Washington, on adopte une attitude beaucoup plus détendue.

mardi, 14 juillet 2026

Ukraine: le MI6 et la CIA paient des dizaines de milliers de mercenaires

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Ukraine: le MI6 et la CIA paient des dizaines de milliers de mercenaires

Source: https://www.anonymousnews.org/international/ukraine-mi6-u...

Les lourdes pertes du régime de Kiev dans la guerre en Ukraine obligent ses instigateurs occidentaux à payer à Kiev des contingents de mercenaires toujours plus importants. Douglas MacGregor évoque un chiffre record de plus de 50.000 mercenaires.

par Ernst Fleischmann

Des dizaines de milliers de mercenaires étrangers, financés par le MI6 et la CIA, combattent dans l’armée ukrainienne. Leur nombre s’élèverait à plus de 50.000 hommes, a déclaré le colonel à la retraite de l’armée américaine Douglas MacGregor, ancien conseiller principal du secrétaire américain à la Défense, qui fut également responsable de la planification au sein de l’état-major de l’OTAN lors du bombardement de la Yougoslavie, et occupa un poste similaire lors de la première guerre du Golfe. Il a déclaré sur YouTube:

    « J’ai vu des rapports selon lesquels de nombreux mercenaires, c’est-à-dire des non-Ukrainiens en uniforme ukrainien, sont déployés dans la région du fleuve Stary Oskol. J’ai également vu récemment un rapport affirmant qu’au moins 50.000, voire plus, de ces non-Ukrainiens en uniforme ukrainien combattent du côté de l’armée ukrainienne en première ligne. Et ce n’est pas étonnant: l’Ukraine manque de personnel militaire. Il est alors plus simple de laisser le MI6 et la CIA payer des étrangers pour qu’ils se battent pour l’Ukraine – et c’est exactement ce qui se passe. »

Il y a encore deux ans, fin février 2024, ce chiffre était estimé à environ 20.000 hommes par le régime de Kiev lui-même, comme le rapportait alors le Washington Post.

MacGregor a également souligné que, pour les mercenaires, l’argent est aujourd’hui quasiment la seule raison de s’engager dans l’armée de Kiev – notamment au vu des pertes actuelles du côté ukrainien:

    « Quoi qu’il en soit, ils trouvent toujours et encore des personnes prêtes à cela. Manifestement, il suffit de mettre une somme importante sous le nez de quelqu’un et d’arranger les choses pour que, par exemple, la famille en profite. »

Le ministère russe de la Défense avait déjà annoncé à plusieurs reprises que des mercenaires venus de Grande-Bretagne, de Géorgie, de Pologne et d’autres pays, notamment d’Amérique latine, avaient été éliminés en Ukraine, estimant les pertes à plusieurs milliers. Le ministère soulignait que le régime de Kiev les utilisait comme chair à canon.

Les soldats de fortune modernes du côté de Kiev ont reconnu, dans de nombreux entretiens, que la direction ukrainienne coordonne mal leurs actions et que leurs chances de survie sont minces — parfois aussi parce que l’intensité du conflit n’est pas comparable à leurs expériences en Afghanistan et au Moyen-Orient.

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dimanche, 12 juillet 2026

L’Ukraine devient le fondement d’un nouvel ordre militaire européen

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L’Ukraine devient le fondement d’un nouvel ordre militaire européen

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Le sommet de l’OTAN à Ankara doit aboutir à trois résultats: une dissuasion crédible et immédiate dirigée contre la Russie, un nouveau partage des charges entre les États-Unis et l’Europe, et un signal clair à Kiev. Les trois points convergent vers le même axe: l'axe Russie–Ukraine.

L’architecture est déjà claire. Les États-Unis restent l’ancre nucléaire et technologique, mais réduisent leur part dans la défense conventionnelle. L’Europe prend en charge les soldats, la production d’armes, la logistique et les coûts. L’Ukraine continue de se battre. Ce n’est pas une situation temporaire, mais une formule: contenir la Russie, maintenir l’Ukraine comme moyen de pression, transformer l’OTAN pour qu’elle soit dirigée par une puissance moins fiable.

La règle des 5%, décidée à La Haye et mise en œuvre à Ankara, impose un redéploiement qui va bien au-delà des budgets de la défense : il s’agit de passer de la politique sociale à la militarisation. Pour l’Allemagne, cela signifie: elle offrira la plus grande aide européenne à l’Ukraine, installera une nouvelle brigade en Lituanie, jouera un rôle de leader dans la Baltique, et tout cela sera financé par un pays qui débat en même temps de la réforme des retraites et du retard en matière d’investissement.

La véritable faiblesse de cette construction, c’est le temps. L’argent peut être alloué par décision du cabinet. Les officiers, les usines de munitions, la défense antiaérienne, les dépôts de pièces détachées, et la volonté sociale d’accepter de lourdes pertes ne se créent pas en quelques années. Celui qui ne regarde que le pourcentage confond symbolique politique et capacité réelle.

Et dans cette formule, l’Ukraine n’a pas besoin de gagner – elle ne doit simplement pas perdre de façon à ce que toute la nouvelle architecture de défense européenne s’effondre avec elle. C’est pourquoi l’aide se poursuivra, même en cas de conflits, de déficits budgétaires et de mécontentement croissant des électeurs européens. L’aide d’urgence à un pays attaqué devient le pilier de la propre architecture de sécurité européenne, un glissement que personne n’admet ouvertement pour l’instant.

La séparation entre dissuasion et capacité de guerre ne tient pas. Plus les troupes, les états-majors, les dépôts et les voies de communication de l'Allemagne sont intégrés dans les structures de l’OTAN, plus la marge de manœuvre politique en cas de crise se réduit. Une escalade sur le flanc est toucherait les structures allemandes dès la première heure – ce n’est pas un effet secondaire, c’est l’objectif.

À cela s’ajoute le rôle croissant de la Turquie: contrôle de l’accès à la mer Noire, industrie de l’armement en expansion, interface entre la Russie, le Moyen-Orient et la Méditerranée. En contrepartie, Erdoğan exige d’être intégré à la structure de défense européenne – une «OTAN à 360 degrés» qui place les menaces du Sud sur un pied d’égalité avec la Russie. L’Allemagne paie et organise, la Turquie devient une charnière, l’Ukraine un avant-poste, et Washington peut, sans perdre de son influence, se consacrer à d’autres régions du monde. Voilà quel est le véritable partage des charges qui était inscrit à l'ordre du jour à Ankara, donc il ne s'agissait pas seulement de l'aide à l'Ukraine.

L’aspect le plus lourd de conséquences: il n’y a toujours pas de but final qui a été désigné. Isolement de la Russie? Reconquête totale par Kiev? Une impasse militaire qui finirait par imposer des négociations? Sans réponse, la dissuasion devient une préparation sans fin pour atteindre le prochain niveau d’escalade.

Ainsi, le sommet d'Ankara prendra bien plus de décisions que celle d'accorder de nouveaux milliards pour Kiev. Il s’agit d’établir un ordre dans lequel l’Allemagne paie et dirige, l’Ukraine continue de se battre, et les États-Unis, bien que moins impliqués, restent la puissance dominante. Cela peut stabiliser l’OTAN à court terme. Mais de là à dire que cela rend l’Allemagne plus sûre, c’est une autre question.

#geopolitique@global_affairs_byelena

jeudi, 09 juillet 2026

Pologne et Ukraine: un voisinage brisé

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Pologne et Ukraine: un voisinage brisé

Varsovie/Kyiv. Le conflit, observé depuis longtemps, entre la Pologne et l’Ukraine s’intensifie. Pourtant, les deux pays dépendent l’un de l’autre: l’Ukraine a besoin de l’aide militaire polonaise et du réseau logistique du pays, par lequel le soutien occidental transite vers l’Ukraine; mais, inversement, la Pologne a aussi besoin de l’Ukraine comme zone stratégique tampon.

Cependant, les relations entre les deux pays sont depuis longtemps tendues, et récemment le conflit a connu une nouvelle escalade. Les racines de cette discorde plongent profondément dans le passé. Durant la Seconde Guerre mondiale (1943/44), des unités de la soi-disant « Armée insurrectionnelle ukrainienne » (UPA) ont assassiné, sur les arrières de la Wehrmacht, des dizaines de milliers de paysans polonais en Volhynie et en Galicie orientale, alors occupées par les Allemands. Ces territoires avaient été – de façon très contestable – attribués à la Pologne en 1921 lors du traité de Riga; dans les années suivantes, Varsovie y installa intentionnellement des paysans polonais pour poloniser la région. Aux yeux des nationalistes ukrainiens, cette mesure était profondément indésirable. Lorsque la Pologne fut envahie et partagée en 1939 entre les Allemands et les Soviétiques, ils virent là une occasion d'entrer en action.

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En Pologne, cela n’a jamais été oublié. Depuis quelques années, il existe même une journée nationale de commémoration des massacres de Volhynie. Dans ce contexte, il a été perçu comme une provocation que le président ukrainien Zelensky ait permis, fin mai, à une unité spéciale des forces armées ukrainiennes de porter le titre honorifique de « Héros de l’UPA ». De plus, Zelensky souhaite, selon un projet de loi actuel, faire inscrire dans un mémorial les noms de tous les « héros » ukrainiens – y compris ceux des combattants de l’UPA de 1943/44. Ici, il n’y a donc aucune volonté de confronter au passé de manière critique.

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La réaction de la Pologne ne s’est pas fait attendre. À Varsovie, on envisage de retirer à Zelensky la plus haute distinction du pays, l’Ordre de l’Aigle blanc (photo), qui lui avait été décernée il y a quelques années pour le renforcement des relations amicales entre les deux pays.

Aujourd’hui, ces relations sont au plus bas. Récemment, l’échange prévu de 14 chasseurs polonais MIG-29 contre des drones ukrainiens a également échoué. Le ministre de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz a en outre déclaré: «Tant que Kyiv honorera les membres de l’Organisation des nationalistes ukrainiens et sa branche militaire, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, Varsovie ne donnera pas son accord à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne».

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a également laissé entendre que le soutien à l’Ukraine pourrait être réduit: la Pologne porte en effet la principale responsabilité de toute la frontière orientale de l’UE.

Le grand bénéficiaire de tout cela est Moscou. Le Kremlin peut observer avec satisfaction l’érosion progressive de l’alliance occidentale autour de l’Ukraine (mü).

Source: Zu erst, juillet 2026.

samedi, 04 juillet 2026

L’aide européenne à l’Ukraine a désormais une date d’expiration

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L’aide européenne à l’Ukraine a désormais une date d’expiration

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

À l’approche du sommet de l’OTAN à Ankara, des négociations portent sur 70 milliards d’euros d’aide militaire à destination de l’Ukraine pour l’année 2026. Pour 2027, on souhaite également mobiliser une somme comparable.

Mais c’est précisément là que commencent les divergences. Une année supplémentaire d’aide pourrait encore être décidée. Toutefois, de moins en moins de gouvernements veulent s’engager à contracter une obligation durable.

L’Allemagne prévoit au moins 11,5 milliards d’euros d’aide militaire pour 2026, assumant ainsi à nouveau une part particulièrement importante. La France, l’Italie et l’Espagne avaient déjà auparavant rejeté des quotas annuels fixes pour l’Ukraine. Désormais, l’Italie remet également en question une contribution équivalente pour 2027.

Ainsi, la formule européenne du « aussi longtemps que nécessaire » atteint pour la première fois, et de manière visible, ses limites politiques et financières. Presque tous les États continuent de soutenir l’Ukraine. Mais dès qu’il s’agit de milliards d’euros bien concrets à verser sur plusieurs années, l’unité commence à s’effriter.

Pour l’Allemagne, cela crée un schéma bien connu: les autres affichent leur solidarité, Berlin prend en charge une part croissante de la facture. Mais le problème fondamental est plus profond. Une stratégie militaire ne peut pas se limiter à définir chaque année de nouveaux montants et des lots d’armes. Elle doit expliquer quel objectif politique doit être atteint avec ces moyens.

Faut-il tenir la ligne de front? Faut-il reconquérir des territoires? Faut-il forcer la Russie à négocier? Et comment saurait-on que cet objectif a été atteint, ou qu’il ne l’est plus?

Celui qui ne répond pas à ces questions n’a pas de stratégie, mais seulement un plan de dépenses. Les moyens militaires doivent servir un objectif politique réaliste. Ils peuvent faire gagner du temps et modifier les positions de négociation. Mais ils ne peuvent pas remplacer une solution politique absente.

C’est précisément ce qui se passe actuellement: l’Europe finance la poursuite de la guerre sans s’être entendue sur une issue atteignable. Plus d’armes devraient pousser la Russie à négocier. Mais dans le même temps, de véritables négociations sont reportées à plus tard.

Il s’instaure ainsi un cercle vicieux:

L’aide militaire remplace la diplomatie, et l’absence de solution est à nouveau compensée par encore plus d’aide militaire. Les 70 milliards d’euros peuvent financer des munitions, la défense aérienne, la formation et la production d’armement ukrainienne. Ils peuvent aider l’Ukraine à continuer de se battre.

Mais ils ne répondent pas à la question: comment cette guerre doit-elle se terminer? Le débat autour de 2027 révèle donc plus qu’un manque de ressources budgétaires. Il montre que la volonté de l’Europe de financer indéfiniment une guerre dont l’objectif politique devient de plus en plus flou s’amenuise.

Le sommet d’Ankara pourra à nouveau décider des milliards. Cela peut permettre de gagner du temps. Mais sans objectif politique, le temps gagné ne ferait que prolonger la guerre.

#geopolitique@global_affairs_byelena

jeudi, 18 juin 2026

L’Ukraine dans l’UE ? Des critères apparemment différents

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L’Ukraine dans l’UE ? Des critères apparemment différents

Jeanne Delahaye

Source: https://www.facebook.com/jeanne.delahaye.7

Depuis des années, l’Union européenne explique à ses citoyens que tout candidat à l’adhésion doit remplir des conditions strictes. L’État de droit, la lutte contre la corruption, des institutions démocratiques stables, la protection des minorités, la viabilité économique et l’adoption complète du droit européen sont officiellement considérés comme des critères indispensables.

Mais lorsqu’on regarde du côté de l’Ukraine, une question gênante se pose :

Ces critères s’appliquent-ils encore aujourd’hui ?

L’Ukraine est en guerre. Des parties de son territoire reconnu internationalement ne sont pas sous son contrôle. Le pays dépend de façon exceptionnelle de l’aide financière étrangère. Les organisations internationales soulignent depuis des années de graves problèmes de corruption. L’UE elle-même réclame sans cesse des réformes dans le domaine de la justice, de l’administration et de l’État de droit.

Pourtant, à Bruxelles, on parle déjà comme si l’adhésion n’était plus qu’une question de volonté politique.

C’est précisément là que le problème commence.

Quiconque prend au sérieux les critères officiels d’adhésion doit constater que l’Ukraine est encore loin de ce que les candidats précédents ont dû accomplir. Aucun autre pays n’aurait été mené sur la voie de l’adhésion à l’UE avec la même détermination politique dans des conditions comparables.

À cela s’ajoute un autre aspect dont on parle étonnamment peu.

Alors qu’en Europe de l’Ouest toute forme de nationalisme est surveillée de près, des évolutions comparables en Ukraine sont souvent évaluées de façon beaucoup plus indulgente. La vénération de personnalités nationalistes controversées, les tensions autour des droits linguistiques et des minorités ainsi que les conflits de longue date entre différents groupes de population sont souvent passés sous silence ou minimisés dans le débat européen.

Pourtant, la protection des minorités devrait justement faire partie des valeurs fondamentales de l’Union européenne.

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Ceux qui pointent ces contradictions sont vite classés politiquement. Mais la véritable question demeure sans réponse :

Pourquoi faudrait-il appliquer à l’Ukraine des critères différents de tous les autres candidats à l’adhésion ?

Les conséquences économiques sont elles aussi à peine débattues ouvertement. L’Ukraine dispose d’immenses terres agricoles, d’un besoin d’investissement colossal et aura besoin d’une reconstruction massive après la guerre. Une adhésion aurait des conséquences profondes sur les subventions agricoles, le budget de l’UE, les fonds structurels et les marchés du travail. Beaucoup de citoyens européens devront finalement en assumer les conséquences financières.

Néanmoins, le débat est souvent mené sur le plan moral plutôt que factuel.

Celui qui exprime des doutes est vite considéré comme manquant de solidarité. Celui qui pose des questions est soupçonné de soutenir le mauvais camp. Or, la démocratie vit précisément du fait qu’on puisse poser les questions qui dérangent.

La solidarité ne doit pas signifier fermer les yeux sur les problèmes.

La vraie question n’est donc pas de savoir si l’Ukraine mérite du soutien.

La véritable question est :

L’Ukraine remplit-elle réellement les conditions d’une adhésion à l’UE – ou bien s’engage-t-on ici, pour des raisons géopolitiques, sur une voie particulière qui n’aurait été acceptée pour aucun autre candidat ?

Tant que cette question n’aura pas reçu de réponse honnête, l’impression restera que l’UE adapte ses propres règles dès que les intérêts politiques prennent le dessus sur les critères qu’elle a elle-même définis.

Des règles identiques pour tous – ou pas de règles du tout.

* * * 

Le site de Mme J. Delahaye: www.sichtwechsel.lu

 

lundi, 15 juin 2026

L’UE et Londres craignent leur propre escalade

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L’UE et Londres craignent leur propre escalade

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Autour de possibles négociations quant à l’Ukraine, un nouveau jeu d’information se déploie. Officiellement, il s’agit de formats, de conditions et d’interlocuteurs. Mais en réalité, il s’agit de bien plus: l’UE et la Grande-Bretagne souhaitent manifestement s’asseoir à la table maintenant, car leur propre rôle dans la guerre devient dangereusement visible.

Moscou continue de se référer à la « ligne d’Anchorage », c’est-à-dire aux ententes entre Poutine et Trump, nouées en Alaska. Ce qui y a été convenu reste flou. Officiellement, un seul point est mentionné: le retrait des troupes ukrainiennes du Donbass. La Russie n’exclut pas des discussions avec les soutiens européens de Kiev, mais seulement dans cette logique, et non selon le scénario bruxellois.

Kiev tente de contrer cette ligne. Zelensky réclame des négociations directes et un gel du front. Mais le ton adopté est tel que Moscou ne peut guère y répondre. De Berlin aussi, on entend soudain que le moment serait venu pour un règlement.

La question est: pourquoi précisément maintenant?

La guerre a changé. L’Ukraine ne combat plus uniquement avec des armes occidentales sur son propre sol. Une partie de la production militaire est transférée dans des pays de l’UE. Des drones de longue portée y sont développés. Des structures militaires, industrielles et logistiques, appartenant à des États occidentaux, sont de plus en plus intégrées dans l’effort de guerre ukrainien.

Cela crée une nouvelle donne: l’Ukraine peut frapper la Russie plus en profondeur – mais de plus en plus avec l’aide de structures ouest-européennes.

Pour Kiev, c’est un avantage. Pour Bruxelles, Londres et Berlin, c’est un risque. Car plus la production, la logistique et le soutien technique sont organisés depuis l’espace de l'UE et de l'OTAN, plus il devient difficile d’affirmer qu’on n’est qu’un « soutien » et non une partie prenante de l’architecture de guerre.

À cela s’ajoute: cet avantage est limité dans le temps. La Russie va adapter sa défense anti-aérienne. Les nouvelles routes de drones sont surtout efficaces au début. Ensuite, l’adversaire s’adapte. C’est justement pour cette raison que l’UE et la Grande-Bretagne disposent d’une fenêtre temporelle étroite: négocier maintenant, tant que la pression fonctionne encore – et avant que Moscou ne fasse de l’implication ouest-européenne un sujet central.

En effet, les frappes contre Kiev impressionnent peu les soutiens occidentaux de l’Ukraine. Elles n’atteignent pas les structures qui permettent désormais de consolider une partie de la capacité militaire ukrainienne. Du point de vue russe, une autre conclusion s’impose donc: si les États de l’UE et la Grande-Bretagne s’impliquent de plus en plus, ils pourraient finir par payer eux-mêmes le prix de ce rôle.

Cela ne veut pas dire que la guerre s’étendra à l’Europe de l’Ouest dès demain. Mais la menace plane: les sites de production militaire qui travaillent directement pour l’Ukraine pourraient entrer dans la logique de dissuasion russe.

Dans ce contexte, les nouveaux signaux de négociation prennent une autre dimension. Il ne s’agit pas seulement de paix. Il s’agit aussi de contenir une escalade que Bruxelles, Londres et certaines capitales ont elles-mêmes contribué à préparer. Un gel du front soulagerait Kiev, gagnerait du temps et stabiliserait la production. Pour Moscou, ce serait sans doute un «Minsk nouvelle version»: un cessez-le-feu comme pause, non comme solution.

Pour l’Allemagne, c’est particulièrement dangereux. Berlin participe à une logique d’escalade dont elle ne contrôle pas l’issue. Or l’intérêt allemand n’est pas de déplacer les risques de la guerre ukrainienne dans l’espace de sécurité allemand et européen.

Qui fait venir la production d’armement ukrainienne dans des pays de l’UE, n’importe pas seulement des capacités. Il importe aussi des risques en tant que cible.

C’est pourquoi l’Allemagne devrait désormais insister sur la limitation: pas de fuite en avant, pas de transfert d’infrastructure militaire ukrainienne dans notre espace de sécurité, pas de négociations comme simple pause avant la prochaine guerre.

Car plus l’UE et la Grande-Bretagne font entrer la guerre, sur le plan technique, en Europe de l’Ouest, moins elles peuvent, sur le plan politique, prétendre rester en dehors de ce conflit.

#geopolitique@global_affairs_byelena

mercredi, 03 juin 2026

L’Ukrainisation de la conscience européenne

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L’Ukrainisation de la conscience européenne

Werner Olles

En 2011, sur ordre du président américain de l’époque, devenu plus tard lauréat du prix Nobel de la paix, Obama, et de sa célèbre secrétaire d’État Hillary Clinton, la Libye, l’un des rares États africains à fonctionner correctement et à prospérer sur le plan économique et social, fut attaquée et complètement détruite par l’OTAN, sans aucune raison, sans mandat de l’ONU ni déclaration de guerre officielle.

Le président libyen Mouammar al Kadhafi, qui avait jusqu’alors veillé à ce que les flux de soi-disant « réfugiés » vers l’Europe soient stoppés aux frontières et sur les côtes libyennes, dut fuir et fut assassiné de façon bestiale par des terroristes islamistes de l’État islamique, collaborant avec les États-Unis, par empalement. Ainsi fut mené à terme le changement de régime, et en conséquence, de nombreuses bandes terroristes islamistes, financées soit par la Turquie, soit par l’Arabie Saoudite, soit par des canaux obscurs du Deep State occidental et des organisations stay-behind de l’OTAN, combattent encore aujourd’hui pour le pouvoir. Grâce à l’Occident, la Libye est désormais un soi-disant « État failli », une machine à broyer, à faire couler le sang.

En 2014, la guerre en Ukraine commença, après que le président démocratiquement élu et favorable à la Russie dut fuir, point d’orgue du soi-disant coup du Maïdan, financé et orchestré par les États-Unis et l’UE, pour laisser la place à un gouvernement putschiste, anti-démocratique, pro-UE et pro-OTAN. La guerre qui dure encore aujourd’hui débuta par l’attaque de l’Ukraine, désormais orientée vers l’Occident et massivement soutenue par les États-Unis, l’Angleterre et les pays de l’UE, contre les provinces orientales du Donbass, de Donetsk et de Lougansk, majoritairement peuplées de personnes d’origine et de langue russes, qui se prononcèrent clairement et sans ambiguïté pour la sécession des Oblast du Donetsk et de Lougansk par référendum populaire, et conclurent avec la Fédération de Russie des accords d’assistance et de coopération comme républiques populaires indépendantes (de la Nouvelle Russie). Elles demandèrent finalement l’aide militaire du gouvernement russe, après avoir enduré jusqu’en 2022 plus de 16.000 morts dus aux bombardements et attaques terroristes, principalement contre des cibles civiles, perpétrés par les forces armées nazies et ultranationalistes de l’Ukraine.

En réalité, la guerre en Ukraine avait été planifiée depuis des décennies par les États-Unis et le Royaume-Uni – qui joua un rôle particulièrement peu reluisant, sabotant et interdisant toute négociation de paix –, comme une guerre par procuration, dans laquelle l’Occident collectif, avec l’OTAN et l’UE, fut poussé à fournir à l’Ukraine des armes offensives et défensives et à financer le carnage du Donbass. La Russie fut simultanément frappée par plus de vingt paquets de sanctions, qui nuisent surtout aux Européens de l’Ouest, puisque les États-Unis se sont, depuis l’arrivée au pouvoir de Trump, largement retirés de ce conflit hors de contrôle et laissent le sale boulot à leurs vassaux européens, dont les limites intellectuelles sont aujourd’hui légendaires.

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Cependant, tout cela correspond même à leur calcul politique, car avoir un ennemi extérieur détourne l’attention des innombrables catastrophes intérieures, faites maison, comme par exemple l’immigration de masse illégale et ses conséquences mortelles pour les autochtones, ou la « transition énergétique » aussi absurde et économiquement dommageable qu’infamante, qui a mené à une crise énergétique permanente, à la désindustrialisation et à la hausse générale du coût de la vie, surtout en RFA.

Il fallait évidemment aussi savoir qu’une extension vers l’est avec des troupes de l’OTAN à ses frontières – contrairement aux accords promis selon lesquels cela ne devait pas arriver –, est inacceptable pour la Russie dans tous les cas. Des hommes politiques comme Helmut Schmidt, Helmut Kohl et Willy Brandt avaient compris que la sécurité en Europe ne peut exister qu’en accord avec la Russie, mais aujourd’hui, nous sommes réellement en « route vers l’enfer », selon le géopoliticien russe influent et ex-conseiller de Poutine, Karaganov, lors d’un entretien avec Roger Köppel, éditeur de la « Weltwoche » suisse. Selon lui, la Russie ne laissera pas sans réaction les provocations et attaques terroristes incessantes de l’Ukraine, financée par l’Occident et fortement armée, alors qu’elle-même est totalement corrompue et en faillite, mais attaquera, en cas de besoin, des cibles stratégiques comme Bruxelles, Berlin et Varsovie, même avec des missiles nucléaires.

Le personnel politique dirigeant de l’Europe occidentale semble cependant, en raison de sa profonde stupidité, incapable de reconnaître la réalité: on ne commence pas une guerre avec la plus grande puissance nucléaire, qui se sent menacée non sans raison. Ainsi, des préparatifs de guerre sont mis en œuvre contre la volonté de la majorité absolue de la population, au lieu de désamorcer, de laisser parler la diplomatie et surtout de réactiver l’axe Russie-Berlin. Et, justement, la RFA se pose – folie militaire, politique, économique et historique – en principal partenaire de l’Ukraine, après que les Américains se retirent de ce rôle insensé, car ils ont compris que leur puissance s’effrite, qu’ils ne progressent pas plus en Iran, et que le détroit d’Ormuz reste bloqué par les Iraniens.

Mais l’UE se comporte comme un chien errant abandonné par son maître – les aboiements du petit chien se font désormais entendre partout –, et se ruine elle-même dans sa guerre contre la Russie, alors que ses peuples rejettent clairement cette guerre menée par procuration. C’est une sorte d’autodestruction née de l’incompétence, de l’ignorance, de l’idéologie et de la mégalomanie. Tandis que le nouveau monde multipolaire composé des pays BRICS et du Sud global est déjà bien présent sur l’échiquier international, l’Europe et l’Occident jouent encore au jeu du « Ne t’en fais pas ».

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En fait, par exemple, il n’existe en RFA aucun poste universitaire critique envers l’OTAN, le thème de l’impérialisme américain reste tabou, et l’ukrainisation de la conscience est menée de façon fanatique par une propagande médiatique quotidienne et des répressions qui s'étendent au-delà des frontières nationales. L’affaire du colonel suisse Jacques Baud (photo), officier sanctionné par l’UE, en dit long. Les critiques du gouvernement sont poursuivis, sanctionnés par l’UE et le Conseil européen, et aussi en RFA, des auteurs ou des voix critiques, quand ils abordent des sujets comme l’islam, l’immigration de masse illégale et la propagande de guerre contre la Russie, sont classés comme ennemis de la constitution. Un abus manifeste commis par le soi-disant « Office de protection de la constitution », qui se ridiculise ainsi lui-même.

Nous ne devons toutefois pas nous laisser troubler. La devise doit être: pas un pouce de terrain aux fauteurs de guerre de l’UE, de l’OTAN et à la propagande de guerre du cartel politico-médiatique ! Au contraire, une nouvelle architecture de sécurité paneuropéenne, incluant naturellement la Russie et ses intérêts géopolitiques légitimes, est l’impératif urgent du moment !

jeudi, 07 mai 2026

Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

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Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

9782290017692-fr.jpgKiev/Bruxelles/Washington. De nombreux observateurs de la guerre en Ukraine, qui en février a entamé sa cinquième année, se rappellent de plus en plus le classique de science-fiction La guerre éternelle de l’auteur américain Joe Haldeman, publié en 1974.

Le roman raconte l’histoire du soldat William Mandella, envoyé sur une planète étrangère pour combattre les « Tauriens ».

À la fin, la guerre se révèle être une mise en scène du complexe militaro-industriel : une attaque sous fausse bannière aurait pour but de sauver l’économie mondiale et d’offrir à l’humanité du bonheur – par un hasard totalement fortuit. Les ressemblances avec les vicissitudes de nos temps présents sont purement fortuites.

Il semble également qu’aucune des deux parties ne puisse actuellement remporter la guerre en Ukraine par la force militaire. Les drones et la surveillance moderne du champ de bataille rendent presque impossibles les attaques à grande échelle. Au lieu de négocier un cessez-le-feu, les deux camps restent figés sur leurs positions. Les États-Unis abandonnent de plus en plus le soutien qu'ils apportaient à Kiev aux Européens, tandis que la Chine observe le choc avec sérénité. Une solution diplomatique n’est pas en vue.

Les deux parties en guerre sont déjà des perdants, tout comme l’ensemble de la « planète blanche ». Elles perdent des centaines de milliers de soldats et subissent de lourds dégâts dans leurs infrastructures. Pour Kiev, la fin de la loi martiale serait une catastrophe: de nouvelles élections pourraient être réclamées, tout comme une remise en question de la corruption et des violations des droits de l’homme. Mais Moscou doit également craindre des difficultés politiques internes si ses objectifs – la libération des régions séparatistes pro-russes, le désarmement et la « dénazification » de l’Ukraine – ne sont pas atteints.

Le troisième perdant s’appelle l’Europe. Le blocage de l’approvisionnement russe en matières premières, dû aux sanctions, nuit durablement à l’économie européenne et empêche les Européens de rivaliser sur les marchés mondiaux. Le plus récent prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine n’est en réalité qu’une donation, financée par l’argent du contribuable. Le chancelier Friedrich Merz a promis 11,5 milliards d’euros supplémentaires issus des fonds publics allemands, tout en annonçant des coupes dans l’assurance maladie, le quotient conjugal et les services de soins – tout cela au bénéfice de l’Ukraine.

Les gagnants se tiennent bien loin du champ de bataille: les États-Unis fournissent des armes, payées par le contribuable européen, tandis que leur industrie de défense et leur industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) connaissent un boom. La Chine achète du pétrole et du gaz russes à prix cassés et accumule des renseignements précieux sur la technologie militaire occidentale.

Il existe aussi des gagnants peu évoqués dans le débat public: les gestionnaires de fonds américains comme BlackRock, Vanguard et State Street. Ils gèrent ensemble 30.000 milliards de dollars. State Street, Vanguard et BlackRock détiennent respectivement 14, 8 et 5 pour cent des parts dans le géant de l’armement Lockheed Martin. Depuis 2022, la valeur des actions de BlackRock a augmenté de 40%, et même de 50% en dividendes. State Street a progressé de 45 à 50%. Dans les hautes sphères, personne ne souhaite la fin de la guerre en Ukraine: la menace garantit aux entreprises américaines d’armement leurs commandes; en outre, elles ont massivement investi en Ukraine, où de vastes terres agricoles sont louées à BlackRock et assimilés.

La « guerre éternelle » devrait donc continuer, car aucun des grands profiteurs ne souhaite y mettre fin. L’Europe paie, l’Allemagne paie – que la population en veuille ou non. Par ailleurs, la situation politique est extrêmement dangereuse. Une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN n’est en tout cas pas exclue, étant donné l’escalade permanente du côté de l’Occident (mü).

Source: Zu erst, mai 2026. 

Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

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Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

9782290017692-fr.jpgKiev/Bruxelles/Washington. De nombreux observateurs de la guerre en Ukraine, qui en février a entamé sa cinquième année, se rappellent de plus en plus le classique de science-fiction La guerre éternelle de l’auteur américain Joe Haldeman, publié en 1974.

Le roman raconte l’histoire du soldat William Mandella, envoyé sur une planète étrangère pour combattre les « Tauriens ».

À la fin, la guerre se révèle être une mise en scène du complexe militaro-industriel : une attaque sous fausse bannière aurait pour but de sauver l’économie mondiale et d’offrir à l’humanité du bonheur – par un hasard totalement fortuit. Les ressemblances avec les vicissitudes de nos temps présents sont purement fortuites.

Il semble également qu’aucune des deux parties ne puisse actuellement remporter la guerre en Ukraine par la force militaire. Les drones et la surveillance moderne du champ de bataille rendent presque impossibles les attaques à grande échelle. Au lieu de négocier un cessez-le-feu, les deux camps restent figés sur leurs positions. Les États-Unis abandonnent de plus en plus le soutien qu'ils apportaient à Kiev aux Européens, tandis que la Chine observe le choc avec sérénité. Une solution diplomatique n’est pas en vue.

Les deux parties en guerre sont déjà des perdants, tout comme l’ensemble de la « planète blanche ». Elles perdent des centaines de milliers de soldats et subissent de lourds dégâts dans leurs infrastructures. Pour Kiev, la fin de la loi martiale serait une catastrophe: de nouvelles élections pourraient être réclamées, tout comme une remise en question de la corruption et des violations des droits de l’homme. Mais Moscou doit également craindre des difficultés politiques internes si ses objectifs – la libération des régions séparatistes pro-russes, le désarmement et la « dénazification » de l’Ukraine – ne sont pas atteints.

Le troisième perdant s’appelle l’Europe. Le blocage de l’approvisionnement russe en matières premières, dû aux sanctions, nuit durablement à l’économie européenne et empêche les Européens de rivaliser sur les marchés mondiaux. Le plus récent prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine n’est en réalité qu’une donation, financée par l’argent du contribuable. Le chancelier Friedrich Merz a promis 11,5 milliards d’euros supplémentaires issus des fonds publics allemands, tout en annonçant des coupes dans l’assurance maladie, le quotient conjugal et les services de soins – tout cela au bénéfice de l’Ukraine.

Les gagnants se tiennent bien loin du champ de bataille: les États-Unis fournissent des armes, payées par le contribuable européen, tandis que leur industrie de défense et leur industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) connaissent un boom. La Chine achète du pétrole et du gaz russes à prix cassés et accumule des renseignements précieux sur la technologie militaire occidentale.

Il existe aussi des gagnants peu évoqués dans le débat public: les gestionnaires de fonds américains comme BlackRock, Vanguard et State Street. Ils gèrent ensemble 30.000 milliards de dollars. State Street, Vanguard et BlackRock détiennent respectivement 14, 8 et 5 pour cent des parts dans le géant de l’armement Lockheed Martin. Depuis 2022, la valeur des actions de BlackRock a augmenté de 40%, et même de 50% en dividendes. State Street a progressé de 45 à 50%. Dans les hautes sphères, personne ne souhaite la fin de la guerre en Ukraine: la menace garantit aux entreprises américaines d’armement leurs commandes; en outre, elles ont massivement investi en Ukraine, où de vastes terres agricoles sont louées à BlackRock et assimilés.

La « guerre éternelle » devrait donc continuer, car aucun des grands profiteurs ne souhaite y mettre fin. L’Europe paie, l’Allemagne paie – que la population en veuille ou non. Par ailleurs, la situation politique est extrêmement dangereuse. Une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN n’est en tout cas pas exclue, étant donné l’escalade permanente du côté de l’Occident (mü).

Source: Zu erst, mai 2026. 

mercredi, 06 mai 2026

L’Allemagne se débine devant Kiev — et Nord Stream devient le cas d’école de la souveraineté allemande

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L’Allemagne se débine devant Kiev — et Nord Stream devient le cas d’école de la souveraineté allemande

Elena Fritz

Source:  https://t.me/global_affairs_byelena 

La Neue Zürcher Zeitung formule de manière exceptionnellement tranchante ce qui est depuis des années occulté à Berlin: la critique de l’Ukraine est largement taboue en Allemagne. Même lorsque des intérêts allemands fondamentaux sont directement touchés, Berlin ne réagit pas en tant qu’État souverain, mais comme un prisonnier politique, victime de sa propre narration.

Le point le plus évident est Nord Stream.

Selon tout ce qui est désormais publiquement connu, des traces de sabotage mènent à des liens avec l’Ukraine. Il ne s’agit pas d’un thème subalterne de la politique étrangère. Il s’est agi de faire exploser une infrastructure énergétique de toute première importance pour l'industrie allemande, la seule capable de préserver sa compétitivité industrielle, sa sécurité d’approvisionnement, et de répondre à la question de savoir si l’Allemagne est encore prête à affirmer ses propres intérêts en tant que tels.

Pourtant, Berlin reste silencieux.

Ce silence n’est pas un accident de fonctionnement. Il suit une logique interne.

Depuis longtemps, l’Ukraine n’est plus seulement un État soutenu dans sa guerre par le monde politique allemand. Elle est devenue le fondement moral de tout le changement de régime qui s'observe en Allemagne. À travers Kiev, on explique pourquoi l’Allemagne s’arme, contracte des dettes, accepte la hausse des prix de l’énergie, surcharge son industrie et s’insère de plus en plus profondément dans une confrontation permanente avec la Russie.

Si Berlin critiquait sérieusement Kiev, il devrait justifier sa propre politique de manière autre. Alors, surgiraient soudainement des sujets que l’on veut éviter: les intérêts allemands réels, le coût de la servilité, la stratégie américaine, la perte d’une énergie bon marché, l’affaiblissement de l’industrie, et le nouveau rôle de l’Allemagne en tant que base arrière logistique du front oriental.

C’est précisément pour cela que le schéma moral reste si important:

- Kiev représente le Bien.

- Le Bien ne doit pas être écorné.

- Ce qui ne correspond pas à l’image d'Epinal doit être ignoré.

Cela crée une forme dangereuse de désarmement politique vis-à-vis de l'extérieur. L’Allemagne doit devenir plus forte militairement, mais ne pas déployer de stratégie. Elle doit payer, livrer, produire et assumer des risques, tandis que la ligne de conduite reste définie outre-atlantique.

Dans ce contexte, l’Ukraine agit comme un levier politique. Elle sort définitivement l’Allemagne de tout rôle équilibrant possible en Eurasie. Une Allemagne avec une politique énergétique propre, sa propre stratégie envers la Russie, et ses propres intérêts industriels, serait un facteur autonome sur le continent. Une Allemagne qui définit entièrement sa politique étrangère à travers le conflit ukrainien devient prévisible, dépendante et contrôlable.

On parle de valeurs. Il s’agit de liens.

On parle de responsabilité. Il s’agit de charges.

On parle de sécurité. Il s’agit de l’intégration de l’Allemagne dans un conflit dont les acteurs stratégiques ne siègent pas nécessairement à Berlin.

La NZZ dit les choses clairement: l’Allemagne se débine devant Kiev.

Plus précisément: l’Allemagne renonce à sa capacité de poser des jugements souverains, car sinon la construction morale de sa propre politique extérieure pourrait s’effondrer.

Nord Stream est donc plus qu’une attaque contre des gazoducs. C’est un cas d’école qui dévoile l'état de la souveraineté allemande.

Celui qui ne pense pas politiquement jusqu’au bout la destruction de sa propre infrastructure énergétique a déjà accepté que d’autres décident de la hiérarchie des intérêts allemands.

#geopolitiek@global_affairs_byelena