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mardi, 24 septembre 2019

TERRE & PEUPLE Magazine n°80

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Communiqué de "Terre & Peuple-Wallonie"

TERRE & PEUPLE Magazine n°80

Le numéro 80 de Terre & Peuple Magazine est centré autour du thème ‘L’Eglise de Bergoglio – le naufrage’.

Pierre Vial, brocardant la Macronie dans son éditorial, épingle la porte-parole du gouvernement, une Sénégalaise, française depuis 2016, qui revendique sereinement de « mentir pour protéger le président ».  Se flattant d’être diplômée en philosophie, elle avertit : « Je ne crois que ce que je vois, » mais confond ensuite Saint Thomas d’Aquin et l’apôtre Thomas !

Thodinor interviewe Jean-Marie Le Pen au sujet de ses mémoires, épuisées en librairie dès avant de paraître !  Plus rebelle que révolutionnaire, le Menhir confie n’avoir jamais consenti à obéir qu’aux Jésuites et à la Légion, deux organismes dont les cadres s’imposent de donner l’exemple.  Il se dit pagano-chrétien.  Né le jour du solstice d’été, il est sensible aux influences telluriques, poétisées par une religion révélée qu’il ne pratique pas, sans pour autant la renier.  Pour lui, le poujadisme était déjà une réaction de l’aristocratie populaire à la trahison des élites.  Le communisme a été écrasé, mais ce n’est qu’une victoire à la Pyrrhus, car le virus perdure à travers les médias et l’enseignement.  Seule est efficace la résistance nationale pour les racines et les traditions.  Il ne croit pas à une fédération européenne : les nationalismes doivent rester forts, mais se conjuguer.  Dissoudre l’UE serait ouvrir une béance, sans doute mortelle.  Il faut révéler les réalités, ouvrir les yeux.

Introduisant le dossier central, Pierre Vial rappelle que, dans son combat contre l’identité européenne, le Pape a adressé, lors de sa visite au Maroc, un discours aux migrants envahisseurs. Appelant à l’exécution rapide du Pacte de Marrakech, au moyen notamment des « visas humanitaires », il promet : « Les sociétés d’accueil s’enrichiront si elles savent valoriser la contribution des migrants. »  Il recommande de créer en Europe une société interculturelle.  Entre-temps, elle se déchristianise comme jamais.

Pierre Vial se réfère au volumineux ouvrage (632 pages) ‘Sodoma, enquête au cœur du Vatican’ (Laffont 2019) du journaliste écrivain Frédéric Martel.  Correspondant à France-Culture, celui-ci était déjà l’auteur de ‘Le rose et le noir, les homosexuels en France depuis 1968’ (Le Seuil 1996) et de ‘Global Gay, Comment la révolution gay change le monde’ (Flammarion 2013).  Homosexuel ostensible, Frédéric Martel a mené l’enquête auprès de 1.500 personnalités, dont 41 cardinaux qui ont presque tous accepté que soit révélée leur identité.  De son étude, il conclut: « Le sacerdoce a longtemps été une échappatoire pour des jeunes homosexuels.  L’homosexualité est une des clés de leur vocation. »  Selon lui, il y aurait, lorsqu’on monte dans la hiérarchie ecclésiastique, de plus en plus d’homosexuels au point que, au Vatican, l’hétérosexualité serait l’exception !  Cette situation ne serait pas de l’ordre de la dérive, mais du système, lequel prend soin de se masquer, affectant d’être homophobe !  Frédéric Martel s’en prend aux Légionnaires du Christ, l’empire éducatif et humanitaire du prêtre Mexicain Marcial Maciel, plus que suspect, mais finalement innocenté et rétabli par Paul VI et Jean-Paul II, en reconnaissance de l’ampleur de ses réalisations : 15 universités, 50 séminaires, 177 collèges, 34 écoles, 125 maisons religieuses, etc !  Frédéric Martel n’est pas un martyr de la vérité historique, loin s’en faut.  Toutefois, que son registre soit peu ragoûtant, voire dégoûtant (il pousse jusqu’à faire flèche de « rumeurs récurrentes » sur les mœurs du Pape Pie XII !) n’efface pas la réalité que révèle son énorme contribution : le pourrissement avancé de l’Eglise de Bergoglio.

Remarquant que Benoît XVI, le pape démis, a attribué récemment à l’esprit de Mai ’68 les déviances dans l’Eglise, Robert Dragan rappelle que celle-ci se présente en détentrice de la vérité par la Révélation.  Pour elle, toutes les autres religions sont fausses et, partant, d’origine satanique.  Il en est ainsi de la Gnose, voie ésotérique de la connaissance intuitive des choses divines, qui a séduit, après le néo-platonicien Plotin, le dominicain Maître Eckhart et, plus près de nous, le jésuite Teilhard de Chardin.  Après s’être incarnée dans les Rose-Croix, la Gnose se cristallisera, en 1717, dans la franc-maçonnerie, que la papauté excommuniera aussitôt.  Avec la restauration de la monarchie, les idées modernistes ne progressent plus dans l’Eglise que masquées.  Pour faire face à leur diffusion, celle-ci les condamne et le Concile de Vatican I proclame le dogme de l’infaillibilité pontificale en matière de foi et de morale.  Pie X (qui sera canonisé par Pie XII) imposera aux prêtres le serment anti-moderniste.  Le cardinal Mariano Rampolla, franc-maçon de la Haute Loge OTO, n’en parvient pas moins à devenir le secrétaire de Léon XIII et, à la mort de celui-ci, à être élu par le Sacré-Collège.  Saisi, l’Empereur François-Joseph, exerce alors son droit de veto (droit déjà appliqué au premier Jean XXIII déposé en 1414) et c’est le cardinal Sarto qui est élu au second tour sous le nom de Pie X.  Mais le cardinal Rampolla demeure en place et continue de placer ses protégés (dont l’un devint le pape Benoît XV) et il prend comme secrétaire Eugenio Pacelli (qui deviendra Pie XII).  Durant la première moitié du XXe siècle, une abondante littérature dénonce l’infiltration moderniste.  La Seconde Guerre Mondiale discrédite les conservateurs, qu’on amalgame à la droite autoritaire, voire à la collaboration avec les perdants.  Au même moment, les démocrates chrétiens créent la Communauté européenne.  Le communisme a cessé d’être considéré comme intrinsèquement pervers depuis que, l’Allemagne, renversant en 1941 son alliance avec l’URSS, celle-ci s’est retrouvée dans le camp du Bien.  Sous le pseudonyme Maurice Pinay, les traditionnalistes s’activent alors à la rédaction d’un ouvrage collectif ‘2000 ans de complot contre l’Eglise’.  Y contribuent le cardinal Ottaviani, Mgr Lefebvre et Léon de Poncins.  Jean XXIII se refuse à révéler, comme promis par ses prédécesseurs, le troisième secret de la Vierge de Fatima : l’apostasie de la hiérarchie. 

Paul-VI-VM.jpgA sa mort, lui succède sous le nom de Paul VI le cardinal Montini, compromis dans l’affaire du Russicum (dénonciation au KGB des prêtres et évêques clandestins derrière le rideau de fer).  Pour le cardinal Traglia : « Le diable est au Vatican. »  Padre Pio le dénonce de même.  Mais le concile consacre le triomphe des modernistes.  L’encyclique Nostra Aetate reconnaît le judaïsme comme religion-mère.  Le Sanhédrin n’est plus responsable du déicide.  L’Eglise s’est trompée durant 1965 ans !  Pour le cardinal Suenens, lui aussi franc-maçon : « Vatican II, c’est 1789 dans l’Eglise. »  Les francs-maçons étant excommuniés de facto, tous les papes depuis 1958 sont des anti-papes !  De nouveaux rituels d’ordination et de sacre sont promulgués, sans être théologiquement motivés, ce qui pose la question de leur validité.  Le rituel de la messe est profondément modifié, écourté et simplifié.  Les traditionnalistes se replient derrière Mgr Lefebvre, lequel ordonne plusieurs évêques, ou derrière d’autres dissidents, dont les Sédévacantistes qui considèrent que le siège de Pierre est inoccupé.  Les premiers se divisent entre la Fraternité Saint Pierre et la Fraternité Saint Pie X.  Celle-ci se divise à nouveau entre ceux qui acceptent la main tendue par Benoît XVI à son supérieur Mgr Fellay et ceux qui jugent que c’est un piège.

Jean-Patrick Arteault adresse une lettre ouverte à ses amis chrétiens, en particulier les catholiques romains.  Incroyant, il est prêt, pour la survie de son peuple albo-européen autochtone, à servir le christianisme pour le message culturel qu’il a encore.  La Manif pour Tous a permis aux catholiques conservateurs de se compter.  La compétition religieuse avec un islam agressif ouvre la perspective d’une résistance et d’un retour aux racines chrétiennes.  L’obstacle est le Pape François qui, prônant l’ouverture, va jusqu’à pratiquer l’auto-humiliation, donc la soumission.  A l’objection que c’est la subversion moderniste qui est parvenue à faire élire un antipape, il remarque que les catholiques reconnaissent son magistère, sauf une infime minorité.  Le christianisme que cette minorité place aux racines de l’Europe n’est qu’un greffon, dont les racines propres sont moyen-orientales.  L’Ancien Testament, que les Juifs appellent La Loi, n’a -quel que soit son charme- rien à voir avec l’imaginaire européen, dont les vraies racines sont un mixte des peuples néolithiques fécondé par la vision et la culture des Indo-Européens, holistes et profondément polythéistes. Alors que le christianisme, dépossédant le judaïsme de son élection divine en se proclamant ‘verus Israël’, a développé sa propre trame idéologique : un Dieu unique et universel, créateur d’hommes égaux vouant leur vie à leur salut individuel, soit les trois valeurs premières de l’Occident : individualisme-égalitarisme-universalisme.  Selon l’auteur, les Pères de l’Eglise ont subverti le judaïsme (en proclamant que le christianisme donne leur vrai sens à Platon et Aristote) et la religion romaine et ensuite celles des Germains, des Celtes, des Scandinaves, des Slaves, des Baltes, soit les sentiments profonds de ces peuples.  On ne peut implanter des valeurs étrangères dans une psychologie collective sans une passerelle mentale : les missionnaires ont récupéré certains mythes des païens à convertir, se laissant ainsi contaminer.  Notamment la triade des trois ordres, ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent, en paraphrase de la trinité du Père, du Fils et de l’Esprit assortie d’une divinité Mère et de génies bienfaisants (voire malfaisants).  Les clercs ont refusé cet enracinement, une première fois par la Réforme Grégorienne, qui rompt avec la pratique indo-européenne de l’association du spirituel et du politique.  Elle ne sera plus coopérative et coordonnée, mais ordonnée par le spirituel, auquel est soumis le temporel.  C’est cette prétention dominatrice qui suscitera, avec la séparation de l’Etat d’avec l’Eglise, la marginalisation progressive de celle-ci.  Les élites ne se faisaient qu’un souci mineur de la religiosité populaire, alors d’un paganisme flamboyant.  La réforme protestante, par contre, avec la traduction des textes sacrés en langue vernaculaire et l’introduction de l’imprimerie, oppose doctrine et pratiques ‘superstitieuses’, dont elle ne considère pas les racines culturelles.  La contre-réforme catholique toilettera les superstitions et se distanciera des protestants par ses fastes.  Communautaires, les églises protestantes ont lassé moins vite que l’église romaine hiérarchique et bureaucratique.  L’alphabétisation et l’urbanisation ont étranglé le paganisme campagnard.  Le bon Pape François ne manque de rappeler que son église n’est européenne qu’accidentellement.  Universaliste, elle n’a plus intérêt à se cramponner à l’Europe.  Entre son message cosmopolite et nos racines ethniques, il faut choisir.

clovis_bapteme.jpgAlain Cagnat rappelle les liens intimes de la France avec l’Eglise : Clovis (496), les carolingiens avec Charles Martel et Charlemagne (800), le roi Saint-Louis (1239), Jeanne d’Arc (1431), Louis XIII qui consacre la France à la Vierge-Marie.  Au moyen-âge, les paysans se groupent autour de leur curé, loin de la richesse, parfois scandaleuse, des prélats.  La contestation ne touche que les plus instruits.  Les humanistes placent l’homme au centre du jeu et l’irréligion introduit le libertinage.  Par la lecture littérale des textes, la Réforme écarte les clercs, intermédiaires entre le croyant et Dieu.  L’esprit des Lumières prétend fonder le monde sur la raison, plutôt que sur une révélation contre laquelle se liguent des sociétés de pensée.  La désaffection des fidèles touche d’abord les villes.  La Révolution, avec la constitution civile du clergé (les prêtres, élus, doivent prêter serment et les réfractaires sont persécutés), provoque une réaction.  Des provinces se soulèvent, dont la Vendée.  Deux Frances s’opposent, deux universalismes, et l’Eglise se scinde en progressistes et traditionnalistes.  Le Concordat entre Bonaparte et Pie VII apaise les esprits, mais le catholicisme n’est plus la religion officielle, mais celle d’une majorité.  Il va récupérer une partie du terrain avec la restauration et avec la Loi Guizot sur la liberté de l’enseignement primaire.  Les apparitions de la Vierge (Lourdes 1858) rapprochent l’Eglise d’une partie, surtout féminine, de la population.  Sont négatifs, par contre, le développement de l’évolutionnisme de Charles Darwin  et l’emprise de la pensée d’Ernest Renan, qui s’attache à concilier sentiment religieux et analyse scientifique.  Le fossé se creuse entre villes et campagnes.  Le prolétariat ouvrier échappe à l’Eglise.  La loi de 1901 contraint les congrégations religieuses à se faire agréer.  Le président du Conseil Emile Combes, défroqué devenu anticlérical, bloque les demandes : trois mille établissements scolaires sont fermés ; des milliers de religieux sont expulsés.  Les biens de l’Eglise sont étatisés et 70.000 édifices doivent être inventoriés.  La colère des fidèles (qui ont financé la réparation des saccages des révolutionnaires) dégénère en émeutes qui font des morts. Cinq mille inventaires ne seront jamais exécutés.  L’Action Française, puissante, organise malgré l’interdiction des manifestations qui rassemblent des foules (en commémoration à Jeanne d’Arc ou au génocide vendéen).  Monarchiste, nationaliste, antisémite, elle fait peur aux démocrates chrétiens qui l’accusent de se servir de l’Eglise sans la servir.  Pie XI met Maurras à l’index et excommunie les membres et sympathisants du mouvement.  Les clercs suspectés font l’objet d’une chasse aux sorcières par les futurs activistes de Vatican II.  Dans le marxisme, certains prêtres catholiques perçoivent des échos d’un message évangélique égalitariste et universaliste.  Pour rechristianiser le monde ouvrier, certains s’engagent à l’usine, adhèrent à la CGT, voire au parti communiste.  Ils soutiennent le Vietminh.  Pie XII, qui a excommunié les communistes dès 1949, met fin en 1954 à l’expérience des prêtres ouvriers (que Jean XXIII rétablira dès 1965).  En Indochine, bien que les viets assassinent les prêtres locaux, la sympathie de la hiérarchie va au Vietminh, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes primant pour l’Eglise !  Pour la question algérienne, le bas clergé épouse la cause française, mais les congrégations, associations, dont l’Action Catholique, et la presse choisissent l’Algérie algérienne.  De nombreux religieux cachent, soignent, approvisionnent (y compris en explosifs) les terroristes du FLN et acheminent ou exfiltrent des déserteurs.  L’Eglise ferme les yeux.  Ben Bella remerciera ceux qu’il qualifie de ‘vrais chrétiens’ : « Certains nous ont aidés concrètement, n’hésitant pas à se trouver à nos côtés. »  Dès le début du XXe siècle, les paysans, fascinés par les lumières de la ville, quittaient la terre des ancêtres, qui ne les nourrit plus.  A la place de leur communauté, qu’ils rencontraient chaque dimanche, ils ne trouvent plus que l’aliénation d’une société universelle de consommation ordonnée à les endetter.  Avec Vatican II, l’Eglise veille à prendre ce virage universaliste, condamnant toute discrimination, même des ennemis déclarés, « en tout premier lieu les musulmans qui adorent avec nous le Dieu unique. »  Jean XXIII corrige la condamnation par Pie XI du communisme ‘intrinsèquement pervers’ : « Nous avons autre chose à faire qu’à lui jeter des pierres. »  Dans le même temps, les rites sont dépouillés.  Le latin est remplacé par les langues vulgaires.  La musique est réduite à l’élémentaire.  On tutoie Dieu dans les prières.  On tourne le dos à son tabernacle.  On se passe l’hostie de main en main.  Les prêtres quittent leur soutane.  Les fidèles désertent les églises.  Mgr Lefebvre se retranche dans sa Fraternité.  Paul VI dénonce le fumées de Satan dans l’Eglise !  Bâtard des matérialismes capitaliste et communiste, Mai ’68 consacre le triomphe de l’individualisme et du nihilisme.  Interdit d’interdire, un aréopage d’intellectuels en vogue réclame la dépénalisation de la pédophilie avec des enfants ‘consentants’ quel que soit leur âge !  Naît alors, en Amérique latine, la théologie de la libération, qui engage des religieux dans l’activisme révolutionnaire.  Pour Paul VI, dans Evangelii nuntiandi, « La libération totale n’est pas étrangère à l’évangélisation. »  Mais en 1984, après que Mitterand ait promis de faire de l’Education nationale un service laïc unifié, deux millions de manifestants lui expriment à Paris leur refus. C’est la dernière victoire du peuple.  Contre le mariage homosexuel, la Manif pour Tous réalisera une mobilisation égale, mais molle, à laquelle Hollande opposera sans dommage un bras d’honneur.  Pour achever la famille, il ne reste plus que la GPA et la PMA.  L’Eglise est désertée.  Il n’y a plus que 60% de catholiques déclarés dont 5%, vieillissants, se disent pratiquants.  La  prêtrise est en voie de disparition par manque de vocations.  L’islam sera sous peu la première religion de France, avec la complicité de l’Eglise.

pie12.jpgAlain Cagnat remarque que Pie XII n’invitait les pays riches à accueillir des immigrants qu’en cas de nécessité et à condition de renoncer à leur propre culture.  Jean XXIII reconnaît, moyennant des motifs valables, le droit de se fixer à l’étranger, déplorant la séparation de la famille.  Paul VI attend « un vaste élan d’unification de tous les peuples et de l’univers. »  Il contredit Pie XII en prônant le droit de conserver sa langue maternelle et son patrimoine spirituel.  Pour Jean-Paul II, l’immigration enrichit la culture d’accueil et les immigrants n’ont pas à se laisser assimiler : « Dieu a choisi la migration pour signifier son plan de rédemption.»  Incitant les fidèles à la désobéissance civile, il confirme l’orientation politique de l’Eglise.  Pour Benoît XVI, « L’émigration est la préfiguration de la cité sans frontières de Dieu. »  Le peuple d’accueil doit se soumettre au message du Christ.  Mais il évoque ce que l’Eglise doit à l’Europe, à ses racines tant grecques et romaines que chrétiennes.  Au contraire, le Pape François ne manque pas de rappeler qu’il est fils d’immigré et que l’Europe lui est étrangère.  Il néglige les motifs d’émigration et parle d’itinéraires qui renouvellent l’humanité entière.  Il invite les pays d’accueil à « créer de nouvelles synthèses culturelles ».  A la Journée de l’Accueil du migrant, il recommande de faire passer la sécurité personnelle de celui-ci avant la sécurité nationale et de lui ouvrir sans limite le régime national d’assistance sanitaire et de retraite.  Il réclame pour lui la liberté religieuse, le regroupement familial et la protection de l’identité culturelle, interdisant au pays d’accueil d’imposer sa langue.  En avril 2019, il invitait : « Rendons grâce à Dieu pour une société multiethnique et multiculturelle. »  Le 8 juillet 2013, il s’adressait aux « chers immigrés musulmans » pour l’ouverture du Ramadan.  Le 16 avril 2016, il embarquait dans son avion des familles de réfugiés syriens musulmans, ignorant le martyre des Syriens chrétiens.  Après l’assassinat du Père Hamel, il ose objecter : « Si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. »  Ce qui fait dire à Michel Onfray : « L’amour est une évidente promesse de victoire pour ceux qui ont choisi la haine. »  Le cardinal guinéen Robert Sarah écrit : « J’ai peur que l’Occident ne meure. »

Tomislav Sunic titre ‘La décadence finale ?’  Se référant à Montesquieu et à la notion allemande d’entartung, ou dénaturation, il démontre que l’amour indifférencié qui élargit l’amour pour la patrie est en fait de l’indifférence .  Depuis celle de l’empire romain, l’Europe a survécu à plusieurs décadences, mais celle-ci pourrait être finale.  Il cite Oswald Spengler, pour qui le déclin de l’occident résulte du vieillissement biologique, et Arthur de Gobineau qui, avec son ‘Essai sur l’inégalité des races’, démontre que la décadence est la conséquence de la dégénérescence de la conscience ethnique.  Il cite l’écrivain romain Salluste, pour qui c’est la metus hostilis, l’inquiétude de la menace hostile, qui est la base de la virtus, de la virilité, au contraire de la richesse, qui incite à la composition et au déni de soi.  Le poète satirique Juvenal a dénoncé les étrangers venus d’orient et d’Afrique, qui introduisaient la mode de la zoophilie et de la pédophilie.  Le plus grand nombre d’esclaves venait d’orient, d’Egypte et d’Afrique.  Les européens étaient de plus grand service à l’empire en tant que soldats, moins en tant que domestiques.  Les esclaves orientaux étaient méprisés dans la conscience romaine, à cause de leur méchanceté !

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Pour Jean Haudry, la notion de décadence exclusive est au centre de la conception indo-européenne des âges du monde, présente en Inde, en Grèce en Scandinavie et en Irlande, mais elle est récente.  Il a existé une conception antérieure d’alternance de phases de progrès et de décadence.  Dans la conception indienne, l’histoire du monde se répartit en quatre âges, nommés à partir de coups du jeu de dés.  Dans le parallèle grec des races d’Hésiode, aux âges d’or, d’argent, de fer, les héros justes et pieux d’un âge de bronze sont précédés par des hommes injustes et impies. Le poème eddique Voluspa présente l’histoire du monde en trois parties, qui correspondent aux trois fonctions. Elle commence par la première guerre du monde entre les Ases et les Vanes, provoquée par l’ivresse de l’or, à rapprocher des Lois de Manou qui attribuent la décadence au gain mal acquis.  La mort de Baldr annonce le Crépuscule où dieux et géants s’entretueront.  Cyclique, le monde détruit renaît par son âge d’or.  La quatrième attestation, celtique, est la prédiction de la Bodb, celle du monde qui ne plaira pas.  Ces quatre documents, concordants, suffisent pour conclure à un héritage de la période commune.  La tradition se partage en trois périodes : celle de la religion cosmique, celle de la société lignagère des quatre cercles et des trois fonctions et la société héroïque qui précède les dernières migrations.  L’absence de correspondant iranien est un indice du caractère récent de cette conception pessimiste de l’histoire.

Jean Haudry livre une recension du numéro 68, particulièrement substantiel, de Nouvelle Ecole.   La paléo-génétique du foyer d’origine des Indo-Européens, analyse biologique de fossiles d’os et de dents, confirme la théorie scythique des auteurs du XVIIe siècle qui rejetaient la légende biblique.  On lui avait entre-temps préféré l’Asie centrale, la Scandinavie, voire les régions circumpolaires (Tilak).  Elle avait été confirmée par la théorie des Kourganes de Marija Gimbutas.  La raciologie actuelle permet de distinguer trois ensembles à la base des Européens : les chasseurs-cueilleurs occidentaux, les néolithiques du Levant et d’Anatolie et la population des Kourganes.

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Haplogroupe R1b

Robert Dragan complète cette recension en évoquant les progrès de la paléo-génétique, qui permettent de rattacher sans risque d’erreur des restes à un ‘haplogroupe’ apte à transmettre de manière homogène une mutation, d’identifier les migrations et de mesurer les mélanges.  On distingue ainsi les EHG (Eastern Hunters Gatherers) des ANE (Ancient North Asians) et des CHG (chasseurs-cueilleurs du Caucase).  Les Européens appartiennent en majorité à l’haplogroupe R1 lui-même divisible en R1a et R1b.  Le matériel archéologique permet de dater les mutations et dès lors l’haplogroupe qui s’y rattache.  Si une population envahie accepte de se métisser, elle ne transmettra à ses descendants qu’une part de son héritage.  Quand un séquençage révèle un tel changement, on tient la preuve d’une invasion.  On peut en mesurer les proportions et donc raconter l’histoire.  Au paléolithique, la population EHG qui occupe la Sibérie a pour ancêtres les ANE, présents dans la région depuis au moins 24.000 ans et dont une branche a traversé le détroit de Behring.  Il est établi que l’occupation humaine de la Sibérie n’a jamais connu d’interruption ni de rétractation dans les périodes glaciaires. Une population génétiquement homogène occupe un couloir entre la Volga et le Pacifique.  Le blondisme semble répandu.  Selon le linguiste David Anthony, un parler proto-indo-européen, avec des affinités avec le proto-ouralien et le proto-kartvelien, ancêtre du géorgien, du tchétchène et de l’avar, se serait fixé dans les steppes ponto-caspiennes entre 4500 et 2500, genèse de culture héroïque des Indo-européens, semi-nomades conduits par des chefs guerriers et cavaliers.  Le peuple indo-européen semble issu du mélange de Sibériens et de Caucasiens  dans la basse Volga.

zevi.jpgPierre Vial poursuit son analyse de l’identité juive par le Sabbatianisme, mouvement mystique fondé en Palestine en 1665 par l’ascète Sabbataï Tsevi.  Menacé de mort par le sultan s’il ne se convertit pas à l’islam, il choisit de préserver l’étincelle de sainteté qu’il porte en lui.  Détenu dans une forteresse, il promulgue un Mystère de la vraie foi.  La plupart de ses disciples, en ayant en apparence adopté l’islam, conservent ses rites et demeurent juifs.  Ils sont persécutés par les rabbins.  Jacob Frank (1726-1791) métamorphose le sabbatianisme, qui trouve alors refuge dans le monde chrétien.  S’intégrant à la noblesse polonaise et autrichienne et devenant francs-maçons, ses disciples établissent le nouvel ordre maçonnique des Frères d’Asie, mêlant la Kabbale juive à des éléments chrétiens.  A la même époque, le mouvement social et religieux hassidiste se répand en Europe de l’Est.  Se fondant, au contraire de l’ascèse, sur l’expérience émotionnelle, l’intention, la ferveur et la joie, ils pratiquent la danse, volontiers débridée, qui peut amener le tzadik à la justesse et à devenir médiateur entre les croyants et Dieu.  C’est dans le contexte des violences épouvantables qu’ont eu à subir les communautés juives de la part des cosaques et des brigands qu’apparait le tzadik Ba’al ShemTov (1700-1760), pour qui la mystique importe plus que la connaissance : il a des visions et perd connaissance.  Ses disciples, les hassidim (les pieux) lui font une confiance absolue.  Il accomplit des miracles, guérit les malades tant par ses invocations que par ses simples.  Conteur, il enseigne par des fables.  Ses successeurs étendent le hassidisme vers la Pologne et la Russie Blanche.  Les Hassidim trouvent des opposants dans les Mitnagdim, lesquels les accusent de frivolité.  Au XIXe siècle, tous les pays d’Europe reconnaissent aux juifs l’égalité des droits, à l’exception de la Russie, qui les avait interdits jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, lorsqu’elle a annexé de vastes territoires ottomans et polonais.  Elle ne les tolère que dans la zone frontière occidentale.  Alexandre Ier les incite à travailler la terre.  Nicolas Ier leur impose un service militaire, espérant leur conversion.  Dès qu’Alexandre II lève les restrictions, d’importantes communautés s’installent à Saint-Petersbourg et à Moscou.  De nombreux jeunes juifs, qui croient que leur émancipation viendra d’un changement de régime, militent pour la révolution.  La tentative d’intégration est un échec.  L’assassinat du tsar Alexandre II déclenche une vague de pogroms et une vague d’émigrations vers l’Europe de l’ouest et le Nouveau Monde.

Pierre Vial rend hommage à notre ami Guillaume Faye récemment disparu.  C’est un témoignage de reconnaissance, dans les deux sens du terme, d’aveu féal et de gratitude.

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mercredi, 29 mai 2019

TERRE & PEUPLE Magazine n°79

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Communiqué de "Terre & Peuple/Wallonie"

TERRE & PEUPLE Magazine n°79

Le numéro 79 du TERRE & PEUPLE Magazine est centré autour du thème de la sécession ‘Contre l’Etat jacobin, l’appel au peuple’.

Dans son éditorial ‘Il faut brûler les savants’, Pierre Vial relève le fait que la mort du Professeur Faurisson n’a même pas été remarquée par l’extrême-droite ‘convenable’.  Le pendable d’où nous vient tout le mal a osé s’interroger sur le seul sujet historique interdit.  Au nom de quel intérêt l’est-il ?  Pierre Vial rappelle ce qu’en écrivait dans Le Figaro (03.04.90) l’historienne juive Annie Kriegel : « En s’abritant derrière des institutions juives inquiètes pour légitimer une insupportable police juive de la pensée, Michel Rocard devrait s’interroger en conscience s’il ne se prête pas à une répugnante instrumentalisation des concepts de racisme et d’antisémitisme en vue d’objectif peu avouables. »  Il complète l’éclairage de la question en citant la tribune qu’une vingtaine d’historiens de premier plan, dont Elisabeth Badinter et Pierre Vidal-Naquet, ont publiée dans l’Obs (14.12.05) : « Dans un Etat libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique.  C’est en violation de ces principes que des lois successives ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanction, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver. »

Pierre Vial poursuit son analyse magistrale du modèle identitaire des juifs.  Au moyen-âge, l’identité juive se vit dans le cadre de la Kehillah (communauté) qui répond, selon le statut légal local, à leurs besoins religieux (synagogue, cimetière, bains rituels, tribunal présidé par le rabbin local, lequel tranche au civil comme au pénal jusqu’au fouet, voire la mort en cas de trahison).  Un fonds de charité et une soupe populaire rencontrent les besoins des nécessiteux et un impôt communautaire assure, dans les communautés importantes, hospices et hôpitaux.  La sécurité et la défense sont financées par une taxe.  Si la communauté a obtenu un ghetto, elle en assume les charges sanitaires et militaires. 

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La coordination entre les communautés juives locales est assurée, dans les pays musulmans, en Pologne et en Lituanie, par des autorités centrales et, en France, en Allemagne et en Italie, par des rencontres de leurs représentants.  Les synagogues sont richement décorées, mais selon des motifs propres à l’art local, roman ou gothique chez les ashkénazes et mauresque chez les sépharades.  Les Bibles et livres de prières sont enrichis d’une profusion d’enluminures.  Les juifs ont été touchés par le brassage idéologique des Lumières et par la question de leur intégration à la société nouvelle, au prix d’une réforme.  Une véritable révolution pédagogique fait évoluer le système éducatif juif au bénéfice d’études laïques, notamment de la langue locale.  Les intellectuels juifs des Lumières incitent ainsi les leurs à s’intégrer. 

Moïse Mendelsohn traduit en allemand la Torah et le Livre des Psaumes.  Pour devenir citoyen à part entière d’un état national européen, certains intellectuels juifs se convertissent, notamment le poète Henri Heine.  D’autres cherchent un compromis « en adaptant la loi mosaïque à l’époque » et en s’intégrant sans renoncer entièrement à leur identité juive.  L’Europe occidentale des XVIIe et XVIIIe siècles leur accordait des chartes de protection, qui comportaient des restrictions et des menaces d’expulsion, lesquelles entretenaient un complexe de persécution.  A partir de 1780, en France et en Allemagne, on envisage pour eux un statut d’égalité des droits.  Il est acquis en 1791, non sans réserves : « Aux Juifs en tant que nation, rien ne sera accordé, en tant qu’êtres humains tout. ».  Ce qui revient à récuser leur identité, leurs coutumes, leurs institutions, auxquelles ils n’envisagent de renoncer qu’avec beaucoup de réticences.  Napoléon les juge « un vilain peuple, poltron et cruel. »  Ils ne s’en implantent pas moins dans le monde de la finance. 

Notamment, Amschel Moses, avec son agence à Francfort à l’enseigne Rotschild et dont les cinq fils établissent un réseau à travers l’Europe.  Ayant misé sur la défaite de Napoléon, Waterloo leur rapporta un pont d’or.  Ils installèrent des réseaux financiers internationaux et surent se rendre indispensables aux souverains européens.  Leur réussite apparut aux pionniers du mouvement socialiste comme l’illustration de l’exploitation capitaliste.  Pour Proudhon, « le Juif est l’ennemi du genre humain. »  Et Fourrier prophétise : « Une fois les Juifs répandus en France, le pays ne serait plus qu’une vaste synagogue. »  En dehors de la France, l’égalité des droits mit longtemps à être acquise : en 1860 dans l’Empire austro-hongrois et en 1871 en Allemagne.  Dès lors, les synagogues prennent un aspect monumental, avec les symboles identitaires, étoile de David et Tables de la Loi.  De nombreux artistes juifs sont reconnus et appréciés.  Un nombre croissant de Juifs concilient leur adaptation au monde des Lumières et une certaine fidélité à la tradition.  Dans le même temps, des courants revendiquent des formes de piété (sabbatianisme, hassidisme) inconciliables avec les mœurs des Gentils.

Ouvrant le dossier central ‘Sécession contre l’état jacobin’, Pierre Vial en appelle au peuple pour qu’il récuse globalement le système.  N’est-ce pas ce que fait le mouvement populiste des Gilets Jaunes, lesquels incarnent la libération de la parole et de l’action et, quoi qu’on prédise, s’inscrivent dans la durée.  Il réclame pour eux comme pour nous des solutions alternatives et il nous avertit contre les mirages électoraux.

Pierre Vial rappelle que l’appel au peuple est une tradition française.  A Rome, les plébiscites, proposés par les tribuns de la plèbe, s’imposaient à l’ensemble du peuple romain.  En 1799, le Consulat napoléonien s’est inscrit dans cette tradition du plébiscite et, en 1802, le Consulat à vie comme, en 1804 (et en 1815), l’Empire.  Napoléon III remet la chose pour rétablir l’empire en 1852 et pour rattacher Nice et la Savoie à la France en 1860.  Les fondateurs de la IIIe République étaient partisans de la « législation directe » et le général Boulanger, qui a lancé le mot ‘referendum’, était partisan d’une République plébiscitaire.  Pendant la guerre de 1914-18, les Comités plébiscitaires prônent l’Union sacrée. 

referendum_1958.jpgDe Gaulle, créant la Ve République, érige le référendum en principe, lequel se retournera contre lui en 1969.  Le référendum d’initiative populaire, très présent en Suisse, est aujourd’hui revendiqué, sous l’étiquette RIC, par les Gilets Jaunes.  Ce soulèvement évoque les jacqueries paysannes médiévales et les Rebeynes lyonnaises.  En 1436, à Lyon, les sauvages du baz estat se sont assemblés de leur propre autorité pour imposer dix élus commis par le peuple au Consulat de la ville, afin de faire payer les coupables de fraude fiscale.  La Grande Rebeyne de 1529 vise la gestion municipale qui favorise les marchands.  Ceux-ci contraignent les artisans par la concurrence des étrangers et détruisent la commune.  On refuse aux métiers des jurandes pour organiser leur solidarité.  Alors que le luxe des riches s’étale, le pouvoir d’achat du peuple baisse jusqu’à la disette.  Au mois d’avril 1529, des placards séditieux signés le Povre apparaissent aux carrefours, appelant à punir les coupables et leurs complices du Consulat.  Ils fixent rendez-vous au peuple le 25 avril au couvent des Cordeliers.  S’y retrouve une multitude de ‘menu peuple, povres mesnagers’, qui pille le couvent et ensuite les demeures des ‘gros accapareurs, bourgeois, gens riches et apparents de la ville’.  Le consulat fait appel au roi qui envoie cent gentilhommes ordinaires.  Dans les jours suivants, on dresse onze potences pour les meneurs.  Lyon connaîtra par la suite encore bien d’autres révoltes résultant de l’opposition entre le capital et le travail pour déboucher, au XIXe siècle, sur les insurrections des Canuts.  Mais le pouvoir royal a tôt compris la volonté du peuple d’être entendu lorsqu’il est victime des manœuvres des ‘gros’.  C’est la raison des Etats généraux. 

Etienne_Marcel_Idrac_Hotel_de_Ville.jpgDès le XIIe siècle, les seigneurs féodaux et les dignitaires ecclésiastiques ne suffisent plus.  La bourgeoisie urbaine, enrichie et instruite, veut se faire entendre, de même que la petite noblesse et le bas clergé.  Ainsi naît une représentation du peuple selon les trois ordres de la tripartition fonctionnelle des Indo-Européens, mais qui fait peu de cas des artisans et des ouvriers et des masses paysannes.  Aux XIVe et XVe siècles, le pouvoir royal s’appuie souvent sur les états, lesquels sont parfois tentés de s’imposer, notamment pour contrôler la perception des impôts et l’utilisation des recettes.  Dans les années 1355-58, les états de langue d’oïl sont des foyers d’agitation incessante, notamment de la part d’Etienne Marcel, riche prévôt des marchands parisiens, qui profite de la minorité du dauphin Charles mais sera finalement tué.  Le dauphin accorde habilement un pardon général et liquide les états généraux.  Quand, en 1789, Louis XVI convoque les états généraux, chaque bailliage rédige son cahier de doléances : il n’y a pas d’exemple dans l’histoire d’une pareille consultation écrite de tout un peuple.  La nuit du 4 août, alors qu’une ‘grande peur’ se propage dans les campagnes, la Constituante décide l’abolition des privilèges fiscaux et la condamnation de tout un système.  Est-ce à envisager aujourd’hui ?

C’est dans la perspective identitaire que Charles Bergé analyse la crise des Gilets Jaunes, colère d’un peuple inquiet du chômage et de la pauvreté qu’on engendrés la délocalisation industrielle et la disparition des services de proximité.  Mais l’origine du mouvement n’est pas qu’économique.  Le libéralisme détruit le lien social.  L’évolution ploutocratique à l’heure de la mondialisation détruit le lien social et la démocratie n’est en fin de compte représentative que d’intérêts étrangers au bien commun.  Les Gilets Jaunes n’en demeurent pas moins attachés à la République, en témoigne leur revendication du RIC, le référendum d’initiative citoyenne.  Guère révolutionnaires, ils sont en fait nostalgiques d’une république gaullienne révolue. 

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En face, il y a les élites bourgeoises qui, depuis 1870, ont fondé un régime dominé économiquement et politiquement par une bourgeoisie qui, dans un compromis républicain (suffrage universel), accepta d’associer le peuple à la gestion.  Ce régime s’est trouvé renforcé par l’émergence d’une classe moyenne solide pétrie de l’idée républicaine.  Le compromis se révéla efficace jusqu’à l’avènement de la mondialisation, quand le maintien du compromis a exposé la bourgeoisie française au risque de se marginaliser à l’échelle mondiale.  Pour garder la main sur la société française, les libéraux devaient éliminer le peuple de l’équation politique.  L’immigration de peuplement a cassé les solidarités nationales.  Le métissage est devenu un moyen de saper la cohésion ethnique.  Une réaction conservatrice s’est assigné de renouer le compromis, mais le contexte social a changé entre-temps : la mondialisation a laminé les classes moyennes et la cohérence ethnique de la population s’est affaiblie en un conglomérat de communautés qui communient plus ou moins aux utopies libérales. 

Les conservateurs de l’expérience républicaine ont depuis longtemps rejoint le camp des identitaires et leur pensée s’accorde sur l’essentiel aux préoccupations de Gilets Jaunes, mais ils s’inquiètent des débordements, le modèle d’action civique restant la Manif Pour Tous, bien que des Gilets Jaunes de plus en plus nombreux ont le sentiment qu’il faut contraindre le régime à la réforme.  Les médias imputent les violences aux gauchistes et aux identitaires, lesquels se partagent entre conservateurs et solidaristes.  Ces derniers n’excluent aucun mode d’action.  Tous ne combattent pas pour l’identité albo-européenne, mais s’accordent pour rejeter le libéralisme.  Le régime attend les violences pour légitimer la répression.  A la différence des solidaristes, que leur impréparation rend inaptes à assumer le pouvoir ou même à conduire la révolution identitaire et notamment le mouvement des Gilets Jaunes, les conservateurs se montrent mieux organisés, mais encore incapables de l’emporter avant le basculement des équilibres européens.  Même si le mouvement des Gilets Jaunes devait s’essouffler, ce ne serait que partie remise, car ses causes sont durables.  Les identitaires y ont une carte à jouer, à condition d’avoir des buts clairs et réalistes.  Conservateurs et solidaristes doivent unir leurs forces.  Il est peu vraisemblable de sauver le régime dans une orientation identitaire.  Est préférable la solution alternative d’une démocratie organique identitaire, où chaque composante du peuple albo-européen a une place à tenir, notamment la frange identitaire de la bourgeoisie.  A condition toutefois que cette dernière se mette au service exclusif de son peuple et abandonne un régime économique mondialisé, oligarchique et ploutocratique.

Jean-Patrick Arteault examine le peuple des Gilets Jaunes et la crise imminente.  Un peuple que cinquante ans d’ingénierie sociale permettaient d’escompter avoir été déstructuré et dissout, précisément pour rendre toute révolte impossible.  Les GJ donnent ainsi raison au philosophe Jean-Claude Michéa qui maintient que les gens ordinaires conservent une dignité non-négociable.  Les valeurs traditionnelles de la culture populaire des autochtones ont été déconstruites, dans les années 1960-70, par leur individualisme et par leur culpabilité supposée dans les malheurs du XXe siècle, par l’inquisition du politiquement correct et par la déstructuration de l’éducation.  Une immigration de peuplement, qui vise à briser l’homogénéité ethnique, fait concurrence à la main d’œuvre autochtone et dégrade ses conditions de vie.  On peut s’étonner dans ces conditions qu’une fraction aussi importante du peuple trouve assez de ressources pour se révolter.   Depuis une quinzaine d’années, les oligarchies ont brutalement accéléré le processus de destruction de l’Europe autochtone, soit qu’elles se soient crues toutes-puissantes, à moins qu’il s’agisse pour elles d’anticiper une crise majeure et de rendre les autochtones incapables de revanche. 

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L’auteur épingle cinq coups d’accélérateur : l’adoption du Traité de Lisbonne (malgré son rejet populaire) et le traitement brutal de la Grèce ; la crise financière de 2007 et sa facture reportée sur le peuple ; l’augmentation de l’immigration suite aux interventions en Libye et en Syrie ; la pastorale de la terreur climatique alors que le libre-échange planétaire multiplie les porte-conteneurs hyperpolluants ; le bouclage des classes populaires et moyennes de la France périphérique paupérisées.  Leur révolte n’est pas encore une révolution, mais ce n’est plus une simple jacquerie sociale. Elle génère des cadres tactiques.  S’il était intelligent, le régime composerait, au lieu d’osciller entre le pourrissement et l’autorité brutale.  Si le pire ne se produit pas d’ici là, un score faible aux européennes peut amener Macron à remettre son mandat en jeu, mais c’est peu probable.  Le véritable arbitre sera une crise financière et économique.  Il s’agit d’être là pour le jour d’après, avec les ‘intellectuels organiques’ de Gramsci. 

Robert Dragan dresse le relevé de tous les événements et manifestations liés à la révolte, depuis le 29 mai 2018, date où a été lancée la pétition en ligne pour abaisser le prix du carburant.  Elle avait, en novembre, recueilli un million de signatures.  La vidéo de Jacline Mouraud est vue six millions de fois.  L’Acte 1 a lieu le samedi 17 novembre.  Quelques manifestants pacifiques parviennent à proximité de l’Elysée.  L’Acte 2, le 24 novembre, réunit les syndicats de police et 700.000 manifestants dans toute la France (166.000 selon le gouvernement).  L’acte 3 met en place des ‘péages gratuits’ sur tout le territoire.  L’acte 4 mobilise 89.000 membres des forces de l’ordre.  1.723 interpellations, 264 blessés dont des éborgnés.  Acte 5 : baisse des présences, avec un policier pour un manifestant.  Acte 6 : moindre mobilisation.  Acte 7 : Etiage du mouvement.  Acte 8 : Regain.  Acte 9 : Nouveau regain.  Acte 10 : Nouveau regain.  Acte 11 : Le leader Jérôme Rodrigues est éborgné par une balle de LBD 40.  Acte 12 : Les manifestations parisiennes rendent hommages aux blessés et Hervé Ryssen dénonce un ‘grand remplacement’ de GJ par l’extrême gauche.

vb-buch.pngThierry Durolle interviewe Robert Steuckers à propos de la conférence que ce dernier a donnée à la bannière d’Auvergne sur le mouvement ethno-nationaliste ‘völkisch’, né en Allemagne de la crise bancaire de 1873 et d’une crise religieuse du protestantisme luthérien, à qui il était reproché d’être une religiosité étrangère plaquée sur l’âme européenne.  Le sociologue Henning Eichberg parlait d’une idéologie folkelig (ethniste) non-politisée, soit folcique, alors que folciste désignerait les mouvements allemands ultra-politisés.  Le mouvement fölkisch est né de l’euphorie de la victoire allemande de 1871 et d’une politique ultra-libérale qui a suscité une bulle spéculative dans un monde bancaire partiellement juif.  Les faillites et les tragédies familiales se multiplient.  La précarité suscite dés émigrations vers l’Amérique.  Le régime bismarckien rejette le libéralisme pur anglo-saxon.  Une dichotomie se marque entre le capital producteur des créateurs et le capital financier des ploutocrates.  Les syndicats ouvriers prennent de l’ampleur.  L’opposition contre les professions parasitaires prend une coloration antisémite.  Le poète Guido von List est une figure de l’ésotérisme folciste féru d’occultisme.  Plus consistante est la figure de Wilhelm Teudt, qui a découvert avant les archéologues les zones des sites cultuels préhistoriques et protohistoriques.  Paul de Lagarde fait retentir les mythes des Niebelungen et la poésie médiévale allemande qui avaient été occultés par le protestantisme.  Dans ses Deutsche Schriften,  il avertit contre l’Allemagne prospère, industrialisée à outrance, mais qui néglige les « besoins de l’âme ».  Il dénonce la « Lumpentheologie » d’un protestantisme ultra -réactionnaire et d’un catholicisme politisé.  Des lustres avant que Nietzsche ne proclame « la mort de Dieu », il impute à saint Paul de pervertir le message christique et veut rouvrir son peuple à sa religiosité naturelle. 

vb-buch2.jpgRobert Steuckers a évoqué le mouvement de la « Lebensreform », adventice au filon folciste et qui comporte nombre de ramifications, dont le mouvement colonial, le mouvement racialiste-hygiéniste, le mouvement eugéniste et les mouvements de jeunesse dont les Wandervögel, le végétarisme et le naturisme et un féminisme issu des religiosités nordiques pré-chrétiennes qui n’a rien de commun avec les Femens.  Le völkisch peut passer pour un écologiste avant la lettre, si on ne perd pas de vue qu’il défend à l’origine la petite paysannerie contre la ploutocratie financière.  Mais la défense des terroirs est aussi religieuse, réaction romantique au mécanicisme des Lumières.  Elle regarde au contraire les faits de nature comme une croissance chaque fois originale.  Alors que le mouvement socialiste soutient l’industrialisation et considère la protection de la nature comme un colifichet de luxe.  Le mouvement bio-régionaliste des terroirs du Heimatschutz est politiquement indépendant, bien que dans l’Allemagne de Guillaume II les frontières soient poreuses entre le culturel, le social et le politique.  Pour ce qui est de la spiritualité, les folcistes sont pénétrés de l’idée que la tradition germanique et européenne est immémoriale et qu’elle a été refoulée par la modernité.  Ayant lu Lagarde et Nietzsche, le pasteur Bonus est enthousiasmé par la mythologie germanique et scandinave et veut germaniser le christianisme.  Le dominicain rhénan Maître Eckhart (1260-1327), incarnation de la pensée germanique persécutée, a exercé une influence spirituelle majeure.  Sur le plan socio-économique, le folcisme, né de la grande crise économique, bancaire et boursière du laisser faire et laisser passer, veut une protection des producteurs,  paysannerie et  artisans, posés comme les meilleurs, contre les spéculateurs, lie du peuple, contre les parasitaires, parmi lesquels les praticiens du droit, jugés étrangers au réel, les fonctionnaires, les intellocrates et journalistes et les boursicoteurs.  Seules les strates des secteurs primaire et secondaire seraient représentées dans les assemblées.  Dans sa révolution conservatrice, Armin Mohler oppose la pensée völkisch au nationalisme soldatique des frères Jünger, qui escomptaient une guerre héroïque et loyale, alors qu’elle est désormais une guerre des matériels, la perfection de la technique acculant à une décélération, pour préserver les rythmes lents de la nature.  Le caractère extrême de la défaite de 1918 va susciter une virulence du militantisme, un radicalisme folciste de la part de plusieurs figures marquantes du futur mational-socialisme.  La crise de 2008, dont les banquiers sont responsables, rend actuel l’héritage folciste.

Alain Cagnat ressuscite par le détail l’épopée tragique de la migration des Hollandais dans ce coin de l’Afrique que Vasco de Gama a doublé en 1498.  Les Portugais, catholiques, l’ont laissé cultiver par des protestants hollandais.  L’histoire de ces Afrikaners se présente comme une collection d’images héroïques. 

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Dans cette zone de l’Afrique déserte d’autochtones, ce ne sera qu’à la fin du XVIIIe siècle que déboucheront des vagues de guerriers Xhosas.  Elles entrent au contact avec les Trekboers qui se sont avancés le plus au nord, jusqu’à la rivière Kei.  Au sud de celle-ci, leur antériorité sur les Noirs est incontestable.  En 1815, le Congrès de Vienne qui redessine la géographie en fait des sujets britanniques, ce qui a pour effet d’abolir le droit d’aînesse biblique qu’ils pratiquent et de fractionner leurs domaines.  C’est alors qu’ils subissent le choc de l’invasion zouloue, avec ses impis, des régiments de milliers de guerriers.  Mal traités par les Anglais, qui favorisent les Xhosas à leur détriment, ils s’engagent alors dans ce qui sera le mouvement fondateur de la nation boer, le Grand Trek. 

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Chargeant leurs biens sur des chariots traînés par des bœufs, ils esquivent Xhosas et Zoulous en partant vers le nord-est.  Ils inventent la tactique défensive du Laager, cercles concentriques de chariots qui offrent une défense efficace et permet aux Boers, excellents tireurs servis par leurs femmes qui s’affairent à recharger les armes, de faire des ravages : le 16 octobre 1836, une armée de 20.000 Ndébélés abandonnent sur le terrain 400 tués, alors que les Blancs n’ont perdu que deux hommes. 

Franchissant les montagnes du Drakensberg, l’armée boer atteint l’Océan Indien à Durban.  Le roi zoulou Dingane, feignant de négocier, a massacré la délégation non-armée des Boers et commis des atrocités.  Il en sera puni par le général Pretorius, qui l’affronte avec 470 Boers.  15.000 guerriers zoulous s’y cassent les dents sur son Laager et 3.000 restent sur le terrain .  Les raids zoulous auront coûté la vie à un millions de Noirs.  Victorieux, les Boers fondent la République indépendante du Natal. 

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Les Anglais débarquent en force et leur promettent une large autonomie, mais mangent bientôt leur parole.  Les Voortrekkers du Natal reprennent la route.  Ils rejoignent les 10.000 Boers du Transvaal et les 12.000 de l’Orange.  Ils font régner l’ordre, ce qui amène l’Angleterre à reconnaître l’indépendance de l’Orange et du Transvaal.  Entre temps, le roi Cetshwyao et ses 50.000 Zoulous menacent le Transvaal, à qui les Anglais proposent de les protéger contre une annexion provisoire.  Une armée de 16.000 Anglais est surprise dans son camp de base par les Zoulous qui en exterminent plus de 2.000.  Mais les Zoulous sont épuisés et les renforts anglais inépuisables.  C’est alors que les Boers se soulèvent, menés par Kruger, Joubert et Pretorius.  Leurs kommandos taillent en pièces le corps expéditionnaire des Britanniques, qui sont contraints de reconnaître la République indépendante du Transvaal, en 1883.  Ils anglicisent à marche forcée les provinces du sud. 

C’est à cette époque que sont découvert dans l’Orange les premiers diamants.  Aussitôt, sur ces terres amoureusement cultivées par de vertueux calvinistes se répand un tsunami obscène d’aventuriers sans foi ni loi, les Uitlanders (sans terre) qui deviennent plus nombreux qu’eux.  Ils se détestent mutuellement et, dans une situation bientôt explosive, le haut-commissaire Alfred Milner ouvre les hostilités de la deuxième guerre des Boers.  Les forces sont disproportionnées : 450.000 Britanniques suréquipés contre 52.000 hommes sans artillerie, mais très extrêmement mobiles, qui parviennent à tous les coups à étriller leur adversaire.  Mais ils commettent l’erreur d’assiéger les Anglais, qui resteront les maîtres.  C’est la fin de l’indépendance de l’Orange et du Transvaal.  Les Boers se reconvertissent dans la guérrilla, où ils sont comme des poissons dans l’eau.  Mais les Anglais suppriment l’eau : 35.000 fermes sont incendiées avec récoltes et bétail par dix mille auxiliaires noirs ; les hommes et les adolescents sont déportés hors d’Afrique ; 136.000 femmes, enfants ou vieillards et 115.000 serviteurs noirs loyaux sont parqués dans 58 camps de concentration où la mortalité a dépassé 17% !  Le 31 mai 1902, les Boers capitulent.  Ruinés, ils se prolétarisent.  Les Anglais favorisent l’immigration massive. Les Afrikaners ne sont pas racistes (Dieu qui a créé les races n’aime pas le métissage), ils sont paternalistes. 

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Soucieux de calmer leur ressentiment, les Anglais réunissent, en 1910, les provinces du Cap, du Natal, de l’Orange et du Transvaal dans un même état, l’Union sud-africaine.  Les lois raciales des Afrikaners expriment leur crainte d’être submergés.  En 1912, les Noirs qui commencent à s’organiser fondent l’ANC et le parti communiste en 1921.  La ségrégation est de plus en plus marquée, bien que, en 1936, la part des terres réservées aux Noirs passe de 7,8% à 13%.  En 1942, Nelson Mandela prend la tête de l’ANC au moment du Swartgevaar, menace des Noirs urbains qui deviennent plus nombreux que les Blancs.  En 1959, les extrémistes du Pan African Congress appellent à la désobéissance civile.  Dans le township de Sharpeville, la police débordée tire et fait 69 morts.  L’ANC et le PAC lancent une branche terroriste et sont interdits.  La République sud-africaine est alors exclue de l’OMS et de l’UNESCO et le leader de l’ANC reçoit le Prix Nobel de la Paix.  La République d’Afrique du Sud rompt ses liens avec le Commonwealth.  Le président Verwoerd est assassiné par un métis.  Son successeur John Vorster assouplit l’apartheid dans un vain souci d’apaiser la communauté internationale. En 1975, l’Angola et le Mozambique accèdent à l’indépendance et vont servir de base aux terroristes.  En 1976, Soweto se soulève.  La répression fait 600 morts.  En 1978, Botha remplace Vorster.  C’est un dur, mais il est contraint à l’ouverture et à abandonner les Rhodésiens aux hordes de Mugabé.  Heureusement, les rebelles se déchirent en trois factions : l’ANC dominée par les Xhosas et soutenue par l’URSS et Mgr Tutu ; le PAC, soutenu par la Chine et qui veut une Afrique sans aucun Blanc ; l’Inkatha, exclusivement zouloue.  Les Blancs subissent la terreur.  Ils se scindent eux aussi entre libéraux acquis à l’antiracisme, conservateurs résignés à l’ouverture et durs sans concession.  Malade, Botha est remplacé par de Klercq, lequel signe l’accord avec l’ANC et recevra bientôt, avec Mandela le Prix Nobel de la Paix.  La messe est dite !  Sur le plan économique, la RSA jusque là prospère ne fera bientôt plus partie des BRICS que pour mémoire.

dimanche, 17 février 2019

TERRE & PEUPLE Magazine n°78

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Communiqué de "Terre & Peuple - Wallonie":

TERRE & PEUPLE Magazine n°78

Le numéro 78 du TP Mag est centré sur le thème '1914-1918, la fin d'un monde'.

Dans son éditorial intitulé 'La cassure', Pierre Vial évoque la rupture entre le pays légal et le pays réel.  Il cite Jean-Claude Michéa, pour qui le gouvernement français, cynique, est prêt aux pires extrémités à l'égard de ceux d'en bas, et Michel Onfray, qui avertit que les institutionnels vont tout tenter pour déconsidérer la démocratie directe des Gilets Jaunes, comme ils l'ont fait hier pour les Bonnets Rouges.

Dans les brèves, celle qui traite des Camps de la mort d'Eisenhower cite le numéro 239 de la Lettre de Jeune Nation, avec le témoignage de Martin Brech, un jeune soldat américain qui a été gardien d'un camp de prisonniers de guerre allemands, à Andernach, en 1945.  Ils y étaient parqués en plein air, sans abri et sans couverture.  La mortalité y était effarante.  "Il y avait, parmi les gardiens, des tueurs de sang-froid, animés d'une haine qui se voulait morale : les Allemands étaient des sous-hommes qui méritaient d'être exterminés."

Pierre Vial poursuit son étude 'Un modèle identitaire : les Juifs'.  Leur dernière révolte armée a lieu sous l'empereur Hadrien, lequel leur avait interdit la circoncision et avait voué la ville de Jérusalem à Jupiter, la rebaptisant Aelia Capitolina.  Grâce à un large appui populaire, la ville tombe aux mains des révoltés qui voient là une confirmation de la protection divine.  Hadrien réagit vigoureusement : Jérusalem est nettoyée et les rebelles sont traqués jusque dans le désert.  Des centaines de milliers de Juifs sont tués et les survivants sont vendus comme esclaves.  Jérusalem, repeuplée par des Gentils, est interdite aux Juifs.  Le centre de la vie juive se déplace alors en Galilée, épargnée par les troubles.  Un groupe de sages y fonde, à Jabneh près de la côte, un nouveau Sanhédrin dont l'autorité s'étend bientôt à toute la Diaspora.  Au cours des siècles suivant, il s'emploiera à codifier la tradition sous deux formes: le midrash (méthode didactique) et la Mishna (forme écrite) dont l'autorité s'imposa vite et fit l'objet de commentaires écrits dans la Gemara.  Mishna et Gemara forment le Talmud.  Les parties normatives du Talmud constituent la Halacha et les parties narratives la Aggada.  On observe alors un repli d'Israël sur lui-même.  Sa religion cesse d'être missionnaire, les catastrophes de 70 et de 135 ayant éveillé la haine du Gentil.  L'identité juive, brimée en Palestine, s'affirme alors dans les grandes villes de la Diaspora, Antioche, Alexandrie, Rome, où les Juifs disposent d'organisations propres (juridictions, cimetières, etc), dans un isolationnisme méprisant.  Avec la disparition du patriarcat, en 425, le centre du judaïsme se déplace hors de l'Empire, en Mésopotamie.  La traduction grecque de la Bible des Septante est récupérée par les chrétiens en même temps que les prétentions universalistes.  Constantin avait promulgué des lois contre le judaïsme et il avait construit, sur les hauts-lieux de Palestine, des églises qui deviennent des centres de pèlerinage.  Au moyen-âge, ils seront des terres d'islam, où les chrétiens deviennent en tant que monothéistes des dhimmis (protégés) contre le paiement d’un impôt.  Les Juifs sont autorisés à revenir à Jérusalem, mais c’est à Tibériade que s’installe une Yéshiva (académie), bientôt considérée comme l’héritière légitime du Sanhédrin et dont le Gaon qui la préside fixe le calendrier des fêtes pour les Juifs du monde entier.  Sous la dynastie chiite des Fatimides (969-1029), les Juifs occupent des charges officielles, certains devenant même des ‘Juifs de cour’.  En Espagne, la Reconquête chrétienne et le règne des dynasties fanatiques Almoravides et Almohades incitent nombre de Juifs à se réfugier dans le nord chrétien.  Toutefois, au XIIIe siècle, le roi Jacques 1er leur impose un signe distinctif infamant, que le pape Innocent III appliquera à tous les Juifs, peuple non plus élu de Dieu, mais indigne.  L’Eglise défend de persécuter les Juifs, mais juge juste de les maintenir dans un statut d’infériorité.  En France, les Juifs sont protégés.  On leur confie des fonctions -ils prêtent à intérêt, ce qui est interdit aux chrétiens-, mais ils sont lourdement taxés en échange de cette protection.  Les ashkénazes, qui parlent yiddish (dérivé de l’allemand), vivent en Allemagne, Bohème, Pologne et Russie, sur les grands axes commerciaux, Rhin, Danube et Elbe, où ils obtiennent la liberté de culte et des quartiers séparés.  En Allemagne, ils sont protégés par l’Empereur, mais ne peuvent pas porter d’armes.  En Angleterre, ils sont prêteurs à intérêt et le roi Henri II doit au banquier Aaron de Lincoln l’équivalent d’une année de l’impôt royal.  Mais Edouard Ier, un siècle plus tard, interdit aux Juifs d’encore prêter et peu après les expulse, comme l’avait fait en France saint Louis IX.  En Espagne, la Reconquista terminée, les rois d’Aragon et de Castille ordonnent aux juifs de se convertir ou de partir, ce qui donne de l’ampleur à la catégorie des Anoussim (forcés), ces conversos qu’on désigne de préférence par le terme disqualifiant marranos (cochon).  Certains marranes zélés se sont intégrés à la hiérarchie ecclésiastique, dont le Dominicain Tomas de Torquemada, moteur de l’Inquisition.  Aux XVIe et XVIIe siècles, de nombreux marranes croient préférable de quitter l’Espagne, dont un grand nombre s’installent en France, en particulier à Bayonne et à Bordeaux.  Des marranes ont accompagné Christophe Colomb, lui-même descendant de Juifs convertis.  Il a accueilli de nombreux Juifs à la Jamaïque.  Au XVIe siècle, un grand nombre de marranes s’établissent au Mexique et au Brésil, alors portugais.  Mais, quand les Hollandais s’emparent de ces territoires brésiliens, ces marranes reviennent ouvertement au judaïsme.  La reconquête par les Portugais provoque un grand départ des Juifs du Brésil, dont un groupe fonde la Nouvelle Amsterdam, ensuite rebaptisée New York.  La tolérance des protestants hollandais fait affluer les marranes à Amsterdam.  Au XVIIe siècle, la communauté juive d’Amsterdam est la plus importante de l’Europe de l’ouest.  Elle sera bientôt renforcée par les ashkénazes qui fuient les pogroms de Pologne.  Les sépharades d’Amsterdam forment une classe de négociants internationaux.  L’imprimeur érudit Manasseh ben Israël, marrane espagnol réfugié à Amsterdam, persuada Cromwell de permettre aux Juifs de revenir en Angleterre.  Le philosophe Baruch Spinoza, fils de marranes portugais réfugiés à Amsterdam, applique son rationalisme à une critique de la Bible poussée jusqu’à mettre en doute la révélation divine, inséminant en Europe des courants de pensée qui déboucheront sur des remises en cause auxquelles les Juifs prendront une large part.

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Jean-Patrick Arteault poursuit son exposé sur ‘L’identité et le communautarisme albo-européen’ : soit nous réalisons un saut qualitatif soit nous disparaissons. 

Préalable à notre quête : un réalisme débarrassé de toute nostalgie, car la population a changé en esprit.  Telle la médecine de champ de bataille, nous ne pourrons pas sauver tout le monde.  Avec ceux qui sont proches, contentons-t-nous de coopérer sur l’un ou l’autre point et ne gaspillons pas d’énergie à tenter de les séduire.  Avec ceux qui sont sains, mais baignent dans le mainstream, il faut les convaincre avec les formes qu’ils peuvent admettre.  L’enjeu de la renaissance est là.  Terre et peuple, sol et sang sont essentiels à condition d’y joindre l’esprit, mais seuls le sang et l’esprit, la Race et la Vision du monde, sont indispensables, alors que la Terre, le continent européen, ne l’est pas et ne l’a pas toujours été.  Modèle du peuple juif : quand l’Esprit se souvient, la race se maintient et la Terre peut être recouvrée.  Partir est peut-être une option.  L’acte de guerre le plus efficace est de fonder une famille nombreuse éduquée dans la vision albo-européenne, car deux éléments décisifs sur le long terme sont la démographie et l’éducation.  Or l’Afrique est en explosion démographique et l’Europe en implosion : des jeunes avides face à des vieux repus.  Un nombre faible ne peut l’emporter qu’avec une volonté forte de la population pour soutenir ses gouvernants contre ses moralistes.  Le cran a manqué jusqu’ici pour faire taire les renégats.  Ce qu’ose Viktor Orban, nos ‘élites’ l’ont refusé et le Grand Remplacement est en voie de réalisation.  En 1965, 85% de la population des Etats-Unis étaient d’origine européenne.  Au cours de la décennie 2030-2040, elle passera sous la barre des 50%.  Ce qui empêche les Albo-Européens de faire les choix qui assureraient leur survie, c’est leur vision du monde.  Elle semble se fixer entre leurs 15 et 25 ans et il y a peu de chance d’assister par la suite à un virement de bord.  Les vrais basculements idéologiques sont lents.  ll faudra inévitablement une période pendant laquelle le destin des Albo-Européens sera en risque et encore faut-il un processus de survie communautaire dès maintenant.  Il faut commencer par envisager les scénarios possibles.  Il n’y en a en réalité qu’un seul, avec des variantes selon le contexte économique, financier, géopolitique et la capacité du système en place à contrôler correctement, faiblement ou pas du tout.  La première variante est celle de l’effondrement du Système occidental.  Hypothèse à ne pas négliger, elle n’est pas la plus probable et elle est démobilisatrice.  On envisagera plutôt une succession de crises, plus ou moins bien gérées, qui aggraveront la situation des classes moyennes et populaires autochtones.  La gestion d’une société multi-ethnique absorbe un volume énorme de ressources, notamment l’achat du calme dans les banlieues, l’assistance médicale, la restauration des destructions, la sécurité et le gardiennage éducatif et pénitentiaire. Il faudra probablement encore lâcher du lest.  Si le régime n’arrose plus, les allochtones seront tentés de se payer sur la bête.  Le scénario le plus probable est la libanisation du territoire entre les diverses communautés ethno-religieuses, dans des relations pacifiques ou conflictuelles selon les moments et les sujets, sous l’égide d’un état qui tente de représenter le pays en les contrôlant ou en s’en faisant contrôler.  Les autres éventualités sont la mort, la soumission ou la fuite vers l’Est.  Le communautarisme est un principe d’organisation général.  La question fondamentale aujourd’hui est : les Albo-Européens seront-ils demain contraints à l’exil, voire éliminés ?  Le communautarisme, qui est à la fois la base de l’organisation sociale et celle du fédéralisme politique, est régi par deux principes : l’auto-organisation et la subsidiarité, le tout inscrit dans une vision du monde holiste (non-individualiste) et enracinée (non-univeraliste).  Mais l’unité dans la diversité est un problème délicat et les empires historiques ont échoué, notamment l’Empire austro-hongrois.  L’état royal fonctionnait selon le principe de subsidiarité.  L’organisation communautariste était la règle jusqu’à la Révolution française.  Un modèle communautariste et fédéraliste n’est pas impensable pour le nouveau projet continental, mais l’invasion migratoire n’a pas amélioré la donne.  Il ne s’agit pas que de survivre, mais de redevenir l’aile marchante de nos peuples.  Notre premier devoir est de transmettre la vie en abondance par des familles nombreuses, à qui transmettre en les éduquant, tout en apprenant à dissimuler, car le classement social se fera sur la base du corpus idéologique de l’adversaire.  Il faut éduquer dans une double pensée à un savoir caché propre à la communauté des Albo-Européens, car 99% du corps enseignant est hostile, tout en se gardant des camarades qui ne sont pas sûrs.  Il faut enseigner qu’il faut s’exercer au combat, mais refuser l’affrontement quand on est en infériorité, secourir les nôtres qui sont attaqués, mais décrocher.  Il faut regarder en face la guerre qui s’impose à nous, mais suivre le modèle d’Ulysse, prudent et rusé, plutôt que celui d’Achille.  Il est recommandé d’éduquer aux sports de combat (en équipe : rugby), à la langue russe et au cyrillique, aux codes de l’orthodoxie et aux métiers techniques universellement utiles et aux apprentissages manuels pratiques et utiles.  On ne peut envisager de survivre en autarcie sur la base d’une famille ou d’un petit groupe, mais bien d’augmenter sa résilience.  Toutefois, en cas de crise violente débouchant sur une libanisation, nos réseaux et BAD ne suffiront que s’ils sont capables de devenir des noyaux de protection à l’image des mottes féodales.  Cela ne peut s’envisager qu’à l’écart des zones périurbaines et des axes de circulation.  L’idée de Base est liée à celle du clan et de la colonisation.  Autonomie ne signifie pas autarcie : la BAD est le nouveau noyau politique, qui doit fonctionner en système avec d’autres BAD pour augmenter la résilience aux chocs des crises, pour revenir à l’équilibre et réduire les risques d’effondrement.  Il est prudent de se garantir aujourd’hui un mois de survie, ce qui devrait suffire au système pour retrouver un certain équilibre. S’il ne l’a pas retrouvé, ce n’est plus une simple crise et il faut craindre que chacun doive trouver à s’adapter comme il le pourra, seul ou en groupe, s’il est encore vivant.  Il faut tout faire pour que la dégradation soit progressive et coïncide avec notre renforcement.  BAD et Clan ne sont que des points d’appui défensifs, tournés vers l’intérieur.  Il faut aussi développer une dynamique conquérante, vers l’extérieur, en mettant en œuvre l’esprit (puissance spirituelle et/ou intellectuelle), la force (capacité de contraindre) et l’argent (puissance matérielle) et en procédant en réseau d’abord dans les domaines pratiques, par la collaboration, l’entraide, la réciprocité, la discrimination positive. Il y a beaucoup à apprendre du modèle juif.  Sauf à se reconnaître une infériorité, les Albo-Européens devraient en être capables.  Après les domaines pratiques, il y a ceux de l’éducation, de la transmission culturelle, de la création intellectuelle.  Nous avons nos chances comme les autres.  Là où il y a une volonté, il y a un chemin.

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Pierre Vial ouvre le dossier central ‘1914-1918, la fin d’un monde’, en rappelant que la ‘victoire’ n’était que la première étape d’une descente des peuples européens aux enfers, par la faute d’élites irresponsables ou perverses.  Ebranlées, les structures européennes ont subi après 1945 les pressions déterminantes de l’omnipotente ploutocratie.  Les Européens se sont retrouvés sous la pesante hégémonie de leurs alliés américains.  Pourrons-nous faire renaître de ses cendres le phénix ?

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Jean-Patrick Arteault dévoile ‘Les origines secrètes de la Première Guerre Mondiale’ à partir du livre que les historiens écossais Gerry Docherty et Jim McGregor ont consacré aux révélations de Caroll Quigley dans son ‘Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine’.  Il y précisait le rôle de celle-ci dans les événements qui ont préparé et provoqué la guerre, notamment la part de ce que Quigley appelle le Groupe de Milner et qu’ils nomment l’Elite secrète.  L’article complète l’étude fouillée du même auteur parue dans les numéros 43, 44, 45, 46, 47, 49, 50, et 60 du TPMag sur le rôle de Cecil Rhodes, d’Alfred Milner, de Reginald Brett et du ‘Jardin d’enfants de Milner’.  Les deux historiens dévoilent la responsabilité écrasante de ceux-ci dans la guerre de destruction à mener contre l’Allemagne et le rôle insoupçonné du Prince de Galles, le futur Edouard VII.  A la différence de la Reine Victoria, grand-mère de l’Empereur Guillaume II qu’elle adorait, le Prince était violemment germanophobe comme son épouse la Princesse Alexandra de Danemark.  Viveur et friand de ‘petites femmes parisiennes’, fêtard et panier percé, il a été une proie facile pour les financiers de l’Elite secrète, dont Nathaniel de Rotschild à qui il ouvrira ensuite des marchés internationaux.  Mais le viveur dissimulait, en même temps qu’une vive intelligence, culture, don des langues et sens de la diplomatie : recruté par l’Elite secrète, il en devint un des principaux animateurs.  Il a été l’acteur capital de l’Entente cordiale avec la France, signée le 8 avril 1904 malgré un contentieux historique chargé (envenimé en 1898 par l’Affaire de Fachoda qui avait failli tourner au conflit armé !).  Soucieuse de conserver la maîtrise des mers et du commerce international, l’Elite secrète est consciente de la menace de la puissance russe montante vers la Méditerranée sur les lignes de communications vers les Indes et vers l’Asie centrale.  Elle redoute la constitution d’une grande puissance continentale qui pourrait devenir une concurrente maritime.  Elle anticipe sur la théorie du géopolitologue écossais Halford J. Mackinder  ‘Qui domine le continent européen domine l’île mondiale (l’Eurasieafrique) et contrôle le monde’.  Il était urgent d’empêcher l’union d’un Heartland de l’Allemagne à la Russie.  L’Angleterre manquait de soldats pour affronter l’Allemagne.  L’obsession française à l’endroit de l’Alsace-Lorraine a servi de levier pour son Entente cordiale.  Il s’agissait de plus que la Russie et l’Allemagne soient ennemis.  En août 1907, l’Elite secrète obtient une convention anglo-russe, base d’une alliance contre l’Allemagne, ouvrant l’accès à un nouveau réservoir de chair à canon.  L’Empire allemand soutenait l’Empire ottoman déliquescent, que les Britanniques souhaitaient démembrer pour des motifs pétroliers.  On n’attendait que le brulot balkanique pour mettre le feu aux poudres.  L’Elite secrète n’a certes pas programmé la guerre avec ses millions de morts, mais elle l’a préparée et ses objectifs ont été globalement atteints.

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Pierre Vial rappelle que le paysan est l’homme du pays, enraciné dans la terre de son pays, mais aussi dans le peuple de ses pays et payses.  C’est cela que les apôtres du déracinement veulent voir disparaître.  Le Grand Suicide de 1914-1918 y a porté le premier coup, témoins les monuments aux morts dans les villages. A joué ensuite le mirage de la vie citadine, surtout sur les jeunes filles, ce qui a éteint les lignées : sans successeur, à quoi bon s’échiner.  Mais le monde paysan n’est pas mort sans avoir réagi.  Pierre Vial cite Henri Dorgères, fils de boucher qui, en 1926, devient journaliste et dirige Le Progrès Agricole de l’Ouest, autour de qui s’organise les comités de défense paysanne, les ‘Chemises vertes’ et qui publie un livre ‘Haut les fourches !’  Chaud partisan de Mussolini, Dorgères a fait l’objet de 69 inculpations.  Il qualifiait de ‘Maréchal paysan’ Pétain qui avait dit ; « La terre, elle, ne ment pas. »  Il n’en a pas moins été élu ensuite député poujadiste et il a créé le Rassemblement paysan.  C’est toutefois à cette époque que l’exploitation capitaliste a fait des paysans des ‘exploitants agricoles’ et que le Crédit Agricole les a encouragés à s’endetter pour réaliser des productions intensives, rendant les agriculteurs prisonniers d’un système où des manipulateurs cassent les prix comme les consciences : le MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne) très ancré à gauche a organisé des formations au marxisme !  Aujourd’hui, la mise en place de structures communautaires autour d’une économie localiste axée sur des produits de terroir ouvre une voie de salut au monde paysan.

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Robert Dragan accuse la Révolution moderne de ‘Destruction programmée de la famille’.   Il souligne les fragilités de l’espèce humaine -les périodes de fécondité des femelles sont brèves ; pas plus que les mâles, elles ne sont pas monogames de nature ; elles sont plus dépendantes, non seulement durant les grossesses, mais surtout pendant la très longue période où les petits ne sont pas encore autonomes.  Il en conclut : la société est une nécessité vitale.  Les femmes ont intérêt à diversifier leurs partenaires dans des petits groupes d’apparentés sur trois générations pratiquant l’entraide et la division des tâches.  Ce qu’Aristote définissait déjà par « l’homme est un animal politique ».  Dans nombre de société primitives, le matriarcat (de la mère centre du foyer) a précédé le patriarcat (lié à la guerre).  Dans la société guerrière indo-européenne, le guerrier structure la société, démocratique comme aristocratique (voir Athènes et Rome).  Un frein est mis à son vagabondage sexuel et les femmes deviennent gardiennes de la pureté lignagère et du type du mâle à convoiter.  Les modernistes fustigent ce type civilisationnel, qui se pratique chez les sémites arabisés, les Turcs, les Mongols.  Les féministes affirment avec Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient, » prétendant que les caractères et dispositions des deux sexes seraient semblables, indépendamment de la testostérone, et que les différences seraient le produit, dans l’enfance, d’un conditionnement qui vise à inférioriser la femme et maintenir la domination masculine sur la société :  le patriarcat est immoral et infondé.  La Révolution française a légalisé le divorce, introduisant une redistribution constante, qui a libéralisé les rapports dans le sens d’une consommation sexuelle récréative.  En 1918, Lénine promettait que, dans l’Etat socialiste, le rapport sexuel serait aussi simple que consommer un verre d’eau.  On n’a su que faire des orphelins nés de cette ‘liberté’.  Avec la pilule, l’Occident du XXe siècle a pu s’offrir les joies d’une copulation sans frein.  Les mères célibataires bénéficient de diverses aides sociales.  La GPA (gestation pour autrui) vient compléter le mariage homosexuel et néglige les névroses identitaires des enfants ainsi conçus.  La libération sexuelle a créé plus de frustration que d’épanouissement, a multiplié les divorces et les familles monoparentales ou recomposées et perturbé un nombre énorme d’enfants, avec des répercussions sur l’apprentissage scolaire et le risque d’abus sexuels.  La recherche d’un partenaire stable est le problème majeur.  L’âge moyen (immigrées comprises) des accouchées de leur premier enfant est trente ans !  Comment, avec des passés encombrés, assurer la stabilité de vie des enfants futurs ?  La presse féminine, qui est féministe, préconise la recherche du bonheur et la « beauté de l’histoire » et, pour les enfants, les services sociaux et les grands-parents.  L’enfant moderne ne connaît guère ses grands-parents et juge leur expérience négligeable et, dans bien des cas, elle l’est.

Celui de nos amis qui signe Thodinor prononce une imprécation majeure contre les acteurs de la ‘décomposition anthropologique’ de la France et contre l’état qui persécute la famille française et la philia, cette amitié confiante, dont les racines sont nécessairement tribales.  Il rappelle le postulat de l’Ecole de Francfort : « La communauté juive sera toujours menacée dans une société homogène blanche. »  Et aussi le Nouvel Ordre Mondial promis par Josiah Macy, avec la programmation d’un homme anti-autoritaire, le zombie blanc fabriqué avec du LSD, du titytainment et de l’Etat de droit.  Il cite Carl Schmitt (Tout droit est le droit d’un peuple particulier) et Guillaume Faye (Le nous, c’est l’héritage des ancêtres plus l’avenir de nos enfants.)

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Jean-Patrick Arteault souligne, dans le dernier ouvrage de Jean-Yves Le Gallou ‘Européen d’abord’, son essai sur la préférence de civilisation liée au peuplement ancestral de l’Europe.  Ciblant clairement l’invasion migratoire, Le Gallou avait jusqu’ici surtout mis en exergue la préférence nationale.  Une réserve toutefois sur son jugement relatif à l’atout du christianisme.  On comprendra les raisons tactiques de ce choix par le risque d’interruption volontaire de civilisation que présente l’islamisation : dans les milieux identitaires que ciblent sa fondation Polemia et son émission sur TV Libertés, la conscience chrétienne opère en effet un retour.  On doit toutefois se demander si le christianisme en général et le catholicisme en particulier sont des bons points d’appui dans la bataille pour la civilisation européenne.  Dans les valeurs basiques de celle-ci, la pluralité des opinions et le débat ne furent que tardivement des valeurs chrétiennes.  Ensemble de religions universalistes dont la principale, le catholicisme, porte même ce trait dans son nom, le christianisme n’a aucun caractère identitaire spécifiquement européen.  Saint Paul ne dit-il pas aux Galates : « Il n’y a plus ni Juifs ni Grecs, ni homme ni femme.  Vous êtes tous un en Jésus-Christ, postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse. »  Mais Jean-Yves Le Gallou a raison d’insister sur l’empreinte chrétienne dans l’art et la culture européens.  La forme prise par cette empreinte n’est-elle pas le résultat d’un compromis entre la vision populaire native et le discours chrétien des autorités, un long combat de la réforme grégorienne à Vatican II ?  Si la culture chrétienne porte une partie de l’esprit européen, ce serait plutôt malgré le christianisme, ce que le cosmopolitisme du pape François ne peut que confirmer, faisant plutôt partie du problème que de la solution.

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Didier Carette passe en revue l’œuvre du cinéaste-poète Andreï Tarkovski, qu’il qualifie de soviétique sans être communiste, son avant-garde étant l’art de la révolution et non celui de l’Etat.  Tarkovski est l’auteur de sept films, dont une brochette a décroché des distinctions internationales, notamment Andreï Roublev, sur la vie d’un peintre d’icônes du XVe siècle, mouvementée entre invasions tatares, survivances païennes et sectarismes.  Le film vaudra à son auteur trois années d’exil.  Solaris, réplique à 2001, Odyssée de l’espace, décrochera un prix à Cannes en 1972.  Le Miroir, en 1975, consacre ses différends avec les autorités : il sera déprogrammé au festival de Moscou.  Stalker, en 1979, présente la Zone tabou où subsistent les traces d’un passé mythique oublié depuis une destruction inexpliquée d’une tradition qui aurait préféré la futilité aux valeurs sacrées.  On y pressent cependant l’espérance d’une renaissance.  Tarkovski, qui a alors été invité par la RAI, s’installe en Italie pour collaborer avec le dialoguiste d’Antonioni à un nouveau film, Nostalghia.  L’oeuvre traite de la crise de civilisation de l’Ouest, faillite de l’intelligence et progrès illusoire.  Il obtient un grand Prix à Cannes en 1983.  C’est alors qu’Ingmar Bergman invite Tarkovski en Suède, où il va réaliser son dernier film, Le Sacrifice.  Tarkovski meurt en 1986 d’un cancer du poumon ?  Il n’a encore que 54 ans.

Jean-Patrick Arteault épingle le jeune philosophe coté de Science Po Gaspard Koenig, qui a jugé le moment venu d’approuver l’idée, pas toute neuve, de légaliser le cannabis.  Outre la garantie de qualité et de sécurité sanitaire des produits, la mesure aurait la vertu de transformer racailles et malfrats en honnêtes exploitants, en réintégrant dans les circuits officiels et fiscalisés des centaines de milliards de dollars, et de policer des maffias, oligarchies en voie d’émergence.  Il y a aussi que l’innovation technologique dans les industries de masse rend surnuméraire une fraction inutilisable de la population.  Le cannabis est réputé pour ses effets calmants inhibiteurs d’énergies.  Depuis 1995 déjà, Zbigniew Brzezinski prescrit le Titytainment pour calmer les angoisses existentielles et désamorcer les révoltes des masses inutiles : Peace and Love

mercredi, 05 décembre 2018

Entretien avec Pierre Vial, président de Terre et Peuple

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Entretien avec Pierre Vial, président de Terre et Peuple

Propos recueillis pas Daniel Conversano,

novembre 2018

 
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jeudi, 06 septembre 2018

Terre & Peuple magazine nos. 75 & 76

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Communiqué de "Terre & Peuple-Wallonie"

TERRE & PEUPLE Magazine nos 75 et 76

Le numéro 76 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré sur le thème ‘Vivre ensemble ?

Pierre Vial, dans son éditorial intitulé ‘Yankees go home’ remarque que le retrait des Etats-Unis du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, après leur retrait de l’UNESCO, ne fait que confirmer la politique unilatéraliste et isolationniste de l’axe Washington-Jérusalem.  « Sous les airs de clown parano qu’ils se donne, Trump surfe habilement sur les caractères profonds du tempérament yankee, mélange d’évangélisme niais et d’impérialisme marchand. »

Karine Champy réussit avec éclat un exercice de haute voltige qui revient à suggérer que le temps, esprit du Cronos, n’existe pas pour nous malgré tous les sabliers pour le mesurer.  En opposant le temps abstrait, scandé par l’horloge à calculer, et les temps concrets, ceux que nous vivons.  A cette procédure, elle fait comparaître des témoins prestigieux, dont Pascal et Heidegger, Lewis Mumford et Christiaan Huygens (voir le dictionnaire, lequel ne se résume pas).

Pierre Vial ouvre le dossier central ‘Vivre ensemble ?’ par le contre-exemple du melting pot américain, image d’Epinal démentie par les faits.  Ce qui a donné naissance au peuple américain, c’est tout ce qui, en Europe, ne supportait pas l’Europe, les puritains, protestants, pères pèlerins fuyant la dépravation, tous nourris de culture biblique, qui fuient vers cette nouvelle Terre Promise.  A l’entrée, ils y planteront la statue de la Liberté qui annonce, à l’intention des paumés de la terre, piétistes allemands, Mormons, Hamish : « Mon flambeau les guidera au seuil des portes d’or. »  Pour faire fructifier le nouveau Canaan, tous oublieront leurs racines et souvent leur langue maternelle, leur succès étant la marque de l’approbation divine.  Ils sont hypocrites, car leurs principes républicains d’égalité ne s’embarrassent pas de contradictions : les pères de l’indépendance avaient des esclaves et Lincoln lui-même, malgré l’abolition, se déclarera opposé au droit de vote pour les Noirs et aux mariages mixtes.  Le génocide des Indiens est plus hypocrite encore et il faudra des Américains comme le cinéaste d’origine irlandaise John Ford pour leur rendre justice : « Nous les avons roulés, volés, tués, assassinés, massacrés. »  L’auteur épingle au passage les personnages qui peuplent la littérature populaire et le cinéma américains : le gangster, le policier véreux, le politicien vendu…  On a les héros qu’on mérite.  Pas sur les champs de bataille en tout cas.  Les Yankees n’ont prévalu qu’au prix d’une guerre civile souvent atroce pour les Sudistes.  En réalité, ils redoutent l’esprit guerrier.  Ils ne consentent à se risquer que sur des terrains préparés où tout a été pulvérisé et réduit en cendres.  Ils supportent mal le choc de la réalité et la défaite au Vietnam leur est apparue injuste.  Ils sont adeptes de ‘peace and love’.  Et ne pensons plus qu’à faire du dollar.  Mais il reste le problème noir, qui paraît insoluble.  La discrimination positive bafoue le sacro-saint principe d’égalité républicaine.  Elle n’empêche pas l’africanisation des grandes villes et les émeutes périodiques avec violences, incendies et pillages, dont la médiatisation ne manque pas de susciter des vocations chez nous.

Alain Cagnat s’applique à définir le vivre ensemble par l’opposition de deux extrêmes :  une métropole du vivre-ensemble, Marseille, et la vie ensemble dans un petit village de la Provence de Giono, de Pagnol, de Mistral, si petit que la chapelle n’est plus desservie, ce qui convient aux habitants qui n’ont aucune envie d’être divisés entre cagots et laïcards.  Ils ont, au contraire, l’habitude d’être solidaires, tel ce 31 juillet 1989 quand la canicule et un Mistral de 120 km/h ont déchaîné la fournaise sur les collines boisées.  Tout le village a passé l’hiver à déboiser et replanter.  Entre temps, quand les colères brutales de la Durance noient les gens des bas, les gens des hauts les recueillent en attendant la décrue.  C’est cette solidarité qui fait que tous se retrouvent ponctuellement autour de la stèle du monument aux morts, qui porte quinze noms pour la grande Guerre (et un seul pour la dernière).  Et qui fait que le Front National fait ici un carton, « alors qu’il n’y a encore ni Maghrébin ni Noir ! ». Mais qui fait aussi que personne ici ne descend jamais à Marseille.  Car la ville de Raimu et de Fernandel est devenue le melting-pot de cent soixante dix nationalités, le laboratoire du ‘vivre-ensemble’, lequel est le contraire de la vie ensemble.  C’est l’enterrement des utopies républicaines d’assimilation et d’intégration des étrangers et le triomphe du communautarisme:  les allochtones sont encouragés à conserver leurs modes de vie et les autochtones à s’y adapter.  Cela aboutit à une mosaïque de ghettos, zones de non-droit gouvernées par des caïds et gardées par des petites frappes armées jusqu’aux dents.  Marseille n’est qu’un modèle du genre, qui compte en France huit cents zones où l’Etat  est incapable d’assumer sa mission de sécurité civile.  Dans le même temps, tout est rentré dans l’ordre musulman, car les grands frères ont remis leurs parents dans le droit chemin et voilé les beurettes, quand elles ne sont pas renvoyées au bled, mariées de force et parfois excisées.  A l’heure de la prière, la circulation de certaines artères s’arrête.  Ce n’est pas la concorde pour autant car il y a rivalités et surenchères entre Frères musulmans, salafistes et wahabites.  Une minorité de souchiens s’accroche, qui ne se résignent pas.  Tandis que les traitres des élites, marxistes égalitaristes, trotskistes internationalistes, patrons capitalistes et chrétiens universalistes, persistent à prêcher qu’il faut être hospitalier.  Leurs réseaux oeuvrent, en toute illégalité, avec l’indulgence des tribunaux, à l’invasion, distribuant des manuels du migrant avec les astuces pour faciliter la tâche et obtenir les aides sociales.  Tout cela au mépris des règles de contrôle sanitaire et des avertissements de l’OMS : des maladies depuis longtemps éradiquées sont réactivées (gale, variole, tuberculose).  Le choléra, la peste, les maladies vénériennes font peser des menaces graves.  Mais il y a également la menace sur la santé sociale : les pays où cohabitent des communautés inassimilables (ancienne Yougoslavie, Balkans, Ukraine) sont des foyers de guerre civile.  Quant aux pays métissés (Etats-Unis, Brésil), le racisme y est présent dans toutes les communautés.  Un tel avertissement fait aussitôt traiter celui qui le tient de raciste !  Depuis l’épuration, une clique a pris le pouvoir par une dictature soft, qui muselle toute opposition, mais ils ne nous feront pas taire : Ne baissez pas les yeux !

Robert Dragan a recueilli le témoignage d’un paysan breton qui a vécu l’expérience des Zadistes NDDL.  Il les classe en deux catégories :

  • Les lettrés, issus des facs, anciens enseignants, très politisés, organisés, agressifs (surtout les femelles), d’orientation LGBT, antispécistes, antifa. Ce sont des professionnels de la révolution, devenus très efficaces avec le temps. Ils occupent les maisons
  • Les gens de la rue, punks à chiens, anarchistes volontairement peu organisés, chair à canon des premiers. Certains sont érudits.  Ecologistes de surface avec une incroyable capacité à souiller l’environnement.

Les deux factions se méprisent comme elles méprisent le pays et ses habitants.

Jean-Patrick Arteault rapproche une série de définitions du néologisme ‘vivre-ensemble’, dont celle du Dictionnaire de Novlangue, pour qui l’oligarchie feint de préconiser la cohabitation harmonieuse, alors qu’elle provoque le communautarisme et l’individualisme, son admonestation ne s’adressant qu’aux autochtones.  Et celle de Paul-François Paoli, qui juge que c’est le plus niais des stéréotypes : hormis l’instinct de conservation, l’instinct sexuel et les affinités de tous ordres qui génèrent une compatibilité d’âme, les humains ne font que se supporter : « Le prêchi-prêcha des clergés divers, qui affirment la beauté de la diversité tout en s’en prémunissant, est indécent. » Il s’agit soit d’un concept d’une banalité affligeante, soit d’une arme de déstructuration massive des blancs d’Europe et des primo-colons d’Amérique du Nord et d’Océanie.  Le message n’est pas adressé aux blancs d’Israël.  Ni aux blancs d’Afrique du Sud, où l’assassinat d’un noir par un blanc provoquerait un séisme, alors que l’inverse est reçu comme simplement normal.  Pour l’auteur, la généalogie de cette idéologie est complexe.  Il y a d’abord le multiculturalisme anglo-saxon né dans les campus américains, lesquels ont généré une mythologie sur l’affrontement de la majorité blanche patriarcale avec diverses minorités ethno-culturelles, mais également socio-culturelles, qui sont victimisées.  Le vivre-ensemble est alors l’apprentissage de la repentance.  Il y a ensuite le républicanisme laïc français, issu des Lumières, qui vise à créer une humanité abstraite, avec un citoyen universalisable, dans une France résumé du monde, voire monde potentiel, et à dissoudre l’homme ancien pour former une humanité nouvelle.  Mais les nouveaux entrants ne sont pas réceptifs à ces idéaux.  Avec les autochtones, les vicaires républicains répètent le mantra du vivre-ensemble sur un ton comminatoire.  Avec les allochtones, ils sont quasiment suppliants.  Il y a également l’oligarchie économique, qui pratique la politique à courte vue de la baisse des salaires des autochtones et camoufle ses intérêts sous une posture morale : les chances pour la France.  Il y a encore la gauche révolutionnaire.  Orpheline de la classe ouvrière, qui s’est embourgeoisée, voire laissé séduire par le populisme, elle est à la recherche d’exclus de substitution, ethniques, mais aussi sexuels.  Il y a aussi le catholicisme post-Vatican II, qui renoue avec ses racines primitives.  Les allochtones n’ont qu’un mépris justifié pour cette église à plat ventre. Il y a encore les Bo-Bos de la bisounourserie diversitaire, socialistes  ou macroniens, sociétalement de gauche et libéraux en économie.  Cadres de l’oligarchie, ils pratiquent l’entre-soi avec la haine de soi, alibi moral des renégats. Porteurs de valises de l’immigration illégale, ce sont nos vrais ennemis avec qui une entente ne sera jamais possible.  Il y a enfin certaines élites juives inconscientes qui « semblent avoir contribué à créer un nouveau Golem qui a commencé à se retourner contre elles ». On voit des juifs quitter la France et en tout cas certaines zones qui ne sont plus sûres pour eux.  « Penser dans ces conditions, vu la frustration immense des musulmans à l’égard du sionisme que le dîner annuel du CRIF continuera d’être couru, c’est s’illusionner gravement. »

Jean-Patrick Arteault se laisse interviewer sous l’intitulé ‘Survivre au vivre-ensemble’.  A la question ‘Le vivre-ensemble, impératif pratique imposé aux Européens, est-il possible et désirable ?’, il répond que les mondialistes le désirent.  Mais il remarque que, si Marine Le Pen juge que l’immigration est, hélas, irréversible, elle ne l’est pas plus que ne l’était le caractère français des départements français d’Algérie au milieu des années ’50.  Il s’agit à présent de construire un autre rapport de forces.  Mais il estime cependant que tout rapprochement avec la Reconquista est incapacitant : elle a duré 900 ans ; sa légitimité n’était pas mise en doute ; les Espagnols ne connaissaient pas alors notre effondrement moral et démographique et leurs élites ne collaboraient pas avec les envahisseurs.  Il juge malsain, et stratégiquement stupide, l’espoir d’une guerre civile.  Il faut cependant s’y préparer dans une cohabitation transitoire, pour survivre à celle-ci sans en pâtir, tout en développant des comportements qui créent un rapport de forces favorable.  En articulant des familles, des clans, des réseaux, afin de construire des pouvoirs économiques, sociaux, d’influence, de capitalisation de savoirs.  Nous vivons en territoire occupé, non seulement par des allochtones et leurs collaborateurs, mais sous un régime qui contrôle l’Etat et fait adopter des lois liberticides.  L’affrontement est contre-productif.  Dominique Venner nous suggère les modèles d’Homère et, plutôt qu’Achille, Ulysse, qui n’est pas moins courageux, mais plus réaliste.  Il faut se défaire de l’idée de retrouver le peuple d’hier, mais relever des ruines des bribes de matériaux sains.  Devenir le parasite des parasites.  Notamment rechercher la sécession résidentielle, ou la migration pendulaire quotidienne, éviter toute friction (d’où les albo-européens sortent toujours perdants), éviter les liens intimes et même les contacts et s’en tenir à une politesse impersonnelle.  Une haute qualité humaine des allochtones (laquelle est courante) ne rend pas tolérable notre submersion par leur nombre.  Il faut écarter même les plus gentils.  Il faut les inciter à partir, et au besoin les contraindre, sans haine et tant que possible sans violence, ce qui ne dépend pas que de nous.  Mais un allochtone isolé peut se fondre avec nous sans dommage, témoin Alexandre Dumas.

Roberto Fiorini cite Louis-Auguste Blanqui (1805-1881), « l’Enfermé » qui, lorsqu’il n’était pas en prison, mettait en place des sociétés secrètes, des « familles » et des « saisons », pour donner forme au mouvement de résistance ouvrier.  Il invite les bannières T&P à trouver des socles d’activités pour former des communautés locales, autour des fêtes de la famille, des repas et des chants en commun, du partage des savoirs.  Ce communautarisme local, notre vivre ensemble clanique, doit être nourri par l’esprit d’initiative de chacun, dans la lignée des Lansquenets, serviteurs de leur pays.

Robert Dragan livre un catalogue très fourni des divinités pyrénéennes, tant basques qu’indo-européennes, avec une profusion de détails, d’indications et de recoupements.  Un régal pour les mordus, une curiosité pour le reste.

Robert Dragan, encore, campe un portrait attachant d’un païen normand, Patrick Grainville, académicien français tout frais émoulu, qui avait à 29 ans, avec son roman Les Flamboyants, décroché le Prix Goncourt 1976.  Le commun l’avait trouvé un cabotinage d’érudit, illisible à cause d’une surabondance de termes étranges.  Robert Dragan l’acquitte de cette prévention à partir de trois de ses oeuvres de maturité.  L’orgie, la neige, qui évoque son adolescence, au pays, au cours de l’hiver, particulièrement rigoureux, de 1962.  Quand il ne court pas alors les forêts et les champs, chassant aux côtés de sa chienne, il s’initie aux gestes de l’amour avec une petite camarade.  En fusion avec les éléments et les animaux, sa joie éclate vierge de toute culpabilité.  Mais la fin de l’hiver et la mort de son chien évacuent cette présence au monde.  Pensé plus que vécu, le plaisir décroît.  Le paganisme ne repose pas sur un arrière-monde, mais sur l’Etre au monde, l’in der Welt sein heideggerien.  La seconde œuvre citée, Le paradis des orages, véhicule, elle aussi, l’obsession de la perte de la spontanéité, non plus celle de l’enfance, mais celle des désirs de l’adulte.  L’auteur, maniaque du corps féminin, métamorphose sa passion en poésie, pour en figer la beauté.  L’effort n’est pas inutile, car c’est la vie qui est adorée ici.  Il cite Hölderlin : « Etre un avec tout ce qui vit, dans un sain oubli de soi, retourner au sein de la totalité de la nature, voilà le sommet des idées et de la joie, voilà les saintes cîmes, le lieu du repos éternel. »  La troisième œuvre, Le Dernier Viking, est une fable rabelaisienne qui présente une poignée de triviaux Normands contemporains, qui vivent l’épopée des divinités vikings autour de la réparation d’un manoir gravement endommagé par les bombardements.  Le propriétaire, qui en a confié la réparation a un artisan du village, a dilapidé sa fortune.  Il temporise pour payer le maçon qui finalement s’impatiente.  Le maître cède alors à la colère et à la méchanceté, effrayant l’autre qui laisse traîner l’affaire jusqu’à prendre le parti de l’oublier.  Mais le maître reste ulcéré de remords, jusqu’à ce qu’on lui découvre le crime originel d’Odin, qui n’a pas payé lui non plus le bâtisseur d’Asgard.  L’oeuvre reprend le fonds des autres : la mort des êtres et des cultures, la renaissance de la chair, de la vie et des Dieux qui suit le Ragnarök.

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Le numéro 75 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré autour du thème 'Au milieu des ruines'.

Dans son éditorial, Pierre Vial allume une flamme du souvenir, pour raviver la mémoire de l'Abbé Gillard.  Et en même temps celle de ses deux compagnons-bâtisseurs, deux prisonniers de guerre allemands qui, en 1942, l'ont aidé à relever son 'église du Graal' à Tréhorentec, en lisière de la Forêt de Brocéliande.  Elle rayonne, avec l'imagerie arthurienne, la mystique du sang.  Avec son message au passant 'La porte est en-dedans', elle invite à une salutaire introspection et à un combat spirituel de fidélité, de foi en soi-même. Sur quoi Pierre Vial rappelle l'appel de Dominique Venner aux veilleurs, qui doivent être à la fois des poètes, qui forgent l'épée magique', et des combattants.

Pieuse camaraderie de combat avec Lucien Rebattet, Pierre Vial intitule 'Les Décombres' sa contribution pour définir la décomposition avancée de la société occidentale, accélérée depuis 1945.  Dans une logique hémiplégique, qui dresse une partie du peuple contre l'autre, les vainqueurs n'ont pas fait le détail et ils discréditent les contestataires, en les classant dans l'extrême-droite.  Nombreux sont les identitaires qui ne l'assument que par défi, car elle recouvre des idées et des personnes répugnant à leur tradition völkisch.  Face à ce choix binaire artificiel, il reste une troisième voie, celle de l'unité de destin du peuple, dans l'affirmation sereine de son identité, à la fois raciale et culturelle.  En France, depuis 1945, plusieurs générations d'identitaires ont milité dans des mouvements activistes: Jeune Nation, FEN, Europe Action (dont Terre & Peuple a repris l'héritage), Ordre Nouveau, PFN et enfin le Front National, qui est apparu comme pouvant faire rempart contre l'immigration-invasion grâce à l'union d'électeurs de toutes les couleurs politiques.  Marine Le Pen a trahi cette espérance et la confiance de tous ces militants.  Il reste l'appoint, non négligeable, du national-catholicisme (dont on ne peut oublier comment il a traité le sacrifice de Dominique Venner) et de l'Institut Iliade (aseptisé à l'intention de la bien-pensance en oubliant la fidélité au sang).  Le sabordage de la Nouvelle Revue d'Histoire est une autre trahison à la pensée de Dominique Venner, qui professait, comme Jean-Claude Valla, que l'histoire est un enjeu décisif.  Pour l'auteur, la voie électorale permet de diffuser des idées, mais la conquête du pouvoir est hors de portée.  Rivarol n'est plus, malgré des plumes comme Martin Peltier-Hannibal et Roberts Spieler, le carrefour qu'il a été quand y cohabitaient des tendances diverses.  Réfléchir & Agir est dynamique dans sa ligne radicale et l'initiative de Synthèse Nationale réalise de fructueux échanges.  Contre le broyeur des consciences de l'appareil médiatique audio-visuel, Philippe Milliau assure heureusement la ré-information, avec les équipes de qualité de Télé-Libertés et de Radio-Libertés, sauf à inviter des radicaux comme Pierre Vial, qui ne manquerait pas de franchir la ligne rouge en rappelant que les races existent.  Ce n'est pas le cas de Radio Méridien Zéro et de son antenne lyonnaise L'Echo des Cannuts.  A signaler à Lyon également, le Bastion Social, émule du sympathique Casa Pound italien.  Il ne faudrait pas oublier le vigilant Fdesouche, ni Faits & Documents du regretté Emmanuel Ratier.  La Nouvelle Droite et le GRECE (que Pierre Vial a dirigé de 1978  1986) ont été la colonne vertébrale d'une communauté de travail, de combat et de foi (avec un rayonnement international qui perdure),  grâce notamment à des esprits brillants tels que Giorgio Locchi et Guillaume Faye, sans oublier Alain de Benoist.  Ce dernier a averti, depuis la fin des années '80, ne plus avoir les mêmes convictions, notamment sur l'immigration et le racialisme.  Le GRECE n'a plus qu'une existence virtuelle et la revue Eléments, de haute qualité, n'a pas une ligne très claire sur le grand remplacement des peuples européens.  Alors, que faire ?  D'abord rester lucide sur ce qui est réalisable.  Bien que tout soit possible là où il y a une volonté et une base idéologique claire, malgré les tabous: la fidélité à la tradition qualifiée de boréale par Dominique Venner.  Elle servira de boussole doctrinale pour tenir le cap dans les vicissitudes.  L'objectif n'est pas de séduire des intellectuels, mais de mobiliser les braves gens qui ont le droit d'être ce qu'ils sont et de vouloir le rester.  C'est la ligne du populisme identitaire, celle de la survie des peuples blancs.  Elle suppose la critique radicale d'un libéralisme cosmopolite qui ne cache même plus sa volonté de tuer les peuples pour s'imposer.  Il faut le remplacer par un socialisme proudhonien, qui implique l'élimination des prébendes et des parasites, avec l'ambition d'édifier une Europe des patries charnelles, où les pouvoirs fédéraux ne sont que subsidiaires.  Avec, en priorité, des mesures natalistes: les Blancs doivent faire beaucoup d'enfants.  Il faut faire tant que possible sécession du Système et constituer des groupes de solidarité locaux avec des objectifs de la vie quotidienne.  Et un élan mystique sans lequel rien de grand ne peut se faire.

Alain Cagnat dresse l'inventaire des misères, révoltantes, de l'armée française.  Il y a d'ailleurs déjà longtemps qu'elles ont dépassé le niveau du ferment révolutionnaire.  Un inventaire ne se résume pas, mais certains détails sont plus révélateurs que les chiffres globaux, certains commentaires plus éloquents que les statistiques.  Et ces hontes, souvent à peine croyables, pullulent comme la vermine sur un lion déchu !  L'armée de terre semble au tréfonds.  La moitié de ses chars Leclerc est cannibalisée pour faire fonctionner l'autre et nombre d'équipages n'ont plus manoeuvré ni tiré avec leur engin depuis plus de deux ans.  Les équipements des fantassins sont obsolètes ou de troisième main au point que nombreux se paient sur leur solde leur sac à dos, leur duvet, leur chaussures, leur gilet pare-balles !  50% des hélicoptères sont en panne et la fragilité des survivants a failli être dramatique au Mali, car des vies sont pendues à ces bouts de chandelle.  L'armée de l'air n'est pas mieux logée: alors que Russes, Américains et Chinois développent leur avion de combat de la cinquième génération, la France n'a pas de projet de remplacement de ses Rafale (1970) ni de ses Mirage (encore antérieurs), qui ne rencontrent heureusement pas d'adversaires dans les ciels de Syrie, d'Irak, de Libye ou du Mali.  Les avions de surveillance AWACS sont la risée des alliés: les Boeing 707 datent de 1950 et leur remplacement, et l'achat d'Airbus, est sans cesse reporté.  Pour ce qui est de la marine, le porte-avions est en grande révision depuis janvier 2017 et ne reprendra la mer qu'en fin 2018.  La France a choisi de ne pouvoir qu'un peu et pas toujours.  Seuls 33 bâtiments de ligne sont opérationnels sur 98, alors que le domaine maritime français (12 millions km²) est le premier du monde, et les autres rouillent.  La marine n'a plus les moyens de ses missions.  Pour ce qui est de la dissuasion nucléaire (à laquelle les Anglais ont eu la sagesse de renoncer), il est extrêmement coûteux et pas raisonnable d'envisager que la France déciderait d'envoyer un missile atomique, fût-ce sur Pyongyang.  L'opération Serval au Mali est lamentable.  La logistique est mal assurée, notamment par des Antonov ukrainiens, les munitions se perdent, le kérozène fait défaut et doit être fourni par l'armée algérienne, les officiers doivent recourir à leur téléphone portable pour communiquer entre eux, les hommes n'ont qu'un lit pour deux, dans des tentes sans climatisation, il n'y a pas de WC et même pas d'eau potable, les semelles des brodequins se décollent sur les rochers brûlants, tranchants comme des rasoirs qui déchirent les pneus, il manque de roues de secours et les convois en panne sont en péril mortel.  Dans cette république dévoyée, la guerre n'est plus qu'un hochet destiné à redresser  les cotes de popularité.  Ces opérations sont en général des missions que les soldats ne peuvent que réprouver: au Koweït, dans un corps expéditionnaire de 550.000 hommes, les 15.000 soldats français n'ont qu'un rôle humiliant; au Rwanda, les Français, piégés faute d'ordres, n'ont pu qu'assister au génocide de 800.000 Tutsis; en Serbie, les aviateurs ont enragé en silence à devoir bombarder les villes d'un pays ami; en Afghanistan, l'armée française s'use depuis dix ans pour un résultat nul; en Côte d'Ivoire, Sarkozy a utilisé le contingent pour déposer le Président Gbagbo et le remplacer par son 'ami' le musulman Ouattara; en Libye, le même Sarkosy a éliminé Kadhafi, pour des raisons très personnelles, avec des conséquences désastreuses; en Centrafrique, l'armée française a été contrainte d'abandonner les milices chrétiennes à leur sort face aux milices musulmanes.  Conclusion: à vouloir être présent partout, on en vient à n'être suffisant nulle part.  Le bouquet: l'opération Sentinelle, met 10.000 hommes, équipés visiblement de manière hétéroclite et hébergés dans des conditions souvent lamentables, sur les trottoirs des synagogues et des écoles juives de la métropole.  La cerise sur le gâteau est le logiciel de paie Louvois qui amène de nombreux militaires à ne pas percevoir leur traitement et qui a dû être remplacé par le logiciel Source Solde, qui devrait être opérationnel d'ici à 2020 !  Politique budgétaire, la France, qui déplore sur les dix dernières années 154 morts et 620 blessés (hors accident), ferme l'Hôpital du Val-de-Grâce, de loin le meilleur en Europe.  Les 700 points noirs des conditions de travail et de vie des militaires et de leurs familles, d'une liste dressée en 2014 sont pour la plupart restés en l'état, notamment les 79 centres de restauration (sur 350) qui devraient fermer pour infraction aux règlements d'hygiène !  Un rapport de la Commission des Finances du Sénat note, à propos des hébergements militaires, "Lorsqu'ils existent, leur état est souvent extrêmement dégradé, proche de l'insalubrité."  Les statistiques des désertions sont tenues secrètes, comme celles des suicides.  Les décisions de Chirac, de supprimer le service national, et de Sarkozy, de retourner dans l'OTAN, confie la sécurité du pays à un organisme étranger totalement inadapté aux conflits du XXIe siècle.  Il se base sur la stratégie de la supériorité technologique, dont on a éprouvé la faiblesse avec la série des échecs américains, depuis la Corée jusqu'à l'Irak.  L'OTAN est impuissante face à la subversion musulmane malgré la puissance de ses armements, outils que la France n'a pas les moyens de se payer, avec un budget militaire de 44 Mds$ (USA: 622 Mds; Chine: 192 Mds; UK: 54 Mds; Russie: 48 Mds; Allemagne: 35 Mds).  Aucune loi de programmation militaire n'est jamais respectée au détriment du renouvellement des matériels.  On sacrifie le long terme au court.  Contrairement aux anglo-saxons, les cadres français sont invités à se taire.  Ce qui est démoralisant -dans le sens de la moralité autant que du moral-, c'est le cynisme de décisions déterminées par l'opportunité démocratique plutôt que par la nécessité politique.  Le nombre des effectifs musulmans est estimé entre 10 et 20%.  En 1990, un rapport du Centre de sélection au ministre de la Défense notait déjà l'intransigeance tournant à la provocation des JFOM (jeunes français d'origine maghrébine).  Rien ne permettant d'escompter une amélioration entre temps, au contraire, il est temps de se préparer au vilain temps.

Evoquant Antonio Gramsci, Didier Carette dénonce l'opération de déculturation et de stérilisation morale menée contre les peuples européens, pour les réduire à une masse indifférenciée, gérable de manière systématisée, en peuplant son oisiveté de spectacles et de jeux d'ordinateurs.  Il déplore la disparition, au nom de l'égalité des chances dans la scolarisation, des héritiers culturels au sens que les disciples de Pierre Bourdieu donnent à ce concept.  Aujourd'hui, alors que la démultiplication des communications ouvre des perspectives immenses de savoir, ils rêvent plutôt de devenir vedette idole médiatique. Dans le même temps, les masses sombrent dans l'illettrisme et dans un conformisme avilissant.  L'auteur désigne comme responsable le mondialisme et son corollaire, la culpabilisation des Européens.  A l'issue de la WW2, dès 1946, les communistes occidentaux ont conquis l'espace culturel, avec l'appui de la caste des bonzes socialistes (en France, notamment Jack Lang), qui se sont appliqués à couver les professionnels de la culture.  Laquelle s'est très vite déclinée au pluriel, sur le modèle de plus en plus hétéroclite et superficiel de la société américaine, éveillant des réflexes communautaristes.  Toutefois, de nos propres réactions à la déliquescence, il ne subsiste guère que les ouvrages de nos maîtres, Jean Mabire, Dominique Venner, Pierre Vial, et le refuge du culte d'un passé révolu.  Mais l'auteur ne désarme pas pour autant, citant précisément le premier (Pas de combat politique sans projet culturel.) et ensuite le deuxième (Mourir en combattant plutôt que se rendre.)

Plus optimiste, voire réconfortant, Robert Dragan propose, dans sa recension de 'Le nationalisme blanc', la synthèse de l'Américain Greg Johnson, si pas d'accélérer l'effondrement, d'utiliser la décadence à préparer l'avenir.   A la différence des Européens, pour lesquels leur race blanche n'est pas constitutive de leur nationalité, Tocqueville a décrit l'établissement aux Etats-Unis d'une nation blanche, les WASP, à laquelle sont venus s'agréger d'autres Européens, les autres immigrants, Noirs, Latinos, Asiatiques.  Dans le système mondialisé, l'économie renforce la tendance à développer de grandes métropoles, mégapoles souvent multimillionnaires, où le modèle du melting pot le cède au 'salad bowl' ethnocentré, avec des quartiers noirs, blancs, latinos, arabes, indiens, chinois.  Votre identité n'y est plus définie que par des différents, lesquels vous excluent selon votre type racial.  Seul l'occidental considère encore que son identité tient à son adhésion à des valeurs.  Greg Johnson milite pour une identité blanche reposant sur la diversité d'opinion (notamment religieuse) et de nationalité ethnique (de l'empire boréen, mais certainement pas de l'empire anglo-saxon).  Ce 'projet pour le XXIe siècle' résout le problème de l'opposition des forces maritimes et continentales autant que des querelles des micro-nationalismes.  Cette sortie 'par le haut' d'un empire albo-européen est moins le fait des élites que du tréfonds du peuple.  Greg Johnson n'en salue as moins la Nouvelle Droite française, Alain de Benoist et Guillaume Faye et leurs thèmes de la métapolitique, du remplacement de l'hégémonie des idées anti-Blancs par le pouvoir d'imposer les paramètres du débat et de continuer sans cesse de débattre, d'être l'axe autour duquel tout tourne, le dieu d'Aristote. Pour déconditionner le peuple, il prône une élite peu nombreuse de penseurs et de militants, qui ne sont pas des hommes d'appareil, mais des conservateurs de ce qui doit survivre.  Ce qui doit être évacué, c'est l'esprit bourgeois d'avidité et de peur, de l'esclave né qui se vend lui-même.  Il s'agit de générer une vraie élite faite d'intellectuels (prêts à mourir pour des questions de principe) et de guerriers (prêts à mourir pour des questions d'honneur) qui conjuguent leurs vertus.  Le fonds du problème est moral et psychologique: déraciner dans le peuple des Blancs, prédisposés à l'universalisme, le sentiment de leur culpabilité.  Il s'agit de les déconditionner.  En cas de succès, Johnson est partisan d'un système aristocratique sur des modèles tels que l'oligarchie catholique et le régime vénitien.  Le mouvement identitaire gagnerait à miser sur les acteurs d'une contre-culture de référence aux frustrés: le ressentiment est contre-productif.

Irène Dimopoulou assume la direction d'Emporos, un journal grec historique, fondé en 1896, qui a joué un rôle déterminant durant la Guerre des Balkans dans la libération de la Macédoine et de l'Epire de l'occupation turque.  La liberté est son sujet, la liberté qui vit dans la terre même quand elle est emprisonnée sous le tarmac.  La liberté qui vit dans le sang.  L'ennemi des Européens n'est caché que parce qu'ils craignent, par lâcheté, de le nommer.  Irène Dimopoulou n'est pas lâche.  Fille des Grecs qui sont morts à Missolonghi, elle est déterminée, comme bien des hommes et des femmes de l'Alliance Populaire Aube Dorée, à libérer la Grèce des usuriers, quoi qu'il puisse en coûter.  Comme l'ont été et le sont restés les huit députés AD qui ont été jetés en prison et n'en sont sortis, sans procès, qu'après 18 mois.  Irène Dimopoulou, après avoir cité Périclès, "Etre libre a une saveur exquise.", emprunte sa conclusion à Platon, "La victoire sur soi-même est la plus grande.", remarquant que la racine du mot grec Eleutheria (liberté) est à trouver dans la forme future du verbe venir, Eleusomai, je viendrai !

Roberto Fiorini rend compte du séminaire international qui s'est tenu du 15 au 17 décembre 2017 à Chisinau (Moldavie).  Un aréopage d'intellectuels y a débattu d'un système alternatif au capitalisme financier.  Pour justifier le choix de son pays pour une rencontre qui devient une tradition, Igor Dodon, président de la République, a souligné le fait que la Moldavie se trouve au point de fracture des deux parties de notre continent, artificiellement divisé, et qu'elle est à la fois latine et orthodoxe, occidentale et orientale.  Il remarque que nous sommes passés du capitalisme classique à une concentration qui crée des déséquilibres catastrophiques, entre les régions et entre les couches sociales: un tiers des Moldaves ne survit qu'en travaillant à l'étranger et il n'y aura aucune chance de relance sans un certain patriotisme économique.  Poutine est d'ailleurs lui aussi souverainiste, comme l'est Trump.  Le moment est venu de se débarrasser des mythes néolibéraux, de rompre avec le principe magique de la 'main invisible' du marché et de la primauté de l'économique sur le politique et de se dégager de la masse écrasante des mégastructures multinationales et de la mondialisation unipolaire.  La seule option réaliste pour la Moldavie est eurasienne: s'associer avec le groupe de pays auxquels elle est liée par toute son histoire.  Pour Hervé Juvin, qui a été conseiller économique de la Chine, le modèle capitaliste, qui organise une répartition des plus inégalitaire des ressources, n'est pas viable sur une planète aux ressources limitées.  L'Union Européenne est son bras d'exécution, au moment où le projet économique chinois prend en compte le fait que l'homme ne peut subir durablement un système mortifère, qui empoisonne l'eau, l'air, les terres cultivées.  Le temps qui vient sera celui des peuples libres et sauvera les diversités.  Pour Alexandre Douguine, le capitalisme aliène les moyens de production au détriment de la communauté organique, société intégrale des producteurs et des consommateurs.  Le travailleur intégral consomme ce qu'il produit, construisant ainsi quelque chose de sacré, la souveraineté, la pérennité de la vie de la communauté organique.  Le capitalisme de nos jours consacre le divorce de l'individu d'avec la personne communautaire en suscitant en lui des besoins factices.  Il faut restituer à l'homme intégral le pouvoir de cheminer au côté de sa commuauté qu'il préserve.  Douguine recommande la lecture de l'ouvrage de Juvin 'Le mur de l'Ouest n'est pas tombé', alors que la chute de celui de l'Est ruine durablement le projet d'Eurasie, dont la réalisation reléguerait la puissance américaine aux marges du monde.  L'économie n'est pas une science naturelle, inéluctable, mais une construction, qui supporte des accords bilatéraux réalistes, préférables au système totalement ouvert de l'OMC.  Valérie Bugault regarde le capitalisme en juriste.  Le droit anglo-saxon impose partout une subversion du droit civil par le droit commercial, lequel permet à l'anonymat des capitaux d'accaparer toujours plus de biens réels au moyen d'un argent qui l'est de moins en moins, organisant ainsi la domination mondiale de l'économique sur le politique.  Les banques centrales, régulées par la BRI, la Banque des Règlements internationaux, à Bâle, émettent la monnaie, et demain une monnaie 'tout numérique' qui permettra de neutraliser le particulier, en le privant d'accès à son argent.  Le droit permettra-t-il d'aller encore plus loin vers la dictature mondialiste ?  Ou d'y mettre fin, par une volonté qui est à trouver plutôt dans les BRICS que dans l'Occident actuel ?  L'écrivain Slobodan Despot remarque qu'une commission de cinq inconnus a décidé de mettre fin à la neutralité de l'internet, lequel a obtempéré.  Il en conclut qu'il ne faut plus écrire que sur papier, dépenser son argent que dans son voisinage, se faire des amis plus jeunes que soi et faire des enfants.  Emmanuel Leroy note que, en pendant à la grand-messe de Davos, Chisinau est devenue la capitale de la multipolarité.  Il épingle le verset 19 du chapitre 3 du Deutéronome, qui commande: "Tu n'exigeras de ton frère aucun intérêt," alors que le verset 20 est un appel à l'usure et au pillage des autres !  Lucien Cerise regrette que la Moldavie s'engage dans un partenariat avec l'Union européenne, car elle s'expose au risque d'être, comme l'a été la France, subvertie par son ingénierie sociale (sa fabrique du consentement).  Le modèle ukrainien est significatif à cet égard.  Dimitris Koustantakopoulos (ex-Syriza) invite à la lucidité à l'endroit du discours du personnel démocratique.  Notamment François Hollande qui, pour se faire élire, proclame: "La finance est mon ennemie," et nomme ensuite Macron ministre de l'économie !  Et Alexis Tsipras, élu pour combattre le système libéral et qui se met à son service.  Il rappelle que, quand le capitalisme risque de perdre la main, il n'hésite pas à déclencher des conflits, y compris mondiaux.  Alessandro Sansoni signale que les banquiers, dans leur rôle de financiers, s'autorisaient à l'origine à créer de la monnaie scripturaire, ouvrant des crédits garantis sur les dépôts dans le rapport de neuf pour un.  Mais ce rapport a eu tendance à tant s'élargir que Lehmann Brothers était engagé à près de trente pour un !  Il en déduit la nécessité d'un retour du global au local, seul contrôlable.

Helmut Mueller reconnaît que l'Autriche a changé, les Autrichiens du moins, comme nombre d'Européens qui s'inscrivent dans une phase prérévolutionnaire.  Mais pas l'Autriche de Sebastian Kurz, qui ferait plutôt partie de ceux qui comptent bien endiguer cette vague.  L'homme fait partie de l'European Council for Foreign Relation, où il a la chance de rencontrer Georges Soros dont il partage l'opinion quant à l'immigration.  Son partenaire gouvernemental Heinz-Christian Strache converge avec lui sur l'augmentation du Quota de réfugiés.  L'un comme l'autre sont prêts à payer le prix d'un soutien sioniste, ni pires ni mieux que l'AfD allemand, que le Jobbik hongrois, que le Président Trump.  Arthur Fournier-Dupont traite de l'impression en volume ou fabrication additive, dite Impression 3-D, qui serait la troisième révolution industrielle.  Il s'agit d'un invention française de 1984.  Elle consiste à imprimer strate par strate de la matière sur l'ordre d'un ordinateur qui gère un fichier numérique contenant les données en trois dimensions de l'objet à produire, le plus souvent en matière plastique, mais également en métal, en céramique, en béton.  Cette technique permet une plus grande souplesse, une plus grande précision, des économies de matière, de moyens de stockage, de main d'oeuvre et ne laisse aucun déchets.  L'Impression 3-D est déjà largement pratiquée par Boeing et Dassault en aéronautique, en cristallerie par Daum et Baccara, dans des jouets, de l'armement, la construction de maisons.  Tout cela est bel et bon, mais il ne faudrait pas que cette créativité de l'Home Faber européen en vienne à affaiblir son esprit et finalement provoquer sa disparition, l'industriel asséchant en lui l'artisan.

Les Brigandes: Nous croyions connaître plus ou moins ces brigandes, mais en fin de compte plutôt moins que plus.   Nous avions, bien entendu, remarqué leurs masques, qui les marquent plus qu'ils ne les masquent, surtout quand se confirme l'allusion aux Vendéens et au qualificatif que leur imputaient les Révolutionnaires, disqualifiant appel à les massacrer.  Sans bien approfondir, nous avions pris ces Brigandes pour des cathos tradis.  Et puis il y a eu l'affaire que nous avons lue, et même relue, dans notre Rivarol.  Avec perplexité pour sa violente agressivité, laquelle cadrait mal avec l'intelligente tradition, dans ce journal, de la critique courtoise à l'égard des compagnons de combat contre la Gueuse.  Jérôme Bourbon nous a pourtant généreusement dispensé les témoignages d'une intelligence à la fois subtile et guerrière, toujours bien charpentée.  Son réquisitoire d'ostracisation nous a mis d'autant plus mal à l'aise que l'un d'entre nous, en passant par la Lorraine et l'Hérault, a piqué une tête jusqu'à la tanière de ces loups noirs.  Il s'y est attardé quelque temps et juge l'expérience positive, voire très positive.  Il n'a pas investigué sur l'orthodoxie des idées des membres de la communauté, mais il a partagé leur pratique identitaire, leur orthopraxie, en rupture avec l'individualisme matérialiste bourgeois, de confort et de sécurité.  Ces brigands ne sont certainement pas athées, profondément spiritualistes, imprégnés de christianisme, mais d'orientation gnostique.  Il ne s'agit pas tant pour eux de transmettre en chansons une ligne idéologique que de réagir viscéralement à la destruction de notre civilisation.

Pierre Vial, enfin, s'est servi une savoureuse delikatesse avec le dernier livre de Bernard Lugan 'Heia Safari'.  On savait que ce cri de guerre des corps de supplétifs africains avait servi de titre au bel hymne de l'Afrika Corps, que le Maréchal Rommel affectionnait particulièrement: il évoquait ses panzers fonçant, après la France, à travers l'Afrique.  L'article rappelle que ce cri avait été avant cela celui du glorieux corps expéditionnaire du Général Paul von Lettow-Vorbeck.  Au moment où éclate la guerre de 1914-18, il ne comporte que 3.500 askaris noirs qu'encadrent 265 sous-officiers et officiers allemands.  Opposé à plus de 300.000 hommes des forces britanniques, belges, portugaises et sud-africaines, alors qu'il est coupé de tout ravitaillement, il va aller de victoires en victoires, grâce à sa tactique du 'repli offensif'.  Il achèvera son épopée en se rendant maître de la Rhodésie, lavant ainsi l'honneur de l'armée allemande.  Le Général von Lettow rentre alors en Allemagne, qu'il va, à la tête d'un corps franc, nettoyer des insurgés communistes.

dimanche, 13 mai 2018

Nouveautés aux Editions du Lore

Nouveautés aux Editions du Lore

Voici les liens vers les dernières parutions des Editions du Lore :

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http://www.ladiffusiondulore. fr/home/682-l-ethique- biologique-de-l-homme-blanc. html

solstices-histoire-et-actualite-ed-de-luxe.jpg



http://www.ladiffusiondulore. fr/home/679-les-solstices- histoire-et-actualite-ed-de- luxe.html

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http://www.ladiffusiondulore. fr/home/683-les-peuples-de-l- europe-ed-cuir-numerotee.html

mardi, 20 février 2018

TERRE & PEUPLE Magazine n°74: Jacobinisme liberticide

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Communiqué de "Terre & Peuple-Wallonie"

TERRE & PEUPLE Magazine n°74: Jacobinisme liberticide

Le numéro 74 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré autour du thème du 'Jacobinisme liberticide'.

Dans son éditorial, Pierre Vial croise ses projecteurs sur les dénis du réel que proclament sans pudeur les saltimbanques obscènes de la comédie politicienne européenne, avec en tête le micro-Macron.  Président des riches, il affecte de ne pas voir la pauvreté de neuf millions de ses compatriotes, ou de pouvoir l'imputer à leur paresse.  Et de n'apercevoir, dans la crise démographique et le grand remplacement, qu'une hypothèse complotiste, et dans la menace djihadiste et la radicalisation qu'un problème de rééducation de déséquilibrés.  Il serait, cela mis à part, l'homme de l'avenir.  Quel avenir ?

indo-europeens_jean_haudry_F_B.jpgC'est Robert Dragan qui recueille la pensée de Jean Haudry, prélat de la confession indo-européaniste, sur son livre 'La religion des Indo-Européens' et en particulier sur 'Le feu dans la tradition indo-européenne'.  Le feu est primordial dans la tradition préhistorique, central dans le foyer qu'il illumine et réchauffe.  Il éclaire des métaphores, telle le feu de la parole qualifiante, le feu des eaux, qui désigne l'or.  Si, à l'époque classique, il est présenté sous les formes d'une profusion de divinités diverses, d'Hestia-Vesta à Prométhée, en passant par Apollon, Héphaïstos et Artémis, avec leurs correspondants celtiques, germaniques, indiens, slave ou baltes, cette prolifération exprime l'importance de la notion : le feu est omniprésent dans la nature et dans l'homme.  L'idée que la fortune est liée au feu apparaît à la fois très ancienne, à en juger sur les correspondances sur lesquelles elle se fonde, et très durable.  Pour Héraclite, le feu constitue la substance même de l'univers.  Aristote fait remonter cette conception à Pythagore.  De fait, pour Philolaos, le « foyer de l'univers, maison de Zeus, principe de cohésion et mesure de la nature » est situé au milieu du monde.  Or, comme l'a montré Schuhl, à partir d'un passage du Phèdre, la Nécessité s'identifie à la fois à Hestia « qui siège au centre du monde comme au coeur des cités, sur l'omphalos, au foyer des prytanées » et à l'idée du Bien : « Ce n'est pas un Atlas qui supporte le monde, mais le bien et l'obligation qui supportent toute chose. »  Conception proche de celle de l'hymne védique à Mitra, « Mitra (contrat d'amitié) soutient terre et ciel», elle repose sur une homologie traditionnelle entre le respect des obligations, la cohérence du monde qui en dépend et le feu qui est l'élément lié à Mitra. 

Jean-Patrick Arteault dresse avec une grande pénétration un état de l'opinion avant, pendant et après les dernières élections présidentielles.  De nombreux Français étant attachés, par peur du changement, à l'euro et à l'Union européenne, il aurait mieux valu n'en point parler, d'autant plus que la souveraineté n'est qu'un moyen pour faire respecter l'identité.  Et mener plutôt des actions discrètes, pour restaurer d'abord les souverainetés nationales, sans lesquelles on ne peut appliquer de politiques identitaires.  Et faire le choix d'alliances avec des nations européennes souveraines, dont la Russie, pour en faire, à très long terme, naître une synthèse impériale, et non impérialiste.  L'incapacité patente de la gauche intellectuelle à renouveler ses idées, le désarroi de ses plumitifs devant la défiance grandissante du public, son asservissement à l'oligarchie libérale, dont elle reprend tous les éléments de langage, tout cela a pu faire croire que la bataille métapolitique était gagnée.  Cette victoire ne sera toutefois acquise que lorsque la grande majorité des écrivains et artistes exprimera consciemment (ou encore mieux inconsciemment) notre vision, lorsque la majorité des journalistes valorisera nos idées sans y être contraints.  Lorsque la majorité des histrions qui façonnent la culture populaire travailleront spontanément dans notre sensibilité.  Lorsqu'une grande majorité des enseignants transmettront nos concepts et valeurs, y ayant adhéré profondément.  Lorsque pour une grande majorité de chercheurs notre vision du monde sera devenue le paradigme de leurs travaux.  Dès lors, plus que jamais, c'est l'impératif métapolitique qui est à l'ordre du jour, l'investissement politique n'étant qu'une affiche de propagande.  En matière électorale, à propos de la 'Ligne Buisson' qui vise à exploiter autant que la veine ouvriériste celle des conservateurs, l'auteur relève pas mal d'ambiguité : des conservateurs, mais de quoi ?  D'une forme politique qui, à défaut de fond, permet la survie tant que le capitalisme financier n'a pas détruit les cadres sociaux et culturels ?  Quand ce n'est pas un conservatisme réactionnaire de nostalgiques, ou tout simplement de nantis, voire de colbertiens raisonnables qu'inquiètent les partageux.  L'ambiguïté de leur conservatisme est encore aggravée pour les catholiques, par leur vocation universaliste, quand ce n'est pas par leur 'anti-fascisme'.  On est loin de la fidélité à la tradition culturelle populaire et ses fondamentaux moraux.  Jean-Patrick Arteault veut croire à la sincérité de Patrick Buisson quand celui-ci veut joindre aux conservateurs intégraux la couche populaire instinctivement identitaire.  Il avertit contre le risque de servir de Harkis à une bourgeoisie apatride.  On ne peut blâmer le FN de tenir à distance des éléments compromis dans des structures largements infiltrées d'indicateurs, de provocateurs et de policiers, qui sont utilisés pour lui nuire.  Mais bien de négliger les enjeux actuels qui préoccupent la majorité de la population.  La dédiabolisation est un échec pour le FN, qui a rallié l'idéologie d'un ennemi que cela ne retiendra pas pour autant de le disqualifier médiatiquement et de l'incapaciter politiquement.  Il en va de même de sa pudibonde bouderie à l'égard des catholiques de tradition, trop faibles pour faire la différence, mais assez forts pour qu'on ne puisse les ignorer, même s'il est vrai que certaines références culturelles des traditionnels sont à peu près aussi ouvertes que celles des salafistes.  La Nouvelle Droite a bien démontré que l'occidentalisme est la phase terminale de la laïcisation du christianisme.  Mais elle a contribué à déchristianiser une frange identitaire, la coupant d'une pratique native du sacré religieux qu'un néo-paganisme intellectualisé ne remplace pas.

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Introduisant le dossier central, Pierre Vial qualifie le jacobinisme d'utérus d'où est sorti le système à broyer les peuples et les individus.  Pour confisquer les libertés concrètes que ceux-ci s'étaient conquises, il a coupé les têtes au nom de la Liberté.  Pour les isoler et anéantir leur conscience identitaire, il a coupé les racines qui rattachent les individus à leur terre et à leurs ancêtres.

Alain Cagnat rappelle que Louis XVI, ayant commis la faiblesse de convoquer les Etats Généraux, a activé les doléances de nombreuses sociétés de pensée, dont le Club Breton.  Les députés du tiers état se proclament Assemblée constituante et le club breton Société des amis de la Constitution, qui rédige la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen et va s'installer au couvent des Jacobins.  Il va connaître un développement rapide, notamment en province, sans cesser de se radicaliser.  Allégeant ses conditions d'adhésion, il gonfle ses effectifs, qui basculent bientôt dans l'extrémisme.  Peu après, Paris se soulève et ramène de force Louis XVI à Paris.  D'abord réservé, Robespierre rallie la ligne dure et, le 29 juillet 1792, propose la destitution du roi et l'élection au suffrage universel d'une Convention.  Le 9 août, la Commune insurrectionnelle de Paris est créée et le 17 août siège le premier tribunal révolutionnaire.  Le massacre se déchaîne.  La monarchie est abolie.  Le 21 janvier, le roi est guillotiné.  Certaines provinces se rebellent.  La France, qui est dans le même temps en guerre avec tous ses voisins, lève 300.000 hommes.  La patrie étant en danger,  pour sauver la Révolution, un Comité de salut Public de douze députés cumule tous les pouvoirs.  Les tribunaux révolutionnaires champignonnent et les têtes roulent, tandis que se consomme le génocide vendéen.  Succès au plan international, les alliés se replient derrière le Rhin.  Les Jacobins liquident tous leurs adversaires politiques.  Robespierre, qui croit triompher, entame la brève période de la Grande Terreur, mais se laisse maladroitement arrêter.  Il est décapité deux jours plus tard.  Le jacobinisme est bien autre chose que le parisianisme centralisateur, qui a régné en France depuis Philippe le Bel jusque Louis XV.  C'est une dictature qui justifie sa violence par la vertu : le peuple souverain est constitué des hommes vertueux.  Robespierre est 'Incorruptible'.  La loi est le lien social et le délinquant se retranche du peuple.  La loi jacobine est infaillible et sa justice est éternelle.  L'objectif est une loi naturelle universelle.  Celui qui y contrevient est impur, il doit être éliminé.  Elue par le peuple, la Convention se considère son image parfaite et elle décide la mort du roi, plutôt que par un referendum dont l'issue aurait été incertaine.  Le peuple lui-même peut être corrompu et c'est le cas de la gangrène vendéenne.  Justice prompte et inflexible, la Terreur est une émanation de la vertu.  Dans les influences à la source du jacobinisme, l'auteur voit l'usure de la piété au XVIIIe siècle, les réticences du clergé à l'égard du progrès scientifique, la contestation de l'autorité papale par les protestants, les philosophes des Lumières.  Ceux-ci mettent à mal la Révélation, mais se partagent entre ceux qui osent se déclarer athées et les déistes, dont Voltaire que l'univers embarrasse et qui ne peut « songer que cette horloge existe et n'ait point d'horloger».  La conclusion est à Michel Onfray : « De Marine Le Pen à Philippe Poutou en passant par Macron et Mélenchon, Hamon ou Fillon, tous communient dans une même religion jacobine.  C'est ce logiciel qu'il faut jeter à la poubelle. »

GuerreVendée_1.jpgLe tableau émouvant des Guerres de Vendée que brosse Pierre Morilleau constitue une grande fresque, monumentale jusque dans ses détails, dont il est pratiquement impossible d'extraire la synthèse.  Des horreurs abominables des guerres de Vendée (auxquelles n'ont mis fin qu'en janvier 1800 les Paix de Montfaucon et de Candé), on pourrait dire que, quelque fournie qu'en soit l'information que nous en avions réunie, le présent rappel démontre que nous étions encore loin du compte.  Il démontre surtout que ces horreurs ont été générées par la roide logique jacobine, comme en témoignent les citations dont l'auteur émaille son texte.  Notamment « Les forêts seront abbatues, les récoltes seront coupées pour être portées sur les derrières de l'armée, les bestiaux seront saisis. » - « Soldats de la Liberté, il faut que les brigands de la Vendée soient exterminés.  Le salut de la patrie l'exige, l'impatience du peuple français le réclame, son courage l'accomplira. » - « On emploira tous les moyens pour découvrir les rebelles ; tous seront passés au fil de la baïonnette ; les villages métairies, bois, landes, genêts et tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes. »  On ne saurait oublier les Colonnes infernales, ni celles des fuyards dans la Virée de Galerne, ni l'armée des 'puants'  rongés de dyssenterie, ni les noyades de masse dans la Loire.

Robert Dragan rappelle que, dans la Bretagne de 1789 que l'impôt régionalisé favorisait, le petit peuple avait fait corps avec la noblesse contre la centralisation et s'opposait dans la rue à la bourgeoisie que soutenaient les étudiants.  Aux Etats-Généraux, les députés de Bretagne formèrent alors un Club breton, qui fédère bientôt nombre de sociétés révolutionnaires, jusqu'à dépasser le millier en 1791.  Installant ses assises au couvent des Jacobins, il se rebaptise Société des amis de la Constitution.  Quand éclatent les guerres de Vendée, les mêmes opposition villes-campagnes se marquent.  Nantes, ville de négociants et d'armateurs, est révolutionnaire.  Le coup d'état d'extrême gauche de 1794 balaye les Feuillants et Girondains modérés et régionalistes, les amis de la Constitution le cédant aux amis de la Révolution.  Des aventuriers, agissant comme commissaires du Comité révolutionnaires commettent des monstruosités.  Les prisons débordant, des camps de concentration, des pontons, des manufactures sont ouverts.  La famine et le typhus y règnent.  A la guillotine trop lente on substitue des exécutions collectives.  

adb-bret.jpgLes Bretons, insulaires délogés de Grande-Bretagne, n'ont jamais su trouver leur centre.  Constitués en royaume à la faveur des incursions des Vikings, ils redeviennent bientôt un duché, disputé entre les Plantagenets et les Capétiens, lesquels l'emporteront.  L'annexion sera consacrée par le double mariage de la duchesse Anne avec Louis XII et ensuite Charles VIII et par celui de leur fille Claude avec François Ier.  Depuis, la France leur promet l'unité et l'indépendance et, en fait, elle les divise. Dès 1781, les persécutions religieuses et les levées de soldats provoquent résistance et révoltes, dont celle de Jean Cottereau, dit Jean Chouan.  En 1796, malgré le génocide de la Vendée, on estime à 50.000 le nombre des Chouans. Ils forment des compagnies, avec des capitaines élus, parfois des généraux comme Cadoudal.  Les discordes sont fréquentes.  Les républicains les qualifient de Brigands, ce qui n'est pas toujours immérité, car le général Rossignol a l'idée de créer des faux Chouans chargés de discréditer les vrais en commettant les pires exactions.  Après la chute de Robespierre, des contacts sont pris pour conclure une paix qu'une minorité seulement signe.  Les autres proclaméés en état d'arrestation, le conflit reprend.  Hoche, qui a succédé à Rossignol, obtient une reddition. Les Chouans, jouant le jeu, gagnent les élections de 1797, qui sont alors confisquées : la République ne survit que par les armes, la forfaiture et la dictature.  En 1799, la Loi des otages; qui présume les parents complices, relance l'insurrection.  Nantes et Le Mans sont prises et les prisonniers libérés.  Mais, en novembre, Bonaparte prend le pouvoir et propose l'amnistie contre la reddition.  Certains chefs l'acceptent, d'autres refusent, dont Cadoudal qui bat les armées d'Harty, mais se résigne à signer la paix.  Son entrevue avec Bonaparte ayant été un échec, il projette de l'enlever pour le livrer aux Anglais.  Trahi, il est arrêté par Fouché et exécuté.  En 1830, quand la révolution bourgeoise met Louis-Philippe à la place de Charles X, la bru de celui-ci, la duchesse de Berry, tente de réveiller la chouannerie et est arrêtée.  En 1892, l'encyclique de Léon XIII, qui prône le ralliement à la République, désarme le clergé et les monarchistes.  A l'imitation des Gallois, les Bretons créent en 1900 le Gorsedd ou assemblée des druides. 

BAtao-ti.jpgAprès la Grande Guerre, une jeune garde identitaire, qui se définit 'na ru na gwen' (ni rouge ni blanc), se constitue autour du journal Breizh Atao.  Un parti autonomiste fédéraliste ayant été lancé sans succès, le Parti National Breton, plus radical, est créé en 1931.  En 1932, Célestin Laîné dynamite la statue de la Reine Anne (représentée à genoux aux pieds de Charles VIII).  Le PNB est dissous et Laîné et Mordrel sont condamnés.  En 1939, ils s'opposent à ce que la France apporte une aide à la Pologne.  Laîné s'évade et Mordrel et Debauvais (qui défend « un national-socialisme breton ») sont condamnés à mort.  Bien que s'évanouisse le rêve d'une indépendance concédée par l'Allemagne victorieuse, Laîné crée les groupes de combat Bagadou Stourm, qui deviendront le Brezen Perrot, après l'assassinat par les communistes de l'Abbé Perrot.  Après la guerre, le combat prend une forme culturelle, avec des réussites, comme celle de la musique, et des échecs, comme celui de la langue.  L'épuration consacre la domination de la gauche et fera de la Bretagne une terre d'élection du PS.

Fils de la Catalogne française, notre camarade Llorenç Perrié Albanell a pris part à Gérone (85.000 habitants) à l'ennivrant combat du 1er octobre pour la protection des urnes du referendum.  Celles du collège Santa Eulalia étaient protégées par 2.500 personnes, celles de l'école Eiximenis par 2.000.  Les Mossos d'Escuadra de la police catalane s'interposent alors entre la foule et la Guardia Civil espagnole.  C'est une authentique révolution populaire qui, malgré les provocations policières, reste non-violente.  La question que tout le monde se pose est celle de la stratégie de Puigdemont.  Alors qu'il avait la main, au lieu de chercher un soutien international au moment où se répandaient les images scandaleuses des violences policières contre des électeurs pacifiques, il attend un dialogue avec Rajoy qui n'en veut pas.  Et ce n'est que le 27 octobre que, soutenu par sa coalition et par des centaines de maires, il proclame la République catalane.  Mais il ne pose aucun acte d'indépendance : il ne place pas de Mossos aux frontières, il n'imprime aucun papier d'identité de la république, aucune milice citoyenne n'est constituée, aucune constitution provisoire n'est promulguée.  Il laisse partir son monde en weekend, sous la légalité espagnole, alors que Rajoy met en application l'article 155 de la Constitution.  Et il se prépare à participer, à partir de Bruxelles, aux élections, acceptant de se batre sur le terrain choisi par l'adversaire !

Alsace-Lorraine_Dialects.pngPour l'Alsacien Robert Spieler, révolutionnaire identitaire s'il en est, il est incroyable que Puigdemont et ses ministres ne se soient pas laissé emprisonner en Espagne : on ne peut faire de révolution qu'avec des révolutionnaires !  Annexée à la France en 1648, l'Alsace a pu conserver son dialecte allemand tant sous la monarchie française que sous l'empire allemand de 1870 à 1918, lorsqu'il existait un parlement alsacien et des députés alsaciens au Reichstag.  Les Strabourgeois francophiles célébraient alors chaque 14 juillet devant la statue du général Kléber.  En 1918, les troupes françaises furent bien accueillies.  Mais 110.000 personnes furent aussitôt expulsées, avec confiscation de leurs biens.  Le français fut imposé dans les écoles et le statut concordataire abrogé.  La révolte est générale et les autonomistes sont ovationnés.  Paris fait marche arrière.  Les journaux paraissent alors en allemand, y compris l'Action Française, mais les autonomistes sont persécutés.  Les fonctionnaires compromis sont mis à pied et un procès en haute trahison, le 'Procès du complot', est intenté aux chefs de l'opposition.  De violentes campagnes de presse fustigent les traîtres à la solde de l'Allemagne.  Le PC exige des exécutions.  A l'approche de la guerre, les leaders sont emprisonnées et Karl Roos est fusillé pour trahison.  Hermann Bickler ne survécut que grâce à la débâcle.  Mais le jacobinisme national-socialiste n'avait rien à envier à celui des Français et l'Alsace fut rattachée au Gau Oberrhein.  Après la guerre, l'éradication de la langue alsacienne fut féroce.

Pierre Vial rappelle que la société féodale avait mis en place une mosaïque de sphères d'autonomie, contre-pouvoirs au pouvoir royal, lequel se reconnaissait ainsi des limites.  Les libertés et franchises qu'il accordait ont facilité un esprit communautaire qui a débouché sur l'institution communale.  Par les avantages obtenus, les villes étaient des pôles d'attraction propices à l'activité économique.  L'absolutisme royal s'appliquait plutôt à soumettre l'aristocratie guerrière, brutalement (Richelieu) ou subtilement (Louis XIV).  La France comptait un certain nommbre de 'pays d'Etats', provinces qui disposaient d'assemblées de représentants des trois ordres (noblesse-clergé-tiers état) qui négociaient les impôts dus au roi avec ses intendants et les répartissaient ensuite entre diocèses et paroisses, en contrôlant la collecte. 

pontcallec-livre.jpgA la mort de Louis XIV, les guerres à répétition ayant mis les finances à sec, les Etats de Bretagne se sont estimés injustement pressurés et le parlement a refusé d'enregistrer l'édit de perception.  Le Régent fait alors exiler 73 délégués rebelles et accroît certains droits au mépris du Traité d'union.  Le Parlement de Bretagne interdit la levée et vote des remontrances.  Une Association patriotique bretonne mobilise plusieurs centaines de personnes et le marquis de Pontcallec réunit une petite troupe armée qui met en fuite les soldats chargés de la collecte.  Le Régent répond par une armée de 15.000 hommes.  Pontcallec, arrêté et promptement décapité, devient très populaire.  Le jacobinisme ne fera que reprendre, avec une violence inouie, l'éradication des identités et libertés des provinces.  Il les découpe en départements et, pour uniformiser les pensées, épouse la thèse de l'abbé Grégoire d'universaliser la langue française.  Contre ce système à tuer les peuples, des hommes se sont levés.  Francis Arzalier (Les régions du déshonneur, 2014) s'en désole: "La Corse, l'Alsace, la Bretagne prétendent exister: on n'en a jamais fini avec les volontés identitaires toujours renouvelées."  Les Corses, avec Pascal Paoli, chassèrent les Génois en 1755 et établirent une république démocratique.  La brutale conquête française verra dans les résistants des 'brigands' et, quand l'insurrection renaît avec la révolution, la République française ignorera la volonté populaire.  Avant la guerre, l'identité corse s'exprimait dans la revue A Muvra, très lue jusque dans les villages.  Saisie en 1938 et objet de poursuites, elle cesse de paraître en 1939.  En 1946, les procès intentés aux autonomistes se traduisent par de lourdes peines, malgré l'inanité des accusations de collaboration.  Les Alsaciens ont connu des sorts similaires, eux dont l'identité se trouve écartelée entre la France et l'Allemagne, ils sont pour la plupart attaché au bilinguisme que la France refuse.  C'est le cas de Karl Roos, un médecin, qui fonde le Parti de l'indépendance et qui, accusé d'intelligence avec l'ennemi, sera fusillé en février 1940.  Chez les Bretons, Olier Mordrel et Morvan Marchal animent le Parti autonomiste breton, lequel en 1927 invite à son congrès des délégations alsacienne, corse et flamands.  Cela déclenche la répression, en particulier contre les Alsaciens: quinze condamnés dont  deux viennent d'être élus député.  En réaction, le courant séparatiste va s'affirmer d'élection en élection: ce n'est qu'un début, continuons le combat.   

 

jeudi, 30 novembre 2017

Terre & Peuple: Table ronde, 10 décembre 2017

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lundi, 20 novembre 2017

TERRE & PEUPLE Magazine n°73 : Paganisme

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Communiqué de Terre & Peuple-Wallonie

TERRE & PEUPLE Magazine n°73 : Paganisme

Le numéro 73 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré autour du thème du 'Paganisme pour aujourd'hui et pour demain'.

Dans son éditorial, Pierre Vial collecte un herbier de feuilles mortes : Macron, l'illusionniste qui réduit en servitude les « gens d'en-bas » pour le compte du capitalisme mondialiste; Attali qui refuse au peuple de remettre en cause « le progrès irréversible du libéralisme » ; Luc Ferry et Alain Minc, pour qui le Brexit est la victoire « des peu formés sur les éduqués » ; Vincent Peillon, qui donne à l'école mission de « dépouiller les enfants de leurs attaches pré-républicaines » ; Philippot, enfin, qui a échoué dans sa mission de casser le FN.

Pierre Vial ouvre le dossier central 'Un paganisme pour aujourd'hui et demain' sur un avertissement :  notre paganisme n'est pas un néo-paganisme.  Car, si notre démarche est adaptée à l'époque contemporaine, elle reste invariable, notamment dans sa polyphonie.  De préférence à des dogmes révélés, nous cultivons comme vérités des confiances éprouvées et des fidélités vécues.

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Notre maître et ami Jean Haudry rappelle que, avant de reconstruire scientifiquement le paganisme indo-européen par la mythologie comparée, nous le connaissions à travers les études classiques gréco-latines, qui ont culminé à la Renaissance, avec y compris des sacrifices. Cette connaissance s'est complétée par l'étude des religions germaniques et celtiques, baltiques et slaves, indiennes et iraniennes.  Nous le connaissions déjà par la tradition populaire, que le christianisme a dû assimiler pour la contrôler, souvent avec un intérêt sincère.  Certains dieux sont devenus des saints (Brigit, déesse irlandaise de l'aurore devenue sainte Brigitte, et plusieurs paires de saints issus des jumeaux divins indo-européens (dont certains sont guérisseurs).  Les fêtes liturgiques annuelles sont greffées sur la tradition païenne (la Toussaint sur le Samonios gaulois, Noël sur les douze jours des Rbhavah védiques, la Pâque hébraïque paganisée avec les oeufs), la mythologie chrétienne du moyen-âge se présentant comme une mythologie païenne christianisée, immémoriale dans nos régions, mais consciente d'être 'mêlée' dans une Scandinavie de conversion plus récente.  La Noël, naissance de Jésus, a été fixée tardivement à la naissance du soleil et la Saint Jean Baptiste l'a été en fonction de l'Evangile de Jean (3.30 : Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse).  La célébration des solstices ne figure pas dans les calendriers des fêtes romaines ni celtes ni d'aucun autre peuple indo-européen, mais l'archéologie préhistorique révèle que les enceinte de Groseck (VIIe millénaire AC) et de Newgrange (IVe millénaire) sont disposées en fonction du soleil à cette date, à une époque où la computation était encore sommaire.  Plus proche du paganisme indo-européen que des monothéismes sémitiques, le christianisme a subi des influences bouddhistes (célibat et tonsure des clercs, monastères, reliques, chapelet, clochers, encens) et mazdéennes (triade pensée-parole-action), mais surtout de l'Inde classique (trimurti des trois personnes en un dieu unique, dont l'une a pris forme humaine).  Cette pensée indo-européenne, étrangère au dogmatisme, ne s'offusque pas de contradictions.  Par contre, l'Europe chrétienne va, sur la Trinité, s'embourber dans des discussions (la question du Filioque, qui provoquera la rupture des orthodoxes, et le culte des saints et de la Vierge Marie celle des protestants).  La Révolution française n'est pas anti-chrétienne, mais anti-catholique, nul ne se disait alors païen et les protestants ont joyeusement coopéré au génocide vendéen.  La République n'est qu'une succursale de la République universelle maçonnique.  Les campagnes se vidant, les fêtes paysannes perdent de leur importance.  Vatican II, qui marque un retour aux racines hébraïques, rompt avec l'ensemble de la Tradition.  Bientôt, l'Eglise rallie non seulement la République universelle, mais également l'islam.  C'est dans ces conditions que ressurgit, au XX siècle, le paganisme, avec des auteurs français tels que Montherlant, Gripari, Pauwels, Cau.  Mais aucun ne se réfère au paganisme indo-européen, à la différence des Allemands avec la List Gesellschaft, le Hohe Armanen Orden, le Germanen Orden d'où sortira la Thule Gesellschaft.  En France, le premier mouvement païen fut le GRECE.  Jean Haudry rappelle le statut privilégié que l'islam fait aux païens, que le musulman a le droit et le devoir de tuer, alors que l'expérience montre qu'eux sont au contraire capables de s'entendre avec lui, et même fort bien : il leur suffit d'être les plus forts.

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Alain Cagnat retrace 'L'invention du monothéisme' : « Au commencement n'était pas le Verbe, » qui s'est fait chair.  Selon la Genèse, au commencement Dieu créa la terre et le ciel qui l'entoure, et les hommes.  Ceux-ci le trahissent aussitôt par le péché originel, sont déchus du Paradis terrestre et, se débauchant, méritent l'extermination par le Déluge, Dieu préservant dans l'arche la famille de Noé et un couple de chaque espèce.  Les trois fils de Noé donnent naissance à trois races, les sémites, les blancs et les noirs.  Ces clans croissent et prospèrent en prétentions si présomptueuses (construire un tour jusqu'au ciel) que Dieu, s'inquiétant que leur ambition ne connaisse plus de mesure, leur inculque des langues différentes, ce qui disperse les peuples à travers le monde. Dieu en élit un pour sien.  Vers 2200 AC, il choisit en son sein un patriarche, Abraham et passe avec lui une alliance : s'il s'engage à n'avoir d'autre dieu que Yahveh (et à se circoncire), celui-ci lui fera conquérir la Terre promise.  Isaac, le fils qu'Abraham engendre à 99 ans, de sa vieille épouse Saraï que Jahveh a rendue expressément fertile, Isaac qui engendre lui-même les jumeaux Esaü et Jacob, lequel est le père des fondateurs des douze tribus d'Israël.  Le onzième fils, surdoué, rend ses frères si jaloux qu'ils le vendent comme esclave en Egypte, où ses dons le font rapidement grand vizir.  Sans rancune, il accueille ses frères lors d'une sécheresse qui n'affecte pas l'Egypte.  Les peuples d'Israël se font détester au point d'être réduits en servitude et même condamnés à tuer leurs nouveaux-nés mâles.  Seul un enfant de la tribu de Lévi, Moïse, caché dans un panier posé sur le Nil, est sauvé par la fille du Pharaon, qui l'élève à la cour.  Comme le pharaon refuse à Moïse de traiter ses frères avec mansuétude, Yahveh fait pleuvoir sur l'Egypte les Dix Plaies, ce qui détermine la libération du peuple élu.  Moïse fait longuement errer les siens à travers le désert, jusqu'au Sinaï, où Yahveh lui dicte le Décalogue, institue le sabat et promet au peuple d'Israël : « Je te donnerai tous les trésors du monde, tous les peuples de la terre seront à tes pieds et tu régneras sur eux. »  Moïse est sensé avoir rédigé les cinq lires du Pentateuque, dans un langage hébraïque postérieur de plusieurs siècles à la période mosaïque.  Le texte, qui contient des incohérences (création de la végétation un jour avant celle du soleil et de la lune), est nettement inspiré de textes sumériens bien plus anciens.  C'est jusqu'à l'existence de Moïse qu'il convient de mettre en question.  L'origine du monothéisme semble à situer au XIVe siècle AC avec le pharaon de la 18e dynastie Aménophis IV Akhenaton, qui a imposé le culte unique du dieu solaire Aton, mais dont le règne fut bref.  Au quatrième millénaire déjà, des Sémites Akkadiens migrèrent vers les plaines fertiles du Tigre et de l'Euphrate et s'y imprégnèrent de la civilisation très supérieure des Sumériens.  Ceux-ci, qui sont polythéistes, se laissent ensuite supplanter par la démographie dynamique des immigrés, lesquels toutefois, dans la première moitié du premier millénaire AC, accordent une préférence à l'un d'eux : « Dieu se dresse dans l'assemblée divine. » (Psaumes 82, 1) et « Que les dieux célèbrent ta merveille, Yahveh. » (Psaumes 89,6).  Les Assyriens s'étaient eux aussi déjà choisi un Dieu national, qui co-existe avec un panthéon.  Cet 'hénothéisme' va finalement céder le pas à la monolâtrie, qui admet l'existence d'autres divinités, mais s'impose de n'en adorer qu'une seule, celle qui donnera la victoire à son peuple, parce qu'elle est la plus puissante.  Si Yahveh permettra que son peuple soit vaincu, c'est pour le punir d'une faute qu'il a commise, mais il reste le plus grand : « Yahveh est roi !  Prosternez-vous devant Lui, tous les dieux. » (Psaumes 97, 1 à 9).  Il faudra attendre Isaïe (Ve siècle AC) pour que le monothéisme soit clairement proclamé : « Il n'y a pas d'autres Elohim. » (Isaïe 44,6).  Il est ensuite soumis à de multiples dérives sectaires, jusqu'à ce que Jésus de Nazareth se mette à marcher sur les eaux, à multiplier les pains, à guérir aveugles et paralytiques et à ressusciter les morts.  A ce moment, il n'est pas Dieu et ne prétend pas fonder une religion nouvelle : « Je ne suis pas venu abroger, mais accomplir. » (Mathieu V, 17).  La révolution sera l'oeuvre de saint Paul, qui a rencontré Dieu, Lequel lui donne mission : « Je t'ai destiné à être la lumière des nations afin que mon salut soit présent jusqu'à l'extrémité de la terre. »  Elle permet aux païens d'adhérer au christianisme universel.  Six siècles plus tard, un autre illuminé en rapport direct avec Allah reçoit mission d'imposer sa vérité par la force.  Dans une vision manichéenne, qui voit dans toute autre une inspiration satanique.  On notera que les conclusions de Vatican II tiennent « pour sacrés et canoniques tous les livres tant de l'Ancien que du Nouveau Testament puisque, rédigés sous l'inspiration de l'Esprit Saint, ils ont Dieu pour auteur. »

ABW92p-1000x1000.jpgCitant Jean Haudry, Robert Dragan pose que la religion des Indo-Européens, réfractaires aux dogmes, recourt aux mythes et symboles pour figurer l'inconnaissable, le métaphysique exorbitant aux niveaux d'expérience humains.  Ces mystères, dont le Pape saint Pie X dit qu'ils sont des vérités qui dépassent les forces de notre raison et que, pour se prononcer sur ceux-ci, l'Eglise se réfère à la Bible, porteuse de la révélation.  Si le créateur ne se révèle que par le monde qu'il a créé et qu'il est impossible d'atteindre un 'arrière-monde', tout sacrifice propitiatoire est vain, notamment dans la métempsycose, réincarnation de l'âme, centrale dans l'Hindouisme.  Aujourd'hui, les païens intégristes considèrent que tout rituel est sans valeur car la Tradition est perdue dans ses détails.  Mais le rite païen est sous-tendu par une éthique, qui demeure fondamentalement la même.  Il ne s'agit que de la revivifier.  Jean Haudry, dans 'La religion cosmique des Indo-Européens', démontre que le paganisme classique, grec, romain ou gaulois, dérive d'une religion paléolithique liée aux météores (cieux, astres, aurores).  L'esprit de la tradition reste inchangé.  L'espérance en une survie est un repère et la prière orientée vers un arrière-monde rassure.  Un monde sans révélation du créateur n'est pas pour autant sans ordre, ce que les Hindouistes appellent brahman.  L'Européen a la responsabilité morale d'ordonner le monde, notamment en mesurant le temps météorologique, en quête d'une union mystique entre le penseur et la totalité cosmique.  Mais le parcours individuel ne doit pas être coupé du collectif : l'homme est un héritier, un animal politique fait pour vivre dans une 'cité' (polis) et y porter sa contribution.  Le rite est souvent un sacrifice propitiatoire, notamment les feux du solstice d'été, qui invite la communauté à la fidélité à la tradition, à la recherche de l'acte juste.

Pour Philippe Baillet, vivre en païen est aujourd'hui une arme de notre survie dans notre lutte contre le nihilisme, par une vision du monde qu'on entend approcher par sensation immédiate, dans sa dimension esthétique.  Le païen est philosophiquement réaliste : le monde réel est le seul où nous puissions vivre.  Il est du parti de la vie, pour lequel chacun s'apprécie en fonction de sa volonté de vivre, la morale étant un système de valeurs en relation avec la vie.  Voire, pour les décadents, une disposition innée à se venger de la vie. Nietzsche pose que la vie est le phénomène esthétique fondamental, l'art de la nature.  Le païen laisse la Vérité aux petites âmes et n'a pas besoin d'ennemi absolu.  Nul n'a parlé avec autant d'empathie de Ludwig Klages, philosophe radicalement anti-chrétien, que Gustave Thibon, philosophe catholique !  Le rejet païen se passe de justification dialectique : il s'appuie sur la beauté de notre culture ancestrale.  L'art entraîne à vivre.  Il est la rédemption de celui qui agit.  Le païen le cultive dans sa vie quotidienne, dans son foyer, dans son milieu.  C'est la force du style völkisch.

DVaffxxxxxx.jpgPierre Vial cite Dominique Venner « L'âme européenne est en dormition », pour se féliciter de ce que les Européens de l'Est osent braver le dogme du politiquement correct, à la différence de ceux de l'Ouest, enclins à tendre l'autre joue.  Pierre Vial porte témoignage du paganisme contemporain par l'exemple de la confrérie d'hommes-loups qu'il a côtoyés -Saint-Loup, Mabire, Venner- et par son parcours personnel (notamment en prison pour cause d'Algérie française).  Et, après ses années activistes, par sa participation à la fondation du GRECE, la mise en lumière des Indo-Européens avec Georges Dumézil et Jean Haudry, le message d'espérance identitaire avec les traditions à réintroduire dans la vie quotidienne, le retour à la paysannerie terrienne, la salutaire tonalité völkisch, l'incontournable éducation de la nouvelle génération dans le cadre de mouvements de jeunesse, l'apport intellectuel d'Alain de Benoist, notamment par ses ouvrages sur les traditions d'Europe, sur la pensée païenne, sur la renaissance des fêtes païennes.  Et par toute une procession théorique de livres fondamentaux, dont il a signé ou co-signé plusieurs.  Il avertit toutefois contre le piège de l'intellectualisme et il souligne que le paganisme européen n'est pas monolithique, mais pluriel, ordonné selon les trois fonctions indo-européennes, spirituelle, guerrière et paysanne.  Soit le culte de l'harmonie et de la beauté, notamment par la pratique des rites, le culte du sacrifice pour la communauté, au sein de fraternités chevaleresques, et le culte de l'enracinement dans son pays et dans sa lignée.

Robert Dragan a lu pour nous les deux ouvrages du Marocain Youssef Hindi 'Occident et Islam' et 'La mystique de la laïcité', qui situe les racines de la révolution moderniste dans la mystique kabbalistique,  Par les Babyloniens et ensuite par les Grecs, la pensée mystique juive a été influencée par la Gnose, pour qui le monde matériel et le Mal sont le fait du Démiurge, et non du Dieu dont l'homme juste doit se rapprocher par la pratique de la connaissance. Il pourrait ainsi réparer le cosmos.  Cette pensée a pénétré l'orthodoxie juive, qui pense pouvoir hâter la rédemption.  Notamment en faisant de la loi d'Israël la loi secrète de l'univers, le moteur de l'histoire.  Nombreux sont les juifs athées qui ont hérité de cette pensée, qui s'est diffusée dans leur monde, voire dans des milieux chrétiens.  L'auteur en découvre la confirmation à travers toute l'histoire et dans notre monde contemporain.

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Thodinor a interviewé Thierry Meyssan, lanceur d'alarme et auteur de 'L'effroyable imposture', où il démonte la version officielle des attentats du 11 septembre.  A présent, il évoque notamment le plan RMA (révolution des affaires militaires) mis au point en 2001 par l'Amiral Cebrowsky, qui divise le monde en une zone de stabilité (qui contient les USA) et une zone où ceux-ci doivent entretenir l'instabilité et où la stratégie est gagnante quand la guerre n'est jamais gagnée.  Les Frères Musulmans servent à semer le désordre sans jamais l'emporter.  Le désordre doit être entretenu en Afghanistan, en Libye, en Irak, en Birmanie, au Vénézuela, aux Philippines, en Ukraine...  Pour que seul perdure l'Etat profond, où intervient la structure militaire américaine.  L'économie pèse, mais ne guide pas.

dimanche, 17 septembre 2017

TERRE & PEUPLE Magazine n°72 - Hommage à Dominique Venner

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Communiqué de "Terre & Peuple-Wallonie" -

TERRE & PEUPLE Magazine n°72

Le numéro 72 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré sur le message de notre maître et ami Dominique Venner, qui s'est sacrifié le 21 mai 2013 pour que nous nous maintenions en éveil.  A cet appel, nous répondons : « Présent. »

Dans son éditorial intitulé 'Le poison libéral', Pierre Vial recadre et met en relief la réflexion que Michel Onfray, philosophe inclassable, a confiée à Valeurs Actuelles sur Macron : « produit d'appel du grand capital vendu avec ses méthode marketing », « marionnette de l'Etat maastrichien placée sur le trône ».  Il était temps -car un vent de révolte se levait sur la République- et les larbins des media sont radieux, avec une pointe d'inquiétude.  En effet, le triomphe libéral est fondé sur 67,3% d'abstentions ou bulletins blancs ou nuls.  Et, sur 573 députés, les 444 élus REM le sont par moins de 25% des électeurs.  La Corse, avec ses trois élus nationaux, montre la voie qui prime : celle de la survie de l'identité.

Jean-Pierre Dereu se fonde sur le tout récent film germano-danois Under Sandet (Les oubliés) pour nous rappeler le devoir de mémoire du martyr des vaincus, ici les milliers de très jeunes (15 à 18 ans) soldats allemands faits prisonniers dans les derniers jours de la guerre et utilisés ensuite, au mépris superbe de la Convention de Genève qui interdit toute exploitation des militaires prisonniers, notamment pour le déminage !  Le film les montre réels, vulnérables et transis d'effroi.  Plus de mille seront gravement mutilés, quand ils n'auront pas perdu la vie.  L'auteur de l'article renvoie au documentaire Quand les Allemands reconstruisaient la France, eux aussi des soldats prisonniers de guerre.  La guerre étant alors finie, plus de vingt mille y laisseront leur vie !  Les mutilés n'ont même pas été répertoriés.

Jean-Patrick Arteault esquisse le portrait de Jean Monnet, puissance et domination qui trône dans l'empyrée du mondialisme occidental et est, dans le même temps, un illustre inconnu.  Qui sait qu'il a animé la reconstruction de l'économie française dans l'immédiat après-guerre et conseillé Roosevelt durant celle-ci et qu'il a été, au nom des Américains, le numéro 2 de la Société des Nations.  C'est lui qui a décidé de rester dans l'ombre, conscient que le vrai pouvoir ne s'expose pas à la lumière.  Né en Charente dans une famille de la bourgeoisie moyenne, il a été un élève intelligent, mais indiscipliné, qui n'a même pas décroché le bac !.  Son père, producteur de cognac, l'envoie en 1904 en apprentissage auprès d'un contact commercial londonien.  Il est heureusement réformé quand éclate la guerre, en août 1914. Il n'a alors que 26 ans, mais obtient aussitôt du président du Conseil René Viviani un rendez-vous , pour lui suggérer un plan d'approvisionnement unitaire franco-britannique, qui est aussitôt approuvé !  Ce prodige s'explique par les liens de confiance et d'amitié qu'il a su nouer, au cours de la décennie écoulée, avec de jeunes aristocrates anglais.  Ceux-ci, membres de structures philosophico-politiques telles que la fondation de Cecil Rhodes ou le 'Kindergarten' de Lord Alfred Milner, s'estimaient investis d'une mission quasi-messianique d'éduquer, dans le cadre d'une société ouverte (open society !), les peuples du monde entier à la culture anglo-saxonne (on notera que les deux Clinton ont tous deux été des boursiers Rhodes).   Très lié au mouvement pan-européen du comte Coudenhove-Kalergi, il va, au cours de sa période bancaire à Wall Street entre 1920 et 1940, passer d'un engagement pro-Britannique à un engagement pro-américain.  Commissaire général au Plan, il va devenir l'homme de l'américanisation de l'économie française et, ensuite, l'inspirateur des Communautés européennes conformes aux intérêts américains et à la pensée du mondialisme occidentaliste.

Avec sa générosité coutumière, Claude Valsardieu gratifie les lecteurs par une substantielle explication, richement documentée, des bonnes raisons pour lesquelles certains se sont choisi sainte Barbe comme patronne.  Il s'agit notamment des mineurs de fond ou encore des pompiers et de ceux qui protègent contre le feu néfaste, mais aussi des métallurgistes et autres manipulateurs du feu purificateur, tels les artilleurs.  C'est pour ces mêmes raisons sans doute que l'Eglise conciliaire se montre réticente à l'endroit de cette sympathique personnalité.  Un de ses attributs est une tour, que les alchimistes voient comme l'inverse de la cavité d'un puits.  L'auteur remarque que celui de la crypte de la cathédrale de Chartres, puits celtique, s'enfonce à 39 mètres et se trouve représenté sur le portail nord sous la forme d'une tour ronde, alors que, dans cette crypte, se tient encore une barbare vierge noire appelée Notre-Dame-de-Dessous-Terre.  Il n'y a pas lieu de s'étonner que soient évoquées plus loin les gravures rupestres de la Vallée des Merveilles, dans le parc du Mercantour.  Un autre attribut de sainte Barbe est sa couronne, où notre ami retrouve les consonnes de Kronos, et celles de cairn, et même celles de Coran !

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Claude Perrin remarque que ses quelques dizaines de millénaires d'occupation de la planète par l'Homo Sapiens Sapiens (qui sait qu'il sait) n'en font pas le propriétaire définitif, quand on note que les dinosaures l'ont tenue 150 millions d'années.  Des civilisations antiques, qui ont rayonné des siècles, sont aujourd'hui ensevelies dans les sables de déserts.  L'humain paraît destiné à disparaître, non pas à cause de la surproduction de CO², mais par la destruction, voire l'extinction, d'espèces végétales et animales, qu'il cause à un rythme sans cesse accéléré par la surconsommation et le gaspillages et par une explosion démographique.

Rappelant que le 21 mai est désormais la date de commémoration du geste sacrificiel de Dominique Venner, Pierre Vial introduit le dossier central qui lui est consacré avec une citation tirée du livre de Dominique Venner 'Histoire et tradition des Européens' : « Vivre selon la tradition, c'est se conformer à l'idéal qu'elle incarne, cultiver l'excellence par rapport à sa nature, retrouver ses racines, transmettre l'héritage, être solidaire des siens.  Cela veut dire également chasser de soi le nihilisme, même si l'on sacrifie en apparence aux normes pratiques d'une société qui lui est asservie par le désir.  Cela implique une certaine frugalité afin de se libérer des chaînes de la consommation.  Cela signifie retrouver la perception poétique du sacré dans la nature, l'amour, la famille, le plaisir et l'action. »

Claude Jaffres évoque Dominique Venner « jeune et charismatique chef de guerre » qu'il a côtoyé au sein du Mouvement Jeune Nation, un grand frère qui était soucieux qu'on comprenne le sens profond du combat mené, un combat avant tout politique, malgré la dimension militaire qu'il a parfois été amené à prendre.  Témoin des derniers temps, il s'émerveille que Dominique Venner ait su « garder la vertu de jeunesse ».

Alain Cagnat retrace l'histoire, au début des années '60, de la fondation de la revue Europe Action par Dominique Venner en collaboration avec Jean Mabire.  C'est le temps où les gaullistes, appelés au pouvoir pour sauver l'Algérie française, viennent de la larguer au prix du sang des Pieds-noirs et des Harkis.  L'un comme l'autre ont fait la guerre en première ligne. Venner a fait de la prison comme membre de l'OAS.  Pour lui, n'est légitime que le pouvoir qui respecte les lois non-écrites de la Nation révélées par l'histoire.  Ce sont ses buts qui caractérisent une révolution.  Les moyens utilisés sont fonction des circonstances.  Il croit, comme Georges Sorel, qu'il n'y a pas de révolution sans violence.  Celle-ci nous restitue à nous-mêmes.  Il fallait plus d'audace pour crier Europe Action à Saint-Denis que pour voyager dans l'espace.  La somme de sang et d'effort consentis exige le succès complet et durable.  Pour Jean Mabire, rédacteur en chef, le nationaliste révolutionnaire doit être bien conscient de

la réalité actuelle, « car l'histoire ne repasse jamais les plats ».  Dans un opuscule qu'il a rédigé en prison, Dominique Venner dénonçait déjà le penchant à la mythomanie de nombre de militants identitaires : « La révolution n'est pas un bal costumé. »  Il dénonçait « la dictature hypocrite du capitalisme international sur les démocraties d'Occident», au profit d'une caste nombreuse de privilégiés liés par la complicité, qui monopolisent le pouvoir politique et économique, sous couvert d'une démocratie qui est « le nouvel opium des peuples ».  Il est le premier à démasquer l'entreprise délibérée de destruction des Européens blancs par leur auto-culpabilisation : « Celui qui prêche l'amour de l'agresseur (Ils n'auront pas ma haine.) n'est pas un moraliste, mais un complice. »  Dans le même temps, Jean Mabire stigmatise, dans la liberté promise dans « l'empire mondial, universaliste et indifférencié », la plus gigantesque des tyrannies, empressée d'effacer la longue mémoire de l'identité.  Dès 1964, Dominique Venner désigne l'immigration comme l'arme fatale dirigée contre les peuples blancs, dont la démographie faiblit.  Le plan, mûrement concerté des groupes financier (qui dissimulent mal derrière des idéaux prétendument humanistes de liberté et de décolonisation leur unique objectif d'accélérer la croissance de leur puissance) est de dissoudre l'identité des peuples européens, arrogants et exigeants, « dans un grand brassage universel ».  En 1966, Jean Mabire écrit : « Des masses innombrables attendent dans l'ombre des continents exotiques l'heure de la vengeance.  Ils n'en veulent pas seulement à nos empires.  Ils en veulent d'abord à nos consciences, à notre volonté de vivre et de lutter contre le monde entier, même sans armes et même sans amis. »   Dans le numéro 47 d'Europe Action, Dominique Venner, qui pensait être devenu inaccessible au désespoir, laissait déjà un testament : « L'homme libre qui veut le rester, ou mieux le devenir et assurer la liberté de sa descendance, est voué à se battre sur tous les fronts, celui de la connaissance, de l'art, de la pensée, de la politique. (...) Nous savons bien qu'un noyau homogène, habile, tenace et audacieux peut tout espérer, car son gigantesque adversaire est atteint par son propre poison : la désintégration. »

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Pour situer la dimension mystique de l'ordre de chevalerie que postule Dominique Venner, Pierre Vial cite 'Balticum'(Laffont, 1974) et l'épopée des Corps Francs (1918-1923), les volontaires qui ont su préserver l'Allemagne de la vague rouge des bolcheviques.  Il témoigne que, en 1958, Dominique Venner avait tout d'un chef de Corps Franc, d'un pêcheur d'âmes : Pierre Vial, qui avait alors 15 ans, avait écrit une lettre enthousiaste à la revue 'Jeune Nation'.  Il n'escomptait pas une réponse et avait été surpris que Venner fasse le déplacement et, après l'avoir sondé, sorte une liasse de journaux et se mette, en plein centre de Lyon, à crier à tue-tête : « Jeune Nation pour l'Algérie française, contre De Gaulle, contre le système ».  Coupant ainsi avec ses réflexes bourgeois, il lui a montré l'exemple du militantisme de terrain.  Selon la tradition guerrière, le chef passe le premier.  C'est l'éthique du chevalier, celui qui figure en couverture de son livre-testament 'Un samouraï d'occident', le Chevalier, la Mort et le Diable, de Dürer.  Fraternité guerrière initiatique, la chevalerie s'est développée dans un moyen-âge où la culture est une synthèse des traditions grecque, romaine, celte et germanique dans un syncrétisme pagano-chrétien.  La caution morale et religieuse de la Milice du Temple est saint Bernard de Clervaux, qui définit la vocation des Templiers à réunir les fonction de la prière et de la guerre, la guerre juste où tuer n'est pas homicide, mais malicide.  Mais la guerre, totale, n'est pas que militaire et économique, elle est aussi idéologique et culturelle, c'est pourquoi Dominique Venner a choisi d'appliquer l'essentiel de son énergie au levier qu'est l'histoire : « J'étais voué à l'épée.  Il en est sûrement resté quelque chose dans l'acier de ma plume. »  Il l'a mise au service des deux revues qu'il a fondées, 'Enquête sur l'histoire' et 'La nouvelle revue d'histoire'.  Pierre Vial révèle que, avec ses voeux pour la nouvelle année 2013, Dominique Venner lui a confié : « En cette année 2013 se posera une nouvelle fois pour moi la question 'Que faire,'.  Mais je connais la réponse.  Elle sera en accord avec ce qui a soudé notre amitié combattante. »  L'Institut Iliade s'est donné pour mission de transmettre l'héritage de Dominique Venner.

Llorenç Perrié Albanell souligne le caractère agraire et aristocratique de la société des états sudistes américains.  Il en fait un peuple antinomique de celui des états nordiste, avec une morale de l'honneur et de la responsabilité du fort à l'égard du faible (auquel le nordiste dit : « Sois libre... et que le diable t'emporte ! »).  La prohibition de l'esclavage n'est que le prétexte de la guerre civile du Nord industriel, préfigurant le capitalisme débridé, contre le Sud agricole, attaché aux valeurs traditionnelles.  L'élection de Lincoln mettra le feu aux poudres.  Le génie militaire du général Lee, qui osera marcher sur Washington, donnera même une chance de victoire aux sudistes.  Le premier Ku Klux Klan mènera d'utiles opérations de représailles contre les occupants et leurs kollabos.  Dans 'Le blanc soleil des vaincus', Dominique Venner professe que si « le Sud est mort, il continue de vivre dans le coeur des hommes généreux. »

Robert Dragan effeuille 'Le coeur rebelle', récit autobiographique de la jeunesse de Dominique Venner (1935-1960).  Enfant de bonne famille, qui a vécu la guerre, il fugue à 14 ans pour rejoindre la Légion, à l'instar d'Ernst Jünger.  Au cours de la guerre d'Algérie, il monte l'opération Gerfaut, un coup de main armé sur l'Elysée.  En 1956, il anime le raid sur le siège parisien du tout-puissant parti communiste, lors de l'insurrection de Budapest.  Démobilisé, il devient combattant de rue pour l'Algérie française.  Les effectifs sont squelettiques (2 contre 10), pour des raids éclairs, dans « une petite guerre féodale, sans batailles rangées ni beaucoup de morts, une petite guerre qui s'était trompée de siècle », ou on a la révélation de l'imposture et de la calomnie.  « Défendant nos berceaux et nos cimetières, nous menions une guerre cent fois plus juste qu'en 1914 et en 1939. »  Il ressent la décolonisation  comme « un phénomène essentiellement raciste : chasser le Blanc. »  Sa violence est née de sa souffrance à voir son pays cultiver la bassesse et abandonner les siens.  Robert Dragan confie que le retrait de Dominique Venner dans le seul combat culturel, avec comme objectif de réveiller l'Europe de sa dormition, posture d'observateur, l'a plusieurs fois « énervé », ses écrits paraissant propres à endormir les lecteurs plutôt qu'à réveiller sa résistance.  Mais, à l'écart de la médiocrité du combat politique, on doit à nouveau évoquer Jünger et la position de l'anarque :  nous servons à dire la vérité qui rend libre.

Roberto Fiorini fait parler deux camarades qui ont entrepris de présenter sur leur blog et sur leur compte Facebook, à la manière de Zentropa (une image et un petit texte), l'oeuvre et la personne de Dominique Venner.  Ils soulignent d'abord que son choix de la cathédrale comme lieu de son sacrifice, loin d'être une profanation, est une 'devotio', une re-sacralisation pour réveiller notre résistance.  Pour soutenir le message de l'ouvrage posthume de Dominique Venner 'Un samouraï d'Occident, bréviaire d'un insoumis', ils ont trouvé d'admirables images, certains concepts, tels que l'excellence, leur posant plus de problèmes que d'autres, tels que la beauté, la nature, la forêt.  Nombre d'images sont miraculeusement expressives de leur texte.  Ce numéro de TP Magazine en reproduit une vingtaine et invite à aller en admirer et méditer d'autres sur http://breviaireduninsoumis.tumblr.com/ et www.facebook.com/breviaireduninsoumis/?fref-ts

jeudi, 13 juillet 2017

Terre & Peuple n°72: Dossier Dominique Venner

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Le numéro 72 de la revue de Terre et Peuple vient de paraitre!

Le dossier central est consacré à Dominique Venner!

L'éditorial de Pierre Vial  :

http://www.terreetpeuple.com/terre-et-peuple-magazine-com...

Le sommaire :

http://www.terreetpeuple.com/terre-et-peuple-magazine-com...

Numéro à commander 9 €, frais de port inclus.

Chèque à l'ordre de Terre et Peuple.

A envoyer sur papier libre à :

Terre et Peuple,

BP 38

04300 Forcalquier.

vendredi, 12 mai 2017

TERRE & PEUPLE Magazine n°71

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Communiqué de "Terre & Peuple - Wallonie"

TERRE & PEUPLE Magazine n°71

Le numéro 71 de TERRRE & PEUPLE Magazine est centré sur le thème 'La guerre toujours et partout'.

Dans son éditorial, Pierre Vial prophétise « Les anges iront en enfer'.  Les anges, ce sont ceux qui croient se préserver de la guerre en se contentant de la refuser.  En commençant par la nier quand elle leur crève les yeux.  Ceux qui se bousculent pour trahir les leurs, victimisant les Théo et autres fauteurs de 'petites' émeutes, qui ne sont que des répétitions pour la grande.  Il cite Ernst Jünger : « Les longues périodes de paix favorisent certaines illusions d'optique.  L'une d'elles est la croyance que l'inviolabilité du domicile se fonde sur la Constitution, est garantie par elle.  En fait, elle se fonde sur le père de famille qui se dresse au seuil de sa porte, entouré de ses fils, la cognée à la main. »

Dans son introduction au dossier central, Pierre Vial répète que la guerre n'est pas une institution humaine, mais une loi de la nature.  Il souligne qu'elle n'est pas seulement militaire, mais également militante, notamment dans la guerre culturelle, par l'information et la désinformation.  Nous faisons à présent l'objet d'une guerre de conquête, par des envahisseurs qui sont dans nos murs et pour qui nous sommes les 'croisés'.   Effectivement, nous défendons la Terre Sainte d'Europe, mais certainement pas Israël, dont nous n'avons pas à être les harkis.  C'est une guerre totale, armée mais aussi et surtout idéologique, culturelle.  Notamment, comme le souligne Patrick Buisson dans son dernier livre 'La cause du peuple', une guerre contre l'idéologie multiculturaliste venue des Etats-Unis.  C'est un guerre qui vise à paralyser sans tuer, à détruire les valeurs spirituelles au nom d'une pseudo-démocratie apatride, qui ne défend la liberté que de l'argent.  C'est dans ce climat que les fous d'Allah trouvent à s'immerger au sein de nos sociétés, notamment dans l'armée et la police.  Pierre Vial, qui cite le général Vincent Desportes (« On peut rêver un monde sans guerre : il n'existe pas. »), évoque le modèle immémorial d'une élite disposée au sacrifice, avec la tradition des compagnonnages guerriers, depuis les berserkirs germaniques jusqu'aux Templiers.  C'est la Révolution française, avec la levée de masses qu'on s'applique à fanatiser par la diabolisation de l'ennemi, qui va déboucher sur la guerre total, celle qui nous est menée.  Il n'y a pas d'autre voie de la paix que s'y préparer : para bellum.

Jean Haudry souligne que, dans l'ensemble de leur période commune, nos ancêtres indo-européens n'avaient pas de vocable pour désigner la lutte armée entre deux peuples ou deux partis.  Pour eux, il ne s'agissait pas là d'un événement particulier, mais de l'état normal de la vie durant la saison guerrière.  Le nom du héros grec Héraclès, comme son correspondant russe Yaroslav, signifie 'gloire de la belle saison'.  Mais, à la période la plus ancienne, la notion de guerre n'existe pas, alors que les squelettes de la période pré-agricole révèlent trois fois plus de morts par violences que la moyenne mondiale actuelle !  C'est la pratique de la razzia, apparue avec l'élevage au Néolithique ancien, qui préfigure la guerre des temps historiques.  Dans la société des quatre cercles (famille de trois génération-village-clan-tribu), elle est une activité de la belle saison, une fonction guerrière.  Chaque cercle sera à la base d'une unité militaire. Le premier sens du mot latin populus est armée (populare = dévaster).  Les saisons guerrière et agricole coïncidant, elles ont amené à répartir les fonctions et à distinguer les classes.  Le succès à la guerre passant pour un jugement des dieux, il importe d'avoir respecté les formes et les engagements, ce qui va conférer une  priorité à la première fonction religieuse.  La vengeance apparaît non seulement comme un droit, mais comme un devoir, mais elle fera bientôt place à la compensation par le prix du sang.  C'est vers la fin de la période commune, avec les migrations des Indo-Européens à travers l'Eurasie, qu'apparaissent des activités guerrières proprement dites, avec une sorte de contre-société héroïque de jeunes guerriers compagnons d'un roi, dans le cadre d'un engagement mutuel de fidélité qui vient se substituer à la solidarité naturelle.  Les dieux donnent alors la victoire à ceux qui honorent leur serment.  Les rituels d'initiation de ces compagnonnages, qui vont se prolonger dans la chevalerie, instituent la première forme d'armée permanente.  Avec la formation des empires, la discipline au sein de la phalange va primer l'action d'éclat héroïque.  C'est de même dans les temps historiques qu'apparaît l'affrontement de factions internes, la guerre civile 'qui glace les coeurs'.

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Thierry Thodinor rappelle que l'Hégémôn américain, en déclin, vise à rien moins qu'imposer au monde ses 'biens publics fondamentaux' (dollar et normes), par le contrôle des flux d'information et de capitaux, au moyen de chaînes d'interdépendance présentées comme une panacée morale et rationnelle.  Tout récalcitrant doit soulever l'indignation de la 'communauté internationale', avec un devoir d'ingérence, qui peut être problématique militairement (la Russie) ou symboliquement (le Vatican).  Le Nouvel Ordre Mondial agonise.  L'idéologie des Droits de l'Homme et du marché illimité patine.  Le dollar, adossé à une montagne de dettes, a perdu 98% de sa valeur par rapport à l'or.  Plus indigestes à avaler que Kadhafi et que Saddam Hussein, la Russie et la Chine manoeuvrent pour dé-dollariser     leurs transactions internationales.  Il ne reste que les sanctions et la guerre financière, totale mais furtive.  Les départements américains du Trésor et de la Justice, en application du Patriot Act, pris suite au 11Septembre pour traquer le financement du terrorisme, pénalisent d'amendes gigantesques les entreprises étrangères (BNP Paribas, Deutsche Bank, Siemens, Alcatel...) prises en défaut d'application des sanctions.  Les Russes sont menacés d'expulsion de la coopérative de transferts financiers internationaux SWIFT, instrument majeur de globalisation.  Ils ont répliqué en créant, en 2014 avec les états du BRICS, une nouvelle banque de développement et en adhérant, en 2015, à la Banque asiatique créée par la Chine.  Brisant le monopole américain en matière de notation du crédit, ils ont mis en place leur propre agence AKRA.  SWIFT, qui informe la NSA (voir Snowden), a déconnecté en 2013 le Vatican, resté fermement attaché au secret bancaire.  Son administration a été alors promptement purgée (démission de  Benoît XVI) !  L'incompétence des Néocons et l'obsolescence des organisations internationales qu'ils contrôlent encore accélèrent l'autodestruction du mondialisme américain.

Robert Dragan dresse un dossier richement documenté (arte.tv et les historiens américain Robert C. Davies et français Jacques Heers) de l'enfer qu'ont fait subir les Arabes à plus d'un million d'Européens (et d'Américains), qu'ils ont traînés en esclavage en terre d'islam à l'époque moderne.  Ce drame fait l'objet d'un silence assourdissant de la part de nos maîtres à penser.  Or la saignée a été lourde car le chiffre d'un million est d'autant plus écrasant que l'Europe était beaucoup moins peuplée :  pour quinze millions de Français, il n'y avait que cinq millions d'Espagnols et quatre millions d'Anglais.  Au moyen-âge déjà, ce fléau frappait les marins et les populations côtières européens jusqu'en Scandinavie et même en Islande.  C'est Meknès, capitale du sultanat du Maroc, qui en était le centre et le Sultan Moulay Ismaïl (1672-1727) une des figures marquantes, par sa brutale cruauté.  Des chrétiens renégats (le capitaine hollandais Jan Janszoon) et des juifs ont collaboré aux rapts, au commerce et à l'élevage du bétail humain blanc (production de métis).  Entre 1609 et 1616, les pirates barbaresques ont arraisonné 466 navires marchands anglais et ont vendus les survivants.  Moins intensive dans ses débuts, cette traite remonte au moyen-âge.  Elle durera jusqu'au XIXe siècle, jusqu'au bombardement d'Alger par une flotte anglaise en 1816 et à sa conquête, en 1830, par les troupes de Charles X.  Ce qui est reproché à crime aujourd'hui et reconnu dans les repentances d'opportunistes mondialistes.  Aujourd'hui encore, les pays de la péninsule arabique se fournissent en jeunes prostituées blanches en Europe de l'Est.

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Fabrice Lehénaire cite Macron (« L'arrivée de milliers de migrants est une opportunité économique. »), pour souligner la nécessité de bien distinguer le demandeur d'asile, réfugié qui, pour échapper à des violences extrêmes, aspire à obtenir un statut légal temporaire, d'une durée aussi brève qu'on peut l'espérer, de l'immense majorité des immigrés, migrants de plus en communément illégaux, qui ont des motivations d'opportunité personnelle, quand elles ne sont pas d'invasion conquérante, voire de violence terroriste.  C'est la flagrante infériorité numérique des premiers par rapport aux seconds qui commande d'y déceler une opération stratégique de démantèlement de la civilisation européenne.

Roberto Fiorini présente le livre de Jehan Morel 'Guerilla contre guerilla' paru aux éditions DPF-CHIRE (contact@chire.com).  C'est la honte de la débandade de l'armée français en mai 1940 qui détermine l'auteur à se laver de ce déshonneur en s'engageant pour aller combattre en Indochine, où il a « la chance d'être affecté à une unité qui pratique la contre-guerilla », des supplétifs vietnamiens que des responsables politiques carriéristes abandonneront honteusement, comme ils abandonneront ensuite les harkis.  Il achèvera sa carrière de guerillero au Katanga, contre les forces de l'ONU.  Il note au passage la réalité écrasante de l'explosion démographique créée par la bonne conscience des Européens (25% de la population mondiale en 1900, ils n'en représenteront plus que 4% avant la fin de ce siècle ).  Il a retiré de ses expériences du terrain un catalogues de principes et de recettes incomparables pour mener une guerre asymétrique, notamment la pureté morale et le dévouement par quoi mériter la loyauté.

Roberto Fiorini consacre un long article à Georges Sorel (1847-1922), fondateur du syndicalisme révolutionnaire, qui prêche l'action directe de guerre contre le monde bourgeois.  Pour lui, le suffrage universel est un piège tendu par la démocratie libérale pour confier le pouvoir aux possédants.  Il incombe aux minorités conscientes d'éduquer et d'entraîner les masses dans une démocratie de base, directe et participative.  La violence ouvrière, par la grève générale, est l'arme ultime et légitime du désespoir.  Sorel conteste aux classes la possibilité d'intérêts communs et dénonce l'oligarchie de puissants entrepreneurs, ligués aux dépens de la nation.  Comme il  dénonce l'opération des partis qui ont confisqué le mouvement ouvrier.  La première CGT était profondément sorélienne.  Pour élever intellectuellement et moralement la classe laborieuse du peuple, il préfère l'action quotidienne et le mythe mobilisateur, expression d'une poésie populaire, qui fait appel à l'intuition de préférence à la raison pour inviter à l'héroïsme désintéressé.  Pour rester en prise avec la réalité que vit le peuple, il prône la mobilité des idées, ce qui fera que Lénine, qui l'admire, le jugera « brouillon ».

Pour Alexis Arette, c'est par la voie de la presse que la bourgeoisie capitaliste a matérialisé le peuple, dans une société vouée au Veau d'or (où l'entraîneur-vedette du PSG rafle une indemnité de licenciement de 22 millions € quand les paysans sont réduits aux restos du coeur). Une société où des juges condamnent Zemmour pour avoir « dépassé les limites de la liberté d'expression » que ne dépassent pas des rappeurs qui appellent à « saigner les flics comme des porcs ».  Une société où les bulles des complots prétendument déjoués ne masquent pas ceux qui ne l'ont pas été parce qu'on a libéré des multirécidivistes,  où François Hollande ne se suicidera pas comme Allende, mais s'éteindra dans le confort bourgeois que la République garantit à ses maquereaux.  A moins que surgisse un gouvernement de salut public.  Car il y a du changement dans l'air.  La Norvège renvoie ses suspects.  Le Japon est fermé aux musulmans.  Cuba interdit une mosquée.  La Pologne s'aligne sur les Hongrois et les Tchèques.  L'Angola interdit l'islam.  Sept états des Etats-Unis jugent la charia incompatible avec la loi américaine.  Même Merkel ose réagir contre les métèques violeurs.  Erdogan confirme que les armes des djihadistes étaient d'origine occidentale.  Il reste à la si conciliante Eglise conciliaire à découvrir qu'il n'y a pas de Coran alternatif.

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Jean Haudry définit son 'Message de nos ancêtres' comme un ouvrage militant, destiné à la formation des adolescents.  Il a accepté de rédiger à l'initiative de notre Président.  Il y narre l'histoire des Braves, un peuple sédentaire indo-européen installé en Europe centrale aux temps protohistoriques  (seconde moitié du deuxième millénaire), dont le roi revendique, selon l'usage de l'époque, le titre de 'roi du monde' et qui, à défaut de conquérir le monde, le fait venir à lui.  Les Braves ne représentent pas le noyau fondateur des Indo-Européens, mais leur histoire correspond à celle des Gaulois (qui ont donné leur nom à la Gaule), des  Francs (qui ont donné leur nom à la France) et des Angles (qui ont donné le leur nom à l'Angleterre).  Un épisode se passe chez les Hyperboréens.  Le nom de ceux-ci (qui signifie 'au nord des montagnes) désigne les régions au nord de la Grèce, et non la composante arctique mise en évidence par Tilak.  Jean Haudry rappelle que l'hostilité à l'égard de l'étude de la parenté des langues de l'Europe, de l'Inde et de l'Iran trouve sa source dans l'incompatibilité de cette parenté avec le thème biblique des trois fils de Noé.  Le livre est richement illustré par Eric Heidenkopf.

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Vous servant à chaque parution de TERRE & PEUPLE Magazine une synthèse du dernier numéro, nous sommes bien placés pour apprécier la qualité altière de la recension que Jean Haudry a réalisée dans cette livraison du numéro 66 de Nouvelle Ecole consacré à Charles Maurras.  Il ne serait pas raisonnable de tenter une synthèse d'une synthèse.  Outre le sommaire, qui est déjà riche d'enseignement, nous nous en tiendrons aux réflexions de notre maître et ami sur trois axes de la pensée, très riche, du fondateur du nationalisme intégral. Aux quatre états confédérés que Maurras reconnaît à l'anti-France, juifs, francs-maçons, protestants et métèques, Jean Haudry estime qu'il fallait déjà à l'époque (condamnation de l'Action Française), et qu'il faut également aujourd'hui, ajouter les catholiques, à quelques exceptions près.  Par rapport à son mot d'ordre 'Politique d'abord', Maurras est presque toujours en porte à faux (son agnosticisme par rapport à la catholicité des rois ; sa prophétie manquée de la 'divine surprise' ; son anti-germanisme viscéral).  Sa revendication-programme « Je suis romain, je suis humain. » est à la fois pertinente et inacceptable, en ce qu'elle oublie l'héritage celte et germanique.  Jean Haudry se doit d'évoquer celui de la grande famille indo-européenne.  Il conclut avec une citation d'Alexandre Douguine sur l'eurasisme et le retour de l'Indo-Européen aux racines de sa patrie primordiale.

Sommaire du thème central de Nouvelle Ecole n°66

Maurras vu par Lucien Rebatet

Portrait de Charles Maurras (Olivier Dard)

Le jeune Maurras, félibre et fédéraliste (Rémi Soulié)

Maurras et l'Abbé Penon (Axel Tisserand)

Heidegger et Maurras à Athènes (Baptiste Rappin)

La République, la bourgeoisie et la question ouvrière (Charles Maurras)

La géopolitique selon Maurras (Martin Motte)

Maurassiens et Mai 68 (Gérard Leclerc)

Maurras et le romantisme (Alain de Benoist)

Charles Maurras et le positivisme d'Auguste Comte (Francis Moury)

Maurras en Amérique Latine (Michel Lhomme)

L'anarchiste, c'est Créon (Charles Maurras)

 

Roberto Fiorini nous envoie au cinéma, voir le dernier film de Ken Loach 'Moi Daniel Blake', sur les effet du libéralisme sur la société anglaise. 

samedi, 25 février 2017

JEAN-CLAUDE VALLA PRÉSENT !

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JEAN-CLAUDE VALLA PRÉSENT !

par Pierre Vial

Ex: http://www.terreetpeuple.com 

Ce soir j’allumerai sur la tour de Jul la bougie rouge qui est le signe qu’un Ami est parti avec les Oies Sauvages un 25 février.

Jean-Claude Valla était le meilleur d’entre nous. Je le revois, à l’entrée du restaurant universitaire de Lyon, distribuant les tracts de la Fédération des Etudiants Nationalistes, un sourire moqueur aux lèvres alors qu’une horde de gauchos hurlait autour de nous… sans trop s’approcher quand même car nous n’avions pas la réputation d’être des adeptes de la non-violence. Nous avions fait connaissance, quelques mois auparavant, alors que j’étais venu distribuer avec deux camarades les tracts de la FEN à la sortie du lycée du Parc de Lyon, où j’avais appartenu l’année précédente à la Corniche (classe préparatoire au concours d’entrée à l’Ecole de Saint-Cyr). Ce jour-là, la disproportion numérique entre nous et les gauchos était telle que nous n’avions pas beaucoup d’illusion sur l’issue de l’affrontement. Quand un grand gaillard est venu, sans un mot, se ranger à nos côtés. Avec une belle allonge si bien que les gauchos ont préféré aller voir ailleurs. C’est ainsi que j’ai rencontré celui qui allait devenir mon meilleur ami.

Jean-Claude a été de tous nos combats et toujours en première ligne. Quand nous fumes quelques-uns à créer le GRECE il en devint rapidement et tout naturellement le secrétaire général et lui donna un élan vigoureux. Je suis fier de lui avoir succédé à ce poste. Puis Jean-Claude se révéla un journaliste de grand talent et il accumula dans ce métier de hautes responsabilités. Il fit du Figaro-Magazine un hebdo passionnant, riche et inventif – mais surtout une véritable arme de combat métapolitique. Et Le Choc du mois a laissé aussi de beaux souvenirs à ceux qui firent partie de l’aventure.

Passionné d’Histoire, Jean-Claude donna le meilleur de lui-même, alors même qu’une terrible maladie était déjà à l’œuvre, pour rédiger « Les Cahiers Libres d’Histoire », où son culte de la vérité historique l’amena à dévoiler bien des aspects occultés de l’histoire contemporaine (entre autres, « L’extrême droite dans la Résistance » et « Ces Juifs de France qui ont collaboré » ont fait grincer bien des dents…).

Dès la naissance de Terre et Peuple Jean-Claude Valla m’avait apporté son soutien et sa participation à nos activités, comme les Journées du Soleil en Provence, ont laissé de grands souvenirs à ceux qui étaient là.

Quand j’ai certaines décisions importantes à prendre, je sais que Jean-Claude est là, à mes côtés. Et cela m’aide, beaucoup, à continuer la route. Au bout, je sais qu’il m’attend.

                                                                                     Pierre VIAL

jeudi, 09 février 2017

TERRE & PEUPLE Magazine n°70 : Russie et Ukraine

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Communiqué de "Terre & Peuple - Wallonie"

TERRE & PEUPLE Magazine n°70: Russie et Ukraine 

Le numéro 70 de Terre & Peuple Magazine est centré autour du thème 'Russie et Ukraine, une fracture au coeur de l'Europe'.

Pierre Vial, dans son éditorial, professe que notre mission essentielle est de dire la vérité, la loi du réel.  Dans notre monde de tricheurs, dire la vérité rend libre.  C'est un acte révolutionnaire de résistance aux lois liberticide, aux tabous imposés au mépris des réalités et du respect des différences, notamment les différences culturelles et raciales entre les peuples.  Il est regrettable à ce propos qu'Alain de Benoist recommande : « Evitons de 'racialiser' la victoire de Trump ! »

Pierre Vial recense le dernier livre de Patrick Buisson, consacré, non pas à la présidence de Sarkozy, mais à sa critique fondamentale, afin de mieux illustrer le sujet 'La cause du peuple'.  Eminence grise de ce président de la République, c'est à cette cause qu'il s'est inlassablement attaché à le convertir, pour le service du bien commun, à lui faire accepter avec la 'ligne Buisson' l'idée d'une rupture avec la ligne anti-France, celle qui met « à genoux, puis à plat ventre, puis à baiser la babouche : ce n'est jamais suffisant. »  Et à lui ouvrir les yeux sur les véritables enjeux de cette guerre, qui met en question le fonds ethno-culturel et racial du peuple français.  Quand il croyait l'avoir convaincu, il l'entendait, empressé de se montrer politiquement correct, déclarer au Monde : « Le métissage, c'est la volonté de vivre ensemble. Ce n'est pas la négation des identités ! »  Jusqu'à la révolte des identitaires à laquelle appelle aujourd'hui Patrick Buisson : on veut leur peau, celle de leur âme.

Robert Dragan saute sur l'occasion de re-fusiller Jean-Paul Demoule, l'archéologue qui, sans être lui-même linguiste, s'est mêlé de contester, dans son livre 'Mais où sont passés les Indo-Européens ?', la réalité d'une origine commune aux langues européennes vivantes !  Cette occasion est l'exécution en règle de Demoule dans la revue d'études indo-européennes WEKwOS, laquelle l'accuse d'ignorer délibérément les dernières synthèses scientifiques et de s'en tenir à la science du XIXe siècle !

Le même Robert Dragan enchaîne, dans sa tâche de justicier, en tordant le cou à l'accusation de voltairianisme qui, dans les milieux patriotes, est proférée à l'encontre des païens, lesquels fondent pourtant leur identité sur la communauté du peuple avec le peuple.  Alors que Voltaire, comme nombre de philosophes des Lumières, affecte pour le peuple un souverain mépris.  Le portrait, documenté, qu'il campe de Voltaire est dévastateur.  Notamment sa détestation pour Rousseau, contre qui il portera plainte devant des juges suisses, réclamant qu'on le punisse « capitalement » !  Il l'écrit à d'Alembert : « Jean-Jacques sera charmé qu'on le pende, pourvu qu'on mette son nom dans la sentence. »

Pierre Vial salue la réapparition du Crapouillot qui, pour sa résurrection, a choisi de déshabiller les clowns désabusés de EELV (Europe-Ecologie-Les Verts), pour la plupart des arrivistes étrangers à la nature et dont des marchands ont récupéré les bons slogans.  Mathilde Gibelin les avertit que la révolution est en marche et qu'ils ont des comptes à lui rendre.

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Roberto Fiorini, présentant le dossier Russie-Ukraine, rappelle que son importance pour notre avenir ne doit pas nous faire perdre de vue que nous sommes sans prise sur l'événement et que c'est ici que se mène le combat pour notre survie.  La Russie nous procure un modèle dont s'inspirer, voire des opportunités à exploiter, mais elle n'est pas le vecteur de notre salut, lequel ne tient qu'à nous.

Alain Cagnat présente un relevé détaillé de l'histoire de l'Ukraine, depuis les Varègues, colonisateurs Vikings qui, dès le VIe siècle, rejoignent, par les voies d'eau la Mer Baltique à la Mer Noire et fondent Novgorod et Kiev, jusqu'à la guerre civile actuelle fomentée par les ong 'humanitaires' de Soros et autres, en passant par les vagues d'invasions, Tatars, Mongols, Lituaniens, Polonais, Ottomans, et les réactions, les Cosaques et les grands tsars, Pierre Ier et Catherine II.  Il conclut : « Que ressort-il de tout ceci ?  Que Kiev est le berceau de la Russie.  Que Russes et Ukrainiens ne forment en réalité qu'un même peuple.  Et que l'Ukraine est, comme tant d'autres pays, instrumentalisée par les Anglo-Saxons dans leur tentative de contrôler le monde. »

Pour Jean-Patrick Arteault, la guerre civile larvée qui ronge depuis près de trois ans l'Ukraine est une guerre régionale, qui oppose la Russie et l'Union européenne, et une guerre mondiale, qui oppose l'occidentalisme américano-centré et le souverainisme eurasiatique.  C'est un conflit interne entre deux peuples frères, compliqué par des ingérences externes. Le nom de l'Ukraine, qui signifie marche frontalière, lui a été donné par ses voisins au long d'une histoire fournie en fluctuations territoriales, jusqu'au démembrement de l'URSS, en 1991.  La victoire de 1945 lui a procuré des gains territoriaux sur des zones historiquement autrichiennes ou polonaises parlant ukrainien, à côté de zones historiquement russes parlant ukrainien, de zones parlant russe mais à forte majorité d'Ukrainiens et de zones à majorité de Russes.  La Crimée, conquise sur les Ottomans par Catherine II est alors peuplée massivement de Russes ethniques.  La fragmentation est également culturelle et religieuse.  La décision, lors de la pseudo-révolution du Maïdan en 2014, de retirer au russe son statut de langue officielle a mis le feu aux poudres.  Aux élections présidentielles de 2010, la pro-occidentale ultra-corrompue Ioulia Tymochenko a été largement battue par le pro-russe Ianoukovitch, contre qui les occidentaux (notamment Bernard-Henry Levy et Georges Soros) ont alors déclenché le coup d'état.  Dans ce pays, les facteurs de division ne manquaient pas, notamment la mémoire de l'Holodomor, la famine organisée par les bolcheviques, pour l'essentiel des commissaires politiques juifs, qui fit des millions de morts.  Dans la 'Grande Guerre Patriotique' de 1941-1945, les Ukrainiens non-russophones s'en trouvèrent plus motivés à combattre aux côtés des Allemands.  La guerre civile dans le Donbass n'a pas été déclenchée à l'initiative de la Russie, mais du nouveau pouvoir de Kiev, qui s'inscrit dans la stratégie de l'Amérique d'empêcher, pour réaliser sa fameuse 'destinée manifeste', l'empire russe d'accéder aux mers libres.

Robert Dragan rappelle que, à l'issue de la première guerre mondiale, la résistance victorieuse de la Pologne à l'armée des soviétiques lui a permis de s'approprier un cinquième de l'Ukraine, le reste de cette région de l'empire des tsars subissant par la suite un sort particulièrement atroce, du fait à la fois de la résistance des paysans ukrainiens à la collectivisation des terres et à la présence dans le pays d'une forte minorités de Juifs (lesquels avaient même constitué jusqu'alors une nationalité à part).  Les récoltes sont réquisitionnées (semences comprises), par priorité pour l'exportation, et les récalcitrants sont punis avec une sauvage sévérité (la déportation ou pire).  Il s'ensuit une famine épouvantable, qui a fait plus de six millions de morts, dont d'innombrables enfants.  L'opération, qualifiée de Holodomor, est attribuée par la population aux Juifs qui, il est vrai, constituent l'essentiel des commissaires et policiers politiques communistes.  Les gens se répétaient que les juifs se vengeaient pour « les années Khmelnytski », du nom de l'etman des cosaques zaporogues qui, au XVIIe siècle, a libéré l'Ukraine du joug des Polonais (lesquels avaient jusque là confié aux Juifs la perception des impôts...).  Cet héritage historique convaincra de nombreux Ukrainiens à s'engager contre les soviétiques dans la Waffen SS.  L'implacable épuration qui s'ensuivit entraînera des centaines de milliers de déportations.  On comprend bien que cela obère la relation des Ukrainiens avec les Russes, mais pas que cela les amène à soutenir des oligarques cosmopolites, parmi lesquels de très nombreux juifs !

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Pierre Koenig relève que c'est le 25 juillet dernier que Poutine a consacré le Club Stolypine.  Animé par son conseiller Sergueï Glaziev, il vise à donner à l'économie russe un modèle de développement qui tranche sur l'idéologie globaliste du libre marché à l'occidentale d'Alexei Koudrine, dans un retour à la conception westphalienne des rapports entre les nations.  Pour le même Pierre Koenig, la Perestroïka de Gorbatchev et la Glasnost sont des opération de déstabilisation menées par l'occident, jusqu'au pillage généralisé et à la sécession des pays baltes, de la Biélorussie, de l'Ukraine et des républiques d'Asie centrale.  Cela s'inscrit dans une ligne que la thalassocratie anglo-saxonne a amorcée à l'époque élisabéthaine contre l'Espagne et le Portugal, pour empêcher qu'une puissance continentale domine le continent, et qu'elle a poursuivie contre la France jusqu'à Waterloo, pour briser ensuite les empires austro-hongrois et allemand.  Et contre la Russie, à la Guerre de Crimée, alors que l'enjeu était nul pour la France.  Depuis la fin de l'URSS, cette oligarchie a gagné une guerre idéologique et s'apprête à réduire l'humanité dans un esclavage culturel. Il est vital de promouvoir, contre ce totalitarisme rampant, la liberté des peuples et la pluralité des cultures.

Pour Thierry Thodinor, à la faveur de l'état de choc dans lequel les peuples européens ont été placés, le 'Consensus de Washington' (FMI/Banque Mondiale...) vise à imposer ses réformes, lesquelles seraient rejetées en temps ordinaire.  Dans l'Ukraine d'aujourd'hui, livrée aux maladies infectieuses et au pillage par les prédateurs locaux et par ceux qu'on y a importés (tel ce Hunter Biden, propre fils du vice-président US sortant !), la 'Révolution de la Dignité' s'est transformée en de sordides règlements de compte.

Petrus Agricola, correspondant habituel de Rivarol pour le monde agricole, note au sujet des sanctions prises à propos de l'Ukraine à l'encontre de la Russie de Poutine que, depuis l'arrivée de celui-ci au pouvoir, les Russes ont développé de manière spectaculaire leurs productions agricoles.  Notamment en mettant en culture des millions d'hectares de 'tchernozioms', les fameuses terres noires.  La Russie est ainsi devenue, devant les Etats-Unis, le premier exportateur mondial de blé, son client le plus important étant l'Egyte.  Pendant ce temps, les paysans européens paient la facture de leurs élites donneuses de leçons : avec les fournitures qu'ils destinaient aux Russes, ils noient les marchés qui voient les prix s'effondrer, tant pour leurs fruits et légumes que pour leurs porcs.  La Russie est incitée à devenir auto-suffisante, ce qu'elle réalisera très prochainement.

Ancien président de l'Association française de l'Agriculture, l'écrivain Alexis Arette, qui avait dans son livre 'Les damnés de la terre' dénoncé le programme agricole des puissances financières et la trahison de la démocratie chrétienne, des Jeunesses Agricoles Catholiques et des syndicats d'agriculteurs, rappelle que le génocide du monde agricole, initié par le Général De Gaulle, a été concomitant à celui des Harkis et a conduit les résistants (dont lui-même) dans les prisons de la République.  Mais qu'il en est sorti 'in-converti' !  Opportunistes, « les syndicalistes agricoles mériteraient, dans un bon régime, d'être pendus ».  Des six millions trois cent mille paysans français qui vivaient de la terre à la sortie de la guerre, il en subsiste moins d'un million, dont plus de deux cent mille exploitations de « subsistance » de paysans misérables qui s'accrochent par amour de la terre.  Avec une productivité énorme de basse qualité, sur des sols stérilisés, avec des économies d'échelle qui ne compensent pas la fragilisation, notamment celle des cheptels, touchés par des pandémies et gavés d'antibiotiques.  Dans le même temps, Poutine mise sur la qualité de la production d'une agronomie biologique.

Claude Valsardieu égraine toute une théorie d'images suggestives et de symboles évocateurs, confirmés par des étymologies, certaines fermes comme le roc, d'autres émouvantes et vertigineuses, pour inviter à se réapproprier les mystères de la lumière virginale de l'aurore : le coq, Mithra et Epona, Athéna et l'étoile du matin.  Et il rappelle comment, à l'époque romane, l'Eglise a investi la majesté païenne de l'aurore avec la crèche de Noël, avec le Petit-Jésus, symbole de la naissance du soleil, et avec la Sainte Vierge, vêtue de bleu-pâle et de blanc comme la lumière aurorale.  Il établit ensuite la coïncidence entre sainte Barbe, la barbare Berbère que Vatican II a éjectée du calendrier, et Danaé, princesse d'Argos qui fut comme Barbe enfermée par son père dans une tour, où Zeus vint la féconder par une pluie d'or, afin qu'elle enfante Persée et que celui-ci puisse tuer la Méduse.  Qui donc restituera leur benoîte patronne aux mineurs et aux géologues, aux puisatiers et aux artificiers, aux artilleurs et aux pompiers.

 

mercredi, 23 novembre 2016

Le numéro 69 de TERRE & PEUPLE Magazine est axé autour du thème central de La fin d’un monde?

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Communiqué de "Terre & Peuple-Wallonie"

TERRE & PEUPLE Magazine

Le numéro 69 de TERRE & PEUPLE Magazine est axé autour du thème central de La fin d’un monde?

Dans son éditorial, Pierre Vial aligne la grande fracture qui se creuse entre le pays légal et le pays réel sur celle qui existe entre les idiots, voire les salauds, qui acceptent l’invasion étrangère de l'Europe ou même la souhaitent, et ceux qui la refusent.  La réalité, c’est la diversité des races et des ethnies, une richesse qui fonde notre respect de toutes les appartenances.  Notre combat n’est pas d’ordre religieux, mais ethnique : que les envahisseurs retournent chez eux !

« La valise ou le cercueil. »  Robert Dragan rappelle, à ceux qui évoquent l’OAS à propos des attentats commis par les terroristes actuels (qui sont par ailleurs tous quasi automatiquement exécutés sur place !), les égorgements et les mutilations sexuelles, les massacres de femmes, d’enfants, de vieillards, qui ont été monnaie courante lors de la guerre d’Algérie.   On a ‘oublié’ que, sous le gouvernement de Mendès-France, 70 terroriste FLN ont été guillotinés,  François Mitterand, ministre de la Justice socialiste, avertissant : « Celui qui emploie de tels moyens doit savoir qu’il sera frappé à son tour. »  Comme on veut oublier que, en pleine guerre d’Algérie, la France socialiste a porté le fer en Egypte : dans l’affaire de Suez, contre Nasser, le « nouvel Hitler » !  En Algérie, de mars à juillet 1962, plus de trois mille personnes ont ‘disparu’, ce qui est bien plus qu’il n’en faut aujourd’hui pour que le TPI de La Haye instruise un procès en génocide.  Aujourd’hui, l’Eglise, en encourageant l’immigration massive, néglige son devoir de prudence, bien que le Pape ait entre temps prévenu contre la pratique irresponsable d’accueillir des immigrants qu’on n’a pas les moyens d’entretenir décemment.

Pierre Vial ouvre le dossier central ‘La fin d’un monde ?’ avec une citation tirée de l’œuvre de même nom d’Edouard Drumond, qui évoque « la survivance factice » d’une société déjà morte et en cendre, qu’un heurt léger va suffire à briser. Il cite également George Orwell (« Dire la vérité devient révolutionnaire. ») et San Giorgio, qui nous avertit du problème de la survie de nos familles.  Loin de les qualifier de paranoïaques, nous prenons au sérieux ces avertissements de la fin d’un monde.  Un monde que nous vomissons.

Piero San Giorgio remplit notre musette de toutes ses ficelles, précieuses dans les situations extrêmes qui nous menacent tous : veiller à dormir suffisamment et à relâcher dix minutes toutes les heures ; soigner ses pieds et donc ses chaussures ; être paré élémentairement en matière de secourisme et premiers soins ; boire au moins un demi-litre d’eau par jour ; prévoir des rations pour dix à quinze jours ; adopter la mentalité du prédateur toujours à l’affût : ne s’associer qu’avec ceux qui partagent cet esprit optimiste ; etc.

Dans la même veine, Pierre Vial révèle le plan de survie, pragmatique et méthodique, dressé par le ministre fédéral allemand de l’Intérieur sur une évaluation pessimiste d’une situation d’urgence nationale, en cas notamment d’attaque informatique majeure, ou du réseau d’approvisionnement en électricité, qui paralyserait le pays, provoquant la rupture des stocks, déclenchant la panique, des pillages, des violences, des affrontements.  Le document officiel liste les mesures de survie et entre autres les réserves de vivres (conserves, féculents et surtout de l’eau potable : 80 bouteilles pour une famille de 4 personnes).  Il est précisé que ces recommandations sont sans aucune relation avec la conjoncture !

Guillaume Corvus est le pseudonyme sous lequel Guillaume Faye a publié en 2004 ‘La convergence des catastrophes’.   Le paradigme ancien, selon lequel le sort de l’humanité s’améliore sans cesse grâce à la science et à la démocratie, est faux.  Les effets secondaires sont d’autant plus pervers que la technique entre dans son âge baroque.  L’humanité n’a pas à gagner au décollage économique de l’Asie.  Une concurrence ingérable va déboucher sur des troubles massifs, qui contraindront à changer le modèle économique.  L’espérance de vie progresse, mais pas la qualité de vie.  La famine menace une humanité pléthorique, confrontée à l’épuisement des sols, à la déforestation, à la désertification, à l’appauvrissement des réserves de pêche.  L’intensification des échanges multiplie les sources de conflits.  L’expansion galopante des populations urbaines (70%) et les mouvements migratoires développent de nouvelles proliférations virales.  La consommation d’énergie augmente sans cesse.  L’évolution incontrôlée de la technoscience risque d’inverser les objectifs.  Il était plus agréable de vivre dans les sociétés précoloniales que dans les actuelles, imitations ratées du modèle européen.  La fièvre européenne n’appartient qu’à certains peuples.  Le système actuel est incorrigible : il faut en changer.  L’article renvoie à Alain de Benoist, dans ‘Demain la décroissance’. 

Roberto Fiorini vitupère contre le scorpion capitaliste et la démesure de sa fringale de liberté que garantissent aux renards du commerce globalisé et aux crocodiles de la spéculation financière les gendarmes corrompus de la Babel de Bruxelles, Mecque du métissage généralisé.  Il dénonce les quinze mille lobbies qu’elle a accrédités en son sein pour qu’ils lui recommandent les orientations qui conviennent.  Notamment des ‘Stratégies du choc, le capitalisme du désastre’ (Naomi Klein), qui sait surfer sur les convulsions (qu’il a au besoin suscitées) pour faire accepter des rigueurs sociales qui lui sont profitables.  Il rappelle que Milton Friedman préférait une dictature qui soutient la liberté du commerce à une démocratie qui ne la soutient pas.  Il souligne que jamais la répartition des richesses n’a été aussi inégalitaire (1% possède 48% des richesses).   Il évoque Maurice Bardèche, lorsque celui-ci remarquait que les expériences fascistes ont au moins exalté des valeurs morales de courage, de discipline, de responsabilité, de solidarité, et il cite Winston Churchill (à Lord Boothby) : « Le crime impardonnable de l’Allemagne est d’avoir créé un système d’échanges dans lequel la finance internationale ne pouvait plus être partie prenante. »

Jean-Patrick Arteault répond négativement à la question 'L'islam est-il la cause intrinsèque du terrorisme ?', remarquant que, dans les milieux identitaires, la question, située au carrefour de plusieurs problèmes actuels, est mal posée.  Il y a le problème religieux posé par l'islam au polythéiste (animiste africain, hindouiste, païen albo-européen), au chrétien européen, à l'athée laïciste, au militant des droits de l'Homme.  Avec le problème civilisationnel que l'islam pose, aux vestiges pagano-européens que nous sommes comme aux tenants des valeurs chrétiennes et à l'occidentalisme dominant, nous savons déjà que nous serons les dindons de la farce.  Mis à part l'islam intégré dans les Balkans et en Russie suite aux vagues ottomanes, le problème de l'islam en Europe remonte aux années '70 : le Grand Remplacement programmé par notre oligarchie.  La pratique bon-enfant a alors fait place aux prédications rabiques des wahhabites, sur un fond de frustrations post-coloniales et de repentance, avec un océan de pétrole au service d'un prosélytisme planétaire qui compte purifier l'Oumma par une pratique rigoriste fanatique.  Le problème religieux est compliqué par les enjeux géopolitiques des Proche- et Moyen-Orient, traités de façon simpliste par les occidentaux et de façon cynique par la politique du chaos israélienne, qui y ont produit un vide où les islamistes se sont infiltrés.  Les Européens ont créé chez eux par une invasion migratoire un problème à la fois racial et religieux.  En crise économique récurrente, ils ont noué des liens étroits avec les monarchies pétrolières prosélytes.  Ils ont utilisé le fondamentalisme contre les Russes, mais les islamistes ont leur objectifs propres.  Il ne faudrait pas toutefois sacrifier à une hystérie anti-musulmane : l'ennemi prioritaire est l'oligarchie.  Il faut mettre fin à l'immigration et organiser le retour.  La guerre des religions est une affaire de fondamentalistes protestants ou de catho-tradis.

Pierre Vial, dans le sillage de 'Sabotage', le livre de Georges Gourdin le bien nommé, appelle à la grève des consommateurs.  Mais surtout à la décroissance, à la vie frugale et libre, à l'économie locale et au soutien aux AMAP, les associations pour le maintien d'une agriculture paysanne.

Aristotle_Altemps_Inv8575.jpgRobert Dragan esquisse un portrait d'Aristote, père de la philosophie réaliste classique (ou peut-être simplement interprète d'une tradition ancienne européenne, car il ne parle jamais à la première personne).  On oppose cette pensée à la philosophie idéaliste qui -la science ayant pu entre temps développer la connaissance de la nature- a vérifié que notre connaissance de la réalité du monde est relative, car elle passe par le prisme restreint de notre perception et de notre raison.  Rien ne pourrait être certain car la réalité nous est inconnaissable.  La théologie scolastique de l'Eglise (fille bâtarde, selon Voltaire, de la philosophie d'Aristote, mal traduite) revendiquait au contraire le réalisme aristotélicien : notre connaissance de l'univers, imparfaite, est néanmoins réelle.  Le réaliste en induit une morale calquée sur l'adaptation au réel.  L'idéaliste moderniste privilégie le sujet, jusqu'à l'amoralité comprise. 

Gabriele Adinolfi rend compte de la première rencontre de ses Lansquenets à la fin juillet en Provence.  Elle a réuni, outre des Français, des Italiens, des Espagnols, des Hongrois et des Belges, des Corses, des Catalans, des Bretons, des Normands, des Alsaciens, des Wallons et des Flamands.  Bilan : au-delà de ce qu'on pouvait espérer de mieux, quand il s'agit de se déconditionner et de «rejoindre l'essentialité ».  Résolution : améliorer la tenue, la cohésion, la rapidité d'exécution, l'autocritique.  Bon vent aux Lansquenets !

lautre-tiers-mondisme-400x635.jpgAlain Cagnat livre une passionnante recension du livre de l'ami Philippe Baillet, 'L'autre Tiers-Mondisme, Des origines à l'islam radical', paru chez Akribeia.   Notre ami est co-fondateur de la revue Totalité.  L'ouvrage analyse une série de personnalités qui se sont révélées réfractaires à la bipolarité URSS/USA, mais démarquées des non-alignés, communistes, trotskistes ou chrétiens progressistes.  Il s'agit de :

  • Gabriele D'Annunzio : organisateur d'une nouvelle croisade d'hommes pauvres et libres contre la caste des prédateurs usuriers (à l'époque, les Irlandais, les Croates, les Albanais).
  • Benito Mussolini : il s'est rapproché des nationalistes arabes et s'est même proclamé « Glaive de l'islam » !
  • Gregor Strasser : à la gauche du NSDAP, il accueille favorablement ces idées de Mussolini et prône même un rapprochement avec les communistes allemands.
  • Friedrich Hielscher : il fait partie des nationaux-révolutionnaires très hostile aux nazis, ce qui permettra à la Rote Kapelle d'infiltrer les échelons les plus élevésdu parti. Il prêche pour les « hommes de foi » au service de forces immuables, imperméables à l'argent.
  • François Genoud : c'est un Suisse qui participe au réseau Still Hilfe, d'aide aux nazis en fuite et pour qui la cause arabe et le national-socialisme ne font qu'un.
  • Johann von Leers : sa haine obsessionnelle des juifs trouve écho dans la Bande à Baader de la Rote Armee Fraktion, pro-palestinenne, qui a elle-même des liens avec le Front de Libération de la Palestine de Georges Habache, financé par Genoud.
  • Maurice Bardèche : frustré dans sa judéophobie par la défaite du fascisme, recherche un terrain d'entente avec les nationaliste arabes, confondant civilisation arabe et religion musulmane, alors que Nasser n'aura de cesse d'écraser les Frères Musulmans.
  • Jean Thiriart : activistes de l'Algérie française et de la présence coloniale, il prône un nationalisme paneuropéen indépendant des blocs USA/URSS. Il fonde Jeune Europe, hebdomadaire et mouvement politique. Jacobin d'une nation européenne unitaire, il désigne dans l'impérialisme américain l'ennemi gigantesque commun à tous les nationalistes, européens comme arabes, latino-américains comme vietnamiens et comme chinois. C'est un suprémaciste : l'homme européen émerge du magma des peuples et des races.  En France, ses idées sont surclassées par la FEN et par le magazine Europe-Action de Dominique Venner, mais sont bien reçues en Italie, par Carlo Mutti, soutien de Poutine avec sa revue Eurasia.
  • Alain de Benoist : un des principaux moteurs de la Nouvelle Droite qui mobilise contre l'universalisme, l'égalitarisme et le cosmopolitisme, dénonçe la décadence qui désarme. Il proclame : « Europe, Tiers-Monde, même combat » et en appelle à tous ceux qui cherchent une autre voie qu'un affrontement bipolaire.
  • Carlo Mutti développe dans Totalité la ligne politique de « l'autre tiers-mondisme », jusqu'à faire d'Evola un soutien de l'islam (ce qu'il ne fut jamais) et à mettre comme condition à la résurrection de l'Europe la revitalisation de l'islam. Et à prétendre que la civilisation arabo-musulmane est supérieure à l'européenne (Alain de Benoist s'en tient sagement à refuser l'immigration, mais à souhaiter la coopération.).
  • René Guénon, qui souhaite l'assimilation salvatrice de l'Occident par l'Orient, se convertit à l'islam à l'âge de 25 ans et élève ses quatre enfants dans cette religion. Il juge que l'homme moderne, en rupture avec la tradition, est un être amputé, fermé à la spiritualité.
  • Alain Soral, ancien communiste et ancien FN, prône la réconciliation entre la gauche du travail et la droite des valeurs. National-socialiste du type Chavez, il juge que les identitaires racialistes sont les idiots utiles du Système.
  • Marine Le Pen, qui croit comme Jean Raspail que 'les carottes sont cuites', cherche le soutien des musulmans français dans une France ethnopluraliste.
  • Nicolas Gauthier, animateur du site Boulevard Voltaire, est très islamophile. Il soutient l'organisation des musulmans patriotes 'Fils de France' de Camel Béchikh, avec l'appui d'Alain de Benoist.

Tous sont soucieux de rendre son âme à la civilisation européenne, mais oublient que l'avenir est dans le racialisme, maintien de la diversité des races et des cultures face au rouleau compresseur de l'uniformisation.

Jean Leblancmeunier invite à l'imiter dans son périple de Saint-Petersbourg jusqu'à Moscou, par les voies d'eau.  Projet à inscrire dans nos tablettes.  A propos de l'absorption de l'Ukraine par l'Europe, on lui a expliqué que c'était un peu comme si Trump s'entendait réclamer par le Mexique la restitution du Texas et de la Californie !

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mardi, 27 septembre 2016

TERRE & PEUPLE Magazine n°68

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TERRE & PEUPLE Magazine n°68

Le numéro 68 de Terre & Peuple Magazine est centré autour du thème du populisme

Pierre Vial, dans son éditorial ‘Les assassins dans la maison’, n’y va pas par quatre chemins.  Quand il s'agit de se débarrasser d’animaux dangereux, les paysans savent bien qu’il n’y a pas trente-six solutions.  Nous choisissons de mettre les pieds dans le plat en promettant aux assassins : « Cela va vous coûter cher. »

Retour à la terre de la Bannière T&P de Flandre-Hainaut-Artois, qui a organisé un weekend de formation théorique et pratique des citadins au petit élevage et au jardinage, y compris la greffe et la taille d’arbres fruitiers et la cueillette de plantes qui soignent.  Prochaine édition en préparation.

Roberto Fiorini dénonce la précarisation des salariés français (aujourd’hui, 85% de l’embauche est temporaire) que prépare la Loi Travail pour se conformer à l’agenda européen et flexibiliser les coûts salariaux à la demande du MEDEV, le syndicat du patronat.  In-votables, les textes ne passent que par le subterfuge de ‘l’article 49/3’.  Cocus dans la rue, les syndicats ouvriers, ‘antifas idiots’, grondent mollement et se rangent.

Jean-Patrick Arteault commente l’ouvrage de Lucien Cerise sur 'Les Neuro-pirates’ et particulièrement l’ingénierie sociale du conflit identitaire.  Art de la guerre cognitive, l’ingénierie sociale vise à épargner à l’oligarchie les lourds investissements dans la surveillance et la répression des masses, qu’elle amène à se conformer ‘spontanément’.  Dans droit fil de ‘La Fabrique du consentement’ de Walter Lipmann, c’est une méthode pour pénétrer sans effraction un système mental ou social, par abus de confiance, et pour le contrôler furtivement, en amplifiant ses contradictions afin de le fragmenter.  Le conflit identitaire est triangulaire, entre deux acteurs cornaqués par un troisième, qui lance et entretient le conflit.  Le bourreau manipulateur doit apparaître comme la victime et rendre passionnel le conflit entre ses cibles.  Comment rendre cette ingénierie sociale inopérante ?  En recueillant les faits et en dégageant leurs relations de cause à effet pour remonter à l’ennemi caché.  Dans le cas pratique du double phénomène de l’invasion migratoire de l’Europe et de l’offensive jihadiste sur l’Europe et sur le Moyen-Orient, la cible principale est l’Europe, son peuplement et ses valeurs de libertés.  La réinfosphère identitaire a bien ciblé l’ennemi islamique.  Les plus éclairés ont repéré le jeu géopolitique des Saoudiens, de Qataris et des Turcs.  Du côté des musulmans, envahisseurs victimisés, on se démène à dénoncer le racisme et l’islamophobie des Européens.  L’observateur familiarisé avec l’ingénierie sociale situe le troisième angle du triangle : les marionnettistes du premier niveau, saoudiens, qataris et turcs, ne sont même plus masqués dans les grands médias.  Les mieux informés dégagent le rôle indirect des Américains.  Mais il y a encore un acteur que le casting ne se soucie pas de citer, qui a l’habitude d’être présenté en victime, qui pratique la stratégie du chaos fragmenteur au Moyen-Orient, qui soutient l’immigration et en même temps les mouvements identitaires hostiles à l’islam et dont la tradition messianique prédit que, à la fin des temps, ses rivaux s’étriperont mutuellement pour lui faire place nette.

Pierre Vial ouvre le dossier central sur le populisme en remarquant queddans la presse du système, l'adjectif populiste est devenu le qualificatif censé disqualifier.  Pour définir le populisme, il cite Vincent Coussedière pour qui, dans le n°160 d’Eléments, c’est la maladie dont souffrent les peuples européens.  Mais la maladie n’est pas le contraire de la santé.  Elle est la réaction, saine, d’un organisme agressé.  Le sursaut immunitaire contre le système à tuer les peuples (dont l’immigration-évasion) avec son poison cosmopolite.  Ses zélotes, de BHL au Pape, se rendent coupables d’ethnocide.  Mais ils butent sur le refus populiste de se laisser engloutir.

Jean Haudry situe le concept peuple dans les langues indo-européennes entre population et nation définie par sa langue, l’étranger barbare se trouvant comme les (autres) animaux hors communication avec les seuls vrais hommes.  L’ancêtre des Indo-Iraniens est Manu (de la Loi de Manu).  Mannus est celui des Germains (de Germanie) et Manees celui des Phrygiens.  L’ethnie est conçue comme un groupe de cinq peuples répartis selon les points cardinaux autour d’un centre, comme les cinq provinces d’Irlande et comme l’Islande ancienne, cinq étant l’expression symbolique d’une totalité (les cinq doigts de la main).  Au cercle supérieur, le peuple s’identifie à la tribu (les Teutons = ceux de la tewta ; un autre nom de la tribu est tiré d’Aryas, mais ari désigne plutôt les autres clans rivaux, et bientôt ennemi, contraste qui s’amplifiera dans la société héroïque, où le peuple se définit comme les siens (swe : Suèves, Sabins, Samnites) ou comme une confrérie guerrière d’hommes-loups.  Dans plusieurs langues, une même forme désigne le peuple et l’armée : populus latin est dérivé du verbe populari = dévaster et laos grec est à rapprocher du hittite lahha = expédition guerrière et de l’irlandais laech = guerrier.  La société héroïque est guerrière, issue de la période d’expansion à partir de bandes de jeunes hommes.

Alain Cagnat, qui traite des ‘Elites contre le peuple’, souligne que ‘populiste’ se veut une insulte.  Trump, qui affronte l’élite de pouvoir, est populiste et anti-moderniste, car l’ennemi majuscule de la bourgeoisie progressiste qui a déboulonné l’aristocratie traditionnelle, est l’enracinement.  Il faut en faire table rase.  Ce ne sera pas sans heurts, car les gens frustes sont des simples qui s’attachent.  Le communisme poussera cette logique jusqu’à l’absurde, jusqu’à vouloir faire le bien du peuple contre lui-même, avec le massacre des koulaks et l’organisation de la grande famine de l’Holodomor.  Il ne comprendra pas que le peuple répond à des mécanismes vitaux.  Le communisme disparu, avec son mirage économique, les ‘socialistes défroqués’ en ont conservé l’internationalisme et l’égalitarisme.  L’ouvrier est devenu un petit bourgeois identitaire !  Quand le peuple trahit ainsi la cause du peuple, il faut le remplacer.  En l’espèce, il faut le métamorphoser, par le métissage, pour le convertir à l’idéologie du Monde.  En 1945, De gaulle a abandonné l’éducation aux communistes et, vingt ans plus tard, en mai 68, les idées gauchistes triomphaient.  Le tiers-mondisme a remplacé l’internationalisme et préparé l’immigrationisme.  Le féminisme, qui a remplacé l’ouvriérisme, détruit la famille.  On a enseigné aux enfants à haïr les pensées autres et à préférer son lointain à son prochain.  Au lieu d’éduquer le peuple, l’oligarchie lui enseigne la Vérité et ne tolère que le politiquement correct.  Aux autochtones, on infuse la repentance, pour faire inciter l’immigré à la Juste Vengeance.  Mais le peuple, qui a flairé le précipice, freine des quatre fers.  Il se fonde sur des valeurs éternelles, moins vaporeuses que celles de la République.  Il voit le christianisme, qui avait rythmé son existence, remplacé par une religion de tous temps hostile.  Il constate que les élites ont cessé d’aimer la France, que leur morale des Lumières n’est qu’un masque.  Il se gausse de leur rhétorique contorsionnée.  La fracture passe aussi par l’Eglise.  Le Pape, imprégné de la théologie marxisante de la libération, s’affirme comme un acteur du multiculturalisme.  La fracture passe également par le FN, que son souci de se dé-diaboliser conduit à trahir son âme.  Il est temps d’entrer en résistance.  Un vent d’espoir en fait claquer l'étendard, non seulement en France, mais dans toute l’Europe et même aux Etats-Unis.

Le TP Magazine a interviewé un jeune cadre polonais qui a vécu à l’Ouest et connaît bien la Pologne.  Il a démonté la propagande occidentale et rectifié l’image exécrable que notre presse bien-pensante nous propose du PiS, le parti Droit et Justice qui est au pouvoir en Pologne : le premier ministre Jaroslaw Kaczynski , fasciné par le populisme du hongrois Viktor Orban, seraît prêt pour créer un axe Budapest-Varsovie-Moscou europhobe, dont la vraie cible serait la démocratie libérale (à la Montesquieu, avec la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et l’équilibre entre eux).  Pour l’interviewé, la Pologne est, au contraire, un modèle de démocratie parlementaire proportionnelle, qui ne peut se gouverner que par coalition (et qu’il est aisé dès lors de rendre ingouvernable).  Le PiS a été au pouvoir entre 2005 et 2007 et a payé cher son manque d’introductions dans la grande presse.  Le PO (Plate-forme civique) a par la suite dirigé la politique du pays durant huit ans.  Parti ‘moderne’ pro-UE, il a ouvert le pays aux investissements étrangers, à la spéculation et à une corruption monumentale.  Entre temps, le PiS a connu une crise tragique, avec le crash de l’avion du Président Lech Kaczynski, le propre frère jumeau de Jaroslaw, qu’accompagnait tout l’état-major du PiS.  Le parti est parvenu à survivre à ce choc, à rajeunir ses cadres et à compenser par l’internet son manque d’accès à la presse mainstream, à un moment où le peuple était excédé par l’équipe en place.  Il a déjoué une prise en main de la Cour constitutionnelle, organe modérateur du droit du président de la république à dissoudre le parlement.  Le PiS est un modèle de social-démocratie du type Poland First.  Le PiS a l’appui d’Israël et des USA.  L’opinion selon laquelle Jaroslaw Kaczynski nourrirait des sentiments personnels de vengeance à l’égard de Vladimir Poutine est assez vraisemblable.

Pour Pierre Vial, le populisme est une tradition française, de prise de conscience du sentiment commun de la nécessité chez ceux qui partagent une même conception du monde.  Pour les Suisses, cela s’exprime par la voie du referendum d’initiative populaire.  C’est la démocratie directe, celle qui n’est pas confisquée par une élite cooptée.  Pour refaire l’unité, après la tragédie fratricide de la Révolution, Bonaparte a proposé au peuple la Grande Armée, école de fraternité, et le Concordat, accueilli avec soulagement par la paysannerie.  Napoléon III a fait de même pour le prolétariat ouvrier naissant, en mariant à la fierté nationale la justice sociale qui rétablit l’unité, contre les fomenteurs de la lutte des classes.  La tradition bonapartiste a été incarnée ensuite par le Parti de l’Appel au Peuple.  Les Jeunesses Patriotes, du bonapartiste Pierre Taittinger, qui combattaient les communistes, ont eu cinq tués en 1925 et deux encore le 6 février 1934, dans la révolte populaire contre les pourris.  La Révolution nationale transcende les clivages dans la population.  Elle n’est pas la révolution d’une classe, mais d’une génération.  Le boulangisme fut incontestablement populiste, la république bourgeoise corrompue étant à la fois antinationale et antipopulaire.  Le sursaut instinctif du peuple était incompressible.  Après la disparition subite du brave général Boulanger et la décomposition de son mouvement, son thème a été repris par la Ligue des Patriotes de Paul Déroulède.  Au même moment, Edouard Drumont, dans La France Juive qui connaît un immense succès, reconnaît aux Juifs qu’ils sont un peuple, mais qu’ils ont dès lors un autre destin que celui du peuple français, car il préconise un socialisme national.  Ses sympathies vont clairement aux communards (« Ce sont des hommes pareils à nous ») et il dénonce le massacre de Fourmies.  La défense du peuple toutes classes confondues se retrouve prônée en 1936 dans L’Humanité dans « la réconciliation française contre les 200 familles » (Paul Vaillant-Couturier) et réalisée dans l’Italie fasciste et dans l’Allemagne hitlérienne.  La mystique populiste est explicite dans le Parti Populaire Français de Jacques Doriot, ancien responsable communiste, et dans le Rassemblement National Populaire de Marcel Déat.  De même dans les Croix de Feu, transformés en 1936 en Parti Social Français, du Colonel de La Rocque qui, pas plus que le Maréchal Pétain, ne permettra à la vague populiste de balayer la IIIe République.  Sous la IVe, le populisme ressurgit avec poujadisme, réaction de santé des laborieux contre les bureaucrates parisiens, du pays réel contre le pays légal. Aux élections de 1956, il rafle 52 députés, dont le plus jeune est Jean-Marie Le Pen.  Le mouvement sera marginalisé par l’arrivée de De Gaulle, lequel installe une caste technocratique.  Celle-ci ne comprendra rien au surgissement et à la percée du Front National, vaste électorat issu de toutes les couches et de tous les bords, le plus populaire et le plus ouvrier, ce que Taguieff définit dès 1984 comme un national-populisme.  C’est le syndicat des indigènes.

Robert Dragan fait l’inventaire des partis européens ‘dissidents’.  Cela couvre trente-six pays, avec pour certains plusieurs fiches détaillées : une vraie merveille à conserver sous la main en attendant le prochain printemps (cfr Georges Schwartz, alias Soros, et sa tendresse inquiétante pour les Balkans).  Il n’est malheureusement pas possible de résumer un tel dictionnaire !

Poursuivant son autopsie de la Révolution Française, Pierre Vial aborde la Convention et la Terreur, en rappelant que l'Assemblée Nationale était  alors partagée entre 'La Gironde', tenue par une bourgeoisie d'affaires de notables locaux soucieux de re-stabilisation, et 'La Montagne', aile marchante de la révolution, liée aux enrichis par les biens nationaux et par les fournitures militaires, et dont les leaders étaient le démagogue Danton, le paranoïaque Marat et le puritain Robespierre.  Entre les deux 'Le Marais' des opportunistes guettant le sens du vent pour voler au secours de la victoire.  Et, dehors, la rue appartenait aux 'sans-culottes', qui portaient leurs revendications à la Commune de Paris afin de sanctionner, pour cause de disette, le pouvoir aux mains des Girondains.  C'est le procès du Roi et son exécution qui vont marquer la rupture entre Girondains et Montagnards et consacrer le principe de la table rase du peuple, débarrassé de ses traditions et racines et désormais ouvert au progrès et au cosmopolitisme, dans une laïcisation du dogme monothéiste, qui brise avec l'idéal antique de dépassement de l'homme européen (de la juste mesure à l'immensité immensurable).  Message de rupture au peuple français, la décapitation de Louis XVI est en même temps un message à tous les peuples européens, avec qui c'est la guerre.  La décision de lever 300.000 soldats, volontaires ou non, provoque une insurrection paysanne et catholique.  Dans le même temps, la disette a décuplé le prix du pain.  Pour tenter de rassurer les possédants inquiets, les conventionnels, qui qualifient d'Enragés les sans-culottes révoltés, menacent de la peine de mort ceux qui revendiquent des lois subversives du droit de propriété.  Contre les 'Suspects' d'être des ennemis de la liberté, ils instituent un Tribunal révolutionnaire, chargé de frapper vite et fort, et un Comité de Salut public, qui court-circuite le gouvernement au mains des Girondains.  Se sentant menacés, ceux-ci mobilisent les provinces.  Les sans-culottes répliquent par un comité insurrectionnel et par une manifestation géante qui assiège la Convention.  Les Girondains qui n'ont pas fui sont arrêtés.  Les Montagnards, pour sauver la patrie en danger d'armées étrangères et d'insurrections, vendéenne et autres, installent un gouvernement d'exception.  La Convention met 'La Terreur à l'ordre du jour'.  Ses 'Représentants en mission' (Fouché, Barras) font régner dans tout le pays une terreur totale et permanente.  A Paris, les Enragés réclamaient et obtenaient du tribunal révolutionnaire de Fouquier-Tinville la tête des traîtres et la confiscation de leurs biens.  Charlotte Corday, fera justice en assassinant Marat, qui avait réclamé qu'on coupât 270.000 têtes !  Le zèle épurateur débouche sur des exécutions de masse, au canon à mitraille à Lyon et empilés garrottés dans des embarcations coulées dans la Loire à Nantes.  Ce sont les jeunes chefs militaires victorieux qui vont donner au Comité de salut public un poids suffisant pour contrecarrer l'action des 'factions', Enragés et Indulgents, qui s'accusaient mutuellement de trahison dans le Journal d'Hébert ou dans celui de Desmoulins.  Robespierre, qui est opposé à la fois au modérantisme et aux excès, choisit d'éliminer d'abord les hébertistes ultra-terroristes.  Hébert, qui met dans le même sac tous ceux qui s'opposent à lui, avait suggéré aux sans-culottes : « Sur une forêt de piques, promenez toutes les têtes de ces scélérats. »  Ceux-ci en retiennent que, pour sauver leur peau, il leur faut avoir d'abord celle d'Hébert.  La Convention ordonne alors l'arrestation des hébertistes, qui sont sans retard guillotinés.  Ayant frappé à gauche, Robespierre se devait de frapper à droite les Indulgents, avec à leur tête Danton, orateur entraîneur d'hommes qui se savait irrésistible et se croyait intouchable.  Arrêté et traduit devant le Tribunal révolutionnaire présidé par Saint-Just, celui-ci ne lui laissera pas l'occasion de s'exprimer, sauf pour prédire : « Robespierre me suit. »  Celui-ci, que Nietzsche qualifiait « le plus froid des monstres froids » et dont Mirabeau prédisait : « Il ira loin : il croit tout ce qu'il dit. », exerce alors pratiquement une dictature.  La Vendée subit à ce moment, avec les Colonnes Infernales, une Terreur folle, un génocide qui déshonore à jamais ceux qui l'ont ordonné et dont ont témoigné des soldats républicains rongés de honte.  Mais entre temps la justification de la Terreur par la menace étrangère est devenue  de moins en moins évidente, vu les victoires remportées par les militaires.  Robespierre, qui redoute les ambitions de ceux-ci, souhaite arrêter la guerre.  Les anciens Représentants en mission, craignant d'avoir à rendre compte de leurs exactions, ont fait courir le bruit que se préparaient de nouvelles charrettes.  Aussi, quand le 8 Thermidor Robespierre demande à la Convention « de punir les traîtres » et « d'épurer » le Comité de sûreté générale et le Comité de Salut public dont il est lui-même l'âme, sans désigner nommément « les fripons », bien des conventionnels se croient visés et une coalition se forme pour arrêter la Terreur.  La Convention vote alors l'arrestation de Robespierre.  Celui-ci riposte en faisant sonner le tocsin et la Commune de Paris se proclame en insurrection.  Robespierre occupe l'Hôtel de Ville avec la poignée de ses fidèles, mais les sans-culottes, qui sont las des Enragés, sentent d'instinct qu'ils ne sont pas des leurs et ils ne sont pas prêts à sacrifier leur vie pour eux.  Robespierre, grièvement blessé, est arrêté et il sera guillotiné le soir même avec 21 des siens et 83 autres dans les deux jours qui suivent.  Les Thermidoriens n'étaient qu'une coalition de circonstance à qui Robespierre a fait fonction de bouc émissaire.  Ils se sont empressés de mettre en place une démocratie bourgeoise, soucieuse de capitaliser les acquis matériels et financiers de l'opération, en prévenant un retour en force des royalistes et des sans-culottes, tout en prenant en compte le poids croissant d'une armée forte de ses succès.  Ils ont installé le pouvoir de l'argent.

 

 

samedi, 09 avril 2016

Laurent Ozon & Pierre Vial à Bourges!

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lundi, 07 décembre 2015

TERRE & PEUPLE Magazine n°65

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Communiqué de "Terre & Peuple"-Wallonie:

TERRE & PEUPLE Magazine n°65

Le numéro 65 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré autour du thème 'L'ISLAM, les bonnes questions, les bonnes réponses'.

Pierre Vial, consacre son éditorial au penchant au suicide que manifeste l'Europe : après l'hécatombe de 1914-1918, récidivée vingt ans après, elle se précipite à présent -est-ce le coup de grâce- dans l'apocalypse prophétisée en 1973 déjà par Jean Raspail, dans son 'Camp des Saints'. Tandis que les élites mondialistes complices redoutent un sursaut populiste, et que les pays d'Europe de l'est refusent en effet d'accueillir sans limite les envahisseurs, le pape demande au contraire à chacun des siens de recevoir ces conquérants, trop souvent arrogants.

Le Blancmeunier épingle, comme nous l'avons fait dans notre numéro précédent, les XIVe Olympiades juives, qui se sont tenues à Berlin dans l'Olympia Stadion où ont eu lieu les Jeux de 1936. Il y associe l'hommage rendu dans le Musée des Cultures Européennes (sic) au transsexuel Conchita Wurst (remarquant que son prénom signifie petit vagin) !

Sur nos racines génétiques, Robert Dragan annonce deux bonnes nouvelles : d'abord, que la question des Indo-Européens n'est pas tabou pour les médias américains et, ensuite, que les travaux d'une équipe de chercheurs américains vient aujourd'hui confirmer l'opinion des linguistes qui situent le foyer originel de la langue mère des parlers européens en Ukraine et dans la plaine germano-polonaise et balte, avec une civilisation qui remonte à 3000 AC et qu'on désigne du nom d'un site de référence : Yamanaya (à mettre en mémoire).

Pierre Vial ouvre le dossier central en soulignant la réalité éclatante de la conquête territoriale de l'Europe par l'islam, qui la justifie comme étant la volonté d'Allah. Le salafisme a la prétention de nous purifier de notre impureté, notamment en détruisant les reliques du christianisme médiéval comme celles du paganisme gréco-romain. Nous sommes appelés à une nouvelle croisade de reconquête sous le signe de la croix celtique.

N. Bagration invite à la connaissance de l'islam, par celle de Mahomet et par celle du Coran. Mahomet est un orphelin pauvre, contraint de travailler comme berger et ensuite comme caravanier au service d'une riche veuve, qu'il épouse et qui lui donne quatre filles, ce qui le contraint à adopter son cousin Ali. Méprisé des notables de La Mecque, dont le pouvoir était assis sur le culte d'idoles (dont une météorite noire), Mahomet que son métier avait mis au contact des religions juive, chrétienne et zoroastrienne, avait appris des bribes de monothéisme. Rejeté par les bourgeois, il se serait retiré dans les montagnes pour y méditer et l'archange Djibril (Gabriel) lui a alors transmis la parole d'Allah, qu'il a dictée ensuite à des secrétaires. Allah dénonce les riches arrogants, qu'il adjure de suivre son prophète et de donner leur fortune aux pauvres. Ces pauvres, Mahomet les rassemble autour de lui. Après une brève tentative d'intégrer dans son discours les idoles païennes (voir les versets sataniques), il reprend des éléments de christianisme et de judaïsme, tentant de rallier les tribus juives qui sont nombreuses et puissantes dans la péninsule. Mais celles-ci lui reprochent sa connaissance approximative de la Bible. Au décès de ses protecteurs, son oncle, chef de son clan, et son épouse, il est contraint de quitter La Mecque en 622. Il se retire avec une centaine de fidèles à Médine : c'est l'Hégire, départ du calendrier musulman. Il épouse plusieurs femmes (Sadwa, Aïcha qui a 6 ans, Zaynab qui est la femme de son fils Ali, Allah l'autorisant opportunément à transgresser l'interdit !). Il organise des razzias et des attaques de caravanes. Ayant violé une trêve sacrée, il fait scandale, mais il produit une sourate qui l'y autorise. Les Mecquois excédés mettent le siège devant Médine, mais ils échouent et Mahomet devient alors le maître de la ville. Allah lui dicte alors la Charia, avec son code politique. Le message d'Allah devient arabisant et anti-juif. La prière ne doit dès lors plus se faire en direction de Jérusalem, mais de La Mecque, dont Mahomet s'empare bientôt sans combat. Allah interdit désormais les razzias contre des musulmans et le puissant mobile du butin est réorienté vers l'extérieur du monde arabe. Mahomet meurt inopinément en 632.

Le Coran comporte 6.240 versets, regroupés en 114 sourates ou chapitres. Les versets, qui sont la parole d'Allah sont versés dans le coeur de Mahomet par Djibril, en fonction des circonstances. Les titres des sourates sont sans rapport avec leur contenu. Elles sont classée par ordre de taille, les plus longues d'abord, ce qui a pour effet un ordre chronologique inverse, car les sourates révélées à La Mecque (de 612 à 622) sont les plus courtes, certains de leurs versets ne comportant parfois que quelques syllabes. Elles sont parfois contradictoires, les verset postérieurs annulant les plus anciens : ainsi, les versets médinois qui prêchent la violence annulent 124 versets mecquois qui prônent la tolérance. Le Coran est destiné à être mémorisé et récité. Initialement, il n'a pas été écrit. La première version écrite n'a été ordonnée que par le troisième calife Utman. Le texte ne doit pas donner lieu à méditation réfléchie, mais à soumission aveugle. Il est très matérialiste : l'enfer est présenté comme une salle de torture et le paradis comme un lupanar. Fataliste, il nie le libre arbitre. Le texte est immuable et le réformisme est surtout un retour aux sources, à un âge d'or mythique.


Robert Dragan plaide pour un retour à une étude scientifique des origines de l'Islam, distante de toute révérence à l'égard d'une révélation monothéiste qui serait venue parachever les deux autres. Le Coran est truffé de référence à la Bible, de citations de la Torah : soit Dieu a répété une partie de sa révélation, soit les proto-musulmans étaient de culture judéo-chrétienne et il faut alors se demander comment ils ont pu produire un Livre nouveau aussi différent ? La Sira regroupe les éléments de la biographie de Mahomet qui ont été fixés par Al-Boukhari d'après des témoignage oraux, les Hadiths, au plus tôt deux siècles et demi après les faits. Avec leurs commentaires, elles constituent la Sunna. Or, au fil des siècles, le nombre des Hadiths n'a cessé de croître : il y en a des dizaines de milliers et les Chiites d'Iran en revendiquent un million et demi ! La tradition historique affirme que le calife Utman a fait procéder à un tri des Corans alors en circulation. Par ailleurs, on notera que Mahomet, superlatif d'un adjectif qui signifie 'digne d'être loué', qualifie 'le Christ Jésus fils de Marie' sur une inscription sur le Dôme du Rocher, à Jérusalem. D'autre part, la langue du Coran n'est pas celle de Médine et de La Mecque et elle donne à penser que les premiers musulmans étaient des Syriens et des Araméens, qui vouaient un culte au Christ et voulaient reconquérir le Terre Promise. Le verset 111 de la sourate 2 promet : N'entreront au paradis que les juifs ou les naçara. Il s'agit de judéo-chrétiens qui avaient pris Jésus pour le messie conquérant et dont saint Jérôme souligne qu'ils ne sont ni juifs ni chrétiens. Toutes ces données sont connues des exégètes, mais demeurent confidentielles en Occident. Pourquoi ?


Alain Cagnat décrit la fulgurante expansion arabo-musulmane durant le VIIe siècle. Alors que les premiers écrits en arabe (araméen dénaturé) ne remontent pas au delà du Ve siècle et que le judaïsme et le christianisme se développent dans la péninsule arabique au prix de grandes violences, de multiples prophètes y prêchent leurs révélations. Mahomet, qui se fera un devoir d'exterminer ses concurrents, meurt en 632, laissant une communauté divisée. Son beau-père lui succède en tant que calife. Il meurt en 634, mais trouve le temps de convertir de force toutes les tribus de la péninsule. Le deuxième calife est assassiné en 644 et remplacé par Uthman, gendre du Prophète, qui est assassiné à son tour. Le quatrième calife est Ali, un autre gendre de Mahomet, qui rencontre l'hostilité d'Aïcha, la veuve du Prophète, et c'est de la fitna, la guerre civile qui ne cessera plus jamais. Les révoltés sont vaincus à la Bataille du Chameau, en 656, mais Ali est assassiné en 658. Son fils al Husayn doit abandonner le califat et les partisans d'Ali, les shi'at Ali (chiites) n'accepteront jamais l'usurpation des sunnites, lesquels se jugent les seuls orthodoxes. Le calife sunnite Mu'âwija transfère la califat à Damas, capitale des Omeyades. Son fils Yazid lui succède en 680. Il écrase les partisans d'Ali à Karbala, en Irak, où al-Husayn est tué. Karbala devient la ville sainte des chiites, où ils commémorent chaque année leur tragédie au cours de l'Ashura, procession d'auto-flagellés. Les califes Omeyades règnent durant 90 années et, exploitant le penchant des tribus arabes pour le rezzou, étendent la conquête bien au delà de la péninsule, à tout le Moyen-Orient, à l'Egypte, à la Libye, la Tunisie, le Maghreb jusqu'à l'Atlantique. En 711, Târiq Ziyâd, qui règne à Tanger, se rue en Hispanie avec 12.000 Berbères. Il bat le roi Wisigoth à Guadalete et s'empare de Cordoue et de Tolède. Une autre armée, formée d'Arabes, s'empare de Séville et fait sa jonction avec l'armée berbère. Les musulmans balayent toute la péninsule ibérique, à l'exception du petit royaume wisigoth des Asturies. Son roi Pelayo, retranché dans ses montagne, lance une contre-attaque et détruit une armée mahométane à Covadonga, en 722 soit tout juste un siècle après l'Hégire. C'est le début de la Reconquista. Les Arabes ne s'attardent pas, franchissent les Pyrénées, prennent Narbonne, poussent jusqu'à Autun. Mais les Francs de Charles Martel les écrasent à Poitiers en 732 et reprennent Nîmes, Béziers et Narbonne. Il a suffi d'un siècle pour que des Bédouins fanatisés religieusement et avide de butin s'imposent aux puissances de l'époque, Byzance, la Perse, les Wisigoths d'Espagne. Cette dernière ne sera complètement libérée qu'en1492 et l'Europe repoussera les Ottomans jusque dans le XIXe siècle.


L'auteur démontre ensuite le caractère abusif et tactique de la distinction qu'on invite à opérer entre l'islam et l'islamisme, qui serait seul à devoir aujourd'hui être rejeté. Il dénonce la tentative de disqualification de toute contradiction par l'accusation d'islamophobie.


Enfin, pour illustrer son argumentation, il retrace l'histoire d'al Qaïda. Pour achever les Russes, embourbés en Afghanistan, les Américains forment et équipent lourdement des guérilleros musulmans, qui vont ensuite échapper à leur contrôle et se muer en talibans, hommes de foi pris en main par un richissime saoudien, Bin Laden. Ils n'admettront pas, lorsque les Américains entreprennent de 'libérer' le Koweit, l'idée de kufars impurs qui souillent la terre d'islam/ On connaît la suite : le 09-11 et al Quaïda mise au ban de l'humanité.

Avec la seconde guerre du Golfe, la milice est pulvérisée et un fragment se transforme en Etat Islamique, avec al Bagdhâdi comme calife. Ciblé en 2005 et blessé, il est capturé. Les Américains (pressés d'être débarrassés d'Assad ?) le libèrent ! L'Etat Islamique et al Qaïda, faux jumeaux, se sont donné comme objectif de conquérir la terre entière, en agissant sur une base populaire à partir de petits chefs locaux. Ils comptent sur la conversion d'une masse de petits Blancs décervelés par leurs élites et achevés de stupeur.


Pierre Vial règle leur compte à ces convertis qui, s'ils ne partent pas en Syrie (un volontaire sur quatre est un autochtone européen), se fondent sagement dans la masse. Nos immigrationistes minimisent le phénomène. Certains se convertissent pour épouser une musulmane, d'autres pour pouvoir survivre dans un milieu sous haute tension (notamment les prisons). Ils ne s'embarrassent guère de lire le coran.


L'auteur poursuit sur le thème du djihad, dont la finalité n'est pas de convertir, mais de conquérir. Il remarque que la guerre, incompatible avec les préceptes chrétiens, est cependant admise par l'Eglise à la condition d'être juste. Le militaire qui tue ne fait qu'obéir à la loi. Il peut le faire sans haine. La bulle d'Innocent II, qui institue l'ordre des Templiers, moines-guerriers, a fait de larges emprunts aux écrits de Saint Bernard de Clairvaux.


Pierre Vial encore souligne le contraste du statut de liberté et de dignité de la femme dans les traditions européennes et l'avilissante impureté dont l'islam la marque. Le comportement complexé du mâle musulman se révèle jusque dans les viols qu'il commet : de nombreuses femmes yézidis qui en ont été les victimes témoignent que leurs bourreaux s'accroupissaient pour prier avant de commettre leur forfait.


Llorenç Perrié Albanell clôture le dossier sur l'islam par un rappel de la guerre ethno-religieuse en Bosnie. Le ministre bosniaque de la Défense Hassan Cengic était imam. Les armes provenaient d'Iran. Les mercenaires, tous musulmans, étaient payés par ben Laden. L'armée musulmane, 200.000 hommes, a été largement financée par les Etats-Unis. The Mirror a repris en juillet 2015 l'information de BFMTV sur le village bosniaque de Osve, qui sert aujourd'hui de camp de base à Daesh ! Il cite le livre d'Ibran Mustafic 'Srebrenica, Le chaos planifié', qui rapporte le massacre d'un millier de musulmans modérés par les radicaux de Naser Oric, aux fins de justifier l'intervention de l'Otan contre la Serbie.


Roberto Fiorini a recensé le livre de Jean-François Bouchard 'Le banquier du diable' sur l'oeuvre du financier économiste Hjalmar Schacht, patriote qui a refusé d'affamer le peuple allemand en remboursant les dettes, dont les pharamineuses réparations de guerre. Préférant investir les faibles ressources dans l'économie réelle de préférence aux spéculations financières, il a permis à son pays exsangue de se relever plus puissant que jamais. « Cette détermination à orienter les moyens sur le bien commun, su présente à berlin et si absente à Paris avait conduit à un écart entre les deux pays qui semùblait irrattrapable. » (2015, éd. Max Millo, 284 p., chez Akribeia, 45/3 route de Vourles, F-69230 Saint-Genis-Laval, 18,90€ + port)


Jean-Patrick Arteault nous a déjà largement informés, dans sa longue enquête sur les racines anglo-saxonnes du mondialisme parue dans TP Magazine, sur Carroll Quigley, professeur à Oxford qui a étudié de tout près l'histoire secrète de l'oligarchie anglo-américaine. C'est sous ce titre que parait au Retour aux sources (452p., 26€) la traduction française de l'ouvrage de Quigley, présentée par Pierre Hillard. On se rappellera que, dans le dernier quart du 19e siècle, un groupe d'hommes de la haute société britannique a été réuni, par Cecil Rhodes d'abord et par Alfred Milner ensuite, en connexion avec la haute finance mondiale, pour réaliser l'unification du monde sous direction anglo-saxonne. Parmi leurs moyens d'action, il y a la formation de réseaux d'influence (notamment le Groupe de Bilderberg) et l'éducation de jeunes sujets d'élite. La fortune considérable de Cecil Rhodes a servi à constituer une fondation de bourses d'études. On notera que les époux Clinton sont tous deux des boursiers Rhodes.

dimanche, 18 octobre 2015

Le nouveau numéro du magazine Terre et peuple est sorti

Le nouveau numéro du magazine Terre et peuple est sorti

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Terre et peuple organisera sa prochaine table ronde le dimanche 29 novembre à Rungis

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mardi, 02 juin 2015

T&P-magazine 63: choc des civilisations

Communiqué de "Terre & Peuple"-Wallonie:

Le numéro 63 de TERRE & PEUPLE Magazine 

'Le choc des civilisations'

terre_et_peuple_magazine_63.jpgPierre Vial, dans son éditorial, souligne la gigantesque manipulation de la masse des Français, suite aux massacres de Charlie Hebdo et du Super Kascher.  Ces drames ont été instrumentalisés comme de providentiels dérivatifs de leur attention, détournée ainsi des hontes et turpitudes, des vicissitudes et inaptitudes des imposteurs au gouvernement.  Mais ce soufflé est vite retombé : chômage, insécurité, ce sont à présent des élus socialistes qui osent avouer ne plus croire au 'vivre ensemble'.  Dont Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères de Mitterand, dans son livre 'Politiquement incorrect'.

Attilio Vanini brûle un cierge au Maréchal Rodolfo Graziani, à la mémoire de qui sa ville natale d'Affile vient d'édifier un monument.  C'est assez pour que le New York Times s'en indigne et que le Daily Telegraph lance une p^étition pour la destruction de cette incorrection !

Pierre Gillieth tresse une couronne d'immortelles à l'acteur incomparable qu'a été Robert Le Vigan (Goupi Tonkin, dans 'Goupi Mains-Rouges' de Jacques Becker), sacrifié expiatoire à la correctitude.

En introduction au dossier central, Jean-Patrick Arteault s'est laissé interviewer sur la barnumesque manipulation de masses de 'Je suis Charlie' à laquelle ont donné lieu les attentats de Paris.  S'agit-il d'une puissante réaction collective d'occidentaux à l'action violente de la civilisation islamique contre des marqueurs symboliques de leurs, valeurs, conflagration qu'a prophétisée Samuel Huntington, une phase de son fameux 'Choc des civilisations' ?   Le détonateur de la crise française est le salafisme, frange minoritaire mais non marginale de l'islam qui représente entre 15 et 25% des musulmans mondiaux.  Mais la confrontation ne pose de problème que parce qu'il y a l'immigration et parce que le laïcisme joue les musulmans comme un antidote aux catholiques, eux-mêmes empressés de battre leur coulpe.  Alors que les Bobos, qui avaient décidé que l'islam est occidentalo-compatible, sont embarrassés d'avoir à se déjuger à l'endroit des islamistes radicaux, découvrent que les bons musulmans méprisent les valeurs occidentales, homosexualité, pornographie, féminisme, démocratie messianique, révérence pour le sionisme, etc.  Par ailleurs, l'Oumma (communauté des croyants) comprend des civilisation diverses arabo-, irano-, turco-, négro-, indo-musulmane.  Par ailleurs, on peut définir notre occident comme une structure, ce que suppose sa durée.  Une structure de domination de l'ensemble de la planète, une structure en réseau polysynodique, où chaque élément est à la fois autonome et complémentaire.  Une domination qui s'exerce notamment sur quatre champs : celui des idées et du conditionnement des masses, celui de la pyramide sociale avec à son sommet une oligarchie richissime et prédatrice que l'argent unit et divise à la fois, celui de la mondialisation de la finance qui poursuit la privatisation des profits et la socialisation des pertes et, enfin, celui de l'énergie.  Sans oublier la puissance militaire des Etats-Unis et leur cynique détermination, autant collatérale que chirurgicale.

Alain Cagnat note que, pour la masse des bobos séduits par le mirage du 'vivre ensemble', Samuel Huntington s'est à l'évidence fourvoyé avec son 'Choc des civilisations'.  L'ouvrage avait, en 1996, fait l'effet d'une bombe dans l'euphorie de la fin de la guerre froide et du triomphe du capitalisme libéral, à qui s'ouvrait la perspective de 'La fin de l'histoire' (Fukushima).  Les rangs des défenseurs de la liberté risquaient de se disloquer.  Par bonheur, l'Axe du mal n'a pas tardé à révéler sa monstrueuse réalité lorsque l'abominable s'en est pris au pauvre petit Koweit et à ses maternités.  L'ONU a alors rétabli l'OTAN dans son rôle d'archange justicier, en Irak d'abord et bientôt en Afghanistan, libéré des soviétiques pour tomber aux mains des fanatiques talibans.  Tout cela semblait donner raison à Huntington, notamment l'attentat du 11 septembre 2001 !  Mais plus profondes que les affrontements locaux entre peuples et états-nations, il y a les collisions entre blocs civilisationnels, ensembles plus vastes et durables.  Huntington en identifie neuf : l'occident chrétien, l'orthodoxie slave, l'islam, l'Inde hindouiste, la Chine, le Japon, l'Amérique latine et l'Afrique.  Aymeric Chauprade en dénombre quinze, dont la civilisation européenne et le Foyer judaïque et quatre civilisations islamiques (arabique, turque, iranienne et indonésienne).  La civilisation, par opposition à la barbarie, serait la marque du 'Monde libre', euphémisme qui recouvre la prétention d'hégémonie américaine.  Arrogante, la civilisation anglo-saxonne est décadente.  Ses moeurs dépravées, sa sous-culture de masse, son consumérisme, sa dévirilisation, sa démographie vieillissante éveillent le mépris.  Du déclin naît le risque d'invasion.  Huntington relève deux puissances renaissantes susceptibles d'en profiter : la civilisation orthodoxe eurasiatique et l'islam.  Américano-centré, il ne considère de civilisation occidentale qu'à partir de la chrétienté des carolingiens !  Et les slaves orthodoxes étant les rivaux des Américains, ne peuvent pas faire partie de la même civilisation !  Il accommode les réalités en fonction du projet américain.  Il n'aperçoit pas l'immigration qui gangrène les peuples européens : ce qui n'est que  normal pour un immigré.

Sous l'intitulé 'Faux drapeau', Robert Dragan traite de l'enquête fouillée menée par l'historien Laurent Guyenot sur les attentats du 11 septembre 2001 et sur l'assassinat de Kennedy en 1963.  Celui-ci invite à envisager que l'affrontement Occident-Islam soit, plus probablement qu'une réalité géopolitique, le fait de manoeuvres d'un parti sans scrupules, maître dans l'art du maquillage et de la manipulation.  Guyenot considère que 1963 marque une rupture et la naissance d'un 'Etat profond' américain, mêlant affairistes, militaires bellicistes, politiciens corrompus et CIA, milieu tout-puissant capable à l'époque de canaliser la commission d'enquête.  Robert Dragan juge ce point de départ discutable et s'étonne que n'ait pas été préféré la fondation de la Réserve fédérale (que Kennedy s'apprêtait à museler).  Mais pour arranger une affaire comme le 11 septembre, il paraît hautement improbable qu'une simple coïncidence d'intérêts ait pu y parvenir.  Les invraisemblances des explications officielles sont criantes.  Ne serait-ce que le fameux 'nez de Pinocchio' (l'image diffusée d'un avion qui pénètre comme dans une motte de beurre dans la structure en acier de la tour et en ressort de l'autre côté!).  Elle suppose des complicités au plus haut niveau audiovisuel, mais induit l'absence d'avions  mais la nécessaire présence d'explosifs.  Guyenot suggère le recours à une arme nucléaire miniaturisée, ce qui aurait résolu le problème gigantesque de la mise en place de tonnes d'explosifs classiques nécessaires.  Ce qui explique la présence dans les décombres, trois semaines après l'écroulement, de masses de métal en fusion et les cancers fulgurants développés par les sauveteurs.  Quand il s'agit d'identifier les commanditaires, l'auteur explore deux pistes, pour en écarter une.  Il rappelle l'histoire américaine des agressions simulées (l'explosion de l'USS Maine pour arraisonner Cuba en 1898, le torpillage du Lusitania pour entrer en guerre en 1917, Pearl Harbour en 1941, etc).  Mais le risque sanitaire majeur au coeur symbolique des Etats-Unis l'incite à douter que l'Etat profond américain en soit l'auteur.  Le crime n'a pas profité aux pétroliers et équipementiers américains aussi pharamineusement qu'on s'est plus à la répéter.  Pour faire porter la suspicion sur une méchante bourgeoisie blanche? Ou sur un complot du Pentagone ? Et écarter ainsi l'idée d'une origine étrangère ?  La thèse de Guyénot est que l'équipe Bush, surprise par une manipulation beaucoup plus ample qu'attendue, a été l'otage d'un chantage qui l'a contrainte à envahir l'Irak (aventure que Bush père avait toujours refusée) .  Ses soupçons se portent sur Israël !  Les indices ne sont pas peu nombreux.

Pour Llorenc Perrié Albanell, le choc des civilistations est un leurre qu'agite le capitalisme mondialiste libéral pour manipuler les masses.  Après le communisme, l'islamisme, un autre impérialisme, vert comme le billet du même nom.

Robert Dragan croque avec appétit le tube de Zemmour.  'Le suicide français' est une histoire événementielle, non sans charme ni valeur, de nos quarante dernières années que l'auteur décrit en sociologue.  Il date l'origine de nos maux de Mai 68.

C'est une couronne mortuaire que tresse Jean Haudry au livre 'Mais où sont passés les Indo-Européens ?' de Jean-Paul Demoule.  Ce curieux scientifique créature de Pierre Vidal-Naquet, sans pourtant récuser la concordance des langues dites indo-européennes, y dénonce à la vindicte populaire, et surtout aux idéologues de son clan, non seulement les 'mal-pensants', mais les simples déviants.  Il y révèle notamment qu'Antoine Meillet, pourtant « républicain progressiste », définit l'indo-européen reconstruit comme « une langue de chefs et d'organisateurs imposée par le prestige d'une aristocratie ».  Et que chez Emile Benveniste, pourtant juif, on peut relever une « proximité idéologique avec les représentations aryennes de l'Allemagne nazie ».  C'est toutefois cette même grossière persécution qui est parvenue à faire retirer de la vente par les Presses Universitaires de France les deux 'Que Sais-je ?' de Jean Haudry (dont elles ont cependant vendu quarante mille exemplaires!) et à faire supprimer par l'université Lyon III l'Institut d'études indo-européennes.  Jean Haudry souligne que Jean-Paul Demoule reprend ainsi l'ancienne conception de l'Eglise catholique, qui voulait croire à la filiation hébraïque des langues de la chrétienté.  Ce que reconnaît maladroitement Demoule, qui veut voir dans l'hypothèse indo-européenne « un mythe d'origine qui dispenserait les Européens d'emprunter le leur aux Juifs et à la Bible. »

Jean Haudry, encore, expose l'hypothèse paradoxale que les Indo-Européens aient, à la fin de la période commune, connu un 'choc de civilisation' interne qui aura opposé des groupes sédentaires installés et enrichis à des compagnonnages de jeunes guerriers (Männerbünde), migrants et prédateurs.  La guerre entre les Latins et les Troyens et surtout celle de la fondation de Rome entre les Sabins et les premiers Romains conduits par les jumeaux divins Romulus et Remus en sont des figurations.  Il en va de même chez les Scandinaves avec la 'première guerre du monde' entre les Vanes, riches et endogames, et les Ases qui accepteront une réconciliation mais imposeront l'exogamie.  Les Romains enlèveront enlevé les Sabines, lesquelles imposeront la réconciliation entre leurs frères et leurs époux.

François Delacroix a lu pour nous le dernier roman de Michel Houellebecq 'Soumission', qui met en scène la victoire sur Marine Le Pen, au second tour des présidentielles de 2022, de la Fraternelle Musulmane de Ben Abbès.  Et ce n'est pas la guerre civile.  A peine si les rayons kasher disparaissent discrètement dans les supermarchés.  Comme le démontre Arnold Toynbee, les civilisation ne meurent pas assassinées : elles se suicident en douceur.  Une renaissance européenne dans une soumission au Dieu de l'islam qui remplacerait Celui du marché, François Delacroix y croira le jour où Eric Zemmour se convertira à l'islam.

La sainte colère qui gonfle le beau texte d'Alain Cagnat sur « nos frères au col dégrafé » ne peut pas se résumer.  Elle foudroie la mémoire des tueurs de l'épuration qui a décapité le poète André Chénier en 1794 dans le même éclair que celle « des rats sortis des égouts » pour fusiller le poète Robert brasillac le 6 février 1945.

Pierre Vial en fin cite le grand philosophe politique juif Léo Strauss : « La civilisation occidentale est composée de deux éléments en total désaccord : Jérusalem et Athènes. »  Notre histoire se présente comme une suite de tentatives de les harmoniser, toutes promises à l'échec.  Nous sommes les héritiers d'hommes libres, les hoplites de Miltiade qui ont chargé au pas de course, à Marathon, la masse des sujets soumis du Grand Roi. Ils en ont triomphé pour que survive une conception du monde qui allait devenir le patrimoine commun des Européens.

 

samedi, 14 février 2015

T&P n°62: le réveil des patries charnelles

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Communiqué de "Terre & Peuple"/Wallonie

Le réveil des patries charnelles

Sur le n°62 de la revue "Terre et Peuple"

Le numéro 62 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré sur thème 'Le réveil des patries charnelles', thème qui nous est cher entre tous.  Comme l'est le mot populisme qui, Pierre Vial le souligne dans l'éditorial, donne aujourd'hui la colique aux prébendiers du système.  Pour se défendre, ils n'ont que le mensonge, mais les peuples européens ne les écoutent plus.  Voyez la jeunesse allemande qui crie : « Nous sommes le peuple. »  et les Alsaciens qui refusent d'être regroupés avec la Champagne-Lorraine-Ardenne.

Ouvrant le dossier central, Pierre Vial cite Saint-Loup : « Aux patries charnelles qui, dans leur diversité, conféraient à la France capétienne un génie intense et particulier, votre révolution de 1793 a substitué une patrie jacobine située dans l'abstrait des concepts de liberté et d'égalité. »  Il complète cet hommage en y associant Jean Mabire, avec sa patrie normande, et Dominique Venner, qui a sacrifié sa vie pour le réveil de la conscience identitaire des Européens.  Il proclame notre maître-mot : Fidélité !

Alain Cagnat ausculte les réveils écossais et catalan.  Malgré l'union sacrée de la City et des multinationales avec les deux grands partis du Royaume-Uni et avec les Eurocrates, et même avec Obama, et malgré l'exclusion, dans cette consultation, du vote des Ecossais 'expatriés' dans le reste des îles britanniques (mais y compris celui des immigrés électeurs en Ecosse!), l'indépendance n'a été manquée qu'à 300.000 voix.  Deux mois après l'échec, le nombre des adhérents du Scottish National Party est passé de 25.000 à 80.000 et le SNP est devenu le troisième parti britannique.  Même rejet de la classe politique dans le reste de l'Angleterre, où l'UKIP de Nigel Farage rafle 15% des voix et réclame un referendum pour sortir de l'UE. Le 9 novembre 2014, la Catalogne a voté à 80% pour son indépendance et Barcelone a vu descendre dans ses rues un million et demi de manifestants : la partition n'est plus qu'une question de temps.  En France, le calamiteux redécoupage des régions a réveillé les Alsaciens et les Bretons.

Llorenç Perrié Albanell offre un aperçu historique détaillé de la naissance de la nation catalane tout au long des sept siècles de la reconquête sur les Sarasins, depuis le légendaire Otger Catalo, venu de Gascogne aider ses frères Wisigoths accrochés à la muraille pyrénéenne.  L'auteur est lui aussi un Catalan du nord, qui se consacre à tenir en éveil la conscience identitaire des siens.  Il les invite à voter pour une Catalogne gibeline impériale européenne, qui dit oui à l'indépendance et non à la sécession.

Pierre Vial et Guillaume Lenoir, rédacteur en chef de L'Unité normande, notent que la réunification de la Normandie est le seul point positif du redécoupage des régions voté à l'Assemblée nationale.  Elle était l'objectif du Mouvement normand créé par Pierre Godefroy et Jean Mabire.  Guillaume Lenoir déshabille la mauvaise foi de l'hisorien Jean Quellien qui conteste l'existence de la Normandie : dans les consciences (sinon pour le jour J du Débarquement et de la Libération!) ; dans la géographie (il n'y aurait plus que les îles qui soient unes, et encore!) ; dans l'histoire (il ne voit d'unité normande que de 911 à 1204!).  C'est ignorer l'unicité de la Coutume de Normandie et la Charte aux Normands d'application jusqu'en 1789, le Parlement et les Etats de Normandie.  Mais ce curieux historien rappelle, bien sûr, que c'est Vichy qui réunifie la Normandie et oublie que le gouvernement provisoire du Général De Gaulle y crée ensuite un Commissaire de la République.

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Pierre Vial se félicite des manifestations colorées du mois de décembre dernier à Strasbourg pour l'abrogation de la loi de redécoupage des régions, qui réunit l'Alsace à la Champagne-Ardenne-Lorraine.  Des banderoles 'Paris, nous n'avons pas besoin de toi', une débauche de drapeaux rouges et blanc (Rot un Wis), sur la façade du Théâtre National et de la gendarmerie et entourant un enterrement, non pas celui de l'Alsace qui est bien vivante, mais de la démocratie française. Un recours est d'ailleurs déposé devant le Conseil constitutionnel, car on a oublié de consulter les conseillers régionaux.  On connaissait leur avis, car l'identité alsacienne est forte et Paris rêve de la diluer.

Robert Dragan savoure une visible affection pour l'identité tranquille de la Slovénie, marche septentrionale des Balkans au carrefour de l'Italie, de la sphère slave et du monde germanique.  Cette petite nation européenne survit là depuis douze siècles et ne dispose d'un état que depuis vingt-trois ans.  Elle a fait partie de l'Empire romain germanique sous le nom de Carniole et, au nord, de Carinthie ou Kärnten (et sa roche calcaire a donné son nom aux reliefs karstiques des géographes).  Plus qu'à la race, qui regroupe de nombreux phénotypes, elle doit son identité plus à sa langue, du groupe slave, mais qui se distingue nettement du serbo-croate.  Elle s'est conservée de manière centralisée grâce à l'Eglise catholique, qui a évangélisé et enseigné dans une langue unitaire.  Au XIXe siècle, les nationalistes locaux ont été, comme bien d'autres, les idiots utiles des franc-maçons, soucieux de créer des petites nations souveraines pour affaiblir les grands états.  Après 1945, la Yougoslavie de Tito massacra dans les gouffres du Karst les mal-pensants qualifiés de kollabos.  La Slovénie illustre deux vérités de base de la condition identitaire : la préservation des patries charnelles doit plus au maintien de la culture populaire qu'à des institutions politiques et la petite superficie de terre et des effectifs modestes renforcent l'homogénéité et les mariages endogames, alors qu'une nation importante sur un territoire vaste, condamnée à croître, devient impérialiste par nécessité.

Robert Dragan encore, dont on doit se demander s'il n'est pas breton, s'émeut qu'il soit à exclure que la Bretagne, dont l'identité est des plus forte, connaisse une mobilisation comme celle de l'Ecosse.  Elle avait pourtant conservé une autonomie de fait jusqu'en 1789.  La pastorale catholique s'y accomplissait dans la langue locale.  Pays d'Etat, son parlement disposait d'un grand pouvoir.  Elle était confortablement riche. La Révolution, elle l'avait bien accueillie jusqu'au soulèvement vendéen de 1793.  A partir de ce moment, elle devient une barbare réticente au progrès.  Terre ingrate travaillée par des paysans pauvres, mais prolifiques, elle rate le virage de la révolution industrielle et elle voit ses enfants s'expatrier.  Avec Jules Ferry et l'école laïque obligatoire, la langue bretonne est persécutée et les bretonnants passent pour arriérés.  La grande boucherie de 1914 a été un désastre humain pour les 'ploucs' venus de leurs paroisses (plou), qui 'baragouinaient' en quémandant pain et vin (bara et guin).  Déterminé à lutter contre la république, marâtre ingrate, le Parti nationaliste breton se fractionna et, en 1940, une fraction crut favorable un rapprochement avec l'Allemagne.  L'épuration fut terrible au point que, vingt ans après, il n'était pas toujours réalisable de donner un prénom celtique à un enfant !  Plus qu'aucune action politique, c'est le tourisme de masse qui a revitalisé le folklore, reformé des bagadous, relancé la danse traditionnelle dans les fest-noz, permis la renaissance avec Alan Stivell et le festival interceltique.  Mais la langue n'est plus maintenue en vie que par les 3500 élèves du réseau scolaire Diwan, qui impose le bilinguisme.  Economiquement, la Bretagne est entre temps devenue dynamique, ce qu'elle paie avec les nuisances de la culture intensive et sa pollution, depuis les nappes phréatiques jusqu'aux plages, avec celle aussi de la bétonnisation des côtes, de la marée pavillonnaire des résidences secondaires, de l'immigration-invasion en provenance notamment d'Afrique noire.  C'est sur ce terreau, dans le climat de crise et avec le détonateur de l'écotaxe, que le mouvement de Bonnet Rouges a pu fédérer les ouvriers et les petits  entrepreneurs.  Depuis lors, le redécoupage des régions à réuni 20.000 manifestants dans un pays où la cause nationale ne mobilisait jusqu'ici que deux poignées d'extrémistes.  Avec le label Produit en Bretagne, les autonomistes réussissent à mobiliser de nombreux entrepreneurs, mais un mouvement d'indépendance demandera encore un long combat.

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Claude Perrin dévoile l'avancée du totalitarisme dans les sociétés occidentales, découverte qui n'est pas une surprise, mais n'en est pas moins démoralisante.  Comme n'est pas réconfortant le constat que le mal n'est pas récent : il rappelle notamment l'autodafé de dix millions de livres à la place Vendôme en 1792.  Et l'obéissance perinde ac cadaver qu'impose aux miliciens de son ordre militaire le fondateur des Jésuites saint Ignace de Loyola,  discipline qu'évoquait aux prisonniers français du Vietminh le lavage de cerveaux jusqu'à la soumission totale.  Jusqu'à la transformation des hommes vers un nouveau type humain qui n'a plus d'opinion personnelle sur rien, la personne étant noyée dans la collectivité.  Il souligne comment ce collectivisme aboutit inéluctablement à la dictature d'un seul, Staline, Mao, la dynastie de Kim coréens.  Nos sociétés modernes n'en sont pas là, mais elles y vont sûrement et, en temps de guerre civile et de régime d'exception, elles n'en seraient pas loin.  Si elles sont ultra permissives, elles sont également hypermorales.  Et sur-systématisées suivant des chaînes mécanistes, qui réduisent les personnes à des mécaniques, en attendant de les produire par clonage. Et d'ordonner ensuite le parc humain au seul meilleur rendement, en le contrôlant par géolocalisation et l'éduquant à doses subliminales.  La liberté n'est plus qu'une attitude : aux USA, le Bill of Rights, modèle de la démocratie, a été aboli en fait le 31 décembre 2011 et de nombreux camps militaires sont déjà réhabilités pour y garer les couches turbulentes de la population.

Poursuivant sa captivante chronique sur les 'Racines et rhizomes du monde blanc', Claude Valsardieux établit une corrélation entre l'architecture mégalithique et la technique de la métallurgie.  La seconde vague mégalithique (-2800 à -1200) a commencé avec l'âge du bronze et s'est terminée avec l'apparition du fer.  Alors que la première semble avoir été pacifique, la seconde, cyclopéenne, a dû être guerrière.  Les sites sont des camps retranchés perchés haut.  La métallurgie est matière à commerce.  Le nouvel omphalos est Stonehenge, entre la Manche et la mer d'Irlande.  Au début du Ve millénaire AC, alors que la première vague mégalithique léchait les côtes atlantiques de l'Europe, la métallurgie prenait son essor sur les bords de la Mer Noire.  Une carte géographique montre que la même association entre district minier et sanctuaire peut se vérifier dans toute la région entre la Mer Rouge et Haïfa.

mardi, 27 janvier 2015

Terre & Peuple magazine n°62

Sommaire

TP Mag n°62

 

 

samedi, 13 décembre 2014

Rites païens du berceau à la tombe

 

Sortie aux Editions de la Fôret du premier tome d’une série de trois consacrée aux rites païens du berceau à la tombe.

Ce premier tome aborde les thèmes de la naissance et de l’enfance. Nombre de jeunes couples et parents identitaires pourront se reporter à ce livre, véritable bréviaire en la matière.

Prix: 16€ + frais de ports (2,10 € France uniquement et 4,15 € Europe)

Terre et Peuple - BP 38 - 04300 Forcalquier

vendredi, 07 novembre 2014

Table Ronde de T&P: Reconquête!

samedi, 25 octobre 2014

Terre & Peuple Magazine n°61

Le nouveau numéro (n°61) de "Terre et peuple magazine" est paru :

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