jeudi, 07 mai 2026
Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?
Kiev/Bruxelles/Washington. De nombreux observateurs de la guerre en Ukraine, qui en février a entamé sa cinquième année, se rappellent de plus en plus le classique de science-fiction La guerre éternelle de l’auteur américain Joe Haldeman, publié en 1974.
Le roman raconte l’histoire du soldat William Mandella, envoyé sur une planète étrangère pour combattre les « Tauriens ».
À la fin, la guerre se révèle être une mise en scène du complexe militaro-industriel : une attaque sous fausse bannière aurait pour but de sauver l’économie mondiale et d’offrir à l’humanité du bonheur – par un hasard totalement fortuit. Les ressemblances avec les vicissitudes de nos temps présents sont purement fortuites.
Il semble également qu’aucune des deux parties ne puisse actuellement remporter la guerre en Ukraine par la force militaire. Les drones et la surveillance moderne du champ de bataille rendent presque impossibles les attaques à grande échelle. Au lieu de négocier un cessez-le-feu, les deux camps restent figés sur leurs positions. Les États-Unis abandonnent de plus en plus le soutien qu'ils apportaient à Kiev aux Européens, tandis que la Chine observe le choc avec sérénité. Une solution diplomatique n’est pas en vue.
Les deux parties en guerre sont déjà des perdants, tout comme l’ensemble de la « planète blanche ». Elles perdent des centaines de milliers de soldats et subissent de lourds dégâts dans leurs infrastructures. Pour Kiev, la fin de la loi martiale serait une catastrophe: de nouvelles élections pourraient être réclamées, tout comme une remise en question de la corruption et des violations des droits de l’homme. Mais Moscou doit également craindre des difficultés politiques internes si ses objectifs – la libération des régions séparatistes pro-russes, le désarmement et la « dénazification » de l’Ukraine – ne sont pas atteints.
Le troisième perdant s’appelle l’Europe. Le blocage de l’approvisionnement russe en matières premières, dû aux sanctions, nuit durablement à l’économie européenne et empêche les Européens de rivaliser sur les marchés mondiaux. Le plus récent prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine n’est en réalité qu’une donation, financée par l’argent du contribuable. Le chancelier Friedrich Merz a promis 11,5 milliards d’euros supplémentaires issus des fonds publics allemands, tout en annonçant des coupes dans l’assurance maladie, le quotient conjugal et les services de soins – tout cela au bénéfice de l’Ukraine.
Les gagnants se tiennent bien loin du champ de bataille: les États-Unis fournissent des armes, payées par le contribuable européen, tandis que leur industrie de défense et leur industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) connaissent un boom. La Chine achète du pétrole et du gaz russes à prix cassés et accumule des renseignements précieux sur la technologie militaire occidentale.
Il existe aussi des gagnants peu évoqués dans le débat public: les gestionnaires de fonds américains comme BlackRock, Vanguard et State Street. Ils gèrent ensemble 30.000 milliards de dollars. State Street, Vanguard et BlackRock détiennent respectivement 14, 8 et 5 pour cent des parts dans le géant de l’armement Lockheed Martin. Depuis 2022, la valeur des actions de BlackRock a augmenté de 40%, et même de 50% en dividendes. State Street a progressé de 45 à 50%. Dans les hautes sphères, personne ne souhaite la fin de la guerre en Ukraine: la menace garantit aux entreprises américaines d’armement leurs commandes; en outre, elles ont massivement investi en Ukraine, où de vastes terres agricoles sont louées à BlackRock et assimilés.
La « guerre éternelle » devrait donc continuer, car aucun des grands profiteurs ne souhaite y mettre fin. L’Europe paie, l’Allemagne paie – que la population en veuille ou non. Par ailleurs, la situation politique est extrêmement dangereuse. Une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN n’est en tout cas pas exclue, étant donné l’escalade permanente du côté de l’Occident (mü).
Source: Zu erst, mai 2026.
21:36 Publié dans Actualité, Actualité, Affaires européennes, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, ukraine, europe, affaires européennes, actualité, ukraine, europe, affaires européennes |
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Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?
Kiev/Bruxelles/Washington. De nombreux observateurs de la guerre en Ukraine, qui en février a entamé sa cinquième année, se rappellent de plus en plus le classique de science-fiction La guerre éternelle de l’auteur américain Joe Haldeman, publié en 1974.
Le roman raconte l’histoire du soldat William Mandella, envoyé sur une planète étrangère pour combattre les « Tauriens ».
À la fin, la guerre se révèle être une mise en scène du complexe militaro-industriel : une attaque sous fausse bannière aurait pour but de sauver l’économie mondiale et d’offrir à l’humanité du bonheur – par un hasard totalement fortuit. Les ressemblances avec les vicissitudes de nos temps présents sont purement fortuites.
Il semble également qu’aucune des deux parties ne puisse actuellement remporter la guerre en Ukraine par la force militaire. Les drones et la surveillance moderne du champ de bataille rendent presque impossibles les attaques à grande échelle. Au lieu de négocier un cessez-le-feu, les deux camps restent figés sur leurs positions. Les États-Unis abandonnent de plus en plus le soutien qu'ils apportaient à Kiev aux Européens, tandis que la Chine observe le choc avec sérénité. Une solution diplomatique n’est pas en vue.
Les deux parties en guerre sont déjà des perdants, tout comme l’ensemble de la « planète blanche ». Elles perdent des centaines de milliers de soldats et subissent de lourds dégâts dans leurs infrastructures. Pour Kiev, la fin de la loi martiale serait une catastrophe: de nouvelles élections pourraient être réclamées, tout comme une remise en question de la corruption et des violations des droits de l’homme. Mais Moscou doit également craindre des difficultés politiques internes si ses objectifs – la libération des régions séparatistes pro-russes, le désarmement et la « dénazification » de l’Ukraine – ne sont pas atteints.
Le troisième perdant s’appelle l’Europe. Le blocage de l’approvisionnement russe en matières premières, dû aux sanctions, nuit durablement à l’économie européenne et empêche les Européens de rivaliser sur les marchés mondiaux. Le plus récent prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine n’est en réalité qu’une donation, financée par l’argent du contribuable. Le chancelier Friedrich Merz a promis 11,5 milliards d’euros supplémentaires issus des fonds publics allemands, tout en annonçant des coupes dans l’assurance maladie, le quotient conjugal et les services de soins – tout cela au bénéfice de l’Ukraine.
Les gagnants se tiennent bien loin du champ de bataille: les États-Unis fournissent des armes, payées par le contribuable européen, tandis que leur industrie de défense et leur industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) connaissent un boom. La Chine achète du pétrole et du gaz russes à prix cassés et accumule des renseignements précieux sur la technologie militaire occidentale.
Il existe aussi des gagnants peu évoqués dans le débat public: les gestionnaires de fonds américains comme BlackRock, Vanguard et State Street. Ils gèrent ensemble 30.000 milliards de dollars. State Street, Vanguard et BlackRock détiennent respectivement 14, 8 et 5 pour cent des parts dans le géant de l’armement Lockheed Martin. Depuis 2022, la valeur des actions de BlackRock a augmenté de 40%, et même de 50% en dividendes. State Street a progressé de 45 à 50%. Dans les hautes sphères, personne ne souhaite la fin de la guerre en Ukraine: la menace garantit aux entreprises américaines d’armement leurs commandes; en outre, elles ont massivement investi en Ukraine, où de vastes terres agricoles sont louées à BlackRock et assimilés.
La « guerre éternelle » devrait donc continuer, car aucun des grands profiteurs ne souhaite y mettre fin. L’Europe paie, l’Allemagne paie – que la population en veuille ou non. Par ailleurs, la situation politique est extrêmement dangereuse. Une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN n’est en tout cas pas exclue, étant donné l’escalade permanente du côté de l’Occident (mü).
Source: Zu erst, mai 2026.
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Sur la vulnérabilité existentielle d’Israël – la désalinisation de l’eau de mer

Sur la vulnérabilité existentielle d’Israël – la désalinisation de l’eau de mer
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/196511
Pendant des décennies, le pays aujourd’hui appelé Israël faisait partie des zones les plus arides du monde. Le Néguev était autrefois un désert. Le fleuve Jourdain se rétrécissait et le rationnement de l’eau était une urgence nationale.
La “révolution de la désalinisation”
Il n’est pas surprenant que cette méthode “révolutionnaire” d’approvisionnement en eau potable ait été financée à l’origine par les États-Unis. Les installations ont été construites par des entreprises occidentales. Aujourd’hui, Israël exploite certaines des plus grandes installations de désalinisation au monde, utilisant la technologie de l’osmose inverse. Le complexe de désalinisation de Sorek, près de Tel Aviv, est non seulement l’un des plus grands au monde, mais constitue surtout une véritable artère vitale pour la nation. Cinq grandes installations le long d’une côte méditerranéenne étroite, avec celles de Sorek, Ashkelon, Ashdod, Palmachim et Hadera, fournissent aujourd’hui près de 80% de l’eau potable et industrielle d’Israël.
Contrairement aux États du Golfe, dont la capacité de désalinisation s’étend sur des milliers de kilomètres de côte, l’ensemble du système hydrique israélien est concentré sur une bande de terre à peine plus large qu’une ville. C’est précisément cette étroite bande qui pourrait devenir, en temps de guerre, un piège mortel.

Chaque installation à portée de missile iranien
L’Iran “ne perd pas de temps” et l’échec apparent du système Iron Dome (Dôme de fer), soi-disant infaillible, est désormais évident. Il n’existe aucune stratégie de défense contre les “fils conducteurs” de l’eau d’Israël, comme par exemple contre des drones marins ou des mines marines. Les systèmes de contrôle pourraient déjà être en ligne sur le cyber-radar iranien.
La véritable “catastrophe” stratégique réside cependant dans le fait que ces installations ne fonctionnent pas non plus avec des groupes électrogènes de secours. Elles utilisent du gaz naturel, directement dérivé des plateformes offshore Tamar et Leviathan. Si Leviathan est frappé, Israël ne se heurtera pas seulement à un problème énergétique. Les unités de désalinisation seront également mises hors service. La métropole de Tel Aviv serait alors privée d’eau.
Une pièce maîtresse régionale du domino
En vertu d’un traité de paix, Israël fournit de l’eau à la Jordanie dans le cadre de quotas fixes. Pas d’eau pour Israël, cela signifie aussi pas d’eau pour Amman. Dès lors, la normalisation régionale devient très fragile, même contractuellement.
Israël avait autrefois transformé une crise en un outil de puissance nationale, à travers l’eau. La question aujourd’hui est de savoir si ses adversaires peuvent ou veulent inverser cette équation. C’est précisément cette infrastructure hydrique que l’on pourrait transformer en “point de pression”, capable de faire disloquer tout ce qui y est construit.
20:43 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, israël, désalinisation de l'eau de mer, ressources hydriques, eau, levant, proche-orient |
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Palantir et l'archétype sombre de l'intelligence artificielle

Palantir et l'archétype sombre de l'intelligence artificielle
Markku Siira
Source: https://markkusiira.substack.com/p/palantir-ja-tekoalyn-p...
L'entreprise américaine de logiciels Palantir a été nommée d'après les palantíri – les pierres de vision – dans l'oeuvre de J.R.R. Tolkien. Dans le récit de Tolkien, ces pierres ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi; elles révèlent la vérité, mais peuvent facilement être détournées par des gouvernants qui les utilisent comme des instruments pour déformer la réalité, aussi facilement qu’elles la montrent.
Il est légitime de se demander si Palantir a consciemment adopté cet archétype sombre. Le nom de l'entreprise, son branding et sa communication indiquent qu'il s'agit d'un rôle délibérément choisi, en accord avec les cercles ésotériques, technocratiques et stratégiques de l'élite supranationale. Le processus peut être décrit comme une opération primitive en trois étapes.
La première phase consiste en une exposition totale à la brutalité de la réalité naturelle et géopolitique. Le monde est vu tel qu'il est: une compétition impitoyable pour les ressources, une danse d'ombres sans fin entre services de renseignement, et une dynamique auto-alimentée par le complexe militaro-industriel.
Dans cette vision du monde, les principaux clients de Palantir – la CIA, le Pentagone, les États alliés et les grandes multinationales – sont éveillés depuis plusieurs années. L'entreprise ne vend pas de promesses utopiques, mais des outils concrets pour survivre et dominer dans cet environnement.
La deuxième phase voit l'intervention de l'intelligence artificielle en tant que force purificatrice. Il ne s'agit pas simplement de logiciels, mais d'une correction à l'échelle du système face au chaos humain. Les plateformes centrales de Palantir – Gotham (pour le renseignement et la défense nationale), Foundry (pour les entreprises) et surtout l'Artificial Intelligence Platform (AIP) – relient d'énormes masses de données hétérogènes en une seule ontologie gérable.
L'AIP n'est pas seulement une couche au-dessus des chatbots, mais elle relie l'intelligence artificielle générative (les grands modèles linguistiques) aux données opérationnelles d'une entreprise ou d'une agence, en toute sécurité et sous contrôle. Elle permet une prise de décision en temps réel: images de drones, données satellitaires, signaux d'espionnage, open source et rapports de terrain fusionnent en un seul système opérationnel. En Ukraine, les outils de Palantir ont joué un rôle clé dans la fusion du renseignement et la précision des opérations – ils forment une «chaîne de destruction» numérique, où les données se transforment en recommandations opérationnelles en quelques secondes.
Palantir ne construit pas d’armes lui-même, mais produit des récits, des modèles et des alternatives sur la base desquels des armes sont utilisées ou des décisions prises. Au cœur de son modèle économique se trouve une approche radicale: fournir la bonne donnée, au bon moment, aux bonnes personnes, en remplaçant la lenteur humaine, les biais et la corruption par un déterminisme algorithmique et une analyse prédictive.
La troisième phase concerne une transformation ontologique de l’humanité. Ici, le rituel s’approfondit encore. La prise de décision migre de l’intuition, des valeurs et des institutions traditionnelles vers des flux de données et des modèles prédictifs. Les gens ne font plus confiance principalement à leur propre jugement, mais aux probabilités générées par des algorithmes. La volonté libre ne disparaît pas, mais s'impose des limites: elle devient un choix entre des scénarios prédéfinis. L’humanité reste fonctionnelle, mais ce n’est plus le même concept que celui que la philosophie des Lumières ou l’existentialisme décrivaient.
Ce développement construit un nouveau récit pour le futur système technologique. Tout comme les guerres mondiales du 20ème siècle ont créé la distinction entre sociétés libres et totalitaires, la menace nucléaire et la course technologique, la crise actuelle pourrait définir une nouvelle ligne de fracture, où la prise de décision humaine céderait la place à l’intelligence artificielle comme force dominante.
Sur le plan géopolitique, Palantir est fortement aligné sur la communauté anglo-américaine de sécurité et de renseignement, ainsi que sur Israël. La société soutient la guerre en Ukraine, la coopération avec l’OTAN et la modernisation de la défense américaine via de grands contrats. Elle est également activement impliquée dans des projets de défense et de renseignement israéliens. Sur le plan commercial, l’entreprise se développe rapidement: ces mêmes technologies sont étendues à l’optimisation des chaînes d’approvisionnement, à la détection de fraude, aux soins de santé et à l’industrie.

Il est crucial de comprendre à qui est en réalité destiné l’image menaçante et impitoyable de Palantir. Elle ne s’adresse pas aux consommateurs ou au grand public, mais aux investisseurs et aux décideurs. Wall Street valorise les entreprises prêtes à faire tout ce qui est nécessaire pour maximiser leurs profits et leur avantage stratégique, même si cela implique de jouer un rôle d’antagoniste dans la grande mise en scène.
Palantir fonctionne essentiellement comme l’extension technologique des services de renseignement et des gouvernements occidentaux. Ce n’est pas simplement un sous-traitant, mais une infrastructure qui façonne notre perception de la réalité et la façon d’y réagir. Elle fusionne des données, produit des modèles prédictifs et permet des prises de décision à une échelle où un individu seul ne peut plus suivre. Sa direction se montre provocante en public et choisit ouvertement son camp dans le grand jeu géopolitique.
La question reste ouverte: que se passe-t-il lorsque l’archétype rituel se révèle comme une infrastructure de pouvoir déjà en marche? Alors, tout le drame psychologique pourrait s’avérer une ouverture symbolique de l’élite à une concentration de pouvoir technologique sans précédent, où la donnée devient une force qui façonne la réalité.
20:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, palantir, intelligence artificielle |
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mercredi, 06 mai 2026
Le projet de pont terrestre de la Thaïlande surfe sur la vague du chaos mondial des détroits stratégiques

Le projet de pont terrestre de la Thaïlande surfe sur la vague du chaos mondial des détroits stratégiques
La crise du détroit d'Ormuz a renouvelé les inquiétudes concernant une autre faiblesse géopolitique de l'Asie: le détroit de Malacca. La Thaïlande y voit une opportunité.
Le gouvernement thaïlandais relance une vision vieille de plusieurs décennies: établir un lien logistique entre les océans Indien et Pacifique, en ciblant Singapour comme investisseur potentiel.
Plus de 100.000 navires commerciaux ont traversé Malacca l’année dernière.
- Le projet relierait la mer d’Andaman au golfe de Thaïlande via 90 km d’infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques, y compris des pipelines.
- Il offrirait une alternative au détroit de Malacca, long de 900 km, bordé par l’Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour.
- Coût estimé: 31 milliards de dollars.

Pour la Chine, les enjeux sont particulièrement élevés. Environ 80% de son pétrole transite par Malacca — une vulnérabilité que Pékin qualifie de «dilemme de Malacca». Ce pont terrestre ne remplacerait pas le détroit, mais pourrait offrir une couverture partielle si jamais les États-Unis le bloquaient lors d’un conflit autour de Taïwan.
Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a rencontré le ministre de la Défense de Singapour, Chan Chun Sing. Une proposition officielle devrait être soumise au cabinet en juin ou juillet, avec une éventuelle ouverture des offres d’investisseurs au troisième trimestre.
Source: @NewRulesGeo (Telegram).
19:57 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : isthme de kra, thaïlande, asie, affaires asiatiques, actualité, géopolitique |
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L’Allemagne se débine devant Kiev — et Nord Stream devient le cas d’école de la souveraineté allemande

L’Allemagne se débine devant Kiev — et Nord Stream devient le cas d’école de la souveraineté allemande
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
La Neue Zürcher Zeitung formule de manière exceptionnellement tranchante ce qui est depuis des années occulté à Berlin: la critique de l’Ukraine est largement taboue en Allemagne. Même lorsque des intérêts allemands fondamentaux sont directement touchés, Berlin ne réagit pas en tant qu’État souverain, mais comme un prisonnier politique, victime de sa propre narration.
Le point le plus évident est Nord Stream.
Selon tout ce qui est désormais publiquement connu, des traces de sabotage mènent à des liens avec l’Ukraine. Il ne s’agit pas d’un thème subalterne de la politique étrangère. Il s’est agi de faire exploser une infrastructure énergétique de toute première importance pour l'industrie allemande, la seule capable de préserver sa compétitivité industrielle, sa sécurité d’approvisionnement, et de répondre à la question de savoir si l’Allemagne est encore prête à affirmer ses propres intérêts en tant que tels.
Pourtant, Berlin reste silencieux.
Ce silence n’est pas un accident de fonctionnement. Il suit une logique interne.
Depuis longtemps, l’Ukraine n’est plus seulement un État soutenu dans sa guerre par le monde politique allemand. Elle est devenue le fondement moral de tout le changement de régime qui s'observe en Allemagne. À travers Kiev, on explique pourquoi l’Allemagne s’arme, contracte des dettes, accepte la hausse des prix de l’énergie, surcharge son industrie et s’insère de plus en plus profondément dans une confrontation permanente avec la Russie.
Si Berlin critiquait sérieusement Kiev, il devrait justifier sa propre politique de manière autre. Alors, surgiraient soudainement des sujets que l’on veut éviter: les intérêts allemands réels, le coût de la servilité, la stratégie américaine, la perte d’une énergie bon marché, l’affaiblissement de l’industrie, et le nouveau rôle de l’Allemagne en tant que base arrière logistique du front oriental.
C’est précisément pour cela que le schéma moral reste si important:
- Kiev représente le Bien.
- Le Bien ne doit pas être écorné.
- Ce qui ne correspond pas à l’image d'Epinal doit être ignoré.
Cela crée une forme dangereuse de désarmement politique vis-à-vis de l'extérieur. L’Allemagne doit devenir plus forte militairement, mais ne pas déployer de stratégie. Elle doit payer, livrer, produire et assumer des risques, tandis que la ligne de conduite reste définie outre-atlantique.
Dans ce contexte, l’Ukraine agit comme un levier politique. Elle sort définitivement l’Allemagne de tout rôle équilibrant possible en Eurasie. Une Allemagne avec une politique énergétique propre, sa propre stratégie envers la Russie, et ses propres intérêts industriels, serait un facteur autonome sur le continent. Une Allemagne qui définit entièrement sa politique étrangère à travers le conflit ukrainien devient prévisible, dépendante et contrôlable.
On parle de valeurs. Il s’agit de liens.
On parle de responsabilité. Il s’agit de charges.
On parle de sécurité. Il s’agit de l’intégration de l’Allemagne dans un conflit dont les acteurs stratégiques ne siègent pas nécessairement à Berlin.
La NZZ dit les choses clairement: l’Allemagne se débine devant Kiev.
Plus précisément: l’Allemagne renonce à sa capacité de poser des jugements souverains, car sinon la construction morale de sa propre politique extérieure pourrait s’effondrer.
Nord Stream est donc plus qu’une attaque contre des gazoducs. C’est un cas d’école qui dévoile l'état de la souveraineté allemande.
Celui qui ne pense pas politiquement jusqu’au bout la destruction de sa propre infrastructure énergétique a déjà accepté que d’autres décident de la hiérarchie des intérêts allemands.
#geopolitiek@global_affairs_byelena
19:41 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nord stream, allemagne, ukraine, europe, affaires européennes |
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mardi, 05 mai 2026
Charles III veut la guerre: l’obsession fatale de Londres pour la Russie

Charles III veut la guerre: l’obsession fatale de Londres pour la Russie
Londres/Washington. Depuis 200 ans, la Grande-Bretagne fait partie des ennemis les plus intransigeants et tenaces de la Russie. Cela repose aussi bien sur des raisons géopolitiques que sur des enjeux liés aux ressources naturelles. Aujourd’hui, les visées géopolitiques des Anglo-Saxons cherchent à couper la Russie du commerce mondial autant que possible et, à long terme, à démembrer son territoire — un objectif qui fait l’objet de discussions ouvertes dans des think tanks transatlantiques depuis la fin de l’Union soviétique.
Fait intéressant, le roi britannique Charles III a justement évoqué cette constante de la politique anglo-américaine lors de sa visite récente aux États-Unis. Lors d’une séance conjointe du Congrès, il a prononcé un discours qui peut aussi être considéré comme une déclaration de guerre à peine voilée à la Russie.
Charles a déclaré textuellement: «Juste après le 11 septembre, lorsque l’OTAN a invoqué pour la première fois l’article 5 et que le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est uni face au terrorisme, nous avons répondu ensemble à l’appel, comme notre peuple le fait depuis plus d’un siècle — où nous avons été main dans la main durant deux guerres mondiales, pendant la guerre froide, la guerre d’Afghanistan et d'autres moments qui ont façonné notre sécurité commune. Aujourd’hui (…) la même détermination inébranlable est nécessaire pour la défense de l’Ukraine et de son peuple si courageux».
L’idéalisation de l’échec en Afghanistan et la référence explicite au pacte militaire de l’OTAN sont un appel sans équivoque à Washington pour qu’il participe enfin à une guerre terrestre européenne d’envergure contre Moscou. Le fait que les deux guerres mondiales précédentes aient coûté la vie à près de 70 millions de personnes n’a pas empêché les représentants américains présents d’accueillir cette exhortation à une Troisième Guerre mondiale par des applaudissements tonitruants.
Cette scène s’inscrit parfaitement dans une obsession de la Russie qui dure depuis près de deux siècles et qui façonne en permanence la politique extérieure britannique. Depuis la guerre de Crimée en 1853, l’élite londonienne ourdit des plans pour culbuter militairement la Russie, toujours selon un modèle éprouvé: le Royaume agit en coulisses et incite d’autres puissances à porter le lourd fardeau, à payer le prix du sang.


Cette stratégie a atteint un premier sommet cynique immédiatement après la capitulation allemande en 1945. Alors que l’Armée rouge détruisait la Wehrmacht, le Staff de planification conjoint britannique élaborait «le projet Impensable/Unthinkable» — un plan pour une attaque surprise contre l’allié soviétique.
Le document présenté à Winston Churchill le 22 mai 1945 prévoyait une attaque le 1er juillet 1945 avec des forces britanniques, américaines, polonaises et même allemandes unies sous un même commandement. L’objectif politique déclaré était très simple: la Russie devait «se soumettre à notre volonté». Le document précise également: «Un succès rapide pourrait amener les Russes à se soumettre, au moins provisoirement, à notre volonté; mais peut-être pas. (…) S’ils veulent une guerre totale, ils sont capables de la mener».
Aujourd’hui, la participation active des États-Unis est devenue une nécessité absolue pour Londres. L’offensive de charme transatlantique de Charles joue un rôle clair: elle doit ressusciter sous une nouvelle apparence «l’Opération Impensable/Unthinkable» (ndt: parfois appelée aussi "Liberty Storm").
Le discours du roi et l’ensemble de la tradition diplomatique britannique révèlent une fixation ininterrompue sur la Russie. Cette obsession représente un danger mortel pour le reste du monde. Comme on le sait, Londres a, quelques mois auparavant, offert, de manière à peine voilée, d’aider l’Ukraine à construire des armes nucléaires. Si la Russie prend cette menace au sérieux, une guerre nucléaire n’est plus qu’une question de temps (mü).
21:02 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : charles iiin grande-bretagne, royaume-uni, russie, europe, affaires européennes |
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5000 soldats américains en moins en Allemagne: une goutte d’eau hors d'un océan

5000 soldats américains en moins en Allemagne: une goutte d’eau hors d'un océan
Washington. Une bonne nouvelle – et une mauvaise. La bonne: après de nombreuses tentatives et annonces dans le passé, les États-Unis prennent enfin au sérieux la réduction de leur présence militaire en Allemagne. La mauvaise: seulement 5000 hommes seront retirés – bien que Trump ait annoncé davantage ce week-end.
En Europe, environ 86.000 soldats américains sont actuellement stationnés, dont environ 39.000 en Allemagne. Moins 5000, cela représente toujours 34.000 soldats américains stationnés sur le sol allemand. Selon le ministre américain de la Défense Hegseth, le retrait devrait être achevé d'ici six à douze mois. La démarche a été justifiée par une révision approfondie des déploiements de troupes en Europe ainsi que par les besoins des zones d’opérations.
Ce retrait fait suite à une critique acerbe du président américain Donald Trump à l’encontre du chancelier Friedrich Merz, en raison de sa position défavorable à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. Trump avait déjà voulu examiner la possibilité d’une telle démarche.
Samedi, le président a réitéré et annoncé une réduction « significative » de la présence des troupes américaines en Allemagne. Lorsqu’on lui a demandé la raison, il a refusé de donner une explication claire, mais a précisé qu’une réduction encore plus importante était à venir, car l’engagement des États-Unis pour la sécurité européenne allait être diminué. « Nous allons drastiquement réduire nos effectifs. Et nous allons retirer beaucoup plus que 5000 soldats », a déclaré Trump devant des journalistes en Floride.
Les indices se multiplient pour montrer qu’il s’agit encore une fois d’une décision typique de Trump, prise sur un coup de tête. « Nous ne savons pas quelles unités sont précisément affectées. Est-ce le noyau d’une brigade, une escadre aérienne ? », a déclaré l’ancien ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Ivo Daalder, à Euronews. Une autre source américaine a confié à la plateforme: «Il n’y a pas de détails, parce que Trump a simplement inventé ce chiffre». Et encore: «Les 5000 militaires relèvent une estimation purement arbitraire, sortie de nulle part, pour marquer le coup dans sa dispute avec Merz ».
Depuis des décennies, l’Allemagne sert les États-Unis comme plaque tournante de leur logistique militaire – et continuera de le faire. Même dans le récent conflit avec l’Iran, la logistique américaine en Allemagne a été essentielle pour les opérations militaires des Etats-Unis. Depuis la base aérienne de Ramstein, la coordination de toutes les missions de drones dans la région afro-asiatique est assurée.
Déjà lors du premier mandat de Trump (2017-2021), celui-ci avait menacé de qu'il réduirait les effectifs de l'US Army en Allemagne de 12.000 soldats, en représailles à ce qu’il considérait comme des dépenses de défense allemandes trop faibles. Son successeur, Joe Biden, a stoppé ces plans. Lors de son second mandat, Trump a initialement rassuré le monde, mais il a ensuite réagi avec irritabilité face à l’attitude critique des Européens concernant la guerre en Iran. Cependant, rien ne changera fondamentalement avec le retrait désormais confirmé (mü).
Source: Zu erst, Mai 2026.
20:39 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : états-unis, us army, allemagne, europe, affaires européennes, donald trump |
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La guerre qui ne vise pas la victoire: le conflit en Ukraine comme moyen de démantèlement du système

La guerre qui ne vise pas la victoire: le conflit en Ukraine comme moyen de démantèlement du système
Markku Siira
Source: https://markkusiira.substack.com/p/sota-jota-ei-ole-tarko...
En étudiant la guerre de la Russie contre l’Ukraine, l’attention ne se porte plus autant sur ce que le Kremlin fait, mais sur ce qu’il ne fait pas. Les raffineries ont à plusieurs reprises été ciblées par des drones ukrainiens, les armes de l’OTAN affluent via Lemberg (Lvov/Lviv) vers le front, et personne ne semble plus se soucier des lignes rouges ou des menaces de Moscou.
Plus cette « opération militaire spéciale » stagne, plus il devient probable que cela ne soit pas simplement une incapacité militaire, mais un phénomène structurel plus profond: un conflit gelé, épuisant, maintenu en vie pour favoriser certains objectifs plus larges.
La situation commence aussi à se faire sentir dans le débat public en Russie. Le président est désormais ouvertement critiqué – non pas tant pour ses objectifs de guerre, mais pour ses échecs pratiques, pour le durcissement de la censure sur Internet, pour l’absurdité de la bureaucratie et la crise économique générale. On le décrit de plus en plus comme un vieil homme détaché, ayant perdu le contact avec la vie quotidienne de ses concitoyens.
Dans cette perspective, il est compréhensible que le Kremlin ne recherche pas une victoire rapide. Une telle victoire nécessiterait une clarté stratégique et une compétence opérationnelle que le système actuel ne semble pas posséder. La gouvernance de Poutine n’est pas non plus prête à passer à une économie de guerre totale et à mobiliser la population.
Sous ces contraintes administratives et culturelles se cache toutefois une couche plus froide, qui est structurelle. Les cercles financiers transnationaux et les réseaux de pouvoir étatiques opèrent partout, et la Russie ne fait pas exception. Les oligarques sont en partie le produit de ces réseaux, et Poutine avec ses soutiens ne contrôle qu’une partie du véritable pouvoir dans le pays.

Les institutions économiques critiques – la Banque centrale, le ministère des Finances et le gouvernement – sont fortement influencées par ces cercles financiers. Comme le montre à plusieurs reprises la politique des taux d’intérêt, ces acteurs ne servent pas principalement l’intérêt national russe, mais la logique du système financier mondial.
Les mesures spéciales prises lors des restrictions dues à la pandémie du Co vid-19 ont créé la base d’une intervention économique à grande échelle, que la guerre en Ukraine continue. Les faillites, transferts de richesse et endettements ne sont pas de simples sous-produits, mais font partie d’un processus de démantèlement de l’ancien ordre, de l'ancienne normalité. La guerre fournit à la fois à la Russie et à l’Occident une justification pratique pour des mesures qui seraient difficiles à justifier en temps de paix auprès de leurs citoyens.
L’élite dirigeante russe semble principalement concentrée sur la sécurisation de sa propre position. Aucune purge interne à grande échelle n’a été observée même pendant la guerre. Les citoyens ordinaires portent le fardeau: le niveau de vie baisse, les entreprises sont étouffées par la bureaucratie et les taux d’intérêt, et la communication est surveillée.
Par ailleurs, les membres de l’élite – même ceux qui ont soutenu l’Ukraine – circulent librement entre les pays et accroissent leur richesse. Cette double norme n’est pas un hasard, mais une caractéristique centrale du système. Poutine ne peut pas démanteler l’oligarchie féodale, car son pouvoir repose précisément sur celle-ci.
Et si, au contraire, la prolongation de la guerre n’était pas une incapacité, mais une dynamique silencieuse profitant à toutes les parties? Un développement similaire est observable tant dans la numérisation que dans la normalisation de la surveillance, aussi bien à l’est qu’à l’ouest. Le conflit en Ukraine a fourni une justification efficace pour accélérer cette tendance des deux côtés.

Tant que la guerre reste en son état, tant qu'elle reste épuisante et demeure gelée, les élites peuvent maintenir l’état d’exception et détourner la mécontentement vers une menace extérieure. Dès que la guerre prendra fin, l’énergie politique se libérera probablement et se concentrera sur les structures et dysfonctionnements internes. C’est pourquoi l’état actuel – ni victoire, ni défaite – est à court terme la meilleure option pour toutes les parties.
Les erreurs de Poutine pourraient théoriquement être corrigées, mais cela supposerait une Russie et une direction que le système actuel ne permet pas. La même absence de compétence et de courage semble affecter aussi les dirigeants occidentaux. La poursuite du conflit est donc moins risquée que sa résolution décisive.
En fin de compte, il ne s’agit pas de savoir qui remportera la guerre, mais de comment la guerre façonne les sociétés vers une nouvelle normalité. Le conflit en Ukraine et la crise énergétique suffisent-ils pour mettre fin à l’ancien système, ou la prochaine étape sera-t-elle une mise à bas totale du système en Europe par une guerre à grande échelle ?
18:44 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, guerre, ukraine, europe, affaires européennes, russie |
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lundi, 04 mai 2026
Pourquoi le modèle de l’UE ne fonctionne plus

Pourquoi le modèle de l’UE ne fonctionne plus
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
The Economist décrit, à travers les faibles taux de popularité de Macron et Merz, un problème qui va plus loin que les crises gouvernementales habituelles: la logique de médiation politique de l’UE est épuisée.
L’UE a fonctionné pendant des décennies selon un schéma simple: les chefs de gouvernement nationaux négociaient des compromis à Bruxelles, rentraient chez eux et vendaient ces résultats à leurs citoyens comme une réussite. La renonciation à la souveraineté était présentée comme une responsabilité européenne, les concessions comme un succès en matières de négociation, la perte de contrôle comme un progrès.
Ce modèle supposait toutefois une condition: les dirigeants nationaux devaient encore posséder suffisamment d’autorité chez eux pour faire accepter des décisions impopulaires. Or, cette condition disparaît.

Macron est affaibli sur le plan intérieur. Merz représente une politique allemande qui ne convainc ni par sa renaissance économique ni par son autonomie stratégique. Si Paris et Berlin, les deux axes principaux de l’UE, n’ont plus de légitimité intérieure forte, Bruxelles perd aussi sa capacité à faire appliquer ses décisions.
Car l’UE ne possède pas sa propre légitimité démocratique profonde. Elle vit politiquement de l’autorité empruntée des États membres. Lorsque cette autorité s’effondre, il ne reste que l’appareil : commissions, procédures, règlements, fonds, déclarations de sommet.
Voici précisément le mécanisme de la crise :
- Bruxelles a besoin de gouvernements nationaux forts pour légitimer ses décisions.
- Les gouvernements nationaux perdent la confiance car ils acceptent les décisions bruxelloises.
- Plus ils deviennent faibles, plus Bruxelles tente d’accroître ses compétences.
- Plus Bruxelles centralise, plus la distance avec les citoyens s’accroît.
C’est un cercle vicieux qui est auto-entretenu.
Ce phénomène devient particulièrement visible lors des grandes crises des dernières années: crise financière, migration, pandémie, guerre en Ukraine, crise énergétique, armement. Chaque crise a été utilisée pour renforcer le contrôle de l’UE. Mais les résultats sont de moins en moins convaincants. Les citoyens vivent des coûts croissants, une perte de contrôle, un affaiblissement industriel, des frontières incertaines et une politique étrangère souvent guidée par des intérêts stratégiques étrangers.
L’UE répond à chaque défaillance par la même formule: plus de centralisation.
Mais cette formule engendre justement la prochaine perte de légitimité.
S’ajoute une contradiction structurelle: alors que les gouvernements nationaux élus perdent du soutien, les acteurs supranationaux comme Ursula von der Leyen gagnent en pouvoir. La responsabilité politique reste formellement aux États-nations, mais la gouvernance réelle se déplace de plus en plus vers Bruxelles. Le citoyen peut élire ou démettre son gouvernement, mais pas le mécanisme qui dicte de nombreuses décisions.
Ainsi, se constitue un ordre sans responsabilité claire. Personne n’est entièrement responsable. Personne ne porte pleinement la responsabilité politique. D’où naît la colère contre «ceux d’en haut».
La montée des forces de droite, conservatrices et souverainistes n’est donc pas une simple vague de protestation. C’est la réaction à un système qui déplace le pouvoir décisionnel, dilue la responsabilité et moralise les intérêts nationaux.
Les faibles scores de Macron et Merz montrent que l’ancien type de médiateur politique européen ne fonctionne plus. Autrefois, il pouvait vendre ses compromis bruxellois comme des succès nationaux. Aujourd’hui, l’opinion voit la facture.
L’UE ne perd pas seulement en popularité. Elle perd aussi son tour de magie politique.
Source : https://www.economist.com/europe/2026/04/29/europes-unpop...
#geopolitiek@global_affairs_byelena
21:58 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, union européenne, affaires européennes, eurocratie |
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Les convergences maléfiques

Les convergences maléfiques
par Pierre-Emile Blairon
Au terme de cette série consacrée à l’emprise du satanisme sur le monde actuel, j’entends ricaner les esprits forts et cartésiens sur mes supputations qui semblent (pour eux) découler tout droit d’un monde de superstitions fabriquées pour soumettre et manipuler les masses d’une société primitive.
Je répondrai à ces esprits, qui cachent leur ignorance et leur lâcheté derrière l’expression d’un rationalisme de nature tout aussi primaire, approuvé et certifié par les instances d’accréditation du pouvoir, que ce sont ces mêmes instances qui revendiquent leur affiliation à ces mêmes sectes satanistes qui pullulent actuellement dans leurs milieux et commettent, concrètement, des atrocités que ces « esprits forts » ne peuvent même pas imaginer.
Du Bien et du Mal
Je disais dans mes précédents articles que nous serons bientôt amenés à choisir notre camp entre le Bien et le Mal, que nous sommes tous capables de distinguer, qu’on le veuille ou non; certes, l’ombre répond à la lumière, et pour que le monde soit monde, les deux doivent cohabiter. C’est comme pour ce qui est beau et ce qui est laid ; le sublime répond à l’horreur ; mais, malgré nos dénégations, chacun sait pertinemment la différence entre les deux, et les arguties, les déguisements intellectuels ou faussement symboliques pour tenter de justifier l’innommable n’y feront rien, la Vérité apparaît toujours, simple et nue.

Mon choix est fait depuis longtemps; j’ai toujours opté pour les valeurs éternelles européennes, de la véritable, belle et grande Europe de l’Est et de l’Ouest, du Sud et du Nord, celle que j’aime: celle de la chevalerie, de la dignité, du respect des êtres vivants et de la nature, de la persévérance, de la bienveillance, de l’harmonie, de l’art de vivre, valeurs qui sont aussi celles de la France: beauté de nos paysages, de notre patrimoine, de nos vieilles maisons dans nos vieux villages, de nos campagnes et de nos bêtes qui y paissent paisiblement, courage et résilience de ceux qui en vivent et nous font vivre, valeurs qui étaient celles de Jeanne d’Arc et de ces grands soldats qui ont donné leur vie pour sauver l’honneur, l’intégrité et l’avenir de notre pays [1].

Non, je n’ai pas choisi le camp de «l’Occident», magma putride qui ne représente désormais plus que tout ce qui est laid, sale, déliquescent, mensonger, fuyant, lâche, confondant de bêtise et de traîtrise, abject, avilissant, ignoble.
L’Occident décadent est constitué d’un triptyque, ou d’une hydre à trois têtes, si vous préférez : Israël, l’Amérique et « l’Union européenne ».
Israël dicte ses volontés à l’Amérique et l’Amérique dicte ses volontés à « l’Europe de Bruxelles », celle que les Français ont rejetée par voie électorale en 2005 mais qui nous a été quand même imposée (par Sarkozy).
L’Occident n’existe pas
L’Occident n’existe pas: c’est une chimère, une création artificielle :
1. L’Amérique est une création des Européens biblistes puritains chassés d’Europe
2. La fausse Europe (l’Union européenne) est une création des Américains à la fin de la deuxième guerre mondiale.
3. Israël est une création de l’Occident, surtout britannique, à la fin de cette même guerre.
Cet Occident suprémaciste, unipolaire, qui avait étendu son emprise sur le monde, n’existe plus mais il refuse d’admettre cette évidence.
C’est d’abord de ce monde agonisant que se sont emparé les suppôts de Satan, profitant de sa vulnérabilité et pour les différentes raisons que j’ai évoquées dans les articles précédents.
Le Malin, qui porte bien son nom, tout aussi bien que le Diable (diabolo), ou que Satan-Titan, a, cette fois, choisi d’être le rassembleur et non plus le diviseur. Rassembleur d’une triste troupe de zombies et de morts-vivants, qui fait illusion parce qu’elle est recouverte de paillettes et d’artifices.

Trois sectes, trois rejets, trois rancœurs, trois États-voyous: l’Amérique, l’Ukraine, l’Israël sioniste
Je ne confonds pas sectes et religions, mais j’admets l’axiome qui dit qu’une religion est une secte qui a réussi (c’est-à-dire dont les préceptes se sont étendus sur le monde).
Ces trois sectes se réclament de l’une des trois religions du Livre, celle qui a inspiré les deux autres (christianisme et islam): le judaïsme.
La religion musulmane est complètement écartée de cette association ; elle est leur ennemie.
Le christianisme du Nouveau testament, plus catholique qu’évangélique, n’a que peu d’adeptes dans ces trois sectes : le catholicisme est plus une religion européenne que talmudique, largement influencée par les bribes de paganisme que le christianisme triomphant a préféré intégrer à son corpus religieux, faute d’avoir pu les éliminer radicalement.
Avant d’évoquer le caractère spécifique de chacune de ces entités qui a permis cette « convergence maléfique », il convient de comprendre leur provenance commune en faisant un bref rappel historique de « l’invention » du monothéisme.
Les racines du monothéisme
À l’origine, la spiritualité du peuple juif était identique à celles des autres peuples qui lui étaient contemporains: les Juifs étaient «païens» comme tous les peuples de la Terre.
Le principe cyclique auquel se référaient toutes les sociétés traditionnelles tenait sa légitimité de l’observation des lois naturelles qui voyait le déroulement des saisons et le mouvement des astres dans le ciel; ces sociétés faisaient partie du cosmos, régies par le triptyque naissance-vie-mort que personne ne venait contester. La « foi » n’existait pas: on voyait et on vivait ce qu’on voyait.
« L’ancien monde classique ignora sous ses formes les plus élevées, originelles, la « foi » au sens courant du terme, sa religiosité reposant essentiellement sur la certitude de la réalité et de la présence effective des forces divines. La foi [celle du « charbonnier » NDLR] présuppose le doute et l’ignorance, que l’on surmonte précisément par la croyance.[2] »

La perception de toute cette belle mécanique céleste, qui n’a ni début ni fin et qui n’avait pas besoin d’un blanc-seing accordé par les hommes, va se gripper avec l’apparition du monothéisme (après Akhénaton) chez les Hébreux. Ce monothéisme israélite va lui-même engendrer deux autres versions, le christianisme et l’islam ; un seul dieu, mais pour chacune des trois variantes (qui apparaîtront à des périodes différentes), toutes trois issues du Moyen-Orient : on les appellera religions du Livre (parce qu’elles sont issues d’un livre « révélé ») ou abrahamiques (parce qu’elles se réclament du même Père virtuel : Abraham).
Dès lors, chacune des trois options va se reporter à la « tradition », c’est-à-dire une « histoire », une « fable », un « conte », une « légende », un « merveilleux », un « roman » national ou religieux, ou les deux, créés et adaptés à la mentalité et aux besoins du peuple concerné plutôt qu’au strict examen des faits naturels dont découlait l’observance de lois, ce qui était la démarche logique des peuples « païens » d’avant l’apparition du monothéisme.
Il n’existe que de faibles indices permettant de reconnaître l’authenticité des écrits bibliques originels. Les historiens contemporains en réfutent la quasi-totalité. Et rappelons que ce n’est qu’en 495 que le Décret de Gélase fixe définitivement le contenu des Évangiles du Nouveau Testament.
Les monothéistes ne voient pas leur Dieu, mais ils y croient ; les « païens » d’aujourd’hui voient leurs dieux, mais ils n’y croient plus. Ils ne croient plus ce qu’ils voient.
Le matraquage monothéiste, puis évolutionniste, puis scientiste, puis progressiste, est passé par là.

Comment est apparu le monothéisme juif ?
C’est l’aboutissement d’un lent processus ; les Hébreux pratiquaient une sorte d’hénothéisme : ils croyaient en plusieurs dieux d’un panthéon où trônait Yahweh (YHWH) qui rappelle le panthéon grec dont les dieux étaient soumis à l’autorité de Zeus.
La croyance en Yahweh comme dieu unique se renforcera après l’exil du peuple juif à Babylone (586−539) ; Yahweh sera sollicité pour venger ses malheurs. Le monothéisme des Juifs aura vraisemblablement été inspiré par le zoroastrisme alors contemporain, religion fondée par le prophète perse Zarathoustra dont le dieu est appelé Ahura Mazda (illustration, ci-dessous); cette religion est encore pratiquée de nos jours par une partie des Perses, peuple indo-européen de l’actuelle Iran.

Il est plaisant de voir ici désigné le personnage de Friedrich Nietzsche comme l’un des inspirateurs du… judaïsme ! Mais il n’y a rien de plus logique que le chantre du « surhumain » (le « surhumain » étant l’ancêtre du transhumanisme) ait nommé son « héros » Zarathoustra et que le peuple juif ait pris ce même Zarasthoustra comme idéal religieux. Les sionistes actuels n’aiment pas trop qu’on leur rappelle que les Iraniens ont aidé les Juifs à constituer les bases de leur religion [3] et qu’aujourd’hui encore, les Juifs accueillis en Iran remercient les Iraniens de les avoir accueillis en toute fraternité[4].

Rappelons le récit mythique du peuple hébreu: Les Hébreux étaient esclaves des Égyptiens sous la XVIe dynastie (vers ‑1500) ; un personnage légendaire nommé Moïse (légendaire parce qu’on n’en trouve nulle trace historique) apparaît, qui guide la fuite de son peuple vers le pays des Cananéens, la « terre promise » aux Hébreux, après avoir erré dans le désert du Sinaï pendant 40 ans ; « terre promise » par qui ? Par un dieu caché dans un « buisson ardent » qui parle à Moïse ; passons sur les tribulations qui amènent Moïse et son peuple aux portes de Judée, peuple désormais « élu » par Dieu, un dieu qui ne peut être donc qu’unique par réciprocité; c’est ce que dit le philosophe des monothéismes, Jean Soler : « Aux termes de « l’alliance », si le peuple vénère ce dieu au-dessus des autres dieux, le dieu le placera au-dessus des autres peuples. Il s’agit d’un accord strictement ethnique. »
Ainsi commença le monde profane, celui des hommes, qui, dans l’esprit de ses promoteurs, devait succéder au monde sacré, celui des dieux.

La dispersion des Juifs dans le monde (diaspora) commence après la destruction du temple de Jérusalem par le Romain Titus en 70. Les Hébreux, ensuite dénommés Israélites, puis Juifs, vont alors prendre leur revanche sur les grandes puissances de l’Antiquité qui les ont chassés et contraints à de nombreux exils ou exodes: l’Égypte, l’Assyrie, la Mésopotamie, Rome, en prenant une place importante dans le monde économique contemporain dédié de plus en plus à la matérialité comme il sied à chaque fin de cycle.
La diaspora juive a, dans sa grande majorité, continué à pratiquer avec ferveur sa religion, appliquant les règles strictes des origines qui, sous couvert de prescriptions religieuses, servaient, initialement, surtout à canaliser les pulsions primaires des fidèles en leur imposant des garde-fous sanitaires et moraux, règles archaïques qui sont toujours en vigueur mais qui n’ont plus beaucoup de sens à notre époque.

Parallèlement, le judaïsme, comme toutes les grandes religions, et pas seulement monothéistes, a élaboré un ésotérisme, la Kabbale, qui a perduré dans le monothéisme indépendamment des contraintes dogmatiques ultérieures, comme il existe un ésotérisme chrétien, qu’on dit hermétique ou mystique, ou un ésotérisme musulman, représenté par le soufisme, et nombre d’ésotérismes au sein des spiritualités anciennes, souvent dénommés « Mystères ».
Religion et spiritualité: nous sommes loin de ce qui est en place actuellement en Israël. Le sionisme nationaliste, une idéologie créée par un journaliste et écrivain austro-hongrois, Theodor Herzl en 1897, sous la dénomination: Organisation sioniste mondiale, à l'origine de la création de l'État d'Israël (14 mai 1948).
L’évolution actuelle du sionisme risque de provoquer la disparition du pays par les excès de sa politique jusqu’au-boutiste.
Ces préliminaires, qu’il me semblait essentiel de rappeler, nous permettent de mieux comprendre la situation actuelle et la part prise par chacune de ces trois entités qui constituent le triptyque appelé « Occident » dont je vais maintenant vous entretenir.
L’Amérique
Elle s’est créée par l’accostage puis le débarquement de ses passagers en 1620 sur ses côtes d’un bateau, le « Mayflower », affrété par une secte évangéliste dont on ne voulait plus en Angleterre puis aux Pays-Bas, dénommée les « Puritains », parce que ses adeptes semaient le trouble par leur refus de respecter les règles en vigueur alors dans ces pays.

Dans un article précédent, je disais que ces premiers colons, foulant le sol américain pour la première fois, revivaient, par leur exil, l’épopée fantasmée des Hébreux. Les biblistes, dont les enfants portaient et portent toujours des prénoms typiquement hébraïques, considérèrent dès lors la terre américaine comme la leur, leur terre promise, Israël constituant la nouvelle « maison-mère » des nouveaux Américains, leur véritable patrie spirituelle.
En débarquant sur les côtes du Massachusetts, la secte puritaine se vengera d’abord, de manière inconsciente, de l’humiliation d’avoir été rejetée d’Europe sur les autochtones qui n’y étaient pour rien, ceux qu’on appellera les Amérindiens, en les exterminant[5] en grande partie.
Mais la vengeance est un plat qui se mange froid et l’aide apportée par Lafayette à la nation américaine naissante n’y fera rien; les Européens ne perdaient rien pour attendre; ils seront annexés après la seconde guerre mondiale par les États-Unis sous couvert d’aide apportée par le plan Marshall[6].
Après avoir aidé le nazisme à prendre le pouvoir en le finançant par leurs banques, les Américains installeront à la tête d’une Europe qu’ils auront créée, mais aussi dans certains postes-clés aux États-Unis (comme le patron de la NASA, Werner von Braun), certains survivants de cette entité nazie à la fin de la deuxième guerre mondiale.
Mais cette accointance sulfureuse avec le nazisme ne suffisait pas. Qui d’autre sent plus le soufre que le diable lui-même ?
L’Amérique a raté l’occasion de rejeter la tutelle des pédo-satano-mondialistes qui étaient au pouvoir en Amérique depuis de nombreuses décennies, en portant à la présidence Donald Trump qui s’est révélé être un autre homme que celui pour qui elle avait voté.
Trump accumule sur sa seule personne tous les vices et vilénies de ses prédécesseurs.
S’il n’est pas destitué à temps,
- soit parce qu’il est mentalement détraqué,
- soit parce qu’il a été compromis par le Mossad et qu’il a trempé dans les horreurs perpétrées par l’entourage de Jeffrey Epstein,
- soit parce qu’il a été manipulé par les évangélistes sionistes qui le poussent à la guerre contre l’Iran[7], guerre que le peuple américain refuse majoritairement,
alors, l’Amérique entamera un processus rapide de déclin sur tous les plans.
En attendant, la machine satanique initiée par l’État occulte depuis de nombreuses décennies sous la pression de la CIA, garde donc le cap grâce au revirement de Trump à 180° qui a trahi sa base MAGA en dépassant même les objectifs de ses prédécesseurs : Trump veut désormais asservir le monde entier.
L’Ukraine
Les nazis ukrainiens
Nous allons retrouver ces mêmes nazis que l’Amérique a aidés lors de leur montée en puissance, ou plutôt leurs descendants idéologiques, dans la sphère militaire proche du pouvoir (comme le bataillon Azov) dans un pays de l’Europe de l’Est, l’Ukraine[8], pays sous la présidence d’un… juif nommé Zelensky.

Et là, tout se retourne, les masques tombent, et la logique et les certitudes bien ancrées en prennent un sacré coup.
Précisons que Zelensky, qui n’est officiellement plus président depuis le 19 mai 2024, disait le 5 avril 2022 à Kiev : « Je pense que tout notre peuple sera notre grande armée. Nous deviendrons un “Grand Israël” ». Cependant, le rapprochement entre Ukraine et Israël se fait lentement, le gouvernement de Netanyahou se montrant réservé à l’égard de l’Ukraine car il essaie de maintenir de bonnes relations avec la Russie.
Il n’empêche que les esprits n’étaient pas préparés à cette révélation:
L’idéologie nazie n’a pas perduré seulement au sein même des instances européennes ou américaines mais aussi, dans un pays qui était encore communiste il n’y a pas si longtemps.
Il faut se souvenir que Stepan Bandera, qui proclama l’indépendance éphémère de l’Ukraine à Lviv le 30 juin 1941, et qui est considéré comme un héros par une partie des Ukrainiens, collabora avec l’Allemagne nazie en créant la Légion ukrainienne, sous commandement de la Wehrmacht. D’où cette curieuse cohabitation actuelle.
Mais ce n’est pas tout car, au-delà des réticences de Netanyahou à l’égard de l’Ukraine, il existe entre les deux régimes des liens beaucoup plus anciens et beaucoup plus solides qui finiront par prévaloir ; c’est un levier que ne manquera pas d’activer Zelensky pour arguer d’origines communes avec un Netanyahou, par exemple, mais aussi avec d’autres puissants de ce monde, afin de continuer ce qui est devenu « sa » guerre, appuyée par la caste des dirigeants européens, eux-mêmes vassaux à la fois d’Israël et des États-Unis.
L’énigme khazare
Il existe en effet une autre étrange coïncidence qui va marquer le destin du peuple juif et dont l’action se situe dans la même région, puisqu’elle était le territoire d’un peuple turcique originaire du nord du Caucase, les Khazars, établi en royaume en Ukraine et dans la région alentour, entre le VIIe et le Xe siècle.

Et nous revoilà avec ce néologisme que j’avais relevé dans un article du Saker francophone du 20 août 2025, intitulé Le cerveau rabougri d’une société nazifiée : Ashkenazis, car les Khazars sont quelquefois physiquement proches des slaves, souvent blonds aux yeux bleus, comme le sont certains juifs ashkenazes.
L’auteur de l’article précité relance involontairement une vieille polémique débutée en 1976, à l’époque où Arthur Koestler (1905−1983) fait paraître un livre intitulé : La Treizième tribu.
Deux personnages attachants, mais dérangeants pour l’Establishment, Arthur Koestler et Shlomo Sand, vont nous permettre de mieux connaître l’importance de ce peuple dans l’Histoire contemporaine.
Arthur Koestler
Arthur Koestler est un juif hongrois de langue allemande, il sera écrivain, journaliste, essayiste, de nationalité hongroise, britannique, autrichienne; il vivra en Hongrie, en Autriche, en Palestine, en France, en Espagne, en Allemagne, en Angleterre, il sera communiste, puis anticommuniste, condamné à mort par les franquistes, il sera échangé contre la femme d’un pilote espagnol, cet aventurier s’engagera dans la Légion étrangère, écrira le roman qui l’a rendu célèbre: Le Zéro et l’infini, il vivra dans un kibboutz, sera le cofondateur du Betar (mouvement de jeunesse sioniste)
Bref, une vie bien remplie qui donne le tournis.
Et donc, en 1976, il fera paraître cet ouvrage qui va bouleverser les connaissances que nous avions sur l’origine du peuple juif et de ses douze tribus car il va en ajouter une treizième, d’où le titre de son livre: La Treizième tribu dans lequel « il défend la thèse selon laquelle les Juifs d’Europe de l’Est et leurs descendants, c’est-à-dire les Ashkénazes, ne descendent pas (ou peu) des anciens Israélites, mais principalement des Khazars, un peuple originaire de la région du Caucase du Nord qui a été converti au VIIIe siècle au judaïsme et aurait migré plus tard vers ce qui est aujourd’hui l’Europe de l’Est, sous la pression de tribus nomades venues d’Asie centrale.
Évidemment, cette thèse crée des remous en Israël, mais aussi en Amérique où le récit biblique constitue la base religieuse, et au-delà, de la vie américaine, mais aussi au sein de la diaspora juive partout dans le monde car elle casse le dogme de l’antique origine du peuple juif élu par Dieu; d’autant plus que la présentation que Koestler fait de son ouvrage n’arrange pas les choses: « Ces lignes ont été écrites à une époque où l’on ne connaissait pas encore toute l’étendue de l’holocauste nazi, mais cela ne change rien au fait que la grande majorité des juifs survivants vient de l’Europe orientale et qu’en conséquence, elle est peut-être principalement d’origine khazare. Cela voudrait dire que les ancêtres de ces juifs ne venaient pas des bords du Jourdain, mais des plaines de la Volga, non pas de Canaan, mais du Caucase, où l’on a vu le berceau de la race aryenne ; génétiquement ils seraient apparentés aux Huns, aux Ouigours, aux Magyars, plutôt qu’à la semence d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. S’il en était bien ainsi, le mot « antisémitisme » n’aurait aucun sens : il témoignerait d’un malentendu également partagé par les bourreaux et par les victimes. A mesure qu’elle émerge lentement du passé, l’aventure de l’empire khazar commence à ressembler à une farce, la plus cruelle que l’Histoire ait perpétrée »
L'écrivain Marek Halter a aussi popularisé cette thèse dans son roman Le Vent des Khazars.
Shlomo Sand
Shlomo Sand, né le 10 septembre 1946 à Linz en Autriche, est un historien israélien, professeur à l’université de Tel Aviv depuis 1985.
C’est un francophone qui a fait ses études universitaires à Paris dans les années 1970.
En 2008, il écrit un livre pour le moins iconoclaste : Comment le peuple juif fut inventé, reprenant en partie les thèses de Koestler quant aux origines du peuple juif; son ouvrage sera qualifié par les historiens israéliens conformistes de « mythe de l’origine khazare des Ashkénazes par conversion ».
L’Ukraine : berceau et tombeau des Indo-Européens
J’avais écrit le 4 mars 2023 un article intitulé: L’Ukraine, berceau et tombeau des Européens ?
Un jeu de mots car les Indo-Européens sont issus d’une région bien localisée grâce à l’implantation de leurs sépultures appelées Kourganes, région qui se situe dans l’est de l’Ukraine (Don, Dniepr) et dans le sud-ouest de la Russie (Volga). Mais la civilisation des kourganes est loin de ne se cantonner qu’à cette région ; en fait, elle s’étend jusqu’à l’ouest de la Sibérie et on peut dès lors considérer que c’est quasiment l’ensemble de la Russie, avec son extension asiatique, qui est le berceau des Indo-Européens.
Une localisation hautement symbolique car je commençais cet article en évoquant la lutte du Bien contre le Mal; or, il semble bien que l’antre du Démon se situe précisément à cet endroit, la Khazarie, d’où sont issues directement deux des trois entités qui nous intéressent ici, et indirectement la troisième: l’Amérique, l’Ukraine et l’Israël sioniste dont je vais ensuite parler qui, à l’heure actuelle, n’ont pour seul but que de soumettre le monde, ce même lieu est aussi le berceau d’origine des Indo-Européens. La bataille des partisans du Bien et des adeptes du Mal a lieu en ce moment même dans cet espace où sont nés à la fois les racines du Mal et les chevaliers du Bien.
La guerre en Ukraine n’est peut-être rien d’autre que l’une des péripéties annonciatrices de cet affrontement global à la fin des temps que les juifs et les chrétiens appellent l’Armageddon.
Von der Leyen : « L’Europe, ce sont les valeurs du talmud »
C’est la phrase invraisemblable prononcée par Ursula von der Leyen le 14 juin 2022 qui vient tout simplement accréditer mon argumentaire initial de cette série d’articles suggérant le regroupement in fine des forces du mal qui massacrent et torturent impunément des êtres innocents à l’instant même où j’écris[9].
L’Israël sioniste
La société israélienne est loin d’être une société monolithique; multitude de courants religieux, culturels, philosophiques, spirituels, politiques, s’y côtoient et s’y affrontent quelquefois avec véhémence; on y trouve le pire et le meilleur; commençons par le pire, il est représenté par le gouvernement actuel et ceux qui le soutiennent.

Le mythe du Grand Israël
Dans un article du 22 décembre 2024, Syrie, les racines du chaos, j’évoquais le mythe sioniste du « Grand Israël[10] », mythe expansionniste soutenu avec ferveur par les groupes sionistes avec à leur tête Netanyahu, qui s’appuient sur certains écrits bibliques, « la Terre promise par Dieu aux Enfants d’Israël », pour revendiquer les territoires des pays voisins de l’actuel Israël incluant la Palestine, bien sûr, la Jordanie, le Liban, une partie de la Syrie, de l’Irak, de l’Égypte et de l’Arabie saoudite. Vaste projet qui n’en est plus un: l’armée de l’Israël sioniste, Tsahal, a attaqué en mars 2026 avec sauvagerie[11] la Cisjordanie et le Liban, faisant des milliers de morts et des millions de personnes expulsées de leurs terres, de leurs villages, de leurs maisons.
Ces revendications ne reposent pourtant que sur des allégations religieuses, les archéologues n’ayant, par exemple, rien trouvé des vestiges des temples et palais « recouverts d’or » du Xe siècle avant notre ère, comme celui de Salomon, minutieusement décrit par les textes sacrés. « Il n’existe aucune donnée archéologique indiquant qu’une des grandes constructions trouvées sur l’étendue géographique correspondant à Israël ait été bâtie par Salomon effectivement […] Concernant les tribus juives mentionnées dans la Bible, ni leur nom ni leur situation géographique ne sont attestés par l’archéologie, ni dans aucune archive, ni sur aucune inscription[12]. »
On peut comprendre que les thèses avancées par Koestler et Sand aient pu fortement déplaire aux promoteurs de ce projet de « Grand Israël[13] ».
Ce qui ne veut pas dire que ni le temple de Salomon, ni les tribus juives en question n’existent pas ou n’ont jamais existé ; après tout, il a fallu pas moins de 24 campagnes de fouilles pour mettre à jour les 9 villes de Troie…
L’affaire Epstein
On a beaucoup parlé de Belzébuth ou de Baal dans l’affaire Epstein[14], Baal, qui serait l’un des noms du diable dans le Nouveau testament. Selon Wikipedia, il s'agit d'une déformation volontaire des rédacteurs des passages bibliques en question, de manière à déprécier ce dieu qui serait, à l’origine, le nom d’un dieu païen, dieu des orages et de la fertilité, désignant aussi une divinité chtonienne qui intervient pour guérir certaines maladies, divinité qui n’avait rien de satanique.
Il n’en reste pas moins que les cérémonies qui se déroulaient dans l’un des nombreux domaines d’Epstein se plaçaient sous l’égide de Satan et ont rassemblé toute l’élite mondiale, présidents et présidentes de grands États, rois et reines[15], artistes de renommée mondiale et milliardaires de tous pays ; on sait qu’Epstein était commandité par le Mossad et qu’il était chargé de filmer les ébats et les actes de torture perpétrés par ces gens « bien sous tous rapports » sur des enfants quelquefois en très bas âge.
Je ne parlerai pas outre mesure de ce qui s’est passé alors car les rares descriptions provenant de certains documents qui ont passé la barrière de la censure (2% sur plus d’un million de photos, textes et vidéos) dépassent déjà l’entendement et beaucoup de gens normaux qui en ont visionné une infime partie ne s’en remettent que très difficilement. Little Saint James, l’île où Epstein recevait ses « amis » en a vu de toutes les couleurs, surtout du rouge, de même que l’appartement parisien du pédophile sataniste, avenue Foch.
Pour terminer, je voudrais juste souligner que les horreurs qui se déroulent actuellement à Gaza et au Liban sous les yeux des foules apathiques et qui sont perpétrées par cette même secte satanique qui réclame sans vergogne son tribut d’enfants sacrifiés tel le Moloch de la Bible, ne resteront pas impunies; on connaît maintenant les auteurs de ces horribles crimes et, même si les réactions courageuses pour tenter d’arrêter ces monstruosités restent encore bien isolées et bien timides, il ne me paraît pas possible que la justice divine reste encore longtemps silencieuse. Elle ne permettra pas que Satan prenne le pouvoir sur le monde et ceux qui ont collaboré avec ces puissances infernales, même passivement et en silence, sans crier leur honte et leur indignation, le regretteront amèrement[16].
Notes:
[1] Cette paysanne en parle admirablement : La Table de Gaya : https://www.facebook.com/reel/932526799694453
[2] Julius Evola, L’Arc et la massue Trédaniel Pardès, page 98-99.
[3] Article du 23 juin 2025 : L’Iran : l’un des principaux socles de nos origines indo-européennes
[4] Témoignage d’un juif d’Iran : https://www.youtube.com/shorts/bFxoQLEhPLw
[5] Article du 19 janvier 2026 : Avis de recherche : l’Occident a été confisqué par deux psychopathes et du 9 mars 2026 : Trump est un « chrétien sioniste fondamentaliste ».
[6] Article du 13 août 2025 : Nos dirigeants européens sont-ils des créatures façonnées par les derniers nazis survivants ?

[7] Ces évangélistes « fous de Dieu » manipulent Trump, à l’instar de leur grande prêtresse Paula White (photo), qui, selon ce que rapporte Le Figaro du 5 novembre 2020, menaçait de mort les fidèles qui ne faisaient pas de don à son Église: «Vos rêves mourront et vos enfants aussi» (sans doute une nouvelle interprétation des principes chrétiens?). Leur grande idée, en se rapprochant du sionisme israélien, est de « forcer » Dieu à précipiter le retour du Christ sur Terre, confondant et associant alors le Messie des chrétiens et le Messiah des Juifs dans une même espérance à court terme, les sionistes interprétant à leur façon leurs textes sacrés en prétendant que le Messiah ne peut arriver que lorsque le Grand Israël aura été reconstitué; ce qui explique l’implication des chrétiens sionistes dans une guerre qui ne les concerne pas; il est probable que ces fanatiques ne soient pas seulement des «Fous de Dieu» mais plutôt des fous tout court ; comment peuvent-ils envisager de se substituer à Dieu ?
[8] Article du 16 juin 2025 : Israël et Ukraine : les États voyous
[9] « Ce discours d’Ursula von der Leyen en Israël n’est pas qu’une maladresse diplomatique. Il révèle une dérive grave: celle d’une Union européenne qui, au lieu de défendre ses peuples, ses cultures et ses intérêts, se met au service d’agendas étrangers » « https://french.presstv.ir/Detail/2025/04/19/746452/Aveu-frontal--%C2%AB-L%E2%80%99Europe,-ce-sont-les-valeurs-du-Talmud-%C2%BB,-disait-Ursula-von-der-Leyen
[10] L’article de Gordon Duff du 7 avril 2025, dans Réseau international, rejoint les thèses de Shlomo Sand et d’Arthur Koestler à propos des origines du judaïsme et du sionisme : La grande fabrication historique : reconstituer les origines judéennes de Khazarie à Sion.
[11] Gérard Haddad, Le tourisme génocidaire https://www.facebook.com/reel/1590806295368329?locale=fr_FR
[12] Wikipedia : Données archéologiques sur David et Salomon
[13] Article du 1er septembre 2025 : L’Occident et la droite nationale française face à l’anéantissement de Gaza
[14] Article du 14 février 2026 : L’affaire Epstein ? Nous en avions tout dit il y a 5 ans
[15] Article du 7 avril 2024 : L’étrange famille royale d’Angleterre : sous le soleil de Satan ?
[16] Discours de Roger Holeindre en 1998 : https://www.youtube.com/watch?v=KLNoFFquRkA
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Mali, un conflit à ne pas regarder avec un œil eurocentrique

Mali, un conflit à ne pas regarder avec un œil eurocentrique
Filippo Bovo
Écrivain et journaliste. Sujets de prédilection: géopolitique, histoire, avec un accent particulier sur l’Afrique et le Moyen-Orient
Source: https://www.linkedin.com/pulse/mali-un-conflitto-da-non-g...
Aussi fluide et tendue que reste la situation au Mali, déjà entre la fin de la journée du 25 et le lendemain 26 avril, de nombreux faits ont finalement trouvé une confirmation stable. En arrière-plan, les fondamentaux restent ceux de toujours : à savoir une crise destinée à une progression graduelle, comme cela a déjà été observé à l’automne dernier, lors de la crise des carburants provoquée par JNIM (Jamaʿat Nuṣrat al-Islam wa-l muslimin, Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans, affilié à al-Qaeda), avec l’interruption des principales artères et le blocage des transports qui approvisionnaient Bamako et d’autres villes du Mali, dans le but de paralyser les activités, d’affaiblir le soutien populaire et militaire, et de provoquer un effondrement du gouvernement d’Assimi Goita. Nous nous rappellerons tous que cette crise, comme d’autres, a été ensuite surmontée grâce à l’héroïsme, la combativité et la préparation des militaires des FAMa (Forces Armées maliennes), ainsi que des paramilitaires et volontaires maliens, qui, avec les civils, ont su, comme toujours, faire la différence.

Il a été confirmé, dès la fin de la journée du 25, la nouvelle du décès du ministre de la Défense, Sadio Camara, tué à Kati par un kamikaze à bord d’une voiture, dans une attaque qui a également coûté la vie à son épouse et à deux petits-enfants. En son honneur, le pays a observé deux jours de deuil national, avec des funérailles solennelles. Par la suite, la confirmation est également arrivée du retrait, de l’ancienne base de la MINUSMA à Kidal, dans le nord du pays, des militaires de l’African Corps, après de longues négociations, pas toujours évidentes, avec les miliciens du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Les négociations n’ont pas, du moins dans un premier temps, concerné les militaires des FAMa, qui sont restés dans la base, et à l’égard desquels le FLA nourrit diverses intentions. Comme nous l’avons déjà vu dans les communiqués conjoints de JNIM et FLA, les jihadistes et les séparatistes ne veulent pas élargir le front en dispersant leurs ressources contre trop d’ennemis : ils invitent donc les Russes à rester en dehors, et font de même avec la force conjointe de l’AES, environ 5000 hommes répartis entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui a néanmoins récemment été mise en action.
Que les militaires des FAMa, avec les diverses forces qui leur apportent un soutien comme les paramilitaires et volontaires, soient la principale cible pour le FLA et JNIM n’est en tout cas pas une nouveauté. Enlever des militaires et paramilitaires, en diffusant la nouvelle avec les images et vidéos correspondantes, leur permet en effet d’exercer un fort pouvoir de négociation et de chantage sur les autorités politiques et militaires maliennes, de raviver leur mythe d’invincibilité et de puissance, et de démoraliser la population et les combattants maliens, minant ainsi les institutions et le gouvernement de Bamako. Non seulement cela, mais cela contribue aussi à alimenter à l’extérieur l’impression que le gouvernement malien est désormais au bout du rouleau, et que continuer à lui fournir un soutien est peu utile ; et ce n’est évidemment pas un message adressé seulement à Moscou, mais aussi à tous les autres partenaires, les régionaux comme, par exemple, les deux autres partenaires de l’AES, et les extra-régionaux comme, par exemple, la Turquie.
En échange de ces hommes en détention, JNIM et FLA peuvent par conséquent obtenir beaucoup plus, même pour se garantir un avenir opérationnel : malgré les succès proclamés au niveau médiatique, leur situation sur le terrain n’est en réalité pas des plus enviables, et ce qu’ils visent c’est précisément d’éviter un affrontement direct et renforcé avec la FAMa et ses milices de soutien. Leur réserver un destin encore plus amer, la mort, reste une possibilité facile que personne, à commencer par la FAMa et le gouvernement malien, ne souhaite favoriser ; pour le FLA et JNIM, cela pourrait servir à terroriser la population et à affaiblir son soutien aux institutions, mais cela pourrait aussi les pousser vers une extension des fronts et des combats : il n’est pas certain que cette formule, comme cela a déjà été vu dans le passé, puisse réellement fonctionner. Sûrement, plus du tout avec l’effet d’autrefois. Quoi qu’il en soit, la FAMa reste la principale cible des séparatistes et jihadistes, et nous en avons, cela ne date pas d’aujourd’hui, une certitude absolue.

Le même repli des Russes hors de Kidal sert en réalité à nous rappeler que dans la lutte dure, en champ ouvert, ce sont précisément les hommes de la FAMa, avec leurs paramilitaires, volontaires et civils qui les rejoignent, qui tiennent plus de dix heures, sur un front mobile de plus de 2000 km, avec des connexions logistiques et des approvisionnements souvent interrompus ou en pénurie à cause de la présence ennemie omniprésente. Car c’est leur territoire, ils le connaissent mieux que quiconque. Nous l’avons aussi vu, en particulier, à Kidal. Cela devrait également nous rappeler, une fois pour toutes, qu’un conflit comme celui du Mali ne doit absolument jamais être regardé avec un œil eurocentrique, car il s’agit d’une mentalité coloniale-néocolonialiste, commune à beaucoup d’Européens, qui les pousse à penser, implicitement, que les Maliens n’existent tout simplement pas: comme si seuls les Russes de l’African Corps combattaient contre le FLA et JNIM, avec les militaires et la population locale qui assistent passivement et de façon pittoresque au spectacle. C’est vraiment à peine digne de compassion de penser en termes de ce genre.
Nous devons au contraire nourrir une admiration et un respect maximums pour la FAMa et le peuple malien : car sur leurs épaules, avant celles de n’importe qui d’autre, repose la lourde charge de cette crise comme de bien d’autres.
20:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, mali, sahel, afrique, affaires africaines |
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dimanche, 03 mai 2026
Le nationalisme eschatologique américain

Le nationalisme eschatologique américain
Evgueni Vertlib
Le système politique américain actuel a officiellement constaté la mort de l'hégémonie mondiale. Conformément à la Stratégie de sécurité nationale 2025, Washington a de facto reconnu la faillite du modèle expansionniste... et a entamé une évacuation forcée, un repli, vers les frontières de l'hémisphère occidental. Il ne s'agit pas simplement d'un changement de cap, mais d'une anabase stratégique — un retour définitif à la doctrine de Monroe et la transformation de l'Amérique en une île-forteresse isolée.
Donald Trump incarne ici une figure de rupture ontologique totale. Les États-Unis ont gagné la guerre froide, mais ont perdu la « paix froide » dans un monde désormais en miettes, passant du statut d’architecte de l’ordre mondial à celui d’otage de leurs propres instruments de destruction. Sa méthode est un régime de purge existentielle, où la suspicion de type maccarthyste a dégénéré en un fascisme institutionnel de type mussolinien, qui considère la nation comme un organisme nécessitant l’ablation chirurgicale des éléments "déloyaux" pour assurer la survie du système.
Cependant, la rupture décisive se produit au niveau métaphysique. Trump est catégoriquement incapable d’assumer le rôle déclaré des États-Unis en tant que «gardien» et que Katechon. Sa pensée est imprégnée d’une religiosité «pseudo-israélite» — un code archaïque, vétérotestamentaire, qui substitue l’impératif messianique à la souveraineté nationale des États-Unis. Dans cette optique, Israël n’est pas un allié géopolitique, mais un "centre sacré" pour lequel Trump est prêt à sacrifier la sécurité de la citadelle américaine.
C’est précisément pour cette raison que Trump comptait, avec l’aide du mouvement MAGA, «assécher le marécage de Washington» — débarrasser le pays de l’influence du «gouvernement secret». Cependant, il en est arrivé à l’exact contraire: il s’est pris pour l’ancien roi Cyrus et a joué les «shabbat goy», subordonnant la définition des objectifs des États-Unis aux intérêts du judaïsme païen.
C’est là que se révèle la véritable essence des accusations de Tucker Carlson: Trump, étant par nature un «païen titanesque» vouant un culte à la force, à l’or et au succès, a volontairement endossé le statut de «shabbat goy» ontologique. Il a rabaissé la puissance américaine au rang d’instrument au service de la réalisation d’un projet eschatologique étranger.
Alors que l'appareil stratégique américain tente de clore derrière lui les «portes de l'Eurasie» et de se replier dans l'auto-isolation, conformément à la doctrine isolationniste, Trump maintient ces portes ouvertes, entraînant la nation dans un conflit mortel avec l'Iran, un conflit inutile et coûteux en ressources.
Depuis la fin de la Guerre froide, la planification militaire américaine repose sur la doctrine des «deux guerres et demie», qui suppose la capacité des États-Unis à participer simultanément à deux conflits régionaux majeurs tout en conservant des forces pour une opération de moindre envergure: «La stratégie des “deux guerres et demie” soit la capacité de mener simultanément deux conflits régionaux majeurs (MRC), tout en conservant des forces suffisantes pour une action de maintien plus modeste et limitée». Cependant, sous la pression d’Israël — et contrairement à la logique de la Stratégie de sécurité nationale —, Washington a dû se lancer tête baissée dans un troisième conflit à part entière et coûteux en ressources: celui avec l’Iran. La tentative du système de fonctionner en mode «3.0» alors que sa limite physique était de 2,5 a conduit à l'épuisement des ressources américaines. Le «bénéficiaire» de l'ordre mondial n'a tout simplement pas supporté le poids de trois fronts eschatologiques, transformant une erreur de calcul stratégique en une catastrophe finale.

Cette surchauffe stratégique, provoquée par la tentative de tenir trois fronts avec des ressources suffisantes pour «deux guerres et demie», déclenche un processus de destruction irréversible au sein même de la métropole. Lorsque le roi Jéroboam-Trump se rend compte que les «veaux d’or» de sa puissance économique ne suffisent pas à acheter la réalité, il tourne l'essentiel de sa colère « païenne » vers l’intérieur du pays, compensant son impuissance extérieure par une cruauté systémique.
Le fascisme institutionnel devient non seulement une méthode, mais le seul moyen d’imiter l’unité. À ce stade, la «forteresse Amérique» commence à s’en prendre même aux plus hautes autorités spirituelles: la remarque du pape sur la nécessité de «redresser la barre» des États-Unis — un appel à revenir de la folie messianique à l’universalisme chrétien — a été accueillie à Washington avec la fureur d’une secte assiégée.
Ce refus d’écouter le Vatican révèle une transformation inquiétante: le système ne recherche plus à débusquer les «communistes», il a trouvé un autre fétiche — les «traîtres au devoir sacré», selon l’évaluation des «véritables» païens de l’Ancien Testament. L’Antisemitism Awareness Act (mai 2024), activement défendu par des structures du niveau du B’nai B’rith, est devenu le précédent et le fondement juridique de cette folie. Cette loi, qui criminalise de facto le rationalisme politique en imposant la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, a privé les États-Unis de leur souveraineté intellectuelle. Désormais, toute mention d’un pragmatisme national allant à l’encontre du plan messianique de l’allié est légalement qualifiée de crime. Par ce mécanisme, le pays est poussé vers le fascisme, où la judéophobie et la judéophilie eschatologique se fondent en un seul instrument punitif contre quiconque n’est pas prêt à sacrifier l’économie américaine au profit d’un Troisième Temple étranger.
Alors que Washington met en place cette dictature théocratique, le monde extérieur entame un repli forcé. L'Espagne a été la première à servir de baromètre de l'ère à venir, non seulement en fermant son espace aérien aux avions américains attaquant l'Iran, mais aussi en proclamant officiellement une «nouvelle voie socialiste».
En mars 2026, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles (photo), a justifié cette décision par des arguments fermes: «No autorizamos ni el uso de las bases militares ni el uso del espacio aéreo para acciones relacionadas con la guerra en Irán» («Nous n'autorisons ni l'utilisation de nos bases militaires ni celle de notre espace aérien pour des actions liées à la guerre en Iran»). Cette démarche de Madrid est devenue un manifeste de la souveraineté européenne, mettant en lumière la rupture du «bénéficiaire», dont la tunique est déjà déchirée en lambeaux.
Au sein même des États-Unis, cette fracture est comblée par l’ombre de Bernie Sanders, dont le socialisme austère attend le moment où une nation épuisée exigera sa «voie espagnole» en réponse à la terreur de droite. La nation se retrouve prise en étau entre la fascisation à droite, où le code de l’Ancien Testament est devenu la massue de la répression, et la revanche socialiste à gauche.
Jéroboam-Trump croit que son néo-maccarthysme sauvera l’unité, mais en réalité, il ne fait que préparer le terrain pour que Hitler et Marx s’affrontent dans un combat final sur les ruines du Capitole. L'Amérique de 2026, c'est un autel qui commence à crépiter, sur lequel le «titan païen» brûle le dernier élément qui lui reste: la subjectivité même de la nation. La prophétie d’Achija (de Silo) est implacable: lorsque le roi commence à contester le Grand Prêtre et à réclamer des taureaux pour satisfaire une commande eschatologique étrangère, sa maison est vouée à la division.
Cette discorde interne débouche inévitablement sur une paralysie régionale: lorsque la coupole idéologique au-dessus du Capitole s'effondre, les États commencent à s'évacuer des décombres de l'empire.
Conséquence directe de cette tendance — la rupture du système en mode «3.0» alors que sa limite physique est à 2,5 —, le danger de sécession des États «bastions» s'intensifie au sein de la «Forteresse Amérique». Lorsque le centre fédéral se transforme en aspirateur messianique, pompant les impôts pour les consacrer à la guerre contre l’Iran, les États donateurs activent leurs mécanismes d’autoprotection. Le Texas et la Floride forment déjà de facto leurs propres structures militarisées, protégeant leurs frontières que Washington a abandonnées au profit de l’escalade au Proche-Orient.
Dans ce contexte, le socialisme de Kamala Harris, qui a réaffirmé ses ambitions présidentielles, n’apparaît pas comme une alternative, mais seulement comme une autre manière d’exploiter les restes de la nation. La démence du «bidénisme», d'il y a quelques années, n’est pas une alternative au Trump sionisé; ce ne sont que les différentes étapes d’une même agonie.
La véritable issue pour la santé de la nation exige de mettre à nu les racines gnoséologiques de l’«israélisme» en tant qu’hérésie officielle. Du point de vue des Pères de l’Église, en particulier Jean Chrysostome (icône, ci-contre), l’Église est le Verus Israel (le Vrai Israël), qui a entièrement remplacé l’Ancien Testament. La ligne de conduite actuelle des États-Unis est une «hérésie des judaïsants», ressuscitée, qui détruit le Logos spirituel de la nation.
L'adoption de l'Antisemitism Awareness Act est devenue le fondement juridique de cette folie: ce système «promis» ne recherche plus les «communistes», il a trouvé un autre fétiche — les «traîtres au devoir sacré», selon l'évaluation des «véritables» païens de l'Ancien Testament, ceux de la « trumpophilie ». Cette loi criminalise le droit d’un chrétien d’affirmer que l’Amérique n’est pas tenue de servir un projet messianique étranger, effaçant complètement le testament d’Abraham Lincoln sur l’égalité des nations.
Lincoln insistait sur un principe qui semble aujourd’hui blasphématoire à Washington: «Nous devons entretenir des relations justes et équitables avec tous les peuples, sans laisser les intérêts d’une nation absorber les nôtres ou nous dicter notre volonté». En faisant d’un pays particulier une «priorité sacrée» à laquelle Trump se soumet «plus» qu’à sa propre Constitution, l’élite actuelle commet un acte d’idolâtrie politique. La justice universelle de Lincoln a été remplacée par un fanatisme tribal étroit, transformant la puissance américaine en personnel de service au service de la «voie exceptionnelle» d’un autrui.
Plus encore. Ne se cache-t-il pas derrière la façade du fanatisme religieux une sinistre théorie du complot: la guerre menée conjointement avec Israël contre l’Iran n’a-t-elle pas été déclenchée pour étouffer dans l’œuf la dangereuse résonance de l’affaire Jeffrey Epstein, désormais étalée au grand jour?! Cette escalade sanglante vise à noyer dans le vacarme des explosions les noms des dégénérés issus du cloaque des élites, afin que rien n’empêche de mener à bien le «nouvel ordre mondial des Epstein» jusqu’à son aboutissement victorieux: l’avènement de l’Antéchrist. La nation américaine est aujourd’hui divisée non pas tant entre «démocrates» et «conservateurs», mais entre les vrais croyants et les fanatiques endiablés du «pluralisme», élevés sur l’île d’un prédateur de Lolitas de 13 ans, retrouvé pendu en prison.
Mais à ce point d'impasse eschatologique s'ouvre une autre perspective. Le Katechon, qui sommeillait à l'état embryonnaire en Moscovie après la résection stalinienne et qui a résisté à la corruption des eltsiniens, est prêt à rendre au monde la destinée que Dieu lui a réservée. Ce principe conservateur qui s'éveille éloigne le gouffre apocalyptique de la dernière guerre menée pour la destruction de la civilisation terrestre.
Tandis que Washington, au service des intérêts des élites « epsteiniennes », entraîne le monde dans l'abîme, la Russie rétablit la verticalité de l'esprit. La prophétie d'Achija s'accomplit: le pluralisme frénétique cède la place à la vérité austère de la foi. L'Armageddon est reporté, car le Katechon a pris ses fonctions, redonnant à l'histoire son rythme sacré et son sens authentique.
15:51 Publié dans Actualité, Définitions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, définition, eschatologie, états-unis |
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samedi, 02 mai 2026
Les nationalistes celtes empêcheront-ils Reform UK d’accéder au pouvoir?

Les nationalistes celtes empêcheront-ils Reform UK d’accéder au pouvoir?
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
«Les changements qui se profilent à l'horizon semblent de nature sismique», déclare Angus Robertson, ministre du gouvernement écossais. Les sondages indiquent qu’après les élections du 7 mai, l’Angleterre sera entourée de régions où des partis nationalistes de gauche domineront la scène politique: il s’agit de Plaid Cymru au Pays de Galles, du Parti national écossais (SNP) en Écosse et de Sinn Féin à Belfast (Irlande du Nord). Cela exercera une pression encore plus forte sur le gouvernement travailliste de Sir Keir Starmer.


L’Écosse se rendra aux urnes le 7 mai. Jusqu’en 2022, le SNP (Parti national écossais) de gauche-nationaliste atteignait jusqu’à 50% des voix en Écosse, mais avec un programme progressiste de type woke, sans égal en Europe, avec des turbulences internes et un référendum sur l’indépendance décevant, le SNP a perdu du terrain. Il remonte d’un creux difficile et espère obtenir entre 34 et 40% des voix (en 2021, il avait recueilli 48%). Le Labour et Reform UK se disputent la deuxième place, chacun avec environ 15% des voix. Si le SNP gagne, il a déjà promis d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance écossaise.
Trois des quatre nations du Royaume-Uni seront-elles dirigées par des nationalistes ?
En mai également, le Pays de Galles ira aux urnes, avec des attentes élevées, puisque le parti nationaliste de gauche Plaid Cymru (PC) recueille environ 29% des suffrages dans les sondages, juste devant Reform UK, qui pourrait atteindre près de 28%. Rhun ap Iorwerth, président de PC, parviendra-t-il à mettre fin à 103 ans de domination travailliste au Pays de Galles? Ce serait une révolution. Il est clair que les peuples celtes estiment que leurs revendications ne reçoivent pas assez d’attention et que peu de ressources sont allouées à l’Écosse, au Pays de Galles et à l’Irlande du Nord.
Selon Angus Robertson, ministre écossais, cela représenterait une catastrophe pour le gouvernement travailliste de Starmer. Car si trois des quatre nations du Royaume-Uni seront bientôt dirigées par des nationalistes celtes de gauche, et si Nigel Farage de Reform UK parvient à s’emparer de l’Angleterre, la quatrième nation du Royaume-Uni, alors ce dernier risque de se désintégrer plus rapidement qu’on ne l'aurait pensé.
En tout cas, une discussion approfondie a déjà eu lieu entre John Swinney, premier ministre écossais, et Michelle O’Neill du Sinn Féin (Irlande du Nord). Starmer, qui a remporté les élections de 2024, notamment avec la promesse d’améliorer les relations entre Anglais et peuples celtes, a échoué. Mais les nationalistes celtes représentent aussi un obstacle gênant sur la voie de Nigel Farage vers le pouvoir.
22:14 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Terres d'Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nationalismes celtiques, pays de galles, écosse, irlande du nord, angleterre, royaume-uni, grande-bretagne, europe, affaires européennes |
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«Les étoiles sont tombées sur terre»: la guerre en Iran comme affrontement entre idéologies religieuses

«Les étoiles sont tombées sur terre»: la guerre en Iran comme affrontement entre idéologies religieuses
Leonid Savin
L'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran a levé un coin du voile sur la dimension métaphysique du conflit — les contours d'un affrontement entre doctrines et idéologies religieuses y sont clairement apparus.
Les représentants de toutes les traditions abrahamiques – judaïsme, christianisme et islam – y sont impliqués, et le contrôle effectif exercé par Israël sur les lieux saints de ces religions – le Mur des Lamentations, le Saint-Sépulcre à Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa – confère à ces événements une spécificité particulière.
Cette année, pour la première fois, l’accès des musulmans à Al-Aqsa a été interdit pendant la célébration du mois sacré du ramadan, bien que le service religieux chrétien traditionnel dans le sanctuaire de Jérusalem, où se déroule la cérémonie de la descente du Feu sacré à la veille de Pâques, ait tout de même eu lieu. Cependant, le monde chrétien reste divisé.
Dès 2024, dans ses félicitations adressées au président iranien nouvellement élu, Masoud Pezeshkian, le patriarche de l’Église orthodoxe russe, Kirill, avait déclaré: «Nos peuples sont unis par la volonté de préserver leurs traditions historiques, spirituelles et culturelles, ainsi que par leur attachement à des principes moraux immuables».
Il s’est également adressé avec beaucoup de chaleur au nouveau guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, élu après l’assassinat de son père au cours de la guerre actuelle.
« Cher frère ! Je vous félicite chaleureusement pour votre élection par le Conseil des experts de l’Iran au poste de guide suprême du pays ! Ce moment historique a été marqué par une épreuve personnelle difficile, liée à la disparition de votre vénérable père et de vos proches », a déclaré le patriarche au Rahbar.
«Vous assumez la responsabilité de l’État et de ses citoyens en cette période dramatique où l’Iran est confronté à de nombreux défis existentiels», a-t-il ajouté.

En Russie, le clergé perçoit clairement ce conflit comme le signe avant-coureur de bouleversements mondiaux qui pourraient ne pas toucher seulement le Proche-Orient et les États-Unis.
À la veille du dimanche des Rameaux, le patriarche Cyrille a déclaré: «Nous croirons et espérerons que la protection de la Très Sainte Reine des Cieux s’étendra sur la Russie».
«Prions le Seigneur afin qu’Il étende Sa bénédiction sur notre pays, sur nos autorités et nos forces armées, sur notre président Vladimir Vladimirovitch. Afin que la Russie s’élève véritablement de force en force», a déclaré le chef de l’Église orthodoxe russe.
«Afin que toutes les possibilités potentielles de notre pays se réalisent aujourd’hui pour le bien de notre peuple, pour le bien et la sécurité de notre Patrie et, bien sûr, pour la prospérité de notre Église — martyre et confesseuse, qui vit aujourd’hui peut-être le moment le plus inspirant et le plus beau de son histoire récente», a-t-il souligné.
Il est important de noter que dans l’orthodoxie, le Messie juif (Mashiach) est souvent interprété comme l’Antéchrist, car le véritable Messie était Jésus-Christ, ce que les Juifs n’ont pas compris. Et cela rapproche les peuples orthodoxes et les chiites sur le plan doctrinal et théologique. L’Iran possède sa propre eschatologie.

La tradition de l’islam chiite affirme que le douzième imam juste, le Mahdi, qui vit dans l’occultation, reviendra dans ce monde à la veille du Jour du Jugement dernier. Avec le Christ (le prophète Isa dans la doctrine musulmane), il prendra la tête d’une armée pour combattre le Dajjal (l’Antéchrist).
Le Mahdi viendra du Khorasan, qui couvre historiquement une partie de l'Iran actuel, ainsi que le Turkménistan et l'Afghanistan.
Il est fait mention d'un homme malfaisant nommé Sufyani (Soufiani), qui agira à la veille de l'apparition du Mahdi. Citons quelques prophéties musulmanes.
«Soufiani est de couleur rouge et jaune, avec des yeux bleus. Il n’a jamais adoré Allah et n’a jamais vu ni La Mecque, ni Médine. Et il dira: «Ô Seigneur, j’ai soif de sang, même si je dois finir dans le feu!».
«Soufiani est inévitable. <…> Quinze mois s'écouleront entre le début de son apparition et sa fin, dont six pendant lesquels il fera la guerre. Lorsqu'il aura conquis cinq terres, il régnera pendant neuf mois, sans qu'il n'y soit ajouté ne serait-ce qu'un seul jour» (Muhammad ibn Ibrahim Nu'mani, «Al-Ghaiba»).
«Sufyani sortira sous une bannière verte et avec une croix d’or. <…> Et il fait partie de ceux qui convoitent ce monde (ses biens et son pouvoir)» («Basharat al-Islam»).
«L’armée qui s’opposera à l’imam Mahdi sous la conduite de Sufyani sera engloutie par la terre» (As-Sunân al-varid fil-fitân, ad-Dâni).
Les Iraniens peuvent interpréter cette conquête de territoires de différentes manières. Par exemple, comme une alliance entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et les Émirats arabes unis, qui ont permis aux Américains de frapper le territoire iranien et ont encaissé une riposte.
Quant à la mention de la croix sur le drapeau, ils peuvent la comprendre comme une appartenance nominale de l’armée de Sufyani au christianisme. La disparition d’une partie de l’armée sous terre — comme une indication qu’il ne s’agit pas d’une bataille de type classique.
Les États-Unis, dont les dirigeants affirment depuis le 19ème siècle leurs racines chrétiennes et prônent l’idée d’une nation élue par Dieu et de la construction de la Cité sur la Colline (d’où l’imposition de leur politique aux autres pays), ont commencé sous Donald Trump à soutenir Israël de manière particulièrement active.
Tant dans la première que dans la deuxième administration Trump, on a trouvé de nombreux partisans du «sionisme chrétien» — une vision du monde particulière selon laquelle les chrétiens doivent soutenir Israël à tous les niveaux.


C'est précisément pour cette raison qu'ont vu le jour les «accords d'Abraham», grâce auxquels Washington a commencé à faire pression sur plusieurs pays arabes pour qu'ils établissent des relations diplomatiques avec Israël. La conception des sionistes chrétiens est à la base du soutien militaire apporté à Israël et sous-tend toutes les déclarations des prédicateurs américains.
Cette rhétorique suscite une réaction négative de la part du chef du Vatican: Léon XIV (qui est d'ailleurs le premier pape américain de l'histoire) a condamné les propos du ministre américain de la Défense Pete Hegseth sur la nécessité de recourir à la violence contre les ennemis au nom du Christ, affirmant que «Dieu n'écoute pas les prières de ceux qui font la guerre».
Cela a conduit à une critique virulente du pape par Trump. Le pontife a répondu: «Je n’ai pas peur de proclamer haut et fort le message de l’Évangile — c’est, selon moi, la raison pour laquelle je suis ici, et celle pour laquelle l’Église existe».
Ainsi, les catholiques — du moins les hiérarques et de nombreux fidèles — se sont retrouvés dans des camps opposés à ceux des protestants radicaux qui soutiennent Israël.

La justification par Washington de l’opération militaire par la menace nucléaire iranienne rappelle ce qui s’est passé avec l’Irak en 2003. À l’époque, sous le faux prétexte que Saddam Hussein disposerait d’armes de destruction massive, les États-Unis avaient lancé, sans résolution de l’ONU, une campagne militaire qui avait conduit à une occupation de plusieurs années et à des millions de victimes parmi la population civile.
Comme aujourd’hui, cela a provoqué une fracture parmi les alliés des États-Unis. Seule la Grande-Bretagne protestante a directement soutenu Washington. Les autres partenaires de l’OTAN s’y sont opposés.
George W. Bush, dans son discours, a invoqué la théologie en déclarant: «Dieu m’a dit de frapper l’Irak». Il est important de noter que les néoconservateurs qui soutenaient Bush appuyaient activement Israël et plaidaient en faveur d’une augmentation de l’aide américaine à ce pays.
Aujourd’hui, l’administration américaine actuelle affirme que «Dieu est du côté de l’Amérique dans la guerre contre l’Iran». Bush et Trump sont tous deux protestants. Le premier a été élevé dans l’Église épiscopale, mais s’est converti au méthodisme, tandis que le second appartenait à l’Église presbytérienne, avant de déclarer plus tard qu’il était un «chrétien sans confession». C’est précisément parmi les protestants que l’on trouve de nombreux partisans du sionisme chrétien.
Pourtant, Israël lui-même ne cherche nullement à synchroniser ses objectifs avec ceux de ses sympathisants d’outre-Atlantique, bien qu’il les utilise volontiers et activement comme lobbyistes pour ses propres intérêts. L’État hébreu, sous la direction de Benjamin Netanyahou, est clairement enclin à prendre des décisions radicales.

L'intention de détruire la mosquée Al-Aqsa a été exprimée à plusieurs reprises, afin de construire à sa place le Troisième Temple qui, selon la tradition juive, doit devenir le centre spirituel du peuple juif et de l'humanité tout entière. À cette fin, des génisses rousses ont déjà été achetées aux États-Unis. Elles sont nécessaires pour l'abattage rituel et la « purification » du Mont du Temple avec leurs cendres.
Les soldats de l’armée israélienne portent des insignes représentant le territoire de leur État, qui englobe des parties de l’Égypte, de la Syrie, de l’Irak et du Liban actuels. Les opérations de nettoyage dans la bande de Gaza et en Cisjordanie — tout comme les bombardements du Liban — s’inscrivent dans une stratégie globale visant à établir une hégémonie régionale.

Soit dit en passant, tous les juifs ne soutiennent pas Israël dans le conflit actuel. Plus encore, tous les juifs ne soutiennent pas l’existence même d’Israël. En particulier, le mouvement «Neturei Karta» estime que la création d’un État juif enfreint les commandements du Talmud et mènera donc inévitablement à une catastrophe.
Ceux qui dirigent la politique d'État d'Israël ne se soucient toutefois guère de ces opinions largement marginales. Tout comme ils ne se soucient guère des divergences de vision du monde avec les élites de Washington. Les Israéliens et les Américains nourrissaient depuis longtemps des plans visant à détruire l'Iran, qui a toujours soutenu le peuple palestinien.
Cependant, les multiples tentatives visant à provoquer une «révolution colorée» en République islamique (les États-Unis sont intervenus activement pour la première fois dans le processus électoral en 2009, lors de la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad) et les sabotages réguliers (notamment les assassinats de physiciens nucléaires) n’ont pas abouti aux résultats escomptés.
C'est pourquoi, le 13 juin 2025, Israël a lancé des bombardements contre des cibles iraniennes, puis les États-Unis se sont joints à lui. La guerre de douze jours s'est terminée sans qu'un vainqueur ni un vaincu ne soient clairement désignés. Mais chaque camp a tiré ses propres conclusions et s'est mis à se préparer à une guerre future, qui a éclaté en février dernier.
Pour les chrétiens — tant catholiques qu’orthodoxes —, la description biblique de la fin des temps par le prophète Daniel et l’apôtre Jean revêt bien sûr une grande importance.

Chez le prophète Daniel, nous lisons qu’un «roi de l’arbitraire» viendra de l’Orient «dans une grande fureur, pour exterminer et anéantir beaucoup de gens»: «Et ce roi agira selon son bon plaisir; il s’élèvera et s’exaltera au-dessus de toute divinité; il prononcera des paroles de blasphème contre le Dieu des dieux, et il prospérera jusqu’à ce que la colère soit accomplie; car ce qui est prédestiné s’accomplira. Il ne pensera pas aux dieux de ses pères, ni au désir des femmes, ni même à la divinité, car il s’élèvera au-dessus de tous».
«Et il bâtira une forteresse avec un dieu étranger; à ceux qui le reconnaîtront, il multipliera les honneurs et donnera le pouvoir sur beaucoup, et distribuera le pays en récompense. Vers la fin des temps, le roi du Sud le combattra, et le roi du Nord fondra sur lui comme une tempête avec des chars, des cavaliers et de nombreux navires, et il attaquera les régions, les envahira et les traversera…», ainsi est-il écrit dans le livre.
«À partir du moment où le sacrifice quotidien sera suspendu et où l’abomination de la désolation sera mise en place, mille deux cent quatre-vingt-dix jours s’écouleront», dit la prophétie.
Les exégètes peuvent considérer la République islamique d’Iran comme le «roi du Sud». Et le «roi du Nord» pourrait être la Russie. Cependant, la guerre n’a pas éclaté.

Tout au début de l’Apocalypse de Jean le Théologien, on lit: «Je connais tes œuvres, ta détresse et ta pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de ceux qui se disent Juifs, mais ne le sont pas, mais qui sont une bande satanique». Cela peut être interprété comme une allusion aux dirigeants d’Israël.
Au chapitre 3, il est écrit: «Écris à l’ange de l’Église de Philadelphie: ainsi parle le Saint, le Véritable, celui qui détient la clé de David, celui qui ouvre et que personne ne ferme, celui qui ferme et que personne n’ouvre: je connais tes œuvres; voici, j’ai ouvert devant toi une porte, et personne ne peut la fermer; tu n’as pas beaucoup de force, et tu as gardé ma parole et tu n’as pas renié mon nom».
Et plus loin: «Voici, je ferai en sorte que, parmi la bande satanique, parmi ceux qui se disent Juifs mais ne le sont pas, mais mentent, — voici, je ferai en sorte qu’ils viennent se prosterner à tes pieds, et qu’ils sachent que je t’ai aimé».

Philadelphie est l’actuelle capitale de la Jordanie, Amman (photo), qui faisait partie de la Décapole de l’Empire romain. Et la dynastie royale hachémite est la gardienne officielle des clés tant des mosquées que des églises chrétiennes de Jérusalem.
Le plus effrayant dans les prophéties commence après la rupture des sceaux de l’Apocalypse: «Et quand Il brisa le sixième sceau, je regardai, et voici, il y eut un grand tremblement de terre, et le soleil devint noir comme un sac de deuil, et la lune devint comme du sang. Et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme un figuier secoué par un vent violent qui laisse tomber ses figues vertes. Et le ciel disparut, enroulé comme un livre; et toutes les montagnes et toutes les îles furent déplacées de leur place».
Puis voici ce qui se passe: «Et les rois de la terre, les grands, les riches, les chefs de mille, les puissants, tout esclave et tout homme libre se cachèrent dans les cavernes et dans les ravins des montagnes».
D’après les descriptions, les conséquences de l’ouverture du sixième sceau font penser à une guerre nucléaire — dans les images filmées d’essais d’armes thermonucléaires, on voit le ciel s’enrouler comme un rouleau de livre, et les émanations de produits de combustion former un voile épais que la lumière du soleil ne parvient pas à traverser. Les bunkers souterrains ressemblent à des grottes et à des gorges de montagnes, où tous ceux qui survivront s'y réfugieront.
Ce n’est bien sûr pas encore la fin des catastrophes — après l’ouverture du septième sceau, les anges sonneront de la trompette, et s’ensuivra une série d’événements terribles et de tourments pour la plupart des survivants. Il y est également question de la venue de l’Antéchrist: «Toute la terre s’émerveilla et suivit la bête, et ils adorèrent le dragon qui avait donné le pouvoir à la bête, et ils adorèrent la bête, en disant: Qui est semblable à cette bête? Et qui peut lutter contre elle?».
D'une manière générale, l'interprétation politique des textes sacrés est une entreprise plutôt douteuse et dangereuse. La tentation est grande non seulement d'attribuer certaines caractéristiques à tel ou tel personnage, mais aussi de se placer au-dessus des prophètes, dont le langage allégorique est non seulement complexe, mais recèle également de nombreuses significations et symboles parallèles. À chaque époque, il y a eu des exégètes qui ont vu dans les signes de leur temps des indices annonçant la fin des temps.

Il n'est pas négligeable qu'un autre grand acteur géopolitique, qui s'est toujours tenu à l'écart, soit celui qui est le plus éloigné des tentatives de considérer la politique mondiale à travers le prisme des prophéties bibliques. Il s'agit de la Chine, qui possède la plus grande armée du monde et se classe au deuxième rang des dépenses militaires après les États-Unis.
Bien que les approvisionnements en pétrole en provenance d'Iran soient d'une importance capitale pour l'économie du pays, suite à la prise de contrôle du Venezuela par les États-Unis, la République populaire de Chine ne montre aucun signe indiquant qu'elle se trouve dans une situation de menace existentielle.
Il n'y a pas chez eux d'ambiances eschatologiques comme en Europe ou au Moyen-Orient. La raison en est que la Chine possède une tradition différente – un mélange de taoïsme, de culte des ancêtres et de confucianisme, plutôt que la croyance selon laquelle Dieu aurait créé l'humanité à son image.
Cela explique le rejet de la version occidentale de la doctrine des droits de l'homme – lorsque quelqu'un commence à s'opposer au cours du parti, il peut, comme un enfant désobéissant dans une grande famille, être puni selon ses propres lois. Et personne ne dicte à l'État chinois sa conduite dans ce domaine.
C'est pourquoi, dans leurs extrêmes, les valeurs morales, avec une distinction entre le bien et le mal, telles qu'on les trouve dans le christianisme ou l'islam, n'existent pas en Chine. La Chine condamne l'attaque contre l'Iran à sa manière et considère que cela nuit à la coexistence pacifique ainsi qu'à la promotion de projets chinois dans la région et dans le monde entier.
* * *
En d’autres termes, si l’on considère la guerre actuelle au Proche-Orient à travers le prisme des doctrines éthiques, sans interprétations religieuses, on peut conclure que les États-Unis et Israël sont coupables — mais il n’y a personne pour les juger. Or, avec l’ajout de telles interprétations, le conflit prend l’ampleur d’une lutte entre les forces de la Lumière et celles des Ténèbres.
Cette cosmogonie métaphysique, où un scénario précis est inscrit, est interprétée par chaque partie en fonction de sa propre vision du monde et de ses traditions. Bien que le massacre de 165 écolières iraniennes au tout début de la guerre, tout comme celui de la population civile au Liban et en Palestine, ressemble davantage aux agissements de la civilisation de Baal.
19:34 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, sionisme chrétien judaïsme, neturei karta, iran, chiisme, mahdi, eschatologie |
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Amérique latine: les élections générales au Pérou pourraient réserver des surprises

Amérique latine: les élections générales au Pérou pourraient réserver des surprises
Leonid Savin
Le virage à droite en Amérique latine se poursuit, mais la gauche résiste.
Le 12 avril 2026, le Pérou a tenu des élections générales pour élire le président, deux vice-présidents, 60 sénateurs, 130 députés et cinq membres du Parlement andin. Le processus électoral au Pérou est une procédure obligatoire à laquelle participent tous les citoyens âgés de 18 à 70 ans. Une amende est infligée en cas d'absence au bureau de vote sans motif valable (le montant dépend de la région de résidence).
En raison de problèmes techniques liés à la distribution des bulletins de vote dans plusieurs bureaux de vote, notamment dans la capitale et à l'étranger, les élections ont été prolongées jusqu'au 13 avril. Tous les votes n'ont finalement pas pu être dépouillés avant la fin de la semaine, bien qu'environ 90% des bulletins aient été traités.
Les élections se sont déroulées dans un contexte d'instabilité politique interne persistante: au cours des dix dernières années, le pays a connu neuf présidents. Bien que ce processus électoral ait été marqué par les promesses de plusieurs candidats de mettre fin aux troubles et au chaos, il est difficile d'y croire.

Cela dit, contrairement à ses voisins, le Pérou connaît une situation économique plus ou moins stable. La croissance du PIB pour 2026 était prévue à plus de 3%, et compte tenu de la hausse des prix du cuivre et d’autres minerais, dont le Pérou est un grand exportateur, ainsi que de la mise en service du mégaport de Chankay, aucun effondrement économique n’est prévu.
Au total, 37 partis et 35 candidats à la présidence ont participé aux élections, parmi lesquels figuraient des personnalités assez extravagantes, mais au moment de la rédaction de cet article, seuls sept partis avaient franchi le seuil des 5% nécessaire pour entrer au Congrès. Il s'agit de «Renouveau national», du Parti de la bonne gouvernance, de «Force populaire», du «Parti civique du travail», de «Nation maintenant», de «Ensemble pour le Pérou» et de «Un monde pour tous».
Le parti de gauche « Pérou libre », dont le président Pedro Castillo avait été élu lors du dernier scrutin, n’a même pas réussi à atteindre 0,5%. Des résultats tout aussi faibles ont été enregistrés par des partis tels que les «Verts démocrates», «Intégration démocratique», «Coopération populaire», «Force et liberté», «Foi au Pérou», «Action Pérou», «Pérou moderne», «Une autre voie», le PRIN, «Sauvons le Pérou» et le Parti démocratique fédéral. Les autres partis, parmi lesquels on trouve aussi bien des formations de gauche que de droite et du centre, ainsi que des combinaisons idéologiques diverses, ont obtenu des scores légèrement supérieurs, mais tout aussi insuffisants pour entrer au Parlement.

Le désagrégation du spectre politique de gauche est révélatrice, similaire à celle qui s’est produite en Bolivie auparavant (au Chili, il y avait tout de même une polarisation évidente des préférences, mais la gauche et ceux qui la soutenaient n’ont pas réussi à remporter la victoire).
Il s'avère que la baisse de confiance envers les partis de gauche a été provoquée par des motifs idéologiques et politiques, notamment des divisions internes et une activité accrue de la droite.
Cependant, parmi les candidats à la présidence, le candidat de gauche Roberto Sánchez, du parti «Ensemble pour le Pérou» (12%), a réussi à se hisser à la deuxième place. En tête se trouve Keiko Fujimori (17%) de «Force populaire». Il s'agit d'une candidate clairement pro-Washington. Elle a été députée au Congrès de 2006 à 2011. Lors de l'élection présidentielle de 2011, elle a perdu face à Ollante Humale. Elle a été arrêtée dans le cadre d'une affaire de corruption et a été incarcérée. Mais elle a continué à faire de la politique avec acharnement. Il convient de noter qu'au Pérou, tout un courant politique idéologique, appelé le fujimorisme, s'est déjà développé.
Au cours des premiers jours du dépouillement, Rafael López Aliaga, du parti Renouveau national, la talonnait, mais il a été relégué à la troisième place (11,9%), ce qui signifie qu'il ne pourra pas participer au second tour de l'élection présidentielle. C'est sans doute pour cette raison qu'Aliaga a piqué une crise, affirmant qu'il y avait eu de nombreuses irrégularités et que 600.000 habitants de Lima n'avaient pas pu voter. Il a même promis de verser une prime de 5800 dollars américains à toute personne qui signalerait et confirmerait ces irrégularités. Cependant, les observateurs internationaux n'ont pas constaté de violations graves.
Aliaga, ancien maire de Lima et oligarque, est surnommé Porky en raison de sa ressemblance avec un personnage de dessin animé américain. Il avait précédemment déclaré soutenir les initiatives de Donald Trump, ce qui lui a valu d’être qualifié de « trumpiste » local. Son parti a été créé en octobre 2020 sur la base du parti «Solidarité nationale». Il allie conservatisme (au sens religieux et catholique), néolibéralisme et populisme de droite. Avant les dernières élections, le parti comptait dix députés et un gouverneur au sein des structures du pouvoir. Lors des précédentes élections présidentielles, remportées par Pedro Castillo, López Aliaga avait soutenu Keiko Fujimori au second tour – la droite avait ainsi uni ses forces pour empêcher le candidat de gauche de l’emporter, mais sans succès.

Pedro Castillo, actuellement en détention, a appelé à voter pour Roberto Sánchez (photo) en mars, qualifiant de «traîtres» les membres du parti «Pérou libre», sous la bannière duquel il s'était lui-même présenté auparavant. Il faut toutefois reconnaître que «Pérou libre» a de quoi être critiqué. Comme cela a été souligné, pour le chef du parti, Vladimir Serrón, «la pire contribution a été l’accord avec la mafia, et en particulier avec le fujimorisme, auquel a été accordé un contrôle absolu sur les organes de l’État, tels que la Cour constitutionnelle et le Conseil national de la justice, ainsi que le ministère public, qui ont facilité toutes les magouilles pendant de nombreuses années, en échange d'avantages personnels et familiaux».
C'est pourquoi, en ce qui concerne la course à la présidence, l'histoire se répète: au second tour s'affronteront Keiko Fujimori, qui s'était déjà présentée la dernière fois et avait également atteint le second tour, et le candidat de gauche. Il est évident que cela se déroulera non seulement sur fond de polarisation droite-gauche, mais aussi dans un contexte de tentatives manifestes de diabolisation des adversaires.
L’ancien ministre de l’Économie et des Finances du Pérou, qui a également occupé le poste d’ambassadeur aux États-Unis, Luis Miguel Castilla, estime que Sanchez est dangereux (du point de vue des néolibéraux orientés vers Washington, ce qui est logique), mais même s’il l’emporte au second tour, il pourra difficilement mener à bien les réformes promises, car il se heurtera à une forte résistance au Congrès, où la droite occupe des positions suffisamment solides.
En ce qui concerne les élections législatives, deux de ces partis figurent parmi les trois premiers. Il s'agit de la «Force populaire» de Fujimori et du «Renouveau national».
Le Parti de la bonne gouvernance, créé en août 2023 par Jorge Nieto – ancien ministre de la Défense et de la Culture du gouvernement de Pablo Kuczynski –, a obtenu un excellent résultat pour ses premières élections générales (environ 15%). Le parti prône à la fois les idéaux de l'Antiquité et célèbre le Pérou en tant que civilisation andine, défend les principes démocratiques, notamment l'État de droit, la protection des droits des femmes, le développement technologique, etc. Il plaide en faveur de la mise en œuvre de réformes. Son programme ne précise pas les principes qui régiront la politique étrangère de l'État. Selon les critères des idéologies traditionnelles, ce parti peut être classé parmi les partis libéraux-centristes, bien qu’il comporte une part non négligeable de populisme.
Le « Parti civique du Travail » se définit, selon ses principes déclarés, comme national-démocrate et réformiste. Il se positionne comme anti-Fujimori. On peut classer ce parti comme de centre-gauche. Il a été créé en 1989. Le chef du parti est le présentateur de télévision Ricardo Belmont, qui s'était auparavant allié à divers blocs lors des élections (depuis 2018, il a coopéré avec « Pérou libre » et soutenu Pedro Castillo).
«Nation maintenant» est un parti relativement jeune, fondé le 13 mai 2023 par l'économiste et ancien recteur de l'Université nationale d'ingénierie Alfonso López Chau. Sur le plan idéologique, il se positionne comme un parti social-démocrate et nationaliste, défendant la justice sociale, le développement durable, la transparence dans la gestion publique et le respect des droits de l'homme. Auparavant, López Chau avait annoncé qu'en cas de victoire aux élections présidentielles, il gracierait Pedro Castillo.
«Ensemble pour le Pérou» est une coalition politique de centre-gauche fondée en 2017. Elle rassemble des partis de gauche et progressistes, des organisations politiques et des mouvements sociaux. Elle a également obtenu 12% des voix pour l'élection au Sénat (chiffres provisoires).
« Un pays pour tous » est également un nouveau parti, créé en avril 2023, mais qui n’a été légalisé qu’en août 2024. Il s’agit d’un parti libéral-conservateur avec des éléments populistes, c’est-à-dire de centre-droit. Le chef du parti est l'ancien gouverneur de la province de Juárez, Vladimir Mesa Villareal (photo), qui fait actuellement l'objet d'accusations de corruption. Le comédien Carlos Álvarez a été désigné candidat à la présidence par le parti.
Même s'ils s'unissent, les partis de gauche ne parviendront pas à former une majorité ni à la Chambre des députés ni au Sénat. Le parti « Bonne gouvernance » pourrait jouer un rôle clé dans cette situation ; c'est donc de son choix lors des votes que dépendra l'adoption ou le rejet des projets de loi.
16:23 Publié dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, amérique latine, amérique du sud, amérique ibérique, amérique andine, pérou, politique |
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Internet menacé: les câbles sous-marins du détroit d'Ormuz en danger

Internet menacé: les câbles sous-marins du détroit d'Ormuz en danger
Meinrad Müller
Source: https://derstatus.at/welt/internet-blackout-unterseekabel...
Alors que tout le monde a les yeux rivés sur les pétroliers en feu et la flambée des prix du pétrole, une véritable bombe à retardement se cache sous l'eau. Au fond du détroit d'Ormuz s'étendent ces fragiles câbles de transmission de données dont dépend notre monde numérique.
Alors qu'en surface, les pétroliers sont bloqués et que le prix du pétrole s'envole, une bombe à retardement d'un tout autre genre émet son tic-tac fatidique dans les profondeurs. Il s'agit des câbles sous-marins posés au fond du détroit d'Ormuz.
La véritable bombe est cachée au fond de la mer
Comme l’a rapporté hier l’agence Reuters, l’Iran a lui-même récemment attiré l’attention sur cette infrastructure de données critique composée de fibres optiques sensibles. Cela n’est pas vraiment rassurant. En effet, ces câbles sont fins, souvent à peine plus épais qu'un tuyau d'arrosage. Contrairement aux grands océans, où ils se trouvent en eaux profondes, ceux du détroit d'Ormuz sont relativement proches de la surface, généralement à seulement 150 à 200 mètres de profondeur, et la mer est même encore moins profonde à certains endroits. Cela en fait une cible facilement vulnérable pour les drones plongeurs, les petits sous-marins ou les plongeurs spécialisés d'une armée belligérante.
Le problème, c’est que cette route achemine une part considérable du trafic Internet entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient. Les pays du Golfe investissent des milliards dans l’intelligence artificielle et l’avenir numérique, et tout repose sur ces câbles invisibles. S’ils sont coupés, cela risque de très mal tourner. Vous voulez consulter un site web? Oubliez ça car cela sera aussi hasardeux que les trains de la Deutsche Bahn en hiver; ensuite, les vidéos mettront une éternité à charger, les appels Zoom se figeront, les services bancaires en ligne dérailleront et le site de livraison de colis ne répondra plus. Ce n’est pas une cigogne qui s’est posée sur le câble, ni une baleine curieuse qui l’a sectionné par inadvertance. Non, ici, c’est une artère vitale qui aura été sectionnée. Une petite bombe bien placée suffit – tout comme pour Nord Stream.

Risque lié à des dommages accidentels ou à un sabotage ciblé
Selon les experts, une panne totale d’Internet serait certes peu probable, car il existe des contournements. Mais des perturbations massives, des retards de plusieurs heures ou jours et des pannes de réseau garantiront le chaos, notamment dans les secteurs de la finance, du commerce et des services cloud. Les satellites comme Starlink sont certes utiles pour une communication de fortune et quelques services de base, mais ils ne pourront jamais absorber le volume de données véhiculées par les câbles sous-marins. De plus, les flux de données ne peuvent pas être simplement redirigés.
Le détroit, un « point faible numérique »
L'Iran a lui-même publié – dans une intention menaçante – une carte indiquant l'emplacement des tracés de câbles et a qualifié le détroit de « point faible numérique ». Jusqu'à présent, les câbles névralgiques ont certes été épargnés, contrairement à certains centres de données de la région du Golfe, notamment aux Émirats et au Qatar, qui ont déjà été touchés par des missiles iraniens. Mais plus la guerre dure, plus le risque de dommages accidentels ou de sabotage ciblé augmente. L'Occident n'a pas encore vraiment pris conscience de ce danger ; depuis des décennies, le détroit d'Ormuz est connu comme un passage critique pour le commerce mondial du pétrole – mais il apparaît désormais qu'il est au moins tout aussi vulnérable en tant que goulot d'étranglement numérique. Un petit impact sous l'eau – et des millions de personnes dans le monde s'en rendront compte immédiatement si soudainement plus rien ne fonctionne. À notre époque, l'infrastructure invisible au fond de la mer est en effet au moins aussi sensible que celle qui est visible à la surface.
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vendredi, 01 mai 2026
Allemagne: un 1er mai calme avant de réels affrontements

Allemagne: un 1er mai calme avant de réels affrontements
par Wolfgang Hübner
Source: https://pi-news.net/2026/05/ein-1-mai-vor-den-kaempfen/
Pour l'instant, presque personne ne se précipite dans les rues en ce 1er mai – le 1er mai 2027 s'annonce toutefois plus intéressant.
Le 1er mai était autrefois la journée internationale de lutte de la classe ouvrière. Certes, on entendra aujourd’hui les discours habituels de la DGB (Confédération allemande des syndicats) avec toutes sortes d’avertissements sur la détérioration de la situation des salariés et des retraités. Et les médias en rendront compte consciencieusement. On devrait également signaler quelques émeutes dans les bastions antifascistes de Berlin et Leipzig. Mais cela n’a, une fois de plus, rien de particulièrement passionnant. Seul le trafic lié aux excursions pourrait, en raison des trois jours fériés consécutifs, provoquer quelques perturbations avec des victimes d’accidents de la route.
Aucune trace de lutte des classes ce 1er mai ? Seuls ceux qui perçoivent l’évolution politique et socio-économique réelle de notre pays à travers le filtre des médias dominants, largement alignés, peuvent croire cela. Car la lutte des classes est bel et bien menée avec ardeur ! Mais pas par le bas, c’est-à-dire par les travailleurs, par ceux-là même qui créent de la valeur ajoutée, ni par les petits retraités et les retraités ordinaires, et encore moins par ceux qui sont réduits au silence par les prestations sociales.
La lutte des classes de notre époque est bien au contraire menée de manière très intense par le haut. Car les classes aisées et dirigeantes en Allemagne ont depuis longtemps compris que, sans croissance et avec une économie politiquement condamnée au déclin, il faut sévir davantage contre les classes posées comme inférieures si l’on veut préserver ses propres privilèges. Dans la forme de gouvernement la plus utile à cet effet, à savoir «notre démocratie» qui est un État totalitaire structurés par les partis, ses principaux bénéficiaires ne mènent bien sûr pas une lutte des classes ouverte, mais mettent par exemple en place des commissions.
À ma connaissance, ni la commission sur la « réforme de la santé », ni celle sur la « réforme des retraites » ne compte un seul membre qui sera affecté négativement par les résultats de ces « réformes ». Et ceux qui mènent un réarmement militaire et veulent rendre le pays apte à mener une guerre ont déjà acquis des paquets d’actions de Rheinstahl et de fabricants de drones. La militarisation, et ce n’est pas seulement le cas en Allemagne, ne profite toujours qu’aux profiteurs politiques et économiques, mais jamais aux masses populaires.
Notre peuple est actuellement très frustré par le gouvernement fédéral et par un chancelier qui non seulement ment de manière notoire, mais s’est également révélé pleurnichard patenté. Mais cette frustration est généralement passive, c’est pourquoi presque personne ne se précipite dans la rue pour l’instant. Cela ne restera toutefois pas ainsi, même chez nos compatriotes qui font montre d'une légendaire patience de mouton.
Car la lutte des classes qui s'intensifie depuis le sommet approche rapidement du point où les opprimés, soit se laissent faire complètement, soit commencent à se défendre. Ceux qui mènent la lutte des classes depuis le sommet misent sur cette dernière option. C'est aussi et surtout pour cette raison que l'appareil de propagande et de répression a été considérablement perfectionné. Le 1er mai 2027 s'annonce intéressant.
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1er mai 2026: de la politique d'agression à l'étranger à la politique de démantèlement à l'intérieur

1er mai 2026: de la politique d'agression à l'étranger à la politique de démantèlement à l'intérieur
par Dirk W.
Source: https://zannekinbond.org/1-mei-2026-van-buitenlandse-agressiepolitiek-naar-binnenlands-afbraakbeleid/
La question centrale que nous devons nous poser aujourd'hui, en ce 1er mai, plus que jamais, est la suivante : « Qui contrôle l'économie qui détermine ma vie ? ». Les attaques incessantes contre les acquis sociaux dans notre pays sont une conséquence structurelle de l'accumulation capitaliste à l'échelle mondiale. La modération salariale, la flexibilisation (promotion des flexijobs, réduction du coût du travail de nuit, contrats temporaires, économie des plateformes, etc.) sont autant de manifestations de la pression que subit la classe ouvrière en Flandre et en Wallonie sous l’effet de la concurrence mondiale et de la mondialisation.
Dans ce modèle, où les élites riches et puissantes n’ont plus de patrie, il y a un fort transfert financier vers des comptes bancaires gérés à l’échelle mondiale (comprendre: dans des paradis fiscaux) par le centre impérialiste. Le lien entre l’impérialisme occidental et la pression exercée sur les droits sociaux et les acquis en Belgique n’est ni une coïncidence ni une « adaptation à la mondialisation », mais une conséquence structurelle de l’accumulation capitaliste à l’échelle mondiale. Il existe un lien direct entre, d’une part, les attaques de la N-VA contre les mutuelles, le syndicalisme, les chômeurs, etc. et, d’autre part, la politique de guerre et la militarisation auxquelles le ministre belge de la Guerre Francken (N-VA) contribue fortement. La politique des partis politiques libéraux, avec en tête la N-VA et le MR, s’inscrit dans une logique de compétitivité plus large, façonnée notamment par les rapports de force mondiaux (par l’impérialisme).
Trump a tout de même le mérite – probablement son seul – d’avoir rendu l’impérialisme occidental beaucoup plus visible aux yeux de l’ensemble de l’opinion publique européenne. Les États-Unis ne s’avèrent pas être ce soutien et ce refuge toujours prêts à garantir « l’ordre mondial libéral » dans lequel l’UE aime se profiler. Trump a mis en évidence le coût de la sécurité européenne au sein du système impérialiste occidental, confirmant ainsi d’emblée le déclin de l’évidence de l’hégémonie américaine. Ceci, conjugué à l’agression de l’État voyou israélien contre l’Iran, le Liban et les Palestiniens, a ravivé le débat sur l’« impérialisme » et quelque peu relégué au second plan l’accent exclusif mis sur la « politique identitaire » en Europe (tant à gauche qu’à droite).
L’impérialisme se manifeste également en Flandre lorsque la concurrence mondiale et les rapports de force se traduisent par une pression quotidienne sur le travail, les salaires et la protection sociale. Le système économique actuel est dominé par les grandes entreprises et les groupes financiers. Trusts, holdings, formation de monopoles… autant de manifestations de la concentration du capital, avec des élites au pouvoir qui utilisent l’État pour défendre leurs intérêts à l’échelle mondiale (conflits commerciaux, contrôle des matières premières…) et jugent nécessaire d’investir dans des moyens militaires à cette fin. La concurrence internationale avec les pays à bas salaires, un capital bien plus mobile que la main-d’œuvre et des politiciens qui veulent rester « compétitifs » conduisent tout droit à une pression sur la formation des salaires, à des tentatives de restreindre la lutte syndicale et à des coupes budgétaires persistantes dans la sécurité sociale.

La politique d’armement, le débat sur l’indépendance économique, l’autonomie stratégique… ont mis fin aux rêves naïfs de mondialisation des élites libérales. Tout cela devient également plus clair pour la classe ouvrière, le débat sur l’impérialisme perd de son caractère abstrait. La population en ressent les conséquences: hausse des prix de l’énergie due à la dépendance vis-à-vis du pétrole et du gaz étrangers, suite à la coupure des approvisionnements russes et à la guerre d’agression illégale contre l’Iran. Augmentation de la charge de travail et délocalisation, car les entreprises transfèrent leur production vers des pays à bas salaires ou les pays européens s’alignent eux-mêmes sur ce niveau. Hausse des prix alimentaires due à la dépendance vis-à-vis des marchés mondiaux et à la spéculation sur les matières premières, qui s’accompagne d’une politique anti-agricole en Flandre. Renforcement de l’armement et politique de guerre pure et simple par l’implication belge ou européenne via la contrainte de l’OTAN, le lobbying de l’industrie de la défense, etc.
L’impérialisme (et la résistance qui s’y oppose) n’est donc pas une « politique lointaine » ; il est lié aux flux commerciaux dans nos ports (routes commerciales plus instables, sanctions géopolitiques et réactions en chaîne, déplacement de la production mondiale, coûts logistiques et risques accrus, etc.), à l’augmentation des budgets de défense alors qu’ailleurs, partout, on fait des économies au détriment des services sociaux et publics, aux sanctions de l’UE qui ont des répercussions sur les emplois dans l’industrie et l’exportation, aux flux migratoires et de réfugiés résultant des guerres que l’Occident déclenche dans d’autres parties du monde. Il devient de plus en plus évident pour un nombre croissant de personnes qui sont les gagnants dans tout cela (les multinationales, le secteur financier privé, l’industrie de la défense), qui paie pour tout (la classe ouvrière via les impôts, les hausses de prix et les mesures d’austérité) et qui décide de tout : Washington, les élites libérales de l’UE, l’OTAN et les grands acteurs économiques.
Lorsque les matières premières sont pillées dans les pays du Sud, lorsque des guerres sont menées pour conquérir des marchés et des sphères d'influence, lorsque des travailleurs sont exploités ailleurs pour des salaires de misère, nous le ressentons ici. À travers la pression concurrentielle, la modération salariale, la précarité de l'emploi, les coupes dans la sécurité sociale… L'impérialisme là-bas est synonyme de pression et d'incertitude ici. Pour les travailleurs flamands et wallons, c’est clair : ce système ne fonctionne pas pour nous. Alors que nous travaillons, produisons et faisons tourner la société, le pouvoir est exercé par une élite belge qui est très éloignée de nous. Une élite libérale qui s’inscrit dans un système impérialiste plus large, où les multinationales, les puissances financières et les institutions internationales pro-occidentales déterminent la direction à suivre. La Flandre et la Wallonie ne sont pas des communautés libres de travailleurs. Elles sont enfermées dans une structure étatique belge qui ne part pas des besoins de la population, mais de compromis, de jeux de pouvoir et de la protection des intérêts capitalistes établis. Plus que jamais, il est clair que le militarisme et la politique d’agression à l’étranger vont de pair avec une politique de démantèlement intérieur au détriment de la classe ouvrière.
Le Zannekinbond soutient la transformation révolutionnaire du système politique et économique, et rejette toute collaboration avec la politique partisane réformiste qui sert le statu quo institutionnel et idéologique. C’est pourquoi nous affirmons aujourd’hui encore :
Pas de politique néolibérale, mais une combativité militante de la classe ouvrière !
Pas de concurrence entre les travailleurs, mais la solidarité des travailleurs flamands et wallons contre le système belge et européen !
Pas d’austérité pour nous et de cadeaux pour les riches !
Pas de politique de guerre en notre nom !
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jeudi, 30 avril 2026
La “sibérianisation” de la Russie et ses conséquences

La “sibérianisation” de la Russie et ses conséquences
Stefano Vernole
Source: https://telegra.ph/La-siberianizzazione-della-Russia-e-le...
Le concept de “sibérianisation” se réfère à la réorientation stratégique de la Russie vers ses profondeurs, des Monts Oural à l’Extrême-Orient et à l’Arctique.
Le concept de “sibérianisation”, popularisé en Europe ces dernières années par le politologue Sergei Karaganov, concerne le réalignement stratégique de la Russie vers ses profondeurs, des Monts Oural à l’Extrême-Orient et à l’Arctique. Il articule un recentrage identitaire, économique et stratégique vers l’Asie, dans un contexte de rupture définitive avec l’Occident. Pour Moscou, la priorité stratégique du 21ème siècle consiste à ancrer le développement de la Fédération dans ses régions asiatiques. Cela constitue la dimension intérieure d’un phénomène plus largement connu depuis la moitié des années 2000 sous le nom de “pivot vers l’Est” de la Russie.

Le discours sur la “sibérianisation” apporte une cohérence doctrinale à certaines tendances déjà en cours: un déplacement des échanges commerciaux vers l’Asie et la Chine en particulier, un recentrage sur la profondeur stratégique, et la réactivation d’un imaginaire sibérien comme matrice de l’identité nationale.
La “sibérianisation” de la Russie se présente comme l’aspect géopolitique d’une vision qui englobe identité, économie, industrie et stratégie. Cette idée programmatique doit être comprise à la lumière du conflit qui se déroule en Ukraine, lequel marque un changement paradigmatique dans le destin du pays. À ce stade, cependant, les deux orientations (le conflit versus la perspective sibérienne) sont en compétition pour les ressources disponibles. Le risque pour Moscou est que, en poursuivant simultanément ces deux ambitions, le gouvernement russe perde tout en un seul coup: le méga-projet sibérien pourrait absorber les fonds nécessaires à la victoire en Ukraine, et l’Opération Militaire Spéciale, quant à elle, pourrait retarder de plusieurs décennies la nécessaire diversification de l’économie russe.
Loin d’être nouvelle, l’idée eurasiste a pris une forme administrative au début du troisième mandat de Vladimir Poutine (devenant un concept officiel dans la doctrine de politique étrangère russe en 2023), dans un contexte de rupture délibérée avec l’Occident. Les étapes institutionnelles et économiques de cette “sibérianisation” — qui n’avait pas encore de nom à l’époque — révèlent une politique déterminée en principe, mais dont les ambitions ont été systématiquement repoussées, par habitude et par confort, au profit d’un modèle de développement “libéral” relativement aisé et agréable, surtout pour les élites du pays.

Le virage de Poutine s’inscrit parfaitement dans cette séquence: la perception de trahison de la part de l’Occident justifie la recherche d’une présence en Asie, et la “sibérianisation” en constitue la manifestation intérieure. La nouveauté ne réside donc pas dans le diagnostic identitaire, dont Karaganov est plus le consolidateur que l’inventeur, mais dans la décision politique de couper délibérément les interdépendances économiques et financières avec l’Occident et de geler le pendule. Alors que l’histoire de la Russie suggère que chaque phase d’hostilité est finalement suivie d’un rapprochement avec l’Occident, une partie de la direction actuelle du Kremlin envisage la possibilité d’une rupture définitive que la “sibérianisation” devrait ancrer dans sa structure.
La volte-face de 2014 (l'annexion de la Crimée suivi du processus des sanctions occidentales) puis celle de 2022 (début de l’Opération Militaire Spéciale en Ukraine) imposent une accélération du déplacement de trois piliers du développement national: l’industrie, la population et la défense. Le quatrième axe émerge implicitement: la connectivité, qui se présente comme la clé de voûte des trois précédents. En effet, sans moderniser chemins de fer, ports et aéroports, les incitations au transfert vers les vastes étendues de la Sibérie échoueront — et leur développement sera anéanti par l’absence d’infrastructures de soutien efficaces.
La “paresse mentale” d’une partie encore importante de la classe dirigeante de Moscou a poussé Vladimir Poutine vers une appeasement inutile à l’égard des États-Unis, et à identifier l’Europe comme “principal ennemi”. Outre le fait de n’avoir jusqu’à présent apporté aucun bénéfice à la Russie, qui s’est en quelque sorte “narcotisée” politiquement et militairement pendant un an en attendant que “l’esprit d’Anchorage” prenne forme, cette disponibilité envers l’administration Trump a causé un nouveau dommage (sur le plan de l'image) à la volte-face du Kremlin vers le sud et l’est.

Le projet “phare” de l’establishment actuel de Washington est précisément de rompre avec les liens patiemment construits par les élites eurasistes avec les pays en développement, via des plateformes géoéconomiques comme les BRICS et l’Organisation de Coopération de Shanghai. La Syrie, le Venezuela, Cuba et l’Iran sont l’emblème de cette tentative américaine, et la posture défensive adoptée par Moscou sur ce front ne contribue pas à la réalisation de sa stratégie. Tout comme l’espoir d’atténuer “la pression” européenne en soutenant des leaders conservateurs comme Viktor Orbán a essentiellement échoué, en raison de leur proximité avec Israël et la Coalition Epstein, dont la crédibilité est au plus bas auprès des populations. La situation est différente pour des politiques comme Fico ou Radev, dont le patriotisme socialiste et neutraliste est beaucoup plus en phase avec la vision multipolaire et bénéficie d’un plus grand soutien populaire.
Aujourd’hui, la nature profondément politique de la “sibérianisation”, pilotée et dirigée par le centre, dépend moins d’une dynamique spontanée ou endogène que d’une structure de pouvoir verticale consolidée.
En tant qu’acteur dominant, l’État doit faire face à au moins deux types de compromis continus.
Le premier concerne l’allocation des ressources entre dépenses civiles et dépenses militaires. Actuellement, les investissements publics dans le secteur militaro-industriel dépassent nettement ceux destinés aux activités civiles, même si la frontière entre ces deux sphères reste poreuse. Alors que les centres industriels se développent dans les deux cas, la production civile souffre d’une concurrence croissante en matière de budget et de logistique, notamment en termes de connectivité et d’infrastructures, qui tend à la reléguer à un rôle secondaire en l’absence d’une mobilisation totale des populations.
Le deuxième compromis oppose les périphéries entre elles. Les territoires annexés en Ukraine absorbent une part croissante des crédits budgétaires pour la “réhabilitation” et le “développement”, réduisant ainsi les ressources disponibles pour l’amélioration des infrastructures de l’Ukraine orientale et des villes sibériennes.
Cette double politique du Kremlin divise ainsi un organisme déjà affaibli et soumis à d’immenses pressions.

La population russe (environ 145 millions d’habitants) est répartie de façon très inégale: 110 millions résident à l’ouest des monts Oural, et 35 millions à l’est, principalement sur les versants méridionaux, le long des anciennes lignes ferroviaires. Le district fédéral de l’Extrême-Orient représente 41% du territoire national, mais n’abrite que 6% de la population. Le climat extrême, le manque d’infrastructures et la faiblesse des services urbains compliquent la tâche de peupler cette région de façon durable. Cette situation s’inscrit dans une dynamique de déclin naturel: faible natalité, excès de décès par rapport aux naissances, aggravés par les pertes militaires et l’émigration d’une partie de la main-d’œuvre qualifiée à partir de 2022.
Pour freiner l’exode sibérien et attirer des populations dans les régions reculées, Vladimir Poutine a ratifié en 2016 une loi offrant gratuitement un hectare de terre cultivable en Extrême-Orient russe pour une durée de cinq ans aux citoyens qui en font la demande. Ce droit, initialement réservé aux résidents de l’Extrême-Orient, a été étendu à tous les citoyens russes à partir de février 2017. En 2022, d’autres hectares situés dans l’Arctique ont été ajoutés au programme. Selon les données officielles, sur les 180 millions d’hectares disponibles (dont 1 million dans la région arctique), environ 65.000 ont été attribués (beaucoup de demandes étant rejetées par les régions elles-mêmes), principalement dans le Territoire du Littoral, en Yakoutie et dans la région de Khabarovsk. Outre ces incitations foncières, les salaires y sont supérieurs d’environ 50% à la moyenne nationale dans certaines zones, il existe des programmes résidentiels, des structures sanitaires et de nouvelles universités, notamment dans le cadre du programme Priorité 2030, qui vise à transformer en centres d’excellence scientifique et d’attraction des talents les sites sibériens et de l’Extrême-Orient.
En plus de ces incitations foncières et salariales, la réponse du Kremlin au déficit démographique en Sibérie et dans l’Extrême-Orient prévoit aussi un recours accru à la migration de travail. Les autorités russes estiment qu’environ 10,9 millions de travailleurs supplémentaires seront nécessaires d’ici 2030 pour compenser le déclin démographique, la baisse du taux de natalité et l’exode d’une partie de la main-d’œuvre depuis 2022, ce qui implique un afflux massif de travailleurs migrants.
Le modèle dominant reste celui de la migration temporaire en provenance d’Asie centrale, qui couvre une part importante des besoins en main-d’œuvre tout en étant peu intégrée dans le pays (et dont le destin varie selon les relations entre Moscou et les capitales d’Asie centrale).
En Extrême-Orient, les projets d’infrastructures et des secteurs entiers, comme l’agriculture, dépendent fortement de la main-d’œuvre étrangère, notamment chinoise. L’afflux de main-d’œuvre nord-coréenne a été au centre du débat politique après la signature du Traité d’assistance mutuelle entre Moscou et Pyongyang en 2024.
Cette dépendance à la main-d’œuvre importée met en évidence le décalage entre l’ambition de repeupler l’Orient et l’absence d’un réel flux de travailleurs russes dans les régions périphériques. Il faut aussi prendre en compte la révolution technologique, car l’automatisation des activités pourrait grandement contribuer à pallier le manque de main-d’œuvre dans les secteurs de haute technologie.
La question militaire a consolidé le rôle de la Sibérie comme réserve stratégique, et cette dimension demeure sans doute sa principale force motrice aujourd’hui. La “sibérianisation” répond à une logique de profondeur stratégique imposée par le conflit, accélérée par la vulnérabilité du territoire russe face aux attaques à longue portée en Ukraine. Alors que la projection des forces reste orientée vers l’ouest, les profondeurs sibériennes servent désormais de refuge pour trois fonctions complémentaires: protéger les équipements stratégiques, déplacer la base industrielle de la défense loin des attaques, et régénérer les unités déployées.
Parallèlement, le front arctique est renforcé et les projets de développement y relatifs se poursuivent. Cette montée en puissance progressive — qui consiste d’abord à réactiver les stations existantes, puis à étendre le réseau et à combler les lacunes — traduit un dessein géopolitique poursuivant trois objectifs: rendre coûteuse toute présence militaire étrangère dans la région, étendre les capacités de contrôle au-delà des eaux territoriales, et garantir la sécurité de la Route Maritime du Nord comme corridor stratégique reliant l’Europe russe au Pacifique.

Avec la mise en service des nouveaux sites, la côte arctique cesse d’être une zone isolée: des bases insulaires comme Tiksi et des avant-postes comme Alykel forment un réseau d’observation et de communication reliant les garnisons à l’intérieur des terres au front nord, faisant de la Sibérie un véritable pont de commandement entre le cœur du territoire russe et l’Arctique.
Qu’il s’agisse de délocaliser des entreprises, du personnel ou des forces stratégiques, le principal défi — et le plus grand obstacle à ce stade — réside dans la liaison des territoires isolés. En effet, pour comprendre la logique de l’intégration russo-asiatique, il faut considérer le territoire de l’Extrême-Orient comme un tout intégré, où les ressources sont extraites au Nord et à l’Est, transportées par fleuve, route et voie ferrée, puis expédiées aux frontières terrestres de la Chine ou dans les ports du Pacifique. Le défi est à la fois quantitatif et qualitatif: il consiste à multiplier les infrastructures industrielles — ponts, ports secs, chemins de fer, ports arctiques, etc. — et à en maximiser l’efficacité dans un cadre intégré.
Reste une question centrale: dans quelle mesure cette approche proactive se traduit-elle par une présence matérielle durable? Les données disponibles montrent une activité commerciale sino-russe intense, un déplacement accru vers l’Est des forces stratégiques, d’importants investissements dans certains secteurs et corridors, mais aussi des faiblesses structurelles persistantes, notamment dans la zone transversale du réseau de ressources.
Plusieurs risques structurels menacent le succès de ce recentrage stratégique. La complexité et l’ampleur du projet augmentent les coûts, tant économiques que politiques, et sapent la confiance des investisseurs. Les sanctions limitent l’accès aux technologies et aux financements, contraignant à des solutions alternatives qui impliquent des dépenses et des risques supplémentaires, ainsi que des ajustements continus.
Surtout, l’approche prudente de la Chine vis-à-vis des investissements souligne que Pékin n’est pas guidé par une rhétorique politique, mais par une évaluation pragmatique du risque et du rendement, notamment à la lumière de la “fidélité” russe envers Trump, et de l’absence d’évolution du pays vers un régime idéologique socialiste, où jouent encore un rôle important les “oligarques” privés.
À cela s’ajoute une prudence similaire de la part des investisseurs russes eux-mêmes, conscients de la compétition entre les exigences budgétaires en temps de guerre, la reconstruction des régions annexées et la modernisation des infrastructures orientales. On assiste ainsi à un changement de cap entre différentes priorités, toutes coûteuses, dans un contexte de contraintes budgétaires et de concurrence pour le contrôle des dépenses publiques.
Si la stratégie de “sibérianisation” aboutissait, elle alimenterait l’effort militaire par une profonde modernisation et diversification du tissu économique et stratégique de la Russie. À l’inverse, si Moscou remportait la victoire dans le conflit en Ukraine et consolidait son contrôle sur les territoires annexés, elle pourrait alors concentrer ses efforts sur l’accélération du recentrage vers l’Est.
Dans les deux cas, ce qui est nécessaire, c’est une forte impulsion pour renouveler un pays qui souffre encore des contradictions engendrées par les “terribles années 90” et qui a jusqu’à présent repoussé le moment de faire face définitivement à ce passé funeste.
Article original : Foundation for Strategic Culture
16:55 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : russie, sibérie, actualité, europe, affaires européennes, asie, affaires asiatiques, eurasie |
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mardi, 28 avril 2026
La Serbie, la Hongrie et la Macédoine du Nord signent un protocole d’entente pour la voie ferrée Budapest-Belgrade

La Serbie, la Hongrie et la Macédoine du Nord signent un protocole d’entente pour la voie ferrée Budapest-Belgrade
Stefano Vernole
Source: https://telegra.ph/Serbia-Ungheria-e-Macedonia-del-Nord-f...
La ligne Budapest-Belgrade est la première section du projet de chemin de fer Budapest-Belgrade-Skopje-Athènes, un projet symbole de la coopération entre la Chine et l'Europe centre-orientale qui reliera la Hongrie, la Serbie, la Macédoine du Nord et le port du Pirée, géré par la Chine.
L’opérateur ferroviaire serbe de transport de marchandises Srbija Kargo, en collaboration avec ses homologues hongrois et nord-macédonien, a récemment signé un mémorandum d’entente concernant un «service de transport ferroviaire synchronisé». En particulier, les trois parties se concentrent sur la ligne ferroviaire Budapest-Belgrade afin d’accroître le transport de marchandises par rail depuis la Chine et à l’intérieur de l’Europe.

Srbija Kargo, Rail Cargo Hungaria et Železnice Republike Severne Makedonije Transport espèrent une «croissance dynamique des échanges commerciaux entre l’Europe et la région environnante». La voie ferrée Budapest-Belgrade occupe une place centrale dans ce plan. Depuis son ouverture au trafic de marchandises fin février, cette ligne représente une artère essentielle pour le transport de fret le long de l’axe Nord-Sud à travers les Balkans.
Le plan prévoit que le volume de transport de marchandises par rail entre les pays signataires atteigne, voire dépasse, les niveaux enregistrés durant la première décennie du 21ème siècle, bien que les entreprises ne précisent pas dans quel délai cela doit se produire.

«La coopération s’articule en deux directions principales: le transport de marchandises entre la Chine et l’Europe via les corridors ferroviaires existants, ainsi que le transport de marchandises en provenance ou à destination des ports européens, entre les terminaux situés sur le continent européen, complété par le transport routier», écrit Srbija Kargo. La majorité des marchandises chinoises transitent par le port grec du Pirée, d’où elles poursuivent leur route vers l’intérieur de l’Europe via la Macédoine du Nord et la Serbie.
« Un transport organisé de cette manière offre de nombreux avantages : livraisons plus rapides, délais de transit plus courts, meilleure rentabilité, fiabilité dans le respect des délais, processus logistiques plus efficaces et impact environnemental réduit », poursuit Srbija Kargo.
Objectifs clés de la coopération
Les entreprises impliquées affirment que le transport de marchandises par rail sur la route transbalkanique devrait s’améliorer grâce à «l’intégration des relations de transport ferroviaire», à la simplification des chaînes logistiques, à des solutions numériques communes et à une coopération transfrontalière renforcée.
De plus, le protocole d’entente identifie plusieurs domaines de coopération future. Parmi ceux-ci figurent le développement du transport intermodal (semi-remorques, conteneurs), l’interopérabilité, le transfert de connaissances, la simplification des procédures douanières et l’échange numérique de données. Il est également mentionné le développement coordonné des infrastructures ferroviaires, les initiatives de marketing conjointes et la formation du personnel comme domaines potentiels de collaboration.

Les capitales hongroise et serbe sont désormais officiellement reliées par une infrastructure ferroviaire moderne qui devrait apporter d’importants bénéfices au transport de marchandises par rail.
La ligne Budapest-Belgrade est la première section du projet de chemin de fer Budapest-Belgrade-Skopje-Athènes, un projet symbole de la coopération entre la Chine et l'Europe centre-orientale qui reliera la Hongrie, la Serbie, la Macédoine du Nord et le port du Pirée, géré par la Chine. Selon certaines sources, les sections au sud de Belgrade, en direction de Niš, sont déjà en cours de développement, avec un financement de l’UE désormais intégré dans le projet: une situation singulière où Bruxelles cofinance un corridor en synergie avec les intérêts stratégiques et commerciaux chinois.

L’avantage principal pour la Chine est de nature stratégique, et non financière. La voie ferrée relie le port du Pirée en Grèce, géré par COSCO, à l’Europe centrale, créant un corridor de fret rapide et fiable permettant de transporter les marchandises chinoises en profondeur sur le marché de l’UE sans dépendre des ports ou des infrastructures de l’Europe occidentale.
La ligne Budapest-Belgrade est explicitement la première section d’un corridor prévu pour relier Budapest à Belgrade, Skopje et Athènes, avec des travaux de construction déjà en cours au sud de Belgrade. En plus de ce projet spécifique, la présence infrastructurelle chinoise en Europe centrale et orientale s’étend dans les secteurs routier, portuaire et énergétique.
La voie ferrée Budapest-Belgrade, projet phare de l’Initiative Belt and Road (BRI), est une infrastructure importante réalisée conjointement par la Chine, la Hongrie et la Serbie pour relier ces deux capitales. La section hongroise, d’environ 158,6 km, est une ligne électrifiée conçue pour le transport de passagers et de marchandises, avec une vitesse maximale de 160 km/h. La construction de la section hongroise, menée conjointement par China Railway Group Limited et des entreprises hongroises locales, a commencé en juillet 2020 et est entrée dans la phase de construction des ouvrages civils en février 2022.
Ce projet marque la première fois que la technologie et les équipements ferroviaires chinois sont alignés sur les spécifications techniques d’interopérabilité (TSI) de l’Union européenne. Une fois la ligne entièrement opérationnelle, le délai de trajet entre Budapest et Belgrade passera d’environ huit heures à environ trois heures et demie. On prévoit que ce lien renforcé facilitera considérablement les échanges entre les personnes et le transport de marchandises, stimulant le développement économique le long du parcours et renforçant la connectivité dans toute l’Europe centrale et orientale.
La Chine a accordé un prêt pour couvrir 85% des coûts de modernisation de la section hongroise de la ligne, et l’industrie fournisseuse du pays a joué un rôle de premier plan dans la réalisation du projet. Il a impliqué la reconstruction de l’ensemble du tracé de Soroksár à Budapest jusqu’à la frontière serbe. Le doublement des voies a été effectué sur tout le parcours, à l’exception de la section entre Ferencváros et Kunszentmiklós-Tass, déjà utilisée par les services suburbains de Budapest. Les travaux ont duré quatre ans et ont été réalisés par un consortium sino-hongrois composé de RM International, China Tiejiuju Engineering & Construction et China Railway Electrification Engineering Group, avec l’installation d’équipements et de systèmes chinois. Un contrat séparé pour augmenter la capacité de la section de 7 km Ferencváros – Soroksár a été attribué en 2022 à un consortium formé par V-Híd et China Railway Magyarország.

Les entreprises chinoises ont également pris en charge la reconstruction de la section serbe de 183 km. En 2021, China Civil Engineering et China Railway 11th Bureau ont conjointement obtenu un contrat pour la reconstruction de la ligne de 108 km de Novi Sad, passant par Subotica, jusqu’à Kelebia. Les travaux ont commencé en 2022 et, le 3 octobre 2025, le président serbe Aleksandar Vučić a officiellement inauguré la ligne. Les mêmes entreprises ont également travaillé sur la section Belgrade – Novi Sad, avec la réouverture du tronçon Belgrade – Stara Pazova de 34,5 km en mars 2021, suivi par la section Stara Pazova – Novi Sad de 40,4 km en mars 2022.
Article original: Strategic Culture Foundation
15:43 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chemins de fer, rail, europe, affaires européennes, connectivité, hongrie, serbie, macédoine du nord, balkans, chine, belt & road |
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La mer Baltique, nouveau théâtre de conflit

La mer Baltique, nouveau théâtre de conflit
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
La guerre modifie sa propre géographie. L'Ukraine reste le théâtre de combat visible. Mais le prochain point de pression dangereux se trouve en Mer Baltique.
Pour la Russie, la mer Baltique n'est pas une mer marginale. C'est un accès aux marchés mondiaux, une route pour les exportations d'énergie et une zone de contact avec l'OTAN. Ceux qui y contrôlent des tankers russes, arrêtent des marins ou entravent la soi-disant flotte de l'ombre ne traitent pas d'un aspect secondaire. Ils touchent un point sensible du pouvoir russe.
Du point de vue occidental, il s'agit de déployer une politique de sanctions. Du point de vue russe, cela peut apparaître comme l'organisation d'un blocus maritime. Et les grandes puissances réagissent rarement par voies juridiques aux blocus. Elles réagissent par l'exercice de la puissance politique.
C'est précisément pourquoi les déclarations de Donald Tusk sont très intéressantes (https://www.ft.com/content/1a5a2502-a45a-40c1-af6f-b30ecc... ). Lorsque le Premier ministre polonais parle d'une confrontation potentielle avec la Russie dans les mois à venir et exprime en même temps des doutes quant à la fiabilité des États-Unis, cela révèle le cœur du problème: l'Europe de l'Est souhaite une fermeté maximale vis-à-vis de Moscou, mais a besoin de garanties américaines pour pouvoir mettre cette fermeté en oeuvre.
C'est la logique classique de l'alliance. La Pologne et les États baltes poussent la logique conflictuelle en avant. Les États-Unis, eux, conservent le contrôle stratégique. L'Allemagne, de son côté, doit payer, livrer et fournir des capacités industrielles.
Pour Berlin, c'est là un rôle défavorable. L'Allemagne n'est pas l'architecte de cette ligne qui mène à l'escalade. Elle n'en est pas non plus la principale bénéficiaire. Mais elle serait l'un des principaux payeurs: tant sur les plans financier, industriel et logistique que politique.
Moscou ne voit pas seulement la Bundeswehr d'aujourd'hui. Elle voit l'Allemagne de demain: son industrie, son génie mécanique, ses ports, ses capitaux, sa logistique. Une Allemagne qui serait dirigée sur le long terme vers une économie de défense modifierait l'équilibre des forces en Europe.

Du point de vue russe, cela donne une image globale: l'Ukraine entrave la Russie. L'Europe gagne du temps. L'Allemagne devient le pilier industriel de la remilitarisation. Parallèlement, la pression sur les voies d'exportation russes en Mer Baltique augmente.
Partager ou non cette perception russe est une question secondaire. Ce qui est essentiel, c'est que cette perception peut influencer l'action russe.
Le danger ne réside pas dans une grande guerre annoncée, mais dans un enchaînement de petites étapes: contrôle des tankers, arrestations, contre-mesures russes, appel à l'article 5, évaluation américaine, escalade européenne.
C'est ainsi que naissent des situations dangereuses: chaque partie considère l'étape qu'elle franchit comme limitée et défensive. L'autre la perçoit comme une attaque.
Pour l'Allemagne, la question centrale demeure :
Quel intérêt allemand y a-t-il à transformer la mer Baltique en une zone de confrontation permanente ?
Toutes les mesures prises contre la Russie ne relèvent pas d'une politique qui assure la sécurité de l'Allemagne. Toute dureté adoptée par l'OTAN ne relève pas de l'intérêt politique de l'Allemagne. Et toute remilitarisation européenne ne renforce pas la souveraineté allemande.
Si Berlin ne développe pas une ligne stratégique propre, l'Allemagne ne sera pas un acteur dans cet ordre, mais une simple ressource: pas un décideur, mais un payeur; pas un stratège, mais un gestionnaire de base logistique pour une politique d'escalade dictée par l'étranger.
Source (https://nationalinterest.org/blog/buzz/russian-media-turn... )
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Crise iranienne: pourquoi il est encore trop tôt pour enterrer Trump

Crise iranienne: pourquoi il est encore trop tôt pour enterrer Trump
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Friedrich Merz s’est exprimé sur la crise iranienne — et a surtout montré une chose: l’Europe ne craint pas seulement la guerre, mais aussi la perte de tout contrôle sur la stratégie américaine.
Merz affirme en substance que l’Iran « humilie » les États-Unis, que Washington ne dispose d’aucune stratégie claire, et que les Américains ne savent apparemment pas comment sortir de cette impasse. À première vue, cela ressemble à une analyse sobre. À y regarder de plus près, c’est surtout un signal politique.
Car, bien entendu, l’Europe a un intérêt massif à ce que le conflit avec l’Iran se termine le plus rapidement possible. Une guerre plus longue au Moyen-Orient toucherait l’Europe plus durement que les États-Unis. La hausse des prix de l’énergie, la fragilité des chaînes d’approvisionnement, la montée des coûts de sécurité et de nouvelles pressions sur le budget retombent principalement sur l’industrie européenne et les contribuables européens. Washington vend du pétrole et du GNL, l’Europe paie la facture.
C’est précisément ici que réside le cœur du problème: ce qui représente pour Bruxelles et Berlin un risque économique peut pour Trump devenir un levier stratégique. Trump agit comme un joueur qui rassemble les risques, déplace les marchés, met la pression sur ses adversaires et maintient la situation ouverte aussi longtemps que cela lui permet d’obtenir de nouvelles marges de négociation.
Premièrement : un conflit iranien prolongé procure aux États-Unis des avantages économiques. L’Europe a besoin d’énergie, les marchés réagissent nerveusement, le GNL et le pétrole deviennent alors des instruments géopolitiques. Washington en tire profit pendant que l’Europe paie. Les États-Unis détiennent le levier le plus fort.
Deuxièmement : le déplacement massif de moyens militaires vers le Moyen-Orient ne témoigne pas d’un manque de direction, mais d’une préparation. Une trêve serait, dans cette optique, non pas un signal de paix, mais une pause opérationnelle : faire le plein des stocks, repositionner les forces, créer des options.
Troisièmement : le conflit iranien offre à Trump une fenêtre pour se sortir de la guerre en Ukraine. Le message serait simple dans ce cas: si l’Europe exige une retenue américaine au Moyen-Orient, alors l’Europe doit aussi assumer la responsabilité en Ukraine. La formule «Ce n’est pas notre guerre» devient alors soudainement acceptable.
Pour Berlin et Bruxelles, cela constituerait un cauchemar. Car l’Europe s’est engagée très largement dans la stratégie ukrainienne, sans disposer des moyens militaires, industriels et politiques pour soutenir ce conflit de manière autonome.
Quatrièmement : un arc de crise permanent, allant du Moyen-Orient à l’Ukraine, affaiblit surtout les opposants de Trump au sein de l’establishment mondialiste. Ceux-ci doivent mobiliser en permanence de nouvelles ressources, stabiliser de nouveaux narratifs et justifier de nouveaux coûts. Pendant ce temps, Trump peut continuer à affirmer qu’il se débarrasse des charges héritées d’une politique interventionniste ratée.
Cinquièmement : au Moyen-Orient, ce ne sont pas seulement des lignes militaires qui se déplacent, mais aussi des actifs, des zones d’influence et des réseaux politiques qui perdent de leur valeur. Ceux qui survivent à une crise et disposent de liquidités achètent plus tard à bon marché. Là aussi, il s’agit de politique de puissance.
Pour l’Europe, c’est amer. Car l’UE s’est habituée à commenter les crises géopolitiques à l’aide de formules morales, alors que d’autres grandes puissances les utilisent comme instruments de puissance. En Europe, on parle de «valeurs», mais on paie en prix de l’énergie, en délocalisations industrielles et en trous dans le budget.
La véritable humiliation ne réside peut-être pas dans le fait que l’Iran dévoile la faiblesse des États-Unis. La vraie humiliation est que l’Europe, une fois de plus, parle d’une crise dont elle supporte les coûts, mais dont elle ne contrôle guère le déroulement.
Trump peut sembler fragilisé. Mais «fragilisé» ne veut pas dire «impuissant». Sa méthode politique consiste justement à transformer le chaos apparent en matière première pour la négociation.
En conclusion : ceux qui déclarent hâtivement que Trump est un «canard boiteux» risquent de découvrir à la fin qu’ils n’ont été que des personnages dans un jeu dont les règles ont déjà été écrites depuis longtemps à Washington.
#géopolitique@affaires_globales_byelena
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lundi, 27 avril 2026
Nationalisme et communisme: le front transversal sur les rives de la mer Noire - Entretien: «Nous nous appuyons sur la Front patriotique de Bulgarie»

Nationalisme et communisme: le front transversal sur les rives de la mer Noire
Entretien: «Nous nous appuyons sur la Front patriotique de Bulgarie»
Source: https://aufgewacht-online.de/nationalismus-und-kommunismu...
Sofia remplace-t-elle Budapest en tant que nouveau centre de résistance contre le centralisme de l’UE ? Dans notre magazine actuel, « Combat final pour la Hongrie – Orbán contre les mondialistes », nous analysons le modèle Orbán, qui, malgré sa défaite lors des élections législatives, a longtemps influencé la droite européenne. Commandez ICI ce magazine passionnant: https://aufgewacht-magazin.de/produkt/aufgewacht-4-26-end...

La majorité absolue obtenue par le critique de l’UE, Rumen Radev, lors des élections législatives en Bulgarie, ouvre à ce pays des Balkans, après des années de chaos, une perspective de stabilité politique. Comme un aspirateur, son alliance électorale «Bulgarie progressiste» a siphonné les voix des partis de gauche et de droite, balayant au passage le système politique bulgare jusqu’alors en place.
Une nouvelle entrée au parlement a été celle du parti nationaliste "Renaissance", qui siège dans le même groupe que l’AfD au Parlement européen. Sur la liste de "Renaissance", figuraient également des partisans du mouvement communiste-nationaliste du 23 septembre. Michael Brück, rédacteur d’Aufgewacht, a interviewé un de ses représentants, qui préfère garder l’anonymat. L’entretien a été mené pendant l’été 2025.
Quelles positions politiques défendez-vous et quel rôle jouez-vous dans le paysage politique bulgare ? Pouvez-vous présenter votre organisation à nos lecteurs ?
Le mouvement « 23 septembre » est une organisation marxiste-léniniste. Ses racines remontent aux protestations contre la guerre en Yougoslavie en 1999, et la participation de la Bulgarie, lorsque le gouvernement a ouvert l’espace aérien bulgare aux avions américains. Lorsqu’un groupe de jeunes, en 1989, a constaté quelles seraient les conséquences de la restauration du capitalisme dans le pays, ils ont cherché une alternative aux processus dévastateurs qui s'annonçaient pour la Bulgarie. Ils ont trouvé cette alternative dans la théorie et l’idéologie du marxisme. Peu de temps après, la date du 23 septembre a été choisie pour donner un nom à l’organisation, en référence à la révolte antifasciste de 1923 en Bulgarie. La révolte elle-même a échoué et a été brutalement réprimée par les autorités, mais elle a laissé des traces durables dans la société bulgare et a creusé un fossé entre la population active et le gouvernement réactionnaire. Plus tard, elle est devenue la référence première pour donner la victoire au socialisme dans notre pays.
Notre organisation a joué, au fil des ans, un rôle important dans la résistance contre l’impérialisme américain en Bulgarie, contre l’installation de bases militaires américaines, et contre la participation de notre pays dans les structures impérialistes de l’UE et de l’OTAN. Nous avons participé à de nombreux combats ouvriers, comme des protestations, des grèves et des manifestations. Enfin, nous défendons les principes et les idées du marxisme dans une situation qui est devenue extrêmement difficile. À l’époque de la restauration du capitalisme, l’anticommunisme est devenu une idéologie d’État, et la réhabilitation de l’ère fasciste dans notre pays est encouragée au plus haut niveau officiel.
Dans le cadre de notre activité militante, nous avons été soumis à diverses formes de répression. Nos membres ont été arrêtés et poursuivis en justice. Nos camarades ont été agressés physiquement par des groupes fascistes, qui bénéficiaient probablement d’un soutien clandestin des autorités. De nombreuses intrigues ont été ourdies contre nous pour affaiblir nos liens avec la classe ouvrière et d’autres organisations. Malgré cela, le mouvement « 23 septembre » reste la plus grande organisation marxiste-léniniste en Bulgarie.
« Créer une société sans exploitation »
Pouvez-vous nous citer les objectifs premiers de votre organisation ?
Le mouvement « 23 septembre » lutte pour la suppression du système capitaliste et la conquête du pouvoir par la classe ouvrière, afin de créer une société sans exploitation. En même temps, l’organisation s’oppose aux structures de l’impérialisme et à la position semi-coloniale dans laquelle végète la Bulgarie aujourd'hui, après qu’elle est tombée sous son influence.

Une alliance entre votre mouvement et le parti nationaliste « Renaissance » (bulgare: Възраждане) attire l’attention au-delà des frontières de la Bulgarie. Comment cela est-il arrivé, et quels plans concrets poursuivez-vous ensemble ?
Il n’existe pas d’alliance formelle entre notre mouvement et « Renaissance », mais une déclaration commune que les deux organisations ont signée sur certains des thèmes politiques les plus importants pour notre pays:
1. La lutte contre l’adhésion à la zone euro;
2. La résistance à la participation accrue de la Bulgarie à la guerre contre la Russie aux côtés de l’Ukraine;
3. La protection de la mémoire historique et des monuments des partisans et des antifascistes, constamment attaqués par les autorités (et les forces informelles qui leur sont associées);
4. La lutte pour la sauvegarde du secteur énergétique bulgare et contre le soi-disant « Green Deal » écologique.
La déclaration se termine par un appel à d’autres organisations et individus pour la signer. Nous sommes convaincus que le texte aborde des sujets d’importance nationale, et nous souhaitons mobiliser autant de forces que possible pour atteindre ces objectifs.
En ce qui concerne la coopération avec d’autres organisations, nous suivons les principes du grand communiste et révolutionnaire bulgare Georgi Dimitrov, afin de former un front commun face aux enjeux pressants de notre époque. Cela nécessite souvent de prendre contact avec des personnes et des organisations qui ne partagent pas entièrement nos vues politiques. L’unité sur tous les sujets n’est pas une condition préalable à la constitution d’un front commun. Les sujets les plus importants pour notre peuple sont ceux mentionnés dans la déclaration, et nous sommes prêts à œuvrer pour la création d’un front populaire commun pour défendre ces principes.
Quant au parti « Renaissance », nous connaissons bon nombre de ses activistes suite aux diverses actions politiques menées dans la rue. Avec des membres de cette organisation, nous avons passé de nombreux jours et nuits à défendre le monument de l’Armée soviétique au centre de Sofia. Ce monument, même s'il était soutenu par des institutions officielles, a été constamment la cible d’attaques des autorités et de divers groupes politiques d’extrême droite et fascistes. Le monument de l’Armée soviétique a été détruit par le gouvernement en décembre 2023, mais la lutte de plusieurs années pour sa préservation a créé de nombreux liens entre ceux qui le protégeaient. Pendant la résistance à sa démolition, le parti «Renaissance» a organisé une manifestation devant la mairie de Sofia, sous le slogan «Mort au fascisme».

Des membres du parti « Renaissance » ont grandement contribué à la lutte du peuple bulgare contre l’adhésion du pays à la zone euro, ainsi qu’à la collecte des signatures nécessaires pour un référendum sur cette question. Quatre de leurs membres et sympathisants ont été presque un mois en détention parce qu’ils avaient participé à une protestation contre l’adhésion à la zone euro, durant laquelle le bâtiment de la «Commission européenne» à Sofia a été attaqué avec des cocktails Molotov et de la peinture rouge.
Avec des membres du parti «Renaissance», nous avons participé à de nombreuses manifestations contre l’influence de l’impérialisme américain en Bulgarie, et contre les tentatives de faire de notre pays un acteur majeur dans le conflit avec la Russie.
En signant cette déclaration commune, nous espérons que les positions qu’elle expose recevront encore plus de soutien dans la société bulgare et seront reconnues par d’autres individus et organisations.
« Approche commune contre l’impérialisme »
La coopération entre activistes de gauche et organisations d’extrême droite suscite souvent des critiques, même parmi leurs propres partisans. Quel a été le retour des soutiens — tant du mouvement «23 septembre » que de «Renaissance»?
Signer une déclaration commune sur les problèmes les plus urgents pour nos pays ne signifie pas renoncer à l’autonomie des organisations ou abandonner leurs principes politiques. C’est plutôt un appel à lutter contre les plus grands enjeux de notre époque. Ainsi, dans les années 1940, la Bulgarie a créé le Front patriotique, qui a uni diverses organisations (certaines d'entre elles, évidemment, n'étaient pas de gauche) pour agir ensemble contre le fascisme, parce que c'était le problème le plus urgent à cette époque. C’est pourquoi nous appelons aujourd’hui à une action conjointe contre l’impérialisme et ses institutions.
Les réactions de la majorité des supporters des deux organisations sont majoritairement positives. Seuls quelques-uns se laissent aller à du sectarisme, mais cette proportion reste peu significative parmi les militants des deux organisations. Beaucoup de Bulgares comprennent que la situation est extrêmement critique, et que le moment est venu de lutter ensemble contre l’injustice et l’impérialisme.
Merci beaucoup pour cet entretien !
L’interview a été menée par Michael Brück.
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20:14 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Entretiens, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : entretien, bulgarie, balkans, europe, affaires européennes, politique |
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dimanche, 26 avril 2026
Pacte de Danzig: une attaque nucléaire à l’essai

Pacte de Danzig: une attaque nucléaire à l’essai
Par Karl Brüning
Source: https://www.compact-online.de/pakt-von-danzig-atomkrieg-a...
Les avions de combat de Macron ciblent des objectifs russes au-dessus de la mer Baltique. Pendant l’exercice, la Pologne tient les rênes.
Danzig, 20 avril 2026. Emmanuel Macron, président de la République française, et Donald Tusk, chef de l’État polonais, se rencontrent pour le premier sommet bilatéral du gouvernement. C’est la première étape concrète de mise en œuvre du Traité de Nancy, signé en mai 2025 par les deux dirigeants. La coopération nucléaire y était envisagée, mais sans détails précis.
Désormais, les deux parties ont concrètement convenu à Danzig d’organiser des exercices nucléaires conjoints, des échanges d’informations et des opérations de défense pouvant être activés en cas d’urgence sans longues consultations de l’OTAN. En toile de fond : une partie de l’Europe s’émancipe de la tutelle américaine. Cependant, l’hostilité envers Moscou reste le dénominateur commun. Ce qui est célébré publiquement comme un partenariat est en réalité un plan de guerre.

Dans les jours qui ont suivi, le journal polonais Rzeczpospolita, citant des sources militaires, a révélé ce qui a été convenu dans l’ombre: la planification commune de scénarios d’attaque nucléaire préventive contre la Russie et la Biélorussie, en dehors des structures de l’OTAN. Ces exercices devraient commencer prochainement.
Moscou dans le viseur
L’aspect le plus épicé n’est pas le «quoi», mais le «comment». Une source militaire polonaise a déclaré à Rzeczpospolita: «La clé de ces plans est que la force de frappe franco-polonaise en cours de constitution opérera en quelque sorte en dehors de la bureaucratie de l’OTAN».
Les scénarios serviraient de plans d’urgence en cas d’attaque russe, mais ne seraient pas activés après de longues délibérations selon l’article 5. L’article 5 est la clause centrale du traité de l’OTAN: une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. En cas de menace réelle, tous les États membres de l’OTAN doivent consulter et décider collectivement avant toute intervention militaire.

La division du travail est claire: la Pologne prend en charge la partie conventionnelle. Des pilotes polonais effectuent des missions de reconnaissance sur longue distance et tirent des missiles de croisière JASSM-ER depuis des F-16, qui attaqueraient hypothétiquement des cibles autour de Saint-Pétersbourg. La France fournit la partie nucléaire. Les avions Rafale-B simulent l’utilisation d’ogives nucléaires. Le rapport indique:
«Les avions Rafale-B sont capables de parcourir la distance Budapest-Kaliningrad depuis la France et d’entraîner des attaques contre des cibles en Russie et en Biélorussie».
L’essentiel est donc: la Pologne s’occupe de la partie conventionnelle, la France de la partie nucléaire.
La nouvelle Europe de Macron
La France est depuis le Brexit la seule puissance nucléaire de l’UE, avec 290 ogives, ce qui en fait, après la Russie, les États-Unis et la Chine, la quatrième puissance nucléaire mondiale. Macron pousse depuis mars 2026 le concept de «dissuasion proactive» et a invité la Pologne, l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark et la Suède à des exercices nucléaires conjoints.
Tusk a déclaré après la rencontre à Danzig que la Pologne avait rejoint un «groupe exclusif qui comprend les besoins de solidarité et de souveraineté européennes». Cependant, il a précisé que «les avions Rafale avec des bombes atomiques au-dessus de la Pologne ne sont pas la solution ultime». Une autre source militaire polonaise a ajouté :
«Les Français savent que nous disposons d’une puissance militaire énorme. D’ici le milieu des années 2030, nous aurons l’une des plus grandes armées d’Europe. Ils veulent apporter leur savoir-faire et une arme que la Pologne ne possède pas: des armes nucléaires».

La Pologne est considérée depuis des décennies comme le critique le plus acerbe de la Russie en Europe, une position profondément enracinée dans l’histoire et qui a fait du pays un moteur de l’aile orientale anti-russe de l’OTAN.
Depuis l’arrivée de Macron à la tête de la France, le pays s’est positionné de manière cohérente comme contrepoids militaire à Moscou. Macron a également évoqué la possibilité d’un «stationnement décentralisé» d’avions français, porteurs d'armes nucléaires, en Pologne, tout en soulignant que Paris en conserverait le contrôle exclusif.
La Russie a, par l’expansion constante de l’OTAN vers l’est, déplacé ces dernières années des infrastructures nucléaires en Biélorussie, ce que l’Occident considère comme une escalade. Maintenant, Paris et Varsovie préparent leur contre-mouvement. Poutine a répété à plusieurs reprises que la Russie «n’a pas de plans» en vue d'attaquer des États membres de l’OTAN, et s’est déclarée prête à un pacte de non-agression, ce que l’alliance occidentale a rejeté.
18:19 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, pologne, europe, affaires européennes |
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