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jeudi, 18 janvier 2024

Clausewitz et la Russie

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Clausewitz et la Russie

Daniele Perra

Source: https://novaresistencia.org/2024/01/04/clausewitz-e-a-russia/

L'étude de Clausewitz, ainsi que d'autres classiques de la doctrine militaire, nous permet de mieux comprendre la position historique de la Russie qui consiste à "se défendre en attaquant", ce qui a été évident tout au long de l'opération militaire spéciale.

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Dans les Principes fondamentaux de la guerre, véritable manifeste de l'armée prussienne, dont la pertinence historique ne peut être comparée qu'au Livre rouge de Mao Zedong pour l'armée populaire de Chine, Frédéric II le Grand (également célébré par la cinématographie nationale-socialiste en Allemagne dans les années 1930 et 1940), affirme que la politique et l'armée, base de la préservation de la gloire de l'État, doivent toujours travailler ensemble pour déterminer les objectifs d'une campagne militaire. Car, selon lui, avant de se lancer dans une aventure guerrière, il faut toujours connaître le terrain d'affrontement, la force et les alliances de l'adversaire éventuel, afin de déterminer le temps et les moyens nécessaires [1].

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Il n'est pas nécessaire de rappeler l'influence de l'œuvre de Frédéric de Prusse sur le Vom Kriege de Carl von Clausewitz, qui n'a jamais été achevé. Le théoricien militaire prussien, en effet, comme le souverain, souligne à la fois le lien fondamental entre guerre et politique et le fait que la guerre, sorte de duel prolongé, se présente toujours comme un acte de violence ayant pour but de réduire l'adversaire à sa volonté. Par conséquent, la force est le moyen, tandis que la réduction de l'ennemi à sa volonté est la fin.

Ceci permet d'approcher le thème de cette contribution : la relation entre la doctrine militaire russe et la théorie clausewitzienne. Clausewitz lui-même affirme que "le désarmement de l'ennemi est le but de la guerre" [2] : en d'autres termes, il s'agit de l'amener à une situation dans laquelle la poursuite de la belligérance conduit à des conditions de plus en plus désavantageuses: le désarmement total ou la menace d'un désarmement rapide. Ce n'est que lorsqu'il n'y a plus de changement réel dans l'équilibre du champ de bataille que la paix peut être justifiée.

Or, l'intervention directe de la Russie dans le conflit civil ukrainien visait avant tout à "désarmer l'ennemi", c'est-à-dire à le rendre inoffensif et à le soumettre à sa volonté. Pour ce faire, les stratèges russes ont suivi à la lettre le schéma clausewitzien, qui consiste à 1) conquérir une ou plusieurs provinces du territoire ennemi ; 2) chercher à négocier ; 3) se préparer à la défense, si la tentative de négociation échoue.

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À cet égard, dans les Principes fondamentaux de la guerre mentionnés ci-dessus, Frédéric le Grand souligne que la guerre est toujours une concaténation d'actions offensives et défensives basées sur des plans différents. Les actions défensives, en ce sens, doivent toujours viser à épuiser l'adversaire, à inhiber sa volonté d'offenser - certaines des pratiques mises en œuvre par l'armée russe en Ukraine, telles que les pièges "aveugles" qui ont rendu les tentatives de déminage inutiles, stressantes et avec un risque considérable de pertes, et la préparation du terrain pour l'offensive, peuvent être emblématiques.

Une fois encore, Clausewitz, en écho au souverain prussien, affirme que "pour renverser l'ennemi, il faut mesurer l'effort à sa capacité de résistance" [3]. Cela nécessite bien sûr une évaluation des moyens disponibles et de la force de volonté de l'adversaire et de la sienne. Car la guerre est dominée par une sorte de trinité: l'instinct naturel aveugle, qui correspond à sa nature populaire; l'activité libre de l'homme, qui appartient à l'aspect du commandement; l'intellect pur, la finalité politique qui appartient à l'activité du gouvernement et la décision "schmittienne" de l'"état d'urgence". La trinité politique-guerrier, à son tour, fait ressortir les quatre éléments constitutifs de l'atmosphère dans laquelle se déroule la guerre: le danger, le défi physique, l'incertitude et le hasard. Et toute l'œuvre de Clausewitz vise à éduquer le décideur dans cette atmosphère précise: ou plutôt, dans son auto-éducation, en lui fournissant seulement des lignes directrices générales et une richesse d'idées et de concepts opérationnels (tirés de l'expérience et filtrés par une critique née de la dialectique hégélienne) avec lesquels son esprit peut s'enrichir.

Cette "trinité" démontre également que la théorie devient toujours infiniment plus complexe dès qu'elle entre en contact avec le champ spirituel lui-même. La guerre, en effet, est un "art" lié à une "matière vivante", l'homme. Comme l'affirme Clausewitz, "l'activité guerrière ne s'applique pas à la matière pure, mais aussi et toujours à la force spirituelle qui anime cette matière [la rend vivante] et il est impossible de séparer l'une de l'autre" [4].

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Une approche similaire a été proposée par l'un des pères de la géopolitique: Karl Haushofer. Dans une tentative de donner une définition à une "science antimoderne" (inévitablement imprécise) qui dépassait la sphère étroite du déterminisme géographique (dans laquelle les auteurs d'aujourd'hui ont tendance à opérer), Haushofer a déclaré: "La géopolitique sait parfaitement qu'il y aura toujours de grands esprits qui ne se contenteront pas de la médiocrité; elle sait qu'il est toujours nécessaire que des ruptures, de nouvelles fécondations et de nouvelles formations se produisent. En raison de l'arbitraire qui caractérise l'action politique humaine, la géopolitique ne peut se prononcer avec précision que dans environ 25% des cas. N'est-ce pas déjà un bon résultat si, dans une évolution où tout doit être laissé à l'arbitraire humain et aux humeurs des masses, au moins un quart des cas accessibles à la prévoyance et à la raison active sont prédits par la géopolitique" [5]?

Cela s'applique donc aussi à l'effort de guerre, où il y a toujours un élément de hasard dicté par le fait que, malgré l'énorme développement des appareils d'espionnage et/ou de surveillance (y compris les relevés par satellite) et leur efficacité, on ne peut jamais avoir d'informations sûres à 100% sur les capacités réelles de l'adversaire. En ce sens, par exemple, on ne peut exclure la possibilité que les Russes aient initialement fait des évaluations erronées de la capacité de résistance de l'Ukraine (étant donné que, sans l'intervention massive qu'a été le soutien occidental, Kiev se serait effondrée au bout de quelques mois); tout comme il semble évident que les dirigeants militaires ukrainiens ont fait une erreur, peut-être guidés par des évaluations tout aussi erronées de l'OTAN, au moment de lancer la soi-disant "contre-offensive". Cela montre que, indépendamment des données technologiques, l'élément prédominant du conflit reste le risque; et les qualités prédominantes de l'esprit dans une situation risquée sont, pour revenir à Clausewitz, le courage et la détermination, qui doivent être compris comme un acte d'intelligence qui prend conscience de la nécessité du risque et détermine le "triomphe de la volonté". Si la guerre change constamment de nature, l'esprit humain doit pouvoir s'y adapter tout aussi rapidement. Le "décideur" schmittien, pour ne pas se retrouver dans une impasse, doit veiller à ce que sa décision soit composée de plusieurs actes, afin que le "précédent" puisse devenir, dans toutes ses manifestations, le paramètre et la mesure de l'action suivante. En d'autres termes, il doit être capable d'apprendre et de comprendre ses erreurs pour évoluer et pouvoir les utiliser contre l'adversaire. A cet égard, la Russie (dont la doctrine militaire ne contient pas de méthode univoque de conduite des opérations militaires), contrairement à son adversaire direct actuel, a développé la capacité de "recoudre" les actions de combat en fonction des besoins spécifiques du moment (capacité déjà démontrée lors du second conflit en Tchétchénie et lors de la confrontation en Géorgie en 2008), en exploitant, outre sa puissance de feu supérieure, l'instinct d'adaptation d'éléments conventionnels et asymétriques; un facteur indispensable, à savoir que les forces russes ne disposent plus de l'avantage numérique - en termes de capital humain utilisable dans le conflit - qu'elles pouvaient avoir à l'époque soviétique. Ce facteur, après presque deux ans de guerre conventionnelle, nuit à la partie ukrainienne, dont le réservoir (où puiser le soutien à l'effort de guerre) est de plus en plus étroit et ne peut être remplacé, même par un recours massif à des forces mercenaires. Dans un avenir proche, cela conduira à une intervention directe de l'OTAN dans le conflit ou, plus probablement, à l'abandon progressif de la "cause ukrainienne", avec pour conséquence la recherche d'une solution négociée.

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Pour revenir au niveau théorique, tout comme l'approche de Haushofer en matière de géopolitique, la valeur de la pensée de Clausewitz (et c'est ce qui rend son œuvre encore pertinente aujourd'hui, malgré l'évolution évidente des méthodes de combat) réside dans la revendication du caractère politique et spirituel de l'activité de la guerre et dans la polémique contre les tentatives de la soumettre aux schémas rationalistes des modèles dérivés de ce que l'on appelle le "siècle des Lumières". Un domaine dans lequel, par ailleurs, un autre théoricien militaire important du 19ème siècle, qui a servi à la fois Napoléon et le tsar et est étudié à West Point, a excellé : le Suisse Antoine-Henri Jomini, qui mettait l'accent sur les caractéristiques "géométriques" (lignes stratégiques, bases, points clés, quadrilatères défensifs) et logistiques du conflit.

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Ainsi, si la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens, idée qui a conduit Engels et Lénine à apprécier grandement l'œuvre de Clausewitz et à faciliter sa diffusion dans les écoles militaires soviétiques, la politique est la sphère d'intelligence de l'État considéré comme une "personne collective politico-spirituelle" (Friedrich Ratzel). Et encore une fois, si la guerre n'est jamais une activité autonome par rapport à la politique, il est clair qu'un Etat apolitique (par exemple l'Italie d'aujourd'hui, où la politique est réduite au minimum, à la simple gestion des affaires intérieures) ne peut pas "faire la guerre", mais simplement s'aligner docilement et/ou participer, toujours "au minimum", à l'effort de guerre d'autrui.

Cet aspect impose également un autre type de raisonnement, qui différencie les approches "occidentales" des conflits des approches plus proprement "orientales". Dans le cas "occidental", en effet, au moins depuis la Première Guerre mondiale (mais on peut en dire autant de la guerre civile américaine), on est confronté à une interprétation du conflit selon une clé essentiellement économique, où les flux d'argent priment sur les flux de sang: l'affrontement militaire, même s'il est présenté selon une clé existentielle et/ou eschatologico-messianique (le "bien" contre le "mal absolu"), doit toujours être évalué en termes d'opportunités, de coûts et de transferts purement matériels. Par exemple, dans le cas du conflit actuel à Gaza, l'exploitation des ressources gazières de la mer adjacente à la Bande ou la transformation de la Bande elle-même en une attraction touristique une fois le "problème palestinien" éliminé. L'approche "orientale", quant à elle, est restée, depuis l'époque de Sun Tzu, une approche presque exclusivement politique: l'action guerrière, si elle est inévitable, doit avant tout produire des avantages et des résultats politiques tangibles.

Aujourd'hui, quel est le principal avantage politique dans le cas spécifique de la Russie? Sans tenir compte du niveau des relations internationales et de l'évolution de leur structure centrée sur les États-Unis, la réponse est assez simple: la défense de la souveraineté et de l'intégrité du territoire national. Les forces armées russes - comme l'indique également le plus important centre d'études stratégiques de l'atlantisme (le Rand Corp) - sont structurées avant tout pour défendre le territoire russe [6]. Même l'attaque, en ce sens, fait toujours partie d'une stratégie défensive plus complexe. C'était le cas à l'époque de Pierre le Grand et de Catherine II, qui considéraient l'expansion des frontières impériales comme nécessaire pour sauvegarder le noyau intérieur de l'État russe; c'était le cas à l'époque soviétique, lorsque Staline a opté pour la formation d'une structure d'États satellites proches des frontières occidentales de l'URSS; c'est le cas aujourd'hui, alors que cette "structure" (et avec elle l'Union soviétique) s'est effondrée à la suite de la fin de la guerre froide, laissant la Russie à découvert et facilement attaquable sur plusieurs fronts. L'affrontement contre Napoléon, auquel Clausewitz participa activement en quittant la Prusse (contrainte par Napoléon de participer à la campagne de Russie) et en rejoignant l'armée du Tsar, fut également purement défensif; Clausewitz participa à la bataille de Borodino, magistralement décrite par Tolstoï dans Guerre et Paix, qui, si elle n'empêcha pas le souverain français d'entrer à Moscou, décima son armée et rendit vain tout espoir d'une victoire complète.

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Bien qu'il ait apprécié les dons militaires et stratégiques de Bonaparte (capable, plus encore que Frédéric le Grand, de transformer la guerre d'une partie d'échecs entre dynasties aristocratiques en une cause populaire exigeant l'engagement actif des masses), Clausewitz a rejeté son message anti-traditionnel sous-jacent, lié à l'idéologie libérale issue de la Révolution française. Cela a conduit Napoléon lui-même à donner naissance au premier texte sioniste de l'histoire européenne, non sans les intérêts géopolitiques spécifiques qui conduiraient plus tard les Britanniques à soutenir la même cause: la "Proclamation à la nation juive" [7]. La Proclamation, qui ne fut jamais publiée en raison de l'échec de la campagne au Levant, disait: "Bonaparte, chef des armées de la République française en Afrique et en Asie, aux héritiers légitimes de la Palestine, les Israélites [...] La Grande Nation [la France], qui ne fait pas commerce d'hommes et de pays [...] ne vous demande pas de conquérir votre héritage. Non, elle vous demande seulement de prendre ce qu'elle a déjà conquis. Et, avec votre appui et votre permission, de rester maîtres de cette terre" [8].

Les valeurs de la Révolution française et les idéaux des Lumières et de la franc-maçonnerie ont également inspiré le colonel russe Pavel Ivanovitch Pestel, l'un des principaux acteurs des révoltes décembristes dont l'objectif politique, outre l'établissement d'un gouvernement républicain en Russie, était la création d'un État juif dans le Levant ottoman [9].

Notes:

[1] Federico il Grande, I principi fondamentali della guerra, Tumminelli Editore, Rome 1940, p. 22.

[2] C. von Clausewitz, Pensieri sulla guerra, Oaks Editore, Milano 2022, p. 8.

[3] Ibidem, p. 23.

[4] Ibidem, p. 59.

[5] K. Haushofer, Che cos'è la geopolitica, "Eurasia. Rivista di studi geopolitici". Vol. LI, n. 3/2018.

[6] Voir S. Boston - D. Massicot, The Russian way of warfare, www.rand.org.

[7] S. Azzali, Theodor Herzl e il Sultano, "Eurasia. Rivista di studi geopolitici", Vol. LXXIII, n. 1/2024.

[8] J. Attali, Le juifs, le monde et l'argent, Fayard, Parigi 2002, p. 333.

[9] Theodor Herzl e il Sultano, ivi cit.

17:57 Publié dans Histoire, Polémologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : clausewitz, polémologie, russie, prusse, histoire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 21 juillet 2023

Image incarnée du 20ème siècle: l'écrivain allemand Ernst von Salomon

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Le Prussien mort

Image incarnée du 20ème siècle: l'écrivain allemand Ernst von Salomon

par Markus Klein

Trouvé sur : http://www.geocities.com/wbuecher/dertotepreusse.htm

"Trop humain pour Hitler" - c'est ainsi que Carl Zuckmayer caractérisait Ernst von Salomon dans son dossier sur les artistes et intellectuels allemands en exil pour les services secrets américains en 1943/44. "Trop humain" n'est certainement pas le terme approprié, mais comment Zuckmayer aurait-il pu illustrer autrement le nominalisme de Salomon aux universalistes américains ?

Selon la définition d'Armin Mohler, les universalistes et les nominalistes sont des types humains antagonistes. L'universaliste croit qu'il existe un ordre spirituel à la base de la réalité. Il peut non seulement le percevoir, mais aussi le définir et le formuler. Il peut donc également faire coïncider ses actions avec cet ordre universel, et donc les légitimer du point de vue de la philosophie de l'ordre et de l'histoire du salut. Le nominaliste, en revanche, se caractérise par le fait que pour lui, les concepts généraux n'ont été conférés au réel qu'après coup par l'homme. De plus, il ne considère pas le combat comme toujours évitable, ne le craint pas et n'hésite pas à détruire son adversaire - qu'il peut tout à fait apprécier - dans le cas décisif. Mais en aucun cas (contrairement à l'universaliste) il ne détruirait un adversaire simplement parce qu'il croit en un ordre spirituel différent.

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La guerre contre le "mal" dans le monde montre aujourd'hui plus clairement que jamais à quel point les Américains sont des universalistes. Mais ceux qui le souhaitaient pouvaient déjà s'en rendre compte après la Seconde Guerre mondiale. Ernst von Salomon était l'un de ceux qui le voyaient déjà à l'époque: "J'écris maintenant parce que je veux passer le temps jusqu'à ce qu'il soit à nouveau possible de faire des films décents, et parce que j'ai quelque chose contre les Américains, et cela doit sortir, sinon j'éclate".

La patrie ne signifiait rien pour lui, l'identité tout

Ce qui en est ressorti, c'est Le questionnaire de 1951, et c'était un fanal. Ernst von Salomon y écrivit l'histoire des cinquante premières années du 20ème siècle, le "comment ça s'est passé", un "tapis noué de fils de toutes sortes", au sens de Theodor Lessing. Avec un cynisme amer, il a mené par l'absurde, par son exhaustivité, le questionnaire de dénazification des Américains, tout en engageant la lutte pour la nation après la deuxième défaite allemande de ce siècle, lutte qu'il avait déjà entamée avec tant de véhémence après la première.

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A cette époque, Ernst von Salomon s'était déjà fait remarquer, d'abord par des actes dans les rangs des "fantaisistes de l'action", comme les a appelés Herbert Cysarz, et depuis 1930 par une trilogie de l'après-guerre allemande. Rien d'autre ne l'avait déjà poussé à écrire ici que ce qui l'avait contraint au "questionnaire" : la recherche de sa propre identité et de celle des Allemands, qui ne pouvait être trouvée qu'à travers le récit - pour l'opposer ensuite aux prétentions universalistes des puissances victorieuses.

Même ceux qui, à l'époque du "nouveau nationalisme", avaient réussi à éviter ses coups d'éclat littéraires, personne ne pouvait éviter le "questionnaire". En tant que monument de la revendication allemande souveraine, il s'opposait à toute écriture de l'histoire basée sur l'idéologie et la philosophie de l'histoire. Il démasquait les légitimations fondées sur l'histoire du salut et l'historiographie globale et causale qui en découlait et qui était fonctionnalisée par un changement de terminologie. Ernst von Salomon a ainsi revendiqué avec succès jusqu'à la fin de sa vie le droit de donner une voix aux "Allemands" et de revendiquer ainsi une existence propre: "Aujourd'hui, je suis un représentant de la cinquième zone, la zone allemande, des Allemands qui vivent dans la dispersion comme les Juifs. Vous voulez en savoir plus? La partie - ne nous trompons pas - bien plus importante des Allemands qui est aujourd'hui muette, dans l'expectative, méfiante, attaquée sans pouvoir se défendre, là où elle avait vraiment des responsabilités, ne peut pas être simplement considérée comme inexistante. J'ai la chance de ne pas en faire partie, et d'être entendu par eux".

Les-reprouves.jpgIl y a maintenant cent ans, Ernst von Salomon naissait le 25 septembre 1902 à Kiel, alors en Prusse. Ce qui l'a marqué, c'est l'attitude prussienne, la rigueur envers soi-même, les vertus prussiennes, sans oublier le "socialisme prussien". Toute sa vie a tourné autour de cet esprit d'État de la Prusse ; c'était son père nourricier, son mythe, son but, et surtout son substitut à l'identité allemande détruite. La patrie ne signifiait rien pour lui, l'identité tout. Outre le foyer familial, c'est surtout son éducation dans le corps préparatoire des cadets royaux prussiens qui y a contribué. C'est là que les cadets ont appris les vertus de l'État, jusqu'à ce qu'ils soient jetés dans la guerre civile qui faisait rage fin 1918 par un décret des dirigeants alliés en Allemagne.

Aux côtés des sociaux-démocrates dans l'un des corps francs qu'ils avaient créés, il pensait protéger l'État contre les tentatives internationalistes sous leur mot d'ordre de "lutte contre le bolchevisme". Les tendances tout aussi dissolvantes de l'Etat libéral des partis n'ont tout d'abord pas été remarquées par les combattants des corps francs, et c'est ainsi qu'ils se sont laissés utiliser pour la première fois au cours de ce siècle à des fins qui n'étaient pas les leurs, et qui étaient carrément contraires à leur pensée étatique. Ils ont réprimé des insurrections communistes pour le compte du gouvernement autoproclamé, ont mené des actions de police et sont devenus, sans le savoir, les partisans d'un parti de guerre civile idéologiquement déterminé dans la lutte pour le pouvoir en Allemagne. Mais c'est à Weimar, dans le cadre de la protection de l'Assemblée nationale, que von Salomon se rendit compte pour la première fois qu'il n'était pas à sa place.

Storia_dei_Freikorps.jpgIl déserta et se rendit dans les pays baltes, où les troupes allemandes progressaient pour la première fois depuis la guerre. Il pensait trouver l'Allemagne sur le front, mais ce front n'était pas allemand: les troupes allemandes se battaient contre les bolcheviks pour le compte des Anglais afin d'assurer le statu quo d'après-guerre. Ils ne l'ont compris que lorsque les Anglais sont tombés dans leur piège et que le gouvernement allemand les a abandonnés et ostracisés. C'est alors que leur idéalisme s'est exacerbé jusqu'à l'excès. La reconnaissance de la paix de Versailles les a libérés intérieurement. Ils se crurent les derniers Allemands, devinrent irréguliers, se battirent et tuèrent sans idée et sans but, jusqu'à ce qu'ils soient obligés de se retirer dans le Reich, vaincus et amers, au tournant des années 1919 et 1920. Mais là, l'ingratitude, la méfiance, la haine idéologique et la dissolution les attendaient. C'est ainsi qu'ils se mirent à la disposition de Kapp, qui tenta un coup d'État sans préparation et totalement insuffisant. Lorsque, suite à l'échec inévitable de ce putsch, les syndicats tentèrent à nouveau de prendre le pouvoir en Allemagne sous le slogan communiste et internationaliste, le lieutenant von Salomon se laissa à nouveau abuser comme volontaire temporaire dans les rangs de la Reichswehr qui "nettoyait" la Ruhr.

Il pensait trouver l'Allemagne sur le front

Il a ensuite été poussé vers l'"Organisation Consul", qui n'a jamais existé dans le cadre qu'on lui avait attribué, croyant à tort que cette organisation secrète de résistance et de terreur contre l'occupant français et les collaborateurs allemands sapait la République. Interrompus seulement par les combats de l'été 1921 pour la Haute-Silésie, où les Français tentaient d'affaiblir l'Allemagne par l'Est en soutenant la Pologne du Congrès, ces résistants devinrent de plus en plus autonomes et échappèrent à la Reichswehr. Déçus et désabusés par l'insuffisance de l'État libéral, ils s'enferment dans l'idée de déstabiliser la République par des assassinats politiques et de jeter les bases d'une "révolution nationale".

oriasswr.jpgLeurs actions ont culminé le 24 juin 1922 avec l'assassinat de Walther Rathenau. Ils avaient cru reconnaître dans le juif Rathenau, qui se trouvait en fait "dès le départ du côté de ses adversaires" (Harry Graf Kessler), et ils étaient soutenus en cela par des politiciens de parti sans scrupules et pour la plupart germanophiles, le seul représentant doué du libéralisme qui pourrait apporter la stabilité à la République et en abuser au détriment des Allemands et au profit de l'impérialisme économique international. Mais en fait, ils ne faisaient que se convaincre de quelque chose : "C'était la démocratie, c'était la justification politique que nous cherchions. Nous en cherchions une - il y avait, par exemple, une politique d'accomplissement. Pour nous, la guerre n'était pas finie, pour nous, la révolution n'était pas terminée".

Au moment où Ernst von Salomon a compris qu'il ne s'agissait pas seulement d'une erreur fatale et criminelle, mais qu'en tuant, il avait également enfreint sa propre loi, le prussianisme, il était trop tard. Condamné à la prison et à la perte de l'honneur pour complicité, la cellule avait néanmoins été fructueuse pour lui. C'est là qu'il s'était détaché des illusions völkisch et idéologiques, qu'il avait commencé à se trouver lui-même. Libéré à Noël 1927 à la suite d'une amnistie, il s'est retrouvé immédiatement à Berlin dans les cercles du "Nouveau nationalisme" et, par l'intermédiaire de son frère Bruno, dans le mouvement révolutionnaire et romantique du Schleswig-Holstein, auquel Hans Fallada a rendu hommage dans son roman Bauern, Bonzen und Bomben.

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Emprisonné à Moabit de septembre à décembre 1929 pour cette raison, Ernst von Salomon écrivit son premier livre: Die Geächtete (Les réprouvés), sous l'insistance d'Ernst Rowohlt, qui sentait en Salomon le futur auteur à succès. Cette autobiographie, "qui est en même temps quelque chose comme une auto-biographie de toute l'époque" (Paul Fechter), méritait d'être lue, comme l'écrivit Ernst Jünger dans un compte-rendu, ne serait-ce que "parce qu'elle saisissait le destin de la couche la plus précieuse de cette jeunesse qui grandissait en Allemagne pendant la guerre".

La-Ville.jpgLa deuxième partie de cette trilogie d'après-guerre, La Ville, presque illisible et pourtant d'un intérêt explosif, a été écrite en 1932 : "La Ville était une tentative, un inventaire, un exercice de type littéraire, dans lequel je me suis intéressé à certains problèmes d'écriture très particuliers. La matière est certes intéressante, mais sans engagement pour moi ; elle ne m'a servi qu'à aiguiser toutes les questions". Et la troisième partie, la conclusion de son "Nouveau nationalisme", qui devait être en même temps sa plus belle œuvre littéraire, Les Cadets, avait été écrite dans l'atmosphère si différente de Vienne. C'est là qu'au cours de l'hiver 1932-1933, invité par Othmar Spann, von Salomon découvrit l'austro-universalisme de ce dernier, et n'en devint que plus conscient de ses origines prussiennes et de son propre nominalisme: "Tous les grands mouvements du monde, le christianisme comme l'humanisme, comme le marxisme, sont atteints d'une sorte de maladie, une maladie divine, la peste sublime de la prétention à la totalité. C'est ce qui rend les choses si simples pour celui qui veut se confesser et si difficiles pour celui qui les regarde. Moi, je ne suis pas un confesseur, je suis un observateur passionné. C'est ainsi que je ne suis pas devenu national-socialiste, et c'est ainsi que j'ai dû me séparer d'Othmar Spann".

Von Salomon représente les troubles de son époque

IMG_2728.jpgDe retour à Berlin, où le NSDAP s'efforçait de trouver un terrain d'entente entre lui-même et les corps francs, la préoccupation première de von Salomon était à nouveau de contrer les falsifications dans l'historiographie de l'après-guerre. C'est ainsi que ses deux livres Nahe Geschichte (Histoire proche) et le monumental Buch vom deutschen Freikorpskämpfer (Livre du combattant allemand des Corps Francs) ont vu le jour en tant que correctifs de la déformation de l'histoire nationale-socialiste. Cependant, lorsque de sérieuses difficultés surgirent avec le NSDAP, il se retira de tous les cercles compromettants, y compris du cercle de Harro Schulze-Boysen, par égard pour sa compagne juive qu'il fit passer pour son épouse pendant le Troisième Reich, et "émigra" à la UFA en tant que scénariste.

Le national-socialisme était pour lui - et Hitler en tête - "le plus grand falsificateur de l'histoire allemande". Le dilemme de Salomon et des Allemands était que la guerre était aussi une lutte pour l'existence de l'Allemagne et qu'elle n'avait pas seulement des caractéristiques idéologiques raciales. Ils devaient donc inévitablement rejoindre la phalange de la communauté de destin allemande falsifiée par le national-socialisme. Ce n'est qu'en 1944 que cette alliance devait définitivement éclater.

Mais le fait que les vainqueurs de la guerre mondiale n'aient que trop volontiers repris cette falsification de la nation allemande et de sa revendication d'existence, et qu'ils aient ainsi cherché à détruire l'identité allemande, devait immédiatement pousser Ernst von Salomon, après son "arrestation automatique" de mai 1945 à septembre 1946, à lutter pour la conscience du sujet allemand. Déjà en captivité aux États-Unis, il s'était rendu compte que les mesures prises par les forces d'occupation et leurs hommes de main allemands "n'étaient pas dirigées contre un accusé, mais contre un peuple à qui l'on voulait prouver qu'il n'était pas capable de produire des hommes décents et que le servir était en tout cas indécent". Mais ce système, il le ressentait comme ayant "une ressemblance fatale avec celui que ces gens sont venus combattre dans ce pays dans l'uniforme vestimentaire des vainqueurs". En effet, les vainqueurs dépassaient plus que jamais les limites morales qu'ils imposaient aux Allemands. La réaction de Salomon était claire : "... personne ne peut être blâmé de se garder de s'associer à une puissance si grande qu'elle peut supporter de faire exploser les bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki au son du chœur 'En avant, Soldats Chrétiens!' sans éclater elle-même".

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A partir de juin 1947, Ernst von Salomon mûrit le projet d'écrire son histoire et celle des Allemands au 20ème siècle et de la présenter aux Allemands en tant que lecteurs comme dans un miroir. Au-delà du "questionnaire", il s'est efforcé de surmonter les fronts idéologiques de la guerre civile mondiale qui divisaient si directement les Allemands. Son engagement, notamment dans les rangs du mouvement pacifiste naissant, qui n'était pas encore clairement orienté vers la politique sociale, au sein du Demokratischer Kulturbund Deutschland et pour la Deutsche Friedens-Union, lui valut cependant des jugements et des condamnations qui débordaient d'incompréhension. De "national-bolchevisme" à "German enemy of Germany" en passant par "incorrigibilité", l'éventail des jugements s'étendait, et l'un ou l'autre parti le prenait toujours à partie, se réclamant de lui comme témoin et compagnon de lutte, tandis que l'autre le condamnait.

Seule son identité réelle en tant qu'Allemand non idéologiquement déterminé ne voulait ou ne devait pas parvenir à la conscience. L'"objectivation" des Allemands par une rééducation à long terme couvrant tous les domaines avait été trop large, la disposition des individus vaincus et individualisés à changer d'identité trop grande pour suivre Ernst von Salomon. Son succès, y compris celui du "questionnaire", est resté littéraire.

Tolérance absolue envers toute idée politique

Sa tentative d'expliquer et de rendre plausible l'idée d'État de la Prusse dans son œuvre posthume Der tote Preuße (Le Prussien mort) fut un échec en raison du fait que le torse n'était achevé qu'à un tiers. On lui reprocha également d'avoir dû gagner sa vie et celle de sa famille, fondée en 1948, en tant qu'écrivain et scénariste. Mais avec le vieillissement de la République fédérale, les publications liées à ses efforts d'affirmation de l'Allemagne ne lui rapportaient plus d'argent. Plus la génération née au tournant du siècle s'éloignait de la scène, plus le besoin et la compréhension de tels efforts diminuaient. Au plus tard en 1968, Ernst von Salomon était devenu un fossile vivant et incompris, même pour ses propres descendants. Il est mort le 9 août 1972 à Stöckte (Winsen/Luhe).

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Ernst von Salomon est l'incarnation du 20ème siècle, il est le représentant d'une période de l'histoire allemande qui, avec un peu plus de recul, pourrait un jour être à nouveau appelée "le romantisme allemand". Passionnément impliqué dans les multiples aventures de son temps, il représente les bouleversements et les ruptures souvent fatales auxquels les Allemands ont été confrontés au cours de "son" siècle. Sa vie représente subjectivement et objectivement une continuité par procuration, celle des Allemands à cette même époque, si encombrée d'idéologies. Il permet de retracer l'histoire et l'échec inévitable, en raison de la falsification permanente, des Allemands de cette époque, qui n'étaient pas idéologiques au sens propre du terme - au nom de leur identité.

L'idéalisme de Salomon, qui remonte à Schiller, et son engagement pour une tolérance absolue contre toute idée/idéologie politique le rendent encore intéressant aujourd'hui. Après l'effondrement des identités idéologiques d'après-guerre qui ont si longtemps séparé les Allemands à travers tous les camps, une redécouverte de Salomon en Allemagne est plus que jamais bienvenue. Peut-être les Allemands pourraient-ils enfin trouver à travers lui une approche non idéologique de leur histoire et donc d'eux-mêmes.

 

dimanche, 16 juillet 2023

Berlin rencontre l'Extrême-Orient - Rencontre entre le prussianisme, les Lumières berlinoises et la tradition chinoise

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Berlin rencontre l'Extrême-Orient - Rencontre entre le prussianisme, les Lumières berlinoises et la tradition chinoise

Michael Kumpmann

Source: https://www.geopolitika.ru/de/article/berlin-trifft-auf-fernost-begegnung-von-preussentum-berliner-aufklaerung-und-chinesischer

Les Lumières sont généralement considérées, à juste titre, comme un mouvement anti-traditionnel dans lequel, comme l'a bien décrit Soljenitsyne, l'homme a fini par "oublier Dieu" et s'est substitué à lui et l'a remplacé par sa technique [1]. Cette révolte "faustienne"/"satanique" contre Dieu a ensuite fait émerger les enfers totalitaires du 20ème siècle et la victoire de plus en plus forte de la conscience technique inhumaine (Gestell) sur l'âme humaine. La barbarie et la terreur anti-ecclésiastiques de la Révolution française n'étaient pas un accident regrettable mais ont traversé, par d'autres moyens, toute l'histoire de l'époque moderne.

Cependant, Douguine a bien décrit le fait que les tendances anti-modernes étaient minoritaires dans chacune des trois théories politiques de la modernité ("Voir Evola dans la Révolution conservatrice et Wirth dans la Troisième théorie politique"). Il est étonnant de constater qu'elles existaient aussi de manière isolée dans les Lumières elles-mêmes. Isaac Newton était un hermétiste dans la tradition de John Dee, qui recherchait les connaissances disparues des anciennes cultures et considérait que l'humanité occidentale était en déclin culturel. Pour lui, le siècle des Lumières avait précisément une mission spirituelle visant à stopper ce déclin intellectuel. La campagne de conquête de Napoléon était aussi en partie un mouvement de restauration de la monarchie et une tentative de création d'un grand empire monarchiste "eurasien" qui réunirait la France, l'Allemagne et la Russie, et lutterait contre les Anglo-Saxons [2]. L'idéalisme allemand, avec sa théorie du Weltgeist [3], réunissait des éléments traditionnels et modernes [4]. Lessing montrait également des éléments traditionnels dans ses œuvres [5].

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Statues chinoises à Sanssouci, construites à la demande de Frédéric II [6].

Un autre élément frappant est qu'il y a eu un fort engouement pour la Chine au début du siècle des Lumières allemand autour de Frédéric II, ce qui a conduit des philosophes comme Leibniz et Voltaire [7], ainsi que le roi Frédéric, à déclarer que la Chine antique était le modèle d'un "absolutisme éclairé". La Chine n'est en aucun cas antireligieuse, antitraditionnelle ou antispirituelle. Ce n'est pas pour rien qu'il existe un certain enthousiasme pour la Chine chez les théosophes. Le théosophe américain Edgar Cayce (photo, ci-dessous) a même prédit que la Chine s'élèverait, vaincrait les États-Unis (qu'il considérait comme le dernier vestige de l'Atlantide) et conduirait à une renaissance spirituelle/religieuse de l'humanité.

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Mais d'où vient cet enthousiasme éclairé pour la Chine ? Une cause importante est à rechercher dans la dichotomie entre Athènes et Jérusalem décrite par Leo Strauss. Alors que Jérusalem représente ici la religion populaire, qui est une chronique du peuple et de son histoire avec son dieu, le pôle d'Athènes est plutôt la variante d'une religion qui a été fondée et enseignée par un sage, qui est gourou/philosophe. Pythagore, Platon, Hermès Trismégiste et autres ne sont pas des prophètes envoyés par Dieu avec une vision, mais des hommes qui ont acquis des connaissances religieuses (par leur propre logique, par l'enseignement ou par d'autres moyens) et les ont transmises à leurs élèves. Le Christ a alors réuni dans sa position les pôles de la religion populaire (Jérusalem) et de la religion savante (Athènes).

Cependant, l'Église catholique a en partie réprimé et persécuté cette "théologie naturelle" et les vestiges du "pôle athénien" comme l'hermétisme, le gnosticisme ou des personnes comme Hypatie d'Alexandrie [8]. D'autre part, l'Église a intégré ces restes du pôle "Athènes" dans ses systèmes. L'exemple le plus connu est celui de Thomas d'Aquin et de la plupart des néoplatoniciens.

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Les pionniers des liens culturels entre l'Europe et la Chine, tous trois décédés et enterrés à Pékin: L'italien Matteo Ricci (1552-1610), qui fit connaître Confucius en Europe et démontra l'excellence de ce système politico-philosophique chinois; l'Allemand Johann Adam Schall von Bell (1592-1666), qui fut directeur du "Tribunal des Mathématiques", instance d'importance capitale dans le Céleste Empire et son successeur le Flamand Ferdinand Verbist (1623-1688).

Le résultat est que l'Église a créé une domination du pôle "Jérusalem" au détriment du pôle "Athènes". Des rapports de missionnaires jésuites ont donné à des philosophes européens comme Leibniz l'idée qu'une alliance avec la Chine pourrait corriger cette anomalie et la dépravation morale de la noblesse et du clergé au 18ème siècle [9] (Leibniz a écrit que pour sauver l'Europe, il devrait y avoir un échange missionnaire dans les deux sens. Les Européens devraient expliquer leur tradition aux Chinois et les Chinois devraient expliquer la leur aux Européens. A l'époque, les Lumières sous cette forme "berlinoise" n'étaient donc pas une idéologie définissant l'"Occident" comme une culture supérieure qui devrait civiliser le reste de l'humanité. Au lieu de cela, on considérait que l'Occident devait également apprendre de l'Asie) [10] [11].

On considérait en effet la Chine comme un parallèle au pôle athénien. Le taoïsme, le bouddhisme et le confucianisme étaient en effet plus comparables aux écoles des philosophes athéniens qu'aux religions monothéistes classiques et à leur "prétention à l'exclusivité". Non seulement parce que ces dernières ont été fondées par des philosophes, mais aussi parce qu'elles ont appris les unes des autres.

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Le I Ching (Yi Jing), par exemple, était une théorie confucianiste qui, parce qu'elle suppose que tous les signes peuvent être ramenés à deux symboles de base, a été adoptée par les taoïstes [12]. Le bouddhisme zen, quant à lui, a repris des idées des taoïstes.

Leibniz a d'abord utilisé le I Ching pour prouver l'existence de Dieu et a décrit que tous les nombres (et toute information) peuvent être déduits de zéro et de un. Leibniz a supposé que le zéro correspondrait au chaos de l'horloge du Tohuwabohu, et que le un correspondrait à Dieu. Par conséquent, tout ce qui peut être décrit mathématiquement le serait, contiendrait à la fois des traces du tohu-bohu et de Dieu et de son acte de création [13].

En outre, il y avait une raison plus spécifique à l'engouement pour la Chine: la Chine confucéenne a une culture de fonctionnaires qui étaient très respectés et qui pouvaient conseiller les empereurs. Pour devenir fonctionnaire, l'individu devait d'abord passer un grand examen de keju, où il était testé sur son intelligence et ses connaissances culturelles/traditionnelles. Comme ce poste de fonctionnaire était extrêmement prestigieux, un mouvement culturel s'est développé, grâce auquel les familles ont accordé une attention particulière à l'éducation et ont fait de gros efforts et dépenses pour donner à leurs enfants la meilleure éducation possible [14]. En même temps, l'empereur lui-même devait être un exemple fervent des vertus confucéennes (dont l'éducation est l'une des plus importantes) [15].

Leibniz, Voltaire [16] et d'autres "philosophes des Lumières berlinoises" voyaient dans cette culture la meilleure application pratique de l'État philosophe platonicien qui existait à leur époque. Les dirigeants européens comme Frédéric le Grand devaient essayer d'imiter ce modèle (C'est pourquoi le roi de Prusse rassemblait également des cercles d'intellectuels européens autour de sa cour).

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Wilhelm Leibniz (1646 - 1716)

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Voltaire (1694 - 1778)

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Christian Wolff (1679 - 1754)

Les philosophes des Lumières prussiens tels que Johann Heinrich Gottlob Justi et Christian Wolff [17] considéraient que l'idéal de l'éducation était plus proche de la réalité dans une monarchie traditionnelle avec une équipe de conseillers cultivés que dans une "démocratie libérale" où même le plus stupide peut participer aux décisions et où la voix de "l'idiot du village" a autant de poids que celle d'un professeur diplômé [18].

Leibniz et consorts n'étaient pas non plus anti-religieux, mais rêvaient plutôt d'une alliance entre le christianisme et l'enseignement confucéen. Voltaire était extrêmement anticlérical, mais même lui était contre l'athéisme.

Confucius et l'État fonctionnaire qu'il a inspiré ont également fourni la base de la théorie économique prussienne du caméralisme. Il convient de noter que le fondateur contemporain de l'école "néotraditionnelle" des libéraux, le NR/X, Mencius Moldbug, appelle sa théorie économique le "néocaméralisme". Ce n'est pas un hasard s'il a choisi le nom de plume de Mencius et si ce dernier a été le plus grand successeur de Confucius. Moldbug connaît donc parfaitement le lien entre le prussianisme et le confucianisme [19].

Alors qu'en France en particulier, les Lumières et la Révolution ont tenté de renverser la tradition, la Prusse a adopté une approche nettement plus intégrative et a conservé davantage d'éléments pré-modernes.

Aujourd'hui, la situation qui prévalait alors en Prusse s'est presque inversée. Aujourd'hui, ce sont les Japonais (l'école de Kyoto, dont les fondateurs ont étudié sous la direction de Heidegger à Fribourg) et les Chinois qui chérissent l'héritage intellectuel allemand autour de philosophes comme Heidegger, Carl Schmitt ou Leo Strauss, tandis que chez nous, les dirigeants woke considèrent notre héritage intellectuel européen comme politiquement incorrect et veulent donc l'éliminer [20].

En général, il est également frappant de constater que le PC chinois est composé d'un nombre étonnamment élevé de scientifiques et de personnes instruites, alors que chez nous, dans "l'Occident éclairé et démocratique", on trouve un nombre étonnamment élevé de ratés en matière d'éducation, en particulier chez les Verts. Il est donc possible que, ironiquement, la Chine, en revenant au confucianisme et à la tradition, ait mieux réalisé les idéaux politiques des Lumières que l'Occident démocratique et éclairé d'aujourd'hui, car chez nous, les Lumières tant vantées ont ironiquement conduit au triomphe des incultes.

Mais il faut bien sûr aussi dire que l'idée de "l'État fonctionnaire éclairé" constitue bien sûr aussi un germe de la technocratie comme objectif final et effrayant de la modernité. C'est pourquoi ce "confucianisme occidental" doit être considéré de manière ambiguë et, pour reprendre les termes d'Adorno, "dialectique". Il a été en grande partie une résurgence de la tradition platonicienne en Occident. Mais il a également jeté les bases de la "dictature des experts" de l'"UE-RSS", du régime médical inhumain de l'ère coronaviresque ("Ne réfléchissez pas par vous-même, faites confiance à la science !"), du Cybersyn chilien (un projet dans lequel l'économie nationale devait être contrôlée par un ordinateur central) et d'autres. Et même si la Chine a connu un renouveau confucianiste, elle est jusqu'à présent l'exemple de la première technocratie fonctionnelle au monde [21].

La science n'est jamais objective, comme on l'a vu ces dernières années, mais elle est elle-même soumise à des intérêts de pouvoir.

Il est possible que la religion puisse renverser cette dialectique. Il est possible que la religion soit précisément ce qui empêche un "règne des sages" de dériver vers une gestion scientifiquement planifiée de la "vie nue", et rappelle au sage qu'il y a plus dans la vie que des chiffres, des dates et la simple survie, mais que l'homme possède une dignité inhérente.

Notes:

[1] Robespierre a voulu se couronner lui-même dieu lors d'une cérémonie peu avant sa chute. Au 20ème siècle, les dirigeants de l'entreprise chimique IG Farben se seraient autoproclamés "Conseil des dieux", car ils pensaient avoir acquis un pouvoir "égal à celui d'un dieu" grâce à la science. Ce sont deux exemples de la façon dont l'esprit scientifique éclairé peut développer un élément "luciférien".

[2] D'une certaine manière, nous, Eurasistes, achevons ainsi le "travail" de Napoléon, qui avait lui-même repris la mission de Gengis Khan.

[3] Qui voyait Napoléon en partie comme l'incarnation de ce même esprit du monde (Nietzsche, qui a formé avec Schopenhauer l'autre grand courant "post-kantien" de la philosophie allemande et qui a fourni des bases non seulement à l'existentialisme, mais aussi au traditionalisme, voyait lui aussi Napoléon comme l'incarnation du surhomme).

[4] Voir à ce sujet ces deux articles de Douguine :

https://www.geopolitika.ru/en/article/hegel-and-platonic-jump-down

et https://www.geopolitika.ru/de/node/63972

9782713800450_1_75.jpg[5] Julius Evola a décrit dans "Le Mystère du Graal" qu'il existait une histoire parmi les croisés et les musulmans selon laquelle les deux groupes étaient à la recherche d'un anneau magique perdu. Et que cet anneau était en fait une métaphore du Saint Graal. Lessing, quant à lui, a écrit dans son livre "Nathan le sage" ce qu'il appelle la parabole de l'anneau, où le sultan musulman Saladin et le croisé Richard Cœur de Lion se disputent la possession d'un anneau magique. Les parallèles sont ici très frappants.

[6] Image de Deniz Yildiz. Publié sous licence Creative Commons Attribution Share Alike 4.0

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Potsdam_Chinesisches_Teehaus_San...

[7] Voltaire doit cependant être critiqué pour avoir présenté le confucianisme de manière extrêmement erronée, faisant souvent comme s'il n'y avait pas d'éléments surnaturels ou de "vie après la mort". Ce n'est pas vrai. Certains rites confucéens, comme le fait de préparer de la nourriture en offrande pour les ancêtres décédés, n'auraient aucun sens si Voltaire avait raison.

[8] En ce qui concerne cette personne, il est intéressant de noter que Voltaire n'était pas le seul à la mettre en avant, Daria Douguina l'a également fait plus tard.

DzXT3MsWkAE9H2m.jpg[9] Au 20ème siècle, le baron Roman von Ungern Sternberg pensait également que la dépravation du clergé et de la noblesse européens (qui aurait contribué à la montée des communistes) pourrait être corrigée par une influence de la Chine et du Tibet.

[10] Une question intéressante serait de savoir si la Prusse a anticipé l'"approche asiatique" allemande, qui a été promue plus tard par le géostratège Karl Haushofer, entre autres (Qui a joué un rôle important dans l'alliance de l'Allemagne avec le Japon, par exemple). L'un de ses principaux domaines de recherche, outre la géopolitique, était la culture japonaise. Par ailleurs, selon des auteurs comme Jacques Bergier, Karl Haushofer était également en contact avec des bouddhistes tibétains.

Un autre parallèle est que les théories de Haushofer ont été en partie responsables du premier rapprochement existant entre le Troisième Reich et l'URSS (Pacte Molotov-Ribbentrop) et qu'il y avait également à l'époque un rapprochement diplomatique entre la Prusse et l'impératrice russe Catherine II.

[11] En ce qui concerne la Prusse et l'"Occident", il convient de noter qu'au début du 20ème siècle, Halford Mackinder considérait explicitement non seulement la Russie, mais aussi l'Empire wilhelminien marqué par la Prusse, comme un pôle opposé à la "communauté de valeurs occidentale". Ce n'est qu'après 1945 que les Allemands se sont considérés comme faisant partie de l'"Occident".

宋著作郎邵雍.jpg[12] Le philosophe Shao Yong a décrit que les deux symboles de base du I Ching (qui sont également une base de l'écriture chinoise) étaient également identiques aux nombres 1 et 0. Leibniz a repris cette théorie et a développé le système binaire à partir de là. Le système binaire a ensuite été combiné par George Boole avec la logique d'Aristote, de sorte que les énoncés logiques puissent être représentés en binaire. Ceci a servi de base à la théorie de l'information de Claude Elwood Shannon, qui présente le bit (une valeur de zéro ou de un) comme la base de toute information. Toute information est une déclaration selon laquelle, parmi plusieurs possibilités qui pourraient être vraies, l'une est correcte et toutes les autres sont fausses. Par conséquent, le bit (soit le un est faux et le zéro est vrai, soit l'inverse) est la base à partir de laquelle toutes les autres informations peuvent être décomposées.

C'est pourquoi la compréhension occidentale actuelle de ce que signifie la connaissance et l'information est basée sur des idées confucéennes anciennes.

[13] Là encore, Leibniz a probablement fait une erreur. En électronique, un système binaire (vecteur de bits ou de bits dans le langage de conception de puces informatiques VHDL) n'est en réalité pas un système à deux états, mais il existe un troisième état. Le premier état est 0, ce qui signifie que la ligne a moins de 5 volts. Un signifie que la ligne a plus de 5 volts. Il existe également un troisième état, qui signifie "erreur", ou plus spécifiquement qu'il n'est pas possible de déterminer si c'est zéro ou un. Il est probable que ce troisième état d'erreur soit plutôt le tohu-bohu.

Ironiquement, la loi de Moore (le nombre maximal de transistors d'un processeur double tous les deux ans) atteint maintenant sa limite, car les effets électromagnétiques des lignes plus proches rendent cet état d'erreur plus fréquent, ou un zéro peut se transformer spontanément en un et vice-versa.  Ce problème de chevauchement ou d'éclatement des états binaires dans les ordinateurs rappelle philosophiquement le concept du postmodernisme et sa résolution des "oppositions binaires". La dissolution du logos occidental dans le chaos, décrite par Douguine dans "la métaphysique du chaos", se produit donc déjà concrètement dans la technologie numérique.

images.jpg[14] Cela a conduit au cliché de la mère asiatique surmenée qui met la pression sur ses enfants pour qu'ils apprennent le plus possible. En Occident, ce cliché est surtout connu par Amy Chua et son concept de mère tigre, ainsi que par le personnage de Chichi dans le dessin animé Dragon Ball

(L'un des problèmes d'une telle éducation est bien sûr le risque de négliger des compétences concrètes, vitales et pratiques au profit de l'apprentissage de faits abstraits).

[15] En raison de cette philosophie, les rois prussiens se qualifiaient de "premiers serviteurs de l'État", ce qui impliquait également qu'ils devaient devenir en quelque sorte une incarnation de l'État, derrière laquelle leur personnalité humaine devait s'effacer. Dans Horizon of the Ideal Empire, Douguine décrit cela comme une caractéristique du "roi philosophe idéal" en référence à Platon :

http://www.4pt.su/en/content/horizon-ideal-empire

(Dans sa description, Douguine ne fait pas seulement référence aux idées platoniciennes, mais aussi et surtout à l'idée taoïste d'agir sans agir. Ergo : le souverain construit un ordre social qui fonctionne si bien qu'il n'y a pratiquement plus besoin d'interventions correctives de sa part. C'est l'opposé total du principe de gouvernance des démocraties libérales qui se résume à la réforme perpétuelle de ce qui a déjà été réformé plusieurs fois).

[16] Alors que Voltaire était plutôt anti-religieux, Catherine II en Russie avait remarquablement souvent impliqué l'Église orthodoxe dans ces "tâches de fonctionnaires éclairés".

C'est d'ailleurs plus logique, car un État fonctionnaire laïc risque de dégénérer en technocratie et en incarnation du Gestell. Le meilleur exemple à cet égard est l'UE et sa frénésie réglementaire excessive, qui veut même décider à quel point la courbe des concombres doit être courbée. Ou encore la faction des sociologues du genre qui veut planifier scientifiquement comment rééduquer les gens et les manipuler subtilement dans une certaine direction par le biais des médias.

[17] La philosophie de Wolff est devenue populaire auprès des catholiques, alors qu'elle était détestée par les protestants. Cela pourrait également être intéressant en ce qui concerne la manière dont le protestantisme et le catholicisme ont eu un impact différent sur le thème de la tradition et de la modernité. Les protestants sont plus enclins à la modernité et les catholiques à la tradition.

[18] Comme Evola l'a décrit, la Prusse a pu conserver une grande partie des structures féodales prémodernes malgré les Lumières (Ironiquement, mieux que la France absolutiste pré-éclairée, qui a introduit une centralisation extrême, au détriment des structures princières féodales).

[19] https://en.wikiversity.org/wiki/Neocameralism

[20] Voir également cette vidéo de Michael Millerman :

https://www.youtube.com/watch?v=mbC-k6sIuEE

[21] https://www.mpiwg-berlin.mpg.de/research/projects/technocracy-scientocra...

jeudi, 27 août 2020

Prussia - The Once and Future Reich

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Prussia - The Once and Future Reich

Alexander Jacob

 
Alexander Jacob - Readings on German Politics
 
Oswald Spengler (1880-1936)
Arthur Moeller van den Bruck (1876-1925)
Adolf Hitler (1889-1945)
Alfred Rosenberg (1893-1946)
 

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vendredi, 02 mars 2018

Guerra e Politica nel pensiero di von Clausewitz

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Guerra e Politica nel pensiero di von Clausewitz

Il generale, scrittore e teorico militare prussiano Carl Von Clausewitz (1780-1831) è noto per la celebre definizione della guerra, come “politica attuata con altri mezzi”. Sebbene ciò costituisca indubbiamente il merito più grande di Clausewitz alla dottrina pura del warfare (più per le sue implicazioni che per la giù lodevole chiarificazione concettuale), rimane il fatto che così come vien presentata tale definizione, oltre a mostrare la presunta erudizione di chi la dice, non chiarisce né l’oggetto né il concetto di se stessa.

C’è una seconda obiezione ad un genere di approccio semplicistico al pensiero di Clausewitz e, allo stesso tempo, a quella succitata abusata definizione: che egli non dà una sola definizione di “guerra”, ma più d’una (ad esempio: “La guerra è dunque un atto di violenza per costringere l’avversario a seguire la nostra volontà”). Anzi, Von Clausewitz presenta l’importante definizione di guerra come peculiare forma della lotta politica. Nella sua introduzione e più che per ragioni dottrinarie, egli introduce il concetto per focalizzare la prospettiva di lettura del fenomeno della guerra all’interno della sua peculiare visione, e non come una definizione che fa capo alla chiarificazione nei termini di un assioma.

517NN1G86RL.jpgOltre a questa differenza di fatto esistente nelle guerre, va stabilito in modo esplicito e preciso anche il punto di vista – pure praticamente necessario – secondo cui la guerra non è niente altro che la politica dello Stato proseguita con altri mezzi. Questo punto di vista, tenuto ben fermo dappertutto, darà unità a questa trattazione saggistica. E tutto sarà quindi più facile da districare.

La oramai famosa e storica definizione, di per sé, non ci dice molto né sulla guerra, né sulla politica, né sulla relazione vigente tra politica e guerra. Ed è appunto in quest’ultima relazione che dobbiamo soffermare la nostra attenzione e solo perché attraverso la sua chiarificazione si dà la possibilità di interpretare correttamente la medesima in modo che disveli con chiarezza tutta la sua profondità.

Per ammettere che la definizione non sia vuota, urge specificare che “la politica dello stato proseguita con altri mezzi” sia un predicato la cui conoscenza non è supposta con il termine “guerra”. Procedendo per comprendere la seconda parte della definizione, bisogna comprendere che sussiste una precisa relazione tra la politica di uno Stato e i mezzi con cui essa agisce effettivamente nel mondo. Sicché il centro della definizione ruota attorno al concetto stesso di “politica”.

Von Clausewitz, in diversi punti, tratta della natura del conflitto e di come la guerra non sia che una sua specifica parte. La politica è, a sua volta, un sottoinsieme del dominio degli ambiti a conflitto di interesse, sicché tanto la politica che la guerra fanno capo ad una medesima più generale categoria che ha entrambi come sottoinsiemi propri. Se la guerra è una parte della politica, in quanto suo proseguimento, allora la politica segue gli stessi obiettivi della guerra, pur utilizzando sistemi diversi per raggiungere il proprio obbiettivo.

Diciamo dunque che la guerra non appartiene all’ambito delle arti o delle scienze ma all’ambito della vita sociale. È un conflitto di grandi interessi che si risolve nel sangue, e soltanto in questo si differenzia dagli altri. Meglio che con qualsiasi arte la guerra potrebbe essere paragonata al commercio, che pure è un conflitto di interessi e di attività umane. Ma molto più vicino alla guerra sta la politica che, da parte sua, può essere vista di nuovo come una specie di commercio di dimensioni più grandi. Oltre a ciò la politica è il grembo in cui si sviluppa la guerra: in essa si trovano abbozzati in modo embrionale i lineamenti della guerra come le proprietà delle creature viventi nel loro embrione.

9780198737131.jpgCentrando il nostro pensiero sulla politica, per poi passare alla guerra, è necessario soffermarsi su questo punto. La politica è un conflitto di interessi, si fonda su di essi e si basa su rapporti di forza, vale a dire su rapporti tra individui che pensano e agiscono in modo da raggiungere i loro scopi. Sicché si può divergere per almeno due ragioni: si diverge sul fine o si diverge sul mezzo, o su entrambi. La politica ammette diversificazione di partiti non solo in virtù dello scopo finale, cioè un peculiare ordinamento sociale o economico, ma pure sui mezzi attraverso cui raggiungere lo scopo. I comunisti e i socialisti non avevano grandi distinzioni in merito ai fini, ma grandi differenze sussistevano nella concezione dei mezzi attraverso cui raggiungere gli scopi.

La politica, allora, non è altro che la gestione dell’esistente (cose e persone) al fine di raggiungere uno scopo sociale prefissato, la cui realizzazione implica delle conseguenze sull’organizzazione sociale. Per questo essa è molto vicina alla guerra sul piano astratto. Anzi, si può dire che la guerra e la politica sul piano astratto (cioè privi della discriminante dei mezzi) siano esattamente la stessa cosa. Se la politica e la guerra si effettuassero con le medesime tecniche (cioè l’utilizzo dei mezzi in modo consono alla loro tipologia) verrebbero inevitabilmente a collassare l’una con l’altra, divenendo indistinguibili.

Non è un caso che in alcune epoche storiche, in periodi particolarmente tormentati in alcune società, si assista ad una inestricabile serie di attentati a sfondo politico: le guerre civili romane, le trame e i sotterfugi del periodo rinascimentale italiano, gli attentati al potere di ogni genere di resistenza del periodo post-coloniale algerino o vietnamita (ad esempio). Essi non sono altro che fenomeni specifici di una realtà in cui la politica è fatta principalmente con i mezzi della guerra, pur senza arrivare ad uno scontro tra forze armate equipaggiate per una campagna militare.

Dunque, la politica è la pianificazione di una strategia per raggiungere alcuni scopi, ritenuti fondamentali. Gli scopi politici sono definiti da condizioni di interesse permanenti nei gruppi politici attivi. Tali scopi definiscono l’interesse e l’ambito dell’azione politica.

19327984032.jpgOgni attore politico ammette tre generi di relazioni con un altro attore politico: alleanza, indifferenza, ostilità. Nel caso in cui le due parti in contrapposizione non trovino alcun genere di accordo possibile né sui fini da raggiungere, né sui mezzi, e sono propensi a darsi battaglia per ottenere la vittoria sull’altro, si giunge al conflitto. Se il conflitto è di natura sociale, si parla di lotta politica; se il conflitto è di natura armata, si parla di guerra. Politica e guerra sono solo due casi particolari della logica del conflitto e la guerra è, a sua volta, una peculiare forma della politica. Perché è solo l’interesse politico a determinare la volontà di combattere per mezzo delle armi.

Se è vero che in un tipo di guerra la politica sembra scomparire del tutto (mentre nell’altro viene fuori in modo molto determinato) si può tuttavia affermare che un tipo di guerra è politico quanto l’altro. Se si considera infatti la politica come l’intelligenza dello Stato personificato devono poter essere comprese, sotto tutte le costellazioni osservabili, anche quelle guerre in cui la natura dei rapporti impone il primo tipo. Lo scopo di ogni guerra, dunque, è propriamente uno scopo politico e, se esso cambia, è perché è cambiata la politica all’interno di uno Stato.

Se da una guerra di conquista si passa ad una guerra volta a stabilizzare solo una parte del territorio acquisito non è perché ciò è dovuto alla natura di quella guerra, ma perché è cambiata l’opinione della classe dirigente in merito ai fini che quella guerra deve raggiungere. I generali sono solo degli esecutori degli ordini di un sovrano, sia esso un monarca o un parlamento, sia esso stesso il sovrano della Nazione, come Giulio Cesare o Napoleone.

Ma Giulio Cesare e Napoleone, in realtà, sono solo degli esempi di generali che conoscono bene gli scopi da raggiungere proprio perché essi stessi li definiscono e li concepiscono con chiarezza in quanto a capo di una fazione politica o di uno Stato. Dunque, la massima “la guerra è la politica dello Stato proseguita con altri mezzi” indica che la guerra non è che un peculiare mezzo della politica di uno Stato, vale a dire uno strumento nelle mani dei politici per ottenere gli scopi loro o della nazione. I mezzi della guerra sono quelli utilizzati in un combattimento.

Dunque, in breve:

1. Dobbiamo concepire la guerra in ogni circostanza non come una realtà indipendente ma come uno strumento politico. Soltanto con questa concezione è possibile non entrare in contraddizione con l’intera storia della guerra. Essa soltanto apre il grande libro ad una lettura intelligente;

2. Questa prospettiva ci mostra quanto diverse debbano essere le guerre, a seconda della natura dei loro motivi e delle situazioni da cui nascono. Il primo, il più grande e decisivo atto di giudizio che l’uomo di Stato e capo militare compie è quello di riconoscere correttamente sotto questo riguardo la guerra che intraprende, di non prenderla o volerne fare qualcosa che non può essere che per la natura dei suoi rapporti. Questa è dunque la prima, la più comprensiva di tutte le questioni strategiche. La natura della guerra è, dunque, dipendente da due fattori decisivi: gli scopi politici e i mezzi militari. In base alla natura degli scopi si definiranno anche i mezzi adeguati per raggiungerli.

8096207c24d6c99a1e36f9dd058fa116--carl-von-clausewitz-google-search.jpgAllo stesso tempo, con l’avanzare della tecnica e delle conoscenze scientifiche, le guerre cambiano di strumenti ma non nella sostanza. La natura dei fini umani è sempre la stessa, non cambia in base alle epoche storiche: ciò che cambia è l’oggetto, non l’intenzione verso di esso. In questo senso, la guerra, non solo nel suo farsi ma anche nel suo concetto, è di natura permanentemente multiforme. Essa cambia nei mezzi e negli scopi, cioè muta totalmente di forma. È la forma della guerra, non le sue ragioni profonde, a costituire la ragione fondamentale della diversità dei conflitti armati della storia. Eppure, a partire dalla comprensione della guerra nel suo ruolo di strumento politico, si nota una lunga linea di continuità tra i vari fenomeni bellici.

Alla luce di tutto quello finora detto e riprendendo la frase di Von Clausewitz, solo adesso siamo in grado di comprendere più affondo la natura e la profondità di tale definizione, perché abbiamo chiarito la natura della politica (quel tanto che basta a questo riguardo), la natura del mezzo e la peculiarità della guerra. La guerra, dunque, è solo una peculiare forma della più generale lotta politica, politica che è da Von Clausewitz pensata esclusivamente nei termini dello Stato; forma di lotta che prevede la sopraffazione dell’avversario, nel caso in cui gli obbiettivi delle due parti in lotta siano diametralmente antitetici.

Ad esempio, nella seconda guerra mondiale Hitler non aveva ben compreso che l’Inghilterra non avrebbe mai accettato una pace o una tregua, nonostante fosse giunta al limite delle sue possibilità di resistenza. E non l’avrebbe mai accettata perché in gioco c’era la volontà di distruggere l’avversario o di essere distrutti da esso, e ogni obiettivo mediano non sarebbe risultato sufficiente a spegnere la volontà di combattere degli inglesi, che, come lo stesso Hitler sapeva bene, era superiore a quella di qualunque altro popolo, con l’eccezione, forse, dei russi.

Un’ultima osservazione da tenere a mente: la guerra totale prevede la distruzione del nemico, per quanto insensato possa essere questo genere di guerra; ma questo genere di guerra rimane indubbiamente la minoranza dei casi, sia nel tempo che nello spazio e, in ogni caso, come non manca di sottolineare Liddell Hart, le guerre non sono mai giunte vicino a determinare lo sterminio del popolo con cui si combatteva. Ad esempio, tutte le guerre successive alla seconda guerra mondiale non furono guerre totali, ad iniziare dalle guerre post-coloniali, per finire alle guerre recenti degli Stati Uniti in Afganistan e in Iraq o le guerre israeliane. In questo genere di guerre quello che conta è mettere il nemico nelle condizioni di smettere di combattere, sia esso perché glielo si impedisce fisicamente, togliendogli i mezzi sia perché gli si toglie la volontà di combattere. Ma rimane sempre il dato finale: lo scopo è quello di ottenere un obbiettivo specifico, non di distruggere.

(di Massimiliano Carta)

jeudi, 01 mars 2018

Clausewitz y el marxismo revolucionario

por Roberto Sáenz

Ex: https://www.mas.org.ar

Guerra, política y partido

“La revolución proletaria no puede triunfar sin un partido, por fuera de un partido, contra un partido o con un sustituto para un partido. Esa es la principal enseñanza de los diez últimos años” (León Trotsky, Lecciones de Octubre).

El desborde ocurrido en las jornadas del 14 y 18 de diciembre ha puesto sobre la mesa la discusión sobre las relaciones entre guerra y política. A pesar de su campaña contra los “violentos”, el único violento fue el gobierno: reprimiendo una concentración de masas sobre el fondo del repudio masivo a la ley antijubilatoria, era inevitable que su acción represiva desatara una dura respuesta de los sectores movilizados.

La “gimnasia” del enfrentamiento a la represión dejó un sinnúmero de enseñanzas. Entre ellas, una central: las relaciones entre lucha política y lucha física: el pasaje de la lucha política a la acción directa.

Esta problemática ha sido abordada por el marxismo sobre todo a partir de la Revolución Rusa. Si bien con antecedentes en los estudios de Marx y Engels, y también los debates en la socialdemocracia alemana (que tuvo como gran protagonista a Rosa Luxemburgo), fueron Lenin y Trotsky los que le dieron vuelo a las investigaciones sobre las relaciones entre ambos órdenes sociales[1].

La fuente básica de los marxistas ha sido siempre Karl von Clausewitz, oficial del ejército prusiano, que a comienzos del siglo XIX y resumiendo la experiencia de los ejércitos napoleónicos, escribió su clásico tratado De la Guerra que hasta hoy expresa uno de los abordajes más profundos de dicho evento.

Clausewitz iniciaba su estudio con una sentencia que rompía con el sentido común de la época, cuando señalaba que la guerra no es una esfera social autónoma sino “la continuidad de la política bajo otras formas”, formas violentas.

51wviVgjw7L.jpgLenin y Trotsky recuperarían sus definiciones dándoles terrenalidad en la experiencia misma de la revolución: en el evento por antonomasia del pasaje de la política a la lucha física: la ciencia y arte de la insurrección: el momento en que se rompe el continuum de la historia con la intervención de las masas comandadas por el partido revolucionario, que se hacen del poder y cambian la historia.

Si, en definitiva, la lucha política es una lucha de partidos, la insurrección como evento máximo de traducción de la política al enfrentamiento físico, no tiene otra alternativa que ser comandado por un partido. Volveremos sobre esto.

A la insurrección de Octubre le seguiría la experiencia de Trotsky al frente del Ejército Rojo durante la guerra civil; las enseñanzas desprendidas de dicho evento.

A partir de la experiencia, y de la elaboración teórica desprendida de la misma, se fue forjando un corpus de conceptos, donde un lugar no menor lo ocupan las categorías de estrategia y táctica; la estrategia, que tiene que ver con el conjunto total de los enfrentamientos que llevan al triunfo en la confrontación; la táctica, relacionada con los momentos parciales de dicho enfrentamiento: los momentos específicos donde se pone a prueba la estrategia misma; estrategia que, como decía Clausewitz, debe entrar en el combate con el ejército y corregirse a la luz de sus desarrollos.

De ahí que esta elaboración tenga que ver con el pasaje de la política a la guerra: con aquel momento donde los enfrentamientos se sustancian en el lenguaje de la lucha física; lucha física que, de todas maneras, siempre está comandada por la política: “Bajo el influjo de Sharnhorst, Clausewitz se interesó por la visión histórica de la guerra (…) y llega a la temprana conclusión de que la política es el ‘alma’ de la guerra” (José Fernández Vega, Carl von Clausewitz. Guerra, política y filosofía).

La guerra como continuidad de la política

Desde Clausewitz guerra y política son esferas estrechamente relacionadas. Lenin y Trotsky retomaron esta definición del gran estratega militar alemán de comienzos del siglo XIX. Se apoyaron en Engels, que ya a mediados del siglo XIX le había comentado a Marx el “agudo sentido común” de los escritos de Clausewitz. También Franz Mehring, historiador de la socialdemocracia alemana y uno de los aliados de Rosa Luxemburgo, se había interesado por la historia militar y reivindicaba a Clausewitz.

Por otra parte, hacia finales de la II Guerra Mundial, en el pináculo de su prestigio, Stalin rechazó a Clausewitz con el argumento de que la opinión favorable que tenía Lenin acerca de éste se debía a que “no era especialista en temas militares”…

Pierre Naville señalaría que el Frente Oriental y el triunfo militar del Ejército Rojo sobre la Wehrmacht, había confirmado la tesis contraria: la validez de Clausewitz y lo central de sus intuiciones militares; entre otras, la importancia de las estrategias defensivas en la guerra.

Según su famosa definición, para Clausewitz “la guerra es la continuación de la política por otros medios”. Quedaba así establecida una relación entre guerra y política que el marxismo hizo suya. La guerra es una forma de las relaciones sociales cuya lógica está inscripta en las relaciones entre los Estados, pero que el marxismo ubicó, por carácter transitivo, en la formación de clase de la sociedad. La guerra, decía Clausewitz, debe ser contemplada “como parte de un todo”, y ese todo es la política, cuyo contenido, para el marxismo, es la lucha de clases.

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Con agudeza, el teórico militar alemán sostenía que la guerra debía ser vista como un “elemento de la contextura social”, que es otra forma de designar un conflicto de intereses solucionado de manera sangrienta, a diferencia de los demás conflictos.

Esto no quiere decir que la guerra no tenga sus propias especificidades, sus propias leyes, que requieren de un análisis científico de sus determinaciones y características. Desde la Revolución Francesa, pasando por las dos guerras mundiales y las revoluciones del siglo XX, la ciencia y el arte de la guerra se enriquecieron enormemente. Tenemos presentes las guerras bajo el capitalismo industrializado y las sociedades pos-capitalistas como la ex URSS, y el constante revolucionamiento de la ciencia y la técnica guerrera.

Las relaciones entre técnica y guerra son de gran importancia; ya Marx había señalado que muchos desarrollos de las fuerzas productivas ocurren primero en el terreno de la guerra y se generalizan después a la economía civil.

Las dos guerras mundiales fueron subproducto del capitalismo industrial contemporáneo: la puesta en marcha de medios de destrucción masivos, el involucramiento de las grandes masas, la aplicación de los últimos desarrollos de la ciencia y la técnica a la producción industrial y a las estrategias de combate (Traverso).

Esto dio lugar a toda la variedad imaginable en materia de guerra de posiciones y de maniobra: con cambios de frente permanentes y de magnitud, con la aparición de la aviación, los medios acorazados, los submarinos, la guerra química y nuclear y un largo etcétera[2].

Como conclusión, cabe volver a recordar lo señalado por Trotsky a partir de su experiencia en la guerra civil: no hay que atarse rígidamente a ninguna de las formas de la lucha: la ofensiva y la defensa son características que dependen de las circunstancias. Y, en su generalidad, la experiencia de la guerra ha consagrado la vigencia de las enseñanzas de Clausewitz, que merecen un estudio profundo por parte de la nueva generación militante.

La política como “guerra de clases”

Ahora bien, si la guerra es la continuidad de la política por otros medios, a esta fórmula le cabe cierta reversibilidad: “Si la guerra puede ser definida como la continuidad de la política por otros medios, [la política] deviene, recíprocamente, la continuidad de la guerra fuera de sus límites por sus propios medios. Ella también es un arte del tiempo quebrado, de la coyuntura, del momento propicio para arribar a tiempo ‘al centro de la ocasión” (Bensaïd, La política como arte estratégico).

claus.jpgDe ahí que muchos de los conceptos de la guerra se vean aplicados a la política, ya que ésta es, como la guerra, un campo para hacer valer determinadas relaciones de fuerza. Sin duda, las relaciones de fuerza políticas se hacen valer mediante un complejo de relaciones mayor y más rico que el de la violencia desnuda, pero en el fondo en el terreno político también se trata de vencer la resistencia del oponente.

En todo caso, la política como arte ofrece más pliegues, sutilezas y complejidades que la guerra, como señalaría Trotsky, que agregaba que la guerra (y ni hablar cuando se trata de la guerra civil, su forma más cruenta), debe ser peleada ajustándose a sus propias leyes, so pena de sucumbir: “Clausewitz se opone a las concepciones absolutistas de la guerra [que la veían como una suerte de ceremonia y de juego] y enfatiza el ‘elemento brutal’ que toda guerra contiene” (Vega, ídem).

De allí que se pueda definir a la política (metafóricamente) como continuidad de la “guerra” que cotidianamente se sustancia entre las clases sociales explotada y explotadora. Así, la política es una manifestación de la guerra de clases que recorre la realidad social bajo la explotación capitalista. Esta figura puede ayudar a apreciar la densidad de lo que está en juego, superando la mirada a veces ingenua de las nuevas generaciones.

Nada de esto significa que tengamos una concepción militarista de las cosas. Todo lo contrario: el militarismo es una concepción reduccionista que pierde de vista el espesor de la política revolucionaria, y que deja de lado a las grandes masas, reemplazadas por la técnica y el herramental de guerra, a la hora de los eventos históricos.

Es característico del militarismo hacer primar la guerra sobre la política, algo común tanto a las políticas de las potencias imperialistas como a las formaciones guerrilleras pequeño-burguesas de los años 70: perdían de vista a las grandes masas como actores y protagonistas de la historia.

51P0TJuOCUL._SX329_BO1,204,203,200_.jpgTal era la posición del general alemán de la I Guerra Mundial, Erich von Ludendorff, autor de la obra La guerra total (1935), donde criticaba a Clausewitz desde una posición reduccionista que ponía en el centro de las determinaciones a la categoría de “guerra total”, a la que independizaba de la política negando el concepto clausewitziano de “guerra absoluta”, que necesariamente se ve limitado por las determinaciones políticas.

A su modo de ver De la guerra era “el resultado de una evolución histórica hoy anacrónica y desde todo punto de vista sobrepasada” (Darío de Benedetti, ídem).

Para Ludendorff y los teóricos del nazismo, lo “originario” era el “estado de guerra permanente”; la política, solamente uno de sus instrumentos. De ahí que se considerara la paz simplemente como “un momento transitorio entre dos guerras”.

En esa apelación a la “guerra total” las masas, el Volk, eran vistas como un instrumento pasivo: pura carne de cañón en la contienda: “Ludendorff olvida el factor humano, las fuerzas morales según Clausewitz, como factor decisivo de toda movilización (…) [apela a] un verdadero proceso de cosificación, que permite una total disposición de medios para su alcance” (de Benedetti, ídem).

Pero lo cierto es lo contrario: si la guerra no es más que la continuidad de la política por medios violentos, es la segunda la que fija los objetivos de la primera: “En el siglo XVIII aún predominaba la concepción primitiva según la cual la guerra es algo independiente, sin vinculación alguna con la política, e, inclusive, se concebía la guerra como lo primario, considerando la política más bien como un medio de la guerra; tal es el caso de un estadista y jefe de campo como fue el rey Federico II de Prusia. Y en lo que se refiere a los epígonos del militarismo alemán, los Ludendorff y Hitler, con su concepción de la ‘guerra total’, simplemente invirtieron la teoría de Clausewitz en su contrario antagónico” (AAVV, Clausewitz en el pensamiento marxista).

Con esta suerte de “analogía” entre la política y la guerra lo que buscamos es dar cuenta de la íntima conflictividad de la acción política; superar toda visión ingenua o parlamentarista de la misma. La política es un terreno de disputa excluyente donde se afirman los intereses de la burguesía o de la clase obrera. No hay conciliación posible entre las clases en sentido último; esto le confiere todos los rasgos de guerra implacable a la lucha política.

La política revolucionaria, no la reformista u electoralista, tiene esa base material: la oposición irreconciliable entre las clases, como destacara Lenin. Lo que no obsta para que los revolucionarios tengamos la obligación de utilizar la palestra parlamentaria, hacer concesiones y pactar compromisos.

Pero la utilización del parlamento, o el uso de las maniobras, debe estar presidida por una concepción clara acerca de ese carácter irreconciliable de los intereses de clase, so pena de una visión edulcorada de la política, emparentada no con las experiencias de las grandes revoluciones históricas, sino con los tiempos posmodernos y “destilados” de la democracia burguesa y el “fin de la historia” que, como señalara Bensaïd, pretenden reducir a cero la idea misma de estrategia.

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Crítica del militarismo

El criterio principista de tipo estratégico que preside al marxismo revolucionario es que todas las tácticas y estrategias deben estar al servicio de la autodeterminación revolucionaria de la clase obrera, de su emancipación. Sobre la base de las lecciones del siglo XX, debe ser condenado el sustituismo social de la clase obrera como estrategia y método para lograr los objetivos emancipatorios del proletariado.

El sustituismo como estrategia, simplemente, no es admisible para los socialistas revolucionarios. Toda la experiencia del siglo XX atestigua que si no está presente la clase obrera, su vanguardia, sus organismos de lucha y poder, sus programas y partidos, si no es la clase obrera con sus organizaciones la que toma el poder, la revolución no puede progresar de manera socialista: queda congelada en el estadio de la estatización de los medios de producción, lo que, a la postre, no sirve a los objetivos de la acumulación socialista sino de la burocracia.

Un ejemplo vivido por los bolcheviques a comienzos de 1920 fue la respuesta al ataque desde Polonia decidida por el dictador Pilsudsky en el marco de la guerra civil, ataque que desató una contraofensiva del Ejército Rojo que atravesó la frontera rusa y llegó hasta Varsovia. Durante unas semanas dominó el entusiasmo que “desde arriba”, militarmente, se podía extender la revolución. Uno de los principales actores de este empuje fue el talentoso y joven general Tujachevsky (asesinado por Stalin en las purgas de los años 30[3]).

Esta acción fue explotada por la dictadura polaca de Pilsudsky como “un avasallamiento de los derechos nacionales polacos”, y no logró ganar el favor de las masas obreras y mucho menos campesinas, por lo que terminó en un redondo fracaso.

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Trotsky, que con buen tino se había opuesto a la misma[4], sacó la conclusión que una intervención militar en un país extranjero desde un Estado obrero, puede ser un punto de apoyo secundario y/o auxiliar en un proceso revolucionario, nunca la herramienta fundamental: “En la gran guerra de clases actual la intervención militar desde afuera puede cumplir un papel concomitante, cooperativo, secundario. La intervención militar puede acelerar el desenlace y hacer más fácil la victoria, pero sólo cuando las condiciones sociales y la conciencia política están maduras para la revolución. La intervención militar tiene el mismo efecto que los fórceps de un médico; si se usan en el momento indicado, pueden acortar los dolores del parto, pero si se usan en forma prematura, simplemente provocarán un aborto” (en E. Wollenberg, El Ejército Rojo, p. 103).

De ahí que toda la política, la estrategia y las tácticas de los revolucionarios deban estar al servicio de la organización, politización y elevación de la clase obrera a clase dominante; que no sea admisible su sustitución a la hora de la revolución social por otras capas explotadas y oprimidas  aparatos políticos y/o militares ajenos a la clase obrera misma (otra cosa son las alianzas de clases explotadas y oprimidas imprescindibles para tal empresa).

El criterio de la autodeterminación y centralidad de la clase obrera en la revolución social, es un principio innegociable. Y no sólo es un principio: hace a la estrategia misma de los socialistas revolucionarios en su acción.

Otra cosa es que las relaciones entre masas, partidos y vanguardia sean complejas, no admitan mecanicismos. Habitualmente los factores activos son la amplia vanguardia y las corrientes políticas, mientras que las grandes masas se mantienen pasivas y sólo entran en liza cuando se producen grandes conmociones, algo que, como decía Trotsky, era signo inequívoco de toda verdadera revolución.

Ocurre una inevitable dialéctica de sectores adelantados y atrasados en el seno de la clase obrera a la hora de la acción política; no se debe buscar el “mínimo común denominador” adaptándose a los sectores atrasados sino, por el contrario, ganar la confianza de los sectores más avanzados para empujar juntos a los más atrasados.

Incluso más: puede haber circunstancias de descenso en las luchas del proletariado y el partido -más aún si está en el poder- verse obligado a ser una suerte de nexo o “puente” entre el momento actual de pasividad y un eventual resurgimiento de las luchas en un período próximo. No tendrá otra alternativa que “sustituir”, transitoriamente, la acción de la clase obrera en defensa de sus intereses inmediatos e históricos.

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Algo de esto afirmaba Trotsky que le había ocurrido al bolchevismo a comienzos de los años 20, luego de que la clase obrera y las masas quedaran exhaustas a la salida de la guerra civil[5]. Pero el criterio es que aun “sustituyéndola”, se deben defender los intereses inmediatos e históricos de la clase obrera. Y esta “sustitución” sólo puede ser una situación transitoria impuesta por las circunstancias, so pena de transformarse en otra cosa[6].

Ya la teorización del sustituismo social de la clase obrera en la revolución socialista pone las cosas en otro plano: es una justificación de la acción de una dirección burocrática y/o pequeñoburguesa que, si bien puede terminar yendo más lejos de lo que ella preveía en el camino del anticapitalismo, nunca podrá sustituir a la clase obrera al frente del poder. Porque esto amenaza que se terminen imponiendo los intereses de una burocracia y no los de la clase obrera (como ocurrió en el siglo XX).

Quebrar el movimiento inercial  

De lo anterior se desprende otra cuestión: la apelación a los métodos de lucha de la clase obrera en contra del terrorismo individual o de las minorías que empuñan las armas en “representación” del conjunto de los explotados y oprimidos.

En el siglo pasado han habido muchas experiencias: el caso de las formaciones guerrilleras latinoamericanas, y del propio Che Guevara, que excluían por definición los métodos de lucha de masas en beneficio de los “cojones”: una “herramienta central” de la revolución, porque la clase obrera estaba, supuestamente, “aburguesada”…

Un caso similar fue el del PCCh bajo Mao. La pelea contra el sustituismo social de la clase obrera tiene que ver con que los revolucionarios no “inventamos nada”: no creamos artificialmente los métodos de pelea y los organismos de lucha y poder. Más bien ocurre lo contrario: buscamos hacer consciente su acción, generalizar esas experiencias e incorporarlas al acervo de enseñanzas de la clase obrera.

1141003431.jpgEsta era una preocupación característica de Rosa Luxemburgo, que insistía en la necesidad de aprender de la experiencia real de la clase obrera, contra el conservadurismo pedante y de aparato de la vieja socialdemocracia.

Vale destacar también la ubicación de Lenin frente al surgimiento de los soviets en 1905. Los “bolcheviques de comité”, demasiado habituados a prácticas sectarias y conservadoras, se negaban a entrar en el Soviet de Petrogrado porque éste “no se declaraba bolchevique”… Lenin insistía que la orientación debía ser “Soviets y partido”, no contraponer de manera pedante y ultimatista, unos y otros.

Sobre la cuestión del armamento popular rechazamos las formaciones militares que actúan en sustitución de la clase obrera, así como el terrorismo individual, y por las mismas razones. Pero debemos dejar a salvo no sólo la formación de ejércitos revolucionarios como el Ejército Rojo, evidentemente, también experiencias como la formación de milicias obreras y populares o las dependientes de las organizaciones revolucionarias.

Este último fue el caso del POUM y los anarquistas en la Guerra Civil española, más allá del centrismo u oportunismo de su política. Y podrían darse circunstancias similares en el futuro que puedan ser englobadas bajo la orientación del armamento popular.

Agreguemos algo más vinculado a la guerra de guerrillas. En Latinoamérica, en la década del 70, las formaciones foquistas o guerrilleras, rurales o urbanas, reemplazaban con sus “acciones” la lucha política revolucionaria (las acciones de masas y la construcción de partidos de la clase obrera).

Sin embargo, este rechazo a la guerra de guerrillas como estrategia política, no significa descartarla como táctica militar. Si es verdad que se trata de un método de lucha habitualmente vinculado a sectores provenientes del campesinado (o de sectores más o menos “desclasados”), bajo condiciones extremas de ocupación militar del país por fuerzas imperialistas, no se debe descartar la eventualidad de poner en pie formaciones de este tipo íntimamente vinculadas a la clase trabajadora. Esto con un carácter de fuerza auxiliar similar a una suerte de milicia obrera, y siempre subordinada al método de lucha principal, que es la lucha de masas[7].

Pasemos ahora a las alianzas de clases y la hegemonía que debe alcanzar la clase obrera a la hora de la revolución. Si la centralidad social en la revolución corresponde a la clase obrera, ésta debe tender puentes hacia el resto de los sectores explotados y oprimidos.

Para que la revolución triunfe, debe transformarse en una abrumadora mayoría social. Y esto se logra cuando la clase obrera logra elevarse a los intereses generales y a tomar en sus manos las necesidades de los demás sectores explotados y oprimidos.

Es aquí donde el concepto de alianza de clases explotadas y oprimidas se transforma en uno análogo: hegemonía. La hegemonía de la clase obrera a la hora de la revolución socialista corresponde al convencimiento de los sectores más atrasados, de las capas medias, del campesinado, de que la salida a la crisis de la sociedad ya no puede provenir de la mano de la burguesía, sino solamente del proletariado.

2930402253.jpgEste problema es clásico a toda gran revolución. Si la Revolución Francesa de 1789 logró triunfar es porque desde su centro excluyente, París, logró arrastrar tras de sí al resto del país. Algo que no consiguió la Comuna de París cien años después, lo que determinó su derrota. El mismo déficit tuvo el levantamiento espartaquista de enero de 1919 en Alemania, derrotado a sangre y fuego porque el interior campesino y pequeño-burgués no logró ser arrastrado. Multitudinarias movilizaciones ocurrían en Berlín enfervorizando a sus dirigentes (sobre todo a Karl Liebknecht; Rosa era consciente de que se iba al desastre), mientras que en el interior el ejército alemán se iba reforzando y fortaleciendo con el apoyo del campesinado y demás sectores conservadores.

Precisamente en esa apreciación fundaba Lenin la ciencia y el arte de la insurrección: en una previsión que debía responder a un análisis lo más científico posible, pero también a elementos intuitivos, acerca de qué pasaría una vez que el proletariado se levantase en las ciudades.

El proletariado se pone de pie y toma el poder en la ciudad capital. Pero la clave de la insurrección, y la revolución misma, reside en si logra arrastrar activamente o, al menos, logra un apoyo pasivo, tácito, o incluso la “neutralidad amistosa” (Trotsky), de las otras clases explotadas y oprimidas en el interior.

De ahí que alianza de clases, hegemonía y ciencia y arte de la insurrección tengan un punto de encuentro en el logro de la mayoría social de la clase obrera a la hora de la toma del poder.

Una apreciación que requerirá de todas las capacidades de la organización revolucionaria en el momento decisivo, y que es la mayor prueba a la que se puede ver sometido un partido digno de tal nombre: “Todas estas cartas [se refiere a las cartas de Lenin a finales de septiembre y comienzos de octubre de 1917], donde cada frase estaba forjada sobre el yunque de la revolución, presentan un interés excepcional para caracterizar a Lenin y apreciar el momento. Las inspira el sentimiento de indignación contra la actitud fatalista, expectante, socialdemócrata, menchevique hacia la revolución, que era considerada como una especie de película sin fin. Si en general el tiempo es un factor importante de la política, su importancia se centuplica en la época de guerra y de revolución. No es seguro que se pueda hacer mañana lo que puede hacerse hoy (…).

“Pero tomar el poder supone modificar el curso de la historia. ¿Es posible que tamaño acontecimiento deba depender de un intervalo de veinticuatro horas? Claro que sí. Cuando se trata de la insurrección armada, los acontecimientos no se miden por el kilómetro de la política, sino por el metro de la guerra. Dejar pasar algunas semanas, algunos días; a veces un solo día sin más, equivale, en ciertas condiciones, a la rendición de la revolución, a la capitulación (…).

“Desde el momento en que el partido empuja a los trabajadores por la vía de la insurrección, debe extraer de su acto todas las consecuencias necesarias. À la guerre comme à la guerre [en la guerra como en la guerra]. Bajo sus condiciones, más que en ninguna otra parte, no se pueden tolerar las vacilaciones y las demoras. Todos los plazos son cortos. Al perder tiempo, aunque no sea más que por unas horas, se le devuelve a las clases dirigentes algo de confianza en sí mismas y se les quita a los insurrectos una parte de su seguridad, pues esta confianza, esta seguridad, determina la correlación de fuerzas que decide el resultado de la insurrección” (Trotsky, Lecciones de Octubre).

El partido como factor decisivo de las relaciones de fuerzas    

Veremos someramente ahora el problema del partido como factor organizador permanente y como factor esencial de la insurrección.

Derbent-Volskrieg.jpgEl partido no agrupa a los trabajadores por su condición de tales sino solamente aquéllos que han avanzado a la comprensión de que la solución a los problemas pasa por la revolución socialista: el partido agrupa a los revolucionarios y no a los trabajadores en general (cuya abrumadora mayoría es de ideología burguesa, reformista y no revolucionaria).

Quienes se agrupan bajo un mismo programa constituyen un partido. Pero si sus militantes no construyen el partido, no lo construye nadie: el partido es lo menos objetivo y espontáneo que hay respecto de las formas de la organización obrera: requiere de un esfuerzo consciente y adicional, con leyes propias.

Un problema muy importante es el de la combinación de los intereses del movimiento en general y los del partido en particular a la hora de la intervención política. Un error habitual es sacrificar unos en el altar de los otros.

En el caso de las tendencias más burocráticas, lo que se sacrifica son los intereses generales de los trabajadores en función de los del propio aparato. Ya Marx sostenía que los comunistas sólo se caracterizaban por ser los que, en cada caso, hacían valer los intereses generales del movimiento.

Pero es también una concepción falsa creer que los intereses del partido nunca valen; que sólo vale el interés “general”, sacrificando ingenuamente los intereses del propio partido.

Así se hace imposible construir el partido, cuya mecánica de construcción es la menos “natural”. Precisamente por esto hay que aprender a sostener ambos intereses: las condiciones generales de la lucha y la construcción del partido a partir de ellas. Además, hay que saber evaluar qué interés es el que está en juego en cada caso. Nunca se puede correr detrás de toda lucha, de todo acontecimiento; no hay partido que lo pueda hacer.

Pero cuando se trata de organizaciones de vanguardia, hay que elegir. Hay que jerarquizar considerando el peso del hecho objetivo, y también las posibilidades del partido de responder y construirse en esa experiencia.

Esto significa que no siempre la agenda partidaria se ordena alrededor de la agenda “objetiva” de la realidad. Hay que considerar la agenda de la propia organización a la hora de construirse, sus propias iniciativas: “La observación más importante que se puede hacer a propósito de todo análisis concreto de la correlación de fuerzas es que estos análisis no pueden ni deben ser análisis en sí mismos (a menos que se escriba un capítulo de historia del pasado), sino que sólo adquieren significado si sirven para justificar una actividad práctica, una iniciativa de voluntad. Muestran cuáles son los puntos de menor resistencia donde puede aplicarse con mayor fruto la fuerza de la voluntad; sugieren las operaciones tácticas inmediatas; indican cómo se puede plantear mejor una campaña de agitación política, qué lenguaje entenderán mejor las multitudes, etc. El elemento decisivo de toda situación es la fuerza permanentemente organizada y dispuesta desde hace tiempo, que se puede hacer avanzar cuando se considera que una situación es favorable (y sólo es favorable en la medida en que esta fuerza existe y está llena de ardor combativo); por esto, la tarea esencial es la de procurar sistemática y pacientemente formar, desarrollar, hacer cada vez más homogénea, más compacta y más consciente de sí misma esta fuerza [es decir, el partido]” (Gramsci, La política y el Estado moderno, pp. 116-7).

En síntesis: el análisis de la correlación de fuerzas sería “muerto”, pedante, pasivo, si no tomara en consideración que el partido es, debe ser, un factor fundamental en dicha correlación de fuerzas; el factor que puede terminar inclinando la balanza; el que munido de una política correcta, y apoyándose en un determinado “paralelogramo de fuerzas”, puede mover montañas.

La figura del “paralelogramo de fuerzas” nos fue sugerida por la carta de Engels a José Bloch (1890). Engels colocaba dicho paralelogramo como subproducto de determinaciones puramente “objetivas”. Sin embargo, a la cabeza de dicho “paralelogramo” se puede y debe colocar el partido para irrumpir en la historia: romper la inercia con el plus “subjetivo” que añade el partido: “(…) la historia se hace de tal modo, que el resultado final siempre deriva de los conflictos entre muchas voluntades individuales, cada una de las cuales, a su vez, es lo que es por efecto de una multitud de condiciones especiales de vida; son, pues, innumerables fuerzas que se entrecruzan las unas con las otras, un grupo infinito de paralelogramos de fuerzas, de las que surge una resultante -el acontecimiento histórico- (…)”.

El partido que sepa colocarse a la cabeza de dicho “paralelogramo”, que haya logrado construirse, que sepa hacer pesar fuerzas materiales en dicho punto decisivo, podrá mover montañas: romper el círculo infernal del “eterno retorno de lo mismo” abriendo una nueva historia.

Bibliografía

AAVV, Clausewitz en el pensamiento marxista, Pasado y Presente.

Darío de Benedetti, La teoría militar entre la Kriegsideologie y el Modernismo Reaccionario, Cuadernos de Marte, mayo 2010.

Daniel Bensaïd, La politique comme art stratégique, Archives personnelles, Âout 2007, npa2009.org.

  1. Engels, Carta a José Bloch, Londres 21/2 de septiembre de 1890, Marxist Internet Archive.

Antonio Gramsci, La política y el Estado moderno, Planeta-Agostini, Barcelona, 1985.

León Trotsky, Lecciones de Octubre, Kislovodsk, 15 de septiembre de 1924, Marxist Internet Archive.

José Fernández Vega, Carl von Clausewitz. Guerra, política y filosofía, Editorial Almagesto, Buenos Aires, 1993.

  1. Wollenberg, El Ejército Rojo.

[1] De Lenin se conoce un cuaderno de comentarios sobre De la Guerra; Trotsky “mechó” muchas de sus reflexiones estratégicas con referencias al teórico alemán, amén de tener sus propios Escritos militares.

[2] Ver nuestro texto Causas y consecuencias del triunfo de la URSS sobre el nazismo, en www.socialismo-o-barbarie.org.

[3] Tujachevsky estaba enrolado en la fallida “teoría de la ofensiva”. Trotsky estaba en contra de la misma: la condenaba por rígida, militarista y ultraizquierdista. Ver las Antinomias de Antonio Gramsci (un valioso texto del marxista inglés Perry Anderson de los años 70).

[4] En este caso se dio una sorprendente “inversión” (en relación a los errores) bajo el poder bolchevique: en general, fue Lenin el que dio en la tecla en las disputas con Trotsky. Pero en este caso las cosas se dieron invertidas: mientras Lenin se arremolinaba entusiasta sobre los mapas siguiendo la ofensiva, Trotsky manifestaba sus reservas.

[5] Ver al respecto nuestros textos sobre el bolchevismo en el poder.

[6] Ver al respecto El último combate de Lenin de Moshe Lewin.

[7] En todo caso, el siglo XX ha dado lugar a un sinnúmero de ricas experiencias militares en el terreno de la revolución, las que requieren de un estudio ulterior.

 

dimanche, 02 juillet 2017

Universeel geleerde en liberaal rebel

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Dirk Rochtus:

Universeel geleerde en liberaal rebel

Ex: http://www.doorbraak.be

Wilhelm von Humboldt geloofde dat de mens zichzelf vrij moest kunnen vormen: de staat moest zich niet te veel moeien met onderwijs.  

Geschiedenis staat in vele Duitse deelstaten niet meer op het leerplan van de middelbare scholen; in plaats daarvan wordt er iets onderwezen als ‘Raum-Zeit-Gesellschaft’ (Ruimte-tijd-maatschappij). Aan het woord is de filosoof Konrad Paul Liessmann in het meinummer van het Duitse maandblad Cicero. Samen met de publicist Manfred Geier en de germanist Dieter Borchmeyer wordt hij geïnterviewd over een ‘uomo universale’ die 250 jaar geleden, op 22 juni 1767, in Potsdam het levenslicht zag.

Modernisering

Wilhelm von Humboldt (1767-1835) is die universele geleerde uit Pruisen die geloofde in ’Selbstbildung’, de opgave van de mens om zichzelf te vormen, onder meer door de studie van de geschiedenis en de klassieke talen. Humboldt leefde als diplomaat en taalwetenschapper in een tijd waarin zijn vaderland Pruisen zich na zijn nederlaag tegen de Franse troepen in de dubbele veldslag van Jena/Auerstedt in 1806 in een afhankelijke positie tegenover Napoleon bevond. De ‘Pruisische catastrofe’ had de heersende klasse de ogen geopend. Zonder modernisering van het staatsapparaat kon Pruisen niet heropleven. Het tijdperk van de grote ‘Pruisische hervormingen’ begon. Minister Freiherr vom Stein hervormde samen met zijn collega Karl August von Hardenberg het bestuur en de administratie om de burger nauwer bij de staat te betrekken, de generaals August von Gneisenau en Gerhard von Scharnhorst schaften met de legerhervorming het monopolie van de adel op de officiersloopbaan af, en Wilhelm von Humboldt stichtte als hoofd van de afdeling Eredienst en Onderwijs in het Pruisische ministerie van Binnenlandse Zaken de universiteit van Berlijn waar de eenheid van onderzoek en onderwijs in het teken van intellectuele vrijheid, ver van alle staatsbemoeienis, stond.

‘Der liberale Rebell’

De studie van het Grieks genoot in het onderwijsmodel van Humboldt prioriteit. Het antieke Griekenland bepaalde zijn opvatting over cultuur als ‘Die Verknüpfung unsres Ichs mit der Welt zu der allgemeinsten, regesten und freiesten Wechselwirkung’ (de verbinding van ons ik met de wereld tot de algemeenste, hevigste en meest vrije wisselwerking). Dat geloof zou leiden tot de ‘Veredlung und Bildung’ van de mens. De kritiek als zou hij een vertegenwoordiger van een zich aan de Oudheid spiegelend humanistisch idealisme zijn, deed de onderwijshervormers van ’68 uitroepen: ‘Vergesst Humboldt!’ (Vergeet Humboldt!). Volgens Geier was Humboldt helemaal niet zo wereldvreemd. Zijn vormingsconcept zou juist een ‘sterke biologische en teleologische dimensie’ omvatten: zichzelf vormen zou betekenen dat je de energie moest ontwikkelen om bepaalde doelen te bereiken. Humboldt zei het zelf zo dat de scholier op het einde van het Gymnasium (de middelbare school met veel aandacht voor de klassieke Oudheid) ‘fysiek, moreel en intellectueel aan de vrijheid en de zelfwerkzaamheid overgelaten moest worden’. Die geestelijke vrijheid moest het universitair onderwijs doordesemen. Voor Humboldt mocht de universiteit geen school worden. De staat zou de professoren aantrekken en betalen, maar mocht geen leerplannen opleggen. Volgens Liessmann zijn we vandaag dankzij het in 1999 door de Europese Unie geïnstalleerde Bologna-systeem mijlenver verwijderd van die ‘staatsferne Selbständigkeit’ (zelfstandigheid, los van de staat). De staat beschouwt de universiteiten als ‘Ausbildungseinrichtungen’ (opleidingsinstellingen) en doteert hen op basis van het aantal afgeleverde diploma’s. ‘Der liberale Rebell’, zoals Cicero Humboldt hem noemt, zou zich in zijn graf omdraaien. Liesmann verzucht: ‘Das Humboldtsche Wechselspiel von Einsamkeit und Freiheit, Forschung und regstem Austausch ist Geschichte’ (De wisselwerking in de zin van Humboldt van eenzaamheid en vrijheid, onderzoek en meest levendige uitwisseling is geschiedenis).

Mens en taal

Het specialistendom regeert, of moeten we zeggen de ‘vakidiotie’? Dieter Borchmeyer windt er geen doekjes om: ‘Die ganzheitliche Perspektive geht vor die Hunde’ (het holistische perspectief gaat naar de haaien). Hij haalt de germanist Walter Hinderer aan volgens wie Humboldt een idool gebleven is aan de Amerikaanse elite-universiteiten: ‘De bacheloropleiding oriënteert zich in Amerika op het Studium generale van Humboldt. In Duitsland is de bachelor geënsceneerde vakidiotie. Een Duitse bachelor en een Amerikaanse bachelor zijn niet compatibel omdat de eerste specialistisch en de andere universalistisch is’. Humboldt dacht inderdaad universalistisch, - het wezen van de menselijke cultuur bestond in de ‘Austausch mit der Welt’ (de uitwisseling met de wereld) en dat, vertrekkend vanuit de eigen natie die hij definieerde als ‘eine durch eine bestimmte Sprache charakterisierte geistige Form der Menschheit’ (een door een bepaalde taal gekarakteriseerde geestelijke vorm van de mensheid). Als taalwetenschapper wist Humboldt maar al te goed: ‘Der Mensch ist nur Mensch durch Sprache’.  

jeudi, 12 janvier 2017

Die Konvention von Tauroggen - Gehorsamsverweigerung aus Liebe zum Vaterland

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Die Konvention von Tauroggen - Gehorsamsverweigerung aus Liebe zum Vaterland

 

Hunderttausende bluten für Napoleons Russlandfeldzug

Preußens Niederlage bei Jena und Auerstedt markierte das vorläufige Ende der Souveränität des Staates, welcher in kurz darauf vollständig von Frankreich besiegt wurde und unter die Herrschaft von Napoleon kam. Nach dem Frieden von Tilsit wurde das Königreich in seiner Ausdehnung kurzerhand halbiert und die Grande Armée marschierte siegreich durch Berlin, während das Königshaus von Preußen den Rückzug in die beschnittenen Gebiete im Osten antreten musste. Die Demütigungen, wie beispielsweise der Diebstahl der Quadriga vom Brandenburger Tor, enden nicht mit symbolischen Akten. Anders als die Rheinstaaten im Rheinbund, welche auf Napoleons Seite standen und dessen Monarchen von ihm profitierten, leistete Preußen lange Widerstand. Sowohl rhetorischen als auch militärischen. Für diese Impertinenz sollte es büßen, so wollte es Bonaparte.  Für die nationalen Kräfte in den deutschen Landen war die Unterjochung durch Frankreich nicht hinnehmbar. Heinrich Friedrich Karl von und zum Stein, Carl von Clausewitz, Gerhard von Scharnhorst und andere preußische Reformer, die man den aufklärerischen und nationalen Kräften zuordnen könnte, waren wenig angetan von der Unterordnung unter die französische Kaiserkrone. Es folgte die innere Erneuerung Preußens, sowohl die kulturelle als auch die technologische und zivilgesellschaftliche. Nicht alle Ideen der französischen Revolution wurden östlich des Rheins abgelehnt oder für schlecht befunden. Der springende Punkt war der Frondienst, den man als Deutscher plötzlich zu leisten hatte. Gegenüber einem Staat und Kaiser, den man weder kannte noch liebte. Napoleons Streitkräfte schlugen nach Preußen auch die Österreicher und alsbald wandte er seinen Blick auf das gigantische Russland, welches immer noch als die letzte kontinentale Großmacht gegen Napoleon stand. Wenn Russland besiegt worden wäre, gäbe es keine Macht mehr in Europa die dem französischen Kaiser Paroli hätte bieten können. Das französische Imperium würde dann vom Atlantik bis zum Ural reichen. Oder noch weiter.

Im Jahr 1812 überquerten die Streitkräfte Napoleons die Memel. Zu diesem Zeitpunkt bestehen die Truppen des Kaisers nicht mehr nur aus Franzosen, sondern zur Hälfte aus Polen, Deutschen, Italiener, Balkanvölkern und anderen Hilfstruppen, welche er aus allen eroberten Gebieten zusammengerufen hatte. Die genauen Zahlen sind heute Gegenstand der Debatte. Aber etwa ein Drittel der fast 700.000 Soldaten waren deutschsprachige Landeskinder aus Preußen, Württemberg, Bayern, Sachsen, Österreich, Baden und anderen deutschen Landen, wo die Ablehnung gegenüber Napoleon nicht zuletzt wegen der zehrenden Kampagne im Osten immer größer wurde. Man muss das im historischen Kontext betrachten. Preußen und die meisten anderen europäischen Staaten hatten bereits mehrere Jahre Krieg hinter sich und eine ganze Generation von Männern und auch Frauen war im Rahmen dieser Kriege verletzt, getötet oder anders geschädigt worden. Große Teile der mitteleuropäischen Staaten waren von Schlachten verwüstet und vom Durchmarsch der französischen Armee ausgeplündert worden. Napoleons Truppen bedienten sich auf ihrem Weg durch Europa stets im Umland und erpressten, kauften oder plünderten, um sich zu versorgen. Das war eine gängige Praxis zu dieser Zeit und auch in späteren Kriegen. Viele Familien in den deutschen Staaten hatten mehrere Söhne bereits in den Krieg (egal welchen) gegeben und nicht wenige bliebe auf dem Schlachtfeld. Es ist umso leichter die Ressentiments zu verstehen, wenn das Hinterland das französische Heer weiterhin wirtschaftlich unterstützen muss. Vor allem da es gegen Russland ging, den man eigentlich zu den deutschen Verbündeten zählte. Der preußische König schrieb hierzu am Vorabend des Russlandfeldzuges einen Brief an den Zaren mit dem Inhalt : „Beklagen Sie mich, aber verdammen Sie mich nicht. Vielleicht kommt bald die Zeit, wo wir in engem Bunde vereint handeln werden.

Auch im preußischen Offizierskorps war die Stimmung eher gedrückt. Als gute und treue Soldaten fühlten sich Offiziere wie Ludwig York von Wartenburg ihrem Eid und Herren verpflichtet. Dieser war der preußische König, von dem jedoch alle wussten, dass dieser nicht Befehle im Interesse der Deutschen oder Preußens gab, sondern reiner Befehlsempfänger Napoleons war. Der Verlust deutscher und preußischer Souveränität war den Männern im Felde also durchaus bewusst. Preußen war dem französischen Kaiser verpflichtet – gegen seinen Willen und gegen den Willen des Volkes, welches sich in den preußischen, aber auch in den westlich der Elbe liegenden anderen deutschen Ländereien immer wieder gegen französische Besatzungstruppen erhob. Die Zeit von 1807-1812 war durchweg geprägt von sporadisch aufflammenden kleinen Konflikten innerhalb des gigantischen, von Napoleon eroberten Europas. Die teils sehr blutigen Auseinandersetzungen waren kein Geheimnis und nie war die Herrschaft über Europa für Napoleon eine besonders solide Angelegenheit. Dieser Zustand verschlimmerte sich nur, als seine Truppen nach der Erreichung des von den Russen in Brand gesteckten Moskaus den Rückzug antreten mussten. Für den russischen Winter war man nicht vorbereitet. Der Zar nutzte diese Chance um die napoleonische Armee immer wieder in kleine und größere Gefechte zu verwickeln und zu schwächen. Für die Männer im Dienst des französischen Kaisers waren die Monate der Rückzugsgefechte und Eiseskälte demoralisierend, wie wir es uns kaum noch vorstellen können. Während Hunderttausende für Napoleon starben, wurde auch den an ihren Diensteid gebundenen preußischen bzw. deutschen Offizieren etwas klar. Wenn nicht gehandelt wird und keine Befreiung von der Führung Napoleons vollzogen wird, könnte dies das Ende für die eigenen Soldaten und auch für die deutschen Lande bedeuten. Die desaströse Situation, in welcher sich die Grande Armée befand, war nicht mehr zu leugnen und um zu verhindern, dass man mit Napoleons Größenwahn untergehe, fassten einige mutige Männer einen skandalösen Entschluss.

Skandalös und doch treu – Die Entscheidung von York und ihre Implikationen

Der deutschstämmige Generalmajor Hans Karl von Diebitsch diente Zar Alexander und der russischen Armee. Unerwähnt möchte ich nicht lassen, dass ein nicht unerheblicher Teil der russischen Soldaten ebenfalls zumindest teilweise deutscher Sprache und Abstammung waren, sodass nicht ignoriert werden kann, wie nah sich deutsches Preußen und Russland über die Jahrhunderte hinweg standen. Von Diebitsch war der General, welcher am 30. Dezember in Poscherun (heute Litauen), den preußischen York empfing. Im Vorfeld und im Hintergrund hatten bereits jene Verschwörergruppen, zu denen auch Clausewitz, Seydlitz und andere gehörten, an einem ungeheuerlichen Akt des Verrates gearbeitet. Zumindest empfand es Napoleon als einen solchen Verrat, als York den Waffenstillstand zwischen preußischen Korps und russischer Armee unterzeichnete. Es ist insofern ungeheuerlich, dass ein hoher Offizier, also ein Staatsdiener, es wagt die Außenpolitik seines Staates zu bestimmen. York war sich der Konsequenzen und der illegalen Natur seines Handelns voll bewusst, rechtfertigte sich jedoch auf für uns nicht uninteressante Art und Weise. Im Vordergrund stand zunächst die Rettung der eigenen Soldaten. Denn gegenüber diesen hatte York als Kommandeur eine Fürsorgepflicht, die missachten würde, wenn er sie weiterhin durch den russischen Winter auf französischer Seite trieb, während russische Truppen die seinen von hinten beschossen. Das Leben der eigenen Soldaten zu retten hatte also Gewicht bei seiner Entscheidungsfindung. Danach kommt die Verantwortung vor dem Staat und dem König. York argumentiert so, dass er im erweiterten Sinne des Königs gehandelt habe, der das Bündnis mit Napoleon zutiefst ablehne, aber jetzt aufgrund der Lage nicht anders handeln könne. Da sich die Lage aber an der Front zum Nachteil für Napoleon entwickelt habe, sei nun der Moment gekommen, das Bündnis aufzukündigen und Preußens Unabhängigkeit wiederherzustellen. Er sagte :

„Die Armee will den Krieg gegen Frankreich. Das Volk will ihn, der König will ihn, aber der König hat keinen freien Willen. Die Armee muss ihm diesen Willen freimachen.“

Für ihn ist klar, dass wenn Preußen Napoleon weiterhin folgt, seine Auslöschung als politische und unabhängige Einheit bald darauf eintreten könnte. Dass Napoleon verlieren würde, war also absehbar und ebenso, dass die Sieger über Napoleon darüber bestimmen würden, was mit den Besiegten geschah. Hier erkenne ich einen Dienstethos, der sowohl edel, als auch treu ist.  York erkennt, dass jeder weitere Kampf gegen Russland sinnlos ist und nur mit dem Tod enden kann. Die Freiheit und das Überleben Preußens und damit auch ein Stück deutsche Souveränität sind ihm wichtig. Seine Loyalität gegenüber Napoleon basiert auf einem Kontrakt, den sein König unter Zwang unterzeichnen musste und welcher nicht im Sinne des deutschen Volkes ist. York beruft sich bei seinem Verrat also darauf, dass er eben kein Verräter ist. Zumindest verrät er nicht seinen eigentlichen Dienstherren, das Volk. Ähnlich wie Friedrich der Große, der sich als Erster Diener des Volkes sah. So ist auch York als Staatsdiener nur dem obersten Diener und seinem Träger, dem Volk, verpflichtet. Die Verpflichtung gegenüber Napoleon, einem Fremdherrscher, ist für ihn damit nichtig. Eine Loyalität sticht also die andere aus. Obwohl Napoleon theoretisch sein oberster Befehlshaber gewesen wäre, erkennt er dessen Autorität nicht an, da sie nicht mit dem Willen des eigenen Volkes im Einklang steht.

Der preußische König ist zunächst überrascht, sogar ein wenig erbost über die Anmaßung Yorks. Aber dieses Wagnis ist es, welches in Preußen und dann in ganz Europa die Mühlen einer neuen Erhebung anwirft. Beim Bekanntwerden dieses ungeheuerlichen und unerwarteten Bündnisses zwischen preußischen und russischen Soldaten bricht in Norddeutschland und in Ostpreußen eine nationale Widerstandsbewegung hervor, die nur auf diesen Moment gewartet hat. Zar Alexander kann dieses historische Momentum nutzen um Napoleons Truppen aus Russland heraus zu drängen und mit dem preußischen König den alten Bündnisvertrag mit neuem Leben zu erfüllen. Ein Jahr später stehen dann deutsche und russische Soldaten Seite an Seite in der schicksalhaften Konfrontation bei Leipzig.

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mardi, 22 novembre 2016

The Willful State: Frederick the Great’s Report on the Prussian Government

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The Willful State:
Frederick the Great’s Report on the Prussian Government

Frederick the Great
Exposé du gouvernement prussien, des principes sur lesquels il roule, avec quelques réflexions politiques
Berlin, 1775-1776[1]

One often encounters people who have no faith in the ability of a small nation to achieve anything worthwhile.[2] Yet one typically does not have the luxury of choice. One may prefer to live in a large and populous country, but in any event one must work with what one has. Furthermore, the fact is that small states can and do on occasion “punch above their weight” and influence the course of history. In support of the proposition that even the smallest of nations may dare to be ambitious, I give a most powerful example: the Kingdom of Prussia.

When Frederick the Great became King of Prussia in 1740, the population of his little north German realm numbered just over 2 million. This was only a third of the population of England, itself a rather small European power, and Frederick’s kingdom did not enjoy the protection of the English Channel. Instead, Prussia, also a land poor in natural resources, was protected solely by the sheer will to organize all of the little state’s means into the mightiest army possible. The gambles were huge, the threats of annihilation repeated, and yet through it all it was little Prussia which emerged victorious. The machine set in march by Frederick would double in population by the conquest of Silesia and, a century later, give Bismarck the means to unite Germany. Thus Prussia shows how a small principality may become the greatest of European powers.

The lessons of Prussian statecraft are then of interest to all those, be they leaders or citizens of nations great or small, who wish to maximize their potential and fulfill a great project. How did Frederick go about building his machine of state? For this, we may turn to the Great King himself, for he was a prolific writer. In the mid-1770s, he wrote a private[3] Report on the Prussian Government, on the Principles on Which It Operates, with some Political Reflections. The work, as so often with Frederick, is of an admirable lucidity and clarity. I will provide an overview of the Report, which apparently has never been published in English, with translations of substantial passages.

Frederick argues for a unitary state in which all the branches of government — military, budgetary, and political (under which he refers exclusively to foreign policy) — are continuously and harmoniously united towards a single goal. For the insecure Prussia of Frederick’s day, that goal was above all maintaining military preparedness and a “rainy day” war-chest, to both guarantee the state’s security and seize any opportunities which, by the vagaries of international politics, should present themselves. Frederick asserts that the prince must himself give the example, carefully monitoring all aspects of his state’s operation and personally ensuring that military merit is honored above money. Good manners must be promoted among the citizens and fertility encouraged. Above all else, one must concentrate one’s efforts on the decisive, always being thrifty, and not wasting resources on side-projects. The bolder one’s enterprises, the greater the gains.

In short, Frederick’s politics are the antithesis to the bourgeois democratic politics we have grown used to in the postwar era. We may say that Western politics have tended to be ever-more obsessed with materialist consumerism (welfare, purchasing power, GDP; and our politicians even fail to deliver these) and egalitarian “victimocracy” (symbolic and real spoils for various aggrieved groups, namely ethnic minorities, sexual minorities, and women). In both cases, individual and sectional interests are taken as the frame reference, rather than the interests of the community as a whole.

Finances: Frugality Above All

Frederick begins: “To have a general idea of this government, one must examine in detail all the government’s branches, and then combine them together.” These branches are finances, the military, and international politics/foreign policy (la politique). Frederick emphasizes the importance of the budget, which he often compares to an organism’s nervous system: “I begin by finances, which are like the sinews of the human body, which move all its members.”[4] Public finances should be as frugal as possible — notwithstanding spending on fortifications, infrastructure, and foreign allies — so as to amass a healthy war chest that can last until peace is signed:

But one must remark that if we draw all extraordinary war funds from the treasury, we will last only four campaigns, which means that by necessity we must take hold of Saxony, husband as best we can the treasury, which must specifically only serve to fill the emptiness of a few provinces invaded by the enemy. Here is the bottom of things, which shows that one must practice the greatest economy to have the last écu[5] in one’s pocket when one negotiates the peace.

Frederick argues that a substantial budget surplus is justified economically because Prussia had a trade surplus twice as big, thus money was still entering circulation. This surplus, which the Germans do seem to have a knack for, was achieved thanks to “establishing many manufactures, and especially with the help of Silesia.” Frederick emphasizes the need for the most careful monitoring of public spending:

This is why one must not lose sight of manufactures: though them, this [trade] balance can still be increased in our current possession by some hundred thousand écus. But what is important above all is to conserve the good order now established in  the management of public monies and the supervision of all funds; without which the people pays very much, and the sovereign is robbed.

Thanks to this thriftiness, Prussia then had enough money for four military campaigns and enough grain for three, including purchases from Poland.

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Military Affairs: Preparedness & Honor

Frederick’s description of the Prussian army is worth quoting at length. He argues that Prussia’s militarization is warranted given her insecure geographical position and the size of her neighbors. The Prussian army, based (after the conquest of Silesia) on a country of 5.2 million, was by no means large compared to its neighbors’. Frederick argues then that Prussia can only distinguish itself militarily by the quality and discipline of its armed forces. The commander-in-chief himself must personally give the example “or all is lost” for the little country. Frederick strikes a decidedly conservative note, arguing that if aristocratic officers should prove inadequate, “the recourse to commoners, would be the first step towards the decline and fall of the army.”

ON THE ARMY.

The situation of this State forces us to maintain many troops, because our neighbors are Austria, Russia, France, and Sweden. The war-footing numbers 220,000 men, including the freelance battalions and the increase in cavalry. From this number we will be able to campaign with 180,000 men; but as soon as we need to form three armies, it becomes quite apparent that we do not have many compared to our neighbors. I believe that discipline must remain on the current footing, as must the introduced reforms, unless war should change, because then one may only side with adapting to circumstances and to change with them; but to equal our enemies or surpass them, one needs to do so through order and discipline, to encourage the officers to distinguish themselves, so that a noble emulation encourages them to surpass the enemies they must fight. If the sovereign does not himself get involved in military affairs, if he does not give the example, all is lost.  If one prefers courtly layabouts [fainéants de cour] to military affairs, one will see that the entire world will prefer this laziness to the strenuous military profession, and then, instead of our officers being nobles, we will have to have recourse to the commoners, which would be the first step towards the decline [décadence] and fall of the army. We have at present only 70 citizens[6] per company; one must not stray from this principle, to husband the country, which, by the increase in population, will be able to furnish resources or recruits, if war makes it necessary. [. . .] Our population counts 5.2 million souls, of which about 90,000 are soldiers. This proportion may suffice; but one must not take from the cantons more than 840 for each infantry regime and 400 for each cavalry regiment.

Foreign Policy: The Art of Opportunity

Frederick then writes very cogently on foreign policy under the heading “la politique.” This puts the Prussian military theorist Carl von Clausewitz’s later famous definition of war as “politics by other means” in an interesting light. In his great work On War, Clausewitz rarely discusses politics as such but it seems he too supported the primacy of foreign policy, which is to say the overriding interest of the state in maintaining its own existence and security, over liberal and constitutional niceties.[7]

Frederick clearly takes an unsentimental view of international relations as Realpolitik. The goal is to ensure the security of the state, this means: maintaining good relations and an alliance with the state which can most harm us (in this case Russia), acquiring more secure borders (by annexing Saxony as buffer territory), and being ever-prepared so as to be able to seize any unforeseeable opportunities to reach this goal. Frederick emphasizes caution however: given the country’s limited resources, war should only be pursued if there really is something to be gained, one must not overextend one’s territory to indefensible borders, and one must use both modesty and secrecy so as to not disturb the European balance of power and stoke general hostility against us.

ON POLITICS.

One of the first principles of politics is to work to ally oneself with whoever among our neighbors can inflict the most dangerous blows against the State. It is for this reason that we are allied with Russia, because it frees up our back concerning Prussia,[8] and that, as long as this relationship lasts, we have need not fear that Sweden will dare to attack in Pomerania. The times may change, the strangeness of circumstances can force us to take other commitments; but never will we find with the other powers the equivalent of the advantages that we find with Russia. The French troops are worth nothing, and the French are used to only feebly assisting their allies; and the English, made for paying subsidies, sacrifice their allies, to the peace, to favor their own interests. I do not speak of the house of Austria, with which it seems almost impossible to form solid bonds. Concerning the political prospects for acquisitions appropriate for this monarchy, the States of Saxony are indisputably those which would be the most appropriate, by rounding it off and forming a barrier by the mountains which separate Saxony from Bohemia, and which would need to be fortified. It is difficult to foresee how this acquisition could be made. The surest way would be to conquer Bohemia and Moravia, and to trade them for Saxony; or finally that this could be done by other trades either of the Rhenish possessions, adding Juliers or Berg, or by any other way that it could be done. This acquisition is an indispensable necessity to give this State the consistency which it lacks. For, as soon as we are at war, the enemy can march directly to Berlin without finding the slightest opposition on his path. I do not speak of the rights of succession in the countries of Ansbach, Juliers and Berg, and Mecklenburg, because these claims are known, and one must wait for their occurrence. As the State is not rich, we must take care above all else to not get involved in wars where there is nothing to be gained, because one exhausts oneself at a pure loss, and when a good opportunity follows, one cannot take advantage of it. All distant acquisitions are a burden to a State. A village on the border is worth more than a principality 60 leagues away. It is a necessary measure to hide as much as possible these schemes of ambition, and, if one can, to awaken Europe’s envy against other powers, on the occasion of which one strikes one’s blow. This can occur, and the house of Austria, whose ambition goes unconcealed, will needlessly attract the envy and jealousy of the great powers. Secrecy is an essential virtue for politics as well as for the art of war.

preugren.jpgI note with amusement the statements on the value of a Russian alliance, the unreliability of a French guarantee, and the perfidy of Albion, observations which would no doubt resonate with many people in later centuries. Plus ça change !

Frederick briefly discusses the laws of Prussia [2], describing them as “fairly wisely made.” He argues no changes are needed, but that there must be regular visits to provincial courts to punish malfeasance, for “the parties and the lawyers work to elude the best laws.” There should also be a review every 20 years to ensure the appeals process is not abused through endless trials. These highlight the importance of regular, mindful care for one’s state.

Harmonious Government: All Branches Working Towards the Same Goal

Frederick then discusses finances, the military, and foreign policy as forming the coherent whole which government must be. He again emphasizes frugality and a healthy war chest:

TOTAL COMBINATION OF GOVERNMENT.

Given that the country is poor, and has no resources, it is necessary for the sovereign to always have a well-furnished treasury, to bear at least a few campaigns. The only resources which he may find when in need consist of a loan of 5 million from the Landschaft [a bank decreed by Frederick, made up of noblemen, allowing the state to borrow from the Prussian population itself], and about 4 million which he can draw from the bank; but that is all.

Public money, he says, should be spent on various development projects such as fortresses, manufactures, or infrastructure “in order to make the State’s constitution more solid.”

The sovereign should then be frugal with his subjects’ blood and treasure. He must himself be an example of rectitude, or his subjects will also become wasteful. Frederick emphasizes “especially” the maintenance of good morals, which can only be achieved if the power of money is kept in check. It must be impossible for the wealthy to buy honors, as they do in France. Frederick advocates a muscular natalism in order to produce more citizens and soldiers:

These reasons which I have just put forward demand that this country’s sovereign be economical and a man who maintains the greatest order in his affairs. An equally valid reason as the first is also joined to this: it is that if he gives the example of profusion, his subjects, who are poor, want to imitate him, and ruin themselves. One must especially, to support manners, grant distinctions only according to merit and not for wealth; the poor observation of this principle in France has meant the loss of the of the nation’s manners, which previously knew only the path of honor to achieve glory, and which believes at present that it is enough to be rich to be honored. As the wars are an abyss into which men fall, one must be watchful that this country be as peopled as possible, from which another good results, which is that the countryside is better cultivated and landowners are more at ease.

Frederick denies the utility of a navy for Prussia for this would divide the country’s efforts and anyway be too small to be useful. Instead, one should concentrate one’s efforts on the most decisive point, in this case the army:

I do not believe that this country should ever be persuaded to form a military navy. Here are the reasons. There are in Europe great navies, that is: that of England, those of France, Spain, Denmark, and Russia. Never will we be able to equal them; hence, with a few ships, remaining always inferior to other nations, the expense would be useless. Add to this that, to maintain a fleet, the money this would cost would force us to reform land troops, that this country is not sufficiently populated to provide recruits for the army and sailors for ships, and finally, that sea battles are rarely decisive; from which I conclude that it is better to have the best army in Europe than the worst fleet of the maritime powers.

Frederick argues that policy must “look as far as possible into the future” but recognizes that unforeseen circumstances will always arise. As such, the best one can do is to be ever-prepared so as to be able seize opportunities. Interestingly, Frederick explicitly affirms that political control of the military must serve to radicalize warfare to ensure it reaches the given political objectives: “War itself must be conducted according the principles of policy, to inflict the bloodiest blows against one’s enemies.” Frederick advises great enterprises, even if these are risky, rather than wars for trifling objectives:

Policy must look ahead as far as possible into the future, and judge the circumstances of Europe, either to form alliances, or to counter the projects of one’s enemies. One must not believe that it can bring about events; but when these present themselves, it must seize them to take advantage of them. That is why finances must be in order. It is for this reason that there must be money saved up, so that the government is ready to act as soon as political reasons indicate the moment. War itself must be conducted according the principles of policy, to inflict the bloodiest blows against one’s enemies. It was according to these principles which prince Eugene [of Savoy, an Austrian commander] acted, he who made his name immortal by the march and the battle of Turin, by those of Höchstädt and of Belgrade. These great projects of the campaign do not all succeed; but when they are vast, there always results more advantages than by these little projects where one limits oneself to taking an insignificant town [bicoque] on the border. That is how the count [Maurice] of Saxony [a French commander] gave battle at Rocoux to be able to execute the winter according to his designs upon Brussels, which succeeded.

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Frederick stresses that foreign policy, the military, and finances must form a coherent whole. Otherwise they are vain, as in the case of France, which as Europe’s largest state could afford to become flabby and incoherent. Prussia did not have this luxury:

It is obvious that, from all that I have just said, that policy, the military, and finances are branches which are so tightly bound together, that they cannot be separated. One must carry them out all at once, and by their combination, subject to the rules of good policy, there results the greatest advantages for the State. In France, there is a king which manages each branch separately. There is a minister who presides, either to finances, to war, or to foreign affairs. But the rallying point is lacking, and these branches, not being united, diverge, and the ministers are each busy with only the details of their department, without anyone uniting the objects of their works to one fixed goal. If such a thing happened in this State [Prussia], it would be lost, because great monarchies go on despite excesses, and support themselves by their weight and intrinsic strength, and small States are soon crushed, if all in them is not strength, life, and vigor.

Frederick concludes that a small and insecure state such as Prussia must always be led by a watchful prince:

Here are a few reflections and my ideas on the government of this country, which, so long as it has not taken greater consistency and better borders, must be governed by princes who are always watchful, ears pricked, to observe their neighbors, ready to defend themselves from one day to the next against the pernicious projects of their enemies.

Conclusion: Power Through Will

Of Western and European states today, only the United States of America and the Russian Federation can be considered even moderately “big” in a world in which we face China’s 1.4 billion, India’s 1.25 billion, and, in another mode, the endless hordes to come from an Africa destined to number 4 billion this century [3]. Furthermore, any European-American successor states to the current U.S.A. would likely number around 150 million. Frederick’s directives for maximizing the power of small states through a frugal and martial government, characterized above all by a coherent will, are then very relevant to us.

The Greater-European World is made up dozens of states, each of which could, under enlightened leadership, work for the salvation of our people. The means of a small state are necessarily modest, but let no one say that these are worthless. Prussia began as a small enterprise. But by the luck of having successive great princes, a political “germ-cell” was set, the logic of which was favorable to growth, turning a minor principality of 2 million into a Great Power of 5 million, and then into a united Germany preeminent on the Continent, fit for two awesome bids for regional hegemony. The example of Prussia shows that even small states, when armed with unity and will, can maximize their potential and, when the stars align, achieve wonders.

Times have changed since Frederick’s. We, for the most part, do not need to be so mindful of military security as in the past. Indeed, most traditional military conflict in our lands, lamentably, is intra-European. The inherent disorganization of the Third World, nuclear weapons, and the diminishing returns of military occupation in the modern era mean that there are few conventional threats to our security.[9] The Western World’s conflicts with the Arab nations and Iran, far from being motivated by any objective threat, have largely been driven by a hypertrophied U.S. imperial establishment and the malignant influence of the Israel Lobby in Washington, Paris, and London.

The lasting insight in Frederick’s Report on the Prussian Government is the need for a coherent will: that government should concentrate on its core objectives, that all the parts work in harmony towards this, and that this will be steadily maintained over long periods of time. Frederick’s goal was the security of his state and as such he concentrated on maximizing military capability and constant readiness to seize opportunities in foreign affairs. Other objectives may be served by these Prussian virtues: constant mindfulness, frugality, preparation, and setting a good example for one’s citizens.

Frederick emphasizes the importance in politics of encouraging family-formation and maintaining public morals, which is to say shape the society’s culture and enforce positive social norms. The nation and state must always be carefully tended and cultivated that it, like a beautiful garden, flourish and grow. Frederick organized his entire state towards the goal of military power and security. Perhaps we may say that the endangered Europeans of today must similarly organize their states, through systematic cultural and population policies, towards the goals of demographic expansion, genetic quality, and unity within our great family of nations.[10]

Frederick’s patriotic prince can in our times seem something like an alien. We have grown used to living under governments dedicated above all to individual caprice and equalizing victimhood. Our people are so demoralized, that even the idea that our men and women, especially the best of them, should be expected and encouraged to raise children is considered outright offensive by many. Frederick shows that such misguided doctrines do not favor national survival.

We are used to “politics” meaning only more-or-less loathed electoral politicians winning office by publicly pandering to the mob’s bottomless appetite for consumerism and narrow sectional interests, while actually serving the hostile, increasingly post-national oligarchs who finance their political parties and control the mass media who significantly determine the public’s views. In Frederick’s time, the manners of the average citizen, be he farmer, burgher, or nobleman, were shaped by a hard life, national laws, and a state church. Today, besides the general slouching, the education of the youth and the public at large is largely left, to a small, rootless international clique of media moguls, from Carlos Slim and Rupert Murdoch, to Michael Eisner and Sumner Redstone. These men pursue their particular financial, ideological, and ethnic[11] interests, rather than the national good.

This is not inevitable however. At the close of Frederick’s reign, the population of Prussia approached that of England. The two countries in later centuries would enjoy similar rises in power and greatness. We may say that Anglo-America is what northern Europeans tend to when plenty and security afford them the luxury of individualism and egalitarianism. Prussia is what northern Europeans tend to when, driven by poverty and insecurity, they must organize and discipline themselves for collective survival.

The European peoples, we can be sure, will suffer ever-greater insecurity in the twenty-first century with their dwindling numbers, their swamping by outsiders, and the rise of Asia and Africa. By this suffering, the Europeans will painfully learn from their mistakes and again know the true worth of things. No doubt, we will see Prussians again.

In the twentieth century, the logic of Europe and the West had been one of unbridled expansion. From a small appendage of Eurasia, we burst forth and conquered virtually the entire world and multiplied to become a full third of humanity. Since the catastrophic world wars, we have been in headlong decline and, in time, we will have lost not merely our empires, but of even our own historic homelands. By the end of this century, we will be lucky if we still make up 5 percent of humanity. We must arrest our decline by again establishing, by will and discipline, a logic of expansion. The Great King provides us with a powerful model. Every European nation must play its part.

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Notes

1. As published in Johann Preuss (ed.), Œuvres de Frédéric le Grand, vol. 9 (Berlin: Royal Printer, 1848), pp. 209-220. http://friedrich.uni-trier.de/fr/oeuvres/9/toc/ [4]

2. On the recurring controversy concerning pan-European political unity: small states’ options and character are indeed, in the long run, generally determined by great geopolitical blocs and empires, often of a continental scale. But it is also true that the larger a polity is, the less cohesive and coherent it is likely to be. In any event, one must not confuse a unitary empire with a multinational and multistatal confederation. The latter is necessarily prone to impotence as each state holds a de facto and/or de jure veto and each nation does not identify with the others. Thus, while a confederation may be a useful thing, one should not place exaggerated hopes in it or believe this to be the critical locus of politics. The locus of politics is always the actual sovereign. Nationalists understand the sovereign acting through the nation-state: mass consciousness is only possible in a nation; political action is only possible through a state. An empire may or may not be preferable, but that is always founded through the spilling of blood, never by signing bits of paper. For the truth of this, I refer you to the history of the United States before Lincoln, of the German Confederation before Bismarck, of Austria-Hungary, Canada, Belgium, and the European Union. (Concerning the latter two, there has been amusing example of paralysis in recent weeks as the region of Wallonia vetoed Belgian support for a major EU-Canada free trade agreement. Thus multinational polities were leading to vetocracy squared: Wallonia vetoed Belgian policy, and Belgium vetoed EU policy. And yet, one finds a thousand people in the political mainstream who believe the permanently paralyzed EU is the primary answer to European decline . . .) I also, again, direct you the very eloquent statements explicating these matters in De Gaulle’s press conferences and Hitler’s Second Book.

3. That it remained unpublished during his lifetime is unsurprising: Frederick is quite frank about his coveting neighboring Saxony in order have more buffer territory on his vulnerable southern border. These ambitions, he insisted, had to remain secret. Prussia would indeed acquire 40 percent of Saxon territory at the Congress of Vienna in 1815.

4. I would add that finance and culture can be said to make up an entire society’s nervous system. Which begs the question: what does it mean if a particular ethnic group, especially if hostile to the majority, achieves commanding influence in a society’s financial and cultural institutions?

In the natural world, the principles and examples [5] from which should always be in our minds, we observe Ophiocordyceps unilateralis, a parasitic fungus able to hijack ants’ behavioural system and turn them into “zombie ants.” According to Wikipedia:

Infected hosts leave their canopy nests and foraging trails for the forest floor, an area with a temperature and humidity suitable for fungal growth; they then use their mandibles to affix themselves to a major vein on the underside of a leaf, where the host remains until its eventual death. The process leading to mortality takes 4–10 days, and includes a reproductive stage where fruiting bodies grow from the ant’s head, rupturing to release the fungus’s spores.

5. An archaic French currency.

6. Presumably Bürger commoners.

7. Certainly, the continued existence of the state is a sine qua non of any policy, but we as nationalists add: policy must serve the existence and cultivation of the people from which the state derives.

8. Here, presumably meaning East Prussia.

9. There are exceptions obviously: Turkey is a threat to Greece, and China is a threat to Russia. In the long term, we also cannot exclude that Africa’s population explosion will eventually form a conventional military threat. What would a Spain reduced to aged pensioners and effeminate young leftists be able to oppose to a few million Islamized Africans led marching upon Europe, no doubt led, according to their genius, by a new Mahdi or General Butt Naked?

10. I observe one prominent “willful state” active in the world today: the Jewish State of Israel. This country has, through a cross-partisan political and social consensus, consistently pursued policies of demographic and territorial expansion, for the security and power of the Jewish people and against the Arabs, whom Orthodox Jewish consider subhuman. The Jews’ fertility rate in Israel is now well above replacement with over 3 children per woman, equaling the Arab rate. (Admittedly, Israel has been successful in large part thanks to its diplomatic and financial parasitism upon the Western nations, to the tune of hundreds of billions of dollars and thousands of European lives, through the tireless efforts of the Jewish-Zionist lobby. But that is but another example successful ethnic activism, only possible because we are not yet ethnically organized.)

11. Unless, obviously, they are of European descent . . .

Article printed from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com

URL to article: http://www.counter-currents.com/2016/11/the-willful-state/

URLs in this post:

[1] Image: http://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2016/11/Frederick_the_Great_after_the_Battle_of_Kolin_by_Julius_Schrader.jpg

[2] the laws of Prussia: http://www.counter-currents.com/2016/11/enlightened-patriarchy-part-1/

[3] an Africa destined to number 4 billion this century: http://www.unz.com/isteve/the-worlds-most-important-graph/

[4] http://friedrich.uni-trier.de/fr/oeuvres/9/toc/: http://friedrich.uni-trier.de/fr/oeuvres/9/toc/

[5] examples: https://twitter.com/natureisscary

 

mercredi, 16 novembre 2016

Enlightened Patriarchy: Frederick the Great’s Principles of Lawmaking

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Enlightened Patriarchy:
Frederick the Great’s Principles of Lawmaking

Perhaps the most impressive Western tradition of statecraft, at least in the modern era, is that of Prussia. To be sure, the liberal-democratic tradition launched by the United States [2] and France is formidable, and it is not without reason that it today dominates our world. But the greatness of America and France also relied upon a prosaic factor: sheer demographic and geographic size. Little Prussia in contrast accomplished feats with absolutely miserable resources, raising herself up among the great powers and founding the German nation-state through sheer force of will. The Prussian “authoritarian” tradition, with its emphasis on hierarchy, community, and martial prowess, is then a useful counterpoise to the liberal-democratic one we take for granted today. Clausewitz and Carl Schmitt must be read beside Jefferson and Tocqueville [3].[1]

The most illustrious of all the Prussian leaders was Frederick the Great, a great political reformer and military commander who also cultivated a reputation as a philosophical thinker in his own right. Given how rare it is for generals and politicians to be particularly thoughtful, Frederick the Great merits all the more to be read by young Westerners in search of their heritage and a usable past. I propose then a reading of some of Frederick’s quite substantial philosophical and political writings.

Frederick’s Dissertation on the Reasons to Establish or Abrogate the Laws (Dissertation sur les raisons d’établir ou d’abroger les lois, 1750),[2] written after a decade in power and the hard-won conquest of Silesia, is admirably clear in its writing (how rare that can be!) and showcases wide reading and historical knowledge.[3] Many of Frederick’s themes and arguments retain all their relevance to this day. As this text is apparently unavailable in English, I will quote from it at length.[4] Unusually for a reigning monarch, the Dissertation was made public, thus showcasing the King’s philosophical credentials and stirring European debate.

Frederick’s ideal government is an enlightened patriarchy. He notes that “family fathers” have played an enormous role in the law throughout history, both as lawmakers and as legal masters of the household. For Frederick, the laws should serve to shape custom and enforce public morals, with the interests of the community overriding those of individuals. But this firm law must also be humane, rational, and moderate. Social conventions should be examined in this light and reformed accordingly. Frederick concludes with two proposals as examples: ending the stigma of bastardy, so as to prevent illegal abortions leading to the deaths of both the bastard and the mother, and a pan-European ban on dueling, the latter often causing the death of valuable citizens.

To know how to make laws, the practical Frederick advises looking to history:

Those who wish to acquire an exact knowledge of the way in which the laws must be established and abrogated can only look to history. We see there that all nations have had particular laws, that these laws were established in succession, and that much time has always been necessary for men to reach something reasonable. We see there that the legislators whose laws have lasted the longest are those who had as their goal public happiness, and who best knew the genius of the people whose government they regulated.

According to Frederick then, history teaches that the establishment of good laws requires patience, public-spiritedness, and harmony with “the genius of people,” which might also be termed national character. He shows an optimistic faith in reason typical of the Enlightenment: men require time to establish good laws, but once reached, these tend to spread. This accounts for the pervasiveness of Roman law: “These laws were found to be so admirable that after the destruction of the empire, they were embraced by the most civilized peoples.”

Frederick’s Dissertation provides a fairly impressive overview of the evolution of law from ancient to modern times, covering the Ancient Egyptians, Greeks, Romans and the modern European nations of England, France, and Germany. He draws from numerous sources, mentioned in the marginalia, including Herodotus, Plutarch, Livy, Cicero, and Tacitus for the Ancients and mainly French historians for the Moderns.

Frederick’s highlights from this enormous historical period are obviously not disinterested. These generally could be considered to subtly reinforce his position as an “enlightened despot” and pragmatic reformer, particularly interested in maximizing his state’s population and military power. In addition to “family fathers,” Frederick places a strong emphasis on the role of religion and, interestingly, usury in the development of the law. Hence, he expounds at length on Sparta, a martial state to which Prussia was often compared:

Lycurgus, king of Lacedaemon, used the laws of Minos, to which he added some of Osiris, which he collected himself from a journey he made to Egypt; he banished gold from his republic, silver, all sorts of currencies, and superfluous arts; he equally shared lands among the citizens.

This legislator, who intended to shape warriors, did not want any sort of passion to weaken their courage; he allowed for this effect the community of wives among citizens, which peopled the State, without excessively attaching private citizens to the sweet and tender bonds of marriage; all children were raised at public expense. When parents could prove that their children were born unhealthy, they were permitted to kill them. Lycurgus believed that a man who was not fit to bear arms did not deserve to live.

He ruled that helots, a kind of slave, would cultivate the soils, and that the Spartans would only busy themselves with the exercises which would render them fit for war.

The youth of both sexes wrestled; they exercised completely naked, in the public square.

Meals were regulated, where, without distinction of orders, all citizens ate together.

It was forbidden for foreigners to stay in Sparta, in order that their manners not corrupt those which Lycurgus had introduced.

Incompetent thieves were punished. Lycurgus had the intention of forming a military republic, and he succeeded in this.

The Aim of Law: Good Manners & Public Safety

csm_6.5_2dd71daf9a.jpgFrederick asserts that laws should aim to promote “[g]ood manners and public safety.” He is enormously concerned with civil peace, saying French chancellor Michel de l’Hôpital’s efforts to increase tolerance and defuse tensions between Catholics and Protestants during the Wars of Religion “worked for the salvation of the fatherland.” Laws may deal with politics (government), manners (criminal), and civil matters (contracts, usury).

But for Frederick, laws do not merely have the negative goal of suppressing crime and instability, but also the positive one of fostering good habits. Hence the laws have an important cultural role. He says “the laws are dikes against the overflowing of vices, they must be made respected by the terror of punishments,” but these should also be humane. The sovereign must protect “the majesty of the laws” if these are to have any power. This sometimes fails. Under the Roman Republic “the corruption of manners . . . led to an endless multiplication of laws.”

Frederick cites the Twelve Tablets of Rome, inspired by Solon, among the best laws. These had notably legalized posthumous recognition of children (in cases where the alleged father died before birth) and divorce: “These laws, so equitable and so just, restrained citizens’ freedom only in the cases when their abuse of it could harm the calm of families and the security of the republic.”

However, in judging what individual liberty and equal rights citizens should have, Frederick stresses that the aim must always be the public good. Many restrictions on individual liberty and “discriminations” against classes of citizens might at first appear unjust, but are actually upon closer examination found to serve the general welfare. Frederick cites the German practice of primogeniture in this regard:

Whoever has bothered to the examine the laws with a philosophical spirit will have no doubt found many which at first appear contrary to natural equity, and which however are not so. I content myself with citing the right of primogeniture. It seems that nothing is more just than sharing the paternal estate equally among all children. However experience proves that the most powerful inheritances, subdivided into many parts, reduce over time opulent families to indigence; which has led father preferring to disinherit their younger sons rather than prepare their house for a guaranteed decadence. And for the same reason, laws which appear bothersome and harsh with certain individuals are not less wise, so long as they tend towards the entire society’s advantage; this is a whole to which the enlightened legislator will constantly sacrifice the parts.

Thus, discrimination against younger sons, while unfair for those concerned, can be justified by its strengthening of the continuity of the family house. (I note in passing that some have claimed this passing on of the family household to  the first-born son has contributed to the strong German tradition of family businesses [the famous Mittelstand]. Conversely, the French Revolution’s egalitarian law of succession overrode the father’s will and equally distributed property among sons. Thus, estates tended to disintegrate over time. Some have blamed the catastrophic and lasting decline of French fertility in this period on these provisions, bourgeois fathers seeking to reduce their offspring to maintain their households.)

Certainly the American and French revolutionaries would not deny the importance of the general welfare, but Frederick is more explicit: the public good must come before the individual interest and narrow “rights.” In this he echoes the wisdom of classical philosophy, as when the Roman emperor and Stoic philosopher Marcus Aurelius [4] wrote: “What brings no benefit to the hive brings none to the bee. [. . .] What causes no harm to the city causes no harm to the citizen.”

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Patriarchy: A Realistic Ideal

Frederick ascribes an enormous role to the père de famille, the family father, both in the historical foundation of law and in establishing good laws in the present. He begins his historical account as follows:

It seems probably that family fathers were the first legislators: the need to establish order in their houses no doubt forced them to make domestic laws. Since these first times, and when men began to assemble in cities, the laws of these particular jurisdictions were found to be inadequate for a more numerous society. [. . .]

Disorders accrued in the cities, news vices were born, and the family fathers, as those with the greatest interest in repressing them, agreed, for their security, to oppose this excess.

Towards his conclusion, Frederick presents patriarchy as one of the best forms of government given humanity’s imperfect nature. He describes first a utopia in which government and laws would perfectly regulate society like clockwork:

A body of perfect laws would be the masterpiece of the human spirit concerning the government’s policy: one would observe there a unity of plan and rules so exact and proportioned, that a State driven by these laws would resemble a watch, whose springs have been made for one same goal; one would find there a deep knowledge of the human heart and the genius of the nation; punishments would be tempered, so that by maintained good manners, they would be neither light nor harsh, clear and precise rulings would never lead to legal dispute; they would consist in an exquisite choice of all that has been best in civil laws, and in an ingenious and simple application of these laws to the customs of the nation; all would be foreseen, all would be combined, and nothing would be subject to inconveniences: but perfect things do not pertain to humanity.

Human beings being imperfect, Frederick instead offers patriarchy as a realistic regime. Under patriarchy, the government’s public-spiritedness is ensured by a sense of family belonging with the people:

The peoples would have reason to be satisfied, if legislators placed themselves in their regard in the same mental dispositions of these family fathers who gave the first laws: they loved their children; the maxims they prescribed had as their goal only the happiness of their family.

This perspective largely resonates with evolutionary psychology’s later view that feelings of kinship enable in-group altruism and more generally on the centrality of family to human psychology.

Frederick highlights numerous examples throughout history of the importance of the father in law: parricide was so unthinkable to Solon he made no mention of it in his laws, while the Romans made the mere intention of parricide punishable by death. This did not mean the father should enjoy unlimited and tyrannical power, as Frederick also writes:

No laws revolts humanity more than this right of life and death which fathers had over their children in Sparta and Rome. In Greece, a father who was too poor to provide for the needs of a too numerous family allowed the children born in excess to perish; in Sparta and in Rome, if a child came to the world poorly-shaped, this sufficiently authorized the father to deprive him of his life.

It is worth observing here that if the killing of infants was not for an arbitrary individual purpose such as a father’s whim, but rather for a rational public purpose such as eugenics, this might meet Frederick’s criteria for a good law, given his previous assertion of the public good over individual interest.

friedrich_II.jpgFrederick’s advocacy of paternal authority is all the more poignant and significant in that his own father, Frederick-William, also known as the Soldier King, had been a harsh one. Frederick-William had often beaten his son and executed before Frederick’s eyes his youthful best friend (and possible lover), Hans von Katte, for “desertion.”

Undivided Authority

Frederick’s apology of patriarchy fits well with his arguing that the sovereign should enjoy undivided authority, free notably from parliaments. This enabled the sovereign to concentrate without distraction and formulate coherent laws. Coming from an absolute monarch, this was obviously not a disinterested position, but it was forcefully argued. Frederick stresses the dissensions between Senate and people which paralyzed the Roman Republic and writes on England:

Although England has many wise laws, it is perhaps the European country where they are the least in effect. Rapin Thoyras [a French historian] remarks very well that, by a vice of government, the power of the King is constantly in opposition to that of the parliament; that they watch each other, either to conserve their authority, or to extend it; which distracts the King and the representatives of the nation from the care which they should expend to maintain justice; and this turbulent and stormy government changes endlessly its laws by acts of parliament, according to whether the current situation and events forces it to do so; hence It follows that England is in the situation of more requiring reform of its jurisprudence than any other kingdom.

Frederick argues elsewhere that laws made by different authors will tend to contradict one another and be incoherent:

When in a State the laws are not assembled in a single body, there must be some who contradict each other; as they are the work of different legislators who did not work on the same scheme, they will lack unity which is so essential and so necessary to all important things.

He notes that nothing is worse for respect for the laws than internal contradiction. Hence, Frederick strongly argues for legal codification, citing many examples, from Justinian through Alfred the Great to Louis IX of France.

Frederick then explicitly rejects any doctrine of divided sovereignty or separation between executive and legislative authority, as found in the writings of Montesquieu and the American Constitution. No doubt Frederick would not be surprised by the often vague and incoherent texts produced by divided sovereigns, whether the representatives in the U.S. Congress or the heads of state of European summits.

To be continued . . .

Notes

1. My ability to directly study the Prussian tradition is sharply limited by my very inadequate knowledge of German. Concerning Frederick however, I am fortunate, as a blessed son of France, for the Great King wrote overwhelmingly in French. This reflected the preeminence of French as the European lingua franca of the eighteenth century and Frederick’s enthusiastic embrace of the French Enlightenment, or les Lumières. On other benefits of learning the French language, see Guillaume Durocher, “Learning French with Jean-Marie Le Pen,” [5] Counter-Currents, November 20, 2015.

2. As published in Johann Preuss, Œuvres de Frédéric le Grand, vol. 9 (Berlin: Royal Printer, 1848). http://friedrich.uni-trier.de/fr/oeuvres/9/toc/ [6]

3. Montesquieu is a possible but uncertain influence. Frederick makes clear in a letter that he had read Montesquieu’s Considerations on the Greatness and Decadence of the Romans. However, there is no mention of the French writer’s more famous Spirit of the Laws, which were published around the same time as the Dissertation’s writing.  There is confirmation that Frederick read the Spirit of the Laws afterwards. Anne Baillot and Brunhilde Wehinger note a number of parallels: on the law as representing the progressive development of human reason (Montesquieu: “The law, in general, is human reason.”), on the need to adapt law to “national genius” and circumstances, on a gentle approach to abortion, and in supporting the ban of torture. Anne Baillot and Brunilde Wehinger, “Frédéric II, Roi-philosophe et législateur,” HAL.archive-ouvertes.fr (2013). https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00788671/document [7]

4. Frederick’s works appears to be largely unavailable online in English. French and German versions of his complete works are available in scanned and text formats from the University of Trier. However, these are only available page-by-page rather than by chapter or book, which make referencing somewhat obnoxious.

Article printed from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com

URL to article: http://www.counter-currents.com/2016/11/enlightened-patriarchy-part-1/

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[1] Image: http://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2016/11/Friedrich_ii_campenhausen.jpg

[2] the United States: http://www.counter-currents.com/2016/07/the-eternal-anglo-1/

[3] Tocqueville: http://www.theoccidentalobserver.net/2016/07/tocquevilles-patriotic-republic-nationalist-themes-in-democracy-in-america-part-1/

[4] Marcus Aurelius: http://www.counter-currents.com/2016/09/the-prayers-of-marcus-aurelius/

[5] “Learning French with Jean-Marie Le Pen,”: http://www.counter-currents.com/2015/11/learning-french-with-jean-marie-le-pen/

[6] http://friedrich.uni-trier.de/fr/oeuvres/9/toc/: http://friedrich.uni-trier.de/fr/oeuvres/9/toc/

[7] https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00788671/document: https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00788671/document

Enlightened Patriarchy:
Frederick the Great’s Principles of Lawmaking

Part 2

Moderation & Humaneness

Fried2-post.jpgThe sovereign has authority but, as with the father, this must be deserved. Frederick notes dispassionately that Publicola, one of the founders of the Roman Republic, had legalized tyrannicide. The laws must be fair and appropriate to the nation concerned, otherwise they will be soon be abolished and the people will revolt:

The legislators who establish laws in monarchies are typically themselves sovereign: if their laws are gentle and equitable, they will maintain themselves by their own accord, all individuals find their advantage in them; if they are harsh and tyrannical, they will soon be abolished, because they need to be maintained by violence, and the tyrant is alone against an entire people who only the desire to eliminate them.

Frederick argues that excessively harsh laws anyway cannot last. Draco, the first lawmaker of Athens, saw his notoriously tough legislation soon abrogated by Solon’s.

Frederick argues:  “Natural equity wishes that there be proportion between crime and punishment.” Punishment should take circumstances into account for “[t]here is an infinity between the destiny of a rich man and of an impoverished one.” Frederick claims that for a poor thief to steal a rich man’s gold watch was no great crime.

Frederick proposes a middle way between laxness and severity. He notes that the Ancient Egyptians did not punish thieves — the victims were legally allowed to rebuy their lost property from the thieves — a measure which was “the means of making thieves out of all Egyptians.”

In contrast, “[t]he French laws are of a terrible rigor,” for these prescribed the execution of domestic thieves so as to prevent the spread of their “seed.” Frederick claimed Prussia, by not executing nonviolent domestic thieves, had found the right balance:  “Prussian jurisprudence has found a temperament between the laxity of Egypt’s and the severity of France’s.” At the same time, he affirms harshness for the most evil crimes “so that the punishment is always in step with the crime.”

These considerations on humaneness were also linked to the abolition of torture. Frederick expresses revulsion for the practice of trial by ordeal in England and of “la question” (the seeking of confessions under torture) in France. Frederick banned torture in Prussia on his third day on the throne. He did so on the grounds that tolerance to pain was not necessarily correlated with virtue and that citizens should not be forced to incriminate themselves. This ban “caused a sensation in Europe” and put Prussia “at the vanguard of modernity.”[1]

With perhaps excessive rhetorical flourish, Frederick claimed to be taking “the side of humanity against a custom shameful to all Christians and civilized peoples, and, I dare to add, a custom as cruel as it is useless. [. . .] It would be better to forgive twenty guilty people than to sacrifice an innocent. [. . .] The question in Prussia was abolished eight years ago [. . .] we are certain to not confuse the innocent and the guilty, and justice is delivered no less.”

Other examples of humaneness are Frederick’s abolition of the Hurenstafe (the “Whores’ Punishment” instituted by his father, meaning execution by tying the woman in a bag and drowning her in a river) and a ban on hiding unwanted pregnancies and killing unwanted infants.

Frederick provides quite a long narration on the development of the laws and rights of Englishmen, including the Magna Carta, habeas corpus, and trial by jury: “the nation still conserves this privilege.”

Usury & Inequality

Frederick ascribes considerable importance to economic inequality and to the evil of usury in the history of the laws. He writes: “nothing makes more odious differences of condition than the tyranny which the rich exert with impunity over the miserable.” To this end, Frederick put limits on the ability to appeal, for prior to this those of means could appeal decisions in Prussia’s various courts almost endlessly.

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Frederick identifies usury, with the related self-reinforcing accumulation of wealth by an oligarchy, as a major cause of revolution throughout history, accounting for much social unrest in Athens and Rome. He even calls striking the right balance between lenders and debtors “the philosopher’s stone of jurisprudence”:

The laws concerning debtors are indisputably those which require the most circumspection and prudence on the part of those who publish them. If these laws favor creditors, debtors’ conditions become too difficult; an unfortunate accident can forever ruin their fortune. If, on the contrary, this law is to advantageous to them, it alters public confidence, by denying contracts which are founded on good faith.

This happy medium which, while upholding the validity of contracts, does not oppress insolvent debtors, seems to me to be the philosopher’s stone of jurisprudence.

It seems to me that wealth has a tendency to self-accumulate in a self-reinforcing fashion, as Marx famously analyzed. This is especially when these wealthy elites, which are typically cognitive/clannish cliques, capture the state. Then, the correction may only be achieved by a social revolution, whether enlightened or egalitarian.

National Genius

Though laws are fashioned by universal reason, they must be tailored to local circumstances, namely a nation’s geographical, political, and cultural character. Frederick stresses on several occasions that the laws must respect the “national genius” of the governed, what we might call national character:

We observe again, by examining the conduct of wise legislators, that the laws must be adapted to the kind of government and to the genius of the nation which must receive them; that the best legislators have had as their goal public felicity; and that in general all laws which are most in line with natural equity, with a few exceptions, are the best.

As Lycurgus found an ambitious people, he gave them laws more suited to making warriors than citizens; and if he banished gold from his republic, it was because interest is of all vices that most opposed to glory.

Solon himself said that he did not give the Athenians the most perfect laws, but the best laws they were capable of receiving.

Frederick then does not advocate a naïve universalism sometimes associated with the Enlightenment, but adaptation to national character. Solon’s laws differed from Lycurgus’ also in accordance with their maritime position, propitious for commerce.

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Conversely, Frederick asserts: “The laws indeed must accord with the genius of nations, or one must not hope for them to last.” To ignore national character is to build laws upon weak foundations, leading to their dissolution. Frederick cites the early Romans as an example of a democratic people, who hence rejected regimes dominated by the king or the propertied classes.

Frederick also argues that laws should be harsher for less civil nations, which are often less developed ones: “It finally seems to me that, among nations who have barely emerged from barbarism, the legislators must be severe; that, among civilized peoples, whose manners are gentle, one needs human legislators.”

This adaptation of laws to local political and cultural character naturally suits sovereigns such as Frederick, who can thus justify their independent particular choices while respecting those of others, contrasting with the ideology of intolerant world-empires, who claim universal jurisdiction.

Against Bad Laws & Lawyering

Frederick makes a number of general comments on avoiding bad laws. The laws must not be vague, for this leads to insincere, hair-splitting legal debate (“la chicane”) and judges must then “have recourse to the intention of the legislator.” Frederick argues that “The skillful legislator does not overload the public with superfluous laws.” An excess of laws leads to confusion and contradiction: “Few wise laws make the people happy.”[2] Laws should be replaced when these are “contrary to public happiness and natural equity, when they are enounced in vague and obscure terms, and finally when they imply contradiction.”

Frederick repeatedly attacks the use of rhetoric by lawyers, including Cicero, seeking to emotionally manipulate judges rather than stick to fact and logic. Frederick expresses considerable pride that his grand chancellor, Samuel von Cocceji, had legally banned rhetoric (I leave aside whether this measure was effective):

Prussia has followed this Greek custom, and if the dangerous refinements of eloquence are banned from pleas, this is thanks to the grand chancellor, whose integrity, understanding, and indefatigable activity would have done justice to the Greek and Roman republics, in the times when these were the most fecund in great men.

Questioning Convention: The Case of Aborted Bastards

Quite in keeping with a tradition of philosophy founded by Socrates, Frederick urges the questioning of convention in the formulation of the laws. Custom should be examined in the light of reason and reformed according to the public good. He notes that bad civil laws are often kept by a kind of inertia “to not shock the prejudices of the nation” and “purely because of their antiquity.”

Frederick did not however advocate an indiscriminate contempt for convention. On the contrary, he advises caution for men are “in the majority, animals of custom” therefore “it could be dangerous to touch them [customs],” for this may lead to more confusion than good. Frederick then advises a pragmatic and reasonable approach to tradition.

A large number of the historical events cited by Frederick seem to refer to this sort of approach, particularly with regard to warfare and natalism. The martial Spartans allowed men and women to train and wrestle together naked. Solon allowed women to remarry if their husbands were impotent. The Romans, at various times, passed laws subsidizing having of three children, recognizing posthumous children (when the father died before birth), and legalizing divorce.

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There is also a hint of Frederick’s contempt for Christian dogma as when he recounts of Romulus, the legendary founder of Rome:

He wanted the kings to have a sovereign authority in matters of justice and religion; he had no belief in fables ascribed to the gods; that we have for them holy and religious sentiments, attributing nothing dishonest to their blessed natures.

This too is quite in line with Plato’s Socrates, so eager to revise or suppress inherited myths and poems when these show the gods in an impious and irrational light. Frederick adds that Romulus considered the very walls of Rome to be “sacred,” the violation of which was the pretext for killing his brother Remus. This may be taken as a metaphor for the security of the city being a supreme religious imperative, overriding even the closest family ties.

Frederick provides a practical example of questioning convention with the case of the illegality of abortion, which was often punished by death. He considers this practice as barbaric as the Spartan and Roman fathers’ right to kill their children. In fact, Frederick does not argue for the legalization of abortion, but rather the elimination of the most common cause of abortion, which is the stigma of bastardy:

Is there not something quite harsh in the way which we punish abortions? God forbid that I would excuse the dreadful action of these Medeas who, cruel to themselves and to the voice of blood, suffocate the future race, if I dare to express myself so, without letting it see the day! But let the reader strip himself of all prejudices of custom, and let him deign to lend some attention to the reflections which I will present him.

Do not the laws attach a degree of infamy to secret childbirths? A girl born with a too gentle temperament, deceived by the promises of a scoundrel, does she not find herself, in consequence of her credulity, in the situation of having to choose between the loss of her honor and that of the unfortunate fruit which she has conceived? Is it not the fault of the laws to put her in such a violent situation? And does not the severity of judges deprive the State of two subjects at once, the runt who has perished, and the mother, who could abundantly repair the loss by a legitimate propagation? One responds to this that there are homes for orphan children. I know they save an infinity of bastards; but would it not be better to cut the evil by its roots, and conserve so many poor creatures who miserably perish, by abolishing the blemishes attached to consequence of an imprudent and flighty love?

Frederick then wished to prevent the abortion of bastards and the execution of their mothers, that manners be gentler and his state more populous.

Towards European Law?: The Case of Duels

Frederick’s second example of questioning convention is the practice of duels. Here, he notes that laws against dueling are often ineffective because of the contrary social stigma of those who reject them. A nobleman rejecting a duel is considered unmanly while a soldier may well lose employment by his loss of reputation. Thus, monarchs as powerful as Louis XIV of France and Frederick-William (Frederick’s father, also known as the Soldier King), had failed to eliminate the practice, as “duels changed their name.”

Frederick advises as the only solution the punishing of duelers following a mutual agreement among European countries to not grant asylum to the guilty:

If all the princes of Europe do not assemble in a congress, and do not agree among themselves to attach dishonor to those who, despite their rulings, attempt to slaughter each other in single combat, if, I say, they do not agree to refuse all asylum to this kind of killer, and to punish severely those who insult their peers, either in speech, or in writing, or by ways of deed, there will be no end to duels.

Let me not be accused of having inherited the visions of the abbot [Charles-Irénée Castel] de Saint-Pierre [a French writer who had imagined a world without war]: I see nothing impossible in individuals submitting their quarrels to the decision of judges, just as they submit the disagreements which decide their fortunes; and by what reason would princes not assemble in a congress for the good of humanity, after having held so many on subjects of lesser importance? I return to this, and I dare to assure that this is the only way to abolish in Europe this inappropriate point of honor, which has cost the lives of so many honest people whose fatherlands could have expected great services from.

Here again, Frederick wishes to save lives which could serve the nation. The assembly of European princes to establish common norms is an interesting prefiguring of the later bourgeois states’ exponential practice of negotiating European norms in various treaties. We cannot say that Frederick is advocating “European law” per se because he does not suggest the establishment of a purported suprastatal enforcer (e.g., a court).

Frederick reflects typical Enlightenment optimism:

To imagine that men are all demons, and to rail against them with cruelty, is the vision of ferocious misanthrope; to suppose that men are all angels, and to give up the reigns to them, is the dream of an imbecilic Capuchin monk; to believe that they are neither all good nor all bad, to reward good actions beyond their worth, to punish bad actions less than what they deserve, to have indulgence for their weaknesses and humanity for all, that is how a reasonable man must act.

Conclusion

As expressed in the Dissertation, Frederick the Great’s thoughts on lawmaking are striking for their modernity. One can certainly identify signs prefiguring our current troubles. His public circumspection and private contempt for organized religion is no doubt a forerunner a certain agnosticism culminating in nihilism. Frederick’s pleas for a humane approach, while understandable in those still-brutal days (try reading about premodern crime and punishment without flinching), can be taken to a demagogic excess.

However, Frederick is careful to always make his argument with reference to the public good: humaneness and innovation are interesting to explore, but if these clash with the general welfare, the latter must always prevail. Our time is one of individualism and egalitarianism, a time when laws are largely judged by whether they grant free caprice and “equal rights” to individuals. Frederick in contrast provides powerful arguments in favor of laws established by paternal authority for the well-being of the community as a whole and for the promotion of good socio-cultural norms.

Frederick furthermore argues forcefully for a pragmatic and rational approach to lawmaking. One should not be impious or contemptuous of custom for its own sake, but one should be willing to rationally examine and reform custom in light of the public good. Outside of utopias, Frederick saw enlightened patriarchy as perhaps the best possible form of government. The great philosopher Schopenhauer [2] would later concur with this assessment, seeing an autocratic and benevolent “national father” as the form of rule most suited to an imperfect mankind.

Frederick was opposed to a crude universalism and cognizant of the need to adapt legislation to national characteristics. At the same time, he saw himself as participating in a genuinely pan-European intellectual culture and on occasion advocated for joint solutions among the princes of Europe. Frederick the Great’s principles of lawmaking then retain all their relevance for European patriots today.

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Notes

1. Baillot and Wehinger, “Frédéric II, Roi-philosophe et législateur,” 13.

2. Frederick seems to have failed to implement the legal simplification he advocated. His Codex Fridericiani, which was worked upon during this period and sought to simplify Prussia’s plethora of laws stemming from innumerable traditions and jurisdictions,  was apparently enormous and unwieldy. Frederick writes that in Germany: “there is no circle, no principality, no matter how small, which does not have a different customary law; and these rights, through the length of time, have acquired force of law.”

Article printed from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com

URL to article: http://www.counter-currents.com/2016/11/enlightened-patriarchy-part-2/

URLs in this post:

[1] Image: http://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2016/11/FrederickBerlinCrop.jpg

[2] great philosopher Schopenhauer: http://www.counter-currents.com/2016/03/schopenhauers-critique-of-democracy/

[3] Image: http://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2016/11/Laws.png

dimanche, 15 septembre 2013

Er formte Preußens Generalstab

Manuel RUOFF:
Er formte Preußens Generalstab

Karl von Grolmann unterstützte Scharnhorst in der Militär-Reorganisationskommission und Blücher bei Belle-Alliance

Ex: http://www.preussische-allgemeine.de

grolman.jpgDer preußische Militärreformer Karl von Grolman war von einer enormen Prinzipienfestigkeit, Konsequenz und Rigorosität, um nicht zu sagen Radikalität, im Denken und Handeln. Mit dem Generalstab schuf er Moltke das Instrument, um an der deutschen Einigung maßgeblich mitzuwirken, die ihm selber zu erleben nicht mehr vergönnt war. Er starb vor 170 Jahren im 67. Lebensjahr.

„Er huldigt nur dem Verstande und ehrt von den Gemütskräften nur die Willenskraft“, sagte August Neidhardt von Gneisenau, ein weiterer Großer der preußischen Reformbewegung, über ihn. Diese Willenskraft kommt schon darin zum Ausdruck, dass der am 30. Juli 1777 in Berlin geborene Preuße sich bereits als Kind gegen die Fortsetzung der Familientradition entschied. Im Gegensatz zu seinem Vater, der als Obertribunalpräsident und Mitautor des Allgemeinen Landrechts in der Justiz erfolgreich Karriere machte, und seinem Großvater mütterlicherseits, der Kriminalrat war, wurde Karl bereits als 14-Jähriger Soldat. Beim Militär fand er seine Berufung. Mit Enthusiasmus ging er in seinem Beruf auf und erfuhr entsprechende Resonanz.


Die für Preußen katastrophal endende Doppelschlacht bei Jena und Auerstedt machte er als Adjutant des Feldmarschalls Wichard von Möllendorf mit. Es folgte eine Verwendung als Adjutant des Befehlshabers des Feldheeres, Fried­rich Ludwig Fürst zu Hohenlohe-Ingelfingen. Dessen ruhmlose und auf die preußische Moral verheerend wirkende Kapitulation bei Prenzlau brauchte er nicht mitzuerleben, da er vorher als Kurier zu seinem König Friedrich Wilhelm III. entsandt worden war. Im weiteren Verteidigungskampf Preußens gegen das überlegene napoleonische Kaiserreich bildete Grolman mit seiner Entschlossenheit und Tapferkeit eine ruhmreiche Ausnahme. Für sein Verhalten in dem Gefecht bei Soldau vom 26. Dezember 1806, in dem er schwer verwundet wurde, erhielt er den Orden Pour le Mérite.


Nach dem Krieg, dessen Verlust auch er nicht hatte abwenden können, wurde er in Gerhard von Scharnhorsts Militär-Reorganisationskommission berufen. Er war nicht nur im vorausgegangenen Vierten Koalitionskrieg positiv aufgefallen, sondern kannte Scharnhorst auch von der „Militärischen Gesellschaft“ her. Als Mitglied der Reorganisationskommission und der Untersuchungskommission, die das Verhalten der Offiziere während des Krieges zu prüfen und zu beurteilen hatte, sowie als für Personal- und Disziplinarangelegenheiten zuständiger Abteilungsdirektor des 1808 geschaffenen Kriegsministeriums half er mit der Schärfe seines Verstandes bei der Suche nach den Ursachen für die Niederlage und mit seiner unerbittlicher Strenge wie „rück­sichtslosen Wahrheitsliebe“, um mit dem preußischen Reformer Hermann von Boyen zu sprechen, bei der Verfolgung der Schuldigen.
Diese Arbeit am Schreibtisch befriedigte ihn jedoch nicht. Er wollte mit der Waffe in der Hand gegen Napoleon kämpfen und das war nach dem Tilsiter Frieden von 1806 zumindest vorerst nicht mehr möglich. Als sich dann 1809 Österreich gegen Bonaparte erhob, nutzt er die Gelegenheit und wechselte von preußische in österreichische Dienste. Doch noch im selben Jahr endete auch dieser Fünfte Koalitionskrieg mit einem Sieg Napoleons.


Grolman gelang die Flucht in das mit dem Habsburgerreich verbündete England. In Spanien wurde immer noch beziehungsweise schon wieder mit britischer Unterstützung militärischer Widerstand gegen Bonaparte geleistet und so ging Grolman 1810 als Kämpfer der Legion extranjera, einer Art Fremdenlegion der dortigen Armee, nach Spanien. Dort kämpfte er als Bataillonskommandeur gegen Napoleon. 1812 gehörte er zu den Verteidigern Valencias gegen die französische Belagerer. Bei dessen Eroberung geriet er in französische Kriegsgefangenschaft. Er wurde nach Frankreich verbracht. Während seiner Zeit in Spanien wurde Grolman zum Anhänger der konstitutionellen Monarchie – was ihn in den Augen preußischer Reaktionäre zum Jakobiner und Demokraten werden ließ.


In Frankreich gelang ihm noch in eben jenem Jahre 1812 die Flucht in die benachbarte Schweiz. Von dort reiste er mit falscher Identität über Bayern nach Jena, wo er ein Geschichtsstudium aufnahm. Zeitgleich mit dem Seitenwechsel Preußens am Ende von Bonapartes Russlandfeldzug kehrte Grolman nach Preußen und in dessen Armee zurück. Wieder war Grolman mit Engagement bei der Sache. Sein Einsatz bei der Völkerschlacht bei Leipzig brachte ihm das Eichenlaub zum Pour le Mérite.
Im Gegensatz zu den Österreichern, die im metternichschen Geiste Frankreich als Großmacht erhalten sehen wollten, trat nun Grolman mit Gneisenau und Gebhard Leberecht von Blücher dafür ein, den bei Leipzig geschlagenen Franzosenkaiser bis in sein eigenes Land zu verfolgen und dort niederzukämpfen. Die Preußen setzten sich in diesem Punkte gegen die Österreicher durch und der Krieg wurde bis zu Napoleons Kapitulation fortgesetzt.


Als Bonaparte 1815 von Elba nach Frankreich zurückkehrte, gehörte Grolman zusammen mit Gneisenau und Blücher zu jenen, die Napoleons Karriere endgültig beendeten. Während Blücher das Kommando über die preußischen Truppen führte, war Gneisenau sein Generalstabschef und Grolman sein Generalquartiermeister. Es war nicht zuletzt die logistische Leistung des Generalquartiermeisters Grolman, welche die Preußen noch rechtzeitig genug auf dem Schlachtfeld von Belle-Alliance erscheinen ließ, um die Entscheidung zu bringen.


Nach den napoleonischen Kriegen leitete Grolman unter dem preußischen Reformer und Kriegsminister Boyen das 2. Departement des Kriegsministeriums. In dieser Funktion baute Grolman den preußischen Generalstab auf, widmete sich dessen Organisation und Ausbildung. Neben der Beteiligung an der preußischen Heeresreform unter Scharnhorst und der Niederringung Bonapartes nach dessen Rückkehr von Elba unter Blücher ist sein konstituierendes Wirken als erster preußischer Generalstabschef die dritte große Leistung Grolmans von historischer Bedeutung.


Wie sein Minister wurde auch Grolman ein Opfer der Reaktion, die nach den napoleonischen Kriegen wieder ihr Haupt erhob. Ganz im Sinne Scharnhorsts hatten sich die beiden preußischen Reformer für ein Volk in Waffen, den Bürger in Uniform und damit für die Landwehr eingesetzt, während die Reaktion diese Errungenschaft der Befreiungskriege zugunsten des traditionellen auf den König eingeschworenen und von Berufssoldaten geführten stehenden Heeres zurückdrängen wollte. Der König schlug sich auf die Seite der Reaktion und Grolman nahm mit seinem Minister Boyen deshalb im Jahre 1819 den Abschied.


Auf Betreiben des Prinzen August von Preußen wurde Grolman jedoch 1825 reaktiviert. Nachdem er die 9. Division in Glogau kommandiert hatte, wurde er schließlich Nachfolger des 1831 verstorbenen Gneisenau. 1832 erst interimistisch und 1835 dann offiziell und definitiv wurde ihm das Kommando über das V. Armeekorps in Posen übertragen. In Posen war es denn auch, wo Karl von Grolman am 15. September 1843 starb. 

Manuel Ruoff

00:05 Publié dans Histoire, Militaria | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, prusse, allemagne, militaria | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 30 novembre 2012

Prußen - die ersten Preußen

 
Sehr geehrte Damen und Herren,
liebe Kollegen,
 
wir möchten Ihnen eine Neuerscheinung unseres Verlages vorstellen:
 
Beate Szillis-Kappelhoff
Prußen - die ersten Preußen
Geschichte und Kultur eines untergegangenen Volkes
 
395 Seiten, 123 Abbildungen, gebunden, fester Einband
ISBN 978-3-937820-00-2
 
Erscheinungstermin: soeben druckfrisch eingetroffen und ab sofort lieferbar!
 
Preis: 19,80 Euro
 
Beate Szillis-Kappelhoff widmet sich in dieser ersten umfassenden Darstellung der Geschichte und Kultur der Prußen, jenem geheimnisvollen Volk, das dem späteren Staat Preußen seinen Namen gab.

Über viele Jahrhunderte verteidigten die Prußen, die zur baltischen Sprachfamilie gehörten, tapfer und zäh ihr Siedlungsgebiet zwischen der Weichsel und der Minge, also dem späteren West- und Ostpreußen. Schon zu Beginn des 11. Jahrhunderts hatten sich die Prußen stetig zunehmender Übergiffe der Polen zu erwehren, die eine Verbindung zur Ostsee suchten. Als sie zu Beginn des 13. Jahrhunderts aus der reinen Verteidigung zu Vergeltungsschlägen gegen das nordpolnische, masowische Gebiet übergingen, rief der polnische Herzog Konrad von Masowien den Deutschen Orden um Hilfe. Im Laufe des 13. Jahrhunderts gelang es den Rittern des Deutschen Ordens in einem besonders brutal geführten Eroberungskrieg, die Prußen zu besiegen und schließlich zu christianisieren. Aber es dauerte noch Jahrhunderte, bis die Sprache und Kultur der Prußen durch Unterdrückung, Missionierung und Assimilation verloren gingen.

Dieses Buch begibt sich auf die Spurensuche nach der versunkenen Kultur des einst so kämpferischen und stolzen Volkes der Prußen.

Wir möchten Sie bitten, dieses wichtige Werk über eine bedeutende und identitätsprägende Epoche der deutschen Geschichte in Ihr Verkaufssortiment aufzunehmen.

Vielen Dank!

Mit freundlichen Grüßen

Heiderose Weigel

Bublies Verlag - Bergstr. 11 - D-56290 Schnellbach

Tel. 06746 / 730046, Fax: 06746 / 730048

Internet: www.bublies-verlag.de

E-Brief: bublies-verlag@t-online.de

Inhaltsverzeichnis


 

Vorwort /

Geografische Lage /

Die Prußen /

Eigenname, Fehlschreibungen und Aussprache /

Besetzungen durch den Deutschen Orden /

Sonderrolle Memelgebiet /

Unterwerfung /

Freiheitskämpfe /

Lage der ländlichen Bevölkerung /

Fischerei /

Wildnis /

Waldbienenzucht /

Häusliches Leben /

Angebliche Ausrottung /

Schrift der Prußen /

Sprache, Sprachdenkmäler, Namen /

Musik /

Die zwölf Prußenstämme /

Die Sage von Bruteno und  Widewuto und  Brutenos Nachfolger  /            

Barta (Barten) /

Chelmo (Kulmerland) mit Lubawa (Michelauer Land) /

Lubawa (Löbau, Michelauer Land) /

Galindo (Galindien) /

Nadruwa (Nadrauen) /

Notanga (Natangen) /

Pagude (Pogesanien) /

Pamede (Pomesanien) /

Same (Samland) /

Sasna (Sassen) /

Skalwa (Schalauen) /

Suduwa (Sudauen/ Jatwingen) /

Warme (Ermland) /

Religion der Prußen /

Die Naturreligion /

Göttinnen, Schlangen und Kröten /

Götter, Pferde und Ziegenbock /

Romowe /

Geburt und Taufe /

Verlobung /

Hochzeit /

Totenfeier /

Christenzeit /

Die Prußen und ihr nachbarliches Umfeld /

Die Kuren /

Sprachdenkmäler /

Die Karschauer /

Die Žemaiten und die Litauer /

Die Kaschuben, Masovier, Kujavier und Polen /

Prußen heute /

Einige Orts- und Gewässernamen /

Königsberger Stadtteile /

Liste baltischer Götter, Göttinnen und Gottheiten /

Zeittafel /

Literatur /

Weblinks /

jeudi, 02 février 2012

Les “vertus prussiennes” pourront-elles sauver l’Europe?

275-2-2.pngLes “vertus prussiennes” pourront-elles sauver l’Europe?

BERLIN – Le sociologue et philosophe allemand Herfried Münkler, auquel nous devons des travaux extrêmement fouillés, notamment sur l’émergence des espaces impériaux, a consacré quelques pages, récemment, à la figure du grand roi de Prusse du 18ème siècle, Frédéric II, dont on célèbrera bientôt le 300ème anniversaire. Pour Münkler (sur lequel nous reviendrons), ce Frédéric II, ami de Voltaire et de bien d’autres esprits, est avant tout un modernisateur de l’administration étatique, dans la mesure où il a voulu rendre celle-ci totalement “incorruptible”, tandis que, lui, le Roi, serait simplement le “premier serviteur de l’Etat”. Münkler ajoute que cette vision frédéricienne est d’une brûlante actualité. “La Prusse revient à l’ordre du jour comme une sorte de contre-poison possible au beau milieu d’une société devenue entièrement consumériste. Les vertus prussiennes pourraient bien revivre pour domestiquer enfin la légèreté de la société capitaliste”, a déclaré ce professeur de sciences politiques de l’Université Humboldt aux journalistes de “Wirtschaftswoche”. Münkler s’inscrit dans la tradition de Max Weber qui disait que l’esprit d’économie et d’ascèse sont les correctifs nécessaires aux capacités du capitalisme. Par conséquent, le modèle prussien, en tant que forme intériorisée de ces vertus de modestie et de discipline, s’avère nécessaire pour que le capitalisme, en tant que “destruction créative permanente” (dixit Joseph Schumpeter), n’en vient pas à se détruire lui-même. Et Münkler conclut: “En Europe, émerge une nécessité incontournable, celle de recourir à nouveau aux ‘vertus prussiennes’. Sinon l’Europe échouera”.

(brève issue de “Junge Freiheit”, Berlin, n°5/2012; http://www.jungefreiheit.de ).

mardi, 27 septembre 2011

Clausewitz como pensador politico

Clausewitz como pensador politico

Por Sergio Prince C.

http://geviert.wordpress.com/

Los estudios sobre Clausewitz son abundantes en cantidad y calidad, por lo tanto, es aventurado escribir sobre este maestro de la estrategia y no caer en repeticiones y lugares comunes. Entre los más destacados estudiosos, podemos citar a Peter Paret, Profesor de Historia en la Universidad de Stanford y autor de una amplia gama de trabajos sobre temas militares y estratégico, entre los que destaca su trabajo titulado Clausewitz and the State (Paret, 1979); Michael Howard, historiador de la Universidad de Oxford (Howard, 1983) y Bernard Brodie, profesor de Ciencia Política en la Universidad de California, autor de varias obras de gran influencia en el pensamiento estratégico moderno. En el año 2005, se realizó una renovada  reflexión sobre Clausewitz en el congreso Clausewitz in the 21st Century organizado por la Universidad de Oxford, cuyos resultados fueron publicados el año 2007 (Strachan & Herberg – Rothe, 2007). En lo que va corrido de 2010, han aparecido cientos de trabajos que tratan de Clausewitz o que, a partir de él, estudian el fenómeno de la guerra y las relaciones internacionales. Así, Castro se ocupa de la guerra, la vida y la muerte reflexionando sobre Clausewitz a partir del psicoanálisis (Castro, 2010), Kaldor evalúa la vigencia de Clausewitz en tiempos de globalización (Kaldo, 2010), Sibertin-Blanc y  Richter (2010) visualizan a Deleuze y Guattari como lectores de Clausewitz (Sibertin-Blanc & Richter, 2010), Guha realiza un estudio sobre la guerra desde Clausewitz a la guerra de redes del siglo XXI (Guha, 2010) y Diniz realiza una comparación epistemológica entre Clausewitz y Keegan (Diniz, 2010), entre otras tantas obras que se pueden mencionar.

Ante este panorama y sin pretender erudición alguna, ruego al lector que disculpe los vacíos bibliográficos que puedan existir, pero ellos son de mi absoluta responsabilidad y resultado de las limitaciones propias de mi investigación. En esta sección, discutiré el alcance del dictum clausewitziano ‘la guerra es la continuación de la política por otros medios’. Mostraré que: 1.- Que el pensamiento del estratega prusiano va más allá de lo meramente militar y tiene una dimensión política; 2.- Qué esta dimensión se reconoce fundamentalmente a partir de de un documento elaborado por Clausewitz en febrero de 1812 y 3.- Que desde esta dimensión se puede entender con claridad la relación política-guerra absoluta en la cual se abre la posibilidad de afirmar que la política es continuación de la guerra por otros medios en una situación extrema.

Desde esta podemos decir que su afirmación sólo intenta separar lo político de lo estratégico y no indica compromiso alguno con la ontología ni la epistemología de la guerra en sí. La afirmación se puede entender como operacional- metodológica, sin considerar ningún compromiso existencial. En otras palabras, quiero mostrar que el dictum tiene un alcance limitado a la relación de lo político-militar y no pretende involucrarse en asuntos ontológicos. Entonces, me pregunto cuál es la relevancia de la sentencia de Clausewitz. En que ámbitos del conocimiento tiene mayor impacto ¿En la filosofía? ¿En la política? ¿En la estrategia? Como ya hemos insinuado, la lectura filosófica de esta frase se puede hacer desde, al menos, tres dimensiones. La ontológica, la epistemológica y la metodológica. Si nos preguntamos por la existencia de la guerra como continuación de la política, no es lo mismo que si nos preguntamos qué quiere decir esta afirmación, cómo sabemos lo que quiere decir y bajo qué condiciones cambiaríamos de opinión. Tampoco sería lo mismo que preguntarse cómo la guerra llega a ser la continuación de la política por otros medios. Las tres aproximaciones filosóficas demandan distintos tipos de respuestas. Ahora bien ¿Qué quiso decir Clausewitz con lo que dijo?

Antes de comenzar, creo que es necesario recordar que, para el año 1812, Clausewitz bajo las órdenes de Scharnhorst y Gneisenau, junto con sus colaboradores Boyen y Grolmann, eran parte activa del proceso de reformas militares  encaminadas a la formación de un ejército nacional. Pese a la reducción de tropas decretadas por Napoleón, los reformadores lograron implementar un sistema de reservistas por medio de la aplicación del sistema Krümper (adiestramiento rápido). Del mismo modo, establecieron un sistema de ascensos por mérito, prohibieron los castigos corporales y fundaron la Academia de Guerra. Estas actividades de orden castrense tendrían una enorme repercusión política, como veremos más adelante. Fue en febrero de este mismo año, en un documento llamado el Memorándum-Confesión, que  Clausewitz devela su genio como pensador político declarándose partidario de la lucha existencial contra Napoleón ya fuese a) como reacción espontánea del corazón y voz del sentimiento o b) Por motivos de razón política, que no se deja afectar por el miedo y que conduce a la conciencia de que Napoleón es el enemigo irreconciliable de Prusia, y que tampoco se dejará reconciliar por la sumisión o c) a base de un cálculo de la situación militar, cuya última y realmente desesperada esperanza es una sublevación popular armada. (Clausewitz C. V., 1966) (Schmitt, 1969, pág. 6).

 

El carácter peculiar de la enemistad existencial (política) que manifiesta Clausewitz contra Napoleón es lo que, en opinión de Schmitt, lo transforma en un  pensador político: “Como enemigo de Napoleón, Clausewitz llegó a ser el creador de una teoría política de la guerra. Dice Schmitt que lo fundamental de este documento es la respuesta a una pregunta clara: ¿Quién es el verdadero enemigo de Prusia? La respuesta, cuidadosamente pensada y reflexionada en toda su problemática, es: Napoleón, emperador de los franceses (Schmitt, 1969). Esta identificación certera del enemigo es una declaración política ya que coincide con lo esencialmente político: la identificación de quiénes son amigos y quiénes los enemigos. Mirando desde tal perspectiva, en esta declaración, Clausewitz realiza una confesión puramente política. Esta idea sobre el carácter político de la declaración del estratega se refuerza al momento de referirse a temas económicos y de la bancarrota económico-social que amenazaba a su patria debido a las acciones del Corso:

En su segunda confesión — que se refiere a la razón no afectada por el miedo — Clausewitz habla de la economía, que califica como “el principio vital más común de nuestra constitución social”. Recuerda la penosa situación económica que se derivó del bloqueo continental, el cataclismo que amenaza y que sería “una verdadera bancarrota, es decir, una bancarrota multiplicada de cada uno contra cada uno”, y que no se podría “comparar con una bancarrota estatal corriente”. La situación económica es la consecuencia de las medidas de un “general victorioso desde el Ebro hasta el Niemen” (Schmitt, 1969).

Quisiera agregar al comentario schmittiano un hecho que me parece relevante. En febrero de 1812, Federico Guillermo III había firmado un acuerdo con Napoleón por medio del cual le brindaba el apoyo de Prusia a Francia. La petición de Clausewitz resultaba altamente impertinente, en especial, por el carácter eminentemente político de esta. Tiempo después de escribir el memorándum, Clausewitz solicitó la baja del ejército y se dirigió, clandestinamente, a Rusia para apoyar al Zar en contra de Prusia con la esperanza de que el ejército zarista liberara a su patria del yugo francés. Estos son actos eminentemente políticos y refuerzan el carácter existencial de la lucha contra Napoleón a la que llama el estratega prusiano. Su viaje clandestino es otra declaración eminentemente política que va más allá de la fuerza de cualquier escrito. Clausewitz llevó el carácter político de sus confesiones a la práctica, aunque esto implicara luchar en contra sus camaradas de armas.

Otro rasgo que caracteriza el pensamiento puramente político de Clausewitz es su interés por la guerrilla española de 1808. La guerra de guerrillas es la guerra política por excelencia, el evento en donde con más claridad se aprecia que la política es la continuación de la guerra por otros medios ya que es una lucha existencial en donde se desata la violencia originaria justo después de reconocer y declarar al enemigo. Los guerrilleros españoles iniciaron una lucha en su patria chica mientras su rey no declaraba a su enemigo, no sabía quién era el enemigo. Al igual que el rey Federico Guillermo III el monarca español se debatía en un país dividido por la simpatía que su elite afrancesada sentía por Napoleón. Los guerrilleros con el mismo sentimiento de Clausewitz se preguntaron ¿Quién es el verdadero enemigo de España? Napoleón, emperador de los franceses respondieron y, con una decisión política sin igual y ajena a los monarcas, emprendieron una lucha existencial en contra del Corso. Los españoles estaban en condiciones de afirmar que por motivos de razón política – que no se deja afectar por el miedo – Napoleón era el enemigo irreconciliable de España. Esta es una declaración política soberana por que el redactor del texto declara al enemigo lo que llevara al fin a la incomprensión de los movimientos guerrilleros que incluso impulsaron la independencia de América. Pero el interés en la guerrilla no fue sólo de Clausewitz. Prusia recepcionó el espíritu guerrillero y lo transformo en norma jurídica.

A pesar que durante el siglo XIX el ejército prusiano-alemán era el más reputado del mundo su reputación se basaba en el hecho de ser un ejército regular que derrotaba a otros ejércitos regulares. Su primer encuentro con fuerzas “irregulares” ocurrió en la guerra franco-prusiana de 1870/1871, en territorio francés, cuando enfrentaron a un equipo de francotiradores. Lo “regular” primaba en el pensamiento militar. Por esta razón, el documento prusiano del 21 de abril de 1813 tiene una singular importancia (para Schmitt este documento es una especie de Carta Magna de la Guerrilla). El Landsturm establece que cada ciudadano está obligado a oponerse con toda clase de armas al invasor:

Hachas, herramientas de labranza, guadañas y escopetas se recomiendan en forma especial (en el § 43). Cada prusiano está obligado a no obedecer ninguna disposición del enemigo, y por el contrario, a causarle daño con todos los medios que se hallen a su alcance. Nadie debe obedecer al enemigo, ni siquiera cuando este trate de restablecer el orden público por que a través de ello se facilitan las operaciones militares del enemigo. Se dice expresamente que “los excesos de los malvivientes descontrolados” resultan menos adversos que una situación en la cual el enemigo puede disponer libremente de todas las tropas. Se garantizan represalias y terror instrumentado en defensa de los guerrilleros y se amenaza al enemigo con estas medidas (Schmitt, 2007b).

En Prusia no se llego a concretar una guerra de guerrillas contra Napoleón y el edicto fue modificado el 17 de julio de 1813. Corta vida, muy corta. Entonces, ¿cuál es la importancia de este edicto?           Es un documento oficial que legitima la guerrilla ante un grupo de intelectuales y militares extraordinariamente cultos – según la expresión de Schmitt – entre los que se contaba el filósofo Johann Gottlieb Fichte, Scharnhorst, Gneisenau y Clausewitz. El compromiso de este último con la guerrilla política y revolucionaria no fue menor. Relata el jurista de Plettenberg que el primer contacto con esta la tuvo a través de los planes insurreccionales prusianos de los años 1808 al 1813, luego fue conferencista entre 1810 a 1811 sobre la “guerra a pequeña escala” en la Escuela General de Guerra en Berlín. Se dice que fue uno de los especialistas militares más destacados de esta clase de guerra y no sólo en el sentido profesional: “para él, al igual que los demás reformadores de su círculo, la guerra de guerrillas se convirtió “de modo principal en una cuestión eminentemente política de carácter directamente revolucionario”. Citando al historiador militar Werner Hahlweg (1912–1989), Schmitt dice que la aceptación de la idea del pueblo en armas, insurrección, guerra revolucionaria, resistencia y sublevación frente al orden constituido todo eso es una gran novedad para Prusia, algo ‘peligroso’, algo que parecía caer fuera  de la esfera del Estado basado en el Derecho” (Schmitt, 2007b, pág. 28).

Otro aspecto que nos permite observar el carácter político del pensamiento de Clausewitz es la diferencia entre la enemistad ideológica de Fichte contra Napoleón y la enemistad política del estratega prusiano. Esto nos permite comprender al pensador político en su autonomía y en su carácter particular (Schmitt, 1969). A partir de 1807 aparece en la escena el gran enemigo de Fichte: Napoleón. Toda la enemistad que puede sentir un filósofo revolucionario se concentra ahora en Fichte contra el emperador francés tomando forma concreta. Fichte es el verdadero filósofo de la enemistad contra Napoleón. Se puede incluso decir que lo es en su mismísima existencia como filósofo. Su comportamiento frente a Napoleón es el caso paradigmático de una clase muy precisa de enemistad. Su enemigo Napoleón, el tirano, el opresor y déspota, el hombre que fundaría una nueva religión si no tuviera otro pretexto para subyugar el mundo, este enemigo es su propia pregunta como figura, un no-yo creado por su propio yo como contra-imagen de auto-enajenación ideológica. El impulso nacional-revolucionario de Fichte generó una amplia literatura, sin embargo, no llegó a penetrar en la conciencia de los alemanes. La idea de una legitimidad nacional-revolucionaria se disipó, cuando Napoleón estaba vencido y ya no había un enemigo en el campo de batalla. A pesar de esto, el breve contacto con el espíritu nacional-revolucionario, concentrado en los reformadores militares prusianos de 1807 a 1812, les llamó a tomar una decisión transcendental contra Napoleón e inspirar el documento político redactado por Clausewitz con la ayuda de Boyer (Schmitt, 1969).

Aunque Fichte con sus Discursos a la Nación Alemana puede ser considerado el padrino del Memorándum-Confesión clusewitziano de 1812 en este documento los reformadores del ejército prusiano se guiaron sólo por consideraciones políticas. No eran ni fundadores de religiones, ni teólogos; tampoco eran ideólogos ni utopistas. El libro De la guerra (Clausewitz C. V., On War, 1976) no fue escrito por un filósofo, sino por un oficial del Estado Mayor. Cualquier político inteligente puede leer, comprender y practicar este libro sin saber nada de Fichte y de su filosofía. La autonomía de las categorías de lo político – según Schmitt – se hace evidente: en el caso de Clausewitz las categorías políticas se imponen en toda su pureza, libres de todas las propagaciones ideológicas y utópicas del genial Fichte. Por su parte, el sociólogo francés Julien Freund demuestra que la teoría de la guerra como continuación de la política consigue que la guerra meramente militar se deje limitar encajándola en la realidad de lo político. Enemistad y guerra son inevitables. Lo que importa en su delimitación. Hay que evitar el desencadenamiento inhumano de los medios de destrucción que proporciona el progreso científico. Según Freund, el objeto de la lucha política no es la destrucción del enemigo, sino arrebatarle el poder. También Clausewitz entiende la llamada “batalla de destrucción” como una competición de fuerzas, entre dos ejércitos organizados, lo cual no indica la destrucción de una parte de la humanidad por la otra (Freund, 1968, págs. 746 – 752). En otras palabras Clausewitz no pensaba en una guerra de aniquilación sino que en una guerra limitada, encajada por lo político, una guerra política llevada adelante por otros medios. En resumen, Clausewitz puede ser considerado tanto un pensador estratégico como tanto como político. La evidencia de este hecho nos la brinda el Manifiesto- Confesión de febrero de 1812 recogido por Carl Schmitt (Clausewitz C. V., 1966).De aquí se desprende su interés por la guerrilla española de 1808 – 1813 así como las diferencias de su pensamiento con las del filósofo Fichte. Esta distinción corrobora el carácter político de su pensamiento que se expresa claramente cuando afirma que existe al menos un  tipo de guerra, la absoluta, en la cual hay coincidencia entre el objetivo propiamente militar y la meta política. Es en este momento en el que la guerra puede usurpar  el lugar de la política. Si esto llegara a ocurrir, podríamos afirmar que al menos existe una circunstancia bajo la cual la política es la continuación de la guerra por otros medios.

dimanche, 14 mars 2010

Ernst von Salomon - Der Geächtete

Ernst von Salomon – Der Geächtete

Geschrieben von: Matthias Schneider - Ex: http://www.blauenarzisse.de/  

Freikorps2-f9911.jpgWird heute über die Konservative Revolution gesprochen, fallen den meisten wohl als erstes Oswald Spengler, Ernst Jünger oder Carl Schmitt als zentrale Theoretiker dieses Zirkels ein. Des weiteren Namen wie Stefan George oder Gottfried Benn, welche zuvorderst durch ihre lyrischen Werke bestachen und mit selbigen fester Bestandteil des Literaturkanons sind. Häufig unter den Tisch fällt aber Ernst von Salomon – völlig zu Unrecht.

Ein Preuße durch und durch

Über Spengler und Co. ist eine nicht unbeträchtliche Menge an Sekundärliteratur aus sowohl politologischer als auch literaturwissenschaftlicher Feder vorgelegt worden. Über Ernst von Salomon gibt es dagegen bei weitem nicht so viel. Die Sekundärliteratur zu seiner Person und seinem Schaffen lässt sich an maximal zwei Händen abzählen. Im Vergleich zu den Werken seiner Kollegen sind von Salomons heute weitgehend unbekannt. Eigentlich recht verwunderlich, besonders wenn man an seinen 1951 erschienenen Roman „Der Fragebogen“ denkt, welcher zum letzten nicht-linken Bestseller deutscher Sprache werden sollte. Von Salomons Wirken bis zur Veröffentlichung desselben evoziert das Bild eines bewegten, fast schon abenteuerlichen Lebens.

Geboren wurde Ernst von Salomon am 25. September 1902 in Kiel. Seine Familie stammte ursprünglich aus Venedig. Das zum damaligen Zeitpunkt preußische Kiel sollte ihn deutlich prägen. Die preußischen Tugenden verinnerlichte er schon sehr früh. Zusammen mit seinem preußischen Idealbild eines autoritären Staates sozialistischer Prägung ließ er sie zu seiner grundlegenden Lebensmaxime werden. Den entsprechenden charakterlichen Schliff erhielt er in einem preußischen Kadettenkorps. 1919 trat von Salomon in das Freiwillige Landesjägerkorps „General Maercker“ ein. Er wollte das besetzte Deutschland im Kampf gegen den Bolschewismus verteidigen. Neben der Aufgabe, kommunistische Aufstände niederzuschlagen, bestand schließlich ein weiteres Betätigungsfeld im Abschirmen der Weimarer Nationalversammlung. Hier fühlte sich von Salomon deplaziert und ausgenutzt. Es war ihm unklar, wie seine Aufgabe eigentlich auszusehen hatte.

Politischer Aktionismus als Selbstzweck?

Was von Salomon schon früh kennzeichnen sollte, war sein unbedingter Handlungswille: „Nicht das war wichtig, dass, was wir taten, sich als recht erwies, sondern dass in diesen aufgeschlossenen Tagen überhaupt gehandelt wurde.“ Die Frage nach der internationalen Verortung Deutschlands beantwortete er mit seinem erneuten Gang an die Front im Baltikum. Hier kämpfte er Seite an Seite mit den Engländern gegen ein Vordringen der Bolschewisten. Er wurde dafür, wie alle deutschen Truppenangehörigen, die sich zu diesem Schritt entschlossen hatten, von seinem Heimatland mit Verachtung gestraft. Orientierungslos und desillusioniert begaben die Truppen sich Ende 1919 in die Heimat zurück.

Nach Beteiligung am missglückten Kapp-Putsch und kurzzeitigem Aufenthalt in der Reichswehr sollte es zunächst der Kreis um den Brigadeführer Ehrhardt, ein Zusammenschluss von Freikorps sein, dessen Reihen von Salomon sich einzugliedern gedachte, um durch verschiedene Aktionen Widerstand gegen die Besatzung durch die Franzosen zu leisten. Der Wille zum unbedingten Handeln ebnete so den Weg für verschiedene Attentate, denen schließlich am 24. Juni 1922 auch Walther Rathenau zum Opfer fallen sollte.

Rathenau wurde nicht nur als Vertreter des Liberalismus, sondern auch als Erfüllungspolitiker und rechte Hand der Siegermächte geschmäht. Diesen verhängnisvollen Schritt sollte von Salomon später bereuen. Zum einen, weil er damit gegen seine preußischen Werte verstoßen hatte. Außerdem weil seine Beihilfe zu diesem Mord an einem Juden, wenn auch in seinem Fall nicht antisemitisch begründet, einen nicht unbeträchtlichen Eindruck auf Adolf Hitler machen sollte. Hitler feierte die Attentäter fortan als Vorläufer der nationalsozialistischen Bewegung. Von Salomon missfiel das sehr.

Nationalrevolutionäre Bekanntschaften: Hielscher und Jünger

Er wurde zu fünf Jahren Zuchthaus verurteilt, schwor seinem einstigen Extremismus ab und begann während dieser Zeit an eigenen Schriften zu arbeiten. Bereits 1927 entlassen schloss von Salomon Bekanntschaft mit verschiedenen nationalrevolutionär gesinnten Zirkeln. Er verkehrte unter anderem mit Friedrich Hielscher und Ernst Jünger, für deren Zeitschrift Vormarsch er als Redakteur tätig war. Während dieser Zeit engagierte er sich für die Landvolkbewegung in Schleswig-Holstein.

Das führte schließlich zu einer erneuten Verhaftung, da die aufständischen Bauern auch Bombenanschläge, allerdings nur auf Gebäude und Privatwohnungen von Regierungsvertretern, verübten. Zwar sprach sich von Salomon gegen diese Vorgehensweise aus, konnte die Bauern aber nicht davon abbringen. In der Folge wurde er mit einem Anschlag auf den Reichstag in Verbindung gebracht und zu weiteren anderthalb Jahren Zuchthaus in Moabit verurteilt.

Das literarische Werk: „Die Geächteten“, „Die Stadt“, „Die Kadetten“, „Der Fragebogen“

Während dieser Zeit verfasste von Salomon sein erstes größeres Werk, den autobiographischen Roman „Die Geächteten“. Darin erläutert er unter anderem die genauen Umstände und Beweggründe für das Rathenau-Attentat und rekapituliert die Zeit im Gefängnis. Der Titel veranschaulicht von Salomons Selbstverständnis: Immer sah er sich als einen Außenstehenden. Weder in der Weimarer Republik noch im Dritten Reich noch in der Bundesrepublik fühlte er sich je heimisch und dem herrschenden System zugehörig, sondern ausgeschlossen und eben geächtet.

Auf den Romanerstling von 1930 sollte schon zwei Jahre später „Die Stadt“ und schließlich 1933 „Die Kadetten“ folgen. Letzterer handelt von seiner eigenen Jugend im Kadettenkorps und stellt auch eine Art Loblied auf diese Zeit dar. In dem Werk „Nahe Geschichte“ (1936) bemühte sich von Salomon darum, die ideologische Trennlinie zwischen den Freikorpsverbänden, zu denen er sich einst gezählt hatte, und den Nationalsozialisten herauszustellen, insbesondere vor dem Hintergrund der zunehmenden Vereinnahmung ersterer durch letztere: „Die Partei wird wohl schwer zu schlucken haben an dem eindeutigen Verhältnis der Freikorps, auf die sich die Partei als ihre Vorgänger beruft, als Korporationen eines starken Staatsbewusstseins gegenüber dem Volk, welches freilich in allen seinen Manifestationen gegen den staatlichen Willen stand.“

Sein wohl größter Erfolg dürfte aber der ebenfalls wieder autobiographisch angelegte Roman „Der Fragebogen“ sein. Selbiger gilt heute als erster großer deutschsprachiger Nachkriegsbestseller. Er lässt die eigens durchlebten letzten 50 Jahre deutscher Geschichte inklusive aller Biegungen und Brechungen in Form von Antworten auf die im auszufüllenden Entnazifizierungsfragebogen gestellten Fragen Revue passieren. An Zynismus wird hier sowohl in Bezug auf die eigene Vergangenheit mit allen Jugendsünden als auch den vom Autor strikt abgelehnten Nationalsozialismus nicht gespart. Gleichzeitig werden die Fragen sarkastisch-spöttisch kommentiert und insbesondere die Entnazifizierungspraxis der Amerikaner kritisiert.

Von Salomon kritisierte die Alliierten ebenso wie die Nationalsozialisten

Von Salomon scheut sich nicht, konkrete Vergleiche zu den Methoden der Nationalsozialisten anzustellen. Etwa wenn die Häftlinge in den Internierungslagern der Alliierten grundlos als Kriegsverbrecher beschimpft, verprügelt oder mit Urin bespritzt werden. Dass solche Themen auf Seiten der Kritiker, auch schon unter Adenauer, für hitzige Diskussionen und Anfeindungen gegen von Salomon führten, lässt sich leicht vorstellen.

Der Hauptvorwurf an von Salomon dürfte wohl gewesen sein, durch die mitunter zugegebenermaßen etwas undifferenzierte Anklage der Amerikaner, den NS zwangsläufig aufgewertet zu haben. Dass dies keineswegs gewollt war, dürfte anhand von Salomons mehr als einmal deutlich formulierter Abneigung gegenüber Rassismus und Antisemitismus sowie dem totalitären Charakter des NS deutlich geworden sein. Nicht umsonst gab er Ille Gotthelft, eine Jüdin, als seine Frau aus, um sie vor der Verfolgung durch die Nazis zu schützen.

Deutscher Selbstbehauptungswille im verdammten 20. Jahrhundert

Ungeachtet der teilweisen negativen Kritikerstimmen war der Roman ein großer literarischer Erfolg. Auch heute noch lohnt es sich, ihn zu lesen. Von Salomon tritt hier für einen deutschen Selbstbehauptungswillen ein, welcher sich ressentimentfrei und absolut tolerant gegenüber jedweder politischer Idee, solange sie nicht ins Verbrecherische ausufert, zeigt und spricht sich gegen die Kollektivverdammung der eigenen Nation aus. Allerdings reichte der Erfolg des „Fragebogens“ nicht zum Leben und so verfasste von Salomon unter anderem wenig ernstgenommene Drehbücher für Filme. Es wurde zunehmend stiller um ihn. Ernst von Salomon starb am 9. August 1972.

Heute ist seine schillernde und facettenreiche Persönlichkeit weitgehend in Vergessenheit geraten. Auf manche mag von Salomons preußischer Geist antiquiert wirken. Seine Ideen und Betrachtungen sind aber bis heute sehr scharfsinniger Natur. Seine Erfahrungen bieten dem Leser ein weitreichendes Panorama über ein spannendes Leben in schwierigen politischen Zeiten.

mardi, 07 octobre 2008

Kurt Schumacher, socialiste prussien

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Kurt Schumacher, socialiste prussien

 

«Aujourd'hui, la sociale-démocratie voit comme grand objectif national l'unité allemande dans la paix et la liberté. Elle s'opposera à toute tentative de fondre des parties du territoire national allemand dans d'autres peuples et combattra tous ceux qui préfèreront de telles solutions à l'unité allemande. Nous voulons la Communauté. Mais toute communauté commence pour nous par une Communauté avec les habitants de la zone soviétique d'occupation et de la Sarre». Ces paroles fortes de Kurt Schumacher ont eu valeur de programme pour la SPD, qui se positionnait comme le “parti de la réunification”. Elles sont extraites d'un long discours de Schumacher, président de la SPD dans l'immédiat après-guerre, prononcé à Dortmund en 1952, lors d'un congrès destiné à donner les mots-d'ordre aux militants de base. Mais que reste-t-il de ce nationalisme social et intransigeant en 1989/90? Rien. Absolument rien. Les soixante-huitards du pou­voir actuel, liquidateurs de la SPD, avaient encore plaidé en 1989, à la veille de la chute du Mur, pour que l'on abroge les phrases récla­mant explicitement le retour à l'unité allemande dans le préambule de la loi fondamentale de la RFA. Cet aveuglement et cette trahison font qu'ils courent le risque, aujourd'hui, d'être balayés par l'histoire. Mais le premier Président des sociaux-démocrates de notre après-guerre, Kurt Schumacher, demeurera dans les mémoires, précisément parce qu'il a été clairvoyant, nationaliste et intransigeant. Son œuvre a été pa­triotique et le peuple allemand doit lui en être reconnaissant.

 

Un mutilé de 1914-1918

 

Comme l'immense majorité des jeunes Allemands, Schumacher, après avoir passé son Abitur [équivalent du “bac”], s'engage dans l'armée en août 1914. Il était né le 13 octobre 1895 à Kulm en Prusse occiden­tale. Envoyé sur le front de l'Est, contre les Russes, le jeune homme, qui ne cache pas ses sympathies socialistes, demande à servir en première ligne, pour contribuer personnellement à arrêter le “danger tsa­riste”, que dénonçaient la SPD et August Bebel. Mais l'euphorie de l'été 1914 sera de courte durée pour Kurt Schumacher; elle finira tragiquement. Le 2 décembre 1914, le volontaire Schumacher est très griè­vement blessé lors de la bataille de Lodz. Il faut lui amputer le bras droit. En 1915, après avoir transité dans de nombreux hôpitaux de campagne, il est démobilisé, avec la Croix de Fer de 2ième classe au re­vers de son Waffenrock. Il se console en étudiant le droit, l'économie et les sciences politiques à Halle, Leipzig et Berlin. 1918 est, pour lui, l'année d'une terrible césure; au printemps, il s'était affilié à la MSPD, une aile de la so­ciale-démocratie qui entendait “construire la communauté nationale dans la responsabilité” et visait un ré­formisme socialiste à forte structuration étatique. Quand éclate la “révolution de novembre”, il devient membre du “Conseil des Ouvriers et des Soldats” du Grand-Berlin. Il y représentait la voie parlementaire au sein du Reichsbund der Kriegsbeschädigten [= Fédération Impériale des mutilés de guerre].

 

Les bouleversements de la “révolution de novembre” obligent le jeune Schumacher à abandonner l'idée de faire une carrière de fonctionnaire et à se jeter corps et âme dans la politique. Il s'installe dans le Wurtem­berg en décembre 1920, pour servir son parti pendant quatre ans à la rédaction de la Schwäbische Tag­wacht de Stuttgart. En 1924, il est élu à la Diète du Land de Wurtemberg, où il gagne rapidement ses lau­riers de chef de l'opposition sociale-démocrate. En 1930, Chef de la SPD du Wurtemberg et de sa milice, le Reichsbanner, il entre au Reichstag comme député. Mais il est jeune, et le présidium des députés socialistes, composé de vieillards têtus et bornés, le relègue sur les arrière-bancs. Ce n'est que le 23 février 1932 que le militant Schumacher va pouvoir donner de la voix et déployer sa rhétorique tranchante et virulente, et étaler son nationalisme; Goebbels venait de diffamer gravement la sociale-démocratie en la désignant comme le “parti des déserteurs”. Schumacher, le mutilé de guerre, a bondi à la tribune, prêt à prononcer un discours au vitriol, où il a rappelé que les socialistes avaient payé l'impôt du sang et perdu leurs biens au même titre que les autres citoyens pendant la guerre et que leur politique n'était pas moins “nationale” que celle de Goebbels. Schumacher donne ensuite la liste des députés socialistes mutilés, décorés et anciens combattants. Une liste plus longue que celle des nationaux-socialistes... Ensuite, plus dur, il traite Goeb­bels de “petit mal-foutu, rédacteur de mauvais feuilletons” et l'agitation nationale-socialiste d'“appel cons­tant au cochon qui sommeille dans l'intériorité de tout homme”. Inutile de dire qu'il devint ainsi la bête noire des nazis.

 

Cette polémique, l'engagement de Schumacher pour l'unité allemande de 1945 à 1952, reposaient sur une vision bien précise du socialisme, qui était un “socialisme prussien”. Dans sa thèse de doctorat, présen­tée en 1926, et intitulée Der Kampf um den Staatsgedanken in der deutschen Sozialdemokratie [La lutte pour l'idée d'Etat dans la sociale-démocratie allemande], Schumacher, ressortissant de Prusse occiden­tale, se montre rigoureusement “étatiste” et réclame l'avènement d'une nouvelle doctrine de l'Etat. Il écrit: «La spécificité toute particulière de la germanité, reliée au rôle tout particulier de la sociale-démocratie, montre bien que nous manquons cruellement d'une doctrine socialiste de l'Etat». Sans ambiguités, Schu­ma­cher ne cache pas ses sympathies pour “l'organisation étatique prussienne”, héritage d'une vision las­sal­lienne de l'Etat, qui accordait le primat à cette instance parce qu'elle était un instrument d'intervention dans les forces économiques du libre marché et du capitalisme, alors qu'elle était démonisée et com­battue par les marxistes.

 

Quand les nationaux-socialistes prennent le pouvoir en 1933, la carrière de Schumacher prend fin abrup­tement. Délibérément, il refuse d'émigrer et, à partir de juillet 1933, commence son long périple dans les camps de concentration: Heuberg, Kuhberg et surtout Dachau, où les souffrances du coprs et de l'esprit s'accumulent. Son internement durera dix ans. Ce n'est qu'en 1943 que le mutilé de 1914, manchot mais intact intellectuellement, peut quitter Dachau et revenir à la vie civile. Comme il ne peut plus mettre les pieds à Stuttgart, il s'installe à Hannovre avec sa sœur et son beau-frère. C'est de son bureau dans cette ville qu'il amorcera la reconstruction de la SPD dans les zones d'occupation occidentales. Malgré une santé déficiente, il parvient en quelques semaines ou en quelques mois à devenir le fer de lance de la SPD ressuscitée. Ce retour étonnant, il le doit à son charisme, à ses talents de chef et à sa rhétorique hâchée, dure, sans compromis. Schumacher sait parler et organiser, son passé de souffrances, d'abnégation, qui ne l'ont pas abattu, font de lui l'incarnation de la prusséité protestante et lui attirent des centaines de mil­liers de sympathisants et des millions d'électeurs, des anciens sociaux-démocrates, des soldats revenus du Front, des anciens des jeunesses hitlériennes... Les jeunes, qui n'ont connu que le national-socia­lisme, sont fascinés par son credo à la fois nationaliste et social-démocrate. Ensuite, dans un discours, Schumacher leur promet que “la plupart des soldats allemands rentreront dans une nouvelle patrie et en deviendront rapidement les piliers porteurs”.

 

Après avoir conclu un accord avec son homologue de la zone soviétique, Grotewohl, Schumacher devient le représentant de la SPD-Ouest (en octobre 1945), accède à la dignité de Président du parti en mai 1946, et reste jusqu'à sa mort en 1952 le chef de l'opposition sociale-démocrate au Bundestag. Dans cette car­rière, il a eu bien des mérites. Par son influence et sa faculté de persuader ses camarades, il a mis un terme à la politique de “bolchevisation” entreprise par les Soviétiques et leurs complices allemands. Celle-ci n'a réussi qu'à l'Est de l'Elbe. Schumacher a opposé une résistance farouche à toutes les tentatives des “communistes unitaires” d'installer des structures de la SED (est-allemande) à l'Ouest et à Berlin-Ouest.

 

Maxime de la politique: l'unité

 

Toute en résistant aux pressions des communistes et de leurs alliés, Schumacher modernise le parti, lui impose une politique et un programme de rénovation, l'ouvre aux classes moyennes. Schumacher rompt avec la dogmatique marxiste et ses justifications sonnent encore assez justes aujourd'hui: «C'est égal, si quelqu'un devient aujourd'hui social-démocrate parce qu'il est un adepte des analyses économiques marxistes, ou s'il vient à nous pour des motifs philosophiques ou éthiques ou s'il adhère à notre socia­lisme parce qu'il croit aux principes évangéliques du Sermont sur la Montagne. Chacun a les mêmes droits dans le parti d'affirmer sa personnalité spirituelle ou intellectuelle, d'annoncer ses motivations». Mais Schumacher ne tombait pas dans le libéralisme: il restait inébranlablement fidèle aux théories de la macro-planification en économie et à une socialisation partielle. Cette fidélité provenait de sa conception lassal­lienne de l'Etat qu'il articulait dans le contexte de la reconstruction allemande et de l'alternative socialo-communiste que proposaient les dirigeants de la zone soviétique d'occupation.

 

Mais le message le plus important de Schumacher a été le suivant: l'insistance sur la réunification. Il a im­posé aux chefs de la sociale-démocratie, il a communiqué au peuple de part et d'autre du Rideau de Fer, l'idée que la réunification devait demeurer la “mesure de toute chose” en politique allemande. «Au contraire d'Adenauer, il n'a jamais cessé de plaider pour la réunification, de mobiliser les efforts de son parti pour l'unité. Il en a fait la maxisme supérieure de la politique allemande», écrit l'historien Rainer Zitelmann (in Adenauers Gegner. Streiter für die Einheit, Straube, Erlangen, 1991).

 

Le 20 août 1952, Kurt Schumacher, le patriote de la sociale-démocratie allemande, meurt après une longue et pénible maladie. Mais le message qu'il a laissé avant de mourir en 1952 reste plus actuel que jamais: «Il faut donner au peuple allemand une nouvelle conscience nationale, à égale distance entre l'arrogance du passé et la tendance actuelle, de voir dans tous les souhaits des Alliés, la révélation d'un sentiment européen. Seul un peuple qui s'affirme lui-même pour ce qu'il est peut devenir un membre à part entière d'une communauté plus vaste».

 

Christian HARZ.

(Article paru dans Junge Freiheit, n°41/1995; trad. franç. : Robert Steuckers).

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