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lundi, 07 septembre 2026

AfD - Le nouveau parti des ouvriers

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AfD - Le nouveau parti des ouvriers

Par Daniell Pföhringer 

Source: https://www.compact-online.de/die-neue-arbeiterpartei/

Lors des élections régionales de Saxe-Anhalt, l’AfD est arrivée en tête dans presque toutes les tranches d’âge. Son avance était particulièrement nette chez les 35-44 ans et les 45-59 ans: dans ces deux catégories, elle a recueilli 53% des voix.

Mais l’AfD a également obtenu de bons résultats chez les jeunes et les primo-votants de 18 à 24 ans, ainsi que chez les 25-34 ans, avec respectivement 42 et 44% des voix, ce qui la place très nettement devant tous les autres partis. Chez les 60-69 ans, elle a recueilli 47% des suffrages. Ce n’est que chez les plus de 70 ans qu’elle se retrouve à égalité avec la CDU, à 31%.

De manière générale, on peut affirmer que plus la tranche d’âge des électeurs est élevée, plus le soutien à la CDU est important. Chez les jeunes électeurs de 18 à 24 ans, le parti du ministre-président encore en fonction, Sven Schulze, atteint tout juste la barre des 5%. Outre l’AfD, Die Linke (17%) et les Verts (13%) ont également obtenu dans cette tranche d’âge des résultats supérieurs à leur moyenne.

Une forte implantation dans toutes les catégories professionnelles

Si l’on examine les catégories professionnelles, les chiffres d’Infratest dimap montrent que l’AfD, victorieuse du scrutin, est particulièrement forte parmi les ouvriers. Dans cette catégorie, 61% des électeurs ont voté pour le parti, qui devance ainsi largement toutes les autres formations. Le SPD, autrefois considéré comme le parti des ouvriers, est très largement distancé: il arrive derrière la CDU (10%), Die Linke (7%) et le BSW (6%), et à égalité avec les Verts (5%).

Parmi les employés également, l’AfD devance largement tous les autres partis avec 46% des voix. Dans cette catégorie, la CDU recueille 13%, les Verts 12% et Die Linke 10%. Chez les travailleurs indépendants, plus d’un électeur sur deux a voté pour l’AfD (52%), contre 19% pour la CDU et 14% pour les Verts.

Une ventilation des résultats selon le sexe fait apparaître en Saxe-Anhalt un phénomène déjà observé lors de précédents scrutins. Alors que 50% des hommes ont voté pour l’AfD, cette proportion n’est que de 39% chez les femmes. Un élément est ici particulièrement frappant: auprès des femmes, tous les partis représentés dans le nouveau Parlement régional, à l’exception de l’AfD, obtiennent de meilleurs résultats qu’auprès des hommes. Le SPD, les Verts et Die Linke recueillent tout au plus deux points de pourcentage supplémentaires chez les femmes, tandis que l’écart atteint quatre points pour la CDU.

L’AfD remporte presque tous les mandats directs

Autre détail remarquable de ces élections: l’AfD a remporté presque toutes les circonscriptions au scrutin direct en Saxe-Anhalt. Dans trois circonscriptions — Magdebourg II, Halle II et Halle III —, les candidats de Die Linke ont été élus directement au Parlement régional. En revanche, la CDU au pouvoir n’a remporté aucun mandat direct. Lors des élections régionales de 2021, l’Union avait encore gagné 40 des 41 circonscriptions au scrutin direct. Cela souligne une nouvelle fois l’ampleur de la débâcle subie hier par la CDU.

Pour ce qui est des secondes voix, attribuées aux listes des partis, l’AfD a dominé dans 40 des 41 circonscriptions. Ce n’est que dans la circonscription de Halle III que les Verts sont arrivés en tête des secondes voix, avec 33,7%. Là encore, le déclin de l’Union est manifeste, puisque la CDU avait encore obtenu le plus grand nombre de secondes voix dans les 41 circonscriptions en 2021.

L’un des mandats directs a été remporté par Ulrich Siegmund, tête de liste de l’AfD. Selon les résultats provisoires, il a recueilli 49,0% des premières voix dans sa circonscription de Genthin. Le meilleur résultat de l’AfD en matière de premières voix a toutefois été obtenu par Reiner Kretschmann, avec 55,6% à Eisleben. Le candidat direct de la CDU, René Barthel, n’y a recueilli que 21,4%. Dans aucune autre circonscription l’écart n’a été aussi important: 34,2 points de pourcentage.

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Le deuxième meilleur résultat au scrutin direct a été obtenu par Hans-Thomas Tillschneider (photo), avec 54,9% dans la circonscription de Querfurt. La troisième place du classement de l’AfD pour les premières voix revient à Matthias Büttner, qui a obtenu 53,4% à Staßfurt. Au total, onze candidats directs de l’AfD ont recueilli plus de 50% des suffrages.

Le ministre-président encore en fonction, Sven Schulze, a perdu son mandat direct dans la circonscription de Magdebourg III face à Christian Mertens, de l’AfD. Schulze a obtenu 31,7%, contre 35,2% pour Mertens: il s’agissait du résultat le plus serré de la soirée électorale d’hier. Dans la circonscription de Halle III, Jannik-Loris Balint, de Die Linke, a remporté une victoire écrasante avec 39,9% des premières voix. Il devance ainsi de 22,1 points son adversaire de l’AfD, Martin Sehrndt (17,8%), lequel a obtenu le score le plus faible de tous les candidats arrivés en deuxième position au scrutin direct.

Les bastions électoraux

L’AfD a obtenu des résultats particulièrement élevés en matière de secondes voix dans les zones rurales situées au sud de Magdebourg. Dans l’arrondissement de Mansfeld-Harz-du-Sud, elle a recueilli plus d’une voix sur deux (51,9%); dans les communes de Plötzkau et de Schnaudertal, elle a même dépassé les 60%. Le BSW a enregistré des résultats supérieurs à sa moyenne dans les circonscriptions d’Aschersleben (7,4%), de Dessau-Roßlau (6,6%) et de Stendal (6,4%).

Les bastions des autres partis sont répartis dans l’ensemble du Land. Dans l’arrondissement de Wittenberg, la CDU, avec 20,3%, a obtenu un résultat supérieur à sa moyenne régionale; à l’échelle communale, elle a réalisé son meilleur score à Steigra, avec 23,3%. Die Linke et les Verts ont surtout obtenu de bons résultats dans les villes traditionnellement ancrées à gauche de Magdebourg et de Halle. Quant au SPD, il a enregistré son meilleur score à Wernigerode, dans le Harz, avec 16,5%.

AfD - Le nouveau parti des ouvriers

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AfD - Le nouveau parti des ouvriers

Par Daniell Pföhringer 

Source: https://www.compact-online.de/die-neue-arbeiterpartei/

Lors des élections régionales de Saxe-Anhalt, l’AfD est arrivée en tête dans presque toutes les tranches d’âge. Son avance était particulièrement nette chez les 35-44 ans et les 45-59 ans: dans ces deux catégories, elle a recueilli 53% des voix.

Mais l’AfD a également obtenu de bons résultats chez les jeunes et les primo-votants de 18 à 24 ans, ainsi que chez les 25-34 ans, avec respectivement 42 et 44% des voix, ce qui la place très nettement devant tous les autres partis. Chez les 60-69 ans, elle a recueilli 47% des suffrages. Ce n’est que chez les plus de 70 ans qu’elle se retrouve à égalité avec la CDU, à 31%.

De manière générale, on peut affirmer que plus la tranche d’âge des électeurs est élevée, plus le soutien à la CDU est important. Chez les jeunes électeurs de 18 à 24 ans, le parti du ministre-président encore en fonction, Sven Schulze, atteint tout juste la barre des 5%. Outre l’AfD, Die Linke (17%) et les Verts (13%) ont également obtenu dans cette tranche d’âge des résultats supérieurs à leur moyenne.

Une forte implantation dans toutes les catégories professionnelles

Si l’on examine les catégories professionnelles, les chiffres d’Infratest dimap montrent que l’AfD, victorieuse du scrutin, est particulièrement forte parmi les ouvriers. Dans cette catégorie, 61% des électeurs ont voté pour le parti, qui devance ainsi largement toutes les autres formations. Le SPD, autrefois considéré comme le parti des ouvriers, est très largement distancé: il arrive derrière la CDU (10%), Die Linke (7%) et le BSW (6%), et à égalité avec les Verts (5%).

Parmi les employés également, l’AfD devance largement tous les autres partis avec 46% des voix. Dans cette catégorie, la CDU recueille 13%, les Verts 12% et Die Linke 10%. Chez les travailleurs indépendants, plus d’un électeur sur deux a voté pour l’AfD (52%), contre 19% pour la CDU et 14% pour les Verts.

Une ventilation des résultats selon le sexe fait apparaître en Saxe-Anhalt un phénomène déjà observé lors de précédents scrutins. Alors que 50% des hommes ont voté pour l’AfD, cette proportion n’est que de 39% chez les femmes. Un élément est ici particulièrement frappant: auprès des femmes, tous les partis représentés dans le nouveau Parlement régional, à l’exception de l’AfD, obtiennent de meilleurs résultats qu’auprès des hommes. Le SPD, les Verts et Die Linke recueillent tout au plus deux points de pourcentage supplémentaires chez les femmes, tandis que l’écart atteint quatre points pour la CDU.

L’AfD remporte presque tous les mandats directs

Autre détail remarquable de ces élections: l’AfD a remporté presque toutes les circonscriptions au scrutin direct en Saxe-Anhalt. Dans trois circonscriptions — Magdebourg II, Halle II et Halle III —, les candidats de Die Linke ont été élus directement au Parlement régional. En revanche, la CDU au pouvoir n’a remporté aucun mandat direct. Lors des élections régionales de 2021, l’Union avait encore gagné 40 des 41 circonscriptions au scrutin direct. Cela souligne une nouvelle fois l’ampleur de la débâcle subie hier par la CDU.

Pour ce qui est des secondes voix, attribuées aux listes des partis, l’AfD a dominé dans 40 des 41 circonscriptions. Ce n’est que dans la circonscription de Halle III que les Verts sont arrivés en tête des secondes voix, avec 33,7%. Là encore, le déclin de l’Union est manifeste, puisque la CDU avait encore obtenu le plus grand nombre de secondes voix dans les 41 circonscriptions en 2021.

L’un des mandats directs a été remporté par Ulrich Siegmund, tête de liste de l’AfD. Selon les résultats provisoires, il a recueilli 49,0% des premières voix dans sa circonscription de Genthin. Le meilleur résultat de l’AfD en matière de premières voix a toutefois été obtenu par Reiner Kretschmann, avec 55,6% à Eisleben. Le candidat direct de la CDU, René Barthel, n’y a recueilli que 21,4%. Dans aucune autre circonscription l’écart n’a été aussi important: 34,2 points de pourcentage.

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Le deuxième meilleur résultat au scrutin direct a été obtenu par Hans-Thomas Tillschneider (photo), avec 54,9% dans la circonscription de Querfurt. La troisième place du classement de l’AfD pour les premières voix revient à Matthias Büttner, qui a obtenu 53,4% à Staßfurt. Au total, onze candidats directs de l’AfD ont recueilli plus de 50% des suffrages.

Le ministre-président encore en fonction, Sven Schulze, a perdu son mandat direct dans la circonscription de Magdebourg III face à Christian Mertens, de l’AfD. Schulze a obtenu 31,7%, contre 35,2% pour Mertens: il s’agissait du résultat le plus serré de la soirée électorale d’hier. Dans la circonscription de Halle III, Jannik-Loris Balint, de Die Linke, a remporté une victoire écrasante avec 39,9% des premières voix. Il devance ainsi de 22,1 points son adversaire de l’AfD, Martin Sehrndt (17,8%), lequel a obtenu le score le plus faible de tous les candidats arrivés en deuxième position au scrutin direct.

Les bastions électoraux

L’AfD a obtenu des résultats particulièrement élevés en matière de secondes voix dans les zones rurales situées au sud de Magdebourg. Dans l’arrondissement de Mansfeld-Harz-du-Sud, elle a recueilli plus d’une voix sur deux (51,9%); dans les communes de Plötzkau et de Schnaudertal, elle a même dépassé les 60%. Le BSW a enregistré des résultats supérieurs à sa moyenne dans les circonscriptions d’Aschersleben (7,4%), de Dessau-Roßlau (6,6%) et de Stendal (6,4%).

Les bastions des autres partis sont répartis dans l’ensemble du Land. Dans l’arrondissement de Wittenberg, la CDU, avec 20,3%, a obtenu un résultat supérieur à sa moyenne régionale; à l’échelle communale, elle a réalisé son meilleur score à Steigra, avec 23,3%. Die Linke et les Verts ont surtout obtenu de bons résultats dans les villes traditionnellement ancrées à gauche de Magdebourg et de Halle. Quant au SPD, il a enregistré son meilleur score à Wernigerode, dans le Harz, avec 16,5%.

Le deuxième tournant historique de l’Allemagne

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Le deuxième tournant historique de l’Allemagne

par Wolfgang Hübner

Source: https://pi-news.net/2026/09/deutschlands-zweite-wende/

Après les événements de Saxe-Anhalt, une nouvelle époque de l’histoire allemande se dessine à l'horizon. Elle a déjà un visage: celui d’Ulrich Siegmund, né en 1990, l’année de la réunification. Au lendemain de son grand succès électoral, rien ne pourrait être plus superficiel que de se demander si, et comment, il deviendra prochainement ministre-président de ce Land, même sans majorité absolue. Car il obtiendra bien entendu cette fonction — qui d’autre pourrait l’obtenir?! Mais Siegmund, cet enfant du premier grand tournant national, signale, du haut de ses 35 ans, la fin de la vassalisation de ce pays et de ce peuple.

Avec cet homme politique de l’AfD réapparaît une Allemagne qui se libère des ombres du national-socialisme et du complexe d’expiation. Quiconque, dans un refus absolu de tirer les leçons du passé, cherche à nuire à Siegmund en brandissant contre lui la fallacieuse massue accusatoire de "nazisme" ne fera que se ranger lui-même parmi les irréductibles. Les prochaines semaines, jusqu’à l’élection de l’homme de Tangermünde au poste de ministre-président, seront certes encore marquées par les mises en scène plus ou moins enragées du front uni de la mouvance Antifa, mais la pénible époque des coalitions formées contre un parti touche à sa fin.

Avec le scrutin de Saxe-Anhalt s’est ouverte une période de nouvelles perspectives pour cette maison de retraite prise de panique qu’est la République fédérale. Cela concerne aussi bien la politique intérieure que la politique étrangère. La chute vertigineuse de la CDU en Saxe-Anhalt et dans les sondages fait sonner le glas de celle qui fut pendant de longues années le « parti d’État » d’Adenauer et de Kohl. Ce parti moribond souffre d’une maladie incurable provoquée par la funeste stratégie du « cordon sanitaire », qui devait pourtant — ironie du sort — le préserver du malheur.

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Friedrich Merz peut porter le deuil, mais seul son ami Zelensky pleurera ce chancelier qui a d’ores et déjà échoué. Outre le triomphe de Siegmund, le résultat électoral dans l’Est présente un autre aspect important : le sauvetage in extremis du BSW, le parti de Wagenknecht. Premièrement, le BSW devient ainsi l’arbitre décisif au Parlement de Magdebourg. Et après sa faute politique en Thuringe, le parti ne peut pas une nouvelle fois mettre son existence en jeu avec un spectacle anti-AfD politiquement aveugle. Deuxièmement, la ligne pacifiste relativement constante du BSW a porté ses fruits. Elle reste nécessaire en Allemagne, notamment parce que la position de l’AfD à cet égard est loin d’être univoque.

Le résultat électoral comporte encore d’autres aspects remarquables. Les prochains jours seront consacrés à leur interprétation. Une chose est toutefois claire : en Saxe-Anhalt, des faits ont été établis pour l’avenir de l’Allemagne que plus personne ne peut désormais faire disparaître par des pirouettes interprétatives — le deuxième tournant a commencé !

Victoire de l’AfD aux élections en Saxe-Anhalt: quelle suite?

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Victoire de l’AfD aux élections en Saxe-Anhalt: quelle suite?

Source: https://report24.news/afd-sieg-in-sachsen-anhalt-wahl-wie...

Le résultat provisoire des élections régionales en Saxe-Anhalt est connu. Avec 43,8% des voix, l’AfD devient ainsi la première force politique du Land, tandis que le score de la CDU a été réduit de plus de moitié. L’entrée du BSW au Parlement empêche toutefois l’AfD de disposer d’une majorité de sièges lui permettant de gouverner seule. Que va-t-il donc se passer maintenant ?

En 2018 encore, Friedrich Merz annonçait avec emphase qu’il briguait la présidence de la CDU afin de réduire de moitié le score de l’AfD. Or, huit ans plus tard, c’est précisément l’AfD qui a divisé par deux celui de la CDU. Tandis que l’"Alternative pour l’Allemagne" a plus que doublé sa part des voix, l’Union chrétienne-démocrate, malgré une participation électorale record, a perdu plus de la moitié de son électorat — soit une baisse de 19,9 points — et n’est plus parvenue à convaincre que 17,2% des électeurs. Les réactions des représentants de la CDU étaient révélatrices.

La seule question qui se pose désormais est celle de la suite. Ulrich Siegmund, qui déclarait encore avant le scrutin ne vouloir devenir ministre-président qu’en cas de majorité nette de l’AfD, considère à présent que d’autres possibilités sont envisageables. Il a qualifié de « bricolage » le modèle proposé par le BSW, qui prévoit un ministre-président au-dessus des partis. Une coopération pourrait avoir lieu avec les forces disposées à soutenir le changement de politique réclamé par l’AfD — expressément, «que cela passe par un groupe parlementaire ou par des députés à titre individuel». En cas d’échec, Siegmund a même évoqué de nouvelles élections, prédisant alors «50 ou 55%» des voix pour son parti.

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Le BSW, qui a franchi de justesse du seuil des 5 %, a compliqué la situation, devient maintenant une sorte de «faiseur de roi», d’autant que, selon les résultats provisoires, l’AfD et le BSW totalisent ensemble 44 sièges. Les partis du «cordon sanitaire» — la CDU (15 sièges), le SPD, les Verts et Die Linke (8 sièges chacun) — comptent quant à eux un total de 39 députés.

Mais cela signifie aussi que si, par exemple, trois ou quatre députés de la CDU déclaraient publiquement vouloir soutenir un gouvernement AfD minoritaire, Siegmund pourrait obtenir une majorité avec eux et le BSW — une telle configuration permettrait également de compenser d’éventuelles absences. Parmi les quinze députés CDU élus au Parlement régional, cinq se sont clairement opposés par le passé à toute coopération. Pour trois autres, certains indices laissent au moins entrevoir une certaine ouverture.

L’autre possibilité, celle d’un gouvernement réunissant tous les autres partis contre l’AfD, paraît toutefois improbable. D’une part, la CDU ne veut pas non plus gouverner avec Die Linke, le SPD ne veut pas s’allier au BSW et le BSW refuse également de former une coalition avec la CDU. Toutefois, si les autres partis empêchent l’AfD, victorieuse des élections, de former un gouvernement, la prédiction de Siegmund selon laquelle de nouvelles élections donneraient lieu à un vote protestataire encore plus massif pourrait bel et bien se réaliser. Du moins si Siegmund tente réellement et sérieusement de former un gouvernement et d’obtenir le soutien du BSW ainsi que de certains députés de la CDU.

 

Le séisme allemand qui pourrait annoncer d’autres secousses en Europe

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Le séisme allemand qui pourrait annoncer d’autres secousses en Europe
 
Gastel Etzwane
 
 
En Saxe-Anhalt, ce n’est plus une poussée de l’AfD. C’est un basculement.
 
Avec environ 44 % des suffrages, le parti a plus que doublé son résultat de 2021 et relégué très loin derrière lui la CDU du chancelier Friedrich Merz, tombée autour de 18,5 %. Dans un Land gouverné par les chrétiens-démocrates depuis 2002, l’écart est considérable. Il interdit désormais de réduire le vote AfD à une simple protestation des marges. Une partie importante de l’électorat allemand ne proteste plus: elle choisit une autre politique.
 
Le phénomène mérite d’autant plus d’attention que l’AfD n’a pas bénéficié d’une quelconque banalisation institutionnelle. C’est même l’inverse. Le parti demeure soumis au cordon sanitaire des autres grandes formations allemandes. Certaines de ses structures ont été classées à l’extrême droite par les services de renseignement intérieur et la question de son interdiction a été publiquement débattue. Le dispositif politique destiné à contenir sa progression n’a donc pas disparu. Il vient simplement de rencontrer sa limite: le suffrage.
 
C’est peut-être la première leçon de Saxe-Anhalt. Il existe un moment où la disqualification d’un parti cesse d’affaiblir ses propositions et peut, au contraire, convaincre une partie de l’électorat que certaines questions ne trouvent plus d’expression ailleurs.

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Car l’AfD n’a pas progressé en atténuant ses positions. Elle défend un durcissement considérable de la politique migratoire, conteste le soutien militaire durable à l’Ukraine, réclame le rétablissement de relations avec Moscou et remet en cause l’orientation européenne suivie par Berlin. Une partie du parti va jusqu’à envisager une rupture beaucoup plus profonde avec l’Union européenne.
 
À cela s’ajoute un discours économique qui rencontre désormais les inquiétudes d’une Allemagne confrontée à la stagnation, au coût de l’énergie et aux difficultés de son industrie. L’AfD relie ces sujets entre eux: politique énergétique, sanctions contre la Russie, guerre en Ukraine, dépenses publiques, immigration, souveraineté nationale. On peut récuser ses réponses. Il devient beaucoup plus difficile de prétendre que les questions auxquelles elle répond n’existent pas.
 
L’Ukraine devient une question électorale intérieure
 
C’est probablement à Kiev que le résultat allemand devrait être observé avec le plus d’attention.
 
Depuis quatre ans, le soutien à l’Ukraine a souvent été présenté en Europe occidentale comme une politique extérieure bénéficiant d’un consensus suffisamment large pour échapper aux alternances électorales. La Saxe-Anhalt montre les limites de cette hypothèse.
 
L’aide militaire et financière à Kiev entre désormais directement dans la compétition politique allemande. Chaque nouvelle livraison d’armes, chaque enveloppe budgétaire et chaque engagement de reconstruction peuvent être confrontés aux dépenses intérieures, aux infrastructures, à l’énergie ou à l’industrie. La question n’est donc plus seulement de savoir combien de temps l’Europe possède les moyens matériels de soutenir l’Ukraine. Elle est de savoir combien de temps ses gouvernements disposent de la majorité politique nécessaire pour le faire.
 
Cette évolution dépasse largement la Saxe-Anhalt. Si elle se confirme ailleurs, les gouvernements européens devront compter avec un phénomène qu’ils ont longtemps sous-estimé: une politique étrangère peut être cohérente diplomatiquement et devenir progressivement coûteuse électoralement.

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La réaction de Donald Tusk est, à cet égard, révélatrice. Le Premier ministre polonais a estimé que, dans son pays, seuls « des idiots ou des traîtres » pouvaient se réjouir du triomphe de l’AfD. La violence même de la formule dit quelque chose de l’inquiétude provoquée par le résultat allemand. Varsovie est l’un des soutiens européens les plus constants de Kiev et considère la Russie comme une menace stratégique majeure. Voir progresser aussi brutalement, dans le premier pays de l’Union par sa puissance économique, une force contestant cette politique ne peut être pour elle un événement régional.
 
Un laboratoire politique
 
La victoire de l’AfD possède en outre une dimension institutionnelle. Gouverner un Land ne signifie pas seulement administrer des routes ou des écoles. Les Länder disposent de compétences importantes en matière de police, d’éducation, de culture et d’administration. L’arrivée éventuelle de l’AfD aux responsabilités ferait ainsi passer le parti du statut de force protestataire à celui de parti de gouvernement.
 
C’est précisément ce passage qui pourrait modifier la politique allemande. Un parti maintenu pendant des années à l’extérieur du système peut être contenu tant qu’il demeure minoritaire. La mécanique devient beaucoup plus difficile lorsque quatre électeurs sur dix votent pour lui.
 
Reste alors une question qui ne concerne plus seulement l’Allemagne.
 
Dans plusieurs démocraties européennes, certaines positions sur l’immigration, l’Union européenne, la Russie, l’Ukraine ou les rapports avec les États-Unis demeurent extrêmement coûteuses à défendre. Celui qui s’écarte suffisamment du consensus s’expose immédiatement à la disqualification, aux procès en irresponsabilité et parfois à l’isolement politique. La France connaît, elle aussi, ce mécanisme, même si son histoire, ses institutions et son paysage partisan interdisent de transposer mécaniquement le cas allemand.
 
Mais la Saxe-Anhalt suggère une hypothèse plus dérangeante: et si la violence de la réaction provoquée par certaines positions ne signifiait pas nécessairement qu’elles sont électoralement impossibles ?
 
Un parti peut perdre en cherchant constamment à devenir acceptable aux yeux de ceux qui ne voteront jamais pour lui. Il peut aussi choisir de maintenir une ligne impopulaire dans les institutions, les médias ou les milieux dirigeants, mais dont il estime qu’elle rencontre une demande dans le pays. L’AfD vient d’expérimenter cette seconde stratégie avec une ampleur que peu imaginaient encore possible il y a quelques années.
 
Il serait hasardeux d’en déduire que la même recette produirait le même résultat en France. Mais il serait tout aussi imprudent de considérer ce qui vient de se passer en Allemagne comme une singularité de l’Est allemand.
 
La véritable leçon de Saxe-Anhalt est peut-être là. Pendant longtemps, le cordon sanitaire a posé une frontière autour de l’AfD. Dimanche, les électeurs ne l’ont pas abolie. Ils sont passés par-dessus.
 

dimanche, 06 septembre 2026

Alors que Tusk perd le soutien des Polonais, un quatrième parti de droite apparaît soudainement en Pologne

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Alors que Tusk perd le soutien des Polonais, un quatrième parti de droite apparaît soudainement en Pologne

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

La politique peut décidément être délicieusement complexe, ne trouvez-vous pas? À environ un an des prochaines élections législatives en Pologne — normalement prévues en novembre 2027 —, le pays risque de se retrouver dans une impasse politique totale. Sur le papier, la droite semble bien placée pour remplacer en novembre le gouvernement centriste de Donald Tusk. En effet, même si le parti de Tusk, la KO ou "Coalition civique", reste le premier dans les sondages, il ne disposerait plus d’une majorité de sièges.

Or, c’est précisément au sein du PiS, principal prétendant à la direction d’un nouveau gouvernement polonais, que les tensions se font sentir. Peu avant la pause parlementaire estivale, l’ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki a présenté sa démission du PiS. Il a été suivi par 39 députés, un sénateur et trois eurodéputés du PiS. Il apparaît que des désaccords sur les choix stratégiques sont à l’origine de cette décision. Morawiecki souhaiterait créer un véritable parti en octobre, mais, pour l’instant, les dissidents du PiS se sont regroupés au sein d’une association interne au parti, baptisée «Développement Plus».

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Une droite polonaise divisée finira-t-elle malgré tout par perdre la bataille ?

Selon certaines sources, le président du parti, Kaczyński, était fou de rage et a déclaré: «Nous ne voyons dans cette association rien d’autre qu’une tentative de diviser le parti».

Sławomir_Mentzen_2_(cropped).jpgPourtant, le PiS, qui a gouverné la Pologne entre 2015 et 2023 avec une majorité absolue de sièges, est sous pression depuis déjà quelque temps. Cette pression vient surtout de deux autres partis de droite: la "Confédération" de Sławomir Mentzen (photo), qui semble principalement attirer les jeunes et les entrepreneurs, et la formation qui en est issue par scission, la Confédération de la Couronne polonaise de Grzegorz Braun. Ce n’est qu’avec l’appui de ces deux partis que le PiS est parvenu, en juin 2025, à faire élire le candidat de droite Karol Nawrocki à la présidence de la République polonaise. Il s’en est vraiment fallu de peu pour que Nawrocki ne soit pas élu.

En mars 2026, le président du PiS, Jarosław Kaczyński, a proposé Przemysław Czarnek comme tête de liste pour les prochaines élections législatives. Czarnek souhaite notamment réduire, voire supprimer, le soutien à l’Ukraine. Cela s’est finalement révélé être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour Morawiecki, lequel appartient plutôt à l’aile centriste du PiS et se définit comme atlantiste et social-conservateur.

Les récents sondages montrent que Donald Tusk n’obtiendrait plus de majorité pour sa coalition actuelle. Il serait particulièrement regrettable que les divisions au sein de la droite permettent la poursuite de certaines évolutions préjudiciables à la Pologne. Que fera Mateusz Morawiecki ? Il peut apparemment compter sur le soutien d’un nombre croissant de Polonais.

En Pologne aussi, les prochains mois s’annoncent particulièrement passionnants…

jeudi, 03 septembre 2026

La social-démocratie allemande lutte pour ne pas disparaître

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La social-démocratie allemande lutte pour ne pas disparaître

Source: https://mpr21.info/la-socialdemocracia-alemana-lucha-para...

Le Parti social-démocrate, le plus ancien d’Allemagne, s’enfonce toujours davantage dans la crise. Les électeurs s’en détournent et les dissensions s’accentuent. Des élections doivent avoir lieu en Saxe-Anhalt et les prévisions annoncent la victoire de l’AfD, qualifiée d’«extrême droite».

Ce n’est pas seulement la crise d’un parti, mais celle de l’État allemand édifié dans l’après-guerre et réunifié en 1990. La Saxe-Anhalt illustre l’échec de cette réunification. Le SPD fait partie de la coalition gouvernementale, et le discrédit de Merz et des siens va entraîner dans sa chute les complices du désastre politique et économique allemand. La réforme du système de retraite a provoqué un profond mécontentement au sein d’une population très vieillissante.

Dès le mois de juin, nous annoncions que la social-démocratie était en train de devenir un parti résiduel. Lors des prochaines élections, elle ne devrait recueillir que 7 ou 8% des voix, un pourcentage insignifiant comparé aux 42% de l’AfD. Sa principale inquiétude est qu’elle pourrait tomber sous le seuil des 5%, ce qui l’exclurait du Parlement.

Cependant, la Saxe-Anhalt n’est pas le seul Land où la social-démocratie lutte pour ne pas disparaître. À l’échelle nationale, le parti ne recueille plus que 12% des voix, derrière l’AfD, la CDU/CSU et les Verts.

Dans le Bade-Wurtemberg, le SPD a enregistré son plus mauvais résultat depuis l’après-guerre et n’a réussi qu’à conserver sa représentation au Parlement régional. En Rhénanie-Palatinat, après trente-cinq années au pouvoir, la social-démocratie est arrivée en deuxième position, derrière la CDU. Son résultat électoral a été le plus mauvais de l’histoire de ce Land.

À Berlin, elle végète à la cinquième place avec seulement 12% des voix, tandis que, dans le Land oriental de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, elle pourrait connaître le même sort qu’en Rhénanie-Palatinat: une perte d’influence.

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Une crise existentielle

Selon une analyse de l’institut de sondage Forsa, publiée en novembre dernier, seuls 9% des ouvriers et des électeurs au chômage votent pour le SPD.

Il s’agit d’une crise existentielle. Le SPD est menacé de perdre toute pertinence politique, et les responsables locaux réclament la tenue de réunions afin de changer de cap et de remplacer des dirigeants tels que Bärbel Bas et Lars Klingbeil, qui siègent au sein du gouvernement Merz.

Outre la réforme des retraites, le réarmement a contraint le gouvernement à réduire les aides au logement et les prestations versées en cas d’arrêt maladie. Dans le même temps, l’industrie automobile disparaît et les licenciements dans les principales usines se comptent par milliers.

 

mardi, 25 août 2026

Pourquoi LFI ne prendra pas le pouvoir

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Pourquoi LFI ne prendra pas le pouvoir

Claude Bourrinet

Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100002364487528

Notons tout de suite que le concept de « prise du pouvoir » est devenu singulièrement élastique, voire vaseux. Le temps est passé qu'une éventuelle prise du Palais d'Hiver pouvait correspondre à quelque saisie de la puissance étatique, au moins symboliquement quand on sait pertinemment que le centre névralgique des prises de décisions se trouvait au comité central du Parti. Croire désormais que s'emparer de l’Élisée octroierait le sésame de la gestion du pays est maintenant une douce plaisanterie. Le « pouvoir » politique, comme l'on sait, est une mince pellicule parcourue de frémissement médiatisés, qui sert à éblouir le chaland. Existe-t-il encore, du reste, un champ « politique » ? Les responsables qui agitent le bocal électoral ne sont là que pour la figuration. Seule la masse sidérée croit encore qu'ils aient du « pouvoir ». La décision se prend ailleurs, parmi les puissants de la finance transnationale, par exemple. Les administrations élues ou non ne sont que des exécutantes. Et, à l'âge de la communication mondialisée et numérisée, il est difficile de distinguer quelle cible viser. Remporter l'élection présidentielle, obtenir une majorité, ne garantissent nullement une liberté de décision que tout (les puissances intérieures au pays, les « Conseils », la haute administration, les fonctionnaires, la presse, l'armée, la police, la justice etc.) s'emploiera à saboter, si l'avenir du système est en jeu.

Mais le système n'est nullement en péril, avec LFI. Si l'on considère, par exemple, son programme, il n'est, in fine, que la reprise des revendications sociales-démocrates d'antan, et il est en retrait important par rapport à ce qu'exigeait la gauche avant la victoire de Mitterrand. On n'y parle d'ailleurs plus de lutte de classes, de socialisme. L'égalitarisme n'est qu'un vœu pieux, un refrain qu'on entonne depuis la Révolution française, comme un mantra. Mais il ne correspond à rien si on n'instaure pas la société sans classes. Qui ne programme pas l'expropriation des riches, la révolution des rapports humains, l'abolition du salariat, de l'appropriation de la plus-value par une minorité, si l'on ne renverse pas le jeu de quilles, on n'a rien fait.

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Il faut aussi revenir à une analyse bêtement marxiste. Au fond, socialement, que représente LFI ? Les classes moyennes, la grosse bête, qui rassemble les trois quarts du corps social, et qui va des professions intellectuelles supérieures (prof de fac, médecin, juge) à l'infirmière, ne sont pas une « classe », mais un conglomérat bariolé, parcouru de courants divers, parfois divergents, ou contradictoires. Ce qui caractérise ce magma, c'est d'être hors sol. Car son plus petit dénominateur commun, c'est le diplôme, et l'on sait pertinemment que l'Ecole n'apprend pas la réalité du monde. Un apprenti s'engageant dans une voie professionnelle en saura plus qu'un bac plus 2 en gestion, ou en commerce. J'excepte bien sûr certaines corporations, comme celles qui touchent à la santé, confrontées à la réalité de la souffrance humaine, mais la plupart des membres des classes moyennes, poreux à la propagandes, aux discours, surtout quand ils sont mièvres, moralisateurs, humanitaristes, superficiels et venteux, non seulement n'ont aucune idée de ce qu'est le terrain rude de la société, mais aussi ont tendance, comme tous les scouts ou les croyants un peu benêts, à cataloguer et à excommunier les brebis galeuses.

Cet abandon de la lutte de classes, à gauche (mais la droite, elle, ne l'a jamais oubliée) a été à l'oeuvre au moment de l'Affaire Dreyfus, et a vu sa conclusion avec Mitterrand. Le mouvement ouvrier du XIXe siècle, qui se voulait indépendant, et même hostile, non seulement à la droite « réactionnaire », mais aussi à la gauche républicaine (qui a écrasé les ouvriers en juin 1848, avec Cavaillac, et en 1871, avec Thiers – qu'encensait Victor Hugo!), a été noyé dans la gauche morale, « citoyenne », progressiste, qui a joué le jeu du système jusqu'à maintenant (la question du PC est une affaire de parti – lié à une puissance étrangère – quoique la classe ouvrière ait, parfois, réussi, avec lui, à garder une certaine identité alternative au système).

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Il est notoire que ces gens, pour qui un transsexuel représente le summum de la subversion, et qui sont partisans d'une immigration sans limites, comme ils sont sans limites en souhaitant l'abolition des frontières en tous genres, considérant la transgression comme la morale suprême, exactement comme le capitaliste, de son côté, prise les dépassements cyniques des limites pour remplir ses caisses, n'ont aucune idée de ce qu'était jadis la classe ouvrière et son éthique, un peu plus plantée sur la bonne et solide terre; classe ouvrière dont le reliquat est du reste passé à l'extrême droite (migration dont il faudrait sérieusement trouver les raisons, ce que LFI est incapable de faire).

La moraline est un naufrage de la pensée, comme l'on sait. Car si elle condamne à l'aveuglement, quand il s'agit de luttes politiques intérieures, elle transforme carrément en traître quand il s'agit de géopolitique. L'ignorance, l'inculture, empêchent, à gauche comme à droite, de comprendre l'altérité et la légitimité de civilisations différentes. Pour le RN, l'Occident est supérieur, et le reste du monde est constitué de races inférieures, retardées. Il reprend l'idéologie du républicain de gauche Jules Ferry. Quant à certains militants de LFI, très nombreux, si j'en juges par les interventions des uns et des autres, la question sociétale prime sur les considérations conflictuelles qui confrontent l'impérialisme américain (par exemple) et des nations qui veulent recouvrer ou garder leur souveraineté. Et il arrive que la question homosexuelle, ou féministe (souvent passablement viciée par la propagande et les manipulations médiatiques, ou des services secrets occidentaux) soit l'alpha et l'oméga de la compréhension de ce qui se passe. On se demande parfois si une Manon Aubry ne défend pas l'agression commise par les USA et Israël contre l'Iran et le Liban, où les méchants « islamistes » mènent un dur combat de liberté, et si Mélenchon ne souhaite pas la défaite du méchant Poutine (ce tyran!), quitte à ce que la Russie soit détruite par les forces de l'Otan. L'axe de la Résistance, connais pas ! Il est vrai que Mélenchon avait soutenu Sarkozy, BHL, et Hillary Clinton, dans leur entreprise d'anéantissement de la Libye.

Quoi qu'il en soit, faute d'avoir avec soi les voix des classes populaires (qu'on insulte copieusement) qui votent RN, LFI n'a aucune chance de l'emporter.

mercredi, 19 août 2026

Contre les sanctions contre la Russie: l’UDC lance l’«Initiative pour la neutralité»

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Suisse

Contre les sanctions contre la Russie: l’UDC lance l’«Initiative pour la neutralité»

Berne. Coup de tonnerre en Suisse: lors d’une conférence de presse commune, Christoph Blocher, figure emblématique de l’UDC, Walter Wobmann et Stephan Rietiker ont lancé la campagne pour la dite « Initiative pour la neutralité ». Selon les initiateurs, il est grand temps: la Confédération doit revenir à sa «neutralité perpétuelle, armée et crédible» et inscrire ce principe durablement dans la Constitution fédérale.

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D’après l’UDC, la neutralité suisse a été de plus en plus érodée ces dernières années. En adoptant les sanctions de l’UE contre la Russie en 2022, la Suisse aurait perdu son rôle traditionnel de médiateur et se serait retrouvée sur la liste de sanctions russes. Blocher s’est également opposé au concept d’une neutralité «flexible» ou «pragmatique».

L’initiative prévoit de maintenir la Suisse durablement neutre et armée. L’adhésion à des alliances militaires serait exclue. Des sanctions propres contre des États en guerre ne seraient à l’avenir autorisées que si elles reposent sur une décision du Conseil de sécurité de l’ONU. Par ailleurs, la Confédération devrait renforcer à nouveau son rôle de médiateur dans les conflits internationaux.

Selon l’UDC, la majorité du Conseil fédéral et du Parlement suit une autre voie. Elle mise sur des prises de position en politique étrangère et sur des sanctions, ce qui affaiblit l’indépendance nationale. Blocher et ses partisans appellent donc à un retour à la conception traditionnelle de la neutralité. La population suisse se prononcera sur l’initiative le 27 septembre (mü).

Source: Zu erst, Août 2026.

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"Les Suisses voteront pour un retour à la stricte neutralité - Linitiative de l'UDC prévoit l'interdiction des sanctions".

vendredi, 14 août 2026

Des voix raisonnables dans les rangs du Bündnis Sahra Wagenknecht: «Mettons fin à l’idiotie du cordon sanitaire!»

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Des voix raisonnables dans les rangs du Bündnis Sahra Wagenknecht: «Mettons fin à l’idiotie du cordon sanitaire!»

Magdebourg/Berlin. L’alliance Sahra Wagenknecht (BSW) se positionne en Saxe-Anhalt comme un partenaire potentiel de l’AfD pour promouvoir un changement de gouvernement. L’AfD est créditée d’environ 40% dans les sondages depuis des mois, tandis que la CDU du ministre-président Sven Schulze atteint environ 24%. Explicitement, le BSW n’exclut pas une coopération avec l’AfD.

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Les têtes de liste Claudia Wittig et Thomas Schulze ont formulé six projets comme base d’une éventuelle coopération. Il s’agit notamment de plus d’enseignants et de temps d’apprentissage commun plus long, d’une allocation régionale pour les soins, ainsi que d’un renforcement de la police régionale à un effectif d'au moins 7000 agents d’ici 2028. S’y ajoutent une initiative au Bundesrat pour des livraisons de gaz et de pétrole à prix réduit en provenance de Russie, la résiliation du contrat d’État sur les médias et une réforme fondamentale de l’audiovisuel public.

Wittig a déclaré: «Ce n’est que si le BSW entre au parlement régional que le prochain mandat du ministre-président CDU pourra être évité. L’AfD n’y arrivera pas seule».

La fondatrice du parti, Sahra Wagenknecht, mise, elle aussi, sur un changement de pouvoir. «Le changement ne viendra qu’avec le BSW! Notre objectif électoral est la destitution du titulaire CDU et son remplacement par un ministre-président sans étiquette, qui mettra fin à l’idiotie du cordon sanitaire». Schulze ne recevra aucune voix du BSW. Son départ serait, selon Wagenknecht, «la prochaine gifle méritée pour Friedrich Merz et probablement la fin de son mandat de chancelier désastreux».

Le politologue Oliver Lembcke, de l’université de la Ruhr à Bochum, y voit un signal stratégique adressé aux électeurs. Un vote pour le BSW pourrait permettre un changement de gouvernement. Si l’AfD a besoin d’un partenaire, le BSW se présente en même temps comme un possible faiseur de majorité (rk).

Source: Zu erst, Août 2026.

vendredi, 31 juillet 2026

Séisme politique à Varsovie: le PiS se divise

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Séisme politique à Varsovie: le PiS se divise

Varsovie. Le parti polonais national-conservateur PiS (Droit et Justice) n’apprécie guère les Allemands, qu’il accuse de revanchisme tout en leur présentant des factures exorbitantes pour des réparations. D’un autre côté, il a protégé la Pologne pendant des années contre l’immigration de masse et d’autres « bénédictions » de l’UE. Aujourd’hui, il est en train de se désagréger.

Le conflit porte sur l’orientation future du parti. En mars, le chef du parti Jarosław Kaczyński a désigné Przemysław Czarnek, considéré comme un partisan de la ligne dure, comme candidat principal au poste de Premier ministre pour les élections législatives de 2027. Par cette décision, la direction du parti vise, selon les observateurs, à attirer les électeurs de l’extrême droite.

Pour certains, cela va trop loin. Le critique le plus en vue est l’ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki, qui représente l’aile libérale-économique du PiS. Il a créé sa propre plateforme, «Développement Plus». Avec d’autres membres modérés du parti, il plaide pour une réorientation stratégique. Selon lui, le PiS doit redevenir un parti large du centre-droit. Il a également déclaré: «Dans mon groupe, des milliers de personnes s’engagent, qui veulent atteindre les entrepreneurs et les jeunes».

Kaczyński n’a pas accepté la création de cette nouvelle plateforme. Il a exigé sa dissolution et a demandé à tous les concernés de signer une déclaration de loyauté envers la direction du parti avant jeudi dernier. Morawiecki a refusé à la fois de dissoudre son groupe et de signer. Une réunion de crise entre les deux camps n’a pas permis de trouver un accord et a finalement conduit à l’annonce du départ de plus de 30 députés.

Cette évolution pourrait modifier durablement le système des partis en Pologne. Contrairement à de nombreux pays d’Europe occidentale, le paysage politique y est dominé depuis des années principalement par des forces libérales-conservatrices et de droite conservatrice. En outre, des partis encore plus à droite siègent au parlement, tandis que les partis de gauche jouent un rôle nettement moindre.

Le PiS a gouverné la Pologne de 2015 à 2023. Après sa défaite aux élections législatives en octobre 2023, il est passé dans l’opposition et constitue depuis lors le groupe d’opposition le plus important à la Diète de Varsovie. (mü).

Source: Zu erst, 07/2026.

lundi, 06 juillet 2026

La nécessité de distinguer entre les difficultés subjectives et les nécessités objectives

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La nécessité de distinguer entre les difficultés subjectives et les nécessités objectives

par Riccardo Paccosi

Source : Riccardo Paccosi & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/la-necessita-di-d...

À l’été 2024, bien conscient de mes grandes limites en tant qu’observateur extérieur au contexte allemand, j’avais écrit que le parti souverainiste-marxiste BSW de Sahra Wagenknecht aurait dû chercher un accord avec les souverainistes-libéraux de l’Alternative für Deutschland.

Évidemment, j’ai alors essuyé de nombreuses critiques venant de la gauche. L’actualité politique nous apprend cependant qu’en ce moment — avec un retard énorme et à partir d’une position de faiblesse — Wagenknecht semble vouloir justement s’engager dans cette voie: à savoir, une collaboration suivie entre les deux partis souverainistes visant à mettre fin à la guerre avec la Russie.

Il ne s’agit pas, pour l’instant, d’une véritable proposition d’alliance électorale, mais plutôt de démarrer un processus d’entente progressive: dans un premier temps, Wagenknecht rompt le cordon sanitaire érigé par tous les partis allemands autour de l’AfD en la légitimant en tant que force démocratique avec laquelle dialoguer ; dans un second temps, on évoque la possibilité d’un soutien externe des souverainistes-marxistes au cas où l’AfD formerait un gouvernement avec un premier ministre indépendant ; en troisième lieu, lors des prochaines élections régionales, le BSW pourrait s’abstenir au second tour, permettant ainsi à l’AfD de l’emporter.

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Le fait est que le BSW aurait dû entamer ce processus dès sa fondation, c’est-à-dire à l’époque où certains sondages le créditaient de plus de 10 %. Aujourd’hui, la position des souverainistes-marxistes apparaît déséquilibrée, pour ne pas dire quémandeuse. En effet, la proposition de Wagenknecht à Alice Weidel d’organiser quelques débats publics en duo a été refusée par cette dernière: après tout, pourquoi la secrétaire d’un parti crédité à 30 % s’associerait-elle à la leader d’un parti à 4 %, qui n’a même pas dépassé le seuil d’entrée au Bundestag lors des dernières élections ?

Et pourtant, malgré toutes ces problématiques, cette affaire impose de réfléchir et de distinguer entre difficultés subjectives et nécessités objectives.

La difficulté subjective de l’AfD est celle commune à tous les partis souverainistes de droite: vouloir défendre la souveraineté tout en adhérant à la doctrine économique du néolibéralisme, c’est-à-dire une doctrine qui, en soumettant la société au marché, érode par nature les frontières mêmes de la souveraineté puisqu’elle laisse le champ libre à toutes les influences et ingérences supranationales. Si à cela on ajoute le soutien de Weidel et de ses collègues à un pays comme Israël, qui vise à orienter une large part des pays occidentaux par le biais du lobbying politique, alors le « souverainisme de droite » révèle tout son caractère oxymorique.

La difficulté subjective du BSW semble, en miroir, résider dans la persistance en son sein d’une culture et de dynamiques identitaires encore liées à la gauche: on l’a vu lors des dernières élections régionales, où les souverainistes-marxistes se sont alliés en Thuringe et dans le Brandebourg avec les partis bellicistes CDU et SPD, et c’est confirmé par les rumeurs selon lesquelles la base du BSW serait actuellement agitée précisément à cause de cette récente ouverture de Wagenknecht à l’AfD.

Malgré ces énormes difficultés subjectives, deux nécessités objectives subsistent, indépendamment de la faisabilité ou non d’un accord entre le BSW et l’AfD.

1) La nécessité d’un front institutionnel large, aussi large que possible, pour arrêter la guerre en Europe.

2) La nécessité d’une redéfinition de la politique occidentale qui efface la fausse opposition entre droite et gauche et la remplace par celle entre mondialistes et souverainistes.  .

Le point 2) ne pourra être atteint que lorsque la droite et la gauche cesseront de se percevoir et de se qualifier comme telles: pour les personnes issues de la droite, il s’agira de comprendre la nature du néolibéralisme et son rôle destructeur des traditions et des identités des peuples ; pour celles issues de la gauche, il s’agira de prendre TOUT ce que la gauche politique a pensé, dit et fait depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui, de l’emballer puis de le jeter sans regret à la poubelle de l’histoire.

samedi, 04 juillet 2026

Le parti BSW de Sahra Wagenknecht prend les devants: des majorités à l’avenir aussi avec l’AfD

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Le parti BSW de Sahra Wagenknecht prend les devants: des majorités à l’avenir aussi avec l’AfD

Magdebourg/Schwerin. Sahra Wagenknecht ne cesse de surprendre. Cette fois, son parti a de nouveau critiqué le « cordon sanitaire » dressé par les vieux partis contre l’AfD – et avance une proposition aussi inhabituelle que constructive. Dans une lettre adressée à la cheffe de l’AfD, Alice Weidel, et à son co-président Tino Chrupalla, le BSW invite à deux débats publics – l’un à Magdebourg, l’autre à Schwerin. Le public devrait être témoin d’un « débat controversé sur une grande place publique de l’Est de la République », indique l’alliance BSW dans la lettre.

Pour justifier cette démarche inhabituelle, il est avancé que les deux partis seraient « combattus par le mainstream pour des raisons différentes ». Sahra Wagenknecht, cheffe du BSW, en profite également pour lancer une attaque générale contre l’audiovisuel public. Celui-ci serait « devenu une radio-télévision de propagande d’État, à l’image de la télévision de l'ex-RDA », déclare la fondatrice du BSW. L’AfD y serait à peine présente, et le BSW, quasiment plus du tout.

La lettre est signée par les deux coprésidents du BSW, Fabio De Masi et Amira Mohamed Ali. Le parti y réitère aussi sa demande de « ministres-présidents indépendants des partis » en Saxe-Anhalt et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Ceux-ci devraient « gouverner avec des majorités variables, incluant l’AfD ». Une participation gouvernementale de l’AfD serait ainsi exclue, reconnaît le BSW. Mais désormais, des majorités au parlement régional devraient aussi pouvoir être organisées avec les voix de l’AfD – un modèle que tous les partis traditionnels refusent encore catégoriquement.

Le 6 septembre auront lieu les élections en Saxe-Anhalt, le 20 septembre dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Selon les sondages actuels, le BSW est sur le point d’entrer au parlement à Schwerin, tandis qu’à Magdebourg, il reste pour l’instant nettement en dessous du seuil des cinq pour cent. L’AfD, en revanche, a de grandes chances dans les deux Länder : en Saxe-Anhalt, elle est créditée de plus de 41 %, et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale de 35 % (rk).

Source: Zu erst, juillet 2026.

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samedi, 27 juin 2026

Roberto Vannacci ad portas: la nouvelle force politique italienne s’appelle «Futuro Nazionale»

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Roberto Vannacci ad portas: la nouvelle force politique italienne s’appelle «Futuro Nazionale»

Rome. En Italie, le spectre politique de droite est en mouvement. Le nouveau parti « Futuro Nazionale » de l’ancien général Roberto Vannacci progresse nettement dans les sondages actuels et concurrence de plus en plus la Lega de Matteo Salvini.

Vannacci n’a fondé son parti qu’en février de cette année. Cet officier de 57 ans a participé à des missions à l’étranger en Libye, en Somalie, en Afghanistan et en Irak. Encore en 2024, il était entré au Parlement européen sur la liste de la Lega de Matteo Salvini. Désormais, il suit cependant sa propre voie avec « Futuro Nazionale » — ce qui accentue la pression concurrentielle dans le camp de droite.

Selon l’institut de sondage Ipsos, « Futuro Nazionale » est actuellement crédité de 4,8%, tandis qu’une enquête YouTrend pour Sky TG24, réalisée les 16 et 17 juin 2026, lui attribue même 5,9%. Pour la première fois, le parti dépasserait ainsi la Lega, qui n’obtient que 5,8% dans la même enquête.

La force politique incontestée reste toutefois la Première ministre Giorgia Meloni. Son parti Fratelli d’Italia arrive largement en tête avec 27,8 %, suivi par le Parti démocrate social-démocrate à 22,2 % et le Mouvement 5 étoiles, qui recueille actuellement 12,1 %.

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Sur le fond, Vannacci se démarque aussi bien de la gauche que des actuels partis du centre-droit. L’une des priorités de son programme est la demande de remigration. Parallèlement, il prône un renouveau politique à droite du centre. Selon la direction du parti, « Futuro Nazionale » compte déjà plus de 100.000 membres.

La nouvelle force gagne aussi en poids au niveau des élus. Cinq députés de la Lega et de Forza Italia ont déjà rallié Vannacci. Le parti obtient ainsi une présence parlementaire supplémentaire et peut exercer une pression sur la concurrence de droite.

Sur la scène politique romaine, ce nouvel acteur est déjà bien présent. Dans les coulisses, il se murmure déjà que Meloni pourrait, à l’avenir, élargir sa coalition gouvernementale actuelle — composée de Fratelli d’Italia, de la Lega et de Forza Italia — à « Futuro Nazionale ». (mü)

Source: Zu erst, juin 2026.

lundi, 01 juin 2026

Gigantomachie à Makerfield

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Gigantomachie à Makerfield

par Georges Feltin-Tracol

Dans les prochaines semaines, les électeurs de la circonscription de Makerfield, dans le Nord de l’Angleterre, auront l’étonnant privilège de désigner peut-être le futur chef du gouvernement de Sa Très Gracieuse Majesté. Une élection législative partielle doit s’y dérouler à la suite de la démission du député travailliste Josh Simons. Il laisse son poste éligible à Andy Burnham dans la perspective audacieuse de virer sous peu l’actuel Premier ministre Keir Starmer.

Ce scrutin à venir n’est qu’une nouvelle réplique de l’effondrement du Labour aux élections locales du début de ce mois. Le 6 mai dernier, lors du renouvellement de l’équivalent anglais des conseils municipaux et intercommunaux ainsi que des parlements régionaux en Écosse et au Pays de Galles, les électeurs infligent une cuisante défaite aux travaillistes au pouvoir à Londres: fin avec 11,08% -25,1%) d’une domination séculaire au Pays de Galles au profit des indépendantistes wokistes gallois (35,41%), échec au parlement d’Édimbourg (17 sièges au lieu de 22!) de ravir la première place aux indépendantistes d’extrême gauche écossais du SNP (Parti «national» écossais), perte de 1496 sièges sur 5000 mandats territoriaux dans 136 collectivités locales en Angleterre. Les conservateurs de Kemi Badenoch connaissent eux aussi un net recul de 563 sièges municipaux. En revanche, en dehors des libéraux-démocrates (Lib-Dem), l’habituelle troisième force politique britannique, qui récoltent 155 mandats supplémentaires pour atteindre un gain notable de 844 élus territoriaux, et sans insister sur le succès des indépendantistes gallois et la reconduction au pouvoir des indépendantistes multiculturalistes écossais, les deux grands vainqueurs sont Reform UK et le Green Party.

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Fondée en 2019, la formation du Brexiter Nigel Farage remporte 1453 sièges, soit 1451 en plus, et devient majoritaire dans quatorze conseils. Il s’agit d’une performance inédite puisque Reform UK triomphe autant dans les bastions travaillistes du Nord que dans les fiefs conservateurs du Sud. En outre, les amis de Nigel Farage arrivent en deuxième position tant au Pays de Galles (29,30%) qu’en Écosse (16,65%).

imagzpes.jpgL’autre surprise de l’élection provient du Green Party. Il n’existe plus de parti écologiste unique en Grande-Bretagne. En 1990, les Verts écossais indépendantistes se séparent à l’amiable de leurs camarades anglo-gallois et gouvernent en coalition avec les SNP entre 2021 et 2024. Le système médiatique a les yeux de Chimène pour son animateur principal, Zack Polansky, grand tenant de l’«écopopulisme». Comme quoi, tous les populismes ne sont donc pas répréhensibles pour la cléricature médiatique…

Naguère appelé David Paulden, Zack Polanski naît en 1982. D’abord militant Lib-Dem, il adhère au Green Party en 2017. Il en devient le responsable en septembre 2025 et suscite aussitôt l’engouement d’une presse plus politiquement correcte que jamais. Issu d’une famille juive originaire de Lettonie, l’ancien acteur amateur critique Israël, soutient la cause palestinienne, met en avant son homosexualité, estime que la justice sociale va de pair avec la cause environnementale, prône l’ouverture maximale des frontières et défend l’accueil inconditionnel des étrangers, clandestins ou non.

Sa forte notoriété médiatique torpille la tentative de l’ancien chef du Labour, Jeremy Corbyn, le Mélanchon britannique, de revenir au premier plan. Exclu des travaillistes, mais resté député indépendant à Westminster, Corbyn a lancé Your Party. Mais le jeune parti de gauche radicale se déchire très vite entre ses fondateurs dont Zarah Sultana et Adnan Hussain à propos de la place à donner à la question trans et leur accès aux toilettes publiques dans le programme si bien que les communautés musulmanes d’origine allochtone préfèrent voter pour les «écologistes» qui, avec 587 sièges, en remportent 441 et prennent cinq mairies.

L’élection du 6 mai 2026 dessine par conséquent un nouveau paysage politique éclaté avec cinq forces principales (travaillistes, conservateurs, Reform UK, Verts et Lib-Dem) auquel il faut ajouter les séparatistes écossais et gallois en dépit de la loi d’airain du scrutin majoritaire uninominal à un tour. Toutefois, le Royaume-Uni n’est pas les États-Unis d’Amérique où tout tiers parti n’a pas de viabilité réelle comme le démontre l’échec à la fin du XIXe siècle du Parti populiste dans l’Ouest étatsunien.

Cette fragmentation électorale fragilise un Keir Starmer toujours aussi inaudible et fort peu charismatique, empêtré en outre dans une politique d’austérité désastreuse et dans le scandale Peter Mandelson lié à Jeffrey Epstein. Au contraire des conservateurs qui n’hésitent pas à chasser leur meneur si l’occasion se présente (Margaret Thatcher en 1990, Theresa May en 2019, Boris Johnson et Liz Truss en 2022), le Labour répugne à démettre son chef de file au pouvoir. Néanmoins les 403 députés travaillistes se préparent au règlement de compte. Plusieurs membres du cabinet Starmer ont déjà démissionné. Le 14 mai, le ministre à la Santé et à la Protection sociale, Wes Streeting, quitte à son tour une équipe gouvernementale en plein naufrage. Toutefois, le démissionnaire, classé à l’aile droite (blairiste) du parti, n’ose pas encore déclencher la procédure de destitution interne. A-t-il en effet la possibilité de recueillir 81 signatures de députés nécessaires ?

Official_portrait_of_Angela_Rayner_MP_crop_2,_2024.jpgL’ancienne vice-première ministresse, Angela Rayner (photo), classée elle aussi à gauche, enfin blanchie d’accusations de fraude fiscale, distille son intention de remplacer Starmer à moins qu’elle prépare l’arrivée d’Andy Burnham par la bonne grâce des électeurs de Makerfield. Ancien ministre de la Santé sous Gordon Brown de 2009 à 2010, l’actuel maire du Grand Manchester n’est plus député depuis 2017. Surnommé le « roi dans le Nord », ce tribun anti-Brexit de confession catholique développe un discours volontiers populiste qui s’approche parfois de l’orbite du Blue Labour (le « conservatisme de gauche »). Il se croit capable de ramener vers lui les classes moyennes et ouvrière attirées par Nigel Farage.

En février 2026, Burnham souhaitait déjà se porter candidat dans la circonscription de Gorton–et-Denton à l’Est du Grand Manchester. Les instances du Labour peuplées de créatures de Starmer avaient alors rejeté sa candidature sous le prétexte qu’élire un nouveau maire serait dispendieux en argent et en militants pour le Labour. Résultat: la circonscription tombe dans les mains de la candidate Verte Hannah Spencer…

Désormais sur la défensive, Keir Starmer ne peut plus poser son veto au parachutage de son concurrent potentiel à Makerfield. Or il n’entend pas faire entrer le loup dans la bergerie. Jouissant du 10, Dowing Street, Starmer va certainement tout faire pour entraver la courte campagne de Burnham d’autant que Makerfield est en passe de tomber du côté de Reform UK. Nigel Farage, pour sa part, vient de promettre la mobilisation générale de son mouvement dans cette partielle cruciale. Il devient ainsi l’allié objectif de Starmer. Le premier ministre peut aussi se tourner vers le candidat Vert dont les propos leukophobes cherchent à séduire un électorat allogène bien implanté. Le résultat électoral final risque donc d’être très serré. Makerfield ou le destin immédiat de la Grande-Bretagne dans quelques bulletins de vote…   

GF-T

  • « Chronique flibustière », n° 193, d’abord mise en ligne sur Synthèse nationale le 26 mai 2026.

dimanche, 17 mai 2026

Sahra Wagenknecht appelle Merz à la démission: «Mieux vaut mettre fin à cette coalition ratée»

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Sahra Wagenknecht appelle Merz à la démission: «Mieux vaut mettre fin à cette coalition ratée»

Berlin. Un an après l'entrée en fonction de la coalition noire-rouge dirigée par le chancelier fédéral Friedrich Merz et le vice-chancelier Lars Klingbeil, la fondatrice du parti BSW, Sahra Wagenknecht, appelle le gouvernement fédéral à la démission. «Friedrich Merz est en fonction depuis un an maintenant, et on ne peut qu'espérer qu'une chose: épargner aux citoyens une deuxième année», a-t-elle déclaré au journal Die Welt. Car: «Merz et Klingbeil mènent une politique que personne n'a choisie et qui ruine le pays et sa population».

«En matière de compétence et de popularité», Merz obtient même un score inférieur à celui de l'ancien chancelier Olaf Scholz (SPD). Sahra Wagenknecht exige une fin anticipée de ce gouvernement calamiteux: «Mettre fin à cette coalition ratée serait la meilleure chose pour l'Allemagne, avant que les dommages qu'elle cause ne deviennent irréversibles».

En guise d'alternative, l'ancienne figure politique de Die Linke propose un «gouvernement citoyen»: «Un cabinet composé de spécialistes compétents et proches des citoyens, qui chercherait pour chaque thème une majorité au parlement sans exclure aucun groupe parlementaire, devrait prendre les rênes. Nous aurions alors à nouveau un système politique qui pourrait à juste titre être qualifié de démocratie».

Le propre parti de Sahra Wagenknecht, le BSW, a manqué de peu la barre des 5% aux élections fédérales de février 2025 et a engagé une procédure à ce sujet devant la Cour constitutionnelle fédérale allemande. Néanmoins, en Thuringe, le BSW fait partie d'une coalition plutôt controversée aux côtés de la CDU et de la SPD.

L'opinion publique dans le pays donne raison à Sahra Wagenknecht. Un sondage YouGov mené auprès de 2190 adultes a révélé que 55% des Allemands ne pensent pas que la coalition tiendra jusqu'en 2029. Seuls 25% jugent probable une législature complète. Même parmi les partisans de l'Union (CDU/CSU), 46% prévoient une fin anticipée (SPD: 39%). Seuls dix pour cent des personnes interrogées évaluent le travail du gouvernement comme plutôt bon ou très bon. 69% – plus des deux tiers – le jugent plutôt mauvais ou très mauvais (rk).

Source: Zu erst, mai 2026. 

samedi, 02 mai 2026

Amérique latine: les élections générales au Pérou pourraient réserver des surprises

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Amérique latine: les élections générales au Pérou pourraient réserver des surprises

Leonid Savin

Le virage à droite en Amérique latine se poursuit, mais la gauche résiste.

Le 12 avril 2026, le Pérou a tenu des élections générales pour élire le président, deux vice-présidents, 60 sénateurs, 130 députés et cinq membres du Parlement andin. Le processus électoral au Pérou est une procédure obligatoire à laquelle participent tous les citoyens âgés de 18 à 70 ans. Une amende est infligée en cas d'absence au bureau de vote sans motif valable (le montant dépend de la région de résidence).

En raison de problèmes techniques liés à la distribution des bulletins de vote dans plusieurs bureaux de vote, notamment dans la capitale et à l'étranger, les élections ont été prolongées jusqu'au 13 avril. Tous les votes n'ont finalement pas pu être dépouillés avant la fin de la semaine, bien qu'environ 90% des bulletins aient été traités.

Les élections se sont déroulées dans un contexte d'instabilité politique interne persistante: au cours des dix dernières années, le pays a connu neuf présidents. Bien que ce processus électoral ait été marqué par les promesses de plusieurs candidats de mettre fin aux troubles et au chaos, il est difficile d'y croire.

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Cela dit, contrairement à ses voisins, le Pérou connaît une situation économique plus ou moins stable. La croissance du PIB pour 2026 était prévue à plus de 3%, et compte tenu de la hausse des prix du cuivre et d’autres minerais, dont le Pérou est un grand exportateur, ainsi que de la mise en service du mégaport de Chankay, aucun effondrement économique n’est prévu.

Au total, 37 partis et 35 candidats à la présidence ont participé aux élections, parmi lesquels figuraient des personnalités assez extravagantes, mais au moment de la rédaction de cet article, seuls sept partis avaient franchi le seuil des 5% nécessaire pour entrer au Congrès. Il s'agit de «Renouveau national», du Parti de la bonne gouvernance, de «Force populaire», du «Parti civique du travail», de «Nation maintenant», de «Ensemble pour le Pérou» et de «Un monde pour tous».

Le parti de gauche « Pérou libre », dont le président Pedro Castillo avait été élu lors du dernier scrutin, n’a même pas réussi à atteindre 0,5%. Des résultats tout aussi faibles ont été enregistrés par des partis tels que les «Verts démocrates», «Intégration démocratique», «Coopération populaire», «Force et liberté», «Foi au Pérou», «Action Pérou», «Pérou moderne», «Une autre voie», le PRIN, «Sauvons le Pérou» et le Parti démocratique fédéral. Les autres partis, parmi lesquels on trouve aussi bien des formations de gauche que de droite et du centre, ainsi que des combinaisons idéologiques diverses, ont obtenu des scores légèrement supérieurs, mais tout aussi insuffisants pour entrer au Parlement.

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Le désagrégation du spectre politique de gauche est révélatrice, similaire à celle qui s’est produite en Bolivie auparavant (au Chili, il y avait tout de même une polarisation évidente des préférences, mais la gauche et ceux qui la soutenaient n’ont pas réussi à remporter la victoire).

Il s'avère que la baisse de confiance envers les partis de gauche a été provoquée par des motifs idéologiques et politiques, notamment des divisions internes et une activité accrue de la droite.

imakfges.jpgCependant, parmi les candidats à la présidence, le candidat de gauche Roberto Sánchez, du parti «Ensemble pour le Pérou» (12%), a réussi à se hisser à la deuxième place. En tête se trouve Keiko Fujimori (17%) de «Force populaire». Il s'agit d'une candidate clairement pro-Washington. Elle a été députée au Congrès de 2006 à 2011. Lors de l'élection présidentielle de 2011, elle a perdu face à Ollante Humale. Elle a été arrêtée dans le cadre d'une affaire de corruption et a été incarcérée. Mais elle a continué à faire de la politique avec acharnement. Il convient de noter qu'au Pérou, tout un courant politique idéologique, appelé le fujimorisme, s'est déjà développé.

imrfaages.jpgAu cours des premiers jours du dépouillement, Rafael López Aliaga, du parti Renouveau national, la talonnait, mais il a été relégué à la troisième place (11,9%), ce qui signifie qu'il ne pourra pas participer au second tour de l'élection présidentielle. C'est sans doute pour cette raison qu'Aliaga a piqué une crise, affirmant qu'il y avait eu de nombreuses irrégularités et que 600.000 habitants de Lima n'avaient pas pu voter. Il a même promis de verser une prime de 5800 dollars américains à toute personne qui signalerait et confirmerait ces irrégularités. Cependant, les observateurs internationaux n'ont pas constaté de violations graves.

Aliaga, ancien maire de Lima et oligarque, est surnommé Porky en raison de sa ressemblance avec un personnage de dessin animé américain. Il avait précédemment déclaré soutenir les initiatives de Donald Trump, ce qui lui a valu d’être qualifié de « trumpiste » local. Son parti a été créé en octobre 2020 sur la base du parti «Solidarité nationale». Il allie conservatisme (au sens religieux et catholique), néolibéralisme et populisme de droite. Avant les dernières élections, le parti comptait dix députés et un gouverneur au sein des structures du pouvoir. Lors des précédentes élections présidentielles, remportées par Pedro Castillo, López Aliaga avait soutenu Keiko Fujimori au second tour – la droite avait ainsi uni ses forces pour empêcher le candidat de gauche de l’emporter, mais sans succès.

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Pedro Castillo, actuellement en détention, a appelé à voter pour Roberto Sánchez (photo) en mars, qualifiant de «traîtres» les membres du parti «Pérou libre», sous la bannière duquel il s'était lui-même présenté auparavant. Il faut toutefois reconnaître que «Pérou libre» a de quoi être critiqué. Comme cela a été souligné, pour le chef du parti, Vladimir Serrón, «la pire contribution a été l’accord avec la mafia, et en particulier avec le fujimorisme, auquel a été accordé un contrôle absolu sur les organes de l’État, tels que la Cour constitutionnelle et le Conseil national de la justice, ainsi que le ministère public, qui ont facilité toutes les magouilles pendant de nombreuses années, en échange d'avantages personnels et familiaux».

C'est pourquoi, en ce qui concerne la course à la présidence, l'histoire se répète: au second tour s'affronteront Keiko Fujimori, qui s'était déjà présentée la dernière fois et avait également atteint le second tour, et le candidat de gauche. Il est évident que cela se déroulera non seulement sur fond de polarisation droite-gauche, mais aussi dans un contexte de tentatives manifestes de diabolisation des adversaires.

L’ancien ministre de l’Économie et des Finances du Pérou, qui a également occupé le poste d’ambassadeur aux États-Unis, Luis Miguel Castilla, estime que Sanchez est dangereux (du point de vue des néolibéraux orientés vers Washington, ce qui est logique), mais même s’il l’emporte au second tour, il pourra difficilement mener à bien les réformes promises, car il se heurtera à une forte résistance au Congrès, où la droite occupe des positions suffisamment solides.

En ce qui concerne les élections législatives, deux de ces partis figurent parmi les trois premiers. Il s'agit de la «Force populaire» de Fujimori et du «Renouveau national».

imjnages.jpgLe Parti de la bonne gouvernance, créé en août 2023 par Jorge Nieto – ancien ministre de la Défense et de la Culture du gouvernement de Pablo Kuczynski –, a obtenu un excellent résultat pour ses premières élections générales (environ 15%). Le parti prône à la fois les idéaux de l'Antiquité et célèbre le Pérou en tant que civilisation andine, défend les principes démocratiques, notamment l'État de droit, la protection des droits des femmes, le développement technologique, etc. Il plaide en faveur de la mise en œuvre de réformes. Son programme ne précise pas les principes qui régiront la politique étrangère de l'État. Selon les critères des idéologies traditionnelles, ce parti peut être classé parmi les partis libéraux-centristes, bien qu’il comporte une part non négligeable de populisme.

imarbges.jpgLe « Parti civique du Travail » se définit, selon ses principes déclarés, comme national-démocrate et réformiste. Il se positionne comme anti-Fujimori. On peut classer ce parti comme de centre-gauche. Il a été créé en 1989. Le chef du parti est le présentateur de télévision Ricardo Belmont, qui s'était auparavant allié à divers blocs lors des élections (depuis 2018, il a coopéré avec « Pérou libre » et soutenu Pedro Castillo).

«Nation maintenant» est un parti relativement jeune, fondé le 13 mai 2023 par l'économiste et ancien recteur de l'Université nationale d'ingénierie Alfonso López Chau. Sur le plan idéologique, il se positionne comme un parti social-démocrate et nationaliste, défendant la justice sociale, le développement durable, la transparence dans la gestion publique et le respect des droits de l'homme. Auparavant, López Chau avait annoncé qu'en cas de victoire aux élections présidentielles, il gracierait Pedro Castillo.

«Ensemble pour le Pérou» est une coalition politique de centre-gauche fondée en 2017. Elle rassemble des partis de gauche et progressistes, des organisations politiques et des mouvements sociaux. Elle a également obtenu 12% des voix pour l'élection au Sénat (chiffres provisoires).

imavmvges.jpg« Un pays pour tous » est également un nouveau parti, créé en avril 2023, mais qui n’a été légalisé qu’en août 2024. Il s’agit d’un parti libéral-conservateur avec des éléments populistes, c’est-à-dire de centre-droit. Le chef du parti est l'ancien gouverneur de la province de Juárez, Vladimir Mesa Villareal (photo), qui fait actuellement l'objet d'accusations de corruption. Le comédien Carlos Álvarez a été désigné candidat à la présidence par le parti.

Même s'ils s'unissent, les partis de gauche ne parviendront pas à former une majorité ni à la Chambre des députés ni au Sénat. Le parti « Bonne gouvernance » pourrait jouer un rôle clé dans cette situation ; c'est donc de son choix lors des votes que dépendra l'adoption ou le rejet des projets de loi.

lundi, 27 avril 2026

Nationalisme et communisme: le front transversal sur les rives de la mer Noire - Entretien: «Nous nous appuyons sur la Front patriotique de Bulgarie» 

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Nationalisme et communisme: le front transversal sur les rives de la mer Noire

Entretien: «Nous nous appuyons sur la Front patriotique de Bulgarie» 

Source: https://aufgewacht-online.de/nationalismus-und-kommunismu...

Sofia remplace-t-elle Budapest en tant que nouveau centre de résistance contre le centralisme de l’UE ? Dans notre magazine actuel, « Combat final pour la Hongrie – Orbán contre les mondialistes », nous analysons le modèle Orbán, qui, malgré sa défaite lors des élections législatives, a longtemps influencé la droite européenne. Commandez ICI ce magazine passionnant: https://aufgewacht-magazin.de/produkt/aufgewacht-4-26-end...

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La majorité absolue obtenue par le critique de l’UE, Rumen Radev, lors des élections législatives en Bulgarie, ouvre à ce pays des Balkans, après des années de chaos, une perspective de stabilité politique. Comme un aspirateur, son alliance électorale «Bulgarie progressiste» a siphonné les voix des partis de gauche et de droite, balayant au passage le système politique bulgare jusqu’alors en place. 

Une nouvelle entrée au parlement a été celle du parti nationaliste "Renaissance", qui siège dans le même groupe que l’AfD au Parlement européen. Sur la liste de "Renaissance", figuraient également des partisans du mouvement communiste-nationaliste du 23 septembre. Michael Brück, rédacteur d’Aufgewacht, a interviewé un de ses représentants, qui préfère garder l’anonymat. L’entretien a été mené pendant l’été 2025. 

Quelles positions politiques défendez-vous et quel rôle jouez-vous dans le paysage politique bulgare ? Pouvez-vous présenter votre organisation à nos lecteurs ? 

Le mouvement « 23 septembre » est une organisation marxiste-léniniste. Ses racines remontent aux protestations contre la guerre en Yougoslavie en 1999, et la participation de la Bulgarie, lorsque le gouvernement a ouvert l’espace aérien bulgare aux avions américains. Lorsqu’un groupe de jeunes, en 1989, a constaté quelles seraient les conséquences de la restauration du capitalisme dans le pays, ils ont cherché une alternative aux processus dévastateurs qui s'annonçaient pour la Bulgarie. Ils ont trouvé cette alternative dans la théorie et l’idéologie du marxisme. Peu de temps après, la date du 23 septembre a été choisie pour donner un nom à l’organisation, en référence à la révolte antifasciste de 1923 en Bulgarie. La révolte elle-même a échoué et a été brutalement réprimée par les autorités, mais elle a laissé des traces durables dans la société bulgare et a creusé un fossé entre la population active et le gouvernement réactionnaire. Plus tard, elle est devenue la référence première pour donner la victoire au socialisme dans notre pays. 

Notre organisation a joué, au fil des ans, un rôle important dans la résistance contre l’impérialisme américain en Bulgarie, contre l’installation de bases militaires américaines, et contre la participation de notre pays dans les structures impérialistes de l’UE et de l’OTAN. Nous avons participé à de nombreux combats ouvriers, comme des protestations, des grèves et des manifestations. Enfin, nous défendons les principes et les idées du marxisme dans une situation qui est devenue extrêmement difficile. À l’époque de la restauration du capitalisme, l’anticommunisme est devenu une idéologie d’État, et la réhabilitation de l’ère fasciste dans notre pays est encouragée au plus haut niveau officiel. 

Dans le cadre de notre activité militante, nous avons été soumis à diverses formes de répression. Nos membres ont été arrêtés et poursuivis en justice. Nos camarades ont été agressés physiquement par des groupes fascistes, qui bénéficiaient probablement d’un soutien clandestin des autorités. De nombreuses intrigues ont été ourdies contre nous pour affaiblir nos liens avec la classe ouvrière et d’autres organisations. Malgré cela, le mouvement « 23 septembre » reste la plus grande organisation marxiste-léniniste en Bulgarie.

« Créer une société sans exploitation » 

Pouvez-vous nous citer les objectifs premiers de votre organisation ? 

Le mouvement « 23 septembre » lutte pour la suppression du système capitaliste et la conquête du pouvoir par la classe ouvrière, afin de créer une société sans exploitation. En même temps, l’organisation s’oppose aux structures de l’impérialisme et à la position semi-coloniale dans laquelle végète la Bulgarie aujourd'hui, après qu’elle est tombée sous son influence. 

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Une alliance entre votre mouvement et le parti nationaliste « Renaissance » (bulgare: Възраждане) attire l’attention au-delà des frontières de la Bulgarie. Comment cela est-il arrivé, et quels plans concrets poursuivez-vous ensemble ? 

Il n’existe pas d’alliance formelle entre notre mouvement et « Renaissance », mais une déclaration commune que les deux organisations ont signée sur certains des thèmes politiques les plus importants pour notre pays: 

1. La lutte contre l’adhésion à la zone euro;

2. La résistance à la participation accrue de la Bulgarie à la guerre contre la Russie aux côtés de l’Ukraine;

3. La protection de la mémoire historique et des monuments des partisans et des antifascistes, constamment attaqués par les autorités (et les forces informelles qui leur sont associées);

4. La lutte pour la sauvegarde du secteur énergétique bulgare et contre le soi-disant « Green Deal » écologique.

La déclaration se termine par un appel à d’autres organisations et individus pour la signer. Nous sommes convaincus que le texte aborde des sujets d’importance nationale, et nous souhaitons mobiliser autant de forces que possible pour atteindre ces objectifs. 

En ce qui concerne la coopération avec d’autres organisations, nous suivons les principes du grand communiste et révolutionnaire bulgare Georgi Dimitrov, afin de former un front commun face aux enjeux pressants de notre époque. Cela nécessite souvent de prendre contact avec des personnes et des organisations qui ne partagent pas entièrement nos vues politiques. L’unité sur tous les sujets n’est pas une condition préalable à la constitution d’un front commun. Les sujets les plus importants pour notre peuple sont ceux mentionnés dans la déclaration, et nous sommes prêts à œuvrer pour la création d’un front populaire commun pour défendre ces principes. 

Quant au parti « Renaissance », nous connaissons bon nombre de ses activistes suite aux diverses actions politiques menées dans la rue. Avec des membres de cette organisation, nous avons passé de nombreux jours et nuits à défendre le monument de l’Armée soviétique au centre de Sofia. Ce monument, même s'il était soutenu par des institutions officielles, a été constamment la cible d’attaques des autorités et de divers groupes politiques d’extrême droite et fascistes. Le monument de l’Armée soviétique a été détruit par le gouvernement en décembre 2023, mais la lutte de plusieurs années pour sa préservation a créé de nombreux liens entre ceux qui le protégeaient. Pendant la résistance à sa démolition, le parti «Renaissance» a organisé une manifestation devant la mairie de Sofia, sous le slogan «Mort au fascisme». 

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Des membres du parti « Renaissance » ont grandement contribué à la lutte du peuple bulgare contre l’adhésion du pays à la zone euro, ainsi qu’à la collecte des signatures nécessaires pour un référendum sur cette question. Quatre de leurs membres et sympathisants ont été presque un mois en détention parce qu’ils avaient participé à une protestation contre l’adhésion à la zone euro, durant laquelle le bâtiment de la «Commission européenne» à Sofia a été attaqué avec des cocktails Molotov et de la peinture rouge. 

Avec des membres du parti «Renaissance», nous avons participé à de nombreuses manifestations contre l’influence de l’impérialisme américain en Bulgarie, et contre les tentatives de faire de notre pays un acteur majeur dans le conflit avec la Russie. 

En signant cette déclaration commune, nous espérons que les positions qu’elle expose recevront encore plus de soutien dans la société bulgare et seront reconnues par d’autres individus et organisations.

« Approche commune contre l’impérialisme » 

La coopération entre activistes de gauche et organisations d’extrême droite suscite souvent des critiques, même parmi leurs propres partisans. Quel a été le retour des soutiens — tant du mouvement «23 septembre » que de «Renaissance»? 

Signer une déclaration commune sur les problèmes les plus urgents pour nos pays ne signifie pas renoncer à l’autonomie des organisations ou abandonner leurs principes politiques. C’est plutôt un appel à lutter contre les plus grands enjeux de notre époque. Ainsi, dans les années 1940, la Bulgarie a créé le Front patriotique, qui a uni diverses organisations (certaines d'entre elles, évidemment, n'étaient pas de gauche) pour agir ensemble contre le fascisme, parce que c'était le problème le plus urgent à cette époque. C’est pourquoi nous appelons aujourd’hui à une action conjointe contre l’impérialisme et ses institutions. 

Les réactions de la majorité des supporters des deux organisations sont majoritairement positives. Seuls quelques-uns se laissent aller à du sectarisme, mais cette proportion reste peu significative parmi les militants des deux organisations. Beaucoup de Bulgares comprennent que la situation est extrêmement critique, et que le moment est venu de lutter ensemble contre l’injustice et l’impérialisme. 

Merci beaucoup pour cet entretien ! 

L’interview a été menée par Michael Brück. 

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samedi, 25 avril 2026

Et Sofia ouvre la voie

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Et Sofia ouvre la voie

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/e-sofia-prende-il-largo/

Ils n'ont jamais la paix à Bruxelles. Jamais un moment de tranquillité pour von der Leyen, Kàllas et leur cour d’eurocrates.

Ils venaient à peine de finir de fêter, semble-t-il, le supposé retour de Budapest au sein de la famille commune, que voilà qu’apparaît déjà une nouvelle crise.

Et une crise vraiment amère à avaler.

La Bulgarie a voté. Et, avec un résultat de proportions vraiment bulgares, c’est Rumen Radev qui l’a emporté, déjà président de la République, qui a démissionné précisément pour se présenter aux législatives.

Et avec un programme précis: renouer les relations avec Moscou. Mettre fin à un ostracisme absurde qui met à rude épreuve l’économie d’un pays encore en voie de développement.

Le désespoir de nos vestales du dit «européisme». Qui voudraient que tous les pays de l’UE se plient aux diktats de la Commission de Bruxelles.

Et qui aiment ce Parlement européen dont la compétence principale consiste à disserter sur la courbure des bananes.

Laissant à d’autres le soin de faire de la politique.

Mais il y aurait, cependant, un petit détail. Qui inquiète les eurocrates et leurs naïfs supporters.

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Radev (photo) est un homme de gauche. Et grâce à lui, la gauche revient au gouvernement de Sofia, en délogeant une «droite» dépenaillée et totalement alignée sur les diktats de l’UE.

Gauche, mais pro-russe, nous suggère la machine de la calomnie ordinaire.

Plutôt, réaliste. Et, donc, conscient que pour la Bulgarie, il est impossible de faire abstraction de ses relations avec Moscou.

Une relation profonde, historique et culturelle, bien plus qu'économique comme elle l’est aujourd’hui, l'économie étant devenue incontournable.

Radev est parfaitement conscient du lien historique entre Bulgares et Russes. Ce n’est pas un hasard si l’alphabet cyrillique a été conçu par les saints Cyrille et Méthode pour écrire le bulgare, puis a été adapté à la langue russe.

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Ce n’est pas non plus un hasard si Sofia porte encore les traces de la libération du joug ottoman portée par les armées des tsars.

Et, bien sûr, il y a aussi l’intérêt immédiat.

La Bulgarie est un pays en forte croissance. Pour cela, elle dépend en grande partie du gaz et du pétrole qui lui arrivent de Moscou.

Couper ce cordon ombilical, et acheter des hydrocarbures aux compagnies pétrolières américaines, comme le prétendraient les eurocrates asservis, serait pire qu’un simple dommage.

Ce serait un véritable suicide. De nature à repousser tout le pays vers un état de retard et de sous-développement.

Radev, donc, a brandi le drapeau de l’intérêt national. Et il a largement remporté la victoire.

Droite et gauche n’ont plus d’importance. Ce ne sont que des vestiges du passé. Il faut maintenant faire face à la réalité.

On ne peut que le constater: cette affaire bulgare constitue un signal clair.

L’UE, avec ses prétentions et son service à des intérêts qui n’ont rien à voir avec les peuples européens, n’est qu’un corbillard.

Ils mettent, ou croient avoir mis, un pansement sur la plaie hongroise. Et, aussitôt, apparaît une nouvelle faille en Bulgarie.

Un système de pouvoir déconnecté de la réalité. Et lié à des intérêts qui n’ont rien à voir avec ceux de la véritable Europe.

Ce système est en train de mourir. En fait, il semble déjà être dans un état avancé de décomposition.

jeudi, 16 avril 2026

Quelques commentaires sur les récentes élections municipales en France

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Quelques commentaires sur les récentes élections municipales en France

par Georges Feltin-Tracol 

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 sont terminées. Malgré le tropisme médiatique accordé aux communes les plus peuplées (Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nice, Strasbourg, Lille, Nantes), il paraît difficile d’en tirer des conclusions de portée nationale tant les situations diffèrent d’une municipalité à l’autre.

On peut cependant émettre deux observations générales qui confirment le contexte chaotique ou de transition, voire d’avant-guerre, dans lequel nous sommes dorénavant plongés : un éclatement inouï de la donne politique et la montée inexorable de l’abstention.

La réforme du mode d’élection dans les communes les moins peuplées imposant la sotte parité et abolissant le panachage ainsi que la rature des candidats explique en partie la forte abstention du premier tour: 42,90% au lieu de 36,45% en 2014 (on oubliera les élections de 2020 marquées par la mystification covidinguienne). Notons que cette année, 68 communes françaises n’ont pas ouvert de bureau de vote, faute de liste présentée ! En 2020, on en recensait 106 et six ans plus tôt 64…

La désaffection des électeurs se comprend en outre par l’effacement du pluralisme: 68% des communes n’offraient qu’une seule liste élue d’office dès le premier tour avec 100% des suffrages exprimés. La présence de deux listes ne concernait que 25% des communes, ce qui n’a pas empêché la hausse de l’abstention et le fort accroissement des votes nuls et des bulletins blancs. Dans Le Monde (du 27 mars 2026), le chercheur Pierre-Henri Bono précise que le nombre de listes uniques dans les communes de 3500 à 5000 habitants est passé de 12% en 2008 à 31% cette année. Si l’on élargit le critère démographique des communes entre 1000 et 20.000 habitants, il relève un phénomène plus massif encore: 32% en 2014 et 48% cette année! Le désintérêt des électeurs n’en est que plus flagrant.

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Ce désaveu civique accentue la fragmentation de l’actuelle offre politique. Certes, le PS conserve Paris, Le Printemps marseillais divers-gauche la cité phocéenne et les Verts Lyon, mais la gauche municipale perd des symboles historiques tels Clermont-Ferrand. L’alliance LR–macroniste remporte la mairie auvergnate aux mains des socialistes depuis 1944. Accédant au second tour grâce à 11,29% des voix, la liste RN s’effondre à 3,64%. Ses électeurs se reportent en masse vers le candidat du bloc central par hostilité compréhensible envers l’édile socialiste sortant qui préférait mieux combattre la section locale du Bastion social et des identitaires que les trafiquants de drogue implantés dans certains quartiers de sa pauvre ville.

Le PS perd aussi des municipalités dans le Nord, en banlieue parisienne et en périphérie lyonnaise au profit de LFI mélanchoniste (Saint-Denis, Roubaix, Sarcelles, Vaulx-en-Velin). Vieille terre communiste, Vénissieux tombe aussi! La mobilisation permanente des quartiers de l’immigration en faveur des candidats de Jean-Luc Mélenchon a payé. Les notables socialistes se font «grands-remplacés». Tant mieux! On ne les pleurera pas!

Quant au RN, il faut ici distinguer la majorité des candidats des cadres et autres responsables nationaux. La voie vers l’Élysée en 2027 s’annonce plus difficile que prévue. En effet, le RN ne conquiert ni Marseille, ni Toulon, mais il gagne deux secteurs marseillais (les 5e et 6e, donc les IXe, Xe, XIe et XIIe arrondissements). Les métropoles confortent leur vive hostilité envers le parti de la flamme tricolore: 7,07% pour l’UDR Alexandre Dupalais à Lyon, 5,20% à Grenoble avec Valentin Gabriac, 7,02% à Bordeaux pour Julie Rechagneux, 7% à Strasbourg pour l’excellente Virginie Joron. En revanche, le RN s’implante dans les villes moyennes: Menton, Vierzon, Carcassonne, Rognac, La Seyne-sur-Mer, etc. Diverses municipalités RN sont reconduites dès le premier tour avec brio (77,71% à Hénin-Beaumont, 62,22% à Moissac). On notera la perte de Villers-Cotterêts au second tour alors que le maire sortant élu en 2014 et réélu en 2020, Franck Briffaut (photo), adhérent au FN dès 1977, ne sollicitait pas un nouveau mandat.

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La poussée frontiste se concrétise dans les villes moyennes. Par exemple, dans les Monts du Beaujolais situés dans le département du Rhône, l’assistant du député RN Jonathan Gery de la circonscription voisine, Rémy Berthoux, devient le maire de Thizy-les-Bourgs. Le cas est intéressant. Le 1er janvier 2013, cinq communes limitrophes fusionnent à l’initiative du maire de Thizy, Michel Mercier, sénateur centriste, président MoDem du conseil général du Rhône et ministre de la Justice de 2010 à 2012. Cette commune nouvelle se trouve dans la 9e circonscription du Rhône tenue par le LR Alexandre Portier. La liste RN réalise au second tour en triangulaire 46,36%. Les «Bo-Bo» lyonnais n’en dorment toujours pas!

itrages.jpgLa presse locale a évoqué la première mairie d’extrême droite du département de la Loire. Commune rurale de la plaine du Forez, Chalain-le-Comtal ne présente qu’une seule liste à l’initiative de Tom Rieu (aucun rapport a priori avec Damien Rieu). Employé agricole de 23 ans, le nouveau maire a été le suppléant du candidat RN aux législatives de 2022 et de 2024 dans la 2e circonscription de la Loire (Saint-Étienne Sud intra muros). Il quitte le RN après la condamnation de Marine Le Pen sur les assistants parlementaires européens. Il rejoint alors Identité–Libertés de Marion Maréchal. Son engagement public lui vaut 178 votes sur 586 inscrits sans omettre 7,51% de bulletins nuls et 8,87% de votes blancs. Les journalistes pensent que quatre à cinq autres communes de la Loire auraient maintenant des maires encartés au RN et à l’UDR.

On a vu que les agglomérations sont rétives aux candidats du RN. Pourtant dans la préfecture de la Loire, Saint-Étienne, après une éclipse survenue en 2020 (9,24% au premier tour), le RN devient avec huit conseillers municipaux la principale opposition à la nouvelle équipe communale socialiste–verte–communiste–Place publique. Au soir du 15 mars, le RN arrivait déjà en deuxième position derrière l’alliance de gauche et devant les quatre listes de droite et de centre-droit (18,97% et 8212 voix exprimés). Or, par rapport aux résultats de 2014, le RN perdait néanmoins 688 suffrages. Toutefois, arrivé deuxième lui a procuré un vrai dynamisme puisqu’au soir du 22 mars, le RN a réalisé 26,68%, 11.786 suffrages, soit un apport supplémentaire de 3574 voix ! Ce résultat ne devrait pas étonner. Dès le premier tour de la présidentielle de 1995, la Loire plaçait en tête Jean-Marie Le Pen à l’instar de six autres départements (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle, Var, Bouche-du-Rhône et Vaucluse). Le FN faisait de si bons résultats qu’au début des années 2000, des rumeurs couraient autour du parachutage électoral éventuel de Bruno Gollnisch sur la ville aux sept collines ou dans ses environs immédiats (Saint-Chamond et la vallée du Gier ou la vallée ouvrière de l’Ondaine).

Bien que non victorieux, le succès le plus brillant revient sans la moindre contestation possible à Jean-Eudes Gannat à Segré-en-Anjou-Bleu en Maine-et-Loire. Le 15 février 2016, sans aucune mention au cours de la campagne électorale de 2014, quinze communes s’unissent dans une commune nouvelle d’une superficie de 242 km². En comptant les bois de Vincennes et de Boulogne, la superficie de Paris fait 105 km². Lyon couvre près de 48 km² et Marseille s’en approche avec environ 241 km². Arrivée troisième et dernier lors de l’unique tour de scrutin, Jean-Eudes Gannat fait 21,72%, soit 1517 voix. Sa liste obtient sept conseillers municipaux et envoie deux représentants à l’intercommunalité.

imajegges.jpgDans un environnement difficile car la commune nouvelle se trouve dans la 7e circonscription, fief d’un député MoDem de la majorité présidentielle, Jean-Eudes Gannat suscite la sympathie des électeurs. Il profite de son statut d’enfant du pays comme d’ailleurs Tom Rieu qui bénéficie en outre d’un autre atout non négligeable: Chaloin-le-Comtal vote largement pour les candidats RN.

Jean-Eudes Gannat apporte la preuve magistrale qu’une démarche radicale réfléchie ne révulse pas toutes les franges de l’électorat. Son succès relatif risque cependant de lui attirer la vindicte de Thémis qui, pour avoir retransmis la sinistre réalité sur les réseaux sociaux, pourrait lui valoir une exécution provisoire et la privation durable de ses droits civiques, civils et de famille, car il est bien plus dangereux qu’un violeur d’enfant ou un trafiquant de drogue. Si sa liste courageuse réussit dans un milieu assez défavorable, pourquoi son exemple n’inciterait-il pas d’autres militants à l’imiter dans des zones bien plus propices à l’Opposition nationale, populaire, sociale, identitaire et européenne par exemple en Ardèche septentrionale autour d’Annonay qui a quand même élu un député UDR, et en Haute-Loire? Avis aux bonnes et fermes volontés, imitons les exemples de Tom Rieu et de Jean-Eudes Gannat pour l’échéance municipale de 2033 !

Ne soyons donc pas pessimistes ! Il est dès à présent certain que des maires élus sans étiquette sont en leur for intérieur de sensibilité nationaliste-révolutionnaire ou identitaire, nous en connaissons plusieurs dans le Massif Central, dans le Morvan ainsi que dans le Jura.         

GF-T

  • « Chronique flibustière », n° 187, d’abord mise en ligne sur Synthèse nationale, le 6 avril 2026.

mardi, 14 avril 2026

Orban a (massivement) perdu

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Orban a (massivement) perdu

Martin Sellner 

Bron: @MSellnerAdmin (Telegram)

Avec une victoire écrasante, le Tisza, soutenu par l'UE, a obtenu une majorité des 2/3 et peut désormais démanteler progressivement le travail de construction du Fidesz depuis 2010.

Peut-être réécrivent-ils même la constitution de Pâques d'Orban — et transforment-ils la Hongrie en un État modèle, selon les critères du libéralisme de gauche. 

Alors que la Hongrie de Magyar s'assimile dans l'UE, il est probable que le pays soit inondé de fonds et qu'une période de grâce lui soit accordée pour la redistribution des demandeurs d'asile, la censure des discours de haine et l'endoctrinement en matières de genre — afin d'éviter toute agitation dans le pays. À quoi cela est-il dû? 

Je ne suis pas d'accord avec de nombreux analystes dits de droite:

Orban était, économiquement parlant et dès le départ, sans aucune chance. Un petit État enclavé sans ressources ni tourisme, étouffé par l'UE suite à des sanctions et à la suspension de fonds, ne peut pas offrir à son peuple une économie attrayante. La corruption, qui doit être condamnée en tant que telle, n'est probablement ni plus ni moins présente que dans tout autre pays bénéficiaire net. 

La seule façon pour Orban d’échapper à ce "traitement" aurait été d’ouvrir les frontières et de jouer le jeu géopolitique. Mais cela n'aurait pas conduit à un mieux comme dans n'importe quelle autre satrapie de l'UE. 

Quant à l'approche d'Orban envers des "puissances étrangères", on ne peut guère lui en faire reproche parce qu'il était sous cette contrainte. Il devait essayer de créer des options alternatives pour satisfaire les attentes de prospérité de ses électeurs. Mais il n’a manifestement pas réussi. 

Orban a certainement aussi commis des erreurs. Mais même s'il n'avait pas fait d'erreurs, il aurait eu peu de chances à long terme sous une telle pression. Les forces libérales de gauche dans l'UE sont encore trop fortes. La Hongrie n’a pas pu tenir suffisamment longtemps. 

Contre l'offre de Magyar: lutte contre la corruption, critique de la migration + fonds européens, Orban est vraiment impuissant. Il n’y a pas non plus de reproche à faire aux électeurs. Il est compréhensible qu'ils aspirent à un changement et à une amélioration de leurs conditions de vie.

C’est là toute la perversité de l'"arme des sanctions", qui crée une opposition politique par l’appauvrissement ciblé. 

Voici maintenant l’épreuve qui s'ensuivra: Orban a investi délibérément dans des structures métapolitiques en dehors du parlement. Avec ces structures, une hégémonie peut même "survivre" à une défaite électorale. À condition que la phalange des intellectuels de droite organiques puisse rapidement passer en mode opposition. 

Ce fut également suite à une défaite électorale en 2002, que le travail métapolitique d'Orban a commencé. La liste Kubatov doit être réactivée. Une phase d'opposition peut justement, pour un milieu métapolitique fort, avoir un effet revitalisant. 

Le besoin pousse à l’ingéniosité. Hölderlin l’appelle la "grande maîtresse".

"Le vieil homme Faust a rajeuni;

Elle arrive, comme la foudre de Dieu,

Et détruit des montagnes rocheuses,

Et déploie sa voie sur les géants." 

Que le besoin qui s'installera dans les années à venir puisse rajeunir, activer, et faire revenir encore plus fort le bloc national hongrois !

Leçon de Hongrie

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Leçon de Hongrie

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena# 

La Hongrie est bien plus qu’un simple message électoral. C’est une leçon sur les limites de la politique nationale dans un système qui tolère la déviation au niveau national uniquement tant qu’elle reste sans conséquence.

La défaite d’Orbán montre qu’en Europe, il ne suffit plus de gagner des élections, de former un gouvernement et de se référer à la souveraineté dans des discours. En effet, le vrai pouvoir se trouve souvent plus en profondeur: dans des réseaux, des institutions, des flux financiers, des milieux médiatiques et des terrains idéologiques qui se sont largement affranchis du contrôle démocratique.

C’est précisément là que réside le problème fondamental de tous les gouvernements qui s’opposent à la ligne dominante sans toucher aux structures sur lesquelles cette ligne repose. On peut s’attaquer à Bruxelles, critiquer la politique migratoire, refuser le courant dominant, mais aussi longtemps que les strates clés d’influence et d’interprétation restent dans le même vieil ordre, toute résistance demeure précaire. Alors, ce n’est pas l’État qu’on dirige, mais seulement sa surface visible.

Orbán a été pendant des années la figure symbolique d’une contradiction limitée apportée sur le théâtre européen. Il incarnait la tentative de préserver un espace d’action national au sein de l’UE. Mais cette tentative avait dès le départ ses limites: elle contredisait le système sans véritablement sortir de ses mécanismes de pouvoir. La Hongrie est restée profondément intégrée, sur le plan financier, institutionnel, sécuritaire et idéologique, dans le bloc occidental. Dans de telles conditions, tout conflit avec Bruxelles devient un combat dans une arène dont les règles ont déjà été fixées par d’autres.

Le problème réside dans la structure même de l’UE. Car l’Union européenne n’est plus vraiment l’Europe des nations libres que l'on a autrefois vendue à ses citoyens. Elle est devenue un espace de gouvernance politique où la conformité est récompensée et la déviance est sanctionnée. Pas toujours par des moyens ouverts, pas toujours avec une pression bruyante, mais avec une grande cohérence. Par des structures de financement, par des ONG, par un cadrage médiatique, par une étiquetage moral, par des blocages institutionnels et par la tentative permanente de présenter toute politique nationale indépendante comme suspecte.

C’est précisément là que réside la finesse de ce modèle. Il n’est plus nécessaire d’imposer des interdits ouvertement. Il suffit de façonner les conditions du concours politique de façon à isoler, épuiser et délégitimer progressivement l’écarté. En apparence, tout reste propre, démocratique et conforme aux règles. En revanche, à l’intérieur, un appareil agit en connaissance de cause, en sachant quelles forces encourager et lesquelles combattre.

La forme moderne de désarmement ne s’appuie plus sur des chars, mais sur la maîtrise du discours, la pression par réseaux et l’épuisement institutionnel. La défaite d’Orbán est donc bien plus qu’un événement propre à la Hongrie. Elle est un signal à tous les acteurs politiques qui pensent qu’il est possible d’agir durablement en souverain dans cette architecture de pouvoir européenne, sans remettre en question ses fondements.

Cela ne concerne pas seulement l’Europe centrale et orientale. Au fond, cela concerne chaque acteur politique, qui veut hiérarchiser ses intérêts nationaux par rapport aux injonctions d’un système transnational technocratique. Celui qui ne remporte que des gouvernements, mais pas les centres de pouvoir qui se profilent derrière ces gouvernements, reste une figure passagère.

C’est pourquoi la lecture de ce phénomène dépasse également l’Europe. Car le motif est toujours similaire: des figures de leadership populistes ou résistantes entrent en confrontation avec un ordre de pouvoir qui va plus profondément que les cabinets, partis ou campagnes électorales. Elles peuvent mobiliser, irriter, freiner. Mais elles échouent tandis que les appareils permanents restent intacts. Le cas d’Orbán n’est donc pas seulement hongrois. Il est un cas exemplaire pour tous.

L’autodétermination nationale n’est que partiellement prévue dans l’UE d’aujourd’hui. Orbán n’a pas seulement perdu une élection. Il a échoué face à la réalité d’un système qui ne tolère la démocratie nationale que tant qu’elle ne touche pas à l’ordre du pouvoir. 

lundi, 13 avril 2026

La Hongrie a voté

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La Hongrie a voté

Björn Höcke

Source: https://www.facebook.com/Bjoern.Hoecke.AfD

La défaite électorale de Viktor Orbán marque une étape importante – non seulement pour la Hongrie, mais pour l’ensemble de l’ordre politique en Europe. Elle résulte d’un jeu complexe d’interactions économiques, politiques, structurelles et psychologiques, ainsi que d’une influence propagandiste massive venant de l’extérieur. Il ne s’agit pas d’un échec isolé d’un seul politicien.

Quelles sont les causes de ce résultat électoral ?

1. L’économie l’emporte sur la politique. L’inflation, la perte du pouvoir d’achat et la hausse du coût de la vie sont, selon l’expérience, les facteurs déterminants les plus puissants dans le choix électoral. Historiquement, il apparaît constamment que les gouvernements – quelle que soit leur orientation politique – sont sanctionnés en période de tension économique. En ce sens, Viktor Orbán n’a pas été autant victime de sa ligne nationaliste que du fonctionnement classique des cycles démocratiques, stimulés par les cycles économiques.

2. La promesse de prospérité relativise, pour la majorité des électeurs hongrois, un facteur souvent présenté par les patriotes comme décisif: la migration de masse. Alors que ce sujet est aujourd’hui déterminant dans de nombreux pays d’Europe occidentale, il ne joue pas le même rôle en Hongrie, simplement parce que l’expérience réelle des effets négatifs de la migration fait défaut. Les récits politiques déconnectés de la vie quotidienne ont peu de force mobilisatrice.

3. Il ne faut pas sous-estimer le cadre international: Orbán s’est retrouvé face à un champ d’adversaires exceptionnellement large – sur le plan politique, médiatique et institutionnel. La tension entre la souveraineté nationale et les intérêts supranationaux, notamment dans le cadre de l’UE, s’est considérablement accentuée ces dernières années. La Hongrie est devenue de plus en plus le théâtre visible de ce conflit, incarnant la défense ferme de la souveraineté nationale face aux prétentions supranationales de Bruxelles. Une élection dans de telles conditions n’est plus une simple décision purement intérieure.

4. Orbán est l’un des rares politiciens européens à avoir une approche digne d’un homme d’État. Pour permettre à son petit pays d’emprunter un chemin identitaire particulier et, dans les circonstances présentes, d’ouvrir des marges de manœuvre, il a dû chercher de puissants partenaires. La Hongrie entretenait sous Orbán des liens étroits avec Israël. On suppose que l’attaque du groupe Pager contre le Hezbollah en septembre 2024, menée à l’aide d’appareils de communication manipulés en Hongrie, en est une preuve. Alors qu’un rapprochement avec Benjamin Netanyahou était longtemps un atout pour Orbán et sa formation, le Fidesz, il s’est récemment mué en désavantage. La politique de plus en plus religieuse du Premier ministre israélien, ainsi que l’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, ont sans doute causé à Orbán des dégâts sur le plan intérieur.

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5. Seize années à la tête du gouvernement ont transformé le Fidesz en un parti d’État – dans le sens négatif du terme. Nombre de jeunes Hongrois m’ont parlé d’un népotisme excessif. Cette culture du favoritisme, même si dans la majorité des cas elle s’inscrivait dans un cadre légal, est devenue pour un nombre croissant de Hongrois une véritable source d’agacement. Pour la jeune génération, elle était souvent décisive lors du vote. Non sans raison, l’AfD collabore au Parlement européen avec un parti patriotique hongrois (Mi Hazánk Mozgalom / Mouvement Notre Patrie), qui, pour diverses raisons, est explicitement critique vis-à-vis de Orbán.

6. Le temps lui-même est un acteur politique. Depuis 2010 au pouvoir, Orbán a été l’un des chefs de gouvernement les plus durables d’Europe. Mais une longévité politique entraîne presque inévitablement des effets d’usure. Une tension prolongée, qui serait très productive, ne peut être maintenue indéfiniment par une communauté ou un individu. C’est aussi pour cette raison que les électeurs recherchent cycliquement un changement, dans l’espoir d’impulsions nouvelles – souvent avec une amère déception.

Que signifie la défaite de Viktor Orbán pour nous, patriotes, et pour l’Europe?

À court terme, c’est sans aucun doute un affaiblissement des forces patriotiques en Europe. Avec Orbán, nous perdons une figure nationale symbolique au sein de l’UE, un acteur qui a systématiquement défendu la marge de manœuvre nationale face au centralisme européen, et qui a au moins freiné la grande transformation démographique. Après le changement politique en Pologne et les instabilités dans d’autres pays, la relation de force se déplace encore davantage en faveur de l’establishment anti-national de l’UE. La confrontation avec la Russie pourrait également s’intensifier, ce qui m’inquiète profondément en tant que patriote pacifiste.

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Ce qui me donne de l’espoir, c’est que Péter Magyar (photo) n’a pas été élu comme un simple agent de l’UE, mais surtout pour rompre avec l’immobilisme partisan du cercle dirigeant du Fidesz. Magyar a plaidé lors de la campagne en faveur de frontières fortes, n’a pas exclu à court terme une coopération énergétique avec la Russie, et a agit avec légèreté en levant le drapeau hongrois. Il s’est présenté comme un patriote. Reste à voir s’il le sera vraiment. Les doutes sont légitimes. Mais il a tout de même critiqué Orbán pour ne pas avoir suffisamment défendu la minorité hongroise en Slovaquie. Dans ce contexte, il a également appelé à l’abrogation des décrets Beneš. Si Magyar renforçait ces positions, cela pourrait même ouvrir la voie à un débat historique fécond pour toute l’Europe.

Regard vers l’avenir : confiance plutôt que résignation

En tant que patriotes européens, nous pouvons rester optimistes malgré le « choc électoral en Hongrie ». Pour notre programme de renouveau, nous avons besoin d’une longue respiration. Et les éléments porteurs de l’avenir au sein des courants politiques ne disparaissent pas à cause de défaites électorales partisanes — ils se transforment. Le soutien constant aux partis patriotes dans des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche repose sur le fait, qui ne peut être dissimulé même avec le déploiement d'une propagande des plus sophistiquées, que les montagnes de problèmes accumulés — migration, souveraineté, déclin économique — ne peuvent plus être résolus par la classe politique au pouvoir, car l’aveuglement idéologique et l’incapacité technique empêchent un changement de cap fondamental. Le seul problème est que, sans ce changement, tous les pays européens devront d’abord continuer leur descente. Et les dégâts s’amplifient chaque jour vers le bas, la bulle de scories se remplit sans cesse jusqu’à éclater. Les rénovateurs politiques devront à l’avenir accomplir des tâches herculéennes.

Dans cette situation, une pensée d’Albert Camus prend toute son importance: l’alternative fondamentale entre résignation et révolte. Pour nous, patriotes européens, cela ne peut signifier qu’une chose : une recomposition stratégique vaut mieux qu’un recul résigné. Les défaites électorales ne doivent pas forcément signifier une perte de signification, mais peuvent, malgré toutes les déceptions, devenir le point de départ d’une nouvelle orientation. Et plus la voiture s’enlise profondément dans la boue, et cela dans tous les pays, plus le potentiel de renouveau s'avèrera fondamental, prêt à être activé par un esprit pionnier déterminé.

Les élections de Hongrie doivent donc être considérées non pas comme une annulation du projet patriotique de changement, mais comme un indicateur enrichissant la compréhension des phénomènes: les limites de la durée d'une conception particulière de la politique, le pouvoir des réalités économiques — et la dynamique persistante d’une Europe qui doit encore trouver sa propre voie vers l’avenir.

vendredi, 10 avril 2026

Si Orbán gagne: Bruxelles prévoit des sanctions

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Si Orbán gagne: Bruxelles prévoit des sanctions

Bruxelles/Budapest. À une semaine des élections législatives hongroises du 12 avril, la nervosité monte à Bruxelles. Officiellement, on mise sur une défaite du Premier ministre Viktor Orbán, mais la victoire du challenger Péter Magyar est tout sauf certaine. C’est pourquoi les bureaucrates européens élaborent déjà des plans d’urgence — au cas où Orbán remporterait à nouveau les élections à Budapest.

Les opposants d’Orbán dans l’UE ne cachent pas leur préférence pour Magyar. Cependant, de nombreux Hongrois le voient comme une marionnette de Bruxelles. Orbán lui-même se méfie à juste titre des sondages qui montrent son parti Fidesz en recul. Son député européen András László soupçonne que l’on veut présenter une victoire de Fidesz comme «peu plausible» ou «illégitime».

En cas de – nouvelle – victoire d’Orbán, Bruxelles annonce déjà des conséquences: António Costa, président du Conseil européen, a déclaré au sujet du blocage persistant de la Hongrie sur un prêt de 90 milliards pour l’Ukraine: «Ce que fait la Hongrie est totalement inacceptable». Un diplomate européen de haut rang, qui souhaite garder l’anonymat, a précisé que si Orbán l’emportait, «on quitterait les gants de velours». La députée européenne et lobbyiste pour la défense, Marie-Agnes Strack-Zimmermann (FDP), réclame depuis longtemps de couper l’accès au financement pour la Hongrie et de lui retirer rapidement son droit de vote.

Concrètement, une réflexion est en cours pour étendre le droit de veto actuel et la «majorité qualifiée» à des domaines qui requièrent jusqu’à présent l’unanimité — une mesure radicale qui pourrait également frapper des pays comme la République tchèque ou la Slovaquie. Le gel d’autres fonds européens est aussi à l’étude. En revanche, une expulsion de la Hongrie de l’UE serait difficile juridiquement: les traités n’autorisent qu’une sortie volontaire (article 50 du TFUE), et non une exclusion forcée.

La ligne d’Orbán — notamment en matière de protection des mineurs contre la propagande de genre ou sur la question migratoire — recueille l’approbation de nombreux Hongrois. Et en Allemagne, en France ou en Italie, des majorités écrasantes se déclarent en faveur de contrôles plus stricts aux frontières. Orbán n’est pas aussi impopulaire en Europe que dans le Parlement européen. Si Bruxelles devait recourir à des méthodes douteuses en cas de réélection, cela ne favoriserait guère la popularité de l’Union (mü).

Source: Zu erst, avril 2026. 

mercredi, 04 février 2026

Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

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Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

L'année 2026 sera une année électorale et donc potentiellement une année clé pour les démocraties européennes. Qu'il s'agisse de sécurité, d'énergie, de changements géopolitiques, de souveraineté ou de migration, ces élections auront un impact sur l'UE. En avril 2026, les Hongrois éliront un nouveau parlement. Depuis 2010, Orban a réussi, avec sa coalition de centre-droit Fidesz-KDNP, à remporter quatre élections consécutives. Budapest est devenue une plaque tournante du conservatisme européen.

Orban a notamment mené une politique migratoire restrictive, ce qui lui a valu des sanctions juridiques, des pressions financières et politiques de la part de l'UE. Et pour la première fois, toute l'opposition hongroise se rallie derrière une seule figure, Peter Magyar et son parti Tisza, pour défier Orban. Tisza appartient au groupe PPE et se montre très pro-UE. Une défaite d'Orban sera perçue comme un succès stratégique des institutions et de la politique de l'UE.

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Les États-Unis d'Amérique, la Suède, la Slovénie et l'Allemagne

Les élections de novembre 2026 aux États-Unis, les élections dites de mi-mandat, sont également importantes. Il s'agit d'un test crucial pour Donald Trump, car il ne dispose que d'une faible majorité à la Chambre des représentants. Il peut jouer plusieurs atouts : la croissance économique, la lutte contre l'immigration clandestine, la guerre contre la drogue, les interventions à l'étranger. Cela suffira-t-il à lui permettre de conserver sa majorité ou va-t-il la perdre ? Et surtout, quelles en seront les conséquences pour l'Europe ?

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Les Suédois éliront un nouveau parlement en septembre 2026, après quatre ans de gouvernement au cours desquels les Démocrates suédois ont pu influencer la politique migratoire et sécuritaire en accordant leur soutien au gouvernement de centre-droit. Seront-ils récompensés pour cela ? Les récents sondages indiquent que les sociaux-démocrates ont la faveur des électeurs. Y aura-t-il un nouvel accord avec les conservateurs en Suède ? En Slovénie, le populiste de droite Janez Jansa (photo) espère revenir au pouvoir avec son parti SDS après les élections de mars. Cela signifierait un renforcement du bloc de droite en Europe de l'Est.

Enfin, plusieurs élections régionales auront lieu en Allemagne, où les « etablierte Parteien » (les partis établis) observent avec inquiétude la montée en puissance du parti populaire Alternative für Deutschland. Dans certains Länder est-allemands, l'AfD dépasse largement les 35% des intentions de vote, si l'on en croit les sondages. Non, nous ne nous ennuierons certainement pas sur le plan politique en 2026.