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jeudi, 07 janvier 2021

L'Europe archéofuturiste d'Adriano Romualdi

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L'Europe archéofuturiste d'Adriano Romualdi

par Alfonso Piscitelli

Les trente années qui se sont écoulées depuis la mort d'Adriano Romualdi arrivent à un moment où l’on discute - peut-être même dans la confusion - sur l'identité culturelle de l'Europe. Adriano a consacré des pages denses, pleines d'enthousiasme et tout en rigueur, à la civilisation du Vieux Continent ; aujourd'hui, son intelligence – arrivée à l'âge de la maturité culturelle complète – aurait pu apporter une contribution énorme à la définition d'un concept d'Europe qui serait une synthèse de tradition et de modernité. Une contribution certainement supérieure à celle des hommes politiques qui, "pères improvisés de la Constitution", se sont consacrés pendant des semaines à ajouter ou à supprimer des lignes au "Préambule" de la Constitution européenne.

conservatore.jpgBien sûr, il n'est pas nécessaire d'imaginer ce qui aurait pu se passer si l’homme le plus prometteur et le plus valable dans la culture de droite (de droite seulement ?), engagée à l’époque dans la guerre culturelle en cours en Italie n'avaient pas été violemment fauché sur une autoroute en un mois d'août 1973. Mais il me paraît utile de penser aux aspects du travail de Romualdi qui ont été négligés au fil des années. Romualdi a laissé derrière lui un bon nombre d'intuitions, exprimées dans un langage encore jeune : elles peuvent aujourd'hui refleurir dans notre contexte. Pour Adriano, l'idée de l'Europe et la tentative d'élaborer un nouveau mythe pour le nationalisme européen représentent la voie pour sortir des impasses dans lesquelles les mouvements patriotiques (même les plus révolutionnaires) s'étaient enfermés suite aux épreuves des deux guerres mondiales.

On peut émettre la thèse qu'en 1945 toutes les nationalités européennes ont été vaincues. Non seulement les Hongrois, mais aussi les Polonais, se sont rendus aux plus brutaux de leurs oppresseurs traditionnels. Non seulement les Allemands, mais aussi les Russes, qui ont vu se consolider un régime qui était mourant en 1939 et destiné à une implosion naturelle. Non seulement les Italiens, mais aussi les Français et les Anglais, privés de leurs empires, réduits au statut de puissances moyennes. Tous les peuples européens ont été substantiellement humiliés et, pour la première fois, ont pu voir l'abîme de leur anéantissement culturel. A ce malheur extrême, Romualdi oppose un remède extrême :celui du retour à la source primordiale ; les avant-gardes politiques et culturelles de l'Europe doivent reconnaître que leurs patries particulières provenaient d'un tronc commun, bien distinct dans sa physionomie après la « haute préhistoire » (ndt : la proto-histoire). Les racines de l'Europe, en ce sens, doivent être recherchées dans une strate plus profonde que celle caractérisée par le rationalisme moderne ou le christianisme médiéval. À travers l'anthropologie, la linguistique, l'archéologie et l'histoire au sens large, le visage de la tradition européenne devrait être reconstruit en utilisant les instruments les plus avancés de la recherche scientifique.

9788861481084_0_0_626_75.jpgNous arrivons ici à un deuxième aspect fondamental de l'œuvre de Romualdi. Adriano comprend la nécessité stratégique de maîtriser le langage, les instruments, voire les conclusions des sciences occidentales modernes. En vivant avec Evola, il va acquérir un amour pour l'élément archaïque, pour ce qui, dans un passé lointain, a marqué la pureté d'une manière d'être encore incorruptible. Néanmoins, Romualdi réagit énergiquement au courant "guénonien" de la pensée traditionaliste : à cette approche d’antiquaire, et même un peu lunatique, qui, au nom de dogmes immuables, a conduit au mépris de tout ce qui avait changé dans l'histoire des dix derniers siècles, au mépris des grandes créations du génie moderne européen. Ainsi, alors que les "Guénoniens" se sont perdus dans la métaphysique arabe et ont alimenté d'interminables polémiques sur la "régularité initiatique" ou sur la "primauté du Brahmane", Adriano Romualdi veut donner une nouvelle définition au concept de Tradition.

La tradition européenne, telle que Romualdi l'entend, est quelque chose de dynamique : on y trouve le Mos Maiorum, l'héritage des valeurs éternelles, mais aussi l'innovation technologique. En substance, les anciens Indo-Européens ont fait irruption sur la scène mondiale montés sur des charsd e combat, une invention extraordinaire pour l'époque. Dès le début, les Indo-Européens se sont caractérisés par une grande capacité d'innovation technique, et leur conception spirituelle du monde conduit à attribuer une signification supérieure aux créations matérielles elles-mêmes. En Inde, les roues des chars de combat (les chakras) sont devenues les symboles des centres d'énergie vitale que le yoga recherche dans l'intériorité. En Grèce, le marteau, qui forge les armes et autres matériels, devient l'image du dieu ordonnant le Cosmos selon la conception platonique du "démiurge". Dans les missions spatiales modernes, dans l'audace investigatrice des sciences modernes, dans le style limpide des créations technologiques, Romualdi a donc découvert les fruits les plus mûrs du génie européen.

9788861481121_0_0_626_75.jpgDisons la vérité, lorsque la Nouvelle Droite française a commencé à valoriser les études de sociobiologie, l'éthologie de Lorenz et les recherches de psychologie les plus hétérodoxes, elle n'a fait que développer une impulsion déjà lancée par Adriano Romualdi. Et c’est aussi un héritage de Romualdi qui se manifeste, lorsque Guillaume Faye lance sa brillante provocation lexicale en se définissant comme « archéofuturiste ». L'Archéofuturisme de Faye propose en effet de réconcilier "Evola et Marinetti" ou les racines profondes de l'Europe et sa capacité scientifico-technologique moderne. Faye reprend, au fond, un thème notoire de Romualdi. Le lecteur de Fascisme comme phénomène européen se souviendra que Romualdi, dans le mouvement historique des fascismes, a reconnu la tentative de défendre les aspects les plus élevés de la tradition avec les instruments les plus audacieux de la modernité. En tournant son regard vers le futur proche, qui était prédit dans les années de la Contestation de 68, Romualdi a vu le risque de voir les Européens se ramollir mentalement dans leur bien-être, tombant comme des fruits trop mûrs dans les rets de peuples moins civilisés et moins vitaux (lire la préface de Correnti politiche e culturali della destra tedesca). Romualdi n'a donc jamais négligé les aspects les plus positifs de la modernité européenne et de cette société de bien-être construite à l'Ouest. Aujourd'hui, il se moquerait sans doute copieusement  de ces intellectuels qui, à droite, sont tentés d'embrasser de stupides utopies islamisantes. Romualdi voulait une Europe ancrée dans sa propre "Arkè", et en même temps moderne, innovante, à la pointe de la technologie. Une Europe dans laquelle les hommes savent idéalement dialoguer avec Sénèque et Marc-Aurèle tout en conduisant des voitures rapides, en utilisant les instruments de communication par satellite, en opérant avec des lasers. Cette image de l'Europe, esquissée en quelques années par Romualdi, reste aujourd'hui le meilleur "préambule" pour un continent ancien et pourtant toujours audacieux.

Article tiré d’Area n° 82, juillet-août 2003.

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Archeofuturism: A Vitalist Dynamism

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Archeofuturism: A Vitalist Dynamism

By Israel Lira,

Director of the Center for Crisolist Studies – Peru

Translated by Zero Schizo

«…the political and societal forms of modernity shatter; the archaic ways remerge in all political dominions, the rebirth of a conquering Islam, is a perfect example. Finally, the future alterations of technoscience –mainly in genetics–, just as the tragic return to reality which the 20th Century is preparing, will demand the return to an archaic mentality. It is modernism the one which is a passing trend. There is no need to go back to classic “traditionalism”, impregnated of folklore and dreaming of a return to the past. Modernity is already obsolete. The future has to be “archaic”, meaning, neither modern nor passing by» (Faye, 1998:15).

Following Faye’s quote, it is pretty clear that he was always diaphanous in establishing the co-substantial principles of his theoretic system, in order to avoid, precisely, that it could be confused with other theories which also have technoscience inside of their considerations. In Faye’s particular case, the universal approach for his proposal is understood under the category of vitalist constructivism[1], meanwhile his specific conceptualization under the form of the neologism archeofuturism[2]. This new doctrine has influenced a wide array of theoretic schools of thinking up to date[3], inside of the framework of anti-globalist, anti-individualist, and anti-liberal proposals, facing a post-modern world which is shown to us under the narrative of Cultural Nihilism, whose main phenomenal expressions are expressed in nihilist secularism, neoliberal globalization, hyper-individualistic narcissism and extreme cultural relativism[4].

The Central Trichotomy of Archeofuturism (TCAf)

Archeofuturism has three main theses from which we must remark, insofar as starting from these, its absolute rejection of technophobic stances (classic traditionalism and conservatism) and acritical technophile stances (technicism and transhumanism), and can be inferred as:

First Thesis (T1): Contemporary civilization which is daughter of the modernity and of egalitarianism is already fulfilling its historic cycle, and thus, «the old belief in the miracles of egalitarianism and the philosophy of progress, which affirmed that it was always possible to obtain more, has died. This angelical ideology has created a world which becomes less viable each day» (Faye, 1998: 2-3)

Second Thesis (T2): Contemporary ideologies that emerge as a symptomatic fact of the return of psycho-bio-social structures to a pre-modern state are characterized by a rejection of individualism and egalitarianism, these last ones as maximum expressions of cultural nihilism. «In order to face the future, one must be recur to an archaic mentality, meaning, pre-modern, un-egalitarian and non-humanist[5], which will restore the ancestral values of order from societies. Now, the discoveries from technoscience, particularly in the topics of biology and informatics, cannot be administered through modern humanist values and mentalities; today the geopolitical and social events are dominated by religious, ethnic, alimentary and epidemic matters. Going back to the main questions. I propose, then, a new notion, Archeofuturism, which allows us to break with the obsolete philosophy of progress and with the egalitarian, humanist and individualist dogmas of modernity, un-adapted to think of the future, and allow ourselves to survive in the century of fire and iron about to come» (Faye, 1998: 4-5).

Third Thesis (T3): The advent of a new type of scenario under a framework which is totally different from the reigning and active egalitarian world, insofar as it is clear to us that, «we have to project and to imagine the post-chaos world, the world after the catastrophe, an archeofuturist world, with radically different criteria from those of the egalitarian modernity» (Faye, 1998: 5-6).

These three central theses conform the solid core of Archeofuturism, configuring its Central Trichotomy (TCAf) as theoretical system, which is expressed as it follows:

Af = <T1, T2, T3>

Where,

Af = Archeofuturism as a theoretical proposal

T1= Thesis of the death of the mythoids of progress

T2= Thesis of the eternal return and dark enlightenment[6]

T3= Thesis of the new existential paradigm

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To the aforementioned, it is no less important to mention that, a part of Faye’s narrative must be understood inside the literary frameworks which he gives to his work in order to exemplify it and/or elaborate a sort of hypothetical projection, under the genres of utopia and dystopia, something that is seen reflected in his work Archeofuturism 2.0 (2016).

Archeofuturism and Transhumanism: an irreconcilable antagonism

In the antipodes of the TCAf, Transhumanism (H+) is presented, from what it is clearly and explicitly concluded from the works of Max More and Anders Sandberg, and the same declarations of the World Transhumanist Association[7], which reaffirm the systematization done by the quoted authors:

«Transhumanism is a class of philosophies which seek to guide us towards a post-human condition. Transhumanism shares many elements of humanism, including the respect for reason and science, the compromise with progress and the appreciation of human existence (or transhuman existence) in this life instead of a supernatural “future life”. Transhumanism differs with humanism in recognizing and anticipating the radical alterations in nature and the possibilities of our lives as the result of diverse sciences and technologies such as neuroscience and neuropharmacology, the extension of life, nanotechnology, artificial ultra-intelligence and space inhabiting, combined with a rational philosophy and a rational system of values» (More, 1990).

In that same vein: «Philosophies of life which search for the continuation and acceleration of the evolution of intelligent life beyond their actual human form and its human limitations through science and technology, guided by principles and values which promote life» (More in Sandberg, 2001).

From the above it is exposed, clearly, literally and explicitly that, transhumanism is found in the logical narrative of modernity, insofar as it means the continuation and expansion of the philosophy of lineal progress understood as indefinite perfectibility of the human genre which does not admit any recession whatsoever (Canguilhem, 1999:669), it is this neuralgic principle of transhumanism and the one which its entire proposal is built on, quid that the very same history of science has debunked[8] and which is shown to be antagonistic to the Central Trichotomy of Archeofuturism (TCAf).

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Very contrary to modernity’s idea of lineal progress, Archeofuturism puts an idea of synergic movement in front of it, which is more integral, a vitalist dynamism, «insofar as Archeofuturism rejects all idea of progress. Because everything that proceeds from the worldview of a people has to be founded over immemorial bases (even though the forms and formulations vary), and because from 50 000 years ago, homo sapiens has changed very little, and also because the archaic and pre-modern models of social organization have given proof of their efficiency. To the false idea of progress, we must oppose the idea of movement» (Faye, 1998:89).

From the exposed above it can be reaffirmed that, Archeofuturism has no flirting nor inclination with the theoretical system of contemporary transhumanism, as Michael O’Meara[9] (2013) sees minimally and in a more explicit way by Roberto Manzooco[10] (2019), and this thought system can’t neither be considered a conservative branch of transhumanism (conservative transhumanism), which is worse. To affirm the latter one can only find an explanation in a totalitarian pretension of international transhumanism in monopolizing any project which would make allusion to the use of technologies for the betterment of the quality of life and of human condition, initiatives that had been present ever since the Industrial Revolution, given that, just as with any theoretical system, the ideas that served for it as its basis the first of these related thoughts can be traced, such as is portrayed in the works of Hughes (2002) and Bostrom (2005). But from there, it cannot be inferred that any idea which advocates on behalf of using technologies for the betterment of the quality of life and the human condition, is per se, transhumanist, such as it is countersigned by, once again, the transhumanists themselves, insofar as – the H+ – has some particularities which differentiate it as a philosophy and as a theoretical proposal, precisely, for example from the futurist thought (artistic and technological) and from the technoscientific utopianism.

The term transhumanism does not appear until 1957 by the hand of the biologist Julian Huxley, such as the term «transhuman» in the year 1966 in the mouth of American futurist F. M. Esfandiary, not being able to properly speak of transhumanism until the systematization established by the World Transhumanist Association (WTA) founded by Nick Bostrom in order to not fall into a semantic and methodological anarchy, otherwise transhumanism would delude itself into imprecision, insofar as «…the affirmation that it is ethical and desirable to employ technoscientific means to fundamentally better the human condition… (…) is just the lowest common denominator of transhumanism and can be adopted, and adapted to its own needs, by the majority of political ideologies, excluding the bio-conservative and neo-ludist ones. (…) The founders of modern transhumanism, conscious of these risks, tried to pin down the Central Axis of Transhumanism (CAT) to concepts like respect of the individual, liberty, tolerance and democracy, remarking that transhumanism’s roots are found in the enlightenment, in humanism and liberalism. The extropians have gone even further, trying to pin down the CAT to concepts such as spontaneous order to the principle of the open society later…» (Estropico, 2009). However, in praxis, it is clear that this pinning down was not completely successful, given that up to date, and as it has been seen, it is not necessary to agree with transhumanism in order to claim that through technoscience the quality of life and human condition can be bettered. This imperative teleological and categorical precision is shared by the WTA to the effects of not falling in, that which they call the racialist and eugenicist futures of fascisms[11] or technoscientific utopianisms of classic socialism.

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It is clear then, that transhumanism and its marginal currents (extropianism, techno-progressivism, singularitanism, transfigurism, etc), up to today, are configured into the antithesis of the archeofuturist proposal. If there is any similarity between Transhumanism and Archeofuturism it is in that denominator so weak that, as it has been exposed, it is not exclusive of transhumanism and which can be also manifested in pre-cautionist currents[12] which are antagonistic to H+, such as our present case.

The mythoid of the Fourth Industrial Revolution

Faye himself is the one who remarks all which is exposed in this article*, in a short essay published in his very same blog on May the 23rd of 2016[13], that shares a lot of similarities to the recent commentaries which Mario Bunge[14] has brought regarding the topic[15], given that it encompasses transhumanism inside of the quadrant of almost-religious reactions product of the faith in the idea of progress and lineal development, as symptomatic fact of a worldwide economic collapse which is soon to come:

«Forced optimism, pretty irrational, about the “new numeric economy”, with big data, blockchain, 3D printing, “transhumanism”, etc. Which preface a “fourth industrial revolution” and a new worldwide economic paradigm (and paradise), shows probably just utopia and self-convincing. And believing in miracles».

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In the same manner, Faye judges that the Fourth Industrial Revolution is more a mythoid derived from a magical thought than from rational one[16]:

«The first industrial revolution, from the beginnings of XIX Century, was organized around the vapor machine, the second (by the end of the XIX Century) around electricity, the third around the computer (mid XX Century). The Fourth Industrial Revolution (by the beginning of the XXI Century), result of the last two, the electric and electronic one, would refer to the generalization of Internet and universal digital connections throughout the web. The concept of the “4th Industrial Revolution” was born after the Fair of Hannover in 2011, where the birth of the “connected factory” has been celebrated; the last one, totally “connected to the web” and directly connected to clients, is robotic and employs less workers each time. The abstract expression “Industry 4.0” was born. This is a very void concept: “Industry 5.0” when? The neo-romantic gurus of this “4th Industrial Revolution” is –as it was pointed out previously– professor Klaus Schwab, founder and leader of the Global Economic Forum of Davos… The conference of January of 2016 is dedicated to the 4th Industrial Revolution. In the agenda: artificial intelligence, robotics, linked objects, nanotechnologies, “revolutionary” innovations, why not? What is interesting at the same time but comic all the same, is that the media, without backing down, has taken his word on the conclusions (more ideological than scientific) from this Davos Forum. No one asked what concrete improvements has brought this miraculous digital economy parallel to the detriment of the global situation. The migratory invasion destabilized Europe, augmented the Islamic Jihad, the collapse on oil prices, the global acceleration of every kind of contamination, were not up for discussion. The “digital revolution” is supposed to resolve all problems. It is the belief in miracles, which is more a magic thinking than a rational reflection.

(…)

The prophecies about the revolution of digital economy, with its favorite words, cloud, big data, transhumanism, etc, now belong to a Nano-scientific ideology which runs the risk of leading to terrible delusions. Now, this non-stopping techno-scientificism, as that of the end of the XIX Century, coexists, curiously, between itself, and an anti-ecological progressivism. It is so stupid as the theories of decrease: it is the same extremism».

Archeofuturism and Crisolism

Archeofuturism, according to what we have seen, is a balanced stance, which integrates dialectically two categories: Archaism and Futurism. It is a theory critical of modernity, but also of tradition.

The Fayean legacy is the basis of a Peruvian Archeofuturism under the framework of the Crisolist Theory, which foresees a harmony between the traditional vision of diverse ethnicities which conform Peruvianess and the idea of a synergic technoscientific and socio-economic harmonic movement, without affecting the existential spaces of, for example, Andean and Amazonian communities, in the face of the dangers of an ideal of undefined progress portrayed in an instrumentalist vision of nature, which up to date has only left: illegal mining in Madre de Dios, collapse of mining tailings in Ancash, oil spilled in the Amazonas, depredation of ecological reserves such as Chaparrí, increasing the risk of extinction of endangered species, and exacerbated deforestation which determined the loss of 164,662 hectares of the Amazonian rainforest in 2016, which put in danger a healthy and balanced environment.

Archeofuturism then, is not the hidden misanthropy of transhumanism, fed by the idea of undefined progress, that hates the common human being, limited by his biological weaknesses. Archeofuturism is not, and will never be, conservative transhumanism either. Archeofuturism is the reaffirmation of an authentic love to the original human potentiality as such, insofar it is conscious that, the modern idea of progress, such as was denounced by Rousseau (1750), generates materially rich and technically powerful beings, but morally disgusting.

Bibliography

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FAYE, Guillaume. (1998). «La Colonización de Europa: discurso verdadero sobre la inmigración y el islam». Editorial Libropolis.

ERRIGUEL, Adriano. (2015). «Rusia, Metapolítica del otro mundo». Cuarta Teoría Política en Español. En: https://4tpes.wordpress.com/2015/11/02/rusia-metapolitica...

WOLFHEZE, Alexander. (2018). «The Archaeo-Futurist Revolution». En: https://www.geopolitica.ru/en/article/archaeo-futurist-re...

FAYE, Guillaume. (2016). «El Arqueofuturismo 2.0». Editorial Libropolis.

PEÑA CABRERA, Antonio. (1994). «Racionalidad y Racionalidades». UNMSM. En: http://sisbib.unmsm.edu.pe/bibvirtual/publicaciones/Logos...

BLUMENBERG, Hans. (1979). «Arbeit am Mythos», Frankfurt, p. 14. Cf. también: Christoph Jamme, Einführung in die Philosophie des Mythos, Darmstadt 1991, p. 5.

MORE, Max. (1990). «Transhumanism: Towards a Futurist Philosophy». Extropy, 6, Summer 1990, 6-12.

SANDBERG, Anders. (2001). «Transhuman Terminology Sub-Page».

O’MEARA, Michael. (2013). «Guillaume Faye and the battle of Europe». Editorial Arktos.

MANZOCCO, Roberto. (2019). «Transhumanism: engineering of the human condition. History, Philoshopy and Current Status». Springer.

HUGHES, James. (2002). «The Politics of Transhumanism». Originally Presented at the 2001 Annual Meeting of the Society for Social Studies of Science. Cambridge, MA.

BOSTROM, Nick. (2005). «A History of Transhumanist Thought». Journal of Evolution and Technology ‐ Vol. 14 Issue 1 ‐ April.

ESTROPICO. (2009). «The Political Roots of Overhuamanism». Online Transhumanist Resource. http://www.estropico.com/id329.htm

CANGUILHEM, Georges. (1999).«La decadencia de la idea de progreso». En: Rev. Asoc. Esp. Neuropsiq., vol. XIX, n.º 72, pp. 669-683. En: http://documentacion.aen.es/pdf/revista-aen/1999/revista-...

MARCOS, Alfredo. (2018). «Bases filosóficas para una crítica al transhumanismo». En: Revista de estudios de la ciencia y la tecnología eISSN: 1989-3612 Vol. 7, No. 2, 2ª Época, 107-125. Universidad de Salamanca. En: http://revistas.usal.es/index.php/artefactos/article/down...

ROUSSEAU, Jean-Jacques. (1750). «Discurso sobre las ciencias y las artes».

Notes

[1]«…que es un cuadro de pensamiento global que alía la concepción orgánica e hipotética de la vida con las visiones del mundo complementarias de la voluntad de poder nietzscheana, del orden romano y de la sabiduría realista helénica. Leitmotiv: “un pensamiento voluntarista concreto, creador de orden» (Faye, 1998:25).

[2]«Pensar conjuntos, para las sociedades del futuro, los descubrimientos de la tecnociencia y la vuelta a las soluciones tradicionales e inmemoriales. Tal es quizás el nombre verdadero de la posmodernidad, lejos del pasadismo y del culto estúpido de lo “actual”. Reunir, según la lógica del “y”, y no del “o”, la memoria más antigua y el alma faústica, pues pueden combinarse perfectamente. El tradicionalismo inteligente es el futurismo más potente, y a la inversa. Reconciliar Evola y Marinetti. Es el concepto de “modernidad”, nacido de la ideología del Aufklärung, el que debe ser desechado. No se tienen que asociar los Antiguos a los Modernos, sino los Antiguos a los Futuristas» (Faye, 1998:25-26).

[3] «La aportación del neo-eurasismo es precisamente ésa: la de situarse en la reacción mundial frente a la globalización. El neo-eurasismo transforma la especificidad rusa en “un modelo universal de cultura, en una alternativa al globalismo atlantista, en una visión también global del mundo”. El neo-eurasismo retoma así uno de los rasgos más genuinos del pensamiento tradicional ruso: su carácter escatológico y mesiánico. El eurasismo deviene un arqueofuturismo, una “apología de la barbarie” que no duda en afirmar que, ante los estragos del desarrollismo occidental y el futuro postindustrial de nuestras sociedades, el “arcaísmo” de Rusia constituye en realidad una ventaja. Ante los obstáculos insalvables, los bárbaros prefieren siempre cortar el nudo gordiano. Tal vez sea en las estepas de Eurasia donde se resuelva el destino de la modernidad. En el Heartland de los geógrafos, en el corazón de la Isla mundial» (Erriguel, 2015:5). Disponible en: https://4tpes.wordpress.com/2015/11/02/rusia-metapolitica...

[4] «In metapolitical terms, Jorjani’s work represents yet another – very substantial – breach in the dominant Post-Modern ideological discourse of Cultural Nihilism, which is characterized by secular nihilism, globalist neoliberalism, narcissist hyperindividualism and extreme cultural relativism. Metapolitically, Jorjani’s work can be located in the – admittedly rather vague – spectrum of ‘Archaeo-Futurism’, a philosophical school historically related to what is most ironically termed the ‘Dark Enlightenment’. Both terms are essentially misnomers, most frequently applied in a disparaging way by ideological critics of the supposedly ‘anti-democratic’ and ‘reactionary’ thinkers and movements that they are meant to cover – but these terms are nonetheless useful as provisional markers. From a Traditionalist perspective, both movements are – inevitably, given of their Post-Modern subsoil – ideological hybrids. They tend to engage with particular aspects of Modernity (technological achievement, scientific exploration, futurist aesthetics) while rejecting its nihilistic, materialistic and relativistic ideologies and attitudes. It would be more accurate to say that these movements tend to be interested in ‘timeless’, rather than ‘archaic’ alternatives to these ideologies and attitudes. They tend to reject the Enlightenment premises of Modernity precisely because they associate these premises with spiritual and intellectual darkness rather with light. In this regard, Archaeo-Futurism and the Dark Enlightenment share considerable ground with Traditionalist thought, which views the Modern Age as the equivalent of a cosmic Dark Age (the Christian ‘End Times’, the Hindu ‘Kali Yuga’, the Spenglerian ‘Winter Time’). They differ from Traditionalism, however, in as far as their metapolitical discourse tends to be operational: it provides a basis not only for activist consensus-breaking, but also for revolutionary politics. In other words, Archaeo-Futurism and the Dark Enlightenment have the potential to expand into fully operational socio-political ideologies and into effective political programs. This potential is visible in the manifold crossovers from Archaeo-Futurist and Dark Enlightenment thought into the Western identitarian movement». Disponible en: https://www.geopolitica.ru/en/article/archaeo-futurist-re...

[5] Cuando Faye hace referencia a un rechazo al humanismo, no se refiere a cualquier humanismo, sino específicamente al que surge a fines de la Edad Antigua y el resto de la Edad Moderna, al que diferencia del humanismo clásico helénico con el que si se muestra conforme: «Esta philia helénica se opone evidentemente a los preceptos evangélicos impracticables del “todos los hombres son mis hermanos”. La philia helénica es humanista, porque es inegualitaria, jerarquizada, conforme a la naturaleza. Prefiero mi hermano de sangre al extranjero, pero jamás desearé hacer mal al extranjero pacífico. Y él actuará del mismo modo que yo, en su propia comunidad, en su país. El humanismo inegualitario respeta el orden natural; no miente. El humanitarismo igualitario y utópico miente. Desemboca en la tiranía, en este infierno pavimentado de buenas intenciones» (Faye, 2001).

[6] Categoría antitética de la Ilustración antropocéntrica. Si la Ilustración en el siglo XVIII significó el asentamiento de la fe en el progreso infinito y en la razón instrumental como único criterio de aproximación a la realidad, la Ilustración oscura representa el rechazo de la idea del progreso lineal, anteponiendo la idea de movimiento sinérgico y de la visibilización del carácter multívoco del conocimiento humano, en donde su forma racional conceptual es solo una de sus manifestaciones últimas y la más compleja ciertamente, pero no la única, bajo la teoría de la tres grandes racionalidades del filósofo peruano Gustavo Flores Quelopana que sostiene que la racionalidad es universal, como aptitud innata del género humano que trasciende el tiempo y que se ve manifiesto en todas las épocas de la humanidad, a través de 3 grandes manifestaciones, la de carácter empiriocrática(basada en lo sensible), mitocrática (basada en lo mítico) y logocrática (basada en los conceptos). Dado que la racionalidad bajo la forma de logos es solo una de las manifestaciones de la psique humana, es por ello que hasta el día de hoy la racionalidad de sustrato mítico como la racionalidad de sustrato sensible, subsisten y conviven, el logos no ha reemplazado a lo sensible, el mito no ha reemplazado al logos. El hombre en lugar de reducir su racionalidad, solo la ha ampliado y perfeccionado. «Si se buscan los orígenes del mito se descubre siempre sólo etapas de diferentes formas de afirmación racional del ser y de la vida. No hay mito pre-racional arcaico y, en consecuencia, ningún camino que conduzca del mito al Logos: ‘sólo hay -como dice Hans Blumenberg- una racionalidad y simbolización cambiante en el curso del tiempo. Lo que cambia es únicamente la percepción de la realidad a través del hombre’» (Peña Cabrera, 1994). La Ilustración por ello configura un reduccionismo logocrático y antropocéntrico mientras que la Ilustración oscura –semántica reaccionaria al siglo de las luces– propone un holismo gnoseológico más integral y sistémico.

[7] «Transhumanism is a way of thinking about the future that is based on the premise that the human species in its current form does not represent the end of our development but rather a comparatively early phase.

Transhumanism is a loosely defined movement that has developed gradually over the past two decades. “Transhumanism is a class of philosophies of life that seek the continuation and acceleration of the evolution of intelligent life beyond its currently human form and human limitations by means of science and technology, guided by life-promoting principles and values.” (Max More 1990)

Humanity+ formally defines it based on Max More’s original definition as follows:

(1) The intellectual and cultural movement that affirms the possibility and desirability of fundamentally improving the human condition through applied reason, especially by developing and making widely available technologies to eliminate aging and to greatly enhance human intellectual, physical, and psychological capacities.

(2) The study of the ramifications, promises, and potential dangers of technologies that will enable us to overcome fundamental human limitations, and the related study of the ethical matters involved in developing and using such technologies.

Transhumanism can be viewed as an extension of humanism, from which it is partially derived. Humanists believe that humans matter, that individuals matter. We might not be perfect, but we can make things better by promoting rational thinking, freedom, tolerance, democracy, and concern for our fellow human beings. Transhumanists agree with this but also emphasize what we have the potential to become. Just as we use rational means to improve the human condition and the external world, we can also use such means to improve ourselves, the human organism. In doing so, we are not limited to traditional humanistic methods, such as education and cultural development. We can also use technological means that will eventually enable us to move beyond what some would think of as “human”». Disponible en: https://humanityplus.org/philosophy/transhumanist-faq/

[8] «Pero resulta todavía más irónico que la historia de la ciencia fuese a destruir la imagen lineal del progreso científico mediante el replanteamiento de esa propiedad postulada para la línea recta de no admitir más que una paralela trazada por cualquier punto fuera de ella. Dado que las simulaciones de revolución en geometría euclidiana, ensayadas por Saccheri y Lambert, han sido ignoradas por sus contemporáneos matemáticos, los filósofos del siglo XVIII desconocían la idea, hoy banal, de la fecundidad teórica del No. Todavía más que la geometría no euclidiana, la mecánica no newtoniana ha contribuido a introducir en la historia de las ciencias la idea de rectificación dialéctica. El progreso continuo es un concepto de epistemología conservadora. Quien anuncia el progreso hace del hoy un mañana. Ahora bien, solamente es mañana cuando podremos hablar del día anterior. En cuanto a la crisis de las nociones fundamentales de la geometría y del análisis, a principios del siglo XIX, y la utilización de los números complejos y de las series infinitas, Jean Cavaillès escribió, «los resultados obtenidos gracias a los nuevos instrumentos son los que llevan a transformar todo el sistema matemático: modelos no euclidianos y geometría proyectiva construidos con la ayuda de los números complejos, teorías de las funciones arbitrarias representadas por series trigonométricas…, las matemáticas reales iniciales no son más que un caso particular, situado en el seno de las nuevas matemáticas y explicado por ellas mismas» (Canguilhem, 1999:675).

[9]«What are the problems in Faye’s vision? From my admittedly parochial perspective (‘I should be dissatisfied in Heaven’), there are four major ones. The first has to do with his understanding of archeofuturism, which tends to emphasize the futuristic at the expense of the archaic. Dismissing (at time disdaining) Traditionalist and Heideggerian reservations about technology, Faye favors numerous techno-scientific tendencies he thinks necessary to European survival Foremost of these are nuclear power, genetic engineering, and a more general inclination to what is called ‘transhumanism’. This ‘ism’ favors transforming the human condition by developing technologies that enhance human capacities and overcome human limitations. I find this ‘transhumanism’ potentially nihilistic, not only from the perspective of a ‘Christian-European rationality’, which distrusts man’s ability to improve on nature (for ‘the sleep of reason brings forth monsters’), but also from a metahistorical perspective that sees the techno-scientific basis of our sensate culture as having fixated on theories of truth that grasp only a narrow aspect of human reality and consequently dismiss the most important things» (O´meara, 2013: 18).

[10]«We have said before that Transhumanism can be mixed with any kind of ideology that accepts its principles; this applies, above all, to progressive ideologies, but not excusively. This is the case, for example, of Italian “Superhumanists”, who refer to the Nouvelle droite by Alain De Benoist , to the thought of Giorgio Locchi and to the Archeofuturism of Guillaume Faye- essentially to the radical right» (Manzocco, 2019:45).

[11] «WTA STATEMENT ON RACIALISM

Any and all doctrines of racial or ethnic supremacy/inferiority are incompatible with the fundamental tolerance and humanist roots of transhumanism. Organizations advocating such doctrines or beliefs are not transhumanist, and are unwelcome as affiliates of the WTA. (adopted 02/25/2002)».

[12] «la política futura se estructurará en función de la actitud de cada cual hacia las antropotecnias. Los ejes tradicionales, izquierda-derecha, o conservadores-liberales, quedarán obsoletos y serán sustituidos por el eje precaucionistas-proaccionistas (precautionaries-proactionaries) (Fuller y Lipinska, 2014), valgan los neologismos. Los unos defenderán un uso restringido o nulo de las antropotecnias, mientras que los otros abogarán por la implantación irrestricta, o casi, de las mismas. Y el TH ya ha tomado posición en el debate: lidera las propuestas más favorables a las antropotecnias, es decir, a la intervención técnica profunda sobre el propio ser humano. El objetivo declarado de esta intervención consiste en lograr la llamada mejora humana (human enhancement)» (Marcos, 2018:109).

[13] «L’optimisme forcé, assez irrationnel, sur la ”nouvelle économie numérique”, avec le big data, la blockchain, l’impression 3D, le ”transhumanisme”, etc. qui préfigureraient une “quatrième révolution industrielle” et un nouveau paradigme (et paradis) économique mondial, relève probablement de l’utopie et de l’auto persuasion.  Et de la croyance aux miracles» (Faye, 2016). Disponible en: http://www.gfaye.com/vers-un-crash-economique-mondial/

[14] Físico, epistemólogo y filósofo de la ciencia argentino. Sus obras son internacionalmente reconocidas en el mundo de la ciencia. Sentó las bases de su propio sistema teorético bajo el nombre de hylerrealismo o realismo científico, también ha sido uno de los principales propulsores de la lucha contra las modas intelectuales, dentro de estas últimas el transhumanismo.

[15] «El transhumanismo es un cuento, y tal vez una religión solapada» (Bunge, 2019).

[16] «Le mythe de la ”quatrième révolution industrielle”.

La première révolution industrielle – début du XIXe siècle– s’organisait autour de la machine à vapeur, la deuxième (fin du XIXe) autour de l’électricité, la troisième autour de l’informatique (milieu XXe). La quatrième révolution (début XXIe), issue des deux dernières, l’électrique et l’électronique, concernerait la généralisation d’Internet et des connections universelles numériques par le web. Le concept de « 4e révolution industrielle » est né après la foire de Hanovre en 2011, où l’on a célébré la naissance de l’ ”usine connectée” ; cette dernière, entièrement ”webisée” et branchée directement sur les clients, est robotisée et emploie de moins en moins de salariés. On a créé l’expression abstraite d’ ” industrie 4.0”. C’est un concept assez creux : à quand, l’ ”industrie 5.0” ?

Un des gourous néo-romantiques de cette « 4e révolution industrielle » est – comme indiqué plus haut – le Pr. Klaus Schwab, fondateur et animateur du forum économique mondial de Davos. Le colloque de janvier 2016 a été consacré à la 4e révolution industrielle. Au programme : l’intelligence artificielle, la robotique, les objets connectés, les nanotechnologies, des innovations « révolutionnaires ». Pourquoi pas ? Ce qui est à la fois intéressant mais par ailleurs comique, c’est que tous les médias, sans aucun recul, ont cru sur parole les conclusions (idéologiques plus que scientifiques) de ce forum de Davos. Personne ne s’est posé la question de savoir quelles améliorations concrètes apportait cette miraculeuse économie numérique qui est pourtant parallèle d’une dégradation de la situation mondiale. L’invasion migratoire qui déstabilise l’Europe, la montée du djihad islamique, l’effondrement des cours du pétrole, l’accélération planétaire de tous les types de pollution ne furent pas des sujets abordés. La ”révolution numérique” est censée résoudre tous les problèmes. C’est la croyance aux miracles, qui relève plus de la pensée magique que de la réflexion rationnelle.

Le néo–scientisme et l’écologisme

Les prophéties sur la révolution de l’économie numérique, avec ses mots fétiches, cloud,big data, transhumanisme, etc, appartiennent à une idéologie néo–scientiste qui risque de déboucher sur des désillusions terribles. Or, ce néo-scientisme sans prise de recul, comme celui de la fin du XIXe siècle, cohabite curieusement, chez les mêmes, avec un anti–progressisme écologiste. Il est aussi stupide que les théories de la ”décroissance : il relève du même extrémisme.

Ce romantisme néo-scientiste est l’exact pendant de celui de la fin du XIXe siècle – relisez Jules Vernes et Victor Hugo – où l’on s’imaginait l’avenir en rose sous l’influence du concept magique et au fond peu rationnel de ”Progrès”. À la fin de son poème La légende des siècles, Victor Hugo brossait une vision idyllique du XXe siècle.

Les erreurs des pronostics technologiques sont une habitude. Jules Vernes prévoyait qu’en 1960, les habitants des villes se déplaceraient en engins volants individuels. Mais il n’avait pas prévu l’automobile. Et, dans les années 60, on pronostiquait des bases humaines nombreuses sur la Lune et sur Mars, astronomiques et d’extraction minière, la généralisation des transports aériens supersoniques et hypersoniques stratosphériques ainsi que la diffusion de l’énergie de fusion nucléaire. Bien des pronostics sur le futur de la ”révolution numérique” relèvent probablement des mêmes erreurs utopiques de jugement.

L’utilité marginale déclinante de l’économie numérique

Le téléphone, l’électrification, le chemin de fer et l’automobile, l’aviation comme la radio et la télévision, la pénicilline, l’anesthésie, etc. ont été des bonds technologiques énormes, de par leurs conséquences, bien plus qu’Internet ou l’économie numérique. Le binôme numérique/ informatique offre moins de facilités qu’on ne croit ; parce qu’il complique les processus autant qu’il ne les simplifie. Les innovations technologiques de la ”révolution numérique” ne répondent pas dans la pratique quotidienne, à leurs promesses. Elles sont inférieures en terme d’avantages marginaux aux innovations des précédentes mutations techno–industrielles» (Faye, 2016). Disponible en: http://www.gfaye.com/revolution-numerique-miracle-ou-impo...

 

Translator’s Note:

*This short essay is also available in his book “Why We Fight” (Arktos, 201), see Chapter 2: Preliminary Elements, The Imposture of the ‘New Economy’.

 

Source:

https://www.facebook.com/notes/israel-lira/arqueofuturism...

Also available at:

https://www.academia.edu/39811541/Arqueofuturismo_un_dina...

https://archive.org/details/arqueofuturismoundinamismovita...

samedi, 02 janvier 2021

Frédéric II de Souabe : une perspective méta-historique sur l'Europe

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Frédéric II de Souabe : une perspective méta-historique sur l'Europe

Andrea Virga

Ex : https://www.geopolitica.ru/es

Traduction de Juan Gabriel Caro Rivera

L'anniversaire du 26 décembre (ou 826ème anniversaire de la naissance de Frédéric II de Hohenstaufen, Empereur romain et roi de Sicile) est l'occasion idéale pour nous de réfléchir à certains aspects strictement méta-historiques et méta-politiques de notre discours, à partir du symbole que nous avons choisi pour représenter le GRECE italien.

En effet, contrairement au symbole originel du centre d'études historiques en France, représenté par le nœud breton, récupéré par la suite par certaines expériences politiques italiennes, l'homologue italien du GRECE a décidé d'opter pour un plan stylisé du château de Frédéric II lui-même, soulignant ainsi, en toute cohérence, la défense par le GRECE des différences ethno-culturelles en fonction de nos spécificités nationales. Alors que le premier fait référence au substrat celtique profond qui imprègne une grande partie de l'Europe centrale et occidentale, de l'Atlantique au Danube et des Orcades au Pô, un héritage d'une époque antérieure aux processus de romanisation et de christianisation, le second, qui conserve également une forme radiale d'origine solaire, est la projection d'un contexte spatio-temporel différent, même s'il appartient entièrement à la civilisation européenne.

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Castel del Monte, comme des centaines d'autres châteaux construits ou rénovés, a été construit par Frédéric II dans l'intention de renforcer son autorité dans le royaume de Sicile sur une colline près d'Andria, au cœur des terres des Pouilles. La raison politique de sa création correspond donc à la recomposition de l'autorité centrale face à la fragmentation féodale. Le projet de monarchie universelle réalisé par les Staufen préfigurait - il est vrai - l'avènement de l'État moderne (bien que dans une perspective qui transcendait les frontières nationales), mais, d'autre part, il constituait une restauration de l'ordre impérial romain qui s'était désintégré en Occident huit siècles auparavant et qui, à cette époque, s'effondrait également à l'Est sous les coups des Croisés et des Turcs. Ainsi, un réseau de châteaux fidèles au souverain empêchait toute action centrifuge des barons et des municipalités. Les grands espaces du Nord, les forêts sombres, les mers orageuses, les friches gelées, les forêts brumeuses, sont pour nous les porteurs de la menace d'un chaos informe, s'il n'y a pas la pierre d'un vallum, d'un castrum, d'une via, d'un templum, qui impose au cosmos la civitas.

De plus, son architecture complexe révèle, pour citer un document de l'UNESCO, "une fusion harmonieuse d'éléments culturels de l'Europe du Nord, du monde islamique et de l'Antiquité classique", affirmant ainsi une véritable synthèse non seulement des cultures présentes à l'époque du Royaume de Sicile (cultures grecque, latine, arabe et juive, normande et souabe), mais aussi des racines qui ont contribué à donner vie à la Kultur européenne (comme l'explique Spengler), dénotant ainsi une réelle rupture avec le monde méditerranéen classique : c'est l'union entre les vestiges de la civilisation gréco-romaine classique avec les populations "barbares" d'origine indo-européenne et la religion chrétienne qui a une origine au Moyen-Orient. Si, dans la pensée des intellectuels français, la Méditerranée est souvent apparue comme une barrière - et les cultures grecque et romaine ont parfois été réinterprétées de façon anachronique comme l'œuvre des élites "aryennes" - pour nous, Italiens, les descendants ainés de Rome, le rapport avec les rives orientale et méridionale de la Mare Nostrum ne peut être que totalement différent.

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Notre petit sous-continent, qui est une péninsule dans une péninsule d'Eurasie, entourée par les Alpes, a vu l'afflux et la fusion du Nord (Latins, Gaulois, Achéens, Goths, Lombards) et du Sud (Phéniciens, Pélasgiens, Tyrrhéniens, Byzantins, Arabes). Nous ne sommes pas un corps étranger à l'Europe, comme on l'a dit à tort, trompé par la controverse économique actuelle, mais le cœur de l'Empire, où Charlemagne et Charles Quint, Otton et Barberousse, empereurs romains et germaniques, ont été couronnés ; où Saint Benoît a commencé à répandre la Croix du Christ et les manuscrits de Virgile dans toute l'Europe ; où les pas des pèlerins et les caravanes de marchands se sont succédé lors de la traversée des Alpes. Mais nous sommes en même temps un quai qui se projette vers la mer du milieu, vers l'Afrique et le Levant, où depuis des millénaires nous négocions et dialoguons au moyen de l'or et du fer. Il n'y avait pas de ports sans emporium dans nos républiques, et les flottes de nos villes rivalisaient pour les mers avec celles des royaumes et des empires.

Enfin, sur le plan symbolique, Castel del Monte est la véritable couronne impériale en pierre, toujours baignée par le soleil, et qui est sous le signe du huit (8). C'est le nombre naturel qui suit le sept et représente donc ce qui est au-delà de la perfection terrestre : le ciel d'étoiles fixes et incorruptibles que l'on trouve après les sept planètes en mouvement, mais surtout, selon la symbolique chrétienne, c'est le huitième jour, le jour de la résurrection, le dimanche où il n'y a pas de coucher de soleil. Bien sûr, ce n'est pas par hasard que les Baptistères, depuis le début de l'ère chrétienne, avaient huit côtés. Toutefois, les principales références, pour le cas présent, sont au nombre de deux : la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle, érigée par Charlemagne et devenue plus tard le lieu de sépulture, ainsi que le siège du couronnement des rois d'Allemagne ; et le Dôme du Rocher à Jérusalem, construit sur la première pierre de laquelle le monde a été créé, où Adam a été formé, où Abraham a lié Isaac pour le sacrifier, où Salomon a placé l'Arche d'Alliance, où Muhammad a commencé son voyage vers l'autre monde, où la trompette du Jugement dernier sera sonnée et les Templiers ont consacré, pour une brève période, une église latine. Castel del Monte, géographiquement, se trouve à peu près à mi-chemin entre ces deux villes (bien que plus proche de la première), non loin du sanctuaire de Saint-Michel Archange sur le Monte Sant'Angelo et du port de Bari, sur les chemins des pèlerins. Frédéric lui-même était un empereur croisé - et les Croisades n'étaient-elles rien d'autre que des pèlerinages armés, comme le rappelle Cardini ? - couronné à Aix-la-Chapelle ainsi qu'à Rome et à Jérusalem.

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Cela dit, la figure de ce grand souverain italo-germanique n'est pas seulement une inspiration pour l'Italie, mais pour toute l'Europe. Son règne correspond à la période de plus grande puissance du Saint Empire romain au plus fort de la période classique du Moyen Âge, entre la Renaissance de l'an 1000 et la crise du XIVe siècle. Outre le royaume de Sicile, qui comprenait toute l'Italie du Sud, les frontières impériales s'étendaient de l'Ems au Tibre, de la Vistule au Rhône, en passant par la Provence et la Silésie, la Toscane et la Frise. Les États croisés de Jérusalem et l'Ordre Teutonique ont juré allégeance à l'Empereur, étendant leurs domaines à l'Orient. Les autres rois ont également reconnu, au moins d'un point de vue formel, la supériorité de leur rang. Frédéric, appelé Constantin par sa mère à sa naissance, a extrait des ruines de Constantinople l'idée que l'Empereur était le Vicaire du Christ, et donc que l'Empereur était à égalité avec le Pape, ce qui a conduit à la création des thèses et revendications de la faction gibeline qui seront exposées au cours des siècles suivants. Ce Premier (et le plus authentique) Reich était l'embryon d'une véritable unité européenne supranationale.

Grâce à tout cela, nous pouvons mener une réflexion plus approfondie sur les relations entre l'Europe et l'Occident et, surtout, sur le rôle que le premier devrait jouer dans ce monde globalisé, dans le contexte de l'unipolarité occidentale dirigée par les États-Unis et qui cède la place à l'émergence d'un monde de plus en plus multipolaire, déterminé par la montée de puissances émergentes comme la Chine. Les réactions apocalyptiques, qui parlent d'une "révolution mondiale des peuples de couleur" ou de la "fin de l'homme blanc", tout en constituant une forme de ressentiment au sens nietzschéen, sont fondamentalement anachroniques. D'un point de vue radicalement anti-libéral, comme le nôtre, la Belle Époque durant laquelle l'homme blanc chrétien occidental dominait le monde n'était pas un âge d'or digne de susciter un deuil aujourd’hui : c'était plutôt une époque où, derrière le voile de la suprématie et du progrès technique, se préparait une double guerre fratricide qui, en trente ans (1914-1945), a réduit notre continent à un satellite et à une frontière entre deux superpuissances. Pendant ce temps, l'exploitation impérialiste qui a lieu en Afrique et en Asie a jeté les bases des grandes inégalités entre le Nord et le Sud du monde, qui sont la cause des flux migratoires actuels devenus non durables. Pendant ce temps, la société bourgeoise et industrielle européenne a commencé à uniformiser et à dévorer toutes les traditions locales, à commencer par les langues considérées comme "minoritaires".

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Cependant, si l'on considère les cycles historiques dans leur intégralité, on s'aperçoit que l'exceptionnalité de l'Occident n'a occupé que l'espace de quelques siècles dans l'ensemble de l'histoire universelle. Avec sa fin, la Grande Divergence qu'elle représentait se referme sur les grandes civilisations orientales prêtes à retrouver la place qu'elles avaient sur la scène mondiale bien avant le XIXe siècle. L'Europe que nous devons construire et viser est donc politiquement celle de Federico et non l'Europe victorienne des chauvinismes nationalistes conflictuels qui contrastent avec la tendance à l'unité dans la diversité appliquée au niveau continental ; au lieu d'une hégémonie mondiale et d'une concurrence inter-impérialiste, nous voulons un équilibre et une coopération multipolaire entre les grands espaces. En outre, il convient de rappeler aujourd'hui que le règne de Frédéric II a coïncidé avec l'émergence de la Pax Mongolica, une époque où l'Orient était unifié sous le sceptre de fer de Gengis Khan et de ses disciples, ce qui a permis de maintenir ouvertes de nouvelles routes commerciales de l'Adriatique à la mer Jaune : une époque qui anticipait le rêve chinois actuel de créer un réseau de routes commerciales terrestres et maritimes destinées à relier plus étroitement les deux côtes de l'Eurasie.

Nous tournons alors notre regard pour dépasser l'image de cette Europe qui, consciente des limites imposées par la sagesse païenne et la doctrine chrétienne, et qui dialogue en position de force avec les forts et traite les faibles avec justice, sans sujétion ni arrogance, qui sait répondre avec une sérénité apollinienne aux défis de l'Extrême-Orient et de l'Extrême-Orient, qui oppose les sirènes faustiennes à la sagesse épicurienne du Stupor Mundi : "Idiots comme nous sommes, nous voulons tout conquérir, comme si nous avions le temps de tout posséder."

dimanche, 27 décembre 2020

Ni réactionnaire ni progressiste mais archéofuturiste ! Hommage à Guillaume Faye

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Ni réactionnaire ni progressiste mais archéofuturiste !

Hommage à Guillaume Faye

Dans cette première vidéo, nous voyons le concept d'archéofuturisme, tel qu'il fut pensé par Guillaume Faye pour échapper au clivage réactionnaire/progressiste. Peut-être une troisième voie judicieuse pour penser l'avenir ?
 
 
Les premières réactions à la création de ce nouveau compte "youtube":
La tradition (européenne), c’est l’innovation, disait-il. Merci pour cet exposé synthétique et cristallin qui fait honneur à la pensée et l’œuvre de feu Faye.
Très bel exposé d'un concept novateur et d'un excellent auteur, par ailleurs. Félicitations pour ce premier travail !
Merci pour cette synthèse du concept de Guillaume Faye. Maintenant, je n'attend que de le lire pour approfondir le sujet. Je suis tombé sur votre chaîne au hasard de mes recherches, et je penses que vos futures vidéos seront tout aussi intéressantes !
Bel exposé, intelligemment présenté et construit ! Bonne chance pour la suite !
Une chaîne qui promet... à suivre !!!

Excellent travail. Merci de revenir sur ce concept d'une importance capitale. L'idée archéofuturiste dépasse l'opposition conservateur / progressiste par une troisième voie ; celle de l'innovation et de la conquête tout en préservant notre identité, notre Germen, notre substrat biologique. Une position qui transcende celle des partisans d'une décroissance radicale (Kaczynski) autant que celles des progressistes fous qui détruisent faune et flore au nom d'une vision hégélienne de l'Histoire. Hâte de voir tes prochaines vidéos.

jeudi, 17 décembre 2020

Adriano Romualdi aurait eu 80 ans !

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Adriano Romualdi aurait eu 80 ans !

Hommage

Idées (à droite) pour une vision politique organique

Il y a 80 ans, le 9 décembre 1940, naissait l’intellectuel italien, demeuré jeune parce que décédé prématurément. Il impulsa dynamisme et solidité aux idées non-conformistes

par Mario Bozzi Sentieri

Ex : https://www.barbadillo.it

conservatore.jpgIl y a 80 ans, le 9 décembre 1940, Adriano Romualdi naissait à Forlì. Cet anniversaire est important pour se souvenir de cet intellectuel, demeuré jeune parce que décédé prématurément, le 12 août 1973, à la suite d'un accident de voiture. Son souvenir est resté gravé dans la mémoire de la jeune génération des années cinquante, confrontée à l'engagement politique et culturel des années soixante-dix. Adriano Romualdi était, pour cette génération, une sorte de grand frère, capable d'offrir à la vision néo-fasciste des raisons d'être plus profondes, puis d’emprunter de manière autonome les chemins d'un nouveau dynamisme culturel. Dans cette perspective, sa personnalité reste encore un exemple.

Adriano Romualdi, professeur d'université en histoire contemporaine, allait assurément connaître une brillante carrière. Il a su lier l'originalité de ses études, les aspects marginaux et sous-estimés de son œuvre dans les années 1960 et 1970 (pensez à la révolution conservatrice allemande, à la relecture de la pensée de Nietzsche, à l'européanisme intégral, aux auteurs du "romantisme fasciste", à Platon) à une vision organique cohérente et intégrale pour la droite. Ses études l’ont de fait renforcée, la faisant sortir de l’ombre, de la banalité d'un certain qualunquisme patriotique, toujours lourdement présent.

Il y a eu sa lecture du Nietzsche de la Wille zur Macht dans la perspective - il l’écrit, en 1971 – d’une "...volonté de travailler à la création d'une droite moins pathétique, plus consciente de ce qu’elle représente et plus férocedanssescombats, car, certainement, malgré la question de Longanesi, les vieilles lunes ne nous sauveront pas".

Il y a eu sa fresque intitulée "Sur le problème d'une tradition européenne" (1973) : elle constitue une synthèse exemplaire dans la perspective de révéler une physionomie méta-historique de notre Occident, physionomie qui sait, en même temps, être une future préfiguration, une recherche problématique d' « une forme spirituelle capable de contenir trois millénaires et plus de spiritualité européenne ».

Et encore, de manière explicite, il y a eu son questionnement, dans "Idées pour une culture de droite" (1965, 2e édition 1970), sur "l'être de droite", figé dans le refus des mouvements "subversifs", issus de la révolution française (du libéralisme au socialisme) et sur la "décadence des mythes rationalistes, progressistes, matérialistes" ; ce refus était soutenu par la vision d'une étatisation organique, "où les valeurs politiques prédominent sur les structures économiques", et par une revendication altière de la "droite", revendication d'une "spiritualité aristocratique, religieuse et guerrière".

Cette revendication englobait certains des principaux courants de la culture traditionnelle: de Joseph de Maistre et de Louis de Bonald, mais aussi du Hegel de La philosophie du droit, bien sûr aussi le Nietzsche de la Volonté de puissance, de la "révolution conservatrice", de Julius Evola. Ces auteurs et ces références étaient fortement ancrés dans sa vision du monde mais ne lui ont pas fait perdre de vue les "nouvelles tâches" d'une culture engagée "à droite", qui devait pouvoir affronter la réalité, en intégrant aussi les visions mythiques aux énucléations logiques, la pensée scientifique et l'anthropologie, l'écologie (alors balbutiante, mais considérée par Adriano Romualdi comme la préservation des différences et des particularités "nécessaires à l'équilibre spirituel de la planète") et évidemment la recherche historique, soutenue par une vision qui n'était pas banalement évolutive.

WhAEoo.jpegSon idée d'un droit politique "non égalitaire" repose sur ces solides fondements spirituels, que je viens d’exposer ici. C'est en septembre 1972 qu'Adriano Romualdi, à l'occasion de la conférence annuelle de la revue L'Italiano, dirigée par son père Pino, figure historique du MSI, met en évidence la distinction entre la droite (politique et culturelle) et le qualunquisme, sous ses différentes formes (qualunquisme politique, patriotique, culturel).

Protestations frivoles et « critique des prudents »

La critique d'Adriano Romualdi s'adresse à ceux qui protestent "contre quelque chose", sans bien savoir "pour quoi". C'est également une critique des "prudents", qui se plaignent dans l'ombre et s’expriment discrètement dans les urnes, mais ne veulent pas analyser en profondeur les raisons de la crise en cours. Ils se contentent donc des petits horizons du qualunquisme patriotique, de "ce pays pavoisant en rouge-blanc-vert, avec des compatriotes sympas, beaucoup de drapeaux à la main, et des majorités silencieuses de femmes au foyer et de retraités. Un pays ordinaire pour les qualunquistes, où la dimension conflictuelle planétaire - nous parlons des années 70 - est celle qui oppose deux empires aux dimensions continentales, les USA et l'URSS.

Pour se débarrasser du qualunquisme politique et "patriotique", qui ne résout rien, il est essentiel - dit Adriano Romualdi - de vaincre le "qualunquisme culturel" qui est "L'acceptation de la culture pour la culture, presque comme si l'intelligence représentait une valeur en soi et l'intellectuel une figure à défendre en tant que tel".

Dans ce choix de méthode et de valeur, il y a le rejet d'un "ordre" de droite - comme c'était à la mode à l'époque - qui "garde" l'École, l'Université et donc aussi le monde de la culture, sans aborder le problème des contenus qui sont véhiculés dans ces domaines.

Et il y avait aussi la conscience que le rapport entre la droite en place à l’époque, rapport qui n'était pas nié, avec le fascisme ne pouvaient pas être réduit à de la simple "nostalgie".

En ce début de nouvelle ère de la Droite Nationale, Adriano Romualdi souligne plutôt la nécessité d'aller au-delà de l'hagiographie facile, encore répandue dans les milieux du MSI, celle des ornements, de la pure nostalgie, faite de médailles, de pendentifs, d’images sacralisées, de bustes du Duce.

unnamedarrc.jpgEn dehors des contingences d'une situation politique et culturelle de cette époque d’avant 1973, qui sont nettement perceptibles dans certains passages de son œuvre écrite, inévitablement affectée par le temps qui a passé. Les bouleversements de notre époque ont changé la donne (il suffit de penser à la fin de l'URSS, à la crise de l'empire américain, à l'émergence de la mondialisation, à la montée des nouvelles économies asiatiques). Les propositions de Romualdi conservent leur valeur, dans la mesure où elles se nourrissent d'une vision profonde de la culture et donc de la politique, rejetant tout minimalisme et toute respectabilité rassurante.

Par conséquent, plus qu'une simple célébration, le souvenir d'Adriano Romualdi, en ce jour de son 80ème anniversaire, apparaît aujourd'hui comme une nécessité, la nécessité d’une interprétation non triviale de la réalité politique. Il y a la valeur de certains choix, le sentiment d'une appartenance idéologique/politique, qui, libéré des références contingentes, doit être "repensé" sur la base d'une vision plus élevée de la politique, et surtout de la culture qui la soutient, de la "vision de la vie et du monde" qui doit l'animer.  

Dans ce sens, ce que Donoso Cortes a prédit correspond bien à l'œuvre d'Adriano Romualdi : "Je vois venir le temps des négations absolues et des affirmations souveraines".  Il y a, aujourd'hui, un grand besoin de "négations absolues" et d'"affirmations souveraines", à droite et pas seulement à droite.

dimanche, 29 novembre 2020

»Armin Mohler – Denkweg eines Nominalisten « Erik Lehnert und Götz Kubitschek im Livestream

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»Armin Mohler – Denkweg eines Nominalisten « Erik Lehnert und Götz Kubitschek im Livestream

 
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mardi, 24 novembre 2020

A War of Ideas: Seminal Thinkers of the New Right

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A War of Ideas: Seminal Thinkers of the New Right
 
CELEBRATING OUR 100th TITLE !!
 
Copies of A WAR OF IDEAS: SEMINAL THINKERS OF THE NEW RIGHT are now available to pre-order.
 
The book is approximately 150 pages in length and costs just 20 EUROS with free postage to anywhere in the world.
 
Our PayPal address is blackfrontpress@yahoo.co.uk and you can find more details below. We also accept bank transfers.
 
Cover designed by Francisco Albanese Pastene.
 
IN 1968, as the false opposition of the European Left ushered its misguided supporters into another blind alley, plans were afoot to build a formidable alternative that could salvage many of the traditional values at risk of being swamped by the modern world. Beginning in France with the foundation of the Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (Research and Study Group for European Civilization), or GRECE, what became the Nouvelle Droite began adopting some of the tactics of the New Left and combining them with the cultural ideas of Italian Marxist Antonio Gramsci (1891–1937).
 
Having broken with the old-style nationalism of the past, much of which had been centred around Fascism and National-Socialism, the New Right set about promoting metapolitics and ethno-pluralism in the hope that such a strategy could act as a powerful bulwark against the rapid encroachment of liberal-leftism and pseudo-egalitarianism. This fascinating volume explores many of the key intellectuals and concepts that have endured for over half a century.
 
Chapters include:
Dominique Venner: The Spirit of the Hunter;
The European New Right, Alain de Benoist and the Oppression of "Human Rights"';
Pierre Krebs and the Thule-Seminar;
Europe's Ragnarok Unveiled: On Pierre Vial's Ethnic War;
Introduction to the History of the Radical Right in Twentieth-Century Portugal;
Karlheinz Weißmann and the German New Right;
Hennig Eichberg: An Original Thinker Inside and Outside the Sphere of the "New Right";
Tomislav Sunic and American Civilisation;
Stanis Ruinas: Anti-Dogmatic Socialism Beyond Left and Right;
Europe-Action Magazine: Dominique Venner's Revolutionary Turn; 
The New Right and the Elusive Equality.
 
Contributors include:
 
Troy Southgate (Editor), Tomislav Sunic, Robert Steuckers, Keith Preston, João Franco, Piercarlo Bormida, Manuel Rezende, Graziano Ciccarelli and Salvatore Winnili.

dimanche, 22 novembre 2020

L’itinéraire de Henning Eichberg (1942-2017)

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L’itinéraire de Henning Eichberg (1942-2017)

par Robert Steuckers

Bartsch-Günter+Revolution-von-rechts-Ideologie-und-Organisation-der-Neuen-Rechten.jpgJ’ai entendu parler pour la première fois de Henning Eichberg sous le pseudonyme de Hartwig Singer, dans un ouvrage important de Günter Bartsch, historien des idées contemporaines, du trotskisme, de l’anarchisme et des nouvelles droites. Le volume qui traitait des « nouvelles droites » après les événements de 1968 s’intitulait Revolution von rechts ? (1975). Bartsch avait parfaitement saisi la nouveauté et la pertinence des idées véhiculées par cette myriade de groupuscules très actifs, très soucieux d’étayer leurs affirmations impavides par des références théoriques solides, aussi solides que celles des marxistes de l’opposition dite extra-parlementaire, animée notamment par Rudi Dutschke. Dès la parution de cet ouvrage de Bartsch, découvert à la librairie du Passage 44 à Bruxelles, je me suis senti en communion avec ces idées véhiculées de Munich à Hambourg et de Cologne à Berlin. Bartsch lui-même avait eu un itinéraire fascinant, expliquant l’objectivité et l’empathie qu’il cultivait à l’endroit de toutes les mouvances qu’il étudiait et dont il explorait le corpus doctrinal. Né en 1927, mobilisé à 17 ans dans la Wehrmacht, membre du parti communiste allemand et animateur important de la FDJ (les jeunesses du KPD), il est déçu par la répression féroce du soulèvement populaire berlinois de juin 1953 et passe à l’Ouest, où il deviendra journaliste et enquêteur. Ses thèmes de prédilection ont été les mouvances politiques extra-parlementaires. Notons également que Bartsch se tournera à la fin de sa vie vers l’anthroposophie de Steiner, dont il tirera bon nombre d’enseignements pour fonder son propre mouvement « écosophique » qui le rapprochera de Baldur Springmann, pionnier de l’écologie folciste (völkisch), qui participera à l’Université d’été de « Synergies européennes » en 1998 dans le Trentin, où, âgé de 87 ans, il reçut un accueil des plus chaleureux par de jeunes Italiens, adeptes du style Wandervogel. Le livre de Bartsch a été déterminant dans mes options métapolitiques futures et ce livre demeure un classique qui devrait être relu sans relâche, pour bien connaître la généalogie de la mouvance « nouvelle droite ».

Dans l’ouvrage de Bartsch intitulé Revolution von rechts ?, Hennig Eichberg, alias Hartwig Singer, apparaît comme un théoricien qui entend discipliner le spontanéisme des droites nationales allemandes en réclamant un recours à l’empirisme logique ou empiriocriticisme du Cercle de Vienne. Ce recours au positivisme logique sera repris également par les Français de la future « nouvelle droite » qui se regroupaient à l’époque dans la « Fédération des Etudiants nationaux » et par la revue Nouvelle école qui consacra à cette thématique l’un de ses premiers numéros. Pour le positivisme logique, il faut que toute assertion soit vérifiable. C’est ce que l’on appeler l’option « vérificationniste ». A la suite de Wittgenstein et d’Ayer (philosophe et logicien anglais), les discours métaphysiques et idéologiques sont « prescriptifs »et non « descriptifs », ce qui les plonge dans des errements sans fin et dans l’incohérence. Tant la mouvance allemande de la « Neue Rechte » que son homologue française de la « nouvelle droite » abandonneront cette piste empiriocriticiste sans donner trop d’explication.

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En fait, cette piste abandonnée avait sa raison d’être politique et idéologique : Lénine, dans sa Critique de l’empiriocriticisme, s’en prenait à Ernst Mach dont se réclamait son concurrent au sein de la mouvance communiste-marxiste russe, Alexandre Bogdanov. Si, avec le recul, cette querelle au sein du marxisme russe avant la première guerre mondiale peut paraître oiseuse, l’intérêt pour le contexte, où elle s’est manifestée, renaît aujourd’hui en France et en Italie, avec la parution toute récente du livre de Carlo Rovelli, Helgoland (2020).

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Alexandre Bogdanov.

Rovelli est membre de l’Institut Universitaire de France. Il rappelle l’émergence de la physique quantique de Werner Heisenberg, qui introduit dans le discours scientifique des visions évoquant des « ondes de probabilité », des « objets éloignés mais connectés malgré cet éloignement », etc. Dans le chapitre 5 d’Helgoland, Rovelli nous ramène à Mach, Bogdanov et Lénine. Mach n’était pas un philosophe systématique : il tâtonnait encore à la fin du 19ème siècle. Il estimait que le philosophème « Matière », prisé par tous les matérialistes de l’époque, dont Marx mais surtout Lénine, était une idée toute faite, un ersatz de la divinité métaphysique, ce qui allait ramener la pensée à des clôtures sous un vernis pseudo-scientifique (des « enclôturements » répétitifs). C’est ce qui provoqua l’ire de Lénine, pour qui la tentative de Mach (et de Bogdanov) de ménager des « ouvertures » au sein même de la pensée matérialistse et de se débarrasser simultanément des affirmations trop « prescriptives », est une démarche « réactionnaire ». Or pour Mach, les phénomènes ne sont pas des manifestations d’objets, fermés sur eux-mêmes, mais, autre perspective, les objets sont des noeuds de phénomènes en interaction permanente. Mach a jeté les bases d’une critique de la mécanique newtonienne qui se projetait dans les idéologies libérales et marxistes, bourgeoises et pseudo-prolétariennes, dans toutes les vulgates politisées. Mach annonce, cahincaha, la future physique quantique de Heisenberg. Sur le plan même du « matérialisme », de l’étude de la matière, Lénine, en le critiquant rageusement, s’avérait lui-même passéiste, newtonien et donc « réactionnaire ».

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Toute critique du marxiste, il y a maintenant plus de cinquante ans ; quand Eichberg a amorcé son itinéraire politico-philosophique, devait nécessairement passer par une relecture critique de « Matérialisme et empiriocriticisme » de Lénine. Par un réexamen des positions plus souples et plus organiques de Bogdanov qui soulignait surtout l’historicité des phénomènes, donc leur mouvance perpétuelle, historicité qu’avaient aussi soulignée avant lui Marx et Engels et qu’apparemment Lénine ne retenait pas. Bogdanov reproche à Lénine de faire de la « Matière » une masse inamovible, inchangeable, immobile, figée. Bogdanov veut l’ouverture aux besoins réels et mouvants des peuples, ce qui est le désir fondamental des révolutionnaires de chair et de sang. Rovelli résume bien la problématique : « Au contraire, le programme politique de Lénine veut renforcer l’avant-garde révolutionnaire, détentrice de la vérité, qui doit guider le prolétariat » (comme aujourd’hui les experts et les sachants doivent guider et castrer les masses, par le martellement constant de la propagande médiatique ou par la peur artificielle fabriquée à l’aide de l’hypothétique covid-19).

Bogdanov, rappelle Rovelli, avait prédit « que le dogmatisme de Lénine congèlera la Russie révolutionnaire et en fera un bloc de glace qui n’évoluera plus, étouffera les conquêtes de la révolution, se sclérosera ». Outre le caractère prophétique de ces paroles de Bogdanov, on y perçoit le fil conducteur de la pensée d’Eichberg : le peuple, en tant que peuple, en tant que nodalité vitale de phénomènes biologiques, culturels et historiques, tous intimement entrelacés, doit se soustraite aux manipulations des experts autoproclamés. En avançant la nécessité de réétudier l’empirisme logique, Eichberg, sans nul doute, connaissait cette problématique propre aux révolutionnaires marxistes-léninistes, propre à la querelle Lénine/Bogdanov, ce qui ne semble pas avoir été le cas de ses homologues de la « nouvelle droite » française, qui ont embrayé furtivement sur son engouement pour l’empiriocriticisme, en y ajoutant, avec une certaine maladresse, l’interprétation finalement libérale de Louis Rougier (photo), puis en abandonnant ce filon sans donner la moindre explication. louis-rougier.jpgIls donnaient ainsi l’impression de virevolter au gré des modes et de n’être pas sérieux. Aujourd’hui, le travail de Rovelli ne semble pas susciter davantage d’intérêt chez eux. Pour Eichberg, ajouterions-nous, l’empirisme logique était spécifiquement européen (occidental) car il rejetait les instances figées pour observer des dynamiques à l’œuvre dans le monde et au sein même de la matière. Pour ses homologues français, cette spécificité occidentale, le « syndrome occidental » disait à l’époque Eichberg/Hartwig, servait à rejeter un déisme trop figé et, simultanément, un communisme tout aussi figé parce que léniniste et non bogdanovien (non proudhonien).

Revenons à la personne d’Eichberg/Singer. Retraçons son itinéraire. Originaire de Silésie, une province allemande annexée au lendemain de la seconde guerre mondiale à la Pologne, Eichberg vivra sa prime enfance en République Démocratique Allemande (RDA) pour arriver, avec ses parents, à l’âge de sept ans à Hambourg. Très tôt, à peine adolescent, il entre dans la dissidence politique que les médias mainstream appellent fielleusement « l’extrême-droite ».

Otto_Strasser.jpgSon premier engagement se fera, vers treize ou quatorze ans, dans la Deutsch-Soziale Union d’Otto Strasser. Par la suite, il sera un rédacteur régulier de la revue Nation Europa, fondée par Arthur Ehrhardt. Cette collaboration durera de 1961 à 1974. Cette assiduité militante ne l’empêche nullement de réussir de brillantes études de sociologie, notamment en explorant des thèmes tels que l’histoire de la technique et la sociologie du sport (sujet sur lequel il poursuivra une longue carrière universitaire, en Allemagne comme au Danemark). Sa culture actualisée et non nostalgique fait de lui la figure jeune la plus prometteuse de la petite mouvance néo-droitiste en Allemagne dans les années 1960.

A son option première pour l’empiriocriticisme, qui s’estompe chez lui au fil des années 1970, s’ajoute donc l’instrumentalisation métapolitique de diverses méthodologies tirées des sciences sociologiques et de leurs applications pratiques, notamment une expérience en Indonésie qui le conduira à développer un thème majeur de sa pensée, celui de l’ethnopluralisme : s’il existe certes un « syndrome occidental », qu’il avait posé comme « supérieur », l’option de Mach, sous-jacente chez lui, qui est, rappelons-le, d’observer les phénomènes et les dynamiques à l’œuvre en leur sein, le conduit à accepter comme phénomènes objectifs les modes de vie et les cultures des peuples non occidentaux. L’option ethnopluraliste était née.

En 1972, Eichberg est le premier, avec quelques camarades, à créer un mouvement qui a porté l’étiquette de « nouvelle droite », l’Aktion Neue Rechte. Il en rédige les statuts et en fixe les principes. Il infléchira cette opposition extra-parlementaire non gauchiste vers le corpus doctrinal allemand d’avant-guerre, celui des nationaux-révolutionnaires et des nationaux-bolcheviques. Ce retour à des sources datant de la République de Weimar s’effectuera dans des structures parallèles comme « Sache des Volkes » (= La Cause du Peuple), auxquelles nous nous identifierons à Bruxelles.

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Si Eichberg a eu une influence évidente sur le groupe français autour de la revue Nouvelle école, en métapolitisant l’empirisme logique pendant une brève période au début des années 1970, filon que les Français complèteront en sollicitant les œuvres de Louis Rougier et de Louis Vax. Cependant, cette piste restera en jachère, tant en Allemagne qu’en France, et les néolibéraux s’en empareront en la couplant aux idées métapolitiques de Karl Popper, à la différence que, pour Mach, était scientifique ce qui était observable et vérifiable, tandis que pour Popper, est scientifique ce qui est réfutable, position qui relie la forme poppérienne du libéralisme à la fois au criticisme déconstructiviste des gauchismes tirés plus ou moins des thèses de l’école de Francfort, au gendérisme qui réfute même ce qui est physiquement irréfutable, aux critiques des « sociétés fermées » et donc aux stratégies subversives des ONG de Soros (qui rejettent ce qui est vérifiable pour privilégier une praxis constante de « réfutation pour la réfutation »). La querelle philosophique Lénine/Bogdanov et le rejet léniniste des implications épistémologiques et pratiques du positivisme vérificationniste de Mach et de la future physique quantique de Heisenberg, pourtant déterminante dans la formation du paysage intellectuel européen au 20ème siècle, passent désormais au second plan dans les démarches et spéculations des « nouvelles droites ». Dommage. Navrant. Mais il faudra y revenir. Non pas pour ressasser une critique du marxisme-léninisme, aujourd’hui défunt, mais pour amorcer une offensive contre le néolibéralisme popperiste à la sauce Soros, où le principe poppérien de réfutabilité se voit sur-sollicité pour nier le réel observable : il y a dès lors alliance tacite entre la négativité, prônée par les figures de proue de l’Ecole de Francfort (Horkheimer, Adorno, Habermas), et la réfutabilité poppérienne, ce que ne laissait pas présager la querelle des sociologues allemands à la fin des années 70, où se profilait une dualité politique entre, d’une part, une social-démocratie réformiste, appuyée sur l’Ecole de Francfort, et un libéralisme pré-néolibéral, fondé sur le principe de réfutabilité de Popper et sur son rejet des « sociétés fermées » ou des « Etats fermés » (1).

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Dès la fin des années 1970, Eichberg abandonne lui aussi le filon empiriocriticiste, qu’il avait qualifié d’ « occidental », qu’il considérait comme l’apothéose de la pensée occidentale/européenne et comme l’indice le plus patent de l’identité européenne. Il opte pour une critique sociologique des « habitus » (Bourdieu), des modes vie standardisés de la société de consommation occidentale et américanisée, qui affecte durement la société allemande des années qui ont suivi immédiatement le miracle économique. Cet infléchissement de sa pensée s’effectue en parallèle avec bon nombre de filons classés à gauche, dans le cadre de la pensée contestatrice qui s’impose définitivement dans nos paysages intellectuels européens et nord-américains après les événements de 1968.

Sous l’influence d’une lecture du philosophe et ethnologue français Claude Lévi-Strauss, explorateur des sociétés les plus primitives, notamment en Amazonie, Eichberg théorise l’ethnopluralisme, idée-guide pour laquelle chaque peuple développe une culture propre, qui est un éventail de stratégies vitales disposant de leurs logiques et de leurs raisons propres et qu’il convient de ne pas édulcorer ou éradiquer. Seule la préservation de ces acquis ethnologiques, anthropologiques et historiques permettra de maintenir un monde sainement bigarré, non aligné sur un modèle unique comme celui de l’américanisme. Eichberg rejoint là Guillaume Faye quand celui-ci terminait la rédaction, en 1981, de son premier livre, Le système à tuer les peuples. Toujours au même moment, entre 1979 et 1981, Eichberg théorisait le « nationalisme de libération » (Befreiungsnationalismus), expression politique de son anthropologie pluraliste, de son fameux ethnopluralisme. Au cours de ces années-là, qui furent déterminantes pour mon évolution ultérieure, Eichberg entame une longue collaboration à la revue Wir Selbst (= Sinn Fein), fondée en 1979 par Siegfried Bublies à Coblence, toujours actif aujourd’hui en Allemagne. Le nom de cette publication prestigieuse et pionnière en bien des domaines provient directement de la valorisation par Eichberg du combat irlandais, particulièrement celui du syndicaliste James Connolly. Eichberg l’avait explicité dans un ouvrage programmatique, intitulé Nationale Identität. Là aussi, Eichberg fut pionnier sur le plan du vocabulaire, un inventeur de termes percutants. Le vocable « identité » connaîtra, à partir de ce moment, de multiples avatars au cours de ces quarante dernières années et définit aujourd’hui encore toute une mouvance contestatrice des idées dominantes, tant en France, qu’en Allemagne ou en Autriche, notamment avec Martin Sellner à Vienne, bien épaulé par son épouse américaine Brittany Pettybone.

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Pendant la querelle des missiles en Europe au début des années 1980, quand les Allemands surtout contestaient l’installation de missiles américains sur leur sol national, une fraction de la gauche, dont Peter Brandt, le fils de Willy Brandt, s’ouvre à la question nationale et rêve de la réunification, qui ne surviendra qu’après la perestroika de Gorbatchev. Eichberg, dans ce contexte nouveau, demeure toujours soucieux d’opérer des ruptures avec tous les ronrons politiciens ; il suit cette évolution de la gauche dutschkiste de manière plus qu’attentive, en même temps que Bublies. Il parvient à se faire pleinement accepter chez ceux qui, quelques années auparavant, se seraient déclarés ses ennemis : il accorde des entretiens dans plusieurs revues de la gauche intellectuelle allemande, dont Ästhetik und Kommunikation, Pflasterstrand, etc. Ce nouvel infléchissement trouvera son apothéose lors d’un débat avec Klaus Rainer Röhl, qui fut l’époux d’Ulrike Meinhof de la Bande à Baader, et Rudi Dutschke, leader de la contestation étudiante en 1967-68. Le titre du débat était significatif : « National ist revolutionär ».

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La percée d'Eichberg dans les institutions: cet ouvrage, publié par Westermann, destiné à la formation des maîtres d'école et des enseignants du secondaire, donne pour directives d'enseigner selon les principes de l'ethnopluralisme.

Au cours de cette décennie, Eichberg garde certes ses tribunes dans Wir Selbst mais s’éloigne de plus en plus des droites nationales allemandes, tout en acceptant, dès 1982, des postes de professeur d’université au Danemark. De plus en plus, Eichberg trouve les dadas et les discours répétitifs de la droite horripilants et ne s’en cache pas : sa plume, acerbe et programmatique, fustige les droites et tente de montrer en quoi elles sont condamnées à la stagnation et à l’implosion. Ses modèles restent certes Lévi-Strauss mais il mobilise aussi Michel Foucault, du moins partiellement, sans sombrer dans le festivisme délirant du philosophe français. Il voit en Foucault le philosophe qui a su prouver que les Lumières du 18ème siècle n’étaient pas libératrices mais au contraire avaient déployé toutes sortes de stratégies pour discipliner les corps d’abord, les peuples ensuite. La rigueur du panzercommunisme soviétique et la mise au pas doucereuse des âmes et des corps par le consumérisme américain sont donc des avatars pervers des Lumières, qui dissimulent leurs stratégies derrière un discours lénifiant. C’est là un point de vue partagé, mutatis mutandi, par Guillaume Faye qui, pourtant, n’a jamais trop sollicité Foucault mais plutôt le dionysisme de Michel Maffesoli, donc la pertinente vitalité intellectuelle demeure d’actualité dans la France d’aujourd’hui.

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Trois ouvrages universitaires d'Eichberg, en allemand, anglais et finnois. Une notoriété internationale.

Dans les années 1990, Eichberg franchit le cap : il cesse de collaborer à Wir Selbst et adhère au « Parti socialiste populaire » danois. Il ne collaborera plus qu’aux revues théoriques de ce parti. Il rédigera aussi une partie de ses programmes. Dans un dernier ouvrage théorique majeur qui, en quelque sorte, récapitule ses thèses en langue anglaise, The People of Democracy (2004), Eichberg rappelle qu’il a toujours été un disciple de Herder, de Grundvigt et de Buber. Son apport à la sociologie universitaire réside essentiellement dans une critique des sports olympiques, trop standardisés à ses yeux et ne tenant pas compte des innombrables particularités ludiques, religieuses et physiques que revêtent les sports nationaux et tribaux chez les peuples non occidentaux et qu’ont revêtu également bien des sports populaires oubliés ou refoulés chez les Européens.

Henning Eichberg est décédé au Danemark en avril 2017. Je n’aurais jamais imaginé le voir disparaître si tôt. Personnellement, j’ai entretenu quelques fois une correspondance avec lui, ai toujours lu attentivement ses contributions à Wir Selbst ; je n’étais pas toujours d’accord avec la forme de ses critiques (mais non avec le fond) ou avec la véhémence de ses propos mais, respectueusement, je tenais toujours compte de ce qu’il disait, tout en concédant que les ronrons des droites (mais aussi des gauches) étaient incapacitants justement parce qu’ils étaient des ronrons, des ritournelles aurait dit Gilles Deleuze. En août 1981, nous avons tous deux participé à un long séminaire à Tinglev au Danemark. Il y donnait le ton, de manière très autoritaire, en dépit de son discours « bogdanovien » antiautoritaire. Lors d’un aparté dans l’autocar qui nous ramenait d’une visite à la minorité danoise d’Allemagne et à la minorité allemande du Danemark, il m’a dit ceci, à propos de la « nouvelle droite » parisienne : « Vous rédigez trop d’hagiographies, vous devez parler de choses (concrètes) ». Pourquoi ne pas méditer cette injonction qu’il m’a donnée, il y a déjà 39 ans.

Robert Steuckers.

PS : Pour montrer comment pouvait s’articuler la pensée d’Eichberg dans le cadre belge, lire mon hommage à l’activiste flamand Christian Dutoit :

http://robertsteuckers.blogspot.com/2016/06/linclassable-...

Pour connaître le contexte général:

http://robertsteuckers.blogspot.com/2014/12/neo-nationali...

 

Note :

  • 41sJ0S+33EL.jpg(1) Dans le numéro 36 de Nouvelle école, consacré à Vilfredo Pareto et impulsé par Guillaume Faye (seule voix raisonnable à l’époque dans cet aréopage de fanfarons sans réelle culture), j’ai voulu introduire, dans mes deux articles, les linéaments de la querelle des sociologues allemands (ou querelle allemande des sciences sociales). On m’a pris pour un fou. Le pontife qui entendait mener la danse, avec la lourdeur d’un ours de mauvais cirque, préparait son aggiornamento néolibéral et thatcheroïde. Il le ratera lamentablement. Une bonne connaissance de l’empiriocriticisme, via le pamphlet de Lénine (et via les thèses sur Lénine de Henri Lefebvre avec qui Faye entretenait d’excellentes relations), et de la querelle des sociologues allemands, dont Habermas, que Faye lisait attentivement, aurait permis d’être au diapason. Et de le rester. Quarante ans après, après que Faye et moi-même eurent tiré notre révérence, après notre ostracisme par fatwas hystériques répétées à satiété, on patauge toujours dans le solipsisme, dans la doxa à deux balles et surtout dans un insupportable parisianisme.

lundi, 16 novembre 2020

Revista de historia, metapolítica y filosofía Nihil Obstat, n.º 35

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Revista de historia, metapolítica y filosofía Nihil Obstat, n.º 35

Cada número de esta revista se debe leer y meditar, no por estar de acuerdo con todo, sino por poder debatir los temas con un cierto nivel de calidad.

Revista de historia, metapolítica y filosofía.
Pedidos: edicionesfides@yahoo.es
192 págs. 20€.

Vamos a comentar solo algunos de sus textos:

Editorial: El coronavirus y los mitos de la posmodernidad. No hay que caer en conspiraciones, pero es evidente que este tema del virus ha servido para probar medidas de control extremas sobre la población, logrando que acepten lo que sea, aterrorizándola con datos y con propaganda.

Y si este virus fuera mucho más letal hubiera provocado la creación de un Estado Policía mundial, un Estado del Terror.

La crisis además servirá para endeudarnos a todos aún más y ver la fragilidad del sistema financiero capitalista, ya endeudado hasta las nubes ANTES de esta crisis.

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– Las leyes pioneras para la protección de los animales en España, por Jordi Garriga Clavé. Un texto magnífico que deberíamos leer todos, sobre cómo ha evolucionado, lenta y con atrasos, las relaciones humanas y los animales. Solo muy tarde, hace menos de un siglo, se empezaron a tener legislaciones donde los animales tuvieran ciertos ‘derechos’, aunque era más por no herir la sensibilidad de los humanos que por ellos mismos. En 1929 sale la primera legislación española sobre maltrato animal algo seria, que se reproduce en el texto.

Recordemos que fue el III Reich el primero en legislar que los animales tienen derechos por sí mismos.

AVT_Pierre-Vial_7152.jpeg– Entrevista a Pierre Vial. Los años del GRECE (1968-1987). En la escuela de Gramsci. Este es un texto fundamental para entender las posiciones de eso que llamamos ‘metapolítica’.

El único problema es que esta entrevista es del año 1990, se publicó en el año 2000, o sea hace 20 años, y no relata la continuación de la lucha de Pierre Vial, cosa fundamental.

El GRECE nace en 1968, tras comprobar el fracaso de la acción política directa y la necesidad de basar los valores e ideas esenciales de una alternativa al Sistema.

Era como un camino contra el activismo sin cabeza y el intelectualismo sin acción.

Los valores esenciales antisistema eran claros, ya los había definido el ‘fascismo’ genérico, pero su concreción en posiciones, ideas, política, cultura, arte, etc. debían actualizarse a los problemas tras 30 años de acabada la guerra.

La posición de Gramsci en el marxismo había sido algo similar, era preciso una cultura además de una lucha política. Pero para Gramsci la lucha cultural era solo una ayuda a la lucha política. En cambio, para nosotros la lucha cultura y arte es un fin, la lucha política es el medio para dar al pueblo cultura y arte.

Así pues, lograr una conquista cultural social era esencial, no solo como medio.

Primer fracaso: el Grece trató de entrar en los medios de masas, en diarios, radio, Tv incluso… con la ayuda de Pauwels en Figaro-Magazine, y Benoist usando pseudónimo en otros medios.

Eso llevó a dos problemas: uno, la traición de muchos que se pasaron a ideas del Sistema más aceptables, o se intelectualizaron contra toda acción. Y dos: no iban a tolerar esa actuación y amenazaron a Pauwels con un boicot económico y publicitario. Denunciaron como fascistas y nazis a todos los de Grece, y siguieron con ataques físicos.

Eso ya era evidente, había ya pasado en USA con gente como Eysenck, Jensen, etc. que fueron expulsados de las universidades y relegados del todo como ‘fanáticos racistas’, etc.

Grece siguió su lucha con Elements y Nouvelle Ecole, en temas como Ecología, genética, indo europeísmo, derecho a la diferencia, etc.

Como dice Vial, es mejor ser discreto en esas etapas de lucha, no creerse que el sistema va a permitir ‘democráticamente’ nuestra presencia.

El segundo cambio de Vial fue en 1987, la invasión inmigratoria era enorme ya, y consideró que debía trabajar con el Front National de JM Le Pen para tratar de parar esa destrucción racial de Francia.

Desgraciadamente la entrevista pasa en ese momento los años 90. No se describe como el FN inició una tremenda decadencia de valores e ideas a cambio de votos, que ha acabado con su cambio de nombre y de sentido, ya tipo VOX, y Vial se marchó del FN para formar Terre&Peuple, un frente de ideas y lucha sin concesiones.

RBN.jpg– In memoriam, por Juan Antonio Llopart. Un recuerdo necesario ante el inesperado fallecimiento de una gran camarada y persona, Carmen Padial, no solo luchadora con el MSR sino una persona dedicada a la maternidad, la ecología y naturaleza, vegetariana, que deja dos hijos pequeños de 9 años y otros dos ya mayores.

– La Cuarta Teoría Política y el problema del diablo, por Aleksander Duguin. Este texto tiene dos facetas, una absolutamente discutible y otra que no sabría ni como discutirla.

Empecemos por esta última, lo de ‘el problema del diablo’. Concuerdo en que el mayor éxito del diablo es hacer que la gente niegue la existencia de Dios y luego presentar sus antivalores como el nuevo dios de esa sociedad. Pero tras ello se lanza a una extravagancia sobre la Madre (la modernidad), el Padre (platonismo) y el Hijo (Aristóteles) que francamente es mejor dejar de intentar explicarla.

Veamos la parte discutible pero comprensible:

Cada vez que oigo la palabra ‘Cuarta Teoría Política’ miro a ver dónde se definen sus valores, principios, teorías, propuestas…. En este texto solo expone ‘contra que está’, pero no en favor de que.

Contra la modernidad, vale, los NS también, aunque diga que no. Contra el individualismo, más aún los NS que fomentan la comunidad absolutamente. Contra el materialismo, absolutamente un punto NS donde la economía está al servicio del pueblo y bajo control del Estado. Dice que los fascismos y comunismo han sido eliminados, bueno, el comunismo cayó por sus propios errores y desastres, los propios dirigentes comunistas no creyeron ya en el comunismo. Pero los fascismos fueron un enorme éxito, y cayeron militarmente por la alianza de comunistas y demócratas, no políticamente.

Pero no dice una sola palabra de sus propuestas de esa 4ª Teoría, y es que las veces que he escuchado algunas son copia muy poco maquillada de las propuestas Nacional revolucionarias y de los fascismos.

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– Consecuencias geopolíticas de la crisis del coronavirus. Una propuesta para España, por José Alsina Calvés. Aunque personalmente creo que este tema del coronavirus no va a cambiar substancialmente nada del sistema una vez superado el tema sanitario, fuera de demostrar cómo se puede dominar y tiranizar a la sociedad con el miedo, y como lograr una enorme crisis económica sobre la ya enorme deuda anterior, lo que pase es algo que no podremos afirmar hasta dentro de unos años.

Pero vayamos a las propuestas muy razonables de geopolítica en España, dejando aparte el virus.

Las propuestas son básicamente:

  1. Hispanoamérica o Latinoamérica junto a Portugal
  2. Reformar la industria frente a la propuesta global de convertir España en un cetro de servicios. Aranceles y proteccionismo en parte.
  3. Los países del Sur de Europa, mediterráneos. Un polo que podría relacionarse con los países de Visegrado y Rusia.

Me parece un buen resumen de posibilidades, cada una con serios problemas de realización, que voy a resumir:

  1. Como ya dice el propio texto, Latinoamérica primero deberían liberarse del dominio USA y unirse. La división y la intromisión dura y forzada de USA es el principal problema para ello. Y los indigenismos y algunas reticencias ‘anticolonialistas’ es otra.
  2. Eso es perfecto si logramos eliminar la UE y su poder, pues la política globalista de la UE impide estas medidas proteccionistas. Personalmente creo que el pueblo está con la UE y el Euro, éste es el problema. Creen que ser europeísta es la UE. Y adoran el Euro.

Y francamente ni siquiera en Grecia lograron despegarse de la UE, la deuda nos oprime y elimina la libertad.

Sin duda es la mejor solución, un grupo fuerte de países sí que podría resistir frente a la finanza, la UE y USA-Israel. Una pega: Rusia debe abandonar la idea de ser continuación o alabanza de la URSS. Los de Visegrado y los españoles, italianos, etc. no tienen ningunas ganas de soportar una sombra de la URSS. Rusia debería condenar a la URSS.

indexdiefus.jpg– Para algunos, la seguridad sanitaria se convertirá en una parte fundamental de las estrategias políticas liberales, por Diego Fusaro. Un texto que indica que las urgencias sanitarias se van a convertir en un arma de dominación de las poblaciones. Curiosamente ya un francés* en el gobierno, Attali, dijo en el 2009 que las crisis sanitarias eran un mejor método de dominio y miedo para imponer medidas para un gobierno mundial a la población.

Con datos bien dosificados y manipulados, con apoyo de algunos científicos sanitarios, con los medios de masas, se obliga mentalmente a que todos asuman las medidas más extremas como razonables y necesaria, colaborando con las medidas limitadoras de toda oposición, hasta el punto de llamar locos, o peligrosos a los que se opongan.

– Los monumentos conmemorativos en Dresde tras la IIGM en el 75 aniversario de la destrucción. Un artículo muy bien documentado y completo de los pocos y malos monumentos que se han levantado para conmemorar a los cientos de miles de civiles asesinados en Dresde con bombas de fósforo.

Describe como incluso esos monumentos no tienen normalmente imágenes o esculturas, solo frases, algunos muestran cierta culpa de los alemanes, y se han puesto al lado de otros donde se celebran a las victimas judías, o de otros temas para mezclar, de este modo las cosas.

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– Entrevista con Martí Teixidor, por Jordi Garriga. Genial entrevista a este pintor que yo llamaría anarco-fascista, un rebelde, un revolucionario, un activista artístico contra el basurero del llamado arte actual. Poco conocido fue un ariete anti Tapies, anti la basura actual con sus cuadros y textos.

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En Cedade pintó el cuadro ‘Dresde’, que llevamos a exponer en Austria, con enorme escándalo de las izquierdas.

mercredi, 11 novembre 2020

La Quatrième Théorie Politique ne cherche pas à créer un homme nouveau mais à « sauver » l’hommeLa Quatrième Théorie Politique ne cherche pas à créer un homme nouveau mais à « sauver » l’homme

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par Yohann Sparfell
Ex: https://www.in-limine.eu
 

the_rise_of_the_fourth_political_theory.jpgMais qu’est-ce que « sauver » veut dire ? Sauver est apporter le salut, cela nous le savons, tout le monde le sait sans néanmoins comprendre profondément la portée d’un tel geste. Apporter le salut, s’il faut donc définir correctement cette expression, signifie faire l’effort de redonner son intégrité à une personne, la considérer en son entièreté. Il ne s’agit donc point originellement d’une action visant à la soustraire d’un danger extérieur à elle-même, donc de se permettre soi-même de la dominer de ses sentiments prétendument supérieurs. Cela est autre chose que le salut. C’est d’ailleurs l’attitude prétentieuse qui prédomine dans notre monde lorsque de l’homme l’on désire en faire autre chose que ce qu’il est ! Mais nous y reviendrons.

« Sauver », du latin salutem (répondant au sanscrit sarvatâti, intégrité : salut, intégrité conservée) qui fut un mot originellement féminin, vise à estimer l’homme selon sa véritable nature, et plus encore, à lui faire grâce en réponse de sa nature essentielle, de sa personnalité. Cette approche, qui fut celle que les Anciens ont tâchés d’appliquer en leurs œuvres en faveur d’une harmonie humaine et cosmique, doit autant inspirer le respect de la personne humaine qu’exhorter à ce que cette personnalité puisse s’intégrer sans trop de heurts dans le concert de la diversité humaine. Il ne s’agit donc nullement de vouloir recréer un homme selon les impératifs d’une société donnée, mais de perpétuellement créer au sein d’une communauté humaine les conditions d’accueil de la diversité humaine. L’harmonie qui devrait en résulter ne saurait par conséquent être issue d’un conditionnement dont l’objectif serait de faire de l’homme tout autre que ce qu’il est véritablement, mais d’une acceptation pleine et entière de la diversité d’expression de la personnalité humaine de façon à pouvoir transmuer la confusion apparente découlant de la première en une manifestation toujours plus haute de la seconde.

Apporter le salut aux hommes est donc l’attitude au travers de laquelle l’on accueille l’autre en tant qu’il puisse véritablement, et selon toute la profondeur de son être, renforcer la communauté tout en s’accomplissant lui-même. C’est donc permettre qu’ils puissent s’élever en ayant été préalablement élevés à la réalité de leur être. Cela implique que la communauté, bien évidemment, soit pleinement consciente de cette nécessité... vitale. De son application, en effet, dépend la force, certains dirons aujourd’hui la « résilience », de la communauté humaine ; et de l’harmonie d’un monde à partir duquel l’on peut alors se permettre d’entrevoir un futur sous les auspices de la lumière (de la beauté éclatante d’une vision enthousiasmante). Bien entendu, cela suppose de prêter d’importants moyens tout d’abord à l’éducation et puis à l’enseignement, tel que nous avons pu le souligner dans notre ouvrage Res Publica Europae1.

La diversité naturelle des passions ne mérite pas que l’on en bafoue la richesse au nom de préjugés inopportuns. Et si nous déclarons que ces préjugés sont inopportuns, c’est parce qu’ils reposent sur une négation fondamentale : celle de l’homme en sa vérité. Les passions ne méritent point à ce qu’on les nie, mais elles devraient fort au contraire trouver en face d’elles des attitudes plus fortes visant à les incorporer (in-corporare) dans la diversité harmonieuse des hommes. Ces attitudes plus fortes sont celles qui tendent à ce que chaque être puisse prendre conscience de ses propres passions, ainsi d’ailleurs qu’à l’évanescence de celles qui ne sont point enracinés dans les origines de son être, mais sont le plus souvent issues de moments de faiblesse où l’on se laisse entraîner vers de bas instincts, non précisément perçus comme tels. L’homme, et non l’animal humain, apparaît au monde avec des passions, et le devoir des hommes mûrs est, justement, de faire en sorte que puisse chacun rencontrer celles-ci, c’est-à-dire se mettre face à elles de façon à pouvoir les dominer. C’est bel et bien à partir d’une telle posture que l’on peut être à même d’accroître la créativité en proportion de la diversité con-sentie.

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Ce que nous venons de dire, d’exposer à la vue des hommes de bien, n’est donc en aucun cas une quelconque volonté de forger un homme nouveau. L’homme est ainsi fait qu’il est homme et nul autre. Sinon de quel être parlerions-nous sinon d’un hypothétique sur-humain, ou bien peut-être d’un singe ? Car le « surhomme » tel que certains philosophes ont pu faire mention, n’est-il pas au fond un homme dont la conscience de sa fragilité le mettra à l’abri de devenir un « dernier homme » ? Or, de cet homme nouveau, les idéologies de l’époque moderne s’en sont servi de modèle à leur expansion dans les esprits de ces derniers hommes, de ces êtres incertains, symptomatiques d’une fin de cycle. Le sens même du mot « salut » devait par conséquent être galvaudé afin de répondre à cette ambition malsaine : « sauver » l’homme de lui-même, autrement dit, non pas le sauver d’un destin, lié à ses propres passions, mais de la possibilité même qu’il puisse tendre vers de possibles excès, ou inadéquations du moment, en fonction de ses passions. Il s’est donc avéré nécessaire de réprimer les passions, non point d’éduquer afin de les dépasser, de contraindre la nature de l’homme, non point la connaître afin de l’associer en harmonie. La volonté de créer un « homme nouveau » est bel et bien la plus grande comédie de l’humanité, une triste comédie.

Tout au long de notre ouvrage Res Publica Europae, nous avons tâché de présenter à nos lecteurs ces quelques Principes d’une Quatrième Théorie Politique (à la suite de la débâcle des trois qui l’auront précédées) d’après lesquels nous saurions en mesure de redonner à l’homme toute sa place. Et, bien sûr, cela implique en premier lieu de tâcher réellement d’aborder la nature de l’homme en son entièreté et toute la gamme de sa réalité. Il est des choses qui ne passent pas car elles sont de l’homme comme les passions sont de la vie. Vouloir le nier, c’est de façon occulte avoir l’envie malsaine de construire des systèmes totalitaires au dépend de l’homme réel. Le salut est un message universel à destination de la Réalité, et à dessein d’une force d’âme qui impose d’en découdre avec le faux.

Bien sûr, l’on pourrait à juste titre déclarer que la faux existe lui-même à sa façon tout autant que le vrai, mais, faudrait-il ajouter aussitôt, d’une position qui les dépasse tous deux de façon à pouvoir atteindre un niveau de Réalité supérieur, toujours plus spirituel pourrait-on dire (c’est-à-dire d’une position reconnaissant notre nature d’êtres de relations). Or, s’efforcer comme l’on fait de nos jours, à ce que le faux devienne le vrai et le vrai le faux, c’est irrémédiablement s’astreindre à ne pas pouvoir dépasser le stade de l’épreuve et ainsi s’enferrer dans les illusions comme, par exemple, se perdre sur les voies oniriques de l’ingénierie sociale. Lorsque l’on en reste au stade de s’éprouver, d’expérimenter, comme il doit en être immanquablement à l’origine de toutes choses, il demeure essentiel de faire la différence entre le vrai du faux, à moins de chuter au stade d’un relativisme dégradant.

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C’est ainsi qu’en ayant voulu tracer la voie d’une Quatrième Théorie Politique pour l’Europe, nous avons eu l’ambition d’exposer ces Principes qui sont pour nous les conditions mêmes d’une réelle justice que l’on doit aux hommes, aux hommes tels qu’ils sont en leur réalité vivante. C’est pourquoi nous avons exposé avec une passion non dissimulée l’importance du principe de singularité, de l’autonomie, de la justice, de l’autorité, de la hiérarchie naturelle, de l’éducation, de la souveraineté et de tout ce qui fait que l’homme puisse s’accomplir en toute justice et pour la Puissance de ses communautés. Des Principes que nous n’avons pas ressorti de nulle part, mais de notre fond culturel commun, de notre humanisme originel européen.

Puissions-nous avoir ainsi contribué à ouvrir une voie enthousiasmante pour les générations d’Européens à venir !

Yohann Sparfell

 

1Res Publica Europae, Nouvelle mission historique de l’Europe pour le XXIème siècle, éditions Ars Magna, Nantes, décembre 2019 : https://www.editions-ars-magna.com/index.php?route=produc...

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"Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence"

Friedrich Nietzsche

 

Introduction au site "In-limine" de Yohann Sparfell

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé, communisme étatiste, fascismes ou libéralisme, même faussement adaptées aux temps présents, mais d'une pensée tout à la fois sociale et individualiste (non-libérale) !

Si le monde est pétri de contradictions, il ne sert plus à rien de vouloir les annihiler en instaurant une suprématie de la logique déductive-identitaire, comme l'a fait la Modernité. Ces contradictions sont constitutives de la vie, et en premier lieu de la vie humaine. La société n'est antagoniste à l'individu que de notre point de vue. En réalité, les deux sont aussi concurrents et complémentaires. La vie comme le monde sont complexes, et les réduire à des lois physiques ou mathématico-logiques ne conduit qu'à des impasses doctrinaux ou idéologiques au final. La société ne peut "être", c'est-à-dire, réellement, devenir, que par les individus qui la composent, et les individus ne peuvent devenir que par l'héritage et le soutien qu'ils reçoivent de la société, donc des Autres. La vie est communautaire-organique/individuelle-égoïste, et la réduire qu'à l'un ou l'autre de ces aspects est proprement ignorer la réalité. Tout comme est occulter la moitié du réel de vouloir le réduire à l'identité ou à l'altérité absolues.

C’est par le respect de chacune des singularités humaines et de l’inégalité ontologique qui les met en lien, par la subsidiarité bien comprise, par la justice selon le sens traditionnel de ce terme, et par la consécration d’une nouvelle "aristocratie" du "devoir", que les habitants actuels de l'Europe pourrons reconstruire souverainement une Puissance qui leur sera propre et qui consacrera leur besoin de se soumettre la politique comme l'économique en tant qu’instruments de leur volonté, de leur autonomie et de leur liberté. En cela, ils retrouveront le goût de leur humanisme originel, d'un type "antique" d'humanisme !

Le temps serait-il donc venu de faire de l'Europe un Imperium civilisationnel, et de ne plus rejeter toute idée de Puissance au nom d'une "liberté" idéalisée ? Car le monde qui se dessine est celui où s'affirmeront et les individus et leurs communautés, ainsi que, au-delà, les Imperii  civilisationnels ! À nous, hommes de conscience, d'en prendre acte !!

Yohann Sparfell

(Socialiste conservateur-révolutionnaire européen et individualiste "aristocratique" nietzschéen)

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"Il convient de savoir que le combat est universel et la lutte justice, et que toutes choses arrivent par opposition et nécessités."

Héraclite

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"La maturité de l'homme, c'est d'avoir retrouvé le sérieux qu'on avait au jeu quand on était enfant"

Friedrich Niezsche

 
 

vendredi, 06 novembre 2020

UPCOMING: 'Guillaume Faye: Truths & Tributes' by Pierre Krebs, Robert Steuckers and Pierre-Émile Blairon

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UPCOMING: 'Guillaume Faye: Truths & Tributes' by Pierre Krebs, Robert Steuckers and Pierre-Émile Blairon
 
Guillaume Faye was a visionary and a prophet. Like the damned poets for which romantic France is famous, he saw what others refused to see, and he named what others pretended did not even exist.
 
He was certainly no saint and like a true artist liked to imbibe and paint imposing mental images of the future with a brushstroke unmistakably his own. His character was consistently rebellious in the service of a higher ideal: the defense of his race and culture against the onslaught of self-imposed ethnomasochism, forced multiculturalism and aggressive Islamization.
 
In this book, important personages from the Right pay tribute to Faye’s outstanding career as a speaker, writer and pro-European activist. With all its ups and downs and in its lyrical grandeur, Faye’s life truly inspires all of us who strive to make a difference in our motherland — Eurosiberia. Faye was an awakener, who paved the way on which we must march to final victory and liberation.
 
 
La traduction et la diffusion mondiale dans langue de Shakespeare du petit livre d’hommage à Guillaume, avec les contributions de « l’oncle Bob » Steuckers, Pierre-Émile Blairon et Pierre Krebs, véritable témoignage pour l’histoire où on remet salutairement beaucoup de pendules à l’heure.

jeudi, 05 novembre 2020

»Ethnopluralismus – Kritik und Verteidigung«

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»Ethnopluralismus – Kritik und Verteidigung«

Ellen Kositza empfiehlt Martin Lichtmesz

 
 
#Ethnopluralismus ist ein Schlüsselbegriff. Bloß: Was ist das eigentlich? Die Gegner sagen: ein versteckter #Rassismus. Wir sagen: Die schwer beschreibbare, jedenfalls unbedingt verteidigenswerte Mischung aus Kultur, Geschichte, Abstammung, Charakter. Martin #Lichtmesz ist der erste, der diesen Begriff, sein Potential und seinen Mißbrauch umfassend darzustellen vermag. Er hat sich über Jahre mit der Vielgestaltigkeit der Völker, mit Abgrenzung und Austausch, mit Dekonstruktion und Verallgemeinerung beschäftigt und verteidigt nun eines unserer zentralen Konzepte auf seine unnachahmliche Art. Ein eminent wichtiges Buch!
 
 
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mardi, 27 octobre 2020

Star Trek vs. the Radical Right: Visions of a Better World - About Guillaume Faye's futurism

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Star Trek vs. the Radical Right: Visions of a Better World

About Guillaume Faye's futurism

Guillaume Faye’s writing is a prime example of how radical-right fictional accounts imagine the transformation toward what the radical right considers a better world.

Science fiction has a long history of progressive politics. Probably the best-known example is the Star Trek franchise that started in the 1960s with an Asian helmsman, a navigator from Russia and a black woman as a communications officer and features non-binary and transgender characters in the upcoming third season of “Star Trek: Discovery.” Such politics are not that of the radical right, be they communicated through doctrinaire texts or (science) fiction(s) of a “better world,” the latter being arguably more persuasive due to their emotive nature and a good story’s ability to psychologically transport the reader away from reality and into the world of a hero’s fictive journey.

An occasion where these two modes meet is Guillaume Faye’s “Archeofuturism: European Visions of the Post-Catastrophic Age,” which was originally published in French in 1998. Faye recently featured on these pages, and it is thus sufficient to say that this key thinker of the radical right puts forward a specific argument against egalitarianism and the philosophy of progress.


Did a French Far-Right Thinker Predict 2020?

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Following an introduction, “Archeofuturism” starts with an assessment of the Nouvelle Droite (the New Right), including criticism of “ethno-cultural relativism” that prevented the affirmation of “the superiority of our own civilization.” This is followed by a chapter on archeofuturism; an “Ideologically Dissident Statements”; Faye’s discussion of a two-tier world economy; a chapter entitled “The Ethnic Question and the European”; and, finally, a short science fiction story to which I now turn.

indexGFconv.jpgThe Great Catastrophe

Concerning archeofuturism, Faye introduces archaism in terms of the unchangeable “values, which are purely biological and human,” meaning separated gender roles, defending organic communities and “explicit and ideologically legitimated inequality” among social statuses, while futurism is described as “the planning of the future,” a “constant feature of the European mindset” that rejects “what is unchangeable.” Hence, “Archeofuturism” celebrates technological advancements such as genetic engineering from a distinctly radical-right ethos.

Not quite Star Trek’s message, but why bother? Although Faye presents “Archeofuturism” in a classic intellectual style, he also attempts to increase its appeal by fictionalizing his ideas. That is, a story at the end of the book conveys not simply its key points, but an entire, alternative future. This final chapter is not simply dystopian, as is the case with so many radical-right fiction novels, but utopian — not foregrounding decadence and catastrophe, but “the good life” and a happy rebirth of “our folk — whether in Toulouse, Rennes, Milan, Prague, Munich, Antwerp or Moscow.” Thus, the story facilitates emotional identification with a not so distant future, warranting a closer look at this fictionalization of radical-right politics.

The short story is entitled “A Day in the Life of Dimitri Leonidovich Oblomov: A Chronicle of Archeofuturist Times” and introduces the reader to Faye’s future through the eyes of the Plenipotentiary Councillor of the Eurosiberian Federation Dimitri Leonidovich Oblomov on a day in June 2073. It describes what happened following the “Great Catastrophe,” a convergence of catastrophes central to Faye’s theory that allegedly manifests the end of the “fairytale ideology” of egalitarianism and progress underpinning modernity.

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According to Faye, this is the convergence of seven main crises: a demographic colonization of Europe; an economic and demographic crisis; the chaos in the South; a global economic crisis; the rise of religious fanaticism, primarily Islam; a North-South confrontation; and environmental pollution, which, interestingly, includes an unambiguous acceptance of anthropogenic climate change. Faye assumed this convergence to take place between 2010 and 2020. The story speaks of 2014-16 and tells the reader that, consequently, 2 billion people had died by 2020.

Readers furthermore learn that following this Great Catastrophe, the Eurosiberian Federation, resulting from the fusion of the European Union and Russia, was founded. Indeed, the idea of a federal Europe is central to Faye’s approach. In contrast to most of his fellow travelers on the radical right, Faye views the contemporary European Union as an insufficient but necessary step toward this federation. Such an imperial block — like India, China, North America, Latin America, the Muslim world, black Africa and peninsular Asia — would be a semi-autarky and an actor on the world stage while simultaneously enabling strengthening of regional identities across the federation.

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Another key element of Faye’s theory, its unrestricted celebration of technoscience, is also present throughout the story. For example, Oblomov speaks of a base on Mars and spends most of the story on a “planetary train” from Brest to Komsomolsk, a journey which takes only about three hours.

However, within the federation, only 19% cent of the population participate in the technoscientific economy and way of life which “solve[ed] the problems of pollution and energy waste – the planet could finally breathe again. … Still, it was too late to stop global warming, the greenhouse effect and the rise of sea levels caused by wide-scale toxic emissions in the Twentieth century. Science had made rapid progress, but it only affected a minority of the population; the others had reverted to a Medieval form of economy based on agriculture, craftsmanship and farming.”

Not only is this program manifestly inegalitarian, Faye also simply assumes that the vast majority, in fiction and reality, will enjoy a pre-industrial, neotraditional way of living. Faye’s technoscientific vision includes chimeras and the genetic manipulation of children, the benefits of which will only be available to a minority.

Extra-European

Turning to the representation of women, the story introduces three in particular and not untypical ways: Oblomov’s wife, who looks after the children and who only really enters at the end of the story; a virtual female secretary — not “a fat and repulsive old hag” but one who “had perfect measurements, always appeared in scanty dresses and made suggestive remarks from time to time”; and a “dark-skinned and very beautiful girl.” In fact, it is through the conversation between this Indian girl and Oblomov during the train ride that the reader learns much about Faye’s archeofuturist vision.

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Finally, Faye’s vision of the post-catastrophic age includes the cleansing of Europe from its “extra-European” population. In Faye’s writing, Islam is the main enemy and, consequently, the story reports an invasion of Europe by an Islamic army in 2017 that teams up with ‘“ethnic gangs”’ before a Reconquista (with the help of Russia) leads to victory and the deportation of millions of descendants of extra-European immigrants. Unsurprisingly, deportation is driven by archaic criteria as Faye talks about the “right of blood” and the “collective biological unconscious.” 

A radical-right publisher in Germany recently released the story as a stand-alone book, and the piece is particularly notable due to its direct transformation of theory into science fiction. Indeed, the story is a prime example of how radical-right fictional accounts “imagine the unimaginable” — the transformation toward what the radical right considers a “better world.” Not only fans of Star Trek should take notice of such worlding as the latter can have real-world consequences.

*[Fair Observer is a media partner of the Centre for Analysis of the Radical Right.]

The views expressed in this article are the author’s own and do not necessarily reflect Fair Observer’s editorial policy.

samedi, 24 octobre 2020

The Right Wing’s Got Talent

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The Right Wing’s Got Talent

supremacistes-192x300.jpegReview:

Philippe-Joseph Salazar
Suprémacistes: L’enquête Mondiale chez les Gourous de la Droite Identitaire
Paris: Plon, 2020

This book results from interviews with leading thinkers of the race-conscious right — the so-called alternative right — which seeks to bring race to the forefront of political debate. The title Suprémacistes is, however, misleading; for the author, Philippe-Joseph Salazar, nowhere describes the people who are the subject of this study as supremacists, nor do they describe themselves as such. The title was probably chosen for marketing reasons and is more likely to be the publisher’s choice than the author’s.

In his prologue (p. 9) Salazar declares that throughout this study he always played with an open hand. He told his interlocutors that he was not a journalist, since journalists are treated with strong distrust and a hands-off policy, but they were apparently intrigued when he told them that he was a philosopher and rhetorician at the University of Cape Town, “in the country of Nelson Mandela.” The reader soon realizes that Salazar likes to indulge in the occasional rhetorical flourish. The subjects he has picked out for his interviews he describes as

a global circle of intellectuals. Of a special kind: the militant intellectual. Their adversaries call them “supremacists” and even if some of them strongly reject the label, these gurus or mentors of white identity have succeeded in captivating, inspiring, and enthralling new generations with their arguments. Like political Islam, a new ideology after a long incubation is rising above the horizon of Europe and the United States. (p. 9)

The phenomenal success around the world of the expression “great replacement” forged by the French writer Renaud Camus. . . is a sign among a thousand other signs: race is returning to the forefront of the political arena. We are on the threshold of an ideological upheaval. This book investigates and describes the vanguard. (p. 11)

Notable at once is the writer’s objectivity, if not sympathy, to the subject of his study, a welcome change to the usual “investigative journalism” whose purpose is to seek out, subvert, damage, and if possible, destroy.

But who is Philippe-Joseph Salazar? Is he the man for the task he describes?

41ZBiaQzMsL._SX315_BO1,204,203,200_.jpgSalazar had written on various relatively obscure subjects before achieving fame with the 2015 publication of his reports on ISIS, Paroles Armées (Armed Words). His specialist field of study is rhetoric: how the power and associative imagery of words can be used as a tool in appropriating or resisting power. Rhetoric as a legitimate democratic tool recalls the sophists who marketed their skills in Ancient Athens to ambitious politicians and were lambasted for so doing by Socrates. Salazar seems interested in words less as tools to discover the truth than as tools in a struggle to gain ascendancy.

Salazar’s career seems to have been somewhat unusual. His advisor at the elite École normale supérieure was none other than the hard-line Marxist intellectual Louis Althusser, who is best remembered by many not for his heavy theoretical tomes but as the man who strangled his Jewish wife, the former resistance partisan Hélène Rytmann, in 1980. Salazar dedicated his book Le culte de la Voix (The cult of the voice) jointly to Roland Barthes, the philosopher famous for his studies of the power of signs and the meaning of structures, and the philologist and expert on proto Indo-European social structures, Georges Dumézil. This is significant because it implies a certain dual “Left” and “Right” heritage in Salazar’s own perception of the structure of language and role of rhetoric in contributing to the effectiveness and legitimacy of argument and persuasion. Barthes believed that art should be critical and interrogate the world rather than seek to explain it. This reluctance to explain very much or very far characterizes Suprémacistes.

If Philippe-Joseph Salazar insists that he is not a journalist, judging by this book he is no philosopher either. His book, consisting of a series of interviews and scene sketches, reads like a field study, and his approach is less that of a philosopher as of an anthropologist, one open to the mores and customs of the tribe he is studying without prejudice. But Salazar is also disengaged, free of any form of subjective or emotional engagement with them as well.

This book is a collection of portraits of people whom the reporter considers to be “gurus” (his word) of the alt- or Identitarian Right. The subtitle of the book, which I suspect was Salazar’s own choice, is L’enquête Mondiale chez les Gourous de la Droite Identitaire, World Survey of the Gurus of the Identitarian Right. The people whom he interviews he describes as “militant intellectuals.” It is their enemies, Salazar says, who call them white supremacists — the label “supremacist” being applied to white identitarians for the purpose of marginalizing and discrediting them.

The book is composed of eighteen chapters; these are vignettes, mostly in the form of interviews, with people chosen by Salazar (according to what criteria, if any, the reader is not told) as leading representatives of the white identitarian vanguard, the alt-right.

In each chapter, Salazar describes, often humorously, his interview with an Identitarian Right “guru.” The table of contents does not name his interviewees directly. That would be too simple for a pupil of Roland Barthes. Instead, the chapter headings are clues, similar to clues in a crossword puzzle. The reader might guess or not whom or what each title refers to. Here are half a dozen examples followed by the answers.

  1. “White Kung-fu” (John Derbyshire)
  2. “What comes from outside stays outside” (Jared Taylor)
  3. “France on the alt-right horizon” (François Bousquet)
  4. “Plato among the Vikings” (A meeting organized by Scandza)
  5. “A Croatian Cosmopolitan” (Tomislav Sunic)
  6. “A Global White Nationalist” (Greg Johnson)

61tWNG6KJ4L.jpgFrom this alone the reader can see we are far from the earnestness of the usual “investigative reporter.” There is a lightness about this inquiry, a certain half-suppressed amusement which gives a very great advantage and a very great drawback to the study.

The advantage of Salazar’s light touch is that he is the more easily able to remain scrupulously fair, genuinely disinterested, and determined to hear what his interlocutors have to say without interruption or interrogation: Those views, so far as I can judge, are fairly and accurately reported. The drawback of this approach — and it is a considerable one — lies in the fact that a scrupulous hands-off “I am not here to judge” approach stifles the chance for disagreement and altercation. There is no productive examination of ideas here, no awkward questions, no profound study or analysis. Salazar seems more interested in the people he interviews as people, as types, as representatives of a movement, than he is in the substance of their message. As a good pupil of Roland Barthes, Salazar is receptive to the signs, catchphrases, and gestures that characterize the persons he interviews, but his sensitivity is achieved at the cost of being able to provide any political gravitas to his commentaries. In a word, Salazar’s interviews are lightweight.

When I was younger, I often used to travel by hitchhiking. Usually, the person giving me a lift would be loquacious, expecting me to listen sympathetically to what they had to say. (I was once terrifyingly told by an old and portly driver: “I don’t normally give lifts but I am feeling extremely tired. I need someone to keep me awake.” I subsequently twice prevented him from dozing off.) Salazar gives this impression. He gives his interlocutor every chance to say what he (or in just one case, she) might wish to say and he prods the conversation along when it drags (and evidently, some of them do) by the occasional courteous question or interjection. They more or less amuse him. Statements are made galore, but there is little discussion worthy of the name, let alone debate. After a short time the interview, to the greater or lesser satisfaction of both parties, is closed, and it is time for Salazar to move on. All the interviews except one are in person interviews. The exception is the interview with Keith Woods which had to be conducted via Skype, owing to virus restraints (p. 196).

In sharp contrast to mainstream investigative reporters, Salazar is unfailingly courteous, and while it is natural that he will personally like some of the interviewees more than others, be more impressed by some people than others, his observations are never disparaging, with one exception: “France on the horizon of the alt-right.”

The book is copiously supported by references, most of them to internet sites. The alt-right, the intellectual dark net, social media, blogs, these and more point to a new kind of information where entertainment and alacrity have gained new importance. The people whom Salazar talks with may be intellectual militants, but the format of the book and Salazar’s own approach gives them little opportunity to flourish. The chapters are not so much intellectual outlines as casting show contestants performing to see how many points Salazar will award them. The Right Wing’s Got Talent would have been a more accurate title for this book than Supremacists. The people whom he talks to are appraised by Salazar not in terms of their intellectual prowess, but in terms of their media impact factor. Can you wow Salazar? What impression do you make, how successful is your message, how up-to-date are you? How many followers do you have on YouTube? Do young people quote you? Are you quotable? Say something clever about Hegel in one sentence. Show that you have read Marx. How well known are you? Do you have memorable phrases at the drop of a hat? If so, let’s have one, now! Here is the judge’s score: Jared Taylor: Appearance 8 out of 10, ability in repartee, 5 out of 10; John Derbyshire: Appearance 5 out of 10, ability in repartee 7 out of 10, and so on.

718xNqWriiL._US230_.jpgHere is an example of Salazar’s showmanship approach. This is how the chapter entitled “A Cosmopolitan Croatian” begins:

I would have preferred to speak with Tomislav Sunic in Zagreb where he lives, but the exorbitant cost of a return ticket from Munich and the delightful thought of spending just two hours sitting in an airport café put me off the idea. Besides, Tomislav Sunic was one of the star guests at the upcoming identitarian conference in Copenhagen. Why miss the opportunity?

But we get off to a very bad start. The Croatian philosopher, with his silhouette of a patrician academic, arrives looking a little run down in this restaurant situated in a snug mezzanine of the Voldgate, called the Tivolihallen, which I had picked out myself, having arrived in Copenhagen the same morning after twenty hours of traveling. Sunic got up at four in the morning to take the plane from Zagreb and he is irritable.

Rejecting the recommendations of the day, he asks for a soup from the waiter. The waiter makes a sign to the jovial manager, who explains in French to me that it is not customary for people to drink soup in Denmark. Sunic sighs, goes over to English, and orders water, immediately. So he drinks water and I have a large glass of Chardonnay. This performance takes a while and says something about the character of the Croatian philosopher. He has a firm opinion of himself and his tastes. (p. 169)

“Cosmopolitan Croatian.” Salazar likes such monikers and descriptive phrases to sum someone or something up. Keith Woods is a “millennial philosopher and radical icon of the alt-right Web” whose lapidary statement “is in the style of Saint-Just.” (p. 204) John Derbyshire has the “look of the guy next door.” (p. 95) Jared Taylor “makes a good impression with his regular features of an American actor from the 50s.” (p. 73)

Greg-johnson-seattle-1.jpgA chapter with more substance than many is “A Global White Nationalist” (English in the original), Salazar’s talk with the editor of Counter-Currents, Greg Johnson. Johnson’s clear aims are outlined. A question and answer session ensues on page 183 which reminded me of a Roman Catholic catechism recital.

Q: What is ethnonationalism?

A: Ethnonationalism is the idea according to which each distinct ethnic group should enjoy political sovereignty and a homeland or ethnically homogenous homelands. Opposed to this is multi-culturalism, which affirms that multiple ethnic groups should share the same homelands and governments.

Q: What is white nationalism?

A: White nationalism is a political philosophy which seeks to define national identity in racial terms rather than in terms of religion, culture, or religious faith. White nationalism makes more sense in the context of colonial European societies such as the United States, in which the older white ethnic identities have been weakened by intermixing of immigrant stock, thereby creating an ever more united white generic identity.

Johnson’s contrast between a race-centered identity in the US and a more nation-centered identity in Europe is important. It could have lead to a discussion on the role of ethnicity and nation and even ethnicity opposed to nation, both in rhetoric and in political loyalties. Salazar does not record any such discussion. He moves right on to his next question, asking Johnson what the North American New Right is and how it differs from the European Old Right and European New Right. (p. 184) Clearly, earnest debate and examination of beliefs is not the purpose of this book.

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In his talk with Jared Taylor, Taylor explains why he is not a supremacist, but rather one who seeks to maintain a white racial identity and not lordship over others, an identity which will be reflected in a white community in which “everybody, left or right, libertarians, gays, poor and rich are part of the family,” and “there is no alternative for us to the fate of being white.” (pp. 82-83) This surely invites the question: why is race of such overriding importance to Jared Taylor? And is the community which he aspires to and which Salazar notes as “obviously lacking” in the area where Taylor himself lives a matter of race alone? What other factors play a role in creating social cohesion and what is their importance vis-à-vis ethnic identity? Salazar does not ask him. At the end of the discussion, Salazar wonders:

How would I ever get out of this residential suburb where everything looks the same if my GPS broke down? Where is the community that Jared Taylor is talking about, where are the poor folk and classless types belonging to “his family”? Where is this American Europe? Will it be found in a new Secession, this time a Secession strictly racial? (p. 82)

Salazar then provides a footnote referring the reader to an article by F. H. Buckley in American Renaissance, which Jared Taylor edits, entitled “Is it Time for Secession?” (p. 82) Salazar poses a question to himself and to the reader which it seems he did not put to Jared Taylor. Such “debate that wasn’t” characterizes his book.

One chapter of Suprémacistes, “France on the Horizon of the alt-right,” abandons both the character portrait approach and open-mindedness. It begins with a style to which the reader will have become accustomed: “So I go to Paris. I have an appointment in the rue des Médicis with the manager of the bookshop La Nouvelle Librairie, Francois Bousquet (born in 1968), opposite the Jardin du Luxembourg.” (p. 205) But Bosquet has only an hour for our researcher and nearly all the chapter is taken up not with his interview with Bosquet — which must have been disappointing, since he has little to say about it — but with his own speculation on the Nouvelle Droite (New Right).

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How many under fifty years of age, muses Salazar, remember when or how the Nouvelle Droite appeared? (p. 205) Not many, obviously. Anybody fifty years old at the time this book was published was about seven when Alain de Benoist first coined the term during a radio interview, so indeed nobody under fifty will remember the interview from the time. Perhaps Salazar is wondering how many people know the history of the Nouvelle Droite. But it is probable that not many people under fifty years old do so either. Does this matter? In the only chapter in which Salazar is disposed to wonder how a contestant could have made it so far on his show, he criticizes the disorder of Bosquet’s bookshop and the low quality of the wares:

Packets of reviews from the 1950s, yellowing Montherlants, not the best; Morand and Drieu la Rochelle, I think, I could make out in the obscurity of the shelves, pamphlets by Maurras, various bulletins, finally, numerous forgotten books by the collaborator Jacques Chardonne.” (p. 211)

He notes that the French New Right does not seem very “new” half a century on. He points out to the reader that the bookshop is located at the premises of the 1930s headquarters of the fascist Action Francaise. Musing upon his encounter, he reiterates a common criticism of the French New Right in general and against Alain de Benoist specifically, that followers are aloof, overly cautious, too academic, reluctant to get their hands dirty, that they are in a bubble, provincial, more concerned with their reputation than with the future of the world.

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Salazar draws a stark contrast with Guillaume Faye, the fiery orator who broke from GRECE (the flagship club of the French New Right) in 1986 and who has had much more impact beyond France than Alain de Benoist. Alain de Benoist does not have what Salazar calls “impact factor.” This reviewer well remembers Guillaume Faye from the early days of GRECE. Faye certainly had “impact” factor. His speeches always ended with standing ovations. Salazar associates only one rhetorical slogan to Alain de Benoist’s name, the expression “Nouvelle Droite” (New Right) itself, first uttered in a radio interview with Jacques Chancel. So keen is Salazar to prove his point that this New Right now looks old and moth-eaten that Salazar quotes Bosquet without noting an important point:

He ends his tirade about “the intellectual war,” a grandiloquent turn of phrase from metapolitics, dear to the Anglo-Saxon New Right and the German alt-right, although they are more restrained in the way they use it. He wants his bookshop to be an arsenal in this war of ideas and sums it up in these words: The cultural Left has ceased to be creative. It lives by subvention. We live by subversion. (p. 214)

“They live by subvention. We live by subversion.” Is that not the very sort of expression one might expect Salazar to admire? Bosquet has just made the telling point that in media wars the liberal Left is living on financial life support. With the advent of the internet, the daily newspapers are no longer profitable. This is indeed a hugely significant development that has taken place over the last dozen years or so. They have lost advertising copy and subscribers and only survive from the donations of occult backers and/or the taxpayer. The official broadcasting services of the state are under attack. In Britain, there is a vociferous campaign to defund the BBC. Salazar does not pick Bosquet up to pursue the point. However, he draws the conclusion from his discussion with the manager that everything is “singularly restrained, poor in fact. . . It is all very Franco-Parisian. A little mummified?” (p. 215) “The Nouvelle Librairie more resembles an Egyptian mausoleum erected to the glory of the master of the house preserved as a mummy than a basis for cultural guerillas unburdened by fashionable ideas.” (p. 220)

This does not mitigate the fundamental criticism that the French New Right is aloof, hidebound by a provincialism that will inevitably become more backward-looking the more Paris, a shadow of what it was even forty years ago, is overrun by non-whites who know nothing and care less for French thinkers of the Right or the Left and tourists of all races who are unable to care for thinkers of any race or persuasion.

Salazar points out approvingly that Guillaume Faye burst out of the bubble. His slogans, commitment, and readiness to engage with people won him acclaim in the United States, a nation against which he himself had inveighed with fury in the 1970s and 1980s.

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Éléments, the house journal of the French New Right (chief editor Francois Bosquet) passed over the demise of Guillaume Faye in silence, a decision which does it little credit and gives credence to Salazar’s impression that the people around Éléments and Bosquet’s bookshop more resemble an intellectual and artistic club than the band of guerillas Bosquet has in mind. Salazar believes that Faye had two expressions that possess especially strong impact factor: “archeofuturism” and “ethnomasochism.” So Faye, notes Salazar approvingly, is a showmaster, eloquent and charming, who reached out to large audiences of young people and wrote books that are exciting and provocative. True, Faye would not have had the patience needed to produce regular publications, books copiously referenced, countering the arguments of the current system. It is also true that Faye faced subjects such as race and the conflict between ecology and science, which many thinkers and by no means only in the New Right, evade.

The truth is that any association, club movement, and yes, guerrilla movement, needs very different human talents, talents which are never to be found in one individual. For Salazar, however, all that counts is the ability to impact, and impact is assessed in terms of showmanship, power of personality, marketing savvy, pulling the right chords, having the right words to say at the right moment. These are the criteria for scoring points on Salazar’s talent show.

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One other thinker whose expression with a momentous impact factor is Renaud Camus, with what Salazar calls the “fetish expression”: la grande remplacement, the great replacement. Camus’ book of that name was published in 2011. The great replacement refers to the replacement of the French people by Muslims. Six years later, the Right-wing demonstrators at Charlottesville were chanting “you shall not replace us!” When queried by Salazar as to why he otherwise often chooses a seemingly obscure vocabulary with which to express himself, Camus makes the not original but always important point that using the lexis of one’s opponent’s choosing is to acknowledge a weakness, to suffer a handicap even before conduct is engaged, to voluntarily abandon the high ground to the enemy. “I am not being politically correct here” is an example, or “I am not racist.”

518zproxfTL._SX210_.jpgCamus’ definition of race is original: cultural apprenticeship plus natural reproduction equals race. This perhaps Evolian notion of race runs counter to the biological rationalist understanding of most North Americans. Salazar visits Camus, a Baron de Charlus character, in his Medieval castle tower in the Gers in rural France. He passes a Peugeot dealership in the middle of the countryside on his way to Camus and enigmatically states that “it should not be.” (p. 244). Salazar is not making a moral judgment here. He means the machine is not appropriate to this setting. Some might argue to the contrary: bringing small industry home to the nation and away from the big cities is too little, too late; it is what would have prevented the land drain that transformed France in the 1950s, 60s, and 70s. Then the question: How should and could regional identity work? Would home industry prove more a blessing or a bane? What of Trump’s insistence on prioritizing home industries in contrast with the EU’s extreme globalism? Salazar has nothing to say on this and presumably does not encourage Camus to say anything about it. Again, we have a debate that wasn’t. Salazar makes it clear that the interview with Camus was a disappointment, albeit the two part on friendly terms. Salazar dismissively asks himself rhetorically how many thinkers of the alt-right have read the book so praised by Camus as a key to understanding the true meaning of racial and cultural replacement, La Grande Peur des bien-pensants (The Great Fear of right-thinking people) by Georges Bernanos? (p. 252) Nevertheless he concedes, seemingly contradicting himself, and citing Barthes, that Camus is right about the evocative power of words:

When the international alt-right really assesses what power literature has within it in terms of evocative force and spiritual energy, instead of swallowing and regurgitating the anorexic Web diet, it will be more powerful than ever. (p. 254)

What is the reader to make of all this? Here we have an often entertaining and sometimes informative tour around the remarks and slogans of some prominent characters of the alt-right, and it is possible to garner from reading this book some very general ideas of their differences and tendencies. Of political substance, there is not much more to this book than that. No time is given to exploring the ideas of any of these “gurus.”

Accepting these extreme limitations anyone curious about the alt-right can profit from reading this book and enjoy doing so. There is an objectivity and intellectual curiosity here, a welcome change to the usual hatchet job of the “journalists” of the mainstream media. Salazar’s book is, in that sense, a sign of the changing times. This book is forward-looking. Salazar is obviously impressed and even surprised by the overall intelligence of the people whom he interviews.

Another characteristic of the alt-right that Salazar highlights distinguishes it sharply from supremacist movements and various forms of the Old Right: the sense that there is time. Alt-right thinkers express an optimism and patience entirely lacking in old Right-wing movements. The alt-right looks to what it will build for the future and not what it has lost in the past (very much one of Guillaume Faye’s arguments). Salazar notes in the only anonymous interview, someone he names “Matt,” that “the past is not what is important. The alt-right is looking to the future.” (p. 49) It is the globalist Left that is living on life support, that has exhausted its arsenal of ideas, that can offer nothing new and can only snipe and condemn. In a sense, Bousquet was saying the same thing and so was Keith Woods, whose parting words Salazar gives to the chapter heading of their interview: “The alt-right will fill the gap left by the Left.”

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dimanche, 04 octobre 2020

Nederland, roman posthume de Guillaume Faye

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Nederland, roman posthume de Guillaume Faye

25,00

Bartholomé est obsédé par cette nana. Tous les jours, il la regarde dans l’immeuble d’en face avec des jumelles. Qu’est-ce qu’elle est bonne… Elle ne sait pas qu’il la regarde, mais il la regarde. Il la désire. Il l’aime.


Mais cette nana se fait baiser par un autre mec. Putain, c’est insupportable ! Les Dieux sont en colère mais ne font rien pour l’aider. Ils attendent que Bartholomé se comporte comme un homme. Il DOIT buter ce sale fils de pute, il n’a pas le choix.


Cette ordure qui lui vole sa vie, c’est Nederland. Alors Nederland doit mourir. NEDERLAND – DOIT – MOU – RIR !


Le truc, c’est que Nederland… c’est le président des Etats-Unis.
Et ça, Bartholomé ne le sait pas encore.

Vous connaissiez le Guillaume Faye essayiste et pamphlétaire, mais connaissez-vous le romancier ? À travers cette oeuvre posthume, découvrez l’univers ténébreux et satyrique de feu Faye, le plus rock’n roll des idéologues de la droite européenne.


Suspens, humour noir, sexe, méli-mélo politique, futurisme pop, décadence sublimée, tout y est.


Le talent de Faye survit à sa mort. Nederland est là pour le prouver.

Pour toute commande: https://danielconversano.com/product/nederland-guillaume-faye/

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TERRE & PEUPLE Magazine n°84

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Communiqué de "Terre & Peuple-Wallonie"

TERRE & PEUPLE Magazine n°84

Le numéro 84 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré sur le thème ‘Souveraineté et souverainisme’.

L’éditorial de Pierre Vial est titré ‘La haine contre les Blancs’. Elle s’affiche sans aucune retenue, y compris par les Blancs ethno-masochistes, empressés d’implorer pardon.  Le mécanisme du conditionnement est bien rodé, au besoin en trafiquant les faits, notamment les circonstances de la mort du célèbre et célébré George Floyd.  On évacue le fait que, sur les quatre policiers accusés, deux ne sont pas des Blancs.  60% des policiers US sont des Noirs, alors que ceux-ci ne sont que 12% de l’ensemble de la population, mais sont les auteurs de 43% des meurtres.  Ils ne seraient violents que parce qu’ils sont victimes d’injustices.  Ces énormités, qui justifieraient les vols, incendies, viols, expliquent probablement que 47% des Français déclarent que pour eux le racisme anti-Blancs est une réalité vécue.  C’est la guerre raciale ?  Il n’est pas trop tard pour la faire.

unnamedgddsie.jpgLes gens du vulgaire qui comme nous lisent et relisent avec humilité la contribution de Jean Haudry à cette livraison de TERRE & PEUPLE Magazine, ‘La souveraineté dans la tradition indo-européenne’, ne peuvent guère que pressentir, avec un religieux vertige, la masse presque surhumaine des connaissances en la matière que les initiés ont collectées et triées.  Et ils ne peuvent que prier, non seulement pour qu’elles puissent être précieusement conservées, mais pour que ses héritiers cultivent l’héritage et, comme le disent joliment les gens du rugby, que leurs champions transforment l’essai.  Et prier pour que les peuples indo-européens sachent à nouveau qu’ils sont depuis toujours propriétaires de ce précieux patrimoine.

Jean-Patrick Arteault livre trois notes substantifiques sur la nation, sur la souveraineté et sur l’Union européenne.  Etymologiquement, le terme nation évoque l’origine commune des nationaux.  Depuis le XIXe siècle, on oppose cette conception ethno-culturelle à la conception contractuelle du vouloir vivre ensemble, attribuant la première aux Allemands et la seconde aux Français libérateurs républicains universels.  Comme à l’ensemble indo-européen d’avant la Dispersion, on oppose souvent la nation moderne qui en serait une fragmentation.  Toutefois, l’unité d’origine était déjà fragmentée en Latins, Grecs, Celtes, Germains, Scandinaves, Baltes et Slaves. L’auteur se dit surpris par le fait que, pour résister au Remplacement, l’inconscient national ethnicise la République.  Mais le réel qu’on refuse a tôt fait de se venger : c’est le cadre national qui parle le plus aux contemporains.  Pour ce qui est de la souveraineté, une autorité n’en dispose sur un territoire que lorsqu’elle n’y est soumise à aucune autre, tant dans les domaines juridique que militaire, que financier et monétaire.  A la question de la souveraineté effective de la France, la réponse est négative, tant au plan juridique (UE, CEDH), que militaire (OTAN), que monétaire (Zone Euro) et que financier (FMI, BRI, les tribunaux US pour tout échange en dollar).  Il s’agit de récupérer cette triple souveraineté, en particulier pour pouvoir mener une politique de rémigration.  Les souverainistes français (Cercle Aristote, Union Populaire Républicaine) travaillent avec intelligence, mais ils réduisent l’identité à la nation citoyenne (c’est sur la race que de Gaulle fondait son idée de la France).  Ils sont souvent anti-allemands, alors que la RFA n’a plus rien de l’Allemagne éternelle.  Longtemps fidèle au modèle du capitalisme rhénan, le capitalisme allemand a réalisé sa mue occidentaliste.  Il utilise la monnaie unique pour réaliser son programme de premier de la classe occidentale.  L’UE a rendu l’Europe détestable pour nombre d’Européens. 

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Dans sa préhistoire, on relève trois influences : le mondialisme anglo-saxon du Groupe de Milner, où Jean Monnet a fait ses premières armes ; le fédéralisme pan-européen de Coudenhove-Kalergi ; l’expérience internationaliste et pacifiste de la SDN, compromis entre l’idéologie de Milner et la république maçonnique française.  Des historiens communistes ont démontré le rôle joué par d’anciens Kolabos non-épurés dans la construction européenne, pour en faire une retranscription acceptable d’un projet des nazis.  Dans l’avant-guerre, la préoccupation européenne des nazis n’était que marginale.  Avec l’invasion de l’URSS et la participation de corps de volontaires, l’idée a germé d’une croisade européenne.  Après la guerre, les vaincus y ont retrouvé une certaine virginité.  Par contre, l’occidentalisme de l’UE est le pur produit de la victoire des USA dans la compétition pour la domination mondiale.  En fin de compte, la philosophie qui a présidé à la gestation de l’UE est libérale, libre-échangiste, occidentaliste, atlantiste, cosmopolite.

imagesathena.jpgRobert Dragan pose la question ‘Souverain sur quoi et pour quoi ?’, la souveraineté étant le pouvoir décisif, d’abord sur soi-même et ensuite sur le cadre de vie, celui-ci s’étendant du clan primaire à la Cité traitée par Aristote.  La guerre désigne les chefs parmi les acteurs de la deuxième fonction, laquelle fournira les décideurs politiques.  Première et deuxième fonction relèvent souvent de la même aristocratie, aux mains de laquelle le peuple abdique en échange de la sécurité et de l’équilibre.  Victime d’un capitalisme sauvage, une fraction du peuple a remis en cause l’ordre social et politique.  Aujourd’hui, des syndicats de travailleurs soutiennent les ennemis des Gilets Jaunes !  C’est pourtant des rangs des soldats de la Grande Guerre que sont sortis les militants de la révolution fasciste, contestataires des guerres intra-européennes.  Ceux qui doutaient de la légitimité des gens au pouvoir étaient de plus en plus nombreux.  C’est alors que la banque souveraine a offert la consommation à la troisième fonction.  Vrais souverains du monde moderne, les créateurs de monnaie, receleurs de capitaux, nous donnent à croire que les représentants politiques du peuple détiennent le pouvoir.  Grâce à l’Internet, les dénonciateurs de ce coup d’état parviennent à toucher un auditoire de plus en plus large.  Mais, quand on en appelle aujourd’hui à la nation, s’agit-il de la Nation contractuelle ou de l’héritage ancestral ?  Soucieux de faire prospérer un populisme tolérable, les dirigeants populistes ont intérêt à entretenir la confusion. 

En France, le RN incarne cette synthèse (avec ses gages antiracistes, ses positions pro-avortement, son conformisme historique) en recyclant l’idéologie libérale.  On court ainsi à un double échec.  Faire naître des idées neuves au sein de mouvements installés est un pari improbable (le RN éjecte depuis dix ans toute trace de radicalisme).  Par ailleurs, en Europe, un clivage se marque entre les pays peu endettés (RFA, Pays-Bas) et ceux du Club Méditerranée (Italie, Espagne, France).  L’avenir de nos enfants se trouve peut-être chez leurs futurs conjoints allemands, néo-zélandais, russes ou Blancs américains, alors qu’une quatrième guerre franco-boche opposerait des franco-maghrébins à des germano-turcs ?  Mais le premier problème est celui de la crise économique générée par le Covid-19.  Trois solutions sont envisageables : l’Etat mondial de Jacques Attali ; l’explosion de l’UE, chaque état reprenant ses billes ; les Albo-Européens édifient l’Empire sur une base raciale.  Le problème serait alors de détruire l’argent-dette surnuméraire sans affecter l’économie réelle ni l’épargne des particuliers : objectif réalisable par la création d’une monnaie unique fiduciaire, appuyée sur la richesse concrète des économies, et en ne dépouillant que les grands détenteurs (Soros, Gates…) de capitaux.

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Jean-Patrick Arteault dresse le compte des Européens que l’euro ruine insidieusement.  Pour les européistes tels que Jean Monnet, une monnaie commune est un moyen d’unifier et d’affaiblir les Etats-nation, à qui on retire un attribut de leur souveraineté, et d’augmenter la fluidité du Marché Commun.  Avec la chute du Mur de Berlin, en 1989, la RFA absorbe la RDA.  Mitterrand, qui redoute que l’Allemagne s’émancipe des Communautés Européennes, pousse alors avec le Traité de Maastricht et l’absorption du Mark dans la Zone Euro à une solidarité européenne.  Mais les Allemands ne sacrifient leur Mark, symbole de leur renaissance, que sous condition : l’euro obéira à la même idéologie monétaire que le Mark.  Comme la BUBA (Bundes Bank), la BCE sera indépendante des Etats, qu’il lui est interdit de financer en concurrence des banques commerciales.  Elle veillera que l’inflation n’excède pas 2%. 

Les Etats s’engagent à maintenir leurs déficits budgétaires inférieurs à 3% de leur PIB.  L’euro n’est pas la monnaie unique des Européens, mais une simple monnaie commune, qui ne dispose pas de mécanismes pour compenser les déséquilibres entre les pays riches et les pays pauvres.  Disparates, les Etats membres acceptent de le rester, comme d’être liés à l’OTAN.  Huit d’entre eux n’ont pas l’euro comme monnaie.  Si l’UE venait à organiser des transferts des pays riches vers les pauvres, cela pourrait coûter à l’Allemagne jusqu’à 10% de son PIB, alors que 40% de ces riches Allemands ne détiennent aucun patrimoine et tiennent les habitants des pays pauvres de l’UE pour des incapables, voire des fainéants !  La circulation des travailleurs au sein de l’UE n’est fluide que pour les surqualifiés et serait quasi nulle pour la base (alors que celle-ci aurait été décisive en faveur du Brexit. 

L’euro a pour effet de figer les parités monétaires et de supprimer la dévaluation compétitive : lorsque les importations d’un pays étaient supérieures à ses exportations, sa monnaie se dévaluait, rendant les importations plus coûteuses et ses exportations plus attrayantes.  L’euro avantage une Allemagne exportatrice et appauvrit les autres Européens.  Les soldes TARGET 2 sont une autre menace liée aux excédents commerciaux de l’Allemagne.  L’euro n’est, en réalité, qu’une appellation commune à dix-sept monnaies supervisées chacune par sa banque centrale nationale. Le système TARGET 2 permet les échanges entre banques commerciales.  La banque centrale en est garante en échange du dépôt d’actifs ‘éligibles’ (or, actions, obligations). 

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La BCE joue à l’égard des banques nationales le rôle de super banque centrale.  Toutefois, les banques centrales de la zone euro ne déposent pas d’actifs, mais de simples promesses !  Depuis la crise de 2008, les échanges monétaires sont en déséquilibre croissant (le solde créditeur de l’Allemagne atteint 1000 milliards d’euros !).  Si un pays débiteur venait à quitter la zone, son solde devenant alors exigible, il ferait probablement défaut, à charge du contribuable allemand.  Sauf à faire valser la planche à billets, avec un risque écrasant d’inflation.  L’accord Macron-Merkel sur un emprunt de 500 milliards d’euros repose l’adoption de la mutualisation des dettes, déjà rejetée par quatre pays.  Elle rendrait impossible tout nouveau départ de l’UE.  A l’Allemagne se pose la question « Comment continuer de profiter de l’euro pour ses exportations, tout en se dégageant du piège de l’euro ? »

8LBVSrHHAEHUCnLAg07Th-jFLE4.jpgJean-Patrick Arteault s’applique à situer la nébuleuse des souverainistes en France.  Ils sont d’origines et d’affinités variées, voire adverses.  Leur cœur nucléaire se trouve dans le dégagement des traités internationaux auxquels le pays a souscrit, soit l’UE, la CEDH et tous les traités onusiens.  Et dans le désengagement de la monnaie commune.  Dans les figures et les mouvements concernés, on épinglera Paul-Marie Coûteaux, l’Union Populaire Républicaine de François Asselineau, Florian Phillipot et son parti Les Patriotes, Djordje Kuzmanovic et son mouvement République Souveraine.  Sur le terrain métapolitique, on relève le Cercle Aristote avec Pierre Rougeyron et la revue Perspective Libre, carrefour de (presque) tous les souverainistes.  Il importe de signaler les réactions souverainistes à l’UE qu’on peut relever chez Les Identitaires, chez Nicolas Dupont-Aignant de Debout la France, chez les nationalistes du Parti de la France, chez les royalistes d’Action Française ou de Nouvelle Action Royaliste, chez Civitas d’Alain Escada, dans la Fondation Polemia de Jean-Yves Le Gallou et chez Egalité & Réconciliation d’Alain Soral.  Le Rassemblement National a choisi de ne pas attaquer frontalement l’UE et l’euro, ce qui risquait de ne pas être compris par une majorité. La logique voudrait qu’il y ait par la suite convergence.  Notre point de vue identitaire nous place en désaccord important avec nombre de souverainistes qui, sur le contenu ethnique et autochtone de la nation, sont trop accommodants.  Il est vrai qu’il n’existe pas à proprement parler de nation européenne, mais bien une Civilisation Européenne, faite d’anthropologies et de langues cousines.  Les alliances à privilégier sont en Europe, la Russie y comprise.  L’objectif primordial est la révolution identitaire pour faire des autochtones albo-européens les maîtres de la terre qui leur appartient de tradition immémoriale.

Alain Cagnat dresse une fiche signalétique détaillée de l’OTAN :

1945 : L’URSS occupe la moitié de l’Europe et menace l’autre

1947 : Plan Marshall d’aide américaine (intéressée) à la relance des pays sinistrés

1948 : Le Kominform fédère les états vassaux de l’URSS.  Le Blocus de Berlin contraint à mettre en place un Pont aérien gigantesque

1949 : Création de l’OTAN, solidarité de défense assujettie aux USA

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1950 : Les armées de la Corée du Nord envahissent la Corée du Sud.  L’ONU donne mandat d’intervenir aux forces alliées occidentales (Saceur/Shape).  Pertes humaines : 600.000 Chinois et Nord-Coréens et 100.000 Sud-Coréens et alliés occidentaux

1955 : La RFA entre à l’OTAN ; création du pacte de Varsovie ; 4,4Mio hommes de l’OTAN en affrontent 5,7Mio ; parapluies nucléaires

1962 : Castro accorde à l’URSS une base de missiles nucléaires à Cuba.  L’ultimatum US fait reculer l’URSS ; Diên Biên Phu : Eisenhower refuse son aide ; la CIA pactise avec Ho Chi Minh après avoir fait de même avec le FLN

1965 : de Gaulle refuse de participer à toute agression décidée sans son assentiment ; l’OTAN est transférée de Paris à Bruxelles-Mons

1968 : Printemps de Prague : l’OTAN ne bronche pas

1974 : La Turquie envahit Chypres ; c’est la Grèce (des colonels) qui est condamnée

1989 : Chute du Mur ; la RFA absorbe la RDA ; le Pacte de Varsovie est dissous et ses membres se regroupent dans la CEI, simple étape à l’adhésion à l’OTAN

1991 : Guerre du Koweit : 39 états se coalisent sous commandement US pour bouter l’Irak hors du Koweit ; préfiguration de la Troisième Guerre Mondiale

1999 : L’OTAN n’ayant plus de raison d’être, Eltsine propose d’adhérer à l’UE, mais les USA ont besoin d’un ennemi contre qui protéger leurs vassaux ; la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie adhèrent à l’OTAN et bientôt après les Pays Baltes, la Bulgarie, la Macédoine, la Bosnie, le Kosovo et …la Serbie !

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1992-1995 : guerre contre les Serbes, punis pour être le relais de l’influence russe dans les Balkans ; 1995 : 400 avions de 15 nations exécutent 3.500 missions de bombardement ; pulvérisée, la Serbie signe les accords de Dayton, qui découpent la Bosnie en trois segments ingouvernables

1996 : Une pseudo Armée de Libération du Kosovo (UCK) mène des actions terroristes, contre lesquelles les Serbes réagissent de manière musclée ; l’OTAN adresse aux Serbes un ultimatum qui viole la Charte de l’ONU et ses propres statuts ; le « Massacre de Raçak », confrontation entre rebelles et policiers serbes passe dans la presse pour un génocide, ce qui déclenche 38.000 missions de bombardements, notamment sur Belgrade et Banja Luka, exécutées par des avions américains, mais aussi des anglais, des français, des allemands et des belges; pour éviter l’épuration ethnique dans un nouvel Auschwitz, l’OTAN exige que l’indépendance du Kosovo soit reconnue

2001 à 2020: En réplique aux attentats du 11 septembre, une Force internationale d’assistance et de sécurité (ISAF) se met en place en Afghanistan sous la férule de l’OTAN et, avec 5.000 hommes, anéantit les talibans ; les seigneurs de la guerre qui prennent leur place sont plus insaisissables que les fous de Dieu; les généraux américains réclament toujours plus de troupes (140.000 hommes en 2014); l’ardoise atteint 1.000 milliards de dollars ; l’OTAN passe le relais à l’armée afghane; Trump rend enfin le pouvoir aux talibans !

2003-2011 : seconde guerre d’Irak préventive d’armes de destruction massive; les adhérents à l’OTAN (les historiques -sauf la France- et les récents plus les futurs) avalent cette énormité ; 150.000 hommes pour s’emparer des réserves pétrolières ; la guerre, mais surtout un blocus alimentaire et sanitaire insensé, fait plus d’un million de morts civils ; l’ardoise que Bush avait estimée à 60 milliards de dollars dépasse les 3.000 milliards

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2010 : L’OTAN publie son Concept stratégique ; elle se proclame compétente pour intervenir dans tous les types de crise ; ses décisions sont l’expression de la volonté collective des trente membres

2011 : La guerre civile éclate en Libye et le tandem Sarkosy-Cameron, soutenu par Obama, obtient de l’ONU un embargo sur les armes et une circulation aérienne exclusive; Kadhafi est assassiné et son arsenal passe aux islamistes du Sahel; la Libye, coupée en deux, devient une base de migrants

2017 : En Syrie, Sarkosy, BHL et les autres tentent de refaire le coup Libyen, mais Poutine prend l’OTAN de vitesse;  les Américains sont déjà empêtrés en Afghanistan et en Irak et la Libye a défrisé nombre de membres de l’alliance; Bachar el Assad est le nouveau Satan; Après les avoir largement utilisés, Trump abandonne les Kurdes à Erdogan

51jgVETdXkL._SX325_BO1,204,203,200_.jpgPierre Vial poursuit sa démonstration convaincante du modèle identitaire juif en terre d’Israël.  En Palestine, les Britanniques favorisent clairement les intérêts sionistes.  Au printemps 1936, le mufti Hadj Amin el Husseini déclenche la révolte arabe.  Les arabes pratiquent la guérilla, avec des petits groupes très mobiles retirés à l’abri de repaires montagneux.  Le pays est paralysé par une grève générale qui va durer 175 jours.  Ben Gourion appelle alors à ne plus acheter qu’hébreux.  Le port de Jaffa étant bloqué, les Juifs installent rapidement celui de Tel-Aviv.  Comme les colonies isolées ont bien souvent été démantelées, les exploitations agricoles sont fortifiées et la garde veille jour et nuit.  Des colonnes mobiles sécurisent les routes.  Le commissaire britannique ayant été assassiné, une répression violente a lieu.  Le Haut Comité arabe est mis hors la loi et le mufti prend la fuite.  Le général Orde Wingate organise une police juive et des commandos contre les Arabes.  Des villages sont bombardés et des représailles sont menées contre les civils, avec des pendaisons publiques.  On compte au moins 5.000 morts palestiniens.  Tentant de calmer le jeu, les Britanniques réunissent une table ronde qui aboutit à un Livre Blanc, dans lequel la Grande-Bretagne cédait à nombre de revendications arabes et retirait son soutien aux sionistes.  Réfugié à Berlin, le mufti allait y déclarer : « Les Arabes sont les amis naturels de l’Allemagne.  Ils ont les mêmes ennemis, les Anglais, les juifs et les communistes. » 

La communauté juive avait tôt compris qu’il était vital pour elle d’être économiquement autonome.  L’industrie a été développée à partir d’investissements privés.  Surgissent une centrale électrique en 1928 à Naharahim, l’usine de potasse de la Mer Morte en 1930, celle de Sodome en 1934.  Par contre, la plupart des terres agricoles, vu l’importance symbolique du retour à la terre, ont été acquises par des fonds publics.  Les sionistes ont remarquablement développé la culture des agrumes qui, grâce à des techniques nouvelles de culture et d’empaquetage, vont atteindre bientôt 18%des exportations mondiales !  L’affirmation identitaire passe notamment par le combat linguistique : le Congrès sioniste de La Haye, en 1907, proclame l’hébreu langue nationale.  Cela posait l’énorme problème de moderniser la langue du rituel, impropre à exprimer les nécessités contemporaines.  On l’a néanmoins enseignée aux enfants dès la crèche et l’école primaire. En 1939, le système éducatif en hébreu est administré à 100.000 élèves.

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C’est en 1966 que Brigitte Cagnat présente à Jean Raspail son époux Alain Cagnat.  Ils n’ont depuis lors cessé de cultiver une grande amitié.  Celle-ci transpire dans ce long article qui, non seulement passe en revue toute l’œuvre de Jean Raspail, mais évoque d’émouvantes expériences communes ou reprend de longues citations du poète.  Le document, d’une densité élevée, est passablement hétéroclyte, mise à part l’évocation posthume du Consul général d’Araucanie.  Celle-ci ne se prête pas à un résumé synthétique.  Il faut la lire à l’aise en son entier.  Et la relire.

jeudi, 01 octobre 2020

Entretien avec Götz Kubitschek, écrivain et éditeur allemand de la "Neue Rechte"

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Entretien avec Götz Kubitschek, écrivain et éditeur allemand de la "Neue Rechte"

Ex: https://www.breizh-info.com

L’écrivain et éditeur allemand de la Nouvelle Droite Götz Kubitschek réside à Schnellroda, un village situé dans l’Est de l’Allemagne, en Saxe-Anhalt. Lionel Baland lui a rendu visite et l’a interrogé pour Eurolibertés.

Breizh-info.com : Quand avez-vous créé vos structures ? 

Götz Kubitschek : Les éditions Antaios (https://antaios.de/) et la fabrique d’idées intitulée Institut für Staatspolitik (Institut pour la politique d’État) (https://staatspolitik.de/) ont été fondées en 2000 et le magazine Sezession (https://sezession.de/) en 2003.

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Breizh-info.com : Que pensent les habitants du village de vos activités ? 

Götz Kubitschek : Les habitants du village ne sont pas très intéressés par les débats d’idées. Il n’y a pas de problème. Ils acceptent celles-ci. L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est un parti politique patriotique qui a pignon sur rue. Ici, cela fait partie de la normalité.

Lorsque nous organisons une formation, les gauchistes viennent ici. Ils reçoivent de l’argent de l’État. Mais cela nous est égal.

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Götz Kubitschek et son épouse Ellen Kositza: un tandem indestructible

Breizh-info.com : Vos enfants rencontrent-ils des problèmes à l’école ? 

Götz Kubitschek : Non.

Breizh-info.com : Publiez-vous des auteurs francophones ? 

Götz Kubitschek : Oui. Nous mettons à la disposition du public germanophone des productions de Jean Raspail, Richard Millet, Renaud Camus, Henry de Montherlant, Laurent Obertone. Nous traduisons des articles de la revue Nouvelle École, par exemple de Guillaume Travers. Nous avons interrogé Dominique Venner juste avant son décès.

Breizh-info.com : Êtes-vous engagé en politique ? 

Götz Kubitschek : La métapolitique et la littérature m’intéressent, mais pas les partis politiques.

Breizh-info.com : Comment expliquez-vous la différence entre l’Ouest et l’Est de l’Allemagne ? 

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L'atmosphère de la thébaïde où oeuvre Götz Kubitschek est idyllique et pastorale

Götz Kubitschek : L’histoire de ces deux parties du pays après la Seconde Guerre mondiale a été complètement différente. L’Est a connu l’occupation russe et le socialisme. Puis, lors de la révolution de 1989, la population a contesté le régime. Elle sait ce qu’est le mensonge, l’élite qui est éloignée du peuple, la non-indépendance de la presse, les dénonciations, la diffamation.

Dans l’Ouest, ce n’est pas aussi prégnant.

Breizh-info.com : La République Démocratique Allemande (RDA) était-elle nationaliste ? 

Götz Kubitschek : Elle n’était pas aussi ouverte. Les idées socialistes fonctionnent toujours mieux dans le cadre nationaliste.

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Breizh-info.com : Avez-vous des problèmes avec l’État ? 

Götz Kubitschek : L’État criminalise ce que nous faisons et nous criminalise, via l’Office fédéral de protection de la Constitution [NDLR : un service de renseignement]. C’est irrationnel et surréaliste. Mais cela ne me dérange pas dans mon travail. C’est un peu comme une abeille dans un verre de bière.

Je n’ai jamais été violent et je n’ai jamais appelé à la violence, ni à la fin du système et pourtant nous sommes sous surveillance.

L’Office de protection de la Constitution est instrumentalisé. Il ne sert pas la protection de la Constitution, mais les partis du système par rapport à la concurrence.

Breizh-info.com : Et avec le fisc ? 

Götz Kubitschek : Non. Nous n’avons pas de problème car tout est propre et donc nous ne sommes pas attaquables sous cet angle.

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Breizh-info.com : Et avec les livres que vous publiez ? 

Götz Kubitschek : Non, à part avec les auteurs. Je n’ai pas eu de problèmes, pas de livres interdits. Amazon supprime des livres de son catalogue. Parfois des libraires ne veulent pas les vendre, mais en général cela se passe bien.

Les choses sont simples : être éditeur est une grande chose et attirer de nombreux jeunes est une joie. Ce que l’État, les journalistes et les antifas font ne m’occupe que 10 minutes.

Breizh-info.com : Que pensez-vous des écrits de Thilo Sarrazin, l’écrivain, désormais exclu du Parti social-démocrate SPD, qui a dénoncé dans ses ouvrages les conséquences de l’immigration ? 

Götz Kubitschek : Sarrazin était important pour nous il y a une décennie. Il a ouvert une porte.

Propos recueillis par Lionel Baland

dimanche, 20 septembre 2020

Alexander Dugin: La Contrahegemonía

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La Contrahegemonía

Traducción de Juan Gabriel Caro Rivera

Ex: https://www.geopolitica.ru

1. El gramscismo en las Relaciones Internacionales

Antes de comenzar a hablar de la contrahegemonía, en primer lugar, debemos dirigirnos a Antonio Gramsci, quien introdujo el concepto de hegemonía en el amplio discurso científico de la ciencia política. En sus enseñanzas, Gramsci dice que en el marco de la tradición marxista-leninista, hay tres zonas de dominación: 

  • La dominación económica tradicional para el marxismo, que viene determinada por la propiedad de los medios de producción, que predetermina la esencia del capitalismo. Según Marx, este es el dominio económico en la esfera de la infraestructura.
     
  • La dominación política, que Gramsci asocia con el leninismo y considera como la autonomía relativa de la superestructura en el ámbito de la política. Cuando la voluntad política de determinadas fuerzas proletarias sea capaz de cambiar la situación política, aunque no esté del todo preparada la infraestructura para ello. Gramsci interpreta esto como la autonomía de un determinado segmento de la superestructura. Estamos hablando de poder político, expresado en los partidos, en el Estado, en los atributos clásicos del sistema político.
     
  • La dominación en el tercer sector es la estructura de la superestructura, que Gramsci relaciona con la sociedad civil, al tiempo que enfatiza la figura del intelectual.

Gramsci cree que la hegemonía es el dominio de las actitudes de desigualdad y dominación, pero no en el ámbito de la economía y la política, sino en el ámbito de la cultura, la comunidad intelectual y de los profesionales, el arte y la ciencia. Este tercer sector tiene el mismo grado de autonomía relativa que el leninismo en la política. Una revolución, en este caso, desde el punto de vista de Gramsci, tiene tres vertientes: en la esfera económica (marxismo clásico), en la esfera política (leninismo) y en la esfera de la sociedad civil, que es la esfera de la libertad, y el intelectual puede elegir entre el conformismo y el inconformismo, una elección entre hegemonía y contrahegemonía, entre servir al status quo o elegir una revolución. La elección que hace un intelectual no depende de su posición económica, es decir su relación con la propiedad de los medios de producción, ni con su afiliación política a un partido en particular.

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Gramsci ve el mundo occidental como un mundo de hegemonía establecida, en el que se ha establecido un sistema capitalista en la esfera económica, las fuerzas políticas burguesas dominan la política, los intelectuales sirven a los intereses de las fuerzas políticas burguesas y sirven al capital en un entorno inteligente. Todo esto en su conjunto en las relaciones internacionales crea un cierto contexto, en el centro del cual está el polo de la hegemonía establecida. Gramsci invita a los intelectuales inconformistas y revolucionarios a crear un bloque histórico que se oponga a esta hegemonía. Regresaremos a este punto un poco más tarde, pero ahora consideraremos un aspecto ligeramente diferente del pensamiento gramsciano. Desde el punto de vista de Gramsci, hay situaciones en las que surgen relaciones entre un sistema capitalista desarrollado y aquellas sociedades que aún no están completamente integradas en el núcleo de la hegemonía. Estos tipos modernos de sociedades, en las que la hegemonía no ha ganado por completo, los describe Gramsci como el modelo del cesarismo. Sugiere que, en tales Estados intermedios, la élite política aún no está realmente incluida en el mundo occidental capitalista, donde el capital, la hegemonía y los partidos políticos burgueses representan los intereses de la clase media que establecen la agenda a seguir.

Charles Kapchen, en su libro No Man's World, propone este modelo, que Gramsci denomina cesarismo, desglosado en tres tipos:

  • La autocracia corrupta moderna rusa y otros modelos similares en el espacio postsoviético, que representan la élite de los clanes corruptos.
     
  • El sistema del totalitarismo chino, que conserva el poder totalitario a nivel estatal.
     
  • El sistema de las petromonarquías de Oriente Medio, que incluyen en la estructura de su dominación, en su cesarismo, también aspectos religiosos o dinásticos, como los sultanatos sauditas. Irán puede clasificarse como una forma intermedia, entre el modelo de monarquía del Golfo y la autocracia rusa.

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El cesarismo se encuentra en condiciones muy interesantes: por un lado, se encuntra bajo la presión de una clase media en crecimiento, por otro lado, proviene de un Occidente más desarrollado. La hegemonía desde fuera y desde dentro obliga al cesarismo a hacer concesiones, desoberanizarse, entrar en un proceso global común en aras de la hegemonía global. Desde el punto de vista de Gramsci, el cesarismo no puede simplemente insistir por sí solo, ignorando estos procesos, por lo que sigue el camino que en la ciencia política moderna se llama transformismo.

El término transformismo, nos remite al gramscismo y al neogramscismo en la teoría de las relaciones internacionales, donde esto significa el juego del cesarismo con los desafíos de la hegemonía, es decir, la modernización parcial, movimiento parcial hacia la hegemonía, pero de manera que se mantenga el control político. Así, el transformismo es lo que viene haciendo China desde 1980, lo que ha estado haciendo la Rusia de Putin, sobre todo en la época de Medvedev, lo que han estado haciendo los Estados islámicos últimamente. Absorben algunos elementos de Occidente, capitalismo, democracia, instituciones políticas para la separación de los poderes, ayudan a que se produzca la clase media, siguen el ejemplo de la burguesía nacional, la hegemonía interna y la hegemonía externa internacional, pero no lo hacen del todo, no realmente, al nivel de una fachada para mantener un monopolio del poder político que no es estrictamente hegemónico. 

El análisis básico de los términos gramaticales hegemonía, cesarismo y transformismo que hemos realizado era necesario como preludio al desarrollo de una teoría contrahegemónica. 

2. Pacto histórico

Dado que todas las personas tienen derechos políticos y los delegan en partidos a través de la participación en las elecciones, y la posesión de los derechos económicos está diferenciada en el ámbito económico, Gramsci cree que en el tercer sector hay exactamente el mismo proceso de delegación de sus derechos. Los representantes de la sociedad civil empoderan a los intelectuales para representarse a sí mismos en el campo de la inteligencia en una especie de parlamento condicional de la sociedad civil.

Según la teoría del neogramscismo, existe el concepto de pacto histórico, y como estamos hablando de sociedad civil, este puede tener dos vectores fundamentalmente diferentes: o el pacto histórico se dirige hacia la hegemonía, o se puede implementar un pacto histórico en interés de la revolución.

La hegemonía desde el punto de vista de Gramsci no es un destino, sino una elección, lo mismo que la elección de los partidos políticos. Stephen Gill, un neogramscista, describe la Comisión Trilateral como un pacto histórico de intelectuales conformistas a favor de la hegemonía. Estos son los únicos estudiosos de esta clase de organizaciones donde los propios miembros de esta organización no se consideran una forma paranoica de teoría de la conspiración y reconocen su estatus académico.

91158048.jpgEn última instancia, toda persona, según Gramsci, es libre de estar a favor del capitalismo o del comunismo, e incluso si una persona no pertenece a la clase proletaria, puede ser miembro del partido comunista de su país y participar en batallas políticas siguiendo a los socialistas o comunistas. La afiliación de clase proletaria no es necesaria para la inclusión en un partido político. De la misma manera, a nivel del intelectualismo, no es necesario para nada estar en desventaja, no es necesario ser expulsado del sistema de la sociedad para ponerse del lado de la contrahegemonía que, y este es el principal fundamento gramscista, cualquier intelectual puede elegir y adherirse al pacto histórico de la revolución.

En los años 60, y especialmente en los 70, cuando el gramscismo se generalizó en Europa, se desarrolló una situación única. Entonces la esfera intelectual estaba completamente ocupada por izquierdistas y era simplemente indecente no ser comunista. Se identificaron comunismo y moral en el ámbito de la sociedad civil, a pesar de que los partidos comunistas no dominaban en el ámbito político, y las relaciones burguesas continuaron persistiendo en el ámbito económico. Fue con esto, en gran medida, que los acontecimientos de 1968 y la llegada al poder de Mitterrand estaban relacionados. El giro a la izquierda en Francia no comenzó con la victoria de las fuerzas de izquierda en el parlamento y no con el propio gobierno, sino con la creación por parte de los intelectuales franceses de un bloque histórico contrahegemónico, en ese momento marxista. Hicieron su elección, sin que nadie los echara de los periódicos burgueses, que seguían siendo financiados por diversos círculos burgueses. 

Este grado de libertad nos lleva al tema del constructivismo de la realidad social, que no es un dato fatal. El proceso de construcción de la realidad social se encuentra en la libertad del intelectual para hacer su elección fundamental a favor de un pacto histórico: hegemónico o contrahegemónico.

3. Contrahegemonía/contrasociedad 

s-l400.jpgEl concepto de contrahegemonía es introducido por el especialista en relaciones internacionales Robert W. Cox como una generalización del gramscismo y su aplicación a la situación global. Dice que hoy todo el sistema de relaciones internacionales se construye al servicio de la hegemonía. Todo lo que se nos dice sobre las relaciones entre Estados, sobre el significado de la historia, sobre guerras e invasiones es pura propaganda de la hegemonía de la élite oligárquica mundial. En gran medida, este constructo se apoya en el eje de la intelectualidad que opta por la hegemonía.

R. Cox plantea la cuestión de crear una construcción intelectual de una realidad revolucionaria alternativa global y para ello introduce el término contrahegemonía, dándole una justificación fundamental. Habla de la necesidad de un bloque histórico global de intelectuales mundiales que eligen la revolución, eligen la crítica del status quo y, lo que es más importante, no necesariamente sobre una base marxista, porque el marxismo presupone algún tipo de programa económico fatalista de los procesos históricos. R. Cox cree que el proceso histórico es abierto y en este sentido la dominación del capital es una construcción. En esto se diferencia mucho de los neomarxistas, incluido Wallerstein.

Esta idea pospositivista, constructivista, posmodernista de R. Cox, cuya esencia es que en condiciones de globalización es necesario plantear la cuestión de la contrahegemonía con la misma globalidad, ya que la hegemonía burguesa-liberal, llevando a cabo el transformismo, ya que tarde o temprano este transformismo romperá el cesarismo. 

El segundo principio que introduce Cox es el de contrasociedad, ya que la sociedad global actual se basa en la dominación de principios burgueses-liberales, es decir, es una sociedad de la hegemonía. Esta es una sociedad de la hegemonía por medio del lenguaje, en las imágenes, en la tecnología, en la política, en las costumbres, en el arte, en la moda, en todo.

En consecuencia, es necesario construir una contra-sociedad. Todo lo que es bueno en una sociedad global debe ser destruido, y se debe construir una nueva sociedad en su lugar, si se quiere, una sociedad con signo contrario. En lugar del dominio de los principios universales, se deben construir comunas locales; en lugar de un monólogo liberal, debemos construir un polílogo de culturas orgánicas. Así, la contasociedad será una alternativa a la sociedad que existe hoy, en todos sus principios básicos.

Los términos de Robert Cox son contrahegemonía y contrasociedad.

4. Pensando en la contrahegemonía

51zpJutKyyL._SX328_BO1,204,203,200_.jpgJohn M. Hobson, estudioso de las relaciones internacionales, autor de La concepción eurocéntrica de la política mundial, en la que critica el racismo occidental y afirma la brillante idea de construir las relaciones internacionales en un nuevo modelo de contrahegemonía basado en los trabajos de Cox, Gill y los neogramscistas es una bendición. La crítica es maravillosa, pero qué hacer, qué contrahegemonía debería crearse, no la encontraremos en sus obras, salvo en dos o tres páginas. Por tanto, es necesario contemplar la contrahegemonía.

Para concebir la contrahegemonía, primero hay que concebir la hegemonía. Volvemos de nuevo a este tema para comprender adecuadamente en qué estamos pensando.

Entonces, ¿qué es la hegemonía? 

La hegemonía es la universalización del liberalismo, entendido como único contexto de un monólogo. El liberalismo es un engaño absoluto, hablando de contrahegemonía y contrasociedad, nos referimos a un desmantelamiento total del liberalismo. Así, contemplar la contrahegemonía es contemplar el no liberalismo, contemplar una sociedad que se opondría radicalmente al liberalismo. Cabe señalar aquí que el no liberalismo en el que tenemos que pensar a la hora de construir la contrahegemonía debe ser el no liberalismo del mañana. Este tiene que ser un no liberalismo hacia adelante, no un no liberalismo hacia atrás.

¿Qué es el no liberalismo hacia atrás? Este es el conservadurismo que ha desaparecido hace mucho y más allá del horizonte de la historia, el fascismo y el nacionalsocialismo que desapareció hace menos, y el comunismo, el sovietismo y el socialismo que han desaparecido recientemente. Todo esto no fue superado por el liberalismo por casualidad, no fue por casualidad que la hegemonía se disolvió, se desintegró, estalló y envió al basurero histórico, al olvido ahistórico, esas ideologías no liberales que se han enumerado. Abordarlos, con toda la facilidad de tal movimiento, no nos acercará a resolver el problema de la creación de la contrahegemonía. Seremos los portadores de un discurso arcaico, marxista, nazi, fascista o conservador-monárquico, que por sí mismos ya han demostrado que no pueden resistir la batalla histórica con la hegemonía. En consecuencia, este es un control de la realidad ineficaz para oponerse al liberalismo.

La principal victoria del liberalismo radica en el hecho de que en el centro de su discurso está el principio: libertad versus no libertad. Esta simple dialéctica resultó muy eficaz, como lo demostró claramente el siglo XX. Para derrotar a sus enemigos ideológicos, el liberalismo utilizó la idea del totalitarismo como concepto. Por tanto, en cuanto el liberalismo buscó a tientas este aspecto totalitario en ideologías que ofrecían su alternativa no liberal, inmediatamente incluyó la parte más fuerte de su ideología, que se llama libertad, liberty.

Para considerar estos procesos con más detalle, es necesario recordar el contenido de la libertad de John Stuart Mil. La libertad es “libertad de”, libertad negativa, y para que la libertad negativa funcione, debe haber una no libertad positiva, es decir, la tesis del totalitarismo. Cuando hay una sociedad basada, por ejemplo, en una identidad racial fascista, pero usted no se ajusta específicamente a ella, entonces su libertad estará dirigida contra esta identidad. Lo mismo ocurre con el comunismo. Si no compartes esta ideología, entonces aplicas la tesis negativa de la libertad a esta tesis positiva de una sociedad totalitaria, y como resultado, tarde o temprano ganarás. La libertad negativa funciona porque la "libertad de" adquiere contenido a través de la negación dialéctica.

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Hoy el liberalismo ha conquistado todo lo que pudo conquistar y se ha propuesto esa tarea. La "libertad de" ahora se nos da por definición, como un hecho. Hoy vivimos en un mundo liberal donde, en principio, no hay nada de qué liberarnos, es decir, La “libertad de” ha desarrollado todo su potencial relacional-creativo, porque se ha liberado de todas aquellas formas que, de una forma u otra, mantenían al individuo en un cierto estado de no libertad. En este momento, se reveló el lado puro de la libertad, "libertad de" como libertad de cualquier cosa es en realidad solo nihilismo. Nihilismo que no estaba en la superficie precisamente porque alguien obstruía esta libertad. En consecuencia, la libertad en el liberalismo victorioso no significa más que la absolutización del nihilismo. La liberación no es nada.

Lo que vivimos hoy es la victoria absoluta de la hegemonía combinada con su implosión fundamental. Esta implosión del liberalismo es un factor importante en su triunfo hegemónico. Pero por ahora, al liberalismo se le opone un cesarismo lento en las últimas etapas, como un defecto temporal, que es objeto de afinar el liberalismo global para que finalmente pueda tener lugar el fin de la historia.

Por cierto, prestemos atención al hecho de que entendemos la palabra fin como el concepto de El fin de la historia de Francis Fukuyama como fin, pero en inglés la palabra fin tiene otro significado: el objetivo, es decir, este es el objetivo de la historia, su telos, hacia lo que se dirige. Este es el logro de la historia alcanzando su cúspide, su límite, es decir, hacia donde se dirigió. Vivimos en el liberalismo como en el nihilismo victorioso, y la implosión de este nihilismo se está produciendo ante nuestros propios ojos.

¿Qué más le queda a la humanidad liberal libre? Desde las últimas formas de identidad colectiva expresadas en género. El problema de las minorías sexuales no es un epifenómeno accidental de la estrategia liberal, es su centro mismo. La lógica en este caso es simple: si una persona no se libera del género, permanecerá en un estado totalitario de separación con otros individuos humanos de cierta identidad colectiva, masculina o femenina. En consecuencia, la reasignación de género no es solo un derecho, sino que pronto también se convertirá en un deber. Si una persona no cambia de sexo, entonces es, de hecho, un fascista, porque si un individuo es un hombre o una mujer, entonces acepta una existencia esclava dentro del marco de su definición de género.

No la igualdad de sexos, es decir, su cambio, se deriva de la libertad, la "libertad de", la libertad de una persona del género, del sexo, así como la libertad cosmopolita de elegir la ciudadanía, el lugar de residencia, la profesión, la religión. Todas estas libertades liberales requieren una etapa lógica, la libertad de género y un cambio total múltiple de género, porque el individuo comienza a acostumbrarse y vuelve a caer en el marco totalitario del género.

Pero ese no es el límite, ya que queda la última identidad colectiva que no se ha superado, la pertenencia de un individuo a la humanidad. Como ejemplo de la necesidad de superar la identidad humana, que en última instancia es también fascismo desde el punto de vista de la lógica liberal, podemos citar el Manifiesto Ciborg de Donna J. Haraway, así como las ideas plasmadas en el programa transhumanista.

51QyraNabVL._SX329_BO1,204,203,200_.jpgSuperar el género y las identidades colectivas humanas son solo detalles que ocuparán nuestra conciencia durante algún tiempo, asustarán a los conservadores y a los elementos liberales incompletamente modernizados y, a la inversa, inspirarán a los liberales para continuar sus próximas hazañas. Al mismo tiempo, cabe señalar que la agenda se ha estrechado, y con el desarrollo del arte genético y quirúrgico, la microtecnología, la biotecnología y el desentrañamiento del genoma, estamos, de hecho, al borde de que este programa se convierta en un tema técnico. Se propone no esperar más, sino pensar de tal manera que el liberalismo, en principio, en su programa nihilista, ha cumplido su cometido.

¿Y qué significa pensar en el no liberalismo hacia adelante? Significa pensar en el no liberalismo, que es después de esta deshumanización del hombre, después de la pérdida de la identidad de género. Es necesario ver el horizonte del liberalismo como una victoria absoluta de la Nada y ofrecer una alternativa no desde fuera, sino desde dentro. La cuestión es que, en última instancia, el liberalismo va más allá de la sociología y nos lleva a problemas antropológicos. La sociedad se desintegra, surge una post-sociedad, un ciudadano liberal separado del mundo, un cosmopolita que, de hecho, no pertenece a ninguna sociedad.

Massimo Cacciari llama a esto una sociedad de idiotas totales que pierden la capacidad de comunicarse entre ellos, porque pierden todo en común que los conecta, surge un lenguaje individual, una existencia rizomática en red, etc. En esta situación, llegamos a la última frontera humana, desde la que se propone iniciar un proyecto de contrahegemonía.

El curso principal de la contrahegemonía en su aspecto antropológico es la idea de un replanteamiento radical de las libertades. Es necesario oponer el liberalismo no al totalitarismo, porque al hacerlo solo alimentamos sus energías destructivas, sino el principio de libertad significativa, es decir, de la "libertad para", la libertad en la terminología de J.S. Mill. Al abordar la problemática de la antropología, en la que el principio individual se sitúa por encima de la humanidad, el liberalismo no debe oponerse a valores conservadores, sino a algo radicalmente diferente, y el nombre de este radicalmente diferente es el concepto de persona o personalidad, es decir, libertad contra libertad, la persona contra la libertad individual.

La personalidad devuelve a la persona a la esencia de su humanidad, esta es su revolucionaria tarea fundamental de crearse a sí mismo por su propia fuerza, esta es, si se quiere, una categoría metafísica. En el cristianismo, la personalidad es donde tiene lugar la fusión del principio divino con el individuo. La persona nace en el momento del santo bautismo. 

En las religiones, la personalidad se describe de diferentes maneras, pero como Marcel Mauss ha revelado tan bellamente en sus obras, en cualquier sociedad arcaica es el concepto de persona el que está en el centro de atención. Este no es un individuo, es la intersección del sujeto eidético de alguna especie dada y espiritual o generalizada.

Así, oponiendo la individualidad con alguna forma de integración social, atacamos al liberalismo y ofrecemos un no liberalismo no desde atrás, sino que necesitamos proponer un modelo de no liberalismo desde el futuro. La personalidad debe rebelarse contra el individuo, la “libertad para” debe moverse contra la “libertad de”, no la no libertad, la no sociedad y algunas otras formas de restricciones colectivas. Debemos enfrentar el desafío del nihilismo. Este, según Martin Heidegger, es el difícil conocimiento del nihilismo.

Pensar en la contrahegemonía significa pensar en una personalidad creativamente libre como la raíz de esta contrahegemonía, sin este cambio fundamental de régimen en las condiciones del nihilismo total no crearemos ningún concepto inteligible de contrahegemonía. 

5. El modelo de contrasociedad

El modelo de contrasociedad debe necesariamente estar abierto desde arriba, este es el principio de la libertad, a la cabeza de esta sociedad deben estar aquellos que estén máximamente abiertos a la dimensión superior de lo personal, que no sean lo más idénticamente posible entre ellos mismos. Son los filósofos contemplativos. La Platonopolis como expresión política del platonismo abierto, liderado por un filósofo que piensa en cualquier cosa menos en sí mismo. No manda, no hace nada, pero abre la posibilidad de que todos sean individuos. Abre la posibilidad de que la sociedad se abra desde arriba, hace que esta sociedad sea verdaderamente libre, sin darse cuenta de sus limitaciones. Él crea una sociedad así, este es el Estado, esta es la sociedad sagrada.

La contrasociedad debe construirse desde arriba, debe ser absolutamente abierta desde lo vertical, este es su principio fundamental. Una filosofía política abierta desde lo vertical debería ser la plataforma para un nuevo pacto histórico de intelectuales. Si creamos este pacto basado en alianzas pragmáticas, no lo lograremos, porque tarde o temprano el liberalismo se hará cargo de todas estas formas.

6. Diversificación contrahegemónica de actores en las Relaciones Internacionales

Para la diversificación contrahegemónica de actores en las RI, se puede partir de los conceptos y definiciones de transnacionalismo y neoliberalismo en las relaciones internacionales, que afirman la expansión de la nomenclatura de actores en el contexto de la hegemonía. Se propone aceptar esta simetría en la construcción de la contrahegemonía y reconocer que el bloque histórico debe estar compuesto por actores de diferentes escalas.

La estructura de la contrahegemonía puede ser la siguiente: en el centro hay intelectuales con una filosofía vertical abierta, es decir, un pacto histórico entre los intelectuales. Debe ser necesariamente global, no puede ser nacional, en ningún país de ninguna cultura, incluso, por ejemplo, en el gran mundo islámico o en el chino, es imposible hacer esto. Todo lo que se necesita es una escala global de contrahegemonía y una unificación global de intelectuales contrahegemónicos basada en una filosofía abierta. Se puede construir una constelación de sistemas de diferentes escalas alrededor de este actor principal, simétricamente en la forma en que Joseph S. Nye describe un sistema liberal transnacional, donde tanto los Estados como los partidos y los movimientos, industrias, grupos, movimientos religiosos e incluso individuos singulares se convierten en actores. 

Todos ellos no solo pueden, sino que también son actores en las relaciones internacionales, en el modelo hegemónico de globalización. Estamos hablando de contra-globalización, no de anti-globalización, no de globalización alternativa, sino de contra-globalización, que reconoce que para derribar esta hegemonía es necesario unir actores de diferentes escalas.

7. La voluntad y los recursos de la contrahegemonía. El archipiélago de Massimo Cacciari

El eje de la estrategia contrahegemónica debe ser la voluntad constructiva, no los recursos. Primero la voluntad, luego los recursos. Esta voluntad debe provenir de la élite intelectual global contrahegemónica como miembros de la sociedad global. Por supuesto, todas las personas piensan, pero los intelectuales también piensan para los demás, y por eso están dotados del derecho a ser caminantes del pueblo, a ser representantes de la humanidad como tal, cuyo discurso global ahora es captado y plasmado por representantes del bloque histórico hegemónico. Por cierto, cuando se ataca a los liberales por un caso, la escasez y la inconsistencia de su argumentación se revela necesariamente, y todo esto porque su argumentación es de voluntad fuerte.

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Sin embargo, ¿en qué recursos puede apoyarse esta voluntad constitutiva de la élite intelectual? En primer lugar, este es el segundo mundo, sobre el que escribe Parag Khanna, los países de los BRICS, los Estados que, en el status quo actual, han recibido algo menos o no están en los primeros roles. Y estos son prácticamente todos aquellos Estados que se sienten incómodos en la arquitectura imperante de la hegemonía. Pero por sí mismos, estos países no son una contrahegemonía, por sí mismos no harán nada.

Los regímenes gobernantes en estos países, si no se activan, continuarán participando en el transformacionalismo, pero los intelectuales contrahegemónicos deben contraatacarlos, incluso en su propio proyecto, en lugar de esperar a ser llamados a trabajar para la administración. Es importante comprender que la administración está comprometida con el transformismo y se ocupará de ello independientemente del lugar: en China, Irán, Azerbaiyán, India, Rusia, los países del BRICS, existe una transformación continua.

Los intelectuales contrahegemónicos deben interceptar la narrativa y dictar la agenda a estos Estados para que ejerzan el cesarismo durante el mayor tiempo posible. Pero esto no es una meta, la meta de la contrahegemonía es diferente, sin embargo, el potencial de estos países es un buen recurso, y como herramienta para lograr la tarea planteada, es bastante bueno. Por ejemplo, un Estado con armas nucleares parece muy convincente como argumento en oposición a la hegemonía.

Asimismo, los partidos antiliberales en todo el mundo son relevantes como recurso contrahegemónico, independientemente de que sean de derecha o de izquierda, socialistas o conservadores. A esto hay que sumar varios movimientos de tipo verticalmente abierto: cultural, artístico, estético, ecológico. En este contexto, conviene prestar atención al hecho de que el campesinado mundial y la industria mundial, tarde o temprano, serán víctimas del sistema bancario y financiero, el sector terciario de la economía, que ya comienzan a colapsar ante el crecimiento proporcional del capital financiero especulativo globalista. No se debe esperar que ellos mismos se pongan del lado de la contrahegemonía y propongan planes, sin embargo, también pueden ser considerados como uno de los componentes del recurso en el arsenal de la alianza de los intelectuales contrahegemónicos dentro del pacto histórico.

Todas las religiones tradicionales, que, en su esencia, son no liberales, a diferencia de las religiones de orientación liberal, que son básicamente laicas o relativistas, o, digamos, religiones desreligiosas, también pueden actuar como un recurso para los intelectuales contrahegemónicos.

La tarea del bloque histórico contrahegemónico es unir todos estos recursos en una red global. Aquí es donde el concepto de "Archipiélago" de Massimo Cacciari, que aplica a Europa, será de gran utilidad, pero la idea en sí puede difundirse más ampliamente. Massimo Cacciari sostiene que entre el Logos universalista y la anarquía de los idiotas atómicos hay un logos privado. Este Logos en particular, junto con el paradigma de la complejidad de Edgar Morin, junto con operaciones en estructuras complejas, con modelos no lineales, pueden ser de gran utilidad.

Ésta es una cuestión fundamental, porque utilizando un modelo complejo, se hace posible construir un diálogo e integrar a la derecha y la izquierda en un solo pacto histórico, mientras que en este momento se miran a través de la lente de sus propias tácticas.

8. Rusia y la hegemonía

Rusia es ahora un campo de transformismo típico y lo que comúnmente se llama putinismo no es más que cesarismo. Se opone a la hegemonía interna en forma de la oposición del listón blanco y de Eco de Moscú (1), así como a la hegemonía externa que ejerce presión sobre Rusia desde afuera. El cesarismo está equilibrando estos factores, que intenta jugar por un lado con la modernización y por otro lado con el conservadurismo, tratando de retener el poder por cualquier medio. Esto es muy racional y muy realista: no hay idea, no hay visión del mundo, no hay metas, no hay comprensión del proceso histórico, no hay telos en tal gobierno - esto es cesarismo ordinario, en su comprensión gramscista.

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La oposición del cesarismo a la hegemonía interna y externa lo obliga a moverse en la necesariamente en dirección a los intelectuales de la contrahegemonía, pero el transformismo es una estrategia adaptativa-pasiva, lo que significa que tarde o temprano el objetivo de este transformismo, no obstante, destruirá el cesarismo. Dado que la hegemonía viene tanto del exterior como del interior, cualquier modernización conduce objetivamente, de una forma u otra, al fortalecimiento de la clase media, y la clase media es enemiga del Estado, así como la burguesía, el capitalismo, el individualismo son enemigos tanto de la sociedad concreta como de la humanidad en su conjunto.

¿Qué tan pronto caerá el cesarismo? El tiempo muestra que puede esto tardar mucho, pero mucho tiempo. En teoría, debería caer, pero sigue existiendo, demostrando a veces ser bastante exitoso. Todo depende de si la transformación se lleva a cabo con éxito o sin éxito. Es una estrategia de retaguardia pasiva condenada al fracaso, pero a veces de la forma más paradójica puede resultar bastante eficaz.

Es bastante obvio que, si en los últimos 13 años esta estrategia se ha mantenido con un pragmatismo omnívoro e ideológico tan generalizado, entonces seguirá existiendo, a pesar de la indignación que causa por todos lados. Sin embargo, vale la pena señalar que es precisamente el transformismo exitoso lo que evita que el Estado sea destruido por representantes de la hegemonía global.

Pero esto no es suficiente, se requiere una estrategia de tipo completamente diferente, contrahegemónica en su esencia, con el ánimo de promover la teoría de un mundo multipolar. Otra iniciativa importante es la Alianza Revolucionaria Global, que es una estrategia bastante activa que puede desarrollarse en Rusia a un nivel paralelo, siendo tanto rusa como global, internacional. E incluso si hay algunas contradicciones internas entre los representantes de la alianza revolucionaria global en Europa o América, y hay algunas, y existen muchas, entonces este momento no debería avergonzar a nadie, y mucho menos detenerse. Dado que la gente elige la misma ética contrahegemónica a pesar de las sociedades en las que vive.

Al rechazar la hegemonía, no es necesario centrarse en el poder. Ahora las autoridades nos dicen “sí” porque estamos del mismo lado con respecto a la hegemonía, estamos en contra de la hegemonía, y las autoridades, de una forma u otra, están en contra de la hegemonía. Pero incluso si la hegemonía hubiera triunfado en Rusia, esta situación no debería influir en la toma de decisiones de la élite intelectual contrahegemónica, ya que debe moverse en nombre de objetivos fundamentales. Sólo una orientación exclusivamente hacia una idea, hacia la escatología, hacia el telos, hacia una meta, y no hacia beneficios momentáneos, puede traer la victoria y el éxito.

El pacto histórico de intelectuales con una filosofía vertical abierta puede ser solidario con la Federación de Rusia en su estado actual como uno de los elementos más importantes del archipiélago de la contrasociedad. La Rusia nuclear de Putin es una isla excelente en este archipiélago, perfecta para una lucha revolucionaria externa, una base maravillosa para capacitar a personas que deben promover actividades escatológicas y revolucionarias a escala mundial. Es una herramienta muy valiosa, pero sin ella se podría seguir igual. Necesitamos buscar contactos en China, Irán, India, Latinoamérica, hacer contrahegemonía en países africanos, en países asiáticos, en Europa, en Canadá, en Australia, etc. Todos los descontentos son miembros potenciales del archipiélago contrahegemónico: desde Estados hasta individuos. 

No se pueden equiparar dos cosas: los intereses nacionales de la Federación de Rusia, agotados por el término del transformismo y la estrategia global contrahegemónica. Son cosas diferentes, ya que la contrasociedad es deliberadamente extraterritorial y es un archipiélago.

Notas del Traductor:

1. Eco de Moscú (en ruso: Э́хо Москвы́) es una estación de radio rusa que transmite las 24/7 con sede en Moscú. Emite en muchas ciudades rusas, algunas de las ex repúblicas soviéticas (a través de asociaciones con estaciones de radio locales) y a través de Internet. El actual editor en jefe es Alexei Venediktov. Eco de Moscú se hizo famoso durante los eventos del intento de golpe de Estado soviético de 1991: fue uno de los pocos medios de comunicación que habló en contra del Comité Estatal sobre el Estado de Emergencia. Es un medio con posturas liberales.

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mardi, 15 septembre 2020

Armin Mohler

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Armin Mohler

par Georges FELTIN-TRACOL

Dans un excellent livre, le deuxième tome de La Révolution conservatrice allemande. Sa philosophie, sa géopolitique et autres fragments (Éditions du Lore, 2018, 333 p., 28 €), Robert Steuckers revient à diverses reprises sur une personnalité exceptionnelle des idées outre-Rhin : Armin Mohler.

Né à Bâle en Suisse le 12 avril 1920 et décédé à Munich le 4 juillet 2003, Armin Mohler appartient à la génération fondatrice de la Neue Recht. Irrité par le conformisme petit-bourgeois helvétique, l’adolescent se rebelle et revendique un « radicalisme de gauche » qu’il jugera plus tard bien trop « communiste de salon ». Il se détourne toutefois assez vite de ce gauchisme puérile et montre un intérêt certain pour le national-socialisme. En février 1942, alors soldat, il déserte, franchit la frontière du Reich et veut rejoindre la Waffen SS. Reconnu inapte, il étudie pendant un an à Berlin l’histoire de l’art, puis retourne en Suisse où il est arrêté. Jugé, il écope d’un an de prison.

En 1947, il recense La Paix d’Ernst Jünger. Le texte attire l’attention de l’auteur d’Orages d’acier. Armin Mohler devient son secrétaire particulier de 1949 à 1953. Plus politique, Armin Mohler regrettera qu’Ernst Jünger se détache de son engagement national-révolutionnaire de l’Entre-deux-guerres. Entre-temps, il présente sous la direction de Karl Jaspers sa thèse de doctorat sur la Révolution conservatrice allemande que les éditions Pardès publieront en français en 1993.

51zWzYZusRL._SX298_BO1,204,203,200_.jpgÀ partir de 1953, Armin Mohler s’installe en France. Il travaille pour les journaux allemands et suisses alémaniques Die Zeit, Die Welt et Die Tat. Il lit Maurice Barrès, Léon Bloy et Georges Sorel qu’il estime dans un livre de 2000 non traduit comme le « Grand-père » de la Révolution conservatrice. Ses amis se nomment Michel Mourre, le provocateur lettriste pré-situationniste, et le futur académicien José Cabanis. Revenu en Allemagne, Armin Mohler s’investit en politique. Ce directeur – gérant de la prestigieuse fondation Carl Friedrich von Siemens écrit pour les revues jeune-conservatrice Criticón de Caspar von Schrenk-Notzing, nationaliste Deutsche Nationale-Zeitung de Gerhard Frey et nationale-conservatrice Junge Freiheit de Dieter Stern. Il y tiendra longtemps une tribune bimestrielle : « Chronique de l’interrègne ». Récipiendaire malgré des polémiques fomentées par la gauche du Prix Conrad-Adenauer en 1967, il donne des cours à l’Université d’Innsbruck en Autriche. Proche du GRECE et d’Alain de Benoist, il collabore à Éléments et à Nouvelle École.

Dans la décennie 1960, Armin Mohler se rapproche du « Taureau de la Bavière », Franz Josef Strauss, le charismatique président de la CSU (Union sociale chrétienne). Rédacteur de ses discours, il tente de le conseiller en vain, car la CSU maintient des positions atlantistes et libérales. « Avec un homme de gauche, dit-il, je peux encore m’entendre, car il a souvent compris une partie de la liberté. Avec un libéral, il n’y a pas de compréhension possible. »

Favorable à la réconciliation franco-allemande, il développe un discours euro-gaullien. Admirateur du Général De Gaulle et des institutions de la jeune Ve République, il se prononce pour une Europe régalienne libérée de l’emprise des blocs occidental et soviétique. Ce lecteur assidu de Carl Schmitt recherche un vrai « ordre concret », récuse le romantisme politique, se méfie de l’écologie et se proclame « nominaliste ».

Ses analyses historiques contrastent avec le ronron intellectuel. Dans le court recueil Généalogie du fascisme français. Dérives autour du travail de Zeev Sternhell (Éditions du Lore, 2017) où l’on trouve aussi un texte dense et brillant de Robert Steuckers, Armin Mohler revient avec brio sur « Zeev Sternhell, nouvel historiographe du fascisme ». Son interprétation du fascisme n’est pas anodin. Dans un entretien accordé au Leipziger Volkszeitung des 25 et 26 novembre 1995, il voit dans le fascisme un existentialisme qui « résulte de la rencontre entre les déçus du libéralisme et les déçus du socialisme. C’est alors que naît ce que l’on appelle la Révolution conservatrice ».

Auteur dès 1958 d’un ouvrage précurseur sur La droite française, puis en 1974 d’un autre dont le titre fera bientôt fortune, Vu de droite, Armin Mohler préfère se dire « de droite » plutôt que « conservateur ». À la fin des années 1980, il aide le mouvement de Franz Schönhuber, Die Republikaner. S’il applaudit la réunification allemande de 1990, il œuvre pour réconcilier tous les Allemands. Il s’élève par conséquent contre la « repentance névrotique » permanente de l’Allemagne en histoire. Il s’oppose logiquement à d’éventuels procès de dirigeants de la République démocratique allemande.

Au soir de sa vie, malade, il approuve l’orientation de la revue Sezession de Götz Kubitschek. Or cette revue de grande qualité ne cache pas aujourd’hui sa proximité intellectuelle avec l’AfD et en particulier avec Der Flügel (« L’Aile »), le courant national-folciste du Thuringeois Björn Höcke, auto-dissous au début de cette année afin d’éviter les persécutions de l’actuelle police politique allemande. Par l’intermédiaire de Sezession, Armin Mohler a donc pu diffuser sa vision du monde. Celle-ci a enfin trouvé un terreau favorable dans les Länder de l’Est. C’est un nouvel exemple riche en promesses que, même disparus, certains penseurs continuent à influencer le monde.

Georges Feltin-Tracol

• Chronique n° 34, « Les grandes figures identitaires européennes », lue le 8 septembre 2020 à Radio-Courtoisie au « Libre-Journal des Européens » de Thomas Ferrier.

PS : Dernière chronique lue à l’antenne, car, victime d’une censure interne inacceptable, Thomas Ferrier arrête son émission. Merci, Thomas, de m’avoir permis de chroniquer en toute liberté quelques belles figures européennes. Le combat continue !

mercredi, 09 septembre 2020

En avril dernier, Armin Mohler aurait eu 100 ans ! Ses idées ont toujours un impact aujourd’hui

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En avril dernier, Armin Mohler aurait eu 100 ans !

Ses idées ont toujours un impact aujourd’hui

Par Karlheinz Weißmann

A Rottingdean, un petit port sur la côte du Sussex, il n’est guère aisé de trouver une place de parking. Finalement, nous avons pu garer la voiture à proximité de l’église Sainte-Marguerite où l’on peut admirer quelques magnifiques vitraux du pré-raphaëlite Edward Burne-Jones.

Quelques secondes avant que je ne franchisse le portail d’entrée, j’ai saisi mon portable dans le fond de ma poche pour l’éteindre. Mais mon regard tomba sur un bref indice annonçant une nouvelle « Vision de l’ennemi chez Mohler dans le dernier Die Zeit ». Je n’ai pu résister : Burne-Jones pouvait attendre ; je voulais d’abord savoir ce que ce message et sa pièce jointe contenaient.

Il s’agit d’un texte de l’hebdomadaire Die Zeit (édition du 7 juillet 2016), écrit par un journaliste connu, Volker Weiss, sur Armin Mohler, « père fondateur » de la « nouvelle droite ». Ce concept, dans cet article, recouvrait tout : de Pegida à Junge Freiheit, des hommes vêtus dans le style Oxford-Karo aux identitaires, de l’AfD à une « boite à penser » de la Saxe-Anhalt.

indexamges.jpgCe n’était pas une crise, ce n’était pas un problème concret, ce n’était pas davantage une analyse de la situation qui avait généré ces phénomènes politiques. Ils ne devaient leur émergence et leur succès qu’au seul effet de la pensée du défunt Armin Mohler. Or celui, ajoutait le rédacteur de Die Zeit, n’avait rien d’un penseur original. Car Mohler n’avait fait que recycler le « nationalisme folciste » du temps de la République de Weimar. Bien sûr, les protagonistes actuels de la « nouvelle droite » n’atteignaient plus le niveau des Moeller van den Bruck, Oswald Spengler, Carl Schmitt ou Ernst Jünger. Mais, voilà, elles avaient mûri les graines que Mohler, avec son livre Die konservative Revolution in Deutschland, avait semées.

Beaucoup de noms ont été oubliés, sauf le sien…

Si Mohler avait encore vécu, il aurait été transporté d’enthousiasme et plus encore par l’illustration du texte que par le texte lui-même. Cette illustration montrait un Mohler relativement jeune, le mégaphone à la main, qui, apparemment, agitait les masses qui envahissaient les rues en brandissant des drapeaux bleus de l’AfD, des bannières noir-rouge-or, des drapeaux de Wirmer (celui que Stauffenberg avait fait sien, ndt) et des bannières de guerre de l’ancien Empire, pour refuser l’islamisation et pour envoyer Merkel au diable.  Mohler se serait jeté sur la page du journal, muni d’une paire de ciseaux et d’un bâton de colle, pour en tailler des versions photocopiables au format DINA4, pour les compléter de quelques remarques, à l’encre ou au marqueur et les envoyer par voie postale à ses amis, ses connaissances et ses sympathisants.

Cela n’a pas pu se passer : Armin Mohler, né il y a plus de cent ans à Bâle, le 12 avril 1920, est mort le 4 juillet 2003 à Munich. Mais les idées qu’il a lancées ont effectivement de l’effet encore et toujours. Non pas exactement à la façon dont se l’imaginent ce monsieur Weiss, les antifas, les libéraux trouillards et les théoriciens bien installés qui glosent à qui mieux-mieux sur la démocratie mais elles ont de l’effet, de l’influence, bien davantage que ne le croient ceux qui ne raisonnent qu’en termes de gros tirages et de maisons d’éditions bien situées.

C’est certain : dans l’après-guerre, il y a eu d’autres intellectuels de droite ou des conservateurs plus fins que Mohler, plus éprouvés, qui écrivaient encore des best-sellers ou qui, d’une manière ou d’une autre, parvenaient à réussir une carrière universitaire. Hélas, ces conservateurs chevronnés, plus personne ne les connait. Leurs noms sont oubliés, leurs livres n’ont été que des succès momentanés, leurs idées sont devenues anachroniques, n’ont pas eu vraiment de l’importance, n’ont eu aucune influence sur les mouvements intellectuels.

1cff9242069970646420f65ae437f75b.jpgOn devra toutefois constater que Mohler n’a laissé qu’un petit nombre d’écrits réellement personnels : on citera, outre son œuvre principale consacrée à la révolution conservatrice, Was die Deutschen fürchten et Die Vergangenheitbewältigung ; mais il ne faut pas oublier, qu’à côté de ces livres-là, il y a eu toute une série d’essais qui ont sans nul doute laissé, chez leurs lecteurs, des impressions bien plus fortes comme, par exemple, Der faschistischen Stil ou Liberalenbeschimpfung.

Il avait une tendance à collectionner les papiers…

Au cours des dernières décennies de son existence, Mohler n’a pas vraiment écrit d’épais volumes. Cela ne s’explique pas seulement par le fait que la « petite forme » lui plaisait davantage ou parce qu’il avait une propension frénétique à rechercher et à collectionner vieux papiers et grimoires, activités qui ont exigé leur tribut sous forme de « temps de vie ». On peut aussi l’expliquer par le fait qu’il ne pouvait plus rien publier dans un cadre qu’il jugeait adéquat.

Pour comprendre cela, il faut se rappeler dans quelle mesure, en tant que très jeune homme puis en tant qu’homme un peu plus âgé, il plaçait un grande confiance en la protection. C’était vrai dès sa rupture avec les gauches, après l’échec de sa tentative aventureuse de s’engager comme volontaire dans la Waffen-SS pour participer au combat planétaire de la « nouvelle Europe » contre le bolchevisme.

Mais ce fut d’autant plus vrai au début de sa carrière en Allemagne, quand il fut le secrétaire d’Ernst Jünger ou quand il devint dans les années 50 le correspondant de plusieurs journaux en France, dont Die Zeit. Bien entendu, cela valait aussi quand il reprit la tâche de diriger la Fondation Siemens après son retour en Allemagne.

Le recul prudent de bon nombre de ses disciples l’a beaucoup déçu

Très tôt, Mohler acquit la réputation d’être un « enfant terrible ». C’est justement cette réputation qui a éveillé l’intérêt d’un certain public, après l’effondrement d’un « Etat commissarial » et la poursuite de l’existence menaçante d’un autre, a acquis une conscience bien claire de ce que signifient la liberté d’expression et la pluralité des opinions.

Les débats, au cours des décennies de l’après-guerre, étaient encore ouverts, d’une ouverture que l’on imagine à peine aujourd’hui. Des hommes et des femmes de vues différentes s’y exprimaient ; des conservateurs et des libéraux, des « Carolingiens » et des nationaux, des croyants et des athées, des catholiques et des existentialistes. Dans des questions comme l’armement atomique ou les liens transatlantiques, lorsque quelqu’un comme Mohler intervenait et prenait une position originale, on considérait que c’était un enrichissement du débat et non pas un danger pour le consensus ou le départ d’un processus menaçant la cohésion de la société.

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Mohler a compris petit à petit que cette situation changeait fondamentalement. La révolte étudiante des années 60, il l’a décrite avec suffisance, au départ, bien qu’avec une certaine bienveillance pour la révolte de la jeune génération. D’après lui, le problème n’était pas de voir la gauche sur les barricades mais la masse des bourgeois lâches qui préféraient se retirer de tout plutôt que d’engager la lutte.

Mohler refusait de croire que les « Secondes Lumières », telles qu’elles se proclamaient, allaient tenir le haut du pavé pendant longtemps. Il ne croyait pas davantage que les portes, qui étaient fermées pour lui, resteraient verrouillées à jamais. Le projet de la revue Criticon, qu’il lance en 1970 avec son ami Caspar von Schrenck-Notzing, s’est constitué par les deux hommes imaginaient que le roll back n’allait pas durer.

L’influence de ses textes demeure

Cet espoir s’est avéré faux. Par voie de conséquence, Mohler a dû se contenter de Criticon et des petites maisons d’édition de la mouvance droitière. Ce fut une ombre qui assombrit ses vieilles années. A cela se sont ajoutés la déception quant à l’échec d’une carrière universitaire et l’abandon de ses disciples qui se cherchaient une niche ou qui abjuraient leurs convictions. Sur le plan personnel, ce fut bien amer, surtout que cela entraînait, lui semblait-il, une rupture dans la continuité.

Mais Mohler ne s’est pas résigné. A sa façon particulière, à sa manière inhabituelle, il tenté de définir ce qu’était « être de droite ». Ce qui unit cette mouvance de droite, c’est le sentiment tragique de la vie, lequel induit une dialectique particulière : « La différence la plus fondamentale entre un homme de gauche et un homme de droite réside en ceci : l’homme de droite a toujours conscience de sa finitude. C’est ce qui le retient de formuler de grands projets irréalisables et d’esquisser des utopies à l’infini comme le fait allègrement l’homme de gauche. Cependant, conscient de sa finitude, il veut expérimenter la naissance nouvelle, la création nouvelle, il s’engage sans arrière-pensées à façonner des visions synthétiques, bien centrées sur elles-mêmes, qu’il oppose au chaos. La différence entre gauche et droite n’est donc pas la différence entre pessimisme et optimisme ».

unnamedamej.jpgSi l’on cherche à expliquer ce qu’il reste de la pensée de Mohler, alors il faut laisser tomber ce qu’il a souvent lui-même (et aussi ses adversaires) mis au centre de ses préoccupations. Son « nominalisme » n’avait guère de consistence tout comme sa critique du christianisme, sa vision « technocratique » n’a nullement été une solution pour la mouvance conservatrice, son orientation « gaullienne » n’a quasi convaincu personne. En revanche, ce qui est incontournable dans sa manière de saisir le monde, c’est son analyse de « la période axiale du conservatisme ».  

Comme jadis, il vaut toujours la peine de lire ses analyses de la Vergangenheitsbewältigung en Allemagne, soit le processus de dégager par une propagande et une métapolitique systématique les Allemands de leur passé. De même il faut toujours lire sa définition réalitaire  du politique à la manière de Carl Schmitt. Poser ce constat revient à souligner que l’influence de penseurs comme Mohler ne peut être mesurée par le simple fait que quelqu’un se penche sur les éditions de ses livres. L’influence d’un homme comme Mohler est une influence qui découle de la lecture de ses travaux, ce que Mohler, lui-même un lecteur insatiable, a toujours souligné.

Voilà pourquoi il faut s’attendre, aujourd’hui, à trouver dans un restaurant de Berlin, un jeune homme bien entraîné physiquement, portant une barbe fournie et bien soignée, du genre hipster qui se présente dans la conversation : il a servi dans les unités du  KSK, a ensuite travaillé quelques années dans le domaine de la sécurité ; puis, quand on lui pose la question de savoir ce qui l’amène dans un cercle néo-conservateur comme le nôtre, il nous répond avec un petit sourire : « Ah, je vais vous le dire, quand j’avais seize ans, un livre d’Armin Mohler m’est tombé entre les mains ».

Armin Mohler / Karlheinz Weißmann: Die Konservative Revolution in Deutschland 1918–1932. Ein Handbuch. Ares-Verlag, 2005, gebunden, 643 Seiten, 49,90 Euro

 

jeudi, 20 août 2020

Entretien sur Guillaume Faye et l’archéofuturisme - Robert Steuckers répond aux questions de Philip Stein

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Entretien sur Guillaume Faye et l’archéofuturisme

Robert Steuckers répond aux questions de Philip Stein

Monsieur Steuckers, vous êtes de nationalité belge et je suis Allemand mais nous pouvons réaliser cet entretien en langue allemande, sans avoir besoin de traducteur. Si je ne m’abuse, j’aurais pu poser mes questions en espagnol, en français ou en anglais. Comment êtes-vous parvenu à maitriser autant de langues européennes?

Ce n’est nullement étonnant: je ne suis pas le seul dans ce cas en Belgique. Le Prof. David Engels écrit tout aussi bien en français qu’en allemand (et en polonais!), sûrement parce qu’il est originaire d’Eupen; mon collègue linguiste et journaliste Lionel Baland, qui s’est spécialisé dans l’étude des partis et mouvements non-conformistes et populistes, qui est natif de Liège, travaille, lui aussi, en quatre langues (français, allemand, néerlandais et anglais); le Dr. Frank Judo a également eu l’occasion de prendre la parole en allemand lors d’un symposium dans la „Bibliothek des Konservativismus“, etc. Dans un groupe d’amis, à Louvain, nous utilisons très souvent la langue allemande et tous les membres de ce petit club sont invités à bien la connaître pour continuer à en faire partie. Par ailleurs, je suis diplômé de l’école des traducteurs. On peut aussi dire qu’entre néerlandophones et germanophones, la différence est mince: nous ne sommes séparés que par deux mutations consonantiques. Ensuite, j’ai suivi les cours de latin en secondaire à une époque où cela valait encore la peine d’étudier une langue morte, car ce n’était pas inutile, comme le racontent à l’envi tous les adeptes de la jactance néolibérale et festiviste. Sur base de ce savoir scolaire, les langues romanes sont d’un accès facile, du moins à la lecture. Finalement, mon épouse est née à Madrid, au pied du monticule où se trouve le palais royal. Cela aide.

Bildschirmfoto-2020-05-14-um-11-39-36_720x600.pngMalgré vos innombrables activités éditoriales et métapolitiques, nous n’allons pas parler de vous aujourd’hui mais de Guillaume Faye, plus précisément de sa brève nouvelle intitulée „Une journée dans la vie de Dimitri Léonidovitch Oblomov“ qui est parue en traduction allemande dans notre maison d’édition il y a quelques semaines. Sur votre compte Twitter, vous avez annoncé cette parution avec enthousiasme, sinon de manière euphorique. Révélez-nous pourquoi un tel enthousiasme ?

Le grand espoir de Faye était de voir ses travaux édités en allemand. Vous êtes donc ceux qui, post mortem, ont réalisé ce voeu très cher de mon vieux camarade décédé. En étalant cet enthousiasme euphorique, comme vous dites, j’ai voulu exprimer la joie que Faye aurait ressentie s’il avait pu savoir qu’un petit livre de lui était enfin paru en allemand, du moins après tant d’années. L’éditeur Wigbert Grabert avait certes fait traduire quelques-uns de ses textes mais non ses brochures théoriquement si importantes sur l’économie, la sexualité, la nouvelle société de consommation, la modernité, etc. Ces petits travaux, très denses, ont vraiment été pionniers dans notre mouvance. Faye a toujours essayé, dans les années 1980, d’être actif dans des cercles avant-gardistes. Récemment, j’ai découvert sur Facebook une brève allusion à ses „Soirées Avant-Guerre“ de Paris. Pierre Robin, un compagnon de Faye à cette époque, en est l’auteur.

Robin nous révèle, très exactement, ce que Faye concoctait dans ces années-là. Robin écrit, avec pertinence, que Faye, in petto, n’était pas vraiment intéressé par les musiques et les modes dites de la „New Wave“ mais, en revanche, il savait très bien que sans une „mise à jour“, rien ne serait plus possible. Dans ses souvenirs des „Soirées Avant-Guerre“ de Paris, Robin nous dit que, pour Faye, il n’était pas possible de réanimer la Weltanschauung classique, grecque et aristotélicienne, ni même le dionysisme des anciens Hellènes en répétant de manière scolaire les cours donnés jadis dans les classes d’humanités classiques. Il fallait donc d’autres moyens, d’autres instruments, pour tenter de sortir de l’étau de la modernité mortifère.

Ce n’est pas un secret de dire que cette petite nouvelle, que nous avons éditée en allemand, n’est qu’une annexe à son épais volume titré „L’archéofuturisme“, où il expose ses idées sur le monde futur après la „grande catastrophe“. Pouvez-vous nous esquisser ce que Faye entendait par „archéofuturisme“ et quel en était le noyau idéologique?

La réponse à votre question se repère aisément dans la nouvelle: on y décèle parfaitement ce qu’il a voulu dire. L’élite de l’Etat, de l’Empire, les dirigeants de la „Fédération“, avec leur formation pluridisciplinaire, les chefs des armées futures, seront futuristes, bénéficieront de toutes les technologies hypermodernes et les utiliseront comme instruments pour asseoir une puissance planétaire indestructible. Le reste de la population sera à nouveau lié à la terre, aura un mode de vie agraire, et développera une culture populaire stable et éternelle. L‘“archéofuturisme“ est donc archaïque, agraire, écologique pour la grande masse des populations et hyper-technique et futuriste pour les élites.

9781907166099-fr.jpgFaye s’intéressait très fort aux projets de chemins de fer, surtout pour la ligne transsibérienne „Baïkal-Amour“, aussi pour les anciens projets allemands de la „Breitspurbahn“, pour l’aérotrain de la France de De Gaulle, pour les projets japonais similaires, etc. Voilà pourquoi Oblomov passe sa journée dans un train, partiellement souterrain. Pour Faye, la tâche première de tout Etat ou de tout Empire était d’organiser des communications ultra-rapides, exactement comme l’empire romain reposait sur ses routes et en dépendait. Mon fils et moi-même fumes un jour très étonné de constater qu’il lisait avec grand intérêt des revues de vulgarisation scientifique traitant de toutes les nouvelles technologies et biotechnologies, comme Science & Avenir, Sciences & Vie, etc. Même si quelques gros malins, croyant tout savoir et se piquant d’être omniscients, considéraient que ce genre de préoccupation était ridicule, je persiste à croire, avec le recul, que les diplômés en sciences humaines, littéraires ou sociologiques, doivent se donner pour hygiène mentale de glaner du savoir sur les révolutions en cours dans les sciences naturelles, physiques, et dans les domaines des hautes technologies (comme la nanotechnologie par exemple), afin de ne pas énoncer des théories boiteuses et incomplètes.

Pourquoi Faye s’est-il décidé à ajouter cette petite nouvelle, un travail purement littéraire, à son livre sur l’archéofuturisme? Pour donner une teneur littéraire à la matière? Ou doit-on émettre l’hypothèse qu’il y a un „plus“ derrière cette décision, l’enthousiasme de Faye pour la littérature?

Faye, tout comme Jean Thiriart d’ailleurs, n’était pas tellement intéressé à la pure littérature, du moins pendant les années où je l’ai connu (car sa culture littéraire n’est pas négligeable pour autant). Il lisait essentiellement des ouvrages de sociologie (Maffesoli, Lipovetsky), de philosophie (Heidegger), de sciences politiques (Freund), d’économie (List, Perroux, Grjebine), d’histoire et de géographie, comme le prouve les recensions qu’il publiait dans éléments ou dans des feuilles internes du G.R.E.C.E. Une exception toutefois chez ces deux penseurs politiques non-conformistes: Louis-Ferdinand Céline, que tous deux appréciaient grandement. L’objectif de cette petite nouvelle bien ficelée de Faye, que vous venez de traduire et d’éditer, est d’éveiller l’attention de ses lecteurs sur le double aspect que porte en lui son concept d’archéofuturisme, notamment la nécessité de penser simultanément hypertechnicisme et archaïsme organique. Faye regrettait que les cercles de la nouvelle droite n’évoquaient jamais de telles thématiques ou les refoulaient. Cette attitude négative face aux hautes technologies ou aux biotechnologies était l’indice, à ses yeux, d’une attitude impolitique, contemplative et „muséale“, ce qu’il explique d’ailleurs très clairement, et avec emphase, dans son livre intitulé L’archéofuturisme. Il a très certainement souhaité créer un monde de science-fiction pour obliger les „littéraires“ de la nouvelle droite (comme les appelait Thiriart en se foutant d’eux copieusement!) à s’intéresser enfin à des thématiques porteuses d’avenir. Ce souhait englobait également les biotechnologies, thème choisi, pour l’un de ses livres, par son vieil ami italien, le juriste Stefano Sutti Vaj. Le futurisme de Faye doit être pensé simultanément avec le biotechnologisme de Sutti Vaj. Les deux approches, celle de Faye et celle de Sutti Vaj, sont malheureusement restées dans une impasse dans le petit univers néo-droitiste franco-italien.   

9781910524923-fr.jpgL’intérêt de Faye pour ce type de littérature se repère également dans le livre qui fait suite à L’archéofuturisme, soit L’Archéofuturisme V2.0: Nouvelles cataclysmiques, un volume constitué seulement de courtes historiettes, qui se focalisent toutes sur la thématique de l’archéofuturisme? Mais en 1985 déjà, Faye s’était profilé comme l’auteur d’une bande dessinée intitulée Avant-Guerre, où plusieurs éléments de ses futures nouvelles apparaissent, comme l’idée d’une „Fédération euro-sibérienne“. Faye a-t-il inventé un grande histoire, un monde qui lui était propre, auquel il a réfléchi pendant de longues années, qu’il a peaufiné en sa tête… ?

Oui, c’est certain. Il s’est aussi toujours intéressé à la conquête spatiale, aux projets européens Ariane. C’est aussi le résultat qu’un intérêt enthousiaste, depuis son enfance et son adolescence, pour la bande dessinée franco-belge, pour les „romans graphiques“ comme disent les Anglais aujourd’hui. Deux séries ont été déterminantes pour l‘engouement que Faye a eu, pendant toute sa vie, pour la conquête spatiale, pour les sciences et la haute technologie, soit pour le „futurisme“.  D’abord la série „Spirou et Fantasio“ de Franquin où deux scientifiques entrent en concurrence: d’une part, Zorglub, qui conçoit et construit d’étonnantes machines volantes puis envoie des centaines de fusées sur la lune pour y inscrire une publicité pour Coca-Cola; d’autre part, Pacôme, Comte de Champignac, qui est chimiste et crée des armes organiques inouïes au départ de champignons, comme, par exemple, le „Metamol“, qui ramollit et liquéfie tous les métaux. Le „Métamol“ détruit ainsi une armée sud-américaine et des tanks chinois. La base de Zorglub dans la jungle amazonienne est détruite par quelques grenades au „Métamol“ contenant un extrait de champignon capable de tout dévorer: toutes les constructions humaines sont alors englouties dans un magma vert et organique, à une vitesse inimaginable.

61sIMJwhfPL._SX380_BO1,204,203,200_.jpgEnsuite, il y a la série „Blake et Mortimer“ d’Edgard P. Jacobs, où l’on trouve un „roman graphique“, qui nous décrit et nous dessine un royaume d’Atlantide se situant sous les flots au beau milieu de l’Océan Atlantique, juste en dessous des Açores. Ce royaume sous-marin est dirigé avec sagesse par un vieux Basileus, inspiré par l’harmonie grecque antique, mais, il est simultanément menacé par des barbares surexcités qui entendent prendre le pouvoir et massacrer les Atlantes. Ces barbares finissent par vaincre mais détruisent les barrages qui protègent des flots la cité sous-marine d’inspiration platonicienne qui est alors engloutie par l’océan. Mais les Atlantes et leur Basileus peuvent quitter la Terre à temps à bord de centaines de fusées pour se donner un avenir sur une autre planète.

Faye était ensuite fasciné par les avions que Jacobs avait dessinés pour sa trilogie de la série „Black et Mortimer“, intitulée Le secret de l’Espadon, notamment „l’aile rouge“ du Colonel Olrik, incarnation du mal, et l’Espadon de ses adversaires anglais. Cet appareil a très nettement inspiré Faye quand il imaginait ses propres chasseurs „Squalines“, fers de lance des forces aériennes de la „Fédération“. On peut également ajouter que Faye a lu, avec beaucoup d’attention, les deux albums de „Tintin et Milou“, où Tintin s’embarque pour la lune avec le Capitaine Haddock dans une fusée qui ressemble aux V2 allemands de la seconde guerre mondiale. Les armes à ultra-sons inventées par le Professeur Tryphon Tournesol dans L’Affaire Tournesol l’intéressaient beaucoup, elles aussi.

6151weT+qiL.jpgLa fascination de Faye pour les technologies futuristes, pour l’exploration spatiale et les armes biologiques découle certainement d’une connaissance profonde des „romans graphiques“ belges de Franquin, Jacobs et Hergé. Dans la mouvance en France, il n’était d’ailleurs pas le seul dans ce cas: le musicien et dessinateur Jack Marchal, qui avait inventé le petit peuple des rats noirs néofascistes, avait à l’évidence puisé son inspiration chez le dessinateur wallon Raymond Macherot qui, lui aussi, avait créé un peuple de méchants rats vivant dans les égouts d’une ville imaginaire et en sortaient pour commettre mille méfaits. Ensuite son ami le peintre Olivier Carré et son camarade de combat (du moins au début de sa carrière) Grégory Pons étaient également „tintinophiles“, tout comme l’avocat genevois Pascal Junod (toujours très actif en Suisse romande) et moi-même. Cette influence de la bande dessinée belge ne se perçoit quasiment pas dans les milieux politiques germanophones. Je pense en outre qu’il aurait trouvé cela fantastique si des dessinateurs avaient utilisé les thèmes de son oeuvre métapolitique pour lancer de nouvelles séries de BD sur le marché !

Je serai direct: combien de science-fiction y a-t-il dans „Une journée dans la vie de Dimitri Leonidovitch Oblomov“ et dans les autres courtes nouvelles de Faye? Il affirme cependant qu’il s’agit d’une vision d’avenir très réaliste…

Oui, de fait, Faye rêvait d’un partenariat euro-russe où les distances immenses entre la Bretagne  -qu’il aimait parce que son meilleur ami, le nationaliste culturel breton Yann-Ber Tillenon lui avait communiqué le sens de la „bretonnitude“ tout en demeurant son plus fidèle soutien-   et la Sibérie orientale, plus exactement le Kamtchatka, auraient été surmontées par des moyens de communication hyperrapides. Dans sa courte nouvelle, une telle „Fédération“ euro-russe ou euro-sibérienne est devenue réalité. Et, comme je viens de le dire, l’élite de cette „Fédération“ est marquée et formée par une praxis hypertechnicisée et futuriste tandis que les masses populaires vivent à un rythme agraire et conservent, de manière vivante et créative, leurs vieilles racines culturelles celtiques, germaniques ou slaves. Faye réconcilie, dans cette nouvelle, les deux pôles, en apparence foncièrement différents, qui s’opposent au sein des mouvances conservatrices-révolutionnaires voire nationales-révolutionnaires et qui existaient déjà au temps de Weimar: le monde du „Travailleur“ d’Ernst Jünger et l’anti-technicisme de son frère Friedrich-Georg.  

En publiant L’archéofuturisme, Faye opère son retour dans la mouvance néodroitiste en 1998, après avoir passé de nombreuses années dans une sphère apolitique, où il a été animateur de radio et avait tourné le dos à la (méta)politique. Juste avant cette parenthèse, il s’était détaché de la „Nouvelle Droite“ d’Alain de Benoist ou, plutôt, en fut expulsé de manière particulièrement inélégante. Vous avez subi un sort analogue. Aviez-vous des contacts à cette époque? Comment, à votre avis, faudrait-il interpréter le retour de Faye, avec, pour arrière-plan, cette utopie archéofuturiste? Comment caractériser Faye à ce moment-là de son existence?

Le processus de rupture avec Benoist a duré environ huit mois, entre l’été 1986 et mars 1987, avant de devenir définitif. L’université d’été du G.R.E.C.E. de 1986 avait été un fiasco total. Faye a ensuite exprimé ses griefs à l’occasion du colloque annuel de l’association en novembre 1986. En mai 1987, il publie sa lettre d’adieu, rédigée en des termes courtois et modérés. Je l’ai traduite en allemand pour le bulletin de la D.E.S.G. (Deutsch-Europäische Studien-Gesellschaft), qui paraissait à Hambourg. A cette époque-là, grâce au soutien de Jean van der Taelen et de Guibert de Villenfagne de Sorinnes, j’étais parfaitement indépendant de la clique parisienne rassemblée autour de Benoist. Jean-Marie Simar, un ami de Liège, avait édité trois brochures de Faye avec de très modestes moyens: Europe et modernité (à coup sûr, l’essai le plus profond que Faye ait jamais écrit), Petit lexique du partisan européen (la première mouture de Pourquoi nous combattons ?) et L’Occident comme déclin (autre essai magistral qui, hélas, n’a jamais été traduit, pas même en anglais).

index.jpgAprès la rupture entre Faye et Benoist, je n’ai évidemment pas eu les réflexes imbéciles de la secte, en excommuniant à mon tour mon vieux camarade Guillaume Faye. Nous nous sommes vus en août 1987 en Suisse, où Pascal Junod, qui n’était pas encore un avocat renommé, avait organisé une fête paneuropéenne. Faye y a distribué sa lettre d’adieu et y a rencontré un bon paquet d’amis venus des quatre coins de la France et d’ailleurs. J’ai profité de l’occasion pour l’inviter en septembre à Bruxelles, dans les salons de l’Hôtel Métropole (aujourd’hui fermé pour cause de faillite suite au confinement de ce printemps 2020), afin qu’il puisse y présenter un livre et un thème, La soft-idéologie, qu’il avait travaillé et rédigé avec le grand analyste et stratégiste français des médias et des guerres de quatrième dimension, François-Bernard Huyghe. Faye, à l’époque, avait des contacts avec les cercles académiques les plus prestigieux. Sa conférence à Bruxelles sur la soft-idéologie fut la dernière qu’il fit à une tribune de la mouvance dite de „nouvelle droite“. Ensuite, pour moi, il a disparu, sans traces et sans donner signe de vie, dans le labyrinthe des médias alternatifs, polissons mais toutefois notoirement connus sur la place de Paris, où il joua, entre autres facéties, le rôle de Skyman, une sorte de superman vengeur des opprimés, capable d’organiser les plus désopilants des canulars.     

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Son retour, dans un premier temps, a été discret mais, selon sa bonne habitude, percutant. Il accorda un entretien à la rédaction d’une jeune revue à l’époque, Réfléchir & Agir (que l’on trouve dans tous les kiosques de France aujourd’hui). Le thème principal qu’il aborda dans cet entretien était les courants musicaux de l’époque qui auraient pu provoquer un effet de rupture salutaire dans la société et l’espace politique, du moins s’ils étaient impulsés dans la bonne direction par une élite porteuse d’une véritable Weltanschauung alternative. De cette manière, un monde alternatif aurait pu émerger. Un ami commun, qui militait pour diffuser Réfléchir & Agir, nous organisa une rencontre à Bruxelles, parce que Faye souhaitait me revoir avant de réapparaître pour de bon dans la mouvance. Un beau jour du printemps 1998, Faye sonna à la porte de ma maison. Il avait certes pris un coup de vieux car la vie dans le petit monde du „Showbiz“ n’est bien sûr ni paisible ni sobre. Cela avait laissé des traces. Mais nous avons entamé la conversation comme si la dernière réunion de son département „Etudes & Recherches“ avait eu lieu une semaine auparavant. Il était resté joyeux, espiègle et polisson, son rayonnement intellectuel était intact. Il nous expliqua ce que signifiait son concept d’archéofuturisme et annonça à tous les amis présents la parution imminente de son livre sur le sujet. Quelques membres de la section hambourgeoise de „Synergon“ étaient présents, de même que le Dr. Tomislav Sunic. Ce fut l’une des journées les plus inoubliables de mon existence !

Le terme central: „Fédération euro-sibérienne“: Faye, en fait, prend une position dans sa nouvelle, qui s’oppose à la conception que se fait Douguine de l’Eurasie. Faye plaide pour une „Euro-Sibérie“ qui ne comprend que la partie européenne de la Russie. Comment jugez-vous cette position aujourd’hui, en tenant compte de l’arrière-plan des querelles qui se sont faites jour dans les rangs de la nouvelle droite française?

Je pense qu’il ne faudrait pas prendre trop au sérieux les différences perceptibles dans les emplois des termes „Eurasie“ et „Euro-Sibérie“. Certes, Douguine est politiquement plus conséquent car il est derechef ancré dans les réalités de l’histoire russe, ce qui l’oblige à tenir compte des anciennes frontières de l’URSS défunte, où Staline a été, volens nolens, un successeur de Catherine II, la « rassembleuse des terres ». Douguine n’escamote pas de manière simpliste l’histoire de l’Union Soviétique. Faye, en fait, développe et élargit une perspective que l’on trouve tout à la fois chez De Gaulle et chez Thiriart: il espère ainsi faire émerger un „grand-espace continental“ qui serait suffisamment autarcique pour pouvoir résister aux entreprises malveillantes d’autres grands espaces impériaux. Faye est ici disciple de Friedrich List et de François Perroux, lequel avait esquissé des plans pour donner de la cohérence au continent latino-américain afin qu’il puisse s’affirmer contre les menées impérialistes de Washington. Pour Faye, pour Thiriart ou pour Perroux, les Etats, petits et moyens, de l’Europe sont trop exigus et l’Europe seule, sans la Russie-Sibérie, n’est pas suffisamment autarcique pour simplement survivre sur le long terme. La Russie, de son côté, est trop peu densément peuplée pour avoir un poids démographique suffisant, face à des adversaires potentiels.

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Le débat Faye/Toulaev à Moscou.

A Moscou et à Termonde (Dendermonde, Flandre orientale, une petite ville à proximité de Bruxelles), Faye a mené des débats intéressants avec un idéologue national russe, hispaniste et historien de l’art: Pavel Toulaev. Ce dernier critiquait le concept d’Euro-Sibérie dans la mesure où la Sibérie n’a jamais été un sujet de l’histoire et que, dans l’espace sibérien, seule la Russie l’a été et l’est restée, puisque l’empire mongol de Gengis Khan et de ses successeurs a définitivement disparu. C’est la raison pour laquelle Toulaev et l’activiste flamand russophone Kris Roman parlent plutôt d’Euro-Russie. On voit ici qu’il y a une différence notable entre cette perspective euro-russe, qui table sur des peuples de souche purement européenne, et la perspective „touranienne“ que Douguine a faite sienne, suite à d’autres eurasistes du 20ème siècle russe, qu’ils aient été « blancs » ou « rouges ». Quoi qu’il en soit, Faye a toujours été partisan d’une alliance euro-soviétique ou euro-russe, comme l’attestent ses très nombreux articles, parus sur son site, sur celui de Thomas Ferrier ( http://thomasferrier.hautetfort.com ) ou sur mon blog http://euro-synergies.hautetfort.com.

unnamed.jpgIl était, sur ce plan, sur la même longueur d’onde qu’Yvan Blot, un très ancien animateur de la nouvelle droite qui avait aussi rompu avec l’inénarrable de Benoist et qui est, hélas, décédé quelques mois avant Guillaume Faye, laissant un vide énorme dans la mouvance, qui n’est guère perçu dans l’espace germanophone, alors que Blot parlait parfaitement l’allemand. Il n’y a guère de querelles sur ce sujet dans les rangs de la nouvelle droite française actuelle: la plupart des activistes et sympathisants sont plutôt pro-russes, y compris bon nombre de catholiques de la vieille droite, bien que quelques-uns, et non des moindres, soutiennent l’ultra-droite ukrainienne (PS d’août 2020: les événements tout récents de Biélorussie modifieront sans doute quelque peu la donne, wait and see).  

Les Etats-Unis, dans sa nouvelle, connaissent un sort peu enviable, celui d’une implosion. Or Faye, à la fin de sa carrière, a pris parti pour Israël et a défendu une vision très négative de l’islam, qui correspond à celle des néoconservateurs américains, théoriciens du „Contre-Djihad“. Comment expliquez-vous cette mutation dans son discours? Est-ce une posture à prendre au sérieux?

De concert avec d’autres observateurs de la société américaine de ses dernières décennies, comme, par exemple, James Howard Kunstler ou Dmitry Orlov, Faye était convaincu que la trépidance qui sous-tend le dynamisme erratique de la société américaine ne pouvait se maintenir sur le long terme. En plus, pensait-il, les Etats-Unis sont marqués par une idéologie libérale incapacitante, un biblisme irréaliste et anti-scientifique et un moralisme agressif. Ces idéologèmes ne peuvent constituer de véritables fondements politiques, au sens où Carl Schmitt et Julien Freund entendaient et définissaient „le politique“. Sans fondements véritablement politiques, un Empire ne peut durer. Il est alors condamné à entrer en décadence. Dès lors, quand a émergé un gigantesque empire, fictif mais peut-être réel demain, comme la „Fédération“, les Etats-Unis se sont automatiquement ratatinés sur le plan de la puissance parce que, contrairement à la figure mythologique grecque d’Antaios, ils ne puisent pas leur force dans un terreau culturel „tellurique“, en entrant à intervalles réguliers en contact avec la Terre, ne se revigorent pas au contact d’un sol à eux. L’avenir appartient à des empires liés à leurs propres sols, qui construisent leur avenir à partir des forces vives de leur „arkhè“. La „Fédération“ euro-russe, tout comme la Chine ou l’Inde, est un empire de ce type, ancré sur son propre sol. La jeune femme indienne, qui voyage en compagnie d’Oblomov dans la nouvelle de Faye, appartient, elle aussi, à un empire ancré dans ses fondements védiques, comme elle le dit d’ailleurs dans la conversation qu’elle a engagée avec le haut fonctionnaire russe de la „Fédération“. Elle voyage en direction d’un autre empire traditionnel, la Chine, dont elle étudiera les fondements traditionnels sans s’y immiscer.

Couv-elements-53.jpgFaye a été dans les années 80, le fougueux avocat d’une coopération euro-arabe anti-impérialiste. Un colloque euro-arabe, visant un tel objectif, a eu lieu à l’université de Mons en Hainaut en 1985, auquel deux Allemands de la mouvance nationale-révolutionnaire, autour de la revue Wir Selbst,  ont participé: Siegfried Bublies et Karl Höffkes (et, moi, j’étais leur interprète). C’était au temps où le monde arabe était dominé par le nationalisme militaire (Algérie), par le laïcisme, le nassérisme, le baathisme ou l’idéal de la „troisième théorie universelle“ de Khadafi. Depuis lors, la donne a considérablement changé. Les réseaux salafistes et wahhabites saoudiens ont oblitéré toute la scène politico-religieuse arabe. Or le salafisme, le frèrisme et le wahhabisme sont des instruments de l’impérialisme américain tout comme le sionisme. Le salafisme a ébranlé durablement l’Algérie et, plus tard, a déstabilisé l’Egypte et meurtri la Syrie, qui se trouve aujourd’hui dans un bien triste état. Chacun sait aujourd’hui que Brzezinski a soutenu les moudjahiddins afghans et leur a fourni des missiles Stinger, tout en recrutant Ben Laden comme mercenaire saoudien pour combattre les Soviétiques dans les montagnes de l’Hindou Kouch. La situation n’est plus aussi simple, aussi gérable, que dans les années 1980.

Entre 2000 et 2004, Faye s’était lié d’amitié avec le géopolitologue Alexandre Del Valle, qui s’était posé comme l’avocat d’une orientation pro-sioniste. La plupart des observateurs de la mouvance nationale-révolutionnaire et néodroitiste en ont conclu que Faye avait opté pour un pro-sionisme radical. Ce qui est plus patent, ce qu’il serait plus pertinent de dire, c’est qu’il a réagi de manière trop émotionnelle et trop passionnelle, notamment dans son livre La nouvelle question juive parce qu’il en avait marre, plus que marre, d’entendre pérorer un certain Arnaud Guyot-Jeannin, satellite de l’inénarrable de Benoist, qui, avec une jactance aussi débile qu’insupportable, tentait de nous vendre un islamisme superficiel, caricatural et schématique. Les thèses de Del Valle se sont étoffées aujourd’hui et sont présentes dans bien des débats en France et en Italie. Dans son dernier livre, Le projet, il met l’accent sur le rôle des Frères musulmans dans l’émergence d’un indescriptible chaos au sein du monde arabe : la thèse est évidemment pertinente, on ne peut le nier. Del Valle avait commencé sa carrière, vers 1999, en dénonçant très clairement, et à très juste titre, l’alliance secrète entre les fondamentalistes islamistes et les faucons néoconservateurs américains. Sur ce plan, on ne peut pas dire qu’il s’est trompé. Son analyse de la situation en Syrie est également correcte. Mais, ce qu’il ne veut pas dire (ou ne peut pas dire), c’est que le sionisme est aussi un instrument de l’impérialisme américain. Les baathistes de Syrie, les Russes, les Chinois et les Chiites d’Iran ou du Liban forment ensemble, eux aussi, une alliance „contre-djihadiste“. Sans les salafistes, les wahhabites et les sionistes.

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Alain de Benoist s’est exprimé de manière très négative dans la recension qu’il a consacrée au livre de Faye L’archéofuturisme. De Benoist écrivait en conclusion: „Faye esquisse un univers fictif dans lequel je ne voudrais pas vivre“. Puis-je vous demander, tout en restant neutre et objectif, ce qui distingue Faye, le penseur et le provocateur, de ses anciens compagnons du G.R.E.C.E et ce qui rend la lecture de ses textes particulièrement intéressante?

Benoist ne s’intéresse pas du tout à la géopolitique, aux communications (terrestres et aériennes) ou aux hautes technologies (il est tenaillé par un affect anti-techniciste finalement très puéril). Ces désintérêts pour les thèmes concrets expliquent sa réaction négative, outre la haine viscérale qu’il portait à Faye. La vie idéale, pour le bonhomme de Benoist, se déroulerait dans des espaces intérieurs étroits et confinés, bourrés de bouquins et noyés dans un âcre brouillard de fumée de cigarettes, où erreraient aussi quelques chats discrets et fantomatiques qui compisseraient allègrement tapis et fauteuils (j’en ai fait la malodorante expérience dans un certain appartement sis dans une impasse parisienne à proximité du cimetière du Père Lachaise). Bien sûr, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je n’ai rien contre les chats (à condition qu’ils puissent grimper aux arbres avant de venir ronronner près de mon poêle à bois). Je trouve que les chats sont des animaux formidables. Mais, je vous l’avoue, je préfère me promener dans la forêt avec un chien.

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Une planche "publicitaire' dans la BD de Faye, intitulée "Avant-Guerre": la fascination pour les grands projets ferroviaires transparait ici nettement !

Mais, trêve de plaisanterie, je vais, comme vous, essayer d’être neutre et objectif: des centaines de gens ont été actifs dans les cercles et unités régionales du G.R.E.C.E. Chacune de ces femmes et chacun de ces hommes avaient derrière lui un itinéraire personnel, un vécu spécifique, un bagage intellectuel précis, des engouements particuliers voire des dadas agaçants. Beaucoup appréciaient Faye comme homme et, après qu’il eut quitté l’association, beaucoup la quittèrent aussi, remplacés notamment par de très jeunes éléments qui ont gobé tous les ragots vomis par le pontife Benoist. En gros, nous pourrions dire que Faye, comme il l’écrit du reste dans L’archéofuturisme, moquait copieusement le paganisme naïf et rejetaient les dadas (droitiers) sempiternellement répétés. Ceux qui ne pratiquaient pas ce paganisme de pacotille, ceux qui ne cultivaient ni dadas ni obsessions incapacitantes (ce terme est de Faye!) étaient ses camarades. Il faut répéter ici, pour dissiper les méchants ragots, que Faye était un personnage affable, toujours à l’écoute d’autrui pourvu que cet autrui racontait des choses pertinentes, lui faisait découvrir de nouveaux territoires intellectuels ou culturels; il n’aimait pas les polémiques personnelles. Moi, que voulez-vous, je suis un vieux Bruxellois, moqueur et sarcastique, cru et caustique, et je ne peux m’empêcher de me foutre de parigots arrogants et prétentieux qui dissimulent mal leur vide intellectuel derrière leurs vilaines grimaces. C’est ainsi et je paraphraserais volontiers Luther en disant: „Me voici, je ne peux autrement“ (Hier bin ich, ich kann nicht anders).

Guillaume Faye est mort en mars 2019. Vous l’aviez connu pendant des décennies. Quel type d’homme était-il? Quels livres lisait-il en privé? Quelles anecdotes pouvez-vous nous rappeler?  

91dD1-WQymL.jpgJ’ai connu Faye au début de l’année 1976 (ou fin 1975), une journée où il faisait très froid et où il prononçait une conférence à Lille sur l’indépendance énergétique de l’Europe (toujours des thèmes concrets !). Comme je viens de le dire, il était un homme très aimable, amical, toujours bienveillant, jamais agressif. Quand quelqu’un venait à lui en lui faisant entrevoir des perspectives nouvelles, il l’écoutait toujours attentivement (ce fut mon cas, alors que j’étais encore un gamin). Faye avait étudié dans un collège des Jésuites à Angoulême, où il avait reçu une solide formation classique, gréco-latine. De fait, sa culture antique était époustouflante. Il avait lu tout Platon et tout Aristote, avait intériorisé leur savoir et leur sagesse. Plus tard, quand il est venu à Paris pour étudier et qu’il s’est rapproché des cercles premiers de la „nouvelle droite“ dans la capitale française, c’est-à-dire les Cercles Vilfredo Pareto et Oswald Spengler, il s’est mis à lire Jouvenel, Freund, Schmitt et Raymond Ruyer. Plus tard, il découvrit les premiers livres, fondamentaux, de Michel Maffesoli. Ses axes de recherche étaient essentiellement politiques, au sens du politique tel que défini par Aristote, Schmitt et Freund, du politique au sens le plus noble du terme.

Quant aux anecdotes, il y en aurait des centaines à raconter ! Je n’en évoquerai qu’une. Immédiatement après son retour, lors de l’université d’été de Synergies Européennes 1998 qui se déroulait dans le Trentin, Faye est arrivé avec un léger retard à un séminaire sur l’oeuvre de Bertrand de Jouvenel. Le jeune conférencier expliquait très en détails tous les aspects que pouvaient revêtir les concepts forgés jadis par Bertrand de Jouvenel dans ses nombreux ouvrages. C’était complexe et assez fastidieux. Tout d’un coup, Faye a dit: „Minute, j’ai assisté jadis aux cours de Jouvenel en 1967. C’est ainsi qu’il expliquait ces notions…“. Et Faye commença à répéter magistralement les leçons de Jouvenel, comme s’il les avait entendues la veille. Il faut aussi ajouter qu’il avait la faculté de pratiquer ce que l’on appelle désormais „l’art de la mémoire“, soit une méthode que l’on a utilisée en Europe jusqu’au 18ème siècle, pour retenir les lignes d’un discours à prononcer. Comme les orateurs de jadis, Faye griffonnait quelques mots-clefs et quelques flèches sur des bouts de papier minuscules, concevait ainsi ce que les anciens nommaient un „chemin“, ce qui lui permettait, comme eux, de tenir un discours continu pendant deux heures ou plus. Je l’ai vu faire à Bruxelles, le jour où il a présenté son livre prophétique La convergence des catastrophes. Le tout tenait sur le côté pile d‘un sous-bock, le verso étant une réclame pour une cervoise quelconque. J’ai été posément étonné et ai admiré d’autant plus son savoir-faire.

Et pour terminer, cher Monsieur Steuckers, quels projets comptez-vous poursuivre, quelles idées entendez-vous défendre dans un avenir proche?

D’abord, il faut tenir. Je veux maintenir intact le rythme avec lequel je travaille aujourd’hui en gérant les sites et les comptes à mon nom ou à celui de Synergies européennes. Ensuite je souhaite publier et compléter mes archives et les éditer sous forme de livres, avec le concours de mes éditeurs. Ce sera beaucoup de travail. Enfin, je souhaite sillonner l’Europe (mais pas trop!) pour rencontrer ceux et celles qui travaillent avec assiduité pour faire triompher la même Weltanschauung.

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Pour commander la traduction allemande de la nouvelle de Faye: https://www.jungeuropa.de/buecherschrank/192/ein-tag-im-leben-des-dimitri-leonidowitsch-oblomow?c=37

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Pour commander "Guillaume Faye, cet esprit-fusée" auprès des éditions du Lore: http://www.ladiffusiondulore.fr/home/765-guillaume-faye-cet-esprit-fusee-hommages-verites.html

jeudi, 30 juillet 2020

Robert Steuckers: »Faye hat die Gebrüder Jünger versöhnt«

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Robert Steuckers: »Faye hat die Gebrüder Jünger versöhnt«

Ex: https://podcast.jungeuropa.de

Mit Guillaume Fayes Novelle Ein Tag im Leben des Dimitri Leonidowitsch Oblomow haben wir die erste, dezidiert rechte Science-Fiction-Erzählung in deutscher Sprache publiziert. Martin Lichtmesz, der das Buch aus dem Französischen übersetzte, nennt sie eine von »schwarzem Humor durchzogene Erzählung von erheblichem Reiz«. Um mehr über diese einzigartige Novelle, ihre Entstehungsgeschichte sowie ihren streitbaren und durchaus sonderbaren Autor zu erfahren, haben wir mit dem belgischen Publizisten Robert Steuckers gesprochen, der Faye mehrere Jahrzehnte kannte und sein politisches Werk stets genau beobachtet hat.

ein_tag_im_leben_des.jpgSehr geehrter Herr Steuckers, ein Belgier und ein Deutscher führen ein Interview in deutscher Sprache, ganz ohne Übersetzer. Wenn ich richtig liege, hätte ich Ihnen meine Fragen jedoch auch auf Spanisch, Französisch oder Englisch stellen können. Wie kommen Sie zu diesem beeindruckenden europäischen Sprachschatz?

Das ist eigentlich nicht erstaunlich, hierzulande bin ich nicht der Einzige. Professor David Engels schreibt ebenfalls sowohl auf Französisch als auch auf Deutsch. Gewiss, weil er aus Eupen (nahe dem Dreiländereck) stammt. Einer meiner Kollegen, der Journalist Lionel Baland aus Lüttich, der sich auf nonkonforme populistische Parteien und Verbände spezialisiert hat, arbeitet auch mit vier Sprachen (Französisch, Deutsch, Niederländisch und Englisch). Dr. Frank Judo, ein guter Bekannter, hat im Zuge eines Symposiums in der Bibliothek des Konservatismus das Wort auf Deutsch ergriffen. Es gibt zahlreiche weitere Beispiele. In meinem Freundeskreis in Löwen ist die deutsche Sprache sehr oft in Gebrauch und alle Mitglieder sind sogar dazu angehalten, sie gut zu beherrschen, um beitreten zu dürfen. Ich bin ja auch Diplom-Übersetzer. Man könnte also sagen, dass uns nur zwei Lautverschiebungen trennen. Außerdem habe ich noch Latein studiert. So sind die romanischen Sprachen einfach zu lernen und zu beherrschen. Dazu kommt, dass meine Frau in Madrid (am Fuß der Hügel, an denen sich der Königliche Palast befindet) geboren wurde. Das ist natürlich auch hilfreich.  

Ihren vielfältigen publizistischen und politischen Tätigkeiten zum Trotz soll es heute nicht um Sie gehen. Wir wollen über Guillaume Faye sprechen – genauer gesagt über seine Novelle Ein Tag im Leben des Dimitri Leonidowitsch Oblomow, die kürzlich bei uns erschienen ist. Auf Twitter haben Sie die deutsche Erstveröffentlichung sehr wohlwollend, regelrecht euphorisch kommentiert. Verraten Sie uns, wieso?

Fayes große Hoffnung war es, dass seine Texte einmal in die deutsche Sprache übersetzt werden. Sie sind also diejenigen, die post mortem diesen allertiefsten Wunsch erfüllt haben. Mit dieser Euphorie – wie Sie es nennen – habe ich im Grunde die Freude, die er bei Erscheinen dieses Buches auf Deutsch nach so langer Zeit empfunden hätte, stellvertretend zum Ausdruck gebracht. Der Verleger Wigbert Grabert hat in der Vergangenheit einige Texte von Faye übersetzen lassen, doch leider nicht seine so wichtigen Werke über Wirtschaft, Sexualität, Konsumgesellschaft, Moderne, die wirklich als Pionierarbeit innerhalb unserer Kreise bezeichnet werden müssen. Faye versuchte in den 1980er Jahren sehr aktiv in avantgardistischen Kreisen mitzuwirken.

Kürzlich habe ich auf Facebook eine kurze Erwähnung seiner Pariser »Avant-Guerre«-Abende gefunden. Pierre Robin, ein Kumpan von damals, ist der Autor. Robin beschreibt sehr genau, was eigentlich in Fayes Kopf konzipiert wurde. So schreibt er treffend, dass Faye überhaupt nicht von der »New Wave«-Mode oder deren Musik fasziniert war, doch er wusste sehr wohl, dass ohne ein »Update« der eigenen Ausdrucksformen keine neue Politik zu machen war. Faye habe es, so schreibt es Robin in seinen Erinnerungen, für unmöglich gehalten, die klassische griechisch-aristotelische oder eben die dionysische Weltanschauung wieder lebendig zu machen; vor allem nicht mit einer bloßen »schulmeisterlichen« Lobpreisung des gymnasialen, bürgerlichen Humanismus. Deshalb hat Faye stets nach anderen Werkzeugen gesucht, um der modernen Misere zu entkommen.  

imagesGFAF.jpgEs ist kein Geheimnis, dass die Novelle eigentlich »nur« ein literarischer Anhang zu Fayes umfassendem Buch L’Archéofuturisme ist, in dem er seine Ideen einer zukünftigen Welt nach der »Großen Katastrophe« beschreibt und ausführt. Können Sie umreißen, was Faye unter dem Begriff »Archäofuturismus« versteht und was seinen ideologischen Kern ausmacht?

Die Novelle macht eigentlich schon sehr gut deutlich, was er damit meint. Die Staatselite bzw. die Elite des Imperiums, die vielseitig gebildeten Köpfe der Föderation und letztendlich auch die Armeen sind futuristisch geprägt, verwenden hypermoderne Technologien und benutzen sie als Werkzeuge einer scheinbar unzerstörbaren geopolitischen Macht. Der Rest der Bevölkerung ist derweil wieder erdgebunden, agrarisch geprägt und entwickelt eine ewig bleibende, gewissermaßen auch »völkische« Kultur. Archäofuturismus bedeutet sozusagen ein archaisch-agrarisch-ökologisches Leben für das breite Volk und ein hypertechnisches und futuristisches für die ausgewählte Elite.

Faye war seinerzeit stark an Eisenbahn-Projekten interessiert, insbesondere an der Transsibirischen Baikal-Amur-Eisenbahn, der damaligen deutschen Breitspurbahn, dem gaullistischen Aérotrain und ähnlichen japanischen Projekten usw. Deshalb verbringt Oblomow seinen Tag in einem überwiegend unterirdisch fahrenden Zug. Hauptaufgabe des staatlichen Wesens war es für Faye, superschnelle Kommunikationen zu ermöglichen, genauso wie das Römische Reich straßengebunden und straßenabhängig war. Mein Sohn und ich waren eines Tages erstaunt, als wir beide feststellten, dass Faye eifrig Magazine über allerlei neue Technologien, auch Biotechnologien, las, wie Science et AvenirScience & Vie usw. Auch wenn Besserwisser eine solche Beschäftigung als skurril erachten mögen, verschafft es nichtsdestoweniger Geisteswissenschaftlern eine nötige mentale Hygiene, sich oberflächlich mit den Revolutionen in den Naturwissenschaften und Hochtechnologien (wie etwa Nanotechnologie) auseinanderzusetzen.  

Wieso hat Faye sich entschieden, seinem Buch noch eine Novelle, also ein literarisches Werk, anzuhängen? Um den Stoff zu verdichten? Oder steckt mehr dahinter – etwa Fayes Begeisterung für die Literatur? 

Faye war, genauso wie Jean Thiriart, nicht wirklich an reiner Literatur interessiert. Er las querbeet Soziologie (Maffesoli, Lipovetsky), Philosophie (Heidegger), Politikwissenschaft (Freund), Volkswirtschaft (List, Perroux, Grjebine), Geschichte und Geographie. Eine Ausnahme bei diesen beiden nonkonformen Autoren war sicherlich Louis-Ferdinand Céline, den sie beide sehr schätzten. Ziel dieser kleinen, aber gut abgerundeten Novelle war es, seine Leser für den Doppelaspekt zu begeistern, den der von ihm konzipierte Archäofuturismus in sich trägt, nämlich die Notwendigkeit, zu gleicher Zeit hypertechnisch und archaisch-organisch zu denken. Er bedauerte, dass neurechte Kreise solche Themen nie erwähnten oder sogar ablehnten. Diese negative Haltung den Hochtechnologien oder den Biotechnologien gegenüber war für ihn Indiz einer unpolitischen, kontemplativen, musealen Anschauung, was er auch sehr deutlich und umfangreich im Kern seines Buches L’Archéofuturisme erklärt.

Er hat sich gewünscht, eine Science-Fiction-Welt zu schaffen, um die Literaten (so wie sich Thiriart spöttisch ausdrückte!) der Neuen Rechten dazu zu bewegen, sich endlich für zukunftsfähige Themen zu interessieren. Das gilt natürlich auch für Biotechnologien, was übrigens sein langjähriger italienischer Freund und Jurist Stefano Sutti Vaj als Thema für eines seiner Bücher gewählt hat. Der Futurismus Fayes muss zusammen mit dem »Biotechnologismus« Suttis gedacht werden. Aber beide Annäherungen sind leider innerhalb der neurechten Kreise unbeachtet geblieben.       

61ZV+xJIBqL.jpgFür seine literarische Begeisterung spricht auch die Ausgestaltung des »Nachfolgebuches« L’Archéofuturisme V2.0: Nouvelles Cataclysmiques, ein ausschließlich aus Kurzgeschichten bestehender Band, der den Archäofuturismus erneut in den Fokus rückt. Doch schon 1985 beteiligte sich Faye als Autor an dem Comic-Band Avant-Guerre, in dem viele Motive seiner späteren Novellen, etwa die »Eurosibirische Föderation«, angelegt sind. Hat Faye gewissermaßen eine große Geschichte, eine eigene Welt, erfunden, die er über Jahre ausgestaltete und fortführte?

Ja, das stimmt. Schon immer hat er sich für Raumfahrt und für das europäische Ariane-Projekt interessiert. Diese Begeisterung war auch das Resultat einer kindlichen und jugendlichen Sympathie für belgische Comics oder, besser gesagt, für Graphic Novels, wie die Engländer heute sagen. Zwei Serien waren entscheidend für die lebenslange Neigung Fayes, wissenschaftlich-technologisch, also futuristisch, zu denken. Zu nennen wäre hier die Serie Spirou & Fantasio von Franquin, in der zwei Wissenschaftler konkurrieren: zum einen Zorglub, der erstaunliche fliegende Maschinen konzipiert, baut und dann hunderte Raketen zum Mond schickt, um Werbung für Coca-Cola zu machen; zum anderen Pacôme, Graf de Champignac, der Chemiker ist und verblüffende organische Waffen aus Pilzen entwickelt, wie etwa das »Metamol«, das alle Metalle weich und flüssig werden lässt. 

515ChugwT8L._AC_UL320_SR226,320_.jpgDas »Metamol« vernichtet eine südamerikanische Armee und chinesische Panzer, Zorglubs Stützpunkt im Dschungel Amazoniens wird mit Handgranaten zerstört, die ein allesfressendes Pilzextrakt enthalten, womit alle menschlichen Konstruktionen buchstäblich aufgelöst werden. Weiter in der Reihe Blake und Mortimer von Edgard P. Jacobs, findet man eine graphische Novelle, in der sich ein Atlantis-Reich unterseeisch in der Mitte des Atlantischen Ozeans direkt unter den Azoren befindet. Dieses unterseeische Reich wird von einem alten ehrwürdigen Basileus sanft geleitet, aber zur gleichen Zeit von aufgehetzten Barbaren bedroht. Die Barbaren siegen und zerstören die schützenden Deiche, wobei die musterhafte Polis platonischer Prägung überflutet wird. Aber die Atlanten und ihr Führer Basileus können rechtzeitig unsere Erde an Bord von hunderten Raumschiffen verlassen, um eine Zukunft auf einem anderen Planeten zu schaffen.

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Zudem war Faye auch von Jacobs gezeichneten Flugzeugen fasziniert, die in der Black und Mortimer-Trilogie Le Secret de l’Espadon erschienen, etwa die »Rote Flügel« vom bösartigen Colonel Olrik und der »Espadon« von seinem englischen Gegner. Letzteres ist deutlich die Inspirationsquelle für Fayes »Squaline«-Jets. Überdies hat er auch mit großer Aufmerksamkeit die zwei graphischen Novellen aus der Reihe Tim und Struppi verfolgt, in denen Tim und Kapitän Haddock in einer V2-ähnlichen Rakete zum Mond fliegen. Auch die Ultraschall-Waffen von Professor Baldwin Bienlein (Tryphon Tournesol auf Französisch) im Album Der Fall Bienlein interessierten ihn. Und so weiter, und so fort. 

9782266030892_1_75_1.JPGDie Faszination Fayes für futuristische Technologien, für Raumfahrt und Biowaffen entstammt sicherlich seiner tiefen Kenntnis der belgischen graphischen Novellen von Franquin, Jacobs und Hergé. Er war in der französischen Szene nicht allein: Der Musiker und Zeichner Jack Marchal, der das Völkchen der schwarzen neofaschistischen Ratten erfunden hat (man denke an das GUD-Symbol!), ließ sich eindeutig und bewusst von den bösen Ratten des wallonischen Zeichners Raymond Macherot inspirieren. Dann sein Freund, der Maler Olivier Carré, und dessen Bekannter Grégory Pons. Auch sie waren »Tintinophil« (= »Tim-Freaks«), so wie noch heute der Genfer Anwalt Pascal Junod (hyperaktiv in der Schweiz) und ich selbst. Dieser Einfluss ist im deutschsprachigen Raum freilich nicht zu spüren. Ich glaube aber, er hätte es toll gefunden, hätten Zeichner seine Themen aufgegriffen, um neue Serien auf den Markt zu bringen.     

Hand aufs Herz: Wie viel Science-Fiction steckt in Ein Tag im Leben des Dimitri Leonidowitsch Oblomow und Fayes anderen Novellen? Der Autor behauptet jedenfalls, es handele sich um eine durchaus realistische Zukunftsvision…

Faye träumte von einer »eurorussischen« Partnerschaft, wobei die riesigen Entfernungen zwischen der Bretagne, die er abgöttisch liebte, weil sein bester Freund, der bretonische Kulturnationalist Yann-Ber Tillenon, ihm die bretonnitude beigebracht hatte und immer sein treuester Unterstützer geblieben ist, und Ostsibirien, etwa Kamtschatka, durch hyperschnelle Kommunikationsmittel überbrückt würden. In der kurzen Novelle ist eine solche »Föderation« Wirklichkeit geworden. Und wie ich bereits gesagt habe, ist die Elite hochtechnisiert und futuristisch geprägt, weil das Volk agrarisch wirkt und seine alten keltischen, germanischen oder slawischen Wurzeln lebendig bewahrt. Eigentlich versöhnt er hier zwei vollkommen unterschiedliche Orientierungen im konservativ-revolutionären bzw. national-revolutionären Lager, d. h. er löst den Widerspruch zwischen Ernst Jüngers Arbeiter-Welt und Friedrich Georg Jüngers Anti-Technizismus.  

Mit L’Archéofuturisme feierte Faye 1998 sein publizistisches Comeback, nachdem er viele Jahre als »unpolitischer« Radiomoderator arbeitete und der Politik gewissermaßen den Rücken gekehrt hatte. Zuvor hatte er sich von der Nouvelle Droite um Alain de Benoist gelöst bzw. wurde dort unsanft entfernt. Ihnen erging es ähnlich. Hatten Sie beide damals Kontakt? Wie ist das Comeback Fayes, vor allem vor dem Hintergrund einer solchen archäofuturistischen Utopie, einzuschätzen? Und wie würden Sie Faye zu dieser Zeit charakterisieren?

Acht Monate hat es ungefähr gedauert, zwischen Sommer 1986 und März 1987, bevor er sich definitiv von Alain de Benoist getrennt hatte. Die Sommer-Uni 1986 war diesbezüglich ein Fiasko. Seinen Unmut hatte er anlässlich des jährlichen Symposiums im November 1986 deutlich zum Ausdruck gebracht. Seinen öffentlichen Abschiedsbrief – in sehr versöhnlichen Tönen – veröffentlichte er im Mai 1987. Die deutsche Fassung davon habe ich selbst bearbeitet; sie ist in der Zeitschrift DESG-Inform aus Hamburg erschienen. Damals war ich dank der Unterstützung von Jean van der Taelen und Guibert de Villenfagne de Sorinnes Teil des Pariser Klübchens geworden. Jean-Marie Simar aus Lüttich hatte drei Broschüren von Faye mit sehr geringen Mitteln herausgegeben: Europe et Modernité (sicherlich der tiefschürfendste Essay, den er je verfasst hat), Petit Lexique du Partisan européen (erster Entwurf von Wofür wir kämpfen) und L’Occident comme déclin (ein ausgezeichneter Essay, der leider nie übersetzt worden ist, noch nicht mal auf Englisch).

Nach dem Bruch habe ich natürlich nicht sektiererisch meinen alten Freund Faye exkommunizieren wollen. Wir haben uns im August 1987 in der Schweiz getroffen, wo Pascal Junod, der noch kein Rechtsanwalt war, ein gesamteuropäisches Fest organisiert hatte. Faye verteilte dort seinen Abschiedsbrief und traf eine Menge Freunde, die aus allen Gegenden Frankreichs angereist waren. Ich nutzte die Gelegenheit, ihn im September nach Brüssel ins Métropole-Hotel einzuladen, um ein Buch (La soft-idéologie) und ein Thema vorzustellen, das er zusammen mit dem berühmten französischen Strategen und Medien-Analysten François-Bernard Huyghe geschrieben hatte. Faye pflegte damals Kontakte zu höchsten akademischen Kreisen. Sein Vortrag über die »Soft-Ideologie« war der letzte, den er vor neurechtem Publikum gehalten hatte. Danach ist er für mich spurlos im Labyrinth von alternativen Medien verschwunden.

index.jpgSein Comeback war diskret, aber, wie üblich, gekonnt umgesetzt. Er gab der Redaktion der damals jungen Zeitschrift Réfléchir & Agir (die man heute in allen Kiosken Frankreichs kaufen kann), ein Interview. Hauptthema des Gesprächs war eine Darstellung der neuen zeitgenössischen Musikströmungen, die einen durschlagenden Effekt auf Gesellschaft und Politik hätten, wenn sie zur gleichen Zeit auch in eine solche Richtung durch eine weltanschauliche Elite gelenkt würden. So könnte eine alternative Welt geschaffen werden.

Ein gemeinsamer Freund, der Réfléchir & Agir vertrieb, organisierte ein Treffen in Brüssel, weil Faye es wünschte, mich einmal wiederzusehen, bevor er in der Szene wieder öffentlich auftauchen konnte. Und eines Tages, im Frühling 1998, klingelte Faye an der Tür. Natürlich war er etwas älter geworden, da das Leben in der Welt des »Showbiz« nicht besonders ruhig und nüchtern verlief. Das hinterließ natürlich Spuren. Aber wir haben das Gespräch so angefangen, als ob die letzte Versammlung seiner »Etudes & Recherches«-Gruppe erst eine Woche vorher stattgefunden hätte. Er hatte noch immer ein frohes Gemüt und einen hellwachen Geist. Er legte seinen Begriff des Archäofuturismus dar und kündigte unserer Versammlung das Erscheinen seines Buches an. Einige Mitglieder der Hamburger »Synergon«-Sektion sowie Dr. Tomislav Sunic waren mit dabei. Ein unvergesslicher Tag. 

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Stichwort »Eurosibirische Föderation«: Faye nimmt in seiner Novelle eine Position ein, die dem »Eurasien-Konzept« Alexander Dugins entgegensteht – Er plädiert nämlich für ein »Eurosibirien«, das nur die »europäischen« Teile Russlands miteinbezieht. Wie bewerten Sie diese Position – auch vor dem Hintergrund der einstigen Streitigkeiten in der französischen Neuen Rechten zu dieser Frage – heute?

Tja, man sollte, glaube ich, die Differenzen zwischen »Eurasien« und »Eurosibirien« nicht allzu ernst nehmen. Dugin ist konsequenter, da er wirklich in der russischen Geschichte eingebettet ist. Dugin übergeht auch nicht einfach die Geschichte der Sowjetunion. Faye indes entwickelt eigentlich eine erweiterte gaullistische bzw. thiriartische Perspektive und hofft so einen interkontinentalen Großraum zu schaffen, der autark genug sein könnte, um Widerstand gegen andere imperiale Großräume leisten zu können. Faye ist hier ganz Schüler von Friedrich List und von François Perroux, der Pläne skizziert hatte, um dem lateinamerikanischen Kontinent eine großräumliche Kohärenz zu geben, damit er sich gegen den Imperialismus Washingtons behaupten könnte.

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Faye und Tulaev in Moskau.

Für Faye, Thiriart oder Perroux sind die einzelnen Staaten Europas zu klein und ist Gesamteuropa nicht autark genug, um langfristig zu überleben. Russland seinerseits ist zu dünn bevölkert, um demographisch genug Gewicht zu haben. In Moskau und in Dendermonde (eine flämische Stadt in der Nähe Brüssels) führte Faye interessante Gespräche mit dem »neurussischen« Ideologen, Hispanisten und Kunsthistoriker Pavel Tulaev. Tulaev erhob Kritik dem Begriff »Eurosibirien« gegenüber, aus dem Grund, dass Sibirien nie ein Subjekt der Geschichte gewesen war und dass im sibirischen Raum nur Russland Subjekt der Geschichte war und ist, da das Mongolische Reich Dschingis Khans und seiner Nachfolger unwiderruflich verblichen ist. Deshalb sprachen Tulaev und der flämische Aktivist Kris Roman eher von »Euro-Rus«.

Hier liegt natürlich ein Unterschied zwischen dieser rein russisch-europäischen Perspektive und der gewissermaßen auch turanischen Perspektive, die Dugin eigen ist. Faye war immer Anhänger einer europäisch-russischen Allianz, wie zahlreiche Texte beweisen, die ich für die Euro-Synergies-Webseite übernommen habe. Streitigkeiten innerhalb der französischen Neuen Rechten gibt es diesbezüglich eigentlich kaum. Jeder ist eher pro-russisch, obwohl einige die ukrainischen Rechten unterstützen. 

Die USA kommen in seiner Novelle hingegen nicht gut weg. Später ergriff er dann jedoch Partei für Israel und postulierte ein Islambild, das an die stark neokonservativ gefärbte Counterjihad-Bewegung angelehnt war. Wie ist dieser Wandel zu erklären? Und ist er, mit Verlaub, politisch ernst zu nehmen?

Mit anderen Beobachtern der amerikanischen Gesellschaft, wie etwa James Howard Kunstler, teilte Faye die Überzeugung, dass die Hektik, die grundlegend für die irre Dynamik der amerikanischen Gesellschaft ist, langfristig nicht andauern kann. Dabei sind die USA durch eine lähmende liberale Ideologie, unrealistischen bzw. unwissenschaftlichen Biblismus und einen aggressiven Moralismus geprägt. Dies sind keine echten politischen Grundlagen, wie Carl Schmitt und Julien Freund sie definiert haben. Ohne solche Grundlagen kann ein Imperium nicht überdauern. Es ist dazu verurteilt unterzugehen.

Deshalb sind, in einem fiktiven künftigen Superreich wie der »Föderation« Fayes, die USA machtpolitisch marginalisiert, weil sie, im Gegenteil zu Antaios in der griechischen Mythologie, keine Kraft aus der tellurischen Berührung mit ihrem eigenen Boden schöpfen können. Die Zukunft gehöre erdgebundenen Reichen, die eine Zukunft (»Futurum«) aus den Kräften ihrer arkhè aufbauen. Die »Föderation« sowie China und Indien stellen jeweils ein solches erdgebundenes Reich dar. Das indische junge Mädchen, das mit Oblomow reist, gehört einem Reich an, das auf vedischen Grundlagen fußt. Sie reist in ein anderes traditionelles Reich, nämlich China. 

Faye war in den 1980er Jahren der leidenschaftliche Anwalt einer euro-arabischen, anti-imperialistischen Zusammenarbeit. Ein euro-arabisches Colloquium in diesem Sinn fand an der Universität Mons (Bergen) in Hennegau statt, wo für die deutsche Seite Siegfried Bublies und Karl Höffkes teilnahmen (ich war Dolmetscher). Aber seitdem haben salafistische und saudi-wahhabitische Kreise die ganze arabische Szene verändert. Salafismus und Wahhabismus sind genauso Instrumente des US-Imperialismus wie der Zionismus. Der Salafismus hat Algerien schwer getroffen und, später, Ägypten destabilisiert und Syrien in seinen heutigen traurigen Zustand manövriert. Jeder weiß heute, dass Brzezinski die afghanischen Mudschahiddin mit Stinger-Waffen unterstützen ließ und Bin Laden als saudischer Söldner gegen die Sowjets in den Hindukusch schickte. Die Lage ist nicht mehr so überschaubar wie in den 80er Jahren.

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Faye war zwischen 2000 und 2004 mit dem Geopolitiker Alexandre del Valle befreundet, der damals Kopf einer pro-zionistischen Orientierung war. Deshalb haben die meisten Beobachter der neurechten Szene den Eindruck, dass er eine radikale pro-zionistische Wende durchlaufen hatte. Tatsächlich hat er, besonders in seinem Buch La nouvelle question juive, gewissermaßen überhitzt reagiert. Die Thesen von del Valle sind mittlerweile umfangreich in der französischen und italienischen Debatte verbreitet, wobei er jetzt die Muslimbruderschaft als Urheberin des Chaos in der arabischen Welt betrachtet. Del Valle begann seine Karriere, indem er die heimliche Allianz zwischen islamischen Fundamentalisten und amerikanischen neokonservativen »Falken« andeutete. Seine Analyse der Lage in Syrien ist ebenso korrekt. Aber was er vielleicht nicht sagen will (oder darf), ist, dass der Zionismus ebenfalls eine Art Instrument des US-Imperialismus ist. Die Baathisten Syriens, Russen, Chinesen und Schiiten aus dem Iran oder aus dem Libanon bilden ja auch jetzt gewissermaßen ein »Counter-Dschihad«-Bündnis. Ohne Salafisten, Wahhabiten oder Zionisten. 

Guillaume Faye ist 2019 gestorben. Sie kannten ihn seit Jahrzehnten. Was war er für ein Mensch? Welche Bücher hat er privat gelesen und welche Anekdoten können Sie mit uns teilen?

Ich habe Faye Anfang des Jahres 1976 in Lille kennengelernt. Als Mensch war er immer freundlich und wohlwollend, nie aggressiv. Wenn jemand ihm neue Perspektiven eröffnete, hörte er immer aufmerksam zu. Faye studierte in einem Jesuiten-Gymnasium in Angoulême, wo er eine stark griechisch-lateinisch geprägte Bildung erhielt. Seine Bildung in klassischer Kultur war verblüffend. Platon und Aristoteles hatte er gelesen und verinnerlicht. Später, als er in Paris studierte und sich in den Arbeitskreisen zu Vilfredo Pareto und Oswald Spengler engagierte, las er besonders Vilfredo Pareto, Bertrand de Jouvenel, Julien Freund, Carl Schmitt und Raymond Ruyer. Später entdeckte er die ersten Schriften Michel Maffesolis. Seine Forschungen waren durchaus politisch, rein politisch im edlen Sinn des Wortes. 

Anekdoten gibt es in Hülle und Fülle. Nur eine will ich hier erwähnen. Unmittelbar nach seinem Comeback, während der Sommer-Uni 1998 im Trentino, kam er mit kurzer Verspätung zu einem Seminar über das Werk Bertrand de Jouvenels. Der junge Referent erklärte in allen Einzelheiten die Begriffe, die Jouvenel in seinen zahlreichen Büchern geprägt hatte. Es war ein bisschen peinlich. Faye sagte dann plötzlich: »Moment, ich habe mit Jouvenel in 1967 studiert. So erklärte er diese Begriffe …«. Und er fing an, die Lektionen Jouvenels musterhaft zu wiederholen, als ob er sie am Vorabend erst gehört hatte. Er hatte noch die Fähigkeit, die »Kunst des Gedächtnisses« zu praktizieren, d. h. eine Methode anzuwenden, die man bis ins 18. Jahrhundert in Europa anwandt, um Vorträge zu halten. Er kritzelte einige Stichwörter und Pfeile auf ein winziges Stück Papier, konzipierte so einen »Weg« und konnte dann einfach zwei Stunden pausenlos reden. So hat er zum Beispiel einen Vortrag über sein Buch La convergence des catastrophes in Brüssel vorbereitet. Ich war erstaunt und bewunderte ihn umso mehr.  

Abschließend, sehr geehrter Herr Steuckers, welche Projekte und Ideen verfolgen Sie aktuell?

Erstens, beharren. Ich will das Tempo halten, mit dem ich die verschiedenen Webseiten und Accounts derzeit organisiere. Zweitens will ich mein Archiv in Büchern publizieren. Da gibt es viel Arbeit. Drittens wünsche ich durch Europa zu reisen, um diejenigen zu treffen, die ebenso fleißig arbeiten und die gleiche Weltanschauung teilen. 

Das Gespräch führte Philip Stein.

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Ein Buck voll Anekdoten. Lieferbar bei "éditions du Lore", sowie "La nouvelle question juive", "Sexe et dévoiement" und "Archéofuturisme V2.0":

http://www.ladiffusiondulore.fr

jeudi, 18 juin 2020

The New Right vs Neo-Colonialism - Robert Stark interviews Eugene Montsalvat

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The New Right vs Neo-Colonialism

Robert Stark interviews Eugene Montsalvat

 
Eugène Montsalvat blogs at the Niekisch Translation Project and his articles can be viewed at Counter-Currents
 
Topics include:
Turn Left,
New Right!
Nationalism & Class Struggle
The Necessity of Anti-Colonialism
Ernst Niekisch and National Bolshevism
 
Robert Stark interviews Eugene Montsalvat The New Right vs Neo-Colonialism
 

jeudi, 11 juin 2020

Produktinformationen "Ein Tag im Leben des Dimitri Leonidowitsch Oblomow"

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Produktinformationen "Ein Tag im Leben des Dimitri Leonidowitsch Oblomow"

Ethnische und religiöse Bürgerkriege, Wirtschaftskrisen, Umweltkatastrophen, Umverteilungskämpfe, verursacht durch Liberalismus, Multikulturalismus, Humanitarismus, Globalismus, Masseneudämonie, Umweltverschmutzung und Ressourcenraubbau: der französische Vordenker Guillaume Faye (1949–2019) prophezeite das apokalyptische Ende der modernen Welt in einer »Konvergenz der Katastrophen«, die nicht mehr aufzuhalten sei.

Doch wie könnte eine Welt nach dem großen Zusammenbruch aussehen? Hat Europa eine Chance auf eine Wiedergeburt?

Faye entwirft in seiner Science-Fiction-Erzählung eine aus der Asche wiedergeborene Welt jenseits der egalitären Irrwege der Neuzeit, in der sich Europa mit Russland zu einem mächtigen, ethnopluralistischen Kontinental-Imperium vereinigt hat, das sich von der Bretagne bis an die Beringstraße erstreckt, und in der der faustische Geist eine nie dagewesene Synthese zwischen Mensch, Technik und Natur, Tradition und Wissenschaft, ewiger Wiederkehr und titanischer Grenzüberschreitung, zwischen dem Ur-Alten und dem Immer-Neuen entwickelt hat: den Archäofuturismus.

Der Übersetzer Martin Lichtmesz konstatiert: 

»Guillaume Faye hat eine von schwarzem Humor durchzogene Erzählung von erheblichem Reiz geschaffen, die noch lange in der Fantasie des Lesers fortleben wird, der sich selbst die Frage stellen kann, ob er in einer solchen Welt leben will oder ob er sie überhaupt für möglich oder wünschenswert hält.«

Mit einem Nachwort von Martin Lichtmesz.

Dieses Buch erscheint am 5. Juni 2020. Bitte vormerken!

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Ein Tag im Leben des Dimitri Leonidowitsch Oblomow

15,00 € *

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    • Artikel-Nr.: 978-3-948145-06-4
    • Info: 128 Seiten, Klappenbroschur, Fadenbindung
    • Info: Erscheint am 5. Juni 2020

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mercredi, 10 juin 2020

TERRE & PEUPLE MAGAZINE n°83

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Communiqué de "Terre & Peuple"-Wallonie

TERRE & PEUPLE MAGAZINE n°83

Le numéro 83 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré sur le thème de ‘Notre combat’.

Dans son éditorial qu’il intitule ‘La Peste’, Pierre Vial rapproche en bon médiéviste la pandémie actuelle, faillite du modèle jacobin et du mondialisme, de l’impuissance du monde du XIVe siècle face à la peste, colère de Dieu.  Le retour du réel et la conscience de notre vulnérabilité suscite de salutaires remises en cause.  Les responsables étaient au courant et n’ont pas pris à temps les mesures appropriées.  Il s’agira de faire rendre des comptes, notamment à l’ex-ministre de la santé Agnès Buzyn, qui fait d’ores et déjà l’objet d’une plainte introduite par un collectif de médecins.  La crise marque la fin d’un monde, celui de l’optimisme consumériste béat, celui de la démesure de l’utopie progressiste.

Pourquoi-nous-combattons-quadri.jpgPierre Vial situe notre combat au départ de l’ouvrage de Guillaume Faye ‘Pourquoi nous combattons’, qu’il convient de compléter par les 82 numéros parus de la revue ‘Terre & Peuple Magazine’.  Il souligne que celle-ci n’a pas, dans le combat des idées, de prétentions intellectuelles qu’elle laisse à un éventail déjà bien fourni de spécialistes.  Elle vise simplement à procurer des munitions idéologiques aux combattants qui, dans les villes et villages envahis, sont confrontés quotidiennement aux réalités d’une guerre sainte.  Elle veut dans l’Age sombre proposer une voie de lumière, un élan de spiritualité.  Au besoin des Amis de se regrouper, elle présente Terre et Peuple comme une communauté de travail, de combat et de foi (les trois fonctions des Indo-Européens).  Mais elle a impérativement besoin d’êtres d’une solidité à toute épreuve.   

Pierre Vial encore définit le racialisme comme le constat que l’être humain est façonné à la fois par la nature et par la culture.  Il en découle le droit pour chaque peuple comme pour chaque individu d’affirmer et de défendre son identité.  Ce qui est en contradiction avec le racisme, qui prétend établir une seule échelle pour toute l’humanité, avec des premiers et des derniers de classe, ce qui est absurde.  Il prend ses références chez Ernest Renan, Georges Montandon et Alexis Carrel, qui écrivait : « Il faut abandonner l’idée dangereuse de restreindre les forts, d’élever les faibles et de faire ainsi pulluler les médiocres. »  Sans oublier Jean Rostand, ni Nicolas Lahovary et son livre ‘Les peuples européens’.

0.pngJean Haudry signale la déconfiture du dogme de l’origine africaine de l’humanité, qui reposait sur la découverte, en 1974 en Ethiopie, du squelette de l’australopithèque Lucy.  Il a été daté de 3,18 millions d’années.  La paléontologue Madelaine Böhme, de l’université de Tübingen, a découvert récemment dans une commune de l’Ostallgau, en Bavière, le squelette d’un primate, qui peut être considéré comme l’ancêtre commun de l’homme et du singe et qui remonte à 11,6 millions d’années.

Bogdan le Sarmate livre un aperçu de la genèse de la raciologie à une époque à dominante mondialiste, où prononcer le mot tabou de race éveille la suspicion, la délation et la répression.  Sa suppression de la Constitution française est comme une dernière sommation et, confrontés à cet antifascisme d’Etat, les chercheurs le délaissent au profit de type humain ou de origines géographiques.  Les Européens de l’est manifestent une certaine réaction immunitaire de leur communauté d’affinités sociales.  Les affinités comportementales et psychiques entrent dans la définition avant les propriétés biologiques.  Une volonté de survie raciale émerge depuis l’ère préhistorique.  Les premières civilisations pratiquent une ethno-différenciation de plus en plus sophistiquée.  Bien avant l’Ancien Testament, l’Egypte pharaonique dresse un inventaire sur des critères morphologiques : les Noirs et les Berbères sont distincts.  Cette ethnicité suscite des disputes savantes dans les universités occidentales.  La pensée raciologique s’ordonne au départ de quatre mastodontes : Vacher de Lapouge, Arthur de Gobineau, Madison Grant et Houston Stewart Chamberlain.  Sans oublier l’illustre naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), qui apporte déjà une classification interne à l’homo sapiens : Africanus, Americanus, Asiaticus et Europeanus.  Montesquieu introduit une théorie climatique, qui souligne que les hommes du Nord sont plus laborieux que les méridionaux (bien que les colons nordiques de l’Afrique restent créatifs et que ni les Inuits ni les Yakoutes ne soient notablement effervescents).  

Arthur_de_Gobineau.jpgL’essor vertigineux des sciences et des techniques allait imposer une suprématie des Européens qui paraissait alors pérenne. A Arthur de Gobineau, pessimiste, leur décadence paraît inévitable : les Sumériens, les Egyptiens, les Perses, les Grecs, les Romains se sont dilués dans les alluvions du métissage.  Dans son Essai sur l’inégalité des races, les Blancs sont les plus entreprenants et la sémitisation est synonyme de déclassement.  Si certains de ses arguments sont aujourd’hui infirmés (les Slaves ne sont pas un ramassis d’Eurasiens et sa dévaluation des Asiatiques est tendancieuse), sa réflexion conserve un intérêt central.  Pour Chamberlain et Grant, leur engouement nordiciste les pousse à certaines contre-vérités, qui ne devraient pas dévaloriser leur analyse générale, notamment l’étiolement que provoque le métissage et l’importance de l’eugénisme.

Alain Cagnat chante la geste des guerriers héroïques d’un grand peuple, les Kurdes.  A la trace, il en remonte le filon indo-européen jusqu’aux Mèdes.  Leur teint clair, leurs cheveux dorés et leur regard transparent achèvent de nous persuader qu’ils sont bien de nos cousins.  Leur langue est plus apparentée au breton qu’au turc.  Représenté par un triangle dans l’écriture cunéiforme, le mot KUR signifie ‘montagne’.  Les Assyriens les appelaient Kardou et les Arméniens Kord.  Xénophon parlait de Kardouche et Strabon de Kourtioi.  Montagnards farouches, restés longtemps à l’écart des facilités urbaines, ils menaient leurs troupeaux. 

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Fête de Newroz chez les Kurdes.

Leur grande fête, Newroz, à l’équinoxe de printemps, était le signal de la transhumance.  Elle est symbolisée sur leur drapeau par un soleil de 21 rayons.  Convertis à l’islam, ils le pratiquent avec une grande tolérance, notamment dans l’approche mystique du soufisme, dans l’alévisme ou dans le yarsanisme spécifiquement kurde.  Il subsiste des fidèles du zoroastrisme. Cyaxare, roi des Mèdes, peuple d’éleveurs et de cavaliers, avait en -612 conquis l’Assyrie et fondé un grand empire qui s’étendait sur l’Iran et l’Anatolie.  Mais déjà en -550, son fils Astyage est vaincu par Cyrus II, roi des Perses.  Les deux empires fusionnent, mais en -331 Darius III est écrasé par Alexandre le Grand, qui se proclame ‘roi d’Asie’.  La Médie est ravalée au rang régional d’une satrapie.  Vers -240, la tribu des Parni, des Scythes (indo-européens), s’empare de la Parthie et, sous Mithridate Ier, conquiert la Médie et la Mésopotamie et fonde l’Empire parthe, qui écrasera les légions de Crassus. 

Mais, en 224 de notre ère, ruiné par les dissensions et par les guerres contre Rome, il est conquis par l’Empire perse.  Celui-ci, centralisé à l’excès, pratique un zoroastrisme outrancier, notamment traite la femme en être inférieur.  Les Kurdes, autonomistes et tolérants, ne cessent de se révolter, mais en vain.  Les Perses sont si puissants que les Romains leur abandonnent l’Arménie et la Mésopotamie.  Tentant de réagir, l’empereur Valérien est écrasé.  Lui-même, fait prisonnier, est supplicié.  L’Empire sassanide continuera de rayonner durant plusieurs siècles, jusqu’aux incursions des asiatiques, notamment des Huns.  Avec l’Hégire, en 622, les Arabes conquièrent en un éclair le Kurdistan avec l’Iran et la Syrie.  Islamisés de force, les Kurdes s’insurgent.  Crucifiés par milliers, ils se réfugient dans les montagnes du Taurus. 

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Pour renverser les Omeyades, ils s’allient aux Abassides, ingrats qui massacrent les ‘Chemises blanches’ kurdes, qui avaient installé à Samarcande un Etat sans islam.  Dans une croisade sans espoir qui dure vingt ans, les ‘Chemises rouges’ tuent plus d’un demi-million de musulmans.  En 1071, les Turcs seldjoukides écrasent l’armée byzantine et démantèlent les principautés kurdes, qui sont fédérées en une seule province appelées enfin Kurdistan.  De nombreux Kurdes abandonnent l’élevage pour le métier des armes.  L’un d’eux, Saladin, se met au service des musulmans sunnites.  Il conquiert l’Egypte pour le sultan Nur ed Din et, à la mort de celui-ci, se fait nommer sultan par le calife de Bagdad.  Il s’illustre en arrachant Jérusalem aux croisés, mais n’accorde aucune faveur au Kurdistan.  A partir de 1231, les Mongols ravagent le Kurdistan et provoquent des famines.  Gengis Khan ne laisse pas âme qui vive à Bagdad. 

Timur_reconstruction03.jpgTamerlan ravagera tout de Delhi au Caire.  Il écrase les Ottomans turcophones et encage leur sultan Bajazet, mais il meurt soudain, laissant le fils de Bajazet, Mehmet Ier, fonder l’empire ottoman.  Le fils de celui-ci, Mehmet II, s’empare de Constantinople en 1453.  A l’est, les Safavides, des Kurdes soufis, font renaître la Perse.  Ils se convertissent à un chiisme intransigeant et, en 1501, Ismaïl, qui s’est proclamé Shah de Perse, lance un djihad contre les sunnites.  Le Kurdistan est déchiré entre, à l’est, l’empire perse indo-européen et chiite et, à l’ouest, l’empire ottoman turco-mongol et sunnite.  Au lieu de s’en faire des alliés, Ismaïl traite les Kurdes avec rigueur et Sélim, le sultan ottoman, massacre 40.000 Kurdes chiites et met en pièces l’armée perse en 1514.  A l’exception du sud-est, tout le Kurdistan est aux mains des Ottomans.  Comme ils ne disposent pas des moyens de le défendre, ils en confient la charge aux Kurdes contre une parcelle d’autonomie.  Comme ceux-ci se révoltent sans cesse, les Turcs rasent des centaines de villages yézidis.  L’empire perse déclinant, les Afghans sunnites détruisent en 1719 sa magnifique capitale Ispahan et c’est alors le Kurde Kerim Xané Zend qui devient shah et relève la Perse.  En 1830, Mir Kor chasse les Turcs et proclame l’indépendance du Kurdistan, mais les Anglais, jouant la carte ottomane contre la Russie et la Perse, le livrent aux Ottomans.  Lors de la guerre de Crimée, Ils répéteront leur traitrise en leur livrant le Kurde Yeshander, qui avait réussi à lever une armée de cent mille volontaires.  Le sultan forme alors le corps des auxiliaires kurdes sous commandement turc, à qui seront confiées des basses besognes, notamment le génocide des Arméniens.  Un mouvement intellectuel de liberté pro-kurde émerge à la fin du XIXe siècle, malheureusement au moment où s’impose le fanatisme des Jeunes Turcs kémalistes, panislamique et panturc.  En 1914, les Kurdes, qui avaient joué la carte slave, sont dans le mauvais camp.  Ces mises malheureuses vont se répéter ensuite à l’envi et aujourd’hui, Trump, qui a récupéré le pétrole irakien, n’a plus besoin des Kurdes et les a livrés à la vindicte d’Erdogan.

HTB1cAOPipcJL1JjSZFOq6AWlXXae.jpgPour situer son imprégnation personnelle par la spiritualité païenne, Pierre Vial exprime d’abord sa profonde aversion pour les religions du Livre qui, par leur mondialisme dogmatique, contaminent l’esprit de vie, lequel est enraciné et divers.  Par bonheur, en Europe, la réaction identitaire monte partout en puissance.  L’Eglise romaine avait été contrainte de prendre en considération un pagano-christianisme respectueux des rythmes de la nature, qu’il a symbolisé par la roue solaire.  La spiritualité païenne se fonde sur le souci d’entretenir la relation avec la nature.  Ce lien est mis en péril par la dictature de l’argent-roi, apatride et vagabond.  L’auteur salue la création de mouvements de jeunesse en révolte qui, tels les Wandervögel, les Oiseaux migrateurs et EJ, cultivent la camaraderie dans l’effort déployé ensemble à travers montagnes et forêts.  Tous ceux qui s’insèrent dans la conception völkisch de la vie se trouvent naturellement engagés dans le combat écologique.  Est une révélation à cet égard le cas de Walter Darré, qui sera dénoncé après 1945 comme un maudit.  Voir à ce sujet le livre d’Anna Bramwell ‘Darré, le Blut und Boden et l’écologie’ (éditions du Lore 2020).  Le célèbre éthologiste Konrad Lorenz, Prix Nobel de Zoologie, reprendra nombre de ses idées.

Modèle lui-même de militantisme, Eugène Krampon brûle les trois cierges de notre rituel de fidélité au militant-phare qu’a été Robert Dun, de son vrai nom Maurice Martin.  Comme nombre de champions de l’obéissance disciplinaire, celui-ci était jalousement libertaire.  Entré à 14 ans aux Jeunesses Communistes, il les quitta très vite pour rallier la Fédération Anarchiste.  Avec Nietzsche, il découvre comment la christianisation de l’Europe y a brisé la virilité solaire au profit de la religions droits-de-l’hommiste de saint Paul, véritable fondateur du christianisme, selon qui « il n’y a plus ni Juifs ni Grecs, ni maîtres ni esclaves, ni hommes ni femmes ». 

31.jpgLorsque, en 1943, Maurice Martin endosse l’uniforme maudit de la Brigade Frankreich, il précisera : « Je me suis rallié à un type humain plutôt qu’à une idéologie.  Le monde guérira par la personnalité allemande. »  Condamné à un an de prison, il exerce ensuite de multiples métiers, dont l’enseignement de l’allemand.  Aux jeunes, il apprend à être des missionnaires du combat révolutionnaire européen et de la défense de leur identité raciale, des protecteurs des identités régionales enracinées dans l’ensemble civilisationnel de la Grande Europe Blanche, laquelle inclut la Russie.  Ecologiste avant la lettre, il épouse la vision jungienne du conditionnement géographiques des psychismes dans le cadre d’une psychologie des profondeurs.  Il soutient le projet d’une agriculture naturelle et non-productiviste.  Vis-à-vis de ses proches, il se refuse à être un gourou et recommande : « N’ayez jamais de maîtres à penser, pensez par vous-même. »

9532-p6-matzneff.jpgR.D. (qu’on n’hésitera pas à identifier en Robert Dragan) évoque l’affaire Matzneff.  Romancier fécond et styliste de haute qualité, celui-ci avait, en 1988, décrit dans son roman Harrison Plaza sa liaison de plus d’une année avec une adolescente de 14 ans, Vanessa Springora.   Celle-ci a publié, en janvier 2020, Le Consentement, un livre où elle accuse l’écrivain de l’avoir détruite, le jour où elle a découvert que, en réalité, elle n’était aimée que pour son jeune âge et non pour sa personne.  Dans son livre, elle fait ressortir la complicité du Système dans la banalisation de la pédophilie.  Elle relève que, dès 1977, un grand nombre d’intellectuels de gauche ont pris la défense d’adultes inculpés.  Deux pétitions successives en faveur de la dépénalisation des relations sexuelles entre adultes et mineurs sont signée par un cortège d’éminents intellectuels de gauche.  A la question du pourquoi de cette ardeur à défendre des positions jugées aujourd’hui choquante, elle répond qu’il s’agissait de « lutter contre l’emprisonnement des désirs comme contre toutes les autres répressions ».  Dans la foulée du mouvement Me Too, les victimes relèvent aujourd’hui la tête.  Les féministes visent large : c’est le patriarcat occidental et tous les hommes blancs qui sont dénoncés, donc personne en particulier.  En tête du PS croupion, Raphaël Glucksman jette aujourd’hui la pierre à Matzneff, brûlant sur le bûcher ce que son nouveau philosophe de père encensait.  Bouc émissaire, Matzneff est l’arbre qui cache la forêt du crime.  Pendant que Polanski, prévenu aux USA pour avoir drogué une enfant de 13 ans pour la sodomiser, tourne des films en Europe où il est réfugié.  Pendant que Cohn-Bendit, qui s’est vanté par écrit d’avoir provoqué des attouchements par et sur des enfants de cinq ans confiés à sa garde, reste éditorialiste radiophonique.  Et que Gallimard met vertueusement fin à la publication des journaux intimes de Matzneff.  Vanessa Springora est éditée par Grasset, que dirige B-H Lévy, que Matzneff évoque plusieurs fois comme un ami dans ses carnets intimes.  Quel monde que ce beau monde !

51SRBSWFCRL._SX323_BO1,204,203,200_.jpgDans ‘l’Empire prédateur d’occident’, l’essayiste helvétique Michel Bugnon-Mordant, analyse notre mal-être.  Il cite Jean Delumeau (La civilisation de la Renaissance, 1984) pour rappeler que la civilisation occidentale n’a longtemps désigné que la seule Europe.  Il a fallu l’action de traîtres tels que Jean Monet pour que lui soit greffé l’appendice prédateur pathologique des Etats-Unis.  Au XXIe siècle, être un Occidental, c’est être attaché nolens-volens à un espace politique criminel.  S’y sentent chez elles les ploutocraties bancaires, industrielles, militaires et les oligarchies diverses, avec leurs complices et leurs obligés et les idiots utiles des partis et des organisations humanitaires, qui croient lutter contre le capitalisme prédateur tout en le servant.  Il s’agit de rien moins qu’une opération de conquête mondiale, sous couvert de la religion laïque des Droits de l’Homme et avec l’encadrement d’institutions telles que l’OTAN, gigantesque organisation criminelle, du FMI, de la Banque Mondiale, de l’Union européenne, du Bilderberg, de la Trilatérale, appuyées par les médias en mains ploutocratiques.  Ce projet global, jusqu’ici confidentiel, vient d’être étalé au jour par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.  Cela a la vertu de rendre ouverte la guerre sourde qui opposait jusqu’ici les Mondialistes et les Patriotes.  Pour ces derniers, est sacrée la terre gorgée de sueur et de sang où reposent leurs aïeux.  Les étrangers n’y sont invités que sous condition qu’ils la respectent et s’en montrent dignes.  L’Etat a pour fonction de garantir son intégrité, afin que puisse y régner équité, continuité, identité et paix.  Contre les Patriotes se sont armés les Mondialistes, qui ne tolèrent plus des états protecteurs.  Maîtrisant les techniques de manipulation des masses, ils entraînent les masses dans la soumission.  Universaliste, la Révolution française a d’emblée supprimé les corporations de métiers, avec les libertés qu’elles avaient obtenues de l’aristocratie éclairée.  Ses assemblées réunirent bientôt un essaim de riches propriétaires, banquiers et industriels, profiteurs enrichis qui confisquèrent le pouvoir.  Ceux qui n’y avaient pas accès constituèrent les futurs prolétaires et les massacrés des grandes guerres liquidatrices des bouches inutiles et des classes dangereuses.  En ce début du XXIe siècle, police et armée sont payées pour n’avoir pas d’état d’âme au moment où le plus gros reste à faire : abattre les frontières, métisser les peuples et effacer genres et préjugés.  Madame von der Leyen annonce que le droit international cède désormais la place, comme les droits nationaux, au droit globalisé, lequel permet de juger et condamner quiconque rejette l’ordre nouveau, fût-il chef d’état.  Toute ingérence de l’OTAN sera légitimée et toute parole critique sera sanctionnée.  Chaque individu pourra s’installer où il l’entend et s’y comporter selon ses mœurs.  La violence explosera sous le regard amusé des oligarques.  Les classes moyennes et populaires seront les victimes prééminentes.  Elles auraient tort d’attendre de leurs compatriotes aux commandes qu’ils les épargnent : étant du monde, ils sont de partout, mais de nulle part.

Pierre Vial poursuit son analyse magistrale du modèle identitaire juif.  A partir de 1925, la quatrième alyah fait passer, en 18 mois, le nombre des colons juifs de la Palestine de 93.000 à 141.000, grâce à des apports pour 50% polonais et 20% russes.  83% des nouveaux arrivés s’installent en ville.  Tel Aviv, qui accueille 65% de ces immigrés, est peuplée exclusivement de juifs.  Avec la crise de 1926, 15.000 de ces citadins quittent déjà le pays.  La population juive de Jérusalem est passée, entre 1921 et 1931, de 34.000 à 51.000.  Chargée de « reprendre la flamme de l’esprit hébreu », l’Université hébraïque attire pas mal d’intellectuels. 

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Tel Aviv dans les années 1930.

Le port de Haïfa et ses industries accueille nombre d’immigrants, mais pour beaucoup l’idéal est la terre et sa valeur symbolique.  Nombre de jeunes pionniers s’installent dans les moshavim et les kibboutsim, des fermes collectives.  D’autres s’organisent en communautés de travailleurs et se font embaucher dans l’industrie ou la construction. Entre 1929 et 1939, la colonisation juive de la Palestine se développe énormément grâce à la fois à la percée des nationaux-socialistes en Allemagne et à la révolte arabe en Palestine.  La cinquième alyah fait passer, entre 1931 et 1939, le nombre des juifs en Palestine de 175.000 à 475.000, soit le tiers de l’ensemble de la population.  Le pays leur paraît le seul refuge au monde, au moment où ils se sentent menacés en Allemagne, où l’URSS leur interdit de partir, où la Pologne et la Roumanie sont activement antisémites, où de nombreux pays occidentaux y compris les USA, l’Afrique du Sud et l’Australie, ferment leurs portes ou limitent fortement leur accès.  De 4% du total de la migration juive, la Palestine en absorbe désormais plus de la moitié.  Lors de la révolte arabe, ce sont pour l’essentiel des militants de mouvements de jeunesse.  De 1936 à 1939, ce sont des familles bourgeoises.  Un bureau central d’installation des Juifs d’Allemagne passe alors un accord avec le gouvernement allemand pour que les juifs puissent échanger une partie de leur fortune contre des machines, des produits manufacturés, des matières premières, ce qui permettra aux Juifs de Palestine de monter des entreprises de pointe.  Médecins et intellectuels fournissent des cadres aux hôpitaux et universités.  Dans l’agriculture, les nouveaux venus permettent de fonder les grands complexes modèles.  La défense contre les troubles provoqués par les arabes impose de créer des villages dans les zones stratégiques, pour empêcher les infiltrations, tenir les points stratégiques et créer un bloc continu d’agglomérations juives tout en divisant les régions arabes dans la perspective d’un partage territorial.  Pour joindre les parties nord et sud de la plaine côtière, 140 opérations surprises seront montées en une seule journée.  La nécessité d’une force armée organisée devenait alors de plus en plus évidente.  Une première organisation d’auto-défense, le Ha-Shomer, remonte à 1908. Pour passer inaperçus, ses membres, qui fondèrent leurs propres kiboutsim, s’habillaient comme les Palestiniens.  Les Anglais, s’emparant de la Palestine en 1917, étaient sensés assurer la sécurité de ses habitants, mais ils n’en faisaient rien. 

זאב_ז'בוטינסקי-JNF010760.jpegAprès la chute de Tel Hai, en 1920, la Fédération sioniste autorisa Zé’ev Jabotinsky (photo) à former une Force de défense juive, la Haganah, que celui-ci voyait comme un bataillon intégré à l’armée anglaise.  Mais Ben Gourion voulait une milice armée autonome et la Haganah se procure alors clandestinement des armes et organise l’entraînement de ses forces dans des associations sportives.  En 1929, des attaques simultanées de colonies juives sont déclenchées dans toute la Palestine et des massacres ont lieu, les Anglais s’attachant alors à limiter la liberté d’action des sionistes.  La Haganah, désormais subordonnée au seul Yishouv, l’organisation sioniste, voit naître une dissension en son sein actionnée par la Histadrout, qui défend les droits syndicaux des salariés juifs.  Il en résultera la sécession de l’organisation militaire nationale Etzel (Irgoun Tsvaï Léoumi).  Quand éclate la grande révolte arabe de 1936-1939 contre tant les Anglais que les Juifs, ils joignent leurs forces et des volontaires de la Haganah sont intégrés à la police.  Leurs escouades de nuit organisent des coups de main.  La Haganah, qui entre-temps s’est dotée du Shai, service secret très efficace, et du Ta’as, comptait en 1937 25.000 miliciens et miliciennes.

Grégoire Gambier recommande l’édition Flammarion de poche (242 pages 7 euros) du livre du géographe Christophe Guilluy ‘No Society – La fin de la classe moyenne occidentale’, augmentée d’un avant-propos sur le phénomène des Gilets jaunes.  Il y ouvre une perspective de victoire au Bloc populaire, qui rejette la rigueur du libéralisme tatchérien, avec sa liberté individuelle obligatoire, ferment de la ‘trahison des élites’.  Il relève la révolte d’une fraction croissante d’entre elles, qui réagit à la prolétarisation systématique des classes moyennes occidentales.  Comment refaire une société populaire ?  C’est la question que pose Guilluy dans ‘La France périphérique’ (2014) et dans ‘Le crépuscule de la France d’en haut’ (2016).  Celle-ci a su écarter, économiquement puis socialement, le peuple souverain, en utilisant à son profit le Lumpenproletariat immigré.  Tout en se préservant de ses effet négatifs (ghettos, effondrement du système éducatif, criminalité) et en l’utilisant, pour délégitimer les revendications sociales des autochtones et pour écraser dans l’œuf toute velléité de révolte de leur part.  Guilluy dénonce le repli dans ses citadelles d’une bourgeoisie asociale, décidée à jouir sans contrainte des bienfaits de la mondialisation, en pariant notamment sur l’intelligence artificielle.  Le socle populaire autochtone, encore majoritaire (60% ?), se pense comme référent culturel, sédentaire, adhérent de moins en moins à la société ouverte (Michel Onfray ‘La grandeur du petit peuple’, Albin Michel 2020).  Les classes dominantes, dépendantes du système bancaire mondialisé, cherchent dans une fuite en avant économique surtout à gagner du temps, en freinant les effets du vent qui tourne.  Guilluy, optimiste et volontariste, y voit la fin du ‘magistère des prétentieux’.  L’heure est au développement durable, à la relocalisation sous les contraintes économique, écologiques, sociales, à la réconciliation des anywhere avec les somewhere.  Le populisme doit encore se trouver une élite.

tv4.jpgPierre Vial, orienté sur le même azimut que Jean-Gilles Malliarakis avec son livre ‘Ni trusts ni soviets’ (1985) et son Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR), dissèque le thème de la Troisième Voie, auquel la Nouvelle Droite avait consacré son XVIIIe Colloque, en 1984.  Depuis longtemps déjà, il existait un courant de pensée qui récusait tant le libéralisme que le marxisme.  Avant 1914, aux Cercles Proudhon, les anciens militants du socialisme révolutionnaire côtoyaient les royalistes.  Dans ‘Qu’est-ce que le fascisme ?’, Maurice Bardèche remarque que les néofascismes recherchent toujours une troisième voie entre capitalisme et marxisme.  Dans ‘Pensées corsaires’, Gabriele Adinolfi rappelle que le corporatisme fasciste visait, comme le justicialisme péroniste, la prééminence du travail sur le capital.  A présent, il s’agit d’opposer à la déferlante de l’indifférencié et au règne de l’argent la solidarité verticale de la nation et la solidarité horizontale du service social.  C’est cette même orientation qui se retrouve à Casa Pound, chez Robert Steuckers, dans le mouvement national révolutionnaire allemand Der Dritte Weg, chez Georges Feltin-Tracol qui, avec ‘Pour la troisième voie solidariste’, nous découvre les auteurs qui ont donné son contenu à la notion de troisième voie.  Notamment Hyacinthe Dubreuil (1883-1971), qui opposa au monstrueux taylorisme déshumanisant la participation pécuniaire, intellectuelle et morale des travailleurs dans des entreprises organiques.  Sa méthode a été pratiquée avec succès dans les usines Arthur Martin et Bata-France, qui employaient chacune plus de deux mille travailleurs.  Autre auteur marquant de la troisième voie, Pierre-Joseph Proudhon (1808-1865) est un philosophe dont se réclame aujourd’hui Michel Onfray.  Il est l’apôtre du mutuellisme et du travail bien fait dans un tissu social serré, qui n’est plus déchiré par l’individualisme, l’industrialisation et la voracité du capitalisme.  Pierre Vial n’oublie pas le gaullisme de gauche, animé par Louis Vallon et par le constitutionaliste René Capitant.  Ils visaient à « unir le travail au capital et à faire des ouvriers comme des cadres les co-actionnaires de leur outil de travail».