Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 15 mai 2021

2040? Bye Bye USA...

16088108_37ba.jpg

Café Noir N.23

2040? Bye Bye USA...

 
Café Noir – Un Autre Regard sur le Monde.
Émission du Vendredi 14 mai 2021 avec Pierre Le Vigan, Gilbert Dawed & André Archimbaud.
 
 
LE LIVRE D'ANDRÉ ARCHIMBAUD CHEZ AVATAR ÉDITIONS
 
Combat pour L’Hémisphère Nord – L’Amour d’Ariane https://avatardiffusion.com/livre/com...
 
RÉFÉRENCES (EN FRANCAIS)
 
Youri Bezmenov (Tomas David Schuman) https://fr.wikipedia.org/wiki/Youri_B...
Michel Geoffroy – La Superclasse mondiale contre les peuples https://shop.via-romana-pro.com/reinf...
Saul Alinsky – Être radical : manuel pragmatique pour radicaux réalistes https://www.leslibraires.ca/livres/et...
 
RÉFÉRENCES (EN ANGLAIS)
 
Yuri Bezmenov Ideological Subversion (Video) https://www.youtube.com/watch?v=QuyYG...
Scénario Aztèque – Aztlan https://www.globalsecurity.org/milita...
Scénario Aztèque – Chicano Movement https://www.history.com/news/chicano-...
Scénario Aztèque – National Council of La Raza https://constitutionwarrior.wordpress...
 
AUTRE Café Noir N.20 — Turquie entre Pantouranisme, Ottomanisme, et Islam Émission du Vendredi 23 avril 2021 avec André Archimbaud. https://youtu.be/u6vb1Vai4yM #cafenoir

11:34 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : états-unis, prospective, futurologie, actualité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 18 avril 2021

Tendances mondiales 2040

GlobalTrends2040.jpg

Tendances mondiales 2040

Leonid Savin

Ex : https://katehon.com/

La communauté du renseignement américaine a publié son septième rapport sur les prévisions politiques de l'avenir

Le résumé du document indique que le principal facteur influençant les processus géopolitiques dans le monde sera la démographie. Il indique que "les tendances les plus nettes au cours des 20 prochaines années seront des changements démographiques majeurs, la croissance de la population mondiale ralentissant et le monde vieillissant rapidement. Certains pays développés et en développement, notamment ceux d'Europe et d'Asie de l'Est, vieilliront plus vite et connaîtront un déclin démographique qui aura des effets négatifs sur la croissance économique. En revanche, certains pays en développement d'Amérique latine, d'Asie du Sud, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord bénéficient d'une augmentation de leur population en âge de travailler, ce qui offre des possibilités de dividende démographique combiné à des améliorations des infrastructures et des compétences. Le développement humain, notamment la santé, l'éducation et le bien-être des ménages, a entraîné des améliorations historiques dans toutes les régions au cours des dernières décennies. De nombreux pays auront du mal à tirer parti de ces avancées, voire à les maintenir. Les améliorations passées se sont concentrées sur les fondements de la santé, de l'éducation et de la réduction de la pauvreté, mais les prochains niveaux de développement sont plus complexes et doivent faire face aux vents contraires de la pandémie de COVID-19, à une croissance économique mondiale potentiellement plus lente, au vieillissement des populations et aux effets des conflits et du climat. Ces facteurs mettront les gouvernements au défi de fournir l'éducation et les infrastructures nécessaires pour stimuler la productivité de leurs classes moyennes urbaines croissantes dans l'économie du XXIe siècle. Alors que certains pays font face à ces défis et que d'autres échouent, l'évolution des tendances démographiques mondiales exacerbera presque certainement les inégalités des chances économiques au sein des pays et entre eux au cours des deux prochaines décennies, et créera des pressions et des différends plus importants en matière de migration."

L'épidémie du coronovirus fait l'objet d'une discussion spécifique et est présentée dans une section séparée. Selon les auteurs, elle a entraîné de nouvelles incertitudes en matière d'économie, de gouvernance et de technologie. Ses effets se feront encore sentir dans les années à venir. Il est également souligné que les précédents rapports de renseignement avaient prédit de nouvelles maladies potentielles et des scénarios de pandémie, mais qu'ils ne donnaient pas une image complète de ce que COVID-19 provoquerait et de son impact sur la société.

Globalement, la pandémie a entraîné les processus suivants :

- les tendances économiques catalysées par les quarantaines et les fermetures de frontières ; - la montée du nationalisme et de la polarisation ;

- l'aggravation des inégalités ; - le déclin de la confiance dans les gouvernements ;

- la faiblesse et l'échec exemplaires d'organisations internationales comme l'ONU et l'OMS ; et

- la montée des acteurs non gouvernementaux.

Pour cette raison, il est suggéré que "dans ce monde plus contesté, les communautés se divisent de plus en plus, les gens cherchant la sécurité auprès de groupes partageant les mêmes idées et basés sur des identités établies ou nouvellement connues; les États de tous types et de toutes régions luttent pour répondre aux besoins et aux attentes de populations plus connectées, plus urbaines et plus puissantes; et le système international est plus compétitif, en partie à cause des défis posés par la montée en puissance de la Chine, et plus exposé aux conflits, car les États et les acteurs non étatiques exploitent de nouvelles sources de pouvoir et érodent les normes et institutions de longue date qui ont assuré une certaine stabilité au cours des dernières décennies. Cependant, ces dynamiques ne sont pas figées à perpétuité, et nous envisageons de nombreux scénarios plausibles pour le monde de 2040, d'une renaissance démocratique à une transformation de la coopération mondiale motivée par une tragédie partagée, en fonction de la façon dont ces dynamiques interagissent et des choix que les gens font en cours de route."

eprs_brie_tt_630312_global_trends_final.jpg

Les auteurs réduisent les scénarios futurs à cinq thèmes. Les défis mondiaux, du changement climatique aux maladies en passant par les crises financières et les catastrophes d'origine humaine, se présenteront avec une fréquence et une intensité accrues dans pratiquement toutes les régions et tous les pays. La croissance continue de la migration, qui augmentera d'une centaine de millions en 2020 par rapport à 2000, affectera à la fois les pays d'où proviennent les flux et les pays où ils séjournent. Les systèmes de sécurité nationale des États devront s'adapter à ces changements. La fragmentation croissante affectera les sociétés, les États et le système international. Malgré un monde plus interconnecté grâce à la technologie, les gens seront divisés selon des lignes différentes. Le principal critère sera une communauté de vues, de croyances et de conceptions de la vérité.

Cela entraînera un déséquilibre. Le système international aura peu de moyens pour répondre à ces défis. Au sein des nations, l'écart entre les demandes des populations et les capacités des gouvernements et des entreprises va se creuser. Des manifestations de rue auront lieu dans des endroits allant de Beyrouth à Bruxelles en passant par Bogota. La concurrence au sein des sociétés s'intensifiera, entraînant des tensions accrues. Au sein des nations, la politique sera plus controversée. Dans la politique mondiale, la Chine défiera les États-Unis et le système international occidental. L'adaptation sera à la fois un impératif et une source clé d'avantages pour tous les acteurs du monde.

De la technologie à la politique démographique, toutes seront utilisées comme stratégies pour améliorer l'efficacité économique, et les pays qui réussiront seront ceux où le consensus social et la confiance pourront être atteints. Les auteurs suggèrent donc de prêter attention aux paramètres de la démographie, de l'environnement, de l'économie et du développement technologique, car ce sont eux qui détermineront les contours du monde futur. L'urbanisation va se poursuivre et, d'ici 2040, deux tiers de la population mondiale vivront dans des villes. Le nombre de villes de plus d'un million d'habitants va également augmenter. L'urbanisation ne sera pas nécessairement synonyme d'amélioration de la qualité de vie. L'Afrique subsaharienne représentera environ la moitié et l'Asie du Sud environ un tiers de l'augmentation de la pauvreté urbaine.

En somme, les problèmes de pauvreté promis depuis les hautes tribunes de l'ONU il y a plus de 20 ans (par exemple, les objectifs du millénaire pour le développement ou le programme de développement durable) non seulement subsisteront, mais seront exacerbés. Les niveaux de manque d'éducation, d'accès aux services de santé, de logement, etc. continueront à augmenter. La section sur la dynamique du système international se concentre sur la rivalité entre la Chine et les États-Unis, qui auront la plus grande influence et prendront des positions différentes sur le futur système mondial. Toutefois, leur concurrence ne sera pas aussi intense qu'à l'époque du monde bipolaire avec l'URSS et les États-Unis, car il existe déjà davantage d'acteurs capables d'affirmer leurs propres intérêts, notamment dans leur propre région.

2040title.jpg

Les pays les plus susceptibles d'en bénéficier sur le plan géopolitique et économique sont l'UE, l'Inde, le Japon, la Russie et le Royaume-Uni. Et la Corée du Nord et l'Iran sont désignés comme des fauteurs de troubles, qui apporteront plus d'incertitude et de volatilité en affirmant leurs intérêts. Il est également noté que "la Chine et la Russie vont probablement essayer de continuer à influencer les populations américaines et européennes en promouvant des récits sur le déclin de l'Occident. Ils sont également susceptibles d'étendre leur influence dans d'autres régions, comme l'Afrique, où ils sont déjà tous deux actifs".

Il est logique de citer l'intégralité de l'article sur la Russie, qui donnera un aperçu de la façon dont la communauté du renseignement américaine voit notre pays et comprend la politique russe. "La Russie restera probablement une puissance perturbatrice pendant une grande partie ou la totalité des deux prochaines décennies, même si ses capacités matérielles diminuent par rapport à celles des autres grands acteurs. Les avantages de la Russie, notamment ses importantes forces militaires conventionnelles, ses armes de destruction massive, ses ressources énergétiques et minérales, sa vaste géographie et sa volonté de recourir à la force à l'étranger, lui permettront de continuer à jouer le rôle de trouble-fête et d'intermédiaire de pouvoir dans l'ancienne Union soviétique et parfois au-delà. Il est probable que Moscou continue à essayer de renforcer les divisions en Occident et de nouer des relations en Afrique, au Moyen-Orient et ailleurs. La Russie est susceptible de rechercher des opportunités économiques et d'établir une position militaire dominante dans l'Arctique à mesure que d'autres pays renforcent leur présence dans la région. Toutefois, avec un climat d'investissement médiocre, une forte dépendance à l'égard de matières premières dont les prix sont potentiellement volatils et une petite économie qui devrait représenter environ 2 % du produit intérieur brut (PIB) mondial au cours des deux prochaines décennies, la Russie pourrait avoir du mal à projeter et à maintenir son influence à l'échelle mondiale. Le départ du président Vladimir Poutine du pouvoir, que ce soit à la fin de son mandat actuel en 2024 ou plus tard, pourrait fragiliser davantage la position géopolitique de la Russie, notamment en cas d'instabilité intérieure. De même, la réduction de la dépendance énergétique de l'Europe à l'égard de la Russie, que ce soit par le biais des énergies renouvelables ou de la diversification vers d'autres fournisseurs de gaz, minerait les revenus et le pouvoir global du Kremlin, surtout si cette réduction ne peut être compensée par des exportations vers les consommateurs d'Asie.

CRCC1.jpg

Outre la Chine, l'Inde, l'UE et le Royaume-Uni mentionnés précédemment, les puissances régionales qui tenteront d'obtenir des avantages et d'agir en tant qu'acteur influençant la stabilité régionale sont l'Australie, le Brésil, l'Indonésie, l'Iran, le Nigeria, l'Arabie saoudite, la Turquie et les Émirats arabes unis. Outre les États, les ONG, les groupes religieux, les grandes entreprises technologiques et d'autres acteurs non étatiques seront très actifs sur la scène internationale. Disposant de ressources, ils construiront et promouvront des réseaux alternatifs qui, en fonction de leurs fonctions et de leurs tâches, concurrenceront ou aideront les États. Dans le même temps, les organisations mondiales interétatiques qui servaient auparavant à maintenir l'ordre international dirigé par l'Occident, notamment l'ONU, la Banque mondiale et l'OMC, vont décliner. Les dirigeants préféreront les coalitions ad hoc et les organisations régionales. En outre, le leadership occidental dans les organisations intergouvernementales sera érodé, la Russie et la Chine sapant délibérément les initiatives occidentales. Le rapport mentionne l'initiative "Belt and Road", l'OCS, la nouvelle banque de développement et le partenariat économique global régional. Quant aux conflits futurs, malgré la volonté des grandes puissances d'éviter une guerre totale, le risque de conflit interétatique sera plus élevé qu'auparavant en raison des nouvelles technologies, de l'élargissement de l'éventail des cibles, du nombre accru d'acteurs, de la complexité accrue de la dynamique de dissuasion de l'ennemi et de l'affaiblissement des normes. Le spectre des conflits peut aller de la coercition économique et des cyberopérations (non cinétiques) à la guerre hybride, y compris le recours à des insurgés, des sociétés privées et des troupes par procuration, en passant par l'utilisation de forces militaires régulières et d'armes nucléaires (conventionnelles et stratégiques). Le terrorisme n’est guère abordé : les auteurs ont fait preuve de peu d'imagination et se sont limités aux structures djihadistes mondiales connues, aux groupes chiites irano-libanais, ainsi qu'aux groupes classiques de gauche et de droite en Europe, aux États-Unis et en Amérique latine.

En conséquence, cinq scénarios sont proposés. "Trois d'entre eux dépeignent un avenir dans lequel les défis internationaux deviennent progressivement plus sérieux et les interactions sont largement déterminées par la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Dans le scénario des démocraties montantes, les États-Unis ouvrent la voie. Dans le monde à la dérive, la Chine est l'État leader mais pas dominant au niveau mondial, et dans la coexistence compétitive, les États-Unis et la Chine prospèrent et se disputent le leadership dans un monde bifurqué. Les deux autres scénarios impliquent des changements plus radicaux. Tous deux découlent de ruptures mondiales particulièrement graves et remettent en question les hypothèses relatives au système mondial. La rivalité entre les États-Unis et la Chine est moins centrale dans ces scénarios, car les deux nations sont obligées de s'attaquer à des défis mondiaux plus vastes et plus graves et constatent que les structures actuelles sont inadéquates pour relever ces défis. Les différents ‘’bunkers géo-spatiaux’’ indiquent un monde dans lequel la mondialisation s'est effondrée et où des blocs économiques et des alliances de sécurité apparaissent pour protéger les États des menaces croissantes. Tragédie et mobilisation énoncent une histoire de changement ascendant et révolutionnaire au milieu de crises environnementales mondiales dévastatrices."

Bien entendu, en plus d'essayer de se projeter dans l'avenir en se basant sur les statistiques disponibles et les observations des décennies précédentes, la communauté du renseignement américaine avait d'autres objectifs:

1) identifier des menaces spécifiques afin que les autorités américaines (ainsi que les partenaires de Washington) puissent se concentrer sur celles-ci et allouer les ressources nécessaires aux contractants appropriés ; et

2) diaboliser certains États, idéologies et systèmes politiques. Car on voit bien l'inquiétude que suscite le déclin du système international qui a profité à l'Occident jusqu’ici. Et s'il y a des changements majeurs qui réduisent le rôle des États-Unis et de l'UE, cela sera perçu positivement dans la plupart des pays.

Alors que les deux précédents rapports sur les tendances mondiales faisaient référence à la multipolarité, celui-ci la lit entre les lignes. Probablement en raison de la multipolarité qui s'incarne progressivement, les auteurs ont tenté d'éviter ce terme, mentionnant simplement les alliances régionales sur fond de fragmentation mondiale. D'autre part, prévoir 20 ans à l'avance est une chose douteuse et ressemble plus à de la science-fiction qu'à une modélisation géopolitique.

Steve_William_Fuller_2011.jpg

Le célèbre scientifique américain Steve Fuller (photo), par exemple, relève plusieurs dispositions qui nient la possibilité même de la prédiction :

1) l'avenir est en principe inconnaissable parce qu'il n'existe pas encore et qu'on ne peut connaître que ce qui existe ;

2) l'avenir sera différent à tous égards du passé et du présent, peut-être en raison de l'indétermination de la nature, à laquelle la liberté de la volonté humaine contribue également de manière importante ;

3) les effets de l'influence mutuelle de la prédiction et de ses résultats sont si complexes que chaque prédiction génère des conséquences involontaires qui feront plus de mal que de bien. Par conséquent, chacun peut tirer des conclusions de ce rapport en fonction de ses opinions et préférences personnelles.

vendredi, 15 janvier 2021

Interview with Stefano Vaj on Biopolitics and Transhumanism

1-83.jpg

Interview with Stefano Vaj on Biopolitics and Transhumanism

by Adriano Scianca (ed.)

Translation from Italian by Catarina Lamm 

Rome, May 2007. Festival of Philosophy.  The cream of Italic official bigwigs convening. Here are the titles of some of the speeches featuring in the program: “Science at the Frontiers: Potentiality, Limits, Guarantees,” “Real, Virtual, Imaginary: Where are the Boundaries?” “The Confines of Life and Euthanasia. An Ethical and Scientific Perspective,” “Second Life: the New Frontiers of Experience,” “Is Man Obsolete? Human/Posthuman,” plus thematic lectures on Charles Darwin, Gunther Anders and Philip Dick.  Stefano Vaj, am I wrong or is there a spectre haunting Europe, and is it the spectre of biopolitics?

51KfZnKQ1qL.jpgEurope – even today – remains the epicentre, at least culturally, of paradigm shifts.  And there is no doubt that we are facing a growing awareness that what I call “biopolitics” represents the crucial issue of the day, our next horizon, and the really political level, in Carl Schmitt’s sense of the word, meaning the level that renders all other persuasions and affiliations secondary.  Since the time when I began to work on the essay Biopolitics. The new paradigm, which is now online full-text [in Italian TN] at the address http://www.biopolitica.it, this has little by little become ever clearer, to the point when it downright stares you in the face.  At the turn of the second millennium of our era, there isn’t a corner of the Earth’s biosphere that is immune to the hand of man. As a widely circulated article in the review Science remarked some years ago, “there are no more places on Earth that are not in the shade of humans”.  Today humankind exerts its influence on the entire surface of the planet, either by directly transforming it or by modifying its biochemical and physical equilibria.  Of course we are far from mastering its processes, but there is no more part that is immune to man’s influence.

And also vice versa…

Exactly.  Our nature and identity are obviously shaped by our environment, and not just culturally, but also biologically, if anything through the varying reproductive success of our genes.  Once the environment in which we grow and evolve and the selective pressures acting on our genetic heritage become altogether artificial, then it becomes clear that it is no longer just a matter of our responsibility in defining our environment in relation to a project, but that of having a project defining in the first place what we want to be, a project allowing us, in Nietzsche’s words, to “become what we are”.  Heidegger writes: “Nietzsche is the first thinker, who, in view of the world history emerging for the first time, ask the decisive question and thinks through its metaphysical implications. The question is: Is man, as man in his nature till now, prepared to assume dominion over the whole earth? If not, what must happen to man as he is so that he may be able to 'subject' the earth and thereby fulfill the world of an old testament? Must man, as he is, then, not be brought beyond himself if he is to fulfill this task? […] One thing, however, we ought soon to notice : this thinking that aims at the figure of a teacher who will teach the Superman concerns us, concerns Europe, concerns the whole Earth – not just today, but tomorrow even more. It does so whether we accept it or oppose it, ignore it or imitate it in a false accent.”

In conclusion, the question of the Übermensch cannot be eluded, even though the market rabble tries to do so when, in Zarathustra, it invokes the less frightening “Last Man”…

Let us imagine three men thrown on board a sailing boat at large.  The first imprecates the fate that brought him there, and insists that involuntary passengers like himself should abandon ship using the lifeboats or even swimming if necessary.  The second suggests they impose a rule that prohibits any interference with the random drifting of the boat, except minimally for its maintenance; and he is above all intent to grab hold of the available rations and the best berth; or at most to find some way to divide them up equitably so as to maintain peace on board.  What instead matters to the third man is the possibility to steer the boat where he wants, learn to manoeuvre it, and decide on the route to follow.

510KiTr4e7L._SX342_SY445_QL70_ML2_.jpgToday, the space available to the second stance – that of the Freudian repression, still prevailing, above all at the level of governments and businesses – is gradually shrinking.  This in favour of both the first, the neo-Luddite, stance, be it of a traditionalist or neoprimitivist persuasion, rooted in religion or in “deep ecology”; and of the third stance, which we may call – without going too deep  here into the different shades of meaning of these terms – transhumanist, posthumanist, postmodern or overhumanist. 

In fact, when I recently took part in a project that researched the bibliography relative to the subject of biopolitics,  transhumanism, and the momentous transformation currently underway, I had the opportunity to inventory several hundred works published in the last 10 or 15 years, at an ever increasing pace, that deal explicitly with this topic, and that recognise that we are facing a transformation in comparison to which, in the words of Guillaume Faye, future historians will view the Industrialisation as small-time and the French Revolution as a storm in a teapot. A change that has its only precedent in the Neolithic revolution, if not in hominisation itself.  And in Italy this debate is anything but absent, not only because of my own modest contribution, but also because of a local awareness of the importance of the subject that is spreading ever further across the ideological and intellectual spectrum. 

Besides, in the short term, the bio-luddite technophobes on the one hand, and the transhumanists on the other, are objectively allied – if for no other reason than the common goal to raise public awareness that an era is over, that “business as usual”, which implicitly leaves it to the market and to abstract juridical rules to choose in our place, is both impracticable and potentially catastrophic.

The comparison you propose between the biopolitical revolution and hominisation is very interesting.  Before discussing this subject, however, I should first like to dwell on another matter: you fleetingly mentioned transhumanism.  What is it?  How does “biopolitics” relate to “transhumanism”?  Would it be the case that the former keeps the more “neutral” and “descriptive” tinge of a phenomenon that is actually taking place, while the latter indicates a specific path on which to direct the on-going mutations?  Is this correct?

Transhumanism is at once a very simple position, and a loosely organised galaxy of associations, authors, foundations, and initiatives existing primarily online.  As such, it effectively represents one of two poles around which rotates the paradigm shift that goes under the name of “biopolitical revolution”; the other pole is of course the one that transhumanists somewhat pejoratively refer to as “neo-luddite” or “humanist”– even though the respective alignments are still in the making, and still remain partly overshadowed by the residual weight given to other kinds of affiliation (such as the hazy ideological shades that might still be left in the nineteenth century distinction between “rightwing” and “leftwing”).  Now, not only it should be abundantly clear to everyone even vaguely familiar with my ideas that I stand firmly in the transhumanist camp, but in the last few years I have also actively participated in “organised” transhumanism, especially by serving as board member of the Associazione Italiana Transumanisti (http://www.transumanisti.it), by taking part in international forums on the topic, etc.

On the other hand, “transhumanism” in its wider sense, and when boiled down to its core “meme” (to use the concept Richard Dawkins forged in The Selfish Gene to refer to basic cultural units), means simply this: it is legitimate and desirable to employ technoscientific means to take charge of one’s own destiny and go beyond the human condition.

41UWKEWlVbL._SX331_BO1,204,203,200_.jpgIn this sense, transhumanism today stands at once for something more and for something less than my own personal take on matters of biopolitics.  Something more, in the sense that it consists of a very diverse spectrum of positions and backgrounds that, although mostly finding themselves on an inevitably converging path, still include some, in my view, residuals of outdated ideas derived from monotheism, albeit in a radically secularised form.  Something less, in the sense that my vision of the challenges and radical changes that are looming is based on a quite specific philosophical perspective, that many transhumanist trends and thinkers have as yet adopted (at best!) only implicitly.

And what exactly is that perspective?

Clearly, I think that the “fundamentalist”, overhumanist and posthumanist version that I stand for represents in the last analysis the only viable outcome for any consistent transhumanism.  And, conversely, that a rejection of decadence, of Fukuyama’s end of history, of Brave-New-Worldish cultural and anthropological entropy, in one word of the Zivilisation that today wants to project itself to eternity, of Nietzsche’s “Last Man”, of Gehlen’s “late culture” or Heidegger’s “oblivion of Being”, can really take us forward only if based in a “new beginning” of transhumanist inspiration.  Modern technology, with its futuristic capability to insert mutations in our environment and in us, is a Moloch that has been awakened after two thousand years of monotheistic repression of the European subconscious and of desacralisation of the world, but it is also something that will lead either to an outcome most likely to be catastrophic, or to as radical a rupture with our recent past as was the Neolithic revolution with respect to what came before it.  As Hölderlin writes in Patmos, “Wo aber Gefahr ist, wächst das Rettende auch.” (“Where poison grows, there too sprouts the remedy.”)

You mentioned the very Heideggerian expression of “a new beginning”.  This takes us back to what we said earlier when we compared the “biopolitical revolution” to the “Neolithic revolution”.  It would seem, then, that these future changes awaiting man in the scarcely begun third millennium retain in your opinion an undeniably “archaic” aspect.  How come?

“Archaic” literally means “initial”, “primordial”.  Accordingly, it may refer to the origin of what we are, as living beings, species, races or cultures; or it may refer to an origin that is yet to come, to our ability to become this origin.  Current linguistic usage privileges the first sense, and gives it a negative twist: the origin obviously does not embody all its subsequent developments, and in a way its residual, contemporary fossils reflect only a fraction of the potential which has in the meantime unfolded, thus betraying and denying its own developments and deployments. Such fossils represent then only the dream of a “reversion to the past” that has nothing to do with the original position of those who instead created, precisely through a revolution, a rupture with the world that came before them.  This is the reason why I have always been reluctant to adopt Faye’s word “archeofuturism”, be it just as an easy slogan; this, and because of archaic features that are already intrinsic to Futurism as those of one who posits or claim to posit himself as the origin of a new age, including that kind of nostalgia that is essentially a nostalgia of the future.  Furthermore, it may pertain to man as an historical animal – at least in the interpretation of history given by authors like Friedrich Nietzsche or Giorgio Locchi – that he is unable to plan, to conceive a revolution unless he can base it on the claim to a heritage. Viewed in this light, such a claim is a variable feature of every time and tendency and movement: the only difference with overhumanism is that this mechanism is consciously adopted, and radically so, because the depth of the desired transformation and the greatness of the collective destiny are assumed to be proportional to the historic depth that one is able to assume as one’s own.

slide-finale-e1364603072865.png

This brings to mind Nietzsche’s famous idea that “the man of the future will also be the one with the longest memory”, doesn’t it?

Exactly.  From this perspective, it is not by chance that the coming of age of contemporary technology and the gradual emergence of biopolitics, as a demand for human self-determination that digs into every aspect of our bodily and physical and spiritual “environment”, coincides with the gradually expanding knowledge of our most remote history.  In such a perspective, as already mentioned, the only precedent that might – just – be compared to the paradigm change that is taking place today is indeed that of the Neolithic revolution – and especially, from my point of view, how it interweaves with the response given to it by the Indo-European culture, which was partly its result, and partly its cause at least with respect to how the Neolithic age actually came to take on the shape it did.

In fact, hundreds of thousands of years after hominisation, it is with the Neolithic revolution, some time after the end of the last Ice Age, and in yet another impressive stage of the project of self-domestication that denotes the adventure of our species, that a “second man” emerges for the first time.  This Second Man is of course the man of agriculture (and the correlated sedentary lifestyle and first demographic explosion), of “towns”, of politics, religion, traditions, division of labour, of what has come to be called “pyric technology”, of the great Spenglerian cultures.  At the time of the Second Man, the “natural environment” becomes for the first time a cultural environment.  Not only is the natural environment henceforth influenced and moulded by the presence of man, but the human factor properly speaking becomes inextricably interwoven with the purely biological factors in a combined action at once on the individual phenotype and on the selective pressures that shape his genetic lines.

Fascinating...

Spengler wrote: “[At this point,] the tempo of history is working up tragically.  Hitherto, thousands of years have scarcely mattered at all, but now every century becomes important.[...]  But what in fact has happened?  If one goes more deeply into this new form-world of man’s activities, one soon perceives most bizarre and complicated linkages. These techniques, one and all, presuppose one another’s existence. The keeping of tame animals demands the cultivation of forage stuffs, the sowing and reaping of food-plants require draught-animals and beasts of burden to be available, and these,again, the construction of pens. Every sort of building requires the preparation and transport of materials, and transport, again, roads and pack-animals and boats. What in all is this is the spiritual transformation? The answer I put forward is this — collective doing by plan. Hitherto each man had lived his own life, made his own weapons, followed his own tactics in the daily struggle. None needed another. This is what suddenly changes now. The new processes take up long periods of time, in some cases years — consider the time that elapses between the felling of the tree and the sailing of the ship that is built out of it. The story that divides itself into a well-arranged set of separate ‘acts’ and a set of ‘plots’ working out in parallel in one another. And for this collective procedure the indispensable prerequisite is a medium, language.”

https _blogs-images.forbes.com_sarwantsingh_files_2017_11_Picture1-1200x677.jpg

Gehlen however remarked many years ago, much before bioengineering, nanotechnology or artificial intelligence existed even hypothetically: “The industrial revolution which today is drawing to a close marks in fact the end of the so called ‘advanced cultures’, that prevailed between 3500 BCE until after 1800 CE, and fosters the emergence of a new kind of culture, as yet not well defined.  Along these lines of thinking, one could indeed come to believe that the ‘civilised age’ as historical period is about to pass away, if one understands the word civilisation in the sense that has been exemplified by the history of the advanced cultures of humanity until today.”

So in fact what lies ahead is the end of the post-Neolithic age and of everything that pertains to it…

There’s no doubt about it.  But at the same time, the Neolithic turning point is the only example we have of what a response to the biopolitical revolution might consist in, the revolution that will see man “inherit the Earth”, and gain total responsibility for his physiology, psychology, identity, composition, and everything that will sustain and interact with him.  On this matter I refer to the distinction I make in my already mentioned bookBiopolitics between societies that have refused or ignored this sort of transformation, consequently heading more or less deliberately towards irrelevance and extinction; “cold” cultures that have tried to congeal early achievements into an endless repetition, somehow mimicking the previous stagnation; “tepid” cultures, active but unwilling “preys of history”; and finally the (Indo-)European response and the myth it gave rise to. It is of course this last response I have in mind when I take the Neolithic revolution as a model.  And it is also interesting to notice that if the rupture that is currently about to take place is likely to be even more radical, and in this sense more similar (since it will necessarily lead to a posthuman outcome) to hominisation itself, the most recent studies tend to emphasise how the time of the Neolithic revolution is one of significant biological mutations, of which only a few years ago we had no idea.

81DYW0uwLtL.jpgNicholas Wade writes in Before Dawn (Penguin 2006): “The recent past, especially since the first settlements 15,000 years ago, is a time when human society has undergone extraordinary developments in complexity, creating many new environments and evolutionary pressures. Hitherto it has been assumed the human genome was fixed and could not respond to those pressures. It now appears the opposite is the case. The human genome has been in full flux all the time. Therefore it could and doubtless did adapt to changes in human society”. Inferring from the studies Wade uses for illustration, these changes include among other things the gradual spread, originating in Europe, of genetic traits that would indeed have influenced the cognitive performance of our ancestors!

It has also already been remarked elsewhere that in a certain sense history’s major cultures represent grand experiments in eugenics and/or inbreeding, inasmuch as they not only clearly result from originally different populations, but also consciously or unconsciously end up selecting for arbitrary, different and – as Peter Sloterdijk remarks in Regeln für den Menschenpark (Suhrkamp Verlag KG, 1999)– totally artificial traits, in a loop that ends up reinforcing and evolving the initial features in unpredictable ways. Here too the Third Man, who according to my prognostics is summoned to command the biopolitical revolution, can perceive the true level of magnitude of the transformation, which is not that of the first green revolution in agriculture going back to the fifties and sixties of last century, nor that of the nineteenth century Industrial revolution, but of the one that began eight or ten thousand years ago.

Before we continue it might be a good thing if you clarified the nature of this figure, the “Third Man”, that you just mentioned.  What’s it about?

The expression “third man” does not in itself refer to a new species or a new race (even though biological mutations are inherent in the origin, and even more so in the implications, of the term in its wider sense).  And even less does it connote some next step in the cultural progress of “humanity”.  It is merely an anthropological Idealtypus, a category of philosophical anthropology, discussed in greater detail by Arnold Gehlen or Giorgio Locchi, but intrinsic also in the converging intuitions of many authors of different leanings and objectives, from Ernst Jünger to Herbert Marcuse, from Peter Sloterdijk to Martin Heidegger to Filippo Tommaso Marinetti, and the definition of which bears deeply on man’s essence, the rein-menschliches, and its relation to technology at a time of profound upheaval.

54129_feed-tag_1urS_I_fExMse.jpg

In this light, the “first man” would be represented by what the anthropologists call the “behaviourally modern man”; he is the hunting-and-gathering being who self-creates through the adoption of language and magic, which allow him or her to identify with models borrowed from the environment in which he is immersed in order to make up for his natural shortcomings and exploit his ethological plasticity, thereby becoming the “omnibeast”, the “open-ended” animal.  The Second Man, on the contrary, is represented by the emergence, precisely with the Neolithic revolution, of the new diverse, long-lasting and fast-changing ways of life and artifacts, the differentiation and affirmation of which are well illustrated by the biblical myth of the Tower of Babel.  If the “first man” epitomises the ability to mirror his environment and recast himself therein, and the second man the ability to modify and choose his own self – also biologically - by shaping his own specific environment (Umwelt), the Third Man is then the one who masters this process, which has necessarily become self-conscious and deliberate inside an environment which, at least within the Earth’s biosphere, can from now on be nothing other than through and through artificial – even when it is intentionally architected to maintain or recreate the idea of an arbitrarily, and culturally identified, image of “nature”...

Could you elaborate?

In other words, if the cultural texture of the selective pressures and environmental influences that shape individuals and their communities is what determines the humanity of the “second man”'s phylogenesis and ontogenesis, in the Third Man these processes are themselves cultural products.  With the third man, when the technologies of transportation, storage and long-distance transmission of texts, data, sounds and images, modern medicine, computation, engines running on physical and chemical energy, emerge, then our “extended phenotype” alters both gradually and dramatically until transforming into a cyborg or at least into a fyborg ( (a “functional cyborg”, as described by Gregory Stock in Redesigning Humans, Mariner Books 2003).  So, it is not by chance that the arrival of this “third man” immediately opens up a new perspective of eugenic self-determination, which the new responsibilities now weighing on us render both possible and necessary – as do the potentially catastrophic consequences of the process of his own affirmation.

It should be added, as I have done elsewhere, that the above mentioned anthropological types are of course to survive, and their histories to overlap to a certain extent, at a geographical or cultural level – at least until the deplorable and final establishment of a global Brave New World -, at a social level, and in individual psychologies and reflexes, as the reptile may in general terms survive in man; exactly like pre-Neolithic cultures, for instance the Australian aborigines, have somehow managed to survive until now, or at least until the beginning of last century.  Actually, if the past is a good precedent for the future, the sociology of the third man might have a few surprises in store  for us concerning the commonplace of an “evolution” that would be “reserved to a few”.

Transhuman-Face_md.jpg

Meaning?

In the post-Neolithic society, contrarily for instance to Guillaume Faye's hypothesis in Archeofuturism (Arktos Media 2010) that the future might bring us modi vivendi with two velocities, it is in fact the elites, if anyone, who perpetuated archaic ways of life, albeit in an idealised and largely symbolic form. The king's park, as I stress in Biopolitics, does not consist of cultivated fields around densely scattered farms, but of essentially uninhabited gardens, orchards, hunting grounds, areas set apart for the occasional and highly ritualised combats (duels and tournaments), where until relatively recently the aristocracy still mimicked lifestyles more than a little related to those of hunting-and-gathering cultures.  While for most people daily life, for better or for worse, had been much more disrupted by on-going historical mutations than for those who found themselves to organise and manage such mutations.

But what would be the corresponding changes applicable to the Third Man?

Of course, with respect to the Third Man, if the origin of this transformation might be that the geographical exploration of all land above sea level and the first industrial revolution had essentially been exhausted, it is the promise of the technologies subsumed by the umbrella term defined by the expression “bio-nano-info-cogno” that represented the final point of rupture with the “old” lifestyle.  So, to conclude, I will adopt a metaphor taken from computer science, with all due caution required when dealing with metaphors: if with respect to the somewhat static and repetitive behavioural modules of chimps and gorillas we could “poetically” compare the first man to a calculator, who would for the first time make it possible to add, multiply or divide arbitrary integers, then the second man would correspond to a universal and programmable computer, such as the PC that stands on everyone's desk, and the third man could be likened to an artificial intelligence capable of self-programming.

This idea of man consciously self-designing calls to mind what Craig Venter, the American scientist once more made famous by the announced creation of a lab-synthesised chromosome, recently declared in an interview with the BBC: “The synthesis of an entire human genome in a test tube will be possible already in this century, but I don't think that it will take place, because we scientists are all against this kind of experiments on humans. This of course doesn't rule out that someone will do it next century, or attempt to change some pieces of DNA to improve some physical features”.  What do you think of this?

I think that, with all due respect for Venter and for what he has achieved until now, to speak of “all we scientists” is stretching it, because scientists' stances are (luckily) spread across the whole spectrum of opinions found inside the communities where they are active, even though there are important statistical discrepancies  (for instance, on average, American scientists subscribe much less to Intelligent Design than does their society at large), and often they feel  a degree of solidarity with the aspirations alive in these communities. In fact, contrary to Venter’s view, I daresay that if something is doable, and likely to be advantageous to those concerned, then it is pretty likely that sooner or later someone will go ahead and do it.  Nevertheless, what a repressive legislation is able to affect is the when, who, where and why (here in the sense of “to what end?”, “in whose interest?”).

413sardSmGL._SX315_BO1,204,203,200_.jpgAs Gregory Stock say in Redesigning Humans (op. cit p113): government regulations “in this area are unlikely to alter the fundamental possibilities now emerging.  The legal status of various procedures in various places may hasten or retard their arrival but will have little enduring impact, because, as already noted, the genomic and reproductive technologies at the heart of GCT [germinal choice technology] will arise from mainstream biological research that will proceed regardless.  Bans will determine not whether but where the technologies will be available, who profits from them, who shapes their development, and which parents have easy access to them.  Laws will decide whether the technologies will be developed in closely scrutinized clinical trials in the United States, in government labs in China, or in clandestine facilities in the Caribbean.”

On the other hand, it is within the realm of possibilities that an indefinitely expanding and ever more pervasive system of social monitoring, aimed at exorcising such a prospect, will emerge.  For instance, regarding human reproduction and genetic engineering, when the relevant technologies will be available to everybody, not much beyond the level of a children’s chemistry set, in order to prevent their adoption we shall have to enforce the sequestration of all ovules and spermatozoa from their natural holders in order to prevent their manipulation, institute a database of “natural” species and race that it shall be prohibited to bypass, and create laws that make testing of all pregnancies compulsory to verify that they are the result of one’s own ovule, fertilised by a randomly selected partner of unknown genetic identity, and that all pregnancies must be carried to completion while the nature of its fruit remains in the dark. 

A terrifying scenario, which however is  hardly sustainable in the long run...

Effectively very hard indeed, and this despite efforts of  “bioethical committees” and of reactionary legislators.  In fact, in a conference in 1998, James D. Watson, the Nobel laureate and father of the Genome Project, and with Francis Crick, the discoverer of DNA, long before his crucifixion by the media that recently affected him, at the age of eighty, because of some not-really-politically-correct statements, when confronted with the usual litany of the difference between the “good” genetic engineering that aims to “cure”, and the “bad” one that aims to modify or meliorate, stood up to say: “No one really has the guts to say it, but if we could make better human beings by knowing how to add genes, why shouldn’t we?” Stock adds: “Watson’s simple question, ‘If we could make better humans…why shouldn’t we?’ cuts at the heart of the controversy about human genetic enhancement.  Worries about the procedure’s feasibility or safety miss the point…” No one is seriously worried about what is impossible.  “Some critics, like Leon Kass, a well-known bioethicist at the University of Chicago who has long opposed such potential interventions, aren’t worried that this technology will fail, but that it will succeed, and succeed gloriously.”

Another frontier which, to the dismay of scandalised bioethicists, is on the verge of being conquered by science, is human cloning.  It was recently announced that a team of biologists of the Oregon National Primate Research centre of Beaverton, USA, would for the first time successfully have cloned tens of embryos from adult monkeys, and this demonstrates that primates too (and therefore humans) can today be cloned. What do you think of this scientific practice, considered by many to be the very incarnation of the conformist and egalitarian spirit of the system of power in place?

Cloning is a term that generally refers to the possible asexual reproduction of sexually reproducing animals and plants.  In stricter terms, it is in principle a banal procedure, although technically difficult in the case of higher animals, that consists in substituting the genetic material of an ordinary, and therefore diploid, cell to that found in an ovule, which consequently develops, with no prior fecundation, an embryo which for most practical purposes is a twin of the donor.  This method of asexual reproduction is equivalent to parthenogenesis, which consists in stimulating a ovule to duplicate its genetic code in order again to have it develop into an embryo that is genetically identical to the mother and so, contrarily to the best-known religious narrative about human parthenogenesis, inevitably female.  And it is equivalent to any intervention that causes an embryo to split while still at the totipotent stage, which as known does not induce the growth of two “half-foetuses”, but of two genetically identical foetuses.

transhumanisme.jpg

The latter technique presents us with an “interesting” theological dilemma with respect to the soul of the original embryo: does the soul of the original embryo split as well? Is it miraculously supplemented, in favour of either randomly chosen foetus, by  and additional one? Or, if actually two brand-new souls are instead supplied, does the first soul “return to heaven”?  Luckily this problem has been solved by the Italian parliament, with Law n. 40/2004, so-called on “assisted procreation”, even though it plainly concerns several additional issues.  According to article 12, paragraph VII, of this statute, which puts all these procedures in the same basket, “whoever implements a procedure meant to obtain a human being descending from a single initial cell, and possibly with identical nuclear genetic heritage to that of another human being alive or dead, shall be subject to imprisonment for a duration to be determined between ten and twenty years and to a fine between 600000 and 1 million euros.  If he is a medical doctor he shall in addition be permanently barred from the practice of medicine».  Now, given that this sentencing guideline is more severe than that concerning punishment of involuntary homicide and assisted suicide in the Italian jurisdiction, we know that our legislator, in the spirit of the paranoia stemming from bioluddite circles and the so-called movements pro... life (!), regards as homicidal the quite trivial decision to provoke the birth of two monozygotic twins – a phenomenon that occurs spontaneously in about one in 300 pregnancies without causing bereavement in the family, social alarm or for that matter any attempts to prevent it... 

Besides,  it is significant that the “pro-life” concerns of these milieux are especially directed against reproductive cloning, which after all yields individuals destined to have a normal life, while they find it somewhat more difficult to attack the so-called “therapeutic cloning”, the purpose of which is the development of stem cells necessary to cure the sick, although this procedure results in the inevitable destruction of all the utilised embryos; so that those movements tend in this case to prioritise the promotion of competing alternative procedures (adult stem cells, etc.) rather than investing in unconditional criminalisation campaigns.

Is it not true, on the other hand, that therapeutic cloning and reproductive cloning are simply the two faces of the same coin?  Aren’t the distinctions between them just byzantine, specious and doomed to be outstripped by events?

It is very true.  And it is just as true that the one makes the other move forward.  While it is unclear whether there are already cloned children walking among us, it would only require the implantation into an available uterus, with methods now tried and tested, for the human embryos generated from casual cells since May 2005 in the United Kingdom and Korea for possible “stem cell therapies” to turn into children, thus guaranteeing the indefinite repeatability of interventions and experiments.

71RJu8sJZLL.jpgSuch prospects have also become increasingly realistic by the announcement of recent breakthroughs in the cloning of embryos from the cells of adult primates; and, before that, by English research programmes that hint at the feasibility of human DNA transplants into ovules of bovine origin, a practice which would avoid the complicated and rather unhealthy procedure necessary to remove several ovules from human donors.  Hence cloning, perhaps just because its realisation is already in sight, becomes “the” primary target of the whole bioluddite movement throughout the world.

As Brian Alexander writes in Rapture (Perseus 2003, p 129), “The reality of cloning and stem cells pulled bio-Luddites like Kass from the margins and galvanized a strange coalition between conservative politicians, Christian evangelists, the Catholic Church, leftwing intellectuals, and green environmentalists, all of whom realized, like the bioutopians, that gene technologies, welded to stem cells and cloning, might finally permit humans to decide their own biological future.  With cloning technology it was now possible to genetically engineer a cell with some desired trait, insert that cell into an egg, and get a custom-made creature.  That’s why it was invented.  Stem cells made that prospect even simpler, just like they had for making customized lab mice.  Those prospects drove the unlikely alliance. […] No amount of hyperbole was too much if it succeeded in scaring the bejesus of the public.  Kass even equated the fight against the evils of biotechnology to the battle against international terrorism: ‘the future rests on our ability to steer a prudent middle course, avoiding the inhuman Osama bin Ladens on the one side and the post human Brave New Worlders on the other’”

Of course the popularisation of these 'battles' continues to generate monsters...

Certainly.  In the debate on American law against human cloning, that the Bush administration has actively tried to extend to the rest of the world, in particular via the United Nations (see resolution no. 59/280, “The United Nations Declaration on Human Cloning”), the proposer of the parliamentary bill Cliff Sterns from Florida made matters splendidly clear: “When you do a clone, there are these tentacles, part of the ovum.  They remove that.  There’s an actual term for that.  When you clone, you don’t have an exact clone of the ova material.  The tentacles are all removed…The clone would not have these and yet you and I have these when we are born.  If we clone ourselves, we would not have them.  We would have a category of somebody, people who did not have these tentacles and these might be superior or inferior people”.  As Alexander comments (Rapture, op.cit. p140): “This was the sort of explanation that made scientists bury their faces in their hands, speechless.  But such misconceptions were popular.  On April 14, 2002, pundit George Will appeared on ABC’s This Week with George Stephanopoulos and argued that all forms of cloning, therapeutic or not, should be banned because ‘these are entities with a complete human genome’.  In fact, just about every cell, red blood cells being one exception, has a complete genome.  By Will’s logic, you could not tamper with any cell in the body, even cancer cells.”

Things quickly get paradoxical when thinking along these lines...

Now, it is evident that, while cloning may strike the areas of the public who are collectively more receptive to bioluddite and politically correct propaganda, owing - paradoxically - to the dreaded risk that humans might indeed become...all equal, it does not per se increase the odds of a reduction in genetic diversity for the species concerned. Actually, not only does cloning enable science to study the heredity of specifically human traits such as “intelligence” without the limitation of work on natural monozygotic twins (and only people who fear the results of these studies will dispute their value for anthropology, public health, education, etc.); but it also makes it possible to investigate how identical genetic endowments, perhaps pertaining to individuals that are phenotypically exceptional in some respect or other, are expressed in different, and indefinitely renewable, contexts. In fact, objecting that the price to pay for knowledge of this kind would be an ever greater “uniformisation” of the human genus – an oddly paradoxical criticism in a culture where equality and conformity are considered positive values and goals – is only valid with regard to the choice to create a very large number clones of a single, or very few, individual(s) while preventing everybody else to reproduce.

transhumanisme3.jpg

Gregory Stock writes: “The very fact that human cloning has become the rallying point for opposition to emerging high-tech reproductive techniques emphasizes the challenges ahead for that opposition.  Human cloning is largely a symbol. It appeals to only a tiny fringe.  It does not yet exist.  There could be no easier target for a ban.  And whether or not restrictions are enacted makes little difference, because as Kass and Fukuyama must know, if procedures for human cloning do not arrive through the front door, the will come through the back, probably propelled by state-supported research on embryonic stem cells […] Attempts to prevent cloning in the United States or Europe would simply shift the effort elsewhere [...] At the end of 2002, Britain announced it would add an additional £40 million to the £20 million it had already committed to stem cell research.  Japan is building a big centre in Kobe that will have an annual budget of some $90 million.  And China and Singapore are also moving ahead aggressively”.

In reality, a cloned individual implies a genetic loss for his species only in the case in which his birth correlates to an extinction of the genome of the potential reproductive partner of his or her parent; that is, in the case in which the sexual partner is not destined to reproduce because of the parent’s choice to give birth to a clone.  Short of this, reproduction via cloning does not entail more depletion of genetic diversity than does the natural occurrence of monozygotic twins in higher animals and in humans, or the reproduction via parthenogenesis of plants and animals that can resort to this as an alternative to sexual reproduction.  On the contrary, in the case of animals, cloning is already used as much to perpetuate the lineages of animals with exceptional characteristics as to conserve species on the verge of extinction.  Similarly, human and animal cloning could well be deliberately used to defend biodiversity, just as much as to reduce it; that is, to preserve and spread desirable differentiations inside a given population, that perhaps would otherwise have been destined to disappear and to be reabsorbed, possibly in the framework of more general dysgenic trends arising from present-day lifestyles, ensuring their  transmission to the immediate offspring of the individuals concerned, and their protection from the genetic roulette of sexual reproduction.

Your reflections on technoscientific interventions on “man's humanity” seem to draw a fundamental line of demarcation between your position and the traditional outlook of the so-called “Nouvelle Droite”, with which you had connections in the past: in fact, when this French school began to think about technoscience and sociobiology, the positions they expressed were still too “rightwing” with respect to your current theses. At that time, that is, the challenge was that of “biological realism”: namely to show (thanks to Darwin, Eysenck, Lorenz, etc.) how inequality, conflicts, hierarchies and territoriality were “natural” facts, in opposition to the abstract ideology of judeo-christian and leftwing egalitarianism.  With Biopolitica, however, you sound closer to a form of “biological constructivism”than to a mere “biological realism” .  Is that so?

5752.jpgIn fact, the “Nouvelle Droite”, precisely from the moment when it accepted this appellation, has had a constant inclination to shun any sensitive subjects of a biological or biopolitical nature.  However, prior to that time, and even before I came in contact with its principal exponents, it had certainly played an important role in the divulgation and philosophical assessment on scientific (ethological, psychological, psychometric, genetical, anthropological, etc.) discoveries of the fifties, sixties and seventies of last century; thus reviving the debate and demystifying the idea, until the seventies almost taken for granted by human sciences, of man as a tabula rasa (see Steve Pinker, The Blank Slate, Penguin 2003), and of a humankind clearly set apart from the rest of the biosphere and internally undifferentiated, whose behaviour as well as individual and collective variations would be dictated by purely contingent factors.  But the alternatives innate/acquired, nature vs nurture, have always been a foolish and journalistic way of putting things, and in fact the nearly exclusive prerogative of those biased in favour of the second term of such dichotomies.  In evolutionary terms, it is clear for example that it is the environment which selects the variants found inside a species, or that allows genetic drift to act through the reproductive segregation of subpopulations.  Similarly, in the specific case of the human species, its specific environment itself, as Peter Sloterdijk stresses (op. cit.) is always a largely cultural product; therefore cultures are in fact large scale experiments in self-domestication and goal-oriented selection, especially when it comes to sexual selection.

But cultures, in their turn, even though they are subsequently transmitted by “memetic” diffusion, are necessarily the creation of a specific people, whose identity and composition are thereby reflected in a unique and unrepeatable way, reinforcing and modifying its characteristics via an altogether artificial feedback loop, thus defining lifestyles, collective values and correlatively differentiated reproductive successes for its members, and differentiated from one culture to another, from one society to another.  It suffices to think of something that is by definition cultural like languages: even today, as has been shown by, for example, Luigi Cavalli-Sforza (Genes, Peoples, and Languages, University of California Press 2001), the existence of a linguistic barrier drastically reduces, from a statistic standpoint and for equal geographical distances, the genetic exchange between communities; this in turn tends to create a more entrenched and complex diversity that is not only phenotypical.

It follows that, once one has accepted the idea that “God is dead” and that “man is summoned to inherit the earth”, it becomes immediately clear that also our own “nature” is destined to become, and this in a novel and deeper sense than has been true hitherto, the object of a culturally deliberate choice. 

e2643bcdf5cc4abd4798636cfc5ae73e.png

Therefore I cannot see, at least among the people writing at the time for the magazines and reviews of the Groupement de Recherche et Etudes pour la Civilisation Européenne or of Alain de Benoist, many believers in the doctrine of an eternal, uniform and immutable human nature, even though it is effectively a traditional reactionary Leitmotiv against “social” - but until the nineteen twenties also eugenic -  experimentalism by the European (but not only European) left. The contrary would have been paradoxical, given the French movement's insistence on anti-egalitarianism, and on ethnic and cultural identity.  It is not a coincidence then that Yves Christen, the author in the winter 1971 issue of Nouvelle Ecole of one of the best studies on pre-biotechnological eugenics of the time, wrote at the same time Marx ou Darwin, L'Heure de la Sociobiologie, but later, and more recently, Les années Faust. La Science face au vieillissement, which was one of the first French popular books on matters of longevity and on the possibility, now debated, of “forcing” current human nature to this effect.  There is as well no need to recall the firm and consistent bio-Faustian positions of Guillaume Faye – a character who has certainly moved away from what had in the meantime become the Nouvelle Droite, but who has made major contributions to its original thematics –; they are manifest throughout all his more strictly philosophical works.  Or even the convergent, though distinct, position of Charles Champetier, who at one stage was one of the animators of the French transhumanist movement, in particular with the site at http://www.lesmutants.com, and who published on Eléments the article “Avec les robots, par delà le bien et le mal”. Therefore, those who have been involved with such milieux and share the idea that the current biopolitical revolution is a central issue, are very unlikely to have “rightwing” positions on these matters. For those instead who have in the meantime “turned right”, mostly they are no longer interested in these issues, and when and if they are they appear more likely to be influenced by Arne Næss’s “deep ecology” than by the traditional belief that human nature would be universal and immutable.

What we're left with, out of the biopolitical efforts of the GRECE, is the positive element of “realism” your question refers to: namely that it is foolish to elaborate philosophical or sociological theories on, for instance, aggression or sexuality or social ranking without taking into account the extent to which these aspects are simply dictated by our evolutionary history and correlatively by our ethological, genetical, neurological and endocrinological make.  This element deserves to be retained, both in terms of amor fati to set against the various humanist frustrations on these matters, and in view of a later and deliberate development of precisely this biological “nature”.

51UVqg3ZDVL._SX325_BO1,204,203,200_.jpgIt is however undeniable that the age of genetic engineering, of cybernetics and of nanotechnology predisposes us, also conceptually, to a major quality leap. Many now explicitly speak of a “posthumanity”.  Would man, in fact, be destined to vanish like “a trace in the sand between an ebb and a tide” in the words of Michel Foucault? Who added that “man is a composition who only appears between two other, that of traditional past that knew nothing of him and that of a future than will no longer know him.  This is a cause neither of pleasure nor of lamentation”.  Is it not not a widespread opinion that manpower has already coupled with the power of another kind, that of information, and that together they compose something distinct from man, that is indivisible “man-machine” systems, where man has been inextricably linked up with third generation machines? A union based on silicon rather than on carbon?

Man is definitely a borderline figure, a “stretched rope” in the ultra-famous words from Nietzsche’s Zarathustra, and it is no accident that that humanism's final success (in the sense here not of the Renaissance’s Humanism, but as the fulfillment of judeo-christian theo-anthropocentrism, including in its nowadays dominant secularised version) has been raising, now for more than a century, the issue of going beyond man.  “Going beyond” becausethis appears, in the Wagnerian sense, what the “specifically human”, the rein-menschliches, really is; at least for those who see such “going beyond” precisely as our destiny, outside which one finds accordingly not only the renunciation to the “overhuman”, but also, as a consequence, to the “human” quality itself.  Now, if this issue has been with us for a long time, today is is our immediate horizon, both because of the new light in which we interpret man's relation to his artificial environment and because of the “quantic leap” represented by the (possible) coming of the “third man” already mentioned.  Even before Roberto Marchesini (Post-Human. Verso nuovi modelli di esistenza, Bollati Boringhieri 2002), Richard Dawkins emphasised how the traditional conception of the living individual as defined and limited by a “body” is no longer adequate, and replaced it with that of the “extended phenotype” (The Extended Phenotype: The Long Reach of the Gene, Oxford University Press 2002), in which the organism is a set of complex relations with the surrounding world, its parasites, its symbionts, its material and non-material tools, its nutrition and its predators.

If this is true, given that it isn't functionally possible to abstract an oyster from its shell or an ant from its anthill, before we even become cyborgs, we are already, all of us and increasingly so, what we have seen Gregory Stock call “fyborgs”.  Our cognitive, sensory, immunitary, digestive, locomotive, predatory capacities as well as those of mechanical work and of climatic adaptation, are radically mutated by a heap of tools, devices, procedures, interactions and techniques so powerful that their growth curve, after having increased at a steady rate for thousands of years, appears today to have taken on an exponential form.

13021202_transhumain-henry-neu.jpg

As Roberto Marchesini emphasizes in Posthuman.  Verso nuovi modelli di esistenza (op. cit.), it is naive to believe that all this points to changes in “the external world”.  It points, and always has pointed, to changes inwhat we are, not abstractly but practically.  This is just made more obvious when this metaphorical “body” is itself invaded by anything from dental fillings or hip replacements, contact lenses or pacemakers - but today much more radically and arbitrarily by cochlear and retinal implants, by plastic surgery, by subcutaneous RFIDs, up to the first experimental neuronal interfaces with digital devices and equipment.

And this process seems to be accelerating...

Clearly, owing to the stage, still rather rudimentary, of these technologies, they are mostly restricted for the time being to therapeutical  and prosthetic applications. Why replace two perfectly healthy legs with mechanical prostheses when any when any gain in performance thereby obtained would easily be outdone by a motorbike?  And above all, speaking for instance of man-computer interfaces, sight, touch and hearing have for thousands of years been selected for as preferential cerebral input channels, so it is reasonable to expect that before running into genuine bandwidth limitations we can look forward to a great many enhancements in our use of these channels.  Nevertheless, if fictions such as Robocop, Bionic Woman or The Six Million Dollar Man continue to view human enhancement as a response to very serious physical damage, today the athlete Oscar Pistorius has demonstrated how performances allowed by devices designed to palliate a handicap already enable humans to surpass what is considered as merely “normal”.  And if the shortcomings arising from the transition to “all-artificial” solutions will gradually be going away, our experience in matters of vaccination or mammary prostheses teaches us that the “remedial” goals will simply become less and less relevant in comparison with the desire to modify or to enhance characteristics deemed “just” normal. 

9782226216441_1_75.jpgNaturally, as Hervé Kempf writes in La révolution biolithique (Albin Michel 1998) , it is absurd to dread (or, for that matter, to look forward to) a world in which we would be transformed into the caricatural robots of sci-fi movies from the fifties.  In fact, while genetic engineering continues to work with the organic stuff that has always made us up, our fusion with “silicon” is in any case bound to take place on a different level (and perhaps never to take literally place at all, given that much of the most promising research in the field of information technology or materials science actually involves...carbon!).  In other words, save perhaps for the experimentalism or the “tribal” trademarks of minorities who are heavily into “body modification”, such a fusion is bound to happen gradually as part of a cross-pollination between technologies and cultural paradigms, in such a way as to make their encounter go both unnoticed and unannounced in a world of increasing flexibility, freedom and morphological reversibility.  Which of course can yield things either horrific or splendid, decadent or vigorous, depending upon their use, and also upon how their use will be perceived.

Here, nothing new under the sun...

In any event, today more and more thinkers with interests not only in technology, but also in philosophy or anthropology, ask themselves questions and imagine scenarios, above all interpretative, about the momentous metamorphosis under way, almost invariably on the basis of some consideration of the essence of technology in its relation to man, an essence which ends up representing a form of converging “unveiling”, in the Heideggerian sense, of the limitations of humanism and of the “modernity”, as we have understood it so far, which is anyway undergoing a crisis in its philosophical, anthropological, epistemological and axiological aspect.  And here I am pleased to notice a surprising vivaciousness and keenness on the part of the Italian intellectual landscape - something which stands in sad contrast to the generally devastated condition of technoscientific research in our country, for which sporadic centres of excellence unfortunately cannot make up.

In particular, if doomsayers of various levels of perception express, albeit with a negative prefix, an understanding of these matters remarkably similar to my own, from Severino to Galimberti to Barcellona to Esposito, Italy is still the land of syntheses between postmodern (or better, in the words of Riccardo Campa, post-postmodern) criticism and downright posthuman positions such as those by Roberto Marchesini, Aldo Schiavone (Storia e Destino, Einaudi 2007) and Mario Pireddu (see Postumano. Relazioni tra uomo e tecnologia nella società delle reti, Guerini 2006).  While these authors may reject the more folklorically eschatological or millenial aspects of a certain American transhumanism, they all clearly share a rejection of more or less chimeric neoluddite evasions and an endeavour to think a posthuman culture.

31uFPdXEK2L._SX289_BO1,204,203,200_.jpgReturning to the main tenets of the Nouvelle Droite, something very similar to the Eysenck and Jensen affair, who had obtained much support at the time by de Benoist and company, has happened to the well-known biologist James Watson, attacked because he recently declared himself “inherently gloomy about the prospect of Africa because all our social policies are based on the fact that their intelligence is the same as ours—whereas all the testing says not really”. What do you think of this statement and of the polemics it gave rise to?

Frankly, what is really striking about the Watson affair, even more than its merits, is the extreme and paradigmatic meaning it takes on by showing how far and deep the blanket of conformism and political correctness, which today essentially chokes freedom of thought, speech and research all over the planet, has actually reached.  Of course we all know that there are people, above all but not only in the US, who go around with Ku Klux Klan hoods, wear brown shirts or wave the flag of insurrectional anarchy, absolute monarchy, satanism or stalinism.  All this is intermittently repressed, viewed at worst with a kind of resigned annoyance, but in reality it is mainly perceived as functional to the maintaining of status quo.  First of all, as a visible manifestation of an Evil for good citizens to point the finger at, in an Orwellian “Three-Minutes-Hate” style; and secondarily as a spectacular safety valve -  and sterilisation device - for whatever “drives” of radical dissent there might exist, whose most dangerous exponents are “emulsified” from the rest of society, and now and then eventually “skimmed off” via legal action and other means.  But all this concerns only the lunatic fringe, openly defined as such, and who in their heart of hearts is often all to happy to remain a lunatic fringe.

And therefore nothing to do with Watson...

Not at all: James Watson is a Nobel laureate, a certified genius, especially as the discoverer, together with Francis Crick, of DNA - a scientist whose towering figure has impacted on the whole of the twentieth century, on par with Heisenberg, Gödel, Chomsky, Einstein, von Braun or Lorenz.  At the age of eighty and at the end of his career, free from tenure, assignments or funding concerns, financially independent, author of many bestsellers still in print, all but outside the political arena, he could be considered as one of the least vulnerable of all people, be it to blackmail or to reprimands by the intellectual establishment. And yet, because of a passing remark, quoted out of context, he has been forbidden to give talks and to present his latest book anywhere in United Kingdom, has been pilloried by the media all over the world, has lost his (now nearly honorary) chair, which he has held for over forty years in the Cold Spring Harbor Laboratory, in addition to which he has been unconditionally and irrevocably banned by representatives of academia, by public agencies and institutes, by scientific boards.

71FbXk06QtL.jpgThis reveals the abyss between contemporary political correctness and what Alain de Benoist and others used to call “intellectual terrorism” in the seventies, for example with respect to the polemics over the outcome of psychometric research, on which de Benoist’s publishing company, Copernic, published in France a book called Race et Intelligence, signed Jean-Pierre Hébert.  At this time, Hans Jürgen Eysenck or Arthur R. Jensen were definitely attacked, even physically attacked, by a minority of politically active students, and  were prevented to speak on a few occasions.  But the controversial nature of their research was certainly not an obstacle to their invitation to public debates or to having their work printed, and in fact few public figures, even among their most scandalised opponents, openly admitted to wishing more than anything that their ideas be challenged and confuted.  Even in 1994 Richard J. Herrnstein still managed to publish, passably untroubled, The Bell Curve (Free Press 1994), on the bell-shaped distribution of intelligence, the conclusions of which were taken seriously at the time, despite the ritual anathemas.

And today this is no longer the case? What has changed in the meantime?

In the meantime what has happened is that “leftwing” students have become civil servants, politicians, intellectuals, researchers and administrators, who are by now totally integrated in the system, and mostly converted to conservatism; but their openness to freedom of speech and heretical opinions has not changed, and has even grown ever narrower because of influential positions held, mutual reinforcement, and the awareness that they are no longer part themselves of a vulnerable minority. Worse, the radical blanket described earlier has spread globally, implicating, if not the whole planet, at least the whole “Western” sphere.

But let us get to the merits.  What Watson said is a banality that has time and again been confirmed by empirical data.  The so-called “intelligence quotient”, just like most quantitative and measurable characteristics within a population, is distributed so that its curve has a “bell shape”.  This distribution curve, in other words, starts off with a small percentage at very low levels of the variable in question; then it grows, slowly at first, then more steeply, until it flattens out around the mean value; after which it decreases, and finally once again asymptotically tends to nought as it little by little approaches the most extreme, highest values.

Now, as is the case for practically all genetically influenced characteristics, the “bells” representing different components of the same population, or different populations, are not superposable at all.  More specifically, they can have a different shape (be for instance steeper or flatter), or their barycentre might be further right or further left on the axis of the quantity under consideration.  Hence, the remark, whenever their performance in solving IQ tests is measured, the average results of Ashkenazi Jews are higher than that of other “whites”; that “yellow” people have sharper differences between their average and maximum values; and that the performances of Americans with a recent African origin are lower than the US average, and those of individuals of the negroid race still living in Africa lower still.

Woman-with-metal-Monocle.jpg

It is also the case that other characteristics or abilities (from velocity in sprinting, to the efficiency of the immune system, to empathy, to longevity) can yield, and do yield, entirely different results.  Not only that.  Contrary to the implications of the cheap irony dumped on Watson by an ignorant journalist with reference to the presence in his DNA (made public by himself) of around 16% of negroid genes, consistent with the existence of an unknown great grandfather or great great grandfather of African ethnicity, the scenario here described does not in any way exclude, and even foresees, that there must exist individuals belonging to populations exhibiting lower results who present values even noticeably above the average of more “favoured” populations.

Finally, in the case of intelligence quotient, even the researchers who give most weight to its innateness still regard the hereditary factor to account for no more than 70% of the differences encountered in our species, which at the individual level leaves quite a lot of room for the action of educational and environmental factors.

If this is the case, how do you explain the number of scandalised protests such studies give rise to?

In fact, I think that such reactions betray the biases of protesters more than those of the researchers in the field of psychometry.  In reality IQ tests measure only...the ability to succeed in IQ tests. As such, their results should not be taken more at heart than tests tests measuring the average tallness of a population; and, even less, interpreted as a value judgement of general nature on the individual concerned.  Indeed, they could even in theory be used to justify supportive measures or policies of “affirmative action”, along the lines of - just to make a quip - remedial baseball lessons for white Americans, hypothetically at a statistical “disadvantage” in this sport. 

Be that as it may, there is a problem.  Results in “intelligence tests” are statistically correlated - after all, that's what they exist for - on the one hand to scholastic success (not in terms of popularity among peers but in scores achieved), and on the other (even though to a weaker extent) to “success” tout court of the individual concerned inside contemporary Western societies, especially in social and economical terms, everything else being equal.

Cyborg-2.jpg

The latter qualification is however of the utmost importance, because even though our societies love to fancy themselves as denoted by a high degree of social mobility, wealth is in fact mostly transmitted by inheritance; and in any event it automatically buys one’s own offspring, real or presumed, a better education, more important family connections, status and reproductive partners of better quality, thus contributing - also thank to a discrete level of class endogamy - to minimise in real terms any contemporary “circulation of the élites”.  Besides, many of the most resounding cases of upward social mobility in the West are in fact not correlated in the least with traits that could hypothetically be measured by an IQ test, but for example to physical appearance, sheer luck, or to one’s athletic performance in some sport or there.

For this reason, what the results coming out of IQ tests really hint at is basically the degree to which an individual has adapted to contemporary Western societies and to its mechanisms and selective criteria.  Now, it is obvious that this risks amounting to an ultimate value judgement for intellectuals and journalists blindly convinced of the objective superiority of this social model (“the best of all worlds”) over any other that exists, has existed or even has just been speculated about; and of the manifest destiny of this model to establish universal and eternal hegemony through a global uniformisation. And, even more, for intellectuals and journalists convinced that one’s socio-economical success in such a society represents the only, or at least the only relevant, objective criterion of differentiation among human beings, the goal suggested right, left and center to each and everyone, and the objective measure of everyone's worth.

It becomes therefore totally irrelevant that what IQ tests measure does not necessarily say anything about the fitness or the probability of success of the subject in other contexts, be these the jungle of Borneo or the Tibetan religious hierarchy or a youth gang in the Bronx, or - more important still - about other personal characteristics that might matter just as much or even more than one’s chances to get wealthy. And, at the same time, many regard as morally intolerable, not to mention politically unpresentable, the fact that obviously populations that for longer have  been adapting and selected (for better or worse) with reference to this model perform better according to the parameters, in no way universal, defined by that very model.

This is also what critics of IQ tests stress, without realising however that the fact that the tests are “culturally biased” is a truth at once much deeper than they think, and a truth inevitable in any kind of test, given that it is impossible in general to make measurements independently of the choice... of what one intends to measured. 

tran-s-1200x580.jpg

In the light of all this, Watson's statement, according to which it is naive to expect that African societies will easily and rapidly be transformed into “perfect” Western societies, appears less “scandalous” than many claimed...

I should rather say that Watson’s statement seems in fact rather plausible.  Likewise, it is just as plausible, precisely in addition to what has repeatedly been confirmed by test results, that on average individuals in the American society who belong to to unfavoured social classes and/or originate from different ethnic groups may well on average achieve inferior results in what are the specialities of their “landlords”.

This also implies the paradoxical consequence that an Afro-American who attains the highest status in the American society is probably better adapted than a white American at the same level - more “intelligent”. This because not only has he had to excel in normal social competition, but he has also had to confront the natural presumptions created by the generalisation in his contacts (including perhaps in the same interested minority) of their own empirical direct and indirect experiences.  Thus, he is on average likely to be more economically ambitious, more conformist, more diligent, less scrupled, to have a higher IQ, and ultimately to possess a combination of these and other factors which may be useful for success in the relevant society that is on average higher than that enjoyed the members of the class, race or ethnicity generally favoured.

All this in fact seems to correspond to basic sociological, psychological and anthropological considerations.

That's right.  In addition, if the conclusions, in terms of biopolitics, that one might draw from them are several, and potentially contradictory, since they depend on fundamental choices of values, I still believe that one cannot get away from drawing conclusions.  For example, in the sense of moving beyond the ideology of the tabula rasa that still prevails in social sciences and popular culture; or in the recognition of  an inevitable phenomenon of “regression towards the mean”, in this case in terms of populations, that the prospective of a perfect melting pot - which would eliminate almost all forms of genetic drift and oriented selection depending on ethnic, cultural and environmental contexts – inevitably involves, to start with in terms of decreased biodiversity, flexibility and richness of the species' gene pool.

Also in this respect do the prospects of self-determination opened up by the biological revolution remain equally open.  We may expect, and hope, that the human species grows beyond itself in manifold ways and following a plurality of ideal models; or else we might end up with a universally imposed idea of optimality, of the “Ken and Barbie” variety, according to which, if today Michael Jackson displays his skin-deep ethnic pride by having himself depigmented, tomorrow African societies or ethnic minorities might basically be offered a biological uniformisation, both ethologically and intellectually, as well as at the level of mental processes, to values that are in fact “white”, and that actually one may well consider relative and instrumental also from an Europoid point of view, all the more so since these do not define any ultimate or objective concept of intelligence even in this more limited context .

It is indeed arguable that relatively remote ages of European history, is spite of the likely poor results their contemporaries would obtain in today’s tests, actually demonstrated lower vibrancy or creativity in any plausible sense. On the contrary, many consider our own achievements at least in part to be  the feats of dwarves on the shoulders of giants. In any event, it is true that in other times highly estimated parameters for the evaluation of someone's intellectual capacity consisted in the ability to memorise a huge quantity of formulae or facts, or to effectuate mental arithmetical operations on many-digit integers, in the manner of “idiot savants”. Today, the idea of endeavouring to genetically engineer, or eugenically select for, such a capacity would appear comical.  For tomorrow, it seems reasonable to expect that some abilities, which allow an individual to score very highly on IQ tests, will see their importance maintained or increase; others will see theirs decrease; others still will become completely irrelevant in comparison with entirely different abilities that perhaps are currently underestimated.

SSTH.jpg

One question that nevertheless lies “at the heart” of the Watson affair and that permeates, though more or less silently, all current debates on biology and genetics, is the one about the existence of races. The holy scripture of political correctness unambiguously informs us that the concept of race has no scientific value and that any statement to the contrary is a sign the utterer is a dangerous enemy of humanity.  How are things in fact?

Actually, my impression is that no one has any trouble admitting the existence of different races of horses or tigers.  The same goes for races of plants, commonly called varieties (when the latter does not simply refer to the... sets of clones of a single individual).  The taboo really concerns only human races, and it subjected to the “specieist” - even though allegedly “anti-racist” - view that men would be both of a nature and value transcendentally different from that of all other living beings, and at any given time essentially equal to one another – a concept the genealogy of which, especially religious, is easy to reconstruct.  This idea of “separateness” and “homogeneity” is besides easier to sell inasmuch as, if Sapiens are today divided in races and scattered all over the planet, on the other hand they are also the only and last surviving species of the Homo family – a scenario, for that matter, subject to change if ever a  research programme actually succeeded with the reconstruction and cloning of the DNA of Neanderthal specimens or with reverse engineering their genome and restore it to a living organism.

It should be pointed out, however, that the taboo this matter has been subjected to is increasingly running out of steam.  It proved impossible, for instance, to censure the news that, according to recent American research, the human immune system varies from race to race, with considerable differences from one ethnic group to another, something which has of course resounded in matters of pharmaceutical research and practice.

Not only that.  The taboo in question manifests its schizophrenic nature also in policies of positive discrimination (that aim to promote or protect the components of a given social group by reserving them exclusive quotas), or that target the repression of possible racially based discrimination.  Policies that are inevitably obliged to first of all acknowledge the reality of the racial fact.

What is it all about anyway?  The matter is made more complicated by its historical and psychological load, but is routinely dealt with by population genetics, and I discussed it quite extensively in the already mentioned essay Biopolitica. Il nuovo paradigma, not only out of abstract anthropological interest, but because the issues involved are of crucial importance to understand how current biodiversity arise inside our (and other) species, and how it could be preserved and developed rather than being gradually depleted.  A race is, as Dobzhansky says, nothing other than an abstraction of the identifying features of secondary Mendelian populations within the same species.   To manipulate such a concept it is not necessary to adhere to the “realistic”, platonising vision of 19th century positivist anthropology, according to which there are, or at least there were, “pure types” - from which present day real organisms would have descended via hybridisation -, let alone resort to concepts such as “spiritual races”, which basically boil down to metaphors since it is indeed difficult to understand how such a concept could ever be applied to races of ….canary birds.

Robot-Hamlet_iStock-181079093_iLexx_frei_ah.jpg.2754973.jpg

Today, genetic analysis brings an original contribution to the identification and definition of racial identities; a contribution that adds to, rather than replaces, the traditional typological classification.  In fact, if the combined resultant of all the possible genetic gradients or variations in the distribution of phenotypic traits had been uniform, the genetic frequency would increase or decrease regularly by so many percentage units per mile covered in a given direction.  With uniform gradients the boundaries between races could only be arbitrary; and races would be no more than  “ideal” models.  On the contrary the gradients are often very steep in some directions or zones, and softer in other.  Theodosius Dobzhansky writes, in Genetic Diversity and Human Equality (Basic Books Inc, 1973): “Consider two gene alleles, A1 and A2, in a species with a distribution area 2,100 miles across. Suppose that for 1,000 miles the frequency of A1 declines from 100 to 90%; for the next 100 miles from 90 to 10%; and for the remaining 1,000 miles from 10 to 0%. It is then reasonable and convenient to divide the species into two races, characterized by the predominance of A 1 and A 2, respectively, and to draw the geographic boundary between the races where the cline is steep.”

Hence,  it is perfectly true that “races don't exist” (and neither in this sense do species, families, genuses, phylae, kingdoms), inasmuch as they don't correspond to any tangible reality, but only to taxonomic criteria which defines, as is the rule in these cases, a model founded not on intrinsic characteristics, but simply on tendential, statistical or deterministic differences that might exist, with respect to an inclusive set; something which does not prevent species or race to remain useful, albeit ideal, concepts, at least as useful as that of “ideal” rectangular triangles or pendulums.

Indeed.

But there is more.   The specific connotations pertaining to races are even more meaningful when applied to artificially selected races - and by definition, human races can in any event, following hominisation, at least to some extent be considered among these, and as the work of processes of segregation and oriented selection applied by man upon himself within the framework of a process of self-domestication that lasted for tens of thousands of years.

Hence, we are perfectly aware that a Dobermann is not the incarnation of the Platonic form of the Dobermann, to be found in some celestial realm, which at the beginning of time incarnated in an imperfect earthly copy; and that, on the contrary, it is the result, via standard breeding techniques, of the gradual approaching to to a goal, to an idea... held by Mr. Dobermann himself. 

What is less often considered is that, as Peter Sloterdijk remarks, the transformation of human societies, also from the point of view of their biological substrate, is through and through the result of analogous, albeit more implicit and less deliberate, developments.  Thus, the true novelty that regards today's world is that presently technoscience has at the same time brought these processes beyond the brink of consciousness and/or started a debate about them; so that they can be maintained or developed for the future - perhaps, who knows, up to and beyond the limits of speciation - only by a deliberate choice for biodiversity, biological becoming andposthuman change

This is by the way what most deeply worries the bioluddites, for instance Jürgen Habermas who warns us (The Future of Human Nature, Polity 2003 p.121 footnote 34) against what he calls the “uncanny scenario” of a “genetic communitarianism” according to which various subcultures will pursue the eugenic self-optimizing of the human species in different directions, thus jeopardizing the unity of human nature as the basis, up to now, for all human beings to understand and to mutually recognize one another.”

imagesstjrsTH.jpg

Except that such a unity, unless as an ideological aspiration, has never existed, no more than have ever existed the “pure” racial types of 19th century anthropologists; and that it is at the best one of many alternative prospectives that are proposed to today's world, and certainly for many not a very alluring one.  Indeed the contrived convergence towards a unique model of humanity presupposes after all the reduction and the destruction of human diversity in favour of a single paradigm said to be, as in the typical theorisations of American racism, objectively and universally “superior”.  Argument which not only is unacceptable to whoever defends instead positions of cultural relativism, but would also require a really extreme degree of alienation in order to obtain the support of those whose specific ethnic identity would, in this case, be doomed to be wiped out in the context of objectively genocidal proceedings, no matter how “peacefully” and “inadvertently” they are supposed to take place.

Another spectre that is regularly raised at the same time as that of racism concerns eugenics.  This topic is viewed as particularly “sulphurous” but has antecedents even in “liberal” or socialist circles, and finds some of its first theoretical expressions in Plato.  But is it really necessary to equate measures of a eugenic kind to Orwellian, consumerist and massifying scenarios, like those found in dystopic and “humanistic” Hollywood films?

Eugenics is indubitably the object of Freudian, hypocritical repression nowadays.  Nevertheless, one can say that eugenic concerns are an implicit constant in most post-neolithic cultures. What comes to mind are the practices that most stir modern sensitivity, from the mount Taygetos and the Spartan agogé, to the Tarpeian rock in Rome, to medieval exposing of newborns, all the way to the “mabiki” (a euphemism which refers to the trimming of the leaves of the weakest rice plants to allow the better development of the other plants) practiced by Japanese midwives until the Meiji Restoration and beyond.  But it is enough to think also of the typical exo-endogamic regimes in matrimonial matters, or of the taboo relative to incest as a potential guard against monozygotic individuals with harmful recessive traits.

However, the real and true question of eugenic flares up with the advent of the Darwinian revolution, and of Mendelian genetics, which has been considered one and the same with eugenics for a long time.  And this in front also of a contemporary dysgenic risk, in itself very real, given that few believe that the change – and partial removal, via modern life styles and medicine as well as the decline of reproductive differentials – of “traditional” selective factors leads per se the genetic pool of one's own community of reference in a desirable direction. 

However, eugenics, before becoming “cursed”, also as a consequence of all modern ideologies becoming increasingly marked with the humanist seal, has been perceived for a long time – and essentially until the nineteen thirties – as a “progressist” theme, since it was linked to concerns about the evolution of society in general and correlated with the latter “taking charge of itself” also biologically, to the extent that even USSR intellectuals and scientists promoted its study. Of course, where the term is put in universalist, moralist, classist terms, it quickly risks leading to grotesque results, like the mania for sterilisation as a penalty and a form of social control (the “Indiana Idea”) that was all the rage in the United States from the beginning of the nineteenth century until the New Deal, with the ultimate blessing of the Supreme Court, going as far as ridiculous bills for the compulsory sterilisation of car thieves, or to Theodore Roosevelt's timocratic programs of selective breeding, and all the other more or less bizarre examples quoted by Jeremy Rifkin in The Biotech Century (J P Tarcher, 1998). 

On the other hand, as Jürgen Habermas stresses in The Future of Human Nature (op. cit.), our time brings also in this respect to completion a certain kind of change, which radically alters the scenario we face on eugenic matters.

Could you expand on that?

Certainly.  As a matter of fact, the rather ideological and biopolitical substance of one's chosen position with respect to eugenics is today accentuated by the increasing erosion, because of technoscientific progress,  of thesubjective costs of eugenic practices. Such costs have been in constant decrease, from the moment that the exposure of newborns and the strict parental or communal control of mating were succeeded by chemical or surgical sterilisation of heavily retarded individuals as well as by birth control; and that these are succeeded by prematrimonial anamnesis; and that this one in turn is replaced with prenatal diagnosis and genetic screening; and these are going to be supplanted by IVF with embryo and gamete selection, and finally by the direct and actually “therapeutic” manipulation of germlines, In fact, with respect to contemporary and upcoming procedures, the natural empathy for the individuals concerned militates in an entirely favourable sense, to the point of rendering their unconditional rejection  an increasingly embarassing and untenable position also in view of the humanistic, hedonistic and individualistic values of the prevailing worldview.

shutterstock_humanistisch.jpg

According to Gregory Stock (op. cit.p130), statistics show that today 90% of US couples, catholics included, who discover by means of prenatal tests that they are expecting a child affected with cystic fibrosis already choose to abort it. Obviously, the percentage of them that would accept to have deliberately implanted an embryo affected by such a pathology, that is what the Italian law on IVF insanely wants to impose, would be much lower than the modest 10% of Americans who are ready to carry forth an already commenced pregnancy with an affected foetus.  It is legitimate to suppose that even smaller would be the percentage of people who would make such a choice precisely when it would be possible to remove from the embryo - and from all its descendants - the disease, to the benefit of everybody.  So the spectre of State eugenics is destined to remain no more than... a spectre, given that there is no plausible reason in the first place why a legal enforcement of eugenic measures would be required.  If anything, in our near future, very large enforcement efforts would be requiredto prevent their generalised adoption.

There remains however the issue of socio-cultural, rather than legal, norms that will direct the concrete utilisation of such techniques, from the selection of the reproductive partner as a function of his genetic traits to the selection and modification of the embryo.  And here, once more, emerges the potential for disaster, at least for whoever cares for the biological wealth and diversity of our species, not to mention its flexibility and its long-term evolutionary capacity, of the technologies in question. 

Indeed, it seems clear to me that the hegemony of a universal, intercultural, monoethnic, standardised “Ken and Barbie” model, particularly through the cultural alienation of all the peoples inhabiting the planet by means of the globalisation process currently in place, risks seeing eugenics turning from an instrument of communitarian self-assertion and self-determination to an additional factor - together with the vanishing of genetic drift and diversification of selective mechanisms via an Umwelt stabilised and uniformised on a planetary scale – of an entropic “end of history” in the terms described many years ago by Julian Huxley in Brave New World.

This last point is very interesting and certainly involves more than the issues directly related to eugenics.  We just said that biotechnologies could well yield “inhuman” rather than “overhuman” results, if left in the hands of powers that use them only with private and short-term interests in view.  Yet, for you, such a decidedly undesirable outcome has nothing to do with the technologies themselves but with the use one might make of them.  This may well be true. But in practice, if one has to take a concrete political stance, one is bound to take the present situation into account (that of a mercantilistic world essentially ruled by multinational conglomerates), not some hypothetical Futurist, posthumanist scenario.  Agreed, biotechnologies could serve as well a project aimed at the “regeneration of history”; but, as things are now, we are heading in the opposite way.  Should we not first of all confront this kind of situation?  Following your advice, aren’t we running the risk of accelerating towards a dead end in the name of a “new beginning” that may certainly be desirable but that we cannot realistically envisage in our immediate horizon?

Such concerns are altogether legitimate, but the explosion of the “old world” is definitely a requirement for the the possibility itself of a new beginning to exist.  On the other hand, unlike the Apostles or Marx - but in this sense also unlike Guillaume Faye, who professes to believe in the ineluctability of  pending “catastrophes” (scientific, economic, social, ecological, etc.) - I do not maintain that such an explosion is inevitable.  I am more inclined to see the end of history as a gloomy “eternal and never concluded ending”, a kind of possible “crystallisation” of modernity, but in a very different and much more extreme way than what we have experienced until now.

Transhumanismus1.jpg

Some processes cannot be reversed; man's increasing power over himself and over his environment cannot be easily renounced; the “abyss” of a possible alternative to the ongoing Freudian repression of such power opened its gape as early as the 19th century and can be kept shut, to make certain no one looks inside again, only by means of a constant pressure.  Such surveillance would necessarily lead to, on the one hand total social control, on the other to our relying on ever more impersonal and “rational” mechanisms to govern the System, so that any temptation to take charge of one's own destiny may be prevented and defeated as soon as it rears its ugly head.  We are already witnessing for example the voidance of formal “liberties” and privileges (out of many different grounds such as preventing the access to others' personal data, limiting the risk of bacteriological or digital attacks, obstructing the unrestrained circulation of news and opinions, etc.); also, in the last years we have seen the gradual obliteration, in the same way, of the principle of non-interference, of self-determination, of “electoral” legitimisation of governments etc., since maintaining all that becomes ever more incompatible with the stability and necessary globality of the System.  All this does of course fulfill the promises of the System itself, but in a very peculiar way, which, when perceived for what it is, is not especially enjoyed even by the peoples more fully subjugated to its official doctrines, and which besides results in perpetual contradictions.

Today the System uses technology, it cannot do otherwise, and needs it in ever larger doses, but at the same time in technology it finds problems and questions that it cannot address.  In this sense, it is, if anything, the prohibitionist movements and opinions, the restriction of the circulation of information, the proposal for instance of compulsorily “freezing” investments in GNR (genetics, nanotechnology, robotics), the attempts to “regulate” Internet, that try to control these same contradictions in view of the above-mentioned “crystallisation”.

Fukuyama however is no longer talking about the end of history, but of “our post-human future” (Our Posthuman Future: Consequences of the Biotechnology Revolution, Picador 2003). Of course he does this to denounce it and to ward it off, insofar as this can still be done; but I think that, for those who does not share his value system, his current pessimism on these issues is indeed reassuring.

Hence, your line of argument seems to contradict the equation that  underlies almost all “antagonistic” discourses, be they left-wing or right-wing: the one between the “modern world”, “Western society”, “capitalist system”, “globalisation” or “one-worldism” on the one hand, and the global deployment of technology on the other. But how is it possible to establish a contradiction between these two environments given that, historically speaking, the Western system has expanded at the same rhythm as the imposition on a planetary scale of a certain kind of technological development?

The techné, even though it can be considered in general terms as congenital to the “specifically human”, certainly represents something that has been developed and thought out in a very peculiar way in the (Indo-)European context. At the same time, it is probably reasonable and justified to suspect that modern technology - as it is the case for the great and unique blossoming of tonal, polyphonic music - is closely linked to the West, a culture to be understood as a “compromise” between Europe and Judeo-Christianity, but more accurately as the impact of the long-standing monotheistic repression of the European collective subconscious, and of the contradictory process of secularisation and emancipation that this repression gave rise to with the Renaissance.

Hence, in this sense, the planetary generalisation of technoscience does certainly have a “Western” matrix, and does represent a disruptive factor with respect to the identity, diversity and sovereignty of the peoples, that is objectively functional to processes of globalisation.  But such a role can indeed be reversed.  If thousands of years of post-neolithic cultures, and especially two centuries of industrial civilisation, are (also) bringing about diminished biodiversity, environmental degradation, dysgenic consequences, today the only remedy to this situation is an “excess” of technology and development - beyond the neoprimitivist dreams of the ideology ofDegrowth that has  been so successful among the most decadent circles of European extreme right and extreme left.

transhumanismus.jpg

This “excess” of technology is however hardly compatible with a final success of a globalised, entropic, neocapitalist system and with an “end of history” that this one would be destined to implement to according to the hopes of its own prophets like Fukuyama.  As Valérie Merindol illustrates well in La recherche et la technologie, enjeux de puissance (Economica 2003), there are well-known reasons for the constitutional incapacity of the Market to invest in breakthrough technologies or in paradigm shifts or in fundamental research, and more generally in high-risk mid- or long-term projects, let alone civilisational projects.  And there exist, moreover, cultural factors (in the strong, anthropological sense of the word) that appear decisive for the possibility to maintain a certain pace of technological development.  In this light, today's dazzling technoscientific achievements do not appear at all reassuring, and  sometimes they even make one wonder if they are not just the last hurrahs of a very large momentum doomed rather sooner than later to die out.

In what sense?

For example, rockets and digital computers, DNA and mutations, the atom and the evolution, automatic recording, reproduction and transfer of data, images and sounds, microscopes and pathogens, antibiotics and internal combustion engines and quantum mechanics, all this was invented or discovered during a span no longer than a human life, roughly speaking between 1870 and 1950, corresponding to an acceleration, a “incandescence” of history which manifested simultaneously in all fields of social, political and cultural life.

Many of the things achieved afterwards can be regarded as a refinement, an improvement, an application, a byproduct of things imagined, planned and designed in this period, and this only where such developments actually exist in the first place.  The Western citizen of the seventies had good reasons to believe 1982 to be a plausible date for the first human mission to Mars or for the construction of the first nuclear fusion plant, and crossed the Atlantic on supersonic airplanes that have not been in circulation for a very long time.  The United States, after the eventual retirement of their disastrous Shuttle, have to resort to Russian technology of the time of the lunar conquest (!) to transport Chinese low-tech gadgets to the orbiting trashcan pompously called International Space Station.  The average speed of transportation by land, sea, air and space has not changed for a very long time now, and their respective records have also remained stationary.

Quelle-PixaBay-TheDigitalArtist-3-1-1024x683.jpg

All this makes one doubt the fact that the present-day “Western system” really represents an engine for technological development, instead of a socio-economical mechanism that has become a freeloader to an historical legacy that is much more complex, yet whose own technoscientific hegemony is today questioned by countries that are, if not absolute outsiders, at least “periferal” to this legacy, such as China, India or the Russian Federation.

You just mentioned technoscience as the “emergence” of a restless Indo-European spirit that is emancipating from the grip of the “single-track” Judeo-Christian thinking.  Nevertheless in Greek thought we undeniably find at the center many not-really-Faustian references to the “golden mean”, to “temperance”, to the Olympic condemnation of “Prometheism”.  Vice-versa, various analysts have stressed how Christianity, through “disenchanting” the world, would be the origin of the development of modern technology.  Your Futurist theses on biotechnologies might seem, in this light, much more “christian” than “pagan”...

In reality, Titanism, Prometheanism, subversion, excess, are concepts the meaning of which changes with the context where they are immersed.  Let us  analyse more specifically the myth of  Prometheus.  It is absolutely obvious that the myth of Prometheus was perceived by the Greek in a totally different way from how it was later taken up in the Romantic, and finally overhumanist, milieux, because the Greek identified with their gods; and their feelings of empathy, if any, were more likely to go to the  eagle condemned to a monotonous diet of liver for all eternity.  But what does the Titan really represent? It represents the eternal return, from obscure, immemorial and telluric roots, of a prior and defeated religiosity, which threatens to rise anew to exploit, steal and adulterate the “lightning”, the “fire” of the new Olympian order, or like Lucifer the “light”, and subjugate it to perfectly blasphemous ends.  And its figure essentially represents a warning that we must constantly to be on our guards against all this, because the human and cosmic order will never be integrally realised or perennially granted.   

Now, one has to be ideologically blind not to see how the myth has come to mean the exact opposite when it is “the religion of the Greek”, the Indo-European paganism, that finds itself playing the part of former and defeated religiosity, and yet destined to return eternally, faced with a new historic trend and worldview that has victoriously exploited and distorted its historical dynamism, and is even succeeding in establishing planetary hegemony. 

Hence, in a more confused fashion for the Romantics - including aspects of romanticism that would end up in what positively are palingenetic dreams, but of social and eschatological nature (“the proletarians who shake their fetters”) - then more explicitely with overhumanism, up to the archeofuturism of Faye or to transhumanism or with Marchesini’s praise of hybris, Prometheus becomes a hope, a promise, an example; hence, it becomes the very symbol of man's tragic destiny and of whoever demands to incarnate it.

Nevertheless, as Nietzsche said, “the Greek do not come back”.  Desacralisation, the “disenchantment” of the world, whatever aversion or regrets it might provoke, has taken place.  Therefore,  the death of the Judeo-Christian God also meant the death of the pagan gods, whom its presence indirectly and inevitably kept alive so far, as a kind  of “relative antithesis”.  After two thousand years of Western civilisation, after the establishment of a globalised System, a “new beginning” could not be imagined simply as another cycle (of the type of “the Doctrine of the Four Ages”), and not even as a new Spenglerian civilisation: Spengler himself rules this out, for example in Man and Technics (University Press of the Pacific 2002).

transhumanism-4-orig-zoom-lila.JPG

For this reason it is necessary, in order to claim an exemplary origin, to refer to something as distant and as radical as the neolithic revolution, and to the “higher magic” with which the Indo-Europeans mastered it.  Judeo-christianity, and more generally the “Western civilisation” that was born with its arrival in Europe, irrevocably belongs to our past.  It is not the past the legacy of which those who share my worldview claim as theirs, it is  a past (and a present) that I fight and want to overcome. But we are also aware that attempts at Freudian repression would lead to nothing other than to a “return of what has been repressed”, it would take us to nothing else, as in Santayana's well known expression, than having to relive it again.

Therefore, a true overhumanism is post-Christian and post-modern, not pre-Christian; neopagan, not pagan. As Heidegger says, when the world strikes midnight, lest we fall back into nihilism, we can do nothing other than lend our ear to the sound of the new gods calling out beyond daybreak's horizon.  Today, however, as Nietzsche explicitly indicates in Thus Spake Zarathustra, these new gods can be no other than ourselves; they can only be the result of our conscious creation, of a “superhuman” choice against that of “the last man”.  As for what has been called “technoscience”, given that nothing similar has been produced in other areas where biblical religion eventually prevailed, we might at most consider it, as already said, as a sublimated fruit of the repression worked by the Judeo-Christian tendency on the European collective subconscious and one form of the latter's final rebellion, another being represented for instance by the grand adventure of tonal music. 

However, in the sense clarified above, it is perfectly true that without Christianity no Bach, Beethoven and Wagner; no Linné and Heisenberg, Marconi and von Braun. 

Today it is the “fire” of this complex legacy that the overhumanist titanically wants to make his own and to set to the humanist Walhalla, so that the twilight of today's idols already announced by Nietzsche may be consummated.  Besides, the historical experience of last century shows us how rethinking and deploying the potential of modern technology is an obligatory step of any possible dream of power and freedom; and how such rethinking could entail a prodigious acceleration of that same technological capacity.

As Heidegger also writes, although he is perceived by many as adverse to the world of modern technology: “What is really worrying is not that the world is transformed in something entirely controlled by technology.  Much more worrying is that man is not at all prepared for this radical mutation of the world.  Much more worrying is that our speculative thinking does not enable us to adequately cope with the events of our time.”

You have defined your vision as being “postmodern”.  This is interesting also in relation to what we were saying a little earlier on the connection - unnecessary and rather, little by little, ever more problematic - between technology and the “Western system”.  Similarly, I believe to detect in your wording a chipping away at the binomial ideological modernity - technological modernity, that has already been prophesied, be it with opposite value judgements, by Faye and Habermas.  Your biopolitical stance is therefore “postmodern” in the sense that it tends to stress only one aspect of modernity (the one Faye would call “sensorial”) and to provide it with an entirely new philosophical armature, in order to give rise to a new combination that already looks beyond modernity itself. Am I correct?

In fact, the first thing that partisans and opponents of modernity had better realise is that modernity is long since behind us.  The beginning of its end coincides with the death of God, that modernity too contributed to kill, and commences to take root in people's minds at the eve of the First World War, despite endless lags that continue to this day, especially at the level of popular culture and of the values implicit in the power system in place. 

Beyond-03jpg.jpg

At least at a theoretical level, it is exactly modern science, the one, born with Galileo, Leonardo, Giordano Bruno, which coincides with the advent of the modern era, that has, together with critical thinking, undermined the presuppositions of modernism. After having progressively demystified the legacy that the moderns not wrongly defined as “obscurantist”, it ended up by demystifying also objectivism, positivism, naive rationalism, the progressism à la Excelsior Ball, the ethical universalism that represent modernism's most salient features. 

This is manifest, to go back to the topic of this interview, first of all in the understanding that science finally allows us of “the specifically human” and of life from an ethological, genetical, sociobiological, biochemical, populational, psychological, neurological, ecological, evolutionary, etc., point of view. But it is even more obvious, if possible, in the field of the hard sciences and of scientific epistemology itself.

Of course, like all great historical phenomena, modernity has a fundamentally ambiguous meaning, that does not derive only from its composite nature or from the historical phenomenon that Jules Monnerot defines as heterotelia (and that represents the inevitable drift of actual historical developments in comparison to the intended goals); but more radically from the perspective of the “present” inside which the phenomenon itself is looked at – a present that is first of all defined on the basis of the future that each of us wants to envision.

Interesting.  To what perspective are you referring?

For example, with respect to the monotheistic legacy and to the decadent connotation that many associate with it, modernity represents on the one hand a becoming-true, an actualisation, a secularisation which is also abanalisation, that is a final, hegemonic penetration into mindsets and languages; on the other, it represents nonetheless a movement that breaks the metaphysical referential framework of that same legacy, and represents in nuce the unavoidable premise of its own surpassing, which not by chance regularly refers back, throughout the 16th, 17th 18th and 19th centuries, to a critical and empirical tradition that represents, as Luciano Pellicani remarks in Le radici pagane dell'Europa [“The Pagan Roots of Europe”, not translated] (Rubbettino 2007), the very soul of European culture, from Thales to Pythagoras to Democrites, from Hippocrates to Lucretius.  For this reason, to say “modernity” is in a way like saying (Renaissance’s) Humanism yesterday, the Humanism of Pico of Mirandola, Lorenzo Valla and Machiavelli, with all the extraordinary cultural emancipation that this phenomenon finally allowed for also as regards our own possibility to be today what we are; and it is like saying humanism today, with everything outdated, exhausted, reactionary that this word now stands for with respect to the biopolitical, “transhuman” revolution which represents our immediate horizon.

nietzsche-john-ambrose.jpg

And here again Nietzsche represents the ideal watershed, the point of reference and the turning point of what is “more than modern”, and that therefore is already not modern any more.  Thus, postmodernity, as I understand it, represents the Aufhebung of modernity: the closure of what in modernity actually represents nothing else than the radicalisation and the immanentisation of preexistent ideas, and a moment (specifically the synthetic, post-ideological one) of the dialectics inherent to such ideas.   A “closure” which naturally is still in quest of itself, and that is constantly facing the risk of a return to premodern categories and to the temptation of shallowness, of pointless obscurity, of elaborating self-referential narratives that shun the fundamental confrontation with what Heidegger or Gehlen or Faye call “the question of technology”[2], and that coincides precisely with the historical fracture represented by the looming (possible) passage to a stage that is not only posthumanist, but posthuman. A confrontation which today is central in the views and concerns of various contemporary thinkers such as Sloterdijk, Marchesini or Schiavone.

In the beginning of the eighties, Guillaume Faye wrote: “Habermas said that one cannot conceive of a ‘nuclear poetry’. On the contrary, it is the opposite that is the case, even though the System is incapable of creating it. […] The speed, the rumbling of the machine that carries its rider over great distances, the potential grandness of modern urbanism remain present in the individual and collective psyche, because they correspond to popular archetypes. And yet this technical arsenal is not utilized by the System other than prosaically, because, unconsciously, it it frightening”.  Is all this still true today?  Can there be a “biopolitical poetry”?

In the end, what else is the biopolitical and transhuman revolution, in its properly epical dimension, than a primordial demand for poetry on behalf of a world vowed to Becoming?  As Heidegger says, the essence of technology is nothing “technical”, and instead claims an originary and originating poiesis: “What at the dawn of Ancient Greece was thought or poeticised is still present today, so much so that its essence, still closed to itself, is before us and approaches us from all sides, above all where we least expect it, that is within the reign deployed by modern technology, which is totally foreign to that ancestral tradition and yet finds therein it essential origin».

Hence the posthuman change that represents the central aspect of the present biopolitical challenge is first and foremost the framework of a possible metamorphosis that traces an ideal line between the European ancestral myth that is handed down to us by for instance the homonymous poem of Ovid and Nietzsche's Overman, Marinetti's Multiplied Man, Gehlen's Third Man, Ridley Scott's Replicant, the Cyborg of science fiction and of the transhumanist culture, Marchesini's Posthuman.

Here it can well be said that “nature imitates art”; or rather, that art is turning into nature, on a scale hitherto not even dreamt of.  Indeed, as I write in the conclusion to Biopolitica. Il nuovo paradigma: “Our restless exploring of the world, the techniques that derive from it, condemn us to choose, offer us means, but cannot tell us what to make of it.  This is not the task of engineers or scientists or lawyers, but of the ‘founding heroes’, of poets, and of the aristocracies who can translate into deeds the obscure collective will of the community of people whence it emanates, build monuments destined to challenge eternity, and leave behind ‘undying glory’”.

387fc7238d.jpg

 

dimanche, 18 octobre 2020

James Howard Kunstler: Adapting To The End Of The World As We Know It

JamesHowardKunstler_colorPhoto_By_CharlieSamuels.jpg

James Howard Kunstler: Adapting To The End Of The World As We Know It

Posted by in Podcast

 

Link to the podcast: https://guadalajarageopolitics.com/2020/10/08/james-howard-kunstler-adapting-to-the-end-of-the-world-as-we-know-it/

Author James Howard Kunstler discusses the end of the world as we know it and how the thinking class has gone nuts. He faults our unsustainable energy policies and how the “shale revolution” has only served to extend and pretend the collapse of the oil-based economy and the unviable nature of suburbia. Neither will the”alt-energy freak show” of renewables and EVs save us. He covers food production, the electric grid, and feels we are on the cusp of an economic dam ready to burst and that beyond the election anything is possible (e.g. impasse, civil war). He comments on the Jacobin “wokester” cancel culture and identity politics movement and looks at ways we can adapt to the “long emergency.”

*Support/Donate to Geopolitics & Empire:

Patreon https://www.patreon.com/empiregeopolitics
SubscribeStar https://www.subscribestar.com/geopolitics
PayPal https://www.paypal.me/geopolitics
Bitcoin http://geopoliticsandempire.com/bitcoin-donate

Show Notes

Forecast 2020 — Whirlin’ and Swirlin’ https://kunstler.com/clusterfuck-nation/forecast-2020-whi...

Websites

James Howard Kunstler https://kunstler.com

Clusterfuck Nation Blog https://kunstler.com/writings/clusterfuck-nation

KunstlerCast Podcast https://kunstler.com/writings/podcast

Books https://kunstler.com/writings/books

Twitter https://www.twitter.com/Jhkunstler

About James Howard Kunstler

James Howard Kunstler says he wrote The Geography of Nowhere, “Because I believe a lot of people share my feelings about the tragic landscape of highway strips, parking lots, housing tracts, mega-malls, junked cities, and ravaged countryside that makes up the everyday environment where most Americans live and work.”

geography-of-nowhere-9780671888251_hr.jpg

Home From Nowhere was a continuation of that discussion with an emphasis on the remedies. A portion of it appeared as the cover story in the September 1996 Atlantic Monthly.

His next book in the series, The City in Mind: Notes on the Urban Condition, published by Simon & Schuster / Free Press, is a look a wide-ranging look at cities here and abroad, an inquiry into what makes them great (or miserable), and in particular what America is going to do with it’s mutilated cities.

unnamedjhklong.jpg

This was followed by The Long Emergency, published by the Atlantic Monthly Press in 2005, is about the challenges posed by the coming permanent global oil crisis, climate change, and other “converging catastrophes of the 21st Century.” This was followed in 2012 by Too Much Magic: Wishful Thinking, Technology, and the Fate of the Nation which detailed the misplaced expectations that technological rescue remedies would fix the problems detailed in The Long Emergency.

His 2008 novel, World Made By Hand, was a fictional depiction of the post-oil American future. It eventually became a four part series that included The Witch of Hebron, A History of the Future, and (forthcoming in June 2016), The Harrows of Spring.

41WvWwF8qwL.SX316.SY316.jpg

Mr. Kunstler is also the author of eight other novels including The Halloween BallAn Embarrassment of Richesand Maggie Darling, a Modern Romance. He has been a regular contributor to the New York Times Sunday Magazine and Op-Ed page, where he has written on environmental and economic issues.

Mr. Kunstler was born in New York City in 1948. He moved to the Long Island suburbs in 1954 and returned to the city in 1957 where he spent most of his childhood. He graduated from the State University of New York, Brockport campus, worked as a reporter and feature writer for a number of newspapers, and finally as a staff writer forRolling Stone Magazine. In 1975, he dropped out to write books on a full-time basis. He has no formal training in architecture or the related design fields.

He has lectured at Harvard, Yale, Columbia, Princeton, Dartmouth, Cornell, MIT, RPI, the University of Virginia and many other colleges, and he has appeared before many professional organizations such as the AIA , the APA., and the National Trust for Historic Preservation.

He lives in Washington County, upstate New York.

*Podcast intro music is from the song “The Queens Jig” by “Musicke & Mirth” from their album “Music for Two Lyra Viols”: http://musicke-mirth.de/en/recordings.html (available on iTunes or Amazon)

jeudi, 28 mai 2020

Bâtir le futur sans nier le passé

Ch_xDjVUUAEccDS.jpg

Bâtir le futur sans nier le passé

par Yohann Sparfell

Ex: http://www.in-limine.eu

Le monde est aujourd’hui secoué par de terribles soubresauts. Ceux-ci, à la première lecture, apparaissent comme issus de rivalités inter-ethniques et inter-confessionnels. Ils se traduisent essentiellement par des conflits armés. Mais ceux-ci ne sont en réalité que les expressions ultimes de rivalités qui s’accroissent du fait de contestations territoriales, de concurrences autours des ressources en matières premières ou en eau, de positions stratégiques, ou de luttes d’influences. Rivalités à partir desquelles se cristallisent la plupart du temps les facteurs d’appartenance ethnique et/ou religieux.

Sans nier que ces rivalités puissent avoir leur source dans une histoire faite de rapports inter-civilisationnels ou inter-ethniques compliqués, il s’agit aujourd’hui de comprendre que celles-ci trouvent à être instrumentalisées essentiellement par, non pas essentiellement une grande puissance que pourrait être les États-Unis ou la Chine, ou encore la Russie, l’Inde ou l’UE, mais par ce que l’on nomme l’ « Empire britannique », désignant par là le pouvoir financier mondialiste actuel qui a imposé sa propre souveraineté sur les émissions monétaires du monde entier. Lui seul a encore aujourd’hui intérêt à générer le chaos où bon lui semble en fonction des intérêts de la dynamique globaliste qu’il porte vers une Gouvernance mondiale totalitaire.

Dans ce jeu de dupes où certaines formes de replis sur des supposés fondamentaux religieux ou ethniques rentrent par le fait dans cette dynamique – bien souvent en ayant la volonté d’y parer – c’est toute possibilité d’établir une entente et des compromis – par la compréhension mutuelle des problématiques des uns et des autres – qui se voient ainsi être mis en péril. Or, le monde actuel n’est plus celui, technologiquement et psychologiquement parlant, du passé, et il est aujourd’hui nécessaire de tenir compte d’un contexte complexe au sein duquel tout débordement pourrait conduire à de sombres et fatals conséquences pour l’humanité toute entière. Les desseins morbides de l’oligarchie actuelle nous font marcher de plus en plus vite et dangereusement sur la corde raide au-dessus du vide : rien de ce qu’ils projettent ne peut être tenu pour acquis au nom d’une quelconque supériorité de quelque ordre que ce soit, les enjeux étant devenus trop importants et risqués. Et ils sont d’autant plus risqués que l’on prend conscience que l’humanité, dans toute sa complexité, ne peut se réduire, au regard du cours de son histoire, à des formules mathématiques, statistiques ou autres. Il ne faut pas oublier que l’ingénierie sociale, employée allègrement par certaines factions du pouvoir mondialiste, pour autant qu’elle soit essentiellement expérimentale, n’en est pas moins, par le fait, une science approximative nécessitant en permanence une remise en cause de certains de ses présupposés étant donné qu’il ne sera jamais possible d’intégrer la globalité des facteurs humains dans un projet de modélisation de ses visées de modifications sociales. Peut intervenir à tout moment un facteur imprévu qui alors aura toute latitude à déboussoler tout l’édifice de remodelage de sociétés entières. Et ceci jusqu’à engendrer de plus ample destruction pouvant aboutir à mettre la vie sur terre en danger, suite, par exemple, à un conflit nucléaire.

tumblr_ntyrenIe2S1uotgxio1_1280.jpg

Face à cette tendance fort dangereuse menée par des hommes en proie à une avidité illimitée, il devient plus que temps de mettre en place certaines conditions devant amener à promouvoir un véritable dialogue des cultures et des civilisations. Nous vivons une époque cruciale à cet égard, et il faut bien mesurer l’importance d’une prise de conscience de l’état actuel d’une part, et d’autre part de la nécessité impérieuse d’y apporter des solutions visant à détendre les relations et entreprendre une compréhension mutuelle des intérêts de chacun, ainsi que - sinon surtout - de ses propres craintes vis-à-vis de ceux qui l’entourent. En d’autres termes, il devient plus qu’urgent que s’amorce une dynamique visant à prévenir, ou du moins à ralentir et même affaiblir les tendances actuelles à s’enferrer dans des identités fantasmées conduisant fort souvent à des formes de fondamentalisme. Il faudra par conséquent valoriser les échanges tant culturels que spirituels et bien sûr économiques, mais par dessus tout, il s’avérera indispensable, si nous ne voulons pas sombrer dans une guerre de tous contre tous à l’échelle mondiale, prendre conscience des besoins fondamentaux de l’autre, dont le respect pour la forme par laquelle s’exprime sa personnalité est peut-être l’un des principaux.

Promouvoir les échanges et la compréhension mutuelle, soit, mais chaque nation cherche avant toute chose, parce que la légitimité des États à cet égard est en jeu, de satisfaire aux besoins fondamentaux de sa population et de son économie. Comme nous l’avons indiqué, les conflits sont surtout le fait d’une concurrence effrénée par rapport à des ressources et, tout aussi important, par rapport à un accès à certaines positions stratégiques, comme l’accès aux mers par exemple, ou à des passages terrestres ou maritimes fondamentaux pour les possibilités futures de croissances et d’efficacité de défense. Les conflits s’exacerbent en ce nom, et sont malignement exploités et amplifiés par de plus grandes puissances afin de pouvoir imposer leurs propres agendas aux plus faibles nations. Et en outre, aujourd’hui, comme nous l’avons noté, la dynamique mondialiste portée par la Finance internationale amplifie encore plus ce phénomène de relations internationales dans le sens souhaité d’une imposition globale d’une structure conflictuelle mondiale permanente pour les intérêts d’un capitalisme qui tend à accroître l’exploitation généralisée des ressources, y compris, si ce n’est surtout, humaines. Et l’élément par lequel l’oligarchie espère y parvenir, c’est de saper toute souveraineté des États afin de pouvoir prescrire en toute quiétude les conditions nouvelles, à l’échelle mondiale, d’une société globalisée où la concurrence et la compétition seront élevées en seules vraies valeurs, tout en détruisant parallèlement la notion de Bien commun.

Le Bien commun, justement, doit pouvoir être remis à l’honneur dans un combat pour lequel prime le bien être de tous et la liberté pour chacun – dans le sens des possibilités accordées à chacun à ce qu’il puisse faire grâce de son assentiment à honorer sa singulière participation au Bien commun. À l’anti-thèse de l’exploitation généralisée des survivants et de l’annihilation programmée des autres, soit d’un rapport gagnant-perdant, nous devrons imposer des relations gagnant-gagnant, et ce à l’échelle d’une humanité qui tend inévitablement à s’unifier. Certaines choses qui ont pris de l’ascendant de nos jours sont effectivement irréversibles, et elles le sont d’autant plus que l’homme postmoderne accroît son emprise technologique sur le monde, et sur lui-même. Il faudra bien savoir l’accepter tout en faisant l’effort indispensable aujourd’hui de pouvoir dominer le progrès technologique – dominer étant se placer au-delà afin de pouvoir le mettre à son véritable service - en faveur de valeurs humanistes et au travers d’un attachement primordial accordé à la personne humaine et à la richesse de sa diversité dans son unité. Les intérêts de chacune des nations doit pouvoir s’imbriquer au sein des relations internationales sans qu’elle est à y perdre ni son âme ni ses intérêts particuliers. L’accroissement des flux d’échanges, tant économiques que culturels, doit pouvoir permettre à ce que s’accroisse simultanément une compréhension mutuelle. Donc, il faudra faire en sorte que nous puissions libérer raisonnablement ces échanges et, en amont, les conditions par lesquelles elles pourront s’engager dans un voie prometteuse, des interférences d’une volonté malsaine hégémonique qui ne sait que considérer le monde et sa diversité en faveur d’un durcissement altitudinal de son pouvoir autocratique.

f5bac4d61d6f5f5fdab1143ecaf4cf1f.jpg

À cet égard, le projet mené par la Chine des Nouvelles Routes de la Soie – ou Belt and Road Initiative (BRI) – pourrait éventuellement être très prometteur car susceptible de reposer essentiellement sur ces principes de respect des différences et de recherche de codéveloppement. Effectivement, ce codéveloppement ne saurait devenir viable à long terme que s’il respecte chacune des visions du monde par laquelle chaque peuple et communauté pourra librement, et de par son propre entendement, se connecter au maillage mondiale des voie de communication terrestres et maritimes portées par ce projet, étendu à ce que certains appelent un « Pont mondial ». Cette condition est effectivement indispensable à la viabilité de ce projet international, car il se doit de rester justement inter-national, et non globaliste c’est-à-dire intégré dans une dynamique d’effacement progressif des nations et de leur souveraineté ainsi que, simultanément, d’élaboration d’une sorte de « communauté humaine mondialisée », standardisée à l’avantage d’une Gouvernance mondiale du capitalisme financier hégémonique et totalitaire.

Œuvrer pour une coopération au niveau international et mondial dans l’objectif de construire un futur où pourra librement se déployer la création et se développer l’innovation humaines ne signifie donc nullement passer outre les impondérables de la nature humaine. La personne humaine ne peut réellement s’épanouir que dans le cadre de ses communautés, locale, régionale, nationale et au-delà, civilisationnelle. C’est au sein de celles-ci, et ce uniquement en regard de ce qu’elle peut être à même de parcourir concrètement de son entendement et de sa raison en compagnie de ceux avec lesquels elle partage la même vision, qu’elle peut au mieux définir une légitimité à ses propres actes, à l’aune de l’héritage et des intérêts communautaires qui les meuvent. Toute coopération est donc une rencontre entre des intérêts et des héritages toujours à un moment donné divergents mais qu’il faudra bien, pour l’élaboration d’un Bien commun d’ordre supérieur, articuler entre eux de façon à ce que chaque communauté y trouve avantage et enthousiasme au-delà de ses propres limites culturelles et de ses intérêts plus étroits. C’est un enjeu de taille et jamais acquis définitivement. Cela demande un effort perpétuel de maintenir une réciprocité gagnant-gagnant, du point de vue des intérêts, par exemple économiques, mais surtout une réciprocité raison-contre-raison du point de vue cette fois des héritages respectifs. Et cela parce qu’il s’avère indispensable en notre époque cruciale de faire comprendre tout l’enjeu au niveau de l’humanité toute entière de réussir à dépasser nos divergences les plus aiguës et de pouvoir faire participer positivement nos différentes cultures à une vision d’avenir vers de grands projets mobilisateurs et, peut-on espérer, annonciateurs de paix et de progrès dans le respect universel de la personne humaine, comme des êtres non-humains qui l’entourent.

La meilleure façon de ne pas s’opposer à l’autre est de s’affirmer soi-même. Cela est une leçon que devrait apprendre l’humanité au-delà de ses différences culturelles et spirituelles. Et le seul moyen réellement efficace et pérenne d’y parvenir est de ne point nier son héritage, tout ce qu’a pu léguer le passé au travers d’une diversité de cultures et de trésors de spiritualité, mais au contraire de s’y appuyer en les transcendant. Ces cultures et spiritualités, comme autant de possibilités qu’ont imaginés les hommes afin d’exprimer leur rapport à l’être et à la vie, doivent être les socles à partir desquels nous pourrons envisager des échanges qui seront primordialement culturels et spirituels avant que de n’être qu’économiques. Il s’agit de donner une priorité à ce qui, seul, est l’instrument de l’affirmation humaine : sa vision du monde au regard de toute la diversité des « climats » par lesquels elle a su se nuancer. Une forme d’être, liée à un héritage, à un « climat » particulier, et dans la mesure où la culture en est véritablement une parce qu’elle s’inscrit dans la dynamique de l’identité1, est ce à partir de quoi l’homme peut se donner les moyens et le désir sain de tendre vers l’universel. Lorsque l’on a rien à échanger que du matériel et des rêveries par lesquelles l’on tend à confondre la Réalité avec ses propres idéaux, l’on ne tend jamais la main vers l’autre afin d’approcher de l’universel et, un tant soit peu, de la Vérité. On s’enferre dans ses propres croyances et l’on désire par dessus tout les imposer aux autres. L’homme doit apprendre que les nuances forment un seul et même tableau, mais que sans ces nuances, il ne peut y avoir de message universel à transmettre via ce tableau. Il doit apprendre que sa culture, source de sa souveraineté et singulière parmi tant d’autres, est un moyen lui appartenant en propre d’exprimer cet universel à condition qu’au lieu d’exclure les autres, il l’affirme au milieu des autres. À partir de la diversité des communautés humaines, la subsidiarité jusqu’au niveau de la multipolarité civilisationnelle et, au-delà, de la coopération mondiale, peut donc devenir un formidable outils permettant que l’homme puisse progresser vers la conscience spirituelle de l’unique Réalité qui est Universalité.

Yohann Sparfell.

1 Chose que nous avons détaillé dans notre ouvrage Res Publica Europae, éditions Ars Magna, Nantes, décembre 2019 : https://www.editions-ars-magna.com/index.php?route=produc...

00:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, passé, avenir, futur, futurologie, projets, projectualité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 10 avril 2020

Des vagues de mutilation: la tyrannie médicale et digitale qui nous attend

EUigqdJXkAEC_C-.jpg

Des vagues de mutilation: la tyrannie médicale et digitale qui nous attend

 
 
Auteur : Brandon Smith
Ex: http://www.zejournal.mobi

A lire absolument si vous voulez comprendre l’ingénierie sociale des élites mondialistes, qui ont franchi une nouvelle étape avec l’organisation de cette pandémie de coronavirus complètement artificielle – laquelle aura des suites nombreuses…

« En 2014, lors de l’alerte Ebola aux Etats-Unis, j’ai publié un article mettant en garde contre la façon dont une pandémie mondiale pourrait être utilisée par les élites comme couverture pour la mise en œuvre d’un effondrement économique ainsi que des mesures de loi martiale dans les pays occidentaux. Ma préoccupation immédiate était la manière dont une épidémie virale pourrait être conçue ou exploitée pour justifier un niveau de contrôle social que le public n’accepterait jamais dans des circonstances normales. Et cela pouvait être N’IMPORTE QUELLE épidémie virale, pas seulement Ebola. Il s’agit de créer un « ennemi invisible » que la population ne peut quantifier et contre lequel elle ne peut se défendre sans une surveillance constante du gouvernement.

J’ai noté en particulier comment le gouvernement a refusé d’appliquer des restrictions de voyage aérien en 2014 aux nations où l’épidémie s’était installée alors qu’il aurait pu arrêter la propagation sur sa lancée. C’est ce qui s’est produit de nouveau en 2020, lorsque l’OMS des Nations unies et les gouvernements, dont le nôtre aux Etats-Unis, ont refusé d’interdire les voyages aériens en provenance de Chine, en prétendant que ce n’était pas une zone « hot » et qu’il ne fallait pas craindre le virus.

Cette attitude de nonchalance sert un but. L’establishment a besoin que la pandémie se propage, car il a alors une raison de contrôler strictement les activités et les mouvements du public. C’est l’objectif final. Ils ne se soucient aucunement de la santé ou de la sécurité publiques. Le but final est d’acquérir du pouvoir, pas de sauver des vies. En fait, ils pourraient préférer un nombre de décès plus élevé au début, car cela inciterait le public à demander plus de restrictions au nom de la sécurité.

masque-respiratoire-n95-contre-les-particules-avec-valve-approuve-niosh.jpgLes autorités sont passées de la minimisation de l’épidémie et de l’interdiction de se préoccuper des préparatifs, comme l’achat de masques N95, à un mode de crise totale quelques semaines plus tard. En janvier, Trump a d’abord affirmé qu’il « faisait confiance » aux données provenant de Chine et a déclaré que « tout était sous contrôle » ; comme d’habitude, quelques mois plus tard seulement, Trump a fait volte-face sur ces deux affirmations. L’Organisation mondiale de la santé a même refusé de qualifier cette épidémie de « pandémie » tant que le virus ne s’était pas implanté dans le monde entier. La question que les gens se poseront est la suivante : tout cela était-il dû à l’incompétence ou à l’ingénierie sociale ?

Le virus Ebola d’il y a six ans semble avoir été une répétition de ce qui se passe aujourd’hui. Je pense que c’est entièrement délibéré, et j’expliquerai pourquoi dans cet article, mais de toute façon, les gouvernements ont prouvé qu’on ne peut pas leur faire confiance pour gérer la crise de la pandémie, ni pour protéger les gens et leurs libertés.

Dans le même temps, la pandémie elle-même est étroitement liée à l’effondrement économique. Les deux événements se nourrissent l’un l’autre. La pandémie constitue une couverture parfaite pour l’effondrement de l’énorme bulle d’endettement que les banques centrales et les banques internationales ont créée au fil des ans. J’ai constaté en février que l’économie mondiale s’effondrait bien avant que le coronavirus n’apparaisse. En même temps, le chaos économique aggrave la tiers-mondisation dans chaque pays, ce qui signifie une mauvaise alimentation et des options de soins de santé qui provoquent plus de maladies et plus de décès dus au virus. Comme indiqué en 2014 :

« Qui remettrait en question l’éventualité d’un effondrement économique à la suite d’un cauchemar imprégné d’Ebola (virus) ? Qui voudrait acheter ou vendre ? Qui voudrait entrer en contact avec des étrangers pour générer une transaction ? Qui quitterait même sa maison ? Le traitement de l’Ebola (virus) dans les pays du premier monde présente les avantages de la finance et d’un environnement sanitaire global plus propre, mais que se passerait-il si le ralentissement économique se produisait simultanément ? L’Amérique pourrait très vite se retrouver dans le tiers-monde et, avec elle, toutes les conditions d’insalubrité qui entraînent un taux de mortalité exponentiel dû à l’Ebola (pandémie).

…Au milieu d’un scénario viral, même modéré ou contrôlé, les actions et les obligations s’effondreront sans aucun doute, un effondrement qui allait se produire de toute façon. Les banques internationales qui ont créé le désordre s’en tirent sans encourir de reproche, tandis que le virus Ebola (épidémie virale), un acte de la nature, devient le bouc-émissaire ultime de chaque catastrophe qui s’ensuit.

Alors que la double menace d’effondrement financier et de pandémie virale s’accélère, la peur se répand pour ceux qui ne se sont jamais préparés à l’avance (et nous parlons de millions de personnes). Lorsque les gens ont peur, ils ont tendance à sacrifier leurs libertés à toute personne qui leur offre une promesse de sécurité, aussi vide soit-elle. Pour l’instant, le public est convaincu de supposer que les confinements et les restrictions sont temporaires, mais c’est un mensonge. Les élites doivent maintenir et augmenter les restrictions chaque mois afin d’empêcher toute rébellion jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à appliquer les mesures de la loi martiale.

Vous voyez, l’establishment est en rupture avec cet événement, et à cause de cela, il y a un potentiel pour qu’ils fassent face à des conséquences désastreuses. La façade s’évapore rapidement ; les collectivistes et les mondialistes risquent de s’exposer et d’exposer leurs marionnettes politiques afin de construire un système totalitaire avec une rapidité extrême. L’establishment doit maintenir la pression pour l’instant, car si l’on laisse le public respirer un instant, il risque de regarder autour de lui et de s’éveiller au programme plus vaste. Le public doit être forcé de mendier l’aide des autorités ; ce n’est qu’alors que la pression sera levée pour un court instant. Le public doit croire que la grille de contrôle était LEUR idée.

Un nouveau processus de conditionnement de masse est sur le point d’être mis en route, utilisant des « vagues » de panique puis des vagues de libération et de calme. Après avoir étudié les traits comportementaux et les méthodes des sociopathes narcissiques (psychopathes) pendant de nombreuses années, je peux vous dire que cette forme de conditionnement est très familière. C’est exactement ce qu’ils font toujours, à l’échelle mondiale : ils créent une atmosphère de crise pour maintenir les gens autour d’eux en déséquilibre et à cran, puis « relâchent la pression » par intermittence pour que ces mêmes personnes se détendent et que leur colère se dégonfle pendant un certain temps. Ensuite, le processus recommence…

Ce conditionnement piège les victimes des narcopathes dans un état constant de flux et d’incertitude, et les moments de calme deviennent un placebo qui empêche leur rébellion contre lui. Il peut alors se nourrir à loisir de ses victimes comme un vampire psychologique, et souvent ces victimes verront le narcopathe comme leur seul moyen de soutien. Elles sont convaincues que toutes les menaces viennent de l’extérieur ; elles ne réalisent pas que la source des menaces est la personne qui se trouve juste à côté d’elles.

20150927_Lichfield.jpgLe modèle de vagues de conditionnement et de contrôle commence à apparaître partout, et il est particulièrement flagrant dans la « solution » présentée par les élites de l’establishment en réponse à l’épidémie de coronavirus. Comme l’a souligné Truthstream Media dans son excellente vidéo « We Are Living In 12 Monkeys », le MIT a récemment publié un article rédigé par son rédacteur en chef mondialiste Gideon Lichfield, intitulé « We’re Not Going Back To Normal », qui admet assez effrontément la façon dont les élites entendent utiliser cette crise à leur avantage.

Lichfield établit une sorte de calendrier de programmation pour la population, basé sur des vagues d’épidémies d’infections virales, des vagues de restrictions sociales strictes, suivies de vagues d’activité économique limitée et de calme limité au cours des 18 prochains mois. Comme le suggère Lichfield :

« Pour arrêter le coronavirus, nous devrons changer radicalement presque tout ce que nous faisons : notre façon de travailler, de faire de l’exercice, de fréquenter les gens, de faire des courses, de gérer notre santé, d’éduquer nos enfants, de prendre soin des membres de notre famille.

Nous voulons tous que les choses reviennent rapidement à la normale. Mais ce que la plupart d’entre nous n’ont probablement pas encore réalisé – et ne tarderont pas à faire – c’est que les choses ne reviendront pas à la normale après quelques semaines, voire quelques mois. Certaines choses ne reviendront jamais ».

Il continue :

« Tant que quelqu’un dans le monde aura le virus, les épidémies peuvent se reproduire et se reproduiront si des contrôles stricts ne sont pas effectués pour les contenir. Dans un rapport publié hier, des chercheurs de l’Imperial College de Londres ont proposé un moyen d’y parvenir : imposer des mesures de distanciation sociale plus extrêmes chaque fois que les admissions dans les unités de soins intensifs (USI) commencent à augmenter, et les assouplir chaque fois que les admissions diminuent… ».

Comprendre qu’il y a 7 milliards d’habitants sur la planète et que ce processus de contrôle pourrait durer des années en attendant que chaque personne surmonte le virus ou en meure. La seule façon pour le public d’échapper à ce purgatoire (selon Lichfield) est de se soumettre à une grille de données biométriques. Ils doivent se porter volontaires (ou être obligés) pour participer à un suivi 24h/24 et 7j/7 grâce à leurs téléphones portables et à une surveillance de masse. Pour pouvoir fonctionner en société, un individu doit avoir le marqueur numérique adéquat qui indique aux autorités qu’il est « propre » et exempt d’infection. Ce système est actuellement utilisé en Chine :

Ce système permet de réaliser un certain nombre de choses. Tout comme le système de crédit social que la Chine utilise depuis quelques années, le public est obligé de rassurer constamment l’oeil caché, mais qui voit tout, du gouvernement. Tout ce qu’ils font est surveillé par des algorithmes et des moyens de surveillance. Toute déviation pourrait déclencher une surveillance et une perte des libertés simples de se déplacer ou de participer à une interaction humaine normale. Lichfield argumente :

« En fin de compte, cependant, je prédis que nous allons rétablir la capacité de fréquenter les autres en toute sécurité en développant des moyens plus sophistiqués pour identifier qui est à risque de maladie et qui ne l’est pas, et en discriminant – légalement – ceux qui le sont.

…on peut imaginer un monde dans lequel, pour prendre un vol, il faudra peut-être être abonné à un service qui suit vos déplacements via votre téléphone. La compagnie aérienne ne pourrait pas voir où vous êtes allé, mais elle recevrait une alerte si vous étiez à proximité de personnes infectées connues ou de points chauds de la maladie. Les mêmes exigences s’appliquent à l’entrée des grandes salles de spectacles, des bâtiments gouvernementaux ou des centres de transport public. Il y aurait des scanners de température partout, et votre lieu de travail pourrait exiger que vous portiez un moniteur qui surveille votre température ou d’autres signes vitaux. Si les boîtes de nuit demandent une preuve d’âge, elles pourraient à l’avenir exiger une preuve d’immunité – une carte d’identité ou une sorte de vérification numérique via votre téléphone, montrant que vous avez déjà récupéré ou été vacciné contre les dernières souches de virus ».

controle-acces-biometrique.jpg

Et voilà, vous l’avez. La grille de contrôle social et biométrique que les mondialistes ont mis en place depuis des années a le parfait catalyseur – une pandémie virale qui pourrait se propager indéfiniment ; il suffirait de libérer tous les deux ans un virus de synthèse qui renouvelle la peur du public. La population devient de plus en plus dépendante du gouvernement pour tout, car sa survie même dépend de sa capacité à fonctionner dans la nouvelle économie, et sans une marque spéciale accordée par le gouvernement disant que vous n’êtes pas un risque d’infection, vous pourriez être écarté de tout commerce et de toute participation.

Vous refusez de vous faire vacciner pour des raisons de santé ? Vous êtes exclu de l’économie. Scolariser vos enfants à la maison ? Ils n’ont pas été suivis et constituent donc un risque d’infection, et toute votre famille est mise à la porte de l’économie. Vous avez des opinions politiques contraires au mondialisme ? Peut-être êtes-vous répertorié comme un danger pour le système et étiqueté à tort comme infecté en guise de punition ; et vous êtes alors mis à la porte de l’économie. L’establishment peut utiliser la menace d’une expulsion économique pour conditionner de nombreuses personnes à la complaisance ou à l’esclavage.

Le rédacteur en chef du MIT poursuit son argumentation de manière assez arrogante :

« Nous nous adapterons à de telles mesures et les accepterons, tout comme nous nous sommes adaptés aux contrôles de sécurité de plus en plus stricts dans les aéroports à la suite d’attaques terroristes. La surveillance intrusive sera considérée comme un petit prix à payer pour la liberté fondamentale d’être avec d’autres personnes ».

Au-delà de l’effort visant à transformer la « distanciation sociale » en une nouvelle norme culturelle appliquée par la loi, un autre programme est tranquillement mis en place : la société sans argent liquide. De plus en plus d’entreprises commencent à refuser les paiements en espèces, sous prétexte que l’argent papier propage le virus. Curieusement, elles acceptent encore les cartes de débit avec des claviers à épingles, qui sont beaucoup plus susceptibles que l’argent liquide de propager la maladie.

Cela peut obliger le public à garder son argent dans les banques malgré la menace d’un gel du crédit ou d’un bank holiday. Que se passe-t-il si vous retirez de l’argent de vos comptes mais que vous ne pouvez le dépenser nulle part ? Ils finiront par interdire les transactions par carte de débit et de crédit dans les magasins également, et les remplaceront par un système de paiement non interactif. Au début, cela se fera probablement par le biais de votre téléphone portable à l’aide d’une application de scan. À la fin, ils utiliseront vos données biométriques pour toutes les transactions monétaires.

Cela oblige une fois de plus le public à avoir un téléphone portable sur lui partout pour sa survie. Le réseau de traçage du virus ainsi que le nouveau système de paiement rendent ce dispositif indispensable. Si vous voulez participer à la société, vous n’aurez pas d’autre choix que d’être suivi et repéré à tout moment.

À moins, bien sûr, que vous ne construisiez votre propre système de commerce et d’interaction.

La solution à la tyrannie médicale et à la société sans argent liquide est de ne pas avoir besoin du système du tout pour votre propre survie. Cela signifie que les gens devront construire leur propre économie basée sur le troc et la monnaie locale. Ils devront se débarrasser de leurs téléphones portables et s’appuyer sur d’autres formes de communication comme la radio, ou établir un système de communication numérique séparé et indépendant du système d’établissement. Ils devront devenir des producteurs et parvenir à une plus grande autonomie. Ils devront se libérer du réseau, et cela doit commencer dès maintenant.

Bien sûr, l’establishment prétendra que ces personnes indépendantes sont une menace pour tous les autres simplement parce qu’elles existent. Ils perpétueront le mensonge de « l’immunité collective » et prétendront que les indépendants « répandront le virus », même à ceux qui sont censés être protégés par la vaccination. Et finalement, ils essaieront d’empêcher les communautés découplées et localisées d’exister en recourant à la force. À ce moment-là, nous entrons simplement en guerre avec les élites, comme nous devrons toujours le faire de toute façon. L’alternative est l’esclavage au nom du « bien supérieur », mais il n’y a pas de bien supérieur sans liberté, et il n’y a pas de société sans individualité. Que la pandémie soit damnée ».

Traduction Olivier Demeulenaere


- Source : Alt-Market

00:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, futurologie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 24 février 2020

A Renaissance Human in the Digital Age

1 LngdTwppx_ebn9_MyTbcrg.jpeg

A Renaissance Human in the Digital Age

Ex: https://medium.com

THE MAIN PROBLEMS OF MODERN HUMAN

I want to start with the question: “Is it possible to become Renaissance Man in the Digital Age?»

The problem of modern human living in the era of Big Data is that he is drowning in the flow of information. The human of Antiquity, the Middle Ages, the Renaissance, had a particular amount of knowledge. Today, we can’t even determine what we need to know. Most often, this is determined by our profession and the direction of our activity. Given the fact that the modern world is still dominated by the tendency to narrow specialization, we can come to disappointing conclusions. A modern human needs to be able to find in a massive flow of unstructured information, the one that will serve for its comprehensive and harmonious development.

Nowadays, only a few people know how to work with information. It is not chaotic to absorb, not to be satisfied with an incomplete acquaintance, but to be selective, to show the art of separating important from secondary, necessary from casual. There are two opposite approaches to knowledge: simple accumulation of information and transformation by knowledge. These two approaches are based on two principles — forma formanta and forma informanta. The first is inherent in a person initially. The forma formanta action is directed from the center to the periphery. We can say that this is the inner Logos or axis of the soul. This principle conditions all internal transformations that we experience. Forma formanta is related to “vertical knowledge”. Forma informanta is an external force that acts from the periphery to the center. It determines all other people’s influences (especially the importance of society). This is “horizontal knowledge”. I realized very early on that our entire educational system is based on forma informanta. In educational institutions, we are informed at best, but we are not formed in any way. In the twenty-first century, we have to synthesize these two principles.

There are other problems faced by the modern human, who can no longer imagine his life without digital assistants. According to research conducted by cognitive neurobiologists, people barely read texts. They don’t read anymore; they just scan them. Scattered attention, fragmentary perception of information, search for keywords, “surfing” rather than reading — this is the result. Of course, many people have decided to abandon paper books altogether and wholly switched to electronic ones. The skill of reading is increasingly lost. It is no secret that many people are no longer able to read Hesse’s “The Glass Bead Game “, much less Schelling’s” Philosophy of mythology”. How can we counter the trend outlined here? One of the ways today is called slow read. For this purpose, reading groups are created all over the world. They allow you to experience time differently and reopen text that is not scanned but is slowly read, parsed, discussed, and commented on.

41tNS4DFN8L._SX335_BO1,204,203,200_.jpgAnother problem with a modern human is poor memory. Why remember something if you can find all the information on the Internet? Xenophon reports that Athenian politician and general Nicias forced his son Niceratus to memorize by heart the works of Homer. Now no one even tries to set such a task for themselves. It has reached the point that today not everyone is also able to finish reading the epic of Homer to the end. Alberto Manguel writes in “Homer’s The Iliad and The Odyssey: A Biography” that memory training in the Byzantine educational system was given considerable attention: after several years of practice, students had to know the Iliad by heart.

CREATION A WORLDVIEW

Creation a worldview is a complex and lengthy process. We often meet people who do not have any worldview. At best, they have a particular set of opinions (in most cases, not their own) and incomplete knowledge, based on which they draw conclusions and make decisions. If there is no worldview, then there is no internal axis, center, or reference point around which a separate world is formed. A person “just lives”, unaware of the values, views, and desires imposed on him. The inability to cope with the massive flow of information that today threatens to wash away any truth from the face of the earth leads it to a chaotic capture, senseless accumulation. He does not know how to choose the most important thing from this inexhaustible stream. If he had a worldview, a particular coordinate system, then approaching the bookshelves or looking at a series of links and headlines in his news feed, a person would instantly make the right decision: “take” or “put aside”. To build your worldview, you need to be a good architect.

In the process of forming ourselves, we always lose sight of the fact that human is a process, as the act of creation. It is in constant development and transformation. There is an ontological gap between the human of Antiquity and the human of the Middle ages. And those who naively believe that humans are always the same, that we are the same today as we were hundreds of years ago, make an unforgivable mistake. When we talk about the “ancient Greek,” “medieval European,” “Renaissance human,” “Modern human,” “postmodern individual,” we are talking about entirely different and, I would venture to say more radically, diametrically different human types. Changing paradigms always means a fundamental change that can be correlated with a “re-creation of the world.” Everything changes the ontological status of a human, his view of life, death and the afterlife, time and space, the divine; his ideals, his values, etc. change. The understanding of these changes dictates the division into historical periods.

41k4XMEZqKL._SX326_BO1,204,203,200_.jpgJoel Barker, in his book “Paradigms: Business of Discovering the Future”, emphasizes that he does not agree with Thomas Kuhn, who believed that paradigms exist only in science. I always emphasize that I use the word “paradigm” without any reference to Kuhn’s paradigm theory, and take its original meaning (from Greek. παράδειγμα, “example, model, sample”). So, Barker is convinced that the new paradigm comes sooner than there is a need for it. The paradigm is always ahead of demand. And, of course, the apparent reaction to this is rejection. Who is changing the paradigm, according to Barker? It’s always an outsider. The one who breaks the rules turns them — at the same time improving the world. “What is defined as impossible today is impossible only in the context of present paradigms,” says Barker. Let’s put the question again: “is it Possible to become Renaissance human in the digital age? This is not possible only in the context of the old paradigm. But that paradigm could disappear by tomorrow.

PARADIGM SHIFT: A REVOLUTION IN HUMAN THINKING

The type of personality that appeared in the pre-Socratic period delighted Friedrich Nietzsche, who wrote about the Republic of Geniuses, where the philosopher was a magician, a king, and a priest. This type of personality will still manifest itself in the Middle ages — in the person of the philosopher, scientist, and theologian Albert the Great (Doctor Universalis), the Arab scientist Ḥasan Ibn al-Haytham and the philosopher and naturalist Roger Bacon. And in the Renaissance — as homo univeralis, the most striking embodiment of which will be Leonardo da Vinci: painter, sculptor, architect, inventor, musician, writer, and scientist, ahead of his time. Then it will be replaced by another type-a a scientist of narrow specialization. It’s no longer a microcosm that reflects the entire universe (macrocosm). The world becomes too vast for him, so the specialist decides to confine himself to a small island, where he spends the rest of his days in the eternal scientific studies, to come to results that can easily be refuted by a new generation of such scientists. E. R. Dodds wrote:

The sort of specialisation we have today was quite unknown to Greek science at any period, and some of the greatest names at all periods are those of nonspecialists, as may be seen if you be seen if you look at a list of the works of Theophrastus or Eratosthenes, Posidonius, Galen, or Ptolemy.

In the age of Antiquity, the idea of a perfect human necessarily included the concept of “kalokagathos” (Ancient Greek: καλὸς κἀγαθός). It was a symbol of the harmonious union of external and internal virtues. Another idea that will become the basis of the system of classical education — “Paideia” (παιδεία), that is, the formation of a holistic personality, it was closely related to “kalokagathos.” The harmonious system of ancient (classical) education laid the foundation for the future educational system of Europe.

For the ancient Greeks, the human was not just an individual but an idea. And this idea included all stages of the spiritual and intellectual development of society.

In the Middle Ages, the concept of the ideal human changes significantly, and in place of harmony between external and internal comes the realization of the original sinfulness of the human being; between God and human, an abyss appears, forcing the latter to take the path of redemption to restore the lost harmony. The flesh begins to be thought of as sinful and despicable, the earthly world as a place that must to reject and devote all your thoughts to the service of God. Knowledge gives way to faith. An ascetic monk takes the place of the ancient Greek. The fundamental idea of” imitating God” remains unchanged, only God and the nature of the imitation itself change. If the ancient Greeks imitated the Olympian gods and heroes, the medieval human imitated Christ. The changes in human perception of the world during the transition from Antiquity to the Middle Ages are so radical that at the time we are talking not just about two different ideas about the “perfect human”, but also about two different ontological levels: “the level of the Mystery” and “the level of baptized”. In both cases, the person experienced profound changes, after which his life was strictly divided into “before” and “after”. It is no coincidence that Hans Sedlmayr begins the periodization of Western culture from the Middle ages (skipping Antiquity) — it was another world, another human, another ideal, another look at the choice of life, a different view of death. And another way of looking at philosophy. For a medieval human, philosophy was “the handmaiden of theology.”

1 Vnpz5M0ZDJAtXsz0hcpnDg.jpeg

Philosophia et septem artes liberales, the seven liberal arts

It was in the middle ages that the first universities began to appear, which immediately acquired the status of centers of philosophy and culture, science, and education. As a rule, the medieval University consisted of three higher faculties: theology, medicine, and law. Before entering one of these faculties, the student was trained at the artistic (preparatory) faculty, where he studied seven Liberal arts. And only after receiving the title of bachelor or master, he had the right to enter one of the three faculties, were at the end of the training, he won the title of doctor of law, medicine or theology. The seven Liberal arts were divided into two cycles: trivium (grammar, dialectics (logic), rhetoric) and quadrivium (arithmetic, geometry, astronomy, music, or harmonica). Despite the fact that the origins of the seven Liberal arts go back to the Hellenistic era (the Sophist Hippias), in the Middle ages this system was in the service of religion: grammar was intended for the interpretation of Church books, dialectics was used for polemics with heretics, rhetoric was necessary as a tool for creating religious sermons, etc.

Pico della Mirandola amazonia libros books.jpg

Only in the Renaissance age (which was primarily the Renaissance of Antiquity) does the medieval idea of a sinful being give way to the idea of homo universalis, a harmonious and holistic personality; inevitably this means a return to the fundamental principles of the Ancient idea of the perfect human — “kalokagathos”, “paideia”, “arete”. After Thomas Aquinas and Saint Augustine of Hippo come to Georgius Gemistus, Marsilio Ficino and Pico Della Mirandola. Classical education, based on the study of ancient languages as a way to comprehend the cultural heritage of Antiquity, was founded in this era. As the Russian poet and playwright Vyacheslav Ivanovich Ivanov rightly remarked: “European thought constantly and naturally returns for new stimuli to the genius of Greece.”

In the Renaissance, a paradigm shift occurs again: appear is a gap between the medieval worldview and the worldview of the Renaissance human. The same gap to separate the person of the Renaissance from the individual of the New time when there was a break with the classical model of education. One of the embodiments of the anti-classical approach to education was the French sociologist Jean Fourastie (1909–1990), who insisted that we should discard the classical humanitarian culture and focus on the new ideal of an educated person — a specialist of a narrow profile who has the ability to quickly adapt to the constantly changing realities of the modern world. This specialist was not required to have a high level of culture since the range of his tasks was reduced to the effective service of the world, the values of which were now determined not by homo universalis, but by homo economicus.

REINVENTION OF HUMAN

Today it is common to talk about the collapse of humanism, but we still use the word “humanitarian” out of habit. What is humanitas, and does the range of modern Humanities correspond to its original purpose? Why do we observe how the very “idea of human” is lost? “The Fatigue from human”, “the overthrow of the human”, “the destruction of the human”, “the disappearance of the human” arise in all spheres of our existence.

The latest trends in modern thought reduce a person to the level of an object, depriving him of his prior ontological status. A toothpick and a Buddhist monk, a Hummer and a Heidegger, a nail file, and a talented painter are placed on the same line. One is equal to the other. Object-oriented thinking that puts a THING at the center of being. Metaphysics of things. Being is no longer hierarchical. The same tendency can be found in modern theater and in contemporary painting, which is looking for an opportunity to free themselves from a human finally. Objects and things are increasingly taking the place of the human. The human himself, sometimes installed in work, turns into an object. The human image “disintegrates”, is dismembered, disassembled into parts, like a mechanism. In painting, there has long been a fragmentation of the human image (from distortion of proportions and emphasis on bodily ugliness to the dismemberment of the body). At Norwegian artist Odd Nerdrum, the focus on painful and damaged bodies becomes constant. American artist and sculptor Sarah Sitkin is engaged in splitting the human image, deliberately distorting it. We can see the same thing in the works of other artists: Marcello Nitti, Radu Belchin, Christian Zucconi, Berlinde de Bruyckere, Emil Alzamora, João Figueiredo.

The human is almost banished. But in his place did not come, neither a Superman nor a Godman. Rare attempts to put a different anthropological formation in the position of the disappearing human can be noticed even among European symbolists: Jean Delville, Simeon Solomon, Fernand Khnopff, Emile Fabry, and others. But this was instead a warning of the” new human,” his barely perceptible breath, a secret call. Science fiction writers (for example, Herbert Wells) managed to anticipate the phenomenon of its complete opposite — Digital Human. Who is he, this child of the network century, communicating through tags and tweets — a harbinger of the end of humanity or the Creator of a new “Digital God” — Artificial Intelligence? All attempts by inhumanists, speculative realists, “space pessimists”, etc. to solve the problem of “Lost Centre” and learn to think beyond the limits of human are initially doomed to failure. They do not create breakthroughs in the field of thought; all they do is reveal the symptoms of a dangerous disease called “death of the idea of human”.

I am convinced that the crisis of the Humanities is connected with the plight of the “idea of the human.” And only a return to the “idea of human”, to the spiritual dimension of human existence, but at a new stage, can lead to the revival of the Humanities. In this and only in this case will humanitas regain its original meaning. However, it is not enough just to go back to the old definition of human, today we have to “reinvention of human”. Redefine its meaning, redefine its purpose and place in the world, and understand its advantages over Artificial Intelligence.

9780520288133.jpgTobias Rees is the founding Director of the Institute’s Transformations of the Human Program. He suggests that fields such as Artificial Intelligence and synthetic biology should be seen as philosophical and artistic laboratories where new concepts of human, politics, understanding of nature, and technology are formed. What was traditionally associated with the main tasks of the Humanities, which were centered on human, has now moved to the fields of natural and technical sciences. The Humanities have stopped answering the question: “What is a human?” But this is the fundamental and critical issue today. Specialists who are closed within the boundaries of their disciplines are not able to answer it. Tobias Rees sends philosophers and artists to the world’s largest corporations to work with engineers and technologists to form a new idea of the human.

At the same time, we must clearly understand that rethinking the idea of the human will undoubtedly entail a rethinking of the entire corpus of Humanities. What is it like to be a human being in the age of intelligent machines? What is the fundamental advantage of a human? What will never, under any circumstances, be impossible to automate, calculate, and turn into Algorithms? Futurologist Gerd Leonhard, contrary to Yuval Harari, who is obsessed with Algorithms, puts forward the idea of androrithms, that is, specific non-enumerable attributes that make us humans. These attributes are exclusively human and can never be assigned by a machine. To androrithms, Leonhard includes empathy, intuition, compassion, emotional intelligence, imagination, and Dasein (Heidegger). Leonhard writes:

«Leonardo Da Vinci’s ‘Vitruvian Man’ depicted the ideal proportions of the human body — maybe now we need a ‘neoluvian man’ describing the future relationship of humans and technology?».

In the article “2020 Will Bring A New Renaissance: Humanity Over Technology”, Gerd Leonhard argues that we will soon witness a resurgence of humanism and the Humanities. Undoubtedly, this trend is gradually gaining influence in the Western world. It is enough to read the book “Sensemaking: The Power of the Humanities in the Age of the Algorithm” by Christian Madsbjerg to see how modern world leaders and corporate heads are rediscovering the Humanities and applying its methods to solve critical problems in their industry. Madsbjerg himself is a well-known business consulting specialist and founder of ReD Associates. He founded a consulting company when he was only 22 years old and developed an innovative approach to business thinking (his company specializes in strategic consulting based on the foundation of the Humanities). He is a genuine Polymath that has a dominant intellectual (theoretical and practical) foundation in the field of philosophy, Ethnography, anthropology, sociology, literary studies, history, discursive analysis, business management, etc.

1 pvfuWiMipn0c7qelp04xug.jpeg

The ‘Neoluvian’ Man

You might be surprised to find that more than a third of Fortune 500 CEOs have degrees in the Humanities. The illusory idea that only a narrow specialization in STEM will give us a guarantee of building a successful career is a thing of the past. Even the Israeli historian Yuval Harari was forced to admit that the development of AI can displace many people from the labor market. Still, at the same time, there will be new jobs for philosophers. It is their skills and knowledge that will suddenly be in high demand. And American billionaire Mark Cuban believes that “In 10 years, a liberal arts degree in philosophy will be worth more than a traditional programming degree.”

We live in the age of Big Data, but we need to remember that Big Data will never replace Big Ideas. It is the absence of Big Ideas that can be considered the main characteristic of the modern era. Big Ideas always carry transformational potential, imply radical transformations, and those who dare to express them, as a rule, are tested by distrust on the part of a society that is not ready for changes. But only these people have had and will continue to have an impact on the course of human history — Renaissance human, polymath — the Big Idea that underlies the new paradigm of thinking. If you need to define this type of thinking, the most appropriate epithet for it is “integrative”. Roger Martin limits it’s as “the ability to face constructively the tension of opposing ideas and, instead of choosing one at the expense of the other, generate a creative resolution of the tension in the form of a new idea that contains elements of the opposing ideas but is superior to each.” Most people are used to thinking in the “or-or” mode; it is difficult for them to keep two mutually exclusive ideas in their heads at the same time and, without throwing either of them away, to generate a new one (and this process involves intelligence, intuition and every time a unique human experience).

They also find it challenging to create a synthesis of knowledge and skills from different disciplines, and the implementation of integration of various industries seems almost fantastic to them.

I want to emphasize that this is not just about one type of thinking. It is a critical meta-skill that is a human advantage and will never be mastered by a machine, despite the development that Artificial Intelligence will soon achieve.

Strictly speaking, today, we can distinguish three main types of thinking: algorithmic (machine), traditional and integrative (holistic). In the age of Algorithms, only integrative thinking can withstand the battle with AI. The struggle is not just for resources, power, or influence, but for a human.

NS-p.jpg

Russian philosopher, cultural scientist, a specialist in Antiquity, curator of Janus Academy.

jeudi, 20 février 2020

The Future Belongs to Polymaths

1200px-'The_School_of_Athens'_by_Raffaello_Sanzio_da_Urbino.jpg

The Future Belongs to Polymaths

Ex: https://medium.com

I want to start with a little story. Many years ago, I saw a fresco by Raphael. “The School of Athens” is one of the pearls of Renaissance art. On it, the artist depicted immortal images of great thinkers: Heraclitus, Empedocles, Parmenides, Pythagoras, Aristotle, Plato, Socrates…and there was among them the only one woman who has always been for me a kind of model, an archetype of female wisdom — Hypatia of Alexandria. Raphael gave her the features of his beloved Margherita Luti. I looked at this collection of great minds of mankind and even then I understood that I knew the one secret. Lorenzo de’ Medici also knew it.

ghirlandaio-cappella-tornabuoni-umanisti.jpg

In the XV century, he established the Platonic Academy in Florence, headed by Marsilio Ficino. This Academy brought together outstanding philosophers, artists, architects, sculptors, and poets of the Renaissance. This was the time of the total triumph of a new type of man — homo universalis, a prominent representative of which was Leonardo da Vinci-painter, architect, sculptor, inventor, writer, musician and scientist. The very embodiment of the Union of music and mathematics, science and art. Why did this type of personality disappear today-in an era of deep specialization, and the place of the universal thinker who saw the whole picture of the world was taken by the one who looks at the world through the keyhole of his profession? These are the questions I started asking.

The XXI century presents us with global challenges. We are watching the rapid development of new technologies. But it seems that neither politicians, nor businessmen, nor inventors know the opportunities and risks associated with the development of Artificial Intelligence and biotechnologies. The problems we will soon have to deal with are beyond our comprehension. Fundamental climate changes and the risk of environmental disaster, the growth of the world’s population and migration processes, unknown epidemics and pandemics, unemployment-these are just some of the problems that can radically change our lives. These are the main questions that we have to answer.

But to solve these problems, you need a different type of thinking. As Albert Einstein said, “We can not solve our problems with the same level of thinking that created them.” To understand these problems, we need a global perspective. But where does the global perspective come from if narrow specialization is imposed everywhere? However, it is not enough today. I told you I knew a secret. It’s time to tell it.

The future belongs to polymaths. The polymaths were the most influential people in the history of mankind. They could create atypical combinations of skills, to combine and synthesize knowledge from different disciplines. Only polymaths can comprehend and respond to the challenges facing man in the XXI century.

How to create conditions for the formation of individuals with polymathic thinking? To do this, it is necessary to transform the entire educational paradigm and create a new educational model. How? We need to unite the best minds of mankind. Lorenzo de ‘Medici had a Big Idea. She inspired me. We live in an era when we need to dare to think on a larger scale. For many years, while developing a project called Janus Academy, I tried to create a matrix of the future educational system that will replace or become a real alternative to the educational model being implemented today.

The modern educational model is focused on the formation of a specialist of a narrow profile who has passed the “school of skills and competencies”, but not the “school of knowledge”. The result is obvious: the skills and competencies acquired today need an immediate upgrade tomorrow because they are outdated. A student enters an endless race by replacing one worn-out part with another. Without a basic knowledge axis, he simply has nowhere to integrate the acquired skills. As a result, we do not get a person who has realized his potential, but a “one-button specialist” with a “passport of competencies”, who adapts flexibly to changing trends. An individual who knows how to use Agile, but knows nothing about the history of civilizations, structural linguistics, world culture, classical and modern art.

Today, education has ceased to be a way of inheriting culture and has become a tool for achieving career success.

However, if we look at the founders of the five largest companies in the world - Bill Gates, Larry Page, Steve Jobs, Warren Buffett and Jeff Bezos - we find that they are all polymaths, universal personalities, but not narrow specialists.

The same universal personalities were Aristotle, Ptolemy, Leonardo da Vinci, Newton, Kepler, Leibniz, Descartes, Thomas Edison, Benjamin Franklin and others.

Leonardo_self.jpgWhen we dream of succeeding in a rapidly changing world, we often forget that the most successful people are polymaths. And gradually, interdisciplinary employees, people with polymathic thinking become one of the most valuable assets.

We are afraid that soon robots will replace us in the workplace and all processes will be automated. The machine will surpass man in his abilities. Of course, it will surpass — if we are talking about the abilities of a narrow specialist. But she would never be able to beat the polymath. Historian Felipe Fernandez-Armesto emphasizes: “Specialists can invent gadgets, formulate algorithms and exchange blows. But to transcend experience and change the world, ideas need mental space where influences from all disciplines can mingle alchemically. Those spaces are in polymaths’ brains. To conquer empires of the intellect, you have to exceed your own domain. Classical Greece, Renaissance Italy and Victorian England all revered and rewarded generalists, for whom today universities have little or no space or patience. “

Society abandoned the idea of polymaths after the industrial revolution. As Ellwood Cubberley, was an American educator and a pioneer in the field of educational administration, said in 1898: “Our schools are, in a sense, factories, in which the raw products (children) are to be shaped and fashioned into products to meet the various demands of life.”

What problems do polymaths face today, does society accept them, does it allow them to discover their deep potential, apply all their knowledge and skills and be at the center of world processes? In one of the articles I met the opinion that in our society there is a clear rejection of people who lead a polymathic lifestyle. However, it does not get tired of encouraging narrow specialists in every possible way. This is one of the consequences of industrialization: the idea that man is just a mechanism in a huge machine. Moreover, this is the result of the industrialization of consciousness. Because of the reaction of society, many polymaths avoid calling themselves polymaths. Some people start deliberately talking about themselves as specialists, believing that this will help them have a successful career. Others name different functions, depending on the context. Still, others are waiting for an opportunity to demonstrate their many skills, i.e. they are waiting for a “request” from the society itself.

Leonardo da Vinci, the most outstanding example of a polymath, also faced serious problems. Waqas Ahmed, the author of the fundamental study “The Polymath: Unlocking the Power of Human Versatility” says in an interview: “If you look at Leonardo Da Vinci, who’s considered the archetype of the polymath in the Western mind, he faced a lot of adversity. He did not have the socioeconomic status to excel in one field, let alone multiple fields, but he had an innate curiosity and that curiosity overcame any obstacles that he faced in his work environment or in his social environment. And so that curiosity does inevitably build in a kind of fearlessness that you see in many polymaths over history. ( … ) You need to have unfaltering belief in your method to creativity and to progress and you need to be able to deal with the kind of cynicism and skepticism and even envy that you will inevitably face moving forward.”

I face this problem. The question of the nature of my work has always puzzled me. Of course, over time, I had to introduce myself as: “Philosopher, publicist, cultural scientist, a specialist in Antiquity, curator of Janus Academy” (sometimes even shortening all this to: “philosopher, a specialist in Antiquity”). But the field of my interests and intellectual practices covers the entire field of Humanities, and if I am so passionate about antiquity, it does not mean that I am limited by It. Also, I specialized in personalized learning, developing individual educational programs. Organizing conferences, seminars, presentations, and cultural events; strategic planning; experience in public speaking; working with experts, embassies, and public figures; negotiating; creating (and curating) intellectual and art clubs; developing educational programs for cultural venues; conducting interviews; and working as an editor-compiler of scientific magazines. Besides, writing books, playing in the theater. So who am I? And most importantly, how can I design my life so that the diversity of my knowledge and experience can open up to the world and change something in it?

And in response to this question, I decided to release my “Black Swan”. To create a project that will mark the beginning of a revolution in education. The mission of this project is to consolidate all the most important thinkers, researchers, cultural figures and scientists who set themselves the goal of creating a new interdisciplinary educational program that meets the challenges of the XXI century and can maintain its main task — to be a way of inheriting culture.

1-proportions-of-the-face-leonardo-da-vinci.jpgOften can you see students who do not listen to what their lecturers say? And only imagine that this very lecture is given to a student by his favorite writer or scientist, whose books he reads with great interest. Will he be more attentive to every word, will he take the learning process more seriously and most importantly-will he has a passion, a passion for learning, for mastering new disciplines, new areas, and directions? Would you like to learn from the best of the best? Learn in the process of live communication?

In Janus Academy students do not acquire a narrow specialization, but fundamental knowledge that allows them to unlock their cognitive and intellectual potential.

1. interdisciplinary program “POLYMATH” (2 years of study)

2. 32 directions

3. more than 150 author’s courses that form a unique educational complex:

- a complex of humanitarian disciplines that give students fundamental knowledge,

- a STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematics) complex that develops innovative thinking and the ability to collect, analyze, systematize and critically comprehend information.

4. brilliant teaching staff (about 200 leading Russian and European scientists and specialists, researchers, philosophers, cultural and artistic figures)

5. training of international communities of polymath teachers to solve global problems of mankind.

My friend told me that you should be able to explain an interesting idea even to a 6-year-old child. And he asked me to explain to his 6-year-old daughter the purpose of my project. “How will you tell her about the polymaths, about the Renaissance man?” And I said to the little girl,” Imagine a small island. Did you imagine? Now imagine a vast continent, no! — imagine a whole world! See how different they are? In ordinary educational institutions, people are made into small Islands, and in my Academy, everyone will have the opportunity to become a whole world!” And the little girl understood me.

How do I see the project, for example, in 10 years? From the very beginning, I laid the Foundation of Janus Academy not only with the revolutionary potential but also with the potential for growth. In other words, I have a good idea of how this project will grow to an entire Empire within a few years, with its well-thought-out, branching structure. It will cover the whole world and unite the best minds of mankind. And at the center of this Empire will be the idea of a polymath.

If this type of personality does not begin to form now, if it is not allowed to express itself as much as possible in all areas of human activity, if it is not allowed to find the key to the global challenges that the XXI century throws at us, we will disappear as metaphysical beings, as intellectual individuals, and as a biological species. We have entered a transitional stage, Interregnum, when the outdated paradigm has already been destroyed and the new one has not yet emerged. It’s time to “reinvent the world”.

Russian philosopher, cultural scientist, a specialist in Antiquity, curator of Janus Academy.

dimanche, 09 février 2020

Top 10 dei trend di politica estera nel 2020

solidworks-top-ten-list.jpg

Top 10 dei trend di politica estera nel 2020

Ex: https://www.ecfr.eu

L'arrivo del 2020 non segna solo un nuovo anno, ma anche un nuovo decennio. Il sistema di un calendario arbitrario rivendica la necessità di fare previsioni su eventi e tendenze che scuoteranno il mondo nel 2020. A dire il vero, il prossimo anno è un po' misterioso, figurarsi il prossimo decennio. Se ci aveste detto nel gennaio 2010 che Kanye West si sarebbe rivolto a Gesù entro il 2020, avremmo detto: "Certo, e una star dei reality televisivi diventerà presidente degli Stati Uniti". La nostra mancanza di intuito non significa che le previsioni annuali siano state imprecise.

Anzi, nonostante le fionde e le frecce di colleghi oltraggiosi, siamo rimasti talmente impressionati dalle nostre capacità di previsione e di autovalutazione che abbiamo deciso di rappresentarle graficamente. Nel 2019, guardando solo un po’ di sbieco ai fatti, abbiamo ottenuto un punteggio di precisione di 6,5 su 10. È un po' al di sotto dei nostri punteggi passati, ma siamo fiduciosi che nel 2020 il mondo migliorerà la capacità di aderire alle nostre previsioni.

Di seguito presentiamo le previsioni sui dieci trend principali che preoccuperanno i policymakers della politica estera europea nel 2020 (più un trend bonus). Tornate l'anno prossimo per vederci presentare una descrizione ancora più graficamente impressionante dei nostri fallimenti.

1. TRUMP VINCE LA RIELEZIONE MA PERDE IL VOTO POPOLARE CON UN MARGINE MAGGIORE RISPETTO AL 2016

Donald Trump è un presidente impopolare che affronta un percorso difficile e molto incerto per la rielezione. Nonostante ciò, i presidenti in carica hanno enormi vantaggi alle elezioni presidenziali statunitensi e in generale vincono. Trump ha optato per un puro gioco di collegi elettorali, concentrandosi sugli Stati in cui ha vinto nel 2016 e curando poco la maggioranza degli elettori che vivono negli Stati in cui ha perso. Di conseguenza, il suo rivale Democratico correrà per i voti nelle grandi città e negli stati costieri, ma con scarso successo. Trump otterrà il collegio elettorale, ma perderà il voto popolare con un margine ancora più grande rispetto al 2016.

2. L'UE SI DISSOCIA DALLA POLITICA STATUNITENSE IN MEDIO ORIENTE E NORD AFRICA

Nel 2019 gli europei hanno cominciato finalmente a credere che gli Stati Uniti avrebbero lasciato il Medio Oriente. Per decenni, gli europei hanno affidato la loro politica medio orientale agli Stati Uniti, nonostante abbiano grandi interessi nella regione. In questo modo, l'Europa è rimasta saldamente legata alle priorità statunitensi su questioni come Iraq, Siria e Yemen. Tuttavia, come dimostrato, Russia e Turchia negoziano il destino della Siria e si trasferiscono in Libia, mentre gli Stati Uniti rimangono passivi e gli europei non hanno più questa possibilità. Nel 2020, l'Europa inizierà a costruire una propria politica sulla regione. Questo sforzo non avrà né i muscoli né i mezzi americani. Permetterà all'Unione Europea e ai suoi Stati membri di utilizzare finalmente la propria forza economica e i legami regionali per elaborare una politica su Medio Oriente e Nord Africa più incentrata sugli interessi europei.

USTaiwanFlags.jpg

3. GLI STATI UNITI TRASCURANO L'ALLEANZA CON TAIWAN

Con il crescere delle tensioni tra Taiwan e Cina a seguito delle elezioni taiwanesi del gennaio 2020, i cinesi ricorreranno alle consuete forme di pressione militare e diplomatica per garantire che il nuovo governo di Taipei non faccia ulteriori passi verso l'indipendenza. Taiwan si aspetterà dimostrazioni sia simboliche che reali di sostegno da parte dell'amministrazione Trump ma riceverà solo vaghe dichiarazioni di solidarietà da parte del Dipartimento di Stato che andranno perse tra una raffica di tweet presidenziali mirati a prendere in giro Nancy Pelosi. Taiwan si tirerà indietro e un'altra alleanza americana marcirà dall'interno.

4. PUTIN PARTECIPA AL G7 NEGLI STATI UNITI

Tre anni fa avevamo previsto che il presidente russo Vladimir Putin avrebbe partecipato al vertice del G7 del 2017 in Italia. Era prematuro, ma la chiave per il business delle previsioni non è imparare dai propri errori ma, al contrario, continuare a ripetere i pronostici fino a quando non diventano giusti. Così, Trump, con il sostegno del suo omologo francese, Emmanuel Macron, chiederà a Putin di partecipare al vertice del 2020 negli Stati Uniti. Questo anticiperà il ritorno della Russia nel comitato che governa quel mondo, anche se avverrà dopo che avrà smesso di governare il mondo.

5. ZELENSKY SI MUOVE PRIMA DELL’EUROPA NELLA RISOLUZIONE DEL CONFLITTO DEL DONBAS

Il nuovo presidente dell'Ucraina, Volodymyr Zelensky, si è già dimostrato più disposto a fare accordi con la Russia di quanto la maggior parte degli analisti politici ritenesse possibile. Continua a camminare sul filo del rasoio a livello politico a causa dell'intensa opposizione all'interno del paese a qualsiasi compromesso con la Russia. Ciononostante, affronterà la questione in modi che metteranno a disagio i leader dell'UE, realizzando compromessi a loro non graditi e minando il consenso europeo sulle sanzioni contro la Russia. I leader europei si troveranno nella scomoda posizione di respingere gli sforzi dell'Ucraina per fare pace con il suo vicino.

602x338_359990.jpg

6. IL GREEN DEAL EUROPEO DIVENTA LA NUOVA CRISI DEI RIFUGIATI

L'anno scorso, Ursula von der Leyen ha fatto dell'European Green Deal il segno distintivo della sua agenda come nuovo presidente della Commissione europea. Nel 2020 il dibattito sulla politica climatica approfondirà le divisioni geografiche e socioeconomiche all'interno dell'Europa, provocando un contraccolpo populista anti-ambientale. Molti Paesi dell'Europa orientale dipendono ancora fortemente dal carbone per la produzione di energia e temono che la spinta alla neutralità del carbonio sia una forma di protezionismo subdolo. Il Green Deal europeo potrebbe anche creare fratture politiche interne a molti Stati membri, così come è successo in Francia quando il tentativo di aumentare le tasse sul carburante nel 2018 ha stimolato il movimento dei gilet gialli. Questi movimenti intraeuropei e nazionali faranno dell'accordo la prossima "crisi dei rifugiati", una questione di singolare potenza che divide l'Europa tra est e ovest, e che mobilita forze populiste all'interno dei paesi dell'intero blocco.

7. LA SUCCESSIONE DIVENTA UN TEMA DOMINANTE IN RUSSIA, TURCHIA E STATI UNITI.

Gli uomini di potere hanno vissuto una buona fase negli ultimi anni. Brasile, Cina, Russia, Turchia e persino gli Stati Uniti sono governati da leader con un alto senso di sé e una bassa tolleranza per il dissenso o le critiche. Gli uomini di potere di oggi cercano di centralizzare il controllo attraverso il culto della personalità (con diversi livelli di successo). Di conseguenza, note pubblicazioni come il Washington Post, il New Statesman e il Financial Times vedono l'alba di una nuova era autoritaria. Tuttavia, il 2020 rivelerà come i regimi forti abbiano una debolezza chiave che va ben oltre la loro evidente mascolinità tossica. I regimi personalizzati hanno poca capacità di organizzare successioni ordinate, e gli uomini forti non vivono per sempre. Nel 2020 le lotte di successione e il disordine che ne deriverà, in particolare in Russia e Turchia, inizieranno a erodere la sensazione che i leader come Putin siano qui per sempre.

8. LA GUERRA COMMERCIALE TRA USA E CINA SI DIFFONDE IN SETTORI COME I SERVIZI FINANZIARI E LA TECNOLOGIA DELL'INFORMAZIONE

Nonostante gli Stati Uniti e la Cina abbiano raggiunto una tregua nella guerra commerciale alla fine del 2019, quest'anno i contrasti riguarderanno fronti nuovi e più significativi. L'attuale lotta per la tecnologia 5G preannuncia una guerra fredda economica dato che le due parti competono in altri settori geopoliticamente significativi, in particolare tecnologia dell'informazione e servizi finanziari. Sia Cina che Stati Uniti cercheranno di stabilire il proprio dominio tecnologico e finanziario con paesi terzi usando il potere di mercato e le relazioni politiche per mettere da parte il proprio rivale.

9. LE REGOLE SUI DATI DIVENTANO I NUOVI OGM IN UN CONTESTO GLOBALE PER STABILIRE STANDARD

Gli standard sono diventati il principale campo di battaglia in una nuova era di concorrenza geo-economica. Cina, UE, Russia e Stati Uniti hanno tutti cercato di usare la propria capacità di stabilire standard globali in settori come la salute, la privacy e la sicurezza per promuovere obiettivi nazionali che vanno dal predominio di industrie chiave all'esportazione di valori. In passato, il dibattito sugli organismi geneticamente modificati (OGM) è stato un campo di battaglia fondamentale per stabilire i termini del commercio agricolo. Nel 2020 gli standard dei dati svolgeranno un ruolo simile, poiché i leader iniziano a capire che la lotta per l'esportazione dei regolamenti sull'elaborazione, la gestione e la protezione dei dati darà forma all'industria tecnologica globale.

cover-r4x3w1000-5c4387a258352-gilets-jaunes-premier-samedi-sur-fond-de-grand-debat.jpg

10. I MOVIMENTI DI PROTESTA DIVENTANO PIÙ IRRUENTI

Il 2019 è stato l'anno delle proteste in quanto movimenti di massa sono sorti e spesso si sono sostenuti in luoghi diversi come Bolivia, Francia, Hong Kong, Iran e Sudan. I movimenti hanno origini e traiettorie diverse, ma tutti hanno espresso un malcontento generale nei confronti delle classi dirigenti e della capacità catalizzatrice dei social media. Nel 2020 questi movimenti persisteranno, ma avranno effetti diversi a seconda della natura del governo preso di mira. In paesi autoritari come la Cina e l'Iran, i governi cominceranno a capire come utilizzare i social media e altre tecnologie per contrastare le proteste. In quanto tali, le manifestazioni potranno iniziare, ma otterranno scarsi cambiamenti sociali. Negli Stati più democratici o più deboli, questi movimenti costringeranno i governi a scendere a compromessi e, nel bene e nel male, innescheranno un cambiamento sociale o addirittura un cambiamento di leadership. Anche se i movimenti di protesta efficaci possono essere più preziosi negli Stati autoritari, diventeranno più comuni in quelli democratici.

BONUS: IL REGNO UNITO NON RIESCE A CONCLUDERE UN ACCORDO COMMERCIALE CON L'UE (MA A NESSUNO IMPORTA MOLTO)

Come spesso viene sottolineato, la saga della Brexit continuerà ben oltre la dipartita del Regno Unito dall'UE il 31 gennaio. Alla fine del 2020 il Paese sarà sul punto di un altro no-deal con finale sospeso, seguito da quasi tutte le stesse potenziali conseguenze per l'economia del Regno Unito e dell'UE che si sono avute nelle precedenti tornate negoziali. Nonostante ciò, il fervore politico svanirà dal dibattito sulla Brexit nel Regno Unito e nell'UE dopo il 31 gennaio. Mentre i politici passano a questioni come chi ha incasinato l'assistenza sanitaria o chi non è riuscito ad arginare i crimini con armi bianche, le discussioni commerciali tra l’UE e il Regno Unito verranno condotte nel mondo dei tecnocrati. Anche se l'UE e il Regno Unito non riusciranno a raggiungere un accordo entro la fine dell'anno, quasi nessuno che non lavori per il Financial Times se ne accorgerà. I tecnocrati troveranno in silenzio un modo per estendere il negoziato, dimostrando ancora una volta le virtù politiche dell'apatia pubblica.

mardi, 14 janvier 2020

Une nouvelle décennie radicalement numérique

7661607-11844266.jpg

Une nouvelle décennie radicalement numérique

Par Michel LHOMME

Ex: https://metainfos.fr

Drôle de vœux pour la décennie qui se prépare comme si dans cette décennie future les décisions humaines auront encore vraiment de l’importance. Nous commençons en effet cette année 2020 avec la certitude que ce sont moins les hommes que la technologie qui changera tout. Nonobstant, le 21e siècle ne sera pas celui imaginé par 2001, l’Odyssée de l’espace ou Blade Runner, films mythiques de science-fiction qui prédisaient encore un certain échec de l’Intelligence artificielle face à l’homme

Aujourd’hui, l’auto-apprentissage et l’anticipation illimitée de nos actions et même de nos pensées sont possibles grâce au traitement instantané des données dans un monde qui s’avère de plus en plus hyperconnecté. Lintelligence artificielle est déjà là, partout et s’est même transformée en champ de bataille géopolitique à travers les deux grands pôles qui maintenant se dessinent de par le monde : les États-Unis et la Chine. Macron disserte comme un vieillard en Afrique sur les anciennes colonisations alors que nous sommes passés à la cybercolonisation et que la France regarde passer les lignes.

Il n’est plus possible en effet de comprendre l’ordre international qui émerge sans comprendre comment la technologie est en train de transformer radicalement la structure économique, la gouvernance et la politique mondiale en devenant la force déterminante des relations entre les États.

La rivalité technologique et géopolitique entre la Chine et les États-Unis a mis définitivement à bas l’aspiration à un Internet mondial, ouvert et gratuit dont nous parlait l’un des fondateurs d’Internet David Clarke dans un article que nous avions traduit en 2018 pour la revue Krisis ( http://www.revue-krisis.com/ )

Nous sommes maintenant confrontés à un autre monde, le monde mondialisé de la technologie, globalisé de la couverture et de la surveillance numérique, demain de la reconnaissance faciale intégrale. Le découplage du virtuel multiplie les possibilités d’une cyberguerre dans une décennie qui rendra de toute évidence le monde de moins en moins libre, un monde où les frontières entre la science et la technologie sont de plus en plus diffuses, où le public et le privé se font concurrence, avec des géants des nouvelles technologies impliquées dans des projets technoscientifiques auparavant réservés aux nations les plus puissantes.

Mais faut-il voir tout en noir ? C’est souvent la tendance de fond des vœux politiques sur les sites alternatifs or ne sommes-nous pas, comme le regretté Guillaume Faye décédé il y a un an, archéo-futuriste. La révolution technologique en cours alliée aux sciences sociales offrira très vite de nouveaux outils pour mieux comprendre et appréhender le réel et ainsi nous apportera une plus grande intelligence collective quoique il est vrai, de plus en plus artificielle. Mais l’artificialité du monde, sa dématérialisation, n’est-ce pas aussi une grande part de nous-même.

Bonne année 2020 sur vos ordinateurs et vos portables !

dimanche, 12 janvier 2020

Prévisions pour les années 2020

500_F_190351208_H7GJKau5hiAAJeeAeibKEx6ZDfHKujg1.jpg

Prévisions pour les années 2020

par Dmitry Orlov

Ex: http://www.zejournal.mobi

Bien que de nombreux commentateurs jugent bon de publier leurs prévisions pour l’année à venir, je trouve qu’une seule année est trop courte pour pouvoir faire des prévisions valables. Pour moi, plus ou moins cinq ans, c’est à peu près la bonne taille de marges d’erreur à placer sur n’importe quelle prévision en ce qui concerne le calendrier, ce qui permet de prévoir tout changement majeur à l’intérieur d’une séquence d’une vingtaine d’années. Il se trouve qu’une autre décennie s’est écoulée depuis que j’ai publié ma dernière série de prévisions pour les États-Unis dans les années 2010, il est donc temps d’en établir une nouvelle, pour les années 2020.

Ma dernière série de prévisions s’est révélée modérément bonne. Bien que dans certains cas, le processus n’ait pas encore abouti, les tendances sont toutes évidentes et il faut s’attendre à ce que les processus que j’ai décrit se poursuivent et, dans certains cas, s’achèvent au cours de la nouvelle décennie. Mais cette fois-ci, je vais tenter de faire des prédictions plus précises.

En ce qui concerne l’économie, quelque chose va forcément se briser, peut-être dès le début de la décennie, et être la tendance lourde pour la suite. Il y a un écart croissant entre l’économie financière, qui fonctionne selon des règles que les gens peuvent établir, et ils le font au fur et à mesure de leurs besoins, et l’économie physique de l’exploitation minière, de la fabrication et de la logistique. Il n’y a aucune raison de faire particulièrement confiance aux statistiques officielles en ce qui concerne la croissance économique, le chômage, l’inflation, les évaluations boursières : ce sont toutes des contrefaçons astucieuses. Une bourse ou un marché immobilier suffisamment effervescent peut être maintenu par des injections de fausse monnaie en quantité nécessaires, distribuées à des initiés importants. Mais si l’on considère la quantité de marchandises fabriquées et expédiées, la quantité de nouvelles infrastructures publiques construites et d’autres facteurs physiques de ce type, on peut déjà observer une détérioration constante de l’économie.

Alors que les gars de la finance et les économistes, qui traitent de quantités sans dimension identifiée si ce n’est par des symboles mystiques quasi-religieux tels que $, €, ¥ et £, travaillent inlassablement pour maintenir la fausse façade Potemkine d’une économie florissante, une telle suspension théâtrale d’incrédulité n’est plus possible si on considère les tonnes, les mètres cubes ou les kilowattheures. Une bande d’escrocs financiers impitoyables s’associant à des économistes au chapeau pointu passent leurs journées à raisonner de manière circulaire sur la détermination du prix, tout en confondant résolument la création d’argent avec la création de richesse. Pendant ce temps, une économie physique en déclin, obscurcie par une dette galopante, reste sur une trajectoire de collision avec la réalité ; une fois la collision survenue, le résultat sera similaire à ce qui s’est passé lors de l’effondrement financier de 2007-2008, sauf que les manipulations financières désespérées qui avaient alors été utilisées pour l’arrêter ne fonctionneront plus du tout et l’économie physique, qui languit déjà, s’arrêtera.

635612083209642087.jpg

Un canari particulier dans la mine de charbon est probablement l’industrie de la fracturation du pétrole de schiste. Elle n’a jamais vraiment rapporté d’argent, mais elle a permis aux États-Unis de se remettre des ravages du pic pétrolier. Et maintenant, la production des puits fracturés atteint son maximum, les taux d’épuisement augmentent, les compagnies de fracturation font faillite et les puits nouvellement forés sont moins huileux et plus gazeux, le gaz n’étant pas particulièrement de qualité ou valorisable. À un moment donné au cours de cette décennie, les États-Unis seront de nouveau obligés de compter sur l’importation de la majeure partie de leur pétrole et de leur gaz. En attendant, toute tentative de Green New Deal pour décarboner l’économie américaine se traduira par une structure de coûts pour l’électricité et le transport qui rendra pratiquement tout type de production industrielle non concurrentielle, comme cela s’est déjà produit partout où cela a été tenté, y compris au Royaume-Uni et en Allemagne.

Un autre canari pourrait s’avérer être le marché de la dette du Trésor américain. Alors que les États-Unis ont expédié leur industrie à l’étranger et ont remplacé la production industrielle par une économie de services avec des avocats, des médecins et des dentistes hors de prix, beaucoup d’escrocs dans l’immobilier, les finances, la planification de la retraite, l’assurance et l’éducation, et beaucoup de barmans, de toiletteurs pour chiens et de professeurs de yoga sous-payés, une règle non écrite était que les partenaires commerciaux, qui fabriquent maintenant tout ce que les États-Unis doivent importer, devaient investir leur excédent commercial dans la dette du Trésor américain, permettant aux États-Unis de continuer à obtenir ces choses pour rien. Mais ces derniers temps, la Chine, la Russie et d’autres pays ont commencé à liquider leurs réserves de dette américaine et à utiliser leurs excédents commerciaux toujours croissants pour stimuler leurs industries d’exportation et pour fournir des crédits d’importation à leurs nouveaux partenaires plus solvables parmi les pays en développement. Cette évolution pousse la Réserve fédérale à se diriger vers une monétisation directe de la dette, ce qui est en quelque sorte illégal pour elle, mais elle peut facilement contourner cette restriction en mentant à ce sujet. La monétisation directe de la dette a une tendance prononcée à entraîner une hyperinflation, ce qui est particulièrement vrai dans un pays comme les États-Unis, qui affiche des déficits budgétaires et commerciaux incroyablement élevés. Ce canari particulier a subi un arrêt coronarien lors de la crise du REPO de septembre 2019, et la Réserve fédérale maintient ce marché en vie depuis.

1040106209.jpg

En ce qui concerne les questions militaires, il semble sûr de déclarer que d’ici la fin des années 2020, l’empire américain sera définitivement derrière nous. Il est déjà établi que les États-Unis ne peuvent même plus menacer une longue liste de pays, en particulier ceux qui sont armés des nouveaux systèmes de défense aérienne russes qui peuvent établir des zones d’exclusion aérienne pour les avions américains, alors que l’armée américaine ne peut plus du tout fonctionner si on lui refuse la supériorité aérienne. En outre, toute la flotte de porte-avions américains est déjà obsolète et inutile, car les derniers missiles russes peuvent les couler de manière fiable sur des distances plus grandes que celles que peuvent atteindre les armements ou les avions que ces porte-avions transportent.

Ajoutez à cela le fait que les derniers missiles russes, qui peuvent atteindre Mach 20 et qui ne peuvent être interceptés par aucun système de défense antimissile actuel ou prévu, permettent d’éliminer des cibles sur le continent américain, y compris le Pentagone lui-même, si jamais les États-Unis attaquaient la Russie. Les États-Unis disposent toujours de la dissuasion nucléaire, ainsi que de la capacité de causer des méfaits mineurs en armant et en entraînant des groupes terroristes dans le monde entier, mais ils sont si terriblement en retard sur la Russie en matière de développement d’armes, retard qu’ils ne rattraperont probablement jamais malgré le fait qu’ils dépensent constamment plus que la Russie en matière de défense, selon un ratio de 1 à 10.

La position de la Russie à l’égard de l’entraînement, des rodomontades et des provocations des troupes de l’OTAN aux frontières russes a été largement méprisante. La Russie s’est largement réarmée avec de nouvelles armes basées sur de nouveaux principes physiques connus seulement de ses scientifiques, ingénieurs et concepteurs et elle réduit maintenant son budget de défense tout en gagnant des milliards de dollars provenant de l’augmentation des ventes d’armes dans le monde. Les États-Unis ne peuvent pas rattraper leur retard, non pas par manque d’argent (tant que l’imprimante à dollar continue de tourner), mais par manque de cerveaux.

Lorsque l’impuissance de l’armée américaine deviendra évidente, l’alliance de l’OTAN se désagrégera. D’abord avec la Turquie, qui est le deuxième plus grand pays membre de l’OTAN, mais un membre qui ne tient que par un fil car elle est beaucoup plus intéressée à coopérer avec la Russie et l’Iran sur les questions de défense qu’avec les États-Unis. Malgré cela, le complexe militaro-industriel américain continuera son existence de zombie jusqu’à ce que l’argent se tarisse, moment auquel ma prédiction initiale selon laquelle les troupes américaines resteront bloquées dans une multitude d’endroits à l’étranger, sans ressources disponibles pour les rapatrier, se réalisera.

En attendant, l’armée américaine fera ce qu’elle peut pour justifier son existence en organisant périodiquement des provocations contre des adversaires aussi petits mais invincibles que l’Iran et la Corée du Nord tout en se mêlant de la politique des nations plus faibles et moins stables qui se trouvent avoir des ressources que l’industrie américaine veut  « libérer »  (que ce soit le pétrole vénézuélien ou le lithium bolivien pour les voitures électriques). Elle sera toujours à deux doigts de déclencher une confrontation militaire totale, mais refusera de s’engager dans une telle confrontation pour trois excellentes raisons.

Premièrement, compte tenu de toutes ses expériences récentes en Irak, en Afghanistan et au-delà, elle sait qu’elle ne peut pas gagner. Deuxièmement, elle sait qu’elle ne peut même plus se battre pendant longtemps parce que la base industrielle nécessaire au réapprovisionnement des troupes sur le terrain n’existe plus. Troisièmement, elle sait qu’elle ne peut plus protéger le continent américain ; il suffirait de quelques attaques à la roquette pour détruire les grands transformateurs des lignes électriques qui assurent le maintien du réseau électrique et les stations de pompage des oléoducs et des gazoducs qui assurent le reste de l’infrastructure énergétique, et toute son économie s’arrêterait tout simplement.

000_1LK9AK-640x400.jpg

Dans l’ensemble, je suis optimiste qu’une guerre à grande échelle sera évitée, par le simple fait que les guerres sont menées pour être gagnées, et non pour être perdues. S’il est immédiatement évident qu’une action militaire à grande échelle entraînera de manière fiable une défaite complète et totale, l’humiliation et la ruine, alors il devient suicidaire d’ordonner cette action. Les échelons supérieurs de la chaîne de commandement militaire ne sont pas dotés de personnel de type suicidaire ; ils n’ont pas passé la moitié de leur vie à travailler pour obtenir une promotion en faisant de la lèche pour ensuite se retourner et se suicider. Bien sûr, ils vont assassiner des gens et provoquer des catastrophes humanitaires chaque fois qu’ils auront l’impression de pouvoir s’en tirer. Mais si les risques qu’ils courent pour eux-mêmes sont suffisamment faibles pour les assurer que leur propre existence physique continue, ils éviteront les stratégies qui entraînent des pertes majeures du côté américain, de peur de mettre leurs précieuses couilles dans un étau politique.

En ce qui concerne la politique, les États-Unis ont déjà cessé de fonctionner. L’élite dirigeante s’est divisée en deux camps belligérants qui se traitent maintenant l’un l’autre avec la même méchanceté, la même malice et le même dédain qu’ils réservaient auparavant aux étrangers. Cette évolution est inévitable : face à leur propre échec total, les élites ont été forcées de chercher un bouc émissaire – tout le monde sauf leurs bien-aimés eux-mêmes – et se sont trouvées… les unes les autres, bien sûr !

Alors que les camps en guerre de l’élite dirigeante s’entre-déchirent, diverses failles consacrées dans le système de gouvernance américain vont apparaître au premier plan et contrecarrer tous les efforts visant à apporter des changements positifs. La plupart des problèmes proviennent d’un document particulièrement obsolète et défectueux : la constitution américaine. Elle permet à un président d’être élu sans obtenir la majorité aux élections. Elle permet également au parti de ce président de contrôler la chambre haute du parlement tout en ignorant complètement les intérêts des états les plus peuplés au profit de l’arrière-pays sous-peuplé.

Enfin, elle permet à ce président d’empiler ses amis dans l’appareil judiciaire, qui peut alors rejeter toute législation sur la base de ses réinterprétations créatives de n’importe quel texte de loi, y compris cette même constitution défectueuse et obsolète. Et une partie particulièrement insidieuse de la loi tribale anglaise connue sous le nom de « précédent »  signifie qu’une loi, une fois enfreinte par un juge (c’est-à-dire réinterprétée) reste enfreinte. Par exemple, certains juges ont décidé que le 2ème amendement permet aux gens d’avoir des armes à feu en leur possession même s’ils ne font pas partie d’une milice d’État, réglant ainsi la question à perpétuité. Ce principe, associé aux graves lacunes de la Constitution et du système dans son ensemble, entraîne une tendance à s’adresser aux tribunaux pour régler tous les litiges, qu’il s’agisse d’une élection présidentielle indécise ou la question de savoir si l’on peut être autorisé à épouser son Saint-Bernard. Le résultat est un gigantesque nœud gordien juridique, tissé à partir d’une myriade de petits cafouillages juridiques.

scales_justice.jpg

Cet arrangement constitutionnel imparfait a peut-être fonctionné auparavant, lorsque le pays était plus uni, qu’il avait davantage le sentiment d’avoir un but et un destin communs et qu’il avait une chance d’obtenir des résultats positifs pour une grande partie de ses citoyens. Mais maintenant qu’aucun de ces ingrédients sains n’est disponible, il permet un dysfonctionnement politique maximal à tous les niveaux de gouvernement. Néanmoins, une grande partie de la population des États-Unis estime toujours qu’elle peut agir en votant, restant imperméable aux arguments très simples et logiques selon lesquels les États-Unis ne sont pas du tout une démocratie et que peu importe qui est président. Même si ces mots tomberont très probablement dans l’oreille d’un sourd, il convient de répéter que le pays finira dans la même merde, quel que soit le nom du responsable.

Bien que l’effondrement des États-Unis ne soit pas encore terminé, je pense qu’il est déjà temps de donner aux États-Unis d’Amérique un nom plus approprié. Après tout, ce ne sont pas les seuls États-Unis du continent américain : il y a aussi Estados Unidos Mexicanos. Ce squattage honteux et égoïste doit cesser un jour ou l’autre. Je propose donc de rebaptiser les États-Unis – peut-être pas immédiatement, mais peut-être dans une décennie, peut-être deux. Comme nouveau nom, j’aimerais suggérer quelque chose comme la République de Deteriorado, Degenerado ou Disintegrado. Il est probable que sa langue nationale devienne le spanglish [Spanish English, NdT]. Son emblème national semble déjà être le majeur tendu.

Quant à son drapeau, nous pouvons simplement observer ici quel drapeau est considéré comme suffisamment sacré et inviolable pour entraîner une peine de prison pour quiconque ose le brûler en public. Et il s’avère que c’est le drapeau arc-en-ciel LGBTQ.

***

maxresdefault-945x532.jpg

En cadeau de nouvelle année, voici les prévisions 2010. C’est un art difficile.

Prévisions pour les années 2010

par Dmitry Orlov. Le 12 décembre 2009

À cette époque de l’année, certaines âmes courageuses s’aventurent à mettre leur réputation en danger en essayant de prédire ce que la prochaine année apportera. Certains le font avec une précision étonnante, d’autres pas tellement. Étant un auteur sérieux qui ne fait presque jamais de blagues, je ne m’occupe généralement pas de cette frivolité annuelle, mais, constatant qu’une nouvelle décennie est sur le point d’advenir, j’ai pensé qu’il était raisonnablement sûr de brosser un tableau de la façon dont je vois la prochaine décennie. (Dans le cas peu probable où mes prédictions s’avéreraient complètement fausses, je pense qu’elles auront été complètement oubliées d’ici à ce que 2020 arrive). Et donc, sans plus attendre, voici mes prédictions sur ce que sera la situation aux États-Unis d’Amérique au cours de la deuxième décennie du XXIe siècle.

La décennie sera marquée par de nombreux cas d’autophagie, dans les affaires, le gouvernement et les échelons supérieurs de la société, car les acteurs à tous les niveaux se trouvent incapables de contrôler leurs appétits ou de modifier leur comportement de manière significative, même face à des circonstances radicalement modifiées, et sont donc contraints de se consumer eux-même dans l’oubli, comme tant de requins éventrés mais toujours affamés qui se gavent sans fin sur leurs propres entrailles.

Les gouvernements constateront qu’ils sont incapables de s’empêcher d’imprimer toujours plus d’argent dans une vague sans fin d’émissions incontrôlées. En même temps, la hausse des taxes, des prix des produits de base et des coûts de toutes sortes, associée à un niveau global croissant d’incertitude et de perturbations, réduira l’activité économique à un point tel qu’il ne restera plus qu’une petite partie de cet argent en circulation. Les inflationnistes et les déflationnistes débattront sans fin pour savoir s’il faut parler d’inflation ou de déflation, imitant inconsciemment les big-endians et les little-endians des Voyages de Gulliver de Jonathan Swifts, qui débattaient sans fin de la méthode appropriée pour manger un œuf à la coque. Les citoyens, dont le pécule est réduit à la taille d’un petit pois séché, ne seront pas particulièrement vexés par la question de savoir exactement comment ils devraient essayer de le manger, et considéreront la question comme académique, sinon idiote.

Les municipalités en détresse de tout le pays se mettront à imposer des frais exorbitants pour des choses comme les permis pour avoir un chien. Beaucoup vont faire l’expérience de voir emprisonner ceux qui ne peuvent pas payer ces frais dans les prisons d’État et de comté, pour ensuite les libérer, car les prisons débordent continuellement et les ressources sont limitées. Les citoyens en viendront à considérer les prisons comme une combinaison pratique des caractéristiques d’une soupe populaire et d’un refuge pour sans-abri. Certaines villes abandonneront l’idée d’avoir un service d’incendie et décideront qu’il est plus rentable de laisser les incendies de maisons suivre leur cours, pour économiser sur les démolitions. Dans le but de boucher des trous de plus en plus grands dans leur budget, les États augmenteront les impôts, poussant ainsi toujours plus d’activité économique vers la clandestinité. En particulier, les recettes des États provenant de la taxe sur l’alcool vont chuter pour la première fois depuis de nombreuses décennies, car de plus en plus d’Américains constatent qu’ils ne peuvent plus se payer de bière et se tournent vers l’héroïne afghane, bon marché et abondante, et vers d’autres drogues illégales mais très abordables. La fumée de marijuana sera la plus répandue aux États-Unis, devant les gaz d’échappement des voitures comme odeur prévalente.

ob_8e6b0a_faillite.jpg

Plusieurs pays dans le monde seront obligés de se déclarer en défaut souverain et rejoindre ainsi les rangs grossissants des nations en faillitte. Il y aura beaucoup de mouvement pour trouver des refuges pour l’argent facile, mais aucun ne sera trouvé. Les investisseurs du monde entier seront enfin forcés de se rendre compte que la meilleure façon d’éviter les pertes est de ne pas avoir d’argent au départ. Malgré tous leurs efforts pour diversifier leurs avoirs, les investisseurs se rendront compte qu’ils n’ont que des bouts de papiers, qu’il s’agisse d’actions, d’obligations, d’actes, de billets à ordre ou de contrats dérivés incompréhensibles. Ils découvriront aussi que, dans le nouveau climat des affaires, aucun de ces instruments ne constitue une arme particulièrement redoutable : alors que le jeu amical pierre-feuille-papier-ciseaux devient hostile, ils découvriront que les pierres se plantent dans les crânes, que les ciseaux percent les organes vitaux, mais que le papier, même lorsqu’il est manié de façon experte, ne fait que provoquer des coupures de papier. Les personnes autrefois bien nanties qui ont tendance à croire que « la possession est les neuf dixièmes de la loi » trouveront de nombreux exorcistes extrajudiciaires désireux de libérer leurs démons. En particulier, les réseaux du crime organisé commenceront à utiliser des logiciels d’exploration de données pour repérer les cabanes et les complexes légèrement gardés du Montana et d’autres endroits éloignés qui sont bien approvisionnés en aliments en conserve, en armes et en lingots d’or et d’argent, et commenceront à les récolter en adoucissant la cible avec des mortiers, des roquettes et des bombardements aériens, puis en envoyant des équipes de commandos avec des grenades et des mitrailleuses. Une fois la récolte terminée, ils en sortiront le produit du pays en utilisant les valises diplomatiques des nations en faillites qui sont sous leur emprise.

1018138265.jpg

Pendant que les lingots seront expatriés, le Pentagone tentera de rapatrier les troupes d’Irak, d’Afghanistan et des nombreuses bases militaires américaines dans le monde, constatant bientôt qu’elles n’en ont pas les moyens, laissant les troupes échouées où qu’elles soient et les forçant à se réapprovisionner par elles-même. Les familles des militaires seront invitées à faire don de nourriture, d’uniformes, de sous-vêtements propres et d’articles de toilette pour leurs proches à l’étranger. L’armement américain inondera le marché noir, faisant baisser les prix. Certains militaires décideront que le retour aux États-Unis est de toute façon une mauvaise idée et deviendront autochtones, épouseront des femmes locales et adopteront les religions, les coutumes et les vêtements locaux. Bien que les dirigeants nationaux continueront à jacasser sur la sécurité nationale chaque fois qu’un microphone sera pointé sur eux, leur propre sécurité personnelle deviendra leur préoccupation principale. Les responsables à tous les niveaux tenteront de réunir des groupes de plus en plus nombreux de gardes du corps et de consultants en sécurité. Les membres du Congrès deviendront de plus en plus réticents et éviteront autant que possible de rencontrer leurs électeurs, préférant se cacher dans les grattes-ciel, les enceintes closes et les communautés fermées de Washington DC. Pendant ce temps, en dehors du périmètre de sécurité officiel, un nouveau voisinage va s’installer, les squats devenant ce que l’on appelle une « pré-installation », les intrusions « ouvrir un nouveau chemin », et les clôtures, les murs et les serrures étant partout remplacés par des yeux attentifs, des oreilles attentives et des mains secourables.

Traduit par Hervé, relu par Wayan et Marcel, pour le Saker

orlov-40cff.jpg

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.


- Source : Club Orlov

mercredi, 08 janvier 2020

Prévisions pour 2020 – Tourbillons multiples

2020chiffre.jpg

Prévisions pour 2020 – Tourbillons multiples


Par James Howard Kunstler

Source: kunstler.com

Ex: https://www.lesakerfrancophone.fr

Les méta-questions

La grande question pour l’année 2020 est simple : l’Amérique peut-elle se remettre la tête à l’endroit ?

Si la réponse est non, nous n’aurons peut-être pas beaucoup de chances de rester un pays pacifique et fonctionnel. La période de la longue urgence, comme je l’appelle, est une pièce avec l’hiver figuratif de Strauss et Howe dans leur vision du quatrième tournant de l’histoire qui se joue en cycles générationnels analogues aux saisons de l’année. Quel que soit le nom que vous lui donnez, la disposition actuelle des choses a eu un effet sévère sur notre psychologie collective. Elle a rendu une cohorte exceptionnellement nombreuse d’Américains fonctionnellement fous, croyant aux démons, aux gobelins et aux fantômes, souscrivant à des théories qui, dans les époques précédentes, faisaient rire les enfants, tout en contestant des réalités évidentes et en provoquant un grave danger politique.


La folie est répartie sur de nombreux domaines de la vie américaine, avec pour dénominateur commun une classe pensante tombée dans le désordre de sa pensée. Le désordre est mené par les médias d’information et l’enseignement supérieur avec leurs agendas crypto-gnostiques pour transformer la nature humaine afin de guérir le monde (en théorie). Il comprend un ensemble d’illusions et de destructions délibérées de l’esprit allant de l’obsession morbide de l’ingérence russe dans nos affaires, à la croisade contre la liberté d’expression sur les campus, en passant par le culte de la perversité sexuelle – par exemple l’Heure de Lecture Transsexuelle, aux campagnes contre la blancheur et la masculinité, aux incursions de l’« éveil (woke) » dans le milieu professionnel des entreprises, aux machinations cyniques des économistes, des banquiers et des politiciens pour manipuler les apparences financières, à l’effort pour diviser la réalité de la vérité en tant que proposition générale.

Ces maladies de l’esprit et de la culture sont mises en synergie par un ethos politique stimulé qui dit que la fin justifie les moyens, de sorte que la mauvaise foi et la malhonnêteté consciente deviennent les principaux outils de l’effort politique. Par conséquent, une institution vénérable comme le New York Times peut se détourner de sa mission de présenter strictement les informations pour être enrôlée comme service de relations publiques pour les agences gouvernementales malhonnêtes – de l’État profond – qui cherchent à renverser un président sous de faux prétextes. L’effet global est celui d’une marche dans un nouveau totalitarisme, plein de mendicité et de malveillance épiques. Depuis quand, aux États-Unis, les « radicaux » politiques ont-ils le droit de s’associer aux services de sécurité du gouvernement pour persécuter leurs ennemis politiques ?

Cela conduit naturellement à la question suivante : qu’est-ce qui a rendu la classe pensante américaine folle ? Je maintiens que cela vient de l’anxiété massive générée par la longue urgence dans laquelle nous sommes entrés – la peur flottante que nous avons épuisé le temps de notre mode de vie actuel, que les systèmes dont nous dépendons pour notre haut niveau de vie sont entrés dans la zone de défaillance ; plus précisément, les craintes concernant notre approvisionnement en énergie, la diminution des ressources naturelles, la rupture des lignes d’approvisionnement, la dette galopante, l’accroissement de la population, l’effondrement de la classe moyenne, la fermeture des horizons et des perspectives pour les jeunes, le vol de l’autonomie des personnes écrasées par des organisations inhumaine (gouvernement, WalMart, ConAgra), la corrosion des relations entre hommes et femmes – et de la vie familiale en particulier, les fréquents meurtres de masse dans les écoles, les églises et les lieux publics, la destruction des écosystèmes et des espèces, l’incertitude quant aux changements climatiques, et la laideur entropique omniprésente de l’habitat humain de banlieue qui est à l’origine de tant de dysfonctionnements sociaux. Vous voyez ? Il y a beaucoup de choses à craindre, dont une grande partie est assez existentielle. Plus nous échouons à nous confronter et à nous engager dans ces problèmes, plus nous devenons fous.

Une grande partie du mécontentement en matière de « justice sociale » découle de l’inégalité de revenu évidente et grotesque de notre époque, accompagnée de la perte d’un travail significatif et des rôles sociaux qui y sont associés. Mais une tension supplémentaire provient de la honte et de la déception face à l’échec de la longue campagne pour les droits civiques visant à corriger les inégalités raciales dans la vie américaine – des tentatives d’intégration scolaire à l’action positive (quel que soit le nom qu’on lui donne), du « multiculturalisme » aux dernières innovations en matière de « diversité et d’inclusion ». En bref, trop de Noirs américains ne parviennent toujours pas à s’épanouir dans ce pays malgré cinquante ans de programmes gouvernementaux coûteux et d’expériences éducatives à profusion, et il reste peu d’explications pour expliquer cet échec, qui se traduit par des villes en ruine dirigées par des Noirs et des taux élevés de crimes violents entre noirs. Ce dilemme tourmente la classe des penseurs et les pousse toujours plus loin dans leurs fantasmes crypto-gnostiques de changer la nature humaine pour guérir le monde. Le résultat net est que les relations entre les races sont pires et plus tendues qu’elles ne l’étaient en 1950. Et le résultat est si embarrassant que la classe pensante évite à tout prix d’y faire face – malgré les appels de mauvaise foi à une « conversation honnête sur la race » qui est, en réalité, malvenue.

Notre pays est pris dans un réseau de rackets autodestructeurs et le dénominateur commun est la malhonnêteté immersive que nous nous sommes autorisés à pratiquer. En matière d’éthique et de conduite quotidienne, nous ne sommes plus du tout comme le pays qui est sorti de la Deuxième Guerre mondiale. Notre maxime nationale de nos jours est que tout est permis et que rien n’a d’importance. C’est une piètre plate-forme pour naviguer dans la vie sur terre. Après avoir réclamé pendant des décennies « l’espoir et le changement », c’est une chose importante que nous ne parlons plus de changer, et apparemment nous n’avons aucun espoir de changer. L’Amérique doit bien comprendre qu’elle ne peut pas se mentir à elle-même.

Ce texte est une prévision, après tout, et je vais essayer d’être aussi concis que possible sur les détails, que nous allons maintenant aborder. Les prévisions, vous comprenez, sont comme le jazz, une improvisation qui consiste à relier des points à un moment donné dans le temps… ou à lancer des spaghettis sur le mur pour voir si ça colle.

L’élection de 2020

Il y a de fortes chances que le Parti démocrate soit dans un tel état de désarroi d’ici l’été, qu’il se scinde en une faction radicale-Wokester et une faction croupion « modérée ». Cela rendrait l’élection un peu comme celle de 1860 à la veille de la première guerre civile. Les principaux candidats actuels – Biden, Sanders, Warren, Buttigieg – me semblent tous être des chevaux qui ne passeront jamais la ligne. Michael Bloomberg pourrait finir par être le chef des modérés de la partie croupion, propulsé par son compte en banque inépuisable, mais je doute de son attrait pour les minorités raciales et les nouveaux jeunes électeurs, les milléniums, dont dépendent les Démocrates. Je ne suis pas sûr qu’il lui reste beaucoup d’autres leviers.

Je suis convaincu que Joe Biden est toujours dans la course uniquement pour éviter une enquête. Il n’est manifestement pas encore tout à fait sain d’esprit et il n’est même pas encore à la Maison Blanche. Pensez à la façon dont Bob Mueller semblait témoigner au Congrès il y a six mois, et imaginez oncle Joe [Biden] dans la salle de crise de la Maison Blanche. Le bilan des escroqueries de l’époque des mandats de l’oncle Joe dans l’administration est profondément nauséeux, et embarrassant sur les enregistrements vidéo et les relevés bancaires. De même, pour Elizabeth Warren : il y a trop d’enregistrements vidéo d’elle, mentant sur elle-même. Elle ne  pourra jamais surmonter la campagne publicitaire d’un adversaire les passant et repassant quotidiennement. Je suis désolé, mais malgré le souhait crypto-gnostique de beaucoup de membres de la Classe Pensante de faire paraître le marginal pour normal, je doute que les électeurs veuillent voir le maire Pete Buttigieg à la Maison Blanche avec un « premier monsieur » [Il est homosexuel et n’a donc pas de première dame, NdT]. Bernie Sanders a une chance de diriger une faction radicale cette fois-ci – s’il parvient à vaincre les valets du DNC – mais n’a qu’une faible chance de remporter les élections générales. Cette vue d’ensemble laisse la porte bien ouverte pour Hillary Clinton de monter, lors d’une convention accrochée à Milwaukee, sur un cheval blanc en papier mâché et d’essayer de « sauver » le parti. Je crois qu’on se moquerait d’elle à son arrivée, ce qui ferait une scène finale humiliante dans sa carrière maudite.

Une autre possibilité est qu’un personnage actuellement hors jeu vienne d’une manière ou d’une autre diriger le Parti démocrate, mais il est impossible de dire qui pourrait être ce cygne noir. Cela pourrait aussi être un scénario de « salle enfumée » d’une convention de nomination, comme celle qui a choisi Warren Harding cent ans auparavant : les caciques du parti se réuniraient et feraient avaler leur décision aux délégués. Je donne 20 % de chances à ce résultat.

Quoi que vous pensiez de son style, de ses manières et de sa politique, Donald Trump a une qualité exceptionnelle : la résilience. Comme l’a fait remarquer David Collum, M. Trump est anti-fragile – au sens de Nassim Taleb. Plus il est attaqué, plus il semble devenir fort. Son point faible est sa maîtrise de l’économie et des marchés financiers qui sont censés la servir. Son destin, que j’ai décrit dans des blogs il y a trois ans, est d’être le gars qui porte le chapeau quand l’économie commence à craquer – une situation que je décrirai dans sa propre catégorie ci-dessous. Les chances ne sont pas que le statu quo d’un marché boursier en hausse constante se maintienne jusqu’en novembre prochain. Et si la situation se détériore, cela nuira certainement à sa réélection. Ce pourrait être aussi la seule chose qui permettrait au Parti démocrate de rester solidaire – mais cela implique qu’un bouleversement des marchés et des banques devrait avoir lieu au début de l’été, avant les congrès.

Pendant ce temps, les tentatives de mise en accusation ont une saveur lilliputienne. Continuer dans cette voie – en brandissant la menace d’un deuxième ou troisième acte de mise en accusation avec des frais supplémentaires – ne fera que renforcer l’anti-fragilité de M. Trump. En second lieu, il faut se demander si la paire Barr & Durham parviendra à faire porter une part de responsabilité pénale aux personnes qui ont mené le coup d’État du RussiaGate contre M. Trump – un épouvantable abus de pouvoir maintenant célébré par les Démocrates, qui, vous vous en souvenez peut-être, étaient autrefois contre les États policiers. Une série de mise en détention de criminels comme Brennan, Comey, Clapper et d’autres pourraient finalement faire éclater la bulle de crédulité que la tête à claque Mueller et le rapport Horowitz si accablant n’ont pas réussi à créer chez les vrais croyants de Rachel Maddow. Bien sûr, cette affaire a une signification encore plus grande pour corriger le méta-problème de l’Amérique qui se ment chroniquement à elle-même. Le RussiaGate et ses retombées étaient un tel édifice gargantuesque de malhonnêteté malveillante qu’il doit être déconstruit dans les tribunaux, ou la santé mentale de la nation ne se rétablira peut-être pas. C’est la clé pour mettre fin au régime du tout va bien et rien n’a d’importance. En fin de compte, si les marchés ou la valeur du dollar ne s’effondrent pas, M. Trump sera réélu.

Toutefois, je m’attends à ce que ses rivaux aient recours à une tactique de harcèlement légal pour bloquer le processus électoral dans un enchevêtrement paralysant de litiges qui entraverait ou empêcherait un règlement pacifique de l’issue. Ces tactiques pourraient inciter le président à déclarer des mesures extraordinaires pour surmonter cet acte de « résistance » – peut-être une période de loi martiale pendant que les résultats sont ré-établis. Oui, cela pourrait être extrême.

L’économie et ses accessoires

Le « miracle » du pétrole de schiste était un coup financier utilisant la dette pour donner l’illusion que l’approvisionnement énergétique de la nation était sûr et assuré à long terme. Ce fut un coup impressionnant, c’est certain, avec une production qui approche maintenant les 13 millions de barils par jour, mais il est en train de s’effondrer sur son modèle d’affaires de type Ponzi – les producteurs ne peuvent tout simplement pas faire d’argent avec ce système, et ils ont passé dix ans à prouver que c’est un jeu idiot pour les investisseurs. Il en résultera une diminution des investissements dans un modèle d’affaire qui exige un réinvestissement constant. Ce qui signifie que 2020 est l’année où le pétrole de schiste sera démystifié et où sa production va diminuer. Les faillites ne font que commencer.

L’économie n’est en réalité qu’une fonction des intrants énergétiques, et ces intrants doivent être économiquement rationnels, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas coûter plus cher que ce qu’ils rapportent. Tous nos arrangements bancaires et financiers dépendent de cela. Si les intrants énergétiques diminuent, ou si le coût de l’énergie dépasse la valeur de l’énergie nette que vous obtenez, alors les dettes de toutes sortes ne peuvent plus être remboursées et tout le système implose. A partir de là, la question est de savoir si l’effondrement est lent ou rapide. Je pense qu’il peut commencer lentement, puis s’accélérer rapidement jusqu’à devenir critique – et le processus est déjà amorcé.

En raison de cette dynamique énergétique, nous assistons à une contraction généralisée de l’activité économique et de la croissance à l’échelle mondiale, qui se traduira par une baisse future du niveau de vie. Les effets en Amérique sont déjà évidents et décourageants : la classe moyenne en difficulté, les gens qui vivent au jour le jour, ceux qui ne peuvent pas acheter de voiture ou payer pour la réparer. L’espoir était que l’Amérique puisse se réindustrialiser (une version de MAGA) pendant que les économies « émergentes » continuaient à produire des choses comme « moteurs » de l’économie mondiale : la Chine, l’Inde, la Corée, le Brésil, le Mexique et d’autres. Ces endroits ont vu leur niveau de vie augmenter de façon spectaculaire au cours des trente dernières années. Renverser cette tendance sera un traumatisme. Ces économies émergentes sont en train d’atteindre un pic puis un plafond en raison de la même dynamique énergétique de base qui affecte le monde entier : le manque d’énergie abordable, en particulier le pétrole. Le résultat probable sera l’instabilité politique en Chine et ailleurs – déjà manifeste – et une partie de ce désordre pourrait être projeté vers l’extérieur chez les rivaux économiques.

L’Europe a subi de nombreux contrecoups de la contraction de son niveau de vie, comme l’ont montré les perturbations liées à l’affaire des Gilets jaunes en France, la dépression nerveuse autour du Brexit, le pouvoir de rassemblement des mouvements politiques nationalistes dans de nombreux pays et la crise des migrants en cours – essentiellement des migrants économiques provenant de pays du tiers monde en difficulté. Les banques européennes, menées par la plus malade de toutes, la Deutsche Bank, souffrent d’un fardeau écrasant de mauvaises obligations à bases de dérivées qui risquent de les faire sombrer en 2020 avant une ruée vers la survie en Euroland, avec les récents migrants pris au piège au milieu. Je pense que nous assisterons aux premières tentatives d’expulsions à mesure que le chaos financier s’étendra, que la violence éclatera et que le nationalisme se développera.

La « solution » au dilemme de la contraction depuis 2008 a été pour les banques centrales de « créer » des montagnes d’« argent » frais pour donner l’illusion que les dettes peuvent être remboursées – et de nouveaux prêts générés – alors que la réalité le réfute clairement. Toute cette « impression » d’argent n’a fait que déformer les relations bancaires et le comportement des marchés – les symptômes les plus évidents étant l’inflation des actifs (actions, obligations, immobilier), l’impossibilité de connaître le prix des choses, ce qui est la fonction principale des marchés, et les taux d’intérêt proches de zéro qui rendent les opérations bancaires insensées.

Les banquiers continueront à faire « tout ce qu’il faut » pour essayer de maintenir le jeu, mais ils n’ont plus de véritable légitimité pour y parvenir. Les taux d’intérêt peuvent à peine baisser. La quantité d’argent « imprimé » nécessaire pour maintenir l’illusion d’un système rationnel et fonctionnel devient de plus en plus importante. Dans les six semaines qui précèdent et suivent Noël, la Réserve fédérale devrait injecter 500 milliards de dollars dans les banques pour stabiliser le prix des actifs. Combien de temps peuvent-elles continuer à le faire ?

En fin de compte, soit les prix des actifs chuteront – peut-être s’effondreront – soit les mesures de plus en plus désespérées nécessaires pour les soutenir dégraderont la valeur de la monnaie elle-même. Le hic, c’est que cela ne se produira peut-être pas partout à la fois. Par exemple, le système bancaire de la Chine, comme celui de l’Europe, est mûr pour une convulsion, qui verrait l’argent fuir vers une sécurité perçue – tant que ça dure – sur les marchés américains, gonflant temporairement le Dow, le S & P et les obligations du Trésor américain, même si d’autres grandes nations s’effondrent. Mais les banques américaines ont la même maladie et ces oiseaux de désordre finiront aussi par s’y percher.

De plus, la méthode de distribution de l’argent frais des banques centrales – argent venu de nulle part – changera probablement à l’avenir. Le public va sûrement se révolter contre un autre plan de sauvetage des banques. Au lieu de cela, les responsables se tourneront vers le « QE for the people« , aussi connu sous le nom d’ « Hélicoptère monétaire«  (comme dans la distribution d’argent depuis un hélicoptère), ou vers la « Théorie monétaire moderne » (TMM – imprimer de l’argent jusqu’à ce que les carottes soient cuites), avec un « revenu de base garanti ». Les tensions dans le piège de la contraction dans lequel nous nous trouvons sont telles que le déséquilibre des marchés de la dette ne peut se manifester que par un défaut brutal ou une tentative plus douce de gonfler les devises. L’inflation pourrait maintenir les marchés boursiers à flot et permettre le remboursement continu de la dette (« service de la dette« ) en devises de valeur décroissante – un processus qui n’est jamais vraiment gérable dans l’histoire, qui devient toujours incontrôlable et qui mène rapidement au chaos politique. N’oubliez pas qu’il y a deux façons de faire faillite : ne pas avoir d’argent et avoir beaucoup d’argent qui ne vaut rien.

Les éléments de ce psychodrame financier vont se fondre dans la politique électorale américaine de 2020, alors que la gauche se tourne de plus en plus vers des promesses d’argent « gratuit » et de services « gratuits » (médecine, éducation) aux électeurs paniqués qui ne peuvent plus se permettre le standard de vie du rêve américain. Les tremblements qui ont saisi les marchés Repo (Repo = rachat de garanties pour les prêts au jour le jour) ces trois derniers mois suggèrent que certaines grandes banques et compagnies d’assurance américaines sont entrées dans leur propre zone de criticité. Je doute qu’un quelconque stratagème permette d’éviter une grande instabilité financière avant la fin de 2020, mais si les États-Unis deviennent un refuge pour l’argent venant d’ailleurs dans le monde, cela pourrait repousser l’arrivée de la crise jusqu’à l’été.

L’idée qu’un marché boursier galopant signifie une « grande » économie est particulièrement fallacieuse avec toutes les interventions et manipulations de marché en cours de la dernière décennie. Tout ce qu’elle signifie vraiment, c’est que les escroqueries, les fraudes et les rachats ont remplacé la production industrielle d’antan, et ce n’est pas une base très solide pour une économie. Je ne pense pas qu’il y ait de réelles perspectives de revenir à la puissance industrielle d’autrefois. Nous devrons sûrement faire des choses dans les temps à venir, et produire notre pain d’une façon ou d’une autre, mais ce sera un modèle de production très différent, à une échelle beaucoup plus modeste. Quand le niveau de vie baissera, ce modèle finira par resurgir quelque part. Mais nous ne savons pas encore où.

Relations avec d’autres pays

L’hystérie du RussiaGate s’est démenée efficacement au cours des trois dernières années pour entraver la possibilité de rétablir les relations entre nos pays. Cela et l’intervention idiote de 2014 en Ukraine sous M. Obama, qui ont incité la Russie à annexer la Crimée et à combattre dans le Donbass. Tout cela était inutile et s’est produit simplement parce que nous étions déterminés à forcer l’Ukraine dans l’OTAN – ou, du moins, à ne pas la laisser rejoindre l’Union douanière centrée sur la Russie. Ce faisant, nous avons laissé l’Ukraine gravement endommagée. Pouvons-nous, s’il vous plaît, arrêter de créer encore plus de dégâts ? Ils ont toujours été proche de la Russie et le seront toujours. Pouvons-nous l’accepter avec notre esprit américain ?

Je soupçonne que M. Trump souhaite toujours rectifier la situation, en particulier nos relations avec la Russie. Nous avons des intérêts communs en suspens, à commencer par le souhait de décourager les maniaques islamiques de faire exploser des choses et de couper la gorge des gens. Et si nous essayions de coopérer pour gérer ce problème ? La Russie n’est pas notre rival économique. Aussi vaste que soit son territoire, l’économie russe n’est pas beaucoup plus grande que l’économie du Texas [C’est faux en Parité de pouvoir d’achat et donc très trompeur, NdT]. Ils possèdent un arsenal nucléaire très puissant, avec de nouveaux systèmes de frappe hypersoniques qui ont probablement été développés pour tempérer nos récits paranoïaques à leur sujet depuis 2016. La guerre n’est pas une option.

Il y a de fortes chances qu’en 2020 M. Trump trouve une ouverture pour réduire les tensions entre les États-Unis et la Russie, même s’il est mis en accusation à plusieurs reprises et que l’indice boursier S&P diminue de moitié. L’Ukraine elle-même peut être un cas désespéré, son destin est de devenir un désert agricole quasi-médiéval. Quoi qu’il en soit, ce n’est vraiment pas notre affaire, pas plus que l’occupation de l’Afghanistan, ou l’intervention en Irak, ou le Vietnam avant cela. Pour commencer, pouvons-nous simplement convenir qu’aller en guerre avec la Russie n’est pas une bonne idée et cesser de militer pour que cela se produise ? Les libéraux accusaient le Complexe militaro-industriel d’avoir battu le tambour de guerre. Maintenant, ce sont eux qui sont à la manœuvre.

De nouvelles tentations d’intervenir dans des pays étrangers ne feront qu’accélérer la faillite des États-Unis et entraîner une descente plus rapide et plus dramatique vers un niveau de vie beaucoup plus bas. Quoi qu’il en soit, avec tous les autres éléments de la longue urgence qui se déroule sous nos yeux, la tendance en 2020 sera que les nations se préoccupent de leurs propres affaires, et si cela ne fonctionne pas au niveau national, cela pourrait conduire à plus de régions séparatistes tentant de s’auto-gouverner. La Catalogne est toujours en train de gargouiller, l’Italie a toujours un problème nord / sud, l’Écosse a toujours la volonté de se dissocier du Royaume-Uni. La contraction, la décroissance ou la baisse de la prospérité – quelle que soit la façon de le dire – vont de pair avec une plus petite échelle de gestion. Tout ce qui est grand est en train de reculer.

Mais cela vaut la peine d’envisager ceci : je me souviens de l’époque où les États-Unis étaient une nation assez saine d’esprit. Si les choses peuvent s’aggraver en Amérique, avec toutes ces hallucinations politiques, ne pensez-vous pas qu’elles peuvent aussi s’aggraver ailleurs ? La Chine entre dans une crise traumatisante avec la fin de sa poussée de croissance de trente ans. Et si la Chine devenait aussi folle que nous ? Et si les États-Unis passaient du statut de client numéro un à celui de Demon Ghost Dragon de la série Underworld avec sa vision des choses ? Quelqu’un se souvient-il de la révolution culturelle des années 1960 ? C’était le wokestérisme 1 communiste aux amphétamines. Lorsque la situation devient difficile en Chine, le gouvernement sévit. Et lorsque cela ne fonctionne pas, la Chine se retrouve historiquement dans une sorte de guerre civile. L’action à Hong Kong au cours de la dernière année pourrait être un aperçu des attractions à venir pour Pékin ou Shanghai. Pour 2020, je prédis des turbulences en Chine, des banques faisant faillite, des entreprises sombrant et les usines fermant leurs portes – mais pas au point d’un soulèvement contre le régime de Xi Jinping. Cela rendra la Chine très nerveuse. Nous devrons naviguer prudemment autour d’eux. S’il vous plaît, aucun coup de force naval dans le détroit de Taïwan …

J’ai déjà bien couvert l’Europe dans la section Économie. Le principal avertissement pour l’Europe en 2020 est que l’ordre libéral international fondé sur des règles internationales de l’Occident a été rendu possible dans un monde d’après-guerre par des décennies d’apports énergétiques et de prospérité croissants. À mesure que cela s’inverse, les hypothèses sous-jacentes à cet ordre cesseront de le maintenir. La formation d’un nouvel ensemble de principes de fonctionnement entraînera probablement une période de désordre, peut-être de longue durée.

Israël et l’Iran semblent être à la recherche d’un crêpage de chignon, ce qui ne fonctionnera probablement pas si bien pour l’Iran. Quelque chose va se passer en 2020 entre eux et les États-Unis parviendront à rester en dehors. Un conflit rapide et vif pourrait préparer le terrain pour que le peuple iranien se débarrasse enfin du joug de ses mollahs. Cela peut s’accompagner d’un mouvement anti-jihad généralisé – un mouvement de paix islamique – à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord – une reconnaissance que le Jihad ne travaille qu’à déstabiliser un pays après l’autre et à aggraver leur vie. Israël reprendra les pourparlers avec ses adversaires à Gaza et en Cisjordanie. Les pourparlers seront ardus mais prometteurs même si peu de chose seront résolues en 2020.

L’Inde et le Pakistan ont refroidi leur invectives pendant la période de coupure économique des dix dernières années, évitant une guerre majeure, y compris un échange de tirs nucléaires. Cela pourrait changer tragiquement en 2020 à mesure que la prospérité mondiale s’inversera et que toutes les autres pressions de la longue urgence s’accumuleront sur ces deux pays en difficulté et surpeuplés. Les dégâts seraient énormes, peut-être assez terrifiants pour persuader les gens, dans d’autres pays, de simplement passer leurs problèmes économiques par profits et pertes, et de faire de leur mieux pour réduire l’échelle rationnellement.

La dérive du Japon vers le sort final du néo-médiévisme s’accélère en 2020 alors que l’infection financière se propage depuis les banques chinoises en faillite. L’empereur Naruhito a publié un mémorandum royal reconnaissant que la dépendance du Japon à l’égard du pétrole importé doit cesser et ils embrasseront la décroissance dans l’espoir de revenir à un niveau de la civilisation Edo préindustrielle. Ce sera un exemple encore plus positif pour inciter d’autres pays à commencer d’étudier des plans similaires. Bien sûr, cela provoquera une opposition politique amère. Les meilleures idées font toujours des vagues.

L’Amérique latine vient de vivre plus d’une décennie de paix relative, à l’exception du Venezuela, qui, ces derniers temps, tourbillonne dans le vortex de l’égout sans tambours ni trompettes. L’Argentine est sous-performante dans les grandes largeurs, mais ne semble pas pouvoir atteindre un seuil critique d’effondrement. Quel est son secret ? Dernièrement, une révolution – probablement soutenue par la CIA – a renversé le président bolivien Evo Morales, pour permettre aux États-Unis d’accéder à ses ressources en lithium. Une action plus dramatique éclatera au Mexique en 2020 où la guerre civile gronde. Les États-Unis envoient des troupes de l’armée régulière alors que les réfugiés tentent de fuir vers le nord en flux épiques. Nous créons une «zone de sécurité» tracée à cinquante milles sous la frontière pour contenir le flot humain. M. Trump sera diffamé pour avoir installé des camps de réfugiés humanitaires là-bas. Mais tout au long de l’année, il refusera une intervention militaire pure et simple entre les factions belligérantes.

Guerre culturelle, wokestérisme et bataille des cœurs et des esprits

On pourrait supposer que les Wokesters crypto-gnostiques avaient porté leur folie assez loin en 2019 avec les Tranny Reading Hours, les licenciements de professeurs distingués qui insistent sur le fait que la réalité biologique signifie deux sexes, et bien plus encore. Ce fut également l’année du «Projet 1619» du New York Times, une tentative pseudo-universitaire de réécrire l’histoire américaine entièrement inspirée par le racisme. Et puis il y a Greta qui grogne «Comment oses-tu ?» dans le monde avec cette grimace baveuse de supériorité morale pubescente. Qui ayant encore un peu de bon sens dans ce pays n’est pas malade de ce « putain » de non-sens ?

jhklivre.jpgEn 2020, le wokestérisme a perdu tout son crédit et les Wokesters sont bannis dans une cave sans fenêtre dans le sous-sol de l’âme de l’Amérique où ils peuvent crier contre les murs, pointer du doigt, grimacer en bavant et émettre des anathèmes que personne n’écoutera. Et quand ils seront à court d’essence, ils pourront se détendre et lire le seul livre dans la salle : Mercy, par Andrea Dworkin.

Et puis, un beau matin de printemps, après que tout le monde y a renoncé, Donald Trump, le troll des trolls des médias sociaux, le Golem d’or de la grandeur lui-même, se lèvera en pyjama et tweetera que, enfin, après très longtemps, il s’est finalement «éveillé», et a changé son nom en Donatella, et a déclaré que son pronom personnel était «vous tous».

Très bien, c’est peut-être beaucoup rêver, mais personnellement, je crois que la loi Wokester fuit de partout. Même certains vrais croyants semblent épuisés par leurs efforts. Quoi qu’il en soit, ces incidents de folie publique s’éteignent toujours. Une caractéristique curieuse sera un manque total de remords quand tout sera fini. Au lieu de cela, nous aurons une amnésie, puis nous passerons à la prochaine phase de l’histoire.

Voilà mes prévisions pour 2020. Nous savons tous que c’est un exercice futile, mais c’est l’un de ces rituels inévitables de l’existence humaine. Bonne chance à tous ! Vous pourriez être intéressé par mon prochain livre, à paraître en mars, qui est une mise à jour approfondie de notre situation actuelle et une série de portraits de personnes intéressantes menant des styles de vie alternatifs en ces temps incertains.

James Howard Kunstler

jhklivre2.jpgPour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé et jj, relu par Kira pour le Saker Francophone

  1. 1) wokester : un idiot de 20 ans facilement offensé qui croit que le mot « éveillé » légitime sa vision égocentrique du monde. Ces individus manquent souvent de compétences dans le discours civil, ou d’une formation instruite dans n’importe quelle matière dans laquelle ils se glorifient. Urban Dictionary

samedi, 13 octobre 2018

Michel Drac présente "Sapiens" et "Homo Deus" de Yuval Noah Harari

Sapiens-A-Brief-History-of-Humankind-PDF-by-Yuval-Noah-Harari.jpg

Michel Drac présente "Sapiens" et "Homo Deus" de Yuval Noah Harari

 
Une note de lecture sur les best-sellers de l'historien israélien Yuval Noah Harari
 
Chapitres : Couverture : 00:15
L'auteur : 00:45
La démarche de l'auteur : 02:00
Avisse à la population ! : 04:00
Sapiens avant la Chute : 05:00
La Chute de Sapiens : 13:30
L'Histoire : 18:45
La modernité : 35:45
A l'aube d'Homo deus : 59:00
Les deux grands projets du XXI° siècle : 01:07:30
Le retour de l'évolutionnisme : 01:14:00
La singularité : 01:21:30
Dans la tête d'un mondialiste : 01:31:45
Angles morts et biais manifestes : 01:41:15
Le fond du problème, le problème de fond : 01:52:15
Annonce prochaine vidéo : 02:04:00
 

mardi, 07 novembre 2017

Quel avenir ?...

ruines63751.jpg

Quel avenir ?...

par Dmitry Orlov

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Dmitry Orlov, cueilli sur Arrêt sur info et consacré aux scénarios de l'avenir qu'il privilégie. D'origine russe, ingénieur, Dimitry Orlov, qui a centré sa réflexion sur les causes du déclin ou de l'effondrement des civilisations, est l'auteur d'un essai traduit en français et intitulé Les cinq stades de l'effondrement (Le Retour aux sources, 2016).

Quel avenir ?

J’aime me flatter en pensant que la raison principale pour laquelle tant de gens ont creusé un chemin vers mon blog et continuent à acheter mes livres est que pendant plus d’une décennie j’ai toujours deviné correctement quelle forme prendrait l’avenir ; pas tout le temps, mais suffisamment souvent pour inciter les gens à y prêter attention. J’essaie d’être très prudent dans mes pronostics. Je ne prédis jamais des événements relativement insignifiants tels que les krachs boursiers, les changements dans la composition des gouvernements nationaux et d’autres incidents qui ne se produisent que sur le papier ou sur un coup de tête.

stadeseff.jpgAu lieu de cela, j’essaie de me concentrer sur les aspects de la réalité physique – les flux d’énergie en particulier – qui limitent la forme de l’avenir. Je ne fais pas non plus de prédiction en ce qui concerne le calendrier : savoir si quelque chose va arriver est souvent une question qui a une réponse ; savoir quand quelque chose se produira est souvent une question pour laquelle aucune méthode ne donne de réponse fiable. En gardant cela à l’esprit (pour ne pas être déçu), je vais prendre quelques risques et faire quelques prédictions sur la forme générale de l’avenir qui se matérialisera au cours d’une seule vie humaine et peut-être même un peu plus vite.

Je crois que l’on peut deviner la forme générale de l’avenir en se concentrant sur les quatre facteurs suivants : le climat, l’énergie, la population et la géopolitique. Regardons chacun.

Climat

Les changements à court terme des conditions météorologiques, entraînés par le changement climatique à plus long terme résultant de l’augmentation spectaculaire des niveaux de dioxyde de carbone et de méthane dans l’atmosphère, permettent déjà d’envisager plusieurs impacts importants. Les cyclones tropicaux sont plus intenses et plus humides, entraînant des inondations massives et des dommages aux infrastructures. Cette année, les tempêtes ont assommé une grande partie de Houston, un bout de la Floride et pratiquement tout Porto Rico, plus quelques autres îles des Caraïbes. Pendant ce temps, des incendies sans précédent ont ravagé certaines parties de la Californie et du nord-ouest sur la côte Pacifique. Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées ou sont restées sans abri. De telles tendances continueront vraisemblablement à mesure que ces événements destructeurs vont augmenter en intensité. Pendant un certain temps, les gens tenteront de récupérer et de reconstruire après chaque événement, mais après, ces efforts cesseront. En reconstruisant, je suis certain que la plupart des gens refuseront de prendre des mesures raisonnables pour éviter que cela ne se répète, comme la construction de maisons sur pilotis en matériaux ininflammables ; au lieu de cela, ils vont mettre en place les mêmes structures inflammables et sujettes aux inondations, parce que c’est à cela qu’ils pensent qu’une maison doit ressembler.

En plus des inondations et des incendies, il y a de fortes chances que des vagues de chaleur estivales catastrophiques suffiront à mettre en panne le réseau électrique dans des pays comme les États-Unis, où la population dépend de la climatisation pour survivre et où le réseau électrique est terriblement périmé. De tels événements se traduiront instantanément par des morts dans les villes du sud, où les gens, en particulier les malades, les personnes âgées et les obèses morbides, succomberont à des coups de chaud. La plupart des États de l’ouest des États-Unis seront confrontés à de tels événements catastrophiques et progresseront lentement vers des conditions beaucoup plus arides, où l’agriculture deviendra peu à peu intenable à mesure que le paysage redeviendra désertique.

Arctique-fond-comme-jamais.jpg

Un autre effet sous-estimé des changements climatiques continus sera la sévérité accrue des hivers de l’hémisphère nord. L’Arctique est maintenant beaucoup plus chaud et sans glace durant l’été. Cela a ouvert de nouvelles voies maritimes le long des côtes nord de la Russie et du Canada, ce qui a permis de gagner des semaines d’expédition, en contournant les canaux de Suez et de Panama. La diminution de la couverture de glace de l’océan Arctique a réduit l’albédo de l’océan (la fraction du rayonnement solaire réfléchie dans l’espace), ce qui a provoqué un réchauffement encore plus rapide. En raison de ce réchauffement, le gradient des températures hivernales entre l’Arctique et les zones tempérées plus au sud sera réduit et les flux d’air ne seront plus stratifiés le long des lignes latitudinales mais serpenteront entre le nord et le sud, amenant des tempêtes hivernales depuis l’Arctique vers le sud et rendant les gelées d’hiver très sévères beaucoup plus fréquentes.

Dans le cas de l’Europe de l’Ouest, cet effet sera exacerbé par le ralentissement du Gulf Stream, qui avait pour effet de la rendre beaucoup plus chaude que la  grande partie de l’Europe qui s’étend des Carpates à l’Oural. Le Gulf Stream dépend de la capacité de son courant remontant vers le nord, rendu plus salin par évaporation, de couler au fond quand il atteint une zone autour de l’Islande, puis de refluer vers le sud le long du fond océanique. Mais le taux de fonte des glaciers a créé une lentille d’eau douce en expansion le long de la surface de l’océan dans cette zone, limitant l’étendue du mécanisme. En raison de cet effet, les gelées hivernales profondes commenceront à affecter les régions précédemment tempérées de l’Europe occidentale et des îles britanniques.

Énergie

Les combustibles fossiles resteront le pilier de l’industrie énergétique jusqu’à ce que celle-ci se réduise à un niveau permettant d’obtenir suffisamment d’énergie en ne brûlant que de la biomasse. Mais ce processus devrait prendre au moins deux ou trois décennies de plus. Les sources renouvelables, telles que les éoliennes et les panneaux solaires, ne peuvent pas être produites ou entretenues sans une industrie basée sur les combustibles fossiles et elles vont produire une électricité pour laquelle il n’y aura pas beaucoup de demande une fois que l’industrie des combustibles fossiles aura disparu. De plus, ces sources d’électricité sont intermittentes, alors que l’électricité est notoirement chère et difficile à stocker, tandis que les utilisations résiduelles de l’électricité – communications, sécurité, équipement de contrôle, etc. – nécessitent un approvisionnement régulier.

gazsch.jpg

Même s’il n’y aura pas de rupture soudaine dans la disponibilité de l’énergie fossile, nous continuerons de voir une diminution constante de la capacité des consommateurs d’énergie à travers le monde à payer pour cela, ainsi que la disparition de la rentabilité des entreprises énergétiques. À la place de puits d’où le pétrole a jailli pendant des années, tout ce qui restera aux États-Unis, ce sont des puits qui nécessitent des forages horizontaux et une couteuse fracturation hydraulique, mais qui ne laissent suinter du pétrole que pendant un an ou deux avant d’être à sec. La situation est similaire en ce qui concerne le charbon et le gaz naturel. Bien que les États-Unis soient maintenant alimentés avec cette nouvelle production basée sur la fracturation hydraulique, très peu d’argent a été gagné avec ce boom temporaire, laissant les entreprises impliquées embourbées dans leur dette. Une fois terminée, les États-Unis seront à nouveau obligés d’importer de grandes quantités de pétrole et de gaz naturel – s’ils peuvent trouver l’argent nécessaire pour le faire.

Entre-temps, la Russie restera l’une des principales sources d’exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel pendant encore de nombreuses décennies. Les ressources énergétiques de la Russie sont de bien meilleure qualité qu’ailleurs dans le monde et, bien que la Russie possède plus de pétrole et de gaz de schiste que tout autre pays, l’exploitation de ces ressources n’est pas considérée comme une priorité.

Population

Compte tenu de ces tendances en matière de météorologie et d’énergie, les pays auront des capacités différentes pour maintenir une population importante. Un autre facteur qui jouera un rôle majeur sera l’infrastructure locale. Par exemple, en Russie, les gens vivent principalement dans de grands immeubles le long des lignes de chemin de fer desservies par des transports en commun et chauffés à l’aide de vapeurs chaudes provenant des centrales électriques. Toutes les infrastructures russes sont construites selon les mêmes normes et sont conçues pour bien fonctionner à des températures inférieures à -40º et sous plusieurs mètres de neige. En comparaison, en Amérique du Nord, la plupart de la population vit dans des maisons individuelles, dont beaucoup sont mal isolées, dont beaucoup ne sont pas desservies par des transports en commun et dont le chauffage revient plutôt cher en utilisant des chaudière à gaz ou à pétrole. En hiver, face à un blizzard, de nombreuses zones aux États-Unis sont simplement bloquées, tandis qu’en Russie, le concept de « journée enneigée » est inconnu : la neige est enlevée (et non repoussée) au fur et à mesure qu’elle tombe et la circulation continue. Cette comparaison implique que les Russes pourront continuer à se permettre de vivre là où ils vivent beaucoup plus longtemps que les Américains. Des types similaires de comparaisons peuvent être appliqués à de nombreux autres endroits si vous cherchez un lieu où survivre.

Mis à part cela, et peut-être couplé avec des facteurs tels que la météo et l’énergie, certaines populations ne parviendront pas à prospérer et subiront une forte mortalité. Les États-Unis sont déjà en train de mourir de faim, les taux d’alcoolisme ayant doublé en une décennie, et une épidémie d’abus d’opioïdes rivalise avec l’expérience de la Chine d’avant les années 1950. L’esprit de désespoir absolu qui enserre maintenant les États-Unis est semblable à ce qui est arrivé à l’ex-URSS après l’effondrement soviétique, avec des conséquences démographiques similaires.

afrsur.jpg

L’expérience de l’Europe occidentale sera peut-être plus bénigne : les populations indigènes diminueront en raison de leurs très faibles taux de natalité. Entre-temps, l’Europe occidentale est de plus en plus touchée par les enclaves ethnico-religieuses de migrants qui, de plus en plus, ne parviennent pas à s’intégrer et à subsister avec les maigres subsides de l’État. Une fois ces bénéfices épuisés, ces enclaves imploseront. Elles représentent déjà un pourcentage disproportionné de la criminalité ; cette tendance va probablement s’aggraver, les habitants de ces enclaves devenant à la fois les auteurs et les victimes.

Dans d’autres parties du monde, telles que l’Afrique sub-saharienne et certaines régions du Moyen-Orient, la mortalité sera provoquée par l’effet contraire : des taux de natalité très élevés conduiront à des conditions misérables et un surpeuplement menant à la violence et à la guerre. Ces conditions seront exacerbées par diverses catastrophes, naturelles ou artificielles, jusqu’à ce que l’on parvienne finalement à un niveau de population stabilisé beaucoup plus bas.

Géopolitique

Jusqu’à tout récemment, les États-Unis et l’Europe de l’Ouest ont réussi à rediriger vers eux la part du lion de la richesse naturelle restante de la planète. Le système financier érigé après la Seconde Guerre mondiale a été truqué afin que les institutions bancaires occidentales puissent servir de garde-chiourme au monde entier, prêtant à faible taux à leurs copains et à des taux élevés au reste du monde, menaçant quiconque refusant de jouer à ce jeu par des sanctions économiques, des assassinats politiques ou des guerres. Globalement, cela leur a permis de simplement imprimer de l’argent pour acheter ce qu’ils voulaient tout en forçant les autres à travailler pour eux. Un aspect clé de ce régime était que les exportations mondiales de pétrole étaient cotées et devaient être payées en dollars américains. Ce programme est actuellement en phase terminale.

CHRIR.jpg

Ce qui le remplacera est encore incertain. Peut-être le nouvel arrangement tiendra sur un trépied composé de la Chine, la Russie et l’Iran. Ces trois pays ont des populations bien éduquées, disciplinées et patriotiques, et leurs jeunes ont tendance à regarder vers l’avenir avec beaucoup d’enthousiasme. Peut-être que d’autres pays pourront jouer un rôle majeur dans ce nouveau club eurasien. Mais ce qui est certain, c’est qu’à l’avenir, les gouvernements d’Europe occidentale et d’Amérique ne seront pas en mesure d’extorquer tout ce dont ils ont besoin au reste du monde pour soutenir artificiellement leur si confortable niveau de vie. Ceci va certainement causer beaucoup de ressentiment et d’agitation politique.

Dmitry Orlov (Arrêt sur info, 29 octobre 2017)

dimanche, 03 juillet 2016

Alvin Toffler, le «maître de la futurologie» est mort

Toffler.jpg

Alvin Toffler, le «maître de la futurologie» est mort

Par Fabrice Nodé-Langlois

Ex: http://www.lefigaro.fr

Son premier best-seller, Le choc du futur, publié en 1970, a marqué une génération. Le sociologue américain Alvin Toffler est mort à 87 ans. Il avait annoncé Internet, les délocalisations ou la déstandardisation des produits.

La société basée sur l'information et le savoir, la vitesse inégalée du changement. Ces deux données fondamentales qui caractérisent le monde à l'aube du XXIe siècle, Alvin Toffler les avaient cernées et en avait analysé l'impact il y a près d'un demi-siècle. En 1970, ce chercheur américain en sciences sociales, autodidacte, publie un livre, Le choc du futur. L'ouvrage devient rapidement un best-seller mondial. Très vite, Toffler, ce professeur à l'Institut national d'études stratégiques de Washington, devient, avec son épouse Heidi qui mène ses recherches éclectiques à ses côtés, une référence internationale en matière de prospective. Le choc du futur sera suivi - entre autres - par deux ouvrages de référence, La Troisième Vague (1980) et Les Nouveaux Pouvoirs (1990).

Vêtements jetables

tofflerlivre.jpgEn 1997, Le Figaro avait rencontré cet homme à la curiosité insatiable, à l'occasion d'un supplément publié «à 1000 jours de l'an 2000». La science venait de vivre une révolution avec l'annonce de la naissance du premier mammifère cloné, la brebis Dolly. «Avec ma femme, nous avions annoncé (dans Le choc du futur) le clonage des mammifères. Je pensais d'ailleurs que cela arriverait plus tôt. Nous avions prévu les avancées de la procréation assistée et de l'ingénierie génétique», racontait alors Alvin Toffler.

Internet, les délocalisations, la déstandardisation des produits, dès 1970, les époux Toffler avaient annoncé ces révolutions. Alvin Toffler parlait déjà de «l'émergence d'agents intelligents capables de répondre aux besoins individuels et de faire le tri dans la masse d'informations disponibles sur les réseaux». Lucide, il reconnaissait s'être tout de même trompé dans certaines prévisions. Le futurologue annonçait ainsi l'essor des vêtements jetables, qui n'étaient pas d'actualité lors de notre rencontre en 1997, pas plus qu'ils ne le sont aujourd'hui.

Plus fondamentalement, Alvin Toffler confessait s'être trompé en économie. Il n'avait pas prévu la crise du début des années 2000 liée à l'éclatement de la première «bulle internet».

Turbulences annoncées en Europe

Une semaine après le choc du Brexit, ses propos d'il y a vingt ans sur l'Europe restent en revanche pertinents: «Je pense que l'Europe va connaître des turbulences. Au moment où des organisations souples, capables de s'adapter vite, sont plus que jamais nécessaires, l'Europe ajoute des niveaux de hiérarchie. Dans les entreprises de la troisième vague, la tendance est au contraire à la «débureaucratisation»». De même, le chercheur américain annonçait de sombres conséquences au fossé croissant entre les sociétés qui surfent sur «la troisième vague» (que d'autres auteurs comme Jeremy Rifkin ont appelé par la suite la troisième révolution industrielle) et celles qui restent à la traîne «de terribles souffrances, des peurs, de la xénophobie». «La thèse centrale du choc du futur était qu'un individu, une entreprise, un gouvernement, peut être très désorienté s'il est soumis à trop de changements, trop rapidement. Cette thèse était juste, elle l'est encore», nous racontait Alvin Toffler. Cet ancien journaliste, qui avait débuté à Washington dans les années cinquante déplorait l'incapacité des hommes politiques à se projeter dans l'avenir.

10:24 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alvin toffler, futurologie, hommage | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 06 octobre 2014

Perspectives pour l'année 2030...

Perspectives pour l'année 2030...

par Frédéric Malaval

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Frédéric Malaval, cueilli sur Polémia et consacré aux années 2030, qui, pour l'auteur, seront probablement une période de basculement du système...

 

2030.jpg

 

 

Année 2030

De plus en plus de Français attendent un changement drastique, pas seulement de politique, mais de société. Une majorité cependant ne le souhaite pas, confortant à chaque élection les partis dits de gouvernement. Jamais le fossé entre ces deux catégories n’a paru aussi large.

Aussi se pose désormais la question, non pas de la nature du changement, mais du moment de ce changement. La réponse avancée par ce texte est que les conditions seront réunies autour des années 2030, soit dans quinze ans.

Pour argumenter cette prophétie nous allons – brièvement – nous intéresser aux évolutions majeures que le territoire français européen a connues depuis 1945. Cette rétrospective sera nourrie d’une approche écologique, donc écosystémique. Aussi, avant de s’accorder sur ces grandes mutations, devons-nous exposer sommairement les fondements de l’écologie et particulièrement de la dynamique des populations, néologisée en « démécologie ». En effet, la conclusion avancée par ce texte repose essentiellement sur la prise en compte des conséquences de la vague démographique qualifiée de baby-boom sur notre société.

Ecologie

Pourquoi recourir à l’écologie pour tenter d’estimer les conditions d’un changement majeur de la société française ? Une réponse est que l’écologie permet de l’envisager comme un écosystème. Ce modèle, pierre angulaire de cette discipline, est la résultante d’interactions entre des populations entre elles et avec leur milieu. La conséquence en est des rapports trophiques, c’est-à-dire que les uns fournissent les ressources aux autres et réciproquement. La taille d’une population dépend donc des ressources auxquelles elle accède. Exemple : les lions mangent des zèbres qui mangent de l’herbe. S’il n’y a pas beaucoup d’herbe, il n’y a pas beaucoup de zèbres et donc pas beaucoup de lions. C’est très schématique. De ces interactions découlent la croissance ou la décroissance de la population concernée. Ces changements sont modélisés par les équations de Lotka-Volterra. Appelées aussi « modèles proie-prédateur », ces équations sont couramment utilisées pour décrire la dynamique de systèmes biologiques dans lesquels des populations interagissent.

La nature d’un écosystème quel qu’il soit est donc largement définie par les rapports entre des populations interagissant entre elles. Cette approche transposée à l’analyse des écosystèmes artificiels que sont par nature les sociétés humaines, surtout à nos latitudes septentrionales, permet d’identifier la ou les populations, ou la ou les classes de population, déterminantes comme facteurs structurants de l’écosystème. C’est un des préalables à toute tentative d’estimer leurs évolutions. Deux phénomènes paraissent incontournables si on étudie sur une période longue la société organisée sur le territoire français : la vague baby-boom d’une part, la vague migratoire extra-européenne d’autre part.

Cette vague baby-boom aura pesé comme aucune autre jusqu’alors sur les structures de notre pays, en tant que juvéniles, adolescents, jeunes gens, puis adultes. Ils n’ont pas fait beaucoup d’enfants.

Le baby-boom

La vague baby-boom commence au milieu des années 1940 pour se terminer au début des années 1960. Les chiffres sont connus, il n’est pas nécessaire de revenir dessus. Relevons simplement que ce baby-boom a concerné essentiellement une population européenne, donc de race blanche, et que cette croissance a suscité d’énormes inquiétudes, peut-être à l’origine de l’atonie démographique qu’elle a assumée. Né à la fin de cette vague, je me rappelle très bien que nos manuels de géographie au collège envisageaient 100 millions d’habitants à l’horizon 2000. Nous en sommes loin. Si croissance il y a eu, elle n’est pas due à la population de souche mais aux apports migratoires extra-européens, surtout africains, et à leurs développements sur le territoire de la France européenne.

En étudiant plus finement la croissance de la population de souche, il appert que cette vague baby-boom est venue compenser les déficits démographiques de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe. S’il y a eu croissance de la population aborigène ensuite, cela est dû à l’augmentation de la durée de la vie, conséquence de la surartificialisation de notre écosystème. Cette surartificialisation a permis à des gens âgés ou malades de vivre alors qu’ils auraient été condamnés dans un contexte moins artificialisé, donc plus naturel. Il est à peu près évident que le nombre de reproducteurs de souche, c’est-à-dire les adultes en âge de se reproduire naturellement et d’élever leur progéniture jusqu’au stade de reproducteurs, est, aux variations près, à peu près stable depuis la moitié du XIXe siècle.

Mais au sein de cette population – c’est-à-dire au regard de l’écologie, un ensemble d’individus semblables –, cette vague baby-boom est surreprésentée dans les composantes de la population… de souche. Nous parlerons plus loin de l’immigration extra-européenne, mais avant cela il est nécessaire de saisir le rôle que cette génération a eu dans la structuration de notre écosystème France. Son poids démographique a été en effet décisif pour conduire les mutations que les uns déplorent et que les autres louent.

De 1945 à aujourd’hui

En 1945, le territoire français vient de subir deux événements fondamentaux. Le premier est la débâcle de 1940 ; le second est la submersion US de 1944. Une conséquence majeure est que la classe dirigeante française issue des rapports de force endogènes est éliminée dans l’après-guerre. Exécutions, condamnations, ostracisations caractérisent cette Epuration conduite sous l’œil des autorités US. Mais cela pose un problème : excepté quelques figures entrées au Panthéon de l’histoire de la République, notre pays n’a plus les cadres pour le diriger.

Fort opportunément, les Etats-Unis et leurs affidés locaux vont engager un processus de promotion méritocratique dans les couches les plus modestes de la population indigène ou installée récemment. C’est l’époque du « J’suis parti de rien, regardez c’que j’suis devenu… » moqué dans un sketch aux mille lectures associant Guy Bedos et Michel Sardou (*). Ce processus s’amplifiera avec l’arrivée dans ce mouvement de la génération baby-boom qui opportunément adhérera sans retenue à l’américanisation de la société française. Simultanément, un travail de sape méthodique détruit les reliquats de la société française traditionnelle ayant survécu aux secousses d’après-guerre.

Du baby-boom au papy-boom

Les membres de cette génération nés à partir de 1945 ont aujourd’hui environ 70 ans. Dans nos sociétés hyper-médicalisées, c’est l’âge auquel les soucis sérieux commencent à handicaper les individus jusqu’alors en bonne santé. Pour un homme, il restera en moyenne 12 ans à vivre et pour une femme 17 ans. Mais les effets de l’âge obligent à lever le pied, la vigueur d’antan n’est alors plus qu’un souvenir. Pour la génération baby-boom née au début des années 1960, cela signifie qu’à partir de 2030, nous n’aurons plus l’énergie pour structurer la société française que notre poids démographique a permis car nous serons alors dans la tranche des 70 ans. Le papy-boom sera alors la conséquence de ce baby-boom ayant fait la société française depuis 1945.

En effet, cette vague démographique est à l’origine de toutes les mutations que notre territoire a connues depuis la fin de la guerre. A cette époque leur arrivée a obligé à concentrer beaucoup ressources sur eux : allocations familiales, écoles, etc., puis, à l’âge pré-adulte, ils ont fourni d’importants contingents aux dirigeants de Mai-68 à l’origine de la société libérale-libertaire ayant sapé les fondements de la société française traditionnelle. Ce sont eux qui depuis portent alternativement aux affaires des gouvernements mondialistes sous étiquette UMP-PS. Ce sont eux qui, pour satisfaire leurs ambitions sociales, ont accepté l’immigration extra-européenne chargée d’occuper, entre autres, les espaces sociaux qu’ils ont désertés. Ce sont eux qui se sont construit des rentes à tous les niveaux. Ce sont eux qui n’ont pas eu d’enfants, préférant parler de sexe plutôt que de supporter pendant des années les réveils nocturnes pour cauchemar ou pipi au lit. Etc. Mais ils ont travaillé, beaucoup travaillé, permettant un développement économique sans précédent.

C’est cette génération qui aura véritablement fait l’histoire du territoire de 1945 à 2030 dont il faut maintenant envisager la fin, ouvrant l’espace à toutes les possibilités. Une des plus importantes à prendre en compte est le changement radical de la population vivant sur le sol de la Ve République. En effet, l’immigration extra-européenne a coïncidé avec cette vague démographique endogène. Ces immigrés sont majoritairement arrivés à partir des années 1970, époque où la génération baby-boom, elle, entrait dans la maturité.

Aujourd’hui, les immigrés – envisagés comme des personnes de souche extra-européenne –, qu’ils aient ou non la citoyenneté française, sont évalués à une quinzaine de millions en France européenne. Ce chiffre est peut-être plus bas ou plus haut. Il n’existe pas de statistique lisible sur ce thème. C’est une population majoritairement jeune, ayant profondément bouleversé la physionomie de la population française historique, à quasiment 100% européenne jusque dans les années 1970. On ne développera pas ici les raisons de cette présence, mais on admettra seulement qu’ils représentent environ de 20 à 25% de la population résidente actuelle. Les couches âgées étant majoritairement de souche, ce pourcentage ne peut que croître dans les années suivantes, même en bloquant les apports extérieurs. De nombreuses écoles de grandes métropoles n’ont plus de sujets de souche européenne dans leurs effectifs.

Pendant ce temps, la génération baby-boom arrive à son terme. Ceux nés à partir de 1945 commencent à mourir ou ne sont pas bien en forme ; ceux nés autour de 1960 n’ont plus qu’une quinzaine d’années devant eux. Après, l’effet structurant de cette génération va s’estomper brutalement, laissant aux forces sociales en émergence la possibilité de se déployer.

Quel avenir après 2030 ?

Autant il est envisageable d’estimer le moment des bifurcations écosystémiques majeures, autant il est quasiment impossible de savoir quelles formes elles prendront. L’Ecologie a bien quelques certitudes sur les principes de fonctionnement des écosystèmes, mais cette science est encore balbutiante et n’est pas reconnue par des institutions inféodées aux espérances de la Modernité mondialiste. Donc, on ne peut prétendre à la même rigueur scientifique que des disciplines installées antérieurement. Mais, selon l’adage : « La philosophie précède la science », rien n’empêche d’être imaginatif. Alors philosophons…

La pensée cardinale de l’Ecologie est que toute manifestation du vivant est la résultante d’interactions avec le Milieu ayant engendré les formes et comportements identifiés. Résultat de millénaires de sélection naturelle, nos patrimoines génétiques sont donc très conservateurs et nous portent à engendrer le semblable. C’est le principe de la reproduction. Ce réductionnisme génétique est une des conclusions majeures des travaux menés par les sociobiologistes. Donc les formes divergentes, si elles n’ont pas surmonté les filtres de la sélection naturelle, disparaîtront au même titre que celles incapables de s’adapter aux mutations écosystémiques. L’Ecologie nous enseigne aussi que toute population – rappel : ensemble d’individus semblables – favorise la survie de ses reproducteurs. Donc, si un non-reproducteur n’a aucune vocation à soutenir les reproducteurs, il disparaît. L’Ecologie thermodynamique garantit, en outre, que les écosystèmes les plus stables sont ceux les plus efficaces énergétiquement. Cela signifie que toute organisation énergivore sans contre-partie écosystémique avérée est condamnée à plus ou moins brève échéance. Une autre certitude de l’Ecologie est qu’une population donnée croît jusqu’à atteindre un état d’équilibre avec le territoire dans lequel elle s’insère et dont elle est issue. Les excédents sont rapidement lissés. Limitation des ressources, anomalies climatiques, prédation, conflits, épidémies, etc., contribuent à cet équilibre fluctuant.

Les humanistes postulent que l’Homme échappe aux lois de la nature et ils invoquent un réductionnisme naturaliste pour contester les vues des écologues. Ces derniers répondent que nous pouvons effectivement en retarder un temps la portée par une surartificialisation de nos pratiques sociales, mais que cela ne pourrait être durable. Pour illustrer cet antagonisme irréductible de la philosophie occidentale, imaginons le futur d’une pomme lancée en l’air… Elle retombe sur le sol. Tout le monde s’accorde là-dessus. Imaginons maintenant un humain lancé en l’air dans les mêmes conditions. Il retombera lui aussi sur le sol. Si cet humain est mis dans un aéronef, il pourra se maintenir en l’air, mais alors aux conditions déterminées par cet aéronef. Si ce dernier défaille, alors notre bonhomme retournera par terre avec toutes les conséquences imaginables. L’artificialisation de l’écosphère est le biais permettant de suspendre temporairement les manifestations de lois de la nature irrépressibles. Cependant, si cette artificialisation se révèle dangereuse, elle sera limitée. Une crise, quelle qu’elle soit, viendra rétablir les équilibres transgressés fragilisant l’avenir des populations concernées.

Pour éclairer ces quelques perspectives jetées en vrac, et tout en étant conscient que cela risque de déranger le lectorat de ces lignes, c’est ainsi qu’il faut se poser la question de l’islamisation potentielle des sociétés historiques d’Europe de l’Ouest. Si l’Islam porte en lui des réponses écosystémiques favorisant la perpétuation des populations de souche européenne confrontées aujourd’hui à des pratiques délétères, alors demain nous serons musulmans. Si nous trouvons en nous les forces pour surmonter les défis actuels, alors nous ne serons pas musulmans. Mais quoi ?

On a quinze années pour l’imaginer.

Frédéric Malaval (Polémia, 27 septembre 2014)

00:05 Publié dans Actualité, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prospective, futurologie, sociologie, perspectives | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 25 avril 2014

NASA-studie: Ondergang Westerse beschaving nauwelijks te vermijden

NASA-studie: Ondergang Westerse beschaving nauwelijks te vermijden

Groeiende ongelijkheid tussen rijke elite en arme massa breekt iedere samenleving op – ‘The Fourth Turning’: Instorting nog vóór 2025


De Westerse beschaving koerst op een bijna niet meer te vermijden ineenstorting af. Dat is althans de ontnuchterende conclusie van een onderzoek, dat mede door het Goddard Space Center van de NASA werd gefinancierd. Historisch gezien stortten hoog ontwikkelde beschavingen ineen omdat de ongelijkheid tussen rijk en arm uiteindelijk te groot werd. Wat dat betreft bevindt ook Nederland zich op een erg gevaarlijk pad: op 12 april schreef de Volkskrant dat rijkste 1% van ons land ondanks de crisis bijna een kwart van het totale vermogen in bezit heeft, meer dan ooit tevoren, en vergelijkbaar met de extreem ongelijke situatie in de VS (2).

Groeiende ongelijkheid belangrijkste oorzaak

Volgens de studie, onder leiding van de wiskundige Safa Motesharrei (National Socio-Environmental Synthesis Center) verricht door een groep sociale- en natuurwetenschappers, zal het Westen binnen enkele tientallen jaren ten onder gaan. Historisch gezien overkomt dit alle hoog ontwikkelde beschavingen. Zij doorlopen een vergelijkbare cyclus van opkomst, ontwikkeling, neergang en uiteindelijk instorting.

De wetenschappers vergeleken de ontwikkelingen in het Westen met die van de imperiums van de Romeinen, Han, Maurya, Gupta en Mesopotamiërs. Daaruit concludeerden ze dat in de afgelopen 5000 jaar iedere hoog ontwikkelde, complexe en creatieve beschaving zich niet permanent kan handhaven. Naast het overmatige gebruik van natuurlijke hulpbronnen blijkt de scheuring in de samenleving door de groeiende ongelijkheid tussen een rijke elite en de arme massa de belangrijkste oorzaak van iedere instorting te zijn.

Oneerlijke verdeling rijkdom cruciale fout

Iedere beschaving blijkt de cruciale fout te maken de toenemende rijkdom niet gelijkmatig over de samenleving te verdelen. Het overgrote deel van deze rijkdom komt steevast bij een zeer klein eliteclubje terecht, en dat terwijl die rijkdom juist door de armere massa wordt geproduceerd. Die ziet daar echter nauwelijks iets van terug, hooguit iets meer dan het absolute bestaansminimum.

In tegenstelling tot wat vaak wordt beweerd, kunnen technologische ontwikkelingen dit proces niet omkeren. Efficiënter gebruik van grondstoffen leidt namelijk doorgaans tot een nog hoger verbruik, waardoor de toegenomen efficiëntie weer teniet wordt gedaan. Volgens de wetenschappers is dat precies wat er de afgelopen 200 jaar is gebeurd. De enorme technologische vooruitgang heeft niet kunnen voorkomen dat er almaar meer hulpbronnen worden verbruikt.

Hongersnood

Maar zelfs als een samenleving erin slaagt dit proces onder controle te krijgen, zal de elite teveel blijven consumeren. In het eerste scenario veroorzaakt dat uiteindelijk een hongersnood onder de gewone bevolking, en uiteindelijk de instorting van de beschaving. ‘Het is belangrijk te benadrukken dat deze Type-L instorting niet het gevolg van een milieu-instorting is, maar van een door ongelijkheid veroorzaakte hongersnood, waar arbeidskrachten in mee worden gesleurd.’

In het tweede scenario wordt er niets gedaan aan de uitbuiting van grondstoffen, waardoor ‘de ondergang van de massa sneller verloopt, terwijl het de elite eerst nog goed gaat. Aan het eind komt het tot een totale instorting van de massa, gevolgd door de elite.’ (1)

‘Instorting nog vóór 2025’

In het in 1997 gepubliceerde boek The Fourth Turning (Het Vierde Keerpunt) toonden auteurs William Strauss en Neil Howe aan de hand van 500 jaar Westerse geschiedenis aan dat de opkomst en ondergang van een beschaving volgens bepaalde wetten en patronen verloopt die niet vermeden blijken te kunnen worden. Deze historische wetmatigheden zullen ertoe leiden dat de Westerse beschaving, met name de Amerikaanse, nog voor het jaar 2025 totaal zal instorten, wat vrijwel zeker zal uitmonden in de Derde Wereldoorlog.

Anno 2014 gaat het economische en morele verval van onze beschaving echter al zo hard, dat dit fatale 'Zenith' moment mogelijk al in 2016 wordt bereikt. Volgens Strauss en Howe bevinden we ons sinds ongeveer 2005 in de laatste fase, het ‘Vierde Keerpunt’, waarin politici naar steeds wanhopigere middelen grijpen om de status quo te handhaven.

Deze laatste fase kenmerkt zich door het razendsnel aan de kant schuiven van decennia in stand gehouden wetten, regels en normen (bijv. de talloze gebroken verkiezingsbeloften en EU verdragen; omgekeerde discriminatie waarmee het belang en de opvattingen van minderheidsgroepen boven die van de meerderheid worden gesteld, etc.). De jongeren, verstikt door teveel bescherming en structuur, breken met de waarden van de ouderen en richten zich vooral op persoonlijk succes.

De algehele interesse voor spiritualiteit neemt verder af, mensen nemen steeds grotere risico's, en de greep van overheid, politie en veiligheidsdiensten op de samenleving wordt verstevigd. Uiteindelijk ontstaan er nieuwe, hevige oorlogen, uitmondend in een ‘totale (wereld)oorlog’. (zie verder dit artikel van 2 mei 2013).

 

Xander

(1) KOPP
(2) NU

Zie ook o.a.:

2013:
28-12: DHS-insider geeft laatste waarschuwing voor totale instorting
15-12: 14 experts: 2014 wordt ongekend financieel en economisch rampjaar
01-12: Wereld slaapwandelend naar een nieuwe Wereldoorlog
21-11: 'Valutaoorlog losgebarsten; Koopkracht burgers zal worden vernietigd' (/ '2012 zal bekend worden als het jaar dat Amerika stierf' - Financiële experts: Beurzen en Westerse systeem op rand van instorten)
23-10: Trends Institute: Wereldwijde totale instorting in 2014
01-09: Pentagon bereidt zich voor op 'grootschalige economische instorting'
26-05: Bank-insider: Wereldwijde financiële crash en tirannie aanstaande
02-05: Zenith 2016: Eindigt historische cyclus met een nieuwe wereldoorlog?
26-01: Scheidende voorzitter Eurogroep: 2013 = 1913, het jaar voor een wereldoorlog

samedi, 08 mars 2014

La fabrication de la Troisième Guerre mondiale

endwarhero8253197825604.jpg

La fabrication de la Troisième Guerre mondiale

par Adrian SALBUCHI

Adrian Salbuchi est un analyste politique, auteur, speaker et animateur de débats radiophoniques en Argentine. Il a publié plusieurs livres sur la géopolitique et l’économie en espagnol, et récemment publié son premier livre électronique en anglais, The Coming World Government : Tragedy & Hope ?, qui peut être commandé sur son site Internet : www.asalbuchi.com.ar, ou des détails peuvent être demandés par courriel à <arsalbuchi@gmail.com.>. Salbuchi a 58 ans, marié, avec quatre enfants adultes, et travaille comme consultant stratégique pour des sociétés argentines et internationales. Il est aussi fondateur du Projet de la Seconde République en Argentine, qui se développe internationalement (visitez : www.secondrepublicproject.com).

 

Dans le monde d’aujourd’hui, de plus en plus interdépendant et interactif, chaque action a une myriade de causes, de sens, d’objectifs et de réactions; beaucoup sont visibles, beaucoup invisibles. Certaines, ouvertement admises et déclarées; d’autres, personne n’oserai les confesser.

 

Lorsqu’on tente de comprendre les nombreux conflits complexes en cours dans le monde et le rythme vertigineux auquel ils apparaissent, il serait erroné de les approcher isolément. Seul un coup d’œil surplombant et « holistique » peut nous donner une image de notre situation et, plus important, de la direction où nous sommes entraînés.

 

La géopolitique du XXIe siècle ne peut pas être comprise en appliquant une mentalité de silo. La guerre civile en Syrie, le « printemps arabe » en Égypte, la destruction de la Libye et de l’Irak, la montée de la Chine, le Japon boiteux, la crise de l’Eurozone, le « bouclier antimissile » américain en Pologne, le programme nucléaire de l’Iran, le futur « printemps » en Amérique Latine… Avec une approche au hasard, l’image que nous obtenons est celle d’un chaos total. Avec une approche appliquant le bon modèle d’interprétation, nous commençons à voir comment les choses sont en relation, réagissent et évoluent en obéissant à des forces extrêmement puissantes et dynamiques – bien qu’invisibles pour la plupart – conduisant silencieusement le monde d’aujourd’hui.

 

Ne lisez pas – seulement – les journaux

 

Il est bon d’être informé; c’est néanmoins sans utilité si vous ne pouvez pas formater cette information en modèles intelligibles et appropriés. Une trop grande quantité d’information non-traitée aura un effet de saturation sur votre cerveau. C’est donc une bonne chose de s’éloigner des grands titres bruyants, des nouvelles sensationnelles, des rumeurs de terreur et des présentateurs-vedettes. C’est comme quand vous regardez un tableau impressionniste de Claude Monet : si vous vous tenez trop près, vous ne voyez qu’un dédale de petits points colorés, mais quand vous reculez de quelques pas alors la beauté de l’œuvre se déploie devant vos yeux.

 

Dans la saturation de l’information d’aujourd’hui, nous devons relier les points correctement en dépit de l’insistance des médias mondiaux à nous dire que nous les relions tous mal.

 

Aujourd’hui, la plupart d’entre nous ont compris que nous sommes « une planète en guerre »; pas en guerre avec quelque monde étranger (ce qui rendrait les choses plus faciles à comprendre !). Nous sommes plutôt une civilisation menant une guerre civile avec elle-même et contre elle-même.

 

En lisant la presse mondiale, vous pourriez penser qu’il s’agit d’une guerre entre nations souveraines, mais c’est plus compliqué que cela. Cette guerre mondiale est menée par une élite mondiale immensément puissante, illégitime, autoritaire mais numériquement infime, profondément incrustée dans les structures de pouvoir publiques et privées de presque toutes les nations de la Terre; notamment, des États-Unis d’Amérique.

 

Comme une tumeur maligne cancéreuse, nous ne pouvons pas l’enlever complètement; nous pouvons seulement espérer l’affaiblir et stopper sa croissance avant qu’elle ne développe des métastases, tuant le corps politique entier de l’humanité. Ce dont le monde a besoin aujourd’hui, c’est une sorte de subtile « chimiothérapie politique virtuelle » pour enlever et détruire cette tumeur maligne gouvernant le monde.

 

Une manifestation-clé de cette maladie sociale et politique se trouve dans les inégalités extrêmes qui existent aux États-Unis, où les 1 % les plus riches de la population possèdent 35 % de la richesse du pays, alors que les 90 % du fond doivent faire ce qu’ils peuvent avec seulement 25 % de la richesse nationale. Encore pire, l’écrasante majorité des membres du Congrès, des sénateurs, et des membres de l’exécutif se trouve dans la catégorie des « 1% les plus riches (1) ».

 

Comprendre les intentions cachées, les plans à long terme, les ambitions hégémoniques et les complots inavouables nécessaires pour les réaliser est particulièrement important pour les citoyens américains, britanniques, européens et australiens. Après tout, ce sont leurs dirigeants qui ordonnent formellement aux forces armées de leurs pays de saccager et de détruire des pays-cibles.

 

Quand les électeurs d’Argentine, de Colombie, du Nigéria ou de Malaisie choisissent les mauvais dirigeants, ils sont les seules victimes de leur mauvais jugement électoral. Mais quand les électeurs américains, britanniques ou français, dans leur sottise, mettent des gens inappropriés au pouvoir dans leurs pays, alors des centaines de millions de gens dans le monde souffrent de leurs bombes, drones, invasions, ingérences et changements de régimes.

 

Rapport de la « Montagne de fer »

 

Un vieux livre de la fin des années 60 appelé Report from Iron Mountain on the Possibility and Desirability of Peace (2) (Rapport de la Montagne de Fer sur la possibilité et la désidérabilité de la paix) fut, dit-on, rédigé par le think tank de futurologie, le Hudson Institute, à la demande du secrétaire étatsunien à la Défense de l’époque, Robert S. McNamara. Beaucoup disent que le livre est un faux. Mais il reflète étrangement les réalités du demi-siècle passé.

 

Le livre inclut l’affirmation qu’il fut rédigé par un « groupe d’étude spécial » de quinze hommes dont les identités devaient rester secrètes et qu’il n’était pas destiné à être rendu public. Il conclut que la guerre, ou un substitut crédible à la guerre, est nécessaire si les gouvernements veulent maintenir leur pouvoir.

 

Le Report from Iron Mountain déclare que « les guerres ne sont pas “ causées ” par des conflits d’intérêts internationaux. Une suite logique appropriée ferait qu’il serait souvent plus exact de dire que les sociétés guerrières ont besoin – et donc provoquent – de tels conflits. La capacité d’une nation à faire la guerre exprime le plus grand pouvoir social qu’elle peut exercer; l’activité guerrière, active ou envisagée, est une question de vie ou de mort sur la plus grande échelle soumise au contrôle social ».

 

Le rapport continue en expliquant que « la production d’armes de destruction massive a toujours été associée au “ gaspillage ” économique ». Iron Mountain souligne que la guerre est un instrument important, parce qu’elle crée une demande économique artificielle, une demande qui n’a pas d’issues politiques : « La guerre, et seulement la guerre, résout le problème de l’inventaire ».

 

Sans surprise, Iron Mountain conclut que la « paix mondiale » n’est ni désirable ni dans les meilleurs intérêts de la société, parce que la guerre non seulement sert des fonctions économiques importantes mais joue aussi des rôles sociaux et culturels clés.

 

« La possibilité permanente de la guerre est le fondement d’un gouvernement stable; elle fournit la base pour une acceptation générale de l’autorité politique… La guerre est virtuellement synonyme de nationalité. L’élimination de la guerre implique l’élimination inévitable de la souveraineté nationale et de l’État-nation traditionnel ». Ainsi, « la guerre a été le principal procédé évolutionnaire pour maintenir un équilibre satisfaisant entre la population humaine brute et les ressources disponibles pour sa survie. Elle est particulière à l’espèce humaine ». Donc, afin de garantir sa propre survie par son retranchement à l’intérieur des structures de pouvoir américaines, britanniques, européennes et autres, les « Maîtres du Pouvoir Mondial » (Global Power Masters) ont besoin de la guerre, de la menace et des rumeurs de la guerre, tout comme le poisson a besoin d’eau, les tigres de proies faciles, et les chiens d’arbres… et tous pour des raisons similaires !

 

Mais les États-Unis, la Grande-Bretagne et leurs alliés ne peuvent pas avoir simplement un quelconque ennemi. Ils ont besoin d’un ennemi crédible, dangereux, « effrayant » : d’abord ce fut l’Allemagne, puis le Japon, l’Union Soviétique, la « Menace Rouge » mondiale; aujourd’hui c’est le « Terrorisme fondamentaliste islamique » et, de plus de plus, la Chine et la Russie entrent dans la zone centrale de l’écran radar géopolitique des « Maîtres du Pouvoir Mondial ».

 

Le cas de la Russie

 

Dans l’époque récente, la Russie a diversement joué le rôle de « Tampon », de « Frein » et (maintenant, espérons-le) de « Mur » contre l’agression des puissances occidentales.

 

Quand la Russie agit comme un tampon, le monde se sent frustré ainsi que les cas de la Serbie, de l’Irak, de l’Afghanistan, du Pakistan, de la Libye et de la Palestine le montrent. Dans tous ces cas, la Russie prenait une posture d’adversaire, « affrontant » les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne et Israël, en mots mais certainement pas en actions. Les puissances occidentales obtinrent toujours ce qu’elles voulaient, même aux Nations Unies.

 

Dans les temps récents, cependant, la Russie agit de plus en plus comme un frein face aux ambitions hégémoniques occidentales, notamment en Syrie et en Iran. En novembre 2011 et en février 2012, la Russie mit son veto à deux Résolutions de l’O.N.U., proposées par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, contre la Syrie, et qui, si elles avaient été votées, auraient eu le même effet dévastateur sur la Syrie que la Résolution 1973 de l’O.N.U. eut l’année dernière sur la Libye. Aussi, la Russie a refusé de soutenir les pseudo-rapports de l’A.I.E.A. (Agence internationale de l’énergie atomique) et les sanctions contre l’Iran du fait de son programme nucléaire. De plus, la Russie a dépêché des forces militaires dissuasives crédibles pour contrer la militarisation du Golfe Arabo-Persique et de la Méditerranée par l’O.T.A.N.

 

Ici nous commençons à nous demander si un affrontement pourrait réellement éclater. Cela eut l’effet modérateur d’obliger les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et Israël à renoncer dans l’immédiat à leurs menaces de frappes unilatérales contre l’Iran et la Syrie. Le mauvais côté est que cela accule les États-Unis et leurs alliés à recourir à des tactiques secrètes et criminelles impliquant des insurrections et des guerres civiles fabriquées – c’est-à-dire le « Printemps arabe » (voir plus loin).

 

La question-clé est de savoir ce qui est nécessaire – quelle atrocité doivent commettre les puissances occidentales – pour que la Russie commence à agir comme un mur solide, disant aux puissances occidentales en termes non-voilés : « Nous ne vous laisserons pas aller plus loin; nous n’en tolérerons pas plus ! ». Si et quand la Russie fera finalement cela, les puissances occidentales reculeront-elles ou tenteront-elles de renverser le mur russe ? C’est la question-clé parce que c’est d’elle que dépend le déchaînement ou non de la Troisième Guerre mondiale dans un futur proche.

 

Plus important, concernant le processus de prise de décisions de l’Occident, tout ce que nous disons sur la Russie est aussi valable pour la Chine que les « Maîtres du Pouvoir Mondial » voient comme leur véritable ennemi à long terme, du fait de son énorme croissance économique, politique, démographique et militaire, et de son contrôle géopolitique croissant sur le bassin du Pacifique et l’Océan Indien.

 

Le cas de la Chine

 

En tant que grande puissances aériennes et navales, les États-Unis et le Royaume-Uni comprennent bien que la Chine a beaucoup plus d’options que la Russie pour contrôler les principaux océans, car la Russie est fondamentalement une puissance terrestre et enfermée par les glaces. Ajoutons à cela que la Chine détient plus de deux trillions de dollars en bons du Trésor étatsunien et un autre trillion en euros, et alors nous commençons à comprendre que la Chine détient la commande financière qui peut déclencher un effondrement soudain de l’hégémonie du dollar étatsunien.

 

Nous devons cesser de penser uniquement en termes économiques et financiers comme le font généralement les Occidentaux, qui en concluent que la Chine n’inonderait jamais les marchés internationaux avec un ou deux trillions en bons du Trésor étatsunien parce que cela détruirait leur valeur et, par un processus de boomerang, aurait un impact négatif sur la Chine elle-même dont les réserves s’évaporeraient.

 

Mais la Chine – l’Empire de Dix Mille Ans – a un processus de pensée différent. La Chine attend le bon moment lorsqu’elle joue aux échecs avec l’« Empire adolescent » américain. La Chine pourrait même décider de jouer une carte géopolitique – et non financière ou économique –, en sacrifiant toutes ses réserves en dollars simplement pour détraquer la cavalerie monétaire du Béhémoth yankee avec laquelle ce dernier finance sa gigantesque machine militaire. La Chine tirera-t-elle les premiers coups géopolitiques sur la scène financière mondiale ?

 

En 2010, Wikileaks a rapporté qu’en 2009 le Premier ministre australien d’alors Kevin Rudd a discuté avec la secrétaire d’État étatsunien Hillary Clinton de la meilleure manière de traiter avec la Chine, tous deux exprimant leurs craintes concernant son ascension rapide et sa réserve de milliards de dollars de dette étatsunienne, poussant Hillary à demander : « Comment traiter durement avec son banquier ? ». Tous deux conclurent que les puissances occidentales devaient tenter d’« intégrer la Chine dans la communauté internationale, tout en préparant aussi un déploiement de force si tout se passe mal ».

 

Le Pentagone sait très bien que son ennemi à long terme après 2020 est la Chine. D’après U.S. News & World Report, Aaron L. Friedberg – ancien proche conseiller de Dick Cheney, membre du P.N.A.C. (3) et du Council on Foreign Relations, et professeur à l’Université de Princeton – a déclaré que les États-Unis ne devraient épargner aucun effort pour « maintenir le dragon chinois dans sa tanière » parce que « la force dissuade l’agression », et averti que « cela coûtera de l’argent ». En gardant la Chine à l’esprit, on comprend mieux les actions des États-Unis dans d’autres lieux éloignés, en tant que tremplins directs ou indirects sur la route de la Chine.

 

Prenons le Moyen-Orient, par exemple, où le positionnement géopolitique étatsunien et leur contrôle des réserves pétrolifères sert aussi de tête de pont sur le Heartland de la Russie et peut servir à couper les sources de pétrole de la Chine – notamment à partir de l’Iran.

 

Wikileaks a aussi révélé que Kevin Rudd a dit à Hillary Clinton que la Chine était « paranoïaque concernant Taïwan et le Tibet », ajoutant que « l’Occident devrait promouvoir une communauté Asie-Pacifique afin d’émousser l’influence chinoise ». C’est encore un autre exemple du double discours et de la présentation tendancieuse des Occidentaux, parce que contrairement aux États-Unis et aux Européens, la Chine n’a pas d’ambitions hégémoniques mondiales.

 

La Chine cherche plutôt à rester la puissance dominante dans le bassin Asie-Pacifique, en repoussant l’intrusion, le colonialisme et l’ingérence traditionnels de l’Occident.

 

Le pire scénario de cauchemar de l’Occident – comme le nota Samuel Huntington dans sa théorie du « Choc des Civilisations » dans les années 1990 – est si la Chine atteint deux objectifs géopolitiques clés vers lesquels elle progresse lentement mais sûrement :

 

- établir des liens, une coopération et un accord plus étroits avec la Russie et l’Inde sur le continent asiatique, et

 

- négocier une coopération plus étroite et surmonter la défiance du passé avec le Japon. Si le Japon et la Chine s’accordent sur une stratégie géopolitique commune comme la France et l’Allemagne le firent après la Seconde Guerre mondiale (conduisant à l’Union européenne), alors toute la puissance de la région Asie-Pacifique avec les deux tiers de la population mondiale seraient intouchables pour l’Occident. Imaginez seulement le mariage de la technologie de pointe japonaise avec les ressources et la main d’œuvre chinoise !

 

Les cinq types de guerre

 

Quand Report From Iron Mountain fut rédigé dans les années 60, ses auteurs allèrent jusqu’à étudier si des substituts pouvaient être mis en œuvre à la place de la guerre, mais – hélas – ils conclurent que la guerre devait être maintenue, et même améliorée dans son efficacité. La guerre pourrait cependant prendre des formes inattendues et plus subtiles. Les recommandations du Report incluaient :

 

- un programme de recherche spatial géant dont le but était largement impossible à atteindre (un trou noir, dévoreur de budget et donc capable d’alimenter l’économie);

 

- inventer un nouvel ennemi, non-humain : la menace potentielle d’une civilisation extraterrestre;

 

- créer une nouvelle menace pour l’humanité : par exemple, la pollution;

 

- mettre en œuvre de nouvelles manières de limiter les naissances : en ajoutant des drogues à la nourriture ou aux fournitures d’eau;

 

- créer des ennemis alternatifs fictifs.

 

Près d’un demi-siècle plus tard, certaines de ces recommandations ont été réalisées (par exemple, 1 : un programme spatial militaire et civil), d’autres sont en cours de réalisation (3, 4, et, si la machine « Psy-Ops » d’Hollywood est une indication, la n° 2 est en préparation), mais la 5 est la vraie clé de voûte : « créer des ennemis alternatifs fictifs », que nous avons beaucoup vus récemment : l’Irak, l’Afghanistan, la Serbie, la Libye, le Venezuela, Cuba, la Corée du Nord, le terrorisme islamique, et maintenant l’Iran et la Syrie.

 

L’immense problème qui se dresse devant l’humanité est que les États-Unis ont de plus en plus recours à des méthodes de guerre secrètes, clandestines et technologiques, de préférence à des invasions ouvertes, car le Vietnam, l’Irak et l’Afghanistan ont fait vraiment mauvais effet dans les Informations du soir…

 

Ainsi, il y a fondamentalement cinq types de guerres utilisées par les « Maîtres du Pouvoir Mondial » à travers leurs instruments les États-Unis, le Royaume-Uni et l’O.T.A.N., chacun étant caractérisé par une complexité croissante de guerre psychologique (PsyWar) et stratégique-logistique :

 

— Invasion militaire : Clairement visible, très territoriale et utilisant une force militaire et une force économique écrasantes. Ainsi que le recommande la Doctrine Colin Powell des années 90, « les États-Unis ne devraient faire la guerre à des ennemis étrangers que lorsque la puissance militaire américaine est si écrasante que la victoire est garantie ». Une doctrine plus impitoyable peut-elle être imaginée par une grande puissance ? Des couards bombardant des gens à l’autre bout du monde, en utilisant une commande électronique et un écran à partir d’une installation sécurisée.

 

— Coup d’État militaire : Identifier les éléments dissidents et félons à l’intérieur des forces armées du pays-cible, les inciter à renverser les autorités légales locales et les soutenir avec des armes, de l’argent, une couverture médiatique mondiale et locale « positive » et un appui diplomatique. Une méthode favorite utilisée contre l’Amérique latine dans les années 50, 60 et 70, elle est encore utilisée ici et là, comme le montre le cas de l’Égypte.

 

— Coup financier : Consiste à d’abord acculer un pays dans le bourbier d’une « dette souveraine » impayable face aux puissantes méga-banques mondiales. Puis, quand le pays-cible ne peut pas rembourser cette dette, les banksters envoient les sangsues du F.M.I. et de la Banque Mondiale, soutenus par les médias mondiaux et les agences de notation. Ils provoquent des difficultés économiques et sociales, un effondrement financier et monétaire conduisant à un bouleversement social général, et donc « justifiant un changement de régime ». Dans toute l’Amérique Latine ils perfectionnèrent le « modèle de la dette souveraine » qui est maintenant utilisé contre la Grèce, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et – bientôt – le Royaume-Uni et les États-Unis.

 

— Coup social : Consiste à financer des activistes politiques pour provoquer un changement de régime contrôlé dans le pays-cible. Ici les ambassades des États-Unis, du Royaume-Uni ou d’Israël locales soutiennent toutes sortes de groupes dissidents en leur accordant un large financement et une large couverture médiatique, plus la logistique pour générer des troubles de rues constants, qui finissent par constituer quelque parti ou mouvement politique amical envers les États-Unis. Dans les années 80, ils utilisèrent les dénommés mouvements des « droits de l’homme » en Amérique latine, les « Mères de la Place de Mai » en Argentine étant un exemple-type (4).

 

— Guerre civile fabriquée : Consiste à financer, armer et soutenir des groupes d’« opposition » militarisés contre le gouvernement en place du pays-cible. Normalement, un conseil de « libération nationale » ou un « conseil » de ce genre est constitué, comme en Libye, en Égypte, en Syrie et ailleurs, autour duquel d’autres groupes militants, bandits et mafias peuvent évoluer. Ici, la C.I.A., le M.I.6 et le Mossad jouent un rôle-clé et, dans les cas de la Libye et de la Syrie, des ramifications de la C.I.A. comme Al-Qaïda jouent aussi un rôle fondamental de « combattant de la liberté ». Au Moyen-Orient, ils nommèrent cela le « Printemps arabe », le présentant à l’opinion publique mondiale comme un combat spontané, authentique et légitime pour la liberté, mené par la population locale contre des régimes soi-disant répressifs et autoritaires.

 

Ainsi, on tire parti de conflits locaux prêts à exploser : des régimes qui sont au pouvoir depuis trop longtemps (comme en Égypte et en Libye); des divisions religieuses (chiites contre sunnites). Ce n’est pas une surprise d’apprendre que Bassma Kodmani, « membre du bureau exécutif et directrice des affaires étrangères » au Conseil national syrien, assista à la Conférence du Bilderberg en juin dernier en Virginie, aux États-Unis (5).

 

Dernièrement, l’auteur de cet article a été informé de la montée d’un « Printemps d’Amérique Latine » qui tire parti des graves tensions sociales et politiques dans toute l’Amérique latine et reflétant l’immense fossé qui existe entre les très riches et les très pauvres. Normalement, les riches sont très alignés sur les États-Unis et les pauvres ont des dirigeants qui désignent naïvement « l’exploitation commerciale yankee » comme seule coupable, passant à côté de facteurs politiques et sociaux fondamentaux.

 

Des signes de ce futur « Printemps latino-américain » peuvent être vus dans le récent coup d’État orchestré par le groupe de Monsanto au Paraguay, la fraude électorale à l’odeur d’argent au Mexique, et la militarisation étatsunienne croissante en Colombie et ailleurs dans la région.

 

Souvent ces types de guerre commencent à un niveau plus faible – disons, un coup social – et sont ensuite transformées en insurrection et en guerre civile complète si cela convient aux objectifs des « Maîtres du Pouvoir Mondial ». La Libye, la Syrie et l’Égypte en sont des exemples.

 

Quoi, pourquoi, quand et où ?

 

Mais que signifie tout ceci exactement ? Fondamentalement, nous pouvons voir qu’un tel chaos orchestré par les « Maîtres du Pouvoir Mondial », bien que localement chaotique dans des pays et des régions spécifiques, conduit en réalité à un « nouvel ordre mondial » à une échelle mondiale.

 

La partie « chaos » est déployée pour détruire des pays entiers, spécialement ceux qui ont tenté de préserver leur souveraineté nationale d’une manière ou d’une autre. C’est une caractéristique-clé partagée par tous les « États-voyous » attaqués – Libye, Irak, Serbie – avant d’être envahis. La même chose est valable pour des cibles actuelles comme la Syrie, l’Iran, Cuba, le Venezuela, la Corée du Nord et l’Équateur. Les États plus souverains peuvent être affaiblis, au plus grand profit des mondialistes qui, après tout, veulent fondamentalement nous entraîner tous vers un unique État mondial, ressemblant au communisme, sous leur contrôle total.

 

Tous ces « printemps » arabes (et latinos), invasions, zones d’interdiction de vol, sanctions; toute cette rhétorique contre les « États-voyous », sont des mesures de préparation du terrain destinés à positionner les puissances occidentales et leurs alliés en vue de l’assaut final contre l’Asie, ce qui signifie la guerre avec la Russie et la Chine.

 

Bien sûr, une telle guerre serait en grossière contradiction avec la Doctrine Powell. La Chine et la Russie sont très puissantes, donc le fait de les embêter comporte de gros risques. Si – que Dieu nous protège ! – on en arrive un jour à une guerre entre la Chine et la Russie d’une part et l’Occident d’autre part, entraînant d’autres puissances comme l’Inde, le Pakistan et le Brésil, cela n’arrivera probablement pas dans l’immédiat. Cependant, c’est ce qui se profile au-delà du seuil de 2020. Ses préliminaires sont en train de se jouer aujourd’hui dans divers points chauds.

 

Pourquoi tout cela est-il fait ? Peut-être que la sur extension impériale et le dollar énormément surévalué qui a sauvé les « Banquiers du Pouvoir Financier » (ne dites pas cela trop fort !) ont acculé les élites occidentales dans un coin irréversible et intenable.

 

C’est comme au jeu d’échecs : que faites-vous quand tous les coups possibles mènent à l’échec et mat ? Eh bien, fondamentalement, vous avez deux « options sur la table » : un – admettre la défaite, ou deux – renverser la table de jeu et… sortir votre revolver.

 

Adrian Salbuchi

 

Notes

 

1 : Voir Zbigniew Brzezinski, 14 octobre 2011, discours d’acceptation du Jury du Prix Tocqueville, attribué à Brzezinski par l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing. Sans surprise, tous deux appartiennent à la Commission Trilatérale Rockefeller/Rothschild, un organisme décisionnel clé « riche et puissant ».

 

2 : Originellement publié en 1967  et republié en 1996 par la Free Press (Simon & Schuster).

 

3 : P.N.A.C. – Project for a New American Century (Projet pour un Nouveau Siècle Américain); le think-tank néoconservateur de la fin des années 90, qui conçut et planifia les invasions de l’Afghanistan et de Irak, promouvant les intérêts stratégiques d’Israël au Moyen-Orient, qui servirent de plan de travail pour les politiques étatsuniennes d’après le 11 Septembre jusqu’à nos jours.

 

4 : Son dirigeant Hebe Bonafini est connu pour avoir détourné des millions de dollars.

 

5 : Voir le site officiel du groupe de Bilderberg : <www.bilderbergmeetings.org/participants2012.html>. La nationalité de Mme Kodmani est typiquement décrite comme « internationale ». Elle sert très bien ses maîtres internationaux.

 

• Cet article a paru dans le magazine New Dawn N° 134 de septembre – octobre 2012 et mis en ligne sur Vox N.-R., le 7 février 2014.

 


 

Article printed from Europe Maxima: http://www.europemaxima.com

 

URL to article: http://www.europemaxima.com/?p=3628

mercredi, 27 novembre 2013

Où va le monde ?

627453BCFB95466189E38FA9ADCE641E.jpg

Où va le monde ? Et pourquoi le pire n’est pas encore sûr !

par Pierre LE VIGAN

 

L’une des responsabilités du politique, sinon la première, c’est de ne pas compromettre l’avenir. Cela implique de prendre en compte les risques de catastrophe sociale, écologique et autre. Quatre auteurs répondent ici à ces questions avec des préoccupations proches mais des sensibilités intellectuelles différentes.

 

Pour Yves Cochet, dont les idées sont parfois très discutables mais ont le mérite d’exister, par ailleurs le seul politique des quatre auteurs, le culte du retour de la croissance va se fracasser contre le mur du réel. La croissance élevée ne reviendra plus : l’énergie abondante et pas chère c’est fini. De là l’idée que les objecteurs de croissance doivent continuer d’autant plus à développer un autre imaginaire que la croissance, cette religion du toujours plus. Quel imaginaire ? Celui d’une société de sobriété, de partage, de nouvelles autonomies collectives.

 

Dès maintenant un grand accident écologique est possible : ce que l’on pourrait nommer un supplément du destin ou une accélération du destin. Loin de tout délectation morbide, il faut penser la catastrophe possible pour pouvoir peut-être l’éviter : c’est le « catastrophisme éclairé » pour lequel plaide Jean-Pierre Dupuy. Se saisir du temps du projet pour agir avant qu’il ne soit trop tard.

 

Mais il faut agir sur plusieurs fronts car l’écologie et l’économie font système. Explications. La folie de la finance a mis en péril l’économie réelle, celle qui, avec les P.M.E., crée la richesse réelle et l’emploi. En d’autres termes, la production est attaquée et souvent liquidée par l’économie casino. Ensuit, c’est la société elle-même, avec les États menacés de faillite, qui souffre de la crise de l’économie réelle. En bout de chaîne, c’est la planète dont les ressources et les équilibres sont  détruits par la logique du turbocapitalisme. Une « sortie » de crise possible se profile. Elle n’est pas rose. C’est le replâtrage autoritaire du système, au profit d’une minorité de très riches. Mais ce n’est pas une fatalité. À l’encontre de ce risque de dérive oligarchique et autoritaire, l’objectif rassembleur pourrait être, selon Susan George, de reconstruire une société humaine à partir de l’idée que la terre n’est pas un bien inépuisable. « On ne peut jamais gagner une guerre contre la nature » note Susan George. Nous sommes dans une planète de plus en plus remplie, et avec des terres cultivables qui ne sont pas multipliables à l’infini. D’où la nécessité de faire de l’usage économe et respectueux de la planète notre loi suprême.

 

Une planète rétrécie, mais quelles conséquences sur les humains ? Serge Latouche émet l’hypothèse d’une double tendance : d’un côté un mouvement vers l’uniformisation mondiale des usages technologiques – une humanité homogène –, de l’autre une tendance à la constitution, sur la base de la séparation politique, voire de l’apartheid, d’entités collectives de plus en plus réduites, de plus en plus identifiées par des références prémodernes (l’ethnie, la religion, etc). Des micro-États ou de grandes « tribus ». Exemples : les petits pays issus de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, l’Ossétie du Sud, le Sud-Soudan, le Somaliland… Homogénéité du monde ou éclatement ? C’est cette dernière tendance qui est dominante selon Serge Latouche. Mais la fragmentation des États-nations n’est-elle pas le moyen pour les grandes puissances de conforter leurs positions ? D’être plus fort face à des petits encore plus petits et plus isolés ? C’est plus que probable, ce qui n’enlève rien à la réalité d’aspirations à des liens plus locaux, par réaction sans doute aux effets de la mondialisation.

 

La deuxième remarque qu fait Serge Latouche concerne l’existence de deux phases dans la crise. Une première phase, de 2007 à 2008, avec la crise des subprimes puis la faillite de Lehman Brothers, a été marquée par l’affichage de velléités de régulation du système financier par les États. « Le marché qui a toujours raison, c’est fini », s’exclamait Sarkozy en septembre 2008. Mais concrètement la seconde phase de la crise n’a pas vu la mise en place d’une régulation nouvelle mais a été marquée par la prise en charge des dettes privées, celles des banques, par les États et donc par les citoyens, avec comme conséquence une transmission des risques de faillite aux États. Premières victimes : les systèmes de protection sociale et les services publics. Et conséquence logique : une politique d’austérité visant à faire payer le coût de la dette aux classes populaires et aux classes moyennes. Le sauvetage des banques a ainsi coûté environ le tiers du P.I.B. mondial, indique Latouche. L’estimation est peut-être surévaluée mais les sommes sont en tout cas de 20 % de la richesse nationale pour le Royaume-Uni, et de 7 % pour la France. Elles sont donc considérables.

 

Surtout, la finance continue de représenter des montants de dix à quinze fois supérieurs à l’économie réelle. La déconnexion entre les deux sphères ne pourra être maintenue longtemps. Seul le crédit en flux continu et le mythe d’une croissance perpétuelle l’a rendu possible pendant un temps, et à quel prix ! Mais le modèle de la guerre de tous contre tous a sapé les fondements mêmes de la société.

 

La mondialisation n‘a pas été autre chose, explique Latouche, que « l’omnimarchandisation du monde ». Quand ce cycle est accompli, il amène les hommes à réinventer les vertus de l’autonomie locale, de la débrouille, des petits marchés locaux. Une alternative au grand marché mondial ? « À moins de remettre en cause la société de croissance, on n’échappera pas au chaos. C’est effectivement : décroissance ou barbarie », conclut Serge Latouche.

 

Pierre Le Vigan

 

• Yves Cochet, Jean-Pierre Dupuy, Susan George, Serge Latouche, Où va le monde ? 2012 – 2022 : une décennie au devant des catastrophes, Mille et une nuits, 78 p., 3,50 €.

 


 

Article printed from Europe Maxima: http://www.europemaxima.com

 

URL to article: http://www.europemaxima.com/?p=3411

 

mercredi, 09 janvier 2013

Les services américains prédisent l'enfer pour 2030

 
 

Les services américains prédisent l'enfer pour 2030

Ex: http://fortune.fdesouche.com/

Surpopulation, guerre de l’eau, manque de nourriture et épuisement des ressources de la planète, un rapport du National Intelligence Council dresse un constat qui fait froid dans le dos pour les années à venir.

A quoi ressemblera la Terre en 2030? Combien serons-nous? Y aura-t-il assez à manger pour tout le monde? Où devrons-nous vivre? Autant de questions qui peuvent être des facteurs d’instabilité dans le monde et auxquelles le National Intelligence Council (NIC) américain vient de répondre dans le rapport Global Trends 2030 publié récemment.

Crucial

La question de la démographie est cruciale pour l’avenir de la planète. Et la Terre devrait accueillir 8,3 milliards d’habitants en 2030, rappelle l’étude rapportée par Le Monde, contre 7,1 aujourd’hui. Mais surtout contre 2,5 milliards en 1950.

Autant de chiffres qui ont des conséquences pour l’état de santé de la Terre. Des conséquences d’abord alimentaires. Car la demande en nourriture devrait augmenter de 35% d’ici 2030. Or, les rendements agricoles, même s’ils continuent de s’améliorer, n’arriveront pas à répondre à la demande et nous vivons déjà sur les réserves selon le rapport du NIC, le bras analytique et prospectif des services de renseignement américains.

On consomme plus que l’on produit

«Au cours de sept des huit dernières années, le monde a consommé plus de nourriture qu’il n’en a produit. Une grande étude internationale estime qu’en 2030, les besoins annuels en eau atteindront 6900 milliards de mètres cubes, soit 40% de plus que les ressources durables actuelles», note l’étude. Pire encore : le rapport souligne que presque la moitié de la population mondiale vivra dans des régions touchées par la sécheresse, provoquant ainsi de gros risques de guerre pour l’eau. Mad Max n’est décidément pas loin…

En outre, les pays émergents sont en train de changer leur régime alimentaire et consomment de plus en plus de viande. Or, la production de viande exige beaucoup d’eau et de céréales également avides de liquides.

Le rapport souligne aussi que 60% de la population mondiale vivra en ville en 2030. Là aussi, les conséquences seront graves pour l’environnement. Car l’urbanisation croissante «a conduit à des réductions drastiques des forêts, des changements négatifs dans le contenu nutritif et la composition microbienne des sols, des altérations dans la diversité des plantes et animaux supérieurs ainsi que des changements dans la disponibilité et la qualité de l’eau douce».

Bref, l’avenir ne s’annonce pas franchement rose en terme de sécurité alimentaire. Reste à savoir comment les Américains, qui ont refusé de s’engager récemment sur la limitation des gaz à effet de serre lors des négociations de Doha, vont empoigner le problème décrit minutieusement cette fois pour leurs propres services de sécurité.

Le Matin.ch

dimanche, 22 janvier 2012

EuroBRICS. Un basculement dans l'équilibre du monde

EuroBRICS. Un basculement dans l'équilibre du monde

Ex: http://www.europesolidaire.eu/

Un certain nombre d'experts, dont le politologue franco-européen Franck Biancheri 1), prévoient pour les prochaines décennies d'importants changements dans l'ordre du monde. Il ne s'agit pas d'annoncer des évènements encore inattendus, mais de mettre en perspective un certain nombre de changements en profondeurs (dits aussi systémiques) que la plupart des observateurs constatent mais dont ils ne tirent pas encore de conclusions significatives.

Ces changements vont du plus attendu au plus inattendu. Parmi les premiers se situe la montée en puissance d'un bloc asiatique comprenant évidemment la Chine mais aussi les autres puissances  régionales, Corée du Sud et Japon en premier lieu. Même si un accord politique parfait ne règne pas encore entre elles, inévitablement, leurs compétitions et échanges croisées feront de l'Asie un des principal pôle de restructuration du monde de demain. Il y a tout lieu de penser que l'Inde en fera partie. Le phénomène ne surprendra personne, puisque désormais le concept de BRICS pour désigner ces pays fraichement émergés ou réémergés mais en pleine croissance s'est imposé dans le langage diplomatique. Le Brésil et la Russie en constituent des cas particuliers sur lesquels nous reviendrons. Mais leur spécificité ne justifie pas de leur attribuer un rôle à part. L'avenir n'est pas uniformément rose pour les Etats constituants le BRICS. Ils sont directement confrontés à une détérioration rapide de leur environnement, comme à une croissance encore excessive de leur population. Ceci limitera nécessairement leurs ambitions géopolitiques

Un changement peu attendu encore par les observateurs, malgré des signaux concordants, sera le déclin sinon l'effondrement de la puissance américaine. Il vaudrait mieux parler de la puissance atlantique pour y inclure la Grande Bretagne. Celle-ci ne semble pas en voie de se désolidariser de la puissance américaine et risquera donc de la suivre dans sa chute.  Cet effondrement sera militaire, politique (avec sans doute l'éclatement de l'Union sous la pression des Etats fédérés), culturel (avec un retour en force des intégrismes religieux évangéliques, et la fin corrélative du « rêve américain » proposé au reste du monde). Les Etats Unis conserveront longtemps une avance scientifique, technologique et industrielle considérable, mais celle-ci se fragilisera de l'intérieur par son incapacité à maitriser un développement anthropotechnique suicidaire 2) et le fait, contradictoire et rarement évoqué, que cette avance repose en partie sur des chercheurs d'origine asiatique qui pourront changer de camp d'une année à l'autre si l'opportunité leur en était offerte.

Mais selon les experts cités en introduction, le changement le plus inattendu  et qui de ce fait sera le plus significatif sera l'apparition d'un véritable puissance européenne. Sous la pression de la crise et des contraintes globales, les Européens abandonneront leurs conflits internes, dépasseront leurs rivalités et s'uniront pour valoriser des atouts humains, géopolitiques et de connaissances dont ils sont les seuls à disposer. Le probable rassemblement dans les prochaines années autour d'un pôle franco-allemand social démocrate de toutes les forces de progrès européennes jouera un rôle essentiel dans l'émergence d'une véritable puissance géopolitique et civilisationnelle européenne.

Cette puissance sera attractive, reprenant à cet égard le rôle de la puissance américaine déchue. Elle sera dans un premier temps attractive pour la Russie et le Brésil, membres du BRICS auxquels nous venons de faire allusion. De par leurs liens divers avec l'Europe, ces pays se tourneront tout naturellement vers l'Europe rénovée tout autant que vers les pays asiatiques, afin de conclure des alliances stratégiques conjuguant leurs atouts divers.

Par ailleurs, du fait de leurs accointances avec les puissances asiatiques du BRICS, la Russie et le Brésil pourront avantageusement favoriser les rapprochements des stratégies asiatiques et européennes. Certes, les Européens ne pourront pas se permettre d'être naïfs, notamment à l'égard de la Chine. Mais ils ne devront pas faire de celle-ci comme tend à le faire l' Amérique un substitut de l'URSS dans une relance de la guerre froide qui serait bien utile à Washington mais désastreuse pour l'Europe.

Que conclure de cette présentation rapide? Si les changement évoqués ici se concrétisent, on verrait effectivement se préciser un nouvel ordre du monde autour d'un axe euroasiatique (euroBRICS) qui se substituerait à l'axe euroatlantique actuel. Il pourrait bénéficier des atouts respectifs et possiblement convergents dont disposent les vieilles civilisations de l'euroBRICS, notamment pour mieux contrôler qu'actuellement les différentes menaces économiques et environnementales qui mettent en danger la planète toute entière.


1)Voir notamment son ouvrage "Crise mondiale: En route vers le Monde d'après", Franck Biancheri, Editions Anticipolis . Nous présenterons prochainement ce livre.
* http://fr.wikipedia.org/wiki/Franck_Biancheri
* http://www.franck-biancheri.info/fr/accueil.htm
* Franck Biancheri anime le think-tank LEAB E2020 qui publie régulièrement la  lettre d'information confidentielle (sur souscription GEAB Global European Anticipation  Bulletin  http://www.leap2020.eu/GEAB-N-61-is-available-Global-Systemic-Crisis-2012-The-year-of-the-world-s-great-geopolitical-swing_a8770.html
2)Nous faisons par exemple allusion à la prolifération de l'usage des drones aux mains de mercenaires privés qui prive dorénavant l'US Air Force et le Département d'Etat de leurs capacités décisionnelles.

19/01/2012

mercredi, 18 janvier 2012

Selon le LEAP, « 2012 sera l'année de la colère des peuples »

Selon le LEAP, « 2012 sera l'année de la colère des peuples »

Image symbolique d'une réalité perçue par l'inconscient collectif ?

Ex: http://verslarevolution.hautetfort.com/

Souhaitons que Franck Biancheri et ses collaborateurs aient raison, dans leur communiqué de ce jour :

« (...) cette année verra notamment les dernières tentatives des puissances dominantes du monde-d'avant-la-crise de maintenir leur pouvoir global, que ce soit en matière stratégique, économique ou financière. Quand nous utilisons le terme "dernières", nous voulons souligner qu'après 2012 leur puissance sera trop affaiblie pour pouvoir encore prétendre maintenir cette situation privilégiée. La récente dégradation de la plupart des pays de l'Euroland par S&P est un exemple typique de ces tentatives de la dernière chance : poussés par Wall Street et la City, et du fait de leurs besoins insatiables de financement, les Etats-Unis et le Royaume-Uni en sont arrivés au point d'engager une guerre financière ouverte avec leurs derniers alliés, les Européens (le Royaume-Uni est comme un animal pris au piège de la dette. Et du fait du poids gigantesque de la dette du secteur financier britannique, il est condamné à tenter par tous les moyens d'obliger l'Euroland à payer les dettes de la Grèce, etc… La décote des dettes publiques occidentales est un bazooka pointé sur le cœur du Royaume, la City). C'est du suicide géopolitique car cette attitude oblige l'Euroland à se renforcer en s'intégrant toujours plus et en se dissociant des Etats-Unis et du Royaume-Uni ; tandis que l'immense majorité des dirigeants et des populations de la zone Euro ont enfin compris qu'il y avait bien une guerre transatlantique et transmanche conduite contre eux. (...)

Dans un autre registre, les tentatives de créer une "petite guerre froide" avec la Chine ou de tendre un piège à l'Iran sur la question de la libre-circulation dans le détroit d'Ormuz ressortent du même réflexe (la Russie a déjà fait son choix en développant son commerce avec l'Iran en roubles et rials, éliminant le dollar US des transactions entre les deux pays. Quant à l'Europe, elle gesticule sous pression US, mais in fine ne fera pas grand-chose en matière d'embargo car d'ici juin (nouvelle date pour prendre une décision), la carte politique aura bien changé). (....)

Le grand basculement de 2012, c'est aussi celui des peuples. Car 2012 sera aussi l'année de la colère des peuples. C'est l'année où ils vont entrer massivement sur la scène de la crise systémique globale. 2011 aura été un "tour de chauffe" où des pionniers auront testé méthodes et stratégies. En 2012, les peuples vont s'affirmer comme les forces à l'origine des basculements majeurs qui vont marquer cette année-charnière. Ils le feront de manière pro-active parce qu'ils créeront les conditions de changements politiques décisifs via des élections (comme ce sera le cas en France avec l'éviction de Nicolas Sarkozy - ce qui, au passage, remettra la France dans sa logique historique "gaullo-européenne" au lieu de l'ancrage occidentaliste qu'aura incarné la parenthèse Sarkozy) ou via des manifestations massives (Etats-Unis, Monde Arabe, Royaume-Uni, Russie). Et ils le feront aussi de manière plus passive en générant la crainte chez leurs dirigeants, obligeant ces derniers à une attitude "pré-emptive" pour éviter un choc politique majeur (comme ce sera le cas en Chine - où, selon le LEAP, le risque d'explosion populaire majeure se trouve à la croisée d'une situation économique tendue [ce sera le cas en 2012] et d'un accident majeur de santé publique ; beaucoup plus que dans un contexte de remise en cause directement politique ou dans plusieurs pays européens). Dans les deux cas, quoiqu'en pensent les élites des pays concernés, c'est un phénomène constructif car rien d'important ni de durable ne peut émerger de cette crise si les peuples ne s'impliquent pas (l'annonce par les Frères musulmans égyptiens qu'ils soumettront à référendum le traité de paix avec Israël appartient à cette même tendance). (...) Dans le même temps, on continue à voir les investisseurs fuir les bourses et les actifs financiers, notamment aux USA.

Le grand basculement de 2012, c'est encore l'effondrement accéléré du pouvoir des banques et institutions financières occidentales, une réalité que nous décrivons (...), contrairement au discours populiste actuel qui oublie que le ciel étoilé que nous contemplons est une image d'une réalité disparue depuis longtemps. La crise est une telle accélération de l'Histoire que beaucoup n'ont pas encore compris que le pouvoir des banques dont ils s'inquiètent est celui qu'elles avaient avant 2008. (...)

Et le grand basculement, c'est aussi l'arrivée à maturité des BRICS qui, après cinq années à se chercher et à prendre leurs marques, vont en 2012 commencer à peser fortement et pro-activement sur les décisions internationales (les dirigeants chinois par exemple semblent plus déterminés que jamais à suivre le chemin qu'ils estiment le meilleur - y compris pour la conquête spatiale, symbole par excellence du leadership -, rejetant les pressions extérieures). Or, ils constituent sans aucun doute possible l'un des acteurs essentiels pour l'émergence du monde d'après la crise ; et un acteur qui, au contraire des Etats-Unis et du Royaume-Uni, sait que son intérêt est d'aider l'Euroland à traverser cette crise.

Avec un Euroland stabilisé et doté d'une gouvernance solide, la fin 2012 se présentera donc comme une première opportunité de fonder les bases d'un monde dont les racines ne plongeront plus dans l'après Seconde Guerre Mondiale. Ironiquement, c'est probablement le sommet du G20 de Moscou en 2013, le premier à se tenir hors du camp occidental, qui concrétisera les promesses de la seconde moitié de 2012. (...) »

En ce qui concerne la France, comme je l'ai écrit hier, je suis loin d'être certain de la victoire de François Hollande le 06 mai prochain.

Il est vrai, toutefois, qu'à trois mois du premier tour, les sondages le placent largement en tête et il faudrait, pour renverser la tendance en faveur de Sarkozy (à supposer qu'il soit candidat), que celui-ci parvienne à rassurer les électeurs sur son compte, ce qui devient de plus en plus douteux dans un contexte très difficile pour lui aux plans économique (la crise, la perte du triple A, le nouveau train de mesures de rigueur qui sera dévoilé à la fin du mois...) et politique (le FN qui a cette fois un meilleur programme - la question sociale -, une meilleure stratégie et des électeurs déjà trompés une fois par l'hôte de l'Elysée ; Bayrou le consensuel qui risque de faire un bon score, comme le pense aussi JMLP).

En admettant, donc, que malgré sa médiocrité, son absence de programme et son manque total de charisme, Hollande triomphe en mai, il est plus que douteux qu'en matière d'immigration (laquelle a progressé de 78% sous Sarkozy par rapport à l'ère Jospin), d'économie (inutile, je pense, que je détaille la faillite de la politique sarkozienne), de social (il n'y a vraiment que Roselyne Bachelot pour contester le fiasco de Talonnettes 1er ; elle devrait aller visiter une de nos rares usine restantes, de temps en temps - ailleurs que dans le secteur pharmaceutique -, ou un hypermarché...) et de politique étrangère (plus atlantiste, attalien, kouchnerien et BHLien que le porteur de tee-shirt NYPD, tu meurs) ; il est plus que douteux, dis-je, que dans tous ces domaines, le Beignet puisse faire pire.

Comme, par ailleurs, les cordons de la bourse ne peuvent plus guère être déliés pour financer les lubies immigrationnistes, fonctionnaristes et assistanoïdes des petits-bourgeois intellectuellement fossilisés depuis mai 68 qui composent une bonne partie de l'électorat PS, ce dont Hollande a parfaitement conscience, et que les promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient, surtout dans une France dont la politique se fait à Bruxelles bien plus qu'à Paris, il serait même vain de voire dans une telle alternance (ou plutôt, pseudo-alternance) un réel événement.

Au plan européen, en revanche, le LEAP souligne l'européisme du candidat « socialiste », contraire à l'atlantisme sarkozien : « comme tout le monde le sait en France, François Hollande est au contraire un pro-Européen et pro-Euro farouche » (note 1).

Pour ce qui est de la politique étrangère, c'est cela qui est réellement important, dans la mesure où l'Europe a besoin que ses dirigeants croient en elle, même si leur action au sein de l'Union sous sa forme actuelle est globalement négative. L'avenir verra, je le pense vraiment, l'avènement d'une autre forme, plus respectueuse des peuples et des souverainetés, débarrassée de l'idéologie mortifère qui sévit encore parmi nos « élites » mais qui ne pourra résister encore bien longtemps au retour du réel, ni à la volonté populaire.

Par ailleurs, que le Président de la France soit « de droite » ou « de gauche » n'a aucune signification, ni aucune portée pratique. Ce qui compte, c'est le populisme révolutionnaire qui se dessine et dont les prémices commencent à suggérer discrètement à la partitocratie clientéliste des orientations lui permettant d'espérer se maintenir en place.

Or, le LEAP annonce, lui aussi, le réveil des peuples, dans un monde où, comme l'écrit Pascal Boniface, se propage « une onde de choc » et où le soi-disant « redressement » des Etats-Unis est « trompeur » selon Nouriel Roubini, économiste pourtant proche du pouvoir américain. Deux auteurs qui confirment donc les tendances dégagées par le LEAP, sans pour autant partager ses convictions, trop souvent montées en épingle par ses détracteurs pour critiquer ses prévisions.

Au plan mondial donc, la France, pays de références historiques, politiques et culturelles à de nombreux égards, ce qui est essentiel dans une situation d'effondrement, a un rôle important à jouer, indissociable de celui de l'Europe. Une Europe qui a autant besoin de notre pays que nous avons besoin d'elle, en tant que puissance dont, n'en doutons pas, avec l'Allemagne et la Russie, nous serons l'un des trois piliers et l'un des trois moteurs.

C'est dans ce sens que je lis le dernier communiqué du LEAP, car à mon avis, c'est dans ce sens qu'il doit être lu.

00:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, prévisions, futurologie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 03 octobre 2011

A Prophecy for the Future of Europe

A Prophecy for the Future of Europe

By John Morgan

Ex: http://www.counter-currents.com/

 

The 2009 French film A Prophet, directed by Jacques Audiard, is one of the best prison/crime films (it contains elements of both) I have seen in a long time. In its gritty realism, it is a throwback to the greatest prison films of bygone eras. I’m thinking of classics like A Man Escaped, Escape from Alcatraz, Papillon, or even the 1985 Runaway Train.

These disappeared after the Tarantino age was ushered in with Reservoir Dogs and Pulp Fiction, and after that, prison and crime films, with their slick, fast-paced cinematography, jumbled morality and glamorous characters, came to resemble long music videos more than dramas. (The 2004 British film Layer Cake is a prime example of this type of film.)

A Prophet, however, shows criminals and prison life as I imagine they are really like: dirty, ugly and unpleasant, inhabited by people who have to be both brutal and cunning just to survive from one day to the next. In this sense, the film is a great success, and that alone would make it worth viewing. Many other people have sung its praises as well, and it won the Grand Prize at the Cannes Film Festival in 2009.

There is another layer to A Prophet, however, and that is primarily what I would like to discuss here. It is also the story of the rise of a criminal mastermind from nothingness to absolute power, similar to the paradigm we’ve seen before in The Godfather films and Scarface. Mixed with this is a none-too-subtle parable about the position of immigrants in France, and, by extension, Europe, in both the present and the future.

Alarm bells should immediately ring when Wikipedia quotes a French interview with director Audiard about the film in which he said that he was “creating icons, images for people who don’t have images in movies, like the Arabs in France,” even though he added to this that it “has nothing to do with [his] vision of society.” I’m sorry, Monsieur Audiard, but I don’t believe that you simply wanted to make a movie about Parisian criminals.

My discussion requires that I give a quick summary of the film’s plot, so if you haven’t seen the film and don’t want to know the story before doing so, turn back now. The film begins as 19-year-old Arab Malik El Djebena is being thrown into a prison in Paris. The prison is run by two gangs of inmates: one consisting of the Muslims; and the other, which is much more successful and wealthy, run by Cesar Luciani, a Corsican crime boss who is still running his empire from inside the prison, along with his Corsican cohorts.

Malik, weak and defenseless, is at first easy prey, and he is attacked and robbed by fellow Muslims shortly after his arrival. Typically, the Corsicans will have nothing to do with the Arabs, but an Arab prisoner arrives who they know intends to testify against them. Not having any allies in the Muslim section of the prison, they recruit Malik by offering to give him protection in exchange for murdering the witness.

Malik carries out the assassination, and thereafter becomes a servant to the Corsicans, who protect him but treat him with contempt and hold him at a distance. At the same time, the other Muslims regard Malik as a traitor for working with them, and as a result he is kept safe but isolated.

This situation continues for some time until most of the Corsicans are freed, leaving Cesar with only a handful of followers. After this he is forced to rely to a much greater extent on Malik, but gives him occasional, brutal reminders not to think that he can live without Cesar’s continued protection. Still, Malik’s life begins to improve considerably, and he is able to have many goods brought to his cell from the outside, including White prostitutes. Eventually, because of his good behavior in the eyes of the prison authorities, he is allowed to begin taking day-long leaves out of the prison, and Cesar uses him as a messenger to negotiate deals with his own bosses in Paris, becoming even more indispensable to him.

Meanwhile, Malik finally befriends one of the Muslim prisoners, Ryad, who finishes his sentence and helps Malik, in spite of Cesar’s threats, to set up a hashish smuggling operation which begins to win Malik contacts among the Muslim inmates. We later learn that Ryad is dying of cancer, but he continues to help Malik to build his network in return for Malik’s promise that he will care for Ryad’s wife and family after he dies.

Malik continues to become more and more important to Cesar’s operations, and simultaneously begins to win the respect of the Muslim gang leaders both inside and outside the prison, as they recognize that Malik occupies a unique position, being the only person to straddle both sides of the underworld. Things come to a climax when Cesar, suspecting that his Italian boss is plotting against him, asks Malik to arrange for the Don’s assassination during one of his leaves outside the prison.

Malik agrees, and initially the Arabs and the Corsicans plan to carry out the attack together, but the two groups despise each other and cannot cooperate. On the day of the attack, Malik deserts the Corsicans, and he and Ryad successfully carry out the hit on their own. Knowing that the remaining Corsicans in the prison will now turn on each other, Malik deliberately returns from his leave late and is thrown into solitary confinement – for forty days and forty nights. By the time he emerges, all of the Corsicans apart from Cesar himself have either been killed or sent to other prisons.

In the last part of the film, Malik is returned to the prison population, and we see him come out into the yard, which has traditionally been split between the Corsicans and the Muslims, only now, Cesar sits by himself. Malik is welcomed by the Muslims as their new leader, and he takes his place at the center of their group.

Cesar signals for Malik to come and speak with him, but Malik ignores him. Getting desperate, Cesar finally attempts to cross over to the Muslim side, but some of them stop him and beat him up before he can reach Malik. Realizing he has lost, Cesar staggers back to his side of the yard.

Shortly thereafter, Malik completes his sentence, and on the day he is released, he is met by Ryad’s wife and children. As he walks home with them, we see several vehicles pull up behind them, discreetly keeping their distance, and we realize that it is Malik’s new security detail. The film ends, the transfer of power now complete.

The subtext of this story should be easy to read without much analysis. If we view the prison as a microcosm of Europe, Cesar and the Corsicans represent the White European establishment, while Malik and the other Muslims represent the disenfranchised immigrants. Malik suffers repeated humiliation at the hands of the Whites, and even does their dirty work, but he is really just biding his time. He slowly builds his power base, and after he gains their trust, he uses it against them, and manages to displace them in the prison that formerly belonged to them.

There is even a giveaway line in the middle of the film, when Cesar remarks to Malik that at one time the Whites were in the majority in the prison, but that they are rapidly becoming outnumbered by the Muslims. Indeed, if present trends continue, the story of A Prophet is very likely going to be the story of Europe in the twenty-first century. Muslim immigrants will tolerate the system as long as they have to, but as soon as they have the strength and are in a position to do so, they will surely shove their hosts aside and suck whatever remains of Europe dry, leaving the descendants of the original inhabitants of Europe to simply watch and mourn while it happens – those who don’t switch sides, that is.

As Greg Johnson has expressed it, the new masters of Islamic Europe will be like teenagers who steal a car: they’ll take it for a joy ride, drive it until it crashes, and then move on to the next car. Why? Because, fundamentally, it’s not theirs. Why should they be concerned with what happens to the culture of Homer, Goethe, and Baudelaire?

While it is very possible that this tale was born from the imaginations of ethnomasochistic French liberals, I don’t find much in this parable with which to disagree. Whatever their motivations, the filmmakers have caught the essential truth of what is happening in Europe today.

It is worth noting that one of the measures of Malik’s success is his screwing of White whores, and there is also a quick shot of a White woman embracing a Black man on a Paris street during one of Malik’s leaves. The ability of non-Whites to dominate White women through sex, thus robbing us of future progeny which we can call our own, is among the trophies of their success, as we’ve been seeing for a long time in our own country.

And, interestingly, it is not any of the Muslims who deliver the death blow to the White power base in the prison. Rather, the Whites do themselves in, rather as we have seen continuously among the European nations over the past century. Non-Whites will just need to step in once the Whites have finished killing themselves off.

Similarly, in the film, the process begins when Cesar admits an outsider to serve his own purposes, believing that he can keep him under control, just as the elites of the United States and Europe began to admit non-White immigrants in large numbers out of economic expediency and with little thought that the future might bring something altogether different from what they imagined. So, again, I challenge Audiard’s claim that his film has nothing to say about European society. Furthermore, this film could easily be remade in America with a Latino in the main role, and the message would remain the same.

One criticism the film has received from some quarters is in its treatment of Islam, and in particular the references to Malik as a prophet. I myself, given the film’s title, had assumed that eventually, Malik was going to undergo some sort of religious awakening, but it never happens. At no point in the film does he evince any interest whatsoever in his Muslim heritage.

We get occasional glimpses of more devout Muslim inmates in the background, and at one point Malik brings some of his hashish profits to a mosque (only because he didn’t think it was worth the risk to keep it himself, we learn). On another occasion, high on heroin, he sees another inmate spinning in the style of the whirling dervishes and chanting the names of Allah, and imitates him, working himself into ecstasy. But it never goes beyond this, and Malik’s actions could hardly be described as those of a good Muslim.

Still, the film draws a number of deliberate parallels between Malik and the lives of the Prophets of Islam. Malik, we learn, is illiterate, just as Muhammad was. Malik is kept in solitary confinement for forty days and nights, just as Moses and Jesus had fasted and prayed for the same length of time in isolation before being granted divine revelations. Muhammad also received many revelations through dreams, and Malik himself has a dream of deer running across a road. When he is in a car driving through a forest with a Muslim gang leader, he recognizes the area from his dream and warns the driver seconds before he hits a deer, henceforth becoming known as “a prophet.”

But if he’s not a religious leader, in what way is Malik a prophet? Is it really just a tasteless joke, as some critics have claimed?

I would say no, and the reasons for this have to do with my own views on Muslim immigration into Europe, and not Muslim immigration into the United States, I hasten to add, which I do not view as a threat of the same order. Many Rightists conflate Muslim immigration into Europe and America as if they are the same thing, but the fact is, they are not. The truth is that Muslims in the United States comprise less than 1% of the population, while Hispanics account for over 16%, and they are coming into the country at a much faster rate, both legally and illegally, than Muslim immigrants are. This is beside the fact that the majority of Muslims in Europe are poor and uneducated, while Muslims generally come to the United States to receive education and enter the middle class. The situations are simply not comparable. So, personally, I think those who believe that we have to protect ourselves from shariah law before it overtakes America, and who are trying to pass legislation to this effect, are wasting their time. The threat of immigration to America is real, but comes from different sources.

As a traditionalist, I respect Islam in its genuine forms, primarily Sufism, as a manifestation of the supreme, metaphysical truth. Unlike many of my political colleagues, my own problem with Muslim immigration has little to do with the religion itself, and I think A Prophet successfully illustrates my own thoughts on the matter.

There are some traditionalists, particularly followers of the teachings of René Guénon or Frithjof Schuon who have converted to Islam themselves, who view Muslim immigration into Europe as a positive thing, since they believe that Europe, having lost its own sacred traditions, will be resacralized by being reintegrated into a spiritual culture, regardless of the fact that it is a foreign tradition.

Even Ahmed Huber, the Swiss German banker who, rather like Malik, occupied a unique place where the worlds of Islamic fundamentalism and the European Right met, contended that, eventually, Muslim immigration into Europe would give rise to a unique form of “European Islam.” Muslim scholars, including the Scots convert Shaykh Abdalqadir as-Sufi and the Swiss Egyptian Tariq Ramadan, have likewise predicted the rise of such a thing.

On the surface, this might seem like a good idea, since it is undeniable that Europe is in desperate need of a return to spirituality. Unlike Guénon or Schuon, however, I believe that a religion has to be connected to one’s racial and cultural makeup, and the mere fact of a system of beliefs being associated with the Primordial Tradition is insufficient by itself. A “European” Islam would remain as inherently anti-European, no matter how many concessions it makes, as Christianity has always been, and surely its impact would be just as destructive as the last attempt to alter the spiritual foundations of our people was.

However, even this is not the main issue for me. The fact is, as we see in A Prophet, the culture of the majority of Muslims in Europe is not the high-minded Sufi Islam of Martin Lings or Seyyed Hossein Nasr (two prominent contemporary traditionalists). Mostly, it does not even rise to the purely exoteric, black-and-white level of political Islamism.

The culture of Muslims in Europe is a ghetto culture, a culture of the lowest form of materialism, which is the only thing that can emerge from generation after generation of poverty, ignorance, resentment, and petty violence, all the while being encouraged in this by their cheerleaders among the ethnomasochistic liberal elites. It is no more “Islamic” in the true sense than the culture of urban Blacks in America is reflective of African culture.

There will be no restoration of spirituality or traditional values, European or Muslim. What I imagine would emerge from their triumph would be something like the city of Detroit over the past half-century, in which the underclass came to power only to set about stripping down and selling off anything of value with no thought for the future, quickly reducing the entire area into a depressing wasteland that is beyond recovery, and bearing only the faintest traces of having once been something better.

This is the true prophecy that Malik offers us: a vision of the brutal rise of a criminal-minded underclass which is interested in nothing but its own survival and material enrichment, and one which will have little regard for the welfare of its former overlords. I do not blame immigrant populations for being this way. They come to the West to seek a better life, which is only natural, and it cannot be denied that their lives here have been rough and humiliating.

However, we cannot let understanding of their plight to any degree lessen our resolve to protect what is rightfully ours. As John Michell once wrote, every people is given a space in which to realize itself. Europe, at least for the time being, still has its space, and the Muslims have theirs (apart from Palestine). There should be no shame in asserting ourselves, even though many of us, under the influence of negative and culture-destroying ideologies, have come to feel shame about it.

Therefore it remains to be seen if Europe will actually resign itself to having reached the end of its natural life cycle, or if it still retains enough vitality to bring about a restoration of some sort. But the hour is getting late, and there is much to be done. And Malik and his cohorts are already dreaming of their prophecy with their eyes wide open.


Article printed from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com

URL to article: http://www.counter-currents.com/2011/09/a-prophecy-for-the-future-of-europe/

lundi, 29 août 2011

Quel "nationalisme" pour les années 90 et le XXIème siècle?

Quel «nationalisme» pour les

 

années 90 et le XXIème siècle ?

 

par Robert STEUCKERS

 

Archives de SYNERGIES EUROPEENNES - 1991

 

Dans nos régions, nous avons coutume d'opposer deux formes de nationalisme, le nationalisme de culture (ou nationalisme populaire : volksnationalisme) et le nationalisme d'État (staatsnationalisme). Le nationalisme culturel/populaire tient compte essentiellement de l'ethnicité, en tant que matrice historique de valeurs précises qui ne sont pas transposables dans un autre humus. Le nationalisme d'État met l'ethnicité ou les ethnicités d'un territoire au service d'une machine administrative, bureaucratique ou militaire. Pour cette idéologie, l'ethnicité n'est pas perçue comme une matrice de valeurs mais comme une sorte de carburant que l'on brûlera pour faire avancer la machine. L'État, dans la perspective du staatsnationalisme, n'est pas une instance qui dynamise les forces émanant de la Volkheit mais un moloch qui les consomme et les détruit.

Les nationalismes culturels/populaires partent d'une vision plurielle de l'histoire, du monde et de la politique. Chaque peuple émet des valeurs qui correspondent aux défis que lui lance l'espace sur lequel il vit. Dans les zones intermédiaires, des peuples en contact avec deux grandes aires culturelles combinent les valeurs des uns et des autres en des synthèses tantôt harmonieuses tantôt malheureuses. Les nationalismes d'État arasent généralement les valeurs produites localement, réduisant la diversité du territoire à une logique unique, autoritaire et stérile.

 

Valoriser l'histoire, relativiser les institutions

 

Par tradition historique, noua sommes, depuis l'émergence des nationalismes vers l'époque de la révolution française, du côté des nationalismes culturels contre les nationalismes d'État. Mais au-delà des étiquettes désignant les diverses formes de nationalisme, noua adhérons, plus fondamentalement, à des systèmes de valeurs qui privilégient la diversité plutôt qu'à des systèmes d'action qui tentent de la réduire à des modèles simples, homogénéisés et, de ce fait même, stérilisés. Toute approche plurielle des facteurs historiques et politiques implique une relativisation des institutions établies ; celles-ci ne sont pas d'emblée jugées éternelles et indépassables. Elles sont perçues comme exerçant une fonction précise et doivent disparaître dès que cette fonction n'a plus d'utilité. Les approches homogénéisantes imposent un cadre institutionnel que l'on veut intangible. La vitalité populaire, par définition plurielle dans ses manifestations, déborde tôt ou tard ce cadre rigide. Deux scénarios sont alors possibles : a) les mercenaires au service du cadre répriment la vitalité populaire par violence ou b) le peuple met à bas les institutions devenues obsolètes et chasse ou exile les tenants têtus du vieil ordre.

Qu'en est-il de cette opposition entre pluralité et homogénéisation à la veille du XXIème siècle ? Il me semble inopportun de continuer à répéter tel quel les mots d'ordre et les slogans nés lors de l'opposition, au début du XIXème siècle, entre «nationalismes de culture» (Verlooy, Jahn, Arndt, Conscience, Hoffmann von Fallersleben) et «nationalismes d'État» (jacobinisme, bonapartisme). Pour continuer à exprimer notre opposition de principe aux stratégies d'homogénéisation, qui ont été celles du jacobinisme et du bonapartisme, noua devons choisir, aujourd'hui, un vocabulaire moderne, dérivé des sciences récentes (biocybernétique, informatique, physique etc.). En effet, les «nationalismes d'État» ont pour caractéristique d'avoir été forgés sur le modèle des sciences physiques mécanicistes du XVIIIème siècle. Les «nationalismes culturels», eux, ont voulu suggérer un modèle d'organisation politique calqué sur les principes des sciences biologiques émergentes (J.W. Ritter, Carus, Oken, etc.). Malgré les progrès énormes de ces sciences de la vie dans le monde de tous les jours, certains États (Belgique, France, Italie, URSS, Yougoslavie, «démocraties socialistes», Algérie, etc.) fonctionnent toujours selon des critères mécanicistes et demeurent innervés par des valeurs mécanicistes homogénéisantes.

 

Les leçons d’Alvin Toffler

 

Le nationalisme, ou tout autre idéologie, qui voudrait mettre un terme à cette anomalie, devra nécessairement être de nature offensive, porté par la volonté de briser définitivement les pouvoirs anciens. Il ne doit pas vouloir les consolider ni remettre en selle des modèles passés de nationalisme statolâtrique. La lecture du dernier livre d'un écrivain américain célèbre, Alvin Toffler, nous apparaît utile pour comprendre les enjeux des décennies à venir, décennies où les mouvements (nationalistes ou non) hostiles aux établissements devront percer sur la scène politique. Entendons-nous bien, ces mouvements, dans la mesure où ils sont hostiles aux formes figées héritées de l'ère mécaniciste/révolutionnaire, sont authentiquement «démocratiques» et «populistes» ; nous savons depuis les thèses de Roberto Michels que le socialisme a basculé dans l'oligarchisation de ses cadres. Nous savons aussi que ce processus d'oligarchisation a affecté le pilier démocrate-chrétien, désormais connecté à la mafia en Italie et partout éloigné du terreau populaire. Si bien que les élus socialistes ou démocrates-chrétiens eux-mêmes se rendent compte que les décisions sont prises, dans leurs partis, en coulisse et non plus dans les assemblées générales (les tripotages de Martens au sein de son propre parti en sont une belle illustration).

Ce phénomène d'oligarchisation, de gigantisme et de pyramidalisation suscite l'apparition de structures pachydermiques et monolithiques, incapables de capter les flux d'informations nouvelles qui émanent de la réalité quotidienne, de la Volkheit en tant que fait de vie. Je crois, avec Alvin Toffler, que ce hiatus prend des proportions de plus en plus grandes depuis le milieu des années 80 : c'est le cas chez nous, où le CVP s'effrite parce qu'il ne répond plus aux besoins des citoyens actifs et innovateurs ; c'est le cas en France, où les partis dits de la «bande des quatre» s'avèrent incapables de résoudre les problèmes réels auxquels la population est confrontée. Toffler nous parle de la nécessité de provoquer un «transfert des pouvoirs». Ceux-ci, à l'instar de ce qui s'est effectivement produit dans les firmes gigantesques d'Outre-Atlantique, devront passer, «des monolithes aux mosaïques». Les entreprises géantes ont constaté que les stratégies de concentration aboutissaient à l'impasse ; il a fallu inverser la vapeur et se décomposer en un grand nombre de petites unités à comptabilité autonome, opérationnellement déconcentrées. Autonomie qui les conduira inévitablement à prendre un envol propre, adapté aux circonstances dans lesquelles elles évoluent réellement. Les mondes politiques, surtout ceux qui participent de la logique homogénéisante jacobine, restent en deçà de cette évolution inéluctable : en d'autres termes, ils sont dépassés et contournés par les énergies qui se déploient au départ des diverses Volkheiten concrètes. Phénomène observable en Italie du Nord, où les régions ont pris l'initiative de dépasser le monolithe étatique romain, et ont créé des réseaux alpin et adriatique de relations interrégionales qui se passent fort bien des immixtions de l'État central. La Vénétie peut régler avec la Slovénie ou la Croatie des problèmes relatifs à la région adriatique et, demain, régler, sans passer par Rome, des problèmes alpins avec la Bavière, le Tyrol autrichien, la Lombardie ou le canton des Grisons. Ces régions se dégagent dès lors de la logique monolithique stato-nationale pour adopter une logique en mosaïque (pour reprendre le vocabulaire de Toffler), outrepassant, par suite, les niveaux hiérarchiques établis qui bloquent, freinent et ralentissent les flux de communications. Niveaux hiérarchiques qui deviennent ipso facto redondants. Par rapport aux monolithes, les mosaïques de Toffler sont toujours provisoires, réorientables tous azimuts et hyper-flexibles.

 

La «Troisième Vague»

 

Caractère provisoire, réorientabilité et hyper-flexibilité sont des nécessités postulées par les révolutions technologiques de ces vingt dernières années. L'ordinateur et le fax abolissent bon nombre de distances et autonomisent d'importantes quantités de travailleurs du secteur tertiaire. Or les structures politiques restent en deçà de cette évolution, donc en discordance avec la société. Toffler parle d'une «Troisième Vague» post-moderne qui s'oppose à la fois au traditionalisme des mouvements conservateurs (parfois religieux) et au modernisme homogénéisant. Aujourd'hui, tout nationalisme ou tout autre mouvement visant l'innovation doit être le porte-voix de cette «Troisième Vague» qui réclame une révision totale des institutions politiques établies. Basée sur un savoir à facettes multiples et non plus sur l'argent ou la tradition, la «Troisième Vague» peut trouver à s'alimenter au nationalisme de culture, dans le sens où ce type-là de nationalisme découle d'une logique plurielle, d'une logique qui accepte la pluralité. Les nationalismes d'État, constructeurs de molochs monolithiques, sont résolument, dans l'optique de Toffler, des figures de la «Seconde Vague», de l'«Âge usinier», ère qui a fonctionné par monologique concentrante ; preuve : devant les crises actuelles (écologie, enseignement, organisation du secteur de santé, transports en commun, urbanisme, etc.), produites par des étranglements, des goulots, dus au gigantisme et à l'éléphantiasis des structures datant de l'«âge usinier», les hommes politiques, qui ne sont plus au diapason, réagissent au coup par coup, c'est-à-dire exactement selon les critères de leur monologique homogénéisante, incapable de tenir compte d'un trop grand nombre de paramètres. Les structures mises en place par les nationalismes d'État sont lourdes et inefficaces (songeons à la RTT ou la poste), alors que les structures en mosaïques, créées par les firmes qui se sont déconcentrées ou par les régions nord-italiennes dans la nouvelle synergie adriatique/alpine, sont légères et performantes. Tout nationalisme ou autre mouvement innovateur doit donc savoir s'adresser, dès aujourd’hui, à ceux qui veulent déconcentrer, accélérer les communications et contourner les monolithes désormais inutiles et inefficaces.

 

Les «lents» et les «rapides»

 

Toffler nous parle du clivage le plus important actuellement : celui qui distingue les «lents» des «rapides». L'avenir proche appartient évidemment à ceux qui sont rapides, ceux qui peuvent prendre des décisions vite et bien, qui peuvent livrer des marchandises dans les délais les plus brefs. Les pays du Tiers-Monde appartiennent évidemment à la catégorie des «lents». Mais bon nombre de structures su sein même de nos sociétés «industrielles avancées» y appartiennent également. Prenons quelques exemples : l'entêtement de plusieurs strates de l'establishment belge à vouloir commercer avec le Zaïre, pays hyper-lent parce qu'hyper-corrompu (tel maître, tel valet, serait-on tenté de dire...) relève de la pure aberration, d'autant plus qu'il n'y a guère de profits à en tirer ou, uniquement, si le contribuable finance partiellement les transactions ou les «aides annexes». Quand Geene a voulu infléchir vers l'Indonésie, pays plus rapide (dont la balancé commerciale est positive !), les flux d'aides belges au tiers-monde, on a hurlé au flamingantisme, sous prétexte que l'Insulinde avait été colonie néerlandaise. Pour toute perspective nationaliste, les investissements doivent, comme le souligne aussi Toffler, opérer un retour au pays ou, au moins, se relocaliser en Europe. Deuxième exemple : certains rapports de la Commission des Communautés européennes signalent l'effroyable lenteur des télécommunications en Belgique (poste, RTT, chemin de fer, transports en commun urbains, etc.) et concluent que Bruxelles n'est pas la ville adéquate pour devenir la capitale de l'Europe de 1992, en dépit de tout ce que Martens, les banques de l'établissement, la Cour, etc. ont mis en œuvre pour en faire accepter le principe. Hélas pour ces «lents», il y a de fortes chances pour que Bonn ou Strasbourg emportent le morceau !

 

Partitocratie et apartheid

 

Des démonstrations qui précédent, il est facile de déduire quelques mots d'ordre pour l'action des mouvements innovateurs :

- lutte contre toutes les formes d'oligarchisation issues de la partitocratie ; ces oligarchisations ou pilarisations (verzuiling) sont des stratégies de monolithisation et d'exclusion de tous ceux qui n'adhérent pas à la philosophie de l'un ou l'autre pilier (zuil). Sachons rappeler à Paula d'Hondt que ce ne sont pas tant les immigrés qui sont des exclus dans notre société, qui seraient victimes d'un «apartheid», mais qu'une quantité impressionnante de fils et de filles de notre peuple ont été ou sont «exclus» ou «mal intégrés» à cause des vices de fonctionnement de la machine étatique belge. Ne pas pouvoir être fonctionnaire si l'on n'est pas membre d'un parti, ou devoir sauter plus d'obstacles pour le devenir, n'est-ce pas de l'«apartheid» ? Conclusion : lutter contre l'apartheid de fait qu'est la pilarisation et rapatrier progressivement les immigrés, après les avoir formés à exercer une fonction utile à leur peuple et pour éviter précisément qu'ils soient, à la longue, victimes d'un réel apartheid, n'est-ce pas plus logique et plus humain que ce qui est pratiqué actuellement à grands renforts de propagande ?

- abattre vite toutes les structures qui ne correspondent plus au niveau actuel des technologies ; un nationalisme de culture, parce qu'il parie sur les énergies inépuisables du peuple, n'est forcément pas passéiste.

- s'inscrire, notamment avec la Lombardie et la Catalogne, dans les stratégies interrégionales en mosaïques ; tout en sachant que l'obstacle demeure la France, dont le conseil constitutionnel vient de décider que le peuple corse n'existait pas ! Ne dialoguer en France qu'avec les régionalistes et renforcer par tous les moyens possibles le dégagement des régions de la tutelle parisienne. Solidarité grande-néerlandaise avec la région Nord-Pas-de-Calais et grande-germanique avec l'Alsace. Pour la Wallonie, si d'aventure elle se dégage de la tutelle socialiste et maçonnique (pro-jacobine), solidarité prioritaire avec les cantons romans de la région Nord-Pas-de-Calais et avec la Lorraine, en tant que régions originairement impériales et romanes à la fois (la Wallonie traditionnelle, fidèle à sa vocation impériale, a un devoir de solidarité avec les régions romanes de l'ancien Reich, la Reichsromanentum, victime des génocides perpétrés par Louis XIV en Lorraine et en Franche-Comté, où 50% de la population a été purement et simplement massacrée ; les énergies de la Wallonie post-socialiste devront se porter le long d'un axe Namur/Arlon/Metz/Nancy/Genève). Appui inconditionnel aux régionalismes corse, breton, occitan et basque, si possible de concert avec les Irlandais, les Catalans, les Lombards et les Piémontais. Forcer les Länder allemands à plus d'audace dans les stratégies de ce type.

- diplomatie orientée vers les «rapides». Ne plus perdre son temps avec le Zaïre ou d'autres États corrompus et inefficaces. Les relations avec ce pays ne sont entretenues que pour défendre des intérêts dépassés, que l'on camoufle souvent derrière un moralisme inepte.

- combattre toutes les lenteurs intérieures, même si nous ne souhaitons pas que Bruxelles devienne la capitale de l'Europe. Si les institutions européennes déménagent ailleurs, les projets de Martens s'effondreront et son régime autoritaire, appuyé notamment sur la Cour et non sanctionné par la base de son propre parti, capotera. L'effondrement du CVP, comme son tassement annoncé, permettra l'envol d'un néo-nationalisme futuriste, tablant sur la longue mémoire et sur la vitesse. Car l'une n'exclut pas l'autre. Un peuple qui garde sa mémoire intacte, sait que l'histoire suit des méandres souvent imprévus et sait aussi quelles réponses ses ancêtres ont apportées aux défis insoupçonnés de l'heure. La mémoire garantit toujours une réponse modulée et rapide aux défis qui se présentent. L'ordinateur n'est-il pas précisément un instrument performant parce qu'il est doté d'une mémoire ? Donc, le nationalisme culturel/populaire, plurilogique, est un bon logiciel. Gardons-le et sachons l'améliorer.

 

Robert STEUCKERS

Source : Alvin Toffler, Les Nouveaux Pouvoirs : Savoir, richesse et

 

violence à la veille du XXlème siècle, Fayard, 1991, 658 p., 149 FF.

 

Ce texte de R. Steuckers a d'abord été publié en langue néerlandaise dans la revue «RevoIte» (été 1991). Il entrait dans le cadre d'un débat sur le nationalisme en Flandre.

lundi, 30 mai 2011

Point de situation

Point de situation

Ex: http://lepolemarque.blogspot.com/

Le professeur Bernard Wicht, dont les Éditions Le Polémarque ont publié dernièrement l’essai Une nouvelle Guerre de Trente Ans ?, intervient de manière régulière en séances théoriques dans le cadre des formations proposées par l’association NDS* pour le développement des techniques de défense citoyenne. Diffusés sous forme de fiches synthétiques et remaniés en permanence, ces cours feront dès la rentrée de septembre 2011 l’objet de la nouvelle collection « Paysages Stratégiques » des Éditions Le Polémarque. Son ambition, modeste dans ses moyens mais réelle en terme d’impact, sera d’apporter aux lecteurs soucieux d’affronter les transformations structurelles irréversibles à l’œuvre à l’intérieur de notre société (B. Wicht parle sans détour de « la fin de l’ancien monde », annoncée par « la fin de l’État moderne »), les armes conceptuelles nécessaires pour mieux comprendre notre époque, afin de mieux la surmonter**.
Le « point de situation » que nous reproduisons ci-dessous, avec l’aimable autorisation de NDS, résume l’orientation générale du projet.

L. Schang


* Neurone Défense Système (nds-ch.org). Pour joindre son alter ego français, l’ACDS (Académie du Couteau et de la Défense en Situation), voir le site acds-fr.org.


** Selon cette autre formulation empruntée à l’auteur de L’idée de milice et le modèle suisse dans la pensée de Machiavel (L’Âge d’Homme, 1995) : « Lorsque les sociétés refusent de voir l’ennemi, lorsqu’elles montrent des signes d’effondrement, alors on voit se dresser des individus particuliers qui n’acceptent pas cet état de fait et reprennent la lutte à leur compte, parvenant à éluder ce qui paraissait inéluctable et à reconstruire des solidarités et une cohésion de groupe. Agissant de la sorte, ces individus retrouvent l’essence du fait étatique, le compagnonnage et les liens personnels de fidélité. » « Rebelle, armée et bandit : le processus de restauration de la cité », in La culture du refus de l’ennemi, Modérantisme et religion au seuil du XXIe siècle, collectif, PULIM, 2007, pp 111-128.





Point de situation



1) C’est la fin de l’État moderne et des institutions qu’il a créés et qui le portent : armée, université, système éducatif national, etc.
2) C’est la fin de l’ère industrielle et des formes d’organisation hiérarchique et pyramidale dont elle a accouché : des grandes usines aux grandes banques (d’où une démassification et une sorte de « démodernisation »).
3) C’est l’avènement de la société de l’information : structures plus petites et « sans tête », l’idée compte plus que l’organisation et l’institution, les nouvelles élites sont déjà au travail (mais on ne les voit pas parce qu’on ne regarde pas au bon endroit : principe de celui qui cherche ses clefs sur le réverbère plutôt que là où il les a perdues).

Dans cette perspective, il faut considérer :

- que l’effondrement actuel du Maghreb et du Moyen-Orient va accélérer la fin de l’ancien monde et l’avènement du nouveau (avec tous les bouleversements que cela suppose, en particulier en Europe) ;
- que se battre sur des positions déjà submergées (telles que universités, grandes écoles, armée est un gaspillage de temps et d’énergie ;
- qu’il faut s’efforcer de travailler en fonction des nouveaux paradigmes : nouvelles formes d’organisation, nouvelles méthodes de travail (selon les principes : « créer la culture, donner des moyens, laisser faire le travail » ; « travailler dans la marge d’erreur du système (actuel) » ; « (dans le contexte actuel) le salut vient des marges ; « loi des petits nombres (en lieu et place de l’ère des masses) ».

À titre d’exemple, de petites structures (souvent peu formalisées) se montrent de plus en plus aptes à développer des idées fortes, précisément parce qu’elles agissent « en dehors » (non pas contre) du système et qu’elles ne sont pas liées à l’establishment. Ce sont leurs projets qui font se rencontrer des gens ne se connaissant pas mais qui pourtant se font immédiatement confiance. Elles agissent le plus souvent par capillarité, selon le principe de « l’inoculée conception », et ont un écho et un impact inversement proportionnels à leur taille et à leur moyens.

Aujourd’hui, c’est ce type de structures qui permet de faire avancer tant la réflexion que les pratiques et la production : on peut ainsi citer en vrac les blogs, les start-up, les petites coopératives, etc. − NDS et Le Polémarque notamment, s’inscrivent dans une telle dynamique.

Bernard Wicht