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vendredi, 06 février 2026

Le gros bâton : les États-Unis se retournent contre leurs alliés – l’Europe commence à reconnaître le coût de sa dépendance, mais ne peut s’en libérer

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Le gros bâton: les États-Unis se retournent contre leurs alliés – l’Europe commence à reconnaître le coût de sa dépendance, mais ne peut s’en libérer

par Shen Sheng

Source: https://www.cese-m.eu/cesem/2026/02/il-grosso-bastone-usa...

Les propos du Premier ministre belge Bart De Wever marquent un changement de ton en Europe : la « protection » américaine devient un levier de pression contre les mêmes alliés. La prise de conscience des coûts de la dépendance s’accroît, mais l’autonomie reste encore loin.

SOURCE DE L’ARTICLE : https://giuliochinappi.com/2026/02/04/il-grosso-bastone-u...

Le nombre de dirigeants occidentaux qui lancent des avertissements sévères contre la pratique, adoptée par le passé, d’une dépendance excessive aux États-Unis, augmente. Le Premier ministre belge Bart De Wever a mis en garde, lors d’un forum de haut niveau sur « L’avenir de l’Europe » organisé par un média belge de première importance, que l’Europe s’est longtemps appuyée sur le « gros bâton » des États-Unis pour sa protection, pour découvrir que ce même bâton est maintenant brandi contre ses propres alliés. En plus de ses observations selon lesquelles l’Europe pourrait passer de « vassal heureux » à « esclave misérable » si elle ne trace pas de lignes rouges, ses paroles sont devenues virales sur les réseaux sociaux dès lundi.

Fin janvier, De Wever a prononcé une série de déclarations cinglantes lors du forum annuel de début d’année « L’avenir de l’Europe », co-organisé par les principaux quotidiens économico-financiers belges De Tijd et L’Echo. En abordant des thèmes tels que l’autonomie stratégique européenne, la transformation des relations transatlantiques, une intégration plus profonde du marché intérieur de l’UE et la fin de l’excès de dépendance vis-à-vis des États-Unis, il a lancé des avertissements nets sur les risques d’une subordination prolongée.

Certains observateurs ont souligné que les paroles de De Wever résonnent comme un sentiment similaire exprimé lors du discours très suivi du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos. Tous deux montrent une réflexion plus lucide des alliés traditionnels de l’Occident sur la dépendance passée aux États-Unis et la vague d’angoisse actuelle.

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Un moment crucial

Dans la vidéo, De Wever a déclaré que l’Europe a longtemps compté sur le « gros bâton » de Washington pour sa sécurité, mais qu’elle découvre maintenant que ce même levier est de plus en plus utilisé contre ses propres alliés. « C’est un moment crucial », a-t-il dit, ajoutant que la situation actuelle a mis en lumière les vulnérabilités de l’Europe et l’a forcée à faire face à des vérités inconfortables concernant sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.

Il a également soutenu que la vision de l’Europe par le président américain Donald Trump est fondamentalement hostile à l’UE en tant que force politique et économique unifiée. Lorsqu’il affirme « aimer l’Europe », selon De Wever, il entend « 27 pays séparés qui vivent en vassaux ou tendent vers l’esclavage », notant que l’économie collective de l’UE est la seule capable de rivaliser avec celle des États-Unis. « Et cela ne lui plaît pas », a-t-il ajouté.

Certains médias décrivent la fermeté récente de certains dirigeants occidentaux envers les États-Unis comme une transition d’un accommodement prudent à une attitude plus assertive, dans le contexte des menaces tarifaires de Trump et des demandes concernant le Groenland. The Guardian l’a qualifié de « moment de vérité pour l’Europe », tandis que la BBC a écrit que « l’Europe abandonne la stratégie douce-douce avec Trump».

Un expert chinois a indiqué lundi au Global Times que ce n’est pas un tournant soudain, mais le résultat d’un processus de longue durée. L’Europe, longtemps traitée comme un « instrument » de l’hégémonie mondiale américaine, a désormais reconnu les coûts de sa dépendance vis-à-vis de Washington.

217d78ac-76b9-471f-8ff7-e08e8b3a0005.jpg« Pendant des décennies, l’Europe a fonctionné sur la base d’une hypothèse centrale : les États-Unis garantissent la sécurité, tandis que l’Europe se concentre sur la croissance économique et le bien-être. Mais la réalité offre maintenant un réveil brutal », a déclaré lundi à la Global Times Jiang Feng (photo), chercheur senior à l’Université des études internationales de Shanghai.

Jiang a dit que l’observation de De Wever selon laquelle le « gros bâton » américain est maintenant dirigé contre ses alliés équivaut, en substance, à admettre ce qui suit: l’Europe ne s’est jamais vraiment appuyée sur de véritables garanties de sécurité institutionnalisées, mais sur la « bonne humeur » de l’Amérique.

La vidéo du forum a également suscité une vague de réactions parmi les utilisateurs européens, dont beaucoup ont exprimé leur soutien aux propos du Premier ministre. Un utilisateur, @dirkschneider1608, a écrit : « Il est temps que le bla-bla constant dans les conseils européens se transforme en actions concrètes. Le moment, c’est maintenant, pas dans cent ans, pas dans une décennie. Sinon, nous finirons dans l’assiette à manger de Trump».

En commentant ses interactions récentes avec Trump et l’avenir des liens transatlantiques, De Wever s’est dit « le plus pro-américain qu’on puisse trouver », mais a souligné que les alliances doivent reposer sur le respect mutuel. « Pour danser le tango, il faut être deux, dans un mariage, il faut s’aimer mutuellement », a-t-il dit, comparant la relation transatlantique à un partenariat qui exige de la réciprocité et non des concessions unilatérales.

Vues différentes, même situation

Les références explicites aux « lignes rouges » et à l'« esclavage » ne sont pas évoquées pour la première fois par le Premier ministre belge, lequel utilise désormais un langage assez dur. Lors du même forum de Davos où le Premier ministre canadien Mark Carney a prononcé un discours très commenté, De Wever a déclaré : « Nous étions dans une position très défavorable à cette époque. Nous dépendions des États-Unis, alors nous avons choisi d’être indulgents. Mais maintenant, tant de lignes rouges sont franchies qu’il ne vous reste qu’un choix: exiger le respect de soi… ». Il a souligné que « être un vassal heureux, c’est une chose, être un esclave misérable, c’en est une autre ».

De manière similaire au Premier ministre belge, le chancelier allemand Friedrich Merz a également souligné la nécessité pour l’Europe de l’unité et de l’autosuffisance. Lors d’un discours au parlement allemand jeudi, Merz a loué «l’unité et la détermination» de l’Europe à réagir face aux menaces tarifaires de Trump durant la crise du Groenland, et a exhorté le continent à agir avec plus de confiance sur la scène mondiale, comme le préconise DW. « Nous étions tous d’accord pour ne pas nous laisser intimider par les menaces de taxes », a-t-il dit. « Si quelqu’un pense pouvoir faire de la politique en menaçant d'imposer des tarifs contre l’Europe, ce quelqu'un sait maintenant que nous pouvons et nous voulons nous défendre. »

« Ces dirigeants européens ont compris le coût de la dépendance, mais ils n’ont pas encore acquis la capacité de s’en libérer », a déclaré Jiang, ajoutant qu’il s’agit d’une situation où « la conscience s’est réveillée, mais les muscles ne sont pas encore développés ». L’expert a analysé que, en raison de divisions internes, de carences militaires et de pressions extérieures provenant des États-Unis, l’autonomie stratégique de l’Europe ne peut pas être atteinte du jour au lendemain et que l’Europe pourrait rester longtemps suspendue entre dépendance et autonomie.

Malgré cette situation, il existe aussi d’autres voix. Selon Reuters, lundi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré lors d’une conférence organisée par l’International Institute for Strategic Studies à Singapour, que l’Allemagne « n’est pas neutre » entre les États-Unis et la Chine, et qu’elle restera toujours plus proche de Washington malgré les tensions récentes.

Zhao Junjie, chercheur senior à l’Institut d’études européennes de l’Académie chinoise des sciences sociales, a déclaré au Global Times que les propos du ministre allemand ne reflétaient pas la réalité changeante que traverse l’Europe. Il a ajouté que les manœuvres politiques internes en Allemagne influencent aussi les déclarations de Wadephul.

Selon Zhao, il existe en Europe trois principales orientations concernant la relation avec les États-Unis. Actuellement, la déception et la distanciation prédominent, exprimées par de nombreux dirigeants européens, car la base de valeurs et la confiance entre l’Europe et les États-Unis ont été structurellement endommagées, et les liens transatlantiques ne reviendront jamais à la « belle époque ».

La deuxième orientation est celle de la contradiction et de l’alternance : tout en reconnaissant des frictions croissantes avec Washington, on affirme que l’alliance n’est pas encore rompue et qu’il reste de l’espoir pour des réparations.

La troisième, relativement rare, consiste à continuer d’affirmer le rôle de leader des États-Unis dans l’OTAN et en Occident, en insistant sur la préservation du cadre actuel d’alliances malgré la fracture transatlantique.

« Quelle que soit la vision qui l’emportera, en Europe, un consensus se forme : les relations transatlantiques ne reviendront pas comme avant, et une période de profonde réorganisation et de désengagement stratégique s’amorce », a déclaré Zhao.

« Un changement de marée dans l’histoire est un processus long, tortueux, plein de contradictions. Il est normal, pas exceptionnel, que différents pays et différentes personnes aient des opinions divergentes. Dans un paysage mondial en mutation, la coexistence de positions divergentes est la norme, tandis que la Chine a maintenu de manière cohérente ouverture, confiance et calme stratégique », a ajouté Zhao.

mercredi, 04 février 2026

Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

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Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

L'année 2026 sera une année électorale et donc potentiellement une année clé pour les démocraties européennes. Qu'il s'agisse de sécurité, d'énergie, de changements géopolitiques, de souveraineté ou de migration, ces élections auront un impact sur l'UE. En avril 2026, les Hongrois éliront un nouveau parlement. Depuis 2010, Orban a réussi, avec sa coalition de centre-droit Fidesz-KDNP, à remporter quatre élections consécutives. Budapest est devenue une plaque tournante du conservatisme européen.

Orban a notamment mené une politique migratoire restrictive, ce qui lui a valu des sanctions juridiques, des pressions financières et politiques de la part de l'UE. Et pour la première fois, toute l'opposition hongroise se rallie derrière une seule figure, Peter Magyar et son parti Tisza, pour défier Orban. Tisza appartient au groupe PPE et se montre très pro-UE. Une défaite d'Orban sera perçue comme un succès stratégique des institutions et de la politique de l'UE.

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Les États-Unis d'Amérique, la Suède, la Slovénie et l'Allemagne

Les élections de novembre 2026 aux États-Unis, les élections dites de mi-mandat, sont également importantes. Il s'agit d'un test crucial pour Donald Trump, car il ne dispose que d'une faible majorité à la Chambre des représentants. Il peut jouer plusieurs atouts : la croissance économique, la lutte contre l'immigration clandestine, la guerre contre la drogue, les interventions à l'étranger. Cela suffira-t-il à lui permettre de conserver sa majorité ou va-t-il la perdre ? Et surtout, quelles en seront les conséquences pour l'Europe ?

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Les Suédois éliront un nouveau parlement en septembre 2026, après quatre ans de gouvernement au cours desquels les Démocrates suédois ont pu influencer la politique migratoire et sécuritaire en accordant leur soutien au gouvernement de centre-droit. Seront-ils récompensés pour cela ? Les récents sondages indiquent que les sociaux-démocrates ont la faveur des électeurs. Y aura-t-il un nouvel accord avec les conservateurs en Suède ? En Slovénie, le populiste de droite Janez Jansa (photo) espère revenir au pouvoir avec son parti SDS après les élections de mars. Cela signifierait un renforcement du bloc de droite en Europe de l'Est.

Enfin, plusieurs élections régionales auront lieu en Allemagne, où les « etablierte Parteien » (les partis établis) observent avec inquiétude la montée en puissance du parti populaire Alternative für Deutschland. Dans certains Länder est-allemands, l'AfD dépasse largement les 35% des intentions de vote, si l'on en croit les sondages. Non, nous ne nous ennuierons certainement pas sur le plan politique en 2026.

mardi, 03 février 2026

Odessa, clef de voûte du conflit russo-ukrainien

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Odessa, clef de voûte du conflit russo-ukrainien

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/odessa/

On en parle très peu... voire pratiquement pas du tout, dans ces journaux uniformisés que sont désormais nos grands médias.

Pourtant, ce serait une nouvelle à la une. Une nouvelle fondamentale.

Odessa est prise dans les anneaux d'un python. Et elle étouffe peu à peu.

Et Odessa représente la clé de voûte du conflit russo-ukrainien. L'objectif final visé par le Kremlin.

C'est le principal débouché maritime de l'Ukraine. Une ville portuaire, traditionnellement cosmopolite, mais fondamentalement russe dans ses fondements. Elle a été donnée à Kiev pour lui permettre d'avoir un débouché important sur la mer Noire. À une époque pas si lointaine, celle des Soviets. Mais elle a toujours été un monde à part. Fondamentalement étrangère à l'Ukraine, terre agricole, sans aucune projection ni vocation maritime.

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Le dessein stratégique du Kremlin est évident. La conquête d'Odessa signifie réduire ce qui reste de l'Ukraine à un petit État purement continental et enclavé. Sans débouchés sur la mer. Et donc sans projection internationale.

De plus, Odessa représente la possibilité de créer une continuité entre le territoire russe et la Transnistrie. Cette province moldave russophone et rebelle s'est proclamée indépendante, refusant la politique pro-européenne de Chisinau.

Une indépendance de fait, protégée par les troupes russes.

La stratégie russe pour conquérir Odessa progresse lentement. Avec un calme délibéré, sans accélérations, sans offensives violentes.

Poutine veut la ville portuaire, mais pas un bain de sang. Ce qui serait pire qu'inutile. Carrément contre-productif.

D'autant plus que la majorité des habitants, russes et autres, attendent avec impatience l'arrivée des Russes. Considérés comme des libérateurs de l'oppression de Kiev.

La conquête russe signifierait, par ailleurs, un retour d'Odessa au rang de grand port sur la mer Noire.

Un rôle qui, pour l'instant, est paralysé par l'embargo russe, qui ne laisse pratiquement passer aucun navire marchand à destination du port.

Une stratégie d'étouffement bien précise. Et fonctionnelle.

Il faut d'ailleurs rappeler que des navires de l'OTAN arrivaient à Odessa, sous faux pavillon et sous de faux prétextes, pour apporter des armes et des drones aux Ukrainiens. Un ravitaillement de guerre qui a désormais été stoppé.

Poutine rencontre Trump. Il se déclare prêt à négocier avec Kiev. Il serre des mains et sourit.

Cependant, il n'a pour l'instant aucune intention d'accepter un cessez-le-feu.

Du moins, pas avant d'avoir pris Odessa.

Alors, probablement, il y aura un tournant dans cette terrible guerre.

Et le conflit, alors, et alors seulement, touchera à sa fin.

L’Europe après l’érosion de l’OTAN – un projet d’ordre stratégique

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L’Europe après l’érosion de l’OTAN – un projet d’ordre stratégique

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena   

Le débat sur la politique de sécurité en Europe a atteint un stade nouveau. Avec la contribution « If NATO Dies, Long Live NEATO » issus du Center for European Policy Analysis (CEPA), une esquisse cohérente d’un ordre de sécurité post-guerre (https://cepa.org/article/if-nato-dies-long-live-neato/) pour l’ordre euro-atlantique est proposée pour la première fois. Non comme une réforme des structures existantes, mais comme une rupture consciente avec celles-ci.

  1. 1. Situation de départ : la perte progressive de fonctionnalité de l’OTAN

Le constat de l’auteur du texte est sobre: l’OTAN existe formellement, mais n’accomplit plus que partiellement sa fonction stratégique initiale. Les intérêts des États-Unis et des États européens se sont structuralement éloignés. Washington privilégie la compétition mondiale des systèmes, l’Europe reste ancrée régionalement. L’OTAN compense cette divergence jusqu’à présent uniquement par le leadership américain – un état qui devient de plus en plus fragile politiquement et socialement.

  1. 2. L’approche NEATO : Sélection fonctionnelle plutôt qu’intégration

L’auteur du CEPA en tire une conclusion claire, mais radicale: l’Europe ne doit pas être davantage intégrée, mais divisée fonctionnellement. L'hypothétique NEATO n’est expressis verbis ni une armée européenne ni une UE militaire. Dans ce modèle, l’Union européenne est considérée comme inadaptée à la politique de sécurité – trop lente, trop consensuelle, trop bloquante politiquement.

À la place, une zone militaire nord- et nord-est-européenne est proposée, composée d’États à haute préparation militaire, qui perçoivent une menace susceptible de conduire à une confrontation. D’autres pays européens restent en dehors. Le concept n’envisage pas la division de l’Europe comme un risque, mais comme une condition de la capacité d’action.

  1. 3. Le vide stratégique du modèle NEATO

Aussi claire que soit cette approche, sa principale faiblesse demeure: les contradictions internes de l’Europe ne sont pas résolues, mais institutionnalisées. La disparition de l’hégémonie américaine en tant qu’élément équilibrant révélerait sans frein les lignes de conflit existantes – entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, entre grandes et moyennes puissances. Le modèle mise sur l’efficacité opérationnelle, pas sur la stabilité politique.

  1. 4. Une autre approche de l’ordre

Dans ce contexte, une autre conception stratégique, plus prudente, apparaît nécessaire. Elle évite délibérément la formation de nouveaux blocs et mise plutôt sur une limitation de la logique d’escalade.

Les éléments clés d’une telle approche seraient :

– Rattacher clairement la responsabilité militaire à l’État-nation.

Pas de forces supranationales, pas d’engagements automatiques en dehors de situations défensives clairement définies. La puissance militaire reste politiquement attribuable.

– Coopération sans contrainte institutionnelle de blocage.

La coopération sécuritaire se fait bilatéralement ou en petits formats ciblés – régionalement, à durée limitée, toujours révisable. La capacité d’action naît par la précision, non pas par la taille.

– Refus d’une logique de tri européen basée sur la capacité militaire.

Une division de l’Europe en noyaux de sécurité et en marges accroît à long terme l’instabilité. La stabilité ne naît pas de la sélection, mais de l’équilibre d’intérêts divergents.

– Flexibilité stratégique plutôt que fixation permanente.

Dans un ordre mondial fluide, la capacité d’adaptation est plus précieuse que l’immobilisme institutionnel. La politique de sécurité doit garder ses options ouvertes, ne pas fermer d’avance.

  1. 5. Conséquences pour l’Allemagne

De ce point de vue, l’Allemagne n’a pas pour mission de prendre la tête de nouveaux blocs militaires, mais une responsabilité différente: limiter toute escalade par un choix de structure. La valeur ajoutée sécuritaire de l’Allemagne ne réside pas dans une position maximaliste, mais dans l’évitement de liaisons frontales et automatiques qui limitent irréversiblement l’espace d’action politique.

Conclusion

La proposition NEATO marque une étape importante: elle montre à quel point certains segments du débat transatlantique ont déjà évolué d’une logique d’intégration vers une logique de sélection. C’est précisément pour cela qu’il est nécessaire de proposer une contre-approche, qui ne se fonde pas sur une nouvelle architecture confluictuelle, mais sur une modération institutionnelle. 

Ce ne sont plus les alliances qui décident de la sécurité, mais la capacité à attribuer la responsabilité clairement, à peser les intérêts de manière objective et à limiter structurellement toute éventuelle escalade.

#géopolitique@global_affairs_byelena

Les indicateurs économiques allemands annoncent des temps difficiles

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Les indicateurs économiques allemands annoncent des temps difficiles

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94 

Les chiffres du bureau de conseil aux entreprises Falkensteg montrent que le nombre de faillites de moyennes et grandes entreprises (entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 10 millions d'euros) aura augmenté de 25% en 2025 par rapport à 2024. Depuis la crise du coronavirus, le nombre de faillites de moyennes entreprises a triplé. Le chercheur Jonas Eckhardt parle d'une évolution dramatique, car selon lui, il ne s'agit plus d'une faiblesse conjoncturelle, mais de problèmes structurels profonds.

Falkensteg_Jonas-Eckhardt_033_k-1526890002.jpgPour 2026, le cabinet de conseil Falkensteg prévoit également une augmentation supplémentaire du nombre de faillites de moyennes et grandes entreprises. Selon Jonas Eckhardt (photo), nous pouvons nous attendre à une augmentation de 10 à 20%. Les principales causes ont déjà été mentionnées: des consommateurs incertains qui reportent leurs achats (construction automobile et mécanique), des coûts énergétiques élevés (en raison de la transition énergétique verte) et une bureaucratie, une réglementation sans équivalent en Europe, même en Flandre.

Les chiffres des exportations baissent, ceux des importations augmentent

Ces chiffres indiquent également une «fatigue économique» en Allemagne. En novembre 2025, les exportations allemandes ont baissé de 2,5% par rapport à octobre, soit la plus forte baisse mensuelle depuis mai 2024. Dans le même temps, les importations de marchandises étrangères en Allemagne ont augmenté de 0,8%. Il s'agit de chiffres officiels, publiés par l'Office fédéral allemand de la statistique.

Les exportations allemandes ont atteint 128,1 milliards d'euros, tandis que les importations étrangères en Allemagne se sont élevées à 115,1 milliards d'euros. L'excédent commercial s'élève ainsi à 13,1 milliards d'euros, alors qu'il était encore de 17,2 milliards d'euros en octobre. La plus forte augmentation des importations a été enregistrée pour les marchandises en provenance de Chine, ce qui n'est bien sûr pas tout à fait surprenant. C'est une augmentation de 8% par rapport au mois d'octobre.

Une dernière donnée économique concernant notre principal partenaire commercial, l'Allemagne: depuis le début de l'année 2026, les réserves de gaz dans les réservoirs allemands ont atteint leur niveau le plus bas en 15 ans. Selon le Verband der europäischen Gasinfrastrukturbetreiber (GIE ou Union des gestionnaires d'infrastructures gazières européennes), les réserves de gaz en Allemagne représentaient 53% de la capacité maximale de stockage au 5 janvier. Normalement, le niveau à la fin janvier est de 70%. L'Agence allemande pour le réseau gazier a donc appelé les Allemands à économiser leur consommation de gaz. Heureusement, l'Allemagne peut compter sur les importations de gaz via la France et la Belgique. La moyenne européenne des réserves de gaz s'élève à 59% de la capacité disponible. Avec 53%, l'Allemagne se situe clairement en dessous de cette moyenne. En Pologne, où il fait également très froid en ce moment, les réservoirs de gaz sont actuellement remplis à plus de 80%.

L'Allemagne est dans une situation difficile. Cela ne sera pas sans conséquences pour les autres États membres de l'UE.

lundi, 02 février 2026

L'UDC suisse réclame les milliards consacrés à l'asile pour l'armée

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L'UDC suisse réclame les milliards consacrés à l'asile pour l'armée

Source: https://opposition24.com/politik/svp-fordert-asylmilliard...

L'Union démocratique du centre (UDC) tire un bilan de la politique d'asile actuelle et exige un changement radical de cap en faveur de la défense nationale. Dans une déclaration récente, l'UDC affirme que le système d'asile coûte des milliards à l'État, sape la sécurité intérieure et fait l'objet d'abus systématiques. Au lieu de générer sans cesse de nouvelles recettes par des augmentations d'impôts, la Confédération doit enfin fixer des priorités et libérer les fonds disponibles pour l'armée, explique le parti dans un communiqué.

Selon le parti, la situation sécuritaire en Suisse s'est sensiblement détériorée. Les crimes violents, les agressions au couteau et les vols à main armée ne sont plus des exceptions, mais font désormais partie du quotidien. La migration liée à l'asile est particulièrement problématique: l'afflux incontrôlé, les contrôles d'identité insuffisants et les rapatriements rarement appliqués ont donné naissance à un système qui favorise la criminalité et sape l'État de droit. Depuis 2000, plus de 655.000 demandes d'asile ont été déposées, l'identité de nombreux demandeurs étant incertaine et les sanctions minimales, même en cas d'infractions graves.

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Sur le plan financier, le système d'asile est depuis longtemps hors de contrôle. Rien qu'au niveau fédéral, environ quatre milliards de francs sont dépensés chaque année, auxquels s'ajoutent des coûts immenses pour les cantons et les communes, ainsi que pour les poursuites pénales et l'exécution des peines.

Dans ce contexte, l'UDC qualifie la proposition du Conseil fédéral d'augmenter la taxe sur la valeur ajoutée de 0,8 point de pourcentage d'attaque directe contre la population. Cette augmentation d'impôt représenterait une charge supplémentaire d'environ 2,7 milliards de francs par an pour les ménages.

Le parti affirme clairement qu'une armée plus forte est nécessaire, mais pas au détriment des citoyens. Au lieu de cela, l'UDC demande que les «milliards de l'asile» soient systématiquement réaffectés et utilisés pour renforcer la capacité de défense du pays. Elle exige en outre des réductions dans l'aide au développement et une réduction significative du personnel fédéral pléthorique. Selon elle, la Confédération n'a pas un problème de recettes, mais un problème de dépenses, et celui-ci est d'origine interne.

dimanche, 01 février 2026

Interdiction de l’AfD: les vieux partis allemands ne tiennent plus qu’en nouant des intrigues

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Interdiction de l’AfD: les vieux partis allemands ne tiennent plus qu’en nouant des intrigues

Source: https://derstatus.at/politik/afd-verbot-altparteien-werde...

Que faire lorsque l’adversaire politique devient trop puissant? Apparemment, on préfère recourir au bâton judiciaire et à des astuces politiques douteuses, plutôt que d’affronter le jugement des citoyens. La frontière entre démocratie et maintien du pouvoir devient préoccupante dans un Allemagne du «Mur de feu» (du "cordon sanitaire").

Interdiction de l’AfD comme condition préalable

Quand un système établi est-il dépassé? La réponse peut être très courte: dès que les vieux acteurs en place mettent la pression pour forcer un dernier reste de cohésion. Les jours d’une ère idéologique semblent comptés, dont les composantes n’ont plus grand-chose en commun quant au fond et au programme, mais qui cherchent le moindre dénominateur commun de peur de perdre le pouvoir. Les Verts exigent, avant les élections régionales en Rhénanie-Palatinat, qu’une procédure d’interdiction contre l’AfD soit engagée.

Sans cet artifice, il ne pourrait y avoir de contrat de coalition, pourrait-on dire. Friedrich Merz a déjà dû accepter des milliards de dettes pour acheter le soutien de la SPD à sa candidature à la chancellerie. Et maintenant, il semblerait aussi qu’à Mayence, une tractation du même acabit se prépare. Si tu me promets que nous irions ensemble devant la Cour constitutionnelle, je te tends la main pour un mariage de convenance, telle serait probablement une solution de compromis. En quoi tout cela a-t-il encore du sens ou relève-t-il du bon ordre des choses? En rien, absolument rien, il faut le constater.

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Éliminer la concurrence par un procès fallacieux

Les pressions et les menaces façonnent désormais tellement la vie politique berlinoise que de simples citoyens seraient depuis longtemps traduits en justice pour des délits, s’ils s’aventuraient à appliquer les méthodes que les partis utilisent sans scrupules ni honte pour préserver leur vacuité. La crainte que l’Alternative für Deutschland puisse atteindre une majorité absolue et empêcher ceux qui se sont si confortablement installés dans les sièges et les postes de prendre pour contrôler le pouvoir, ne conduit pas seulement à des déviances bizarres, mais à des actes carrément criminels.

Les menaces et les ultimatums ne peuvent en aucun cas constituer une base de confiance. Quiconque tombe dans le piège y participe, et devient complice du mécontentement, de la désillusion et de la colère du peuple souverain. Le boycott et le blocage de l’opposition, agonie de critiques, prennent des tournures si extrêmes qu’on ne peut plus parler de démocratie. La polarisation a contribué à bien plus que l’exclusion, que l’isolement et que la privation d’égalité des chances dans les joutes électorales. La privation des droits se poursuit à un rythme sans précédent: ce ne sont pas les Bleus (= AfD), accusés de tous les maux, qui veulent détruire le pays et les institutions, mais bel et bien les partis colorés.

Un quart des électeurs, de manière totalitaire, risque d'être privé de tribune

Vaincre un concurrent à tout prix et le faire taire, se chercher des alliés contre-nature pour suivre la seule voie de la répression: ce type de comportement est assumé de manière dévoyée et délinquante. Les mécanismes sont aussi subtils que dans l'ancienne RDA, on ne fait même plus l’effort de dissimuler le caractère totalitaire de ses agissements. Les partis de l'establishment utilise une règle fondamentale du droit constitutionnel, qui n'autorise l’élimination d’un adversaire politique qu'à titre absolument exceptionnel dans la vie politique. En agissant de la sorte, les vieux partis de l'establishment montrent des traits grotesques, exprimant un primitivisme sordide.

Comme si l’on n’était pas capable de voir ce que Klingbeil, Banaszak, Reichinnek ou Brantner complotent sous le prétexte de «défense» de la démocratie allemande. Ils veulent ôter à un quart des citoyens toute identité idéologique, croyant, dans leur méchante naïveté, qu’après une décision du tribunal constitutionnel de Karlsruhe, les brebis perdues reviendraient aux troupeaux d’origine. La durabilité n’a jamais été leur fort quand il s’est agi d’automobiles électriques nuisibles à l’environnement, de pompes à chaleur et d’éoliennes, qu’ils considèrent comme des exploits en matières écologiques. Il est tout simplement naïf de penser que la politique peut se faire par interdits.

Une interdiction renforcerait l’opposition

Un tel simplisme ne fonctionne ni avec l’alcool ni en ce qui concerne l’AfD. La croyance naïve selon laquelle il suffit de tourner la tête pour oublier est probablement une mauvaise croyance. Mais la RDA a déjà montré que la résistance populaire ne peut pas être arrêtée par des expédients simplistes. Si l’on veut vraiment éliminer le risque d'une rébellion, d'une révolte des mécontents, il faut faire intervenir le seul bon sens.

Jusqu’à présent, la rue est encore calme, à l’exception des grand-mères que l'on a mobilisées pour battre le tambour ou souffler dans des trompettes de Jéricho pour faire reculer et couler la droite alternative. Mais la situation pourrait rapidement changer si l'on place sous tutelle ceux qui refusent de changer de cap, c’est-à-dire si l'on donne à un parti alternatif et challengeur le droit légitime de diriger, si cela est confirmé par le vote des citoyens.

La crainte d'une manipulation des élections n’est pas à écarter; déjà dans des sondages organisés par les médias publics, on constate des décalages étranges, difficilement explicables par la raison. Il faut rester vigilant face à la fraude. Car les «bons» (auto-proclamés) n’hésitent plus devant aucune audace pour garantir leur carrière, leurs postes et leur argent.

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Trump a dévoilé la faiblesse de l’Union européenne

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Trump a dévoilé la faiblesse de l’Union européenne

Le Canada et le Groenland? Il ne sera même pas nécessaire de les occuper: la souveraineté se termine si l’on ne sait pas la défendre

par Sarmaticus

Source: https://www.barbadillo.it/127756-trump-ha-smascherato-la-...

Le président Trump s’est entretenu le mercredi 4 septembre 2019 avec le Premier ministre bahaméen Hubert Minnis, exprimant ses condoléances pour la perte de vies humaines et les dégâts catastrophiques dans certaines parties des Bahamas. Le président a également confirmé l’engagement des États-Unis à fournir une assistance humanitaire rapide aux populations et communautés affectées des Bahamas.

Donald Trump ne se limite pas à ridiculiser l’UE. Il le fait publiquement. Un théâtre si précis qu’il frise la cruauté, si ce n’est qu’il est mérité. Deux images suffisent : 

- Les “meilleurs” de l’UE, réunis dans la salle ovale, regardent une carte, pendant que Trump fait la prédication, en tant que propriétaire remontant le bretelles de quelques locataires défaillants.

- Trump plante le drapeau américain sur le Canada et le Groenland, non comme une conquête, mais comme une moquerie : une image si brutale qu’elle fait exploser chaque leçon que l’UE a donnée sur la souveraineté au cours de la dernière décennie.

Un continent qui a “externalisé”

Dans le miroir que tend Trump, l’UE se voit enfin: un continent qui a externalisé l’énergie, la défense et la prise de décision, mais qui murmure “droit international”, quand son hypocrisie est dévoilée. L’UE prêchait des valeurs, alors qu’elle vivait du gaz russe, économique et fiable. L’UE adressait force reproches à Moscou, tandis que l’OTAN s’insinuait à l’est, brisant promesse après promesse faite à la Russie. L’UE riait des garanties de sécurité en estimant qu'elles relevaient de la paranoïa, même après l’explosion des gazoducs et le scintillement des lumières déclinantes. Et maintenant ? Maintenant, l’UE découvre que l’impérialisme est moche, mais seulement quand l’échiquier est inversé.

Souverains ? Cela dépend...

Soudain, la souveraineté (dans un certain sens) compte. Soudain, les frontières sont sacrées. Soudain, l’ordre basé sur des règles doit être (doucement) défendu – mais seulement lorsque Washington fait pression, au lieu de Moscou. Voilà ce que l’UE refuse de dire: annexer l’UE n’est pas l’intention de Moscou, c’est la réalité de Davos, avec Washington, qui est complice de la classe politique du “véritable européisme”.

La Russie a demandé une architecture de sécurité juste et indivisible, de Lisbonne à Vladivostok. L’Europe n’a pas fait d’offre alternative. Elle a reporté, cachée derrière les communiqués russophobes de l’OTAN. Puis elle a applaudi les sanctions qu’elle savait qu'elles allaient se retourner contre elle, car il était plus facile de faire du théâtre moral que de faire de la stratégie. 

Les familles face à la misère et l’arrogance des élites

Maintenant, les usines sont presque à l’arrêt. Les familles européennes paient le prix le plus élevé de cette arrogance. Le choc des importations de gaz de l'Allemagne a été brutal: selon les données officielles, le prix moyen à la frontière a augmenté de 224 % en un an, après l’interruption de l’approvisionnement via le gazoduc russe, et les coûts énergétiques industriels de l’UE ont atteint 2 à 4 fois ceux des concurrents mondiaux, paralysant la compétitivité dans le secteur manufacturier lourd.

Nous paierons le double

L’Europe s’est mise en rang pour acheter du GNL américain à des prix exorbitants, en faisant semblant de ne pas savoir qui en bénéficiait, en avalant la facture sans broncher et en la qualifiant de “solidarité”. Puis est venue l’humiliation. Trump a publié un message du chef de l’OTAN, Rutte, un message de gratitude, d’éloges et de soumission. Le chef de l’OTAN est réduit à un courtisan numérique, remerciant l’empereur pour sa discipline.

L’Europe aurait pu choisir l’équilibre, la diplomatie plutôt que le dogme russophobe. Elle aurait pu choisir l’autonomie stratégique plutôt que l’esclavage atlantiste, déguisé en vertu. Trump n’a pas créé la faiblesse de l’UE: il l’a dévoilée. Il ne l’a pas sapée dans sa souveraineté. Il a rappelé à l’UE qu’elle ne l’a plus. L’UE voulait être sainte, elle est maintenant simplement faible. Trump n’a pas brisé le continent, il refuse simplement de le faire passer pour pertinent.

vendredi, 30 janvier 2026

«Nous avons conquis l'Inde!». Curieux monde imaginaire des néo-actionnistes 

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«Nous avons conquis l'Inde!». Curieux monde imaginaire des néo-actionnistes 

Enrico Toselli

Source: https://electomagazine.it/abbiamo-conquistato-lindia-il-c...

Le maître américain n'est plus fiable, entre menaces de droits de douane, guerres et occupations diverses. Il est donc temps de regarder ailleurs. Bon sang, il aurait fallu commencer depuis longtemps, mais on ne peut pas en demander trop aux euro-toxicos de l'UE. Mieux vaut tard que jamais. Mais où chercher? Le Canada s'est tourné vers la Chine, évitant les accords de libre-échange, mais l'idée d'augmenter les échanges commerciaux a suffi à mettre en colère le pirate de Washington: le Canada m'appartient et c'est moi qui le gère.

Bruxelles s'est d'abord tournée vers le Mercosur, avec un accord théoriquement avantageux pour les deux parties, si ce n'est qu'il représente la fin de l'agriculture européenne. Et l'agriculture est le premier élément, fondamental, de la souveraineté. Même si Kallas aura du mal à le comprendre et risque, si elle s'y essaie, d'attraper une méningite carabinée.

Alors, en attendant de surmonter les obstacles posés par la France et le Parlement européen – quelle nuisance, la démocratie... –, l'Europe s'accorde avec l'Inde. Et Linkiesta (qui d'autre ?) se réjouit car c'est un accord qui pénalise la Russie, qui place définitivement New Delhi parmi les grandes démocraties, qui favorisera Israël et, via Suez, donnera plus de travail aux ports italiens.

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Il ne manquait plus qu'un commentaire de Cetto La Qualunque et tout aurait été parfait. Parce que Modi et Poutine ne lisent peut-être pas Linkiesta et viennent de conclure un accord visant à renforcer trois corridors pour le transport de marchandises non seulement entre les deux pays, mais aussi pour accroître les échanges commerciaux dans leurs zones de compétence. La route préférée est celle du nord au sud, qui passe également par l'Iran et réduit considérablement les temps de trajet via Suez. Mais, à terme, l'Inde envisage également de s'appuyer sur la flotte russe pour rejoindre l'Europe via la route arctique. Ce n'est pas vraiment une bonne affaire pour les ports italiens.

Et Modi, qui ne lit pas Linkiesta, s'est également permis d'ignorer les menaces de Trump contre l'Inde pour l'achat de gaz et de pétrole à la Russie. Ce n'est pas un hasard si les euro-toxicos se sont bien gardés de demander à Modi de renoncer à l'énergie fournie à bas prix par Moscou. Cette énergie que l'Europe achète à des prix exorbitants aux États-Unis.

Allemagne: combat pour la constitution

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Allemagne: combat pour la constitution

Werner Olles

Depuis au moins l’époque de l’essai très lucide de Günter Maschke, Die Verschwörung der FLAK-Helfer (= « La conspiration des auxiliaires de la Flak », 1985), nous savons que l’histoire de la République fédérale d’Allemagne est une histoire qui emprunte la pente savonneuse, et que le noyau sacré de sa constitution, sous la forme d’un « patriotisme constitutionnel », a remplacé la nation. Depuis longtemps, la célèbre phrase de Friedrich Ebert de 1919 n’est plus d’actualité: «Et si nous sommes confrontés à la question: ou l'Allemagne ou la Constitution, alors nous ne laisserons pas l’Allemagne sombrer à cause de la Constitution!». 

Cette phrase éclaire la situation dans laquelle « notre démocratie » se trouve aujourd’hui, bien qu'elle l'explique seulement de manière rudimentaire, mais elle porte encore en elle la substance même de l’État, de la souveraineté et de la nation, ainsi que la conscience de la corruption que contient cette conception propre à la RFA et à ses quislings de gouvernants, propre à son establishment corrompu dans tous les domaines, ceux de la politique, des médias et de l’économie, ainsi que propre à leur «société civile» actuelle, qui n’est rien d’autre qu’un peuple mutilé. 

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Mais si la Constitution est réellement la prison dont il faut s’échapper pour enfin retrouver la nation, alors, en conséquence, on doit voir la RFA comme un organe de domination étrangère et déplorer son absence totale de légitimité politique structurelle, y compris de la démocratisation de cette belle décadence, et on doit aussi la voir comme une hydre quasi-totalitaire, dépourvue de conscience, taraudée par un moralisme excessif, et, dans le sens le plus strict du terme, affecté d’un infantilisme et d’une intrinsèque infériorité dépourvue de limites, et, enfin, on doit la soumettre à une critique des plus acerbes et des plus dures. 

Car, en réalité, les Allemands ne peuvent plus rien faire de ce joujou qu’est la Loi fondamentale, que les vainqueurs alliés leur ont généreusement offert, sauf qu'ils l'ont modifiée à de nombreuses reprises au détriment de leur propre peuple. 

La RFA oscille entre idiocratie et démonocratie: elle est prisonnière d’un lien apparemment indissoluble entre simulation démocratique et hypocrisie. La libérer de cette mentalité propre à des « cerveaux de cochon » signifie, pour la droite, de quitter la zone monotone de la supériorité morale, de briser sa propre hybris et sa propre arrogance, et de sortir de ses ghettos, ceux du statu quo bétonné, de la médiocrité, de l’obscurantisme dogmatique, de l’autosatisfaction et de la lâcheté, afin de parachever l’agonie d’une structure qui n’a plus rien à voir ni avec l’Allemagne en tant qu’État ni avec la nation des Allemands. 

La seule raison d’État allemande qui tienne ne peut être que la restitution du Reich allemand, avec toutes ses bonnes traditions. Grâce à une nouvelle loi sur les partis, il faudra garantir que les positions qualifiables de félonnes pour la patrie, telles qu’elles sont actuellement exprimées par les partis du cartel au pouvoir et surtout par les partis d'une gauche rabique, nouvelle loi qui serait édictée dans la démocratie illibérale qu'il faudra bien vite fonder, une démocratie illibérale qui combinera éléments césariens et démocratie directe, pour que les partis foireux ne puissent plus jamais revenir au pouvoir. 

Les peurs àla carthaginoise et les réserves des instances conservatrices sont hors de propos. Au contraire, la droite doit se laisser guider par la « Déclaration de foi » (1812) de Carl von Clausewitz: "Je crois et je déclare que tout peuple ne doit rien respecter davantage que la dignité et la liberté de son existence… et je considère comme des plus nuisibles la fausse sagesse avec laquelle les petits esprits cherchent à fuir le danger, car elle pouvait inspirer la peur et l’effroi !".

mardi, 27 janvier 2026

Mourir pour des idées: une synthèse du suicide européen

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Mourir pour des idées: une synthèse du suicide européen

par Andrea Zhok

Source: https://telegra.ph/Morire-per-delle-idee-una-sintesi-del-...

Il fut un temps où l'Europe Unie était présentée comme:

- un bastion compétitif face aux États-Unis;

- la création d’un organisme supranational doté d’une masse critique capable de s’imposer sur la scène internationale.

Tout cela s’est avéré une farce.

Pourquoi ?

A) Le modèle idéologique:

Lorsque le traité de Maastricht a été élaboré, l’Occident était dominé par la légende de la victoire néolibérale sur l’ours soviétique, et donc le système néolibéral a défini tous les mécanismes juridiques principaux, le rôle de l’industrie publique, les relations avec la finance, selon ce modèle idéologique.

Ce modèle suppose que la liberté d’échange est une substitution idéale à la démocratie (en réalité une amélioration par rapport au mécanisme brut des élections démocratiques) et privilégie le rôle dynamique du grand capital, pour lequel la politique doit jouer un rôle subsidiaire, de facilitateur.

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B) La souveraineté de l’économie financière:

Des théories outrageusement abstraites comme le modèle de Nozick sur la naissance de l’État à partir du libre-échange intéressé ont constitué l’épine dorsale d’un modèle inédit, où l’on imaginait qu’une entité politique (une union politique, un État fédéral, etc.) pourrait émerger comme résultat d’une interaction intense du marché. Le modèle européen est ainsi devenu la première expérience historique (et, vu les résultats, la dernière) où l’on pensait qu’un marché commun (c’est-à-dire un dispositif de compétition mutuelle entre États dans un cadre qui obligeait à la plus grande compétitivité) serait le prélude à une union politique.

Ce qui s’est produit en réalité, comme toujours dans des conditions de marché très concurrentielles sans filtres politiques (sans barrières douanières, sans ajustements monétaires, etc.), c’est qu’il y a eu des gagnants et des perdants, des pays qui ont obtenu des avantages et d’autres dont les ressources ont été vampirisées (l’Italie en fait partie).

L’idée obsolète de gouvernements démocratiques responsables devant les électeurs a été remplacée par celle d’une “gouvernance” comme système de règles pour la gestion économique, menant à l’idée d’une politique gérée par un “pilote automatique”.

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C) La politique du “winner takes all”

Les systèmes financiers sont impersonnels, apolitiques et supranationaux, mais cela ne signifie pas qu’ils n’aient pas de centres de gravité. Le centre de gravité principal du système financier occidental est l’axe New York – Londres, où son bras politique principal a toujours été le gouvernement américain (quel que soit par ailleurs le gouvernement américain).

L’Europe de Maastricht, qui s’est lancée sur la scène internationale selon des règles néolibérales, est fatalement tombée dans l’orbite gravitationnelle des principaux gestionnaires de fonds financiers, incarnés par la politique américaine. Aux États-Unis, la politique de suprématie nationale et de profit financier sont indissociables: c’est la même chose avec de faibles variantes stylistiques. L’Europe de Maastricht est donc revenue intégralement sous l’aile hégémonique des États-Unis, précisément à l’époque où le développement économique d’après-guerre aurait pu permettre une autonomisation.

L’hégémonie des États-Unis depuis les années 90 a été financière, militaire, mais surtout culturelle, détruisant peu à peu toutes les capacités de résistance intérieure en Europe. Sur le plan culturel, les 30 dernières années ont représenté une américanisation idéologique totale de l’Europe, où ont été importés non seulement des produits cinématographiques et des styles musicaux, mais surtout des modèles institutionnels, des modèles de gestion de l’école, de l’université, des services publics, etc.

D) Le suicide géopolitique:

L’hégémonie culturelle a facilité une croissance de l’hégémonie politico-militaire américaine, qui, au lieu de se retirer après les résultats de la Seconde Guerre mondiale, s’est imposée dans une nouvelle dimension géopolitique.

L’Europe (UE) a commencé à soutenir systématiquement toutes les initiatives de restructuration géopolitique américaines, de l’Afghanistan à l’Irak, en passant par la Yougoslavie et la Libye.

Le cadre idéologique – la légende progressiste du système international basé sur les règles et le respect des droits de l’homme – a permis aux politiques américaines d’être acceptées sans résistance par l’opinion publique européenne. La citoyenneté européenne a englouti comme des oies engraissées pendant deux décennies tous les contes américains sur “l’émancipation des peuples opprimés”, “les interventions humanitaires”, “la police internationale”.

Pendant ce temps, alors que nos journaux échangeaient mutuellement des médailles sur notre civilisation et notre enlightenment, (nos "Lumières"), les États-Unis ont rompu toutes les chaînes d’approvisionnement vitales pour l’Europe. Ils ont déstabilisé tous ces producteurs de pétrole du Moyen-Orient qui n’étaient pas déjà vassaux des États-Unis (Arabie Saoudite, EAU, etc.). Ainsi, l’Irak et la Libye ont été transformés de fournisseurs indépendants en amas de ruines où seule la force militaire compte. Avec la naïve fable des droits de l’homme, l’Iran a été placé sous sanctions et isolé également de la possibilité de commercer ses ressources avec l’Europe. Enfin, les provocations répétées à la frontière ukrainienne ont réussi à produire la guerre encore en cours, qui a coupé le principal poumon d’approvisionnement énergétique de l’industrie européenne, la Russie.

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Après avoir éliminé le Moyen-Orient et la Russie, les stratèges européens se sont appuyés à fond sur le GNL américain, faisant perdre dramatiquement en compétitivité l’industrie européenne. Et à ce stade, le pouvoir de négociation européen face aux États-Unis est évidemment nul. Si Trump veut le Groenland, nous lui donnerons le Groenland ; s’il veut le “ius primae noctis”, nous lui donnerons aussi (il lui suffit de couper le GNL pour mettre le continent à genoux).

E) Que faire ?

Une situation aussi compromise est vraiment difficile à récupérer. En fait, l’Union Européenne néolibérale et ses institutions ont scellé le plus grave effondrement historique que l’Europe ait subi dans son histoire, pire même que la Seconde Guerre mondiale, du point de vue du pouvoir comparatif.

La solution théorique, en principe simple (beaucoup moins en pratique), est que l’UE doit fermer boutique, afficher “faillite” et devenir une page sombre dans les livres d’histoire (restera alors la question technique de ce qu’on fait de l’euro).

À la place de l’UE, doivent naître immédiatement des alliances stratégiques entre États européens aux intérêts communs.

Tous les canaux diplomatiques et économiques doivent être rouvert immédiatement avec tous les pays que le soft power américain nous a présentés comme des monstres repoussants : Russie, Chine, Iran.

C’est seulement par cette voie que l’encerclement américain de l’Europe (et du reste du monde) pourra être brisé.

C’est seulement ainsi que l’Europe pourra ouvrir un avenir pour les prochaines générations.

Évidemment, dans l’atmosphère culturelle entretenue depuis des décennies, une telle perspective ne peut que rencontrer une résistance farouche. Et si tel est le cas, une fois de plus, l’Europe se sera sacrifiée pour des idées (stupides).

Mais, contrairement à la chanson de Georges Brassens, cette fois-ci, nous mourrons pour des idées, mais pas d’une mort lente.

Le plus grand problème de l'Europe est peut-être son incapacité à distinguer amis et ennemis

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Le plus grand problème de l'Europe est peut-être son incapacité à distinguer amis et ennemis

par Giulio Chinappi

Source: https://telegra.ph/Il-problema-pi%C3%B9-grande-dellEuropa...

Qui aurait jamais imaginé qu’un conflit, inédit depuis des générations entre les États-Unis et l’Europe, finirait par éclater, avec le Groenland comme épicentre de cette tempête géopolitique?

Dimanche, heure locale, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré sans détour:  je crois que les Européens finiront par comprendre que le meilleur résultat sera que les États-Unis maintiennent ou reprennent le contrôle du Groenland». Le même jour, les ambassadeurs des 27 pays de l’UE se sont réunis à Bruxelles, évaluant l’imposition de droits de douane pour 93 milliards d’euros (108 milliards de dollars) ou des restrictions d’accès pour les entreprises américaines au marché de l'Union. Un jour plus tôt, les États-Unis avaient annoncé qu’ils appliqueraient une nouvelle taxe de 10% au Danemark et à sept autres pays européens à partir du 1er février, jusqu’à ce qu’un accord pour l’achat complet et total du Groenland soit conclu.

En apparence, la dernière réponse européenne semble indiquer qu’enfin, l’Europe pourrait passer de la défense passive à la riposte active. Cependant, la réalité est beaucoup plus complexe. Les droits de douane de 93 milliards d’euros en représailles n’ont pas encore été appliqués. Certains responsables ont noté que cette mesure, ainsi que le soi-disant instrument d'anti-coercition (Anti-Coercition Instrument, ACI), qui peut limiter l’accès des entreprises américaines au marché intérieur de l’UE, «est en cours d’élaboration pour donner aux dirigeants européens un levier dans les négociations cruciales avec le président des États-Unis lors du Forum économique mondial de Davos cette semaine». Mais, selon les rapports, ils attendront jusqu’au 1er février pour voir si Washington donnera suite à la menace tarifaire, avant de décider d’adopter des contre-mesures.

De plus, peu après l’annonce des droits de douane américains, l’équipe de reconnaissance allemande composée de 15 personnes a brusquement interrompu sa participation à l’Opération Arctic Endurance, un exercice militaire au Groenland dirigé par le Danemark pour 2026, et a quitté l’île arctique. Auparavant, sept pays européens, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède, la France, la Norvège, les Pays-Bas et la Finlande, avaient déployé au total 37 militaires au Groenland. Au moment de la publication, Berlin n’a fourni aucune explication publique pour ce retrait, bien que les analystes l’attribuent largement à la pression tarifaire.

Les États-Unis ont transformé la plaisanterie sur l’«achat du Groenland» en une pression concrète et sérieuse, probablement parce qu’ils ont jugé à juste titre que l’Europe ne réagirait pas de manière énergique. Pendant des années, l’Europe a mal interprété ses propres opportunités de développement ainsi que les changements qui s'opéraient dans le paysage mondial, devenant excessivement dépendante de liens profonds avec les États-Unis et remettant à plus tard, sine die, la coopération avec des partenaires plus vastes, y compris la Chine et la Russie. En conséquence, l’Europe est devenue de plus en plus vulnérable au harcèlement américain, facilement pressurable et manipulable, avec une capacité de riposte limitée.

Par exemple, après l’éclatement du conflit entre la Russie et l’Ukraine, l’Europe a cessé, de manière tranchée, ses approvisionnements en gaz en provenance de Russie, sans faire montre de beaucoup de sagesse politique ou de capacité à évaluer les conséquences concrètes d'une telle décision, pour ensuite se retrouver à faire face à d’énormes coûts économiques et sociaux. Le même schéma s’applique à la Chine. Autrefois florissante grâce à la coopération économique, les relations entre la Chine et l’Europe ont changé lorsque l’Europe a suivi la ligne américaine, en regardant la Chine à travers un prisme idéologique plutôt que comme un partenaire pragmatique.

Dans ses relations avec les États-Unis, l’Europe choisit souvent le compromis, allant jusqu’à l’acquiescement. Lors de la guerre commerciale, l’Europe a pratiquement capitulé sans se battre, ce qui pourrait avoir ouvert la voie aux États-Unis qui peuvent, dès lors, viser ouvertement l'annexion d'une portion du territoire européen.

«Qui sont nos ennemis? Qui sont nos amis?»: c’est là une question de première importance pour toute révolution nécessaire, une phrase bien connue et familière à la majorité des Chinois. Aujourd’hui, apparemment, l’Europe a besoin de cette sagesse. Dans les relations internationales, il n’y a ni amis ni ennemis permanents: l’Europe doit donc faire face à la situation avec réalisme et lucidité.

L’Europe a longtemps cru que les États-Unis étaient ses amis, mais les États-Unis voient-ils l’Europe de la même façon?

Malgré la présence de bases militaires américaines au Groenland et des preuves qui réfutent les affirmations sur la présence de navires de guerre russes et chinois dans la région, les États-Unis auraient pu obtenir facilement ce qu’ils veulent, qu’il s’agisse de ressources minérales ou de routes maritimes arctiques, en renforçant leurs liens militaires avec le Groenland. Cependant, cette fois, Washington s'exprime clairement sur un point: les Américains ne recherchent plus seulement la coopération mais exigent la souveraineté pleine et entière sur le Groenland. Et ils estiment que l’Europe n'opposera probablement que peu de résistance sérieuse.

L’escalade des actions et de la rhétorique américaines montre au monde que, pour les États-Unis, le Groenland est une priorité incontournable. La vraie question est maintenant de savoir si l’Europe pourra faire comprendre à Washington qu’elle est, elle aussi, déterminée à défendre la souveraineté territoriale de ses États membres souverains.

lundi, 26 janvier 2026

Cinq raisons pour lesquelles la droite allemande doit se détourner du culte MAGA - Ainsi que toutes les droites et les gauches européennes...

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Cinq raisons pour lesquelles la droite allemande doit se détourner du culte MAGA

Ainsi que toutes les droites et les gauches européennes...

par Bruno Wolters

Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/fuenf-gruende-wa...

Le culte qui s'est créé autour du mouvement « MAGA » révèle, chez une partie de la droite allemande, moins une force qu’une dépendance stratégique, et menace de subordonner les intérêts européens à des jeux de pouvoir étrangers. Bruno Wolters met en garde contre le fait que la souveraineté politique ne peut naître que lorsque l’on maintient une distance vis-à-vis des cycles d’excitation médiatiques lancés par les services américains.

Il y a des moments où la proximité politique ne signifie pas la force mais la dépendance. L’enthousiasme actuel pour le fatras idéologique du mouvement MAGA chez une large partie de la droite européenne – en particulier en Allemagne – l'atteste. Ce qui a commencé comme une sympathie tactique s’est, dans certains cas, transformé en une soumission mentale.

L’une des tentations classiques des mouvements politiques est de considérer les succès étrangers comme des succès à soi. La fixation d’une partie de la droite allemande sur Donald Trump et le milieu MAGA est l’expression exacte de cette tentation: on projette ses propres désirs, conflits non résolus et blocages stratégiques sur un acteur étranger, en oubliant que ses actions ne sont ni destinées ni adaptées à l’Europe.

Ce n’est pas seulement imprudent sur le plan politique mais aussi stratégiquement dangereux – surtout maintenant que le président américain et ses conseillers veulent, après le Venezuela, aussi contrôler le Groenland. Il s’agit ici d'un territoire danois, donc de l'espace souverain d’un partenaire de l’OTAN, qui s’est montré au fil des décennies comme l’un des alliés américains les plus loyaux.

Conséquence: selon certains médias, Trump aurait ordonné à ses militaires d’élaborer des plans offensifs, tandis que les généraux tenteraient de le distraire en abordant d’autres sujets. La cupidité de Trump pour le Groenland ne doit pas nous apaiser – et que se passerait-il s’il déclarait que les bases américaines en Europe, comme Ramstein, deviendraient toutes territoire américain? Avec l’instabilité de Trump, tout doit être envisagé. Cela signifie que la droite allemande et européenne doit suivre une voie différente de celle du mouvement MAGA.

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1. Le piège canadien: quand la souveraineté nationale devient soudain réalité

Au Canada, jusqu’à peu près avant les élections de l’été 2025, une victoire claire des conservateurs sur les libéraux au pouvoir était attendue, jusqu’à ce que Trump, avec ses fantasmes d’annexion ("51ème État") et ses taxes punitives, ne bouleverse la rhétorique de la campagne. Début 2025, selon des études, les conservateurs avaient près de 30 points de pourcentage d’avance sur leurs rivaux de gauche et libéraux. Mais ce qui a suivi n’a pas été une révolte de gauche ou une campagne morale, mais une réaction souverainiste des électeurs. Les sondages montraient que la majorité des Canadiens percevaient ces débordements comme une attaque contre leur souveraineté nationale, tandis que, contre toute attente, les supporters conservateurs de Trump au Canada étaient soudain considérés comme des collaborateurs potentiels du futur ennemi américain. Le parti conservateur, proche de Trump, a ainsi perdu son avantage.

C’est ici que cet exemple canadien devrait servir d'avertisseur pour la droite allemande. S’attacher de manière démonstrative à un président américain dont la rhétorique remet en question la souveraineté d’autres pays, voire la sienne propre, envoie un message à son propre peuple et lui dit que le destin de la nation dépend finalement des caprices d’un autre continent. Les sondages sur le gouvernement Trump montrent à quel point sa personne est polarisante: les républicains l’aiment, les démocrates le détestent, et les indépendants sont divisés. Pour la droite et la mouvance conservatrice allemandes, cela signifie: s’accrocher à une figure aussi divisive consiste aussi à importer une telle division en Europe, sans toutefois posséder les moyens de puissance correspondants.

Une dépendance trop étroite à l'endroit du mouvement MAGA comporte le danger d’être perçu non pas comme une force nationale indépendante mais comme une formation qui importe des conflits étrangers. Le message des électeurs canadiens est clair: faire de son pays un appendice des projets d'une puissance étrangère, c’est perdre sa légitimité. Nous, Européens, ne devons pas faire cette erreur à notre tour.

2. La souveraineté mentale comme condition d’efficacité politique

Trump et son mouvement MAGA mènent une politique selon le modèle de l'«escroquerie populiste de droite»: d’abord, la colère populaire contre l’immigration, le terrorisme et la désindustrialisation est attisée. Ensuite, les populistes de droite sont élus, qui font beaucoup de bruit, puis agissent de manière perturbatrice en politique étrangère en étant principalement au service des intérêts de l’élite politique et économique, sans changer fondamentalement la situation intérieure. Finalement, ils sont houspillés hors des allées du pouvoir, la gauche reprend alors celui-ci, aggravant la situation – et le cycle recommence. Ce mécanisme s’applique désormais au mouvement MAGA, presque comme un cas suggéré par un manuel. En Europe, on a aussi pu voir ce modèle dans le gouvernement de Wilders aux Pays-Bas.

Après un peu plus d’un an au pouvoir, l’administration MAGA semble politiquement épuisée: le bilan de la rémigration promise et annoncée est à peu près le même que celui des gouvernements démocratiques précédents, les chiffres des expulsions réelles restent dans la moyenne, tandis que des "expulsions spectaculaires" et symboliques sont médiatisées. L'inflation, la migration massive et les ruptures sociales ne sont pas résolues, voire empirent – et les premières analyses économiques indiquent que la politique douanière a détruit plus d’emplois qu’elle n'en a créés. Beaucoup de promesses et d'annonces n’ont pas été concrétisées jusqu’à présent. Trump s’en démarque même.

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Cela signifie que MAGA remplit exactement la fonction systémique esquissée par l'effet «scam»: la colère populaire est canalisée, transformée en une politique de type affectif et en une mise en scène médiatique, mais pas en réformes structurelles véritables. Le système d’immigration reste essentiellement inchangé, les structures de soutien au combat anti-blancs ne sont pas remises en question, et l’administration libérale reste intacte. Pour la droite allemande, c’est une leçon: s’aligner sur un populisme de droite de ce type, c’est adopter un mécanisme qui génère de l’indignation pour la neutraliser politiquement.

Car l’Europe ne deviendra pas une grande puissance ou une puissance spatiale tant qu’elle restera mentalement dans la zone d’avant-garde des États-Unis. Cela concerne non seulement les gouvernements, mais aussi l’opposition. Un mouvement de droite qui tire son énergie politique des batailles culturelles américaines, des cycles électoraux et des rituels d’indignation made in USA, ne pense pas souverainement, mais réactivement: pure agitation sans effets réels.

Les études sur le soutien à Trump illustrent ce problème précis. MAGA n’est pas un projet qui intègre la nation, mais un phénomène de constitution de camps fortement polarisés. Même aux États-Unis, le mouvement MAGA ne subsiste que de manière fragmentaire. Le rejet massif par les indépendants, la division selon des lignes culturelles et sociales, ainsi que la diminution du soutien en dehors de la base dure, ne parlent pas en faveur d’un modèle à exporter.

La souveraineté mentale consiste à analyser la réalité politique de manière objective, plutôt que de s’enivrer d’images où force et dureté sont obscènement mises en exergue. Ceux qui réagissent constamment aux signaux venus d'Amérique perdent de vue leurs propres nécessités stratégiques.

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3. Les intérêts des États-Unis ne sont pas les nôtres – et ne l’ont jamais été

L’une des erreurs les plus tenaces de la droite européenne est de supposer qu’un président «de droite» aux États-Unis serait un allié naturel. Cependant, cette supposition ignore des faits fondamentaux d’ordre géopolitique. Les États-Unis agissent comme un empire – indépendamment de celui qui siège à la Maison Blanche. Leurs intérêts sont structuraux et idéologiques.

Les États-Unis poursuivent – indépendamment de leur administration – la stabilisation de leur empire. Un sondage sur une intervention militaire américaine montre qu’au sein même de la population américaine, un équilibre existe entre les réponses «opposition», «soutien» et «indécision», alors que les camps politiques s’opposent. Mais que l’on lise 47% de rejet ou 33% d’approbation: pour Washington, ce qui compte, c’est que la machine de la politique étrangère continue de fonctionner, peu importe si l’Europe en bénéficie.

Mais: le conflit imminent avec la Chine est perçu par Washington comme existentiel. Pour l’Europe, la Chine est principalement un partenaire économique, moins une menace géopolitique ou idéologique. Pour l’Allemagne, la coopération avec la Chine est cruciale pour l’industrie et l’exportation. Une politique ignorant cette réalité nuit à ses propres bases.

Il en va de même pour la question énergétique. La dépendance croissante de l’approvisionnement énergétique européen à des intérêts américains crée de nouvelles dépendances. L’énergie devient un levier de pression politique – même sur les alliés. Ceux qui pensent pouvoir désamorcer cela par proximité idéologique se méprennent sur la logique de la politique de puissance.

L’Europe a d’autres intérêts fondamentaux: la coopération économique avec de nombreux autres pays, une fourniture d’énergie stable et l’évitement de guerres d’intervention coûteuses qui génèrent des flux migratoires. Si la droite allemande se laisse entraîner dans «les combats à mort» qui agitent l’imperium américain – cela va du changement de régime réclamé en Iran à la surveillance des champs pétrolifères vénézuéliens –, elle adopte un agenda qui déstabilise ses propres sociétés.

Ajoutez à cela la question énergétique et monétaire: avec la perte progressive du pouvoir du dollar américain, l’incitation pour Washington d’exercer une pression politique via des ressources énergétiques et des régimes de sanctions s’accroît. Une dépendance durable de l’approvisionnement énergétique allemand aux diktats américains signifierait que toute politique indépendante envers la Russie ou la Chine pourrait être indirectement sanctionnée. Ceux qui brandissent dans de telles conditions des drapeaux MAGA contribuent involontairement à fixer la République fédérale comme avant-poste industriel d’une grande puissance étrangère. Qui exige la souveraineté doit d’abord la penser. Et ceux qui prennent au sérieux l’indépendance européenne ne peuvent plus se laisser lier aux cycles d’excitation propagés par un empire étranger.

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4. Dommages à la réputation: la menace MAGA comme hypothèque stratégique

Un problème central de la gouvernance MAGA actuelle réside moins dans ses échecs ouverts dans certains domaines politiques que dans la manière dont le pouvoir est désormais exercé de manière démonstrative: non comme une puissance étatique, mais comme un réseau personnel. Non plus comme un projet politique, mais comme un réseau familial et économique.

Ce que l’on observe actuellement aux États-Unis, ce n’est pas une renaissance nationale, mais un affaiblissement rapide des intérêts politiques qui y sont liés. L’entourage immédiat de Trump agit de plus en plus comme une structure parallèle d’entrepreneurs: projets cryptographiques non ironiques avec un caractère évident de scam, construction de marques personnelles utilisant la proximité politique, accès privilégié pour les grands donateurs et les oligarques technologiques, qui ne jouent plus le rôle d’alliés mais de co-gouvernants.

Ce n’est pas un argument moral mais un argument qui doit évoquer la réputation. Ceux qui se lient de manière démonstrative au mouvement MAGA ne s’attachent pas à «l’Amérique» ou à une transformation de l’État dans un sens idéologiquement conservateur, mais à un milieu de plus en plus étroit d’intérêts familiaux, de capital-risque, de monopoles technologiques et de patronage politique. La frontière entre pouvoir politique et avantage privé n’est plus dissimulée mais ostentatoirement acceptée.

Plutôt que d’être perçue comme une contre-force souveraine, une telle alliance, étiquetée nationaliste, populiste ou conservatrice, risque d’apparaître comme la branche provinciale d’un milieu oligarchique américain. Non comme une force sérieuse avec ses propres réponses mais comme spectatrice enthousiaste de jeux de pouvoir étrangers. Cela nuit non seulement à la crédibilité, mais aussi à toute stratégie à long terme.

Précisément parce que la confiance dans les institutions politiques s’effrite, la crédibilité devient la ressource la plus rare de toute opposition. Toute proximité visible avec un réseau de fraude cryptographique, de deals d’oligarques et de patronage familial affaiblit cette ressource – non seulement auprès des opposants mais aussi auprès des électeurs potentiels qui espèrent restaurer l’ordre, la transparence et la justice sociale. Une droite européenne souveraine doit donc maintenir ses distances: aussi bien vis-à-vis du culte MAGA en tant que figure cultuelle que vis-à-vis des réseaux environnants d’argent, de glamour et de spectacles numériques.

5. Solutions propres – la droite multipolaire plutôt que l’importation MAGA

Pour la droite européenne, un rare créneau temporel s’ouvre actuellement: celui de la possibilité de maintenir une distance dans la dignité. Ceux qui abandonnent maintenant leurs illusions gagnent du temps pour la théorie, l’organisation et la construction stratégique. Ceux qui persistent dans le culte du mouvement MAGA risquent une perte massive de crédibilité. Il est temps de formuler une stratégie européenne indépendante qui associe rémigration, souveraineté et rationalité économique, sans s’attacher aux cycles de la politique intérieure américaine.

De plus, l’usure intérieure du camp MAGA est manifeste: le «tournant» promis n’a pas eu lieu, des scandales majeurs n’ont pas été élucidés, et économiquement, ce sont surtout les grands donateurs, les réseaux néocon et l’entourage familial immédiat de la direction qui ont profité. La collusion apparente avec le grand capital et les intérêts lobbyistes n’est même plus dissimulée mais célébrée comme une expression de «puissance». Le prix en est la déconnexion avec les électeurs qui rêvent d’une véritable renaissance sociale ou nationale.

Le danger est réel que des acteurs américains tentent d’utiliser le populisme de droite européen comme le vecteur d'une vassalisation renouvelée. La dépendance énergétique, les exigences de loyauté géopolitique et la pression économique en seraient les conséquences. La démocratie chrétienne classique est aujourd'hui épuisée – une nouvelle mouvance porteuse doit être trouvée.

Une stratégie européenne indépendante devrait, en revanche, être sobre et orientée par ses propres intérêts. Elle n’éviterait pas des questions difficiles telles: la relation avec la Russie, la coopération économique avec la Chine, le rejet d’une politique extérieure uniquement basée sur le moralisme niais au profit de calculs politiques réalistes. Une démarcation consciente par rapport aux luttes simulées et mimétiques, le tout au profit d’une conquête silencieuse mais résolue des institutions nationales, voilà ce qui serait nécessaire.

Conclusion: contre le fallacieux populisme de droite

Le populisme de droite d’aujourd’hui n’a pas disparu mais s’est adapté. Il utilise un langage, des codes et des affects de droite sans en réaliser les objectifs. Il canalise l’énergie de la protestation, la neutralise, puis la ramène dans le système existant de façon contrôlée. Ceux qui veulent un changement réel doivent apprendre à reconnaître aussi le populisme de droite comme une impasse potentielle. MAGA en est l’exemple le plus visible. Pour la droite allemande, ce serait un signe de maturité de tourner froidement la page de ce culte – non pas par anti-américanisme, mais par simple conscience que les peuples qui ne se représentent pas eux-mêmes sont gérés par d’autres.

La droite allemande doit faire un choix : continuer à agir dans l’ombre de puissances étrangères – ou agir enfin de manière indépendante. La souveraineté n’est pas une pose. C’est une séparation délibérée.

À propos de l’auteur: Qui est Bruno Wolters?

Bruno Wolters est né en 1994 en Allemagne et a étudié la philosophie et l’histoire dans le nord de l’Allemagne. Depuis 2022, Wolters est rédacteur de la revue Freilich. Ses domaines d’intérêt sont l’histoire des idées et la philosophie politique.

Pourquoi la politique allemande est-elle si faible sur le plan stratégique?

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Pourquoi la politique allemande est-elle si faible sur le plan stratégique?

Markus G. Bußmann, MBA

Source: https://www.linkedin.com/in/markusgbussmann/

C'est simple. Parce que la politique allemande est systématiquement conçue pour sa propre gestion, et non pour une stratégie bien précise. Il ne s'agit pas de l'échec personnel de certains politiciens mais d'un défaut de conception conforme à la norme DIN.

Voici 7 raisons qui expliquent pourquoi nous semblons si dépassés et pourquoi cette situation devrait perdurer:

1. La gestion plutôt que la pensée stratégique

L'Allemagne se considère comme le gardien moral du monde. Or, toute stratégie cohérente exige de penser explicitement en termes de pouvoir, d'intérêts et de conflits. À Berlin, on considère cela comme indécent. On préfère réagir "correctement" mais toujours trop tard. L'État fonctionne comme un service d'urbanisme obstiné avec une perception extérieure déplorable.

2. Les coalitions tuent la vision à long terme

Les cycles de quatre ans et les calculs cogités par toute coalition conduisent à une politique basée sur le principe suivant: ce qui ne suscite pas de controverse aujourd'hui est déjà stratégique.

Les grandes lignes ne survivent pas aux négociations de la coalition en cours. Elles sont édulcorées jusqu'à ce que plus personne ne s'y oppose, mais que plus personne ne les soutienne non plus. Nous avons affaire à un ragoût consensuel au lieu d'un changement de cap.

3. Le consensus comme substitut à la décision

En Allemagne, le consensus est considéré comme une catégorie morale. Mais la stratégie a besoin de dissensions et de priorités. Celui qui veut tout prendre en compte ne donne la priorité à rien. Celui qui ne donne la priorité à rien se voit imposer des priorités par d'autres.

4. Forte domination des juristes et de l'administration

L'élite allemande raisonne en termes de :

- compétences

- procédures

- risques constitutionnels

Et non en termes de :

- scénarios

- changements de pouvoir

- dépendances

Le droit remplace la réalité. D'un point de vue juridique, cela semble correct, conforme, à première vue, mais c'est complètement irréaliste.

5. L'économie est considérée à tort comme un secteur qui fonctionne tout seul

Pendant des décennies, on a cru que la puissance industrielle était une loi naturelle en Allemagne. Donc:

- pas de programme de recherche ambitieux

- pas de stratégie technologique

- pas de culture startup

Lorsque d'autres États ont commencé à subventionner, protéger et orienter stratégiquement, l'Allemagne a déclaré que c'était incorrect, puis qu'il n'y avait pas d'autre alternative.

6. Un frein historique

Après 1945, un profond malaise s'est développé à l'égard de tout ce qui ressemble à l'intérêt national. C'est compréhensible, mais cela a des conséquences :

- les intérêts sont dissimulés sous des considérations morales

- les questions de pouvoir sont externalisées

- le leadership est délégué à des règles

Les règles sont une bonne chose. Mais elles ne dirigent pas les pays.

7. Une politique sans prix à payer pour les erreurs

Les erreurs stratégiques n'ont pratiquement aucune conséquence sur les personnes dans ce pays. In fine, personne n'est responsable. Et personne ne démissionne à cause d'erreurs

- de dépendances

- de prévisions

- d'attentes en matière de risques

Sans responsabilité, pas de stratégie. La politique allemande n'est ni stupide ni incompétente. Elle est simplement optimisée structurellement pour la stabilité, et non pour un véritable changement. Cela fonctionne très bien en période calme.

Dans un monde marqué par la rivalité entre Xi, Poutine et Trump, par les guerres technologiques et la formation de blocs, cela revient à participer à une course automobile en respectant parfaitement le code de la route. Et ensuite, le conducteur vertueux demande avec un grand sérieux pourquoi les autres ont un comportement inconsidéré.

samedi, 24 janvier 2026

Magistrale transition verte: l’Europe privilégie les dépenses militaires plutôt que les valeurs environnementales

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Magistrale transition verte: l’Europe privilégie les dépenses militaires plutôt que les valeurs environnementales

Markku Siira

Source: https://substack.com/inbox/post/185439014?publication_id=...

Fabio Vighi analyse pourquoi l’agenda sécuritaire et militaire excessif de l’Europe n’est pas seulement une réaction aux opérations militaires de la Russie en Ukraine. Bien que ce récit soit présenté comme une explication émotionnelle et politiquement pratique, il masque un problème structurel plus profond du système capitaliste.

L’Europe oriente désormais sa capacité limitée d’emprunt vers le secteur militaire, loin de la transition écologique, secteur militaire où la demande garantie compense la faiblesse de la compétitivité. Selon Vighi, il ne s’agit pas simplement d’une réévaluation des priorités, mais d’une réponse désespérée à un problème que les politiciens n’osent pas reconnaître: le maintien du capitalisme ne repose plus sur un emploi productif.

Les avancées technologiques, de la microélectronique à l’intelligence artificielle, ont progressivement réduit la rôle du travail humain dans la production de biens et creusé le fossé entre les dettes financières croissantes — bulles — et la réalité sociale fragile. Ce problème n’est pas résolu, mais géré avec les mêmes moyens qui l’ont créé: en gonflant le financement, en élargissant le crédit, par des interventions étatiques et par la montée des dépenses militaires.

Vighi a observé que la transition « de la troisième guerre mondiale gonflée par la crise du coronavirus » à la menace russe en 2022 s’est faite de manière fluide. Une situation d’urgence a remplacé une autre sans rupture dans la logique politique ou la gestion économique. Ce n’était pas la nature de la menace qui importait, mais sa fonction: elle légitimait une impressionnante création monétaire pour sauver à court terme les marchés financiers.

Selon l'analyste italien, le récent plan de soutien de 90 milliards d’euros de l’UE pour les besoins militaires en Ukraine suit la même logique. La prolongation de l’état d’urgence géopolitique est transformée en un nouvel instrument de levée de dettes et de financements d’urgence.

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Vighi décrit l'European Green Deal comme une opération brillante pour canaliser la logique de gestion de crise du capitalisme dans un projet économique présenté comme moralement supérieur. Il ne s’agissait pas tant de mesures réelles pour lutter contre le changement climatique que d’un ingénieux levier de financement, emballé comme une opportunité verte pour l’industrie.

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Grâce à NextGenerationEU et aux obligations vertes de l’UE, l’objectif était de mobiliser la dette publique pour attirer le capital privé ESG. Bien que l’objectif nominal fût la modernisation de l’industrie au nom de la neutralité carbone, en réalité, il s’agissait d’un mécanisme d’urgence destiné à retarder temporairement l’effondrement structurel du capital financier.

L’industrie automobile, les batteries, la mobilité propre et les énergies renouvelables forment selon Vighi la colonne vertébrale de cette transition. Mais ces investissements sont désormais sous forte pression. La plus visible est dans l’industrie automobile, le pilier à long terme de l’industrie européenne. Les constructeurs européens peinent à passer aux véhicules électriques en raison des coûts élevés et des désavantages structurels.

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Les fabricants chinois ont l’avantage: un soutien massif de l’État et une quasi-position monopolistique sur les matières premières critiques permettent de produire des voitures électriques moins chères et souvent technologiquement supérieures. Le programme de transition verte a été financé selon Vighi en partant du principe que les entreprises européennes domineraient les segments de marché à forte marge — c’est-à-dire en vendant les modèles les plus rentables et technologiquement avancés. Lorsque cette hypothèse s’est effondrée, la « discipline du capital » est revenue, et les investisseurs privés se sont retirés.

C’est précisément à ce stade que Vighi voit la rhétorique sécuritaire remonter au premier plan. La « verdeur » écologique cède la place au vert militaire: on passe des voitures électriques aux chars de combat. Selon l’analyse de Vighi, les dépenses militaires offrent une demande sûre, une protection contre la compétition mondiale et un récit moral qui rend politiquement impossible de résister aux coûts.

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Contrairement aux voitures électriques, les systèmes d’armes européens ne font pas face à une concurrence chinoise. La réussite se mesure ici en dissuasion, non en profits de marché. L’industrie de l’armement est historiquement — comme le montrent les guerres mondiales du 20ème siècle — exceptionnellement compatible avec une économie basée sur la dette et la consommation.

Selon Vighi, les dépenses militaires consomment du capital sans augmenter la capacité productive de la société. C’est pourquoi la production militaire s’intègre parfaitement dans une économie de consommation financée par la dette, et l’armement justifie l’augmentation de la masse monétaire, au bénéfice du secteur financier. C’est un paradigme de «fausse accumulation»: l’argent circule sans créer de nouvelle valeur, uniquement pour prolonger la durée de vie du système.

Vighi rappelle que la politique environnementale et sécuritaire est présentée comme un choix, mais qu’en réalité, elles sont façonnées par les impératifs de la politique économique. Le Green Deal n’a pas été totalement rejeté, il a simplement été dévalorisé: le discours climatique continue, mais la menace géopolitique oriente désormais les flux de capitaux. L’investissement ESG, axé sur l’environnement, se révèle un cynique mécanisme de redistribution du capital.

Ce changement approfondit la soumission de l’Europe aux États-Unis. L’UE imite le modèle américain sans la même puissance industrielle ni la même capacité financière. La dette publique américaine dépasse 38.000 milliards de dollars, et la Réserve fédérale a relancé une phase d’assouplissement quantitatif inflationniste — achats massifs d’obligations pour créer de la nouvelle monnaie afin de relancer l’économie et maintenir la bulle de dettes.

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L’Europe est en voie de récession, accélérée par le rejet brutal de l’énergie russe et du partenariat euro-asiatique. La guerre en Ukraine et le sabotage du réseau gazier ont, comme Vighi le met en évidence, « réalisé l’objectif stratégique des États-Unis de couper la dépendance de l’Europe à l’énergie russe ». Cette action a déplacé la pression sur le financement, passant du profond objectif de neutralité carbone à l’industrie de l’armement. Selon son analyse, « la militarisation européenne s’inscrit dans un système de dettes centré sur le dollar. »

Vighi prévoit que la militarisation occidentale ne fera que s’accélérer : le président Donald Trump a déjà demandé d’augmenter le budget militaire américain à près de 1,5 billion de dollars — un choc économique exceptionnel, probablement financé à nouveau par une loi d’urgence nationale justifiée par la sécurité nationale.

Son analyse aboutit à une conclusion révélatrice: la transition verte de l’Europe semblait politiquement réalisable uniquement tant qu’elle semblait augmenter la compétitivité. La course aux armements est une extension plus naturelle du capitalisme de crise — et peut-être a toujours été sa conséquence inévitable.

De manière plus générale, le système suit aveuglément ses impératifs internes, tout en sapant ses propres bases. Le progrès technologique détruit la société basée sur le travail, qui est aujourd’hui définie par une urgence perpétuelle, de plus en plus anti-libérale.

Dans cette optique, ce que les dirigeants européens qualifient de guerre hybride n’est pas une crise passagère. Selon Vighi, c’est «un état généralisé et permanent du capitalisme financier — une façon de mobiliser la dette qui prépare la population aux conflits, tout en normalisant la répression et la surveillance».

La priorité donnée à la politique de sécurité ne traduit pas une prise de conscience stratégique, mais n’est qu'«une rhétorique de la récession, qui entraîne la fuite inévitable du système vers sa propre autodestruction».

Dans cette perspective, la transition verte n’était pas un projet moral, mais une continuation opérationnelle de la même gestion de crise — une tentative de canaliser la crise dans des promesses d’avenir. Lorsqu’elle a échoué, le système est revenu à une solution plus sûre : la logique éternelle de l’économie de guerre.

mercredi, 21 janvier 2026

Arndt Freytag von Loringhoven, vice-président des services de renseignement allemands (BND): «L’Europe est une colonie numérique des États-Unis»

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Arndt Freytag von Loringhoven, vice-président des services de renseignement allemands (BND): «L’Europe est une colonie numérique des États-Unis»

L’ancien diplomate et agent de renseignement Arndt Freytag von Loringhoven voit la relation avec les États-Unis à un point historiquement bas – et, même, n’exclut pas la fin de l’OTAN.

par Manfred Ulex

Source: https://www.anonymousnews.org/deutschland/bnd-vize-europa...

Arndt Freytag von Loringhoven (photo, ci-dessous) a été vice-président des services de renseignement allemands, soit du Bundesnachrichtendienst (BND) de 2017 à 2020, et auparavant secrétaire général adjoint de l’OTAN pour le renseignement. Dans une interview avec la Berliner Zeitung, il a fait des déclarations remarquables. En regard de la relation transatlantique qui s'est détériorée entre l’Europe, ou l'UE, et les États-Unis, il a déclaré :

« Les relations transatlantiques sont à un point bas sous Donald Trump, il n’y a rien à enjoliver. Trump s’intéresse aux deals et aux affaires, pas à la préservation des valeurs, à la démocratie et au droit international. Dans son monde, les États autoritaires lui semblent souvent plus proches que l’Europe. Conséquence: l’Europe ne peut plus faire confiance aux États-Unis. »

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Il en a déduit que «l’Europe doit devenir plus souveraine» – tout en soulignant qu’elle n’aura plus l’influence mondiale qu’elle avait auparavant. Il réclame notamment que le gouvernement allemand fasse preuve de plus de fermeté – il ne suffit pas de souligner que «la situation est complexe», comme l’a fait le chancelier Friedrich Merz à propos de l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela. La même règle s’applique à Groenland: «Une annexion du Groenland devrait être condamnée comme une violation claire du droit international».

En réponse à la question d’une éventuelle confrontation militaire au sein de l’OTAN sur cette grande île, il a répondu: «Trump veut le Groenland, je le vois de la même façon. Pour l’instant, je n’exclurais rien. Il existe bien sûr aussi l’option que les États-Unis n’iront pas aussi loin pour lancer une action militaire – mais tenteront de renégocier les relations, notamment en matière de sécurité, de ressources et de routes maritimes dans l’Arctique. Il est dans l’intérêt de tout l’Occident que la Russie et la Chine ne comblent pas cette lacune. Tant que cela se fera dans un processus de négociation ordonné et équitable, nous pourrons accompagner cela positivement. Mais une attaque militaire dans le but d’une annexion doit être clairement condamnée par l’Allemagne». Il a souligné :

« Une action militaire d’un partenaire contre un autre, surtout s’il s’agit du plus puissant allié – ici, la différence avec Chypre –, ébranlerait profondément la crédibilité de la promesse de solidarité. L’OTAN ne pourrait alors plus projeter de dissuasion. Même si elle ne se dissout pas formellement, comme cela semble être le cas actuellement, elle perdrait toute pertinence. »

En ce qui concerne Amazon, Google, Apple et autres, von Loringhoven a constaté une dépendance européenne énorme vis-à-vis des États-Unis: «L’Europe est une colonie numérique des États-Unis. Nous sommes devenus dépendants de l’Amérique d’une manière qui nous limite énormément sur le plan sécuritaire. L’Europe doit devenir souveraine – dans le numérique comme dans la défense».

Cela ne sera pas facile, a-t-il également souligné: «C’est évidemment un défi de taille, ce qui signifie: développer ses propres capacités en IA, infrastructures cloud, puces, réseaux – la guerre du futur sera numérique et menée avec des systèmes autonomes. La dépendance aux Américains est particulièrement grande, en plus du nucléaire, dans ce qu’on appelle les ‘strategic enablers’, c’est-à-dire dans la reconnaissance, les capteurs et les transports aériens à grande échelle».

Protéger l’Ukraine pour protéger le Groenland? Sur la logique du document de la DGAP allemande sur la «Doctrine Donroe»

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Protéger l’Ukraine pour protéger le Groenland?

Sur la logique du document de la DGAP allemande sur la «Doctrine Donroe»

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

La Société allemande pour la politique étrangère (DGAP) a publié début 2026 un mémo (https://dgap.org/en/research/publications/donroe-doctrine-requires-firm-calm-response-europe), qui, sous le mot-clé de «Doctrine Donroe», étudie la politique extérieure de la deuxième présidence de Donald Trump.

Ce document mérite l’attention – non pas parce qu’il convainc nécessairement, mais parce qu’il montre de manière exemplaire comment la politique étrangère allemande est actuellement pensée, encadrée et priorisée.

Tout d’abord, voyons l'argumentation du mémo.

L’autrice décrit la politique extérieure de Trump comme une rechute dans une pensée typique du 19ème siècle: nationaliste, imprégnée de christianisme, ouvertement orientée vers la puissance. Le terme «Doctrine Donroe» doit illustrer que Trump réinterprète la doctrine classique de Monroe – qui consiste à protéger l’hémisphère occidental – de façon renouvelée, plus débridée et plus explicite que les gouvernements américains précédents. Trois éléments la caractérisent: d’abord, un mépris ostentatoire pour les normes internationales; ensuite, un «mercantilisme musclé», où les gains économiques sont garantis et sécurisés par la puissance militaire; et enfin, une approche politique reposant expressément sur le court terme, qui relègue la stabilité, les alliances et les effets secondaires au second plan.

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De cette analyse découle une mise en garde sur le plan de la sécurité pour l’Europe – notamment en ce qui concerne le Groenland. Même si une annexion est considérée comme peu probable, la région est interprétée comme un cas-test de la projection de puissance américaine. L’Europe doit donc agir de manière unie, souligner son autonomie et tenter de « faire comprendre » ses intérêts en matière de sécurité aux Américains.

Jusqu’ici, le document reste dans le cadre d’une analyse classique des risques. L'étape décisive intervient cependant ensuite – et c’est précisément là que commence le problème.

En effet, la DGAP conclut que l’Europe – et implicitement l’Allemagne – doit poursuivre résolument et approfondir son soutien à l’Ukraine pour contrer d’éventuelles ambitions expansionnistes américaines. La politique envers l’Ukraine devient ainsi une clé stratégique: preuve de la capacité d’action européenne, signal de fermeté face à Washington, et expression d’un réel sujet politique.

Ce lien stratégique constitue le point névralgique du mémo.

Car c’est ici que différents espaces conflictuels, intérêts et logiques de pouvoir sont connectés de manière fonctionnelle, sans qu’une causalité sécuritaire solide soit établie. Pourquoi des livraisons d’armes et un soutien financier durable à Kiev doivent-ils, en particulier, permettre d’atténuer les ambitions américaines dans l’Atlantique Nord, reste inexpliqué. L'Ukraine n’est pas traitée comme un problème de sécurité autonome, mais comme un instrument symbolique universel de la puissance européenne.

Cela nous amène à la question des intérêts.

Contrairement à certaines critiques, le mémo de la DGAP définit clairement les intérêts européens – et donc aussi les intérêts allemands. Selon lui, ils résident dans le maintien de l’ordre basé sur des règles, dans la cohésion européenne et dans une continuité politique crédible, incarnée principalement par la politique envers l’Ukraine. C’est cohérent – mais extrêmement réducteur.

Car les intérêts allemands ne sont pas formulés comme le résultat d’une priorisation ouverte, mais comme une déduction d’un postulat d’ordre. Divers champs politiques – Arctique, Europe de l’Est, relations transatlantiques – ne sont pas évalués séparément, mais regroupés normativement. Les coûts, risques et alternatives pour l’Allemagne elle-même restent peu analysés : c'est-à-dire les coûts politiques, énergétiques, économiques, fiscaux, sécuritaires.

La politique extérieure apparaît ainsi moins comme un instrument de défense des intérêts de l’État que comme une épreuve de fidélité à l’ordre. Toute déviation ne met pas en danger une position concrète mais toute la crédibilité européenne.

C’est précisément là que réside le danger de telles logiques issues de think tanks. Elles remplacent l’évaluation stratégique par des chaînes d’arguments moralement connotés. Elles relient les conflits, plutôt que de les désolidariser. Et elles définissent la capacité d’agir politique non pas par la réalisation d’objectifs, mais par la continuité d'une attitude.

Conclusion :

Le document de la DGAP est moins une analyse de la politique extérieure américaine qu’un miroir de l’auto-affirmation européenne. Il montre comment les intérêts allemands sont actuellement pensés: fortement liés à l’ordre en place, faiblement priorisés, très symboliques. Mais si l’on veut réellement orienter la politique extérieure allemande selon des intérêts nationaux, il faut précisément commencer ici – et reposer la question à laquelle le mémo répond trop vite :

Qu’est-ce qui sert concrètement l’Allemagne – et qu’est-ce qui sert surtout une certaine vision du monde en matière de politique extérieure ?

mardi, 20 janvier 2026

Joseph Stiglitz et le déclin de l’Europe

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Joseph Stiglitz et le déclin de l’Europe

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/stiglitz-e-il-declino-delleuropa/

Joseph Stiglitz n’utilise pas de périphrases. Il ne tourne pas autour du sujet. Il va droit au cœur de la question.

L’euro a échoué dans sa seule et essentielle mission: favoriser l’unification, politique et économique, de l’Europe.

Et il a échoué parce qu’il a été totalement soumis aux intérêts particuliers des lobbies financiers et des pays individuels, totalement indifférents à l’intérêt commun.

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Au contraire, ils ont agi dans le sens opposé à celui de l’intégration européenne. Ils ont exploité l’euro sans jamais initier un processus d’intégration politique, pourtant nécessaire.

Une évaluation extrêmement sévère. Surtout parce qu’elle ne vient pas d’un quelconque idéologue, mais d’un Prix Nobel d’économie. De plus, d’origine démocratique, avec Keynes comme référence.

Bien sûr, Stiglitz a reçu le Nobel pour la microéconomie.

Mais, avec le temps, il a commencé à s’intéresser de plus en plus aux grands problèmes, économiques certes, mais aussi politiques et sociaux.

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Il est devenu une référence pour tous ceux, notamment en Europe, qui contestent cette union… abstraite. Qui ne tient pas compte des peuples et des hommes réels.

Aujourd’hui, Stiglitz, qui est de formation démocrate, est considéré comme une référence aussi bien par les formations populistes/conservatrices européennes que par la gauche radicale. Autrement dit: par ceux qui ne sont pas du tout satisfaits de cette Europe.

Il n’a pas changé, cependant. Il reste, fondamentalement, un démocrate américain, influencé par la pensée de Keynes. Et totalement éloigné de ceux qui, d’un côté ou de l’autre, voudraient le pousser vers une dérive politique.

Après beaucoup d'errances et de réflexions, Stiglitz en est arrivé à une conclusion:

L’Europe, l’Union européenne, a échoué dans sa mission. Et trahi son destin.

Il ne reste donc que deux options.

La première est très improbable. Pour ne pas dire impossible. Réformer radicalement l’Union européenne. Lui donner une autre forme. Faire de l’euro un instrument d’unification politique.

Ce qui est empêché par la volonté des pays européens eux-mêmes. Trop liés à leurs intérêts particuliers. Un petit commerce fermé.

Surtout celle de l’Allemagne et des pays du Nord. Qui ne veulent pas la croissance économique et politique du Sud, des pays en développement.

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Et donc, à défaut de cette option, il ne reste que l’autre:

Renoncer à l’euro. Mettre fin à l’expérience de la monnaie commune. Qui s’est révélée pire qu’un échec. Qui s'est révélée néfaste.

Cette décision, selon Stiglitz, n’est ni facile ni indolore. Mais elle est possible, car l’euro n’a que vingt ans. Peu, mais suffisamment pour en constater l’échec.

Il faut donc mettre fin à cette expérience négative. En payant, certes, un prix élevé. Mais moins coûteux et douloureux que de continuer sur une voie erronée.

Abandonner l’euro, donc. Et repartir à zéro.

Vingt ans, dit-il, ce n’est pas grand-chose. Presque rien. Nous sommes encore à temps pour inverser cette tendance au déclin.

Avant qu’elle ne devienne un précipice.

Asservie, dépouillée, déshonorée: comment l'Europe est devenue un jouet des États-Unis

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Asservie, dépouillée, déshonorée: comment l'Europe est devenue un jouet des États-Unis

Günther Burbach

Source: https://overton-magazin.de/hintergrund/politik/erpressbar...

L'Europe se trouve en 2025 à un tournant géopolitique, et personne ne semble vraiment vouloir l'admettre. Le nouvel accord commercial avec les États-Unis, orchestré par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et ratifié par le chancelier Friedrich Merz, montre crûment ce qui est désormais une réalité : l'Europe n'est plus un partenaire, mais une suppliante.

Et Donald Trump ne le cache pas. Au contraire: il nous le montre en direct, sans aucune politesse diplomatique, sans souci de perdre la face. Et le pire dans tout ça: nos gouvernements applaudissent. Cela aurait pu être encore pire, pense-t-on, mais est-ce vraiment le cas? Il ne s'agit plus de tarifs douaniers, que certains messieurs à Washington annoncent à leur guise devant les caméras de télévision. Il s'agit de l'Europe, autrefois puissance économique majeure. Il s'agit du fait que cette ancienne puissance économique n'a rien d'autre à offrir qu'Ursula von der Leyen, qui vend une humiliation totale comme un bon accord.

1. Le nouvel accord : capitulation annoncée

Le 27 juillet 2025, Trump et von der Leyen ont présenté un traité commercial censé protéger l'UE de tarifs plus élevés. En réalité, il s'agit d'un traité unilatéral en faveur des États-Unis. Alors que l'Europe devra désormais importer du gaz de schiste américain pour une valeur de 750 milliards de dollars et s'engage à investir 600 milliards, les produits américains restent en grande partie sans droits de douane. En échange, l'UE accepte des droits de douane punitifs de 15 % sur ses principales exportations: voitures, machines, semi-conducteurs. Trump parle de «balance», mais en vérité, c'est un tribut. Il reste à voir comment notre industrie automobile déjà fragilisée pourra s'en sortir.

Ce « compromis » a été salué par les médias transatlantiques comme une concession. En réalité, c'est l'expression d'une soumission totale. L'Europe paie pour ne pas être punie, et elle vend encore cette situation comme un succès diplomatique.

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2. La protection militaire comme arme – La menace du parapluie

Les États-Unis assurent la défense militaire de l'Europe, notamment nucléaire, ce qui constituait un consensus tacite depuis des décennies. Mais Trump a brisé ce consensus publiquement. Déjà en 2020, il mettait en doute l'OTAN, et en 2024, il exigeait que «les pays qui ne paient pas se débrouillent eux-mêmes». Aujourd'hui, il exige clairement: l'Europe doit payer, sinon le parapluie sera replié.

Que cela signifie-t-il?

- L'accès aux armes nucléaires américaines reste entièrement sous contrôle de Washington.

- Les garanties en matière de cybersécurité sont également politiquement conditionnées.

- La logistique militaire, les satellites, les systèmes d'alerte précoce, sans accès américain, sont pratiquement inaccessibles.

L'Europe dépend, sur le plan militaire, d'une pompe à essence. Et cette pompe est maintenant utilisée pour forcer une soumission politique et économique. Et cela va encore s'aggraver, car avec ces nouveaux accords d'armement, on deviendra encore plus dépendant des États-Unis. On se demande vraiment dans quelles têtes de telles affaires peuvent avoir un sens. Des logiciels américains contrôlent tout, et le grand frère est dans chaque PC, chaque caméra ou autre système en Europe. Ce que cela signifie, nous en avons un aperçu avec Trump. Mais tout cela semble sans effet, non, cela ne fait que rapprocher encore plus l'Europe du grand frère. L'Europe attend apparemment d'être punie par Trump par le biais de nouvelles escapades.

3. La séparation prévue : comment les États-Unis ont détaché l'Europe de la Russie

Ceux qui pensent que la guerre en Ukraine est une escalade accidentelle se méprennent sur les intérêts stratégiques de Washington. Depuis 2014, la politique étrangère américaine a travaillé à couper la Russie de l'Europe, en déployant des efforts colossaux.

- Après Maidan, plus de 5 milliards de dollars ont été investis dans la «promotion de la démocratie» en Ukraine (Victoria Nuland, 2014).

- Les États-Unis ont fourni des armes, formé l'armée ukrainienne selon des tactiques occidentales, et ancré la doctrine de l'OTAN dans le dispositif de sécurité du pays.

- De nombreuses ONG, think tanks et conseillers proches des États-Unis ont été systématiquement installés à Kiev. Le pays a été politiquement, économiquement et médiatiquement intégré à l'Occident, sans adhésion à l'OTAN, mais avec une orientation claire.

- Depuis 2016, des centaines de millions de dollars d'aide militaire ont été versés chaque année. Avec la guerre de 2022, cette aide a atteint des montants à deux chiffres en milliards, incluant des bombes à dispersion, des systèmes Patriot, des entraînements Black Hawk.

La Russie a été isolée, Nord Stream a été saboté, les canaux diplomatiques coupés, l'objectif étant de séparer durablement l'UE de Moscou. Gagnants: les États-Unis. Perdants: l'Europe, qui, depuis lors, achète du gaz de schiste américain à des prix exorbitants et perd sa base industrielle.

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4. La classe politique : gestion d'une impuissance

Que font les principaux politiciens européens? Ils gèrent, dissimulent, masquent, mais ne contestent pas. Ursula von der Leyen, qui est très bien connectée transatlantiquement, agit comme une ambassadrice de Washington. Friedrich Merz, ancien de BlackRock, aujourd'hui chancelier, défend les tarifs de Trump comme une «impulsion de modernisation». Emmanuel Macron critique prudemment, mais reste finalement muet. Critique de l'OTAN, des sanctions américaines ou de la désindustrialisation par les prix de l'énergie? Nada.

Les élites européennes font ce qu'elles ont perfectionné depuis des années: afficher une posture, sans agir. Elles emploient un vocabulaire bienveillant, qui se brise face à la réalité. Et elles confondent loyauté transatlantique avec irresponsabilité envers leur propre population.

5. Dépendance totale dans tous les secteurs

- L'Europe utilise quasi systématiquement l'infrastructure logicielle américaine : Microsoft, Amazon Web Services, Palantir.

- Défense : F-35, systèmes de défense antimissile, avions de transport, tout est américain.

- Énergie : le gaz liquéfié américain domine les projets de construction à Wilhelmshaven, Brunsbüttel, et ailleurs.

- Finances : le dollar reste la monnaie de référence, tandis que SWIFT et les sanctions américaines dictent ce que les banques européennes peuvent faire.

Chacun de ces secteurs est une arme potentielle, et Trump le sait. Il ne menace même pas subtilement. Il le dit ouvertement. Et l'Europe? Elle reste silencieuse.

6. Et si tout s'arrêtait vraiment demain ?

Imaginons que Trump exige: «Deux mille milliards d'euros par an, sinon il n'y aura pas de protection». Pas d'accès à l'infrastructure militaire. Pas de dissuasion nucléaire. Pas de bouclier cybernétique. Pas de satellites. Pas d'accès aux plateformes économiques américaines. Pas de coopération avec les services de renseignement militaires.

Que reste-t-il à l'Europe? La dépendance pure et simple. Pas de plan B, pas d'autonomie stratégique, pas d'alliance en dehors du périmètre américain. La France? Seule. L'Allemagne? Désarmée sur le plan militaire. L'OTAN? Un corps creux sans noyau américain.

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7. L'Europe doit agir maintenant – ou sombrer

Le temps de l'hésitation est terminé. Soit l'Europe comprend enfin qu'elle ne survivra qu'en tant qu'acteur indépendant, soit elle restera un protectorat. Les mesures :

- Construire une structure de défense souveraine avec la France, l'Italie, la Scandinavie.

- Créer un commandement européen cybernétique sans technologie américaine.

- Autonomie énergétique grâce à des partenariats stratégiques avec l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine.

- Souveraineté numérique avec ses propres clouds, puces, standards.

- Névrose diplomatique : rétablir des canaux diplomatiques avec la Russie, sans œillères idéologiques.

Conclusion : Trump n'est pas le problème. Il est le miroir. Le reflet d'une Europe qui a oublié comment fonctionne l'indépendance. Nous nous sommes dégradés en partenaire junior, par peur, par confort, par inertie idéologique. Il est désormais trop tard pour la politesse.

L'Europe doit sortir de sa dépendance, sinon elle deviendra une coquille vide sur le plan géopolitique. L'Europe ne doit rien à personne, sauf à ses citoyens.

Sources :

Victoria Nuland, 2014: https://2009-2017.state.gov/p/eur/rls/rm/2014/mar/222718....

RAND Corporation, 2019: „Extending Russia“ https://www.rand.org/pubs/research_reports/RR3063.html

AP News, Juli 2025: https://apnews.com/article/cb323423c4317c89410c0dee3d389753

FT zu US-Zollpolitik: https://www.ft.com/content/11aa3964-5460-405f-981b-9d284f...

The Guardian, 28.07.2025: https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/jul/28/eu-...

Günther Burbach, né en 1963, est informaticien, journaliste et auteur. Après avoir tenu sa propre chronique dans un hebdomadaire, il a travaillé à la rédaction du groupe Funke Mediengruppe. Il a publié quatre livres consacrés principalement à l'intelligence artificielle et à la politique intérieure et étrangère allemande. Dans ses textes, il allie une compréhension technique à une vision sociopolitique, toujours dans le but de susciter des débats et d'aiguiser le regard sur l'essentiel.

lundi, 19 janvier 2026

Farce groenlandaise

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Farce groenlandaise

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/farsa-groenlandese/

Cela ressemble à une pochade. Une farce, même. Et de très mauvaise qualité.

Certains pays européens envoient des troupes au Groenland, après la volonté manifeste de Trump d'annexer cette île glaciale aux États-Unis.

Des troupes de quatre ou cinq pays européens, en mission sous le nom de «Artic Endurance». En réalité, une poignée d'hommes. Quelques dizaines.

Assez pour donner raison à l'ironie, à peine voilée, du ministre italien de la Défense, Guido Crosetto.

Et, en effet, le nombre de soldats européens engagés fait sourire. Une quinzaine de Français. Une poignée d'Allemands et de Britanniques. Quelques Néerlandais, quelques Norvégiens. Peut-être deux ou trois Finlandais...

Une bande de chasseurs de phoques serait plus nombreuse.

C'est un signal politique, dira-t-on... ou plutôt, on nous le dit déjà. Le poids de cette opération Arctic Endurance ne doit pas être évalué en fonction du nombre d'hommes engagés...

Peut-être... mais l'opération – si l'on peut l'appeler ainsi – des Européens semble complètement dépourvue d'un point d'ancrage fondamental.

Ce n'est pas une opération de l'OTAN. Autrement dit, l'OTAN ne prend pas position, elle n'adopte pas de position définie. Claire.

Elle ne pourrait d'ailleurs pas le faire. Car les États-Unis sont membres de l'OTAN. Et membres à large majorité.

Ainsi, l'OTAN, avec l'ineffable Rutte, se retire. Ou plutôt, elle noie le poisson dans le tonneau. Elle évite de prendre position. Elle se débrouille.

Démontrant ainsi, si besoin était, une vérité évidente.

L'OTAN est une création des États-Unis. Elle dépend d'eux en tout et pour tout. Les autres membres ne sont pas des partenaires à part entière. Ce sont des vassaux. Et Trump les traite comme tels.

Si le président américain le souhaite, il s'emparera donc du Groenland. En l'intégrant économiquement et militairement. En versant une maigre indemnité à la population locale.

Et les Européens, après cette comédie risible, ne pourront que se taire. Et accepter. Servilement. Car c'est ce qu'ils sont : des serviteurs, des subordonnés, des employés.

J'ai dit « s'il le souhaite ». Et, bien sûr, « s'il le peut ».

Les obstacles éventuels ne viendront toutefois pas de Copenhague, Berlin, Paris...

Les véritables obstacles ne peuvent venir que de Moscou et aussi de Pékin.

Pas de risibles alignements d'une poignée d'hommes. Les Russes et les Chinois, puissances réelles, peuvent ne pas vouloir d'un contrôle américain total sur le Groenland. Et décider de le freiner.

L’OTAN sous pression: l'alliance transatlantique s’effrite

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L’OTAN sous pression: l'alliance transatlantique s’effrite

Bruxelles. Les fondations de l’alliance militaire occidentale tremblent. De Paris à Ankara, les développements actuels indiquent un processus d’érosion profonde qui menace de plonger l’OTAN dans l’une de ses crises les plus graves depuis sa création.

En France, le 9 janvier, la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Clémence Guetté, du rassemblement de gauche «La France Insoumise», a déposé une proposition de résolution pour sortir de l’OTAN. Elle justifie cette démarche par la politique «agressive» des États-Unis sous Donald Trump, qui représenterait une menace pour la souveraineté française. «Les États-Unis enlèvent un chef d’État, ce qui montre que l’OTAN ne sert plus nos intérêts», indique la déclaration. Bien que cette étape soit pour l’instant symbolique, elle témoigne du mécontentement croissant des Français envers l'alliance occidentale. Même dans la droite, les voix se font de plus en plus entendre pour réclamer une sortie de l'OTAN.

Plus inquiétant encore est le retrait d’un partenaire clé de longue date à la frontière est. La Turquie, qui dispose, derrière les États-Unis, de la deuxième armée la plus puissante de l'alliance, négocie intensément son adhésion à un nouveau pacte de défense forgé entre l’Arabie Saoudite et le Pakistan. L’accord conclu en septembre 2025 prévoit une clause d’alliance selon le modèle de l’article 5 de l’OTAN. Des médias comme Bloomberg parlent d’une «OTAN islamique» en gestation. Une entrée de la Turquie dans ce pacte déplacerait fondamentalement l’orientation stratégique d’Ankara vers l’est et pourrait révéler une contradiction majeure avec les engagements de l’OTAN.

Les relations transatlantiques sont également fortement fragilisées. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a récemment averti qu’une attaque américaine contre le membre de l’OTAN qu'est le Groenland, signifierait la fin de l’alliance. La destruction du gazoduc Nord Stream a déjà gravement endommagé la confiance — car en coulisses, les États-Unis seraient considérés comme le seul responsable plausible du sabotage sans précédent de septembre 2022.

Par ailleurs, l’Union européenne imagine, dans ses plans, une structure de défense plus autonome, ce que certains observateurs interprètent comme une préparation à une éventuelle «UE-OTAN» sans influence réelle des États-nations. Cependant, les plans pour une alliance de défense européenne sans les États-Unis existent presque depuis aussi longtemps que l’OTAN elle-même — mais n’ont jamais abouti.

Néanmoins, les fissures dans l’alliance deviennent de plus en plus visibles. La façade unitaire se fissure. L’ère de l’ordre mondial multipolaire pourrait effectivement annoncer la fin de l’OTAN. Surtout parce que Washington pourrait en tirer un avantage concret — les États-Unis pourraient soudainement économiser d’énormes dépenses et les faire supporter aux Européens, qui semblent déjà à bout de souffle. 2026 pourrait devenir l’année décisive (mü).

Source: Zu erst, Janvier 2026

Toutes les manœuvres sont possibles en attendant les «midterm elections»

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Toutes les manœuvres sont possibles en attendant les «midterm elections»

Nos politiciens et opinion-makers ont vécu une semaine mouvementée. Des rumeurs selon lesquelles le Groenland serait annexé à tout moment par les troupes américaines font haleter de nombreux analystes politiques.

Joachim Van Wing

Source: https://joachimvanwing.substack.com/p/alle-registers-open...

Pas seulement mouvementée, la semaine qui vient de s'écouler... Elle a aussi été éprouvante. «Après le Venezuela, voilà encore ça?!». Nos politiciens européens semblent encore ne pas avoir compris comment le président Trump négocie. La méthode Trump est pourtant très simple:

Le président Trump appelle ses partenaires à la table de négociation. Lorsqu’ils sont tous réunis, il se dirige vers la porte, jette une grenade dans la salle juste avant de la claquer derrière lui. Après le bruit, il revient dans la salle de réunion, ouvre une fenêtre et dit :

«Nous devons parler» (Pippa Malgren, 7 janvier 2026).

Une légère panique règne sur le continent européen. Et cela est d’autant plus surprenant compte tenu des traités et accords limpides conclus au cours des dernières décennies entre le Danemark et les États-Unis. D’où viennent alors toute cette hystérie, cette agitation et cette indignation? Peut-être que nos politiciens et journalistes ne sont guère conscients des traités internationaux qui définissent si précisément le statut du Groenland?

Oui, les troupes américaines sont présentes sur le Groenland. Et ce depuis 1951, lorsque la Guerre froide créait encore un état de bipolarité paralysante. Car, même à cette époque, le Danemark n’était pas une puissance maritime mondiale équipée de sous-marins, de cuirassés et de porte-avions pour fermer les mers du monde, ni de sous-marins soviétiques bloquant l’accès du passage GIUK (Greenland-Iceland-United Kingdom). Seul Washington pouvait assumer ce rôle.

« L’accord entre le gouvernement des États-Unis d’Amérique et le gouvernement du Royaume du Danemark, en vertu de la Charte de l’Atlantique Nord, concernant la défense du Groenland. »

— Copenhague, 27 avril 1951, Bibliothèque des traités de l’ONU

Après la dislocation de l’Union soviétique, il a fallu attendre jusqu’en 2007 pour que le Groenland ressurgisse de manière significative dans l’agenda géopolitique. À cette époque, le président Poutine expliquait au monde, lors du sommet de Munich, comment la Russie allait progressivement étendre sa présence dans l’Arctique.

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Depuis 1951, des troupes américaines patrouillent le Groenland depuis une base aérienne à Thulé, surveillant la façade arctique de l’Atlantique Nord. En 2020, la base aérienne de Thulé a été officiellement transférée à la United States Space Force, et le 6 avril 2023, la base de Thulé a été rebaptisée: elle s'appelle désormais Pituffik. La base abrite une détection avancée de missiles pour le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD).

Washington a tenté à plusieurs reprises d’incorporer le Groenland par achat, échange ou annexion militaire.

1867-1868 : l’achat de l’Alaska

Après l’achat de l’Alaska à la Russie en 1867, le gouvernement américain montrait déjà de l’intérêt pour une expansion vers le nord. Le Groenland (ainsi que l’Islande) était considéré comme un territoire potentiellement annexable en raison de sa position stratégique. Les ressources groenlandaises ont été cartographiées, mais aucune offre officielle n’a été faite au Danemark.

1910 : proposition d’échange territorial

Au lieu d’un achat direct, des diplomates américains ont voulu organiser un échange complexe. En échange du Groenland, le Danemark aurait acquis le Schleswig allemand. L’Allemagne aurait été indemnisée par de nouveaux territoires aux Philippines. Ce deal n’a pas abouti.

1946 : offre formelle pendant la Guerre froide

Lorsque la Seconde Guerre mondiale s’est progressivement transformée en Guerre froide, l’administration Truman a proposé au Danemark 100 millions de dollars en lingots d’or pour acheter le Groenland. Le Danemark a refusé de vendre. Les États-Unis ont cependant conservé un droit d’usage militaire pour un ensemble de bases militaires.

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1958 : tensions accrues

1958 fut une année particulièrement importante. Le Spoutnik a été lancé. Le Pentagone a rapidement installé le BMEWS (Ballistic Missile Early Warning System) au Groenland, en Alaska et en Écosse. Alarmé par les avancées technologiques démontrées par l’URSS, le Pentagone a élaboré des scénarios concrets où il invoquait le «droit d’urgence de l’OTAN» et où le Groenland aurait été annexé de façon permanente et immédiate. Mais ce scénario a également disparu dans les plis de l’histoire.

2026 : toutes les manœuvres sont possibles avant les «midterm elections»

L’intérêt accru et soudain des États-Unis pour le Groenland peut s’expliquer par quatre bonnes raisons :

- Les ressources: pour ceux qui en doutaient encore… une course mondiale a été lancée pour acquérir tous les minerais, roches et ressources qu'offre notre croûte terrestre. Le Groenland possède un potentiel formidable pour l’extraction d’argent, de cuivre, d'or, de zinc, de plomb, de nickel, de niobium, de tantale et d'uranium. Au cours des 25 dernières années, la Chine a quasiment pris le contrôle mondial de l’extraction minière, du raffinage, de la transformation et de la commercialisation des minerais, métaux et minerais. Washington prend conscience de cette vulnérabilité et des dangers qu’elle comporte. L’administration Trump intervient en fin de course en mobilisant tous les moyens possibles.

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- Les routes maritimes arctiques: les brise-glaces nucléaires sud-coréens, chinois et russes maintiennent la route de l’Arctique libre de glace en permanence, évitant ainsi aux navires militaires et commerciaux de parcourir des milliers de miles en contournant le canal de Suez ou le cap. Avec des bases aériennes et navales en Norvège, en Finlande — et oui, aussi au Groenland —, Washington peut couper les lignes d’approvisionnement chinoises et russes vers l’Europe et l’Atlantique. Sans un point d’appui au Groenland, il ne peut imposer d’embargos ni de blocus.

- La course spatiale: le «space race» est notre première vraie «guerre spatiale». Sans les satellites de communication d’Elon Musk, les forces ukrainiennes devraient arrêter immédiatement leur combat. Starlink est l’unique infrastructure restante permettant aux forces ukrainiennes de communiquer entre elles et de cibler les objectifs russes. La valeur stratégique et opérationnelle de Starlink dans ce conflit ne peut être sous-estimée. Par conséquent, Pékin va très bientôt lancer sa propre alternative à «Starlink» qui aura la même capacité civile et militaire. Les bases de lancement dans la région polaire seront donc essentielles.

- Les midterm elections: le président Trump sait parfaitement ce qui l’attend si lui et les républicains perdent les élections de novembre 2026. Alors, tout son programme législatif sera bloqué, et Donald Trump n’obtiendra rien de validé. Pire encore, comme il le dit lui-même :

    « Si nous ne gagnons pas les midterms, parce que si nous ne gagnons pas… ils trouveront une raison de m’infliger un Impeach. Je serai mis en accusation. »

    — président Donald Trump, retraite du House GOP, 6 janvier 2026

Cette fois, Trump ne fait pas d’excès. Lui et son cabinet ont en un an éliminé tant de barrières, contourné tant de règles, violé tant de lois, qu’ils n’auront probablement jamais connu le repos. Si l’administration Trump perd sa majorité en novembre, elle sera la cible d’un combat judiciaire sans pitié, qui l’empêchera de fonctionner normalement. Si Trump remporte les midterms, cette chasse sera reportée après la fin de son mandat. Mais une chose est sûre: Trump continuera à être poursuivi sans relâche pour le reste de ses jours.

En conclusion

Il est tout à fait probable que cette administration utilise tous les moyens pour augmenter sa «cote de popularité». Mais les signaux sont sombres. Son intervention unilatérale au Venezuela semble n’avoir pas modifié l’opinion publique. La saisie de navires sous pavillon russe en eaux internationales n’est pas sans danger, et constitue une nouvelle violation. Pour les électeurs réclamant une politique migratoire beaucoup plus stricte, exécuter une jeune femme blanche a été considéré comme "un pont trop loin".

Et tout comme aujourd’hui en Iran, la classe moyenne américaine s’épuise quand les produits de base deviennent inabordables. La dévaluation incessante de la monnaie entraîne une érosion inévitable du pouvoir d’achat et frappe durement les ménages moyens. Beaucoup d’entre eux avaient imaginé cette seconde année de mandat très différemment, et se préparent à ce que les 10 prochains mois leur réservent.

Et pendant ce temps…

Alors que nous, Européens, regardons anxieusement vers le Venezuela, l’Iran ou le Groenland, la Commission européenne continue en toute discrétion à rédiger des textes pour un orwellien «Chat Control » et à signer sans entraves les accords du Mercosur avec l’Amérique du Sud.

dimanche, 18 janvier 2026

Venezuela, Iran, Groenland: l'embrasement du monde - Entretien avec Robert Steuckers

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Venezuela, Iran, Groenland: l'embrasement du monde

Entretien avec Robert Steuckers

Propos recueillis par Arne Schimmer

Au début de l'année 2026, le monde semble être en feu si l'on regarde le Venezuela, le Groenland ou l'Iran. Y a-t-il un lien entre tous ces foyers de tension et une explication à cela ?

Le lien entre toutes ces zones de turbulence réside bien évidemment dans le fait que l’hegemon du monde unipolaire d’après la Guerre Froide voit sa domination contestée par un ensemble de glissements nouveaux, parmi lesquels le grand projet de connectivité continentale promu par la Chine de Xi Jinping qui consolide les communications terrestres sur le Heartland centre-asiatique et russe ; la séduction que ce projet suscite dans des territoires importants des Rimlands jadis dominés par les alliances militaires forgées par les Etats-Unis, surtout en Asie du Sud-Est et en Indonésie, ainsi qu’en Iran ; la dé-dollarisation des échanges et l’importance croissante du yuan chinois. Ce projet de grande envergure touche également l’Amérique ibérique, en premier lieu parce que le pétrole vénézuélien se déverse en Chine et que celle-ci organise également les connectivités intérieures de l’Amérique du sud : liaison ferroviaire entre le Pérou et le Brésil, creusement d’un canal transocéanique au Nicaragua, etc. L’hegemon, qui ne veut pas perdre complètement la partie, joue son va-tout : il tente de couper la Chine de ses approvisionnements en pétrole vénézuélien et tente de réanimer un projet technocratique qui existait aux Etats-Unis pendant l’entre-deux-guerres : la création d’un « Technate » nord- et centre-américain, centré sur les Etats-Unis qui aurait inclus le Canada (au détriment de l’Empire britannique), le Groenland (ce qui explique la volonté de Trump de l’englober totalement dans l’orbite américaine), le Mexique (déjà discrètement menacé aujourd’hui), tous les petits Etats d’Amérique centrale (dont Panama, autre revendication actuelle de Trump), la Colombie et le Venezuela. Si ce « Technate » des technocrates américains d’avant-guerre se réalisait avec l’appui des nouveaux grands magnats de la nouvelle technocratie (Musk, Thiel, Palantir), les Etats-Unis disposeraient d’un territoire et de ressources, dont le lithium, capables de les faire durer très longtemps en toute autarcie. En outre, le contrôle total du Groenland leur permettrait de contrôler les nouvelles voies maritimes de l’Arctique et de les bloquer au niveau de la ligne GIUK (Groenland-Iceland-United Kingdom) puis, dans une étape seconde, au niveau de la ligne Groenland, Svalbard/Spitzbergen, Kola au détriment de la Norvège (prochaine victime scandinave de ce projet technocratique qui devra alors céder l'archipel Svalbard ou archipel des Spitzbergen qu'elle possède depuis des siècles). Par ailleurs, l’utilisation du Groenland comme base de missiles à longue portée menace directement la concentration des forces russes autour de la Mer Blanche.

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Que pensez-vous de la doctrine « Donroe » de Trump, selon laquelle les États-Unis veulent exercer un pouvoir illimité sur l'hémisphère occidental ?

« Donroe » est un jeu de mot, où l’on associe la Doctrine Monroe (« L’Amérique aux Américains ») de 1823 au prénom de Donald Trump. La Doctrine Monroe visait à exclure toute présence européenne sur les deux continents américains, dans la mesure où le Congrès de Vérone de 1822, convoqué par la Sainte Alliance, a envisagé de soutenir, par l’envoi de troupes françaises, les légitimistes espagnols contre les libéraux (soutenus par l’Angleterre) et, dans la foulée, d’aider l’Espagne re-légitimisée à maintenir son emprise sur l’Amérique ibérique. Cette politique pro-espagnole et a-libérale de la Quintuple Alliance (Angleterre non comprise), ou Sainte Alliance, provoque les premières lézardes dans le bel édifice diplomatique européen postérieur à la chute de Napoléon, édifice dont l’Empereur russe Alexandre I était le principal inspirateur avec Metternich. L’Angleterre faisait bande à part et continuera à le faire, soutenant implicitement les politiques anti-européennes des Etats-Unis, puissance émergente à l’époque.

L’Espagne n’est pas la seule nation visée par le jeune Etat américain: la Russie l’est également, car elle possède toujours l’Alaska et un comptoir en Californie (Fort Ross). Ensuite, plus tard, le soutien de Napoléon III à Maximilien de Habsbourg au Mexique se fera contre la volonté des Etats-Unis dès le lendemain de la Guerre Civile entre Nordistes et Sudistes, entre Unionistes et Confédérés. La guerre hispano-américaine de 1898 a permis aux Etats-Unis de s’emparer de Cuba et des Philippines, ce qui les sortaient ipso facto de la logique « hémisphérique » prétendument revendiquée par James Monroe, puisqu'ils s'ancraient en lisière de la masse continentale asiatique, en face de la Chine et à proximité du Japon émergent.

La Doctrine de Monroe sera complétée par le « corollaire Roosevelt » de 1904, énoncé suite à une tentative germano-britannique d’intervenir au Venezuela, Etat protégé par les Etats-Unis. Ce corollaire prévoyait l’intervention armée des Etats-Unis contre tout gouvernement latino-américain qui enfreindrait « les bonnes règles de la civilisation », corollaire qui reçut rapidement le surnom de « politique du gros bâton » (Big Stick Policy). Aujourd’hui, la Doctrine Donroe complète et la Doctrine du Président Monroe et le corollaire Roosevelt en réaffirmant l’hégémonisme américain dans les Caraïbes (Cuba est directement menacé) et en refusant toute collusion économique trop intense entre la Chine et un Etat situé dans l’espace du « Technate » imaginé par les technocrates d’hier et d’aujourd’hui.

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Parmi les conflits mondiaux qui font rage actuellement, lequel est le plus dangereux et le plus lourd de conséquences ?

Pour contenir la Chine, non plus seulement sur les Rimlands de l’Asie du Sud-Est et/ou du sous-continent indien (Inde et Pakistan), mais le long de toutes les voies de connectivité que le projet chinois de « Belt and Road », de "Route de la Soie", a fait naître entre l’Europe et la Chine en Asie centrale et entre le Pacifique et l’Atlantique en Amérique du Sud. Il faut dès lors freiner l’approvisionnement en énergie de Pékin, que ce projet facilite. C’est une des raisons majeures de la brève intervention militaire américaine à Caracas le 3 janvier dernier et de la mainmise subséquente sur les pétroles vénézuéliens. Cependant, si la Chine était le meilleur client pour le pétrole vénézuélien, l’Iran demeure, pour Xi Jinping, le principal fournisseur d’hydrocarbures.

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Le soutien américain à des protestations populaires en Iran, causées par les innombrables restrictions suite aux sanctions subies depuis des décennies par le pays, survient, et ce n’est pas un hasard, au moment où les liens ferroviaires de l'Iran avec la Chine sont devenus réalité depuis mai-juin 2025 et où le dernier tronçon de la voie de chemin de fer entre le port iranien de Bandar Abbas (sur l’Océan Indien) et la frontière azerbaïdjanaise (Astara) a été parachevé en décembre dernier.

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La connectivité entre l’Inde et la Russie (jusqu’à la Mer Blanche) est désormais possible par l’INSTC (International North-South Transport Corridor) et par la liaison ferroviaire entre la Chine et la Turquie, via les petits pays d’Asie centrale et l’Iran. C’est cette double connectivité que les Etats-Unis, selon la logique géopolitique énoncée par des théoriciens comme Halford John Mackinder, Homer Lea et Nicholas Spykman, entendent détruire. Le maillon central, incontournable, de ces deux nouvelles connectivités, c’est l’Iran. Il faut dès lors qu’il devienne le site d’un chaos permanent comme le sont devenues la Libye et la Syrie. Vu la volatilité de la région, vu la proximité de l’Iran avec la Russie, l’Europe, l’Inde et la Chine, tout désordre organisé dans cette région, qui est une Drehscheibe, une plaque tournante, constituerait un danger mortel pour tous les Etats de la masse continentale eurasienne, surtout ceux qui sont enclavés.

Quel concept géopolitique, élaboré par quel penseur, est le plus pertinent pour notre époque ?

Tous les concepts géopolitiques sont pertinents et il convient d’en connaître un maximum pour pouvoir interpréter correctement les événements de l’actualité. On ne sort pas de la logique conflictuelle entre Heartland et Rimlands, entre puissances telluriques et puissances thalassocratiques, même avec l’avènement et les perfectionnements de l’arme aérienne et de la balistique des missiles et fusées. La réponse aux théoriciens anglo-saxons de la géopolitique (Mackinder, Lea) a été apportée par Karl Haushofer en Allemagne qui préconisait une quadruple alliance grande-continentale entre l’Allemagne, l’Italie, l’URSS et le Japon.

817dzWqOzcL._AC_UF350,350_QL80_.jpgCependant, certains ouvrages importants ont été oubliés dans les débats lancés par ceux qui contestent l’hégémonisme en place, sans sombrer dans la phraséologie insipide, bien qu’hystérique, des gauches établies. Je commencerai par l’idéal de la Triade parmi les nationaux-révolutionnaires du temps de la République de Weimar (Niekisch, Jünger, Hielscher, Scheringer, etc.). La Triade est l’alliance espérée entre un régime à advenir en Allemagne (mais qui n’adviendra jamais), l’URSS stalinienne et la Chine nationaliste du Kuo Min Tang (organisée notamment par les équipes de conseillers militaires mises sur pied par le Général von Seeckt). Otto-Ernst Schüddekopf a très bien analysé les vicissitudes de ce projet de Triade dans son ouvrage sur le « national-bolchevisme » allemand, hélas un peu oublié aujourd’hui. J’ai eu l’occasion d’en parler dans le deuxième volume de ma compilation de textes sur la "révolution conservatrice" allemande des années 1918-1932.

Ensuite, vu l’importance et le développement des connectivités dans le projet chinois, il conviendrait de redécouvrir un auteur qui est, lui, totalement oublié, Richard Henning, géopolitologue allemand de la Verkehrsgeographie, qui fit carrière en Argentine après 1945.

41RPvu1gr1L._AC_UF894,1000_QL80_.jpgEnsuite, et c’est une tâche à laquelle je vais m’atteler, il conviendrait d’analyser la très pertinente réception des théories géopolitiques allemandes et européennes dans les écoles militaires d’Argentine, du Chili et du Brésil (en l’occurrence la réception de Friedrich Ratzel). Enfin, l’Italie est aujourd’hui, en Europe, le pays qui abrite le plus grand nombre d’instituts d’études géopolitiques, où l’on réédite les classiques allemands de cette discipline, tels Ratzel et Haushofer. En Espagne, nous avons le Colonel Pedro Banos qui ne cesse de produire des best-sellers en la matière. En Allemagne, il faudra inlassablement relire Scholl-Latour pour se doter d’une mémoire diplomatique.

Dans quelle mesure l'axe Paris-Berlin-Moscou, que vous privilégiez, est-il encore réaliste aujourd'hui, et quelles mesures seraient nécessaires ?

Il n’y a plus lieu de parler d’un Axe Paris-Berlin-Moscou dont le théoricien principal fut indubitablement le Français Henri de Grossouvre. Ce dernier avait placé ses espoirs en une alliance entre Chirac, Schröder et Poutine en 2003 au moment où l’Europe avait manifesté un net scepticisme face à l’intervention anglo-américaine en Irak. La riposte fut immédiate: les néoconservateurs bellicistes américains ont accusé les Européens de lâcheté et Chirac a été rapidement remplacé par Sarkozy qui s’est empressé de rejoindre à nouveau le commandement unifié de l’OTAN, que De Gaulle avait quitté dans les années 1960. La France était le maillon faible de cet Axe malgré les rodomontades post-gaullistes: elle reste une puissance idéologiquement occidentale (au sens où l’entendaient Niekisch et ses lecteurs). Son logiciel mental demeure occidental envers et contre tout, ce qui empêche ses élites déconnectées de comprendre, même de façon élémentaire, les dynamiques de l'Europe centrale, des Balkans, de la Scandinavie ou du Proche-Orient, en dépit des excellentes productions des théoriciens de la géopolitique dans la France d'aujourd'hui. En Allemagne, le virus dissolvant qui a permis d'oublier d'activer et de réactiver cet Axe potentiel a été le mouvement des Verts, comme vous le savez mieux que moi. Seule la Russie et son président ont maintenu le cap.

Le sabotage des gazoducs Nord Stream a été le point culminant dans la volonté de destruction de cet Axe franco-germano-russe. Les prises de position de l’UE, de la France de Macron et de l’Allemagne de Scholz et de Merz dans le conflit russo-ukrainien ont créé l’irréparable et reconstitué de facto un rideau de fer de l’Arctique à la Mer Noire qui condamnera le centre et l’ouest du sous-continent européen à la stagnation puis au déclin irrémédiable dont se gausseront Arabes, Turcs, Iraniens et surtout Chinois, sans oublier les Africains.

Quelle priorité géopolitique les Européens devraient-ils se fixer pour les 10 à 15 prochaines années?

Les priorités que le personnel politique européen dominant se fixe aujourd’hui ne pourront que précipiter l’Europe dans un déclin pire que celui qu’a connu jadis l’Empire Romain. Nous allons au-devant d’un effondrement total de nos économies et de nos systèmes sociaux, le tout dans un hiver démographique autochtone et une submersion par vagues migratoires incontrôlées. Le pouvoir sera tenu par le système bancaire, par un capitalisme non plus patrimonial mais totalement et dangereusement financiarisé, et par des mafias en concurrence les unes avec les autres, comme l’avait d’ailleurs prévu Armin Mohler dans un célèbre article de la revue Criticon en 1982 (et qu’une de mes collaboratrices avait traduit avec maestro).

Les mouvements alternatifs, décriés et soumis à toutes sortes de vexations répressives, doivent énoncer une politique différente car telle est leur tâche: retour aux énergies bon marché, priorité de la diplomatie sur toutes les formes de bellicisme délirant, retour à une cohésion de la société, respect des régimes politiques non européens dans les régions du monde d’où nous viennent matières premières et denrées alimentaires (car nous ne sommes pas autarciques), rétablissement de la qualité de nos établissements d’enseignement, lutte contre les pouvoirs occultes et mafieux qui, dans nos rues, s’affrontent à coups de rafales de Kalachnikov, revalorisation de la magistrature dans cette lutte et congédiement des magistrats incompétents, comme on le réclame depuis longtemps en Italie.

mercredi, 14 janvier 2026

Une orgie de destructions: l'extrémisme de gauche frappe l'Allemagne des Alpes à la côte de la mer du Nord

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Une orgie de destructions: l'extrémisme de gauche frappe l'Allemagne des Alpes à la côte de la mer du Nord

Source: https://derstatus.at/meinungen/schneise-der-zerstorung-li...

L’Allemagne brûle et beaucoup regardent ailleurs. De la Bavière à la côte de la Mer du Nord, une traînée sombre traverse le pays, une traînée faite de sabotage, d’incendies criminels et de propagande exerce ses ravages. Le militantisme d’extrême gauche touche le secteur énergétique, la police, la propriété privée. Et la communauté nationale dans son ensemble. En cas de doute, la presse mainstream accuse toujours la Russie.

Actuellement, les théoriciens du complot travaillent dur pour faire porter à Poutine la responsabilité de l’attaque terroriste contre l’approvisionnement électrique à Berlin. Selon une analyse prétendant utiliser une intelligence artificielle, l’origine de la revendication écrite serait à chercher à Moscou. Mais lorsqu’on interroge l’intelligence artificielle elle-même, elle arrive à une toute autre conclusion. Grok (xAI) a répondu: «Le texte est typique des revendications d’extrême gauche – verbeux, chargé idéologiquement, avec des formulations telles que “action pour le bien commun”, “acte de légitime défense” ou “solidarité internationale avec tous ceux qui protègent la Terre et la vie”. De telles phrases alambiquées et ampoulées sont courantes dans la scène autonome -similaires aux textes des anciens de la Rote Armee Fraktion (RAF - "Bande à Baader") ou des groupes écologistes militants plus récents. Certains passages paraissent maladroits ou artificiels, ce qui a alimenté des spéculations sur une traduction automatique réalisée sur les réseaux sociaux », selon la réponse du 6 janvier 2025.

Peu de régions ont été épargnées par les attaques, sabotages et violences

Ce n’est d’ailleurs pas la première infraction de ce genre attribuée à la mouvance autonome. Au contraire, la liste est désormais bien remplie qui énumère les actes de violence commis par ce milieu. La soi-disant « bande du marteau » a organisé entre 2018 et 2020 au moins six braquages coordonnés contre de supposés "nazis" en Saxe et en Thuringe. Treize personnes ont été blessées, parfois gravement. Leur but était d’intimider des activistes d’extrême droite, la cheffe de file Lina E. a été condamnée à cinq ans de prison en 2023. Le groupe «Vulkangruppe», désormais suspecté d’avoir perpétré l’attentat contre le réseau énergétique de la capitale, est actif depuis 2011. En 2023, il a déjà commis un sabotage sur des câbles, perturbant largement une infrastructure locale. Bien qu’il n’y ait pas eu de victimes, les autorités ont considéré cette opération comme potentiellement mortelle, en la tolérant au moins par négligence.

Le milieu se radicalise

Depuis 2020, anarchistes et cagoulés attaquent en permanence les forces de sécurité. Que ce soit à Leipzig ou à Connewitz: lors de l’expulsion de maisons occupées ou lors de manifestations, ils ont lancé des pierres ou des bouteilles, mais aussi des cocktails Molotov. À Francfort et Hambourg, ils ont organisé des violences dans la rue, y compris des chasses à l’homme contre des policiers et des dégradations de véhicules de police. Des centaines d’incidents ont été recensés dans ces métropoles, y compris l’incendie de bureaux de parti, la démolition de chantiers ou des manipulations de la voirie. Le milieu continue de se radicaliser. En janvier 2025, 23 voitures de la brigade canine ont été incendiées à Munich. Partout dans le pays, les masques radio, les bobines de câbles, les biens de la Bundeswehr ou d’entreprises sont ciblés. Des voitures de luxe sont autant attaquées que des parkings souterrains, des maisons de figures politiques de l’AFD, « Vonovia », « Tesla » ou « Hentschke Bau ».

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L’extrémisme de gauche augmente en nombre et en radicalité

Depuis 2019, près de 50 attaques attribuées au «Block noir» ont été recensées autour de Munich. Des symboles antifascistes ont été retrouvés lors d’incendies criminels dans le Landkreis de Sigmaringen en octobre 2025. Le militantisme anti-gentrification ne recule plus devant: il s'attaque aux biens et aux personnes. En 2020, à Rheda-Wiedenbrück, une tentative d’attaque contre la résidence d’un entrepreneur a été menée par les «Cellules d’action révolutionnaires». En 2023, l’Antifa a sévi le long des lignes ferroviaires entre Düsseldorf et Duisburg, ce qui a nécessité l’arrêt du trafic, avec «Kommando Angry Birds» comme suspect. Dans la région de Neu-Isenburg, une série d’explosions a eu lieu, principalement contre des propriétés privées en Rhénanie-Palatinat. Les dégâts se chiffrent en millions, et la haine, la jalousie et la méfiance envers la société ne sont plus dissimulées mais revendiquées ouvertement.

Pourquoi la justice ne sévit-elle pas ?

Les statistiques montrent qu’entre 2018 et 2019, les infractions liées à l’extrême gauche ont augmenté de 4622 à 6449. En 2019, les délits violents se montaient à 921, et en 2024, ils ont atteint 5857. Parmi eux, 532 sont considérés comme des agressions ou attaques contre la vie. Le Bundesamt pour la protection de la Constitution et le BKA signalent une augmentation rapide des suspects: en 2020, 34.300 personnes étaient soupçonnées d’appartenir à cette mouvance, aujourd’hui elles sont 38.000. Au total, 11.200 sont considérées comme violentes. Le problème n'est toujours pas pleinement reconnu, car le taux d’élucidation de seulement 42% en témoigne. Les militants actuellement en vue ne craignent pas l’intervention de l’État. En 15 ans, il n’a pas été possible de démanteler leurs structures décentralisées. Une piste suivie en 2024 avec deux hommes s’est soldée par un acquittement, les enquêteurs repartent de zéro. Ont-ils été aveugles trop longtemps ?

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mardi, 13 janvier 2026

Général français: "Nous devons combattre les Américains!"

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Général français: "Nous devons combattre les Américains!"

Cristi Pantelimon

Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100005135564621

C'est probablement la première fois que nous entendons un tel discours: lors d'un débat télévisé, un général français, Nicolas Richoux (photo), a avancé l'idée d'une lutte armée entre Européens et Américains, dans le cas où ces derniers attaqueraient le Groenland, un pays «allié».

D'autres signes indiquent que le Groenland sera une pomme de discorde dans les relations «transatlantiques».

Le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil a envoyé des messages clairs de solidarité avec le Danemark, tandis que Friedrich Merz a relativisé l'idée d'envoyer des troupes européennes en Ukraine sans l'accord de la Russie.

Les relations internationales sont dominées par le conflit principal entre les États-Unis et l'axe Russie-Chine. Cependant, il existe également un conflit potentiel important au niveau des relations entre les États-Unis et l'Europe. Ce dernier conflit découle du premier.

Les États-Unis aspirent à un monde «souverainiste» selon leur propre définition, c'est-à-dire un monde dans lequel les États-Unis pourraient démanteler toute alliance d'États, qu'elle soit de type BRICS (mondiale ou à potentiel mondial) ou de type UE (locale), afin que les États-Unis restent ainsi le souverain absolu parmi les souverains.

Les BRICS, tout comme l'UE, ont un potentiel économique et stratégique qui gêne la puissance américaine. La dilution de ces structures serait à l'avantage de Washington.

Les attaques contre le Venezuela et l'Iran sont des attaques contre les BRICS (tout comme les tracasseries à l'encontre de l'Inde), tandis que l'exportation du souverainisme vers l'Europe (tout comme le conflit en Ukraine) sont des chocs électriques infligés à l'UE et à l'UE et à la Russie (prises ensemble).

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Il est donc naturel que, dans l'hypothèse où le conflit avec l'axe Russie-Chine s'épuiserait (bien qu'il y ait des signes contraires), les États-Unis soient de plus en plus enclins à porter des coups à l'autre alliance qui les gêne, à savoir l'UE.

Le problème est que le Groenland est stratégiquement situé à la fois dans la cour des BRICS (l'axe Russie-Chine et le contrôle de la route arctique) et dans celle de l'UE (étant un territoire appartenant à un État membre de l'UE).

Une attaque contre le Groenland aura des répercussions sur les deux structures avec lesquelles les États-Unis sont en conflit.

Pour l'instant, seuls les Européens ont réagi – et nous voyons qu'ils l'ont fait avec dureté – à l'idée américaine de contrôler le Groenland.

La solidarité des pays nordiques, mais aussi des pays baltes, avec le Danemark est également intéressante : la région baltique était l'une des plus engagées dans la guerre contre la Russie, une région où l'OTAN venait de s'installer... Voilà qui montre que les choses peuvent être relativisées.

Le refroidissement des relations entre les États-Unis et l'Europe sur la question du Groenland ne peut que profiter à l'axe Russie-Chine, qui, pour l'instant, ne ressent pas le besoin de s'immiscer...

Référence: https://www.boursier.com/.../le-general-nicolas-richoux...