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dimanche, 27 juillet 2014

Les BRICS contre le FMI

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Les BRICS contre le FMI

par Baudouin Lefranc

Ex: http://www.medias-press.info       

Tout d’abord, qu’est-ce que les BRICS ? Il s’agit d’un groupe informel – c’est-à-dire sans traité ou accord international ainsi que sans aucun organisme, institution ou bureau permanent – de cinq Etats qualifiés d’ « émergents » : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud. Ces Etats totalisent ensemble 40 % de la population de la planète, plus de 30 % du PIB mondial et près de 60 % de la croissance mondiale. Engrangeant des taux de croissance souvent supérieurs (voire très supérieurs) à ceux que connaissent les pays occidentaux, ces Etats sont des puissances régionales en voie de devenir dans un avenir plus ou moins proche de grandes puissances mondiales.

Les 15 et 16 juillet derniers s’est déroulé au Brésil le sixième sommet des BRICS. Cette réunion des chefs d’Etat de puissances émergentes a vu la conclusion d’un accord préparé depuis 2012 consacrant la mise en place d’une « nouvelle Banque de développement » (NBD). Cette NBD est destinée à devenir une réserve de change de 100 milliards de dollars alternative au Fonds monétaire international1 et à la Banque mondiale2. La Chine, qui abritera le siège de la NBD à Shangaï, s’est engagée à fournir 41 milliards de dollars sur les 100 tandis que Brésil, Russie et Inde participeront à hauteur de 18 milliards chacun et que l’Afrique du sud versera 5 milliards. La nouvelle institution accordera des prêts aux Etats-membres, leur permettant ainsi de stabiliser leurs réserves de change et leur monnaie.

Si la NBD est, dans un premier temps, un projet porté exclusivement par les BRICS, la participation en sera dans le futur ouverte à d’autres Etats à la condition que la part totale du fonds engagée par les BRICS ne descende pas en-dessous de 55 %.

L’objectif affiché est clair : il s’agit de réduire l’influence financière des Etats-Unis et de l’Union européenne sur les processus dans le monde et de se libérer du (dés)ordre mondial américano-centré. Selon Vladimir Poutine, le lancement de cette nouvelle Banque de développement vise ainsi « à renforcer l’architecture financière internationale pour la rendre équilibrée et juste » et permettra aux BRICS de réduire leur dépendance envers la politique financière des puissances occidentales. Le secrétaire-adjoint du Conseil de sécurité russe, Fedor Lioukanov, a, pour sa part, évoqué « une digne réponse à la Banque européenne d’investissement qui a suspendu ses projets conjoints avec la Russie ».

Baudouin Lefranc

1 Le FMI créditeles gouvernements en cas d’incapacité à couvrir leur déficit courant.

2 La Banque mondiale octroie des crédits préférentiels pour des projets à long terme.

samedi, 26 juillet 2014

Les partis politiques obéissent aux marchés et non aux électeurs

Les partis politiques obéissent aux marchés et non aux électeurs

Les chercheurs, Lawrence Ezrow (University of Essex, Royaume-Uni) et Timothy Hellwig (Indiana University, États-Unis) se demandent si «l’intégration économique compromet la capacité des partis à remplir leur rôle de représentation et d’expression des opinions de l’électorat», et citent dès leur introduction l’exemple français:

«Le PS s’est hissé au pouvoir dans les années 80 sur un programme de nationalisations et de redistribution. Pourtant, moins de deux ans plus tard, le président Mitterrand est revenu sur les politiques en faveur desquelles l’électorat avait voté et a opté pour une politique de rigueur pour mettre l’économie française en phase avec l’économie globale.»

Afin de tester l’hypothèse selon laquelle les partis répondent moins aux préférences des électeurs quand l’économie du pays est très ouverte, les chercheurs ont compilé toute une série de données: les positions, sur une échelle gauche-droite, de «l’électeur médian» (l’électeur qui se situe au centre de l’électorat, et dont le profil est donc très important pour obtenir une majorité) et des partis dans dix-huit pays au moment des élections, de 1977 à 2009; les indicateurs évaluant l’ouverture de chaque pays à la concurrence internationale.

Ils concluent que les partis «de gouvernement» (ceux qui ont déjà occupé la position majoritaire au sein d’une coalition) répondent en effet beaucoup moins aux mouvements de l’électorat si le pays est très ouvert:

«Alors que les élections incitent les partis à répondre aux mouvements de l’électorat, l’interdépendance économique distrait les élites politiques de celui-ci vers les acteurs des marchés, ajoutant de l’incertitude au paysage politique.»

Là encore, l’étude cite l’exemple de la France, et plus précisément d’une période de vingt ans (1988-2007) où son économie s’est considérablement ouverte: quand les opinions de l’électorat évoluent sur l’échelle gauche-droite, celles des partis évoluent aussi, mais de manière beaucoup plus atténuée en 2007 que deux décennies avant.

La courbe montre le déplacement des promesses des partis quand les préférences de l’électorat changent. Plus le chiffre vertical est élevé, plus les partis y sont sensibles; plus le chiffre horizontal est élevé, plus le pays est ouvert à la mondialisation. (Lawrence Ezrow/Timothy Hellwig)

Dans tous les pays, cet affaiblissement se réalise au profit des opinions portées par les décideurs économiques, qui sont plus à droite que la moyenne de l’électorat: sur une échelle gauche-droite allant de 0 à 10, ils sont plus à droite d’environ 0,8 point en France, par exemple.

«Si les partis sont tiraillés entre les électeurs et les marchés, alors considérons les préférences des acteurs des marchés. Les données suggèrent qu’elles se situent plus à droite que la moyenne de leur pays, que les décideurs économiques préfèrent un rôle de l’État réduit par rapport aux citoyens ordinaires», écrivent les deux auteurs dans un post publié sur Monkey Cage, le blog de sciences politiques du Washington Post.

Plus le chiffre est élevé, plus les préférences des acteurs économiques sont à droite comparées à celles de la moyenne de l’électorat. (Lawrence Ezrow/Timothy Hellwig)

À noter que cette étude ne porte pas sur les réalisations concrètes des partis en question, mais sur leur programme: elle ne dit pas que les partis trahissent, une fois au pouvoir, les promesses faites durant la campagne (reproche souvent fait au gouvernement socialiste actuel en France), mais que ces promesses sont déjà en elles-même un reflet beaucoup plus atténué aujourd’hui des prises de position des électeurs «moyens».

En cela, elle rejoint les conclusions d’une autre étude publiée au printemps, qui montrait que les opinions des électeurs riches comptent quinze fois plus que celle des électeurs lambda aux États-Unis.

Slate

Coca-Cola: entre boycott et alternatives locales

Coca-Cola: entre boycott et alternatives locales

http://p0.storage.canalblog.com/08/69/1111121/97052851_o.jpg

par Frédéric de Grimal

Ex: http://cerclenonconforme.hautetfort.com

La filiale espagnole de la marque Coca-Cola a annoncé un énorme plan social le 22 janvier 2014, prévoyant la fermeture de quatre usines et le licenciement de plus d’un millier de salariés. Peu concernée par la terrible crise systémique espagnole et le taux de chômage endémique ibérique, la grande firme internationale Coca-Cola n’a pas fait dans le détail.
 
La réponse ne s’est pas faite attendre. D’abord de manière assez classique avec une grève et des manifestations, puis de façon plus originale avec un appel au boycott des produits de la marque, comme l’indique un article du site internet de Courrier International en date du 18 juin 2014. Le slogan des salariés espagnols de Coca-Cola, patriotique et social, est éloquent : « Si Madrid ne fabrique plus de Coca-Cola, Madrid n’en boira plus. ». Une belle démonstration de patriotisme économique par la base, puisque les états européens sont défaillants à protéger leurs économies des circonvolutions des groupes prédateurs venus d’outre-Atlantique.
 
On pouvait douter du succès d’une telle initiative dans une Europe américanisée accro aux boissons gazeuses et trop sucrées du géant américain. Et pourtant, la consigne a été largement suivie par le peuple espagnol, et particulièrement dans les régions du centre (Vieille Castille, La Manche, Estrémadure et Madrid). Le journal espagnol El Economista a révélé que les ventes de la marque avaient diminué de moitié en Février, par rapport aux chiffres de l’année 2013. Il s’agit même de la plus grosse chute jamais enregistrée par la marque ! Le boycott a donc porté un dur coup à cette entreprise hégémonique, au combien symbolique de la globalisation sans visage. Un coup durable car les experts estiment même que les ventes ne devraient pas remonter avant 2017, ce dont on peut se réjouir franchement.
 
Quelle meilleure arme contre ces entreprises américaines apatrides qui licencient dans notre Europe en crise que de boycotter leurs produits ? C’est le seul langage qu’ils peuvent comprendre, et puis ne sommes-nous pas suffisamment compétents pour produire nous-mêmes des boissons gazeuses de qualité plus respectueuses de la santé (et tout aussi addictives) ?

L’idée des manifestants espagnols est donc brillante car d’une efficacité redoutable. Imaginons une telle chose à l’échelle européenne, ce serait un moyen de nous faire respecter, de montrer que nous ne sommes pas de dociles moutons de panurge prêts à acheter tout ce que l’on nous demandera. Nous devons montrer toute notre opposition à la laideur et à l’infamie qu’ils nous imposent, mais le faire réellement plutôt qu’en protestant dans le vide. Voilà donc une bonne initiative, mais elle ne saurait être durable en raison de la nature même du capitalisme contemporain qui génère des pseudo-besoins désormais si ancrés dans nos comportements quotidiens qu’ils nous semblent naturels.  Annihiler l'"envie de Coca", ou plus généralement l'envie de marques, est impossible à grande échelle dans le monde contemporain.

                                                                                      ***
 
Jean Baudrillard, grand observateur de l’aventure américaine, trouva dans « La Société de Consommation », une exacte définition pour l’horizon de l’homme contemporain : « homo oeconomicus ». Il précise cette notion comme « fossile humain de l’âge d’or, né à l’ère moderne de l’heureuse conjonction de la Nature Humaine et des Droits de l’Homme, est doué d’un intense principe de rationalité formelle qui le porte : 1- A rechercher sans l’ombre d’une hésitation son propre bonheur ; 2- A donner sa préférence aux objets qui lui donneront le maximum de satisfactions. Tout le discours, profane ou savant, sur la consommation, est articulé sur cette séquence qui est celle, mythologique, d’un conte : un Homme, « doué » de besoins qui le « portent » vers des objets qui lui « donnent » satisfaction. Comme l’homme n’est jamais satisfait (on le lui reproche d’ailleurs), la même histoire recommence indéfiniment, avec l’évidence défunte des vieilles fables ».
 
Le sociologue français conceptualise un homme de besoins, un homme qui a le « droit » de « satisfaire » à ses besoins. Les « besoins » dont il s’agit, ne sont pas d’ordre naturel comme manger ou dormir à l’abri, mais bien des « besoins » d’ordre symbolique et répondant à des critères de confort annexe ou à l’hédonisme ludique. En somme, nous sommes infantilisés, tels le chien de l’expérience de Pavlov nous voulons notre Coca car son gout est étudié pour nous plaire. Et il n'est pas réaliste de penser pouvoir supprimer tous ces pseudo-besoins aux peuples d’Europe. Qui en « révolte contre le monde moderne » pourrait se priver de facebook ou n’a jamais déjeuné sur le pouce au Mac Donald ? Il nous faut d’abord faire notre examen critique et comprendre que loin d’être des personnalités extraordinaires hors du monde et de ses tentations, nous sommes, nous aussi, pleinement parties prenantes de ce monde moderne que nous critiquons.

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Alors plutôt que de lutter frontalement contre un ennemi plus fort, nous devons nous adapter et pratiquer l’aïkido, c’est à dire retourner sa force de séduction contre lui même, produire des ersatzs de meilleur qualité que les produits de consommation de masse qu’ils nous imposent. Le but est de contourner ce système. Coca-Cola jouit d’une situation quasi monopolistique sur son secteur de marché malgré les initiatives de boissons régionales comparables, tel le « coca » breton Breizh-Cola, ces boissons n’arrivent pas encore à bousculer comme il le faudrait le géant américain mais elles doivent plus que jamais être soutenues. Elles donnent du travail aux européens vivant en zone rurale, elles font aussi travailler les agriculteurs locaux, enfin, et peut être plus important, elles affirment un enracinement local défiant l’autorité centrale. La lutte contre le TAFTA et le TISA passe par plus d’intelligence économique et d’innovation, au delà d’une future mise au pas de la finance spéculative qui n’est pour l’instant qu’un vœu pieux. Dans le Lot un brasseur produit la bière Ratz (je vous la recommande), après deux années de galères noires, il exporte désormais son produit dans tout le grand sud ouest sans le soutien d’aucune grande chaîne de distribution.

A nous désormais, de trouver les clés pour proposer une alternative au modèle consumériste imposé. Une troisième voie qui soit ancrée dans le présent tout en rejetant les manifestations les plus creuses et nihilistes du monde moderne. Nous ne sommes pas des réactionnaires, nous sommes des hommes d'action.

Frédéric de Grimal/C.N.C

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Le bloc BRICS et notre destin

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Le bloc BRICS et notre destin

Ex: http://www.dedefensa.org

22 juillet 2014 – D’une façon générale, le bloc BAO et son arme favorite, sa presse-Système, ont ignoré la substance de la réunion des BRICS, au Brésil le 15 juillet. Ils en ont souri et ont consacré quelques colonnes condescendantes à ce qui reste, du point de vue du Système, une entreprise marginale qui a peu d’espoir de se concrétiser en une machine efficace, à cause des liens qui tiennent tous ces pays au Système. De toutes les façons, le Système tient prête, contre cette entreprise, son arme favorite, qui est l’isolement des autres ; de même qu’il est prêt à isoler Poutine et la Russie pour sa conduite inqualifiable vis-à-vis de l’Ukraine (voir un Bloomberg.News du meilleur cru, le 21 juillet 2014), – de même est-il prêt à “isoler les BRICS”, et même à “isoler” the Rest Of the World, sinon le monde entier.

Tout le monde ne partage pas ce point de vue d’une exquise paranoïa-schizophrénie typique de l’épisode maniaque des maniaco-dépressifs en charge, bien entendu. C’est notamment et particulièrement le cas de la Russie, qui est dans la situation d’intense tension que l’on sait. Les Russes sont, de loin, le pays des BRICS qui pousse le plus, aujourd’hui, à une transformation de substance de ce rassemblement pour l’instant assez imprécis dans sa nature, dans un sens structuré, politique, entreprenant et d’une solidarité extrême.

On a lu avec intérêt, à cette lumière, les déclarations du ministre russe des affaires étrangères Lavrov, telles qu’elles ont été retranscrites le 18 juillet 2014 par le site chinois Xinhuanet.com : «The BRICS mechanism has been fully developed and can transform into a political alliance, Russian Foreign Minister Sergei Lavrov said Friday. “BRICS grows and matures in all directions,” the diplomat told state-run Rossiya 24 TV channel. Lavrov said the “qualitative” growth of the mechanism to a degree made it possible to transform into a political alliance, which is especially noticeable in its work within the Group of 20 (G-20) on global economic and financial affairs.»

Lavrov a précisé qu’au sein de ce G20, certains pays étaient proches des BRICS, jusqu’à parle d’une même voix qu'eux, sur la question de la réforme du système financier international – notamment l’Argentine, l’Indonésie et le Mexique. Ce faisant, le ministre russe des affaires étrangères offrait une perspective indirectement mais très puissamment politique. Par exemple, comme l’hypothèse en sera soulevée plus loin, si l’on rappelle que le prochain sommet du G20 aura lieu en novembre en Australie, que certains ont déjà évoqué le refus australien de recevoir la Russie à cause de la crise ukrainienne (et plus encore avec l’affaire du vol MH17), que la position des BRICS déjà affirmée qu’un boycott de la Russie au G20 devrait entraîner le refus des BRICS de participer au sommet, etc. Une telle hypothèse ne peut être réduite aux seuls aspects techniques du sommet, elle est incontestablement politique.

Cette question de la “politisation” des BRICS, posée par la Russie d’une manière proche d’être formelle, alors que l’on commence à apprécier le poids et les conséquences des décisions prises au Brésil, conduit à envisager avec plus de sérieux et un certain sens de l’urgence les conséquences de l’apparition des BRICS comme un acteur structuré majeur dans le jeu des relations internationales. Plus encore, cette réflexion s’engage également sur des voies idéologiques et philosophiques selon les termes anciens, que nous présenterions, nous, selon les qualifications plus adéquates de “voies d’antagonisme Système versus antiSystème”. En d’autres termes  : admettant que les BRICS commencent à devenir “opérationnels” d’une façon plus structurée, apparaissant de plus en plus selon une voie concurrente, ou alternative, etc., du système financier international, jusqu’où faut-il pousser ce défi ainsi posé au Système ? S’agit-il d’une voie concurrente à l’intérieur du Système, c'est-à-dire discrètement antiSystème ? Ou bien s’agit-il d’une voie alternative au Système, c’est-à-dire ouvertement antiSystème ?

L’intérêt que nous voyons dans cette question, qui peut sembler soit prématurée, soit irréaliste, est qu’elle apparaît aujourd’hui comme un objet de débat chez des spécialistes, universitaires le plus souvent. Certes, il s’agit de personnalités professant des positions très critiques du Système, souvent au nom d’une position idéologique identifiable ou assimilable (par exemple, néo-marxiste) mais cela n’empêche nullement la perception selon laquelle nous arrivons à un point essentiel de l’évolution des BRICS, celui où une structuration s’avère nécessaire, où sa politisation s’avère inévitable, où la construction conceptuelle doit se substantiver dans la réalité des relations internationales. C’est ce que Lavrov appelle “la maturité” des BRICS.

Pour substantiver cette observations générale, nous allons donner des références, ainsi que des extraits de débats, venus du site The Real News, site US aux engagements dissidents “de gauche” très affirmés, c’est-à-dire soutenant une position explicitement hostile au capitalisme néolibéral. Il s’agit de deux interventions, sous forme de débat ou d’interview télévisées, de personnalités universitaires. Ces illustrations doivent permettre de prendre conscience de l’ampleur du débat, de sa profondeur, de son caractère éventuellement déstabilisant.

• La première référence date du 18 juillet 2014, sous le titre «Is the New BRICS Bank a Challenge to US Global Financial Power?». Elle oppose deux professeurs US, d’une même tendance de gauche progressiste, adversaires du capitalisme tel qu’il est développé, mais professant chacun des opinions différentes sur l’évolution des BRICS. Il est à noter qu’aucune de ces opinions ne prévoit que les BRICS constituent une tentative ratée d’établir un système différent de l’actuel système. Ce point de départ marque bien l’impact du sommet brésilien : tout le monde considère ce sommet comme une réussite, comme un événement de la première importance, sinon un événement fondateur de la phase de maturité des BRICS, cela parmi ceux qui suivent sérieusement l’évolution des BRICS. Ces commentaires sont donc au-delà des commentateurs-Système, anglo-saxons et le reste, qui restent aveugles à l’évolution des BRICS, totalement sous l’empire de l’arrogance de la pensée-Système dont ils dépendent absolument. Les deux intervenants sont les professeurs Michael Hudson and Leo Panitch, respectivement professeur d’Economie (Distinguished Research Professor of Economics) à l’université du Missouri, et chef de recherche en économie politique comparée à l’université de York, à Toronto. (Le modérateur est Paul Jay, rédacteur en chef du réseau TRNN, ou The Real News Network)

Paul Jay : «... BRICS countries have also created a $100 billion contingency reserve arrangement (CRA), meant to provide additional liquidity protection to member countries during balance-of-payments problems and other financial shocks. The CRA, unlike the pool of contributing capital to the BRICS bank, which is equally shared, is being funded 41 percent by China, 18 percent by Brazil, India, and Russia, and 5 percent from South Africa. The new bank is being described as a challenge to the IMF and the World Bank, that is, a challenge to American global financial power. But is it, as Vijay Prashad wrote, neoliberalism with southern characteristics? [...] So, Michael, kick us off. How significant a development is this?»

Michael Hudson : «I think it's much more significant than any of the press has said. The press treats it almost as if, well, they're very small, and what do these countries have to do. Think of the BRICS as doing on the government level what Occupy Wall Street has been advocating. When they say a new development bank, they don't mean they want to be like the World Bank or the IMF. They want a different kind of development.

»But also it's not only a development bank, but it's the $100 billion currency scheme. They are trying to--they've been driven into a mutual economic defense alliance by the U.S. sanctions against Russia, by the threats against China, not letting it invest in the U.S. on national security grounds. They've forced other countries really into let us do whatever we want with you, there is no alternative, and we're going to do to you what we did to Ireland and Greece, and that's it.

Well, basically what the BRICS are saying in their new bank and their clearing house is, yes, there is an alternative. We don't have to be like neoliberalism. Their critique of the World Bank and the IMF isn't that they're not given big enough quotas; it's they disagree with the whole philosophy of the World Bank and the IMF that is subsidizing economic dependency, food dependency, and basically anti-labor parties that result in budget deficits, that then governments are told, well, in order to finance your foreign debt and your budget deficit, you have to sell off your water, your natural resources, your privatization. The BRICS banks, they're not going to go to the member countries and saying, you have to sell off your water supply and raise prices in order to pay us.

Paul Jay : «Right. Let me bring Leo in here... So, Leo, what do you make of Michael's take? How significant is all this?»

Leo Panitch : «Well, I think it's very significant, and it is designed to give these large developing capitalist countries more room for maneuver vis-à-vis the American state and the European Central Bank and the IMF and the World Bank. But I think the significance he's attaching to it is remarkably overblown. There's no evidence that their purposes are indeed not to apply conditionality to loans. There's loads of evidence with the nonoperationability of the Bank of the South, which was the bank created in Latin America that the Brazilians – which have made it nonoperational by insisting it be a very conventional development bank which in fact goes to the markets and therefore is constrained by the markets in terms of interest rates to be charged, etc., conditionalities, as opposed to Bolivia and Venezuela that wanted it to operate on very different, not market principles. The Brazilians don't want that and don't want it for the new bank. And I don't think it's just a matter of the Brazilians. The Chinese don't want it either. There's a much deeper factor why it's not so significant, although it does give them some room for maneuver in their operations. But the main reason is that it's embedded in countries, even with China, that don't have the very, very, very--as Michael knows very well--deep financial markets that is needed for this kind of bank to play that kind of role.»

Paul Jay : «Okay. Leo, hang on one second. That's sort of a second point. Let Michael respond to your first point. Your first point is that this is not something against a neoliberal strategy; this is some independent maneuver of countries that do work within a neoliberal strategy. So what do you make of that?»

Leo Panitch : «Well, let me just to emphasize that look at who was just elected as the government of India. Look at the extent to which even the Workers Party has been keen to integrate further into global capitalism. Let's look at the way in which China has just begun to remove some of its financial restriction. And let's look at what the ANC now represents. So, sure, they want more room for maneuver, but within the framework of buying into capitalist globalization and being extremely dependent on it.»

• La seconde référence date du 20 juillet 2014 et porte le titre significatif de «BRICS: Progressive Rhetoric, Neoliberal Practice». Il s’agit de l’interview du professeur sud-africain, – l’Afrique du Sud est un des cinq BRICS, – Patrick Bond, de l’université de KwaZulu-Natal. Bond dirige également le Center for Civil Society. C’est un militant, théoricien de la recherche d’une économie alternative de rupture avec le système capitalisme ultralibéral.

Paul Jay : «So let's talk about ordinary people, not the elites running all these countries. You know, for people living in the United States, it's pretty straightforward, in the sense that, you know, if you want to take a progressive the position on U.S. foreign policy, you're opposed to its seeking and achieving hegemony and militarization and so on and so on. But if you're in one of the BRICS countries, do you consider this a positive development for your own people? And, obviously, let's start with South Africa, ’cause that’s where you are. I mean, is this – you know, it's not going to transform the conditions of South Africa, but is this something positive or not? I'm talking about BRICS and the new bank and all of this.»

Patrick Bond : «The BRICS Development Bank could be a very dangerous phenomenon, because to the extent that the anti-imperialist movements and solidarity movements have actually begun to discipline, say, the World Bank, which is under pressure not to make any new coal-fired power plant loans, the last one being here in South Africa in 2010, $3.75 billion, the biggest such loan ever by the World Bank, that then, that refusal to make these kinds of dreadful loans, pushes the borrowers like the South African government to a BRICS bank. And I think in many ways what we're seeing with BRICS is a recommitment to an extractive and predatory kind of capitalism, desperation capitalism, that will be more dangerous for ordinary movements struggling to retain their own integrity of community, their livelihoods, the nature around them. The proof of that will be in 2016 and when we start seeing what kind of loans the BRICS bank gives.

»Now, the rhetoric sounds good. They've--BRICS has actually ask Joe Stiglitz to be one of the main advisers and put a position paper together in 2011. And so what you'll hear this week in Fortaleza, for example, lots of rhetoric about sustainable development and inclusivity. When you hear those words, look at the details, because when they're using them, it often means they're planning to do the opposite, and instead of infrastructure in local currency for water systems, sanitation, housing, clinics, schools, and so forth, we're much more likely to see megaprojects that help multinational capital from BRICS and from the West.»

Paul Jay : «Okay. So, then, the proof is going to be in the pudding, then. We still have to really see what they're going to do with it.»

Patrick Bond : «And I think the proof is also whether the geopolitical relations tighten up, because if the West gets more aggressive towards Russia, for example, having just thrown Russia out of the G8 – it was a G7 meeting a couple of months ago – and then the G20 is meant to meet in Australia and November. Will it be the G19, throwing Russia out for the reasons you've already mentioned? And then the BRICS have already said, well, if you throw Russia out, then make it the G15, because we're also leaving. There's some very interesting maneuvering going on at the level of these multilateral arrangements. So far, all evidence is that the BRICS are stabilizing world capitalism, but there may be some surprises ahead as these geopolitical tensions might compete with the overall project of accumulation.»

Résumons ces différents propos en trois points (dont un éclaté en deux termes d’une alternative), selon la perception que nous en avons pour le développement de notre commentaire...

• Il ne fait aucun doute que ce qui s’est passé au sommet brésilien des BRICS est important, voire essentiel, en termes opérationnels comme en termes de perception. Il donne aux BRICS une capacité d’action qui en fait un acteur, c’est-à-dire un participant actif, des relations internationales ; sur ce dernier point, “participant actif” d’une ambition de réforme du système financier international, ce qui a plusieurs signification...

• La première signification de ce passage des BRICS à la position de “‘partisan actif’ d’une ambition de réforme du système financier international” doit figurer sous la forme d’une alternative. Le premier terme de l’alternative est que le bloc BRICS reste dans le Système (capitalisme ultralibéral avec tout ce qui va avec dans les domaines financier, économique, commercial, et social également), mais en formant un bloc concurrent du bloc BAO, et qui imposera ses conditions, qui affrontera s’il le faut le bloc BAO pour cela. L’option “bloc BRICS contre bloc BAO à l’intérieur du Système” signifiant malgré la position dans le Système une montée aux extrêmes à l’intérieur du Système, – et ce que Patrick Bond qualifie très justement, dans le chef des BRICS, de “capitalisme du désespoir” (“desperation capitalism”) ; l’expression a une très forte connotation, qui rend compte implicitement de la situation de grande tension qu’implique l’évolution de la situation et, finalement, selon notre conception, l'absence de la moindre chance de stabiliser cette situation du capitalisme, particulièrement avec la survenue des BRICS en tant que tels.

• Le deuxième terme de l’alternative de la première signification de l’évolution des BRICS est celle d’une rupture avec le Système, avec la capitalisme ultralibéral. C’est la thèse que défend le professeur Hudson, les BRICS instituant selon lui au niveau des gouvernements et des grands ensembles internationaux l’équivalent des buts recherchés par le mouvement Occupy Wall Street. («Think of the BRICS as doing on the government level what Occupy Wall Street has been advocating. When they say a new development bank, they don't mean they want to be like the World Bank or the IMF. They want a different kind of development.»)

• La seconde signification de ce passage des BRICS à la position de “‘partisan actif’ d’une ambition de réforme du système financier international” est que le groupement, arrivé à maturité et sur la voie d’une politisation de facto, deviendrait, dans la perception qu’on en aurait, un acteur obligé du jeu de la puissance ; ce rôle s’exprimerait, selon nous, en termes de communication (d’abord) ou en termes géopolitiques (nécessairement, comme conséquence). Bond, qui estime pourtant que les BRICS ne sortent pas du Système, expose in fine l’inéluctabilité de la transformation de la perception qu’on a des BRICS, – si l’on veut, en terme d’image, le passage des BRICS au bloc-BRICS. Il en situe, très justement selon nous, la possibilité avec la réunion du G20, d’où la Russie pourrait être exclue, ce qui pourrait, et même devrait entraîner l’abstention au moins des cinq BRICS, et cela ouvrant une crise politique entre le bloc BAO et le bloc BRICS. Si le G20 se transforme en G19, puis G15 pour la réunion australienne, remarque Bond, «There's some very interesting maneuvering going on at the level of these multilateral arrangements». Dès lors, ceux qui voyaient les BRICS comme un groupe pouvant stabiliser le capitalisme ultralibéral en équilibrant ses groupes (ses blocs) régionaux, en sont pour leurs frais... «So far, all evidence is that the BRICS are stabilizing world capitalism, but there may be some surprises ahead as these geopolitical tensions might compete with the overall project of accumulation.»

... Mais on note aussitôt que cette évolution n’est nullement envisagée du point de vue des facteurs composants des BRICS. Elle est envisagée en termes géopolitiques (et surtout de communication, selon nous), c’est-à-dire politiques en général, c’est-à-dire selon le contexte crisique qu’on connaît, – particulièrement sinon essentiellement la crise ukrainienne avec ses effets globaux puisqu’elle affecte les pays du bloc BAO et l’un des pays du bloc BRICS. En ce sens, le phénomène des BRICS, et du groupe BRICS devenant bloc BRICS, dépend beaucoup plus de la crise ukrainienne dans ce qu'elle a de global (crise générale, si l'on veut) que d'aucun autre événement, et c'est dans ce contexte qu'il faut l'apprécier.

Lien entre la crise ukrainienne et le “bloc-BRICS”

Simplifions le problème que nous soumettrons à notre commentaire. Des deux termes de l’alternative considérée, – le bloc BRICS se constituant à l’intérieur du Système, le bloc BRICS se constituant pour offrir de l’extérieur une alternative au Système, – nous privilégions le premier. Nous ne croyons pas que les BRICS puissent échapper aux règles et aux nécessités du Système, d’une façon assez structurée et assez puissante pour présenter une alternative, alors que les pays qui le constituent jouent selon les règles du Système, bon gré mal gré, en le critiquant plus ou moins vivement, etc. Leur démarche initiale est une protestation contre l’inégalité du traitement des uns et des autres à l’intérieur du Système, nullement une démarche rupturielle.

Mais cette spéculation importe peu pour notre propos, toujours en nous en tenant à l’aspect opérationnel de la chose. La seule chose qui nous importe est de savoir si les BRICS, devenus ou en voie de devenir le bloc BRICS dans la perception qu’on en a, rencontreront l’hostilité du bloc BAO, et derrière lui, du Système. Notre réponse est absolument positive, dans les deux cas. Ce n’est pas un problème économique, financier, géopolitique, même si tous ces domaines joueront un rôle, c’est un problème que nous qualifierions d’eschatologique. Nous voulons dire par là que, même si les BRICS (certains parmi les BRICS) s’effrayaient d’une telle avancée qu’est leur politisation, voire envisageaient de la refuser, les circonstances effaceraient ces flottements et ces freinages, elles feraient très rapidement en sorte qu’ils seraient perçus comme étant effectivement dans cette voie. Dès lors que les BRICS seront perçus comme en voie de constituer un bloc politique, ou constituant d’ores et déjà un bloc politique, et même si ceci ou cela ne correspond pas à la vérité de la situation et parce qu’il ne s’agit que d’une perception, dès cet instant l’affrontement sera inévitable, et du fait du Système, impitoyable et sans la moindre concession. Par exemple, un pays comme l’Inde, que les Etats-Unis s’imaginent encore pouvoir retourner à leur avantage en jouant de son antagonisme avec la Chine à l’occasion de l’arrivée de la nouvelle équipe Modi, sera instantanément perçu comme adversaire et ennemi dès lors que cette perception de l’évolution du BRICS que nous évoquons aura pénétré le cuir épais des dirigeants-Système du bloc BAO.

Cette perspective eschatologique est ouverte par la politisation des BRICS (passage “des BRICS” en “bloc BRICS”, à la fois inévitable et nécessaire), ou dans tous les cas par la perception de ce qui paraît être un inévitable et nécessaire processus de politisation à partir du moment où cette perception intègre les décisions prises au Brésil. Ce que signale Patrick Bond est évident, dans le climat actuel, dans le cadre de l’extraordinaire tension établie par la crise ukrainienne passée en mode-turbo avec la destruction du vol MH17. Dans de telles conditions, – et encore sans spéculer sur les probables développements d’ici là dont nous ne savons rien, et qui seraient nécessairement dans le sens d’une tension encore plus grande car tel est le destin de la crise générale actuelle, – on peut avancer que les pressions seront irrésistibles au sein du bloc BAO pour exclure la Russie de la réunion du G20. Dans ce cas, les BRICS devront être solidaires, ou dans tous les cas ils devront affirmer leur solidarité sous peine d’un effondrement terrible du statut de ceux qui refuseraient ; et cette solidarité sera affirmée pour des raisons absolument politiques, sinon pour la cause de l’eschatologie de cette crise générale.

Effectivement, il y a un lien puissant et serré entre le destin immédiat des BRICS et la crise ukrainienne. Ce lien implique la complète politisation de l’événement qu’est l’immédiat destin des BRICS, et nous sommes alors loin, très loin du débat pour savoir si les BRICS-devenant-“bloc-BRICS” seront à l’intérieur du Système ou en-dehors. Le temps, qui se contracte extraordinairement vite, l’histoire qui accélère non moins rapidement, la métahistoire qui nous parle directement, renvoient ce débat à la passionnante et inutile discussion sur le sexe des anges. (Mais, encore une fois, après avoir noté que ce débat aura permis, qu’il permet d’ores et déjà de faire évoluer la perception que les BRICS deviennent politique et “bloc-BRICS”.) L’amplification et l’accélération terrifiantes de la crise générale, autour de l’Ukraine, doivent très rapidement y impliquer les BRICS en tant que tels, et la perception qu’on en a évoluant aussi rapidement sinon accélérant le phénomène.

En d’autres mots, les BRICS ne sont d’ores et déjà plus un regroupement économique, ils constituent de facto, qu’ils le veuillent ou non, une force politique qui devra se structurer comme telle devant l’évidence. Le phénomène évolue dans ce sens sans qu’on puisse le mesurer car il se fait en-dehors même du contrôle de ses membres et sans que nul ne puisse encore en identifier les signes. L’avantage de la situation actuelle est que le bloc BAO, tout occupé à déployer son extraordinaire arrogance en forme d’aveuglement triomphant et terroriste et son addiction pathologique aux narrative, ne s'est aperçu de rien et ne s'apercevra de rien jusqu’à ce que la chose soit accomplie, – ou, dans tous les cas, que s’impose la perception de la chose en train de s’accomplir, et un incident comme celui qui marquerait éventuellement le G20 serait une circonstance idéale à cet égard. Il ne s’agit plus d’un débat antagoniste sur une formule économique, des prérogatives d’un éventuel bloc BRICS, etc., il s’agit de la phase terminale de la crise d’effondrement du Système, – puisque le Système est promis à s’effondrer, d’une façon ou l’autre, y compris la façon apocalyptique, et que nous y sommes... Les BRICS ont nécessairement un rôle fondamental à tenir, qui est politique, géostratégique, etc., avec des composantes financières certes, dans le chef de probables crises à ce niveau ; mais ce rôle est d’abord et nécessairement eschatologique, puisque tout l’est dans cette phase métahistorique fondamentale.

Pour conclure, nous reprenons une phrase écrite plus haut concernant la position du bloc BRICS dans son évolution, par rapport au Système. Lorsque nous écrivons “Ce n’est pas un problème économique, financier, géopolitique, même si tous ces domaines joueront un rôle, c’est un problème que nous qualifierions d’eschatologique”, nous voulons dire que la démarche des BRICS par rapport au Système devient nécessairement rupturielle, par les conditions même qui sont imposées, – conditions crisiques de rupture.

Par “eschatologique”, nous signifions d’abord une définition opérationnelle, qui n’est pas nécessairement exclusive des domaines métaphysiques, au contraire ; cette définition de Roger Garaudy fait l’affaire, que nous rappelions à un propos infiniment moins dramatique, moins pressant, le 14 mai 2008 : «[N]ous voulons dire, si nous nous référons à cette définition pratique et concrète, et excellente en tous points, que donne Roger Garaudy de l’eschatologie (à côté de la définition théorique : “Étude des fin dernières de l’homme et du monde”): “L’eschatologie ne consiste pas à dire: voilà où l’on va aboutir, mais à dire: demain peut être différent, c’est-à-dire: tout ne peut pas être réduit à ce qui existe aujourd’hui.”»

Nous dirions, pour le problème que nous étudions aujourd’hui, impliquant le destin des BRICS, leur constitution éventuelle en bloc BRICS avec tout ce que cela suppose de dynamique crisique et rupturielle par rapport au Système, donc une dynamique antagoniste puis confrontationnelle, que cet événement dépend de l’intervention de forces extérieures aux données actuelles, et des forces hors du contrôle humain, ordonnant effectivement un destin eschatologique, cette fois dans un sens où l’on peut se référer à la dimension métaphysique. Le phénomène des BRICS-devenant-“bloc-BRICS” devient alors cet événement eschatologique dont nul n’est capable de prévoir la course, mais qui sera nécessairement un événement antiSystème et rupturiel, quoi qu’en veuillent les BRICS. Nous serions même tentés d’avancer l’hypothèse que nous sommes arrivés à un point de tension rupturielle tel et d’une forme eschatologique et métahistorique telle qu’une hésitation de certains BRICS à s’engager (par exemple en solidarité avec la Russie pour le G20), c’est-à-dire la possibilité de dissolution de facto du groupe, n’empêcherait pas l’affrontement d’une façon ou une autre à cause des pressions exercées sur les membres du groupe en retraite pour une capitulation complète. Les circonstances même d’un tel flottement de certains membres des BRICS impliqueraient une telle réaction du bloc BAO que le groupement serait reconstitué par la puissance des attaques conduites contre lui. L’inéluctabilité de l’affrontement dans un cadre eschatologique, donc affrontement au moins politique, avec les BRICS perçus comme antiSystème, nous paraît avérée. La logique supérieure de la crise d’effondrement du Système domine tout.

vendredi, 25 juillet 2014

Obama e la strategia del nemico permanente

Obama e la strategia del nemico permanente

Il problema per Obama, come quello dei suoi predecessori, è quello di impedire la saldatura della vecchia Europa con la Russia.

Marco Mari

Barack_Oba.jpgPer gli Usa vincitori della Seconda Guerra Mondale è stato facile tenere uniti gli sati europei nella Nato: c’era da fronteggiare nel periodo della guerra fredda la temibile Urss. Con la caduto del muro di Berlino (1989) e la dissoluzione dell’Unione Sovietica lo scenario è completamente cambiato, in quanto non c’era più un nemico da combattere. Bisognava urgentemente trovarne uno. Ecco comparire l’Iraq di Saddam Hussein per l’nvasione del Kuwait, messo nel mirino in “nome della sicurezza nazionale”.
Il presidente iracheno non era certamente una mammoletta, ma garantiva al suo paese  una vita dignitosa e libertà religiosa, cosa che in altri stati mediorientali non accade nemmeno oggi. Ovvio che quella guerra fu scatenata per il petrolio del quale è ricco quel paese. Da allora gli States hanno organizzato diverse campagne militari in giro per il pianeta al fine di destabilizzare questa o quell’area adducendo la necessità delle guerre umanitarie per l’esportazione della democrazia. La Serbia di Milosevic, l’Iraq 2.0, l’Afganistan. Dove non hanno agito in prima persona, gli Usa hanno sostenuto l’azione degli altri, vedi la Libia per sostituire lo scaltro Gheddafi con una classe dirigente di utili (e incontrollabili) idioti.
E’ evidente che di umanitario in questi interventi militari non c’era proprio nulla: solo interesse economico (petrolio e gas) oppure strategico. In Kosovo c’è una grande base Nato che chiude gli occhi di fronte al crocevia di ingenti traffici di droga e armi. Perfettamente in linea coi suoi predecessori (Bush e Clinton), Obama da più di due anni spinge per bombardare la Siria di Assad e se la cosa non si è ancora verificata è solo per la ferma opposizione della Russia che a Tartous ha una base militare. La Siria è un altro tassello per arrivare all’altro serbatoio di petrolio della zona: l’Iran, nemico giurato dell’Arabia Saudita alleata di Washington.
Vista l’impossibilità di mettere le mani sulla Siria il Pentagono ha il piano B: l’Ucraina paese di faglia, di confine tra due culture, quella occidentale e quella russa. Qui gli americani ci stanno lavorando da anni: prima di cesello (la rivoluzione arancione poi andata come è andata), poi finanziando e sostenendo l’opposizione semi-fascista al governo Yanukovic regolarmente eletto un paio d’anni fa e poi destituito dal golpe di qualche mese fa. Risultato: ecco l’ennesimo governo fantoccio.
Il resto è cosa nota: il referendum della Crimea svoltosi solo per l’intervento di Putin a tutela della regolarità del voto sotto l’occhio attento delle organizzazioni internazionali, ed ora le proteste delle regioni dell’est filo-russe che non si sentono più tutelata da Kiev dopo la chiusura delle tv in lingua russa e la messa al bando negli uffici pubblici e nelle scuole della lingua russa. Al Cremlino non preoccupa l’adesione di Kiev alla Ue, ma la base Nato che i nuovi dirigenti ucraini sono pronti a ospitare sul proprio territorio, avallando così il progetto Usa di circondare la Russia con batterie missilistiche. Dietro questa operazione c’è un vero e proprio risiko geopolitico ed economico. Washington divide l’Europa in due aree: la Vecchia Europa costituita da Germania, Francia, Italia e la Nuova Europa composta dalla Gran Bretagna e dalle nuove economie nate dalla dissoluzione del Comecon (patto di Varsavia) e dell’Urss.
Il problema per Obama, come quello dei suoi predecessori, è quello di impedire la saldatura della vecchia Europa con la Russia. E questo lo vediamo nelle attuali posizioni in campo: da una parte gli Usa e la Gran Bretagna pronte a misure durissime, al limite del bellico contro Putin, e dall’altro la Merkel molto più morbida. Mosca è fortissimamente dipendente dalle esportazioni tedesche, ma se la Germania dovesse chiudere con Mosca perderebbe almeno 300mila posti di lavoro. Senza contare la chiusura delle forniture di gas siberiano del quale non possiamo tutti fare a meno e che al momento non è possibile sostituire in breve tempo.
A questo punto dobbiamo porci un interrogativo: Siamo ancora disposti a seguire gli Stati Uniti per la loro sete di supremazia sul pianeta tenendo conto che ci hanno spinto a partecipare a conflitti che sono  serviti solo alle multinazionali? Agitare lo spauracchio dell’oligarca Putin è ridicolo: Mosca avrebbe potuto invadere l’Ucraina in men che non si dica ma non lo ha fatto dimostrando capacità diplomatiche superiori a quella politica delle minacce americane.
Purtroppo da questa eurocrazia filo-Usa non possiamo aspettarci nulla di buono: speriamo che nel prossimo parlamento Ue ci siano tanti onorevoli pronti a dare un taglio diverso e nuovo alla politica estera continentale, a favore dei popoli e contro le lobbies economico-finanziarie che da troppo tempo imperano su tutti noi. L’Europa deve trovare la sua identità in quanto restando serva degli Sates non può far altro che scomparire perché è questo che la Casa Bianca vuole.


28 Aprile 2014 12:00:00 - http://rinascita.eu/index.php?action=news&id=23394

R. Roudier: lettre ouverte au président

Le nouveau livre de Richard Roudier sur le découpage anti-identitaire de la France

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«Monsieur le Président, un gouvernement doit toujours avoir une méthode visible à chacun et celle-ci ne doit jamais paraître de son invention, sinon…

Sinon, il laissera infailliblement la place aux soupçons d’arbitraire ou d’arrangements louches. Ainsi, tout découpage territorial sera forcément suspect s’il n’obéit pas à une méthode vérifiable par tous, y compris jusqu’aux enfants des classes primaires… L’évidence est la vertu d’un découpage territorial ; l’obscurité est son crime, ne le savez-vous pas ?»

Contre la région découpée par François Hollande au mépris de l’Histoire et de la Géographie, Richard Roudier propose un découpage identitaire selon les anciennes aires linguistiques mais corrigé par des aspects fonctionnels…

Richard Roudier – Lettre Ouverte au Président à propos de la réforme des régions, réponse au bazar anti-identitaire – 12€+ 3€ de frais de port – 125 pages

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BRICS-landen vormen politieke alliantie, willen nieuw financieel systeem

BRICS-landen vormen politieke alliantie, willen nieuw financieel systeem

Dollar imperium loopt op zijn einde, en wat heeft Oekraïne hier mee te maken?



De BRICS-landen willen met steun van Argentinië, Mexico en Indonesië een post-Westerse ‘Nieuwe Wereld Orde’ vormen.

De hegemonie van de Amerikaanse dollar begint in steeds sneller tempo te verdwijnen, nu de Russische minister van Buitenlandse Zaken Sergei Lavrov heeft aangekondigd dat de BRICS landen (Brazilië, Rusland, India, China, Zuid Afrika) er helemaal klaar voor zijn om een nieuwe politieke alliantie te vormen, die een machtige vuist kan maken tegen het Westen. De BRICS-landen willen hun invloed in de G20 gaan gebruiken om het wereldwijde financiële systeem te hervormen.

‘BRICS groeit en wordt in alle richtingen volwassen,’ zei Lavrov gisteren tegenover de Tv-zender Rossiya 24. Volgens de minister is de ‘kwalitatieve groei’ van het BRICS-mechanisme inmiddels dermate hoog, dat de vorming van een politieke alliantie mogelijk is. En die alliantie heeft niet alleen 3 miljard inwoners, maar ook nog eens een veel hogere economische groei dan het feitelijk bankroete Westen.

Lavrov wees er tevens op dat de BRICS veel bondgenoten hebben, met name Argentinië, Mexico en Indonesië. ‘Zij spreken in de G20 met gemeenschappelijke stem met de BRICS om het internationale financiële systeem te hervormen.’ (1)

Val dollar = bankroet Amerika

Met name Amerika kijkt met argusogen naar de vorming van het nieuwe machtsblok. De VS hebben een dermate hoge schuldenlast, dat alleen het in stand houden van de dollar als enige wereldreservemunt de overheid in staat stelt om deze schulden te blijven financieren. Zodra de dollar zijn status verliest, zal deze hoogstwaarschijnlijk fors in waarde dalen, waardoor Amerika vrijwel onmiddellijk bankroet zal gaan.

Oekraïne en het neergehaalde vliegtuig

Volgens sommige analisten is dit de ware reden waarom Washington op het oorlogspad is, waarom er in Oekraïne een staatsgreep werd opgezet, gefinancierd en gesteund, en waarom ogenschijnlijk alles uit de kast wordt getrokken om een militair conflict met Rusland te veroorzaken – misschien zelfs wel het (laten) neerhalen van een vliegtuig met hoofdzakelijk Westerse passagiers.


Xander


(1) Zero Hedge

Zie ook o.a.:

06-07: Amerika drijft Duitsland en Frankrijk in armen van Rusland (/ BRICS-landen zetten serieuze stappen naar antidollar alliantie)
19-06: Kremlin wil wereldwijde anti-dollar alliantie om agressie VS te stoppen (/ ‘Gigantische verliezen voor Europa als EU kant van Amerika blijft kiezen’)
15-06: Grote man achter Putin beschouwt VS als rijk van de Antichrist
08-06: Bijna alle klanten Gazprom ruilen dollar in voor euro
15-05: Rusland dumpt 20% staatsobligaties VS; België koopt juist $ 200 miljard
14-05: Gazprom: Europa moet Russisch gas in roebels gaan betalen
07-04: Adviseur Putin waarschuwt EU voor € 1 biljoen verlies en wereldoorlog
29-03: Obama drijft mensheid naar laatste wereldoorlog

BRICS, puissant contrepoids à l’hégémonie de Washington

 

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BRICS, puissant contrepoids à l’hégémonie de Washington

Auteur : Jornada (Espagne) Traduit de l’espagnol par irisinda
       
 

Les divers événements qui ont eu lieu ces jours derniers dans notre région ont donné un élan important à la nouvelle configuration multipolaire conçue en Amérique Latine et dans les Caraïbes depuis l’arrivée d’Hugo Chavez à la présidence du Venezuela (1999).

Cette nouvelle configuration est favorisée à l’échelle internationale par l’irruption du moteur économique chinois et par la récupération par la Russie (puissance nucléaire de premier ordre) de son indépendance, jointe à une brillante projection géoéconomique de sa richesse en hydrocarbures et à ses efficaces contrecoups aux Etats-Unis à partir de 2008 (échec de la Géorgie pourtant appuyée par Washington et Tel-Aviv, lors de la guerre avec la Russie). Cela est dû aussi à la croissante coordination de ces puissances entre elles et avec les autres membres de l’Organisation de la Coopération de Shanghai de l’Union Economique Euro-Asiatique et du BRICS.

Le sixième Sommet du BRICS à Fortaleza au Brésil fut remarquable par l’assistance des Chefs d’Etats : Dilma Roussef, Présidente du pays hôte, le Brésil ; Vladimir Poutine, de Russie ; Narendra modi, Premier Ministre de l’Inde ; et les Présidents de Chine et d’Afrique du Sud, Xi jinping et Jacob Zuma. Il faut souligner que ces pays ont maintenu à flots l’économie mondiale après la crise de 2008 et que la chine a été le levier de la croissance économique Sud-Américaine.

Avec comme thème « Croissance inclusive : solutions durables », le Sommet a fait trembler les finances internationales avec la création de la Nouvelle Banque de Développement(NBD) du BRICS, avec un capital autorisé de 100 milliards de dollars. L’institution canalisera ses fonds principalement pour l’infrastructure de ses membres sans les exigences de la Banque Mondiale(BM) et du Fond Monétaire International(FMI) contre le bien-être et la souveraineté des peuples.

A cela s’ajoute l’Accord Contingent de Réserve (ACR) au même capital que la NBD, pour protéger les systèmes financiers de ses membres de la volatilité spéculative. Dilma n’a pas écarté la possibilité que des pays en dehors du groupe puissent profiter de l’appui économique des la MBD et du ACR.

Le Sommet a adopté la « Déclaration de Fortaleza » qui censure la Banque Mondiale et le FMI, et met en question, explicitement ou implicitement les schémas idéologiques, économiques et politiques instaurés dans le monde par le Consensus de Washington et le cycle de guerres initié avec les occupations étasuniennes d’Afghanistan et d’Irak. La déclaration de Fortaleza plaide pour un monde d’inclusion et de paix, où règne le dialogue, la solution politique des conflits et le respect des souverainetés nationales sur la base du droit international et – dans une évidente allusion aux Etats-Unis – condamne les actions unilatérales qui « peuvent bénéficier à ceux qui les réalisent mais portent préjudice à la grande majorité ».

Bien qu’elle ne fasse pas directement référence à l’actuelle agression israélienne contre Gaza, elle adopte une posture opposée à celle de Tel-Aviv, Washington et sa comparse Europe dans le conflit Palestino-israélien en exprimant que ce conflit doit se solutionner sur la base des résolutions de l’ONU, dans le respect des frontières de 1967 et considère que la construction de nouvelles colonies juives dans les territoires occupés par Israël constitue un empêchement à toute solution.

Un autre fait remarquable de ce Sommet est la participation, au troisième jour des sessions, cette fois à Brasilia, des pays membres de UNASUR, d’autant plus que Poutine s’était prononcé la veille de son voyage dans la région « pour une Amérique Latine unie, durable et indépendante », ajoutant que le BRICS cherchera à « éviter une partie de chasse des Etats-Unis contre les pays qui sont en désaccord avec eux ».

La tournée latino-américaine de Poutine mérite un chapitre à part pour son énergie amicale et ses résultats indiscutables : annulation de la volumineuse dette que Cuba avait contractée avec l’ex URSS et la concrétisation de dix accords de coopération ainsi que de forts investissements dans le pétrole en eaux profondes et en divers secteurs stratégiques de l’économie cubaine ; de très importants accords avec le Brésil et l’Argentine, tous également dans des secteurs stratégiques comme l’énergie nucléaire, qui donneront un élan au développement économique de chacun de ces pays. Il y a une attente justifiée liée aux imminentes visites officielles du Président chinois Xi Jinping au Brésil, en Argentine, au Venezuela et à Cuba ainsi qu’à sa réunion avec le quatuor de CELAC.

J’inclus dans ce bilan l’organisation très réussie par le Brésil de la Coupe du Monde de football, qui en plus d’avoir dépassé les revenus prévus par le tourisme, ne produisit aucun des scénarios dramatiques pronostiqués par la campagne médiatique impérialiste de mèche avec la droite brésilienne.

Guerre en Ukraine. Les grands média français mentent délibérément

Guerre en Ukraine. Les grands média français mentent délibérément

par Jean-Paul Baquiast
 
N'ayons pas peur des mots. Ils sont volontairement complices d'un mensonge d'Etat. Réfléchissons-y ensemble.


Philippe Grasset vient de publier ce jour un article qu'il faut lire « MH17 et l'insaisissable BUK russe » http://www.dedefensa.org/forum-mh17_et_l_insaisissable_buk_russe_21_07_2014.html  Il cite lui-même un article de Robert Parry, qui dirige et anime le site ConsortiumNews http://consortiumnews.com/2014/07/20/what-did-us-spy-satellites-see-in-ukraine/

Ce dernier , dont la réputation de sérieux n'est plus à faire, évoque des informations à lui fournies par des analystes de la CIA. Les observations d'un satellite de reconnaissance américain montre que le missile BUK ayant détruit l'avion de la Malaysian Airlines avait été tiré d'un site occupé par les militaires du régime de Kiev, paraissant d'ailleurs en état d'ébriété vu les bouteilles de bière vides répandues sur le terrain (Oui, les satellites militaires américains peuvent voir ce type de détail) Some CIA analysts cite U.S. satellite reconnaissance photos suggesting that the anti-aircraft missile that brought down Flight 17 was fired by Ukrainian troops from a government battery, not by ethnic Russian .

Cette information remet immédiatement en cause le discours de tout le monde occidental selon lequel ce serait les pro-russes, et derrière eux Vladimir Poutine, qui auraient causé, involontairement ou volontairement, l'accident. Elle pourrait être critiquée, encore faudrait-il qu'elle soit évoquée. Or, comme je l'ai remarqué dans un commentaire fait à l'article de Philippe Grasset, il est scandaleux que les représentants des médias français, qui comprennent le français et doivent normalement lire tous les jours De defensa, comme je le fais moi-même, n'en aient pas encore parlé. Je doute d'ailleurs qu'ils en parlent ce soir ou demain ou jamais.

Ceci veut dire que ces médias français mentent volontairement à des dizaines de millions de citoyens français. Ils sont complices d'un mensonge d'Etat visant à accuser Poutine d'avoir commis le crime. Ils sont complices aussi d'un autre mensonge d'Etat visant à ne pas rechercher ailleurs les causes de l'attentat, pourquoi pas auprès des troupes spéciales américaines et mercenaires opérant en Ukraine au service de John Kerry, avec l'accord d'Obama.

Comme l'écrit Philippe Grasset, mais renvoyons les lecteur à son article « La dénonciation constante d'un même et seul coupable possible constitue le point stratégique central. Il n'est pas le résultat de quelque chose, quelque processus que ce soit, enquête, etc., mais bien la condition sine qua non, la prémisse fondamentale autour de laquelle le reste doit évoluer tactiquement...Il va sans dire que ce “point stratégique central” est la culpabilité de la Russie, à considérer comme une prémisse, un principe de réflexion et de communication, et nullement quelque chose à établir ou même seulement à affirmer » 

En l'espèce le coupable obligé est non seulement la Russie mais Poutine, et tout doit être fait pour qu'aucune autre hypothèse ne soit émise. Comment s'étonner qu'avec de pareilles désinformations, de pareilles manipulations des opinions publiques, celles-ci ne se résignent pas finalement à la perspective d'une guerre contre la Russie.

Il nous avait semblé ces derniers jours que Merkel et Hollande refusaient d'entrer complètement dans ce jeu. Il semble bien ce soir qu'ils aient renoncé à toute indépendance de jugement vis-à-vis des bellicistes washingtoniens.


21/07/2014

National Nihilism

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National Nihilism

by Mark Hackard

Ex: http://souloftheeast..org

 

Strategies for full-spectrum dominance encompass far more than just military means – their entire point is found in politics, the struggle for power. Movements proclaiming themselves the champions of national salvation thus deserve extra scrutiny, since they might serve precisely the opposite end.

Ever since a US-backed junta seized control of Ukraine in February, the country’s ethnic, cultural and linguistic fault lines have been accentuated to deadly effect. The predominantly russophone south and east have already paid a terrible price for resisting the new liberal-nationalist regime, from a fiery massacre in Odessa to outright war against Donetsk and Lugansk, two regions bordering Russia that have declared their independence. Had Vladimir Putin not moved to secure Crimea, the peninsula today would be suffering an analogous fate. When we consider the atrocities committed against the inhabitants of historical Novorossiya (New Russia), it must be understood that Kiev’s counterinsurgency is far more significant than a local conflict – it is a proxy war the Pax Americana wages against Russia in order to command the Eurasian heartland.

In the quest to “contain” and destabilize Russia, Washington has found willing and eager proxies in Ukrainian nationalists. Longtime enemies of Moscow, outfits like Stepan Bandera’s Organization of Ukrainian Nationalists (OUN) and the Ukrainian Rebel Army (UPA) worked in close partnership with Nazi Germany during the Second World War. With the Reichstag still smoldering and the new Cold War underway, the United States would continue where the Abwehr and SS left off, dropping nationalist agents into western Ukraine to conduct sabotage and guerrilla campaigns against the Soviet government until the early 1950s. The Berlin Wall may no longer stand, but US/NATO employment of Ukrainian nationalists in subversion programs continues to this day. Aside from the $5 billion the US has openly spent over twenty years to suborn Ukraine, it stands to reason that substantial clandestine assets were also dedicated to that objective.

Supported by the CIA as well as Polish intelligence, Kiev has attempted for the past two months to bring the east to heel, yet the regime has little to show for the effort other than dead and wounded in the thousands, while towns such as Slavyansk and Kramatorsk are pulverized under sustained bombardment. The regular Ukrainian army, demoralized, underfunded and under-equipped, hasn’t taken to the repression with the revolutionary fervor expected of them by the junta. Rather, Kiev has relied on the newly-instituted National Guard, foreign mercenaries and paramilitaries bankrolled by billionaire oligarchs like Dnepropetrovsk governor Igor “Benya” Kolomoisky, an ardent Zionist with a business empire reportedly built on ruthless criminality. Filling the ranks of these “special battalions” are motivated but often inexperienced thugs from neo-fascist Right Sector, the group that played a pivotal role in the success of February 22nd’s Maidan putsch. The death squads have proven adept at terrorizing civilians, but they haven’t fared so well in combat with local resistance forces.

Novorossiya and Crimea (South/East), Malorossia and Galicia (North/West).

Possible outcome of the Ukraine crisis: Novorossiya and already Russian Crimea (South/East), Malorossiya-Ukraine and Galicia (North/West).

Underlying the regime’s disastrous attempt to smash the revolt in the east is the utter incoherence of Ukrainian nationalism. Ukraine as a nation-state has all the natural viability of Belgium, for it is an artificial country hopelessly divided within Soviet-era borders. Civil war has erupted because ethnic Russians and culturally Russian Ukrainians, for generations living on traditionally Russian lands, refuse to accede to a poisonous chauvinism demanding the surrender of their religious, cultural and linguistic heritage. The armed ideologues who come to impose “ukrainianization” might as well be foreign invaders seeking to wipe out a subjugated people’s very identity, and this is why bands of rebels in the Donbas are fighting to the knife.

While far from the only case, the fabricated nature of militant Ukrainian nationalism becomes clearer through the lens of great-power competition. The shaping of “Ukraine” (originally Malorossiya – Little Russia – plus Galicia and Volynia) as an entity implacably hostile to “Muscovy” is an ongoing Western geopolitical project launched in the sixteenth and seventeenth centuries, when Poland and the Vatican maneuvered to fracture the unity of Orthodox Eastern Slavdom. From that time and in succession, Austria-Hungary, Germany, and now the United States have all found fostering and further inciting this antagonism as an economical means to undermine and even attack Russia itself. Though foolish and extremely dangerous, America’s latest bid to incorporate Ukraine into the “free world” is thus well-founded in historical precedent.

Also set in historical precedent is US collaboration with fascists. Far from limited to sponsorship of Pinochet-style military governments in Latin America, it’s worth recalling that Wall Street actively financed Adolf Hitler’s rise to Weltmacht. And so today the ultra-nationalists of Ukraine enjoy Washington’s tacit support as they drive to ethnically cleanse the country’s south and east of Russians and attain a pyrrhic victory for their ideology. Since Right Sector, Svoboda and other radical parties are enraptured by the legacy of National Socialism, they would do well to remember not only its fate, but also its dialectical function. The wholesale destruction and dehumanization wrought by Nazism merely cleared the way for the triumph of international capital, which from the end of World War II has enforced its dictates through liberal political economy, cultural Marxism and American military power. As US President Barack Obama elaborated in a recent speech in Warsaw:

We have a solemn duty — a binding treaty obligation — to defend your territorial integrity.  And we will.  We stand together — now and forever — for your freedom is ours.

The banksters are at liberty to subvert, invade and expropriate across the world forever. A key condition for the IMF’s extension of its $18 billion loan to Ukraine is “territorial integrity” – in their war on Novorossiya, nationalists act as the foot soldiers of predatory multinationals. They march not for their fatherland, but for the greater glory of Exxon-Mobil, Monsanto, and Lady Gaga; they are expendable, and so is Ukraine. Fantasies of a state from the Carpathians to the Caucasus seem quaint compared to the vision of planetary rule decreed by the masters of the dialectic, and the parochial nihilism of Bandera’s disciples represents only a transitory stage toward universal enslavement and the dissolution of all peoples.

Globalist elites design their policies according to the classical maxim of divide et impera, yet its esoteric corollary is solve et coagula, the alchemical process applied to entire societies. Behind inane sloganeering on freedom, democracy and human rights lies a relentless desire to destroy. Sovereignty must be ended, sex and the family distorted unto grotesquery, and God usurped by Mammon. The nation – the great extended family – must be annihilated. What the Brave New World needs are neither Russians nor Ukrainians, but demographic biomass engineered for exploitation.

Ukraine’s tragedy provides us a ready example of nationalism manipulated for the benefit of internationalist oligarchs. And Russia must meet its own challenge of upholding traditional identity against the onslaught of the West’s postmodern imperium. The organic, tribal nationalism of the blood can be reconciled with the higher demands of the spirit; such has been the mission of the Church and state in forming a wider Russian Orthodox civilization. In the meantime, the mounting outrages and provocations of the Kiev junta are catalogued for the sake of justice – to be meted out at a time of the Kremlin’s choosing.

jeudi, 24 juillet 2014

L`Isis? Un boomerang in faccia agli Usa

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L`Isis? Un boomerang in faccia agli Usa

L`avanzata del fondamentalismo sunnita da Mosul alle porte di Baghdad per formare un`entità statale islamica in Iraq e in parte della Siria

Lorenzo Moore

In una decina di giorni appena la marcia degli integralisti sunniti dell’Isis - il gruppo che si batte appunto per insediare sui territori dello storico califfato di Baghdad (dal Mediterraneo al Golfo, Kuwait incluso) uno “Stato islamico dell’Iraq e della Siria” – è giunta a ridosso della capitale irachena dopo aver operato assedi e conquiste di intere provincie dell’Iraq del nord, a stento contenuta nelle regioni più periferiche settentrionali dalle milizie curde, da tempo allineate ai desiderata di Washington.
Non è peregrino qui ricordare che per abbattere il regime ba’athista di Saddam Hussein (con la scusa di inesistenti armi di distruzione di massa) le forze di invasione angloamericane, per giungere da Bassora a Baghdad ci misero 22 giorni.
Né è inutile rammentare che di fatto, nel concreto, l’Isis non sia altro che l’ennesimo gruppo integralista sunnita utilizzato dai regimi feudali del Golfo – e indirettamente dagli statunitensi – per  raggiungere lo scopo di “federalizzare” l’Iraq già ba’athista in tre macroregioni nazionali-religiose,  curda a nord, sunnita al centronord e sciita al centrosud. Un obiettivo, diciamo così, allargato due anni fa al finanziamento e all’innesco della guerra civile contro la Siria, l’ultimo bastione sociale e nazionalista arabo ba’athista.
L’Isis, che è attualmente egemone tra i gruppi terroristi islamici più radicali, avendo sul terreno spazzato via o comunque reso inoffensivo l’altro gruppo inizialmente più attivo nella Siria del nord, al Nusra, appare, secondo fonti di intelligence statunitensi, e in particolare nell’analisi del think-tank Usa, Institute for the Study of War (ISW), che ha documentato lo sviluppo decennale (dal 2004, dopo il caos seguito all’invasione atlantica) del gruppo islamico, che pretende rifondare un califfato basato sui canoni della Sharia, inizialmente formato da quadri medi sunniti già ba’athisti. Nel rapporto dell’ISW viene tra l’altro messa in rilievo la potente capacità di “relazioni” e di “stampa e propaganda” dell’Isis e viene ripresa e pubblicizzata una sua ponderosa “nota” che riepiloga la sua forza, la sua organizzazione, le sue azioni sul terreno vantate e presumibilmente reali.
In sintesi l’Isis auto dichiara di avere una forza, attuale, di 15.000 combattenti, dei quali la gran parte arruolati nella jihad non solo in Iraq o Siria, ma nei diversi Paesi mediorientali ed europei (2000 circa , secondo una stima, quelli arruolati nel nostro continente).
Nella nota dell’Isis estratta dal centro studi Usa, si focalizza il periodo tra il novembre 2012 e lo stesso mese del 2013.
L’Isis si attribuisce 9540 attacchi in Iraq, 1083 assassinii, 4000 attentati circa, la liberazione di centinaia di prigionieri reclutati dai fondamentalisti dalle carceri irachene.
 
L’ISW statunitense riporta un commento di Nigel Inkster, già vicecomandante del MI6 britannico che sottolinea l’importanza e la solidità organizzativa, militare e politica, e finanziaria del gruppo jihadista sunnita. Negli Usa il parlamentare Michael McCaul, presidente del comitato congressuale di Sicurezza Nazionale, ha definito l’emergere dell’Isis – che controlla ormai sia Mosul (seconda città irachena) che Tikrit, “la più grave minaccia dopo l’11 settembre 2001”. Non a caso un pastore-missionario evangelico, Elijak Abraham, dal canto suo ha dichiarato che l’Isis “è un’estensione di al Qaida). C’è da notare che con la sua brutale avanzata in Iraq (lo stesso Isis ha infatti diffuso ferocissimi immagini e filmati, con atrocità commesse ai danni, in particolare, delle minoranze religiose: è ormai generale, ad esempio, il doppio esodo dei cristiani caldei nell’enclave di Ninive e degli sciiti nei quartieri di Baghdad) il gruppo terrorista radicale ha comunque indebolito il suo dominio nella provincia siriana a ridosso della frontiera irachena.
Al contrario di quanto  appare dalle reazioni “stupite” delle istituzioni di sicurezza nazionale statunitensi e britanniche, di fatto e in realtà l’Isis appare dunque il risultato-boomerang della vergognosa aggressione angloamericana.
Il cosiddetto Stato Islamico di Iraq e Siria è infatti una fedele “trasposizione” sul terreno del progetto Usa di trasformazione degli Stati nazionali siriano e iracheno nelle tre diverse identità statali territoriali sunnita, sciita e curda.
Un divide et impera geopolitico immaginato dagli Usa su diretto “consiglio” di Israele.
 


19 Giugno 2014 12:00:00 - http://rinascita.eu/index.php?action=news&id=23506

Moscou, coupable idéal...

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Moscou, coupable idéal...

Le billet de Patrick Parment

Ex: http://synthesenationale.hautetfort.com

A l’heure même où les Israéliens mènent une énième opération militaire contre les Palestiniens à Gaza, on apprend qu’un avion de la Malaysia Airlines était abattu au-dessus du territoire ukrainien. Aussitôt la presse « occidentale » a accusé la Russie, et donc Vladimir Poutine, d’en être indirectement responsable en raison de son soutien à la résistance prorusse qui sévit dans l’Est de l’Ukraine.

Voici qui ne manque pas de nous laisser perplexe. Pour la bonne raison que l’on ne voit guère l’intérêt de Poutine dans cette affaire, pas plus d’ailleurs que celui des prorusses ukrainiens.

En revanche, plusieurs arguments militent en faveur d’une provocation « occidentale. D’autant que le régime du plus que douteux Piotr Porochenko est entièrement à la botte de toute la clique occidentale et à son désir d’amarrer l’Ukraine à l’Europe comme le souhaitent aussi les Américains. Ce qui est un mauvais calcul et dénote du peu de discernement du pouvoir ukrainien. Passons.

On rappellera également qu’Israël a envoyé des « observateurs » à Kiev au tout début des événements qui ont entraîné la chute de Viktor Ianoukovitch et que ceux-ci ne semblent pas avoir déserté le terrain. D’autant que les Israéliens ont tout lieu d’être actif dans une guerre larvée contre la Russie en raison de son soutien à l’Iran.

Pour les Américains, ce n’est pas leur coup d’essai dans cette région du monde où leurs « services » sont très actifs. Affaiblir la Russie, déstabiliser ses « marches » parce qu’elle n’entend nullement se soumettre à la dollarisation outrancière du monde, telle est la ligne géopolitique américaine.

Hasard du calendrier, Vladimir Poutine était de retour d’une réunion des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à Fortaleza au Brésil où ces pays ont décidé de se doter d’une banque à hauteur de 100 milliards de dollars (voire plus) afin de se mettre à l’abri des crises du marché financier. En un mot, se protéger des aléas du dollar. Ce qui n’est pas fait pour plaire à Barack Obama, on s’en doute.

Enfin, il y a l’argument technique. Pour atteindre un avion à 10 000 mètres d’altitude, il faut un missile sol-air plutôt sophistiqué. On a cité un missile du type « Buck ». Or, ce genre d’engin nécessite la participation d’une soixantaine de personnes avant de pouvoir appuyer sur le bouton meurtrier. Il ne semble pas que la résistance prorusse soit en mesure d’aligner de tels techniciens. Il semble bien que nous soyons face, une fois de plus, à une provocation « occidentale » afin de discréditer Moscou. Et pour Israël de faire diversion et de minimiser l’opération de nettoyage dans les territoires palestiniens.

Spaanse luchtverkeersleider in Oekraïne zag twee jachtvliegtuigen bij Boeing

Spaanse luchtverkeersleider in Oekraïne zag twee jachtvliegtuigen bij Boeing

Wrakstukken bewijzen dat toestel niet door luchtdoelraket werd vernietigd’


Sporen van kogelgaten op een stuk van de vleugel zouden er op kunnen wijzen dat het toestel inderdaad is neergeschoten door een jachtvliegtuig.

Het begint er hoe langer hoe meer naar uit te zien dat het neerschieten van de Maleisische Boeing 777 een rasechte false-flag aanslag was, gepleegd door Oekraïne, mogelijk in opdracht van het Westen, of in ieder geval om het Westen tot ingrijpen tegen Rusland te dwingen. Foto’s van de wrakstukken van het toestel wijzen uit dat het vrijwel zeker niet getroffen kan zijn door een BUK-luchtdoelraket, zoals het Westen beweert. En waarom werden de tweets van een Spaanse luchtverkeersleider ter plekke, die bij de Boeing twee Oekraïense jachtvliegtuigen had waargenomen, haastig van het internet verwijderd, inclusief zijn complete Twitter-account?

‘El avión B 777 voló escoltado por 2 cazas de ukraine hasta minutos antes, de desaparecer de los radares’, twitterde Manu Abu Carlos, werkzaam als luchtverkeersleider in de buurt van de hoofdstad Kiev. Vertaald: ‘Tot enkele minuten voordat het van de radar verdween werd het B 777 vliegtuig door 2 Oekraïense jagers geëscorteerd.’

 

Carlos’ Twitteraccount, die sinds augustus 2010 in de lucht was en 10.400 tweets bevatte, werd snel verwijderd, maar niet voordat er screenshots van zijn tweets konden worden gemaakt. Ook op archive.org zijn de berichten nog te vinden. Natuurlijk wordt er her en der beweerd dat zijn account en/of zijn berichten vals waren. Jammer genoeg valt dat niet te controleren.

Wrakstukken komen niet overeen met raketexplosie

Er zijn hoe dan ook meer aanwijzingen dat de Westerse lezing (weer) niet klopt. De Maleisische Boeing zou door een Russische BUK-raket zijn getroffen, maar de wrakstukken laten zien dat dit niet het geval kan zijn. Een BUK raket zoekt namelijk geen hittebron zoals een motor, maar wordt per radar naar zijn doel geleid. Vlak bij het doel aangekomen ontploft de raket, waardoor er een grote zwerm metaaldeeltjes op het vliegtuig worden ‘afgevuurd’, waardoor dit wordt verpulverd.

Dat betekent dat de Boeing al hoog in de lucht uit elkaar moet zijn gevallen. Dat dit niet is gebeurd, is te zien aan de beide motoren, die dicht bij elkaar op de grond en zelfs nog in hun oorspronkelijke positie aan de voormalige vleugels liggen. De romp moet daarom tot aan de crash heel zijn gebleven. Daarom kan het toestel zo goed als zeker niet zijn geraakt door een BUK-raket.

Ander argument is het afvuren van zo’n raket enorm veel lawaai maakt en op grote afstand is te horen. Er zijn echter nergens ‘oor’getuigen te vinden die ook maar iets van een raket hebben gehoord of gezien.

Sporen van kogels op vleugel

Bovendien zijn op een foto van een deel van de linkervleugel sporen te zien die heel goed inslaggaten van kogels zouden kunnen zijn. Het lijkt er op dat een jachtvliegtuig van links achter de Boeing het vuur heeft geopend op de cockpit, waarbij de kogels de linkervleugel hebben geschampt.

 

De bewoners van het dorpje Hrabove zeiden echter dat ze een straaljager hadden gezien die raketten zou hebben afgevuurd. Het kan natuurlijk ook zo zijn dat ze het kanon van een jachtvliegtuig hebben gehoord en gezien, en dat hebben verward met luchtdoelraketten. (1)

 

Xander

(1) Friedensblick.de

Zie ook o.a.:

20-07: Geheime dienst Oekraïne neemt gesprekken met piloten MH-17 in beslag
18-07: Ooggetuigen: Maleisische Boeing neergeschoten door straaljager
18-07: Neergeschoten Maleisisch toestel: Sarajevo 1914 op herhaling?

Israël et l'Arabie saoudite : une alliance forgée dans le sang des Palestiniens

Israël et l'Arabie saoudite : une alliance forgée dans le sang des Palestiniens

Auteur : David Hearst   
 

 

Cette alliance israélo-saoudienne est forgée dans le sang, le sang palestinien, le sang, ce dimanche, de plus de 100 victimes dans Shejaiya, écrit David Hearst.

L'Arabie saoudite est dirigée par une clique de vieillards cacochymes, dignes représentants d'une caste qui s'accapare la rente pétrolière et se maintient au pouvoir par tous les moyens...

Il y a beaucoup de mains derrière l'attaque de l'armée israélienne sur la bande de Gaza. L'Amérique n'est pas malheureuse de voir le Hamas devoir supporter tant de coups. Alors que les images des scènes de carnage dans les rues de Shejaiya venaient d'être diffusées, John Kerry a déclaré sur ??Meet NBC le même jour qu'Israël avait le droit de se défendre, et l'ambassadeur américain Dan Shapiro a déclaré sur la chaîne israélienne Canal 2 que les États-Unis feraient en sorte que les forces modérées soient [après le conflit] dominantes dans la bande de Gaza, ce qui veut dire [qu'Israël amènerait dans ses fourgons] l'Autorité palestinienne.

L'Égypte n'est pas non plus écrasée de douleur. Son ministre des Affaires étrangères Sameh Shoukry a tenu le Hamas pour responsable de la mort des civils, après que le mouvement ait rejeté le cessez le feu [concocté par l'Égypte et Israël et totalement à l'écart du Hamas - NdT].

Un troisième partenaire non déclaré dans cette alliance contre nature a cependant donné un feu-vert à Netanyahu, le couvrant à l'avance pour une opération militaire d'une telle férocité. Nous ne parlons pas d'un allié aussi impuissant que les États-Unis, car cette autorisation ne peut venir que d'un État arabe.

L'attaque sur Gaza a été lancée avec une approbation royale saoudienne.

Ce mandat royal n'est rien de moins qu'un secret de polichinelle en Israël et l'ex-ministre de la défense comme celui qui est en fonction en parlent de façon très ouverte. L'ancien ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz a surpris le présentateur sur Canal 10 en disant qu'Israël devait attribuer un rôle à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis dans la démilitarisation du Hamas. Interrogé sur ce qu'il entendait par là, il a ajouté que des fonds de l'Arabie saoudite et des Émirats devraient être utilisés pour reconstruire Gaza une fois le Hamas anéanti.

Amos Gilad, homme-clé au ministère israélien de la défense dans les relations avec l'Égypte de Moubarak et aujourd'hui directeur du département israélien des relations politico-militaires, a déclaré récemment à l'universitaire James Dorsey : « Tout est souterrain, rien n'est public, mais notre coopération sécuritaire avec l'Égypte et les États du Golfe est unique. C'est la meilleure période de sécurité et de relations diplomatiques avec les pays arabes ».

Les félicitations sont réciproques. Le roi Abdallah a fait savoir qu'il avait téléphoné au président Abdel Fattah El-Sisi pour approuver une initiative égyptienne de cessez-qui n'avait même pas soumise au Hamas, ce qui a incité des analystes cités par le Jerusalem Post à se demander si un cessez-le feu avait été sérieusement proposé.

Le Mossad et les responsables saoudiens du renseignement se réunissent régulièrement. Les deux côtés se sont concertés lorsque l'ancien président égyptien Mohamed Morsi était sur ??le point d'être déposé en Égypte, et ils sont main dans la main en ce qui concerne l'Iran, à la fois dans la préparation d'une attaque israélienne qui traverserait l'espace aérien saoudien, et dans le sabotage du programme nucléaire.

Il y a même été dit de bonne source que les Saoudiens financent l'essentiel de la très coûteuse campagne d'Israël contre l'Iran.

Pourquoi l'Arabie Saoudite et Israël font-ils à ce point bon ménage ? Pendant des décennies, les deux pays éprouvaient une sensation identique quand ils regardaient autour d'eux : la peur. Leur réaction a été similaire. Chacun sentait qu'ils ne pouvaient se prémunir contre ses voisins en les envahissant (Liban, Yémen) ou par le financement de guerres et coups d'État (Syrie, Égypte, Libye). Ils ont des ennemis ou rivaux en commun : l'Iran, la Turquie, le Qatar, le Hamas dans la bande de Gaza, et les Frères musulmans ailleurs. Et ils ont des alliés communs : les lobbys militaro-industriels américains et britanniques, l'homme fort du Fatah et l'atout des États-Unis Mohammed Dahlan qui a essayé autrefois de prendre le contrôle de Gaza et qui serait probablement prêts à le faire à nouveau.

La différence aujourd'hui, c'est que pour la première fois dans l'histoire de leurs deux pays, une coordination militaire a été mise en place. Le prince Turki, neveu du roi Abdallah, est le visage public de ce rapprochement rendu visible par la publication d'un livre sur l'Arabie écrit par un universitaire israélien. Le prince s'est rendu à Bruxelles en mai pour rencontrer le général Amos Yadlin, l'ex-chef du renseignement israélien qui a été inculpé par un tribunal en Turquie pour son rôle dans l'abordage du Mavi Marmara.

On pourrait faire valoir qu'il n'y a rien de sinistre dans l'implication du prince Turki dans le débat israélien et que ses motivations sont à la fois paisibles et louables. Le prince est un fervent partisan d'une initiative de paix proposée par le roi saoudien Abdallah. L'Initiative de paix arabe soutenue par 22 États arabes et 56 pays musulmans aurait effectivement été une base pour la paix si Israël ne l'avait pas ignoré il y a quelques 12 ans.

Le prince Turki est très lyrique sur les perspectives de paix dans un article publié par Haaretz. Il y écrit : « Et quel plaisir ce serait d'être en mesure d'inviter non seulement les Palestiniens mais aussi les Israéliens que j'allais rencontrer de venir me rendre visite à Riyad, où ils pourraient alors visiter ma maison ancestrale dans Dir'iyyah, qui a souffert aux mains de Ibrahim Pacha le même sort qu'a subi Jérusalem aux mains de Nabuchodonosor et des Romains ».

C'est les moyens utilisés, pas la fin en soi qui exposent le véritable coût humain de ces alliances. La promotion par le prince Turki de l'Initiative de paix arabe se fait au prix de l'abandon par le royaume de son soutien historique à la résistance palestinienne.

L'analyste saoudien Jamal Khashogji fait ce même constat quand il parle en langage codé du nombre d'intellectuels qui attaquent la notion de résistance : « Malheureusement, le nombre de ces intellectuels ici en Arabie Saoudite est plus élevé que la moyenne. Si une telle tendance se poursuit, elle va détruire la louable prétention du royaume d'avoir soutenu et défendu la cause palestinienne depuis l'époque de son fondateur, le roi Abd Al-Aziz Al-Saoud ».

La paix serait en effet la bienvenue pour tout le monde, et surtout pour Gaza en ce moment. Mais les moyens par lesquels les alliés d'Israël en Arabie saoudite et l'Égypte veulent y arriver, en encourageant Israël à donner au Hamas un coup fatal, amènent à douter de ce qui se trame vraiment. Le père de Turki, le roi Faisal bin Abdulaziz se retournerait dans sa tombe s'il voyait ce que son fils fait en son nom.

Cette alliance israélo-saoudienne est forgée dans le sang, le sang palestinien, le sang, ce dimanche, de plus de 100 victimes dans Shejaiya.


- Source : David Hearst

mercredi, 23 juillet 2014

Geostrategic Battles for control of the Heartland

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Chechnya and the wars in the nineties: Geostrategic Battles for control of the Heartland

Chechen separatism and Chechen wars (1994-1996 and 1999-2000) are part of the process of anti-Eurasian  dissolution developed by Atlanticist strategists in the post- Soviet period. The Russian Federation is historically since Tsarist times a large-continental, integrating and tellurocratic state, an imperial power ... and a multi-ethnic state. In addition to the Slavic Russians, there are many other peoples living in the Russian Federation, and each enjoys a considerable degree of autonomy in their respective republic or oblast (region), with the absolute freedom to practice their religion or to use their language at an institutional level. 
 
Turkic people like the Tatars or Bashkirs, Mongol peoples like the Tuvans or Yakut, Caucasian like Chechen or Ingush... Christians, Muslims , Buddhists or adherents of ancient shamanism. There is even a Jewish Oblast near the Chinese border, whose capital is Birobidzhan .
 
Shortly after the final collapse of the USSR in 1991, not still satisfied with having achieved the breakup of the Soviet republics, the international Atlanticist thalassocracratic conspirators also attempted to dismember the Russian Federation, starting with the destabilization of the Caucasus. While in the Balkans they were destroying Yugoslavia, and while Russia was being sacked by massive capital evasions to the "west" and was being vampirically weakened by cosmopolitan oligarchs that privatized large national industries and by the implementation of ultra-liberal reforms to establish parasitism, a separatist subversion began in Chechnya, which later should (according to the  thalassocratic - globalist plans) then also extend to other republics, especially those with a Muslim majority, by the infiltration of Saudi Wahhabism. The goal was not only to dismantle the USSR, but also the Russian Federation.
 
The Chechen people
 
The Chechens are an ancient people located in the North Caucasus since at least 5000 years. The Caucasus has always been a region of great geostrategic importance because historically in this region three rivalizing Empires had their borders: Russia, Ottoman Turkey and Persia.
 
Being a mountain people (like the Basques in Spain, the Albanians in the Balkans or the Kurds in the Middle East) Chechens as well as other peoples of the North Caucasus (mainly Ingush and Dagestani) remained isolated for centuries and developed without foreign interference their particular idiosyncrasy, which includes a language of unknown origin without any apparent relationship with other languages spoken outside that area. They had contact with neighboring peoples such as the Alans (Ossetians), Georgians and with Byzantine culture and with the Terek Cossacks. 
They were lately Islamized and kept syncretistically in Islam particularities of their ancestral religion. Therefore, the traditional Caucasian Islam, although formally adhering to the Sunni  Hanafi school, incorporates ethnic elements that differentiate it from the mainstream Arab Sunnism.
 
Sufism is also extremely popular in the Caucasus. The two main tariqas (brotherhoods) are present: Naqshbandiyya is mostly in eastern Chechnya and Daghestan, while Qadiriyya has more adherents in western Chechnya and Ingushetia. One of the ritualistic differences between the two streams is the way to do the zikr; "Memory (of  the name of Allah)" a mystical practice of pronouncing the shahada - "la illah has illa'Allah " - , ritually , in a rhythmic and repetitive way until reaching a state of trance; this practice is analogous to the recitation of mantras of Hinduism and Buddhism; or to the Hesychasm in Orthodox Christianity.
 
While the Naqshbandi Sufis practice the zikr sitting in a state of stillness, the qadiris move rhythmically and sometimes run in a circle around an imaginary axis. (The Black Stone of the Kaaba?). In Chechnya there are 5% of Christians, most of them of Cossack origin.
 
The Chechens call themselves "Vainakh " or "nokhchiy" , which means "our people". Their language belongs together with the Ingush and Dagestani , to the nakh (Ibero-Caucasian) languages. Throughout history they have used Georgian, Arabic, Latin and Cyrillic alphabets. Ethnically they are of Caucasoid type, and they have societal similarities to the Avars and Alans.
 
The Alans, ancestors of today's Ossetians, are an ethnic group of Iranian origin that partially moved westwards after the invasions of the Huns,  reaching the Iberian Peninsula, after joining on the way Germanic tribes such as the Vandals and the Swabians. According to the Encyclop?dia Iranica, Alans contributed along with the Goths to name Catalonia (Got- Alania).
 
The Chechens have the haplogroup J2, mainly associated with the Mediterranean and the Fertile Crescent. They are genetically closer to the Basques or Britons than to the Slavs. In fact, they are by blood as close to the Basques as to the Ingush. Apparently, they are also associated with the mythical Cimmerians (equestrian nomads of the Caucasus and the Caspian Sea region, in which the writer Robert E. Howard found inspiration to create his character Conan the Barbarian), with the Sarmatians and the Assyrian-Hittite Kingdom of Urartu (cradle of the Armenian people).
 
After World War II, they were deported en masse to Kazakhstan and Kyrgyzstan on Beria's orders; on accusations of having collaborated with the Axis.
 
The Chechens are historically a martial society organized in teips (clans), with a significant agrarian culture and attachment to the land.
 
The social structure is made based on nekye (families) integrated into gar (branches), which form the teip (clans), organized  in tukhum (web or union of clans).
 
They have a social code of honor: the nokhchallah (whose core values are morals, ethics, generosity, hospitality and protect women).
 
They all mythically descended from the same man, the Turpalo - Nokhchuo. The wolf is the national animal.
 
Religion
 
Religion is very much influenced by the Caucasian ethnic idiosyncrasies, so the traditional Chechen Islam syncretistically integrates elements of their ancestral spirituality.
 
Many Chechens and Ingush refer to God as Dela (instead of Allah), which is the supreme god of the Pantheon in the pre-Islamic period, comparable to the Greek Zeus or Wotan for the Germans.
 
There is a popular saying: "The Prophet Mohammad may have been an Arab, but God is a Chechen for sure".
 
The Wahhabism which was infiltrated during the '90s sought to "de- chechenize" Islam in Chechnya, imposing their demented satanic/globalist ideology of a Saudi-kind "universal caliphate". In addition, the emergence of Wahhabi separatism caused that secular nationalist idea was abandoned for the pan-Islamism (from "Republic of Ichkeria" to "Caucasus Emirate"). This caused many former secessionist militants (including Ahmad Kadyrov himself, father of Ramzan) to switch to the side of the Russian Federation after realizing what "independence" actually meant.
 
Post-Soviet separatism in the North Caucasus region
 
The idea of Chechen separatism (using subversive Islamic extremism and foreign mercenaries) was resurrected in the early '90s in the process of Soviet disintegration. The international plutocracy with the geopolitical goal of dominating the Eurasian Heartland, wanted to promote not only the dissolution of the tellurocratic, bi-continental and imperial power of the USSR, but also the dismemberment of the Russian Federation. Chechnya thus became the scene of a global battle between the two opposing geopolitical conceptions; corrosive globalism against the multipolarity of the large blocks; imperialism ("divide and conquer") against the Empire (federal autarky and integration).
 
In October 1991; Soviet ex - general and president of the Chechen Republic Dzhokhar Dudayev made a unilateral declaration of "independence", proclaiming the "Republic of Ichkeria ". His intention was to turn Chechnya into his personal feud, and to do so he was helped with covert CIA support.
 
For centuries, Chechens traditionally always devoted to the profession of soldier. The demobilization of the Red Army in the post- Soviet years led many to unemployment.
 
With Dudayev, who as a Soviet military man had never resided in the land of his ancestors, Chechnya became a haven for organized crime as it would later became Kosovo. The oligarchs were very involved in the illegal business with Chechnya, especially Boris Berezovsky. Dudayev came to threaten Russia with a terrorist campaign against its nuclear plants. Grozny's airport became a transit point for world heroin trade. 
 
In the previous decade, Dudayev had participated in the war in Afghanistan against the Mujahideen, but paradoxically he and his successors would later use them in Chechnya. He was not an Islamist as Basayev and Umarov, but he lacked scruples and in order to realize his aspirations of "independence", he allied with Saudi Arabia (soon establishing in Chechnya a network of mercenaries through Prince Bandar) and Turkey (member country of NATO). He is the Izetbegovic or Thaci of the Caucasus. 
 
He was an ally of the anti-Soviet Estonian nationalists (while his successor Aslan Maskhadov repressed them). In summer 1992, Dudayev made trips to Saudi Arabia and the UAE for support. Also to Turkey and Bosnia.
 
Berezovsky was an associate of Chechen gangsters. In 1993 he flew to Tel Aviv, and acquired Israeli citizenship without having to give up the Russian one.
 
General Alexander Lebed (who died in a mysterious "plane crash") stated that Berezovsky was responsible for the "peace negotiations" in Chechnya doing everything possible to make them fail.
 
Lebed : "After the signing of the peace accords of Khassaviurt [ ... ] Berezovsky came to see me and tried to intimidate me. When he realized that it was not possible to scare me, he simply said, "you have spoiled an amazing business. Everything was going so well. Were they killing each other? So what? They always have and will continue to do so anyway."
 
Salman Raduyev was a friend of Berezovsky. Ramzan Kadyrov declared years later that Berezovsky financed terrorists back in 1996 and 1997: "He could not afford to just give them the money, so (Berezovsky) invented the following mechanism: He asked (Raduyev and Basayev ) to kidnap people and he would pay the ransom: "I will receive good publicity and you will have the money". (Source: http://rt.com/politics/berezovsky-financed-terrorists-by-paying-ransoms-chechen-prez/)
 
Looter oligarchs like Berezovsky or Gusinsky, in those turbulent years, contributed to emphasize the precariousness of the Russian people and to spread misery; these plutocrats also collaborated with international high finance that sought to dissolve not only the USSR but also the Russian Federation.
 
Geoenergetic Question: There are not the natural resources of Chechnya which matters most to the Russians, but the network of oil pipelines in the Caspian sea. USrael steals oil from Russia through Georgia and Azerbaijan. Baku- Novorossiysk.
 
In 1993 Dudayev announced that Chechen language would stop using the Cyrillic alphabet and would begin to use the Latin one; also they stopped teaching Russian in schools.
 
Meanwhile, Chechen political groups from within the republic opposed his regime and decided to ally with Russia.
 
The first war to regain Chechnya took place between 1994 and 1996, ending with a ceasefire. Dudayev died in 1996 after being hit by a missile during the war.
 
Aslan Maskhadov came to power in 1997, he wanted to maintain the "sovereignty" and continue pressuring Moscow (which had enough economic problems on their own because of the parasitical oligarchs) to rebuild the country. Russia continued to send money for the rehabilitation of the republic, to build schools and hospitals, but most of the money was taken by the separatist authorities and the warlords who keep the money for themselves.
 
Formally, "Ichkeria" was still part of Russia, and enjoyed government subsidies and participation in the Russian financial system (their "independence " was UNILATERAL), but it did not contribute at all to the Federation. It was beyond the control of the customs bodies and of the Russian security forces. In a concession to the Islamists, Maskhadov decreed the imposition of Sharia in 1999. Chechnya began increasingly to become a Caucasian version of Taliban Afghanistan.
 
The second war began in July 1999 with the invasion launched by Basayev and Arab mercenary Khattab against Dagestan from Chechnya; with the complicity of Maskhadov, with the scope of also separating Dagestan from Russia and integrate it into the "Republic of Ichkeria" as a potential " Islamic emirate". In September, terrorist acts in Moscow apartment caused over 300 deaths.
 
Proponents of the conspiranoic theory that the bombs in the apartment were a "false flag" of the FSB, have connections with Berezovsky (Litvinenko, Kasparov, etc). The most rabid Zionist neocon hawks in Washington are also adherents of this real "conspiracy theory". A major case of PROJECTION (attributing to the crimes they themselves commit or the own ways of doing things to the adversary) is seen here: The same ones who affirm that after the bombings in Moscow apartments were Russian secret services to have an excuse to intervene in Chechnya, are the ones defending tooth and nail the "official version" of 9/11.
 
The Russian intervention in Chechnya in 1999 drew criticism (and even economic sanctions) from Washington, accusing Moscow of "violating human rights", urging the Russian government to "engage in dialogue" with the "moderate" Maskhadov. The State Department of the U.S. received in January 2000 none other than Ilyas Akhmadov, cabinet member of the separatist regime of "Ichkeria". Meanwhile, oligarch Vladimir Gusinsky (like Berezovsky also an Israeli citizen), owner of Media -Most and NTV channel, performed in Russia itself a media campaign in line with the Atlanticist view, attacking the "barbarism" of the Russian Army and the "war crimes" (obviously only the ones of the pro - Federation forces, systematically ignoring the atrocities perpetrated by the Chechen "rebels" - In Chechnya, as today in Syria, there were also two types of "combatants" : the "extremists" of  "Al Qaeda" (of which nobody was still speaking in the West, because this was before 9/11) and the "moderate" Maskhadov (analogous to current members of the "FSA"). 
 
Instead, the pro-Federation Chechens (which were increasing in numbers) were systematically ignored by the media (both Western and "Russian" - ie oligarchic - media, as the aforementioned Media-Most of Gusinsky). It was thus intended to give the public the wrong perception that it was a conflict of "Russians against Chechens" (of "evil imperialist Russians against poor Chechens who just wanted freedom"); when in fact it was a geopolitical conflict between supporters of the Federation and sympathizers of secessionism (among them less and less civilians and increasingly more militant Wahhabis - many of them foreigners - as well as organized crime figures and, of course, those who always benefit from the "divide and conquer".
 
Political analyst F. William Engdahl said that if Russia had not intervened in Chechnya between 1999 and 2000; the US would have had the excuse after the attacks of 9/11 and the invasion of Afghanistan, to directly interfere in the North Caucasus (ie in the Russian Federation) alleging that the region could serve as a refuge to Bin Laden and Taliban leaders, after "not having found" them in Afghanistan.
 
Raduyev mantained that Dudayev (officially dead since 1996) was still alive, and gave orders for the "liberation of the Caucasus" from a secret NATO base in Turkey ( ! ). In 1999 Raduyev , whom the effects of an explosion had deformed the face, went to get plastic surgery to Germany (!) He got titanium implants, so they nicknamed him "Titanic" and "Michael Jackson". In 2000 he tried to assassinate Georgian President Eduard Shevardnadze, who a few years later was to be overthrowed by one of those colored revolutions of the post -Soviet space, and replaced with the more “cooperative” puppet Saakashvili.
 
In retaliation for the terrorist bombing of the Moscow apartments in September 1999, air strikes were carried out by Russia against the regime of "Ichkeria", and ground attacks in October. The Russian reaction, coordinated by Putin, was much better planned and executed than in the first war in 1994.
 
Since 2000, the separatists had access to sophisticated radars and anti-aircraft batteries (made in USA) . Georgia 's border with Chechnya was used to smuggle weapons and mercenaries for the CIA (perhaps the attempt to assassinate Shevardnadze in 2000 had something to do with his refusal or resistance to it?). In Taliban Afghanistan (with which "Ichkeria" had optimal contacts) there were trained terrorists for the " jihad" in Chechnya , with the help of the Pakistani ISI. Among them was Basayev, possible CIA agent.
 
Individuals like Zbigniew Brzezinski and Richard Pipes cynically criticed the "invasion" and "genocidal atrocities" supposedly committed by Russia in Chechnya (while, at the same time, the U.S. was planning and executing a TRUE invasion, that of Iraq) , and demanded  through the "American Comitee for Peace in Chechnya " (ACPC ) and other globalist organizations such as the "National Endowment for Democracy" (NED ) that Moscow should "negotiate" with the "moderate" Maskhadov government, even to the point of proposing to Chechnya "formal independence" under international supervision ( ! ) - see for example the article "Give Chechens a land of Their Own" (The New York Times, 9.9.2004 ) or "The Great Chessboard" (p. 88-89) of Z. Brzezinski.
 
In 2005, the U.S. television network ABC aired an interview with the head of the Chechen terrorists Shamil Basayev, one of the main responsibles for the slaughter of children in school in Beslan (North Ossetia) in September 2004. When the Russian Ministry of Foreign Affairs expressed outrage about it, the US State Department said that the TV channel is backed by the "freedom of expression".
 
On March 7, 2006 a group of prominent characters of high finance and Western politics published an open letter in the media where they continued the anti-Russian hysteria, comparing the take of Grozny with Hitler's attack against Warsaw in 1944, condemning the "neo -colonial" behavior of Russia and urging to take "drastic measures" against the Russian government. The letter was entitled "End the Silence over Chechnya" and was signed, among others, by none other than the founder of the Open Society Institute George Soros, the French Zionist Andre Glucksmann or Saudi Prince Hassan Bin Talal .
 
At events like the G-8 conference in St. Petersburg in June 2006 or during the parliamentary elections of 2007, the Atlanticist lobby continued hostile anti-Russian statements and media campaigns through individuals like John McCain, Tom Lantos (one of the largest media agitators for the first invasion of Iraq in 1991, propagandist of the incubators-myth) or Ileana Rose-Lethinen, who accused Putin of "authoritarianism" , "corruption", "mysterious explosions in Moscow apartments " and "invasion of Chechnya".
 
Afghan Taliban recognized Ichkeria in 2000; also "Ukrainian nationalists" and Poland. Because of the Ukrainian conflict, it is now common knowledge that criminals of "Pravy Sektor" ( UNA / UNSO ) had ( and have) excellent connections with Wahhabi terrorists in the Caucasus; and that there even were Ukrainian fighters on the side of Dudayev?s separatists, such as Alexander Muzichko a.k.a. Sashko Biliy, while Pravy Sektor?s chief Dimitri Yarosh called for help from Doku Umarov. Ukrainian chauvinists are also fiercely anti -Serb ; recently it came to light that Croatian war criminals "coincidentally" acquitted at The Hague like Ante Gotovina have traveled to western Ukraine to train and advise the anti - Russian militias. (See: http://theremustbejustice.wordpress.com/2014/03/06/the-bloody-croatian-generals-acquitted-by-the-hague-tribunal-took-over-the-ukrainian-land-forces/ )
 
In June 2000, Putin appointed former chief mufti Ahmad Kadyrov head of the Chechen government, and the reconstruction of the Republic from the ashes began. Kadyrov had initially supported the secessionists in the early '90s, but stopped after discovering how talassocracy was instrumentalizing Chechen nationalism, and especially seeing the rise of insane Saudi Wahhabi ideology and the havoc it caused in the Caucasus - also after realizing that protecting ethnic idiosyncrasy and self-determination of the Chechen people were not at all incompatible with integration into the Russian Federation, a great continental power composed of diverse peoples and that had nothing to do with the oppression of the Soviet past. What was bad in the USSR has been reincarnated in (or transferred to) the "EU" and not to the New Russia - that's what many "nationalist" (especially Ukrainians, but also Baltic and Western) do not understand.
 
Following the takeover of Kadyrov and the beginning of the rebuilding of the country, about 7,000 former separatist passed to the federal side.
 
In 2003 it was approved a new Chechen constitution after a referendum; which gave the Republic a significant degree of autonomy.
 
In March 2004 Ahmad Kadyrov was murdered; the "moderate" Maskhadov said "he got what he deserved". Alu Alkhanov succeeded him as the head of the Chechen government, and the following year, in December 2005, he was replaced by Kadyrov 's son Ramzan, who continues to lead the Republic until today.
 
Beslan massacre
 
September 2004: Beslan, North Ossetia , 1100 hostages,  331 killed (186 of them children). The terrorists were drug-addicts used by Basayev. ( Basayev fought on the side of the Azeris against Armenians during the Nagorno-Karabakh conflict in 92 , where he met Khattab. From that time - which coincides with the visit of Dudayev to Saudi Arabia - Wahhabism began to infiltrate in Chechnya . According to LITVINENKO and Berezovsky ( big " credibility ..."!) Basayev was conspiring with Putin against "moderate" Maskhadov - again we see the PROJECTION scheme, as what happened in reality was Bin Laden working with USA secret services.
 
By the way, Basayev 's brother, Shirvani, lives in Erdogan's Turkey.
 
Another Arab mercenary like Khattab is Muhannad, trained in the U.S., brought Wahhabism to the Kists of Pankisi (Chechens in Georgia) .
 
Spokesman of the separatist Ichkeria government  Ahmed Zakayev, exiled in London (!), said that Basayev "does not represent the Chechen cause" and that he is "an agent of Moscow trying to discredit it". But at the same time, despite the attack in Beslan, Zakayev named Basayev "Deputy Minister"  in 2005.
 
The "moderates " (Maskhadov) and the "extremists" (Basayev), as in Syria the "moderate FSA" and "extremist Al Qaeda / ISIS" etc. - the same false dichotomy as "Democrats vs. Republicans " in the USA .
 
In 2007; Anzor Astemirov (who studied Islamic theology in Saudi Arabia) officially requested U.S. help against "Russian aggression". Thereafter, "rebel" websites took out the phrase that read that Western countries were enemies of the "Caucasus Emirate".
 
Maskhadov
 
On March 8, 2005 Maskhadov was liquidated in a Russian special operation (an Ex-Soviet military commander like Dudayev, Maskhadov had paradoxically suppressed the Baltic independentists by orders of Gorbachev in 1991) Ramzan Kadyrov said in the Komsomolskaya Pravda that the death of Maskhadov on March the 8 was a sign of destiny in honor of all the women who were opressed in the obscurantist Maskhadov republic. Meanwhile, for the French Zionist Glucksmann, Maskhadov is a "hero of freedom".
 
In 2006 also Maskhadov 's successor Abdul Khalim Sadulayev was liquidated and shortly after also Shamil Basayev, mastermind of the Beslan massacre. In 2009 the Russian army withdrew from the Chechen Republic that had been  pacified and reconstructed and where the pro - Federation Chechens headed by Ramzan Kadyrov had managed to consolidate stability.
Interestingly, the same year of 2009 (when terrorists Maskhadov and Basayev had been eliminated and peace had returned to the region), the "Freedom House" placed Chechnya on its list of "most repressive societies in the world" along with North Korea or Burma (Coming from the Freedom House, that was actually a compliment) - It didn?t suit to  Atlanticism that the destabilizing poison had been crushed.
 
Meanwhile, Doku Umarov (successor of Basayev) abolished the "Republic of Ichkeria" and proclaimed the "Caucasus Emirate" calling himself  "emir".
 
Nationalism and Geopolitics
 
For a deeper understanding of the Caucasian conflicts (or the Balkanic one, or the current Ukrainian crisis), it is necessary to emphasize once again that there are only TWO geopolitical models, and in the continental tellurocratic dimension of Russia (or rather the Russias -in plural- analogously to the Spains of Carlist traditionalists) as integrative power of Eurasia and champion of multipolarity. The Russias are comprised of many peoples, that are integrated (not fused !) in the Federation. There is an absolute difference between this idea of federated, integrative union (the idea of Eurasia, whose core is Russia, Haushofer?s Kontinentalblock) and the "EU" a prison of nations that does not integrate but only merges chaotically, and that is not self-sufficient but dependent of the parasitic global finance, and which is not sovereign but an USrael colony.
 
Chechnya and other Caucasian peoples are factually much freer and have more autonomy (culturally and economically) if they are integrated in the Federation under the protective umbrella of Russia/ the Russias in the Eurasian Kontinentalblock, than with a fake "independence" that can not be such, because it would fall under the absolute control of the Rothschilds, Soros, etc. . That's what the "nationalist " and "independentists" do not understand; neither in Russia nor in Spain .
 
Chechnya has more political freedom and more autonomy from Moscow than any country in the "EU" from Brussels. (And who says Brussels, says Washington).
 
 
Meanwhile, the Russian "white supremacist" (racial chauvinists), the " neo-Nazi" and "skinheads" in Moscow and other cities that harass or discriminate against people from the Caucasus and other areas of the post -Soviet space (Kazakhs, Uzbeks, Kyrgyz , etc. ) are the other side of the coin of ethno-social "divide and conquer". They are manipulated and used by those who seek the destruction of Russia (as the Russias / Eurasia). The strategic alliance between the "Ukrainian nationalists" and separatist Chechen Wahhabis is a clear example of this.
 
"Independence" ( ie its constitution as a truly sovereign state) of such small countries and regions (Chechnya has a total population of one million two hundred thousand) is not possible; nor it is desirable such a fallacious "independence", even if these peoples do have indeed a completely different and unique ethnic, cultural and linguistic idiosyncrasy; because then they would inevitably be devoured by the globalism of the "international community". 
 
Thus, "nationalists" feelings (ironically encouraged by those internationalists seeking to establish the dystopian entelechy of the NWO) are transformed in a weapon that turns against the nations themselves. In the case of the Caucasus, the best that can happen to this countries is to be under the protection of the Russian state, integrated in it in a Federation, enjoying full rights of autonomy, with the ability to enjoy their historical and ancestral tribal organization clans (the teips), and with their own regional laws (similar to the "fueros" in the case of Spain) . If not, the alternative to the "independence" of Russia, is the dependence of the "West" ; ie of USrael (which financed Wahhabis there, as it does in Syria), and a greater dependence on IMF, World Bank , and maybe even NATO (see Georgia) and EU ... See also what happened with the Baltic countries, which have gone from the bad (USSR) to the worst (EU).
 
In the case of Spain, Basque separatism is a creation of British imperialism (which was very admired by Sabino Arana - the "Basque Stepan Bandera" so to say), and both the Basque and Catalan separatism is functional to international imperialism, as it always the case with  chauvinist nationalism, seeking to separate from an historical entity (Spain / the Spains) to get into an artificial one ( "EU") , believing themselves to be "independent".
 
Ahmad Kadyrov and son Ramzan
 
Ahmad Kadyrov was born in Karaganda (Kazakhstan) in 1951, within a Chechen family who had been deported following WWII. He studied in Tashkent, Uzbekistan. He was a Sufi Cleric of the Qadiriyya tariqa and a Chechen politician, first a secessionist and finally pro-federation and president of the Chechen Republic from 2003 until his assassination a year later.
 
After the breakup of the USSR he initially joined the breakaway faction and was appointed mufti by Dudayev. But at the beginning of the second Chechen war in 1999, he switched to the pro-Russian side when he realized the geopolitical implications of the conflict and the increasing arrival of militant Wahhabis and Arab mercenaries of the Saudi orbit to extend terror and perpetuate conflict.
 
Kadyrov followed the teachings of the Chechen Sufi master Kunta-hajji Kishiev (1830-1867). His followers (which adhere to the Qadiriyya tariqa) believe that Kunta - hajji is one of the 360 saints who will return to Earth at the End of Time (which has some similarities with the eschatological prophecies of esoteric Shiism, the Hidden Imam, etc. ). 
 
The grave of Heda, the mother of Kunta - haji , is considered sacred by his followers, and became a source of conflict between Wahhabis and Sufis during the separatist government of Aslan Maskhadov. The Wahhabi "Puritans" wanted to destroy the tomb because they believe the veneration of saints to be "paganism". This was one of the turning points that led Ahmad Kadyrov , then grand mufti of Chechnya, to make the decision to break with the regime of Maskhadov and side with the Russian Federation.
 
With him began (from 2003 onwards) the period of peace and stability that lasts until today, under his son Ramzan. Ahmad Kadyrov made many ex-rebels pass to the pro-Russian side. (The Kadyrovtsy, pro-Chechen Federation troops are mostly ex-rebels. They are estimated to be around 5000).
 
There were a dozen assassination attempts against him, before the final one, on March 9, 2004. In the attack against him 30 other people were killed as well. Basayev was the organizer.
 
Ramzan (1976 in Tsenteroi), a boxer, a practicing Sufi, father of 5 daughters and 3 sons.
As Gaddafi in Libya, he banned alcohol and gambling. He replaced Alkhanov as head of the Republic after turning 30, minimum age for the post.
 
In 2006 the industry grew by 11.9 % , in 2007 26.4%
 
Logically , the "informative" media continued (and continues today) its smear campaign against Kadyrov and the pro-Federation Chechens, calling them " warlords" (which curiously had achieved peace, by the way) of "repressing  opposition" and of "crimes against human rights" , etc, etc. Apparently, they are worried about the stability that prevails today in Chechnya and by the fact that the potential of terrorist subversion has been smashed and virtually eradicated (both the "moderate" ones, openly friends with the "West" like the faction of Maskhadov, as well as the "extremists" ones of Umarov).
 
There were numerous assassination attempts against Ramzan, one of the most spectacular in October 2009.
 
In December 2009, the Chechen president said that the remaining terrorists are funded by the West.
 
In December 10, 2013 the opposition leader of Ingushetia, the separatist Magomed Khazbiev, attended the "Euromaidan" in Ukraine and participated in the anti-Russian campaign there. On February 2, 2014 FSB officially confirmed that in the mid December 2013 four  nor- Caucasian instructors were operating in Ukraine, and preparing the maidanite "rebels" for street fighting (Just like the Israelis military who were also there for the same... – See http://www.globalresearch.ca/ukraine-israeli-special-forces-unit-under-neo-nazi-command-involved-in-maidan-riots/5371725)

mardi, 22 juillet 2014

Les BRICS déclarent la guerre des câbles contre Londres et Wall Street

Les BRICS déclarent la guerre des câbles contre Londres et Wall Street

Auteur : Solidarité & Progrès    
 



                      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réunis à Fortaleza, la cinquième ville du Brésil, les cinq pays membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont mis sur pied une Nouvelle banque de développement (NBD), véritable embryon d’une nouvelle architecture financière internationale et donnant la priorité aux investissements dans les grands projets d’infrastructure.

La carte ci-dessus permet de comprendre le choix de Forteleza, car il s’agit d’une des villes relais pour un nouveau réseau de câbles sous-marins échappant au contrôle de Londres et Wall Street.

Lancé au milieu du XIXe siècle, le système planétaire de câbles sous-marins actuels permettant la circulation de l’énergie et des données informatiques est un pilier fondamental de notre société moderne. En 2013, 265 câbles sous-marins assurent 99 % du trafic intercontinental d’internet et des communications téléphoniques.

Or, la configuration du réseau est telle qu’elle est sous le contrôle du Royaume-Uni et des États-Unis. Ce contrôle a été révélé par l’ex-agent Edward Snowden, qui confirme que si l’agence de sécurité nationale américaine (NSA) parvenait à espionner la quasi-totalité de nos communications c’était en contrôlant la colonne vertébrale d’Internet, à savoir le réseau de câbles et les stations terrestres auxquelles ils aboutissent.

Cependant, cette situation pourra changer d’ici peu. En 2012, un projet passé relativement inaperçu a été mis en marche par le groupe de pays dit des BRICS. L’idée est de développer une nouvelle architecture câblée échappant à celle déjà déployée sous contrôle occidental.

En septembre 2013, la Présidente du Brésil, Dilma Rousseff, avait annonçé publiquement une coopération renforcée avec l’Argentine dans le domaine de la lutte contre le cyber-espionage et la création d’un système « Internet non centralisé ». Si le déclencheur immédiat de la décision (couplé avec l’annulation d’un sommet avec le président américain) était les révélations sur l’espionnage par la NSA, la raison pour laquelle Rousseff pouvait annoncer une telle décision historique est que l’infrastructure de remplacement, les câbles des BRICS de Vladivostok, en Russie, à Shantou, en Chine, à Chennai, en Inde, à Cape Town, en Afrique du Sud et à Fortaleza (où vient de se tenir le sommet des BRICS), au Brésil, étaient déjà en cours de construction et même dans leur phase finale de mise en œuvre.

Les 34 000 km de câble des BRICS auront une capacité de 12,8 terabit/s et seront reliés aux câbles WACS (West Africa Cable System), EASSy (Eastern Africa Submarin System) et SEACOM. Ce qui permettra aux cinq pays initiateurs d’avoir un accès direct à 21 pays africains, qui à leur tour auront un accès immédiat à Internet et aux pays des BRICS. La date de mise en service est prévue pour la seconde moitié de 2015.

Ce projet n’est bien évidemment pas seulement économique, mais également stratégique et géopolitique. Il vise à permettre aux BRICS de s’émanciper du contrôle anglo-américain sur la circulation des données et à briser l’influence de ce même pôle dans le monde. Les transactions financières dans des devises autres que le dollar emprunteront également le nouveau réseau des BRICS.

Une vidéo publiée sur le site Web de Cable BRICS expose en détail ce nouveau système. « Dans le sable international ne domine déjà plus l’ordre traditionnel que dirigeait le dénommé Nord et Occident », affirme t-on au commencement de l’enregistrement.

MH17: World See Tragedy, US Sees “Game Changer”

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MH17: World See Tragedy, US Sees “Game Changer”

United States Ambassador to the United Nations Samantha Power made a series of baseless, contradictory accusations aimed at politically exploiting the tragic loss of Malaysia Boeing 777 flight MH17 with nearly 300 civilians on board.

Power asserted that the most likely culprits behind the downing of MH17 were eastern Ukrainian separatists. Because of the high altitude MH17 was travelling at – approximately 33,000 feet – Power conceded that the weapons separatists have been using to down Ukrainian military aircraft would have been inadequate to down MH17. After claiming separatists had “bragged” about downing the airliner based on information from “social media,” she explained that Russia most likely assisted the separatists in operating the sophisticated anti-air missile systems required to reach MH17′s altitude.

Power gives no explanation as to why after multiple successful downings of Ukrainian military aircraft with man-portable air defense systems (MANPADS), Russia and the separatists decided to employ larger, more complex weapon systems that would link any incident directly back to Moscow. Power also failed to explain how in one breath she suggests the separatists shot down MH17, then in the next claimed they did not have the ability to do so, and that Russia instead “assisted.”

Power appears to be suggesting Russia rolled self-propelled anti-air missile systems into Ukrainian territory and assisted separatists in firing at MH17 specifically – since all other incidents of separatists shooting down aircraft involved man-portable systems incapable of hitting MH17.

Separatists Haven’t Used Buks, Nor Do They Need To

Jane’s Defense Weekly’s articles, “Two Ukrainian Mi-24s shot down by MANPADS,” “Ukrainian Mi-8 shot down near Slavyansk,” and “Polish Grom MANPADS appear in east Ukraine conflict,” illustrate the scale of proliferation in both numbers and varieties of man-portable anti-air systems that have ended up in separatist hands. Power and other Western sources have claimed higher flying military transports being shot down by separatists indicate that indeed they have begun deploying – with Russia’s help – sophisticated self-propelled missile systems.

However, Jane’s article, “Ukraine claims Malaysian airliner was shot down in its territory,” gave an alternative explanation as to how separatists were able to down military transports flying at higher altitudes – the use of newer SA-24 man-portable systems. While the SA-24 allows separatists to target turboprop transporters at cruising altitudes, it still would have left MH17 out of reach.

If separatists did use a Buk (SA-11) self-propelled surface-to-air missile system to down MH17, it would have been the first attempt made with the sophisticated weapon, against the highest flying aircraft targeted thus far in the conflict, and done so at incredible risk when man-portable systems had already proven such a success. In other words – it is a scenario that is very unlikely – and a scenario Samantha Power and the special interests she represents have failed to underpin with evidence.

Strategically, politically, and even tactically, Russia and the separatists gained nothing by employing the larger Buk systems within Ukrainian territory as Power is suggesting.

Where the World Sees Tragedy, NATO Sees a “Game Changing” Opportunity 

Power’s comments and conclusions were echoes from the halls of the West’s corporate-financier funded policy think-tanks. The Royal United Services Institute (RUSI) in a statement titled, “The Downing of Malaysian Airlines Flight MH17: Russia in the Dock,” provides a self-incriminating indictment as to the motives Kiev and its NATO backers had in carrying out the attack on MH17 and subsequently framing Russia for it. RUSI’s statement claims:

A Game Change: Within days, however, the real debate will shift from one about producing the right evidence and culprits, to more about what can be saved from the rapidly-deteriorating relations between Russia and the West.

The tragedy will stain Russia’s relations with the world for years to come. Nations determined to keep on good terms with Russia – such as China or Vietnam which relies on Russian weapon supplies and wishes these to continue – will keep quiet. And there will always be some plausible deniability, giving other countries enough room for manoeuvre to avoid accusing Russia directly for this disaster. But the culprits for the crime will be pursued by international investigators and tribunals. And many Russian officials will be added to the ‘wanted’ lists of police forces around the world. The story will linger, and won’t be pretty for Russian diplomats.

Given the fact that the majority of the victims are European citizens, it is also getting increasingly difficult to see how France would be able to deliver the Mistral ships which Russia ordered for its navy, or how Britain could continue shielding Russia from financial sanctions. And, given the fact that scores of US citizens were also killed on the MH17 flight means that the US Congress will demand greater sanctions on Russia, making any improvement in relations with Washington highly unlikely.

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RUSI explains in great detail the possible motivation Kiev and NATO had to shoot down MH17 and subsequently frame Russia. An international flight, with passengers from across the globe would invoke unifying outrage against Russia as well as universal support for NATO’s so far unsuccessful attempts to isolate Moscow. RUSI itself admits that individual members of the EU have until now, been reluctant to back sanctions and further confrontation with Moscow.

NATO’s Atlantic Council claimed in a statement titled, “In the Ukraine War, Putin’s Veil of Deniability Has Vanished,” claims:

The Kremlin’s thin veil concealing its waging of war against Ukraine effectively disappeared weeks ago for anyone carefully watching the evidence. But now it has vanished even for the casual observer. Moscow’s escalation of the war since the start of July has created too much clear evidence to permit President Vladimir Putin any further benefit of the doubt.

NATO needed a “game changer,” because it was playing a game it was clearly losing. The dubious circumstances surrounding the downing of MH17 – occurring just as Kiev’s forces were deteriorating across the country and additional US sanctions against Russia fell flat –  is more than a mere coincidence. RUSI and the Atlantic Council’s statement represent an increasingly desperate and shrinking corner the West finds itself in. With the ascension of Russia along with other BRICS nations, a “game changer” was desperately needed to “stain Russia’s relations with the world for years to come,” and help arrest what appeared to be the irreversible rise of the global East and South, in tandem with the irreversible decline of the West.

If the West was so sure of who was responsible for the downing of MH17, it would patiently allow the facts to reveal themselves, giving them unassailable credibility as they begin an effective campaign to contain, isolate, and dismantle Russia’s global influence. However, just like in Damascus, Syria in August 2013 when NATO gassed thousands of Syrians in what is now confirmed to be a false flag attack, the West is racing against the clock to do maximum damage before the truth of MH17 emerges.

The very expediency the West pursues its smear campaign against Russia with raises suspicion. The world has been at critical junctures like this before, with Western politicians and media personalities making well-scripted, passionate pleas – but based on little to no “evidence.” Weathering the psychological inertia the West is seeking to stampede its political assault on Russia through with, will cause the West’s attempts to reverse its fortunes in Ukraine to fail. Failing in Ukraine will weaken the West’s position in Syria and Iraq, further undermine its “pivot” in Asia, and diminish its ability to visit upon humanity yet another horrific staged event it may finally realize will only further compromise its place among a new emerging, multipolar global order – not help it restore its antiquated “unipolar” empire.

Tony Cartalucci, Bangkok-based geopolitical researcher and writer, especially for the online magazine New Eastern Outlook”.

 

US Aims at Blowing EU-Russia Rift with Downed Airliner

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US Aims at Blowing EU-Russia Rift with Downed Airliner

Finian CUNNINGHAM

Ex: http://www.strategic-culture.org

 
The downing of Malaysian Airlines MH17 over eastern Ukraine with the loss of all 298 onboard comes amid mounting frustration between Washington and its European allies over the imposition of further trade sanctions on Russia.

Days before the doomed flight, American officials were quietly voicing their agitation at European leaders’ reluctance to apply sanctions that would hit Russia’s key economic sectors. 

While media reports earlier this week suggested that the US and the European Union were adopting a «united front» in the ramping up of penalties on Moscow, the underlying reality was very different. EU leaders were actually telling media that they were not yet ready to go beyond existing sanctions against Russian individuals, by following Washington’s latest measures against Russia’s energy, banking and defence sectors.

Now various Western media pundits are talking of a «game-changer» with the downing of the Malaysian Boeing 777 near Donetsk in eastern Ukraine. The flight was most likely hit by a sophisticated surface-to-air missile while cruising at a mid-air altitude of 10,000 meters (33,000 feet).

Perhaps significantly, most of the passengers onboard the flight from Amsterdam to Kuala Lumpur were European nationals, mainly from the Netherlands and Britain, as well as Germany and Belgium. At over 170 passengers, the Dutch contingency was the largest onboard.

Let’s step back a bit. Following the Western-backed illegal coup in Ukraine on February 23, geopolitical tensions escalated further during March when the southern Crimea Peninsula voted in a referendum to join the Russian Federation. Washington and its European allies immediately launched vitriolic attacks on Russian President Vladimir Putin for what they said was «an illegal annexation» of Ukrainian territory. Western media chimed in with lurid claims that Putin was the «new Hitler» and that the Russian leader was trying to resurrect the old Soviet Union.

Initially, Washington and European governments threatened that they would together ratchet up trade sanctions on Russia if Moscow did not hand back Crimea and also if it did not stop (allegedly) stoking other separatist revolts in the Ukraine’s eastern regions of Luhansk and Donetsk. 

On March 25 while hosting US President Barack Obama in The Hague, Dutch premier Mark Rutte spoke of a united front.  

Rutte told US news channel CNBC: «It’s difficult to foresee whether he [Russian President Vladimir Putin] will retract from Crimea or not, but I do feel that Russia senses we are serious and we want them to give up the Crimea, and at least prevent this conflict from spiralling to other regions of Ukraine.»

However, since that time there has been a notable divergence between the American and European positions over the Ukraine crisis. Washington has been pushing a more aggressive policy to hit Russian economic sectors, while Europe is reluctant to go beyond the more symbolic sanctions that target Russian individual politicians and businessmen.

With Europe heavily dependent on Russian trade, particularly in the energy sector, European governments soon realised that ratcheting up more aggressive sanctions would inflict serious damage on their own economies far more than the American economy. 

Germany, Austria, Italy, Greece and Spain have emerged as some of the main political obstacles in Europe to implementing the American tough line. 

Prominent among the European commercial concerns are those of its energy companies. Royal Dutch Shell is one of the most exposed European conglomerates if Western sanctions were to be stepped up further on Russia.

It is notable that within days of the Dutch premier’s seemingly tough stance reported in March, the Chief Executive of Shell, Ben van Beurden, travelled to Moscow in early April to meet Vladimir Putin at the latter’s Moscow residence. The Shell boss reportedly reassured Putin that the energy giant was still proceeding with ambitious plans to expand oil and gas projects in Russia’s far-east «despite Western sanctions». 

Shell is partnered with Russia’s state-owned Gazprom in developing the Sakhalin-2 Project, which is reputed to be one of the world’s biggest oil and gas exploration ventures. In particular, the project is aimed at developing Liquefied Natural Gas for the Japanese and South Korean markets – in direct competition to American commercial interests in its own new LNG industry.

If the EU were to adopt US-led sanctions on Russia’s energy sector, Royal Dutch Shell and other European giants, such as British Petroleum, stand to lose billions of dollars-worth of investments. It can be safely assumed therefore that these companies have been lobbying their respective governments to show restraint on applying sectoral sanctions. 

This was clear earlier this week when the White House announced a further round of economic penalties against Russia. 

The New York Times reported: «President Obama escalated sanctions against Russia on Wednesday by targeting a series of large banks and energy and defence firms in what officials described as the most punishing measures to date for Moscow’s intervention in Ukraine.»

But The Times further adds: «The moves were coordinated with European leaders, who were meeting in Brussels on Wednesday to consider their own package of penalties against Russia. The Europeans declined to go as far as the United States, instead focusing on a plan to block loans for new projects in Russia by European investment and development banks.»

What would it take for the Americans to pull the Europeans into a more aggressive line?

Within hours of the Malaysian airliner smashing into the wheat fields in eastern Ukraine near the Russian border on Thursday evening, American official sources began drip-feeding their trusted news outlets with a narrative implicating Russia. 

On Friday, the Reuters news agency reported: «One US  official said Washington strongly suspected the Malaysian Airlines Boeing 777 was downed by a sophisticated surface-to-air missile fired by Ukrainian separatists backed by Moscow.»

On the same day, the Wall Street Journal had this: «US  agencies are divided over whether the missile was launched by the Russian military or by pro-Russia separatist rebels, who officials say lack the expertise on their own to bring down a commercial airliner in mid-flight.»

An astounding giveaway in the above Reuters report is the following editorial comment carried in subsequent paragraphs:

«While the West has imposed sanctions on Russia over Ukraine, the United States has been more aggressive than the European Union in this respect. Analysts believe the response of Germany and other European powers to the incident [of the downed airliner] - possibly imposing more sanctions - could be crucial in deciding the next phase of the stand-off with Moscow».

Officially, Washington has refrained from making explicit accusations against Moscow. That role has been taken up by hot-heads and mavericks like the Senator John McCain and former US Secretary of State Hillary Clinton, who both rushed to lay the blame on Russia over the crashed airliner.

The Washington-installed regime in Kiev has also predictably piled on the inflammatory rhetoric accusing Moscow of involvement in the catastrophe without producing a shred of evidence.

The dubiously elected pro-American President Petro Poroshenko immediately labelled «Russian-backed terrorists» as the culprits, while the acting Prime Minister Arseniy Yatsenyuk demanded international action against Moscow.

With typical hysteria, Yatsenyuk said: «This is a crime against humanity. All red lines have been already crossed. This is the deadline,» he said. «We ask our international partners to call an emergency UN Security Council meeting and to do everything we can to stop this war: a war against Ukraine, a war against Europe, and after these terrorists shot down a Malaysian aircraft, this is the war against the world.» 

The CIA-groomed Yatsenyuk added: «Everyone is to be accountable and responsible. I mean everyone who supports these terrorists, including Russians and the Russian regime».

The Kiev junta may lack the sophistication of Washington in the finer points of black arts. But it seems clear that there is a concerted effort to frame Russia over this horrendous air disaster. In the stampede to lay the blame, crucial facts are irrelevant or dismissed. What about local eyewitness reports that claim they saw Ukrainian army units fire surface-to-air missiles, or official Russian military sources who say they have radar traces on the ill-fated day also implicating the pro-Kiev forces? 

When assessing culpability, it is not only significant to ask the criminologist’s question: who benefits? It is also significant to observe how the political and media reaction to events quickly takes on an unmistakably scripted pre-ordained formula. In this case, there is more than a pungent whiff of premeditated action-reaction dialectic going on.

American geopolitical interests are best served by this atrocity, by shocking a laggardly Europe into adopting its aggressive sanctions towards Russia, even though that militates against European economic concerns. Shooting down a civilian airliner would ensure blowing a decisive rift between Europe and Russia. 

“Russia Delenda Est”

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“Russia Delenda Est”

Ex: http://www.dedefensa.org

10 juillet 2014 – Il a été confirmé hier, par des officiels US parlant à Novosti, que la Russie a accepté la nomination du nouvel ambassadeur des USA en Russie, John F. Tefft. (Voir Novosti, le 9 juillet 2014.) Proposé fin février par la Maison-Blanche, confirmé par le Congrès, Tefft a été nommé ambassadeur le 30 juin. Il semble que la Russie ait tout de suite accepté cette nomination, même si la confirmation en vient une dizaine de jours après. La nomination de Tefft et l’acceptation immédiate de Moscou proposent une seule et même explication : les USA et la Russie acceptent le fait qu’ils sont désormais des “ennemis”, – mais la chronologie est significative puisque le choix initial est de Washington : ce sont les USA qui proposent, ou imposent, cet état de fait d’un antagonisme affirmé et officiel. (Les autres initiatives ou opérations dans les relations USA-Russie ces derniers mois montrent effectivement que cet état de fait est une initiative américaniste, et cela confirmant amplement que les extrémistes de tous ordres, neocon, R2P ou d’obédience, etc., contrôlent la “diplomatie” US et ne rencontrent plus aucun obstacle.)

La personnalité de Tefft est largement commentée, pour ne laisser aucun doute sur ce que sera son séjour à Moscou. Le prédécesseur de Tefft, Michael McFaul, fut sans aucun doute un activiste de l’action subversive, notamment auprès de l’opposition anti-poutinienne, de l’organisation d’une opposition “civile” active, etc., mais il le faisait en présentant un visage souriant, avec une politique d’ouverture vis-à-vis de la Russie et du pouvoir russe, protestant de ses intentions profondes ou, plutôt, ne voyant pas dans ces intentions une marque d’hostilité vis-à-vis de la Russie mais plutôt une intention d’“aider” la Russie à progresser vers la “démocratie” inéluctable de la globalisation. Tefft, c’est le contraire. Il affiche ses intentions agressives, il le fait en besogneux, en agent-bureaucrate de l’organisation de la subversion brutale ; c’est lui qui était en Géorgie au moment de la guerre d’août 2008 et il avait eu la main très lourde en portant Saakachvili, qu’il traitait comme un homme-lige, dans l’organisation de l’invasion de l’Ossétie du Sud qui déclencha le conflit. Les commentaires russes sont alors unanimes : compte tenu de la situation, il vaut mieux un adversaire à visage découvert, l’on sait que l’on n’a rien à attendre de lui et qu’il importe de le combattre...

Parmi les divers commentaires accompagnant sa nomination, on retiendra d’abord celui de John Robles, pour Novosti, datant du 30 juin 2014 (annonce de la nomination définitive de Tefft), et détaillant la carrière du personnage et la signification de sa nomination.

«The choice by US President Barack Obama and the neo-conservative Cold War hawks running the US foreign policy establishment of John F. Tefft as the new US Ambassador to Russia should be setting off warning bells all over the Kremlin and in fact in all of the countries currently undergoing or targeted for US regime change/destabilization operations including Venezuela, Brazil, Syria and all other countries pursuing an independent foreign policy. With the current humanitarian catastrophe in Ukraine and the rise of violent fascist forces, the fact that the chief architect of Operation Ukraine is now being sent to Russia is at once chilling and at the same time predictable.

»After the spectacular failure of US Ambassador Michael McFaul to pull off a color revolution in Russia leading to his demise as the US top color revolution/destabilization specialist, the US as usual, rather than admitting it is wrong and pursuing a path of peace and promoting mutual cooperation, has decided to stubbornly snub its nose at the Kremlin and continue down a road of confrontation. With the leadership of the US State Department prone to statements such as Victoria Nuland’s famous ‘F...-the-EU”, the body responsible for diplomacy on a continuous confrontational war footing and organizations like USAID co-opted to the CIA and involved in destabilization operations all of the world every country that has not been already “annexed” by Washington should take a very close look at who they are allowing to operate in their country.

»This past April I summed up the choice as follows: “John F. Tefft, a Russia hater who served as US Ambassador to Ukraine, Georgia and Lithuania and promoted the invasion of South Ossetia while in Georgia, the current crisis and the resurgence of fascist forces in Ukraine and the rabid Russophobia and demonization of Russia in Lithuania, has been chosen to be the next US Ambassador to Russia. Tefft was extremely active and involved and one might say instrumental in bringing about the aforementioned anti-Russian events. As McFaul failed to organize the destabilization of Russia and the ouster of President Putin, apparently Obama is seeking more experienced hands.” [...]

»The US is bent on destroying Russia and preventing Russia from being a competitive global power. That fact is documented, all but openly stated and is no longer a secret. Ukraine has made it more than obvious even for the staunchest Washington apologists and the idea of some “reset” or peaceful cooperation from the US side has become nothing but a fantasy...»

 

La situation que symbolise l’arrivée de Tefft à Moscou, et la stratégie russe vis-à-vis de cette nomination dans la logique de l’acceptation de cette nomination, est résumée par Karine Bechet-Golovko, sur son blog (Russiepolitic), le 9 juillet 2014, en termes nets et sans ambiguïtés. «Le nouvel homme fort de la diplomatie américaine en Russie est un habitué de la préparation et de l'analyse des révolutions dans l'espace-post soviétique. En Géorgie au bon moment, en Ukraine il a laissé la situation prête à l'emploi, son arrivée officielle à Moscou est un signal à double sens. Et du côté américain, et du côté russe. “Nous lançons une attaque frontale contre la Russie !” “Nous sommes au courant et prêt à vous accueillir”. Les jeux sont faits. [...]

»Il y a encore peu, les Etats Unis hésitaient à envoyer justement cet homme, John Tefft, prendre en main le conflit avec la Russie, car justement cela aurait pu être interprété, vu son parcours, comme un acte “malveillant”. Mais avec l'accélération de la défaite de la politique américaine face à la Russie, au besoin de la radicaliser pour ne plus laisser le temps à la critique, les apparences amicales sont devenues le dernier des soucis. A la guerre comme à la guerre. Et bien sûr la Russie accepte cet ambassadeur. Au moins elle sait à quoi s'en tenir avec celui-ci. C'est un ennemi traditionnel, classique, pur et compétent. Donc le jeu est possible...»

Du point de vue des commentateurs US, on fait à peu près la même analyse, en constatant qu’avec l’ambassadeur Tefft effectivement “les jeux sont faits” et chacun sait à quoi s’en tenir. Voici ce qu’en dit Marc Champion, de Bloomberg.News, le 9 juillet 2014, – on se contente d’enchaîner son introduction et sa conclusion ... «To understand how little the U.S. and Russia expect of their relationship these days, consider this: The Barack Obama administration has put forward John Tefft, who is something of a bogeyman for the Russians, to become the next ambassador to Moscow – and the Kremlin today said it's fine with that. [...] The U.S. has given up on having positive ties with Russia and has accepted a frostiness reminiscent of the Cold War. That suits Putin, who uses anti-Americanism to build support at home. The two countries no longer want to pretend to be friends. What they seek in a U.S. ambassador is someone with a safe pair of hands and no illusions about what the relationship can deliver. Tefft is perfectly cast for that job.»

On observera que, dans son analyse, Champion se réfère à la Guerre froide («The U.S. has given up on having positive ties with Russia and has accepted a frostiness reminiscent of the Cold War»), ce qui est fondamentalement incorrect et mesure la gravité de la situation dans le chef de la politique d’agression des USA (aucune autre expression que cet extrême de “politique d’agression” ne convient). Comme nous l’avons déjà développé (voir le 20 mars 2014), la Guerre froide était une époque où les puissances (les deux superpuissances) avaient le sens de la responsabilité. Les ambassadeurs US à Moscou, de Harriman (1945) à Malcolm Toon (1976-1979) à Jack Matlock (1986-1991) étaient tous des diplomates cherchant au mieux à améliorer les relations entre les USA et l’URSS, à comprendre la politique soviétique, à susciter des accords, à écarter toute rhétorique agressive et toute interférence dans la souveraineté nationale du pays-hôte. (La même chose valait pour les ambassadeurs soviétiques à Washington, notamment avec le formidable Dobrynine, de 1962 à 1986, qui joua un rôle fondamental dans le maintien de relations acceptables et dans les tentatives d’amélioration de ces relations, qui joua un rôle presque équivalent à celui du ministre des affaires étrangères, auprès de Kennedy, de Nixon et de Kissinger, etc.)

Aujourd’hui, avec Tefft, c’est le contraire, c’est même une situation exceptionnelle dans l’histoire diplomatique : un ambassadeur nommé dans le but explicite d’exercer des pressions agressives sur la pays-hôte. C’est une totale inversion de la fonction d’ambassadeur, par rapport à la tradition diplomatique, – et donc parfaitement un événement qui renvoie à la tendance générale de cette époque dans le chef du Système. Il s’agit d’une époque de complète inversion, où les activités humaines dans le chef des directions politiques soumises au Système constituent une recherche constante de la déstructuration et de la dissolution.

Encore faut-il bien voir que le cas de l’ambassadeur Tefft n’est ni une exception, – bien entendu, – ni ce qu’il y a de plus extrême dans l’agression de l’américanisme au service du Système. On pourrait, on devrait même ajouter qu’une Victoria Nuland, dont on sait pourtant l’hystérie activiste, fait parfois, aujourd’hui, figure de modérée dans le climat général de Washington ... Par exemple, lors de cette audition, au Sénat, devant la commission des affaires étrangères. La pauvre Victoria Fuck-the-UE tente désespérément de paraître une “dure” devant les assauts des sénateurs. Elle profère des affirmations absolument rocambolesques (les Russes livrent des chars, de l’artillerie lourde, des avions de combats aux milices du Donbass qui massacrent à qui-mieux-mieux), promet très vite de nouvelles sanctions comme les Russes, – mais rien n’y fait, elle paraît tout de même emportée dans la marée des critiques de sénateurs qui l’accusent de complaisance, de faiblesse... Le spectacle est au-delà d’être surréaliste ; il est d’une autre planète, d’un autre univers. (Dans The Daily Times du 10 juillet 2014.)

«“We are ready to impose more costs — including targeted, sector-specific sanctions — very soon if Russia does not decisively change course and break its ties with separatists,” Victoria Nuland, the assistant secretary of state for European and Eurasian affairs, told members of the Senate Foreign Relations Committee. Nuland charged that separatists used a recent 10-day ceasefire to conduct “violence, bloodshed and land grabs,” and that “Russia allowed tanks, heavy artillery and fighters to flow” into Ukraine and built up its own forces on the Russia-Ukraine border. She said Washington was working closely with European allies on timing of the sanctions, and said a decision could come as soon as July 16, when EU leaders meet before a summer break. [...]

»But in a series of tense exchanges, the panel’s top Republican, Senator Bob Corker, told Nuland the United States was “acting like a paper tiger,” unwilling to take specific steps against Moscow. “I’m embarrassed for us,” he said. “I just wish the administration would quit saying publicly (that the US will take tough action) when we’re not going to act.” Committee chairman Senator Robert Menendez, a Democrat, also expressed concern Washington was failing to keep pressure on Russia. He pointed to EU calls for Russia to end support for the separatists, control the border, return seized checkpoints to Ukrainian forces, release hostages and begin negotiations on Ukrainian President Petro Poroshenko’s peace plan. “I see no advance in any of those standards. So what are we waiting for?” he asked Nuland. Nuland said that while new sanctions would be more effective if done in concert with Europe, “the president has always made clear that if necessary we will act on our own.”»

Pour décrire la situation, à nouveau le jugement de l’ancien chef des services soviétiques de renseignement extérieur Chebarchine a sa place («La seule chose que l’Ouest attend de la Russie c’est que la Russie n’existe plus»). Malgré sa politique qui est l’objet de critique de la part de l’aile nationaliste dure des milieux politiques, la direction politique russe est sans aucun doute consciente de cette avancée irrésistible vers la confrontation, parce qu’il est simplement impossible de la nier, de l’ignorer, etc. Nous en sommes même à un point où même une capitulation, par ailleurs difficilement concevable, de la direction russe ne satisferait sans doute en rien cette poussée d’agression, qui serait même vue comme une nouvelle ruse, une incitation à pousser plus encore les feux. La politique de Poutine consiste pour l’instant à exercer toute la pression possible pour détacher les pays européens des USA, d’ailleurs avec certains résultats. (Par exemple, on note un coup de téléphone Fabius-Lavrov le 9 juillet, où les deux ministres sont tombés d’accord sur le constat que le pouvoir de Kiev ne respecte pas l’accord de cessez-le-feu obtenu à quatre à Berlin, le 2 juillet.)

On évoquait hier sur ce site comme point de confrontation les combats en cours dans le Donbass, avec ce qui pourrait être une sorte de “bataille de Donetsk”, et l’hypothèse que le pouvoir de Kiev serait mis en danger. Une autre possibilité apparaît, qui serait l’hypothèse d’une attaque contre la Crimée. (La chose est envisageable, par exemple si le pouvoir à Kiev, confronté à des très dures conditions intérieures, ou menacé, choisit une fuite en avant en lançant une attaque pour récupérer la Crimée, – comme l’a promis d’ailleurs le nouveau ministre ukrainien de la défense.) Hier, lors d’une conférence de presse commune avec la ministre italienne des affaires étrangères Federica Mogherini, Lavrov a observé, en réponse à une question : «Je ne suggère à personne (de tenter une telle action). Nous avons une doctrine de sécurité nationale et elle illustre clairement quelles actions seraient décidées (de notre part) dans ce cas...» D’une façon ou d’une autre et quel que soit le lieu choisi, les Russes n’ignorent donc pas qu’ils pourraient être placés devant le choix suprême, et Lavrov signifie qu’ils ne reculeront pas dans ce cas.

Un “extrémisme absolu automatisé”

Il s’agit maintenant d’examiner de quoi il est question. A ce degré de détermination, de pression, d’irresponsabilité, d’absence du moindre intérêt pour les contradictions entre telle décision et telle déclaration, pour les vérités de situation, etc., il nous apparaît de plus en plus évident que ce qui est en cours n’a plus rien de commun avec une politique extérieure, voire à une pression d’une ambition hégémonique, voire à un complot d’agression d’une puissante, etc. La dynamique en cours est d’une sorte qui dépasse la seule activité humaine habituelle. Notre appréciation est que nous sommes au-delà des conceptions et des manigances humaines, et le désarroi d’une Nuland qui a trouvé plus extrémiste qu’elle dans le rassemblement des dignes sénateurs de la commission des relations extérieures constitue un excellent symbole de cet événement. A la phrase ci-dessus sur “extrémistes de tous ordres, neocon, R2P ou d’obédience, etc., [qui] contrôlent la ‘diplomatie’ US et ne rencontrent plus aucun obstacle”, on devrait substituer qu’il n’est nul besoin de “contrôler”, parce que la “politique” US est devenue extrémisme pur.

La poussée actuelle, furieuse, irrésistible, sans aucun intérêt ni pour l’arrangement politique, ni pour la légalité, ni pour la vérité de la situation, dépasse les projets humains et doit se ranger dans la dimension métahistorique selon notre conception. Désormais, le Système est à visage découvert et c’est lui qui active directement ce qui paraît être une “politique” et qui n’est plus qu’un “déchaînement”, – déchaînement de puissance, déchaînement de fureur, déchaînement de force, déchaînement aveugle et nihiliste, dont la logique nous ramène évidemment à notre explication initiale de la séquence métahistorique qu’est le “déchaînement de la Matière” accompagné de l’habillage conceptuel de l’idéal de puissance”. Cette dynamique se précipite sur ce qu’elle juge, à juste raison, être le principal obstacle sur sa voie d’accomplissement de la déstructuration et de la dissolution, c’est-à-dire la Russie.

Il s’agit d’une activité dynamique que nous jugeons quasiment autonome du système, et qui s’affiche désormais comme telle, en fait qui est identifiable comme telle dans diverses occurrences où l’on voit les acteurs, ou les figurants humains, renoncer à toute logique, à toute raison dans leurs jugements, à abandonner même leurs positions idéologiques pour simplement développer un extrémisme sans frein. Cette activité est beaucoup plus possible aux USA qu’ailleurs, d’abord pour des raisons conjoncturelles qui rendent plus difficile le développement des polémiques habituelles, avec notamment l’affaiblissement du rôle contradictoire joué par les “dissidents” antiSystème qui trouvent dans la crise ukrainienne moins d’aliments pour leur critique de la politique-Système, impérialiste et belliciste, de l’américanisme ; on a déjà noté que la crise ukrainienne y avait beaucoup moins d’écho que les crises du Moyen-Orient, parce que, instinctivement assimilée à la complexité européenne historiquement suspecte aux USA, elle ne soulève pas l’intérêt qu’on trouve pour les crises du Moyen-Orient fortement liées à la narrative du terrorisme qui gouverne la séquence historique US depuis 9/11. D’autre part, on constate la puissance extrême et la persistance du réflexe antirusse aux USA à cause des pesanteurs de l’histoire et des narrative qui l’accompagnent (la Russie socialiste/communiste, la Russie étatiste, etc.), ce qui diminue également la possibilité que la crise ukrainienne puisse être un terrain pour cette polémique entre partisans et adversaires de la politique washingtonienne, et que la tension extrémiste puisse ainsi être nuancée, ou retournée contre elle-même par des dissidents décidés. (Les Européens ont une façon différente de voir et de comprendre cette crise ukrainienne, étant beaucoup plus proche de la vérité de la situation, et éventuellement plus sensibles aux nuances que leur a appris leur passé historique. )

Dans de telles conditions, les USA développent d’autant plus leur position traditionnelle d’extrême sensibilité, en tant que groupe humain, à la puissance niveleuse et conformiste du système de la communication, et se retrouve beaucoup plus aisément emportés par l’impulsion du Système. La psychologie américaniste, qui se développe selon les caractères d’inculpabilité et d’indéfectibilité, est d’une extrême vulnérabilité à l’entraînement de la dynamique lancée par le Système, dès lors que cette dynamique est assimilée par elle à l’exceptionnalisme américaniste. (On notera que cette psychologie s’est préparée à l’extrême sensibilité qu’elle montre aujourd’hui au déchaînement de la dynamique-Système, par le renouveau depuis l'automne 2013, – à cause de Poutine et de son article dans le New York Times ! – du débat sur l’exceptionnalisme des USA, qui est très rapidement devenu une opération de communication pour réhabiliter cette notion. L’entraînement du Système permet de conforter cette orientation.)

Le comportement de la direction politique US, dans tous ses composants, apparaît alors beaucoup plus automatisé dans le sens de l’extrémisme le plus constant, qu’on pourrait même qualifier d’extrémisme absolu automatisé puisqu’il implique effectivement l’hypothèse qui va presque de soi, qui n’a même pas besoin d’être exprimée, de la disparition de la Russie («La seule chose que l’Ouest attend de la Russie c’est que la Russie n’existe plus») ; cet “extrémisme absolu automatisé” n’ayant alors plus aucun rapport avec l’étiquetage idéologique habituel. L’épisode de l’audition de Nuland au Congrès, que nous avons découvert par hasard et qui ne soulève aucune interrogation, aucun intérêt aux USA, est nous semble-t-il particulièrement révélateur. L’incontestable meneuse de la faction neocon dans l’ensemble “diplomatique” US (département d’État, NSC, etc.) se retrouve presque mise en accusation comme modérée, comme l’étaient pendant la Guerre froide les partisans de la détente face aux factions extrémistes d’extrême-droite. Ce n’est pas parce que la commission des affaires étrangères a modifié en quoi que ce soit son opinion, mais simplement parce qu’elle cède à la dynamique en question, parce qu’elle est particulièrement bien disposée pour le faire. Elle n’a même pas besoin d’un McCain pour cela (McCain se trouve, comme président de la minorité républicaine, dans la commission des forces armées). Elle évolue, comme l’on dirait, en “roue libre” de la pensée, c’est-à-dire la pensée réduite à la dynamique en question.

On comprend dans ce cas que nous persistions à juger la crise ukrainienne comme beaucoup plus grave que la crise irakienne qui se déroule en parallèle, alors qu’aux USA la crise irakienne fait toutes les manchettes de la presse-Système autant que les attaques critiques des réseaux antiSystème, tandis que la place accordée à la crise ukrainienne est minime. (De fait les deux crises se complètent et devraient interférer de plus en plus, les Russes se rapprochant des Irakiens et des Iraniens d’une façon marquée, selon un jugement qui est nettement influencé par l’antagonisme du bloc BAO qu’ils ressentent au niveau de la crise ukrainienne.) Nous pensons en effet que l’épisode décisif pour le Système va plus que jamais naître au cœur de la crise ukrainienne et de ses divers prolongements, plutôt que dans la crise de l’Irak et du Moyen-Orient. Cet épisode décisif sera nécessairement explosif aux USA au niveau de la communication, et pour la psychologie, puisqu’il confrontera une psychologie réduite aux deux éléments du désintérêt pour la crise et de l’extrémisme antirusse absolue, à la possibilité s’avérant brutalement réelle d’un affrontement avec la Russie, avec potentialité d’un conflit nucléaire. C’est alors, lorsqu’on réalisera cette potentialité, qu’on peut envisager des prolongements et des effets indirects extrêmement brutaux et complètement incontrôlables, vers un épisode qui pourrait susciter le dernier épisode de la crise d’effondrement du Système.

Une déclaration conjointe Euro-BRICS sur la crise ukrainienne

Une déclaration conjointe Euro-BRICS sur la crise ukrainienne – Trois propositions stratégiques

Déclaration conjointe Euro-BRICS - Juin 2014

Déclaration Conjointe Euro-BRICS Juin 2014 

Ex: http://www.leap2020.net    

Nous [1], soussignés membres de la société civile en Europe et dans les BRICS (chercheurs et professeurs universitaires, responsables de groupes de réflexion, journalistes, dirigeants d’entreprises, représentants de la société civile), souhaitons exprimer notre inquiétude commune quant aux tendances enclenchées par la crise en Ukraine. Ces tendances ont une incidence sur la communauté internationale, menacent entre autres la souveraineté de l’Ukraine et l’indépendance de l’Europe, et provoquent une polarisation malvenue du système international avec des répercussions sur un équilibre géopolitique toujours fragile.

Nous voulons rappeler qu’une transition historique est en cours entre un monde unipolaire avec les Etats-Unis comme seule superpuissance et un monde multipolaire, transition qui doit être soutenue plutôt que contenue. Le monde entier, y compris l’Europe et les Etats-Unis, a tout à gagner à la réorganisation commune d’une gouvernance mondiale fondée sur la multipolarité.

Nous tenons à réaffirmer notre analyse[2] selon laquelle l’Europe est en mesure de contribuer positivement à l’émergence pacifique d’un monde multipolaire. En effet, la crise ukrainienne a montré que, alors qu’une Europe indépendante et ouverte participe à l’émergence d’un monde multipolaire, une Europe unilatérale créé les conditions d’une polarisation entre un bloc occidental et les nouvelles puissances mondiales.

Par conséquent, nous désapprovons fermement l’interruption des relations euro-russes et ses conséquences négatives sur les relations Euro-BRICS porteuses d’avenir. Nous sommes en total désaccord avec le déploiement de troupes des deux côtés de la frontière euro-russe, et en particulier de troupes militaires américaines sur le territoire de l’Europe. Nous nous opposons à l’escalade de tensions resultant de la non-concertation des politiques européenne et russe de libre-échange, en particulier à l’endroit des pays frontaliers communs tels que l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie, etc…

Nous considérons que la crise ukrainienne requiert la mise en place d’un espace diplomatique destiné à débattre des droits de l’Europe et de la Russie à organiser leurs marchés communs et des moyens pour que ces marchés coexistent pacifiquement.

Nous notons également que la situation d’urgence humanitaire en Ukraine, ainsi que les crimes et les exactions commises contre les populations civiles pendant la crise ukrainienne, doivent être traités rapidement et faire l’objet d’enquêtes.

Nous estimons que la coopération Euro-BRICS est susceptible de fournir le cadre de médiation approprié pour atteindre un résultat positif.

 

La situation requiert un sens élevé des responsabilités historiques et de l’intérêt collectif de la part des dirigeants du monde. C’est à ce sens que nous faisons appel à travers cette déclaration :

–> PARTAGER LES RESPONSABILITES EN GUISE DE PREALABLE – Nous avons convenu que les responsabilités liées à la crise en Ukraine doivent être partagées entre l’Europe et la Russie. Ce n’est que sur cette base de reconnaissance mutuelle des responsabilités de chaque acteur que la paix en Ukraine pourra être reconstruite et les relations euro-russes relancées.

–> RELANCER LES RELATIONS EURO-RUSSES POUR CREER LES CONDITIONS D’UNE SORTIE DE CRISE MENEE PAR L’UKRAINE – Il appartient aux Ukrainiens de s’organiser et de reconstruire la paix en Ukraine. Cependant, les tensions entre les Ukrainiens pro-russes et pro-européens ne se désamorceront pas tant que les tensions entre la Russie et l’Europe subsisteront. Par conséquent, au nom de la paix en Ukraine, nous appelons les dirigeants européens et russes à relancer un dialogue constructif. Par ailleurs, nous  souhaitons encourager les médias à fournir une information plus objective et à corriger toute désinformation susceptible de mener à de futurs conflits.

–> UN SOUTIEN EURO-BRICS A L’EFFORT DE SORTIE DE CRISE – En guise de contribution à encourager et soutenir l’effort euro-russe pour la relance d’un dialogue de sortie de crise, nous appelons les dirigeants Euro-BRICS[3] à convoquer très rapidement[4] le premier “sommet  Euro-BRICS pour l’Ukraine » qui aura pour objet d’établir les causes, d’identifier les solutions et de contribuer à mettre en place les conditions politiques et diplomatiques pour une résolution souveraine de la crise ukrainienne et pour la prévention de crises similaires avec d’autres États frontaliers euro-russes à l’avenir.

Ont signé la présente declaration  les personnes suivantes, représentantes de la société civile en Europe et dans les BRICS (professeurs d’université, chercheurs, dirigeants de groupes de réflexion, journalistes, représentants d’entreprises) – par ordre alphabétique :

. Adriana Abdenur – Professeur, Institut des Relations Internationales, PUC-Rio, Rio de Janeiro, Brésil

. Jean-Paul Baquiast - Co-fondateur et co-président de l’Association Automates Intelligents et co-rédacteur en chef du site www.automatesintelligents.com

. Marie-Hélène Caillol – Présidente LEAP/E2020 (Laboratoire européen d’Anticipation Politique), Paris, France

. Jayanthi Chandrasekharan – Assistant Professeur, Département de français, Loyola College, Chennai, Inde

. Jose-Maria Compagni-Morales – Président FEFAP (Fundación para la Educación y Formación en Anticipación Política), Professeur agrégé IE Business School, Séville, Espagne

. Taco Dankers – Entrepreneur, Software engineer, Dankers & Frank, Consulting and Software Engineering, Amsterdam, Pays-Bas

. Baudouin De Sonis – Directeur exécutif, e-Forum & EU-China-Forum, Bruxelles, Belgique

. Anna Gots – Directrice financière, AEGEE-Europe / European Students’ Forum, Bruxelles, Belgique

. Harald Greib – President IRPA (Internationaler Rat fur Politische Antizipation), Hambourg, Allemagne

. Christel Hahn – Coordinatrice générale, AAFB, Allemagne

. Michael Kahn – Professeur Extraordinaire, Université Stellenbosch, Afrique du Sud

. Caroline Lubbers – Chef de projet Euro-BRICS, LEAP/E2020, Amsterdam, Pays-Bas

. Zhongqi Pan – Professeur, Centre d’Etudes BRICS, Université Fudan, Shanghai, Chine

. Sylvain Perifel – Coordinateur GEAB, LEAP/E2020, Paris, France

. Marianne Ranke-Cormier – Présidente Newropeans, Paris, France

. Yi Shen – Professeur agrégé, Centre d’Etudes BRICS, Université Fudan, Shanghai, Chine

. Suyuan Sun – Assistante de recherche, Centre d’Etudes BRICS, Université Fudan, Shanghai, Chine

. Veronique Swinkels –Directrice Générale, BBK/Door Vriendschap Sterker, Amsterdam, Pays-Bas

. Alexander Zhebit – Professeur de Relations Internationales, Universidade Federal do Rio de Janeiro, Brésil

. Jiejin Zhu - Professeur agrégé, Centre d’Etudes BRICS, Université Fudan, Shanghai, Chine

 
 
 
 
        
 
 
 

 
 

[1]
                  Cette déclaration commune a été rédigée à l’issue d’une vidéo-conférence historique, organisée le 27 mai par LEAP en partenariat avec FEFAP et en collaboration avec l’Université Fudan de Shanghaï, qui a réuni 28 représentants d’Allemagne, Brésil, Chine, Espagne, France, Inde, Pays-Bas, Russie et Ukraine, sur le thème suivant: “L’impact de la crise ukrainienne sur les relations Euro-BRICS – Un débat Euro-BRICS sur la crise ukrainienne en vue de solutions possibles”. La remarquable convergence de vues a conduit le groupe à rédiger cette présente déclaration.

[2]
            LEAP et MGIMO ont initié le concept Euro-BRICS en 2009 sur la base des constats établis dans ce document: Pourquoi Euro-BRICS? Ou encore ici : Concept 4ème Séminaire

[3]
                  Au moins M. Hollande, Mme Merkel, M. Modi, M. Poutine, Mme Rousseff, M. Xi, M. Zuma.

[4]
                  Idéalement, en marge du Sommet BRICS qui doit se tenir au Brésil mi-Juillet; au plus tard, début 2015.

Sommet des BRICS. Des décisions très significatives

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Sommet des BRICS. Des décisions très significatives

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Lors de leur 6e sommet à Fortaleza au Brésil, les BRICS, soit le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, et l'Afrique du Sud (l'Argentine étant invitée, bien qu'au bord du défaut de paiement) se sont mis d'accord pour le lancement de leurs institutions. Celles-ci pourraient compléter voire dans certains cas remplacer les institutions financières mises en place sous l'impulsion américaine et que les Etats-Unis se sont toujours refusés à réformer.
 

 
Malgré leur affichage internationale, depuis leur création, le FMI et la Banque Mondiale ont toujours systématiquement découragé les changements politiques chez les émergents, en les privant d'aides financières dès lors qu'ils paraissaient devoir s'opposer à la diplomatie américaine. Ce fut notamment le cas en Amérique Latine. Les réformes « structurelles » imposées par le FMI visent par ailleurs systématiquement à ouvrir les économies aux investissements étrangers au détriment des services publics d'origine, y compris dans le domaine éducatif. 1)

Il est clair que la Russie a fait une forte pression ces derniers mois pour institutionnaliser le rôle des BRICS, moins dans le domaine géostratégique voire militaire que dans le domaine financier. La Russie, à l'occasion de la crise ukrainienne et des « sanctions » qui lui étaient infligées par l' « Occident » , a convaincu ses partenaires que les mêmes sanctions pouvaient s'abattre sur eux, si d'une façon ou d'une autre leurs politiques internes ou leur diplomatie s'orientaient dans des directions s'opposant à Washington.

A cet égard, le nouveau Premier ministre indien, Narendra Modi, considéré comme conservateur au plan économique et influencé par des groupes de pressions atlantistes, s'est en effet rendu au sommet sans hésitation. La participation de l'Inde a été une des raisons du succès du sommet. Son absence aurait donné un rôle trop important à la Chine, déjà fortement impliquée, et dont l'économie sera à terme bien plus forte que celle de la Russie.

Une autre raison du succès fut la crainte des membres des BRICS de voir leur croissance s'effondrer s'ils ne faisaient rien pour s'affranchir de la crise financière mondiale plus que jamais menaçante, crise dont les clefs se trouvent principalement à Wall Street et Londres. De même ils ont voulu échapper à leur dépendance à l'égard du dollar, dont les quantités en circulation sont accrues ou restreintes par des décisions unilatérales de la banque fédérale américaine, au mieux des besoins de l'économie et de la diplomatie américaine.

Des décisions prudentes mais symboliques

Les économistes occidentaux, sans nier l'importance politique des décisions prises à Fortalezza, soulignent à l'envie que leurs effets pratiques seront limités, vu les faibles ressources dont les nouvelles institutions seront dotées. Rappelons ici rapidement ce dont il s'agit, de plus amples détails se trouvant dans la grande presse:

* Création d'une banque de développement (New Development Bank), dotée d'un capital initial de 50 milliards de dollars, pouvant être augmenté à 100 milliards, fournis à parts égales par les 5 pays. Après des discussions vives, la banque sera localisée à Shanghai et sera dirigée pour le premier mandat de 5 ans par un Indien. Ce sera ensuite au tour du Brésil de prendre la direction. 

Rappelons sur ce plan que la Chine développe d'autres projets parallèles, notamment celui d'une Asian Infrastructure Investment Bank . Dans le même temps elle accorde des prêts qui n'ont rien de désintéressé à divers pays en Amérique Latine, en Asie et en Afrique. Ceci est cohérent avec sa place de nouvelle méga-puissance. Ses intérêts ne coïncident pas avec un groupe particulier. Ce n'est pas pour autant, peut-on penser,  qu'à l'avenir elle s'opposera aux institutions du BRICS.

* Mise en place d'un fonds de réserves de change commun d'un montant de 100 milliards de dollars. La Chine sera le premier contributeur (41 milliards), suivie de la Russie, de l'Inde et du Brésil (18 milliards) et enfin de l'Afrique du Sud (5 milliards). Selon la déclaration finale du sommet, ce fonds de réserve va permettre d'éviter "les pressions à court terme sur les liquidités" mais aussi "de promouvoir une plus grande coopération" entre les pays. Les pressions visées sont celles de la Fed, annonçant par exemple depuis fin 2013 un retrait progressif des injections de liquidités dans l'économie, après l'avoir précédemment inondée de dollars. Certains pays fragiles craignent de se retrouver en effet à court de dollars.

* Création d'un fonds pour financer les infrastructures. Le capital initial de ce fonds serait de 10 milliards de dollars. Il pourrait devenir opérationnel lors du prochain sommet qui se tiendra en Russie en 2015. Il est clair qu'en ce domaine, les infrastructures à financer (desquelles d'ailleurs s'agit-il?) nécessiteraient vu leur inexistence ou état de délabrement (en Inde ou en Russie par exemple) des sommes bien supérieures. Mais les budgets des Etats, sans réformes internes importantes, visant notamment à lutter contre la fraude fiscale et la corruption, ne pourraient pas les fournir. Rappelons que simultanément le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, souhaite mobiliser 300 milliards d'euros pour financer des infrastructures, , à partir de fonds qui selon lui « dorment », notamment à la Banque européenne d'investissements. Il est bon cependant que les BRICS fassent savoir à tous que la croissance ne se mesure pas seulement au augmentation de la consommation mais en investissements durables.

Ainsi les sommes mobilisées initialement dans les futures institutions ne seront pas seulement marginales. Elles seront appelées à grandir au fur et à mesure du développement économique des pays membres, ainsi que de leur implication politique.

Par ailleurs, si aucune décision n'a été prise concernant la mise en place d'une éventuelle monnaie d'échange commune, par exemple sur le modèle de l'écu, ancien système monétaire européen (SME) sur le mode dit du serpent, les portes restent entièrement ouvertes. Une véritable dédollarisation de la moitié du monde s'impose en effet, comme nous l'avons rappelé dans des articles précédents. Il est ainsi  paradoxal que les nouvelles institutions des BRICS comptabilisent leurs contributions en dollars plutôt qu'en une monnaie commune.

A quand l'euroBRICS ?

Très symbolique par contre d'un véritable changement dans les équilibres mondiaux est le succès de la démarche elle-même. Elle montre la volonté de lancer une contre-offensive à l'égard de la domination accrue des forces financières, économiques et politiques qui sont mobilisées autour des Etats-Unis. Les Etats du BRICS, à qui ne s'applique plus désormais le qualificatif d'émergents, représentent en effet 40% de la population mondiale et un cinquième du PIB.

Cette contre-offensive est d'autant plus significative qu'elle rapproche des puissances qui par ailleurs ne sont pas exemptes au plan mondial de compétition les unes à l'égard des autres. Comme la zone dollar, l'espace du BRICS couvre dorénavant l'Europe (avec la Russie), l'Eurasie, l'Asie et l'Amérique latine. D'autres participations sont d'ores et déjà envisagées, venant de pays véritablement émergents, et particulièrement fragiles à l'égard des futures crises climatiques. Leur regroupement au sein d'un BRICS élargi devrait les aidera à survivre, mieux qu'en faisant appel au FMI et à la Banque mondiale. Qu'en sera-t-il à terme du Japon? Très proche encore des Etats-Unis et hostile à la Chine, peut-être un jour procédera-t-il à un renversement de ses alliances.

Un point- sombre demeure cependant. Nous avons indiqué dans des articles précédents qu'il serait indispensable que les BRICS ne se construisent pas à l'écart voire contre les pays de la zone euro. Des domaines de coopération financières et économiques considérables pourraient s'ouvrir au bénéfice de l'ensemble des partenaires. Mais il faudra pour cela que le projet encore un peu utopique d'EuroBRICS prenne corps véritablement. Il ne fait pas de doute qu'il suscitera une opposition particulièrement violente des Etats-Unis, y compris au sein de l'Union européenne. La diplomatie du dollar et des forces spéciales ne s'exercera pas seulement en Ukraine. Nous y reviendrons.

Note:

1) La petite histoire laisse entendre que si Dominique Strauss Kahn est tombé dans le piège que l'on sait, ce fut à la suite d'une opération des services secrets américains. Il voulait en effet ouvrir plus largement le FMI aux émergents, ce que Washington refusait à tout prix.

 

17/07/2014

lundi, 21 juillet 2014

La NSA récolte avant tout des données de vie privée de gens ordinaires

La NSA récolte avant tout des données de vie privée de gens ordinaires

Ce n’est pas parce que vous êtes une personne sans histoire et que vous n’avez rien à vous reprocher que vous ne pouvez pas vous retrouver fichés dans les bases de données de la NSA. La preuve – pour ceux qui en doutaient encore – vient d’être fournie par The Washington Post qui a mis la main sur un paquet de données interceptées sur la Toile entre 2009 et 2012. A savoir : 121.134 messages instantanés, 22.111 emails, 7.892 documents, 3.856 messages de réseaux sociaux, 565 chats vocaux ou vidéo et 4.533 autres types d’informations.

Le journal a reçu cette copie par l’intermédiaire d’Edward Snowden. Il l’analysé pendant quatre mois. Conclusion : neuf détenteurs de comptes numériques sur 10 « ne sont pas des cibles désignées au préalable, mais prises dans le filet que l’agence a mis en place pour le compte de quelqu’un d’autre ».  En d’autres termes, les bases de données de la NSA sont remplies de « victimes collatérales » de sa surveillance massive.

Relations sexuelles, maladies mentales, espoirs déçus…

Parmi ces données qualifiées d’« inutiles » par les agents secrets, certaines décrivent des situations très intimes des gens. Il y a « des histoires d’amour et de ruptures, des relations sexuelles hors mariage, des maladies mentales, des conversions politiques et religieuses, des détresses financières ou des espoirs déçus ».

Il y a également plus dérangeant. Un « grand nombre de photos » montrent des bébés et des enfants dans leur environnement familial – dans des baignoires, dans leur lit, dans les bras de leur mère,… Il y a également des clichés d’ « hommes qui montrent leur corps » ou de femmes « en lingerie » ou peu habillées, et dans des poses suggestives.

Si ces données ont été interceptées, c’est parce que l’agence américaine ne s’embête pas à perdre du temps dans un ciblage précis et sophistiqué, mais déploie ses filets de manière large. Ainsi, comme le décrit le journal, il suffit qu’une cible soit entrée dans un chat room pour que tous les messages qui y sont publiés se retrouvent enregistrés, quel que soit l’auteur ou le sujet.

Dans d’autres cas, la NSA a simplement surveillé toutes les personnes qui se connectent à un site web. Cette pratique avait également été démontrée la semaine dernière, avec l’espionnage des utilisateurs de Tor et Tails Linux: se connecter au site web de ces outils cryptographiques suffit pour être dans le radar de la NSA.

Les Américains sont également en ligne de mire

Contrairement à ce qui a été dit par ses responsables, la NSA capte d’ailleurs un grand nombre de données de citoyens américains. Ainsi, près de la moitié des dossiers surveillés « comprennent des noms, des adresses de courriels ou d’autres détails que la NSA cite comme appartenant à des citoyens ou des résidents américains ». La NSA a masqué ou « minimisé » plus de 65.000 références pour protéger la vie privée d’Américains, mais le Washington Post a trouvé près de 900 adresses de courriels non masquées qui pourraient être celles de citoyens américains. Ce qui est contraire à la loi FISA sur laquelle l’agence s’appuie pour réaliser sa surveillance.

Mais ce qui est encore plus choquant, c’est que toutes ces données restent stockées dans les disques durs du service secret américain, même si elles ont été qualifiées comme inutiles ou appartenant à des citoyens américains.

Les raisons de ce stockage persistant seraient multiples. D’une part, les analystes de la NSA auraient du mal à évaluer quelles informations pourraient se révéler utiles à l’avenir. D’autre part, cela pourrait être une solution de facilité. Il est finalement plus simple de stocker des informations que de se casser la tête à les filtrer pour en effacer une partie.

Le problème, c’est que l’on ne sait pas ce qu’il advient de toutes ces informations parfois très intimes sur un tas de gens. Le risque de dérive n’est pas à exclure.

Les Services de sécurité de l'Ukraine ont confisqué les enregistrements du contrôle de trafic aérien concernant le Jet malaisien

Les Services de sécurité de l'Ukraine ont confisqué les enregistrements du contrôle de trafic aérien concernant le Jet malaisien

Auteur : Zero Hedge (Etats-Unis)

Pourquoi le pilote a-t-il changé de trajectoire ?

Quand nous avions commenté des anomalies touchant à la trajectoire du vol MH-17, nous avions dit que, « peut-être, avant d’en arriver à  » certaines conclusions  » sur l’implication des rebelles, les questions clés que l’on devrait se poser avant de lancer des accusations, c’est pourquoi le pilote s’est-il détourné de son plan de vol habituel, pourquoi a-t-il volé au-dessus d’un espace aérien soumis à des restrictions, et quelles instructions, si instructions il y avait, le contrôle aérien de Kiev a-t-il donné au pilote dans les minutes qui ont précédé l’explosion tragique »?

La réponse simple serait venue si l’Ukraine avait simplement publié l’enregistrement du contrôle de trafic aérien de la tour et du vol MH 17, ce que la Malaisie avait fait à la suite de la disparition du vol MH 370 qui, aux dernières nouvelles, n’a toujours pas été retrouvé.

Il semble maintenant que la réponse ne viendra pas parce que, comme le rapporte la BBC « le SBU, le service de sécurité de l’Ukraine a confisqué les enregistrements des conversations entre les agents de contrôle du trafic aérien ukrainiens et l’équipage de l’avion condamné, a déclaré à l’agence de presse Interfax une source à Kiev. « 

Ce qu’il adviendra des enregistrements est totalement inconnu. Ce qu’on sait, c’est que tout espoir d’obtenir une explication non manipulée sur le pourquoi l’avion se trouvait au mauvais endroit, ou sur ce que les pilotes ont peut-être vu ou dit dans les moments précédant l’explosion, est évanoui à jamais.

Cela signifie également que tout espoir de réellement travailler avec des faits au lieu d’appels à l’émotionnel, et d’aller au fond de la tragédie de la compagnie aériennemalaisienne, réside dans ce qui a pu être enregistré par la boîte noire, dont la localisation actuelle est maintenant très claire. D’après The Independent :

« Les services d’urgence de l’Ukraine ont trouvé deux boîtes noires sur les lieux de l’accident du vol MH17 de la Malaysia Airlines », selon le gouverneur de la région deDonetsk à l’est de l’Ukraine.

« Les deux boîtes noires ont été trouvées par nos services d’urgence. Je n’ai aucuneinformation sur l’endroit où ces boîtes sont à l’heure actuelle », a déclaré Kostyantyn Batovsky à l’agence de presse Interfax-Ukraine.

Les séparatistes pro-russes de la région ont déclaré jeudi qu’ils avaient trouvé une boîte noire lorsque l’avion de ligne malaisien a été abattu entre Krasni Luch dans la région de Louhansk et Shakhtarsk dans la région voisine de Donetsk.

L’agence de presse Interfax-Ukraine avait annoncé que la première boîte noire avait été envoyée à Moscou pour analyse, avait rapporté la BBC. L’agence de presse signale maintenant qu’une seconde boîte noire a été récupérée sur le site de l’accident.

Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a été cité affirmant que la Russie n’a pas l’intention de confisquer les « boîtes noires » du vol MH17 de la Malaysia Airlines abattu dans les territoires tenus par les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine,

Cependant, le leader séparatiste Aleksandr Borodaï a déclaré à l’Associated Press: « aucune boîte noire n’a été trouvée … Nous espérons que les experts vont les trouver pour retracer ce qui s’est passé ».

Un porte-parole du ministère des urgences à Kiev a refusé de commenter le rapport.

En d’autres termes, encore plus de confusion sans fait à l’appui, et de la spéculation, ce qui est exactement ce dont a besoin un système d’information basé sur la propagande.

Aussi, comme dans le cas du vol MH-370, il se pourrait que l’on ne sache jamais ce qui s’est passé avec le vol MH-17.

ORWELL'S QUAD AND THE NEW WORLD DISORDER

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ORWELL'S QUAD AND THE NEW WORLD DISORDER


George Orwell, in 1984, described a chaotic world of perpetual warfare: a large part of the planet was forever fought over and constantly changing hands, with the lives of the inhabitants assigned minimal value.
“Between the frontiers of the super-states, and not permanently in the possession of any of them, there lies a rough quadrilateral with its corners at Tangier, Brazzaville, Darwin, and Hong Kong, containing within it about a fifth of the population of the earth. It is for the possession of these thickly-populated regions, and of the northern ice-cap, that the three powers are constantly struggling. In practice no one power ever controls the whole of the disputed area. Portions of it are constantly changing hands, and it is the chance of seizing this or that fragment by a sudden stroke of treachery that dictates the endless changes of alignment.” 1984, Chapter 9
Due to the decline of both moral and pragmatic qualities caused by the West's dominant ideology of Universal Liberalism, our "geopolitical organs" are now creating a similar zone of chaos and anarchy to the one envisioned by Orwell. This has been dramatically driven home by the recent rise to prominence of the Islamic State of Iraq and Syria (ISIS) across a large and geographically ill-defined sector of the Middle East, at a time when many other parts of Orwell's quad – Gaza, Somalia, Sudan, Libya, Mali, and Yemen – are also deep in chaos.

 
Another stop on the road paved with Liberal intentions.
 
The great flaw of Washington and its allies in recent years has been a tendency to start things without finishing them. This is a tendency that has accelerated in recent years and is driven by the following factors:

  • Increasing geopolitical ignorance caused by a growing misunderstanding of how the world actually works
  • A drastic decline in political pragmatism because it is viewed as inconsistent with a new Western morality  infused with narratives of feminism, gay rights, and anti-racism  
  • A steep decline in the West's original moral qualities of courage, honour, loyalty, masculinity, moral fiber, and commitment

The West feels 'morally' driven to destabilize or depose the natural power elites of various Third World states, often with an unacknowledged economic back story, but it now lacks the qualities that enabled it to succeed in the past.

Liberal elites, unlike the old Conservatives or the 'rednecks’ and 'flyovers' they so detest, are unable to fulfill the duties their actions assume. For the liberal ruling class, it is enough to make the moral gesture, get the buzz, and then sidle away from the mess they have created and look for the next humanitarian interventionist thrill.

Rather than imposing "totalitarian humanism," as some fear, this irresponsible attitude has instead created a toxic brew of "hegemonic anarchy," characterized by chaos, civil war, massacres, mutilations, religious insanity, and growing contempt for the West. Boko Haram, the group in Nigeria that hit the headlines earlier this year when it kidnapped over 200 schoolgirls, expresses this contempt in its name, which literally means "Western education is sin." Iraq and Afghanistan, the scenes of the West's greatest commitments and sacrifices, are clearly being lost to any semblance of order; while the hashtag offensive "Bring our Girls Back" that was supposed to bring Boko Haram to its knees is struggling even to make an impact on social media.

Against this background, some countries in the danger zone, like Algeria, Egypt, and Thailand, have found temporary reprieve by reverting to old-style military dictatorships with a bit of PR – the promise of "free elections," a high-profile female appointment, etc. – to keep the liberal commentariat from becoming too interested in their affairs.

 
The secular strongman – the optimum
solution for the fractious Third World state?
Iraq is a classic example of the kind of country that either requires pragmatic or principled treatment, but which in Western interventionist hands just turns to mush. Like most Third World countries, it has badly-drawn borders that do not correspond to organic cultures and nations, but instead throw together diverse and antagonistic thedes.

Thanks to the former predominance of the Turks in the region, the natural ruling elite has been rooted in the Sunni Arab part of the population. This group also occupies a relatively central position, with the numerically superior Shiite Arabs to the south and the non-Arabic Kurds to the northeast.

Despite its inherent flaws and weakness, Iraq, with the right kind of strong and pragmatic leader, could be relatively stable. Although Saddam Hussein was clearly deeply flawed, he may well have been an optimum solution for the country in a way that the present underpowered 'strongman,' Prime Minister Nouri al-Maliki, clearly isn't.

A well-managed partition of the country into three separate sections, corresponding to the three main groups in the population, may have been another option at one time, but that moment has clearly passed. Whatever new borders arise will now have to be drawn in blood, while any strongmen that arise to keep the country united are likely to get on the wrong side of Western Liberals at some point and meet the same end as Saddam or Gaddafi.

The truth is that "humanitarian" Western liberals prefer anarchy to a convenient tyrant: anarchy says "we tried" rather than "we connived," and, as the somewhat Orwellian phrase "humanitarian intervention" hints, it helps them to feel better about themselves. But rather than orderly humanism, what the Liberal West is pioneering is a form of hegemonic anarchy.

Orwell's quad: wreaking havoc in the 21st century.


A version of this article was previously published at Theden.

Entre Russie et USA, l’Europe devant l’“horreur politique”

Entre Russie et USA, l’Europe devant l’“horreur politique”

Ex: http://www.dedefensa.org

L’on dit justement que l’“Europe politique” n’existe pas, et cela répond évidemment à la tendance profonde de ceux qui ont fondé l’actuelle Europe institutionnelle, dite UE, et de ceux qui la font fonctionner. Il s’agit d’un artefact économique, dont le destin politique jugé sans grande importance (voir le peu d’attention accordée aux principes, notamment ceux de la souveraineté) est laissé au Système, – dito l’axe transatlantique et l’influence US, –et dont l’idéologie se nomme “économisme”. Le paradoxe de notre époque qui est celle du triomphe du Système et de l’économisme comme conception du monde, c’est que les contraintes de ce triomphe suscitent des événements politiques et que quelques-uns des plus graves s’imposent aujourd’hui à l’Europe. L’“Europe politique” n’existe pas mais l’Europe doit s’intéresser à la politique par la force, et par conséquent devenir, – horreur ! – “Europe politique” avec tout ce que cela suppose de réflexion, de choix, d’engagements impossibles à comptabiliser en normes économiques. Qu’importe, l’“horreur politique” est là... Au premier rang de ces pressions terribles qui forcent la chose à se préoccuper de politique : les relations avec la Russie dans ce temps de crise ukrainienne, et la crise ukrainienne elle-même.

On s’aperçoit de cette évolution, désormais, de plus en plus nettement, à chaque réunion des dirigeants européens, – grâce en soit rendue à la crise ukrainienne. Du coup, ces réunions deviennent intéressantes, sinon passionnantes (n’exagérons pas). Voici donc celle-ci (hier), avec ses péripéties qui nous annoncent que la nomination du remplaçant (de la remplaçante) de Lady Ashton est un cas effectivement intéressant ; du coup, signe indubitable de la chose, les chefs de l’État et de gouvernement de l’Union Européenne ont repoussé au mois d’août leur décision sur cette nomination. (L’actuelle Haute Représentante de l’UE, ou bien pseudo-“ministre des affaires étrangères”, est au terme de son mandat en octobre prochain.) Le Guardian présente, le 17 juillet 2014, les différents aspects de la réunion d’hier, qui sont fondamentalement politiques et mettent en évidence une très profonde division de l’Europe...

«European Union leaders failed to agree on who should get the prestigious job as the 28-nation bloc's new foreign policy chief to succeed Catherine Ashton, who also chairs the international negotiations on Iran's nuclear program. Summit chairman Herman Van Rompuy said on early Thursday the time was not yet ripe for a decision, and leaders will reconvene for another summit in Brussels to agree on their candidates late next month. [...]

»The new EU top diplomat will be instrumental in shaping the bloc's relations with Russia in the wake of what is seen as Moscow's destabilizing actions in Ukraine. The horse-trading to fill that and other top EU jobs stalled as leaders haggled over the candidates' party affiliation, gender, political views and stance on Russia in particular. “It was important to have a first discussion” on the candidates, German chancellor Angela Merkel said. “There will be a good result in August.”» [...]

«No candidates were officially named for the post, but Italian foreign minister Federica Mogherini was widely considered the frontrunner. Yet some eastern European leaders criticised the center-left politician, 41, as too Russia-friendly and lacking experience. Lithuanian president Dalia Grybauskaite said on Wednesday she “will not support a person who is pro-Kremlin,” while Austrian chancellor Werner Faymann said he thinks Mogherini is a very good candidate. Poland's foreign minister Radek Sikorski, who advocates a tough stance toward Russia, and the EU's development aid commissioner, Kristalina Georgieva of Bulgaria, have been mentioned as alternatives.»

Il a été également question, lors de cette réunion, des sanctions contre la Russie. Le Guardian nous donne à ce propos le minimum syndical dans la ligne du Parti : «The leaders agreed, however, on imposing new sanctions against Russia in a coordinated move with the US.» En fait, non, pas du tout les gars, la coordination avec les USA n’est pas terrible terrible... Il est manifeste que Washington, par l’intermédiaire de BHO, attendait fermement de nouvelles sanctions de l’UE, en même temps que les siennes, – lesquelles ont été effectivement annoncées hier après-midi. L’UE a décidé de ne pas décider immédiatement en même temps que Washington décidait et annonçait sa décision. Cela fait un peu désordre, tout ça, au sein du bloc BAO, comme ne manque pas de le noter Russia TodayUS widens sanctions on Russia, EU takes time to think over»), le 17 juillet 2004 :

«The Obama administration has widened the list of sanctions unilaterally targeting individuals as well as financial institutions and defense companies which the US believes are involved in destabilizing the situation in Ukraine. The US has moved to impose tougher sanctions against Russia over the tense situation in Ukraine. The widened set of restrictions have been placed on the country's largest oil producer Rosneft and major bank Vnesheconombank among others.

»Wednesday's announcement came only moments after a meeting concluded in Brussels between EU delegates, who soon after announced their own plan to wage penalties against Russia. Efforts to immediately impose broad, sectorial sanctions favored by hard-liners were rejected, however, in lieu of establishing a timetable that may allow for the EU to penalize Russia after the end of the month.»

«Fuck the EU», comme nous confiait délicatement Victoria Nuland ? C’est un peu ça, si l’on considère l’extrême mauvaise humeur de BHO & compagnie devant le manque d’enthousiasme de l’UE pour imposer de nouvelles sanctions contre la Russie. La nomination éventuelle de l’Italienne Mogherini pour succéder à Ashton est également un sujet de grande préoccupation pour Washington & BHO. Jeune (41 ans), grand prix de beauté lorsqu’on la compare à Ashton donc déjà bien vue du système de la communication, bien accueillie par les Russes avec lesquels elle s’est entendue lors d’une visite au début du mois (premier déplacement en tant que ministre des affaires étrangères d’une Italie inaugurant sa présidence de l’UE), Mogherini apparaît déjà, potentiellement, comme une redoutable dissidente du type antiSystème aux yeux du Système. Une fracture s’est donc opérée au sein de l’UE à propos de sa nomination, comme à propos des sanctions, qui délimite parfaitement les effets de l’influence et des pressions US sur l’Europe dans la crise ukrainienne et les relations avec la Russie. Les médias russes relaient en l’identifiant cette division entre un bloc de huit pays très favorables à une politique de conciliation avec la Russie (l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, Chypre, la France, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg et la Slovénie), un bloc beaucoup plus réduit d’adversaires de la Russie (la Pologne, les trois pays baltes notamment), et entre ces deux blocs un “marais” flottant avec certains pays (Hongrie, Belgique, Tchéquie, etc...) très proches de la ligne Allemagne-France-Italie.

Voici un commentaire de La Voix de La Russie du 17 juillet 2014, à propos de l’éventuelle nomination de Mogherini et des sanctions, en y mêlant un argument à propos de l’accord de libre-échange du grand marché transatlantique en cours de négociation.

«Les Américains mettent l’Europe sous pression pour la forcer à accentuer la confrontation avec la Russie. Pourtant, neuf pays de l’UE [...] sont disposés à bloquer les tentatives d’introduire des sanctions économiques antirusses. Vladimir Kozine, conseiller de l’Institut russe d’études stratégiques : “Les hommes d’État et politiques de l’UE commencent à s’interroger sur les raisons des sanctions antirusses. En fait, personne à Washington ne leur a pas expliqué d’une façon intelligible pourquoi les sanctions en question s’imposent. Seraient-elles dictées par des intérêts sordides toujours préconisés par Washington ?”

»En ce qui concerne les Européens de l’Est, ils ne font que relayer la voix de leur maître, estime Marzin Domogala, expert du Centre européen d’analyse géopolitique : “Le groupe des pays d’Europe de l’Est dont surtout la Pologne, est loin de se déterminer sur ses propres intérêts. Ces pays suivent la politique des États-Unis qui s’opposent à ce que la politique extérieure de l’UE soit dans une plus grande mesure déterminée par l’Italie. En effet, malgré la crise autour de l’Ukraine, ce pays resserre activement les contacts avec la Russie.”

»Les Américains cherchent à renforcer leurs positions commerciales au sein de l’UE avec laquelle ils sont en négociations sur l’accord de libre-échange. Si les sanctions antirusses sont un jour décrétées, les Européens seront obligés d’élargir les relations commerciales avec les États-Unis même dans les domaines où ils sont perdants. De nombreux leaders européens s’en rendent compte et ne veulent pas sacrifier la souveraineté de leurs pays au nom d’objectifs douteux.»

Dans son livre de 1992 Seize the Moment, l’ancien président Nixon affirmait, sans très grande originalité, que la démocratisation et l’intégration de l’Europe de l’Est dans le bloc BAO devaient être une priorité de la politique des USA, alias politique-Système. L’un de ses arguments, lui aussi peu original mais rarement exprimé aussi crûment, était que l’Europe de l’Est intégrée dans l’Europe institutionnelle (future UE) serait un cheval de Troie des USA au sein de cette UE. Cela s’est révélé parfaitement exact, mais la manœuvre n'est vraiment efficace que lorsqu'elle se réalise et s'opérationnalise avec une certaine délicatesse, – ce qui n’est pas vraiment le point fort des USA, la délicatesse. Le problème, aujourd’hui, avec la crise ukrainienne, est effectivement que ce jeu-là apparaît vraiment à visage découvert, avec toutes les cartes sur la table, et que les exigences américanistes sont de plus difficiles à supporter pour ceux qui en sont l’objet. On en est même à entendre certains hommes politiques de l’Est se plaindre de l’insupportabilité de cette gigantesque pression US, ou disons pression-Système... (Et pas des moindres, pour l’homme politique qu’on citera ici, puisqu’il s’agit du ministre polonaise des affaires étrangères Sikorski, très en verve pour l’occasion, – voir le 24 juin 2014 : «Sikorski said that Warsaw’s alliance with Washington is worthless and even damaging as it “creates a false sense of security in Poland,” [...] “We will get a conflict with both Russians and Germans, and we’re going to think that everything is great, because we gave the Americans a blowjob...”»)

De l’autre côté, les huit pays qui affichent leur intention de ne pas rompre avec Moscou, suivis d’une cohorte d’autres, un peu plus prudents mais tout de même sur une ligne proche, forment un bloc d’une puissance considérable. Au centre se trouve notre entité Allemagne-France (voir le 16 juillet 2014), qui devrait être poussée de plus en plus au radicalisme de sa position à mesure que le bloc-Est de l’UE relaie sur son mode strident les consignes de Washington. En effet, sur ce point des relations avec la Russie, ni l’Allemagne, ni la France (ni l’Italie, qui joue un rôle très important, et plus encore si Mogherini succède à Ashton) ne sont prêtes à céder, et cette résolution ne cesse de se renforcer à mesure que la crise ukrainienne se développe et que la Russie continue à montrer une grande modération. Cette évolution permet d’augurer une sorte de perfect storm, comme disent les commentateurs américanistes, avec fracture aggravée d’une vilaine querelle publique, sinon rupturielle, entre le cœur et le moteur du bloc européen, et son appendice oriental relayant les consignes américanistes.

Jusque là, on ne peut faire le moindre reproche à la politique poutinienne, reprenant la vieille rengaine du temps de l’URSS de la division de l’axe transatlantique entre son Ouest et son Est. Il faut dire qu’il (Poutine) est bien aidé par la maturation des choses et, peut-être, par quelque confidence de tel ou tel interlocuteur européen sur la façon dont il doit procéder par rapport aux diverses forces au sein de l’Europe. Il devient maintenant possible que la crise ukrainienne et la crise entre Russie et le bloc BAO s’étendent, se transmuent, changent d’orientation et de déséquilibre ou plutôt rajoutent à elles-mêmes de nouvelles orientations et d’autres déséquilibres, en se doublant d’une crise intra-européenne, reflétant puis déclenchant elle-même une crise transatlantique. On notera à ce propos, pour laisser ouvertes d’autres pespectives, que la remarque de La Voix de La Russie sur les négociations du traité TAFTA vient à son heure, alors que le nouveau président de la Commission européenne Juncker a déclaré devant le Parlement Européen qu’il fallait suivre ces négociations avec une extrême attention et abandonner l’obsession du secret, pour au contraire exposer au regard des citoyens européens la réelle signification de ce vaste chantier. Cela représente la promesse d’une rupture sérieuse de la politique de communication suivie jusqu’ici par la Commission Barroso ; Juncker, qui a une “image” politique, européenne et démocratique à soigner au contraire de l’inexistant Barroso, peut effectivement peser sur les circonstances des négociations TAFTA dans un sens intéressant.

... Pour conclure, on rappellera, sur ce sujet dont l’extension montre les possibilités sans fin de la crise interne au bloc BAO qui est en train de se développer, que le traité TAFTA est contesté très violemment aux USA même, et notamment au Congrès, où la Fast-Track Authority dont il dépend pour sa ratification devant le Sénat n’a aucune chance d’être votée. (Voir le 1er février 2014 et sur le site Public Citizen/Eye On Trade, le 19 février 2014 : «U.S. Trade Representative Michael Froman tried in a speech yesterday to defend the Obama administration’s beleaguered trade policy agenda: the controversial Trans-Pacific Partnership (TPP) and Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA) pacts and an unpopular push to Fast Track those sweeping deals through Congress. The list of those publicly opposing the Fast Track push includes most House Democrats, a sizeable bloc of House Republicans, House Minority Leader Nancy Pelosi, Senate Majority Leader Harry Reid, and 62% of the U.S. voting public.»)