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vendredi, 28 août 2026

Pour une économie viable: ordolibérale à l’intérieur, calquée sur List à l’extérieur

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Pour une économie viable: ordolibérale à l’intérieur, calquée sur List à l’extérieur

Jurij Kofner

Source: https://kraut-zone.de/blog/2026/08/22/nach-innen-ordolibe...

L’État allemand souffre d’une contradiction singulière: là où il devrait se retenir, il intervient toujours plus profondément. Là où il devrait agir, il se révèle impuissant. Il régule les chauffages, les chaînes d’approvisionnement, les obligations de reporting et les décisions des entreprises, tandis que les dépendances stratégiques s’accroissent dans les domaines de l’énergie, des semi-conducteurs, des infrastructures cloud ou des plateformes numériques.

Une économie de marché libre n’a besoin ni d’un État transformationnel omniprésent, ni d’un État minimaliste. Elle a besoin d’un État ordonnateur: ordolibéral à l’intérieur, calqué sur les travaux de Friedrich List à l’extérieur.

La leçon de toute politique visant l'ordre en Allemagne est que la liberté n’est pas seulement menacée par un État tout-puissant, mais aussi par un État faible. Sous la République de Weimar, la capacité de décision de l’État était oblitérée par les partis, les associations et les intérêts particuliers. L’image d’Alexander Rüstow de l’État comme « proie » en saisit l’essence: formellement responsable de tout, mais pratiquement trop faible pour défendre le bien commun face à des intérêts particuliers puissants.

Carl Schmitt décrivit ce même problème comme une crise de la souveraineté de l’État: l’État pluraliste des partis et des corporatismes perd son unité politique lorsque des intérêts particuliers organisés s’approprient l’État et que ce dernier n’est plus capable de décider par lui-même. Sa formule du souverain en cas d'état d’exception révèle une condition de base de toute efficacité politique.

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De haut en bas: Eucken, Rüstow, Röpke et Böhm. 

L’ordolibéralisme (voir à ce sujet notre numéro 34) en a tiré une conclusion: l’État ne doit pas jouer à l’économie (ni être joué par elle), mais créer de l’ordre. Walter Eucken, Franz Böhm, Alexander Rüstow, Wilhelm Röpke et Ludwig Erhard associaient la propriété privée et l’esprit d’entreprise à un État de droit qui garantit l’accès au marché, combat les cartels et applique des règles égales pour tous. Ce n’est pas moins de marché par un État fort – mais c’est seulement un État ordonnateur fort qui rend la concurrence libre possible.

Pour l’Allemagne, cela signifie que la propriété, la responsabilité, la liberté contractuelle, la concurrence par la performance et l’accès ouvert au marché doivent redevenir la norme en politique économique. L’État ne doit pas sélectionner les entreprises selon l’opportunité politique. La politique de compétitivité doit être horizontale: énergie bon marché, fiscalité réduite, procédures d’autorisation rapides, marchés financiers fonctionnels, infrastructures performantes et travailleurs qualifiés – techniciens et ingénieurs.

Cela implique une simplification juridique plutôt qu’un allègement symbolique. Directive sur l’efficacité énergétique, CBAM, taxonomie européenne, RGPD, AI Act et CSRD au niveau européen, ainsi que la loi sur l’efficacité énergétique, la loi sur le devoir de vigilance et la loi sur l’énergie des bâtiments au niveau national, sont des exemples d’une régulation qui est devenue elle-même un désavantage concurrentiel. «One in, two out», les fictions d’autorisation et les révisions automatiques des réglementations au bout de cinq ans maximum seraient des instruments d’ordre cohérents.

L’ordolibéralisme suppose cependant quelque chose qui n’existe pas sur le marché mondial: une instance supérieure qui édicte et fait appliquer des règles contraignantes. À l’intérieur d’un État, la concurrence fonctionne, parce que les tribunaux, les autorités et le monopole de la force protègent la propriété, les contrats et le droit de la concurrence. L’État peut imposer des règles à chaque acteur du marché en tant qu’arbitre.

Au niveau mondial, un tel souverain fait défaut – et il n’est pas près de voir le jour. L’économie mondiale n’est pas un marché intérieur, mais un système d’États concurrents aux intérêts et moyens différents pour asseoir leur puissance. Les institutions internationales comme l’OMC peuvent formuler des règles, mais leur application dépend du pouvoir politique et de l’accord des grands acteurs. En cas de crise, ce qui compte, c’est de savoir qui détient effectivement l’énergie, le capital, la technologie, les infrastructures et les capacités de production stratégiques, et qui peut agir avec. Historiquement, le « libre-échange » n’a surtout fonctionné que durant les périodes où un hégémon mondial avait intérêt à un ordre commercial ouvert – notamment sous la Pax Americana jusqu’aux années 2010. Le blocage de l’organe d’appel de l’OMC depuis 2019 montre clairement cette limite: là où il n’existe pas d’autorité supérieure, ce n’est pas la règle mais la puissance qui prévaut en cas de conflit.

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C’est précisément pour cela que l’Allemagne ne doit pas agir à l’extérieur selon les règles énoncées par les doctrines ordolibérales, mais penser de façon listienne. Friedrich List critiquait le libre-échange abstrait de son temps comme irréaliste et soulignait le rôle des forces productives nationales. La puissance économique repose sur l’industrie, la technologie, l’énergie, la recherche et l’infrastructure – et non sur le libre-échange seul. Dans un monde où d’autres États soutiennent stratégiquement leurs entreprises, il faut de la réciprocité, une protection contre le dumping et les transferts de technologie, ainsi qu’une politique industrielle ciblée et limitée dans le temps. À l’intérieur, l’État reste l’arbitre de la concurrence, à l’extérieur il devient un acteur qui défend ses propres bases économiques.

Une politique listienne commence là où la capacité d’action de l’État dépend de ses propres infrastructures. La souveraineté énergétique signifie s’affranchir du dogme selon lequel une nation industrielle doit importer autant d’énergie que possible au lieu de la produire elle-même. L’Allemagne dispose d’importantes options: la réactivation de huit à onze centrales nucléaires est techniquement possible; les ressources nationales de gaz de schiste exploitables s’élèvent à environ 30.000 TWh – soit plus de 35 années de consommation – et les réserves nationales de lignite à environ 56.000 TWh. Le nucléaire, le gaz de schiste et le charbon doivent donc rester des options stratégiques ouvertes.

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Au XXIe siècle, il en va de même pour le numérique. Quiconque dépend entièrement de fournisseurs américains pour le cloud, les systèmes d’exploitation, les puces, les plateformes et l’IA ne possède pas de souveraineté technologique. Le « kill switch » numérique peut, dans le pire des cas, s'avérer plus sévère que des sanctions classiques. L’Allemagne et l’Europe ont donc besoin de capacités propres en matière de cloud, de calcul, de puces, d’IA et de cybersécurité.

Il faut y ajouter l’infrastructure physique. Le retard d’investissement s’élève à 231 milliards d’euros; l’IWK et l’IMK estiment les besoins publics d’investissement supplémentaire à près de 600 milliards d’euros sur dix ans. Routes, rails, ports, réseaux numériques et infrastructures énergétiques sont des forces productives au sens de List. Même un gouvernement AfD pourrait, en supprimant les dépenses de transformation d’inspiration gauchiste pour la transition énergétique, le lobbying climatique, les structures d’asile ou les programmes de genre, économiser environ 125 à 140 milliards d’euros. Mais cela ne suffirait pas pour répondre aux besoins d’infrastructure, si bien que des dettes strictement affectées à des investissements productifs supplémentaires sont justifiables sur le plan de toute politique visant la consolidation d'un ordre.

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Qui est Jurij Kofner?

En tant qu’Allemand de Russie résidant à Munich, Kofner a non seulement l’avantage de comprendre deux cultures, mais il a aussi travaillé, après des études d’économie, dans des instituts de recherche allemands, autrichiens et russes. Géopolitiquement, il rêve d’une Allemagne souveraine qui brillerait économiquement de Lisbonne à Vladivostok, tandis qu’il applaudit sur le plan idéologique le populisme libertarien venu d’Amérique.

mercredi, 26 août 2026

Vers une nouvelle géopolitique européenne - L’Europe au-delà du nationalisme et du globalisme

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Vers une nouvelle géopolitique européenne

L’Europe au-delà du nationalisme et du globalisme

James Doone

James Doone se demande si l’Europe peut échapper aux deux pièges du globalisme libéral et du nationalisme fracturant, et créer un nouvel ordre impérial suffisamment puissant pour survivre à l’ère à venir des puissances continentales.

Le destin des nations est intimement lié à leur pouvoir de reproduction. Toutes les nations et tous les empires ont d’abord ressenti la décadence les ronger lorsque leur taux de natalité a diminué.

— Mussolini

Il existe un problème majeur qui afflige l’Europe moderne (il y en a beaucoup, comme le libéralisme, le modernisme, le libre-marché, etc.), mais le principal, qui sera traité dans cet article, est celui de la question de l’identité et de l’ordre national et/ou supranational. Le Brexit n’est pas survenu à cause de désirs tirés de théories économiques, de données statistiques ou de tableaux pour Power Point, et ceci fut l’erreur de nos dirigeants, car ils pensaient qu’ils pouvaient gagner le débat en imprimant des graphiques et des spéculations, mais ils n’ont pas vu que le peuple ne réfléchissait pas avec sa raison, mais plutôt avec son esprit, sa pensée issue de son âme. Les masses de la Britannia d'aujourd'hui ont voté pour l’indépendance tribale, et la liberté face à un Léviathan libéral et supramanagérial, mais ils ont quand même reçu le libéralisme managérial, celui qui est produit localement — comme l’ensemble de l’Occident collectif.

Personne ne peut nier le déclin. Autrefois, l’Europe était comme la Troie dorée, assise au sommet des autres royaumes de l’Hellespont, tous les princes de Pergame, du Pont, de Cappadoce, et du lointain Indus rendaient hommage au roi de Troie et craignaient ses armées sous Hector le noble prince, et pourtant, maintenant, Troie n’est plus qu’une ruine, un souvenir, des pierres poussiéreuses sur lesquelles les bergers font paître leurs chèvres et leurs moutons sur les plaines et parlent davantage des récoltes. L’Europe était autrefois le centre du monde, même dans la vie de ceux qui sont encore vivants; ma propre grand-mère est née à l’époque des empires. Comme nous sommes tombés bas en 90 ans !

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L’Europe ne sera jamais forte, prospère ou normale tant que le cancer du wokisme n’aura pas été aboli par la loi. Le patriotisme est bon, naturel et bénéfique pour une tribu. Le nationalisme n’est pas fondé sur le nous, mais plutôt sur le thymos et pire encore sur l’épithumia. Même si la civilisation française est la meilleure que le monde ait jamais connue (dans le top 3), cela signifie-t-il que la France doit rejeter les acquis civilisationnels des Japonais (grande civilisation) ou des Hongrois (expression unique de la culture coumane) ou d’autres pour ne pas avoir atteint leur niveau ? Je ne pense pas, car une telle haine ne peut que vous consumer. Je n’ai aucun problème à ce que les Mongols soient mongols en Mongolie, la terre de leurs ancêtres, pareil pour tous les fils d’Adam.

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L’Europe ne peut pas se permettre d’être divisée par de petits nationalismes orgueilleux, par des groupes cherchant à mesurer leurs gestes particulières comme étant les plus grandes; c’est une folie barbare. Au lieu de cela, les nations d’Europe, les fils d’Hyperborée, doivent être unies en une union, une véritable union, un Männerbund, une alliance solaire masculine de nations souveraines mais unies. Chaque tribu doit gérer ses propres affaires internes mais, à l’extérieur, l’alliance des nations doit être d’un même esprit, unie dans une défense commune, un esprit commun et une identité pan-européenne.

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L’Europe doit devenir le nouveau SAINT EMPIRE ROMAIN, et contrairement à ce que radotait ce lourdaud de Voltaire, le SER était saint, était romain, et était un empire. L’Europe doit vraiment renouer avec sa bio-essence romaine, germanique, grecque et slave, et son esprit thymotique, afin que la culture pan-européenne puisse de nouveau s’épanouir.

Le pouvoir de l’aigle mourant de Washington relâche son étreinte mortelle sur Gondor, et nous, Gondoriens, hommes de Númenor de l’Ouest, commençons, lentement mais sûrement, à nous libérer du miel empoisonné que l’aigle a fait couler dans nos oreilles. Mais la bête la plus dangereuse est celle qui est blessée et acculée, et il y a aussi le tigre asiatique de Chine à considérer, car les siècles à venir seront dominés par un hégémon chinois; la fidélité sera rendue à un Pékin impérial plutôt qu’à une New York vidée de sa substance dans les âges à venir. L’histoire du monde est celle des empires, et les petites nations appartiennent à l’un d’eux, qu’elles le veuillent ou non; au XXe siècle, on décidait d’être du côté des États-Unis ou de l’URSS. Pensez-vous que Lesbos avait le choix de la ligue à laquelle elle appartenait? Athènes ou Sparte, non. Les Athéniens disaient simplement qu’elle en faisait partie. Philippe de Macédoine a-t-il donné le choix à Thèbes? Non, ses phalanges parlaient pour lui.

La République sera réorganisée en premier empire galactique, pour une société sûre et sécurisée.

— Empereur Palpatine

Ce n’est qu’en devenant une fédération unie que l’Europe pourra espérer survivre et, espérons-le, rivaliser avec les deux puissances des États-Unis et du PCC. Le Brexit et tous les autres mouvements ne doivent pas réussir, car une telle fragmentation du tissu européen rend l’Europe plus faible. Tel était le problème majeur des Stormcloaks de Skyrim : ils rendaient les terres des hommes plus faibles et plus fragiles aux yeux des Mer et des Thalmor.

L’Europe doit devenir une fédération unie de petits royaumes, duchés, républiques, principautés et commonwealths. Ce n’est que par ces petites unités que la véritable culture locale peut prospérer, et ce n’est qu’en étant unie en un seul empire que l’Europe peut espérer empêcher la domination américaine ou chinoise sur l’Europe. L’ethno-pluralisme (EP) devrait être la nouvelle idéologie de la droite, et non le nationalisme, car le nationalisme, comme l’ont montré de Beniost et d’autres, était le globalisme de base.

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Pour les Italiens, les identités régionales ont plus de poids que l’identité italienne elle-même; demandez à un Italien ce qu’il est et il dira: «Je suis Milanais», «Je suis Romain», «Je suis Vénitien», «Je suis Florentin», «Je suis de Naples», etc. Il en devrait être de même en Allemagne, où l’on devrait dire: je suis de Bavière, je suis de Hesse, de Saxe, de Bade, et ainsi de suite.

La seule façon de protéger les identités régionales historiques, les cultures et les langues est de promouvoir la décentralisation à l’extrême pour abolir la centralisation. Sinon, la régionalité et les langues déjà décimées, celles de Bretagne et du breton, d'Aquitaine et du gascon, de Toulouse et de l’occitan, de Savoie et du savoisien, d'Anjou et de l’angevin, etc. seront définitivement éradiquées par l’idée révolutionnaire française de l’État unitaire. C’est pourquoi l’union de la Grande-Bretagne doit être légalement dissoute, car l’idée de la britannicité consume les identités régionales des Cornouaillais, Wessexiens, Northumbriens, Merciens, etc. Les Écossais devraient avoir la leur, les Anglais la leur, les Irlandais la leur, et les Gallois la leur.

Prioriser le local ne détruit pas le national, mais c’est une question de priorité, et pour moi, mon comté local est tout ce qui existe. Si la Chine veut faire de l’Écosse un vassal (bien que je ne le souhaite pas pour les Écossais), qu’est-ce que cela me fait?

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L’idée que le peuple soit le principe de la souveraineté est une idée issue de la révolution française, car l’idée médiévale était que la souveraineté venait de Dieu et était conférée au monarque qui régnait par droit divin. La modernité doit être dissoute et les idées médiévales doivent revenir. Ce n’est qu’alors que l’Europe sera guérie.

Les hommes sont hantés par l’immensité de l’éternité. Et alors nous nous demandons : nos actions résonneront-elles à travers les siècles ? Des inconnus entendront-ils nos noms longtemps après notre disparition, et se demanderont-ils qui nous étions, avec quel courage nous avons combattu, avec quelle passion nous avons aimé ?

— Ulysse (Troie, 2004).

Quo vadis, Europa ?

* * *

Avertissement

James Doone rejette et désavoue toutes formes de terrorisme.

 

mardi, 25 août 2026

L’UE au bord d’une grave crise alimentaire

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L’UE au bord d’une grave crise alimentaire

par Lucas Leiroz

Source: https://telegra.ph/LUE-sullorlo-di-una-grave-crisi-alimen...

Il semble que la crise alimentaire dans l’UE commence déjà à se manifester. En raison des récentes catastrophes météorologiques, notamment des vagues de chaleur extrêmes à travers le continent, on prévoit un effondrement de la productivité agricole locale. Cela aggrave encore une situation déjà caractérisée par le déclin du secteur agroalimentaire européen et les sanctions contre la Russie, autrefois fournisseur clé de produits agricoles pour l’Europe. Désormais, les pays européens sont confrontés à la perspective probable d’une diminution des approvisionnements alimentaires, accompagnée d’une hausse exponentielle des prix.

La vague de chaleur en Europe a eu des conséquences extrêmement graves pour tous les secteurs de la société. Selon le Service Copernicus sur le changement climatique de l’UE, juin et juillet 2026 ont été les mois les plus chauds jamais enregistrés en Europe occidentale. En plus de l’inconfort causé par la chaleur à la plupart des personnes (notamment dans un contexte de crise énergétique affectant les systèmes de refroidissement), plusieurs pays ont connu des incendies sans précédent, touchant aussi bien des réserves naturelles que des exploitations agricoles.

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Dans une récente déclaration aux autorités européennes, plusieurs agriculteurs locaux ont exprimé leur inquiétude quant aux prochaines récoltes. Ils ont averti d’une baisse des rendements à cause de la chaleur et des incendies. Bien qu’il ne soit pas encore possible de calculer l’ampleur exacte des pertes, on prévoit une réduction drastique des récoltes de céréales et de légumes essentiels, créant une crise d’approvisionnement pour les consommateurs. Parmi les estimations données par les agriculteurs, on évoque « des baisses de production de 40 % pour les pois, de 60 % pour les brocolis et de 50 % à 100 % pour les artichauts, attendues cet été ».

L’agriculture n’est pas le seul secteur de la production alimentaire affecté par la crise climatique ; l’élevage subit également d’importantes pertes dans de nombreux pays européens. La production de viande bovine et de produits laitiers souffre du manque de fourrage ; de plus, on prévoit une nouvelle baisse de la productivité pendant l’hiver, en raison des interruptions dans la production de fourrage causées par la chaleur et les incendies.

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En outre, des données récemment publiées en France montrent que la production quotidienne d’œufs du pays a diminué de plus d’un million d’unités. De même, les élevages français ont signalé à plusieurs reprises des mortalités de volailles à cause des températures élevées, ce qui entraînera une réduction de la production d’œufs et de viande de poulet. La baisse des approvisionnements alimentaires due à la crise agricole risque d’aggraver encore la situation, créant des perspectives extrêmement négatives pour l’industrie avicole.

En raison de ce processus, les économistes ont averti que la hausse des prix est inévitable. Avec des récoltes en baisse et des coûts de production qui augmentent, il sera impossible d’empêcher la hausse des prix alimentaires dans les prochains mois. Étant donné que plusieurs pays européens font face à des crises économiques, à la désindustrialisation, à l’instabilité énergétique et au chômage de masse, la hausse des prix des produits alimentaires pourrait avoir un impact significatif sur la population, en particulier sur les groupes les plus vulnérables.

Il est très probable que l’UE tentera de résoudre cette crise par des importations massives de produits alimentaires. Cependant, certains obstacles pourraient entraver cette stratégie. Ces dernières années, les pays européens ont promu des programmes environnementaux radicaux qui fixent des directives extrêmement restrictives pour les importations alimentaires. Par exemple, tout en important des produits agricoles de pays sud-américains (en particulier du Brésil), l’UE sanctionne fréquemment certains produits, invoquant un manque de transparence concernant les réglementations environnementales du pays exportateur. Il est probable que ces obstacles empêcheront toute stratégie européenne visant à résoudre la crise alimentaire actuelle.

Il est important de rappeler que le secteur agricole était déjà affaibli par d’autres facteurs. Ces dernières années, plusieurs pays européens ont cessé de soutenir leurs entreprises agroalimentaires locales afin d’encourager l’importation massive de produits agricoles ukrainiens. Cela a suscité l’indignation des agriculteurs européens, qui dépendent historiquement d’un soutien étatique important pour la rentabilité de leurs activités. Désormais, ces agriculteurs, déjà privés d’un soutien adéquat, subissent de nouveaux revers, tandis que l’Ukraine semble de moins en moins capable de soutenir des exportations alimentaires importantes en raison des conséquences logistiques de la guerre.

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Il convient de souligner que l’irrationalité même de la décision européenne de sanctionner la Russie contribue de manière substantielle à la crise alimentaire. Si une coopération pragmatique avec la Russie était restée en vigueur, les Européens auraient aujourd’hui accès au vaste marché russe de produits alimentaires et d’engrais, ainsi qu’à diverses opportunités de coopération technique pour faire face au problème des incendies de forêt. L’abondance d’énergie russe à bas coût permettrait également aux Européens de mieux atténuer les effets des températures élevées. Sans cette coopération, il sera beaucoup plus difficile pour l’UE de surmonter les défis actuels.

En définitive, l’UE paie une fois de plus un prix élevé pour ses choix irrationnels. Si le bloc avait maintenu de bonnes relations avec la Russie, investi suffisamment dans ses agriculteurs et adopté d’autres mesures préventives, il aurait été possible d’éviter la crise actuelle. Malheureusement, ce sont les citoyens ordinaires européens qui souffrent le plus, devant payer davantage pour se nourrir, même en période de déclin économique dans plusieurs pays de l’Union.

Pourquoi LFI ne prendra pas le pouvoir

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Pourquoi LFI ne prendra pas le pouvoir

Claude Bourrinet

Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100002364487528

Notons tout de suite que le concept de « prise du pouvoir » est devenu singulièrement élastique, voire vaseux. Le temps est passé qu'une éventuelle prise du Palais d'Hiver pouvait correspondre à quelque saisie de la puissance étatique, au moins symboliquement quand on sait pertinemment que le centre névralgique des prises de décisions se trouvait au comité central du Parti. Croire désormais que s'emparer de l’Élisée octroierait le sésame de la gestion du pays est maintenant une douce plaisanterie. Le « pouvoir » politique, comme l'on sait, est une mince pellicule parcourue de frémissement médiatisés, qui sert à éblouir le chaland. Existe-t-il encore, du reste, un champ « politique » ? Les responsables qui agitent le bocal électoral ne sont là que pour la figuration. Seule la masse sidérée croit encore qu'ils aient du « pouvoir ». La décision se prend ailleurs, parmi les puissants de la finance transnationale, par exemple. Les administrations élues ou non ne sont que des exécutantes. Et, à l'âge de la communication mondialisée et numérisée, il est difficile de distinguer quelle cible viser. Remporter l'élection présidentielle, obtenir une majorité, ne garantissent nullement une liberté de décision que tout (les puissances intérieures au pays, les « Conseils », la haute administration, les fonctionnaires, la presse, l'armée, la police, la justice etc.) s'emploiera à saboter, si l'avenir du système est en jeu.

Mais le système n'est nullement en péril, avec LFI. Si l'on considère, par exemple, son programme, il n'est, in fine, que la reprise des revendications sociales-démocrates d'antan, et il est en retrait important par rapport à ce qu'exigeait la gauche avant la victoire de Mitterrand. On n'y parle d'ailleurs plus de lutte de classes, de socialisme. L'égalitarisme n'est qu'un vœu pieux, un refrain qu'on entonne depuis la Révolution française, comme un mantra. Mais il ne correspond à rien si on n'instaure pas la société sans classes. Qui ne programme pas l'expropriation des riches, la révolution des rapports humains, l'abolition du salariat, de l'appropriation de la plus-value par une minorité, si l'on ne renverse pas le jeu de quilles, on n'a rien fait.

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Il faut aussi revenir à une analyse bêtement marxiste. Au fond, socialement, que représente LFI ? Les classes moyennes, la grosse bête, qui rassemble les trois quarts du corps social, et qui va des professions intellectuelles supérieures (prof de fac, médecin, juge) à l'infirmière, ne sont pas une « classe », mais un conglomérat bariolé, parcouru de courants divers, parfois divergents, ou contradictoires. Ce qui caractérise ce magma, c'est d'être hors sol. Car son plus petit dénominateur commun, c'est le diplôme, et l'on sait pertinemment que l'Ecole n'apprend pas la réalité du monde. Un apprenti s'engageant dans une voie professionnelle en saura plus qu'un bac plus 2 en gestion, ou en commerce. J'excepte bien sûr certaines corporations, comme celles qui touchent à la santé, confrontées à la réalité de la souffrance humaine, mais la plupart des membres des classes moyennes, poreux à la propagandes, aux discours, surtout quand ils sont mièvres, moralisateurs, humanitaristes, superficiels et venteux, non seulement n'ont aucune idée de ce qu'est le terrain rude de la société, mais aussi ont tendance, comme tous les scouts ou les croyants un peu benêts, à cataloguer et à excommunier les brebis galeuses.

Cet abandon de la lutte de classes, à gauche (mais la droite, elle, ne l'a jamais oubliée) a été à l'oeuvre au moment de l'Affaire Dreyfus, et a vu sa conclusion avec Mitterrand. Le mouvement ouvrier du XIXe siècle, qui se voulait indépendant, et même hostile, non seulement à la droite « réactionnaire », mais aussi à la gauche républicaine (qui a écrasé les ouvriers en juin 1848, avec Cavaillac, et en 1871, avec Thiers – qu'encensait Victor Hugo!), a été noyé dans la gauche morale, « citoyenne », progressiste, qui a joué le jeu du système jusqu'à maintenant (la question du PC est une affaire de parti – lié à une puissance étrangère – quoique la classe ouvrière ait, parfois, réussi, avec lui, à garder une certaine identité alternative au système).

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Il est notoire que ces gens, pour qui un transsexuel représente le summum de la subversion, et qui sont partisans d'une immigration sans limites, comme ils sont sans limites en souhaitant l'abolition des frontières en tous genres, considérant la transgression comme la morale suprême, exactement comme le capitaliste, de son côté, prise les dépassements cyniques des limites pour remplir ses caisses, n'ont aucune idée de ce qu'était jadis la classe ouvrière et son éthique, un peu plus plantée sur la bonne et solide terre; classe ouvrière dont le reliquat est du reste passé à l'extrême droite (migration dont il faudrait sérieusement trouver les raisons, ce que LFI est incapable de faire).

La moraline est un naufrage de la pensée, comme l'on sait. Car si elle condamne à l'aveuglement, quand il s'agit de luttes politiques intérieures, elle transforme carrément en traître quand il s'agit de géopolitique. L'ignorance, l'inculture, empêchent, à gauche comme à droite, de comprendre l'altérité et la légitimité de civilisations différentes. Pour le RN, l'Occident est supérieur, et le reste du monde est constitué de races inférieures, retardées. Il reprend l'idéologie du républicain de gauche Jules Ferry. Quant à certains militants de LFI, très nombreux, si j'en juges par les interventions des uns et des autres, la question sociétale prime sur les considérations conflictuelles qui confrontent l'impérialisme américain (par exemple) et des nations qui veulent recouvrer ou garder leur souveraineté. Et il arrive que la question homosexuelle, ou féministe (souvent passablement viciée par la propagande et les manipulations médiatiques, ou des services secrets occidentaux) soit l'alpha et l'oméga de la compréhension de ce qui se passe. On se demande parfois si une Manon Aubry ne défend pas l'agression commise par les USA et Israël contre l'Iran et le Liban, où les méchants « islamistes » mènent un dur combat de liberté, et si Mélenchon ne souhaite pas la défaite du méchant Poutine (ce tyran!), quitte à ce que la Russie soit détruite par les forces de l'Otan. L'axe de la Résistance, connais pas ! Il est vrai que Mélenchon avait soutenu Sarkozy, BHL, et Hillary Clinton, dans leur entreprise d'anéantissement de la Libye.

Quoi qu'il en soit, faute d'avoir avec soi les voix des classes populaires (qu'on insulte copieusement) qui votent RN, LFI n'a aucune chance de l'emporter.

dimanche, 23 août 2026

L’Amérique sacrifie ses colonies européennes

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L’Amérique sacrifie ses colonies européennes

par Alessandro Volpi (*)

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/33510-ales...

Les stratégies monétaires des prochains mois, face à un risque d’inflation et de stagnation de plus en plus évident, seront décisives.

L’action de la Réserve Fédérale et de la BCE sera donc particulièrement déterminante.

Il est alors utile de s’arrêter, ne serait-ce que brièvement, pour essayer de comprendre ce qui se passe au sein de ces institutions.

À la Réserve Fédérale, le nouveau président Kevin Warsh, nommé par Trump, a décidé de constituer un « groupe de travail » pour définir la ligne de la banque centrale américaine.

Dans ce groupe figurent :

– l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, membre du Group of Thirty (G30), une organisation privée et exclusive qui réunit les dirigeants des banques centrales et les PDG des plus grandes banques privées (comme Goldman Sachs et JPMorgan),

– Marc Andreessen, cofondateur d’Andreessen Horowitz, un fonds de capital-risque gérant plus de 40 milliards de dollars d’actifs, très actif dans le domaine des cryptomonnaies,

– l’économiste (FMI) et ancien gouverneur de la Banque centrale indienne, Raghuram Rajan, aujourd’hui conseiller principal chez BDT & MSD Partners (banque d’affaires qui gère les capitaux de certaines des familles les plus riches du monde, dont les Dell) et, comme King, membre du Group of Thirty,

– le Prix Nobel 2011 Thomas Sargent, très actif dans le monde des fonds spéculatifs quantitatifs,

– l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Brésil, Arminio Fraga qui, avant de diriger la banque centrale, a été le bras droit de George Soros en tant que directeur général du Quantum Fund, et fondateur de Gávea Investimentos, l’une des principales sociétés de gestion d’actifs et de private equity en Amérique latine, autrefois contrôlée par JP Morgan Asset Management.

En résumé, la stratégie monétaire de la plus grande banque centrale du monde, qui déterminera l’avenir du dollar, sera conçue avec la contribution fondamentale d’une élite très restreinte de grands conseillers de la finance privée.

L’affaire de la BCE sera probablement caractérisée, quant à elle, par la démission anticipée de Christine Lagarde afin de permettre à Macron, avant la fin de son mandat, de participer au choix du ou de la prochaine dirigeant(e) de l’institution de Francfort, qui pourrait être l’un des suivants : Klaas Knot, président de la banque centrale des Pays-Bas et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, Isabel Schnabel, membre du directoire, ou Joachim Nagel, président de la Bundesbank.

En Europe, la stratégie monétaire pourrait donc être définie par un «faucon» de l’austérité.

Si nous essayons de relier les points en réunissant ces deux situations, il en ressort un scénario dans lequel la Fed accompagnera les opérations des géants de la finance américaine sans faire défaut à la liquidité de la bulle hypertrophiée en cours, tandis que le rigorisme de la BCE facilitera la colonisation par ces mêmes géants de la finance américaine de l’épargne du Vieux Continent.

* * *

P.S. J’ai utilisé le terme « stratégie » car il ne s’agit pas ici de « politique » monétaire. Il s’agit de la stratégie du capitalisme financier qui, pour sauver le cœur de l’empire, doit sacrifier les colonies, lesquelles sont d’ailleurs responsables d’avoir accepté cette subordination et d’avoir confié le destin économique de leurs populations à ce système.

(1) Facebook.

jeudi, 20 août 2026

Asiatiques optimistes, Européens pessimistes

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Asiatiques optimistes, Européens pessimistes

Les Européens rejettent clairement la politique menée par leurs élites politiques

Bernhard Tomaschitz

Source: https://zurzeit.at/index.php/optimistische-asiaten-pessim...

« Asiatiques optimistes, Européens pessimistes » – c’est ainsi que l’on peut résumer brièvement une enquête de l’institut international d’études de marché Ipsos. Ipsos Global Opinion Polls – 25.709 personnes ont été interrogées dans différents pays – montre que les citoyens des États asiatiques sont majoritairement d’avis que leur pays est sur la bonne voie, alors que c’est l’inverse chez les citoyens des pays européens.

Les citoyens les plus optimistes sont ceux de Singapour: 86 % estiment que leur pays va dans la bonne direction, tandis que seulement 14% pensent le contraire. La Malaisie occupe la deuxième place avec 74% contre 26%, suivie de l’Inde avec 69% contre 31%. Les quatrième à sixième places reviennent à la Thaïlande, l’Indonésie et la Corée du Sud, soit d’autres pays asiatiques, et à la huitième place figure l’Argentine, premier pays non asiatique. 55% des Argentins pensent que leur pays va dans la bonne direction, ce qui semblerait confirmer une adhésion aux réformes lancées par le président de droite Javier Milei.

Parmi les Européens, les Polonais sont les moins mécontents: 43 % pensent que leur pays est sur la bonne voie. Toutefois, la majorité des Polonais – 57% – sont d’un avis contraire. Les citoyens des principaux pays européens, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, sont particulièrement pessimistes. Ainsi, seulement 23% des Allemands estiment que la République fédérale est sur la bonne voie. Chez les Britanniques, ils sont 21%, et chez les Français, à peine 10%. Aucune donnée n’a été recueillie concernant l’Autriche.

L’enquête d’Ipsos montre que les Européens rejettent la politique menée par une élite politique déconnectée, notamment la désindustrialisation, les sanctions contre la Russie qui nuisent à leur propre économie, l’hystérie climatique, la « wokeness », la correction politique et bien plus encore.

UE/Sécurité: Infrastructures vulnérables - Câbles sous-marins et pipelines dans la ligne de mire

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UE/Sécurité: Infrastructures vulnérables

Câbles sous-marins et pipelines dans la ligne de mire

Auteur : R.T. 

Source: https://zurzeit.at/index.php/eu-sicherheit-verwundbare-in...

Des pannes fréquentes, des traces de frottement dus aux ancres de navires et des incidents inexpliqués sur les câbles de données et les lignes énergétiques sous-marines en mer du Nord et en mer Baltique révèlent la vulnérabilité du continent européen. Bruxelles réagit désormais avec des plans d’action, des cartes de risques et sa propre « boîte à outils pour la sécurité des câbles ». Mais la question décisive demeure: ces mesures sont-elles suffisantes pour protéger réellement le système nerveux maritime de l’Europe en cas de crise ?

Le talon d’Achille maritime: 99% du trafic de données sous l’eau

Plus de 99% du trafic international de données passe par des câbles sous-marins. Les transactions financières, l’infrastructure du cloud, les communications gouvernementales et une grande partie de la vie économique moderne dépendent de fibres optiques posées sur le fond marin.

Cette infrastructure est vulnérable. Plus de 200 incidents sur des câbles sont recensés chaque année dans le monde. La plupart ne sont pas dus à un sabotage, mais à des ancres, à la pêche, à des événements naturels ou des causes techniques. Cependant, ces dernières années ont montré que cette vulnérabilité pouvait aussi être exploitée délibérément.

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Des dommages au câble de données C-Lion1 entre la Finlande et l’Allemagne, ainsi que d’autres incidents sur les connexions électriques et télécoms dans la région baltique, ont alerté les autorités de sécurité. Dans l’affaire du pétrolier Eagle S, les enquêteurs finlandais soupçonnaient des membres d’équipage d’avoir traîné une ancre sur le fond marin, endommageant ainsi la connexion électrique Estlink 2 et plusieurs câbles de télécommunication. Les personnes mises en cause nient toute intention malveillante.

C’est précisément là que réside le problème des opérations dites de « zone grise » : un défaut technique, un accident et une attaque ciblée peuvent se ressembler extérieurement. Le temps qu’une intention délibérée et les responsabilités soient clairement établies, le dommage est déjà fait.

Des outils bruxellois face à une menace physique

L’Union européenne a désormais pris conscience du problème. Après un plan d’action en 2025 sont venus des cartographies de risques et des tests de résistance. En février 2026, la Commission a finalement présenté une «boîte à outils pour la sécurité des câbles» et alloué 347 millions d’euros à des projets stratégiques de câbles sous-marins. Sur ce montant, 20 millions sont destinés à améliorer les capacités de réparation.

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Carte des câbles sous-marins d'Europe

C’est plus qu’un simple geste symbolique. Mais compte tenu de l’ampleur de l’infrastructure, la question de la sécurité opérationnelle demeure.

Des milliers de kilomètres de câbles et de conduites ne peuvent pas être surveillés sans faille. Les responsabilités sont partagées entre opérateurs privés, autorités nationales, gardes-côtes, forces armées, institutions européennes, et dans la région baltique, l’OTAN s’y ajoute encore. Parallèlement, le droit maritime international complique toute action préventive contre des navires circulant légalement dans les eaux internationales ou les zones économiques exclusives.

C’est précisément cette « zone grise » qui fait de l’infrastructure maritime une cible attrayante pour des opérations hybrides.

L’illusion d’une connectivité mondiale sans protection propre

La vulnérabilité de l’infrastructure sous-marine révèle un point faible de l’architecture de sécurité européenne. L’Europe a massivement développé son réseau numérique et énergétique sans renforcer au même rythme la protection physique de ces artères vitales.

Des redondances peuvent compenser des pannes isolées. Mais restent particulièrement vulnérables les régions et États dépendant de quelques câbles seulement. De plus, des attaques coordonnées sur plusieurs connexions peuvent avoir des conséquences bien plus graves que la coupure d’une seule ligne.

La leçon essentielle est donc: la numérisation n’existe pas dans le vide.

Le cloud repose à la fin sur des centres de données. Les flux de données internationaux passent par des fibres optiques. Les marchés de l’électricité dépendent de câbles physiques. Et chacune de ces connexions peut être endommagée.

La sécurité nécessite plus que des capacités de réparation

Les incidents dans les eaux européennes sont un signal d’alarme. Les infrastructures critiques ne peuvent être protégées ni par la seule régulation ni uniquement par une présence militaire.

Il faut des connexions redondantes, un meilleur renseignement maritime, des capteurs et une surveillance sous-marine, un nombre suffisant de navires de réparation ainsi que des procédures claires pour gérer les activités suspectes à proximité des infrastructures stratégiques.

Les opérateurs privés ne peuvent pas non plus être déchargés de leur responsabilité. Mais la protection d’infrastructures dont la panne peut affecter la sécurité de pays entiers reste in fine une mission régalienne.

L’Europe a désormais pris la mesure du danger. Il faut maintenant transformer cartes de risques, boîtes à outils et programmes de soutien en résilience opérationnelle.

Car qui ne peut pas protéger ses artères de données, d’électricité et d’approvisionnement reste vulnérable en cas de crise géopolitique.

mercredi, 19 août 2026

USA/Chine: le piège des matières premières - La riposte silencieuse de Pékin contre l’Occident

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USA/Chine: le piège des matières premières

La riposte silencieuse de Pékin contre l’Occident

Auteur : R.T. 

Source: https://zurzeit.at/index.php/usa-china-die-rohstoff-falle/

Tandis que Washington et Bruxelles se félicitent dans les médias parce que de nouveaux paquets de sanctions et barrières douanières ont été décrétés, Pékin resserre les vis en coulisses: par des contrôles ciblés à l’exportation et des exigences de licence pour les matières premières critiques, les terres rares et les technologies de transformation, la République populaire révèle le talon d’Achille de l’industrie occidentale. Le dogme de la croyance globaliste en la fiabilité des chaînes d’approvisionnement se retourne désormais contre ses adeptes, avec une rudesse sans appel.

L’étau à la source des matières premières: le régime des licences de Pékin

Pékin a adapté la logique des sanctions occidentales et l’a retournée contre ses inventeurs. Par le biais d’autorisations d’exportation pour des métaux clés – des terres rares comme le samarium, le dysprosium et le terbium, jusqu’au gallium, germanium et graphite – le ministère chinois du commerce (MOFCOM) contrôle de facto les artères vitales de la haute technologie moderne. Des contrôles extraterritoriaux plus avancés ont été annoncés en 2025, puis suspendus pendant un an.

Ceux qui pensaient que le conflit se limiterait aux semi-conducteurs et aux logiciels se trompent. La Chine contrôle environ 60% de l’extraction mondiale des terres rares nécessaires aux aimants, 91% de leur raffinage et près de 94% de la production d’aimants permanents. Si Pékin ralentit même légèrement ces livraisons ou subordonne les exportations à des autorisations officielles, les chaînes de production occidentales peuvent immédiatement être interrompues.

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La transition verte fait de l'Europe un otage géopolitique

La situation est particulièrement critique pour l’Europe et son économie locale. Tandis que la bureaucratie de l’UE impose au continent des diktats de décarbonisation et de transformation, l’Europe dépend fortement des chaînes d’approvisionnement chinoises pour de nombreuses matières premières nécessaires, en particulier pour les aimants à terres rares. Moteurs électriques, éoliennes, robotique ou électronique de défense moderne: sans matériaux magnétiques suffisants et métaux raffinés, des secteurs clés de la production industrielle européenne sont sous forte pression.

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Le projet phare de Bruxelles, le Critical Raw Materials Act (CRMA), doit réduire cette dépendance et renforcer l’extraction, le traitement et le recyclage européens. Mais la création de capacités alternatives avance lentement. Nouvelles mines et installations de raffinage nécessitent des années, tandis que les procédures d’autorisation, les normes environnementales et l’opposition locale ajoutent des obstacles supplémentaires. L’Europe a pris conscience de sa dépendance stratégique – mais est encore loin de l’avoir surmontée.

Du culte du libre-échange à la vulnérabilité stratégique

La crise actuelle des matières premières résulte aussi de décennies de politique économique ayant sous-estimé les risques stratégiques de chaînes d’approvisionnement mondiales très concentrées. L’idée que le marché mondial fournirait des matières premières de manière fiable et sans discrimination, quelles que soient les conditions géopolitiques, s’effondre sous les yeux de la nomenklatura occidentale.

Tandis que les États-Unis essaient au moins d’imposer leurs propres clauses de protection par des accords bilatéraux, l’Union européenne reste particulièrement vulnérable. L’industrie locale – des fournisseurs de l'industrie automobile, en Autriche et en Allemagne du Sud, à la construction mécanique – se retrouve face à des incertitudes d’approvisionnement, à des coûts d’achat parfois fortement augmentés et à des obligations de reporting supplémentaires vis-à-vis des autorités chinoises.

La fin des illusions exige la souveraineté sur les matières premières

La riposte chinoise dans le domaine des matières premières montre clairement que la souveraineté économique ne peut être assurée par des discours ou des directives sur papier, mais seulement par des chaînes d’approvisionnement solides et diversifiées.

Si l’Europe ne veut pas être durablement réduite au rôle de jouet industriel entre Washington et Pékin, il faut un changement de cap: la suppression des blocages réglementaires inutiles pour les projets de matières premières locaux, le développement de capacités européennes de raffinage et une politique commerciale qui prend au sérieux les dépendances stratégiques sont désormais essentiels.

Celui qui perd le contrôle du socle matériel de son économie perd aussi, à terme, sa capacité d’action en politique étrangère.

Contre les sanctions contre la Russie: l’UDC lance l’«Initiative pour la neutralité»

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Suisse

Contre les sanctions contre la Russie: l’UDC lance l’«Initiative pour la neutralité»

Berne. Coup de tonnerre en Suisse: lors d’une conférence de presse commune, Christoph Blocher, figure emblématique de l’UDC, Walter Wobmann et Stephan Rietiker ont lancé la campagne pour la dite « Initiative pour la neutralité ». Selon les initiateurs, il est grand temps: la Confédération doit revenir à sa «neutralité perpétuelle, armée et crédible» et inscrire ce principe durablement dans la Constitution fédérale.

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D’après l’UDC, la neutralité suisse a été de plus en plus érodée ces dernières années. En adoptant les sanctions de l’UE contre la Russie en 2022, la Suisse aurait perdu son rôle traditionnel de médiateur et se serait retrouvée sur la liste de sanctions russes. Blocher s’est également opposé au concept d’une neutralité «flexible» ou «pragmatique».

L’initiative prévoit de maintenir la Suisse durablement neutre et armée. L’adhésion à des alliances militaires serait exclue. Des sanctions propres contre des États en guerre ne seraient à l’avenir autorisées que si elles reposent sur une décision du Conseil de sécurité de l’ONU. Par ailleurs, la Confédération devrait renforcer à nouveau son rôle de médiateur dans les conflits internationaux.

Selon l’UDC, la majorité du Conseil fédéral et du Parlement suit une autre voie. Elle mise sur des prises de position en politique étrangère et sur des sanctions, ce qui affaiblit l’indépendance nationale. Blocher et ses partisans appellent donc à un retour à la conception traditionnelle de la neutralité. La population suisse se prononcera sur l’initiative le 27 septembre (mü).

Source: Zu erst, Août 2026.

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"Les Suisses voteront pour un retour à la stricte neutralité - Linitiative de l'UDC prévoit l'interdiction des sanctions".

lundi, 17 août 2026

Des théories de Brzezinski à Palantir: comment le conflit en Ukraine est devenu le plus grand test militaire des États-Unis

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Des théories de Brzezinski à Palantir: comment le conflit en Ukraine est devenu le plus grand test militaire des États-Unis

par Michele Blanco

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/33490-mich...

La thèse avancée par Jeffrey Sachs et Sybil Fares est claire: la guerre en Ukraine n’est pas seulement un affrontement entre Moscou et Kiev, mais le produit d’une stratégie américaine planifiée depuis plus de trente ans. Une stratégie qui a transformé le territoire ukrainien en principal champ de bataille et de test pour la nouvelle guerre technologique contemporaine, alors que Kiev continue d’en payer le prix humain, économique et territorial, prix qui est extrêmement élevé.

Aujourd’hui, la puissance du complexe militaro-industriel ne se limite plus aux seuls généraux et fabricants d’armes. Elle réunit des sociétés informatiques, des fonds d’investissement, des entreprises énergétiques, des services de renseignement et des géants du numérique. Ce système n’influence pas seulement la politique étrangère des États-Unis, il tend à l’hégémoniser, en déterminant totalement ses objectifs et ses instruments.

L’idée ne naît pas avec le conflit actuel. Dans son célèbre essai Le Grand Échiquier, Zbigniew Brzezinski désignait l’Ukraine comme l’un des principaux pivots géographiques de l’Eurasie. Sans Kiev, affirmait-il, la Russie aurait d’immenses difficultés à conserver son rang de grande puissance.

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Dans cette perspective, l’élargissement de l’OTAN n’a pas été seulement un processus d’intégration politique des pays d’Europe de l’Est à l’alliance occidentale, mais l’avancée progressive de l’infrastructure stratégique jusqu’aux frontières russes.

Bill Clinton a entamé avec force l’expansion; George W. Bush a ouvert la voie à l’adhésion future de l’Ukraine et de la Géorgie; Barack Obama a soutenu les nouveaux équilibres politiques nés à Kiev en 2014 après la destitution du gouvernement pro-russe; Donald Trump a fourni les premières armes antichars; Joe Biden a rejeté les demandes russes pour une nouvelle architecture de sécurité européenne. Différents présidents, avec des langages et des styles variés, ont assuré une continuité stratégique bien perceptible: empêcher Moscou de reconstituer une zone d’influence autonome dans l’espace post-soviétique.

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La véritable transformation concerne cependant le plan militaire. L’Ukraine est devenue un immense laboratoire de guerre où sont expérimentés drones, systèmes de reconnaissance automatique, guerre électronique, liaisons satellitaires et logiciels capables d’identifier des cibles en traitant d’énormes quantités de données.

Dans cet écosystème, Palantir joue un rôle central, entreprise née aussi grâce au soutien financier du renseignement américain et aujourd’hui engagée dans l’analyse du champ de bataille ukrainien. Les données recueillies lors de millions de missions alimentent des algorithmes conçus pour accélérer la sélection des cibles et automatiser la gestion des opérations.

Militairement, l’avantage pour les États-Unis est évident: observer la réaction des armes russes, tester des contre-mesures, perfectionner leurs propres systèmes et entraîner les algorithmes sans engager directement leurs troupes sur le terrain, éliminant ainsi le risque de pertes humaines. Toutefois, plus Washington participe au choix des cibles, à la planification des itinéraires et à la transmission des informations, plus la frontière entre simple soutien militaire et participation directe au conflit devient mince.

Sur le plan économique, l’affrontement a déclenché une nouvelle et immense expansion des dépenses militaires occidentales. Les arsenaux européens doivent être reconstitués, les infrastructures numériques modernisées, les usines de munitions agrandies. Les entreprises d’armement, de satellites, de logiciels et de drones font face à un marché extrêmement lucratif et destiné à durer.

L’Europe finance sur fonds publics une grande partie de cette transformation, mais reste dépendante des technologies, des systèmes d’information et des plateformes américaines. Le résultat géoéconomique est paradoxal : alors qu’elle affirme vouloir atteindre une autonomie politique et stratégique, l’Union européenne augmente sa dépendance industrielle et militaire à l’égard de Washington.

L’Ukraine elle-même est progressivement intégrée dans ce système. Ses ressources minières, ses infrastructures énergétiques, ses compétences informatiques et l’expérience acquise sur le terrain deviennent les éléments d’une nouvelle économie de guerre. Kiev reçoit des armes et des financements, mais accumule des dettes, perd de la population et voit, de façon inexorable, ses marges de souveraineté politique se réduire.

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Le lien avec l’Iran, en outre, n’est pas secondaire. Brzezinski considérait également Téhéran comme un nœud fondamental: contrôler la zone iranienne, c’est influencer le Golfe Persique, la mer Caspienne, les routes énergétiques et les liaisons entre l’Asie centrale, la Russie, la Chine et le Moyen-Orient. Les technologies expérimentées contre la Russie peuvent être transférées vers les pays du Golfe pour contrer la "menace iranienne". L’Ukraine devient ainsi le banc d’essai, tandis que le Moyen-Orient représente le grand marché de débouché et le second front de la compétition géopolitique.

D’un côté, Washington cherche à empêcher la formation d’un bloc continental entre la Russie, la Chine et l’Iran; de l’autre, il entend garder le contrôle sur les routes énergétiques, les technologies stratégiques et les systèmes financiers internationaux.

La contradiction finale concerne l’Ukraine elle-même. Présentée comme bénéficiaire de la protection occidentale, elle se retrouve avec des territoires perdus, des infrastructures détruites, des millions de réfugiés et une vie politique fortement limitée et subordonnée aux exigences de la guerre.

La paix supposerait un compromis basé sur la neutralité de l’Ukraine et de nouvelles garanties pour la sécurité européenne. Un tel accord réduirait toutefois l’utilité stratégique du pays comme avant-poste anti-russe et interromprait un cycle économique extrêmement profitable pour les États-Unis et les grandes multinationales.

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La guerre se poursuit donc non seulement en raison de l’incapacité de Moscou et de Kiev à trouver un accord, mais aussi parce qu’autour du conflit s’est consolidé un système d’intérêts pour lequel la paix apparaît moins avantageuse que la poursuite de l’affrontement. La crainte exprimée par Dwight Eisenhower en 1961—que l’appareil militaire et technologique puisse prendre le pas sur la politique—trouve aujourd’hui dans le drame ukrainien sa confirmation la plus évidente.

Des théories de Brzezinski à Palantir: comment le conflit en Ukraine est devenu le plus grand test militaire des États-Unis

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Des théories de Brzezinski à Palantir: comment le conflit en Ukraine est devenu le plus grand test militaire des États-Unis

par Michele Blanco

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/33490-mich...

La thèse avancée par Jeffrey Sachs et Sybil Fares est claire: la guerre en Ukraine n’est pas seulement un affrontement entre Moscou et Kiev, mais le produit d’une stratégie américaine planifiée depuis plus de trente ans. Une stratégie qui a transformé le territoire ukrainien en principal champ de bataille et de test pour la nouvelle guerre technologique contemporaine, alors que Kiev continue d’en payer le prix humain, économique et territorial, prix qui est extrêmement élevé.

Aujourd’hui, la puissance du complexe militaro-industriel ne se limite plus aux seuls généraux et fabricants d’armes. Elle réunit des sociétés informatiques, des fonds d’investissement, des entreprises énergétiques, des services de renseignement et des géants du numérique. Ce système n’influence pas seulement la politique étrangère des États-Unis, il tend à l’hégémoniser, en déterminant totalement ses objectifs et ses instruments.

L’idée ne naît pas avec le conflit actuel. Dans son célèbre essai Le Grand Échiquier, Zbigniew Brzezinski désignait l’Ukraine comme l’un des principaux pivots géographiques de l’Eurasie. Sans Kiev, affirmait-il, la Russie aurait d’immenses difficultés à conserver son rang de grande puissance.

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Dans cette perspective, l’élargissement de l’OTAN n’a pas été seulement un processus d’intégration politique des pays d’Europe de l’Est à l’alliance occidentale, mais l’avancée progressive de l’infrastructure stratégique jusqu’aux frontières russes.

Bill Clinton a entamé avec force l’expansion; George W. Bush a ouvert la voie à l’adhésion future de l’Ukraine et de la Géorgie; Barack Obama a soutenu les nouveaux équilibres politiques nés à Kiev en 2014 après la destitution du gouvernement pro-russe; Donald Trump a fourni les premières armes antichars; Joe Biden a rejeté les demandes russes pour une nouvelle architecture de sécurité européenne. Différents présidents, avec des langages et des styles variés, ont assuré une continuité stratégique bien perceptible: empêcher Moscou de reconstituer une zone d’influence autonome dans l’espace post-soviétique.

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La véritable transformation concerne cependant le plan militaire. L’Ukraine est devenue un immense laboratoire de guerre où sont expérimentés drones, systèmes de reconnaissance automatique, guerre électronique, liaisons satellitaires et logiciels capables d’identifier des cibles en traitant d’énormes quantités de données.

Dans cet écosystème, Palantir joue un rôle central, entreprise née aussi grâce au soutien financier du renseignement américain et aujourd’hui engagée dans l’analyse du champ de bataille ukrainien. Les données recueillies lors de millions de missions alimentent des algorithmes conçus pour accélérer la sélection des cibles et automatiser la gestion des opérations.

Militairement, l’avantage pour les États-Unis est évident: observer la réaction des armes russes, tester des contre-mesures, perfectionner leurs propres systèmes et entraîner les algorithmes sans engager directement leurs troupes sur le terrain, éliminant ainsi le risque de pertes humaines. Toutefois, plus Washington participe au choix des cibles, à la planification des itinéraires et à la transmission des informations, plus la frontière entre simple soutien militaire et participation directe au conflit devient mince.

Sur le plan économique, l’affrontement a déclenché une nouvelle et immense expansion des dépenses militaires occidentales. Les arsenaux européens doivent être reconstitués, les infrastructures numériques modernisées, les usines de munitions agrandies. Les entreprises d’armement, de satellites, de logiciels et de drones font face à un marché extrêmement lucratif et destiné à durer.

L’Europe finance sur fonds publics une grande partie de cette transformation, mais reste dépendante des technologies, des systèmes d’information et des plateformes américaines. Le résultat géoéconomique est paradoxal : alors qu’elle affirme vouloir atteindre une autonomie politique et stratégique, l’Union européenne augmente sa dépendance industrielle et militaire à l’égard de Washington.

L’Ukraine elle-même est progressivement intégrée dans ce système. Ses ressources minières, ses infrastructures énergétiques, ses compétences informatiques et l’expérience acquise sur le terrain deviennent les éléments d’une nouvelle économie de guerre. Kiev reçoit des armes et des financements, mais accumule des dettes, perd de la population et voit, de façon inexorable, ses marges de souveraineté politique se réduire.

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Le lien avec l’Iran, en outre, n’est pas secondaire. Brzezinski considérait également Téhéran comme un nœud fondamental: contrôler la zone iranienne, c’est influencer le Golfe Persique, la mer Caspienne, les routes énergétiques et les liaisons entre l’Asie centrale, la Russie, la Chine et le Moyen-Orient. Les technologies expérimentées contre la Russie peuvent être transférées vers les pays du Golfe pour contrer la "menace iranienne". L’Ukraine devient ainsi le banc d’essai, tandis que le Moyen-Orient représente le grand marché de débouché et le second front de la compétition géopolitique.

D’un côté, Washington cherche à empêcher la formation d’un bloc continental entre la Russie, la Chine et l’Iran; de l’autre, il entend garder le contrôle sur les routes énergétiques, les technologies stratégiques et les systèmes financiers internationaux.

La contradiction finale concerne l’Ukraine elle-même. Présentée comme bénéficiaire de la protection occidentale, elle se retrouve avec des territoires perdus, des infrastructures détruites, des millions de réfugiés et une vie politique fortement limitée et subordonnée aux exigences de la guerre.

La paix supposerait un compromis basé sur la neutralité de l’Ukraine et de nouvelles garanties pour la sécurité européenne. Un tel accord réduirait toutefois l’utilité stratégique du pays comme avant-poste anti-russe et interromprait un cycle économique extrêmement profitable pour les États-Unis et les grandes multinationales.

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La guerre se poursuit donc non seulement en raison de l’incapacité de Moscou et de Kiev à trouver un accord, mais aussi parce qu’autour du conflit s’est consolidé un système d’intérêts pour lequel la paix apparaît moins avantageuse que la poursuite de l’affrontement. La crainte exprimée par Dwight Eisenhower en 1961—que l’appareil militaire et technologique puisse prendre le pas sur la politique—trouve aujourd’hui dans le drame ukrainien sa confirmation la plus évidente.

L’Arctique, enjeu entre la militarisation occidentale et le développement sino-russe

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L’Arctique, enjeu entre la militarisation occidentale et le développement sino-russe

par Giulio Chinappi

Source: https://www.cese-m.eu/2026/08/lartico-conteso-tra-la-mili...

Routes, ressources, dissuasion nucléaire et droits des peuples autochtones font du Grand Nord un carrefour décisif de l’ordre mondial. Tandis que l’Occident en accentue la militarisation et l’exploitation corporative, la Russie et la Chine construisent un corridor eurasiatique fondé sur la souveraineté, les infrastructures et la coopération.

Le recul progressif des glaces est en train de transformer l’Arctique, de périphérie extrême du système international, en l’un des principaux espaces de la compétition géopolitique contemporaine. La région concentre en effet quatre dimensions stratégiques difficilement séparables: l’ouverture de nouvelles routes maritimes, l’accès à d’immenses ressources énergétiques et minières, la centralité en matière de dissuasion nucléaire et la possibilité d’influencer la future gouvernance des communications entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord.

L’enjeu ne concerne donc pas seulement le contrôle de territoires reculés ou de gisements jusqu’à récemment inaccessibles. L’Arctique représente l’un des lieux où se mesure concrètement la crise de l’ordre maritime construit par les États-Unis et leurs alliés après la Seconde Guerre mondiale. La Route maritime du Nord, développée le long des côtes russes, peut relier l’Asie orientale à l’Europe par un itinéraire bien plus court que les routes passant par les détroits de Malacca et de Suez. Elle réduit également la dépendance à l’égard de passages obligés sur lesquels les puissances anglo-saxonnes conservent une capacité de surveillance, de pression et un potentiel d’interdiction navale. Pour ces raisons, la Route de la soie polaire et la convergence stratégique entre la Russie et la Chine peuvent reconfigurer la logistique et les flux énergétiques au profit des puissances eurasiennes, limitant la suprématie occidentale traditionnelle sur les grandes lignes de communication maritimes.

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Pour la Chine, la route arctique constitue avant tout une réponse structurelle au fameux « dilemme de Malacca ». Une part déterminante des importations énergétiques et du commerce chinois continue de transiter par des détroits qui, en cas de grave crise internationale, pourraient être contrôlés ou bloqués par les forces navales américaines et alliées. Un corridor septentrional, protégé par les capacités russes, offre à Pékin une diversification qui n’est pas seulement commerciale, mais aussi stratégique.

Pour la Russie, la Route maritime du Nord est à la fois une voie navigable nationale, un projet de développement des régions du nord et un outil de projection internationale. Moscou dispose de la géographie, des infrastructures côtières, des ressources et surtout de la plus grande flotte de brise-glaces au monde, y compris des unités à propulsion nucléaire nécessaires pour garantir la navigation dans des conditions extrêmes. Des terminaux comme Sabetta, les installations de gaz naturel liquéfié de la péninsule de Yamal, les ports de Mourmansk et Arkhangelsk ainsi que les réseaux de recherche et de secours transforment progressivement le littoral nord russe en un système logistique intégré.

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Notre analyse est confirmée par les chiffres. Selon Rosatom, en 2024, le volume total des marchandises transportées le long de la Route maritime du Nord a atteint le record de près de 37,9 millions de tonnes. En 2025, les cargaisons à destination de l’est sont montées à 8,3 millions de tonnes, soit une augmentation de 15 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit encore de volumes limités par rapport aux grands corridors maritimes du sud, mais suffisants pour démontrer que l’Arctique n’est plus une simple hypothèse cartographique.

Ces éléments rendent également évidente la complémentarité sino-russe. La Russie offre l’accès territorial, l’expérience opérationnelle, les ressources énergétiques et les brise-glaces ; la Chine met à disposition des capitaux, des chantiers navals, des capacités technologiques, la demande commerciale et une immense base industrielle. Le résultat est la formation d’un corridor eurasiatique dans lequel la souveraineté russe sur la route se combine avec l’intérêt chinois pour des liaisons plus sûres et diversifiées.

Ce n’est pas un hasard si le Livre blanc chinois sur l’Arctique de 2018 place explicitement la Route de la soie polaire dans le cadre de la Belt and Road Initiative. Le document affirme que la participation chinoise doit être fondée sur le respect, la coopération, l’avantage mutuel et la durabilité, en reconnaissant la souveraineté et la juridiction des États arctiques, le droit international de la mer et les intérêts des populations locales. Pékin entend contribuer à la construction d’infrastructures, à la sécurité de la navigation, à la recherche scientifique et à l’utilisation rationnelle des ressources, en subordonnant formellement les activités économiques à la protection de l’environnement et au respect des cultures indigènes.

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Cette approche montre clairement que la Russie et la Chine tendent à considérer le développement de la région arctique comme faisant partie d’un projet d’intégration territoriale et économique à long terme, dans lequel infrastructures, établissements humains, production énergétique et routes commerciales doivent être coordonnées. À l’inverse, les États-Unis et leurs alliés l’interprètent de plus en plus ouvertement comme un espace à intégrer dans le dispositif militaire de l’OTAN et à ouvrir aux intérêts des grandes entreprises énergétiques, minières et technologiques occidentales.

La stratégie arctique du Département de la Défense américain de 2024 est révélatrice de cette approche. Le document décrit l’Arctique comme essentiel à la défense du territoire des États-Unis, accorde une place centrale à la compétition avec la Russie et la Chine, et prévoit le renforcement des capacités de renseignement, de surveillance, de communication, de mobilité militaire et d’entraînement dans les régions du nord. Le Pentagone a explicitement indiqué l’augmentation de la présence et des opérations militaires comme l’un des moyens de protéger les intérêts américains.

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Cette orientation s’est encore renforcée avec l’entrée de la Finlande et de la Suède dans l’OTAN. Sept des huit États membres du Conseil de l’Arctique appartiennent désormais à l’Alliance atlantique. En 2026, l’OTAN a mis en place de nouvelles forces terrestres multinationales en Finlande et en Suède, organisé l’exercice Cold Response 26 et lancé la Task Force X-Arctic, destinée à accroître la connaissance opérationnelle et la présence de l’Alliance dans le Grand Nord. Ainsi, l’Arctique est progressivement intégré au front militaire qui, de l’Europe orientale, s’étend jusqu’à la mer de Barents et à l’Atlantique Nord.

Le Groenland constitue le point le plus évident de cette conception. La base américaine de Pituffik, anciennement appelée Thulé, joue un rôle fondamental dans les systèmes d’alerte antimissile, de surveillance spatiale et de défense aérospatiale des États-Unis et du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord. Comme on le sait, et comme l’ont réaffirmé à de nombreuses reprises Donald Trump et d’autres membres de son administration, Washington considère ouvertement l’île comme étant «d’une grande valeur stratégique» pour les États-Unis et l’OTAN.

L’héritage de la présence militaire américaine démontre cependant l’écart existant entre la rhétorique occidentale sur la protection de l’environnement et la réalité de ses politiques arctiques. À Camp Century, base construite sous la calotte glaciaire du Groenland et abandonnée en 1967, on a laissé des déchets physiques, des eaux contaminées, du carburant, des polychlorobiphényles et des matériaux radioactifs. Des études scientifiques ont estimé la présence d’environ 200.000 litres de diesel et 24 millions de litres d’eaux usées. La fonte des glaces risque à long terme de remettre ces substances en circulation.

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En janvier 1968, de plus, un bombardier américain B-52 engagé dans une mission d’alerte nucléaire s’écrasa près de la base de Thulé alors qu’il transportait des armes thermonucléaires, provoquant la dispersion de matières radioactives. Ces épisodes montrent comment la militarisation occidentale a laissé dans le Grand Nord un héritage environnemental et politique qui continue de peser sur la population groenlandaise.

Pour ce qui est d’un épisode plus récent, en 2023, l’administration américaine de Joe Biden a approuvé le projet pétrolier Willow dans la National Petroleum Reserve-Alaska. Cette décision a confirmé la primauté du développement pétrolier dans une zone essentielle à la faune et aux activités de subsistance des communautés autochtones. En janvier 2025, la nouvelle administration américaine menée par Donald Trump a ordonné d’accélérer l’exploitation des ressources énergétiques, minières et forestières de l’Alaska, présentant la mesure comme une question de sécurité nationale.

La Russie, pour sa part, adopte une approche différente, fondée sur la reconnaissance de l’Arctique comme partie intégrante de son territoire national et sur la nécessité de maintenir la population, les activités économiques et les services publics dans les régions du nord. Sa stratégie jusqu’en 2035 fixe parmi ses objectifs officiels l’amélioration de la qualité de vie, la protection de l’environnement, le soutien aux communautés autochtones, le développement économique et la défense de la souveraineté nationale.

Le budget fédéral pour la période 2025-2027 a prévu environ 405 millions de roubles par an pour le soutien direct aux petits peuples autochtones de l’Arctique russe. Des programmes sont également en cours pour intégrer les activités traditionnelles dans l’économie régionale, soutenir l’élevage de rennes, la pêche, l’artisanat, les langues minoritaires et l’accès aux outils technologiques et logistiques. Une nouvelle conception du développement durable des peuples autochtones du Nord, de la Sibérie et de l’Extrême-Orient a été mise en place pour la période allant jusqu’en 2036.

La différence entre les deux approches apparaît enfin sur le terrain de la gouvernance. Après 2022, la suspension des réunions diplomatiques du Conseil de l’Arctique a montré l’impossibilité d’administrer la région sans la Russie, qui possède environ la moitié du littoral arctique. Depuis 2024, les huit États ont progressivement repris les réunions virtuelles des groupes de travail et, en mai 2025, toutes les délégations ont participé au passage de la présidence de la Norvège au Royaume du Danemark. En 2026, toutefois, les réunions diplomatiques officielles restent suspendues, tandis que la coopération scientifique et technique se poursuit.

L’avenir du Grand Nord dépendra donc du choix entre deux trajectoires. La première est celle d’un Arctique militarisé, divisé en blocs et soumis à la combinaison de la présence de l’OTAN, des intérêts des multinationales de l’énergie et à l’utilisation sélective de l’écologie. La seconde est celle d’un corridor eurasiatique construit grâce à des investissements infrastructurels, à la coopération entre États souverains et à la participation des économies asiatiques au développement de la Route maritime du Nord.

La coopération sino-russe n’élimine pas automatiquement les risques écologiques ni ne garantit à elle seule les droits des peuples autochtones. Elle offre toutefois une perspective alternative à la prétention occidentale de contrôler tant les routes traditionnelles qu’émergentes. La bataille pour l’Arctique concerne, en dernière analyse, la question de savoir qui pourra établir les règles du commerce, de l’accès aux ressources, de la sécurité et du développement dans le nouvel ordre multipolaire. Pour cette raison, le Grand Nord ne représente plus la marge glacée de la politique mondiale: il en est devenu un des centres décisifs.

dimanche, 16 août 2026

Les États-Unis vendent de l’euro pour sauver le yen – le séisme financier japonais atteint désormais l’Allemagne

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Les États-Unis vendent de l’euro pour sauver le yen – le séisme financier japonais atteint désormais l’Allemagne

Source: https://report24.news/usa-verkaufen-euro-um-den-yen-zu-re...

Washington, en collaboration avec Tokyo, a soutenu le yen en chute libre – et pour cela, a précisément vendu des euros. Selon le Financial Times, la BCE n’a été informée qu’après la transaction, alors que le Japon, plus grand détenteur étranger de bons du Trésor américain, a de moins en moins de raisons de placer son capital aux États-Unis ou en Europe. Ce revirement japonais tombe particulièrement mal pour l’Allemagne : Berlin inonde le marché des capitaux de nouvelles dettes, alors que l’un des principaux créanciers de l’Occident pourrait rapatrier ses fonds.

Le vendredi 31 juillet, le Japon et les États-Unis sont intervenus conjointement sur le marché des changes pour éviter une nouvelle chute du yen. La devise japonaise était tombée à près de 164 yens pour un dollar – un niveau inédit depuis environ quarante ans. Tokyo aurait mobilisé près de 36,6 milliards de dollars ce jour-là ; la veille, presque 59 milliards de dollars avaient déjà été injectés sur le marché, selon les calculs de Reuters. Le yen s’est alors temporairement redressé jusqu’à 155,20 pour un dollar. Il cote désormais autour de 159. Le message des marchés est clair : même des interventions de plusieurs dizaines de milliards n’offrent à Tokyo guère plus qu’un court répit.

Mais le plus intéressant a été la façon dont Washington a financé ses achats de yen : les Américains ont vendu des euros. Pas de vente de dollars, ce qui aurait affaibli leur propre monnaie et ravivé les inquiétudes inflationnistes. Pas de pression supplémentaire sur le marché obligataire américain, déjà fragilisé. À la place, le Trésor américain a puisé dans ses réserves d’euros. HSBC a qualifié cette démarche d’« éventuellement sans précédent » auprès de Reuters. Washington dispose d’environ 26 milliards d’euros immédiatement mobilisables pour ce type d’intervention. Lorsqu’il a fallu limiter ses propres problèmes, c’est donc une devise de réserve étrangère qui a été sacrifiée.

À Francfort, on n’aurait été informé que lorsque tout était déjà joué. Selon le Financial Times, la BCE n’a pas été consultée avant la transaction américaine. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, n’a parlé à Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, que le samedi suivant. Plusieurs banquiers centraux européens ont vu dans cette opération une rupture avec les usages entre grandes banques centrales occidentales. Reuters avait d’abord seulement mentionné des contacts entre la BCE et la Fed ; la chronologie n’a été clarifiée que plus tard. Washington avait besoin d’une devise dont la vente ne lui ferait pas trop de mal. L’euro a manifestement  rempli ce rôle de façon parfaite.

Les milliers de milliards japonais pèsent sur Washington

Pourquoi l’administration Trump s’occupe-t-elle autant du yen ? Le Japon est un allié proche, mais sur les marchés financiers, l’amitié s’arrête là où commencent les milliers de milliards. Selon les dernières données disponibles du Trésor américain, le Japon détenait, fin mai, 1143 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Il reste ainsi le principal créancier étranger de Washington. En février, ce chiffre était encore de 1239 milliards de dollars. En trois mois, les avoirs déclarés ont donc diminué de plus de 96 milliards.

C’est risqué pour Washington. Si Tokyo veut soutenir le yen, il lui faut des dollars ou d’autres devises étrangères à vendre contre des yens. Une grande partie des réserves japonaises est investie en bons du Trésor américain. S’ils sont vendus, leur prix baisse et leurs rendements augmentent. Or, Washington ne peut pas se permettre cela actuellement. Le rendement des obligations américaines à 30 ans a récemment approché à nouveau les 5,3 %. Pour un État qui doit continuellement refinancer son immense dette, chaque hausse de rendement devient très coûteuse. Reuters a d’ailleurs cité la crainte de ventes supplémentaires de Treasuries japonais comme l’une des principales motivations de l’intervention américaine.

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Bessent a donc déjà prévu la suite. Grâce au dispositif FIMA Repo de la Fed, les banques centrales étrangères peuvent déposer des Treasuries en garantie et obtenir des dollars en échange. Le Japon n’a donc pas besoin de vendre ses Treasuries sur le marché en cas de besoin de liquidités. Le secrétaire au Trésor américain a même évoqué, après l’intervention, une possible extension de cet instrument. En d’autres termes : Washington aménage une sortie de secours à son principal créancier étranger pour éviter qu’il ne vende massivement les Treasuries en cas de crise.

Le calcul est simple. Si le yen continue de baisser, Tokyo doit mobiliser des sommes de plus en plus importantes pour le défendre. Si le Japon vend des Treasuries, les coûts de financement américains augmentent. Si Washington vend lui-même des dollars, il affaiblit sa propre monnaie et risque d’aggraver l’inflation. Donc, on vend de l’euro. Pour les Américains, c’était la solution la plus confortable. Apparemment, les Européens n’ont même pas été consultés.

L’argent japonais n’a plus besoin de l’Occident

Derrière cette spectaculaire intervention se cache un problème bien plus vaste. Pendant des décennies, les investisseurs japonais ont placé leur argent à l’étranger, faute de rendements au pays. Assureurs, banques, fonds de pension et gestionnaires d’actifs achetaient des Treasuries américains, des obligations d’État européennes et d’autres actifs étrangers. En parallèle, le yen est devenu la devise de prédilection pour les carry trades: s’endetter à bas coût au Japon, placer l’argent ailleurs à meilleur rendement, et empocher la différence.

Cette époque s’achève. Les obligations d’État japonaises à 30 ans offrent désormais presque 4% de rendement. Les titres allemands de même maturité, environ 3,6%. Même les obligations japonaises à deux ans rapportent environ 1,64% – un record depuis 31 ans. Mitsubishi UFJ, Daiwa et d’autres gestionnaires japonais lancent déjà de nouveaux fonds pour attirer à nouveau les épargnants nationaux vers les obligations japonaises. Parallèlement, la Banque du Japon entend réduire son portefeuille d’environ 48.000 milliards de yens sur l’exercice en cours, tandis que le gouvernement devrait, selon JPMorgan, émettre environ 15.000 milliards de yens de dette supplémentaire. Tokyo a besoin d’acheteurs – et les cherche de préférence sur le marché domestique.

La question devient donc de plus en plus gênante pour les investisseurs japonais: pourquoi placer son argent à Washington, Francfort ou Paris, alors que le rendement est de retour au pays ? Investir à l’étranger, c’est aussi prendre un risque de change ou payer pour le couvrir. Avec des taux japonais plus élevés, l’ancien attrait des obligations occidentales disparaît vite. Il n’est pas nécessaire que le Japon vende un millier de milliards de Treasuries en un jour. Il suffit que les assureurs, fonds et banques achètent moins de nouvelles obligations américaines ou européennes et rapatrient davantage de capitaux à l’échéance.

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La BCE avait déjà mis en garde en 2023, alors que les rendements japonais étaient encore beaucoup plus bas. Une normalisation de la politique monétaire nippone pourrait entraîner un rapatriement de capitaux, soulignait le rapport sur la stabilité financière. Les investisseurs japonais auraient un impact significatif sur les marchés obligataires internationaux, notamment sur certains segments de la zone euro. Trois ans plus tard, ce scénario théorique est devenu une réalité motivée par le rendement.

Les carry trades risquent de provoquer la prochaine vague de ventes

La situation est encore plus explosive à cause du yen carry trade. Pendant des années, les investisseurs pouvaient se financer quasiment gratuitement au Japon et placer cet argent dans des obligations, actions ou autres actifs mieux rémunérés à travers le monde. Tant que le yen restait faible, c’était lucratif. Si la devise s’apprécie fortement, cela devient vite un piège. Les positions doivent être débouclées, les actifs vendus et les yens rachetés. Ce mécanisme a déjà provoqué de fortes turbulences à l’été 2024. UBS estimait le volume du yen carry trade concerné à environ 500 milliards de dollars à l’époque.

Pour l’instant, ce commerce perdure. Le yen s’est de nouveau affaibli après la récente intervention, attirant à nouveau les spéculateurs. Pour Tokyo, c’est un cercle vicieux : plus le carry trade reste attractif, plus la pression sur la devise perdure. Il faudra tôt ou tard intervenir à nouveau pour des milliards, ou relever davantage les taux. Or, des taux japonais plus élevés rendent le rapatriement du capital encore plus attractif. Washington, Francfort et les marchés actions internationaux dépendent ainsi d’une devise qui a longtemps servi de distributeur automatique à bas coût pour le monde entier.

L’Allemagne a soudainement besoin de chaque acheteur

Pour l’Allemagne, ce déplacement intervient au pire moment. Le frein à l’endettement a déjà été assoupli politiquement à tel point que son nom devient ironique. Pour 2026, près de 97,9 milliards d’euros de nouvelles dettes sont prévues dans le budget principal. En y ajoutant les « fonds spéciaux », l’endettement doit dépasser 180 milliards d’euros. S’y ajoute un fonds spécial pour les infrastructures de 500 milliards d’euros. Berlin a donc besoin, pour des années, d’acheteurs pour d’énormes volumes de dette nouvelle.

Or, ces acheteurs retrouvent désormais des alternatives ailleurs. Si les assureurs ou fonds de pension japonais préfèrent placer leurs milliards au pays, les emprunteurs européens devront offrir des rendements plus élevés. Les premiers signes sont déjà visibles. Quand les taux longs japonais ont fortement augmenté en juillet, les marchés obligataires européens ont eux aussi souffert. Les analystes de la Commerzbank ont explicitement évoqué le risque de rapatriement du capital japonais. L’Allemagne paie déjà nettement plus d’intérêts qu’à l’époque des taux zéro. Chaque dixième de point supplémentaire devient, avec la montée des dettes, une somme réelle. Et ce n’est ni le ministre des Finances ni un fonds spécial qui paiera – ce sera le contribuable.

La France et l’Italie souffrent encore plus de telles hausses de taux. Mais l’Allemagne est dans le même bateau que les autres pays de la zone euro. Si les taux des États très endettés montent plus vite que ceux des Bunds allemands, la BCE sera à nouveau pressée d’intervenir. La zone euro connaît ce scénario. Dès que les marchés recommencent à différencier le risque des dettes souveraines, les responsables politiques européens retrouvent soudainement leur attachement aux fameux « instruments de stabilité ».

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Le yen faible exerce une pression supplémentaire sur l’industrie allemande

Pour l’industrie exportatrice allemande, le yen n’est pas un détail. Un taux de change extrêmement faible donne aux industriels japonais un avantage compétitif substantiel sur les marchés mondiaux. Nomura a calculé qu’environ un tiers de la forte hausse des profits des grands groupes japonais au premier trimestre 2026 était due à la faiblesse du yen. Toyota, Honda et d’autres exportateurs en profitent directement. Honda a vu son bénéfice trimestriel plus que doubler récemment et a cité elle-même la faiblesse du yen comme facteur favorable.

Les concurrents se trouvent notamment à Stuttgart, Munich et Wolfsburg. Les constructeurs allemands font déjà face à des prix de l’énergie élevés, la réglementation européenne, une demande intérieure faible et la concurrence chinoise. Dans le même temps, le Japon vend avec un « rabais de change ». Il en va de même pour la mécanique, l’électronique et de nombreux produits industriels spécialisés. Un yen plus fort ôterait donc au moins une partie de ce désavantage aux exportateurs allemands. C’est ici que le calcul s’inverse: un yen plus fort serait le bienvenu pour les industriels allemands. Mais ce même yen fort peut faire éclater les carry trades, rapatrier le capital japonais et ainsi augmenter les coûts de financement de l’Allemagne. Le Japon agit donc sur deux leviers très différents de l’économie allemande.

Le grand effondrement du dollar n’a pas lieu – pour l’instant

La disparition annoncée du dollar n’apparaît, pour l’instant, guère dans les chiffres sur les réserves. À long terme, la devise américaine a certes perdu du terrain, mais au premier trimestre 2026, sa part dans les réserves mondiales a même augmenté, selon le FMI, de 56,42 % à 57,13 %. L’euro est passé sur la même période de 20,38 % à 20,03 %. Ceux qui voient déjà le dollar à l’agonie doivent donc interpréter les chiffres de manière très généreuse. Le vrai problème de Washington est ailleurs: les Treasuries américains doivent trouver chaque année des acheteurs en quantités gigantesques – et c’est justement le Japon, jusqu’ici l’un des principaux acheteurs, qui retrouve des taux attractifs chez lui.

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L’or reste néanmoins recherché. Les banques centrales ont acheté 289 tonnes nettes au deuxième trimestre, et 345 tonnes sur le premier semestre. La Pologne, l’Ouzbékistan et la Chine figurent parmi les plus gros acheteurs. Mais c’est le chiffre semestriel le plus bas depuis 2022. Il n’est donc pour l’instant pas question d’une fuite accélérée de toutes les banques centrales hors du dollar. L’attaque la plus sérieuse contre le modèle financier américain vient actuellement d’un phénomène beaucoup plus banal : le retour des taux d’intérêt au Japon.

Et cela suffit déjà à rendre Washington nerveux. Tokyo détient plus de 1000 milliards de dollars de Treasuries, doit défendre sa monnaie et peut soudain offrir à ses épargnants des rendements inimaginables depuis des décennies. Les Américains réagissent par des soutiens de liquidité, des achats conjoints de yen et la vente de réserves en euros. Quand les États-Unis ont dû choisir ce qu’ils souhaitaient protéger – le dollar, leur marché de la dette ou les sensibilités européennes –, c’est manifestement l’euro qui a été sacrifié en premier.

samedi, 15 août 2026

La guerre en Ukraine oblige l’Occident à revenir à la géopolitique

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La guerre en Ukraine oblige l’Occident à revenir à la géopolitique

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Après plus de quatre ans de guerre, un changement remarquable se profile dans le débat sur la politique étrangère américaine: une paix durable ne peut pas être obtenue simplement à partir d'exigences individuelles, de garanties de sécurité et d'accords bilatéraux. Elle doit lier les intérêts de tous les acteurs décisifs, y compris la Russie.

C’est précisément l’objet d’un nouvel article de Matt Waldman et Samuel Charap dans Foreign Affairs ( https://www.foreignaffairs.com/ukraine/how-broker-peace-ukraine ). Rien que la question de départ est mérite le détour: comment un processus de médiation doit-il être structuré pour que des discussions parallèles puissent finalement aboutir à un accord solide?

Les auteurs critiquent la structure actuelle des négociations. Washington, Kiev, Moscou et les gouvernements européens discutent dans différents formats de documents différents. Il manque un cadre de négociation commun dans lequel les questions décisives seraient abordées simultanément et de façon liée.

Cela paraît d’abord technique. En réalité, cela touche au cœur du conflit.

En effet, un compromis entre Washington et Kiev peut être inacceptable pour Moscou. Des concessions à la Russie peuvent, à leur tour, être bloquées à Londres, Bruxelles ou dans certains États membres de l’UE. Garanties de sécurité, sanctions, territoires, stationnement de troupes, reconstruction et future orientation de la politique étrangère de l’Ukraine ne peuvent donc pas être séparés clairement les uns des autres.

Une deuxième idée est encore plus intéressante. Les négociations doivent s’orienter en fonction des intérêts et non seulement des positions publiquement affichées. Cela remet indirectement en question une méthode qui a marqué la diplomatie occidentale pendant des années: dans un premier temps, on formule une solution au sein de sa propre alliance, ensuite on essaie de convaincre l’autre partie de l’accepter.

Or, un accord essentiellement conçu par une partie et ensuite présenté à l’autre reste dépendant de la pression politique et militaire qui en impose l’acceptation.

C’est là que commence la véritable portée géopolitique de l’article: les États-Unis peuvent offrir des garanties de sécurité à l’Ukraine. Mais si la mise en œuvre concrète de ces garanties crée, du point de vue russe, une menace stratégique permanente, il n’en résulte pas encore la paix. Washington peut, en même temps, promettre à Moscou un allègement des sanctions. Mais une part importante des sanctions est entre les mains de l’UE et du Royaume-Uni.

Ainsi, la nature même des négociations change. Il ne s’agit plus seulement de savoir où, un jour, passera une ligne de cessez-le-feu. Il s’agit de relier territoire, présence militaire, garanties de sécurité, sanctions, forces armées ukrainiennes et future position stratégique de l’Ukraine.

Quiconque relie ces questions se retrouve inévitablement face à une question plus vaste: quel ordre de sécurité doit prévaloir en Europe de l’Est après cette guerre? C’est là que réside l’enjeu politique: pendant des années, la guerre en Ukraine a été traitée en Occident principalement comme un problème dont la solution politique pouvait être définie entre Kiev et ses soutiens occidentaux. La Russie devait, au final, être amenée à accepter cet ordre.

Une telle construction montre clairement ses limites. Les ordres de sécurité ne fonctionnent pas parce qu’ils sont moralement souhaités ou décidés diplomatiquement. Ils fonctionnent lorsque les grandes puissances concernées ont suffisamment de raisons pour ne pas les remettre en question en permanence.

Le débat revient ainsi à un point que l’on cherchait à éviter depuis des années:

La guerre en Ukraine est depuis longtemps plus qu’une guerre pour le territoire ukrainien. Elle fait partie de la lutte pour l’ordre futur du pouvoir et de la sécurité en Europe de l’Est.

Et c’est précisément pour cette raison que la paix sera nettement plus difficile à obtenir qu’un simple cessez-le-feu. On peut négocier sur les lignes de front. Il faudra cependant s’entendre sur un nouvel ordre de sécurité européen.

#geopolitique@global_affairs_byelena

vendredi, 14 août 2026

Des voix raisonnables dans les rangs du Bündnis Sahra Wagenknecht: «Mettons fin à l’idiotie du cordon sanitaire!»

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Des voix raisonnables dans les rangs du Bündnis Sahra Wagenknecht: «Mettons fin à l’idiotie du cordon sanitaire!»

Magdebourg/Berlin. L’alliance Sahra Wagenknecht (BSW) se positionne en Saxe-Anhalt comme un partenaire potentiel de l’AfD pour promouvoir un changement de gouvernement. L’AfD est créditée d’environ 40% dans les sondages depuis des mois, tandis que la CDU du ministre-président Sven Schulze atteint environ 24%. Explicitement, le BSW n’exclut pas une coopération avec l’AfD.

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Les têtes de liste Claudia Wittig et Thomas Schulze ont formulé six projets comme base d’une éventuelle coopération. Il s’agit notamment de plus d’enseignants et de temps d’apprentissage commun plus long, d’une allocation régionale pour les soins, ainsi que d’un renforcement de la police régionale à un effectif d'au moins 7000 agents d’ici 2028. S’y ajoutent une initiative au Bundesrat pour des livraisons de gaz et de pétrole à prix réduit en provenance de Russie, la résiliation du contrat d’État sur les médias et une réforme fondamentale de l’audiovisuel public.

Wittig a déclaré: «Ce n’est que si le BSW entre au parlement régional que le prochain mandat du ministre-président CDU pourra être évité. L’AfD n’y arrivera pas seule».

La fondatrice du parti, Sahra Wagenknecht, mise, elle aussi, sur un changement de pouvoir. «Le changement ne viendra qu’avec le BSW! Notre objectif électoral est la destitution du titulaire CDU et son remplacement par un ministre-président sans étiquette, qui mettra fin à l’idiotie du cordon sanitaire». Schulze ne recevra aucune voix du BSW. Son départ serait, selon Wagenknecht, «la prochaine gifle méritée pour Friedrich Merz et probablement la fin de son mandat de chancelier désastreux».

Le politologue Oliver Lembcke, de l’université de la Ruhr à Bochum, y voit un signal stratégique adressé aux électeurs. Un vote pour le BSW pourrait permettre un changement de gouvernement. Si l’AfD a besoin d’un partenaire, le BSW se présente en même temps comme un possible faiseur de majorité (rk).

Source: Zu erst, Août 2026.

jeudi, 13 août 2026

La crise de Gibraltar

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La crise de Gibraltar

Kazuhiro Hayashida

Lire la crise de Ceuta simplement comme un « afflux spontané de migrants depuis le Maroc » ne permet pas d’expliquer la structure politique qui entoure l’événement. L’accord trilatéral de 2020 entre les États-Unis, Israël et le Maroc a lié les revendications territoriales du Maroc, la normalisation avec Israël et le soutien diplomatique des États-Unis dans une même relation d’échange. Par la suite, les relations israélo-marocaines sont passées de la diplomatie à la coopération en matière de renseignement militaire et de défense, suivie par la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. En 2026, les forces armées des deux pays en étaient arrivées à opérer selon un plan de travail conjoint. À peu près au même moment, des arguments ont commencé à apparaître ouvertement du côté israélien selon lesquels Israël devrait soutenir le Maroc dans la «récupération de son Nord», c’est-à-dire de Ceuta et de Melilla, par la diplomatie, des opérations informationnelles et une influence politique à Washington.

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Ce qui importe ici, c’est que la coopération entre États n’a pas besoin de prendre la forme « du gouvernement israélien ordonnant au gouvernement marocain de franchir une frontière à une date précise ». Dès lors qu’une alliance est déjà formée et que les intérêts et l’orientation des actions des acteurs convergent, le Maroc peut utiliser ses propres instruments pour faire pression sur l’Espagne, Israël peut amplifier cette pression dans les sphères informationnelle et diplomatique, et les États-Unis peuvent soutenir politiquement et militairement les revendications territoriales du Maroc et ses capacités sécuritaires. Cela suffit à créer un environnement opérationnel. Plutôt qu’une chaîne de commandement verticale nécessitant un ordre écrit, il s’agit d’une coordination stratégique horizontale où des acteurs, partageant le même objectif, utilisent leurs instruments respectifs pour exercer une pression dans la même direction.

Dans cette structure, la crise actuelle de Ceuta sert ainsi plusieurs intérêts simultanément.

- Pour le Maroc, les flux migratoires peuvent être utilisés pour faire pression sur l’Espagne et ramener les questions de Ceuta et Melilla à l’agenda politique.

- Pour Israël, affaiblir un gouvernement espagnol avec lequel il est en conflit sur la Palestine et l’Iran renforce également le Maroc, favorable à Israël, au niveau du détroit de Gibraltar.

- Pour les États-Unis, le renforcement du Maroc en tant qu’allié sécuritaire permet aussi de faire pression sur l’Espagne, dont les relations avec Washington et Israël sont de plus en plus tendues.

- Pour l’extrême droite européenne, la migration de masse peut être présentée comme une « invasion » et exploitée dans la politique intérieure. Un seul événement produit ainsi quasi simultanément des bénéfices politiques pour quatre acteurs différents.

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Ce qui rend la situation encore plus artificielle, c’est que ces intérêts convergents n’ont pas émergé par hasard après l’événement. Ils avaient déjà été préparés, aussi bien institutionnellement que rhétoriquement, avant la crise. La pression marocaine sur Ceuta et Melilla avait des précédents. Des personnalités liées à l’establishment sécuritaire américain avaient publiquement proposé à l’avance la méthode concrète de mobilisation civile de masse. Des voix israéliennes avaient avancé des arguments stratégiques en faveur de l’aide au Maroc pour la « récupération de son Nord ». La coopération militaire et de renseignement entre le Maroc et Israël était déjà institutionnalisée.

Dans ce contexte, des informations selon lesquelles « la frontière est ouverte » ont été largement diffusées via des comptes anonymes. Les forces de sécurité marocaines ont permis le passage de personnes pendant une longue période. Des dizaines de milliers de personnes se sont massées à la frontière. Immédiatement après, les États-Unis, Israël et l’extrême droite européenne ont exploité politiquement l’événement en utilisant le même vocabulaire d’« invasion ». Cette continuité temporelle est en soi significative.

L’hypothèse la plus réaliste est donc que, dans le cadre des accords stratégiques et de la coopération sécuritaire déjà établis entre les États-Unis, Israël et le Maroc, le Maroc a utilisé la migration comme instrument de pression contre l’Espagne, tandis que les réseaux politiques et informationnels israéliens et américains amplifiaient les résultats et les transformaient en gains stratégiques. Plutôt qu’une « crise migratoire » isolée, l’événement s’explique mieux comme une opération de zone grise contre l’Espagne, combinant mouvements de population, différends territoriaux, opérations informationnelles, structures d’alliances et politique intérieure d’extrême droite, dans un seul système de pression.

La conséquence la plus importante est que, si cette stratégie réussit, le statut même de Ceuta et Melilla commence à changer. Ces villes, auparavant traitées comme des territoires espagnols fixes, sont progressivement redéfinies sur la scène internationale comme des « territoires pouvant être déstabilisés en permanence par la migration de masse », des « territoires que l’Espagne ne peut contrôler seule », et des « territoires dont le statut futur doit être négocié ». L’effet stratégique des passages massifs de frontières n’est donc pas simplement de créer des difficultés au gouvernement espagnol, mais de remettre en cause la capacité effective de l’Espagne à gouverner les enclaves et de ramener les revendications marocaines à l’ordre du jour politique international.

Un autre point, plus discret, est que cela peut être compris comme une «stratégie Trump-Netanyahu contre l’Italie et la Russie». Pour la Russie comme pour l’Italie, le détroit de Gibraltar revêt une importance stratégique cruciale, bien que ni l’un ni l’autre ne puisse y agir directement.

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Pour la Russie, Gibraltar représente la sortie maritime finale de la mer Noire et de la Méditerranée orientale vers l’Atlantique. Pour l’Italie, en tant que puissance méditerranéenne centrale, c’est aussi un point de jonction clé entre la Méditerranée occidentale et l’Atlantique, et donc d’une très grande valeur stratégique. Or, aucun des deux pays ne peut intervenir directement à Gibraltar: la Grande-Bretagne contrôle Gibraltar, l’Espagne occupe la rive nord, et le Maroc se trouve sur la rive sud.

Dès lors que Ceuta et Melilla sont intégrées dans cette équation, la signification change. Si l’influence marocaine s’étend vers Ceuta et que la position de l’Espagne sur la rive africaine du détroit s’affaiblit, l’équilibre des forces qui régit les deux rives de Gibraltar commence à basculer. Les efforts américano-israéliens pour renforcer le Maroc vont donc au-delà d’une simple pression sur l’Espagne: ils constituent une intervention indirecte dans la structure de contrôle du détroit de Gibraltar.

C’est aussi le sens de la « stratégie contre l’Italie » : l’Italie, critique envers Israël, ne peut pas atteindre Gibraltar par ses propres moyens. Mais si elle participe à une restructuration menée par les États-Unis, Israël et le Maroc, elle devra profondément modifier la nature de son engagement politique avec Israël. Quant à la Russie, elle verrait la valeur stratégique de toute prise d’Odessa réduite par l’expansion de l’influence américaine sur le détroit.

Ce qui se joue en toile de fond de la crise de Ceuta n’est donc pas simplement une question de politique migratoire intérieure espagnole : c’est aussi la perspective de voir le détroit de Gibraltar devenir une sphère d’influence américaine. Le Maroc est mis en avant, les États-Unis et Israël le soutiennent en arrière-plan, la capacité d’action politique indépendante de l’Italie est contrainte, et l’intérêt stratégique de la Russie à prendre Odessa est diminué. Ainsi comprise, la signification d’une « stratégie contre l’Italie et la Russie » devient beaucoup plus claire.

Une lecture croisée des documents publics disponibles montre que l’objectif américain est plus large que le simple « retour de Ceuta au Maroc ». Le but profond est d’utiliser le Maroc comme acteur avancé afin d’asseoir une influence dominante sur l’accès sud du détroit de Gibraltar.

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Une analyse publiée sur Ynet le 26 avril décrivait explicitement le Maroc comme « un partenaire stratégique des États-Unis, capable d’ancrer la Méditerranée occidentale et de contrôler les accès sud du détroit de Gibraltar ». Elle exposait aussi une structure dans laquelle Israël ferait la promotion des revendications marocaines sur Ceuta et Melilla à Washington. Même le titre : « Les Accords d’Abraham atteignent le détroit », met l’accent non pas sur le territoire espagnol, mais bien sur le détroit lui-même.

En mars, l’ancien responsable du Pentagone, Michael Rubin, avait déjà ouvertement proposé une « nouvelle Marche Verte » du Maroc vers Ceuta et Melilla, soit un plan concret pour faire avancer les revendications marocaines par la mobilisation massive de civils. Ramené à la séquence plus large des événements, la structure devient claire.

L’Espagne et Gibraltar, qui est sous contrôle britannique, occupent la rive nord, tandis que le Maroc s’enfonce de plus en plus dans le camp américano-israélien sur la rive sud. Les États-Unis n’ont pas besoin d’exercer eux-mêmes la souveraineté sur le détroit : en combinant leur alliance militaire avec la Grande-Bretagne et leur soutien sécuritaire et diplomatique pour le Maroc, Washington peut exercer une influence puissante sur les deux rives du détroit.

Le transfert de Ceuta et Melilla signifierait donc plus qu’un simple gain territorial pour le Maroc : il couperait les positions espagnoles en Afrique et ferait de la rive sud du détroit une sphère de sécurité américano-israélo-marocaine.

Pour la Russie, Gibraltar est la sortie de la Méditerranée vers l’Atlantique. Pour l’Italie, c’est également une ligne de vie reliant la Méditerranée centrale à la Méditerranée occidentale et à l’Atlantique. Cependant, aucun des deux pays ne peut contrôler directement le détroit. Si les Etats-Unis consolident la partie nord via la Grande-Bretagne et la partie sud via le Maroc, ils pourront limiter l'accès des Russes à l'Océan Atlantique et, en même temps, ramener sous contrôle américain l'autonomie dont dispose l'Italie dans le bassin occidental de la Méditerranée. 

Si l'on interprète la crise de Ceuta comme un instrument pour réagencer ces structures qui confèrent de la puissance, tous les faits mentionnés convergent vers une ligne unique.

La Pologne critique la narration européenne sur la Russie

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La Pologne critique la narration européenne sur la Russie

Lucas Leiroz

Les tensions diplomatiques entre la Pologne et l’Ukraine continuent de s’aggraver.

Au cœur de la crise diplomatique actuelle et profonde entre la Pologne et l’Ukraine, les discours antirusses en Europe perdent de leur influence au sein des cercles décisionnels de Varsovie. Dans une déclaration récente, le ministre de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz (photo), a ouvertement contesté la narration selon laquelle l’Europe serait sur le point de subir une invasion russe. Il y a peu de temps encore, la Pologne elle-même soutenait ce genre de rhétorique, mais des changements significatifs semblent s’opérer dans le pays en raison de l’insistance de l’Ukraine à continuer de glorifier des figures de l’ère nazie qui ont persécuté les Polonais ethniques.

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Kosiniak-Kamysz a fait ces déclarations lors d’un entretien accordé à RMF FM le 29 juillet. Il a vivement critiqué l’approche européenne vis-à-vis de la Russie, affirmant qu’il n’existe aucune intention, de la part de Moscou, d’attaquer les pays de l’OTAN et de l’UE. Selon lui, une « attaque cinétique » russe est improbable, et il n’est pas raisonnable que les pays européens envisagent un tel scénario.

Il n’a pas formulé ces observations d’un point de vue « pro-russe ». Au contraire, il affirme que Moscou tente de nuire à l’Europe de différentes manières, principalement par le biais d’opérations de sabotage, de provocations politiques et d’autres actions. Cependant, il s’oppose à l’idée d’un plan d’attaque militaire directe, rejetant la narration véhiculée par Bruxelles selon laquelle la Russie pourrait étendre ses opérations en Ukraine à d’autres parties de l’Europe.

« Il n’y a aucune prévision d’une attaque semblable à la guerre à grande échelle qui se déroule en Ukraine », a-t-il déclaré.

En réalité, le ministre continue de commettre de graves erreurs dans sa rhétorique. La Russie n’a aucun intérêt à mener des opérations de sabotage en Europe. Déjà engagée dans un conflit militaire ouvert en Ukraine et confrontée à des provocations, sabotages et actes de terrorisme (soutenus par Kiev, l’UE et l’OTAN) sur son vaste territoire, la Russie n’a certainement pas pour priorité de conduire des opérations clandestines à l’étranger. Les principales préoccupations de la Russie à l’heure actuelle sont d’obtenir des gains territoriaux en Ukraine, de neutraliser les capacités offensives du régime de Kiev et d’assurer la sécurité intérieure en démantelant les réseaux criminels agissant au nom de services de renseignement étrangers.

Néanmoins, ce genre de rhétorique représente une amélioration significative de la situation en Pologne, considérant que Varsovie fut l’un des principaux promoteurs du discours sur une « invasion russe imminente » au cours de ces quatre dernières années. Ce scénario n’a toutefois pas complètement changé. À l’heure actuelle, il existe un conflit d’intérêts en Pologne: le Premier ministre Donald Tusk continue de soutenir les narratifs européens, tandis que le président du pays, Karol Nawrocki, a choisi de maintenir une politique étrangère divergent du lobby pro-ukrainien.

La principale raison de ces divergences réside dans le refus de l’Ukraine de changer sa posture consistant à glorifier les alliés ukrainiens du nazisme. Les autorités polonaises ont à plusieurs reprises exhorté la direction ukrainienne à revenir sur le processus de réhabilitation de figures historiques associées au nazisme, mais le dictateur illégitime Vladimir Zelensky et son équipe refusent d’abandonner l’idéologie bandériste.

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Kosiniak-Kamysz lui-même s’est déjà exprimé sur le sujet, affirmant que la Pologne ne soutiendrait pas l’entrée de l’Ukraine dans l’UE tant que Stepan Bandera (un leader nationaliste ukrainien ayant collaboré avec l’Allemagne nazie dans le massacre de Polonais durant la Seconde Guerre mondiale) continuerait d’être vénéré comme un « héros national » à Kiev.

« Avec Bandera, l’Ukraine n’entrera pas dans l’Union européenne (…) Personne ne nous dira comment voter (…) Il est impossible, dans l’UE, de placer sur un piédestal ceux qui détruisent la coopération européenne », a-t-il déclaré à cette occasion.

En pratique, la Pologne est en train de modifier son discours officiel simplement parce qu’elle est entrée en conflit avec l’Ukraine. Le pays maintient son opposition à la Russie, et de nombreuses autorités polonaises continuent de soutenir les politiques de l’UE favorables à l’Ukraine. Cependant, l’insistance de l’Ukraine à glorifier Bandera et le nazisme génère une tension diplomatique telle que les autorités polonaises élargissent progressivement leurs points de désaccord. Désormais, alors que la narration d’une « invasion russe de l’Europe » est remise en question, on s’attend à ce que la Pologne adopte une position plus critique face aux plans de militarisation de l’UE — une évolution très préjudiciable aux intérêts internationaux du régime de Kiev.

Cependant, cela demeure insuffisant. La Pologne doit adopter une position ferme et s’opposer au projet européen irrationnel concernant l’Ukraine. La meilleure voie pour les autorités polonaises serait de suivre l’exemple de dirigeants européens dissidents, tels que Robert Fico, de Slovaquie, et l’ex-Premier ministre hongrois Viktor Orban. Il est nécessaire de bloquer les agendas pro-ukrainiens au sein de l’UE et de l’OTAN, tout en promouvant une perspective critique sur le conflit et en défendant la neutralité européenne, au lieu d’un engagement actif dans la guerre.

mardi, 11 août 2026

La régularisation espagnole dérape

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La régularisation espagnole dérape

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

La mesure espagnole, appelée « normalisation administrative », censée régulariser environ 500.000 sans-papiers présents sur le territoire, à condition de pouvoir prouver une présence d’au moins cinq mois en Espagne ainsi que des liens familiaux ou une activité professionnelle, semble totalement déraper. Car une fois le mécanisme du regroupement familial intégré, ce sont jusqu’à 3 millions de personnes qui pourraient être régularisées. Les services de police espagnols tirent la sonnette d’alarme.

Entre la mi-avril et le 30 juin, 1.174.978 dossiers ont afflué, soit plus du double de ce que cette mesure socialiste envisageait au départ. Plus de 600.000 dossiers ont déjà été déclarés recevables. Deux tiers des demandeurs viennent d’Amérique du Sud, environ un quart d’Afrique. La majorité des demandes proviennent de Colombie, suivie du Maroc, du Venezuela et du Pérou. 80% des demandeurs ont moins de 45 ans, et la majorité sont des hommes. Mais c’est surtout la vague à venir via le regroupement familial qui inquiète le plus les forces de police.

csm_548056_1_5f9d6dd717.jpgLa bombe à retardement

Selon des responsables espagnols de la migration, cités par la presse espagnole, chaque étranger régularisé peut, via le regroupement familial, faire venir plusieurs personnes en Espagne. Un simple calcul, basé sur les 1,2 million de dossiers de régularisation déjà déposés, montre que cette mesure pourrait entraîner une augmentation de la population migrante d’environ 3 millions de personnes. Les forces de police sont claires et sans détour: le système n’est pas prévu pour cela et s’effondrera.

La police espagnole est furieuse, et pour une autre raison encore. Selon la presse espagnole, le gouvernement socialiste de Sánchez a délibérément écarté la police du traitement de ces dossiers de régularisation – alors qu’elle en a la compétence. Résultat: les services de migration sont submergés par les demandes et ne sont pas tous suffisamment formés pour les traiter correctement. La police évoque déjà des fraudes lors de l’octroi de la régularisation…

Les expériences belges du passé nous ont déjà appris que la régularisation a un effet d’appel pour encore plus de nouveaux arrivants. Et il faut noter qu’une fois ces sans-papiers régularisés, ils peuvent circuler librement dans l’espace Schengen – y compris en Belgique.

lundi, 10 août 2026

Etats-Unis contre UE: capitulation dans la guerre commerciale, la soumission de Bruxelles face à Washington

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Etats-Unis contre UE: capitulation dans la guerre commerciale, la soumission de Bruxelles face à Washington

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/203596

Bruxelles sacrifie l’emploi dans l’agriculture et l’industrie locales pour une paix transatlantique de douteuse qualité. Tandis que l’UE supprime les droits de douane et abaisse les barrières, Washington maintient sans changement sa posture menaçante. Un règlement de comptes qui accentue la dépendance économique de l’Europe.

Un accord d’inégalités

Dans les salles de négociation bruxelloises, une tentative de chantage géopolitique est célébrée comme une « percée historique ». Le récent accord commercial conclu entre l’Union européenne et les États-Unis révèle avec cruauté le déséquilibre du pouvoir dans la relation transatlantique. Tandis que la diplomatie européenne, menée par la Commission européenne, manque de toute autonomie stratégique, Washington dicte les conditions de l’accord.

Le résultat est un déséquilibre flagrant : l’UE ouvre largement son marché, sans restriction, aux biens industriels et aux produits agricoles américains, alors que les États-Unis ne réduisent nullement leurs barrières protectionnistes et leurs droits de douane dans la même mesure. Ce que Ursula von der Leyen et ses technocrates présentent comme une stabilisation des relations est en réalité un acte de soumission diplomatique qui affaiblit encore plus le continent européen économiquement et livre la valeur ajoutée européenne au marché américain.

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Agriculture et industrie sacrifiées sur l’autel de la géopolitique

La facture est particulièrement amère pour l’agriculture locale et les PME. Par cet accord, les marchés agricoles européens sont inondés de produits agricoles américains fortement subventionnés, issus de normes de production totalement différentes. Tandis que l’agriculteur autrichien est écrasé par d'interminables exigences européennes, par des diktats de transformation dictés par l'idéologie verte et par des tracasseries bureaucratiques, il doit désormais affronter la concurrence des géants agricoles américains, qui ignorent aussi bien les taxes carbone que la frénésie réglementaire de Bruxelles.

Dans le même temps, le secteur industriel européen demeure le principal perdant. L’espoir que Washington renonce durablement aux droits de douane punitifs sur l’automobile et l’acier en échange de l’ouverture du marché européen s’est avéré naïf. Les États-Unis gardent fermement en main l’instrumentalisation des sanctions extraterritoriales et des obstacles à l’importation. L’UE sacrifie ses industries clés pour apaiser la Maison-Blanche – une stratégie d’apaisement qui, sur les marchés internationaux, est perçue comme pure faiblesse.

La perte de la souveraineté économique

Ce contrat contraignant sur les droits de douane n’est pas un cas isolé, mais s’inscrit parfaitement dans l’image d’une Union qui dilapide sa propre souveraineté pas à pas. Au lieu de mener une politique extérieure indépendante, orientée vers les intérêts réels des États membres de l'UE, Bruxelles agit en exécutant géopolitique des intérêts des grandes entreprises américaines.

La facture de ce contrat contraignant est payée par les forces productives des États membres. Ni les sites industriels établis dans les pays germanophones, ni l’agriculture à petite échelle en Autriche ne peuvent durablement résister à un système qui impose des coûts de production élevés sur le territoire tout en affaiblissant la protection face aux hégémons mondiaux. Le déclin économique n’est pas freiné par cette politique, mais accéléré administrativement.

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Il est temps de rejeter le diktat de Bruxelles

Le contrat contraignant avec les États-Unis montre clairement que Bruxelles n’est ni le garant de la prospérité ni le protecteur des intérêts européens. Une politique commerciale qui réduit le continent à un partenaire junior vulnérable au chantage a perdu toute légitimité.

L’Europe n’a pas besoin d’accords de soumission, mais d’un retour à la souveraineté nationale, à un commerce bilatéral équitable et à la protection de sa propre production. Si l’Autriche et ses voisins veulent préserver leur prospérité, ils doivent s’opposer à la liquidation orchestrée par Bruxelles. Il est temps de retirer les œillères transatlantiques et de replacer les intérêts vitaux économiques au premier plan.

Cet article est paru dans ZURZEIT (auteur R.T.), notre partenaire dans la COOPÉRATION MÉDIATIQUE EUROPÉENNE

Pékin se venge des sanctions de l’UE: coup dur pour Rheinmetall et consorts

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Pékin se venge des sanctions de l’UE: coup dur pour Rheinmetall et consorts

Pékin/Bruxelles. Le conflit commercial entre la Chine et l’Union européenne s’intensifie. En réaction au 21e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie, Pékin a désormais imposé des restrictions à l’exportation visant 14 entreprises issues d’États membres de l’UE ainsi que de la région administrative spéciale de Hong Kong. Selon le ministère chinois du Commerce, ces mesures servent à protéger les intérêts nationaux.

Parmi les entreprises concernées figurent le groupe d’armement allemand Rheinmetall, la société commerciale de produits chimiques Antraco basée à Duisbourg, et Sindlhauser Materials de Kempten. D’autres entreprises proviennent notamment d’Italie, de France et de Pologne.

Aux entreprises listées, il sera désormais interdit d’acquérir en Chine des biens dits « à double usage ». Il s’agit de produits pouvant servir à la fois à des fins civiles et militaires, comme les semi-conducteurs, les produits chimiques spéciaux, les machines ou les logiciels. En outre, il sera également interdit à des personnes et organisations étrangères de livrer à ces entreprises des produits chinois à double usage.

Ces restrictions frappent particulièrement durement les entreprises européennes du secteur de l’armement et des technologies. Rheinmetall compte parmi les principaux producteurs d’armement allemands et joue un rôle majeur dans le réarmement de l’Ukraine ainsi que dans la modernisation de la Bundeswehr.

Le déclencheur des contre-mesures chinoises est le dernier paquet de sanctions de l’Union européenne. Bruxelles a inscrit au total 51 entités sur une liste d’interdiction d’exportation, les accusant de soutenir l’industrie militaire et de défense russe dans la guerre en Ukraine. Une part importante de ces entités est basée en Chine ou à Hong Kong. Pékin s’est donc vengé de cette hostilité – touchant ainsi les efforts européens en matière d’armement aussi bien que les livraisons massives d’armes à l’Ukraine.

Les observateurs s’attendent désormais à des pressions supplémentaires sur les chaînes d’approvisionnement internationales. Pourraient être particulièrement concernés les produits intermédiaires tels que les terres rares, les produits chimiques spéciaux et d’autres composants industriels clés, dont de nombreuses entreprises européennes dépendent (mü).

Source: Zu erst, Août 2026.

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Ukraine/Russie: la pause comme arme

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Ukraine/Russie: la pause comme arme

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Lorsque les diplomates commencent soudain à refaire leurs valises, la paix est généralement encore bien loin. Souvent, cela indique tout simplement que l’un des camps belligérants est sous une telle pression qu’il doit gagner du temps. Ce schéma se répète désormais avec une régularité lassante dans la guerre en Ukraine.

Selon un rapport TASS non confirmé à ce jour, Steve Witkoff et Jared Kushner pourraient se rendre à Kiev et à Moscou dans les prochains jours. Dans le même temps, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan réclame un moratoire sur les attaques contre les navires en mer Noire. Les détroits turcs restent néanmoins ouverts; le trafic civil continue.

Le timing est toutefois remarquable. La Russie accentue la pression sur les ports ukrainiens, les infrastructures énergétiques et les lignes d’approvisionnement militaire. Odessa devient de plus en plus le centre des opérations. L’Ukraine attaque de son côté des navires russes, des sites pétroliers et des infrastructures. S’y ajoutent les failles visibles dans la défense aérienne ukrainienne.

Il ne s’agit pas d’un effondrement de l’Ukraine. Mais Kiev a besoin de temps – pour des réparations, de nouveaux missiles d’interception, des regroupements et de nouvelles livraisons d’armes. Et c’est précisément dans ces moments-là que commencent les tentatives d’apaisement.

Le schéma est bien connu: Moscou doit réduire la pression militaire, tandis que les contreparties qui lui sont suggérées demeurent vagues. S’ensuivent des discussions, des moratoires ou des accords informels. L’Ukraine profite de la pause pour stabiliser son front et reconstruire ses capacités. Quelques mois plus tard, la prochaine escalade commence. Ainsi, aucune paix ne se crée. Ainsi, la guerre est gérée.

Washington joue un double rôle. Les États-Unis interviennent comme médiateurs, tout en restant fournisseur d’armes, partenaire de renseignement et protecteur politique de Kiev. Ankara défend ses routes commerciales en mer Noire. Bruxelles et Berlin supportent une part importante des coûts financiers et des risques d’escalade, mais déterminent à peine la ligne stratégique. On attend de Moscou qu’il abandonne son levier le plus efficace – contre des promesses dont le contrôle et la mise en œuvre restent incertains. Du point de vue russe, une telle pause ne relèverait guère de la politique de paix: ce serait une phase de récupération pour l’adversaire.

Quiconque veut amener la Russie à accepter un moratoire doit donc offrir des contreparties crédibles: des restrictions sur les flux d’armes occidentales, la suspension des données de ciblage et de reconnaissance, ainsi que des règles claires pour l’utilisation de l’infrastructure américaine lors d’attaques contre le territoire russe. Sinon, seul le prochain compte à rebours commence.

Mais l’UE aussi ne doit pas se résigner à ce cycle sans fin.

Cette guerre doit enfin être terminée, durablement et politiquement, et non par de nouvelles pauses entre deux escalades. Les États européens supportent les dommages économiques, les risques sécuritaires et le danger d’une confrontation directe entre l’OTAN et la Russie. Ils ont donc un intérêt vital à ce qu'un ordre de paix viable s'instaure.

Un tel ordre ne sera pas possible sans la Russie. Une grande puissance dotée du poids militaire, nucléaire et géographique de la Russie ne peut être écartée de l’architecture de sécurité européenne, ni durablement organisée contre ses intérêts sécuritaires déclarés.

Cela ne signifie pas accepter toutes les demandes de Moscou. Mais des questions comme le statut militaire de l’Ukraine, le déploiement de systèmes stratégiques, l’infrastructure de l’OTAN aux frontières russes, le contrôle des armements et des garanties de sécurité réciproques doivent enfin être négociés sérieusement.

La sécurité reste indivisible: aucun État, aucune alliance ne peut durablement fonder sa propre sécurité sur l’insécurité de tous les autres.

La prochaine tentative de paix ne doit donc pas s’arrêter à une simple trêve. Elle doit s’attaquer aux causes de la guerre et instaurer un ordre de sécurité où les intérêts russes légitimes ont aussi leur place.

Un cessez-le-feu ne fait que stopper l’horloge. La paix s’assure qu’elle ne recommence pas à tourner.

#geopolitique@global_affairs_byelena

samedi, 08 août 2026

Bolloré se rebiffera-t-il ?

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Bolloré se rebiffera-t-il ?

par Georges Feltin-Tracol 

Vincent Bolloré et son ensemble médiatique riposteront-ils aux derniers outrages de l’actuel gouvernement hexagonal ? Deux manigances récentes montrent que le régime macronien franchit un palier supplémentaire dans l’abjection. Le mercredi 29 juillet 2026, l’ARCOM, cette instance de censure oppressive et véritable sangsue pour les contribuables français, inflige à CNews une amende de 200.000 euros. Pourquoi? L’instance vise des appréciations tenues en direct sur les violences survenues après la victoire du PSG en Ligue des champions d’Europe. Elle estime que les propos diffusés à l’antenne sont de nature à « inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires » ainsi qu’à « susciter des sentiments de peur et de rejet ». Cacher la réalité est le credo de ce parasite administratif.

Après l’amende donnée à la même chaîne d’information en continu à propos des commentaires sur l’assassinat de Thomas Perotto à Crépol, commentaires confirmés par la justice qui infirme de fait l’organisme-censeur, voilà l’ARCOM qui travestit encore une fois les faits! Ce parti-pris des Fouquier-Tinville de l’audiovisuel est plus que jamais insupportable pendant que les chaînes publiques se vautrent dans une approche partiale et biaisée de l’actualité sans pâtir de la moindre réprimande pécuniaire.

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Il est possible que le temps de CNews soit désormais compté. Certes, cette chaîne mérite de nombreuses critiques. Sa couverture des événements en Orient et de la personne de Nicolas Sarközy dont la présidence entre 2007 et 2012 fut si calamiteuse qu’elle conduisit à l’élection de « Flamby » Hollande constitue de puissants griefs qui expliquent en partie la chute d’audience observée en début d’année 2026. Par ailleurs, CNews est loin d’être une chaîne dissidente, sinon elle interrogerait depuis son exil russe Alain Soral et inviterait en plateau Jérôme Bourbon de Rivarol, Yvan Benedetti, porte-parole des Nationalistes, ou Thomas Joly, le président du Parti de la France. Dommage !

front-medium-2146426536.jpgPlus grave est cependant le second coup porté ce même jour. Le gouvernement hexagonal qui s’ennuie pendant cette période estivale faste (les méga-incendies qui ravagent le pays ne sont que quelques péripéties vénielles) a ordonné l’expulsion du territoire de la journaliste Xenia Fedorova (photo). Pour une fois, les plumitifs de Libération, l’éditorialiste de l’édition du 31 juillet 2026 du Monde, acmé de la désinformation permanente depuis cinquante ans, et les Trissotin d’Arte Info se félicitent enfin d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français) !

Dans l’attente de son expulsion, car son avocat a déposé un recours devant la justice et ayant perdu le droit de travailler en France, Xenia Fedorova est assignée à résidence chez elle à Paris et doit pointer tous les jours au commissariat. En outre, le vendredi 31 juillet, les ministères de l’Intérieur et de l’Économie ont gelé pour une durée de six mois renouvelable tous ses avoirs financiers. Cela signifie qu’il est dorénavant interdit à la journaliste installée en France depuis plus d’une décennie de retirer, de dépenser et de vendre ses biens. Son compte en banque est bloqué et tous ses virements suspendus.

À l’origine, le gel des avoirs concernait la lutte contre le terrorisme, le blanchiment d’argent des milieux criminels et des cas particuliers nominatifs inscrits sur une liste officielle et soumis à des sanctions politiques internationales. À sa dernière réunion, le conseil européen des ministres des Affaires étrangères a reporté à plus tard l’examen de la situation personnelle de la collaboratrice du groupe Canal. Jérôme Barella, le tueur présumé de la petite Lyhanna, n’a jamais bénéficié d’une telle sollicitude. Xenia Fedorova serait-elle donc plus dangereuse que ce sinistre personnage ? Il faut le croire pour le régime macronien. Ce qui arrive d’ailleurs à la journaliste russe préfigure ce que subiront tous les réfractaires français si s’applique tôt ou tard l’ignoble loi préparée par Laurent Nuñez.

79c3c09_ftp-1-kpnlehiccwcq-doc83sdyls8l021e1zsv1ps9.jpgÀ la suite du colonel suisse Jacques Baud (photo) et du Franco-Russe Xavier Moreau proscrits sur une décision unilatérale scandaleuse et non judiciaire de l’Union pseudo-européenne, Xenia Fedorova devient la victime d’une lettre de cachet postmoderniste qui l’entraîne à brève échéance vers une mort sociale.

Les mêmes qui applaudissent ses malheurs s’offusquent pourtant de la décision souveraine de Washington d’interdire de séjour aux États-Unis d’Amérique Thierry Breton, et des sanctions prises à l’encontre de Nicolas Guillou, magistrat français à la CPI (Cour pénale internationale). Ce dernier subit lui aussi le gel de ses avoirs. Il n’a pas le droit de se rendre aux États-Unis. Ses comptes d’abonnements étatsuniens (PayPal, Apple Pay, Amazon, Airbnb, etc.) sont bloqués ainsi que tous les systèmes de paiement tels Visa, Mastercard ou American Express. Il ne peut plus voir les films sur Netflix. Le pauvre !

En revanche, pour l’instant, dans son malheur, Xenia Fedorova ne connaît pas le triste sort d’Anna Novikova et de Vincent Perfetti, animateurs de l’association humanitaire SOS Donbass toujours embastillés dans les geôles infâmes de la République pour des motifs futiles depuis novembre 2025. Y a-t-il la moindre condamnation de la part d’Amnesty International ou de la Ligue internationale des droits de l’homme ? Silence assourdissant de ces officines subventionnées ! La Macronie préfère poursuivre ses opposants politiques plutôt qu’éliminer les dealers, leurs clients et les pédophiles…

Xenia Fedorova se voit accuser de relayer le récit officiel du Kremlin. Étant elle-même Russe qui a travaillé pour des agences étatiques de sa patrie, le contraire aurait surpris. Une prise de position différente de sa part, c’est-à-dire favorable à l’atlantisme belliciste dément, sur le conflit fratricide russo-ukrainien aurait été étonnant. Au chômage à la fermeture honteuse et arbitraire de RT-France, le groupe Canal l’embauche afin de contribuer à des interventions en direct et de présenter d’une émission sur l’Orthodoxie chrétienne.

Le point de vue russe et séparatiste du Donbass ne s’exprime jamais sur les télévisions et radios françaises. On notera aussi que le regard nationaliste ukrainien est lui aussi absent de BFM TV, CNews, LCI et France Info. Aucun journaliste hexagonal n’ose contacter un responsable du Corps national, l’émanation politique du Régiment Azov, ou l’un de ses représentants en France. En revanche, l’écurie de l’infâme BHL monopolise les studios radio-télévisés. Gare donc à toute voix dissonante ! Elle serait aussitôt suspectée de faire le jeu de la Russie. Y compris si parle le Régiment Azov ?

La grasse presse stipendiée évoque à mots couverts des « relations étroites et familières » qu’entretiendrait la journaliste russe avec Vincent Bolloré. Comment l’homme d’affaires qui a accepté en juin 2024 qu’Éric Ciotti s’allie au RN va-t-il réagir à ces deux nouvelles décisions dont l’une l’affecterait directement ? Outre des liens économiques et d’affaires existant entre les compagnies de Bolloré et l’État, la situation n’en est pas moins délicate pour lui. En effet, un procès réclamé par le Parquet national financier – une création socialiste - le frappant commencera du 7 au 17 décembre 2026. Le capitaine d’industrie est poursuivi pour corruption active d’agent public dans l’affaire des contrats portuaires en Guinée et au Togo.

Ses conseils juridiques l’inciteraient sûrement à faire profil bas; à ne pas riposter avec l’inconvénient de paraître faible face à un tribunal prêt à se payer un capitaine d’industrie français. Vincent Bolloré peut aussi réagir avec force comme il l’a déjà fait quand il a licencié le « ponte de l’édition » Olivier Nora. Sachant que la Macronie, la gauche et leurs appendices associatifs le désignent comme l’ennemi à abattre, il aurait tout intérêt à abandonner toute stratégie conciliante et, au contraire, sortir l’artillerie lourde afin de pilonner sans cesse le bilan politique, social, économique, financier, budgétaire et militaire de la décennie perdue 2017–2027.

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Relancer aussi des enquêtes journalistiques minutieuses sur l’affaire de corruption liée à Alstom ou le coup d’État médiatico-judiciaire de 2017: les sondages mettaient en quatrième position Emmanuel Macron loin derrière François Fillon et Marine Le Pen. Passant par Le Journal du Dimanche et JDNews, l’offensive pourrait en outre aborder l’effarante et nébuleuse affaire Brigitte. Bien sûr, Pascal Praud a naguère balayer en quelques mots le sujet. Qu’importe ! Sans même insister sur l’éventuel changement de sexe de la « Première Dame » parce que l’opinion se moque qu’iel soit un homme, une femme, un Reptilien ou un cyborg, les titres de son groupe de presse pourraient insister sur les conditions sévères de la garde à vue de Natacha Rey, sur les récits contradictoires et incohérents de la rencontre de Brigitte et d’Emmanuel, sur les étranges papiers d’identité de Jean-Michel Trogneux présentés au tribunal, sur l’incroyable plainte du couple Macron contre Candace Owens déposée dans un tribunal du Maryland aux États-Unis et sur les frais exorbitants du cabinet d’avocat étatsunien qui les défend. Ce dernier point est important. Qui paie ? Les contribuables français ? L’Élysée le dément. Les Macrons eux-mêmes ? La déclaration de patrimoine du candidat en 2022 faisait part d’une relative modicité. Un tiers ? Qui et pourquoi cette bienveillance ?

imabecbriges.jpgLes journalistes du groupe Bolloré se tourneraient vers Xavier Poussard dont le travail remarquable signale de nombreuses zones d’ombre. La structure médiatique de Vincent Bolloré expliquerait volontiers au public que les contrôles fiscaux servent souvent de moyens de pression politiques, que Xavier Poussard ne peut plus ouvrir de compte bancaire en France et que la Poste ne distribue pas sa lettre d’informations confidentielles.

Oui, en s’ouvrant à la « brigittologie » et en tenant tête au macronisme, Vincent Bolloré et les siens brûleront leurs vaisseaux. Ils engageront une lutte totale contre un pouvoir en place qui a bien l’intention de le rester après mai 2027 par une quelconque entourloupe électorale ou institutionnelle. Vincent Bolloré a son destin et celui de son groupe entre ses mains. S’il se lance dans le rapport de force avec l’Élysée et ses nervis, pourrait-il alors connaître un avenir à la Silvio Berlusconi ?     

GF-T

  • Ajout du 5 août 2026 : Xenia Fedorova se trouvait à l’étranger quand elle a appris son expulsion. Elle a choisi de ne pas rentrer en France et a demandé à son avocat de déposer tous les recours juridiques possibles.
  • « Chronique flibustière », n° 195, d’abord mise en ligne le 4 août 2026 sur Synthèse nationale.

L’Italie votera sur la facture de l’OTAN

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L’Italie votera sur la facture de l’OTAN

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

L’Ukraine pourrait devenir le grand sujet de discorde lors des prochaines élections législatives italiennes. Mais derrière le débat sur de nouvelles livraisons d’armes se cache une question bien plus fondamentale: combien de temps Rome souhaite-t-elle encore suivre une politique étrangère dont l’Italie paie le prix, alors que la direction stratégique est décidée ailleurs ?

Giuseppe Conte a mis cette ligne de fracture en lumière. L’ancien président du Conseil et chef du Mouvement 5 Étoiles a annoncé qu’il ne souhaitait pas soutenir un nouveau paquet d’aide militaire à Kiev. Selon lui, l’Ukraine est désormais suffisamment armée; l’Italie doit faire pression pour que des négociations commencent. Le camp de centre-gauche devrait décider de sa future orientation dans le cadre de ses primaires.

La réaction du Parti démocrate n’a pas tardé. Sa secrétaire, Elly Schlein, refuse de laisser l’orientation fondamentale de la politique étrangère d’une éventuelle coalition gouvernementale aux primaires. L’objection est compréhensible – et aussi révélatrice: il est possible de voter sur les personnes. Sur l’ancrage de l’Italie dans la ligne euro-atlantique, beaucoup moins.

Conte n’occupe pas pour autant une position marginale. Fin 2025, 53% des Italiens s’étaient prononcés en faveur d’une fin diplomatique à la guerre, même si la Russie conservait le contrôle sur des territoires occupés. Seuls 20% souhaitaient soutenir l’Ukraine jusqu’à une victoire militaire.

image1786209237.jpgLe malaise italien s’étend également jusque dans les rangs de la droite. Giorgia Meloni maintient la ligne atlantiste, tandis que la Lega prend ses distances au sujet de nouvelles livraisons d’armes et de l’augmentation des dépenses militaires. Avec le nouveau parti de Roberto Vannacci, Futuro Nazionale, qui rivalise déjà dans les sondages avec la Lega et Forza Italia, un nouvel acteur émerge à droite de Meloni, remettant fondamentalement en cause la soumission traditionnelle de la politique étrangère italienne.

La méthode de Meloni fonctionne pour l’instant: à Washington et à Bruxelles, elle présente l’Italie comme un partenaire fiable. Dans le même temps, elle permet à ses partenaires de coalition de simuler une opposition pour leur électorat national. Rome répond aux attentes stratégiques de l’OTAN, tandis que la Lega et d’autres forces canalisent politiquement le mécontentement populaire.

Mais ce double jeu atteint ses limites financières.

Les États membres de l’OTAN se sont engagés à porter, d’ici 2035, leurs dépenses de défense et de sécurité à 5% du PIB: 3,5% pour la défense classique, 1,5% pour l’infrastructure, la résilience et d’autres domaines liés à la sécurité. L’Italie a accepté cet objectif.

Pour un État fortement endetté, ce n’est pas une simple décision technique dans l'établissement du budget. C’est un choix politique qui porte sur plusieurs centaines de milliards d’euros, qui ne seront plus disponibles pour d’autres besoins ou devront être financés par de nouvelles dettes. Meloni assure que cette hausse ne se fera ni au détriment des dépenses sociales, ni au prix de nouvelles charges. La façon dont cette équation sera résolue reste floue.

Voilà où se situe la véritable fracture italienne. Elle ne passe ni entre la gauche et la droite, ni entre les forces prétendument « pro-russes » ou « pro-ukrainiennes ». D’un côté, ceux qui définissent la place internationale de l’Italie par une fidélité maximale aux alliances. De l’autre, des partis qui, au moins de temps à autre, se demandent quel prix l’Italie paie pour cette fidélité – et quelle influence politique elle obtient en retour.

L’Ukraine n’est que le symbole visible. Le conflit plus profond concerne la souveraineté de l’Italie, son budget, et sa capacité à encore formuler de façon autonome ses intérêts nationaux face à Washington, Bruxelles et l’OTAN.

Lors des prochaines élections, l’Italie décidera donc moins du sort de Kiev que de savoir qui paiera la facture de l’OTAN – et qui aura le courage de la refuser.

#geopolitique@global_affairs_byelena

mercredi, 05 août 2026

Ceuta est un avertissement: le responsable des migrations de l’ONU, Sutherland, déclare le multiculturalisme incontournable

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Ceuta est un avertissement: le responsable des migrations de l’ONU, Sutherland, déclare le multiculturalisme incontournable

«No Borders» et multiculturalisme forcé pour tous? 

Source: https://report24.news/ceuta-als-mahnmal-un-migrationsbeau...

L’exclave espagnole de Ceuta est sous pression massive. Des dizaines de milliers de personnes prennent d’assaut la frontière parce que le gouvernement de Madrid légalise les migrants illégaux et que les tribunaux rendent les expulsions plus difficiles. Cette invasion est la conséquence logique d’une politique migratoire systématiquement préparée et menée depuis des années. Par des hommes comme Peter Sutherland.

En Espagne, l’une des plus grandes «campagnes de régularisation» d’Europe a eu lieu: plus de 1,2 million de personnes en séjour illégal devraient être légalisées par le gouvernement de gauche. Un tribunal espagnol a également déclaré problématiques les «expulsions à chaud» à la frontière, interdisant de facto à la police le contrôle des frontières. Résultat: selon les autorités et les vidéos, entre 50.000 et 60.000 personnes venant du Maroc ont franchi les limites de l’exclave espagnole de Ceuta fin juillet.

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C’est la conséquence d’une politique de frontières ouvertes poursuivie pendant des décennies, que l’Union européenne a encore intensifiée depuis 2015. Une figure centrale de cette politique était Peter Sutherland (photo), ancien commissaire européen irlandais, ancien patron de Goldman Sachs et longtemps représentant spécial de l’ONU pour les migrations internationales. Sutherland, qui présidait également le réseau globaliste de la Trilateral Commission (une sorte de WEF clandestin), ne cachait pas ses positions sur la politique migratoire.

En juin 2012, il expliquait sans détour devant la sous-commission européenne de la Chambre des Lords britannique de quoi il s’agissait. Sur l’homogénéité nationale, il déclarait: «Il est impossible d’imaginer que le degré d’homogénéité impliqué par l’argument alternatif puisse survivre, parce que les États doivent devenir plus ouverts vis-à-vis des personnes qui les habitent, comme l’a démontré le Royaume-Uni». Et à propos des sociétés européennes: «… qui entretiennent encore un sentiment d’homogénéité et de différence par rapport aux autres… Et c’est précisément ce que l’Union européenne, à mon avis, devrait s’efforcer de déconstruire».

Sutherland soutenait que le développement de «États multiculturels» était inévitable – «aussi difficile soit-il d’expliquer cela aux citoyens de ces États» – peu importe à quel point il serait difficile de le faire comprendre aux citoyens. Les États devaient être plus ouverts à tous les habitants de la planète, et l’UE devait activement contrer le fait que les pays européens s’accrochent à un sentiment d’homogénéité nationale et de différence entre nations. L’homogénéité n’est ni souhaitable ni viable pour l’avenir. Les citoyens auraient peut-être du mal à comprendre, mais cela ne change rien à la direction politique. Ce n’est rien d’autre que le mantra mensonger des globalistes: «La diversité est notre force».

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Lorsque Angela Merkel a ouvert les frontières en 2015, Sutherland était enthousiaste. En novembre 2015, il a salué son «leadership remarquable». En février 2016, il l’a explicitement qualifiée d'«héroïne» et raconté lui avoir soufflé lors d’une conférence à Malte: «Vous êtes une héroïne», car elle défendait une vision morale au prix de sa propre position politique. La vision de la destruction des peuples et des États européens.

Pour des acteurs comme Sutherland et les réseaux dans lesquels il évoluait, les citoyens des États occidentaux ne sont pas porteurs d’une histoire et d’une identité propres, mais simplement de la matière interchangeable. Les nations sont considérées comme des constructions dépassées, l’identité nationale comme un obstacle. Les peuples d’Europe sont écartés au profit du projet d’un monde sans frontières. Leur identité est détruite, leur cohésion brisée, leurs nations abolies.

Ceuta n’est que le dernier symptôme de cette politique d’autodestruction européenne. À elle seule, la population de l’Afrique augmente d’environ 100.000 personnes par jour. Il est tout simplement impossible d’accueillir ces masses en Europe et de continuer à exister en tant qu’Europe. Ceux qui ne protègent pas les frontières par tous les moyens nécessaires perdront l’Europe. L’alternative n’est pas humanité ou fermeture. L’alternative est: garder le contrôle ou perdre ses propres pays. Pour les globalistes comme Sutherland, Merkel ou von der Leyen, l’abolition des nations européennes est manifestement un objectif. Pour les citoyens européens, ce serait une catastrophe.

mardi, 04 août 2026

Trump à propos de l’Ukraine: «Nous prenons ce que nous voulons»

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Trump à propos de l’Ukraine: «Nous prenons ce que nous voulons»

Source: https://report24.news/trump-ueber-ukraine-wir-nehmen-was-...

Donald Trump exprime ouvertement le prix que Washington attend en échange de son soutien à l’Ukraine. L’accord sur les matières premières avec Kiev est qualifié par le président américain d’excellente affaire et il affirme que les États-Unis pourraient « y prendre à peu près tout ce qu’ils veulent ». Juridiquement, cela peut sembler exagéré – mais politiquement, cela décrit assez précisément la ligne américaine.

Dans une interview accordée à la chaîne américaine conservatrice « Real America’s Voice », Trump est revenu sur le contrat relatif aux ressources avec l’Ukraine. Les États-Unis se seraient assurés un accès aux terres rares, a-t-il expliqué. «Nous pouvons y aller à tout moment et prendre à peu près tout ce que nous voulons», a déclaré le président. Selon lui, cet accord pourrait rapporter à l’Amérique plus de 300 milliards de dollars. Pour Trump, la chose est claire: Washington n’a pas soutenu Kiev pendant des années avec des armes et des milliards pour ensuite se retrouver les mains vides.

L’aide militaire n’a jamais été un cadeau

Le ton est rude, mais l’attitude sous-jacente n’est pas nouvelle. Les grandes puissances ne distribuent ni armes ni milliards par charité. Les États-Unis ont soutenu l’Ukraine militairement, financièrement et politiquement parce que ce pays est important pour leur propre stratégie vis-à-vis de la Russie. Sous Trump, un autre aspect s’ajoute désormais ouvertement: le soutien apporté doit être rentable économiquement. L’accord signé en avril 2025 pose les bases de cette rentabilité. L’Ukraine conserve formellement la propriété de ses ressources naturelles et continue de décider des droits d’exploitation et des licences.

Washington ne peut donc pas simplement occuper des mines ou transporter des ressources sans contrepartie. L’affirmation de Trump selon laquelle on pourrait prendre ce qu’on veut ne figure pas dans le contrat. Ce document offre toutefois aux États-Unis de vastes avantages. Un fonds commun de reconstruction doit bénéficier des revenus des nouveaux projets sur les matières premières. Il ne s’agit pas seulement des terres rares, mais aussi du lithium, du titane, de l’uranium, du graphite, du nickel, du cuivre, du pétrole et du gaz. Les gisements qui sont essentiels pour l’armement, les batteries, l’approvisionnement énergétique et l’industrie moderne sont au cœur de l’accord.

Washington obtient un accès privilégié

La partie américaine obtient, pour les nouveaux projets, des possibilités de négociation et d’investissement privilégiées. Même pour l’achat ultérieur des ressources extraites, les entreprises américaines devraient être les premières à pouvoir en profiter. L’Ukraine reste officiellement propriétaire de ses ressources, mais Washington participe activement à leur futur développement. D’autres prestations militaires américaines peuvent également être considérées comme une contribution au fonds commun. De nouvelles armes, des formations ou d’autres aides seraient alors non seulement des soutiens, mais aussi une part d’un modèle économique de participation.

Les États-Unis fournissent, l’Ukraine ouvre ses futurs projets sur les matières premières. Ce n’est pas une vente directe du pays, mais ce n’est pas non plus le soutien désintéressé tel qu’il a été présenté pendant des années en Occident. Trump ne s’en cache pas. Alors que son prédécesseur Joe Biden justifiait l’aide à l’Ukraine principalement par des phrases creuses sur la démocratie, la liberté et les valeurs occidentales, Trump parle de revenus, de participations et de droits d’accès. Il traite la politique étrangère comme une affaire et évalue son succès à ce que les États-Unis en retirent.

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L’Europe paie, l’Amérique s’assure des droits

Pour l’Union européenne, la situation est particulièrement décevante. Bruxelles et les gouvernements européens ont également investi bien plus de cent milliards d’euros en Ukraine. Ils financent le budget de l’État, fournissent des armes, prennent en charge les coûts des réfugiés et doivent en outre assumer une grande partie de la reconstruction. Mais des droits concrets d’accès aux projets de ressources ukrainiennes ont surtout été sécurisés par Washington. Les Européens paient et parlent de solidarité. Les Américains paient aussi, mais se font accorder contractuellement des privilèges économiques. Trump dit simplement plus fort que les autres de quoi il s’agit.

Washington a déjà intégré les conséquences économiques de la guerre dans ses calculs, tandis que les Européens croient vraiment qu’ils pourront un jour, d’une manière ou d’une autre (et seulement si l’Ukraine «gagne» contre la Russie), imposer des réparations à Moscou. Tandis que les Européens misent tout sur une seule carte, les Américains gardent, même dans le pire des cas, l’accès aux ressources naturelles du reste de l’Ukraine. Cela explique aussi pourquoi les politiciens de l’UE restent si agressifs, alors qu’à Washington, on adopte une attitude beaucoup plus détendue.