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jeudi, 12 septembre 2019

Les dirigeants européens sont atteints du syndrome de Stockholm face aux intimidations états-uniennes

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Les dirigeants européens sont atteints du syndrome de Stockholm face aux intimidations états-uniennes

par Finian Cunningham 

Ex: http://www.zejournal.mobi

La situation psychologique connue sous le nom de syndrome de Stockholm, dans laquelle les otages sympathisent de manière irrationnelle avec leurs ravisseurs, pourrait très bien s’appliquer aux dirigeants européens face aux intimidations états-uniennes.

Les États-Unis ont toujours été le parti dominant – et dominateur – de la relation transatlantique. Mais les administrations précédentes, à Washington, avaient pris soin de présenter les États européens comme des «partenaires» dans une alliance «apparemment» mutuelle.

Sous le Président Donald Trump, les pressions et les harcèlements dont sont l’objet les Européens mettent en lumière leur véritable statut de simples vassaux de Washington.

Prenez le projet Nord Stream 2. Le gazoduc sous-marin d’une longueur de 1 220 km, qui augmentera considérablement la capacité de livraison de gaz en Europe, devrait être achevé d’ici la fin de l’année. Cette nouvelle offre profitera à l’économie de l’Union Européenne, en particulier à celle de l’Allemagne, en fournissant du gaz moins cher pour les entreprises et pour le chauffage des logements.

Eh bien, la semaine dernière, le sénateur américain Ted Cruz a déclaré que son pays avait le pouvoir d’arrêter l’achèvement du projet. Cruz fait partie de la commission des affaires étrangères du Sénat US qui a adopté en juillet dernier un projet de loi imposant des sanctions aux entreprises impliquées dans la construction du pipeline. L’Allemagne, l’Autriche, la France et la Grande-Bretagne font partie du consortium de construction, aux côtés de la société russe Gazprom.

Ironiquement, le projet de loi du Sénat US s’appelle «Protéger la sécurité énergétique de l’Europe». C’est une bien curieuse forme de «protection» lorsque les sanctions appliquées par les USA pourraient priver les entreprises européennes et les consommateurs de gaz à un prix abordable.

Cruz, comme le Président Trump, a accusé la Russie d’essayer de resserrer son emprise économique sur l’Europe. Plus proche de la vérité et plus cynique, Washington souhaite que l’Europe achète son gaz naturel liquéfié, plus coûteux. Le Texas, la plus grande source de gaz américain, est l’État d’origine de Cruz. Son projet de loi devrait peut-être être renommé «Protection des exportations américaines d’énergie».

À cela s’ajoute l’imposition plus large, par Washington et l’Europe, de sanctions à l’encontre de la Russie depuis 2014. Plusieurs raisons ont été invoquées pour justifier les mesures punitives prises contre Moscou, notamment une prétendue déstabilisation de l’Ukraine et une «annexion» de la Crimée, une ingérence présumée dans les élections et l’affaire Skripal. Cette politique de
sanctions a été largement initiée et promue par Washington, suivie servilement par l’Europe.

La semaine dernière, les représentants de l’UE ont voté en faveur d’une prolongation des sanctions de six mois, alors qu’elles sont beaucoup plus dommageables pour l’économie européenne que pour celles des États-Unis et que les entreprises allemandes, en particulier, s’opposent à l’hostilité économique contre-productive à l’égard de Moscou.

L’absence de toute opposition européenne à une ingérence aussi flagrante de la part des États-Unis dans leur prétendue souveraineté et leur indépendance sur des questions d’intérêt vital est tout simplement stupéfiante.

Un autre exemple frappant est la façon dont l’administration Trump insiste pour que les États européens abandonnent d’importants projets d’investissement avec la société de télécommunication chinoise Huawei pour moderniser les infrastructures de téléphonie mobile et d’Internet. Washington a menacé de sanctions de représailles si l’Europe s’associait à Huawei. Les États-Unis ont également averti qu’ils pourraient empêcher le « partage de renseignements » des « alliés » européens sur les risques liés à la sécurité et au terrorisme. Fait-on cela à un « ami » ?

Là encore, les dirigeants européens font preuve de la même velléité d’acquiescement, au lieu de s’opposer aux États-Unis pour qu’ils s’occupent de leurs propres affaires.

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L’accord nucléaire conclu entre le JCPOA et l’Iran est une autre preuve éclatante de la relation fondamentalement abusive que Washington entretient avec l’Europe. Cette semaine, l’administration Trump a rejeté la proposition française d’étendre une ligne de crédit de 15 milliards de dollars à Téhéran. La proposition française visait à atténuer la pression économique sur l’Iran et à le maintenir dans l’accord nucléaire défaillant.

Washington a simplement déclaré « qu’il sanctionnera quiconque achètera du pétrole brut iranien« . Il n’y aura pas de dérogations ni d’exceptions aux sanctions américaines. Cela impose à peu près à l’Union Européenne d’oublier ses efforts hésitants pour sauver l’accord nucléaire avec l’Iran, dont elle est signataire, aux côtés de la Russie et de la Chine.

Donc, comme Trump s’est écarté de l’accord, cela signifie, dans sa vision dominatrice, que les Européens doivent également le faire,. De toute évidence, l’UE n’a pas la liberté d’agir indépendamment du diktat américain. Détruire les relations entre l’Europe et l’Iran mettra en péril les intérêts économiques et les préoccupations de sécurité liées aux conflits et à la non-prolifération des armes dans la région. Les préoccupations européennes sont-elles si peu pertinentes pour Washington ?

Maintenant, accrochez-vous à la formidable double pensée suivante. Le Secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a incité la semaine dernière ses «amis» européens à faire preuve de plus de vigilance pour lutter contre les supposées malignités russes et chinoises.

Tenu devant le groupe de réflexion du Royal United Services Institute à Londres, ce discours a été présenté comme le premier discours majeur d’Esper depuis qu’il est devenu chef du Pentagone en juillet.

« Il est de plus en plus clair que la Russie et la Chine veulent perturber l’ordre international en obtenant un droit de veto sur les décisions économiques, diplomatiques et de sécurité d’autres nations« , a-t-il déclaré.

«En termes simples, la politique étrangère de la Russie continue de faire fi des normes internationales», a ajouté, sans aucune honte, l’ancien lobbyiste de Raytheon et d’autres fabricants d’armes américains.

Quelle a été la réponse de l’Europe ? Les dirigeants européens et les médias ont-ils éclaté de rire devant une telle absurdité, hypocrisie et inversion accusatoire ? Existe-t-il des déclarations officielles ou des éditoriaux sévères invitant le représentant américain du complexe militaro-industriel à ne pas insulter la simple intelligence ?

La tolérance de l’Europe aux comportements abusifs de son «partenaire» américain est bien un problème de syndrome de Stockholm. Bien sûr, parfois les dirigeants européens tels que Merkel ou Macron s’interrogent sur la nécessité de renforcer leur indépendance par rapport à Washington, mais quand les cartes sont minces, ils témoignent tous d’une allégeance méprisable pour la politique américaine, même si cela nuit réellement à leurs intérêts nationaux.

Lorsque Trump a recommandé que la Russie soit admise au récent sommet du G7 en France, le mois dernier, le reste du groupe a réagi avec horreur en demandant le maintien de l’exclusion de Moscou. Comment expliquer cette attitude ? Des chefs européens pathétiques veulent rester dans un club avec leur plus grand bourreau – Washington – tout en excluant un pays voisin et un partenaire stratégique potentiellement important. Comment peut-on faire plus irrationnel?

Les psychologues expliquent le syndrome de Stockholm en tant que «mécanisme d’adaptation» pour traiter les traumatismes. Il est observé parmi les otages, les prisonniers de guerre, les survivants des camps de concentration, les esclaves et les prostituées.

La sympathie irrationnelle envers un parti qui inflige des difficultés et des blessures est un moyen de minimiser les traumatismes en semblant adopter les mêmes valeurs.

Apparemment, le syndrome peut être traité et guéri. Les victimes doivent être progressivement familiarisées avec la vérité objective de leur situation. L’Europe doit se réveiller de ses illusions sur son «allié américain».

Traduit de l’anglais par Dominique Delawarde


- Source : RT (Russie)

mercredi, 11 septembre 2019

Pourquoi cette rupture entre la Ligue du Nord et le Mouvement Cinq Etoiles ?

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Pourquoi cette rupture entre la Ligue du Nord et le Mouvement Cinq Etoiles ?

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

En Italie, la rupture qui vient de se produire le 7-8 Août entre les deux mouvements politiques La Ligue du Nord et le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) jusqu'à présent alliés pour se partager le pouvoir, était prévisible aux yeux de beaucoup.

Ceux-ci sont profondément différents. La Ligue représente les puissants intérêts industriel de Turin et Milan, Cinq Etoiles voulant incarner les petites et moyennes entreprises de l'Italie centrale où le tourisme joue un rôle important.

Certes il y a un an ils s'étaient rapprochés pour combattre les nouveaux impôts que prévoyait le gouvernement précédent soumis aux impératifs de rentabilité imposés par l'Union Européenne. Mais la tension entre les deux alliés était apparente depuis de longs mois. Notamment depuis les élections européennes, au mois de mai 2019, qui se sont traduites par un triomphe de la Ligue et un échec retentissant pour le Mouvement 5 étoiles.

Des oppositions personnelles entre Matteo Salvini, chef de la Ligue  et Luigi di Maio, chef du L5S, étaient évidentes. Tous deux manifestement ambitionnaient d'exercer seuls le pouvoir, à titre personnel mais aussi au regard des multiples avantages que confère l'exercice du gouvernement dans un pays où règne encore une forte corruption.

Une intervention d'Outre Atlantique

Mais ceci n'est pas la seule explication. Il convient aussi de se demander si le gouvernement dit « populiste » qu'ils incarnaient au sein de l'Union européenne n'a pas provoqué l'alliance de tous les intérêts extérieurs à l'Italie qui craignaient de voir de leur fait remettre en cause l'influence qu'ils exercent sur l'Union européenne elle-même.

On doit penser notamment que le complexe militaro-industriel qui gouverne de fait à Washington a voulu arrêter ce qu'il considérait comme une dérive dangereuse du gouvernement italien, sous l'autorité de Matteo Salvini. vers un désengagement à l'égard d'une Union Atlantique dominée par les Américains, non seulement au plan économico-financier mais au plan diplomatique, ceci afin d'en faire une machine de guerre contre la Russie et la Chine.

Matteo Salvini avait en effet laissé entendre qu'il préparait une rencontre à Moscou avec Vladimir Poutine ou l'un de ses représentants les plus influents. L'objet en aurait été d'examiner le rôle que pourrait jouer l'Italie pour désamorcer les tensions, pour ne pas parler des menaces de conflits militaires, que préparait le Pentagone contre la Russie, coupable à ses yeux de combattre l'influence prise, en Europe du Nord et en Europe méditerranéenne, par les forces armées américaines.

Son tort encore plus grand avait été de favoriser l'ouverture de l'Italie au grand programme chinois dit des Nouvelles Routes de la Soie ou OBOR. Washington voit dans ce programme, non sans raison, une menace pour la domination quasi absolue qu'exercent encore les intérêts économiques et militaires américains en Europe.

 

mercredi, 29 juin 2016

Otan/Exit, objectif vital

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Otan/Exit, objectif vital

Auteur : Manlio Dinucci
Ex: http://zejournal.mobi

L’art de la guerre

Tandis que l’attention politico-médiatique est concentrée sur le Brexit et sur d’autres possibles détachements de l’UE, l’Otan, dans l’inattention générale, accroît sa présence et son influence en Europe. Le secrétaire général Stoltenberg, ayant pris acte que « le peuple britannique a décidé de quitter l’Union Européenne », assure que « le Royaume Uni continuera à jouer son rôle dirigeant dans l’Otan ». Il souligne ainsi que, devant la croissante instabilité et incertitude, « l’Otan est plus importante que jamais en tant que base de la coopération entre les alliés européens et entre l’Europe et l’Amérique du Nord ».

Au moment où l’UE se fissure et perd des morceaux, par la rébellion de vastes secteurs populaires détériorés par les politiques « communautaires » et sous l’effet de ses propres rivalités internes, l’Otan se pose, de façon plus explicite que jamais, comme base d’union entre les Etats européens. Ceux-ci se trouvent de cette manière attelés et encore plus subordonnés aux Etats-Unis d’Amérique, lesquels renforcent leur leadership dans cette alliance.

Le Sommet Otan des chefs d’Etat et de gouvernement, qui se tiendra les 8-9 juillet à Varsovie, a été préparé par une rencontre (13-14 juin) entre les ministres de la défense, élargi à l’Ukraine qui ne fait pourtant pas partie officiellement de l’Otan. Dans la rencontre il a été décidé d’accroître la « présence avancée » en Europe orientale, au bord de la Russie, en déployant par rotation quatre bataillons multinationaux dans les Etats baltes et en Pologne. Ce déploiement peut être rapidement renforcé, comme l’a démontré un exercice de la « Force de pointe » durant laquelle un millier de soldats et 400 véhicules militaires ont été transférés en quatre jours de l’Espagne à la Pologne. Pour le même objectif il a été décidé d’accroître la présence navale Otan dans la Baltique et en Mer Noire, aux limites des eaux territoriales russes. En même temps l’Otan projettera davantage de forces militaires, y compris des avions radar Awacs, en Méditerranée, au Moyen-Orient et en Afrique.

Dans la même réunion, les ministres de la défense se sont engagés à augmenter en 2016 de plus de 3 milliards de dollars la dépense militaire Otan (qui, pour les seuls budgets de la défense, se monte à plus de la moitié de celle mondiale), et à continuer à l’accroître dans les prochaines années. Voici les préliminaires de l’imminent Sommet de Varsovie, qui se donne trois objectifs clé: « renforcer la dissuasion » (c’est-à-dire les forces nucléaires Otan en Europe); « projeter de la stabilité au-delà des frontières de l’Alliance » (c’est-à-dire projeter des forces militaires au Moyen-Orient, Afrique et Asie, y compris au-delà de l’Afghanistan); «élargir la coopération avec l’UE » (c’est-à-dire intégrer encore plus les forces européennes dans l’Otan sous commandement USA).

La crise de l’UE, émergée avec le Brexit, facilite le projet de Washington: amener l’Otan à un niveau supérieur, en créant un bloc militaire, politique et économique (à travers le TTIP) USA-UE, toujours sous commandement étasunien, opposé à l’aire eurasiatique en ascension, fondée sur l’alliance Russie-Chine. Dans ce cadre, l’affirmation du premier ministre Renzi au forum de Saint Petersburg, « le mot guerre froide est hors de l’histoire et de la réalité, que l’UE et la Russie redeviennent d’excellents voisins », est tragiquement grotesque. L’enterrement du gazoduc South Stream Russie-Italie et les sanctions contre la Russie, tous deux sur ordre de Washington, ont déjà fait perdre à l’Italie des milliards d’euros. Et les nouveaux contrats signés à Saint Petersburg peuvent sauter à tout moment sur le terrain miné de l’escalade Otan contre la Russie. A laquelle participe le gouvernement Renzi qui, alors qu’il déclare la guerre froide hors de la réalité, collabore au déploiement en Italie des nouvelles bombes nucléaires étasuniennes pour l’attaque contre la Russie.

Traduit par Marie-Ange Patrizio

lundi, 27 juin 2016

¿COMBATIR AL YIHADISMO CON EL ISLAM MODERADO?

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¿COMBATIR AL YIHADISMO CON EL ISLAM MODERADO?

Ex: http://info-krisis.blogspot.com

Marruecos fue el único país del Magreb al que no llegaron las “revoluciones verdes” de principios de la década. En efecto, mientras los regímenes tunecino, libio y egipcio caían como un castillo de naipes y en Argelia se recrudecía el fundamentalismo islámico, en Marruecos no ocurría nada. Marruecos, a modo de vacuna, se contagia con el islamismo “moderado” para conjurar la epidemia del yihadismo radical. Estrategia peligrosa y de dudosa rentabilidad.

¿Por qué? Hay tres causas: la primera y más importante es que Marruecos es el portaviones avanzado de EEUU en África. Nadie hunde al aliado más seguro: sí, porque si las “revoluciones verdes” se desataron fue a iniciativa de los servicios de seguridad occidentales que aportaron la cobertura propagandística (y las armas en el caso libio, seguidas de bombardeos selectivos cuando esto no bastó). En segundo lugar porque desde el inicio de su reinado, Mohamed VI ha permanecido muy vigilante en relación al wahabismo marroquí al que, frecuentemente ha golpeado con extrema dureza y a la utilización de operaciones preelectorales “false flag” como los atentados de Casablanca que costaron pérdidas electorales momentáneas al partido Justicia y Desarrollo de carácter islamista. Finalmente porque el rey de Marruecos es, al mismo tiempo, “jefe religioso” del país (“emir de los creyentes”) suníes de rito malekita dado que en su genealogía estaría emparentado con… Mahoma. Sin embargo, la pregunta es ¿hasta cuánto tiempo Marruecos logrará contener al islamismo radical?

La política de migración de Marruecos ha sido sabia: no pone ningún obstáculo a la salida de los fundamentalistas radicales que van a propagar el islam a Europa y evitan propagar su versión radical en el Magreb. No es por casualidad que la mayoría de atentados yihadistas que se han cometido en Europa desde el asesinato del cineasta Theo Van Gogh en Holanda en 2004, hayan tenido a numerosos marroquíes implicados. Sin olvidar que los servicios secretos marroquíes siguen muy de cerca a todos estos grupos, no tanto por su interés en la lucha antiterrorista, como para luego intercambiar con los Estados Europeos información a cambio de envíos de fondos.  

La red de mezquitas wahabitas subvencionadas desde Arabia Saudí, que entraban en conflicto con el islam dirigido por Mohamed VI, ha recibido todo tipo de obstáculos para su implantación. Pero la acción más inteligente de la monarquía marroquí a consistido en aislar el movimiento Caridad y Justicia dirigido por hija del jeque Abdeslam Yassin, una ONG que no actúa como partido político pero cuenta con 40.000 seguidores según la policía marroquía y 200.000 según la propia organización. Caridad y Justicia  es especialmente fuere en Casablanca y en la universidad. No reconoce a Mohamed VI como “emir de los creyentes”.

Por su parte, el partido Justicia y Desarrollo, aprendió la lección de los atentados de 2003: si mantenía una posición ecléctica ante el yihadismo se vería envuelto en operaciones “bandera falsa” que le hurtarían la victoria… como ocurrió tras los atentados de 2003. Después de la reforma constitucional de 2009, Justicia y Desarrollo se asoció con el poder, mostró su sumisión a Mohamed VI y en la actualidad mantiene una posición similar al partido de Tayip Erdogan en Turquía con el que además de coincidencia en el nombre, tiene también como rasgo característico el islamismo moderado. Sin embargo, el gobierno de Justicia y Desarrollo, hasta ahora no ha aplicado las reformas constitucionales previstas y la presión social interior sigue subiendo: la demografía explosiva de Marruecos crece a mayor velocidad que la industrialización y la inmigración es una espita pero… sometida también a la presión demográfica que sufre del África subsahariana.

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El pasado 14 de junio, tuvo lugar en Fez la constitución del Consejo Superior de la Fundación Mohamed VI de los Ulemas Africanos, que contó con la presencia de 800 imanes procedentes de Malí, Guine, Costa de Marfil, Senegal, Túnez y Francia, cuya intención es ampliar la influencia del islam malekita sobre África negra. Agrupa a ulemas (“doctores de la fe”) de 31 países y su objetivo declarado es “promover la tolerancia y la moderación frente al islam integrista y el yihadismo en África”. El objetivo real, por supuesto, muy diferente: evitar el contagio yihadista –muy avanzado, por lo demás- en África, ampliar la influencia de Marruecos en África y crear una especie de “Escuela de las Américas” orientada hacia la lucha contra el yihadismo.

¿Puede resultar la operación? Difícilmente. La islamización creciente de la sociedad marroquí tiene un riesgo que ya ha sido detectado en Casablanca y en otros países de la zona: la increíble facilidad con la que un islamista “moderado” se convierte en “radical” mediante la lectura de algunos versículos del Corán. Es cierto que la islamización de sociedad marroquí garantiza a Mohamed VI tener atados a sus súbditos por un lazo más fuerte que el político, el religioso… pero también es cierto que la predicación de Caridad y Justicia negando que Mohamed VI sea el “emir legítimo”, a causa de las injusticias que permite y de la vida inmoral contraria a los principios coránicos que lleva, tiene una fuerza extraordinaria en las zonas más deprimidas del país. ¿Hasta cuándo conseguirá Mohamed VI mantener aislado y contenido al islam radical? Hasta el infinito no, desde luego. Bastaría un año de sequía o una mala cosecha para que miles de agricultores emigraran de los campos a las ciudades, contribuyendo al aumento de la presión social. 

mercredi, 22 juin 2016

Leading Antiwar Progressives Speak Favorably of Aspects of Trump’s Foreign Policy

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Leading Antiwar Progressives Speak Favorably of Aspects of Trump’s Foreign Policy

By

Ex: http://www.lewrockwell.com

Until recently the progressive mind has been resolutely closed and stubbornly frozen in place against all things Trump.

But cracks are appearing in the ice.  With increasing frequency over the last few months, some of the most thoughtful left and progressive figures have begun to speak favorably of aspects of Trump’s foreign policy.  Let us hear from these heretics, among them William Greider, Glen Ford, John Pilger, Jean Bricmont, Stephen F. Cohen and William Blum.  Their words are not to be construed as “endorsements,” but rather an acknowledgment of Trump’s anti-interventionist views, the impact those views are having and the alternative he poses to Hillary Clinton in the current electoral contest.

First, let’s consider the estimable William Greider, a regular contributor to The Nation and author of Secrets of the Temple.  He titled a recent article for the Nation, “Donald Trump Could be The Military Industrial Complex’s Worst Nightmare: The Republican Front Runner is Against Nation Building.  Imagine That.” 

Greider’s article is brief, and I recommend reading every precious word of it.  Here is but one quote: “Trump has, in his usual unvarnished manner, kicked open the door to an important and fundamental foreign-policy debate.”  And here is a passage from Trump’s interview with the Washington Post that Greider chooses to quote:

“’I watched as we built schools in Iraq and they’d be blown up,’ Trump told the editors.  ‘And we’d build another one and it would get blown up. And we would rebuild it three times. And yet we can’t build a school in Brooklyn.… at what point do you say hey, we have to take care of ourselves. So, you know, I know the outer world exists and I’ll be very cognizant of that but at the same time, our country is disintegrating, large sections of it, especially in the inner cities.’”

Trump talks about building infrastructure for the inner cities, especially better schools for African American children, rather than bombing people of color halfway around the world!  That is hardly racism.  And it is not how the mainstream media wants us to think of The Donald.

Next, Glen Ford, the eloquent radical Left executive editor of Black Agenda Report, a superb and widely read outlet, penned an article in March 2016, with the following title: “Trump Way to the Left of Clinton on Foreign Policy – In Fact, He’s Damn Near Anti-Empire.” Ford’s piece is well worth reading in its entirety; here are just a few quotes :

“Trump has rejected the whole gamut of U.S. imperial war rationales, from FDR straight through to the present.”

“If Trump’s tens of millions of white, so-called ‘Middle American’ followers stick by him, it will utterly shatter the prevailing assumption that the American public favors maintenance of U.S. empire by military means.”

“Trump shows no interest in ‘spreading democracy,’ like George W. Bush, or assuming a responsibility to ‘protect’ other peoples from their own governments, like Barack Obama and his political twin, Hillary Clinton.”

“It is sad beyond measure that the near-extinction of independent Black politics has placed African Americans in the most untenable position imaginable at this critical moment: in the Hillary Clinton camp.”

iran_protest_280112crop-1_5.jpgNext, let’s turn to John Pilger, the Left wing Australian journalist and documentary film maker who has been writing about Western foreign policy with unimpeachable accuracy and wisdom since the Vietnam War era.   Here are some of his comments on Trump:

“..Donald Trump is being presented (by the mass media) as a lunatic, a fascist.  He is certainly odious; but he is also a media hate figure.  That alone should arouse our skepticism.” 

“Trump’s views on migration are grotesque, but no more grotesque than those of David Cameron. It is not Trump who is the Great Deporter from the United States, but the Nobel Peace Prize winner, Barack Obama.”

“In 1947, a series of National Security Council directives described the paramount aim of American foreign policy as ‘a world substantially made over in [America’s] own image’.  The ideology was messianic Americanism. We were all Americans. Or else. …”

“Donald Trump is a symptom of this, but he is also a maverick. He says the invasion of Iraq was a crime; he doesn’t want to go to war with Russia and China. The danger to the rest of us is not Trump, but Hillary Clinton. She is no maverick. She embodies the resilience and violence of a system whose vaunted ‘exceptionalism’ is totalitarian with an occasional liberal face.”

The money quote is: “The danger to the rest of us is not Trump, but Hillary Clinton.”  When Pilger submitted his article to the “progressive” magazine Truthout, this sentence was deleted, censored as he reported, along with a few of the surrounding sentences.  Such censorship had not been imposed on Pilger by Truthout ever before.  Truthout’s commitment to free speech apparently has limits in the case of The Donald versus Hillary, rather severe ones.  So one must read even the progressive press with some skepticism when it comes to Trump.

Trump has also been noticed by the Left in Europe, notably by the sharp minded Jean Bricmont, physicist and author of Humanitarian Imperialism who writes here:

(Trump) “is the first major political figure to call for ‘America First’ meaning non-interventionism.  He not only denounces the trillions of dollars spent in wars, deplores the dead and wounded American soldiers, but also speaks of the Iraqi victims of a war launched by a Republican President. He does so to a Republican public and manages to win its support. He denounces the empire of US military bases, claiming to prefer to build schools here in the United States. He wants good relations with Russia. He observes that the militarist policies pursued for decades have caused the United States to be hated throughout the world. He calls Sarkozy a criminal who should be judged for his role in Libya. Another advantage of Trump: he is detested by the neoconservatives, who are the main architects of the present disaster.”

And then there is Stephen F. Cohen, contributing editor for The Nation and Professor Emeritus of Russian History at Princeton and NYU.  Cohen makes the point that Trump, alone among the presidential candidates, has raised five urgent and fundamental questions, which all other candidates in the major parties have either scorned or more frequently ignored. The five questions all call into question the interventionist warlike stance of the US for the past 20 plus years. Cohen enumerates the questions here, thus:

“Should the United States always be the world’s leader and policeman?

“What is NATO’s proper mission today, 25 years after the end of the Soviet Union and when international terrorism is the main threat to the West?

“Why does Washington repeatedly pursue a policy of regime change, in Iraq, Libya, possibly in Ukraine, and now in Damascus, even though it always ends in “disaster”?

“Why is the United States treating Putin’s Russia as an enemy and not as a security partner?

“And should US nuclear weapons doctrine include a no-first use pledge, which it does not?”

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Cohen comments in detail on these questions here. Whatever one may think of the answers Trump has provided to the five questions, there is no doubt that he alone among the presidential candidates has raised them – and that in itself is an important contribution.

At this point, I mention my own piece, which appeared late last year.  Entitled “Who is the Arch Racist, Hillary or The Donald”?  Like Cohen’s pieces, it finds merit with the Trump foreign policy in the context of posing a question.

Finally, let us turn to Bill Blum, who wrote an article entitled, “American Exceptionalism and the Election Made in Hell (Or Why I’d Vote for Trump Over Hillary).”  Again there is little doubt about the stance of Blum, who is the author of Killing Hope: U.S. Military and CIA Interventions Since World War II, a scholarly compendium, which Noam Chomsky calls “Far and away the best book on the topic.”

Blum begins his piece:

“If the American presidential election winds up with Hillary Clinton vs. Donald Trump, and my passport is confiscated, and I’m somehow FORCED to choose one or the other, or I’m PAID to do so, paid well … I would vote for Trump.”

“My main concern is foreign policy. American foreign policy is the greatest threat to world peace, prosperity, and the environment. And when it comes to foreign policy, Hillary Clinton is an unholy disaster. From Iraq and Syria to Libya and Honduras the world is a much worse place because of her; so much so that I’d call her a war criminal who should be prosecuted.”

And he concludes:

“He (Trump) calls Iraq ‘a complete disaster’, condemning not only George W. Bush but the neocons who surrounded him. ‘They lied. They said there were weapons of mass destruction and there were none. And they knew there were none. There were no weapons of mass destruction.’ He even questions the idea that ‘Bush kept us safe’, and adds that ‘Whether you like Saddam or not, he used to kill terrorists’.”

“Yes, he’s personally obnoxious. I’d have a very hard time being his friend. Who cares?”

I conclude with Blum’s words because they are most pertinent to our present situation.  The world is living through a perilous time when the likes of the neocons and Hillary Clinton could lead us into a nuclear Armageddon with their belligerence toward Russia and their militaristic confrontation with China.

The reality is that we are faced with a choice between Clinton and Trump, a choice which informs much of the above commentary.  Survival is at stake and we must consider survival first if our judgments are to be sane.

lundi, 20 juin 2016

Brexit. Quel Brexit?

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Brexit. Quel Brexit?

Dominique Baettig
Médecin, Ancien Conseiller national
Ex: http://www.lesobservateurs.ch
 

L’heure de la sortie ( Brexit) s’approche ?  Il est permis de l’espérer et même de s’en réjouir quand on voit la déliquescence de l’Union européenne, son incapacité à faire respecter des règles et des limites  face à la déferlante migratoire, son hystérie grave anti-russse (deux poids deux mesures dans la lutte anti-hooligans), sa frénésie de sanctions contre les politiques des gouvernements récemment entrés dans l’Union et encore trop souverains. Sans parler des soutiens ambigus aux groupes islamistes syriens et l’ingérence militaire en Afrique. L’Union européenne ne fait pas envie, elle menace, sanctionne, exige, démonte, endette, impose une austérité qui ne profite pas à la population mais aux créanciers, on l’a vu en Grèce, où une pseudo opposition de gauche « souverainiste » s’est couchée pour pouvoir rester dans la Prison Centrale dont on ne peut s’échapper sans sanctions lourdes. Les anglais quitteront-ils  l’Union par un vote? On peut  malheureusement en douter car le Système ne permettra pas de retour démocratique, « populiste », en arrière. On vient de voir comment un candidat souverainiste autrichien, pourtant favori, s’est fait barrer l’accès par une coalition multicolore (rouge, verte, migrante, féministe, islamophile)  dans des conditions de dépouillement du vote par correspondance franchement douteuses et qui donneront lieu à un recours.

Parmi les stratégies de ceux qui ne veulent pas de souveraineté, tout, dans le domaine de la propagande émotionnelle, est permis. Le pâle parti UKIP (copie édulcorée de l’UDC), libéral, immigrationiste sélectif et partisan, à la Thatcher, d’une sortie light de l’Union en défendant un tout petit mieux les intérêts anglais se liquéfie à la première provocation violente. Un déséquilibré tire sur une députée anglaise en disant, parait-il « Britain First » et déjà les partisans du référendum se ramollissent : non, nous sommes gentils, pas nationalistes, nous aimons les migrants qui travaillent et concurrencent les indigènes fatigués, pas assez innovants. Nous resterons dans l’Union, nous ne sommes pas amis du Front national  français qui lui-même diabolise une partie de ses militants et refuse de collaborer avec d’autres souverainistes européens. Pas grand-chose à redouter de tels adversaires vite déstabilisés et manipulables pour la machinerie européenne et les milieux de la spéculation qui jouent sur des sondages favorables à la sortie pour engranger quelques bénéfices à cette occasion. Les partis politiques sont empêtrés dans le Système et ne feront rien de concret ou de sérieux. C’est aux citoyens européens de se réapproprier l’Economie locale de proximité, la démocratie directe pour mettre le maximum de freins, d’obstacles, de digues, d’encoubles à la libre circulation  des personnes et des services et au développement du Grand Marché européen, bientôt Transatlantique. Et tout faire pour arrêter les guerres d’ingérence au Proche-Orient, en Afrique du Nord qui  alimentent la migration illégale. Tout faire aussi pour mettre un terme à l’hystérie antirusse de l’Otan. Résistons, pour la paix, le respect mutuel, la démocratie et la souveraineté nationale, la promotion d’une politique de coopération et pas de sanctions et de menaces. Et ne nous laissons pas impressionner par les profiteurs qui annoncent avec le Brexit, la fin du Monde.

La construction européenne doit être revue, redimensionnée,  devenir vraiment fédéraliste et démocratique.

Le Brexit sera une opportunité pour remettre en route un processus inspiré du modèle suisse pour permettre aux citoyens européens de sortir de l’Empire.

Dominique Baettig  ancien Conseiller national, militant souverainiste,  Delémont.

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samedi, 18 juin 2016

Poutine vs l’Occident. Un conflit essentiellement idéologique ?

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Poutine vs l’Occident. Un conflit essentiellement idéologique ?

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L’opposition actuelle entre l’Occident (USA/Union européenne) et la Russie de Vladimir Poutine est autant, sinon plus, de nature idéologique que politique et géopolitique. Telle est la thèse développée par Mathieu Slama dans son remarquable essai La guerre des mondes – réflexion sur la croisade idéologique de Poutine contre l’Occident (Ed. de Fallois). Mathieu Slama intervient de façon régulière dans les médias sur les questions de politique internationale. Un des premiers en France à avoir décrypté la propagande de l’État islamique, il a publié plusieurs articles sur la stratégie de Poutine vis-à-vis de l’Europe et de l’Occident.

Entre Poutine et l’Europe, affirme Slama, ce sont deux conceptions, deux grammaires du monde et de l’homme – antagonistes et irréconciliables – qui s’opposent. Cet antagonisme a remplacé celui qui opposait l’Est à l’Ouest, et de façon plus radicale que celui qui opposait le communisme et la démocratie libérale, « car ces deux modèles partageaient une même vision matérialiste de l’homme, congédiant dans un même mouvement Dieu et la tradition, l’un au nom de l’égalité, l’autre au nom de la liberté. »

Quels sont les fondements de cette opposition radicale ? C’est chez l’intellectuel russe Alexandre Douguine,  nous dit Slama, que se trouve une partie de la réponse quand il écrit que « l’eurasisme est une vision du  monde qui se base sur la multipolarité. Nous rejetons l’universalisme du modèle occidental, protestons contre le racisme culturel européen et affirmons la pluralité des civilisations et des cultures. Pour nous, les droits de l’homme, la démocratie libérale, le libéralisme économique et le capitalisme sont seulement des valeurs occidentales. »

Mais plus que de Douguine, la doxa développée par Poutine procède pour l’essentiel de l’oeuvre d’Alexandre Soljenitsyne. « Des millions de gens dans le monde lient le nom et les œuvres d’Alexandre Soljenitsyne au sort de la Russie elle-même. Comme il l’a dit lui-même : la Russie, c’est nous-mêmes. Nous sommes sa chair et son  sang, son peuple. », dira Poutine lors de la remise du prix d’État à l’écrivain en 2007. L’Occident oublieux de ses racines chrétiennes, l’Occident matérialiste qui sacralise l’individu : ces thèmes chers à l’auteur de L’Archipel du Goulag, Poutine les a en effet fait siens.

VLADIMIR_PUTIN_AND_FRIENDS_KGB-CAREER_BY_ACHILLE_ZIBI_MAIN_BNR_01.jpgC’est à partir de 2012, à l’occasion de son second mandat, que Poutine a exprimé de façon aboutie et cohérente son conservatisme. Tout en précisant que  « nul ne peut dire, à l’écoute de Vladimir Poutine, ce qui relève de la sincérité ou de l’hypocrisie – voire du mensonge et de la propagande. », Mathieu Slama  observe que  « le discours de Poutine correspond aussi à un état d’esprit majoritaire en Russie, voire dans l’ensemble du monde non-occidental. Autrement dit, fut-il insincère, ce discours révèle une vérité irréductible à l’honnêteté ou non de celui qui le prononce. »

A l’universalisme sans frontières, à l’individualisme exacerbé, au refus de l’identité qui fondent la doxa de l’Union européenne, Poutine défend un type de société traditionnelle, qui prend ses sources dans l’histoire de la Russie et dans sa culture. Slama rappelle que l’hôte du Kremlin refuse l’assujettissement de la souveraineté nationale à « des règles de droit universelles qui font de chaque individu le membre d’une même humanité » énoncées au nom des droits de l’homme. Contrairement à ce qu’a affirmé à Moscou François Hollande – « Nous avons en commun une vision du monde » – la vision de Poutine se situe bien à l’opposé de celle du président français.

Cela explique, au passage, la hargne avec laquelle les médias occidentaux traitent Vladimir Poutine. « Dictateur », « tyran », « tricheur », « assassin », « voleur » etc., les qualificatifs attribués au président russe ne manquent pas. Jamais les hôtes du Kremlin durant la période de l’URSS n’ont été traités avec autant d’hostilité.

Et pourtant, malgré cela, Poutine semble rencontrer une audience croissante auprès de plus en plus d’Européens. La raison ? Pour Slama, « l’homme européen, confronté à ce qu’Heidegger appelait la fuite des  dieux vit une citoyenneté libre et émancipée mais pauvre en monde. (…) Seuls comptent dans la société technologique, le présent et l’avenir. Mais quel avenir ? (…) Confrontées  à la machinerie sans âme de l’Union européenne et à la dislocation de leur souveraineté, menacées en leur sein de ruptures culturelles sans précédent, les nations européennes naviguent à vue, reléguées derrière la grande puissance américaine, la Russie et les grandes nations émergentes. »

Finalement ce n’est pas tant la réussite du modèle poutinien qui fascine de plus en plus d’Européens mais le délitement du modèle occidental qu’il met par contraste en lumière. « Nous intéresser à ce que dit Poutine, c’est aussi nous confronter à nos propres errance et renoncements », prévient l’auteur. Car, rappelle-t-il, «la nation, en Europe n’existe plus que dans son rapport à l’universel et au droit et, par conséquent, c’est la question même de sa survie qui est posée.». Tout est dit.

PLG

La guerre des mondes – réflexion sur la croisade idéologique de Poutine contre l’Occident, Mathieu Slama, Editions de Fallois, 125 pages, 16€