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samedi, 03 mai 2014

L'oligarchie mondialiste, fléau de l'Amérique et de l'Europe?...

Arnaud Imatz

L'oligarchie mondialiste, fléau de l'Amérique et de l'Europe?...

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Arnaud Imatz, cueilli sur le site du Cercle Aristote et consacré au rôle délétère de l'oligarchie et de son idéologie mondialiste...

 

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L'oligarchie mondialiste, fléau de l'Amérique et de l'Europe

Lorsqu’on vit depuis des années à l’étranger un sujet régulier d’étonnement est le mélange de répulsion-fascination que suscitent les États-Unis dans les grands médias de l’Hexagone. Certes, il ne s’agit pas d’une nouveauté. La généalogie de l’américanophobie et de l’américanophilie est bien établie. Les historiens la font remonter au XVIIIe siècle. Mais l’ampleur du parti pris journalistique à l’heure de traiter l’information sur l’ami-ennemi américain, est proprement sidérante. Le matraquage « obamaniaque », à l’automne 2012, quelques jours avant les élections présidentielles, n’en est qu’un exemple criant. Le message était d’un simplicité enfantine : il y avait d’une part, Barack Obama, le « bon », le réformateur, le « créateur » du système de protection sociale, et, d’autre part, Mitt Romney, le « méchant », le réactionnaire-opportuniste, le mormon milliardaire, le capitaliste va-t-en-guerre. Oubliée la loi de protection de la santé adoptée par l’État du Massachusetts, en 2006, sous l’impulsion du gouverneur Romney. Oubliées les interventions répétées de l’armée américaine sous les ordres du président démocrate sortant, les attaques de drones qui violaient le droit international (10 fois plus nombreuses que sous Bush Jr.) en particulier au Pakistan et au Yemen, l’envoi de 33000 hommes en Afghanistan, l’intervention en Lybie… En démocratie, disait le théoricien des relations internationales, Hans Morgenthau, « la propagande est inévitable, elle est un instrument de la politique », et son contrôle ne peut être qu’un travail de Pénélope. On ne supprime pas la propagande, pas plus qu’on n’élimine la conflictivité, au mieux, on la minimise.

En attendant le prochain déferlement de passion, il n’est peut être pas inutile de s’interroger sereinement sur l’hyperpuissance mondiale, sur son oligarchie et son peuple. Que penser de « l’Amérique et des Américains » ? Vaste question ! J’entends déjà mes amis d’Amérique hispanique s’insurger avec raison : « Ne vivons-nous pas en Amérique ? Ne sommes-nous pas, nous aussi, des Américains ? ». Mais passons. Faute d’espace, et à défaut d’analyses rigoureuses, voici quelques sentiments, opinions et pistes de réflexion.

Fonctionnaire international à l’OCDE, émanation du célèbre Plan Marshall, j’ai eu la chance de travailler dans l’entourage immédiat du Secrétaire général et de côtoyer moult ambassadeurs et hauts fonctionnaires d’Amérique du Nord et d’Europe. Par la suite, fondateur et administrateur d’entreprise, j’ai entretenu des relations suivies avec un bon nombre de cadres d’universités et d’hommes d’affaires des États-Unis et du Canada. Une expérience restreinte, limitée à la classe directoriale et aux milieux urbains (après plus de trente voyages je reste avec l’envie d’admirer un jour les grands espaces !), mais néanmoins une connaissance directe, tirée de situations vécues pendant trois décennies. Disons le tout de suite, l’image qui en ressort est nuancée, voire ambigüe. Un peuple jeune, dynamique, agressif, violent, sans racines, né de la fusion d’apports les plus divers, a-t-on coutume de répéter. Je dirai pour ma part que les Américains du Nord sont généralement des gens aimables, ouverts, spontanés, simples, sympathiques et très « professionnels ». Ils méritent en cela considération et respect. La cuistrerie, le pédantisme, la suffisance, l’arrogance, le ressentiment, l’esprit de caste et la manie de la hiérarchisation reposant sur les écoles, les titres et les diplômes, ces plaies sociales de notre vieux continent, omniprésentes dans la pseudo-élite française, qu’elle soit intellectuelle, politique ou économique, sont nettement moins répandus outre-Atlantique. À tout prendre, je préfère d’ailleurs l’amabilité commerciale, pourtant très artificielle, du diplômé de Yale, Harvard ou Stanford à la fatuité et la présomption de tant d’énarques, de polytechniciens voire de docteurs d’État de l’Hexagone.

J’admire sans réserves l’attachement, presque indéfectible, du peuple américain au premier amendement de sa Constitution : « Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu’a le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre ». Je sais bien sûr l’aptitude des juristes à réinterpréter un texte constitutionnel, parfois même dans un sens absolument contraire à l’esprit des pères fondateurs, afin de satisfaire les intérêts de la classe politique ou de répondre à ses injonctions. Je ne suis pas non plus naïf au point de croire que cette fidélité au Bill of Rights est appelée à perdurer éternellement sans aucune faille. Mais à ce jour, malgré les accrocs et les accusations répétées de violations, le principe et son application me semblent résister. Et ce n’est pas rien ! Il suffit de comparer la situation états-unienne avec celle de la France pour s’en convaincre. Une loi mémorielle, qui imposerait le point de vue officiel de l’État sur des faits historiques, est tout-à fait inconcevable aux États-Unis.

J’admire aussi évidemment les découvertes scientifiques et surtout techniques de cette grande nation. Il faudrait d’ailleurs être dépourvu de raison et de cœur pour les ignorer. Je fais en outre le plus grand cas de la littérature nord-américaine. Qui oserait prétendre qu’elle n’a pas souvent atteint les plus hauts sommets ? Même le cinéma hollywoodien ne me semble pas aussi médiocre qu’on le prétend. Quantitativement pitoyable, soit ! Mais il réalise chaque année de véritables chefs d’œuvres. Peut être 1 % de la production, qui a toujours rivalisé en nombre et en qualité avec le meilleur du cinéma européen et qui, depuis déjà près de trente ans et à l’exclusion de quelques rarissimes exceptions, distance ce dernier de très loin. Enfin, dans le domaine qui m’est le plus familier, l’histoire des faits et des idées et les sciences politiques, j’ai la ferme conviction qu’au tournant du XXIème siècle, les travaux d’auteurs aussi différents que Christopher Lasch, Paul Gottfried, Robert Nisbet, John Lukacs ou Paul Piconne, égalent, et parfois dépassent, ceux de n’importe quelle figure intellectuelle européenne.

Les codes de la nouvelle classe dirigeante américaine

Cela-dit, il y a plus d’une ombre au tableau. Après avoir longtemps structuré la nation nord-américaine, la pensée et le mode de vie des WASP (White Anglo-Saxon Protestant) ont fait long feu. Le puritain, animé par l’idéal abstrait de renoncement personnel et de perfectionnement de soi, l’homme pieux, pour qui la réussite personnelle est secondaire par rapport à l’œuvre sociale, relève du souvenir lointain. Mort !, l’individualiste farouche d’antan, le cow-boy tenté par l’aventure de la vie sauvage. Enterré !, le « self made man », l’archétype du vieux rêve américain, cet être loyal, solidaire, zélé au travail, autodiscipliné, modéré, épargnant, refusant de s’endetter. Il y a belle lurette que la majorité de la société américaine n’accorde plus d’intérêt à ces valeurs et idéaux.

En cinquante ans, les « codes » de l’élite politico-économico-médiatique « américaine » ont changé considérablement. Le style de vie de la classe directoriale est désormais marqué par l’anomie, le manque de racine, l’anxiété, le changement perpétuel, l’incertitude, le narcissisme, la hantise du « standing », l’obsession de la bonne santé physique, l’assujettissement à la consommation de la marchandise, la complaisance pour les hétérodoxies sexuelles, le mépris des traditions populaires jugées trop « réactionnaires », l’asservissement à la tyrannie de la mode, la fascination pour le marché capitaliste, l’admiration des formes de propriété anonyme, la recherche frénétique du profit, le culte passionné de l’accomplissement personnel, de la performance, du spectacle, de la réussite et de la célébrité.

Ostensiblement égalitaire, antiautoritaire, cosmopolite, communautarienne et multiculturaliste,  la nouvelle classe dominante se distingue par ses revenus et son train de vie élevés. Elle tourne le dos à la question sociale et au peuple, mais fait le plus grand cas des questions de société telles que la lutte contre l’homophobie, le mariage gay, l’aide à la famille mononucléaire et monoparentale, le soutien de la pratique des mères porteuses, l’enseignement de l’idéologie du genre, la dépénalisation des drogues « douces », l’éloge de la discrimination positive en faveur des minorités ethno-religieuses, etc. Parmi ses membres, se recrutent les adeptes les plus fervents de la libre circulation des marchandises et des personnes. Ils sont les zélateurs du libre-échange et de l’immigration illimités. « Vivre pour soi-même et non pour ses ancêtres et sa postérité » ou « Avant moi le néant après moi le déluge » pourrait-être leur devise. Le conformisme « progressiste », la hantise des « valeurs périmées et dépassées », masque chez eux la diligence empressée à l’égard d’un nouvel ordre social banalisé, une domination reformulée, un contrôle social remodelé.

Si vous devez négocier avec le représentant d’une grande entreprise ou d’une quelconque bureaucratie publique ou privée, avec un « CEO » (PDG) ou un haut fonctionnaire fédéral et ses conseillers, attendez-vous à toutes les chausse-trapes. Mensonge, félonie, dol, boniment, duplicité, sont permis. La fin justifie les moyens. On me dira bien sûr que j’ai tort de mettre en cause l’ensemble de cette « élite » ou plutôt « pseudo-élite », qu’il est faux de laisser entendre que tout le milieu est à l’image de quelques uns, que c’est ignorer la complexité de la nature humaine, pire, que c’est faire le jeu du « populisme » démagogique. Je ne nie pas qu’il y ait des exceptions remarquables, mais malheureusement, après des décennies d’expérience, je reste dans l’expectative de les rencontrer. La réalité, évidemment contestée par les intéressés, est que la lâcheté, l’hypocrisie et l’opportunisme sont  omniprésents parmi eux. Que pourrait-on d’ailleurs attendre d’autre de la part d’experts en communication, de spécialistes de la désinformation, de la manipulation, de la séduction et de l’impression produite sur les autres ? Exit donc l’idéal de la vieille culture américaine, celui du devoir et de la loyauté. La culture dominante des pseudo-élites modernes états-uniennes est résolument hédoniste, individualiste et permissive.

Un modèle vénéré par les « élites » européennes de droite comme de gauche

Je me refuse pour autant à reprocher à l’Amérique ou aux Américains du Nord les attitudes d’une caste interlope ou les défauts d’un modèle de société que la majorité de nos oligarques européens développe et vénère au quotidien. Dans le cœur et l’esprit de ces derniers, l’identité culturelle n’est-elle pas aussi ostensiblement remplacée par l’exaltation de la croissance du PNB, la glorification de l’accès massif à la consommation, la volonté d’étendre le mode de vie occidental au reste du monde, l’espoir fou que le développement des forces de production peut se perpétuer partout indéfiniment sans déclencher de terribles catastrophes écologiques ? Les « valeurs universelles », les « droits de l’homme » ne sont-ils pas sacralisés par la classe dirigeante européenne qui magnifie elle aussi la croisade démocratique mondiale et méprise souverainement les circonstances historico-culturelles données ? Le discours /récit des grands médias européens n’a-t-il pas lui aussi pour fonction de revêtir les aspirations et les intérêts matériels des nations « occidentales » sous l’apparence d’objectifs moraux universels ?

Nul n’en disconviendra, les États-Unis occupent une place exceptionnelle sur la scène internationale. Ils sont les détenteurs du leadership mondial. Ils sont la superpuissance, l’hyperpuissance ou l’Empire (terme le plus exact, bien qu’il soit généralement évité pour prévenir l’accusation d’antiaméricanisme). Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis se voulaient le fer de lance de l’anticolonialisme, mais en réalité, leurs interventions dans le monde pour défendre leurs intérêts se comptent par milliers depuis le XIXe siècle. Pour le seul cas de l’Ibéro-Amérique, on n’en compte pas moins de 50 majeures et 700 mineures. L’application historique de la doctrine Monroe (1823) a montré que la devise « L’Amérique aux Américains » signifiait en réalité « L’Amérique aux Américains du Nord ».

Dans la phase actuelle de recomposition des pôles politico-économico-culturels mondiaux, l’Empire thalassocratique perd de l’influence, mais il n’en conserve pas moins une position hégémonique. Au tournant du XXIe siècle, aucune puissance émergente n’est en mesure de surpasser les États-Unis. Ils produisent un peu moins du quart de la richesse mondiale, peuvent exploiter de fabuleux gisements de gaz de schiste et disposent d’une force militaire écrasante. Leur décadence, leur déclin, est semble-t-il inéluctable, mais la chute peut être ralentie durablement.

L’hybris états-unienne, la démesure dictée par l’orgueil des pseudo-élites nord-américaines, constitue néanmoins un redoutable danger pour la stabilité de la planète. La guerre économique, dont ils sont un fauteur majeur depuis plusieurs décennies, est une réalité planétaire. La guerre du pétrole et du gaz n’en est qu’un des aspects les plus criants. Nier ou ignorer tout ce qui est en jeu : le contrôle des réserves énergétiques et agroalimentaires mondiales, la domination de l’information, des communications, de l’intelligence civile et militaire, est le signe de l’aveuglement, de l’incompétence ou de la trahison.

Mais cela dit, l’honnêteté intellectuelle impose de souligner la complicité active ou la collaboration bienveillante dont bénéficie la nouvelle classe dirigeante américaine en Europe, sans oublier le rôle très discutable et la marge d’action considérable des managers des multinationales. Patriotes ou nationalistes sans complexes, les présidents Américains, démocrates ou républicains, nous répètent à l’envi que le peuple des États-Unis est « élu et prédestiné », que « le destin de la nation américaine est inséparable du Progrès, de la Science, de l’intérêt de l’Humanité et de la volonté de Dieu », mais c’est bien l’hyperclasse mondiale dans son ensemble qui reprend à l’unisson : « L’histoire des États-Unis d’Amérique se confond avec celle de la liberté, de la prospérité, de la démocratie et de la civilisation ».

L’espoir d’une recomposition et d’une relève politique  

Que les choses soient claires : « l’Amérique » ou les Américains du Nord ne sauraient être tenus pour l’adversaire principal.  L’adversaire est en nous, il est chez nous. L’adversaire, c’est l’idéologie mortifère de la pseudo-élite de gauche comme de droite ; c’est celle des leaders et apparatchiks (non pas des militants et sympathisants) des principaux partis européens au pouvoir, néo-sociaux-démocrates et néolibéraux, si proches des sociaux-libéraux du parti démocrate et des néoconservateurs du parti républicain d’outre-Atlantique ; c’est celle des maîtres de la finance mondiale et de leurs affidés médiatiques gardiens jaloux du politiquement correct ; c’est celle des « intellectuels organiques », contempteurs inlassables du populisme démagogique. Ce populisme, qui, selon eux, mettrait en cause dangereusement la démocratie, alors que, malgré d’inévitables dérapages, il est le cri du peuple, la protestation contre un déficit de participation, l’appel angoissé à la résistance identitaire, à la restauration du lien social, à la convivialité ou à la sociabilité partagée. L’adversaire, c’est bien l’idéologie des néolibéraux et des néo-sociaux-démocrates, et celle de leurs « idiots utiles », les altermondialistes, qui, à leur manière, rêvent de parfaire la transnationalisation des personnes et l’homogénéisation des cultures.

Soulignons-le encore : le combat culturel ne se livre pas entre l’Europe et l’Amérique du Nord, mais entre deux traditions culturelles qui se déchirent au sein de la modernité. L’une, aujourd’hui minoritaire, est celle de l’humanisme civique ou de la République vertueuse, qui considère l’homme d’abord comme un citoyen qui a des devoirs envers la communauté, et qui conçoit la liberté comme positive ou participative. L’autre, majoritaire, est celle du droit naturel sécularisé, de la liberté strictement négative entendue comme le domaine dans lequel l’homme peut agir sans être gêné par les autres. L’une revendique le bien commun, la cohérence identitaire, l’enracinement historico-culturel (national, régional et grand continental), la souveraineté populaire, l’émancipation des peuples et la création d’un monde multipolaire ; l’autre célèbre l’humanisme individualiste, l’hédonisme matérialiste, l’indétermination, le changement, l’homogénéisation consumériste, l’État managérial et la « gouvernance » mondiale, sous la double bannière du multiculturalisme et du productivisme néo-capitaliste.

Pour les tenants du « Républicanisme » ou de l’humanisme civique, les néolibéraux, néo-sociaux-démocrates et altermondialistes sont incapables d’engendrer un attachement solide au bien commun. Ils savent que le principal danger de la démocratie vient d’une érosion de ses fondements spirituels, culturels et psychologiques. Avec Aristote, Montesquieu, Rousseau, Jefferson, et tant d’autres, ils reconnaissent que la démocratie est impossible sans un territoire limité et un degré élevé d’homogénéité ou de cohésion socioculturelle. Ils savent qu’il n’y a pas un seul modèle de libre marché, le capitalisme dérégulateur anglo-saxon, et que des légions de défenseurs du libre marché se sont opposés au système de laisser-faire et de marchandisation globale. Ils savent que depuis les pionniers de l’économie politique de l’École de Salamanque au XVIème siècle, jusqu’aux théoriciens de l’ordolibéralisme de l’après-Deuxième-Guerre mondiale, en passant par les non-conformistes des années 1930, de très nombreux et prestigieux économistes considèrent que  le libre marché doit dépendre de la politique, de l’éthique et de la morale.

Les partisans d’une troisième voie moderne (laquelle ne se confond pas avec les versions décaféinées de Clinton, Blair ou Bayrou), défendent le principe de la petite et moyenne propriété (individuelle, familiale et syndicale) des moyens de production coexistant avec de plus grandes formes de propriété rigoureusement réglementées dans le cadre d’une économie régionale autocentrée. Ils se dressent contre le capitalisme monopolistique et financier, contre les processus de concentration du grand marché néolibéral, contre le collectivisme socialo-communiste, contre toutes les formes de bureaucratisations publiques et privées. Ils considèrent que le protectionnisme entre ensembles régionaux homogènes (non pas entre pays) aux niveaux de vie très différents, est non seulement justifié, mais nécessaire. Enfin, ils accordent une priorité absolue aux mesures de politique démographique et au contrôle de l’immigration qui sont d’une importance vitale pour la survie de l’identité culturelle, de la sécurité et du progrès économique et social.

Depuis près de 40 ans, à droite comme à gauche, le lobby immigrationniste occupe une position dominante. Pour ne pas être diabolisées, les rares voix discordantes des partis majoritaires ont été contraintes au silence ou à manier la litote. Après avoir défendu « la limitation de l’immigration » et plaidé pour « la réduction de l’immigration clandestine », elles ont fini par soutenir du bout des lèvres « l’immigration choisie ». Mais au fil du temps, malgré les efforts désespérés de l’oligarchie « discuteuse » en faveur d’une main-d’œuvre afro-maghrébine abondante et bon marché, une partie croissante de l’opinion a décroché. Les complaisances d’usage pour « l’islamisme pluriel et pacifique », des esprits affaiblis, tétanisés par la peur du conflit, ne font plus recette. Les arguties, les insultes et les réactions passionnées des Fukuyama, Morin, Lévy, Touraine, Habermas et autres gardiens jaloux du temple se révèlent de plus en plus inefficaces. L’influence sur l’opinion du discours politique de l’oligarchie dominante ne cesse de décroître. La bipolarisation droite-gauche, sacralisée par les élites politiques et leurs soutiens que sont les bobos des grandes villes, les fonctionnaires et les retraités, ne correspond plus à rien pour les classes populaires. Ouvriers, employés, petits agriculteurs et petits commerçants prennent conscience que les prétendues « valeurs républicaines ou démocratiques », réduites aux seuls droits de l’homme, signifient en réalité les valeurs du grand marché. Ils ne croient plus à la vieille rengaine : « la mondialisation bénéficie à tous », « l’immigration est une chance  » ou « il n’y a pas trop d’immigrés ».  Ils savent qu’ils sont au contraire et resteront irrémédiablement les exclus du mondialisme et du multiculturalisme. Par ailleurs, un bon nombre de jeunes se rebellent. Pour perdurer, l’oligarchie  doit en tenir compte malgré les vœux et les cris d’Orphée que poussent encore ses membres les plus dogmatiques.

« Toute vérité franchit trois étapes, disait fort justement Arthur Schopenhauer. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subitune forte opposition. Puis, elleest considéréecomme ayant toujours étéuneévidence ». C’est un honneur que d’aller contre les modes, les interdits, le « politiquement correct »  de son temps ; que de refuser le chemin de la servitude, du totalitarisme de l’argent et du magma mondialiste. C’est un honneur que de s’inscrire dans la filiation des Charles Péguy, Miguel de Unamuno, Daniel-Rops, Georges Bernanos, Simone Weil, Wilhelm Röpke, Julien Freund, Jules Monnerot, Christopher Lasch, Maurice Allais et tant d’autres résistants au fléau de l’oligarchie mondialiste. Notre Europe n’a jamais été celle des disciples de Jean Monnet, celle des multinationales, sous la tutelle définitive des États-Unis d’Amérique, « l’Europe où, comme disait Charles de Gaulle, chaque pays perdrait son âme ». Notre Europe est celle du meilleur gaullisme, celle des peuples, celle de la « troisième force », celle de l’axe grand-continental ou grand-européen.

Arnaud Imatz (Cercle Aristote, 28 octobre 2013)

The End of Globalization and the Economy of the Conservative Project

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Alexander Salitsky

 

The End of Globalization and the Economy of the Conservative Project

Russia’s conservative project stems from a kind of historical insight which has, in my view, political and economic foundations as well. It seems that globalization has reached its natural limit on this planet, opening a new period in which exogenic factors will again become foremost among the engines of economic and social development.

The markets of the developed countries are stagnating, and the attractions of export-oriented trade decreasing; they cannot get back to pre-crisis levels of direct investment, and everywhere a growing number of measures are being taken whose aim is purely to limit such investment. The national private capital of the dynamic countries of the East is pushing back in their internal markets against that of transnational corporations, closing off the infrastructure created by globalization. The service sphere, growing faster than other areas of industry, will inevitably increase development of and demand for services in the languages of the region. Once again, protectionism and replacement of imports are on the rise, as they were decades ago. Globalization is freezing at the levels currently reached. A good example is provided by China’s economy in the first quarter of this year. It rose by 7.4% while reducing foreign trade.

Putin’s proclamation on Crimea may become a new point of reference in this area as well. Let us begin with the fact that today’s Russia is much more deeply engaged in world commerce than other major countries. Its ratio of exports to GDP is between 1.5 and 2.5 times higher than those of Indonesia, France, the United Kingdom, Brazil, Japan, or the USA. Furthermore, the fraction of Russian foreign trade which consists of manufacturing industry engaged by Global Value Chains (GVCs) is very small. As a result, in exchange for exports of raw materials and fuel, we are much more vulnerable than other countries to imports of finished products, which depress local manufacturing.

The strengthening of protectionism (including nationally) is therefore completely natural for the conservative economic project. In its very essence, such a project demands a rebirth in new conditions of the conceptual solutions that were swept away by the neoliberal (neocolonial) invasion. Consigned to the status of heretical concepts and constructions were: productive forces themselves, planning, industrial policy, theories of basic needs and rational use. The very idea of national industries was thrown out, the state deprived for practical purposes of the functions of coordinating and stimulating national business. All of those need one way or another to be renewed.

At the international level, support for industry in developing countries was de facto liquidated, and replaced with the miring of their governments in debt obligations which it is basically impossible for them to meet. In fact, even the debt of developed countries has rendered their governments practically helpless to do anything to solve worsening social, technology-related and ecological problems. A fundamental reconsideration of the relationships between governments and their creditors is needed.

On the other hand, the changing balance of power between West and East permits us to turn again toward the group of ideas which at one time formed the concept of the new international order (NIEO). In particular, the accession of numerous Asian countries (especially China) to the capital surplus stage of economic development represents an additional recommendation to the world market for this factor in production. Likewise, the impact of the capital-receiving countries on foreign investors may be reinforced, and the TNK code of behavior may be newly established in international business. It is also important to let restructuring of capital flows begin, taking account of the developing countries’ needs for direct investment in the real sector.

The conservative project must reckon with the fact that the forced introduction of fully converted currencies (and mandatory rejection of all others) became the very instrument that allowed international financial structures to deprive governments of economic power. As a result, the supranational sphere of conversion regularly drains gigantic sums from the real sector for speculation on a colossal scale. Highly suspicious new financial products are developed and imposed upon the population and peripheral banks. Seismic oscillations in prices, in turn, terrorize manufacturers and farmers, taking away their capability for normal production and accumulation, and more often than not forcing the production of low-quality cheap merchandise.

At the same time, the problem of accumulation has not been solved in Russia, though the population’s and enterprises’ savings are quite ample. The problem to some extent lies in the fact that, following foreign models, the Russian credit system stimulates overconsumption, including that of imported goods, to the detriment of consumer credit toward local production. In many countries, regulators in this sector set mandatory price ratios and fixed interest rates. Here in Russia, the reverse is true: the most accessible credit is open for importers, while it is more expensive for consumers, and manufacturers pay banks’ highest rates and must content themselves with crumbs from the shared trough.

The problem of accumulation is generally disposed of by monetarist discourse, in which even John Maynard Keynes is a renegade, not to speak of such economists as Ragnar Nurkse or Paul Rosenstein-Rodan with his idea of the “big push” in investment. The Russian financial establishment blames this entire problem on the proverbial investment climate, economic freedoms, and other such nonsense, which has survived only in textbooks and the fantasies of ratings-boosting crooks. No real programs of raising accumulation, without which there will also be no economic growth, have yet been presented by the government.

We need to look for ways to replenish the economy with normal credit, and through the renewal of “wooden” (investment) currencies (as well as converted ones), and mutually closed investment programs, and coordinated plans for state corporations, as well as through multilateral barter and national pooling.

Housing construction has always been an important driving force of the economy and accumulation. But our rate of housing construction development is scandalously low in Russia: per capita, it is five times (!) lower than in China. This is the fault of astronomical housing prices, compounded by usurious mortgage interest rates, which restrict, among other things, normal demographic reproductivity. To a great extent these monumental prices are conditioned by the nature of the municipal authorities’ rent monopoly on land. The pawnbroker and feudal lord can hardly be deemed essential to the functioning of this most vital sphere for all.

Clearly, the fast pace of economic and industrial growth accompanying the necessary establishment of the investment model of development can more easily be promoted through close cooperation with countries where a comparable process is taking place. It is therefore natural for there to be a gradual displacement of economic activity toward the east of the country, where the great projects of the twenty-first century will be developed through the efforts of China, Kazakhstan, and Russia (and their neighbors, of course). Among them I would note the new breadbasket of Asia– the fully developed construction in southern Siberia and northern Kazakhstan of a major agricultural base for the production of ecologically pure foodstuffs, and similar bases in the Far East.

An important element in economic independence is, as we know, wide diversification of external economic ties. In Russia’s case, it is especially important to orient this diversification toward neighboring countries, creating long-term connections with our economy.

In response to western sanctions, it is viable to reduce importation of consumer goods from particular developed nations, reorienting towards domestic producers or neighbors (including Ukraine) and forcing commercial chains entrenched in Russia to pursue the same policy. I will note that Georgian and Moldavian wines are anything but inferior to French ones, to say nothing of the fine wines made in Crimea.

The concrete implementation of the conservative project can also be pursued through the revival of old ways that have been long-forgotten. The “naturalization” of materials used in everyday life (for example, replacing plastics with wood), every kind of propagation of indigenous natural products and medicines, finally, the production of high-quality equipment with greater durability and reusable packaging could enhance the health of both the population and the environment.

If we want to talk about innovative aspects of the economy, I think it is unreasonable to demand what amounts to immediate financial efficiency from engineers and scientists, and to engender fierce competition for individual patents, grants, and so on among those working in this field. Science and invention demand first and foremost a relaxed atmosphere, and it is inconceivable for them to proceed without the work of large collectives in which an atmosphere of mutual support and shared accomplishments prevails. Soviet science developed in just such an environment, and its traditions are no worse than the new trends, which are aggravated by the organizational convulsions of today’s Ministry of Education, FANO (Federal Agency of Scientific Organizations), and the like. Let us also take note of the simple fact that during the years of the neoliberal onslaught it was precisely the academic social sciences that stood up against the obtrusive proselytism of various new pro-Western formations. The fruits of a very similar and, regrettably, successful missionary zeal are clearly visible to us in the example of the Kiev pseudo-revolution.

Alexander Salitski, Ph.D in Economics, chief research associate at IMEMO RAN, professor at the Institute of Oriental Studies, exclusively for the online magazine “New Eastern Outlook”.

mercredi, 02 avril 2014

The Dark Side of Globalization

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The Dark Side of Globalization

 
Ex: http://www.geopolitica.ru
 

Despite the fact that research on globalization has been ongoing for decades, a clear definition of the phenomenon, accepted by the entire international scientific community does not exist. Further, it is not possible to think about globalization in only one particular field of science or discipline in isolation, because of its  interconnected and complex nature.

Axel Dreher has proposed looking globalization in three ways:

-                     Economic globalization: characterized by the long-distance flow of goods, capital, and services, as well as the information and perceptions  that accompany these market exchanges

-                     Political globalization: characterized by a diffusion of government policies

-                     Social globalization: expressed as the spread of ideas, information, images, and people[1].

UNESCO’s 2001 Annual Report states that, “globalization can be defined as a set of economic, social, technological, political and cultural structures and processes arising from the changing character of the production, consumption and trade of goods and assets that comprise the base of the international political economy”[2].

Promoters of globalization share many common perceptions.

Zygmunt Bauman, for example, attempts to determine the mechanisms of interaction between states and nations, proposing a transformation from existing “inter-national” organizations to what he sees as truly universal and global institutions. He no longer has any interest in the social institution of the ‘state’, but, instead, envisions a ‘social planet’[3].  Many others scholars and politicians who similarly promote globalization in its current form are full of joy and optimism about the future.  However, some critique is required for an objective assessment of the phenomenon.

 Jacques Derrida said many years ago that the ideal or euphoric image of globalization as a process of opening the borders that makes the world more homogeneous must be challenged with absolute seriousness and vigilance. Not only because this homogenization, where it was made in reality or assumption has both positive and negative sides, but also because any apparent homogenization often hides the old or new forms of social inequality or hegemony. Josef Stiglitz, who has been intimately involved in the globalization process from within,  has also produced numerous works critiquing globalization since leaving the World Bank.

 As a whole, the process of globalization is very abstract, and so requires an assessment from within and between various discrete fields of the social sciences.  David Harvey notes that “…if the word ‘globalization’ signifies anything about our recent historical geography, it is most likely to be a new phase of exactly the same underlying process of the capitalist production of space”[4]. Anthony G. McGrew , a professor of International Relations at Southampton University, describes globalization as “a process which generates flows and connections, not simply across nation-states and national territorial boundaries, but between global regions, continents and civilizations. This invites a definition of globalization as: ‘an historical process which engenders a significant shift in the spatial reach of networks and systems of social relations to transcontinental or interregional patterns of human organization, activity and the exercise of power”[5].

It’s very important to note that in many definitions of globalization we can see the primacy of economics, particularly of neoliberal capitalism, as well as the distribution of power that thus flows and its influence worldwide. Faster, more flexible and more robust nodes of such economic power have an advantage in spreading their own flows of the production and exchange of ideas and knowledge, in effect, a normative and reality-defining process. They make globalization in their own image.

It is also necessary to understand the hybrid nature of globalization, comprising a global market economy, technological development, and societal transformation and global homogenization.

David Steingard and Dale Fitzgibbons, in a scholarly critique of global capitalism as driving the process of globalization, defined globalization “as an ideological construct devised to satisfy capitalism’s need for new markets and labour sources and propelled by the uncritical ‘sycophancy’ of the international academic business community"[6]. However, globalization has also been conceived as a discursive practice. In this sense, it is not the result of ‘real’ forces of markets and technology, but rather is a rhetorical and discursive construct, formed by practices and ideologies which some groups are imposing on others for political and economic gain[7]. Globally prestigous educational institutions, such as Harvard , the LSE, and Colombia University are incubators for a transnational political and economic elite institutionalized with a neoliberal ideological agenda. Thus they provide neoliberalism as the driving and defining force of globalization with ‘intellectual legitimacy’ and an academic facade.

New possibilities to communicate faster and network with more people are not only good for personal and professional interrelations, but sharing and collaboration on scientific experiments, academics, lessons learned, and best practices.  In this sense,  “globalization must be understood as the condition whereby localizing strategies become systematically connected to global concerns…Thus, globalization appears as a dialectical (and therefore contradictory) process: what is being globalized is the tendency to stress ‘locality’ and ‘difference’, yet ‘locality’ and ‘difference’ presuppose the very development of worldwide dynamics of institutional communication and legitimation”[8].

In parallel of globalization it can be noted that, “broad economic, technological, and scientific trends that directly affect higher education and are largely inevitable in the contemporary world. These phenomena include information technology in its various manifestations, the use of a common language for scientific communication, and the imperatives of society’s mass demand for higher education…”[9].

In other words, new scientific language promoted by winners of

globalization level the cultural differences and undermine traditional and regional aspects which include, but are not limited to religious, historical, cultural and philosophical features of the world's peoples. It can also be said that globalization through the exchange of ideas also threatens the institution of the sovereign state. How? Both the independent exchange of ideas and the formal institution of public education is key not just for human development, but for the institutionalization, norm creation, and legitimacy formation of the state. People, as ‘human capital, are developed and utilized by the modern state as any other natural resource at its disposal.[10]. If a government is not involved in the process of public and special education, there are external powers that will act to fill this void. As result, the human capital potential and stability of any given state will be decreased.

We can also attempt to see this aspect of hegemony from other cultures’ point of view. The process of globalization suggests simultaneously two images of culture. “The first image entails the extension outwards of a particular culture to its limit, the globe. Heterogeneous cultures become incorporated and integrated into a dominant culture which eventually covers the whole world. The second image points to the compression of cultures. Things formerly held apart are now brought into contact and juxtaposition”[11].

I do not think it controversial to characterize the current globally dominant culture as a mass-pseudo-ersatz culture produced in the U.S. and promoted by worldwide consumerism as the fruit of liberal ideology.

Liberalism itself is a synthetic creation of the Western-dominated global power structure, a humanitarian facade behind which the dirty work of policing the world can go on uninterrupted by idealistic spasms in the body politic[12]. So in a radical sense “globalization is what we in the Third World have for several centuries called colonization”[13].

Finally, we come to the question of values. Globalization is occuring in a paradigm of post-modern values[14]. In this way it rejects traditional values and traditional education systems, because the logic of postmodernism is the absence of a center, absolute principle. It a priori is prejudiced against all other cultures and ideas, and, as well, for the carriers of these ideas. It seeks to reduce to all other cultures to a hollow and harmless caricature and cliché that can be easily digested and regurgitated within the context of global consumer culture. It is impossible for the dominant global neoliberal culture to co-exist and harmonize with traditional cultures and create an artificial single type of global citizenship without essential damage to these peoples and societies. Thus globalization becomes a process of cultural destruction and forced homogenization.

The only way to remedy the process of globalization is the leveling of the disparity of global power  and the establishment of a new international order based on genuine multipolarity, where will be several civilizations centers capable of projecting power regionally. This will preserve civilization-based cultural and educational-scientific paradigms, connected with the peoples’ will, values, and heritage, yet at the same time remain open to international cooperation and discourse, but built on a platform of trust, mutual aid, respect for cultural difference, and of the right for each societies own historical and developmental path looking to the future.

In Russia we can see the beginning of some attempts to theorize and build  the precursors of a new system of  education as an answer to the dark miracles of postmodernism. Professor Alexander Dugin from Moscow State University has proposed the idea of a Eurasian educational framework that reflects the contemporary global situation and interdependence of countries and nations, as well as recognizing the necessity to keep our traditions alive and to protect our peoples from the creative destruction promoted by Western liberalism.

Joint efforts with scholar, experts, analysts and activists from Third and Second World as well as academic critics from core of industrial developed countries known as founders of contemporary neo-liberalism and capitalism itself will be very useful for first steps to draw new scientific paradigm and basis for non-western international relations that will promote to establish Newest and more adequate World System than actual one.




[1] Dreher A. Does Globalization Affect Growth? Empirical Evidence from a New Index. Applied Economics 38 (10), 2006. P. 1091-1110.

[2] United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO), MOST Annual Report 2001, see http://www.unesco.org/most/most_ar_part1c.pdf.

[3] Zygmunt Bauman. From Agora to Marketplace, and where to from Here? //Journal of Globalization Studies Vol. 2, Num. 1, May. 2011, p.13-14.

[4] David Harvey, Spaces of Hope (Berkeley and Los Angeles: University of California Press, 2002), p. 54

[5] Anthony G. McGrew, “Global Legal Interaction and Present-Day Patterns of Globalization”, in V. Gessner and A. C. Budak (eds.), Emerging Legal Certainty: Empirical Studies on the Globalization of Law (Ashgate: Dartmouth Publishing Company, 1998), p. 327

[6] David Steingard and Dale Fitzgibbons, “Challenging the Juggernaut of Globalization: A Manifesto for Academic Praxis”, Journal of Organizational Change Management, Vol. 8, No. 4, 1995, pp. 30-54

[7] C. Walck and D. Bilimoria, “Editorial: Challenging ‘Globalization’ Discourses”, Journal of Organizational Change Management, Vol. 8, No. 4, 1995, pp. 3-5.

[8] Cesare Poppi, “Wider Horizons with Larger Details: Subjectivity, Ethnicity and Globalization”, in Alan Scott (ed.), The Limits of Globalization: Cases and Arguments (London: Routledge, 1997), p. 285.

[9] Philip G. Altbach, “Globalization and the University: Realities in an Unequal World”, Occasional Papers on Globalization, Vol. 2, No. 1, 2005, Globalization Research Center, University of South Florida, see http://www.cas.usf.edu/globalresearch/PDFs/Altbach.pdf.

[10] Volker H. Schmidt. Modernity, East Asia’s modernization and the New World Order

P. 115. https://ap3.fas.nus.edu.sg/

[11] Mike Featherstone, Undoing Culture, Globalization, Postmodernism and Identity (London: Sage, 1995), pp. 6-7

[12] Eric Norden, “The Tender Tyranny of American Liberalism,” The Realist, June 1966, 1-6, http://www.ep.tc/realist/a-b-set/09.html

[13] J. A. Scholte, “The Globalization of World Politics”, in J. Baylis and S. Smith (eds.), The Globalization of World Politics, An Introduction to International Relations (New York: Oxford University Press, 1999), p. 15.

[14] Endre Kiss. The dialectics of Modernity. A theoretical Interpretation of globalization//Journal of Globalization Studies Vol. 1, Num. 2, Nov. 2010, p. 16

 

dimanche, 23 mars 2014

Un partage du monde entre éditeurs

LE MONOPOLE DE L’OBSCURANTISME
 
Un partage du monde entre éditeurs

Auran Derien
Ex: http://metamag.fr

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En 2013, les éditeurs Penguin et Random House ont fusionné. Mais en même temps, on apprenait que le groupe Bertelsmann disposait de 53% du capital et que Pearson contrôlait le reste (47%). Les deux mamelles Penguin et Random House dominent le commerce des livres traditionnels et digitaux aux USA, en Grande Bretagne, Canada, Australie, Inde et Nouvelle Zélande. Un partage du monde a été décidé entre les deux producteurs et distributeurs des pensées pieuses occidentales. Penguin s’est octroyé l’Asie et l’Afrique du Sud alors que Random House inonde le monde qui parle Espagnol : Espagne, Mexique, Argentine, Uruguay, Colombie, Chili.
 
En 2012, l’ogre Bertelsman avait acquis l’entreprise Mondadori. Pierre HILLARD a expliqué, dans un livre publié chez François-Xavier de Guibert, qu’au delà de la censure qu’exerce Bertelsmann sur la pensée, une fondation a été mise en place, avec au moins 300 prédicateurs travaillant à plein temps pour promouvoir et imposer la cosmothéonigologie occidentale.

Bertelsmann et le retour à la barbarie

Bertelsmann est à la tête d’une liste impressionnante de médias, car il s’agit d’imposer de fausses vérités sans en avoir l’air. Le principe, qu’avait très bien perçu Alexandre Zinoviev, est que derrière mille médias on retrouve mille fois la dénonciation des hérétiques et des dissidents. Par exemple, Bertelsmann contrôle RTL (radio), M6 (télévision), le distributeur France Loisirs, et une quantité impressionnante de journaux et de revues: GEO, Femmes Actuelles, VSD, Stern, Gala, etc. Barack Obama a publié en 2006 son pensum L'audace de l’espoir chez Random House, propriété de Bertelsman…

Il en résulte aujourd’hui que des milliers d’employés (plus de 10.000 dans le monde), des centaines de maisons d’édition (au moins 250), des milliers de titres de revues, journaux,…dépendent d’un seul homme : Bertelsmann. Ce n’est pas fini d’ailleurs. Le groupe espagnol PRISA, en déficit depuis plusieurs exercices était en discussion, en 2013, avec le tandem Penguin - Random House, ce qui ajoutera bientôt les éditeurs Alfaguara, Aguilar, Suma de Letras et Taurus à la longue listes des esclaves. Si on regarde l’édition aujourd’hui, on a d’un côté le monstre Planète, de l’autre Pinguin et Random House. On a compris. La vieille obsession, imposer à toutes les sociétés des cadres mentaux inspirés par une axiomatique farfelue est de retour. Alors qu’au XVIIIème siècle il ne venait plus à l’idée de personne que la religion puisse être l’enjeu d’une guerre, le XXIème siècle connaît le rêve de la haine religieuse, acquise au prix d’une dissolution de l’humanité. La cause de la foi globalitaire, avec le monde unique du marché, des monopoles et de l’inquisition idéologique, mobilise-t-elle cependant les meilleurs esprits? Ou bien, toute cette littérature sous monopole Bertelsmann ne provient-elle que de personnalités de second plan ?
 
Bertelsman, l’anti Frédéric II

En 1740, Frédéric II accède au trône de Prusse. Il incarne immédiatement le disciple et ami de Voltaire et de d’Alembert. Lorsqu’en 1740, au Directoire, est posée la question de savoir si un catholique peut-être admis comme bourgeois de Francfort-sur-l’Oder, Frédéric répond que « toutes les religions sont égales et bonnes, pourvu que les gens qui les professent soient d’honnêtes gens » (Georges GUSDORF : Dieu, la nature, l’homme au siècle des lumières. Vol.V de “Les sciences humaines et la pensée occidentale”, Payot, 1972, p.21-22.). Frédéric tiendra à honneur d’accueillir les persécutés. Et l’Académie de Berlin était le foyer international d’une pensée plus libre que celles qui s’affirmaient ailleurs.
 
Tout cela est liquidé par Bertelsmann dont les productions nous replongent dans les temps de propagande apologétique. La domination du monde de l’édition a pour but de revenir à une ambiance antérieure à 1750, quand l’essentiel de l’édition était dédié à la théologie, au droit religieux et à l’histoire ecclésiastique. En termes contemporains, Bertelsmann publie sur la mythistoire du XXème siècle, les droits de l’homme, l’inquisition qui les accompagne et la théologie du mal chez tout le monde sauf chez les véritables bourreaux. Le XXIème siècle est donc parallèlement le siècle de l’augmentation des ouvrages de dévotion, et celui de la montée en puissance de l’Asie, dont les préoccupations immanentistes nous éloigneront peut-être peu à peu de la fureur animale. Bien sûr, nous ne savons pas quel est le destin des livres que produit Bertelsman. Car, à côté des gains et des publications, il y a le tirage et la diffusion et le suffrage universel des véritables lecteurs, méprisés il est vrai par les prédicateurs de la radio et les productions vomitives hollywoodiennes sur grand écran.
 
A l’assaut de l’humanité

En même temps que Bertelsman construit son monopole de l’industrie de l’obscurantisme, une fondation, créée en 1977, veut aplatir l’Europe, transformer sa beauté et sa diversité en un informe et gluant compost. Lénine reste d’actualité, lui qui déclarait, modifiant une formule de Clausewitz : « La paix est la poursuite de la guerre par d’autres moyens ». De toutes manières, la bienséance et l’honnêteté dont parlait Frédéric II n’ont plus cours. Les vainqueurs ont tous les droits. Ils n’ont aucun tribunal à craindre puisque les accusations ne vont que contre les vaincus. Le souci de la vérité ne doit pas tourmenter celui qui détient le monopole du mensonge. C’est la règle de Bertelsmann qui a toute la vérité révélée du monde globalitaire en partage…. 

lundi, 10 mars 2014

Mondialismo e Sessualità. L’avvento dell’uomo senza identità

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Mondialismo e Sessualità. L’avvento dell’uomo senza identità

 

Autore:

Ex: http://www.centrostudilaruna.it

Il nemico principale di chi, nella realtà contemporanea, si batta per valori comunitari e tradizionali, senza dubbio alcuno, va identificato nell’ideologia liberale. Essa ha saputo produrre e produce allo stato attuale delle cose un’azione profonda e pervasiva tale da condizionare visioni del mondo che, almeno al loro sorgere, avevano tratti oppositivi nei confronti del dominio incontrastato dell’utile e delle prassi sociali mirate alla realizzazione di profitti sempre più ampi. Oggi assistiamo ad una fuorviante e teatrale divisione dei ruoli politici che, falsamente, contrappone una destra ad una sinistra. Nella realtà la “destra del mercato” impone le regole economico-finanziare alle società globalizzate, mentre la “sinistra del costume” indica e contribuisce a diffondere i modelli e gli stili di vita funzionali alla riproduzione del sistema economico totalitario della governance. Entrambe, come è stato ben spiegato da Guy Hermet, segnano i confini intellettuali del politicamente corretto, oltre i quali sono posti in “isolamento ininfluente” (nei migliori dei casi), i Nuovi Reprobi, coloro che ripropongono Tradizione, ragione naturale o, addirittura, valorizzano il senso comune quale difesa dai Lumi rinascenti del Nuovo Regime.

unisexSul tema, e su altro ancora, ha attirato la nostra attenzione un recente volume di Enrica Perucchietti e Gianluca Marletta, Unisex. La creazione dell’uomo “senza identità” edito da Arianna editrice (per ordini:051/8554602; redazione@ariannaeditrice.it). Dopo aver abbattuto gli ostacoli che si frapponevano alla realizzazione del mondo global, dopo aver di fatto straziato ogni appartenenza identitaria, ogni forma residuale di legame o vincolo tradizionale tra gli uomini, dopo aver de-sacralizzato la natura, ridotta a mera estensione, ecco i potentati mondialisti porsi “laicamente” (questa è la loro religione) al servizio dell’ideologia di genere. Ciò nel tentativo di creare l’uomo nuovo, consumatore “senza identità”. Secondo tale ideologia il maschile e il femminile non sarebbero distinzioni naturali ma prodotti culturali, imposti dalle scelte educative “sessiste” nel corso di millenni. Tra il maschio e la femmina esisterebbero, inoltre, un numero indefinito di altri generi, comprendenti le diverse forme di omosessualità, la pedofilia, la bisessualità, considerate naturali allo stesso modo dell’eterosessualità.

Il libro, ricco di dati e statistiche e che coinvolge nel narrato il lettore, ripercorre la storia dell’ideologia di genere. Ricordano gli autori che padre ufficiale del gender è da considerarsi lo psichiatra americano John Money, sostenitore della “nuova sessualità”. A suo dire la differenziazione culturale dei sessi sarebbe riducibile a: “…mero ornamento, una realtà che quindi può diventare superata e obsoleta” (p. 41). Purtroppo, uno dei suoi primi e tristemente noti pazienti, David Reimer, divenuto a seguito di un intervento chirurgico subito da bambino, Brenda Reimer, lo smentì drammaticamente, suicidandosi per gli squilibri indotti dal cambio di sesso. Le tesi di Money cominciarono a circolare ampiamente nel momento in cui diventarono uno strumento che i Poteri Forti decisero, dopo gli anni Settanta, di utilizzare per i loro fini: creare l’Uomo Nuovo compatibile con il progetto del Nuovo Ordine Mondiale. Un essere: “… resettato e omologabile, stereotipato e apolide” (p. 33). Il braccio militante del gender è oggi facilmente individuabile nei movimenti gay che, allo scopo, come ricordano con dati puntuali Perrucchietti e Marletta, dispongono di ingenti fondi elargiti da Fondazioni e miliardari, tra i quali figurano gli immancabili George Soros e Bill Gates. Tra i sostenitori politici d’oltreoceano del movimentismo omosessuale, del resto, non vanno annoverati solo liberal come Obama, ma anche nomi importanti degli ambienti neoconservatori.

Il successo propagandistico delle loro azioni negli ultimi decenni è stato rilevante in tutto il mondo. Non solo nelle leggi di molti paesi occidentali, ma nell’immaginario collettivo dell’uomo medio, l’omofobia è equiparata al razzismo e all’antisemitismo, un reato, quindi, punibile penalmente e ritenuto esecrabile sotto il profilo etico. Le recenti polemiche internazionali che hanno coinvolto Putin e la Russia ortodossa e antimondialista stanno a testimoniare come le cose oggi procedano. Noi italiani non possiamo certo meravigliarci. L’imprenditore Guido Barilla, uno dei nomi più noti internazionalmente del nostro settore agroalimentare, ha subito un vero e proprio linciaggio mediatico per aver sostenuto in una intervista che non si sarebbe servito di una coppia gay in spot pubblicitari, ritenendo naturale la famiglia etero. Apriti cielo! In poco tempo è stato costretto a correggere il tiro e a “edulcorare” le dichiarazioni, affinché i prodotti delle sue imprese non venissero boicottati sul mercato.

metafisica-del-sessoMolto interessante, in un capitolo del libro, è l’analisi delle strategie messe in atto per diffondere l’ideologia gender. Innanzitutto la desensibilizzazione: consiste nell’inondare la società di messaggi di genere affinché l’opinione pubblica giunga a considerarli normali. Il secondo momento è detto del bloccaggio: fermare immediatamente, attraverso il discredito pubblico, bollando come reazionario, nazista, bigotto, chiunque si opponga alle tesi gender. Le prime due strategie sono mirate alla conversione finale, in parte già realizzata. Il comune modo di sentire ha accettato l’ideologia di genere. Il nuovo modello di umanità è costruito sull’idea dell’incontro di tratti somatici dell’uomo con quelli della donna. È l’Unisex trionfante. A ciò hanno contribuito la moda, la chirurgia estetica, il mondo dello spettacolo e i serial televisivi. I maggiori divulgatori di questa tendenza, in particolare presso le nuove generazioni, sono state star internazionali della musica che, a bella posta, hanno giocato sulla presunta o reale ambiguità sessuale. Basti al riguardo fare il nome di Lady Gaga. Lo stesso sistema educativo è ormai condizionato da un modello umano sessualmente e moralmente incerto, si parla di Genitore 1 o 2, anziché di padre e madre. In alcuni paesi europei, al momento della nascita, la definizione del sesso è facoltativa, si può addirittura indicare sul certificato il genere intersessuale con una “x”.

Siamo destinati, pertanto, ad andare verso un mondo che non conoscerà più le diversità che si attraggono e si respingono nell’eterno gioco cosmico della vita? Ci auguriamo di no. In ogni caso rispetto alla situazione attuale, descritta organicamente dai due autori, è necessario attivare degli anticorpi che inneschino una reazione salutare. E’ indispensabile recuperare la tensione all’originario, sempre centrale nelle dottrine tradizionali dell’eros. L’androgino platonico è l’archetipo cui guardare quale ancestrale aspirazione alla completezza perduta. L’uomo potrà incontrarlo di nuovo solo se la tensione che muove le polarità opposte e complementari del maschio e della femmina, sia esperita, prima che nella realtà fisiologica del corpo umano, sotto forma di potenza spirituale. Al riguardo, nel momento in cui il consumismo nell’Italia degli anni Cinquanta cominciava a travolgere le radici tradizionali del nostro popolo, Julius Evola scrisse un’opera in grado di rispondere alla follia del gender, Metafisica del sesso. Bisogna tornare a leggerla con attenzione. Nelle sue pagine l’eros apre all’Alto, è forza riconnetteva e realizzante. Una risposta forte alla debolezza, anche erotica, della modernità.

mardi, 11 février 2014

Las ocho razones principales ¿Por qué el dólar controla la economía globalizada?

por Manuel Freytas*

Ex: http://paginatransversal.wordpress.com

Cuando hablamos del dólar, hablamos (por extensión ) de la referencia más significante de un sistema capitalista globalizado que controla gobiernos, países, sistemas económicos productivos, bancos centrales, centros financieros, arsenales nucleares y complejos militares industriales. Las empresas y los grupos transnacionales que controlan los sistemas financieros especulativos y los sistemas económicos productivos a escala mundial (por encima de los gobiernos) realizan mayoritariamente sus volúmenes de negocios, inversiones y tomas de ganancias en dólares. Y este informe, detallamos las 8 razones principales por las que el dólar es el centro de referencia de toda la economía mundial globalizada.

Cuando hablamos de la “moneda patrón”, hablamos antes que nada de un diseño estratégico de poder mundial que lo protege, interactivo y totalizado, que se concreta mediante una red infinita de asociaciones y vasos comunicantes entre el capital financiero, industrial y de servicios que convierte a los países y gobiernos en gerencias de enclave.

EEUU, la primera economía mundial, Europa, la segunda economía mundial (como bloque) y China, la tercera economía mundial realizan la mayoría de su comercio en dólares.

Si la divisa estadounidense colapsara, colapsarían EEUU, la Unión Europea y China (los mayores vendedores y compradores del mundo), que juntos suman más de la mitad de la economía mundial.

Las empresas y los grupos financieros transnacionales que controlan los sistemas financieros especulativos y los sistemas económicos productivos a escala mundial (por encima de los gobiernos) realizan mayoritariamente sus volúmenes de negocios, inversiones y tomas de ganancias en dólares.

En la trama del sistema capitalista globalizado la moneda estadounidense cumple las funciones de reserva mundial, sirve de respaldo para la mayoría de las monedas, interviene en la mayoría de las transacciones comerciales y operaciones financieras, y hace de medio internacional de pago.

En el centro del modelo imperial-económico capitalista globalizado , y a modo de protagonistas centrales, se encuentran EEUU y la Unión Europea (los principales compradores mundiales), y China (el principal vendedor mundial), cuyas economías entrelazadas se proyectan como claves y dominantes en el funcionamiento de todo el sistema capitalista a escala global. Las operaciones se realizan mayoritariamente con el dólar como moneda de transacción. Además, China tiene el 70% de sus reservas en valores y títulos del Tesoro de EEUU.

En este escenario, su caída significaría el fin del patrón dólar, y generaría una mundialización de la crisis en la que ningún Estado capitalista podría sobrevivir. Si se cayeran EEUU y el dólar, sería como si una bomba nuclear estallase en la economía y en el sistema capitalista y nadie podría escapar con vida de la radiación que se desataría a escala planetaria.

Las ocho razones principales

Hay ocho razones principales por las cuales ninguna potencia (central o emergente) podría “desacoplarse” del actual modelo funcional del sistema capitalista estructurado alrededor del dólar como moneda patrón y de la hegemonía de EEUU como primera potencia imperial:

1) El dólar es la moneda de cambio y de reserva internacional, y los países de todos los continentes (Europa, Asia, Latinoamérica, Ausralia y África) la utilizan en sus transacciones comerciales y tienen la mayoría de sus reservas en dólares, por lo que el fin del dólar implicaría un derrumbe mundial generalizado del sistema capitalista de la que ningún país estaría a salvo.

2) Más de un 70% de las reservas mundiales están en dólares, frente a un 25% en euros de la Unión Europea, que también utiliza el dólar. China, la tercera economía mundial, después de EEUU y la UE, tiene sus reservas en dólares, según el Banco Mundial y el FMI.

3) El dólar está involucrado en el 86% de las transacciones diarias de divisas en el mundo, a menudo como paso intermedio en el intercambio de otras dos divisas, según el Banco Internacional de Pagos. Aunque esto constituye un descenso con relación al 90% que representaba en 2001, ninguna divisa se le acerca.

4) Casi dos terceras partes de las reservas de los bancos centrales del mundo están denominadas en dólares, a pesar del temor de que se produzca un éxodo masivo de la divisa. Según el Banco Internacional de Pagos, el banco central de los bancos centrales, el dólar continúa siendo la “moneda favorita de los bancos centrales” y representa un 55% de sus activos y pasivos en moneda extranjera.

5) Un 80% de las transacciones internacionales, un 70% de las importaciones mundiales y la casi totalidad del comercio petrolero se realizan en dólares, según el Banco Mundial y el departamento de Comercio estadounidense.

6) El sistema financiero especulativo internacional está “dolarizado”, y las bolsas y los mercados internacionales del dinero operan mayoritariamente con la divisa estadounidense a través de las acciones y bonos desparramadas a escala global por los grandes bancos y fondos de inversión que tiene su central operativa en Wall Street, EEUU. La Bolsa de Nueva York, o NYSE, es el mayor mercado de dinero del mundo y concentra el mayor volumen de operaciones financieras en dólares que realizan empresas trasnacionales cotizantes a escala global. En la bolsa neoyorquina cotizan las principales empresas trasnacionales de los EEUU y del mundo, y si colapsara el dólar como divisa, estallaría Wall Street y arrastraría consigo a todos los mercados del dinero a escala global.

7) Los países emergentes y las potencias económicas desarrolladas generan más del 75% del PBI mundial en dólares (el resto se genera en euros y otras monedas), según el Banco Mundial. Para los países con una fuerte dependencia de las exportaciones de materias primas como el petróleo, las cifras pueden ser incluso más altas. El dólar también está profundamente arraigado en el comercio mundial. Las empresas reducen sus costos de transacción al usar una divisa común.

8) Las empresas y los grupos financieros transnacionales que controlan los sistemas financieros especulativos y los sistemas económicos productivos a escala mundial (por encima de los gobiernos) realizan mayoritariamente sus volúmenes de negocios, inversiones y tomas de ganancias en dólares, por lo cual un colapso terminal de la moneda estadounidense (como vaticinan los partidarios de la teoría del “desacople”) produciría una parálisis de la actividad económica mundial en cuestión de horas.

En este escenario, una hipotética caída del patrón dólar generaría una mundialización de la crisis en la que ningún Estado capitalista podría sobrevivir. Si se cayeran EEUU y el dólar, sería como si una bomba nuclear estallase en la economía y en el sistema capitalista y nadie podría escapar con vida de la radiación que se desataría a escala planetaria.

(*) Manuel Freytas es periodista, investigador, analista de estructuras del poder, especialista en inteligencia y comunicación estratégica. Es uno de los autores más difundidos y referenciados en la Web. Ver sus trabajos en Google y en IAR Noticias. manuelfreytas@iarnoticias.com

Fuente: IAR Noticias.

jeudi, 30 janvier 2014

LES PEUPLES DEVIENNENT ESCLAVES DE LA FINANCE MONDIALISTE

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LES PEUPLES DEVIENNENT ESCLAVES DE LA FINANCE MONDIALISTE
 
Va-t-on voir se lever le vent de la fronde ?

Auran Derien
Ex: http://metamag.fr

Une prise de conscience qu’il existe aujourd’hui une nouvelle tyrannie, installée en France mais aussi présente dans toute l’Europe, est-elle en train d’advenir ? Promu et protégé par un régime qui s’autoproclame le bien en soi, va-t-on voir se lever peu à peu le vent de la fronde? Car la situation présente de la France ne convient à personne : ni à la nouvelle tyrannie, ni à la population des autochtones, ni aux nouveaux venus du vaste monde. Nous observons en effet des horreurs simultanées. 


La dégradation de la situation socio-économique. 

Le pillage par les actionnaires et autres fonds financiers a réduit la part des salaires dans la valeur ajoutée. Le monde salarié s’appauvrit sans qu’il existe de niveau plancher. Tiennent le haut du pavé les créateurs de la monnaie et la corporation politique qui jouit de grasses situations tant qu’elle se couche devant le pouvoir despotique de la finance mondialiste.


La dégradation du système de valeurs.

L’obsession économique repose sur un obscurantisme: traiter les humains comme des marchandises. Il en résulte une violence d’un type nouveau que l’on pensait disparue depuis la fin des guerres de religion. Les criminels bolchéviks avaient relancé la folie religieuse sous forme séculière : la violence exercée par les fanatiques d’une idée primitive mais qui donnait le pouvoir à un gang. Cela est désormais présent en Europe. Nous sommes tous les victimes d’un pouvoir infâme, inhumain, qui traite les populations comme des animaux. L’inhumanité est en fête chaque fois que l’un ou l’autre des nouveaux tyrans ouvre sa gueule. 


Le génocide des peuples autochtones.

assiette-au-beurre-capitalisme.jpgPour construire le paradis sur terre dans sa version biblique, il faut que les financiers, maîtres du CAC 40 soient propriétaires de toutes les richesses du monde et que les animaux de la ferme globale soient satisfaits d’être simplement en vie. Tout détruire est toujours le préalable à la construction de l’homme nouveau, le pur occidental cosmopolite.


Les multinationales.

Les fonctionnaires de Bruxelles agressent en permanence et de manière systématique les populations. Ces groupes d’assaut contre les peuples d’Europe sèment le chaos et la mort. Les agriculteurs sont agressés par Monsanto, car ils ne peuvent pas planter ce que bon leur semble et par Bruxelles qui favorise les trafiquants de nourriture avariée produite n’importe où avec n’importe quoi. Les industriels ferment, car la concurrence par l’émulation a disparu. Les ploutocrates arasent tout, à travers le dumping des importations. Les services s’installent aux quatre coins du monde. Les enseignants ont été transformés en prédicateurs, les journalistes en délateurs, les magistrats en cannibales, les policiers en matons. L’inhumanité se réjouit, mais cela ne lui suffit pas : il y a toujours un comique à purger.


Nos heures les plus sombres?


La trahison des “élites” est la base de toute décadence. Les personnalités qui incarnent un peuple, une civilisation, une esthétique, les pierres de touche de toute société ont été remplacées peu à peu par des limaces gluantes, des têtes plates et creuses, des gens sans qualité, sans honneur, sans éthique. Le néant…... Zinoviev nous en avait informés : Le pouvoir occidental ne veut que des traîtres. 


Toute élite sera donc négligée, voire méprisée au profit du pantin, du parfait petit collabo. Leur première étape consiste à corrompre, et en général cela suffit. Aux voyous qui créent la monnaie selon leur bon plaisir, il ne coûte rien d’acheter les âmes. Cela fonctionne bien : les âmes se vendent. Dans les cas, plutôt rares, de refus, le pouvoir infâme fait silence ou assassine l’infidèle. N’est-ce pas intolérable ?

mercredi, 18 décembre 2013

S’OPPOSER AU DOGME DU LIBRE-AFFAIRISME MONDIALISTE

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S’OPPOSER AU DOGME DU LIBRE-AFFAIRISME MONDIALISTE

OMC et accords de Bali : une ambiguïté voulue

Auran Derien
Ex: http://metamag.fr

Le Bréslien Roberto AZEVEDO, directeur de l’Organisation Mondiale du Commerce a obtenu la signature d’un accord à Bali, à l’occasion duquel les intervenants ont affirmé qu’il engendrerait 1.000 milliards de dollars de richesse dont un peu plus de la moitié reviendrait aux pays en développement.
Depuis que Lyssenko sert de référence, toutes ces organisations de pouvoir mentent sans vergogne. Deux faits sont troublants: Jamais n’est soulevé le problème des taux de change entre pays, quand les conditions monétaires des échanges sont les plus importantes de tout. De même, il n’apparaît aucune curiosité sur le fond et la forme des frontières. Cette question est tout aussi essentielle : De quoi les frontières sont-elles faites ? 


Des criminels à la fête ?


Nous constatons trois types d’infamies. La première de toutes, en honneur depuis la rupture entre le dollar et l’or en 1973, s’appelle la surproduction monétaire, c'est-à-dire la production sans limites de dollars qui ne coûtent rien. A Bali, personne n’a osé se dresser contre ces méthodes. La seconde infamie est le collage politique de tout et n’importe quoi, appelé intégration politique. Appareiller tout et son contraire n’a aucune importance, lorsque l’objectif final est le contrôle du monde. Le troisième pilier est la volonté d’éliminer les marchés diversifiés et fonctionnant avec de nombreux acteurs, pour lui substituer des ententes qui permettent à cette finance de maintenir leur pouvoir. Tous ces points justifient le concept d’ambiguïté que l’on accole à l’accord de Bali. 

Amuser les gogos

Il est fort probable qu’il s’agit d’amuser les gogos, maintenant que la quantité d’argent engendrée dépasse de plus de dizaines de fois la richesse mondiale et que l’économie est entre les griffes de 40 institutions, toutes à dominante financière. Des Fonds monétaires peuvent acheter toute la production de quelque bien que ce soit, toute la richesse d’un pays, jusqu’à la totalité de ce que dégagent les 150 pays qui ont participé à l’accord de Bali, lequel est divisé en trois volets : le thème des subventions à l’agriculture, les aides aux pays peu avancés sous forme de privilèges accordés à leurs exportations, le franchissement des frontières, avec la critique de toute forme de surveillance bureaucratique. Or, sur tous ces points, la double morale des financiers n’est pas freinée. Les instruments utilisés pour isoler certaines activités sont à la fois efficaces et complexes. Aux droits de douane sophistiqués s’ajoutent des quotas, des normes techniques et des obstacles sanitaires, de sorte qu’une appréciation correcte, globale de la protection est en réalité impossible. Par exemple, dans le monde agricole sont pratiqués des droits dits spécifiques (100 dollars par tonne, par exemple), plutôt que des droits ad valorem (un pourcentage de la valeur du produit entrant), mais parfois les deux se pratiquent simultanément. Et les subventions diverses multiplient les difficultés de toute comparaison. On sait que sur le terrain des procédures administratives (tests de vérification et de conformité) et le caractère imprévisible de celles-ci, les USA font preuve d’une hypocrisie remarquable.


Un peu plus de multilatéralisme ?


Qui ne comprend la mascarade contemporaine? En matière de commerce, une économie de marchés implique un cadre institutionnel approprié, ce qui pourrait être le cas avec l’OMC si ce dernier mettait à l’abri des effets pervers du désordre mondial. Le multilatéralisme doit être préféré aux relations bilatérales où le plus fort terrorise et détruit le plus faible. Mais une société industrielle a besoin de protection contre le dumping et les intermédiaires crapuleux, et toute civilisation maintient une agriculture pour créer une harmonie sociale entre villes et campagnes et conserver une autosuffisance seule manière de garder son indépendance. 

La lumière s’éteint


L’OMC reste collée au dogme du libre affairisme qui détruit la vie et anéantit le peu de bien-être que certains pays avaient réussi à construire. Elle fait lever le ressentiment de tous ceux qui ne peuvent plus vivre dignement à cause des dogmatismes qui s’expriment en son sein. Les obsessions de cette haute finance mondialisée consistent à faire prévaloir le principe de la domination oligarchique sur tout et tous au détriment d’une coopération entre ensembles régionaux associés, groupant des zones de développement et de culture comparables, chacune développant des traits propres en se protégeant raisonnablement des autres. Dans le cadre actuel, la prodigieuse régression de l’humanité vers la barbarie se poursuivra à un rythme chaque jour plus rapide.

vendredi, 06 septembre 2013

Les nouveaux visages du mondialisme

Les nouveaux visages du mondialisme

par Georges FELTIN-TRACOL

 

Suite à ma brève étude consacrée à l’U.K.I.P. (Parti de l’Indépendance de la Grande-Bretagne) de Nigel Farage, « Poussée souverainiste outre-Manche » dans le mensuel en ligne Salut public, n° 16 de juin 2013, des lecteurs se sont étonnés que je qualifie ce mouvement souverainiste britannique de « national-mondialiste ». Il est vrai que le qualificatif paraît osé, mais cette provocation voulue entend signaler une tendance nouvelle qui témoigne de la mue du mondialisme afin de contourner et de neutraliser les réactions souvent défensives qu’il suscite.

 

Le mondialisme « classique » se présente sous deux formes souvent antagonistes tant au sujet des moyens que des finalités dernières. Le premier mondialisme demeure le plus connu puisqu’il regroupe les cénacles de l’hyper-classe oligarchique planétaire et domine les médiats, la finance, la politique et les grands groupes transnationaux. Ces mondialistes-là se retrouvent régulièrement lors des réunions à Davos,  de la Commission Bilderberg ou de la Trilatérale, etc. Ces chantres de la mondialisation globale ne revendiquent pas publiquement, sauf exceptions notables, un État mondial. Ils préfèrent soutenir une « communauté internationale » régie par des normes occidentales, libérales et « démocratiques de marché » (en fait ploutocratiques et oligarchiques) qui écrase le politique au profit d’un économicisme. Pour eux, la paix universelle garantit le maximum d’affaires donc de profits. Le second mondialisme, bien plus récent, apparaît à la fin des années 1990. C’est l’« altermondialisme ». Prétextant des préoccupations sociales, environnementales et sociétales, les altermondialistes imaginent une structure politique inter-continentale dans laquelle les citoyens du monde sur-connectés exprimeraient leurs avis à des dirigeants révocables sur le champ grâce à la grande Toile numérique mondiale. Si les altermondialistes mènent souvent des combats sympathiques et nécessaires, leur dessein final d’évacuation définitive du politique et du conflit les dessert, d’où l’amenuisement perceptible depuis cinq – six ans de leur activisme.

 

Ces deux versions mondialistes ne cachent pas leur objectif ultime, ce qui explique probablement la méfiance immédiate des peuples. Suite à cette défiance véritable, tel un organisme confronté à un problème de survie, l’idéologie mondialiste a commencé une entreprise de diversification morphologique, à un travestissement des idées, voire à une infiltration, avec le secret espoir de favoriser une large confusion. Le phénomène est particulièrement notable avec le régionalisme.

 

En Bolivie, l’élection en 2006 de l’Amérindien révolutionnaire Evo Morales à la présidence de la République stimula le séparatisme de cinq départements amazoniens du pays. Il fallut toute l’autorité présidentielle d’Evo Morales pour éteindre ces velléités centrifuges. Ces séparatistes, souvent d’origine créole, proche des riches propriétaires des latifundia et financés par les États-Unis, défendaient-ils une culture particulière, une autonomie linguistique ou une spécificité historique ? Nullement ! Leurs motivations premières étaient la défense de leur fortune agrarienne et leur refus d’obéir à un président à la peau cuivrée. Il est intéressant de relever que certains de ces indépendantistes rêvaient que leur hypothétique État adhérât à l’A.L.E.N.A. …

 

On retrouve cet exemple de « régional-mondialisme » d’une manière moins nette, plus diffuse, en Europe de l’Ouest. probable grand vainqueur aux élections législatives, régionales et communautaires l’année prochaine en Belgique, la Nouvelle Alliance flamande de Bart De Wever doit être désignée comme une formation « nationale-centriste ». Si son seul député européen siège dans le groupe commun des Verts – A.L.E. (Alliance libre européenne – régionaliste), son meneur principal et actuel maire d’Anvers ne cache pas son admiration pour le libéral-conservateur anglais Edmund Burke. Se focalisant sur la question linguistique qui exclut les minorités francophones albo-européennes et qui accepte des populations étrangères non européennes néerlandophones, la N.V.A. soutient un regrettable point de vue assimilationniste et réducteur.

 

En Catalogne, l’année 2014 risque d’être décisive puisque le gouvernement autonome catalan démocrate-chrétien, encouragé par l’extrême gauche républicaine indépendantiste, prévoit un référendum d’auto-détermination par avance rejeté par le gouvernement conservateur de Madrid. Le chef de la Généralité catalane, Artùr Mas, développe une démagogie intense en faveur de l’indépendance alors que la région très autonome croule sous un endettement public faramineux. Indépendante, la Catalogne deviendrait une proie facile pour les jeunes requins friqués d’Asie et du Moyen-Orient. Comme pour les Flamands d’ailleurs, les indépendantistes catalans rêvent d’adhérer à l’Union européenne et de se maintenir dans l’Alliance Atlantique.

 

Le phénomène est plus frappante en Écosse. En 2014 se tiendra un référendum sur l’indépendance validé par le Premier ministre conservateur britannique, David Cameron, et son homologue écossais, Alex Salmond, chef du S.N.P. (Parti nationaliste écossais) indépendantiste d’orientation sociale-démocrate. Dans le cas d’une Écosse libérée d e la tutelle londonienne, le nouvel État serait toujours une monarchie parlementaire avec pour reine Elisabeth II et ses successeurs. Quant à la monnaie, ce serait soit l’euro, soit la livre sterling.

 

Il faut oublier les belles images du film de Mel Gibson Braveheart. Hormis une minorité indépendantiste identitaire réunie au sein d’un Front national écossais (1), les indépendantistes écossais – en tout cas leurs responsables – communient eux aussi dans le « multiculturalisme ». Dans la perspective de la consultation référendaire, le S.N.P. dispose du soutien de la communauté pakistanaise. D’ailleurs, le ministre écossais des Affaires étrangères et du Développement internationale, Humza Yousaf, est un Pakistano-Kényan. Alex Salmond déclare ainsi que « nous avons une identité attrayante, d’autant plus que nous ne mettons pas en avant un caractère exclusif. Les gens ont droit à la diversité et l’écossité en fera partie à coup sûr (2) ».

 

À quoi bon dès lors une Écosse indépendante si la population n’est plus écossaise à moyen terme ? Un néo-mondialisme investit donc le champ régional sans trop de difficultés d’autant que maints régionalistes récusent toute connotation identitaire.

 

Ce néo-mondialisme s’invite même chez les souverainistes anti-européens du Vieux Continent. Le cas du Parti pour la liberté (P.V.V.) néerlandais de Geert Wilders reste le plus exemplaire. Ce parti néo-conservateur et libéral défend les droits de la minorité homosexuelle face à l’affirmation d’un islam rigoriste assumé. Dans une logique de confrontation entre l’Occident, perçu comme la patrie universelle des droits de l’homme, et l’Islam, considéré comme une civilisation arriérée, le P.V.V. s’aligne sur des positions atlantistes et sionistes avec la secrète espérance de ne pas être diabolisé par les médiats. Cette démarche similaire se retrouve en Allemagne où règne depuis 1945 une incroyable terreur mémorielle. Des formations d’audience régionale comme Pro Köln (Pour Cologne) ou Pro N.R.W. (Pour la Rhénanie du Nord – Westphalie) tiennent un discours anti-musulman grossier qui confond Al-Qaïda et le Hezbollah libanais. On devine une argumentation néo-conservatrice et atlantiste du choc des civilisations…

 

En France, le néo-mondialisme ne parie pas encore sur le F.N. dédiabolisé de Marine Le Pen. Outre le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, il encourage plutôt l’ancien Young Leader de la French American Foundation, Nicolas Dupont-Aignan de Debout la République. Comme d’ailleurs Mélenchon, le député-maire d’Yerre suggère comme alternative au projet européen une union méditerranéen France – Afrique du Nord ! Remarquons aussi qu’il envisagea de coopérer avec le F.N. à la condition que celui-ci abandonne son positionnement identitaire. Or c’est précisément ce choix fondamental qui permet au part frontiste d’être la troisième force politique de l’Hexagone.

 

Le néo-mondialisme a enfin pris le visage du populisme en Italie avec Beppe Grillo et son Mouvement Cinq Étoiles. L’extraordinaire succès de cette force « anti-politique » aux législatives anticipées de février 2013 a mis en lumière le rôle de gourou de Gianroberto Casaleggio. Ce riche patron d’une entreprise d’informatique rêve d’un État mondial numérisé d’influence New AgeGaïa – dans lequel seraient proscrites les religions et les idéologies (3). Par certains égards, on peut considérer que Casaleggio représente le versant populiste d’un néo-mondialisme comme Wilders en incarne le versant néo-conservateur atlantiste. Dernièrement, Nigel Farage a considéré comme « épouvantable » une campagne du ministère britannique de l’Intérieur destinée à dégoûter les immigrés illégaux de venir en Grande-Bretagne (4). Farage précise même qu’il trouve cette opération publicitaire « très “ Big Brother ” […], très Allemagne de l’Est dans les années 1980, une horrible façon de lutter contre l’immigration (5) ».

 

Il est intéressant de remarquer que ces partis dits « populistes » et « eurosceptiques » mésestiment, minorent ou ignorent délibérément – peut-être pour satisfaire le politiquement correct des gras médiats – la thématique identitaire. L’U.K.I.P. dénonce plus la présence de Polonais ou de Grecs que l’immigration venue du Commonwealth. Quant aux critiques du P.V.V., elles se focalisent sur l’islam et non sur l’immigration (6). Finalement, au jeu des comparaisons, l’Aube dorée grecque et le Jobbik hongrois témoignent d’un sens plus développé de l’identité ancestrale autochtone, ce qui par ces temps troublés n’est pas négligeable.

 

Georges Feltin-Tracol

 

Notes

 

1 : Cette formation est évoquée par l’excellent blogue de Lionel Baland, le 21 juin 2013 : http://lionelbaland.hautetfort.com/

 

2 : dans The Observer cité par Courrier International du 18 au 24 juillet 2013.

 

3 : Lire l’excellente analyse de Patrick Parment, « Le présent italien annonce-t-il le futur italien ? », Synthèse nationale, n° 31, mars – avril 2013.

 

4 : Julien Laurens, « Shocking, la pub anti-clandestins ! », Aujourd’hui en France, 1er août 2013.

 

5 : dans Le Nouvel Observateur, 29 août 2013.

 

6 : À la décharge de l’U.K.I.P. et du P.V.V., reconnaissons-leur qu’ils viennent de s’opposer officiellement – et avec raison – à toute intervention militaire occidentale en Syrie. Ils rejoignent de ce fait le B.N.P., l’Aube dorée, le F.N. et les Republikaner allemands.

 


 

Article printed from Europe Maxima: http://www.europemaxima.com

 

URL to article: http://www.europemaxima.com/?p=3301

mercredi, 27 février 2013

Die Obama-Falle

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Andreas Mölzer:

Die Obama-Falle

Die USA wollen Europa die handelspolitische Eigenständigkeit nehmen

Ex: http://www.andreas-moelzer.at/  

Barack Obama hat bei seiner Rede zur Lage der Nation angekündigt, er wolle mit der Europäischen Union Verhandlungen über eine transatlantische Freihandelszone beginnen. Und die begeisterten Reaktionen des Brüsseler Establishments lassen befürchten, daß die Europäer in die vom US-Präsidenten gestellte Falle tappen werden. Denn eines ist klar: Ob eine Freihandelszone mit den Vereinigten Staaten im europäischen Interesse liegt, ist mehr als zweifelhaft.

Insbesondere geht es Washington darum, das Modell einer globalisierten Wirtschaft nach US-Vorstellungen auch in Europa durchzusetzen. Ziel der EU muß aber sein, die europäische Wirtschaft gegenüber unlauterer Konkurrenz zu schützen, auch wenn dies den Dogmen eines ungehinderten Freihandels widerspricht. Und wie andere Abkommen mit den USA – etwa jenes zum Austausch von Fluggastdaten – zeigen, ist Brüssel bereit, europäische Interessen ohne Wenn und Aber zu verraten.

Vor allem aber hätte eine Freihandelszone mit der EU für die USA einen großen Vorteil: Den Europäern würde ihre handelspolitische Eigenständigkeit genommen werden. Denn anders als in der Außen- und Sicherheitspolitik hat sich Brüssel bisher nicht gescheut, in Wirtschaftsfragen europäische Interessen, etwa durch Verhängung von Schutzzöllen, zu verteidigen. Und genau diese Instrumente soll die EU verlieren.

mardi, 26 février 2013

Die weltweite Machtergreifung der Banker

Die tatsächliche Neue Weltordnung: Die weltweite Machtergreifung der Banker

John Kozy

Wie schnell doch manchmal die ausgeklügeltsten Pläne über den Haufen geworfen werden. Es scheint, als kämen und gingen neue Weltordnungen so häufig wie Finsternisse.

Die alte Weltordnung, das Ancien Régime, starb zusammen mit 16 Millionen Menschen während des großen Europäischen Krieges, der am 28. Juni 1914 durch die Ermordung des österreichisch-ungarischen Thronfolgers Erzherzog Franz Ferdinand in Sarajewo durch den damals 19-jährigen serbischen Nationalisten Gavrilo Princip ausgelöst wurde. (Heute würde man Princip als »Terroristen« bezeichnen.) Dieses Attentat führte Länder, die eigentlich kein Interesse daran hatten, Krieg zu führen, in den mörderischsten und vernichtendsten Krieg, den die Welt bis dahin erlebt hatte.

Mehr: http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/deutschland/john-kozy/die-tatsaechliche-neue-weltordnung-die-weltweite-machtergreifung-der-banker.html

mercredi, 13 février 2013

Governo Globale

Governo Globale

La storia segreta del Nuovo Ordine Mondiale

Autore: Enrica Perucchietti  Gianluca Marletta 

Prezzo: € 10,03 (invece di €11,80)

 

Vuoi scoprire cos'è il Nuovo Ordine Mondiale?

Crisi economiche, rivoluzioni, guerre. Che cosa si cela dietro il rischio di crollo dell’Eurozona, la cosiddetta “Primavera Araba”, l’uccisione di Osama bin Laden, la guerra in Libia, i cablogrammi di Wikileaks, l’attentato di Oslo e Utoja e l’insediamento del governo Monti? Che cosa lega l’omicidio di John Kennedy all’assassinio di Olof Palme? Come fanno eventi in apparenza così diversi e distanti ad avere un’origine comune?

In questo saggio si svela per la prima volta in modo chiaro, completo e documentato, la storia segreta del Nuovo Ordine Mondiale, dalle sue origini a oggi: la genesi, l’ideologia e le tappe storiche, dalle origini della modernità all'attuale sfida militare che vede come terreno di battaglia il Medio Oriente. Chi ha coniato il termine e chi perpetua in segreto il disegno di instaurazione di un governo globale? Quali interessi si nascondono dietro questo progetto? Che ruolo hanno i membri di affiliazioni e gruppi occulti che riuniscono i protagonisti della vita politica, economica e finanziaria globali? Quale disegno si nasconde dietro la diffusione della tossicodipendenza di massa, fenomeni inquietanti e criminali come il satanismo, certi movimenti “culturali”, o di “controcultura”, come la “rivoluzione” psichedelica? In questo gioco di equilibri, quale obiettivo nasconde il progetto di instaurazione di un Governo Globale che lungo il suo cammino assoggetta i Popoli, fa cadere nazioni e governi come pedine di un complesso domino di cui non si riesce a vedere il disegno complessivo?

Anteprima - Governo Globale - Libro

Sull'ondata della profezia Maya in merito all'imminente fine dei tempi, la sensazione che la fine della nostra civiltà possa coincidere con l'instaurazione di un governo globale di stampo totalitario si è trasmessa a gran parte della popolazione mondiale. Le catastrofi naturali, le crisi economiche e il disincanto delle masse nei confronti della politica hanno insinuato il dubbio che qualcosa di tremendamente drammatico stia per accadere. I segni di una trasformazione generale della società e del mondo, così come lo conosciamo, vengono di volta in volta individuati nei più disparati settori.

Continua a leggere: > Anteprima - Governo Globale - Libro


Indice

Introduzione

  • Che cos’è il Nuovo Ordine Mondiale?

Parte Prima

  • Alle radici di un’idea: dalla Riforma protestante alla “missione” della stirpe anglosassone
  • Messianismo e Nuovo Ordine Mondiale
  • La questione dei “poteri occulti”
  • Dal popolo alla “massa”: tecniche e strategie per un dominio globale
  • La creazione del Mondo Nuovo: droga, sesso, de popolazione e “nuova spiritualità”

Parte Seconda

  • Come abbattere un regime: da Wikileaks alla “Primavera araba”, il sogno di un Nuovo Medio Oriente
  • Signoraggio e crisi economica: da Kennedy a Obama
  • Il “trattamento” Milosevic e le guerre dell’Impero: dalla Serbia alla Libia
  • 11 settembre 2001: le menzogne dell’Impero e la dottrina della guerra “preventiva”
  • Guerra al terrorismo, ovvero gli interessi delle lobby in Iraq e in Afghanistan
  • Le nove vite dello Sceicco del terrore: Osama bin Laden
  • False flags e scandali di corte: dalla strage norvegese all’Eliseo
  • Italia, Stato di banchieri: dalle profezie di Tremonti al tecnogoverno Monti
  • L’ombelico del Nuovo Mondo: USA o Cina?

 

 



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mardi, 08 janvier 2013

Libros e ideas para una respuesta identitaria a la globalizacion

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Libros e ideas para una respuesta identitaria a la globalizacion

Ex: http://enricravello.blogspot.com/

El discurso identitario es la antítesis ideológica al paradigma de la globalización mundialista, de raíz neoliberal y de voluntad cosmopolita.

Frente a este intento de reducción de los pueblos y las identidades del mundo una tiranía mundialista, totalitaria y economicista; los identitarios oponemos el discurso de la diferencia, del derecho de los pueblos y de la defensa de las culturas.

 
Frente a su idea de un mercado universal donde las personas y los pueblos sean reducidos a consumidores-productores intercambiables y despersonalizados, los identitarios proponemos la creación de grandes espacios económicos continentales y autocentrados. Ésa es nuestra voluntad de construir Europa.

Conscientes de la necesidad de dotar de contenido a nuestra  alternativa identitaria, anunciamos el inicio de una actividad editorial y cultural en ese sentido. Como adelanto de lo que decimos, adjuntamos el prólogo de una obra que aparecerá en los próximos meses escrita conjuntamente por el conocido filósofo identitario, Laureano Luna y por Enric Ravello.
 
 Prólogo que a modo de presentación de ideas, escrito íntegramente por Laureano Luna y del que consideramos necesaria una máxima difusión.

 
Enric Ravello
Secretario de relaciones nacionales e internacionales de Plataforma per Catalunya

 

 

 REFLEXIONES PARA LA LUCHA POLÍTICA SOCIAL-IDENTITARIA

 
I. Una lucha política revolucionaria tiene que basarse en una idea racional y más racional que sus rivales. Esto es así porque la historia de Europa ha demostrado que, en el medio y largo plazo, Europa marcha siempre hacia mayores niveles de racionalidad.

 
Eso implica identificar una idea última que informe y gobierne la lucha política. Nadie hace historia sino a lomos de un caballo y de una gran idea. Hoy, para nosotros, esa idea sólo puede ser la preservación de la civilización occidental. Haga solamente un intento esbozado de caracterizar a nuestra civilización. Intentémoslo primero a través de sus cuatro grandes valores:

 
-el conocimiento, como acercamiento racional a la realidad;

-el deber, como mandato de la racionalidad práctica;

-el amor, como empatía con todos los seres capaces de sufrir;

-la belleza.

 
Para seguir caracterizándola debemos señalar que nuestra civilización exige de la sociedad, para considerarla una sociedad civilizada, que satisfaga las condiciones siguientes:

 
-que esté dirigida a propiciar el desarrollo de la racionalidad y, por tanto, que respete las libertades cívicas que permiten al ciudadano pensar, investigar, expresarse, asociarse y manifestarse libremente, y que a la vez eduque a los ciudadanos para que desarrollen el sentido del deber y el temperamento que permite cumplirlo, incluso en las condiciones más desfavorables;

 
-que no admita más desigualdades que las que están justificadas por  los méritos o las capacidades o por el bien común de todos los ciudadanos;

 
-que sea una sociedad abierta a la participación política del pueblo, en la que las decisiones políticas no estén reservadas a una persona o a un grupo;

 
-que en ella la economía esté al servicio de la comunidad, controlada por el poder político y sometida a mecanismos de solidaridad que aseguren la cohesión social.

 
Erigir la defensa de la civilización occidental como eje ideológico de una lucha política sólo tiene sentido si esa civilización está bajo una amenaza de dimensiones históricas: hacer política revolucionaria es hacer historia y para hacer historia hay que captar el sentido del momento histórico, es decir, hay que identificar qué es lo que está históricamente en juego en el punto de la historia en el que se opera.

 
Y lo que está en juego es la civilización.

 
La civilización europea está amenazada por un avatar del capitalismo salvaje, al que llamamos capitalismo global. El capitalismo global destruye las bases, es decir, las condiciones de posibilidad de la civilización como la entendemos. Por una parte, el capitalismo global mina las bases naturales de la civilización, esto es, sus condiciones naturales de posibilidad, y, por otra parte, socava igualmente sus condiciones sociales de posibilidad.

 
El capitalismo global amenaza las condiciones naturales de posibilidad de la civilización occidental eliminando progresivamente la población que ha creado esta civilización a lo largo de los últimos 2.500 años: no hay garantía alguna de que la civilización, tal como la conocemos y valoramos, pueda sobrevivir a la desaparición de la población que la creó. Y amenaza igualmente esas condiciones destruyendo el medio ambiente que es imprescindible para el mantenimiento de la vida humana civilizada.

 
Además, el capitalismo global amenaza las condiciones sociales de posibilidad de la civilización occidental al menos de tres maneras:

 
-destruyendo la tradición cultural, moral y espiritual occidental;

 
-sustituyendo la democracia por el poder del dinero, y sustituyendo los procesos democráticos de toma social de decisiones por los mecanismos del mercado global;

 
-eliminando el sentido social de la economía: el capitalismo global es intrínsecamente neoliberal y está aprovechando la apertura de los mercados a nivel mundial para destruir las conquistas de las clases trabajadoras en los últimos 200 años, conquistas que son ahora parte integrante de nuestra civilización.

 
II. Toda lucha política genera amigos y enemigos. Esas amistades y enemistades se basan primariamente en intereses y secundariamente en sentimientos y principios ideológicos. Todo movimiento político necesita analizar quiénes son sus amigos y quiénes son sus enemigos. Sus amigos se convertirán en su clientela política potencial.

 
Una lucha política por la civilización occidental y contra el capitalismo global tendrá en Europa como aliados naturales a las clases trabajadoras y a las pequeñas empresas; tendrá como enemigos al gran capital y a la clase política ligada a él. Igualmente tendrá como enemigos a los transmisores de la ideología dominante, a quienes, diciéndose de izquierdas o de derechas, son en realidad meros ‘progres’ apegados a los dogmas de la superestructura ideológica del capitalismo global; y éstos son esencialmente los medios de comunicación.

 
La globalización es consecuencia de la dinámica del capitalismo y parte del credo neoliberal: es esencialmente la libre circulación de mercancías, capitales y mano de obra. A su vez el neoliberalismo es consecuencia de la concepción ilustrada del ser humano como un yo puro, sin determinaciones biológicas o culturales y sin vínculos comunitarios: es la ideología del hombre como individuo químicamente puro; es la falsificación sistemática de la naturaleza humana. Es ésta ideología la que ha desembocado históricamente, como en su producto final, en el capitalismo global: ese es el fondo real de esa concepción del hombre, su materialización. La concepción ilustrada del hombre como un yo puro sobrevivirá con el triunfo de la globalización o sucumbirá con su fracaso porque la barbarie de la globalización capitalista es el secreto desvelado de las ideologías que sobre la concepción ilustrada del hombre se articulan.

 
En esta circunstancia histórica hay tres intereses que convergen llamativa y poderosamente:

 
-los intereses morales de quienes están dispuestos a luchar por ese milagro de la historia que llamamos civilización occidental;

-los intereses ideológicos de quienes defienden una concepción del hombre alternativa, espiritual, comunitaria e identitaria;

-los intereses económicos de las clases trabajadoras.

 
A nivel abstracto esto es así porque todos esos intereses son enemigos del capitalismo global y ante tamaño enemigo la definición política esencial es a favor o en contra.

 
Pero la historia tiene tramas mucho más concretas. El capitalismo global, mediante la anulación de facto de las fronteras políticas, ha puesto a competir a los trabajadores del mundo occidental con los trabajadores del resto del mundo, cinco veces más numerosos y con salarios medios siete veces más bajos. Esta competencia se realiza a través de tres mecanismos:

 
-la inmigración;

-la deslocalización y la concentración de las inversiones en el tercer mundo;

-las importaciones desde países que producen con dumping social y ecológico, es decir, con salarios de miseria, con condiciones laborales de semiesclavitud y sin pagar impuestos para la protección del medio.

 
Mientras los trabajadores occidentales perciban salarios más altos o disfruten de mejores condiciones salariales:

 
-serán paulatinamente sustituidos por inmigrantes;

-serán despedidos porque la producción se trasladará a países con mano de obra más barata;

-serán despedidos porque sus empresas no podrán competir con las que producen en el tercer mundo y exportan a Occidente.

 
El proceso sólo terminará cuando los salarios reales de los trabajadores occidentales hayan descendido a menos de la mitad, cuando sus condiciones de trabajo hayan empeorado sustancialmente y ellos estén incondicionalmente en manos de las empresas, y cuando las cotizaciones sociales, y con ellas las prestaciones sociales, hayan disminuido hasta hacer desparecer el estado del bienestar. Es decir, el proceso desembocará en la restauración del capitalismo salvaje y la consiguiente destrucción de las conquistas sociales de Occidente y, con ellas, de la misma civilización europea.

 
Lo que la globalización significa es esencialmente esto: los trabajadores dejan de estar protegidos por sus estados nacionales (de las patrias que en su lucha conquistaron e hicieron solidarias), de modo que sus vidas empiezan a estar en manos de los mercados mundiales. El final del siglo XX vio romperse el pacto fordista-keynesiano, que había limado la lucha de clases desde 1945. Desde los años ochenta el gran capital ha lanzado una nueva lucha de clases, dirigida contra los derechos de los trabajadores y contra la economía social. Los trabajadores tarde o temprano responderán alzándose contra el capitalismo global. Y sólo podrán hacerlo buscando sustituir la lógica del dinero por la lógica democrática, la lógica de los mercados por la lógica política, es decir, apelando al poder político de los estados nacionales. Pero el fundamento de esos estados es la identidad nacional y cultural de las poblaciones. Por eso, la rebelión de las clases trabajadoras es lo único que se interpone entre nosotros y la sustitución de la civilización por el capitalismo salvaje, y esa sublevación será una revolución contra los mercados y por los estados nacionales. En consecuencia, la lucha obrera, la lucha identitaria y la lucha por la civilización occidental han sido unidas por la historia con lazo tan fuerte que el hombre no podrá separarlas.

 
Y ese lazo alumbrará nuevas ideologías, que serán nuevas concepciones del ser humano.

 
Para poner en pie la lucha de clases en el siglo XXI hay que comprender la naturaleza del capitalismo global y la de su única alternativa posible: la revolución social-identitaria. Todo lo demás es tontería. Quienes digan defender a los trabajadores y luchar contra el capitalismo pero renieguen de las fronteras e identidades nacionales, defiendan la inmigración y el libre comercio, no defienden a los trabajadores ni luchan contra el capitalismo: hacen el juego a éste y paralizan la lucha de los trabajadores creando desconcierto. Esos constituyen esa izquierda, ya falsa por vieja, que, ignorando cómo luchar contra el capitalismo global, se dedican a expandir la ideología antipatriótica que allana su desarrollo.

 
Y la única manera de revertir el proceso globalizador para preservar nuestras tradiciones culturales y los valores de la civilización occidental consiste en apoyarse en los intereses de los trabajadores: quienes no vean que toda lucha por las identidades nacionales y por la civilización pasa hoy por una posición social y económica anticapitalista serán absolutamente incapaces de contribuir a esa lucha y se convertirán en aliados objetivos de los globalizadores.

 
III. El arma más poderosa del capitalismo es la ideología. El control moderno de las masas no se realiza generalmente a través de la violencia o la coerción física sino mediante el control mental: en palabras de Marx, mediante la superestructura ideológica.

 
La superestructura ideológica del capitalismo global es el antirracismo. No un antirracismo sincero, entendido como defensa de los pueblos y las personas contra la opresión de otros pueblos o contra las discriminaciones injustas. No, no es ese el antirracismo que transmiten los medios de comunicación. Se trata del antirracismo como negación del derecho de los pueblos a su identidad y a regir sus destinos dentro de sus legítimas fronteras. Se trata de un antirracismo diseñado para paralizar en el alma de los trabajadores, y mediante el sentimiento de culpabilidad, las protestas contra la inmigración, la deslocalización y las importaciones con dumping social y ecológico. Se trata de un antirracismo diseñado para obligar a los pueblos a abandonar el control democrático-político de sus vidas en manos de los mercados. Se trata de un antirracismo que es en realidad un racismo anti-blanco, que pretende infiltrar en el sentir de los trabajadores a los que quiere dominar un sentimiento de culpabilidad que atenace su capacidad para ver claramente la realidad y para alzarse eficazmente para transformarla.

 
El falso antirracismo de los políticos, de los medios de comunicación, de los libros de texto no es más que una superestructura ideológica diseñada con el propósito de hacer bajar nuestros salarios.

 
La defensa de los derechos de los trabajadores europeos, la defensa de la civilización occidental, la defensa del derecho de los pueblos a ser dueños de su destino y a conservar su identidad, no es racismo. Oponerse a la invasión migratoria que va a destruir la identidad y las conquistas sociales de Occidente no es racismo, no es oponerse al inmigrante. Y no lo es porque sólo si Occidente se mantiene como fortaleza social, como plaza fuerte de las conquistas sociales y civilizatorias de la humanidad, será posible evitar que la humanidad entera se sumerja en la barbarie del capitalismo salvaje. Europa debe erigirse en fortaleza social y civilizatoria para que su coraje en la lucha por la justicia sea ejemplo y semilla para la lucha de los trabajadores por sus derechos en el mundo entero.

 
No es racismo; es pura lucidez histórica. Si los medios de comunicación (es decir, los transmisores canónicos de la ideología del capitalismo global) tachan de racismo a nuestra posición, la razón última es que nuestra lucha por la identidad amenaza al capitalismo y a los intereses del dinero.  

 
IV. Occidente es esencialmente Europa. Los EEUU, como entidad política, no son una parte de Occidente sino más bien el brazo armado de su peor enemigo: el brazo armado del capitalismo global.

 
Los europeos tenemos varios niveles de identidad. Somos bávaros o provenzales o galeses o gallegos. Somos españoles, alemanes o franceses. Somos europeos.

 
El patriotismo de los trabajadores, el que tiene que enfrentar y vencer al capitalismo global, debe respetar todos esos niveles de identidad. Cualquier centralismo jacobino que ahogue la identidad de las regiones de Europa peca contra el derecho de los pueblos a su identidad. Y los nacionalismos que pretenden un soberanismo imposible y vacío de contenido pecan contra la necesidad de apuntalar los estados nacionales para hacerlos más fuertes que el poder del dinero, más fuertes que los mercados, más fuertes que sus enemigos. Finalmente, cualquier sentimiento antieuropeo basado en exclusivismos nacionales peca contra la patria futura de los trabajadores europeos y la cuna de nuestra civilización compartida. Examinemos este último punto.

 
El primer gran intento de globalización capitalista se quebró en la crisis del 29 y dio lugar a un resurgir de los nacionalismos. Estamos ahora en otro nivel de la historia. Ninguna nación europea podrá jugar en solitario un papel relevante en la política mundial. Sólo Europa podrá hacerlo. Los actuales estados nacionales europeos deben constituirse en los ladrillos de la construcción europea, de una confederación europea que actúe a nivel mundial como un solo agente político para defender los valores de nuestra civilización. A pesar de que la Unión Europea y la Eurozona son creaciones del capitalismo, concebidas como grandes espacios para el neoliberalismo y como pasos hacia la globalización, nosotros no debemos destruirlas sino más bien conquistarlas y cambiarlas de signo hasta dotarlas de carácter social, identitario y civilizatorio. Igual que durante siglos los estados nacionales sirvieron a los intereses de la burguesía hasta que los trabajadores y su lucha los conquistaron e inculcaron en ellos la dimensión social y solidaria que hoy estamos en trance de defender, de esa misma manera los trabajadores conquistarán y transmutarán el monstruo neoliberal que hoy llaman Europa en una confederación social-identitaria.

 
V. The future’s not ours to see: ‘no nos cabe ver el futuro’ dice la famosa canción Qué será, será.

 
Pero hay razones para la esperanza. El capitalismo global se convierte progresivamente en un modo de producción ineficiente. Los mercados, cuanto más independientes se hacen del control estatal, se vuelven más inestables, porque los sistemas complejos tienden a hacerse inestables si no se dotan de elementos de control central. Los mercados, cuanto más internacionalizados se vuelven, más inestables resultan, porque los sistemas complejos se vuelven inestables cuando no adoptan fronteras que los protejan de las perturbaciones procedentes del exterior. Un puñado de teorías lógico-matemáticas (la teoría de sistemas, la dinámica de sistemas, la teoría de los sistemas dinámicos discretos…) nos están avisando de que el capitalismo global es intrínsecamente inestable y, como tal, condenado a convertirse en ineficiente. Las repetidas burbujas y sus estallidos son manifestaciones de esa ineficiencia.

 
Probablemente, el modelo económicamente más eficaz de organización para la humanidad es el modelo de las áreas autocentradas: grandes áreas de tradición y cultura semejantes convertidas en zonas de libre comercio y en actores geopolíticos en la escena mundial: Europa, Norteamérica, los países árabes, Latinoamérica, China y el extremo oriente… Las simulaciones por ordenador sugieren que la organización económica más estable es la que se corresponde con un mundo dividido en un puñado de áreas autocentradas, áreas en las que la economía esté controlada por poderes políticos democráticos e imbuidos de los valores de los pueblos, áreas nunca aisladas pero sí dotadas de fronteras que eviten que el colapso en un punto del globo se convierta en colapso universal.

 
El capitalismo global es además ineficiente en el medio plazo porque es un sistema depredador, porque la lógica de los mercados y el dinero es incompatible con la lógica del equilibrio entre la humanidad y su planeta. Sólo una lógica política nueva, sustentada por una concepción nueva del hombre y su relación con la naturaleza, puede resultar en una economía sostenible.

 
La humanidad evoluciona siempre en el medio y largo plazo hacia mayores cotas de racionalidad y eso en economía significa también mayor eficiencia. Esa simple constatación alimenta la esperanza de que, por simples necesidades económicas, el capitalismo global tendrá que ser desechado. Esa mutación histórica, el hundimiento del capitalismo global, otorgará una oportunidad a quienes luchan por un orden más justo y más acorde con la verdadera naturaleza humana.

 
Al menos si han visto con lucidez y se han preparado con diligencia.

 
Siles. Diciembre del 2012. Laureano Luna Cabañero

jeudi, 11 octobre 2012

The Strategy To Challenge Globalism

The Strategy To Challenge Globalism

Natella Speranskaya

vendredi, 05 octobre 2012

CONTRA LOS PREJUICIOS DE LA GLOBALIZACIÓN

CONTRA LOS PREJUICIOS DE LA GLOBALIZACIÓN

 
 
La globalización es el proceso histórico que tiene como meta convertir al mundo en un único mercado,  regido por las leyes económicas, sin ningún control político y anulando identidades y diferencias, entendidas como estorbos. Un proyecto en el que el hombre es concebido como consumidor-productor universal, idéntico e intercambiable, sin pasado, herencia ni cultura; sólo un elemento más de la cadena de producción y consumo que alimenta ese mercado universal entendido como meta ideal del liberalismo capitalista globalizador.
Como todo proceso histórico la globalización es producto de una voluntad -la de los grandes poderes económicos y financieros- y de una ideología -el cosmopolitismo neoliberal internacionalista. Ideología que se basa en una serie de dogmas, hoy asumidos como intocables por lo “políticamente correcto” pero necesariamente revocables para que los que presentamos una alternativa sólida a la crisis actual.
 
Libre circulación de mercancías: entendido el mundo como una unidad comercial, el neoliberalismo globalizador ha hecho todo lo posible por terminar con el impedimento que frena este proceso de mercantilización universal: el arancel. Señalado como una barrera política a la tendencia globalista del mercado, el arancel ha ido disminuyendo y desapareciendo hasta convertir el mundo en una unidad de comercio sin prácticamente barreras internas. La consecuencia de esto es que Europa se ha llenado de productos del Tercer Mundo, producidos en situaciones sociales y económicas de semi-esclavitud y sin el menor respeto al medio ambiente que se exige a nuestros fabricantes. Sin ninguna medida de protección esos productos han inundado el mercado europeo a unos precios con los que la producción autóctona no puede competir. La consecuencia es clara: desindustrialización, paro y depauperación de las masas trabajadoras europeas.
 
Libre circulación de personas: no es sólo una de las premisas del cosmopolitismo liberal, sino también es un arma económica de los globalizadores para “bajar el coste de producción” en una Europa de tradición sindical y social. Nada mejor para hacer ceder en sus derechos sociales a los trabajadores europeos que importar mano de obra barata del Tercer Mundo dispuesta a hacer a precios de esclavos, los trabajos de los obreros autóctonos. Un chantaje del capitalismo internacional. Para que no provoque reacciones obvias, a la opinión pública se le inculca el dogma del “antirracismo”, si alguien denuncia esta maniobra explotadora es calificado de “racista” para intentar apartarlo de la escena pública. Maniobra que por los resultados electorales que estamos viendo en Europa, empieza a dejar de funcionar.
 
Sumisión del poder político a las leyes del mercado: Adam Smith y los teóricos del liberalismo ya señalaron que el poder político debería reducirse a la mínima expresión para que las “manos invisible del mercado” regulara las relaciones sociales y económicas. El mismo principio que aplica hoy la globalización neoliberal. Su objetivo es vaciar de poder a toda institución política –fundamentalmente los Estados- último obstáculo para imponer su dictadura global. Es el proceso al que estamos asistiendo estos años y que ha incluido golpes de estado “de libro” como el de Monti en Italia o Papademos en Gracia.
En algo los globalizadores tienen razón, los Estados y las instituciones políticas democráticas son el último freno para su hegemonía. Por eso hemos de proteger nuestras democracias hemos de apoyar la soberanía política de los Estados y hemos de crear una alternativa social e identitaria presente en esas instituciones políticas. Es la única manera de evitar el colapso económico, social y ecológico al que nos lleva la mundialización del capitalismo global.
 
Enric Ravello
Secretario de relaciones nacionales e internacionales de Plataforma per Catalunya

dimanche, 29 avril 2012

“Sortir du mondialisme, c’est possible : l’exemple de l’Argentine”

Aymeric Chauprade :
“Sortir du mondialisme, c’est possible : l’exemple de l’Argentine”
Libre reprise d’un article daté du 21 avril 2012 du géopolitologue Aymeric Chauprade, initialement publié sur blog.realpolitik.tv et realpolitik.tv

cristina-fernandez2.jpgLe Fonds monétaire international a déploré cette semaine que l’Argentine soit “imprévisible après l’expropriation partielle de la compagnie pétrolière argentine YPF, contrôlée à majorité, jusqu’au 16 avril, par le groupe espagnol Repsol”.

Imprévisible ? Non, simplement souveraine ! Le FMI, instrument politico-économique des États-Unis, tout comme Washington et Bruxelles ont de plus en plus de mal à se faire à la souveraineté des États. Lorsque quelque chose leur échappe, ils appellent cela de l’imprévisibilité.

J’étais en Argentine entre le 24 mars et le 2 avril, date anniversaire des 30 ans de la Guerre des Malouines. Cela m’a permis de me faire mon propre avis sur un pays tant décrié par le FMI et les donneurs de leçon occidentaux. Et j’ai compris pourquoi ce pays était la cible d’une désinformation si forte, qui veut ternir son image et ainsi dissuader les investisseurs de s’y intéresser.

Ce pays est pourtant la seule véritable Europe jamais réussie. L’Argentine c’est même la véritable Europe qui a survécu des ruines de la nôtre. Une nation faite d’Européens avec une culture d’Européens et dont le modèle identitaire n’a rien à voir avec le modèle brésilien que Bruxelles et Washington ont érigé en exemple. Buenos Aires, malgré son immigration andine, reste une ville européenne pour des Européens. L’Argentine est une grande nation, et l’a montré en mettant dehors, seule, le FMI et ses recettes qui n’ont toujours mené qu’à la faillite et à l’asservissement des peuples. Comme la Russie, l’Argentine est tout simplement en train de reconstruire son industrie, de reprendre le contrôle de ses ressources énergétiques et les résultats sont là pour prouver qu’elle suit une voie juste et raisonnable. La seule voie raisonnable même quand on voit où le mondialisme a mené les peuples occidentaux.

La croissance est évidente (le FMI lui concède quand même un taux de croissance de 4,2% pour 2012, mais du bout des lèvres) et il faut être aveugle ou d’une grande mauvaise foi pour ne pas reconnaître que depuis que l’Argentine suit une voie protectionniste et nationaliste (comme la Russie et la Chine), elle va mille fois mieux que lorsqu’elle suivait les recettes libérales et pro-américaines du libano-argentin Menem.

Mais revenons à cet événement capital qu’est la renationalisation d’une grande compagnie d’énergie argentine. Lundi 16 avril, la présidente Cristina Kirchner, une autre dame de fer, sans être le moins du monde impressionnée par les menaces de Madrid, a décidé d’exproprier l’espagnol Repsol de sa filiale argentine YPF qu’il contrôlait à hauteur de 57,4%. Désormais l’État argentin et les provinces (en Argentine, État fédéral, l’autonomie des provinces est très forte) détiendront 51%. Jeudi 19 avril, soit 3 jours plus tard, l’expropriation à hauteur de 51% était élargie à la compagnie YPF Gas également contrôlée par Repsol

La main mise de Repsol datait d’une époque où l’Argentine a été vendue par des dirigeants libéraux sans scrupules à l’étranger et a rompu, sous Menem, avec ses fondamentaux d’indépendance nationale en se tournant vers les États-Unis. Cette politique, suivie de concert avec le FMI, a abouti à la ruine du pays. Seul le retour aux fondamentaux du péronisme, une politique nationale et sociale, a permis d’entamer le redressement du pays, et c’est exactement cette ligne que suit Cristina Kirchner.

Cela faisait plusieurs années que les Kirchner ont demandé de manière insistante à Repsol de faire les investissements nécessaires pour préparer l’avenir énergétique de l’Argentine. Rien n’a été fait. Le groupe espagnol s’est vu donner de nombreuses chances de conserver sa part. Il n’est pas exproprié (il sera compensé de toutes façons) comme cela brutalement, mais au terme de mois de d’avertissements et de discussions. Ces grands groupes mondialistes ont malheureusement une vision de court-terme qui tranche avec la vision de long-terme d’un Poutine en Russie. Celui-ci a repris en main le secteur énergétique précisément pour rendre à la Russie ses ressources et son avenir énergétique.

L’Argentine (comme la Russie évidemment) apporte au monde une preuve supplémentaire que la voie du redressement et de la liberté des peuples passe par l’indépendance nationale et la rupture avec toute l’architecture du mondialisme (FMI, Banque mondiale, Union européenne, OTAN…).

Cette politique est non seulement possible mais elle montre ses fruits dans de nombreux pays du monde. Demain dimanche 22 avril, je voterai pour cet espoir français de sortie du mondialisme. Je voterai Argentine !

Lire la suite : http://blog.realpolitik.tv/2012/04/samedi-21-avril-2012-a-demain/

samedi, 15 octobre 2011

Jacques Sapir: qu'est-ce que la mondialisation?

Jacques Sapir: qu'est-ce que la mondialisation?

samedi, 24 septembre 2011

Un mondialisme sans queue ni tête : la politique de l'âme et des racines brûlées

Un mondialisme sans queue ni tête : la politique de l'âme et des racines brûlées

Ex: http://www.polemia.com/

par Laurence MAUGEST

De la quête du bonheur à la recherche du confort.

Dans la mentalité dominante distillée par les média, la notion du bonheur est de plus en plus souvent réduite à celle du confort qui favorise la consommation des biens matériels. Dans ce nouveau monde fait de secousses incessantes et d’images virtuelles, la sensibilité de l’homme à l’univers qui l’entoure s’amenuise.

C’est pourtant par sa relation au monde réel que l’homme a aiguisé, au fil des siècles, sa spiritualité.

Du confort à la lourdeur

La poésie meurt étranglée par la vulgarité qui s’infiltre dans ce qui a mission d’élever l’homme : la recherche du beau est bannie dans l’art, l’amitié se cherche sur les réseaux sociaux, l’amour en PACS prêt à l’emploi est jetable, la sexualité en jeux s’achète sur la toile…

L’aboutissement de l’homme machine : le consommateur du XXIe siècle : montage en kit, mode d’emploi fourni, arc réflexe bien connu des publicistes…

Ce sont les éléments essentiels de l’être humain qui sont ainsi, circonscrits, matérialisés dans un prosaïsme grisâtre. La singularité de l’homme nait de ce qui est indéfinissable en lui. Elle constitue la sphère spécifique à l’être humain où l’on trouve la créativité, la curiosité, l’élévation, la fantaisie, l’amour. La vie affective se réduit actuellement et trop souvent au corps donc à la matière. Au bout du compte, elle en perd sa beauté, sa dignité et peut-être ainsi roulée dans la fange qu’expriment si clairement les néologismes comme « meuf, nique » qui fleurent bon le merveilleux de la rencontre amoureuse. Via l’air du temps dominant, l’amour, qui est un joli pont entre le temporel et le spirituel, quitte cet entre-deux quand il se limite au souci constant du plaisir immédiat. Il y a le temporel inscrit, comme son nom l’indique, dans le temps, enraciné et secrété par l’histoire, où l’on trouve la verticalité de la conscience du destin humain. Parallèlement, il y a le temps moderne, avec ses mots rétractés, son temps haché sous l’étau de la productivité où l’homme risque de se réduire aux réflexes basiques de sa consommation. Dans ce monde suspendu, sans racine, l’homme se monte lui-même en kit. Il s’autoconstruit et peut même autodéterminer son sexe, en cour de route, grâce à la l’idéologie du « Genre ». Son mode d’emploi est approfondi dans les écoles de publicité et de communication. Dans le cadre de ces métiers où l’on doit apprendre à « gérer » parfaitement le fonctionnement de l’humanoïde du XXIe siècle, ce mutant que l’on appelle l’usager ou le consommateur.

Si l’immédiateté est devenue le pendant du temporel dans l’univers de la grande consommation, le fantasme serait-il celui du spirituel ?

Comment les valeurs du catholicisme peuvent survivre dans cette obsessionnelle recherche de bien être immédiat. Que devient l’ancienne dualité entre les pouvoirs spirituel et temporel lorsque ce dernier est réduit à l’immédiateté ? Ce que l’on reproche au clergé, ce n’est pas d’être happé par les séductions du monde temporel au risque de s’éloigner de la dimension spirituelle, mais d’être «névrosé ». Dans l’ambiance « psychologisée » qui est la nôtre, on est plus leste à s’intéresser aux fantasmes de certains qu’à la spiritualité d’un nombre de religieux qui, par leur exemple, devraient nous mener à réfléchir à la puissance de leur foi qui se concrétise dans le don de leur vie à Dieu. Une certaine psychologie vient donc imposer ses considérations strictement humaines dans un domaine spirituel qui lui échappe. Il semble que l’immédiateté actuelle malmène la temporalité du catholicisme qui s’inscrit dans un linéaire historique de la genèse à la résurrection.

Il n’y a pas qu’en Orient que l’on attaque les catholiques.

On tire à vue sur eux au quotidien dans la presse européenne et par les vocables utilisés. Le terme de « cathos » est en cela très symptomatique, il cherche à ridiculiser et à réduire l’acte de foi et la recherche spirituelle en étêtant cette population à coup de hache abréviative. Le mot même de « tradition » est décapité ironiquement en « tradi ». Dans l’indifférence totale, ces décapitations nous autodétruisent en entrainant l’hémorragie de la sève qui nous constitue depuis notre origine. Ces abréviations, telles des enseignes, attisent des réflexes sociologiques superficiels issus de l’opinion publique. Elles neutralisent, en la bafouant, la dimension spirituelle en la faisant dégringoler dans le quotidien et la mode. L’objectif est de contenir le mouvement religieux intime, cet élan qui différencie l’homme de l’animal et les derniers hommes « des hommes festifs » peints par Philippe Muray.

Dans la campagne de destruction actuelle menée contre le catholicisme, l’histoire est bien souvent manipulée et victime des inquisiteurs modernes qui jouent avec dextérité des tourments les plus redoutés de l’histoire : les anachronismes grossiers qui servent de vulgaires clichés. L’approche manichéenne du catharisme qui insiste sur l’intolérance des catholiques et occulte les enjeux de pouvoir des seigneurs du sud-ouest, l’oubli des religieux réfractaires torturés, noyés, brûlés sous la Révolution et les trop rares évocations des religieux qui ont caché des juifs et des résistants durant la deuxième guerre mondiale sont des exemples parmi d’autres.

L’objectif est de nier toute possibilité de spiritualité passée ou présente en Occident, à cette fin le prêtre doit être un homme comme les autres :

Les images du prêtre inquisiteur au moyen-âge, carriériste sous l’ancien régime, « collabo » en 40, ouvrier en 1968 et assistant social dans les années 80, montrent comment la pensée dominante et bavarde fige et réduit l’image du prêtre à l’aspérité du moment. Cette image est forcément négative lorsque la religion était encore prégnante dans la société car il faut démolir ce qui a été. Afin de confirmer leur normalité, la pathologie des prêtres doit être à l’image de celle de la société. Il n’est guère étonnant d’entendre maintenant des brouhahas médiatiques autour de prêtres suspectés de pédophilie et d’obsession sexuelle. Des hommes comme tout le monde ! Absolument ! Il est peut-être des hommes et des femmes qui se réfugient dans la religion pour éviter « la vie normale ». Comportement d’évitement qui fait d’eux des hommes en effet très normaux. Mais, ceux qui entrent en religion parce qu’ils ont la foi, ne sont pas des hommes comme les autres. Ces religieux, qui recherchent la dimension spirituelle dans un monde qui se coule dans le matérialisme rampant, sont parfaitement anormaux au sens statistique du terme. La certitude populaire qui impose la normalité aux religieux ne sert que la désacralisation actuelle. Elle ferme le chemin de la spiritualité qui reste ouvert à l’homme du XXIe siècle comme il l’était à celui du XIIIe siècle. Néanmoins, la recherche d’élévation est vivace en l’homme. Elle résiste dans l’essor des spiritualités orientales que l’on constate en Occident. Il s’agit donc « d’aller voir ailleurs ». Par cela même, ces aspirations alimentent encore le mondialisme et son pendant l’individualisme car le plus souvent, les versions occidentalisées de ces spiritualités s’apparentent davantage au « développement personnel » qu’à la recherche du Divin. Leur médiatisation simpliste participe ainsi au culte de l’homme et, par là même, renforce son avidité matérialiste qui sert la consommation de masse.

Le prisme aberrant du nihilisme : tout ce qui monte diverge !

Dans l’opinion publique, instrumentalisée par les média, se mélangent les affaires Polanski et Strauss Kahn qui sont traitées au même niveau. Nous constatons la généralisation d’un mépris du pouvoir, l’ancestral, celui de l’Etat, enfant de l’histoire et porteur de tradition. Le pouvoir temporel, désacralisé, sali, éclaté par l’Europe bureaucratique et le mondialisme financier, est de plus en plus malmené. Le monde de nos aspirations s’abaisse progressivement. Après la substitution du religieux par la politique, nous voyons cette dernière phagocytée par le pouvoir médiatique. Tout ce qui est au-dessus de nous est la cible des destructeurs de sens qui cherchent à briser la richesse et la transcendance de l’espèce humaine.

Ils vont donc jusqu’à nier la différenciation soit la complémentarité des sexes. Cette complémentarité des sexes, idée géniale qui a fait ses preuves, ne peut pas être attribuée au cerveau humain. En cela, elle est dangereuse car elle exprime, par le sens intelligent qu’elle porte, le signe d’une puissance extérieure. C’est pourquoi, l’homme du XXIe siècle cherche à la bannir pour planter son idéologie et déterminer lui-même qui est homme ou qui est femme dans une toute puissance dictatoriale d’un genre nouveau. Ces Rousseauistes de l’extrême envisagent l’homme du XXIe siècle comme le fruit de la société humaine et matérialiste uniquement.

La toute-puissance et le statut d’être « auto-créé » que l’homme recherche tuent son histoire

L’intervention du Divin est rejetée. A cette nouvelle société entièrement dominée par l’homme il fallait un mythe fondateur sorti des mains de l’homme. Ce mythe n’est plus la mort du Christ mais Auschwitz. Ce nouveau Golgotha nous impose une histoire rétrécie faite d’horreurs qui nous entraine à ridiculiser le sacré et le beau dans un nihilisme dépourvu de romantisme qui s’ouvre vers un avenir étriqué. La question est pourquoi faut-il nier toute puissance extérieure à l’homme ? Les caractéristiques essentielles de la nature humaine doivent aussi devenir enfant de la citée, même la mémoire que l’on transforme en « devoir citoyen ». Le devoir de mémoire est un paradoxe dangereux. En premier lieu, car la mémoire ne s’impose pas mais se vit. De plus, cette obsession obscurcit notre histoire plus ancienne. Celle des temps où nous étions sans intermédiaire face à l’univers, avant l’apparition de la machine et de son drame fondateur : la Shoah, la machine à tuer. Il semblerait que l’homme du XXIe siècle cherche à nier ce qu’il était avant d’être lui-même créateur de techniques de plus en plus complexes. Il impose une histoire à l’échelle de sa modernité au grès des événements surmédiatisés qui deviennent les balises des temps modernes : du 11 septembre à l’arrestation de M. Strauss-Kahn. Flashs médiatiques qui hypnotisent notre mémoire et font de notre histoire un film haché et dépourvu de sens.

L’histoire, la mémoire, l’identité sexuelle, deviennent une pâte à modeler pour l’homme qui évacue Dieu le Père pour imposer son omnipotence. Dans son appropriation exclusive de la vie et du monde, l’homme cherche à se débarrasser de tout ce qu’il ne contrôle pas soit l’esprit et le sens de la vie qui sont les constituants essentiels de son humanité.

Pour un devoir de résistance

Il nous faut résister à l’horizontalité écrasante. Commençons par prononcer les mots en entier pour en goûter leur histoire, respecter et transmettre leurs sens et contribuer à aller vers l’éveil qui s’impose.

Merci aux catholiques qui refusent le hachoir de désacralisation actuel, redressent leur tête et refusent d’être réduit à un simple phénomène sociétale. Merci à Dominique Venner qui nous invite à la recherche du graal, à la résurgence de notre force où puiser l’énergie nécessaire à la poursuite de notre histoire. Quelle nous porte loin des considérations matérialistes et nous replonge dans l’univers des signes et des symboles qui ne supporte pas l’amputation des mots. Histoire qui s’enracine dans la forêt mystérieuse de nos origines qui est la porte d’un avenir que l’on ne cherche pas à contrôler mais à conquérir.

Laurence Maugest
13/09/2011

Correspondance Polémia – 20/09/2011

jeudi, 22 septembre 2011

Philippe MILLIAU: Le localisme face à l'ordre mondial et à la destruction de la terre

Philippe MILLIAU: Le localisme face à l'ordre mondial et à la destruction de la terre

lundi, 12 septembre 2011

Entretien avec Paul Gottfried

Entretien avec Paul Gottfried : les étranges métamorphoses du conservatisme

Propos recueillis par Arnaud Imatz

Ex: http://www.polemia.com/

gootfried.jpgProfesseur de Lettres classiques et modernes à l’Elizabethtown College, président du Henry Louis Mencken Club, co-fondateur de l’Académie de Philosophie et de Lettres, collaborateur du Ludwig von Mises Institute et de l’Intercollegiate Studies Institute, Paul Edward Gottfried est une figure éminente du conservatisme américain. Il est l’auteur de nombreux livres et articles sur notamment le paléo et néoconservatisme. Proche de Pat Buchanan, qui fut le candidat républicain malheureux aux primaires des présidentielles face à George Bush père (1992), Paul Gottfried a été l’ami de personnalités politiques comme Richard Nixon et intellectuelles prestigieuses telles Sam Francis, Mel Bradford, Christopher Lasch…

1. Au début des années 1970 vous sympathisiez avec le courant dominant du conservatisme américain. Quarante ans plus tard, le spécialiste notoire du conservatisme américain que vous êtes, déclare ne plus se reconnaître dans ce mouvement. Que s’est-il passé ?

L’explication tient dans le fait qu’il n’y a pas de véritable continuité entre le mouvement conservateur américain des années 1950 et celui qui a pris sa place par la suite. Sur toutes les questions de société, le mouvement conservateur actuel, « néo-conservateur », est plus à gauche que la gauche du Parti démocrate dans les années 1960. Depuis cette époque, et surtout depuis les années 1980, les néo-conservateurs [1] dominent la fausse droite américaine. Leur préoccupation essentielle, qui éclipse toutes les autres, est de mener une politique étrangère fondée sur l’extension de l’influence américaine afin de propager les principes démocratiques et l’idéologie des droits de l’homme.

2. Selon vous, les conservateurs authentiques croient en l’histoire et aux valeurs de la religion ; ils défendent la souveraineté des nations ; ils considèrent l’autorité politique nécessaire au développement de la personne et de la société. Aristote, Platon, Saint Thomas, Machiavel, Burke ou Hegel sont, dites vous, leurs références à des titres divers. Mais alors comment les néo-conservateurs, partisans de la croissance du PNB, du centralisme étatique, de la démocratie de marché, du multiculturalisme et de l’exportation agressive du système américain, ont-ils pu s’imposer?

J’ai essayé d’expliquer cette ascension au pouvoir des néo-conservateurs dans mon livre Conservatism in America. J’ai souligné un point essentiel : à l’inverse de l’Europe, les États-Unis n’ont jamais eu de véritable tradition conservatrice. La droite américaine de l’après-guerre n’a été, en grande partie, qu’une invention de journalistes. Elle se caractérisait par un mélange d’anticommunisme, de défense du libre marché et de choix politiques prosaïques du Parti républicain. Il lui manquait une base sociale inébranlable. Son soutien était inconstant et fluctuant. Dans les années 1950, le mouvement conservateur a essayé de s’enraciner parmi les ouvriers et les salariés catholiques ouvertement anti-communistes et socialement conservateurs. Mais à la fin du XXème siècle cette base sociale n’existait plus.

Les néo-conservateurs proviennent essentiellement de milieux juifs démocrates et libéraux. Antisoviétiques pendant la guerre froide, pour des raisons qui étaient les leurs, ils se sont emparés de la droite à une époque ou celle-ci était épuisée et s’en allait littéralement à vau-l’eau. J’ajoute que les conservateurs de l’époque, qui faisaient partie de l’establishment politico-littéraire et qui étaient liés à des fondations privées, ont presque tous choisi de travailler pour les néo-conservateurs. Les autres se sont vus marginalisés et vilipendés.

3. (…)

4. (…)

5. Vous avez payé le prix fort pour votre indépendance d’esprit. Vos adversaires néo-conservateurs vous ont couvert d’insultes. Votre carrière académique a été torpillée et en partie bloquée. La direction de la Catholic University of America a fait l’objet d’incroyables pressions pour que la chaire de sciences politiques ne vous soit pas accordée. Comment expliquez-vous que cela ait pu se produire dans un pays réputé pour son attachement à la liberté d’expression ?

Il n’y a pas de liberté académique aux États-Unis. La presque totalité de nos universités sont mises au pas ( gleichgeschaltet ) comme elles le sont dans les pays d’Europe de l’Ouest, pour ne pas parler du cas de l’Allemagne « antifasciste » ou la férule a des odeurs nauséabondes. Tout ce que vous trouvez en France dans ce domaine s’applique également à la situation de notre monde académique et journalistique. Compte tenu de l’orientation politique de l’enseignement supérieur aux États-Unis, je ne pouvais pas faire une véritable carrière académique.

6. (…)

7. (…)

8. Vos travaux montrent qu’en Amérique du Nord comme en Europe l’idéologie dominante n’est plus le marxisme mais une combinaison d’État providence, d’ingénierie sociale et de mondialisme. Vous dites qu’il s’agit d’un étrange mélange d’anticommunisme et de sympathie résiduelle pour les idéaux sociaux-démocrates : « un capitalisme devenu serviteur du multiculturalisme ». Comment avez-vous acquis cette conviction ?

Mon analyse de l’effacement du marxisme et du socialisme traditionnel au bénéfice d’une gauche multiculturelle repose sur l’observation de la gauche et de sa pratique aux États-Unis et en Europe. Le remplacement de l’holocaustomanie et du tiers-mondisme par des analyses économiques traditionnelles s’est produit avant la chute de l’Union soviétique. Au cours des années 1960-1970, les marqueurs politiques ont commencé à changer. Les désaccords sur les questions économiques ont cédé la place à des différends sur les questions culturelles et de société. Les deux « establishments », celui de gauche comme celui de droite, ont coopéré au recentrage du débat politique : la gauche s’est débarrassée de ses projets vraiment socialistes et la droite a accepté l’Etat protecteur et l’essentiel des programmes féministes, homosexuels et multiculturalistes. Un exemple : celui du journaliste vedette, Jonah Goldberg. Ce soi-disant conservateur a pour habitude de célébrer la « révolution féministe et homosexuelle » qu’il considère comme « un accomplissement explicitement conservateur ». Sa thèse bizarre ne repose évidemment sur rien de sérieux… Mais il suffit qu’une cause devienne à la mode parmi les membres du « quatrième pouvoir » pour qu’une pléiade de journalistes néo-conservateurs la présentent immédiatement comme un nouveau triomphe du conservatisme modéré.

9. Vos analyses prennent absolument le contrepied des interprétations néo-conservatrices. Vous rejetez comme une absurdité la filiation despotique entre le réformisme d’Alexandre II et le Goulag de Staline. Vous récusez comme une aberration la thèse qui assimile les gouvernements allemands du XIXème siècle à de simples tyrannies militaires. Vous réprouvez la haine du « relativisme historique » et la phobie de la prétendue « German connection ». Vous contestez l’opinion qui prétend voir dans le christianisme le responsable de l’holocauste juif et de l’esprit nazi. Vous dénoncez l’instrumentalisation de l’antifascisme « outil de contrôle au main des élites politiques ». Vous reprochez aux protestants américains d’avoir pris la tête de la défense de l’idéologie multiculturelle et de la politique culpabilisatrice. Vous affirmez que les chrétiens sont les seuls alliés que les Juifs puissent trouver aujourd’hui. Enfin, comble du « politiquement incorrect », vous estimez que la démocratie présuppose un haut degré d’homogénéité culturelle et sociale. Cela dit, en dernière analyse, vous considérez que le plus grave danger pour la civilisation occidentale est la sécularisation de l’universalisme chrétien et l’avènement de l’Europe et de l’Amérique patchworks. Pourquoi ?

En raison de l’étendue et de la puissance de l’empire américain, les idées qu’il propage, bonnes ou mauvaises, ne peuvent manquer d’avoir une influence significative sur les européens. Oui ! effectivement, je partage le point de vue de Rousseau et de Schmitt selon lequel la souveraineté du peuple n’est possible que lorsque les citoyens sont d’accords sur les questions morales et culturelles importantes. Dans la mesure où l’État managérial et les médias ont réussi à imposer leurs valeurs, on peut dire, qu’en un certain sens, il existe une forme d’homonoia aux États-Unis.

En fait, la nature du nationalisme américain est très étrange. Il est fort proche du jacobinisme qui fit florès lors de la Révolution française. La religion civique américaine, comme sa devancière française, repose sur la religion postchrétienne des droits de l’homme. La droite religieuse américaine est trop stupide pour se rendre compte que cette idéologie des droits de l’homme, ou multiculturaliste, est un parasite de la civilisation chrétienne. L’une remplace l’autre. Le succédané extraie la moelle de la culture la plus ancienne et pourrit sa substance.

Pour en revenir au rapide exposé que vous avez fait de mes analyses, je dirai que je suis globalement d’accord. Mais il n’est pas inutile de préciser pourquoi je considère aussi essentiel, aux États-Unis, le rôle du protestantisme libéral dans la formation de l’idéologie multiculturelle. Le pays est majoritairement protestant et la psychologie du multiculturalisme se retrouve dans le courant dominant du protestantisme américain tout au long de la deuxième moitie du XXème siècle. Bien sûr, d’autres groupes, et en particulier des intellectuels et des journalistes juifs ont contribué à cette transformation culturelle, mais ils n’ont pu le faire que parce que le groupe majoritaire acceptait le changement et trouvait des raisons morales de le soutenir. Nietzsche avait raison de décrire les juifs à demi assimilés comme la classe sacerdotale qui met à profit le sentiment de culpabilité de la nation hôte. Mais cette stratégie ne peut jouer en faveur des Juifs ou de tout autre outsider que lorsque la majorité se vautre dans la culpabilité ou identifie la vertu avec la culpabilité sociale. Je crois, qu’à l’inverse de la manipulation bureaucratique des minorités disparates et du lavage de cerveau des majorités, la vraie démocratie a besoin d’un haut degré d’homogénéité culturelle. Je suis ici les enseignements de Platon, Rousseau, Jefferson ou Schmitt, pour ne citer qu’eux.

10. Parmi les adversaires du néo-conservatisme, à coté des « vieux » conservateurs, souvent stigmatisés comme « paléo-conservateurs », on peut distinguer trois courants : le populisme, le fondamentalisme évangélique et le Tea Party. Pouvez-vous nous dire en quoi ces trois tendances diffèrent du vrai conservatisme ?

Je ne crois pas que l’on puisse trouver du « paléo-conservatisme » dans l’un ou l’autre de ces courants. Les membres du Tea Party et les libertariens sont des post-paléo-conservateurs. Les évangéliques, qui n’ont jamais partagé les convictions des vieux conservateurs, sont devenus les « idiots utiles » des néo-conservateurs, qui contrôlent les medias du GOP (Grand Old Party ou Parti Républicain). Actuellement, les « paléos » ont sombré dans le néant. Ils ne sont plus des acteurs importants du jeu politique. À la différence des libertariens, qui peuvent encore gêner les néo-conservateurs, les « paléos » ont été exclus de la scène politique. Faute de moyens financiers et médiatiques, ils ne peuvent plus critiquer ou remettre en cause sérieusement les doctrines et prétentions néo-conservatrices. Le pouvoir médiatique ne leur permet pas de s’exprimer sur les grandes chaînes de télévision. Ils ont été traités comme des lépreux, des « non-personnes », comme l’on fait les médias britanniques avec le British National Party. Pat Buchanan, qui fut un conseiller de Nixon, de Ford et de Reagan et qui est connu pour sa critique des va-t-en-guerre, a survécu, mais il est interdit d’antenne sur FOX, la plus grand chaîne de TV contrôlée par les néo-conservateurs. Il ne peut paraître que sur MSBNBC, une chaîne de la gauche libérale, où il est habituellement présenté en compagnie de journalistes de gauche.

11. Vous avez été traité d’antisémite pour avoir écrit que les néo-conservateurs sont des vecteurs de l’ultra-sionisme. En quoi vous différenciez-vous du sionisme des néo-conservateurs ?

Les néo-conservateurs sont convaincus que seule leur conception de la sécurité d’Israël doit être défendue inconditionnellement. Il est pourtant tout-à-fait possible d’être du côté des israéliens sans mentir sur leur compte. Que les choses soient claires : il n’y a aucun doute que les deux parties, les israéliens et les palestiniens, se sont mal comportés l’un vis-à-vis de l’autre. Cela dit, c’est une hypocrisie scandaleuse, une tartufferie révoltante, que de refuser à d’autres peuples (disons aux Allemands et aux Français) le droit à leur identité historique et ethnique pour ensuite traiter les Juifs comme un cas particulier, parce qu’ils ont connu des souffrances injustes qui les autoriseraient à conserver leurs caractères distinctifs.

12. Quels livres, revues ou sites web représentatifs du conservatisme américain recommanderiez-vous au public francophone ?

Je recommanderai mon étude la plus récente sur le mouvement conservateur  Conservatism in America  (Palgrave MacMillan, 2009) et le livre que je suis en train de terminer pour Cambridge University Press sur Leo Strauss et le mouvement conservateur en Amérique. Vous trouverez également les points de vue des conservateurs, qui s’opposent aux politiques des néo-conservateurs, sur les sites web : www.americanconservative.com 
www.taking.com [2]

13. Vos amis les néo ou postsocialistes Paul Piccone et Christopher Lasch, estimaient que les différences politiques entre droite et gauche se réduisent désormais à de simples désaccords sur les moyens pour parvenir à des objectifs moraux semblables ? Considérez-vous aussi que la droite et la gauche sont inextricablement mêlées et que les efforts pour les distinguer sont devenus inutiles ?

Je suis tout-à-fait d’accord avec mes deux amis aujourd’hui décédés. Les différences politiques entre droite et gauche se réduisent de nos jours à des désaccords insignifiants entre groupements qui rivalisent pour l’obtention de postes administratifs. En fait, ils ergotent sur des vétilles. Le débat est très encadré ; il a de moins en moins d’intérêt et ne mérite aucune attention. J’avoue que j’ai de plus en plus de mal à comprendre l’acharnement que mettent certains droitistes - censés avoir plus d’intelligence que des coquilles Saint-Jacques - à collaborer aux activités du Parti Républicain et à lui accorder leurs suffrages. Plutôt que d’écouter les mesquineries mensongères d’une classe politique qui ne cesse de faire des courbettes au pouvoir médiatique, je préfère encore assister à un match de boxe.

14. Dans les années 1990, deux universitaires néo-conservateurs ont soulevé de farouches polémiques en Europe : Francis Fukuyama, qui a prophétisé le triomphe universel du modèle démocratique, et Samuel Huntington, qui a soutenu que le choc des civilisations est toujours possible parce que les rapports internationaux ne sont pas régis par des logiques strictement économiques, politiques ou idéologiques mais aussi civilisationnelles. Ce choc des civilisations est-il pour vous une éventualité probable ou un fantasme de paranoïaque?

Je ne vois pas une différence fondamentale entre Fukuyama et Huntington. Les deux sont d’accords sur la nature du Bien : l’idéologie des droits de l’homme, le féminisme, le consumérisme, etc. La principale différence entre ces deux auteurs néo-conservateurs est que Fukuyama (du moins à une certaine époque car ce n’est plus le cas aujourd’hui) était plus optimiste qu’Huntington sur la possibilité de voir leurs valeurs communes triompher dans le monde. Mais les deux n’ont d’autre vision historique de l’Occident que le soutien du consumérisme, les revendications féministes, l’égalitarisme, l’inévitable emballage des préférences américaines urbaines c’est-à-dire le véhicule valorisant du hic et nunc.

Je ne doute pas un instant que si la tendance actuelle se poursuit les non-blancs ou les antichrétiens non-occidentaux finiront par occuper les pays d’Occident. Ils remettront en cause les droits de l’homme, l’idéologie multiculturaliste et la mentalité qui les domine aujourd’hui. Les nations hôtes (qui ne sont d’ailleurs plus des nations) sont de moins en moins capables d’assimiler ce que le romancier Jean Raspail appelle « un déluge d’envahisseurs ». En fait, l’idéologie des droits de l’homme n’impressionne vraiment que les chrétiens égarés, les Juifs et les autres minorités qui ont peur de vivre dans une société chrétienne traditionnelle. Pour ma part, je doute que l’idéologie ou le patriotisme civique de type allemand puisse plaire au sous-prolétariat musulman qui arrive en Europe. Cette idéologie ne risque pas non plus d’avoir la moindre résonance sur les latino-américains illettrés qui se déversent sur les États-Unis. Dans le cas ou les minorités revendicatrices deviendraient un jour le groupe majoritaire, une fois les immigrés parvenus au pouvoir, il y a bien peu de chances pour qu’ils s’obstinent à imposer les mêmes doctrines multiculturelles. En quoi leurs serviraient-elles ?

15. Vous avez anticipé ma dernière question sur les risques que devront affronter l’Europe et l’Amérique au XXIème siècle…

Je voudrais quand même ajouter quelques mots. La dévalorisation systématique du mariage traditionnel, qui reposait hier sur une claire définition du rôle des sexes et sur l’espoir d’une descendance, est la politique la plus folle menée par n’importe quel gouvernement de l’histoire de l’humanité. Je ne sais pas où cette sottise égalitariste nous conduira mais le résultat final ne peut être que catastrophique. Peut être que les musulmans détruiront ce qui reste de civilisation occidentale une fois parvenus pouvoir, mais je doute qu’ils soient aussi stupides que ceux qui ont livré cette guerre à la famille. Si ça ne tenait qu’à moi, je serai ravi de revenir au salaire unique du chef de famille. Et si on me considère pour cela anti-libertarien et anticapitaliste, je suppose que j’accepterai cette étiquette. Je ne suis pas un libertarien de cœur mais un rallié à contrecœur.

Propos recueillis par Arnaud Imatz
31/08/2011

Notes :

[1] Les figures les plus connues du conservatisme américain de l’après-guerre furent M. E. Bradford, James Burnham, Irving Babbitt, le premier William Buckley (jusqu’à la fin des années 1960), Will Herberg, Russell Kirk, Gerhart Niemeyer, Robert Nisbet, Forrest McDonald et Frank Meyer. Celles du néo-conservatisme sont Daniel Bell, Allan Bloom, Irving Kristol, S. M. Lipset, Perle, Podhoretz, Wattenberg ou Wolfowitz (N.d.A.I.).
[2] Dans son livre Conservatism in America, Paul Gottfried recommande trois autres sources qui peuvent aussi être consultées avec profit : l’enquête de George H. Nash, The Conservative Intellectual Movement in America Since 1945 (2ème éd., Wilmington, DE : ISI, 1996), l’anthologie de textes de Gregory L. Schneider, Conservatism in America Since 1930 (New York, New York University Press, 2003) et l’encyclopédie publiée par l’Intercollegiate Studies Institute, American Conservatism : An Encyclopedia (ISI, 2006), (N.d.A.I.).

Correspondance Polémia - 5/08/2011

samedi, 13 août 2011

Dit kapitalisme isgedoemd om te mislukken (Paul Jorion)

 
Dit kapitalisme is gedoemd om te mislukken - Paul Jorion

Volgens de Belgische antropoloog Paul Jorion bewijst de Europese schuldencrisis dat het kapitalisme op zijn laatste benen loopt. "Iedereen is de ander geld schuldig, iedereen is kwetsbaar. Daarom loopt het systeem vast.' 'In ons kapitalistische systeem zit een weeffout: alle rijkdom komt in handen van een relatief klein groepje mensen terecht. Dat groepje, dat steeds meer land, bedrijven en grondstoffen bezit, is erbij gebaat dat de anderen consumeren. In plaats van die anderen meer salaris te geven om die consumptie te betalen, lenen zij hen geld uit - tegen rente. Zo vergroten zij hun eigen rijkdom, terwijl de rest meer schulden opbouwt. Dat systeem explodeert nu."
Paul Jorion is een Belgische antropoloog die jaren in de Amerikaanse financiële sector heeft gewerkt. Volgens hem is de Europese schuldencrisis een teken dat het kapitalisme op zijn laatste benen loopt. In zijn jongste boek, Le Capitalisme à l'Agonie ('Doodsstrijd van het Kapitalisme'), - er zijn in Frankrijk sinds eind maart 6.000 exemplaren van verkocht - legt hij uit waarom Marx' voorspelling nu uitkomt. En waarom dat in zijn ogen onontkoombaar is.
In het boek, op zijn blog en in zijn columns voor de economiebijlage van Le Monde koppelt Jorion allerlei disciplines aan elkaar, waaronder filosofie, antropologie en economie. Niet alleen Marx - die volgens Jorion ook kardinale fouten maakte - komt aan bod, ook Schopenhauer, Robespierre, Locke en Hegel passeren de revue. Daarom, denkt hij, lezen ook politici en bankiers hem nu: vroeger vonden ze hem ietwat bizar, nu levert hij onorthodoxe inzichten in een crisis waarmee niemand raad weet.
Jorion (geboren in Brussel in 1946) woont tegenwoordig in Bretagne. Bij een glas Belgisch bier in een Parijse brasserie, naast het gebouw van de publieke radio waar hij een programma op de cultuurzender France Culture presenteert, legt hij uit waar het volgens hem is misgegaan. 'Ons kapitalistische systeem kent ruwweg vier actoren: geldschieters, producenten, handelaars en arbeiders. Zolang wij het communisme als vijand hadden, waren de financiële spelregels redelijk strikt, om te voorkomen dat alle rijkdom in handen kwam van de geldschieters. Als er sociale uitbuiting zou zijn, zouden de arbeiders kunnen 'overlopen' naar de vijand."
"Maar na de val van de Muur in 1989 was het communisme verslagen en was dat risico verdwenen. Onder Ronald Reagan en Margaret Thatcher waren de eerste restricties op financiële transacties die er sinds de crisis in de jaren 1930 waren, al opgeheven. In de jaren 1990 werden de overige beperkingen gesloopt of versoepeld. Daardoor is onze economie zwaar afhankelijk geworden van de financiële sector. De geldschieters, vooral de handelaren die met andermans geld gokten, zijn daar ongelooflijk veel rijker van geworden. In 2007 werd de helft van de winst in de Verenigde Staten uit de financiële sector gehaald. Dat is gigantisch."

jorionlivre.jpgHebben we daar niet allemaal baat bij gehad?
"Neen. Het hart van ons financiële systeem is intussen weggesmolten en de maatschappij betaalt daar een enorme prijs voor. De kern van dit systeem was de laatste tijd de derivatenhandel, het opknippen en doorverkopen van schuld zonder dat er hoegenaamd risico aan kleeft. Die handel voedde bubbles. Nu de zeepbellen uiteengespat zijn, functioneert die derivatenhandel niet meer zoals vroeger. De handelaren hebben daarmee in korte tijd veel geld verdiend. Maar ze kunnen er niet mee doorgaan: de meeste Amerikanen en Europeanen hebben te veel schulden gemaakt. Die doen dus niet meer mee. Dus het systeem bestaat nog, maar daarbinnen gebeurt weinig meer. Als een schelp waaruit het visje verdwenen is. De business verplaatst zich daarom naar het Verre Oosten, China en India, waar veel geld wordt rondgepompt en het procedé zich pijlsnel herhaalt. Geldschieters lenen aan producenten, handelaren en consumenten. Zij verdienen daaraan: ze krijgen het geld met rente terug. De rest waant zich ook even rijk, door het overvloedige krediet waarmee ze alles kunnen kopen.
"Maar de handelaars maken echt sociale promotie. Vroeger waren zij intermediairs tussen geldschieters en consumenten, nu verdienen ze krankzinnig veel met gokken op beurskoersen en dergelijke. Zij belanden in het kamp van de geldschieters. Maar de meeste mensen blijven met schulden zitten. Iedereen is de ander geld schuldig, iedereen is kwetsbaar. Daarom draait het systeem zichzelf uiteindelijk vast."

Proberen handelaren en geldschieters er zoveel mogelijk uit te halen?
"Ja, dit is een soort oorlog. Financieel en sociaal. Vroeger bereikte je sociale en maatschappelijke omwentelingen met geweld. De ene klasse werd afgezet, de andere greep de macht en het bezit. De laatste decennia gebeurde in onze wereld exact hetzelfde. Maar geld heeft de plaats van geweld in onze maatschappij ingenomen. Vreemd genoeg gebeurde dat op de ruïnes van een maatschappij die werd verwoest door excessief geweld, na de Tweede Wereldoorlog. Weinigen zien de parallel, maar de strijd is natuurlijk dezelfde: je verovert de wereld, maar nu op een 'pacifistische' manier, met geld. De heersende klasse van nu is een andere dan die van dertig jaar geleden: de nieuwe aristocratie, dat zijn financiers die de wereld rond vliegen met hun jets, met merken pronken, in gated communities wonen."

Is de globalisering een kapitalistische samenzwering?
"Zover wil ik niet gaan. Warren Buffett heeft het door. Die zei eens: 'There is a class struggle, but the fact is, we are winning.' Maar de meeste mensen, of ze nu arbeiders of geldschieters zijn, handelen niet bewust met het oog op een hogere 'orde'. Ze hebben geen visie. Wel is het zo dat geld ruimte nodig heeft. Vroeger werd geld gestoken in grote projecten als het Suezkanaal of goudmijnen in Afrika, waarvoor overheden de middelen niet hadden. Zulke projecten zijn er nauwelijks meer. De ruimte is 'op'.
"Nu wordt geld gebruikt om bubbles te creëren. Zo verdien je er méér mee. Als de bubble er is, moet het geld naar een andere plek, waar nog geen is. Kijk naar de Amerikaanse huizenmarkt, waarin iedere idioot een hypotheek kon krijgen en de risico's werden uitgesmeerd. Op zeker moment is de boel verzadigd. Er groeit nu een bubble op de Amerikaanse pensioenmarkt. Nu de onroerendgoedmarkt is geklapt, vormen beleggingen voor veel Amerikanen de enige oudedagsvoorziening. Met allerlei techniekjes worden nu beurskoersen gemanipuleerd, door bijvoorbeeld duizend transacties per seconde te doen. Maar, je merkt, de rek is eruit. De beurs is met 1/3 gekrompen nu de derivatenhandel niet goed meer loopt. Financiers worden paniekerig. Je ziet het aan grote beursgenoteerde bedrijven in Frankrijk, die weer winst beginnen te maken. 98% van die winst gaat regelrecht naar de aandeelhouders en een paar topbestuurders - veel meer dan vroeger. Het personeel krijgt vrijwel niets. Investeringen in het bedrijf zijn ook minimaal."

Waarom gebeurt dat?
"Aandeelhouders en bestuurders grijpen wat ze grijpen kunnen. Binnenkort kan het niet meer. Ze vertrouwen het systeem niet meer."

Waarom lenen mensen geld? Dat doen ze toch liever niet?
"Omdat ze anders niet in hun onderhoud kunnen voorzien. Van hun salaris kunnen velen geen goede huisvesting betalen, laat staan levensmiddelen, tv's of smartphones die 'iedereen' moet hebben. 150 jaar geleden al werden debatten gevoerd over de vraag hoe hoog salarissen moesten zijn. Alleen voor de rauwe basisbehoeftes? Of ook om extra's te betalen? Wat het nu is geworden, is net te weinig salaris. Vandaar dat mensen moeten lenen. Je kunt zeggen: ze hebben geen smartphone nodig. Maar de dwang van de commercie is zo groot dat je in de maatschappij niet ver komt zonder zo'n ding."

Moet de staat ingrijpen?
"Ja. Maar de staat liberaliseert alleen maar. Ook in Europa, waar sociale zorg beter is dan in Amerika. Omdat regeringen van hun schuld af willen, bezuinigen ze op sociale en op openbare voorzieningen. In België is kort geleden een man tot zes maanden cel veroordeeld omdat hij eten stal uit de vuilnisbak van een supermarkt. Al zat het in de bak, het was nog altijd bezit van die supermarkt, oordeelde de rechter. In Californië zijn laatst duizenden gevangenen vrijgelaten, omdat het te duur was om ze vast te houden. In zo'n wereld leven wij."

Zei Marx niet: het kapitalisme deugt niet?
"Ja. Wie geld heeft, leent het uit. Stel, ik heb 100 en ik leen het u tegen 7%. Dan heb ik straks 107. Als ik u die weer leen, heb ik 114 of zelfs iets meer. Ten slotte heb ik alles en u niets. Je hoeft geen marxist te zijn om dat probleem te zien. Daar wordt al heel lang over nagedacht: hoe je het systeem zo vormgeeft dat die ingebouwde ongelijkheid niet alsmaar erger wordt. Logische oplossing: je compenseert de verliezers door wat meer salaris te betalen. Zo kunnen ze spullen en diensten consumeren van producenten, waarin de geldschieter geld gestoken heeft. Dan is de hele keten tevreden. Maar wat heeft men gedaan? In plaats van gewone mensen meer salaris te geven, ging men goedkoop consumentenkrediet verstrekken. Dat is het probleem in de kern. Hoe meer geld de financiers verdienen, hoe groter de schuldenberg van anderen. De schuldencrisis toont dat aan. Eerst zat schuld bij consumenten. Toen die niet meer konden afbetalen, kwam het bij de banken. Toen die omvielen, namen overheden de schuld over. Nu moeten die er vanaf, en wentelen ze het af op belastingbetalers. Er komt geen eind aan."

Werkt zelfregulering niet?
"Neen, want ethiek en bezit staan haaks op elkaar. Zij die veel hebben, zijn niet meer de baas over hun bezit. Hun bezit wordt de baas over hén, dicteert hun gedrag. Ze willen alsmaar meer en dat staat ethisch gedrag in de weg. Daarom is het kapitalisme, althans dit kapitalisme, gedoemd te mislukken. Economen hebben dat niet ingecalculeerd toen ze het systeem uitdachten."

Weten politici hoe erg het is?
(Op schampere toon) "O ja."

Hoe weet u dat?
"Omdat ze me dat vertellen. Ze bellen me."

Wie?
"Ik ben in het Elysée geweest. Bij adviseurs van de president. Ook met bankiers heb ik vaak contact. Laatst moest ik een lezing houden voor hen. Ik dacht: ze gaan me levend opvreten. Maar nee: applaus. Na afloop komt de eerste naar me toe en zegt: 'Meneer, niet tegen de anderen zeggen, maar ik ben het helemaal met u eens.' De volgende zegt hetzelfde. En dat zes, zeven keer. Die mensen weten exact hoe het zit. De banken spelen een sleutelrol in de crisis. Bankiers weten precies hoeveel rotzooi er in welke banken zit."

En de politici?
"Die begrijpen het, maar weten niet wat ze moeten doen. Ze wachten af, vingers gekruist."

Wat moeten ze doen?
"Ik weet niet goed wat ik ze moet vertellen,behalve dat ze straks waarschijnlijk regeringen van nationale eenheid zullen vormen. Niemand weet wat hierna komt. Marx had een alternatief, een utopie: het communisme. Dat ging ten onder. Voorlopig zitten we met een Europa dat op maat gesneden is voor het kapitalisme. De verdragen van Maastricht en Lissabon hebben daaraan meegeholpen. Alles gaat veranderen, maar niemand weet hoe. We staan op een keerpunt in de geschiedenis van de mensheid. Interessante tijden."

Overleeft de euro de schuldencrisis?
"Neen. Als Spanje valt, of Italië, kan het snel gaan. De euro kan niet functioneren als landen hun schulden niet afbetalen. Iedereen krijgt straks zijn eigen munt terug. Een compensatiecommissie moet uitzoeken wie wat moet betalen en aan wie. Misschien moet je zelfs denken aan het parallelle monetaire systeem dat Hjalmar Schacht, Hitlers minister van Economie, opzette om de Versailles-herstelbetalingen te voldoen die Duitsland niet kon betalen: met cheques."

Hoe kunt u er zo droogjes tegenaan kijken? Het gaat toch ook om uw continent, uw munt?
"Ja, maar ik word daar niet depressief van. Antropologen als ik bestuderen illusies, structuren die mensen niet zien omdat ze er zelf in zitten. Toen ik in de high finance werkte, speelde ik dezelfde rol. Wij werkten met computermodellen die berekenden hoeveel risico er aan financiële producten zat. Op een dag klopte er een getal niet op de spreadsheet. Ik haalde de leiding erbij: jongens, pas op! Maar alles wat ze deden, was dat getal door een ander getal vervangen. Ze dachten dat het aan het model lag. Dat er een echt risico kon zijn, kwam niet in die hoofden op."

Wat leert de crisis u?
"Dat niet alles rationeel te verklaren valt of in modellen te vangen. Dat de mens dat toch altijd probeert en dus steeds op zijn bek gaat. Toen ik na mijn studie onderzoek deed in een Franse vissersgemeenschap, bleken prijsontwikkelingen niet te verklaren als je domweg naar vraag en aanbod keek. Ik zei: 'Er is iets anders.' Haha, riep iedereen, 'Jorion begrijpt zelfs de wet van vraag en aanbod niet.' Later ontdekte ik het echte systeem dat de prijzen bepaalde: sociale status. De rechter die iets verkoopt, kan meer vragen voor hetzelfde product dan de schoenmaker en de schoenmaker meer dan de metselaar. Niks bijzonders. Iedereen weet dat instinctief, behalve economen. Maar economen hebben wel de hele catechismus van het kapitalisme geschreven. Daarom loopt alles nu spaak."

Bron: Paul Jorion(De Standaard, 16 juli 2011 / NRC Handelsblad, 18 juli 2011)

 

jeudi, 11 août 2011

Fin de partie pour les dettes du système mondialiste

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Fin de partie pour les dettes du Système mondialiste

 

C’est l’accroissement permanent du volume des dettes privées et des dettes publiques qui a permis le développement du Système mondialiste. Mais l’heure de payer la facture est arrivée.

Polémia (ex: http://www.polemia.com/ ).

1- Le libréchangisme mondial et la dérégulation financière ont conduit à une concurrence fiscale entre les Etats. La délocalisation des profits et des patrimoines a débouché sur l’évaporation d’une partie des recettes fiscales des Etats : ainsi, en France, l’impôt sur les bénéfices s’élève à 3% de leur chiffre d’affaires pour les PME mais à seulement 0,3% pour les multinationales du CAC 40. La même logique s’est appliquée aux particuliers : les riches Grecs ont placé leurs avoirs en Suisse et beaucoup de Français aisés sont devenus exilés fiscaux en Belgique ou en Grande-Bretagne.

2- Le libréchangisme mondial a mis en concurrence la main-d’œuvre des pays développés avec celle des pays du tiers-monde : ce qui provoqué la baisse des salaires et la montée du chômage lié aux délocalisations, aux Etats-Unis et en Europe. Avec trois conséquences financières :

  • -la baisse de la base des recettes fiscales (ou des contributions sociales) ;
  • -la montée des dépenses d’assistance devenue nécessaire pour rendre acceptables les conséquences sociales des délocalisations ; l’Etat-providence a ici été mobilisé au service de la mondialisation et des intérêts du grand capital (privatiser les bénéfices, socialiser les pertes) ;
  • -la montée de l’endettement privé (en particulier aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne) pour maintenir artificiellement le niveau de vie des salariés et des chômeurs.

3- L’immigration – sorte de délocalisation à domicile – a eu les mêmes conséquences pour les secteurs du bâtiment de l’hôtellerie et des services que les délocalisations pour le secteur industriel. Quand Nafissatou Diallo, fausse réfugiée guinéenne, occupe un emploi précaire au Sofitel de New York, c’est une Afro-Américaine de plus qui pointe au chômage.

L’immigration de masse emporte donc les mêmes conséquences financières que les délocalisations mais aussi une conséquence supplémentaire – surtout en Europe et a fortiori en France : la prise en charge de la couverture sociale d’une personne et souvent d’une famille supplémentaire. Car au lieu de prendre en charge socialement le travailleur et sa famille, on prend en charge le chômeur et sa famille plus l’immigré (et sa famille) qui le remplace au travail.

4- Tout ceci creuse les déficits, d’autant que le redressement financier est difficile car chaque campagne électorale s’y oppose :

  • -les candidats ont besoin d’argent pour financer leurs coûteuses campagnes de communication : ils doivent donc ménager les grands lobbys, les grandes entreprises et les hyper-riches ; pas possible donc d’augmenter les recettes fiscales ;
  • -les candidats ont aussi besoin de ménager leurs « clientèles » électorales vivant de subsides publics ; guère possible dans ces conditions de diminuer les dépenses…

Il ne faut pas chercher ailleurs la cause du blocage de la situation budgétaire américaine. Notons d’ailleurs que lors de la dernière présidentielle française les deux finalistes avaient chacun promis de creuser le déficit de 40 milliards d’euros supplémentaires : principalement en dépenses sociales pour Ségolène Royal, principalement en déductions fiscales pour les plus riches pour Nicolas Sarkozy qui a d’ailleurs tenu les engagements pris envers ses mandants.

5- Dans ces conditions le seul recours fiscal possible est de taxer un peu plus les classes moyennes en faisant appel à leur sens des responsabilités. Mais leur sens civique et leur dévouement ne peuvent être que profondément découragés par l’arrogance de l’oligarchie financière qui s’est enrichie durant les années de crise.

Il n’y a donc pas d’autres évolutions possibles que la poursuite de la course vers l’abîme.

Et après ?

6- Polémia (*) a largement annoncé depuis 2006, et singulièrement depuis 2008, l’évolution actuelle, d’autant que la « solution » retenue par l’oligarchie mondiale après la faillite de Lehman Brothers, en 2008, a consisté à étatiser les dettes privées et à ajouter de la dette à la dette. L’économie mondiale a été traitée comme l’ivrogne à qui on recommande une bonne cuite pour sortir de sa gueule de bois…

7- La chute du Système mondialiste va donc se poursuivre avec deux conséquences probables : -l’éclatement de la zone euro et le retour du Deutschmark ; -la fragilisation de la puissance américaine. Bref, ce que le GEAB avait diagnostiqué comme une dislocation géopolitique majeure.

8- Aller au-delà de ce diagnostic est difficile. « L’histoire est le fruit de l’inattendu » (Dominique Venner). Dire ce qui sortira de l’effondrement du Système mondialiste est aussi délicat que l’était de prévoir le futur de la Russie lors de la chute du communisme. L’avenir n’est pas toujours pavé de roses…

9- On voit mal néanmoins comment la reconstruction pourrait se faire autrement que par un recours aux fondamentaux : frontières, protectionnisme, relocalisations, souveraineté des peuples. Le politiquement correct est mort mais il ne le sait pas encore…

Polémia
8/08/2011

(*) Voir aussi (entre autres très nombreux articles aux rubriques « dette » ou « crise ») :

« Le Capitalisme à l'agonie » de Paul Jorion
La balance des paiements des Etats-Unis et les crises financières - un demi-siècle d'histoire (Première partie)
Après moi le déluge ? les dérèglements du système politique
Les banques internationales exploitent la crise pour engranger des profits massifs
Essor de la « superclasse globale » (ou hyperclasse) et crise des classes moyennes.
Dette française : les gouvernants achètent des clientèles électorales et du temps d'antenne en hypothéquant l'avenir (édito 07/2009)
Crise systémique globale : Le choc cumulé des trois « vagues scélérates » de l'été 2009
Nouvelles de la « très grande dépression »
La fin de la « mondialisation heureuse » : un retour vers des économies plus autocentrées ? (édito 04/2008)
Le retour en grâce de Maurice Allais
La crise financière (Polémia 01/2009)
Rapport de la Commission sur la dette publique
« L'Empire des dettes : A l'aube d'une crise économique épique » par William Bonner et Addison Wiggin traduit par Marianne Véron
Finances publiques françaises : le péril argentin
Déclin français et « argentinisation » : et si l'on parlait de la responsabilité des institutions de la Ve République !

dimanche, 17 juillet 2011

J. P. Arteault / F. Sainz: les racines anglo-saxonnes du mondialisme

J. P. Arteault / F. Sainz: Les racines anglo-saxonnes du mondialisme

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mercredi, 06 juillet 2011

Globalisation, "superclasse" et mercenaires "éditocrates"

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Robert Steuckers :

Globalisation, « superclasse » et mercenaires « éditocrates »

 

Une version abrégée de ce texte est parue dans "Réfléchir et Agir", n°47, avril 2011

 

Il y a bien longtemps —quasiment depuis que le monde est monde—  qu’une catégorie de rêveurs songe à établir, en pensée d’abord, en actes ensuite, une « utopie planétaire », un monde tout à fait idéal, parfait, générant le bonheur sans discontinuité aucune. Armand Mattelart nous a brillamment esquissé la progression de cette idée dans un ouvrage concis et didactique : de Thomas More à la « Civitas christiana », du système de la paix perpétuelle à l’idéal du « genre humain » d’Anarcharis Cloots, de la religion de l’humanité d’Auguste Comte aux projets socialistes et communistes de la fin du 19ème siècle, du système wilsonien/rooseveltien des Nations Unies à la modernité managériale et aux inforoutes qui ouvrent tout à tous, l’histoire de la pensée et des hommes a été balisée de projets similaires. Nous vivons aujourd’hui l’aboutissement de ces rêves et force est de constater que les utopistes ne nous ont nullement mitonné un monde meilleur, plus gai à vivre, plus soucieux de réaliser les aspirations simples et profondes des hommes, plus juste ou plus « démocratique » ; leurs adversaires intellectuels, les « dystopistes » (de Zamiatine à Orwell et à Burgess) ont été des prophètes bien plus pertinents, des penseurs autrement plus profonds, des séismographes nettement plus subtils.

 

Le talon d’acier de l’idéologie globaliste se fait sentir surtout depuis l’effondrement du système soviétique, depuis la chute du Mur de Berlin. Nous avons tous été de gros naïfs, avouons-le, pendant les années d’euphorie, à partir de 1984, où Gorbatchev annonçait sa perestroïka et sa glasnost, jusqu’à 1989, lorsque les Hongrois ont démantelé le Rideau de Fer le long de la frontière autrichienne puis lorsque le Mur de Berlin a été ouvert par les Vopos, chargés auparavant de mitrailler tous ceux qui voulaient passer à l’Ouest. Quinze petits mois d’espoir ont encore suivi cette euphorie, avec, pour péripétie marquante, le simulacre de putsch qui a amené Eltsine au pouvoir, qui livrera la Russie à ceux qui entendaient depuis toujours la détruire. Enfin, juste après ce putsch de sotie, il y eut la Guerre contre Saddam, le vainqueur arabe des Perses avec l’appui occidental, devenu croquemitaine en un simple tour de bras médiatique ; cette guerre remettait les pendules à l’heure voulue par Washington : pas de puissance régionale capable d’autonomie en zone d’hydocarbures. La rente pétrolière irakienne était utilisée pour le développement intérieur du pays, pour la constitution d’une armée régionale solide, ensuite elle était répartie entre un éventail diversifié de fournisseurs extérieurs, russes, européens et japonais. Comme en Libye, mutatis mutandis… Ce genre de diversification, qui évite la dépendance à l’endroit d’un fournisseur unique ou trop important, avait été théorisée jadis par le Président des Seychelles. Cette pratique intelligente et commode est un scandale pour la superclasse au pouvoir : toutes les mannes pétrolières doivent confluer vers les seuls bassins de réception qu’elle contrôle. A la même époque, l’affirmation de l’Europe, enfin réunifiée après la chute du Rideau de Fer, n’a donc pas duré fort longtemps : les promesses de l’Acte unique n’ont pas été réalisées ou ne l’ont été que dans leurs aspects les plus désagréables et les plus mesquins, rendant l’idée européenne imbuvable pour beaucoup de nos concitoyens. La montée en puissance de l’Asie, réellement perceptible à l’aube des années 90, a été freinée par la crise de 1997. L’implosion yougoslave a démontré que l’Europe de Bruxelles et de Strasbourg n’avait aucun poids militaire ou diplomatique. Il y a donc exactement vingt ans que l’Europe montre, à la face du monde, qu’elle n’est qu’un gros pantin inerte, malgré sa réunification.

 

Pourquoi cette faiblesse ? Le ver était dans le fruit, bien avant novembre 1989. Depuis l’avènement de Thatcher en Grande-Bretagne, le néolibéralisme  —nouvelle idéologie mondialiste bien plus efficace que le communisme « spectaculaire » de mouture soviétique ou maoïste pour faire advenir les utopies et les rêvasseries « planétaristes »—  marque des points au sein même d’une grande puissance nucléaire, dotée d’un droit de veto à l’ONU : n’oublions pas que ce néolibéralisme anglais 1) inaugure, à Londres, le projet général de démantèlement de toutes les structures étatiques, 2) lance la pratique des délocalisations, notamment en permettant à des entreprises japonaises d’installer des usines de montage en Ecosse, où les ouvriers bénéficiaient peu ou prou des mêmes couvertures sociales que les Philippins, et 3) favorise la spéculation au détriment des investissements infrastructurels que pratiquaient les capitalismes plus patrimoniaux, ceux relevant du « modèle rhénan », selon la terminologie utilisée par Michel Albert. Car le mondialisme actuel, baptisé « globalisation », c’est tout cela in nuce. Les structures étatiques, produites par des continuités historiques localisées, portées par des peuples précis, sont balayées au nom du profit immédiat, comme elles auraient été balayés avec le même zèle par une sorte de communisme agissant au nom du progrès ou par des fondamentalistes estimant que les syncrétismes et les réalisations impériales/politiques sont autant d’hérésies, de trahisons de la « parole initiale ». Pour les tenants actuels de la veine utopique, désormais néolibéralisée, le progrès, c’est la dissolution de toutes les barrières politiques, géographiques et physiques et la disparition de tout ce qui recèle un résidu de « patrimonialité ». On ne peut plus qualifier cette démarche d’économie, de « nomos » d’un « oikos », de la gestion d’un lieu, mais c’est tout simplement la négation même de l’économie, c’est de l’anti-économie, puisqu’il n’y a plus de gestion, donc de régulation, qui soit considérée comme licite, et plus de « lieu » que l’on puisse gérer en particulier, sans être automatiquement accusé de « repli identitaire » (donc de paléocommunisme stalinien ou de fascisme).

 

L’entreprise thatchérienne, dans les années 80, était encore jugée comme une spécificité britannique, une originalité d’insulaires. L’Europe continentale, croyait-on, demeurerait immunisée contre cette rechute dans la « manchestérite », d’où le vigoureux plaidoyer de Michel Albert pour le « capitalisme patrimonial et rhénan ». La construction européenne allait s’effectuer, pensait-on, selon des règles continentales/socialistes, selon les axes préconisés, entre autres, par le fameux Plan Delors : investissement dans des infrastructures, lutte contre le chômage par la mise au travail d’une vaste main-d’œuvre, etc. Rien de cela n’est advenu ou n’advient que par à-coups, dans le désordre de politiques décidées sur fond de contradictions et de ressacs erratiques, dus aux changements réguliers de majorités, empêchant toute continuité décisionnelle. Les gauches, ou les formes diverses d’étatisme constructif, se sont avérées incapables de résister à la marée néolibérale. Tous les efforts de théorisation d’une alternative solide aux formes vermoulues du socialisme keynésien et au néolibéralisme thatchérien, entrepris par des cénacles aussi divers que les régulationnistes, les schumpéteriens, les anti-utilitaristes du MAUSS ou les collaborateurs des Editions La Découverte (ex-Maspero), n’ont rien donné sur le plan politique. La superclasse veillait. Quelle est-elle ?

 

69058779-de-superklasse-david-rothkopf-nieuw.jpgLe terme a été forgé récemment par David Rothkopf, journaliste américain couvrant les rencontres de Davos et d’autres lieux : cette superclasse est celle qui domine à l’ère idéologique du néolibéralisme. Il n’est pas aisé de la définir : elle comporte évidemment les managers des grandes entreprises mondiales, les directeurs des grandes banques, des cheiks du pétrole ou des décideurs politiques (essentiellement américains tels Kissinger et Brzezinski) voire quelques vedettes du cinéma ou de la littérature (comme le Brésilien Coelho, selon Rothkopf) ou encore, en coulisses, des leaders religieux et des narcotrafiquants, qui alimentent le secteur bancaire en argent sale. Cette superclasse n’est pas stable : on y appartient pendant quelques années ou pendant une ou deux décennies puis on en sort, avec, le plus souvent, un bon « parachute doré ». Il faut ajouter qu’elle est numériquement faible : selon Rothkopf, la superclasse compterait environ six mille personnes sur notre planète, dont un ou deux milliers fréquenteraient assidument les assemblées de Davos ou d’ailleurs. Le nombre très modeste des ressortissants de cette superclasse renverse la perspective classique des théories élitistes, écrit Rothkopf, telles qu’elles ont été énoncées par Vilfredo Pareto. Celui-ci avait bâti sa théorie de la circulation des élites sur un schéma masse/élite de 80%/20%. L’élite, jadis forte de plus ou moins 20% d’une population donnée, était biologiquement enchevêtrée dans la masse. Désormais, numériquement insignifiante mais bien plus puissante que les anciennes aristocraties ou partitocraties, elle est totalement coupée des masses, dont elle détermine le destin. En dépit de tous les discours démocratiques, qui annoncent à cors et à cris l’avènement d’une liberté et d’une équité inégalées, le poids politique/économique des masses, ou des peuples, n’a jamais été aussi réduit. Son projet « globalitaire » ne peut donc pas recevoir le label de « démocratique ».

 

L’érosion de l’Etat, machine encadrée par des élites plus ou moins imbriquées dans le peuple souverain, a fait émerger, sur la scène, de nouvelles formes d’organisation sociale, auparavant marginalisées ou tenues sévèrement à l’écart de toute décision ou de toute initiative : les diasporas, les réseaux terroristes de mouture religieuse/fondamentaliste, les narcotrafiquants et les réseaux polycriminels, tous liés plus ou moins secrètement à la superclasse. En effet, l’Etat colmatait les brèches, où ces formes sociales auraient pu éventuellement s’engouffrer. Le néolibéralisme a ouvert des interstices, devenus autant de niches où s’épanouissent ces formes floues, secrètes, agissant plus ou moins dans l’ombre, plus ou moins en pleine clarté. Diasporas et réseaux fonctionnent au profit de l’hypermobilité économique inaugurée par le néolibéralisme : ils n’ont aucun intérêt à voir réapparaître des structures étatiques et politiques fortes, qui mettraient rapidement un terme à leurs agissements. Ils sont donc les alliés bénis de la « superclasse » pour perpétrer certaines formes de guerre asymétrique au sein des Etats récalcitrants. La superclasse peut faire appel à ces formes sociales nichées dans les interstices ouverts par le déclin de l’Etat. Si celui-ci réagit de manière musclée, il se voit aussitôt diabolisé par l’orchestre médiatique aux ordres.

 

Les diabolisations perpétrées par les médias officiels constituent, elles aussi, une forme de « guerre sans espace », définie notamment par le politologue allemand, disciple de Carl Schmitt, Rüdiger Voigt. Jadis, les médias étaient des institutions étatiques, à vocation didactique : ils informaient le peuple de la politique suivie par les dirigeants qu’il avait élus ou plébiscités. Les privatisations dans la sphère médiatique, effet pratique du néolibéralisme, ont permis l’intrusion de propagandes étrangères ou de propagandes insidieuses dans le corps populaire et parmi les gestionnaires légitimes de l’Etat, désorientant complètement les esprits, un peu comme le préconisait Sun Tzu à une époque où il n’y avait pas de mass-médias. Dans l’espace linguistique francophone, ce travail insidieux d’amener une propagande étrangère, à la teneur totalement différente des idéologies en place en France, a été l’œuvre des « nouveaux philosophes ». Ceux-ci ont réussi à diaboliser toutes les idéologies considérées à tort ou à raison comme « françaises » : le communisme (à connotations parfois nationales), le gaullisme (comme synthèse réalisée autour de la personnalité d’un général posé comme vainqueur et libérateur du pays), le personnalisme (très présent dans les médias et agissant souvent comme passerelle entre gaullistes et communistes). En procédant à ce travail de dénigrement en le travestissant comme une continuité logique de la révolte de 68, immédiatement après l’élimination puis le décès de De Gaulle, la « nouvelle philosophie » s’est donné un visage « branché », inattaquable parce qu’en l’attaquant on aurait égratigné la belle promesse d’émancipation de 68. Mais subtilement, derrière tout un dispositif intellectuel évoquant la perversité des maîtres penseurs (Hegel, Marx, Nietzsche) et sollicitant abusivement l’œuvre de Soljénitsyne, l’équipe de la « nouvelle philosophie » préparait ce que Bensadoun et Jumel appellent le « compromis historique ».

 

De quoi s’agit-il ? Les pseudo-révolutionnaires de mai 68 sont arrivés au pouvoir, deux décennies après les événements du quartier latin, après une bonne douzaine d’années de propagande « néophilosophique ». L’idéal de leurs jeunes années était le « socialisme autogestionnaire ». Ce n’est pas cet idéal-là qu’ils mettront en pratique. Pendant les années de leur traversée du désert, les hommes de cette génération feront ce que Bensadoun et Jumel nomment un « compromis historique » qui repose, expliquent-ils, 1) sur un abandon du corpus gauchiste, libertaire et émancipateur, au profit des thèses néolibérales, 2) sur une instrumentalisation de l’idée freudo-sartrienne de la « culpabilité » des peuples européens, responsables de toutes les horreurs commises dans l’histoire (et qui ose dire que les Européens n’ont pas été des criminels tout au long de leur existence en tant que peuple, nie le mal et attaque le bien, se posant comme véritable suppôt du Malin, donc comme un être qu’il faut faire taire et empêcher de nuire) et 3) sur un pari pour toutes les démarches « mondialisatrices », même émanant d’instances capitalistes non légitimées démocratiquement ou d’institutions comme la Commission Européenne, championne de la « néolibéralisation » de l’Europe, dont le pouvoir n’est jamais sanctionné par une élection.

 

Ce « compromis historique », favorisé par la « nouvelle philosophie » dans l’espace médiatique (cf. supra), démontre  que les utopistes soixante-huitards, abreuvés par les utopies antérieures de Fourier à Owen en passant par Marx et les freudo-marxistes à la Reich, ne croient pas réellement aux beaux aspects de cet utopisme classique : ils cherchent simplement un instrument commode pour arriver au pouvoir, l’angélisme étant ici substance « vaselineuse » pour mieux faire passer le schmilblick. Ils ne parient plus sur le peuple mais sur d’autres figures sociales, tels le bon banquier débonnaire et philanthrope (Attali) ou l’entrepreneur dynamique et génial (concept fourre-tout destiné à critiquer les figures de l’Etat, principalement le fonctionnariat). La globalisation, et partant le néolibéralisme, ne peuvent fonctionner que s’il y a pour arrière-plan idéologique cette idée permanente de « culpabilité » : refuser, comme nous le faisons, le stigmate de cette culpabilité est donc l’indice d’une volonté de résistance et aussi d’une fidélité à un sain réalisme politique. Le discours enflé de nos ex-soixante-huitards sur la « démocratie » n’est qu’un leurre, puisque le compromis historique s’empresse de soutenir les décisions de toutes les instances qui n’ont aucune légitimité démocratique : on est loin de l’autogestion initialement chantée et promise. L’attitude récente de Daniel Cohn-Bendit et de Joschka Fischer le prouve une fois de plus, face à l’intervention occidentale en Libye, où les deux compères ont appelés à la guerre, en même temps que l’ancien chantre du thatchérisme en Belgique, le leader de l’ex-gouvernement « arc-en-ciel », Guy Verhofstadt. Gauchisme salace et violent, néolibéralisme passé de droite à gauche ne sont que pantomimes orwelliennes : visages de bon apôtre pacifiste, charriée par les médias, mais gueules tordues de haine, de bellicistes à tous crins, quand les maîtres l’ordonnent.    

 

1214393.jpgAujourd’hui, l’équipe première de la « nouvelle philosophie », agent d’influence du néolibéralisme globalisateur en France, s’est étoffée, si bien que l’on peut parler, avec Mona Chollet, Olivier Cyran, Sébastien Fontenelle et Mathias Reymond, d’ « éditocrates », ceux « qui parlent de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi ». En récusant formellement les barrières géographiques et politiques, on rejette toute balise, et, sans balises, on peut effectivement raconter « n’importe quoi ». Parmi ces éditocrates : Alain Duhamel, Bernard-Henri Lévy, Christophe Barbier, Jacques Attali, Alexandre Adler, Laurent Joffrin et quelques autres.  

 

La globalisation et sa superclasse ont donc des mercenaires, insérés dans les fameux « interstices », dans les lézardes que présente désormais en tous lieux l’Etat national pantelant. Ces mercenaires mènent une « guerre asymétrique » particulière, et particulièrement pernicieuse, celle que Voigt appelle la « guerre des mots » et la « guerre des images », qui vise à faire triompher un impérialisme qui n’est plus nécessairement un « impérialisme spatial » mais un « impérialisme des flux » ou un « impérialisme fluide », dans la mesure où la puissance dominante, celle sur laquelle la superclasse compte pour agencer le monde à sa guise, est une thalassocratie et non une tellurocratie, que son modèle implicite est celui de la piraterie (forme non morale que l’on imite en « moralisant » outrancièrement son discours justificateur pour donner le change) et non celui du géomètre romain. Carl Schmitt, dans son « Glossarium », le volume qu’il a laissé à la postérité en demandant qu’on le publie dix ans après sa mort, annonçait et déplorait l’avènement d’un monde « fluide », résultat de la victoire incontestable de la thalassocratie américaine sur l’Europe, du Léviathan sur le Béhémoth, où le pseudo-Béhémoth soviétique, successeur à son corps défendant du Béhémoth allemand, n’a été, finalement, qu’un Béhémoth de guignol, incapable de parfaire sa tâche de « Katechon », de barrage contre les affres de la décadence. La « guerre asymétrique », menée contre les peuples par la superclasse, par « nouveaux philosophes » ou « éditocrates » interposés, sanctionne, selon Bensadoun et Jumel,  un « partage des rôles » : aux Etats-Unis, la puissance ; à l’Europe, la faiblesse.

 

Nous ne pouvons accepter la faiblesse pour nous-mêmes, et pour ceux qui nous suivront. Donc, il est parfaitement logique de combattre ceux qui veulent nous imposer un statut pérenne de faiblesse, une faiblesse entretenue comme les ribauds de la vieille Rome entretenaient les plaies de leurs enfants pour susciter la pitié des chalands. La superclasse veut pérenniser cette faiblesse. Pour y parvenir, elle fait usage d’instruments médiatiques, éditocratiques, intellocratiques, etc., dans une « guerre asymétrique », non déclarée mais menée avec obstination contre notre civilisation, que l’on culpabilise sans arrêt. Il faut donc combattre sans relâche le message véhiculé par ces instruments. Et par d’autres instruments : n’apprend-on pas que l’ambassadeur des Etats-Unis en poste à Paris, Jeremy Rivkin, formule le projet de manipuler les diasporas des banlieues françaises, à toutes fins utiles, si d’aventure un néo-gaullisme, un populisme de droite ou de gauche, entendaient rétablir une politique traditionnelle de défense du « Bien commun » d’aristotélicienne mémoire. Recep Tayyib Erdogan, et son ministre des affaires étrangères Davutoglu, le néo-ottoman, menacent de faire agir les réseaux mafieux turcs en cas de raidissement européen dans le dossier de l’adhésion turque, de la question des droits de l’homme en Turquie, du génocide arménien ou de l’occupation de Chypre.

 

On le voit : nous sommes en pleine guerre asymétrique. Depuis leurs retranchements dans les niches « intersticielles » de nos Etats en lambeaux, les commandos de tous poils, encouragés par la superclasse, sont présents, actifs ou dormants, pour nous maintenir en état de faiblesse pérenne. L’ennemi, jamais désigné par une classe politicienne et non plus politique, totalement déboussolée, prend de multiples visages, outre celui, évident, du bankster ou de l’entrepreneur renégat et délocalisateur : éditocrates, bandes banlieusardes, narcotrafiquants, mafieux anatoliens, illuminés prêts à croire à tous les boniments d’un discours médiatique totalement fabriqué, sans référence à un réel substantiel. Cet ennemi, nous, nous le connaissons, et, premier acte de résistance, nous refusons de l’écouter. Egalement quand certains de ces éditocrates prônent de fausses « guerres justes », contre la Serbie ou la Libye, en bénissant les guerres sans formes que mène la superclasse contre des récalcitrants de tous ordres, avec ses instruments privilégiés que sont l’US Army et l’OTAN. Le refus d’écouter, s’il se généralise en même temps que témoignages et prêches de réfutation, fera que la gouvernance mondialiste sera et restera introuvable. Et que seule notre tradition réellement politique, que notre tradition de géomètres romains, peut apporter de la véritable gouvernance. Il faut œuvrer pour qu’advienne un monde selon les vœux de ce bon vieux Carl Schmitt. Alors, du haut de son paradis catholique, rhénan et baroque, une grosse larme de joie, salée et lourde, coulera sur sa joue. Il l’aura bien méritée.

 

Robert STEUCKERS.

(Forest/Flotzenberg, avril 2011).

 

Bibliographie :

-          Roger BENSADOUN & Philippe JUMEL, Le compromis historique – La génération de 1968 au service de la mondialisation, Bruno Leprince éd., paris, 2003.

-          Chantal BORDES-BENAYOUN & Dominique SCHNAPPER, Diasporas et nations, Odile Jacob, Paris, 2006.

-          Mona CHOLLET, Olivier CYRAN, Sébastien FONTENELLE & Mathias REYMOND, Les éditocrates ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi, La Découverte, Paris, 2009 (édition de poche : coll. « Pocket », n°14.516, oct. 2010).

-          Daniel HILDEBRAND, « Imperialismus der Ströme statt Inperialismus der Räume ? überlegungen zum Bedeutungswandel der Raumdimension imperialer Herrschaft », in : Rüdiger VOIGT, Grossraum-denken – Carl Schmitts Kategorie der Grossraumordnung », Franz Steiner Verlag, Stuttgart, 2008, pp. 207-217.

-          Maxime LEFEBVRE, Dan ROTENBERG, avec la participation de Pascal GAUCHON, La genèse du nouvel ordre mondial, Ellipses, 1992.

-          Armand MATTELART, Histoire de l’utopie planétaire – De la cité prophétique à la société globale, La Découverte/Poche, n°98, Paris, 2009. 

-          Bernard RAQUIN, Les grandes manipulations des temps modernes, Ed. Trajectoire, Paris, 2005.

-          David ROTHKOPF, De superklasse – Het onzichtbare netwerk van een wereldwijde machtselite, Balans, Amsterdam, 2008.

-          Rüdiger VOIGT, Krieg ohne Raum – Asymmetrische Konflikte in einer entgrenzten Welt, Franz Steiner Verlag, Stuttgart, 2008.

 

Revues à consulter :

- Diplomatie – Hors série n°11, avril-mai 2010 (Géopolitique mondiale de la drogue).

- Questions internationales, n°43, mai-juin 2010 (Mondialisation : une gouvernance introuvable).

- Géopolitique, n°110, juillet 2010 (Histoire de la mondialisation).

 

vendredi, 28 janvier 2011

Programa de las I Jornadas antiglobalizacion

Programa de las I Jornadas antiglobalización

Jornadas Antiglobalización 2011,

por una Alternativa Identitaria

12 y 13 de Febrero, Zaragoza

 

Programa de actividades

Sábado, 12 de Febrero

11:00h. Conferencia “El origen del conflicto bélico en Oriente Medio”, por el Doctor Nasser Issa

12:00. Receso

 12:30h. Conferencia “El conflicto de Oriente Medio,el terrorismo islámico y la ceguera de Occidente”, por Jorge Álvarez

 13:30h. Receso 

14:00h. Comida

 16:00h. Conferencia “Aragón. España. Europa”, por Cristóbal Chesús Parra Ruiz

 17:00h. Receso

 17:30h. Presentación de libros: “Pedro Laín Entralgo. El político. El pensador. El científico.”, por José Alsina

Y

“Introducción al tradicionalismo de Julius Evola”, por Ángel Fernández

 18:30h. Receso.

 19:00h. Conferencia “La infiltración sionista en Iberoámerica”, por Jesús Vallés Gracia

 20:00h. Fin de la Primera Jornada

Tras la cena habrá una velada musical

 Domingo, 13 de febrero

 11:00h. Conferencia, “El americanismo y su “doble” europeo” por Tomislav Sunic

12:00h. Receso

 12:30h. Conferencia “La crisis y el poder de la banca”, por Joaquim Bochaca

 13:30h. Clausura de las Jornadas, A cargo del Delegado de Aragón del MSR, Javier Bueno

 Habrá varios stands

EXPOSICIÓN ARTÍSTICA A CARGO DEL PINTOR:

Borislav Prangov

Entrada para los dos días: 10€

(*) Con la entrada se obsequiará con el CD de Axis Mundi y Mara Ros: “Recuerdos”

o un libro del fondo editorial de Ediciones Nueva República.

Organiza:

Movimiento Social Republicano de Aragón

zaragoza@msr.org.es

Teléfono:

666 54 52 11

Programa