Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 13 février 2016

Selon le stratégiste Thomas M. Barnett, le monde idéal serait composé de consommateurs employés et endettés

Bernhard LÖHRI :
Selon le stratégiste Thomas M. Barnett, le monde idéal serait composé de consommateurs employés et endettés


ThomasBarnett.jpgDeux mondes sont désormais envisageables en Europe : soit nous aurons une Europe des patries et des citoyens, portée par des valeurs européennes, soit nous aurons une Europe noyée dans un monde globalisé, où les humains seraient tous employés, consommateurs et, devenus âgés, sources de revenus pour l’industrie de la santé.


Le stratégiste américain Thomas M. Bernett (né en 1962) élabore depuis des années des plans pour édifier un monde définitivement globalisé, où le « One World » aurait priorité sur tout en matières politique, juridique et économique.


Les nations jadis souveraines doivent être mobilisées pour atteindre les objectifs de cette globalisation. Pour l’Europe, la construction eurocratique, l’UE, doit être le modèle à suivre dans l’intérêt des Etats-Unis. Par définition, la globalisation, ainsi conçue, n’est rien d’autre que le processus de soumission au système des intérêts américains. George Friedman, ancien directeur de la très influente boîte-à-penser Stratfor, nous donne son explication : « Quand on parle de stratégie, cela ne signifie pas seulement préparer une guerre conventionnelle. Une stratégie vise surtout à maintenir intact et solide tout ce qui préserve et renforce une nation. Dans le cas des Etats-Unis d’Amérique cependant, la stratégie surplombante, plus que pour d’autres pays, implique bien la guerre ou plutôt une interaction entre la guerre et l’économie ».


barnettkl-L._AC_UL320_SR214,320_.jpgHerfried Münkler, de l’Université Humboldt de Berlin, est désormais un théoricien politique en vue en Allemagne : pour lui, l’option impériale russe, qui vise à acquérir ou à récupérer des territoires comme la Crimée, par exemple, est un mode archaïque d’action sur le monde. Pourquoi ? Parce qu’il parie sur un processus d’acquisition territoriale qui coûte cher sur le plan économique, surtout lorsqu’on tient compte de toutes ses retombées ultérieures (gestion et défense du territoire acquis, installation des communications, etc.). Pour Münkler, la pratique impériale russe est quelque peu anachronique. Les Etats-Unis, en revanche, parient pour un contrôle de tous les types de flux : flux de capitaux, flux générés par les mobilités humaines (voyages, transhumances, tourisme, affaires), notamment les migrations, flux des données. De cette façon, ils gèrent les informations les plus pertinentes qui leur permettent de téléguider les flux qu’ils choisissent d’influencer. Le contrôle des flux de données entre pourtant en conflit avec les principes démocratiques et avec les droits de l’homme : mais le pragmatisme américain ne s’en soucie guère, l’exercice effectif de la puissance prime dans le jeu qu’il joue sur l’échiquier planétaire.


Si la globalisation signifie l’américanisation, il s’avère nécessaire de développer des stratégies pour assurer l’imposition illimité et sans frein de règles, de critères, de standards, de biens et de services qui permettront le triomphe de cette globalisation/américanisation. Il faudra, par exemple, standardiser l’art, la musique, la culture et le langage quotidien des hommes car, à terme, il est tout aussi utile de contrôler ces « flux culturels » que de contrôler les flux ininterrompus de pétrole, de gaz ou d’autres matières premières. Pour le monde globalisé, théorisé anticipativement par Barnett, la propriété des matières premières ne doit pas demeurer aux mains des nations : il faudra privatiser les ressources pour les soumettre à des dispositifs transnationaux.


Le flux des capitaux devra guider les investissements et la consommation de façon à ce que les intérêts américains soient toujours préservés. Déjà Edward Bernays, originaire de Vienne en Autriche, créateur de la notion de « public relations », grand « spin doctor » devant l’Eternel, neveu de Sigmund Freud, avait commenté l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 par une phrase devenue célèbre, exprimant parfaitement les intentions du Président Wilson : « Nous devons rendre le monde plus sûr, pour faire advenir partout la démocratie » (« to make the world sure for democracy »). Dans le même sens, Barnett parle du flux ininterrompu de troupes américaines dans le monde comme d’un « service » rendu aux marchés régionaux.


barnettT5QL._SX322_BO1,204,203,200_.jpgPour Barnett, cette globalisation, cette gestion des flux, ne peut advenir que s’il y a mélange racial généralisé, de façon à établir en Europe, une race nouvelle, « brune claire ». Cet objectif ne peut être atteint que si l’on amène en Europe chaque année 1,5 million d’immigrants venus du tiers-monde africain. Il faut, ajoute-t-il, une Europe où le QI moyen ne dépasse pas le chiffre de 90. Ainsi, la population sera trop stupide pour comprendre qu’elle est incluse dans un « One World », dans un « nouvel ordre mondial » mais suffisamment intelligente pour pouvoir travailler. Dans le cas de l’Europe, travailler, cela signifie produire des biens largement appréciés dans le cadre d’entreprises, qui paieront mal leurs salariés et dont les profits gigantesques couleront tout droit dans les poches des propriétaires transnationaux.


Barnett est convaincu que l’Europe, dont le taux des naissances a diminué de 50% en cinquante ans, est désormais un continent de vieilles gens où l’on peut ouvrir toutes les écluses démographiques, provoquant ainsi une inondation migratoire. L’Allemagne, par exemple, connaîtra toujours la croissance jusqu’en 2030 mais, tout comme au cours de ces quinze dernières années, aura un déficit de main-d’œuvre de huit millions d’unités, ce qui appelle l’immigration.


Le fameux Traité transatlantique complètera le traité NAFTA, qui lie le Mexique et le Canada aux Etats-Unis ; cette fois, ce sera l’Europe qui sera incluse dans un accord semblable de libre-échange, soit plongée totalement et irrémédiablement dans la sphère économique américaine.


Bernhard LÖHRI.
(article paru dans « zur Zeit », Vienne, n°46/2015 ; http://www.zurzeit.at ).

 

samedi, 15 août 2015

Hermann Keyserling’s America

Hermankeiserling-thumb-600x305-9.jpg

Hermann Keyserling’s America

A half-forgotten German philosopher’s profound analysis of the United States

Ex: http://www.counter-currents.com

When the German philosopher Count Hermann Keyserling, the centennial of whose birth was celebrated last year by a very small but dedicated band of followers, made a four-month lecture tour of the United States in 1928, it was his second visit to the country. The first had taken place before World War I, in the midst of a trip around the world, and was duly noted in his erudite bestseller, Travel Diary of a Philosopher. The book he produced after his second visit to the States, which he wrote in English, was America Set Free (Harper and Brothers, New York, 1929). In the introduction he was careful to point out that this “is not a book on America, but for Americans . . . the productive effect it may have depends primarily on my readers adopting the right sort of attitude from the outset.” The work, he insisted, should not be considered an exercise in criticism. “I have,” he emphasized, “tried to disentangle America’s truth from untruth . . .”

Keyserling judged the average American to be a fair psychologist who, nevertheless, often encounters difficulties in understanding ways of living that differ from his own. This difficulty arises in part from the average American’s limited contact with other nations, a circumstance which later changed after masses of Americans in their numerous twentieth-century wars had the opportunity to come into personal contact with many foreign peoples. From this viewpoint war is not exclusively negative. It often helps to build bridges to foreign nations, some of them long-time enemies.

Emigrants, Keyserling believed, often preserve their original race character. Accordingly, an American with a distinctly American physique and a distinctively American soul could not appear overnight. How could an American soul take shape when no gods, except Manitou, had been born on U.S. soil? The birth of a national mentality derives from a range of emotions linked to the earth and not to the asphalt of the city. The variety of immigrants who came to America with their varied religious denominations from several parts of Europe turned the United States into a sort of New World Balkans. But this variety could have a positive effect. In the same way that what is good for Europe often depends on its multiplicity, the American melting process contains a large number of “vital roots of creativeness.” The narrowness of isolated countries cut off from the world can lead to degeneration.

Being an admirer of Houston Stewart Chamberlain, Keyserling was very much aware of the importance of heredity and eugenics and, as he calls them, the laws of blood. “The Jew,” he asserted, “cannot easily become part of a new nation. Since he is essentially ‘spirit-born’ and has no support from the forces of the earth, his process of denationalization only too often leads to moral putrefaction. . . . The ability to preserve the original character of a race after it emigrates to a foreign land seems to be an occupational specialty of the Jews. They have had no really native country for thousands of years; they have spread all over the earth, settling down in almost all countries; having become a fundamentally parasitic nation . . . they have lived in closer touch with ‘environment’ than most autochthonous races. And yet they have always remained, even as a physical type, what they were originally. This is due to two causes. Firstly, to the unequalled understanding the Jews possess of the laws of the blood. Second, to the Jewish mentality. For the Jew the law of his religion is always his real ‘environment.’ Since he had to practice Judaism with the utmost strictness, consistency and severity, his life was psychologically determined. Owing to this, he has proved stronger than nature. He has maintained his original type in spite of the varying influences brought to bear on him. On the other hand, if the Jew ever becomes unfaithful to his law, the result is truly disastrous. Such a disaster has been avoided only where he has immediately succeeded in becoming part of a new national body, as in Spain and to a certain extent in Italy” (pp. 26–27).

The psychological determination Keyserling has attributed to the Jewish people, however, he also ascribes to the Anglo-Saxon Puritan. Puritanism represents a typical reincarnation of the spirit of the Old Testament, by which a link had been established between Jewish and Puritan traits. Also, in the case of the typical Puritan, his spiritual force resisted the influence of the American environment and helped to preserve the original ancestral type. Gradually, as the Puritan and the American pioneer merged into one, Puritanism became the very essence of American politics, of American military tradition and of American business, the latter embodying a synthesis of religion, work and enterprise. The New England culture founded by the Puritan fathers, however, was from the very beginning extremely narrow in comparison to the aristocratic tradition of Virginia. But time, Keyserling stated, still works for the American of the Virginian type, a superior stock which is represented by the “cavalier” and which will gradually assure the future predominance of the American South. Meanwhile, the moralistic New Englander will become obsolete, while the Middle Westerner will be considered the true reflection of the American spirit and both the real and symbolic cornerstone of the American nation.

Keyserling saw the average American as a child of unlimited horizons. The sense of continental vastness seems to lead to the American goal of the “spiritual Americanization of the world,” since the American “is always a missionary, no matter whether as a preacher, a salesman, or a headlining newspaper writer” (pp. 9–10). It was this missionary spirit which caused Americans to try to make the world safe for democracy and thereby open the door to an “American century.”

But America, Keyserling pointed out fifty years ago, faced a number of great dangers as “the majority of the population constitutes what under the Indian system would have formed the lower castes. The spirit of the conquering race still rules, but the race has changed” (p. 33). The Puritan spirit began to vanish in the North in the same way as the spirit of the Nordic invaders of old India gradually disappeared.

hermann-keyserling-292871.jpg

As with many foreign investigators of the American scene, Keyserling was alarmed by the Negro problem. “For if the white American continues on his present line of development then America may end up by becoming the Black Continent of post-modern times. We know today that from palaeolithic days onward there have been at least three great civilizations in Africa, the original representatives of which were not black. . . . But the ruling races eventually lost their vitality; they lived too much aloof from Mother Earth. So the Negro, although inferior, had the last word.” Keyserling went on, “I do, of course, not really believe that America will end as the Black Continent of the future, but I thought it wise to over-stress at this point the dangers of urban civilization, because as yet Americans do not seem to be at all aware of them” (pp. 41–42).

The author compared America to Rome and Greece, which he characterized as heroic and individualistic, but which gradually dissolved into the populations of the original settlers, as the laws were made “by a race not belonging to the ruler-type” (p. 71). Similarly in America, the vital pioneer impulses gradually weakened.

An overmechanized, overstandardized economy can easily lead to an end of the technical era and a collapse of man himself. When Keyserling wrote America Set Free, the North was undergoing a growing industrial restlessness and expansion, while the South seemed to be half asleep. Today the South, once characterized by an aristocratic type of life, is running the risk of being dominated by a materialism which both directs and represses the cultural evolution of its inhabitants. The American South had hitherto been more influenced than the North by the forces of the soil. Matter and intellect, according to Keyserling, belong together in the same way as the soil and the soul. Only by joining the worlds of the intellect and emotions, mind and feeling, is modern man able to help us solve the problems of a world which is now being formed more by matter than by man himself, who has become a prisoner of matter. Logic, mathematics and reason are found on the side of dead matter while life itself is symbolized by the emotional world. Reason, intellect and law, as represented by ancient Rome, are the antithesis to the Greek world of beauty. Above all, it is the soul that creates man and fixes his character, not mind and reason. Today the world of matter rules not only in Communist states, but also in the Western world. That is why Keyserling emphasized the importance of a synthesis of the intellect and soul and values so highly a culture of being as opposed to a culture of merely knowing, having and doing (“eine Kultur des Seins anstatt einer Kultur des Könnens”).

A wholly mechanized world must sooner or later lead to a fiasco for mankind. “If man is rightly adjusted within the cosmic scheme as an animal only, he is actually not rightly adjusted. He does not live out of, nor up to the intrinsic meaning of his life; and since what I call ‘meaning’ stands for its very wellspring, not unlimited progress, but devitalization and, eventually, the end of the civilized race would be the inevitable outcome if the process were to continue much longer. This is the all-important point. . . . It is not a question of human nature in the all-embracing sense of the word. A civilization without spiritual roots consciously realized as real is not only incomplete—it is actually without roots. It resembles at best the blossom in a vase. The great task, then, of the centuries to come is to develop a new spiritual life on the foundations of the Technical Age” (pp. 585–86).

Hand in hand with technology, Keyserling saw a worldwide conformity taking place. Man becomes more and more a collective being adapted to mechanical devices and is beginning to resemble a cog in a machine. And there is no great difference between the collective man in the United States and in the Soviet Union. “The difference between the facts of Bolshevik Russia and America . . . only amounts to a difference in prosperity; the standard is different, but the standardization is identical. . . . America expresses its socialism in the form of general prosperity, and Russia in the form of general poverty. America is socialistic by means of the free cooperation of all, and Russia by means of a class rule” (pp. 253–54).

hermY344_BO1,204,203,200_.jpgKeyserling was very pessimistic about America’s influence abroad. He believed President Wilson’s Fourteen Points “have really wrecked Europe and imperilled the position of the whole white race. They are the spiritual parents of Bolshevism because, but for the idea of the self-determination of nations and Wilson’s utter disregard of historical connexions, the Bolsheviks would never have succeeded in revolutionizing the whole East and never even dreamt of attempting the same in Europe” (p. 84).

In World War I the Allies liquidated the psychological foundations of the old social order. In the United States a new type of man emerged—a more violent man, full of vitality and empty of culture. At the same time the ancient ideal of man was born or reborn. With Charles Lindbergh, “a modern Siegfried,” another Americanism took shape, a new consciousness of the American soul. Keyserling characterized this new America as “a decidedly intelligent nation” and the new Americans as “good psychologists, no thinkers, intelligent, but not intellectual.”

“Spirit,” Keyserling had already written in the Travel Diary of a Philosopher, “can manifest itself on earth only by means of material tensions, precisely as tightened strings only can produce musical sounds.” Comfort can never create true culture, which only develops where beauty is the highest value. The spirit of competition helps to create a part of the tension that makes men aspire to something higher. Uniformity, however, cannot create any culture. Only an innate emphasis on privacy, Keyserling called it privatism, may help reveal to Babbitts what a true American civilization can and should be.

Biographical Note

Hermann Keyserling was born in July 1880, at Könno, Estonia, then as today a Russian province. Having attended the universities of Geneva, Dorpat, Heidelberg and Vienna, he acquired a Ph.D. in geology in 1902. Before leaving for an extended visit to France, he worked on his father’s estate in Estonia, where he did some original research in farming methods. During his Paris years he published his first book, Das Gefüge der Welt (1906), in German and his second in French, Essai critique sur le système du monde (1907). The same year he became a professor of philosophy at the University of Hamburg. His lectures there were subsequently published under the title, Prolegomena zur Naturphilosophie (1910). In 1911–12 came his trip around the world and Travel Diary of a Philosopher (Reisetagebuch eines Philosophen). The New York Times compared it to Dante’s Divine Comedy, while the London Times called its author “a Buddha among philosophers.” Hermann Hesse, later a Nobel laureate, wrote, “this book of a European thinker of our time . . . is going to exercise the strongest influence on this epoch.”

In 1919 Keyserling married Countess Godela Bismarck, the granddaughter of Otto von Bismarck, who bore him two sons, Manfred and Arnold, both of whom became philosophers and psychologists. The latter is a professor in Vienna and the author of fifteen books.

After the confiscation of his estates by the government of Estonia, Keyserling was invited by Grand Duke Ernst Ludwig to move to Darmstadt, Germany, where in 1920 he founded his School of Wisdom. Internationally known scholars lectured there, among them Rabindranath Tagore, Carl Jung and Leo Frobenius. At the school he wrote several of his later works, which are too numerous to mention here. After the destruction of his house and library at Darmstadt by Allied bombers in World War II, Keyserling left Germany for Austria. He died at Innsbruck in the spring of 1946. “He is not,” French critic Pierre Frédéric said in 1946 at Keyserling’s death, “like Bergson, Leibnitz or Berkeley, the creator of a derivative philosophical system; he is instead a searcher after the great spiritual currents which traverse and reform our planet—a Pythagoras or Socrates at the threshold of the twentieth century.”

The great bulk of Keyserling’s correspondence has not yet been published. Among his epistolary friends were Bernard Shaw, Houston Stewart Chamberlain, Claude Debussy, Auguste Rodin, André Gide, Albert Schweitzer, Bertrand Russell, Oswald Spengler, Sigmund Freud, Miguel de Unamuno and José Ortega y Gasset.

Hermann Keyserling propounded a synthesis of the deepest wisdom of the Occident and Orient. His universality reached from philosophy, religion, psychology and history to biology, geology, economics, astronomy and the world of music. It was his lifetime desire to help man find a fundamental reason for existence. Frank Thiess, a modern European writer, said about Keyserling, “He became what Nietzsche always had aspired to be.”

What mankind needs, Keyserling repeatedly stressed, is to forge an unbreakable link from the intellect to the soul. The predominance of one or the other has always led to chaos and disaster. We must come to revere something higher than mere materialistic aspirations and moral values. In a generation which revels in materialism, egoism and the ugliest elements of modernism, it is our duty to emphasize the distinctly superior sentiments that flow from an aristocratic mind.

Hermann Keyserling said that his family, which many centuries ago had gone to the Baltic States from Germany as knights and governors, were veritable giants in height. They were also giants of the spirit. One Keyserling was the friend and benefactor of Johann Sebastian Bach. Another was the closest friend of Immanuel Kant; another the chief adviser of Frederick the Great. Count Alexander Keyserling, Hermann’s grandfather, was a leading member of the Baltic nobility and, as a geologist, helped discover much of the mineral wealth of Czarist Russia. Bismarck was referring to this Keyserling when he said he was the only human being whose mind he feared.

Arnold Keyserling wrote about his father:

In order to understand man, he had to start from the unity of the globe, and to transcend the barriers between East and West, as well as between the different religions. The School of Wisdom he created was meant to shape the ideal of the ecumenical man, whose time was to come after the period of the great wars. It was his opinion that only through delving into both origins, the terrestrial as well as the spiritual, could man finally attain integration and self-realization.

Author: Swedish Instaurationist

Source: Instauration, January 1981, pp. 9–11.

vendredi, 08 mai 2015

Une américanisation de plus en plus poussée

Gcvvf.png

LA TRAHISON DE LA DROITE FRANÇAISE
 
Une américanisation de plus en plus poussée

Alexandre Latsa
Ex: http://metamag.fr

Beaucoup d’encre a coulé sur la volonté de l’ex/futur patron de la droite française de transformer l’UMP en « Républicains », à quelques mois d’une élection primaire qui devrait vraisemblablement se tenir début 2016.


Il est vrai, le nom UMP (qui signifiait d'abord Union pour la majorité présidentielle, avant de devenir l'Union pour un mouvement populaire) est devenu de plus en plus lourd à porter. Après une défaite électorale inexcusable en 2012, après la pitoyable élection interne de 2012 au cours de laquelle « deux abrutis » (dixit Nicolas Sarkozy) avaient maladroitement tenté de se mettre sur orbite en vue de la présidentielle de 2017, c'est l'affaire Bygmalion qui allait achever de ternir l'image du premier parti de droite français, en ajoutant au mensonge et à la tricherie les magouilles financières.


Pour sortir de l'impasse dans laquelle la droite s'est elle-même fourvoyée, sans pouvoir cette fois accuser le parti socialiste, il fallait trouver une solution. L'urgence se fait d'autant plus sentir qu'avec la poussée électorale continue du Front National, les cadres de la droite UMP, les futurs Républicains, sont de plus en plus écartelés entre les souhaits de leurs électeurs et la discipline morale et politique que leur impose l'appartenance à l'oligarchie nationale.


Retour de la France vers les valeurs traditionnelles et le patriotisme


De retour à la direction de l'UMP, bien que poursuivi par les affaires, Nicolas Sarkozy semble s'être transformé en Janus français de la politique. Tantôt il joue le centre pour ne laisser aucun espace au tandem Juppé/Fillon, tantôt il doit occuper son aile droite afin de pouvoir bénéficier d'un potentiel de report de voix qui lui permettrait de l'emporter comme en 2007, grâce aux voix de l'extrême-droite.


En matière de politique internationale, Nicolas Sarkozy semble être frappé par le même virus que Jacques Attali, virus que certains membres de l'UMP comme Alain Juppé nomment « russophilie » ou que certains journalistes qualifient de « tentation de Moscou ». Il faut cependant noter que la droite française n'est pas devenue russophile en totalité, puisque Bruno Le Maire par exemple, personnalité de l'aile droite de l'UMP, paraît opposé à tout compromis avec la Russie en affirmant que: « Vladimir Poutine ne comprend que le rapport de force et la fermeté » (sic).


Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy, bien qu'il semble prétendre à concourir pour la présidence française, ne s'est pas privé d'un clin d'œil à la culture américaine en « américanisant » le nom du parti qu'il espère mener au pouvoir. Ce tropisme maladif qui frappe la droite française est sans doute la plus belle réussite d'un demi-siècle de soft-power politique américain au sein des élites françaises.


am5366130_p.pngLes prises de position non hostiles à la Russie de certains leaders politiques francais ne peuvent cependant modifier l'ADN de la grande majorité de la droite française d'aujourd'hui. Tendance qui va voir la tenue d'une primaire 100% endogène en 2016, sans aucun parti ou tendance ni souverainiste, ni gaulliste.


Les politiciens qui dirigent la droite sont soit convertis au libéralisme dominateur, soit au libertarisme progressiste qui est en contradiction avec les valeurs sociétales traditionnelles françaises. Quant au reste, il est membre conscient ou inconscient du dispositif américain dans l'Hexagone. En effet, environ 25% de nos députés sont membres du groupe d'amitié France-Amérique. Dans ce groupe relativement discret qui est dirigé, c'est tout un symbole, par Louis Giscard d'Estaing, fils de l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, on trouve un bon nombre de députés de droite, en compagnie de députés socialistes.

Cette américanisation, loin d'être toujours discrète, est un état de fait que le président russe, lors de sa dernière séance de questions réponses, a commenté sur le ton de la plaisanterie: à la question de savoir s'il avait des discussions géopolitiques fréquentes avec ses homologues européens, il a répondu en souriant qu'il « est difficile de parler à des gens qui chuchotent même chez eux de peur des écoutes américaines. Et ceci n'est pas une blague, je ne plaisante pas ».


Du reste, c'est précisément en Russie que la droite française pourrait trouver le modèle qui lui manque pour prendre, et surtout conserver, le pouvoir sur la longue durée. La Russie, régime politique présidentiel fortement inspiré par la 5ème république française, est en effet dirigée par un bloc politique allant du centre à la droite de la droite, mais avec un chef de l'Etat qui se fait visiblement une certaine idée de la Russie, une idée souverainiste.
Les grandes lignes directrices de la gouvernance russe, ses valeurs suprêmes en quelques sortes, sont définies sans ambiguïté. On y trouve entre autres la souveraineté, le patriotisme, le conservatisme moral et sociétal, la nécessité d'un Etat fort et la conscience des Intérêts supérieurs du pays.


Des valeurs suprêmes qui font cruellement défaut à la France d'aujourd'hui, mais que nos dirigeants, durant 15 siècles d'histoire monarchique puis républicaine jusqu'à mai 1968, avaient pourtant défendues sans relâche.


Source

dimanche, 03 mai 2015

Cette France américaine qui se renie et nous détruit

americanisation_de_la_France-2fe63.jpg

Cette France américaine qui se renie et nous détruit

Auteur : Karine Bechet-Golovko
Ex: http://zejournal.mobi

Président de la République et ministres de droite ou de gauche issus des programmes franco-américains, franc-maçonnerie dans les rang de l'Assemblée et du Gouvernement qui défend "sa" conception républicaine, d'autant plus fortement que la "mondialisation républicaine" se trouve, par hasard et par accident ralentie ... On se croirait dans un mauvais film d'espionnage. L'on est simplement dans la France moderne et contemporaine. Cette France qui n'est plus française, qui en a même semble-t-il honte, comme d'un parent pauvre que l'on veut cacher. Et l'on comprend beaucoup mieux pourquoi la politique menée par les élites, de droite comme de gauche, ne défend pas les intérêts de notre pays.

Comme le processus de destruction de ce qui reste de l'identité française allait bien, la construction européenne aidant, l'on n'entendait pas trop les membres de la franc-maçonnerie française, il n'était pas nécessaire de faire du bruit. La multiplication des conflits au Moyen Orient, la crise économique et financière importée en Europe de celle des subprimes aux Etats Unis, les printemps arabes sanglants et destructurant, ont jeté vers les pays européens une foule de population aux aboies. Une foule que les pays européens ne peuvent assumer, surtout en période de crise et parce que de toute manière il n'est pas possible pour l'Europe, sauf à se détruire, d'ingérer tout le malheur du monde. C'est une politique irresponsable et inefficace, notamment pour les pays en conflits concernés. Or, maintenant que la tension monte, l'on voit se réactiver les réseaux. Cela est d'autant plus facile lorsqu'ils sont au Gouvernement, dans le sens direct du terme. Comme l'écrit le Figaro, sans en être pour le moins choqué :

"En mai 2012, le GODF, traditionnellement orienté à gauche, a vu d'un bon œil la victoire de François Hollande et l'arrivée de frères au gouvernement, qu'il s'agisse de Manuel Valls, qui a fréquenté les loges durant huit ans, de Jean-Yves Le Drian, Victorin Lurel, Frédéric Cuvillier ou Jérôme Cahuzac - ce dernier étant finalement suspendu du GODF après le mensonge avoué sur son compte bancaire à l'étranger. De plus, la charte de la laïcité et les projets d'enseignement de « morale laïque » mis en avant par le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon, qui n'est pas initié, ont séduit les frères du GODF."

Et si l'on se demandait pourquoi des lois impopulaires passaient, sans qu'un réel débat social ait eu lieu sur des questions aussi importantes que le mariage pour tous ou la laïcité, c'est parce que, en plus du Gouvernement, les rangs de l'Assemblée sont également pris d'assaut. Volonté affichée ouvertement par le Grand Maître José Gulino dès 2012. Et ça marche.

"Le GODF a aussi repris fin 2012 le contrôle de la Fraternelle parlementaire (Frapar), en faisant élire l'un des siens, le député socialiste du Nord Christian Bataille à la tête de cette amicale des francs-maçons de l'Assemblée nationale et du Sénat. Celle-ci compte plus de 400 membres, dont 150 élus, soit 15 % du total des parlementaires. Christian Bataille sait s'y prendre pour pousser ses pions : il a déjà présidé la Frapar et il professe une foi de charbonnier dans les valeurs maçonniques. Celles-ci le conduisent à se transformer en avocat de causes aussi controversées que la lutte contre les langues régionales, au nom du jacobinisme, et en faveur de l'exploration des gaz de schiste, au nom de la science. Cette première offensive liée au retour de la gauche au pouvoir a produit quelques résultats, que ce soit pour promouvoir le mariage pour tous, défendre les réformes fiscales ou contrer la récupération du thème de la laïcité par l'extrême droite."

Ainsi, la Fraternelle parlementaire, qui rassemble des députés et des sénateurs s'est largement emparée du thème de prédilection de la laïcité. L'on comprend mieux pourquoi aujourd'hui elle se traduit en montée de la haine pure et simple contre le christianisme, cette religion qui a le malheur d'avoir posé les bases de la société française.

 

tpe.jpgPour compléter le tableau, en restant dans la même ligne idéologique, l'on voit également l'affermissement des intérêts américains dans la gouvernance française. En 1981, la French American Foundation créé le programme Young Leader, financé par AIG, Lazard et Footprint consultants. Sorte de version moderne, plus neutre, moins marquée et connue dans la société que la franc-maçonnerie. Aujourd'hui, il comprend plus de 400 dirigeants issus de la haute fonction publique, du monde de l'entreprise, des médias, de la recherche et même de l'armée. Chaque année 20 français et américains sont sélectionnés. En 2014, Alain Juppé, lui même ancien Young leader, a organisé le séminaire à Bordeaux pour la promotion 2014 avec des anciens comme le directeur général d'Alcatel Lucent Michel Combes, par exemple.

La formation 2014 comprend :

French Young Leaders

Gwenhaël Le Boulay, Partner and Managing Director au Boston Consulting Group
Nicolas Escoulan, Directeur de la Rédaction d'Europe 1
Frank Gervais, Président-Directeur Général de Thalys International Dr Pierre-Antoine Gourraud, PhD MPH, Professeur Assistant en charge de la médecine digitale translationnelle, Faculté de Médecine, Département de Neurologie de l'Université de Californie à San Francisco
Fatima Hadj, Associate Director à Standard & Poor's
Cyril Kammoun, Managing Partner and CEO d'Aforge Degroof Finance
Julia Minkowski, Associée du Cabinet Temime et Associés
Le Lieutenant-Colonel Jean de Monicault, Rédacteur du Chef d'Etat-Major des Armées en charge des affaires stratégiques au Ministère de la Défense
Alexis Morel, Directeur de la Stratégie de Thales
Abdel Malek Riad, Conseiller économique du Président de l'Assemblée Nationale
Lubomira Rochet, Chief Digital Officer et membre du Comité Exécutif de L'Oréal
Alexandre Zapolsky, Fondateur et Président de Linagora

American Young Leaders

Elizabeth Askren, Freelance Conductor (Théâtre du Châtelet, Théâtre de St Quentin), Cultural Attaché, Fondation des Etats-Unis
Major Jordan Baker, Defense Policy Advisor, United States Mission to NATO
Emma Fuerst Frelinghuysen, Senior Director, Private Brands, FreshDirect
Guy Mounier, Chief Executive Officer, CustomerMatrix
Anna « Anya » Neistat, Associate Director, Program/Emergencies, Human Rights Watch
Reshma Saujani, Chief Executive Officer and Founder, Girls Who Code
Dana Stroul, Senior Professional Staff member, Middle East and North Africa, U.S. Senate Foreign Relations Committee
Joseph « Jay » Truesdale, Chief of Staff, U.S. Embassy, Islamabad

Dans cette France américaine, on retrouve des hommes et des femmes, de droite comme de gauche, cela n'a plus strictement aucune importance, formés à composer avec l'intérêt national. Car il y a semble-t-il plus important. Et ils détiennent les rênes du pouvoir. Comme l'écrit très justement Atlantico :

"Exit Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, Jeannette Bougrab... Place à François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Aquilino Morelle (plume du Président), etc. « Enfin des têtes nouvelles ! » entend-t-on ici ou là. Nouvelles ? Tout est relatif, quand on sait décrypter la liste ci-dessus : en fait, tous ces « Young Leaders » de l'UMP ont laissé la place à des « Young Leaders » du Parti socialiste.

Car François Hollande et Pierre Moscovici depuis 1996, Marisol Touraine et Aquilino Morelle depuis 1998, Arnaud Montebourg depuis 2000 et Najat Vallaud-Belkacem depuis 2006, sont tous des « Young Leaders »."

Et la notion de clan joue directement lors de la composition des équipes gouvernantes, même si l'information n'est manifestement pas trop diffusée en France :

"sur les 8 socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, 6 sont rentrés dans son gouvernement.

(Ne restent sur la touche, pour le moment, que Bruno Le Roux, qualifié par beaucoup de « ministrable », et Olivier Ferrand, l'ambitieux président du think-tank Terra Nova ayant permis l'élection de François Hollande aux élections primaires ; deux candidats impatients de rejoindre leurs camarades Young Leaders au gouvernement). Beau tir groupé, comme s'en enorgueillit à juste titre le site américain (« The French-American Foundation is proud to have five Young Leader in the cabinet of President François Hollande, himself a Young Leader in 1996”), tandis que le site français n'en dit pas un mot. "

Comme le souligne très justement A. Latsa, même si quelques hommes politiques de droite sont favorables à de bons rapports avec la Russie, la plupart sont focalisés sur un axe exclusivement américano-centré :

"En effet, environ 25% de nos députés sont membres du groupe d'amitié France-Amérique. Dans ce groupe relativement discret qui est dirigé, c'est tout un symbole, par Louis Giscard d'Estaing, fils de l'ancien président français Valery Giscard d'Estaing, on trouve un bon nombre de députés de droite, en compagnie de députés socialistes."

Trois conclusions principales en découlent toutes seules, logiquement.

Sur le plan de la politique intérieure, on comprend mieux les sources de cette dissociation croissante entre les élites et la population. Fossé qui oblige à une radicalisation des élites, d'une minorité dirigeante, qui doit, pour faire imposer ses points de vues, discréditer ceux des autres. Autrement dit, il ne peut plus y avoir de pluralisme d'idées, car il n'y a plus de respect de l'autre. Par exemple, celui qui défend la famille traditionnelle est un extrémiste, et l'on ne parle pas avec les extrémistes.

Lorsque le pluralisme d'idées est mis à bas, il ne peut y avoir de pluralisme politique, car les différents partis politiques doivent justement représenter et défendre des visions différentes de la société. Ce qui est inconcevable aujourd'hui. "L'autre politique" est hors du champ démocratique, donc hors du champ du débat politique. Pour autant, il est tout autant inconcevable de déclarer l'instauration du parti unique, car la politique serait morte. La France ne peut pas encore l'accepter, s'enterrer vivante tant qu'il reste un souffle, donc il faut maintenir les apparences. Et pour maintenir les apparences, il faut maintenir une alternance entre des personnes, qui ont été plus ou moins canalisées et formatées au préalables pour ne pas prendre de risques. Le changement de visage, s'interroger sur Cécilia et ensuite passer à Valérie, permet de donner l'impression d'un changement politique. Et l'essentiel est préservé : le cap, lui, est gardé.

Enfin, il en découle que la politique étrangère française ne peut être, dans ce contexte, autre chose que ce qu'elle est. La France ne peut que soutenir, contre toute logique, contre ses valeurs et son histoire, les sanctions contre la Russie parce qu'un Gouvernement d'extrême droite massacre sa propre population civile sur les terres d'Ukraine. Parce que la France et l'UE se moquent de l'Ukraine et de sa population comme de leur première liquette. La France ne peut qu'aller vers une ratification du traité transatlantique TTIP qui lui retire sa souveraineté économique, notamment. La France ne peut que se dissoudre dans une Union européenne qui détruit ce qui reste de culture européenne. La France ne peut avoir de politique étrangère, elle ne peut qu'être un pays aligné ou satellite, selon la terminologie préférée.

Dans ce contexte, la France américaine ne peut que trahir la France.

samedi, 21 mars 2015

A Green Light for the American Empire

 

 

Americanization.JPG

A Green Light for the American Empire

The American Empire has been long in the making. A green light was given in 1990 to finalize that goal. Dramatic events occurred that year that allowed the promoters of the American Empire to cheer. It also ushered in the current 25-year war to solidify the power necessary to manage a world empire. Most people in the world now recognize this fact and assume that the empire is here to stay for a long time. That remains to be seen.

Empires come and go. Some pop up quickly and disappear in the same manner. Others take many years to develop and sometimes many years to totally disintegrate. The old empires, like the Greek, Roman, Spanish and many others took many years to build and many years to disappear. The Soviet Empire was one that came rather quickly and dissipated swiftly after a relatively short period of time. The communist ideology took many decades to foment the agitation necessary for the people to tolerate that system.

Since 1990 the United States has had to fight many battles to convince the world that it was the only military and economic force to contend with. Most people are now convinced and are easily intimidated by our domination worldwide with the use of military force and economic sanctions on which we generously rely. Though on the short term this seems to many, and especially for the neoconservatives, that our power cannot be challenged. What is so often forgotten is that while most countries will yield to our threats and intimidation, along the way many enemies were created.

The seeds of the American Empire were sown early in our history. Natural resources, river transportation, and geographic location all lent itself to the development of an empire. An attitude of “Manifest Destiny” was something most Americans had no trouble accepting. Although in our early history there were those who believed in a powerful central government, with central banking and foreign intervention, these views were nothing like they are today as a consequence of many years of formalizing the power and determination necessary for us to be the policeman of the world and justify violence as a means for spreading a particular message. Many now endorse the idea that using force to spread American exceptionalism is moral and a force for good. Unfortunately history has shown that even using humanitarian rhetoric as a justification for telling others what to do has never worked.

Our move toward empire steadily accelerated throughout the 20th century. World War I and World War II were deadly for millions of people in many countries, but in comparison the United States was essentially unscathed. Our economic power and military superiority steadily grew. Coming out of World War II we were able to dictate the terms of the new monetary system at Bretton Woods as well as the makeup of all the international organizations like NATO, the United Nations, and many others. The only thing that stood in America’s way between 1945 and 1990 was the Cold War with the Soviet Union. Significant events of 1990 sealed the fate of the Soviet Empire, with United States enjoying a green light that would usher in unchallenged American superiority throughout the world.

Various names have been given to this war in which we find ourselves and is which considered necessary to maintain the empire. Professor Michael Rozeff calls it the “Great War II” implying that the Great War I began in 1914 and ended in 1990. Others have referred to this ongoing war as “The Long War.” I hope that someday we can refer to this war as the “The Last War” in that by the time this war ends the American Empire will end as well. Then the greatness of the experiment in individual liberty in our early history can be resumed and the force of arms can be replaced by persuasion and setting an example of how a free society should operate.

There are several reasons why 1990 is a significant year in the transition of modern day empires. It was a year that signaled the end of the USSR Empire and the same year the American Empire builders felt vindicated in their efforts to assume the role of the world’s sole superpower.

On February 7, 1990 the Central Committee of the Communist Party of the Soviet Union met and ceded its monopoly political power over its empire. This was followed in a short period of time with the breakup of the Soviet system with 15 of the 17 republics declaring their independence from Moscow. This was not a total surprise considering the fact that the Soviets, in defeat, were forced to leave Afghanistan in February 1989. Also later that year, on November 9, 1989, the Berlin wall fell. Obviously the handwriting was on the wall for the total disintegration of the Soviet system. The fact that the Communist Party’s leaders had to concede that they no longer could wield the ominous power that the Communist Party exerted for 73 years was a seminal event. None of this could have been possible without significant policy changes instituted by Mikhail Gorbachev after his assuming power as president in 1985, which included Glasnost and Perestroika—policies that permitted more political openness as well as significant economic reforms. These significant events led up to the Soviet collapse much more so than the conventional argument that it was due to Ronald Reagan’s military buildup that forced the Soviets into a de facto “surrender” to the West.

The other significant event of 1990, and not just a coincidence, was the “green light” message exchanged between April Glaspie and Saddam Hussein on July 25, 1990. Though the details of this encounter have been debated, there is no doubt that the conclusion of it was that Saddam Hussein was convinced that the United States would not object to him using force to deal with a dispute Iraq had with Kuwait. After all, the US had just spent eight years aligning itself with him in his invasion and war with the Iranians. It seemed to him quite logical. What he didn’t realize was the significance of the changes in the world powers that were ongoing at that particular time. The Soviets were on their way out and the American Empire was soon to assert its role as the lone super power. The US was anxious to demonstrate its new role.

When one reads the communications between Washington and Iraq, it was not difficult to believe that a green light had been given to Saddam Hussein to march into Kuwait without US interference. Without this invasion, getting the American people to support a war with Iraq would have been very difficult. Before the war propaganda by the US government and the American media began, few Americans supported President Bush’s plans to go to war against an ally that we assisted in its eight-year war against Iran. After several months of propaganda, attitudes changed and President Bush was able to get support from the US Congress, although he argued that that was unnecessary since he had obtained a UN resolution granting him the authority to use his military force to confront Saddam Hussein. The need for Constitutional authority was not discussed.

US ambassador April Glaspie was rather explicit in her comments to Saddam Hussein: “we have no opinion on Arab – Arab conflicts, like your border disagreement with Kuwait.” The US State Department had already told Saddam Hussein that Washington had “no special defense or security commitments to Kuwait.” It’s not difficult interpreting conversations like this as being a green light for the invasion that Hussein was considering. Hussein had a list of grievances regarding the United States, but Glaspie never threatened or hinted about how Washington would react if Hussein took Kuwait. Regardless, whether it was reckless or poor diplomacy, the war commenced. Some have argued that it was deliberate in order to justify the beginning of the United States efforts in rebuilding the Middle East – a high priority for the neoconservatives. Actually whether the invasion by Saddam Hussein into Kuwait was encouraged or permitted by deliberate intentions or by miscalculations, the outcome and the subsequent disaster in Iraq for the next 25 years was a result of continued bad judgment in our dealing with Iraq. That required enforcing our goals with military intervention. The obvious failure of this policy requires no debate.

On August 1, 1990, one week after this exchange between ambassador Glaspie and Saddam Hussein, the invasion of Kuwait by Iraq occurred. Immediately following this attack our State Department made it clear that this invasion would not stand and President Bush would lead a coalition in removing Iraqi forces from Kuwait. On January 17, 1991, that military operation began. The forced evacuation of Iraqi troops from Kuwait was swift and violent, but the war for Iraq had just begun and continues to this day. It also ushered in the climactic struggle for America’s efforts to become the official and unchallenged policeman of the world and to secure the American Empire.

President Bush was not bashful in setting the stage for this clearly defined responsibility to assume this role since the Soviet Empire was on the wane. A very significant foreign policy speech by Bush came on September 11, 1990 entitled, “Toward a New World Order.” This was a clear definition of internationalism with United States in charge in the tradition of Woodrow Wilson and Franklin D Roosevelt. In this speech there was a pretense that there would be Russian and United States cooperation in making the world safe for democracy—something that our government now seems totally uninterested in. Following the speech, the New York Times reported that the American left was concerned about this new world order as being nothing more than rationalization for imperial ambitions in the middle 1980s. Obviously the geopolitics of the world had dramatically changed. The green light was given for the American hegemony.

This arrogant assumption of power to run the world militarily and to punish or reward various countries economically would continue and accelerate, further complicating the financial condition of the United States government. Though it was easy for the United States to push Hussein back into Iraq, subsequent policy was destined to create havoc that has continued up to the present day. The sanctions and the continuous bombing of Iraq were devastating to the infrastructure of that country. As a consequence it’s been estimated that over 500,000 Iraqis died in the next decade, many of them being children. Yet there are still many Americans who continue to be mystified as to why “they – Arabs and Muslims – hate us.” By the end of 1991, on Christmas Day, the final blow to the Soviet system occurred. On that date Gorbachev resigned and the Soviet flag was lowered for the last time, thus officially ending the Soviet Empire. Many had hoped that there would be “a peace dividend” for us since the Cold War was officially ended. There’s no reason that could not have occurred but it would have required us to reject the notion that it was our moral obligation and legal responsibility to deal with every crisis throughout the world. Nevertheless we embarked on that mission and though it continues, it is destined to end badly for our country. The ending of the Soviet Empire was a miraculous event with not one shot being fired. It was a failed system based on a deeply flawed idea and it was destined to fail. Once again this makes the point that the use of military force to mold the world is a deeply flawed policy. We must remember that ideas cannot be stopped by armies and recognize that good ideas must replace bad ones rather than resorting to constant wars.

It should surprise no one that a policy endorsing the use of force to tell others how to live will only lead to more killing and greater economic suffering for those who engage in this effort, whether voluntarily or involuntarily. Twenty five years have passed since this green light was given for the current war and there’s no sign that it will soon end. So far it has only emboldened American political leaders to robustly pursue foreign interventionism with little thought to the tremendous price that is continuously paid.

During the 1990s there was no precise war recognized. However our military presence around the world especially in the Middle East and to some degree in Africa was quite evident. Even though President George HW Bush did not march into Baghdad, war against the Iraqi people continued. In an effort to try to get the people to rebel against Saddam Hussein, overwhelming sanctions and continuous bombing were designed to get the Iraqi people to rebel and depose Hussein. That did not work. Instead it worked to continue to build hatred toward America for our involvement in the entire region.

Our secretive influence in Afghanistan during the Soviet occupation had its unintended consequences. One was that we were fighting on the side of bin Laden and we all know how that turned out. Also, in an effort to defeat communism, the CIA helped to promote radical Islam in Saudi Arabia. Some argue that this was helpful in defeating the Soviets in Afghanistan. This most likely is not true since communism was doomed to fail anyway, and the cost to us by encouraging radical Islam has come back to haunt us.

It has been estimated that our policies directed at Iraq during the 1990s caused the death of thousands of Iraqis, many of these coming from the destruction of their infrastructure and creating a public health nightmare. When Madeleine Albright was asked about this on national TV she did not deny it and said that that was a price that had to be paid. And then they wonder why there is so much resentment coming from these countries directed toward United States. Then George Bush Junior invaded Iraq, his justification all based on lies, and another 500,000 Iraqis died. The total deaths have been estimated to represent four percent of the Iraqi population. The green light that was turned on for the Persian Gulf War in 1990 stayed lit and even today the proponents of these totally failed wars claim that the only problem is we didn’t send enough troops and we didn’t stay long enough. And now it’s argued that it’s time to send ground troops back in. This is the message that we get from the neoconservatives determined that only armed might can bring peace to the world and that the cost to us financially is not a problem. The proponents never seem to be concerned about the loss of civil liberties, which has continued ever since the declaration of the Global War on Terrorism. And a good case can be made that our national security not only has not been helped, but has been diminished with these years of folly.

And the true believers in empire never pause. After all the chaos that the US government precipitated in Iraq, conditions continue to deteriorate and now there is strong talk about putting troops on the ground once again. More than 10,000 troops still remain in Afghanistan and conditions there are precarious. Yemen is a mess as is also Libya, Pakistan, Somalia, Syria, and Ukraine — all countries in which we have illegally and irresponsibly engaged ourselves.

Today the debate in Congress is whether or not to give the President additional authority to use military force. He asked to be able to use military force anyplace anytime around the world without further congressional approval. This is hardly what the Founders intended for how we dealt with going to war with other nations. Some have argued, for Constitutional reasons, that we should declare war against ISIS. That will prove to be difficult since exactly who they are and where they are located and how many there are is unknown. We do know it is estimated that there are around 30,000 members. And yet in the surrounding countries, where the fighting is going on and we are directly involved, millions of Muslims have chosen not to stand up to the ruthless behavior of the ISIS members.

Since declaring war against ISIS makes no more sense than declaring war against “terrorism,” which is a tactic, it won’t work. Even at the height of the Cold War, in a time of great danger to the entire world, nobody suggested we declare war against “communism.” Islamist extremism is based on strong beliefs, and as evil as these beliefs may be, they must be understood, confronted, and replaced with ideas that all civilized people in the world endorse. But what we must do immediately is to stop providing the incentive for the radicals to recruit new members and prevent American weapons from ending up in the hands of the enemy as a consequence of our failed policies. The incentives of the military-industrial complex along with the philosophy of neoconservatism that pushes us to be in more than 150 countries, must be exposed and refuted. Occupation by a foreign country precipitates hatred and can never be made acceptable by flowery words about their need for American-style “democracy.” People who are occupied are always aware of the selfish motivation of the occupiers.

The announcement by President George HW Bush on September 11, 1990 about the new world order was well received. Prior to that time it was only the “conspiracy theorists” who constantly talked about and speculated about the New World Order. Neoconservative ideas had been around for a long time. They were endorsed by many presidents and in particular Woodrow Wilson with his goal of spreading American goodness and making the ”world safe for democracy” – none of which can be achieved by promoting war. In the 1990s the modern day neoconservatives, led by William Kristol and Robert Kagan, enjoyed their growing influence on America’s foreign policy. Specifically, in 1997 they established the Project for the New American Century (PNAC) for the specific purpose of promoting an aggressive foreign policy of interventionism designed to promote the American Empire. This policy of intervention was to be presented with “moral clarity.” “Clarity” it was, but “moral” is another question. Their goal was to provide a vision and resolve, “to shape a new century favorable to American principles and interest.”

It was not a surprise that admittedly the number one goal for the New World order was to significantly increase military spending and to be prepared to challenge any regime hostile to America’s interests. They argued that America had to accept its unique role as the sole superpower for extending international order as long as it served America’s interests. Although neoconservatives are thought to have greater influence within the Republican Party, their views have been implemented by the leadership of both Republicans and Democrats. First on PNAC’s agenda was to continue the policy designed to undermine Saddam Hussein with the goal of eventually invading Iraq – once they had an event that would galvanize public support for it. Many individuals signed letters as well as the statement of principles and most were identified as Republicans. Interestingly enough, the fourth person on the list of signatories for the statement of principles was Jeb Bush, just as he was planning his second run for governor of Florida. The neoconservatives have been firmly placed in a position of influence in directing America’s foreign policy. Though we hear some debate between the two political parties over when and whom to strike, our position of world policeman is accepted by both. Though the rhetoric is different between the two parties, power always remains in the hands of those who believe in promoting the empire.

The American Empire has arrived, but there’s no indication that smooth sailing is ahead. Many questions remain. Will the American people continue to support it? Will the American taxpayer be able to afford it? Will those on the receiving end of our authority tolerate it? All empires eventually end. It’s only a matter of time. Since all empires exist at the expense of personal liberty the sooner the American Empire ends the better it will be for those who still strive to keep America a bastion for personal liberty. That is possible, but it won’t be achieved gracefully.

Though the people have a say in the matter, they have to contend with the political and financial power that controls the government and media propaganda. The powerful special interests, who depend on privileges that come from the government, will do whatever is necessary to intimidate the people into believing that it’s in their best interest to prop up a system that rewards the wealthy at the expense of the middle class. The nature of fiat money and the privileges provided to the special interests by the Federal Reserve makes it a difficult struggle, but it’s something that can be won. Unfortunately there will be economic chaos, more attacks on our civil liberties, and many unfortunate consequences coming from our unwise and dangerous foreign policy of interventionism.

Since all empires serve the interests of a privileged class, the people who suffer will constantly challenge their existence. The more powerful the empire, the greater is the need for the government to hold it together by propaganda and lies. Truth is the greatest enemy of an abusive empire. Since those in charge are determined to maintain their power, truth is seen as being treasonous. Whistleblowers and truth tellers are seen as unpatriotic and disloyal. This is why as our empire has grown there have been more attacks on those who challenge the conventional wisdom of the propagandists. We have seen it with the current administration in that the president has used the Espionage Act to curtail freedom of the press more than any other recent president. Fortunately we live in an age where information is much more available than when it was controlled by a combination of our government and the three major networks. Nevertheless it’s an uphill struggle to convince the people that it is in their best interests to give up on the concept of empire, foreign interventionism, allowing the special interests to dictate foreign policy, and paying the bills with the inflation of the money supply provided by the Federal Reserve. The laws of economics, in time, will bring such a system to an end but it would be nice if it would be ended sooner through logic and persuasion.

If it’s conceded that there was a dramatic change with the green light given by April Glaspie and President Bush in 1990, along with the collapse, almost simultaneously, of the Soviet system, the only question remains is when and who will turn on the red light to end this 25 year war. Sometime it’s easier to establish an empire than it is to maintain and pay for it. That is what our current political leaders are in the business of currently doing and it’s not going well. It appears that a comparatively small but ruthless non-government entity, ISIS, is playing havoc with our political leaders as well as nearly all the countries in the Middle East. Because there is no clear understanding of what radical Islam is all about  —since it is not much about Islam itself — our policies in the Middle East and elsewhere will continue to drain our resources and incite millions more to join those who are resisting our occupations and sanctions. The day will come when we will be forced to give up our role as world policeman and resort to using a little common sense and come home.

This will only occur when the American people realize that our presence around the world and the maintenance of our empire has nothing to do with defending our Constitution, preserving our liberties, or fulfilling some imaginary obligation on our part to use force to spread American exceptionalism. A thorough look at our economic conditions, our pending bankruptcy, our veterans hospitals, and how we’re viewed in the world by most other nations, will compel Americans to see things differently and insist that we bring our troops home – the sooner the better.

Vocal proponents of the American Empire talk about a moral imperative that requires us to sacrifice ourselves as we try to solve the problems of the world. If there was even a hint this effort was accomplishing something beneficial, it might be more difficult to argue against. But the evidence is crystal-clear that all our efforts only make things worse, both for those we go to teach about democracy and liberty and for the well-being of all Americans who are obligated to pay for this misplaced humanitarian experiment. We must admit that this 25-year war has failed. Nevertheless it’s difficult to argue against it when it requires that that we not endorse expanding our military operations to confront the ISIS killers. Arguments against pursuing a war to stop the violence, however, should appeal to common sense. Recognizing that our policies in the Middle East have significantly contributed to the popular support for radical Islam is crucial to dealing with ISIS. More sacrifices by the American people in this effort won’t work and should be avoided. If one understands what motivates radical Islam to strike out as it does, the solution would become more evident. Voluntary efforts by individuals to participate in the struggle should not be prohibited. If the solution is not more violence on our part, a consideration must be given to looking at the merits of a noninterventionist foreign policy which does not resort to the killing of hundreds of thousands of individuals who never participated in any aggression against United States — as our policies have done since the green light for empire was given.

How is this likely to end? The empire will not be ended legislatively or by the sudden embrace of common sense in directing our foreign policy. The course of interventionism overseas and assuming the role of world policeman will remain for the foreseeable future. Still the question remains, how long will that be since we can be certain that the end of the empire will come. Our military might and economic strength is now totally dependent on the confidence that the worldwide financial markets give to the value of the US dollar. In spite of all the reasons that the dollar will eventually be challenged as the world reserve currency, the competition, at present, by other currencies to replace it, is nil. Confidence can be related to objective facts such as how a country runs its fiscal affairs and monetary policy. Economic wealth and military strength also contribute artificial confidence to a currency. Perceptions and subjective reasons are much more difficult to define and anticipate. The day will come when the confidence in the dollar will be greatly diminished worldwide. Under those conditions the tremendous benefits that we in the United States have enjoyed as the issuer of the reserve currency will be reversed. It will become difficult if not impossible for us to afford huge budget deficits as well as very large current account deficits. National debt and foreign debt will serve as a limitation on how long the empire can last. Loss of confidence can come suddenly and overwhelmingly. Under those conditions we will no longer be able to afford our presence overseas nor will we be able to continue to export our inflation and debt to other nations. Then it will require that we pay for our extravagance, and market forces will require that we rein in our support for foreign, corporate, and domestic welfare spending. Hopefully this will not come for a long time, giving us a chance to educate more people as to its serious nature and give them insight into its precise cause. Nevertheless we live in a period of time when we should all consider exactly what is the best road to take to protect ourselves, not only our personal wealth but also to prepare to implement a system based on sound money, limited government, and personal liberty. This is a goal we can achieve. And when we do, America will enjoy greater freedom, more prosperity and a better chance for peace.

jeudi, 21 novembre 2013

NOUS AUSSI NOUS SOMMES AMÉRICAINS : NOUS AVIONS GÉRARD DE VILLIERS

gerard-villiers-1059299-jpg_925810.JPG

NOUS AUSSI NOUS SOMMES AMÉRICAINS : NOUS AVIONS GÉRARD DE VILLIERS

Ex: http://dernieregerbe.hautetfort.com

                Mourir détesté est aujourd'hui un luxe rare. Gérard de Villiers ne l'aura pas eu : alors qu’il y a vingt ans sa mort n’aurait sans doute suscité que quelques échos secs et grinçants, voilà qu’un concert d’éloges se déclenche : les médias saluent respectueusement la disparition de « l'homme le mieux renseigné de la planète ». C’est bien à tort qu’on a méprisé ses livres pendant si longtemps : « Il faisait un boulot incroyable », se souvient Dorothée Olliéric, grand-reporteur à France 2. Libération va plus loin, n’hésitant pas à placer le défunt dans la galerie mythique des géants du reportage : « il travaillait comme les grands reporteurs d’avant guerre, du type Albert Londres, qui allaient sur place et revenaient avec de vraies et longues enquêtes ». C’est pourquoi ses descriptions très précises faisaient de ses livres de véritables guides touristiques et politiques. D’ailleurs Hubert Védrine, l’un de ses inconditionnels, ne se rend jamais dans un pays sans lire préalablement le S.A.S. correspondant. Tout le monde lisait Gérard de Villiers, même (surtout) ceux qui le faisaient en cachette. Très introduit dans le monde du renseignement, ayant des informateurs exclusifs partout dans le monde, celui qu’on prenait depuis toujours pour un vulgaire propagandiste de la C.I.A. était en fait un géopoliticien de haut vol, dont les livres, incomparables manuels stratégiques, remplacent avantageusement les traités les mieux documentés. On se demande pourquoi on ne lui a pas demandé d’aller faire des cours à l’École de guerre ! N’a-t-il pas prophétisé l’assassinat de Sadate (dans Le Complot du Caire), l’attentat contre les États-Unis en Libye (dans Les Fous de Benghazi), la tentative de coup d’État contre Bachar el-Assad (dans Le Chemin de Damas), et tant d’autres évènements encore ? n’a-t-il pas expliqué mieux que tout le monde l’attentat contre Rafic Hariri ou l’attentat contre le Boeing de la Panam à Lockerby ? Mais ce prodigieux analyste du monde contemporain était aussi un remarquable entrepreneur qui s’est imposé dans le dur milieu de l’édition, et bien sûr un auteur de talent : un « authentique professionnel » de la prose haletante, un travailleur acharné « qui n’a jamais connu la retraite », un « très bon romancier populaire », un auteur de récits « bien foutus », « dont le génie consistait à coller au plus près à la réalité » et qui avait la suprême élégance de ne pas poser à l’écrivain prétentieux : oui,  « cet homme s'assumait »,  il n’avait honte ni de ses livres ni de ses idées, et cela le rend infiniment estimable. Du reste, cet ami intime de Claude Lanzmann était évidemment bardé des qualités humaines les plus appréciables : un « homme au courage physique à la limite de l'inconscience » (selon son ami le général Rondot), cultivé, généreux, fidèle, bon vivant, provocateur, pudique… Cet esthète aura réussi, excusez du peu, la miraculeuse et « si difficile martingale de tout écrivain : mettre de la vie dans son art et de l’art dans sa vie » (Nicolas Gauthier dans Boulevard Voltaire). En somme, lui qui a été couvert de boue pendant quarante ans, le voilà consacré, même à gauche, « trésor national à sa façon » selon la formule de Jean Guisnel dans Le Point .


                991695-gf.jpgOn se frotte les yeux. Quoi ? Est-ce bien de Gérard de Villiers, l’auteur des S.A.S./S.S., que l’on parle ? Trésor national, incarnation du génie français, ce faiseur, ce parvenu, cette incarnation du mauvais goût, cet industriel du roman de gare, qui était méprisé jusque par ceux qui se piquent de littérature populaire, et placé cent lieues en-dessous de San-Antonio à la merveilleuse créativité verbale ?!! Même Paul-Loup Sulitzer, par contraste, était crédité d’avoir inventé un nouveau genre, alors que Villiers ne faisait que du sous-Ian Fleming à la chaîne, mâtiné de pornographie. La forme : un défilé de clichés, aucune invention, des personnages stéréotypés, des intrigues répétitives, une vulgarité constante, des scènes de sexe toujours identiques (et obsessionnellement portées sur la sodomie). Le fond : goût compulsif pour la violence gratuite, complaisance pour la torture, beaufitude, racisme, antisémitisme, misogynie, poncifs les plus stupides sur l’indolence des Arabes, l’incapacité des nègres, la cruauté des jaunes, la lascivité et la servilité des femmes, etc. En 2005 encore, Thierry Ardisson ne l’invitait à Tout le monde en parle que pour l’enfoncer dans le marécage de ses idées nauséabondes, mission moralisatrice où l’accompagnait le débonnaire Jean-Pierre Foucault. Mais voilà qu’en 2013, pfuiiit, tout cela a disparu ! Place à l’hommage et l’admiration. Nous avions un génie et nous l’avons conspué. Que s’est-il passé ?

                Le tournant a eu lieu en janvier de cette année : le New York Times a publié un long article de Robert F. Worth à la gloire de l’écrivant français. Ce panégyrique (d’où sont tirés les trois quarts des articles  d’hommage qui viennent de paraître) a été intégralement traduit dans Courrier International le mois suivant, et il a suffi à retourner la classe médiatique. Intervious et portraits se sont succédé au fil de cette année, jusque dans Le Monde. Ce n’est pas que les yeux de nos faiseurs d’opinion se soient décillés, c’est plutôt que leur jobardise s’est une nouvelle fois révélée : quand l’Amérique donne le ton, il faut se mettre au diapason. Gérard de Villiers est célébré par le New York Times ? Alors on peut en faire autant ! Que dis-je : il faut en faire autant, sinon nous passerons encore pour de petits franchouillards englués dans leur ringardise congénitale, incapables de sentir ce qui est « in ».
                Ce renversement de l’opinion dominante sur S.A.S. est donc moins un indice de droitisation de la société qu’un indice d'américanisation. Violence, crudité, démagogie, populisme, et par-dessus tout culte de l’efficacité et de la rentabilité : nous aussi nous sommes des Américains, nous aussi nous savons fabriquer et vendre des produits américains, nous aussi nous adorons ça, nous aussi nous nous assumons comme tels. Il fut un temps, pas si lointain, où la classe politique et médiatique avait un certain sens de la littérature et ne prisait, fût-ce par affectation, que des auteurs d'un certain niveau. Quand elle parlait d'un écrivain nommé « Villiers », ce ne pouvait donc être qu'Auguste de Villiers de L'Isle-Adam, styliste racé et pourfendeur cruel de la médiocrité bourgeoise. Aujourd'hui on n'a plus honte de remplir sa bouche et ses yeux de merdes populaires, et parmi tous ceux qui proclament le plaisir qu'ils ont eu à lire des S.A.S., bien peu ont sans doute ouvert Axël ou les Histoires insolites, sans parler du Prétendant ou de Tribulat Bonhomet. La plupart, je le parierais, ignorent jusqu’à l’existence de ces titres. La nouvelle classe dirigeante a baigné dans la sous-culture télévisuelle depuis sa jeunesse, et elle n’en a aucune honte. En termes d’image, il est de moins en moins payant de s’afficher comme un lettré devant le populo, alors pourquoi affecter une préférence pour ces intellos abscons et chichiteux qui nous prennent la tête, tandis qu’on prend son pied avec un bon vieux S.A.S. ? Reconnaître qu’on aime bien lire Gérard de Villiers, c’est à la fois jouer la carte de la transparence, en s’avouant franchement tel qu’on est, et se poser en monsieur-tout-le-monde, apte à comprendre les malheurs et les espoirs du peuple, puisqu’on en partage les goûts et les plaisirs : double bénéfice.

 

                55749501_10912867.jpgJ’ai parcouru, dans la réacosphère facebookienne, quelques réactions à la mort de Gérard de Villiers, et j’ai été frappé par la fréquence des marques d’estime posthume. Untel, par exemple, se réjouit que la gauchiasse se sente désormais obligée de céder du terrain et de ménager ce sur quoi elle crache sans vergogne depuis 1945, alors que naguère encore elle conchiait tous ceux qui de près ou de loin ressemblaient à un réactionnaire : attitude purement réactive, qui consiste à choisir ses amis non pas pour leurs qualités propres, mais uniquement pour le fait qu’ils sont rejetés par nos ennemis, – comme si ceux-ci ne pouvaient pas se tromper. Le plus stupéfiant, c’est cette ancienne catin reconvertie dans l'islamophobie hystérique, qui profite de l’occasion pour battre ses propres records de bêtise et de bassesse, pourtant haut placés : « J'estime que tout écrivain doit être jaloux de celui qui a gagné autant d'argent avec sa plume ». Triomphe du veau d'or, prosternation devant le dieu Dollar ! Le gain pécuniaire n'est pas seulement le critère absolu de réussite sociale, il devient aussi le critère de la valeur littéraire et le but de tout écrivain qui se respecte. D’ailleurs, qu’est-ce que la littérature, sinon un moyen de distraire les masses ? « Villiers ne cherchait pas à rivaliser avec Hugo..., mais s'il était populaire, c'est qu'il devait bien écrire. À quoi sert la littérature [réservée à] quelques initiés ? À rien ! ». Remarquable conjonction entre le primat du fric et le primat de la plèbe. L’américanisation est complète : tout objet culturel a pour finalité d’être vendu au plus grand nombre, et le gain obtenu permet donc de hiérarchiser des œuvres d’art qui ne sont rien que des objets de consommation. Je soupçonne que si nous essayions d’expliquer à cette idiote, qui se croit de droite, que dire de la littérature qu’elle ne sert à rien, c’est lui adresser le plus bel éloge possible – puisque tout ce qui est utile est laid –, elle nous prendrait pour des fous, ô Théophile Gautier ! Cette droite-là n’est pas la mienne. J’estime pour ma part qu’il faut avoir l'esprit complètement perverti par le sectarisme le plus borné, pour se sentir solidaire, au nom d’un anti-gauchisme fanatique et aveugle, de ce brasseur de pognon, de cet avilisseur du livre, de ce corrupteur de l'esprit public qu’était Gérard de Villiers.

          

devilliersgerardsas059c.jpgCelui-ci, finalement, peut au moins servir d’excellent marqueur idéologique, propre à distinguer deux droites, la droite du fric et de l’Amérique moderniste, la droite de la culture réactionnaire et de l’élite. Villiers n'a fait que de l'ordure tout au long de sa vie. Journaliste pipol dans les années 60, il a donné dans toutes les bassesses de la presse de caniveau : il est même à l’origine de la rumeur qui prétendait que Sheila était un homme, dégueulasserie dont il rigolait encore quarante ans plus tard. Il n’aura jamais quitté ce milieu ignoble, puisque jusqu’à la fin de sa vie il fréquentait assidument la « jet-set », qu’il recevait dans sa villa de Saint-Tropez et sur son yacht. On peut aussi penser, avec Cizia Zykë, que Gérard de Villiers a tué une certaine littérature populaire française en y important des méthodes…  américaines, bien sûr [1]. Comme les MacDo standardisés ont tué les petits caboulots du coin de la rue. Même extermination de la diversité populaire française, brouillonne mais vivante, au profit d’un modèle mécanique et artificiel, froidement et « professionnellement » conçu pour dégager le maximum de bénéfices à court terme. Il est d’ailleurs étrange (ou au contraire très cohérent) que ces articles d’hommage ne soulèvent jamais la question des nègres d’écriture. Même si la version officielle est relayée par Robert F. Worth, on aura tout de même du mal à croire qu’un seul homme ait pu rédiger 200 romans en 49 ans, surtout avec les minutieux voyages, entretiens et investigations sur lesquels on nous dit qu’il s’appuyait. Depuis 2006 (à 76 ans), il avait augmenté sa cadence, passant de quatre à cinq volumes annuels (mais en restant à quatre titres, dont un double en juin). Dans ses dernières années, il était très affaibli par le cancer et les suites d’un A.V.C. : pourtant, miracle de la littérature, sa production ne s’est pas ralentie, et il a continué à abattre ses cinq volumes annuels comme si de rien n’était. Un vrai Superman, n’est-ce pas ! Mais surtout pas un Astérix car, adoptant un point de vue américano-mondialisé, il va sans dire qu’il méprisait la France et ne lui accordait aucune place dans ses livres : « Comme Anglais, il y avait Bond. Un Français, personne ne l'aurait pris au sérieux. À part le fromage et le vin, rien de chez nous n'est crédible à l'étranger », confiait-il à Ariane Chemin cet été. Bien entendu, ce libéral de choc tenait le gaullisme pour une « névrose typiquement française », comme il le déclarait dans une autre interviou : pensez donc, être contre les É.-U.A. et contre le libéralisme cosmopolite, c’est là une hérésie, voire une maladie qu’il convient de dissoudre au plus vite dans le Coca-cola, l’exotisme à deux balles et la pornographie ! Voilà donc l’homme qui paraît estimable et attachant à une certaine droite-Neuilly, qui jauge la réussite d’un gouvernement au montant de sa feuille d’impôts. Chaque parti a les héros qui lui ressemblent, et chaque époque les réactionnaires qu’elle mérite.
                

Allez, encore vingt ans de prostitution généralisée à Washington, et Gérard de Villiers sera bon pour le Panthéon.
 

Note:

 
[1] « Dans les années 50/60 existait en France une littérature populaire vivante, artisanale, pas toujours géniale, parfois même un peu couillonne, mais sincère, pondue par des mecs libres qui suaient sur leur machine dans leur coin. Dard était le champion, mais il y avait aussi George Arnaud (Le Salaire De La Peur), G.J. Arnaud, Mario Ropp, Kenny et tant d’autres… Plus Bruce avec son OSS 117, plus Malet sauvé plus tard par Tardi. Gérard de Villiers a importé le système de production à l'américaine, en équipe, avec grilles imposées. Avec son ‘Gérard de Villiers présente…’ et la force de distribution de la maison Plon, il a inondé les kiosques de Brigade Mondaine, JAG, Le Survivant, Le Mercenaire et autres, tous produits formatés, produits au moindre coût, qui ont tué tout le reste. Tout un vivier d’auteurs – encore une fois pas toujours grandioses – se sont retrouvés à la rue. »

jeudi, 25 juillet 2013

L'Europe en phase finale d'américanisation

aaaa15.jpg

L'Europe en phase finale d'américanisation

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://zentropaville.tumblr.com

Les évènements se précipitent. Peu d’européens en sont encore conscients. D’autant plus que pour s’en apercevoir il faut un minimum de culture stratégique, afin de déchiffrer des évènements qui autrement paraissent anodins.

Appelons américanisation de l’Europe le fait pour celle-ci d’acquérir le statut non d’un nième Etat de l’Union – ce qui peut conférer quelques droits constitutionnels et civiques - mais d’un Etat complètement subordonné, colonisé pour reprendre un ancien terme, sur le modèle des ex-colonies africaines de la France.

Cette américanisation est en cours depuis la seconde guerre mondiale, sinon la première. Ces guerres ont vu l’Europe, emportée par ses divisions internes, perdre une grande partie des éléments faisant son ancienne puissance. Ceci au profit des Américains. Face à l’URSS d’abord, face aux puissances émergentes d’Asie, principalement la Chine aujourd’hui, l’Amérique a su convaincre les européens qu’ils devaient lui confier leur défense, quitte à lui livrer en échange tout ce qui leur restait de souveraineté.

On peut avec un certain optimisme estimer qu’au cours du dernier demi-siècle et aujourd’hui encore, 100.000 européens au maximum ont toujours voulu refuser ce marché de dupes. Pour eux, l’Europe avait les moyens de se défendre et de se développer sans rien abandonner de ses atouts scientifiques, économiques, militaires. Sous le gaullisme en France, quelques 50.000 Français avaient accepté de tenir le pari. Aujourd’hui encore, ils sont peut-être 50.000 à tenter de résister, provenant de diverses horizons. L’Airbus A350 qui vient de réussir son premier vol à Toulouse est un des derniers descendants de ce rêve héroïque.

Mais ces réfractaires à l’américanisation, en France comme en Europe, se heurtent en Europe, dans chaque Etat comme au sein même de l’Union européenne, à des résistances formidables. Il y a d’abord l’inertie de centaines de millions de citoyens qui pensent que tout ira bien pour eux s’ils suivent les modes de vie et modèles américains, s’ils obéissent aux consignes implicites venues d’outre-atlantique. Mais il y a aussi ceux qui ont mis toutes leurs cartes dans la servilité à l’égard des intérêts américains, afin d’en être grassement récompensés. L’actuel président de la Commission européenne en est un bon exemple.

Comme ceux-là détiennent au sein de l’Union européenne à peu près tous les leviers de commande dont l’Amérique a bien voulu leur confier l’emploi, ils constituent une barrière infranchissable aux tentatives des 100.000 européens évoqués ci-dessus qui voudraient reprendre leur indépendance.

Une accélération brutale de l’américanisation

Tout ceci, diront les lecteurs, n’a rien de nouveau. Or ce n’est plus le cas. La conquête de l’Europe par le Big Brother américain s’accélère brutalement. Divers évènements ont mis en évidence ces derniers mois, sinon ces dernières semaines, trois mécanismes qui se conjuguent pour accélérer de façon exponentielle la domination de l’Amérique sur l’Europe.

Le premier mécanisme est d’ordre sociétal. Il découle de la numérisation continue de l’Europe, au sein notamment de l’Internet, qui en est la partie visible. L’Internet et plus généralement l’informatisation des outils et contenus de création et d’échange en découlant n’auraient que des avantages, y compris pour les Européens, si ceux-ci s’étaient donné des gouvernements et des entreprises capables de faire jeu égal avec la concurrence américaine. Or ce ne fut pas le cas. Non seulement l’informatique et les télécommunications ont été depuis les origines monopolisées par les américains, mais aussi les serveurs et entreprises du Net qui recueillent et mémorisent, dans leurs bases de données, l’ensemble de la production intellectuelle des Européens.

L’exemple le plus visible en est Google. Les Européens, par facilité, profitant de la dimension mondiale que Google a réussi à prendre, lui confient dorénavant le soin de recueillir, transporter, utiliser et vendre les valeurs ajoutées de tout ce qu’ils produisent, sans parler de leurs « données personnelles », c’est-à-dire de tout ce qui représente, non seulement la citoyenneté européenne, mais aussi la civilisation européenne.

Pour capter tout cela, Google et ses homologues américains ont mis en place des centres serveurs informatiques immenses, et développé les milliards d’instructions permettant de naviguer dans les données ainsi mises en mémoire. Ils sont de ce fait seuls à pouvoir réutiliser ce qui mérite de l’être dans les cerveaux européens et les produits de ceux-ci. Ce n’est rien, dira-t-on, nos cerveaux nous restent. Quelle erreur. Laisser Google et ses homologues dominer et progressivement diriger le contenu de nos cortex associatifs, de la partie noble de nos cerveaux, aboutit au pire des esclavage, esclavage soft, mais néanmoins esclavage.

Le deuxième mécanisme confirmant la soumission de l’Europe à l’Amérique est politique. Il était soupçonné depuis longtemps par quelques spécialistes, mais vient d’éclater avec ce que l’on a nommé le scandale PRISM-Snowden. Inutile d’y revenir ici. Non seulement nous acceptons de confier à Google et ses homologues, pour exploitation commerciale, nos données personnelles et le contenu de nos créations intellectuelles, mais nous acceptons de les livrer sans aucune protection aux services secrets américains. Ceux-ci s’en servent, disent-ils, pour lutter contre les supposés ennemis de l’Amérique. Ce faisant, disent-ils aussi, ils nous protègent contre des ennemis intérieurs ou extérieurs, car les ennemis de l’Amérique sont nos ennemis. Que ces ennemis existent ou pas n’est pas la question. La question aurait été de dire à nos amis américains que nous préférons nous protéger nous-mêmes de nos ennemis. Car pour le moment, qui nous protégera de nos amis américains, de leurs intrusions, des mécanismes politiques de surveillance et de contrôle qu’ils ont dorénavant la possibilité de déployer à notre égard. Quis custodes custodiat.

Les services secrets américains disposent pour ce faire, comme l’a révélé le scandale PRISM-Snowden, non seulement du contenu des immenses centres serveurs de la NSA, conçus pour mémoriser tout ce qui circule sur les réseaux numériques, non seulement des milliards de dollars de logiciels développés par des sociétés assermentées pour exploiter ces données, mais aussi de l’ensemble des contenus des serveurs commerciaux tels que Google, précité. La NSA et les autres agences de renseignement ont dorénavant une porte ouverte, un « open bar », une « back door » sur les contenus de ces serveurs. C’est-à-dire, répétons le, sur les contenus de nos cerveaux.

De plus, ces services secrets et, en arrière plan, l’ensemble des moyens militaires du ministère de la Défense américain, ont davantage de possibilités d’intervention que les équipes de Google et de ses homologues. Ils ont de fait sinon de droit, pouvoir de vie et de mort, par destruction physique ou annihilation virtuelle, à l’encontre de tous ceux qu’ils déclarent être des ennemis de l’Amérique, ennemis déclarés ou ennemis potentiels. Ecrivant ceci, je suppose que je dois en faire partie, comme vous qui me lisez, comme tous les Européens qui voudraient devenir indépendants de l’Amérique.

Ajoutons que les équipes du général Keith Alexander, directeur de la NSA et chef du Cyber Command du Pentagone, ne sont pas seules à pouvoir utiliser ces moyens. Elles sont doublées ou remplacées par des milliers de contractuels affrétés par l’US Army auprès de sociétés privées. Ces contractuels, bien qu’assermentés, peuvent se livrer en toute impunité à toutes sortes d’activités personnelles voir criminelles. Certains peuvent même, horresco reférens, trahir leur employeur pour motifs éthiques, au risque de leur vie, Comme Edwards Snowden, dont on est sans nouvelles à ce jour.

Un troisième mécanisme est à considérer, dans la perspective d’un futur proche. Il s’agit d’un élément capital, le cerveau global capable de conscience artificielle. Ceux qui connaissent le développement rapide des neurosciences et de l’intelligence artificielle savent que dans quelques années verront le jour un ou plusieurs cerveaux artificiels répartis sur l’ensemble des réseaux numérisés. Or Ray Kurzweil, qui est le meilleur technicien capable de développer de tels cerveaux, a rejoint comme nul n’en ignore les équipes de Google. Il a sans doute ce faisant la totale bénédiction de la NSA.

Mais, direz-vous, les Européens n’ont-ils pas l’intention d’étudier la mise en place pour leur compte d’ un tel cerveau. Il s’agit du Human Brain Project européen, qui vient de recevoir la promesse d’un financement s’élevant à 1 milliard d’euros. Ce serait naïf de le croire. L’US Big Brother veille depuis le début de cette initiative. Le responsable en chef de ce projet est un Suisse, tout dévoué aux intérêts américains. De plus, IBM, qui avait déjà fourni le super-ordinateur nécessaire aux premiers pas du projet, vient d’ajouter de nouveaux moyens.

Je cite:
IBM Blue Gene/Q memory enhancements (14/06/2013)
The Blue Brain Project (c’est-à-dire le projet suisse/IBM initial, repris dans le projet européen) has acquired a new IBM Blue Gene/Q supercomputer to be installed at CSCS in Lugano, Switzerland. This machine has four times the memory of the supercomputer used by the Blue Brain Project up to now…

Est-il besoin de traduire? Quant à ceux qui ignoreraient qui est IBM, je rappellerai que ce fut dès les origines du Plan calcul français l’adversaire principal contre lequel s’était battu Charles de Gaulle. Après avoir réussi à monter une entreprise européenne (Unidata, avec CII, Siemens, Philips) capable de tenir tête au géant, les promoteurs de celle-ci ont été trahis par un européen, un certain Giscard d’Estaing.

Ce sont d’autres Européens de même calibre, dotés d’une vision stratégique aussi pénétrante, qui se battent aujourd’hui pour que l’Europe s’engage dans les négociations avec les Etats-Unis en vue de réaliser un grand marché transatlantique. On apprend aujourd’hui 15 juin que la décision en ce sens vient d’être prise. Victoire cependant pour la France. Le culturel devrait en principe être exclu. Cela nous laissera toutes latitudes afin de financer des intermittents du spectacle qui distrairont les touristes américains et chinois quand ils nous feront la grâce de dépenser leurs devises en France. Ce sera tout ce qui nous restera à vendre.


Jean-Paul Baquiast (Europe solidaire, 15 juin 2013)

lundi, 25 mars 2013

Chesterton the prophet of menacing Americanisation

GK-Chesterton-Large-640x480.jpg

1920: Chesterton the prophet of menacing Americanisation

 

 By Nicolas Bonnal

Ex: http://english.pravda.ru/

But to-day personal liberties are the first liberties we lose.

In 1920 Chesterton visits America where he gives some lectures. The British (yet Catholic) genius is intimidated by this great country which horrifies and amazes then many European writers. Think of Kafka or Celine who describe a curious mega-machine.

 

Yet America happens -at least for Chesterton- to be a problem, because this is the country that will become the matrix of globalization (we all agree that being that matrix ruin the ancient Americans as a people). And when the author of father Brown gets to the control area, he is asked some very indiscreet questions such as: are you an anarchist? Then the questionnaire asks him naively if he is "ready to subvert by force the government of United States!" And what would answer our poet? ''I prefer to answer that question at the end of my tour and not the beginning'.

The questionnaire is not over. It asks then if the traveller is a polygamist! This time Chesterton is somewhat upset, like should have been the future travellers when asked if they are Nazis, anti-Semites or of course communists, Islamists or terrorists (what else, carnivores?). And he unleashes this terrible phrase:

Superficially this is rather a queer business. It would be easy enough to suggest that in this America has introduced a quite abnormal spirit of inquisition; an interference with liberty unknown among all the ancient despotisms and aristocracies.

So, let us think of inquisitive America as the land of the modern inquisitors (I think of course of Dostoyevsky). And, as if he had known we were doomed to an endless clash of civilizations between Muslims and Yankees, Chesterton evokes his visit to Jordan and compares with bonhomie Arab administration to the American one: 

These ministers of ancient Moslem despotism did not care about whether I was an anarchist; and naturally would not have minded if I had been a polygamist. The Arab chief was probably a polygamist himself.

Of course Chesterton, having quoted the Muslim world, had to speak of prohibition. That American prohibition too is hard to swallow for our drinker of beer (he deals with the subject -and with Islamism too- in the scaring novel the flying inn). And beyond the classical denunciations of hypocrisy and Puritanism, prohibition inspires him the following witty lines:

But to-day personal liberties are the first liberties we lose. It is not a question of drawing the line in the right place, but of beginning at the wrong end. What are the rights of man, if they do not include the normal right to regulate his own health, in relation to the normal risks of diet and daily life?

Chesterton knew he was entering in a no smoking area. The Americanization of the world would mean an exigent agenda of rules and orders to comply in all fields.  It is linked to the reign of the lawyers and congressmen, the cult of technique, a past but resilient Puritanism and of course the desire to homogenize all migrants. And he concludes on this matter with his sarcastic and efficient remark:

To say that a man has a right to a vote, but not a right to a voice about the choice of his dinner, is like saying that he has a right to his hat but not a right to his head.

Another subsequent menace is the Anglo-American friendship. Chesterton guesses that the anglo-American condominium means a general police of the planet and a future world order. The end of his strange and genial book is dedicated to the future new world order, whose prophet and agent is the famous sci-fi writer H.G. Welles. The motivation of this world state is mainly... fear, the artificial fear of the machines (think now of gun control).

He tells us that our national dignities and differences must be melted into the huge mould of a World State, or else (and I think these are almost his own words) we shall be destroyed by the instruments and machinery we have ourselves made.

But America has given to Chesterton enough reasons to fear its matrix, its efficiency and its blindness too. This is why America is too the magnet of heretic and modernist H.G. Wells. A country founded by Illuminati and masons has to become the mould and model of all.

Now it is not too much to say that Mr. Wells finds his model in America. The World State is to be the United States of the World... The pattern of the World State is to be found in the New World.

And although he speaks English and is an Anglo-Saxon, Chesterton, who is above all a Christian, a democrat and a humanist who mainly enjoys French and Russian peasants, then plundered by bolshevists, and he understands the American menace: the Americanisation of this planet, Americanisation that nothing will stop. The American menace consists in destroying any resisting nation in order to create the new united states of the world.

 The idea of making a new nation literally out of any old nation that comes along. In a word, what is unique is not America but what is called Americanisation. We understand nothing till we understand the amazing ambition to americanise the Kamshatkan and the hairy Ainu.

Let us be more humoristic, but not optimistic. For the new American order will be established on the models of a nursery. This is where the blatant American feminism interferes:

And as there can be no laws or liberties in a nursery, the extension of feminism means that there shall be no more laws or liberties in a state than there are in a nursery. The woman does not really regard men as citizens but as children. She may, if she is a humanitarian, love all mankind; but she does not respect it. Still less does she respect its votes.

Our European commission works like this nursery. And of course our genius thus seizes American paranoia and the perils of modern pseudo-sciences, say for instance the theory of the gender. As if he was predicting infamous patriot act, Chesterton writes:

Now a man must be very blind nowadays not to see that there is a danger of a sort of amateur science or pseudo-science being made the excuse for every trick of tyranny and interference. Anybody who is not an anarchist agrees with having a policeman at the corner of the street; but the danger at present is that of finding the policeman half-way down the chimney or even under the bed.

That's not all. Why this American matrix imposes her strength so easily? Chesterton has already remarked that American political order incites citizens - or pawns- to be repetitive, trivial and equal: I think they too tend too much to this cult of impersonal personality. Thanks to fast-foods and commercial centres, business cult and universities, television and movies' omnipresence, this model has been applied in fifty years everywhere, event in the resilient Muslim countries, making the globalization more a mind-programmed attitude than a free will. But this is where we are. 

But friendship, as between our heroes,

can't really be: for we've outgrown

old prejudice; all men are zeros,

the units are ourselves alone.

Eugene Onegin

 

Chesterton, what I saw in America, the project Gutenberg e-book.

 

Nicolas Bonnal

vendredi, 08 février 2013

La planète disneylandisée

A propos de : Sylvie Brunel :
La planète disneylandisée (Editions Sciences Humaines)



Ex: http://zentropaville.tumlblr.com/

Le tourisme de masse est l’image la plus visible de la mondialisation, il suffit de vivre à proximité d’un hôtel de quelque importance pour en convenir. En France, notamment, première destination mondiale avec 85 millions de visiteurs, on voit concrètement les effets de la montée des classes moyennes dans les pays émergents et l’apparition concomitante du temps libre. Après les Chinois, de plus en plus nombreux à visiter notre pays, ce sont désormais les Indiens qui promènent en groupes serrés leurs yeux écarquillés en quête de dépaysement. Alors qu’ils n’étaient que 25 millions en 1950 et essentiellement occidentaux, les touristes sont aujourd’hui un milliard de par le monde et probablement deux en 2020… Autant dire qu’il s’agit de la première industrie planétaire, 12% du PIB mondial, presque autant en termes d’emplois, avec une croissance de 15% par an. Impossible dans ces conditions que le tourisme n’ait pas d’effet sur les territoires, lui qui contribue par ailleurs, à lui seul, à 5% des émissions de gaz à effet de serre.

C’est ce que Sylvie Brunel, géographe de son état et voyageuse devant l’éternel, appelle la disneylandisation du monde, la propension à créer un peu partout des enclaves protégées, balisées, destinées à ces populations itinérantes dans un temps limité, afin de leur offrir l’aventure en toute sécurité, la nature authentique au plus près du parking, la rencontre avec l’Autre assigné à résidence culturelle. « Nous rêvons, dit-elle, d’animaux sauvages mais gentils, de forêts vierges mais aménagées, de peuples primitifs mais accueillants ». Ce monde réduit et circonscrit, intégralement organisé, le modèle en vient évidemment des parcs à thèmes, avec leurs infrastructures intégrées, leurs agglomérations hôtelières, leur accessibilité maximale et leurs liaisons aériennes spécifiques. Mais surtout le simulacre qu’ils proposent d’un monde recomposé, comme dans cette attraction de Disneyland Paris, laquelle attire à elle seule autant de visiteurs que la Tour Eiffel, et qui vous propose un circuit en bateau et en musique sur tous les continents et dans toutes les civilisations du monde, plus exactement leurs stéréotypes éprouvés, les Mexicains avec sombrero et cactus, les Tahitiennes dansant le tamouré, les Japonaises en kimono et à Paris le Moulin-rouge et les danseuses du Crazy Horse… Le tout réalisé par des automates. Mutatis, mutandis, la matrice de l’industrie mondialisée du tourisme est là, qui donne forme à ce que l’anthropologue Rachid Amirou, dans son livre sur l’imaginaire touristique, désignait comme la métaphore de l’objet transitionnel de Winnicot, la réalité visée étant ici l’image du paradis perdu plutôt que la présence rassurante de la mère. « La disneylandisation consiste à transformer le monde en décor. Parfois le décor prend tellement de place qu’il oublie même qu’il est censé reconstituer une réalité : un mois dans l’année, on peut ainsi profiter d’une « plage » à Paris », ajoute Sylvie Brunel. Qui ne dit mot des automobilistes autochtones ni de leur estivale résignation à voir le bitume recouvert de sable fin sur une voie rapide et pompidolienne, sorte d’inversion paradoxale et lancinante du slogan soixante-huitard « sous les pavés, la plage ». Une zone centre « à éviter » nous répètent désormais tous les ans à même époque les panneaux du boulevard périphérique.

Car s’il est vrai que certains peuples comme les Aborigènes australiens ou les Maoris néo-zélandais, les chamanes de Mongolie ou les Amérindiens doivent en partie au tourisme et à l’audience qu’il leur a donné d’avoir recouvré certains droits sur leurs territoires ancestraux, s’il est vrai que parmi les 50 pays les plus pauvres, les 4/5ème tirent l’essentiel de leurs ressources des flux touristiques, la disneylandisation produit la plupart du temps des effets pervers sur les populations concernées. En Afrique, par exemple, des parts croissantes du territoire sont affectées à des parcs naturels au nom de la protection d’animaux qui finissent par proliférer, se concentrer sur les rares points d’eau au détriment des pâturages et saccager les récoltes de ceux qui se voient ainsi exclus de leurs terrains de chasse, de culture ou de nomadisme. Au Gabon, 13 parcs nationaux ont été créés depuis 2004, qui dépossèdent de leur terre un nombre croissant de sociétés paysannes, un tiers de la superficie de la Zambie et de la Tanzanie en est couverte, ainsi que de réserves de chasse, un quart du territoire ougandais. Au Kenya, où l’on a reconstitué des villages masaïs « typiques », seul 1% des recettes touristiques reviennent à ceux qu’on a figé dans leur « authenticité » au milieu de réserves destinées à protéger la biodiversité, un argument avancé pour séduire le tourisme vert, écolo-responsable mais qui fait l’impasse sur la spoliation subie par ceux qui se refusent à jouer le rôle qu’on leur impose et sont chassés, du coup, de leurs meilleurs lieux de vie. Comme dit encore Rachid Amirou : « le tourisme de développement durable peut être un frein durable au développement des populations, comme si elles étaient assignées à résidence identitaire car, dans notre imaginaire, elles sont censées ne pas changer ».

C’est cette réalité ambivalente que Sylvie Brunel décrit aussi dans le périple qui fait la matière de son livre, « un tour du monde d’une durée inférieure de moitié à celui de Phileas Fogg », soit en quarante jours, et avec mari et enfants… Du geyser néozélandais qui jaillit à 10h15 pétantes au paradis sous perfusion de Bora Bora, en passant par le pays des kangourous écrasés, où l’abondance de pâtés d’animaux servis hachés le long des routes a définitivement rendu sa fille aînée végétarienne, les parcmètres au beau milieu de la nature sauvage des parcs naturels canadiens, l’ascension du Corcovado à Rio en escalator ou l’entrée en chaussettes sur le territoire américain pour cause de sécurité anti-terroriste, le récit réjouissant de son voyage offre un saisissant tableau de la planète Mickey.

Jacques Munier

vendredi, 13 novembre 2009

Nederland : hoogleraren protesteren tegen verengelsing

Nederland: hoogleraren protesteren tegen verengelsing


Ex: Deltastichting - Nieuwsbrief nr. 29 - November 2009
De Noord-Nederlandse vereniging Taalverdediging bestaat straks 12 jaar. Ze stelt als doel de Nederlandse taal te verdedigen. Daarbij gaat het niet, zoals in Vlaanderen destijds, om strijd om de Nederlandse taal tegen de Franse taaloverheersing te verdedigen.
 
Wat er nu in Nederland gebeurt, is het massaal binnendringen van het (en dan nog vaak een zéér approximatief) Engels in het onderwijs, de administratie, tot in de gewone samenleving toe. Een voorbeeld tussen velen brengt ons het blad Taalverdediging van de herfst 2009. Onder de titel “lerarenprotest” wordt een open brief geciteerd, die een groep hoogleraren Nederlands aan de minister van onderwijs, de heer Roland Plasterk, hebben gestuurd.
 
Een paar citaten: “In hoog tempo neemt aan onze universiteiten het Engels de plaats in van het Nederlands. Niet alleen verschijnen veel scripties in het Engels, terwijl er colleges in het Engels gegeven worden, wanneer er studenten aanwezig zijn die het Nederlands niet verstaan, en in toenemende mate als dat niet het geval is”. En verder: “Wij menen dat het wetenschappelijke, culturele en maatschappelijke belang van Nederland gediend is met het voortbestaan van het Nederlands als voertaal van de wetenschap”. En tenslotte: “Een goed verankerde positie van het Nederlands kan bereikt worden als de belangen van de Nederlandse taal als vanzelfsprekend worden gebruikt op de universiteiten, tenzij er gegronde redenen zijn om een andere taal te hanteren. Voorlichtingsteksten van universiteiten – denk aan websites – behoren al helemaal in het Nederlands beschikbaar te zijn”.
 
Ik beperk met tot die korte uittreksels. Voor Vlamingen is het even een cultuurschok te ervaren dat, na decennialange strijd om de vernederlandsing van Gent en Leuven bijvoorbeeld, er nu nog verzamelen moet geblazen worden rond de …hernederlandsing van Nederlandse universiteiten.
 
Taalverdediging werkt – met beperkte middelen – uitstekend in de strijd om onze taal. We volgen hun activiteit op de voet.

(Karel van Vaernewyck)
 
 
Taalverdediging, postbus 71827, NL-1008 EA Amsterdam.
Het 3-maandelijks blad kost 12 euro per jaar.
Rekening KBC Hamont: 733 – 0128072 – 62.
 

vendredi, 04 septembre 2009

Vers l'infantilisation et l'américanisation de la société française

915.jpg

Vers l'infantilisation et l'américanisation de la société française.

Ex: http://www.polemia.com/

Labourage et pâturage ne sont plus depuis longtemps les deux mamelles de la France. Elles sont aujourd’hui devenues Psychologie et Judiciaire. A chaque semaine sa nouvelle loi ou son nouveau règlement en réponse à chaque dernier fait divers. A chaque nouvel incident, sa horde de psychologues s’abattant tel un vol de criquets pèlerins sur les « victimes » aux frais de l’Etat et des collectivités locales. Autour de nous, ce n’est que procès, plainte, récrimination et victimisation. Tout devient judiciaire, on ne sait plus se parler et répondre par le bon sens ou le courage aux petits inconvénients de la vie. La plainte est l’avenir de l’homme aurait dit Aragon en rimant sur notre triste époque. Et ce qui n’est pas judiciarisé est psychiatrisé dans le mauvais sens du terme.

Il n’est pas un jour où l’on lise dans la presse ou sur Internet, où l’on voit à la télévision ou que l’on entende à la radio que la désormais célèbre « cellule psychologique d’urgence » a sévi. Passager du car qui s’est renversé, familles et voisins du petit loubard heurté par un voiture de police, enfants, parents et personnel de la crèche où l’enseignante s’est pendue, de la piscine où le gérant a pris un coup de couteau, tous y on droit sans discrimination.

Jadis, ceux qui supportaient mal les vicissitudes de l’existence, les mauvais coups et les traumatismes soit faisaient avec tant bien que mal, soit s’engageaient dans la voie volontaire et payante de la psychanalyse ou de la psychothérapie.

Maintenant, il n’est même plus nécessaire de demander, le psychologue et sa cellule de crise arrivent quasiment avant les flics et les pompiers sur les lieux du drame. Etre pris en charge psychologiquement devrait être une démarche individuelle et réfléchie. Or que voyons nous le plus souvent, des individus à qui certes il est arrivé quelque chose de fâcheux, mais le plus souvent de simples témoins qui s’en remettraient d’eux même la plupart du temps. Ils vont subir les poncifs et les lieux communs de soit disant professionnels du malheur pour les aider à supporter le choc. Et puis, comme les pouvoirs publics du plus haut de l’Etat au maire de la plus petite commune ne veulent pas passer pour des irresponsables et se montrer compatissants et ne pas être impliqués, on envoie l’équipe de psychologues qui le plus souvent ne fera qu’un séance collective tout près de la carcasse du bus, de la chapelle ardente ou de la cage d’escalier du HLM qui a pris feu. Résultat nul au niveau du soutien, car seul une écoute prolongée et structurée peut être efficace pour des personnes psychologiquement fragiles. Et puis, quand un autocar rempli de Slovènes se rendant Portugal s’écrase dans un fossé à trois heures du matin du côté de Sauveterre en Guyenne, on peut se demander où le maire va trouver à cette heure une équipe de soutien psychologique maîtrisant la langue des occupants du véhicule accidenté.

De plus, ce soutien est gratuit, même s’il coûte à l’Etat. Les « victimes » ne faisant pas de démarche volontaire et ne déboursant pas le moindre euro, l’impact psychologique est différent de celui créé par la relation avec un thérapeute que l’on a choisi et que l’on rémunère, quelque soit sa formation. Il y a fort à craindre que l’assistance tous azimuts, dispensée larga manu, peut avoir plus d’effets secondaires que prévu. D’abord la fixation de la scène traumatisante à force d’en avoir parlé. L’oubli est aussi utile à la reconstruction se soi après un traumatisme. Ensuite peut se greffer l’idée que « si l’on s’intéresse à moi, c’est qu’il y a eu faute ». Cela débouche rapidement sur la revendication et dans certains cas sur une pathologie revendicative appelée sinistrose, avec des effets encore pire que quelques possibles mauvais rêves post traumatiques.

A croire que les pouvoirs publics veulent venir en aide à la profession des psychologues qui pourtant est loin d’être sinistrée. Déjà les entreprises y ont recours tant au niveau du recrutement que de la gestion des ressources humaines. Mais là au moins, c’est le patronat qui paie, pas le contribuable. Et puis, le service rendu aux victimes, aux témoins de drames n’en est peut être pas véritablement un. Il y a aussi des risques de fixation du traumatisme subit indirectement quand on vient vous expliquez que vous venez d’en subir un et que vous risquez d’en souffrir toute votre vie si vous ne vous exprimez pas en vidant votre sac devant un professionnel.

Le recours au tout psychologique a pour corollaire l’inflation du tout judiciaire. En effet, lorsque l’on vous a fait comprendre que vous êtes quelqu’un digne d’intérêt parce que votre voisin a été tué à coups de hache, ou que votre car ne se serait pas retrouvé dans le fossé si la compagnie de transport avait suivi toutes les procédures de sécurité, que le maire du patelin aurait dû faire établir des ronds-points à grand frais dans sa commune et qu’à cause de ces irresponsables vous allez souffrir psychologiquement pendant des années parce que votre voisin de siège s’est cassé la clavicule dans l’accident, alors il vous vient rapidement le désir revendicatif et l’espoir de toucher quelque chose au titre du préjudice moral.

Souvent, après avoir été requinqué par le psychologue, le témoin, le rescapé, bref celui ou celle qui n’a pas souffert grand-chose est mûr pour devenir plaignant. Un plaignant qui va au tribunal stimulé par une démarche bipolaire. D’abord, le désir vindicatif et punitif le motive, mais le versant mercantile de la plainte n’est pas à négliger, même s’il se drape dans les oripeaux de la juste revendication.

La société française entière a été gangrenée par un recours au légal, au pénal pour un oui ou pour un non. La victime expiatoire a été remplacée par le coupable expiatoire qui permet à la fois de toucher des indemnités sonnantes et trébuchantes, mais aussi de considérer la justice comme l’émonctoire de la peur. Il y a aussi de nos jours, du Millénarisme dans le recours au juridique ainsi que du sacré. Le citoyen a une peur irraisonnée de Fin du Monde, d’Apocalypse et de Jugement dernier. L’environnement, de potentiellement dangereux, devient ressenti comme obligatoirement hostile. Manger un fruit, un bonbon, une salade ou un kebab, c’est s’exposer aux pesticides, aux cancérigènes et aux germes et de ce fait rechercher un bouc émissaire à dénoncer avant même le premier incident. Aller dans un parking toute seule, c’est prendre le risque d’un viol. Envoyer ses enfants en car scolaire, c’est la très forte probabilité de l’accident « qui aurait pu être évité » ou alors de tomber sur un chauffeur pédophile. Les exemples se ressemblent tous dans leur essence. La peur règne en maître, elle est érigée en dogme et débitée ad libitum durant les journaux télévisés. Le citoyen pense qu’il peut, qu’il doit se protéger de l’adversité en portant plainte, espérant ainsi une juste compensation. Cette forme d’exorcisme place l’action judiciaire au niveau du sacré, si ce n’est du magique et du sacrifice propriatoire. Le recours au psychologue le renforce dans cette dérive.

Les inconvénients de la vie ordinaire n’ont cependant pas tous le tragique d’un drame atridien. Les prud’hommes, le civil et le pénal sont utiles, mais pas à tout bout de champ. Il existe des licenciements abusifs évidents, certains inconscients peuvent laisser déambuler une meute de bergers allemands sans surveillance devant une école maternelle. Le viol, l’attaque à main armée et le meurtre, fût il petit et entre amis doivent avoir une réponse pénale avec sanction et réparation matérielle, c’est évident.

Mais en plus de la démarche individuelle, il se développe une stratégie collective de la plainte. Les associations de consommateurs et de victimes se comportent de plus en plus en associations de malfaisants, si ce n’est de malfaiteurs. Ces groupes se portent partie civile, le plus souvent non pour faire éclater la vérité et faire châtier le coupable, mais pour faire condamner un responsable avant tout solvable. Il est remarquable de constater que les « lampistes » ne paient quasiment jamais, même quand ils sont véritablement impliqués dans une affaire pouvant déboucher sur des dommages et intérêts. Les associations savent que les subalternes ne sont pas solvables et sont souvent défendus bec et ongles par les syndicats. Il est nettement plus rentable de se retourner contre l’Etat, une compagnie aérienne, une grosse entreprise, un médecin, un maire ou un architecte si on espère une forte indemnisation. Ce comportement participe à l’inflation judiciaire et à la pénalisation, mais aussi à l’inflation tout court, car les coupables potentiels sont obligés de se couvrir en s’assurant et en créant des provisions pour frais de justice.

Par contre, le « Respect pour Farid ! » scandé aux alentours d’une cité après le décès d’un délinquant est beaucoup plus significatif d’un désir revendicatif incantatoire, d’une recherche de reconnaissance, voire d’une forme de victimisation. A l’inverse, il ne s’agit pas de l’influence de la télévision sur le citoyen, mais de l’imprégnation des médias et de la classe politique par un cri venu du peuple. Le mot respect étant ensuite récupéré avec démagogie à des fins électorales par les politiciens de tous bords.

De nos jours, le milieu judiciaire lui permet d’exprimer sa citoyenneté. Le Français rejoint le thème aphorique, « Je plaide donc je suis ! ». Plaider reviendrait à une démarche identitaire individuelle.

L’accent mis sur le lien ressenti par le plaideur entre la sanction et le dédommagement. Le « quelqu’un doit payer » est devenu le leitmotiv du plaignant. On a gloussé sur le fameux « responsable mais pas coupable ». Personnellement, je ne vois pas le mal dans cette réplique, peut-être du bon sens. En terme trivial, on pourrait dire : « Si je ne peux obtenir les cinq mois ferme minimum requis contre le coupable, je veux au moins un gros paquet de fric ! Les deux ensembles, ça ne serait pas plus mal ! » Cette dérive explique en parti pourquoi de nombreux maires de petites communes hésitent à se représenter, craignant de se retrouver au pilori et leur compte en banque vidé à la suite de la chute d’un arbre sur une poussette par jour de grand vent.

L’ « américanisation » des comportements de la société française est de plus en plus visible dans le domaine médical. Les plaintes sont de plus en plus fréquentes et le médecin n’est plus le notable respecté de jadis mais une volaille à plumer. Les vrais canailles médicales, cependant passent encore entre les gouttes car bien organisées. Mais les malchanceux, responsables de fautes professionnelles, condamnables mais compréhensibles sont de plus en plus attaqués. On n’a cependant pas atteint en France le niveau américain avec ses avocats véreux attendant les patients à la sortie de la clinique avec un formulaire pré rempli. La première conséquence de cette dérive procédurière se retrouve dans les tarifs des assurances des professionnels de santé et de ce fait dans le déficit de la sécurité sociale.

La solution passerait donc par une éducation juridique du citoyen. Beaucoup de français n’ont qu’une idée très vague de la différence entre une infraction, un délit et un crime. Peu savent ce qui relève du civil, du pénal ou des assises. Cet enseignement devrait être acquis à l’école, mais on lui préfère les activités d’éveil. On est mal parti quand on regarde la télévision ou bien quand on lit la presse populaire qui a érigé le fait divers en fait historique. La pire catégorie de ces nouveaux Fouquier-Tinville veut pénaliser tout ce qui est potentiellement agressif même au niveau subjectif. Tirer un colvert hors saison, stationner sur une place de handicapé, ne pas indiquer un colorant sur un emballage, ne sont que des infractions bénignes ne méritant qu’une simple amende quelquefois amnistiable. Mais, ces adulateurs dévoyés du droit voudraient les voir pénalisées et sanctionnées, regrettant le temps des galères et du bagne pour le vol d’un pain.

La France s’américanise au niveau de ses comportements : recours au religieux, au psychologique, au pénal, au règlement en permanence. De nombreuses plaintes qui finalement entravent l’application de la justice, la recherche de coupables et de responsables à tout prix paralyse les institutions. Les Français s’orientent vers cette dérive américaine qui les rend de plus en plus processifs et intolérants et de moins en moins résistants à l’adversité.

Peut-être en arriverons nous un jour à un pays de geignards et de procéduriers, totalement incapables de réagir aux moindres vicissitudes et inconvénients de la vie quotidienne

Georges Yang
12/08/2009

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/vers-l-infantilisation-et-l-60107

« Citoyen français. Entre Nairobi et Paris, mais me tenant au courant de l’actualité ! Médecin vivant dans le monde arabe et en Afrique centrale et de l’est depuis 1976
Intéressé autant par mon métier que par les diversités culturelles quoique hostile au métissage culturel synonyme de Mc Donald en Afrique, de pizzeria à Athènes et d’appauvrissement de la langue en banlieue »
 

Correspondance Polémia
19/08/2009

 

Georges Yang

mardi, 31 mars 2009

Strijd tegen verengelsing en amerikanisering

Charles%20Firthweb.jpg

 

Strijd tegen verengelsing en amerikanisering

Culturele en economische amerikanisering: schets van het probleem 

Met amerikanisering bedoelen wij niet de volledige overname van de Amerikaanse cultuur. Immers, er bestaan hoogwaardige Amerikaanse componisten, schrijvers, schilders,… waar 9 op de 10 Europeanen nog nooit van gehoord hebben. Het gaat met amerikanisering dan ook voornamelijk over de populaire amusementscultuur, de oppervlakkigheid op zowat alle domeinen van het menselijke leven en de goedkope winst- en graaicultuur in de economie en daarbuiten. Politiek is verworden tot individuele spelletjes waarbij men erop uit is goedkoop te scoren, politieke partijen verworden tot eenzelfde grijze eenheid met grotendeels inwisselbare programma’s die elkaar als beheersploegen afwisselen. Managers incasseren topsalarissen, maar voor onderwijs en sociale zekerheid is er steeds te weinig geld. Overal om ons heen zien we amerikanisering toeslaan en oude Europese waarden verbrokkelen. De amerikanisering van ons leefpatroon is in heel Europa doorgedrongen: de glorieuze buitenkant is veel belangrijker geworden dan de kwaliteit van een product. Wie niet onmiddellijk overtuigd is, wordt er via gigantische, schreeuwerige reclamecampagnes wel op gewezen. Schoolvoorbeeld is dat typisch Amerikaanse symbool, de hamburger, met het enorme het verschil tussen de sappige uitstraling en de feitelijke slechte smaak. Druipende sauzen moeten verstoppen dat het vlees werkelijk nergens naar smaakt en dat het slappe vleesbrokje tussen twee sponzige “broodjes” al helemaal niet eetbaar is. Iets dergelijks is vandaag de dag het lot van het merendeel van onze voedingsmiddelen. Ze worden groter en meer glanzend, maar de vroegere smaak is verloren gegaan.

Amerikanisering en economische liberalisering zijn onscheidbaar 

Dienstbaarheid en klantvriendelijkheid hebben het afgelegd tegen “efficiency”, snelle omzet en productiviteit. En dat zijn maar twee onnozele aspecten van de amerikanisering die oude Europese waarden heeft kaalgeslagen. De veranderingen door amerikanisering zijn zondermeer drastisch te noemen. De decennialange voortschrijdende neoliberale wijzigingen in de economie zijn een vorm van amerikanisering, het neoliberalisme is Atlantisch, Angelsaksisch van aard en is geënt op de westerse, Amerikaanse manier van leven en economische organisatie. Reusachtige reclameborden met vaak schreeuwerige Engelstalige opschriften moeten ons aanzetten tot meer consumptie. Overal in het land verrijzen megabioscopen, waar je met een minimum aan comfort een maximaal aantal rotfilms uit de VS (of naar Hollywood-recept in Europa geproduceerd) kunt gaan zien. Voor de Europese film en ander audiovisueel amusement is er steeds minder ruimte omdat liberalisering van de markt ervoor zorgt dat de Verenigde Staten hun films, tv-series,… zeer goedkoop op de vrijgemaakte wereldmarkt kunnen dumpen. Wie krijgt eens een Noorse of Sloveense film via tv-kabel op de buis te zien? Niemand! Door het toelaten van steeds meer commerciële zenders in Europa als gevolg van liberalisering, moet de reclameopbrengst verdeeld worden onder steeds meer zenders waardoor ze gedwongen worden de goedkoopste films en tv-series uit te zenden: Amerikaanse brol, waarin nog maar eens de Amerikaanse manier van leven wordt gepropageerd. De kleine bioscopen als toevluchtoorden voor kwaliteitsfilms sluiten hun deuren of hebben het moeilijk om te overleven. De Amerikaanse amusementsindustrie exporteert niet alleen haar producten, maar vooral ook een levenswijze en een doeltreffende publiciteit daarvoor.

 

Het politieke debat is er alleen nog maar op uit om te scoren en vervalt van de ene mediarel in het andere persoonlijk primeurtje. In het politieke en journalistieke jargon duiken steeds nieuwe overzeese termen op die het gebrek aan inhoud moeten camoufleren met een schijn van internationale doortastendheid. En dat veranderingsproces in de wereld om ons heen verloopt steeds sneller. Als het om “ouderwetse”, alledaagse goederen of voedingsmiddelen en behulpzame middenstanders gaat, kijken we in nostalgie om naar een halve eeuw geleden, maar de Nederlandse NRC-journalist Maarten Huygen gaf in zijn boek ‘Amerikaanse toestanden’ (Uitgeverij Contact, 2000) al een tienmaal hoger tempo van verandering aan. Nieuwe transatlantische trends breken volgens hem al na vijf jaar door op ons continent!

 

Het meest tergende aan deze knieval voor het grootkapitaal is wat er tegenover staat: de afbouw van de sociale zekerheid, waarin de Amerikanen ons evenzeer zijn voorgegaan. De VS waren al decennia het wrange voorbeeld van private rijkdom tegenover publieke armoede, en sinds halverwege de jaren ’70 vonden neoliberale nieuwlichters in Europa het nodig er snel achteraan te hollen. De overheid privatiseerde, stootte af wat zij maar kon en bezuinigde op traditionele openbare taken. De overheid werd meer en meer als een geldverspillende lastpost gezien. De gevolgen zijn de laatste jaren steeds duidelijker geworden: de misdaad woekert en heeft een sterke greep op de economie. Op dat punt staan ons in de eerstkomende jaren nog heel wat "Amerikaanse toestanden" te wachten. Individuele verzekeringen en private bewakingbedrijven die –liefst ommuurde- villaparken bewaken. Hier zijn het onderwijs, sociale zorg en Europese defensie de bekendste kinderen van de rekening. Amerika laat als verlokkend perspectief zien wat ons te wachten staat: minstens veertig miljoen burgers leven daar op de rand van de afgrond omdat ze niet verzekerd zijn tegen ziektekosten en zelfs met hun job nauwelijks of niet de maandelijkse rekeningen en kosten kunnen betalen. Bekend zijn de verhalen hoe in de VS de private rechtspraak is ontaard in een ordinaire jacht op schadevergoeding. Hele takken van de advocatuur zijn in de “sue”-branche gespecialiseerd en dienen exorbitante verzoeken tot schadevergoeding in. En ja, de eerste tekenen daarvan dringen ook in onze rechtszalen door. Alsof de achterstand van het rechtsapparaat nog niet groot genoeg is…

 

Er is in Europa vanouds een diep wantrouwen te signaleren bij al wie nadacht over de Amerikaanse invloed op onze cultuur. De Nederlandse schrijver en essayist Menno ter Braak vreesde in zijn ‘Afscheid van domineesland’ reeds vóór de Tweede Wereldoorlog al dat wij door de inwerking van Greta Garbo en de jazzmuziek nooit meer getuige zouden zijn van een echt Europees tafereel als “een arme jongen die op de tram een vioolpartij van Toselli staat te lezen”. En in Frankrijk voorzag de romancier Georges Duhamel in zijn ‘Les jumeaux de Vallangoujard’ een wereld van gelijkgeschakelde mensen: persoonlijkheid en de prioriteit van de geest over het geld zouden definitief verdwijnen.

 

Het valt niet te ontkennen dat sindsdien een collectieve ineenstorting van waarden heeft plaatsgevonden aan een steeds sneller tempo. Jacques Thibau schreef destijds in zijn werk ‘La France colonisée: “Frankrijk is vandaag de dag een land dat gekoloniseerd wordt. De American way of life drong door tot de diepten van de Franse maatschappij, van haar verbeelding en haar gedachtenwereld”.

Wat maakt de kern van amerikanisering uit?

* Grofheid en wansmaak

Toename van grofheid en onbeschoftheid, alomtegenwoordigheid van het management, de opmars van de uiterlijke schijn en de minachting voor geschiedenis en traditie zijn vier onafscheidelijke elementen die deel uitmaken van de geschetste evolutie. De vergroving van onze omgangsvormen wordt misschien het meest opvallend gesymboliseerd door tv-programma’s zoals Who wants to Marry a Millionaire en Rock for Love, sinds kort ook bij ons te zien op de buis. Het onbeschaamd laten samenvallen van seks en geld is hier wel de heel onverbloemde boodschap van de amusementsindustrie, en de Angelsaksische naamgeving verraadt de herkomst. Er verkopen een aantal vrouwen in het openbaar hun attracties aan het grote geld - de definitieve afrekening met de voorheen toch algemeen aangehangen opvatting dat bij een deftige relatie een paar eenvoudige factoren als genegenheid en trouw te pas komen.

 

Jongerenzenders zoals MTV en in navolging daarvan het Duitse ViVa of ons “eigenste” JiM-tv menen de grootste dwaasheden te kunnen uitzenden tot populair vermaak. Programma’s als “We like to party” moeten de jeugd ten lande in meestal beschonken toestand eens op tv zichzelf belachelijk laten maken. Goedkope electronische muziek wordt er afgewisseld met Engels geblaat zonder inhoud en multiculturele beeldjes van schaars gekleede dames rond negers met obligate gouden ketting en Amerikaanse cabrio. Europese jongeren die met een baseballpetje omgekeerd op het hoofd zichzelf al springend enkele keren in het kruis tasten moeten als volleerde “white niggers” de vrijheid van de jeugd symboliseren. De amusements- en muziekindustrie pikken er gretig hun graantjes van mee en iedereen is tevreden.  

 

Maar het gaat om een verschijnsel dat véél meer verregaand is dan vaak gedacht: het gretig openbaar maken van wat vroeger gerekend werd tot de privésfeer. De tot sensatie opgeklopte confrontaties bij Jerry Springer waren al snel het toppunt van wansmaak. Maar al dat blootleggen van zielenroerselen gaat in de Verenigde Staten nog gepaard met een toenemend christelijk fundamentalisme. Van huichelarij gesproken… Ook de Big Brother-hype (met zijn klonen in bussen of op onbewoonde eilanden) mikt op niets anders dan schaamteloosheid bij deelnemer en kijker.

In de VS kan je al echte moordenaars op tv bekijken die gedetailleerd vertellen hoe ze hun slachtoffers ombrachten. En in Latijns-Amerika is de eerste live executie op de buis aangekondigd. Bij gebrek aan doodstraf zullen we ons hier op de televisie moeten behelpen met steeds engere medische ingrepen. En de doorbreking van het privé-taboe op slaapkamer en ziekbed gaat vaak weer hand in hand met de verlokkingen van grof geld. Als de winnaar van Big Brother geen glamourbedrag ontvangt, is het programma niet attractief genoeg.

* Managers hier, daar en overal

Tot voor enkele decennia ging het ons in Europa om de kwaliteit van ons leven en de voldoening die we al of niet vonden in ons werk. De hoogte van ons salaris of honorarium was eerder een taboe waar niet over gesproken of geschreven werd. Maar nu zie je aan alle kanten hoe bestuurders zich op ongekende schaal verrijken via extreme salarissen, ontslagvergoedingen opties of bonusregelingen. En we generen ons nu al bijna niet meer, want ons denken is vooral 'pragmatisch' - en dat betekent gewoonlijk dat we de ethiek maar buiten beschouwing laten. Diegenen die het voor het zeggen hebben in onze verzakelijkte non-cultuur zijn uiteraard de managers. Zij zijn het die het continu verhogen van de productiviteit als doel op zich najagen. De managerscultus maakte samen met en via het neoliberalisme haar opgang. Winstmaximalisatie wordt nagestreefd, niet om het product te verbeteren, het bedrijf in stand te houden of de klant te gerieven maar wel om de portefeuille van de aandeelhouders te spekken. Winstgevende bedrijven worden door “concerns” en “holdings” afgestoten omdat het winstpercentage nog te laag ligt volgens wat het management voor ogen had.

 

Ook de universiteiten in Vlaanderen en de rest van Europa gaan zich steeds meer als Amerikaanse bedrijven gedragen. Er wordt op het banaalste niveau reclame gemaakt en aan het imago gesleuteld. Bedrijven “sponsoren” wetenschappelijk onderzoek en gaan diverse vormen van associaties aan met de universitaire onderzoekscentra, om zelf te kunnen besparen op onderzoek. Het Angelsaksische Master- en Bachelorsysteem werd ons en de andere EU-landen opgedrongen door liberale waterdragers van de Angelsaksische maatschappijvisie, elders proberen universiteiten door het stof te kruipen voor de managerscultuur en allerlei managers, gedelegeerd bestuurders en andere politici te belonen met eredoctoraten voor zoveel bijgebrachte en vergemakkelijkte globalisering. Het productiviteitsdenken heeft een ware ravage aangericht onder gespecialiseerde studierichtingen die van oudsher maar weinig studenten trokken. Vooral de zogenaamde 'kleine talen' waren het slachtoffer. Inmiddels wordt wel een door generaties geleerden opgebouwd kenniskapitaal vernietigd. Algemene vorming wordt ingeperkt ten voordele van een technische opleiding voor een liefst zo eng mogelijke specialiteit. Dit zet op haar beurt de deur nog verder open voor kneedbaarheid van de Europese jongere tot een gedegenereerde robot, vatbaar voor de Amerikaans-westerse consumptiemaatschappij.

 

“Public Relations” en reclame zijn overal belangrijker geworden dan de kwaliteit van de prestaties. Ook de vrije beroepen waaronder vooral notarissen- en advocatenkantoren zijn nu big business waar voluit voor geadverteerd wordt. In 2000 vond de Vereniging van Vlaamse Balies het nodig daar  Vlaamse advocaten de toestemming voor te geven. Hoe lang is het geleden dat reclame voor deze beroepsgroepen uit den boze werd geacht? Een zoveelste gevolg van de uitholling van de beroepsorden. Langzaam maar zeker zien we nu ook de tv-reclame voor geneesmiddelen bij ons oprukken die in de Verenigde Staten allang is geaccepteerd, zij het dat ze ook daar omstandig waarschuwen voor alle bijwerkingen omdat de fabrikant anders genadeloze verzoeken tot schadevergoedingen te wachten staat.

* Uiterlijke schijn in plaats van inhoud

De opmars van de inhoudsloze glamour is eerder al aangehaald. Ook op dit punt sukkelen we langzaam maar zeker achter Amerikaanse zeden aan. Al in de jaren vijftig was de zondagseditie van The New York Times een pakket van anderhalve kilo met hele reeksen bijvoegsels en “glossy magazines” (voor de vrouw, voor de tuin, voor de zuigeling enz…). Die bijvoegselcultuur is hier zoals bekend al jaren terug doorgebroken - zij het niet op zondag - maar sinds kort is bij de meeste kranten en tijdschriften de behoefte opgekomen aan een wekelijks c.q. maandelijks magazine, een met veel kleur en glamour opgedost periodiek dat op een kenmerkende manier gebrek aan inhoud poogt te compenseren met goed ogende fotoreportages. Dat het in feite om niks anders dan verdoken reclamebladen gaat kan niet verstopt worden. Of wat te denken van politieke partijen die inhoudelijk-programmatorisch steeds dichter naar elkaar toegroeien? Naar de gunst van de kiezer wordt enkel nog gehengeld via tijdige naamsverandering en personeelwissel. Het schrijnende verhaal van Bertje Anciaux en zijn voormalig partijpolitiek aanhangsel VU-VVD / VU-ID / ID21 / Spirit / Vl.Pro /…zegt voldoende.

 

Dat banken hun kapitaalkracht graag etaleren in de vorm van imposante kantoorgebouwen, is een oud en tot voor kort nog begrijpelijk verschijnsel. Sinds de uitbraak van de wereldwijde financiële crisis, die nota bene startte in de Verenigde Staten, werd duidelijk dat de banken boven hun stand leefden en ongeoorloofde risico’s namen. Alweer als gevolg van liberalisering en de vaandelvlucht vanwege de politiek, naast het wezen van het banksysteem zelf. Rumoer zonder inhoud bedreigt ook zoiets onschuldigs als het tv-journaal en duidingprogramma’s. Waar we jarenlang opgezadeld zaten met politieke benoemingen vanuit links-progressieve hoek bij de “V”RT en de gesel van politieke correctheid over alle redacties heen, komt daar nu nog een toenemende zucht naar show en sensatie bovenop. Het Amerikaanse televisienieuws voorspelt op dit punt niet veel goeds. De bulletins mikken daar allang op show en sensatie. De formule komt neer op “riding the wave of fear”, angst zaaien zodat iedereen aan de beeldbuis gekluisterd wordt. De media spelen in op de saaie grijsheid van de laat-kapitalistische maatschappij door zaken op te kloppen tot waar nog iets zou kunnen beleefd of gevreesd worden. De presentatoren hier beginnen dit lesje al te leren, gezien de zuigende gesprekjes met plaatselijke commentatoren in een rampgebied. De laatste druppel onheil moet en zal worden uitgemolken. Natuurlijk zijn de Amerikaanse verkiezingen geheel toegespitst op persoonlijke plus- en minpunten van de kandidaten. Onderzoeksjournalisten zijn op jacht naar ieder detail uit hun familieleven zoals we recent konden merken met de campagne van Obama, Palin en McCain.

* Minachting van geschiedenis, verleden en traditie en volkscultuur

Kunstenaars en sportlui werden in Europa tot voor enige tijd geprezen omdat ze zonder sterallures optraden maar dat is zo langzamerhand voorbij. Dat heeft dan weer alles te maken met het teloorgaan van ieder gevoel voor historie en traditie. Terwijl het topvoetbal kwalitatief en inhoudelijk steeds minder voorstelt, verworden meer en meer basisspelers tot –overigens slechte- kopieën van de Beckhams en Ronaldo’s. Tegelijkertijd heeft de rage van het cultuurrelativisme twijfel gezaaid aan alles wat vroeger tot het vaste pakket beschaving werd gerekend. Eind de jaren ’80 sloeg Allan Bloom in Amerika voor het eerst alarm voor wat hij "the closing of the American mind" noemde, ook wel culturele ongeletterdheid. De gemiddelde intellectueel in de VS bleek na zijn onderwijscarrière, van basisschool tot en met universiteit, geen enkele notie te hebben opgedaan van wat voorheen culturele bagage heette: grote gebeurtenissen uit de geschiedenis, unieke persoonlijkheden uit religie, kunst of letteren met hun voornaamste prestaties, of doorslaggevende ontwikkelingen in de wetenschappen. De beperkte aandrijkskundige kennis van Amerikanen is overigens al even legendarisch.

 

Franse onderzoekers naar scholierenkennis (met uitkomsten als "Hitler? - Connais-pas!") en een dito speurtocht naar het historisch besef onder Nederlandse parlementsleden (resultaat: onnozelheid alom) of onder alle Nederlandse jongeren naar de betekenis van het Paasfeest (beste antwoord: "Iets met Jezus") bewijzen dat het er in Europa allang niet veel beter voorstaat. Maar in Amerika zijn de voornaamste onderdelen van de historische wetenschappen al goeddeels geschrapt uit de universitaire curricula. Daar heeft dan ook jarenlange strijd gewoed om multicultureel onderwijs, niet langer mochten de "Europese" great books centraal staan. Nee, dan liever feministische cultuur, indianenverhalen en vage "interculturele" studies. Zo zie je dan dat onze kranten massaal 'lichter' te worden, want er moeten ook jonge lezers worden gelokt die geen traditionele cultuur meedragen. Daarom rukken de vraaggesprekken op met sterren uit de “life soaps” en worden pagina's gevuld met de Pokemon-rage en/of Harry Potter, de tovenaarsleerling. Een ander aspect hiervan is de commercialisering van feestdagen en de blinde overname in Europa van Amerikaanse fenomenen zoals Halloween. Gaan we straks als Europeanen ook nog Thanksgiving moeten vieren tot glorie van de kleinhandel?

 

Ook de kunsten zie je krampachtig pogen de “last” van het verleden af te schudden. Liefst geen gewone schilderijen meer; het wemelt nu van de “installaties”, liefst met neonbuizen en oude stoeltjes (Birza!), zwartwit videokunst, cloaca-mestmachines (Wim Delvoye), performances en snelle vormgeverskunst uit de computer. De directrice van de Documenta Kassel, Catherine David, voelde fijntjes aan dat ze mede voorop moest lopen en verklaarde: "De schilderkunst is in het beste geval academisch en in het slechtste geval reactionair". Want respect en zin voor traditie is iets oudbakken, reactionair en nostalgisch, en kan maar beter verdwijnen. En wat krijgen we in de plaats? Geen futuristische strijdvaardigheid naar een nieuwe maatschappij maar wel zeemzoeterige politieke correctheid van liberaal nihilisme. Scheppend vermogen in kunst wordt miskend, valse cultuurpauzen à la Jan Hoet mogen verklaren dat Kunst niet of moeilijk te definiëren valt, waardoor zoveel mogelijk lucht blazen in niets de plaats van kunst kan innemen. Dat is kortom wat de naaste toekomst op Amerikaanse leest onze cultuur belooft: goed gerunde business die oog heeft voor de blinkende buitenkant, maar die de ware smaak is kwijtgeraakt - oftewel een Big Mac van McDonald's. Zolang Europa verdeeld blijft, zal onze cultuur zwak staan tegenover de dollar en zijn cultuurimperialisme. 

De links-liberale culturele elite heeft het in de huidige maatschappij steeds gepresteerd om de volkscultuur af te doen als grof en boertig vertier, geen naam of aandacht –laat staan al te veel subsidies- waard. De volkscultuur was en is voor hen slechts iets dat moet geduld worden in de overgang naar de “One World”. Het eerbiedwaardig parochietoneel of het amusement in de volkshuizen, voldeed steeds aan een bepaalde behoefte en werd zo waardevol geacht. En dat is het nog steeds! Met voorbeelden van programma’s als Schipper naast Mathilde, De paradijsvogels, De heren van Zichem en De collega’s die de oude BRT reeds uitzond, gingen in tegen de mentaliteit in de brede links-liberale cultuurwereld dat we met z’n allen de opstap naar het wereldburgerschap en de vaderlandloze universele commerciële cultuur moesten maken. Dat volksamusement is niet altijd even verheffend om te zien, maar dat is nog geen reden om het licht van de zon te ontkennen. Ook de hele Nederlandse cabarettraditie, een fenomeen dat in Vlaanderen niet bestaat, gaat terug op een levendige volkscultuur. Hoe dan ook is in Vlaanderen de volkstraditie nog vitaal, van de gestileerde uitingen ervan (Wannes van de Velde, Walter de Buck, Willem Vermandere, 't Kliekje... ) tot meer volkse vormen die je aantreft bij De Strangers, Urbanus, Gaston Berghmans, Charel Janssens, Bobbejaan Schoepen, het Mechels Miniatuurtheater en het Echt Antwaarps Theater. Dit volksamusement dat soms kon doorvloeien van de parochiezalen en stadstheaters naar de televisieschermen, zijn een sta-in-de-weg geweest voor volledige amerikanisering van het commerciële cultuuraanbod. Zij kunnen dit nog steeds zijn en verdienen daarom alle steun.

Verengelsing 

Het probleem van amerikanisering reikt véél dieper dan het zeer zichtbare taalprobleem. Dit neemt niet weg dat het taalaspect van dit probleem evenzeer ruime aandacht verdient. Er zijn de afgelopen decennia steeds meer Engelse woorden in onze taal terechtgekomen, voornamelijk dankzij de hierboven geschetste situaties en evoluties. Bovendien wordt de Engelse taal steeds vaker gebruikt in het bedrijfsleven en in het onderwijs. De Nederlandse taal heeft in de afgelopen eeuwen uit allerlei andere talen woorden overgenomen. Uit het Latijn, het Grieks, het Frans en het Duits bijvoorbeeld. Deze overgenomen woorden worden leenwoorden genoemd. Sinds het einde van de Tweede Wereldoorlog is er sprake van een explosie van het aantal Engelse leenwoorden: met nieuwe producten en gebruiken uit Amerika en Engeland nemen we vaak ook de Engelstalige benamingen ervoor over. En we ondervinden nog meer invloed van de Engelse taal: in steeds meer situaties wordt het Engels als voertaal gebruikt. Het gaat al lang niet meer om de overname van Engelse woorden, maar meer en meer de stelselmatige vervanging van het Nederlands door het Engels.

 

Onder verengelsing wordt hier verstaan: de systematische overschakeling op het Engels door niet-Engelstaligen in bepaalde domeinen van taalgebruik, die daardoor Engelstalig worden, zoals in de luchtvaart, de wetenschap, de techniek, het bedrijfsleven en sport. Een variant op dit laatste is het gebruik van Engels als tweede taal in contacten met buitenlanders, zoals in Scandinavische landen, maar ook in nieuwe lidstaten van de liberaal-internationalistisch georiënteerde EU zoals Slovenië. Onder de vele niet-Europese voorbeelden is ook hier dat van Zuid-Afrika te rekenen. Mede debet hieraan is, dat het Engels daar sinds de politieke omwenteling de ambtelijke taal van het onderwijs is geworden, een evolutie ten nadele van het Afrikaans. Doch dit terzijde…

 

De etymologe Nicoline van de Sijs zegt hierover in haar Leenwoordenboek (1996): "Na de Tweede Wereldoorlog werd the American way of life met zijn muziek, film, literatuur een voorbeeld voor de rest van de wereld. Engels werd de voertaal van veel internationale organisaties en van de wetenschappelijke en industriële wereld, Engels is in veel landen een verplicht schoolvak, en Engels wordt in nieuwe technieken zoals de computertechniek gebruikt. Kortom de toenemende verengelsing kan onmogelijk losgezien worden van de status die de Verenigde Staten genieten als supermacht en de liberaal-kapitalistische globalisering.

 

Dat wij, N-SA, niet bepaald gelukkig zijn met deze invloed van het Engels is evident. Indien de huidige evolutie zich zonder drastische maatregelen doorzet, zal de Nederlandse taal op den duur ernstig vervuild worden door de 'Engelse invasie' en zal de roep om het dan maar volledig waar mogelijk te vervangen door Engels luider gaan klinken. De afkeer voor taalvervuiling is niet nieuw: hij bestond al in de zestiende eeuw in de Nederlanden. Zogenoemde taalpuristen verzetten zich toen tegen de invloeden van buitenaf, al ging het hun vooral om talen als het Frans en het Latijn. En het moet gezegd, de klassieke Vlaamse Beweging voert nog steeds vooral strijd tegen de –gelukkig afgenomen- verfransingsdruk vanuit het zuiden maar laat verengelsing nog in belangrijke mate links liggen. In Noord-Nederland doet men bovendien –zo lijkt het althans- nog extra hun best om die verengelsing nog wat te helpen. Weinig andere Europese landen stemmen zich zo sterk af op de Angelsaksische wereld als het trouwe Amerikaanse schoothondje Nederland.  

 

Vooral met nieuwe (computer)-techniek en modeverschijnselen uit Amerika komen Engelse woorden in onze taal terecht. Enkele voorbeelden: e-mail, spam, hacken, gamen, website,… maken het allemaal “cool” voor de “kids”. De mogelijkheid bestaat zich hiertegen verzetten via het opstellen van woordenlijsten met Nederlandse alternatieven voor de Engelse leenwoorden die desnoods verplicht in het onderwijs worden gebracht. Voorbeelden van dergelijke lijsten zijn te vinden op de webstekken van de Stichting Nederlands en die van de Stichting Taalverdediging. Steeds meer mensen zijn ook geneigd om Engelse woorden te gebruiken uit imago-overwegingen. Vooral in het populaire taalgebruik van jongeren en de media is dit goed merkbaar. Enkele voorbeelden: cool, relaxed, chill of de veelvuldige flitsende reclames voor nieuwe “ringtones” op de gsm. De geliberaliseerde media doen vaak actief mee aan deze verengelsing, trendgevoeligheid doet immers de verkoopcijfers stijgen van zowel tijdschriften en kranten als van adverteerders op radio, tv en in tijdschriften. Steeds vaker hebben tv-programma's bijvoorbeeld Engelse titels: Ranking the Stars, Comedy Casino Cup, Regi’s World Marathon, Games & Chat, Wipeout,… Bij de “Vlaamse” Media Maatschappij vonden ze het allemaal nog niet ver genoeg gaan en werd ‘Kanaal 2’ omgedoopt tot ‘2be’.

Verengelsing komt er niet enkel omdat economische globalisering de Amerikaanse way of life over de ganse wereld propageert. Het wordt ook versterkt doordat bedrijven zich steeds vaker op een vrijgemaakte internationale markt richten, waardoor communicatie in Engels toeneemt. Dit bleek uit een reportage van het maandblad Taalschrift in 2005. Vanwege de internationalisering en globalisering dringt de Engelse taal ook door in het hoger onderwijs. Er wordt veel gebruikgemaakt van Engelstalig lesmateriaal en er worden bovendien steeds meer Engelstalige opleidingen aangeboden. Met de goedkeuring en doorvoering van het Bologna-akkoord ontstaat een verdere gelijkschakeling van het hoger onderwijs, ondermeer via de invoering van het Angelsaksische master- en bachelor-systeem. Zo laat het Bologna-akkoord ook de mogelijkheid om in het eerste jaar reeds 20% van de lessen in een andere taal te geven, en in de "master"-jaren kan dit zelfs 100% zijn. Deze asociale maatregel (werkt drempelverhogend voor studenten) zorgt er voor dat het Nederlands nog meer in de verdrukking komt als taal in de wetenschappelijke wereld. Voor de meeste Nederlandse universiteiten geldt dat in de masterfase de helft of meer van het onderwijs in het Engels gegeven wordt, zo bleek in 2007 uit een onderzoek van de Commissie Cultureel Verdrag Vlaanderen-Nederland (CVN). De afgelopen jaren staat ook steeds vaker de toegenomen aandacht voor Engels onderwijs op middelbare scholen en basisscholen ter discussie. Zo stelde de Onderwijsraad in juni 2008 voor om in Noord-Nederland zelfs al in de kleuterklas te beginnen met het leren van de Engelse taal. Het voorstel leidde echter tot kritiek van onder andere de Algemene Onderwijsbond. 

De aandacht van de politieke wereld in zowel Vlaanderen als Noord-Nederland voor dit steeds omvangrijker wordend probleem is beschamend laag, in tegenstelling tot bijvoorbeeld Frankrijk waar reeds decennia een natuurlijke afkeer jegens culturele verengelsing en amerikanisering bestaat en die doorheen de verschillende partijpolitieke families gerespecteerd en verdedigd wordt. In februari 2007 raakte bekend dat in het afgesloten regeerakkoord tussen de partijen CDA, PvdA en ChristenUnie werd vastgelegd “ernaar te streven een wetsvoorstel in te dienen om het Nederlands als officiële taal te omschrijven in de Nederlandse Grondwet om de verengelsing tegen te gaan, de overheidsdiensten te verplichten de taal correct te hanteren en de positie binnen de Europese Unie te verdedigen.” Zeer zwak dus, een loutere intentie tot een wetsvoorstel. Een niemendalletje zondermeer want van de partijpolitieke waterdragers van het grootkapitaal dat de verengelsing omarmt, kan geen identitaire politiek verwacht worden. Organisaties die tegen taalvervuiling strijden, zoals de Stichting Nederlands die zich verzet tegen de overvloedige instroom van Engelse woorden in de Nederlandse taal, worden stiefmoederlijk behandeld. Het officiële Vlaanderen beperkt er zich toe te pleiten voor een actieve taalpolitiek binnen de Nederlandse Taalunie, vooral nog steeds uit angst voor verdere verfransing en spijtig genoeg in veel mindere mate als middel tegen de oprukkende verengelsing.

N-SA-voorstellen ter aanpak van amerikanisering en verengelsing 

Velen denken of menen dat er tegen deze verengelsing en amerikanisering niets te beginnen valt. Niets is minder waar. Waar een wil is, is een weg. Verengelsing en amerikanisering zijn fenomenen die een asociaal effect hebben en dualisering verhogen, maar staan bovendien voor een agressieve culturele gelijkschakeling. Zich verzetten tegen de amerikanisering en de ermee samenhangende globalisering komt niet neer op het zich terugtrekken in een klein, machteloos Bokrijk-huisje. Integendeel! De strijd tegen amerikanisering en verengelsing kan zoals we eerder zagen niet losgezien worden van de economische antikapitalistische strijd en de wil tot het vestigen van een andere maatschappij dan de huidige Westers geïnspireerde chaos. In dit opzicht moeten onderstaande voorstellen als té beperkt en onvolledig aanzien worden. Nationalisten die zichzelf identitair gezind noemen maar het kapitalisme en haar globalisering geenszins in vraag stellen zijn zondermeer als huichelaars en zeveraars te kwalificeren. Hetzelfde geldt voor diegenen die het probleem wel erkennen maar de schuld telkens weer bij Europa zelf leggen zonder actief voorstellen te lanceren tot het doorbreken van de situatie. Uit gemakkelijkheidsoverwegingen enerzijds en misplaatste sympathie voor een welbepaalde Amerikaanse politieke (rechter)zijde en haar islamhaat anderzijds holt men dan maar Washington verder achterna. Dat Europa schuld draagt voor de amerikanisering van haar continent en de gevolgen daarvan is evident, maar dan moeten we ook durven maatregelen nemen die er tegen in gaan. Dat dit zonder gebods- en verbodsmaatregelen niet kan lukken is een zekerheid. Aan hen die zich andermaal achter de valse liberale “vrijheid” verstoppen hebben we slechts één boodschap: u hebt pech! Zachte heelmeesters maken stinkende wonden.

 

Daarom stellen wij voor:

1)  Invoering van quota en importrechten op niet-Europese producten van de amusementsindustrie.

2) Opbrengsten hiervan volledig samen met andere subsidiëring aan Europese film- en muziekproductie besteden.

3) Inperking van het aantal commerciële televisiezenders.

4) Quota op radio en tv wat betreft Engelstalige en/of Amerikaanse muziek en film.

5) Drastische inperking van het aantal “fast-food” drank- en eetgelegenheden die niet van Europese oorsprong zijn en/of die niet tot de Europese volkscultuur behoren.

6) Steun aan de populaire volkscultuur van eigen bodem.

7) Invoeren van Nederlandstalig/Vlaams dubben in plaats van ondertiteling.

8) Verbod op Engelstalige reclame.

9) Verbod op anderstalige bedrijfs- en bestuursraden.

10)   Uitstap uit het Bologna-akkoord i.v.m. het hoger onderwijs.

00:47 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : américanisation, aliénation, etats-unis, impérialisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook