Soudaine et abrupte, la nouvelle s’est vite répandue : le décès d’Édouard Limonov à Moscou le 17 mars dernier à l’âge de 77 ans, victime du crabe. La provocation politique, militante et littéraire perd l’un de ses maîtres incontestés.
De son vrai nom Édouard Veniaminovitch Savenko, Édouard Limonov naquit le 22 février 1943 dans une ville russe qui lui était quelque peu prédestinée, Dzerjinsk, en l’honneur de Félix Dzerjinski, le chef de la Tchéka, l’ancêtre de la Guépéou et du KGB. Savenko père appartenait d’ailleurs au NKVD en tant qu’officier commissaire politique.
Suite à une affectation paternelle, le garçon grandit dans la ville industrielle de Kharkov aujourd’hui en Ukraine. Ce surdoué fut d’abord « un lecteur assidu, dévorant tout ce qui [lui] tombait sous la main (1) ». Au collège, il joue au garnement insupportable avec des résultats scolaires décevants. À la fin de l’adolescence, il commet des larcins mineurs. Mortifié d’être exempté du service militaire, ce myope ne supporte plus la pesante ambiance sous Khrouchtchev et Brejnev. Incontrôlable et provocateur, il quitte l’Union soviétique en 1974. Quelques plumitifs y ont vu l’indice que derrière une apparente attitude dissidente culturelle et artistique, Limonov aurait été un agent clandestin du KGB au même titre d’ailleurs que l’« arctiviste onanophobe » Piotr Pavlenski…
Il proclamera plus tard sa fierté d’être le « fils d’un samouraï (2) ». En effet, son père « était un puritain : il ne buvait pas, ne fumait pas (3) ». Ce dernier était-il un homo sovieticus exemplaire ? Limonov relate une anecdote troublante. Le jour de la mort de Staline, tandis que sa mère pleure le défunt et qu’ils tentent de le réveiller, il leur lance : « Taisez-vous, vous n’avez aucune idée de qui vous pleurez… (4) » Et il se rendort !
Édouard Limonov commente cette réaction déroutante de la part d’un membre du PCUS, serviteur incontestable du régime. « Dans les années 1950 – 1960, l’Union soviétique était comparable à ce que George Orwell décrit dans 1984. Les millions de prolos y étaient en réalité plus libres que n’importe qui. Bien sûr, à Moscou et dans les grandes villes, les intellectuels étaient surveillés par le KGB. Mais l’appareil répressif ne se souciait pas des pauvres ouvriers, perdus dans l’immensité des ghettos pour prolos (5). »
Il a toujours recherché une synthèse entre son père militaire et sa mère ouvrière au caractère bien trempé dont il se doutait que la jeunesse fût agitée… Leur fils, lui, eut le privilège, parfois chèrement payée par des détentions plus ou moins longues, de mener une vie punk. Emmanuel Carrère rapporte dans son Limonov (POL, 2010) qu’il le découvre quand sa mère, Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française, reçoit l’un de ses premiers ouvrage avec une dédicace dans laquelle il se qualifiait de « Johnny Rotten de la littérature russe », Johnny Rotten étant le meneur du groupe britannique de musique punk Sex Pistols.
À l’instar d’Alexandre Soljenitsyne qu’Édouard Limonov n’a guère apprécié, les « nouveaux philosophes » anti-totalitaires et germanopratins ne sont jamais parvenus à le domestiquer. À Esprit, au Nouvel Observateur, à Études ou à Commentaires, il a préféré écrire pour le quotidien communiste L’Humanité et le mensuel nationaliste Le Choc du Mois. Il révèle tout son talent dans L’Idiot International de Jean-Edern Hallier. L’auteur du Bréviaire pour une jeunesse déracinée (Albin Michel, 1982) accueille avec joie un écrivain qui a bien roulé sa bosse et qui œuvre à la convergence de l’idée nationale et de la justice sociale.
Au début du XXe siècle, Édouard Limonov aurait sans doute suivi Georges Sorel. L’a-t-il au moins lu ? L’homme de lettres n’hésite pas à recourir à la violence. Il la juge nécessaire, indispensable, voire salutaire. Il tire en Transnistrie contre les Moldaves roumanophones, en Abkhazie contre les Géorgiens et en Bosnie aux côtés des Serbes du président Radovan Karadzic. Ces péripéties guerrières dévaluent son crédit sur la place vérolée de Paris où les éditocrates de l’Hexagone le condamnent au nom de la morale des droits de l’homme. Son rejet de l’atlantisme et du libéralisme en fait en 1993 l’une des principales cibles d’une virulente campagne de presse fomentée par un palmipède imprimé, dénonciateur psychotique d’une fantasmatique alliance « rouge – brune ».
Édouard Limonov assume cette désignation. revenu en Russie, il fonde, le 1er mai 1993, en compagnie d’Egor Letov et d’Alexandre Douguine le Parti national-bolchevik (PNB). Par de nombreux coups d’éclat médiatiques, le PNB combat la politique néo-libérale et pro-occidentale de l’ivrogne Eltsine, puis de Vladimir Poutine. Concevant la politique comme une forme d’art achevée, ce mouvement inclassable exige des mesures hyper-natalistes telles l’autorisation de la polygamie et l’obligation imposée aux femmes russes d’avoir au moins quatre enfants avant l’âge de 35 ans.

Édouard Limonov avoue volontiers avoir « pris le parti de choquer, de provoquer dans le but d’attirer vers nous des militants. La Russie était une page blanche : la vie politique était inexistante. Il fallait être créatif et oser des expériences nouvelles. Nous avons privilégié le radicalisme, avec un mélange d’idées d’extrême gauche et d’extrême droite. Pour moi, “ extrémisme ” n’est pas péjoratif (6) ». Sarcastiques, les slogans nationaux-bolcheviks (ou « natsbol ») concurrencent les meilleurs adages situationnistes : « Le Mur est mort, vive le Mur ! », « Le capitalisme, c’est de la merde ! » ou bien l’indigeste « Mangez les riches ! »
Les actions coup-de-poing des « natsbols » agacent progressivement Alexandre Douguine qui envisage un néo-eurasisme révolutionnaire – conservateur moins tonitruant. Il rompt avec le PNB en avril 1998. Dès lors, « le parti est devenu de plus en plus rouge et socialiste (7) ». Puis la formation « natsbol » se scinde. Le gouvernement russe l’interdit finalement le 7 août 2007. Entre-temps, Édouard Limonov a purgé deux ans de prison pour une tentative esquissée (et peut-être provoquée ?) de coup d’État au Kazakhstan en 2001 afin de réintégrer les régions russophones du Nord kazakh à la Russie parce qu’« après la proclamation d’Indépendance, des millions de Russes se sont retrouvés sous la coupe d’un régime qui lui était hostile (8) ».
Libéré, Limonov se rapproche de l’opposition libérale anti-Poutine. Il purge alors diverses peines de détention administrative en tant que principal animateur de la contestation en 2010 – 2011. Il se ravise en 2014 et se sépare des libéraux quand le président russe soutient indirectement la révolte de Donetsk et de Lougansk, et annexe la Crimée. Ses livres, Le Vieux (Bartillat, 2015) et Kiev Kaputt, justifient ce surprenant revirement, car « Poutine ne s’est pas réconcilié avec Limonov (9) ». S’il salue la diplomatie du Kremlin, il continue néanmoins à s’opposer au poutinisme intérieur, économique et sociale. Il affirme « être plus radical et plus à droite que le pouvoir dans le domaine de la politique extérieure (10) ». En revanche, « je suis beaucoup plus à gauche que le pouvoir en politique intérieure, poursuit Limonov. J’exige la nationalisation de l’industrie gazière et pétrolière. J’exige la confiscation des biens des grosses fortunes, la privation pour celles-ci de la citoyenneté russe et leur expulsion de Russie (11). »
On peut croire que dans Kiev Kaputt comme l’imagine un journaliste de droite qui confond encore le Dixiland avec son bourreau historique, les États-Unis d’Amérique, Édouard Limonov souhaite restaurer l’URSS d’autant qu’on constate une évidente resoviétisation de son discours. Il insiste régulièrement sur l’héritage de la Grande Guerre patriotique (1941 – 1945) et développe une incessante rhétorique « antifasciste » contre les nationalistes ukrainiens. En réalité, Limonov ne « regrette [pas] le passé. La nostalgie, c’est une faiblesse. Mais en tant que personne née dans les dernières années de la “ Grande Guerre patriotique ”, j’éprouvais un sentiment de […] loyauté vis-à-vis de ce grand empire. De la nostalgie, non (12) ».
Ses nombreuses expériences vécues au plus bas de l’échelle sociale lui procurent une vraie expertise sociologique comparative entre d’une part les sociétés soviétique et russe, et, d’autre part, leurs homologues occidentales italienne, française et étatsunienne. Comme son compatriote trop tôt décédé Alexandre Zinoviev et notre ami croate Tomislav Sunic, il comprend que les unes ne valent pas mieux que les autres. Lorsqu’il quitte Paris, il laisse un beau cadeau d’adieu, un formidable essai d’entomologie psychopolitique qui est aussi un remarquable pamphlet, Le grand Hospice occidental récemment réédité chez Bartillat en 2016.
En observateur minutieux, Édouard Limonov note que « la vie quotidienne dans toute société de civilisation blanche, que ce soit le Bloc occidental – l’Europe et ses essaimages (États-Unis d’Amérique, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Israël…) – ou le Bloc de l’Est, rappelle un Hospice bien géré. L’immense majorité des “ malades ”, placés sous sédatifs, se conduisent raisonnablement et docilement. Leurs visages sont gras et luisants. Ils sont satisfaits de leur sort. Le calme règne dans l’Hospice… (13) » Quel percutant diagnostic !
Il confirme à Axel Glydén qu’« en Occident, vous êtes vieux, archaïques et vous allez tous mourir, au sens intellectuel du mot. À force de ressasser le passé, vos cerveaux sont encombrés d’interdits. Et vous allez faire du surplace pendant des siècles. Les intellectuels français sont manichéens. Hantés par le passé, ils sont enfermés dans des dogmes (14) ». Ayant connu la « stagnation » brejnévienne du début des années 1970, Édouard Limonov perçoit une stagnation mortifère qui imprègne à son tour l’Occident.
Édouard Limonov éprouve enfin un vif intérêt pour les petites gens. Son dernier passage en France remonte aux temps paroxystiques des Gilets jaunes. Il se réjouit de ce réveil populaire violent. Il y voit un lointain cousinage avec ses manifestations anti-Poutine en 2010 – 2011. Lui-même ancien militant « natsbol » devenu écrivain russe réputé, Zakhar Prilepine peut-il être considéré comme son successeur au moins sur le plan littéraire ? Les prochaines années trancheront.
Les cieux ont perdu leur quiétude habituelle. Le duo foutraque Jean-Edern Hallier et Édouard Limonov s’est reconstitué. Pas sûr que Saint Pierre apprécie cette connivence fantasque…
Georges Feltin-Tracol
Notes
1 : Limonov par Limonov. Conversations avec Axel Gyldén, L’Express Roularta Éditions, 2012, p. 22.
2 : Idem, p. 38.
3 : Id., p. 36.
4 : Id., p. 39.
5 : Id., p. 31.
6 : Id., p. 114.
7 : Id., pp. 115 – 116.
8 : Id., p. 92.
9 : Édouard Limonov, Kiev Kaputt, La manufacture de livres, coll. « Zapoï », 2017, p. 137.
10 : Idem, p. 32.
11 : Id.
12 : Limonov par Limonov, op. cit., p. 93.
13 : Édouard Limonov, Le Grand Hospice occidental, Les Belles Lettres, coll. « L’Idiot International » n° 5, 1993, p. 27.
14 : Limonov par Limonov, op. cit., p. 120.




del.icio.us
Digg
D'une poignée de main ferme, il accueillait les visiteurs sans manières dans son appartement de 100 mètres carrés à la déco minimaliste: quelques chaises, un bureau en formica, un fauteuil en skaï et, sur les murs gris, trois ou quatre photos où l'on reconnaissait le maître des lieux, pour la plupart des clichés pris à Paris, dans le Marais, où il avait vécu au début des années 1980, et devant Notre-Dame.
Cette manière de parler peut être déstabilisante. Elle est aussi rafraîchissante. Car, au moins les propos de Limonov procédaient-ils d'une pensée réellement personnelle, hors sol et hors cadre, qui a le mérite d'interroger les certitudes. Tout en l'écoutant énoncer ses vérités dégoupillées, il fallait toujours se demander si elles étaient à prendre au second ou au troisième degré. Tout bien réfléchi, c'était au premier. 

Tiene un tufillo a “nueva derecha” francesa, claro, porque el autor ha pertenecido a tal grupo, aunque termine renegando de tal movimiento. Más reniega aún de la izquierda, a la que considera impotente para hacer frente al capitalismo y acusa de convertirse en una clase aburguesada que no defiende a los más necesitados, sino a una clase media trabajadora asalariada y una serie de valores igualitarios (feminismo, inmigrantes, homosexuales,…) que nos llevan al desastre. Aunque con aires políticos más que filosóficos, veo en Faye un digno heredero del martillo nietzscheano. Se dan los mismos elementos que ya supieron ver Nietzsche o Spengler o los pensadores clásicos que no caminaron con una venda en los ojos. Políticos y filósofos tratan sobre ideas sociales, pero los primeros poco saben de pensar y sí mucho de demagogia; los políticos hablan para su tiempo, los filósofos se preocupan de temas perennes. En ese sentido, bueno es que algunos pensadores políticos se acerquen al pensamiento intempestivo de la filosofía, aunque sea en su estilo, antes que preocuparse por ocupar unos sillones en un congreso.





En 1926 parut: « L’homme en tant que puissance ». C’est un premier essai qui, bien des fois repris, donnera en 1949 « Le yoga tantrique, sa métaphysique, ses pratiques ». Evola s’ouvre à l’Orient, en l’occurrence à la tradition hindoue, et cela est d’autant plus intéressant que l’orient d’Evola n’est pas le même que celui de Guénon, il s’agit essentiellement de doctrines émanant de la caste des ksatriyas, la caste guerrière, et par cet aspect on trouve quelque chose qui consonne remarquablement avec l’ancienne tradition occidentale: il s’agit aussi de science « magique ». Prévenons tout de suite une équivoque possible : ce qu’Evola nomme magie n’a pas grand-chose à voir avec ce que désigne le mot dans le langage courant actuel. […]
L’EPEE DE LUMIERE ET LE CHEVALIER D’OCCIDENT
LA GRANDE LIBERATION DU PRINCE SIDDHARTA
LES HOMMES AU MILIEU DES RUINES
Dieses Buch enthält erstmals umfangreiche biografische Daten des Philoso-



Dentro del GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne – Grupo de Investigación y Estudios para la civilización europea), se dedicó a estudiar con detenimiento la filosofía política -Machiavelo, Hobbes, Hegel, Pareto, Carl Schmitt, Oswald Spengler, Ernst Jünger, Moeller van den Bruck, Heidegger, Arnold Gehlen, Konrad Lorenz, etc.-. También desarrollaría un gran interés por las teorías geopolíticas europeistas de Jean Thiriart. Dueño de un estilo original y de una inteligencia muy lúcida, Faye ocupó un puesto importante en el GRECE y se convirtió en un referente de la Nouvelle Droite. Desde las páginas de Nouvelle École y Eléments puso su pluma al servicio del polo antimodernista del movimiento: por ello sus textos del período se destacan por su duro repudio a las ideas centrales de la Ilustración (y a sus herederos que buscan promoverlas), por su feroz crítica al materialismo y al consumismo burgués, y por sus despiadados ataques contra la tecnocracia. Alain de Benoist, entusiasmado con su ímpetu militante e impresionado con su rigor intelectual, le encomendó en 1974 la dirección de la revista Études et Recherches, la más académica de las publicaciones de la organización.
En 1997 Faye reingresa al campo político, reincorporándose al GRECE y uniéndose a Terre et Peuple. Al año siguiente publicará L’Archéofuturisme a través de la editorial L’Ancre, propiedad de Gilles Soulas. El texto denuncia el penoso estado presente de la sociedad europea, y propone aliar el espíritu del futurismo con la tradición ancestral indoeuropea, empleando a la tecnociencia para ultrapasar a la Modernidad en lugar de para consumarla. La obra, además, ataca a la estrategia metapolítica de la Nouvelle Droite, reprochándole el no haberse involucrado más activamente en la lucha electoral, lo que sólo habría perjudicado al pueblo francés. Alain de Benoist recibió con poca simpatía al libro. El discurso racialista y evidentemente en contra de la islamización de Europa de Faye quedó más prístinamente plasmado en La colonisation de l’Europe, publicado en 2000 también por la editorial L’Ancre. El libro señala que el choque de civilizaciones no puede ser resuelto con la integración o la asimilación, sino que la única salida que garantice la persistencia de la raza blanca es la Reconquista, que no sería más que una nueva guerra étnica. La publicación del libro le costó a Faye y a Soulas una onerosa multa, acusados de actuar con la intención de producir literatura que incite a la discriminación y al odio racial. Además, debido a ello, Alain de Benoist expulsó a Faye del GRECE, y acusó al escritor de haber producido una obra delirante y peligrosa.
En 2004 se editan los libros La convergence des catastrophes y Le coup d’état mondial. El primero, que circuló firmado con el seudónimo «Guillaume Corvus», no es más que un resumen del pensamiento de Faye en el que –adaptando las teorías del matemático René Thom a la sociología– alerta que el sistema europeo está en peligro de colapsar debido a que las catástrofes sociales, económicas, demográficas, ecológicas e institucionales pueden confluir en un mismo momento y destruir lo que queda en pie del orden civilizatorio occidental. El otro libro, en cambio, es un análisis sobre el imperialismo estadounidense, al cual repudia, pero destacando que en Norteamérica existe el potencial para contribuir al freno del genocidio blanco (por ello amplía su idea de la Eurosiberia para incluir a los países americanos en una entidad que denominará «Septentrión»). Gracias a estas ideas su pensamiento fue bien acogido por el paleoconservadurismo norteamericano, lo que le permitiría después ser citado como uno de los inspiradores del movimiento Alt Right, gracias a Jared Taylor de American Renaissance.
Lo cierto es que Delle Chiaie es un personaje central en la acción política patriótica de la Italia de los años 60 y 70, y de las relaciones internacionales de los movimientos nacionalistas de occidente de los 80 y los 90 hasta su regreso a Italia a finales de la centuria para reincorporarse a la política italiana, exonerado de los supuestos crímenes en los que se le incriminaba, como las matanzas de Piazza Fontana de 1969 en Milán, donde murieron 17 personas, o la masacre de Bolonia de 1980, con 85 fallecidos.
Su salida de Italia es fruto de su participación en el golpe de estado de Junio Valerio Borguese, en el año 1970, un pseudo golpe de estado que fracasa y que obliga a Delle Chiaie a dejar Italia.
En 1987 es detenido en Venezuela y trasladado a Italia para ser enjuiciado, siendo absuelto de toda responsabilidad penal por los distintos atentados en los que se le incriminaba en nueve distintos juicios. Años más tarde, ante la Comisión contra el terrorismo que en Italia trató de dilucidar aquellos años de violencia, durante una audiencia de 1997, encabezada por el senador Giovanni Pellegrino, Stefano Delle Chiaie siguió hablando de una «internacional fascista negra» y su esperanza de crear las condiciones de una «revolución internacional». Habló de la Liga Anticomunista Mundial, pero dijo que después de asistir a una reunión en el Paraguay, la había abandonado afirmando que era una fachada de la CIA. Lo único que admitió haber tomado parte en la organización del Nuevo Orden Europeo (NOE).
En 1986 paraît au Livre-club du Labyrinthe Le renouveau païen dans la pensée française, adaptation de sa thèse soutenue à l’Université sud-africaine de Port-Elizabeth. Il associe le paganisme à l’Europe. Bien qu’il sache que « le paganisme européen […] n’a pas de corps de doctrine cohérent et explicite (idem, p. 19) », il le conçoit néanmoins comme « une échelle de valeurs, une alternative spirituelle pour les Européens désorientés. Il ouvre une quatrième voie entre le théocratisme réactionnaire de certaines Églises qui refusent d’enterrer leur Dieu mort, l’humanisme égalitaire de ceux qui ont remplacé l’idéal de Jésus par celui de Spartacus, et le matérialisme stérile de ceux qui professent diverses utopies économiques (idem, p. 23) ». Il jugera plus tard dans son recueil d’entretiens et d’articles de 2004, Interpellations. Questionnements métapolitiques (Dualpha) que le nationalisme, « une idée juive (id., p. 301) », représente « une solution de facilité qui tend à désigner de faux ennemis et nous trompe sur les enjeux véritables (id., p. 304) », que c’est aussi « une idée moderne et bourgeoise (id., p. 301) », « un slogan vague et désuet (id., p. 299) ». Voyant le « nationalisme intégral et [… le] cosmopolitisme intégral [comme] deux frères ennemis unis par une commune hostilité à l’Europe (id., p. 163) », il appelle dès 1989 à libérer l’Europe de l’Ouest de la tutelle yankee, encourage partout sur la planète « la cause des peuples contre le bunker occidental (id., p. 62) » et participe en 1999 au « Collectif Non à la guerre » lancé par Arnaud Guyot-Jeannin, Laurent Ozon et Charles Champetier qui s’élève contre l’agression serbophobe de l’OTAN. Opposant volontiers le Logos au Mythos, la pensée rationalisante dans ses variantes chrétiennes et laïques à l’idée païenne, Jacques Marlaud appelle à la résurgence des vertus guerrières d’« un surhumanisme différencialiste qui recrée sans cesse des “ ordres de rang ”. Il définit les bio-cultures comme les racines constitutives d’identités, perpétuellement contestées (décadence) et sans cesse réaffirmées par un auto-dépassement créateur de valeurs, de schémas explicatifs, de mythes (Le Renouveau païen…, pp. 27 – 28) ».
Or, l’héritage indo-européen (ou boréen) a modelé « les traits distinctifs d’une identité spirituelle qui fait de l’Europe, plus qu’un continent, plus qu’un ensemble politique, une communauté spirituelle (Interpellations, p. 164) ». Pourtant, « l’Europe n’aura une existence propre que lorsqu’elle se dégagera de l’étreinte mortelle d’un Occident qui n’est rien d’autre que le modèle américain, modèle qui perd peu à peu son attraction et ne pourra continuer de s’imposer que par le recours à une violence accrue (Comprendre…, p. 107) ». En authentique gibelin d’expression française, Jacques Marlaud prône un Empire continental capable d’« intégrer (plutôt qu’à dissoudre) l’échelon civique ou politique au sein d’un ensemble plus vaste qui lui redonne son sens en le reliant à ses racines infrapolitiques organiques et à sa cime métapolitique (mythique et cosmique) (Interpellations, p. 172) ». Sa promotion de l’idée impériale européenne repose par ailleurs sur l’articulation agonistique des régions vernaculaires, des nations politico-historiques et de l’échelon continental. Il condamne la parapolitique, c’est-à-dire susciter une action politicienne sous un quelconque prétexte culturel, ce qui n’est ni de la métapolitique, ni même en tant que lecteur attentif d’Heidegger, de la poésie. Ainsi juge-t-il plutôt que « l’identité d’un grand peuple conscient de son héritage se défend plus efficacement sur la longue durée au niveau poétique qu’au niveau épidermique (id., p. 304) ».




1969 promovierte Sander bei Hans-Joachim Schoeps in Erlangen zum Dr. phil. Der Titel seiner Promotionsschrift lautete „Marxistische Ideologie und allgemeine Kunsttheorie“; Sander setzte sich hier insbesondere mit der Kunstkonzeption von Marx und Engels auseinander. Es war wohl insbesondere der Einfluß des Staatsrechtlers Carl Schmitt, mit dem er bis 1981 brieflich in Kontakt stand, der ihn in dieser Zeit mehr und mehr zu rechtskonservativen Auffassungen tendieren ließ. Von 1964–1974 arbeitete er für das Deutschland-Archiv. In dieser Zeit gestaltete er gelegentlich auch Rundfunkfeuilletons für öffentlich-rechtliche Sender. Sanders „Geschichte der Schönen Literatur in der DDR“ (1972) löste eine heftige Kampagne aus, in deren Folge der Verlag das Buch aus dem Vertrieb zog. Sander verlor nun zunehmend an publizistischem Spielraum. Alternativen fand er unter anderem bei Caspar von Schrenck-Notzings Zeitschrift Criticón.
Sander hat nie einen Hehl daraus gemacht, daß er die Bundesrepublik für nicht reformierbar hielt. Beide deutsche Staaten seien unter Kuratel der Besatzer entstanden, was unter anderem für eine Negativauslese im Hinblick auf die Eliten gesorgt habe. Dennoch sei nichts verloren: Die Deutschen bräuchten „sich nur innerlich aufzuraffen“, so Sander im „Nationalen Imperativ“, „um sich der brüchigen alten Zustände der Innen- und Außenpolitik zu entledigen, wieder auf die überlieferten, immer noch wirkenden Tugenden zu setzen und neue Formen und Ziele zu wagen, die in Richtung auf einen neuen Machtstaat, eine neue Großmacht drängen, die den Nachbarn durchaus zuzumuten wäre, weil durch nichts sonst das schutzbedürftige Europa noch gerettet werden kann.“ Diese Sätze können, in einer Zeit, in der Europa durch die Auswirkungen der „Flüchtlingskrise“ schutzbedürftiger denn je ist, durchaus als Vermächtnis Sanders nicht nur an die Deutschen gelesen werden. 
Arrêté 

Des trois volumes de L’Altermonde, le deuxième, Franchoupia, est le moins abouti. Il traite d’une France libre réduite à la Guyane. Il s’agit d’une satire virulente de l’Hexagone sous les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac. Il faut cependant reconnaître que deux décennies plus tard, l’immonde société franchoupienne s’épanouit sous les différents quinquennats de Sarközy, de Hollande et de Macron !



Après une quinzaine d’années de recul, Faye refit surface à la fin des années quatre-vingt-dix, alors que le mouvement identitaire, ou du moins ses idées, prenait une nouvelle orientation, se définissant de moins en moins comme « national-révolutionnaire » et davantage comme « identitaire ». La transition d’Unité radicale (UR) en Bloc identitaire, bien que causée par la dissolution d’UR illustre à merveille ce changement qui fut loin d’être superficiel.
Aux discours et à la vision métapolitique véhiculée par ses compatriotes, Faye opposait la dure réalité. Les conflits ethniques et la submersion migratoire n’auraient rien à voir avec les débats académiques opposant les tenants de la Révolution conservatrice contre les adeptes d’un socialisme européen. Cet intellectualisme minant le camp national était pour lui une tare. Les grands mots ne changeraient rien quand la situation dégénérerait.


Ce n’est pas un philosophe, autoproclamé ou pas, même s’il est amoureux de la sagesse, comme l’indique le mot lui-même, mais ce mot a subi tellement d’avatars qu’il ne veut plus dire ce qu’il exprime.
Pendant une période qui a quand même duré dix ans, de 1987 à 1997, Il a été un animateur de radio reconnu sous le nom de Skyman, et aussi de télévision sur France 2 où il imaginait des canulars dans l’émission Télématin. Il a aussi, pendant cette même période, collaboré à des revues de bandes dessinées comme L’Echo des savanes, en compagnie d’auteurs plus ou moins déjantés généralement situés à l’extrême-gauche.
La pensée de Guillaume suivait très exactement l’évolution de la situation et il réagissait comme un général sur un champ de bataille, un général qui maîtrise l’ensemble des paramètres minute après minute et qui prend des décisions que la plupart de ses subordonnés ne comprennent pas. Ses lecteurs et ses amis ont souvent été désarçonnés par ce qu’ils croyaient être des revirements ; il n’en était rien ; Guillaume Faye se portait à l’assaut exactement là où les défenses faiblissaient et là où elles avaient besoin de renfort. Petit à petit, il a pointé très exactement – comme une « frappe chirurgicale » – le danger le plus important, écartant tous les autres et préconisant des alliances momentanées, avec Israël d’abord, ce qui n’a pas plu à tout le monde ; le danger auquel on devait prêter toute notre attention et tous nos efforts étant le Grand remplacement des populations européennes par des populations africaines manipulées et rassemblées par la religion musulmane. Dans son dernier livre paru post mortem, Guillaume ne fait plus la distinction entre islam et islamisme, il emploie donc le terme générique de « musulman ». J’ai acheté ce dernier livre à Daniel Conversano, son dernier éditeur, qui l’a tiré du coffre de sa voiture, dans l’enceinte même du cimetière où a été inhumé Guillaume. C’était encore une façon de lui rendre hommage.
L’Europe
La convergence des catastrophes a des racines plus anciennes si l’on se reporte à un temps plus long, dans l’histoire sacrée des dieux plutôt que dans l’histoire récente des hommes, l’histoire profane. Toutes les anciennes traditions qui fonctionnent selon le système cyclique ont évoqué ce type de catastrophes ultimes dans le passé ; il suffit de lire Eliade, Daniélou, Evola ou Guénon pour s’en convaincre. La convergence des catastrophes, pour nos anciens, se manifeste par une conjonction de cycles astrologiques, les petits s’emboîtant dans les grands et qui, à un moment, se rejoignent tous pour arriver à leur fin pour ensuite repartir de plus belle, tout comme les aiguilles d’une montre se rejoignent sur le 6 (le 666) pour remonter ensuite toutes ensemble à des vitesses différentes. Guillaume m’avait d’ailleurs fait la surprise – je ne sais pas si c’est pour me faire plaisir – de citer un de mes articles sur le sujet dans sa Convergence des catastrophes, qu’il avait signée Corvus, mais je doute qu’il ait été vraiment convaincu par les références appuyées aux anciennes traditions de ce texte. Il s’agissait d’un article de la revue Roquefavour que j’éditais à l’époque, article datant de 2004, que j’ai repris ensuite dans mon livre La Roue et le sablier.
La technoscience
Selon Pierre Vial et Robert Steuckers, les deux ruptures successives d’avec le GRECE l’ont traumatisé -.il n’a jamais abordé le sujet avec moi, par pudeur ? – son caractère impulsif peut l’avoir amené à blesser certaines personnes dans la fougue de ses réactions, mais il en prenait conscience et il le regrettait rapidement. Il est devenu alors un garçon fragile et vulnérable qu’on aurait dû protéger et non pas accabler.
Pierre-Émile Blairon