mardi, 28 avril 2026
La Serbie, la Hongrie et la Macédoine du Nord signent un protocole d’entente pour la voie ferrée Budapest-Belgrade

La Serbie, la Hongrie et la Macédoine du Nord signent un protocole d’entente pour la voie ferrée Budapest-Belgrade
Stefano Vernole
Source: https://telegra.ph/Serbia-Ungheria-e-Macedonia-del-Nord-f...
La ligne Budapest-Belgrade est la première section du projet de chemin de fer Budapest-Belgrade-Skopje-Athènes, un projet symbole de la coopération entre la Chine et l'Europe centre-orientale qui reliera la Hongrie, la Serbie, la Macédoine du Nord et le port du Pirée, géré par la Chine.
L’opérateur ferroviaire serbe de transport de marchandises Srbija Kargo, en collaboration avec ses homologues hongrois et nord-macédonien, a récemment signé un mémorandum d’entente concernant un «service de transport ferroviaire synchronisé». En particulier, les trois parties se concentrent sur la ligne ferroviaire Budapest-Belgrade afin d’accroître le transport de marchandises par rail depuis la Chine et à l’intérieur de l’Europe.

Srbija Kargo, Rail Cargo Hungaria et Železnice Republike Severne Makedonije Transport espèrent une «croissance dynamique des échanges commerciaux entre l’Europe et la région environnante». La voie ferrée Budapest-Belgrade occupe une place centrale dans ce plan. Depuis son ouverture au trafic de marchandises fin février, cette ligne représente une artère essentielle pour le transport de fret le long de l’axe Nord-Sud à travers les Balkans.
Le plan prévoit que le volume de transport de marchandises par rail entre les pays signataires atteigne, voire dépasse, les niveaux enregistrés durant la première décennie du 21ème siècle, bien que les entreprises ne précisent pas dans quel délai cela doit se produire.

«La coopération s’articule en deux directions principales: le transport de marchandises entre la Chine et l’Europe via les corridors ferroviaires existants, ainsi que le transport de marchandises en provenance ou à destination des ports européens, entre les terminaux situés sur le continent européen, complété par le transport routier», écrit Srbija Kargo. La majorité des marchandises chinoises transitent par le port grec du Pirée, d’où elles poursuivent leur route vers l’intérieur de l’Europe via la Macédoine du Nord et la Serbie.
« Un transport organisé de cette manière offre de nombreux avantages : livraisons plus rapides, délais de transit plus courts, meilleure rentabilité, fiabilité dans le respect des délais, processus logistiques plus efficaces et impact environnemental réduit », poursuit Srbija Kargo.
Objectifs clés de la coopération
Les entreprises impliquées affirment que le transport de marchandises par rail sur la route transbalkanique devrait s’améliorer grâce à «l’intégration des relations de transport ferroviaire», à la simplification des chaînes logistiques, à des solutions numériques communes et à une coopération transfrontalière renforcée.
De plus, le protocole d’entente identifie plusieurs domaines de coopération future. Parmi ceux-ci figurent le développement du transport intermodal (semi-remorques, conteneurs), l’interopérabilité, le transfert de connaissances, la simplification des procédures douanières et l’échange numérique de données. Il est également mentionné le développement coordonné des infrastructures ferroviaires, les initiatives de marketing conjointes et la formation du personnel comme domaines potentiels de collaboration.

Les capitales hongroise et serbe sont désormais officiellement reliées par une infrastructure ferroviaire moderne qui devrait apporter d’importants bénéfices au transport de marchandises par rail.
La ligne Budapest-Belgrade est la première section du projet de chemin de fer Budapest-Belgrade-Skopje-Athènes, un projet symbole de la coopération entre la Chine et l'Europe centre-orientale qui reliera la Hongrie, la Serbie, la Macédoine du Nord et le port du Pirée, géré par la Chine. Selon certaines sources, les sections au sud de Belgrade, en direction de Niš, sont déjà en cours de développement, avec un financement de l’UE désormais intégré dans le projet: une situation singulière où Bruxelles cofinance un corridor en synergie avec les intérêts stratégiques et commerciaux chinois.

L’avantage principal pour la Chine est de nature stratégique, et non financière. La voie ferrée relie le port du Pirée en Grèce, géré par COSCO, à l’Europe centrale, créant un corridor de fret rapide et fiable permettant de transporter les marchandises chinoises en profondeur sur le marché de l’UE sans dépendre des ports ou des infrastructures de l’Europe occidentale.
La ligne Budapest-Belgrade est explicitement la première section d’un corridor prévu pour relier Budapest à Belgrade, Skopje et Athènes, avec des travaux de construction déjà en cours au sud de Belgrade. En plus de ce projet spécifique, la présence infrastructurelle chinoise en Europe centrale et orientale s’étend dans les secteurs routier, portuaire et énergétique.
La voie ferrée Budapest-Belgrade, projet phare de l’Initiative Belt and Road (BRI), est une infrastructure importante réalisée conjointement par la Chine, la Hongrie et la Serbie pour relier ces deux capitales. La section hongroise, d’environ 158,6 km, est une ligne électrifiée conçue pour le transport de passagers et de marchandises, avec une vitesse maximale de 160 km/h. La construction de la section hongroise, menée conjointement par China Railway Group Limited et des entreprises hongroises locales, a commencé en juillet 2020 et est entrée dans la phase de construction des ouvrages civils en février 2022.
Ce projet marque la première fois que la technologie et les équipements ferroviaires chinois sont alignés sur les spécifications techniques d’interopérabilité (TSI) de l’Union européenne. Une fois la ligne entièrement opérationnelle, le délai de trajet entre Budapest et Belgrade passera d’environ huit heures à environ trois heures et demie. On prévoit que ce lien renforcé facilitera considérablement les échanges entre les personnes et le transport de marchandises, stimulant le développement économique le long du parcours et renforçant la connectivité dans toute l’Europe centrale et orientale.
La Chine a accordé un prêt pour couvrir 85% des coûts de modernisation de la section hongroise de la ligne, et l’industrie fournisseuse du pays a joué un rôle de premier plan dans la réalisation du projet. Il a impliqué la reconstruction de l’ensemble du tracé de Soroksár à Budapest jusqu’à la frontière serbe. Le doublement des voies a été effectué sur tout le parcours, à l’exception de la section entre Ferencváros et Kunszentmiklós-Tass, déjà utilisée par les services suburbains de Budapest. Les travaux ont duré quatre ans et ont été réalisés par un consortium sino-hongrois composé de RM International, China Tiejiuju Engineering & Construction et China Railway Electrification Engineering Group, avec l’installation d’équipements et de systèmes chinois. Un contrat séparé pour augmenter la capacité de la section de 7 km Ferencváros – Soroksár a été attribué en 2022 à un consortium formé par V-Híd et China Railway Magyarország.

Les entreprises chinoises ont également pris en charge la reconstruction de la section serbe de 183 km. En 2021, China Civil Engineering et China Railway 11th Bureau ont conjointement obtenu un contrat pour la reconstruction de la ligne de 108 km de Novi Sad, passant par Subotica, jusqu’à Kelebia. Les travaux ont commencé en 2022 et, le 3 octobre 2025, le président serbe Aleksandar Vučić a officiellement inauguré la ligne. Les mêmes entreprises ont également travaillé sur la section Belgrade – Novi Sad, avec la réouverture du tronçon Belgrade – Stara Pazova de 34,5 km en mars 2021, suivi par la section Stara Pazova – Novi Sad de 40,4 km en mars 2022.
Article original: Strategic Culture Foundation
15:43 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chemins de fer, rail, europe, affaires européennes, connectivité, hongrie, serbie, macédoine du nord, balkans, chine, belt & road |
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jeudi, 23 avril 2026
Xi Jinping prépare la rencontre avec Trump. Et il mobilise la Russie, la Corée du Nord et le Pakistan

Xi Jinping prépare la rencontre avec Trump. Et il mobilise la Russie, la Corée du Nord et le Pakistan
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/xi-jinping-prepara-lincontro-co...
L’empreinte laissée par la signature de Wang Yi, ministre des Affaires étrangères chinoise, sur le document d’accord stratégique signé avec le russe Lavrov était encore toute fraîche, que, déjà, le ministre de Pékin arrivait en Corée du Nord pour rencontrer Kim Jong-un. Car Xi Jinping prépare la rencontre avec Trump et veut se présenter à la table avec des idées bien claires sur qui sont ses amis et qui sont ses ennemis. Et, bien sûr, le leader chinois ne pense pas que la meilleure façon d’assurer la loyauté des alliés soit de les insulter et de les menacer.
C’est une question de style, d’éducation. Style et éducation qui ne plaisent pas à Trump, à son ministre de la Guerre et aux supporters italiens des vachers américains. Mais chacun a ses propres références culturelles, pour autant qu’on puisse parler de culture pour Trump.
Au-delà de la forme, cependant, il existe un problème de fond. En pratique, qui est avec qui ?
La réponse pourrait venir du Pakistan. Islamabad est étroitement lié à Pékin, et le rôle du Pakistan dans les négociations pour mettre fin à l’agression sioniste/américaine contre l’Iran a semblé celui de défendre, avant tout, les intérêts de la Chine. Une Chine qui a besoin de Téhéran, mais aussi de bonnes relations avec l’Arabie Saoudite et les Émirats. Et il est particulièrement significatif que le Pakistan, après avoir exprimé sa pleine solidarité avec l’Iran, ait envoyé 13.000 soldats et une vingtaine d’avions à Riyad. Difficile de croire qu’il s’agisse d’une opération anti-iranienne. Il semble plutôt s’agir d’une initiative à forte visibilité, visant à offrir aux pays arabes une alternative à la présence des bases américaines.
Tout cela sert à préparer la rencontre entre les deux superpuissances.
18:56 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, asie, affaires asiatiques, xi jinping, diplomatie |
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jeudi, 09 avril 2026
Israël frappe la géométrie eurasienne de la Chine

Israël frappe la géométrie eurasienne de la Chine
À Kashan, Israël n'a pas seulement frappé l'Iran, il a touché une artère vitale de son continent. L'attaque du pont ferroviaire de Yahya Abad, un maillon essentiel du corridor de fret Xinjiang-Téhéran, a directement impacté la stratégie terrestre des Nouvelles Routes de la Soie que la Chine développe comme alternative au détroit d'Ormuz.
La ligne ferroviaire de 10.400 km vers le port sec d'Aprin, conçue pour acheminer des marchandises de l'ouest de la Chine vers le pôle industriel iranien, puis vers Qom, Kashan, Ispahan et Bandar Abbas, était censée devenir la future voie de contournement du pétrole brut et des industries de Pékin, à l'abri des sanctions.

En coupant Kashan, Israël a envoyé un signal beaucoup plus clair: toute infrastructure contribuant à stabiliser l'économie de guerre iranienne ou offrant à la Chine une voie terrestre sécurisée vers le Golfe est désormais une cible.
Stratégiquement, il s'agit du premier message militaire adressé au-delà de Téhéran et à la géométrie eurasienne de Pékin, rappelant que les nouvelles guerres ne se mènent pas seulement contre les armées, mais aussi contre les corridors, les ponts, les ports secs et les chaînes d'approvisionnement qui garantissent la résilience des grandes puissances.
La réponse chinoise probable ne sera pas une escalade militaire, mais une accélération de la redondance : un investissement accru dans l'axe de Gwadar, le corridor moyen caspien et le réseau ferroviaire russe.
Israël a démontré sa capacité à faire pression sur l'Iran en agissant sur les points névralgiques de la Route de la Soie, obligeant la Chine à repenser la sécurité de son architecture énergétique continentale
En savoir plus - Lien: https://multimedia.scmp.com/news/china/article/One-Belt-O...
Post: https://www.linkedin.com/posts/roberto-lafforgue-7a356347...
Source: https://t.me/dynamiquesdeconflit
19:28 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géopolitique, actualité, iran, chine, routes de la soie |
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mercredi, 08 avril 2026
Dialogue entre la figure de proue de l’opposition taiwanaise et la République Populaire de Chine

Dialogue entre la figure de proue de l’opposition taiwanaise et la République Populaire de Chine
par Luca Bagatin
Source: https://amoreeliberta.blogspot.com/2026/04/dialogo-fra-la...
La présidente du Kuomintang (KMT), Cheng Li-wun, accompagnée d’une délégation de 14 membres de son parti, est arrivée en Chine continentale, sur invitation du président Xi Jinping et du Comité Central du Parti Communiste Chinois (PCC).
Le dialogue entre la Chine continentale et Taiwan est donc ouvert. Ou, plus précisément, il ne s’est jamais interrompu.
La présidente Cheng et son parti, contrairement au Parti Progressiste Démocratique actuellement au pouvoir à Taiwan, qui promeut des activités séparatistes, se sont toujours opposés à l’indépendance de Taiwan, et Cheng Li-wun a déclaré, fièrement: «Je suis chinoise».
La visite de la présidente Cheng a été intitulée «Voyage de Paix 2026» et vise le dialogue ainsi que la réaffirmation du principe d'«une seule Chine», inscrit également dans ce qu’on appelle le «Consensus de 1992», établi en 1992 entre les représentants du Parti Communiste Chinois, au nom de la République Populaire de Chine, et ceux du Kuomintang, parti nationaliste de la République de Chine (Taiwan).
La visite des représentants du Kuomintang vise donc à stigmatiser toute forme d’activité séparatiste à Taiwan, à contrer toute ingérence extérieure, et à renforcer les relations entre les deux rives du détroit, fondées sur un développement pacifique.
Selon les données, l’année dernière, les résidents de Taiwan ont effectué 4,8918 millions de visites en Chine continentale, soit une augmentation de 21,6% par rapport à l’année précédente, et les résidents de Chine continentale ont effectué 557.700 voyages à Taiwan, soit une hausse de 47,4% par rapport à l’année précédente.
Tant la Chine continentale que Taiwan ont des liens historiques profonds, fondés sur la coopération, les liens économiques et commerciaux, qui se sont renforcés ces dernières années.
La Chine considère que la question de Taiwan est une affaire exclusivement interne, et c’est dans cette optique qu’il faut voir les dialogues entre le Kuomintang et le Parti Communiste Chinois.

Le Kuomintang a été fondé en 1894 par le réformateur social Sun Yat-sen, premier président de la Chine moderne en 1912, et leader de la révolution démocratique de 1911 qui mit fin à la dynastie impériale Qing.
Le Kuomintang a gouverné la Chine en tant que seul parti de 1928 à 1949, année où il fut vaincu par les communistes dirigés par Mao Tse-Tung, qui fondèrent la République Populaire Chinoise.
Depuis lors, les membres du Kuomintang gouverneront uniquement Taiwan, c’est-à-dire la République de Chine, et ce, de manière ininterrompue, jusqu’en 2000, année où les élections furent remportées par le Parti Démocrate Progressiste (DPP), avec lequel le pouvoir alternera au fil des années.
Le DPP, parti d’orientation nationaliste libérale, dont certains membres ont souvent été condamnés pour corruption et détournement de fonds publics, a, contrairement au KMT, toujours promu des activités sécessionnistes et séparatistes par rapport à la Chine, activités souvent soutenues par les États-Unis.
La présidente du Kuomintang (KMT), Cheng Li-wun, avocate née en 1969, a été, dans sa jeunesse, une activiste indépendantiste et une députée du Parti Démocrate Progressiste de 1996 à 2000.
Elle s’éloigna de ce parti en 2002, notamment en raison des divers scandales de corruption qui frappèrent cette formation politique, et entra en 2005 dans le Kuomintang.
Elle adopta ainsi le principe d'«une seule Chine» et qualifia de «fasciste» l’indépendantisme taiwanais.
Bien qu’elle prône des relations plus étroites entre Taiwan et les États-Unis, elle estime que l’île ne doit pas devenir «une pièce d’échange pour Trump».
Dans une interview, Cheng Li-wun a déclaré que le conflit russo-ukrainien avait été déclenché par l’élargissement de l’OTAN à l’Est, précisant également que Taiwan ne doit pas devenir «une nouvelle Ukraine». Elle a aussi souligné que «les États-Unis pourraient traiter Taiwan comme un pion aux échecs, une pièce, pour provoquer stratégiquement le Parti Communiste Chinois au moment opportun».
Luca Bagatin
18:44 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, taiwan, kuomintang, asie, affaires asiatiques |
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mardi, 07 avril 2026
La guerre en Iran expose la brutalité du réel: les États-Unis seraient écrasés dans un conflit avec la Chine

La guerre en Iran expose la brutalité du réel: les États-Unis seraient écrasés dans un conflit avec la Chine
Par NewRulesGeo (Telegram)
Quelques semaines après le début de la guerre en Iran, Washington souffre déjà de pénuries de missiles, de lacunes en défense aérienne, de pressions navales et de ruptures logistiques. Ce qui devait être une campagne limitée révèle des failles structurelles profondes.
De la défense aérienne aux chaînes d’approvisionnement, le message est clair: si se battre contre l’Iran coûte aussi cher, une guerre avec la Chine serait dévastatrice.
Voici comment l’Iran expose les limites des États-Unis – et pourquoi si la Chine était attaquée, ce serait bien pire :
Les défenses ont été épuisées instantanément – (https://t.me/newrulesgeo/1715?single ). L’Iran a brûlé près de 40 % des intercepteurs THAAD américains en 16 jours et a fait passer des drones au-delà des défenses aériennes. L’arsenal de missiles et de drones plus grand et plus intelligent de la Chine (https://t.me/newrulesgeo/1674 ) submergerait les systèmes américains par le volume, la précision et des essaims d’IA (https://t.me/newrulesgeo/1674 ) qui réduiraient les temps de réponse à quelques secondes.

Les porte-avions et les bases neutralisés – (https://t.me/newrulesgeo/1700?single ). Les frappes iraniennes ont forcé les navires de guerre américains à rester sur la réserve et ont détruit un E-3 (photo) au sol. La doctrine de l’US Air Combat Element (ACE) échoue déjà. Face aux systèmes A2/AD en couches de la Chine (https://t.me/newrulesgeo/1705 ), les avions américains seraient détruits avant même de décoller — les porte-avions et les bases sont laissés vulnérables à des milliers de kilomètres.
Les munitions épuisées, l’industrie incapable de suivre – (https://t.me/newrulesgeo/1666 ). Des centaines de Tomahawks utilisés en Iran épuisent les réserves destinées à un éventuel scénario similaire à Taïwan. Les États-Unis ne peuvent pas remplacer les armes de précision assez rapidement — des années (https://t.me/newrulesgeo/1632 ) de production contre quelques jours de guerre. Pire encore, les armes américaines dépendent des terres rares chinoises (https://t.me/newrulesgeo/1615 ), ce qui donne à Pékin une emprise directe.
La Chine s’adapte en temps réel – (https://t.me/newrulesgeo/1599 ) – Tandis que les États-Unis sont occupés en Iran, la Chine évolue, apprend de chaque opération américaine. Beidou fournit (https://t.me/newrulesgeo/691 ) une capacité de ciblage en temps réel sur de vastes distances. Avec une fusion avancée des capteurs comme MizarVision (https://t.me/newrulesgeo/1596 ), la Chine s’adapte plus rapidement aux tactiques américaines et reste un pas en avance.
Si l’Iran expose les fissures, la Chine serait le test de résistance qui ferait sauter le système.
@NewRulesGeo - Suivez-nous sur X (https://x.com/NewRulesGeo?t=6cJ2ZyQr-1f_lBvKPNggKw&s=09 )
15:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, iran, chine |
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mercredi, 18 mars 2026
Les silences de Pete Hegseth

Les silences de Pete Hegseth
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/i-silenzi-di-hegseth/
Pete Hegseth est le Secrétaire à la Défense de Washington. Un quadragénaire, 45 ans, avec un long parcours militaire, puis un rôle d’animateur télévisé.
L’un des nouveaux hommes amenés à Washington par Donald Trump.
Pete Hegseth a déclaré qu’il n’existait aucune preuve d’un quelconque soutien militaire de la Russie et de la Chine à l’Iran. Une déclaration sèche. Pour mettre fin aux nombreuses spéculations parues dans la presse américaine en ces premiers jours de guerre.
Bien. Mais Pete Hegseth ment. En sachant parfaitement qu’il ment.
La Russie et la Chine soutiennent Téhéran par tous les moyens. Et même pas de façon très dissimulée.
Moscou a même réduit la pression dans le Donbass, où, d’ailleurs, sa victoire semble désormais évidente. Une question de semaines.
Cependant, la Russie a bien conscience que des États-Unis embourbés dans une campagne militaire en Iran, stérile et sans issue, constituent un problème mineur, voire inexistant, pour sa conquête d’une partie de l’Ukraine.
Par conséquent, son renseignement, ainsi que son aide militaire et économique, sont actuellement projetés vers le théâtre moyen-oriental.

Quant à Pékin, nous avons déjà parlé du « navire-espion » qui signale les cibles dans le golfe Persique aux missiles et aux torpilles iraniens.
Ce qui a contraint les navires américains à se retirer de plusieurs centaines de kilomètres.
Mais ceci n’est que l’aide la plus visible offerte par Pékin à Téhéran.
En plus du travail de renseignement, il existe un intense trafic aérien et ferroviaire qui amène du matériel, des armes et autres équipements pour renforcer la résistance iranienne.

Et tout cela se déroule de manière absolument ouverte.
Sans trop de faux-semblants. Sans masques particuliers.
Mais l’excellent Hegseth ne le voit pas.
Pour lui, il n’y a aucune implication de Moscou ni de Pékin dans le conflit.
Il l’exclut, avec la plus grande fermeté.
Point final.
Eh oui… La Russie et la Chine sont de grandes puissances. Industrielles et militaires. Et, de surcroît, des puissances nucléaires.
Il vaut donc mieux, infiniment mieux, faire semblant de ne pas voir leur aide à l’Iran. De commenter leur implication dans cette guerre.
Qui, certes, est déjà une guerre mondiale – la Troisième, la Quatrième, peu importe… – mais c'est une guerre asymétrique.
Donc atypique, où l’on évite la confrontation frontale entre grandes puissances. Parce qu’elle ne pourrait mener qu’à un cataclysme total. Sans vainqueurs ni vaincus.
En somme, une partie d’échecs. Un jeu de masques.
Hegseth prouve qu’il connaît bien le métier, et qu’il sait qu’il existe des limites à ne pas franchir.
Espérons que d’autres partagent sa vision…
13:18 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : navire espion chinois, golfe persique, iran, chine |
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vendredi, 13 mars 2026
La sagesse de la République populaire de Chine face à l’instabilité mondiale

La sagesse de la République populaire de Chine face à l’instabilité mondiale
Luca Bagatin
Source: https://amoreeliberta.blogspot.com/2026/03/la-saggezza-de...
En marge de la quatrième session de la 14ème Assemblée nationale populaire, qui s’est tenue à Pékin, le ministre chinois des Affaires étrangères a répondu, lors d’une conférence de presse, aux questions relatives à la position de la République populaire de Chine en cette période de grande turbulence internationale.
Concernant les relations entre la Chine et les États-Unis, le ministre Wang a expliqué qu’aucune des deux parties ne peut remodeler l’autre, mais que les deux doivent s’efforcer d’interagir de manière constructive, en éliminant les interruptions inutiles dans leurs rapports.
Tout en critiquant fermement les actions militaires américaines au Moyen-Orient, le ministre Wang souhaite stabiliser les relations avec Washington.
Il a affirmé que la Chine ne partage pas la logique de la « co-gouvernance des grandes puissances », mais qu’il faut tenir compte du fait qu’il y a plus de 190 pays sur la planète et que l’Histoire mondiale doit être écrite collectivement par toutes les nations. L’avenir de l’humanité – selon le ministre Wang – doit donc être créé conjointement par les peuples de tous les pays.
La position chinoise se fonde sur la « diversité et la coexistence », qui sont les fondements mêmes de la nature de la communauté humaine, et il a affirmé que la coexistence multipolaire est la forme la plus appropriée pour le paysage international.
Le ministre a rappelé que l’Histoire nous enseigne que la rivalité entre grandes puissances et l’affrontement entre blocs ne mènent qu’à la souffrance et aux désastres pour l’humanité.
C’est pour cette raison que la Chine ne souhaite pas suivre le principe selon lequel «une nation forte est destinée à rechercher l’hégémonie».

Les lignes directrices de la politique étrangère chinoise resteront fondées sur la construction d’un monde «multipolaire, équitable et ordonné». «Équitable», a expliqué le ministre Wang, signifie que les pays, quelle que soit leur taille ou leur puissance, doivent être considérés comme des membres égaux de la communauté internationale. «Ordonné» signifie que tous les pays doivent respecter les règles internationales reconnues, c’est-à-dire les buts et principes de la Charte des Nations unies et les normes qui régissent les relations internationales.
Selon le ministre Wang, pour construire un ordre multipolaire, les grandes puissances, dotées de plus de ressources, doivent assumer davantage de responsabilités afin d’atteindre ces objectifs d’équité et d’ordre.
Concernant l’agression des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, le ministre a souligné, citant un ancien proverbe chinois, que «les armes sont des instruments menaçants et ne devraient pas être utilisées à la légère».
Il a affirmé que «c’est une guerre qui n’aurait pas dû avoir lieu, une guerre qui n’apporte de bénéfice à personne», expliquant que l’Histoire du Moyen-Orient enseigne que la force n’a jamais apporté de solution et que les conflits armés n’ont fait qu’attiser la haine et engendrer de nouvelles crises.
Le ministre Wang a également souligné que la Chine entend poursuivre son soutien et sa coopération avec les pays du Sud global; qu’elle souhaite sauvegarder et renforcer le rôle de l’ONU et s’oppose à toute forme d’hégémonie, tout en promouvant l’indépendance, la paix et le développement mondiaux.
Concernant les tensions avec un Japon de plus en plus belliciste et militariste, gouverné par l’extrême droite, le ministre Wang a déclaré que la Chine ne permettra plus à quiconque de justifier le colonialisme et que «l’avenir des relations entre la Chine et le Japon dépend du choix du Japon».
Luca Bagatin
19:12 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wang yi, actualité, chine, politique internationale |
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Une nouvelle guerre menace l’économie eurasiatique, et ce n’est pas l’Iran

Une nouvelle guerre menace l’économie eurasiatique, et ce n’est pas l’Iran
Le conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan, aux portes de la Chine, met à l’épreuve les fondements de l’un des projets géopolitiques les plus ambitieux.
par Ladislav Zemánek
Source: https://jornalpurosangue.net/2026/03/11/uma-nova-guerra-a...
Le début des hostilités ouvertes entre le Pakistan et l’Afghanistan marque l’affrontement le plus grave entre ces deux voisins depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021. Après des semaines d’affrontements transfrontaliers croissants et d’attaques en représailles, Islamabad s’est déclaré en « état de guerre ouverte » avec le gouvernement taliban, après avoir mené des frappes aériennes contre des cibles dans des villes afghanes et des provinces frontalières.
La violence a détruit un fragile cessez-le-feu négocié en octobre 2025 et s’est rapidement transformée en l’escalade la plus meurtrière le long de la Ligne Durand — la frontière de 2600 kilomètres entre les deux pays — depuis des années. Des dizaines de milliers de civils ont été déplacés, et le risque d’une crise régionale plus vaste s’accroît.
Le déclencheur immédiat réside dans les différends sur la militance transfrontalière. Le Pakistan accuse Kaboul d’abriter des combattants du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), des accusations que les Talibans nient. Cependant, les implications géopolitiques de ce conflit vont bien au-delà de la frontière. Pour la Chine, cette guerre représente non seulement une crise sécuritaire, mais aussi un défi direct à sa vision stratégique d’une intégration régionale élargie.


Parmi les acteurs extérieurs impliqués, la Chine est sans doute celle qui a le plus à perdre en cas de rupture prolongée entre Islamabad et Kaboul.
Depuis des années, Pékin cherche à positionner le Pakistan et l’Afghanistan comme des nœuds centraux dans une architecture économique transrégionale reliant l’Asie centrale, l’Asie du Sud et l’ouest de la Chine. Au cœur de cette vision se trouve le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), l’un des projets phares de l’Initiative "Ceinture et Route" (BRI/Belt & Road Initiative). Construit autour d’infrastructures de transport, d’investissements dans l’énergie et de zones industrielles s’étendant de la région chinoise du Xinjiang jusqu’au port pakistanais de Gwadar sur la mer d’Arabie, le CPEC a été conçu non seulement comme un partenariat économique bilatéral, mais comme la colonne vertébrale d’une connectivité régionale plus large.

Le corridor économique entre la ville chinoise de Kashgar et la côte pakistanaise.
Dans la pensée stratégique chinoise, l’Afghanistan devait devenir une extension périphérique de ce réseau. Pékin a exploré la possibilité de connecter les routes de transport afghanes, les ressources minières et les corridors de transit au système d’infrastructures plus large du CPEC. Une telle intégration donnerait à l’Afghanistan — un pays enclavé — un accès au commerce maritime, tout en rapprochant les marchés d’Asie centrale des provinces occidentales de la Chine.
Une guerre entre le Pakistan et l’Afghanistan frappe donc au cœur géographique de cette vision économique.
Les relations de la Chine avec les deux pays permettent de comprendre pourquoi les enjeux sont si élevés. Le Pakistan est depuis longtemps le « partenaire stratégique de coopération toutes saisons » de la Chine. Cette relation englobe la coopération en matière de défense, les transferts de technologies militaires et des liens économiques profonds. La Chine est le principal partenaire commercial du Pakistan et l’investisseur principal derrière les projets du CPEC, qui vont des autoroutes et chemins de fer aux centrales électriques et zones économiques spéciales. Les entreprises chinoises ont engagé des dizaines de milliards de dollars dans les infrastructures pakistanaises, tandis que Pékin voit le pays comme une porte d’entrée cruciale reliant l’ouest de la Chine à l’océan Indien.

L’engagement de la Chine avec l’Afghanistan, bien que plus prudent, s’est également développé depuis le retour des talibans au pouvoir. Pékin a maintenu des canaux diplomatiques avec les talibans même avant le retrait des États-Unis en 2021 et a depuis intensifié les contacts économiques. Des entreprises chinoises ont montré de l’intérêt pour l’immense richesse minérale encore peu exploitée de l’Afghanistan, y compris les gisements de cuivre et de terres rares. Parallèlement, Pékin a encouragé le commerce transfrontalier et une coopération limitée en matière d’infrastructures, espérant intégrer progressivement l’Afghanistan aux réseaux économiques régionaux.
Pour gérer les sensibilités politiques de ces relations, la Chine a mis en place un mécanisme diplomatique trilatéral — le dialogue Chine-Pakistan-Afghanistan — visant à promouvoir la coopération économique et la coordination sécuritaire entre les trois pays. Cette initiative reflète la conviction de Pékin que le développement et la connectivité peuvent progressivement réduire l’instabilité dans l’une des régions les plus volatiles du monde.
Le déclenchement d’une guerre entre deux membres de cet arrangement expose désormais la fragilité de cette approche.
Au cœur du dilemme chinois se trouve un décalage fondamental entre les outils dont elle dispose et les forces qui alimentent le conflit. Les principaux instruments de Pékin dans la région sont économiques : investissements dans les infrastructures, incitations commerciales et financements pour le développement. Mais les dynamiques qui façonnent le conflit entre le Pakistan et l’Afghanistan impliquent des réseaux militants, des frontières contestées, des rivalités idéologiques et des pressions politiques internes.
L’intégration économique peut favoriser la coopération à long terme, mais elle ne résout pas facilement des insurrections actives ou des dilemmes sécuritaires profondément enracinés.
Le discours public de la Chine reflète l’équilibre délicat qu’elle doit maintenir entre ses deux partenaires. Pékin a exhorté Islamabad et Kaboul à résoudre leurs différends par le dialogue et la négociation, tout en faisant savoir qu’elle est prête à faciliter une désescalade. En coulisses, des diplomates chinois restent en contact avec les deux gouvernements par le biais de canaux déjà établis, y compris le mécanisme trilatéral de coordination.

Néanmoins, la diplomatie seule pourrait ne pas suffire à résoudre les tensions structurelles profondes qui alimentent le conflit. La Ligne Durand — frontière tracée à l’époque coloniale qui sépare l’Afghanistan et le Pakistan — reste contestée par Kaboul et est depuis longtemps source de friction. Les réseaux militants transfrontaliers compliquent encore davantage la sécurité régionale, permettant à des groupes armés d’exploiter des frontières poreuses et des rivalités politiques.
À cet égard, la guerre actuelle n’est pas seulement un différend bilatéral, mais l’aboutissement de tensions historiques non résolues.
Le conflit se déroule aussi dans un contexte mondial plus large où le seuil des affrontements entre États dotés de l’arme nucléaire semble évoluer. Au cours de la dernière décennie, les grandes puissances ont de plus en plus recours à des stratégies de pression à haut risque impliquant des acteurs nucléaires — des attaques par procuration contre la Russie aux crises récurrentes entre États nucléaires rivaux. L’Asie du Sud elle-même a déjà connu de tels épisodes, comme l’affrontement entre l’Inde et le Pakistan en 2025.
Le Pakistan est une puissance nucléaire et, bien que la guerre actuelle n’implique pas directement d’autre puissance nucléaire, elle se déroule dans un écosystème régional volatile façonné par la dissuasion nucléaire. Cette réalité augmente les risques d’escalade et met en lumière la normalisation croissante des confrontations à haut risque dans le système international.
Pour Pékin, cette guerre soulève des questions délicates sur un principe central de sa stratégie régionale : l’idée que la connectivité économique peut ouvrir la voie à la stabilité politique. L’Initiative la Ceinture et la Route a été construite sur la conviction que les infrastructures — routes, chemins de fer, oléoducs et ports — peuvent progressivement transformer des régions en proie aux conflits en zones de prospérité économique.
Mais les événements le long de la Ligne Durand montrent les limites de ce modèle.
Les infrastructures peuvent faciliter le commerce, mais ne peuvent pas, à elles seules, surmonter les insurrections idéologiques, les frontières contestées ou les rivalités géopolitiques profondes. Les corridors économiques peuvent encourager la stabilité à long terme, mais ne remplacent pas la réconciliation politique ou une gouvernance efficace.
La guerre entre le Pakistan et l’Afghanistan représente donc bien plus qu’un autre conflit régional. C’est un test majeur pour la stratégie occidentale de la Chine et pour l’hypothèse plus large selon laquelle le développement, à lui seul, peut remodeler le paysage politique de l’Eurasie.
Reste à savoir si Pékin saura naviguer dans cette crise sans compromettre ses partenariats — ou sa vision stratégique.
Ce qui est certain, cependant, c’est que le conflit qui se déroule actuellement à la périphérie occidentale de la Chine menace de redessiner non seulement les alliances régionales, mais aussi les fondements qui sous-tendent l’un des projets géopolitiques les plus ambitieux du 21ème siècle.
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mardi, 10 mars 2026
Les États-Unis veulent isoler la Chine de l’Amérique latine

Les États-Unis veulent isoler la Chine de l’Amérique latine
Source: https://mpr21.info/estados-unidos-quiere-aislar-a-china-d...
Samedi, Trump a convoqué douze dirigeants latino-américains dans son club de golf de Miami pour créer une coalition régionale appelée « Bouclier des Amériques ». L’objectif est de réduire l’influence de la Chine sur un continent où, en deux décennies, elle s’est imposée comme un partenaire commercial indispensable.
Au cours de son discours, Trump a annoncé la création d’une coalition militaire pour éradiquer les cartels criminels, évoquant des attaques de missiles contre des organisations narco-terroristes. Il a profité du sommet pour réaffirmer ses ambitions sur Cuba, affirmant que le gouvernement de La Havane vivait ses derniers instants.
Les participants — Argentine (Javier Milei), Salvador (Nayib Bukele), Équateur (Daniel Noboa), Bolivie, Costa Rica, République dominicaine, Guyana, Honduras, Panama, Paraguay, Chili (José Antonio Kast) et Trinité-et-Tobago — sont des dirigeants inféodés à l’impérialisme.
Le Brésil, sous le gouvernement de Lula, le Mexique, sous celui de Claudia Sheinbaum, et la Colombie, sous la présidence de Gustavo Petro, ont brillé par leur absence, ces trois pays entretenant des relations commerciales étroites avec Pékin.
Quant à la Chine, Trump souhaite bloquer les contrats attribués à ce pays concernant les minerais critiques, les infrastructures de transport et les capacités de renseignement militaire. L’Argentine, le Chili et la Bolivie détiennent à eux trois les plus grandes réserves mondiales de lithium, un métal stratégique pour les batteries et le stockage d’énergie, une ressource que Washington entend arracher à Pékin.
Depuis le début de ce siècle, la Chine a considérablement accru ses prêts, projets d’infrastructure et accords commerciaux sur tout le continent. En 2024, le commerce bilatéral entre la Chine et l’Amérique du Sud avait atteint 518 milliards de dollars, faisant de Pékin le premier ou le deuxième partenaire commercial de la plupart des économies de la région.
La stratégie de sécurité nationale publiée par le gouvernement Trump en décembre dernier stipule que les États-Unis refuseront à tout concurrent extérieur au continent la possibilité de posséder ou de contrôler des actifs stratégiques en Amérique latine. Le Panama s’est retiré de la Nouvelle Route de la Soie en janvier de cette année, après que la Cour suprême panaméenne a déclaré inconstitutionnel le contrat entre le pays et l’entreprise CK Hutchison, basée à Hong Kong. L’Équateur, de son côté, a autorisé l’installation d’une base militaire américaine sur son territoire.
La prochaine étape de la coalition antichinoise sera définie lors des consultations bilatérales entre Washington et les gouvernements signataires dans les semaines précédant le voyage de Trump en Chine, prévu pour début avril.
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jeudi, 05 mars 2026
Géopolitique dans le contexte de la rivalité mondiale entre les États-Unis et la Chine

Géopolitique dans le contexte de la rivalité mondiale entre les États-Unis et la Chine
Elena Fritz
Quelle: https://t.me/global_affairs_byelena#
Ceux qui considèrent isolément les vicissitudes actuelles comme une «crise iranienne» sous-estiment son ampleur stratégique. Dans le contexte de la rivalité mondiale entre les États-Unis et la Chine, une image plus claire se dessine.
L’Iran a été pendant des années l’un des principaux fournisseurs de pétrole bon marché pour la Chine.
Les rabais tarifaires de 20 à 25 pour cent en dessous du prix du marché mondial ont conféré à Pékin un avantage structurel. Pour une nation industrielle orientée vers l’exportation, le prix de l’énergie n’est pas un sujet marginal, mais un facteur clé de compétitivité.
Une énergie bon marché signifie des marges industrielles plus élevées, des marges de manœuvre plus grandes sur les marchés mondiaux et une croissance accélérée.
La logique stratégique est donc simple:
Si un concurrent tire sa dynamique économique d’une énergie durablement bon marché, il est dans l’intérêt de la puissance rivale de limiter cet avantage.
Les chiffres illustrent l’ampleur:
- Le pétrole vénézuélien couvre environ 7% des besoins chinois – une interruption de ce flux caribéen serait supportable.
- Les livraisons iraniennes sont nettement supérieures; une augmentation des prix aurait des impacts visibles.
- Les livraisons russes représentent entre 12 et 18% des importations chinoises; si, elles aussi, ne bénéficient plus de remises, la structure des coûts se modifie fondamentalement.
C'est alors clair: il s’agit de modifier, par une forme ou une autre de coercition, le prix de l’énergie pour en faire le levier d'un contrôle géopolitique.
Sous le signe de la sécurité et de la stabilité, un facteur clé de la compétitivité chinoise est en fait abordé. Le conflit est donc moins régional que systémique.
L’approche stratégique est essentielle:
- Il ne s’agit pas de déstabiliser ou de vaincre la Chine.
- Il suffit de ralentir le rythme de croissance et de neutraliser les avantages structurels.
Dans les grandes compétitions de puissance, ce n’est souvent pas la victoire spectaculaire qui compte, mais le contrôle de la dynamique et du rythme.
Dans ce contexte, l’actualité ne paraît pas comme une escalade spontanée, mais comme une partie d’une arithmétique du pouvoir à long terme au 21e siècle.
12:27 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, états-unis, iran, actualité, politique internationlae, énergie, pétrole, hydrocarbures |
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lundi, 02 mars 2026
Aggression contre l’Iran par les États-Unis et Israël - La première réaction officielle de la Chine

Aggression contre l’Iran par les États-Unis et Israël
La première réaction officielle de la Chine
Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/32440-reda...
Pékin demande la fin immédiate des hostilités et le retour au dialogue, en soulignant que «la souveraineté nationale, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être respectées».
Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé aujourd’hui sa profonde inquiétude face aux attaques militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Dans une note officielle, le porte-parole du ministère a déclaré que «la Chine est très préoccupée par l’attaque militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran», réaffirmant un principe clé de la politique étrangère chinoise: «La souveraineté nationale, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être respectées».
Un appel à la désescalade et au dialogue
Dans son communiqué, Pékin a lancé un appel à la communauté internationale, demandant «la cessation immédiate des actions militaires» afin d’«éviter une intensification supplémentaire des tensions». Le porte-parole a également souligné l’urgence de «reprendre le dialogue et les négociations» comme seule voie pour «maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient».
Les déclarations de Pékin interviennent à un moment de crise grave. Dans les premières heures de samedi, le ministère israélien de la Défense avait annoncé le lancement d’une attaque «préventive» contre la République islamique, avec pour objectif déclaré «d’éliminer les menaces contre l’État d’Israël». Par la suite, le président américain Donald Trump a confirmé l’implication des forces armées américaines dans l’opération.
Suite à cette offensive conjointe, l’Iran a rapidement riposté en lançant des attaques de missiles non seulement contre Israël, mais aussi contre plusieurs bases américaines au Moyen-Orient. Des explosions et des alarmes ont été signalées à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, en Jordanie, au Koweït, au Qatar et en Arabie saoudite, pays qui abritent des installations militaires américaines.
Téhéran avait précédemment averti que toute action militaire contre lui «serait considérée comme le début d’une guerre», réaffirmant la pleine préparation de ses forces armées à répondre «immédiatement et résolument à toute agression».
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samedi, 21 février 2026
De l'Amérique sinisée

De l'Amérique sinisée
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/sino-america/
Pékin établit une série d’accords avec l’Uruguay.
Le président uruguayen, Yamadù Orsi, a été reçu avec tous les honneurs à Pékin, où il a eu une longue entrevue avec Xi Jinping.
En marge de cette rencontre, le leader chinois a souligné la nécessité d’un monde toujours plus intégré, basé sur la coopération. Un monde non dominé par un seul despote ou maître.
Xi ne l’a pas nommé, bien sûr. Cependant, même un aveugle peut voir la référence explicite à Washington. Surtout parce qu’Orsi est le premier leader sud-américain à se rendre dans la Cité Interdite après le cas Maduro.
C’est-à-dire après que des forces spéciales américaines ont enlevé le président vénézuélien avec sa femme, pour l’emmener aux États-Unis et le poursuivre pour trafic de drogue.
Cela ne concerne personne, puisque le Venezuela est un pays presque insignifiant pour les cartels de la drogue.
Et, surtout, Trump lui-même n’a jamais caché que les véritables raisons de l’«opération Maduro» sont autres: ramener le Venezuela, avec ses immenses richesses pétrolières, dans l’orbite des États-Unis.
Selon ce qui semble, l’opération a réussi. Avec un coût modique (pour dire) de juste un peu plus d’une centaine de morts. Tous vénézuéliens, bien entendu.
Les événements ont cependant semé la terreur dans toute l’Amérique latine. Où seules l’Argentine et le Chili sont, pour l’instant, parfaitement alignés sur Washington.
Le Brésil de Lula semble très préoccupé, malgré le fait que, en raison de sa force et de sa taille, il reste dur à cuire.
Le Mexique tremble.
Cuba cherche des aides et un bouclier à Pékin.
Et il semble que les pays de la région andine aient aussi l’intention de faire de même.

De même, comme on peut le voir aujourd’hui, l'Uruguay.
En effet, Pékin représente la seule possibilité authentique d’alternative à la soumission totale à Washington qui, pour beaucoup, s'avère néfaste.
La Russie, qui déclare officiellement s’opposer à la lourde emprise des États-Unis sur l’Amérique latine, ne peut cependant faire grand-chose au-delà de déclarations de principe.
Trop occupée par le conflit ukrainien et, par ailleurs, en quête d’un accord, aussi difficile soit-il, avec les États-Unis sur les équilibres européens.
Pékin, en revanche, c’est une autre histoire. La stratégie de Xi Jinping vise totalement une pénétration capillaire dans chaque région du monde.
Bien sûr, principalement une pénétration commerciale. Et donc pacifique… du moins en apparence.
Il est cependant vrai que Pékin cherche un nouvel équilibre multipolaire, qui libère le système économique mondial du contrôle américain.

Pour cette raison, la Banque centrale chinoise délaisse ses énormes réserves de dollars.
Une opération qui pourrait avoir de fortes répercussions sur la stabilité économique des États-Unis.
Et Xi Jinping parle, avec une dureté sibylline, de nouveaux équilibres mondiaux. Et avertit que Pékin n’est pas disposé à accepter davantage d’hégémonies imposées par la force.
Comme je le disais, il ne nomme personne. Ni pays, ni hommes.
Ce n’était pas nécessaire. Ceux qui ont des oreilles pour entendre, ont entendu.
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mardi, 17 février 2026
La Chine à Munich: les règles de la politique de grande puissance mises en pratique

La Chine à Munich: les règles de la politique de grande puissance mises en pratique
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
L'agitation autour des déclarations de Wang Yi lors de la Conférence de Munich sur la sécurité méconnaît l'essentiel. La Chine n’a pas changé de camp à Munich. La Chine a défini son rôle. Ceux qui veulent comprendre ce qui s’est passé doivent abandonner l'idée fixe que les grandes puissances s’engagent durablement.
Ce que Pékin a pratiqué à Munich, c’est de la politique de grande puissance classique. Il ne s’agissait ni de la Russie, ni de l’Europe, ni de l’Ukraine — il s’agissait de se positionner dans l’échiquier mondial du pouvoir.
Premièrement, la Chine a démontré son autonomie stratégique. Wang Yi a consciemment envoyé trois messages simultanément: partenariat avec l’Europe, dialogue avec les États-Unis, et poursuite de la coopération avec la Russie. Cette démarche multipolaire n’est pas le fruit du hasard, mais une méthode. Elle indique que la Chine ne fait pas partie d’un bloc, mais constitue un pôle indépendant.
Deuxièmement, la Chine a déplacé le cadre des négociations. Le soutien à un rôle accru de l’Europe n’est pas une concession à Bruxelles. Il sert à relativiser la puissance monopolistique de Washington. Lorsque l’Europe est à la table, une structure multipolaire se met en place automatiquement. En même temps, la Russie sort de l’isolement, sans que la Chine ait à prendre ouvertement parti. Pékin étend ainsi sa zone d’influence dans l’espace diplomatique.
Troisièmement, la Chine s’est posée en médiateur incontournable. La combinaison de rhétorique du dialogue politique, d’aide humanitaire et de l’accent sur l’intégrité territoriale crée une légitimité. La Chine devient ainsi un acteur auquel aucun futur format de négociation ne pourra échapper. En même temps, elle ne prend aucune responsabilité quant au résultat. C’est une stratégie optimale: influence sans risque.
Quatrièmement, la Chine a gagné du temps. La stabilité en Europe est nécessaire économiquement pour Pékin. Toute escalade mobilise des ressources, augmente l’incertitude et met en danger les relations commerciales. Par une rhétorique modératrice, la Chine crée de l’espace pour sa propre ascension économique et technologique.
Cinquièmement, la Chine a montré à tous que les partenariats sont relatifs. Les déclarations sur d’éventuelles perspectives positives dans les relations avec les États-Unis ne sont pas en contradiction avec la coopération avec la Russie. Elles montrent plutôt que la Chine maintient des options ouvertes et n’accepte aucune dépendance stratégique.
La leçon essentielle pour l’Allemagne et l’Europe est évidente. Dans un monde multipolaire, ce n’est pas la rhétorique morale qui prime, mais la pertinence structurelle. Ceux qui restent indispensables économiquement et technologiquement seront intégrés. Ceux qui peuvent être remplacés seront évités.
Munich n’était donc pas un lieu de changement de cap pour la Chine. C’était la démonstration d'une logique de puissance. Alors que l’Europe pense encore en termes de loyauté et de communauté de valeurs, d’autres acteurs agissent selon des intérêts à long terme. Ceux qui ne comprennent pas ces règles du jeu ne façonnent pas, ils réagissent.
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mardi, 10 février 2026
L'Uruguay et la Chine renforcent leurs alliances

L'Uruguay et la Chine renforcent leurs alliances
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/uruguay-e-cina-prove-di-rafforz...
Yamandù Orsi, qui est-il ? C'est le président de l'Uruguay, d'origine italienne et espagnole. Il vient de rencontrer son homologue Xi Jinping à Pékin. Il a été accueilli avec les honneurs, suivis de rencontres avec les dirigeants chinois dans différents secteurs. L'approche de Pékin est très différente de celle des États-Unis, qui ont agressé les pays d'Amérique latine. Pas de bombardements, pas d'enlèvements. Pas de menaces.
Seulement des affaires, avantageuses pour les deux parties. Dans ce cas précis, elles sont particulièrement avantageuses pour l'Uruguay qui, au cours du premier semestre de l'année dernière, a enregistré un excédent commercial de 187 millions de dollars avec la Chine. Il exporte principalement des produits alimentaires, mais aussi du bois, et importe des produits chimiques, des produits électroniques et des machines.
Probablement, les bons démocrates de Washington vont maintenant commencer à proférer des menaces et à imposer des droits de douane à Montevideo. Pour empêcher, comme d'habitude, que certains pays d'Amérique latine ne s'affranchissent du contrôle yankee.
Ou bien ils essaieront d'inviter Orsi à une fête ou une orgie à la manière d'Epstein. Car la mort – de plus en plus mystérieuse – du satyre numéro 1 n'empêche pas les égouts occidentaux de poursuivre leurs ébats avec les mêmes méthodes et les mêmes objectifs.
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samedi, 07 février 2026
Devises, pouvoir et détermination politique

Devises, pouvoir et détermination politique
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Dans le débat géopolitique, on parle actuellement beaucoup des monnaies. De la perte progressive de l’importance du dollar, de la montée du yuan, de nouveaux systèmes de paiement et de mécanismes commerciaux alternatifs. Tout cela est pertinent, mais cela reste incomplet si l’on oublie la question du pouvoir.
Car, historiquement, une règle simple prévaut : aucune monnaie mondiale n'est solide sans soutien militaire.
Ce n’est pas parce que le dollar est « pratique » ou parce que les marchés financiers américains sont si attractifs qu’il domine. Il est dominant parce que les États-Unis ont, pendant des décennies, été prêts à défendre politiquement, et en dernier recours militairement, leurs intérêts économiques, le long des voies maritimes, dans les régions de production de biens ou de ressources, aux points stratégiques.
C’est précisément ici que se trouve le point névralgique de la stratégie chinoise.
Aujourd’hui, la Chine est une grande puissance économique. Le volume des échanges, les capacités industrielles, l’étendue technologique — tout cela est indiscutable. Mais la force économique ne remplace pas la détermination stratégique. Et jusqu’à présent, la question reste ouverte de savoir si Pékin est prêt à défendre ses intérêts également là où les instruments économiques ne suffisent plus.
Le Venezuela et l'Iran ne sont donc pas des sujets marginaux
Ce sont des cas-tests :
– Le Venezuela a montré à quel point il est facile de neutraliser les intérêts énergétiques chinois sous pression américaine.
– L’Iran est le véritable marqueur: c’est un nœud pour l’énergie, le transport et l’ensemble de la connexion eurasienne de la Chine.
Si l’Iran tombe, c’est plus qu’un acteur régional qui vacille.
Alors aussi, les éléments clés de la stratégie eurasienne chinoise — la fameuse Route de la Soie — risquent de s’effondrer. Des projets d’infrastructure sans sécurité politique sont vulnérables. Et la vulnérabilité est exploitée dans la lutte pour le pouvoir.

La stratégie américaine est remarquablement claire:
Ce n’est pas la grande guerre qui est menée, mais le découpage progressif des options. Isoler les partenaires, perturber les chaînes d’approvisionnement, couper les flux d’énergie, augmenter les risques politiques. Pas d’attaque frontale — mais une pression permanente qui réduit l’espace stratégique.
Jusqu’à présent, la Chine y répond par esquives et gain de temps. C’est rationnel — mais risqué. Car le temps ne travaille pas automatiquement pour celui qui attend. Souvent, il travaille pour celui qui agit.
Dans cette configuration, un autre point devient crucial: la Chine, seule, est vulnérable stratégiquement. Pas économiquement, mais en termes de sécurité. Une autre situation ne naît qu’avec l’axe russo-chinois, qui changerait fondamentalement le calcul du risque de Washington. C’est précisément pour cela que la politique américaine tente de maintenir ces deux acteurs séparés et de les engager bilatéralement.
La conclusion peut donc être bien plus désagréable: nous vivons une période de transition, particulièrement dangereuse.
– L’ancien hegemon n’est plus tout-puissant, mais il reste suffisamment fort pour détruire,
– les challengers sont capables de riposter, mais hésitent à montrer cette capacité ouvertement.
Tant que cela perdure, peu de choses changeront dans la stratégie américaine. Il n’existe pas encore de « frontière militaire » à laquelle on pourrait se heurter. Et sans cette frontière, les tests, les pressions et les décalages continueront.
La question centrale n’est donc pas: quelle monnaie domine?
Mais: qui est prêt à défendre son ordre, si nécessaire — et qui espère que l’adversaire trébuche un jour tout seul ?
Il reste incertain si cet espoir sera fondé. L’histoire semble plutôt aller dans le sens contraire.
#géopolitique@affaires_mondiales_par_elena
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vendredi, 02 janvier 2026
L’espace stratégique en expansion de la Chine – De la grande profondeur marine à l’Arctique, de la Lune au cyberespace

L’espace stratégique en expansion de la Chine – De la grande profondeur marine à l’Arctique, de la Lune au cyberespace
Markku Siira
Source: https://geopolarium.com/2025/12/12/kiinan-laajeneva-strat...
La politologue et sinologue Elizabeth Economy examine dans Foreign Affairs comment la Chine cherche systématiquement à approfondir sa présence et son influence dans des domaines stratégiquement importants : en haute mer, dans la région arctique, dans l’espace, dans le cyberespace et dans le système financier international. Economy met en avant la cohérence de la politique chinoise – investissements massifs dirigés par l’État, pénétration des institutions existantes, création de forums alternatifs et engagement des pays émergents dans sa sphère d’influence – ainsi que l’objectif du président Xi Jinping de remettre la Chine au centre de la politique mondiale.

Concernant les ressources minérales en haute mer, Economy décrit de manière fiable la montée en puissance de la Chine. Le pays possède la plus grande flotte de navires de recherche civile au monde, cinq contrats d’exploration minière accordés par l’Autorité internationale des fonds marins (ISA) (le plus grand nombre au monde) et une représentation importante dans les organes décisionnels de l’organisation. La Chine poursuit une accélération de l’exploitation minière et a bloqué l’adoption de moratoires environnementaux au sein de l’ISA. Cependant, la majorité des membres de l’ISA – près de 40 pays – s’oppose à cette ligne et demande des mesures de protection plus strictes. La supériorité technologique de la Chine est indiscutable, mais lors de la définition des normes, elle a jusqu’à présent perdu.
Dans la région arctique, Economy met en avant la Route de la soie polaire et le premier transport direct de fret maritime vers l’Europe, réalisé en octobre. La coopération de la Chine avec la Russie s’est renforcée suite à la guerre en Ukraine, menant à de nouveaux projets miniers, portuaires et ferroviaires. Cependant, seulement 18 des 57 propositions d’investissements arctiques de la Chine ont été réalisées – les autres États arctiques (Canada, Danemark, Islande, Norvège, Suède et Finlande) ont rejeté ces financements chinois pour des raisons de sécurité. La Russie a ouvert ses portes sous prétexte d’un partenariat stratégique, mais maintient fermement le contrôle décisionnel et insiste sur le fait que la Chine ne possède pas le statut de véritable puissance arctique.

Dans l’espace, la Chine progresse de manière convaincante : elle dispose de plus de 700 satellites, d’une station spatiale habitée (Tiangong - photo) et prévoit de construire une base lunaire permanente. Dans le cadre du projet ILRS dirigé par la Chine et la Russie, 11 pays participent, tandis que l’Accord d’Artemis, signé par 60 États, n’est pas représentatif d’un affaiblissement diplomatique chinois, mais d’une stratégie délibérée, où les objectifs nationaux priment sur le consensus international. La Chine peut atteindre ses principaux objectifs spatiaux sans réseau de partenaires étendu.

Dans les secteurs du cyberespace et de la technologie, Economy souligne la volonté de la Chine de remodeler l’architecture fondamentale d’Internet. Un exemple clé est le New IP, une architecture réseau proposée par Huawei et l’Union internationale des télécommunications (UIT). La proposition aurait permis un contrôle étatique beaucoup plus strict et des moyens intégrés pour couper des parties du réseau si nécessaire. Présentée comme une avancée technologique, elle a été largement perçue comme une menace pour Internet ouvert, et le projet a été rejeté par les pays occidentaux et le secteur civil. Il est notable que même des pays bénéficiant du soutien financier chinois ont rejeté la proposition. Bien que le nombre de propositions de normes chinoises ait explosé, leur influence dans les organes clés reste limitée.
Dans le système financier, la montée du renminbi chinois s’est arrêtée à un niveau faible: sa part dans les paiements SWIFT (2,5-3,2 % en 2025) et ses réserves en devises dans les banques centrales (environ 2,1-2,2 %) restent marginales. Alors que la politique de sanctions des États-Unis a accéléré la dédollarisation en Iran, en Russie, au Brésil et en Inde, le renminbi ne devient pas une alternative au dollar. Une internationalisation totale nécessiterait une libéralisation des flux de capitaux et une soumission de la banque centrale aux normes du système financier occidental, ce qui est impossible pour la Chine sans renier son modèle économique dirigé par l’État et renoncer à sa souveraineté économique.
Un analyste américain reprend finalement les clichés habituels: face à la concurrence chinoise, les États-Unis doivent investir dans leurs capacités militaires et technologiques, renforcer leurs alliances et restaurer leur réputation en tant que leader responsable. Ces lignes directrices sont compréhensibles, mais semblent optimistes, car les propositions de solution ne prennent pas suffisamment en compte les dommages causés par la politique américaine elle-même. Par exemple, la critique de Trump envers l’Europe, ses menaces d’ignorer les règles de l’ISA ou d’interpréter unilatéralement des accords, pourrait affaiblir l’Occident plus rapidement que la montée de la Chine.
Economy propose une vision américaine de la stratégie à long terme de la Chine, mais son interprétation est parfois alarmiste. La Chine a certes progressé dans de nombreux domaines, mais son influence dans le système mondial reste limitée. Les préoccupations environnementales, les peurs sécuritaires, les différends réglementaires et l’attrait d’un modèle plus ouvert se sont révélés plus puissants que prévu. La question décisive n’est pas seulement la persévérance de la Chine, mais aussi si les États-Unis ou tout autre pays peuvent offrir une vision crédible et attrayante d’un avenir commun pour la communauté mondiale. À l’heure actuelle, cela ne semble pas être le cas.
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mardi, 16 décembre 2025
États-Unis, Russie et Chine redessinent leurs zones d’influence. L’Europe est ignorée

États-Unis, Russie et Chine redessinent leurs zones d’influence. L’Europe est ignorée
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/usa-russia-e-cina-ridisegnano-l...
L’Europe, à juste titre, s’est préoccupée des pages consacrées au Vieux Continent dans le nouveau document de sécurité américain. Leur sécurité, non la nôtre. Et le mépris envers la classe dirigeante européenne y est apparu évident. Mais les obtus du Bruxelles des eurocrates et les laquais des différents gouvernements étaient trop occupés à se contempler le nombril, tout en pleurnichant, pour se rendre compte que le document de Trump traite aussi d’autres choses.
Ce qui devrait intéresser l’Italie, si elle avait encore une réelle politique étrangère.
Car, en fait, Trump a annoncé qu’il renonçait à un rôle stratégique en Afrique où, de toute façon, les États-Unis resteront pour garantir des affaires pour les entreprises américaines. Question d’argent, mais sans déclencher des guerres.
En même temps, de Moscou, arrivaient des signaux d’abandon du Moyen-Orient. Un choix obligé pour l'essentiel. Trop de chaos y règne, trop de protagonistes sont en lice, trop de favoritisme en faveur d’Israël. Qu’Erdogan se débrouille, qu’il gère la situation. Et avec lui, il y aura aussi des Chinois, des Indiens, des Saoudiens, des Émiratis.
Il vaut mieux s’occuper de l’Afrique, toujours en collaboration ou en concurrence avec les Chinois, les Turcs, les Indiens, les Saoudiens, les Émiratis. Sans Israël, il est même possible de conclure un accord.
Et qui manque? L’Europe, bien sûr. Parce que seuls les proches de notre Giorgia (Meloni) nationale croient encore à la mascarade du plan Mattei. Certes, les Africains prennent de l’argent qui, pour les contribuables italiens, représente beaucoup, mais par rapport aux investissements chinois et indiens, c’est une misère, et ils concèdent quelques affaires économiques. Mais la non pertinence des Européens est totale.
La non pertinence de l’Europe, la non pertinence de l’Italie. Tant dans les pays d’Afrique subsaharienne qu'en Afrique du Nord.
Non pertinents d’un point de vue économique, ce qui est compréhensible. Non pertinents aussi d’un point de vue culturel et, pour l’Italie, c’est encore plus grave.
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mardi, 25 novembre 2025
Jeux orientaux

Jeux orientaux
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/giochi-orientali/?sfnsn=scwspmo
La Chine et le Japon semblent être à couteaux tirés. Les tensions entre Pékin et Tokyo n'avaient jamais atteint un tel paroxysme depuis la Seconde Guerre mondiale.
En effet, les relations entre ces deux empires historiques d'Extrême-Orient s'étaient considérablement améliorées au cours des années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale. Notamment parce que le Japon, sous la tutelle des États-Unis, semblait avoir totalement renoncé à jouer un rôle politico-militaire. Il était devenu une simple puissance économique et industrielle.
En somme, un géant, mais un géant aux pieds d'argile.
Aujourd'hui, cependant, les choses changent rapidement. Et elles changent de manière radicale.
Washington, de plus en plus préoccupé par la croissance de Pékin, a en effet levé les restrictions sur le réarmement de Tokyo. Afin de pouvoir utiliser la puissance du Japon pour contenir la Chine.

Cela a bien sûr posé des problèmes. Car la charmante Mme Sanae Takaichi, première femme à la tête du gouvernement japonais, a immédiatement commencé à montrer les dents. Aiguisées comme les crocs d'un tigre à dents de sabre.
D'autre part, Sanae Takaichi est une représentante de l'aile la plus conservatrice du Parti libéral-démocrate. Une aile qui a toujours nourri des sentiments fortement nationalistes et le rêve de ramener le Japon à un rôle de véritable puissance.
Après tout, cela fait quatre-vingts ans que la guerre a mis Tokyo à genoux. Et quatre-vingts ans, pour nous Occidentaux, c'est une éternité, pour les Orientaux, un simple souffle du vent.
Et, bien que colonisés par les Américains, les Japonais restent profondément orientaux.
Quoi qu'il en soit, Mme Sanae a clairement indiqué que son Japon n'avait pas l'intention de suivre la dérive occidentale à l'égard de Moscou. Au contraire, elle entend améliorer les relations commerciales avec la Russie, car elles sont essentielles au développement de l'économie nationale.
Une décision qui a laissé perplexes de nombreux représentants de l'opposition interne. Mais qui s'est également fondée, peut-être surtout, sur la certitude que le Washington de Trump n'en ferait pas une tragédie.
Certes, cela a dérangé, mais sachant que la Maison Blanche a aujourd'hui d'autres priorités. Et que, pour cette raison, elle a virtuellement besoin du soutien de Tokyo.
Et la priorité des priorités, inutile de le dire, s'appelle Pékin.
Endiguer la Chine est aujourd'hui l'impératif principal de Washington. Et c'est à cela qu'il subordonne, parfois au détriment de tous les autres objectifs.
Cela peut expliquer le comportement du gouvernement japonais. D'un côté, il revendique une autonomie totale dans sa politique vis-à-vis de la Russie. Avec laquelle il entend intensifier ses échanges commerciaux.
Mais, d'autre part, il montre son visage armé à Pékin. Allant même jusqu'à proposer une sorte de protectorat sur Taïwan.
Un choix obligé. Mme Sanae Takaichi est évidemment bien consciente que l'autonomie croissante de son Japon doit payer un prix à Washington.
Et ce prix consiste à montrer un visage dur à Pékin.
En se montrant le plus fiable, le Japon est un allié important de Washington dans la lutte pour le contrôle de la zone panpacifique.
17:52 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, japon, chine, russie, asie, affaires asiatiques, sanae takaichi |
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lundi, 24 novembre 2025
Alchimie orientale

Alchimie orientale
par Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/alchimie-orientali/
Comprendre la Chine, comprendre le Japon ou Taiwan est, pour nous, Occidentaux, une tâche extrêmement ardue.
Car leurs politiques échappent à nos critères habituels. Elles deviennent floues, difficiles à déchiffrer.
Bien sûr, nous lisons ce qu’ils écrivent. Nous écoutons ce qu’ils disent. Et pourtant, nous ne comprenons pas, ou plutôt, nous ne pouvons pas comprendre parce que nous avons une conception/représentation différente du temps.
Même avec les Japonais et les Taiwanais, qui ont pourtant subi des décennies de domination américaine. Qui les ont imprégnés de notre modernité.
Mais cela n’est qu’une couche extérieure. Une apparence, qui peut tomber à tout moment.

Le Japon a été, depuis 1945 jusqu’à aujourd’hui, en fait, une colonie américaine. Contrôlé de toutes les manières. Contraint d’être différent de ce qu’il est, par l'histoire et la culture.
Et cela semblait l’avoir dompté, anesthésié. Malgré des révoltes et des protestations solitaires. Comme le seppuku de Mishima.
Cela semblait…
Mais maintenant, Washington, pour des raisons spécifiques dictées par leur volonté d'endiguer l’expansion chinoise, a accordé, ou plutôt été obligé d’accorder, à nouveau au Japon la possibilité de se réarmer. Autrement dit, de ne plus être une puissance économique géante tout en demeurant un lilliputien sur le plan de la puissance militaire.
Et, immédiatement, Tokyo a recommencé à faire de la politique. De manière décidément autonome. En déclarant, par la voix de son Premier ministre, qu’il n’a pas l’intention de rompre ses relations commerciales avec Pékin. Au contraire, il souhaite les renforcer. Parce que cela sert l’intérêt national du Japon.

Taïwan vit encore dans une dimension suspendue. Les États-Unis cherchent, de toutes leurs forces, à favoriser ceux qui voudraient faire des Taiwanais un peuple distinct, et éloigné, de la Chine.
Une ingénierie ethnique et sociale qui n'est guère facile. Parce qu’au-delà de ces jeunes faucons taïwanais, nourris par les États-Unis, il y a de nombreux liens profonds entre la grande île et la Chine continentale. Au point que le Kuomintang, héritier du nationalisme chinois, revendique toujours le lien avec le continent. Et continue à se battre pour le maintenir en vie.
Paradoxe, l’ennemi historique du Parti communiste chinois est aujourd’hui l'allié potentiel de Pékin. Qui, en toutes occasions, revendique la réunification définitive avec Taïwan. Mais sans hâte, toutefois. Avec toute la sérénité orientale.
Oui… Pékin. Le géant économique, industriel, qui représente la véritable obsession de toutes les administrations américaines. Qui le voient comme l’ennemi. Et pourtant, elles ne peuvent s’en passer, tant les intérêts entre les deux puissances sont étroitement liés et imbriqués.
Les maîtres de la Cité Interdite sont convaincus qu’un affrontement frontal avec les Américains est inévitable. Mais ils n’ont aucune hâte. Au contraire, ils laissent le temps s’écouler paisiblement, en veillant attentivement à leurs propres affaires. Et en élargissant progressivement leur champ d’action et d’influence.
L’Asie, le Moyen-Orient, de vastes zones de l’Afrique. Et, non en dernier lieu, les grandes routes commerciales entre la Chine et l’Europe. La Route de la Soie 2.0, et le Noble Collier de Perles, ou la Route maritime de la Soie. De la Chine à la Méditerranée, en passant par l’océan Indien et Suez.
Ils n’ont pas hâte. Xi Jinping sourit sournoisement. Et ainsi tout son groupe dirigeant. Les nouveaux mandarins de la Cité Interdite.
Ils comptent sur le temps, qui travaille pour eux.
L’urgence névrotique des Occidentaux ne les touche pas.
Au contraire, cela leur profite.
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mercredi, 29 octobre 2025
L'Europe, la grande perdante dans la guerre entre les États-Unis et la Chine pour les métaux rares, selon les médias

L'Europe, la grande perdante dans la guerre entre les États-Unis et la Chine pour les métaux rares, selon les médias
Source: https://es.sott.net/article/102129-Europa-la-gran-perdedo...
Bruxelles risque de devenir subordonnée aux deux puissances en raison de sa dépendance aux services numériques américains et à l’exploitation minière chinoise, avertit le journal The Financial Times. Il ajoute que l’investissement de l’UE dans les industries clés est ridicule par rapport aux milliards que Pékin et Washington y investissent.
« La double dépendance de l’Europe vis-à-vis des services numériques américains et de l’industrie chinoise de traitement des minéraux critiques la rend très vulnérable aux pressions extérieures », souligne-t-il.
Cela s’aggrave du fait que la stratégie de l’UE concernant les matières premières entre en conflit avec l’opposition des écologistes, tandis que ses investissements technologiques sont bien inférieurs à ceux de la Chine et des États-Unis, indique la publication.
Même dans le domaine où l’Europe était considérée comme leader — énergie solaire, éolienne et véhicules électriques — la Chine domine actuellement ces secteurs, notamment avec la production de batteries au lithium.
« Si Bruxelles ne parvient pas rapidement à mobiliser les États membres, l’UE finira par devoir supplier en permanence la Chine, les États-Unis ou les deux », résume The Financial Times.
Cela se produit dans le contexte de la guerre technologique entre Pékin et Washington, dans laquelle les États-Unis restreignent l’accès de la Chine aux microprocesseurs, majoritairement fabriqués à Taïwan. La Chine, pour sa part, est devenue le leader mondial du traitement des métaux rares, en réalisant ses opérations à un coût 30% inférieur à celui de ses concurrents et en monopolisant les terres rares. Cela lui permet de contre-attaquer et d’imposer ses propres règles du jeu.
Les nouveaux tarifs douaniers imposés par Trump contre la Chine entreront en vigueur à partir du 1er novembre, ce qui porterait les droits de douane de Washington contre Pékin à 130%, alors que jusqu’à présent, la Chine applique une taxe de 10% sur les produits américains.
Le 15 octobre, la Chine a lancé un avertissement aux États-Unis concernant la guerre commerciale. La réponse de Pékin aux tarifs américains sera ferme et personne ne l’intimidera, ont assuré le ministère chinois du Commerce.
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mercredi, 22 octobre 2025
Tianxia plutôt que la Paix de Westphalie – L'OCS fait avancer l’ordre mondial multipolaire

Tianxia plutôt que la Paix de Westphalie – L'OCS fait avancer l’ordre mondial multipolaire
Tianjin. Le sommet récemment organisé à Tianjin, en Chine, par l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) marque une étape importante pour l’ordre mondial des prochaines décennies. Autrefois conçu comme un forum modeste pour les questions de sécurité entre la Chine et les États d’Asie centrale issus de l’ex-Union soviétique, l'OCS est aujourd’hui l’une des plateformes multilatérales les plus influentes au monde – et l’instrument principal de l’intégration de la grande région eurasiatique.
Créée en 2001 par la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, l’organisation repose sur les principes du “Groupe de Shanghai,” fondé en 1996. Son objectif initial – la résolution des conflits frontaliers et la promotion de la stabilité régionale – a été depuis remplacé par un projet beaucoup plus ambitieux: la création d’un modèle alternatif de coopération internationale, qui s’affranchit délibérément des alliances militaires occidentales et des blocs économiques.
L’“esprit de Shanghai,” tel qu’il est inscrit dans les documents fondateurs, repose sur les principes de confiance mutuelle, de bénéfice mutuel, d’égalité, de respect de la diversité culturelle et de recherche d’un développement commun. Ces valeurs ont permis à l'OCS, au cours des dernières décennies, de devenir un acteur unique sur la scène mondiale. Alors que d’autres alliances sont souvent marquées par la rivalité stratégique ou des intérêts économiques propres, l’organisation mise sur la coopération, qui va au-delà de la simple rhétorique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: avec l’Inde et le Pakistan, qui ont rejoint en 2017 en tant que membres à part entière ; l’adhésion de l’Iran en 2023 ; et l’intégration de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte en tant que partenaires de dialogue, l'OCS rassemble aujourd’hui 40 % de la population mondiale et génère plus de 20 % du produit intérieur brut global. Cette expansion est non seulement géographiquement significative, mais aussi politiquement. Elle signale l’essor d’une nouvelle ère multipolaire, qui remplacera l’époque unipolaire menée par les États-Unis. Rien qu’à Tianjin, la Russie et la Chine ont signé plus de 20 accords de coopération dans divers domaines. Le fait que l’Inde, grande rivale de Pékin, ait rejoint l’organisation comme troisième puissance eurasiatique, a été un signal qui a inquiété de nombreux stratèges occidentaux.

Aujourd’hui, l'OCS ne se limite plus à la politique de sécurité. Au cours des dernières années, ses activités se sont étendues à l’économie, aux infrastructures et à l’énergie. La priorité est donnée à l’intégration des technologies vertes: Tianjin, ville hôte du sommet récent, est considérée comme un pionnier dans le développement de l’énergie solaire, éolienne et autres sources renouvelables. La ville ne réduit pas seulement ses émissions, mais sert aussi de centre d’échange de solutions durables au sein de l’organisation. Ceci montre comment l'OCS aide ses membres à relier les objectifs de l’initiative chinoise “Belt and Road” à une politique environnementale moderne. Le sommet de Tianjin souligne cette dynamique. Il est plus qu’un événement diplomatique – c’est une preuve que l'OCS “fonctionne et le prouve au monde entier”, comme le déclarent les communiqués officiels.
Derrière ce succès se trouve un concept profondément enraciné dans la tradition chinoise: Tianxia (天下), littéralement “tout sous le ciel.” Originellement, dans la Chine ancienne, ce terme désignait le monde connu, mais il représentait toujours bien plus qu’une simple description géographique. Tianxia incarnait la vision d’un ordre mondial basé sur l’harmonie, la hiérarchie et l’ordre moral. L’Empire se percevait non pas comme un État parmi d’autres, mais comme un centre civilisateur autour duquel l’humanité se regroupait. Les peuples voisins pouvaient faire partie de cet ordre en reconnaissant la suprématie symbolique de l’empereur – non pas par une domination directe, mais par un respect rituel et un bénéfice mutuel. Le système tributaire, qui échangeait des avantages commerciaux contre reconnaissance politique, était la mise en pratique de cette idée. Avec la dynastie Zhou (11ème-3ème siècle av. J.-C.), Tianxia s’est étroitement lié aux notions confucéennes de justice et d’harmonie cosmique. Sous les dynasties Han, Tang et Ming, ce modèle a façonné la relation de la Chine avec le reste du monde: ceux qui acceptaient l’ordre sino-centré étaient considérés comme “civilisés,” tandis que ceux qui s’en détournaient étaient vus comme “barbares.”

Aujourd’hui, Tianxia offre un contre-modèle au système westphalien, basé depuis 1648 sur des États-nations concurrents. Alors que ce dernier conduit souvent à des conflits et des luttes de pouvoir, Tianxia mise sur l’intégration et la responsabilité commune. L'OCS incarne cette philosophie. Elle prouve que les conflits ne peuvent être résolus par l’hégémonie, mais par la coopération. Un exemple concret en est les “Ateliers Luban,” des centres de formation initiés par la Chine qui forment aujourd’hui des spécialistes dans 30 pays, favorisant ainsi le développement local. En 2024, ce projet a reçu le “World Vocational Education Award” et a été salué par les médias internationaux comme un “centre technologique de la marque éducative mondiale”.

Tianjin joue un rôle central dans cette dynamique. Son port (photo), le plus grand du nord de la Chine, et un nœud clé de la “Belt and Road”, constitue le cœur logistique du commerce avec les États membres de l'OCS. Par des projets d’infrastructure modernes – de chemins de fer, routes, réseaux énergétiques – l’organisation renforce non seulement la connectivité économique, mais aussi l’attractivité de la région. L’“esprit de Shanghai” montre ici sa mise en pratique: il crée des avantages communs et privilégie le dialogue plutôt que la confrontation.
Dans une époque où de nombreux formats traditionnels de coopération internationale sont sous pression, l'OCS gagne encore en importance. Elle offre surtout aux pays du Sud global une alternative convaincante: la coopération plutôt que l’unilatéralisme, les marchés ouverts plutôt que le protectionnisme. Les adhésions récentes de pays du Moyen-Orient prouvent que l’organisation peut rassembler des intérêts divers et favoriser la stabilité dans des régions incertaines.
Plus important encore: suivant l’exemple des BRICS, l'OCS a décidé à Tianjin de créer un système financier alternatif, pour se libérer de la dépendance au dollar américain. Des experts soulignent que le commerce entre les pays de l’organisation reste encore bien en deçà du commerce extérieur global. La création d’une banque de développement commune et d’un système de paiement partagé doit, à terme, offrir une protection et réduire la vulnérabilité face au système financier occidental. Le chef du Kremlin, Poutine, a proposé d’émettre des obligations communes. Il a également évoqué l’idée de mettre en place un système de paiement unifié pour le commerce, soulignant l’importance d’une infrastructure commune de compensation et de paiement.
Sur le plan géopolitique, l'OCS constitue peu à peu un “ceinture de protection” autour du “Rimland” — cette zone stratégique intermédiaire que les père fondateurs de la géopolitique, les Anglo-Saxons Halford Mackinder et Nicholas J. Spykman, avaient identifiée comme la clé de la domination mondiale. Mais, contrairement aux alliances classiques, l'OCS ne vise pas à contrôler le “Heartland” (cœur du continent), mais à créer un équilibre multipolaire.
Le message de Tianjin est clair: alors que l’Occident mise souvent sur l’idéologie et la tutelle, l'OCS privilégie le développement. Elle investit dans des projets concrets qui améliorent la vie quotidienne — que ce soit par la facilitation du commerce, la coopération en matière de sécurité ou l’échange culturel. Dans un monde en quête de nouvelles solutions, cette approche pourrait rapidement devenir incontournable, voire indispensable. L’Occident devra tôt ou tard se rendre compte s’il veut ignorer cette évolution ou mieux la soutenir. Car l'OCS ne montre pas seulement qu’elle fonctionne. Elle démontre aussi que la sagesse asiatique et les traditions occidentales ne sont pas incompatibles, mais peuvent se compléter harmonieusement (he).
Source: Zu erst, Octobre 2025.
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dimanche, 19 octobre 2025
Guerre des aimants: comment la Chine freine la production d’armement occidentale avec un simple formulaire

Guerre des aimants: comment la Chine freine la production d’armement occidentale avec un simple formulaire
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena/2796
Sans aimants, pas de moteur, pas de radar, pas d’avion.
Et sans la Chine, pas d’aimants.
Environ 90% de la production mondiale d’aimants à terres rares provient de la République populaire. Ils sont présents dans chaque moteur électrique, chaque drone, chaque F-35. Ce qui peut sembler être un détail technique est en réalité la colonne vertébrale de l’armement moderne. Et c’est précisément là que la Chine agit désormais.
1. Ce qui se passe réellement
Depuis octobre, de nouvelles licences d’exportation s’appliquent en Chine pour les métaux et technologies issus des terres rares.
Quiconque souhaite désormais importer du néodyme, du samarium ou du dysprosium de Chine doit prouver que le produit final sera exclusivement civil.
Une part de seulement 0,1% peut suffire à rendre une autorisation obligatoire.
Sur le papier, il s’agit d’une simple régulation technique.
Dans la pratique, c’est un contrôle sur la production mondiale d’armes.
Car presque tous les systèmes d’armes occidentaux – des missiles aux sous-marins – utilisent précisément ces matériaux.
2. Pas une riposte, mais une stratégie
L’Occident parle par réflexe de « guerre commerciale ». Mais c’est une vision réductrice.
La Chine ne répond pas par des droits de douane ou des sanctions, mais par quelque chose de bien plus efficace: le temps.
Une licence peut être retardée, annulée ou renégociée.
Et chaque retard ralentit les programmes d’armement occidentaux.
Au lieu de bloquer les armes, Pékin en ralentit la production.
Ce n’est pas une guerre économique – c’est un frein asymétrique à l’armement.
3. Effet miroir de l’Occident
Les États-Unis ont instauré ces dernières années des contrôles à l’exportation sur les puces électroniques et certaines technologies – au nom de la «sécurité nationale».
La Chine applique désormais la même logique, mais la retourne contre ses initiateurs.
Alors que Washington décide qui peut livrer des puces à la Chine, Pékin décide qui peut utiliser les métaux chinois pour fabriquer des armes contre la Chine.
Il en résulte une stratégie miroir:
Les rôles dans l’économie mondiale de la sécurité commencent à s’inverser.


4. Dépendance de l’Europe – le maillon aveugle
L’Europe évoque «l’autonomie stratégique» et la «Readiness 2030».
Mais elle ne possède quasiment aucune capacité propre pour extraire ou traiter ces matériaux.
Même le recyclage et la fabrication d’aimants dépendent des chaînes d’approvisionnement chinoises.
Cela signifie:
Même si Bruxelles mobilise des milliards pour l’armement, c’est finalement Pékin qui décide du flux des matériaux.
Un goulot d’étranglement remplace toute rhétorique politique.
5. Le pouvoir d'une stratégie délibérée de "ralentissement"
Dans la logique classique du pouvoir, il s’agit d'asseoir de la supériorité.
La Chine choisit une autre voie: contrôler le rythme.
Elle ne freine pas l’armement lui-même, mais la rapidité de sa production.
Et dans un monde où la préparation à la guerre dépend des rythmes de production, le temps devient la nouvelle ressource stratégique.
Tandis que l’Occident parle de réarmement, la Chine positionne l’interrupteur en mode attente.
Pas d’embargo, pas de menace – juste un formulaire.
6. Le moment décisif
Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, ce n’est plus Washington mais Pékin qui détermine les goulets d’étranglement de la production occidentale d’armement.
C’est là le véritable changement de paradigme:
Du réarmement à la limitation de l’armement comme instrument de puissance.
La Chine n’impose pas de sanctions.
Elle instaure des autorisations.
Et parfois, un simple formulaire d’autorisation s’avère être l’arme la plus puissante du monde.
17:22 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, terres rares |
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jeudi, 16 octobre 2025
Le projet eurasiatique de la Hongrie

Le projet eurasiatique de la Hongrie
Alan Herchhoren
Source: https://mpr21.info/el-proyecto-euroasiatico-de-hungria/
« Nous savons comment ils luttent. Ils utiliseront tous les moyens nécessaires, promettant des emplois, des bourses, la reconnaissance, la célébrité, le pouvoir et l’argent. Ils menacent, si nécessaire, avec de l’argent, des amendes, des sanctions financières et le retrait du droit de vote». Celui qui prononce ces paroles n’est pas un révolutionnaire. C’est Viktor Orbán, président de la Hongrie, dans un discours au sujet de l’Union européenne.
Il existe un proverbe espagnol qui dit: « Quand le navire coule, les rats sont les premiers à le quitter. » Le navire, c’est l’Union européenne et l’Occident et, depuis le début de l’Opération Militaire Spéciale (OMS) en Ukraine, tous les Européens ont pu constater comment le prix du panier de la ménagère, de l’essence pour leurs voitures ou du gaz qui chauffe leurs maisons a considérablement augmenté. L’Union européenne s’est tirée une balle dans le pied et a décidé d’appliquer des sanctions au gaz et au pétrole russes pour ensuite les acheter aux États-Unis, augmentant ainsi considérablement le coût de leur acquisition.
Tandis qu’en Europe occidentale on suit à la lettre les directives de Washington, certains pays commencent à remettre en question les décisions américaines et européennes. Dans le cas hongrois, il ne faut pas se tromper. Il ne s’agit pas d’une révolution, mais d’une question économique. Les comptes ne sont plus équilibrés et la bourgeoisie hongroise cherche des portes de sortie au naufrage, plus que prévisible, du navire européen.

L’intérêt hongrois pour l’Asie n’est pas récent, il faut le chercher assez loin dans le passé: il remonte à près de 150 ans. À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, une théorie appelée « touranisme » est apparue (en référence à Touran, un territoire au nord de l’Iran dénommé ainsi au Moyen Âge). Il ne faut pas oublier que le hongrois est une langue d’origine asiatique qui n’a aucun lien avec les langues européennes: son origine est ouralo-finnoise (tout comme le turc, le finnois ou l'estonien). Cette théorie naît à une époque où émerge le concept d’« identité », avec la naissance des nationalismes et du concept d’État-nation.
Cette théorie a eu un certain écho parmi les élites hongroises de l’Empire austro-hongrois, mais la défaite lors de la Première Guerre mondiale l’a reléguée au second plan. Cependant, pendant l’entre-deux-guerres, les cercles dans lesquels elle s’est diffusée étaient les mêmes qui combattaient la progression du Parti communiste hongrois. Ce furent les mêmes qui soutinrent le coup d’État de l’amiral Horthy (soutenu par la Grande-Bretagne, la France, les États-Unis et les grands capitaux allemands) contre le jeune gouvernement de la République socialiste de Béla Kun en 1921. Les mêmes qui sont restés jusqu’en 1944, moment où l’Armée rouge a libéré la Hongrie du joug nazi-fasciste.
Cependant, l’époque actuelle est différente. Cela ne signifie pas que Viktor Orbán soit un leader révolutionnaire cherchant la souveraineté et l’indépendance de son pays. Bien au contraire – comme nous l’avons dit plus haut, il s’agit d’une question économique.
La Hongrie, tout comme la Turquie, aspire à être un intermédiaire entre l’Europe et l’Asie. Elle souhaite être, à l’image des Turcs qui le sont traditionnellement, le marchand avec qui l’on négocie. C’est pour cette raison qu’elle joue un double rôle. D’un côté, elle participe à l’Union européenne et à l’OTAN (sans quitter ces structures), et de l’autre, elle cherche à maintenir des relations cordiales avec la Russie, regarde vers l’Asie et mise sur l’entrée des capitaux chinois en Europe.
En raison de ses positions ambiguës vis-à-vis de l’Ukraine, l’Union européenne a sanctionné la Hongrie à hauteur de 200 millions d’euros et a retiré une partie de son financement. Selon l’UE, cela est dû à sa politique migratoire, au manque de droits et de liberté d’expression… Pourtant, l’Italie a appliqué les mêmes politiques sans être sanctionnée de la sorte. Il s’agit d’une punition pour sa position ambivalente. Ces sanctions ont incité le gouvernement de Budapest à se tourner vers l’Asie et, en particulier, vers la Chine.

En décembre 2023, l’entreprise chinoise de véhicules électriques BYD (Build Your Dreams) a annoncé l’implantation dans le sud du pays de la plus grande usine de la marque en Europe, qui deviendra son centre d’opérations sur le continent. En mai 2024, un accord de partenariat stratégique a été signé entre Pékin et Budapest après la visite de Xi Jinping en Hongrie.
Par ailleurs, Budapest continue de miser sur une relation cordiale avec la Russie, regardant toujours vers l’Est, conséquence du déclin de l’Occident. Par exemple, en 2024, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjártó, a assisté au Forum du gaz à Saint-Pétersbourg, confirmant que « Budapest entend suivre une ligne de souveraineté énergétique par le dialogue direct avec Moscou ».
D’autre part, la Hongrie semble avoir son propre agenda. En 2019, elle est devenue membre observateur du Conseil turc et de l’Assemblée parlementaire des pays turcophones. Pendant le conflit du Haut-Karabakh, la Hongrie a soutenu ouvertement l’Azerbaïdjan et s’est engagée à financer la reconstruction des zones occupées par les Azerbaïdjanais.
En 2024, le pays magyar (avec l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Bulgarie et la Roumanie) a créé une entreprise pour la construction d’une ligne de transmission électrique depuis la mer Caspienne à travers la Géorgie, destinée à fournir de l’électricité à la Roumanie et à la Hongrie. La même année, l’entreprise hongroise MOL (troisième actionnaire d’Azeri-Chirag-Deepwater Gunashli (ACG)) a signé un accord d’exploration et d’exploitation dans le champ pétrolier et gazier de Shamakhi-Gobustan (Azerbaïdjan).
Budapest aspire à négocier d’égal à égal avec l’OTAN et l’Union européenne. L’histoire récente ne manque pas d’exemples de gouvernements ayant voulu se placer au même niveau que les grandes élites occidentales, avec des résultats désastreux. Les élites hongroises semblent – ou veulent – ignorer que l’Occident ne connaît pas de relations entre égaux: chose que l’Orient, lui, connaît.
17:26 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Eurasisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurasisme, hongrie, chine, europe, affaires européennes, viktor orban |
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samedi, 04 octobre 2025
La rivalité entre Moscou et Washington dans le monde turcophone

La rivalité entre Moscou et Washington dans le monde turcophone
Stefano Vernole
Source: https://telegra.ph/La-rivalit%C3%A0-tra-Mosca-e-Washingto...
Le grand partenariat eurasiatique représente en effet la seule carte dont disposent Moscou et Pékin pour concilier leurs projets d’infrastructures dans la région.
Tandis que l’administration Trump joue la carte de la séduction face aux «swing states» en les attirant avec de nouveaux accords énergétiques — comme celui proposé à la Turquie pour l’achat de son GNL, devenu manifestement moins attrayant après le doublement de la connexion énergétique russo-chinoise — et dans les secteurs de la technologie nucléaire civile et de l’aviation, ou proposé au Kazakhstan et à l’Ouzbékistan, avec 12 milliards de dollars dans les secteurs aérien, ferroviaire et dans celui des matières premières, la Russie mise sur une stratégie globale et promeut le concept « Altaï, patrie des Turcs » ainsi que le projet « Grand Altaï » comme contrepoids à l’Organisation des États turciques (OTS). Par le biais de conférences, d’expéditions et d’initiatives soutenues par l’État, Moscou cherche à se positionner non comme un acteur marginal dans le monde turc, mais comme son centre historique et culturel, notamment après la médiation nécessaire atteinte avec Istanbul en Syrie après la chute d’Assad.

Selon divers documents publiés, la Russie commence à percevoir l’OTS comme un défi à sa présence en Asie centrale, et la narration de l’Altaï présente la région Sayan-Altaï comme le berceau des langues, des États et de la culture turcs aux 6ème-7ème siècles. Les historiens et fonctionnaires russes soulignent combien l’Altaï est le lieu d’origine sacré des peuples turcs et représente un espace de coexistence entre communautés slaves et turques au nom d’une origine eurasiatique commune.
Cette vision de la translatio imperii permet à Moscou de se présenter en «gardienne» du patrimoine turc, tout comme la Turquie l’a fait, à l’inverse, avec la gestion de Sainte-Sophie à Istanbul.
Des conférences comme le Forum international de l’Altaï à Barnaoul, la publication de la Chronique de la civilisation turque et des programmes pour la jeunesse en turcologie donnent à ce récit un certain poids académique. Cette approche met en lumière le rôle de la Russie comme centre de civilisation et non comme périphérie.

Moscou promeut le projet « Grand Altaï » comme une initiative transfrontalière reliant la Russie, le Kazakhstan, la Mongolie et la Chine. Les objectifs proclamés du projet en matière d’écologie, d’échanges scientifiques et de renaissance culturelle s’alignent sur des objectifs politiques plus larges: renforcer le patrimoine turc dans une identité eurasiatique; étendre le soft power russe à travers des projets transfrontaliers; démontrer la capacité à établir des plateformes d’interconnexion alternatives.


En juillet 2025, le Premier ministre Mikhaïl Michoustine a accueilli à Manzherok, en République de l’Altaï, des dirigeants venus du Kazakhstan, d’Arménie, de Biélorussie et d’autres pays. Bien que présenté officiellement comme un forum environnemental, l’événement a aussi servi de plateforme pour discuter d’intégration et de commerce, révélant ainsi sa nature géopolitique sous couvert culturel.
Les États d’Asie centrale cherchent à équilibrer prudemment les deux cadres.
Le Kazakhstan a reconnu l’Altaï comme une « patrie sacrée de la civilisation turque », tout en s’engageant activement dans des projets lancés par l’Organisation des États turciques (OTS), tels que le livre d’histoire turc commun et l’alphabet unifié. L’Ouzbékistan et le Kirghizistan participent à des festivals et expéditions sur l’Altaï, obtenant une légitimité culturelle sans engagements politiques plus profonds.
Pendant ce temps, les initiatives de l’OTS continuent de progresser. Le livre d’histoire, coordonné par l’Académie turque, est en cours de rédaction et l’alphabet unifié, approuvé en 2024, est introduit progressivement. La Russie observe les deux initiatives avec suspicion, craignant que le nationalisme turcophone ne soit utilisé contre l’intégration eurasiatique.
Plutôt que d’affronter directement l’OTS, la Russie insère l’Altaï dans des stratégies eurasiatiques plus larges, y compris les programmes culturels de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et le dialogue avec l’Union économique eurasiatique (UEE). La compétition concerne cependant moins l’interprétation historique que la définition de futures constellations d’influence.
La stabilité de l’Asie centrale est devenue une composante essentielle de la stabilité même de la République populaire de Chine. Le Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération éternelle, signé à Astana le 17 juin 2025, engage six parties à ne pas s’aligner l’une contre l’autre, à la modération réciproque, aux consultations et à l’élargissement de la coopération en matière de sécurité et d’économie, tout en intégrant les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale, et en permettant des liens opérationnels plus profonds.
Les récents sommets de Xi’an et d’Astana ont créé 13 plateformes de coopération et mis en place un Secrétariat pour en coordonner la mise en œuvre. En juillet 2025, la Chine et ses partenaires d’Asie centrale ont inauguré des centres de coopération au Xinjiang pour la réduction de la pauvreté, l’échange éducatif et la prévention de la désertification. Leur mission est pratique: emplois ruraux, formation professionnelle, transfert de technologies et gestion environnementale afin de réduire les racines de l’insécurité.

Les corridors économiques terrestres à travers le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan revêtent aujourd’hui une importance stratégique. L’Asie centrale offre à Pékin une diversification des routes, des tampons physiques contre les chocs maritimes et un accès aux marchés adjacents. La Chine a approuvé la troisième connexion ferroviaire Chine-Kazakhstan, a avancé la ligne Chine-Kirghizistan-Ouzbékistan après des décennies de négociations et a amélioré les routes avec le Tadjikistan. Les services de conteneurs se sont étendus et le corridor transcaspien a vu sa capacité et sa coordination améliorées. Pékin combine la logistique au pilotage sécuritaire: gestion des frontières, partage de données et formations conjointes, souvent sous l’égide de l’OCS.
Le grand partenariat eurasiatique représente en effet la seule carte dont disposent Moscou et Pékin pour concilier leurs projets d’infrastructures dans la région, fournir à l’Asie centrale la connectivité nécessaire à son essor économique et empêcher les États-Unis d’y créer un foyer de déstabilisation de toute l’Eurasie.
La stratégie du président Vladimir Poutine de centraliser le pouvoir dans la Fédération de Russie a des implications particulières pour les régions frontalières russes, qui ont poursuivi un dialogue avec les États voisins. Le territoire de l’Altaï et la République de l’Altaï — deux régions frontalières russes du sud-ouest de la Sibérie — participent ainsi à une initiative régionaliste avec les régions voisines de la Chine, du Kazakhstan et de la Mongolie. Cette alliance régionale multilatérale entre administrations infranationales vise à coordonner les politiques de développement économique dans la sous-région des monts Altaï. Ses perspectives dépendent en grande partie du soutien politique et économique des autorités fédérales russes, mais aussi du consensus chinois et de l’élaboration d’un soft power eurasiatique plus que jamais nécessaire au vu des défis géostratégiques actuels.
18:05 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asie centrale, actualité, pays turcophones, turcophonie, asie, chine, russie, altaï, affaires asiatiques, connectivité, géopolitique |
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mercredi, 01 octobre 2025
Les sanctions et les droits de douane sont utiles. À ceux qui les ignorent

Les sanctions et les droits de douane sont utiles. À ceux qui les ignorent
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/le-sanzioni-e-i-dazi-servono-a-...
Les sanctions sont sans aucun doute utiles. Elles renforcent ceux qui ne les imposent pas. Tout comme les droits de douane. Les exportations de viande bovine américaine vers la Chine ont atteint une valeur de 8,1 millions de dollars en juillet et de 9,5 millions en août. L'année dernière, leur valeur était respectivement de 118 et 125 millions de dollars.
Les Chinois sont-ils devenus végétariens ? Non, les exportations de viande bovine australienne ont atteint 221 millions de dollars en juillet et 226 millions en août. Soit une augmentation d'environ 80 millions par mois par rapport à l'année dernière. Les exportations de viande brésilienne vers la Chine ont également augmenté.

Le problème pour les États-Unis est que la viande australienne coûte moins cher que la viande américaine et que les consommateurs chinois risquent de continuer à préférer la viande australienne même après un éventuel accord sur les droits de douane entre Washington et Pékin.
Cela vaut pour la viande bovine en Chine, mais aussi pour tout autre produit partout ailleurs dans le monde. Si les consommateurs russes s'habituent à des fromages « faux italiens » qui coûtent moins cher que les originaux, ils pourraient continuer à les acheter même après la fin des sanctions.
C'est pourquoi les sanctions sont contre-productives pour ceux qui les appliquent. Et seuls des idiots finis, ou de mauvaise foi, peuvent ne pas comprendre l'absurdité du chantage de Trump à l'Europe: les États-Unis imposeront des sanctions très sévères à Moscou si l'Europe cesse d'acheter du gaz et du pétrole à la Russie.
Et où l'Europe devra-t-elle s'approvisionner? Chez son allié américain, bien sûr. Au même prix? Bien sûr que non. Un peu plus cher. Seulement quatre ou cinq fois plus cher.
Ainsi, après avoir perdu le marché russe, l'Europe devra perdre encore plus de compétitivité sur la scène mondiale. Et les europhiles, bien sûr, ont dit OUI.
18:24 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, sanctions, états-unis, chine, brésil, australie, viande bovine, europe, affaires européennes, droits de douane |
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