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vendredi, 07 août 2026

La société de la vision privée et la politique postmoderne (et postdémocratique) du spectacle

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La société de la vision privée et la politique postmoderne (et postdémocratique) du spectacle

par Apostolos Apostolou

Source: https://www.destra.it/home/la-societa-della-visione-priva...

La politique du XXIᵉ siècle n’a pas seulement changé dans ses institutions ou dans ses équilibres géopolitiques. C’est la nature même de l’espace public qui est en train de se transformer, et de façon plus profonde. Nous vivons une transformation anthropologique qui modifie la façon dont nous percevons la réalité, construisons le consensus et définissons la vérité. Le collectif recule devant la vision privée, l’expérience est remplacée par sa représentation et la politique assume de plus en plus les traits d’une mise en scène sophistiquée du spectacle.

Nous ne sommes plus simplement dans la société de consommation décrite par les grands penseurs du XXᵉ siècle. Nous sommes entrés dans la société de la représentation permanente, où la vie tend à imiter sa propre image. L’authenticité n’est pas niée : elle est mise en scène. Le fait ne précède plus nécessairement sa représentation, mais naît souvent dans le but même d’être représenté. Chaque expérience personnelle devient un contenu, chaque émotion se transforme en narration publique, chaque geste politique est jugé davantage pour son rendement médiatique que pour ses effets concrets.

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De cette dynamique naît une culture de la vanité victimaire. Chacun revendique son unicité, mais à travers des modèles identiques ; chacun réclame reconnaissance, mais à l’intérieur d’un système qui produit sans cesse de l’uniformité. La différence devient industrialisée et la dissidence réduite à une variante du marché de l’attention.

Le plus grand succès de la société postmoderne consiste à avoir transformé la certitude en la plus efficace des illusions. L’espace du doute se réduit progressivement. La pensée lente, la réflexion critique et la quête existentielle sont remplacées par l’immédiateté des réponses algorithmiques. Les plateformes numériques offrent des confirmations continues, tandis que la communication politique élimine toute zone grise, toute hésitation, toute complexité. Et c’est pourtant dans cet univers apparemment certain que la réalité devient plus fragile et instable.

La politique internationale a su exploiter pleinement cette transformation. Guerres, crises diplomatiques et situations d’urgence sont racontées selon la logique du produit communicationnel. Les images précèdent les événements et orientent souvent leur interprétation avant même que les faits ne soient compris. Le pouvoir ne se mesure plus seulement par la force militaire ou la capacité économique, mais aussi par le contrôle des récits et la production d’impressions.

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Dans ce contexte s’impose une nouvelle technique du pouvoir : la stratégie de l’évitement. Les responsabilités se dissolvent dans les processus automatiques, les procédures numériques et les décisions présentées comme des conséquences inévitables de la technique. Le choix politique se déguise en nécessité administrative, tandis que l’algorithme endosse le rôle d’arbitre neutre de processus qui, en réalité, restent profondément politiques.

C’est aussi la forme la plus sophistiquée de la distance postmoderne. L’adversaire n’est plus affronté ni réfuté. Plus simplement, il est exclu de la sphère de visibilité. Ce n’est pas la censure traditionnelle qui prévaut, mais l’indifférence programmée. Dans le flux ininterrompu des informations, chaque voix peut être facilement submergée sans qu’il soit nécessaire de l’interdire. Le silence devient plus efficace que la répression et l’invisibilité plus puissante que la polémique.

Parallèlement, le citoyen contemporain délègue progressivement une part croissante de son autonomie aux technologies intelligentes. Il ne s’agit pas simplement d’une commodité. C’est une transformation qui touche à la conception même de l’homme. Les algorithmes suggèrent des décisions, classent les désirs, organisent les relations sociales et orientent les comportements. Les choix individuels prennent de plus en plus la forme de probabilités statistiques élaborées par des systèmes computationnels.

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Les solutions deviennent algorithmiques et, précisément pour cette raison, tendent à expulser ce qui rend l’existence authentiquement humaine : le mystère, l’incertitude, l’imprévisibilité. La liberté naît en effet de la possibilité de surprendre et d’être surpris, non de la parfaite prévisibilité des comportements.

Avec la domination progressive des écrans, la dimension collective de l’expérience se dissout également. Chaque événement est aplati sur une même surface visuelle, chaque émotion a la même durée éphémère et chaque crise est rapidement remplacée par la suivante. L’histoire recule devant l’actualité permanente, tandis que la mémoire cède la place à la mise à jour continue du flux numérique.

Naît ainsi une société qui construit sa propre identité à travers une instabilité émotionnelle permanente. L’exposition continue de soi, la recherche incessante de confirmations et l’angoisse de la visibilité produisent une culture marquée par des oscillations cyclothymiques. On passe rapidement de l’enthousiasme à l’indignation, de la dénonciation publique à l’oubli, de l’émotion collective à l’indifférence totale. La vitesse remplace la profondeur et l’intensité prend la place de la durée.

Dans ce cadre émerge aussi une nouvelle forme de nécropolitique. Non seulement comme administration de la vie et de la mort par le pouvoir, mais comme effacement progressif de l’expérience personnelle et de la responsabilité. La soi-disant « culture de l’effacement » n’élimine pas seulement des individus ou des opinions. Elle corrode lentement les conditions mêmes du dialogue public, du pardon, de la mémoire et de la possibilité de reconnaître la complexité de l’histoire.

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La vision privée devient ainsi la véritable idéologie de notre temps. Chacun construit un univers personnel filtré par les algorithmes, protégé des contradictions et nourri de confirmations continues. Mais une démocratie ne peut survivre comme simple somme de mondes auto-référentiels. Elle a besoin d’un espace commun, d’une mémoire partagée, de responsabilité publique et surtout d’imagination politique.

La question décisive de notre époque ne concerne pas simplement la puissance croissante de l’intelligence artificielle ou l’expansion des écrans dans nos vies. La vraie question est de savoir si l’être humain conservera la capacité de douter, de s’émerveiller, d’entrer réellement en relation avec autrui et de construire des significations partagées.

Car lorsque la vie cesse d’être expérience et se limite à reproduire sans fin sa propre image, l’histoire elle-même perd sa force créatrice. Le futur ne naît plus de la rencontre entre liberté et responsabilité, mais du recyclage infini des images du présent. Et c’est précisément là le risque le plus profond de la politique postmoderne du spectacle : une société parfaitement connectée, mais toujours plus incapable de reconnaître ce qui est réel.

jeudi, 06 août 2026

L’anatomie de l’illusion et des barricades algorithmiques

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L’anatomie de l’illusion et des barricades algorithmiques

La lutte de l’intellectuel révolutionnaire pour la vérité à l’ère de la post-vérité

Adnan Demir

Cette étude examine les mécanismes organisés du mensonge institutionnalisés par les régimes compradores et autoritaires modernes afin de préserver leur emprise sur le pouvoir, ainsi que les dynamiques psychopolitiques de l’ère de la « post-vérité ». S’appuyant sur les paramètres de la « Triade noire » (narcissisme, machiavélisme, psychopathie) en psychologie politique, elle analyse les dispositions psychologiques des dirigeants et des élites, tout en expliquant, à travers les théories de la « dissonance cognitive » et du « tribalisme politique », le processus par lequel les masses consentent à cette machinerie du mensonge. L’étude examine le choc ontologique provoqué par ce cynisme organisé lorsqu’il est importé dans les sociétés non occidentales (au sein de la civilisation orientale) et déconstruit la contradiction entre la rhétorique « anti-occidentale » et la dépendance pratique au « capital global ». Dans la dernière partie, dépassant les réflexes individuels de repli, elle théorise des tactiques de guérilla algorithmique et des méthodes de contre-hégémonie révolutionnaire capables de briser les blocages numériques et les barricades de trolls.

La normalisation de la mort de la vérité et du cynisme organisé

Le monde moderne assiste à une ère de « cynisme organisé » qui a dépassé les mécanismes de censure grossiers des dictatures classiques, et qui a été rationalisé et industrialisé à grande échelle. De Donald Trump à Recep Tayyip Erdoğan, les modèles de leadership jingoïste et leurs élites sont capables de répéter, avec un aplomb total et sans la moindre gêne, des mensonges que les données empiriques peuvent réfuter en quelques secondes. Pour les individus sains vivant selon les axes de l’honnêteté et de la rationalité, ce n’est pas une simple déception ordinaire : cela produit un état de paralysie mentale – une « éclipse de la raison » systématique.

Ce tableau ne peut néanmoins pas être lu comme une simple défaillance morale ou une insuffisance intellectuelle des acteurs politiques. Ce à quoi nous sommes confrontés, c’est à une machine psychopolitique sans faille, conçue pour protéger le pouvoir, fabriquer le consentement et soumettre les masses. La première condition pour arrêter cette machine est d’en décrypter les rouages, le fondement philosophique et la psychologie sociale de son acceptation dans le moindre détail.

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Cadre théorique : le mensonge comme instrument du pouvoir et psychologie des masses

Le gaslighting politique et la « Triade noire »

Pour une personne ordinaire, mentir déclenche des élans de conscience, la peur d’être démasqué et un examen moral intérieur. Le fait que ce mécanisme ne fonctionne pas chez les cadres dirigeants jingoïstes est directement lié au cluster de traits défini en psychologie comme la « Triade noire » :

Triade noire = {Narcissisme, Machiavélisme, Psychopathie}

Dans cette typologie de leadership, l’empathie et la culpabilité semblent largement absentes. Pour les élites qui les entourent, défendre le mensonge n’est pas une position morale, mais la plus cruciale preuve de loyauté. Celui qui défend le mensonge du leader avec le plus de ferveur consolide sa place au sein du bloc de pouvoir.

La méthode la plus brutale sur ce plan est le « gaslighting politique ». L’objectif ici n’est pas de convaincre les masses de la réalité du mensonge. Affirmer à la télévision le strict contraire de la réalité dans un climat où l’inflation, l’injustice et la décadence ont atteint leur paroxysme, c’est envoyer le message suivant aux gouvernés: «La vérité n’a aucune importance. Je détiens le pouvoir de déclarer que le noir est blanc, et vous êtes obligés de vous soumettre à cette illusion». C’est une forme de domination psychologique qui pousse l’esprit dissident à douter de la réalité concrète qu’il perçoit, et qui l’asservit ainsi.

Les refuges mentaux des masses et le tribalisme politique

Le fait que la société «accepte sciemment» ou reste silencieuse face à cette immense machine du mensonge s’explique par deux concepts fondamentaux :

Dissonance cognitive :

L’esprit humain ne peut contenir simultanément des informations contradictoires.

Pour un électeur, accepter que le leader auquel il s’est attaché pendant des années par un sentiment d’appartenance quasi-sacré est un menteur ou un exploiteur, équivaut à l’anéantissement de son propre passé et de son identité. Plutôt que de supporter cette lourde douleur existentielle, l’esprit choisit la voie la plus simple: rationaliser le mensonge et se réfugier dans les théories du complot pour préserver sa zone de confort.

Tribalisme politique :

Quand la politique cesse d’être un choix rationnel de gouvernance et devient une guerre tribale, la morale est suspendue. Pour le membre de la tribu, le mensonge du chef est une « tactique de guerre » légitime, lancée pour vaincre l’ennemi (l’opposition). Ainsi, le mensonge n’est pas applaudi comme immoralité, mais comme intelligence tactique.

1. La fracture entre civilisations: choc ontologique de l’Orient et immoralité importée

La civilisation occidentale a, depuis Machiavel, théorisé et institutionnalisé la politique comme un jeu pragmatique d’équilibres de pouvoir, indépendant de la morale. Pour l’individu occidental, le mensonge d’un politicien n’est pas surprenant ; le système tente de limiter ces mensonges par la justice indépendante et des mécanismes de contrôle.

En civilisation orientale, la situation est différente à un niveau ontologique :

Ancienne tradition orientale vs. Élites compradores modernes

Unité de la morale et du politique vs. Outils « post-vérité » importés

Recherche de justice et de sacralité vs. Manipulation débridée et incontrôlée

La philosophie ancienne de l’Orient légitime l’autorité de l’État à travers une compréhension métaphysique de la justice et de la morale. Le leader n’est pas seulement un administrateur, mais un guide de conscience. Par conséquent, les mensonges effrontés proférés en regardant les masses dans les yeux ne constituent pas une déception politique ordinaire dans les sociétés orientales : ils produisent un choc ontologique qui ébranle les piliers millénaires de la justice de la société.

Les élites qui imposent cette immoralité aux masses sont des structures compradores (collaboratrices) qui doivent leur existence et leur légitimité à leurs maîtres occidentaux. Elles importent les technologies de fabrication du consentement et les stratégies de relations publiques développées en Occident. Mais, appliquées à un terrain oriental dépourvu d’institutions d’équilibre, ce qui en résulte est un cynisme organisé absolu, sauvage et sans limites.

2. Anti-impérialisme schizophrène et dépendance globale

Le refuge privilégié des régimes jingoïstes orientaux est le discours « local et national ». Un ennemi extérieur artificiel (l’Occident, les conspirations mondiales) est constamment inventé pour manipuler les masses. Mais cette rhétorique n’est qu’un rideau qui dissimule la dépendance structurelle en coulisse :

Rejet culturel, reddition économique

Tandis que le régime dénonce l’Occident comme immoral et hostile au niveau de la superstructure culturelle, au niveau de l’infrastructure économique il est le plus fidèle exécuteur du capitalisme néolibéral. Celui qui ferme ses portes aux valeurs démocratiques formelles de l’Occident les ouvre grand aux institutions financières occidentales, aux capitaux spéculatifs et aux mécanismes d’exploitation.

Mécanismes concrets de dépendance :

Expropriation et bradage :

Des cadres se disant anti-impérialistes transfèrent la richesse publique, les mines et les infrastructures nationales à des entreprises multinationales occidentales et à des fonds mondiaux.

Servitude financière :         

Pour maintenir leur économie de rente, ils deviennent fortement dépendants du capital financier centré à Londres et New York via des taux d’intérêt élevés.

Reddition juridique :

Ces structures, qui piétinent le droit local contre leur propre peuple, acceptent sans réserve la compétence de tribunaux d’arbitrage internationaux (par exemple, les tribunaux de Londres) dans les contrats conclus avec des capitaux étrangers.

Ce tableau, c’est « l’anti-impérialisme schizophrène ». Le régime qui joue au « lion » sur la scène intérieure implore la légitimité de ses maîtres occidentaux à huis clos, en échange de services de tampon contre la migration, de supplétif militaire et de permis de destruction environnementale.

3. Guérilla algorithmique et contre-hégémonie

Face à un tel blocus, se retirer dans des refuges, faire une détox médiatique ou céder à l’apathie ne peut être le choix de l’intellectuel révolutionnaire. Face à la puissance organisée, la résistance ne peut venir que d’un intellect organisé et de méthodes alternatives :

[BARRICADE DE CENSURE / TROLLS]

[Langage algorithmique & glitch] / [Détournement des plateformes] / [Guérilla QR]

Tactiques de guérilla algorithmique

Pour contourner la censure virtuelle et les armées de trolls, il faut exploiter les vulnérabilités des algorithmes d’intelligence artificielle :

Langage algorithmique (algospeak) :

Coder les concepts politiques sensibles via des métaphores, des émojis et des modifications de lettres pour échapper aux filtres. Désarmer l’IA tout en s’adressant à la capacité humaine de reconnaissance des motifs.

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Glitch et camouflage visuel : 

Incliner légèrement les textes, complexifier les arrière-plans et jouer sur les pixels pour tromper les systèmes de reconnaissance optique de caractères (OCR).

Détournement des tendances (trend-jacking) :

Infiltrer les hashtags artificiellement promus par les trolls pour y diffuser des preuves de corruption du régime et des dénonciations de ses mensonges.

Résistance hybride : relier la rue au numérique

Guérilla QR :

Convertir un document ou un texte analytique censuré sur internet en QR code, puis l’apposer dans les rues, les stations de métro et aux arrêts de bus avec des slogans intrigants. Dépasser les barrières numériques par l’action physique.

Samizdat numérique (e-samizdat) :

Créer des canaux de diffusion d’informations non censurées via des réseaux de messagerie chiffrés, sans serveur central ni algorithme, se propageant de pair à pair (P2P).

Conclusion : l’organisation de l’espoir

L’atmosphère de post-vérité créée par les régimes jingoïstes vise à implanter dans les masses la perception que « jamais ils ne partiront, tout ce que nous faisons est inutile » (l'impuissance apprise). Le principal carburant du régime, c’est le désespoir de la société.

La tâche ultime de l’intellectuel révolutionnaire est de s’inscrire dans la perspective historique indiquée par Antonio Gramsci :         

« Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté. »

Aussi professionnelle que puisse sembler l’organisation du cynisme qui nous fait face, elle est par nature fragile. Parce que les mensonges ne remplissent pas les ventres, ne payent pas les dettes et ne peuvent cacher la décomposition éternellement. Ces régimes finiront par se heurter à la réalité qu’ils ne peuvent plus masquer, à la réalité économique qu’ils ont eux-mêmes créée, et s’effondreront comme des tigres de papier. Résister, c’est construire et protéger, dès aujourd’hui, le port moral, intellectuel et révolutionnaire où la société pourra se réfugier au moment de cet effondrement inévitable.

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À la veille d’un soulèvement mondial

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À la veille d’un soulèvement mondial

Un point de vue chiite

Damir Nazarov

À la veille de la procession funèbre d’Arbaïn, tous ceux qui ont été confrontés à la barbarie, au terrorisme et à la dictature totale de l’oligarchie au pouvoir devraient étudier la voie du légendaire Imam Hussein (paix sur lui), dont l’épée fut brandie comme symbole de la lutte pour la justice contre la tyrannie oppressante de son temps.

Depuis plus de trois ans, nous sommes témoins de la façon dont la kakistocratie américaine, incarnée par le régime Trump, tente d’étouffer la planète entière, quitte à détruire ses vieux alliés, qu’il s’agisse de l’Europe ou du Japon. Le phénomène Trump rappelle une fois de plus à tous les amoureux de la liberté qu’il est temps d’emprunter la voie révolutionnaire, où le principal mot d’ordre de l’humanité devrait être: «la liberté face à l’expansion des autocrates».

Aujourd’hui, nous voyons comment la puissante alliance des néoconservateurs américains, des sionistes et de leurs séides de droite, les loyaux de l’UE, tente de remodeler complètement la communauté internationale à leur image. Aux États-Unis, rares sont ceux qui ne s’inquiètent pas des plans concoctés par les grandes entreprises technologiques de s’emparer des centres de données, puis de tous les types de médias. Désormais, Elon Musk et le Pentagone ne sont plus seulement associés à l’impérialisme d’outre-Atlantique: ils sont devenus un instrument destructeur pour réprimer la liberté humaine partout et en tout temps.

En Europe, malgré l’atmosphère anti-palestinienne dominante, on observe néanmoins un esprit lucide en Espagne, en Irlande, en Slovénie – et regardez ce qui s’est passé en Espagne, où le Maroc, allié proche d’Israël et des États-Unis, a provoqué une crise migratoire. Les sionistes et les néoconservateurs continueront à déstabiliser l’Espagne afin de liquider le principal allié de la Palestine en Europe, lui ôtant complètement sa souveraineté. D’ailleurs, ils ne s’arrêteront pas à l’Espagne.

En ce qui concerne le sionisme, sa croisade ne se limite pas à la réalisation du projet IMEC sur les ossements et les cadavres des habitants du Moyen-Orient. Pour les « cosmopolites radicaux », il s’agit désormais, à l’aide de l’intelligence artificielle, d’anéantir physiquement toute critique et opposition à leurs actions. Ils sont allés si loin que leurs agents aux États-Unis déclarent ouvertement n’avoir que faire du bien-être des Américains ou du déclenchement d’une guerre mondiale, car l’essentiel est «la défense d’Israël».

La situation est assombrie par les alliés de l’empire américano-sioniste au Moyen-Orient, dont les Émirats arabes unis ou le régime syrien sont des exemples frappants. Les Émirats sèment le chaos partout, du Soudan à la Somalie et au Cham, où ils se distinguent par le financement de séparatistes et de combattants locaux. En Syrie, il y a eu un véritable coup d’État avec une trahison flagrante de la part du gouvernement Baas: désormais, à Damas, règne une ancienne branche d’Al-Qaïda syrienne (interdite en Fédération de Russie). Son leader favorise largement l’occupation sioniste et utilise des discours anti-iraniens pour renforcer sa propre dictature. Le but ultime du nommé Ahmed al-Sharaa : intégrer la Syrie à toute coalition dirigée contre le bloc de « l’Axe de la Résistance ».

Le Yazid collectif de notre temps a déjà pris une forme moderne : il est partout, il ne regarde ni la religion, ni la nation, ni votre attachement à telle ou telle idéologie. Sa tâche principale est de vous faire croire que toute forme de résistance est inutile et que leurs plans pour instaurer une dictature totale ne sont qu’une question de temps. Dans une telle situation, il ne faut ni désespérer ni s’attrister, car c’est exactement ce que souhaitent les forces de Satan. Le soulèvement de l’Imam Hussein (paix sur lui) est d’abord une lumière d’espoir pour tous les insoumis au sein de la communauté mondiale. Dans la lutte de la vérité contre le mal, il y a à la fois une « révolte contre le monde moderne » pour reprendre l'expression de Julius Evola, une libération de la classe ouvrière selon le marxisme, et même le slogan des Jacobins «liberté et égalité», qui est aujourd’hui plus que jamais nécessaire à la classe révolutionnaire en formation.

La minorité ne l’emporte pas toujours sur la majorité, mais elle laisse au moins un rayon d’espoir pour les générations futures.

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Le Japon et l’Arabie Saoudite mettent Washington devant le fait accompli

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Le Japon et l’Arabie Saoudite mettent Washington devant le fait accompli

À propos des titres de dette américains. Plus précisément, à propos de

a.) la dette américaine achetée par d’autres pays, et

b.) des mesures d’urgence auxquelles Washington se voit désormais contraint.

Joachim Van Wing

Source: https://joachimvanwing.substack.com/p/japan-en-saudi-arab...

Par l’émission d’obligations, des pays comme la Belgique ou les États-Unis financent leur dette publique. Ce ne sont pas « les pays » en soi, mais le ministère des finances ou le trésor qui achètent ces obligations. Et pas seulement des obligations à dix ans, mais aussi de plus en plus de titres d’État comme les Treasury Bills ou bons du trésor, les fameux T-Bills.

Qui sont les plus grands détenteurs de dette américaine ?

- Le Japon, avec environ 1140 milliards de dollars de réserves, accumulées grâce à des excédents commerciaux sur plusieurs décennies.

- Le Royaume-Uni, avec environ 950 milliards de dollars conservés à Londres par des banques centrales étrangères, des fonds souverains, des banques et des investisseurs institutionnels.

- La Chine, avec environ 660 milliards de dollars provenant d’excédents d’exportation. Ces dollars sont en grande partie recyclés vers les bons du Trésor américain via la Banque populaire de Chine.

- La Belgique, avec environ 470 milliards de dollars détenus par Euroclear pour des banques centrales étrangères, des fonds souverains et des investisseurs institutionnels.

- L’Arabie Saoudite, avec environ 140 milliards de dollars d’obligations américaines. Si l’on ajoute le recyclage des pétrodollars et le commerce garanti en dollars, l’exposition totale monte à plusieurs milliers de milliards.

Cessez-le-feu dans le Golfe Persique

Si vous vous demandez pourquoi Washington et le Pentagone ont soudainement stoppé une nouvelle escalade contre l’Iran, ce n’est pas seulement à cause des stocks de munitions américains épuisés, qui ne peuvent être reconstitués en raison du moratoire chinois sur les exportations. En effet, depuis le 4 avril 2025, les entreprises d’armement occidentales sont coupées de 16 éléments essentiels sur lesquels la Chine détient le monopole mondial: Samarium, Gadolinium, Terbium, Dysprosium, Lutetium, Scandium, Yttrium, Néodyme, Praséodyme, Cérium, Lanthane, Europium, Holmium, Erbium, Thulium et Ytterbium.

Une autre raison s’ajoute désormais. Lorsque l’Arabie Saoudite subit encore davantage de représailles iraniennes, et que ses infrastructures et son industrie pétrolière et gazière sont encore plus endommagées… alors les dégâts sont si importants que l’Arabie Saoudite se voit contrainte de liquider des titres de dette américains pour financer la reconstruction. Cette vente massive, ce dumping d’obligations américaines… c’est ce que Scott Bessent, Wall Street, Capitol Hill, la Maison-Blanche et le Pentagone veulent éviter à tout prix.

La vente de ces obligations américaines n’est pas une menace en l’air de Mohammed Bin Salman. Elle reflète à quel point la position financière de l’Arabie Saoudite est devenue précaire et délicate, maintenant que les exportations de pétrole sont quasiment à l’arrêt et que le budget saoudien est profondément déficitaire. Quelle est l’ampleur du mécontentement de la population saoudienne, jusqu’où ira la grogne du peuple ? Nul ne le sait.

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La crise du Yen japonais

Vous n’avez pas pu manquer la nouvelle: le Yen japonais est tombé en crise ces derniers jours et semaines, la monnaie et les marchés financiers ont chuté, et Washington s’est empressé d’aider d’une manière bienveillante et altruiste.

Les taux d’intérêt américains continuent d’augmenter et creusent désormais un fossé encore plus grand avec le Yen, ce qui fait que le capital fuit le Yen vers les actifs en dollars plus que jamais. Pour stopper cette hémorragie, la Banque du Japon – à la recherche de liquidités – se voit obligée de vendre des obligations américaines.

Et c’est précisément ce que Washington veut éviter à tout prix, car le dumping de titres de dette ferait encore grimper les taux d’intérêt sur la dette américaine. Des taux plus élevés signifient que le gouvernement américain doit payer encore plus d’intérêts sur une dette publique incontrôlable qu’il a de plus en plus de mal à financer.

La solution ? Un sauvetage, où le Trésor américain rachète des Yens japonais, que la Banque du Japon utilise en retour pour acheter des obligations américaines afin de soutenir le Yen. Autrement dit: comment le Trésor américain, via une passerelle japonaise, monétise sa propre dette. Avec ce stratagème, Scott Bessent maintient encore un moment le taux d’intérêt sous les 4,8 %.

Pour conclure

Les États-Unis n’ont aucune marge de manœuvre ni choix politique lorsque des crises géopolitiques risquent de faire monter les taux d’intérêt. Si Riyad et Tokyo menacent de vendre des titres de dette américains, alors le Pentagone cesse le feu au-dessus de l’Iran ou Bessent recourt au « contrôle quantitatif de la courbe de taux par procuration ».

S’il s’avère que cela est possible et que le Trésor américain peut monétiser sa propre dette impunément… cela constitue, pour les acteurs institutionnels, un signal fort de prudence et se traduit inévitablement par une demande croissante d’or comme valeur refuge. Si ce n’est pas possible et que ce tour de passe-passe de Bessent tourne à la catastrophe ou à un boomerang, alors personne ne sait où ira le prix de l’or.

L’administration Trump doit réussir à faire passer tous ces foyers de crise au-delà des élections de Midterm. La montagne de dettes américaine devient de plus en plus difficile à soutenir et même des partenaires historiques comme le Japon et l’Arabie Saoudite sont en difficulté. Les calamités imprévues dans le Golfe Persique ont fait exploser la facture énergétique pour l’économie japonaise et en même temps, les revenus pétroliers saoudiens ont chuté. Si les républicains perdent leur confortable majorité après novembre – ce qui semble probable – alors la chasse juridique au président s’ouvre et toute proposition républicaine échoue au Congrès et au Sénat. L’ingouvernabilité et la gestion en mode panique prennent alors une nouvelle dimension et une nouvelle signification.

20:22 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, finance, japon, arabie saoudite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 05 août 2026

Les limites du Jeu

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Les limites du Jeu

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/i-termini-del-gioco/

Tous les Jeux, même les plus complexes et sophistiqués, ont des limites. Des frontières, disons, qui ne peuvent être franchies. Des frontières qui sont souvent et inévitablement temporelles.

Il semble que Washington prépare une attaque massive contre l’Iran, en collaboration avec Israël.

Et que cette attaque devrait avoir lieu prochainement.

Pour certaines raisons, posées, bien sûr, comme excellentes et irréprochables.

Trump est, probablement, contraint d’agir. Contraint, en premier lieu, par sa relation avec Netanyahu. Qui semble le conditionner et, à certains égards, le tenir sous sa coupe. Je laisse à chacun le soin d’en évaluer la raison.

Il est aussi contraint d’agir pour essayer de ramener un résultat positif.

Car, à ce jour, l’offensive militaire américaine en Iran s’est révélée être un désastre.

Ce n’est pas parce que l’Iran a gagné. Simplement parce qu’il ne s’est pas effondré comme Washington s’y attendait. Et, au contraire, il a riposté coup pour coup. Créant de nombreux problèmes aux États-Unis et, en premier lieu, à ses alliés arabes.

Des alliés qui manifestent désormais un malaise croissant. Au point de risquer de désagréger la coalition américaine.

Laquelle, de plus, semble avoir désormais affecté toutes ses principales ressources militaires à la défense d’Israël.

Laissant, de fait, ses « amis » arabes sans protection ni défense.

Cependant, la raison principale pour laquelle Trump doit agir rapidement est liée à la scène politique interne américaine.

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Aux prochaines élections de Midterm, qui, dans l’état actuel des choses, pourraient s’avérer désastreuses pour les Républicains.

Désormais, Trump est dans son dernier mandat présidentiel. Il n’est plus éligible, malgré certaines déclarations et revendications ponctuelles.

Cependant, il veut, ou plutôt voudrait, garder le contrôle du Parti républicain. Et peut-être pense-t-il à une succession dynastique. A son fils.

Impossible, toutefois, si les Midterms s’avèrent être un désastre total. Non seulement il deviendrait un «canard boiteux» pour le reste de son mandat. Son avenir politique serait annulé. Le sien ainsi que celui de ses partisans.

En vérité, ceux-ci sont de moins en moins nombreux. Car les prises de distance avec l’Administration, et son alignement sur Israël, en s’impliquant de plus en plus dans un conflit qui est étranger aux intérêts américains, augmentent de jour en jour.

C’est désormais un véritable éboulement.

Trump a donc besoin d’un succès dans le conflit iranien. Et il en a besoin rapidement.

Cela pourrait ne pas suffire à redresser la situation. Mais il est désormais trop tard pour trouver une autre issue.

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Inclusion dans le vide

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Inclusion dans le vide

Andrea Zhok

Source: https://www.elviejotopo.com/topoexpress/inclusion-en-el-v...

« Nous disons qu’ils doivent être inclus, mais pour être inclus ils devraient trouver un lieu qui ait une forme, et nos sociétés n’ont pas de forme. »

C’est pour moi un point très important, qui, de manière paradoxalement complémentaire, rapproche la droite et la gauche.

La droite feint que ce qu’est la société (italienne, européenne) constitue une donnée évidente. Elle imagine qu’il suffit d’en appeler à quelque vestige extérieur, à une mémoire nostalgique, à quelque reliquat toujours plus décharné de la tradition passée pour se définir; elle suppose qu’il suffit de parler de l’Europe chrétienne pour donner un contenu spirituel à une société non seulement sécularisée, mais radicalement déracinée et relativiste, et dont, par ailleurs, la droite elle-même cultive intensément la forme la plus franche d’individualisme. La droite parle de communauté, mais pense au népotisme; parle de société, mais pense aux sociétés par actions.

Elle ne fait, et n’a jamais fait, depuis au moins un demi-siècle, rien pour prendre réellement soin de la tradition culturelle italienne et européenne, œuvrant inlassablement en faveur de la marchandisation systématique de chaque instance culturelle, de chaque coutume, de chaque tradition. Ils se gonflent la poitrine avec le «made in Italy» et n’utilisent pas une expression anglaise par hasard, car «Italy» n’est pour eux qu’une marque avec laquelle conquérir des parts de marché, en exploitant un passé qu’ils n’étudient ni ne comprennent.

La gauche, au contraire, se noie dans le marasme abstrait d’un relativisme historique générique, sur lequel elle a d’ailleurs cessé de réfléchir de façon critique au moins depuis les années soixante-dix, finissant par traduire «histoire» par «accident», «hasard» ou «arbitraire». Elle continue de lutter contre des fantômes vidés de leur substance, de l’oppression patriarcale au dogmatisme religieux, du nationalisme au familialisme; elle s’imagine combattre quotidiennement les moulins à vent de Dieu, Patrie et Famille, alors qu’elle ne se souvient même plus du sens de ces mots.

Quand elle pense à la «culture», elle pense à un signe distinctif de classe, qui séparerait les demi-cultivés dotés de diplômes des masses qu’elle considère comme l’abrutissement du sens commun plébéien. Elle conçoit toute normativité informelle, toute attente moyenne et populaire, comme un préjugé abominable et une irrationalité propre au «ventre du pays». Tandis que son propre ventre est sous-traité à la bouillie culturelle américaine, qu’elle imagine comme un «monde sans préjugés».

La société italienne (européenne) n’« inclut » ni n’« accueille », car, pour inclure comme pour accueillir, il faut être QUELQU’UN, il faut savoir ce que l’on est et ce que l’on veut. L’inclusion et l’accueil ne sont ici que des petits mots servant de feuilles de vigne pour cacher l’opportunisme économique («les emplois que les Italiens ne veulent plus faire», «les ressources qui paient nos retraites», etc.). Et tout va bien tant que «l’inclu» et «l’accueilli» restent à leur place comme rouages de notre système. En réalité, la seule règle sociale que nous sommes capables de fournir en toute bonne conscience est: «fais bien ton travail». Mais dès que l’autre prétend être une subjectivité dotée d’une identité propre, et puisque nous ne sommes pas capables d’offrir une orientation normative ni de poser une limite justifiée, l’identité de l’autre devient immédiatement gênante, rugueuse, un choc visuel, un scandale.

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Ceuta est un avertissement: le responsable des migrations de l’ONU, Sutherland, déclare le multiculturalisme incontournable

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Ceuta est un avertissement: le responsable des migrations de l’ONU, Sutherland, déclare le multiculturalisme incontournable

«No Borders» et multiculturalisme forcé pour tous? 

Source: https://report24.news/ceuta-als-mahnmal-un-migrationsbeau...

L’exclave espagnole de Ceuta est sous pression massive. Des dizaines de milliers de personnes prennent d’assaut la frontière parce que le gouvernement de Madrid légalise les migrants illégaux et que les tribunaux rendent les expulsions plus difficiles. Cette invasion est la conséquence logique d’une politique migratoire systématiquement préparée et menée depuis des années. Par des hommes comme Peter Sutherland.

En Espagne, l’une des plus grandes «campagnes de régularisation» d’Europe a eu lieu: plus de 1,2 million de personnes en séjour illégal devraient être légalisées par le gouvernement de gauche. Un tribunal espagnol a également déclaré problématiques les «expulsions à chaud» à la frontière, interdisant de facto à la police le contrôle des frontières. Résultat: selon les autorités et les vidéos, entre 50.000 et 60.000 personnes venant du Maroc ont franchi les limites de l’exclave espagnole de Ceuta fin juillet.

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C’est la conséquence d’une politique de frontières ouvertes poursuivie pendant des décennies, que l’Union européenne a encore intensifiée depuis 2015. Une figure centrale de cette politique était Peter Sutherland (photo), ancien commissaire européen irlandais, ancien patron de Goldman Sachs et longtemps représentant spécial de l’ONU pour les migrations internationales. Sutherland, qui présidait également le réseau globaliste de la Trilateral Commission (une sorte de WEF clandestin), ne cachait pas ses positions sur la politique migratoire.

En juin 2012, il expliquait sans détour devant la sous-commission européenne de la Chambre des Lords britannique de quoi il s’agissait. Sur l’homogénéité nationale, il déclarait: «Il est impossible d’imaginer que le degré d’homogénéité impliqué par l’argument alternatif puisse survivre, parce que les États doivent devenir plus ouverts vis-à-vis des personnes qui les habitent, comme l’a démontré le Royaume-Uni». Et à propos des sociétés européennes: «… qui entretiennent encore un sentiment d’homogénéité et de différence par rapport aux autres… Et c’est précisément ce que l’Union européenne, à mon avis, devrait s’efforcer de déconstruire».

Sutherland soutenait que le développement de «États multiculturels» était inévitable – «aussi difficile soit-il d’expliquer cela aux citoyens de ces États» – peu importe à quel point il serait difficile de le faire comprendre aux citoyens. Les États devaient être plus ouverts à tous les habitants de la planète, et l’UE devait activement contrer le fait que les pays européens s’accrochent à un sentiment d’homogénéité nationale et de différence entre nations. L’homogénéité n’est ni souhaitable ni viable pour l’avenir. Les citoyens auraient peut-être du mal à comprendre, mais cela ne change rien à la direction politique. Ce n’est rien d’autre que le mantra mensonger des globalistes: «La diversité est notre force».

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Lorsque Angela Merkel a ouvert les frontières en 2015, Sutherland était enthousiaste. En novembre 2015, il a salué son «leadership remarquable». En février 2016, il l’a explicitement qualifiée d'«héroïne» et raconté lui avoir soufflé lors d’une conférence à Malte: «Vous êtes une héroïne», car elle défendait une vision morale au prix de sa propre position politique. La vision de la destruction des peuples et des États européens.

Pour des acteurs comme Sutherland et les réseaux dans lesquels il évoluait, les citoyens des États occidentaux ne sont pas porteurs d’une histoire et d’une identité propres, mais simplement de la matière interchangeable. Les nations sont considérées comme des constructions dépassées, l’identité nationale comme un obstacle. Les peuples d’Europe sont écartés au profit du projet d’un monde sans frontières. Leur identité est détruite, leur cohésion brisée, leurs nations abolies.

Ceuta n’est que le dernier symptôme de cette politique d’autodestruction européenne. À elle seule, la population de l’Afrique augmente d’environ 100.000 personnes par jour. Il est tout simplement impossible d’accueillir ces masses en Europe et de continuer à exister en tant qu’Europe. Ceux qui ne protègent pas les frontières par tous les moyens nécessaires perdront l’Europe. L’alternative n’est pas humanité ou fermeture. L’alternative est: garder le contrôle ou perdre ses propres pays. Pour les globalistes comme Sutherland, Merkel ou von der Leyen, l’abolition des nations européennes est manifestement un objectif. Pour les citoyens européens, ce serait une catastrophe.

mardi, 04 août 2026

Trump à propos de l’Ukraine: «Nous prenons ce que nous voulons»

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Trump à propos de l’Ukraine: «Nous prenons ce que nous voulons»

Source: https://report24.news/trump-ueber-ukraine-wir-nehmen-was-...

Donald Trump exprime ouvertement le prix que Washington attend en échange de son soutien à l’Ukraine. L’accord sur les matières premières avec Kiev est qualifié par le président américain d’excellente affaire et il affirme que les États-Unis pourraient « y prendre à peu près tout ce qu’ils veulent ». Juridiquement, cela peut sembler exagéré – mais politiquement, cela décrit assez précisément la ligne américaine.

Dans une interview accordée à la chaîne américaine conservatrice « Real America’s Voice », Trump est revenu sur le contrat relatif aux ressources avec l’Ukraine. Les États-Unis se seraient assurés un accès aux terres rares, a-t-il expliqué. «Nous pouvons y aller à tout moment et prendre à peu près tout ce que nous voulons», a déclaré le président. Selon lui, cet accord pourrait rapporter à l’Amérique plus de 300 milliards de dollars. Pour Trump, la chose est claire: Washington n’a pas soutenu Kiev pendant des années avec des armes et des milliards pour ensuite se retrouver les mains vides.

L’aide militaire n’a jamais été un cadeau

Le ton est rude, mais l’attitude sous-jacente n’est pas nouvelle. Les grandes puissances ne distribuent ni armes ni milliards par charité. Les États-Unis ont soutenu l’Ukraine militairement, financièrement et politiquement parce que ce pays est important pour leur propre stratégie vis-à-vis de la Russie. Sous Trump, un autre aspect s’ajoute désormais ouvertement: le soutien apporté doit être rentable économiquement. L’accord signé en avril 2025 pose les bases de cette rentabilité. L’Ukraine conserve formellement la propriété de ses ressources naturelles et continue de décider des droits d’exploitation et des licences.

Washington ne peut donc pas simplement occuper des mines ou transporter des ressources sans contrepartie. L’affirmation de Trump selon laquelle on pourrait prendre ce qu’on veut ne figure pas dans le contrat. Ce document offre toutefois aux États-Unis de vastes avantages. Un fonds commun de reconstruction doit bénéficier des revenus des nouveaux projets sur les matières premières. Il ne s’agit pas seulement des terres rares, mais aussi du lithium, du titane, de l’uranium, du graphite, du nickel, du cuivre, du pétrole et du gaz. Les gisements qui sont essentiels pour l’armement, les batteries, l’approvisionnement énergétique et l’industrie moderne sont au cœur de l’accord.

Washington obtient un accès privilégié

La partie américaine obtient, pour les nouveaux projets, des possibilités de négociation et d’investissement privilégiées. Même pour l’achat ultérieur des ressources extraites, les entreprises américaines devraient être les premières à pouvoir en profiter. L’Ukraine reste officiellement propriétaire de ses ressources, mais Washington participe activement à leur futur développement. D’autres prestations militaires américaines peuvent également être considérées comme une contribution au fonds commun. De nouvelles armes, des formations ou d’autres aides seraient alors non seulement des soutiens, mais aussi une part d’un modèle économique de participation.

Les États-Unis fournissent, l’Ukraine ouvre ses futurs projets sur les matières premières. Ce n’est pas une vente directe du pays, mais ce n’est pas non plus le soutien désintéressé tel qu’il a été présenté pendant des années en Occident. Trump ne s’en cache pas. Alors que son prédécesseur Joe Biden justifiait l’aide à l’Ukraine principalement par des phrases creuses sur la démocratie, la liberté et les valeurs occidentales, Trump parle de revenus, de participations et de droits d’accès. Il traite la politique étrangère comme une affaire et évalue son succès à ce que les États-Unis en retirent.

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L’Europe paie, l’Amérique s’assure des droits

Pour l’Union européenne, la situation est particulièrement décevante. Bruxelles et les gouvernements européens ont également investi bien plus de cent milliards d’euros en Ukraine. Ils financent le budget de l’État, fournissent des armes, prennent en charge les coûts des réfugiés et doivent en outre assumer une grande partie de la reconstruction. Mais des droits concrets d’accès aux projets de ressources ukrainiennes ont surtout été sécurisés par Washington. Les Européens paient et parlent de solidarité. Les Américains paient aussi, mais se font accorder contractuellement des privilèges économiques. Trump dit simplement plus fort que les autres de quoi il s’agit.

Washington a déjà intégré les conséquences économiques de la guerre dans ses calculs, tandis que les Européens croient vraiment qu’ils pourront un jour, d’une manière ou d’une autre (et seulement si l’Ukraine «gagne» contre la Russie), imposer des réparations à Moscou. Tandis que les Européens misent tout sur une seule carte, les Américains gardent, même dans le pire des cas, l’accès aux ressources naturelles du reste de l’Ukraine. Cela explique aussi pourquoi les politiciens de l’UE restent si agressifs, alors qu’à Washington, on adopte une attitude beaucoup plus détendue.

L’Allemagne sur la voie du capitalisme de Manchester

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L’Allemagne sur la voie du capitalisme de Manchester

Par Peter Haisenko 

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/203282

À l’origine, je voulais intituler « Retour au capitalisme de Manchester ». Mais après réflexion, je suis arrivé à la conclusion que cette forme brutale de capitalisme n’a jamais existé en Allemagne. On ne peut pas retourner là où l’on n’a jamais été. Pourquoi ce chemin est-il emprunté aujourd’hui ?

L’Empire britannique était aussi le maître des finances mondiales et de leurs règles. Les terres allemandes en ont toujours été exclues. Même après la fondation du Reich allemand, la situation y était différente de celle de l’Angleterre ou de l’Amérique. Le Reich allemand suivait les règles intelligentes de Friedrich List et était, de ce fait, nettement plus performant que les États anglo-américains. De même, les « tigres asiatiques » organisent leur économie selon les théories de List, ce qui explique en partie leur succès. Hitler aussi a détourné l’Allemagne des griffes du capitalisme anglo-saxon. Churchill aurait dit que le crime de l’Allemagne était qu’elle ne se laissait plus exploiter par ce capitalisme.

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Après la Seconde Guerre mondiale, la RFA s’est dotée de l’« économie sociale de marché ». Elle a si bien fonctionné que les puissances occidentales victorieuses l’ont tolérée à contrecœur. Mais cela n’a été accepté que tant que la RFA était un État-frontière face à l’URSS. En 1990, après la « victoire du capitalisme », il a fallu, pour l’Allemagne réunifiée, démanteler peu à peu cette économie sociale de marché si efficace. Dès 1990, les grilles de salaires ont été élargies vers le bas et les règles concernant l’argent ont été modifiées progressivement au profit du grand capital. Les oligarques ont pu apparaître et, grâce à leur puissance financière, dominer la politique. Nous voyons aujourd’hui où cela nous a menés. Le fossé social ne cesse de s’élargir et aujourd’hui, une vingtaine de personnes « possèdent » autant que la moitié de l’humanité. La pauvreté se répand.

Le capitalisme de Manchester symbolise l’exploitation impitoyable de la « main-d’œuvre humaine »

Mais ce n’est qu’avec le capitalisme de Manchester que l’on va au bout de cette logique. Les acquis sociaux obtenus au fil de décennies doivent désormais être démantelés. L’assurance maladie, qui a bien fonctionné pendant plus de 70 ans, est ébranlée dans ses fondements.

Même les réglementations sur le temps de travail doivent être plus ou moins supprimées.

Le chancelier Merz veut supprimer les jours de carence en cas de maladie. Dès le premier jour, il veut exiger un certificat médical ou même supprimer le maintien du salaire pour les premiers jours d’arrêt maladie.

Partout, les salaires sont réduits et les conventions collectives contournées.

Des entreprises entières sont vendues, changent continuellement de propriétaire, et tout cela enrichit encore davantage les banques, car ces rachats sont en grande partie financés par le crédit. Avec de l’argent qui n’existe en réalité pas. Ainsi, la protection contre le licenciement est contournée, car les entreprises n’existent alors plus.

D’un autre côté, la bureaucratie et ses employés prolifèrent à tel point que des projets, autrefois réalisés en quelques années, prennent désormais des décennies, voire ne sont plus du tout menés à bien.

L’âge de la retraite doit être porté à 70 ans et les pensions réduites. Et les fonctionnaires ? Ils restent largement épargnés.

Jusqu’en 1990, la RFA avait des standards sociaux exemplaires et tout fonctionnait à la satisfaction générale des citoyens. Il convient de se demander pourquoi il a fallu changer quoi que ce soit. La réponse la plus probable est que, dans le capitalisme désormais « libéré », les marges bénéficiaires pour les puissants de la ploutocratie n’étaient pas suffisantes. Jusqu’en 1990, donc jusqu’à la victoire du capitalisme, ce dernier devait constamment prouver qu’il était le meilleur système pour le bien-être des citoyens. Une fois la concurrence disparue, le capitalisme a pu montrer sans honte son vilain visage. Nous avons découvert le «turbo-capitalisme» puis le «capitalisme prédateur». Et pour couronner le tout, nous avons maintenant un chancelier qui a occupé pendant des années un poste de direction chez BlackRock. Il pourrait être soupçonné de servir davantage ses anciens maîtres que la RFA et ses citoyens. En violation de son serment.

Capitalisme + démocratie = guerre permanente – interne et externe

Partout dans le monde, on constate que ce capitalisme débridé détruit les sociétés. Cela concerne non seulement l’équilibre social, mais aussi le consensus sociétal. Nous sommes tout près de «conditions de la République de Weimar». Les prévisions pour les élections au Sénat à Berlin sont désastreuses. Aucun parti n’obtiendra plus de 20 % des voix. Comment former un gouvernement qui puisse satisfaire au moins une majorité des électeurs? Sans parler d’obtenir des résultats utiles. Et puis la «barrière» contre l’AfD. Comme on le voit au niveau fédéral, des coalitions sont formées qui ne peuvent être qualifiées que de folles. Les taux d’approbation de ce « gouvernement » et de son chef le prouvent clairement. Mais une chose les unit: personne ne s’oppose sérieusement à la voie vers le capitalisme de Manchester. Sauf la gauche et l’AfD, et on s’étonne alors que ces deux partis attirent autant. Non, les Allemands ne veulent pas ce genre de capitalisme, mais qu’importe pour les « démocrates » qui servent en réalité les capitalistes ?

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Et puis « notre démocratie ». Quelle démocratie est-ce, si un chancelier et son gouvernement ne démissionnent pas immédiatement alors qu’ils n’obtiennent plus que 13 % d’approbation pour leur « travail » de la part des électeurs ? Est-ce suffisant pour dire que ce gouvernement ne sert pas son souverain, le peuple ? Aussi à l’international. La majorité des Allemands ne veut pas de guerre avec la Russie et ne veut pas non plus continuer à donner des centaines de milliards à Kiev alors que l’argent manque partout dans le pays. Mais à quoi sert l’argent si nous avons une surabondance de bureaucrates et d’autres diplômés inutiles, mais trop peu de travailleurs qualifiés productifs ? Tandis que les premiers sont choyés, les seconds voient leur vie devenir de plus en plus difficile – y compris à cause de ces bureaucrates. Aujourd’hui, seuls environ 20 % occupent un métier productif, tandis que les autres vivent joyeusement du travail de ceux-ci.

Les dirigeants n’assument aucune responsabilité pour leurs actions

Pour que cela perdure, il faut contraindre les productifs à toujours plus de travail. Il n’y a qu’une seule voie, celle du capitalisme de Manchester. Comme autrefois, c’est aussi le cas aujourd’hui. Une « classe » privilégiée se nourrit du travail de ceux qui sont contraints à toujours plus de travail utile. L’histoire a montré que cela doit tôt ou tard mener à des soulèvements et des révoltes. Parfois sanglantes. Ces conditions ont conduit à l’invention du communisme et à son succès. Ce qui est ironique, c’est que capitalisme et communisme ne diffèrent pas vraiment. Dans les deux, il y a une « nomenklatura » privilégiée et trop de gens doivent vivre dans la pauvreté. Le communisme a pratiquement disparu et il en sera de même pour le capitalisme brutal. Tôt ou tard, mais cela viendra.

La RFA, tout l’Occident, se trouve dans un scénario de fin des temps. On essaie sans réfléchir de retarder la fin inévitable avec des crédits insensés. Mais cela aussi a une fin. Que reste-t-il pour masquer ses propres échecs ? La guerre, quoi d’autre, et le chemin vers celle-ci raccourcit de plus en plus. Ce n’est pas le gouvernement qui est responsable, mais les électeurs stupides qui donnent sans réfléchir leur voix à ces gouvernements aventureux. Oui, c’est « notre démocratie », où plus personne n’a à assumer de responsabilité. Et même pas être tenu responsable, car tout est strictement exécuté conformément à la réglementation. N’en avez-vous pas assez d’être toujours servi avec les mêmes « arguments » : C’est la règle, c’est la loi, on ne peut rien y faire. Il en va de même pour le chemin vers le capitalisme de Manchester. Tout se fait selon la loi en vigueur et est, bien sûr, démocratiquement validé. Reste la question : comment mettre fin à cette impasse ? Sans effusion de sang et sans guerre ! C’est ce que veulent les citoyens, mais est-ce aussi le cas pour nos « dirigeants » ? Je pense que cette question est légitime.

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À propos de l’auteur :

Peter Haisenko est écrivain, propriétaire des éditions Anderwelt et éditeur d’AnderweltOnline.com (https://anderweltverlag.com/ et https://www.anderweltonline.com/ )

Il existe une voie douce pour sortir du capitalisme d’exploitation, appelée « l’économie de marché humaine ». Ce modèle pour un nouveau système fondamental rend impossible l’accumulation de milliards. Il ne favorise plus la cupidité, mais encourage la cohésion sociale et une économie durable. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que le citoyen ne remarquera pratiquement aucune différence dans sa vie quotidienne. À part le fait qu’il aura soudain environ 30 % de revenus en plus à sa disposition. Renseignez-vous et commandez votre exemplaire de « L’économie de marché humaine » directement auprès de l’éditeur ici ou achetez-le en librairie ( https://anderweltverlag.com/p/die-humane-marktwirtschaft ).

Comment la finance est en train d’effacer l’économie réelle en Occident

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Comment la finance est en train d’effacer l’économie réelle en Occident

L’économie occidentale a connu des changements profonds au cours des quatre dernières décennies: si par le passé la richesse était créée par la production, aujourd’hui, la prospérité apparente est déterminée par les marchés financiers.

par Dario Tagliamacco

Source: https://www.cese-m.eu/2026/07/come-la-finanza-sta-cancell...

Au vingtième siècle, la richesse d’une nation reposait principalement sur sa capacité productive, sur l’industrie, le secteur énergétique et les manufactures. Aujourd’hui, les fonds de pension, les bourses, les fonds d’investissement et les marchés actions sont devenus le centre du système économique occidental. Après des décennies de désindustrialisation, il est désormais assez évident que la finance n’est plus un outil au service de l’économie réelle, mais qu’elle est devenue l’économie elle-même.

La finance a engendré un univers auto-référentiel qui, dans de nombreux cas, est totalement déconnecté de la réalité: en effet, dans des contextes de stagnation économique, de faible croissance et d’inégalités croissantes, les bourses mondiales enregistrent des records historiques. Les entreprises affichent des croissances qui dépassent les données réelles, tandis que les banques centrales injectent des liquidités qui soutiennent artificiellement un système qui, autrement, montrerait ses faiblesses. De nombreux analystes parlent d’un «monde parallèle de la finance», un système qui génère une richesse nominale pour quelques-uns et qui repose sur des fondations très fragiles.

Aujourd’hui, les marchés financiers opèrent de manière indépendante de l’économie réelle: les valorisations des actions ne reflètent ni la productivité, ni les salaires, ni la croissance réelle d’un État. Ce n’est pas un hasard si, alors que les marchés financiers croissent, on observe des récessions, des crises économiques et des stagnations industrielles.

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La financiarisation de l’économie a conduit à la croissance exponentielle des produits financiers dérivés, des spéculations et des stratégies de trading algorithmique. De plus, le rôle des banques centrales est devenu fondamental dans le soutien des marchés, via des politiques monétaires expansives et l’achat d’actifs — terme qui, dans le trading financier, désigne tout ce qui est échangé sur le marché, comme les actions, obligations, devises ou matières premières.

Des banques comme la Federal Reserve, la Banque Centrale Européenne et la Banque du Japon ont, ces dernières années, joué un rôle central dans le maintien de l’équilibre des marchés financiers, utilisant des outils comme le quantitative easing, une politique monétaire non conventionnelle utilisée par les banques centrales pour stimuler l’économie en augmentant la masse monétaire par l’achat de titres financiers, des taux d’intérêt proches de zéro et des opérations de refinancement qui ont injecté des quantités immenses de liquidités dans le système.

Depuis les années 1980, avec la libéralisation des mouvements de capitaux, la déréglementation des banques et la mondialisation, les profits issus des activités financières ont commencé à dépasser ceux de la production industrielle. De nombreuses entreprises occidentales ont progressivement changé leurs objectifs, passant de la production à l’optimisation financière. Ainsi, à l’époque contemporaine, le but d’une grande entreprise n’est plus seulement de produire des biens ou des services, mais de garantir des dividendes à ses investisseurs.

La conséquence de ces choix est qu’une part de plus en plus importante des ressources économiques est destinée aux marchés financiers, au détriment des investissements productifs. La grande liquidité injectée par les banques centrales ne s’est pas traduite par une croissance de l’économie réelle, car la majeure partie a afflué dans la finance, faisant croître les actifs et alimentant des bulles spéculatives.

La financiarisation du système économique crée une richesse qui ne correspond pas à une augmentation réelle de la valeur économique: en effet, lorsque les bourses enregistrent une croissance, la valeur des actions augmente, générant des profits pour les investisseurs et les banques, mais cette richesse est fictive, car fondée sur des attentes, des liquidités et des dynamiques spéculatives qui ne sont pas reliées à la croissance réelle.

Ce phénomène se manifeste dans de nombreux cas chez les grandes entreprises technologiques qui atteignent des niveaux de valorisation extrêmement élevés par rapport à leurs profits réels. Tout le système financier fonctionne sur des logiques d’expansion permanente des valeurs, sans lien avec la réalité économique du monde réel.

Cette dynamique a des effets sur la redistribution des richesses: les bénéfices de la croissance financière se concentrent entre les mains de quelques acteurs, tandis que la majorité des populations est totalement exclue de ces gains, ce qui contribue à l’augmentation des inégalités et à la fragilité de la société.

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La séparation entre capitalisme financier et capitalisme industriel a entraîné une immense concentration du pouvoir du marché financier américain, dominé par les grands fonds: Vanguard, BlackRock et State Street. Les investissements de ces fonds gonflent la valeur des actions des Big Tech au-delà des profits réels que celles-ci pourraient réaliser en termes de chiffre d’affaires et de bénéfices.

Un système basé sur une abondante liquidité, une dette croissante qui ces dernières années a atteint des niveaux sans précédent et dont l’augmentation est étroitement liée à la création monétaire par les banques et au fonctionnement du système financier, et des valorisations élevées, est intrinsèquement instable. Des événements exceptionnels, des changements de politique monétaire et des crises économiques peuvent provoquer des corrections brusques et violentes sur les marchés financiers.

Les guerres qui se déroulent aujourd’hui dans des zones stratégiques de la planète, comme le Moyen-Orient, essentielles pour la production des principales sources d’énergie telles que le pétrole et le gaz, indispensables au développement des nouvelles technologies, provoquent une inflation élevée, des récessions économiques, du chômage et font exploser la bulle spéculative des marchés, entraînant la destruction de la richesse réelle.

Le bien-être des peuples ne peut être fondé sur les spéculations des marchés financiers, mais doit reposer, comme par le passé, sur la capacité de l’industrie et de l’agriculture à renforcer leurs activités, afin d’assurer une croissance réelle et constante de l’économie sur le long terme.

lundi, 03 août 2026

Derrida et la machine de mort américaine - Porte d’entrée vers l’apocalypse

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Derrida et la machine de mort américaine

Porte d’entrée vers l’apocalypse

Ali-Mohammad Mohajer Nasser

Source: https://www.multipolarpress.com/p/derrida-and-the-america...

Ali-Mohammad Mohajer Nasser utilise la philosophie de Jacques Derrida pour examiner comment l’ordre libéral mené par les États-Unis s’est auto-déconstruit à travers ses propres revendications et contradictions.

1er août 2026. Washington a publié un avis de sécurité exhortant tous les citoyens américains à quitter l’Asie de l’Ouest. Plusieurs agences de presse rapportent que les États-Unis et Israël préparent une attaque de grande envergure contre les infrastructures énergétiques et électriques de l’Iran. De l’autre côté, les signes de la préparation de Téhéran à une riposte sévère se font de plus en plus forts. Les médias néo-conservateurs américains évoquent avec jubilation l’arrivée d’une «ère de la bougie» sur notre région.

L’arène politique et militaire ressemble de plus en plus à une roulette russe. Les États-Unis – qui se présentaient longtemps comme le défenseur de l’ordre juridique d’après-guerre – menacent désormais ouvertement et sans détour de commettre des crimes de guerre.

Le régime sioniste, ravi de l’inimitié entre musulmans et chrétiens, se prépare à ajouter une nouvelle ignominie aux annales des crimes contre l’humanité. Netanyahu, enhardi par la récente opération sécuritaire victorieuse de son gouvernement contre l’Espagne, semble désireux de s’attribuer le mérite d’avoir persuadé l’Amérique de déclencher une apocalypse régionale.

L’Amérique, avec son vaste réseau de think tanks d’élite et d’académies diplomatiques, réduit aujourd’hui son message à l’Iran à un seul impératif: meurs, ou nous te tuerons. C’est comme si cette puissance vieille de deux cent cinquante ans ne savait même plus parler anglais, son vocabulaire s’étant effondré dans la contrainte, la force, la mort et la menace d’anéantissement.

C’est là le langage terminal de la démocratie libérale elle-même – ce même régime qui fut autrefois présenté comme l’aboutissement du progrès humain, le stade final de l’évolution civilisationnelle. La même puissance qui prétendait fonder son ordre international sur les droits de l’homme et la dignité humaine se tient désormais nue, ses prétentions universalistes révélées comme le voile d’une réalité bien plus primitive. Toute pensée critique doit désormais affronter l’héritage d’une tradition – humanisme, Lumières, libéralisme – qui a engendré ce monstre.

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La guerre ne commence pas seulement avec des missiles. Parfois, la première détonation est celle du langage. Quand la destruction de l’infrastructure vitale d’un pays est proposée non pas comme un dernier recours, mais comme une option routinière dans l’analyse politique et médiatique, il se passe quelque chose de plus profond qu’une simple menace militaire. Les mots eux-mêmes peuvent redéfinir les frontières de ce que signifie être humain.

L’ordre international d’après-guerre reposait sur l’idée que même la guerre devait être soumise à des règles. Les Conventions de Genève et le droit international humanitaire sont fondés sur le principe qu’il faut préserver une distinction entre les cibles militaires et la vie civile – que la souffrance humaine ne doit jamais être réduite à un instrument de politique. En pratique, ces principes ont été violés d’innombrables fois: Vietnam, Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Gaza. Pourtant, l’existence même de ces règles reconnaissait que la force brute à elle seule ne pouvait fonder la légitimité.

Mais lorsque la destruction du réseau électrique d’une nation – dont dépend la vie quotidienne de millions de personnes – entre dans le vocabulaire ordinaire de la politique, la question n’est plus seulement celle de la compatibilité avec le droit international. Une question plus vaste et empreinte d’une ironie amère surgit : qu’est devenu cet ordre qui prétendait avoir été construit justement pour limiter la guerre ? Un tel ordre a-t-il jamais vraiment existé ?

Cette interrogation nous mène vers le territoire sombre de la déconstruction – un domaine où l’on affronte non seulement la violation d’une loi, mais l’autodestruction de la fondation discursive de la loi elle-même. Jacques Derrida nous a appris que tout texte – et tout ordre politico-juridique est un texte – est bâti sur la différAnce : le sens et la légitimité découlent de l’exclusion de «l’autre» et de la répression des contradictions internes. Mais précisément au moment où un système revendique la pleine « présence » et la fondation ultime, cet « autre » exclu revient pour en déstabiliser les fondements.

la-charte-des-nations-unies-mini-format.jpgL’ordre libéral d’après-guerre reposait sur un clivage sacré: «nous» – les civilisés, soumis à des règles – contre «eux» – les barbares, sans loi. Les Conventions de Genève, la Charte de l’ONU, la promesse kantienne de la «paix démocratique»: tout visait à tracer une ligne nette entre la guerre légitime (défensive ou humanitaire) et la guerre illégitime (agressive et barbare).

Mais aujourd’hui, l’Amérique – représentante plénipotentiaire de cet ordre – présente ouvertement le bombardement d’infrastructures civiles vitales comme une «option de routine». Le clivage s’effondre: l’Amérique n’est plus la puissance civilisatrice qui fait la loi; elle devient le barbare, sans loi. Quelle différence réelle subsiste-t-il entre la menace de crimes de guerre par l’Amérique et la menace de génocide par Daech? Les deux parlent la langue de la mort pure. Daech, du moins, était franc. Mais l’Amérique, avec la même bouche qui parle des «droits de l’homme», annonce une «ère de la bougie» pour notre région. Cette contradiction dissout si complètement la frontière entre «civilisé» et «barbare» qu’il ne subsiste aucune «présence» métaphysique du Bien.

Derrida parlait de la rature – le sous-effacement: un mot barré mais encore lisible, signalant que sa «présence» est impossible. L’histoire de l’ordre américain est précisément celle de cette rature permanente: on maintient la Charte de l’ONU et les droits de l’homme comme «texte de surface» pour préserver l’image d’une «puissance liée par la règle», mais en dessous, à chaque bombe, à chaque sanction paralysante, on inscrit la «force brute» qui annule ce texte de surface. Aujourd’hui, cette rature est si prononcée que le texte original – la loi elle-même – n’est plus lisible.

Lorsque le Pentagone qualifie le ciblage d’écoles et d’hôpitaux d’«erreur de calcul inférieure à cinq pour cent», il ne s’agit plus de justification juridique, mais d’un calcul mathématique de la mort. C’est précisément ce que Derrida appelait la «violence de l’archè»: une violence qui n’est pas faite pour établir la justice, mais pour prouver l’existence même du pouvoir, chaque fois que celui-ci perd sa légitimité, par une perpétuelle « refondation » qui ne fait que reporter la légitimité.

Aujourd’hui, la langue politique américaine est entièrement imprégnée de la différAnce derridienne: ses mots n’atteignent jamais un sens définitif. «Négociation» signifie «ultimatum». «Dissuasion» signifie «génocide économique». «Ordre régional» signifie «chaos contrôlé». Dans ce jeu infini des signifiants, la menace elle-même devient une performance autoréférentielle. Trump et Hegseth diffusent des vidéos de bombardements et se vantent: «Il y en aura d’autres !». Ce n’est plus une déclaration politique; c’est une blague tragique jouée avec le sang des peuples. Lorsque la guerre est réduite à la comédie et au spectacle, l’ordre lui-même n’est plus qu’un geste – et un geste, aussi létal soit-il, ne peut plus être pris au sérieux comme norme mondiale, car il avoue, dès le départ, son propre nihilisme.

Pourtant, ce « geste » ennemi n’est pas la fin de l’histoire ; il est plutôt le point de départ de l’autopoïèse de la guerre. La guerre, contrairement à ce que l’on croit, n’obéit pas à la logique de celui qui l’initie. La guerre est un système autopoïétique: au moment même où l’ennemi croit que la menace et le spectacle (la quantité de pression) ont atteint leur but politique, une nouvelle qualité surgit soudainement de cette pression – quelque chose qu’aucun calcul du Pentagone, aucun fantasme de Netanyahu n’avait anticipé. Ici, la loi dialectique du passage de la quantité à la qualité – que Schmitt appelait «fondamentalement politique» – s’applique: ce n’est pas la quantité de mort qui détermine l’issue, mais le saut qualitatif dans la volonté de l’assiégé, qui transforme le champ même de l’inimitié en quelque chose d’inattendu. Cette nouvelle qualité peut se retourner comme un boomerang contre l’Occident: l’inimitié poussée au point où l’espace et la géographie deviennent inhabitables pour l’autre. La doctrine de riposte de l’Iran – frappes sur les infrastructures énergétiques du Golfe Persique, sur les villes du régime sioniste – rappelle que l’autopoïèse de la guerre décrite ici n’épargne aucune partie à sa propre logique.

618gUcThzmL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgDerrida pensait que la déconstruction n’est pas destruction, mais ouverture d’un nouveau chemin pour l’«autre». Mais dans le cas de l’ordre américain, cette déconstruction équivaut à la construction de son propre cercueil. Lorsqu’un système juridico-politique est tellement contaminé par son «autre» (violence, racisme, intérêts monopolistiques) qu’il ne peut plus se distinguer de cet autre, il est vidé de sa propre métaphysique.

Derrida avait déjà nommé ce moment. Dans «Force de loi», il affirmait qu’aucun ordre juridique ne se fonde sur la raison – il se fonde sur une décision qui ne peut se justifier elle-même, ce qu’il appelait, avec Kierkegaard, la folie de la décision. La déconstruction ne le nie pas. Elle l’expose. L’ordre libéral a survécu tant que sa violence fondatrice restait cachée sous un texte de surface lisible – la Charte, les Conventions, le langage des droits. Ce texte de surface a désormais échoué. Il ne cache plus la violence; il la désigne à peine. Ce qu’il reste, c’est la violence seule, sans voile. Schmitt n’est pas une rupture avec Derrida ici. Il est ce qui demeure quand on pousse la logique derridienne jusqu’au bout, sans trembler.

L’Amérique, en menaçant d’une «ère de la bougie» et de la destruction des infrastructures, déclare explicitement que la «vie civile» n’a aucune existence propre à ses yeux, mais n’est qu’une réserve disponible (Bestand) pour la pression politique. Ce n’est plus une «violation du droit» ou une «contradiction discursive». C’est la proclamation d’un état d’exception existentiel (Ausnahmezustand) par une puissance qui s’est affranchie de toute «distinction politique entre ami et ennemi» et s’est engagée dans une inimitié absolue (absolute Feindschaft).

À ce stade, la «critique du discours» n’est plus utile; la question devient celle de l’identification de l’ennemi et de la décision existentielle. Mais cet aveu même est la plus grande des défaites, car il sort de la «tente de l’ordre mondial» pour se tenir dans le désert du nihilisme nu. Dans le désert, personne ne donne d’ordres; tous sont à la fois chasseurs et proies. Et un chasseur sans loi, aussi bien armé soit-il, ne peut plus prétendre au rôle de maître moral du monde. Ce n’est pas une leçon mineure pour un monde où existent plusieurs puissances nucléaires.

Pour répondre à la question initiale: l’ordre américain a existé, mais non comme une vérité établie – plutôt comme un mythe fondateur. Et aujourd’hui, ce mythe est si enlisé dans ses propres contradictions – génocide à Gaza, menace de crimes de guerre contre l’Iran, chambres de torture d’Abu Ghraib et de Guantánamo – qu’il a perdu tout fondement à sa propre légitimité. Cet ordre peut être écarté – non par arrogance, mais par reconnaissance philosophique de son effondrement. Prendre au sérieux un ordre effondré serait la véritable folie. Il s’est exclu de l’orbite de la rationalité politique collective par sa propre volonté – une volonté de mort. Désormais, tout dialogue avec lui n’est plus un dialogue entre deux sujets, mais entre un être vivant et une machine de mort.

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Mais même une machine de mort peut se révéler impuissante face à une décision existentielle soudaine. Derrida nous a enseigné de ne pas croire en la «présence»; mais Schmitt nous enseigne que dans l’instant de l’effondrement du droit, c’est la décision qui crée la présence. Lorsque l’effondrement de la loi est universellement reconnu, des hommes résolus, armés des instruments appropriés à leur volonté, se lèvent pour prendre cette décision. À cette heure-là, qui pourra leur faire la leçon sur les droits de l’homme, les Conventions de Genève et les lois de la guerre humanitaire – des leçons adressées à leur conduite envers les Israéliens et les Américains ? La question contient sa propre réponse, au cœur de la situation – une situation qui a suspendu toute éthique abstraite antérieure.

Ceuta, le chantage de Rabat contre Sánchez et la convergence du Maroc avec les États-Unis et Israël

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Ceuta, le chantage de Rabat contre Sánchez et la convergence du Maroc avec les États-Unis et Israël

Giulio Chinappi

Source: https://giuliochinappi.com/2026/08/01/ceuta-il-ricatto-di...

La pression migratoire exercée par le Maroc à Ceuta ne peut être séparée de l’occupation du Sahara occidental et de l’axe construit avec Washington et Tel Aviv, qui exploitent la crise pour attaquer le gouvernement espagnol et sa politique pro-palestinienne.

La nouvelle crise qui a éclaté à Ceuta constitue avant tout une tragédie humaine. En quelques heures, environ 49.000 personnes, selon les premières estimations du gouvernement espagnol, ont atteint l’enclave en franchissant la frontière terrestre ou en contournant à la nage les barrières maritimes qui la séparent du Maroc. D’autres sources ont évoqué un chiffre total proche de 60.000 personnes, tandis que le bilan provisoire fait état d’au moins 57 morts. La ville autonome, qui compte à peine plus de 80.000 habitants, a été submergée par un afflux sans précédent, contraignant Madrid à mobiliser l’armée et à dénoncer une «violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne».

Réduire ce qui s’est passé à un simple mouvement spontané de population revient cependant à ignorer aussi bien l’histoire récente des relations entre l’Espagne et le Maroc que la fonction politique qu’a prise le contrôle des flux migratoires dans la stratégie de Rabat. Les difficultés économiques, le chômage des jeunes, la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux et la mauvaise interprétation d’un arrêt de la Cour suprême espagnole ont pu contribuer à mobiliser des milliers de personnes. Mais ces facteurs n’expliquent pas à eux seuls comment une frontière normalement soumise à un contrôle strict a pu céder simultanément devant des dizaines de milliers de personnes. Les mêmes observateurs cités par la presse internationale rappellent que le Maroc a déjà été accusé par le passé de relâcher délibérément la surveillance pour transformer la migration en instrument de pression diplomatique.

Le précédent le plus connu remonte à mai 2021. À cette occasion, plus de 8000 personnes étaient entrées à Ceuta après que les autorités marocaines eurent délibérément relâché la garde à la frontière. Cette crise avait coïncidé avec la décision espagnole d’autoriser le secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, gravement malade, à recevoir des soins médicaux sur le territoire espagnol. Rabat considéra cet acte comme une offense politique et répondit en exploitant la vulnérabilité de la frontière pour frapper Madrid. Déjà à l’époque, la presse internationale décrivait ce relâchement des contrôles comme une mesure de représailles liée au Sahara occidental, tandis que le Parlement européen condamnait explicitement l’utilisation du contrôle des frontières et des migrants, y compris de nombreux mineurs, comme moyen de pression contre un État membre de l’Union européenne.

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Cet épisode eut des conséquences profondes. En mars 2022, le gouvernement de Pedro Sánchez abandonna la position de neutralité suivie depuis des décennies par l’Espagne et déclara que le plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental était la proposition «la plus sérieuse, crédible et réaliste» pour résoudre le conflit. Ce tournant permit de renouer les liens avec Rabat, mais provoqua une grave crise avec l’Algérie et suscita l’opposition du Front Polisario et de larges secteurs de la société espagnole. La séquence politique était difficile à mal interpréter: pression migratoire en 2021, dégradation des relations, puis concession espagnole sur la question stratégique qui intéresse le plus la monarchie marocaine.

La crise actuelle répète le même schéma: les gardes marocains sont d’abord restés passifs et n’ont agi que dans un second temps, lorsque le flux avait déjà pris des dimensions énormes. La capacité ultérieure de Rabat à bloquer de nouveaux passages et à favoriser le retour de dizaines de milliers de personnes confirme en outre que le gouvernement marocain conserve un contrôle déterminant sur la perméabilité de la frontière. Le Maroc dispose ainsi d’un levier particulièrement efficace : lorsqu’il coopère, il est présenté comme un partenaire indispensable de la défense des frontières européennes ; lorsqu’il réduit son action, il peut en quelques heures provoquer une crise capable de déstabiliser le débat politique espagnol et européen. Les migrants deviennent ainsi des instruments inconscients d’une forme de diplomatie coercitive, tandis que les causes sociales qui les poussent au départ sont subordonnées aux objectifs géopolitiques de la monarchie.

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Cette stratégie ne peut être dissociée de l’axe construit ces dernières années entre le Maroc, les États-Unis et Israël. En décembre 2020, l’administration de Donald Trump a reconnu unilatéralement la souveraineté marocaine sur l’ensemble du Sahara occidental. Cette décision faisait partie de l’accord par lequel Rabat rétablissait ses relations diplomatiques avec Israël dans le cadre des Accords d’Abraham. La reconnaissance américaine a donc constitué la contrepartie politique offerte à la monarchie marocaine en échange de la normalisation avec Tel Aviv.

En juillet 2023, Israël a lui aussi officiellement reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, renforçant encore le pacte. Déjà en novembre 2021, les deux pays avaient signé un mémorandum de coopération militaire officialisant leurs relations dans le domaine de la défense, ouvrant la voie à des collaborations dans le renseignement, l’industrie militaire, la formation et la cybersécurité. Le Sahara occidental est ainsi devenu une monnaie d’échange géopolitique dans les Accords d’Abraham: les États-Unis et Israël légitiment l’expansionnisme marocain, tandis que Rabat offre la normalisation diplomatique, la coopération militaire et un point d’appui stratégique au Maghreb.

Ce soutien international a renforcé la capacité du Maroc à exercer une pression sur l’Espagne. Rabat sait qu’il peut compter sur la couverture politique des deux puissances qui, plus ouvertement, reconnaissent ses revendications territoriales. Washington et Tel Aviv n’ont pas besoin de diriger concrètement chaque initiative marocaine: il leur suffit d’assurer à la monarchie un environnement diplomatique favorable, de lui fournir une coopération stratégique et de transformer chaque crise avec Madrid en une occasion de frapper le gouvernement Sánchez.

L’Espagne est entre-temps devenue l’un des pays européens les plus critiques envers la politique israélienne. Le 28 mai 2024, Madrid a officiellement reconnu l’État palestinien, présentant cette décision comme une contribution à la paix et à la solution à deux États. Dans les années suivantes, Sánchez a intensifié la pression pour que l’Union européenne revoie ses relations avec Israël, allant jusqu’à demander en 2026 la suspension de l’accord d’association entre Bruxelles et Tel Aviv.

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Ce n’est pas un hasard si la crise de Ceuta a été immédiatement exploitée par les États-Unis et Israël pour attaquer cette ligne politique. Trump a présenté les images en provenance de l’enclave comme la preuve des conséquences des politiques migratoires progressistes et comme un avertissement à l’électorat américain. Le Département d’État est allé plus loin, attribuant les faits aux efforts délibérés du gouvernement espagnol pour favoriser l’immigration irrégulière en Europe. Cette accusation a été démentie dans ses fondements: la régularisation approuvée par Madrid concerne des personnes déjà présentes en Espagne avant la crise et n’accorde aucun droit automatique à ceux qui sont arrivés à Ceuta ces derniers jours. Cette falsification des faits n’était pas une erreur, mais une opération de propagande visant à délégitimer Sánchez et à présenter toute politique moins répressive comme une invitation à «l’invasion».

Du côté israélien, l’ambassadeur à l’ONU Danny Danon a profité de la crise pour accuser l’Espagne d’hypocrisie, qualifiant Ceuta et Melilla d’« enclaves coloniales » et liant explicitement la question aux critiques formulées par Madrid à l’encontre de l’occupation des territoires palestiniens. Le message était clair: un gouvernement qui dénonce le colonialisme israélien doit s’attendre à ce que sa propre souveraineté sur les villes nord-africaines soit elle aussi remise en cause. Le ministre espagnol des transports, Óscar Puente, a réagi en soulignant que la nature de la campagne contre l’Espagne devenait de plus en plus évidente.

Il ne s’agit pas non plus d’une rhétorique totalement nouvelle. En mai 2019, Yair Netanyahu, le fils de l’actuel Premier ministre israélien, a publié une carte de Ceuta, Melilla et des autres possessions espagnoles en Afrique du Nord en invitant les «Arabes et musulmans» à commencer par ces territoires la libération des terres qu’ils considéraient comme occupées. Après les protestations, il a précisé que sa provocation était une réponse au soutien espagnol aux organisations favorables à la fin de l’occupation israélienne de la Cisjordanie. Déjà à l’époque, donc, la menace de délégitimer la présence espagnole à Ceuta et Melilla était utilisée comme représailles politiques à la position de Madrid sur la Palestine.

Le Maroc, par ailleurs, ne doit pas être décrit comme un simple exécutant sans volonté propre. La monarchie poursuit un projet autonome de puissance régionale : consolider l’annexion du Sahara occidental, contenir l’Algérie, contrôler les routes migratoires et se présenter à l’Europe comme interlocuteur incontournable. C’est précisément cette autonomie d’intérêts qui rend la convergence avec les États-Unis et Israël efficace. Rabat met à disposition sa position géographique, ses infrastructures militaires et de renseignement, et la normalisation avec Tel Aviv ; en échange, elle reçoit une légitimation territoriale, des armements, une coopération stratégique et une protection diplomatique.

La tragédie des migrants est ainsi instrumentalisée à plusieurs niveaux. Rabat peut utiliser leur désespoir pour rappeler à Madrid que la stabilité de la frontière dépend de la coopération marocaine. Washington utilise les images de Ceuta pour alimenter sa propre offensive contre l’immigration et contre les gouvernements européens non alignés. Tel Aviv s’en sert pour attaquer l’un des principaux soutiens européens de la Palestine et pour mettre sur le même plan l’occupation israélienne et la souveraineté espagnole sur les deux villes. Enfin, les droites espagnoles et européennes exploitent la crise pour réclamer de nouvelles mesures répressives et affaiblir le gouvernement.

Derrière cette opération, il reste les victimes: les jeunes Marocains poussés à fuir par un système marqué par les inégalités, les migrants africains transformés en instruments de négociation, et le peuple sahraoui privé depuis plus d’un demi-siècle du droit de décider de son avenir. La réponse ne peut pas consister seulement en la militarisation de Ceuta. Elle doit commencer par la dénonciation du chantage migratoire, le rejet de la campagne de propagande israélo-américaine et le retour à une position cohérente sur le Sahara occidental. On ne peut en effet défendre le droit à l’autodétermination des Palestiniens tout en acceptant que celui des Sahraouis soit sacrifié aux intérêts géopolitiques de la monarchie marocaine.

L’immigration comme arme de guerre non conventionnelle aux effets à long terme

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L’immigration comme arme de guerre non conventionnelle aux effets à long terme

par Gennaro Scala

Source : Gennaro Scala & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/l-immigrazione-co...

91haTI3koJL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgJe ne saurais citer aucun penseur européen ayant défini la nature de l’immigration en Europe avec plus de précision que Christopher Caldwell: «l’immigration, c’est l’américanisation» (La dernière révolution de l’Europe. L’immigration, l’islam et l’Occident). C’est une règle déjà vérifiée à d’autres occasions: contrairement à la dialectique du maître et de l’esclave selon Hegel, pour les dominants, la connaissance est essentielle, et c’est pourquoi les études les plus réalistes et utiles à la compréhension des phénomènes politiques, sociaux et historiques proviennent le plus souvent du milieu culturel et universitaire américain, bien plus que de ce qui est produit en Europe.

Pourquoi Caldwell écrit-il ce que bien peu d’écrivains européens oseraient écrire? Je ne saurais le dire avec certitude, mais il est probable qu’une certaine droite conservatrice, famille idéologique à laquelle appartient Caldwell (le titre anglais de son livre n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Burke sur la Révolution française), perçoive le risque que la déstabilisation des structures sociales des principales nations européennes – ce qui serait l’aboutissement de cette «dernière révolution» – représente aussi pour les États-Unis. Peut-être certains conservateurs américains voudraient-ils au contraire une Europe capable de coopérer efficacement au projet hégémonique américain, ou bien perçoivent-ils l’Europe comme une pièce de «l’empire» occidental, dont la destruction affaiblirait l’«empire» lui-même.

Quels que soient les référents idéologiques ou les motivations politiques de Caldwell, je rejoins Perry Anderson (un universitaire marxiste): c’est l’un des livres les plus importants sur l’immigration en Europe. J’en ai parlé ailleurs, mais ici, la question qui nous intéresse est celle-ci:

Si, dans les années soixante, l’immigration était nécessaire en raison du manque de main-d’œuvre, pourquoi a-t-elle continué à l’être après les années quatre-vingt, alors que l’Europe connaissait une période de chômage généralisé? […] Qu’il s’agisse d’un dessein occulte ou d’une simple négligence, le fait est que le flux n’a pas cessé.

Si ce n’est pas un dessein occulte, on peut supposer – même s’il serait utile d’en faire une étude approfondie – qu’à une première étape, l’immigration a été le fruit de l’influence du système politique américain sur les nations européennes, qui, en tant que nations subordonnées, ont subi la pression visant à les assimiler au modèle social américain. Les immigrations, qui ont constitué la dimension « multiculturelle » de la société américaine, ont été fondamentales pour le développement de la puissance nord-américaine, qui avait besoin de main-d’œuvre à exploiter.

Mais, en même temps, cette « multi-ethnicité » peut devenir sa plus grande faiblesse si la dynamique expansionniste s’arrête, car elle peut être source de profondes fractures. Rappelons la question persistante afro-américaine, à laquelle s’ajoute désormais une immigration ibéro-américaine massive. On comprend ainsi pourquoi il y a eu une forte poussée pour assimiler les nations européennes (fondées sur une plus grande homogénéité ethnique) à la société américaine, l’alliance avec l’Europe – ou plutôt l’alliance-sous-ordre – ayant toujours été un pilier de la politique américaine. Il est significatif que ce soient justement les deux puissances européennes, la France et l’Angleterre, pourtant officiellement victorieuses de la Seconde Guerre mondiale, qui aient le plus subi ce bouleversement de leur composition sociale (en réalité, aucune puissance européenne n’a gagné la Seconde Guerre mondiale, qui, avec la première, fut l’événement déterminant du déclin de la civilisation européenne). Caldwell rapporte que, dès l’après-guerre, alors que se profilait la « société multiethnique », l’opinion générale était qu’elle ne serait jamais acceptée, l’Angleterre ayant été, notamment de par sa nature insulaire, la nation européenne la plus homogène sur le plan ethnique et culturel. «Des rivières de sang couleront», disait-on dans les années 1950 si l’immigration ne cessait pas, mais finalement, il ne s’est rien passé.

L’immigration a continué, une idéologie fonctionnelle à ce projet s’est formée, le multiculturalisme, diffusé par les médias et l’école, et plus encore par l’université, qui joue un rôle central à travers d’innombrables publications vantant les mérites de la société multiculturelle. On inculque aux étudiants que même simplement mettre en doute que l’immigration soit toujours positive est du «racisme». Le rôle de la classe moyenne semi-instruite a été important: ces couches scolarisées de la population, notamment celles issues des milieux populaires, qui, en remplaçant les «prolétaires» par des «migrants», rationalisaient leur éloignement effectif du sort des classes populaires.

Cependant, ces derniers temps, on a observé un changement: l’immigration a perdu son caractère apparemment «spontané», découlant de la simple influence «normale» des États-Unis sur les pays européens soumis.

Récemment, sur son site, Maurizio Blondet a relayé un article, Les propriétaires de navires négriers, signé M.M., qui compilait les informations publiées par les principaux quotidiens italiens sur les flux de migrants, souvent «secourus» à quelques kilomètres seulement des côtes africaines, grâce à des navires de diverses nations occidentales. Sans parler de la marine italienne, constamment engagée dans ces « sauvetages ». Le célèbre caricaturiste italien Krancic, dans un de ses dessins, illustrait la situation ainsi: une mère se promène sur la plage avec ses enfants, et à l’un d’eux qui s’apprête à entrer dans l’eau, elle supplie: «N’entre pas dans l’eau, sinon la marine italienne viendra te chercher et t’emmènera en Italie».

Je ne rapporte pas ici les articles publiés dans la presse quotidienne, puisqu’ils sont facilement accessibles à toute personne disposant d’un ordinateur et surtout désireuse de comprendre comment les choses se passent. Difficile de nier l’évidence: ce flux massif de migrants est organisé, et il est difficile, sinon impossible, d’imaginer qu’il n’y ait pas derrière cette organisation la main de la puissance hégémonique, c’est-à-dire les États-Unis.

71trp3xRMvL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgAvec cette accélération artificielle de l’immigration, le jeu devient plus évident. Et c’est ici qu’un livre de Kelly M. Greenhill, Weapons of Mass Migration: Forced Displacement, Coercion, and Foreign Policy, nous est utile. À partir de plus de cinquante cas d’utilisation de «l’arme des migrations de masse», l’auteure conclut que cette arme est principalement utilisée par des «challengers» plus faibles que leurs cibles, ces dernières étant principalement les démocraties libérales. La cible principale se révèle être les États-Unis.

Kelly M. Greenhill nous a fait comprendre comment la manipulation des flux migratoires peut être utilisée comme arme, mais elle n’a analysé son usage que comme facteur conjoncturel lié à des objectifs limités: obtention de fonds ou de concessions politiques. Il serait intéressant de mener une étude spécifique sur l’utilisation possible de cette arme comme facteur stratégique permettant d’obtenir des résultats plus larges et à long terme, de la part d’une puissance qui a tous les moyens pour le faire et n’hésiterait pas si cela sert ses intérêts. Par exemple, en ce qui concerne l’immigration en Europe, qui a radicalement modifié la composition sociale des nations européennes, ce « cas » n’est pas envisagé.

L’hypothèse la plus cohérente pour expliquer cette accélération artificielle de l’immigration est que l’intensification de la confrontation avec la Russie a poussé à accélérer une expérience d’ingénierie ethnique. Pour éviter que les principales nations européennes ne se rapprochent de la Russie, principal casse-tête géopolitique, on les entraîne dans un bourbier «multiethnique», on y introduit des groupes ethniques étrangers qui, s’ils sont correctement stimulés, financés, voire armés, peuvent constituer un grave problème interne. Ainsi, l’arme de l’immigration peut aussi devenir un instrument de chantage.

Si ces hypothèses ne convainquent pas, on attendra d’autres explications susceptibles d’éclairer le comportement autrement inexplicable de la marine italienne, occupée à transporter des migrants en Italie plutôt qu’à empêcher les débarquements clandestins.

dimanche, 02 août 2026

La vengeance de Trump? Quel rôle les États-Unis pourraient-ils jouer dans la crise migratoire à Ceuta?

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La vengeance de Trump?

Quel rôle les États-Unis pourraient-ils jouer dans la crise migratoire à Ceuta?

Thomas Röper

Source: https://anti-spiegel.ru/2026/welche-rolle-die-usa-bei-der...

Dans le contexte de la nouvelle crise migratoire dans les presidios espagnols de Ceuta et Melilla, un rapport du Congrès américain fait sensation, car les États-Unis y ont modifié leur position sur les enclaves et ne les qualifient plus de villes espagnoles, mais de «villes administrées par l’Espagne».

La crise migratoire dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla fait la une en Allemagne et dans l’UE. Les médias s’interrogent sur les raisons qui ont mené à cette situation, où de plus en plus d’États membres de l’UE vont jusqu’à demander l’exclusion de l’Espagne de l’accord de Schengen sur la libre-circulation, tant que la situation ne sera pas sous contrôle.

Je souhaite attirer ici l’attention sur un rapport du Congrès américain du 30 avril 2026. Ce rapport a été rédigé dans le cadre de la préparation du budget américain pour 2027 et portait sur la «sécurité nationale, le Département d’État et les programmes associés». À la page 88, on trouve les observations suivantes concernant le Maroc :

«Le comité poursuit son soutien au Maroc pour la préservation des intérêts de sécurité nationale des États-Unis et alloue, dans le cadre des programmes d’investissement dans la sécurité nationale, au moins 20 millions de dollars, et au moins 20 millions de dollars dans le programme de financement militaire étranger. Le comité rappelle l’alliance historique entre les États-Unis et le Maroc, consacrée en 1786 par le traité de paix et d’amitié maroco-américain. Il constate que les villes administrées par l’Espagne, Ceuta et Melilla, se trouvent sur le territoire marocain et font toujours l’objet de revendications historiques de la part du Maroc. Le comité soutient les efforts du Secrétaire d’État pour promouvoir le dialogue diplomatique entre le Maroc et l’Espagne sur le futur statut de Ceuta et Melilla».

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Ce qui est décisif ici, c’est que le Congrès américain parle soudain de «villes administrées par l’Espagne», alors qu’auparavant les États-Unis n’avaient jamais laissé planer le moindre doute sur leur reconnaissance de la souveraineté espagnole sur ces villes. Il s’agit donc d’un changement important de la position américaine, qui, à l’époque, n’a été remarqué que par des experts et des médias spécialisés sur le sujet.

Lorsque, avec la crise migratoire actuelle, les premiers analystes ont découvert ce rapport, la plupart ont estimé que ce changement de cap américain était une sanction contre le gouvernement espagnol pour avoir refusé de soutenir les États-Unis dans la guerre contre l’Iran.

C’est bien sûr possible, mais ce n’est sans doute pas la raison première, car de tels rapports ne sont pas rédigés spontanément: ils sont préparés de longue date. Et il faut rappeler que le gouvernement espagnol était déjà tombé en disgrâce auprès de l’administration Trump l’été dernier, quand l’Espagne avait publiquement refusé, lors du sommet de l’OTAN de 2026, de consacrer 5% de son PIB à la défense et à la préparation militaire, ce qui avait provoqué la colère de Washington.

Il semble donc que le gouvernement américain ait décidé dès l’an dernier de rendre la vie difficile au gouvernement espagnol, par exemple en soutenant le Maroc dans le différend sur Ceuta et Melilla. Et peut-être que, dans la foulée, l’administration américaine a eu d’autres idées pour compliquer la vie de Madrid.

Mais restons sur le cas du Maroc, car il n’est pas du tout exclu que les États-Unis aient joué un rôle dans la crise migratoire actuelle. Il est en effet plus que peu probable que des dizaines de milliers de migrants se soient spontanément rassemblés au Maroc, sans coordination, pour traverser la mer à la nage vers Ceuta en quelques heures.

imaceutamigrges.jpgQue cette vague migratoire ne soit pas spontanée, on pouvait aussi le lire entre les lignes dans les médias allemands comme Der Spiegel. Der Spiegel rapportait que le Premier ministre espagnol Sánchez, lors de sa visite à Ceuta vendredi midi, évitait toute accusation contre le Maroc, alors que les gardes-frontières marocains n’étaient intervenus que jeudi soir. Avant cela, ils avaient donc laissé faire les migrants sans réagir.

Der Spiegel écrit ensuite :

« Un journaliste lui demande si le royaume coopérait vraiment aussi bien qu’il le prétendait. Après tout, c’était parfois l’ambiance de fête sur la plage. Les gardes-frontières marocains n’auraient-ils pas fermé les yeux ? Sánchez a éludé la question. Il a parlé d’une attaque. Mais il n’a pas voulu dire explicitement qui avait porté atteinte à l’intégrité territoriale de Ceuta – manifestement par calcul stratégique. »

Chacun peut donc se demander ce qui lui semble le plus vraisemblable: l’afflux de migrants était-il un événement spontané, sans aucune planification? Ou le gouvernement marocain a-t-il coordonné tout cela en coulisses, en ordonnant à ses gardes-frontières de rester passifs aussi longtemps que possible? Et si c’est le cas, dans quelle mesure est-il probable que le gouvernement marocain ait agi avec le soutien du gouvernement américain, qui souhaite punir l’Espagne pour sa désobéissance en matière de réarmement dans le cadre de l’OTAN, la guerre contre l’Iran et d’autres différends avec Washington?

Si, par exemple, l’UE devait suspendre l’accord de Schengen avec l’Espagne, ce serait un coup dur pour le gouvernement espagnol, qui y perdrait sûrement des voix lors des prochaines élections. Et c’est précisément ce que souhaite le gouvernement américain: un nouveau gouvernement espagnol, à nouveau obéissant envers les États-Unis.

Nous avons donc ici, une fois de plus, une de ces «coïncidences» où un événement apparemment spontané sert à cent pour cent les intérêts américains…

Les souvenirs d’un Gaulois d’Europe occidentale

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Les souvenirs d’un Gaulois d’Europe occidentale

par Georges Feltin-Tracol

Memoires-identitaires.jpgPrise dans ses convulsions fantasmatiques habituelles, la grosse presse subventionnée le présente toujours en idéologue-phare de l’extrême droite. Traité début juillet 2026 de «papy FN» par un piètre journaliste 1, il demeure le principal propagateur de concepts déterminants tels la préférence nationale, la ré-information, l’Europe-puissance et la remigration. Il poursuit un combat entamé en 1968. L’année dernière, Jean-Yves Le Gallou a publié Mémoires identitaires, son autobiographie intellectuelle, politique et militante 2.

Ses détracteurs habituels, écrivassiers sans talents et autres fumistes diplômés en expertise ès - « extrême droite » sans contours précis, devraient les lire, car elles rectifient leurs sempiternelles antiennes colportées. Il faudrait cependant travailler et cesser de consulter les notes du renseignement territorial et de la préfecture de police de Paris. Un pareil effort chamboulerait leur paresse innée. Et pourtant !

Quelques aperçus intimistes

Avec tact et pudeur, Jean-Yves Le Gallou dévoile au lecteur un pan de sa vie privée. L’un de ses fils a relu au préalable le manuscrit. Ainsi évoque-t-il Anne-Laure Blanc, la mère de leurs quatre garçons, au « caractère (fort) bien trempé, une vive sensibilité, une intelligence aiguisée (p. 41). Il rend publique « notre séparation survenue en 2021 après quarante-six ans de mariage. Séparation douloureuse dont je porte la responsabilité, des élans personnels m’ayant éloigné des règles du mariage (p. 253) ».

Plus plaisant, cette ancienne bête à concours (lauréat au concours général de géographie, puis d’histoire, diplômé en sciences politiques et énarque) 3 se souvient avec émotion et fierté qu’en novembre 1998, son troisième fils reçoit une distinction « en l’honneur des meilleurs apprentis cuisiniers de France (p. 187) ». Quelques années plus tard, ce dernier régalera avec talent les convives aux universités d’été européennes du GRECE (Groupement de recherches et d’études pour la civilisation européenne). Lors de la dernière soirée, plus solennelle, il étonnera même l’assistance par son aisance à cracher le feu… Jean-Yves Le Gallou insiste enfin sur cette hygiène mentale et physique qu’est l’alpinisme qu’il pratique avec assiduité. À l’instar d’un autre excellent alpiniste, métaphysicien de son état, Julius Evola, il vante «une école de la beauté. Une école de la volonté. Une école d’humilité aussi. Une rude école enfin (p. 186)».

Ce livre comporte néanmoins quelques erreurs. Dans une note en page 40, Arnold Gehlen est qualifié d’ ancien secrétaire d’Ernst Jünger (note 19, p. 40)». Il le confond avec Armin Mohler! L’auteur assiste aux funérailles de Jean Ferré en «septembre 2006 (p. 230)». Or le fondateur de Radio Courtoisie décède un 10 octobre 2006… Il place les «grottes de Bétharram (p. 222)» en Occitanie alors qu’elles se trouvent aussi en partie en Nouvelle-Aquitaine. Il mentionne en page 111 l’action électorale de Jean-Pierre Stirbois en 2002 et en 2003 qu’il faudrait lire les élections cantonales de 1982 et municipales de 1983. Il parle de «Maurice Trillat (p. 147)». Né en 1940 et mort en 2020, ce journaliste communiste qui suivait le Front national pour Antenne 2, la future France 2, avec toute l’objectivité souhaitable bien sûr, se prénommait en réalité… Marcel.

Jean-Yves Le Gallou se montre en outre vachard à l’encontre de certains de ses collègues hauts-fonctionnaires, en particulier Arnaud Teyssier, auteur d’ouvrages intéressants 4. Il le dépeint en «homme intelligent et intrigant (p. 209)», par ailleurs «sournois (p. 207)» parce qu’il brigue une promotion qui revenait de droit à l’auteur.

le-defi-gaulois-jean-yves-le-gallou.jpgRédacteur en 2001 du Défi gaulois. Carnets de route en France réelle, Jean-Yves Le Gallou assume sa celticité avec sa famille paternelle provient «d’un petit coin de Bretagne intérieure, du Trégor, l’un des sept évêchés de Bretagne (p. 15)». Cela ne l’empêche pas de se sentir aussi européen avec un «arrière-grand-père italien, travailleur immigré venu de Pontremoli au pied des Apennins, apportant comme une goutte de latinité dans le vieux sang gaulois (p. 18)». Il perpétue cet héritage puisque «de 1975 à 1984, quatre fils arrivent dans notre foyer. […] Aujourd’hui, une petite-fille et dix petits-fils prolongent la lignée (p. 42)». À l’occasion d’émissions radiophoniques ou télévisées, il a signalé que l’une de ses belles-filles est Écossaise. Contradiction? Non! «L’identité territoriale […] doit marier l’attachement à la langue et à la culture locale, l’amour du territoire et de ses paysages, sans pour autant nier ou renier les origines ethniques du peuple. Fondé sur un tel triptyque l’enracinement régional est un atout face au grand magma mondialiste (p. 131)».

Hors les aspects personnels et familiaux, Mémoires identitaires dressent le bilan fort négatif d’un demi-siècle d’effondrement général. Jean-Yves Le Gallou a assisté au «Grand Basculement», c’est-à-dire au «bouleversement sans précédent des valeurs et des normes (p. 8)».

imacdhpnges.jpgUne jeunesse déjà marquée par l’union des droites…

Mai 1968 cueille à froid le jeune étudiant destiné à une belle carrière dans l’administration centrale. Une sensibilité de droite l’amène à suivre « trois groupes différents: les CDR, les Comités de défense de la République, le CELU, Centre d’études pour les libertés universitaires, et le GRECE, Groupement de recherches et d’études pour la civilisation européenne. Le gaullisme de réaction, le catholicisme de tradition ou le renouveau identitaire (p. 31)». Il se montre particulièrement critique de la présidence de Georges Pompidou (1969-1974).

Pour ses contemporains, ce quinquennat symbolise les dernières années des « Trente Glorieuses », du plein emploi et de la croissance économique. Or, c’est au cours de cette période faste qu’apparaissent les germes de la décadence. Pompidou ne réagit pas au coup d’État du 16 juillet 1971 fomenté par le Conseil constitutionnel 5. Par une décision cruciale, le Conseil constitutionnel élargit son champ d’interprétation aux préambules des constitutions de 1946 et de 1958 en créant un soi-disant  «bloc de constitutionnalité». C’est sous Pompidou qu’est adoptée la première loi liberticide en matière d’expression publique: la sinistre loi Pleven. «Les idées qui déplaisent ne sont plus considérées comme des opinions mais comme des délits (p. 271)».

Georges_Pompidou_(cropped_2).jpgEn politique étrangère et européenne, l’ancien premier ministre de Charles De Gaulle entre 1962 et 1968 accepte l’adhésion à la Communauté économique européenne du Royaume-Uni. Il y introduit une Grande-Bretagne «telle qu’elle était, c’est-à-dire avec son tropisme américain et sa volonté de transformer une union douanière en zone de libre-échange. C’est fait. Les réformes sociales et les réformes de la formation professionnelle allaient apporter une nouvelle manne financière aux grands syndicats monopolistiques, renforçant ainsi leur capacité de nuisances (p. 53)».

Nostalgique de la prestance politique de son prestigieux prédécesseur, Jean-Yves Le Gallou estime que «c’est avec Georges Pompidou que s’est mise en place la loi d’airain de la Ve République selon laquelle le président N+1 fait regretter le président N: Pompidou, le bon sens cantalou gâté par l’encanaillement parisien; Giscard, entre libéralisme avancé et conservatisme éclairé; Mitterrand, un style de droite au service d’une praxis de gauche; Chirac, la carcasse d’un para, la vista d’un conseiller général; Sarkozy, entre action et agitation, le goût de l’action, mais, ciel !, pour quoi faire? Hollande, le roi fainéant; Macron 1: Narcisse choisi par Davos; Macron 2: Héliogable, prince de l’empire woke (pp. 54 – 55)».

Les réticences de l’énarque haut-fonctionnaire le détournent du parti gaulliste et le conduisent dans le sillage des républicains indépendants d’obédience giscardienne. En 1977, dans Les rats noirs 6, Grégory Pons interroge un ancien militant d’Occident rallié au Parti républicain giscardien. Est-ce Jean-Yves Le Gallou ou bien Alain Madelin et Gérard Longuet ?

817VBc35hdL.jpgJean-Yves Le Gallou salue la mémoire d’Alain Griotteray (1922-2008) qui lança très tôt une radio libre d’audience locale, Radio Alpha, qui deviendra ensuite Radio-Solidarité avant que cette dernière se transforme en 1987 en Radio Courtoisie!

Maire de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) de 1973 à 2001, député de 1967 à 1997 à trois reprises, Alain Griotteray organise la manifestation de résistance nationaliste sous l’Arc de Triomphe à Paris le 11 novembre 1940. Fort de ce passé incontestable de résistant, il n’hésite pas à rappeler l’engagement des nationalistes et autres royalistes, maurrassiens ou non, dans la France libre et dénonce les premiers ravages de l’immigration, incarnant ainsi «la filière résistante, à la charnière de la droite et de l’extrême droite (p. 107)».

Un profil semblable se retrouve chez Pierre Sergent. Ancien officier du 1er REP (Régiment étranger de parachutistes) devenu journaliste et écrivain, il agit en jeune maquisard avant de devenir le chef de l’OAS – Métropole autour duquel va se cristalliser après la fin de l’Algérie française un noyau solidariste. Plus tard, militant et élu du FN, c’était «un ami d’Israël (p. 103)». «Sa femme, Chouki, est d’origine juive (p. 103)». Bref, «l’extrême droite, c’est la marque épouvantail qui s’adapte à toutes les personnalités d’où qu’elles viennent dès qu’elles s’écartent de la doxa (p. 242)».

542x8clhorl40.jpgEn parallèle à ses activités professionnelles et politiques, Jean-Yves Le Gallou découvre la métapolitique. Il contribue au lancement du Club de l’Horloge qui pratique l’entrisme dans les forces politiques hors de la Gauche et dans la technostructure administrative. Parmi les bénévoles qui s’affairaient parmi les sympathisants « horlogers » se démène une future jeune actrice: Fanny Ardant. Il y rencontre « le plus intelligent d’entre nous, le vicomte président Henry de Lesquen, X – ENA 7 (p. 136) ».

En politique avec Giscard d’Estaing

Des divergences personnelles, tactiques et idéologiques séparent bientôt le GRECE du Club de l’Horloge si bien qu’au moment de la sordide campagne de presse de l’été 1979, «il n’y a personne pour défendre la Nouvelle Droite dans son ensemble, terme qui pourtant s’imposera dans la durée. Les uns – le GRECE – revendiquent le terme “Nouvelle culture”. Les autres – le Club de l’Horloge – se définissent comme “nouveaux républicains” (sélection, méritocratie, souveraineté). Par l’intermédiaire de Jean-Claude Valla – ancien secrétaire général du GRECE et numéro deux du Figaro Magazine -, j’essaie de maintenir une fragile passerelle entre Yvan Blot et Alain de Benoist dont les orientations et les intérêts, sinon les ego, s’opposent (p. 68)». Il regrette aujourd’hui le gâchis d’autant que «le GRECE et Nouvelle École vont jouer un rôle majeur dans la diffusion et la popularisation de thèmes intellectuels transgressifs (p. 40)».

President_Mitterand_bij_slotzitting_Europa_Congres_Mitterand,_kop,_Bestanddeelnr_934-2444_(portrait_crop).jpgL’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, du Parti socialiste et de la Gauche en 1981 ainsi que la rivalité croissante entre Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Raymond Barre plongent Jean-Yves Le Gallou dans le bain électoral dans le cadre de l’entente entre l’UDF et le RPR. Bien qu’éphémère maire-adjoint de la Culture de la ville d’Antony dans les Hauts-de-Seine de 1983 à 1985, il suit avec intérêt l’initiative de son ami «Horloger» et ancien cadre du RPR, Bruno Mégret. Assisté par Jean-Claude Bardet, bras droit naguère de Dominique Venner à l’Institut d’études occidentales (IEO), Bruno Mégret organise les Comités d’action républicaine (CAR) qui « sont un peu l’ancêtre de la “droite hors les murs” des années 2010. Beaucoup de cadres attirés par un discours de qualité. Peu d’électeurs faute de visibilité médiatique (p. 75)».

Aussitôt étiqueté « mauvais pensant », Jean-Yves Le Gallou choisit de rejoindre un Front national en pleine ascension électorale. Il devient ainsi le tout premier énarque du mouvement national-populiste. Député français au Parlement européen (1994-1999) et président du groupe FN au conseil régional d’Île-de-France (1986-1999), il exerce en simultané la fonction du secrétaire national aux élus auprès de Carl Lang, secrétaire général du FN, et celle de délégué national aux études sous la direction de Bruno Mégret, délégué général du FN.

Bruno_Megret_bordeaux.jpgIl contribue à la violente scission de 1998, à la fondation du FN – MN (Mouvement national), puis du MNR (Mouvement national-républicain), à la campagne présidentielle de Bruno Mégret (photo) en 2002, puis, las des déconvenues électorales successives, renoue avec la métapolitique à travers l’association Polémia qui aborde le traitement de l’information.

On oublie toutefois que Jean-Yves Le Gallou a été de 1986 à 1988 le secrétaire général du groupe FN à l’Assemblée nationale. Grâce à l’instauration du scrutin de liste départementale à la proportionnelle en 1985, trente-cinq candidats du Rassemblement national, alliance électorale conclue autour du FN, des divers-droite, des socio-professionnels et du CNIP (Centre national des indépendants et des paysans), siègent au Palais-Bourbon. Avec le recul, il juge ce « groupe parlementaire à la fois brillant et travailleur (p. 89). Certains élus l’irritent à l’instar du radiologue François Bachelot, «élégant quadragénaire, narcissique et mégalomane, sorte de péteur mondain, portant toujours un nœud papillon (p. 110)».

Une cheville ouvrière du frontisme naissant

À ce poste stratégique, il subit les manigances du chiraquien Charles Pasqua qui veut la disparition du groupe FN par l’intermédiaire de quelques séides et d’attaques continues d’une presse mensongère aux ordres. Cette dernière explique à longueur d’articles que Jean-Marie Le Pen est seul ou bien que les responsables du FN sont incompétents. En fait, «la “compétence” se résume ainsi pour un homme politique: proposer des micromesures techniques dans le cadre du maxi-conformisme global. Est présumé “compétent” celui qui ne remet pas en cause la doxa (p. 91)». Il souligne cependant qu’aucun élu du groupe ne prévoit que «les privatisations de 1986 mettraient en place une caste d’oligarques, dans le cadre d’un capitalisme de connivence (p. 89)». Malgré les ordres de ne pas discuter avec les « maudits », des élus du RPR et de l’UDF osent quand même leur parler. Maire de Moulins dans l’Allier de 1972 à 1989, Hector Rolland, anti-chiraquien avoué, a su protéger sa commune «du saccage architectural auquel se sont livrés tant de ses collègues, maires comme lui de villes moyennes (p. 48)»8.

Jean-Yves Le Gallou soutient avec raison que «la transparence, ce n’est pas la victoire de la morale, c’est celle de l’arbitraire des professeurs de morale (p. 134)». Pour preuve, la personnalité panthéonisée de Robert Badinter «qui se contrefichait de ces crétins d’électeurs pour imposer ses vues (p. 78)» et dont l’action à la tête du Conseil constitutionnel fut si néfaste.

ob_f7b8c1_roger-galiot.jpgLa dissolution de l’Assemblée nationale en 1988 met un terme à l’aventure parlementaire du frontisme en tant que collectif pour une trentaine d’années. Cette disparition n’empêche pas la montée en puissance du FN dans les urnes. En 1983, Roger Galliot, le maire anti-indépendantiste de Thio en Nouvelle-Calédonie de 1971 à 1985 adhère au FN, ce qui en fait le premier édile frontiste de l’histoire. Lors des élections municipales de 1989, le FN remporte une trentaine de municipalités dont la commune de Saint-Gilles dans le Gard avec Charles de Chambrun, le grand ami de la firme néo-coloniale Disney.

Cadre éminent du FN, Jean-Yves Le Gallou reconnaît que «la force du FN des années 1990, c’était l’articulation d’un chef charismatique et d’un appareil militant s’implantant localement (p. 189)». «Dans l’âge d’or de l’ère Le Pen, dans les années 1990, ce qui fera la force de l’appareil du Front national, alors présent sur de vastes territoires géographiques et idéologiques, ce sera l’amalgame heureux de forces différentes mais complémentaires: schématiquement, des réseaux catholiques et des réseaux néo-droitiers structurant une masse de RPR déçus. Sans oublier quelques anciens “activistes” ayant échappé à la reconversion dans la droite de gouvernement par les réseaux Albertini 9 (p. 38)».

Face à l’adversité, il a pour principe cardinal d’« assumer et organiser la défense, médiatique et judiciaire, du mis en cause (p. 149)», fidèle à sa ligne de conduire de «soutenir les militants attaqués même s’ils avaient pu commettre des erreurs (p. 150)». Ce comportement lui vaut la vindicte du système médiatique et des magistrats. Qu’importe puisque la pratique assidue de l’alpinisme lui permet de «se constituer une armure intérieure pour affronter l’extérieur. Et puis il y a la vie et la reconnaissance au sein d’une communauté dissidente (p. 206)».

31264315644.jpgSoucieux de transmettre son expérience et de former des cadres efficaces et compétents, il participe à la revue théorique du FN, Identité, dont la direction revient à son vieux compère Jean-Claude Bardet. Cette revue «est un chaînon essentiel dans le phylum évolutif du courant identitaire (p. 161)». Certes, «pour ma part je n’ai jamais été dans les structures identitaires, mais j’ai été un de leurs compagnons de route. Un grand frère, voire un grand-père. Un fournisseur de munitions intellectuelles. Un relais de leurs actions. Un soutien dans l’adversité (p. 243)». Cela n’évite pas d’en être le théoricien le plus en vue…

Réalisation de la Nouvelle Droite

Se penchant sur l’ensemble des travaux du GRECE et du Club de l’Horloge, il estime que «les intuitions biologiques, inégalitaires et identitaires des années 1970 étaient les plus pertinentes (p. 68)». Il aurait néanmoins pu reconnaître le bien-fondé des analyses géopolitiques percutantes des décennies 1980-1990 Ainsi, rapportant le rôle hégémonique des États-Unis depuis 1989, admet-il que «non vraiment,“l’Occident” n’est pas notre ami! (p. 166)». Sa remarque sur «Guillaume Faye, toujours en excès de vitesse intellectuelle (p. 44)» est fort juste.

Bravant une nouvelle fois le politiquement correct, il qualifie le CRIF (Conseil représentatif des institutions juifs en France) d’«organisme dont l’influence s’exerça puissamment dans les années 1980-2010 dans deux directions: l’infléchissement de la politique étrangère française dans un sens plus complaisant envers Israël et les États-Unis, et des prises de position de plus en plus favorables à l’immigration. Un dernier point particulièrement nuisible à la France et aux Français et dont la communauté juive est devenue elle-même victime (p. 71) »… Cible fréquente de violences judiciaires ordinaires et d’abus médiatiques répétés, il remarque que «le système peut compter sur le zèle des magistrats administratifs pour punir ceux qui lui désobéissent. Le gouvernement des juges n’est pas le défenseur des libertés, il est le gardien de l’ordre politiquement correct (p. 184)». Dès lors, le désir mortifère du macronisme de pénaliser les réseaux sociaux et leur libre-expression revient à renforcer la censure ambiante. Sous prétexte de lutter contre la désinformation alors que «la fake news d’hier est la réalité de maintenant (p. 112)», il constate que «la dérive liberticide de l’extrême centre est désormais sans frein (p. 274)». Sa dernière illustration concerne le défilé du 14 juillet 2026 avec des spectateurs contraints de s’enregistrer par QR-code!

Hostile à l’apparition d’une bureaucratie supplémentaire aux échelles intercommunale et régionale, il note que «la métropole a une géographie aux frontières floues qui ne correspond ni à celles des communes, ni à celle des États. Un concept propice à l’avènement d’un monde postdémocratique dont la marche est assurée par les grands oligopoles mondiaux (p. 129)». Grande surprise de voir Jean-Yves Le Gallou entériner les arguments valables du royalisme légitimiste en page 116, il déconstruit avec bonheur la fausse divinité République hexagonale!

ob_9430e9_europeen-d-abord.jpgVers une synthèse celto-franque européenne

Observant que «la nation n’a plus de frontières et l’État joue contre la France et les Français. L’État a contribué à faire la France, il la défait désormais car il est passé sous le contrôle des coteries syndicales, culturelles, associatives et religieuses anti-identitaires (p. 197)», «la République, ce n’est plus le rayonnement universel de la France, c’est l’invasion de la France par l’universel (p. 118)». Dorénavant, «la France unitaire est devenue multiraciale, multiculturelle, multicivilisationnelle (p. 197)». Dans ces conditions, cette «République est une marâtre indigne qui, après avoir interdit aux Bretons de parler leur langue, finance dans ses écoles des cours d’arabe, la langue du Coran. Quant aux sacro-saintes “valeurs de la République”, elles ne sont que le cache-sexe de la dictature du politiquement correct (p. 193)», d’où son ralliement en 2022 à la candidature présidentielle d’Éric Zemmour où il côtoie son vieux compère Bruno Mégret et la figure de proue de la droite souverainiste Philippe de Villiers.

71dE8REx4FL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgConcernant la remigration appelée naguère l’«inversion des flux migratoires (p. 263)», «au départ, j’avais trouvé le thème rude; et pourtant, si l’on prend en compte les dynamiques démographiques, entre la remigration et la submersion, il n’y a pas de tiers parti. Alors, va pour la remigration ! (p. 244)». Jean-Yves Le Gallou en est devenu le principal penseur et praticien dans l’aire francophone.

Il conclut son autobiographie par un vibrant appel à la nostalgie du futur. Plutôt que revivre de grands moments de l’histoire, il aimerait «être réincarné en 2080 ou en 2100 pour voir la suite… (p. 283)». En s’écriant «Soyons archéofuturistes! (p. 279)», il appelle les nouvelles générations européennes à choisir la voie ethno-communautariste, meilleur gage possible pour une révolte salutaire et l’éventuelle libération continentale. Ainsi Jean-Yves Le Gallou prendrait-il les traits d’un Che Guevara des peuples autochtones du Vieux Continent…

GF-T      

Notes: 

1 : Jean-Loup Adénor, « Jean-Yves Le Gallou. L’extrême droite décongèle papy FN », dans la scrofuleuse rubrique « Les champions de la droite », Charlie Hebdo du 17 juillet 2026.

2 : Jean-Yves Le Gallou, Mémoires identitaires. 1968 – 2025 : les dessous du Grand Basculement, Via Romana, 2025, 290 p., 25 €. Toutes les citations non mentionnées en notes proviennent de cet ouvrage.

3 : Cf. sa notice dans Emmanuel Ratier, Encyclopédie politique française, Faits et Documents, tome 1, 1992, pp. 412 – 413. Il est préférable de consulter cette somme biographique plutôt que d’effectuer des recherches dans la version française guère fiable de Wikipédia.

61YZ4i03S9L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpg4 :  Arnaud Teyssier a écrit, entre autres, Charles Péguy. Une humanité française (2008), Richelieu. L’Aigle et la Colombe (2014), Philippe Séguin : le remords de la droite (2019) – ô paradoxe pour celui qui a récusé toute rupture avec le Système au moment de la campagne référendaire contre Maastricht en 1992 ! - ou l’excellent De Gaulle 1969, l’autre révolution (2019).

5 : Le Conseil constitutionnel est alors présidé par un ennemi intime de Pompidou, le gaulliste Gaston Palewski.

6 : Grégory Pons, Les rats noirs, Éditions Jean-Claude Simoën, 1977, le chapitre 5 « Les transfuges » avec un certain André L., pp. 101 à 106.

7 : X pour l’École polytechnique.

8 : Enfant abandonné et surnommé «Spartacus» pour sa propension à clamer ses poèmes en séance, Hector Rolland (1911-1995) confie dans ses Souvenirs dérangeants d’un godillot indiscipliné (Albin Michel, 1990) son grand estime pour ses collègues du FN. Il tente sans succès avec Christine Boutin (UDF) et Michel de Rostolan (FN) de créer un groupe d’étude parlementaire pour favoriser l’accueil à la vie.

81Y1KAwF5AL._UF1000,1000_QL80_.jpg9 : Sur Georges Albertini, cf. Pierre Rigoulot, Georges Albertini, socialiste, collaborateur, gaulliste, Perrin, 2012.

samedi, 01 août 2026

Incendies orchestrés? Une arme militaire secrète en action?

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Incendies orchestrés? Une arme militaire secrète en action?

Sylvia Miami

Source: https://reseauinternational.net/incendies-orchestres-une-...

Les Français de l’étranger comme Sylvia Miami compatissent au drame européen des incendies mais comme aux US ils ont aussi leur part et qu’ils ont des renseignements qui laissent les Européens incrédules elle estime que «la question des causes et des méthodes se pose de plus en plus».

Difficile de rester insensible devant les images qui nous parviennent d’Europe.

De la France à l’Italie, en passant par l’Espagne et le Portugal, et ailleurs, des milliers de personnes voient leur vie partir en fumée. Une pensée immense pour les habitants qui ont tout perdu, pour les animaux prisonniers des flammes, et pour le courage surhumain de nos pompiers, aidés par les agriculteurs et les habitants.

Face à la répétition et à l’intensité de ces catastrophes, la question des causes et des méthodes se pose de plus en plus.

Je republie ici mon post de 2025 sur l’utilisation des incendies comme arme tactique et militaire, car nous sommes en droit de nous poser des questions légitimes…

Incendies orchestrés!? - «Une arme militaire secrète en action»!?

Depuis des décennies, les incendies ont été perçus comme une menace naturelle dévastatrice, mais saviez-vous que, dans les années 60, les États-Unis avaient étudié l’utilisation des incendies de forêts comme arme militaire?

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Le rapport secret «L’incendie forestier comme arme militaire», publié en 1970, révèle des recherches menées pour déterminer si les feux volontaires pouvaient détruire les ressources ennemies et modifier le champ de bataille. Aujourd’hui, ces flammes hors de contrôle ravagent non seulement des forêts, mais des régions entières, comme on peut le voir actuellement en Californie.

Mais cela ne peut que nous rappeler la tragédie de Maui à Hawaï, ainsi que les incendies en Espagne, au Canada, dans le sud de la France et ailleurs dans le monde. Comment peut-on imaginer que ces feux pourraient être déclenchés et orchestrés par des personnages sans âme, utilisant délibérément de tels moyens pour semer la terreur, détruire et s’enrichir?

Tôt ou tard, ceux qui tirent les ficelles devront rendre des comptes. L’heure de la vérité approche, et tout est en train d’être exposé au grand jour…

Source : Profession Gendarme - https://www.profession-gendarme.com/incendies-orchestres-...

Fabio Vighi et le capitalisme financier de la fin des temps

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Fabio Vighi et le capitalisme financier de la fin des temps

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/fabio-vighi-ja-lopun-a...

Dans son dernier essai, Fabio Vighi s’attaque au cœur du capitalisme contemporain en utilisant d’abord les films Network (1976) de Sidney Lumet et Killing Them Softly (2012) d’Andrew Dominik comme fenêtres sur l’idéologie du système.

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Le sermon du dirigeant d’entreprise Arthur Jensen – « il n’y a pas de nations » – et le constat cynique du tueur à gages Jackie Cogan – « l’Amérique n’est pas un pays, mais un business » – forment ensemble un diagnostic : les États-Unis ne sont pas un État-nation traditionnel, mais le quartier général politique et militaire du capital financier global. Il ne s’agit pas d’un complot, mais d’un fait structurel, dont la force idéologique réside dans la présentation qu'il fait de lui-même, comme étant une loi naturelle.

Les États-Unis allient puissance militaire, infrastructure technologique et instrumentalisent le statut du dollar comme principale monnaie de réserve internationale. Les politiciens agissent dans cette structure principalement comme des « technocrates de middle management », dont les décisions sont guidées par la logique de la liquidité, de la gestion de la dette et de la préservation des actifs. Le retour de Donald Trump à la présidence en est un exemple-type : il n’a pas été élu pour ses compétences politiques – « il n’en a pas » – mais parce que son imprévisibilité théâtrale correspond à une époque où « le spectacle débridé a englouti la stratégie ».

Vighi met en garde contre l’illusion typique des libéraux, qui confondent les marionnettes visibles avec les marionnettistes. Le véritable pouvoir repose sur le statut « sans risque » des obligations d’État américaines – un « tour de confiance » qui permet une gestion budgétaire débridée, le financement des guerres et l’inflation des actifs financiers. Mais le système montre de plus en plus de signes de tension : rendements obligataires en hausse, déficits chroniques, dédollarisation et transfert du commerce de l’énergie hors du dollar. L’hégémonie n’est pas en train de s’effondrer, mais elle est entrée dans une « phase d’instabilité structurelle ».

616zJV1vZ3L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgVighi cherche à expliquer cette évolution par la théorie de la valeur-travail de Marx, selon laquelle seul le travail humain crée de la valeur nouvelle, et les machines ne font que la transférer. Mais cette conception industrielle est-elle encore valable dans une économie numérisée où l’intelligence artificielle participe à de nouveaux processus de création de valeur ? L’interprétation de Vighi risque de rester prisonnière des catégories du passé.

Quoi qu’il en soit, le capitalisme a pris la voie de la financiarisation. La finance ne suit plus l’accumulation productive, elle en est devenue le substitut. Le capital fictif – dette, produits dérivés et flux de revenus titrisés – constitue une montagne croissante de créances qui repose sur du travail qui n’a pas encore été effectué et qui, à l’échelle requise, ne le sera jamais.

Cette logique imprègne tout : la maison devient un objet d’investissement, l’éducation une dette d’études, la santé une cible d’extraction financière. La guerre est l’apothéose de la financiarisation – un « événement massif de liquidité », où destruction et ravage créent de nouvelles opportunités d’investissement. Vighi cite la « chorégraphie algorithmique des frappes contre l’Iran et les récits soigneusement construits autour d’Ormuz » comme exemples de la façon dont dépenses militaires, infrastructures numériques et manipulation financière forment une machine chargée de la gestion des crises.

La multipolarité géopolitique n’offre en soi aucune solution, tant qu’elle reste enfermée dans les catégories du capitalisme. Vighi rejette « l’illusion qu’un équilibre global plus juste pourrait stabiliser le capitalisme » et affirme que « le capitalisme multipolaire reste du capitalisme ».

Les choix des banques centrales illustrent l’impasse : une politique monétaire stricte menace de récession, une politique souple fait gonfler les bulles. Le débat sur l’inflation évite la question de l’effondrement de l’accessibilité : « le problème n’est pas que les prix augmentent trop vite, mais que vivre est devenu inabordable ». Chaque intervention ne fait que différer la crise et reporte la contradiction à un niveau supérieur.

Vighi ne croit pas que le salut viendra de la multipolarité, des monnaies numériques ou de l’intelligence artificielle. Ces changements ne servent à rien s’ils ne conduisent pas hors du capitalisme. Le seul espoir, selon l’universitaire italien, est que « l’irrationalité catastrophique du système » produise une sortie de la logique qui détruit les fondements de la société. Le seul obstacle est « l’attachement illusoire des gens à une constellation en train de s’effondrer ».

Néanmoins, l’analyse de Vighi n’est pas exempte de problèmes. Il condamne le capitalisme sans offrir d’alternative concrète – le seul espoir reste l’attente de la catastrophe. Vighi ignore aussi les modèles existants, comme l’économie socialiste de marché chinoise. Le débat sur la fin du capitalisme laisse ouverte la question de savoir quel ordre mondial pourrait lui succéder – et qui le construirait.

L’inquisition conceptuelle de l’Occident: illusion linguistique, institutions et colonialisme du consensus

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L’inquisition conceptuelle de l’Occident: illusion linguistique, institutions et colonialisme du consensus

Adnan DEMİR

Introduction : La propriété de la géographie et de l’esprit

Placer le monde au centre de sa propre carte et classer toute autre géographie en fonction de sa distance par rapport à ce centre est la forme la plus raffinée et la plus dangereuse du colonialisme. La volonté qui construit le concept “d’Orient” comme objet mystique et immobile, nécessitant une éducation, a en même temps proclamé son propre centre comme unique représentant de la civilisation, de la justice et de la rationalité.

Pourtant, lorsque cette fausse carte géographique et mentale est renversée, le panorama qui se dégage est clair: un “Occident proche” (Europe) prisonnier de sa propre bureaucratie et de prétentions éthiques creuses; un “Occident moyen” (Grande-Bretagne) pragmatique qui continue à jouer un double jeu avec une arrogance déduite de ses résidus impériaux ; et un “Occident lointain” (Amérique) qui fortifie le capital global par la violence militaire — le stade ultime du capitalisme sauvage.

L’hégémonie occidentale ne se maintient pas seulement par des porte-avions ou des blocs financiers. Sa force la plus grande réside dans les concepts stériles et préfabriqués qu’elle produit et présente au monde comme des valeurs universelles. Ces concepts sont des rideaux linguistiques qui qualifient de “justice” la violence des puissants et de “crime” la résistance des faibles.

1. Le masque de “l’universalité” et le discours hégémonique

La terminologie qu’utilise l’Occident dans la politique internationale n’est rien d’autre que l’art de camoufler ses intérêts mondiaux.

- Ce qu’on appelle “Communauté internationale” n’est pas la volonté collective de 193 pays, mais le consensus à huis clos de l’Atlantic Interest Club et des élites du G7. Dans une structure où les voix de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine sont absentes, ce cercle étroit d’intérêts est imposé au monde comme “la volonté universelle de l’humanité”.

- L’étiquette de “pays en voie de développement” est une promesse fausse et sans fin offerte à la périphérie. Ces pays n’ont pas d’objectif atteignable ; le seul rôle qui leur est assigné est de fournir au centre global une main-d’œuvre à bas coût, des matières premières et des marchés. Le système est délibérément structuré pour qu’ils ne puissent jamais atteindre le niveau des “pays développés”.

- “Aide et intervention humanitaire” est le nom élégant donné à l’acte de piller d’abord les ressources des régions et de paralyser leurs structures sociales, puis de répandre quelques miettes sur les ruines afin d’apaiser sa propre conscience et d’hypothéquer géopolitiquement les décombres.

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2. L’hypocrisie du droit : la volonté du plus fort transformée en loi

Le discours sur “l’État de droit” est le domaine où l’Occident rend son pouvoir brut le plus invisible. La réalité historique et pratique montre pourtant clairement que ce qui existe n’est pas l’État de droit, mais la domination par le droit.

- Deux poids, deux mesures dans la jurisprudence (CPI et Cour internationale de justice) : la Cour pénale internationale a été, au fil de son histoire, transformée en une inquisition qui ne juge que les dirigeants du Tiers-Monde refusant de se soumettre à l’ordre occidental. Les mêmes puissances qui menacent de bloquer la poursuite de leurs propres soldats par le “Hague Invasion Act” proclament soudainement ces tribunaux comme incarnation de la justice lorsque les cibles sont leurs rivaux.

- Camouflage conceptuel (“dégâts collatéraux”) : lorsque les acteurs occidentaux détruisent des hôpitaux ou des cortèges nuptiaux par la simple pression d’un bouton, ou tuent des centaines d’écolières, les massacres sont classés dans la froide parenthèse technique des “dégâts collatéraux” et ainsi légalisés. Le nom donné à la violence change selon l’identité de celui qui la perpètre : lorsqu’il s’agit de l’Occident, c’est une “erreur opérationnelle” ; lorsque ce sont les autres, c’est du “terrorisme”.

- Confiscation de biens et de finances : la “sacralité des droits de propriété” et la “sécurité financière” ne valent que tant qu’on se soumet au système occidental. La saisie des réserves des banques centrales d’États d’un simple clic lors de ruptures géopolitiques n’est rien d’autre que la licence légale de l’Occident pour s’approprier le capital.

3. Marchés libres et illusions idéologiques

Le monde économique et le monde académique forment les deux autres piliers qui complètent l’occupation mentale par l’Occident.

- Le “marché libre” est l’imposition, par un Occident qui protège ses propres producteurs grâce à de massives subventions publiques, aux pays périphériques de démanteler leurs tarifs douaniers et leurs mécanismes de défense. Ce qui est libre, ce ne sont pas les peuples, mais l’expansionnisme sans limite du capital international.

- Le “lobbying” est la même corruption sordide qui, lorsqu’elle est pratiquée dans les pays de l’Est ou du Sud, est qualifiée de “kleptocratie et corruption”, mais qui, dans la politique occidentale, est parée d’un costume-cravate et bénéficie d’une couverture légale. C’est la mise aux enchères ouverte des politiques.

- “Les avis d’experts et les think tanks” ne sont pas des centres indépendants produisant un savoir objectif ; ce sont des laboratoires de discours financés par les géants de l’industrie de l’armement et de la finance, chargés de conférer une légitimité académique aux manœuvres géopolitiques à venir.

Conclusion: faire tomber le rideau

Le réseau conceptuel développé par l’Occident vise à transformer le monde en spectateurs passifs et en objets à exploiter. Derrière les termes prestigieux comme “Droit”, “Démocratie”, “Marché libre” ou “Droits de l’homme” se cache une vaste illusion où le consensus est fabriqué et la violence institutionnalisée.

Dénoncer cette imposture n’est pas seulement une correction du langage; c’est un acte de libération mentale et une prise de position révolutionnaire. Lorsque la violence est transformée en clause juridique et que ceux qui la commettent la définissent comme “ordre”, la première chose à faire est de faire s’effondrer sur leur propre tête la prison conceptuelle qu’ils ont construite — en utilisant leurs propres termes.

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vendredi, 31 juillet 2026

Ceuta: la crise frontalière espagnole devient une crise de l’UE

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Ceuta: la crise frontalière espagnole devient une crise de l’UE

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

L’Espagne entre dans une phase nouvelle de sa crise interne. Une fois de plus, des milliers de migrants illégaux ont tenté de franchir la frontière espagnole à Ceuta. Ce qui est souvent qualifié à Bruxelles de «mouvement de fuite» ou de défi humanitaire révèle ici sa véritable nature: la migration est depuis longtemps devenue un instrument de pression politique.

Les soupçons se portent sur le Maroc. Rabat connaît parfaitement les faiblesses de l’Espagne. Ceuta et Melilla ne sont pas seulement des villes frontalières, mais des leviers géopolitiques. Si les contrôles marocains sont relâchés, Madrid se retrouve sous pression en quelques heures. Il n’a pas encore été prouvé que le récent assaut ait été organisé directement par le gouvernement marocain. Pour l’impact politique, cela est presque secondaire. Ce qui est déterminant, c’est que l’Espagne n’a pu défendre sa frontière qu’au prix de gros efforts.

Un État qui ne décide plus qui entre sur son territoire perd une partie de sa souveraineté. La Falange Española a réagi par une déclaration exceptionnellement sévère. Elle accuse le Maroc d’une opération organisée contre l’Espagne et déclare que, si l’armée ne parvient pas à protéger la frontière, le peuple espagnol a le droit à l'autodéfense. Elle appelle également à des manifestations devant l’ambassade du Maroc.

Les revendications radicales deviennent acceptables là où l’État échoue de manière visible.

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Lorsque les citoyens ont l’impression que le gouvernement, la police et l’armée ne peuvent ou ne veulent plus rétablir le contrôle, un processus dangereux commence. La demande de protection des frontières devient alors une demande d’auto-protection. La méfiance conduit à l’auto-organisation. Et une crise migratoire peut se transformer en crise ouverte de l’autorité. Madrid fait ainsi face à un problème que la classe politique de l’UE évite depuis des années.

Bruxelles a traité la migration comme une question morale, discrédité le contrôle national des frontières, et suspecté toute politique plus stricte d’extrémisme. Dans le même temps, les États qui voulaient réellement protéger leurs frontières étaient combattus politiquement et juridiquement !

Le résultat se révèle maintenant: l’UE a idéalisé l’ouverture des frontières sans pouvoir en maîtriser les conséquences politiques.

La migration ne modifie pas seulement les budgets sociaux ou les statistiques criminelles. Elle détermine si un État peut défendre son territoire, son ordre public et, en fin de compte, son monopole de la violence. Ceuta n’est donc pas un incident local à la périphérie de l’Europe. C’est un signe avant-coureur.

Si le Maroc peut exercer une pression intérieure sur l’Espagne en ouvrant sa frontière, la tant vantée « souveraineté européenne » n’est rien d’autre qu’une formule creuse. Une union qui ne protège pas ses frontières extérieures ne peut être ni souveraine ni capable d’agir.

L’UE a placé ses États membres dans une situation paradoxale: la protection nationale des frontières est considérée comme suspecte politiquement, tandis que la perte de contrôle est gérée comme une normalité humanitaire. Cette politique atteint aujourd’hui ses limites.

Si les percées massives se répètent, l’Espagne ne discutera pas seulement s'il faut plus de policiers ou plus de places d’accueil supplémentaires. Il s’agira alors de l’utilisation de l’armée, de la responsabilité politique du gouvernement et de la question de savoir si la population fait encore confiance à l’État pour la protéger.

C’est précisément à ce stade que la migration devient un risque systémique.

L’Europe ne fait pas face à une nouvelle crise migratoire. L’UE est confrontée aux conséquences politiques de sa propre absence de frontières.

#geopolitik@global_affairs_byelena

Séisme politique à Varsovie: le PiS se divise

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Séisme politique à Varsovie: le PiS se divise

Varsovie. Le parti polonais national-conservateur PiS (Droit et Justice) n’apprécie guère les Allemands, qu’il accuse de revanchisme tout en leur présentant des factures exorbitantes pour des réparations. D’un autre côté, il a protégé la Pologne pendant des années contre l’immigration de masse et d’autres « bénédictions » de l’UE. Aujourd’hui, il est en train de se désagréger.

Le conflit porte sur l’orientation future du parti. En mars, le chef du parti Jarosław Kaczyński a désigné Przemysław Czarnek, considéré comme un partisan de la ligne dure, comme candidat principal au poste de Premier ministre pour les élections législatives de 2027. Par cette décision, la direction du parti vise, selon les observateurs, à attirer les électeurs de l’extrême droite.

Pour certains, cela va trop loin. Le critique le plus en vue est l’ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki, qui représente l’aile libérale-économique du PiS. Il a créé sa propre plateforme, «Développement Plus». Avec d’autres membres modérés du parti, il plaide pour une réorientation stratégique. Selon lui, le PiS doit redevenir un parti large du centre-droit. Il a également déclaré: «Dans mon groupe, des milliers de personnes s’engagent, qui veulent atteindre les entrepreneurs et les jeunes».

Kaczyński n’a pas accepté la création de cette nouvelle plateforme. Il a exigé sa dissolution et a demandé à tous les concernés de signer une déclaration de loyauté envers la direction du parti avant jeudi dernier. Morawiecki a refusé à la fois de dissoudre son groupe et de signer. Une réunion de crise entre les deux camps n’a pas permis de trouver un accord et a finalement conduit à l’annonce du départ de plus de 30 députés.

Cette évolution pourrait modifier durablement le système des partis en Pologne. Contrairement à de nombreux pays d’Europe occidentale, le paysage politique y est dominé depuis des années principalement par des forces libérales-conservatrices et de droite conservatrice. En outre, des partis encore plus à droite siègent au parlement, tandis que les partis de gauche jouent un rôle nettement moindre.

Le PiS a gouverné la Pologne de 2015 à 2023. Après sa défaite aux élections législatives en octobre 2023, il est passé dans l’opposition et constitue depuis lors le groupe d’opposition le plus important à la Diète de Varsovie. (mü).

Source: Zu erst, 07/2026.

Plonger les yeux grands ouverts dans la guerre? Pourquoi l’Europe ne se pose-t-elle pas certaines questions?

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Plonger les yeux grands ouverts dans la guerre? Pourquoi l’Europe ne se pose-t-elle pas certaines questions?

Jeanne Delahaye

Source: https://www.facebook.com/jeanne.delahaye.7

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les médias européens se concentrent principalement sur les livraisons d’armes, les sanctions et les développements militaires. Dans le même temps, un autre débat semble avoir presque totalement disparu de l’espace public:

Quels sont, à long terme, les intérêts propres de l’Europe ?

Cette question s’impose d’autant plus à la lecture des déclarations de responsables et de stratèges américains. Celles-ci ont été rendues publiques, publiées dans des livres ou expliquées devant des commissions parlementaires. Pourquoi sont-elles si rarement débattues en Europe ?

Déjà en 1944, Charles de Gaulle s’opposait aux projets américains d’administrer la France dans le cadre d’une administration militaire alliée (l'AMGOT). Pour lui, une alliance ne devait jamais signifier l’abandon de sa propre liberté d’action politique. La France devait déterminer elle-même son avenir.

Plus de quatre-vingts ans plus tard, la question se pose à nouveau de savoir à quel point l’Europe prend ses décisions stratégiques de manière autonome.

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En 1997, l’ancien conseiller à la sécurité du président Jimmy Carter, Zbigniew Brzeziński, a publié son livre Le Grand Échiquier. Il y écrit :

« L’Eurasie est l’échiquier sur lequel se joue la lutte pour la domination mondiale. »

Et il ajoute :

« Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire eurasiatique. »

En 2015, le géostratège américain George Friedman déclarait au Chicago Council on Global Affairs :

« L’intérêt prioritaire des États-Unis, intérêt pour lequel nous avons mené des guerres pendant un siècle – la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide –, ce sont les relations entre l’Allemagne et la Russie. Car unies, elles représentent la seule puissance capable de nous menacer. Notre principal objectif était donc de faire en sorte que cela n’advienne pas. »

Le général à la retraite Keith Kellogg a déclaré en 2023 :

« Si l’on peut vaincre un adversaire stratégique sans engager de troupes américaines, c’est le sommet du professionnalisme. »

Après la destruction des pipelines Nord Stream, le secrétaire d’État Antony Blinken a dit :

« C’est une immense opportunité de supprimer une fois pour toutes la dépendance à l’énergie russe. »

Et Mitch McConnell a déclaré au sujet du soutien américain à l’Ukraine :

« L’immense majorité de l’argent que nous avons alloué est dépensée ici, aux États-Unis. Cela renforce notre base industrielle et assure de bons emplois bien rémunérés aux Américains. »

Aucune de ces déclarations n’a été faite en secret. C’est précisément pour cette raison qu’une question se pose :

Si les responsables américains expriment leurs intérêts nationaux avec une telle franchise, pourquoi l’Europe débat-elle si rarement de ses propres intérêts avec la même ouverture ?

L’Europe fait face à d’énormes défis : augmentation des dépenses de défense, prix élevés de l’énergie, pression économique croissante et budgets publics limités. Il est donc d’autant plus important d’évaluer chaque décision politique à l’aune d’une question simple :

Serait-elle avant tout dans l’intérêt de l’Europe ?

Car si nous cessons de nous poser ces questions, nous risquons de prendre des décisions dont le prix sera, en fin de compte, essentiellement payé par l’Europe.

jeudi, 30 juillet 2026

La remilitarisation de l’Europe: qui paiera les milliards?

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La remilitarisation de l’Europe: qui paiera les milliards?

Source: https://zurzeit.at/index.php/europas-aufruestung-wer-beza...

L’Europe, ou plus précisément l’UE, souhaite désormais se réarmer, mais on ne sait toujours pas qui devra financer ce programme de plusieurs centaines de milliards.

L’Europe veut consacrer plus de moyens à sa défense qu’elle ne l’a fait depuis la fin de la guerre froide. Après le sommet de l’OTAN, la voie à suivre est claire: les États membres européens doivent augmenter significativement leurs dépenses militaires au cours des prochaines années. Mais le véritable débat ne fait que commencer. Car chaque milliard supplémentaire consacré à la défense nationale doit bel et bien être financé.

Plus de sécurité coûte plus cher

Les pays de l’OTAN se sont accordés pour augmenter progressivement et sensiblement leurs dépenses de défense. L’objectif est de renforcer les capacités militaires de l’Europe et de réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis.

Le contexte géopolitique est le suivant: la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine a incité l’Europe à renforcer ses capacités de défense. Parallèlement, la pression politique augmente depuis des années aux États-Unis pour que les partenaires européens de l’alliance assument une part plus importante de l’effort commun.

Mais cela soulève une question gênante : d’où viendra l’argent ?

La réalité financière

De nombreux États européens doivent déjà aujourd’hui rembourser une dette élevée, assortie d'une augmentation du coût des intérêts et ce, avec une population vieillissante. Dans le même temps, les dépenses pour les retraites, la santé, les soins et la protection du climat augmentent.

De nouvelles dépenses militaires ne peuvent donc être financées que de trois manières: par une hausse des impôts, par un nouvel endettement ou par des économies dans d’autres domaines. Une quatrième option n’existe pas sur le long terme.

C’est là tout le dilemme politique. Car si la hausse des dépenses militaires s’impose de plus en plus dans la politique étrangère, le débat sur leur financement est souvent évité.

Une telle politique de sécurité a besoin d’une économie forte

L’Europe ne peut pas garantir ses capacités de défense uniquement par l’augmentation de ses budgets. Des forces armées modernes ont besoin d’une industrie performante, d’un approvisionnement énergétique stable, d’innovations technologiques et d’entreprises compétitives.

Une économie structurellement faible rend donc également difficile toute politique de sécurité crédible.

C’est pourquoi le débat est souvent trop restreint. Il ne s’agit pas seulement du niveau des dépenses militaires, mais aussi des conditions économiques permettant de les assumer sur le long terme.

Pour l’Autriche, la question se pose de façon particulièrement aiguë. Certes, le pays est militairement neutre, mais les dépenses de défense y augmentent également. En même temps, le budget fédéral est soumis à une forte pression visant sa consolidation.

Les années à venir montreront donc si l’Europe pourra conjuguer le renforcement nécessaire de ses capacités de défense avec une politique budgétaire solide.

La sécurité n’est jamais gratuite. Ceux qui réclament plus de défense doivent donc aussi dire honnêtement comment ils comptent la financer.

dimanche, 19 juillet 2026

Dix signes d’alerte qui annoncent le déclin d’une société

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Dix signes d’alerte qui annoncent le déclin d’une société

Par Meinrad Müller

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/201946

Beaucoup se souviennent de la célèbre réplique dans Astérix et Obélix: «Ils sont fous, ces Romains». Les Gaulois de Goscinny et Uderzo observaient les légionnaires romains accomplir des choses contraires au bon sens. Non pas parce qu’ils étaient stupides, mais parce qu’ils devaient obéir aux ordres venus de Rome. On ne leur demandait pas de réfléchir, mais d’obéir.

Et aujourd’hui, qu’en est-il de nous ?

Personne ne nous hurle des ordres. Personne ne marche au pas. Mais la direction est fixée, non pas par des cris de commandement, mais par la pression. Celui qui ne suit pas est considéré comme un être problématique. Celui qui pose des questions se fait désagréablement remarquer. Alors on préfère suivre, par sécurité.

Terriblement actuel

Il y a plus de 2400 ans, le philosophe grec Socrate décrivait déjà dix signes d’alerte annonçant le déclin d’une société. Formulé simplement, mais avec force. Et c'est terriblement actuel. Pourtant, ce n’est pas un phénomène nouveau sous le soleil.

Premièrement : quand les plus bruyants décident. Ce n’est pas celui qui a les meilleurs arguments qui l’emporte, mais celui qui fait le plus de bruit. Aujourd’hui, c’est plus facile que jamais.

Deuxièmement : quand le travail rapporte de moins en moins. Certains peinent, d’autres en profitent. Au final, le travailleur se demande pourquoi il fait encore des efforts.

Troisièmement : quand les filous sont admirés. Celui qui s’en sort par la ruse est considéré comme un malin. Celui qui reste honnête, comme un naïf.

Quatrièmement : quand la morale est utilisée pour détruire autrui. Il ne s’agit plus d’être meilleur soi-même, mais de faire paraître les autres plus mauvais.

Cinquièmement : quand la réputation importe plus que le bon comportement. L’essentiel est d’avoir l’air correct. Ce que l’on fait vraiment intéresse peu.

Sixièmement : quand les enfants ne peuvent plus être des enfants. Ils doivent intervenir tôt dans les conversations, afficher une opinion tôt et aborder des problèmes que même les adultes ont du mal à résoudre.

Septièmement : quand il y a plus de compréhension pour les coupables que pour les victimes. Le dommage est expliqué de toutes les façons, la souffrance est relativisée. La responsabilité s’évapore.

Huitièmement : quand l’absurde est vendu comme normal. Ce qui autrefois faisait hausser les épaules est aujourd’hui vu comme un progrès. Celui qui doute dérange.

Neuvièmement : quand suivre le mouvement est plus sûr que réfléchir. Mieux vaut acquiescer en silence que se faire remarquer. Mieux vaut faire partie du groupe que de contredire.

Dixièmement : quand la politique devient une affaire de self-service. On promet la proximité, on vit la distance. Ceux qui paient sont toujours les mêmes.

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Condamné à mort pour avoir posé des questions

Socrate posait ce genre de questions publiquement. Trop de questions, et trop dérangeantes. Il fut accusé de «corruption de la jeunesse» et d'«impiété».

En 399 avant Jésus-Christ, il fut condamné à mort à Athènes. Pas par l'épée, pas par la potence. Il dut boire la ciguë. Il le fit calmement; d’abord ses jambes flanchèrent, puis sa respiration. Son disciple Platon décrit cette mort comme une dernière leçon: rester lucide, rester calme jusqu’au bout. Il le pouvait – comme le rapporte son élève Platon – aussi parce qu’il croyait à l’immortalité de l’âme humaine.

C’est peut-être là le véritable fond de cette histoire:

Socrate n’a pas été condamné parce qu’il avait détruit quelque chose, ou une vie. Il a été condamné parce qu’il posait des questions. Et le déclin d’une société commence peut-être là où poser des questions n'est plus une posture souhaitée – mais où seulement l’approbation est tolérée. Et le renouveau commence là où l’homme reprend conscience de la dignité que son Créateur lui a offerte.

* * *

Meinrad-Mueller-1-150x150.pngMeinrad Müller (71 ans), entrepreneur à la retraite, commente avec un clin d’œil pleine d'humour des sujets de politique intérieure, des questions économiques et de politique étrangère pour divers blogs en Allemagne. Bavarois d’origine, il aborde surtout des thèmes que la presse dominante ne mentionne pas. Ses livres de poche humoristiques et satiriques sont disponibles sur Amazon. Les contributions précédentes de Müller sur UNSER MITTELEUROPA sont disponibles ici : https://www.unser-mitteleuropa.com/?s=meinrad+m%C3%BCller

samedi, 18 juillet 2026

Après le 14 juillet 2026 : où va l’armée française ?

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Après le 14 juillet 2026: où va l’armée française?

par Pierre-Émile Blairon 

Source: https://nice-provence.info/2026/07/17/apres-14-juillet-2026-armee-francaise/

Mardi 14 juillet 2026, une petite troupe de soldats (ils étaient 25) se réclamant de l’idéologie nazie a défilé sur les Champs-Élysées, 86 ans et un mois après les troupes allemandes qui y ont paradé le 14 juin 1940. 

L’armée allemande n’avait pas vraiment été conviée à se produire sur l’iconique avenue à cette époque, mais, cette fois, les néo-nazis ukrainiens ont pu défiler grâce à l’aimable proposition du président français Emmanuel Macron dont l’invité d’honneur était le chef de cette troupe, Volodymyr Zelensky, on ne sait pas trop à quel titre, car il n’est plus président de l’Ukraine depuis le 19 mai 2024.

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Encadrés par 9000 membres des forces de l’ordre, 6700 hommes de troupe défilaient et une foule d’environ 50.000 personnes assistait à cette parade, foule constituée majoritairement de touristes étrangers de passage à Paris, le QR code (en français : le sésame d’accès nominatif à la cérémonie) étant proposé dans les hôtels parisiens ; il y avait probablement aussi quelques partisans du gouvernement venus applaudir leur mentor ; les Parisiens, en général, n’avaient pas jugé nécessaire d’assister à ce show strictement contrôlé et surveillé, d’autant plus qu’ils n’y étaient pas franchement et joyeusement attendus, les organisateurs craignant que Macron et ses illustres invités européistes soient l’objet d’une bronca ou, tout au moins, de sifflets et de lazzis malveillants.

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La justice aux ordres: un invraisemblable retournement

L’un des rares opposants actifs à cette manifestation incongrue, le représentant de l’association Vigie Liberté, l’avocat Amine Elbahi (photo), avait saisi le Tribunal administratif de Paris afin de contester la légalité de l’obligation d’obtenir un QR code nominatif en plus de la présentation d’une carte d’identité pour tous ceux qui voulaient assister au défilé du 14 juillet ; le Tribunal administratif avait accédé à la demande de l’association et avait « enjoint au préfet de police de Paris, sans délai, de s’abstenir de prendre en considération la présentation ou pas d’un QR code nominatif » délivré par la présidence de la République après inscription sur son site Internet pour pouvoir accéder au périmètre.

Il est 3h00 du matin. Au terme d’une audience nocturne inédite devant le Conseil d’État – une situation sans précédent dans l’histoire de la juridiction administrative – je tenais simplement à vous adresser mes remerciements.

    Avec l’association @VigieLiberte, notre engagement… https://t.co/5bNfHHPyA3 pic.twitter.com/fa4aLxdApy

    — Amine Elbahi (@AmineElbahii) July 14, 2026

Cette décision intervenait le 13 juillet au soir ; le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez interjetait aussitôt appel auprès du Conseil d’État, lequel se réunissait en hâte au cours de la nuit (à trois heures du matin !) afin de casser la décision du Tribunal administratif (1) et de rétablir l’obligation du QR code sous la houlette de Christophe Chantepy, militant socialiste proche de Laurent Fabius.

QR Code - 14 juillet 2026

On a connu des décisions de justice de ce grand corps d’État beaucoup moins rapides.

Le silence des agneaux étoilés

Je n’ai fait jusqu’ici qu’évoquer les différentes phases administratives d’un scénario qui n’a rien d’anodin et révèle :

  • l’ampleur de la déliquescence de nos institutions et leur totale soumission au pouvoir en place qui a su placer ses pions là où il le fallait et quand il le fallait avec la complicité d’un certain nombre de députés, notamment ceux du RN, qui ont permis la nomination de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel… pour 9 ans !
  • la confirmation d’une désespérante apathie de nos concitoyens : après nous, le déluge.

et, surtout,

  • le retrait silencieux et prudent de la plupart de ceux dont le devoir eut été de manifester avec force et fracas leur opposition à chacune des étapes de cette abracadabrante histoire : je veux parler des responsables de haut niveau de l’armée française en exercice, qui se sont comportés comme des moutons apeurés soucieux de rester dans le rang et, surtout, dans le troupeau : avant tout, ne pas faire de vagues pour conserver leur zone de confort et leur possibilité d’avancement dans une hiérarchie dûment balisée, ce qui signifie concrètement, pour la multitude de généraux que compte l’armée française (379 en 2025 (2)) : le nombre d’étoiles figurant sur leurs épaulettes.

D’où ce sous-titre : le silence des agneaux… étoilés.

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Silence Agneaux

Enfin, la « grande muette » avait trouvé, en ce 14 juillet 2026, la signification et les fondements de cette expression, qui ne doit pas grand-chose à Sun-Tzu ni à Clausewitz, pour désigner l’armée française et son « devoir de réserve » qui permet de justifier nombre de renoncements et d’indignités. Nous sommes bien loin des héros dont l’honneur commandait de mourir pour la patrie quand leur hiérarchie se comportait servilement ; je pense à une période relativement récente de l’Histoire de France où des fonctionnaires galonnés ont voté la mort d’un Degueldre ou d’un Bastien-Thiry (3), je pense au général 5 étoiles Raoul Salan, le général le plus décoré de France, condamné à mort par contumace, et à ses adjoints, les généraux André Zeller, Maurice Challe, Edmond Jouhaud, chefs de l’OAS, je pense à ceux qui sont morts à Dien-Bien-Phu, sachant que tout était perdu, fors l’honneur, ou dans les massifs de l’Aurès en Algérie quand la France renonçait à être la France dans un territoire constitué de départements français et dans une guerre qu’elle venait de gagner contre les islamistes du FLN soutenus par le mondialisme naissant et … les Américains.

Sur le plan symbolique, prenant en compte ce qui a fait l’Histoire de France, et surtout, ceux qui l’ont faite par leur sacrifice, ce défilé du 14 juillet 2026 n’aura été rien d’autre qu’un crachat sur les tombes de nos anciens, en particulier ceux qui se sont battus contre les nazis lors de la deuxième guerre mondiale, qui seront morts… pour rien (4).

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Konk - Morts-pour-rien

Les généraux résistants

Georges Gourdin a écrit sur ce même site, une série d’articles dénonçant le projet de Macron concernant ce 14 juillet qui s’est finalement déroulé comme il l’a voulu.

Il est vrai que les généraux qui osent s’exprimer ne sont pas, sauf exception, des généraux d’active et il est vrai aussi qu’il n’y a pas que des généraux qui se lèvent et qui se sont levés contre cette infamie du 14 juillet 2026. Ce sont eux qui ont sauvé l’honneur de leur corporation qui est aussi l’honneur de la France en manifestant publiquement leur désaccord sur l’organisation et, surtout, sur l’état d’esprit de ceux qui ont voulu que cet événement ait lieu dans de telles conditions.

Le 9 juillet, le site « Place d’armes » a publié une tribune (5) signée par de nombreux généraux invitant à soutenir sa position concernant l’organisation de cette cérémonie dont je vous donne ci-après un extrait : « Le 14 juillet est le symbole de l’ensemble de notre histoire. Il manifeste notre souveraineté et l’unité du peuple français. Cette journée rappelle les grands événements fondateurs de notre République et rend aussi hommage à tous ceux qui ont servi la France, tout au long de notre longue histoire, parfois au prix de leur vie. C’est pourquoi elle est, et ne peut être rien d’autre, que notre fête nationale.

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Le défilé militaire sur les Champs-Élysées est l’un des temps forts de cette célébration. Il met à l’honneur les femmes et les hommes des armées françaises, leur professionnalisme, leur engagement et leur dévouement au service de notre peuple. Ce défilé de citoyens en armes appartient à tous les Français, quelles que soient leurs opinions politiques.

Or le choix des autorités actuelles de donner une dimension idéologique à cette manifestation nationale, s’avère en contradiction absolue avec sa nature fondamentalement unitaire. Une très large part du pays voit dans cette déviance une volonté de transformer notre fête nationale en promotion d’un engagement idéologique qui n’a fait l’objet d’aucun assentiment des Français, ni par la voie référendaire, ni par ses représentants. Une telle orientation peut être perçue comme un détournement de l’esprit du 14 juillet et l’instrumentalisation de nos armées à des fins politiques. »

Sur ce même site, j’ai relevé dans les commentaires qui répondaient à un article intitulé :

Silence dans les rangs… même après la retraite ? celui-ci :

« Il y a très longtemps que je déplore que les généraux n’expriment pas leur opinion sur la marche du pays et sa défense en particulier. Selon moi, leur manque de courage est la principale raison à cette situation. Depuis 1962, ils ont appris à se taire sous peine de sanctions. Ils sont donc devenus de hauts fonctionnaires avec tous les avantages qui vont avec ce statut. Pourtant, ils sont en charge de la défense du pays, c’est‑à ‑dire d’un domaine vital et donc existentiel. Peut-on leur faire confiance ? Chacun peut répondre en son âme et conscience. »

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Le général Roure, Saint-Cyrien, docteur d’État en sciences politiques, intervenant sur Omerta le 14 juillet 2026, n’a pas manqué de remettre les pendules à l’heure : « Le 14 juillet, c’est la fête de la Nation, de toute l’histoire de France, du peuple français, elle revêt une dimension sacrée, ce n’est pas la République qui est célébrée, c’est le peuple français (6). »

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Le général Coustou, dont on connaît le franc-parler a, lui aussi, apporté son commentaire éclairé en s’interrogeant sur la légalité de « l’ukrainisation » de notre fête nationale en faveur du pays le plus corrompu du monde et dont l’idéologie se réfère à son passé nazi, et en rappelant que ce sont les Russes qui ont libéré la France alors que les Américains étaient là, comme à leur habitude, pour faire du commerce, évoquant l’épisode de l’Amgot, Allied Military Government of Occupied Territories, une structure mise en place par les Américains à la fin de la guerre, qui déniait toute souveraineté à la France en y établissant un protectorat américain (7).

J’avais évoqué, dans mon précédent article (8), les possibilités d’une renaissance européenne qui ne pouvait échapper à une cruelle étape : celle où les dernières âmes vaillantes que compte notre pays allaient désespérer de tout avant de se réarmer, mentalement dans un premier temps, et d’entamer une remontée salutaire.

Entre torpeur et gloire, entre orages apocalyptiques et sacrifices sublimes de quelques-uns qui ont gardé la nuque droite et le sens de l’honneur, ce qui ne veut plus rien dire pour la grande majorité de nos concitoyens, le destin de la France est de se situer au centre de ce maelström, comme elle l’a toujours été, et d’en déterminer le mouvement pour en faire ressurgir un nouveau cycle.

Pierre-Émile Blairon

Notes:

[1] Au J.O du 17 janvier 2025 figurent plusieurs arrêtés portant sur les effectifs des militaires pour 2025. Pour rappel, la LPM prévoyait que les effectifs du ministère des armées s’élèveront à 274 936 équivalents temps plein en 2025 hors apprentis, volontaires du service militaire volontaire et effectifs éventuellement nécessaires au service national universel.

L’arrêté du 14 janvier 2025 fixe ainsi les plafonds des effectifs des militaires appartenant à certains corps d’officiers :

-Général de division, vice-amiral et personnel militaire de rang correspondant : 160

-Général de brigade, contre-amiral et personnel militaire de rang correspondant : 219

Total : 379

Si l’on compte 5 600 généraux en retraite, cela ne fait pas loin de 6 000 généraux français (5 600 en retraite + ~ 380 d’active), autrement dit quelques dizaines de milliers d’étoiles.

(Source : Ouest-France, 19 janvier 2025)

[2] On sait que des cadres du parti nazi ont été remis en selle par les Américains à la fin de la guerre en participant à la création de l’Union européenne et en y obtenant des postes ; voir mon article du 13 août 2025, Nos dirigeants européens sont-ils des créatures façonnées par les derniers nazis survivants, inclus dans mon livre Haute Trahison, Amazon 2026, page 121.

[3] https://www.place-armes.fr/post/le-14-juillet-doit-rester...

[4] https://www.resiste.info/article/ce-que-dit-vraiment-le-1...

[5] https://www.youtube.com/watch?v=WoS7q9vm2dI

[6] Je parlais évidemment de la véritable Europe, celle des peuples, et non pas de l’Europe américano-sioniste de Bruxelles, celle de madame Ursula Von der Leyen qui disait que les valeurs de l’Europe sont celles du Talmud, une « Europe » virtuelle qui est aussi celle d’Emmanuel Macron, formé à l’école américaine des Young global leaders.

[7]  Le GÉNÉRAL ANDRÉ COUSTOU RÉVÈLE CE QUI L’INQUIÈTE LE PLUS SUR LE 14 JUILLET:  https://www.youtube.com/watch?v=WoS7q9vm2dI

[8] Je parlais évidemment de la véritable Europe, celle des peuples, et non pas de l’Europe américano-sioniste de Bruxelles, celle de madame Ursula Von der Leyen qui disait que les valeurs de l’Europe sont celles du Talmud, une « Europe » virtuelle qui est aussi celle d’Emmanuel Macron, formé à l’école américaine des Young global leaders.

 

vendredi, 17 juillet 2026

La rupture de Tucker Carlson et l’érosion du consensus en politique étrangère

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La rupture de Tucker Carlson et l’érosion du consensus en politique étrangère

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Tucker Carlson, républicain fidèle depuis 35 ans, quitte le parti et veut contribuer à la création d’une troisième force. Il ne souhaite pas se présenter lui-même. Ce n’est pas sa personne qui importe, mais la question que soulève sa rupture: qui définira à l’avenir ce que signifie «America First» – et quelles seront les conséquences pour ceux qui comptent sur les garanties de sécurité américaines?

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La comparaison avec Elon Musk s’impose, mais elle mène à des diagnostics différents. La rupture de Musk en 2025 concernait le récit fiscal du trumpisme – la dette et les déficits restant élevés malgré la rhétorique des réformes. Son «America Party» est aujourd’hui largement hors-jeu. La rupture de Carlson touche la deuxième grande colonne de l'édifice trumpien: la promesse de mettre fin à l’interventionnisme militaire. La guerre contre l’Iran a réduit cette promesse à néant.

L’alliance qui en découle n’est plus seulement une rhétorique de talk-show, elle revêt désormais une réelle substance politique: Républicains et Démocrates votent parfois ensemble au Congrès contre l’escalade militaire. Marjorie Taylor Greene, jadis alliée la plus fidèle de Trump, explore publiquement les possibilités de créer un parti «authentiquement centré sur l’Amérique».

À droite, la résistance vient du rejet des guerres de changement de régime et de l’attachement à Israël; à gauche, elle puise dans l’ancienne critique du complexe militaro-industriel et du lobby israélien à Washington. Ce qui unit surtout les deux camps: la colère contre un establishment de politique étrangère qui, au-delà des clivages partisans, poursuit la même ligne. Sur la migration, l’avortement ou les impôts, rien ne les rapproche – c’est une coalition de rejet, pas un parti.

Ce qui importe, c’est de savoir si cette rupture est cyclique ou structurelle. Les chiffres penchent pour la structure: 45% des Américains s’identifient désormais comme indépendants – un record, Républicains et Démocrates n’atteignant chacun que 27%. Sur l’Iran et Israël, la ligne de fracture ne passe pas entre les partis mais en leur sein: 85% des républicains de plus de 50 ans soutenaient l’intervention militaire contre l’Iran, contre seulement 58% des moins de 50 ans. Concernant Israël, déjà 57% des jeunes républicains ont une opinion négative du pays – contre la ligne du parti.

Pour nous, cela confirme ce que nous savions déjà, ce n’est pas une surprise. Le consensus en politique étrangère auquel la politique allemande s’est si longtemps soumise – la loyauté envers l’alliance avant les intérêts propres, la politique de sanctions au lieu d’un partenariat énergétique pragmatique avec la Russie, sur le gaz de laquelle notre prospérité a reposé pendant des décennies – n’a jamais résulté d’une large majorité américaine. Il s’agissait d’un projet de l’establishment de Washington, soutenu par les think tanks, les groupes de pression et un appareil de sécurité qui traverse les deux partis. Que ce soient justement des pans entiers des Républicains et des Démocrates qui se soulèvent désormais ensemble contre cet appareil montre que la ligne prétendument inévitable du transatlantisme a toujours été un choix politique – pas une fatalité.

Pour le débat allemand, cela signifie: ceux qui continuent de subordonner leurs propres intérêts – économiques comme diplomatico-militaires – au consensus d’un establishment qui perd lui-même du terrain aux États-Unis, ne défendent plus un partenariat stratégique, mais une fiction d’inéluctabilité que même les Américains remettent de plus en plus en question.

Carlson ne fondera probablement pas de parti. Mais il montre que le consensus auquel Berlin s’est si longtemps soumis est plus fragile dans son propre pays d’origine que les atlantistes allemands ne veulent bien l’admettre.

#géopolitique@global_affairs_byelena

18:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, tucker carlson | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook