jeudi, 13 mars 2025
Migration et Guerre
Migration et Guerre
Franz Ferdinand
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/161542
Chaque personne sensée se demande pourquoi l'UE désire si ardemment faire entrer autant de migrants en Europe.
Le gouvernement autrichien souhaite désormais au moins mettre un arrêt à la réunification familiale, ce qui pourrait toutefois entraîner un conflit avec l'UE. Il se peut que la situation de détresse dans le système éducatif et de santé ne soit pas acceptée par l'UE, et il est déjà bien connu que le gouvernement "feu tricolore" actuel, composé par les perdants des dernières élections, n'est pas prêt à s'opposer à l'UE.
Si l'on est un citoyen de l'UE averti, on sait bien que derrière ces discours sur les droits de l'homme se cachent d'autres motivations dont on ne veut pas parler ouvertement.
L'une des raisons en est certainement la démographie catastrophique dans nos sociétés « démocratiques » occidentales. Après avoir persuadé le sexe féminin, par le biais d'une propagande insensée, de ne pas avoir d'enfants, l'Allemagne (et cela s'applique en principe à tous les États de l'UE) risque d'entrer en agonie. La fertilité était de 1,57 enfant par femme en 2018. Entre 2011 et 2018, le taux de natalité des femmes allemandes a augmenté de 1,34 à 1,45, tandis que celui des femmes étrangères est passé de 1,82 à 2,12.
La situation est particulièrement dramatique pour les actifs:
Il y a actuellement environ 46 millions de travailleurs en Allemagne, mais seulement 27 millions d'entre eux apportent une contribution nette au système social allemand. Parmi ces 27 millions, 12 millions travaillent dans la fonction publique. Il ne reste donc que 15 millions de personnes pour soutenir l'ensemble du système social en Allemagne. Ce nombre diminue continuellement en raison de l'émigration et des départs à la retraite. En particulier, les baby-boomers partent maintenant à la retraite, et il est bien connu qu'ils ont eu peu d'enfants. On craint que le système social allemand ne s'effondre dans les 10 à 15 prochaines années.
En pratique, cela signifie que les banques centrales doivent imprimer de l'argent pour pouvoir respecter les obligations légales. Cela conduit, en dernier recours, à l'hyperinflation et à l'effondrement du système monétaire, ce qui signifierait également la fin de cette malheureuse UE.
L'ancien gouvernement a adopté, contrairement à ses promesses électorales, un fonds spécial de 900 milliards (qui sont des dettes). Ce qui est particulièrement piquant, c'est que l'ancien gouvernement doit encore faire passer cette absurdité ! La dette publique devrait augmenter dans les dix prochaines années, passant de 60 à 80-100 %.
Si les pensions et les minima sociaux ne peuvent pas être financés, il y aura alors création de nouveaux « fonds spéciaux ».
Apparemment, l'idée était (et cela est constamment affirmé dans la propagande absurde assénée à notre population) de compenser la faible fertilité par l'immigration. Cependant, cette immigration ne conduit pas à plus de revenus pour l'État, mais à plus de dépenses pour toutes les personnes entrantes qui ne peuvent pas être intégrées dans le processus de travail pour diverses raisons.
Au vu de l'hystérie de guerre toujours croissante en Allemagne, cette immigration de personnes principalement masculines prend une tout autre signification:
Le dernier recours des élites, dont la politique à échoué, est de fomenter la guerre, grâce à quoi on peut faire porter son propre échec à quelqu'un d'autre. Actuellement, le conflit en Ukraine s'avère être une opportunité, qu'ont orchestrée les élites occidentales elles-mêmes. Trump l'a clairement reconnu entre-temps !
Que se passerait-il si l'on considère les migrants comme de la chair à canon pour une future guerre contre la Russie ? On se souvient que le tsunami migratoire a commencé en 2015, un an après le coup d'État de Maïdan, qui a initié les conditions pour mener l'Europe vers une guerre avec la Russie.
Les responsables savaient déjà à l'époque qu'on ne pourrait jamais mener une guerre contre la Russie avec nos armées « woke » et contaminées par les idéologèmes LGBTQ. Les soldats allemands découvriraient en masse qu'ils sont en réalité des femmes, ce qui les porterait à révoquer les engagements qu'ils ont pris. De plus, par le passé, de nombreux membres de la Bundeswehr ont tenté de se soustraire à leurs engagements en se déclarant « malades », après avoir constaté que servir dans la Bundeswehr n'était en rien « facile » et pouvait conduire à une guerre conventionnelle ! Bien que la Bundeswehr ait augmenté ces dernières années d'environ 9000 personnes pour atteindre environ 183.000 soldats (et soldates), cela ne sera cependant pas suffisant pour commencer une guerre contre la Russie.
D'ici 2031, la Bundeswehr doit croître pour atteindre le chiffre de 203.000 soldats. Il n'est pas clair comment cela sera réalisé, et pour une guerre contre la Russie, cela reste largement insuffisant.
Actuellement, il y a 1,35 million de personnes en Allemagne en provenance des zones de conflit, Irak, Afghanistan et Syrie. Ces personnes sont habituées à la guerre et n'ont pas besoin d'un accompagnement psychologique après chaque impact de grenade. Avec des incitations adéquates, on peut supposer qu'un pourcentage élevé d'entre eux serait prêt à servir dans la Bundeswehr. De plus, une telle offre constituerait un facteur d'attractivité supplémentaire pour les « réfugiés ». La formation des recrues n'est pas non plus aussi compliquée que celle des spécialistes en informatique. Peut-être verrons-nous bientôt une légion étrangère allemande?
12:55 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes, bundeswehr, armée, guerre, migrants | |
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Trump envisage de « renoncer à la direction de l'OTAN » et insiste pour que le Royaume-Uni et la France prennent plus de responsabilités
Trump envisage de « renoncer à la direction de l'OTAN » et insiste pour que le Royaume-Uni et la France prennent plus de responsabilités
Source: https://dissident.one/trump-overweegt-het-leiderschap-van...
Donald Trump envisage de se départir de la direction de l'OTAN, après avoir insisté pour que les alliés européens prennent plus de responsabilités pour la sécurité du continent, rapporte le Mail.
Les États-Unis ont maintenu leur position de leader depuis la création de l'alliance défensive mise sur pied dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale. Depuis lors, le Commandant suprême des forces alliées en Europe a toujours été un général américain de haut rang.
Mais si l'on prend en considération l'objectif actuel des États-Unis, qui veulent que les alliés européens assument plus de responsabilités pour la sécurité de l'Europe, il faut s'attendre également à ce qu'un général britannique ou français prenne bientôt cette position.
Cette hypothèse a été émise après que le président américain a stupéfié ses alliés occidentaux en instaurant une interruption « temporaire » de la livraison d'une aide militaire américaine essentielle pour l'Ukraine, après une dispute historique avec Volodymyr Zelensky au Bureau ovale la semaine dernière.
Le président Trump a averti lundi soir qu'il « ne tolérerait plus longtemps » le leader ukrainien, alors que la relation entre les deux se détériorait toujours davantage après deux semaines de commentaires réciproques.
Quelques heures plus tard, la Maison Blanche a annoncé que l'aide était en cours de « révision » pour « s'assurer qu'elle contribue à une solution ». Cela a conduit à des avertissements selon lesquels, s'il n'y avait pas de changement, l'approvisionnement essentiel en armes américaines pour l'Ukraine serait épuisé d'ici l'été.
Mais mardi, Zelensky a présenté des excuses à Trump après que le Premier ministre Keir Starmer l'a averti qu'il devait restaurer les relations pour sauver son pays.
Dans une intervention conciliatrice, après que la Maison Blanche a annoncé un gel de l'aide militaire à Kiev, le président ukrainien a déclaré qu'il « apprécie vraiment » le soutien des États-Unis et qu'il est « prêt à travailler sous la forte direction du président Trump pour parvenir à une paix durable ».
Il a qualifié la stupéfiante querelle avec le président Trump à la Maison Blanche la semaine dernière de « regrettable ».
Et il a révélé que les dirigeants travaillent sur un accord de paix qui pourrait commencer par « un cessez-le-feu dans les airs… et immédiatement après, par un cessez-le-feu en mer » si la Russie est prête à suivre.
Des sources diplomatiques ont rapporté que Sir Keir et Emmanuel Macron sont prêts à se rendre à Washington la semaine prochaine avec le président Zelensky pour présenter à Trump un front commun sur ce plan.
Trump était en colère après l'avertissement du président Zelensky le week-end dernier selon lequel un accord pour mettre fin à la guerre est « encore très, très loin ».
Dans une déclaration sur X, Zelensky a déclaré qu'il était « prêt à travailler rapidement pour mettre fin à la guerre » et qu'il était prêt à signer un accord permettant aux entreprises américaines d'exploiter les réserves ukrainiennes de minéraux rares « à tout moment ».
11:32 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique internationale, donald trump, europe, ukraine, affaires européennes | |
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mardi, 11 mars 2025
L'Europe erre à l'aveuglette: pourquoi la brigade franco-allemande n'est pas une réponse
L'Europe erre à l'aveuglette: pourquoi la brigade franco-allemande n'est pas une réponse
Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2025/03/europa-im-blindflug-warum...
La Brigade franco-allemande (BFA) est érigée en levier d'une prétendue souveraineté - une approche qui fait l'impasse sur les réalités géopolitiques et qui colle aux illusions des élites européennes.
Le policy brief de la DGAP intitulé « Un leadership franco-allemand pour une Europe souveraine » (mars 2025) promet d'esquisser une orientation dans la crise de sécurité que traverse l'Europe, mais l'analyse demeure, in fine, un échafaudage fragile. La brigade franco-allemande (brigade FA) est érigée en levier d'une prétendue souveraineté - une approche qui fait l'impasse sur les réalités géopolitiques et qui colle aux illusions des élites européennes. Au lieu d'apporter des réponses, le rapport propose plutôt des rêves académiques.
La brigade FA : un symbole plutôt qu'une substance
La DGAP vante la Brigade, créée en 1989, comme un « test » pour le leadership franco-allemand. Mais le bilan après plus de trente ans est décevant. Des exercices comme « Kecker Spatz » (1987) avec 75.000 soldats en dehors des structures de l'OTAN ou le Conseil de sécurité et de défense (1988) ont été salués comme des déclenchements initiaux prometteurs - ce qui est resté, c'est l'immobilisme. Les interventions au Mali, en Bosnie ou en Afghanistan ont révélé le fossé : la France et l'Allemagne opèrent côte à côte, non pas ensemble. Au Mali (2014-2020), les Français ont combattu les terroristes, les Allemands se sont entraînés - avec une unité qui n'existait que sur le papier.
La brigade a peut-être un potentiel militaire - infanterie, artillerie, logistique - mais sans stratégie unifiée, elle reste un gros-œuvre coûteux. La DGAP propose des interventions sur le flanc est de l'OTAN, mais ne voit pas que les divergences entre Berlin et Paris paralysent tout concept. Le rapport s'accroche à un mythe d'intégration qui n'est jamais devenu réalité.
Le retour de Trump et la menace du retrait américain ravivent l'idée d'une « armée de l'UE » - la DGAP elle-même la qualifie de « totalement irréaliste ». Au lieu de cela, on promeut une « européanisation » de l'OTAN, avec la brigade comme pilier. La mise sous commandement de l'OTAN (janvier 2025) pour la Lituanie et la Roumanie est un pas, mais les oppositions stratégiques - l'Allemagne avec un rattachement à l'hégémon américain, la France avec des ambitions d'autonomie - persistent. L'Eurocorps, souvent salué comme une extension de la brigade, illustre le dilemme: 60.000 soldats en cas de guerre, mais pris entre des visions contradictoires. La souveraineté ne se construit pas ainsi.
Scepticisme à l'égard de la DGAP : une pensée trop étroite
La fixation sur l'axe franco-allemand semble naïve. Historiquement, des projets comme la Communauté européenne de défense (1952) ont échoué en raison d'intérêts nationaux - pourquoi en serait-il autrement aujourd'hui ? Le « dialogue stratégique » reste un vœu pieux tant que la volonté politique fait défaut. Considérer la brigade comme une « cellule germinale » ignore son histoire en tant que symbole sans substance. La rhétorique du flanc est contre la Russie semble en outre unilatérale - la véritable faiblesse de l'Europe réside dans son délitement, et pas seulement dans les menaces extérieures.
La DGAP reste silencieuse sur les alternatives. La dissolution de la brigade au profit de structures plus efficaces est mentionnée, mais pas approfondie. Au lieu de cela, le regard reste fixé sur un concept européen qui ne fait que remplacer la dépendance transatlantique par une coopération franco-allemande plus qu'aléatoire.
La chance de sortir de la servitude
Le cours suivi aujourd'hui par Trump offre toutefois une opportunité que la DGAP occulte: la possibilité de libérer l'Europe de la servitude transatlantique. Pendant des décennies, la dépendance vis-à-vis des garanties américaines a étranglé l'autonomie - une renégociation est désormais sur la table. Non pas une soumission aveugle, mais un partenariat d'égal à égal avec les Etats-Unis pourrait garantir la stabilité sans sacrifier la souveraineté. La Bundeswehr, qui n'est actuellement que l'ombre d'elle-même, devrait pour cela devenir une priorité - la force nationale comme base plutôt que des expériences diffuses.
Parallèlement, la Russie ne devrait pas être diabolisée. Le rapport considère implicitement Moscou comme une menace, mais une perspective sobre montre que la Russie est un voisin avec lequel une coexistence pragmatique est possible. La confrontation affaiblit l'Europe, la coopération - par exemple en matière d'énergie ou de sécurité - pourrait la stabiliser. L'hystérie du flanc est de l'OTAN a fait plus de mal que de bien.
Une communauté d'intérêts géopolitique plutôt qu'un isolement
Au lieu d'un cavalier seul franco-allemand, une autre stratégie s'offre à nous: une communauté d'intérêts géopolitique avec de grandes puissances. Les Etats-Unis restent une réalité militaire, la Russie un facteur eurasiatique - tous deux pourraient coopérer avec une Europe capable d'agir. La brigade pourrait jouer un rôle à cet égard, non pas en tant que projet de l'UE, mais dans des formats bilatéraux ou multilatéraux avec des objectifs clairs. Des modèles comme le corps germano-néerlandais prouvent que la coopération pragmatique fonctionne - sans le poids historique de l'axe franco-allemand.
Cette approche présuppose toutefois que l'Europe fasse ses devoirs: une défense nationale renforcée, des intérêts clairs, l'abandon des entraves idéologiques. La DGAP rêve d'une unité romantique - la réalité exige des calculs plus sobres.
Conclusion : il est temps d'y voir plus clair
Le rapport de la DGAP fournit des faits, mais ses conclusions relèvent du vœu pieux académique. La brigade franco-allemande n'est pas une clé de la souveraineté, mais un miroir des déchirements européens. La chance est ailleurs: dans la libération de la dépendance transatlantique, dans un voisinage pragmatique avec la Russie et dans une communauté d'intérêts qui présuppose la force nationale. Sans cela, l'Europe continuera à errer à l'aveuglette - et le temps presse.
17:32 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurocorps, brigade franco-allemande, défense, europe, affaires européennes, politique internationale | |
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Merz vendra-t-il l'Allemagne à BlackRock ?
Merz vendra-t-il l'Allemagne à BlackRock ?
Le renard devient le patron du poulailler
Source: https://dissident.one/zal-merz-duitsland-verkopen-aan-bla...
Merz était l'homme de BlackRock en Allemagne jusqu'à il y a quelques années. S'il est élu chancelier, il accélérera la cannibalisation de l'économie allemande (et européenne) et la placera entre les mains du capital américain. « C'est laisser le renard gouverner le poulailler ».
À 69 ans, Friedrich Merz attend ce moment depuis des décennies. Depuis les élections de février dernier, il est le nouveau chancelier de l'Allemagne, son parti, la Christlich Demokratische Union (CDU), devait remporter 30% des suffrages. Il devra mettre sur pied une nouvelle coalition composée de divers partis, mais Merz n'y verra pas d'inconvénient. Le lundi matin qui suivit les élections, il avait réalisé l'une des plus remarquables remontées de l'histoire politique récente, écrit Thomas Fazi.
Merz a rejoint le parti quand il était étudiant il y a plusieurs dizaines d'années. Mais aujourd'hui, il fait campagne sur un programme intitulé « Make Germany Great Again » - une tentative calculée de gagner des voix sur l'Alternative für Deutschland (AfD) en déplaçant son parti vers la droite sur des questions telles que l'immigration. Son cynisme ne doit pas être sous-estimé: comme Donald Trump en Amérique, le millionnaire Merz est un roi de l'entreprise habillé en conservateur.
N'oublions pas que Merz représente depuis longtemps les intérêts de certaines des élites commerciales et financières les plus puissantes du monde, notamment en tant que représentant clé de BlackRock en Allemagne entre 2016 et 2020. Si Merz est élu, l'Allemagne deviendra le premier pays à être dirigé par un ancien représentant de BlackRock. Mais ses liens avec les institutions de l'élite remontent à bien plus loin: pendant plus de vingt ans, avant même de rejoindre BlackRock, il a incarné la porte tournante entre la politique, les affaires et la finance.
Après les élections fédérales de 2002, Angela Merkel, alors chef de file de la CDU, s'est vu confier la présidence du groupe parlementaire, tandis que Merz a été nommé son adjoint. Cependant, leur relation ont été loin d'être au beau fixe et Merz a démissionné deux ans plus tard, se retirant progressivement de la vie politique jusqu'à ce qu'il quitte le Parlement en 2009. Pourtant, avant même son départ, il avait de l'or entre les mains. En 2004, il est engagé en tant qu'avocat principal par le cabinet international de droit et de lobbying Mayer Brown, un poids lourd du secteur dont le chiffre d'affaires annuel se calcule en milliards.
C'est là que Merz a découvert une relation beaucoup plus fructueuse. Comme l'explique Werner Rügemer, auteur de BlackRock Germany, Merz a contribué à faciliter des transactions chez Mayer Brown qui ont favorisé les intérêts des capitaux américains en Allemagne en encourageant les investisseurs américains à acheter des entreprises en République fédérale. Le résultat a été la vente et la restructuration de milliers d'entreprises allemandes, la suppression d'emplois et le gel des salaires - une approche ouvertement louée par Merz dans son livre Mehr Kapitalismus wagen (Oser plus de capitalisme).
Il ne fait aucun doute que Merz voulait incarner la thèse de son livre, mais à l'époque, il siégeait également au conseil de surveillance et au conseil d'administration de plusieurs grandes entreprises. Et puis il a abouti chez BlackRock, peut-être l'une des entreprises les plus puissantes qui aient jamais existé et elle a frappé à sa porte. Comment Merz aurait-il pu refuser ? Produits pharmaceutiques, divertissement, médias et, bien sûr, industrie de guerre - il n'y a pratiquement aucun secteur sur lequel BlackRock n'essaiera pas de capitaliser.
L'intérêt qu'il avait à engager Merz n'est pas difficile à comprendre. Il a facilité les rencontres entre le PDG de BlackRock, Larry Fink, et les hommes politiques allemands, et a contribué à l'élaboration de politiques favorables à la société et à son énorme portefeuille d'investissements. Sous l'influence de Merz, par exemple, BlackRock est devenu l'un des principaux actionnaires non allemands de nombreuses grandes entreprises allemandes, de la Deutsche Bank à Volkswagen, en passant par BMW et Siemens. Cependant, son travail n'a pas seulement consisté à augmenter les profits des actionnaires; il a également consisté à façonner un environnement politique dans lequel les intérêts des entreprises étaient alignés sur la politique du gouvernement. Par une heureuse coïncidence, il a également créé un climat dans lequel quelqu'un comme Merz pouvait facilement faire la navette entre les grandes entreprises et le Bundestag.
« Le millionnaire Merz est un roi de l'entreprise habillé en conservateur », explique le président.
C'est ce qui s'est passé en 2021, lorsque Merz, armé d'un compte en banque bien rempli et de deux jets privés, est revenu sur la scène politique en tant que chef de file de la CDU. Sans surprise, sa philosophie politique est fermement ancrée dans le néolibéralisme. Il est un fervent défenseur de la privatisation et de la déréglementation. Ces mesures sont souvent accompagnées de promesses visant à réduire la bureaucratie et à attirer les investisseurs étrangers. Mais en réalité, ce langage corporatiste ambigu est destiné à souligner l'importance qu'il accorde à la recherche de solutions aux problèmes publics par le secteur privé.
Merz est un fervent partisan de la privatisation des systèmes de sécurité sociale, au profit d'entreprises telles que BlackRock, leader dans le domaine des régimes de retraite privés. Il est aussi traditionnellement un fervent opposant au salaire minimum et aux lois contre les licenciements abusifs. Sous son règne, les travailleurs allemands risquent de voir leurs salaires stagner, voire pire.
Mais il est difficile de croire que les Allemands ordinaires sont la préoccupation de Merz. Homme de Davos un jour, homme de Davos toujours - et sa longue histoire de représentant de puissantes industries, notamment les secteurs de la chimie, de la finance et de la métallurgie, suggère qu'il aura d'autres priorités. En tant que chancelier, Merz pourrait, par exemple, être appelé à réglementer des secteurs auxquels il est associé depuis longtemps - et que Mayer Brown, son ancien employeur, représente toujours.
Il faut également tenir compte du fait que, sous la direction de Merz, la CDU a reçu des millions d'euros en contributions de campagne de la part des intérêts commerciaux qu'il a représentés dans le passé - plus que tout autre parti. Ainsi, pour les lobbyistes allemands et internationaux, avoir Merz - un ancien collègue - comme chancelier serait un rêve devenu réalité. Ou, comme le dit Rügemer, « c'est faire du renard le patron du poulailler ».
Il ne s'agit pas seulement d'une question économique : les relations d'affaires de Merz déterminent également sa politique étrangère. Au fond, il est un atlantiste convaincu et un ardent défenseur du rôle de l'Amérique en tant que garant de l'ordre mondial. Cette position idéologique a conduit Merz à rejoindre les États-Unis sur des questions telles que le gazoduc Nord Stream 2, dont il a demandé l'annulation bien avant que la crise en Ukraine ne s'aggrave. Sa position agressive en matière de politique étrangère, notamment en ce qui concerne son soutien ferme à l'Ukraine, a encore illustré son alignement sur les anciennes priorités géopolitiques des États-Unis, même au détriment des intérêts fondamentaux de son propre pays. En effet, l'une des principales raisons de la contraction de l'économie allemande et de la poursuite de son industrialisation est sa décision de se dissocier du gaz russe sous la forte pression des États-Unis.
Bien entendu, Washington a désormais une politique très différente à l'égard de l'Ukraine. Merz sera-t-il alors contraint d'abandonner ses convictions atlantistes? Pas nécessairement. Bien que sa forte position anti-russe et ses tendances militaristes semblent en contradiction avec les tentatives de Trump de désamorcer le conflit, la réalité est que leurs visions sont plus en phase l'une avec l'autre qu'il n'y paraît de prime abord. Que demande finalement Trump à l'Europe? Une augmentation des dépenses de défense et un rôle majeur dans la prise en charge des responsabilités financières et stratégiques pour la sécurité de l'Ukraine après la guerre, ce qui pourrait même inclure le déploiement d'une « force de maintien de la paix » européenne.
Ces politiques s'inscrivent parfaitement dans la vision de Merz. Il plaide depuis longtemps en faveur d'une augmentation du budget de la défense de l'Allemagne, une position saluée par ses alliés du complexe militaro-industriel allemand. Aujourd'hui, il a même rejoint le chœur appelant l'Europe à « prendre sa sécurité en main ». Trump n'aurait pas pu rêver d'un meilleur choix. Cette convergence stratégique, associée aux tendances conservatrices de Merz, à ses liens étroits avec les secteurs financiers et commerciaux américains et à son atlantisme profondément enraciné, le placent en bonne position pour devenir le « vassal en chef » européen de l'Amérique dans notre ère post-libérale. L'Allemagne se retrouverait ainsi à la tête d'une Union européenne à la fois plus faible économiquement et plus puissante militairement, alors même qu'elle reste à la dérive sur le plan stratégique.
Cet arrangement s'accompagnera de nombreux discours sur l'« autonomie » allemande et européenne - et peut-être même de désaccords publics passionnés entre Berlin et Washington. En réalité, il s'agirait surtout d'une façade, car la nouvelle dynamique ne servirait que les élites européennes et américaines. Les premières continueront à alimenter la peur de la Russie pour justifier l'augmentation des dépenses de défense, détourner l'argent des programmes sociaux et légitimer la poursuite de leur approche musclée de la démocratie. Quant aux secondes, elles continueraient à bénéficier de la dépendance économique de l'Europe à l'égard des États-Unis. Pendant ce temps, des gens comme Merz seraient bien placés pour soutenir la poursuite de la cannibalisation de l'Europe par le capital américain.
Ce n'est pas que nous devions être surpris. Au cours des deux dernières décennies, Merz, comme Trump, a prouvé qu'il était d'abord un homme d'affaires et ensuite un politicien.
Mais contrairement à Trump, qui a au moins quelques références populistes, la victoire de Merz sera célébrée dans les salles de conseil d'administration de BlackRock et d'autres grandes entreprises, qui peuvent s'attendre à ce que leurs soldes bancaires augmentent régulièrement. Mais comme souvent, les électeurs ordinaires ne doivent pas s'attendre à ce que ce butin leur parvienne.
17:06 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : friedrich merz, allemagne, europe, affaires européennes, néolibéralisme, blackrock | |
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Comment les Européens font face à l'ère complexe
Comment les Européens font face à l'ère complexe
par Pierluigi Fagan
Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/29993-pier...
Les Américains se désengagent non seulement de l'Ukraine, mais plus généralement de l'Europe en termes de présence militaire directe et d'investissements. Ce désengagement s'inscrit dans leur stratégie de réduction des dépenses de l'Etat et rassure Moscou sur le fait que cette administration ne considère pas Moscou comme un ennemi stratégique. Ce retrait pourrait s'étendre, au-delà de l'Ukraine, aux pays européens annexés par l'OTAN depuis les années 1990.
Cela n'a rien à voir avec les retraits de l'OTAN qui ont fait couler beaucoup d'encre. L'OTAN est une alliance dans laquelle, selon Washington, chacun apporte sa contribution, mais ce n'est pas le cas de l'Europe. Washington vise stratégiquement le Pacifique; l'Europe doit donc créer une OTAN européenne et se débrouiller toute seule.
Moscou sera très heureux de traiter militairement avec l'Europe et non avec les États-Unis, à la fois parce que les Russes ne considèrent pas l'Europe comme un ennemi stratégique (la somme de l'arsenal atomique du Royaume-Uni et de la France représente 10% de celui de la Russie, mis à part le problème des transporteurs, soit les missiles et les avions, pour lesquels nous sommes un « ami très cher... », mais c'est un problème beaucoup plus complexe que l'inventaire des armes), et parce que la menace militaire européenne est et restera substantiellement dépourvue de réelle substance car, en théorie, elle sera « défensive », et certainement pas offensive.
Kiev aura donc son propre semblant de protection, même relative, un Kiev auquel les accords Trump-Poutine interdisent l'adhésion à l'OTAN, mais l'accordent à l'UE, en supposant que cette dernière soit disposée à assumer ce fardeau.
Puis d'aller justifier pourquoi continuer à l'armer, mais ne pas l'intégrer au marché commun et payer sa reconstruction. Sur le plan économique, Kiev cédera des sites miniers aux États-Unis, qui non seulement économiseront de l'argent, mais en gagneront aussi. Les investissements miniers et néo-technologiques américains (le vieux projet de Zelensky pour une nouvelle nation anarcho-capitaliste de start-up high-tech), seront « protégés » par les Européens, c'est un risque, mais un risque relatif.
Le levier utilisé par Washington à l'égard de l'Europe sera les tarifs douaniers, plus de dépenses militaires - moins de droits de douane, moins de dépenses militaires - plus de droits de douane. Avec une séduction fiscale supplémentaire en cas de délocalisation de leurs propres entreprises qui veulent continuer à vendre aux États-Unis. En outre, une grande partie des nouvelles dépenses militaires européennes bénéficiera directement à la vorace industrie militaire américaine sans avoir à lui livrer une guerre directe en tant que moteur de production et de profit (également parce que des réductions des dépenses militaires américaines directes et une reconfiguration des secteurs de pointe sont annoncées). Ce schéma sera également appliqué dans d'autres parties du monde des alliances et des protections américaines dans le monde (Japon, Corée, Taïwan, monde arabe, Asie, etc.). Pour Taïwan, le prix annoncé est le partage de la participation dans TSMC et la délocalisation de la production aux États-Unis. En ce sens, le monde sera momentanément plus « pacifique » alors qu'il a l'intention de s'armer. « Si vis pacem, para bellum », disait-on de Platon à Végèce, la paix s'obtient par la peur de la force de l'ennemi, disait Trump.
La nouvelle relation avec Moscou inclut la possibilité de reprendre les affaires directes dans l'extraction d'énergie fossile, même dans l'Arctique si ce n'est pas directement en Sibérie, du pain pour une bonne part des sponsors économico-politiques et pétro-carbonés de Trump, déjà obséquieux au tournant anti-écologique déguisé en anti-éveil pour le plaisir supplémentaire de vastes audiences d'imbéciles et de décérébrés.
L'Europe sait tout cela et c'est pourquoi elle continue et même amplifie la construction surréaliste que constitue le « grand danger russe », qui serait imminent et à sa porte. Quel électorat national européen pourrait accepter et partager ce virage militariste pour des économies, des budgets, des dettes publiques déjà sous pression, sans la construction du « grand ennemi qui est aux portes » ? Inversement, comment justifier, après trois ans d'illusions, un éventuel virage diplomatico-pacifique sans perdre complètement la face et toute crédibilité politique résiduelle pour ses élites ?
[En effet, malgré tous les efforts déployés depuis trois ans, une grande partie de l'Europe ne considère pas la Russie comme un adversaire stratégique, selon une étude menée par le Conseil européen des relations extérieures].
Cette bande de moutons bêlants du sous-continent est gouvernée par la vieille et perfide Grande-Bretagne. D'abord un article surréaliste de The Economist conseillant aux Européens de diminuer les dépenses sociales pour augmenter les dépenses militaires, puis hier le Financial Times est monté au créneau avec plus ou moins le même discours et même l'idée d'un fonds commun et d'une agence pour des dépenses communes, un commandement stratégique atomique commun, dans lequel Londres voit aussi un débouché pour « son » industrie militaire, ainsi que la possibilité plus large de recommencer à faire des affaires avec l'UE puisque le plan du Brexit n'a pas fonctionné stratégiquement comme on l'imaginait.
Londres préfère donc sans doute se tailler un rôle en rétablissant le triangle avec Paris et Berlin plutôt que de traiter directement avec Trump, même pour eux le « tournant » dans leur attitude vis-à-vis de Moscou est impossible, ni souhaité. Comme l'écrivent déjà les libéraux britanniques, tout cela est pro-tempore, c'est un « ha da passa » a' nuttata », Trump n'est pas éternel, tôt ou tard la donne changera à nouveau, mais cette nouvelle posture ne déplaira pas même à la restauration complète de l'internationale libérale une fois que - si et quand - Washington reviendra à la raison. Plus d'armes pour tous, c'est la voie à suivre pour le monde des années et des décennies à venir, alors mieux vaut faire de nécessité vertu. La guerre a toujours été le moteur du développement technologique et économique de l'Europe, depuis le début de la modernité, si ce n'est la transition du Moyen-Âge à l'ère moderne, puisque nous sommes maintenant sortis des nouveaux secteurs technologiques de pointe, que nous reste-t-il à faire ?
Les capitaux fuyant une Europe soumise à des tarifs douaniers et à des dépenses militaires exogènes et faiblement endogènes iront à Wall Street, mais pas seulement le capital financier, également le capital productif (les entreprises) et le capital fiscal (les capitalistes) à qui l'on promettra des conditions plus attrayantes. La cure de reconstitution du budget américain passera par la vampirisation de l'Europe et des Européens. Tout organisme en crise pompe davantage de sang de la périphérie vers les organes vitaux.
Pour les Arabes, le discours est bien connu, tout est aligné sur la nouvelle route du coton/les accords d'Abraham qui déboucheront sur les côtes méditerranéennes d'Israël avec Gaza transformée en paradis fiscal anarcho-capitaliste, utile non seulement pour toutes les entreprises et les investisseurs impliqués dans la mise en œuvre du plan sur dix ans, utile aussi pour saboter les derniers flous fiscaux des États européens alors aux prises avec la diaspora fiscale des entreprises et des contribuables fortunés, si ce n'est aux États-Unis, dans le nouveau paradis fiscal de la rive orientale de la Méditerranée. Moins d'impôts, moins d'aide sociale, plus de privatisations, plus de pâturages pour le capital anglo-saxon.
D'autre part, pour les Européens, un nouveau potentiel commercial avec l'Asie du Sud, des combustibles fossiles moins chers que le schiste américain, peut-être même quelques co-entreprises pour de nouveaux forages en Méditerranée. Cependant, rien de tout cela ne sera immédiat.
Oui, d'accord, il faudra gérer les divers maux et insatisfactions dont souffriront les Égyptiens, les Turcs et les Qataris, mais un moyen sera trouvé. L'Iran n'aura plus qu'à prier pour ne pas être directement attaqué par Tel-Aviv et à pêcher dans le baril, sinon il y aura de sérieuses douleurs. Non seulement Gaza deviendra une exclave américaine, mais même les Territoires seront absorbés par Tel-Aviv avec la dislocation d'une partie des Palestiniens, absorber des parts substantielles de la population palestinienne deviendra le nouveau prix à payer pour les Arabes, à condition qu'ils veuillent entrer dans le gâteau du méga-projet pour l'avenir de la région et ne pas se retrouver ostracisés (course à l'espace, nouvelles technologies diverses, fournitures militaires, etc.) et frappés par des droits et autres inconvénients stratégico-économico-financiers.
Certains seront horrifiés et soupireront qu'entre le dire et le faire, il y a l'impondérable. C'est vrai, mais dans la nouvelle ère complexe, soit vous avez un plan, soit vous serez écrasé par ceux qui en ont un et qui ont le pouvoir d'essayer de le mettre en œuvre. Nous, Européens, en supposant qu'une telle entité existe non seulement géographiquement (comme Metternich l'a dit de l'Italie), n'avons ni le plan, ni le pouvoir, ni le couplage adéquat des « élites » pour l'obtenir. Nous n'avons pas, ni ne pouvons avoir la subjectivité géopolitique qui présuppose l'existence d'un État, mais nous avons des légions d'aspirants à imiter Machiavel qui suggèreront que l'Europe devrait être et faire ceci et non cela, un volumineux théâtre de l'absurde. À ceux qui persistent à soupirer que « ce n'est pas bien », je conseillerais de prendre un long bain de réalisme brutal, car notre déni de la réalité est de plus en plus pathologique.
Après tout, certains ont répété pendant des années sur la question israélo-palestinienne « une terre, deux Etats », ce qui semble être une belle idée, dommage qu'elle soit impossible, pensiez-vous vraiment que Tel-Aviv accepterait un Etat palestinien à ses frontières ? C'est maintenant au tour de l'Europe pacifiste, socialiste, écologique, tiers-mondiste, bricsiste ou favorable à la Chine. Nous remplissons la réalité de paroles, de « bonnes choses à penser » et à dire qui ne sont pas réalistes. Cela réduit l'anxiété liée à la dissonance cognitive, mais cela ne peut rien produire de concret car cela ne repose pas sur une base réaliste, mais sur une base idéaliste. L'idéalisme peut nous donner un point à atteindre sur un horizon lointain, mais pour nous orienter et aller de l'avant, nous devons nous confronter au monde réel, construire au fil du temps des sujets dotés d'une stratégie articulée et très concrète et du pouvoir relatif de la mettre en œuvre.
Comme le disait le bon De Maistre, « Tout peuple a le gouvernement qu'il mérite » et nous méritons toutes ces élites, elles sont le miroir de notre insipidité (populaire, intellectuelle, culturelle, politique), on peut les insulter autant qu'on veut, mais c'est comme cracher sur un miroir.
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lundi, 10 mars 2025
Trump, les néocons et l'inversion du projet interventionniste mondialiste
Trump, les néocons et l'inversion du projet interventionniste mondialiste
Donald Trump est en train de revenir sur la politique interventionniste néoconservatrice, estime Frank-Christian Hansel dans son commentaire pour LIBRE. Le président américain offre ainsi à l'Europe une chance d'autonomie en matière de politique de sécurité.
par Frank-Christian Hansel
Source: https://www.freilich-magazin.com/welt/trump-die-neocons-u...
Depuis des années, Donald Trump est présenté par les politiciens mainstream et les médias européens comme un danger pour l'Occident. Sa critique de l'OTAN, son aspiration à une solution diplomatique en Ukraine et son rejet des projets mondialistes sont interprétés comme les preuves d'une volonté de détruire les valeurs de la communauté occidentale. Mais cette présentation méconnaît le véritable cœur de son programme politique, dans l'intérêt également du contribuable américain. Trump ne démantèle pas l'Occident, mais fait marche arrière sur un projet d'intervention néoconservateur qui a impliqué les États-Unis et l'Europe dans diverses guerres. Son objectif n'est pas l'isolationnisme, mais une réorientation pragmatique de la politique américaine, qui offre également à l'Europe une chance historique d'accéder à la souveraineté.
Les néocons et leur projet géopolitique
Le mouvement néoconservateur a marqué la politique étrangère américaine depuis les années 1990. Leur objectif était l'hégémonie incontestée des Etats-Unis, imposée par des interventions militaires ciblées et des changements de régime. La doctrine Wolfowitz de 1992 a fixé l'objectif stratégique d'étouffer dans l'œuf toute concurrence géopolitique. Le Project for the New American Century (PNAC) a exigé une politique d'intervention agressive, qui s'est exprimée dans les guerres en Irak, en Afghanistan et en Libye. L'Ukraine, en particulier, a joué un rôle décisif dans ce processus. Depuis 2014, elle a été systématiquement intégrée dans la sphère d'influence occidentale, le renversement du Maïdan a été activement soutenu, comme le prouvent des documents désormais publiés par l'autorité patronnée par Musk, et le pays a été positionné comme tampon géopolitique contre la Russie. Cette stratégie est l'expression du récit initial, celui du « Heartland » de Halford Mackinder, qui considère le contrôle de l'Europe de l'Est comme la clé de la domination mondiale.
Cette politique d'expansion permanente et de démonstration de force militaire n'a toutefois pas apporté la stabilité, mais la déstabilisation à long terme - et était d'ailleurs tout sauf « basée sur des règles » ! Les conséquences des guerres au Proche-Orient et de la politique de confrontation avec la Russie ont été considérables pour l'Europe: mouvements migratoires, bouleversements économiques et dépendance militaire croissante vis-à-vis des États-Unis.
Trump comme contre-modèle : « America First » au lieu de l'interventionnisme mondial
Dès le début, Trump s'est opposé à cette orientation. Durant son mandat, il a empêché une nouvelle intervention militaire à grande échelle, a retiré les troupes américaines des zones de conflit et a privilégié les négociations plutôt que l'escalade. Sa critique de l'OTAN a souvent été présentée comme une intention malavisée d'affaiblir l'alliance occidentale, alors qu'elle visait à libérer l'Europe de sa dépendance vis-à-vis des États-Unis en matière de politique de sécurité. Son approche était claire: les États-Unis devraient se concentrer sur leurs intérêts nationaux au lieu de mener d'interminables guerres par procuration pour un ordre mondial qui sert avant tout les néocons.
Sa divergence sur la question ukrainienne était et reste particulièrement frappante. Contrairement à l'establishment de la politique étrangère, qui considérait le conflit comme une opportunité géopolitique, Trump a voulu rechercher une solution diplomatique dès 2019. Il a reconnu que la guerre ne pouvait pas prendre fin par des sanctions ou des livraisons d'armes, mais par des négociations qui tiendraient également compte des intérêts de sécurité russes. Cela signifiait toutefois un défi direct à la stratégie néoconservatrice.
La guerre en Ukraine, un test pour les intérêts géopolitiques
Dans ce contexte, la guerre d'Ukraine n'est pas simplement une escalade géopolitique spontanée, mais le résultat d'une stratégie néocon de longue date. Dès 2008, le projet d'élargir l'OTAN à la Géorgie et à l'Ukraine a provoqué des tensions de grande ampleur avec la Russie. Le renversement de Maïdan en 2014 n'était pas seulement un événement interne à l'Ukraine, mais le produit de l'influence occidentale, que la Russie a perçu comme une menace existentielle. La guerre à partir de 2022 - sans que cela puisse être lu comme une justification - était alors la conséquence logique d'un conflit par procuration qui s'était construit au fil des années. Trump reconnaît ce contexte et veut mettre fin à la guerre, non pas par sympathie pour Poutine, mais parce qu'il considère l'escalade comme une impasse stratégique.
C'est justement là que le conflit central entre Trump et l'establishment transatlantique/atlantiste apparaît. Ceux qui ont œuvré depuis des décennies à une confrontation militaire avec la Russie voient Trump comme une menace pour leur ordre géopolitique. Sa diplomatie est stigmatisée comme une trahison, ses efforts de paix sont considérés comme une faiblesse.
Ce n'est pas pour rien qu'il insiste sur le fait que cette guerre n'aurait jamais dû être déclenchée et qu'elle n'aurait pas eu lieu sous son égide. Il ne s'agit pas de valeurs, mais d'intérêts économiques et stratégiques solides. Le complexe militaro-industriel profite d'un conflit durable, et l'Europe, en tant que vassal géopolitique, est manœuvrée dans une situation qui sape sa souveraineté.
La position allemande : prisonnière du récit transatlantique ?
Dans ce débat, l'Allemagne en particulier révèle une désorientation stratégique. L'élite politique à Berlin, en particulier les transatlantiques d'inspiration ouest-allemande, représentés de Merz à Gabriel, continue finalement - qu'ils en soient conscients ou non - à s'accrocher aux concepts de l'ère néocon et à interpréter les bouleversements géopolitiques actuels non pas comme une opportunité de réorientation, mais comme une menace. Au lieu de considérer le cours de Trump comme une possibilité d'émancipation de l'Europe, la politique étrangère allemande s'accroche à une fidélité à une alliance dépassée et à une obéissance aveugle à Washington.
C'est pourquoi l'administration Trump, avec des figures comme Vivek Ramaswamy et Elon Musk, cherche logiquement à dialoguer avec les forces d'opposition aux formations politiques partisanes de l'euro-mondialisme en Europe, notamment avec des mouvements souverainistes comme l'AfD ou avec des personnalités comme Victor Orban. Alors que la politique allemande en place reste ancrée dans le vieux mode de la pensée transatlantique, l'AfD reconnaît la nécessité d'un véritable changement d'époque: s'éloigner de la dépendance militaire et de la gestion géopolitique étrangère pour s'orienter vers une politique européenne autonome en matière de sécurité et d'économie.
La chance géopolitique pour l'Europe: émancipation ou vassalité?
C'est pourtant là que réside la chance. Trump ne détruit pas l'Occident, mais donne à l'Europe la possibilité de s'affranchir de la tutelle des Etats-Unis en matière de politique de sécurité. Si les États-Unis se retirent de leur rôle de puissance protectrice mondiale, cela ne signifie pas l'effondrement de l'Occident, mais la nécessité d'une véritable ré-appropriation européenne. L'Europe pourrait développer une politique de sécurité autonome au lieu de continuer à se soumettre inconditionnellement à la doctrine américaine.
Cette émancipation aurait plusieurs avantages :
- Une plus grande autonomie stratégique: l'Europe pourrait développer sa propre politique de défense sans dépendre en permanence de l'approbation de Washington.
- Un rôle de médiateur diplomatique: une Europe indépendante pourrait servir d'intermédiaire entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, au lieu de se laisser entraîner unilatéralement dans des confrontations géopolitiques.
- Les intérêts économiques avant l'idéologie: l'Europe pourrait mener une politique économique pragmatique qui ne soit pas minée par des sanctions et des guerres commerciales avec de grands acteurs comme la Chine et la Russie.
Au lieu de cela, de nombreux gouvernements européens entendent demeurer dans un état de vassalité, où toute initiative stratégique personnelle est étouffée dans l'œuf. C'est particulièrement visible dans la question ukrainienne: alors que Washington négocie une éventuelle fin de la guerre, les élites européennes continuent d'exiger une escalade à tout prix. Cette myopie pourrait s'avérer fatale si les Etats-Unis entament effectivement un retrait et si l'Europe est confrontée aux conséquences de sa propre dépendance.
Conclusion : Trump comme correctif de l'ordre mondial
Trump ne met pas fin à l'Occident - il donne à l'Europe l'occasion de développer enfin sa propre identité géopolitique. Les années à venir montreront si l'Europe reconnaît les signes du temps ou si elle continue à s'enfermer dans d'anciennes structures de dépendance. Il en va de même pour l'Allemagne, quelle que soit la personne qui la gouvernera à l'avenir.
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Le cirque s’en va en guerre et boum, et boum, badaboum…
Le cirque s’en va en guerre et boum, et boum, badaboum…
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/il-circo-va-alla-guerra/
Alors… pendant que Trump négocie avec Poutine, l'Europe, ou plutôt cette étrange fiction qu'on appelle l'Union européenne, va à la guerre.
Ou plutôt, au réarmement. Pour faire la guerre à la Russie.
Cela ferait déjà rire, comme une blague dépourvue de sens. Et pourtant, peut-être, nous devrions vraiment nous inquiéter. Et pleurer.
Parce que les soi-disant vents de guerre semblent souffler avec force dans les voiles de Bruxelles. Et trouver autant d'enthousiasme du côté de l'Élysée.
Ursula von der Leyen veut réarmer l'Europe. Pour faire face à Moscou. Elle demande 800 milliards d'euros à investir dans l'armement.
Vous avez bien compris… Huit cents, 800 milliards d'euros. Qui devraient bien sûr être tirés des pays membres. Donc des citoyens. Au détriment des dépenses sociales, des retraites, des salaires…
Des Européens, ou plutôt des Allemands, des Français, des Italiens, des Espagnols et d'autres seront de plus en plus appauvris. Plongés dans la misère. Réduits à une vie de plus en plus précarisée et difficile. Pour financer la guerre. Contre la Russie.
Parce que Lady Ursula et ses acolytes veulent la guerre. En paroles d'abord. Mais pour la mener, et en assumer les conséquences dans tous les sens, ce seront d'autres qui devront le faire. Vous, je suppose. Ou vos enfants et petits-enfants.
De plus, Ursula ne doit pratiquement rendre de comptes à personne. Elle n'a pas été élue par les peuples européens. Elle a été placée là par des intrigues de palais. Si elle se présentait à un vote réel, elle ne remporterait peut-être que les voix de ses proches.
Et sa Commission n'est pas un gouvernement. Elle n'a, ou plutôt ne devrait avoir, aucun pouvoir. Surtout en matière militaire. Et en ce qui concerne les guerres.
Mais l'incompétence des gouvernements nationaux lui permet d'assumer, en fait de s'approprier, ce rôle.
Et elle joue bien ce rôle, au service de ces pouvoirs financiers qui n'ont rien à voir avec l'Europe. Et avec les peuples qui devraient la composer. Et qui paient déjà les conséquences de ces politiques.
Puis il y a Macron. Pas la peine de parler de Merz, le nouveau chancelier allemand. C'est un homme de BlackRock. Et cela devrait suffire à nous faire comprendre. De plus, il n'a pas de majorité. L'Allemagne se prépare à une période, vraisemblablement longue, d'incertitude. Même, peut-être surtout, dans les rangs de la CDU-CSU.
Mais Macron semble très engagé. Un héraut de la guerre. Du réarmement. Lui qui a marqué, par son insouciance, la fin définitive de la domination française en Afrique. Qui gouverne sans majorité. Qui risque une révolte généralisée dans son propre pays.
Pourtant, il veut, en mots, la guerre. Avec la Russie.
Les autres Européens s'exercent dans l'art de la pêche en baril. Ils font semblant d'être prêts. Mais ils comptent comme le classique deux de cœur quand l'atout est carreau ou trèfle.
Les Pays-Bas continuent à faire leurs affaires. Sous le radar. Les autres se taisent plus ou moins. La Hongrie, la Slovaquie, la Croatie, bientôt la Bulgarie et la Roumanie, se désengagent.
Il reste la Pologne. Mais, je le rappelle, le militarisme chronique des Polonais n'a jamais porté chance à personne. Surtout à eux. Et à ceux qui les ont suivis.
Un Cirque, donc, avec des figurants et des clowns. Qui crient: Guerre! Guerre!
Mais il n'a pas les forces nécessaire pour la soutenir, cette guerre.
Un Cirque qui sert, probablement, à masquer tout autre chose. Un jeu d'intérêts économiques. Ou, pour simplifier, le énième vol colossal qui se perpétra à nos dépens.
La Ligue de Salvini s'y est clairement opposée à cette guerre. Meloni semble encore incertaine.
Espérons… il ne nous reste plus rien d'autre à faire.
16:43 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique internationale, bellicisme, europe, affaires européennes, france, allemagne, emmanuel macron, ursula von der leyen | |
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dimanche, 09 mars 2025
Les enseignements des législatives allemandes
Les enseignements des législatives allemandes
par Georges Feltin-Tracol
Le 23 février dernier, soixante millions et demi d’Allemands votaient pour désigner leur nouveau Bundestag, suite à la dissolution de la vingtième législature prononcée le 27 décembre 2024 par le président de la République fédérale.
L’élection se déroule selon un mode de scrutin mixte original. Chaque électeur détient deux voix. Sur le même bulletin de vote se présentent deux colonnes. La première concerne le mandat direct: 276 circonscriptions au scrutin majoritaire uninominal à un seul tour. La seconde porte sur une liste présente au niveau du Land, soit 354 sièges répartis à la proportionnelle selon la méthode de Sainte-Laguë qui favorise les minorités. L’électeur coche donc à deux reprises sans forcément choisir la même formation politique. L’accès au Bundestag suppose d’obtenir 5% au niveau fédéral ou bien de gagner trois mandats directs qui annulent ce seuil. Il est enfin possible pour une personne d’être à la fois candidate à un mandat direct et de figurer sur une liste régionale.
Une participation de 82,54%, soit près de six points et demi de hausse, marque ces élections anticipées. Il faut remonter aux législatives de 1987 pour observer un si fort engouement civique. La brièveté de la campagne électorale n’a pas empêché un réel intérêt accru par les attentats islamistes allogènes à la voiture et au couteau. La tendance finale confirme une fragilisation partielle du consensus outre-Rhin.
Résultats des élections de 2021 (à gauche) et de 2025 (à droite).
Les listes de la coalition CDU – CSU arrivent en tête avec 28,52%. Certes, elles remportent l’élection, mais leur résultat se trouve en dessous des 30% prévus par les sondages. Pressenti pour devenir le prochain chancelier fédéral, Friedrich Merz est dès à présent vulnérable, car ses 208 députés n’arrivent pas à la majorité absolue de 316 sièges.
Le chancelier sortant, le social-démocrate Olaf Scholz, perd son pari de conserver son poste. Avec 16,41%, le SPD réalise la plus mauvaise contre-performance électorale de son histoire. Perdant 86 sièges, les 120 heureux élus vont sûrement exiger quelques comptes à Scholz qui, tel un Biden obstiné et têtu, n’a pas voulu renoncer au profit de l’actuel ministre de la Défense, Boris Pistorius, plus populaire que lui d’après les enquêtes d’opinion.
Les libéraux-démocrates du FDP sortent du Bundestag avec 4,33 %. Dès l’annonce des premières tendances désastreuses, leur chef de file, Christian Lindner (photo), a démissionné de la présidence du parti et quitté la vie politique active. Ce vote confirme le déclin du FDP qui n’est plus représenté que dans neuf Länder sur seize. Bien que perdant 33 sièges, les Verts restent relativement stables (11,61% et 85 députés). Leur programme belliciste en politique étrangère et liberticide en politique intérieure ne gêne pas leurs électeurs nantis désormais, bien souvent retraités. Certains responsables Verts seraient néanmoins favorables à une entente gouvernementale avec Friedrich Merz. Mais cette hypothétique alliance noire – verte impliquerait un gouvernement minoritaire.
Toute la médiacratie occidentale bien-pensante s’indigne des 20,80% de l’AfD. Fondée en 2013, elle avait fait cette année-là 4,70% et aucun élu, puis 12,60% en 2017 (94 sièges) et 10,30% (83 sièges) en 2021. Dorénavant principale force d’opposition, l’AfD consolide sa domination dans l’ancienne RDA où elle rafle la quasi-totalité des mandats directs.
Son co-président Tino Chrupalla (photo) récolte par exemple 48,90% dans sa circonscription de Görlitz en Saxe. Exclu du groupe Europe des nations souveraines au Parlement de Strasbourg – Bruxelles pour un simple point de vue historique non conforme, Maximilian Krah remporte lui aussi un mandat direct (44,20%) à Chemnitz toujours en Saxe. Il appartient bien au groupe AfD. Toutefois, certains sondages pronostiquaient l’AfD à 22%. Fondée par des conservateurs – libéraux hostiles à l’euro et à l’intervention des États pour sauver le système financier en 2008 et la Grèce au début des années 2010, l’AfD reste plus que jamais ambivalente. La structure fédérale allemande influence l’organisation des partis politiques eux aussi fédéraux. Ainsi, dans l’AfD coexistent-ils la libertarienne Alice Weidel, le catholique de tradition Maximilian Krah, et Björn Höcke à la sensibilité identitaire plus affirmée. Ces deux derniers n’apprécient guère le tropisme trumpien de la direction plutôt nationale-libérale...
Maximilian Krah (en haut) et Björn Höcke (en bas).
Les nationaux-conservateurs de l’Alliance Allemagne n’obtiennent que 0,20% et ceux de l’Union des valeurs, une scission nationale-libérale de la CDU, 0%. Elle ne se présentait qu’en Rhénanie du Nord – Westphalie. Quant à Heimat, le nouveau nom du NPD (Parti national-démocrate d’Allemagne), il n’a pas pu participer au scrutin. Déjà privé pour cinq ans de tout financement public, ce mouvement national radical subit l’hostilité permanente du Régime et de ses sbires médiatiques. En outre, les conditions pour se présenter sont problématiques. Tout candidat aux législatives doit recueillir au préalable un nombre précis de parrainages de citoyens. Vu le climat de haine anti-nationale actuel, rares sont les Allemands prêts à signer pour les valeureux militants de Heimat. La liberté de candidature est donc biaisée et restreinte sans que cette infamie ne suscite la préoccupation du Conseil de l’Europe et de l’Organisation de sécurité et de coopération en Europe qui préfèrent dénoncer Tbilissi ou Budapest. En revanche, l’AfD ne risque plus l’interdiction, d’autant qu’elle bénéficie désormais du soutien tacite de l’administration Trump. La rencontre entre Alice Weidel et le vice-président JD Vance en fait foi.
La véritable surprise de ces élections revient cependant à Die Linke (8,77 % et 64 sièges). Les sondages la plaçaient en dessous des 5% fatidiques. Cette formation de gauche radicale qui prône l’immigration à outrance, a su tirer partie dans les dernières semaines de campagne de l’aura médiatique acquise par sa co-tête de liste Heidi Reichinnek (photo, ci-dessous) à travers des discours délirants d’antifascisme.
Plus inquiétant encore, maints primo-votants de 18 à 25 ans ont préféré Die Linke. Cinq – six ans auparavant, ces jeunes adultes manifestaient tous les vendredis à l’appel de « Sacrée Greta Thunberg » pour le climat, la planète et l’école buissonnière. Ce vote puéril en faveur des héritiers du communisme est-allemand provient en outre du bourrage incessant des crânes dans un système éducatif allemand largement déficient.
La remontée surprenante de Die Linke efface l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) qui frôle les 5% avec 4,90%. Il aurait été exceptionnel qu’un parti lancé en janvier 2024 accède si tôt au Bundestag. Par ailleurs, BSW paie ses compromissions dans les Länder du Brandebourg et de Thuringe. Un mouvement estampillé anti-Système peut-il collaborer au sein des gouvernements régionaux avec la CDU et le SPD? Cet échec ne marque pourtant pas sa fin. BSW pourrait bientôt s’appeler l’Alliance pour la Sécurité et la Prospérité.
Pendant la campagne électorale, Friedrich Merz a vivement critiqué le SPD avec qui il devrait maintenant négocier un partenariat de gouvernement. En dépit de leur claque cinglante, les sociaux-démocrates deviennent des faiseurs de roi. Or bien peu d’entre-eux apprécient le président de la CDU. Ses prises de position jugées « droitières », son passé d’homme d’affaire millionnaire, son avion privé qu’il pilote le rendent antipathiques auprès des électeurs du SPD, des Verts et de Die Linke. Former une éventuelle coalition ne sera pas simple à moins que Merz renonce à son programme en matière d’immigration, de sécurité publique et de budget. Conscient de ces difficultés, il souhaiterait que l’actuel Bundestag qui, bien que dissout, n’en poursuit pas moins ses travaux, adopte avant l’entrée en fonction du nouveau un fonds spécial consacré à la défense et à l’armement. Il craint qu’avec la configuration politique à venir, ce fonds soit retoqué par la minorité de blocage exercée par l’AfD et Die Linke.
Plutôt que de rechercher une nouvelle « grande coalition » avec un SPD déchu, Friedrich Merz devrait solliciter l’AfD qui partage un libre-échangisme (l’AfD soutient l’accord de commerce avec le MERCOSUR) et un anti-merkelisme carabiné. Grand rival d’Angela Merkel au début des années 2000, Friedrich Merz renonça à la politique en 2009 avant d’y replonger en 2018 sur des thèmes libéraux et conservateurs. En brisant le « cordon sanitaire », il donnerait l’occasion aux membres de l’AfD de prouver leur valeur, leur sérieux et leur compétence à la tête de ministères majeurs. À diverses reprises, les conservateurs autrichiens l’ont fait avec le FPÖ qui perdit très vite et pour de courtes périodes sa dynamique auprès des électeurs. Mais il est exact qu’une pesante tyrannie mémorielle empêche toute transgression politique audacieuse en Allemagne. Le changement attendra.
GF-T
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 146, mise en ligne le 5 mars 2025 sur Radio Méridien Zéro.
14:57 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : affaires européennes, politique, actualité, europe, allemagne, législatives allemandes 2025 | |
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samedi, 08 mars 2025
La "menace de guerre", le RN et LFI
La "menace de guerre", le RN et LFI
Claude Bourrinet
Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100002364487528
Après avoir encouragé la guerre contre l’« agresseur » russe et le « dictateur » Poutine, après avoir consenti à un armement massif des Ukrainiens, et avoir de ce fait conforté un pouvoir clairement dictatorial à Kiev à teinture nettement néonazie, après avoir en grande partie repris la propagande déclamatoire de l’Otan et de Bruxelles, voire de Macron, à propos de cette guerre, le RN, par la voix de son vice-président, Sébastien Chenu (photo), semble changer d’appui, comme un dribbleur footeux qui esquive un adversaire, ou plutôt, tel il a toujours été, c’est-à-dire un parti électoraliste qui tire des bords à vue, selon les vents et les récifs, le principal étant d’atteindre enfin le port bénit du pouvoir.
Non que ce cynique ne dise vrai, mais l’on sait que la « vérité », enchâssée dans un écrin de mensonges, n’est là que pour servir d’alibi. En effet, son analyse ne manque pas de pertinence. Il déclare ne pas croire « du tout » au « scénario » des Russes aux portes de la capitale française, et à l’invasion de la Moldavie et de la Roumanie. Il est certain que Macron remue des peurs historiques, la mémoire de nos défaites humiliantes, apocalyptiques, telles qu’on les a connues en Juin 40, avec les Allemands dans les murs de Paris, ou en 1814, avec ces mêmes Russes, qui, selon Macron, nous « touchent ». Il a bien identifié le véritable dessein du Machiavel au petits pieds qui se moque de la France, et qui sait qu’on renforce son pouvoir quand on angoisse le peuple.
Chenu aurait pu de surcroît rappeler les épisodes du COVID, du confinement, du couvre-feu, les contrôles de papiers dans la rue, à chaque instant, qui nous faisaient revivre les heures sombres de notre histoire, comme on a l’habitude d’ânonner. Il se garde bien aussi de préciser que cette terreur a été plusieurs fois instillée sciemment, par exemple en prévoyant la fin du monde du fait d’un réchauffement climatique épouvantable, et aussi par l’agitation itérative du danger terroriste, de l’islamisme, menace sur laquelle nous reviendrons. Il aurait pu ajouter que cette stratégie de la tension ne vise pas seulement à faire accepter le fédéralisme européen, et l’abandon de notre souveraineté militaire, mais à organiser méthodiquement, depuis une dizaine d’années, un savant maillage policier de surveillance, de contrôles, d’encadrement de la population, qu’accompagnent une propagande de plus en plus pressante et une censure, voire une répression, de plus en plus féroces.
Mais de cela, nul mot. Le RN n’a jamais dénoncé la dictature qui est en train de se mettre en place, aussi bien dans notre pays que dans l’Union européenne, en Roumanie, par exemple, où les élections ont été annulées, où les opposants anti-Bruxelles et anti-Otan sont soumis à des mesures policières. C’est le cas en Allemagne, et on sent bien que la France est sur le point de basculer dans une politique plus qu’autoritaire.
Il est évident aussi, et il a raison sur ce point, qu’une telle montée d’adrénaline guerrière, pour autant qu’elle corresponde à quelque chose de sérieux (l’Europe a-t-elle les moyens de faire la guerre à la Russie?) vise à cacher les problèmes qui fâchent. Et là, Chenu ratisse dans sa clientèle : l’insécurité, l’immigration, les finances publiques, le Mercosur « qui tue nos agriculteurs ». Histoire de nous rappeler que ce parti bourgeois, qui aspire au gouvernement de la France avec les mêmes moyens autoritaires (et peut-être les mêmes ruses) que Macron, n’est pas avare de démagogie. On voit bien que des partis anti-immigrationnistes comme ceux de Meloni et d’Orban, on consenti à l’importation massive d’immigrés, ou à leur régularisation, dans le cas de l’Italie, tout simplement parce que l’Europe ne fait plus d’enfants, et qu’elle manque de main-d’œuvre. Il n’est qu’à écouter Orban : pour cette fois, ce n’est pas von der Leyen qui s’exprime.
En ce qui concerne le conflit en Ukraine, Chenu rappelle à bon escient les principes gaullistes : "Le budget de la défense française doit être financé par de l'argent français au bénéfice des Français", et "les Français doivent disposer d'une défense nationale propre pour défendre leurs intérêts ». En outre, "la France doit avoir une position indépendante et équidistante", et doit constituer l'un des "moteurs" dans un processus de paix entre l'Ukraine et la Russie.
On peut lui rétorquer que ce beau programme est maintenant obsolète, que la France, grâce à Macron, mais aussi à des séries d’assentiments médiatiques ou parlementaires visant à créditer l’appui à l’Ukraine de l’approbation de la quasi totalité des partis, ont convaincu les Russes que la France était finie comme puissance et comme interlocutrice légitime. Il est impossible dans les années qui viennent de recouvrer notre autorité, notre prestige, c’est-à-dire notre voix.
Il n’en demeure pas moins qu’au-delà de l’hypocrisie de Chenu et du RN, qui ont ouvertement appelé à combattre ce grand méchant de Poutine, sans compter les élans d’amour à l’égard des Américains, ce pseudo-parti soi-disant d’opposition a vu juste: les Français, si les choses deviennent concrètes, et qu’une mobilisation s’esquisse pour aller, la fleur au fusil, jusqu’à Moscou, regimberont. Sans doute faut-il faire la part, dans cette réticence, à l’amollissement d’une population vieillissante rongée par l’hédonisme consumériste et la peur de mourir, mais il faut accorder tout de même au peuple le sentiment plus ou moins conscient que cette guerre n’est pas la sienne.
Toujours est-il que LFI a encore perdu une occasion d’emprunter un boulevard qui lui était ouvert. Il semble évident que l’hostilité à la guerre va devenir « payante » électoralement. Or, on notera la surprenante discrétion de l’organisation de Jean-Luc Mélenchon, pourtant si hâbleur d’habitude. Et pour cause. D’abord, le parti est partagé, et si quelques-uns, dont peut-être le leader maximo, voient assez clair sur ce qui s’est passé à l’Est, à savoir que la Russie n’avait pas tout à fait tort d’intervenir, d’autres se sont abstenus prudemment de prendre position, et enfin une frange a appuyé l’Otan, en croyant bêtement au narratif propagandiste et manichéen des médias du système.
C’est bien là une des tares de la gauche contemporaine, bien plus niaise que ne le fut la gauche communiste, qui avait au moins un instrument d’analyse assez réaliste dans le marxisme et le concept de lutte des classes, et ne tombait pas – sinon pour s’en servir cyniquement - dans le moralisme plat et imbécile. Mais il semblerait que la dichotomie entre le Bien et le Mal fût devenue maintenant la science suprême de l’analyse politique à gauche, surtout dans le domaine des affaires étrangères.
Ajoutons à cela que LFI n’a pas intérêt à s’en prendre réellement à Bruxelles et à l’UE, qui défendent une politique immigrationniste massive, sans compter l’appui institutionnel, financier, et propagandiste au lobby lbgt. On ne scie pas une branche qu’on a enfourchée.
Revenons à Chenu. On notera qu’il n’a pas évoqué l’Amérique, qui est quand même le principal metteur en scène de ce qui s’est passé en Ukraine depuis une vingtaine d’années, et surtout depuis douze ans, depuis le putsch de Maidan. Il n’a pas non plus rappelé que l’achat volumineux d’armes se fera au profit du complexe militaro-industriel yankee, et que la guerre contre la Russie a correspondu au projet américain de ruiner l’Europe.
D’autre part, il n’a pas manqué d’entonner l’antienne obsessionnelle du RN qui, il faut bien le dire, a été rejoint sur ce terrain par un personnel politique de plus en plus tenté par la rhétorique d’extrême droite. Chenu dit bien que Poutine n’est pas le « danger principal » pour la France, ce qui laisse sous-entendre qu’il est quand même une menace, et qu’il s’agit encore de le combattre (on se garde bien, quand même, de quitter le rail qui conduit au pouvoir – atlantiste -. Courage n’est pas témérité !). Il aurait été bien plus judicieux d'insister sur ce que l'on aurait à gagner si la Russie redevenait une partenaire privilégiée. Mais, pour lui, le « danger principal", évidemment, est le « terrorisme » et l’« islamisme ».
Le problème, avec des mensonges simplistes et démagogiques tirés comme des pistolets de western, c’est qu’il faut des pages pour les désarmer, et qu’ils produisent tellement de réactions épidermiques, conditionnés, confits d’adrénaline, qui est fort difficile de faire entendre raison (la raison, en politique ? Vous plaisantez!), et de ne pas susciter des conclusions réductrices. Si l’on dit que le « terrorisme » est finalement assez rare, et que, par exemple, dans les pays occidentaux, les massacres occasionnés par des créatures qui pètent les plombs, et qui sont souvent « blanches » de souche « caucasienne » comme on dit aux États-Unis, on vous dit que c’est faux, ou que vous être complice. Si vous faites remarquer que le terrorisme de masse qui, probablement, est à l’origine des répliques dont l’on a souffert, ici, a été perpétré, par exemple, en Irak, où des centaines de milliers de civils ont été bombardés ou affamé par la libre « démocratie » occidentale, et que la non moins « morale » armée israélienne a exécuté froidement des dizaines de milliers de femmes et d’enfants, on vous fera un procès de collusion avec l’ennemi de notre civilisation judéo-chrétienne. Il est évident qu’en reprenant cette terminologie violemment connotée, un Chenu, qui soutient énergiquement le Likoud, et a pour l’Amérique les yeux de Chimène, fait d’une pierre deux coups : il s’assure d’un appui pour parvenir au pouvoir (il est toujours profitable, dans ce cas, d’être dans le camp des puissants), et il flatte un public électoral qui raffole de ce verbiage simpliste et bas, et qui, de toute façon, ne pense pas (ce qu’au RN on sait pertinemment).
La menace principale, il faudrait enfin le reconnaître, n’existe plus. On ne peut « menacer » un corps mort. La France non seulement n’est plus chrétienne, et donc qu’elle ne court pas le risque de voir une « civilisation » - qui n’existe plus – voler en éclats sous les coups de boutoir d’un islamisme fantasmatique, mais elle est décédée depuis des lustres, tuée, empoisonnée, achevée par l’américanisation. Le vrai « Grand Remplacement », c’est ça. Le « peuple » a consenti à son euthanasie pour un paradis artificiel, celui de la marchandise toxique, du spectacle abrutissant, de l’existence ramollie des esclaves volontaires. Les Français ont accepté que leur nation sorte de l’histoire, car cette dernière, si l’on veut être à son niveau, exige lucidité, courage, sacrifices, abnégation, virilité. Et ces qualités, les Russes les ont encore.
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vendredi, 07 mars 2025
Warnig, un proche de Poutine, prévoit-il de relancer Nord Stream 2?
Warnig, un proche de Poutine, prévoit-il de relancer Nord Stream 2?
Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2025/03/plant-putin-vertrauter-wa...
Selon un rapport du Financial Times, le manager allemand et ancien patron de Nord Stream 2 AG, Matthias Warnig, serait à l'origine d'une relance du projet de gazoduc Nord Stream 2.
Un rapport publié dimanche par le Financial Times suscite le débat : Des plans pour relancer Nord Stream 2 sont à l'étude - avec la participation des Etats-Unis et d'un proche de Vladimir Poutine (voir: https://www.firstpost.com/world/putin-ally-backed-by-us-investors-pushes-plan-to-restart-nord-stream-2-pipeline-13867961.html). Matthias Warnig, ancien officier de la Stasi et directeur de Nord Stream 2 AG sous Gazprom jusqu'en 2023, est dans la ligne de mire (voir: https://www.n-tv.de/politik/Bericht-Putin-Vertrauter-will-Nord-Stream-2-wiederbeleben-article25599222.html). L'objectif serait d'entrer en contact avec l'équipe de Donald Trump via des hommes d'affaires américains afin de mettre fin à la guerre en Ukraine et de relancer les livraisons d'énergie en Europe. On en est encore au stade des discussions, mais les dimensions géopolitiques ne sont pas à négliger.
Warnig (photo), qui a des racines en RDA et des liens étroits avec le Kremlin, est cité comme principale force motrice de ce projet. Le Financial Times fait état de négociations officieuses avec l'entourage de Trump: la paix en Ukraine contre des livraisons de gaz - avec des avantages pour les Etats-Unis. Warnig nie tout rôle et renvoie à sa situation de personne sous sanction. Son passé d'acteur à l'intersection de l'Est et de l'Ouest fait toutefois de lui un candidat plausible pour de telles discussions, qui pourraient tout autant attiser les tensions que créer des opportunités.
Trump et les États-Unis : l'énergie comme outil stratégique
Dans l'équipe de Trump, Nord Stream 2 est considéré comme un levier potentiel - non seulement pour le gaz, mais aussi pour l'influence sur l'Europe et la Russie. Des investisseurs comme Stephen Lynch se montrent intéressés et un fonctionnaire américain parle d'une opportunité de « restaurer la confiance avec la Russie ». Le Financial Times interprète cela comme le signe d'un rapprochement avec Moscou et stylise presque Trump comme un traître aux valeurs occidentales - un récit qui rappelle la polarisation de l'élection de 2024. Mais il s'agit moins de trahison que de pragmatisme: les sanctions pourraient être assouplies afin de garantir des avantages géopolitiques.
En mars 2025, la CDU et le SPD allemands explorent la possibilité d'une coalition, après l'effondrement du gouvernement dit "feu tricolore". Friedrich Merz, chancelier potentiel, est confronté à des défis peu clairs - il n'est pas certain qu'il soit au courant des discussions relatives à Nord Stream 2. Sa ligne met l'accent sur la force économique et la distance à prendre vis-à-vis de la Russie, mais la SPD pourrait avoir d'autres priorités. En l'absence d'informations claires, Berlin reste réactif plutôt que créateur d'opportunités réelles - une situation qui affaiblit la position allemande, alors que de grandes puissances comme les Etats-Unis et la Russie pourraient tirer les ficelles du jeu.
L'Europe : entre dépendance et autonomie
L'UE suit ces développements avec inquiétude. Après s'être détournée du gaz russe depuis 2022, une nouvelle dynamique menace désormais - non pas par le seul jeu de Washington, mais par l'interaction de grandes puissances. Un diplomate de l'UE met en garde anonymement: « Nous pourrions être broyés entre les intérêts des Etats-Unis et de la Russie ». L'Allemagne, très marquée par le sabotage de Nord Stream 1, est confrontée à un numéro d'équilibriste: la coopération énergétique pourrait apporter de la stabilité, mais le prix à payer serait une érosion de sa propre capacité d'action.
Les discussions sur Nord Stream 2 reflètent un monde en pleine mutation. Trump poursuit des objectifs pragmatiques, Poutine utilise des réseaux éprouvés et l'Europe cherche sa place. Le Financial Times peut présenter Trump comme un déviant, mais le véritable drame réside dans la lutte entre les grandes puissances. Si les plans prennent forme, l'Ukraine pourrait devenir un enjeu de négociation, tandis que l'UE perdrait de son poids. Pour l'Allemagne, ce serait une épreuve de force entre coopération et autonomie - sans que Berlin ne prenne pour l'instant l'initiative.
Perspectives d'avenir : Un terrain de jeu ouvert
Nord Stream 2 n'est pas encore un fait, mais les discussions dessinent les contours d'un nouvel ordre. Il s'agit d'énergie, d'influence et de savoir qui fixe les règles du jeu. Trump et Poutine pourraient forger un axe, tandis que l'Allemagne et l'UE hésitent entre adaptation et résistance.
Cette évolution le montre : la géopolitique est un jeu de pouvoir dans lequel les valeurs ne sont souvent que des décors - et les prochaines étapes pourraient marquer le monde de manière durable.
14:59 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nord stream, matthias warnig, allemagne, europe, affaires européennes, gaz, hydrocarbures | |
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jeudi, 06 mars 2025
Le cinéma et la prostration européenne
Le cinéma et la prostration européenne
Nicolas Bonnal
La vieille dame transie européenne rêve donc d’écraser, comme en 1941, et l’Amérique et la Russie et se suicide une nouvelle fois (voyez encore le livre de Laurent Guyénot sur la malédiction papale pour comprendre) en se pendant au premier joueur de bite venu, le nommé Zelenski. On ne sent aucune opposition autre que minoritaire poindre dans le vieil incontinent et on se demande si on rêve. Non, on fait on vit dans un continent zombi depuis longtemps, fils de Kafka, de Kubin et de Céline (autre auteur fantastique), et on ne fait qu’attendre la fin de la pièce. La société mortifère décrite par Chateaubriand après 1815 finira bien par crever et on laisse de vraies grandes puissances, l’Amérique ou la Russie, le soin de remodeler le monde, même si le résultat n’est ni brillant ni ragoutant.
Une nouvelle fois le cinéma permet de bien saisir les choses. L’Europe est depuis longtemps, depuis très longtemps même, la terre de la prostration en matière de cinéma. On aime l’ennui, l’existentialisme, le sexe cheap, la bonne déprime, la pleurnicherie humanitaire, bref on se plonge dans le « qu’est-ce qu’on peut faire ? » du Pierrot le fou de Godard quand la gourde Karina arrive au bord de l’amer et commence à casser les pieds à son Jules.
Dans les années soixante Raymond Aron, toujours aussi peu inspiré, avait publié un pensum universitaire de plus (les livres universitaires sont ceux qui vieillissent le plus vite dans l’Histoire, n’en ayant jamais fait partie) intitulé Plaidoyer pour l’Europe décadente. Mais ayant matériellement récupéré de la guerre, l’Europe était déjà moribonde sur le plan humain, culturel, philosophique : on relira avec intérêt Chevaucher le Tigre et l’Arc et la Massue de Julius Evola pour s’en rendre compte.
A cette époque, on a le cinéma d’Antonioni qui en inspira beaucoup d’autres. Prenons Blow up qui montre un Londres décadent, gauchiste, drogué, hagard, vide, politiquement correct, débauché, rocker et ennuyé. Une histoire encore plus ennuyeuse nous retient pendant une heure et demie. C’est l’époque où la cinéphilie qui était un émerveillement durant l’âge d’or hollywoodien (voyez mes livres !) devient une corvée : j’ai donné dans ma jeunesse.
Antonioni a commis un navet avec Wenders qui lui-même avant, sans le vouloir, avait montré notre dépendance aux USA. On a eu l’Ami américain (très bons Blain et Hopper) puis l’Etat des choses qui montre une équipe de cinoche s’emmerder au Portugal, car elle n’a plus le pognon US pour continuer son navet apocalyptique (pour une fois qu’on sort de l’existentialisme !). Le réalisateur (excellent Patrick Bauchau, jadis acteur de Rohmer et copain de… Parvulesco) s’en va donc à Los Angeles, pendant que son équipe baise et fume à l’hôtel, pour se retrouver canardé dans un trailer avec son petit producteur victime de sa générosité. Métaphoriquement ce film était parfait : l’Europe attend toujours le pognon et le projet des USA. Le navet suivant de Wenders était Paris Texas, ce qui montrait le devenir ricain de l’Europe. Mais c’est un devenir volontaire, pas une conséquence de l’impérialisme américain. J’ai rappelé Trotski qui explique le devenir domestique de la social-démocratie européenne ou Dostoïevski qui dans ses Possédés montrent la fascination involontaire que les USA, alors puissance secondaire, exercent déjà sur l’Europe et ses bataillons de progressistes.
Ce n’est pas l’Amérique qui a conquis l’Europe. C’est l’Europe qui se vend en putain éternelle et qui voulait être bonne fille à Biden et aux présidents démocrates type Wilson-Obama-Roosevelt (voir mon texte sur l’Europe et les présidents démocrates). La révolte actuelle qui mènera à une implosion de l'UE ou à une guerre mortifère contre la Russie est celle d’un cadavre.
Mais j’en reviens brièvement au cinéma : on a d’un côté les maîtres du cinéma non subventionné (jusqu’à Joe Biden !), du cinéma d’action, au grand air, pour grand public, familial, aventurier ou policier, mais qui toujours veut dire quelque chose : et puis on a le cinéma qui ne veut rien dire, le cinéma du néant, que personne ne va voir, le cinéphile comme moi préférant encore le nihiliste ricain pour découvrir un monde sans sens : voyez Jim Jarmusch, qui s’est moqué de Trump et de son électorat dans son navet cannois (la France finance tous les films qui perdent du fric, c’est une obsession chez elle), sur les zombis. Voyez la fille Coppola qui dans Lost in translation avait très bien filmé l’effondrement ontologique du Japon, bien confirmé depuis par la diplomatie et par l’économie nippones.
Dans sa découverte de l’archipel, ouvrage qui m’avait fasciné jeune, Elie Faure (pote à Céline tout de même, érudit et médecin, adorateur de la psychologie des peuples – quand il y en avait une) avait excellemment écrit qu’il ne fallait pas parler de ploutocratie (la France en est une) mais de dynamocratie pour évoquer l’Amérique : Trump, Musk, Vance, avec « tous leurs défauts » le montrent nuit et jour à la face du vieux continent perdu qui ne rêve que de s’enfoncer dans la nuit à la suite de Zelenski et de ses légions nationalistes. Certes, il faut du fric en Amérique : eh bien, tu n’as qu’à en gagner, et c’est facile là-bas (Daniélou).
De la même manière que le cinéma américain est un pléonasme (comme disait Orson Welles, traité de fasciste par la critique gauchiste en France), la mondialisation est un phénomène moins américain que français (les idéaux de la révolution) ou britannique (l’Empire, les Huxley, les institutions) ; l’Amérique avait justement rejeté à l’époque du grand et méconnu président Harding la SDN (tableau, ci-dessus). Son instinct toujours isolationniste et non-interventionniste lui disait de ne pas s’en mêler, et il avait fallu la création de la Fed par des banquiers allemands pour la précipiter dans la catastrophe de 1914-1918 qui allait susciter d’autres catastrophes durant tout le vingtième siècle et après.
On verra s’il y a une justice et si l’Europe sera vraiment, justement punie cette fois, pour sa mauvaise politique et son cinéma désastreux. En dépit de rodomontades de certains, la soumission des droites et les dernières désastreuses élections allemandes montrent que l’Europe désire à nouveau être CORRIGEE.
20:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, europe, nicolas bonnal, déclin européen | |
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La vitesse de Trump, l'immobilisme de Bruxelles
La vitesse de Trump, l'immobilisme de Bruxelles
Giuliano Lengo
Source: https://electomagazine.it/la-velocita-di-trump-limmobilis...
Il y a une centaine de décrets que Donald Trump a signés ou est en train de signer.
Certains d'entre eux sont déjà connus, tous cependant avec un grand impact et une grande discontinuité par rapport à l'ère Biden.
Maintenant, et c'est normal, ce sont les différents commentaires émis sur ces décisions rapides, qui comptent, dont certains avec lesquels nous sommes d'accord sur le timing, les mérites et les motions, mais posons-nous surtout une question.
Serons-nous un jour capables, en Europe, de décider de mesures urgentes susceptibles de contribuer sérieusement aux besoins des citoyens et de contrecarrer un déclin qui se manifeste désormais également dans le domaine industriel ?
Un exemple pour tous serait de revoir immédiatement les règles d'engagement pour la transition écologique..... même après ce qu'a décidé Trump !
A mon avis, l'articulation actuelle du Parlement européen (même avec un double siège et avec des déchets que nous ne pouvons plus nous payer) ne le permettrait pas, je pense, d'ailleurs une seule voix suffit à invalider toute délibération.
Une telle synthèse et action est trop fulgurante pour une bureaucratie aussi empêtrée et bloquée par l'unanimité du vote entre des états qui ont 1000 intérêts différents.
Si les Etats-Unis poursuivent ce qu'ils ont promis et que les autres grandes puissances y répondent, l'Europe, si elle ne change pas ses règles et son rythme, se dirige vers l'extinction politique et économique, en s'évaporant par elle-même !
Il est urgent de revoir en profondeur les concepts qui ont conduit à l'Union européenne, qui a été créée davantage pour élargir la zone de chalandise que pour mettre en place un système fonctionnel.
J'évite, en faisant semblant d'oublier, de m'attarder sur ce que M. Prodi et le gouvernement de l'époque ont fait en bradant notre lire (1936,27 pour 1 euro), ce qui, contrairement à ce qu'il a déclaré à l'époque, a conduit les Italiens à s'appauvrir.
Je me souviens que dans la « Charte », nous avons également renoncé à nos origines chrétiennes.., mais cela en valait-il la peine, même si la réflexion est faite avec le « recul » ?
19:22 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : donald trump, union européenne, affaires européennes, europe | |
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Les dirigeants européens craignent la paix
Les dirigeants européens craignent la paix
Wolfgang Hübner
Source: https://www.pi-news.net/2025/03/europas-machthaber-fuerch...
Rien ne donne une meilleure impression de la misère européenne que la photo de groupe de la conférence de crise anti-Trump de dimanche à Londres. Scholz a donc bien fait de se placer au dernier rang, afin de moins se faire remarquer lors de cette scène grotesque.
Rien ne donne une meilleure impression de la misère européenne que la photo de groupe de la conférence de crise anti-Trump de dimanche à Londres. Autour du « héros » de l'aveuglement occidental, toujours en fuite devant sa patrie exsangue, se sont rassemblés le Français Macron et le Britannique Starmer, la sélection politique négative d'un continent à la dérive dans presque tous les sens du terme, dont la splendeur est depuis longtemps révolue et dont la puissance n'est plus qu'une illusion. Le chancelier désormais déchu, celui qui se disait du « changement d'époque », a donc bien fait de se ranger discrètement au dernier rang, afin de moins se faire remarquer lors du grotesque spectacle londonien.
Après l'esclandre de Washington entre Trump et Selenskyj, de nombreux présidents et chefs d'Etat européens s'étaient rendus dans la capitale de la Petite-Bretagne, pris de panique, afin de contrebalancer les événements de l'autre côté de l'Atlantique. Même s'ils ont ostensiblement placé le buveur de sang ukrainien parmi eux, ils n'ont qu'un seul souci: la peur de la paix et donc de l'aveu de l'échec total de leur politique ukrainienne, qui, pour résumer, se limitait à vouloir la victoire pour Kiev et la défaite pour Moscou.
Depuis peu, leur haine ne s'adresse pas en premier lieu au président russe Poutine, mais au président américain Trump. Ses premiers pas vers des négociations de paix ont mis les dirigeants européens sur le mauvais pied, c'est-à-dire sur le pied de guerre. Ils voulaient (et veulent toujours) poursuivre la guerre aux dépens des Ukrainiens sous la protection de la puissance américaine. Certes, ils n'ont pas réussi à renverser Poutine et à faire passer le pays le plus riche en matières premières du monde sous contrôle occidental. Mais, néanmoins, les Russes doivent être affaiblis le plus longtemps possible.
Le nouveau shérif de Washington a toutefois d'autres projets, il veut faire des affaires avec Moscou dans un cadre pacifié. Jusqu'à présent, les participants à la conférence de Londres ne se sont vraiment pas efforcés d'obtenir cette paix. S'ils prétendent maintenant vouloir élaborer un plan de paix, ils auront fait le calcul sans la Russie. Car pourquoi Poutine et Lavrov devraient-ils faire confiance à des gens qui ont déjà si souvent menti et veulent désormais contraindre leurs peuples à des dépenses d'armement gigantesques pour être armés contre le prétendu «danger russe»?
Ce qui motive en réalité les politiques comme l'inénarrable belliciste de l'UE Ursula von der Leyen, le dépoussiéreur français ou les éternels impérialistes de l'île de la Pluie, bien plus que la paix, c'est qu'ils veulent encore s'emparer rapidement d'une partie des trésors de l'Ukraine moribonde, afin que Trump ne puisse pas tout avoir. Le comique de Kiev ne le comprend pas parce qu'il a déjà mis son gros butin à l'abri depuis longtemps. Les plus stupides dans ce jeu de pouvoir cynique sont une fois de plus les Allemands, qui font la morale sans conséquence, mais vont payer sans fin.
Trump a désormais le choix entre s'opposer à l'insolence européenne ou s'en accommoder d'une manière ou d'une autre. Quoi qu'il en soit, jusqu'à nouvel ordre, les soldats ukrainiens et russes continueront de mourir ou d'être blessés sur les fronts. La responsabilité principale en incombe au plus tard à partir de maintenant à ceux qui, à Londres, ont une fois de plus soutenu le dictateur Zelensky. Olaf Scholz aurait pu profiter de l'occasion pour s'opposer au courant de folie qui traverse l'Europe. Mais lui non plus n'a pas peur d'avoir du sang sur les mains.
19:10 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ukraine, europe, affaires européennes, politique internationale | |
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L'accord du siècle entre l'UE et l'Inde ouvre la voie au pétrole russe vers l'Europe
L'accord du siècle entre l'UE et l'Inde ouvre la voie au pétrole russe vers l'Europe
Leonid Savin
Ursula von der Leyen, cheffe de la Commission européenne, a déclaré lors de sa visite à New Delhi le 28 février qu'un accord de libre-échange sans précédent entre l'UE et l'Inde pourrait être conclu d'ici la fin de l'année 2025.
Ursula von der Leyen a ajouté de manière pathétique que « cette visite marque le début d'une nouvelle ère » et « qu'il est temps de faire passer le partenariat stratégique entre l'UE et l'Inde au niveau supérieur ». Elle a également annoncé que l'Union européenne étudiait activement la possibilité d'un nouveau « partenariat de sécurité et de défense » avec l'Inde, similaire aux accords existants de l'UE avec des partenaires clés tels que le Japon et la Corée du Sud.
Un partenariat de longue date
Les relations entre l'Inde et l'Union européenne ne datent pas d'hier. L'Inde a été l'un des premiers pays à établir des relations diplomatiques avec la Communauté économique européenne en 1962.
Dans le cadre de l'accord de coopération UE-Inde de 1994, les deux parties ont mis en place un système complet de coopération et ont finalement transformé leurs relations en partenariat stratégique en 2004. En 2007, les deux parties ont entamé des négociations en vue d'un accord bilatéral de grande envergure sur le commerce et l'investissement. Toutefois, après 15 cycles de négociations en 2013, elles se sont retrouvées dans l'impasse. La faute incombe aux ambitions des parties.
Le 8 mai 2021, les dirigeants de l'UE et de l'Inde ont décidé de reprendre les négociations sur un accord commercial « équilibré, ambitieux, complet et mutuellement bénéfique » et de lancer des « branches » distinctes sur un accord de protection des investissements et un accord sur les indications géographiques. En avril 2022, il a été décidé de créer un Conseil du commerce et de la technologie UE-Inde.
Selon des documents officiels, l'Union européenne est le premier partenaire commercial de l'Inde. Elle représentait 12,2% du commerce total de l'Inde en 2023, avec un chiffre d'affaires de 124 milliards d'euros.
L'Inde est le neuvième partenaire commercial de l'UE, avec 2,2% du total des échanges de biens de l'UE en 2023. Le commerce des services entre l'UE et l'Inde atteindra 59,7 milliards d'euros en 2023, contre 30,4 milliards d'euros en 2020.
Les principaux thèmes des négociations commerciales sont: la suppression des obstacles et l'aide aux entreprises de l'UE; l'ouverture des marchés de services et des marchés publics; la garantie de la protection des indications géographiques; et les engagements en matière de commerce et de développement durable.
Le dernier cycle de négociations entre l'Inde et l'UE s'est tenu en novembre 2024 et portait sur les droits de douane applicables à un groupe de marchandises liées aux technologies de l'information et de la communication. Conformément au plan, les parties étaient censées présenter leur vision pour le 10 février. Apparemment, l'échange de données a été fructueux, ce qui explique pourquoi les fonctionnaires de l'UE ont déclaré que l'accord pourrait être signé dès cette année.
Circonstances géopolitiques
Au-delà des nuances purement techniques et de la protection des intérêts de l'UE et de l'Inde, les circonstances géopolitiques actuelles, qui laissent peu de marge de manœuvre, poussent Bruxelles à conclure l'accord.
Les nouveaux dirigeants américains ont promis d'imposer des droits de douane de 25% sur les produits européens à partir du mois d'avril en réponse aux mesures protectionnistes de Bruxelles. D'autre part, au sein de l'UE, on craint l'influence croissante de la Chine sur le marché européen, notamment dans le domaine des métaux rares et des produits de télécommunications.
L'UE peut également tirer parti de la confrontation stratégique entre l'Inde et la Chine, raison pour laquelle le chef de la Commission européenne a parlé de coopération en matière de défense. L'Inde essayant de diversifier ses approvisionnements en armes et de développer son propre complexe militaro-industriel, les propositions de l'UE en la matière pourraient s'avérer utiles pour New Delhi.
Il convient d'ajouter que l'Inde a déjà signé un certain nombre d'accords avec les États-Unis dans le domaine des technologies avancées et de la science, et que les relations personnelles entre le Premier ministre Narendra Modi et le président Donald Trump se développent plutôt bien. De plus, compte tenu des critiques de la Maison Blanche à l'égard de l'UE et de leurs désaccords persistants, l'Inde se trouve dans une position gagnante.
À cela s'ajoute la coopération en cours avec la Russie, qui aide l'Inde à développer sa propre économie.
Il est probable que la décision de l'UE d'instaurer le libre-échange avec l'Inde ait un double fondement: alors que certains produits pétroliers en provenance de Russie ont jusqu'à présent pénétré dans l'UE par l'intermédiaire de pays tiers, l'Inde pourrait déployer beaucoup plus d'activités dans ce domaine dans le cadre du nouvel accord.
Les produits pétroliers sont l'un des principaux produits de base que l'Inde fournit à l'UE. Et surtout, elle ne craint aucune sanction, car il est peu probable que les États-Unis et l'UE lui imposent des restrictions, ce que confirment les précédentes dérogations au régime des sanctions à l'encontre de New Delhi.
Agents de consommation
Parmi les autres produits indiens exportés vers l'UE figurent les vêtements prêts à porter, l'acier, les machines électriques et les produits pharmaceutiques. Les exportations de services tels que les télécommunications et les transports pourraient également augmenter de manière significative après la signature de l'accord.
L'UE devrait bénéficier de l'augmentation des exportations de biens tels que les avions et leurs pièces détachées, les équipements électriques, les produits chimiques et les diamants. Le secteur des services bénéficiera également de l'augmentation des échanges dans les domaines de la propriété intellectuelle, des télécommunications et des services informatiques.
Étant donné que deux millions et demi d'Indiens vivent dans les pays de l'UE, et que ce chiffre est clairement appelé à augmenter dans un avenir proche, l'Inde a en fait ses agents de consommation sur le terrain qui feront pression pour son entrée sur le marché européen.
Selon des rapports récents, l'UE cherche à supprimer les droits de douane sur plus de 95% de ses exportations, y compris les produits agricoles sensibles et les automobiles. L'Inde, quant à elle, ne souhaite ouvrir qu'environ 90% de son marché à l'UE, hésitant à réduire les droits de douane uniquement sur les produits agricoles.
En ce qui concerne la route directe pour les approvisionnements dans les deux sens, l'UE mise désormais sur le corridor du Moyen-Orient. L'itinéraire classique passant par le canal de Suez peut être utilisé, de même que des options alternatives via la Turquie, l'Irak et l'Iran.
Toutefois, à l'avenir, après la levée des sanctions, nous ne pouvons pas exclure l'itinéraire via la Russie. En outre, les produits de nos co-entreprises fabriqués en Inde peuvent également être livrés à l'UE.
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mardi, 04 mars 2025
L'Europe entre deux blocs: sortie de l'OTAN, pacte avec la Russie ou parapluie de la Chine?
L'Europe entre deux blocs: sortie de l'OTAN, pacte avec la Russie ou parapluie de la Chine?
Par Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2025/02/europa-zwischen-den-bloec...
L'Europe ressemble à un vieux manoir: magnifique à regarder, mais dont les fondations s'effritent, tandis que les concierges de Bruxelles se disputent sur la couleur des rideaux. Le monde transatlantique qui portait le continent après 1945 est en train de s'effondrer - non pas parce que Donald Trump brandit le boulet de la démolition, mais parce que les Etats-Unis voient depuis longtemps l'Europe comme le décor de leurs propres jeux de grande puissance. L'analyse de Foreign Policy du 18 février (v. https://foreignpolicy.com/2025/02/18/europe-eu-nato-us-russia-ukraine/) met les cartes sur la table: le continent doit se repositionner. Mais comment? Trois options se dégagent du brouillard, toutes radicales, toutes fascinantes. L'une d'entre elles en particulier a le potentiel de réveiller la force enfouie de l'Europe. Un coup d'œil sur les possibilités montre qu'il s'agit de plus que de simple stratégie - il s'agit d'identité.
Option 1: Sortir de l'OTAN - un acte de libération risqué
L'OTAN est une relique qui a vécu. D'une alliance défensive, elle est devenue un instrument administratif transatlantique - l'Europe fournit les moyens, Washington la feuille de route. Foreign Policy parle de « dépendance asymétrique », mais c'est une formule polie: il s'agit d'une relation dans laquelle Bruxelles fait les comptes et les Etats-Unis encaissent les bénéfices. Que se passerait-il si l'Europe brisait ces chaînes ?
Avec plus d'un billion de dollars - cinq pour cent du PIB européen - le continent pourrait mettre sur pied sa propre force militaire, qui ne ferait pas seulement impression, mais apporterait une véritable liberté. La menace d'une sortie pourrait à elle seule forcer Washington à traiter l'Europe comme son égale - une ironie qui sauverait peut-être l'alliance en rendant sa nature visible. Mais Bruxelles manque de courage. Les élites chantent dans les chœurs du transatlantisme alors que les caisses restent vides et que la souveraineté s'effrite. Une idée audacieuse - mais peut-être pas la plus intelligente.
Option 2 : un pacte avec la Russie - une chance historique pour l'Europe
La Russie comme partenaire? A Bruxelles, on trésaille comme si quelqu'un avait versé de la vodka dans l'eau bénite. Mais la sagesse géopolitique ne connaît pas de théâtralité morale. Foreign Policy effleure l'idée que l'Europe et la Russie ont plus en commun que ne l'admettent les prédicateurs qui réclament sans cesse plus de sanctions - et c'est précisément là que réside une vision qui va au-delà du simple pragmatisme. Il ne s'agit pas d'une ostalgie (une nostalgie de l'Est - Ost) sentimentale, mais d'une logique historique qui va de Richelieu à de Gaulle: l'Europe gagne à s'équilibrer avec l'Est plutôt que de le diaboliser.
Les opportunités sont évidentes: la Russie offre de l'énergie, un marché de 140 millions de personnes et une profondeur stratégique qui pourrait protéger l'Europe des caprices des crises mondiales. L'Ukraine - stylisée par Washington comme un sujet de préoccupation permanent - pourrait devenir un pont: un espace neutre favorisant le commerce et la stabilité, plutôt que d'attirer les missiles et de cultiver le ressentiment. Cela ne présuppose pas un amour aveugle pour le Kremlin, mais une froide raison: la Russie n'est pas un ennemi juré idéologique, mais un voisin dont les intérêts pourraient être en harmonie avec ceux de l'Europe - si on les prend au sérieux.
Mais l'UE trébuche, se prend les pieds. Les sanctions contre Moscou - un diktat transatlantique - ont coûté des milliards à l'économie européenne, tandis que les Etats-Unis envoient allègrement des méthaniers à Hambourg. C'est un spectacle absurde: le continent se fait du tort à lui-même pour acheter les faveurs de Washington, qui sont depuis longtemps révolues. Un pacte avec la Russie serait plus qu'un simple accord commercial - ce serait un acte d'affirmation de soi. Historiquement, ce n'est pas une vue de l'esprit: Bismarck savait qu'on n'isolait pas la Russie, mais qu'on l'intégrait; Adenauer a cherché le contact avec l'Est malgré la guerre froide. Alors pourquoi cette hostilité dogmatique aujourd'hui?
La réponse se trouve dans l'incapacité de Bruxelles à voir plus loin que le bout de son nez (américain). Une alliance avec la Russie pourrait libérer l'Europe de son rôle d'éternel junior, lui donner une voix propre - non pas comme appendice de l'Occident, mais comme force autonome entre les blocs. Ce serait la redécouverte d'un art ancien: la diplomatie, qui place les intérêts au-dessus des idéologies.
Mais pour cela, il faut des têtes qui pensent au lieu de déclamateurs - et elles sont rares à Bruxelles.
Option 3 : le parapluie protecteur de la Chine - un dangereux tango
Pourquoi se laisser imposer la haine de la Chine par Washington ? Foreign Policy se demande pourquoi l'Europe fait d'une superpuissance un adversaire qu'elle pourrait soutenir économiquement. Un arrangement avec Pékin - non pas une course aux accolades, mais une froide opportunité - pourrait libérer le continent de sa dépendance vis-à-vis d'une Amérique qui poursuit depuis longtemps ses propres plans. La Route de la soie chinoise est une offre que Bruxelles ignore - par pur entêtement.
Mais le prix à payer est élevé: moins de blabla sur les valeurs, plus de sagesse commerciale - et un partenaire qui dicte ses règles. L'UE sacrifie son industrie pour un « ordre basé sur des règles » qui ne sert que l'Oncle Sam, tandis que la Chine fait signe en tant que sauveur. Une option séduisante - mais danser avec le dragon reste risqué, car Pékin ne joue pas par amour du prochain.
Conclusion : le destin de l'Europe - entre découverte de soi et perte de soi
Les trois voies - sortie de l'OTAN, pacte russe, alliance avec la Chine - ne sont pas des issues faciles, mais des pierres de touche pour la volonté de l'Europe. Foreign Policy en montre les symptômes, mais le diagnostic est évident : le continent a perdu sa souveraineté. Les Etats-Unis veulent son marché, la Russie est sa proximité, la Chine offre sa capacité d'innovation - et l'Europe ? Elle se contente de fournir ce qu'on lui demande.
La réponse la plus intelligente pourrait se trouver à l'Est: un pacte avec la Russie ne recèle pas seulement des opportunités économiques, mais aussi une profondeur historique qui pourrait redonner à l'Europe son rôle d'acteur. Il faut une Europe des nations - sûre d'elle, non dissoute dans la bouillie bruxelloise - qui protège ses frontières, renforce son économie et ne brade pas son identité pour le bénéfice de puissances étrangères. Les grandes puissances avancent leurs pions - quand l'Europe comprendra-t-elle que sa place est sur l'échiquier ?
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Le pétage de plomb «spontané» de Zelensky - un drame en trois actes
Le pétage de plomb «spontané» de Zelensky - un drame en trois actes
Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2025/03/selenskyjs-spontaner-ausr...
Le scandale commis par Zelensky à la Maison Blanche n'était pas un pétage de plombs spontané - c'était la finale d'un plan dont les racines se trouvent à Londres et dont les élites européennes tirent les ficelles.
Vendredi soir, la Maison Blanche est entrée en effervescence - pas littéralement, mais politiquement (PI-NEWS a rapporté les faits, v. https://www.pi-news.net/2025/02/trump-und-jd-vance-schlagen-frechen-selenskyj-in-washington-k-o/ ): Volodymyr Zelensky a quitté Washington prématurément après une dispute fracassante avec Donald Trump. Un coup d'éclat qui a rompu les fils transatlantiques. Mais il ne s'agissait pas d'un pétage de plomb spontané - c'était l'épilogue d'un plan dont les racines se trouvent à Londres et dont les élites européennes tirent les ficelles. L'Allemagne, elle, est au beau milieu de tout cela. Un drame en trois actes.
Acte 1 : l'étincelle britannique en janvier
Revenons à janvier 2025: Keir Starmer visite Kiev, signe un « contrat de partenariat » avec Zelensky (voir: https://www.reuters.com/world/europe/ukraine-uk-sign-100-year-partnership-agreement-2025-01-16/). Ports, gaz, terres rares - tout passe sous contrôle britannique. Une manœuvre qui prend les Etats-Unis au dépourvu. Londres s'assure une large zone d'influence alors que Trump est encore occupé par son investiture. De la spéculation? Bien sûr que oui. Mais le gouvernement britannique a un motif: faire de l'Ukraine un levier contre un Trump imprévisible qui menace l'Europe de se retrouver sous la pluie. Le traité est le signal de départ - et l'Allemagne acquiesce, Scholz et Baerbock se taisent.
Acte 2 : l'Irlande comme fusible
Coupe du 27 février : Zelensky rencontre des représentants britanniques en Irlande (voir: https://www.irishexaminer.com/news/politics/arid-41583055.html), la veille de son départ pour Washington. Une coïncidence? Sans doute pas. Les canaux Telegram ukrainiens le murmurent: Zelensky a reçu ici son ordre de marche. Il s'agit de saboter Trump, de tenir les Etats-Unis à l'écart, de protéger les intérêts britanniques. Pourquoi l'Irlande? C'est un sol neutre, discret - parfait pour la direction de Londres. Les élites européennes - von der Leyen, Baerbock, Macron - sont au courant ou du moins s'en doutent. L'Allemagne se positionne: «L'Ukraine n'est pas seule», affirme Baerbock sur Instagram. Von der Leyen exprime sa solidarité absolue sur X en ukrainien: «Votre dignité honore le courage du peuple ukrainien. Soyez fort, soyez courageux, soyez sans peur. Vous ne serez jamais seul, cher président Zelensky. Nous continuerons à travailler avec vous pour une paix juste et durable» (voir: https://x.com/vonderleyen/status/1895566103222632732). Scholz et Merz approuvent. Un chœur de solidarité - ou une couverture pour le jeu britannique ?
Acte 3: A Washington, ça explose
Fin février, bureau ovale: Zelensky devait signer un accord sur les matières premières avec Trump - au lieu de cela, les apostrophes et les répliques volent. Trump hurle: «Vous risquez la troisième guerre mondiale! Zelensky contre-attaque: «Pas de deals avec des assassins! Le président ukrainien sort en trombe, Trump se déchaîne sur Truth Social: «Il a humilié les Etats-Unis». Un désastre ? Non, un triomphe - pour les élites européennes. Zelensky a placé Trump exactement là où elles le voulaient: provoqué, isolé, affaibli. La Grande-Bretagne se frotte les mains - son influence demeure, les Etats-Unis restent hors du jeu. Et l'Allemagne? Scholz marmonne: «Nous sommes avec l'Ukraine». Merz met en garde: «Ne pas confondre agresseur et victime». Une action concertée qui défie Trump.
Spéculons: Les élites européennes, menées par les Britanniques, utilisent Zelensky comme une arme. Objectif ? Forcer Trump à laisser tomber l'Ukraine ou à réagir durement - les deux positions divisent l'Occident. Londres veut assurer son rôle d'acteur, l'UE veut montrer son unité. Mais le risque est élevé. Trump pourrait répliquer - arrêter les fournitures d'armes, sanctionner l'Europe. Ou bien il négocierait avec Poutine et laisserait l'UE de côté. Les Britanniques misent sur le chaos, l'Allemagne sur la solidarité - c'est une danse sur le fil du rasoir.
Conclusion: qui tient les ficelles?
L'esclandre n'est pas le fruit du hasard, mais d'un scénario britannique mis en scène par Zelensky. Les élites européennes - Allemagne comprise - jouent le jeu pour humilier Trump. Mais qui contrôle qui? Zelensky est-il une marionnette ou un acteur? Une chose est sûre: la scène mondiale tremble et c'est la Grande-Bretagne qui dirige - tandis que l'Allemagne applaudit à tout rompre. Trump va répondre. Le prochain tour commence.
20:32 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ukraine, volodymir zelenski, donald trump, europe, affaires européennes, politique internationale | |
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Le trumpisme en action - La déstabilisation américaine de «l'Occident collectif des valeurs»
Le trumpisme en action
La déstabilisation américaine de «l'Occident collectif des valeurs»
Werner Olles
Ceux qui voulaient comprendre l'ont compris. Le 28 février 2025, le président américain Donald Trump et le vice-président Jack D. Vance ont non seulement mis fin au culte aussi ridicule que nauséabond et servile de Volodymir Zelenski, criminel de guerre corrompu, dictateur et ami des nazillons, mais ils ont également précisé, en le chassant de la Maison Blanche, que l'expansion géopolitique de la Russie en Ukraine était de nature défensive depuis le début. Dès 1995, l'objectif du président Clinton était d'affaiblir considérablement la Russie et de la soumettre aux intérêts occidentaux. Le point culminant de cette évolution belliqueuse a été, après l'élargissement de l'OTAN vers l'Est, le soi-disant « coup d'État de Maïdan » de 2014 contre le gouvernement ukrainien légitime, qui a porté au pouvoir, avec le généreux soutien financier, logistique et politique du gouvernement américain de l'époque, de l'OTAN et de l'UE, un régime qui considérait la Russie et la majorité russe vivant à Donetsk et Lougansk comme des ennemis à abattre, promis au même destin que la Serbie, l'Irak et la Libye.
C'est Vladimir Poutine, le président de la Fédération de Russie, qui a déjoué les plans des mondialistes en envahissant l'Ukraine en 2022, déclarant qu'il s'agissait d'une « opération spéciale », d'une part en stoppant l'élargissement progressif et prévu de l'OTAN vers l'Est, et, d'autre part, en tant que puissance protectrice des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, devenues entre-temps indépendantes, et de leur population majoritairement d'origine russe et russophone, qui souffrait de la terreur meurtrière exercée depuis huit ans contre les civils dans les deux républiques indépendantes, elle y mettait enfin un terme. En réalité, la Russie n'a jamais eu l'intention de conquérir des territoires non russes, comme l'ont prétendu les médias mensongers de l'Occident et les dirigeants mondialistes de l'Occident collectif. L'« opération spéciale » n'a jamais été une guerre contre l'Ukraine et les Ukrainiens, mais une guerre contre l'Occident collectif, contre les médias pro-OTAN qui, jusqu'à aujourd'hui, sont tombés dans le terrorisme pur et dur, et ce de la manière la plus cruelle et la plus insupportable. Joe Biden et son impérialisme génocidaire ont recruté des mercenaires britanniques, polonais, américains et djihadistes qui, avec les néo-nazis des bataillons Azov et Kraken, ont commis des centaines de crimes de guerre contre des prisonniers et des civils russes.
Avec le changement de pouvoir à la Maison Blanche, la victoire écrasante de Trump sur sa rivale ridicule Kamala Harris, une mondialiste russophobe sans aucune connaissance géopolitique, et la totalitarisation des sociétés d'Europe occidentale en particulier dans le sens d'un système woke, antidémocratique et néolibéral qui ne reconnaît les élections que si des politiciens complaisants et dociles les remportent, un « changement d'époque » a en effet commencé. Les Etats-Unis qui, depuis la victoire de l'équipe Trump, adoptent une ligne de plus en plus illibérale et dure à l'encontre de leurs anciens alliés libéraux-mondialistes woke en Europe et au Canada - à commencer par le discours du vice-président Vance lors de la réunion du WEF, qui a suscité l'horreur à Davos, lorsqu'il a accusé, à juste titre, les élites politico-médiatiques qui s'y étaient réunies de persécuter les dissidents, les populistes de droite et de restreindre de manière rigide la liberté d'expression -, il est fort probable qu'ils ne feront plus preuve de la même tolérance à l'égard des provocations libérales-gauchistes et mondialistes et de l'arrogance de leurs ex-partenaires. Suivant les principes de John Bannon, qui a réuni dans sa « War-Room » les théories de la révolution conservatrice et d'un traditionalisme américain - ce que le philosophe russe Alexandr Dugin appelle le « trumpisme » - et qui a ainsi largement contribué à la victoire de Trump, il s'agit également d'une guerre de l'information. Dans cette dernière, les mensonges des élites occidentales, leurs fake news, doivent être démasqués, mais il faut également séparer le bon grain de l'ivraie. Certes, l'équipe Trump a déjà réussi à démanteler une grande partie de l'État profond, mais la victoire totale sur le monstre satanique n'est pas encore acquise. Nous constatons également que même chez nous, dans la RFA politiquement détraquée, une foire d'empoigne composée de la CDU/CSU déchristianisée, des traîtres à la classe ouvrière que sont les « sociaux-démocrates », des dégénérés verts tournés bellicistes et de la populace de gauche, symboles de la mondialisation néolibérale, s'apprête à réduire au silence l'opposition populiste de droite à l'aide de projets financés par l'État, soit par des interdictions, soit par la violence de leurs bandes terroristes nazies, mais peintes en rouge et en vert pour faire illusion. L'« Etat profond » est déstabilisé, mais il est loin de s'avouer vaincu.
Pourtant, ce qui se passe actuellement est bel et bien un « événement » ou une « apparition » : la manifestation de l'essence de la Révolution conservatrice dans l'histoire, à partir de ces camarades actifs aux États-Unis, les Trumpistes, les « Proud Boys », les gens ordinaires, qui ont une dimension traditionaliste et une dimension métaphysique que nous n'avons malheureusement qu'effleurée et totalement sous-estimée jusqu'à présent. Ceux qui échouent une fois de plus dans ce combat culturel, ce sont les soi-disant conservateurs axiologiques ou libéraux, qui ne comprennent pas l'ensemble du compendium que représente le traditionalisme, qui parlent d'« impérialisme grand-russe », mais qui ne sont même pas capables, mentalement, d'embrasser du regard le champ de bataille entre la vision mondialiste et la vision antimondialiste du monde et qui ne reconnaissent pas qu'il y a deux blocs, dont l'un représente le peuple et l'autre les élites transnationales. Le second échec est celui d'une partie de la soi-disant « nouvelle droite » qui, par l'intermédiaire de certains de ses pathétiques « théoriciens », n'a pas hésité à considérer John Bannon comme un « prétentieux » et le choix entre Trump et Biden comme « totalement inintéressant et insignifiant ». Peut-on se ridiculiser davantage et se démasquer soi-même comme des ignorants arrogants ? L'aveuglement et la surestimation de soi ont toujours été des travers humains de dimension très primaire.
La Russie et les États-Unis sont actuellement les principaux acteurs du « choc des civilisations », tandis que les élites de l'UE poursuivent une politique belliciste cohérente: celle de détruire tout ce qui s'est développé de manière organique en Europe et dans le monde. Une telle politique n'est pas seulement une menace pour la diversité des peuples européens et pour leurs identités, elle est également antipopulaire au plus haut point, car elle nivelle toutes les différences entre les cultures, les traditions, les civilisations et les peuples. Certes, la situation est désormais en quelque sorte prérévolutionnaire, car le développement de ces nouveautés est la loi en vigueur actuellement dans le monde, mais l'idéologie du mondialisme néolibéral, étroitement liée au conflit militaire en Ukraine, au régime ukrainien-nazi de Kiev, tout en étant assaisonnée de néo-paganisme et de satanisme, est toujours un ennemi mortel qu'il ne faut pas sous-estimer. Il sera intéressant d'observer comment se comportera par exemple la « post-fasciste » Georgia Meloni, Premier ministre italien. Suivra-t-elle le bon exemple de Viktor Orban et Roberto Fico et rejoindra-t-elle les trumpistes, ou s'en tiendra-t-elle à la Commission européenne corrompue et aux va-t-en-guerre qui s'y trouvent autour de von der Leyen et Kallas. Historiquement, la droite italienne a toujours misé sur la carte atlantiste, prouvant ainsi que les Italiens, qui soi-disant des gens « au sang chaud », savent calculer froidement et savent exactement où trouver les bataillons les plus forts, tandis que le destin des Allemands semble être que les aveugles se laissent mener à leur propre perte par d'autres aveugles.
Pour la droite allemande, il devrait être parfaitement clair qu'au vu des manifestations grotesques de solidarité de l'élite corrompue et corruptrice de l'UE et du soi-disant « centre démocratique », surtout en RFA, envers le comédien mégalomane ukrainien Zelenski à l'occasion de son expulsion bien méritée à Washington, la classe politique dirigeante ne voit pas en nous des adversaires politiques, mais des ennemis à abattre. C'est pourquoi notre hostilité à leur égard doit être irréconciliable et implacable. Nous devons comprendre qu'ils veulent nous détruire politiquement, psychologiquement et - si nécessaire - physiquement, et qu'en contrepartie nous n'avons pas l'intention de nous laisser détruire, mais que nous leur demanderons des comptes en temps voulu. « Je veux entendre le clic des menottes ! » (Peter Hahne).
Les illusions métapolitiques seules ne nous aideront pas à changer le désordre existant, il faut aussi une action pratique. Il ne s'agit nullement d'un appel à la violence, mais d'une réflexion sur la manière dont le système qui nous domine, nous opprime et nous insulte quotidiennement peut être contraint, par des manifestations de masse, par la désobéissance civile, par des grèves générales et des actions similaires, à laisser tomber définitivement son masque pseudo-démocratique et à se présenter comme un totalitarisme ouvert. Karl Marx, qui était certainement tout sauf un révolutionnaire conservateur, l'a néanmoins bien compris: « L'arme de la critique ne peut pas remplacer la critique des armes. La violence matérielle doit être renversée par la violence matérielle, seule la théorie devient une violence matérielle lorsqu'elle s'empare des masses ! Elle devient une violence matérielle lorsqu'elle devient une conscience et une orientation pour l'action des masses ». (Karl Marx : Introduction à la critique de la philosophie du droit de Hegel 1843-1844).
Après tout, les trumpistes ont déjà accompli une partie importante de leur révolution conservatrice : le soi-disant « Occident collectif » est en train de s'effondrer sous nos yeux, ce qui signifie que les jours du régime de terreur à Kiev sont également comptés. Un nouveau monde est en train de naître, qui ne fait plus peu de cas de la tradition, de l'autorité et de l'identité culturelle et nationale. Ecoutons le grand diplomate, philosophe et réactionnaire espagnol Juan Donoso Cortés (1809-1853) : « Je représente quelque chose de plus grand ; je représente la tradition par laquelle les nations sont ce qu'elles sont dans tous les siècles. Si ma voix a quelque autorité, ce n'est pas, Messieurs, parce qu'elle est ma voix, mais parce qu'elle est la voix de vos pères. Vos voix me sont indifférentes, je ne me suis pas proposé de m'adresser à votre volonté qui vote, mais à votre conscience qui juge ! »
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lundi, 03 mars 2025
Autriche: pas de chancellerie pour le peuple!
Autriche: pas de chancellerie pour le peuple!
par Georges Feltin-Tracol
Le 12 février dernier, les conservateurs de l’ÖVP (Parti populaire autrichien) rompaient les discussions avec les nationaux-populistes du FPÖ au terme de trente-quatre jours de pourparlers intenses. Sept mois après les élections législatives du 29 septembre 2024, Vienne n’a toujours pas de nouveau gouvernement. Pis, pour la seconde fois de sa carrière, le conservateur covidiste acharné Alexander Schallenberg est chancelier fédéral par intérim depuis le 10 janvier dernier.
Officiellement, le désaccord à l’origine de la rupture porte sur l’identité politique des titulaires aux ministères de l’Intérieur, de l’Économie, des Finances, des Affaires étrangères et de l’Agriculture. Bien que partenaires mineurs, les conservateurs exigent ces postes et réclament en plus la direction des services de renseignements. Deux demandes que n’acceptent pas les nationaux-populistes, grands vainqueurs au Conseil national avec 28,85 % des suffrages exprimés. En fait, à l’approche des législatives en Allemagne du 23 février, les conservateurs autrichiens ont obtempéré aux injonctions comminatoires de la droite molle allemande.
Historiquement, la démocratie chrétienne demeure étrangère à la vie politique autrichienne. L’équivalent autrichien de la CDU (Union chrétienne démocrate) n’existe pas. La matrice de la droite autrichienne est conservatrice avec une forte tradition du christianisme social. L’ÖVP compte de nombreuses affinités avec son homologue bavarois, la CSU (Union chrétienne sociale), allié et faire-valoir de la CDU auprès des électeurs souvent trompés et spoliés. Les dirigeants de la CSU, dont son président, par ailleurs ministre-président de l’État libre de Bavière, Markus Söder, ont estimé inimaginable d’assister à la formation d’un gouvernement FPÖ – ÖVP sous la conduite du FPÖ Herbert Kickl. Un tel gouvernement aurait eu un effet politique considérable sur l’opinion publique allemande.
Ce n’est pas la première fois que les Allemands s’occupent des affaires intérieures de l’Autriche. En mai 2019, la coalition gouvernementale entre l’ÖVP et le FPÖ explose à la suite de l’« Ibizagate ». Une vidéo aux origines suspectes montre en 2017 le futur vice-chancelier et chef alors du FPÖ, Heinz-Christian Strache (photo), sur l’île espagnole d’Ibiza se faire piéger par une femme qui se présente en nièce d’un supposé oligarque russe afin de financer en douce le parti et d’acheter un journal assez connu, la Kronen Zeitung, en échange de l’obtention de marchés publics. La diffusion de ces images douteuses permet au jeune chancelier Sebastian Kurz d’écarter le FPÖ du pouvoir et de s’allier ensuite aux Verts. Le soi-disant scandale est une opération des services secrets allemands. L’extrême-centriste Angela Merkel, l’une des pires femmes de l’histoire, cherchait à briser cette alliance par tous les moyens.
La situation politique en Autriche est pour l’heure bloquée. Le FPÖ fait déjà campagne pour de nouvelles législatives bien que la présidence du Conseil national revienne à l’un de ses membres, Walter Rosenkranz (photo). Cet échec ravit l’actuel président de la République fédérale d’Autriche, le Vert Alexander Van der Bellen. Ce dernier n’a jamais caché son mépris pour la FPÖ, ses responsables, ses cadres et ses électeurs.
Dès le 3 octobre dernier, le chef de l’État autrichien manœuvre afin d’empêcher Herbert Kickl, ministre fédéral de l’Intérieur de 2017 à 2019, de constituer une majorité gouvernementale stable et solide. Alexander Van der Bellen offre au chancelier sortant, le conservateur Karl Nehammer, la mission de nouer un accord qui maintiendrait dans l’opposition le FPÖ. Karl Nehammer commence des négociations avec la SPÖ (les sociaux-démocrates) et NEOS. Fondé vers 2012, NEOS - La nouvelle Autriche - Forum libéral est une formation libérale-progressiste pro-euro-atlantiste qui siège aux côtés des macronistes. Or, le 6 janvier 2025, les tractations butent sur des questions budgétaires liées à la réforme probable des retraites. Contrarié par cette mésentente soudaine, Alexander Van der Bellen confie alors de mauvaise grâce à Herbert Kickl le mandat de constituer un gouvernement. En vain !
Au cours de la campagne électorale de septembre 2024, Herbert Kickl qui se moque volontiers du concept défaitiste de dédiabolisation, s’est présenté auprès de ses compatriotes en futur « chancelier du peuple ». Cette simple allusion à la légitimité populaire de la fonction lui a valu de la part des médiacrates et de ses ennemis politiques des tombereaux d’accusations fallacieuses et fielleuses tant il est vrai que les récents chanceliers sont plutôt des « larbins de l’hyper-classe occidentale »…
Outre la question lancinante de l’immigration de peuplement, le FPÖ défend avec ardeur et constance la neutralité absolue de l’Autriche en dépit de son appartenance à l’Union dite européenne. Il refuse toute adhésion de la Turquie dans l’ensemble gérontocratique continental et exige, avec une belle régularité, la constitutionnalisation de l’usage des espèces monétaires dans la vie quotidienne. Il tient ainsi à répliquer par avance aux délires bureaucratiques du fumeux euro numérique.
Avec les Hongrois du Fidesz de Viktor Orban et les Tchèques d’ANO d’Andrej Babiš, la FPÖ est à l’origine des Patriotes pour l’Europe, le groupe qui, avec 86 membres, est le troisième au pseudo-parlement de Bruxelles – Strasbourg. Il aurait toutefois pu suivre l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) au sein du groupe Europe des nations souveraines. Cependant, la tonalité libérale – libertaire – libertarienne de la branche occidentale de l’AfD l’irrite en partie.
Bien des cadres du FPÖ proviennent des confréries étudiantes non mixtes qui pratiquent encore la Mensur, le duel au sabre, d’où une proximité certaine avec l’élu de Thuringe Björn Höcke, chef de file de l’aile identitaire, régulièrement persécuté par une « injustice » allemande. À la fin du mois de janvier 2025, un adhérent de la FPÖ aurait par exemple financé pour deux millions d’euros la fabrication d’affiches en faveur de l’AfD. Figure bourgeoise par excellence, Alice Weidel, ancienne banquière chez Goldman Sachs, s’est référé pendant les réunions électorales à la « remigration ». C’est aussi le titre d’un essai paru l’an dernier (Remigration. Ein Vorschlag, soit « Remigration. Une suggestion ») de l’identitaire autrichien Martin Sellner, proche de la FPÖ, lui aussi en proie à d’ignobles campagnes médiatico-judiciaires incessantes.
Une alliance tripartite « Feu tricolore à l’autrichienne » entre l’ÖVP, la SPÖ et les Verts est pour l’instant impossible à réaliser. Une entente entre l’ÖVP et la SPÖ est plus plausible, mais elle ne serait majoritaire que d’un seul siège (92 sur 183). Il est donc envisageable que l’Autriche connaisse à son tour des législatives anticipées dans les prochains mois.
GF-T
PS : Ce 27 février, les conservateurs de l’ÖVP et les sociaux-démocrates de la SPÖ ont conclu un accord de gouvernement avec les centristes libéraux de NEOS. L’Autriche aura sous peu un gouvernement tripartite.
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 145, mise en ligne le 25 février 2025 sur Radio Méridien Zéro.
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Le jeu des devinettes sur les véritables objectifs de Trump en Ukraine
Le jeu des devinettes sur les véritables objectifs de Trump en Ukraine
Source: https://dissident.one/het-gokspel-over-trumps-werkelijke-...
Le jeu de devinettes sur la position réelle du président Donald Trump sur la paix en Ukraine se poursuit.
Certains commentateurs, dont je fais partie, pensent que Trump a commis une erreur en s'engageant trop fortement en faveur de l'Ukraine, écrit l'un des collaborateurs du site Moon of Alabama. D'autres pensent que Trump trompe le public tout en travaillant pour la paix dans les coulisses.
Les deux derniers articles du blog font partie de ce jeu de devinettes :
- Trump a-t-il vraiment un plan pour l'Ukraine ? (https://www.moonofalabama.org/2025/02/does-trump-really-h...)
- Ukraine - Accord minéral, Lavrov rejette les soldats de la paix, la guerre est destinée à devenir le Vietnam de Trump (https://www.moonofalabama.org/2025/02/ukraine-minerals-de... )
Pour résumer le premier article :
Aucune des approches que l'on pourrait penser que Trump adopte - utiliser un accord sur les ressources de l'Ukraine pour maintenir les États-Unis en Ukraine et poursuivre la guerre, ou utiliser l'accord sur les ressources de l'Ukraine pour finalement rompre avec l'Ukraine - n'est compatible avec une évaluation réaliste des faits sur le terrain. En tout cas, pas si le but du jeu est de faire la paix.
...
La conclusion pour moi est qu'il n'y a aucun plan de Trump pour faire la paix en Ukraine.
et la seconde option est :
En insistant sur l'accord, au lieu d'accepter l'offre russe d'accès aux minerais, Trump s'est engagé à poursuivre la guerre en Ukraine.
...
Cela conduira à l'échec de son initiative de paix.
La guerre en Ukraine menace maintenant de devenir le Vietnam de Trump.
Yves Smith, l'animatrice du site Naked Capitalism, soutient mon dernier point de vue. Elle cite une conversation récente entre le juge Napolitano et le colonel Douglas MacGregor et écrit :
"Cette section confirme ce dont j'avais averti, mais un grand nombre de commentateurs semblent ne pas vouloir l'accepter: l'accord sur les minerais en Ukraine, s'il est conclu, obligera les États-Unis à s'engager auprès de l'Ukraine et donc à la soutenir".
En d'autres termes, cet accord n'a aucun mérite et mettrait Trump dans l'embarras si les négociations de paix échouaient (ou, mieux encore, ne commençaient même pas).
Au cours de cette section, Napolitano a présenté une citation de Trump:
Trump: "Le président Zelensky vient signer l'accord, et c'est formidable. C'est aussi une bonne chose pour l'Ukraine, parce que lorsque nous irons là-bas, nous travaillerons sur place, nous serons sur le terrain, et de cette façon, il y aura une sorte de sécurité automatique, parce que personne ne s'en prendra à notre peuple pendant que nous sommes là-bas. C'est ainsi que nous serons présents. Mais l'Europe suivra cela de très près. Je sais que le Royaume-Uni et la France ont dit qu'ils voulaient envoyer des « soldats de la paix » sur le terrain. Et je pense que c'est une bonne chose".
Napolitano et Macgregor ne sont pas d'accord avec la position de Trump:
Napolitano: Vous savez, nous le respectons tous les deux et nous applaudissons sa volonté de parler aux Russes. Mais des déclarations comme celle-ci trahissent soit une ignorance crasse, soit de très très mauvais renseignements. Qu'en pensez-vous, Colonel...
Macgregor: Non, je pense que c'est une façon polie de le dire. Pour être honnête, le président Trump devrait abandonner l'idée d'envoyer en Ukraine quiconque n'est pas ukrainien. Et s'en tenir éloigné. J'ai entendu cela et j'ai été sincèrement déçu parce qu'il y a eu un grossier contresens. ...
D'autres, cependant, rejettent l'interprétation pessimiste.
Gilbert Doctorow commente la conférence de presse de Trump avec le Premier ministre britannique Starmer:
"Même certains des commentateurs les plus avisés et les plus avisés des proches de Trump dans les médias alternatifs le sous-estiment et continuent de le considérer comme un bouffon dont les incohérences et les contradictions dans ses déclarations publiques sont, du jour au lendemain, la preuve irréfutable qu'il ne peut pas mener une initiative à son terme. C'est exactement ce que j'ai vu et entendu plus tôt dans la journée en écoutant l'interview par « Judging Freedom » du colonel Larry Wilkerson, que, soit dit en passant, je respecte énormément pour ses observations sur les relations des États-Unis avec Israël ou sur la situation du champ de bataille dans la guerre russo-ukrainienne".
...
"Non, ce Trump est un maître de la tromperie. La conférence de presse d'aujourd'hui avec Keith Starmer a été la preuve positive que l'idée vague et non spécifique selon laquelle l'Amérique soutient les soldats de la paix européens en Ukraine est strictement une tactique pour faire taire les Européens pendant que Washington conçoit une solution finale mutuellement acceptable avec Moscou qui l'imposera à l'Ukraine et à l'Europe au bon moment".
Commentaires de Wilkerson (@4min) cités par Doctorow:
Napolitano: Est-ce que [Trump] ne comprend pas la mentalité de Vladimir Poutine?
Wilkerson: Apparemment, non. En fait, ce sont des commentaires très imprudents parce qu'il compromet sa propre capacité à négocier un accord décent. C'est tout simplement absurde et ça le devient de plus en plus s'il continue à parler comme ça. C'est mon problème avec Donald Trump: il résout un problème, du moins pour l'instant, puis il passe à autre chose et ruine le problème qu'il a lui-même résolu avec ses coups de gueule.
Je ne sais pas comment on peut faire de la diplomatie de cette manière".
Le professeur John Mearsheimer n'y croit pas (@14min):
Je pense que lorsqu'on regarde le gouvernement et ce qui se passe en termes de politique étrangère, il faut faire la distinction entre ce qui se passe derrière des portes closes, le processus de décision réel, et ce qui se passe en public.
Commençons par ce qui se passe derrière les portes closes:
Donald Trump et tous les membres de son administration savent très bien quelles sont les exigences russes, et le fait que Trump ait dit et que d'autres aient dit qu'un accord pouvait être trouvé signifie que nous savons quelles sont ces exigences et que nous allons les satisfaire, point final. Et cela inclut cette idée folle d'envoyer des soldats de la paix, d'accorder des garanties de sécurité, etc. Poutine a clairement fait savoir que c'était inacceptable et Trump l'a accepté de facto. Il s'agit là d'une conversation privée qui s'est déroulée à huis clos.
Ensuite, il y a le débat public et le débat public est une sorte de débat sauvage et fou, en grande partie parce que Trump est libre de dire ce qu'il veut et parce qu'il aime pontifier quotidiennement, qu'il ne prête pas beaucoup d'attention aux faits et qu'il n'est pas très prudent avec son langage. Nous nous retrouvons dans tous ces débats sur ce qu'il veut vraiment dire, sur le fait qu'il se contredit, etc.
J'en suis arrivé à un point où je ne fais plus attention à ce qu'il dit en public. La question est de savoir ce qu'ils disent en privé et je crois qu'ils savent en privé ce qu'il faut dire. Ils l'ont déjà dit aux Russes au moins une fois et il reste maintenant à régler les détails.
J'espère que Doctorow et Mearsheimer ont davantage raison qu'Yves Smith, moi-même, Macgregor et Wilkerson. Le jeu public que nous voyons et entendons n'est qu'une façade qui cache une politique sérieuse.
Cependant, comme Wilkerson, je crains que trop de discours publics, même s'ils ne sont pas sérieux, ne deviennent réalité à leur manière.
Mais le côté positif, c'est que nous pouvons voir Trump régler les questions (européennes) correctement.
Le président français Macron et le premier ministre britannique Starmer n'ont pas réussi à obtenir le soutien des États-Unis à l'envoi de troupes européennes en Ukraine. La Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, belliqueuse et incompétente, est venue à Washington pour être congédiée sur-le-champ. Sa rencontre avec le ministre des affaires étrangères Marco Rubio a échoué en raison de « problèmes de calendrier » (la rumeur veut que Kallas ait crié « apaisement » au ministre de la défense Hegseth lors de la récente conférence de Munich sur la sécurité).
La prédiction du président Poutine selon laquelle les Européens finiront par « se coucher aux pieds de Trump en remuant la queue » s'est réalisée:
« Trump, compte tenu de sa personnalité et de sa fermeté, rétablira l'ordre assez rapidement. Et tous, bientôt, vous le verrez, se coucheront aux pieds du maître, la queue frétillante », a-t-il déclaré dans un entretien avec Pavel Zarubin, journaliste de VGTRK.
Les Russes se joignent donc aux plans de Trump.
L'obstacle le plus difficile à franchir pour la paix en Ukraine est le président Zelenski. C'est lui qui a le plus à perdre des négociations de paix sur l'Ukraine. Plus tard dans la journée, Trump lui fera signer l'« accord sur les minerais », qui n'a aucune valeur. Mais cela suffira-t-il à le maintenir dans le droit chemin ?
Et quelles sont les prochaines étapes que Trump souhaite franchir ? La Russie ne permettra pas un cessez-le-feu selon les lignes actuelles, mais veut le grand paquet stratégique - une structure de sécurité indivisible en Europe - en une seule fois.
Trump a-t-il vraiment la volonté et les capacités nécessaires pour que cela se produise ?
12:54 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, politique internationale, europe, affaires européennes, donald trump, ukraine | |
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samedi, 01 mars 2025
Alexandre Douguine: L'Allemagne cherche une alternative
L'Allemagne cherche une alternative
Alexandre Douguine
Alexander Douguine affirme que, bien que l'Allemagne cherche une alternative, la CDU reste une formation emblématique du globalisme, et seul l'AfD représente le bon sens en terres germaniques. Cependant, toute alliance entre la Russie et l'Allemagne est impossible sous Merz, figure-clef du libéralisme occidental, ce qui, de surcroît, rend une coopération future avec Trump beaucoup plus improbable.
A propos des élections en Allemagne: le chancelier Olaf Scholz a, bien sûr, perdu. Cependant, il est encore trop tôt pour dire que la société allemande commence à se réveiller. Après tout, la majorité a voté pour le parti de Friedrich Merz, qui est "chrétien" mais seulement de nom. L'Union chrétienne-démocrate (CDU) est une structure politique devenue entièrement libérale, n'ayant plus aucun lien réel avec le christianisme. Elle est tout aussi globaliste que le Parti social-démocrate de Scholz (la SPD).
Certes, le fait que le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) ait obtenu la deuxième place, avec plus de 20% des voix, est un succès significatif. Ce parti relativement nouveau propose des thèses raisonnables, et toutes les accusations de nationalisme ou de radicalisme de droite à son égard ne sont rien d'autre que de la diffamation pure et simple.
L'AfD représente les intérêts et les sentiments des citoyens modérés — des braves gens tout ordinaires de l'Allemagne. Ou plutôt, non pas simplement ordinaires, mais normaux, puisque même les gens ordinaires en Occident sont désormais divisés. Alors qu'auparavant, ils formaient la majorité saine de toute société, tandis que les idées absurdes et extrémistes "taient confinées à des petites strates marginales, aujourd'hui, une partie significative de la société occidentale est tombée dans un radicalisme et un extrémisme manifestes.
Le parti de droite-conservateur allemand, l'AfD, selon sa dirigeante Alice Weidel, "s'est affirmé fermement dans le paysage politique allemand et n'a jamais été aussi fort au niveau national."
L'AfD défend le bon sens des gens normaux en Allemagne contre les représentants psychiquement dérangés qui grenouillent dans les autres formations politiques, qu'il s'agisse des "gauchistes", des "Verts", de la SPD de Scholz ou de la CDU/CSU de Merz. Mais dans l'ensemble, l'électorat allemand a fait un choix entièrement incorrect, malgré les conseils d'Elon Musk de voter uniquement pour l'AfD. Ceux qui l'ont écouté, ou qui ont simplement choisi l'AfD en fonction de leurs tristes expériences quotidiennes, ont pris la bonne décision. Cependant, cela ne suffit pas encore pour changer la trajectoire de l'Allemagne.
Malheureusement, toute discussion sur une alliance entre la Russie et l'Allemagne reste prématurée. Les globalistes craignent en effet notre rapprochement, mais avec une Allemagne dirigée par Merz, aucune alliance de ce type n'est possible. Cependant, avec l'AfD, qui a obtenu plus de 150 sièges au Bundestag (le parlement allemand), nous devons indéniablement rechercher la coopération. Ce sont des personnes rationnelles, constructives et relativement progressistes — pas strictement conservatrices dans le sens traditionnel. Et la Russie, en tant que bastion de la politique de bon sens, doit maintenir de bonnes relations avec toutes les forces qui défendent la raison.
Friedrich Merz est un homme politique expérimenté et un globaliste pur jus. La CDU est une entité politique devenue au fil du temps complètement libérale et globaliste, sans véritables liens avec le christianisme.
Quant au nouveau chancelier, qui gouvernera bientôt l'Allemagne, Friedrich Merz, je dois le réitérer: c'est un globaliste pur jus. De plus, il croit qu'il est désormais nécessaire de créer un front européen pour contrer une Amérique de plus en plus rationnelle (que ce soit temporairement ou en permanence doit encore être vu). En ce sens, il est complètement irrationnel, s'opposant à la Russie, qui est orientée vers le bon sens, ainsi qu'à une Amérique qui évolue progressivement dans la même direction.
Par conséquent, je ne crois pas qu'une forme d'alliance germani-russe soit possible dans un avenir proche. Il est beaucoup plus probable que nous puissions construire un modèle de coopération alliée avec Trump qu'avec ces dégénérés européens, qui sont désespérés à l'idée de sauver à tout prix l'ordre libéral mondial en ruine.
13:00 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, allemagne, afd, friedrich merz, alexandre douguine | |
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vendredi, 28 février 2025
Le dernier acte de l'Europe: comment le plan de l'ECFR mène l'UE à sa perte
Le dernier acte de l'Europe: comment le plan de l'ECFR mène l'UE à sa perte
Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2025/02/europas-letzter-akt-wie-d...
Le European Council on Foreign Relations (ECFR), l'un des think tanks les plus influents de l'UE, présente un « plan en cinq points » qui entraîne l'Europe dans un conflit par procuration avec la Russie.
Les stratèges en politique étrangère d'Europe ont imaginé quelque chose de nouveau – et cela pourrait bien être leur projet le plus dangereux à ce jour. L'ECFR, l’un des think tanks les plus influents de l’UE, propose un « plan en cinq points » censé rendre l’Europe plus sûre. Cependant, ceux qui lisent le document réalisent rapidement : il ne s’agit pas de sécurité, mais d’une stratégie d'escalade qui plonge l’Europe dans un conflit par procuration avec la Russie.
Les propositions de l’ECFR constituent un cauchemar tissé d’arrogance, de naïveté géopolitique et de folie économique. On se demande inévitablement: quelqu'un à Bruxelles a-t-il encore une vue d'ensemble de la réalité ?
Un plan sans considération pour les pertes
Le plan de l’ECFR s'appuie sur cinq points principaux :
- Le réarmement massif de l'Ukraine, financé par les fonds de l'UE.
- De nouvelles sanctions contre la Russie, bien que les précédentes aient causé plus de tort à l'Europe qu'à Moscou.
- Un programme visant le cessez-le-feu en Europe, défini sans la Russie.
- Une obligation de réarmement pour l'UE, avec une augmentation des dépenses militaires à 3% du PIB.
- La revendication de remplacer les États-Unis en tant que puissance dirigeante, bien que l'Europe dépende militairement, économiquement et géopolitiquement de Washington.
Cela ressemble à un plan ? Non – cela ressemble à un mirage dangereux. Car derrière ce programme se cache une fatale erreur: l'UE est-elle une grande puissance capable de déterminer ce qui se passe dans le monde?
Non, la réalité est différente.
L'Europe est économiquement affaiblie, socialement divisée et politiquement paralysée. Alors que la Russie convertit son économie vers la production de guerre et que les États-Unis se retirent de l'escalade directe, les bureaucrates de l'UE rêvent de contrôler la politique mondiale avec des sanctions et des transferts d'argent. Ce n'est pas une stratégie – c'est de la mégalomanie.
L'Europe ne peut pas remplacer les États-Unis
L'un des points les plus bizarres du document de l'ECFR est l'idée que l'UE pourrait prendre la place des États-Unis. Il suffirait d'agir avec détermination pour qu'Europe « donne le ton », dit-on. Mais pour remplacer les États-Unis, l'UE devrait d'abord avoir le pouvoir militaire, financier et stratégique de Washington. Et c'est précisément ce qui lui manque :
- Militairement : L'UE n'a pas sa propre armée et est entièrement dépendante de l'OTAN. L'idée que Bruxelles puisse soudain être un leader militaire est absurde.
- Financièrement : Pendant que les États-Unis contrôlent le dollar et dirigent les flux financiers mondiaux, l'UE est économiquement affaiblie et lutte contre des tendances récessionnistes.
- Stratégiquement : Les États-Unis peuvent se permettre une flexibilité géopolitique grâce à leurs réseaux mondiaux. L'UE, en revanche, s'est retrouvée dans une impasse, sans options indépendantes.
Alors que reste-t-il de l'idée qu'Europe pourrait se placer à la tête du jeu géopolitique ? Rien – sauf des chimères.
Un tonneau sans fond : Qui profite des milliards pour l'Ukraine ?
L'ECFR demande pour l'Ukraine 40 milliards d'euros en 2025 – et des investissements à long terme représentant 0,25% du PIB de l'UE. Mais il n'y a pas de réponses claires à la question clé: où va réellement cet argent ?
L'Ukraine est aujourd'hui dans un état de faillite économique, sa production industrielle est au plus bas, des millions de personnes ont fui. Chaque euro qui arrive à Kiev finance soit la guerre soit disparaît dans des réseaux de corruption.
Les stratèges de l'UE semblent ne rien apprendre de cela. Ils continuent d'injecter des fonds publics dans une structure qui ne fonctionne plus depuis longtemps. Quel est le résultat ? Les citoyens européens paient la facture – et l'Ukraine reste un État en crise permanente.
La Russie doit-elle capituler ? L’ECFR demande l’impossible
Particulièrement provocante est la demande de l'ECFR selon laquelle la Russie devrait se soumettre à un « plan de compensation » occidental. Moscou devrait payer des réparations, limiter ses armes à longue portée et se conformer aux directives de Bruxelles.
Mais quiconque croit que la Russie obéira à un diktat de l'UE ignore la réalité géopolitique. Les temps où l'Europe pouvait dicter sa volonté à la Russie sont révolus.
En fait, Moscou réagit à cette confrontation avec encore plus de détermination. Alors que l'Occident se perd dans des débats sur les livraisons d'armes, la Russie a déjà converti son industrie vers une économie de guerre, a considérablement augmenté sa production d'armements et forgé de nouvelles alliances mondiales.
En d'autres termes : l'UE essaie de jouer la menace – mais il lui manque le pouvoir pour faire appliquer ses propres menaces.
L'Europe n'a plus de temps pour les jeux de simulation
Alors que Bruxelles discute encore de nouvelles dépenses militaires, d'autres acteurs sont déjà en action. La Russie développe sa capacité de production militaire. La Chine renforce ses réseaux économiques et géopolitiques. Les États-Unis se préparent à une nouvelle orientation en politique étrangère après les élections.
L'Europe, quant à elle, se perd dans des théories et espère que des sanctions et des paquets financiers changeront le cours de l'histoire.
Mais le temps des illusions est révolu. L'Europe n'est pas du côté des gagnants dans ce conflit – et il est temps de le reconnaître enfin.
Conclusion: la politique belliciste de l'Europe mène à l'abîme
Le plan de l'ECFR n'est pas un concept de sécurité, mais une recette pour une catastrophe géopolitique. Une politique de réarmement sans fondement économique. Une stratégie de sanctions qui inflige plus de dommages à l'Europe qu'à la Russie. Une escalade militaire pour laquelle l'Europe n'est pas préparée. Une idée utopique de remplacer les États-Unis en tant que puissance dirigeante – sans les ressources nécessaires.
L'UE est à un tournant. Resterait-elle un vassal de Washington, tanguant aveuglément vers un conflit ? Ou trouverait-elle enfin une stratégie autonome, fondée sur la diplomatie, la stabilité économique et un calcul de pouvoir intelligent ?
Si l'Europe ne se débarrasse pas bientôt de ces fantasmes dangereux, un avenir s'annonce où le continent n'est pas le « leader du monde libre » – mais juste le prochain champ de bataille géopolitique.
Qui est Elena Fritz?
Auteure de PI-NEWS, Elena Fritz, née le 3 octobre 1986, est arrivée en Allemagne en tant que Russe d'ethnie allemande, il y a 24 ans. Après avoir obtenu son baccalauréat, elle a étudié le droit à l'Université de Ratisbonne et a obtenu avec succès un diplôme. Depuis 2018, elle s'est engagée dans l'AfD, a été membre du conseil régional de Bavière de 2019 à 2021 et a été nommée candidate directe de l'AfD pour la circonscription de Landshut/Kelheim lors des prochaines élections fédérales. Elle est fièrement la mère d'un garçon de trois ans. Voici le lien vers le canal Telegram d'Elena Fritz: Telegram: Contact @global_affairs_byelena
14:19 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique internationale, europe, affaires européennes, ecfr | |
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La fin de la diplomatie linéaire: Comment le 24 février 2025 a bouleversé la politique mondiale
La fin de la diplomatie linéaire: Comment le 24 février 2025 a bouleversé la politique mondiale
par Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2025/02/das-ende-der-linearen-dip...
La géopolitique suit des schémas simples - du moins le pensions-nous. Pendant des décennies, la diplomatie s’est déroulée selon des règles claires et linéaires : ceux qui sont contre la Russie sont alliés aux États-Unis. Ceux qui se rapprochent de la Chine s’éloignent de Washington. Et lorsqu'un chef d'État entreprend un voyage, il poursuit un objectif - et idéalement, il l'atteint. Cependant, le 24 février 2025, le troisième anniversaire de la guerre russo-ukrainienne, tout cela s'est évaporé. La politique mondiale a perdu son ancien mode d'organisation.
C'était une journée pleine d'événements ou bien des certitudes se sont effondrées comme une série de dominos - et à la fin, une image s'est présentée qui ne correspondait pas du tout à la compréhension antérieure du monde. Une crise de la diplomatie linéaire qui dépasse de loin les simples manœuvres politiques.
L'ONU comme première zone de fracture
Dès les votes à l'Assemblée générale de l'ONU et au Conseil de sécurité, un pressentiment se faisait sentir : le schéma bipolaire des alliances se dissolvait. D’abord, le Royaume-Uni et la France ont condamné la Russie dans une résolution de l'Assemblée générale - une image familière. Mais quelques heures plus tard, l'inimaginable est arrivé: au Conseil de sécurité, ils n'avaient soudain plus d'objections à une résolution soutenue conjointement par les États-Unis et la Russie.
Il faut imaginer cela: les États-Unis et la Russie votent ensemble avec la Chine pour une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU. Cela aurait été considéré comme une théorie du complot absurde il y a quelques semaines. Pourtant, cela s'est produit - et d'un coup, la nouveauté est apparue clairement: l'ère des anciennes formations par blocs est révolue.
L'humiliation de Macron à Washington: un président perd pied
Presque en même temps, le président français Emmanuel Macron tentait de redéfinir les lignes transatlantiques. Son objectif : convaincre Donald Trump d'adopter une ligne plus dure envers la Russie. Mais dès l’accueil, on devinait que la mission échouerait. Trump laissa Macron debout devant la Maison Blanche. Puis vint l’image du Bureau ovale : Macron, affaissé, à l'extrême bord du bureau de Trump, tandis que le président américain l'ignorait presque.
Et finalement, le véritable coup de théâtre politique : Macron déclara soudain qu'il était temps de négocier avec la Russie - et qu'il souhaitait lui-même s'entretenir avec Poutine. Le président français, qui venait juste d’agir comme le plus fervent belliciste en Europe, a effectué un retournement à 180 degrés en pleine lumière. Bien sûr, il tentera de relativiser cette position à Paris. Mais le signal est lancé : l'unité européenne sur la question ukrainienne se fissure.
Le fiasco à Kiev: le gouvernement ukrainien perd le contrôle
Alors que Macron chutait à Washington, un autre drame se déroulait à Kiev. Le gouvernement de Zelensky avait préparé un grand affrontement : un sommet des bellicistes européens devait envoyer un puissant signal d'unité. Mais que s'est-il passé ? La Rada suprême, le parlement ukrainien, a refusé de confirmer la légitimité de Zelensky en tant que président.
En pleine lumière, devant les yeux des hommes politiques occidentaux présents, le président ukrainien a été politiquement démantelé. Une violation de tabou sans précédent. Et un signe que la direction ukrainienne perd également de plus en plus de soutien dans son propre pays.
Trump, Poutine et le nouvel ordre économique
Alors qu'en Europe et en Ukraine les fondements politiques vacillaient, une nouvelle information en provenance de Washington et de Moscou contredisait les règles géopolitiques établies: Trump et Poutine se prononçaient simultanément pour une solution rapide de paix en Ukraine - et annonçaient des intérêts économiques communs.
Il s'agissait des terres rares. Et pas n'importe où, mais dans les anciennes régions ukrainiennes qui sont désormais sous contrôle russe. Si une coopération dans ce domaine devait voir le jour, cela reviendrait à une reconnaissance indirecte de ces régions comme russes par les États-Unis - une véritable innovation.
L'OTAN et la division des États-Unis
Parallèlement, un autre mouvement se propageait aux États-Unis : le rejet de l'OTAN grandissait, particulièrement parmi les républicains. Le dernier sondage montre que, pour la première fois, une majorité des électeurs républicains est contre l'adhésion des États-Unis à l'OTAN.
Plus les politiciens européens critiquent Trump et affûtent leur rhétorique de guerre, plus la distance entre les États-Unis et l'OTAN se creuse. Déjà maintenant, la Maison Blanche discute ouvertement d'une réduction du financement de l'ONU - et un retrait de l'OTAN, aussi impensable qu’il semblait jusqu'à présent, n'est plus une pure fantaisie.
La panique en Europe - et le carrousel de la dette
Et l'Europe ? Chez nous, la peur grandit. Bruxelles planifie frénétiquement de nouveaux emprunts pour financer l'industrie de l'armement. Mais la réalité est sombre : après trois ans de guerre, l'UE n'a pas réussi à relancer sa propre industrie de défense. Au lieu de cela, de nombreux États membres s'enfoncent de plus en plus dans le chaos de la dette.
Parallèlement, les États-Unis deviennent plus avares : Trump n'est pas disposé à continuer à faire des cadeaux financiers à l'Europe. Mais sans soutien américain, la politique de défense européenne se dirige vers un désastre.
Conclusion : la fin de l'ancien ordre - et un avenir incertain
Le 24 février 2025 était plus qu'un simple anniversaire de la guerre en Ukraine. C'était un tournant dans la politique mondiale. Les anciennes règles ne s'appliquent plus. Les blocs diplomatiques se brisent, les coalitions se redessinent et les alliances traditionnelles perdent de l'importance.
La politique mondiale est devenue imprévisible. C'est un spectacle où les alliances peuvent changer en quelques heures. Mais une chose est claire : la diplomatie linéaire est morte. Ceux qui s'accrochent encore à des schémas géopolitiques obsolètes seront progressivement relégués au second plan dans les années à venir.
La question n’est plus de savoir si le jeu géopolitique va changer - mais à quelle vitesse.
Qui est Elena Fritz?
Auteure de PI-NEWS, Elena Fritz, née le 3 octobre 1986, est arrivée en Allemagne en tant que Russe d'ethnie allemande, il y a 24 ans. Après avoir obtenu son baccalauréat, elle a étudié le droit à l'Université de Ratisbonne et a y obtenu avec succès un diplôme. Depuis 2018, elle s'est engagée dans l'AfD, a été membre du conseil régional de Bavière de 2019 à 2021 et a été nommée candidate directe de l'AfD pour la circonscription de Landshut/Kelheim lors des prochaines élections fédérales le 15 novembre. Elle est fièrement la mère d'un petit garçon de trois ans. Voici le lien vers le canal Telegram d'Elena Fritz: Telegram: Contact @global_affairs_byelena
13:56 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diplomatie, affaires européennes, europe, états-unis, ordre international | |
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jeudi, 27 février 2025
Le destin allemand
Le destin allemand
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/il-destino-tedesco-3/
Démocratique, oui… mais jusqu’à un certain point. Démocratique tant que les résultats nous conviennent, tant qu’ils correspondent à nos intérêts… Ou plutôt, aux intérêts de quelques-uns, de ceux qui comptent vraiment et qui ont de l’influence. Qui, bien sûr, ne se trouvent pas en Allemagne. Ou seulement de manière très limitée.
Oui, car cette fois, il s’agit bien de l’Allemagne, et non d’un quelconque petit État balkanique. Il s’agit de la Grande Allemagne, le géant de l’Union européenne. Ou du moins, ce qui était un géant, avant que ne commence son rapide déclin, provoqué par les derniers gouvernements et leur soumission totale aux diktats de Washington.
Une vieille histoire, désormais. Il est (presque) inutile de revenir sur la responsabilité du terne Scholz et de ses alliés, si dociles face aux exigences de la haute finance qu’ils ont mené le pays au bord du gouffre. Et peut-être même au-delà.
Mais à présent, l’Allemagne s’est rendue aux urnes. De manière anticipée, en raison de l’inévitable crise du gouvernement rouge-vert, qui a échoué. Et les résultats, bien qu’encore non officiels, sont clairs pour tout le monde. Seulement, beaucoup, trop nombreux, refusent simplement de les voir tels qu’ils sont.
Car presque tous les journaux télévisés et les soi-disant experts se concentrent sur la victoire de la CDU-CSU. Sans toutefois mentionner que ce parti n’a ni les voix ni les sièges nécessaires pour gouverner seul. Au mieux, on souligne qu’une période de Grande Coalition se profile à l’horizon. Un véritable rassemblement hétéroclite, pour être clair, composé de la CDU-CSU, de la SPD, qui s’est effondré autour de 15 %, et probablement des Verts. Autrement dit, deux des trois partis qui ont conduit l’Allemagne au désastre.
Les libéraux de la FDP, eux, sont absents. Mais seulement parce qu’ils n’auront pas de représentation parlementaire, n’ayant pas atteint le seuil fatidique de 5%.
Bref, tous ensemble, avec passion, ils jureront d'aller de l'avant pour l’Europe et pour un soutien inconditionnel à l’Ukraine.
Mais derrière ce flot de rhétorique et d’absence d’informations réelles, un détail crucial manque.
L’AfD, le parti dit d’extrême droite, anti-européen et pro-russe, dépasse largement les 20%. Un résultat encore inimaginable il y a peu. Et un résultat qui devrait faire réfléchir. Surtout ceux qui s’apprêtent à (mal) gouverner ce qu’il reste de l’Allemagne sous la Grande Coalition.
Car l’AfD n’est pas, contrairement à ce que nos médias veulent nous faire croire, un dangereux groupuscule de néonazis. Peut-être même ne peut-il pas être qualifié de mouvement nationaliste traditionnel. Il représente plutôt la réaction du peuple allemand face à un système de pouvoir figé. Un système de plus en plus dirigé par des puissances financières étrangères (disons-le ainsi).
Ces élections démontrent une chose: le peuple allemand, en particulier ses couches économiquement les plus fragiles, en a assez.
Assez de maintenir au pouvoir une classe politique incompétente et surtout soumise à des intérêts étrangers.
Et le score de l’AfD n’est rien d’autre qu’un premier signal. Car le mécontentement ne fera que croître.
À moins que la CDU-CSU ne commence enfin à écouter ces voix – nombreuses et influentes – qui appellent à un changement de cap. A une nouvelle majorité et une nouvelle politique étrangère.
Difficile, certes. Mais après l’ascension de Trump à Washington, ce n'est pas impossible.
Il suffirait juste d’un peu… de courage.
La circonspection où se présentait Merkel jadis est passée à l'AfD (37,3%!!).
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mercredi, 26 février 2025
La démographie allemande paralyse le pays
La démographie allemande paralyse le pays
Par Wolfgang Hübner
Source: https://www.pi-news.net/2025/02/die-deutsche-demographie-...
Il y a beaucoup de patriotes qui ne sont pas satisfaits des presque 21% obtenus par l'AfD lors des élections fédérales de dimanche. Cela n'est pas incompréhensible, mais cela ignore la dominance presque écrasante des électeurs âgés. C'est à eux que Friedrich Merz et la CDU/CSU doivent leur pâle victoire électorale. Les personnes âgées dans l'ancienne République fédérale ont, d'une manière tragique, récompensé les partis de l'union démocrate-chrétienne et exprimé leur gratitude d'avoir vécu de nombreuses années dans un État fonctionnant bien, en votant contre l'avenir d'un pays déjà en déclin.
Aussi amer que cela puisse être: la pyramide d'âge des Allemands ne changera que négativement - ils vont en effet devenir encore plus vieux. C'est formidable sur le plan personnel mais cela paralyse déjà le pays sur le plan politique. Voilà pourquoi les presque 21% pour l'AfD doivent être évalués positivement. Après tout, un électeur sur cinq a choisi un parti qui est combattu, diffamé et diabolisé de toutes les manières et avec les méthodes les plus odieuses. Ce sont ces électeurs de l'AfD qui devront au moins partiellement se mobiliser en dehors du parlement dans les années à venir pour tenter d'arrêter le déclin de l'Allemagne.
Sur le plan parlementaire, l'AfD fait face à d'énormes défis avec le grand nombre de nouveaux députés qu'elle va envoyés au Bundestag. En effet, chaque député a besoin d'une équipe, le groupe lui-même verra augmenter le nombre de ses experts et collaborateurs qualifiés. Le fait qu'il existe toujours le "mur de feu" antidémocratique ne devrait pas inquiéter l'AfD: au-delà de cette construction politique de honte, règne la désolation d'une coalition de perdants. Parmi les perdants, on trouve également le prétendant à la chancellerie, Merz, qui avait promis en 2021 de réduire l'AfD de moitié, mais qui la voit doubler en 2025.
Si la SPD socialiste organise effectivement un référendum auprès de ses membres pour savoir si elle doit former une coalition avec la CDU/CSU, le résultat n'est d'ailleurs en aucun cas assuré. Car dans une telle coalition, la SPD, que ce soit avec Pistorius ou non, ne peut que perdre si elle reste sagement alignée sur la formation présidée par Merz. Mais si elle ne reste pas sage, la coalition ne sera pas seulement fragile: elle se brisera. Pour les Verts, il ne reste rien du glamour espéré de Habeck. L'Allemagne ne sera plus la risée du monde entier à cause des frasques de "Trampolina" Baerbock. Autre point positif: le déclin de la FDP libérale, qui est bien mérité et, espérons-le, demeurera durable. Peut-être que le parti essaiera maintenant de se refaire une santé avec la furie belliciste de Düsseldorf, Agnes Strack-Zimmermann, qui deviendra sa présidente, afin que Poutine ait au moins peur de la FDP.
L'échec, essuyé de justesse, du parti Wagenknecht a été prévisible après les élections régionales en Thuringe. Car la sage Sahra Wagenknecht, mais qui n'a pas le sens du leadership, s'était choisie une candidate tête de liste avec des vues d'extrême-gauche, qui a attaqué brutalement le vainqueur des élections, Björn Höcke, de concert avec la CDU. Cette cuisine politicienne a également contribué à ce que les gens, dans les cinq Länder de l'ancienne Allemagne de l'Est, fassent de l'AfD le parti le plus fort de leurs régions. Aucun chancelier, pas même Merz, ne peut ignorer ce fait.
Pour tous ceux qui sont frustrés par les résultats électoraux et les conditions qui règnent dans le pays bigarré de l'Ouest, il reste une consolation: il y a une Allemagne qui veut continuer à être l'Allemagne. Là-bas, il y a aussi de nombreuses maisons vides et des appartements bon marché. Les gens entre Rostock et Dresde sont souvent plus pauvres qu'à l'Ouest, mais beaucoup moins laissés pour compte sur le plan matériel. Cela donne à l'ancienne et malveillante exhortation du temps de la guerre froide ("Alors va donc de l'autre côté!") une résonance bien différente, beaucoup plus agréable. Car c'est uniquement à l'Est que le vote a clairement été en faveur de l'avenir de notre peuple.
Qui est Wolfgang Hübner ?
Auteur pour PI-NEWS, Wolfgang Hübner écrit depuis de nombreuses années pour ce blog, principalement sur des sujets de géopolitique, de fascisme de gauche, d'islamisation de l'Allemagne et de liberté d'expression. L'ancien élu municipal et président du groupe "Bürger für Frankfurt" (BFF) a démissionné de son mandat à la fin d'octobre 2016 au Römer de Francfort. Le passionné de cyclisme est joignable via sa page Facebook et son canal Telegram. En outre, on peut constater que : "Qui vote CDU, vote guerre."
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La question du Groenland
La question du Groenland
Ronald Lasecki
Source: https://ronald-lasecki.blogspot.com/2025/01/kwestia-grenl...
Avec une population de 56.000 habitants et sans armée propre, le Groenland ne réunit pas les conditions pour être un État indépendant. Avec une population de 6 millions d'habitants et une armée de seulement 83.000 hommes, le Danemark n'est pas en mesure de contrôler les 2,16 millions de kilomètres carrés du Groenland, situé à 2900 kilomètres de la métropole.
Pourquoi le Danemark est-il devenu une métropole coloniale ?
Le destin des petits États comme le Danemark n'est pas d'avoir un empire, mais d'être dans un empire. L'accession de Copenhague au rôle de capitale coloniale a été rendue possible par l'héritage historique particulier de la péninsule du Jutland, mais surtout par l'inclusion du Danemark dans la famille des États européens, à une époque où l'importance de l'Europe dans le monde était décidée par des puissances bien plus fortes que le Danemark. Le Danemark ne serait pas devenu un État colonial s'il ne s'était pas nourri de son héritage nordique et du pouvoir et du prestige de puissances telles que l'Angleterre, la France et l'Allemagne.
Pourquoi le Danemark a-t-il cessé d'être une métropole coloniale ?
Le crépuscule de la position impériale de la Grande-Bretagne - en particulier dans l'hémisphère occidental, où Londres a progressivement perdu des positions dans le nord du continent américain et dans le bassin des Caraïbes - a privé les possessions danoises de l'hémisphère occidental de la dépendance nécessaire à l'égard d'une puissance extérieure pour les soutenir. À son tour, l'échec des aspirations à la puissance de l'Allemagne au 20ème siècle a bloqué la possibilité d'émergence d'un centre de pouvoir qui pourrait combler le vide post-britannique en tant que point d'appui pour le Danemark.
Internationalisation de la question groenlandaise
Une amélioration de la position du Danemark au Groenland serait donc possible aujourd'hui sous réserve de l'émergence d'une telle constellation de forces extérieures susceptibles d'équilibrer la puissance de la bannière étoilée. Une mesure ad hoc pourrait consister à faire ce que Washington craint le plus: que Copenhague attire les capitaux chinois et l'armée russe sur la plus grande île du monde. En internationalisant ainsi la question groenlandaise, les États-Unis ne seraient plus seulement confrontés à leur protectorat danois, mais à deux de leurs plus sérieux rivaux dans le monde.
Création d'un empire européen
Une entreprise plus ambitieuse consisterait à créer une armée et une autorité politique unique et souveraine au sein de l'Union européenne. Les États-Unis, forts de 340 millions d'habitants, se heurteraient alors à une puissance européenne de 440 millions d'habitants. La capitale, la marine et l'aviation du Danemark ne suffiront jamais à défendre le Groenland, mais les mêmes moyens de l'Union européenne suffiraient déjà, quand, par exemple, la France est capable d'utiliser ses propres moyens nationaux, bien plus modestes, pour sécuriser efficacement ses possessions en Polynésie et en Amérique du Sud.
Créer une confédération eurasienne
En combinant les deux approches décrites ici, l'Union européenne devrait non seulement s'unir politiquement et militairement, mais aussi se rapprocher géopolitiquement des centres de pouvoir eurasiatiques afin de contrebalancer plus facilement la domination de la superpuissance nord-américaine. La Chine représente les ressources humaines, le capital et la technologie. La Russie, c'est un grand espace et des ressources militaires inébranlables. La Russie continentale et les eaux de l'Arctique russe sont les voies les plus courtes pour relier les deux centres de civilisation les plus importants aux confins occidental et oriental de l'Eurasie. Une alliance entre l'Union européenne, la Russie et la Chine et le renouvellement de la route de la soie au profit des trois partenaires est une conclusion qui s'impose d'emblée.
Il est bien sûr dans l'intérêt des États-Unis d'Amérique de ne pas permettre un tel scénario, car sa mise en œuvre réduirait considérablement l'influence de la bannière étoilée et les priverait de leur position d'hégémon mondial. Par conséquent, les empires eurasiens devraient signer un accord visant à supprimer l'influence des États anglo-saxons sur l'« île du monde » et à bloquer la pénétration anglo-saxonne sur notre continent commun. Pour commémorer l'éminent combattant de la liberté de l'Europe, ce concept pourrait être appelé la « Doctrine Jean Thiriart ».
Pourquoi être européen ?
Il serait toutefois nécessaire à ce stade de souligner pourquoi les Groenlandais (et potentiellement les Canadiens aussi), et surtout les Européens eux-mêmes, devraient choisir de faire partie de l'Empire européen plutôt que d'être une colonie des États-Unis ? Il faudrait souligner la différence entre l'héritage historique de l'Europe et celui des États-Unis. Comme l'a souligné un historien, les cultures européenne et nord-américaine sont toutes deux des cultures du temps linéaire, mais la première est une culture de la durée, qui s'exprime dans le rôle central de l'écriture, tandis que la seconde est une culture du changement, qui s'exprime dans le rôle accru des images.
Les États-Unis sont libéraux, tandis que l'Europe adopte un style politique plus "communautaire". Dans sa proposition au monde, l'Europe devrait donc opposer les droits des peuples aux droits de l'individu. Les Inuits du Groenland devraient être informés de ce que les militaires et les sociétés capitalistes yankees ont fait, au nom des droits individuels, aux Chamorros, aux indigènes des îles Chagos et aux représentants d'autres peuples dont les ancêtres se sont installés dans des lieux identifiés par Washington comme cruciaux pour la « préservation de la liberté dans le monde ».
La culture européenne de la durée s'accompagne d'une appréciation des institutions symbolisant la continuité historique et la primauté de la politique sur l'économie et de l'esprit sur la matière. Le Danemark et quelques autres pays européens sont encore des monarchies aujourd'hui. Contrairement aux cabinets danois, la personne du roi Frédéric X est très populaire parmi les Groenlandais et si le Danemark réussit à préserver le Groenland, c'est en grande partie grâce au roi. Dans le reste de l'Europe, les dynasties monarchiques devraient également être valorisées, ne serait-ce qu'en tant qu'institutions culturelles, tandis que la structure politique de l'Europe devrait être basée sur le modèle de l'Empire.
Le Danemark ne se voyait pas comme partie prenante dans le projet européen
Le problème est que le Danemark a toujours torpillé le projet européen. Adolf Hitler pensait que le plus grand soutien à son projet de reconstruction de l'Europe viendrait des pays nordiques, de l'Angleterre et des États-Unis. En réalité, ces peuples étaient déjà à l'époque à l'avant-garde du libéralisme et s'opposaient fermement au projet national-socialiste. Le patriotisme européen, quant à lui, s'est surtout manifesté chez les peuples du Sud, méprisés par Hitler : Italiens, Français, Belges, Espagnols.
Après la défaite allemande face à la coalition dirigée par les puissances anglo-saxonnes, le Danemark, menacé surtout par le Reich, devient un pilier de l'OTAN, une projection de l'influence anglo-saxonne, et une résistance à l'Union européenne qui exprime, entre autres, les aspirations d'émancipation de la France au 20ème siècle et de l'Allemagne au 21ème siècle. La série Borgen effraie les téléspectateurs non pas avec l'impérialisme américain, mais avec ce qui pourrait en protéger le Danemark et le Groenland : les investissements chinois au Groenland et la pénétration militaire russe dans cette région. Le Danemark préfère coincer la Russie dans la Baltique plutôt que de défendre cet espace maritime contre les Anglais et les Yankees.
L'Europe devrait se transformer en une tellurocratie
Pour stopper l'expansionnisme de la Bannière étoilée dans l'Arctique et au Groenland, le Danemark et l'Europe devraient changer leur code géopolitique et retrouver en eux leurs identités traditionnelles. Se libérer de l'individualisme pour devenir une communauté à base ethnique. Au lieu de poursuivre le changement pour le changement, ils devraient nourrir leur identité. Devenir les gardiens de leur patrimoine au lieu de le rejeter et d'en avoir honte. Les pays de l'Union européenne devraient cesser d'être occidentaux et se redécouvrir en tant qu'Europe. Ils devraient redécouvrir le noyau eurasien de leur esprit, de leur culture et de leur identité, s'enraciner à nouveau dans le continent eurasien et y puiser leur force vitale.
Ronald Lasecki
13:26 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, danemark, groenland, géopolitique | |
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