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samedi, 02 janvier 2016

Enseigner aujourd'hui: le règne de l'utopie pédagogique

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Enseigner aujourd'hui: le règne de l'utopie pédagogique

Entretien avec Pierre de Laubier

Ex: http://lerougeetlenoir.org

Pierre de Laubier est devenu professeur par vocation tardive. Il a raconté son expérience de professeur de français et de latin au sein de l’enseignement catholique sous contrat dans L’Ecole privée… de liberté – dont vous trouverez ici un compte rendu – et enseigne aujourd’hui l’histoire dans un collège libre. Il est aussi le rédacteur du journal satirique L’Aristoloche et du blogue Chronique de l’école privée… de liberté.

Cet article est le troisième d’une série d’entretiens, portant sur la crise de l’enseignement français, qu’il a donné au Rouge et le Noir.

R&N : Lorsqu’on parle de la crise de l’enseignement, un des termes qui revient les plus souvent est celui du pédagogisme. Quel est le rôle des idéologies éducatives dans l’enseignement actuel ?

Pierre de Laubier : Les professeurs ont accueilli le pédagogisme avec une certaine faveur parce que ce jargon d’apparence scientifique paraissait donner de l’importance à leur métier. Bien imprudemment, en fait, car cet égalitarisme utopique, issu de la vulgate marxiste recyclée par la sociologie ringarde de Bourdieu, a fini par aboutir à la réforme Haby, qui est la source de tous leurs maux. Tout cela repose, en définitive, sur le postulat que c’est le milieu qui détermine tout : les croyances, les valeurs, les comportements, et même les aptitudes intellectuelles. L’école était, pour ces idées folles et totalitaires, un terrain d’application idéal, puisqu’elle était obligatoire et disposait d’une administration centralisée. Dans la vie économique, les dures réalités ont depuis longtemps dissipé ces illusions. Mais l’école est un milieu relativement clos qui a pu, à coups de rallonges budgétaires, continuer d’appliquer ces notions fausses. Les « pédagogues » portent donc une lourde responsabilité dans l’état actuel de l’enseignement.

R&N : N’est-il pas nécessaire, pour écarter tout malentendu, de faire une différence entre la pédagogie dans un sens classique, la manière de bien enseigner, l’Ars docendi de saint Thomas d’Aquin, et le pédagogisme utopique qui sévit dans l’Éducation nationale, notamment sous la férule de Philippe Meirieu ?

Pierre de Laubier : Le pédagogisme que nous critiquons repose sur une conception fausse de l’homme et univoque de la société. Une vision de l’homme qui sépare l’esprit du corps, comme si les différences entre les individus qui sautent aux yeux concernaient tous les aspects de la personne, sauf l’intelligence ! Or, on pense avec tout son corps, pas avec son cerveau, lequel ne marche pas du tout à la manière d’un ordinateur. On commence se rendre compte qu’il existe des « intelligences multiples ». Mais comme on déduit leur existence de la seule observation du cerveau, on conserve l’idée que le corps n’est qu’un véhicule chargé de déplacer la tête d’un point à un autre. L’autre volet, c’est une vision univoque de la société, avec l’idée que l’école sert d’abord à permettre ou favoriser l’ascension sociale. L’« égalité des chances » est une utopie. Par malheur, elle est devenue une obsession. Pour obtenir un traitement différent, on en est réduit à se faire passer pour malade, ou pour fou ! Ces idées fausses ont donné naissance à un système absurde, dont seul le démantèlement permettra aux pédagogies véritables d’éclore ou de renaître. La grande vertu d’une pédagogie comme celle de Montessori, par exemple, est qu’elle est pratique, à tous les sens du terme : d’une part, elle tient compte du fait que les enfants ont un corps ; et puis on ne peut la comprendre qu’en voyant ce qui se passe dans une classe où elle est en usage. La pédagogie est une vertu quasi spirituelle, faite de patience, d’humilité, d’indulgence, d’empathie envers les enfants, qui conduit au souci de faire éclore l’intelligence au lieu de pratiquer le bourrage de crâne ou ce qu’on appelait autrefois le « chauffage ». Ce sont ces vertus qui font la différence entre un simple savant et un pédagogue. Il y a quelque chose de religieux dans l’éducation, même laïque. Vous parlez de Thomas d’Aquin, mais je dirai d’abord quelques mots de saint Augustin. Ce qui me semble essentiel chez lui, c’est cette conscience que le professeur s’adresse à ses élèves avec des mots, mais que les mots ne sont pas les choses. Il peut conduire l’élève vers la vérité, mais pas la lui imposer, puisque la vérité n’est pas tout entière dans les mots qu’il emploie. L’élève doit donc faire lui aussi une démarche vers la vérité pour appréhender l’essence des choses. C’est l’antidote au nominalisme qui est un des fléaux de notre temps. Il y a dans l’enseignement, comme dans la vérité, une part de mystère. Les philosophes des lumières, eux, appellent tout mystère « superstition » et se croient capables d’embrasser tout le réel avec la raison. Toute vérité révélée leur paraît être une limite à la liberté. Ils se séparent donc aussi de Thomas d’Aquin, pour qui l’enfant n’est pas un vase vide qu’on remplit à sa guise : il contient un principe de savoir que le pédagogue fait croître. Car l’homme a une nature et « l’essence précède l’existence », pour paraphraser Sartre à l’envers. C’est ce qui le rend libre d’aller vers la vérité. Mais si « l’existence précède l’essence », la liberté précède la vérité, si bien que le maître devient tout-puissant et peut façonner l’enfant. C’est ce que Rousseau préconise carrément dans l’Emile : « Qu’il croie toujours être le maître, et que ce soit toujours vous qui le soyez. Il n’y a point d’assujettissement si parfait que celui qui garde l’apparence de la liberté. » La nature humaine, à partir de laquelle la liberté se construit, protège en quelque sorte l’enfant contre les abus de l’éducation et de l’enseignement. Sans elle, il n’y a que des déterminismes. L’idéologie officielle actuelle découle des lumières et de cet existentialisme dont Kant est le grand ancêtre. L’éducation, l’instruction, le milieu, deviennent des « déterminismes » qui empêchent la liberté. C’est pourquoi quelqu’un comme M. Peillon, qui a le mérite de s’exprimer avec une parfaite clarté, se propose d’« arracher » les enfants à « tous les déterminismes ». Mais, en bonne logique, il ne peut que les remplacer que par d’autres déterminismes, décidés par lui-même, ou par une idéologie officielle, ou par un utilitarisme d’Etat. Il n’y a plus de liberté possible, ni théorique, ni pratique.

R&N : Ces théories utopiques, élaborées loin des salles de cours, s’appliquent pourtant aux aspects les plus concrets de l’enseignement. Comment le pédagogisme se manifeste-t-il dans le quotidien des élèves ?

Pierre de Laubier : Quand il impose des méthodes de lecture ou d’apprentissage du calcul qui sont contraires au bon fonctionnement de l’esprit humain, les effets sont bien entendu désastreux : tout le monde connaît les ravages de la « méthode globale ». Je n’en dirai rien de plus car de nombreux auteurs ont réfuté cette prétendue méthode qu’en réalité son échec patent aurait dû suffire à discréditer. Ce qui est grave, c’est que le centralisme et l’autoritarisme du système font qu’elle a encore quelques temps à vivre, hélas ! D’autant plus qu’il est important de noter que les gardiens du temple, ceux qui rédigent les programmes et les directives, sont pour beaucoup d’entre eux des enseignants qui n’enseignent pas, ce qui les rend imperméables aux réalités. Mais pour parler des effets quotidiens du pédagogisme, je dois revenir à mon expérience personnelle en tant que professeur, qui ne concerne que le collège et le lycée. Là, le pédagogisme se manifeste surtout de manière indirecte. Il y a peut-être quelques croyants, mais peu de pratiquants… Les professeurs supportent avec patience les « formations » qu’on leur impose, tâchent de décoder le contenu des circulaires afin de ne pas avoir de problème avec l’inspection… et font ensuite ce qu’ils veulent, ou ce qu’ils peuvent ! La plupart, me semble-t-il, cherchent, à partir du programme et des circulaires dont ils sont bien obligés de tenir compte, à se rapprocher, autant que faire se peut, de l’enseignement traditionnel et du bon sens. C’est ce que j’ai fait, avec l’aide d’une collègue rompue à cet exercice. Du reste, si l’on décode les programmes pour en extraire l’idée de départ, on constate que celle-ci n’est pas toujours aussi fausse qu’on pourrait le croire. Ainsi, en français, le programme s’inspire du « structuralisme », qui a ses excès, mais il invite à recentrer l’analyse sur le texte lui-même, plutôt que sur un vague rappel d’un contexte historique ou culturel. Ce n’est pas une mauvaise idée. De même, l’introduction d’exercices d’invention, autrefois inconnus au lycée, est une bonne chose. Mais les bonnes idées finissent toujours par être passées à la moulinette, avec l’intention permanente de mettre tout le monde à la même enseigne. Je n’hésite pas à dire que la dissertation a ses travers, car elle peut se réduite à un simple exposé d’idées générales illustrées d’exemples littéraires. Néanmoins, je regrette sa disparition car une dissertation convaincante exige tout de même un usage judicieux des exemples et des citations, ce qui suppose de la finesse et de la culture. C’est un exercice stimulant pour les élèves capables, mais on l’a fait passer au second plan. Tout comme l’exercice d’invention, on en a fait une extension d’un exercice d’analyse ou de commentaire, parce qu’on considère que l’étude de « documents » permet de camoufler le manque de connaissances des élèves. Tout cela est bien trop univoque, et même ce qu’on appelle l’« oral » de français est, si l’on y réfléchit, un exercice écrit présenté de vive voix. Il existe pourtant toute une partie de la littérature qui est faite orale : c’est le théâtre.

R&N : Si l’on considère donc cette emprise égalitariste dans le grand projet utopique des pédagogues, ne peut-on pas considérer cette construction comme la mise à mort pure et simple de l’enfant en tant qu’individu ?

Pierre de Laubier : L’absurdité des programmes et des directives oblige les professeurs à des exercices de contorsion désagréables, mais il faut en effet souligner que les premières victimes de cet égalitarisme inepte sont les élèves. L’égalitarisme et l’individualité de l’enfant ne sont pas compatibles. Il faut sacrifier l’un ou l’autre, et jusqu’à présent ce sont les enfants qui le sont ! En ce qui me concerne, j’avais au lycée des classes de première technologique, dont le programme est calqué sur celui des sections générales, avec seulement des chapitres en moins. Mais le programme du bac général repose encore sur une certaine capacité d’analyse et l’acquisition d’une culture littéraire. Exactement ce dont les élèves des classes technologiques sont dépourvus ! Sinon, ils seraient dans la filière générale. Une approche (par exemple) plus comparative, plus intuitive, moins analytique, leur profiterait mieux. Mais comme la classe de première se termine par un examen auquel il faut bien les préparer, il est presque impossible de leur apporter ce dont ils ont besoin. Quelle tristesse ! Car, même dans ces filières, les élèves sont loin d’être fermés à la littérature d’autrefois. Souvent, ils ont d’autant moins de préjugés qu’ils n’ont pas de repères chronologiques. Je ne m’attendais pas, je l’avoue, à entendre une élève me déclarer : « Mon roman préféré, c’est la Princesse de Clèves. » Par contre, l’analyse détaillée des textes les rebute. Ainsi, à la longue, le phénomène du collège unique contamine le lycée, depuis que l’objectif d’amener 80 % d’une génération au bac a été proclamé.

R&N : L’échec de ces méthodes est pourtant avéré, comme vous l’avez vous-même dit. Comment se fait-il donc que, malgré tout, elles perdurent ?

Pierre de Laubier : Les dogmes pédagogiques ont cet effet de rendre les programmes tellement décalés par rapport aux aptitudes et aux besoins des élèves qu’il est épuisant pour les professeurs d’essayer d’y être fidèle, tout comme aux directives énigmatiques qu’on leur impose ; et il est du reste impossible d’y parvenir. Les « programmes » sont une sorte d’idéal inaccessible au commun des mortels, une divinité qui domine les professeurs de son ombre inquiétante et les tient en respect, puisqu’ils savent qu’ils ne sont que de pauvres pécheurs incapables d’obéir à ses commandements... Tout le monde le sait, les inspecteurs les premiers. Vu d’en bas, c’est absurde. Mais, vu d’en haut, cela présente quelques avantages : le discours pédagogique perdure tout de même parce qu’il est un moyen de l’emprise de l’administration sur ses membres, et d’autre part parce qu’il sert à justifier le système. Son principal rôle, aujourd’hui, est un rôle de camouflage. Les notions d’« interdisciplinarité » ou de « transversalité » sont là pour dissimuler le fait que la plupart des élèves sont incapables de suivre les programmes. De plus, les jargons pédagogiques se rendent volontairement obscurs, d’abord pour échapper à l’entendement et donc à la critique, ensuite afin de dissimuler les intentions véritables du ministère, notamment le fait que de nombreuses matières sont devenues des instruments de propagande et d’endoctrinement.

R&N : Considérons que l’on veuille rester à l’intérieur des structures existantes. Y a-t-il, à votre sens, une manière de contourner ces théories ?

Pierre de Laubier : A mon avis, ce n’est pas la priorité. Du point de vue intellectuel, l’égalitarisme est mort. Il est plus urgent de changer l’organisation que de combattre l’idéologie qui a présidé à la construction du système, mais, aujourd’hui, il me semble que les pédagogues ministériels ne font plus qu’énoncer les dogmes d’une religion officielle à laquelle nul ne croit plus guère. Ces idéologies seraient lettre morte si l’organisation qu’elles ont fait naître ne perdurait pas. Or c’est des vices de cette organisation que les enfants sont victimes. Vu d’un point de vue idéologique, le développement des études de documents et des questionnaires à choix multiples, par exemple, repose sur l’idée sotte et naïve que le savoir serait « réactionnaire » ou « bourgeois », et qu’on peut s’en passer ; mais c’est aussi une nécessité pratique : quand les élèves sont incapables d’ingurgiter les connaissances nécessaires, il faut bien s’en passer ! Et s’ils en sont incapables, c’est à cause du collège unique. On en revient donc toujours au même point. Cette fausse science pédagogique mérite qu’on s’en moque, mais la combattre n’est pas une priorité : elle serait morte depuis longtemps, et ceux qui la professent avec elle, si l’organisation du système était bonne. Les vices de l’organisation sont plus graves que les mauvaises intentions des acteurs. Détruisez l’organisation, tranchez les liens de sujétion entre la base et le sommet, et les idéologies n’y survivront pas. Elles ne sont plus, pour employer la terminologie marxiste, que la « superstructure » de la structure qu’elles ont fabriquée. Et elles s’évanouiront d’elles-mêmes quand cette structure sera démantelée, si toutefois les politiques ont le courage de le faire.

R&N : La seule véritable solution reste donc la rupture. Mais dans ce cas, ne faudrait-il pas concevoir une manière d’enseigner qui puisse affranchir les professeurs du bricolage actuellement en pratique ? La pédagogie utopique, qui part de l’abstrait pour déformer le concret, ne devrait-elle pas, en somme, être remplacée par une véritable pédagogie du réel ?

Je ne crois pas possible de définir une manière d’enseigner. Il faut en définir mille ! Le réel, c’est de proposer aux élèves des programmes qu’ils sont capables d’assimiler, et de les confier à des professeurs dont les aptitudes correspondent à leur tâche. Aujourd’hui, les élèves sont assujettis par le collège unique (j’y reviens toujours) aux mêmes programmes partout, quel que soit leur milieu, leur tempérament, leur âge, et j’ajoute : quel que soit leur sexe ; et d’autre part des professeurs recrutés par concours, puis répartis au petit bonheur, selon les notes obtenues et divers critère dont aucun n’a de rapport avec la pédagogie. Si les chefs d’établissements avaient le choix de leurs professeurs, un pas énorme serait fait en direction du réel, et l’expression « équipe pédagogique » qu’on emploie à l’envi commencerait à prendre un sens. Puisque vous avez employé le mot « bricolage » dans un sens péjoratif, le parlerai plutôt de jardinage : faisons de chaque école un « jardin d’enfants ». Aucun jardin ne ressemble à une autre, et les vertus d’un bon jardinier ressemblent à celles d’un bon professeur.

vendredi, 25 décembre 2015

Un système financier propre à l'Eglise orthodoxe russe?

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Un système financier propre à l'Eglise orthodoxe russe?

par Jean Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

ll y a vingt ans, pendant l'ère Eltsine, alors que la Russie était soumise à une hyperinflation provoquée par les contraintes du FMI et la multiplication d'initiatives spéculatives provenant autant des oligarques russes que de divers intérêts financiers siégeant à Wall Street, l'Église orthodoxe russe avait présenté une proposition visant à la mise en place sous son égide de services bancaires sans intérêts.
 
En janvier 2015, au plus profond de la crise financière, avec un rouble valant la moitié de ce qu'il valait quelques mois plus tôt et des prix du pétrole en chute libre, le Patriarcat de Moscou avait réitéré sa proposition.

Son conseiller juridique Dmitri Lubomudrov avait déclaré à l'époque qu'au nom de la Russie toute entière, l'Eglise orthodoxe voulait échapper à la domination du système financier occidental, en instaurant son propre système. Celui-ci reposerait, comme celui de la banque dite islamique s'étant auto-instaurée parallèlement dans les pays musulmans pour réinvestir les pétro-dollars, sur la moralité orthodoxe et les contributions que peuvent y trouver les hommes d'affaires en quête de sécurité. Parmi ses caractéristiques, il y aurait l'émission de crédit sans intérêt et l'interdiction des investissements dans les casinos ou dans des activités allant à l'encontre des valeurs morales de l'Eglise.

Il faut rappeler qu'en Russie, celle-ci est de plus en plus présente et recrute un nombre croissant de fidèles. On peut les estimer à 70 % de la population, les athées proclamés ne dépassant pas les 10%, les musulmans pratiquant étant estimés à 20%. De plus, comme cela n'a échappé à personne, Vladimir Poutine et ceux qui se rassemblent derrière lui pour redresser la Russie, n'hésitent jamais à faire appel aux valeurs de l'Eglise orthodoxe pour cimenter l'identité de la société russe. Il n'hésite pas lui même à manifester des signes de pitié. Il est vrai que ses homologues aux Etats-Unis ont toujours fait de même concernant leur propre religion. En Europe et notamment en France, le principe de laïcité interdit de telles invocations.

La Chambre de commerce et d'industrie russe

Tout récemment, le projet d'un système bancaire orthodoxe a reçu le soutien de Sergei Katyrin, à la tête de la Chambre de commerce et d'industrie russe. Il s'est dit prêt à en discuter de façon plus approfondie. L'initiative visant à mettre en place des prêts sans intérêts présente pour lui une possibilité de réduire la dépendance de la Russie au système bancaire américano-européen, machine de guerre, a-t-il dit pour obliger la Russie à choisir le camp occidental.

Tout comme les modèles bancaires islamiques ont interdit l'usure, le système financier orthodoxe ne permettrait pas d'intérêts sur ses prêts. Les participants à ces systèmes partagent les risques, les profits et les pertes. Tout comportement spéculatif est interdit, ainsi que comme indiqué ci-dessus, les investissements dans le jeu, la drogue et d'autres entreprises qui ne respectent pas les valeurs chrétiennes orthodoxes.

Il conviendrait pour cela de créer une nouvelle banque réservant ses crédits aux opérations à faible risque, de façon à ne pas mettre en danger les fonds qui lui seraient confiés par les institutions et les épargnants privés. Cette banque viserait en priorité le financement d'opérations dans le secteur dit « réel » de l'économie, de préférence aux investissements financiers dits virtuels. Les investissements recommandés par le gouvernement bénéficieraient en premier lieu de ces financements.

Il s'agirait dans une certaine mesure de la mise en place d'une banque de dépôts finançant des dépenses constructives, se distinguant d'une banque spéculative à risque intervenant sur le marché spéculatif international. Ainsi serait recréée la distinction entre banques de dépôts et banques d'investissements à risque, que le système bancaire et financier international s'est toujours refusé à remettre en vigueur depuis l'abrogation aux Etats-Unis en 1999 du Glass-Stegall Act de 1933 imposant cette distinction.

Un certain scepticisme

Malgré la sympathie qu'elle recueille, la proposition de Finance orthodoxe éveille en Russie même beaucoup de réserves. Ne donnerait-elle pas un poids excessif à cette Eglise, au risque d'en faire le moment venu un acteur essentiel pour s'opposer à Vladimir Poutine et aux modernistes. Ceci d'autant plus qu'interpréter au regard de la morale de l'Eglise orthodoxe tous les investissements scientifiques et technologies futurs de la Russie compromettrait le rôle que celle-ci veut se donner au sein du Brics et de l'Organisation de Shanghai. Par ailleurs, le financement de grands projets par les institutions financières actuellement en cours de mise en place, notamment par l'AIIB, pourrait être jugé « non-orthodoxe ». L'exemple du détournement au profit des mouvements terroristes de beaucoup d'investissements financés par la Banque islamiste n'a rien de rassurant.

La volonté d'échapper à la tyrannie de Wall Street et à la domination du monde par les intérêts financiers transnationaux, si elle était véritablement assumée par les autorités russes, supposerait cependant que des structures bancaires et financières nouvelles soient mise en place. La tentative actuelle de créer un réseau interbancaire alternatif à Swift dominé par les intérêts anglo-saxon en fournit un exemple. Mais pour cela il faut ne pas se limiter à la seule Russie, mais intéresser un grand nombre de nations, non seulement celles du Brics mais d'autres qui dans le monde veulent s'affranchir de la domination américaine.

Ce projet pourrait alors en cas de succès intéresser un certain nombre de pays européens voulant échapper au malthusianisme imposé par l'euro ou l'Union européenne afin de retrouver un minimum de souveraineté. Nous avons ici même plusieurs fois proposé à l'initiative d'un de nos experts le projet d'un fonds européen d'investissements stratégiques capables de faire appel à l'épargne européenne sous forme d'Obligations à Durée Indéterminée. Un tel projet pourrait certainement converger avec des initiatives russes analogues. Mais en Europe la référence au Patriarcat de Moscou et de toute la Russie, selon le nom qu'il se donne, pourrait inquiéter beaucoup de petits et moyens épargnants dont les valeurs morales ne seraient pas pour autant discutables au regard d'une conception plus universelle de ce que pourrait être la morale.

mercredi, 25 novembre 2015

Daech, partenaire financier de la Haute finance internationale?

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Daech, partenaire financier de la Haute finance internationale?

Le Figaro vient de publier un inventaire des principales sources de financement de Daech. Il en conclut qu’elle est « l’organisation terroriste la plus riche de l’histoire et a réussi à se forger une indépendance financière. » 

Le territoire de l’Etat islamique, grand comme le Royaume-Uni, regorgerait de multiples ressources naturelles (pétrole, gaz, phosphate, blé et orge).

Des impôts/taxes/pénalités frapperaient les 10 millions d’habitants (industrie, commerce, banques) qui sont sous son contrôle.

Son patrimoine s’élèverait à 2260 milliards d’euros avec un revenu annuel en 2015 de 2,6 milliards d’euros, selon les toutes dernières estimations que Jean-Charles Brisard, expert en financement du terrorisme et président du Centre d’analyse du terrorisme.

Cette richesse non négligeable permet d’ « armer, nourrir et payer les quelques 30.000 combattants environ 300 dollars par mois, verser des pensions aux familles des militants tués, entretenir les bases militaires, administrer les territoires nouvellement occupés, réaliser des clips de propagandes à la manière de Hollywood, «rééduquer» les enseignants avant de rouvrir les écoles, et embaucher des ingénieurs et des traders pour faire tourner leurs sites pétroliers et gaziers. »

Selon M Brisard, le calcul du patrimoine de 2 ,26 trillions de dollars représente les installations pétrolières et gazières, des mines de phosphates, des terres agricoles, des sites culturels etc. situés sur le territoire contrôlé par l’État islamique.

Grâce à ses nouvelles conquêtes, le patrimoine de Daech aurait progressé de 217 milliards en une année seulement…

M. Brisard constate une baisse des revenus entre 2014 et 2015. les recettes de Daech provenant du pétrole (et autres ressources naturelles) diminuent tandis que celles provenant des taxes et des confiscations grimpent.

60% des recettes de l’État islamique proviennent ainsi en 2015 des ressources naturelles exploitées sur le territoire. Les revenus du pétrole représentent le quart des rentrées financières…

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Exportation des ressources naturelles à prix cassés

On constate sur les graphiques ci-dessus que Daëch dispose de beaucoup de ressources naturelles et archéologiques. Cela signifie que ces produits ont des clients. beaucoup de clients.

Or, on peut difficilement imaginer que les peuples syriens et irakiens, restés sur place, puissent générer un chiffre d’affaires de plus de 2.6 milliards de dollars.

L’article du Figaro précise que Daech est autonome pour sa consommation d’hydrocarbures et arrive même à en vendre dans le reste de la Syrie et de l’Irak (à l’opposition!). De plus l’organisation peut semble-t-il exporter sa production via la frontière poreuse Nord syro-turque…

Alors qui sont les clients d’une organisation supposée terroriste ? Est-il pensable que les pays qui dénoncent Daëch bénéficient directement de cette manne inattendue qui casserait littéralement les coûts de production et améliorerait les marges bénéficiaires des entreprises ?

En tout cas, le Figaro constate que si le pétrole s’échangeait en 2014 autour de 100 dollars le baril, il se traite actuellement à moins de 50 dollars. Mais l’EI offre un discount redoutable qui passe de 25 dollars le baril l’année dernière à 15 dollars actuellement environ assure Jean-Charles Brisard.

Transactions financières sur le circuit de la haute finance internationale

Qui dit exportation, dit transaction financière.

Or, chaque transaction financière est scrutée par les autorités des marchés financiers. On se souvient tous que la Suisse par exemple a dû renoncer au secret bancaire au nom de la « Weissgelg » disait la ministre des finances du pays. Cette promotion de la stratégie de l’argent propre devrait répondre à l’exigence de transparence des standards internationaux.

D’ailleurs, un couple suisse qui voulait envoyer quelques centaines de dollars au Liban pour raison humanitaire s’est vu devoir détailler le pourquoi du comment de l’envoi.

Un autre exemple se passe cette fois en Belgique. Ca donne l’échange téléphonique suivant:

« Bonjour Madame, BNP Paribas au téléphone. Le service de sécurité s’interroge sur l’une de vos transactions. Pourriez-vous passer au plus vite à notre agence ? » – « euh… De quoi s’agit-il ? Depuis quand doit-on justifier ses transactions ? » – « Il semble que vous ayez réservé des billets Thalys il y a 15 jours. Nous voudrions savoir la raison de votre déplacement… » – « C’est une blague ou quoi ? »

Alors, comment des transactions financières issues d’exportations, elles-mêmes supposées illégales, peuvent-elles se faire quand même ? En cash ? Difficile de penser 30 secondes que des sommes pareilles circulent physiquement.

Et voilà que Jean-Charles Brisard confirme dans cette vidéo que 24 banques qui sont sous le contrôle de l’Etat Islamique opèrent toujours sur la scène financière internationale.

TOUT EST DIT.

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Côté hypocrisie des autorités financières nationales et internationales, nous rappellerons tout simplement la légalisation de la finance de l’ombre (shadow banking) depuis la crise des subprimes de 2007. Et voici ce qu’en disait récemment un journal belge:

« Le système bancaire parallèle, dit « shadow banking », a continué de croître l’an passé pour peser quelque 80.000 milliards de dollars, selon un rapport du Conseil de stabilité financière (FSB) publié jeudi en amont du sommet du G20 à Antalya. »

Ces sommes ne sont évidemment pas comptabilisées dans les bilans des grandes banques pour lesquelles les peuples se saignent quotidiennement pour les renflouer…Elles sont le fruit des activités méprisables du casino géant mondial.

On pourrait supposer que le casino mondial n’a pas peur de la clientèle du genre « Etat islamique » qui possède son marché aux esclaves… Souvenons-nous des multiples scandales des firmes transnationales qui appartiennent à la Haute finance internationale et qui font travailler loin des regards des enfants-esclaves… Force est de constater que les frontières morales sont elles aussi poreuses…

Par Liliane Held-Khawam

lundi, 23 novembre 2015

Russia Debates Unorthodox Orthodox Financial Alternative

Russia Debates Unorthodox Orthodox Financial Alternative

Ex: http://journal-neo.org

A significant debate is underway in Russia since imposition of western financial sanctions on Russian banks and corporations in 2014. It’s about a proposal presented by the Moscow Patriarchate of the Orthodox Church. The proposal, which resembles Islamic interest-free banking models in many respects, was first unveiled in December 2014 at the depth of the Ruble crisis and oil price free-fall. This August the idea received a huge boost from the endorsement of the Russian Chamber of Commerce and Industry. It could change history for the better depending on what is done and where it further leads.

Some 20 years ago during the Yeltsin era, within the chaos of Russian hyperinflation and IMF “shock therapy,” the Russian Orthodox Church introduced a similar proposal for interest-free banking as an alternative. During that time a gaggle of liberal pro-free-market Russian economists around Yeltsin, such as Yegor Gaider, prevailed. They instead opened Russia’s state-owned assets to literal plunder by western banks, hedge funds and corporations.

In my first visit to Russia in May 1994 to give a talk at a Russian economic institute on IMF shock therapy, I saw first-hand the lawless mafia, russkaya mafiya, speeding through the near-empty Tverskaya Street near Red Square in new state-of-the-art Mercedes 600 limos without license plates. It was a devastating time in Russia and Washington and the technocrats at the IMF knew exactly what they were doing to foster the chaos.

US sanctions focus attention

By 2014 much has changed in Russia. Most significantly, the infatuation with everything American of two decades ago has understandably vanished. The US Treasury financial sanctions were launched in stages in 1914 against specific individuals around President Putin, specific banks and corporations dependent on foreign credit. They had the effect of forcing a critical rethinking among Russian intellectuals, government officials and in the Kremlin itself.

The Washington attacks, legally-speaking acts of warfare against a sovereign nation, were initiated by the US Treasury’s Office of Terrorism and Financial Intelligence, the only government finance agency in the world with its own in-house intelligence agency. The Office was created under the pretext of going after and freezing the assets and bank accounts of drug cartels and terrorists, something it seems strangely inept at if we judge from their record regarding groups like ISIS or Al Qaeda in Iraq. It seems to be far better going after “undesireable” countries like Iran and Russia. It has offices around the world, including in Islamabad and Abu Dhabi.

Those US Treasury financial warfare sanctions and the prospect of much worse to come have sparked a deep debate within Russia on how to defend the nation from more attacks. Vulnerability to western sanctions in their banking system has led Russia, like China, to develop an internal Russian version of SWIFT interbank payments. Now the very nature of money and its control is at the heart of the debate.

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Unorthodox Orthodox Proposal

In January 2015, in the depth of the financial crisis, with a Ruble at half what it had been months earlier and oil prices in a free-fall as a result of the September 2014 John Kerry-King Abdullah agreement, the Moscow Patriarchate reissued its idea.

Dmitri Lubomudrov, the Orthodox Church’s legal adviser told the media at that time, “We realized we couldn’t stay dependent on the Western financial system, but must develop our own. As with the Islamic system, the Orthodox one will be based not just on legislation, but on Orthodox morality as well, and will be an invitation to businessmen seeking security at a time of crisis.” Among its features would be interest-free credit issuance and prohibition of investment in gambling casinos or such activities going against Church moral values.

Then in early August this year the Orthodox plan for interest-free money creation gained a major added support. Sergei Katyrin, head of the Russian Chamber of Commerce and Industry, after meeting with Vsevolod Chaplin, the senior Orthodox cleric overseeing the project, announced, “The Chamber of Commerce and Industry supports the creation of the Orthodox Financial System… and is ready to provide its platform for detailed and professional discussion of these questions together with the relevant committees of the chamber.” The proposal is aimed at reducing Russia’s reliance on the Western banking system, an essential national economic security requirement.

Much as with Islamic banking models than ban usury, the Orthodox Financial System would not allow interest charges on loans. Participants of the system share risks, profits and losses. Speculative behavior is prohibited, as well as investments in gambling, drugs and other businesses that do not meet Orthodox Christian values. There would be a new low-risk bank or credit organization that controls all transactions, and investment funds or companies that source investors and mediate project financing. It would explicitly avoid operations with active financial risks. Priority would be ensuring financing of the real sector of the economy, its spokesman stated.

Interestingly, Russia’s largest Islamic autonomous republic, Tatarstan, recently introduced Islamic banking into Russia for the first time and it was supported positively by German Gref, CEO of the state-owned Sperbank, Russia’s largest bank. This May, Gref called it a very important instrument amid the current problems with raising funds on international markets. In July Sberbank and the Republic of Tatarstan signed an agreement on cooperation in the field of Islamic financing.

Under Czar Alexander III and his Finance Minister Nikolai Bunge, Russia established the Peasant Land Bank in the beginning of the 1880’s to give interest-free loans to the liberated peasantry that had been freed from serfdom in 1861 by his father, Alexander II and given land. The Land Bank invested in the modernization of Russian agriculture with farmers only paying a small handling charge for credits. The result was such a spectacular rise in Russian wheat, and other cereals that Russia became the world “bread basket” up to outbreak of World War I, exceeding the combined production of the USA, Argentina and Canada by some 25%.

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Glazyev proposals

The new prominence of the Orthodox Monetary model in Russian discussions comes at a time when one of Vladimir Putin’s economic advisers, Sergei Glayzev, the person advising the President on Ukraine as well as relations with fellow-members of the Eurasian Economic Union, has presented a plan for enhancing Russia’s national economic and financial security under the quite sensible assumption that the financial sanctions and now military pressures from Washington and NATO are no whimsical accident but a deep-seated strategy of weakening and economically destroying one of the two nations which stand in a way of a globalist US New World Order.

In May 2014, a few weeks after the Obama Administration imposed a series of select sanctions on key Russian individuals, banks and energy companies, striking at the heart of the economy, Glazyev made an interview with the Russian financial paper, Vedomosti, in which he proposed a number of prudent defensive measures. Among them were several which are now policy. This has included a credit and currency swap with China to finance critical imports and a shift to settlement in national currencies–Ruble and RMB; creation of a Russian interbank information exchange system, analogous to SWIFT, for payments and settlements within the Eurasian Economic Union and other partner countries.

A strategic proposal of Glazyev that the state impose a halt on all export of gold, precious metals, and rare earth elements, and that the Central Bank buy up gold mined by foreign companies to build monetary gold reserve strength, was, unfortunately, refused by Central Bank Governor Elvira Nabiullina who told the Duma, “We don’t believe that a moratorium is needed on gold exports. We are able to buy enough gold to diversify our gold and currency reserves.”

Nabiullina has come under criticism from members of the Duma for being far too slow in building the gold reserves of the ruble. Russia today is the world’s second largest gold producer after China, and China has been building its Peoples’ Bank of China gold reserves in recent years at a feverish pace. Western central banks, led by the Federal Reserve, since gold backing for the dollar was abandoned in August, 1971, have done everything, including brazen market manipulation, to discourage gold currency reserves around the world.

Most recently, on September 15 Glazyev presented a new series of economic proposals to the Presidential Russian Security Council to, as he stated it, reduce the vulnerability to western sanctions over the coming five years and achieve foundations for long-term growth and economic sovereignty. Among his proposals were creation of a State Committee on Strategic Planning under the President of the Russian Federation, together with a State Committee for Scientific and Technological Development, modeled on a system created in Iran during the 1990s following the introduction of Western sanctions there.

The first measure, creation of a Committee on Strategic Planning, echoes the highly successful French national Planification model introduced under President Charles de Gaulle, that was credited with transforming France from a stagnant peasant-dominated economy to an advanced, innovative modern industrial nation by the early 1970’s.

In the 1960’s France had a General Commission of the Plan which surveyed the entire economy to identify critical weaknesses that needed attention for overall national development. They would set goals for the coming 5 years. General Commission members were senior civil servants consulting with business leaders, trade unions and other representative groups. Each proposed plan was then sent to the national parliament for voting approval or change.

The crucial difference between France’s 5-year Planification and the Soviet 5-year central planning model was that the French was indicative and not imperative as was the Soviet Five Year Plan. Private or state companies could freely decide to focus on a sector such as railway development knowing the state would encourage the investment with tax incentives or subsidies to lower risk and make it attractive. It was highly successful until the mid-1970’s when the massive oil shocks and increasing Brussels supra-national rule-making made it increasingly difficult to implement.

There are other features to the detailed Glazyev proposal, among the most interesting his proposal to use Central Bank resources to provide targeted lending for businesses and industries by providing them with low interest rates between 1-4 percent, made possible by quantitative easing to the tune of 20 trillion rubles over a five year period. The program also suggests that the state support private business through the creation of “reciprocal obligations” for the purchase of products and services at agreed-upon prices.

Russia is in a fascinating process of rethinking every aspect of her national economic survival because of the reality of the western attacks. It could produce a very healthy transformation away from the deadly defects of the Anglo-American free-market banking model.

F. William Engdahl is strategic risk consultant and lecturer, he holds a degree in politics from Princeton University and is a best-selling author on oil and geopolitics, exclusively for the online magazine “New Eastern Outlook”.
First appeared: http://journal-neo.org/2015/11/22/russia-debates-unorthod...

vendredi, 30 octobre 2015

Internet est-il la nouvelle frontière du néo-libéralisme ?...

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Internet est-il la nouvelle frontière du néo-libéralisme?...

Entretien avec Evgeny Morozov

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Evgeny Morozov à Rue 89 et cueilli sur le site Les Crises. Chercheur et essayiste, Evgeny Morozov étudie les conséquences sociales et politiques des nouvelles technologie

Morozov : « Internet est la nouvelle frontière du néolibéralisme »

Selon le chercheur et essayiste Evgeny Morozov, la technologie sert le néolibéralisme et la domination des Etats-Unis. « Il faut considérer la Silicon Valley comme un projet politique et l’affronter en tant que tel », dit-il.

Evgeny Morozov s’est imposé en quelques années comme l’un des contempteurs les plus féroces de la Silicon Valley. A travers trois ouvrages – « The Net Delusion » (2011, non traduit en français), « Pour tout résoudre, cliquez ici » (2014, FYP éditions) et « Le Mirage numérique » (qui paraît ces jours-ci aux Prairies ordinaires) –, à travers une multitudes d’articles publiés dans la presse du monde entier et des interventions partout où on l’invite, il se fait le porteur d’une critique radicale envers la technologie en tant qu’elle sert la domination des Etats-Unis.

A 31 ans, originaire de Biélorussie, il apprend toutes les langues, donne l’impression d’avoir tout lu, ne se trouve pas beaucoup d’égal et maîtrise sa communication avec un mélange de charme et de froideur toujours désarmant.

L’écouter est une expérience stimulante car il pense largement et brasse aussi bien des références historiques de la pensée (Marx, Simondon…) que l’actualité la plus récente et la plus locale. On se demande toujours ce qui, dans ses propos, est de l’ordre de la posture, d’un agenda indécelable, ou de la virtuosité d’un esprit qui réfléchit très vite, et « worldwide » (à moins que ce soit tout ça ensemble).

Nous nous sommes retrouvés dans un aérogare de Roissy-Charles-de-Gaulle, il était entre deux avions. Nous avons erré pour trouver une salade niçoise, car il voulait absolument une salade niçoise.

Rue89 : Est-ce qu’on se trompe en ayant l’impression que vous êtes de plus en plus radical dans votre critique de la Silicon Valley ?

Evgeny Morozov : Non. Je suis en effet plus radical qu’au début. Mais parce que j’étais dans une forme de confusion, je doutais de ce qu’il fallait faire et penser. J’ai aujourd’hui dépassé cette confusion en comprenant que la Silicon Valley était au centre de ce qui nous arrive, qu’il fallait comprendre sa logique profonde, mais aussi l’intégrer dans un contexte plus large.

Or, la plupart des critiques ne font pas ce travail. Uber, Apple, Microsoft, Google, sont les conséquences de phénomènes de long terme, ils agissent au cœur de notre culture. Il faut bien comprendre que ces entreprises n’existeraient pas – et leur modèle consistant à valoriser nos données personnelles serait impossible – si toute une série de choses n’avaient pas eu lieu : par exemple, la privatisation des entreprises télécoms ou l’amoncellement de données par d’énormes chaînes de grands magasins.

Cette histoire, il faut la raconter de manière plus politique et plus radicale. Il faut traiter cela comme un ensemble, qui existe dans un certain contexte.

Et ce contexte, c’est, il faut le dire, le néolibéralisme. Internet est la nouvelle frontière du néolibéralisme.

Le travail critique de la Silicon Valley ne suffit pas. Il faut expliquer que le néolibéralisme qu’elle promeut n’est pas désirable. Il faut expliquer que :

  • A : le néolibéralisme est un problème ;
  • B : il y a des alternatives.

Il faut travailler à l’émergence d’une gauche qui se dresse contre ce néolibéralisme qui s’insinue notamment par les technologies.

Le travail que fait Podemos en Espagne est intéressant. Mais voir les plateformes seulement comme un moyen de se passer des anciens médias et de promouvoir un renouvellement démocratique ne suffit pas. Il faut aller plus en profondeur et comprendre comment les technologies agissent sur la politique, et ça, Podemos, comme tous les mouvements de gauche radicale en Europe, ne le fait pas.

Mais vous voyez des endroits où ce travail est fait ?

En Amérique latine, on voit émerger ce type de travail. En Argentine, en Bolivie, en Equateur, on peut en voir des ébauches.

En Equateur par exemple, où la question de la souveraineté est essentielle – notamment parce que l’économie reste très dépendante du dollar américain -,- on l’a vue s’articuler à un mouvement en faveur d’une souveraineté technologique.

Mais on ne voit pas de tels mouvements en Europe. C’est certain.

La Silicon Valley va au-delà de tout ce qu’on avait connu auparavant en termes d’impérialisme économique. La Silicon Valley dépasse largement ce qu’on considérait auparavant comme les paragons du néolibéralisme américain – McDonald’s par exemple – car elle affecte tous les secteurs de notre vie.

C’est pourquoi il faut imaginer un projet politique qui rénove en fond notre conception de la politique et de l’économie, un projet qui intègre la question des infrastructures en garantissant leur indépendance par rapport aux Etats-Unis.

Mais si je suis pessimiste quant à l’avenir de l’Europe, c’est moins à cause de son impensée technologique que de l’absence flagrante d’esprit de rébellion qui l’anime aujourd’hui.

Mais est-ce que votre dénonciation tous azimuts de la Silicon Valley ne surestime pas la place de la technologie dans nos vies ? Il y a bien des lieux de nos vies – et ô combien importants – qui ne sont pas ou peu affectés par la technologie…

Je me permets d’être un peu dramatique car je parle de choses fondamentales comme le travail, l’éducation, la santé, la sécurité, les assurances. Dans tous ces secteurs, des changements majeurs sont en train d’avoir lieu et cela va continuer. La nature humaine, ça n’est pas vraiment mon objet, je m’intéresse plus à ses conditions d’existence.

Et puis je suis obligé de constater que la plupart des changements que j’ai pu annoncés il y a quelques années sont en train d’avoir lieu. Donc je ne pense pas surestimer la force de la Silicon Valley.

D’ailleurs, ce ne sont pas les modes de vie que je critique. Ce qui m’intéresse, ce sont les discours de la Silicon Valley, ce sont les buts qu’elle se donne. Peu importe si, au moment où j’en parle, ce sont seulement 2% de la population qui utilisent un service. Il se peut qu’un jour, ce soient 20% de la population qui l’utilisent. Cette possibilité à elle seule justifie d’en faire la critique.

D’accord, mais en vous intéressant à des discours, ne prenez-vous pas le risque de leur donner trop de crédit ? Dans bien des cas, ce ne sont que des discours.

En effet, on peut toujours se dire que tout ça ne marchera pas. Mais ce n’est pas la bonne manière de faire. Car d’autres y croient.

Regardez par exemple ce qui se passe avec ce qu’on appelle les « smart cities ». Quand vous regardez dans le détail ce qui est vendu aux villes, c’est d’une pauvreté confondante. Le problème, c’est que les villes y croient et paient pour ça. Elles croient à cette idée du logiciel qui va faire que tout fonctionne mieux, et plus rationnellement. Donc si la technologie en elle-même ne marche pas vraiment, le discours, lui, fonctionne à plein. Et ce discours porte un agenda propre.

Il est intéressant de regarder ce qui s’est passé avec la reconnaissance faciale. Il y a presque quinze ans, dans la suite du 11 Septembre, les grandes entreprises sont allées vendre aux Etats le discours de la reconnaissance faciale comme solution à tous leurs problèmes de sécurité. Or, à l’époque, la reconnaissance faciale ne marchait absolument pas. Mais avec tout l’argent des contrats, ces entreprises ont investi dans la recherche, et aujourd’hui, la reconnaissance faciale marche. Et c’est un énorme problème. Il faut prendre en compte le caractère autoréalisateur du discours technologique.

 

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Quelle stratégie adopter ?

Il faut considérer la Silicon Valley comme un projet politique, et l’affronter en tant que tel.

Ça veut donc dire qu’un projet politique concurrent sera forcément un projet technologique aussi ?

Oui, mais il n’existe pas d’alternative à Google qui puisse être fabriquée par Linux. La domination de Google ne provient pas seulement de sa part logicielle, mais aussi d’une infrastructure qui recueille et stocke les données, de capteurs et d’autres machines très matérielles. Une alternative ne peut pas seulement être logicielle, elle doit aussi être hardware.

Donc, à l’exception peut-être de la Chine, aucun Etat ne peut construire cette alternative à Google, ça ne peut être qu’un ensemble de pays.

Mais c’est un défi gigantesque parce qu’il comporte deux aspects :

  • un aspect impérialiste : Facebook, Google, Apple, IBM sont très liés aux intérêts extérieurs des Etats-Unis. En son cœur même, la politique économique américaine dépend aujourd’hui de ces entreprises. Un réflexe d’ordre souverainiste se heurterait frontalement à ces intérêts et serait donc voué à l’échec car il n’existe aucun gouvernement aujourd’hui qui soit prêt à affronter les Etats-Unis ;
  • un aspect philosophico-politique  : on a pris l’habitude de parler de « post-capitalisme » en parlant de l’idéologie de la Silicon Valley, mais on devrait parler de « post-sociale-démocratie ».

Car quand on regarde comment fonctionne Uber – sans embaucher, en n’assumant aucune des fonctions de protection minimale du travailleur –, quand on regarde les processus d’individualisation des assurances de santé – où revient à la charge de l’assuré de contrôler ses paramètres de santé –, on s’aperçoit à quel point le marché est seul juge.

L’Etat non seulement l’accepte, mais se contente de réguler. Est complètement oubliée la solidarité, qui est au fondement de la sociale-démocratie. Qui sait encore que dans le prix que nous payons un taxi, une part – minime certes – sert à subventionner le transport des malvoyants ? Vous imaginez imposer ça à Uber….

Il faut lire le livre d’Alain Supiot, « La Gouvernance par les nombres » (Fayard, 2015), il a tout juste : nous sommes passés d’un capitalisme tempéré par un compromis social-démocrate à un capitalisme sans protection. C’est donc qu’on en a bien fini avec la sociale-démocratie.

Ce qui m’intrigue, si l’on suit votre raisonnement, c’est : comment on a accepté cela ?

Mais parce que la gauche en Europe est dévastée ! Il suffit de regarder comment, avec le feuilleton grec de cet été, les gauches européennes en ont appelé à la Commission européenne, qui n’est pas une grande défenseure des solidarités, pour sauver l’Europe.

Aujourd’hui, la gauche a fait sienne la logique de l’innovation et de la compétition, elle ne parle plus de justice ou d’égalité.

La Commission européenne est aujourd’hui – on le voit dans les négociations de l’accord Tafta – l’avocate d’un marché de la donnée libre, c’est incroyable ! Son unique objectif est de promouvoir la croissance économique. Si la vie privée est un obstacle à la croissance, il faut la faire sauter !

D’accord, mais je repose alors ma question : comment on en est venus à accepter cela ?

Certains l’ont fait avec plaisir, d’autres avec angoisse, la plupart avec confusion.

Car certains à gauche – notamment dans la gauche radicale – ont pu croire que la Silicon Valley était une alliée dans le mesure où ils avaient un ennemi commun en la personne des médias de masse. Il est facile de croire dans cette idée fausse que les technologies promues par la Silicon Valley permettront l’émergence d’un autre discours.

On a accepté cela comme on accepte toujours les idées dominantes, parce qu’on est convaincus. Ça vient parfois de très loin. L’Europe occidentale vit encore avec l’idée que les Américains ont été des libérateurs, qu’ils ont ensuite été ceux qui ont empêché le communisme de conquérir l’Europe. L’installation de la domination idéologique américaine – de McDonald’s à la Silicon Valley – s’est faite sur ce terreau.

Il y a beaucoup de confusion dans cette Histoire. Il faut donc théoriser la technologie dans un cadre géopolitique et économique global.

En Europe, on a tendance à faire une critique psychologique, philosophique (comme on peut le voir en France chez des gens comme Simondon ouStiegler). C’est très bien pour comprendre ce qui se passe dans les consciences. Mais il faut monter d’un niveau et regarder ce qui se passe dans les infrastructures, il faut élargir le point de vue.

Il faut oser répondre simplement à la question : Google, c’est bien ou pas ?

Aux Etats-Unis, on a tendance à répondre à la question sur un plan juridique, en imposant des concepts tels que la neutralité du Net. Mais qu’on s’appuie en Europe sur ce concept est encore un signe de la suprématie américaine car, au fond, la neutralité du Net prend racine dans l’idée de Roosevelt d’un Etat qui n’est là que pour réguler le marché d’un point de vue légal.

Il faut aller plus loin et voir comment nous avons succombé à une intériorisation de l’idéologie libérale jusque dans nos infrastructures technologiques.

Et c’est peut-être en Amérique latine, comme je vous le disais tout à l’heure, qu’on trouve la pensée la plus intéressante. Eux sont des marxistes qui n’ont pas lu Simondon. Ils se donnent la liberté de penser des alternatives.

Pour vous, le marxisme reste donc un cadre de pensée opérant aujourd’hui pour agir contre la Silicon Valley ?

En tant qu’il permet de penser les questions liées au travail ou à la valeur, oui. Ces concepts doivent être utilisés. Mais il ne s’agit pas de faire une transposition mécanique. Tout ce qui concerne les données – et qui est essentiel aujourd’hui – n’est évidemment pas dans Marx. Il faut le trouver ailleurs.

Evgeny Morozov (Rue 89, 4 octobre 2015)

00:05 Publié dans Economie, Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie, internet, entretien, informatique, e-business | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 28 octobre 2015

Le traité transatlantique - enjeux et menaces

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Le traité transatlantique - enjeux et menaces

Michel Drac & Maurice Gendre

(au Cercle Non Conforme et E&R Lille)

lundi, 26 octobre 2015

Leidt de digitale economie tot een catastrofe?

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Leidt de digitale economie tot een catastrofe?

Guillaume Faye

Ex: http://www.solidarisme.be

Joseph Schumpeter toonde met zijn theorie van de “creatieve vernietiging” aan dat technologische innovaties méér banen schiepen dan ze vernietigden. Dat was het geval voor de industriële revoluties van het midden van de 19de eeuw tot op vandaag. Maar met de digitale economie (ook wel de “uberisering van de economie” genoemd) is dat misschien gedaan. We riskeren er veel meer banen door vernietigd te zien worden dan er geschapen worden. Pierre Bellanger was met zijn essay La souveraineté numérique (zie het vorige artikel op deze blog) een van de eersten om op die uitdaging te wijzen. Vandaag maken echter steeds meer economen zich zorgen; de digitale platformen op smartphones, tablets of computers dematerialiseren heel wat diensten die door bedrijven geleverd worden en brengen zo die laatste in gevaar. Ze vernietigen immers veel meer banen dan dat ze er voortbrengen.

De valstrik van de krab met zijn twee scharen

Nemen we het voorbeeld van Airbnb (een kamerverhuurdienst van particulier tot particulier, in 2008 opgericht en vandaag beursgenoteerd) dat het hotelwezen beconcurreert met een beurswaardering die veel hoger is. Laurent Gey merkt op in Epoch Times (5-11/10/2015): “Airbnb stelt slechts 600 mensen ter wereld te werk, de hotelgroep Accor 180 000. Een verschil van 300 keer minder personeel voor een omzet die veel groter is: economisch gezien, een droom. Over ‘t geheel genomen, een ramp.

De dienstensectoren die naast het hotelwezen bedreigd worden zijn niet te tellen: restaurants, leveringen, reisagentschappen en vastgoedkantoren, autoverhuurbedrijven, allerlei klein- en grootdistributie, vaklui en diensten aan huis, het bankwezen, verzekeringen enz. Om nog te zwijgen van de post, de sectoren van het uitgeversbedrijf (geschreven pers en boeken … ) en de audiovisuele media (radio, tv, muziek- en filmuitgevers), die op termijn bedreigd worden, niet met verdwijning, maar wel met gedwongen afslanking. Daartegen wegen de banen en rijkdommen in de digitale economie niet op.

Het aantal banen dat door een digitaal platform wordt voortgebracht is meer dan 100(!) keer lager dan dat van een reële onderneming, terwijl de kosten ervan tien keer minder zijn door de outsourcing van diensten naar particulieren of zelfstandigen: gedaan met bedrijfsruimten, onderhoudskosten, vergoedingen voor talloze werknemers, sociale of fiscale lasten enz.

We lopen het risico getuige te zijn van een pervers economisch fenomeen, een verpaupering die de “valstrik van de krab met zijn twee scharen” kan worden genoemd. De schaar van de toeleveringszijde vernietigt de werkgelegenheid en de schaar van de afnemerszijde vernietigt de sociale en fiscale inkomsten van de staat, die de oude ondernemingen in verval ziet raken en van de opbrengsten uit de digitale sector verstoken blijft. Dat zou dus door méér directe belastingen moeten worden gecompenseerd. Het is een vicieuze cirkel, waarop we later nog zullen terugkomen. De keuze voor micro-economische winsten op zeer korte termijn zou zo een macro-economisch verlies op lange termijn kunnen uitlokken, trapsgewijs en volgens een meetkundige reeks.

Het huidige bedrijfsmodel, dat relatief log en star is, wordt overhoopgehaald door de digitalisering. Zowel op het vlak van de klassieke bezoldiging als dat van het belastingwezen. Dat “technologische nomadisme” brengt een omwenteling teweeg en fascineert, maar draagt ook een onvoorzien gevaar in zich: het vermindert het aantal banen en het weefsel van ondernemingen die belastingen betalen.

Internationaal kantoor voor strategisch advies Roland Berger voorspelt dat de komende tien jaar drie miljoen banen in West-Europa zullen verdwijnen (verband tussen schepping en vernietiging) als gevolg van de nieuwe technologieën: “zeker, de digitalisering van de economie opent perspectieven voor de creatie van banen. Men weet ook dat digitale ondernemingen de meest dynamische groei hebben. Maar de nieuwe banen zullen niet de oude banen vervangen: noch in termen van vereiste bekwaamheidsgraad, noch in termen van positie in de waardeketen of van geografische spreiding”. Het is de vicieuze cirkel van onvoldoende marginale nuttigheid.

De vicieuze cirkel van de digitale economie

Die vicieuze cirkel is als volgt samen te vatten: de nieuwe digitale economie kan de spreekwoordelijke tak afzagen waarop ze zelf zit. Die tak is de koopkracht die afhankelijk is van de werkgelegenheidsgraad en de sociale en fiscale inkomsten die door bedrijven en huishoudens worden voortgebracht. Anders gezegd: als de digitale economie samenlevingen verarmt door de oude sectoren te snel droog te leggen, dan zal ze haar eigen klanten verliezen en wegkwijnen. Het risico bestaat immers dat de marginale kost van de digitale economie hoger uitvalt dan het marginale nut. Simpel gezegd: de digitale economie kost meer dan dat ze opbrengt.

De nieuwe economie voedt namelijk de illusie van kosteloosheid en low cost (goedkoopheid) bij miljoenen consumenten. In werkelijkheid is ze vrij duur en fragiel, en wel om drie redenen:

1) de digitale uitrusting is duur voor de consumerende huishoudens: op vlak van de aankoop van verschillende eindtoestellen (smartphones, tablets, computers, met internet verbonden voorwerpen enz.), de voortdurende vernieuwing van die laatste en de vrij prijzige abonnementen bij operatoren (waarvan de gehanteerde tarieven weinig transparant zijn). Hetzelfde geldt voor de globale kost van informatica in bedrijven.

2) de “netwerksoftware” (of “résogiciels”, een neologisme van Pierre Bellanger), de werking van het gedematerialiseerde internet – met zijn cloud (“wolk”) die door de reusachtige servers van big data (grote hoeveelheden gegevens) wordt mogelijk gemaakt – en alle eindtoestellen met beeldschermen veronderstellen een enorm “onzichtbaar” elektriciteitsverbruik.

3) De digitale economie ziet drie verontrustende factoren onophoudelijk toenemen: er is de onveiligheid veroorzaakt door internetpiraterij en cybercriminaliteit, onveiligheid die exponentieel toeneemt; verder is er de kwetsbaarheid door het permanente risico van bugs (pannes en disfuncties), maar ook door de complexiteit van een zeer gesofisticeerd wereldwijd netwerk, dat zowel van levensbelang is als overgeleverd is aan de genade van massale ongelukken zonder dat er vangnetten zijn (gebrek aan robuustheid); ten slotte de grenzen aan de taken die door buitensporige informatisering en systematische digitalisering kunnen worden gefaciliteerd. Dat laatste punt is belangrijk en betreft de concrete sociologie, die uitgaat van dagelijkse ervaringen op microniveau.

Steeds meer stemmen merken inderdaad op dat bedrijven, besturen en particulieren tijd en geld verliezen ten opzichte van de traditionele technieken doordat ze uitsluitend gebruik maken van digitale middelen en gedematerialiseerde e-tools. Twee voorbeelden: u boekt en regelt een reis via internet zonder dat er een agentschap bij komt kijken. De reële financiële besparing die u daarmee gaat doen zal miniem en illusoir zijn vergeleken met de tijd die u voor uw magische scherm zult hebben doorgebracht (de “fantoomarbeid”) en de betrouwbaarheid van uw boeking zal vrij laag zijn. Een tweede geval, dat ik persoonlijk heb meegemaakt: in de geschreven of audiovisuele media hebben internet en de massale toevlucht tot digitale middelen (dematerialisering van het informatieverkeer) niet geleid tot een substantiële verbetering van de prestaties (snelheid, gebruiksvriendelijkheid, kosten). Integendeel: de problemen die zich voordoen, overstijgen de marginale nuttigheid van de veronderstelde voordelen. De geboekte “vooruitgang” is niet vanzelfsprekend. Hij is psychologisch, niet concreet.

Die feiten worden op dit ogenblik zorgvuldig weggemoffeld omdat we ons bevinden in een fase van enthousiaste fascinatie voor het digitale, het internet enz. Voor de “nieuwigheid”. Beetje bij beetje zullen we merken dat we te ver zijn gegaan.

De zeepbel van het digitale/internet kan leeglopen … of uit elkaar spatten

Tegenwoordig wordt er in Frankrijk (waar de Senaat zich beraadt over een wetsvoorstel) en andere landen over nagedacht om webwinkels en samenwerkingsplatformen vrij sterk te belasten om hun groei te beperken en verlies van fiscale inkomsten goed te maken. Het probleem is dat die oplossing (altijd die Franse obsessie met belastingen en taksen) geen enkel effect zal hebben op de grond van het fenomeen.

Het “internet van de energie”, dat wordt aangeprezen door de Amerikaanse economische goeroe Jeremy Rifkin (auteur van De derde industriële revolutie. Naar een transformatie van economie en samenleving, 2012), doet ons dromen van een intelligent en interactief netwerk dat onder andere huishoudelijke toestellen, personenwagens en openbaar vervoer met elkaar verbindt, en dat geacht wordt enorme hoeveelheden energie te besparen. Helaas! De regio Nord-Pas-de-Calais, die het experiment wou uitproberen, heeft berekend dat de prijs torenhoog is voor een onzekere uitkomst. Het stadsbestuur van Parijs is ook op zijn stappen teruggekeerd. De impasse is het lot van elke utopie. Het gaat er niet om domweg het internet en de digitale economie af te wijzen, maar wel om ze te herzien. En op te houden met de verafgoding van economie en techniek. De fascinatie voor technologie is even inefficiënt als de groene hang naar het verleden.

De buitensporige informatisering en digitalisering zijn zeepbellen die onvermijdelijk gaan leeglopen als ballonnen of, tragischer, plots ontploffen als bommen. De vergelijkingen met het verleden zijn interessant: in de jaren ’60 geloofde men dat de mens tientallen bases op de maan zou hebben vanaf het jaar 2000, mijnen inbegrepen. Waar zijn ze? Laten we ons ervoor hoeden om sciencefiction toe te passen op de economie. 80% van de technisch-economische prognoses tijdens de laatste 150 jaar zijn verkeerd gebleken. De toekomst is nooit zoals men hem droomt of voorspelt. We tasten in het duister. In de internationale beurshandel wijzen de flitstransacties met computer-algoritmes op een ander gevaar: de ontkoppeling met de reële economie. Daar toont de buitensporige informatisering zich opnieuw van haar kwetsbaarste kant. Zo ook fantaseert men over het 3D-printen (zoals over “hernieuwbare energieën”): opgelet voor technologische illusies.

Welke toekomst voor de digitale economie? Onduidelijk

Het zou natuurlijk ondoordacht zijn de digitale economie op zich te veroordelen. Ze zal haar plaats hebben, maar niet overheersen. Ze zal een ernstige terugval kennen in het komende decennium, omdat de toename van haar marginale kosten (in directe financiële termen of als externaliteiten) – beetje bij beetje de globale voordelen overstijgen. Laten we zeggen dat de neerwaarts gaande curve van de voordelen weldra zal kruisen met de opwaartse gaande curve van de nadelen. Onder meer door het probleem van banen- en dus koopkrachtvernietiging (het aantal vernietigde banen is groter dan het aantal nieuwe banen dat ze met zich meebrengt); en door overdrijving van de verhouding tussen geleverde diensten en opportuniteitskosten, die omstreeks 2010 een daling is beginnen te vertonen.

Er zit dus waarschijnlijk een inkrimping van de digitale economie op wereldschaal aan te komen: ze zal zich aanpassen in een grootteorde van 35% binnen 10 jaar. Met een daling van de markt (vraag), omdat de consumenten stilaan beseffen dat de investeringen niet opwegen tegen de prestaties. De volledig digitale wereld die sommige goeroes prediken, lijkt sterk op de Hollywood-romantiek van de jaren zestig, de ruimtevaartdroom van een mensheid die zich in het zonnestelsel gaat vestigen.

De utopie botst altijd op de menselijke natuur van de economische verhoudingen. Kortom, de voordelen maximaliseren, de gebreken minimaliseren, de kosten optimaliseren volgens een proces van zelfaanpassing dat zich in enkele decennia voordoet. Schakel uw smartphone, tablet of computer niet uit, ze zijn nuttig. Maar verafgoodt u ze ook niet. Er zal een “post-digitaal tijdperk” zijn of veeleer een “alter-digitaal tijdperk”. Aan elk monopolie komt een einde. Na elke droom volgt het ontwaken.

Bron: Gfaye.com

 

vendredi, 16 octobre 2015

Billige Arbeitskräfte und viel Konsum

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Billige Arbeitskräfte und viel Konsum

Dax-Konzerne hoffen, von der Masseneinwanderung zu profitieren – Die Kosten sollen andere tragen

Sverre Gutschmidt
Ex: http://www.preussische-allgemeine.de

Dax-Konzerne verkünden ein neues Wirtschaftswunder durch Zuwanderer. Die Bundespolitik verschiebt Renten und Steuern, um das Wunder zu erzwingen.


Parteipolitik, Wirtschaft und Wissenschaft scheinen dieser Tage einig wie selten: Die Zuwanderung nach Deutschland biete wirtschaftliche Chancen. Handwerkskammern hoffen auf nicht akademisierten Nachwuchs, Großkonzerne bekunden, genau die Menschen, die jetzt kommen, zu suchen. Der Bausektor darf mit einem Aufschwung rechnen: Zuwanderung erfordere völlig neues Denken am Wohnungsmarkt, sagen die Systemforscher des Pestel-Instituts. Jährlich würden dank Zuwanderung 400000 zusätzliche Wohnungen in Deutschland gebraucht. Die Forscher, die sonst Kommunen und Firmen beraten, sagen immerhin, woher der Aufschwung kommen soll: Der Staat, also der Steuerzahler, solle jährlich 6,4 Milliarden Euro zum Bau entsprechender Wohnungen bereithalten, empfiehlt ein aktuelles Papier des Instituts.


An der Frage, ob Zuwanderung den Deutschen einen selbst tragenden volkswirtschaftlichen Aufschwung oder ein politisches Konjunkturprogramm der besonderen Art beschert, haben Politik wie Wirtschaft erkennbar kein Interesse. Daimler-Chef Dieter Zetsche verglich auf der Internationalen Automobil-Ausstellung (IAA) die Aufnahme von 800000 Menschen mit dem Aufschwung der Nachkriegsjahre: „Aber im besten Fall kann es auch eine Grundlage für das nächste deutsche Wirtschaftswunder werden – so wie die Millionen von Gastarbeitern in den 50er und 60er Jahren ganz wesentlich zum Aufschwung der Bundesrepublik beigetragen haben.“ Wer alles zurückgelassen habe, sei hoch motiviert: „Genau solche Menschen suchen wir bei Mercedes und überall in unserem Land.“


Das sind zu erwartende Profite, die auf dem Ausmaß der Verzweiflung anderer beruhen und der wahren Größenordnung der Veränderung doch stets hinterherhinken. Vizekanzler Sigmar Gabriel rechnet bereits mit einer Million Menschen, die dieses Jahr ankommen. Dass die Kriegsflüchtlinge unter den „Neuan­kömm­lingen“ not­gedrungen kom­men und schwer mit Gastarbeitern vergleichbar sind, blenden die Wortführer des neuen Wunders aus. Der Post-Vorstandsvorsitz Frank Appel spricht sich ebenfalls für mehr Hilfen für Zuwanderer aus. Auf dem Hintergrund jüngster Streiks in seinem Konzern, bei denen es um angemessene Bezahlung ging, bekommt solche Fürsprache einen fahlen Beigeschmack. Mehr Hilfe fordern auch Porsche-Chef Matthias Müller und Klaus Engel, Vorstandsvorsitzender des Chemiekonzerns Evonik.


Jedes denkbare Argument kommt gerade recht: Das allherbstlich ritualhaft diskutierte Thema Lehrstellen macht Zetsche zum Zeugen seines Wirtschaftswunders: 40000 Lehrstellen drohten dieses Jahr unbesetzt zu bleiben. Daher gelte für „Flüchtlinge“: „Wer an die Zukunft denkt, wird sie nicht abweisen.“ Deutsche Wirtschaftslenker und Politiker sprechen kaum mehr vom Ende des Krieges in Syrien, auch nicht von der Zukunft jenes Landes und seiner jungen Generation. Der bei den freidemokratischen Forderungen nach Steuererleichterungen unnachgiebige Finanzminister Wolfgang Schäuble stellt für 2016 sechs Milliarden Euro diskussionslos für Zuwanderung bereit. Sparen will er bei anderen Ressorts. Politik und Wirtschaft handeln dabei als Bündnis. Große, weltweit auftretende Konzerne haben sich einen ethischen Handlungsrahmen zugelegt, den sie in ihre Strategie einbauen. Diese Unternehmerverantwortung (Corporate Social Responsibility) macht sich auf dem Hintergrund der aktuell diskutierten Summen wie ein Feigenblatt aus. 2013 gab Daimler 60 Millionen Euro für nicht profitorientierte Organisationen, Sponsoring und Sozialprojekte zusammen aus. Diese Verantwortung drängt aber Konzerne weiter in die Moralfalle.


Zahlen soll der Bürger. So sieht es das renommierte arbeitgebernahe Münchner Ifo-Institut. Es regt auf dem Hintergrund der Zuwanderung an, die Deutschen sollten die Rente mit 63 aufgeben, was zusätzliche Milliardenbeträge freisetze, um den Zustrom zu finanzieren. Eine Neuverschuldung oder Steuererhöhungen lehnt das Institut wegen schädlicher Folgen für die Wirtschaft ab. Die Deutschen sollen lieber länger in die Sozialkassen einzahlen. Der Ifo-Finanzwissenschaftler Niklas Potrafke sagte, aufgrund des demografischen Wandels müssten „alle ein bisschen länger arbeiten“. Durch einen späteren Rentenbeginn ließe sich viel Geld in kurzer Zeit sparen.


Die Politik arbeitet daran, das neue Wirtschaftswunder durch massive vorherige Investitionen zu erzwingen. Arbeitsministerin Andrea Nahles will Flüchtlinge mit dem Einsatz von 600 Millionen bis 1,1 Milliarden Euro in den Arbeitsmarkt integrieren. Nahles gab auch bekannt, dass nicht einmal jeder Zehnte die Voraussetzungen erfülle, direkt in Arbeit und Ausbildung zu starten. Hohe Investitionen in (Vor-)Bildung und Integration sind also unumgänglich. Sie stehen im Widerspruch zu Erwartungen eines Wirtschaftswunders durch „Neuankömmlinge“. Die Bundespolitik schiebt Zweifel beiseite. Schon ventilieren Arbeitgeber die Auflösung des Mindestlohns – nur für Zuwanderer.    

Sverre Gutschmidt

mercredi, 14 octobre 2015

L’économie numérique mène-t–elle à la catastrophe?

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L’économie numérique mène-t–elle à la catastrophe?

Joseph Schumpeter dans sa théorie de la « destruction créatrice » relevait que les innovations technologiques créaient plus d’emplois qu’elles n’en détruisaient. Ce fut le cas des révolutions industrielles du milieu du XIXe siècle à aujourd’hui. Mais avec l’économie numérique (appelée aussi ”ubérisation de l’économie” ou ”économie digitale”), c’est peut-être fini : nous risquons de voir détruire beaucoup plus d’emplois qu’il n’en sera créé. Pierre Bellanger dans son essai La Souveraineté numérique (voir article précédent de ce blog) fut le premier à pointer ce défi. Mais aujourd’hui de plus en plus d’économistes sont très inquiets : les plateformes numériques sur terminaux smartphones, tablettes ou PC, en dématérialisant les services vendus par les entreprises mettent ces dernières en danger. En abolissant beaucoup plus d’emplois qu’ils n’en génèrent. 

Le piège des deux pinces du crabe

Prenons le cas d’ Airbnb (service de location de chambres de particulier à particulier, créé en 2008 et aujourd’hui coté en bourse) qui concurrence l’hôtellerie avec une valorisation boursière bien supérieure. Laurent Gey remarque (Epoch Times, 5–11/10/2015) : « Airbnb emploie seulement 600 personnes dans le monde quand le groupe Accor en emploie 180.000. Un différentiel de 300 fois moins de ressources humaines pour un chiffre d’affaires plus important : économiquement, c’est un rêve. Globalement, c’est une catastrophe ».   

Les secteurs de services menacés, outre l’hôtellerie, sont innombrables : restauration, livraisons, voyagistes et agences immobilières, locations de voitures, petits et grands commerces de distribution de toute nature, artisans et services à domicile,  secteur bancaire, assurances, etc Sans parler du courrier, des secteurs de l’édition (presse écrite et livres…) et de la diffusion vidéo-acoustique (radios, TV, éditeurs musicaux et vidéo) menacés à terme, non pas de disparition mais d’amaigrissement forcé que ne compenseront pas des créations d’emplois et de richesses dans le digital.

Le nombre d’emplois générés par une plateforme numérique est plus de 100 fois ( !) inférieur à celui d’une entreprise réelle avec des coûts dix fois moindres du fait de l’externalisation des services vers des particuliers ou des indépendants : finis les locaux, les frais d’entretien, les salaires de nombreux employés et les taxes sociales ou fiscales, etc. 

On risque alors d’assister à un phénomène économique pervers de paupérisation qu’on pourrait appeler le ”piège des deux pinces du crabe”. La pince amont écrase la création d’emplois et la pince aval écrase les revenus socio-fiscaux des États, du fait de la décrépitude des anciennes entreprises et de l’absence de recettes en provenance du secteur numérique. Il faudrait donc compenser par une fiscalité directe accrue.  C’est un cercle vicieux sur lequel nous reviendrons plus bas. Ce choix de gains microéconomiques à très court terme pourrait provoquer  une perte macroéconomique à long terme, en cascade et en progression géométrique.

Le modèle d’entreprise actuel, relativement lourd et rigide, est bousculé par le numérique. Aussi bien sur le plan du salariat classique que sur celui de la fiscalité. Ce ”nomadisme technologique”, qui révolutionne le travail et peut fasciner, est néanmoins porteur d’une menace imprévue : diminuer les emplois et le tissu des entreprises fiscalement contributrices.   

Le cabinet Roland Berger (conseil international en stratégie) prévoit que d’ici dix ans trois millions de postes de travail seront supprimés (rapport entre créations et destructions)  en Europe de l’Ouest du fait des nouvelles technologies : « certes, la digitalisation de l’économie ouvre de nouvelles perspectives de création d’emplois. On sait également que les entreprises digitales connaissent la croissance la plus dynamique. Mais les emplois créés ne se substitueront pas aux emplois détruits, ni en termes de niveau de compétence requis, ni en termes de position sur la chaine de valeur, ni en termes de répartition géographique ». C’est le cercle vicieux de l’utilité marginale insuffisante.  

Le cercle vicieux de l’économie numérique

Ce cercle vicieux se résume ainsi : la nouvelle économie numérique peut scier la branche sur laquelle elle est assise ; cette branche est le pouvoir de consommation, qui dépend du niveau d’emploi et des recettes socio-fiscales générées par les entreprises et les ménages. Autrement dit, si elle paupérise les sociétés en asséchant trop vite les anciens secteurs, l’économie numérique perdra ses propres clients et dépérira. Parce que son coût marginal risque d’être supérieur à son utilité marginale. Autrement dit, en langage simple, elle coûte plus cher qu’elle ne rapporte.   

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En effet la nouvelle économie numérique donne l’illusion de la gratuité et du low cost (bon marché) pour des millions de consommateurs. En réalité elle est assez coûteuse et fragile, pour trois raisons :

1) L’équipement numérique est cher pour les ménages consommateurs en matière d’acquisition de terminaux multiples  (smartphones, tablettes, PC, objets connectés, etc.), de renouvellement constant de ces derniers et d’abonnements assez  lourds auprès des opérateurs, dont la transparence tarifaire est douteuse. Idem pour le coût de l’informatique globale dans les entreprises.

2) En terme énergétique, au niveau mondial, les ”résogiciels” (néologisme de Pierre Bellanger), le fonctionnement d’Internet dématérialisé, avec le cloud (”nuage”) grâce à de gigantesques centres de stockage de big data (méga données), et celui de tous les terminaux à écrans supposent une énorme consommation électrique ”invisible”.

3) L’économie numérique et digitale voit sans cesse augmenter trois facteurs préoccupants : d’une part l’insécurité due aux piratages et à la cybercriminalité, en hausse exponentielle ; puis la fragilité due aux risques permanents de bugs (pannes et dysfonctionnements) mais aussi à la complexité d’un réseau mondial très sophistiqué, à la fois devenu vital et à la merci d’accidents massifs sans filets de secours (manque de robustesse) ;  enfin les limites à la facilitation des tâches  offerte par l’informatisation excessive et la numérisation systématique. Ce dernier point est important et relève de la sociologie concrète, fondée sur de micro-expériences quotidiennes.

En effet, de plus en plus de voix s’élèvent, pour remarquer que les entreprises, les administrations comme les particuliers perdent du temps et de l’argent par un recours exclusif au numérique et aux e-moyens dématérialisés, par rapport aux techniques traditionnelles. Deux exemples : vous réservez et organisez vos vacances par Internet sans passer par une agence. L’économie financière, réelle, que vous allez faire sera minime et illusoire en regard du temps que vous aurez passé devant votre écran magique (le ”travail fantôme”) et la fiabilité de votre réservation sera assez mauvaise. Second cas, que j’ai personnellement vécu : dans les médias écrits ou audiovisuels, Internet et le recours massif au numérique (dématérialisation des échanges) n’a pas amené d’amélioration substantielle des performances (rapidité, facilité, coûts). Au contraire : les problèmes posés dépassent en utilité marginale les avantages supposés. Le ”progrès” réalisé n’est pas évident. Il est psychologique, pas concret.       

Ces réalités sont pour l’instant soigneusement cachées parce que nous sommes dans une phase de fascination enthousiaste pour le numérique, Internet, etc.  Pour la ”nouveauté”. Mais, peu à peu,  nous verrons que nous avons été trop loin.

La bulle numérique/Internet peut se dégonfler…ou éclater

Actuellement, en France et ailleurs,  on songe (une proposition de loi est en cours au Sénat) à taxer assez fortement les sites d’e–commerce et les plateformes collaboratives pour limiter leur croissance et rétablir un manque à gagner fiscal, en terme de coûts d’opportunité marginaux comparatifs. Le problème, c’est que cette solution (toujours cette manie française des impôts et des taxes) n’aura aucun effet sur le fond du phénomène. 

L’ ”Internet de l’énergie” préconisée par l’économiste gourou américain Jeremy Rifkin (auteur de La Troisième Révolution industrielle, Les liens qui libèrent, 2012) où les appareils domestiques,  les véhicules privés et les transports publics, etc. sont connectés à un réseau intelligent et interactif est censé créer d’énormes économies d’énergie, fait rêver. Malheureusement, la Région Nord–Pas–de–Calais qui voulait tenter l’expérience a chiffré son coût comme faramineux pour un résultat aléatoire. La Mairie  de Paris a reculé, elle aussi. C’est l’impasse, destin de toutes les utopies. Il ne s’agit pas, stupidement, de refuser Internet et l’économie numérique, mais de les recadrer. Et de cesser d’en faire des divinités techno-économiques. La fascination technologique est aussi inopérante que le passéisme des écologistes.  

L’informatisation et la numérisation excessives sont des bulles qui vont nécessairement se dégonfler comme des baudruches, ou, plus tragiquement, éclater d’un coup, comme des bombes. Les comparaisons  avec le passé sont intéressantes : dans les années 60, on croyait qu’il y aurait des dizaines de bases humaines sur la Lune dès l’an 2000, avec des extractions minières. Où sont-elles ? Méfions-nous de la science-fiction appliquée à l’économie. 80% des prévisions techno-économiques sont fausses depuis 150 ans. Le futur n’est jamais tel qu’on le rêve ou qu’on le prévoit. Nous sommes dans le brouillard. Dans les domaines boursiers internationaux, les transactions immédiates, fondées sur des algorithmes dématérialisés, constituent un autre danger : la déconnection avec  l’économie réelle. Là encore, l’informatisation à outrance est très fragilisante. De même, on fantasme sur l’ ”impression 3D” (comme sur les ”énergies renouvelables”) : attention aux chimères technologiques.

Quel avenir pour l’économie numérique ? Pas clair. 

Il serait évidemment inconsidéré de la condamner. Elle aura sa place, mais elle ne dominera pas. Elle va connaître une sévère régression dans la décennie à venir parce que la progression de ses coûts marginaux – en termes financiers directs ou de déséconomies externes– surpasse peu à peu ses avantages globaux. Disons que la courbe trigonométrique des avantages, devenant descendante, va bientôt croiser celle, ascendante, des désavantages.  Notamment à cause du problème de la destruction d’emplois (et donc de pouvoir d’achat) plus forte que la création induite ; et de l’exagération du rapport services rendus/ coûts d’opportunité, en baisse tendancielle depuis 2010 environ.

Nous allons donc probablement connaître une rétraction de l’économie numérique au niveau mondial, son réajustement de l’ordre de 35% environ d’ici 10 ans. Avec une baisse du marché (demande) parce que les consommateurs prennent peu à peu conscience du déficit investissements/prestations. Le tout-numérique que prêchent les gourous, ressemble fort au romantisme hollywoodien des années soixante, le rêve spatial d’installation de l’humanité dans le système solaire.

L’utopie  se heurte toujours à la nature humaine des rapports économiques. C’est-à-dire : maximiser les avantages, minimiser les inconvénients, optimiser les coûts, selon un processus d’auto-ajustement qui se produit en quelques décennies. Ne débranchez pas votre smartphone, votre tablette ou votre PC, ils sont utiles. Mais ne les prenez pas pour des divinités. Il y aura un ”after numérique” ou plutôt un ”alter numérique”. Tout monopole est condamné. À tout rêve succède le réveil.  

PROCHAIN ARTICLE SUR LES SUITES DE L’AFFAIRE MORANO : « NATION ET IDENTITÉ ETNHIQUE ».

dimanche, 20 septembre 2015

Le 11 septembre de Paul Jorion

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Le 11 septembre de Paul Jorion

 

Le 11 septembre est décidément une date propice au totalitarisme ultralibéral. 1973, la dictature de Pinochet qui a fait du Chili le laboratoire de l’économie dite de l’offre, 2001, les attentats qui ont permis de déclencher un état de guerre permanent au Moyen Orient dans le plus grand intérêt du complexe militaro-industriel qui est un des principaux lobbies économique et financier dans le monde.

paul jorion,économie,belgique,scandaleSans doute, ce 11 septembre 2015 signifie pour l’anthropologue belge spécialiste de la finance et analyste indépendant, la fin de sa carrière académique. Paul Jorion est démuni de sa charge professorale à la VUB (l’Université Libre de Bruxelles du rôle linguistique flamand Vrij Universiteit Brussel) parce que son influence de plus en plus grande dans les médias, au niveau du public et même des milieux académiques, commençait à gêner les tenants de la pensée unique derrière lesquels se cachent les grands lobbies financiers.

Paul Jorion empêché de s'exprimer par la police de la pensée économique "orthodoxe"

En effet, selon l’hebdo financier Trends Tendance : « Paul Jorion a reçu son préavis voici quelques jours. "Trois reproches me sont faits, explique-t-il. Le premier est que je ne parle pas l'anglais correctement. J'ai vécu 23 ans en Angleterre et enseigné à l'université de Cambridge. On ne m'a jamais dit que mon anglais n'était pas correct. Le deuxième est que les étudiants qui travaillent sont laissés à l'abandon. Ils ont pourtant accès aux vidéos et aux résumés de mes cours. Le troisième, ce sont les plaintes incessantes des étudiants. Pourtant, sur trois années, je n'ai pas eu connaissance d'une plainte d'un étudiant."

A moins qu'il s'agisse de plaintes « suggérées », procédé typique de la police de la pensée...

Pour Paul Jorion, ces motifs sont "fantaisistes" et la véritable cause est à chercher ailleurs. "On ne vous dit pas: on n'aime pas la manière dont vous parlez d'économie". Mais pour l'anthropologue et ancien trader belge, c'est bien de cela qu'il s'agit. »

Paul Jorion était titulaire de la chaire «Stewardship of Finance» à la VUB. Il fait partie du Haut comité pour l’avenir du secteur financier belge ainsi que du Groupe de réflexion sur l’économie positive dirigé par le Français Jacques Attali, selon son curriculum sur son site. Il a enseigné aux universités de Cambridge, Paris VIII et à l’Université de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations-Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique. Paul Jorion a travaillé de 1998 à 2007 dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française et est l’auteur de nombreux ouvrages. Il est en outre chroniqueur au « Monde » et à « l’Echo ».

Il s’explique dans cette vidéo. Et les conséquences sont sérieuses pour lui : non seulement il est écarté sur le plan professionnel, mais ses moyens étant réduits, il ne pourra plus s’exprimer comme avant.

 

Cela dure onze minutes, mais cela vaut la peine d'écouter jusqu'au bout.

Paul Jorion n’enseignait l’économie non dans une faculté de science économique, mais à la faculté de droit de la VUB. Pour expliquer son licenciement, il se réfère à un article de Laura Raim dans le Monde diplomatique du mois de juillet 2015, intitulé : « Police de la pensée économique à l’Université ». Il n’hésite pas à dire que ce n’est plus de la science que l’on enseigne en la matière, mais on diffuse de la propagande sous le couvert de formules mathématiques dont on assomme les étudiants afin qu’ils ne puissent exercer leur esprit critique.

Pour Jorion, la véritable science économique est l’économie politique liée à l’histoire de l’économie et non cette économie mathématique réductrice et basée sur les dogmes du néolibéralisme, comme, par exemple, le « pouvoir autorégulateur » du marché mieux connu sous le nom de « main invisible » d’Adam Smith, ou encore la « rationalité » de l’individu face au marché, rejetant ainsi toute structure sociale.

Laura Raim qui parle surtout de la situation française, mais qui est similaire à celle d'autres pays européens dont la Belgique, dont, comme on vient de le voir, la Belgique, explique :

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Laura Raim : une économiste française « hétérodoxe » qui ne craint pas d'affronter la pensée unique.

« Les représentations et préconisations des économistes exercent une forte influence sur les politiques publiques. Or, depuis une vingtaine d’années, les chercheurs hétérodoxes, c’est-à-dire tous ceux qui ne souscrivent pas à l’école néoclassique, soit à peu près un tiers des économistes français, sont exclus des positions-clés de la profession. S’ils parviennent encore à se faire recruter comme maîtres de conférences, le courant majoritaire leur verrouille l’accès au grade supérieur de professeur des universités. (…)

Comment en est-on arrivé là ? L’école néoclassique monte en puissance depuis l’avènement de l’économie moderne, à la fin du XIXe siècle, puis reflue dans les années 1930. L’approche de John Maynard Keynes, qui tire les leçons de la Grande Dépression en conférant à l’Etat un rôle central, s’impose alors comme nouvelle orthodoxie économique des politiques publiques. Lorsque le keynésianisme atteint à son tour ses limites face au contexte de stagflation (faible croissance et forte inflation), à la fin des années 1960, la théorie néoclassique revient en force avec les monétaristes et le courant des anticipations rationnelles.

paul jorion,économie,belgique,scandaleLes hétérodoxes actuels émergent au même moment, en opposition à cette résurrection du paradigme néoclassique. Marxistes, postkeynésiens, régulationnistes et conventionnalistes ont en commun d’inscrire leur discipline dans le champ des sciences sociales et de porter une attention particulière aux aspects historiques, juridiques et politiques du fonctionnement de l’économie. Cherchant à décrire la société telle qu’elle existe vraiment, ils s’opposent à une représentation mécaniste et individualiste dans laquelle des agents mus par une rationalité instrumentale interagissent dans des multitudes de marchés.

Intégrant au fur et à mesure les critiques hétérodoxes, la théorie néoclassique se polit, admettant que l’information peut être asymétrique et la concurrence imparfaite... Reste que « les néoclassiques ne se sont pas imposés par la force ou la justesse de leurs idées, mais par des stratégies de colonisation institutionnelle », insiste Sophie Jallais, maîtresse de conférence à Paris-I. Dans la plupart des disciplines, pour être recrutés comme maîtres de conférences ou comme professeurs, les candidats doivent être « qualifiés » par le CNU, avant d’être sélectionnés par les « commissions de spécialistes » de chaque université. Mais, jusqu’à l’année dernière, la section d’économie dérogeait à ce principe pour le recrutement des professeurs, qui passait principalement par le concours d’agrégation du supérieur. (…)

La situation française reflète ce qui se passe ailleurs. Les universités anglo-saxonnes ne recrutent plus que des professeurs néoclassiques, susceptibles de publier dans les revues bien cotées. Au Royaume-Uni, par exemple, l’ancien bastion keynésien de Cambridge s’est progressivement vidé de tous ses professeurs hétérodoxes. « Le grand épistémologue et historien de la pensée économique Tony Lawson n’a plus le droit de donner des cours d’économie ; il est obligé de donner des cours d’économétrie et de mathématiques », raconte Dany Lang, maître de conférences à Paris-XIII. Après la crise, à l’université de Kingston, quelques postkeynésiens ont essayé de développer un master critique. Ils ont notamment recruté Steve Keen, qui s’était fait renvoyer de sa faculté en Australie alors qu’il était l’un des seuls à avoir anticipé la crise des subprime. Aux Etats-Unis, mis à part à la New School de New York, « l’hétérodoxie a été décimée partout. Il ne reste plus que des postkeynésiens isolés, éparpillés et trouvant souvent refuge dans les facultés de sciences sociales, les business schools ou dans les premiers cycles des petites universités publiques », constate l’économiste américain James Galbraith. (…)

Le retour en vogue de Keynes et de Karl Marx que l’on observe dans la presse et dans l’édition n’atteint pourtant pas le monde de la recherche, imperméable à toute remise en cause. Dans sa missive, Tirole s’enorgueillit des « centres d’excellence en économie qui ont émergé en France ces trois dernières décennies » et qui « forment aujourd’hui des économistes que les régulateurs, organismes internationaux et entreprises s’arrachent ». Le fait que ces « centres d’excellence » n’aient pas produit des économistes critiques, susceptibles d’alerter sur les dangers de la financiarisation, ne l’effleure manifestement pas. Droit dans ses bottes, il continue de mépriser souverainement les courants minoritaires, parlant d’eux comme d’un « ensemble hétéroclite en difficulté avec les normes d’évaluation internationalement reconnues », et les rappelle à l’ordre : « Chercher à se soustraire à ce jugement [des pairs] promeut le relativisme des connaissances, antichambre de l’obscurantisme. »

Donc nous nous trouvons en matière d’enseignement de l’économie devant

1) Un refus d’inscrire l’enseignement de l’économie dans le contexte des sciences sociales et de porter attention aux aspects historiques, juridiques et politiques du fonctionnement de l’économie.

Celle-ci devient une sorte de religion absolue se trouvant au-dessus des hommes et refusant la moindre objection, le moindre regard critique.

2) On assiste à une colonisation institutionnelle de l’université qui impose l’économie orthodoxe et rejette toute critique keynésienne et bien entendu, marxiste. Elle empêche ainsi aux économistes hétérodoxes de s’exprimer et encore plus d’enseigner.

C’est la police de la pensée au service du Big Brother ultralibéral qu’on a affublé du visage cireux d’Adam Smith.

Et il est de notre devoir de permettre à Paul Jorion de pouvoir continuer à diffuser ses idées et sa pensée comme avant.

Oui, nous sommes vraiment le 11 septembre.

Pierre Verhas

00:05 Publié dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul jorion, économie, belgique, scandale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 06 septembre 2015

Les difficultés de la Chine

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LES DIFFICULTÉS DE LA CHINE

Une économie fragile


Auran Derien
Ex: http://metamag.fr

La Chine s’est beaucoup transformée, en peu de temps. Nous avons déjà signalé que notre expérience européenne pouvait aider à comprendre l’origine des difficultés que rencontrent les pays en développement. Un processus de croissance rapide s’accompagne de multiples distorsions, entre régions, entre secteurs, entre groupes sociaux. Il en résulte des tensions qui débouchent régulièrement sur des conflits sociaux. Cela avait caractérisé l’Europe aux XIXème et XXème siècles. Même si les “ingénieurs sociaux” actuels ont appris la manière de manipuler les foules de sorte que la destruction de peuples et de civilisations entières soit devenue possible comme le prouve sous nos yeux l’éradication de l’Europe, il restait admirable que la Chine pût manœuvrer plus d’un milliard de personnes durant tant d’années sans chocs majeurs.


Cela touche à sa fin 


Les observateurs ont remarqué l’incohérence des chiffres. Comment expliquer que le taux de croissance soit élevé lorsque la consommation d’énergie stagne? Il était évident qu’en Chine comme au FMI et ailleurs, le mensonge permanent et systématique, base de la méthodologie actuelle et de la justification des dirigeants de la société du spectacle généralisé, régente les publications officielles. Les économistes lyssenkistes se moquent du monde puisqu’on les paie pour cela. L’essentiel de la croissance chinoise provient de l’investissement public accompagné de choix tournés vers l’exportation. La consommation interne ne dépasse pas 30% de la dépense globale. Lorsque les clients sont ruinés, cas de l’Europe et des USA depuis que l’oligarchie régente, les ventes chutent. L’investissement dans l’exportation ne rapporte plus, alors que le marché interne n’est pas en mesure d’absorber les produits qui ont cessé d’être demandés.

 
La cinquième colonne est-elle puissante?


Que l’investissement public ait été survalorisé ne peut surprendre puisque l’ancienne URSS, du temps de la planification bolchévique, souffrait du même handicap. La Chine a construit des infrastructures à tour de bras, sans clients finaux, et une bulle énorme a gonflé . Le charme d’une telle situation apparaît immédiatement aux yeux des financiers dont parle Perkins. Les bulles attirent les chacals et les escrocs, tous obsédés par l’idée soit de gérer le monde - car ils en ont reçu l’ordre - soit d’y faire entrer l’ordre paradisiaque du supermarché, l’équivalent occidental du goulag. Pourquoi les problèmes apparaissent-ils en ce moment ? Peut-être est-il temps de mettre en corrélation les bulles chinoises avec la nouvelle attitude des BRICS. Les fondations mondialistes, distributrices généreuses de dollars ont appuyé depuis des années la création d’écoles de commerce pour qu’on y enseigne l’économie lyssinkiste du modèle d’équilibre général et le rôle des banques privées créatrices de la monnaie, à condition qu’elles soient la propriété du pouvoir financier. Les multinationales installées en Chine et dans les autres pays du groupe BRICS pratiquent la méthode de corruption qui leur a si bien réussi en Europe. Elles créent des structures de réunions dans lesquelles sont invités politiciens, fonctionnaires - ou leurs proches - dont le point commun est qu’ils possèdent un pouvoir de décision, leur versent des pots de vin, des jetons de présence au montant proportionnel à leur inutilité directe au sein de cette structure mais considérés comme un investissement à long terme, pour le moment où les gestionnaires du néant proposeront un changement d’organisation, la privatisation au profit du soviet de la finance. 

Cette manière de détruire n’est pas encore perçue par les “élites” traditionnelles de ces pays. Ceux-ci ont juste compris l’ignominie des ONG, l’horreur des médias de la haine, et ont commencé à en freiner la propagande vomitive. Mais la corruption de la classe dirigeante à travers les jetons de présence n’est pas bien perçue, de sorte que les difficultés actuelles de la Chine et autres membres du groupe BRICS sont un test de la pénétration de l’axe de l’inhumanité avec sa capacité de nuisance.


Conclusion : un bilan d’étape


Dans la société du spectacle généralisé, la concentration des médias de propagande interdit toute connaissance sauf, comme l’exprimait Alexandre Zinoviev, le minuscule filet d’eau qui s’écoule des élites marginalisées mais qui s’expriment grâce aux blogs d’Internet. Le niagara de haine est entre les mains des "Al capone" associés, pour un temps indéterminé. La panne de l’économie mondiale, à cause du pillage de la finance met en difficulté les exportateurs chinois, et leur modèle de croissance appuyé sur le surinvestissement a besoin d’un ajustement. On va savoir très vite si les BRICS ont encore assez d’indépendance pour construire le modèle alternatif à cet axe, ou si la corruption de leurs élites, par les moyens déjà rappelés, se traduira par l’entrée en scène des tueurs habituels, du FMI à la CIA. 

Les mesures que prendront la Chine et les autres membres dans les temps qui viennent nous indiqueront si le pouvoir financier mondialiste  a enfin commencé sa descente vers le fond dont il n’aurait jamais dû sortir ou si l'obscurantisme et la haine vont se renforcer partout.

mardi, 23 juin 2015

EU lijdt € 100 miljard schade en verliest 2 miljoen banen door sancties tegen Rusland

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EU lijdt € 100 miljard schade en verliest 2 miljoen banen door sancties tegen Rusland
 
Ex: http://xandernieuws.punt.nl

Russische economie blijkt juist te profiteren van Europese sancties, en blijft sterk en stabiel

Duitsland lijdt –samen met de rest van de EU- veel sterker onder de door Amerika afgedwongen anti-Russische sancties dan officieel bekend wordt gemaakt.

Door de VS afgedwongen Europese sancties tegen Rusland zijn extreem schadelijk voor de Europese economie. Er dreigt een klap van bijna € 100 miljard en het verlies van maar liefst 2 miljoen banen. De regering Obama lacht ondertussen in zijn vuist, want Amerika was niet alleen altijd al veel minder kwetsbaar voor deze sancties, maar Amerikaanse bedrijven blijven ondertussen ook gewoon verder handelen met de Russen.

Europa betaalt weer eens de hoogste prijs voor het agressieve buitenlandse beleid van president Obama, die hier in de ogen van de reguliere media nog altijd geen vlieg kwaad kan doen. Het Oostenrijkse Instituut voor Economische Onderzoek (Wifo) heeft de gevolgen van de sancties tegen Rusland onderzocht en komt tot vernietigende conclusies: bijna € 100 miljard verlies en 2 miljoen verloren banen is de torenhoge prijs die de EU voor deze sancties moet betalen.

In ieder land honderdduizenden banen verloren

‘De ergst mogelijke exportuitval die wij vorig jaar voorzagen is inmiddels realiteit geworden. Als de situatie niet grondig verandert, dan treedt er een bijzonder pessimistisch scenario in werking.’ Zo zullen er alleen al in Duitsland minimaal 175.000 arbeidsplaatsen verloren gaan, en als de sancties worden volgehouden zelfs een half miljoen.

Ook de EU-schuldenstaten Spanje en Italië, die economisch en financieel toch al amper hun hoofd boven water kunnen houden, worden zwaar getroffen en moeten met honderdduizenden verloren banen rekenen. Groeiland Polen ontsnapt eveneens niet: 335.000 arbeidsplaatsen staan op de tocht.

De gevolgen worden in alle sectoren van handel en industrie voelbaar, of dat nu in de landbouw, levensmiddelen of de bouw is. De Duitse autofabrikanten moeten zelfs met een teruggang van 25% tot 50% rekenen.

‘Economie EU veel slechter dan wordt aangenomen’

De onafhankelijke Zwitserse financiële expert Michael Bernegger, ooit werkzaam bij onder andere de Centrale Bank van het land en een investeringsbank, waarschuwt eveneens dat de situatie van de Europese economie ‘veel slechter is dan wordt aangenomen’ en er constant verkeerde cijfers in de media verschijnen die dit verbloemen. Volgens hem bevindt de complete bankensector in Zuid Europa zich in een systeemcrisis, die de ECB met zijn extreem lage rente nooit zal kunnen oplossen. (3)

De EU heeft de verpletterende gevolgen van de sancties doelbewust gebagatelliseerd. Kranten citeren EU-officials die beweren dat deze gevolgen ‘klein en te hanteren’ zullen zijn. De regeringen van alle nationale lidstaten, inclusief die in Den Haag, doen overigens vrolijk mee met deze misleiding van het publiek.

Russische economie profiteert juist

Brussel heeft enkel na sterk aandringen van Washington ingestemd met sancties tegen Rusland, dat overigens opmerkelijk stabiel blijft en daar nauwelijks onder lijkt te lijden. Sterker nog: de Russische economie lijkt –in combinatie met de zwakke roebel en lage olieprijs- alleen maar voordelen te hebben, mede omdat de binnenlandse consumptie wordt gestimuleerd. Toch bevindt de Russische handelsbalans zich nog steeds in de plus (2).

Compensatie voor bedrijven, op kosten belastingbetalers

In de komende week zullen de EU-ministers van buitenlandse zaken besluiten om de sancties voorlopig niet op te heffen. De plotselinge eensgezindheid die EU-ambassadeurs deze week toonden kwam als een verrassing, aangezien landen zoals Italië, Hongarije, Oostenrijk, Spanje en Griekenland zich fel verzetten tegen het voortzetten van de sancties.

Er zijn aanwijzingen dat de EU deze landen compensatie heeft aangeboden om hun verzet alsnog in te slikken. Er zou onder andere over de oprichting van een Compensatiefonds zijn gesproken, waarmee de diverse landen bedrijven die zwaar te lijden hebben mogen ondersteunen.

Net zoals het overeind houden van Griekenland en de euro, en het redden van het failliete Zuid Europese bankensysteem, zullen ook hier de digitale geldkranen fors voor moeten worden opengedraaid. En die kosten komen zoals u weet langdurig en permanent voor rekening van de belastingbetalers.

Xander

(1) Deutsche Wirtschafts Nachrichten
(2) Deutsche Wirtschafts Nachrichten
(3) Deutsche Wirtschafts Nachrichten

Zie ook o.a.:

13-04: Dwingen de Grieken Europa te kiezen tussen Amerika of Rusland?
17-03: Stratfor: VS wil ten koste van alles alliantie Duitsland-Rusland voorkomen (/ ‘Amerika zet volken tegen elkaar op om te voorkomen dat ze zich tegen VS keren – VS zet in op het ten val brengen van Rusland en de EU’)
10-03: China en Rusland lanceren in herfst anti-dollar alliantie

Le mythe du libre-échange mondial

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Le mythe du libre-échange mondial

Auteur : Pepe Escobar
Traduction Daniel, relu par jj (Le Saker francophone)
Ex: http://zejournal.mobi

L’élément clé du TTIP, c’est le Mécanisme de règlement des différends entre les investisseurs et les États qui, pour l’essentiel, donne aux grandes sociétés toute la latitude requise pour poursuivre les gouvernements en invoquant un défaut de mise en place des mesures appropriées lorsque les politiques ou la législation de l’État nuisent à leurs profits. Mais est-ce que cela s’applique exclusivement aux questions commerciales ?

Une question primordiale et directe, mais secrète, était à la fois à l’ordre du jour du sommet du G7 en Allemagne et de la réunion du groupe Bilderberg en Autriche la semaine dernière, à savoir la poursuite des négociations en catimini au sujet du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), cet accord de libre-échange entre les USA et l’UE, dont la portée est monumentale.

Même si les multinationales derrière le TTIP se mobilisent férocement pour qu’un accord soit conclu d’ici la fin de 2015, de sérieux problèmes subsistent (dans les négociations) .

Il y a eu aussi ce vote au Congrès des USA vendredi dernier. En fait, il y a eu deux votes. Le premier pour savoir si l’on donnait au gouvernement des USA le pouvoir de négociation accélérée [fast track en anglais, NdT] de conclure des accords commerciaux, qui concerne avant tout le Partenariat trans-pacifique (PTP) ; le second à propos de l’aide à donner aux travailleurs étasuniens qui ont du mal à concurrencer les importations résultant des accords commerciaux.

Le pouvoir de négociation accélérée a été adopté, mais pas l’aide à l’adaptation des travailleurs. Le Sénat des USA devra donc se pencher sur le pouvoir de négociation accélérée. Les pouvoirs corporatifs derrière le PTP (et le TTIP d’ailleurs) n’ont pas trouvé cela drôle.

N’empêche que tout cela dépasse largement le pouvoir présidentiel absolu de négocier des accords douteux comme le TTIP, le PTP et l’Accord sur le commerce des services (ACS).

L’administration Obama tient mordicus à verser des torrents d’avantages aux travailleurs étasuniens une fois le PTP conclu, une obsession éminemment discutable.

Du point de vue des autres pays, le PTP est loin d’être une panacée. Washington n’offre aucun nouvel accès amélioré au marché. Le PTP exclut totalement la Chine, ce qui est ridicule, car Pékin est le principal partenaire commercial de la plupart des pays concernés. Puis l’élément vital du PTP, c’est de permettre aux grandes sociétés d’imposer leur loi sur les droits de propriété intellectuelle, ce qui ouvre la porte à toutes sortes d’abus par les darwinistes sociaux.

En ce qui concerne le TTIP, Bruxelles ne cesse de jurer que les négociations relatives à cet accord commercial ne sont pas si secrètes que cela. La Commission européenne (CE) se vante de publier les textes relatifs aux négociations sur son site Web, contrairement à Washington. Certains textes sont publiés, d’autres pas, y compris ceux de nature plus délicate.

L’élément clé du TTIP, c’est le Mécanisme de règlement des différends entre les investisseurs et États qui, pour l’essentiel, donne aux grandes sociétés toute la latitude requise pour poursuivre les gouvernements, tout gouvernement, en invoquant un défaut de mise en place des mesures appropriées lorsque les politiques ou la législation de l’État nuisent à leurs profits. En somme, la culture de l’entreprise en sort gagnante ; les travailleurs, les petites et moyennes entreprises (PME) et la démocratie sont les grands perdants.

Nous pouvons d’ores et déjà prévoir la prolifération de tribunaux bidon qualifiés de tribunaux d’arbitrage grouillant d’avocats de société coûtant la peau  des fesses. Tu parles d’une justice sociale !

Mais est-ce que tout cela s’applique exclusivement aux échanges commerciaux ? Bien sûr que non !

L’Otan, version commerciale

Le signe révélateur apparaît dans la façon dont l’administration Obama s’évertue à affaiblir la résistance japonaise (depuis au moins deux ans maintenant) à de nombreuses dispositions du PTP. Les proverbiaux et omniprésents officiels US ne cessent d’ailleurs de répéter que le PTP est un élément crucial du pivot vers l’Asie des USA.

Même le chef du Pentagone Ash Carter y est allé d’une sortie il y a deux mois, en disant que le PTP était aussi important pour lui que n’importe quel porte-avions.

Tout cela s’est produit au moment même où Washington tentait (en vain) de forcer ses alliés de bouder la Banque d’investissement pour les infrastructures (AIIB) dirigée par la Chine. À cet égard, nous ne pouvons reprocher à l’administration Obama d’aller à l’encontre de ce qu’elle prône, c’est-à-dire que la Chine ne peut diriger une banque de développement et qu’elle n’a pas à rédiger des règles et des normes en matière d’investissement et de commerce à l’échelle mondiale.

Le fond du problème, c’est que ces trois méga accords (PTP, TTIP et ACS) représentent le modèle absolu de ce qui fait saliver le groupe Bilderberg : une gouvernance d’entreprise mondialisée.

En affirmant que le PTP est la composante économique stratégique du pivot vers l’Asie, le Pentagone révèle à son tour jusqu’à quel point les échanges commerciaux sont devenus politisés. Le PTP fera en sorte que les entreprises chinoises soient fortement désavantagées dans la concurrence qui les opposera aux sociétés des USA sur les marchés étasuniens et asiatiques. Il s’agit en fait d’une autre facette de la politique d’endiguement.

Le TTIP, le PTP et l’ACS sont en fait les têtes d’une même hydre. Tous ces accords suivent la même logique géostratégique transatlantique et transpacifique de l’Otan version commerciale, qui se résume à l’Occident contre le reste du monde. Ce n’est pas un hasard si les BRICS sont exclus. Il ne faut pas s’étonner non plus du caractère secret des négociations, car la gouvernance d’entreprise mondialisée est bien loin d’être le tube du moment sous bien des latitudes.

Du jambon de plastique dans notre assiette ?

Ne nous leurrons pas ; le TTIP est loin de faire l’unanimité en Europe, du moins parmi les quelques citoyens de l’UE concernés (et horrifiés) qui se sont donné la peine de tenter de percer le secret.

L’Allemagne a été le théâtre de manifestations importantes. Le SPD, qui fait partie du gouvernement de coalition dirigé par la chancelière Merkel, est résolument opposé au TTIP. Les Italiens ont appris que le TTIP causerait pas moins de 1,3 million de pertes d’emploi dans le pays. Une comparaison avec l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) est révélatrice. En douze ans, les USA ont perdu un million d’emplois, parce que les grandes sociétés et les entreprises ont délocalisé leurs productions au Mexique, où les coûts sont beaucoup plus bas.

Même Bruxelles a été contrainte d’admettre que le TTIP causera du chômage, car bon nombre d’emplois se retrouveront de l’autre côté de l’Atlantique, où les normes d’emploi et les droits syndicaux sont nettement inférieurs.

Le TTIP touchera 850 millions de personnes en Amérique du Nord et en Europe, soit environ 45 % du PIB mondial. Les échanges commerciaux en question s’élèvent à €500 Mds par an. C’est ce qu’on pourrait qualifier de mondialisation avancée, qui se fait sans trop d’ingérence de la part des marchés émergents.

Le rôle prépondérant de la vision européenne a fait en sorte que l’UE possède les règles les plus évoluées en matière de santé, de protection du consommateur et de qualité des services publics (avec une grande variation d’un pays à l’autre ; on ne peut comparer la France à la Roumanie, par exemple).

Rien d’étonnant donc à ce que les producteurs agricoles des pays du Club Med [Europe de Sud, NdT], qui misent sur la qualité, craignent que le TTIP n’entraîne une invasion barbare. Les Italiens envisagent avec horreur l’arrivée d’un monstre faussement fabriqué en Italie, lorsque les grandes sociétés étasuniennes pourront donner à toute leur mixture bâtarde riche en OGM l’appellation jambon de Parme ou fromage gorgonzola.

Une bonne manière de vérifier consiste à aller dans un supermarché aux USA, où la vision d’horreur est totale. Pas moins de 70 % de tous les aliments transformés qui s’y trouvent sont infestés d’OGM. L’UE n’autorise pratiquement aucun produit avec OGM. Même chose du côté de la toxicité. Dans l’UE, une entreprise doit prouver qu’une substance est sans danger avant de la commercialiser. Aux USA, tout est permis.

Avec le TTIP, la santé publique, l’éducation et les services de distribution d’eau de l’UE seront dévastés et pris en charge par les grandes sociétés étasuniennes. Les lois sur la sécurité alimentaire, la législation importante relative à l’environnement et la réglementation bancaire seront complètement chamboulées.

Le baratin que nous servent les colporteurs du TTIP est que la mondialisation 2.0 va entraîner une hausse de 0,5 % du PIB de l’UE. On est loin du taux de la Chine, mais lorsque l’austérité fait des ravages, nous sommes prêts à boire toutes les boissons très sucrées qu’on nous propose (un peu de Kool-Aid ?), qui accompagnent à merveille le jambon de Parme en plastique.

 - Source : Pepe Escobar-Traduction Daniel, relu par jj (Le Saker francophone)

jeudi, 18 juin 2015

Entretien d'actualité avec Pierre Jovanovic (juin 2015)

Entretien d'actualité avec Pierre Jovanovic (juin 2015)

L'Agence Info Libre a profité du passage de Pierre Jovanovic à Lyon, pour la dédicace de son dernier livre "666", afin de s'entretenir des questions d'actualité économique.

mercredi, 17 juin 2015

Nicholas Georgescu Roegen, la bioeconomia e la legge dell'entropia

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Nicholas Georgescu Roegen, la bioeconomia e la legge dell'entropia

Roberto Pecchioli

Ex: http://www.ereticamente.net

Sosteneva Ezra Pound che non si può comprendere un’epoca se non si approfondisce il sapere che più la caratterizza, se, insomma, non se ne intende appieno la  specifica “cifra” culturale.

Pensava, il grande poeta dei Cantos, alla romanità del diritto, al Medioevo della teologia, all’arte del Rinascimento, alla scienza del XIX secolo, l’economia del Novecento, secolo breve ed insieme sterminato.

Potremmo, per il primo scorcio del TerzoMillennio, indicare con sicurezza, come impronta generale della contemporaneità la Tecnica (“techne”, il saper fare che mira ad un obiettivo o ad un prodotto), per quanto la sua centralità sia stata già descritta da Martin Heidegger nella temperie culturale tra le due guerre.

Economia e tecnica economica e finanziaria sono diventati ormai strumenti giganteschi di oppressione per uomini e popoli. Per questo, è urgente riscoprire e divulgare l’opera di quanti – non di rado misconosciuti, trascurati, talora perfino derisi –, hanno prodotto idee e scienza alternative al “mainstream”.

Uno di loro è certamente Nicholas Georgescu Roegen (1906-1994), professore rumeno emigrato in America quando la sua Patria divenne comunista, pensatore di frontiera,  snodo e cerniera di un approccio all’economia del tutto nuovo ed originale. Economista, innanzitutto, ma anche matematico, filosofo, ecologo, scienziato e filosofo della scienza : soprattutto, grande innovatore e teorizzatore dell’incontro tra economia, biologia, fisica, all’insegna di un nuovo paradigma, che potremmo definire “del limite”, e fondatore di una nuova disciplina, la bioeconomia.

Il nucleo forte del pensiero di Georgescu  è infatti la teorizzazione, anzi la scoperta, in termini epistemologicie pratici,che nessuna scienza umana può evitare di tenere conto dell’ineluttabilità delle leggi della fisica, ed in particolare del Secondo principio della Termodinamica, secondo il quale, in un sistema chiuso, alla fine di ogni processo, la qualità dell’energia, dunque la possibilità di un suo successivo riutilizzo, è sempre inferiore rispetto all’inizio. Qualsiasi percorso economico che produca merci o materiali (ma nell’ultima parte della sua vita Georgescu ne ebbe anche per la “new economy”)  diminuisce la disponibilità di energia per il futuro.

Il limite e l’inganno dell’economia, la scienza triste, secondo la definizione di Thomas Carlyle, sta proprio nel non tenere conto, nei propri modelli matematici e nelle eleganti teorizzazioni in forma di equazione od algoritmo, della sussistenza del limite costituito dalla finitezza delle risorse e dall’impossibilità di eludere le leggi della fisica.

Potremmo anche aggiungere che se la scienza economica fosse davvero tale, non si comprenderebbero i suoi fallimenti, i clamorosi disastri previsionali delle sue prestazioni intellettuali, in definitiva la sua incapacità di fornire risposte in termini di benessere materiale e di miglioramento complessivo della condizione umana.

Georgescu intuì il limite dell’economia scientifica nella sua indagine meccanicistica, autoreferenziale, indifferente a tutto ciò che è altro da sé. Le sue procedure astrattamente logiche studiano i processi come se le leggi biologiche e fisiche non esistessero o potessero essere oltrepassate dall’uomo “faustiano” con un atto di volontà di potenza.

In natura, nulla si crea e nulla si distrugge – questo è il primo principio della termodinamica-  ma da quando la fisica, con Sadi Carnot, nel 1824 ha elevato a legge scientifica l’elementare circostanza che il calore si muove sempre da un corpo piùcaldo ad uno più freddo e che tale fenomeno ha carattere irreversibile – seconda legge della termodinamica – viene a cadere uno dei cardini delle teorizzazioni economiche: il processo di produzione e consumo “circolare” dalle imprese alle famiglie e ritorno, pensato senza punti di contatto con l’esterno, né in ingresso, né in uscita.

Non è, non può essere così, perché l’economia ha a che fare con la materia, le risorse, la scarsità che ne è il principale elemento di criticità.

Sostiene il pensatore rumeno che “la scienza economica ha eliminato la dimensione ecologica dal suo orizzonte” e che ciò l’ha ridotta a sapere astratto, virtuale, disgiunto dalla realtà della biosfera.   Recuperare la dimensione “biologica” dell’economia (òikos-nomia): legge della casa, del proprio ambiente) significa porre radicalmente in discussione duecento anni e più di dogmatica liberale e marxista.

La realtà afferma la finitezza del sistema Terra e delle sue risorse, dunque il paradigma produttivista è irrevocabilmente battuto sul terreno della realtà: se infatti il divenire economico è attraversato da un processo di produzione, distribuzione ed eliminazione di flussi di energia e materia attinte dall’ambiente naturale – il “sistema” chiuso entro cui inevitabilmente si svolge la vicenda umana, in cui vigono il primo ed il secondo principio della termodinamica, – ne consegue che il metabolismo della società è connesso all’evoluzione biologica, chimica e geologica del pianeta.

NGR1.jpgDi qui la capitale importanza, anche in economia, del concetto di “entropia“, termine coniato dal Clausius  nel 1864 (“Meccanica del calore”), che può essere definita come la misura del grado di equilibrio raggiunto da un sistema in un dato momento. A ogni trasformazione del sistema che provoca un trasferimento di energia (ovviamente senza aggiungere altra energia dall’esterno), l’entropia aumenta, producendo un disordine generale, il cui esito è, in astratto, la fine stessa.

L’intuizione vincente di Georgescu è che si può considerare un “sistema” anche l’intero pianeta, e la conclusione è che un’economia votata alla sovrapproduzione ed allo sfruttamento intensivo delle risorse, è, termodinamicamente, un suicidio per accumulo di entropia, ovvero di disordine.

Chiaro appare, nella definizione di “sistema” il debito nei confronti di Ludwig Von Bertalanffy e la sua “teoria dei sistemi”. Il logico austriaco, negli anni Trenta del XX secolo, sull’onda della rivoluzione scientifica,  comprese l’insufficienza euristica di approcci al sapere chiusi, settoriali, promuovendo la rivoluzione del dialogo multidisciplinare. Nell’ottica del pensiero sistemico, le parti (del sapere) sono solo astrazioni e la realtà può essere colta solo attraverso le relazioni.

Un passo importante per il superamento del tradizionale dualismo della cultura occidentale, inaugurato da Platone, e vincente a partire dalla Rivoluzione scientifica del XVI/XVII secolo (Bacone, Cartesio), forse con lo sguardo proteso verso l’ oriente del Tao(ying e yiang).

Importante, per l’elaborazione del Rumeno, anche il rapporto con Ilya Prigogine, i suoi studi sulla termodinamica e le cosiddette “strutture dissipative” e la teorizzazione dei “sistemi complessi”, poi assunta da Edgar Morin, per il quale il mondo è ormai entrato nella età di una profonda rivoluzione valoriale ed antropologica.

A questa rivoluzione restano tenacemente estranei gli economisti, asserragliati nelle loro ben protette  casematte, su cui vigila l’interesse dei capitalismi, con il loro mondo fatto di diagrammi, algoritmi ed indifferenza, anzi cocciuta ignoranza nei confronti dell’uomo reale, del suo ambiente, della vita.

Tra un fallimento e l’altro (hanno forse saputo prevedere – tanto meno fronteggiare – la crisi del 1929, o quella energetica del 1973/74, o quella innescata nel 2007/2008 dalla bolla sui derivati ?) continuano a sfornare, ben pagati, equazioni e ricette tutte basate sullo sfruttamento degli uomini e delle risorse, nel dogma, in sociologia si potrebbe chiamare “credenza ingenua”,  della crescita, dell’illimitatezza, della corsa forsennata verso un orizzonte che si allontana allo sguardo ad ogni passo.

Il pianeta è uno, le sue risorse sono evidentemente limitate, quelle più importanti – come i carboni fossili da cui traiamo la maggior parte dell’energia, e l’acqua – cominciano a scarseggiare, ma loro proseguono la corsa, come un treno lanciato a tutta velocità senza macchinista lungo un binario che, lo si sa, finirà in un burrone.

Per questo l’opera di Georgescu è così importante e così difficile da aggredire con criteri ed argomenti scientifici. Meglio ignorare, come fa sempre chi detiene il potere – accademico, editoriale e della comunicazione.

Non è senza significato che in diverse lingue, tra cui l’italiano, non sia mai stata tradotta l’opera capitale del rumeno: “The entropy law and the economic process”. Nella nostra lingua, fortunatamente, ma solo dopo la sua morte, sono apparsi altri scritti, come “Energia e miti economici”, edita nel 1998 da Bollati Boringhieri ed accolta con grande interesse in molti ambienti distanti dall’ortodossia scientifica e politica.

Nel 1973 il Nostro fu l’estensore di un importante manifesto scientifico-culturale “per un’economia umana” sottoscritto da oltre duecento esponenti dell’alta cultura multidisciplinare (economisti, filosofi, sociologi, biologi, fisici). Ad uno di loro, Kenneth Boulding, è attribuita un’ affermazione divenuta celebre: “Chi crede che la crescita infinita sia possibile in un mondo finito è un pazzo. Oppure un economista.”. I limiti fisici, lo abbiamo detto, sono inviolabili….

Scrive al proposito Nicholas Georgescu-Roegen:”la termodinamica ci insegna non solo che la materia-energia non può essere creata o distrutta, ma anche che essa viene costantemente ed irreversibilmente degradata in scarto, una forma inutile per gli interessi umani. E’ in questa legge della termodinamica che si trova la radice della scarsità economica. Infatti, la termodinamica è la fisica del valore economico, come disse Sadi Carnot nel suo memoir del 1824. Poiché in un mondo dove le leggi della termodinamica non valessero, la stessa energia potrebbe essere usata continuamente e nessun oggetto si consumerebbe mai”.

Altri limiti vengono dalla stessa complessità del nostro mondo, in cui gli incrementi produttivi diventano sempre più costosi e dagli utili decrescenti, sino al collasso. Del resto, ciò era stato già teorizzato dagli economisti marginalisti: pensiamo all’effetto rimbalzo, o paradosso di Jevons, che osservò come miglioramenti tecnologici e di efficienza nell’uso di una risorsa ne fanno aumentare il consumo, riducendone anche il margine di profitto, oltreché, naturalmente la disponibilità a medio o lungo termine.

I devoti della tecnologia affermano che sarà la scienza stessa a risolvere i problemi da lei stessa creati, ma i loro argomenti sono deboli, ampiamente confutati, e, comunque, il principio di prudenza invita a non forzare i limiti della natura (la “Phrònesis aristotelica contro l’”hybris”- arroganza/tracotanza dell’uomo moderno).

Di più: il nuovo per il nuovo, il cambiamento, l’innovazione fine a se stessa, proclamata dalle fanfare della pubblicità e del bombardamento mediatico, il nuovo sempre meglio del vecchio, che era nuovo solo una stagione fa, vengono proclamati come valore, e la durevolezza è un difetto di vitalità, una carenza di distruzione creatrice (Schumpeter).

Naturalmente, se il cambiamento è una documentata alternativa di “sistema”, allora si alza assordante il baccano della derisione e della demonizzazione. La pietra di paragone di tutti i cuori, resta il denaroed allora, avanti verso il nulla.(Poderoso caballero es Don Dinero, scrisse Francisco Quevedo)

Georgescu ci avverte che questo nulla  verso cui tendiamo allegramente è l’alta entropia, cioè il disordine massimo, la fine delle risorse.

Ma la macchina corre, dall’obsolescenza programmata a quella immediata – un ossimoro ! – alla distruzione di ciò che è stato appena pensato e creato, un enorme tritatutto a moto uniformemente accelerato. Ancora la fisica, ad ammonirci sugli esiti delle nostre (nostre ?) scelte….

A questo punto, può essere utile ribadire l’etimo stesso di economia – legge, norma, sulle cose di casa, di famiglia. Utilizzo di risorse costitutivamente scarse per il bene della comunità, contenendo la spesa, lo spreco, valutando l’importanza delle esigenze da soddisfare. Comunità dunque, e limite, e scelta consapevole del bene comune, innanzitutto “per” la vita: bioeconomia.

Un altro economista e pensatore “di frontiera”, l’italiano Geminello  Alvi, evoca l’economia del dono contrapposta a quella del profitto, parlando di “oikonomìa della famiglia. Solo quando la famiglia smette di essere tale si pagano gli alimenti, altrimenti in essa si dona. Non si dà nessuna comunità di profitto, che ha il nome diverso di società; ma si dà continuità nell’agire non rivolto ad un tornaconto.”

Non può che tornare in mente un altro grande irregolare del pensiero del nostro tempo come Ivan Illich, che enfatizzava il mondo – ed il modo di produzione – che definiva vernacolare, cioè autonomo, in cui prevale il valore d’uso, destinato alla sfera non monetaria e non allo scambio di mercato.

Illich enunciò con la massima serietà il teorema della lumaca, giudizioso animale che smette il proprio sviluppo (oh, parola magica!) quando una sola in più delle sue spire aumenterebbe di 16 volte il suo peso ed il suo volume, decretandone la morte istantanea. Sempre il prete croato-americano di Cuernavaca introdusse il concetto di “tempo generalizzato”, portatore di contro-produttività: un automobilista che compie 15.000 km annui con la sua autovettura ha avuto bisogno di almeno 1.500 ore di lavoro per procurarsela. La macchina va veloce, ma se sommiamo tutto il tempo che l ’automobile ha richiesto, la velocità, in termini di tempo generalizzato, sarà di 10 km/ora, mentre con la bicicletta si raggiungono i 13 km/ora!

Paradossi, ma non troppo, di cui accenneremo brevemente riguardo alla concezione del tempo di Georgescu.

Ma segnaliamo anche la parola “sviluppo”, che noi associamo all’aumento di consumo, cioè di distruzione, in senso entropico. L’indice relativo è il PIL – Prodotto Interno Lordo – il quale però non misura istruzione, gioia, tempo libero, bellezza. E’ celebre un passo del discorso tenuto da Robert Kennedy all’Università del Kansas il 18 marzo 1968. Candidato alla presidenza degli Stati Uniti, ucciso assai opportunamente dal solito esaltato pochi mesi dopo (CIA, finanza, apparato industriale?), affermò che “non possiamo misurare lo spirito nazionale dall’indice Dow Jones (la borsa di New York n.d.r), né i successi del paese sulla base del Prodotto Interno Lordo. Il PIL mette nel conto le serrature speciali per le nostre porte di casa, e le prigioni per coloro che cercano di forzarle. (…) Cresce con la produzione di missili e testate nucleari, comprende anche la ricerca per la disseminazione della peste bubbonica. Il PIL non tiene conto della salute delle nostre famiglie, non comprende la bellezza della nostra poesia e la solidità dei valori familiari. (…) Non tiene conto della giustizia dei nostri tribunali, né l’onestà dei rapporti tra noi. “E concluse: “In breve, misura tutto, eccetto ciò che rende la vita veramente degna di essere vissuta”. Non lo ammazzarono per caso.

Un’altra verità controintuitiva è quella enunciata da  Richard Easterlin nel 1974, allorché accertò su basi statistiche irrefutabili che all’aumento del reddito non corrisponde più felicità, ma il suo contrario!

Il grande merito di uomini come Georgescu è stato proprio quello di aver dato rigore scientifico – il verbo del nostro tempo – ad idee, umori e suggestioni vivi e diffusi, ma battuti dalla grande macchina dell’economia “classica”, e dagli enormi interessi dei padroni degli economisti, questi apprendisti stregoni del mercato misura di tutte le cose. Spesso, sembrano quei meteorologi da vagone ferroviario, bravissimi a spiegare il tempo… del giorno prima.

Dicevamo del concetto di “tempo”, e del contributo del rumeno ad una sua ridefinizione cognitiva. Attraverso il secondo principio della termodinamica, infatti, l’irreversibilità irrompe nella scienza, con la dimostrazione che l’energia si degrada sotto forma di calore. Il processo economico non è quindi circolare (economisti “classici”) ma unidirezionale.

Il tempo “reale” diventa quindi per Georgescu la principale leva per scardinare i fondamenti dell’economia ortodossa. Illuminante è, al riguardo, un passo del suo Prospettive e orientamenti in economia: “l’economista standard non può essere accusato, né più né meno di Marx, per voler costruire la sua teoria sul modello della società capitalistica. La sua colpa è di altro genere: negando la possibilità di dare importanza agli aspetti evolutivi del processo economico, egli è necessariamente obbligato a predicare il dogma della validità della sua teoria per tutte le società”. E, aggiungiamo noi a proposito della vigente superstizione liberista,  a spacciare come verità il principio che l’economia liberista di scambio e accumulazione sia un dato di natura, quasi una legge ferrea che spiega la presenza dell’uomo nel mondo.

I fenomeni economici, al contrario, sono meglio indagati con l’apporto di discipline come la biologia, il cui atteggiamento gnoseologico è la predisposizione ad indagare realtà in continua evoluzione, incomprimibili all’interno di leggi predeterminate. L’economia viene così ricondotta alla sua origine bio-fisica e l’approccio roegeniano ci offre una sintesi delle relazioni tra la natura e l’uomo, incentrata sulla legge dell’entropia con il suo irrevocabile mutamento qualitativo.

In questo senso, viene ripreso un peculiare contributo di Alfred Marshall, economista neoclassico e marginalista, fautore di un’analisi fortemente debitrice della matematica, ma anche protagonista di un’intuizione secondo cui l’economia, al pari della biologia, è un dominio la cui materia e costituzione interna, al pari della forma esteriore, va mutando sulla base del vissuto concreto degli uomini, e deve quindi essere costantemente ripensata a partire dai fatti.

L’abuso di modelli matematici, uguali a se stessi, allora, sancisce l’inadeguatezza ad interpretare la plasticità della materia, e, prigioniero di paradigmi meccanicistici, l’economista, novello Prometeo, ha la pretesa assurda di disciplinare l’ alea degli avvenimenti, la contingenza delle istituzioni, la complessità psicologica dei suoi attori, nella loro sfera sociale ed umana, con modelli e calcoli semplificati che pretendono di ingabbiare, spiegandola a colpi di equazioni e simboli crittografici, il flusso della vita reale.

Un’egemonia del misurabile e del quantitativo che si traduce in narcosi cognitiva, affetta da costitutiva incapacità di svelare ogni fenomeno evolutivo, che la scienza biologica sa invece interpretare alla luce del cambiamento qualitativo, in quanto tali fenomeni non sono, ma divengono.

Il tempo storico, allora, se alcuni fenomeni sono irreversibili, deve essere considerato in una luce assai diversa rispetto al piatto matematismo degli economisti. La prospettiva bioeconomica offre una sorta di riconciliazione tra uomo e natura, gettando un ponte che unifica  tempo della scienza e tempo della vita, in chiave anche spirituale, senza ignorare i fenomeni legati al passaggio del tempo come durata, e rinnegare l’origine biofisica dell’economia.

Torna alla mente l’aneddoto secondo cui John Maynard Keynes, presentando la sua Teoria Generale agli economisti inglesi, avrebbe risposto infastidito ad uno di loro che criticava la supposta debolezza dell’impianto teorico keynesiano “sul lungo periodo”, borbottando “nel lungo periodo saremo tutti morti”.

Disumanità ed indifferenza accigliata ai saperi altrui, come disumano, anzi antiumano è l’impianto teorico di Smith, Ricardo e Malthus e colleghi, in cui l’uomo-lavoratore figura soltanto come fastidioso costo da abbattere con fantasiose teorizzazioni che sarebbero distopiche se non si fossero invece realizzate a partire dalla Rivoluzione Industriale, generando la reazione uguale e contraria del marxismo come pseudo scienza economica fondata sulla proprietà statale.

Vale la pena descrivere, a sostegno delle tesi bioeconomiche, almeno due disastri, uno irreparabile, l’altro ancora parzialmente rimediabile se la battaglia delle opinioni pubbliche sarà vincente: il prosciugamento del lago di Aral, nell’Asia ex sovietica e la tecnica del “fracking” per l’estrazione del gas di scisto.

Il lago di Aral non esiste più: aveva una superficie di 68.000 km quadrati (Piemonte, Lombardia e Veneto insieme), perché gli economisti sovietici dei piani quinquennali decisero di deviarne gli emissari al fine di irrigare ampie zone agricole e di alimentare possenti apparati industriali. Uno di loro arrivò a dire che il lago era un errore della natura, e che, tutt’al più, poteva essere utilizzato – nella modesta porzione sopravvissuta – come risaia. Dopo decenni di prelievi e di follie economiche il lago non c’è più, il clima nella zona è più freddo e secco, migliaia di attività umane, culture materiali millenarie degli abitanti sono scomparse, migrazioni hanno sfigurato il panorama umano della zona.

Entropia, termodinamica? Sì, anche, e convinzione di essere noi, creature, più forti del Creatore, o, se preferite, di Gaia.

Negli Stati Uniti ed in Canada, la fame di idrocarburi sta generando distruzioni apocalittiche per estrarre, a colpi di pressione sul sottosuolo,  il gas di scisto. Per ogni pozzo – sono già migliaia – ci vogliono dai 20 ai 29 mila metri cubi all’anno di acqua, che torna in superficie come riflusso velenoso per il settanta/ottanta per cento. Quali sono e saranno i danni entropici alle risorse idriche, quali le conseguenze sulla salute delle popolazione, quale, infine, ma scusate se è poco, le possibilità di smaltire o riciclare i residui?  Dottrine diverse, stessi terribili esiti.

Potremmo aggiungere la deriva di un vero e proprio continente di plastica nell’Oceano Pacifico, gli esperti lo hanno battezzato North Pacific Gyre, un vortice esteso per circa 34 milioni di chilometri quadrati, più dell’Africa.

Georgescu Roegen aveva già risposto: per salvarci, dobbiamo sviluppare una bioeconomia, affiancando alla contabilità dei flussi di denaro, una mappa delle risorse naturali materiali e delle scorie fisiche per il cui ottenimento e smaltimento dovremo spendere crescenti quantità di energia e, naturalmente, tanti soldi. Solo di recente si è fatta strada l’idea che la produzione non sia sempre un fatto positivo, che le riserve non sono infinite, l’energia non può essere recuperata (è fisica …), le scorie non riescono ad essere smaltite.

Talvolta, ci si attacca alla tesi che la tecnologia saprà risolvere ogni problema, taluno cita un’indiscussa autorità scientifica come il fisico Von Neumann, il quale sperava che l’uomo sapesse inventare il modo di rendere l’energia una merce gratuita, proprio come l’aria, ma la verità, sotto gli occhi di tutti, è quella che Georgescu chiama sindrome circolare del rasoio elettrico.

Noi desideriamo raderci più velocemente, in maniera da avere più tempo per lavorare ad un rasoio che permetta di radersi più rapidamente ancora, in maniera da avere ancora più tempo per progettare un rasoio ancora più veloce, e così all’infinito.

Un giornalista e scrittore come Maurizio Blondet ha descritto la globalizzazione più o meno in questi termini : scaviamo miniere per estrarre il ferro con cui costruire navi che solcheranno gli oceani consumando tonnellate di carburanti sversati nel mare, tratti dai pozzi di mezzo mondo,  per trasportare pomodori in zone del globo dove si producono pomodori migliori, ma a prezzi un po’ più alti.

Per fare questo, abbiamo dato retta a David Ricardo, ed abbiamo spostato fabbriche e milioni di uomini da una parte all’altra del pianeta, affinché comprino con fatica, da salariati, quello che avrebbero prodotto autonomamente nelle loro comunità “vernacolari”, ovvero, si procurino a debito tutte quelle merci inutili che il sistema pubblicitario farà loro ritenere desiderabili, salvo sostituirle sempre più velocemente. Sindrome del rasoio circolare, appunto, ed indifferenza sovrana per quel”lungo periodo” sempre meno lontano, in cui saremo tutti morti, ma in cui figli e nipoti ci malediranno.

L’approdo delle idee di Georgescu, e la sua influenza crescente nel panorama internazionale, si può rinvenire nella capacità di animare una sintesi tra l’ecologia, la biologia e l’economia, all’ombra della fisica, solidamente ancorata a schemi di pensiero “forte”.

Essenziale è il debito verso il rumeno dei pensatori della decrescita, ossia di quel filone critico del paradigma produttivista che teorizza una inversione dei valori dominanti, all’insegna del recupero di una produzione di merci durevoli, dell’impegno scientifico a minimizzare ed abolire gli sprechi, sino al recupero di una frugalità di vita e di atteggiamenti, di attitudini di consumo e riuso che “decolonizzino” l’immaginario consumista, affamato di novità fine a se stessa e di smania di possesso.

Una bramosia eterodiretta che pone sempre un gradino più in alto l’asticella dei desideri insoddisfatti, ma belli pronti sul mercato delle cose. L’efficace espressione “decolonizzare l’immaginario” è di Serge Latouche, ma nel pensiero della decrescita è rilevante anche il contributo dell’italiano Maurizio Pallante, cui si deve l’introduzione dei significati differenziati di “beni” e “merci”. Dal punto di vista socio-filosofico, altrettanto risalto ha la figura del franco-greco Cornelius Castoriadis, per il quale il prezzo della libertà è, oggi, rinunciare al primato dell’economia, valore unico ammesso.

Assai interessante è l’introduzione del concetto di impronta ecologica, un indicatore espresso in “ettari di superficie terrestre” che misura l’impatto della popolazione in un territorio. Tale indicatore mette in relazione la capacità delle superfici terrestri e marine di produrre materie prime e di assorbire i rifiuti, e i consumi della popolazione.

Per far sì che la popolazione mondiale possa raggiungere gli standard dei paesi europei, sarebbero necessarie le risorse di un numero compreso fra tre e otto pianeti Terra. E due miliardi e mezzo di cinesi ed indiani, intanto, hanno fatto irruzione nel grande affare del consumo….

NGR2.jpgMaurizio Pallante, in particolare, ha posto l’accento sulla necessità di non appiattire gli esseri umani in una dimensione materialistica, ricordando altresì che, contrariamente alla credenza diffusa, il PIL non misura i beni, ma le “merci”, ovvero gli oggetti e i servizi che vengono scambiati con denaro. Il concetto di bene e quello di merce non solo non con coincidono, ma spesso confliggono. Ci sono merci che non sono beni e beni che non sono merci. Il criterio di differenziazione è la misurabilità in termini monetari (merci) ed in quelli di vantaggio etico e comunitario (Beni). Un esempio di beni sono i servizi alla persona, l’economia familiare, l’autoproduzione, il dono, il riciclo ed il riuso, tutto ciò che è fatto per amore o disinteresse nella dimensione “vernacolare“ non legata al mercato ed al valore di scambio.

Senza Georgescu, queste idee tanto importanti non sarebbero state possibili, o, almeno, non si sarebbero avvalse di un impianto scientifico ed epistemologico tanto robusto.

Il rumeno ha consentito all’economia di recuperare la dimensione ecologica e quella umana, cercando di espellere quel senso di astrattezza, di virtualità disgiunta dalla biosfera che ne hanno fatto un sapere  nemico dell’uomo comune, che vive e veste panni. Georgescu, appoggiandosi alla fisica ed alla biologia, ha ricondotto al campo dei sistemi complessi ed interconnessi l’economia, pagando il prezzo, in vita, di una emarginazione tenace.

E, poiché, come detto, per il primo principio termodinamico, nulla si crea e nulla si distrugge, e le risorse sono limitate, l’entropia ci insegna che le risorse sono trasformazione, non creazione: di risorse utili in risorse inutili, di “beni” in “rifiuti”. Irrevocabilmente.

L’artificio intellettuale che permette di trascurare il Secondo Principio, dunque la degradazione dell’energia e della materia, resta un mito ed un autoinganno, che isola l’economia “classica” in un cono d’ombra di superba disciplina autocentrata, dimostrata solo all’interno del suo stesso schema, e, dunque, a seguire la lezione di  Popper, destituita dallo stesso statuto di scienza !

Quasi un’estensione della meccanica razionale. Una disciplina fiorente che gode di alto prestigio, laute prebende e grande influenza, ma astratta e dotata di una razionalità solo apparente, basata su una insostenibile concezione circolare ed isolata del processo economico, oltreché noncurante dei nessi con la natura, gli uomini, la sostenibilità.

Al contrario, la bioeconomia offre un approdo idoneo a disvelare l’origine biologica dei fatti economici e la dipendenza dell’umanità dalle risorse naturali, talvolta abbondanti, ma certo non infinite. Infine, il pensiero economico, attraverso di essa, ritrova il suo posto naturale e la sua ispirazione originaria, accanto alle scienze naturali, alla fisiologia ed all’agronomia (Jacques Grinevald).

Nel saggio “Quo vadis, homo sapiens-sapiens”, Georgescu  riassume i tre punti essenziali della sua teoria: la forte parentela tra il processo economico ed il dominio biologico; la visione dell’’economia come superamento evolutivo della biologia da parte della specie umana; il riconoscimento che i due saperi sono governati specificamente dalla legge dell’entropia.

D’altronde, la dipendenza dell’umanità dalla disponibilità di risorse naturali costituisce la chiave per una comprensione realistica dell’economia.” La specie umana, dopotutto, non costituisce un’eccezione nel regno della biologia. Anche noi lottiamo per la vita in un  ambiente finito.”

La materia energia, cioè le risorse naturali, è caratterizzata da bassa entropia, ma negli scarti c’è solo disordine, dunque alta entropia, degradazione, dissipazione. Le risorse naturali possono passare attraverso il processo economico una sola volta: lo scarto resta irreversibilmente tale e, del resto, nessuna scienza naturale può dare conto della “scarsità”, giacché essa è un concetto connotato in senso antropocentrico, ossia siamo noi a ritenere scarso o meno qualcosa in base alle nostre capacità, tecniche, esigenze,  tecnologie.

Capitale è anche la distinzione tra materia ed energia disponibile e non disponibile. Nella prospettiva antropologica, all’energia occorre un’ulteriore qualità, l’accessibilità. In termini di accessibilità, Georgescu espresse serie perplessità di natura tecno-scientifica sull’uso- e riuso- della più ampia fonte di energia disponibile, quella solare.

In proposito, parla addirittura della necessità di un Prometeo III, ovvero la scoperta di una nuova fonte di energia sfruttabile, dopo le rivoluzionarie scoperte del fuoco e della macchina a vapore. Nella ricostruzione storico-antropologica roegeniana, solo due tra le innumerevoli scoperte dell’uomo costituiscono “mutazioni bioeconomiche”, il controllo del fuoco e l’invenzione del macchina a vapore, attribuite simbolicamente a Prometeo I e Prometeo II.

Le due scoperte rappresentano altrettanti casi di conversione energetica qualitativa. Il fuoco permette la conversione dell’energia chimica in calore ed inaugura una lunghissima era che possiamo denominare “età del legno”. Una feroce guerra energetica stava per esplodere a causa della crisi di risorse dovuta al disboscamento massivo (nihil sub sole novi…) tra il XVII ed il XVIII secolo.

In quel decisivo tornante della storia, è apparso Prometeo II, sotto forma della macchina a vapore, che permette di convertire l’energia termica del vapore in lavoro meccanico.

Lo scozzese James Watt, perfezionando il macchinario già ideato circa un secolo prima dal meccanico Thomas Newcomen  diede così inizio alla Rivoluzione Industriale, al predominio dell’Inghilterra e delle idee di matrice britannica.

Nella polemica attesa del terzo Prometeo, Georgescu ingaggiò negli anni una complessa polemica contro i sostenitori del cosiddetto “dogma energetico”, secondo i quali non esisterebbero vincoli materiali alla crescita economica, poiché, a loro dire, con una sufficiente quantità di energia sarebbe possibile ottenere qualunque materiale e riciclare qualunque quantità di materia.

Al contrario, l’energia disponibile e le strutture materiali rivestono due ruoli distinti nella vita del genere umano, e, comunque, “non si dà creazione di materia a partire dalla sola energia in proporzioni minimamente significative”. Nel fuoco delle dispute scientifiche, il rumeno arrivò a proporre un quarto principio della termodinamica, così esposto: ”in un sistema chiuso l’entropia della materia deve tendere verso un massimo”.

Da Bertalanffy in poi, l’ipotesi di scuola è che la Terra intera sia un “sistema chiuso”, e comunque, il Terzo Principio, conosciuto anche come Teorema di Nernst, strettamente legato al secondo, afferma che è impossibile raggiungere lo zero assoluto con un numero finito di trasformazioni, e fornisce una precisa definizione dell’ entropia. L’entropia si può pensare anche come la misura di quanto un sistema sia vicino allo stato di equilibrio o in modo equivalente come la misura del grado di disordine di un sistema.

Il terzo principio dimostra che l’entropia, cioè il disordine, di un sistema isolato non può diminuire. Pertanto, quando un sistema isolato raggiunge una configurazione di massima entropia non può subire ulteriori trasformazioni.

Nonostante l’asperità del tema e le difficoltà di coglierne appieno i significati, appare evidente che la scienza economica, nella sua corsa verso l’illimitato, non può che essere terremotata dalle evidenze scientifiche enunciate, la cui radice è poi semplicemente il concetto di finito, limitato.

Un ulteriore fronte polemico impegnò Georgescu nei confronti degli economisti ortodossi, convinti che la dematerializzazione del capitale consenta di produrre sempre più beni con minor uso di energia, grazie alla cosiddetta “new economy”. Tale corrente di pensiero si fonda sull’emergere di un mercato globale volto prevalentemente a beni immateriali (servizi e simili). Tuttavia, la bioeconomia è stata in grado di dimostrare che anche in quei settori l’ottimismo progressista è, quanto meno, prematuro.

Il grande apporto di capitali necessario per sviluppare e rendere economicamente efficienti le nuove tecnologie richiede infatti un costante ed elevatissimo ingresso di risorse naturali ed energia. Di conseguenza, come aveva già compreso Jevons, diminuisce sì il “costo energetico” per unità di prodotto, ma aumenta esponenzialmente il consumo assoluto delle risorse chiave, proprio per la maggiore  disponibilità dei prodotti – materiali ed immateriali – immessi sul mercato.

In conclusione, è urgente ridefinire un paradigma, scientifico ed esistenziale, lontano dai dogmi della crescita indefinita dei consumi, ripensando l’intera filiera delle produzioni e dei desideri/bisogni dell’umanità, declinati in senso biologico ed ecologico.

Al di là delle polemiche sul concetto di “decrescita”, la fisica termodinamica ci obbliga quanto meno a tener conto della finitezza delle risorse in un sistema ampio, ma chiuso, come la Terra, ed a praticare da subito gli imperativi del riuso e del risparmio energetico.

Un esempio concreto può essere la grande mobilitazione dell’Italia negli anni Trenta, quando, a seguito delle sanzioni economiche che colpirono la nazione, divenne impossibile procurarsi sul mercato molti prodotti e tecnologie, anche di largo uso. Gli italiani inventarono metodi, “surrogati”, tecnologie, elaborarono nuove conoscenze e seppero mettere a disposizione nuovi prodotti, nuove tecniche, spesso utilizzando gli scarti di altri processi di lavorazione, o cambiando uso a prodotti della terra largamente diffusi.

NGR3.jpgNon ci fu decrescita “infelice”, anzi, la  disponibilità di beni aumentò e, soprattutto, vennero messe in moto le intelligenze, la cultura materiale e scientifica, l’intraprendenza e l’inventiva di artigiani, imprenditori, scienziati, agricoltori, cittadini. Nuove conoscenze, posti di lavoro, redditi. Senza bisogno della povertà marxista o della finta “mano invisibile” del Dio mercato.

Del resto, l’ecologia – ossia l’interesse per la casa comune degli uomini – è una scienza in cui l’apporto di culture ben distanti dai materialismi liberale e marxista è stato massiccio: basti pensare alla Rivoluzione Conservatrice, al movimento dei Wandervoegel, a Friedrich Georg Junger, fratello del grande Ernst Junger, ed alla nascita dell’etologia – la scienza dei comportamenti animali e in seguito umani – nata ed orientata da sommi studiosi come Konrad Lorenz ed il suo allievo Iranaeus Eibl  Eibensfeldt  – teorico dell’etologia umana, e più di recente alle elaborazioni di Alain De Benoist.

Su tutto, si staglia non la convinzione, ma la certezza dell’impossibilità di uscire dalla crisi economica o dalla scarsità, facendo affidamento sull’aspettativa che si possa svolgere “lavoro” all’infinito, con una quantità indefinita, ma sufficiente di energia. Georgescu, ormai, fa scuola.

Alla cultura ed alla politica resta il compito più difficile ed affascinante : decostruire e poi demolire il mito dell’onnipotenza della tecnologia rivolta al consumo, riportando l’economia al suo giusto posto nella scala dei valori, e “decolonizzare l’immaginario” dai falsi miti del possesso di merci come provvisoria felicità o feticcio (Marx), ovvero simbolo di benessere (i “consumi opulenti” di Thorsten Veblen), estensione, simbolo di stato, proiezione o sostituzione di sé, e del progresso come accumulazione, vano inseguimento del nuovo, più nuovo, ancora più nuovo.

Viene in mente persino un pessimo maestro del Novecento come Jean Paul Sartre, quando sosteneva “corriamo verso di noi, e per questo siamo l’essere che non può mai raggiungersi.”

Alla fine, dobbiamo restituire all’umanità il senso comunitario, la semplicità gioiosa, la convivialità, lo sguardo proteso verso l’alto che i materialismi hanno soffocato nelle menzogne della “liberazione”, del consumo, dell’egoismo.

Riconquistare lo spirito. Sfuggire al sordido destino zoologico del “produci, consuma, crepa”“.

Fatti non fummo a viver come bruti, ma a seguir virtute e conoscenza.

Roberto PECCHIOLI 

lundi, 08 juin 2015

EU moet zwaar giftige chemicaliën toelaten door vrijhandelsakkoord met VS

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EU moet zwaar giftige chemicaliën toelaten door vrijhandelsakkoord met VS
 
Ex: http://xandernieuws.punt.nl

In veel Europese landen werd tegen het TTIP geprotesteerd, dat bedrijven vrijwel onbeperkte macht zal geven. De ervaring leert dat de technocraten in Brussel zich niets gelegen zullen laten liggen aan de bezwaren van de gewone man.

De Britse vakbond GMB waarschuwt dat de Europese Unie na het sluiten van het TTIP vrijhandelsverdrag met de VS overspoeld zal worden met tot nu toe verboden zwaar giftige chemicaliën die erom bekend staan kanker, geboorteafwijkingen en ontwikkelingsstoornissen te veroorzaken. Ook hieruit blijkt dat Brussel zoals we inmiddels gewend zijn niet de belangen van de burgers, maar van grote internationale concerns behartigt. Dat is dan ook de reden dat de EU de inhoud van de onderhandelingen met de VS nog steeds angstvallig geheim houdt.

Ruim half miljoen banen in Europa verloren door TTIP

Het TTIP verdrag, dat volgende week gesloten zou moeten worden, is zeer omstreden. Eerder bleek uit een onafhankelijk onderzoek van het Global Development & Environment Institute dat van de beloofde stimulatie van de werkgelegenheid in Europa niets terecht zal komen, en er de komende 10 jaar juist 583.000 banen verloren zullen gaan – en dat terwijl de werkloosheid in tal van EU lidstaten nu al het ene na het andere record breekt. Ook zullen de gemiddelde lonen in Noord Europa jaarlijks met maar liefst € 4848,- dalen.

De hoogste official van de GMB die belast is met de afdeling gezondheid zegt dat het TTIP een ‘neerwaartse harmonisatie van standaarden’ betekent voor chemicaliën die tot op heden zijn verboden in de EU. Tevens roept de GMB de Britse regering op om ervoor te zorgen dat de Nationale Gezondheid Dienst (NHS) beschermd wordt voor de invloed van private bedrijven nadat het TTIP van kracht is geworden.

Socialisten & Democraten willen geen private bemiddelaar

Het Europese Parlement nam vorige maand een niet bindende resolutie aan waarmee werd ingestemd met het TTIP. Officiële instemming op 10 juni is echter onzeker geworden nu de Socialisten & Democraten fractie afziet van een eerder gemaakte deal met de Europese Volkspartij.

De S&D groep houdt vast aan het schrappen van de door de Amerikanen geëiste mogelijkheid van bedrijven om overheden buiten de reguliere rechtbanken om aan te klagen bij een private ‘bemiddelaar’, die zo wordt gevreesd niet onpartijdig zal zijn en automatisch in het voordeel van bedrijven zal oordelen.

De verwachting is echter dat de Socialisten & Democraten –zoals het complete Europarlement vrijwel altijd doet- zijn zogenaamde ‘verzet’ zal opgeven, en uiteindelijk toch zal instemmen met het vrijhandelsverdrag.

‘Veiligheid en gezondheid burgers op het spel’

De Europese Commissie beweert dat het TTIP de Europese economie een impuls van € 120 miljard kan geven, maar critici houden vol dat alleen al het feit dat de onderhandelingen achter gesloten deuren worden gehouden bewijst dat de veiligheid en de gezondheid van de Europese burgers doelbewust op het spel worden gezet. Tevens wijze ze erop dat bedrijven onder het TTIP enorm veel macht krijgen om overheden die hen beperkingen opleggen aan te klagen.

Gevaarlijke stof EDC naar Europa

‘Wij kiezen Europarlementariërs om ons te beschermen, niet om de EU markt te openen voor chemicaliën die hier zijn verboden,’ gaf GMB-gezondheidsofficial John McClean als commentaar. Eén van de gevaarlijke chemicaliën die straks in Europa worden toegelaten is EDC, dat in bepaalde doses schadelijk is voor het hormoonsysteem van zowel mens als dier.

‘Deze verstoringen kunnen kankertumoren, geboortedefecten en ontwikkelingsstoornissen veroorzaken,’ legde McClean uit . ‘Ze komen in veel huishoudelijke en industriële producten voor, zoals in medicijnen, bestrijdingsmiddelen en plastic producten.’

VS weigert EU regels te respecteren

De VS heeft de EU al duidelijk gemaakt dat ze de strengere EU regels voor het gebruik van chemicaliën niet zullen navolgen. ‘Dat is inclusief een hele serie regels voor verf, kleurstoffen, sprays, schoonmaakmiddelen en tuin- en landbouwproducten,’ vervolgde McClean. ‘Daarnaast gaat het ook om cosmetica. Deze regels zijn er om werknemers, consumenten, het milieu en dieren te beschermen.’

Xander

(1) Infowars

mercredi, 13 mai 2015

Fuite TTIP/TAFTA: La proposition de l’UE est une menace pour les valeurs démocratiques

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Fuite TTIP/TAFTA: La proposition de l’UE est une menace pour les valeurs démocratiques

Auteur : Corporate Europe Observatory
Ex: http://zejournal.mobi

Selon une nouvelle fuite concernant une proposition de la Commission Européenne pour les négotiations du partenariat de commerce et d’investissement transatlantique entre l’UE et les Etats-Unis (TTIP), les initiatives législatives des Etats membres de l’UE devront être examinées minutieusement pour leurs impacts potentiels sur les intérêts des entreprises privées.

 

La proposition fait partie d’un vaste projet de “coopération réglementaire”. Les groupes de la société civile ont déjà dénoncé des versions précédentes de ce plan, le jugeant propice à tuer dans l’oeuf ou à saper en amont les réglementations d’intérêt public. D’après eux, les nouveaux éléments détaillés dans cette nouvelle fuite aggravent le problème.

 

Les groupes de la société civile ont qualifié les plans d’“échanges réglementaires” d’affront à la démocratie parlementaire. “C’est une insulte aux citoyens, aux politiciens élus et à la démocratie elle-même”, dénonce Max Bank de Lobby Control.

 

La proposition d’“échanges réglementaires” forcera les lois rédigées par des politiciens élus démocratiquement à passer par un processus de criblage (notation) très lourd. Ce processus aura lieu dans les 78 Etats, pas seulement à Bruxelles et à Washington DC. Les lois seront évaluées selon leur compatibilité avec les intérêts économiques des grandes entreprises. La responsabilité de ce criblage reviendra à l’Organe de Coopération Réglementaire, un conclave permanent et non-démocratique de technocrates Européens et Américains.

 

“La Commission et les autorités américaines pourront exercer des pressions excessives sur les gouvernements et les politiques à travers cette mesure car ces acteurs puissants seront parachutés dans les procédures législatives nationales. Les deux vont également certainement partager le même programme politique: soutenir les intérêts des multinationales,” a déclaré Kenneth Haar de Corporate Europe Observatory.

 

“La proposition de la Commission introduit un système qui met en danger chaque nouvelle réglementation protégeant l’environnement, la santé et les travailleurs aux niveaux Européen et des Etats Membres. Cela crée un labyrinthe bureaucratique pour les régulateurs, payé par les contribuables, qui réduira la volonté politique d’adopter des lois dans l’intérêt général,” estime Paul de Clerck des Amis de la Terre Europe.

 

Le criblage prévu dans les “échanges sur les réglementations” pourrait avoir lieu avant qu’une proposition de loi soit formellement mise sur le bureau des députés et ce jusqu’à ce qu’elle soit adoptée, et ce également sur les lois existantes, donnant des opportunités continuelles pour diminuer ou retarder les actes réglementaires. Les articles 9 et 11 sont les plus explicites sur ce point.

 

“Ce qui certainement le plus effrayant est l’application potentielle de ce dispositif aux réglementations existantes – ce qui ne paralysera pas seulement les lois futures mais constitute également un retour en arrière,” s’inquiète David Azoulay du Centre pour le Droit International pour l’Environnement (CIEL).

 

“Non seulement cela va créer un processus outrageusement lourd pour l’examen des lois futures, mais toute loi d’intérêt général existante qui ne conviendrait pas aux intérêts commerciaux, et ce des deux côtés de l’Atlantique, sera soumise au même processus de mise en conformité aux intérets des entreprises.”

 

Notes : document “fuité” ici

 

mardi, 05 mai 2015

BERNARD MARIS, « HOUELLEBECQ ÉCONOMISTE »

BERNARD MARIS, « HOUELLEBECQ ÉCONOMISTE »
 
Une satire acide de nos modes de vie

Pierre Le Vigan
Ex: http://metamag.fr

bmheco782081296077.jpgCe qu’a montré magistralement l’économiste et moraliste Bernard Maris dans son dernier livre, paru au même moment que son assassinat (on pense au roman Plateforme), c’est que le cœur des livres de Houellebecq c’est une protestation passionnée, vitale contre la domination de l’économie sur nos vies. 
La science économique libérale, c’est-à-dire la théorie classique est fausse. « Bien entendu,les hommes ne sont ni rationnels ni calculateurs, écrit Bernard Maris. C’est pourquoi ils sont surprenants, avec leurs passions, leurs peurs, leurs joies, leurs doutes, leurs naïfs désirs, leurs frustrations, et beaucoup de choses comme le mal au dos. » Mais Houellebecq ne se contente pas de critiquer la « science » économique, sa prétention, sa vacuité. Il voit la nocivité de la domination des préoccupations économiques. C’est ce que Viviane Forrester appelait « l’horreur économique ».

Le bilan du libéralisme c’est la lutte de tous contre tous, c’est l’exacerbation des besoins. C’est le développement de l’individualisme, véritable tumeur maladive. «La conséquence logique de l’individualisme c’est le meurtre et le malheur » indique Houellebecq. L’homme est rabaissé et soumis à la logique des désirs, avec comme seul idéal de « se goinfrer comme des enfants ». C’est l’homme infantilisé et l’homme malheureux car la loi tendancielle de baisse du taux de désir (en fait, le corollaire anthropologique de la baisse tendancielle du taux de profit) oblige à en mettre sans cesse de nouveaux sur le marché, toujours plus débiles, soumis à une obsolescence toujours plus rapide. On voit que toutes les leçons de Michel Clouscard sont comprises et reformulées. Le monde est devenu le résidu de la production d’argent. « Le libéralisme redessinait la géographie du monde en fonction des attentes de la clientèle ». Contrairement à l’extrême gauche qui critique le capitalisme sans mettre en cause l’individualisme absolu et libertaire, Houellebecq va à la racine : le règne du moi-je, le règne du « tout à l’ego », Ainsi « nous avançons vers le désastre, guidé par une image fausse du monde […].  Cela fait cinq siècles que l’idée du moi occupe le terrain ; il est temps de bifurquer ». Sur quoi est fondée l’économie ? Sur l’organisation de la rareté. S’il y a abondance il n’y a plus d’économie (justement, Marx voyait le communisme comme surmontant la rareté de l’accès aux biens essentiels). C’est pourquoi l’économie libérale est l’organisation de la frustration. En période d’abondance et notamment d’abondance de travail la domination de l’économie et des puissances d’argent ne disparaît pas mais elle s’affaiblit. C’est ce que remarque Houellebecq, dans la lignée de George Orwell : « En période de plein emploi, il y a une vraie dignité des classes prolétariennes. […] » Elles « vivent de leur travail, et n’ont jamais eu à tendre la main. » C’est évidemment pour cela que le capitalisme ne veut pas se donner pour objectif le plein emploi et pousse à la précarité, à l’immigration, à la flexibilité du travail, à un droit du travail réduit à des cendres. 


Le capitalisme pousse ainsi à l’homogénéisation du producteur-consommateur, à l’exception de différences illusoires qui constituent des niches de marché. Lucide sur le diagnostic, Michel Houellebecq n’y va pas par quatre chemins dans ses conclusions : « Nous refusons l’idéologie libérale parce qu’elle est incapable de fournir un sens, une voie à la réconciliation de l’individu avec son semblable dans une communauté que l’on pourrait qualifier d’humaine ». Il écrit encore : « Nous devons lutter pour la mise en tutelle de l’économie et pour sa soumission à certains critères  que j’oserai appeler éthiques ».


Bernard Maris, « Houellebecq économiste », Ed.Flammarion, 2014, 14€.

 

samedi, 25 avril 2015

La voie de l’Islande pour sortir de la crise financière

La voie de l’Islande pour sortir de la crise financière

«Ne pas écouter les marchés financiers, mais le peuple» (Olaf Ragnar Grimsson, Président d’Etat)

par Werner Wüthrich, docteur ès sciences politiques

Ex: http://www.horizons-et-debats.ch

Iceland 03.jpgRécemment le gouvernement islandais a informé la Commission européenne et le Conseil européen du retrait de sa demande d’adhésion (cf. Horizons et débats no 8 du 23/3/15). Le gouvernement rose-vert avait sollicité en juillet 2009 son adhésion, après que la crise financière aux Etats-Unis ait influé de manière catastrophique sur les banques du pays. Lorsque le pays s’est rétablit étonnamment vite et qu’en avril 2013 un nouveau gouvernement a été choisi, les négociations ont été gelées. Le ministre des Affaires étrangères Gunnar Bragi Sveinsson a noté sur son site web: «Les intérêts de l’Islande sont mieux servi en dehors de l’UE.» La population n’approuverait pas l’adhésion, car ces dernières années, elle a réalisé, ce qu’elle a pu atteindre de ses propres forces. L’Islande est une île dans l’Atlantique avec 350?000 habitants. Le pays dispose de zones de pêche abondantes. Ses habitants pratiquent un peu d’agriculture avec beaucoup de moutons et accueillent de plus en plus de touristes parcourant le pays à cause de la beauté de la nature et de ses sources chaudes. Il fait bon vivre ainsi.
Lors de la dernière crise financière mondiale, l’Islande a pris une place importante – à plusieurs égards. La crise y a sévi encore beaucoup plus qu’ailleurs. En 2008, l’amoncellement de dettes était – au zénith de la crise – beaucoup plus élevé que dans les pays sud de l’UE. Alors que les dettes en Grèce s’élevaient à 175% du produit intérieur brut, les dettes de l’île atlantique (notamment celles des banques) étaient dix fois supérieur au du PIB, c’est à dire 1000% – donc un véritable scénario de catastrophe. Néanmoins, l’Islande se retrouve – sept ans plus tard – relativement en bonne santé. Comment cela s’est-il passé, comment cela a-t-il été possible?
Dans les années de la fin du millénaire, l’Islande se faisait remarquer par des taux de croissance très élevés. La raison n’était pas les fruits de la pêche, mais elle se trouvait ailleurs: les trois grandes banques s’étaient engagés dans un jeux risqué et avaient transformé l’île en une place financière globale. Elles attiraient par exemple des fonds d’épargnes de l’étranger avec des taux d’intérêts surélevés et investissaient cet argent dans des placements financiers risqués dans le monde entier – dans un premier temps avec succès. Les managers des banques responsables se présentèrent comme étant «modernes» et «ouverts» et rompirent avec les traditions de leur banque et de leur corps de métier – selon le proverbe: «Tant va la cruche à l’eau qu’elle finit par se casser.» La cassure ou la chute arriva il y a sept ans – de façon massive – et produisit très rapidement la faillite des trois grandes banques.

Le peuple montra la voie au sujet des dettes extérieures

Le traitement des dettes extérieures des trois banques islandaises était controversé. Selon la doctrine occidentale, l’Etat respectivement les contribuables devaient au moins en partie en assumer la responsabilité. Il s’agissait avant tout des fonds dits Icesave. Icesave avait, en tant que filiale en ligne de la Landsbanki nationalisée, attiré pendant plusieurs années avec des intérêts élevés de nombreux petits épargnants étrangers, dont l’argent n’était pas couvert par l’assurance islandaise des dépôts. Avant tout la Grande Bretagne et les Pays-Bas, d’où venait la plus grande partie de fonds étrangers, exigèrent que l’Etat islandais rembourse ces fonds. Il s’agissait d’environ 4 milliards d’euros (environ 12?000 euros par habitant de l’Islande). Le gouvernement négocia avec les deux pays, qui accordèrent des taux bas et des délais de remboursement longs. Le Parlement islandais accepta le résultat des négociations et adopta le 30 décembre 2009 une loi réglant les modalités de remboursement. – Mais alors le peuple sortit dans les rues avec leurs casseroles et exprima son mécontentement de devoir endosser une responsabilité qui ne lui incombait pas. Les spéculateurs étrangers devaient eux-mêmes porter les conséquences de leurs actes. Finalement, ils avaient obtenu 10% ou plus pour leur argent. «Est-ce moralement et juridiquement justifié, de simplement attribuer le risque à l’Etat et aux contribuables?», figurait sur les transparents et les tracts. L’initiative citoyenne Defence organisa diverses manifestations d’opposition. Elle récolta plus de 60?000 signatures (de 350?000 habitants) et exigea un référendum populaire. Les citoyens assiégèrent la résidence du Président d’Etat avec des feux de Bengale rouges, signalant de manière bien visible un «stop» à cette politique. Le Président d’Etat Olaf Ragnar Grimsson entendit la voix du peuple et ordonna le référendum: «Le noyau de notre Etat islandais est, que le peuple est le juge suprême sur la validité des lois. C’est ainsi que j’ai décidé, en conformité avec la Constitution, de transférer la décision sur la loi en question au peuple.» – En mars 2010, 93% des votants dirent non au paiement des dettes bancaires par l’Etat.
La Grande-Bretagne et les Pays-Bas étaient alors, faute de mieux, prêts à renégocier le remboursement des dettes bancaires. Dans un nouvel accord, l’Islande obtint des concessions supplémentaires et des allégements de paiement. Le remboursement fut prolongé jusqu’en 2046, suite à quoi la prochaine génération serait aussi concernée. Le Parlement islandais accepta. Le Président d’Etat fixa un nouveau référendum populaire. En avril 2011, le peuple refusa également cette nouvelle proposition. – Que faire?
Les Islandais résolurent leur problème bancaire de la manière suivante: les trois grandes banques durent annoncer faillite. La Landsbanki avec sa banque en ligne Icesave fut nationalisée, les deux autres ont été divisés en une «New Bank» et une «Old Bank». La New Bank (dotée de nouveaux capitaux) hérita des domaines d’activité nécessaires à l’intérieur du pays, tels les opérations de paiement, les bancomats, un service «crédit», etc. La Old Bank hérita des immenses amoncellements de dettes et toutes les affaires étrangères avec une quantité d’actifs douteux qu’on liquida lors d’une procédure de faillite. De cette manière, les guichets purent rester ouverts et les bancomats restèrent en fonction à tout moment. Les banques obtinrent de nouveaux noms. L’ancienne banque Kaupthing s’appelle aujourd’hui Arion, l’ancienne Glitinir s’appelle aujourd’hui Islandsbanki. Les trois banques (actuellement en partie en main étrangère) se limitent aux opérations bancaires traditionnelles à l’intérieur du pays.
Cette procédure de faillite nous rappelle à la déconfiture de la Swissair, suite à laquelle on a toute suite fondé une nouvelle petite entreprise – la Swiss – (actuellement contrôlée par la Lufthansa) et pendant laquelle les actifs restants de l’ancienne société et l’importante accumulation de dettes ont été entièrement liquidés lors de la procédure de faillite.

La maîtrise du quotidien et la récupération

La vie sur l’île était difficile depuis le début de la crise. La couronne islandaise perdit de sa valeur. Les prix augmentèrent. Les salaires réels baissèrent. La vie renchérit. Le chaumage augmenta. La performance économique avait déjà baissé de 7% en 2009. Le gouvernement eut besoin d’un crédit du FMI de 10 milliards de dollar, pour survivre à ces temps difficiles. Comme d’habitude, il posa ses conditions. Le gouvernement gauche-vert refusa cependant une politique de liquidation dans le domaine social. Elle réussit tout de même à remplir le programme du FMI. Des pays amis tels la Norvège et la Suède aidèrent avec de l’argent. On augmenta les impôts pour les habitants, la progression de l’impôt sur les revenus fut accentuée et on saisit une série de mesures peu orthodoxes pour réduire les dettes. On déclara, par exemple, tous crédits liés à des monnaies étrangères comme illégaux. Le gouvernement offrit aux entreprises des programmes spéciaux de restructuration de la dette. Pour les crédits immobiliers il y eut des réductions de la dette. Les petits propriétaires obtinrent des allégements de paiements. Pour protéger la monnaie et empêcher la fuite de capitaux, le gouvernement introduisit des contrôles de la circulation des capitaux toujours en vigueur. Les personnes privées voyageant à l’étranger ne peuvent changer qu’un nombre limité d’euros.
Le FMI respecta les démarches du gouvernement. Plus encore – il demanda au ministre islandais des Finances Steingrimur Sigfusson, s’il ne voulait pas devenir le responsable principal du FMI pour la Grèce. Celui-ci a cependant refusé cette proposition (Frankfurter Allgemeine Zeitung du 21/2/15).
La crise en Islande n’a pas duré longtemps. La politique énergique, soutenue par le peuple, montra rapidement des résultats. Le tourisme et l’industrie de pêche profitèrent massivement de la monnaie faible. L’Islande devint bon marché. On importa moins de biens de consommation chers, en revanche, on produisit davantage à l’intérieur du pays. Trois ans après la baisse de 7% de 2009, il y eut une augmentation de 3% – un taux plus élevé que la moyenne de l’UE. L’inflation disparut et le taux de chômage se trouve aujourd’hui à 4% – comme en Suisse. Il n’existe pas de chômage des jeunes comme dans d’autres pays, où il a atteint des dimensions catastrophiques. – L’agence de notation Fitch a de nouveau augmenté la solvabilité du pays. Elle l’a explicitement justifié par «la réussite atteinte suite à des réponses peu orthodoxes à la crise».
En outre, la décision de la Cour de justice de l’AELE de l’année 2013 – ayant cette fois-ci pris une décision au profit du peuple – a été de grande utilité puisque la responsabilité de l’Etat pour les dettes bancaires étrangères a été refusée.

Succès survenu sur fond de souveraineté et de démocratie directe

Pourquoi le pays a-t-il si vite récupéré? Décisif pour le succès fut d’un côté la voix du peuple. Les Islandais n’ont pas seulement pris les bonnes décisions lors de deux référendums. La population a également, dans un grand nombre d’activités, participé activement aux événements – et cela toujours de manière non-violente. Avec des sites internet originaux, ils se sont défendus contre des tentatives de la Grande-Bretagne de placer les Islandais dans un coin terroriste afin de pouvoir geler leurs comptes en banques en Grande-Bretagne. Les Islandais ont en outre remonté les manches et ont remis leur économie nationale au pas. Les trois «nouvelles» banques, massivement réduites, y accomplissent leur tâche traditionnelle. La population a aussi empêché que les managers responsables du dérapage des banques reçoivent, comme ailleurs, d’énormes indemnités de départ en quittant leurs postes. Un bon nombre d’entre eux doivent faire face à des procédures judiciaires. Une commission d’enquête parlementaire a publié un rapport de 2000 pages, qui désigne un petit groupe d’environ 30 managers de banques, membres du gouvernement et de la banque centrale comme responsables principaux pour la débâcle financière. La Cour suprême a récemment jugé quatre d’entre eux avec des peines de prison de cinq à six ans pour des manipulations frauduleuses du marché et des abus de confiance, la punition la plus dure jamais prononcée en Islande dans le domaine de la criminalité économique.
En outre, la propre monnaie fut décisive pour le sauvetage du pays: la baisse massive de la couronne islandaise n’a pas mené au naufrage (comme certains prophètes financiers l’avaient prédit), mais c’était la condition préalable décisive pour une guérison rapide. Aujourd’hui, la couronne islandaise s’est stabilisée à environ 30% en dessous de sa valeur avant la crise. D’autres pays pourraient s’en inspirer! Pour un membre de la zone euro, la sortie de la monnaie commune serait la base pour une voie semblable.
Le succès de la voie islandaise pour sortir de la crise bancaire se distingue fortement de la voie centraliste, dirigée d’en haut, du sauvetage des banques et de la «gestion des dettes» de l’UE, où l’on maintien artificiellement en vie les banques en faillite et rend responsables les contribuables. L’Islande a clairement contredit l’idée que le sauvetage de grandes banques est «sans alternatives» (Too big to fail). Même si la voie de l’Islande ne peut pas être copiée telle quelle pour d’autres pays, elle inspire quand même à chercher courageusement de nouvelles voies. Elle montre aussi, comment un petit pays avec sa propre monnaie peut fièrement maintenir sa place dans le monde globalisé de la finance. La retrait de la demande d’adhésion en est la conséquence logique. Les problèmes financiers ne peuvent pas être résolus à huis-clos par une petite élite, mais la population et les contribuables doivent pouvoir aider de manière constructive à trouver le chemin du succès. Le fait que le FMI ait demandé au ministre islandais des Finances d’aider à maîtriser la crise de la dette en Grèce, parle pour-soi. 

vendredi, 24 avril 2015

Iceland’s Economic Revolution

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F. William Engdahl

Ex: http://journal-neo.org

Iceland’s Economic Revolution

Icelanders are a proud stubborn people with more than 1200 years of history, rugged Scandinavian stock, living in one of the most beautiful natural areas of our Earth. In 2001 her government made a colossal series of disastrous decisions that resulted in the worst banking crisis in history.

Prime Minister Davíð Oddsson, enchanted with Milton Friedman’s free market ideas, implemented a course of tax cuts, cut the corporate income tax to 18%, abolished the net wealth tax, lowered the personal income tax and inheritance taxes and privatized the banking system, introducing financial deregulation along lines of the United States, for a nation with a population of a mere 239,000 citizens. He also entered a free trade agreement with the EU. Oddsson joined the charmed circles of Bill Clinton, of George H.W. Bush, who was invited to Rekyjavik to go salmon fishing. He became a regular at Bilderberg meetings. It seems it all went to his head.

Oddsson went on to become head of the Iceland National Bank in 2005 where he fed the megalomania of the three deregulated banks by in effect printing money at unprecedented rates, flooding the economy with liquidity, until he was de facto fired in 2009 by an act of parliament in the wake of the worst banking crisis in Iceland’s history.

Since the outbreak of the Iceland banking collapse and economic crisis in 2008, in the wake of the September 2008 US Lehman Bros. crisis, Icelanders, exercising their centuries-long tradition of direct democracy, took to the streets demanding fundamental change.

Oddsson’s pals in the small country’s newly-deregulated private banks had abandoned caution to the winds as they decided Reykjavik was destined to become the new Wall Street, an emerging world financial center.

By the outbreak of the global financial crisis, the three banks had combined assets equal to more than 11 times of the Icelandic GDP. They held foreign debt in excess of €50 billion, compared with Iceland’s gross domestic product of €8.5 billion. The inexperienced Iceland bankers had financed their staggering growth by borrowing on the interbank market mainly from UK and Holland banks.

The government’s main priority was to insulate the nation’s population and economy from the effects of the wanton lending abuses of the three banks, something the present Greek government was elected to do for its citizens, to the horror of German Finance Minister Wolfgang Schäuble and others. By November 2008 Iceland’s unemployment had tripled in a matter of two months.

Decisive action

When the dust settled, relative to the size of its economy, Iceland’s systemic banking collapse ranked as the largest experienced by any country in economic history. By the October 2008 the country’s three major banks–Glitnir bank, Landsbanki and Iceland’s largest bank, Kaupþing were placed into state receivership, nationalized.

That was the same time US Treasury Secretary Henry Paulson, who deliberately triggered the Lehman crisis, categorically refused nationalizing the criminal Wall Street banks, contemptuously stating, “Nationalization is socialism; we don’t do that here.” It was a lie at best as Paulson, with carte blanche control over an unprecedented $700 billion Troubled Asset Recovery Fund, bailed out AIG, Goldman Sachs and his old buddies on Wall Street with “socialized” losses dumped on American taxpayers.

Unlike Greece or Ireland or other EU countries or the USA, the Iceland Parliament and government refused to give unlimited state guarantee to save the private banks.

They nationalized them instead, creating a “Good bank-Bad bank” model loosely based on the successful Swedish 1992 experience with Securum. All domestic assets of the three banks were placed in new publicly-owned domestic versions of the banks. All foreign liabilities of the banks, which had expanded with subsidiaries in the UK and Netherlands, went into receivership and liquidation. British and Dutch bank counterparties and governments shrieked howls of protest, threatening Iceland with being blackballed and forever cut off from further credit by the world. The government also imposed currency controls.

The Parliament established an Office of Special Prosecution to investigate allegations of criminal fraud by government and bankers. People responsible went to prison. Baldur Guðlaugsson, Permanent Secretary of the Ministry of Finance went to prison for insider trading; the president of Glitnir bank went to prison for tax fraud; the president of Kaupthing Bank got 5 ½ years prison; former Prime Minister Geir H. Haarde was indicted.

Iceland decided to go it alone and focus on rebuilding her devastated real economy. The results are quite opposite the results in the EU where the brutal IMF and ECB and EU austerity policies have turned a banking crisis into a major economic crisis across the EU.

By March 2015, according to the IMF itself, “Overall, macroeconomic conditions in Iceland are now at their best since the 2008-9 crisis. Iceland has been one of the top economic performers in Europe over the past several years in terms of economic growth and has one of the lowest unemployment rates… Iceland’s strong balance of payments has allowed it to repay early all of its Nordic loans and much of its IMF loans while maintaining adequate foreign exchange reserves.” The report added, “This year, Iceland will become the first 2008-10 crisis country in Europe to surpass its pre-crisis peak of economic output.”

Revolution in banking next?

The most dramatic and heartwarming development from the Iceland financial crisis however is the Prime Minister’s proposal to revolutionize the country’s money creation process. The first country in the present world to consider such bold action, Prime Minister Sigmundur Davíð Gunnlaugsson commissioned a major report, on reform of the monetary system to prevent future crises. The report, issued by Progressive Party parliamentarian and chair of the parliament’s Committee for Economic Affairs and Trade, Frosti Sigurjónsson, examined the very taboo subject of how private commercial banks are able to create money “out of thin air.”

The report considers the extent to which Iceland’s history of economic instability has been driven by the ability of banks to ‘create money’ in the process of lending.

They went to the Holy of Holies of the secrets of banking since the Bank of Amsterdam first introduced systematic fraud into credit lending in the late 1700’s before it went bankrupt—fractional reserve banking. That simply means a bank lends many times over its deposit or equity base. If there is a crisis of confidence and depositor bank runs, under fractional reserve banking, the bank goes under.

The Frosti report concluded its examination of the link between Iceland bank lending up to September 2008 and the severity of the crisis. Their conclusion was that, “the fractional reserve system may have been a long term contributing factor to various monetary problems in Iceland, including: hyperinflation in the 1980s, chronic inflation, devaluations of the Icelandic Krona, high interest rates, the government foregoes income from money creation, and growing debt of private and public sectors.”  That’s a strong indictment and accurate.

It described the stages of every bank crisis since at least 1790 when the Bank of Amsterdam went bankrupt after a run: “A bank’s stock of cash and Central Bank reserves (both assets of the bank) is small compared to total deposits (the banks’ liability). A rumor that a bank may be in difficulty can therefore cause customers to withdraw their deposits in panic (a bank run). A bank run forces the bank to sell assets quickly to fund payouts to depositors. Such a sudden increase in the supply of assets can lead to a fall in market prices, putting other banks into trouble, and the whole banking system may follow.”

Sovereign Money System

The report to the Prime Minister concludes that a revolutionary change in control of credit is needed to control the greed and voracity of the private banks. They call for something known as a Sovereign Money System. As they note, “In a Sovereign Money system, only the central bank, owned by the state, may create money as coin, notes or electronic money. Private commercial banks would be prevented from creating money.”

The report further notes a major positive gain from implementing the Sovereign Money System. The private banks would not make huge profits by buying and selling Government debt at taxpayers’ expense as the government must pay private bondholders interest on that debt: “By delegating the creation of money to private commercial banks, the Central Bank of Iceland, and thereby the state, foregoes considerable income that it would otherwise earn from creating new money to accommodate economic growth.”

They describe how it would function: “In a Sovereign Money system, private banks do not create money. Instead this power is in the hands of the Central Bank, which is tasked with working in the interest of the economy and society as a whole. In the Sovereign Money system, all money, whether physical or electronic, is created by the Central Bank. Although commercial banks will no longer create money, they will continue to administer payments services for customers and will make loans by acting as intermediaries between savers and borrowers.”

And a critical provision: “The payments service will consist of Transaction Accounts held by individuals and businesses. The funds in Transaction Accounts will be electronic sovereign money created by the Central Bank. Transaction Accounts are risk free, as they are kept at the Central Bank, and interest-free as they are not available to the bank to invest. The Central Bank will be exclusively responsible for creating the money necessary to support economic growth. Instead of relying on interest rates to influence money creation by banks, the Central Bank can change the money supply directly. Decisions on money creation will be taken by a committee that is independent of government and transparent in its decision-making, as is the current monetary policy committee.”

That very system was proposed by Chicago economist Irving Fisher and others during the 1930S Great Depression in the USA. The lobby of the bankers managed to kill it.

Wow! Were the US Congress to enact such legislation as Iceland is now discussing to adopt they would return the power over money creation away from the privately-owned Federal Reserve to the elected Congress as specified in the US Constitution, Article 1, Section 8, “The Congress shall have the power to coin Money, regulate the Value thereof…”

The key to the entire Iceland proposal is that the central bank is a State-owned central bank or a Public Bank, as Iceland has. So long as we relegate the power of money creation to central banks privately owned like the Federal Reserve, we ultimately end up in a system of recurring financial collapse, depression, unemployment.

A move to such a Sovereign Money System is not at all difficult technically. It requires only political will of governments to act in the interests of their citizens and nations. Russia would become de facto invulnerable to the ravages of the US Treasury Economic Terrorism Office and Greece could walk away from her unpayable debts to the ECB and IMF and get about rebuilding her real economy.

F. William Engdahl is strategic risk consultant and lecturer, he holds a degree in politics from Princeton University and is a best-selling author on oil and geopolitics, exclusively for the online magazine “New Eastern Outlook”.
First appeared: http://journal-neo.org/2015/04/21/iceland-s-economic-revolution/

mardi, 07 avril 2015

IJsland koploper in monetaire hervorming?

Dit artikel werd op 31 maart 2015 in The Telegraph (UK) geplaatst. Het lijkt erop alsof er schot in de internationale geldhervorming aan het komen is:

'IJsland wil door het uitvoeren van een revolutionair plan een einde maken aan de op- en neergangen van de economie

De IJslandse overheid buigt zich over een revolutionair monetair plan. In het kort komt het erop neer dat de macht om geld te scheppen van banken wordt afgenomen en wordt overgedragen aan de centrale bank.

Als het plan wordt uitgevoerd, dan betekent het een totale ommekeer in de geschiedenis van het bankieren. Frosti Sigurjonsson, de jurist van de regerende centrumrechtse Progress Partij heeft het plan opgenomen in een rapport van zijn hand getiteld “Een betere monetair systeem voor IJsland”.

Premier Sigmundur David Gunnlaugsson heeft over het rapport gezegd: “ De aanbevelingen die worden gedaan leveren een belangrijke bijdrage aan de zich ontwikkelende discussie in en buiten IJsland over geldcreatie en monetaire politiek”.
Het door premier Sigmundur Davis Gunnlaugson geaccrediteerde rapport heeft als doelstelling om een eind te maken aan een monetair systeem dat verantwoordelijk is voor een reeks van crisissen, waarvan de meest recente in 2008.

Volgens een studie door vier centrale bankiers heeft IJsland ‘sinds 1875 te lijden gehad aan 20 verschillende financiële crisissen van verschillende aard’, waarvan ‘zes ernstige meervoudige crisissen die zich gemiddeld elke 15 jaar voordoen.’
Sigurjonsson stelt dat de problemen steeds weer het gevolg zijn geweest van krediet zeepbellen, die in een periode van economische hoogconjunctuur worden ‘opgeblazen’. 

Hij stelt dat de centrale bank niet in staat is om de kredietexplosie te controleren en daardoor moet toestaan dat de inflatie toeneemt en het nemen van extreme risico’s zowel als van dito speculaties worden aangewakkerd. Als gevolg hiervan neemt de dreiging van bankfaillissementen en van kostbare overheidsinterventies toe.

De centrale bank schept in IJsland evenals in de andere moderne markteconomieën chartaal geld – papiergeld en munten-, maar dat is slechts een gering deel van al het geld dat wordt gecreëerd. Commerciële banken scheppen minstens 95% van de totale geldhoeveelheid digitaal op basis van schuld.

De centrale bank heeft slechts een beperkte invloed op de geldhoeveelheid, omdat de monetaire middelen die de centrale bank tot zijn beschikking heeft te beperkt zijn.
Als het Soeverein Geld plan wordt uitgevoerd, dan krijgt de centrale bank van het land het exclusieve recht op geldschepping.

“Het is cruciaal dat de macht om geld te scheppen wordt gescheiden van de macht hoe het nieuwe geld wordt aangewend”, schrijft Sigurjonsson in het voorstel. Hij schrijft verder: “Dat het parlement de allocatie van geld gaat bediscussiëren zoals dat nu wordt gedaan over de staatsbegroting”.

De banken kunnen gewoon doorgaan met het beheren van rekeningen van klanten en het regelen van het betalingsverkeer. Na de monetaire herschikking worden banken intermediairs tussen spaarders en leners.
Ondernemer en econoom Sigurjonsson was een van de masterminds achter het schuldenverminderingsprogramma voor huishoudens dat in mei 2014 werd gelanceerd. Hierdoor zijn veel IJslanders uit de problemen geholpen, vooral de huishoudens die voor 2008 een aan de inflatie-index gerelateerde hypotheek waren overeengekomen.

Het kleine Scandinavische land werd zwaar getroffen door de crash die in 2008 werd ingeluid door het faillissement van Lehman Brothers, gevolgd door de ineenstorting van de drie IJslandse banken.
IJsland werd hierdoor het eerste Europese land dat in vijfentwintig jaar een beroep moest doen op het Internationaal Monetair Fonds om de gehavende economie te redden.

Het Bruto Binnenlands Product van IJsland zakte met 5,1% in 2009 en 3,1% in 2010, waarna het weer steeg.'

 

Commentaar: Door de ontwikkelingen in IJsland wordt het Burgerinitiatief OnsGeld in een nog duidelijker perspectief geplaatst. De initiatiefnemers willen dat ook het Nederlandse parlement zich gaat buigen over het geldscheppingsvraagstuk. De voorstellen aan het parlement zijn als volgt:

De overheid heeft het recht op geldschepping uit handen gegeven aan private commerciële banken en is daardoor niet in staat (gebleken) om aan haar verantwoordelijkheid voor bestaanszekerheid en spreiding van welvaart gestalte te geven. Tegen deze achtergrond roepen wij het Nederlandse parlement op om:

* zich voor deze principiële rol van de overheid uit te spreken en er op aan te dringen dat de overheid het exclusieve recht op geldschepping herneemt door het in circulatie brengen van schuldvrije euro’s; en

* de euro’s, gecreëerd door een op te richten publiek instituut, zoveel mogelijk in omloop te brengen door ze te besteden, dan wel rentevrij uit te lenen.

De toevoeging aan het IJsland plan is, dat nieuw geld direct wordt besteed door de overheid, of dat het als rentevrije leningen in omloop wordt gebracht. Bij directe bestedingen door de overheid kan bijvoorbeeld worden gedacht aan het voorzien in betaalbare woningen. Wonen is een primaire levensbehoefte en moet niet onderhevig zijn aan marktwerking. Hetzelfde geldt ook voor leren en gezondheidszorg.

Het burgerinitiatief kan worden getekend tot twee weken voordat het parlement het initiatief daadwerkelijk in de Tweede Kamer gaat behandelen.

 

lundi, 06 avril 2015

Le Déclin de Bretton Woods

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LA CHINE A PROPOSÉ LA CRÉATION D'UNE BANQUE
 
Le Déclin de Bretton Woods

Chems Eddine Chitour*
Ex: http://metamag.fr
 
« L'Angleterre n'a pas d'amis ou d'ennemis, elle n'a que des intérêts permanents ».
Winston Churchill

Une information passée inaperçue. La Chine a proposé la création d'une Banque (l'AIIB), l'Asian Infrastructure Investment Bank, Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures dotée d'un capital initial de 100 milliards de dollars. Elle a pour objectif de répondre aux besoins croissants d'infrastructures ( transports, barrages, ports, etc.. ) de la région asiatique. Créée en 2014 sur l'initiative de la Chine, elle est destinée à financer les projets d'infrastructures dans la région Asie-Pacifique.

La Russie participera à la fondation de la Banque asiatique, a annoncé samedi 29 mars à Bo'ao, en Chine, le premier vice-Premier ministre russe Igor Chouvalov. L'AIIB vient surtout concurrencer la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement (BAD), deux organisations contrôlées par les Occidentaux, qui en détiennent les principales parts de vote et les postes clés. Traditionnellement, la Banque mondiale est dirigée par un Américain, le FMI par un Européen, la BAD par un Japonais.

Le système bancaire en bref 

Pour avoir une idée du fonctionnement du système actuel qui génère une financiarisation, lisons cette contribution qui en explique le mécanisme et ses perversions : « Le système bancaire actuel fonctionne selon un principe très simple. Celui qui veut emprunter de l'argent promet au banquier qu'il remboursera et sur cette promesse le banquier lui crée un avoir. Sur cela l'emprunteur doit des intérêts. La Banque centrale européenne (BCE) oblige les banques d'avoir 2 centimes en réserve pour chaque euro qu'elles doivent à leurs clients. Nos avoirs bancaires sont maintenant couverts pour quelques pourcentages d'argent réel, le reste de l'argent n'existe pas. Nous n'avons donc pas d'argent à la banque, mais un avoir de la banque, une promesse du banquier, qu'il nous donnera du vrai argent en échange si nous lui demandons. Les banques empruntent le vrai argent de la BCE. C'est l'argent dans notre porte-monnaie. Le vrai argent est également utilisé sous forme électronique dans les paiements entre banques. Dans le trafic de paiements interbancaires quotidien, les banques annulent les montants qu'elles se doivent mutuellement et le soir elles ne se paient que les différences. Ainsi, avec un tout petit peu d'argent les banques, entre elles, peuvent payer des millions.» 
 

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«Dans l'argent'' en circulation, les prêts s'entassent toujours plus... Les intérêts pour les épargnants sont payés par les emprunteurs. Ces intérêts aussi portent des intérêts. A 3% d'intérêts l'épargne double en 24 ans, à 4% en 18 ans. Donc les riches deviennent de plus en plus rapidement plus riches. Aujourd'hui 10% des Européens les plus riches détiennent 90% des richesses. La masse de pseudo-argent ne cesse de croître. Aux alentours de 1970 elle avait atteint le stade où les avoirs dépassent le Produit intérieur brut. Cela menait au développement d'un secteur financier, où l'on gagne l'argent avec l'argent, c'est-à-dire avec des intérêts et en soufflant des bulles à la Bourse. (...) Les banquiers ont réussi à convaincre les gouvernements, que ce serait mieux s'ils n'empruntaient plus à leur banque centrale (ce qui dans la pratique revenait à emprunter sans intérêts) et, à la place, d'emprunter à des banques commerciales, donc à intérêts». 

«Dans tous les pays qui l'ont accepté la dette publique croissait exponentiellement. (...) Les gouvernements devaient réduire leurs dépenses pour faire face à la charge croissante des intérêts. Mais contre l'effet de la croissance exponentielle des intérêts on ne pourra pas gagner avec des réductions de dépenses. Les gouvernements devaient vendre des services publics pour rembourser les dettes..(...) Les pays faibles se retrouvent endettés, sans possibilité de s'en sortir. Les banques profitent de ces montagnes de dettes croissantes et font porter les risques par les payeurs d'impôts.

Quelle serait la solution? 

La solution de tous ces problèmes est aussi simple que sa cause. Nous devons ériger une banque d'Etat qui a le droit exclusif de créer de l'argent. Il faut interdire les prêts d'argent inexistant. Une banque d'Etat n'a pas besoin de capital, ni de bénéfices. Aussi, les intérêts peuvent rester très bas ou être compensés fiscalement. Le gouvernement ne sera plus dépendant des banques.

Il est tragique de voir comment des pays sont ruinés. Ils laminent les dépenses sociales au profit des remboursements d'intérêts et ceci ad vitam æternam puisque le principal est encore hors de portée du remboursement. Par contre, et sans faire dans un prosélytisme déplacé, dans le mécanisme de la finance islamique, l'usure (intérêt n'existe pas) et les risques sont partagés entre l'emprunteur et sa banque.

La naissance d'une banque en dehors de l'hégémonie américaine 

Les Chinois sont devenus les plus grands créanciers de la Terre: une réserve de plus de 3000 milliards de dollars en devises. Elle achète des obligations d'État mais aussi des entreprises privées, des hôtels, des cliniques, des monuments historiques, des tableaux, des châteaux, des infrastructures ( aéroports, ports ) etc. La Chine représente maintenant 15% de l'économie mondiale et a conquis la deuxième place devant le Japon. 

La Chine a annoncé, être désormais la première puissance commerciale mondiale. Elle n'a jamais vraiment considéré l'Union Européenne comme un partenaire politique de premier plan. Et malgré sa rivalité avec les Etats-Unis, elle estime que Washington est le seul véritable interlocuteur sur la scène internationale. Pour rappel, les pays du Brics dont fait partie la Chine forment un bloc important à l'échelle mondiale. Leur poids démographique atteint 3 milliards de personnes, soit 42% de la population mondiale et leur PIB représentait en 2010, quelque 14.000 milliards d'USD, ou 18,5% du PIB mondial. Leur réserve de devises est estimée à 5000 milliards d'USD, dont 3200 milliards pour la seule Chine. 

La Chine a décidé de sortir en douceur, de l'orbite du dollar et du système de Bretton Woods, On sait que les Etats-Unis s'opposent, en vain, à la nouvelle puissance montante du monde, la Chine. Par les investissements qu'elle opère dans le monde, la Chine devient presque un pays prédateur, à l'affût des bonnes affaires dans le monde. Et surtout avec sa politique «gagnant-gagnant» et grâce à sa main-d'oeuvre très peu coûteuse, elle opère dans tous les continents y compris en Europe et aux États-Unis. Deuxième puissance du monde depuis 2010, détentrice de plus de 4000 milliards de réserves de change, la Chine, qui a commencé à internationaliser sa monnaie, le yuan, sait que « le temps travaille pour elle ». Et les États-Unis en sont conscients. Partant d'une « vérité » que le dollar américain ne peut rester indéfiniment la monnaie-centre du monde, la Chine vise à surpasser l'Amérique et devenir la première puissance économique, financière et monétaire du monde. 

aiib.jpegLe 17 mars, à Pékin. Martin Schulz, le président du Parlement européen a qualifié de « bonne chose » les adhésions européennes à la banque d'infrastructure asiatique. A ce jour, une trentaine de pays figurent dans cette liste, parmi lesquels l'Inde, Singapour, l'Indonésie et l'Arabie saoudite. Lorsqu'il a été lancé par la Chine en octobre 2013, le projet de Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures avait fait des vagues dans le monde des organisations multilatérales. Il était difficile de ne pas voir dans ce projet « anti-Bretton Woods » la volonté du président XI Jinping d'affirmer et de voir reconnue la puissance chinoise dans le monde des institutions multilatérales, aujourd'hui encore largement dominé par les Américains et les Européens.

Alors que le délai pour souscrire s'achève mardi 31 mars 2015 au soir, l'Égypte a annoncé, la veille, lundi 30 mars 2015, sa décision de rejoindre la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII - AIIB). Elle en deviendra officiellement le 14 avril 2015 un membre fondateur. La Turquie a posé sa candidature vendredi 27 mars 2015. La BAII devrait commencer ses activités fin 2015. 

Les Etats-Unis jettent l'éponge. Ils vont coopérer avec la BAII 

Le lundi 31 mars, date butoir pour le dépôt des candidatures pour devenir membre fondateur de la BAII, le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, a déclaré que son pays prévoyait de coopérer avec la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures. Cette annonce s'est faite après un entretien d'une heure que M.Lew a eu avec le Premier ministre chinois Li Keqiang ce lundi à Beijing, selon le vice-ministre chinois des Finances Zhu Guangyao. M.Zhu a confirmé, à l'Agence de presse Xinhua que le secrétaire américain au Trésor souhaitait la bienvenue à la Chine pour jouer un plus grand rôle dans les affaires économiques internationales. C'est une passation de pouvoir, pour ne pas dire une capitulation. Après avoir vu ses alliés les plus solides partir et l'un après l'autre, rejoindre le projet chinois, les Etats-Unis ont fini par faire un constat amer; ils ont été tout simplement ignorés et traités comme quantité négligeable dans cette affaire. Avec ou sans eux la BAII se fera et le monde entier, hormis le fidèle Japon et quelques petits satellites, sera là pour y participer. Que faire d'autre maintenant sinon tenter de jouer avec les instruments qui sont encore en sa possession, le FMI et la Banque mondiale, avec lesquels la BAII aura à coopérer d'une manière ou d'une autre? 

Le Japon s'interroge sur sa participation à la BAII. L'administration Obama a été prise de court par le ralliement de plusieurs poids lourds européens (Royaume-Uni, France, Allemagne...) à cette banque qui compte déjà une trentaine d'Etats membres, comme l'Australie ou la Corée du Sud et l'Egypte. D'ailleurs, Séoul prendrait 4 à 5% de la Banque asiatique d'investissement. La France, l'Allemagne et l'Italie ont décidé, après le Royaume-Uni, de rejoindre la nouvelle Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures. Cette décision des trois capitales européennes, est à l'évidence un revers diplomatique pour les Etats-Unis. Constatant leur isolement, les Etats-Unis ont commencé à infléchir leur position en ouvrant la porte à une coopération avec la banque chinoise. 

Mon Dieu protégez moi de mes amis, mes ennemis ; je m’en charge !

Cette citation attribuée à Talleyrand illustre d’une façon parfaite, la perfidie des vassaux vis à vis de l’empire. « Il fallait bien que ça explose un jour, lit-on sur le journal Le Monde, mais la déflagration est partie de là où on ne l'attendait pas. La rivalité entre les Etats-Unis et la Chine pour la domination économique du globe a fait, le 12 mars, un détour surprenant par la Grande-Bretagne qui, bravant la fatwa de Washington, a annoncé son intention de rejoindre la nouvelle banque régionale de développement chinoise AIIB comme membre fondateur. Epidermique et un peu ridicule, la réaction des Etats-Unis ne s'est pas fait attendre. Un responsable américain, s'abritant derrière l'anonymat, a accusé Londres d'être « dans des arrangements constants avec Pékin », (...). Une fois que les Britanniques, censés entretenir une relation privilégiée avec les Etats-Unis, avaient ouvert la brèche en rejoignant l'AIIB, trois autres pays européens s'y sont engouffrés.» 

On est toujours par définition écrit Philippe Bernard, trahi par ses alliés, mais le coup a néanmoins été rude pour Washington. Jeudi 12 mars, le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, a créé la surprise en annonçant la décision de faire du Royaume-Uni un membre fondateur de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII) que la Chine a lancée en octobre 2014. Rejoindre la BAII représente «une chance sans équivalent pour le Royaume-Uni et l'Asie d'investir et de dégager ensemble de la croissance», s'est félicité M.Osborne. 

Après Londres, ce sont donc Paris, Berlin et Rome qui ont décidé de rejoindre le 17 mars la Banque asiatique lancée par la Chine, en octobre 2014. Paris, Berlin et Rome soulignent qu'elle aura « vocation à travailler en partenariat avec les banques multilatérales d'investissement et de développement existantes ».

*Professeur, Ecole Polytechnique enp-edu.dz

dimanche, 22 mars 2015

Le nouveau capitalisme criminel

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LE NOUVEAU CAPITALISME CRIMINEL: un regard lucide par Jean-François GAYRAUD* (Ed O.Jacob)

Auran Derien
Ex: http://metamag.fr
 
L’analyse de l’occidentisme, appuyée sur l’observation de la réalité, ce n’est pas du tout fréquent. On voit, dans cet ouvrage, que des hommes d’affaires sont laissés sans surveillance, que la finance est abandonnée à des groupes mondiaux, qu’il n’y a pas d’autres règles que celles dont ils décident eux-mêmes. Le résultat ? Une gigantesque potentialité criminelle, avec passage à l’acte. Les preuves sont présentées en détail. 

La finance globalitaire présente cinq caractéristiques

1. Il n’existe aucun lien entre les activités productives qui nécessitent des échanges monétaires et les volumes de monnaie de singe et de titres ronflants que l’on trafique dans cette sphère.

2. Tout est fait pour que personne - sauf les initiés - ne puisse savoir ce qui se trame. Comme dans les sociétés primitives, la divinité doit rester mystérieuse et les miracles de la multiplication des gains demeurer opaques.

3. Il est impossible de surveiller les canailleries des financiers et personne n’est en mesure de les réguler correctement. A l’image d’une caste sacerdotale - dont ils n’ont toutefois pas les devoirs - ils ne rendent de compte à personne. 

4. La structure globalitaire de la finance s’appuie sur de multiples centres. Les lieux de culte sont diversifiés afin de ne jamais être détrônés collectivement. Il est toujours possible qu’un pays se rebelle, mais la fragmentation de l’extorsion de fonds entre places différentes signifie que le centre récalcitrant sera vite soumis à des sanctions en représailles à une telle impudence. Pour l’heure tout va bien : chacun se prosterne devant la race supérieure des financiers transcendantaux. 

5. Puisque émettre de la monnaie et s’approprier les richesses de tout un chacun est désormais un jeu d’enfant, les financiers ont acheté le monde politique. Leurs affidés siègent dans les centres de décision, d’autres cornaquent les politiciens qui ne sauraient être abandonnés à leur libre-arbitre au cas où la nostalgie du service public n’en ramènent quelques-uns à ces époques où les intérêts des peuples étaient primordiaux. 

Jean-François Gayraud propose de regarder ce monde là avec des outils différents de ceux de la banque mondiale, du FMI et autres centres de la finance mondialiste. 

jean-francois-gayraud-FGA1r.jpgIl se moque de concepts creux comme les effets asymétriques, car il parle en criminologue et nomme les fraudes et autres tromperies. Il rappelle que des historiens, notamment Fernand Braudel, ont insisté sur le rôle des voyous dans le basculement, à la fin du XVIème siècle, des centres de pouvoir économique vers le Nord. Si les brigands eurent tant d’importance, ils n’ont certainement pas disparu et agissent sous d’autres vocables.
 
L’auteur redonne vigueur au vocabulaire créé par Gabriel Tarde : le crime organisé et le crime en col blanc. Le crime organisé est défini aujourd’hui par l’origine sociale modeste de ceux qui s’y adonnent, la capacité d’organisation en bandes plus ou moins étendues, la nature violente et visible des crimes perpétrés. Par contraste, le crime en col blanc est commis par des cadres ou des entrepreneurs et il est peu visible aux yeux de la société et des magistrats puisque les actes délictueux se déroulent dans l’exercice de la profession. La thèse fondamentale qui prend corps au fur et à mesure des chapitres réside dans l’affirmation que les deux types de criminalité ont fusionné à l’occasion des crises financières - depuis l’époque Reagan - en raison d’une convergence d’intérêts entre les deux catégories. La globalisation est désormais le fait d’une bourgeoisie criminelle. Une oligarchie  est en possession de l’occident.

Crise financière et criminalité

La société globalitaire du crime organisé en col blanc est évidente dans le cas japonais, lorsqu’éclate la bulle spéculative des années 1990. Les pyramides de Ponzi albanaises mélangeaient politiques et crapules. Le processus se répète de manière régulière, quoique chaque fois quelques spécificités locales donnent plus d’importance à un crime qu’à un autre. Au Mexique, entre 1990 et 2000, l’essentiel était le recyclage de l’argent de la drogue. En Espagne intervinrent la corruption par le biais des caisses d’épargne et des fonds structurels européens.
 
Les critères des criminels sont au nombre de trois : chercher de bonnes opportunités ; dissimuler les forfaits et agir à la manière des avions furtifs. Donc, le blanchiment d’argent sale pousse à déplacer les activités financières vers la spéculation. Reprenant une excellente citation de Galbraith, il est affirmé qu’il n’existe aucune voie de développement qu’un marché des capitaux libre, libéré, sans entrave ne puisse ravager. Ainsi, avoir convaincu de la nécessité de déréguler la finance est une parfaite escroquerie dont le monde entier souffre aujourd’hui.

Les Banques : une planque pour les narco-traficants

Se plaindre de l’impossibilité de contrôler le crime n’a pas beaucoup de sens quand on affirme, comme les escrocs intellects d’aujourd’hui, qu’il convient d’éradiquer toutes les mauvaises pensées, source de tous les maux. Dans une société qui cherche à améliorer les conditions de développement de tout un chacun, le vice et le crime s’endiguent en s’organisant et en restant sous contrôle. 

L’objectif n’est jamais atteint lorsqu’il s’agit d’argent sale, pour trois raisons: on ne lui accorde pas d’importance car il est alors proclamé que d’autres problèmes sont plus importants que cette lutte. Les Etats-Unis ont réussi ce tour de magie grâce au 11 septembre 2001, lorsque le « voyou » Bush déclara que tout devait être concentré sur le terrorisme, de sorte que les tenants de la finance furent libres de laver leurs saletés. 

Mais l’impuissance s’organise aussi de manière volontaire. Rien de tel que de créer des paradis fiscaux, comme le fit l’oligarchie anglaise, pour que disparaissent des sommes difficiles à mesurer à travers des sociétés écrans et des instruments juridico-financiers spécifiques. Enfin, troisième explication, les politiciens n’ont jamais envie de savoir ce qui se passe. 

Par nature, l’oligarchie anglo-saxonne veut contrôler l’argent. Le blanchiment massif d’argent sale par les gangsters de la finance leur permet de vivre agréablement, de contrôler des territoires sans la présence polluante des politiques au service du bien commun, sans oublier les quantités de publications niaises par lesquelles ces voyous se font désigner classes supérieures en raison de leur argent si mal gagné. L’obsession de perpétuer la corruption, le meurtre et le trafic transforme avec le temps l’argent de l’horreur en richesse bourgeoise. Dans le monde globalitaire, les cabinets - anglo-saxons - d’avocats, de conseillers fiscaux, d’agents immobiliers sont devenus des acteurs à plein temps de l’activité criminelle puisqu’ils acceptent à la fois des clients louches, de la corruption systématique à travers pots de vin, prêts de complaisance et avantages en nature. Il leur arrive aussi de piller les fonds qu’on leur a confiés en utilisant le principe des rémunérations extravagantes pour conseils ou services rendus, aussi ridicules soient-ils. 

La nouvelle crapulerie : le trading à haute fréquence

Le trading à haute fréquence (THF) est du vol organisé, de la déviance institutionnalisée. Les algorithmes qui servent de modèle donnent de fausses idées du risque sur les produits financiers et permettent le pillage légal, sans intervention humaine. Le THF repose sur l’idée qu’il convient de détecter les ordres sur les “marchés” avant leur exécution pour pouvoir spéculer sans risque et voler en toute quiétude. Les banques qui le pratiquent ont mis en place diverses tactiques de vol dont la saturation (quote stuffing), le brouillage, tout cela pour banaliser le délit d’initié car il n’existe pas d’historique des transactions.
 
Avec l’honnêteté intellectuelle d’un savant européen traditionnel, Jean-François Gayraud rappelle que l’absence de preuve de fraude dans le cas du THF ne signifie pas la preuve de l’absence de fraude. Il est simplement impossible de vérifier quoi que ce soit, donc de réprimer. Les manipulations sont quotidiennes, depuis les taux d’intérêt jusqu’aux types de contrats, en passant par les ventes privilégiées d’informations. 

Il semble qu’en occident il soit impossible de se demander si le THF est ou non une vaste fraude, alors que Gayraud montre clairement que, dès son origine, ce système de Trading a été organisé par des criminels en col blanc. Il en résulte un découragement de l’esprit d’entreprise, car peu à peu il devient stupide d’entrer sur les marchés financiers où la cotation d’une action n’a rien à voir avec les activités de l’entreprise. Puis, avec le THF se développe les produits liés, comme le système des Dark Pool, opérations financières de gré à gré, où les clients, des investisseurs institutionnels, sont anonymes, preuve que le concept de marché et celui de concurrence sont les ennemis de l’oligarchie actuelle qui n’a de cesse de s’émanciper de tout contrôle et de réaliser le rêve d’Al Capone : mettre en accusation les Etats qui voudraient surveiller ses activités.
 
Le XXIème siècle s’annonce comme le temps des criminels 

C’est le siècle du crime économique, du crime du bien en soi, lorsque tout est permis. Les pauvres sont pillés au profit des riches, les Etats au profit des soviets de la finance. Au niveau des sociétés, chacun prend conscience de deux classes de personnes: les humbles qui vont en prison avec, chaque année, de nouvelles législations obscurantistes ; l’oligarchie crapuleuse qui n’y va jamais malgré ses crimes. 
L’oligarchie s’est constituée. Elle est intouchable malgré son ignominie et cherche à faire entrer dans son cercle d’horreur les nouvelles puissances asiatiques. En cas de succès, l’absence de régulation, de répression, de problèmes de réputation assurera le monopole du parti des trafiquants pour mille ans. Sauf si le monde asiatique refuse le strapontin…

Jean-François GAYRAUD, Le nouveau capitalisme criminel, Editions O.Jacob, 2014, 360p. , 24,90€.

Roekeloos

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mardi, 03 mars 2015

L’horreur synallagmatique

LA GRANDE FRAUDE, CRIME, SUBPRIMES ET CRISES FINANCIÈRES*

L’horreur synallagmatique

Auran Derien
Ex: http://metamag.fr
grande_fraude.jpgLa civilisation a toujours reposé sur la parole donnée, éthique qui dispense d’une grande partie de la bureaucratie puisque les élites considèrent qu’elles s’insultent elles-mêmes si les contrats ne sont pas respectés. Dans de telles civilisations, il n’est nécessaire ni de terroriser les populations ni de les abrutir pour qu’elles participent à l’ordre du monde. Aujourd’hui, à l’inverse, règne la terreur synallagmatique, la terreur légale des contrats. 

Les dernières élections en Suède avaient vu apparaître un nouveau parti, le SD, avec 12% des voix. Un autre parti d’opposition s’est alors joint à lui pour rejeter le budget. Que faire? En France, le gouvernement sort le 49-3. En Suède, le chef du gouvernement, Stefan Löfven, a décidé que les élections prévues pour 2015 n’auront pas lieu. Ce n’est rien de plus que la mise en place de la tyrannie des temps maastrichtiens. Les promesses faites aux électeurs n’engagent pas. Pour l’Europe, la banque Morgan a même publié un document en mai 2013 réclamant des régimes autoritaires

Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission européenne, est le chargé de mission d’une opération de conversion des oligarques européens en collabos des intérêts américains. La méthode économique, le ficelage par des contrats léonins reste la manière privilégiée des habitués de Davos, du Bilderberg et autres lieux identiques. Représentant de l’oligarchie, Jean-Claude Juncker agit comme si les élections, comme en Grèce, n’avaient aucune importance car les traités sont irréversibles. Un fanatique a succédé à Manuel Barroso.

gayraud.jpgAristote enseigna que le contrat était une loi faite par des particuliers en vue d’une affaire déterminée. L’absolutisation du contrat est contraire aux us et coutûmes européennes. Un contrat tire sa force d’un engagement. Non pas d’un écrit ou d’un texte, mais d’un souffle de l’âme. Ce totalitarisme des accords entre boutiquiers endimanchés étalant leur rolex, c’est l’inhumanité des valets du veau d’or, toqués et visionnaires d’un paradis sur terre qui résulterait de leurs magouilles. Juncker incarne à la perfection le néant du contrat.
 
Les financiers assassins se présentent comme des victimes car rien ne laisse jamais prévoir les crises dont ils sont responsables et coupables. Mais la collusion entre la finance et la politique construit une oligarchie criminelle qui cherche à tout moment comment rendre légale la fraude. Les criminels deviennent ainsi le droit et le système social. Les contrats qui mettent les Européens en coupe réglée manifestent que les politiques sont des prédateurs au service de ploutocrates, ainsi que l’expose Jean-François Gayraud dans son ouvrage "La grande fraude"*.
 
Les politiciens soumis aux banquiers se prennent finalement pour des Christophe Colomb: ils acceptent leur bimbeloterie, leur verroterie en échange de la civilisation. Les peuples, seule donnée valable en politique, interlocuteurs de ces tristes sires, sont traités comme les indigènes, à peine des hommes. Nous affirmons qu’à ce prototype de parvenu, nul ne doit rien. Personne ne doit les respecter.

*Jean-François GAYRAUD : La grande fraude. Crime, subprimes et crises financières. O.Jacob, 2011, 23,25€