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mardi, 14 mai 2024

La Suède en guerre contre les gangs de narcotrafiquants

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La Suède en guerre contre les gangs de narcotrafiquants

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

L'annonce par le gouvernement suédois de centre-droit Tidö d'une augmentation du budget de 1,45 milliard d'euros, afin d'agrandir les prisons existantes et d'en construire de nouvelles, intervient quelques jours seulement après un tragique incident mortel au cours duquel un père de famille de 39 ans a été abattu par un gang en plein jour - sous les yeux de son fils en bas âge. L'homme vivait avec sa famille à Skärholmen, un quartier de Stockholm fortement infesté par les gangs de la drogue. Il se rendait à la piscine à vélo avec son petit garçon et, après quelques mots échangés entre le père et des jeunes du gang, il a été abattu sous les yeux de son fils de 12 ans.

Le président des Démocrates de Suède, Jimme Akesson, appelle depuis assez longtemps à une guerre contre les gangs. Le gouvernement de centre-droit, qu'il aide à obtenir la majorité grâce à un soutien tolérant, est prêt à utiliser tous les moyens pour éradiquer les gangs en Suède. Comme l'a déclaré M. Akesson, il est temps de mettre un terme à la politique gauchiste et laxiste. Le Premier ministre, Ulf Kristersson, a déclaré: « Je pense que les conventions internationales, les vieux arguments dénués de sens sur le retard socio-économique ou les mots stupides sur les centres de détention inhumains devraient être jetés à la poubelle. Il est temps que la Suède déclare la guerre à ces bandes criminelles ».

L'accord de coalition de droite est modifié à droite

L'accord de coalition existant prévoyait déjà des dispositions en ce sens, mais Jimme Akkesson souhaite que le gouvernement se déplace de plusieurs crans vers la droite: « Je pense que nous avons dépassé ce stade et qu'il sera nécessaire d'envoyer l'armée dans nos rues, comme c'est le cas dans d'autres pays européens », a-t-il déclaré lors d'une émission télévisée. Et le journal suédois Aftonbladet de noter: « L'ensemble des dirigeants politiques doit envoyer le signal que nous sommes en guerre, que nous sommes prêts à mener cette guerre et que nous utiliserons tous les moyens pour la gagner ».

Lorsque Louise Meijer, membre de la commission de la justice au Riksdag (parlement) suédois et membre du parti libéral modéré (Moderaterna), a fait valoir que les mesures prévues par l'accord étaient en fait suffisantes, elle a été taclée par Ardalan Shekarabi, député social-démocrate. Ce dernier a d'ailleurs reconnu devant le même parlement que « les mesures sociales-démocrates étaient totalement inadéquates » lorsqu'ils étaient au pouvoir.

Outre la construction de nouvelles prisons, l'objectif principal du gouvernement suédois est de contenir et de rendre impossible l'infiltration économique et financière des gangs dans la construction d'hôpitaux, de centres de vaccination et d'abris familiaux. Même les sociaux-démocrates semblent acquis à une approche sévère de la criminalité. Un tournant scandinave ?

Neutralité perdue

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Neutralité perdue

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/la-neutralita-perduta/

Il était une fois... le pays neutre. Celui qui, par sa constitution, ses lois et ses traditions, ne faisait pas partie de blocs armés, d'alliances ou de pactes militaires. Et qui déclarait explicitement qu'il n'avait pas l'intention de participer à des conflits de quelque nature que ce soit.

Neutre. Mais non désarmé. Ce sont deux choses très différentes. La Suisse a toujours eu une forte organisation défensive. De manière à garantir la neutralité et la sécurité. Favorisée d'ailleurs, aussi et surtout, par sa position géographique.

Et la Suède, autre pays historiquement neutre, a une longue et glorieuse tradition militaire.

La neutralité de certains États a toujours représenté, au cours du siècle dernier, un point fondamental dans les équilibres géopolitiques. En particulier les équilibres européens. En effet, les États neutres représentent des points névralgiques qui permettent de décanter les tensions entre blocs et puissances. Ce sont des chambres de compensation et, en même temps, des zones franches où les adversaires peuvent se rencontrer. Discuter et trouver des accords pour mettre fin au conflit.

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Bref, les Neutres représentent une pièce fondamentale de la mosaïque géopolitique. En apparence seulement. Parce qu'elle fait partie de ces éléments qui, s'ils manquent, rendent l'ensemble de l'architecture plus incertaine. Plus exposée à un effondrement désastreux.

Je n'aurais cependant pas dû utiliser le présent pour parler des États neutres. Plutôt un passé proche. Car aujourd'hui, la neutralité a littéralement fondu comme neige au soleil.

La Suède n'est plus neutre. Depuis un certain temps déjà, elle donnait des signes de rapprochement avec l'OTAN. Elle en est devenue membre à part entière.

La Finlande n'est plus neutre. Et c'est encore plus sensationnel. Et plus grave. Car la neutralité d'Helsinki était garantie par un traité entre puissances - Washington et Moscou pour l'essentiel - signé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Et il avait précisément pour fonction de garantir un État tampon entre les deux rivaux de la guerre froide, dans une zone cruciale de l'échiquier européen.

Un traité qui a été déchiré. De manière unilatérale. Et la Finlande est maintenant non seulement dans l'OTAN, mais elle se prépare à accueillir ses bases et ses quartiers généraux opérationnels.

Un choix qui nous fait apprécier la sagesse différente des hommes qui ont pris les décisions en 45, par rapport à certains aventurismes inconsidérés qui s'affichent de nos jours.

Quant à la neutralité suisse, elle n'est plus qu'une feuille de vigne. Qui couvre à peine la dépendance de plus en plus étroite de Berne à l'égard de l'Occident collectif. Dans les décisions financières, en premier lieu.

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Bien sûr... en Europe, il reste l'Autriche. Qui parvient, malgré son appartenance à l'UE, à maintenir une certaine neutralité. Avec difficulté. Et seulement parce qu'elle est trop petite, et essentiellement désarmée, pour vraiment compter.

La stratégie globale de Washington ne permet plus ni n'admet l'existence de pays neutres. Les zones grises de la décantation des tensions deviennent les carreaux d'un nouveau domino. Destiné à encercler l'ennemi, la Russie, comme les anneaux d'un boa constrictor.

Pour l'étouffer lentement.

On l'a vu, et on le voit clairement en Ukraine. Si un accord avait été trouvé à temps pour garantir la neutralité absolue de Kiev, un massacre aurait été évité. Et, peut-être plus important encore, un équilibre dans les relations entre la Russie et l'UE aurait été garanti.

Cela n'a pas été le cas. Et surtout, ce n'était pas censé être le cas. Les Ukrainiens en paient lourdement les conséquences. Et bientôt, nous, Européens, les paierons tous.

dimanche, 12 mai 2024

La guerre idéologique n'est symétrique que sur la frontière du Donbass

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La guerre idéologique n'est symétrique que sur la frontière du Donbass

René-Henri Manusardi

Source: https://www.geopolitika.ru/it/article/la-guerra-ideologica-e-una-guerra-simmetrica-solo-sulla-frontiera-del-donbass

La guerre culturelle entendue comme guerre totale (Kulturkampf), c'est-à-dire l'affrontement idéologique entre l'hégémonie de l'unipolarité occidentale et l'aspiration multipolaire du "reste du monde", est une bataille de l'esprit et des idées, c'est une guerre de civilisations qui ne trouve aujourd'hui sa parfaite symétrie que sur la frontière militaire et spirituelle du Donbass. Là, dans la ferveur de l'opération militaire spéciale, qui prend désormais de plus en plus l'allure d'une guerre mondiale paneuropéenne, deux visions du monde farouchement antagonistes s'affrontent à grands renforts d'armes et de foi: d'une part, l'État-civilisation qu'est la Fédération de Russie, qui vise l'unité politique impériale interne et une future coexistence multipolaire externe avec le "reste du monde", d'autre part, l'impérialisme occidental, c'est-à-dire le totalitarisme libéral à double traction USA/OTAN, qui veut imposer son hégémonie unipolaire au "reste du monde". Une imposition mondialiste qui part précisément de la tentative en place depuis plusieurs décennies, visant à désintégrer et à briser la réalité fédérative de la Russie elle-même, à travers des guerres interreligieuses et interethniques, qui trouvent aujourd'hui un levier et une force dans le nationalisme ukrainien et la foi néonazie de ses forces spéciales qui ont continué à massacrer des civils russes dans le Donbass depuis l'année 2014 jusqu'à aujourd'hui.

L'aspiration multipolaire majoritaire du "reste du monde", qui, certes, se concrétise comme un événement géophysique, géopolitique et géo-anthropique, mais certainement pas comme une domination du réseau psycho-multimédia mondial qui reste encore fermement entre les mains de l'Occident; ce "reste du monde" trouve en outre un deuxième front de confrontation ouvert d'un point de vue géoéconomique avec l'institution des BRICS désormais établie, même si la rivalité économique et géopolitique entre la Chine et l'Inde et la pleine intégration de la Chine dans les mécanismes financiers occidentaux ralentissent et ne permettent pas encore cette homogénéité nécessaire pour abattre le dollar et l'hégémonie de la puissance financière et multinationale américaine. En économie et en finance, on peut dire que la guerre est d'abord, ou plutôt, partiellement symétrique et donc encore favorable à la puissance mondiale américaine, une puissance qui sait très bien déclencher et diriger, par le biais des agences de renseignement, la division et l'intolérance mutuelles entre États géopolitiquement voisins.

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Si l'on aborde ensuite des questions résolument plus internes au fil Rome-Moscou et Italie-Russie dans le domaine culturel, philosophique et artistique, force est de constater que, depuis le début de l'année 2024 jusqu'à aujourd'hui, l'assaut multimédia et la PsyOp, déployés successivement par les réseaux de renseignement occidentaux, vise précisément à entraver et à anéantir tout ce qui a été construit chaque jour pendant des décennies de relations humaines interpersonnelles et culturelles, par des "hommes de bonne volonté" des deux nations, afin de faire connaître à l'Italie, et par conséquent à l'Europe, les vérités de la Russie.

Ainsi, l'assaut médiatique contre la première pièce de théâtre dédiée à Darya Douguina, organisée à l'ambassade de Russie à Rome, les conférences subséquentes annulées d'autorité dans certaines régions italiennes pour faire connaître Darya Douguina et la vérité du multipolarisme avec la présence en ligne d'Alexandre Douguine, présenté dans les médias comme un néo-fasciste et un hitlérien, ainsi que l'arrivée à Moscou, au Forum du Mouvement russophile international, de plusieurs Italiens qui furent ensuite combattus par la presse et les médias nationaux, nous amènent à la conclusion que la guerre culturelle dans notre beau pays est encore résolument asymétrique.

Une chose doit cependant être dite, à notre humble avis: à l'avenir, pour faire avancer uniquement le Bien de la Cause et non sa propre affirmation ou rédemption personnelle, ainsi que le bavardage multimédia et l'action PsyOp, il sera nécessaire d'utiliser des stratégies opérationnelles de faible intensité, à l'image de la sagesse tenace, continue mais également silencieuse du style métapolitique et politique du léninisme, et de ne plus jamais se livrer au caquetage multimédia, dans le pur style de D'Annunzio, à l'impact élevé mais à l'échec certain.

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Un autre domaine d'asymétrie doit également être identifié dans la guerre culturelle "pérenne" en faveur de l'unipolarisme occidental, à savoir la gestion et la manipulation du phénomène italien du populisme, selon une direction calculée qui conduit les mouvements populistes eux-mêmes à une hétérogénéité problématique de finalités. Après l'effondrement de la Première République, au moins trois macro-espaces populistes se sont succédé en Italie depuis les années 1990, qui se sont ensuite fondus dans le système politique parlementaire, ont connu des phases de croissance et de déclin en alternance et, de surcroît deux d'entre eux ont gouverné ensemble l'Italie pendant le bref moment populiste américain du président Donald Trump (20 janvier 2017 - 20 janvier 2021), avec les gouvernements de Giuseppe Conte, Conte I (1er juin 2018 - 5 septembre 2019) et Conte II (5 septembre 2019 - 13 février 2021); le troisième macro-espace gouverne actuellement la nation italienne.

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Salvini, Grillo et Meloni.

Trois populismes désormais historiques, qui se développent dans des contextes idéologiques différents, mais qui agissent comme le ciment du mécontentement populaire, du moins celui qui vote encore et ne s'abstient pas, et qui leur donne, déplace ou retire le consensus en fonction de leur cohérence dans la défense des principes non négociables et/ou des droits acquis par les classes moyennes et populaires. Il s'agit de la Ligue pour Salvini (née des cendres de la Ligue du Nord), qui voulait représenter le populisme fédéraliste sur une base nationale; du Mouvement 5 étoiles, né à l'initiative du comique Beppe Grillo et de Gianroberto Casaleggio, qui représentait le populisme multimédiatique; du Parti Fratelli d'Italia, né à l'initiative de l'actuelle Première ministre Giorgia Meloni, d'Ignazio La Russa et de Guido Crosetto, qui voulait représenter le populisme souverainiste.

Trois réalités qui ont profondément déçu ceux qui ont voté pour elles, des réalités qui ont totalement ignoré leurs promesses électorales fédéralistes, web-démocratiques et souverainistes, des réalités qui ont dû s'incliner et baisser leur pantalon devant l'impérialisme américain, le véritable maître de notre pays depuis 1945 et devant son élan mondialiste et unipolaire. C'est la seule façon de gouverner en Italie: en acceptant le gouvernement de la nation, on doit se plier au diktat mondialiste américain et belliciste de l'OTAN. Les volte-faces folles de Salvini, Grillo, Meloni sont désormais à l'ordre du jour et ne se comptent plus...

Aujourd'hui encore, l'illusion de chevaucher le tigre de l'unipolarisme par le biais d'un multipolarisme dépourvu de contenu idéologique se concrétise dans un certain nombre de groupes néo-populistes qui font partie du Mouvement pour l'indépendance, fondé par Gianni Alemanno, un ancien parlementaire de Fratelli d'Italia, ancien du MSI et de l'AN, ancien gendre de Pino Rauti, une personne humainement bonne mais aussi un renégat historique bien connu de l'Espace national-populiste, certainement par fragilité et idéalisme plutôt que par mauvaise intention, qui cherche aujourd'hui à se refaire une virginité sous la forme d'un mea culpa.

Ces groupes néo-populistes à orientation multipolaire sont voués à l'échec, aux luttes intestines à moyen terme ainsi qu'à une future homologation par le Pouvoir, même s'ils devaient faire un bon score aux élections européennes de juin 2024. La raison en est très simple: si le multipolarisme est une coquille vide sans la connaissance et l'application des principes de la Quatrième Théorie Politique qui a généré le multipolarisme lui-même et qui sont des principes inspirés par une lutte totale et sans concession contre le totalitarisme libéral qui utilise le parlementarisme pour endormir et diriger les consciences politiques, alors a fortiori sans la présence opérationnelle des acteurs de la Quatrième Théorie Politique, des philosophes armés pour la Guerre Culturelle, des nouveaux cadres et des nouveaux officiers pour l'Imperium multipolaire, tous les efforts seront vains et infructueux. En effet, il n'est pas possible et ce n'est que pure illusion et utopie, quelque peu grotesque, de tenter de diriger à la façon d'"éminences grises", installées à l'extérieur ou en marge d'un mouvement populiste créé par les élites mondialistes elles-mêmes pour refluer et anesthésier la protestation populiste et la noyer dans un nouvel oubli historique.

Dans un prochain article, nous examinerons en détail les mécanismes que le Pouvoir utilise historiquement de manière égale et constante pour faire naufrage de tout mouvement populiste lorsque, après l'oubli de la première phase asymétrique, et après la deuxième phase asymétrique d'insulte et de dérision, le Pouvoir passe à la troisième phase asymétrique de conquête du mouvement lui-même, qui peut être identifiée dans l'ordre progressif des étapes suivantes : encerclement, pénétration, infiltration, moquerie, accusations criminelles, homologation, éclatement, disparition. Il n'y a pas d'échappatoire possible !

L'alternative est une guerre culturelle dont le pivot stratégique doit être les formes de résistance civile qui s'articulent autour de la chute des illusions électorales et parlementaires, et la formation intégrale de militants capables alors de transférer l'éternité, la réalité et la faisabilité de l'Idée Impériale dans le peuple, avec le peuple, pour la gloire et l'honneur d'une nouvelle Italie fédérale et d'une nouvelle Europe fédérale.

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Exaspérations touristiques

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Exaspérations touristiques

par Georges FELTIN-TRACOL

Dans la dernière semaine d’avril, de nombreux habitants des îles Canaries, cet archipel espagnol de l’Atlantique situé en face du Maroc, ont manifesté contre le surtourisme. Il menacerait leurs ressources naturelles, leurs paysages et leur cadre de vie. Les revendications des vingt à cinquante mille manifestants portaient aussi sur les mauvaises conditions de vie des travailleurs du secteur touristique, principal employeur de l'archipel (plus de 40% des emplois). Ils dénonçaient enfin le prix inabordable de l'immobilier qui empêche d’obtenir un logement décent.

Cette réaction aux méfaits du tourisme de masse aux Canaries (14 millions de touristes en 2023 pour une population de 2,2 millions d’habitants) n’est pas unique en Espagne. Un autre archipel, en Méditerranée, les Baléares, subit une situation semblable. La réaction y est plus ancienne. Les opposants au surtourisme montent des panneaux en anglais près des plages pour dissuader les touristes de s’y faire bronzer. Les prétextes avancés insistent sur des menaces inventées (présence de méduses dangereuses, risque de chutes de pierres ou bien baignades interdites).

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Île connue pour son ambiance exubérante, Ibiza a longtemps attiré des flots continus de touristes britanniques, néerlandais et allemands grâce aux compagnies aériennes à très bas coût pour des fins de semaine sur-alcoolisées, festives et débridées. Des centaines de touristes plus qu’éméchés vomissaient, urinaient et déféquaient partout. D’autres complètement ivres, mais pas toujours, se jetaient au péril de leur vie dans la piscine de leur hôtel depuis le balcon de leur chambre au dixième, quinzième ou vingtième étage.

En Italie, face à la marée croissante des touristes occasionnels, la mairie de Venise a instauré, le 25 avril dernier, une taxe de séjour journalière, qualifiée de « contribution d’accès », d’un montant unique de cinq euros. Elle concerne toutes les personnes étrangères à la Cité des Doges qui désirent visiter la vieille ville en une seule journée, de 8 h 30 à 16 h 00. Outre des dérogations prévues, cette contribution ne concerne pas ceux qui passent au moins une nuit à l’hôtel. Elle n’est pas non plus permanente. Elle n’est effective qu’une trentaine de jours au moment des très grandes affluences touristique, les jours fériés et tous les samedis et dimanches entre les mois de mai et de juillet.

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Ce droit d’entrée – une première au monde – a suscité le mécontentement d’une partie des Vénitiens. Souvent militants de gauche et de l’écologie radicale, les manifestants se scandalisent de cette disposition qui ferait de leur ville le plus grand parc d’attraction de la planète. Ils préfèrent l’établissement de quotas d’accès quotidiens. Ils oublient que ce serait une discrimination répréhensible pour le droit dit européen. Parmi les protestataires, d’autres s’indignent que les parents et les amis des Vénitiens qui n’habitent pas la ville s’acquittent aussi de la taxe. Les réunions de famille ou amicales tenues à Venise deviennent ainsi payantes… Enfin, une faction des contestataires s’inquiète de l’infrastructure technique et numérique nécessaire à sa supervision. Tout visiteur doit passer par quelques points d’entrée contrôlés, ce qui revient dans les faits à l’établissement d’une douane intérieure ainsi qu’au retour de l’octroi. Cela n’irait-il pas à l’encontre de la libre circulation des personnes prévue dans les accords de Schengen ? D’habitude si sourcilleuse sur le respect des droits individuels les plus loufoques, la Commission pseudo-européenne garde un silence éloquent sur cette violation indéniable des traités dits européens.

La procédure d’inscription pour payer la taxe risque de donner de très mauvaises idées aux tristes sires que sont les commissaires européens. Avant de franchir les accès d’entrée filtrés, il faut au préalable se déclarer sur Internet, payer avec sa carte bancaire et s’enregistrer avec un QR-code. La police municipale réalise des contrôles inopinés et dressent des amendes de cinquante à trois cents euros… Mis en avant au moment de la mystification covidienne, le QR-code va avantageusement remplacer un possible puçage des êtres humains puisque ces derniers ne peuvent plus se passer de leurs téléphones super-connectés. Dans un Occident terminal toujours plus liberticide, cette inclination vers une servitude techno-numérique volontaire ravit la super-classe cosmopolite mondiale. Signalons qu’en Grèce, il faut désormais que les voyageurs réservent sur un site spécial leur envie de parcourir l’Acropole d’Athènes.  

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Les îles Canaries s’inspireront-elles de l’exemple vénitien ? Leur insularité modifie en partie la portée d’autant que l’activité touristique représente en 2022 35 % de leur PIB. L’absence de touristes plongerait l’archipel dans des difficultés économiques considérables. Le problème structurel de la surfréquentation touristique ne se limite pas aux îles Canaries, à Venise, à Athènes et aux Baléares. Tout lieu qui accueille maintenant des touristes en nombre rencontre d’inévitables inconvénients.

Observons par ailleurs que, si les habitants des Canaries s’élèvent contre l’afflux massif des touristes qui contribuent par leurs dépenses à faire tourner l’économie locale, les mêmes se taisent souvent à propos de l’arrivée sur les plages de l’archipel d’immigrés clandestins originaires d’Afrique. Les mêmes qui beuglent « Dégagez les touristes ! » ne réagissent pas devant le déferlement migratoire allogène. Certes, le tourisme est une forme de migration même si elle n’est que temporaire. Une réflexion similaire s’adresse aux musées. La réservation en ligne s’impose pour arpenter les couloirs du Louvre. Des bourgades au cachet historique conservé rencontrent la rançon du succès en attirant bien trop de monde.

Le tourisme de masse appartient à la Modernité. Il concrétise l’aspiration démente à une « société ouverte » qui tend dorénavant vers la plus grande inclusion possible. Son hypertrophie parasite l’activité économique et place le pays dans une mono-activité peut-être rentable, mais guère satisfaisante pour un essor plus global. Ce constat sert de moyen de pression pour tous ceux qui en vivent officiellement ou non.

A contrario, une société fermée, strictement cloisonnée, autarcique et autocentrée sur le plan socio-économique, n’a pas besoin de touristes. Avec le développement de la réalité virtuelle, ne serait-il pas temps de s’en servir ? En restant chez soi, il deviendrait possible de visiter des monuments lointains et/ou disparus. La consommation d’énergie nécessaire à cet usage compenserait-elle le gain obtenu en combustible non utilisé ? Plutôt que de recourir encore une fois à une technique envahissante et dépendante, un livre ne permet-il pas un meilleur dépaysement ? Et si on veut voyager, pourquoi ne pas l’entreprendre en vélo, à cheval ou à pied ? Le touriste symbolise la Modernité tardive chaotique. Pour paraphraser Guillaume Faye, il sera bientôt temps de remplacer les villages de vacances, les centres de loisirs formatés et les musées abscons par des pas de tir à missiles nucléaires.

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 114, mise en ligne le 7 mai 2024 sur Radio Méridien Zéro.

Les enseignements de Clausewitz et les antagonismes historiques contemporains

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Paix dictée ou paix négociée en Ukraine?

Les enseignements de Clausewitz et les antagonismes historiques contemporains

Irnerio Seminatore

Le 28 avril dernier Jens Stoltenberg, Secrétaire Général de l’Otan en visite à Kiev, a rassuré formellement Volodymir Zelenski que la guerre contre la Russie pouvait être encore gagnée par l’Ukraine et il a réaffirmé: « La Russie doit bien le comprendre. Elle ne pourra pas gagner. Elle ne pourra pas nous avoir à l’usure ! »

Or à quel type de guerre appartient-elle, cette «Opération Militaire Spéciale», déclenchée par Moscou contre Kiev le 24 février 2022?

Clausewitz et le but de guerre

Suivant les questionnements de Clausewitz sur le but ultime de la guerre (Zweck), qui se confond toujours avec une certaine paix, la modalité du retour à la paix devient le critère de la distinction entre deux espèces de guerre. Paix imposée ou dictée d’une part, paix négociée de l’autre. Celle où la finalité est d’abattre l’ennemi et que l’on veuille l’anéantir politiquement ou que l’on veuille le désarmer, et celle où l’on veut seulement faire quelques conquêtes aux frontières de son empire. La paix devient le critère de l’alternative. Dans le premier cas, le vainqueur impose à l’ennemi mis à terre n’importe quelles conditions, y compris éventuellement la disparition de l’État, voire l’élimination physique de la population (R. Aron, Clausewitz. Penser la guerre - Age européen p.102 103) Dans la pire des hypothèses pour Kiev, la fin politique de la guerre, considérée dans sa totalité (neutralisation), influe sur les objectifs militaires dans la guerre (Ziel) et concerne tout aussi bien la stratégie, ou l’emploi des combats, que la modalité du retour à la paix au moment où s’arrêtent les hostilités (dépeçage de l’Ukraine ?). Cependant « la politique (internationale) ne détermine adéquatement la fin (Zweck) qu’à la condition d’apprécier exactement la nature de la guerre, en fonction des circonstances (régionales, indirectes et systémiques), qui la conditionnent » (p.107). La distinction établie par Clausewitz dans le cadre du « système européen », peut-elle rester la même dans le « système planétaire », où changent la multiplicité des acteurs, la configuration des forces et des volontés, les caractéristiques des enjeux, la diffusion des foyers de conflits, les types de sécurité et, globalement l’homogénéité et l’hétérogénéité du système (européen et mondial)?

Pourra-t-on geler par une paix négociée ou dictée des intérêts distincts et irréductibles, où les erreurs d’évaluations ont été multiples?

En effet, la fin opératoire des hostilités, comme nous le rappelle Clausewitz, et l’objectif immanent à la guerre elle-même en tant qu’acte de violence», c’est de désarmer l’ennemi et désarmer l’ennemi équivaut, dans la lutte entre Etats, à les jeter à terre comme des lutteurs, car « tomber » constitue l’objectif propre de la lutte en tant que preuve de force, dont le but est le renversement politique de l’adversaire (en termes actuel le «regime change»). Cependant dans le conflit ukrainien « le tiers non engagé » (les Etats-Unis et l’Otan, bref l’Occident collectif), resté jusqu’ici en dehors du duel formel des forces et des volontés aux prises, manifeste son influence dans l’action réciproque de l’offensive et de la défensive et, sous différentes manières, évite « d’introduire dans la philosophie (et dans la pratique) de la guerre un principe de modération, sans commettre une absurdité » (p.110).

« Pugna cessat, Bellum manet ! »

Puisque la résistance à l’envahisseur dépend de la grandeur de ses moyens et de sa volonté, la force morale des Ukrainiens, qui échappe à tout calcul, serait laissée à son seul sentiment d’hostilité, vis-à-vis des Russes, en cas de paix négociée, selon le principe du « Pugna cessat, bellum manet » (la bataille cesse, mais la guerre perdure !). En définitive, la stratégie d’hostilité à la Russie, adoptée sous l’unipolarisme américain successif à l’effondrement de l’Union Soviétique (1989) demeure encore déterminante aujourd’hui, perdurera avec toute probabilité au delà d’une éventuelle paix négociée, servant d’aliment à la peur et, peut-être à tout esprit de revanche future et reste conditionnée par trois facteurs majeurs :

- L’évolution des combats sur le terrain;

- l’unité et la fermeté de la fragile coalition occidentale;

- l’incertitude sur le leadership européen et sur le rôle de l’Amérique après les élections présidentielles de novembre prochain.

Une paix négociée (comme masque d’une paix de capitulation) comporterait pour Moscou une victoire diplomatique face aux BRICS, à l’OCS et à l’AUKUS et un critère de mesure du succès du partenariat Russie-Chine, comportant une baisse des tensions dans le cadre du système international. Pour mieux préciser, la modalité du retour à la paix est définie par R. Aron comme le point de rencontre entre l’objectif militaire et de la fin politique (du conflit).

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Pourparlers de paix de mars - avril 2022

Les révélations récentes de la revue Foreign Affairs sur l’occultation par la presse occidentale des pourparlers de paix entre Zelenski et Poutine, de mars-avril 2022 pouvant conduire à un arrêt des hostilités rappellent que Kiev et Moscou étaient prêtes à envisager des compromis extraordinaires pour mettre fin à la guerre". Si Kiev et Moscou reviennent à la table des négociations cela revient à dire que le but de la guerre n’est pas la victoire militaire, ce en quoi a échoué à Zelenski, lors de la contre-offensive des mois de juin-septembre 2023, mais le but de guerre, la neutralisation de l’Ukraine, qui n’intéressait pas les Occidentaux (Johnson-Blinken), autrement dit la sécurité de la Russie, ou encore, l’application des Accords de Minsk 1 & 2. Il reste qu'en réalité le seul point que les Russes considéraient comme non négociable était la neutralité de l'Ukraine, assortie de certaines garanties, jugées nécessaires par Kiev, à savoir que certaines puissances mondiales, dont les Etats-Unis, s'engagent à la défendre en cas d'attaque russe.

En revenant à la doctrine et, encore davantage à la réalité historique, la victoire militaire appartient au vocabulaire de la tactique et correspond aussi à la recommandation de J. F. C. Fuller de « penser la guerre non en elle-même, mais par rapport à la paix ! », autrement dit à des rapports politiques et à des conditions de stabilité viables.

Or l’opposition de Kiev à l’objectif politique initial qui fut à l’origine du choc des forces et des volontés russes et ukrainiennes et à l’opération militaire spéciale qui en découla, comportèrent une sous-estimation de l’importance ultérieure de l’engagement. Borné à une perspective purement régionale et à une conception antagoniste des équilibres de sécurité russo-américains, Zelenski fit appel indéfiniment au soutien en ressources des Occidentaux, en jouant au chantage des uns contre les autres et à l’épouvantail d’une hypothétique invasion de l’Ukraine, de la Pologne, des Pays Baltes, et de la Moldavie de la part de Poutine.

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Des négociations impossibles ?

Il rejeta à plusieurs reprises toute discussion avec Moscou signant notamment un décret, en 2022 qui déclarait officiellement toute négociation "impossible".

Le général Vadym Skibitsky (photo), numéro deux du directoire du renseignement militaire ukrainien (HUR), a avoué récemment à la revue The Economist que des discussions seront nécessaires à un moment donné, comme c'est le cas dans toute guerre. "Le général Skibitsky dit qu'il ne voit pas comment l'Ukraine pourrait remporter la guerre sur le seul champ de bataille. Même si elle était capable de repousser les forces russes à ses frontières - une perspective de plus en plus lointaine-, cela ne mettrait pas fin à la guerre", écrit la revue.

Entre temps ont changé radicalement les trois notions qui président à l’affrontement armé, celle d’ennemi, de stabilité et de système et s’est radicalisée outre mesure celle d’hostilité civilisationnelle.

En ce sens les liens entre politique et guerre nous conduisent à rendre explicite l’idée que dans les philosophies de l’action, commandées par la dualité des moyens et des valeurs morales, d’une part, et par le but politique, d'autre part, l’emploi des moyens se transforme, dès lors que le but de guerre change et que, dans le cas de l’Ukraine, on est passé d’une stratégie régionale à une stratégie globale et systémique. Ainsi ce conflit figurera comme un combat partiel de la stratégie mondiale dans laquelle il est impliqué, en vue d’une alternative hégémonique. En outre ce conflit définit la mesure des forces à mobiliser pour une grande preuve historique. Il en découle que l’entreprise hégémonique ne déterminera le conflit européen qu’à la condition d’apprécier exactement l’ampleur et la complexité de la guerre générale et globale. Dans cette perspective le conflit d’Ukraine figurera comme l’activateur indirect et le moment tactique d’une stratégie globale d’alternative systémique, celle du duel du siècle entre les Etats-Unis et la Chine.

Bruxelles 9 mai 2024

samedi, 11 mai 2024

La stratégie atlantiste de la tension pour libérer le terrorisme nouveau

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La stratégie atlantiste de la tension pour libérer le terrorisme nouveau

Augusto Grandi

Source: https://electomagazine.it/la-strategia-della-tensione-atlantista-per-scatenare-il-nuovo-terrorismo/

"À 18 heures, le Jugement dernier commence...". C'est en 1961 que sort dans les salles de cinéma le film avec Alberto Sordi, dans lequel une voix annonce, en fait, la fin du monde. La manie de formuler de telles annonces a caractérisé la stratégie de la tension au cours de la décennie suivante. Dans les journaux du régime, c'est-à-dire dans la quasi-totalité d'entre eux, l'avertissement « danger de coup d'État demain » était périodiquement publié. Comme s'il s'agissait des prévisions météorologiques. Cinquante ans ont passé, mais la mauvaise habitude est restée. Et maintenant, ce sont les journaux atlantistes qui anticipent la catastrophe: « Poutine prépare des attaques contre les infrastructures européennes ».

Ce qui, dans l'espoir des Dr. Strangelover de tous les pays de l'Occident collectif, signifierait que le droit de réponse de l'OTAN entraînerait une guerre nucléaire et la fin de l'Europe, si ce n'est du monde entier.

Mais les voix qui mettent en garde contre les plans terroristes du Kremlin sont les mêmes - quelle combinaison ! - qui ont interdit à l'Allemagne d'enquêter sur les attaques terroristes contre les gazoducs North Stream lorsqu'il est apparu clairement que le gang Zelensky et ses manipulateurs atlantistes en étaient responsables.

De toute évidence, les annonces des années 1970 concernant les coups d'État de 17 heures se sont révélées être des foutaises. Mais elles étaient utiles pour convaincre une masse d'idiots d'un danger inexistant. De même, les avertissements d'aujourd'hui seront peut-être suivis d'attentats, peut-être avec de nombreux morts, organisés par les services occidentaux pour manipuler l'opinion publique européenne et la préparer à de nouveaux sacrifices qui ne serviront qu'à enrichir les marchands d'armes. Tout cela s'accompagne d'un nouveau durcissement contre la liberté d'expression et de circulation. Pour faire face à la nouvelle urgence, ça va sans dire...

Un Chinois en Europe

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Un Chinois en Europe

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/ce-un-cinese-in-europa/

Xi Jinping en voyage officiel en Europe. Cela n'était pas arrivé depuis longtemps. Et rien que cela devrait faire les gros titres. Car Xi n'est pas seulement le président de la Chine. Il est l'homme le plus puissant que l'Empire céleste ait connu depuis l'époque lointaine de Deng Xiaoping. Et peut-être même depuis Mao.

Bref, un président-empereur.

De plus, il est l'empereur de la puissance qui domine aujourd'hui le commerce mondial. Après avoir dépassé les États-Unis depuis plusieurs années. Sans parler de l'Europe.

Et, maintenant, il se renforce progressivement dans deux autres grands domaines.

La monnaie. Le yuan chinois devient de plus en plus un concurrent du dollar dans les échanges internationaux. Les Saoudiens acceptent désormais la monnaie chinoise en échange de pétrole et de gaz. C'est la même voie que suivent presque tous les pays liés aux BRICS. Les membres effectifs et les aspirants.

Une menace mortelle pour Washington car elle mettrait un terme définitif à sa primauté mondiale.

Ensuite, les forces armées. Qui sont certes encore loin des possibilités américaines. Mais qui peuvent compter sur une force de plus de trois millions et demi d'hommes. De moins en moins liées au vieux modèle de l'armée populaire de masse. Et de plus en plus sur la voie de la haute spécialisation. À commencer par la marine et les unités spéciales aéroportées.

Bref, un invité, ce Chinois, qui mériteraient toutes les marques de respect. A recevoir avec les grands honneurs et un tapis rouge. A traiter avec les gants de la diplomatie la plus subtile. Et au lieu de cela...

Et au lieu de cela, à Paris, première étape du voyage de Xi Jinping, les classes dirigeantes européennes ont démontré leur incapacité à comprendre le monde qui nous entoure.

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Car les rencontres avec Macron et von der Leyen ont tourné à la triste farce.

Un choix déjà significatif en soi. Parce que Xi n'a rencontré que le président français et la représentante de l'UE. Il a snobé l'inconsistant Scholz, qui mène l'Allemagne vers un déclin rapide. Et sans même prendre Meloni en considération. Notamment à cause, pensons-nous, de sa décision absurde d'exclure l'Italie du projet de la route de la soie. Je l'avais écrit à l'époque. Ce choix, dicté par Washington, ne serait pas sans répercussions. Les Chinois procèdent froidement. Mais ils ont la mémoire longue. Et ceci... n'est qu'un début.

Macron représente la seule puissance militaire d'importance dans l'UE. Et von der Leyen est considérée comme celle qui dicte la conduite à suivre aux autres gouvernements européens, tous ineptes.

La réunion s'est mal passée. En fait, très mal. Macron a osé ordonner à Xi de cesser de soutenir et d'aider la Russie. Et de s'aligner sur les sanctions occidentales contre Moscou.

Vous pouvez facilement imaginer à quel point l'empereur, habituellement impassible, a été stupéfait.

Mais Xi Jinping a définitivement perdu son sang-froid lorsque l'ineffable duo Ursula/Emmanuel est allé jusqu'à lui dire, sur un ton impérieux, de réduire la production industrielle et les exportations. Pour ne pas nuire aux... normes européennes.

Et c'est là qu'on a vraiment eu l'impression que Xi avait parlé. Et a donné aux deux personnages une dure leçon de politique et de diplomatie.

Après cela, il est parti. Les deux seules autres escales européennes ont été celles de Vucic en Serbie, le plus proche allié de Poutine. Et d'Orban en Hongrie.

Ces choix sont déjà un signal clair.

Les chrétiens-démocrates allemands veulent supprimer le terme Leitkultur

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Les chrétiens-démocrates allemands veulent supprimer le terme Leitkultur

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

L'ancien secrétaire général de la CDU en Allemagne, Ruprecht Polenz, était un homme de poids au sein du parti. Il semble qu'il ait complètement épuisé ce crédit. En effet, il a déposé une demande de modification du programme du parti. Il ne voulait pas seulement changer une virgule ou une procédure de vote, non, il voulait ni plus ni moins supprimer le terme « Leitkultur » ("culture directrice" ou "culture dominante") du programme de la CDU.

Polenz, connu au sein de la CDU comme un partisan de l'ancienne chancelière Angela Merkel, a donc soumis sa proposition aux membres de la CDU. Selon l'ancien rédacteur en chef du journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, Hugo Müller-Vogg, sur X (anciennement Twitter), 159 des quelque 380.000 Allemands possédant une carte de membre de la CDU ont exprimé leur soutien à ce changement fondamental de programme. En pourcentage, cela représente 0,04 %.

« La conscience du parti »

Ruprecht Polenz, qui aime être présenté dans les grands médias allemands comme « la conscience du parti », « la boussole morale de la CDU », a fait une grave erreur de calcul dans cette affaire. Même sur les réseaux sociaux, il est apparu clairement que l'hyperactif de 77 ans n'a plus guère de soutien au sein de son propre parti, en particulier en ce qui concerne la « Willkommenskultur » (culture de l'accueil).

Hugo Müller-Vogg va même plus loin : « Parmi les 96.000 personnes qui suivent Polenz sur les médias sociaux, il semble y avoir très peu de membres de la CDU. Les fans de Polenz se trouvent principalement parmi les Verts de gauche ». Le silence de la base de la CDU a été particulièrement assourdissant. Mais cela n'empêchera probablement pas les médias traditionnels allemands de continuer à promouvoir Polenz comme une voix importante au sein des démocrates-chrétiens allemands. « Les chaînes publiques (allemandes) apprécient particulièrement les critiques de la CDU, formulées par ceux qui possèdent une carte de membre de la CDU », a déclaré nog Müller-Vogg.

Vous voulez parier que les électeurs de nos partis centraux CD&V, Open VLD et Vooruit sont également beaucoup plus à droite que la moyenne des représentants de ces partis ?

lundi, 06 mai 2024

Divisés sur la politique européenne

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Divisés sur la politique européenne

Markku Siira

Source: https://markkusiira.com/2024/05/05/europolitiikasta-erimielisesti/

« Un raz-de-marée de droite dure est sur le point de frapper l'UE », prévient l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown dans The Guardian. "Les démagogues ultranationalistes et les nationalistes populistes sont en tête des élections en Italie, aux Pays-Bas, en France, en Autriche, en Hongrie et en Slovaquie", déclare-t-il.

La principale crainte de M. Brown, comme celle d'autres personnalités comme lui, semble être que ces groupes populistes, avec leurs points de vue qui appâtent le citoyen, forcent les partis traditionnels de centre-droit « à succomber à des positions anti-immigration, anti-éxconomique et anti-environnementalistes de plus en plus extrêmes ».

Pour le journaliste William Nattrass, à l'approche des élections européennes de juin, « de telles prédictions de malheur ne sont pas inhabituelles ». Alors que les politiciens de l'establishment mettent en garde contre les conséquences d'un « mauvais vote », je suis moi-même très sceptique quant aux chances qu'une direction politique quelconque apporte un changement radical à la politique de l'UE.

Dans le cadre de ce spectacle euro-politique, même la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a brièvement flirté avec une idéologie plus conservatrice, ce qui lui a déjà valu les critiques de l'euro-gauche.

« En tant que mère de sept enfants, je veux que mes petits-enfants grandissent dans une Europe sûre et prospère », peut-on lire sur le site web de la campagne électorale de Mme von der Leyen. Mme von der Leyen a également exprimé sa volonté de travailler avec les Conservateurs et Réformistes européens, qui, comme le parti des Vrais Finlandais, soutiennent les groupes de pouvoir de Bruxelles sur des questions telles que l'aide à l'Ukraine, tout en ne remettant pas en question l'eurocratie.

Cependant, un autre groupe de droite, Identité et Démocratie, qui comprend le Rassemblement national français et l'Alternative für Deutschland allemande, n'est pas du goût de Mme von der Leyen, qui les a qualifiés de « représentants de Poutine ».

Les euro-atlantistes sont également incapables de coopérer avec le parti de centre-droit Fidesz en Hongrie ou le parti social-démocrate Smer-SD en Slovaquie, dirigé par Viktor Orbán et Robert Fico, tous deux critiques à l'égard de la politique ukrainienne.

Malgré la montée du sentiment anti-immigration en Europe, les fédéralistes de Mme von der Leyen n'ont rien fait pour endiguer le flux de migrants. Dans ce contexte, les fédéralistes invoquent cyniquement les «droits de l'homme» qu'ils ont foulés aux pieds, il y a un an, pour que les géants pharmaceutiques transnationaux puissent faire des milliards de profits en imposant aux citoyens des vaccins coronaviresques.

Il a été suggéré que les questions d'intervention en matière de politique étrangère devraient constituer une nouvelle ligne de démarcation fondamentale. Là encore, il n'y a pas de contraste significatif, puisque la majorité des gouvernements des États membres sont toujours prêts à soutenir la guerre en Ukraine et les politiques économiques anti-russes, au détriment de leurs propres économies nationales. Même le génocide israélien à Gaza n'est pas abordé.

Malgré les tentatives occasionnelles des (faux) médias de pouvoir de souligner les différences entre les nationalistes et les euro-fédéralistes, les grandes lignes de la politique de l'euro restent les mêmes, quels que soient les résultats des élections. Il est difficile de changer la machine bruxelloise, même de l'intérieur, mais les rappels de la « menace de l'extrême droite » sont néanmoins destinés à guider le comportement électoral des «gens stupides».

Quant aux votes de protestation anti-Euro, ils ont surtout une valeur de divertissement dans un système contrôlé par le pouvoir bancaire central privé. Un vote suffisant pourrait bien révolutionner la vie et le niveau de vie du candidat individuel et de sa famille proche, mais je doute que le vote puisse accomplir quoi que ce soit d'autre.

La guerre (larvée) entre les Etats-Unis et l'Europe

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La guerre (larvée) entre les Etats-Unis et l'Europe

par Pino Arlacchi

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/27937-pino-arlacchi-la-guerra-non-dichiarata-tra-stati-uniti-ed-europa.html

Le dicton latin «Que Dieu me protège de mes amis...» a été appliqué à la géopolitique d'aujourd'hui par Henry Kissinger avec la célèbre boutade «Être l'ennemi des États-Unis peut être dangereux, mais être leur ami est fatal».

Et c'est précisément ainsi que l'on peut définir la relation actuelle entre les États-Unis et l'Europe.

Dans le conflit ouvert avec l'Ukraine se cache un conflit non déclaré mais, en fait, fatal, qui voit l'Europe succomber à l'intimidation transatlantique, avec des dommages immenses et à long terme pour son économie et sa population.

Personne ne parle des termes réels de la question de l'approvisionnement en énergie. Vous trouverez des centaines d'articles sur notre capacité à réduire les importations de gaz et de pétrole en provenance de Russie depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, mais presque aucun ne parle des prix exorbitants de la facture énergétique, qui sont le véritable coût de la guerre.

En faisant pression sur l'Ukraine pour qu'elle se batte au lieu de conclure un accord déjà presque négocié dans les semaines qui ont suivi le début des hostilités, en poussant les alliés européens à prendre des sanctions extrêmes contre Moscou et en détruisant le gazoduc Nord Stream en septembre 2022, les États-Unis se sont assurés la première place parmi les exportateurs de gaz liquéfié vers l'Europe et le reste du monde.

L'Europe est devenue la première destination de leur pétrole: 1,8 million de barils par jour contre 1,7 pour l'Asie et l'Océanie.

Le tout à des prix trois à quatre fois supérieurs à ceux payés par Bruxelles avant la guerre. Grâce à un contrat-cadre entre Biden et von der Leyen, nous nous sommes engagés à importer des États-Unis une grande partie du gaz que nous recevions de Russie, en payant 4,5 fois le prix auquel il est vendu aux États-Unis. D'où les demandes pathétiques de Meloni à Biden pour un rabais au nom des industries italiennes à forte consommation d'énergie qui sont en train de disparaître à cause de coûts de production insoutenables.

C'est Mario Draghi lui-même qui, dans un élan de lucidité, a défini les conséquences désastreuses de cette flambée des prix de l'énergie sur l'avenir de l'Union européenne elle-même, qui, selon lui, risque de redevenir « un simple marché ».

Les coûts de production de tous les biens sur notre continent ont soudainement augmenté, parallèlement à la compétitivité accrue de l'économie américaine. L'Allemagne était le pays qui payait le plus, étant donné sa dépendance à la production et à l'exportation de produits manufacturés. L'Allemagne mythique s'est donc retrouvée à devenir la nation la moins performante de toutes les économies avancées: PIB de -0,3% en 2023-24. Alors que le Fonds monétaire prévoit une quasi-stagnation de l'économie de la zone euro (+0,9%) en 2024, contre +2,6% pour la Russie.

dimanche, 05 mai 2024

Allemagne: le nouveau Sarrazin ?

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Allemagne: le nouveau Sarrazin ?

Peter W. Logghe

Source : Nieuwsbrief Knooppunt Delta, no 189, avril 2024

Il y a quelques années, Thilo Sarrazin a fait l'effet d'un coup de tonnerre en Allemagne: en tant que social-démocrate et haut fonctionnaire, il a même été responsable des finances de Berlin pendant un certain temps. Avec son livre Deutschland schafft sich ab, il a donné une bonne voix, et même une voix scientifique, à tous les opposants à la politique d'ouverture des frontières menée par les gouvernements allemands successifs. Les grands médias et les élites politiques se sont moqués de lui, il a reçu des menaces et a même été agressé. Mais son livre est devenu l'une des meilleures ventes de tous les temps en Allemagne.

L'auteur, publiciste et ex-politicien Mathias Brodkorb - et c'est tout à son honneur - sème le trouble dans les médias allemands au moment même où ils discutent d'une interdiction de l'AfD. Pour lui, ce n'est pas l'AfD qui représente un danger pour la démocratie et l'État de droit en Allemagne, mais l'existence d'une institution telle que le Verfassungsschutz. Il considère qu'une telle institution est indigne d'une démocratie et suggère d'abolir purement et simplement le Verfassungsschutz, qui apparaît de plus en plus comme un instrument destiné uniquement à aider les élites politiques existantes à se maintenir au pouvoir. Et donc de lutter autant que possible contre l'opposition (de droite comme de gauche).

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La curieuse carrière de cet universitaire

Brodkorb est né à Rostock en 1977 et y a étudié la philosophie. Dès le début, les commentateurs les plus divers l'ont considéré comme un "grand nom de la politique". À 25 ans, il siège pour le SPD au parlement du Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale en 2011 et devient ministre de l'éducation, des sciences et de la culture à 34 ans. Tout le monde pensait qu'il succéderait à Erwin Sellering, le Premier ministre malade du Land, mais Manuela Schwesig l'a écarté. À l'époque, il semblait que Brodkorb était sans doute trop honnête pour s'adonner à la politique partisane et trop peu "mâle alpha", trop bien élevé pour forcer sa place. Sur le plan intellectuel, il avait également beaucoup d'autres "flèches à son arc". En 2019, il a démissionné du gouvernement de l'État et s'est même retiré de la vie politique. Pour lui, c'était comme une libération. Il a pu se recentrer sur l'analyse en sciences politiques. C'est ainsi qu'il a rapidement soutenu que le "Kampf gegen Rechts" (lutte contre la droite) à l'échelle de l'Allemagne contenait des indications sur la dissolution de l'État et que cette campagne était porteuse d'un potentiel de guerre civile. Son dernier ouvrage, intitulé Gesinnungspolizei in Rechtsstaat ? Der Verfassungsschutz als Erfüllungsgehilfe der Politik (= Une police de la pensée au sein de l'Etat de droit. Le Verfassungsschutz comme adjuvant de la politique), est déjà mentionné comme un livre à succès. Juste sous la surface de ce qui est politiquement perceptible en Allemagne, toutes sortes de plaques tectoniques se déplacent. Ce qui se passe d'ailleurs dans toute l'Europe occidentale...

Peter Logghe

 

jeudi, 02 mai 2024

Sahra Wagenknecht découvre le thème des étrangers: "Ne pas minimiser la criminalité des étrangers"

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Sahra Wagenknecht découvre le thème des étrangers: "Ne pas minimiser la criminalité des étrangers"

Source: https://zuerst.de/2024/04/30/sahra-wagenknecht-entdeckt-das-auslaenderthema-auslaenderkriminalitaet-nicht-herunterspielen/

Berlin. Sahra Wagenknecht, longtemps leader du Parti de gauche, est une populiste talentueuse. Elle sait quels sont les thèmes qui font mouche - et c'est pourquoi elle prend désormais la parole sur la politique des étrangers.

Elle a fait savoir à l'agence de presse allemande dpa qu'il était nécessaire d'organiser un sommet des ministres de l'Intérieur à la Chancellerie, qui aborderait également le problème de l'immigration incontrôlée. Ce serait une étape qui irait au-delà de la conférence des ministres de l'Intérieur (IMK) déjà existante. Puis elle devient encore plus claire et aborde le sujet tabou de la criminalité étrangère: "Si les statistiques criminelles montrent que les crimes sont commis de manière disproportionnée par des personnes issues de certains milieux de l'immigration, un ministre de l'Intérieur ne doit pas rendre ce problème tabou et le minimiser".

Il est en outre important, selon elle, de mieux équiper la police et d'accorder aux fonctionnaires un plus grand respect social. Jusqu'à présent, il s'agissait de revendications classiques "des droites".

Cette prise de parole s'explique par le fait que le thème de l'immigration devrait être d'une importance capitale tant pour les élections européennes que pour les élections dans trois Länder d'Allemagne centrale en septembre. Wagenknecht voit une opportunité de braconner dans le réservoir d'électeurs de l'AfD, notamment dans les nouveaux Länder. Elle a ainsi annoncé il y a quelque temps déjà qu'elle se proposait comme "alternative sérieuse" pour les partisans et électeurs de l'AfD (rk).

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mercredi, 01 mai 2024

Attentat contre les gazoducs Nord Stream : la Chine demande une enquête internationale

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Attentat contre les gazoducs Nord Stream: la Chine demande une enquête internationale

Source: https://zuerst.de/2024/05/01/anschlag-auf-die-nord-stream-pipelines-china-fordert-internationale-untersuchung/

New York. En Occident, la question des explosions de Nord Stream en septembre 2022 est pour ainsi dire passée aux oubliettes. Le gouvernement fédéral allemand, en particulier, qui est l'une des principales parties concernées, ne montre aucun intérêt pour une enquête sur les explosions. La Suède et le Danemark ont été les derniers à annoncer en février qu'ils mettaient fin à leurs enquêtes.

Cependant, l'affaire pourrait à nouveau bouger. La Chine réclame désormais une enquête internationale. Le représentant chinois auprès des Nations unies, Geng Shuang (photo), a justifié cette demande vendredi parce que ce sabotage implique des "menaces à la paix et à la sécurité internationales".

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L'émissaire de l'ONU à Pékin a déclaré textuellement : "Plus de 18 mois se sont écoulés depuis les explosions du gazoduc Nord Stream. Il est tout simplement regrettable qu'aucune conclusion n'ait encore été trouvée dans cette affaire". Et de poursuivre : "Un vieux proverbe chinois dit qu'il n'est jamais trop tard pour raccommoder le troupeau lorsque le mouton est perdu. Nous réitérons notre appel à l'ouverture rapide d'une enquête internationale sous l'égide des Nations unies afin de faire éclater la vérité pour la communauté internationale".

Geng Shuang a explicitement mentionné qu'aucune "vérité n'a été établie" par les pays concernés, y compris l'Allemagne. On ne peut s'empêcher de "soupçonner une intention cachée derrière la résistance à une enquête internationale, tout en déplorant la possible dissimulation et la perte d'une quantité de preuves contraignantes".

L'écho occidental ne s'est pas fait attendre. Alors que le représentant français à l'ONU a rappelé que l'enquête allemande n'était pas encore terminée, le représentant américain a fait part de sa "confiance dans l'indépendance et la rigueur de l'enquête allemande". Le gouvernement allemand est resté muet sur cette affaire depuis deux ans et demi et laisse ostensiblement le public dans l'ignorance, invoquant le "bien de l'Etat".

En revanche, le journaliste d'investigation américain Seymour Hersh avait déjà exprimé en février 2023, sur la base de ses propres recherches, le fort soupçon que l'attaque contre les oléoducs germano-russes de la mer Baltique était le fait de l'agence de renseignement américaine CIA. (mü)

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Suite à une question de l'AfD au Bundestag, Marine Le Pen demande de "s'occuper plutôt des problèmes de l'Allemagne"

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Suite à une question de l'AfD au Bundestag, Marine Le Pen demande de "s'occuper plutôt des problèmes de l'Allemagne"

Source: https://zuerst.de/2024/04/24/wegen-einer-afd-anfrage-im-bundestag-marine-le-pen-fordert-sich-lieber-um-deutschlands-probleme-kuemmern/

Paris/Berlin . Des désaccords s'annoncent à nouveau entre le Rassemblement national (RN) et l'AfD. L'AfD s'était permis de demander au gouvernement allemand, dans une question écrite, de prendre position sur "les résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies selon lesquelles la France doit restituer l'archipel de Mayotte à l'Union des Comores". L'archipel en question est situé dans l'océan Indien. En 1974, 1976 et 2009, la population de l'île de Mayotte s'était prononcée pour son maintien dans le giron français pour des raisons évidentes - mais les Comores et l'ONU ne reconnaissent pas ce vote.

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La question de l'AfD ne portait finalement pas sur les lointaines îles des mers du Sud, mais plutôt sur les doubles standards de l'UE et du gouvernement allemand: en effet, contrairement au cas de Mayotte, Bruxelles et Berlin ne reconnaissent pas les référendums dans les "républiques populaires" de Donetsk et Lougansk, qui appartiennent désormais à la Russie.

La présidente du RN, Marine Le Pen, a exprimé sa colère face à la demande de l'AfD. Lors d'une visite dans le territoire français d'outre-mer tout récemment, elle a déclaré que l'AfD devrait "plutôt s'occuper des problèmes de l'Allemagne". Elle pourrait volontiers expliquer à l'AfD "pourquoi les habitant de Mayotte ont déjà exprimé trois fois leur volonté d'être français". La comparaison avec l'Ukraine est "particulièrement maladroite". Elle a annoncé qu'elle donnerait "quelques leçons de géopolitique" à ses amis du groupe.

Le porte-parole de l'AfD, Matthias Moosdorf, a déclaré à l'AFP que la question était "en attente depuis longtemps". Il s'agit pour l'AfD d'une politique de "deux poids, deux mesures", pratiquée par l'Allemagne, en matière de "respect du droit international". Berlin ne reconnaîtrait pas, par exemple, les résultats des référendums dans les régions d'Ukraine désormais rattachées à la Russie.

Les relations entre l'AfD et le Rassemblement national (anciennement Front national) sont tendues depuis un certain temps déjà. Marine Le Pen s'était récemment offusquée de la prétendue "réunion secrète" au cours de laquelle Martin Sellner avait fait un exposé sur les questions de "remigration" des étrangers. (mü)

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A l'approche des élections européennes, le Fidesz cherche à restructurer la droite au Parlement européen

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A l'approche des élections européennes, le Fidesz cherche à restructurer la droite au Parlement européen

Source: https://zuerst.de/2024/04/27/im-vorfeld-der-eu-wahl-fidesz-strebt-umstrukturierung-der-rechten-im-europaparlament-an/

Budapest/Bruxelles. A l'approche des prochaines élections européennes, le camp patriotique et populiste se creuse la tête pour une future recomposition de la droite européenne. Le parti hongrois Fidesz, dirigé par le président Orbán, devrait faire pencher la balance en sa faveur. Il a quitté son groupe parlementaire actuel, le PPE chrétien-démocrate, mais n'a pas encore réussi à se joindre à un nouveau groupe.

Balázs Orbán, le directeur politique de Viktor Orbán, a maintenant résumé le dilemme à la plateforme euractiv: "La structure actuelle n'est pas bonne: les forces nationales conservatrices sont en tête des sondages et n'ont pas de véritable voix au Parlement européen". Il faudra donc créer une constellation dans laquelle "les forces nationales-conservatrices seront également plus audibles sur la scène européenne", a déclaré Orbán.

Les groupes de droite actuels, "Identité et Démocratie" (ID) et "Conservateurs et Réformateurs européens" (ECR), sont devenus un contre-pouvoir inefficace face aux partis "fédéralistes" depuis que le Royaume-Uni et ses forces "souverainistes" ont quitté l'UE, a-t-il ajouté. Pour le Fidesz, l'option est désormais soit de rejoindre l'un des groupes politiques existants, soit de former un nouveau groupe.

Cependant, certaines délégations nationales conservatrices, comme l'ODS tchèque et les Démocrates suédois, ont déjà menacé de bloquer le Fidesz en raison de leur désaccord avec la position de la Hongrie sur l'Ukraine. Marine Le Pen du Rassemblement national français (RN) est également une grande inconnue dans le jeu, tandis que l'ancien Premier ministre polonais et chef du PiS, Morawiecki, est très intéressé par une coopération avec le Fidesz. Mais il faut d'abord que l'élection de juin soit dans la poche. Les observateurs s'attendent à une forte augmentation des voix pour les partis de droite dans toute l'Europe. (mü)

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mardi, 30 avril 2024

Actualité géopolitique: Robert Steuckers répond aux questions d'Al Jazeera

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Actualité géopolitique: Robert Steuckers répond aux questions d'Al Jazeera

Propos recueillis par Hafsa Rahmouni

Voir aussi: https://www.aljazeera.net/politics/2024/4/25/

Iran et Israël

Comment voyez-vous l’attaque iranienne contre Israël ? Quelles sont ses conséquences politiques et militaires pour les pays de la région ?

Je replace cette attaque dans un contexte historique très large, très ancien. Le stratégiste américain Edward Luttwak prétendait qu’en Méditerranée orientale, les Etats-Unis, suite à la Grande-Bretagne, étaient les héritiers des stratégies romaines et byzantines. L’Iran, dans cette perspective, demeure l’héritier de l’empire perse. Israël relève alors, comme le soulignait notamment Arnold Toynbee, d’une judaïté hérodienne, alignée sur les desiderata impériaux de Rome et sert à empêcher tout l’arrière-pays mésopotamien et perse de se projeter vers la Méditerranée, désormais « Mare Nostrum », non plus d’un Empire romain ou d’une Italie mussolinienne, mais d’un hegemon américain, foncièrement étranger à l’espace méditerranéen, d’un point de vue anthropologique et religieux. La redistribution des cartes, depuis la consolidation de la Russie par Poutine, depuis la présence russe en Syrie, depuis la volonté chinoise de parachever le projet « Belt and Road » fait qu’une entité sioniste-hérodienne devient une gêne pour les dynamiques nouvelles. Les puissances maritimes anglaise, puis américaine, ont une stratégie récurrente : occuper les terres qui se trouvent à l’extrémité intérieure des mers intérieures. Le Koweit dès 1910 pour empêcher l’Empire ottoman d’exploiter sa fenêtre sur le Golfe et sur l’Océan Indien (chasse gardée des Britanniques à l’époque). Les Pays Baltes au moment de la révolution bolchévique de 1917 puis lors de l’effondrement de l’Union Soviétique. La Géorgie à l’extrémité orientale de la Mer Noire, etc. Israël a reçu pour fonction de garder la côte la plus orientale de la Méditerranée au bénéfice de Londres d’abord, de Washington ensuite.

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L’Iran, et derrière lui, la Russie et la Chine, contestent cette fonction et verraient plutôt l’espace qui va d’Antioche à Gaza (voire à Suez) comme un tremplin vers la Méditerranée. Les questions qui sont ouvertes depuis la riposte iranienne sont les suivantes :

  • Le rejet des règles diplomatiques, théorisé et appliqué par les penseurs et les praticiens de l’idéologie néo-conservatrice américaine, est désormais suivi d’effets et plus seulement de paroles.
  • L’Iran renforce ses alliés sur la ligne Syrie/Yémen, écornant de la sorte les structures et entités hérodiennes.
  • L’audace de l’Iran laisse supposer qu’il a désormais les moyens de faire face à Israël, puissance nucléaire. La donne changerait alors du tout au tout.

À votre avis, pourquoi les États-Unis et l’Europe cherchent-ils à décourager Israël de répondre à l’Iran ?

Vu le nombre de zones de conflit potentielles, les Etats-Unis craignent l’hypertrophie impériale soit savent que la prochaine présidence américaine sera trumpiste donc isolationniste et que le bellicisme de Biden ne pourra pas se déployer à temps soit entendent gagner du temps pour consolider leur front anti-russe de l’Arctique à la Mer Noire soit savent que l’Iran dispose dorénavant des moyens de se sanctuariser. Dans ce scénario très inquiétant, l’Europe sera en quelque sorte le dindon de la farce :

  • Elle sera laissée seule face à la Russie avec une opinion publique qui n’est pas vraiment intéressée à déclencher un conflit en dépit de la propagande éhontée débitée par le quatrième pouvoir médiatique, de plus en plus démonétisé. En plus, ses arsenaux sont vides.
  • L’objectif non déclaré des Américains est d’affaiblir définitivement l’Europe en l’opposant à la Russie dans une guerre d’usure de longue durée qui paralysera Moscou sans la terrasser. Cette guerre empêchera la soudure de la grande masse eurasienne justement en un lieu qui est une « région-transit » ou « gateway region » telle l’Ukraine. Au Levant, la guerre de Syrie, qui n’est pas terminée, la présence d’un Israël hérodien, une longue guerre d’usure empêchera la côte orientale de la Méditerranée d’être la fenêtre vers l’Ouest des arrière-pays mésopotamien, iranien, indien et chinois.  L’Europe sera à nouveau enclavée, courant ainsi le risque d’imploser.

Comment expliquez-vous, d'un point de vue stratégique, le double standard occidental dans l'escalade iranienne avec Israël. Alors que l'Occident n'a pas condamné le bombardement par Israël du consulat iranien à Damas, qui constitue une violation flagrante du droit et des normes internationales, les Occidentaux pays sont venus défendre Israël politiquement et militairement lorsque l’Iran a répondu de la même manière à Israël ?

Le double standard est un fait qui ne date pas d’hier. L’hypocrisie est un mode de gouvernement occidental, propre au binôme idéologique qui structure la pensée anglo-saxonne : la fusion entre la rage puritaine d’un protestantisme sectaire et dévoyé et le libéralisme moralisant de Locke. A cette fusion entre religiosisme délirant et libéralisme irréaliste s’ajoutent les délires de la pensée révolutionnaire française. Ces tares anciennes ont été actualisées par le néolibéralisme et le néoconservatisme américains, importés en Europe depuis l’avènement de Margaret Thatcher au poste de premier ministre au Royaume-Uni en 1979. Lors de l’agression contre l’Irak, les néoconservateurs bellicistes américains proclamaient que les Européens étaient des lâches, des « fils de Vénus et non de Mars » parce qu’ils préconisaient des solutions diplomatiques. Depuis lors, les hommes politiques européens, qui pariaient sur les ressorts de la diplomatie traditionnelle, ont été progressivement vidés du pouvoir en Europe sous la pression des services américains : Sarközy a rejoint l’OTAN, que De Gaulle avait quittée dans les années 1960 ; la France est devenue le troisième pilier du Gros-Occident au lieu de mener une politique autonome. Avec Macron, qui est un « Young Global Leader », l’alignement est total au détriment du peuple français, mis au pas à coups de matraque, de grenades de désencerclement, etc.

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L’attaque d’Israël contre le consulat iranien à Damas est une étape supplémentaire dans le déni de diplomatie et dans le non respect des conventions internationales, préconisés par l’idéologie néoconservatrice ou « kaganiste » (les thèses de la famille Kagan, dont fait partie Victoria Nuland). Cette attaque, avec l’assaut contre l’ambassade du Mexique en Equateur, constitue une première, inaugure un nouveau mode de fonctionnement. Les règles ne seront plus respectées désormais et un pesant silence médiatique s’abattra sur les entorses aux conventions diplomatiques tandis que les Etats ou les régimes considérés comme ennemi du trinôme occidental (France, Etats-Unis, Royaume-Uni) et des Etats vassalisés tenus en main par les « Young Global Leaders » ou figures assimilées, devront subir toutes les avanies sans avoir le droit de s’exprimer ou de se défendre.

Politique européenne

Quel est l’impact attendu de la montée de l’extrême droite en Europe et de ses chances aux prochaines élections sur la politique étrangère de l’Union européenne ?

Il n’existe pas une seule « extrême-droite », au singulier : ce qui est rassemblé arbitrairement sous ce vocable constitue un ensemble kaléidoscopique et hétéroclite de réactions diverses à l’encontre ou en faveur de l’Occident et de l’OTAN. On peut raisonnablement prévoir une montée des partis populistes de droite aux prochaines élections européennes mais la question réelle qui devrait être posée est la suivante : ces formations diverses se retrouveront-elles dans les mêmes groupes ou agiront-elles en ordre dispersées au sein de groupes différents dans le futur Parlement européen ? Le critère de différenciation est à l’évidence la position des uns et des autres face à l’OTAN, aux Etats-Unis, à la Russie et à la guerre en Ukraine. On constate que Giorgia Meloni s’est entièrement alignée sur la politique de l’OTAN, alors que cela n’avait pas été dit lors de sa campagne électorale. On pouvait même croire qu’elle allait favoriser une politique italienne indépendante en Méditerranée. Le Rassemblement National français, au cours de ces deux dernières années, semble suivre la même politique et on peut imaginer, d’ores et déjà, qu’il s’alignera sur la politique suivie par Meloni en Italie, de même que « Reconquête », le mouvement d’Eric Zemmour et Marion Maréchal qui, subitement, et contrairement aux thèses défendues dans le cadre de son institut politique, l’ISSEP, se met à prendre des positions hostiles à la Russie dans le conflit ukrainien, espérant sans doute former un groupe assez vaste avec des bellicistes de droite d’Europe orientale, jugés partenaires plus convenables que les neutralistes allemands ou autrichiens. La germanophobie pathologique est toujours vivace en France, de même que l’inhabilité à comprendre ce qui est différent des manies ou des institutions de l’Hexagone.

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En Allemagne et en Autriche, au contraire, les positions neutralistes, différentes des positions de l’OTAN, s’affirment dans les rangs des partis populistes, l’AfD et la FPÖ. Cette dernière partage également des positions communes avec les Hongrois de Orban (qui sont dans le groupe du PPE) et les Slovaques de Fico et Pellegrini. On peut penser que la Lega italienne de Salvini, elle, s’alliera aux Allemands et aux Autrichiens, compensant ainsi la perte, pour le groupe « Identité et Démocratie », des élus du Rassemblement National. Si tous ces partis gagneront immanquablement des voix en juin prochain, ils ne se retrouveront pas dans les mêmes groupes et ceux qui rejoindront les positions de Mesdames Meloni, Le Pen et Maréchal voteront en faveur des politiques américaines (et woke), avec les Libéraux, la gauche socialiste, les conservateurs pro-OTAN, les écologistes de Cohn-Bendit et le PPE. Les autres seront isolés ou n’auront pas assez de poids pour faire valoir leurs positions neutralistes.

Avec la fin du soutien économique des pays africains (anciennes colonies), la guerre en Ukraine et l’impact de ce qui se passe au Moyen-Orient… Comment évaluez-vous les performances de l’Europe jusqu’à présent ?

On ne peut pas parler de performances quand on évoque l’Europe actuelle. La France s’est rendue odieuse en Afrique en tentant d’imposer aux peuples de ce continent des politiques néolibérales et woke qu’ils ne pouvaient accepter. Le coup le plus dur que Paris a dû encaisser a été la perte du Niger, d’où provient l’uranium qui fait fonctionner les centrales nucléaires françaises, donnant à la France un atout énergétique important, lui permettant de vendre (très cher) de l’énergie à d’autres pays d’Europe.

La colonisation indirecte de l’Afrique permettait aussi l’exploitation de pays d’Europe. La guerre en Ukraine a brisé définitivement tous les espoirs de constituer ce que Gorbatchev avait appelé la « Maison commune ». Les événements actuels du Levant, en Syrie et à Gaza, ne permet aucun harmonie en Méditerranée. Aucune de ces nouvelles donnes ne joue en faveur de l’Europe réelle. Tous ces événements contribueront à affaiblir l’Europe encore davantage voire à la faire imploser définitivement. Alignée sur les Etats-Unis, elle n’a aucune chance de se développer, d’entrer dans les dynamiques à l’œuvre ailleurs dans le monde, alors qu’elle y aurait tout intérêt.

Comment voyez-vous l'expansion du groupe BRICS et son programme déclaré visant à former un axe ou un bloc international pour faire face à l'hégémonie américaine sur le système international et à démanteler le système unipolaire en un système multipolaire ?

L’existence du groupe BRICS est un fait. Qui demeurera incontournable. Les objectifs de ce groupe de grandes puissance économiques et de pays émergents, voire de pays-continents, sont de développer un commerce intensif inter-BRICS, selon des règles qui ne sont pas celles instaurés à l’ère néolibérale occidentale, commencée en 1979. Ce commerce doit tenter d’échapper au maximum aux fausses règles néolibérales (occidentales), notamment en accentuant le processus de dédollarisation, auquel l’Europe devrait à terme se joindre, di moins si elle parvient à se débarrasser de la dictature néolibérale actuellement en place dans la Commission de Bruxelles. L’Europe, surtout après le Brexit, devrait retourner à des politiques de semi-autarcies, telles celles qui ont toujours été préconisées par les grands économistes concrets et non idéologisés.

Ces économistes font partie d’une catégorie de penseurs que d’aucuns avaient baptisée « hétérodoxes », soit des penseurs qui ne sont pas réductionnistes dans leur approche de l’économie. Ils s’inscrivent dans des histoires nationales ou continentales particulières, ayant développé dans un contexte précis, des pratiques spécifiques, adaptées au temps et à l’espace, comme, par exemple, l’économie chinoise actuelle, post-maoïste, est adaptée à la tradition impériale de l’Empire du Milieu et à la pensée confucéenne, tout en se souvenant des règles de l’économiste allemand du 19ème siècle, Friedrich List, par ailleurs inspirateur du Kuomintang. La bataille à engager est la bataille contre les errements de l’idéologie irréaliste du libéralisme pur, dégagé de l’histoire réelle et des institutions concrètes des peuples.

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Voyez-vous que les pays économiquement émergents comme la Chine, la Russie, l'Inde et le Brésil suivent un système économique différent de celui dans lequel évoluent l'Occident, notamment l'Amérique et l'Europe, et quelles sont les différences entre eux ? Lequel est le plus capable de rivaliser et de sauver l’économie mondiale ?

Les pays émergents, surtout la Chine et l’Inde, peuvent parier sur un marché intérieur suffisamment vaste, vu leur poids démographique. L’Occident connaît un ressac démographique préoccupant. Actuellement, la Chine semble être l’Etat-Civilisation le plus dynamique, pariant justement sur une pratique préconisée jadis par Friedrich List : développer les infrastructures de transport sur la masse continentale eurasienne, grâce au projet dit « Belt and Road ». Si nous voulions schématiser, nous dirions que l’Occident repose sur une logique thalassocratique, sur une logique fluide, tandis que les puissances émergentes, que sont la Russie, la Chine, l’Inde et l’Iran, reposent sur une logique continentale, ancrée dans la vaste territorialité eurasienne. La logique thalassocratique de l’Occident ne peut survivre que si la logique continentale est entravée, si les communications terrestres sur le vaste espace eurasien sont bloquées. L’Europe n’a aucun intérêt à ce que triomphe la logique thalassocratique : si tel est le cas, l’Allemagne en est déjà la première victime.

Le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 & 2, qui amenaient le gaz du Nord-Est de la Russie (zone arctique), déséquilibre totalement le dynamisme légendaire de son industrie, étouffée désormais par le prix exorbitant de l’énergie. Le ressac de son commerce avec la Chine fera que cette industrie périclitera encore davantage. Le très récent voyage du falot Chancelier Scholz à Pékin a bien montré que les anciens gouvernements Merkel puis surtout l’actuel gouvernement « feu tricolore » a fait fausse route sur toute la ligne, à cause des écologistes délirants, qui font la politique américaine qui a toujours visé le démantèlement des structures industrielles européennes, surtout les allemandes. En France, Macron a vendu les fleurons de l’industrie française au Etats-Unis (Alstom, etc.). Les pays émergents des BRICS en Eurasie doivent éviter cette logique délétère : c’est la raison pour laquelle la propagande occidentale (made in USA) leur colle l’étiquette désormais infâmante d’ « illibérale ».

Peut-être que la chose la plus marquante qui distingue récemment l’Occident est la protection du phénomène de l’homosexualité et du transgenre par les systèmes au pouvoir, les organisations internationales et les institutions de la société civile ? Selon vous, pourquoi l’Occident cherche-t-il à imposer cette approche à la majorité de l’humanité qui rejette cette approche anormale ?

Remontons à l’histoire des idées au 18ème siècle, période où se sont affirmées les idéologies occidentales, qui atteignent leur apex aujourd’hui, basculant dans le délire, tout en exigeant que la planète entière y participe également. De l’Angola à la Papouasie et du Kirghizistan au Pérou, tous les peuples sont contraints par l’idéologie dominante occidentale d’adopter le délire LGBTiste et woke. Au 18ème siècle, les diverses variantes de l’idéologie des Lumières, qui, par convergence, génèreront l’occidentalisme actuel, postulait un individu isolé, détaché de tout contexte social (Locke, Rousseau).

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Les variantes, aujourd’hui refoulées des Lumières, qui n’ont pas conduit à cet occidentalisme pernicieux contemporain, voyait un homme ancré dans une famille, un clan (asa’biyya en arabe), un peuple, une histoire, une tradition littéraire et religieuse (Herder). Nous assistons aujourd’hui à la rage des idéologues des Lumières libérales qui entendent parachever leur programme en brisant les ressort de la famille traditionnelle en stigmatisant le couple hétérosexuel et la parentalité bienveillante qu’il est censé générer. La rage woke, quant à elle, cherche à briser tout ancrage des hommes concrets dans l’histoire, dans la religion, dans la tradition, en détruisant les statues commémoratives, en interdisant la lecture des classiques de la littérature, en détruisant les humanités gréco-latines (socle de l’Europe), en incendiant des églises (comme partout en France à l’heure actuelle, y compris la cathédrale de Paris), etc.

Cet occidentalisme destructeur entend généraliser cette rage iconoclaste à l’ensemble des civilisations de la planète. Ces autres civilisations ne l’acceptent pas : qu’elles soient portées par des milliards de personnes comme en Chine ou en Inde (Bharat) ou qu’elles soient plus modestes en dimensions, comme en Afrique où les peuples commencent à se souvenir des Empires Songhai, de la civilisation indigène de l’Ethiopie, etc.

Guerre d'Ukraine

Pourquoi l’intérêt international pour la guerre en Ukraine a-t-il diminué après qu’elle ait longtemps dominé l’actualité ? Y a-t-il un changement dans la politique des États-Unis et de l’Europe en faveur de la guerre ?

La guerre en Ukraine a été manigancée pour créer le chaos en Europe et pour ruiner la locomotive industrielle allemande. Elle a été également conçue pour bloquer les dynamiques eurasiennes en un point crucial, soit à l’endroit où convergent les routes plurimillénaires de la grande masse territoriale eurasienne. La Crimée a été longtemps la porte ouverte de l’Europe à la Chine, l’aboutissement des routes de la Soie médiévales où les comptoirs italiens réceptionnaient les denrées dont l’Europe avait besoin. La fleuve Don est lié à la Volga qui mène à l’Arctique et à la Baltique (donc à l’Europe allemande et néerlandaise de la Mer du Nord), d’une part, et à la Caspienne, donc à la Perse et à Bagdad, d’autre part. L’archéologie découvre actuellement que, dès le néolithique, les multiples parties de l’Eurasie ont toujours été en rapports assez étroits entre elles. Le commerce de l’ambre liait la Baltique et la Mer du Nord à l’Egypte. Des artefacts en or ou en lapis lazuli, trouvés en Europe et datant de la protohistoire, sont faits au départ de matériaux provenant d’Asie centrale (via les cultures d’Andranovo et de Yamnaya) ou de l’Afghanistan actuel.

La culture militaire des thalassocraties veut actuellement des guerres courtes, d’un an ou moins. La guerre d’Ukraine est entrée dans sa troisième année. La dynamique est bloquée. Le peuple ukrainien est saigné à blanc. Sur le terrain, la situation est figée comme pendant de longues années lors de la Première Guerre Mondiale. La Russie a tenu bon et restera apparemment  dans les régions russophones de l’Est et du Sud de l’ancienne Ukraine soviétique. Le scénario prévisible est le suivant : les oblasts conquis par l’armée russe feront partie de la Fédération de Russie ; l’Occident empêchera la conquête d’Odessa (on évoque aujourd’hui l’entrée d’unités françaises dans la ville ou aux abords de celles-ci, information à vérifier) ; l’Occident tentera de gagner du terrain en Mer Noire (vieux but de guerre britannique), en tentant de satelliser la Géorgie et l’Arménie ; l’OTAN a profité du conflit ukrainien pour transformer la Baltique en un lac otanien, l’Europe perdant du même coup la possibilité d’élargir au départ des deux Etats neutres (Suède et Finlande) une zone non alignée sur l’ensemble du continent ; le conflit ukrainien a permis d’ouvrir un vaste front qui part de l’Arctique et s’étend jusqu’à la Mer Noire, menace les ports russes de Mourmansk et Arkhangelsk (vitaux lors de la Deuxième Guerre Mondiale) et la ville de Saint-Pétersbourg, toute proche de la frontière finlandaise.

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L’OTAN a ainsi gagné plusieurs atouts territoriaux et stratégiques : le conflit ukrainien peut donc désormais être gelé. Il s’agit désormais de se maintenir en Méditerranée orientale, d’isoler la base russe sur le littoral syrien, de s’imposer à la Turquie qui joue aujourd’hui une politique néo-ottomane originale et en porte-à-faux par rapport à l’OTAN, de vider l’abcès palestinien à Gaza et de consolider un Etat hébreux hérodien (au service d’un Empire américain de l’Ouest, présenté par le stratégiste Edward Luttwak comme néo-romain ou néo-byzantin, dont le but est de maintenir éloigné le pôle perse des BRICS).

La destruction de Gaza a aussi, très probablement, pour but de faire de ce territoire le terminal méditerranée d’un « Canal Ben Gourion », relié à la Mer Rouge (Golfe d’Akaba) et censé doublé le Canal de Suez. Ce Canal devrait alléger le trafic de celui de Suez et être relié à un projet alternatif au projet chinois « Belt and Road », d’une part, et au projet des Russes, Iraniens et Indiens, baptisé « International North South Economic Corridor », reliant Mumbai en Inde aux ports iraniens et, de ceux-ci, à la Caspienne et au Caucase pour aboutir à la Baltique et à la Mer Blanche. L’importance de ce projet occidental relativise le conflit bloqué d’Ukraine.

Après deux ans de guerre en Ukraine, comment voyez-vous son issue sur le plan stratégique ? La victoire de Poutine lors d'un nouveau mandat présidentiel aura-t-elle un impact sur l'évolution du conflit entre l'Occident et la Russie ?

Sur le plan stratégique, l’Occident américain qui a éliminé le non-alignement suédois et finlandais en Europe du Nord, permis à l’OTAN de faire pression sur la Russie de Mourmansk à Saint-Pétersbourg et à Kaliningrad/Königsberg, devrait se satisfaire de ces avancées, très avantageuses. Sur le terrain, dans le Donbass, à Luhansk, en Crimée, etc., il est prévisible que l’Occident accepte une solution coréenne avec un nouveau Rideau de Fer à l’Est du Dniepr. Le poutinisme n’aura pas été vaincu ni éliminé comme certains l’avaient espéré. Quant à l’après-Poutine, qui arrivera inéluctablement, rien ne permet de le deviner.

La balle est dans le camp des Européens : accepteront-ils encore longtemps les politiques suicidaires que préconisent les services américains, tolèreront-ils encore longtemps les errements des « Young Global Leaders » qui les ruinent ? Aucun sursaut ne semble se dessiner à l’horizon, aucune généralisation des politiques de résistance de la Hongrie et de la Slovaquie n’est à l’ordre du jour ailleurs en Europe, surtout en France et en Allemagne (malgré les suggestions de l’AfD à droite et du parti de Sahra Wagenknecht et Oskar Lafontaine à gauche). Cependant, c’est en Europe de l’Ouest que le sursaut devra se produire.

Tout lecteur arabe de ces lignes doit se mettre en tête que l’Europe n’est pas nécessairement l’Occident : celui-ci découle, idéologiquement, de deux ou trois matrices perverses : le calvinisme hollandais, le puritanisme cromwellien puis américain, l’idéologie révolutionnaire française. L’Espagne catholique, le prussianisme luthérien, l’indépendantisme irlandais, le neutralisme suédois, les héritages de l’Empire austro-hongrois, le confédéralisme suisse, les innombrables ressources de l’Italie, les traditions de l’Europe orthodoxe et l’héritage gréco-romain ne participent pas des trois matrices occidentales et recèlent, s’ils le voulaient, toutes les recettes, tous les remèdes, pour guérir de la maladie occidentale.

 

lundi, 29 avril 2024

La Commission européenne de von der Leyen s'est trompée et s'est ridiculisée !

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La Commission européenne de von der Leyen s'est trompée et s'est ridiculisée !

Source: https://unzensuriert.at/258126-hier-hat-sich-die-eu-kommission-unter-von-der-leyen-geirrt-und-blamiert/?utm_source=Unzensuriert-Infobrief&utm_medium=E-Mail&utm_campaign=Infobrief&pk_campaign=Unzensuriert-Infobrief

Outre les transactions opaques avec l'industrie pharmaceutique pendant la période coronaviresque, la Commission européenne sous Ursula von der Leyen a causé d'immenses dégâts, notamment dans l'industrie automobile.

Un signal dangereux émane de la Commission européenne

Le professeur Franz Indra, expert et développeur de moteurs renommé, l'a dit très clairement dans une interview accordée à FOCUS online le 24 mars, où il a parlé du développement du moteur à combustion en Chine, qui devrait être encore 10 à 15% plus économique, et où on lui a demandé si les marques européennes avaient encore un avenir dans ce contexte ? Le "pape des moteurs" a répondu :

    "Le signal le plus dangereux provient toujours de l'interdiction des véhicules thermiques à partir de 2035, décidée par la Commission européenne sous la direction de Mme von der Leyen et de M. Timmermans, et qui doit absolument être rediscutée sous l'égide d'une nouvelle Commission européenne. Chaque jour où cette interdiction n'est pas annulée, notre désavantage par rapport aux constructeurs asiatiques s'accroît".

L'UE fait marche arrière mais à moitié

Quelques jours avant cette déclaration d'Indra, un document de données explosif a fait surface, qui pourrait renverser les décisions de l'UE. Comme il a été rapporté, la révision des plans de l'UE en matière de voitures électriques, prévue pour 2026, devrait aller dans le sens d'autoriser des alternatives à la mobilité électrique.

De l'électricité sale en trompe-l'œil

Le professeur Indra avait déjà déclaré en juin 2020 dans l'émission "Talk Spezial" de ServusTV que la voiture électrique devenait de plus en plus un leurre politique et que l'électricité utilisée pour les voitures électriques était sale. Indra a été encore plus clair lors d'un entretien accordé au Standard:

    "Si l'e-mobilité n'avait pas été encouragée, elle n'existerait pas. Ce n'est que lorsque les subventions ont atteint des niveaux incroyables que les choses ont commencé à bouger. La Deutsche Bank a calculé que chaque voiture électrique coûte 20.000 euros à l'État. En Autriche, une hybride rechargeable en coûte 30.000, car il n'y a pas de NoVA".

La coalition "feu tricolore" a supprimé la subvention pour les véhicules électriques

Les inconvénients des voitures électriques semblent s'être fait connaître, car la coalition "feu tricolore" en Allemagne a récemment supprimé la subvention pour les voitures électriques, à la surprise générale. C'est un signe très fort, qui montre que l'e-mobilité commence à échouer, a déclaré Indra dans un entretien avec FOCUS. Il a dit textuellement :

    "Nous avons vu que, malgré les aides très importantes accordées jusqu'à présent, les taux d'immatriculation mensuels des véhicules électriques se situent entre 15 et 17%, ce qui nous fait rater haut la main notre noble objectif d'avoir 15 millions de voitures électriques sur les routes d'ici 2030. Il s'agira plutôt de 5 millions".

Les ventes en Allemagne ont chuté de 28,9%.

En fait, les ventes de voitures électriques se sont effondrées le mois dernier dans toute l'Europe, la demande ayant chuté malgré les intentions de l'UE d'interdire les véhicules à essence et au diesel d'ici le milieu de la prochaine décennie. Les ventes de voitures à batterie ont chuté de 11,3%, tandis que la demande en Allemagne, la plus grande économie européenne, a chuté de 28,9%. C'est ce qu'a rapporté le blog Science & Politique, citant The Telegraph.

Une mauvaise empreinte carbone

Dans l'interview accordée à FOCUS, le professeur Indra a également attiré l'attention sur la dernière étude parue dans le rapport de l'Association des ingénieurs allemands (VDI). Dans cette étude, la voiture électrique n'a pas seulement été calculée avec de l'électricité "verte" ou moyenne, mais aussi avec l'électricité dont elle a réellement besoin, à savoir l'électricité dite marginale. Il s'agit du courant supplémentaire nécessaire, qui ne peut provenir que de centrales thermiques. Il a une très mauvaise empreinte carbone, et si l'on prend en compte cette électricité, la voiture électrique, qui entre en compétition avec un énorme "sac à dos" d'émissions provenant de la production de la batterie, ne rattrape plus la voiture thermique sur toute sa durée de vie.

dimanche, 28 avril 2024

Washington et ses succursales

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Washington et ses succursales

par Andrea Zhok

Source : Andrea Zhok & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/washington-e-le-sue-succursali

Il y a quelques jours, le 16 avril, le magazine qui fait autorité en matière d'atlantisme avéré, Foreign Affairs, a publié un article qui met fin à tous les bavardages sur les intentions de Poutine d'envahir l'Europe, d'arriver à Lisbonne, d'abreuver ses chevaux dans les bassins de la Place Saint-Pierre, et par là même à la réaction belliqueuse qui en découle du côté européen.

L'article est rédigé par un conférencier du Henry A. Kissinger Center for Global Affairs de la Johns Hopkins School of Advanced International Studies, et un associé du groupe de réflexion RAND, ancien Senior Fellow pour la Russie et l'Eurasie à l'International Institute for Strategic Studies. En gros, la crème des faucons atlantistes.

L'article reconstitue, documents à l'appui, le déroulement d'une négociation entre Poutine et Zelensky (entre leurs délégations respectives) du 28 février 2022 (même pas une semaine après l'invasion russe !) à la fin du mois d'avril. Les négociations se sont déroulées en partie en Biélorussie et en partie en Turquie.

Cette négociation avait déjà été évoquée à plusieurs reprises, notamment par Poutine lui-même qui avait montré un projet aux dirigeants des nations africaines et par l'ancien Premier ministre israélien Bennett.

Bien entendu, les vaillants défenseurs de la désinformation de notre propre journalisme n'ont pas manqué, avec leur air de bien-pensants, de ridiculiser ces nouvelles en les qualifiant de "fake news" (fausses nouvelles).

Entre le 29 mars et le 15 avril, un accord de principe avait été conclu, stipulant que l'Ukraine resterait un État définitivement neutre et non nucléaire, qu'elle renoncerait à son adhésion à l'OTAN et aux alliances militaires en général, et qu'elle n'autoriserait pas l'installation de bases militaires ou de troupes étrangères sur son territoire.

La question de la Crimée a été mentionnée, proposant une résolution pacifique du conflit au cours des 15 prochaines années.

La Russie a accepté l'adhésion de l'Ukraine à l'UE.

Pour le Donbass, la validité des accords de Minsk (II) a été rétablie, avec la reconnaissance d'une large autonomie pour les régions russophones au sein de l'État ukrainien.

Les accords ont brusquement échoué dans la seconde moitié du mois d'avril, alors que la signature du projet semblait toute proche. L'accueil réservé par les Américains aux négociations avait été sceptique dès le départ, mais le tournant s'est produit après la visite de Boris Johnson, alors Premier ministre britannique en exercice, qui a délivré le message suivant : "Combattez la Russie jusqu'à ce que la victoire soit acquise". Les négociations ont été rompues peu après. La question de savoir si le "massacre de Bucha" ou le retrait des troupes russes de Kiev, considéré comme un signe de faiblesse, a contribué à ce revirement est une question de conjecture.

C'est à ce moment-là que l'Occident appuie unilatéralement sur l'accélérateur de la fourniture d'armements, rejetant toute hypothèse d'accord. Et il est clair pour tous que sans une couverture occidentale totale, Zelensky n'aurait jamais renoncé aux négociations.

Des événements marquant un tournant sans retour, comme la destruction du gazoduc North Stream 2, sont encore à venir (26 septembre 2022).

Lorsque les négociations ont commencé, les pertes sur le champ de bataille étaient encore extrêmement faibles, il n'y avait pas encore eu d'hécatombes comme à Marioupol (mai 2022).

Ce que ce récit établit définitivement, c'est la chaîne des responsabilités d'une catastrophe annoncée.

L'Ukraine n'est plus qu'un tas de ruines, avec une population réduite de 40% depuis l'indépendance en 1991.

L'Europe est en proie à la désindustrialisation, la "locomotive" allemande est à l'arrêt, les industries se délocalisent aux États-Unis pour rester compétitives face aux coûts de l'énergie, et tout l'appareil manufacturier européen est lié aux approvisionnements américains.

Le peu d'argent qui reste en circulation en Europe est sur le point d'être coopté dans une nouvelle course aux armements qui brûlera les dernières ressources dans le bûcher stérile d'une guerre (réelle ou potentielle).

Et tout cela a été décidé par Washington et ses succursales, avec la collaboration de la pire classe dirigeante de l'histoire européenne, et avec le soutien enthousiaste de nos médias stipendiés, qui ont acclamé la guerre sans vergogne depuis le premier jour, et qui continuent à le faire.

Si l'enfer existe, celui qui le préside devra bientôt promouvoir un plan de construction extraordinaire.

Royaume-Uni mondial

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Royaume-Uni mondial

par Georges FELTIN-TRACOL

Il faut se méfier des souverainistes. Sous couvert de défendre la souveraineté nationale, la plupart prône, sur le plan intérieur, l’assimilation et donc l’indifférenciation des populations, qu’elles soient autochtones ou immigrées. D’autres contestent, sur le plan extérieur, la politogenèse européenne et souhaitent contourner les projets continentaux en inscrivant leur État dans des processus délétères d’intégration planétaire.

Les cas les plus flagrants se trouvent en Grande-Bretagne. Maints Brexiters, à l’instar de l’ancien premier ministre Boris Johnson, revendiquent une « Global Britain », comprendre une Grande-Bretagne ouverte aussi bien au Commonwealth qu’aux flux déments de la mondialisation sans s’apercevoir que la société britannique elle-même se mondialise en profondeur. Le phénomène atteint toutes les strates sociales, y compris et d’abord la famille royale.

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Elle s’ouvre en effet à cette « diversité » avec le mariage du prince Henry dit « Harry » avec l’actrice afro-américaine Meghan Markle en 2018. Leur fils aîné Archie naît à Londres en 2019 au contraire de sa sœur cadette Lilibet native de Santa Barbara en Californie aux États-Unis en 2021. La réplique de Meghan aux manigances de la « Firme Windsor » est redoutable. Leur fille est par conséquent citoyenne étatsunienne. Au moment de la succession de son grand-père, le roi Charles III, le fisc étatsunien pourra en toute légalité se pencher sur l’immense patrimoine privé du souverain.

L’ouverture britannique à la diversité devient un critère majeur dans la vie politique du Royaume-Uni. Si Benjamin Disraeli (1804 – 1881) offrit à la reine Victoria le titre d’impératrice des Indes, il pensa surtout à transférer la capitale de l’Empire mondial britannique de Londres en Inde. Son vœu se réalise en partie avec l’arrivée en octobre 2022 d’un hindouiste à la tête du gouvernement de Sa Très Gracieuse Majesté. Rishi Sunak prête serment sur les textes sacrés de l’hindouisme. Une première ! Toutefois, si Anthony Blair s’est converti au catholicisme après avoir été premier ministre de 1997 à 2007, son épouse Cherie appartenait déjà au catholicisme. Quant à Boris Johnson, il a été le premier catholique depuis le schisme anglican au XVIe siècle à occuper le 10, Downing Street. Par ailleurs, l’épouse du Prime Minister, Akshata Murty, ne détient pas la citoyenneté britannique. Plus anecdotique, la fille de la cinquième fortune de l’Inde a dû expliquer son exemption fiscale.

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D’origine pakistanaise, le travailliste Sadiq Aman Khan (photo) est le maire de la métropole de Londres depuis 2016. À l’aune de ces personnalités, Sadiq Khan  apparaît en précurseur. Certes, malgré l’intermède Johnson entre 2008 et 2016, l’actuel maire a bénéficié du gouvernement municipal londonien de Ken Livingstone dit « Ken le Rouge » (2000 - 2008). Cet ancien trotskyste contribua à la formulation d’un islamo-gauchisme anglophone qui imprègne dorénavant de façon durable la vie politique outre-Manche.

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Outre une visibilité accrue tant dans les ministères britanniques que dans le cabinet-fantôme travailliste de Keir Starmer, force est de relever l’accélération de cette tendance. Successeur de la « Dame d’Écosse » Nicola Sturgeon (2014 – 2023), Humza Yousaf (photo)est devenu l’an dernier le chef des indépendantistes du SNP (Parti national écossais fortement wokiste) et donc le premier premier ministre écossais  d’origine indo-pakistanaise. Ce musulman dont l’épouse, Nadia Maged El-Nakla, a un père palestinien, a occupé diverses fonctions ministérielles (secrétaire à la Justice, puis à la Santé) marquées par des atteintes fréquentes et répétées aux libertés publiques. Le First Minister a ainsi une fâcheuse propension à promulguer des lois si liberticides qu’elles rendent les lois Pleven et Gayssot presque supportables… Qu’il dirige le SNP confirme que, souvent, le souverainisme sans arrière-plan spirituel, ethnique et culturel solide va à l’encontre des identités populaires, enracinées et vernaculaires.

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Récemment, en mars 2024, le premier ministre du gouvernement semi-autonome du Pays de Galles, Mark Drakeford, a démissionné. Les élus travaillistes gallois se tournèrent alors vers Vaughan Gething (photo). Originaire de Zambie, il naît à Lusaka. La médiacratie a célébré cette désignation qui lui permet d’être le premier Noir à diriger un gouvernement local en Europe. En réalité, comme pour Barack Obama, Vaughan Gething est un métis, son père étant Gallois. 

Il faut enfin ajouter à ce tableau pittoresque en ethnicité composite que Michelle O'Neill, du Sinn Fein, co-dirige après une suspension politique de deux ans environ l’Irlande du Nord avec l’unioniste orangiste Emma Little-Pengelly. Michelle O'Neill cumule pour sa part deux premières : être la première femme et la première républicaine à gouverner l’Ulster.

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En mettant de côté la spécificité de l’Irlande du Nord, les exemples de Rishi Sunak, de Humza Yousaf, de Vaughan Gething et de Sadiq Khan démontrent autant la défaite posthume que la justesse d’analyse d’un visionnaire. Enoch Powell a perdu une évidente carrière politique prestigieuse qui l’aurait très certainement conduit au poste de premier ministre à la place de Margaret Thatcher en 1979 s’il n’avait pas prononcé son discours d’avril 1968 avertissant des conséquences de l’immigration de peuplement. Il s’opposait aussi au nom de l’unité nationale britannique à toute dévolution accordée à l’Écosse, au Pays de Galles et à l’Irlande du Nord. Difficile cependant de s’abstraire de la réalité de quatre nations qu’on retrouve régulièrement dans les équipes de football et de rugby. Le petit peuple brexiter d’origine albo-européenne ne supportait plus en 2016 la pesante bureaucratie pseudo-européenne. Il se retrouve désormais victime d’une submersion multiraciale inouïe. Pourrait-il espérer dans les héritiers immédiats de Charles III ?

En 2011, le prince Guillaume dit « William » - qui ne parle pas le français - épouse Catherine Middleton dont le grand-père aurait été un mineur gallois. Les Middleton sont pourtant liés aux milieux aristocratiques dès le début du XXe siècle. Ce mariage aurait en tout cas ravi Benjamin Disraeli. Ce conservateur favorable au chartisme œuvrait à l’entente entre l’aristocratie et les classes populaires, principalement ouvrières, contre la bourgeoisie triomphante et les classes moyennes montantes. L’alliance matrimoniale entre un héritier apparenté aux principales dynasties européennes et une femme issue d’une famille enrichie pourrait devenir l’ultime point d’appui politique de leur fils aîné George quand celui-ci régnera peut-être sur un Royaume-Uni wokisé, mosaïque ethnique, sur-individualisé et ultra-consumériste.

En attendant, la patrie du roi Arthur semble avoir définitivement pris le Grand Large du remplacement démographique.  

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 112, mise en ligne le 23 avril 2024 sur Radio Méridien Zéro.

samedi, 27 avril 2024

Le masque tombe

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Le masque tombe

Karl Richter

Source : https://www.facebook.com/karl.richter.798

Le diable est le confusionniste par excellence, celui qui lance de la confusion en permanence. Le mot grec "diabolos" ne signifie rien d'autre. Le mensonge est donc ce qui est particulièrement diabolique. Il sème la discorde, dresse les hommes les uns contre les autres, bouleverse l'ordre naturel. Dans l'évangile de Jean 8, 44, le diable est à juste titre qualifié de "père du mensonge".

En Allemagne, le mensonge est devenu encore un peu plus loi depuis ces dernières semaines. Plus précisément, il est devenu une religion d'Etat qui exige la soumission. En effet, depuis vendredi, date à laquelle le Bundestag a adopté la loi dite "d'autodétermination", toutes les personnes vivant en Allemagne sont désormais tenues par la loi de croire les mensonges flagrants, de les tenir pour vrais, ou du moins de se taire à leur sujet.

Celui qui ouvre néanmoins la bouche et fait remarquer, à juste titre, que Gabriele s'appelle en réalité Hans-Günther, risque de payer une amende pouvant aller jusqu'à 10.000 euros s'il appelle désormais une personne par son sexe biologique alors qu'il/elle souhaite être "perçu(e)" différemment. Grâce à la loi, il ne sera plus nécessaire de subir une opération pour changer de sexe et de faire certifier officiellement le changement. Les offices sont contraints par la loi d'apporter leur aide à la falsification de documents. Et tous les autres sont contraints de vivre dans et avec le mensonge et de s'y dérober.

C'est satanique. Depuis un vendredi d'avril, nous avons fait un bon pas en avant dans la construction d'un monde diabolique et contre nature, dont le fondement est la fausseté. La criminalisation de la vérité a maintenant été intronisée publiquement et frappe à la porte de tout le monde. Et comme le mal, pour se maintenir, ne peut pas s'arrêter, mais doit toujours aller plus loin, se soumettre à des domaines toujours plus larges, ce n'est qu'un début.

Il n'est pas nécessaire d'être un théoricien de la conspiration pour cela : il est maintenant explicite que ce qui est "normal", naturel, juste pour la vie, soit officiellement déclaré criminel et poursuivi en tant que tel, c'est-à-dire: l'hétérosexualité, la famille, la progéniture, le peuple. Le mal devient totalitaire. L'image biblique en est le règne de l'Antéchrist, qui doit nécessairement précéder la victoire finale du bien. Nous allons nous étonner de ce qui va suivre, à une fréquence de plus en plus rapprochée. La dictature coronaviresque était la répétition générale. Il y aura bientôt des martyrs.

Ce n'est certainement pas un hasard si le Parlement européen a demandé ces jours-ci, dans une résolution adoptée à une large majorité, que le droit à l'avortement soit déclaré droit fondamental ( !). La législation ouvertement totalitaire sur le "discours de haine" dans de nombreux pays occidentaux, qui prévoit parfois des peines de prison de plusieurs années pour les crimes d'opinion (au nom de la "tolérance" !), relève également de ce domaine; tout comme le fait que la Cour constitutionnelle fédérale, la plus haute instance juridique de la République fédérale, tente de définir la notion de peuple naturel, c'est-à-dire ethnique, comme "contraire à la Loi fondamentale", tant dans la procédure d'interdiction de la NPD que maintenant vis-à-vis de l'AfD - le tout librement inspiré d'Orwell  la guerre, c'est la paix, la liberté, c'est l'esclavage, la mort, c'est la vie. C'est pervers. C'est la dictature du mensonge.

Il faut prendre acte de la dynamique interne de l'évolution, qui n'est pas humaine, mais finalement spirituelle: le mal contre le bien. C'est pourquoi ce n'est pas l'expression d'une croyance personnelle, mais la description adéquate de ce qui se passe, que d'introduire le diable dans le jeu, comme l'adversaire cosmique fondamental. Il laisse tomber son masque. Cela se voit dans tous les domaines de la vie. Apocalypse - la période que nous vivons actuellement - ne signifie rien d'autre que révélation.

La bonne nouvelle dans tout cela est que Satan n'a pas le dernier mot. Le mensonge, qui se fait une fausse idée du monde, n'est pas plus viable que le cancer. La République fédérale d'Allemagne a été fondée sur le mensonge dès le début, et le mensonge devient maintenant essentiel pour le simulacre qu'est l'État fédéral allemand. C'est pourquoi cette république-là arrive bientôt à sa fin. La "loi sur l'autodétermination" et toutes les aberrations à venir en sont les indispensables stigmates.

Foreign Affairs: L'Ukraine et le sabotage des négociations au début de la guerre

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Foreign Affairs: L'Ukraine et le sabotage des négociations au début de la guerre

Les deux protagonistes étaient prêts à faire des "compromis extraordinaires", mais l'Occident n'était pas intéressé.

Source: https://www.piccolenote.it/mondo/ucraina-il-sabotaggio-dei-negoziati

Foreign Affairs publie un article détaillé sur les pourparlers de paix entre l'Ukraine et la Russie tenus entre fin mars et avril 2022. Jusqu'à présent, les grands médias occidentaux ont occulté, avec des exceptions qui confirment la règle (Wall Street Journal), ce passage clé de la guerre d'Ukraine, une occultation qui dénote l'embarras de l'Occident à parler du sujet, car il le rattache à ses très graves responsabilités. D'où l'importance de l'article.

Les pourparlers qui auraient pu mettre fin à la guerre en Ukraine

Reste que pour rendre public le fait que les pourparlers qui ont eu lieu pendant ces six semaines étaient sérieux - au point que le titre de l'article explique qu'ils "auraient pu mettre fin à la guerre en Ukraine" -, même Foreign Affairs doit encenser le récit hégémonique, brouiller le rôle décisif que l'Occident a joué pour les faire échouer et qualifier de "caricaturales" les accusations de Poutine à ce sujet.

L'intérêt de la note réside dans le fait qu'elle met sur la place publique les projets d'accords issus des négociations et le communiqué commun qui a effectivement scellé la paix, reportant le scellement de l'accord à une rencontre entre Poutine et Zelensky, qui devait avoir lieu deux semaines après le communiqué, et où, selon le magazine, les nouvelles frontières entre les deux Etats seraient définies.

Ce dernier détail n'est pas du tout convaincant : il est impossible qu'après avoir tout défini en détail, un aspect aussi crucial ait été reporté à cette réunion. Imaginer Zelensky et Poutine assis à une table devant une carte et se chamaillant au sujet des frontières est tout simplement ridicule.

En fait, comme l'a révélé l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, facilitateur des pourparlers, au Berliner Zeitung, il n'y avait pas de frontières à définir, puisque les Russes étaient prêts à revenir aux frontières d'avant l'invasion en échange de la reconnaissance d'un statut spécial pour le Donbass (un scénario confirmé par plusieurs témoins, comme l'a rapporté Responsible Statecraft en décembre '23)

L'Occident a-t-il délibérément prolongé la guerre en Ukraine ?

Les horreurs de Bucha ont eu peu d'influence

Cependant, plusieurs aspects de l'article semblent intéressants. Tout d'abord parce qu'il explique que les horreurs de Bucha, aussi réelles ou manipulées qu'elles aient pu être, n'ont pas joué un rôle décisif dans l'échec des pourparlers, qui se sont en fait poursuivis jusqu'à la mi-avril (malgré le fait qu'entre-temps, Zelensky ait publiquement accusé la Russie des actes les plus néfastes).

Ensuite, un autre détail intéressant, à savoir que "le communiqué comprenait également une autre disposition qui, rétrospectivement, est surprenante : il appelait les deux parties à tenter de résoudre pacifiquement le différend sur la Crimée au cours des dix à quinze prochaines années". D'autant plus surprenant que la Russie, après avoir annexé la Crimée en 2014, n'a jamais ouvert de négociations à ce sujet.

Dans la note, le détail des négociations et le communiqué final, avec des commentaires pas toujours à la hauteur, comme lorsqu'elle note négativement, et comme une demande "empoisonnée", le fait que les Russes aient demandé l'annulation de certaines réglementations ukrainiennes qui favorisaient selon eux la nouvelle tendance néo-nazie (elle note d'ailleurs que, sur ce point, Moscou se serait contenté de beaucoup moins que ce qui était demandé).

Au-delà des détails, moins significatifs que le fond, il reste qu'en réalité le seul point que les Russes considéraient comme non négociable était la neutralité de l'Ukraine, qui aurait dû être assortie de certaines garanties, que Kiev jugeait nécessaires, à savoir que certaines puissances mondiales, dont les Etats-Unis, s'engageraient à la défendre en cas d'attaque russe.

Cela aurait été l'un des principaux facteurs de l'échec des négociations, les Etats-Unis, déjà méfiants quant aux intentions réelles de Moscou, ne voulant pas se lier de la sorte par crainte d'un affrontement avec les Russes.

Une explication peu convaincante, puisque l'Amérique organisait à ce moment-là la croisade anti-russe et modulait l'escalade progressive, qu'elle aurait pu adopter même en cas d'une telle contrainte.

La pression sur l'Ukraine et la bévue de Zelensky

L'autre facteur pertinent de l'échec rapporté par le magazine, cette fois avec un certain fondement, est que le retrait russe de Kiev, ainsi que le déluge d'armes avec lequel l'OTAN avait commencé à abreuver Kiev, avaient intoxiqué Zelensky (et pas seulement lui) en le convainquant qu'il pouvait "gagner" la guerre et de l'inanité de toutes négociations.

Sur ce point, Foreign Affairs rejette l'explication moscovite du retrait comme un geste de bonne volonté pour faciliter les négociations, qui semble rétrospectivement convaincante : en effet, depuis lors, Kiev n'a pas regagné un centimètre carré de territoire, bien au contraire. Et ce, malgré l'arrivée de l'armement sophistiqué et massif de l'OTAN qui manquait lors de la soi-disant contre-offensive réussie (ou du retrait russe).

Foreign Affairs, sans accréditer la thèse de l'échec des négociations par l'Occident, rapporte les propos de Davyd Arakhamia, chef de la délégation ukrainienne à la table des négociations et leader du parti de Zelensky au Parlement, qui impute cet échec aux pressions de Boris Johnson, arrivé à Kiev le 8 avril dans ce but.

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Selon Foreign Affairs, l'Amérique aurait été moins envahissante, mais il rappelle aussi comment, deux semaines après Johnson, le secrétaire d'Etat Antony Blinken et le secrétaire à la Défense Lloyd Austin ont débarqué à Kiev pour coordonner l'envoi d'armements. Notez, comme le note l'auteur de l'article, qu'"en mai, les négociations ont été interrompues"... la coïncidence est opportune.

Que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne aient fait pression sur Zelensky, ou que ce soit lui, enivré par son nouveau rôle international et le flot d'armes, qui ait rejeté l'option, ou plus probablement en raison d'une combinaison de ces facteurs, il n'en reste pas moins que tout s'est terminé par un désastre. Et pour l'Ukraine, ce fut une catastrophe.

De l'eau a coulé sous les ponts, conclut Foreign Affairs, mais "cela rappelle que Poutine et Zelensky étaient prêts à envisager des compromis extraordinaires pour mettre fin à la guerre". Si Kiev et Moscou reviennent à la table des négociations, ils y trouveront des idées qui pourraient s'avérer utiles à la construction d'une paix durable.

mardi, 23 avril 2024

Un armistice à la coréenne pour mettre fin aux combats en Ukraine ?

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Un armistice à la coréenne pour mettre fin aux combats en Ukraine?

Giorgio Spagnol

Source: http://www.ieri.be/fr/publications/wp/2024/avril/korean-style-armistice-end-fighting-ukraine

Avant-propos

La guerre russo-ukrainienne risque de suivre le schéma habituel des autres conflits interétatiques depuis 1946 : en l'absence de fin des combats au cours de la première année, les guerres conventionnelles durent en moyenne plus d'une décennie. Les issues les plus probables sont un conflit gelé ou un cessez-le-feu, potentiellement avant une décennie, et peut-être, avec le temps, un armistice négocié.

Alors que le conflit entre la Russie et l'Ukraine entre dans sa troisième année, les accords visant à mettre fin aux combats et à rétablir la stabilité régionale pourraient représenter l'issue la moins mauvaise dans des circonstances loin d'être idéales.

C'est pourquoi la résolution du conflit ukrainien par un armistice purement militaire pourrait être une option viable.

La situation actuelle

Les traités de paix sont devenus rares pour toutes les guerres interétatiques depuis 1950. Le pire scénario serait que le conflit russo-ukrainien se transforme en une répétition générale d'une guerre plus large entre l'Est et l'Ouest, impliquant les États-Unis et la Chine. Bien que cette issue soit actuellement beaucoup moins probable qu'un conflit gelé ou un cessez-le-feu, elle ne peut être exclue dans un monde où les grandes puissances sont de plus en plus divisées.

Le conflit ukrainien implique certes un "lourd tribut de souffrances et d'effusions de sang de part et d'autre" et de très graves destructions de biens civils et de moyens de production, avec un nombre énorme de réfugiés et de personnes déplacées. En outre, après plus de deux ans de combats, l'invasion de l'Ukraine par la Russie est dans une impasse sanglante. Les deux pays continuent de consacrer d'énormes ressources à la conquête de territoires, mais leurs gains sont devenus rares et limités, et sont souvent rapidement annulés. Aucune des deux parties ne semble disposer des ressources nécessaires pour remporter une victoire décisive sur le champ de bataille et toutes deux subissent chaque jour de lourdes pertes. Souvent, de telles situations favorisent les conditions qui amènent les parties à négocier.

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Situation militaire

La guerre entre la Russie et l'Ukraine semble avoir atteint un point d'inflexion, alors qu'elle entre dans sa troisième année. La contre-offensive ukrainienne n'a pas réussi à repousser les forces russes ni à récupérer les territoires perdus, malgré le soutien massif des États-Unis et d'autres pays de l'OTAN. L'armée russe n'a pas non plus fait de progrès significatifs dans ses tentatives de s'emparer de nouveaux territoires. Pourtant, la destruction de villes et de villages, ainsi que les pertes en vies humaines, se poursuivent en une ampleur affreuse et inacceptable.

Les offensives lancées par l'Ukraine n'ont pas réussi à percer les défenses russes. Au mieux, une impasse militaire s'est installée ; au pire, la Russie est prête à lancer de nouvelles offensives. Pour l'instant, et probablement dans un avenir prévisible, l'Ukraine n'a aucune perspective réaliste de rétablir son intégrité territoriale par la force.

La taille de la Russie, son complexe militaro-industriel et ses ressources humaines et matérielles dépassent les capacités ukrainiennes. Cette différence pourrait permettre à la Russie non seulement de maintenir ses positions dans l'est et le sud de l'Ukraine, mais aussi de passer à l'offensive.

Dans ces conditions, l'Ukraine n'a d'autre choix que de passer d'une stratégie militaire offensive à une stratégie militaire défensive, en se concentrant sur la consolidation de son emprise sur les 80 % du pays contrôlés par Kiev. L'Ukraine doit consacrer les effectifs et les ressources dont elle dispose à tenir la ligne et à empêcher la Russie d'avancer sur le champ de bataille.

Un armistice à la coréenne

Deux facteurs clés ont déterminé le "gel de la guerre de Corée" et l'armistice de 1953, qui n'a jamais cessé d'être en vigueur depuis. Tout d'abord, il y avait une impasse militaire le long du 38e parallèle, qui était la frontière originelle entre le Nord et le Sud de la Corée. Deuxièmement, les grandes puissances (la Chine, l'ex-Union soviétique et les États-Unis) souhaitaient toutes mettre fin à la guerre. Les pourparlers d'armistice ont commencé en juillet 1951 et n'ont abouti à un accord que deux ans plus tard.

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La conclusion d'un armistice pour mettre fin à la guerre d'Ukraine prendrait de nombreux mois, voire des années. À l'heure actuelle, la Russie et l'Ukraine sont loin d'envisager sérieusement la fin des combats. Poutine est confiant : l'économie russe se porte bien malgré les sanctions et la faible contre-offensive de l'Ukraine pourrait laisser penser à Poutine que la Russie pourrait réussir à conquérir davantage de territoires dans les quatre oblasts - Donetsk, Kherson, Louhansk et Zaporizhzhia - que le Kremlin a officiellement annexés.

Poutine a récemment appelé les États-Unis à entamer des pourparlers de paix qui "céderaient" le territoire ukrainien à la Russie : une demande qui pourrait être acceptée par une présidence Trump, mais qui serait très probablement rejetée par l'Ukraine et la plupart des membres de l'OTAN.

Toutefois, on peut imaginer des circonstances dans lesquelles un armistice pourrait être conclu. Par exemple, si au cours des prochaines années, les forces ukrainiennes et russes bougent peu sur le terrain, les deux parties pourraient être plus ouvertes à un cessez-le-feu négocié, ce qui pourrait constituer une étape vers un armistice soutenu par les membres de l'OTAN.

Pour les Ukrainiens, un armistice à la coréenne pourrait constituer une étape difficile si Kiev n'était pas en mesure de reconquérir les territoires perdus. Un armistice qui renoncerait au contrôle de certaines parties des territoires de l'est, du sud et de la Crimée pourrait être considéré comme l'équivalent d'une cession à la Russie.

Combat ou armistice ?

Aujourd'hui, pour les gouvernements des deux pays, continuer à se battre semble préférable à un armistice, car ils se sont trop exposés à leurs citoyens pour des objectifs "indispensables" et "vitaux" dans un récit qui est devenu de plus en plus idéologique. Les Ukrainiens ne peuvent pas simplement céder les territoires que Moscou veut annexer alors qu'ils peuvent encore les défendre en se battant.

Même la Russie ne peut renoncer aux motivations qui l'ont conduite à l'invasion, comme l'a déclaré le président Vladimir Poutine dans son message du 21 février 2022.  En plein accord avec le gouvernement, le patriarcat de l'Eglise orthodoxe russe a ajouté en mars dernier une dimension spirituelle et théologique au conflit, affirmant que la Russie mène une véritable "guerre sainte" pour se défendre du "mondialisme et du satanisme" qui s'emparent de l'Occident.

Il semble évident, au vu des positions actuelles des deux gouvernements, qu'une négociation de paix, voire un armistice, est impossible à obtenir sans un changement fondamental du système politique d'au moins l'un des deux régimes au pouvoir, perspective qui semble aujourd'hui inenvisageable. Alors, pourquoi pas un armistice purement militaire ?

C'est là que pourrait intervenir l'option "coréenne", c'est-à-dire le passage de relais aux militaires. Les politiques pourraient déléguer aux commandements militaires le soin de négocier ce qu'ils ne pourraient jamais admettre, afin d'obtenir les avantages sociaux et économiques d'un armistice sans avoir à renoncer ouvertement à leurs revendications politiques maximales. Un cessez-le-feu soutenu par un armistice convenu apporterait des avantages significatifs aux deux parties.

Les gouvernements russe et ukrainien resteraient insatisfaits et ne renonceraient pas à atteindre leurs objectifs politiques, mais ils éviteraient d'être pris au piège d'un conflit armé épuisant et sans fin ou, plus grave encore, d'une escalade fatale vers des niveaux incontrôlables.

Le modèle coréen

En avril 1954, la conférence "pour l'unification et la pacification de la péninsule coréenne" s'est ouverte à Genève pour mettre fin à la guerre de Corée après l'armistice signé le 26 avril 1953 entre les 16 pays des forces internationales combattantes et l'URSS, la Chine et la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

La conférence s'est achevée le 20 juillet sur une impasse, en raison de la volonté irréductible des deux parties de s'assurer le contrôle total du pays. Alors que la conférence de Genève a échoué et que l'état de guerre persiste officiellement, l'armistice est toujours en vigueur aujourd'hui et, au fil des ans, a permis à la République de Corée et à la République populaire démocratique de Corée de coexister sans guerre majeure, dans une alternance de formes de relations et de perspectives. 

Dispositions visant à éviter de futurs conflits

L'armistice coréen témoigne de la difficulté de passer d'un armistice à un traité de paix. Ainsi, l'armistice ne constituerait pas un règlement définitif mais une cessation durable des hostilités. Les différends entre la Russie et l'Ukraine et entre la Russie et l'Occident persisteront certainement, probablement pour une durée indéterminée. C'est pourquoi il pourrait être utile d'examiner comment l'armistice et les accords ultérieurs pourraient être mis à profit pour renforcer l'ordre régional plus large en Europe et en Eurasie. Le but de cet effort serait de trouver de nouveaux arrangements plus efficaces pour éviter les conflits futurs en fournissant des mécanismes et des forums pour gérer les différences et éviter les conflits, et non pas de créer une quelconque convergence entre les systèmes ou de résoudre les différends politiques.

Son objectif serait la stabilité, et non la réconciliation ou la sécurité commune. Il serait donc souhaitable d'entamer un dialogue plus large sur les questions régionales afin de réduire la possibilité de conflits futurs et de contribuer à la stabilité régionale et mondiale. Un ordre totalement inclusif n'est plus plausible, mais diverses normes, formats de dialogue et autres arrangements pourraient être convenus au coup par coup. Ensemble, ces accords pourraient jeter les bases d'une stabilité régionale à long terme.

samedi, 20 avril 2024

Congrès national conservateur

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Congrès national conservateur

Source: https://www.feniksvlaanderen.be/blog/1776184_nationaal-conservatief-congres

Le Congrès national des conservateurs qui s'est tenu la semaine dernière à Bruxelles a fait sensation. Une liste d'orateurs comprenant Viktor Orban, Nigel Farage, Eric Zemmour et le Cardinal Mueller constituait en tout cas une affiche exceptionnellement intéressante. Nous, animateurs de Feniks, étions présents avec une petite délégation.

Cancel-culture à Bruxelles

Des exploitants ont fait l'objet d'intimidations physiques et politiques, ce qui a conduit deux entreprises privées à annuler leurs activités au cours de la semaine dernière. A la toute dernière minute, l'hôtel Claridge a été trouvé. Le directeur tunisien a en effet estimé que toutes les opinions devaient être entendues dans la société.

Comme si la situation n'était pas assez embarrassante pour la capitale de l'Europe, le bourgmestre Kir (PS) de Saint-Josse-Ten-Noode a décidé de prendre un arrêté de police pour mettre fin à l'événement. Cependant, la police a décidé de ne pas procéder à l'évacuation, mais a empêché les invités et les orateurs d'entrer. Pendant ce temps, le déroulement du congrès était déjà en cours. Entre autres, l'ancien candidat à l'élection présidentielle française, Éric Zemmour, n'a pas pu entrer dans l'enceinte de l'événement le premier jour.

Grâce à une procédure d'urgence devant le Conseil d'État, la liberté d'expression a finalement prévalu. L'ignominie de l'action du bourgmestre Kir a été relayée par la presse étrangère. Cela a malheureusement confirmé l'image de Bruxelles comme le "trou à rats" de l'Europe. Même le Premier ministre De Croo a été brièvement embarrassé par cette situation. Les hommes politiques présents ont principalement blâmé l'institution de l'Union européenne elle-même, ce qui constitue en partie une récupération politique injustifiée. Dans le cas présent, c'est la baronnie locale du PS qui est à blâmer. Cependant, ce qui est un problème de notre époque, et nous le voyons tant en Belgique qu'en Europe par excellence, c'est l'utilisation de toutes les ressources de l'État contre les opposants politiques. Pensez par exemple à la récente condamnation de Dries Van Langenhove ou à l'arrestation de Yona, une Française de 19 ans, pour une pancarte en carton sur laquelle était écrit "violeurs étrangers dehors". Ce sont les signes d'un système politique en déclin qui s'en prend à tout et à tous ceux qui osent le critiquer. La question de savoir qui est à blâmer dans telle ou telle affaire est pour nous d'une importance secondaire. Il s'agit là d'un profond problème de mentalité chez les hommes politiques dits libéraux et sociaux-démocrates. 

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Contenu

Les discours avaient un fil conducteur. Tous les orateurs étaient d'accord pour dire que la souveraineté nationale des États-nations devait primer sur celle de l'Union européenne. Le fait que la Commission européenne dicte la législation et que le Parlement ne soit qu'un simple organe exécutif est une parodie de démocratie. Nigel Farage l'a exprimé avec force en affirmant que nous donnions le pouvoir politique à des politiciens et à des lobbyistes qui n'étaient pas "responsables" devant le peuple. La seule solution, a-t-il dit, et cela a été immédiatement signalé aux conservateurs du Parlement européen, est de quitter le train de l'UE en temps voulu.

Un certain nombre de thèmes de droite ou conservateurs ont également été abordés par les orateurs. L'idéologie du genre et l'immigration de masse ont eu à souffrir plus d'une fois. La famille traditionnelle, les valeurs chrétiennes et le contrôle des frontières européennes ont pris le relais. 

Cependant, en tant que Feniks, nous sommes également critiques face à ces discours. Notamment, la place de l'Europe dans le monde est restée trop vaguement évoquée. Les conservateurs britanniques, par exemple, ont affirmé qu'il était toujours de notre devoir de continuer à armer l'Ukraine et de soutenir Israël sans condition. Nous pensons cependant que l'agenda anglo-saxon pousse le continent européen au conflit. Nous avons également entendu peu de critiques à l'égard d'une institution comme l'OTAN qui, en se rapprochant sans cesse de la Russie, a mis le feu aux poudres en Ukraine. Le fait qu'Israël commette actuellement un génocide en Palestine et bombarde unilatéralement des pays voisins comme le Liban et la Syrie risque même de provoquer un conflit à grande échelle qui pourrait dévaster l'ensemble de notre commerce et de notre industrie en Europe. 

Cependant, tant que les conservateurs européens n'accepteront pas la multipolarité, les flux de réfugiés continueront. Alors les victoires électorales ne suffiront pas à les contrer. Il suffit de se référer aux résultats que Meloni pourra présenter en Italie (ou pas).

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Le commentaire le plus intéressant est venu du professeur David Engels. À une question du public, il a répondu que les conservateurs sont trop souvent occupés à chercher des réponses politiques, économiques ou matérielles. Mais que le cœur du conservatisme réside dans "la primauté du transcendant". Nous devrons avant tout nous retrouver sur le plan spirituel, et laisser place au sacré/spirituel en général. Nous ne pouvons pas attendre cela des partis politiques, cela commence par nous-mêmes. Il ne faut pas non plus attendre grand-chose des partis politiques européens nationaux-conservateurs. La renaissance européenne n'aura donc pas lieu avant juin 2024. Elle ne peut être qu'un pas dans cette direction, ou au moins apporter une politique qui soit un peu moins dommageable que l'actuelle.

vendredi, 19 avril 2024

Zelensky promulgue la loi sur la mobilisation militaire

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Zelensky promulgue la loi sur la mobilisation militaire

Source: https://noi.md/md/in-lume/zelenski-a-promulgat-legea-privind-mobilizarea-militara

Le président ukrainien Volodimir Zelenski a promulgué la loi sur la mobilisation militaire. Cette loi comporte un certain nombre de changements: ceux qui se soustraient à la mobilisation militaire ne peuvent plus conduire et la preuve de l'enrôlement militaire est requise pour obtenir un nouveau passeport. L'une des dispositions les plus controversées est que les soldats qui sont au front depuis le début de la guerre ne peuvent pas être libérés de leurs obligations, écrit observatornews.ro.

Selon une information publiée sur le site de la Rada, le parlement ukrainien, le texte a été soumis mardi pour promulgation au président Zelenski, qui l'a signé. Confrontée à une pénurie de soldats volontaires, l'Ukraine travaille sur ce texte depuis plusieurs mois. Le 11 avril, le parlement de Kiev a adopté le projet de loi par 283 voix pour. L'opposition a voté contre. La loi entrera en vigueur un mois après sa signature par le président.

Des sanctions plus sévères pour ceux qui se soustraient à la mobilisation

Le texte, qui durcit les sanctions pour ceux qui se soustraient à la mobilisation militaire, a suscité un tollé après la suppression à la dernière minute d'une clause prévoyant la démobilisation des soldats ayant accompli 36 mois de service, un coup dur pour les militaires qui combattent au front depuis plus de deux ans. Les autorités ukrainiennes ont assuré que la question de la démobilisation serait réglementée par une loi distincte, mais aucune date n'a encore été fixée pour sa préparation ou son adoption. Kiev a récemment décidé d'abaisser l'âge des personnes éligibles à la mobilisation de 27 à 25 ans.

Dans le même temps, les sanctions à l'encontre de ceux qui tentent d'échapper à la mobilisation seront plus sévères. Le texte facilite également l'enrôlement en créant un système numérique spécial. Une fois la loi entrée en vigueur, il sera possible de retirer le permis de conduire à toute personne qui ne s'enregistre pas auprès des centres de recrutement territoriaux, à moins que le véhicule ne soit indispensable comme source de revenus.

Ce que dit la loi ukrainienne sur la mobilisation

Les Ukrainiens vivant à l'étranger ne pourront pas renouveler leur passeport ni bénéficier de services consulaires s'ils n'ont pas de documents d'enregistrement militaire. Cela les oblige pratiquement à s'enregistrer dans le système numérique spécial. Ceux qui se soustraient à la mobilisation militaire peuvent voir leur permis de conduire suspendu.

Les citoyens qui enfreignent les règles d'enregistrement militaire pendant la loi martiale sont passibles d'une amende de 400 à 600 dollars, et les entreprises ou les fonctionnaires d'une amende de 900 à 1500 dollars. La loi stipule que tous les hommes âgés de 18 à 60 ans sont tenus de mettre à jour leur statut soit dans les bureaux d'enrôlement militaire, soit en ligne.

La Slovaquie refuse d'appliquer le nouveau système d'immigration de l'UE

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La Slovaquie refuse d'appliquer le nouveau système d'immigration de l'UE

Source: https://noi.md/md/in-lume/slovacia-refuza-sa-implementeze-noul-sistem-pentru-migratie-al-uniunii-europene

Le premier ministre slovaque, Robert Fico, a déclaré qu'il refusait de mettre en œuvre le nouveau système d'immigration de l'Union européenne dans son pays, selon Reuters. "Nous disons sans équivoque que vous ne pouvez pas ordonner à un pays d'accepter - dans le cas de la Slovaquie - jusqu'à 300 migrants dont vous ne savez rien, ou de payer 20.000 euros pour chacun d'entre eux", a déclaré M. Fico lors d'une conférence de presse après une visite au ministère des affaires étrangères à Bratislava. "Ce n'est pas de la solidarité, c'est de la dictature", a-t-il insisté, selon Agerpres.

Le nouveau pacte sur l'immigration approuvé la semaine dernière par le Parlement européen vise à accélérer les procédures de sécurité et d'asile et à augmenter le nombre de retours afin de réduire l'immigration en provenance du Moyen-Orient et de l'Afrique.

Après huit ans de querelles entre les membres de l'UE, le système établit un équilibre délicat entre les droits et les obligations des pays où arrivent le plus de migrants, comme l'Italie, et les destinations finales privilégiées, plus riches, comme l'Allemagne. Les pays qui ne souhaitent pas accueillir de migrants peuvent opter pour des paiements. L'Union européenne présente le pacte comme une grande réussite à l'approche des élections législatives européennes de juin.

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M. Fico a déclaré que son parti, le Smer-SSD, et la coalition gouvernementale voteraient contre la législation au parlement slovaque. Celle-ci doit être approuvée par les États membres de l'UE avant d'entrer en vigueur dans l'ensemble de l'Union, après quoi un délai de deux ans est prévu pour sa mise en œuvre. Le paquet devrait obtenir la majorité nécessaire lors d'un vote des pays européens, qui pourrait avoir lieu en mai, selon un fonctionnaire, mais la date définitive n'a pas encore été fixée. La position de Robert Fico a été annoncée alors que la Pologne avait déjà rejeté les règles en matière d'immigration. La réalité, que les défenseurs des valeurs élevées ne veulent pas voir.

Reuters note que la Hongrie s'y oppose également, comme l'a annoncé la semaine dernière un porte-parole du gouvernement de Budapest, qui a qualifié le système d'"irréalisable". "Il est voué à l'échec", a déclaré Zoltan Kovacs à la presse. Les votes de la Pologne, de la Slovaquie et de la Hongrie ne suffisent toutefois pas à rejeter le pacte.

Les pays de l'UE qui enfreignent la législation communautaire peuvent être poursuivis par la Commission européenne et éventuellement condamnés à une amende par la Cour européenne de justice, devant laquelle les trois pays ont déjà perdu des affaires de migration. L'Union européenne, qui compte 450 millions d'habitants, tente de freiner l'immigration clandestine depuis 2015, lorsque plus d'un million de migrants, pour la plupart des réfugiés syriens, ont traversé la mer Méditerranée.

Cette année, moins de 48.000 migrants sont entrés dans l'UE, selon les données de l'ONU. M. Fico, qui est arrivé au pouvoir pour la quatrième fois, s'est prononcé contre plusieurs politiques de l'UE, notamment la guerre en Ukraine, et est favorable à des relations plus étroites avec la Chine. Dans le même temps, ses réformes judiciaires ont suscité des inquiétudes quant à la démocratie en Slovaquie, ce qui pourrait avoir une incidence sur le financement de l'UE pour ce pays.