
Parution du numéro 492 du Bulletin célinien
Sommaire :
Entretien avec Jean Bastier
Céline vu par Marc Fumaroli
Céline écrivain maudit jusqu’au cœur de Genève
Dans la bibliothèque de Céline (Edmond Jaloux, Jamblan, Claude Jamet)
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Parution du numéro 492 du Bulletin célinien
Sommaire :
Entretien avec Jean Bastier
Céline vu par Marc Fumaroli
Céline écrivain maudit jusqu’au cœur de Genève
Dans la bibliothèque de Céline (Edmond Jaloux, Jamblan, Claude Jamet)
C’est sans doute une infirmité de ma part ; les livres de Philippe Sollers m’ont toujours laissé indifférent, exception faite de Femmes (1983), qui doit d’ailleurs beaucoup à Céline, et La Guerre du goût (1994), recueil de ses meilleures critiques. En raison de son art d’esquiver les questions embarrassantes, celui que Pierre Assouline nommait (devant lui) “le roi des pirouettes” a pourtant de fervents admirateurs, notamment dans la nouvelle génération. En témoigne l’essai enthousiaste de Yannick Gomez qui analyse les liens entre son œuvre et la musique, domaine qu’il maîtrise ô combien. Mais le chapitre qui intéressera davantage ceux qui me lisent, c’est évidemment celui intitulé “Céline – Sollers”. Une anecdote à ce sujet : on sait que celui-ci s’est toujours targué d’avoir été l’un des grands artisans de la réhabilitation littéraire de l’auteur de Nord. Il l’écrit d’ailleurs noir sur blanc dans ses Mémoires.


Avec malice, Jérôme Dupuis releva qu’après avoir écrit en 1963 un bref article sur Céline dans les Cahiers de l’Herne, il fallut attendre… 1991 pour lire un nouveau texte de lui sur le sujet¹. Et de préciser que la grande période de traversée du désert, ce furent les années 60, 70 et 80, où Sollers jugeait plus urgent de célébrer Lacan, Mao ou Casanova. Dans le BC, je me gardai de réfuter ces propos, factuellement exacts, mais précisai que, chaque fois qu’il en eut l’occasion, Sollers défendit Céline dans les médias. Ce fut notamment le cas en 1976 dans une émission télévisée à lui consacrée². Mon papier se concluait ainsi : « Céline reconnaîtra les siens ! » Manifestement touché par cette défense, Sollers m’envoya la dernière livraison de sa revue L’Infini avec un mot courtois. Il a tous les défauts du monde, relevait un critique, sauf ceux des esclaves qui obéissent aux ordres des prescripteurs. Et c’est vrai qu’il m’est toujours apparu comme un homme libre, allant jusqu’à faire sien le précepte baudelairien revendiquant le droit de se contredire.


Un admirateur de Céline est assurément mal placé pour reprocher à Sollers d’avoir succombé aux sirènes de la politique totalitaire. Passé du communisme au maoïsme, il ne renia jamais vraiment son passé gauchiste et demeurait nostalgique de la comédie débridée du printemps 68 dont la France ne se remit jamais, comme en atteste l’état de son école et de son université. Dans son fameux article La France moisie ³, Sollers raillait un ministre de l’Intérieur (de gauche) qui avait eu l’audace de fustiger ceux qu’il appelait, doux euphémisme, les “sauvageons”. Et il prenait bien entendu la défense du “héros” libertaire de mai 68 qui termina sa carrière parlementaire en se faisant l’apologiste du capitalisme et de l’économie de marché. Mais, comme le disait Céline (citant la sœur de Marat), ces volte-face sont là turpitudes humaines qu’un peu de sable efface. Ce qu’on retiendra de Sollers, c’est sa vaste érudition à la fois musicale et littéraire ainsi que ce goût de la conversation qui le fait davantage appartenir au XVIIIe siècle qu’à notre période déclinante dont il déplorait à juste titre l’inculture et la frivolité.
• Yannick GOMEZ : Sollers, le musicien de la vie (préface de Rémi Soulié), Éditions Nouvelle Marge, 2025, 141 p. (18 €). Voir aussi Hommages à Philippe Sollers, Gallimard, 2023, 142 p. (12 €)
Notes:
15:22 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : louis-ferdinand céline, lettres, lettres françaises, littérature, littérature française, philippe sollers, revue |
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Parution du numéro 75 de War Raok
EDITORIAL
Bientôt une messe de requiem ?
Le titre va très certainement vous interpeller ? Oui, sans aucun doute. Maintenant voici la question que vous allez vous poser : qui peut bien être l’illustre personnage, l’illustre défunt méritant un tel hommage ? Un tel honneur au point de lui dédier une messe de requiem ! Illustre n’est peut-être pas le terme exact : voyou, malfrat, usurpateur, autocrate, violent serait plus adapté… Rassurez-vous notre filou est toujours parmi nous, toujours présent, toujours aussi nocif même s’il se trouve en phase terminale et que son pronostic vital est engagé. Il n’est pas question, et je dirais même que c’est hors de propos, de souhaiter la mort d’un malade en fin de vie. Laissons le mourir, s’éteindre lentement… mais aucune pitié, aucune compassion pour un être qui a tant fait souffrir mon peuple.
Un peu de patience pour la messe de requiem
Vous avez peut-être enfin reconnu notre mystérieux agonisant ? Eh oui, il s’agit bien de la république française et de ses bas-fonds, de son État, État malfaisant qui a privé et prive toujours le peuple breton de ses libertés fondamentales, mais également les peuples basque, corse, catalan, occitan, flamand… peuples qu’il n’a même pas la décence de reconnaître officiellement ! Une exception en Europe faut-il le souligner !
Héritier et fier de sa révolution bolchevique de 1789, (révolution honorée tant par la gauche que par la droite française soit dit en passant), cet État français a fait couler les larmes, le sang dans une logique à la fois impérialiste et totalitaire.
Ah elle est belle cette France des lumières, France patrie des Droits de l’homme et des libertés, de la démocratie, ou plutôt devrais-je dire de la démocratie raréfiée ! France qui ose constamment, sans aucune gêne, sans aucune pudeur s’arroger, s’approprier et clamer le célèbre principe « des peuples à disposer d’eux-mêmes » et le refuser aux peuples qu’elle maintient arbitrairement sous tutelle ! Peuples privés de toute existence légale et de vie nationale. La vision de la France reste une vision hégémonique, coloniale, une vision figée qui n’aspire qu’à la domination. La France a bâillonné la Bretagne, vieille nation souveraine pendant plus de dix siècles. Elle a effacé son histoire, piétiné sa culture, interdit sa nationalité, miné ses institutions, confisqué son identité... La France, mythe, fausse religion ne nous a apporté ni civilisation, ni progrès mais uniquement un total asservissement.
Aujourd’hui, elle est devenue la France des bougies ! Les lumières sont éteintes.

Ouvrir les pages de War Raok, c’est un peu comme « on arme un fusil » !
Cet éditorial est le premier de l’année 2026 et la revue, qui fête ses 26 années de parution, tient à rester fidèle à sa ligne politique, à la défense des libertés bretonnes, à l’autodétermination du peuple breton et se veut une véritable ligne de faille, une brèche dans la coque d’une Europe aujourd’hui malade et agonisante. En écartant systématiquement les imposteurs, aucune haine, aucun esprit de revanche, aucun propos violents, injurieux ou déplacés, mais des analyses, des articles pertinents et sérieux pour informer le lecteur et forger ainsi de futurs sympathisants, voire militants à la cause nationale bretonne. Il est malheureusement fort regrettable que certains continuent de refuser de faire face à la réalité, préférant la fuite, s’obstinant encore à jouer dans un bac à sable et se voilant la face. Ne pas ôter ce voile… c’est se mentir à soi-même.
Padrig MONTAUZIER, directeur de publication.
* * *
SOMMAIRE de WAR RAOK n°75
Buhezegezh vreizh, page 2
Éditorial, page 3
Buan ha Buan, page 4
Tribune libre
La Vallée des Saints : un rêve brisé, page 10

Politique
La gauche, la droite... la liberté, la démocratie !, page 12
L’impertinence de la démocratie parlementaire, page 13
Chroniques bretonnes
Aux origines de l'hermine, page 16
Hent an Dazont
Votre cahier de 4 pages en breton, page 19

Un regard sur l’Irlande, page 23-31
Mythologie, gaélique, culture, éducation,
immigration, nationalisme…
Tradition
Des célébrations de Samhain à Halloween, page 32
Histoire de Bretagne
L’Édit du Plessis-Macé, page 34

Nature
Le courlis cendré, page 36
Lip-e-bav
Recette végétarienne de la galette bretonne, page 37

Keleier ar Vro
La mémoire de l’abbé Marcel Blanchard attaquée, page 38
Bretagne sacrée
Le tombeau de Saint-Lénard, page 39.
12:59 Publié dans Revue, Terres d'Europe, Terroirs et racines | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bretagne, irlande, pays celtiques, revue, terroirs, racines, régions |
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Parution du n°491 du Bulletin célinien
Sommaire:
Céline’s London. Le mystère de La Belle Sauvage
Céline au programme du baccalauréat ? Histoire d’un mythe
Dans la bibliothèque de Céline : Ibsen, L’Impérialisme germaniste dans l’œuvre de Renan, L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
Londres de Céline et Londres (Albert). La prostitution et la honte.
N’en déplaise à certain célinien acrimonieux¹, le BC poursuit son bonhomme de chemin et s’achemine vers le 500e numéro. Et ce en dépit de l’âpre anticélinisme qui prospère d’année en année. Tout est fait pour donner de Céline l’image la plus univoque possible. C’est ce qui a encore été fait récemment en adaptant à l’écran le podcast (à charge) , “Louis-Ferdinand Céline, le voyage sans retour”, diffusé l’année passée sur France Inter. « J’ai été tellement recouvert de toutes les ordures et les merdes que cent mille tonnes de parfums d’Arabie ne me feraient pas encore sentir bon ! » écrivait-il en exil.
Que dirait-il aujourd’hui ?… Rendant compte de ce documentaire, la presse emboîte le pas, dénonçant “un homme monstrueux habité par une noirceur inouïe”. Quant à l’objectif de cette initiative, il n’est guère dissimulé par certains : extirper Céline du “panthéon des lettres françaises” et pour cela “déboulonner” la statue. Certes, on peut critiquer l’homme. Céline souhaitait la victoire de l’Axe et, pendant l’Occupation, n’a pas mis une sourdine à son antisémitisme obsessionnel.
Mais pourquoi énoncer des contrevérités dans ce qu’il faut bien appeler un réquisitoire ? Les plus flagrantes ont trait aux deux guerres mondiales : Destouches embusqué à Londres car réformé en 1915 par piston² (ceci pour la première) et Céline nazi intégral appelant de ses vœux le génocide (pour la seconde). Une volonté à peine dissimulée de réduire son rayonnement littéraire est ici à l’œuvre.
Dans un courriel adressé à un téléspectateur qui s’était plaint de ce parti-pris, la personne en charge de la médiation des programmes de France Télévisons a répondu que « s’intéresser à un sujet nécessite de choisir un angle ». Et d’ajouter cette précision chafouine : « Retenir certains aspects d’un sujet ne signifie pas occulter tous les autres dans l’absolu, potentiellement abordés lors de prochains programmes sur le thème, abordé sous un angle différent »³. Le hic, c’est que lorsqu’il est question de Céline, c’est toujours le même angle.

Pour rappel : Antoine de Meaux (“Le procès Céline”, Arte, 2011), Jean-Baptiste Pérétié (“Voyage au bout de Céline”, France 5, 2011), Christine Lecerf (“Louis-Ferdinand Céline au fond de la nuit”, France Culture, 2019), Élise Le Bivic (“Céline : les derniers secrets”, France 5, 2021), pour ne citer que les plus récentes émissions. Toutes font le procès de Céline et méconnaissent ce qui fait la grandeur de l’écrivain. C’est un choix délibéré. Et cela s’aperçoit jusque dans les détails. Ainsi, évoquant la réception critique de Voyage au bout de la nuit, il est précisé que la presse fut partagée. Non pas en raison du langage et du style novateurs de ce premier roman mais parce qu’« on ne sait pas encore où situer politiquement Céline » (!) Il suffit d’analyser le dossier de presse pour se rendre compte que la ligne de partage ne se situe pas sur ce plan. On se plaît à rêver d’une émission où serait mis en relief ce qui fait l’originalité et la valeur de l’œuvre. Un angle pour une fois différent…

• Philippe COLLIN et Florence PLATARETS : « Face à l’histoire. Louis-Ferdinand Céline, le voyage sans retour », Production Agat Films. Diffusé le 14 décembre 2025 sur France 5.
16:41 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : louis-ferdinand céline, lettres, lettres françaises, littérature, littérature française, revue |
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Parution du numéro 490 du Bulletin célinien
Sommaire :
Collaboratrices (Lucienne Delforge, Maud de Belleroche, Simone Mittre,…)
Une fausse citation d’Erasme chez Céline
Dans la bibliothèque de Céline : Hamlet
James Salter lecteur de Waugh et de Céline.
Céline fut un “collaborateur” pour le moins atypique. Henri Godard a indiqué qu’il s’est tenu à l’écart de toute collaboration officielle. C’est le moins que l’on puisse dire. Pendant l’Occupation, cet électron libre n’a pas arrêté de morigéner les uns et les autres (politiques et journalistes) estimant qu’ils n’étaient pas à la hauteur de la situation. Histoire de doper les ventes, les historiens ne rechignent pas à le mettre en couverture de leur livre. Ce fut le cas d’un spécialiste de l’Épuration en France¹ ; c’est aujourd’hui celui d’un jeune historien qui publie sa thèse de doctorat sur les écrivains collaborateurs. Il y analyse ce que sont devenus les deux cents (!) écrivains frappés à la Libération. Et de s’interroger sur la postérité littéraire d’écrivains mineurs mais aussi de Rebatet, Morand, Maurras,… et Céline auquel il consacre tout un chapitre.

D’entrée de jeu, il passe en revue les éléments de nature, on le conçoit aisément, à exaspérer ceux qui honorent la mémoire des intrépides ayant combattu l’envahisseur. C’est le cas de l’auteur, attaché scientifique à un musée de la Résistance. Quels sont ces éléments qui datent tous du début de ce siècle ? Dans l’ordre : l’inscription (suivi du retrait) de Céline au recueil des Célébrations nationales du ministère de la Culture (2011) ; l’entrée de Drieu la Rochelle dans la “Bibliothèque de la Pléiade” (2012) ; l’édition de la correspondance de Morand et Chardonne (2013) ; la réédition des Décombres de Rebatet (2015) ; l’initiative (avortée) de la réédition des pamphlets par Gallimard (2018) ; la présence de Maurras et Chardonne dans Le Livre des Commémorations nationales (2018) ; la réapparition de manuscrits inédits (2021) suivie de leur publication avec succès. Cela fait beaucoup. Et montre que, pour ce qui le concerne, Céline est tout sauf un écrivain maudit².

L’auteur affirme pourtant que celui-ci est auréolé de ce statut par ses biographes. Et, selon lui, Céline, seul, sut convertir sa déchéance en littérature. Là où il serait magistral, c’est que, devenu un “auteur canonique” (Voyage au bout de la nuit fut inscrit au programme de l’agrégation des lettres modernes en 1993 et en 2003), il n’en devient pas pour autant un écrivain figé. L’intérêt suscité est entretenu par sa légende sulfureuse qu’il a contribué à bâtir par ses romans d’après-guerre dans lesquels il raconte son exil ignominieux aux yeux de ceux qui n’accepteront jamais de le lire. Céline renverse en outre le stigmate en imposant l’image qu’il a de lui-même, évitant dans ses romans d’expliquer son engagement en faveur de l’Axe. C’est la conclusion de l’auteur, un tantinet jargonnante: «Il s’agit d’élaborer et de diffuser une narration qui s’empare de la marque infamante pour la réajuster à une illusion biographique acceptable. Cependant, si le renversement du stigmate est unanimement reconnu, alors la provocation qu’il porte disparaît. Afin d’éviter cette routinisation du charisme, tout l’enjeu revient alors à entretenir la tension entre la canonisation et l’impiété.» Pari réussi pour Céline au grand dam de ses contempteurs qui auraient préféré que son œuvre ne lui survive pas.
• Tristan ROUQUET, Les écrivains collaborateurs (Engagement, stigmate et postérité), CNRS Éditions, coll. “Nationalisme et guerres mondiales”, 2025, 448 p. (26 €)
18:39 Publié dans Littérature, Livre, Livre, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lettres, lettres françaises, littérature, littérature française, louis-ferdinand céline, collaboration, livre |
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Parution du numéro 489 du Bulletin célinien
Sommaire:
Entretien avec Marie Vergneault-Gourdon
Emmanuel Carrère et Céline
Dans la bibliothèque de Céline: G (Galtier-Boissière, La Garçonne, La Gaule…)
Céline sur la Butte (1941)
Actualité célinienne
Point de vue : Céline l’inatteignable.



20:23 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : louis-ferdinand céline, revue, littérature, littérature française, lettres, lettres françaises, marc-édouard nabe |
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Parution du numéro 74 de la revue War Raok
Editorial
Défendre l’idée de patrie … c’est défendre l’âme de la nation bretonne !
Parmi les idées qui sont particulièrement attaquées, et au premier rang d’entre elles par ceux qui rêvent et encouragent un idéal internationaliste, se trouve au premier chef celle de la patrie.
Aujourd’hui, sachez bien qu’il n’y a guère d’idée plus attaquée, menacée constamment par des idéologies comme le socialisme, cette religion de la fausse fraternité, les libres penseurs qui, dans l’assaut désespéré qu’ils donnent à toutes nos traditions, déclarent l’idée de patrie étroite et surannée, sans oublier bien sûr les chantres du libéralisme et leurs oraisons jaculatoires au néant !
La patrie est attaquée également par certains esprits « forts », ou plutôt prétendument forts tant il est vrai que ces nouveaux esprits imbus d’eux-mêmes ne sont en réalité que des faibles d’esprit qui s’imaginent que « l’universalité » doit nécessairement s’accompagner d’un effacement total des peuples et des nations et d’un renoncement à ce que celle-ci, historiquement, charrie de grandeur, de dévouement et de sens de l’honneur.
C’est même ce que ces beaux esprits ont appelé bien souvent l’étroitesse. Leur intellectualisme étouffe dans ses limites ! Et n’osant pas toutefois l’attaquer ouvertement, c’est alors qu’ils en cherchent les moyens plus obliques, et les ayant trouvés, c’est ainsi qu’ils deviennent et qu’ils sont vraiment plus dangereux.
L’attaque est d’autant plus redoutable qu’elle est sournoise et que son enjeu est masqué. Dans ce combat, notre combat de nationaliste breton, ce qui se joue n’est rien d’autre que la survie de l’âme bretonne, véritable communication héréditaire de sentiments et d’idées.
Mais les ennemis de l’âme bretonne sont bien nombreux. S’ils n’ont pas nécessairement de nom, ont du moins un visage, ce sont tous ceux qui veulent éradiquer les plus belles et anciennes traditions de Bretagne et du peuple breton. Et parmi celles-ci plus que toutes autres, celles qui, parce qu’elles témoignent de l’âpreté des combats passés et de la force du lien sacral, unissent les unes aux autres les générations. Toucher aux traditions, c’est toucher au patrimoine génétique de la Bretagne, c’est affaiblir ses défenses immunitaires… C’est donc prendre le risque d’affaiblir durablement l’âme de la nation bretonne, c’est prendre le risque d’anéantir la civilisation qu’elle porte et qui s’incarne en elle. On ne saurait toucher les unes sans atteindre mortellement les autres.
Grâce à notre grande histoire nationale, grâce aux épreuves subies en commun, grâce aux exemples et aux leçons de quelques grands hommes de Bretagne… s’il y a une patrie qui soit vraiment un organisme, quelque chose d’harmonieusement complexe, de véritablement vivant, qui ne soit pas une abstraction mais une réalité, … c’est la patrie bretonne ! Notre longue histoire n’est pas seulement, comme beaucoup d’autres et je pense tout particulièrement à celle de notre voisin, véritable agrégat de pièces assemblées au hasard des batailles, une succession de dates, un enchaînement de faits, une alternative de prospérités et de revers... Elle est, encore et surtout, une tradition. Du milieu même de ses vicissitudes, une intention générale se dégage, identique à elle-même depuis des siècles et des siècles et c’est ce qui achève de vivifier cette idée de patrie.
Enfin, je dirais volontiers de l’amour de la patrie ce qu’on peut dire du besoin de croire. Cet amour nous l’apportons avec nous en naissant et ce n’est pas pour la fortifier ou la glorifier que nous avons besoin de longs raisonnements ou de brillants sophismes.
Voilà bien des raisons de croire que, dans un monde moderne et quelque peu perturbé, l’idée de patrie n’est pas près de périr.
Padrig Montauzier, directeur de publication.

SOMMAIRE N° 74
Buhezegezh vreizh, page 2
Editorial , page 3
Buan ha Buan, page 4
Tribune libre
Portrait du Progressiste, page 11
Environnement
La Bretagne défigurée : un autre mémoricide, page 12


Société
La révolte des Penn Sardin et Joséphine Pencalet , page 16
Hent an Dazont
Votre cahier de 4 pages en breton, page 19


LES CAHIERS DE L’EMSAV
Yann Fouéré, patriote, infatigable combattant… , page 23
Yann Fouéré, une vie au service du peuple breton, page 24
Politique
Pour un renouveau de la nation bretonne, page 32
Histoire de Bretagne
Un jeune lévrier nommé Yoland, page 34

Nature
Le Faucon crécerelle, page 36

Lip-e-bav
Sardines bretonnes au gros-plant, page 37
Keleier ar Vro
Breizh-a-live, un baptême réussi, page 38
Bretagne sacrée
L’abbaye de Beauport, page 39


15:17 Publié dans Revue, Terres d'Europe, Terroirs et racines | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revue, bretagne, traditions, traditions bretonnes, pays celtiques, celtisme |
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Parution du numéro 488 du Bulletin célinien, consacré à Roger Nimier
Sommaire :
Nimier, un an avant
Hussard un jour… hussard toujours
Prince de la chronique
Entretien avec Marc Dambre et Alain Cresciucci
Esthète et solitaire. Les thébaïdes de Monsieur Nimier
Le Saint-Brieuc de Roger Nimier.




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Parution du numéro 487 du Bulletin célinien
Sommaire :

Entretien avec Jean-Charles Huchet
Deux façons de citer Céline
Le Pont de Londres vu par Jules Van Erck (1964)
Roland Barthes et Céline
Dans la bibliothèque de Céline (Fables de La Fontaine René Fauchois)


• Jacques HENRIC, Les Profanateurs. Journal (1971-2015), Plon, 2025 (30 €)
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Parution du numéro 486 du Bulletin célinien
Sommaire :
Céline à Londres. Asile et évasion
Céline et Malaparte. Deux écrivains maudits dans la tourmente de la guerre
Actualité célinienne
L’abricot de Céline
À la fin de sa vie, Angelo Rinaldi (1939-2025) confiait à l’un de ses proches : « Céline, je l’ai adoré mais je ne le relis pas. Proust, c’est une autre affaire. »¹ Il est vrai que son écriture (il était aussi romancier) le rapproche du second et non du premier. Fidèle à ses origines, cet académicien proche de la gauche radicale, défendait l’écrivain Céline tout en réprouvant avec force le pamphlétaire. Au point d’écrire certaines contrevérités ou approximations le concernant. Ainsi lorsqu’il affirme que Céline fit publier une photo de Desnos afin de le dénoncer à la police allemande² Mais c’est le même qui énonçait cette profession de foi auquel tout amoureux des lettres peut souscrire : « La classification entre littérature de droite ou littérature de gauche, le célinien que je suis la récuse ».


En 1992, avec Philippe Sollers et Julien Gracq, il pria le Ministre de la Culture de classer la maison de Céline comme “lieu de mémoire”³. Il se rendit également à Meudon pour y converser avec Lucette et, à la même époque, prit la défense de son mari sur un plateau de télévision en affirmant qu’il ne fallait tout de même pas le confondre avec René Bousquet. Évolua-t-il par la suite, influencé par la lecture de certains anticéliniens rabiques ? Toujours est-il que ses articles le concernant ne manquèrent pas d’irriter un célinien sourcilleux – j’ai nommé Jean-Paul Louis – qui réagit dans un article caustique4. Lequel montre, soit dit en passant, qu’il n’est pas du genre à se laisser amollir par des propos enveloppants ; lors de la première édition des Lettres à Marie Canavaggia, Rinaldi n’écrivit-il pas le plus bel éloge que ce célinien de haut vol ne récoltera jamais : « M. Jean-Paul Louis sait tout de son sujet, et presque autant de l’histoire du siècle, en général. Son admiration pour le romancier qui a changé les règles du genre n’a d’égale que sa probité. Loin de jeter sur Céline le manteau qui cachait les divagations de Noé à des fils trop respectueux, il dénude, fouille, éclaire, explique, annote avec une implacable érudition.5 »

Le compliment se poursuit sur une dizaine de lignes qui saluent l’artisan-imprimeur d’excellence. Peu de temps avant la mort du critique (qui passa de L’Express au Figaro en passant par Le Point et Le Nouvel Observateur), un jeune éditeur a eu la bonne idée de republier un recueil de ses articles. Ils sont regroupés en cinq catégories : un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout. On ne s’étonnera pas de voir figurer Céline dans l’avant-dernière avec Saint-Simon, Borges, Gombrowicz et Vialatte, pour ne citer qu’eux. Écoutons le à propos de la trilogie allemande : « Un trésor de sensations et de “choses vues” qui va entrer, accommodé à la sauce Dante pimentée de gouaille parigote, dans la composition d’une chronique dont D’un château l’autre, Nord et Rigodon sont les chapitres. Elle lui assurera la seule réhabilitation qu’il puisse espérer ; celle de l’écrivain. »6 L’essentiel est dit.
• Angelo RINALDI, Les roses et les épines (Chroniques littéraires), Éditions des Instants, 2025, 270 p. (21 €)
19:36 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : louis-ferdinand céline, lettres, lettres françaises, littérature, littérature française, revue, angelo rinaldi |
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Parution du numéro 73 de la revue War Raok
EDITORIAL
La marée des peuples bat aux portes du vieux continent
Indépendantisme, souverainisme, autonomisme, des revendications qui laissent deviner le grand malaise de la civilisation européenne actuelle et la nécessité d’une nouvelle appréhension des questions et des enjeux. La revendication d’appartenance à un peuple, à un groupe ethnique revêt ainsi de multiples formes. Elle emprunte les chemins les plus divers, voire les plus divergents. Les États-nations actuels connaissent des conflits et des tensions dont l’ensemble peut s’interpréter comme une crise de civilisation. Ce sont les authentiques nations, les peuples, qui sont une nouvelle fois au premier rang des revendications. La rumeur vient d’Écosse, de Catalogne, de Bretagne, de Corse ou de Flandre... Partout renaissent des tensions qu’on aurait cru éteintes, et la marée des peuples bat aux portes du vieux continent. C’est à ce point critique qu’il faut s’arrêter et prendre la mesure de l’instant, envisager et découvrir les voies du salut, et formuler les choix indispensables. Malheureusement les défenseurs des identités ethniques et culturelles, trop souvent tributaires des modes et des idées dominantes, oublient de forger leur propre vue des choses et restent de ce fait dépendants de systèmes mentaux qui les aliènent. A bien des égards leur manque de lucidité ruine la portée de leur combat, les réduisant en inoffensifs objets de faux folklore.

Aujourd’hui la nation s’appelle Bretagne, Corse, Tyrol, Euskadi, Catalogne...
Il est temps de présenter une réponse cohérente et originale aux interrogations qui permette de mieux saisir la portée réelle du combat pour nos peuples « sans États » et privés de liberté. Les changements institutionnels n’ont en effet jamais réglé à eux seuls un problème national. Quand ils l’ont fait, une révolution des esprits les avait précédés. Bien que des événements récents aient prouvé à suffisance, si tant est que cela fût nécessaire, la permanence et l’activité des peuples, il existe une volonté idéologique de diaboliser, de nier cette dynamique, d’annihiler et de discréditer ce mouvement général d’émancipation des peuples. C’est le choix d’une partie notable et influente de l’intelligentsia française et européenne.
Particulièrement frappante à cet égard, l’attitude des partis politiques français vis-à-vis des mouvements favorables à « l’autodétermination » qui expose clairement les mécanismes de la récupération et de la neutralisation. Leurs analyses tendent à fondre l’irréductibilité ethnique dans un faisceau de revendications fragmentaires formulées dans le langage de l’économie quand elles ne les condamnent pas au nom de l’individualisme absolu ! Mais les « élites régionales » sont-elles capables d’ébaucher un projet global de reconquête de l’identité ethnique menacée ? On en peut douter.
Que d’occasions perdues pour les authentiques défenseurs de la cause des peuples s’ils avaient préféré le travail idéologique sur le fond et l’élaboration d’un corpus doctrinal cohérent au rôle de supplétifs des partis politiques français ! Mais il eût fallu penser, et penser audacieusement. On s’est contenté de servir de faire-valoir à divers segments de la classe politique française. On a seulement perdu plusieurs décennies.
Sommes-nous condamnés à osciller dans un quémandage perpétuel et vain ?
L’État français sera toujours hostile aux peuples réels, à leur émancipation, pour des raisons structurelles et idéologiques et les nationalistes bretons devront appréhender d'une manière exhaustive la problématique de l'idée d'émancipation nationale ou d'indépendance, et s'efforcer d'y contribuer, avec leurs compétences et à la lumière des expériences de libération nationale en Europe.
Padrig MONTAUZIER

SOMMAIRE
War Raok N° 73.
Buhezegezh vreizh page 2
Editorial page 3
Buan ha Buan page 4
Nutrition santé
Amandes, noisettes, pistaches, noix… page 12

Patrimoine
Voiliers bretons, de la drague et du thon page 14
Celtics Highlands
L’héritage des clans d’Écosse page 17
Hent an Dazont
Votre cahier de 4 pages en breton page 19
Mémoire bretonne
La peste d’Elliant page 24

Culture bretonne
La femme bretonne en Bretagne armoricaine page 26

Mythologie celtique
Le dragon page 30
Histoire de Bretagne
La bataille d'Auray, 29 septembre 1364 page 32

Nature
Le Fou de Bassan page 35
Lip-e-bav
Lapin au cidre aux pommes et petits champignons page 37
Keleier ar Vro
Aet eo Herri da anaon, ar breur diwezhañ Morvan page 38
Bretagne sacrée
La cathédrale Saint-Tugdual page 39.
directeur de publication.
12:03 Publié dans Revue, Terres d'Europe, Terroirs et racines | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe des peuples, bretagne, celtisme, pays celtiques, revue |
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Sommaire :
Entretien avec Alain de Benosit
Retour sur l’histoire d’une enquête
Dans la bibliothèque de Céline [E1]
Céline rend-il fous ces « psys » ? La polémique enfle…


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Parution du numéro 484 du Bulletin célinien
Sommaire :
De Destouches à Céline (Montmartre, 1929-1944)
Dans la bibliothèque de Céline (D / 1)


• Laetitia STAUCH-BONART, La Gratitude (Récit d’une trajectoire politique inattendue), Éditions L’Observatoire, 240 p. (21 €). Voir aussi son entretien avec Jean Birnbaum dans le dossier du Monde des livres, “D’une tendance à l’égarement chez les intellectuels” (n° 24975, 18 avril 2025). Chez le même éditeur : Samuel FITOUSSI, Pourquoi les intellectuels se trompent, 272 p. (22 €).
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Parution du numéro 483 du Bulletin célinien
Sommaire:

Ottavio Fatica, traducteur de Céline
In memoriam Chantal Le Bobinnec (1924-2025)
Une polémique entre psys céliniens
Céline dans “La Boîte à clous” (1950)
Dans la bibliothèque de Céline (C1)
Céline et Jean-Yves Tadié



• Véronique CHOVIN, Céline en héritage, Mercure de France, collection “Bleue”, 130 p. (16,50 €).
17:17 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revue, littérature, littérature française, lettres, lettres françaises, lucette destouches, louis-ferdinand céline |
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Parution du numéro 72 de War Raok
EDITORIAL
Le vrai redressement
Devons-nous rendre à la nation bretonne un rôle actif, rôle qui suppose une prise de risques ? Pouvons-nous courir le danger de nous replier sur un culte exclusif du passé, sur le refus d’une histoire qui, de toute façon, se ferait sans nous, c’est-à-dire contre nous ? De toute évidence un repliement sur des complexes culturels figés signerait la baisse de vitalité de notre peuple. Nous devons vouloir la modernité, à condition de donner à ce terme le sens d’une réactualisation de notre héritage.
Maintenir une tradition figée, ou ses restes, ne suffit pas, il faut en faire un instrument de conquête et de prospection. La reconquête de notre personnalité est un signe parmi d’autres de cette attitude. Il n’est surtout pas question de renier le legs des ancêtres, mais gardons-nous du passéisme, d’une utopie régressive.
La nation bretonne suppose une juvénilité persistante de ses membres, non la relégation dans l’image faussée d’un passé désamorcé. La réactualisation des héritages, l’implantation volontaire de nouvelles traditions conformes à l’esprit communautaire, la revalorisation de notre histoire nationale, autant d’axes pour ce qui est véritablement une politique culturelle de recréation du peuple.
Cette entreprise n’est pas essentiellement de nature politique, on peut diffuser dans la mentalité collective et dans la société civile des valeurs, des idées, des images, des mythes selon des visées qui dépassent de loin le champ du politique et recherchent le plus vaste impact historique. Le but : la prise du « pouvoir culturel », indispensable à tout changement dans l’ordre du politique. Cet impact historique, c’est l’histoire de Bretagne véritable conscience du destin d’un peuple dans le temps et l’espace. Notre histoire est sans fin et au système dominant qui tente aujourd’hui de figer toute histoire dans une culture planétaire inerte, nous y opposons une philosophie dynamique et devons nous réapproprier notre passé et le mobiliser pour un projet de reconquête et de remodelage du présent. Nous atteindrons ainsi la part d’éternité qui est en nous. L’histoire est donc ce qui doit être conservé et régénéré pour que notre peuple échappe à la disparition qui le menace.
Habitués malheureusement à une représentation segmentaire du devenir historique, nous n’avons que trop sacrifié au dogme d’un progrès à sens unique. Or, le passé chronologique n’est pas le révolu. C’est tout naturellement que les générations d’autrefois se prolongent dans celles d’aujourd’hui et prennent part à notre vie présente. Nous refusons de les oublier à jamais au profit d’une quelconque fin de l’histoire.
C’est pourquoi un retour aux sources signifie une recréation volontaire des formes sociales, linguistiques, culturelles, qui devraient nous être propres et la remise en pratique des principes qui les entretiennent. C’est donc, avant tout, une réforme de l’ordre intérieur et une régénération de la conscience.
Le peuple breton doit rester fidèle à ses attaches et à ses héritages culturels et historiques. A une époque où domine un système planétaire, l’enracinement constitue une réponse globale aux pathologies d’une civilisation mondiale paralysée et cancérisée.
Enfin, donnons au peuple breton une forme qui empêche sa disparition et permette son retour à la dynamique de l’histoire. Notre perspective est alors politique et en ce sens nous entendons l’aider à devenir une véritable communauté solidaire et renforcer sa conscience nationale. Notre volonté d’histoire et d’enracinement n’est pas un enfermement, elle s’ouvre sur la reconquête d’un espace culturel global, exigence de la géopolitique la plus réaliste. Découvrons l’authenticité d’une vue-du-monde qui rompe avec les schémas universalistes. Loin de marquer un repliement, cette attitude devrait se généraliser aux peuples-de-culture des cinq continents, victimes du même ennemi idéologique.
Padrig MONTAUZIER.

SOMMAIRE de WAR RAOK n° 72
Editorial, page 3
Buan ha Buan, page 4
Société
Pourquoi s’attaquer à nos pierres sacrées ?, page 8
Environnement
La non-durabilité des énergies renouvelables, page 10

Traditions
Le Barroù Mae, une tradition du mois de mai en Bretagne, page 12
Politique
À propos du Mémoricide, page 14
Enseignement
L’esclavage numérique et la fin de l’enseignement, page 17

Billet d’humeur
Pour que la Bretagne reste la Bretagne… et l’Europe…, page 18
Europa
Les socialistes arrivent au pouvoir en Catalogne…, page 19
Hent an Dazont
Votre cahier de 2 pages en breton, page 20


LES CAHIERS DE L’EMSAV
Olier Mordrel : un sanglier de combat !, Page 23
Un sacrifice volontaire, page 24


Histoire de Bretagne
Sébastien Le Balp, leader des Bonnets rouges, page 31
Nature
La loutre d’Europe en Bretagne, page 35
Lip-e-bav
Le parmentier de chou-fleur aux moules, page 37
Keleier ar Vro
Le patrimoine breton, en danger, en déshérence !, page 38

Bretagne sacrée
Le temple de Lanleff un temple énigmatique, page 39.
* * *

War Raok fête ses 25 années de combat pour la Bretagne !
Avec le numéro 72, la revue War Raok fête ses 25 années d’existence.
25 années de combat politique, combat pour les libertés bretonnes et l’émancipation du peuple breton, combat pour la civilisation, la pérennité de nos ethnies, de nos peuples...
Finis les projets utopiques, les sursauts libérateurs jaillis d’un autre printemps… Finis les doux rêves d’un romantique mouvement breton. L’émancipation du peuple breton, la vraie, celle qui dans un même mouvement change l’homme breton et la société, ne peut germer que dans une société nouvelle où les préoccupations matérielles n’accaparent pas totalement les esprits. Malheureusement aujourd’hui, le contexte politique enferme la plupart des Bretons dans l’individualisme, dans l’égoïsme matérialiste ou dans le désespoir.
Le nationalisme breton que l’on retrouve exprimé dans War Raok est en fait un espoir de liberté par delà des siècles de servage, un besoin d’identité qui n’a jamais été aussi fort. Vouloir être Breton aujourd’hui, c’est vouloir retrouver le sens de la communauté fraternelle, c’est vouloir maîtriser son destin, c’est vouloir exprimer sa dignité dans sa propre culture, c’est vouloir vivre ses traditions… en un mot c’est vouloir être un Breton libre, un Breton de ce temps.
L’esprit de la revue War Raok est simple : il faut dépouiller de ses dernières guenilles passéistes le combat breton. Ce dernier doit impérativement devenir authentique et indubitable ! Aussi, la revue s’inscrit dans une démarche souverainiste bretonne, un souverainisme breton qui doit demeurer frontal.
La muraille du mépris édifiée par les divers gouvernements français depuis des siècles se lézarde sérieusement. C’est l’occasion de réaffirmer nos revendications de justice, de liberté et sortir définitivement des abysses dans lesquels l’État français nous entraîne.
Pour la rédaction de War Raok,
Padrig Montauzier, directeur de publication.
19:36 Publié dans Revue, Terres d'Europe, Terroirs et racines | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bretagne, nationalisme breton, pays celtiques, revue |
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Volume 4, 352 pages, 29 €
Sparta est une revue théorique d’orientation païenne, racialiste et identitaire, fondée en novembre 2020. Sous-titrée « Ordre vital – Perspective ethnoraciale – Critique sociale », la revue entend remplir une fonction décisive d’approfondissement doctrinal et de transmission de l’héritage ancestral indo-européen, et contribuer à « tout faire pour se réapproprier un héritage doctrinal et spirituel précis sans jamais passer par les filtres de la culture dominante ». Elle est publiée par les Éditions Aidôs.
SOMMAIRE :
La rumeur du monde et la relance de Sparta
Dossier : le fascisme comme phénomène européen
Première partie
Au cœur du phénomène fasciste
Philippe Baillet: Optimisme fasciste et pessimisme traditionaliste
Enzo Erra: Le sens ultime du fascisme
Enzo Erra: Tradition et intervention
Adriano Scianca: La « modernité païenne » de Benito Mussolini
Adriano Romualdi: Réflexions sur l’histoire et sur le fascisme
Documents
La page « Diorama filosofico »
Hymne de la Decima Mas

Seconde partie
À la périphérie du phénomène fasciste
René Dupuis & Alexandre Marc: À l’ombre de la croix gammée (extraits d’un livre paru en 1933)
Maurice Bardèche: Ce qu’aurait été l’Europe de Hitler
Philippe Baillet: Éclipse et retour de la tradition. Sur les racines spirituelles du Mouvement légionnaire roumain
Robert Poulet: Comment passa la dernière chance de l’Europe
Emil M. Cioran: Le peuple juif, entre universalisme et strict particularisme
Robert Poulet: Adieu au fascisme

Nécrologies
Laszlo Toth (1934-2021)
Renato Del Ponte (1944-2023)
Jean Haudry (1934-2023)
Jean-Paul Allard (1940-2023)
Roberto Fondi (1943-2024)
Pierluigi Zoccatelli (1965-2024)
Comptes rendus
Georges-Henri Soutou, Europa ! Les projets européens de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste, par Gérard Boulanger
Thierry Bouclier, La Gauche ou le monopole de la violence. De 1789 à nos jours, par David Rouiller
Antoine Dresse, Le Réalisme politique. Principes et présupposés, par David Rouiller
Andrea Scarabelli, Vita avventurosa di Julius Evola. Una biografia, par Gérard Boulanger
Olivier Moos, Le Guide du réac. Comment perdre ses amis et mourir seul, par David Rouiller
Les auteurs de ce volume
Disponible sur Akribeia:
https://www.akribeia.fr/revues/2505-sparta-vol-4.html
18:19 Publié dans Revue | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : revue, fascisme |
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Parution du numéro 482 du Bulletin célinien
Sommaire :
“Chimiste le matin, écrivain l’après-midi, docteur le soir” [2ème partie]






• MICBERTH, Les Vociférations d’un ange bariolé, Le Livre d’histoire – Lorisse, coll. “Petite bibliothèque insolite”, 2024, 308 p. (postface de François Richard). Prix : 35 € franco au Livre d’histoire, place du Château, F-02250 Autremencourt.
Note:
09:27 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, lettres, lettresfrançaises, littérature française, louis-ferdinand céline, michel-georges micberth |
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Parution du numéro 481 du Bulletin célinien

Sommaire :
Léon Daudet, critique littéraire
Le style célinien ou l’avènement du syndrome psycholinguistique traumatique
Un dossier critique sur Guerre, Londres, La Volonté du roi Krogold.


• Antoine COMPAGNON, La littérature, ça paye !, Éditions des Équateurs, 2024, 188 p. (18 €).
Sources : Philippe Roussin, “Céline : les tirages d’un auteur à succès entre 1932 et 1944” in Actes du colloque international de Paris (1986), Du Lérot & Société des Études céliniennes, 1987 & Pascal Fouché, “Éditer Céline : du savant à l’occulte ou l’initiative et l’interdit” in La Revue des lettres modernes (“L.-F. Céline 5, Vingt-cinq ans d’études céliniennes”), Lettres modernes-Minard, 1988.
19:05 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revue, louis-ferdinand céline, lettres, littérature, lettres françaises, littérature française |
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Parution du numéro 480 du Bulletin célinien

Sommaire :
Les mystères de Londres
La réception critique de Féerie
Exhumation littéraire
Dans la bibliothèque de Céline (Balzac)

Deux ans seulement après la parution de Londres, Gaël Richard, auquel on doit plusieurs sommes céliniennes d’importance, nous procure un opus décryptant, en lien avec ce qu’on sait déjà sur cette période de la vie de Louis Destouches, les apports biographiques inclus dans ce manuscrit retrouvé et les interférences avec la fiction. Les dix mois qu’il passa dans la capitale britannique durant la Grande Guerre demeurent la partie la plus mystérieuse de sa vie. Et l’une des plus décisives car c’est durant cette période qu’il s’affranchit des règles édictées par son éducation petite-bourgeoise.
Décisive aussi sur le plan esthétique : c’est alors qu’il découvre avec enchantement le music-hall et les danseuses, initiation qu’il n’aura de cesse de revendiquer en tant qu’écrivain : « J’ai piqué mes trilles dans le music-hall anglais […] dans le rythme, la cadence, l’audace des corps et des gestes. » C’est également à Londres qu’il s’initie à l’art de soigner. La fréquentation à Soho du milieu lui inspirera Guignol’s band, précédé de cette première tentative, Londres, découverte près d’un siècle après sa rédaction.

Et c’est là qu’il contracte un mariage qui ne sera pas déclaré au consulat de France et, par conséquent, non enregistré par l’administration française. À lui seul cet ouvrage justifie l’édition, parfois contestée, de ce manuscrit retrouvé que Céline ne destinait pas à la publication. Sur toutes les étapes de cette vie à Londres, Gaël Richard apporte des éléments inédits, des recoupements perspicaces et de pertinentes déductions que lui seul sans doute était en mesure d’apporter. Cela tient à sa formation basée sur la critique et l’étude des documents originaux. Quel autre céliniste serait capable d’explorer avec une telle maîtrise le vaste champ des archives ? C’est qu’il allie à la fois une connaissance très fine de la biographie et de l’œuvre célinienne avec une analyse méticuleuse des pièces d’état-civil mais aussi des ressources historiques et de la presse de l’époque.
Dans sa première partie, l’ouvrage est constitué de quatre sections distinctes : le travail de Destouches au bureau des passeports du consulat général de France ; ce que l’auteur nomme – clin d’œil au livre de Mahé – sa “brinquebale” avec son ami et collègue, Georges Geoffroy ; son retour à la vie civile après qu’il eut été réformé ; sa rencontre enfin avec les sœurs Nebout suivie de ce mariage éphémère avec l’une d’elles. Le livre est richement illustré de documents dont précisément l’acte de mariage de “Louis des Touches” et Suzanne Nebout, le 19 janvier 1916, et son annulation, le 6 février 1918.
« À la ronde du grand Londres », la seconde partie due à Laurent Simon, nous dévoile la géographie anglaise de Céline par un dictionnaire des lieux qu’il fréquenta ou mentionna dans son œuvre. Le coauteur, passé maître dans l’élaboration d’un tel dictionnaire, avait fait un travail comparable pour Paris. Celui-ci est de la même rigueur, émaillé de citations issues des romans mais aussi des pamphlets et de la correspondance. Ainsi a-t-on le plaisir d’explorer, dans l’ordre alphabétique, le Londres de Céline, du pub À la Croisière pour Dingly (pub tenu par Prospero dans Guignol’s band) au zoo de Londres dans Regent’s Park. Grâces soient rendues aux deux auteurs pour cet ouvrage magistral.
• Gaël RICHARD & Laurent SIMON, Céline et Londres, Du Lérot, 2024, 366 pages, table des illustrations et index.
20:57 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, lettres, letres françaises, littérature française, revue, louis-ferdinand céline, céline |
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Parution du numéro 479 du Bulletin célinien
Sommaire :
“Chimiste le matin, écrivain l’après-midi, docteur le soir”
In memoriam François Löchen [2004 – 2024]

• Jérôme GARCIN, Des mots et des actes (Les belles-lettres sous l’Occupation), Gallimard, coll. “La part des autres”, 2024, 166 p. (18,50 €)
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Parution du numéro 71 de War Raok
EDITORIAL
L’inexorable défense de l’identité bretonne
La notion de communauté ethnique revient plus souvent dans mes propos que celle de citoyenneté. C’est d’abord qu’un grand nombre d’ethnies européennes n’ont pas d’État propre. C’est aussi qu’il s’agit de restituer à un peuple une personnalité dont il est dessaisi, ainsi que les moyens de la développer. La notion de citoyenneté ne répond pas, bien que rapportée à la notion antique, non contractuelle, de civitas elle ait aussi son utilité et sa grandeur. Même la réappropriation d’un territoire national reste secondaire par rapport à la reconquête de l’identité.
Mais cet appel à la communauté ethnique ne doit pas faire illusion. En bien des régions d’Europe, même dotées d’un État, une telle notion ne recouvre plus qu’une réalité très fragile. Il existe un utopisme national qui méconnaît ou sous-estime l’actuelle désagrégation des appartenances traditionnelles, territoriales et communautaires. La réalité n’a que peu à voir avec l’image idéalisée que beaucoup continuent de se faire de leur nation. Les solutions institutionnelles, pour utiles qu’elles soient, ne suffiront pas à tirer les peuples du monde mécanisé où ils se trouvent plongés. Seule le pourrait une forme nouvelle encore à naître sur les ruines des traditions moribondes.
Il faut se garder, aussi, d’exalter un peuple idéalisé, un État idéal où la nation, enfin réconciliée avec son propre destin, accéderait au bonheur parfait, hors des turbulences de l’histoire. Cette projection dans l’avenir d’un État idyllique, dont l’heure n’offre à l’évidence aucun trait, peut justement être qualifiée de « stade infantile du nationalisme ». La rêverie, romantique ou progressiste, sur la pureté et l’éternité d’un peuple, le messianisme écologique confondu avec la saine écologie, le césarisme centralisateur, la croyance en l’universalité d’une langue et d’une civilisation... autant de niaiseries aliénantes qui empêchent un véritable projet national de voir le jour.
Il importe de le souligner, les caractéristiques spécifiques d’une population, sa langue, sa définition ethnographique, ne sont nullement durables par elles-mêmes. Elles ne se maintiennent que tant que le groupe a la cohésion et la volonté nécessaires à leur affirmation et à leur transmission. Dans une société européenne vouée à l’histoire, qu’elle le veuille ou non, par détermination géographique et géopolitique, on ne peut sous peine d’échec méconnaître le risque constant de disparition qui menace la réalité du peuple, fût-il doté d’un État. On doit ici mentionner le cas de notre voisin français : son État, devenu simple contenant, peut parfaitement se maintenir tandis que la population qu’il contrôle se transformera lentement, par le jeu de la croissance effrénée du cosmopole parisien, d’un système d’enseignement homogénéisant et de l’immigration afro-asiatique, jusqu’à la totale dénaturation ethnique de tous ses citoyens. L’ordre social ne va pas nécessairement de pair avec la protection du peuple en tant que tel.
Il importe d’insister également sur la spécification nocive des termes français de « nation » et de « nationalisme ». Au sens strict, « nation » désignant le peuple ethniquement différencié, est « nationalisme » tout service volontaire de ses intérêts. Dans la pratique, le nationalisme a couvert toutes sortes de marchandises, dont le système universaliste anti-ethnique exporté par les Lumières. S’il m’arrive d’employer et de revendiquer le mot, ce sera sans aucune référence aux idéologies « nationalistes » qui ont pu dans le passé se manifester en Europe ou en d’autres points du monde. Il y a autant de nationalismes que de nations. L’emploi occasionnel de ces termes ne saurait devenir une référence dogmatique.
Padrig MONTAUZIER

SOMMAIRE WAR RAOK N° 71
Buhezegezh vreizh, page 2
Editorial, page 3
Buan ha Buan, page 4
Religion
Le christianisme est-il contre les patries ? Page 8
Europe
Les dangereuses dérives de l’Union Européenne, page 11

Mythologie celtique
Le cygne, page 12
Musique bretonne
Le violon, instrument roi du traditionnel breton, page 14
Traditions
Petite histoire du sapin de Noël, page 15
Santé alimentaire
L’alimentation : un enjeu culturel majeur, page 16
Billet d’humeur
La gauche mondialiste : riche et intolérante, page 18
Hent an Dazont
Votre cahier de 4 pages en breton, page 21

LES CAHIERS DE L’EMSAV
Frañsez Debauvais, une vie pour la Bretagne, page 23
Portrait de Frañsez Debauvais, page 24
La vie d’un combattant, soldat de la Bretagne libre, page 25
Frañsez Debauvais devant les tribunaux français, page 29
Histoire de Bretagne
Le vol de la souveraineté bretonne par la France, page 31

Nature
La buse variable, un rapace diurne, page 35

Lip-e-bav
Le haggis, emblématique de la gastronomie écossaise, page 37
Keleier ar Vro
Promotion de l’apprentissage du breton par les adultes, page 38
Bretagne sacrée
La tour du Brégain ou ancien prieuré du Brégain, page 39.

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Parution du numéro 478 du Bulletin célinien
Sommaire :
La descendance obtient gain de cause
Dans la bibliothèque de Céline (2)
Londres : le milieu londonien dans l’actualité
Entre Céline et Robert Poulet [1965]
Évoquant dans un entretien télévisé la désastreuse réception critique de Féerie pour une autre fois, Céline raconte qu’on lui a reproché de “danser dans une assiette”. À l’époque, la majorité des lecteurs fut désorientée par le fait que le récit se limite au 4 de la rue Girardon, voire à un bombardement pour le second tome (écrit, comme on sait, avant le premier). J’ignore quel critique littéraire eut recours à cette expression. Je l’apprendrai peut-être en lisant le livre de Maxim Görke, La réception critique de Féerie pour une autre fois et de Normance, qui vient de paraître.

Curieux de lire cet ouvrage car, dans les deux cas, le dossier de presse est mince. Ainsi compte-t-on sur les doigts des deux mains les critiques qui, à l’été 1952, commentèrent le premier volet. Citons dans le désordre Roger Grenier, Albert Paraz, Roger Nimier, Robert Kemp, Théophile Briant, André Brissaud, Robert Poulet,… – la plupart d’entre eux étant des amis de l’auteur.
Ce n’était assurément pas le cas de Pierre Lœwel qui qualifia le livre d’« éructation informe, de borborygme, de déboulage de délirant dans lequel les vociférations de la grossièreté prennent un aspect démentiel et une odeur d’égout [sic] »¹.
Dans cet entretien, Céline confiait que les livres qu’il avait écrits depuis son retour d’exil ne s’étaient guère vendus. Avec Féerie, il s’était, en quelque sorte, mis dans les pas de Flaubert: « Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air, un livre qui n’aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière². »

Féerie demeure un chef-d’œuvre méconnu, y compris des lecteurs de Céline. Exception notable : Jean-Pierre Dauphin (†) qui, à la fin des années 70, consacra deux numéros de la revue qu’il dirigeait à ce diptyque³. Céline détestait l’insuccès : plus question de promener les lecteurs dans une assiette. Il s’agissait maintenant de les faire voyager, ce qui sera le cas avec D’un château l’autre qui le vit renouer avec le succès.

Dans un autre entretien, Céline justifie l’intérêt du livre par le fait qu’il traite d’une partie de l’histoire de France dont on parlera un jour, disait-il, dans les écoles. Si tel n’est pas le cas pour une raison évidente, plusieurs auteurs ont fait de Sigmaringen le sujet d’un de leurs livres. Céline aurait sans doute été étonné que tant d’ouvrages soient consacrés à la fuite des “collabos”.
Certains historiens sont même devenus des spécialistes de l’épuration. Tel celui d’un livre récent dont Céline n’est pas le sujet principal mais dont la photo figure en couverture, marketing oblige. Le coup de pied de l’âne n’en est pas absent : il y est relevé que « toute honte bue, Céline compare volontiers son sort à celui des grands écrivains exilés ». Ces deux adjectifs ne se justifient-ils pas dans son cas ?!


• Marc BERGÈRE, Lignes de fuite (L’exil des collaborateurs français après 1945), Presses Universitaires de France, 2024, 376 p. (21 €). Sur le même thème, voir Yves POURCHER, L’exil des collabos (1944-1989), Éditions du Cerf, 2023, 330 p. (24 €)
15:57 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : louis-ferdinand céline, lettres, littérature, lettres françaises, littérature française, revue |
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Parution du numéro 477 du Bulletin célinien
Sommaire :
Entretien avec Émile Brami
Céline vu par un oxfordien. Une lecture de Guerre
Un poème de Charles Bukowski sur Céline
Dans la bibliothèque de Céline. Ouverture
Philippe Sollers, un an déjà…





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Parution du numéro 476 du Bulletin célinien
Sommaire:
Entretien avec Dominique Abalain
Guerre atlantique [sur les traductions américaine et anglaise]
Entretien avec Pascal Fouché
Céline et La Fontaine.
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Parution du numéro 70 de War Raok
EDITORIAL:
Exposer notre théorie, c’est refuser de tricher avec notre peuple
L’élaboration de principes accordés à la défense des peuples colonisés répond à des nécessités. Il faut lui assurer les fondements solides d’une réflexion cohérente, d’une justification convaincante et d’un discours fondateur susceptibles de lui donner sa pleine dimension historique. Il y a urgence parce que la crise aiguë qui secoue nos peuples, aggravée par l’état de déliquescence de la société occidentale, risque d’atteindre un point de non-retour.
Il s’agit de poser des principes clairs car une action mal perçue est vouée à l’échec ou, ce qui est pire, à la perversion, au détournement vers des fins étrangères à son but. Réduite au niveau du spectacle, la revendication nationaliste, à contenu ethniste, ne servira que de faire-valoir à nos adversaires et sera réduite au rôle d’utilité d’une vie politique préfabriquée. Un peuple qui ne parvient pas à faire entendre sa voix ou qui le fait en usant de références qui lui sont données par l’extérieur (idées à la mode, slogans vides de sens...), est voué à être récupéré par le système qui l’aliène. Dans le même ordre d’idées, on sait comment le système colonial laisse filtrer, quand cela lui est utile, une « extrême-gauche » ou une « extrême-droite » qui lui servent de repoussoir et qui sont en fait des produits fabriqués de toute pièce. Pour éviter cette récupération dans un système qui veut la disparition des peuples, nous devons imposer nos propres références historiques, ne pas laisser les autres les définir par rapport à des concepts étrangers, à un vocabulaire exogène... C’est ainsi que nous nous poserons en acteurs historiques, non en figurants marginaux d’une société artificielle.
Sur le plan de la pratique, la cohérence doctrinale est le seul moyen d’éviter les manipulations de tous ordres. On connaît bien l’accusation d’un autonomisme ou d’un indépendantisme qui aurait sa source « à l’étranger ». On connaît aussi l’assimilation de l’ethnisme au « racisme » ou à la « xénophobie ». La déformation par adaptation à l’idéologie en cours est une arme coutumière de ceux qui luttent contre la liberté et l’émancipation des peuples. Nous la détournerons en montrant que nous portons en nous-mêmes les motivations et les justifications de nos actes et de nos idéaux.
Notre engagement pour le peuple breton résulte d’une prise de conscience et d’une décision spécifique. Nous sommes mus par une nécessité interne et non par la pression ou l’influence d’une société qui nous est étrangère, et dont nous refusons les rôles qu’elle veut nous faire jouer. Laisser à d’autres le soin de se définir c’est être agis par eux, c’est être sujets de l’histoire. Or nous voulons faire notre histoire, c’est-à-dire faire rentrer notre peuple dans l’histoire en lui rendant la possibilité d’agir pour lui-même et d’être l’acteur de son devenir.
Alors, nous devons nous situer et prendre du champ par rapport à l’instant, distinguer tactique et stratégie, refuser l’enfermement dans l’actualité, où les plus impatients risquent de perdre le sens de la durée qui caractérise les grandes actions menées au service d’un peuple. Une réflexion théorique est donc à la fois une auto-construction et une maîtrise de l’événement. Il entre enfin dans notre projet un élément d’éthique. Nous vivons en un temps qui favorise le trouble des esprits et provoque indirectement les situations ambiguës. La claire expression de nos idées et de nos buts est l’un des moyens par lesquels nous nous démarquons des velléitaires ou des profiteurs.
Si la conscience de nos buts doit nous inviter à plus d’exigence envers nous-mêmes, elle nous permet aussi de refuser l’aventurisme, l’excès d’actes et de paroles, l’immaturité politique ou le confusionnisme intellectuel qui sont les agents de toutes les provocations... tout comme la complaisance quasi pathologique dans des attitudes outrées.
Nous devons nous donner les moyens de dépasser l’événementiel pour mieux nous construire comme agents de l’histoire, acteurs de notre libération nationale.
Padrig Montauzier

Sommaire War Raok n°70
Buhezegezh vreizh, page 2
Editorial, page 3
Buan ha Buan, page 4
Politique
Histoire du fascisme, page 8
Environnement
Pseudo-écologistes et hypocrisie des pays occidentaux, page 11
Tribune libre
Migration et culpabilité impériale, page 14
Société
Sur le phénomène Woke, page 16
Billet d’humeur
L’homme politique en tant que menteur pathologique, page 18
Hent an Dazont
Votre cahier de 4 pages en breton, page 21

Mythologie celtique
Le monde des abeilles chez les Celtes, page 23
Tradition
Culture traditionnelle et populaire de Kosovo Polje, page 26


Grandes figures
Paul Le Flem, 80 années de vie musicale, page 28
Histoire de Bretagne
La bataille de Trans-la-forêt, page 31

Nature
Le geai des chênes aux ailes marbrées bleues électriques, page 34

Lip-e-bav
Irish stew, stobhach Gaelach, page 36
Keleier ar Vro
Les châteaux et l’histoire de Bretagne, page 37

Bretagne sacrée
L’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, page 39.
* * *

Qui veut faire taire la revue War Raok?
Piv en deus c'hoant da lakaat ar gelaouenn War Raok da devel?
Chère lectrice, cher lecteur, chers abonnés, chers démocrates et défenseurs des libertés bretonnes,
En presque 25 années d’existence, c’est la toute première fois que la revue War Raok sonne l’alarme et sans un soutien de votre part, la revue, votre revue peut disparaître.
De nombreux médias de presse écrite connaissent un effondrement du nombre de leurs abonnés ces dernières années. War Raok est parvenu à limiter cette tendance à une lente érosion. Outre la baisse du nombre des abonnements, citons la hausse vertigineuse du prix du papier, le coût de la distribution… et malgré toutes ces difficultés, nous nous sommes engagés à ne quasiment pas augmenter le prix des abonnements.
Mais c’est pour un tout autre problème que nous tenons à vous informer, une autre menace qui, aujourd’hui, pèse sur la presse libre. En plus de 24 années de publication, War Raok n’a jamais eu la moindre menace de procès ! Et pour cause, l’équipe rédactionnelle et moi-même avons été toujours très rigoureux, très vigilants dans tous les articles publiés. Malgré cela, 4 procédures viennent d’être lancées contre la revue, procédures liées aux droits sur l’image.
Sur plus de 24 années, sur le site internet de War Raok, 11 malheureuses images réduites et miniaturisées au format de 2 centimètres par 2 centimètres servant d’illustrations à certains articles… constituent l’infraction et des facturations amendes de près de 3500 € pour les agences : AFP, Reuters, Associated Press, PA images.
Ne pensez-vous pas qu’un simple courrier nous signifiant l’infraction et nous recommandant par la suite d’être plus vigilants aurait été amplement suffisant ? Nous n’avons jamais voulu enfreindre la loi, ni porter préjudice aux agences de presse concernées… Les images incriminées ont été reprises sur divers sites d’informations et divers journaux, où bien souvent ne figurent pas les droits et le nom de l’agence propriétaire. Notre bonne foi est réelle et ne peut être mise en doute.
Face aux sommes réclamées, totalement disproportionnées, nous sommes toutefois optimistes, convaincus que vous allez être nombreux à nous aider, conscients que War Raok est plus que jamais nécessaire en tant que revue libre et indépendante bretonne, et ainsi faire face aux menaces qui pèsent aujourd’hui sur le pluralisme de la presse.
Pas question à ce stade d’envisager un échec, nous parions résolument sur la réussite de cette mobilisation ! Nous comptons sur vous et chaque don de votre part participera à la survie de la revue, la voix de la nation bretonne… la voix de la Résistance bretonne !
Merci d’avance chers amis, pour la Bretagne, son peuple et les libertés bretonnes toujours aussi menacées.
Padrig Montauzier.
L’équipe rédactionnelle de War Raok.
Trugarez vras deoc’h-holl evit ho skoazell.
Skipailh War Raok/Mouezh Breizh.
Vos dons :
- Chèques bancaires à l’ordre de War Raok
Adresse : 50 B avenue du Maréchal Leclerc, Appt 203, 35310 Mordelles (Breizh).
- Virement bancaire :
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BIC. CMBRFR2BARK
11:58 Publié dans Actualité, Revue, Terres d'Europe, Terroirs et racines | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bretagne, war raok, revue, terres d'europe, pays celtiques, nationalisme breton |
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Parution du numéro 475 du Bulletin célinien
Sommaire :
Céline dans le journal de Dominique de Roux
Opérateur de présence
Vengeresses Bagatelles
Philip K. Dick, lecteur de Céline
Souvenir d’Albert Paraz
Paraz et ses paradoxes

19:39 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : louis-ferdinand céline, littérature, lettres, lettres françaises, littérature française, revue |
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