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jeudi, 09 septembre 2021

La société méfiante qui ne pense pas et ne croit pas

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La société méfiante qui ne pense pas et ne croit pas

par Marcello Veneziani 

Source : Marcello Veneziani & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/la-societa-diffidente-che-non-pensa-e-non-crede

Dans quelle "race" de société vivons-nous ? Je sais que la question est mal formulée car elle utilise le "mot interdit", mais il suffit d'un minimum d'intelligence pour en comprendre le sens. Quel malaise profond traduit la révolte contre la vaccination obligatoire et le "passeport vert", en dehors des raisons sanitaires qui la sous-tendent ? Nous vivons dans une société de peur, de méfiance et de ressentiment, et nous en portons tous les signes à des degrés divers. La peur et le terrorisme de la contagion ont également alimenté la peur inverse, celle du vaccin incognito, "expérimental".

La méfiance à l'égard des personnes à risque d'infection et de celles qui ne suivent pas les protocoles sanitaires a accru la méfiance spéculaire à l'égard des pouvoirs politiques, pharmaceutiques et sanitaires et de leurs adeptes. Et le ressentiment à l'égard de la "race maudite" des sceptiques et des rebelles aux prescriptions en matière de santé s'est transformé en une forme de ressentiment à l'égard des obligations, de leurs commissaires-priseurs et des agitateurs de drapeaux. C'est une spirale dont nous ne pouvons comprendre le sens si nous ne regardons que l'effet de la rébellion, sans nous interroger sur les motivations qui l'ont incubée et nourrie, jusqu'à ce qu'elle explose. La vérité est que les rebelles sont une minorité (et que les indisciplinés sont une minorité de la minorité), mais ils sont la partie émergée d'un iceberg beaucoup plus grand : parce qu'en plus des rebelles, il y a le public plus large des réticents, des sceptiques, des méfiants; même parmi ceux qui ont été vaccinés et ont un "laissez-passer vert".

Mais nous ne souhaitons pas revenir sur la question des vaccins et des passeports sanitaires ; nous voulons plutôt comprendre quel malaise pousse notre société à devenir la proie du ressentiment, de la méfiance, de la peur et de l'anxiété.

Ici, nous devons faire un saut supplémentaire pour entrer dans les profondeurs de l'agitation sociale et civile. Au-delà de la pandémie, nous sommes entrés depuis longtemps dans la société qui ne croit pas, qui ne pense pas, qui ne sait pas, qui n'aime pas sauf dans sa vie privée et qui a perdu la foi dans le monde, dans l'avenir et dans les classes dirigeantes.

Il fut un temps où l'on pensait qu'une fois les croyances dépassées, la société mature de la pensée autonome se développerait, remplaçant la foi par la raison, la certitude par la liberté, la dévotion par le sens critique. Au contraire, nous assistons ici à un résultat très différent: notre société qui ne croit pas est aussi une société qui ne pense pas, notre société qui n'a plus la foi, qu'elle soit religieuse ou politique, est plus exposée à la méfiance et à la défiance envers la raison et les guides.

Une fois que la dévotion populaire aux prétendues superstitions religieuses a disparu, le trou noir de l'ignorance s'est agrandi, tout comme le manque de volonté d'enquêter, de penser de manière critique et de porter des jugements indépendants. Les saints ont été remplacés par des gourous, après les prédicateurs sont venus les influenceurs, et une fois les institutions religieuses désertées, les gens s'en remettent aux superstitions de la toile mondiale. Ce qui s'est passé est un terrible mélange d'ignorance et de présomption: l'ignorance des sociétés dominées par la foi et l'autorité était au moins accompagnée d'humilité et de respect pour ceux qui savent, ont plus d'expérience et de culture. Aujourd'hui, cependant, tout le monde prétend juger de tout ; en raison d'un sens mal compris de la démocratie et de la souveraineté des citoyens, chacun se sent autorisé à juger les événements et les personnalités du fond de son ignorance. L'ignorance et l'arrogance se conjuguent pour claironner des jugements méprisants et des comportements conséquents au nom sacré de la liberté.

En bref, la perte de la foi, de la confiance dans l'autorité, s'est combinée avec la perte de la connaissance, avec le mépris de la culture, avec le rejet du savoir, ce qui est un chemin difficile, épineux, dans lequel se forment inévitablement des hiérarchies de compréhension. Une société ne peut vivre si elle ne croit en rien, si elle ne pense pas, si elle n'étudie pas, si elle ne respecte pas les différences, les rôles et les rangs de la connaissance.

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Un texte d'un philosophe à l'écart, Pietro Martinetti, mort en 1943, vient de sortir. Il s'intitule Il compito della filosofia nell'ora presente (= La tâche de la philosophie à l'époque actuelle) (éd. Comunità) et date d'il y a cent ans. Martinetti n'était ni catholique ni traditionaliste, il était plutôt proche du protestantisme. À l'époque du fascisme, il fut le seul philosophe universitaire à refuser de prêter serment d'allégeance au régime, en 1931, et à en subir les conséquences. La solitude de sa dissidence a magnifié sa figure et diminué celle de ses nombreux collègues devenus antifascistes à la chute du régime, mais qui étaient tous alignés à l'époque. Il est facile d'être antifasciste au beau milieu d'un régime antifasciste ; il fallait du courage, de l'amour de la vérité et de la dignité en tant que philosophe pour l'être lorsque le fascisme avait le pouvoir et le consensus.

Martinetti, bien que non croyant, écrit que pour le philosophe "la religion est la charnière de la vie" et que "la vie morale n'a de fin et de véritable consistance que dans la conscience religieuse". Il définit ensuite la société comme "un organisme spirituel dont le but et l'idéal sont l'unité harmonieuse de toutes les volontés dans une vie commune". Vous rendez-vous compte de l'abîme qui nous sépare aujourd'hui de sa vision? Bien sûr, le philosophe regarde ce qui devrait être, l'idéal, et perd de vue "la réalité effective", comme dit Machiavel. Mais le plus décourageant, c'est que les philosophes, les penseurs et les intellectuels eux-mêmes ont perdu l'idéal sans avoir gagné le réel; et s'ils font allusion à une quelconque dissidence, comme ce fut le cas sur la question du covid, ils sont raillés et censurés. Selon Martinetti, l'art, la philosophie et la religion sont les moyens de générer l'union sociale et spirituelle et de s'élever du fini à l'infini.

D'où la question, avec une amertume découragée: dans quelle "race" de société vivons-nous, qui a cessé de croire et de penser, qui est devenue inculte, rancunière et présomptueuse? Et si "la tâche de la philosophie à l'heure actuelle" était de repenser la société en tant qu'organisme spirituel et la philosophie en relation avec le sacré et le destin, sur un chemin qui entrelace croire et penser, connaître et aimer? Mission impossible, mais nécessaire.

lundi, 14 juin 2021

La guerre mondiale contre la nature

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La guerre mondiale contre la nature

par Marcello Veneziani

Source : Marcello Veneziani & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/la-guerra-mondiale-contro-la-natura

Nous avons célébré la Journée mondiale de l'environnement ; les institutions et les médias se sont pieusement pliés au thème, les journaux se sont même habillés en vert pour honorer la liturgie écologique. Mais pourquoi parle-t-on d'environnement au lieu de nature ? Parce que la nature est un nom ancien qui inclut avec la planète tous ses habitants, y compris nous les humains ; la nature est la réalité que nous n'avons pas créée mais que nous avons trouvée, qui ne dépend pas de nous. La nature évoque alors le droit naturel, les créatures telles qu'elles sont nées et peut-être un créateur ou du moins une reine, appelée Mère Nature. La nature, c'est la rencontre des différences originelles, la copulation et la procréation.

Dans l'ancien dialecte de mon pays, la nature est le nom du vagin. Je ne connais pas de définition plus belle, plus essentielle et plus cosmique de l'organe génital féminin. La nature comme lieu corporel où l'on naît, où une personne prendra forme, dans ce futur d'où viendra l'enfant à naître : si la nature est à l'origine, la nature est aussi ventura, naissance. Si je pense à la définition de la nature dans mon pays, je me souviens du célèbre tableau du vagin nu de Gustave Courbet, appelé non par hasard "L'origine du monde". La correspondance entre le microcosme du corps féminin et le macrocosme du monde naturel est parfaite.

La nature, c'est aussi l'alchimie de la fécondation, par la rencontre entre le mâle et la femelle. Au lieu de l'expression nature, nous préférons la définition aseptique, neutre, anonyme de l'"environnement", qui peut aussi faire allusion à quelque chose de construit, de modifié, peut aussi être un hangar, une caserne ou un laboratoire, peut-être avec les murs peints en vert. Il n'y a pas de distinction entre l'environnement naturel et l'environnement artificiel.

Mais la raison principale pour laquelle il existe un discours mondial et officiel dédié à la sauvegarde de l'environnement mais qu'il n'y a plus de compagnon pour sauver la nature, est idéologique, philosophique et techno-scientifique, et investit la conception de l'homme et de la vie. Si l'on parle de nature, on ne peut pas omettre la référence à la nature humaine, il faut en tenir compte, dès la naissance, comme l'enseigne l'ancienne sagesse populaire du lexique rural. On ne peut pas défendre la nature dans les plantes, dans l'air, dans l'eau, dans les animaux, dans le monde végétal et minéral et ne pas défendre la nature humaine. Au contraire, nous vivons aujourd'hui une guerre mondiale contre la nature, je dis bien la nature humaine. L'environnementalisme fanatique s'empresse de défendre l'intégrité génétique de la carotte contre la manipulation des OGM ; mais il accepte, voire encourage, la modification génétique de l'homme et sa manipulation radicale. L'identité de la carotte est plus importante que celle de l'homme. En ce sens que l'homme, pour l'idéologie transgenre, est ce qu'il veut être et non ce que la nature l'a fait.

Si vous remarquez, le thème de nos journées, qui concerne d'abord la bioéthique, puis la biopolitique, et qui touche l'humanité, le monde, les relations entre les hommes, commence ici : nous vivons une guerre de libération de la nature humaine, pour une humanité mutante dans tous les sens du terme. L'homme, ou plutôt la personne, ne se définit pas sur la base de sa nature mais sur la base de sa volonté subjective, il est ce qu'il veut être, maintenant ; je dis "il" car même lui et elle sont variables, ils ne descendent plus de la nature mais sont le résultat d'un choix, même provisoire. Le désir est prééminent sur la réalité et sur ce qui vient de la nature. Si l'on jette un coup d'œil rapide aux grands thèmes de notre époque qui ont remplacé les thèmes sociaux et politiques, on se rend compte que l'invité de marque est la nature : le droit de changer la nature, le sexe, le droit à la maternité par une décision, même unique, plus la technologie et l'investissement (par l'insémination artificielle, l'utérus à louer, la maternité de substitution), le droit d'avorter le fruit de la nature, l'enfant non désiré, et tout autre droit envisagé à notre époque part du rejet préalable de ce que la nature nous a donné. Notre liberté est conçue comme une émancipation radicale et plurielle de la nature.

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Le désir prévaut sur l'être, la volonté sur la réalité, tout peut changer de direction, la nature, l'anatomie, les relations. La nature évoque le destin, et notre volonté subjective modifie plutôt le hasard : le hasard de naître homme ou femme, de ces parents, dans cette famille, à cet endroit, à cette époque, dans ce peuple.

Le même droit s'étend à la relation avec les lieux de naissance et de vie et investit les peuples et pas seulement les individus. C'est-à-dire que le fait de naître dans un lieu est occasionnel, insignifiant, comme le fait de naître d'un couple hétéro, père et mère, car ce qui compte, c'est l'endroit où l'on décide d'aller et de vivre. La nature ne s'applique donc pas même au lien avec les lieux de naissance.

Or l'argument à faire valoir n'est pas trivialement de renverser l'impératif actuel et de concevoir la Nature comme un Absolu Immuable, pétrifié, non susceptible de modification et de changement. La nature elle-même change au cours de longs processus, elle n'est pas inerte. Mais la véritable bataille est celle qui oppose ceux qui considèrent la Nature, y compris la Nature humaine, comme un bien à sauvegarder, un point d'origine d'où il faut partir et auquel il faut revenir sans cesse, même au cours des changements nécessaires, et ceux qui, au contraire, considèrent la Nature comme une prison et rêvent de s'échapper et de briser finalement la prison elle-même. Et ce qui est en jeu dans la Nature, c'est la défense du réel, de nos limites, des imperfections humaines, en rejetant tout délire de toute-puissance, toute prétention du Sujet à devenir Absolu et mutant, comme Protée. Dans ce contexte, il est important de traiter la nature comme un environnement et un climat en danger, des espèces en voie d'extinction. Mais la nature, comme l'ont dit Lucrèce, Leibniz et Linné à différentes époques et dans différents contextes, ne fait pas de bonds mais procède par degrés ; et nous ne pouvons pas sauter le degré de la nature humaine dans la sauvegarde du monde.

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samedi, 22 mai 2021

Le régime de surveillance

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Le régime de surveillance

par Marcello Veneziani

Source : Marcello Veneziani & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/il-regime-della-sorveglianza 

Récapitulons. Il n'est pas permis d'avoir une opinion différente sur le sujet du Covid et de la pandémie, sur le sujet des fermetures et des vaccins autres que ceux administrés par les porteurs officiels, au risque d’être accusé de négationnisme ou de ‘’no vaxxisme’’, de contrevenir aux règles de la vie sociale, publique. L'ordre est au coin de la rue. Il est alors interdit d'avoir des opinions différentes sur les couples homosexuels, les mères porteuses, les adoptions homosexuelles et en général sur les relations homo-trans-lesbiennes; quiconque a des idées différentes, ou continue simplement à défendre les différences naturelles, la famille, la naissance selon la nature et la vie selon la tradition, entre dans une sphère d'interdiction qui va de la réprobation au veto. Des interdictions fortes sont introduites par des lois, des avertissements et de la censure sur les réseaux sociaux.

Lorsqu'il s'agit de féminisme, des droits des femmes ou de caractéristiques physiques, ethniques ou lexicales, des processus sommaires sont déclenchés, avec MeToo, catcalling et autres, générant séparation et méfiance entre hommes et femmes. Il est également interdit d'appeler les immigrants illégaux "clandestins", les Roms avec le nom traditionnel de ‘’gitans’’, les Noirs avec le nom ancien de ‘’nègres’’, même sans aucune connotation péjorative; les termes utilisés pour tous les handicaps ne doivent pas être utilisés, mais seulement les personnes différemment handicapées. Il est interdit d'avoir une opinion différente de celle de l'institution sur les sujets du fascisme et de l'antifascisme, du racisme et du nazisme, de l'histoire et des massacres qui l’ont ponctuée.

Aux interdictions s'ajoutent les effacements du passé, en termes d'amnésie collective de la mémoire historique et de suppression de nombreuses horreurs, auteurs, entreprises, personnages, histoires et pensées non alignées. Tout ce qui relève de notre civilisation, de notre tradition et de notre patrimoine doit être déprécié ou mis de côté pour ne pas heurter la sensibilité de ceux qui n'en font pas partie; nous devons toujours adopter le point de vue qui nous est le plus étranger et le plus éloigné. Les étrangers d'abord, pour renverser un slogan politique bien connu fondé sur la préférence nationale.

Dans cette formidable restriction des pratiques, des langages et des opinions, la liberté autorisée est un couloir étroit et court qui est désormais le cadre des opinions licites, et c’est un périmètre très étroit; dès que l'on sort de la " fourchette " autorisée, avec les limites imposées aux divergences, à la censure, à la réprobation, à la dénonciation, à la condamnation ou à l'isolement, le cordon sanitaire, la mort civile sont déclenchés.

Les années passent, mais la situation ne s'améliore pas; au contraire, elle dégénère progressivement, souvent dans le respect de la loi, avec le patronage des plus hautes institutions. Et elle s'étend à des domaines de plus en plus variés de la vie publique et privée, des affections et des liens. Les gouvernements sont neutres ou consentants, c'est-à-dire qu'ils soutiennent la censure ou s'en défendent.

Un carrefour dangereux est en train de se créer, où convergent le pouvoir économique, le pouvoir sanitaire, le pouvoir médiatico-idéologique et le pouvoir judiciaire. Par rapport à ces pouvoirs, rien ou presque ne peut être fait par la seule sphère de pouvoir qui peut avoir une légitimité populaire, différente de celle décrétée par l'establishment: je veux parler de la politique. On peut grossièrement les diviser en trois groupes: ceux qui sont d'accord avec ce régime de surveillance, ils en deviennent même les promoteurs; ceux qui se laissent entraîner par le courant, qui ne résistent pas, qui suivent le mouvement, qui se taisent et donc acquiescent pour ne pas être accusés d'être rétrogrades; ceux qui s'y opposent, lorsqu'ils sont dans l'opposition, mais l'acceptent ensuite au nom du compromis ou de la tranquillité lorsqu'ils sont au gouvernement; ou tout au plus se limitent-ils à ralentir le cours, sans jamais offrir une vision alternative organique.

Nous sommes entrés dans un régime de surveillance qui n'est pas une véritable dictature ou un système totalitaire, qui aurait été toutefois impensable jadis dans un système mondial et de marché; mais c'est une forme puissante de coercition pratique et de contrainte psychologique, parfois même judiciaire. Jamais comme aujourd'hui, grâce aussi à l'urgence induite par la pandémie, la liberté n'a autant subi de restrictions qui ont affecté les droits élémentaires et les sphères de liberté en usage dans la vie quotidienne. Et lorsque vous acceptez des limitations très strictes, même si c'est pour des raisons de santé, vous opposez alors moins de résistance à ceux qui vous imposent un réseau de plus en plus dense de limitations dans d'autres domaines également. La compulsion est virale et progressive, comme la paralysie; l'inhibition de la liberté et de la non-conformité s'étend facilement à d'autres domaines.

Les virus idéologiques se répandent comme des gaz mortels dans notre société et détruisent dangereusement nos défenses immunitaires naturelles, nos anticorps spirituels, notre sens critique, notre capacité à nous souvenir, à comparer, à mesurer les choses à la réalité. De l'annulation de l'histoire à l'annulation des différences naturelles, de la suppression de l'ordre naturel des choses à l'expulsion de tout ce qui évoque l'ordre surnaturel des choses; de l'appauvrissement du langage à l'utilisation de formes lexicales préfabriquées.

À travers les lois, les droits et la protection spéciale des catégories protégées, les campagnes rééducatives et punitives, la censure et les fermetures, notre vie change, de même que notre rapport au monde, au sexe, notre rapport aux autres, au passé et à l'avenir. Nous sommes victimes d'un dangereux réductionnisme qui tue les différences et les mondes différents.

De tout cela, les principales victimes sont les nouvelles générations car elles n'ont pas de termes de comparaison, elles sont les plus exposées entre le web, les réseaux sociaux et l'école, elles sont élevées dans un contexte de suppression, de manipulation et d'altération de la réalité. À l'exception d'une petite minorité louable, leur horizon est limité au présent et plié au canon dominant; leur vocabulaire et leur faculté de jugement sont appauvris, leur comportement est automatisé; ils sont des victimes irréprochables mais difficiles à guérir.

Des revirements, des variations et des changements de rythme ne sont pas à exclure, mais la prédiction la plus facile est la plus terrible: nous en viendrons, par accoutumance, à considérer tout cela comme inévitable, et même juste.

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lundi, 17 mai 2021

Colère et découragement

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Colère et découragement

par Marcello Veneziani

Source : Marcello Veneziani & https://www.ariannaeditrice.it/

Qui nous défend contre l’assaut quotidien du nouveau catéchisme politiquement correct, du bombardement médiatique et publicitaire et de la nouvelle Inquisition? L'Église de Bergoglio, le Quirinal, la Cour constitutionnelle, les autres politiques, le pouvoir judiciaire, la culture libre et pensante, la satire contre le pouvoir, la presse indépendante? Rien de tout cela.

Colère et découragement, pour paraphraser un titre célèbre d'Oriana Fallaci. La colère face à l'assaut envahissant de la nouvelle idéologie corrective de la réalité, du bon sens, de la nature, de l'identité et de la tradition ; et le découragement parce que vous ne voyez pas de barrières, de réponses alternatives, d'oppositions structurées, pour représenter ce que la majorité négligeable de la population ressent, pense et dit. Aucun sujet public qui affronte l’assaut quotidien avec des moyens adéquats ; aucun qui, au moins, équilibre, donne la parole, garantisse le respect à ceux qui sont en désaccord avec le processus en cours. Un processus civil et incivil, politique et judiciaire... Il n'existe nulle part de réponse complète et alternative ; la seule stratégie consiste à perdre du temps, à s'assoupir, à ralentir, à détourner le regard. Ou pour gagner une heure sur le couvre-feu....

Bon nombre des digues ou des garants susmentionnés se trouvent dans le camp opposé ou ont abdiqué leur fonction d'arbitre super partes ; ils se taisent ou parlent d'autre chose, ou pire, ils pensent à flotter pour survivre et donc suivre le courant dominant. Ceux qui s'y opposent ne comptent que les sondages mais ne s'équipent pas de réponses appropriées à quelque niveau que ce soit; une opinion à la volée, une blague sur vidéo et la tâche est accomplie, la conscience est claire. Un jeu de transfert de fonds.

La solitude de masse est ce que nous ressentons chaque jour davantage; même les dernières munitions qui nous restent en main, comme le vote, le moment venu, ne servent pas à grand-chose si vous n'avez pas de stratégie et de cadre de référence.

Le plus insupportable dans le politiquement correct, c'est qu'il accuse chacun d'être ce qu'il est; c'est une incitation constante à rejeter l'histoire et la mémoire, la culture et la nature telles qu'elles sont dans la réalité, dans la vie et dans l'esprit. Des cas extrêmes, des épisodes d'intolérance, sont pris afin de renverser la réalité, les codes de vie et de loi, les sentiments et les raisons communes. On se rassure en disant que cela ne touche pas tout le monde, mais on redéfinit la réalité en démolissant les identités.

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Vous devez avoir honte d'être italien, européen, occidental, chrétien ou du moins un enfant de la civilisation chrétienne, catholique en particulier. Vous devez avoir honte d'être père, mère, fils, héritier d'une tradition et d'une civilisation. Et d'être un homme, hétéro, identifié selon la nature et la coutume.

Le politiquement correct vous reproche d'être qui vous êtes et comment vous avez vécu jusqu'à présent. Vous avez tort dans vos choix et vos inclinations, dans vos relations humaines et dans votre vie, dans votre vocabulaire et dans votre sphère privée. La réalité telle qu'elle est, est un vice sombre à effacer, une habitude rétrograde dont il faut se libérer; l'être cède la place au devoir-être et aux désirs subjectifs.

Chacun d'entre nous a fait de nombreuses erreurs dans sa vie et beaucoup sont prêts à les reconnaître. Mais le pire dans cette autodafè permanente, à la fois personnelle et collective, c'est qu'elle ne retient pas contre vous vos erreurs, vos péchés, mais presque tout ce qui ne s'y inscrit pas. Au contraire, dans de nombreux cas, le nouveau canon vous demande d'avoir honte des meilleures choses de votre vie et des choses les plus chères auxquelles vous avez cru, pensé et grâce auxquelles vous avez vécu; vous devez avoir honte de vos origines et de votre culture, vous devez avoir honte de votre identité et de votre éducation, vous devez avoir honte de votre famille, de votre préférence pour vos enfants et les êtres qui vous sont chers, de votre façon d'aimer et de faire la cour, de votre fidélité et de votre loyauté à une façon d'être et à un monde de pratiques et de valeurs civiles, religieuses, patriotiques et familiales. Vous n'avez pas à avoir honte de vos incohérences et de vos contradictions, au contraire, vous n'avez pas à avoir honte de ne pas les mener jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à renier ce que vous êtes et ce que vos parents étaient.

Vous devez avoir honte d'être ce que vous êtes et d'où vous venez, vous devez aimer ce qui est le plus éloigné de vous, ce qui vous est le plus étranger, ce qui est le plus éloigné de votre monde. Aimez ce qui vous vient le moins naturellement. Préférence pour l'étranger au détriment du semblable, pour le distant par rapport à ce qui est proche. C'est l'aspect tyrannique, inhumain, irréel de l'inquisition. Qu'elle étouffe la vie, la liberté, la spontanéité, la variété, la passion pour la vérité et l'amour de la réalité.

La raison du rejet de la réalité est que je ne l'ai pas choisie: être italien, européen, homme, blanc, hétéro, fils de ses parents, ne dépendait pas de moi. Tout ce qui découle du destin et de la nature doit être rejeté ou privé de valeur; seul ce que vous choisissez et voulez être et faire est valable.

Mais ne plus définir une personne comme étant un homme ou une femme, un père ou une mère, un Italien ou un Indien, revient à nier son âge, sa date de naissance, ses parents et son lieu de naissance. Si vous avez, par exemple, cinquante ans, que vous êtes un homme marié, que vous avez une famille, un nom, un lieu et une date de naissance, vous êtes libre de vivre comme si vous aviez trente ans, comme si vous étiez d'un autre sexe que celui que la nature vous a donné ; vous pouvez quitter votre pays d'origine, vous pouvez vous faire appeler par un autre nom, vous pouvez quitter votre famille. Mais si vous établissez par la loi que la réalité, la nature, l'âge et l'histoire ne comptent plus, mais seulement votre volonté d'être ce que vous voulez, comme vous voulez et où vous voulez, vous avez transformé une société civilisée en un asile de fous invivable. Vous ne pouvez pas confondre la liberté de vos choix privés, que personne ne veut nier, avec une loi qui révoque par décret la réalité et l'identité pour ne reconnaître que des désirs subjectifs et mutants. Ce n'est que de la barbarie ruineuse, et de la folie. Et à partir d'aujourd'hui, le siège reprend avec la journée mondiale contre les phobies... Un jour viendra-t-il où nous sortirons de cette hallucination induite et retrouverons la réalité; un jour viendra-t-il où les raisons de ceux qui les revendiquent aujourd'hui dans le désert seront reconnues et respectées?

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lundi, 03 mai 2021

Nous jouons avec la civilisation

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Nous jouons avec la civilisation

par Marcello Veneziani

Source : Marcello Veneziani & https://www.ariannaeditrice.it/

Mais quels sont les enjeux de la loi sur l'homotransphobie, des portes ouvertes aux migrants, de la défense des frontières, du principe de souveraineté, du politiquement correct, de la culture de l'annulation, des relations avec les musulmans, les noirs et les Chinois? La civilisation est en jeu. Ou si vous préférez, c'est le jeu entre les droits de l'homme et la civilisation.

Il était une fois la gauche et la droite, les conservateurs et les progressistes, les nationalistes et les internationalistes. Ou si vous préférez, les fascistes et les anti-fascistes, les communistes et les anti-communistes. Aujourd'hui, à l'ère mondiale de la pandémie et du gouvernement d'union nationale dirigé par un technicien super partes, comment se répartissent les opinions politiques et les convictions civiles? Les catégories susmentionnées, bien qu'encore utilisées, sont usées par le temps et les abus; elles perdent de leur force dans les nombreuses variations, dans les contextes modifiés et dans les utilisations polémiques et résiduelles dans lesquelles elles sont employées. Ils ne sont plus en mesure de représenter la réalité et les divergences actuelles. Sur quoi les Italiens, les Européens, les Occidentaux sont-ils vraiment divisés aujourd'hui, quelles sont les questions sensibles les plus pertinentes?

En premier lieu, les thèmes de la biopolitique, c'est-à-dire les domaines qui concernent la vie et la mort, la naissance et les sexes, le taux de natalité, les adoptions et les mères porteuses, les unions et les familles homosexuelles, le droit à la vie ou à l'avortement, les changements d'identité et le transhumanisme, les droits des animaux, les coutumes, les drogues. Deuxièmement, elles affectent directement les catégories "protégées" parce qu'elles ne sont pas considérées comme suffisamment protégées par les lois et coutumes en vigueur: c'est-à-dire les femmes, les migrants, les noirs, les homosexuels, les trans, les Roms, les minorités religieuses. Troisièmement, elles concernent la mémoire historique collective, les identités, le patrimoine religieux des peuples, les traditions, les coutumes et leur rejet, les classiques et leur effacement, les arts et la censure, la toponymie, les monuments, les fêtes et les journaux du monde, le passé et sa négation. Ce sont les questions qui divisent le plus au niveau politique, civil ou idéal, au-delà des questions contingentes, sanitaires ou économiques. L'enjeu est la civilisation, menacée de l'intérieur et de l'extérieur. Toutes les questions qualifiées de "clivantes" pour le gouvernement actuel (la loi Zan, la question des migrants, le ius soli) remontent à ce dualisme.

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Les vieilles étiquettes mentionnées ci-dessus ne suffisent plus, et on ne peut pas non plus rejeter de manière manichéenne et dénigrante ceux qui s'opposent aux préceptes du néoconformisme, comme si le défi était entre les droits de l'homme et le racisme (plus diverses phobies). Au lieu de cela, il y a d'une part le sentiment commun du peuple, formé au fil du temps et des générations ; d'autre part, il y a le nouveau canon de la rectitude imposé par les classes dirigeantes. En d'autres termes, les anciens préjugés du peuple contre les nouveaux préjugés idéologiques.

Classons les deux lignes opposées de manière à ce qu'elles se respectent mutuellement: d'un côté, c'est le souci des droits de l'homme qui prévaut; de l'autre, c'est la défense de la civilisation en péril. C'est-à-dire que, d'une part, les pierres angulaires de la civilisation - la famille, le sens religieux, les liens communautaires, la tradition, les symboles, le patriotisme - sont en jeu ; d'autre part, l'acquisition de nouveaux droits civils, mondiaux, de genre, de minorités est en jeu. Y compris le droit de changer ses traits, son sexe et sa citoyenneté.

Les conflits les plus âpres portent en fait sur le racisme, le sexisme, le colonialisme, le suprématisme, l'islamophobie, la xénophobie, l'homophobie, le négationnisme, mais ce sont des variations sur le même thème: la civilisation ou les droits humains mondiaux.

Défendre la civilisation signifie protéger les identités, la souveraineté nationale, la chrétienté, les cultures traditionnelles. Promouvoir les droits de l'homme, en revanche, c'est soutenir l'émancipation globale des individus et des peuples par rapport à leurs cultures, leur histoire et leurs traditions, mais aussi par rapport à leur nature et leurs différences.

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Celui qui défend la civilisation aime la communauté, à commencer par les plus proches. Celui qui défend les droits de l'homme aime le monde en commençant par le plus éloigné. Celui qui défend la civilisation reconnaît les droits par rapport aux devoirs et à partir des droits naturels; il respecte le passé, le présent et l'avenir et considère certains fondements comme intemporels. Ceux qui défendent les droits de l'homme se placent dans la perspective du présent mondial et soutiennent les changements. Ceux qui défendent la civilisation veulent protéger les différences contre l'homologation globale et le réductionnisme radical. Ceux qui défendent la société globale veulent remettre les différences à zéro et protéger certaines diversités de manière particulière.

Défendre la civilisation ne signifie pas revenir en arrière et exalter la guerre, la suprématie masculine, l'esclavage, la haine de classe ou de race. Cela signifie assumer l'héritage de la civilisation, des traditions, des symboles, sans les re-proposer mécaniquement dans des formes archaïques ; cela signifie ne pas juger le passé avec la lentille du présent, ne pas juger ou effacer l'histoire parce qu'elle diffère de la sensibilité d'aujourd'hui, mais reconnaître l'histoire telle qu'elle est et ensuite distinguer ce qui est vivant de ce qui est mort, ce qui est toujours valable de ce qui est passé, avec réalisme; sans confondre le niveau historique avec le niveau judiciaire et le niveau judiciaire avec le niveau moral et idéologique.

La bataille politique et sociale tourne autour de ces oppositions. Un gigantesque sentiment de culpabilité de la civilisation euro-occidentale est alimenté pour l'homme blanc, hétéro, chrétien, enfant et parent. Tout est jeté dans la poêle à frire de la nouvelle conformité: de l'histoire au genre, de la culture à la bande dessinée. Il est curieux de constater que de nombreux pro-européens convaincus souffrent en réalité d'europhobie: ils détestent leur propre civilisation et lui font un procès dans tous les domaines.

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samedi, 24 avril 2021

Où mène la guerre mondiale contre les classiques?

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Où mène la guerre mondiale contre les classiques?

par Marcello Veneziani

Source : Marcello Veneziani & https://www.ariannaeditrice.it/

Comment expliquer la guerre faite aux "classiques" qui se répand aux États-Unis mais aussi de ce côté-ci de l’Atlantique, et qui trouve aujourd'hui réconfort et renforcement avec l'arrivée à la Maison Blanche des progressistes et antiracistes Joe Biden et Kamala Harris? C'est précisément "son université", celle d'où vient l'adjoint noir de Biden, l'université Howard à Washington, qui a ouvert la voie dans le travail de démolition et de purge des classiques, désormais chassés des curricula. Comme il s'agit d'une université symbolique pour les Afro-Américains, elle revêt une signification particulière. L'expulsion des classiques hors des universités, non seulement du "conquérant" Christophe Colomb mais aussi des grands poètes, penseurs et écrivains de la tradition antique, gréco-romaine et européenne, est désormais le symbole de la lutte des Noirs contre la "suprématie" des Blancs. La culture est considérée comme un signe de violence, d'esclavage et d'asservissement colonial que l'Occident aurait exercé sur les peuples indigènes du monde entier. Même les chefs-d'œuvre littéraires sont soumis à une censure posthume et sont jugés par les tribunaux et sur les places publiques, par les MeToo et les Antifa, et ne sont plus admis dans les milieux littéraires en raison de leur valeur. La signification humaniste est assujettie à la valeur humanitaire et soumise au Tribunal permanent pour les droits de l'homme violés.

Il est loin le temps où un président noir et éclairé, comme Léopold Senghor, poète et porte-drapeau de la "négritude", affichait son amour pour les classiques et la langue latine et exhortait les meilleurs étudiants de son pays, le Sénégal, et de toute l'Afrique noire à s'intégrer par la culture et l'assimilation des classiques et de la langue latine.

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Aujourd'hui, le problème n'est pas d'intégrer les Noirs, les Latinos et les Indiens dans la civilisation euro-occidentale, mais de désintégrer notre culture depuis ses racines et d'opposer la question des droits de l'homme à tout discours culturel, historique et spirituel. L'appel s'étend à tous les Occidentaux qui doivent se démarquer de leur passé, avoir honte de leurs origines et soutenir la bataille contre les classiques qui, à l'examen, étaient tous plus ou moins "racistes", "esclavagistes", "homophobes", "chauvins", etc. Finie la vie spirituelle, tout au plus chanterons-nous des spirituals.

Même les schémas de la pensée révolutionnaire sont bouleversés: les classes subordonnées, les prolétaires, ne doivent pas s'emparer des idées dominantes et de la culture hégémonique pour renverser les rapports de force et remplacer la direction de la société, mais ils doivent mépriser leur propre culture et en effacer les traces. Où allons-nous à partir d'une telle posture? Vers une forme de barbarisation planétaire et de repli narcissique sur l'aujourd'hui contre tous les hier et les toujours.

C'est précisément sur ce point que je voudrais me concentrer. Où mène cette bataille contre les classiques, contre la culture humaniste, contre les racines littéraires et artistiques, philosophiques et religieuses sur lesquelles se fonde la civilisation? Exactement là où le néocapitalisme mondial, plus cynique et plus grossier, nous mène: éliminer toute connaissance qui ne vise pas un but pratique et utilitaire, subordonner la beauté à l'utilité, établir la primauté absolue des conditions économiques sur celles qui sont manifestement considérées comme "culturelles". Vive l'ignorance des classes opprimées par rapport à la culture des dominateurs.

Même Pasolini, il y a un demi-siècle, dénonçait cette convergence entre le mouvement de rébellion, de protestation globale contre la tradition et la culture et le dessein nihiliste du nouveau capitalisme. Quand on enlève à une personne sa culture humaniste, son statut de croyant, son lien d'appartenance à ses racines et à sa tradition, que reste-t-il? Ce qui reste, c'est le consommateur mondial et ce qui reste, c'est le nombre, la quantité, la force et les relations de pouvoir. C'est cette aliénation gigantesque que nous vivons, dans laquelle les mouvements de libération et d'émancipation deviennent les bras armés d'une même barbarisation et déculturation de masse.

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Un monde est en train d'exploser à cause de cette alliance sous-jacente, inconsciente au moins en partie, entre les mouvements civils avec leurs résultats incivils et le nouveau capitalisme mondial. Il me semble voir un monde dans lequel les marchandises viennent de Chine et sont apportées à votre porte par les grandes multinationales du web, après vous avoir séduit avec une série de publicités avec des garçons noirs et jaunes et l'éloge du monde global mais éco-durable. Fabrication chinoise, distribution américaine, publicité consumériste-écolo-progressiste, suppression de la chaîne d'approvisionnement locale et de toute trace d'artisanat, de commerce et de production locaux. Et tout cela se combine parfaitement avec l'annulation de tout ce qui rappelle nos racines culturelles, identitaires et littéraires. Attention, effacer Dante ou Chaucer n'est pas la même chose qu'effacer une marque industrielle ou artisanale, ce sont des niveaux différents: mais le processus est convergent et s'appelle la globalisation, le réductionnisme global. Ce qui est inquiétant, c'est non seulement la primauté absolue de l'économie, de la finance et de la technologie sur le monde, mais aussi le remplacement de la culture, de la politique, de la religion, de la tradition et des civilisations par cet univers global et fonctionnel. Les Chinois se chargent de la marchandise, les géants multinationaux se chargent de la faire connaître et de la livrer à nos portes, et le mouvement mondial de libération, dans ses diverses articulations : antiracisme, MeToo, Antifa, cancel culture, publicité, se charge de leur donner une justification "idéologique" et même une bonne conscience morale. Au lieu d'Homère, George Floyd.

C'est pourquoi je vous dis: attention, défendre Virgile, Dante ou Machiavel, ce n'est pas s'attarder à défendre l'érudition de quelques-uns, mais ne pas le faire, c'est scier les branches et l'arbre sur lequel nous sommes assis. Des nains qui martèlent aujourd’hui la tête des géants sur les épaules desquels nous avons jusqu'à présent marché.

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dimanche, 12 avril 2020

Cauchemar totalitaire, de la quarantaine au communisme

Le récit glaçant d’un cauchemar qu’a fait Marcello Veneziani. Même si nous conservons l’optimisme naïf de croire que la fin est exagérée et relève plus du fantasme que de l’anticipation, toute la première partie ne relève désormais plus de la fiction: nous sommes en plein dedans, ou nous y serons quand le « déconfinement » sera décrété.

Cauchemar totalitaire, de la quarantaine au communisme

Marcello Veneziani
La Verità, 7 avril 2020

Ex: http://www.benoit-et-moi.fr

La captivité prolongée engendre de mauvaises pensées. De ceux qui la subissent, de ceux qui la décrètent. Malus mala cogitat, qui vit mal pense mal, pourrions-nous traduire. Ainsi, dans un demi-sommeil, entre la nuit et l’aube, j’ai fait un cauchemar. J’ai vu, j’ai pensé, j’ai rêvé – je ne sais pas trop – où porterait la longue détention pour raisons sanitaires: à un régime totalitaire jamais vu auparavant qui priverait les citoyens des libertés les plus fondamentales et n’admettrait aucune dissidence, au nom de l’urgence sanitaire suprême. Niés, les droits principaux, qui précèdent même les droits démocratiques: sortir de la maison, se promener, rencontrer sa famille et ses amis, s’embrasser, vivre en plein air, aller à la messe. Stoppée, toute activité productive, détruite, toute forme de travail, de récréation, de la lecture au café; seulement les distractions centralisées et contrôlées, car administrées par le Réseau directement à la maison.

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Marcello Veneziani

Dans ce cauchemar, l’obligation de porter des masques était devenue permanente, dans le but de museler les citoyens, de les empêcher de parler librement et de se faire comprendre, avec l’excuse de préserver leur santé. Sous la menace de la maladie, de l’hospitalisation et de la mort, le peuple effrayé devenait docile et n’opposait pas de résistance Toute réunion de trois personnes ou plus était strictement interdite, et toute manifestation requérant une assemblée était interdite. Toute foi était déracinée, réduite au seul secret de sa propre intimité (enfermés dans les toilettes pour prier), la politique contrainte au privé, par contre, permission de fumer et de promener le chien.

À un certain moment, l’interdiction absolue de sortir fut supprimée, mais avec quatre lourdes conditions.

  • La première fut que même respirer en plein air, sortir de la maison, marcher, était considéré comme une concession, une grâce du pouvoir clément, et donc les gens devaient être reconnaissants à leurs geôliers de pouvoir enfin faire ce que personne dans l’histoire de l’humanité n’avait interdit à tout un peuple. La libre circulation était cependant limitée. Même pour les opinions et les dissensions, l’interdiction de circuler restait en vigueur, une commission spéciale était chargée de les réprimer.
  • La deuxième condition fut le prix à payer pour cette grâce ; considérant qu’un virus peut évoluer et se régénérer sous d’autres formes, alors la prophylaxie, les contrôles, la distanciation sociale, les voyages supervisés et toutes les restrictions en vigueur furent seulement tempérés et réglementés mais ne disparurent pas. On pouvait faire deux pas, sans exagération, respecter les horaires pour prendre la voiture et aller au supermarché, régler sa vie au rythme de la cloche de l’État qui scandait les horaires, les permis et les interdictions. En échange de cette liberté limitée, les sujets devaient être contrôlés par des bracelets électroniques et des colliers, des téléphones portables de surveillance, des bracelets de cou qui signalaient la présence, le mouvement et le temps de sortie. La mer, synonyme de liberté, était interdite.
  • Mais le régime totalitaro-sanitaire devint vraiment odieux quand il affronta la puissante crise économique et sociale que la contagion avait créée, la faillite de millions d’activités, la perte d’emplois pour des millions de travailleurs, la misère et à la faim. Après avoir promis une intervention de l’État pour protéger, soutenir ceux, nombreux restés à terre, après avoir promis des revenus et des fonds pour redémarrer, les caisses se vidèrent, il fut décidé, après un prélèvement forcé sous forme d’impôt sur la fortune, d’adopter un remède plus radical. Remettre tous les salaires à zéro, tout le monde reçoit le même revenu universel de citoyenneté. Autrement dit, à chacun selon ses besoins. Niée toute reconnaissance du mérite et des compétences, des études et du CV, de l’inventivité et de l’ingéniosité. Ainsi se réalisa l’utopie du communisme, mais elle fut appelée par un autre nom pour rassurer les gens; et elle fut promue par des gens qui ne venaient pas du communisme mais de rien ou du cirque.

  • ‘A livella (*) devint l’hymne universel, acclamé par les nouveaux prolétaires affamés. Aucun régime, pas même le plus sanguinaire, n’avait réussi à étendre le contrôle totalitaire et les revenus égalitaires de manière aussi radicale. La crainte de la contagion et la crise qui s’ensuivit y parvinrent. On soupçonna alors que le virus avait été induit, ou du moins véhiculé, manipulé, monté. Et que les mêmes pays d’où il était parti avait pris le dessus étendant le régime communiste à l’Occident.
  •  
  • Enfin, la misère économique et sociale, les subventions d’État et le contrôle à but sanitaire, produisirent de fait l’extinction de la souveraineté politique, populaire et nationale et le transfert du pouvoir à un protectorat médico-économico-technocratique qui garantissait les flux financiers et le budget. C’est de cette façon que le communisme coopta les oligarques de la finance. Avec le despotisme maocapitaliste, on installe les chevaux de la Troïka (cavalli di Troïka, jeu de mots avec cavalli di Troia, chevaux de Troies), « trio » (terne: peut-être allusion à la liste de trois noms soumis à l’approbation du Pape lors de la nomination d’un évêque) de commandement composées d’un banquier, d’un manipulateur de médias et d’un soldat. Les pays développés vaincus et leur production démantelée, les pays qui vivaient du pétrole réduits à la famine, la société nivelée et la démocratie révoquée, le communisme implicite était dominé par un clan de faux scientifiques et de vrais satrapes.

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Un rayon de soleil qui avait filtré dans la pièce me libéra du cauchemar mais il resta dans mes yeux, dans mon esprit, dans mes poumons, dans ma gorge. Bien sûr, ce sont de mauvaises pensées; même Paul Valéry a écrit ses mauvaises pensées en temps de captivité sous la seconde guerre mondiale et pendant l’occupation allemande.

La douceur interdite d’avril, qui était le mois le plus beau et le plus prometteur – beau pour le printemps qu’il déverse, prometteur pour l’été qu’il annonce – est devenue avec la prison domestique « le plus cruel des mois », comme l’a écrit T.S. Eliot.

Et l’interdiction de la Résurrection pour raisons d’hygiène, imposée pendant la Semaine Sainte, a rendu la détention encore plus atroce.

Si vous privez un homme de Pâques, au nom de la santé, vous lui refusez la possibilité d’être sauvé.

Ndt

(*) Poème napolitain (1964) de Totò (1898-1967), acteur comique très populaire en Italie . Il y est question d’un dialogue entre deux morts enterrés côte à côte dans un cimetière, un éboueur et un aristocrate, et la morale est le nivellement que la mort opère entre tous les hommes (wikipedia en italien).

vendredi, 29 juin 2018

Ernst Jünger: Dalle rovine della Tecnica rinascerà l’età dello spirito

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Ernst Jünger: Dalle rovine della Tecnica rinascerà l’età dello spirito

Marcello Veneziani

Ex: http://www.marcelloveneziani.com 

A leggerlo con gli occhi miopi del presente, L’operaio di Ernst Jünger sembra la grandiosa metafora dell’avvento dei tecnici al potere. Anzi il Tecnico stesso sembra l’Operaio in loden, versione estrema della borghesia che si è fatta globale e immateriale come la finanza rispetto all’epoca dell’oro e del decoro.

Ma più in profondità, lo sguardo profetico di Jünger è rivolto a un’epoca planetaria dominata dalla tecnica, che ha un esito a sorpresa rispetto alle sue premesse: la tecnica «spiritualizza la terra». Dopo gli dei, dopo il monoteismo, verrà lo Spirito, signore dell’Età dell’acquario, che appare attraverso i sogni e agisce mediante la magia.

Lo spirito verrà tramite la tecnica, scrive Jünger, nel suo linguaggio oracolare, a volte allusivo, in alcuni tratti reticente, ed esoterico. Dopo la catastrofe e in fondo al tunnel del nichilismo il suo pensiero intuitivo scorge una luce inattesa. Non la luce di un nuovo umanesimo, come pensavano da differenti postazioni i suoi contemporanei Maritain e Gentile, Bloch e Sartre. Ma un disumanesimo integrale, una sorta di superamento dell’umano e non in una dimensione sovrumana, alla Nietzsche, ma compiutamente inumana, geologica e spirituale.

In questa chiave, l’Operaio è un nuovo titano, quasi una figura mitologica, della razza di Anteo, Atlante e Prometeo, che mobilita il mondo tramite la tecnica, che è il suo linguaggio. L’operaio di Jünger – o Milite del lavoro, come preferivano tradurre Delio Cantimori e anche Julius Evola – compie 80 anni e per l’occasione esce finalmente in Italia Maxima-Minima, un libro breve e intenso che fu la prosecuzione dell’opera jüngeriana del ’32 a 32 anni di distanza, nel 1964.

Quando dirigevo da ragazzo una casa editrice, negli anni Ottanta, tentai temerariamente di farlo tradurre in Italia; ma alla Buchmesse, la Fiera del libro di Francoforte, l’agente letterario di Klett Cotta, l’editore tedesco, mi disse che quest’opera era già opzionata in Italia. Ci sono voluti quasi trent’anni per vederla alla luce ora, a cura e con la postfazione di Alessandra Jadicicco.

Un’opera oracolare di minima loquacità e massima densità, in cui si avverte il respiro della grandezza, dove l’eco dell’Operaio si mescola all’eco dello Stato mondiale, Le forbici, Al muro del tempo e altre opere jüngeriane del suo personale «Nuovo Testamento», come egli stesso diceva.

La tesi metafisica è quella: dalla Macchina, per inattese vie, sorgerà lo Spirito; il Mito, il Gioco, la Geologia e l’Astrologia lo porteranno a compimento. Ma dalla Tecnica sorge anche il nemico: laddove il tecnico «conquisti il governo politico, se non dittatoriale, grava la peggiore delle minacce».

Il condensato deteriore della tecnica è l’automatismo, che è il peggiore degli autoritarismi, un dispotismo che uccide la libertà alla radice. E qui Ernst Jünger ritrova suo fratello Friedrich Georg che alla Perfezione della tecnica e all’avvento degli automi aveva dedicato un lucido saggio, degno del suo germano (tradotto in Italia dal Settimo Sigillo nel 2000).

La tesi metapolitica di Jünger è invece l’avvento auspicato dello Stato planetario, dopo l’unificazione del mondo compiuta dalla Tecnica, di cui scriveva negli stessi anni in Italia anche Ugo Spirito. Dopo la patria il mondo intero sarà amato come «Terra Natia».
Destra e sinistra, rivoluzione e conservazione, sono per Jünger braccia di uno stesso corpo.

Ma il politico, rispetto a questi fenomeni grandiosi, è inadeguato, si occupa dell’ovvio dei popoli, si cura del successo e dell’attualità, non si sporge nell’avvenire e, a differenza dell’artista, non dispone di uno sguardo ulteriore.
La miseria della politica propizia il dominio della tecnica (sembrano glosse al presente…). A rimorchio della politica va la giustizia che «segue la politica come gli avvoltoi le campagne degli eserciti». Dei, padri, autorità, eroi tramontano nell’era in cui la prosperità cresce con l’insicurezza.

Tocca all’outsider, che Jünger aveva battezzato già l’Anarca o il Ribelle, avvertire come un sismografo il tempo che verrà. «L’amarezza riguardo ai contemporanei è comprensibile in chi ha da dire cose immense».
Pensieri lucidi e affilati come lame si susseguono nella prosa asciutta e ad alta temperatura di Jünger; a volte sfiorano la storia, i popoli, le culture, le razze.

Precorrendo o incrociando le tesi della Scuola di Francoforte e di Herbert Marcuse in particolare, Jünger nota che la nuova schiavitù e la nuova alienazione non si concentrano più nel tempo della produzione, ma nel tempo libero. La dipendenza si sposta dal lavoro al consumo. Jünger intuisce che la globalizzazione coinvolgerà non solo i popoli più avanzati, ma anche le società feudali e primitive, che rientreranno in pieno nel ciclo della tecnica: e ci pare di vedere le tigri asiatiche, la Cina, l’India e la Corea nel suo sguardo profetico.

Jünger critica la pur grandiosa morfologia della civiltà di Oswald Spengler e incontra invece il nichilismo attivo e poetico di Gottfried Benn e soprattutto il pensiero di Martin Heidegger, che a sua volta studia e fa studiare nei suoi seminari L’operaio e per altri sentieri raggiunge la stessa radura di Jüger, al di là dell’umano.

Ho letto in questi giorni, accanto a Jünger, gli appunti heideggeriani raccolti sotto il titolo La storia dell’Essere dove si respira in altre forme e linguaggi la stessa aria jüngeriana: il dominio planetario della tecnica, la rivoluzione conservatrice, il realismo eroico, il potere di cui i potenti sono esecutori e non dignitari, la guerra e la mobilitazione, la scomparsa dell’umano.

E affiora esplicito il nome di Jünger. Sullo sfondo, come un’allusione che vuol restare in ombra, la tragedia della Germania e dell’Europa.
Quel che alla fine apre all’apocalittico Jünger uno spiraglio di luce nella notte è l’Amor fati, l’accettazione istintiva del destino.

«Tutto ciò che accade è adorabile» scrive Jünger citando Leon Bloy. E una leggera euforia attraversa il paesaggio catastrofico, quasi una musica sorgiva tra le rovine e gli automi.

MV, Il Giornale 2 aprile 2012

 

jeudi, 28 juin 2018

La solitudine siderale di Evola

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La solitudine siderale di Evola

Marcello Veneziani

Ex: http://www.marcelloveneziani.com 

“Ho dovuto aprirmi da solo la via…Quasi come un disperso ho dovuto cercare di riconnettermi con i miei propri mezzi ad un esercito allontanatosi, spesso attraversando terre infide e perigliose”. Così Julius Evola descrive nella sua autobiografia la solitudine siderale del suo cammino. Mezzo secolo fa Evola scese dal cavallo altero dell’impersonalità e si raccontò in un’autobiografia intellettuale che intitolò con spirito alchemico Il cammino del cinabro.

Evola racconta la sua vita attraverso le sue opere e i suoi snodi fondamentali: l’esperienza della Grande Guerra, poi il periodo di pittore dada, quindi la fase filosofica, poi il suo percorso esoterico, infine il suo cammino nella Tradizione. E sullo sfondo, i suoi rapporti con gli artisti e gli iniziati, gli scrittori e i filosofi del suo tempo, le trasgressioni, il suo controverso rapporto col fascismo tra sostegno e dissenso, superfascismo e antifascismo, e poi con i giovani della destra postbellica.

C’è anche il capitolo scabroso del razzismo. Evola fu teorico di un razzismo spirituale che non piacque ai razzisti doc e ai nazisti ma gli restò addosso come il suo peccato originale. Non c’è in lui odio antisemita né alcun fanatismo, c’è perfino una dignitosa coerenza, riconobbe Renzo De Felice. Ma Evola prescinde totalmente dai fatti e dalla tragedia dello sterminio e si attesta solo sui principi; ciò infonde un tono astratto alle farneticazioni della razza, qui ridotte peraltro da lui a “una parentesi” nella sua vita e nella sua opera.

Evola confessa di aver rasentato da giovane “l’area delle allucinazioni visionarie e fors’anche della pazzia” e “una specie di cupio dissolvi, un impulso a disperdersi e a perdersi”. Nelle pagine del Cinabro, a fianco del pensiero e delle opere, scorre la vita, la storia – arricchita dalle note dei curatori – gli ambienti a lui vicini e a lui avversi, le note ostili della questura ai tempi del fascismo, perfino la vicenda di un duello rifiutato da Evola per non abbassarsi al rango dello sfidante che però gli costò la rimozione del grado di ufficiale e gli impedì di partire volontario nella seconda guerra mondiale.

Ci sono gli scontri con alcuni fascisti, c’è la sua fama di mago e c’è perfino l’accenno di Evola al Mussolini superstizioso: “aveva un’autentica paura per gli iettatori di cui vietava che si pronunciasse il nome in suo cospetto”. C’è la storia assurda del processo nel dopoguerra a un gruppo di giovani neofascisti in cui fu coinvolto un Evola del tutto ignaro e ormai paralizzato, vittima di un bombardamento a Vienna. C’è la sua scelta antiborghese e anticonservatrice rivendicata in Cavalcare la tigre ma c’è poi la critica di stampo conservatore al ’68 e alla dissoluzione in atto.

E ci sono gli ultimi capodanni di Evola nella sua casa romana, la sua tazza di brodo di tartaruga, un sorso di champagne e il concerto di Capodanno in tv.

E la cronaca della sua morte, l’11 giugno di 40 anni fa, quando si fece portare davanti alla finestra e morì in piedi, guardando al Gianicolo; e poi i funerali con la sua bara senza croce e senza corteo funebre, secondo le sue volontà, e le sue ceneri disperse dopo vicissitudini tra le cime delle Alpi, che aveva amato e scalato. Evola fu un mito già da vivente, avvolto in un alone di magia.

In queste pagine aleggia un paradosso: un pensatore isolato e in disparte che incrocia nella sua vita e nella sua opera, gli autori, le correnti, gli eventi più salienti del Novecento. A questo paradosso ne corrisponde uno inverso sul piano del pensiero: Evola, fautore della Tradizione e del Sacro, fonda la sua opera su un Individualismo Trascendentale, non solo teorico e psichico ma pratico e magico. Per Evola la verità è solo “un riflesso della potenza: la verità è un errore potente, l’errore è una verità debole”. Un relativismo imperniato sulla potenza, che ne decide il rango e il valore. “Essere, verità, certezza non stanno dietro ma avanti, sono dei compiti”, non dei fondamenti.

Grandiosi piani metastorici in nome della Tradizione, templi sacri, civiltà millenarie dell’Essere ma in piedi resta solo la solitudine stellare dell’Io. Solipsismo eroico. “Debbo pochissimo all’ambiente, all’educazione, alla linea del mio sangue – scrive Evola in queste pagine, sottolineando la sua assoluta estraneità alla tradizione cristiana, famigliare e patriottica – il mio impulso alla trascendenza è centrato sull’affermazione libera dell’Io”. Anzi, avverte Evola, “non vi è avvenimento rilevante dell’esistenza che non sia stato da noi stessi voluto in sede prenatale”. Siamo quasi all’autocreazione, al “self made man” metafisico. Resta sospesa nei cieli la domanda che qui si pone Evola: “Che cosa può venire dopo il nichilismo europeo?… Dove si può trovare un appoggio, un senso dell’esistenza, senza tornare indietro?” Evola rispose che l’unica soluzione era “essere se stessi, seguire solo la propria legge, facendone un assoluto”. Ma non è proprio questa incondizionata libertà la punta più avanzata del nichilismo europeo, non è di questo individualismo assoluto che sta morendo la nostra civiltà? E se fosse l’Individuo Assoluto l’ostacolo estremo alla rivelazione dell’Essere?

Un titanico e aristocratico disdegno del mondo accompagna il racconto biografico di Evola. Ma ogni tanto si apre uno squarcio nel suo severo stile impersonale. Ad esempio quando riporta in queste pagine i giudizi lusinghieri sulle sue opere. Fa tenerezza notare che per lenire il suo isolamento Evola citi queste sporadiche e spesso modeste attenzioni alla sua opera. O quando sfugge al suo stoicismo imperturbabile qualche umanissima amarezza per la scarsa risonanza delle sue opere e per il mancato riconoscimento del suo pensiero: “La grande stampa e la cultura ufficiale rimasero, e anche in seguito dovevano rimanere, sorde”.

Lo stesso Cammino del Cinabro, confessa nella nota d’esordio, fu scritto “nell’eventualità che un giorno l’opera da me svolta in otto lustri sia fatta oggetto di un’attenzione diversa da quella che finora le è stata concessa”. Altri lustri sono passati dalla sua morte ma non sembrano ancora bastati. La solitudine di Evola sfida i secoli.

MV, relazione al convegno su Evola nel 2014, poi pubblicato dalla Fondazione  Evola con le edizioni de Il Borghese

dimanche, 30 novembre 2014

Ripensare Gentile e Gramsci

 

DIEGO FUSARO e MARCELLO VENEZIANI: Ripensare Gentile e Gramsci

dimanche, 28 septembre 2014

Tutto il pensiero in versi dell'antifilosofo Valéry

 
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Paul Valéry è l'intelligenza più acuta del '900. Era un poeta, un filosofo, uno scienziato, uno scrittore, un giornalista o che? Valéry era un'intelligenza pura, e usava sia l'emisfero destro dell'intuizione che l'emisfero sinistro dell'analisi, penetrando il linguaggio e il pensiero.

La sua può definirsi proprio filosofia dell'intelligenza, tesa a comprendere il mondo; l'idealismo e il realismo, lo spiritualismo e il materialismo, il positivismo e il nichilismo, e ogni «ismo» che ci viene in mente, regrediscono a fantasmi, o a sciocchezze, come lui diceva, perché in Valéry c'è la tensione a capire i fenomeni e i noumeni, le cose reali e le cose pensate. Senza umanesimi né filosofemi.

È uscita di recente la prima vera biografia filosofica di Paul Valéry. La scrisse nel 1971, centenario della sua nascita, un filosofo vero, Karl Lövith, e fu il suo ultimo libro prima di morire nel '73. È bello vedere un filosofo d'accademia, già sulle tracce di Nietzsche e Heidegger, chinarsi a cogliere i frutti dell'antifilosofo Valéry e ritenerli più gustosi di quelli offerti dai filosofi di professione. Lovith non azzarda critiche ma ne espone il pensiero, notando che è «il pensatore più libero e più indipendente», più attuale e più inattuale. I Quaderni di Valéry sono uno spettacolo unico dell'intelligenza, il pensiero di una vita, un lavorìo geniale di osservazione e penetrazione durato più di mezzo secolo; cominciato quando aveva vent'anni, e finito oltre i settant'anni, con la sua morte, nel 1945, quando la metà tremenda del Novecento volgeva alla fine. Non è un diario - «mi annoierebbe troppo scrivere quello che intendo dimenticare» - né un emporio di opinioni, ma un lavoro necessario e inutile, come la tela di Penelope, un puro esercizio mentale applicato a osservare il mondo nel suo versante visibile e nel suo versante invisibile. «Avevo vent'anni e credevo alla forza del pensiero - scrive Valéry -. Stranamente soffrivo di essere e di non essere... Ero tetro, leggero, facile alla superficie, duro al fondo, estremo nel disprezzo, assoluto nell'ammirazione».

Non sposa nessun dio, nessun io, nessuna rivoluzione, nessun progresso e nessuna tradizione, né li demolisce. Valéry non ha una sua teoria, e tantomeno un sistema, è puro occhio pensante e voce poetante. Scrive oltre 26mila pagine, 261 quaderni, dalle 5 alle 8 del mattino quando gli sembra «di aver già vissuto con la mente tutta una giornata, e guadagnato il diritto di essere stupido fino alla sera». È quella l'ora al servizio della mente, il primo momento del giorno, «ancora puro e distaccato, poiché le cose di questo mondo, gli avvenimenti, i miei affari non s'impicciano ancora di me». Bisogna tentare di vivere, in raccolta solitudine. «Noi siamo il giocattolo di cose assenti che non hanno nemmeno bisogno di esistere per agire».

Valéry seguì il cammino della poesia assoluta di Mallarmé, ben sapendo che il poeta è il personaggio più vulnerabile della creazione, «cammina sulle mani». Gli dei, sostenne, ci concedono la grazia del primo verso, poi tocca a noi modellare il secondo. Valéry ritenne l'idea della morte la molla delle leggi, la madre delle religioni, l'agente della politica, l'essenziale eccitante della gloria e dei grandi amori, l'origine di tante ricerche e meditazioni. Senza di lei, la vita nuda è pura noia. Noi umani «ansiosi di sapere, troppo felici d'ignorare, cerchiamo in quel che è un rimedio a quel che non è, e in quel che non è un sollievo a quel che è». Sintesi perfetta della nostra imperfezione.
Lo splendore della sua intelligenza si acuisce nei suoi appunti dedicati all'amore, ai corpi, ai sogni. Il cammino del pensiero si accompagna alla musica che «desta e assopisce i sentimenti, si prende gioco dei ricordi e delle emozioni di cui sollecita, mescola, intreccia e scioglie i segreti comandi». Se i Quaderni, usciti in cinque volumi da Adelphi, sono la spina dorsale dell'opera di Valéry, le sue opere poetiche, incluso il poema Il cimitero marino, ne costituiscono il canto. E poi i suoi sparsi scritti, raccolti in antologie e florilegi di aforismi. Restò celebre di Valéry il richiamo alla fine delle civiltà in La crisi del pensiero: «Noi le civiltà ora sappiamo che siamo mortali», scrisse nel 1919. Così Valéry fu iscritto nella letteratura della crisi, avviata da Il tramonto dell'Occidente di Spengler. Nato a Cetty da gente di mare, metà còrso e metà italiano, Valéry colse le tre fonti dell'Europa nella Grecia, in Roma e nella cristianità e trovò nel Mediterraneo il cuore pensante dell'Europa. Per Valéry la nostra epoca è segnata dalla fine della durata, l'avvento del provvisorio e dell'ubiquità, il dominio dell'istante. Per sfuggire a questa tirannide non resterà che costruire chiostri rigorosamente isolati dai media e dalla realtà circostante: «è lì che in determinati giorni si andrà a osservare, attraverso le grate, alcuni esemplari di uomini liberi». Il Medioevo venturo.

Poi c'è il lato occultato di Valéry: il suo elogio della dittatura, in una prefazione a un libro di Salazar, «risposta inevitabile dello spirito quando non riconosce più nella conduzione degli affari, l'autorità, la continuità, l'unità». La visita a Mussolini e poi sulla scia della visione fascista, la fondazione del centro universitario mediterraneo nel '33, come scrive suo figlio François introducendo il taccuino I principi d'an-archia pura e applicata (uscito nell'82 da Guerini e Associati). Vicino a Pétain e poi a de Gaulle, Valéry si sentiva «di sinistra tra quelli di destra, di destra fra quelli di sinistra», anarchico e antipartitico - «più un uomo è intelligente, meno appartiene al suo partito» -, «di nessun colore politico. Io amo solamente la luce bianca». Difatti il pensiero di Valéry non dispensa tesi ma culmina nella luce bianca del Mediterraneo. Non condensa il pensiero in un testo ma nel paesaggio e nelle sue «tre o quattro divinità incontestabili: il Mare, il Cielo, il Sole». La verità esce dalla mente, dai libri e dal tempo e abita quello spazio luminoso. E tuttavia, anche là dove l'umano attinge la sua gioiosa perfezione, nell'armonia col paesaggio e nel ristoro dell'acqua e della luce, la mente non s'abbandona; e avverte che il sole illumina il mondo tramite un atroce dolore: «il tuo bagliore è un grido acuto, e il tuo supplizio brucia i nostri occhi». Lo splendore sorge dal dolore: la gioia della luce ha una fonte dolorosa. Il mistero del sole: nel suo fulgore, il poeta coglie l'incanto divino della luce, il pensatore penetra l'essenza tragica del mondo.

(Il Giornale, 12/11/2012)

samedi, 23 mars 2013

Quel Vate per tutti e per nessuno

Quel Vate per tutti e per nessuno

Creò la liturgia fascista senza essere fascista e disegnò una nuova estetica politica. Ma in fondo fu fedele solo a se stesso

dannunz.jpgGabriele D'Annunzio fu il più grandioso nocchiero che traghettò l'Italia dall'Ottocento al Novecento, dalla piccola borghesia di provincia alla nazionalizzazione delle masse, dalla Belle Époque alla guerra, dalla galanteria all'eros, dalla morale all'estetica, dal cavallo al velivolo e al sommergibile, dal culto romantico del genio e dell'eroe al culto moderno del superuomo, ardito trascinatore delle folle.

Restano in lui vivi i tratti del secolo in cui nacque, quel 12 marzo di 150 anni fa, e restano le tracce di quell'Italia provinciale che sognava il passaggio dalla piccola borghesia alla nobiltà imperiale di Roma o di Parigi, dal decoro alla gloria. D'Annunzio trasfigura quelle origini borghesi e ottocentesche nella modernità impetuosa e guerriera.
«In Italia ci sono soltanto tre uomini che possono fare la rivoluzione: Mussolini, D'Annunzio e Marinetti», disse il massimo intenditore di rivoluzioni, Vladimir Illich Ulianov, detto Lenin. Era finita da poco la prima guerra mondiale e il leader del comunismo mondiale aveva ricevuto a Mosca una delegazione socialista italiana. Ma nessuno dei tre indicati da Lenin era socialista e tutti e tre potevano definirsi, in varia misura, figli di Nietzsche più che di Marx. Ma gli altri due erano poeti e artisti... Questo spiega perché fu Mussolini a fare quella (mezza) rivoluzione. D'Annunzio fu il più famoso anticipatore del fascismo, il suo «san Giovanni Battista». Ma ne fu anche il più grande dissidente. Non si comprende il fascismo, l'estetizzazione della politica, il rituale fascista, il saluto romano, il culto della bella morte e la retorica militare e cameratesca, senza D'Annunzio. Non si può capire la sintesi tra radicalismo di destra e radicalismo di sinistra, tra sindacalismo rivoluzionario e nazionalismo eroico, senza passare per l'opera, i discorsi e la vita di D'Annunzio (che fu parlamentare di destra, poi passò a sinistra - vado verso la vita - e non fu rieletto).
La fusione tra paganesimo e cristianesimo della liturgia fascista è di stampo dannunziano; l'eja eja alalà, il discorso dal balcone, il superuomo affacciato sulle folle, gli arditi, il mito del duce (che D'Annunzio rilanciò nel 1912 in un saggio su Cola di Rienzo). D'Annunzio crea l'habitat in cui prende corpo la mitologia fascista e da cui attinge la sua maggiore fascinazione rispetto alla rivoluzione socialista. Il mito della guerra attraversa tutta l'epoca e permea le intelligenze più vive del tempo; ma D'Annunzio, tra le varie anime letterarie e militari che alimentano il fascismo, è quello che le incarna di più. Stretto è pure il nesso tra fiumanesimo dannunziano e sansepolcrismo fascista; e tracce di D'Annunzio si ritrovano nell'estremo fascismo di Salò, che risente non solo geograficamente della suggestione estetico-eroico-mortuaria del Vittoriale, ormai disabitato del suo capriccioso signore, morto nel '38. Certo, il fascismo fu anche molto altro, e D'Annunzio fu sicuramente molte altre cose, oltre che precursore del fascismo. Di estetica politica in D'Annunzio parlò Thomas Mann, poi Hofmannsthal che ne rimase incantato; ma sarà Walter Benjamin a cogliere l'estetizzazione della politica poi ereditata dal fascismo. Il suo conterraneo abruzzese Gioacchino Volpe, in un saggio sul D'Annunzio politico e combattente, lo considerò creatore di poesia totale, intesa come «arte eroica al servizio della nazione».

Il rapporto fra D'Annunzio e il fascismo-regime fu controverso, fatto di slanci e prove di amicizia ma anche di netto dissenso, a volte taciuto, a volte filtrato, fino alla tentazione antifascista. Che in alcuni dannunziani prese corpo con l'esperienza breve di Alleanza Nazionale (corsi e ricorsi onomastici). Il rapporto fra D'Annunzio e il regime non fu diverso da quello di un altro esteta e combattente famoso, Ernst Jünger, rispetto al nazismo. Jünger, più di D'Annunzio, non amò gli aspetti volgari e torbidi del nazismo, detestò Hitler e partecipò perfino alla congiura anti-hitleriana; ma la sua fama di precursore e scrittore di guerra, il suo prestigio come eroe di guerra (aveva avuto l'onorificenza militare massima) fermarono Hitler dal proposito di punirlo. O, se vogliamo cambiar tempo, luogo e versante ideologico, lo stesso rapporto di amore e timore tra il Vate e il Duce ci fu tra Castro e Che Guevara, anch'egli come D'Annunzio appellato «il Comandante»: la sua morte prematura fu una salvezza per Castro che diventò amministratore delegato del Mito e si liberò di un ingombrante Compagno scontento. Così accadde con D'Annunzio.

Ma l'ultimo D'Annunzio sostenne il fascismo dopo l'impresa africana e le sanzioni: i copiosi doni alla patria, la retorica della guerra che riaffiorava sulle sue labbra, la missione civilizzatrice italiana in Africa, la polemica con la «perfida Albione», il dono alla Patria della croce militare avuta dalla corona britannica. Nel '37 accettò di presiedere l'Accademia d'Italia. Non fu solo ipocrita il carteggio cameratesco e a tratti pomposamente cordiale con Mussolini. L'ultimo D'Annunzio non condivise l'alleanza con la Germania, non solo perché estraneo al razzismo e al fanatismo hitleriano, ma anche perché vedeva in Parigi la grande sorella latina e nei teutonici i grandi nemici dell'Italia irredenta. E in questo era perfettamente in sintonia con Mussolini, anch'egli di formazione filofrancese e antitedesco fino alle Sanzioni.

D'Annunzio non fu mai fascista e tantomeno antifascista, ma restò sempre dannunziano, egli amava se stesso e la propria opera sopra ogni cosa, non si può irregimentare in nessun regime ma solo farsi adorare, e non si sente intellettuale organico a nessun partito. La sua vera aspirazione fu elevare la vita al rango di opera d'arte. Il suo dissenso dal regime, notò Volpe, nasceva dalla sua riduzione da protagonista a testimone della Nuova Italia. Nutriva il polemico rimpianto che la rivoluzione italiana avrebbe dovuto farla lui. La sua impresa fiumana fu l'antefatto del Sessantotto: vitalismo, trasgressione e immaginazione al potere furono celebrati là, nella prima rivoluzione estetica. Quei ragazzi dai capelli lunghi di mezzo secolo dopo erano gli inconsapevoli nipoti di quelle teste pelate: D'Annunzio, Marinetti, Mussolini (e Lenin). D'Annunzio visse più vite in una sola e più epoche in una vita. Servì nella religione della parola e della vita, della patria e della bellezza, un solo dio: Imago sui, l'immagine di sé.