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mercredi, 25 avril 2007

Mort programmée de l'école

 

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La fabrique du crétin
La mort programmée de l'école

Jean-Paul Brighelli
16,90 euros
Jean-Claude Gawsewitch Éditeur. Août 2005.

Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu'on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d'années ce qui fut l'un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Faut-il incriminer les politiques, les profs, les parents, les syndicats, les programmes ? En tout cas, la Nouvelle Pédagogie a fait ses « preuves » : l'école a cessé d'être le moteur d'un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors, que faire ?

Jean-Paul Brighelli analyse avec une lucidité féroce, sans nostalgie exagérée, cette école de la réussite devenue si souvent école de l'échec programmé et donne des solutions pour une école de demain. Normalien, agrégé de Lettres, il a, du collège à l'université, parcouru l'essentiel du paysage éducatif. Longtemps impliqué dans l'édition scolaire et para-scolaire, il en démonte au passage les mécanismes et les intérêts convergents.

ENTRETIEN AVEC JEAN-PAUL BRIGHELLI : http://www.sauv.net/brigh4verites.php

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mercredi, 11 avril 2007

Enseignement des religions en Belgique

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L’enseignement des religions en Belgique

Le bouddhisme, nouvelle religion reconnue

Réflexions générales sur l’enseignement de la religion catholique

Le bouddhisme deviendra très bientôt la septième religion officiellement reconnue par l’Etat en Belgique. Les officiants du culte bouddhiste seront dorénavant payés par l’Etat et l’enseignement officiel devra prévoir des cours de religion bouddhiste dès que des parents le demanderont. Il est temps, nous semble-t-il, de réfléchir à l’enseignement des religions dans notre pays.

L’Union Bouddhiste Belge travaille actuellement à élaborer un curriculum scolaire pour la branche enseignée que deviendra le bouddhisme. Elle doit commencer à zéro. A l’étranger, l’équipe de travail ne trouve que fort peu de modèles à suivre. L’un des problèmes majeurs, c’est que le bouddhisme est divisé en de multiples courants ; cet état de choses avait été poliment ignoré jusqu’ici, et voilà qu’il devient subitement crucial. Le bouddhisme tibétain dispose d’une base démographique fort réduite mais a davantage l’oreille des médias ; il est bien différent du bouddhisme dévotionnel de la « terre pure » que pratiquent la plupart des immigrants chinois. Il diffère encore davantage du bouddhisme zen, dont la sobriété est la caractéristique majeure et que l’on appelle encore le bouddhisme theravada. Ce bouddhisme-là attire bon nombre de Belges de souche. Au sein du christianisme, l’Etat reconnaît comme différents les courants multiples du christianisme : le catholicisme, le protestantisme, l’anglicanisme et l’orthodoxie. Les bouddhistes de Belgique, toutes obédiences confondues, devront donc s’unir autour d’un programme commun. Nous n’en doutons pas : un curriculum scolaire bouddhiste crédible verra bientôt le jour. Les élèves qui termineront à dix-huit ans leur scolarité secondaire connaîtront bien le bouddhisme, s’ils le choisissent comme option. Les élèves qui ont opté pour l’islam le connaîtront également à fond. Les protestants sans doute aussi. La grande différence, qu’il y a lieu de constater, se perçoit dans l’enseignement du catholicisme, tant dans les écoles officielles que dans les écoles catholiques : les élèves qui suivent les cours de religion catholique sortent du secondaire en ne connaissant que bien peu de choses du catholicisme.

On entend souvent les parents se plaindre et dire, malgré les dénégations des pédagogues intéressés (et largement responsables de la situation), que bon nombre de critères objectifs confirment que les jeunes d’aujourd’hui n’apprennent plus rien à l’école. En Région Flamande, en néerlandais, langue de l’enseignement, et dans toutes les autres langues enseignées, les exercices logiques d’analyse syntaxique ont cédé le terrain aux « compétences communicatives ». L’anglais de nos jeunes est certes fluide mais bourré de fautes de grammaire (ndlr : et l’on peut se demander s’ils sont vraiment capables de comprendre un document anglais, rédigé de manière quelque peu complexe). En latin, branche désormais réduite à la portion congrue, on n’exige plus qu’une connaissance passive. Pendant huit longues années, nos jeunes apprennent le français pendant quatre heures par semaine et si d’aventure ils font une excursion scolaire à Paris, ils s’adressent aux autochtones en baragouinant un anglais boiteux. Voilà où mènent les « compétences communicatives » ! L’enseignement de l’histoire connaît actuellement un léger mieux mais demeure bien plus schématique que celui que nous avions, nous, en notre bon vieux temps, avec les interminables catalogues de faits à connaître sur le bout des doigts.

Mais aucune branche du curriculum scolaire n’enregistre un tel désastre, n’accuse une telle méconnaissance des faits que celui de la religion catholique. Les concepts les plus élémentaires de la doctrine catholique, comme la Pentecôte, le rôle de l’évêque, l’absolution, relève d’un chinois incompréhensible pour les élèves catholiques. Les noms de figures bibliques, que même les incroyants devaient connaître jadis pour être en phase avec les productions littéraires de la civilisation européenne, ne leur disent plus rien. Je le constate chez mes propres enfants, adolescents, qui pourtant fréquentent l’une des meilleures écoles catholiques de Flandre.

La dirigeante principale de ce réseau d’enseignement catholique, Mieke van Hecke, a démontré récemment, lors d’un entretien qu’elle a accordé à la télévision, qu’elle était maître dans l’art de s’auto-illusionner, en donnant l’explication suivante : dans les écoles primaires, les élèves sont censés, affirmait-elle, apprendre le contenu formel de leur religion et, dans le secondaire, ils doivent « appliquer ce savoir au monde concret ». Cela signifie qu’ils n’apprennent plus rien de la doctrine de l’Eglise dans le secondaire, plus rien des figures qui ont inspiré le catholicisme, plus rien de l’histoire de l’Eglise. En revanche, ils sauront tout sur la sexualité, les drogues et l’antiracisme. Certes, d’une manière ou d’une autre, ils abordent ces questions d’un point de vue catholique.

Tout cela relève de la plus flagrante absurdité. D’abord, il faut dire, qu’à l’école primaire, on apprend très peu de choses vraiment substantielles sur la doctrine catholique, ni même grand-chose sur les récits fondateurs du christianisme, alors que, justement, les enfants de ces âges-là sont fort réceptifs à des récits de ce genre. A cette période de la vie, les anciennes générations apprenaient par cœur des professions de fois (acte de foi, de contrition, etc.) et des listes (de péchés mortels, d’étapes du chemin de Croix, etc.). Aujourd’hui, on considère qu’un tel apprentissage revient à considérer les élèves comme des « perroquets ». Pourtant le cerveau d’un enfant de neuf ans est parfaitement apte à ce genre d’apprentissage voire programmé pour accumuler des petits savoirs de ce genre. L’enfant de cet âge trouve même du plaisir à apprendre des choses par cœur, alors qu’il n’est pas encore capable d’approfondir ces savoirs rudimentaires et de les interpréter à un niveau supérieur (*). Mais cet approfondissement ne viendra jamais car, selon Mieke van Hecke, on ne prévoit pas d’accroître ces connaissances religieuses à un âge plus mûr : car on veut que l’attention des élèves se focalise sur les « applications ». La conséquence de tout cela, c’est que, dans le meilleur des cas, les élèves ne retiennent qu’une image infantilisée de leur religion, ne conservent que des impressions de niveau enfantin. Devenus adolescents puis adultes, ils ne prennent plus ces images et impressions au sérieux et rompent avec la religion.

Autre échappatoire que l’on entend ânonner couramment : la religion n’est pas une matière qui demande d’engranger du savoir, du moins un savoir cumulatif. Non : nos pédagogues estiment qu’il ne faut pas « savoir » sa religion mais la « vivre ». Il faut être fondamentalement ignorant de la psychologie humaine pour méconnaître de manière aussi inconséquente l’intérêt que portent les hommes à la connaissance de faits réels ou imaginés, factuels ou mythiques.

Si vous aimez quelque chose, vous voulez tout savoir de ce sujet ou de cette matière. Jamais vous ne serez rassasiés et vous voudrez toujours glaner du savoir sur ce qui vous intéresse. Ensuite, vous vous créerez un lien permanent et quasi organique avec ce que vous savez. A l’inverse, si un sujet vous semble tout à fait inintéressant, vous ne prendrez pas la peine d’en savoir davantage et vous ne développerez aucune sorte de foi à son égard et vous n’orienterez pas votre existence par rapport à lui.

Examinons cet état de choses à la lumière du concret. Un catholique des temps jadis entrait dans une église et ce qu’il y voyait constituait pour lui une sorte de livre d’images ouvert. Il était habitué aux composantes architecturales et mobilières de l’espace ecclésial ; il reconnaissait les images des apôtres et des saints sur les peintures et les sculptures ; il savait quelles étaient les parties constitutives de la liturgie. Ce qui avait pour résultat qu’il s’y sentait chez lui. Si les élèves qui subissent la molle férule préconisée par Mme Mieke van Hecke entrent d’aventure dans une église (ou plutôt passent à côté), le décorum de celle-ci leur apparaîtra aussi étrange et mystérieux que celui d’une pagode chinoise. Ce qui est inconnu, forcément, n’est pas aimé.

Dans mon temps, pour tourner le dos à la foi catholique de notre société et de nos familles, il fallait passer pas une rude crise de conscience. Pour les catholiques des générations plus récentes et actuelles, cet abandon de la religion va de soi.

Elles ne remarquent même pas qu’elles abandonnent quelque chose, parce qu’elles n’ont jamais vraiment appartenu à une communauté religieuse. Pour les libres penseurs ou les musulmans, c’est sans doute une bonne chose de voir tant de jeunes catholiques baptisés devenir complètement étrangers à leur religion. Un dignitaire de l’établissement catholique devrait en être honteux. Mais dans ces cercles-là, on parle beaucoup, ces temps-ci, de « respect », alors que, curieusement, on y manque surtout de « respect de soi ».

Koenraad ELST
(article paru dans « ‘t Pallieterke », n°14/2007).

(*) NdT : de même, je me souviens pertinemment bien d’un instituteur qui nous faisait apprendre par cœur les noms des villes de Belgique, avec, en prime, une série de symboles assortis pour indiquer ce que produisait cette ville et ses environs immédiats sur le plan industriel ou agricole. J’ai éprouvé un plaisir fou à apprendre ces leçons enfantines de géographie qui restent gravées dans ma mémoire. En histoire, les dates et les quelques récits quasi mythiques sur Philippe le Bon ou Charles le Hardi et l’habituelle séance où nous apprenions à détester du fond du cœur de sinistres figures comme Philippe le Bel, Philippe-Auguste, Louis XI (l’Universelle Aragne ; question d’examen : Comment surnommait-on Louis XI ?) ou François I le Traître sont également les premières leçons de grande politique qui m’ont été inculquées, en même temps que les images de la série « Nos gloires » d’Historia, et qui ont rejaillies dans mon cœur quand j’ai relu, en 2000, les ouvrages nombreux que l’on a publiés pour célébrer le cinquième centenaire de Charles-Quint. Et surtout son testament !

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mercredi, 28 mars 2007

Le temps des victimes

Le Temps des victimes

de Caroline Eliacheff et Daniel Soulez-Larivière

[Sciences humaines]

Prix éditeur : 20 euros
Editeur : Albin Michel
Publication :11/1/2007
ISBN : 9782226175144
293 pages

Résumé du livre

Alors que notre société prône le culte du gagnant, la figure de la victime en est arrivée à occuper celle du héros. La médiatisation des catastrophes a révélé que l'unanimité compassionnelle était en train de devenir l'ultime expression du lien social. Et les demandes de réparation auprès des psychiatres et des juristes sont sans fin. Jusqu'où irons-nous dans cette victimisation généralisée ? Croisant leurs disciplines, Caroline Eliacheff et Daniel Soulez-Larivière éclairent ce courant, qui a émergé dans les années 80 sur tous les fronts, et se nourrit de l'idéal égalitaire et de l'individualisme démocratique. Ils dénoncent les dangers que nous fait courir ce primat du compassionnel et de l'émotionnel qui se retourne déjà parfois contre les victimes et finira peut-être par se retourner contre la société tout entière.

lundi, 12 février 2007

Erziehungsdebakel und Systemfrage

Götz KUBITSCHEK :

Erziehungsdebakel und Systemfrage

http://www.sezession.de/pdf/sezession15_kubitschek_bueb.pdf

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