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samedi, 06 juin 2026

Fukuyama et la fin de la «fin de l’histoire»: le modèle chinois défie les certitudes occidentales

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Fukuyama et la fin de la «fin de l’histoire»: le modèle chinois défie les certitudes occidentales

Giulio Chinappi 

Source: https://giuliochinappi.com/2026/06/04/fukuyama-e-la-fine-...

La-Fin-de-l-histoire-et-le-dernier-homme.jpgLa récente évocation par Francis Fukuyama du « modèle chinois » peut être interprétée comme un signe de la crise des certitudes libérales occidentales et de la reconnaissance mondiale croissante de la modernisation chinoise comme voie alternative de développement.

Le politologue américain Francis Fukuyama, surtout connu pour sa thèse sur la «fin de l’histoire», a récemment reconnu dans une interview à la Frankfurter Allgemeine Zeitung que, si la Chine poursuit son élan de développement actuel, alors les prévisions qu’il avait formulées sur ce pays il y a quarante ans s’avéreraient erronées.

Pour Fukuyama, longtemps considéré comme l’un des plus fervents défenseurs de la «démocratie libérale occidentale», il s’agit au moins de la deuxième fois en un peu plus de deux mois qu’il reconnaît publiquement la pertinence du «modèle chinois».

En avril, lors d’une émission, il a déclaré que «les Chinois ont créé un système assez impressionnant» et que celui-ci pourrait devenir «une véritable alternative» à la démocratie occidentale. Bien qu’il n’ait pas totalement abandonné la mentalité binaire «démocratie contre autoritarisme», la thèse même de la «fin de l’histoire» de Fukuyama touche indéniablement à sa fin, entre scepticisme et réflexion, tandis que le «modèle chinois» est de plus en plus observé, accepté et étudié dans le monde.

En tant que l’un des politologues les plus influents, Fukuyama, avec sa thèse de la «fin de l’histoire», a longtemps été utilisé par certains, en Occident, pour attaquer les théories socialistes et discréditer le système chinois. Ses récents changements d’attitude à l’égard du «modèle chinois» ne sont pas des actes isolés; ils reflètent une tendance plus large: les élites intellectuelles occidentales, représentées par Fukuyama, sont de plus en plus contraintes, par la réalité, à porter un regard neuf sur le monde, au-delà de leurs postulats traditionnels.

81GTb0JZm7L._SL1500_.jpgThomas Friedman, auteur de The World Is Flat, a écrit avoir «vu le futur» en Chine et a même suggéré que certains sénateurs américains devraient voyager davantage pour voir le monde de leurs propres yeux. Jonas Nahm, ancien économiste principal au Conseil des conseillers économiques de la Maison Blanche, a décrit «la force de la structure politique chinoise à imposer un changement rapide de haut en bas» comme un facteur clé de son développement. Un changement cognitif autrefois inimaginable s’opère dans les milieux académiques et politiques occidentaux: ils doivent admettre que le soi-disant «consensus de Washington» n’est pas une formule universelle et que le monde n’a pas suivi la voie qu’ils attendaient.

En réalité, l’ensemble des sociétés occidentales traverse un processus historique de «redécouverte de la Chine». Ce qui sous-tend l’aveu de Fukuyama au sujet de ses prévisions «erronées», c’est la visibilité croissante, la reconnaissance et l’adoption des réalisations et de la solution chinoises sur la scène mondiale. Au même moment où Fukuyama constatait que la Chine pourrait devenir «une réelle alternative», un sondage mondial réalisé par Gallup en avril a également attiré une large attention.

Couvrant plus de 130 pays et environ 130.000 personnes interrogées, le sondage a révélé que le taux d’approbation du leadership mondial de la Chine atteignait 36%, dépassant celui des États-Unis, qui était de 31%. Il s’agit du plus grand avantage acquis par la Chine sur les États-Unis depuis près de deux décennies. Les résultats d’enquêtes d’institutions telles que le Yusof Ishak Institute de Singapour, Ipsos et Morning Consult ont également montré la même tendance. Ce n’est ni un hasard ni une coïncidence. Il s’agit plutôt d’une résonance historique de la nouvelle compréhension de la Chine par le monde.

L’Occident a longtemps été le plus réticent idéologiquement et le plus empreint de préjugés envers la Chine. Presque toute la rhétorique pessimiste et les diffamations contre le modèle chinois et les succès du développement chinois sur la scène mondiale proviennent des sociétés occidentales. Pourtant, les barrières idéologiques qui ont longtemps façonné ces visions s’érodent progressivement. Un signe remarquable de ce changement est la popularité croissante des contenus liés à la Chine sur les plateformes sociales étrangères, en particulier occidentales.

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Des tendances comme « China Travel » et le phénomène du « Xiaohongshu cross-checking », qui a amené de nombreux Occidentaux à exprimer leur étonnement quant au sentiment de sécurité en Chine, jusqu’aux thèmes viraux comme « Becoming Chinese » et « Chinamaxxing » sur les réseaux sociaux étrangers, un grand nombre d’internautes ont imité et exprimé leur admiration pour le mode de vie chinois. À travers ces moyens concrets et visibles, la modernisation chinoise a conquis de nombreux jeunes en Occident, et cette vague croissante d’enthousiasme fait fondre progressivement la glace de l’idéologie figée.

En un certain sens, il est historiquement inévitable que la communauté intellectuelle occidentale, longtemps à l’origine de l’idéologie de la guerre froide, relâche ses préjugés contre la Chine, reconnaisse les réussites du développement chinois, admette l’efficacité du modèle chinois et réfléchisse aux limites de la démocratie occidentale. L’aveu de Fukuyama concernant ses prévisions «erronées» peut être vu comme un signe de l’accélération de la sortie de l’état d’ignorance volontaire qui a longtemps caractérisé la compréhension de la Chine par les élites intellectuelles occidentales, et il offre le fondement conceptuel nécessaire à un nouvel ordre mondial, différent, inclusif et basé sur la coexistence harmonieuse.

Au cours des dernières décennies, les élites occidentales représentées par Fukuyama ont considéré la démocratie libérale occidentale comme la seule voie vers la modernisation, alors que toute tentative de suivre un modèle différent était souvent qualifiée d’anomalie ou d’écart par rapport à la norme. Ce monopole du discours et de la théorie a imposé d’importantes limitations intellectuelles à de nombreux pays du Sud global.

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Le succès de la modernisation chinoise n’a pas seulement créé un miracle dans l’histoire du développement humain, mais a aussi produit une profonde libération idéologique pour le monde, brisant le mythe selon lequel « modernisation = occidentalisation ». Un nombre croissant de pays du Sud global poursuivent désormais en toute confiance des voies de développement adaptées à leurs propres conditions nationales, sans douter d’eux-mêmes ni se sentir inférieurs simplement parce que leurs modèles diffèrent de ceux de l’Occident.

Le modèle chinois n’a pas vocation à remplacer qui que ce soit, mais à offrir au monde davantage de choix, en fournissant aux peuples de tous les pays une base théorique plus solide et une référence pratique pour trouver une voie de développement adaptée à leurs propres conditions nationales. L’histoire n’est pas terminée, et l’évolution de la civilisation humaine se poursuit. En tant que participant et contributeur important à ce processus, la Chine continuera à œuvrer avec toutes les nations pour écrire un nouveau chapitre du développement humain.

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Région de la mer Baltique – La mèche du baril de poudre se raccourcit

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Région de la mer Baltique – La mèche du baril de poudre se raccourcit

Alexander Neu

Source: https://www.nachdenkseiten.de/?p=151434

La région de la mer Baltique est actuellement considérée par les experts en sécurité comme la zone de conflit potentiellement la plus explosive, entre l’OTAN et la Fédération de Russie. Une multitude de facteurs de conflit se concentrent dans cette région. Déjà en octobre 2025, j’avais publié sur les NachDenkSeiten un article sur le foyer de tension qu’est la région de la Baltique. Depuis lors, la situation dans cette zone s’est encore aggravée. Il y a quelques jours, j’ai visité la région frontalière entre la Pologne et la Russie. Un silence fantomatique, très peu de trafic transfrontalier avec de longs temps d’attente. L’expression «le calme avant la tempête» m’est venue à l’esprit. Dans ce qui suit, certains de ces conflits potentiels sont esquissés. 

Le terme «région de la mer Baltique» ne doit pas être limité uniquement à la mer elle-même, mais il faut aussi inclure les zones rurales bien au-delà du littoral des États riverains, car ce n’est qu’ainsi que l’on peut saisir l’ensemble des potentiels de conflit.

Données géopolitiques

La mer Baltique est appelée « Ostsee » en allemand. Il s’agit d’une mer intérieure pratiquement fermée, d’une superficie d’environ 413.000 kilomètres carrés et à faible salinité. Le littoral mesure environ 8000 kilomètres. Désormais, à l’exception de la Fédération de Russie, tous les États riverains de la Baltique sont membres de l’OTAN: Danemark, Norvège, Suède, Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Allemagne. La Russie ne possède que deux accès maritimes, l’enclave de Kaliningrad et Saint-Pétersbourg. Ainsi, environ 7340 kilomètres de côtes appartiennent aux pays de l’OTAN et environ 660 kilomètres à la Russie.

Par conséquent, l’OTAN contrôle environ 92% du littoral et la Russie à peine 8%. Le seul accès à l’Atlantique sont les détroits au Danemark et entre le Danemark et la Suède (Grand et Petit Belt et l’Øresund). Le Danemark et la Suède, donc l’OTAN, contrôlent également ces points de passage. De fait, la mer Baltique est devenue, dans le contexte de l’élargissement de l’OTAN à l’est, une « mer de l’OTAN ». Le changement d’influence est manifeste lorsqu’on se rappelle que, lors de la confrontation Est-Ouest, la région baltique était quasiment une mer du Pacte de Varsovie dirigé par l’URSS. Les États riverains du bloc soviétique étaient: la RDA, la Pologne et l’URSS – les trois États baltes, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie, faisant partie de l’URSS. Ainsi, la partie sud et est de la Baltique était sous contrôle soviétique. Le nord était neutre, en raison de la neutralité officielle de la Finlande et de la Suède. Seule la partie la plus occidentale était bordée par la RFA et le Danemark.

L’accès stratégique aux deux côtes russes, depuis la fin de la Guerre froide et l’élargissement massif de l’OTAN, n'est plus particulièrement avantageux.

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Saint-Pétersbourg

La position géographique de Saint-Pétersbourg, autrefois stratégique, s’est transformée en un piège, surtout avec l’élargissement de l’OTAN aux États baltes et à la Finlande:

Saint-Pétersbourg se trouve à l’extrémité orientale du golfe de Finlande, long d’environ 400 kilomètres. L’accès est contrôlé au nord par la Finlande et au sud par l’Estonie, donc par l’OTAN. La distance entre les deux rives varie de 40 à 120 kilomètres. Là où les rives du golfe deviennent territoire russe, le golfe se rétrécit en un chenal sur lequel est située Saint-Pétersbourg.

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Ainsi, le golfe de Finlande, avec les rives contrôlées par l’OTAN, est en partie sous la juridiction exclusive de la Finlande et de l’Estonie. Cela signifie que pour naviguer, il faut traverser par endroits des «eaux territoriales de l’OTAN». Une sortie de la marine russe du golfe de Finlande pourrait être empêchée militairement en cas de guerre.

La flotte baltique de la Fédération de Russie, en majeure partie stationnée à Kaliningrad, ne pourrait probablement pas quitter la Baltique en cas de conflit, compte tenu des détroits danois, sans être détruite par l’OTAN. La situation stratégique de Kaliningrad n’est guère plus favorable.

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L’OTAN et le « défi » de Kaliningrad

L’exclave de Kaliningrad est le poste avancé le plus occidental de la Fédération de Russie. Il s’agit d’un territoire relativement petit (environ 15.000 kilomètres carrés), séparé du territoire russe par la Lituanie (exclave). Les lignes d’approvisionnement par rail et par route peuvent être coupées par la Lituanie et la Pologne, et celles par mer ou par avion via Saint-Pétersbourg peuvent également être coupées par l’OTAN. Ce fait rend déjà la région de Kaliningrad dépendante du bon vouloir des pays de transit. Mais lorsque la Lituanie a rejoint l’OTAN et l’UE, la position géographique de Kaliningrad est devenue un « défi » pour l’OTAN.

« Au milieu » de la zone OTAN se trouve une exclave russe, donc ennemie – un porte-avions insubmersible. C’est aussi là que se trouve la flotte de la Baltique de la Fédération de Russie. L’existence de cette exclave russe pose désormais problème à l’OTAN. Pour bien comprendre la chronologie, et donc l’argumentation inhabituelle: l’exclave russe de Kaliningrad existe depuis 1991. Auparavant, toute la région était soviétique. L’élargissement de l’OTAN aux États baltes, donc à la Lituanie, a eu lieu en 2004. Désormais, l’OTAN, qui s’est avancée vers l’est, déclare l’existence de l’exclave comme un problème de sécurité – une logique singulière: là où se trouve l’OTAN, les autres acteurs sont un problème de sécurité.

Dans le contexte de la situation tendue, le commandant suprême américain pour l’Europe et l’Afrique, le général Christopher T. Donahue, a déclaré en juillet 2025 que l’OTAN était en mesure de «détruire Kaliningrad plus rapidement que jamais, depuis la terre ferme, et dans un délai jamais atteint. Nous l’avons déjà planifié et développé» (par “développé”, il faut comprendre planifié).

Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Budrys, a même récemment réclamé, dans une interview au NZZ et peut-être inspiré par les propos du général Donahue, la nécessité d’une attaque de l’OTAN sur Kaliningrad:

«Nous devons montrer aux Russes que nous pouvons pénétrer dans la petite forteresse qu’ils ont construite à Kaliningrad. L’OTAN a les moyens de détruire les bases de défense aérienne et les systèmes de missiles russes qui s’y trouvent, si nécessaire».

Relations difficiles – États baltes et Russie

Il est étonnant, voire inquiétant, de constater avec quelle légèreté une guerre avec la Russie est évoquée. Ce sont précisément les États baltes qui se distinguent par une attitude belliqueuse, comme s’ils étaient en toutes circonstances protégés par l’OTAN. Les survols de drones ukrainiens dans l’espace aérien balte en direction de Saint-Pétersbourg et la région de Leningrad élèvent les tensions à un nouveau niveau. Qu’il s’agisse de survols simplement tolérés ou peu critiqués, ou même de drones lancés depuis le sol balte, je l’ignore. Il est cependant remarquable qu’il serait déjà une prouesse technique que des drones à longue portée puissent partir d’Ukraine, traverser l’espace aérien polonais et balte, puis attaquer des infrastructures énergétiques dans le nord de la Russie. Quoi qu’il en soit, à Moscou, la pression sur le président Poutine augmente pour tenir les Baltes pour responsables de l’utilisation (selon Moscou) de leur espace aérien par l’Ukraine.

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Du point de vue du droit international, il faut noter que le statut de neutralité d’un État n’est plus garanti s’il permet ou tolère que son territoire – y compris son espace aérien – soit utilisé par des forces militaires étrangères, facilitant ainsi leur projection de puissance ou la rendant simplement possible. L’État « hôte » ne peut plus invoquer son statut de neutralité, il devient de fait partie au conflit, à moins qu’il n’empêche ou ne tente sérieusement d’empêcher une utilisation militaire de son territoire. Cela semble avoir été compris à Bruxelles, au sein de l’OTAN. Récemment, un drone ukrainien a été abattu par un avion de chasse de l’OTAN dans l’espace aérien estonien, preuve que l’OTAN est bien consciente du risque d’escalade majeure.

hqanli720.jpgLe politologue américain reconnu et spécialiste de l’Europe de l’Est au Quincy Institute for Responsible Statecraft, Anatol Lieven (photo), a récemment publié un appel intitulé: «Washington doit agir pour désamorcer la poudrière balte». Le célèbre économiste américain Jeffrey Sachs a également écrit il y a quelques jours une lettre ouverte au chancelier allemand Friedrich Merz, appelant à une action pour éviter une guerre européenne. Cette lettre a été publiée dans la Berliner Zeitung et mérite d’être lue. Dans le même temps, le vice-président du Conseil de sécurité russe et ancien président de la Fédération de Russie a déclaré le 29 mai sur X que l’Europe était désormais en guerre avec la Russie et que les sociétés européennes ne devraient pas être surprises par des frappes:

«Citoyens des pays de l’UE: vous devez comprendre que vos gouvernements ont unilatéralement commencé une guerre avec la Russie. Soyez donc vigilants et ne soyez surpris de rien. Le sommeil paisible est terminé. Mais vous savez à qui demander pourquoi!».

Les États baltes, en tant qu’États frontaliers, prennent un risque énorme pour eux-mêmes et pour toute l’Europe avec la voie suivie jusqu’ici: ce sont eux qui, en cas de guerre, seraient probablement les premiers détruits. Un regard lucide – libre de tout dogmatisme idéologique – sur une carte de l’Europe de l’Est pourrait déjà aider à évaluer correctement leur propre situation.

Tout en comprenant les expériences historiques négatives des Baltes avec Moscou, il faut nommer trois faits que les États baltes devraient aussi reconnaître et traiter, afin de réduire la tension:

Premièrement: en tant que voisins extrêmement petits et faibles, Tallinn, Riga et Vilnius devraient s’efforcer d’au moins maintenir une coexistence pacifique avec Moscou, et non de provoquer la Russie à chaque occasion, impliquant ainsi l’OTAN et surtout les Européens dans une guerre avec la Russie.

En outre: il n’est pas certain que les États-Unis entreraient en guerre mondiale pour les États baltes. Et il n’est pas non plus certain que les autres pays européens membres de l’OTAN – à l’exception de l’Allemagne, de la Pologne, et peut-être du Royaume-Uni et de la France – suivraient ce chemin désastreux. Les parallèles historiques sont évidents: en 1939, la Pologne comptait sur le soutien de Paris et Londres – et fut abandonnée. Hormis les déclarations de guerre formelles de la France et du Royaume-Uni le 3 septembre contre l’Allemagne nazie, il s’est passé très peu de choses en termes d’opérations militaires – la Pologne était littéralement laissée à elle-même.

Deuxièmement: les trois États baltes ont aussi un passé peu glorieux de collaboration avec l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui encore, les vétérans baltes de la SS sont célébrés et honorés. Cela devrait soulever des questions en Europe de l’Ouest, au lieu de fermer les yeux sur la nostalgie nazie. Quelle image de l’histoire diffuse-t-on ainsi dans l’UE? De plus, le droit de la citoyenneté et de la langue en Lettonie et en Estonie exclut, au lieu d’intégrer, les minorités russes qui y vivent. Une politique d’intégration intelligente rendrait caduque, du moins dans les pays baltes, l’argumentation russe selon laquelle la Russie doit protéger les Russes de l’étranger, même par la force.

Troisièmement: malgré toutes les craintes, fondées ou non, d’une nouvelle invasion russe, il ne faut pas oublier que l’Union soviétique a retiré ses forces de sécurité en 1990-91 des pays baltes, alors encore soviétiques, ainsi que dans les années suivantes de tous les autres anciens «pays frères» d’Europe de l’Est. Ce geste aurait pu être compris de la part des Baltes comme une main tendue à la réconciliation – cela aurait du moins valu la peine d’essayer.

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Le corridor de Suwałki

Le corridor de Suwałki désigne la région géographique entre la Biélorussie et l’enclave de Kaliningrad, sur une centaine de kilomètres. Les deux États membres de l’OTAN, la Pologne et la Lituanie, y sont voisins. Le terme «corridor de Suwałki» vient de la ville polonaise de Suwałki. Les experts estiment qu’en cas de conflit, la Russie chercherait à contrôler ce corridor, c’est-à-dire à établir une liaison terrestre entre Kaliningrad et la Biélorussie alliée, afin d’assurer une connexion logistique avec Kaliningrad. Fermer le corridor signifierait, logiquement, la création d’un nouveau « corridor de Suwałki », à savoir la séparation physique entre la Lituanie et la Pologne. Cela couperait la liaison terrestre entre les États baltes membres de l’OTAN et le reste de l’OTAN en Europe. Pour les deux camps, le corridor de Suwałki, dans l’une ou l’autre version, est une option stratégiquement peu acceptable.

Dans ce contexte, seule une démilitarisation verbale et matérielle de la région, ainsi qu’une libre circulation par rail et par route entre la Biélorussie/Russie et l’enclave de Kaliningrad, pourraient garantir une stabilité minimale, voire une normalité de bon voisinage.

La « flotte fantôme » russe en mer Baltique

L’UE ou l’OTAN, ou certains de leurs États membres, cherchent à immobiliser (saisir) ou même à bloquer l’accès à la Baltique des navires de la « flotte fantôme » russe ainsi désignée par eux (il s'agit donc d'un blocus naval). Sur la question juridique de la « flotte fantôme », voir ici: https://www.nachdenkseiten.de/?p=140239.

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Cela ne relèverait plus d’une zone grise du droit international, mais constituerait une violation explicite. Ce serait une violation ouverte du droit international. La liberté de navigation (articles 17, 58, 87 et 90 de la Convention sur le droit de la mer), un principe fondamental du droit international, serait suspendue. Plus encore: ce serait une violation du principe de non-recours à la force de la Charte des Nations unies (article 2, paragraphe 4), car les navires battant pavillon russe ont la nationalité russe (art. 91, Convention sur le droit de la mer). La partie russe serait alors en droit d’y réagir, et a déjà menacé de prendre des mesures. Récemment, des navires de commerce battant pavillon russe ont régulièrement été saisis en mer Baltique. La Russie renforce désormais la protection de sa flotte marchande, notamment par des navires d’escorte de la flotte de la Baltique et des démonstrations de force de son aviation. Le potentiel d’escalade est énorme.

Un blocus naval de la Baltique dans le détroit danois pour les navires russes, ou un blocus devant Kaliningrad ou/et Saint-Pétersbourg, serait le casus belli ultime. Une absence de réaction militaire ne serait concevable qu’en cas de renoncement volontaire de la Russie à sa souveraineté. La doctrine nucléaire actualisée de la Fédération de Russie a déjà formulé ses réponses à ce sujet.

Conclusion

Le risque que le baril de poudre explose doit être considéré comme tout aussi élevé dans tous les cas évoqués. Quel que soit le point chaud qui explose en premier, les autres suivront immédiatement, car ils ne sont que des pièces d’un même puzzle: la guerre pour le nouvel ordre mondial du début du XXIe siècle.

Les élites décisionnelles européennes doivent se réveiller à leurs responsabilités envers leurs peuples et redécouvrir la diplomatie, au lieu d’entrer dans la guerre en somnambules, guidées par des principes idéologiques. Cette voie n’est pas démocratiquement légitimée.

 

L’hypocrisie autour du «remplacement de population»

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L’hypocrisie autour du «remplacement de population»

Sacha Vliegen

Source: https://www.feniksvlaanderen.be/blog

Les débats actuels en Flandre, aux Pays-Bas et en Europe sur le concept de « remplacement de population » montrent surtout à quel point notre culture politique peine encore à traiter sérieusement des questions fondamentales pour notre communauté populaire, notre identité et notre démographie. Dès que le mot est prononcé, le débat bascule presque automatiquement de la réalité elle-même vers la suspicion morale à l’égard de celui qui fait usage du vocable. Un premier camp évoque un remplacement délibéré de la population, l’autre réduit toute inquiétude à ce sujet à du complotisme, à du racisme ou à une réédition d’idéologies nées au cours de la première moitié du vingtième siècle. Les deux réactions empêchent une analyse adulte. La question n’est pas seulement de savoir si le terme «remplacement de population» (ndt: ou "Grand remplacement" en France) est bien choisi, mais surtout quels processus sociaux réels se cachent derrière: immigration de masse, déclin démographique, pression sur le marché du travail, fragmentation culturelle, désintégration familiale, perturbations géopolitiques et dépendance structurelle à un modèle économique qui requiert sans cesse de nouveaux travailleurs.

Pour les partis libéraux, de gauche comme de droite, tout le remue-ménage autour du remplacement de population est surtout problématique car ils y voient du complotisme, de la confusion sémantique ou une radicalisation dangereuse. C’est révélateur. Souvent, c’est aussi le seul niveau sur lequel ils formulent une critique. Au lieu de traiter sérieusement les problèmes sous-jacents, ils renvoient à de vieilles théories racialistes, demandent que les partis de droite se distancient d’opinions qui ne figurent pas nécessairement dans leur programme, ou mènent un combat juridique et moral contre des figures et des mouvements qui ne s’inscrivent que partiellement dans ce contexte. Le résultat n’est pas un débat plus serein. Le résultat, c’est que les jeunes, qui ne voient aucun intérêt à faire référence à des fantômes idéologiques vieux d’un siècle, constatent simplement que leurs frustrations concrètes face aux échecs de la société multiculturelle sont d’emblée rendues suspectes. Cela accroît la colère latente. Cela crée précisément le terreau sur lequel un véritable extrémisme peut prospérer, car toute critique raisonnable est étouffée.

815pRxXyDHL._SL1500_-768x1182.jpgC’est pourquoi les questions qui se profilent derrière le concept de "remplacement de population" ne doivent pas être évitées. Quand peut-on considérer quelqu’un comme Flamand, Néerlandais ou Européen? La nationalité de papier suffit-elle? Une carte d’identité suffit-elle? Ou existe-t-il une communauté qui va plus loin que la simple inscription juridique? En Belgique, nous le savons trop bien. Il n’y a pratiquement jamais eu un fort sentiment de "communauté belge", sauf brièvement quand les footballeurs « Diables rouges » avaient encore une chance d'obtenir un succès international. La communauté réelle dans laquelle beaucoup de Flamands se reconnaissent n’est pas inscrite littéralement sur leur carte d’identité. Elle existe dans la langue, l’histoire, les habitudes, les codes sociaux, la mémoire, l’éducation, l’attachement local et les attentes partagées. Elle n’est pas purement biologique, mais elle n'est pas seulement administrative non plus.

Il serait tout aussi absurde de réduire l’identité à la pureté du sang. Faut-il remonter cinq générations pour déterminer qui possède le «bon» sang flamand, néerlandais ou européen? Une telle approche serait non seulement disproportionnellement exclusive, mais aussi nihiliste. Elle remplacerait la réalité vivante de la communauté par une comptabilité généalogique morte. Une communauté n’est pas une catégorie de laboratoire. Elle est historiquement croissante, culturellement formée et vécue relationnellement. On peut rejoindre une communauté, mais pas simplement par des démarches administratives. Cela nécessite assimilation, loyauté, réciprocité et destin partagé. À l’inverse, une communauté peut aussi être redessinée si rapidement que sa reconnaissance disparaît. Ce champ de tension constitue le cœur du débat.

Là où la droite se trompe

L’hypocrisie commence cependant quand les partis de droite nomment bien les symptômes de l’immigration de masse, mais osent rarement en aborder les causes profondes. Il est facile d’utiliser l’immigration électoralement pour expliquer la pression sur le logement, les salaires, les écoles, la sécurité et les prestations sociales. Il est bien plus difficile de reconnaître que l’immigration ne naît pas de rien. Elle est largement poussée par des facteurs d’expulsion. Guerre, perturbation économique, catastrophes écologiques, faillite de l’État et instabilité géopolitique chassent massivement les populations hors de leur région. L’Empire romain d’Occident n’a pas été submergé seulement parce que les Germains voulaient soudain envahir le territoire romain; ils étaient eux-mêmes poussés par les Huns et par de plus grands mouvements aux frontières de l’empire. Aujourd’hui, changements de régime, guerres par procuration, interventions ratées et inégalités mondiales jouent des rôles similaires. Qui veut comprendre l’immigration de masse doit aussi regarder quelle géopolitique déstabilise les sociétés ailleurs dans le monde.

Ce n’est pas un plaidoyer pour un accueil sans limite. C’est au contraire un plaidoyer pour la lucidité. Qui ne voit l’immigration que comme un devoir moral refuse de considérer sérieusement la capacité d’accueil des sociétés. Qui ne voit l’immigration que comme une invasion refuse d’examiner les causes qui obligent les gens à partir. Une position sereine et équilibrée reconnaît les deux: les frontières sont nécessaires, mais la politique extérieure, la politique de guerre et les structures de dépendance économique contribuent aussi aux flux migratoires que l’on déplore ensuite.

The-New-Europeans-National-Geographic-tScheldt.jpgEn plus des facteurs d’expulsion, il existe des facteurs d’attraction. L’accès à la sécurité sociale, à l’éducation, aux soins de santé et au logement rend l’Europe occidentale attractive. C’est compréhensible. L’État-providence est une immense réalisation historique. Mais justement pour cette raison, il ne peut être dissocié indéfiniment de la communauté solidaire d’où il est issu. La solidarité n’est pas seulement un droit abstrait qui peut être revendiqué partout et toujours de la même manière. Elle vit par la confiance, la réciprocité et le sentiment que les sacrifices d’aujourd’hui contribuent à un avenir que l’on reconnaît encore comme le sien. Lorsque des personnes qui n’ont jamais contribué obtiennent immédiatement l’accès à des droits sociaux étendus, cela peut éroder le soutien à la solidarité. Même si les intentions sont humaines, l’effet peut être dissolvant.

Migration: gain ou perte ?

Cela ne signifie pas que chaque migrant est un coût. La question de savoir si l’immigration apporte un gain ou une perte économique ne peut pas être résumée à un seul slogan. Migration de travail, migration familiale, migration d’asile, migration hautement ou peu qualifiée ont des conséquences très différentes. Les jeunes migrants qui travaillent rapidement peuvent contribuer positivement à court et moyen terme. Les migrants qui restent longtemps dépendants des aides, du travail peu rémunéré ou de statuts précaires peuvent en revanche peser lourdement sur les systèmes sociaux. Le résultat budgétaire dépend de l’âge, du niveau d’éducation, de l’emploi, de la taille de la famille, de la durée de séjour, de l’acquisition de la langue et de la qualité de l’intégration. C’est pourquoi il est faux de dire que l’immigration apporte toujours des gains. Mais il est tout aussi faux de dire qu’elle coûte toujours. La vérité est différenciée: certaines formes de migration sont économiquement utiles pour certains secteurs, tandis que d’autres pèsent lourdement sur le plan sociétal, culturel et budgétaire.

La critique prévisible de la droite sur l’idée que la migration peut être utile économiquement a donc en partie un fondement. Il existe effectivement des études et des estimations montrant que certains groupes, surtout quand l’intégration sur le marché du travail échoue, coûtent plus qu’ils ne rapportent. Ces études ne doivent pas être ignorées. En même temps, il faut rester honnête sur leur sensibilité méthodologique. Le résultat de ces calculs dépend fortement de l’horizon temporel choisi, de l’attribution des dépenses collectives, des hypothèses concernant la deuxième génération, la scolarisation et la participation au travail. Les montants précis sont donc moins importants que la conclusion structurelle: la migration devient budgétairement problématique lorsqu’elle s’accompagne de faible emploi, de bas salaires, de dépendance durable et d’intégration insuffisante. Sur ce point, les critiques ont raison. Mais ceux qui en déduisent que la solution consiste simplement en indignation symbolique ou en slogans nostalgiques manquent l’essentiel.

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Le troisième facteur est la démographie. L’État-providence européen se fonde sur un rapport entre suffisamment de contributeurs et une dépendance limitée. Le vieillissement met ce rapport sous pression. Une société avec trop peu d’enfants, de plus en plus de personnes âgées et de moins en moins d’actifs aura tôt ou tard des problèmes à affronter. L’économie moderne tente de résoudre cela par l’activation généralisée, le travail plus longtemps, l’automatisation et l’immigration de travail. Surtout ce dernier facteur devient politiquement explosif. Car ce qui est présenté économiquement comme une nécessité pragmatique est ressenti culturellement comme une perte de repères et de continuité.

Migration et capitalisme

Ici, la question migratoire touche à l’ordre capitaliste lui-même. Dans sa critique de la quatrième phase du capitalisme, Diego Fusaro souligne que le capitalisme contemporain ne fait pas seulement commerce de biens et de travail, mais rend aussi frontières, liens, traditions et communautés fluides. Tout ce qui résiste à la circulation, à la flexibilité et à la consommation est suspecté d’être dépassé, caduc. La nation est désormais perçue comme trop fermée, la famille comme trop restrictive, la religion comme trop normative, la communauté locale comme un élément de ralentissement, la tradition comme pas assez flexible. L’homme idéal du capitalisme tardif est mobile, disponible, individuel, consommable et détaché de tous liens forts. L’immigration s’inscrit dans cette logique, non pas nécessairement comme projet idéologique, mais comme fonctionnalité économique: le travail doit être disponible là où le capital en a besoin.

C’est pourquoi il est trop simple de voir l’immigration de masse uniquement comme un projet culturel ou moral avancé par les élites progressistes. Une partie de la classe supérieure n’a pas forcément intérêt à une immigration illimitée avec droits sociaux complets. Ce qu’elle trouve bien plus attrayant, c’est une immigration optimisée économiquement: suffisamment de travailleurs pour combler les manques, faire baisser les salaires ou maintenir les secteurs, mais sans que ces travailleurs puissent immédiatement participer pleinement à la communauté solidaire. Cela explique pourquoi certains gouvernements parlent avec sévérité de l’immigration, tout en élargissant les visas de travail. Le migrant idéal pour le modèle économique utilitaire n’est pas le nouveau concitoyen, mais le travailleur temporaire: disponible, remplaçable, dépendant et si possible sans trop de revendications.

Politique migratoire de droite: le slopulisme

La pratique des gouvernements européens de droite montre cette ambivalence. La Pologne sous l'égide du parti PiS a longtemps tenu une rhétorique dure sur l’immigration, mais a en même temps accordé de nombreux permis de travail. L’Italie sous Meloni parlait durement de l’immigration illégale, mais a augmenté les quotas de travailleurs non-européens car l’économie et la démographie l’exigeaient. La Hongrie sous Orbán se présentait comme la défenseuse de la souveraineté nationale et de la continuité culturelle, mais a développé des régimes pour travailleurs temporaires permettant l’immigration de travail sans perspective d’intégration totale. Ce n’est pas un détail. Cela montre la tension fondamentale qui existe entre la politique identitaire électorale et la réalité économique.

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En haut: type de travailleurs itinérants au 19ème siècle; en bas: arrivée massive de travailleurs saisonniers flamands à Paris (en arrière-plan, la Gare du Nord), pour des emplois de misère.

Pour un électorat gagné par la promesse d'une "remigration", d'une restauration et d'un retour à un passé clair, c’est inévitablement décevant. Car même les partis qui critiquent fortement l’immigration de masse se heurtent aux besoins du système économique dès qu’ils gouvernent. Les employeurs demandent des travailleurs. Les établissements de soins demandent du personnel. Agriculture, construction, logistique, restauration et industrie cherchent des gens. La base démographique de la population autochtone est affaiblie. Le marché du travail est construit sur une croissance permanente. Et donc, la porte qui est fermée symboliquement est immédiatement rouverte sur le plan économique.

Voilà la vraie hypocrisie. La droite récolte des voix en critiquant l’immigration, mais n'ose pas souvent critiquer le capitalisme qui rend l’immigration fonctionnelle. La gauche critique parfois le capitalisme en termes abstraits, mais n’ose pas reconnaître que l’immigration de masse peut affaiblir la position des classes inférieures en toutes négociations sociales, puis accroître la pression sur les services publics et miner la cohésion culturelle des quartiers populaires. Les libéraux, des deux côtés de l'échiquier politique, défendent la mobilité, la flexibilité et l’ouverture, mais refusent de voir le prix payé par les communautés. Ainsi s’instaure un débat où chacun détient une part de vérité, mais où presque personne ne veut la dire entièrement.

Solutions au remplacement de population

Un point particulièrement sensible est l’émancipation des femmes sur le marché du travail. Cette émancipation a apporté des avantages indéniables. Elle a donné aux femmes l’autonomie économique, la reconnaissance sociale et l’égalité politique. Aucun projet alternatif sérieux ne doit souhaiter revenir à une époque où les femmes étaient maintenues dans une dépendance structurelle. Mais en même temps, l’intégration des femmes au marché du travail a aussi conduit à une marchandisation totale de la vie familiale. Ce qui pouvait autrefois être porté par un seul revenu nécessite désormais souvent deux revenus. Non parce que les familles sont devenues plus libres, mais parce que le marché s’est adapté à cette nouvelle norme. Les prix de l’immobilier, les normes de consommation, les systèmes fiscaux et les attentes de carrière sont construits autour du modèle du ménage à deux revenus. Le résultat est que le choix d’avoir des enfants est de plus en plus ressenti comme une charge économique, une pression temporelle et une perte dans le plan de carrière.

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La société se retrouve ainsi dans une situation paradoxale. Elle dit que les enfants sont importants, mais organise la vie comme si les enfants étaient surtout une gêne. Elle valorise la famille symboliquement, mais la pénalise économiquement. Elle célèbre la liberté de choix, mais rend presque impossible pour beaucoup de parents d'opter vraiment pour plus de temps à la maison. Elle sacralise le travail et considère les soins à apporter aux enfants comme une activité dérivée. Une civilisation qui réduit sa propre reproduction à un choix individuel de style de vie découvrira tôt ou tard que la démographie ne reste pas une affaire privée. Les faibles taux de natalité ne sont pas une simple addition de choix personnels. Ils expriment la valeur qu’une société accorde à son avenir.

Une politique nataliste peut apporter une amélioration, mais seulement si elle est conçue de façon durable et large. Des primes uniques ou une rhétorique familiale symbolique ne suffisent pas. Il faut une normalisation des familles nombreuses, des logements abordables, des revenus stables, une fiscalité adaptée à la famille, des crèches accessibles et surtout une revalorisation du travail qu'exigent les soins à apporter aux enfants. Un revenu de remplacement à, par exemple, quatre-vingts pour cent du revenu de l’un des partenaires qui souhaite rester temporairement à la maison serait une piste sérieuse. Il est important que de telles mesures soient accessibles non seulement aux groupes à faibles revenus, mais aussi à la classe moyenne. Sinon, la politique familiale devient une politique de lutte contre la pauvreté, alors qu’elle doit être une politique de consolidation de la civilisation. Le but ne doit pas être de renvoyer les femmes à la maison, mais de donner aux parents le vrai choix de ne pas entièrement soumettre le temps, les soins parentaux et l’éducation des enfants à la logique du marché.

Conclusion

Voici le cœur du problème: une société qui épuise économiquement ses propres familles aura tôt ou tard besoin d’immigration de travail pour compenser les conséquences de son propre affaiblissement démographique. Qui veut s’opposer au remplacement de population ne peut donc se contenter de frontières surveillées de manière plus stricte. Il doit restaurer les conditions dans lesquelles sa propre population ose à nouveau faire des projets d’avenir. Cela signifie: des charges de logement moins lourdes, moins de pression de travail absurde, une revalorisation de la maternité et de la paternité, une protection des salaires, un enseignement axé sur la communauté, une assimilation culturelle et une économie qui ne traite pas la famille comme un poste de coût considéré comme inefficace.

Le terme "remplacement de population" reste chargé parce qu’il suggère souvent un projet de substitution conscient et centralisé. Cette forme de complotisme est faible sur le plan analytique et risquée sur le plan politique. Mais il est mensonger de prétendre qu’il n’y a pas de transformation démographique, que l’immigration de masse n’a pas de conséquences culturelles, que l’intégration a réussi partout, ou que toute critique n’est qu’une nostalgie racialiste. L’échec du modèle multiculturel est visible dans les quartiers ségrégués, les normes parallèles, les retards scolaires, les tensions religieuses, les problèmes de sécurité et la perte de codes partagés, voilà qui relève de l'évidence. Celui qui nomme cet échec n’a pas besoin d’être biologiste. Il peut simplement constater qu’une société a besoin de bien plus que de procédures juridiques pour rester une communauté.

61pyKJk3c5L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgLa "remigration" est un thème qui, lui aussi, doit être discuté sobrement. Dans un sens limité, juridique et humain, une politique de retour est évidente: celui qui n’a pas de droit de séjour, qui fraude, qui commet un  crime ou un délit grave ou qui rejette l’ordre fondamental de la société d’accueil ne peut prétendre indéfiniment à rester. Mais la "remigration" comme retour massif et nostalgique vers un passé ethniquement figé est une illusion. La réalité de décennies de migration, des familles mixtes, des minorités intégrées et des nouvelles générations ne peut être effacée sans une immense perturbation morale, juridique et sociale. C’est précisément pourquoi le débat doit être mené de façon sereine et équilibrée: il faut être strict là où c’est nécessaire, mais sans fantasmes ni déni de la complexité du réel.

La lutte contre l’immigration de masse ne sera crédible à long terme que si elle s’inscrit dans une critique plus large du modèle économique qui la rend nécessaire. Ce modèle a dissocié le travail de la communauté, soumis les familles à une pression permanente de production, dévalorisé les soins parentaux, rendu les frontières poreuses économiquement et traité les déficits démographiques comme des problèmes logistiques. Il a réduit la famille à un coût alors qu’elle est en réalité le plus bel investissement dans l’avenir. Il a appris aux communautés à se méfier d’elles-mêmes alors que toute solidarité durable commence justement par la reconnaissance, la continuité et la responsabilité partagée.

Il ne suffit donc pas de dire que la migration coûte de l’argent. Parfois c’est le cas. Parfois elle apporte des gains à certains secteurs. Parfois elle contribue temporairement au financement de systèmes vieillissants. Mais la question la plus profonde n’est pas seulement budgétaire. La question est celle du type de société que l’on veut promouvoir. Une société qui résout ses déficits en important sans cesse de nouvelles personnes, sans restaurer ses propres fondements démographiques, économiques et culturels, achète du temps au détriment de la cohésion. Une société qui pathologise toute critique devient aveugle. Et une droite qui parle de remplacement de population mais se tait sur le capitalisme ne génère qu’une opposition à moitié.

81ergnpqGKL._SL1500_.jpgLa conclusion n’est donc pas que toute migration doit être rejetée. Elle est que l’immigration de masse, le déclin démographique et la dissolution capitaliste doivent être pensés simultanément. Qui ne critique que la migration voit le symptôme mais pas le système. Qui ne critique que le capitalisme, mais se tait sur la pression migratoire qu’il engendre, abandonne les classes populaires et les communautés historiques. En ce sens, la pensée d’Alain de Beonist reste très pertinente: qui critique la migration mais se tait sur le capitalisme ne parle qu’à moitié; qui critique le capitalisme mais se tait sur la migration fait de même.

Sources:

AIVD. (n.d.). Rechts-extremisme. Algemene Inlichtingen- en Veiligheidsdienst. https://www.aivd.nl/onderwerpen/aandachtsgebieden/extremi...

Benoist, A. de. (2011). L’immigration, armée de réserve du capital. Revue Éléments. https://www.revue-elements.com/limmigration-armee-de-rese...

Christl, M., De Poli, S., Hufkens, T., Peichl, A., & Ricci, M. (2022). Migration and public finances in the EU. Joint Research Centre, European Commission. https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/J...

European Commission. (2024). Commission sets out actions to tackle labour and skills shortages. https://employment-social-affairs.ec.europa.eu/news/commi...

European Commission. (2024). Hungary: New immigration law affects residence permits. https://home-affairs.ec.europa.eu/news/hungary-new-immigr...

Fusaro, D. (2018). The new order of things: Property, power and the transformation of the individual. Mimesis International.

ILO. (2022). Temporary labour migration: Unpacking complexities. International Labour Organization. https://www.ilo.org/

Myria. (2022). Immigrant labour market integration in Belgium. Federaal Migratiecentrum. https://www.myria.be/

Nationale Bank van België. (2020). Economic impact of immigration in Belgium. https://www.nbb.be/doc/ts/publications/economicreview/202...

OECD. (2024). International Migration Outlook 2024. OECD Publishing. https://www.oecd.org/en/publications/international-migrat...

OECD. (2024). Society at a Glance 2024: OECD social indicators. OECD Publishing. https://www.oecd.org/en/publications/society-at-a-glance-...

OECD. (2025). International Migration Outlook 2025. OECD Publishing. https://www.oecd.org/en/publications/international-migrat...

Reuters. (2025). Italy to issue half a million non-EU work visas over next three years. Reuters. https://www.reuters.com/

Vlaams Belang. (2024). Fiscale kosten en baten van immigratie voor België. https://www.vlaamsbelang.org/

World Policy Analysis Center. (2023). Parental leave policies in OECD countries. https://www.worldpolicycenter.org/

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vendredi, 05 juin 2026

Petr Bystron au Forum économique international de Saint-Pétersbourg

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Petr Bystron au Forum économique international de Saint-Pétersbourg

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/199132

Lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) le 4 juin 2026, le député européen Petr Bystron a évoqué l’importance de la culture, de la coopération économique et du dialogue diplomatique entre l’Europe et la Russie. À cette occasion, il a mêlé des expériences personnelles à une critique fondamentale de la politique étrangère actuelle de l’Europe.

Notre analyse met en lumière les messages politiques de son discours et démontre pourquoi la culture est, pour Bystron, bien plus qu’un simple sujet secondaire de la politique étrangère.

SPIEF 2026 : La culture comme pont entre l’Europe et la Russie

Au début de son discours, Bystron a évoqué un incident en Allemagne, où un activiste politique a été empêché de se rendre à un événement en Italie. Cela avait pour lui une signification particulière, car il a grandi en Tchécoslovaquie, à l’époque derrière le Rideau de fer, et se montre donc particulièrement sensible aux restrictions de la liberté de voyager.

Retour à la coopération économique

En tant que député européen de Munich, Bystron a souligné l’étroite relation de sa région avec des entreprises internationales telles que BMW et Siemens. Il a exprimé le souhait que les entreprises allemandes puissent de nouveau exercer librement leurs activités sur le marché russe à l’avenir.

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Petr Bystron (au centre de l’image) au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF)

La mise en parallèle symbolique des marques allemandes avec des constructeurs chinois comme Geely et Haval, désormais présents en Russie à la place des voitures allemandes, illustre cette idée. Pour Bystron, la question n’est pas seulement de savoir si la Russie peut se passer des produits occidentaux, mais surtout qui occupera les places laissées vacantes. Sa réponse: ce n’est pas l’Europe qui profite du découplage économique avec la Russie, mais surtout les concurrents asiatiques.

Il a été particulièrement critique envers le retrait de Siemens de Russie. Selon lui, des décisions politiques et des sanctions ont obligé une entreprise présente depuis des décennies à quitter le pays. Les sanctions s’avèrent inadaptées comme instrument d’influence politique, et sont des mesures qui nuisent aux entreprises européennes elles-mêmes tout en offrant de nouvelles opportunités de marché aux concurrents d’autres régions.

La culture comme instrument de compréhension mutuelle

Au centre de son intervention se trouvait le rôle de la culture dans les relations internationales. Dans le cadre d’une discussion sur la «diplomatie culturelle» et le «soft power», Bystron a critiqué la position actuelle de nombreux décideurs de l’Union européenne en matière de politique étrangère.

Il a observé qu’une partie de l’UE se trouve aujourd’hui dans une position de confrontation aussi bien envers la Russie qu’envers les États-Unis. C’est une situation historiquement inédite pour l’Europe, tandis que les États-Unis cherchent bel et bien le contact avec la Russie et militent pour une fin à la guerre en Ukraine. Dans ce contexte, il a cité la rencontre des présidents Trump et Poutine en Alaska.

Une histoire commune plutôt que de nouvelles lignes de séparation

Bystron a accordé une attention particulière à la dimension culturelle des relations internationales. Il a souligné que la Russie et les nations européennes partagent depuis des siècles un espace culturel commun et sont liées par une longue histoire.

Il a considéré l’envoi d’un représentant culturel américain à Saint-Pétersbourg comme un signal positif. Cela montre l’importance de la culture pour le dialogue entre États et que la Russie continue d’être perçue internationalement comme une grande nation culturelle. Selon Bystron, les États européens devraient accorder plus d’importance aux points communs culturels avec la Russie et utiliser la culture comme un pont pour la compréhension et la coopération.

Plaidoyer pour le dialogue et la diplomatie culturelle

À la fin de son discours, Bystron a souligné que des relations durables entre États ne peuvent pas reposer uniquement sur des intérêts économiques ou géopolitiques. La culture crée la confiance, ouvre des portes au dialogue et constitue la base d’une compréhension à long terme.

Sa participation au SPIEF s’inscrit donc, selon lui, dans une démarche de dialogue qui devrait être relancé entre l’Europe et la Russie. Le discours de Saint-Pétersbourg montre que le débat sur les futures relations entre l’Europe et la Russie est loin d’être terminé (CR).

Vidéo: 

Révolution nationale, européenne, mondiale

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Révolution nationale, européenne, mondiale

Cristi Pantelimon

Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100005135564621

615615ZgkdL._SL1225_.jpgDans les années 80, revivant les événements des années 30 avec l’arrivée légale au pouvoir de Hitler, le grand juriste allemand Carl Schmitt s’intéressait, entre autres, aux méthodes par lesquelles les États ou les régimes constitutionnels pouvaient se défendre contre ces « révolutions » (« renversements ») légales. Au concept classique de légalité, renforcé par celui de légitimité, Schmitt ajoute, emprunté au juriste français d’orientation libérale Maurice Hauriou (« Précis de droit constitutionnel », 1929), le concept de « Supralégalité ». La supralégalité est une disposition qui interdit ou rend très difficile le changement du régime constitutionnel d’un État. L’observation de Schmitt, selon laquelle même les révolutionnaires professionnels, tels les anarchistes, avaient besoin du concept d’État (écrit avec une majuscule) pour instaurer leur nouvel ordre en son sein, montre à quel point l’État est important pour le monde moderne qui se veut global/universel.

Un exemple d’institution de la supralégalité est la Cour constitutionnelle, à laquelle, par exemple, Hauriou n’était pas favorable.

Nous avons actuellement un cas impliquant une telle révolution nationale, avec l’apport de la Cour constitutionnelle. La question est la suivante : l’État roumain se défend-il véritablement en ce moment par les moyens de la supralégalité (la Cour constitutionnelle), ou, au contraire, assiste-t-on à un coup d’État légal, c’est-à-dire à un passage d’un ordre global/globaliste à un ordre universel avec d’autres gènes chromosomiques ?

713544811_3411643139016838_7685295282587632062_n.jpgÀ l’époque où écrivait Carl Schmitt, existait la tentation d’une Révolution Mondiale Globale (« Legale Weltrevolution ») ; comme dans les années d’entre-deux-guerres, la crainte de Schmitt était que cette révolution globale soit de nature globaliste/universaliste, où les peuples prendraient l’aspect indéfini de l’Homme, de l’Humanité. Les prémisses n’étaient pas très réjouissantes : à l’Ouest, les États-Unis, à l’Est, l’URSS, les deux superpuissances qui manifestaient déjà des tendances globalistes (surtout la première) et qui partageaient, depuis 1978 déjà, le monde en deux blocs aux aspirations universalistes. Il est intéressant de noter que Schmitt place, aux côtés des deux superpuissances, la Chine, notre client d’aujourd’hui, qui poursuit la révolution légale globale, mais dont nous espérons une logique différente !

L’Europe ? Elle aurait pu être une unité, par une révolution européenne, à une condition: que l’Angleterre renonce à être une île! Mais l’Europe était alors, comme aujourd’hui, parasitée par les forces du globalisme a-national. Écoutons Carl Schmitt car ses paroles sont d’une actualité brûlante :

« Les forces et puissances politiques mondiales qui luttent pour l’unité politique du monde sont plus puissantes que l’intérêt européen pour l’unité politique de l’Europe.

Même certains “bons Européens” ne voient plus l’unité politique de l’Europe que comme un produit secondaire (voire un produit résiduel) d’une unité politique globale de notre planète.

Les énergies révolutionnaires qui tendent vers une révolution mondiale sont plus puissantes et plus actives que la tendance vers une révolution européenne, aujourd’hui presque inimaginable.

La légalité d’une révolution européenne supposerait l’existence d’un patriotisme européen, afin de pouvoir conduire à une assemblée constituante au sens de la tradition constitutionnelle continentale européenne.

Cela peut toutefois encore être imaginé, si l’Angleterre ne voulait plus être une île. »

Voilà la problématique actuelle !

Ainsi, notre révolution interne, après 2024, peut être orientée, par le biais de la supralégalité de la Cour constitutionnelle, soit vers la révolution européenne patriotique, soit vers le globalisme européen, et au-delà, mondial, qui nous préparera la grande et définitive contradiction politique de la «Fin de l’histoire», à savoir l’Homme générique, apolitique, celui qui, comme le montre Carl Schmitt, malgré toute son unité apparente, est la somme de toutes les discriminations possibles dans l’ordre juridique et politique.

Écoutons à nouveau le grand juriste :

« L’Humanité, en tant que telle et dans son ensemble, n’a aucun ennemi sur cette planète. Tout homme appartient à l’humanité. Même le criminel, du moins tant qu’il vit, doit être traité en homme ; et s’il est mort, tout comme sa victime, il n’existe plus. Alors il disparaît tout simplement, comme ses victimes décédées.

Jusqu’alors, il reste, bon ou mauvais, un homme, c’est-à-dire un porteur de droits de l’homme.

‘L’Humanité’ devient ainsi un concept asymétrique. Si, à l’intérieur de l’humanité, on opère une discrimination et que l’on nie à l’individu négatif, nuisible ou perturbateur, la qualité d’homme, alors l’homme évalué négativement devient un non-homme et une non-personne, et sa vie n’est plus la valeur suprême.

Sa vie devient une non-valeur qui doit être éliminée.

Des concepts comme ‘homme’ contiennent ainsi la possibilité de la plus profonde inégalité et deviennent, de ce fait, ‘asymétriques’.

Donc, l’Homme de l’Humanité qui ne correspond plus à la révolution globaliste devient un Néant, il perd totalement toute trace de légitimité en tant qu’être socio-politique. Il devient un non-homme.

La révolution globaliste ne peut vivre que comme perfection utopique d’une définition qui se nie dès la première manifestation réelle de vie sociale... »

Dans ce contexte, l’époque où écrit Schmitt est celle où, au-delà des deux superpuissances industrielles (USA-URSS), on recherchait une voie médiane, ou des alternatives de développement assimilables à des espaces définis non globaux-universalistes, mais "zonaux".

715750974_3411646755683143_2342153177014260307_n.jpgC’est le mérite de l’économiste français François Perroux (1903-1987), que Schmitt cite abondamment au début de son étude, d’avoir cherché de telles alternatives zonales-nationales à la grande pression du globalisme économique, ayant particulièrement son origine dans l’aire anglo-saxonne. Notons en passant que Perroux était familier de l’énergie économique de l’Allemagne hitlérienne, qu’il avait étudiée, une Allemagne qui, sur un de ses versants, recherchait précisément une voie de sortie hors du labyrinthe économique anglo-saxon de l’entre-deux-guerres.

Entre-temps, après 1945, la problématique de l’industrialisation revient à l’attention des économistes dans le contexte du bipolarisme soviéto-américain.

L’industrie est reconnue par Carl Schmitt comme le nouveau Nomos de la Terre: «Cujus industria, ejus regio, ou cujus regio, ejus industria», écrira Schmitt. L’idée est claire: la Terre et l’industrie sont le binôme d’or de la territorialité, et non la seule terre comme élément agricole.

Aujourd’hui, avec la Chine comme étendard du nouveau Monde Global, il nous faut réfléchir à nouveau à ces aspects. Apparemment, la Chine est déjà engagée sur la voie d’une révolution légale mondiale sans ingrédients globalistes. C’est l’aspect le plus important du nouveau temps. La Russie ne peut être différente. L’Amérique de Trump n’a pas d’autre choix...

L’industrie reprendra de nouveau la force motrice des États. En même temps, la Révolution Nationale, Européenne et Mondiale contre le Globalisme s’impose comme facteur ultime de désagrégation politique et civilisationnelle.

Depuis un siècle nous vivons la même transformation, qu’il faut arrêter, pour compléter la pensée de Xi Jinping !

19:35 Publié dans Actualité, Définitions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : carl schmitt, révolution, supralégalité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

L’Arménie sur un carrefour eurasien entre la Russie, l’Occident et la nouvelle géométrie du Caucase

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L’Arménie sur un carrefour eurasien entre la Russie, l’Occident et la nouvelle géométrie du Caucase

par Giulio Chinappi

À la veille des élections législatives du 7 juin, l’Arménie se trouve suspendue entre l’héritage stratégique de sa relation avec Moscou et le tournant pro-occidental de Nikol Pachinian, tandis que l’énergie, la sécurité et les corridors régionaux deviennent des terrains de confrontation géopolitique.

SOURCE DE L’ARTICLE : https://giuliochinappi.com/2026/05/30/armenia-al-bivio-eu...

Les élections législatives arméniennes se situent au cœur d’une profonde transformation des équilibres du Caucase du Sud, où la relation historique entre l’Arménie et la Russie est aujourd’hui mise à l’épreuve par la ligne de plus en plus ouvertement pro-occidentale du gouvernement dirigé par Nikol Pachinian. Le scrutin ne concerne donc pas seulement la composition de la prochaine Assemblée nationale arménienne, mais aussi l’orientation stratégique d’un pays qui, pendant des décennies, a fondé sa sécurité sur la coopération avec Moscou et qui cherche désormais à redéfinir son rôle entre Union européenne, États-Unis, Azerbaïdjan, Turquie et espace eurasiatique.

Formellement, la Russie et l’Arménie ne sont pas en conflit. Moscou continue de qualifier l’Arménie de pays « frère » et le Kremlin réaffirme son intention de maintenir le dialogue ouvert avec Erevan. À ce sujet, le porte-parole Dmitrij Peskov a souligné que, malgré la ligne européiste de l’actuelle direction arménienne, la Russie continue de considérer l’Arménie comme un pays proche et observe que cette orientation n’est pas partagée par toutes les forces politiques arméniennes. Il s’agit d’une formule diplomatique, mais aussi d’un message politique : Moscou distingue le peuple arménien, avec lequel elle revendique des liens historiques, culturels et civils profonds, du choix du gouvernement actuel de rechercher un nouvel équilibre tourné vers Bruxelles et Washington.

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Cette distinction était déjà apparue clairement lors de la rencontre du 1er avril entre Vladimir Poutine et Nikol Pachinian. À cette occasion, Poutine a rappelé que les relations entre la Russie et l’Arménie ne sont pas nées au cours des dernières décennies, mais se sont forgées au fil des siècles, à travers une histoire commune et une proximité de civilisation. Dans le même temps, le président russe a exprimé l’espoir que les tensions de la campagne électorale ne nuiront pas aux relations bilatérales et que les forces politiques favorables à la coopération avec Moscou pourront pleinement participer au processus électoral. De cette manière, la Russie évite la rupture frontale, mais manifeste aussi son inquiétude quant à la possible marginalisation des composantes arméniennes opposées au tournant occidental.

Le nœud principal réside dans l’incompatibilité croissante entre deux orientations stratégiques. D’un côté, l’Arménie est toujours membre de l’Union économique eurasiatique, soit l’espace d’intégration économique piloté par la Russie. De l’autre, le gouvernement Pachinian a multiplié les signes d’ouverture envers l’Union européenne, allant jusqu’à présenter la perspective européenne comme une possible voie de transformation politique, économique et identitaire du pays. Le Kremlin ne conteste pas en théorie le droit souverain de l’Arménie à développer des relations avec Bruxelles, mais pose un problème concret : il n’est pas possible d’appartenir simultanément à deux unions douanières incompatibles. Poutine l’a dit explicitement lors de son entretien avec Pachinian, expliquant que l’appartenance à une union douanière avec l’UE et à celle de l’Eurasie est « impossible par définition ».

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Le gouvernement d’Erevan devra donc peser avec attention ses choix. Le maintien de l’Arménie dans l’espace eurasiatique offre des avantages économiques mesurables, notamment dans le secteur énergétique. Le gaz russe arrive en Arménie via la Géorgie, le long du gazoduc Caucase du Nord-Transcaucasie, tandis que Gazprom Arménie, entièrement contrôlé par la russe Gazprom, opère comme vendeur monopolistique sur le marché intérieur arménien. En 2025, la Russie a fourni à l’Arménie 2,3 milliards de mètres cubes de gaz, après 2,4 milliards par an en 2023 et 2024. En avril 2026, Poutine a indiqué le prix de 177,5 dollars pour mille mètres cubes appliqué à l’Arménie, contre des prix européens autour de 550 dollars pour mille mètres cubes à la fin mai.

Une éventuelle adhésion de l’Arménie à l’UE pourrait donc avoir de fortes conséquences économiques et diplomatiques pour la république caucasienne. Le 27 mai, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que Moscou avait notifié à la partie arménienne la possible dénonciation de l’accord intergouvernemental de 2013 sur les livraisons de gaz, produits pétroliers et diamants bruts, si Erevan poursuivait son processus d’adhésion à l’UE. Le ministre russe de l’Énergie, Sergej Civelëv, a ensuite précisé que Moscou ne pourrait pas continuer à fournir du gaz et des produits pétroliers aux mêmes prix si l’Arménie passait de l’Union économique eurasiatique à l’Union européenne.

De son côté, le gouvernement actuel d’Erevan affirme pouvoir transformer l’Arménie en un carrefour régional, capable de générer de la richesse grâce à l’ouverture des communications, aux corridors logistiques, aux minéraux critiques et à une nouvelle position entre l’Europe et l’Asie. En particulier, lors d’un meeting électoral, le Premier ministre Pachinian a déclaré qu’il ne servirait à rien de menacer l’Arménie avec des prix plus élevés, car le pays disposerait à l’avenir de beaucoup plus de ressources. Toutefois, remplacer des avantages énergétiques concrets et immédiats par des promesses de transformation future revient à demander à la population d’accepter une transition potentiellement traumatisante, surtout dans une économie aussi petite et vulnérable que celle de l’Arménie.

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Dans ce contexte s’inscrit également la visite à Erevan du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le 26 mai, l’Arménie et les États-Unis ont signé une Charte de partenariat stratégique global, paraphée par Rubio et le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan. Dans le même contexte, un accord-cadre de coopération a également été signé concernant la Trump Route for International Peace and Prosperity, le projet TRIPP lié à la réouverture des communications régionales et à la liaison entre l’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan à travers le territoire arménien. L’agence TASS a également signalé la signature d’un mémorandum sur les minéraux critiques et les terres rares, présenté par Rubio comme un instrument pour renforcer l’indépendance économique.

Le fait que ces accords aient été signés à quelques jours du vote du 7 juin ne saurait être considéré comme un détail anodin. Formellement, Erevan et Washington peuvent présenter le tout comme une simple coopération bilatérale. Politiquement, cependant, l’effet est celui d’un adoubement occidental de la ligne de Pachinian. Dans une campagne électorale déjà polarisée, la présence américaine renforce l’image du Premier ministre comme garant de la nouvelle projection internationale de l’Arménie, mais elle alimente en même temps les accusations de l’opposition, qui voit dans sa politique étrangère une subordination progressive aux intérêts de Washington et un abandon des piliers traditionnels de la sécurité arménienne.

L’Arménie, pour sa part, tente de présenter sa ligne comme multivectorielle et non antirusse. Le ministre des Affaires étrangères Mirzoyan a déclaré qu’Erevan reste intéressée à préserver et à développer des relations de coopération normales avec la Russie, ajoutant qu’aucune des deux parties n’aurait intérêt à une « non-participation ». Mirzoyan a également pris soin d’éviter de lier directement l’état des relations avec Moscou aux élections du 7 juin, affirmant que l’Arménie souhaite construire des relations saines, égalitaires et constructives avec ses partenaires russes.

Cette position apparaît cependant de plus en plus difficile à tenir. Un pays peut certes aspirer à des relations équilibrées avec plusieurs acteurs, mais il ne peut ignorer que les infrastructures économiques, militaires et douanières créent des contraintes objectives. La tentative de Pachinian de positionner l’Arménie à la fois dans l’espace eurasiatique, dans l’orbite de l’Union européenne et dans une nouvelle architecture états-unienne du Caucase du Sud risque de transformer le multivectoriel en ambiguïté stratégique.

Le vote du 7 juin décidera donc si cette trajectoire sera consolidée ou ralentie. Une victoire de Pachinian renforcerait la ligne de la paix controversée avec l’Azerbaïdjan, de l’ouverture vers l’UE et les États-Unis, et la diminution progressive du poids russe dans la politique arménienne. Un bon résultat des oppositions, plus favorables au maintien des liens avec Moscou, pourrait au contraire imposer un changement de cap, du moins en ralentissant le processus de détachement de l’espace eurasiatique. Dans tous les cas, il sera difficile de revenir à la situation précédente : la confiance stratégique entre Moscou et Erevan a été ébranlée, et la relation bilatérale devra être reconstruite sur des bases plus réalistes.

jeudi, 04 juin 2026

L’AfD discute avec les Russes du gaz et de Nord Stream. L’irritation du gouvernement Merz

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L’AfD discute avec les Russes du gaz et de Nord Stream. L’irritation du gouvernement Merz

Source: https://www.analisidifesa.it/2026/06/afd-discute-con-i-ru...

Une délégation composée de quatre représentants du parti d’opposition allemand Alternative für Deutschland (AfD), actuellement crédité d’environ 30% des intentions de vote et classé première force politique en Allemagne, a participé au Forum économique de Saint-Pétersbourg, suscitant de vives critiques politiques à Berlin et récoltant des "avertissements" en matière de sécurité et de renseignement.

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Les députés concernés sont Markus Frohnmaier, vice-président du groupe parlementaire AfD au Bundestag, Jörg Urban, président régional en Saxe, le député Steffen Kotré et l’eurodéputé Petr Bystron. Selon les informations disponibles, Frohnmaier aurait également rencontré le PDG du géant énergétique russe Gazprom, Alexeï Miller (photo ci-dessus).

Au centre de l’entretien, toujours selon les déclarations de l’homme politique, figuraient les scénarios possibles de remise en service des gazoducs Nord Stream de la mer Baltique, détruits par un sabotage en septembre 2022, et donc la reprise des approvisionnements énergétiques de la Russie vers l’Allemagne et l’Europe.

« Les parties ont discuté de la situation actuelle sur le marché européen de l’énergie. Une attention particulière a été accordée à l’Allemagne. Il a été noté que les réserves de gaz en Allemagne sont au niveau le plus bas des cinq dernières années. Compte tenu des conditions actuelles du marché, il sera extrêmement difficile de remplir les réserves d’ici l’hiver prochain », écrit l’agence Tass.

Frohnmaier a déclaré à l’agence Deutsche Presse-Agentur qu’au centre de son entretien approfondi avec Miller, au siège de Gazprom, figuraient la possibilité d’une remise en service des gazoducs Nord Stream ainsi que la reprise des livraisons de gaz russe. « Notre mission est de placer, sans compromis, les intérêts nationaux allemands au centre de nos préoccupations », a affirmé Frohnmaier.

Dans une déclaration diffusée à Berlin, un porte-parole du gouvernement fédéral a expliqué que le ministère des Affaires étrangères avait explicitement déconseillé la participation à la mission et avait informé le parti que l’initiative n’était pas soutenue par l’exécutif. Le porte-parole a rappelé que, depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Union européenne et l’Allemagne maintiennent la ligne de réduire au minimum les contacts avec les représentants du gouvernement russe, compte tenu des attaques contre la population civile.

Sur ce sujet, le directeur général du Fonds russe d’investissements directs (RDIF), Kirill Dmitriev, qui a rencontré Frohnmaier, est également intervenu hier lors du Forum de Saint-Pétersbourg, affirmant que les pays européens avaient déjà perdu environ 3000 milliards d’euros à cause du refus de l’énergie russe. « L’Allemagne et d’autres pays européens constatent qu’en raison du rejet de l’énergie russe, ils ont déjà perdu environ 3000 milliards d’euros et mènent de fait leurs économies vers l’effondrement. »

Le gouvernement de la guerre permanente – Qui détient réellement le pouvoir à Washington ?

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Le gouvernement de la guerre permanente – Qui détient réellement le pouvoir à Washington?

Marek Wojcik

Beaucoup d’entre nous se demandent quel est le véritable pouvoir du président des États-Unis. Est-il, comme il se désigne lui-même, «l’homme le plus puissant du monde», ou tombe-t-il sous l’emprise des oligarques qui ne cessent de fomenter des conspirations?

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198981

Ou bien se subit-il peut-être un chantage par le plus grand allié des États-Unis? Les décisions du président, en particulier celles qui concernent la guerre, sont-elles le fruit de son ego démesuré, ou poursuit-il peut-être un plan diabolique visant à jouer ses magnifiques «cartes» fabriquées en Chine?

Les démarches les plus fructueuses de Donald Trump sont les spéculations de ses proches sur les marchés financiers. Si les déclarations chaotiques du président et leur orientation sont connues à l’avance par les élus de la richesse mal acquise, qu’est-ce qui les empêcherait alors de parier sur la hausse – ou selon les intentions capricieuses du président – sur la baisse des actions pétrolières? De cette façon, on peut « gagner » énormément d’argent.

La Constitution devrait tenir le pouvoir en laisse courte. Le Congrès seul devrait déclarer la guerre, contrôler les finances, limiter l'exécutif et rendre des comptes au peuple. Le président devrait exécuter les lois, non pas gouverner par décret, mener des guerres non déclarées ou servir de figure de proue à un empire. Les tribunaux devraient servir de garde-fou contre les abus de l’État, et non valider les pires excès de l’État sécuritaire national.

Chaque président moderne hérite des mêmes pouvoirs de guerre, des mêmes services secrets, du même appareil d’urgence, des mêmes systèmes de surveillance, des mêmes entreprises d’armement, des mêmes forces de police militarisées et de la même soif de pouvoir bipartisan sans responsabilité. Trump n’a pas créé le gouvernement de la guerre permanente. Il l’a hérité, nourri, agrandi, utilisé comme une arme et, comme tous ses prédécesseurs, en est devenu le champion.

Je ne veux pas justifier Trump, ici, mais simplement montrer qu’il a certes introduit son propre style, le « trumpisme », qui repose sur l’imprévisibilité et la rupture de toutes les traditions prétendument à la base du conservatisme. Cependant, les décisions géopolitiques majeures ne sont pas nécessairement prises à la Maison Blanche. Cette maison inconnue, où sont élaborés des plans de guerre, je la qualifierais, vu les intentions qui se profilent derrière ces décisions, de « Maison noire ». Elle n’a pas nécessairement besoin de se trouver sur le territoire des États-Unis.

* * *

Cet article est paru sur le blog de l’auteur world-scam.com

 

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«Terza Posizione» et «Révolution conservatrice» – Construire le front transversal de la résistance!

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«Terza Posizione» et «Révolution conservatrice» – Construire le front transversal de la résistance!

Werner Olles 

Si le destin du national-socialisme fut de confier l’État à des adolescents attardés, pour la plupart toxicomanes, qui ont abusé de leur pouvoir de manière honteuse, nous observons aujourd’hui, sous le régime du libéralisme, une classe politico-médiatique qui, dans son absence d’esprit embarrassante, son incompétence et sa primitivité grotesque, est totalement incapable de comprendre que le monde politique est toujours générateur de problèmes, tout comme la vie, et que l’être humain est une créature extrêmement problématique, dangereuse et en même temps menacée.

Cependant, le règne des nains, dans son arrogance envers le véritable souverain – c'est-à-dire les citoyens – envisage la castration définitive de l’État allemand et sa dissolution dans un monstre dictatorial appelé UE. À cette fin, la RFA, en tant qu’entité étatique qui ne suscite ni respect, ni obéissance, ni estime, n’est pas seulement capable de provoquer une rupture unique avec la civilisation et une implosion culturelle, comme nous l’expérimentons depuis 2015 avec l’immigration de masse illégale et ses conséquences négatives visibles pour tous les citoyens, mais par sa propagande irresponsable, soutenue par l’UE et l’OTAN, et par sa recherche d'un conflit avec la Fédération de Russie, représente une menace existentielle pour la paix en Europe.

En réalité, il ne faut pas sous-estimer le degré d’abrutissement de notre population par la télévision à redevance obligatoire, par les médias d’État et par les partis du cartel. Tandis que la RFA se déguise aujourd’hui en «société civile», les nations européennes ont créé, avec la Commission de l’UE, un monstre antidémocratique, et avec l’OTAN une machine de guerre meurtrière dirigée par les États-Unis, qui avance son programme dangereux, très rapidement et sans souci des règles démocratiques et diplomatiques.

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On favorise, à grands frais, la transformation des nations européennes en États du tiers-monde ingouvernables. Le verdict de Carl Schmitt, selon lequel l’État est l’unité politique d’un peuple et non un simple conglomérat de peuples étrangers à la culture principale, facilite certes le diagnostic bouleversant que l’Europe occidentale n’est plus un continent de nations souveraines, mais se limiter au seul diagnostic est un remède pauvre et insuffisant.

Ce dont nous avons besoin, ce sont des thérapies, voire – dans l’urgence qui est déjà arrivée – des thérapies de choc, allant de grèves générales, de manifestations de masse, d’actions inventives et de l’organisation de la résistance politique jusqu’au retrait définitif des monstres que sont l'UE et l'OTAN, et jusqu'à la construction d’une « Internationale européenne des nations souveraines ». Nous devons laisser derrière nous ce qui nous opprime, nous exploite, nous insulte et nous humilie quotidiennement, afin de créer un renouvellement qui s’inscrit dans les traditions européennes. Cette nouvelle « ancienne » Europe, qui inclut naturellement la Russie, s’étendra de Lisbonne à Vladivostok, mais sans la Turquie islamiste et l'Israël sioniste.

L’impérialisme occidental a ôté à l’homme tout sens de son existence, l’a délibérément éloigné du patriotisme mystique et charnel et l'a plongé dans un problématique «nationalisme contemplatif» (Ernst von Salomon) et l'a éloigné toujours plus du vécu corporel, tout en l’encombrant d’un verbiage surabondant mais dénué de sens et d’une stérilité intellectuelle qui ne peut être brisée que par une résistance pure et authentique.

Certes, la caractéristique des grands problèmes est souvent leur insolubilité, et dans les démocraties de masse libérales, les dirigeants attaquent directement l’âme de leurs sujets, mais c’est précisément là qu’il faut s’interroger sur ce que la soi-disant «Nouvelle Droite intellectuelle» a encore à apporter dans le rapport décisif qui doit s'installer entre les actions de masse et l'organisation de la lutte politique, en dehors d’une concurrence sans concepts véritables entre diverses positions politiques désormais totalement dépassées, avec cette stylisation et cette esthétisation de temps révolus; au mieux, elle nous présente la recension d'un ouvrage collectif.

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En réalité, la résistance, sous le libéralisme, est toujours déjà absorbée par le système et ne naît nullement hors du système, ce qui lui ôte toute efficacité révolutionnaire. Si l’on avait lu et surtout compris Adorno et Marcuse, on serait mieux informé sur la logique d'avance vaincue de toute protestation. Mais pour cela, les jeunes messieurs de la "nouvelle droite" semblent trop précieux pour y penser. Un bavardage philosophique ne remplace cependant pas l’activisme politique, même si la bonne attitude peut parfois signifier retenue et forme froide de pragmatisme.

La «Nouvelle Droite» a révélé ses limites idéologiques et politiques en renonçant volontairement à l’art du leadership psychologique dans la formation de sa stratégie, et elle est totalement incapable d’une contre-offensive, c'est là une tragédie presque palpable qui révèle d’énormes déficits stratégiques et tactiques.

Dans une époque pleine de haine, d’extrémisme, de violence et d’illusions infantiles, qui ont déjà pris la forme d’une guerre civile psychologique, elle ne représente, compte tenu de la situation précaire du camp de la «Résistance», lequel est complètement éclaté, qu’un produit du désespoir. Dans cette situation, il faut mettre fin aux bavardages et aux pseudo-discussions. La rupture ne vient pas de ceux qui sont dans la tradition de la «Révolution conservatrice», mais de leur déviation flagrante vers un libéral-conservatisme et des concepts élastiques de souveraineté, d’identité nationale et culturelle, et vers un patriotisme qui n'est que "nationalisme contemplatif". Il n’est pas indispensable d’être un intellectuel pour comprendre cela, même pas un théoricien.

OIP-2845809425.jpgSelon Dominique Venner, la tradition n’est pas le passé, mais l’immuable. Libérer l’Europe de son programme néolibéral est et reste notre mission. La RFA n’est qu’une petite province de l’Europe, mais en tant que révolutionnaires antibourgeois, nous avons les meilleurs récits à proposer car ils sont issus du courage et de l’esprit, et de la volonté de résister. La dichotomie entre le néolibéralisme, le capitalisme global et la barbarie d’un côté, et la souveraineté des peuples et des nations de l’autre, n’a jamais cessé et reste valable.

La formation d’un front transversal socialiste-nationaliste-révolutionnaire comme contrepartie à la dictature de la ploutocratie financière n’est pas seulement l’impératif du moment si nous voulons conserver ou reconquérir notre liberté, mais aussi la Troisième Position classique (Terza Posizione) d’un anticapitalisme national, qui ne se soumet pas lâchement au globalisme des maîtres de l’argent, mais se prépare à la guerre civile à venir, s’insurge contre les exigences du cartel politico-médiatique dominant, et considère la renaissance de l’Occident comme un devoir social et national-révolutionnaire.

mercredi, 03 juin 2026

Les fronts arctique et baltique de la guerre entre l’OTAN et la Russie fusionnent dangereusement

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Les fronts arctique et baltique de la guerre entre l’OTAN et la Russie fusionnent dangereusement

Andrew Korybko

Source: https://uncutnews.ch/die-arktische-und-baltische-front-de...

Cette tendance à activer des préparatifs militaire dans les zones arctique et baltique représente une menace considérable pour la Russie, mais aussi pour l’UE, si elle conduit Poutine à prendre au sérieux les demandes de ses partisans les plus radicaux en faveur d’une frappe préventive contre l’OTAN.

Récemment, il y a eu une avalanche d’informations concernant l’interconnexion croissante des fronts arctique et baltique du nouveau conflit de la nouvelle Guerre froide. Le Royaume-Uni a annoncé une nouvelle initiative navale multinationale visant à contenir la Russie dans ces eaux. Cela a suivi les avertissements des ambassadeurs russes en Finlande et en Norvège concernant les menaces provenant de ces pays. Auparavant, certaines sources russes avaient accusé les États baltes d’avoir permis à des drones ukrainiens de transiter dans leur espace aérien en direction d’attaques contre Saint-Pétersbourg — ce qui, si cela s’avère vrai, constituerait une grave provocation.

imagages.jpgLes développements mentionnés ci-dessus fournissent le contexte de l’interview accordée par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko (photo), à Izvestia, sur la manière dont « l’Occident met en œuvre la politique de confinement de la Russie dans la région baltique ». Selon ses propos:

«La région baltique est désormais utilisée par l’Occident comme un laboratoire pour étudier comment les tensions peuvent être intensifiées et comment la Russie peut être contenue à partir de différentes positions régionales et géographiques... À présent, ils se rapprochent de l’Arctique et forment diverses coalitions. Il s’agit évidemment d’une évolution très inquiétante».

Le journal a également cité l’expert du Valdai Club, Andrei Kortunov, qui a mis en garde:

«La situation dans l’Arctique évolue progressivement — malheureusement pour le pire. Si cela continue, la distinction entre la Baltique et l’Arctique va progressivement s’estomper».

Izvestia a en outre informé ses lecteurs que:

«L’Ukraine participe déjà à la dissuasion de la Russie. En mai, des opérateurs de drones ont pris part aux manœuvres suédoises Aurora-26, qui se sont déroulées entre autres sur l’île baltique de Gotland».

imagea26s.jpgÀ la lumière de ce qu’a mentionné l’ambassadeur russe en Norvège dans l’interview cité précédemment, la participation de l’Ukraine à ces exercices pourrait précéder le déploiement possible d’équipes de drones ukrainiens à Gotland pour attaquer la navigation russe en mer Baltique — comme cela serait également envisagé en Norvège pour des attaques dans l’Arctique. Un tel scénario pourrait se développer simultanément le long des fronts arctique et baltique de plus en plus interconnectés, parallèlement à la consolidation de la nouvelle initiative navale multinationale menée par le Royaume-Uni pour contenir la Russie.

Encore plus inquiétant, les États baltes servent désormais de fil déclencheur pour une reprise du conflit en Ukraine après sa fin ou pour l’ouverture d’un nouveau front si la guerre venait à reprendre. Parallèlement, les États-Unis semblent essayer de pousser la Biélorussie à se détacher de la Russie, tandis que la Pologne poursuit son renforcement militaire qui pourrait un jour menacer Kaliningrad. Ce faisant, non seulement le terrain pour une escalade en mer Baltique est préparé, mais aussi le long des côtes — notamment dans le scénario d’un blocus occidental de Kaliningrad, éventuellement en parallèle ou seulement après que la Biélorussie se soit détachée de la Russie.

Comme si tout cela n’était pas déjà problématique pour la Russie, la France va désormais mener régulièrement des exercices nucléaires avec la Pologne contre la Russie et la Biélorussie, étendant ainsi son parapluie nucléaire vers l’est. Cela pourrait couvrir la Pologne si Varsovie envoyait des troupes pour soutenir les États baltes en cas de crise. Cette fusion des fronts arctique et baltique représente une menace considérable pour la Russie, mais aussi pour l’UE, si elle pousse Poutine à prendre au sérieux les demandes de ses partisans d’une frappe préventive contre l’OTAN.

L’observation précédemment mentionnée illustre les dangers de ces nouveaux déploiements et accords. Elle indique aussi que les fronts arctique et baltique, de plus en plus imbriqués, joueront un rôle central dans la reconfiguration de l’architecture sécuritaire européenne après la fin du conflit ukrainien.

Du point de vue des États-Unis, il est crucial de maintenir la paix entre l’OTAN et la Russie pour empêcher une Troisième Guerre mondiale. C’est précisément pourquoi Trump 2.0 devrait donner la priorité à la création d’une telle architecture sécuritaire — que ce soit de manière générale ou spécifiquement axée sur ce front — dès que possible.

L’Ukrainisation de la conscience européenne

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L’Ukrainisation de la conscience européenne

Werner Olles

En 2011, sur ordre du président américain de l’époque, devenu plus tard lauréat du prix Nobel de la paix, Obama, et de sa célèbre secrétaire d’État Hillary Clinton, la Libye, l’un des rares États africains à fonctionner correctement et à prospérer sur le plan économique et social, fut attaquée et complètement détruite par l’OTAN, sans aucune raison, sans mandat de l’ONU ni déclaration de guerre officielle.

Le président libyen Mouammar al Kadhafi, qui avait jusqu’alors veillé à ce que les flux de soi-disant « réfugiés » vers l’Europe soient stoppés aux frontières et sur les côtes libyennes, dut fuir et fut assassiné de façon bestiale par des terroristes islamistes de l’État islamique, collaborant avec les États-Unis, par empalement. Ainsi fut mené à terme le changement de régime, et en conséquence, de nombreuses bandes terroristes islamistes, financées soit par la Turquie, soit par l’Arabie Saoudite, soit par des canaux obscurs du Deep State occidental et des organisations stay-behind de l’OTAN, combattent encore aujourd’hui pour le pouvoir. Grâce à l’Occident, la Libye est désormais un soi-disant « État failli », une machine à broyer, à faire couler le sang.

En 2014, la guerre en Ukraine commença, après que le président démocratiquement élu et favorable à la Russie dut fuir, point d’orgue du soi-disant coup du Maïdan, financé et orchestré par les États-Unis et l’UE, pour laisser la place à un gouvernement putschiste, anti-démocratique, pro-UE et pro-OTAN. La guerre qui dure encore aujourd’hui débuta par l’attaque de l’Ukraine, désormais orientée vers l’Occident et massivement soutenue par les États-Unis, l’Angleterre et les pays de l’UE, contre les provinces orientales du Donbass, de Donetsk et de Lougansk, majoritairement peuplées de personnes d’origine et de langue russes, qui se prononcèrent clairement et sans ambiguïté pour la sécession des Oblast du Donetsk et de Lougansk par référendum populaire, et conclurent avec la Fédération de Russie des accords d’assistance et de coopération comme républiques populaires indépendantes (de la Nouvelle Russie). Elles demandèrent finalement l’aide militaire du gouvernement russe, après avoir enduré jusqu’en 2022 plus de 16.000 morts dus aux bombardements et attaques terroristes, principalement contre des cibles civiles, perpétrés par les forces armées nazies et ultranationalistes de l’Ukraine.

En réalité, la guerre en Ukraine avait été planifiée depuis des décennies par les États-Unis et le Royaume-Uni – qui joua un rôle particulièrement peu reluisant, sabotant et interdisant toute négociation de paix –, comme une guerre par procuration, dans laquelle l’Occident collectif, avec l’OTAN et l’UE, fut poussé à fournir à l’Ukraine des armes offensives et défensives et à financer le carnage du Donbass. La Russie fut simultanément frappée par plus de vingt paquets de sanctions, qui nuisent surtout aux Européens de l’Ouest, puisque les États-Unis se sont, depuis l’arrivée au pouvoir de Trump, largement retirés de ce conflit hors de contrôle et laissent le sale boulot à leurs vassaux européens, dont les limites intellectuelles sont aujourd’hui légendaires.

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Cependant, tout cela correspond même à leur calcul politique, car avoir un ennemi extérieur détourne l’attention des innombrables catastrophes intérieures, faites maison, comme par exemple l’immigration de masse illégale et ses conséquences mortelles pour les autochtones, ou la « transition énergétique » aussi absurde et économiquement dommageable qu’infamante, qui a mené à une crise énergétique permanente, à la désindustrialisation et à la hausse générale du coût de la vie, surtout en RFA.

Il fallait évidemment aussi savoir qu’une extension vers l’est avec des troupes de l’OTAN à ses frontières – contrairement aux accords promis selon lesquels cela ne devait pas arriver –, est inacceptable pour la Russie dans tous les cas. Des hommes politiques comme Helmut Schmidt, Helmut Kohl et Willy Brandt avaient compris que la sécurité en Europe ne peut exister qu’en accord avec la Russie, mais aujourd’hui, nous sommes réellement en « route vers l’enfer », selon le géopoliticien russe influent et ex-conseiller de Poutine, Karaganov, lors d’un entretien avec Roger Köppel, éditeur de la « Weltwoche » suisse. Selon lui, la Russie ne laissera pas sans réaction les provocations et attaques terroristes incessantes de l’Ukraine, financée par l’Occident et fortement armée, alors qu’elle-même est totalement corrompue et en faillite, mais attaquera, en cas de besoin, des cibles stratégiques comme Bruxelles, Berlin et Varsovie, même avec des missiles nucléaires.

Le personnel politique dirigeant de l’Europe occidentale semble cependant, en raison de sa profonde stupidité, incapable de reconnaître la réalité: on ne commence pas une guerre avec la plus grande puissance nucléaire, qui se sent menacée non sans raison. Ainsi, des préparatifs de guerre sont mis en œuvre contre la volonté de la majorité absolue de la population, au lieu de désamorcer, de laisser parler la diplomatie et surtout de réactiver l’axe Russie-Berlin. Et, justement, la RFA se pose – folie militaire, politique, économique et historique – en principal partenaire de l’Ukraine, après que les Américains se retirent de ce rôle insensé, car ils ont compris que leur puissance s’effrite, qu’ils ne progressent pas plus en Iran, et que le détroit d’Ormuz reste bloqué par les Iraniens.

Mais l’UE se comporte comme un chien errant abandonné par son maître – les aboiements du petit chien se font désormais entendre partout –, et se ruine elle-même dans sa guerre contre la Russie, alors que ses peuples rejettent clairement cette guerre menée par procuration. C’est une sorte d’autodestruction née de l’incompétence, de l’ignorance, de l’idéologie et de la mégalomanie. Tandis que le nouveau monde multipolaire composé des pays BRICS et du Sud global est déjà bien présent sur l’échiquier international, l’Europe et l’Occident jouent encore au jeu du « Ne t’en fais pas ».

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En fait, par exemple, il n’existe en RFA aucun poste universitaire critique envers l’OTAN, le thème de l’impérialisme américain reste tabou, et l’ukrainisation de la conscience est menée de façon fanatique par une propagande médiatique quotidienne et des répressions qui s'étendent au-delà des frontières nationales. L’affaire du colonel suisse Jacques Baud (photo), officier sanctionné par l’UE, en dit long. Les critiques du gouvernement sont poursuivis, sanctionnés par l’UE et le Conseil européen, et aussi en RFA, des auteurs ou des voix critiques, quand ils abordent des sujets comme l’islam, l’immigration de masse illégale et la propagande de guerre contre la Russie, sont classés comme ennemis de la constitution. Un abus manifeste commis par le soi-disant « Office de protection de la constitution », qui se ridiculise ainsi lui-même.

Nous ne devons toutefois pas nous laisser troubler. La devise doit être: pas un pouce de terrain aux fauteurs de guerre de l’UE, de l’OTAN et à la propagande de guerre du cartel politico-médiatique ! Au contraire, une nouvelle architecture de sécurité paneuropéenne, incluant naturellement la Russie et ses intérêts géopolitiques légitimes, est l’impératif urgent du moment !

lundi, 01 juin 2026

Satan et l'Amérique

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Satan et l'Amérique

Claude Bourrinet

Comme chacun sait, la figure de Satan est une importation, dans l'imaginaire biblique, de la culture du Moyen Orient, des pays entre le Tigre et l'Euphrate volontiers manichéens. Les écrits gnostiques (qui recouvrent du reste des variétés d'orientations parfois bien différentes), puisent dans ce substrat. Le moyen âge a connu le Diable, mais sans l'hystérie des Temps modernes.

La scolastique, le thomisme, et, plus tôt, le monachisme bénédictin et cistercien, en avaient gommé les aspérités, pour en atténuer la puissance (le monde, création de Dieu, étant bon, et, d'ailleurs, le Mal n'existant pas, étant un moindre être, un éloignement de Dieu), de même que la Beauté intrinsèque de la création est la trace indubitable du Divin ici-bas - tandis que, pour un protestant, le monde est nécessairement laid, delà l'iconoclasme. C'est plutôt dans les hérésies, chez les Cathares, les adeptes du Saint-Esprit et les contempteurs radicaux de l'Eglise, que l'on trouve une survalorisation de Satan, soit qu'on estime que le monde est sous son emprise absolue, soit qu'on y découvre sa présence permanente et tentante. C'est pourquoi il y a eu infiniment plus de bûchers à sorcières au XVIe siècle, surtout dans les pays protestants, qu'au moyen âge catholique.

Personne n'ignore que la Réforme est pessimiste (Luther a écrit un livre, contre Erasme, sur la Servitude humaine), et que, pour elle, qu'elle fût luthérienne ou calviniste, le péché saisit l'homme entier, pour qui seule la grâce éventuelle est un recours (précaire). Le paradoxe, évidemment, est que c'est dans les pays touchés par le protestantisme que la thèse de l'innocence - de la nature originelle, de l'enfance etc. - s'est imposée (thèse qui n'était somme toute apparue que dans le mythe de l'âge d'or païen, encore présent dans la littérature et la musique pastorales de la Vieille Europe, mais qui n'était qu'un MOTIF humaniste très culturel, réservé aux classes cultivées par les livres, et aux classes populaires par la fête).

p2013_p_v8_af.jpgRousseau en est une sorte de prototype. Mais ce n'est pas étonnant, car, justement, la présence de cette innocence, que l'on trouve à un degré psychodramatique exacerbé dans la culture américaine (les livres de Steinbeck, par exemple, ou le cinéma - je prends au hasard : Asphalt Jungle, de John Houston et de Burnett, qui lient cinéma et littérature, et dont la scène finale, merveilleusement, affronte avec une émotion violente, le monde de la campagne, des chevaux, et celui de la ville, de Babylone), la présence lancinante de cette innocence, donc, présente, certes, mais que l'on n'atteint que péniblement, souvent, comme Moïse, en l'apercevant seulement avant de mourir, sert à souligner la persistance du Mal, dont l'Amérique, pourtant messianique, est presque l'incarnation (elle qui prend pour symbole l'argent, le pouvoir, la puissance, la violence, ce que Jésus a refusé).

L'Amérique est une civilisation qui a accepté Satan comme maître, car il est le seigneur de ce monde de péché. On connaît cette inversion de la main gauche, parmi certains mystique, qui consiste à rejoindre Dieu en appliquant l'exact contraire de ses préceptes, en se livrant à la débauche, au meurtre, à la prédation, au sacrilège, au blasphème, à la souillure. Eh bien, l'Amérique, qui a connu, dans son histoire, l'épisode hautement emblématique des fameuses Sorcières de Salem, est une secte qui a réussi.

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Gigantomachie à Makerfield

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Gigantomachie à Makerfield

par Georges Feltin-Tracol

Dans les prochaines semaines, les électeurs de la circonscription de Makerfield, dans le Nord de l’Angleterre, auront l’étonnant privilège de désigner peut-être le futur chef du gouvernement de Sa Très Gracieuse Majesté. Une élection législative partielle doit s’y dérouler à la suite de la démission du député travailliste Josh Simons. Il laisse son poste éligible à Andy Burnham dans la perspective audacieuse de virer sous peu l’actuel Premier ministre Keir Starmer.

Ce scrutin à venir n’est qu’une nouvelle réplique de l’effondrement du Labour aux élections locales du début de ce mois. Le 6 mai dernier, lors du renouvellement de l’équivalent anglais des conseils municipaux et intercommunaux ainsi que des parlements régionaux en Écosse et au Pays de Galles, les électeurs infligent une cuisante défaite aux travaillistes au pouvoir à Londres: fin avec 11,08% -25,1%) d’une domination séculaire au Pays de Galles au profit des indépendantistes wokistes gallois (35,41%), échec au parlement d’Édimbourg (17 sièges au lieu de 22!) de ravir la première place aux indépendantistes d’extrême gauche écossais du SNP (Parti «national» écossais), perte de 1496 sièges sur 5000 mandats territoriaux dans 136 collectivités locales en Angleterre. Les conservateurs de Kemi Badenoch connaissent eux aussi un net recul de 563 sièges municipaux. En revanche, en dehors des libéraux-démocrates (Lib-Dem), l’habituelle troisième force politique britannique, qui récoltent 155 mandats supplémentaires pour atteindre un gain notable de 844 élus territoriaux, et sans insister sur le succès des indépendantistes gallois et la reconduction au pouvoir des indépendantistes multiculturalistes écossais, les deux grands vainqueurs sont Reform UK et le Green Party.

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Fondée en 2019, la formation du Brexiter Nigel Farage remporte 1453 sièges, soit 1451 en plus, et devient majoritaire dans quatorze conseils. Il s’agit d’une performance inédite puisque Reform UK triomphe autant dans les bastions travaillistes du Nord que dans les fiefs conservateurs du Sud. En outre, les amis de Nigel Farage arrivent en deuxième position tant au Pays de Galles (29,30%) qu’en Écosse (16,65%).

imagzpes.jpgL’autre surprise de l’élection provient du Green Party. Il n’existe plus de parti écologiste unique en Grande-Bretagne. En 1990, les Verts écossais indépendantistes se séparent à l’amiable de leurs camarades anglo-gallois et gouvernent en coalition avec les SNP entre 2021 et 2024. Le système médiatique a les yeux de Chimène pour son animateur principal, Zack Polansky, grand tenant de l’«écopopulisme». Comme quoi, tous les populismes ne sont donc pas répréhensibles pour la cléricature médiatique…

Naguère appelé David Paulden, Zack Polanski naît en 1982. D’abord militant Lib-Dem, il adhère au Green Party en 2017. Il en devient le responsable en septembre 2025 et suscite aussitôt l’engouement d’une presse plus politiquement correcte que jamais. Issu d’une famille juive originaire de Lettonie, l’ancien acteur amateur critique Israël, soutient la cause palestinienne, met en avant son homosexualité, estime que la justice sociale va de pair avec la cause environnementale, prône l’ouverture maximale des frontières et défend l’accueil inconditionnel des étrangers, clandestins ou non.

Sa forte notoriété médiatique torpille la tentative de l’ancien chef du Labour, Jeremy Corbyn, le Mélanchon britannique, de revenir au premier plan. Exclu des travaillistes, mais resté député indépendant à Westminster, Corbyn a lancé Your Party. Mais le jeune parti de gauche radicale se déchire très vite entre ses fondateurs dont Zarah Sultana et Adnan Hussain à propos de la place à donner à la question trans et leur accès aux toilettes publiques dans le programme si bien que les communautés musulmanes d’origine allochtone préfèrent voter pour les «écologistes» qui, avec 587 sièges, en remportent 441 et prennent cinq mairies.

L’élection du 6 mai 2026 dessine par conséquent un nouveau paysage politique éclaté avec cinq forces principales (travaillistes, conservateurs, Reform UK, Verts et Lib-Dem) auquel il faut ajouter les séparatistes écossais et gallois en dépit de la loi d’airain du scrutin majoritaire uninominal à un tour. Toutefois, le Royaume-Uni n’est pas les États-Unis d’Amérique où tout tiers parti n’a pas de viabilité réelle comme le démontre l’échec à la fin du XIXe siècle du Parti populiste dans l’Ouest étatsunien.

Cette fragmentation électorale fragilise un Keir Starmer toujours aussi inaudible et fort peu charismatique, empêtré en outre dans une politique d’austérité désastreuse et dans le scandale Peter Mandelson lié à Jeffrey Epstein. Au contraire des conservateurs qui n’hésitent pas à chasser leur meneur si l’occasion se présente (Margaret Thatcher en 1990, Theresa May en 2019, Boris Johnson et Liz Truss en 2022), le Labour répugne à démettre son chef de file au pouvoir. Néanmoins les 403 députés travaillistes se préparent au règlement de compte. Plusieurs membres du cabinet Starmer ont déjà démissionné. Le 14 mai, le ministre à la Santé et à la Protection sociale, Wes Streeting, quitte à son tour une équipe gouvernementale en plein naufrage. Toutefois, le démissionnaire, classé à l’aile droite (blairiste) du parti, n’ose pas encore déclencher la procédure de destitution interne. A-t-il en effet la possibilité de recueillir 81 signatures de députés nécessaires ?

Official_portrait_of_Angela_Rayner_MP_crop_2,_2024.jpgL’ancienne vice-première ministresse, Angela Rayner (photo), classée elle aussi à gauche, enfin blanchie d’accusations de fraude fiscale, distille son intention de remplacer Starmer à moins qu’elle prépare l’arrivée d’Andy Burnham par la bonne grâce des électeurs de Makerfield. Ancien ministre de la Santé sous Gordon Brown de 2009 à 2010, l’actuel maire du Grand Manchester n’est plus député depuis 2017. Surnommé le « roi dans le Nord », ce tribun anti-Brexit de confession catholique développe un discours volontiers populiste qui s’approche parfois de l’orbite du Blue Labour (le « conservatisme de gauche »). Il se croit capable de ramener vers lui les classes moyennes et ouvrière attirées par Nigel Farage.

En février 2026, Burnham souhaitait déjà se porter candidat dans la circonscription de Gorton–et-Denton à l’Est du Grand Manchester. Les instances du Labour peuplées de créatures de Starmer avaient alors rejeté sa candidature sous le prétexte qu’élire un nouveau maire serait dispendieux en argent et en militants pour le Labour. Résultat: la circonscription tombe dans les mains de la candidate Verte Hannah Spencer…

Désormais sur la défensive, Keir Starmer ne peut plus poser son veto au parachutage de son concurrent potentiel à Makerfield. Or il n’entend pas faire entrer le loup dans la bergerie. Jouissant du 10, Dowing Street, Starmer va certainement tout faire pour entraver la courte campagne de Burnham d’autant que Makerfield est en passe de tomber du côté de Reform UK. Nigel Farage, pour sa part, vient de promettre la mobilisation générale de son mouvement dans cette partielle cruciale. Il devient ainsi l’allié objectif de Starmer. Le premier ministre peut aussi se tourner vers le candidat Vert dont les propos leukophobes cherchent à séduire un électorat allogène bien implanté. Le résultat électoral final risque donc d’être très serré. Makerfield ou le destin immédiat de la Grande-Bretagne dans quelques bulletins de vote…   

GF-T

  • « Chronique flibustière », n° 193, d’abord mise en ligne sur Synthèse nationale le 26 mai 2026.

samedi, 30 mai 2026

La stratégie d’Abraham

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La stratégie d’Abraham

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/la-strategia-di-abramo/

Croire que Trump est aveugle, dépourvu d’idées et de stratégie, totalement dominé par son « ami » Netanyahu, peut être une erreur. Une erreur très grave, dans laquelle, d’ailleurs, nos médias tombent, aveuglés par la rancœur idéologique et les préjugés.

En réalité, The Donald a bel et bien des stratégies et des programmes. Même si beaucoup d’entre eux trahissent les attentes de ceux qui, aux États-Unis, l’ont soutenu dans un premier temps.

Et qui n’auraient pas voulu que les États-Unis s’embourbent à nouveau au Moyen-Orient, en soutenant Israël et en entrant directement en conflit avec l’Iran.

Une guerre que Trump a, en fait, perdue. N’ayant pas réussi à atteindre son objectif, initialement clair et déclaré, d’un changement de régime à Téhéran. En imposant un nouveau gouvernement docile – Reza Cyrus ou d’autres – et en éliminant définitivement la domination des ayatollahs.

Cependant, The Donald semble avoir une stratégie différente, qui pourrait (le conditionnel est de rigueur) lui permettre de transformer une défaite momentanée en une victoire finale.

Il s’agit, à bien y regarder, d’un élargissement de la stratégie qui était à l’origine des anciens Accords d’Abraham.

Qui, dans la vision de Trump, devraient s’étendre considérablement. En incluant tous, absolument tous les pays de la région moyen-orientale qui sont, pour une raison ou une autre, hostiles à l’Iran.

Donc les Saoudiens, Oman, les Émirats, le Qatar, Bahreïn, le Koweït.

Mais aussi les Égyptiens, les Syriens d’al-Jolani, les forces libanaises opposées aux chiites du Hezbollah.

Et, surtout, la Turquie d’Erdogan.

Bref, d’une certaine manière, une recomposition du front sunnite. Une réédition de la Fitna, la guerre endémique entre sunnites et chiites, mais, évidemment, sous la direction et le contrôle de Washington.

Et c’est là, pourtant, que le bât blesse.

Car, dans le plan de Trump qui se dessine et se précise, il y a un élément de « perturbation » non négligeable. Israël.

En effet, ce front sunnite, qui devrait combattre et réduire l’influence iranienne dans toute la région, aurait, dans la vision du président américain, pour objectif principal la sécurité d’Israël.

Ou même, d’en constituer la cuirasse.

Et c’est là, évidemment, que le problème surgit. Car Israël est perçu par de nombreux pays sunnites comme une menace. Par la Turquie d’Erdogan, surtout, mais aussi, de façon plus voilée, par l’Égypte d’al-Sissi.

Et les pays mêmes de la péninsule arabique semblent bien conscients que s’engager trop officiellement dans la défense d’Israël serait mal vu et mal supporté par leurs populations. Avec le risque d’émeutes ou même de révoltes internes.

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Et puis, il y a aussi le problème d’Israël lui-même. Ou plutôt du dessein du gouvernement Netanyahu de donner naissance au Grand Israël. En soumettant, ou mieux encore, en chassant les Arabes d’une vaste région.

Un dessein qu’aucun gouvernement arabe ne saurait accepter. Même s’il était soumis à Washington.

The Donald a, quoi qu’il en soit, son projet en tête. Et il fera tout, dans les mois à venir, pour le réaliser. Ou, du moins, pour commencer à le mettre en œuvre.

Ce qui arrivera réellement, il est difficile de le dire pour l’instant.

Il est certain que le patriarche Abraham aurait sans doute quelque chose à redire depuis sa tombe, hypothétique et silencieuse.

Sergueï Peresleguine et la transition vers un monde fermé

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Sergueï Peresleguine et la transition vers un monde fermé

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/sergei-pereslegin-ja-s...

Le Russe Sergueï Peresleguine, futurologue et historien militaire bien connu, a développé l’une des interprétations les plus cohérentes de la rupture de civilisation actuelle. Selon lui, l’ordre mondial est en train de passer d’un «monde centré sur le binôme Washington–Bruxelles», lequel est ouvert, à un monde fermé, dans lequel l’idéologie, la loi et le contrôle remplacent la commercialité et la libre circulation en tant que principes centraux.

Peresleguine souligne que cette transition n’a pas commencé avec le coronavirus, mais que la pandémie a constitué un tournant majeur et un accélérateur dans un processus déjà en cours. Il caractérise le coronavirus avant tout comme une opération info-psychologique et un catalyseur technologique et politique qui a révélé et accéléré des évolutions dont les racines remontent à la crise financière de 2008 et, en particulier, aux tensions géopolitiques des années 2010.

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Derrière ces tendances se profile le modèle des vagues technologiques utilisé par Peresleguine. Il s’appuie sur la théorie de l’économiste russe Nikolaï Kondratiev qui propose des cycles de 40 à 60 ans, au cours desquels les technologies de base de l’économie et de la production sont profondément renouvelées.

Peresleguine compare le coronavirus à la menace biologique des pandémies précédentes (comme la grippe espagnole ou la grippe de Hong Kong) et considère que le virus lui-même ne représentait qu’une menace relativement mineure pour l’humanité. Ce qui comptait avant tout, c’était la réaction sociale: le confinement global et la quarantaine, à laquelle jamais aucune pandémie antérieure n’avait conduit. Cela a montré que les libertés fondamentales acquises pendant l’ère industrielle pouvaient être annulées d’un seul trait, sans crise immédiate de légitimité.

La pandémie a permis la transition de la cinquième vague technologique – l’économie de la consommation, des services et des finances – à la sixième, où l’intelligence artificielle, les méthodes de fabrication additives et les cycles de production fermés remplacent le commerce mondial ouvert. Elle a également donné un élan à une « gouvernance post-constitutionnelle », où l’état d’exception devient une structure permanente.

Dans ce contexte, Peresleguine parle de «fascisme médical» ou de «solidarisme», entendant par là l’utilisation d’une justification médicale en tant que substitut à la démocratie traditionnelle.

À un niveau plus profond, Peresleguine situe l’ensemble du processus dans le cadre plus large de la «zone d’ombre». Il s’agit d’une «crise de transition» – terme par lequel il décrit une rupture qualitative soudaine, où l’ancien système s’est effondré mais où le nouveau n’est pas encore né. La durée typique d'une mutation de ce type est de 20 à 22 ans, ce qui place l’horizon temporel autour de 2042.

Peresleguine avertit cependant que si aucun nouveau moteur de civilisation – «de grands explorateurs, un nouveau Thomas d’Aquin ou une nouvelle Jeanne d’Arc» – n’émerge, le processus pourrait s’étendre sur huit générations, soit près de 200 ans. Durant cette phase de transition, l’ancien monde de la mondialisation sera enseveli et un système fragmenté, plus fermé, se construira à sa place. Les frontières se ferment, le contrôle s’intensifie et les intérêts des États et des élites se trouvent de plus en plus étroitement liés.

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Parallèlement, Peresleguine reste très sceptique à l’égard de l’intelligence artificielle forte. Il conteste, pour des raisons théoriques et informationnelles, que les machines à architecture von Neumann puissent un jour atteindre l’intelligence humaine, et encore moins la conscience. Il distingue trois niveaux: l’intelligence artificielle capable de tâches intellectuelles simples; l’intelligence artificielle génératrice de savoir nouveau; et l’intelligence artificielle créant une autre forme de connaissance. Selon Peresleguine, seul le premier niveau existe à ce jour.

Il compare l’intelligence artificielle actuelle à un enfant prodige de six ou sept ans, qui se souvient de tout mais a toujours besoin d’un humain pour donner un sens à ses actions. L’humain est capable d’une «pensée quantique», où des significations très éloignées se relient pour former des intuitions – ce que les machines ne peuvent pas faire.

Peresleguine estime que les conflits militaires ne constituent pas le danger le plus grave en temps de crise. Il considère, en revanche, qu’une famine potentielle, qui pourrait coûter la vie à 4 ou 5 milliards de personnes, est une menace tout aussi sérieuse. Les politiques énergétiques vertes ont réduit l’énergie disponible pour la production d’engrais, et la destruction du cheptel a limité la disponibilité des engrais organiques. Cela pourrait entraîner une baisse de la production agricole et déclencher un effet domino où la dégradation des structures sociales approfondirait la famine.

Dans la théorie de Peresleguine, l’essor du monde fermé est une évolution à long terme. La structure de la mondialisation ouverte avait déjà commencé à se resserrer dans les années qui ont suivi la crise financière, et le processus s’est accéléré avec les tensions géopolitiques et les stratégies d’urgence des années 2010.

Le théoricien russe a poursuivi son analyse en intégrant des projets d’élites tels que le « Grand Reset » (l’initiative du Great Reset lancée par le Forum économique mondial) dans cette grande transition vers un ordre mondial plus fermé. Les conflits géopolitiques actuels, les crises des ressources, la compétition technologique et la surveillance numérique croissante approfondissent cette évolution.

La vérité historique n’est souvent pas univoque. Peresleguine avance que la réalité historique obéit à des principes proches de la mécanique quantique – deux interprétations contradictoires peuvent être vraies simultanément. C’est pourquoi il ne cherche pas à prouver ses affirmations, mais à ouvrir des perspectives.

Ses vues s’inscrivent dans la tradition de la futurologie critique. Ce sont plutôt des interprétations provocatrices et herméneutiques que des prévisions empiriques strictes. Son observation centrale demeure néanmoins juste: les crises révèlent les vulnérabilités structurelles et permettent des changements radicaux dans les structures du pouvoir.

La transition décrite par Peresleguine a déjà commencé. L’héritage du monde ouvert est enterré, et un système fermé se construit silencieusement au sein de différentes sociétés – que l’accélérateur soit une pandémie, une crise économique, une mutation technologique ou des tensions géopolitiques.

vendredi, 29 mai 2026

Le retard de l’Europe en IA: un problème structurel annoncé

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Le retard de l’Europe en IA: un problème structurel annoncé

Bernd Müller

Source: https://www.telepolis.de/article/Europas-KI-Rueckstand-Ei...

Le retard de l’Europe en matière d’intelligence artificielle n’est pas un hasard – une nouvelle étude montre pourquoi le continent perd structurellement et ce que cela signifie pour nous tous.

L’écart entre l’Europe et les États-Unis dans la course à l’IA se creuse rapidement. Alors que les entreprises technologiques américaines augmentent massivement leurs investissements, l’Europe reste prudente – en termes de capitaux, de rapidité et de structure.

Ce qui se dessine, ce n’est pas un simple retard temporaire, mais un problème structurel aux conséquences durables pour la compétitivité et la souveraineté économique.

Les chiffres de la dernière étude EY sont révélateurs. Rien qu’en 2025, Alphabet, Apple, Microsoft, Amazon et Meta ont injecté 46 milliards d’euros supplémentaires dans la recherche et le développement – soit une hausse de 21%.

Dans le même temps, les 31 entreprises allemandes du top 500 n’ont ensemble investi que 2,8 milliards d’euros supplémentaires. C’est moins d’un seizième de ce que les cinq groupes américains ont ajouté.

Comme le montre l’étude EY, les entreprises américaines investissent désormais 9,2% de leur chiffre d’affaires dans la R&D, tandis que les entreprises européennes n’y consacrent que 6,7%.

«C’est surtout l’essor de l’IA qui pousse les dépenses de recherche des entreprises technologiques vers de nouveaux sommets», explique Henrik Ahlers, président du directoire d’EY. «Même une conjoncture mondiale faible et des risques géopolitiques élevés freinent à peine cette dynamique pour l’instant».

La destination de ces fonds est claire: en 2026, les géants de la tech investiront jusqu’à 725 milliards de dollars, principalement dans les infrastructures d’IA et les centres de données. Mark Zuckerberg (Meta) préfère miser sur une surcapacité que sur une sous-capacité – Andy Jassy (Amazon) parle d’« une occasion unique ». Pendant ce temps, les dirigeants européens publient des lettres ouvertes.

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L’écart se creuse à tous les niveaux

L’avance des États-Unis en matière d’investissements n’est pas seulement quantitative – elle se traduit également par une domination structurelle. Sur les dix plus grands investisseurs mondiaux en R&D, sept sont américains, seulement deux sont européens: Volkswagen (7e place) et Roche.

Alors qu’en 2024, 132 entreprises européennes figuraient dans le top 500, elles n’étaient plus que 126 en 2025. L’Amérique du Nord est restée stable à 147, et l’Asie est passée de 215 à 220 entreprises dans le classement.

Les raisons pour lesquelles les groupes européens ne suivent pas sont multiples. La guerre en Ukraine, la hausse des prix de l’énergie et un net attentisme des consommateurs comme des entreprises pèsent sur les investissements.

«En ces temps difficiles, de nombreuses entreprises surveillent chaque euro dépensé», explique Ahlers. Mais il pointe aussi un problème plus profond:

«Pour être innovantes, les entreprises doivent également adopter des structures internes favorisant l’innovation et l’agilité. Et là, il faut reconnaître avec honnêteté que ce n’est pas toujours le cas, même chez les grands groupes allemands».

Fuite des talents et fragmentation financière

L’écart se voit aussi au niveau des talents. L’Allemagne est tombée à la 5ème place du classement mondial de l’IA – derrière les États-Unis (plus d’un million de talents en IA), l’Inde (991.788), le Royaume-Uni et désormais aussi le Canada avec 133.280 spécialistes. L’Allemagne en compte 117.336. C’est préoccupant, car sans talents de pointe, il ne peut y avoir de recherche de pointe.

À cela s’ajoute ce que Frank Elderson, membre du directoire de la BCE, a désigné dans son discours du 12 mai comme le véritable problème bancaire de l’Europe: la fragmentation avant tout.

80% des crédits bancaires vont à des entreprises du pays d’origine de la banque concernée. Moins de 2% des dépôts sont conservés au-delà des frontières. Les fusions transfrontalières? À un plus bas niveau historique.

Ainsi, toute personne qui crée une start-up innovante en IA à Munich et qui a besoin de capitaux en provenance d’Amsterdam ou de Vienne se heurte à un patchwork de 27 réglementations nationales différentes.

Ce n’est pas un problème marginal. D’après la BCE, la seule transition verte nécessitera 1200 milliards d’euros par an jusqu’en 2030. À cela s’ajoutent la défense et les infrastructures numériques. Un marché financier fragmenté ne peut tout simplement pas mobiliser de tels volumes d’investissement.

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Bruxelles réagit – mais cela sera-t-il suffisant ?

L’Union européenne tente de réagir. Le 7 mai, le Conseil et le Parlement se sont mis d’accord sur une simplification des règles relatives à l’IA, dans le cadre du paquet législatif «AI Omnibus».

Les prescriptions sur les systèmes d’IA autonomes à haut risque sont reportées au 2 décembre 2027, et pour les systèmes intégrés dans des produits, au 2 août 2028. Les exceptions prévues pour les petites et moyennes entreprises (PME) s’appliquent désormais aussi aux petites entreprises de taille intermédiaire (small mid-caps). Les bacs à sable réglementaires (« sandboxes ») devront être en place d’ici août 2027.

Nouveauté: l’interdiction des contenus sexuels non consentis générés par l’IA et des représentations d’abus sexuel d’enfants. De plus, les fournisseurs devront enregistrer leurs systèmes d’IA dans la base de données européenne, même s’ils estiment que leur système ne relève pas du haut risque.

Le délai de transparence pour les contenus générés par l’IA a été réduit à trois mois, la date butoir étant le 2 décembre 2026.

Le problème: quelques jours auparavant, sept leaders technologiques européens, d’Airbus à SAP, avaient précisément mis en garde contre ce qui a rendu cet accord nécessaire: le risque que l’Europe se perde dans les détails réglementaires, alors que le reste du monde intègre déjà l’IA dans des systèmes physiques. Les dirigeants demandaient des « garde-fous flexibles » plutôt que des exigences rigides.

Pour l’Europe, la vitesse est la dernière chance

Reste à savoir si la simplification sera suffisante. L’évolution des profits en Europe montre à quel point la marge de manœuvre est limitée: en 2025, les cinq plus grandes entreprises technologiques américaines ont généré un bénéfice opérationnel de 261 milliards d’euros, soit 21% de plus que l’an passé.

L’ensemble des 40 sociétés du DAX a atteint 173 milliards, soit 4% de moins qu’en 2024. Or, avec des bénéfices en baisse, il est difficile d’investir dans les technologies d’avenir.

Il y a tout de même des signes encourageants: dans le secteur automobile, l’Europe investit 6,5% de son chiffre d’affaires, nettement plus que l’Amérique du Nord (4,1%) ou l’Asie (4,6%). Le secteur pharmaceutique reste également fort, avec une intensité de R&D de 14,7%.

Le lien entre intensité de recherche et rentabilité est d’ailleurs évident: selon la BCE, les entreprises très innovantes atteignent une marge d’EBIT de 14,1%, contre seulement 9,9% pour les moins innovantes.

Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, l’a souligné dans son discours sur l’intégration financière: le capital suit l’économie réelle.

Pour tirer parti d’un système financier unifié, il faudrait faire avancer ensemble les réformes du marché intérieur et l’union européenne de l’épargne et de l’investissement.

Ce dont l’Europe a besoin, ce n’est pas moins de régulation, mais des règles plus simples et plus harmonisées – et un cadre unique pour les marchés de capitaux.

La question décisive des prochaines années sera de savoir si l’Europe parviendra à résoudre ses problèmes structurels assez rapidement. Les géants américains de la tech, eux, n’attendent pas.

Les États-Unis veulent «acheter» Nord Stream et «dicter» les prix du gaz

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Les États-Unis veulent «acheter» Nord Stream et «dicter» les prix du gaz

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198013

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, accuse une fois de plus les États-Unis de vouloir contrôler les gazoducs Nord Stream et ainsi, à l’avenir, fixer eux-mêmes les prix du gaz.

«Les prix ne seront alors plus fixés entre la Russie et l’Allemagne», a-t-il déclaré lors d’une interview avec RT-India.

Des prix dictés par les Américains

Lavrov a expliqué que les États-Unis prévoyaient de remettre en service les gazoducs Nord Stream endommagés et de racheter à bas prix les parts des entreprises européennes, comme l’a également rapporté Weltwoche.

«Ils veulent acheter les parts pour environ un dixième de ce que les Européens ont payé», a-t-il affirmé. Si les États-Unis réussissent, cela «obligerait les Allemands à retrouver leur dignité nationale» et à dire: «Très bien, nous allons réutiliser ce gazoduc».

Lavrov a également rappelé d’anciennes déclarations de Washington. Sous la présidence de Joe Biden, les États-Unis avaient déclaré que les gazoducs ne seraient plus jamais remis en service. Désormais, les explosions sont attribuées à des acteurs ukrainiens.

Les gazoducs Nord Stream ont été gravement endommagés par des explosions en mer Baltique en septembre 2022. Trois des quatre conduites ont été détruites. La Russie a alors ouvert une enquête pour terrorisme international. Depuis, Moscou accuse plusieurs pays européens d’entraver l’enquête.

L’audace du sabotage

La situation autour de Nord Stream est d’une audace sans pareil, car ceux qui ont endommagé les gazoducs disposaient non seulement des moyens mais aussi de l’intérêt politique.

C’est précisément pour cette raison que les récits officiels paraissent peu crédibles à beaucoup. On a d’abord accusé Poutine, puis l’Ukraine a été mise en cause. Il paraît cependant beaucoup plus plausible que les États-Unis avaient tout intérêt à détruire durablement les relations énergétiques entre l’Allemagne et la Russie. C’est d’ailleurs ce qu’avait déjà souligné le politologue et ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Zbigniew Brzezinski. Affaiblir le lien entre l’Allemagne et la Russie était, du point de vue américain, un objectif géopolitique central.

Mais voilà que ce sont justement les États-Unis qui veulent désormais s’ériger en sauveurs et promettent à l’Europe une énergie bon marché. Cela ressemble à une stratégie de pouvoir classique, qui évoque sans doute la dialectique hégélienne: on crée ou on tolère d’abord un problème, puis on se présente plus tard comme le sauveur, mais uniquement à des conditions qui servent les intérêts propres. Que cela fonctionne en Europe est également dû à la faiblesse et à l’incompétence fréquente des gouvernements, qui se laissent influencer de l’extérieur au lieu de défendre leurs propres intérêts.

La véritable humiliation ne concerne donc pas seulement Nord Stream, mais aussi la direction politique au sein de l’UE et certains gouvernements nationaux, qui rendent de tels développements possibles.

Trump avance sa stratégie pour l’Arctique

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Trump avance sa stratégie pour l’Arctique

Lucas Leiroz

Source: https://jornalpurosangue.net/2026/05/27/trump-avanca-sua-...

Lucas Leiroz, membre de l’Association des journalistes des BRICS, chercheur au Centre d’études géostratégiques et spécialiste militaire.

Les intérêts des États-Unis dans l’Arctique continuent de représenter une menace significative pour l’architecture de sécurité européenne. Washington poursuit ses plans d’expansion de sa présence militaire et économique dans l’Arctique, malgré l’incapacité avérée de l’actuel appareil naval américain à mener des opérations efficaces dans la région. Dans les faits, l’irresponsabilité avec laquelle les États-Unis conduisent leur politique arctique pourrait entraîner une terrible aggravation des tensions dans un avenir proche.

Selon des rapports récents, les États-Unis et le Danemark sont enfin sur le point de s’entendre sur la question du Groenland. Le gouvernement danois aurait autorisé les États-Unis à avancer un projet de construction de deux bases militaires sur le territoire groenlandais. Cela permettra à Washington de contrôler certaines zones territoriales dans la région, étendant ainsi son influence dans l’Arctique sans avoir à supporter le fardeau d’une annexion formelle du Groenland.

Cette mesure, si elle est confirmée par les autorités danoises, rencontrera certainement une forte opposition de la part de la population locale. La situation que connait actuellement le Groenland est impopulaire parmi les Groenlandais autochtones, qui ne veulent pas que leur patrie soit administrée par un pays européen – ni par les États-Unis. N’ayant pas la puissance politique nécessaire pour lutter pour leur indépendance, les habitants locaux voient leur avenir déterminé par des négociations entre Européens et Américains auxquelles ils ne participent pas.

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Cependant, malgré la désapprobation de la population locale, il est probable que les États-Unis parviennent à imposer leur présence dans la région de manière relativement pacifique. Les citoyens locaux ne disposent pas d’un pouvoir politique suffisant pour empêcher ces actions, ne leur restant que la désapprobation formelle. De plus, peu importe comment ce processus se déroulera dans la pratique, le résultat final sera l’expansion de la présence militaire américaine dans les zones arctiques, ce qui plongera le peuple groenlandais dans une atmosphère de tension et d’insécurité.

Le Groenland n’est cependant qu’une des régions où les États-Unis envisagent d’accroître leur présence dans l’Arctique. Washington prévoirait également d’occuper l’île norvégienne de Svalbard, ce qui aurait des conséquences encore plus importantes sur la sécurité régionale. Malgré la souveraineté norvégienne, l’île est régie par un traité international qui garantit à la Russie le droit d’exploitation économique de l'archipel, raison pour laquelle Moscou, même aujourd’hui – malgré les sanctions – maintient des activités à Svalbard.

Militariser Svalbard serait une mesure terrible, en plus d’être une violation du droit international. Le traité qui régit l’île interdit sa militarisation, et il existe une présence historique russe qui ne peut être ignorée. En outre, même si les États-Unis n’utilisent pas l’île à des fins militaires officielles, la simple expansion de la présence américaine dans une région de l’Arctique européen – si proche de la Russie – suffirait à augmenter substantiellement les tensions régionales.

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Toutefois, que ce soit au Groenland ou à Svalbard, les États-Unis feront face au même problème: leur fragilité logistique dans l’environnement arctique. Historiquement, Washington a ignoré l’Arctique, se concentrant sur d’autres régions du monde pour son expansion militaire et économique. Le résultat a été un retard significatif dans les technologies américaines pour l’Arctique. Le pays ne dispose pas d’une flotte importante de brise-glaces, ce qui réduit drastiquement sa capacité à opérer dans l’Arctique. Pendant des décennies, l’Arctique a été considéré par les experts américains comme une région inhospitalière et de faible valeur stratégique, poussant le pays à y négliger son potentiel militaire et économique.

Lors des exercices militaires récents dans l’Arctique, les États-Unis ont démontré leur incapacité à mener des opérations complexes en raison du faible nombre et de la faible qualité de leurs brise-glaces. Bien que le pays tente de réhabiliter sa stratégie pour l’Arctique et de produire des équipements de haute qualité pour la région, il est pratiquement impossible pour les États-Unis d’atteindre le statut de «superpuissance arctique» dans un avenir proche. En réalité, Washington commence seulement à s’intéresser à la région, mais ses possibilités d’action sont extrêmement limitées.

En fait, plutôt que de chercher à étendre leur présence dans l’Arctique de manière agressive et unilatérale, les États-Unis devraient simplement s’engager dans des projets conjoints de coopération pacifique dans la région – surtout avec la Russie, pays qui possède aujourd’hui la technologie arctique la plus avancée du monde. Malheureusement, des secteurs bellicistes et pro-hégémoniques ont gagné une influence considérable au sein du gouvernement de Trump au cours de ces derniers mois, ce qui explique ses prises de décisions irresponsables sur diverses questions récentes.

Si Trump parvient à reprendre le contrôle de son propre gouvernement et à contenir la pression des secteurs bellicistes, les États-Unis pourront à l’avenir s’engager dans une coopération internationale fructueuse dans l’Arctique. Sans cela, cependant, les Américains resteront incapables d’exploiter le potentiel économique et stratégique de la région pendant longtemps.

* * *

Vous pouvez suivre Lucas Leiroz sur : https://t.me/lucasleiroz  et https://x.com/leiroz_lucas

jeudi, 28 mai 2026

Il y a quinze ans, l'OTAN détruisait la Grande Rivière Artificielle en Libye

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Il y a quinze ans, l'OTAN détruisait la Grande Rivière Artificielle en Libye

par le Zannekinbond (Flandre)

Source: https://www.facebook.com/zannekinbond

Il y a quinze ans, l’OTAN bombardait la Grande Rivière Artificielle en Libye, un gigantesque mégaprojet aquifère initié par Kadhafi pour reverdir le Sahara et des parties du Sahel, en utilisant l’eau fossile multi-millénaire du sous-sol.

La Grande Rivière Artificielle constituait un réseau de 4000 kilomètres de canalisations souterraines, conçu pour capter l’eau fossile du Sahara et transformer le désert en terres agricoles. L’eau devait être extraite du système aquifère de grès nubien – la plus grande réserve d’eau fossile souterraine au monde, contenant une eau pure accumulée sous terre il y a 40.000 ans.

Ce projet aurait offert la souveraineté non seulement à la Libye, mais à toute la région saharienne et sahélienne. Et c’est justement ce défi de créer de la souveraineté qui dérangeait le camp impérialiste occidental. L’empire préfère que les pays du Sud importent leur denrées alimentaires et leurs matières premières de l’Occident, qu’ils restent de pauvres mendiants dépendants du FMI.

Un dossier de la CIA, désormais déclassifié et datant de 1987, mettait déjà en garde contre le «danger» que représentait ce projet aquifère pour les intérêts impérialistes, et indiquait qu’il «avait le potentiel de garantir l’approvisionnement en eau de la Libye pour une durée indéterminée et de réduire considérablement la dépendance à l’égard des importations alimentaires en provenance de l’Occident».

C’est pourquoi, en 2011, les avions de l’OTAN ont bombardé les sites du projet et même l’usine de tuyaux dans la ville de Brega. On vous dit que l’Afrique est pauvre mais on ne vous dit pas qui la maintient dans la pauvreté, ni qui a intérêt à ce que cela perdure. Raser des pays et les ramener à l’âge de pierre, pour qu’ils soient dépendants des prêts occidentaux et, en échange, cèdent toutes leurs ressources… voilà aussi comment fonctionne le néocolonialisme en 2026.

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Pourquoi y accorder encore de l’attention, en tant que nationaux-révolutionnaires flamands ou européens ?

Kadhafi, avec la Jamahiriya, affirmait l’idée qu’un peuple doit déterminer lui-même sa voie économique et culturelle, sans ingérence étrangère: fermement opposé à l’influence de l’OTAN, à l’hégémonie américaine et à la dépendance financière internationale. Cela reste d’une brûlante actualité. La Libye de Kadhafi se présentait aussi comme une alternative socialiste viable au libéralisme parlementaire bourgeois, via un système de comités populaires et de participation directe, qui tenait compte de l’autonomie locale. L’agression de l’OTAN en 2011 a entraîné un changement de régime qui a plongé la Libye dans un chaos et une violence persistants, une situation dont le crime organisé continue de profiter, avec la trafic de drogue et d'êtres humains vers l’Europe.

Les Houthis, le troisième pilier (oublié) de l’Iran dans la guerre au Moyen-Orient

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Les Houthis, le troisième pilier (oublié) de l’Iran dans la guerre au Moyen-Orient

Peter W. Logghe

Source: Nieuwsbrief Knooppunt Delta, n°210, mai 2026

Le mouvement Ansarallah contrôle depuis dix ans une partie importante du Yémen, parvenant à contrer une coalition régionale menée par l’Arabie saoudite et plaçant sous son autorité d’importantes routes maritimes nécessaires au bon fonctionnement de l’économie mondiale. Malgré le fait qu’il s’agisse d’un troisième pilier majeur (géopolitiquement parlant) du régime iranien, il est rarement mentionné dans les médias quand ceux-ci évoquent la guerre d’Iran. Les reportages se limitent généralement au conflit Israël-Hezbollah et à la lutte entre les États-Unis et l’Iran.

Pour comprendre le phénomène des rebelles houthis, il est utile de revenir un instant sur le passé. Au début du 21ème siècle, Hussein Badr al-Din al-Houthi lance dans le nord du Yémen un mouvement visant à raviver l’islam zaïdite. L’islam zaïdite est un courant minoritaire au sein du chiisme, et trouve ses racines dans cette région. D’abord mouvement culturel et religieux, il se radicalise rapidement sous l’effet du sentiment de marginalisation économique et religieuse qui se développait au Yémen et de la répression exercée par le gouvernement de Sanaa (capitale du Yémen).

Lors de la première des six guerres menées par le régime du président yéménite Saleh contre les Houthis (entre 2004 et 2010), Hussein est tué (en 2004) et son frère Abdel-Malik prend la tête du mouvement. Le véritable tournant a lieu en 2011, lorsque le régime de Saleh est déstabilisé par le Printemps arabe. Les Houthis, qui se nomment désormais Ansarallah – «soldats de Dieu» –, profitent du vide politique et, en 2014, s’emparent de la capitale Sanaa. Le président en place, Mansur Hadi, fuit à Aden puis trouve refuge un peu plus tard en Arabie saoudite. Une guerre civile éclate au Yémen, et elle n’est toujours pas terminée.

À l’origine, il s’agissait donc d’un mouvement purement yéménite. L’Iran (également chiite) va progressivement investir, voyant en Ansarallah un maillon clé dans son «Axe de la Résistance». Il investit massivement dans l’armement des Houthis: missiles balistiques, drones de combat, guerre électronique. Des membres des Gardiens de la révolution iraniens forment sur place du personnel militaire. L’Iran ouvre ainsi un second front contre l’Arabie saoudite, cette fois sur sa frontière sud.

En mars 2015, l’Arabie saoudite lance une contre-offensive et démarre, avec une coalition de pays sunnites, l’opération «Tempête décisive». Dix ans plus tard, le bilan est plutôt négatif: malgré des milliers de frappes aériennes, les Houthis ne sont pas vaincus et contrôlent toujours de vastes zones autour de Sanaa, et d'Al-Hodeida (principal port), etc. En 2019, les Houthis prouvent leur puissance en attaquant des installations pétrolières en Arabie saoudite (Abqaiq et Khurais).

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Et voilà qu’un nouvel acteur apparaît sur le champ de bataille yéménite ! Les Émirats arabes unis suivent leur propre logique et concentrent leurs efforts sur le port stratégique d’Aden. Abou Dhabi finance un soi-disant Conseil de transition du Sud, un mouvement séparatiste réclamant l’indépendance du Sud-Yémen. Un État dans l’État en quelque sorte, ce qui crée d’énormes tensions avec l’Arabie saoudite et le régime yéménite en place.

Durant la guerre de Gaza, les Houthis se sont déclarés solidaires des Palestiniens et ont attaqué massivement des navires pétroliers. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont réagi avec l’opération «Prosperity Guardian», frappant des installations militaires d’Ansarallah. Sous la présidence de Donald Trump, les bombardements américains ont été intensifiés, sans résultat décisif toutefois.

Les Houthis ont réussi à se transformer d’une petite tribu rebelle des montagnes du nord du Yémen en un acteur armé menaçant l’équilibre économique régional et mondial. Leur rôle est loin d’être terminé.

* * *

Pour plus d’informations sur le Moyen-Orient et les conflits en cours, ainsi que pour des repères historiques utiles, consultez le dernier numéro de Conflits, Revue de Géopolitique, n°63 (mai-juin 2026). revue.conflits@protonmail.com. Adresse : 32 rue Faubourg Poissonnière, 75010 Paris.

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Guerre contre l’Iran, saison 1: Trump 0 – Iran 1

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Guerre contre l’Iran, saison 1:

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Ralf Van den Haute

Source: Nieuwsbrief Knooppunt Delta, n°210, mai 2026.

Le président américain Donald Trump – plus à l’aise sur le green que dans le Golfe Persique – a présenté la guerre contre l’Iran comme si cela se résumerait à une brève excursion. Il voulait des résultats rapides: la chute du régime et la destruction de ses capacités militaires. Quatre semaines plus tard, rien de tout cela ne s’est produit.

L’Iran a pris l’initiative. Il contrôle le détroit d’Ormuz, menace, via ses alliés, de fermer d’autres passages stratégiques et a fait grimper les prix de l’énergie. L’Europe, coupée des hydrocarbures russes, en ressent immédiatement les effets. Parallèlement, la Russie profite de la situation.

Bien qu’ayant été durement touché par les bombardements, l’Iran n’a pas capitulé. Au contraire: le conflit s’est intensifié. Les États-Unis, qui comptaient sur une victoire éclair, se retrouvent empêtrés dans une guerre sans objectif clair ni stratégie de sortie. Le bilan de l’opération « Epic Fury » est tout simplement catastrophique.

La justification de la guerre reste vague. La menace nucléaire ne semble pas, selon diverses sources, être aiguë. Pourtant, sous la pression d’Israël, Trump s’est lancé dans un conflit qui, à ce moment-là, ne présentait pas de motif urgent. Même au sein des structures de sécurité américaines, des critiques se sont fait entendre, affirmant que l’Iran ne représentait pas une menace immédiate.

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La plus grande erreur fut de sous-estimer l’Iran lui-même. Ce n’est pas un État faible, mais un pays de 90 millions d’habitants, avec une longue histoire, une forte identité nationale et des ressources économiques et militaires considérables. L’Iran mène cette guerre comme une lutte existentielle – ce que Washington semble ne pas comprendre.

C’est pourquoi l'Iran refuse de capituler. La stratégie iranienne est asymétrique: il ne s’agit pas d’une confrontation directe avec la puissance américaine, mais de frapper des cibles économiques et énergétiques vulnérables. Le contrôle des points de passage stratégiques et les attaques contre les infrastructures énergétiques se révèlent particulièrement efficaces.

Les États du Golfe, dépendants de la protection américaine, sont entraînés dans le conflit. Leur modèle économique est sous pression, tandis que leur confiance en Washington en tant que garant de leur sécurité diminue.

Parallèlement, le droit international s’efface. L’élimination ciblée de dirigeants d’un État souverain, sans déclaration de guerre et sans approbation parlementaire, crée un précédent. La guerre semble échapper aux règles classiques qui la limitaient autrefois.

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Militairement, le conflit démontre à nouveau les limites de la supériorité technologique. Des systèmes d’armes coûteux sont déployés contre des drones bon marché; les coûts explosent, les stocks diminuent. Les États-Unis disposent de la tactique, mais manquent de stratégie – surtout d’une vision pour l’après-guerre.

Géopolitiquement, la guerre ouvre la voie à une multipolarisation accrue. Elle renforce la formation d’un bloc anti-occidental autour de la Russie et de la Chine, et accroît le risque d’escalade régionale. De plus, les objectifs de Washington et de Tel-Aviv divergent: alors que Trump envisage peut-être encore d'arriver à un accord, Israël, lui, semble déterminé à poursuivre la guerre.

Ce qui reste, c’est un conflit sans issue claire, avec des risques croissants pour toute la région. La stabilité au Moyen-Orient est plus éloignée que jamais.

18:24 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, états-unis, moyen-orient | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 27 mai 2026

L’Empire de la flibuste

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L’Empire de la flibuste

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/limpero-della-filibusta/

Un navire marchand, arborant la drapeau chinois et en route vers l’Iran, est intercepté et bloqué en haute mer par des navires militaires américains. Ceux-ci mènent, en effet, une opération d’embargo autour du Golfe Persique et de toutes les voies d’accès aux ports iraniens.

La réaction chinoise est sèche et formelle. Et c’est justement pour cette raison qu’elle est encore plus inquiétante.

Le ministère des Affaires étrangères de Pékin publie une note dans laquelle il affirme, sèchement, que la flotte américaine n’a aucun droit d’intercepter, en haute mer, des navires destinés à l'Iran ou en provenance d’Iran.

Et il précise, pour enfoncer le clou, que de tels actes portent gravement atteinte aux intérêts chinois. Et qu’ils ne seront plus tolérés.

Dans le style, formel, de la diplomatie de Pékin, c’est un dernier avertissement.

Le comportement américain conduit, directement, au conflit. La Chine ne peut tolérer cette atteinte continue à ses intérêts commerciaux.

Maintenant, il est inconcevable que Washington ignore ces choses. Ni, surtout, qu’il ignore où pourrait mener la persistance dans cette stratégie du blocus naval.

Ils le savent. Ils le savent parfaitement, et pourtant ils persistent dans cette voie.

Il ne s’agit pas simplement d’un conflit avec l’Iran. La question est plutôt la suivante: avoir levé le masque, en révélant la véritable nature de la superpuissance américaine.

Qui est la même, l'identique nature que celle de la Tortuga de l’Olonais. C’est-à-dire un Empire de la flibuste, cherchant à contrôler les mers et les routes maritimes. En ignorant délibérément lois, conventions, traités…

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Naturellement, la Tortuga d'antan exerçait un empire limité.

Washington, lui, prétend plutôt à une domination quasi universelle sur toutes les mers du monde.

Et cela, inévitablement, l’emmène dans un tunnel dont il est extrêmement difficile de voir, au bout,  l’éclat de la lumière.

Un tunnel qui, facilement, pourrait le mener à la guerre avec Pékin.

Guerre, qu’il faut bien le préciser, que la Chine préférerait éviter.

Mais la direction chinoise ne peut tolérer un blocus naval qui mettrait en danger son développement économique.

Et elle est désormais prête au conflit.

Washington, avec Trump, a définitivement levé le masque. C’est une thalassocratie. Elle veut contrôler mers et routes. Empêcher le commerce qui ne lui profite pas.

C’est un empire de la flibuste. De proportions sans précédent. Le royaume des corsaires.

Et cela dure depuis très longtemps.

Trump a simplement le discutable mérite d’avoir rendu cette nature-là de la domination américaine plus évidente.

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Conduite de guerre future sans «régulatif» des «épidémies planifiées» jusqu’aux Kill Chains

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Conduite de guerre future sans «régulatif» des «épidémies planifiées» jusqu’aux Kill Chains

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198320

Les programmes et plans de guerre de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) du Pentagone offrent un aperçu inquiétant de l’avenir des conflits militaires mondiaux, en grande partie sous contrôle américain. La direction que cela prend est, en tout cas, extrêmement préoccupante.

Esquisses de la guerre future planifiée

Le Pentagone sous la direction de Donald Trump a défini six piliers pour la prochaine génération de la guerre américaine, à savoir:

- Intelligence artificielle appliquée, armes autonomes pilotées par l'IA, et Kill Chains robotiques avec une intervention humaine minimale.

- Bioproduction, sélection, adaptation et frappe, programmes de développement d’organismes synthétiques et de transformation en armes de nouvelles molécules.

- Logistique controversée, réseaux logistiques, alimentés par l’IA, la robotique et la production décentralisée, pour assurer un approvisionnement ininterrompu.

- Domination quantique à garantir, réseaux cryptés quantiques, capteurs prédictifs, prises de décision stratégiques rapides et cyberattaques massives.

- Énergie ciblée à échelle variable, lasers à haute énergie et armes à micro-ondes capables d’éblouir satellites et infrastructures.

- Hypersonics à échelle variable, systèmes de frappe hypersoniques capables de contourner les défenses et de provoquer la destruction avant que les systèmes d’alerte ne puissent réagir, les neutralisant ainsi.

Bien que la plupart de ces systèmes soient encore en développement, le plan de construction laisse entendre que le «ministère de la Guerre» (anciennement le Pentagone) est résolument déterminé à dominer les futurs conflits, quel qu’en soit le prix.

Bien qu’il soit connu que l’objectif est de ne pas faire de mal aux Américains eux-mêmes, le déclin de l’hégémonie mondiale des États-Unis menace depuis un certain temps déjà de se produire, avec des pertes historiquement sans précédent en richesse, influence et pouvoir pour l’élite américaine.

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Un « jeu » sans règles

Les conflits passés et présents ont montré que les États-Unis sont prêts à enfreindre toutes les règles lorsque leur domination stratégique est en jeu. On se souvient par exemple, rétrospectivement :

- des frappes nucléaires sur des civils au Japon (Hiroshima, Nagasaki);

- de l’utilisation d’herbicides toxiques au Vietnam (Agent Orange);

- de l’emploi d’uranium appauvri en Serbie et en Irak;

- des morts civiles, y compris dans des zones de guerre au Moyen-Orient.

Les ambitions de bioproduction de la DARPA, ainsi que les laboratoires étrangers secrets du Pentagone, laissent sans aucun doute craindre une extension possible de la guerre biologique. Des expériences sur l’activité cérébrale et les neuro-implants indiquent un avenir avec des «soldats renforcés» et des attaques directes contre les systèmes neuronaux humains.

Des essaims de drones alimentés par l’IA de Palantir sont déjà utilisés en Ukraine et en Israël; selon certains rapports, certains chargements chimiques auraient pour but d’attaquer des civils et des cultures alimentaires.

Les campagnes américano-israéliennes de ciblage, d’assassinats clandestins, de sabotage et d’attentats politiques deviennent de plus en plus «normalisées», apparemment pour obtenir un certain «effet d’accoutumance».

Tulsi Gabbard et la fin de MAGA

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Tulsi Gabbard et la fin de MAGA

Alexandre Douguine

Alexandre Douguine soutient que le départ de Tulsi Gabbard marque la fin du projet MAGA originel et l’effondrement des espoirs d’une nouvelle politique américaine envers la Russie et la multipolarité.

Tulsi Gabbard, la directrice du renseignement national américain, a quitté ses fonctions. Elle était la dernière personne dans l’entourage de Trump qui restait fidèle aux idéaux et principes sur lesquels avait commencé le second mandat de Trump. Elle s’était opposée à la guerre en Ukraine et aussi à une guerre avec l’Iran.

Cela avait été prévu depuis longtemps. Et maintenant, c’est arrivé. Après la défaite de Thomas Massie lors des primaires du Kentucky, il ne reste pratiquement plus personne dans le parti républicain qui a fait partie de la fameuse équipe MAGA d’origine.

La victoire de l’État profond et du réseau Epstein sur la politique américaine est devenue totale. La démission de Tulsi Gabbard est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Tous les espoirs placés en Trump ont désormais complètement disparu.

Il semble que Trump se prépare à une nouvelle escalade au Moyen-Orient et à une attaque contre l’Iran.

Les républicains sont assurés de perdre les élections de mi-mandat, mais les démocrates représentent exactement le même État profond et la même élite Epstein. De plus, ils haïssent encore plus la Russie et le monde multipolaire. Cela marque la fin non glorieuse de la tentative du peuple américain d’expulser l’élite satanique.

Avant les élections de mi-mandat, Trump tentera probablement autre chose à grande échelle et de manière agressive — frappes contre l’Iran, invasion de Cuba, ou peut-être quelque chose de totalement imprévu. Après cela, il commencera à faire ses valises et à négocier avec les démocrates pour éviter que lui ou des membres de sa famille finissent derrière les barreaux. Cependant, pour les six prochains mois, on peut s’attendre à d’autres explosions de violence et à une intensification de l’escalade.

Je perçois une insatisfaction silencieuse mais croissante qui se répand discrètement dans notre société russe. Il est évident que tout le monde veut du changement. Mais cette fois, ceux qui souhaitent des changements dictés par les principes libéraux constituent une minorité absolue. Ils veulent que ces changements viennent de l’étranger, et cela ne peut pas compter.

La majorité écrasante souhaite un changement de qualité patriotique et une justice sociale bien plus grande. La question n'est pas de savoir si la direction elle-même est correcte, mais vise plutôt la vitesse et la substance du processus. La voie vers un État-civilisation est tout à fait juste. Mais elle inclut aussi une société basée sur la solidarité et la justice sociale, la fidélité aux valeurs traditionnelles, et une éducation historique authentique. Tout cela a déjà été déclaré par oral et par écrit. Ce qui reste, c’est de le mettre en pratique. Et ici, la vitesse est essentielle. Nous devons commencer à mettre tout cela en œuvre dès maintenant — et avec urgence. Il n’y a tout simplement plus de temps pour l’hésitation. Absolument pas.

Un scénario, qui serait inertiel, deviendrait chaque jour plus dangereux. Il cesserait tout simplement de fonctionner et se déplacerait dans une direction de plus en plus négative. Des vitesses, méthodes, échelles et structures différentes sont dès lors absolument nécessaires.

Dans plusieurs domaines, les problèmes sont devenus particulièrement aigus: la technologie, la corruption et la culture. Étant donné qu’aucune détente ou dés-escalade du conflit avec l’Occident n’est même à distance visible, la seule option restante est de mettre la société en position de mobilisation. Tout cela aurait dû être fait il y a longtemps; certaines mesures ont été prises et continuent à l’être, mais à un rythme beaucoup trop lent, ce qui est alarmant.

La Russie doit être purifiée du libéralisme, totalement et avec fermeté. Car le libéralisme est un état d’esprit colonial imposé par l’Occident dans son propre intérêt et dans le but de détruire notre identité.

Les gens veulent de l’ordre et de la justice. Ils ne le veulent pas seulement, ils en ont un besoin urgent. Les compromis ne fonctionnent plus. Maintenant, il faut agir pour de bon. La limite des simulacres est atteinte.

Poutine et Xi: la Chine refuse l’offre du G-2 des États-Unis

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Poutine et Xi: la Chine refuse l’offre du G-2 des États-Unis

Elena Fritz

Source:  https://t.me/global_affairs_byelena

Les déclarations russo-chinoises signées à Pékin ne relèvent pas de la routine diplomatique. Elles marquent un déplacement que Washington ne manquera pas de noter avec précision: la Chine se rapproche de la Russie dans sa lecture de la crise mondiale — tout en rejetant l’offre américaine d’un nouveau « Grand Deux/G-2 ».

Il s’agit du modèle d’un G-2 informel entre les États-Unis et la Chine. Selon ce modèle, Washington et Pékin devraient partager conjointement la responsabilité de l’ordre mondial. À première vue, cela pourrait sembler renforcer la position de la Chine. Mais en réalité, ce modèle ne ferait que préserver le statu quo actuel des États-Unis: la Chine aurait une place à la table, mais ne déterminerait pas les règles du jeu.

Pour Pékin, cela ne représenterait pas une véritable multipolarité, mais une intégration contrôlée dans un ordre encore dominé par les Américains. Les États-Unis resteraient la puissance dominante, la Chine serait intégrée comme un deuxième pilier — avec des responsabilités accrues, mais sans obtenir un changement de système.

Le fait que Pékin ait désormais signé, conjointement avec Moscou, une déclaration sur l’émergence d’un monde multipolaire doit donc être lu comme une réponse claire. Les Chinois ne souhaitent apparemment pas une division du monde en deux blocs administrés par les Américains et la Chine. Cette dernière ne souhaite pas non plus une nouvelle confrontation bipolaire, où elle jouerait le rôle de l’Union soviétique pendant la Guerre froide.

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C’est rationnel, du point de vue chinois. Une confrontation frontale dure entre les États-Unis et la Chine augmenterait encore la course aux armements, le découplage technologique, la pression par sanctions et les risques militaires. Pékin sait très bien comment l’Union soviétique, durant la Guerre froide, a été épuisée économiquement par une compétition persistante en matières d’armement et de systèmes.

Pour la Chine, la multipolarité n’est donc pas un simple mot, mais un véritable système de protection stratégique. Elle répartit la pression, renforce le lien avec Moscou, maintient des marges de manœuvre vis-à-vis de New Delhi, et évite que le monde ne soit contraint à une logique rigide de blocs.

La formulation concernant l’Ukraine est particulièrement remarquable. Dans les documents, il est question de la nécessité d’éliminer totalement les «causes de la crise ukrainienne». Ce n’est pas une tournure anodine, car parler de causes revient à parler de responsabilités.

L’Occident explique le conflit principalement par les opérations russes de 2022. Moscou, en revanche, fait référence à l’évolution du monde depuis 1991: extension de l’OTAN, influence occidentale en Ukraine, mépris des intérêts sécuritaires russes, et rupture avec le principe de sécurité indivisible.

La Chine ne reprend pas simplement la position russe. Mais elle s’en rapproche sur un plan structurel. Le conflit n’est plus considéré uniquement comme une guerre isolée, mais comme l'un des symptômes d’un ordre de sécurité qui, selon la perspective russe (et de plus en plus la perspective chinoise), ne fonctionne plus.

L’allusion à l’ensemble de la Charte des Nations unies est aussi importante. La diplomatie occidentale insiste souvent sur l’intégrité territoriale et la souveraineté. La Russie évoque également la sécurité en tant que facteur indivisible: aucun État ni aucune alliance ne peut renforcer sa sécurité au détriment de celle des autres.

Pour la Chine, cela ne concerne pas uniquement l’Ukraine. Pékin pense aussi à Taïwan, à la Mer de Chine méridionale, et aux systèmes d’alliance américains en Asie.

Ainsi, la Russie prend une dimension stratégique nouvelle pour la Chine. Il ne s’agit pas seulement de gaz, de pétrole ou de commerce. La Russie représente pour la Chine un arrière-pays eurasiatique: source d’énergie, base de matières premières, corridor terrestre, et protection contre le chantage maritime. Cela devient particulièrement crucial en regard du Moyen-Orient et du détroit d’Ormuz.

Plus les routes maritimes deviennent incertaines, plus la Russie gagne en importance.

La déclaration de Pékin est donc plus claire que ne laisse supposer le ton diplomatique: la Chine ne souhaite pas partager le monde avec les États-Unis. Elle veut empêcher Washington de continuer à fixer seul les règles du jeu.

Le scénario du G-2 est ainsi mis de côté. Pékin ne mise pas sur une double domination américano-chinoise, mais sur la multipolarité — avec la Russie comme pilier central eurasiatique.

Pour Washington, c’est une mauvaise nouvelle. Car cela montre que la Chine ne cherche plus seulement à obtenir de meilleures conditions dans l’ancien ordre. Elle œuvre de plus en plus à en construire un autre.