vendredi, 29 mai 2026
Le retard de l’Europe en IA: un problème structurel annoncé

Le retard de l’Europe en IA: un problème structurel annoncé
Bernd Müller
Source: https://www.telepolis.de/article/Europas-KI-Rueckstand-Ei...
Le retard de l’Europe en matière d’intelligence artificielle n’est pas un hasard – une nouvelle étude montre pourquoi le continent perd structurellement et ce que cela signifie pour nous tous.
L’écart entre l’Europe et les États-Unis dans la course à l’IA se creuse rapidement. Alors que les entreprises technologiques américaines augmentent massivement leurs investissements, l’Europe reste prudente – en termes de capitaux, de rapidité et de structure.
Ce qui se dessine, ce n’est pas un simple retard temporaire, mais un problème structurel aux conséquences durables pour la compétitivité et la souveraineté économique.
Les chiffres de la dernière étude EY sont révélateurs. Rien qu’en 2025, Alphabet, Apple, Microsoft, Amazon et Meta ont injecté 46 milliards d’euros supplémentaires dans la recherche et le développement – soit une hausse de 21%.
Dans le même temps, les 31 entreprises allemandes du top 500 n’ont ensemble investi que 2,8 milliards d’euros supplémentaires. C’est moins d’un seizième de ce que les cinq groupes américains ont ajouté.
Comme le montre l’étude EY, les entreprises américaines investissent désormais 9,2% de leur chiffre d’affaires dans la R&D, tandis que les entreprises européennes n’y consacrent que 6,7%.
«C’est surtout l’essor de l’IA qui pousse les dépenses de recherche des entreprises technologiques vers de nouveaux sommets», explique Henrik Ahlers, président du directoire d’EY. «Même une conjoncture mondiale faible et des risques géopolitiques élevés freinent à peine cette dynamique pour l’instant».
La destination de ces fonds est claire: en 2026, les géants de la tech investiront jusqu’à 725 milliards de dollars, principalement dans les infrastructures d’IA et les centres de données. Mark Zuckerberg (Meta) préfère miser sur une surcapacité que sur une sous-capacité – Andy Jassy (Amazon) parle d’« une occasion unique ». Pendant ce temps, les dirigeants européens publient des lettres ouvertes.

L’écart se creuse à tous les niveaux
L’avance des États-Unis en matière d’investissements n’est pas seulement quantitative – elle se traduit également par une domination structurelle. Sur les dix plus grands investisseurs mondiaux en R&D, sept sont américains, seulement deux sont européens: Volkswagen (7e place) et Roche.
Alors qu’en 2024, 132 entreprises européennes figuraient dans le top 500, elles n’étaient plus que 126 en 2025. L’Amérique du Nord est restée stable à 147, et l’Asie est passée de 215 à 220 entreprises dans le classement.
Les raisons pour lesquelles les groupes européens ne suivent pas sont multiples. La guerre en Ukraine, la hausse des prix de l’énergie et un net attentisme des consommateurs comme des entreprises pèsent sur les investissements.
«En ces temps difficiles, de nombreuses entreprises surveillent chaque euro dépensé», explique Ahlers. Mais il pointe aussi un problème plus profond:
«Pour être innovantes, les entreprises doivent également adopter des structures internes favorisant l’innovation et l’agilité. Et là, il faut reconnaître avec honnêteté que ce n’est pas toujours le cas, même chez les grands groupes allemands».
Fuite des talents et fragmentation financière
L’écart se voit aussi au niveau des talents. L’Allemagne est tombée à la 5ème place du classement mondial de l’IA – derrière les États-Unis (plus d’un million de talents en IA), l’Inde (991.788), le Royaume-Uni et désormais aussi le Canada avec 133.280 spécialistes. L’Allemagne en compte 117.336. C’est préoccupant, car sans talents de pointe, il ne peut y avoir de recherche de pointe.
À cela s’ajoute ce que Frank Elderson, membre du directoire de la BCE, a désigné dans son discours du 12 mai comme le véritable problème bancaire de l’Europe: la fragmentation avant tout.
80% des crédits bancaires vont à des entreprises du pays d’origine de la banque concernée. Moins de 2% des dépôts sont conservés au-delà des frontières. Les fusions transfrontalières? À un plus bas niveau historique.
Ainsi, toute personne qui crée une start-up innovante en IA à Munich et qui a besoin de capitaux en provenance d’Amsterdam ou de Vienne se heurte à un patchwork de 27 réglementations nationales différentes.
Ce n’est pas un problème marginal. D’après la BCE, la seule transition verte nécessitera 1200 milliards d’euros par an jusqu’en 2030. À cela s’ajoutent la défense et les infrastructures numériques. Un marché financier fragmenté ne peut tout simplement pas mobiliser de tels volumes d’investissement.

Bruxelles réagit – mais cela sera-t-il suffisant ?
L’Union européenne tente de réagir. Le 7 mai, le Conseil et le Parlement se sont mis d’accord sur une simplification des règles relatives à l’IA, dans le cadre du paquet législatif «AI Omnibus».
Les prescriptions sur les systèmes d’IA autonomes à haut risque sont reportées au 2 décembre 2027, et pour les systèmes intégrés dans des produits, au 2 août 2028. Les exceptions prévues pour les petites et moyennes entreprises (PME) s’appliquent désormais aussi aux petites entreprises de taille intermédiaire (small mid-caps). Les bacs à sable réglementaires (« sandboxes ») devront être en place d’ici août 2027.
Nouveauté: l’interdiction des contenus sexuels non consentis générés par l’IA et des représentations d’abus sexuel d’enfants. De plus, les fournisseurs devront enregistrer leurs systèmes d’IA dans la base de données européenne, même s’ils estiment que leur système ne relève pas du haut risque.
Le délai de transparence pour les contenus générés par l’IA a été réduit à trois mois, la date butoir étant le 2 décembre 2026.
Le problème: quelques jours auparavant, sept leaders technologiques européens, d’Airbus à SAP, avaient précisément mis en garde contre ce qui a rendu cet accord nécessaire: le risque que l’Europe se perde dans les détails réglementaires, alors que le reste du monde intègre déjà l’IA dans des systèmes physiques. Les dirigeants demandaient des « garde-fous flexibles » plutôt que des exigences rigides.
Pour l’Europe, la vitesse est la dernière chance
Reste à savoir si la simplification sera suffisante. L’évolution des profits en Europe montre à quel point la marge de manœuvre est limitée: en 2025, les cinq plus grandes entreprises technologiques américaines ont généré un bénéfice opérationnel de 261 milliards d’euros, soit 21% de plus que l’an passé.
L’ensemble des 40 sociétés du DAX a atteint 173 milliards, soit 4% de moins qu’en 2024. Or, avec des bénéfices en baisse, il est difficile d’investir dans les technologies d’avenir.
Il y a tout de même des signes encourageants: dans le secteur automobile, l’Europe investit 6,5% de son chiffre d’affaires, nettement plus que l’Amérique du Nord (4,1%) ou l’Asie (4,6%). Le secteur pharmaceutique reste également fort, avec une intensité de R&D de 14,7%.
Le lien entre intensité de recherche et rentabilité est d’ailleurs évident: selon la BCE, les entreprises très innovantes atteignent une marge d’EBIT de 14,1%, contre seulement 9,9% pour les moins innovantes.
Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, l’a souligné dans son discours sur l’intégration financière: le capital suit l’économie réelle.
Pour tirer parti d’un système financier unifié, il faudrait faire avancer ensemble les réformes du marché intérieur et l’union européenne de l’épargne et de l’investissement.
Ce dont l’Europe a besoin, ce n’est pas moins de régulation, mais des règles plus simples et plus harmonisées – et un cadre unique pour les marchés de capitaux.
La question décisive des prochaines années sera de savoir si l’Europe parviendra à résoudre ses problèmes structurels assez rapidement. Les géants américains de la tech, eux, n’attendent pas.
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Les États-Unis veulent «acheter» Nord Stream et «dicter» les prix du gaz

Les États-Unis veulent «acheter» Nord Stream et «dicter» les prix du gaz
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198013
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, accuse une fois de plus les États-Unis de vouloir contrôler les gazoducs Nord Stream et ainsi, à l’avenir, fixer eux-mêmes les prix du gaz.
«Les prix ne seront alors plus fixés entre la Russie et l’Allemagne», a-t-il déclaré lors d’une interview avec RT-India.
Des prix dictés par les Américains
Lavrov a expliqué que les États-Unis prévoyaient de remettre en service les gazoducs Nord Stream endommagés et de racheter à bas prix les parts des entreprises européennes, comme l’a également rapporté Weltwoche.
«Ils veulent acheter les parts pour environ un dixième de ce que les Européens ont payé», a-t-il affirmé. Si les États-Unis réussissent, cela «obligerait les Allemands à retrouver leur dignité nationale» et à dire: «Très bien, nous allons réutiliser ce gazoduc».
Lavrov a également rappelé d’anciennes déclarations de Washington. Sous la présidence de Joe Biden, les États-Unis avaient déclaré que les gazoducs ne seraient plus jamais remis en service. Désormais, les explosions sont attribuées à des acteurs ukrainiens.
Les gazoducs Nord Stream ont été gravement endommagés par des explosions en mer Baltique en septembre 2022. Trois des quatre conduites ont été détruites. La Russie a alors ouvert une enquête pour terrorisme international. Depuis, Moscou accuse plusieurs pays européens d’entraver l’enquête.
L’audace du sabotage
La situation autour de Nord Stream est d’une audace sans pareil, car ceux qui ont endommagé les gazoducs disposaient non seulement des moyens mais aussi de l’intérêt politique.
C’est précisément pour cette raison que les récits officiels paraissent peu crédibles à beaucoup. On a d’abord accusé Poutine, puis l’Ukraine a été mise en cause. Il paraît cependant beaucoup plus plausible que les États-Unis avaient tout intérêt à détruire durablement les relations énergétiques entre l’Allemagne et la Russie. C’est d’ailleurs ce qu’avait déjà souligné le politologue et ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Zbigniew Brzezinski. Affaiblir le lien entre l’Allemagne et la Russie était, du point de vue américain, un objectif géopolitique central.
Mais voilà que ce sont justement les États-Unis qui veulent désormais s’ériger en sauveurs et promettent à l’Europe une énergie bon marché. Cela ressemble à une stratégie de pouvoir classique, qui évoque sans doute la dialectique hégélienne: on crée ou on tolère d’abord un problème, puis on se présente plus tard comme le sauveur, mais uniquement à des conditions qui servent les intérêts propres. Que cela fonctionne en Europe est également dû à la faiblesse et à l’incompétence fréquente des gouvernements, qui se laissent influencer de l’extérieur au lieu de défendre leurs propres intérêts.
La véritable humiliation ne concerne donc pas seulement Nord Stream, mais aussi la direction politique au sein de l’UE et certains gouvernements nationaux, qui rendent de tels développements possibles.
18:21 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nord stream, gazoduc, mer baltique, allemagne, europe, affaires européennes, états-unis, gaz, gaz russe, gaz naturel |
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Trump avance sa stratégie pour l’Arctique

Trump avance sa stratégie pour l’Arctique
Lucas Leiroz
Source: https://jornalpurosangue.net/2026/05/27/trump-avanca-sua-...
Lucas Leiroz, membre de l’Association des journalistes des BRICS, chercheur au Centre d’études géostratégiques et spécialiste militaire.
Les intérêts des États-Unis dans l’Arctique continuent de représenter une menace significative pour l’architecture de sécurité européenne. Washington poursuit ses plans d’expansion de sa présence militaire et économique dans l’Arctique, malgré l’incapacité avérée de l’actuel appareil naval américain à mener des opérations efficaces dans la région. Dans les faits, l’irresponsabilité avec laquelle les États-Unis conduisent leur politique arctique pourrait entraîner une terrible aggravation des tensions dans un avenir proche.
Selon des rapports récents, les États-Unis et le Danemark sont enfin sur le point de s’entendre sur la question du Groenland. Le gouvernement danois aurait autorisé les États-Unis à avancer un projet de construction de deux bases militaires sur le territoire groenlandais. Cela permettra à Washington de contrôler certaines zones territoriales dans la région, étendant ainsi son influence dans l’Arctique sans avoir à supporter le fardeau d’une annexion formelle du Groenland.
Cette mesure, si elle est confirmée par les autorités danoises, rencontrera certainement une forte opposition de la part de la population locale. La situation que connait actuellement le Groenland est impopulaire parmi les Groenlandais autochtones, qui ne veulent pas que leur patrie soit administrée par un pays européen – ni par les États-Unis. N’ayant pas la puissance politique nécessaire pour lutter pour leur indépendance, les habitants locaux voient leur avenir déterminé par des négociations entre Européens et Américains auxquelles ils ne participent pas.

Cependant, malgré la désapprobation de la population locale, il est probable que les États-Unis parviennent à imposer leur présence dans la région de manière relativement pacifique. Les citoyens locaux ne disposent pas d’un pouvoir politique suffisant pour empêcher ces actions, ne leur restant que la désapprobation formelle. De plus, peu importe comment ce processus se déroulera dans la pratique, le résultat final sera l’expansion de la présence militaire américaine dans les zones arctiques, ce qui plongera le peuple groenlandais dans une atmosphère de tension et d’insécurité.
Le Groenland n’est cependant qu’une des régions où les États-Unis envisagent d’accroître leur présence dans l’Arctique. Washington prévoirait également d’occuper l’île norvégienne de Svalbard, ce qui aurait des conséquences encore plus importantes sur la sécurité régionale. Malgré la souveraineté norvégienne, l’île est régie par un traité international qui garantit à la Russie le droit d’exploitation économique de l'archipel, raison pour laquelle Moscou, même aujourd’hui – malgré les sanctions – maintient des activités à Svalbard.
Militariser Svalbard serait une mesure terrible, en plus d’être une violation du droit international. Le traité qui régit l’île interdit sa militarisation, et il existe une présence historique russe qui ne peut être ignorée. En outre, même si les États-Unis n’utilisent pas l’île à des fins militaires officielles, la simple expansion de la présence américaine dans une région de l’Arctique européen – si proche de la Russie – suffirait à augmenter substantiellement les tensions régionales.

Toutefois, que ce soit au Groenland ou à Svalbard, les États-Unis feront face au même problème: leur fragilité logistique dans l’environnement arctique. Historiquement, Washington a ignoré l’Arctique, se concentrant sur d’autres régions du monde pour son expansion militaire et économique. Le résultat a été un retard significatif dans les technologies américaines pour l’Arctique. Le pays ne dispose pas d’une flotte importante de brise-glaces, ce qui réduit drastiquement sa capacité à opérer dans l’Arctique. Pendant des décennies, l’Arctique a été considéré par les experts américains comme une région inhospitalière et de faible valeur stratégique, poussant le pays à y négliger son potentiel militaire et économique.
Lors des exercices militaires récents dans l’Arctique, les États-Unis ont démontré leur incapacité à mener des opérations complexes en raison du faible nombre et de la faible qualité de leurs brise-glaces. Bien que le pays tente de réhabiliter sa stratégie pour l’Arctique et de produire des équipements de haute qualité pour la région, il est pratiquement impossible pour les États-Unis d’atteindre le statut de «superpuissance arctique» dans un avenir proche. En réalité, Washington commence seulement à s’intéresser à la région, mais ses possibilités d’action sont extrêmement limitées.
En fait, plutôt que de chercher à étendre leur présence dans l’Arctique de manière agressive et unilatérale, les États-Unis devraient simplement s’engager dans des projets conjoints de coopération pacifique dans la région – surtout avec la Russie, pays qui possède aujourd’hui la technologie arctique la plus avancée du monde. Malheureusement, des secteurs bellicistes et pro-hégémoniques ont gagné une influence considérable au sein du gouvernement de Trump au cours de ces derniers mois, ce qui explique ses prises de décisions irresponsables sur diverses questions récentes.
Si Trump parvient à reprendre le contrôle de son propre gouvernement et à contenir la pression des secteurs bellicistes, les États-Unis pourront à l’avenir s’engager dans une coopération internationale fructueuse dans l’Arctique. Sans cela, cependant, les Américains resteront incapables d’exploiter le potentiel économique et stratégique de la région pendant longtemps.
* * *
Vous pouvez suivre Lucas Leiroz sur : https://t.me/lucasleiroz et https://x.com/leiroz_lucas
13:57 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, états-unis, arctique, groenland, svalbard |
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Terza Posizione – Pour un front transversal de la résistance !

Terza Posizione – Pour un front transversal de la résistance !
Werner Olles
Si le destin funeste du national-socialisme fut d’avoir confié l’État à de grands adolescents attardés et pour la plupart toxicomanes, nous observons aujourd’hui le même phénomène avec la prise totale du pouvoir par le libéralisme et le démocratisme. La seule constante dans la misérable existence de toute clique politico-médiatique dominante est leur ridicule et honteuse absence d’esprit, leur ignorance et leur primitivisme grotesque.
En réalité, libéralisme, démocratisme, fascisme, communisme et national-socialisme ne sont que différentes variantes d’une vision du monde fondamentalement identique, qui refuse obstinément de comprendre que le monde politique génère sans cesse des problèmes, que la vie en génère aussi et que l’être humain est un être profondément problématique, dangereux et en même temps vulnérable.
Mais le règne des nains a transformé le régime, dans son arrogance envers le véritable souverain – que sont les citoyens –, en de véritables bêtes malfaisantes qui ne craignent rien tant que d’empêcher la castration définitive de la souveraineté étatique allemande. À cette fin, la RFA, en tant que construction étatique qui n’inspire ni respect, ni obéissance, ni même ne mérite celle-ci, est non seulement capable d’une rupture de civilisation et d’une fusion nucléaire culturelle, comme nous le vivons au plus tard depuis 2015 avec l’immigration de masse illégale, mais aussi d’ourdir un vaste complot ethnocidaire contre le peuple allemand, par sa propagande totalement irresponsable et mensongère et son va-t-en-guerrisme contre la Fédération de Russie, soutenu par l’UE et l’OTAN.
Pourtant, il ne faut pas sous-estimer le degré d’abrutissement de notre population par les médias d’État financés par la redevance TV, les médias publics et les partis-cartels. Tandis que le non-État RFA se déguise aujourd’hui en «société civile», les nations européennes se sont créé une monstruosité dictatoriale avec l’UE et, avec l’OTAN, une machine de guerre meurtrière dirigée par les États-Unis, deux instances qui font avancer à toute vitesse et sans aucun respect pour les règles démocratiques ou diplomatiques les politiques de dé-germanisation et de dé-européanisation.

On ne favorise pas, à coups de sommes immenses et en contournant le droit en vigueur, la protection de l’homogénéité relative des peuples et nations d'Europe, mais leur transformation en États ingouvernables comme dans le dit tiers-monde. Le verdict de Carl Schmitt, selon lequel l’État est l’unité politique d’un peuple et non un conglomérat arbitraire de populations étrangères à la culture européenne, permet certes de diagnostiquer que, du moins en Europe de l’Ouest, il n’existe plus de nations souveraines, mais se limiter au seul diagnostic est un remède mauvais et insuffisant.
Ce dont nous avons besoin, ce sont au contraire des thérapies, voire, lorsque le cas est grave – et il l’est déjà – des électrochocs: grèves générales, manifestations de masse, actions militantes et organisation de la résistance politique jusqu’à la destruction finale de l’UE et de l’OTAN et la construction d’une «Internationale européenne des nations souveraines». Nous devons détruire ce qui nous opprime, nous exploite, nous insulte et nous humilie chaque jour, pour ensuite bâtir un renouveau qui s’inscrit dans la tradition européenne. Cette nouvelle Europe, qui inclura bien entendu la Russie, s’étendra de Lisbonne à Vladivostok, mais sans la Turquie islamiste ni l'Israël sioniste.
L’impérialisme occidental a retiré à l’homme tout sens de son existence, l’a délibérément éloigné du patriotisme au sens d’un «nationalisme contemplatif» (Ernst von Salomon) et encore davantage de toute expérience corporelle, mais l’a submergé de bavardages verbeux, vides de sens et d’une stérilité intellectuelle qui ne peuvent être brisées que par une résistance pure et authentique.
Certes, l’un des traits des grands problèmes est souvent leur insolubilité, et dans les démocraties de masse libérales, les tyrans au pouvoir s’attaquent directement à l’âme de leurs sujets, mais ici la question se pose de savoir ce que la soi-disant Nouvelle Droite intellectuelle a encore à apporter à la relation décisive entre actions de masse et organisation du combat politique et militant, à part une concurrence entre chapelles, vide de sens, pour illustrer des positions politiques dépassées, pour évoquer la stylisation et l’esthétisation de temps révolus et, au mieux, pour présenter la recension d'un ouvrage collectif.

En réalité, la résistance dans le libéralisme a toujours déjà été absorbée par le système et ne naît nullement en dehors de celui-ci, ce qui lui retire toute efficacité révolutionnaire. Si l’on avait lu Adorno et Marcuse – et surtout si on les avait compris – on serait mieux renseigné sur la logique de la protestation, toujours vaincue d'avance. Mais pour cela, ces jeunes messieurs se croient apparemment trop distingués. Pourtant, on ne remplace pas l’activisme militant par un verbiage pseudo-philosophique, même si la posture signifie parfois aussi retenue. Il n’est pas nécessaire d’être un intellectuel pour comprendre cela, même pas un théoricien.
Selon Dominique Venner, la tradition n’est pas le passé, mais l’intemporel. Libérer l’Europe de son corset néolibéral est et restera notre mission. Nous avons les meilleurs récits – tissés de courage, d’esprit et de volonté de résistance. La dichotomie entre néolibéralisme, capitalisme global et barbarie d’une part, et souveraineté des peuples et des nations d’autre part, n’a jamais cessé d’exister et reste valable aujourd’hui.
La formation d’un front national-révolutionnaire transversal comme contrepoids à la dictature de la ploutocratie financière n’est pas seulement l’exigence du moment, si nous voulons conserver ou reconquérir notre liberté, mais aussi la classique troisième voie (terza posizione) entre le libéralisme woke et un anticapitalisme national qui ne se soumet pas lâchement au globalisme des seigneurs de l’argent, mais qui se prépare à la prochaine guerre civile, se rebelle contre les exigences criminelles de la plèbe dominante et considère la renaissance et la Reconquista de l’Europe comme un devoir révolutionnaire.
12:39 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : werner olles, actualité, résistance, rétivité |
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jeudi, 28 mai 2026
Il y a quinze ans, l'OTAN détruisait la Grande Rivière Artificielle en Libye

Il y a quinze ans, l'OTAN détruisait la Grande Rivière Artificielle en Libye
par le Zannekinbond (Flandre)
Source: https://www.facebook.com/zannekinbond
Il y a quinze ans, l’OTAN bombardait la Grande Rivière Artificielle en Libye, un gigantesque mégaprojet aquifère initié par Kadhafi pour reverdir le Sahara et des parties du Sahel, en utilisant l’eau fossile multi-millénaire du sous-sol.
La Grande Rivière Artificielle constituait un réseau de 4000 kilomètres de canalisations souterraines, conçu pour capter l’eau fossile du Sahara et transformer le désert en terres agricoles. L’eau devait être extraite du système aquifère de grès nubien – la plus grande réserve d’eau fossile souterraine au monde, contenant une eau pure accumulée sous terre il y a 40.000 ans.
Ce projet aurait offert la souveraineté non seulement à la Libye, mais à toute la région saharienne et sahélienne. Et c’est justement ce défi de créer de la souveraineté qui dérangeait le camp impérialiste occidental. L’empire préfère que les pays du Sud importent leur denrées alimentaires et leurs matières premières de l’Occident, qu’ils restent de pauvres mendiants dépendants du FMI.
Un dossier de la CIA, désormais déclassifié et datant de 1987, mettait déjà en garde contre le «danger» que représentait ce projet aquifère pour les intérêts impérialistes, et indiquait qu’il «avait le potentiel de garantir l’approvisionnement en eau de la Libye pour une durée indéterminée et de réduire considérablement la dépendance à l’égard des importations alimentaires en provenance de l’Occident».
C’est pourquoi, en 2011, les avions de l’OTAN ont bombardé les sites du projet et même l’usine de tuyaux dans la ville de Brega. On vous dit que l’Afrique est pauvre mais on ne vous dit pas qui la maintient dans la pauvreté, ni qui a intérêt à ce que cela perdure. Raser des pays et les ramener à l’âge de pierre, pour qu’ils soient dépendants des prêts occidentaux et, en échange, cèdent toutes leurs ressources… voilà aussi comment fonctionne le néocolonialisme en 2026.

Pourquoi y accorder encore de l’attention, en tant que nationaux-révolutionnaires flamands ou européens ?
Kadhafi, avec la Jamahiriya, affirmait l’idée qu’un peuple doit déterminer lui-même sa voie économique et culturelle, sans ingérence étrangère: fermement opposé à l’influence de l’OTAN, à l’hégémonie américaine et à la dépendance financière internationale. Cela reste d’une brûlante actualité. La Libye de Kadhafi se présentait aussi comme une alternative socialiste viable au libéralisme parlementaire bourgeois, via un système de comités populaires et de participation directe, qui tenait compte de l’autonomie locale. L’agression de l’OTAN en 2011 a entraîné un changement de régime qui a plongé la Libye dans un chaos et une violence persistants, une situation dont le crime organisé continue de profiter, avec la trafic de drogue et d'êtres humains vers l’Europe.
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Les Houthis, le troisième pilier (oublié) de l’Iran dans la guerre au Moyen-Orient

Les Houthis, le troisième pilier (oublié) de l’Iran dans la guerre au Moyen-Orient
Peter W. Logghe
Source: Nieuwsbrief Knooppunt Delta, n°210, mai 2026
Le mouvement Ansarallah contrôle depuis dix ans une partie importante du Yémen, parvenant à contrer une coalition régionale menée par l’Arabie saoudite et plaçant sous son autorité d’importantes routes maritimes nécessaires au bon fonctionnement de l’économie mondiale. Malgré le fait qu’il s’agisse d’un troisième pilier majeur (géopolitiquement parlant) du régime iranien, il est rarement mentionné dans les médias quand ceux-ci évoquent la guerre d’Iran. Les reportages se limitent généralement au conflit Israël-Hezbollah et à la lutte entre les États-Unis et l’Iran.
Pour comprendre le phénomène des rebelles houthis, il est utile de revenir un instant sur le passé. Au début du 21ème siècle, Hussein Badr al-Din al-Houthi lance dans le nord du Yémen un mouvement visant à raviver l’islam zaïdite. L’islam zaïdite est un courant minoritaire au sein du chiisme, et trouve ses racines dans cette région. D’abord mouvement culturel et religieux, il se radicalise rapidement sous l’effet du sentiment de marginalisation économique et religieuse qui se développait au Yémen et de la répression exercée par le gouvernement de Sanaa (capitale du Yémen).
Lors de la première des six guerres menées par le régime du président yéménite Saleh contre les Houthis (entre 2004 et 2010), Hussein est tué (en 2004) et son frère Abdel-Malik prend la tête du mouvement. Le véritable tournant a lieu en 2011, lorsque le régime de Saleh est déstabilisé par le Printemps arabe. Les Houthis, qui se nomment désormais Ansarallah – «soldats de Dieu» –, profitent du vide politique et, en 2014, s’emparent de la capitale Sanaa. Le président en place, Mansur Hadi, fuit à Aden puis trouve refuge un peu plus tard en Arabie saoudite. Une guerre civile éclate au Yémen, et elle n’est toujours pas terminée.
À l’origine, il s’agissait donc d’un mouvement purement yéménite. L’Iran (également chiite) va progressivement investir, voyant en Ansarallah un maillon clé dans son «Axe de la Résistance». Il investit massivement dans l’armement des Houthis: missiles balistiques, drones de combat, guerre électronique. Des membres des Gardiens de la révolution iraniens forment sur place du personnel militaire. L’Iran ouvre ainsi un second front contre l’Arabie saoudite, cette fois sur sa frontière sud.
En mars 2015, l’Arabie saoudite lance une contre-offensive et démarre, avec une coalition de pays sunnites, l’opération «Tempête décisive». Dix ans plus tard, le bilan est plutôt négatif: malgré des milliers de frappes aériennes, les Houthis ne sont pas vaincus et contrôlent toujours de vastes zones autour de Sanaa, et d'Al-Hodeida (principal port), etc. En 2019, les Houthis prouvent leur puissance en attaquant des installations pétrolières en Arabie saoudite (Abqaiq et Khurais).

Et voilà qu’un nouvel acteur apparaît sur le champ de bataille yéménite ! Les Émirats arabes unis suivent leur propre logique et concentrent leurs efforts sur le port stratégique d’Aden. Abou Dhabi finance un soi-disant Conseil de transition du Sud, un mouvement séparatiste réclamant l’indépendance du Sud-Yémen. Un État dans l’État en quelque sorte, ce qui crée d’énormes tensions avec l’Arabie saoudite et le régime yéménite en place.
Durant la guerre de Gaza, les Houthis se sont déclarés solidaires des Palestiniens et ont attaqué massivement des navires pétroliers. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont réagi avec l’opération «Prosperity Guardian», frappant des installations militaires d’Ansarallah. Sous la présidence de Donald Trump, les bombardements américains ont été intensifiés, sans résultat décisif toutefois.
Les Houthis ont réussi à se transformer d’une petite tribu rebelle des montagnes du nord du Yémen en un acteur armé menaçant l’équilibre économique régional et mondial. Leur rôle est loin d’être terminé.
* * *
Pour plus d’informations sur le Moyen-Orient et les conflits en cours, ainsi que pour des repères historiques utiles, consultez le dernier numéro de Conflits, Revue de Géopolitique, n°63 (mai-juin 2026). revue.conflits@protonmail.com. Adresse : 32 rue Faubourg Poissonnière, 75010 Paris.
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Guerre contre l’Iran, saison 1: Trump 0 – Iran 1

Guerre contre l’Iran, saison 1:
Trump 0 – Iran 1
Ralf Van den Haute
Source: Nieuwsbrief Knooppunt Delta, n°210, mai 2026.
Le président américain Donald Trump – plus à l’aise sur le green que dans le Golfe Persique – a présenté la guerre contre l’Iran comme si cela se résumerait à une brève excursion. Il voulait des résultats rapides: la chute du régime et la destruction de ses capacités militaires. Quatre semaines plus tard, rien de tout cela ne s’est produit.
L’Iran a pris l’initiative. Il contrôle le détroit d’Ormuz, menace, via ses alliés, de fermer d’autres passages stratégiques et a fait grimper les prix de l’énergie. L’Europe, coupée des hydrocarbures russes, en ressent immédiatement les effets. Parallèlement, la Russie profite de la situation.
Bien qu’ayant été durement touché par les bombardements, l’Iran n’a pas capitulé. Au contraire: le conflit s’est intensifié. Les États-Unis, qui comptaient sur une victoire éclair, se retrouvent empêtrés dans une guerre sans objectif clair ni stratégie de sortie. Le bilan de l’opération « Epic Fury » est tout simplement catastrophique.
La justification de la guerre reste vague. La menace nucléaire ne semble pas, selon diverses sources, être aiguë. Pourtant, sous la pression d’Israël, Trump s’est lancé dans un conflit qui, à ce moment-là, ne présentait pas de motif urgent. Même au sein des structures de sécurité américaines, des critiques se sont fait entendre, affirmant que l’Iran ne représentait pas une menace immédiate.

La plus grande erreur fut de sous-estimer l’Iran lui-même. Ce n’est pas un État faible, mais un pays de 90 millions d’habitants, avec une longue histoire, une forte identité nationale et des ressources économiques et militaires considérables. L’Iran mène cette guerre comme une lutte existentielle – ce que Washington semble ne pas comprendre.
C’est pourquoi l'Iran refuse de capituler. La stratégie iranienne est asymétrique: il ne s’agit pas d’une confrontation directe avec la puissance américaine, mais de frapper des cibles économiques et énergétiques vulnérables. Le contrôle des points de passage stratégiques et les attaques contre les infrastructures énergétiques se révèlent particulièrement efficaces.
Les États du Golfe, dépendants de la protection américaine, sont entraînés dans le conflit. Leur modèle économique est sous pression, tandis que leur confiance en Washington en tant que garant de leur sécurité diminue.
Parallèlement, le droit international s’efface. L’élimination ciblée de dirigeants d’un État souverain, sans déclaration de guerre et sans approbation parlementaire, crée un précédent. La guerre semble échapper aux règles classiques qui la limitaient autrefois.

Militairement, le conflit démontre à nouveau les limites de la supériorité technologique. Des systèmes d’armes coûteux sont déployés contre des drones bon marché; les coûts explosent, les stocks diminuent. Les États-Unis disposent de la tactique, mais manquent de stratégie – surtout d’une vision pour l’après-guerre.
Géopolitiquement, la guerre ouvre la voie à une multipolarisation accrue. Elle renforce la formation d’un bloc anti-occidental autour de la Russie et de la Chine, et accroît le risque d’escalade régionale. De plus, les objectifs de Washington et de Tel-Aviv divergent: alors que Trump envisage peut-être encore d'arriver à un accord, Israël, lui, semble déterminé à poursuivre la guerre.
Ce qui reste, c’est un conflit sans issue claire, avec des risques croissants pour toute la région. La stabilité au Moyen-Orient est plus éloignée que jamais.
18:24 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, états-unis, moyen-orient |
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mercredi, 27 mai 2026
L’Empire de la flibuste

L’Empire de la flibuste
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/limpero-della-filibusta/
Un navire marchand, arborant la drapeau chinois et en route vers l’Iran, est intercepté et bloqué en haute mer par des navires militaires américains. Ceux-ci mènent, en effet, une opération d’embargo autour du Golfe Persique et de toutes les voies d’accès aux ports iraniens.
La réaction chinoise est sèche et formelle. Et c’est justement pour cette raison qu’elle est encore plus inquiétante.
Le ministère des Affaires étrangères de Pékin publie une note dans laquelle il affirme, sèchement, que la flotte américaine n’a aucun droit d’intercepter, en haute mer, des navires destinés à l'Iran ou en provenance d’Iran.
Et il précise, pour enfoncer le clou, que de tels actes portent gravement atteinte aux intérêts chinois. Et qu’ils ne seront plus tolérés.
Dans le style, formel, de la diplomatie de Pékin, c’est un dernier avertissement.
Le comportement américain conduit, directement, au conflit. La Chine ne peut tolérer cette atteinte continue à ses intérêts commerciaux.
Maintenant, il est inconcevable que Washington ignore ces choses. Ni, surtout, qu’il ignore où pourrait mener la persistance dans cette stratégie du blocus naval.
Ils le savent. Ils le savent parfaitement, et pourtant ils persistent dans cette voie.
Il ne s’agit pas simplement d’un conflit avec l’Iran. La question est plutôt la suivante: avoir levé le masque, en révélant la véritable nature de la superpuissance américaine.
Qui est la même, l'identique nature que celle de la Tortuga de l’Olonais. C’est-à-dire un Empire de la flibuste, cherchant à contrôler les mers et les routes maritimes. En ignorant délibérément lois, conventions, traités…

Naturellement, la Tortuga d'antan exerçait un empire limité.
Washington, lui, prétend plutôt à une domination quasi universelle sur toutes les mers du monde.
Et cela, inévitablement, l’emmène dans un tunnel dont il est extrêmement difficile de voir, au bout, l’éclat de la lumière.
Un tunnel qui, facilement, pourrait le mener à la guerre avec Pékin.
Guerre, qu’il faut bien le préciser, que la Chine préférerait éviter.
Mais la direction chinoise ne peut tolérer un blocus naval qui mettrait en danger son développement économique.
Et elle est désormais prête au conflit.
Washington, avec Trump, a définitivement levé le masque. C’est une thalassocratie. Elle veut contrôler mers et routes. Empêcher le commerce qui ne lui profite pas.
C’est un empire de la flibuste. De proportions sans précédent. Le royaume des corsaires.
Et cela dure depuis très longtemps.
Trump a simplement le discutable mérite d’avoir rendu cette nature-là de la domination américaine plus évidente.
17:27 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, états-unis, piraterie |
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Conduite de guerre future sans «régulatif» des «épidémies planifiées» jusqu’aux Kill Chains

Conduite de guerre future sans «régulatif» des «épidémies planifiées» jusqu’aux Kill Chains
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198320
Les programmes et plans de guerre de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) du Pentagone offrent un aperçu inquiétant de l’avenir des conflits militaires mondiaux, en grande partie sous contrôle américain. La direction que cela prend est, en tout cas, extrêmement préoccupante.
Esquisses de la guerre future planifiée
Le Pentagone sous la direction de Donald Trump a défini six piliers pour la prochaine génération de la guerre américaine, à savoir:
- Intelligence artificielle appliquée, armes autonomes pilotées par l'IA, et Kill Chains robotiques avec une intervention humaine minimale.
- Bioproduction, sélection, adaptation et frappe, programmes de développement d’organismes synthétiques et de transformation en armes de nouvelles molécules.
- Logistique controversée, réseaux logistiques, alimentés par l’IA, la robotique et la production décentralisée, pour assurer un approvisionnement ininterrompu.
- Domination quantique à garantir, réseaux cryptés quantiques, capteurs prédictifs, prises de décision stratégiques rapides et cyberattaques massives.
- Énergie ciblée à échelle variable, lasers à haute énergie et armes à micro-ondes capables d’éblouir satellites et infrastructures.
- Hypersonics à échelle variable, systèmes de frappe hypersoniques capables de contourner les défenses et de provoquer la destruction avant que les systèmes d’alerte ne puissent réagir, les neutralisant ainsi.
Bien que la plupart de ces systèmes soient encore en développement, le plan de construction laisse entendre que le «ministère de la Guerre» (anciennement le Pentagone) est résolument déterminé à dominer les futurs conflits, quel qu’en soit le prix.
Bien qu’il soit connu que l’objectif est de ne pas faire de mal aux Américains eux-mêmes, le déclin de l’hégémonie mondiale des États-Unis menace depuis un certain temps déjà de se produire, avec des pertes historiquement sans précédent en richesse, influence et pouvoir pour l’élite américaine.

Un « jeu » sans règles
Les conflits passés et présents ont montré que les États-Unis sont prêts à enfreindre toutes les règles lorsque leur domination stratégique est en jeu. On se souvient par exemple, rétrospectivement :
- des frappes nucléaires sur des civils au Japon (Hiroshima, Nagasaki);
- de l’utilisation d’herbicides toxiques au Vietnam (Agent Orange);
- de l’emploi d’uranium appauvri en Serbie et en Irak;
- des morts civiles, y compris dans des zones de guerre au Moyen-Orient.
Les ambitions de bioproduction de la DARPA, ainsi que les laboratoires étrangers secrets du Pentagone, laissent sans aucun doute craindre une extension possible de la guerre biologique. Des expériences sur l’activité cérébrale et les neuro-implants indiquent un avenir avec des «soldats renforcés» et des attaques directes contre les systèmes neuronaux humains.
Des essaims de drones alimentés par l’IA de Palantir sont déjà utilisés en Ukraine et en Israël; selon certains rapports, certains chargements chimiques auraient pour but d’attaquer des civils et des cultures alimentaires.
Les campagnes américano-israéliennes de ciblage, d’assassinats clandestins, de sabotage et d’attentats politiques deviennent de plus en plus «normalisées», apparemment pour obtenir un certain «effet d’accoutumance».
17:06 Publié dans Actualité, Défense, Militaria | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, défense, militaria, darpa, états-unis, guerre, polémologie |
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Tulsi Gabbard et la fin de MAGA

Tulsi Gabbard et la fin de MAGA
Alexandre Douguine
Alexandre Douguine soutient que le départ de Tulsi Gabbard marque la fin du projet MAGA originel et l’effondrement des espoirs d’une nouvelle politique américaine envers la Russie et la multipolarité.
Tulsi Gabbard, la directrice du renseignement national américain, a quitté ses fonctions. Elle était la dernière personne dans l’entourage de Trump qui restait fidèle aux idéaux et principes sur lesquels avait commencé le second mandat de Trump. Elle s’était opposée à la guerre en Ukraine et aussi à une guerre avec l’Iran.
Cela avait été prévu depuis longtemps. Et maintenant, c’est arrivé. Après la défaite de Thomas Massie lors des primaires du Kentucky, il ne reste pratiquement plus personne dans le parti républicain qui a fait partie de la fameuse équipe MAGA d’origine.
La victoire de l’État profond et du réseau Epstein sur la politique américaine est devenue totale. La démission de Tulsi Gabbard est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Tous les espoirs placés en Trump ont désormais complètement disparu.
Il semble que Trump se prépare à une nouvelle escalade au Moyen-Orient et à une attaque contre l’Iran.
Les républicains sont assurés de perdre les élections de mi-mandat, mais les démocrates représentent exactement le même État profond et la même élite Epstein. De plus, ils haïssent encore plus la Russie et le monde multipolaire. Cela marque la fin non glorieuse de la tentative du peuple américain d’expulser l’élite satanique.
Avant les élections de mi-mandat, Trump tentera probablement autre chose à grande échelle et de manière agressive — frappes contre l’Iran, invasion de Cuba, ou peut-être quelque chose de totalement imprévu. Après cela, il commencera à faire ses valises et à négocier avec les démocrates pour éviter que lui ou des membres de sa famille finissent derrière les barreaux. Cependant, pour les six prochains mois, on peut s’attendre à d’autres explosions de violence et à une intensification de l’escalade.
Je perçois une insatisfaction silencieuse mais croissante qui se répand discrètement dans notre société russe. Il est évident que tout le monde veut du changement. Mais cette fois, ceux qui souhaitent des changements dictés par les principes libéraux constituent une minorité absolue. Ils veulent que ces changements viennent de l’étranger, et cela ne peut pas compter.
La majorité écrasante souhaite un changement de qualité patriotique et une justice sociale bien plus grande. La question n'est pas de savoir si la direction elle-même est correcte, mais vise plutôt la vitesse et la substance du processus. La voie vers un État-civilisation est tout à fait juste. Mais elle inclut aussi une société basée sur la solidarité et la justice sociale, la fidélité aux valeurs traditionnelles, et une éducation historique authentique. Tout cela a déjà été déclaré par oral et par écrit. Ce qui reste, c’est de le mettre en pratique. Et ici, la vitesse est essentielle. Nous devons commencer à mettre tout cela en œuvre dès maintenant — et avec urgence. Il n’y a tout simplement plus de temps pour l’hésitation. Absolument pas.
Un scénario, qui serait inertiel, deviendrait chaque jour plus dangereux. Il cesserait tout simplement de fonctionner et se déplacerait dans une direction de plus en plus négative. Des vitesses, méthodes, échelles et structures différentes sont dès lors absolument nécessaires.
Dans plusieurs domaines, les problèmes sont devenus particulièrement aigus: la technologie, la corruption et la culture. Étant donné qu’aucune détente ou dés-escalade du conflit avec l’Occident n’est même à distance visible, la seule option restante est de mettre la société en position de mobilisation. Tout cela aurait dû être fait il y a longtemps; certaines mesures ont été prises et continuent à l’être, mais à un rythme beaucoup trop lent, ce qui est alarmant.
La Russie doit être purifiée du libéralisme, totalement et avec fermeté. Car le libéralisme est un état d’esprit colonial imposé par l’Occident dans son propre intérêt et dans le but de détruire notre identité.
Les gens veulent de l’ordre et de la justice. Ils ne le veulent pas seulement, ils en ont un besoin urgent. Les compromis ne fonctionnent plus. Maintenant, il faut agir pour de bon. La limite des simulacres est atteinte.
16:33 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : alexandre douguine, tulsi gabbard, états-unis, russie, actualité |
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Poutine et Xi: la Chine refuse l’offre du G-2 des États-Unis

Poutine et Xi: la Chine refuse l’offre du G-2 des États-Unis
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Les déclarations russo-chinoises signées à Pékin ne relèvent pas de la routine diplomatique. Elles marquent un déplacement que Washington ne manquera pas de noter avec précision: la Chine se rapproche de la Russie dans sa lecture de la crise mondiale — tout en rejetant l’offre américaine d’un nouveau « Grand Deux/G-2 ».
Il s’agit du modèle d’un G-2 informel entre les États-Unis et la Chine. Selon ce modèle, Washington et Pékin devraient partager conjointement la responsabilité de l’ordre mondial. À première vue, cela pourrait sembler renforcer la position de la Chine. Mais en réalité, ce modèle ne ferait que préserver le statu quo actuel des États-Unis: la Chine aurait une place à la table, mais ne déterminerait pas les règles du jeu.
Pour Pékin, cela ne représenterait pas une véritable multipolarité, mais une intégration contrôlée dans un ordre encore dominé par les Américains. Les États-Unis resteraient la puissance dominante, la Chine serait intégrée comme un deuxième pilier — avec des responsabilités accrues, mais sans obtenir un changement de système.
Le fait que Pékin ait désormais signé, conjointement avec Moscou, une déclaration sur l’émergence d’un monde multipolaire doit donc être lu comme une réponse claire. Les Chinois ne souhaitent apparemment pas une division du monde en deux blocs administrés par les Américains et la Chine. Cette dernière ne souhaite pas non plus une nouvelle confrontation bipolaire, où elle jouerait le rôle de l’Union soviétique pendant la Guerre froide.

C’est rationnel, du point de vue chinois. Une confrontation frontale dure entre les États-Unis et la Chine augmenterait encore la course aux armements, le découplage technologique, la pression par sanctions et les risques militaires. Pékin sait très bien comment l’Union soviétique, durant la Guerre froide, a été épuisée économiquement par une compétition persistante en matières d’armement et de systèmes.
Pour la Chine, la multipolarité n’est donc pas un simple mot, mais un véritable système de protection stratégique. Elle répartit la pression, renforce le lien avec Moscou, maintient des marges de manœuvre vis-à-vis de New Delhi, et évite que le monde ne soit contraint à une logique rigide de blocs.
La formulation concernant l’Ukraine est particulièrement remarquable. Dans les documents, il est question de la nécessité d’éliminer totalement les «causes de la crise ukrainienne». Ce n’est pas une tournure anodine, car parler de causes revient à parler de responsabilités.
L’Occident explique le conflit principalement par les opérations russes de 2022. Moscou, en revanche, fait référence à l’évolution du monde depuis 1991: extension de l’OTAN, influence occidentale en Ukraine, mépris des intérêts sécuritaires russes, et rupture avec le principe de sécurité indivisible.
La Chine ne reprend pas simplement la position russe. Mais elle s’en rapproche sur un plan structurel. Le conflit n’est plus considéré uniquement comme une guerre isolée, mais comme l'un des symptômes d’un ordre de sécurité qui, selon la perspective russe (et de plus en plus la perspective chinoise), ne fonctionne plus.
L’allusion à l’ensemble de la Charte des Nations unies est aussi importante. La diplomatie occidentale insiste souvent sur l’intégrité territoriale et la souveraineté. La Russie évoque également la sécurité en tant que facteur indivisible: aucun État ni aucune alliance ne peut renforcer sa sécurité au détriment de celle des autres.
Pour la Chine, cela ne concerne pas uniquement l’Ukraine. Pékin pense aussi à Taïwan, à la Mer de Chine méridionale, et aux systèmes d’alliance américains en Asie.
Ainsi, la Russie prend une dimension stratégique nouvelle pour la Chine. Il ne s’agit pas seulement de gaz, de pétrole ou de commerce. La Russie représente pour la Chine un arrière-pays eurasiatique: source d’énergie, base de matières premières, corridor terrestre, et protection contre le chantage maritime. Cela devient particulièrement crucial en regard du Moyen-Orient et du détroit d’Ormuz.
Plus les routes maritimes deviennent incertaines, plus la Russie gagne en importance.
La déclaration de Pékin est donc plus claire que ne laisse supposer le ton diplomatique: la Chine ne souhaite pas partager le monde avec les États-Unis. Elle veut empêcher Washington de continuer à fixer seul les règles du jeu.
Le scénario du G-2 est ainsi mis de côté. Pékin ne mise pas sur une double domination américano-chinoise, mais sur la multipolarité — avec la Russie comme pilier central eurasiatique.
Pour Washington, c’est une mauvaise nouvelle. Car cela montre que la Chine ne cherche plus seulement à obtenir de meilleures conditions dans l’ancien ordre. Elle œuvre de plus en plus à en construire un autre.
15:29 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, russie, chine, vladimir poutine, xi jinping, multipolarité |
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mardi, 26 mai 2026
Les tribunaux peuvent-ils bloquer la politique migratoire? - La jurisprudence de la CEDH sous la loupe

Les tribunaux peuvent-ils bloquer la politique migratoire?
La jurisprudence de la CEDH sous la loupe
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Jusqu’où va la liberté d’interprétation de la Cour européenne des droits de l’homme? Jusqu’où peut aller la marge d’interprétation concernant la politique migratoire? Sur ces questions sensibles et fondamentales, les États membres du Conseil de l’Europe se sont réunis à Chisinau (la capitale de la Moldavie) les 14 et 15 mai 2026. Une réunion importante, qui, on doit le regretter, n’a pas suscité beaucoup d’attention dans les médias mainstream.
Il était prévu d’adopter une déclaration politique sur le lien entre la politique migratoire et la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Cela peut paraître administratif et froid, mais il s’agit d’une question de portée constitutionnelle: les peuples européens peuvent-ils encore décider souverainement qui a accès à leur territoire, qui peut rester, et qui doit être expulsé?
Une inflation d’interprétations par la Cour européenne des droits de l’homme
On se souviendra que neuf gouvernements européens — dont ceux du Danemark, de l’Italie et de certains pays d’Europe centrale — avaient, dans une lettre conjointe de mai 2025, demandé de rouvrir le débat sur l’interprétation de cette convention concernant la politique migratoire par la CEDH. Une démarche exceptionnelle dans l’histoire de cette institution. À l’automne 2025, un débat ministériel avait eu lieu, et finalement, la Cour elle-même avait publié une synthèse de sa jurisprudence dans le domaine de la migration.
À Chișinău, deux visions du droit européen se sont confrontées: celle d’une jurisprudence qui estime suivre une ligne cohérente de protection, et celle des États membres qui pensent que cette ligne n’est plus compatible avec l’exercice de leurs responsabilités. Le cœur du débat est politique: une démocratie ne peut pas faire des promesses infinies qu’elle ne peut pas tenir. Où doit se situer l’autorité politique? Dans les parlements ou dans un réseau de juridictions supranationales?
Les procédures d’expulsion entrent de plus en plus souvent en conflit avec la jurisprudence: des personnes à qui le refus d’asile est imposé ou qui doivent quitter le territoire parviennent à échapper à l’expulsion pendant des années. Des délinquants étrangers, condamnés pénalement, peuvent faire annuler leur expulsion avec succès en invoquant leur «vie familiale» campée comme droit humain, une interprétation qui trouve de la compréhension chez certains juges activistes. La souveraineté est-elle plus qu’une cérémonie? La démocratie n’est-elle qu’une procédure? Nous sommes curieux, car nous n’avons encore rien lu des comptes rendus de cette importante réunion…
16:16 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Droit / Constitutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : droit, actualité, cedh, europe, affaires européennes, droits |
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Russie et Chine: accord stratégique contre l’ordre unipolaire

Russie et Chine: accord stratégique contre l’ordre unipolaire
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Après le sommet sino-américain apparemment peu fructueux, une autre alliance diplomatique se profile: Moscou et Pékin.
Les États-Unis ont tenté d’intégrer davantage la Chine dans une sorte de «Grand Deux/G2» — un modèle qui rappelle d’anciennes propositions, celles d’une structure double américano-chinoise. Sous le nom de «Chinamerica», on décrivait autrefois la forte interdépendance économique entre les États-Unis et la Chine. Mais aujourd’hui, un tel modèle aurait une fonction différente: Washington cherche à faire entrer Pékin dans un ordre contrôlable.
Pour la Chine, cela n’est que peu attrayant. En effet, un « Grand Deux » américano-chinois ne signifierait guère une véritable égalité. Elle reviendrait plutôt à maintenir la Chine comme un acteur économiquement puissant, mais politiquement encadré, au sein d’un ordre mondial toujours dominé par les États-Unis.
C’est là la différence essentielle avec la Russie.
Moscou ne peut pas offrir à Pékin les mêmes possibilités économiques qu’a fournies l’Occident durant des décennies. La Russie ne dispose ni des marchés de consommation ni de l’architecture financière des États-Unis. Mais elle offre autre chose à la Chine: une profondeur stratégique, un poids militaire, des ressources naturelles, une sécurité énergétique, la dissuasion nucléaire, et la volonté politique de remettre en question ouvertement la prétention américaine au leadership mondial.
De son côté, la Chine apporte sa puissance industrielle, sa masse économique, ses avancées technologiques et ses réseaux commerciaux mondiaux. La Russie complète cela par ses capacités en matière de sécurité et de stratégie géopolitique. C’est précisément cette combinaison qui rend la rapport entre ces deux pays si problématique pour Washington.
Il ne s’agit pas d’une alliance classique à l’occidentale. La Russie et la Chine restent des acteurs souverains qui conservent leurs propres intérêts. Mais leurs intérêts se recoupent là où il s’agit de limiter la domination américaine.
C’est pourquoi la visite d’une délégation russe de haut rang à Pékin dépasse la simple routine diplomatique: il s’agit d’un alignement sur la prochaine étape de la compétition pour l’ordre international: énergie, commerce, sécurité, sanctions, Ukraine, Taïwan, institutions mondiales et le rôle du Sud global.
Le point crucial est le suivant:
Les États-Unis tentent d’intégrer la Chine dans un ordre existant. La Russie offre à la Chine l’opportunité de transformer cet ordre de concert.
Ainsi, les entretiens entre Poutine et Xi permettent de jauger la façon dont Moscou et Pékin se présenteront dans les mois à venir. Pour l’Europe, cela revêt une importance particulière. Plus la Russie et la Chine coordonnent étroitement leurs intérêts, plus le centre de gravité du pouvoir international se déplace de l’ordre unipolaire d’après-guerre vers une configuration multipolaire.
Les résultats de ces discussions dépasseront probablement largement les questions bilatérales. Ils touchent à la question fondamentale des années à venir:
L’hégémonie américaine restera-t-elle le cadre de référence de la politique mondiale — ou une contre-structure émergera-t-elle qui relativisera durablement cette prétention ?
#géopolitique@affaires_mondiales_byelena
15:39 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géopolitique, chine, russie, ordre international, actualité |
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Schröder comme médiateur? La vraie question est: à quoi sert l’Allemagne?

Schröder comme médiateur? La vraie question est: à quoi sert l’Allemagne?
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Dès que le nom de Gerhard Schröder a été évoqué, le rituel bien connu à Berlin commence: indignation, distanciation, rejet moral. Mais la toute première question à poser pour une politique étrangère allemande cohérente devrait être beaucoup plus sobre:
Un canal de dialogue avec Moscou est-il utile pour l’Allemagne: oui ou non?
Car l’Allemagne n’est pas spectatrice dans cette guerre. L’Allemagne est l’un des principaux pays concernés: économiquement, énergétiquement, en matière de sécurité.
- Notre industrie en paie le prix.
- Nos contribuables financent des paquets de milliards.
- Notre sécurité ne devient pas plus grande avec l’escalade, mais au contraire plus fragile.
Il n’est pas nécessaire d’aimer Schröder. Il n’est pas nécessaire de défendre ses liens avec la Russie. Mais une évidence demeure: il dispose d’un canal de dialogue avec Moscou. Et en diplomatie, les canaux de communication ne sont pas une question de beauté morale. Ce sont des outils.
C’est précisément cela que Berlin semble avoir oublié.
Aujourd’hui, la politique étrangère est souvent traitée comme si elle était un engagement moral. Ceux qui veulent négocier sont suspects. Ceux qui expriment le désir de défendre les intérêts de l'Allemagne sont considérés comme manquant de solidarité. Ceux qui soulignent le coût de l’escalade sont réprimandés.
Mais la politique étrangère n’est pas un séminaire où l'on doit chercher affirmation de soi.
C’est l’art d’éviter que le pays ne subisse des dommages.

La proposition de Schröder révèle donc un vide: ces dernières années, l’Allemagne a presque vidé de leur valeur tous ses canaux diplomatiques avec Moscou. La vieille Ostpolitik n’a pas été poursuivie, mais délibérément mise de côté au nom de critères soi-disant "moraux". Reste, par suite, une politique qui montre beaucoup de postures, mais peu de leviers.
Et c’est là que se trouve le cœur du problème:
L’Allemagne n’a pas besoin d’une politique symbolique. Elle a besoin de capacité de négociation.
Pour l’intérêt national !
L’Allemagne se trouve au centre de l’Europe. Elle a besoin de marchés stables, d’une énergie abordable, d’une substance industrielle et d’un ordre de sécurité qui ne force pas notre pays dans une logique de confrontation permanente.
Celui qui refuse tout canal de dialogue doit expliquer quelles alternatives il possède.
Qui doit parler avec Moscou ?
Qui y a encore accès ?
Qui possède de l’expérience, du poids et une familiarité politique ?
La liste est effrayamment courte. Gerhard Schröder n’est pas la solution à cette guerre. Mais la réaction qui se produit quand on évoque son nom montre à quel point l’Allemagne est éloignée d’une politique étrangère souveraine.
L’Allemagne doit redevenir partie négociatrice.
Car celui qui ne peut même plus examiner si un canal de dialogue pourrait être utile ne mène plus de diplomatie, mais sa propre incapacité à parler.
#géopolitique @affaires_mondiales_byelena
15:05 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diplomatie, actualité, europe, affaires européennes, gerhard schröder, allemagne |
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Infrastructures hydrauliques et la géographie changeante des conflits: le sud de l’Iran dans la compétition géopolitique planétaire

Infrastructures hydrauliques et la géographie changeante des conflits: le sud de l’Iran dans la compétition géopolitique planétaire
Hanna Saanda
Plusieurs rapports concernant des dommages aux installations de désalinisation dans le sud de l’Iran, dans un contexte d’attaques croissantes impliquant les États-Unis et l’entité israélienne, ont attiré l’attention sur une transformation plus large de la géographie des conflits modernes: la montée en importance des infrastructures politiques dans la confrontation géopolitique.
L’eau, longtemps considérée uniquement comme une question humanitaire, se retrouve de plus en plus sur une plage intersectionnelle où cohabitent sécurité, stratégie et résilience nationale. Surtout dans les régions arides ou semi-arides, les unités de désalinisation et les réseaux de distribution sont devenus non seulement des infrastructures publiques d’utilité, mais aussi des éléments cruciaux de la stabilité nationale.
Dans le cadre du droit international humanitaire, l’article 54, paragraphe 2, du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1977 interdit expressément la destruction d’objets nécessaires à la survie de la population civile, y compris les systèmes d’approvisionnement en eau. Ce principe reflète un consensus réglementaire de longue date selon lequel les conditions de vie fondamentales doivent rester protégées contre la logique de la guerre.
Cette architecture juridique est renforcée par les Règles de Madrid (1976) sur les ressources en eau en cas de conflit armé, qui considèrent les infrastructures hydrauliques comme faisant partie de la sécurité humaine et non comme des actifs économiques ou stratégiques classiques. Cependant, la persistance des différends portant sur de telles infrastructures indique un écart croissant entre les règles juridiques et les réalités opérationnelles des conflits contemporains.
L’impact mentionné sur les installations de désalinisation dans le sud de l’Iran doit donc être compris dans un cadre structurel plus large: la dissolution progressive des frontières claires entre infrastructures politiques et environnement opérationnel de la stratégie militaire. Dans ce paysage en mutation, les systèmes essentiels acquièrent une visibilité stratégique de plus en plus grande, même lorsque leur fonction première reste politique.

Le droit international humanitaire repose sur les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Ces principes impliquent une séparation entre cibles militaires et systèmes de soutien à la vie civile. Toutefois, la complexité technologique et infrastructurelle croissante des sociétés modernes a rendu difficile la maintenabilité de cette distinction dans la pratique.
Selon l’article 8, paragraphe 2, point b, sous-article ii, du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, les attaques dirigées contre des objectifs civils qui ne sont pas utilisés à des fins militaires sont classées comme crimes de guerre. Mais au-delà de cette catégorisation juridique, une question stratégique plus large se pose: celle de la déstabilisation à long terme des sociétés par la perturbation de services essentiels.
L’expérience historique montre que les infrastructures hydrauliques occupent une position particulièrement sensible à cet égard. Leur perturbation a déclenché à plusieurs reprises des réactions en chaîne — crises sanitaires, déplacements internes et vulnérabilités structurelles prolongées qui dépassent largement le théâtre immédiat du conflit.

D’un point de vue géopolitique, l’exposition croissante des systèmes hydrauliques à la dynamique militaire reflète un changement dans la façon dont le pouvoir s’exerce dans les zones contestées. Plutôt que de se limiter au contrôle territorial ou à la confrontation directe, l’influence s’exerce de plus en plus par la pression sur les systèmes d’infrastructure soutenant la continuité de la vie sociale.
Cette tendance soulève des questions plus profondes sur l’architecture future de l’ordre international. Le système d’après-guerre, établi après 1945, reposait sur l’hypothèse que la vie des civils et les services fondamentaux pouvaient être protégés contre la logique immédiate de la guerre. La dégradation de cette hypothèse marque une transformation fondamentale dans la nature même de la guerre.
Dans ce contexte, la situation dans le sud de l’Iran n’est pas une exception isolée, mais un reflet d’une réalité géopolitique plus large : un état dans lequel les infrastructures deviennent à la fois le terrain et l’enjeu de la compétition stratégique.
La résilience des règles internationales existantes dépendra finalement de la capacité des systèmes essentiels, tels que l’approvisionnement en eau, à rester en dehors de la logique opérationnelle de la rivalité de puissance — ou à s’y intégrer de plus en plus.
13:21 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, stress hydrique, infrastructures hydrauliques |
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lundi, 25 mai 2026
Louange des doubles structures

Louange des doubles structures
Par Dimitrios Kisoudis
Source: https://www.linkedin.com/pulse/lob-der-doppelstruktur-wel...
La pensée européenne est dure ou ferme. Nous pensons en opposés qui se heurtent violemment dans l’espace et qui, même en tant qu’idées, ne campent pas facilement l’un à côté de l’autre. Lorsque nous affirmons quelque chose, la négation suit immédiatement. Et après la négation, la négation de la négation, avant que nous puissions, à un moment donné, nous sentir pleinement réconciliés.
La pensée asiatique est douce et fluide. Elle pense en contradictions qui surgissent constamment comme de petites vagues. Tout comme la limaille se laisse attirer par la force d’attraction d’un aimant, les petites contradictions trouvent leur chemin dans le courant principal. Ce n’est que lorsqu’une contradiction antagoniste apparaît qu’elle doit être éliminée.

La dialectique, tant de l’Europe que de l’Asie, peut entraîner de violentes secousses. Mais l’homme politique européen, peut-on penser, ne comprend pas aussi aisément que le poisson dans l’eau comment se mouvoir dans son milieu. L’homme politique asiatique a le don de l’auto-amélioration, car il part de toute façon du principe qu'il existe des contradictions et saisit mieux celles qui sont pertinentes.
La multipolarité est un ordre mondial de type asiatique. Nous devons donc penser de façon plus asiatique, plus fluide. Nous ne devons pas percevoir les institutions comme des blocs qu’il faut affirmer ou nier. L'OTAN, l’UE – et oui, même la Loi fondamentale allemande – nous sont des obstacles dans les bouleversements actuels. Ces obstacles se franchissent mieux en les contournant qu’en les renversant.
Une négation fréquente en politique se manifeste sous la forme d'une volonté sortie. Le Dexit qui veut quitter l'UE, le désir de sortir de l'OTAN, etc. Mais l’Allemagne ne peut pas sortir de l'OTAN. Cette organisation supranationale est là pour maintenir l’Allemagne à terre (down). Comment l’Allemagne pourrait-elle en sortir pour s’élever? L’Allemagne ne peut pas davantage sortir de l’UE. Le Royaume-Uni a pu sortir parce qu’il n’appartient pas à l’Europe. Que les Britanniques soient sortis de l’UE n’est pas un argument pour imiter leur exemple. C’est plutôt un argument pour affirmer l’UE, car on y est largement libéré de l’influence britannique.
Un espace européen avec des règles communes facilite les accords avec d’autres grands espaces et États-civilisation. Si l’UE disparaissait, on la reconstruirait immédiatement. Probablement avec des intentions moins sublimes qu’auparavant. Depuis 2009, l’UE dispose d’une clause d’assistance mutuelle, ce qui permet de l’étendre aisément en une double structure avec l'OTAN. L’UE n’a pas de constitution ni de cour constitutionnelle, elle est plus ouverte à l’évolution que la structure rigide de la République fédérale avec ses développements juridiques et ses anciennes institutions.

L’UE atteint ses limites dans son intégration politique. Là aussi, ces limites peuvent être contournées. L’intégration sous-régionale, c’est-à-dire les regroupements en dessous de la région Europe, est une bonne méthode pour rassembler de plus petits États autour de projets stratégiques, notamment dans le domaine du commerce énergétique et des infrastructures. L’initiative des Trois Mers, l’Union pour la Méditerranée, le Benelux, la Baltique – ceux qui n’ont pas ces idées ne doivent pas rejeter la faute de leur manque d’idées sur l’UE. L’Allemagne aurait déjà pu lancer une initiative pour l’Europe centrale afin de répondre à l’essor stratégique de la Pologne, qui fait écho à travers toute l’Europe.
Plus il y a de structures, mieux c’est. Cela coûte certes de l’argent, mais une stratégie erronée coûte encore plus cher. Les structures doubles ou triples permettent à des structures figées ou obsolètes de s’éteindre avec dignité et discrétion. Elles facilitent le déplacement des priorités sans offense. En cas de crise, il devient évident lesquelles de ces structures seront viables.
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samedi, 23 mai 2026
Mondialisation: Gauche et Droite atlantistes

Mondialisation: Gauche et Droite atlantistes
Diego Fusaro
Source: https://posmodernia.com/anglobalizacion-izquierda-y-derec...
Le pouvoir découlant du dispositif idéologique néolibéral, son omniprésence intrusive, capable d'imprégner intégralement l’imaginaire général de notre époque et, par conséquent, de subordonner sous lui-même les deux quadrants que sont la Droite et la Gauche, apparaît clairement à travers la capacité performative dont il fait preuve, en tout contexte, pour se légitimer en délégitimant toute expérience différente, qu’elle soit réellement existante ou idéalement possible. L’utilisation de la mémoire historique à sens unique, mais aussi de la catégorie du totalitarisme, en sont de brillants exemples.
À leurs côtés, et reliées à ces deux fonctions expressives, demeure la diabolisation toujours omise, par l’ordre discursif néolibéral, du lancement des deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, qui constitue le dernier acte de la Seconde Guerre mondiale et, en même temps, le premier de la Guerre froide. L’absence de repentir et de traitement collectif du crime qui fut alors commis, et qui n’a même pas été défini comme « crime », mais comme un acte légitime de guerre ou, si l'on se place d’un point de vue différent, comme un « mal nécessaire » (contre un Japon déjà vaincu et réduit à l'impuissance), est emblématique de ce qui a déjà été souligné: pour l’ordre néolibéral américano-centré, le génocide et la violence, les bombardements et le totalitarisme sont toujours, par définition, ceux qui ne sont pas directement liés à la mise en œuvre de leur propre ordre néolibéral.

L’origine fondatrice de l’impérialisme atlantiste actuel réside, sur le plan de la Weltgeschichte (de l'histoire universelle), dans la justification des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki: et, par conséquent, dans ce déséquilibre de la culpabilité, en vertu duquel la juste condamnation des camps de concentration et des goulags n’a pas été suivie par une condamnation analogue du lancement de ces deux bombes atomiques, et avec elles, de la pratique des «bombardements pour faire le bien». Le résultat de cette asymétrie évaluative est bien connu: en tant que «mal nécessaire», le bombardement légalisé a pu être de nouveau pratiqué, comme en témoignent, entre autres, les événements du Vietnam (1965), de Yougoslavie (1999), d’Irak (1991 et 2003), de Libye (2011) ou d’Iran (2026).
Si la droite a historiquement maintenu un rapport constant et crédible avec l’impérialisme et a été, en fait, l'espace premier de sa propulsion et de sa légitimation, la nouveauté idéologique, digne d’être mentionnée, semble être la récente reconversion de la Nouvelle Gauche fuchsia qui accepte les «justifications» avancées pour banaliser les "bombardements éthiques", l’interventionnisme humanitaire et les embargos thérapeutiques: en un mot, cette gauche fuchsia accepte les raisons inviquées par le « mal universel » qu'est l’impérialisme américain, lequel coïncide de facto avec le «bras armé» de la mondialisation marchande. Et c’est, de plus, la preuve que l’ordre néolibéral n’emploie la violence que là où le pouvoir persuasif de la manipulation et la puissance intellectuelle de la domestication ne lui suffisent plus, et qu’il réapplique alors cette violence, « en versant – pour le dire avec Marx – sang et immondice de la tête aux pieds », là où il rencontre résistance et opposition.
L’impérialisme américain repose sur un « syllogisme de guerre » (Domenico Losurdo), qui stipule ce qui suit: étant donné qu’il existe des valeurs universelles, dont l’Occident atlantiste est l’interprète et le gardien exclusif, il en découle logiquement que l’Occident lui-même détient le droit d’exporter ces valeurs universelles, éventuellement en recourant à une guerre souverainement déclarée «préventive»; une guerre qui, selon ces présupposés, sera par définition et en tout cas – si on laisse de côté ses conséquences plus ou moins catastrophiques – une guerre juste, menée au nom des droits de l’homme et de la liberté universelle. Et, parce que, de l’erreur, tout découle (ex falso sequitur quodlibet): la torture et les morts violentes n’auront pas la même signification si elles sont commises par un terroriste non aligné sur l'idéologie globaliste ou par un promoteur du libre-échange sous l’égide de l'atlantisme.

La structure économique des droites (l'imposition du marché et des intérêts des groupes dominants) trouve désormais son complément dans la superstructure culturelle des gauches (l'idéologie interventionniste des droits de l'homme). En effet, l’impérialisme du Léviathan au drapeau étoilé procède toujours, dans ses justifications, selon un double registre: celui du cynique de droite et celui de la «belle âme» de la gauche. Le cynique soutient ouvertement l’invasion impérialiste au nom de «l'intérêt du plus fort» – selon le théorème de Trasymaque – et au nom de l’intérêt économique et géopolitique brut de la force dominante. La belle âme, qui se déclare de gauche, cherche, quant à elle, à justifier l’invasion impérialiste par la rhétorique tonitruante des droits de l'homme ou, même, en feignant d’adopter le point de vue des plus faibles que l’opération impérialiste elle-même serait censée défendre.
C’est uniquement sous cette perspective que l’on peut pleinement expliquer le positionnement des principales forces de la «gauche impériale» de l’Occident dans le cadre de la «Quatrième Guerre mondiale», tel que l’a interprété et défini Costanzo Preve. Ce conflit coïncide avec la guerre globale que la civilisation du dollar, victorieuse de la Troisième Guerre mondiale (c'est-à-dire la Guerre froide), a déclarée en 1989 à tous les gouvernements de la planète qui ne s’étaient pas encore alignés sur le consensus de Washington ni intégrés dans les espaces protégés du (dés)ordre de la mondialisation néolibérale américano-centrée.
L’objectif principal de la Quatrième Guerre mondiale, et de ses tentatives techniques pour mettre fin à l’humanité, consiste à maintenir le monde unipolaire du leadership atlantiste (la gouvernance globale), à détruire militairement les forces qui lui résistent encore, à prévenir l’émergence de concurrents (en particulier la Russie et la Chine), à dévaluer le droit international et à mondialiser une économie de marché déterritorialisée, dépolitisée et dé-souverainisée. C’est le prix de la guerre – ou plutôt, du bellum iustum – que mène la monarchie de type néo-Léviathan fondée sur le dollar (après la fin du bloc soviétique et son rôle, jamais assez loué, de frein à l’impérialisme atlantiste); elle mène cette guerre: a) pour soumettre le monde entier, orphelin de la bipolarité protectrice d’avant 1989 (c'est le projet du Nouvel Ordre Mondial); et b) pour garantir sa propre sécurité globale, en diabolisant immédiatement toute résistance ou opposition, et en la traitant en conséquence de «terroriste».

Parmi les nombreux épisodes de la Quatrième Guerre mondiale, visant à américaniser le globe, il suffit de rappeler, une fois de plus, le cas de la Serbie en 1999. N’étant pas aligné sur la volonté de Washington et fermement attaché à la défense de l’État serbe, le socialiste Milosevic a été copieusement vilipendé par la rhétorique atlantiste et mis au rang de «nouvel Hitler». Et cela afin que, en second lieu, l’opinion publique manipulée accepte le traitement qui lui était réservé à l'avance, et célèbre, en tant que «libération» du nouveau «nazisme» de Milosevic, l’occupation impérialiste pré-ordonnée des Balkans.
D’ailleurs, cette occupation – abstraitement menée au nom des droits de l'homme – s’est traduite par la création, dans la province yougoslave du Kosovo, du « Camp Bondsteel », la plus grande base américaine construite à l’étranger depuis l’époque de la guerre du Vietnam. Elle a ainsi aussi révélé le véritable objectif de l’attaque contre la Serbie, comme un moment clé de la Quatrième Guerre mondiale.
Elle coïncidait principalement avec l’américanisation intégrale d’une partie de la région balkanique, traditionnellement moins influencée par l’atlantisme et culturellement plus proche de Moscou que de Washington. D’ailleurs, même l’ambassade de China a été bombardée par la monarchie du dollar, qui justifiait ce qu’elle qualifiait de « dommage collatéral indésirable » – terme officiel désignant les principaux crimes commis par Washington – ce qui pourrait peut-être mieux se comprendre comme un avertissement clair lancé à la Chine, l’un des principaux – sinon le principal tout court – obstacle à l’atlantisation du monde dans le contexte postérieur à 1989.
Dans ce cas aussi, la gauche néolibérale s’est tenue fermement aux côtés de l’impérialisme américain – comme dans tous les autres épisodes de la Quatrième Guerre mondiale – parfois même avec plus de ferveur que la droite bleue. De plus, elle a joué un rôle crucial dans la justification superstructurelle de ce conflit mondial devant l’opinion publique. Et ce en utilisant le discours politiquement correct du fondamentalisme des droits de l'homme, exportés par missiles et de l’exigence morale de renverser les «nouveaux Hitler» ainsi que les nouveaux totalitarismes disséminés à travers le monde. La guerre en Ukraine, qui a éclaté en 2022, confirme ces tendances, avec une « nouvelle gauche » de plus en plus solidement alignée en une seule file pour défendre les motifs de l’impérialisme américain (dans la phase de l’occupation des espaces post-soviétiques) et même en première ligne pour favoriser l’envoi d’armes aux ennemis de la Russie.

L’universalisme émancipateur qui motivait jadis la lutte contre l’impérialisme et la défense du patriotisme sous-tendant les luttes de libération nationale a été rapidement remplacé, chez les militants de gauche, par la servilité à l'égard du «mal universel», par la rhétorique creuse des droits de l'homme et de la démocratie, c’est-à-dire par l’idéologie que nous – avec Chomsky – qualifierions comme the umbrella of U.S. power (le parapluie du pouvoir américain). La réhabilitation intégrale de l’impérialisme et du colonialisme après 1989 pourrait être considérée comme définitivement accomplie: «Colonialism is back» fut le titre sans ambiguïté proposé par le New York Times le 18 avril 1993. Cette réhabilitation s'effectue par la redéfinition, dans le style parfait de la novlangue, de l’impérialisme atlantiste sous les noms rassurants mais perfides de peacekeeping (maintien de la paix) et d’exportation des droits et de la démocratie. Et elle survient toujours – en Serbie, en Irak ou en Libye – accompagnée d’un oubli bien opportun des exterminations clairement totalitaires qui sont menées par le bras armé de la puissance capitaliste mondialiste, avec ses "bombardements humanitaires" à l'aide d'armes non conventionnelles, avec ses camps de concentration "éthiques et libéraux" (de Guantánamo à Abu Ghraib), ses guerres préventives pour le plus grand Bien, ses embargos génocidaires posés comme thérapeutiques (de Cuba à l’Irak), sa déstabilisation de gouvernements légitimes remplacés par de néfastes dictatures.
Dans le cadre de cette économie politique des droits de l'homme, la réduction à Hitler – selon la figure conceptuelle théorisée par Leo Strauss – joue un rôle de premier plan dans la légitimation du Nouvel Ordre Mondial. Comme cela a été montré dans Il futuro è nostro, la réduction idéologique des gouvernements non alignés sur l'Amérique et l'atlantisme à la catégorie de «nouveaux Hitler» et de «nouveaux totalitarismes rouges et noirs» permet, en fait, l’activation automatique du «modèle Hiroshima», c’est-à-dire, du bombardement éthique présenté comme un «mal nécessaire» (ou comme un «dommage collatéral»), avec des conséquences dévastatrices mais, en tout cas, justifiées au nom de la chute nécessaire de l’abominable dictateur.
C’est pour cette raison que l’ordre discursif libéral-atlantiste a transformé en « nouveaux Hitler » tant Kadhafi, Saddam, Assad que Milosevic – et, en général, tous ceux qui, condamnés a priori pour se trouver du mauvais côté de l’histoire, oseraient s’opposer à l’américanisation impérialiste du monde.
En 2022, même Poutine, dirigeant du pays qui a pris de jure la succession de l’ancienne Union soviétique qui avait combattu en Europe contre le nazisme, a été ouvertement présenté comme un « nouvel Hitler » – dans une extrême manipulation et hypocrisie; et cela, en plus, par une civilisation du dollar qui n’hésitait pas à soutenir, en Ukraine, les nazis réellement existants du «Bataillon Azov» et toutes les forces russophobes qui sont ouvertement nazies dans leurs idées et symboles affichés de manière outrancièrement ostentatoire.

La leçon à en tirer est inflexible: contre les « nouveaux Hitler », non seulement la négociation et le dialogue sont par définition impossibles. Au-delà de cela, toute opération militaire dépasse les limites et la régulation du jus in bello et du jus ad bellum: l’attaque impérialiste, déguisée en «libération» des peuples opprimés, peut être menée jusqu’à ses conséquences extrêmes, donc au-delà de toute prétendue légitimité du jus in bello. La dérégulation du marché s’accompagne ainsi de la dérégulation de la guerre et de l’idée convergente d’une guerre totale, que les hérauts de l’Empire – autoproclamés « forces du Bien » – se déclarent appelés à conduire, par tous les moyens et sans limites, contre les forces diaboliques du Mal: l’Operation Infinite War fut, d’ailleurs, le projet de guerre globale lancé par le président Bush en 2002.
La «Quatrième Guerre mondiale» (Preve) se distingue des précédentes, qui se sont déroulées dans le cadre du capitalisme dialectique, également à cet égard. Elle est également portée par la droite et la gauche impérialistes, toutes deux colonisées par l’idéologie – constitutive de la conscience de la fausse conscience occidentale – avec laquelle le monde capitaliste impérialiste parvient à se légitimer comme le seul monde libre.
La droite bleue et la gauche fuchsia néolibérales apparaissent ainsi comme les deux intendants au service de l’impérialisme américain: c’est-à-dire, de la violence avec laquelle la mondialisation marchande – en tant que phénomène politique, économique, social et culturel – s’impose dans les zones du monde encore résistantes à accepter les « destinées magnifiques et progressistes » du capital.
18:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gauche, gauche fuchsia, droite, néolibéralisme, actualité, diego fusaro, quatrième guerre mondiale |
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Sun Tzu, Mao et Thucydide: la stratégie de la Chine contre les États-Unis

Sun Tzu, Mao et Thucydide: la stratégie de la Chine contre les États-Unis
La forme du prochain conflit
Oğul Tuna
Source: https://www.multipolarpress.com/p/sun-tzu-mao-and-thucydi...
Oğul Tuna explique comment Pékin détermine de plus en plus le rythme et le terrain de la confrontation mondiale émergente, même si Washington conserve encore une puissance considérable.
La récente rencontre à Pékin entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping était vivement attendue car on devinait que cela allait être un moment « historique ». Le traitement froid réservé à Trump par Xi en octobre 2025 et l’attaque contre l’Iran en février 2026 avaient suscité des doutes quant à la tenue même du sommet.
Pourtant, au final, le président américain a atterri à Pékin le 13 mai. Depuis la cérémonie d’accueil, à laquelle Xi lui-même n’a pas assisté, jusqu’aux déclarations des deux dirigeants par la suite, le sommet s’est révélé être un événement marqué par le symbolisme et la rhétorique.
A la date du 17 mai, il était difficile d’être d’accord avec les analystes occidentaux qui qualifiaient la rencontre de « montagne donnant naissance à une souris ». Oui, le sommet n’a pas abouti à de grandes avancées. Deux puissances engagées dans une rivalité stratégique à long terme n’étaient nullement censées concilier leurs intérêts sur les questions fondamentales où ils s’opposent en profondeur. Pourtant, l’image créée par la posture des deux leaders — en particulier la communication contradictoire du côté américain — révélait autre chose: Trump et Xi ressemblent à des versions modernes de Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan, façonnés par les conditions politiques et sociales d’aujourd’hui. Xi, en particulier, a donné le ton de l’ère à venir avec des remarques rappelant la célèbre déclaration de Reagan: «M. Gorbatchev, détruisez ce mur!». L’hégémon est épuisée, la Chine façonne les conditions de la confrontation, et la rencontre entre les deux dirigeants a été moins une avancée qu’une pause.

« L’hégémon épuisé » à Pékin
En utilisant l’expression créée par le spécialiste de la politique étrangère chinoise Hüseyin Korkmaz, même le voyage de « l’hégémon épuisé » vers Pékin portait une signification symbolique énorme. Les États-Unis restent puissants et peut-être toujours la force dominante dans le monde, mais ils ne peuvent plus gérer seuls les crises mondiales. Pour cette raison, Washington cherche un terrain d’entente avec la Chine afin de réduire ses charges.
Cette position elle-même contient une contradiction. À l’image de Gorbatchev, Trump a d’abord tenté de renouveler et de purifier l’empire pour le préserver. Ses premières démarches en politique étrangère reflétaient une tendance isolationniste et un désir de se replier vers une stratégie continentale américaine. Après tout, la menace principale se trouvait dans le Pacifique, c’est-à-dire face à la Chine elle-même. Pourtant, à la surprise de nombreux bureaucrates, diplomates et experts en relations internationales, l’administration américaine s’est retrouvée plus profondément embourbée au Moyen-Orient que jamais auparavant, même en se préparant à se retirer de la région. Ainsi, alors qu’elle se préparait à la confrontation avec la Chine — le véritable « dernier boss » du jeu géopolitique — Washington s’est plutôt rendu à Pékin pour discuter de l’Iran, de Taïwan et des guerres technologiques.
Tout au long de ce processus, Xi a agi de manière à rappeler Sun Tzu, le stratège chinois vieux de vingt-cinq siècles, et son principe selon lequel « le côté victorieux détermine les conditions de la victoire avant que la guerre ne commence ». Le cadre était Pékin. Le rythme appartenait à Pékin. Les grands thèmes à l’agenda n’étaient plus uniquement dictés par Washington. Même avant le départ de Trump pour la Chine, les missions diplomatiques chinoises avaient affiché des slogans associés au principe premier de la Guerre froide, celui de la « coexistence pacifique », reflétant précisément cette atmosphère. Dans ce contexte, les images que Xi projetait en la présence de Trump — et le comportement exceptionnellement mesuré, poli et respectueux de Trump envers la Chine — portaient une signification à tous les niveaux.

Trois dossiers : Iran, Taiwan et technologie
La Chine n’a pas laissé sans réponse les messages plus doux de Washington. Pourtant, derrière l’image amicale à Pékin se cachaient les réalités propres au détroit d’Ormuz, à la question de Taïwan, à des éléments tels les terres rares, à l’intelligence artificielle, à l’espionnage et aux conflits portant sur les chaînes d’approvisionnement. Ces enjeux montrent que la rivalité sino-américaine a évolué au-delà de la simple compétition militaire ou diplomatique pour devenir une lutte pour les systèmes d’infrastructure et de technologie eux-mêmes.
L’attente principale de Trump vis-à-vis de Xi était sans doute d'obtenir une aide relative à l’Iran et la réouverture d’un espace de respiration pour l’économie mondiale. Cela a clairement révélé que les États-Unis ne peuvent plus résoudre toutes les crises seuls, surtout les crises susceptibles de produire des répercussions massives, comme celle d'Iran. Pourtant, la Chine ne souhaite pas agir en tant que « sous-traitant » des États-Unis ou d’un autre acteur. Pékin cherche plutôt à préserver son propre rôle de bâtisseur de l’ordre international.
Le message le plus dur des discussions — celui que personne n’avait anticipé — est venu de Xi lui-même. Le leader du Parti communiste chinois, habituellement reconnu pour son ton calme, mesuré et constructif, a évoqué le concept du « piège de Thucydide », qui inspire des discussions dans d’innombrables articles et langues. Nommé d’après le stratège grec antique Thucydide, ce concept décrit le risque de guerre qui surgit lorsqu’une puissance montante commence à menacer un hégémon établi. Pourtant, lors du sommet Trump–Xi, cette phrase pointait moins vers une guerre inévitable que vers la question de savoir comment la compétition elle-même sera gérée. La Chine ne cherche ni une escalade immédiate ni une confrontation directe avec les États-Unis. Au contraire, Pékin souhaite mener cette rivalité à son propre rythme, dans un cadre où ses lignes rouges sont reconnues et où prévaut ce qu’il appelle une « stabilité stratégique constructive ».

Malgré son langage constructif, Pékin semble également adapter à notre temps la doctrine de la « guerre prolongée » développée par le fondateur de la République populaire de Chine, Mao Zedong. Cette doctrine, Xi souhaite l'appliquer aux conditions de notre époque. Là encore, la maxime de Sun Tzu selon laquelle « le suprême art de la guerre est de vaincre l’ennemi sans combat »? C'est cette maxime qui lui sert de principe directeur. La Chine ne tente pas de vaincre les États-Unis par une confrontation militaire directe. Elle cherche plutôt à construire un environnement qui réduit progressivement la liberté de mouvement de l’Amérique — sur les plans des terres rares et de l’intelligence artificielle, dans des régions comme le Golfe Persique et la mer de Chine méridionale. L’insistance de Mao sur la lutte prolongée et sa volonté politique complètent cette stratégie. Du point de vue de la Chine, l’enjeu clé n’est pas de savoir si l’Amérique possède le pouvoir, mais combien de temps Washington pourra maintenir ce pouvoir simultanément en Iran, à Taïwan, dans la compétition technologique, et en politique intérieure.
En ce sens, la stratégie de Xi ne consiste pas à défier ouvertement les États-Unis pour provoquer la guerre. Elle consiste plutôt à gagner tranquillement du terrain dans ces domaines qui approfondissent graduellement les problèmes de capacité, de volonté politique et de temps que doit affronter l’Amérique.
Ce n’est pas un piège, mais une instabilité gérée
Comme le suggèrent certains analystes, l’avertissement de Xi concernant le « piège de Thucydide » ne signifie pas que la Chine craint la guerre. L’avertissement montre plutôt le désir de la Chine d’inscrire la compétition dans un cadre à long terme, contrôlé et gérable, favorable à ses intérêts. Pendant ce temps, les cloches sonnent déjà pour Taïwan. Une seule petite étincelle là-bas cet automne pourrait plonger le monde entier dans les flammes.
Quelle que soit la demande des États-Unis, la Chine ne cherche pas à mettre fin à la rivalité. Ce que Pékin désire, c’est une forme de compétition qui reste « mesurée », « gérable » et respectueuse des lignes rouges de la Chine. Les responsables chinois avertissent qu’une mauvaise gestion de la question de Taïwan pourrait mener à « un conflit voire à la guerre », tandis que de leur côté, les États-Unis insistent sur le fait que leur politique reste inchangée et tentent de maintenir un profil bas sur cette question. La remarque de Trump du 15 mai — « Vous savez, nous devons parcourir 9500 miles (15.289 km) pour faire la guerre [à Taïwan]. Je ne cherche pas cela. Je veux qu’ils se refroidissent. Je veux que la Chine se refroidisse » — reflète précisément cette dynamique. Mais il faut aussi se rappeler la célèbre observation de Sun Tzu: «Toute guerre est basée sur la tromperie».
En fin de compte, le sommet de Pékin n’a ni produit la paix ni la réconciliation, mais plutôt un nouvel ensemble de règles pour la compétition. La Chine ne considère pas l’évitement d’un affrontement direct comme une faiblesse. Elle cherche plutôt à utiliser le temps, la géographie et le rythme des crises à son avantage. La même logique s’applique bien sûr aux États-Unis. Pourtant, les réalités matérielles devant nous révèlent un «hégémon épuisé» confronté à une puissance montante qui pointe vers les blocus d’aujourd’hui et déclare implicitement: «Détruisez ces murs!».
15:17 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, chine, états-unis, sun tzu, xijinping, politique internationale |
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mercredi, 20 mai 2026
Pourquoi la CDU et la SPD restent-elles silencieuses ? L’AfD exige une commission d’enquête sur l’attentat terroriste contre le gazoduc Nord Stream

Pourquoi la CDU et la SPD restent-elles silencieuses? L’AfD exige une commission d’enquête sur l’attentat terroriste contre le gazoduc Nord Stream
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198069
Que sait Merz sur l’attentat terroriste contre Nord Stream ? Pourquoi lui et les autres se taisent-ils ?
Le sabotage des gazoducs Nord Stream compte parmi les attaques les plus graves contre les infrastructures européennes de l’après-guerre. À ce jour, de nombreuses questions restent sans réponse – mais au lieu d’obtenir des autorités une réponse claire et nette, les citoyens constatent surtout un silence politique.
Couvrir plutôt que révéler la vérité ? L’AfD veut une commission d’enquête sur le sabotage de Nord Stream
L’actuelle fraction parlementaire de l’AfD au Bundestag propose la création d’une commission d’enquête. L’objectif est d’éclaircir en profondeur les circonstances des attaques et de mettre en évidence les responsabilités politiques, de les rendre transparentes.
Pourquoi la CDU/CSU et le SPD deviennent-ils complices des terroristes ?
Les critiques portent notamment sur la CDU/CSU et la SPD. Selon l’AfD, ces deux partis auraient jusqu’à présent résisté à toute mise sur pied d'une enquête véritable et indépendante. Pourtant, face à une attaque contre le principal vecteur qui nous fournissait de l’énergie et, par suite, contre toute l’infrastructure du pays, il ne devrait y avoir aucun tabou politique.
«Il s’agit de faire la lumière sur l’une des attaques les plus graves contre les infrastructures de l'Allemagne d’après-guerre. Une attaque contre la souveraineté nationale ne doit pas rester sans conséquences», déclare la fraction AfD.

À cela s’ajoute une déclaration du vice-président de cette même fraction et porte-parole en politique étrangère de l’AfD, Markus Frohnmaier (photo), dans un communiqué de presse:
« […] La commission d’enquête doit déterminer ce que le gouvernement allemand savait, quand il l’a su, s’il a été averti avant l’attaque, si et dans quelle mesure des services d’État ukrainiens étaient impliqués dans l’attaque, et pourquoi le gouvernement allemand reste silencieux malgré les renseignements compilés depuis. Si la participation d'un Etat quelconque à l’attaque est prouvée, l’Allemagne doit également pouvoir demander des compensations.
Nous appelons toutes les factions du Bundestag à soutenir cette proposition. Il ne s’agit pas de politique partisane. Il s’agit de faire la lumière sur l’une des attaques les plus graves contre une infrastructure allemande de l’après-guerre. Une attaque contre la souveraineté nationale ne doit pas rester sans conséquences. »
Cette initiative devrait à nouveau raviver le débat sur Nord Stream. De nombreux citoyens attendent encore des réponses claires sur qui se cache derrière l’attaque – et pourquoi le gouvernement allemand n’a pas encore apporté une transparence totale.
La question demeure: pourquoi les vieux partis protègent-ils les terroristes? Est-ce par soumission aux États-Unis? Ou sont-ils eux-mêmes impliqués? Ou les deux?
12:25 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes, nord stream, afd |
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Étude de l'UNICEF: les performances scolaires en Allemagne plongent dans le néant

Étude de l'UNICEF: les performances scolaires en Allemagne plongent dans le néant
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198087
La très bonne position de l’Allemagne dans le domaine de l’éducation est devenue un souvenir du passé. La toute dernière étude de l’UNICEF sur le bien-être des enfants en Europe révèle et objectifie ce que tout le monde sait déjà dans le secteur de l’éducation: le taux d’analphabétisme en Allemagne explose et le système éducatif allemand s’effondre. En ce qui concerne le bien-être des enfants, l’Allemagne ne se classe plus qu’à la 25ème place sur 37.
Compétences faibles en lecture et en mathématiques
Environ 40% des adolescents de 15 ans n'atteignent pas les exigences minimales requises en lecture et en mathématiques. L’Allemagne se constitue ainsi une main-d'œuvre peu instruite, qui ne pourra plus exercer des emplois hautement qualifiés. Les perspectives d’avenir d’une part croissante de la jeunesse en Allemagne sont la criminalité, les emplois précaires ou une vie en permanence sous perfusion d’aides sociales.
Non seulement l’UNICEF, mais aussi la plupart des médias de masse et des acteurs politiques ignorent, dans le débat sur la catastrophe éducative allemande, l’éléphant qui est bien présent dans la pièce: de nombreux élèves de primaire parlent peu ou pas du tout allemand lors de l’inscription, car dans leurs familles, l’allemand n’est connu que comme une langue étrangère. Sans compétences linguistiques allemandes exploitables, ils peinent à suivre les cours. Ce fiasco est le résultat d'errements politiques et une conséquence directe de la politique migratoire.
Conséquences de la politique migratoire
Une politique migratoire peut réussir, si elle s’accompagne d’un apprentissage linguistique immédiat et global. Elle est condamnée à l’échec si son ampleur – comme c’est le cas en Allemagne depuis plusieurs décennies – dépasse les capacités de transmission linguistique.
L’Allemagne est un pays presque sans ressources naturelles. La seule ressource qui a, depuis 1871, alimenté la puissance économique croissante de l’Allemagne dans le monde, était l’éducation et la formation pratique dont pouvait bénéficier la population allemande. Cette ressource a été efficacement détruite par des analphabètes politiques, dont la fureur destructrice entraîne l’analphabétisation de segments de population de plus en plus nombreux.

À propos de l’auteur : Manfred Rouhs, né en 1965, est président de l’association Signal für Deutschland e.V., qui indemnise les victimes de crimes motivés politiquement, et publie trimestriellement la revue SIGNAL, où cet article a également été publié pour la première fois. Suivez-le sur X (https://x.com/ManfredRouhs )! Manfred Rouhs est actif en tant qu’entrepreneur à Berlin.
12:01 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Ecole/Education | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : allemagne, actualité, école, éducation, enseignement, europe, affaires européennes |
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Retour à Thucydide

Retour à Thucydide
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/tornare-a-tucidide/
Xi Jinping parle d'une voix calme, froide, lucide.
Il parle comme un Mandarín, ce qu’il est en réalité… mais il parle de Thucydide.
Ce n’est pas peu. Parce que l’historien grec de « La guerre du Péloponnèse » nous appartient. En fait, dans notre tradition politique et culturelle, il devrait être, ou mieux encore, il doit être fondamental.
Pas dans la tradition chinoise, cependant. Qui a d’autres références, d’autres traditions. D’autres classiques.
Ainsi, si Xi Jinping fait référence, de façon explicite, à Thucydide, il y a une seule raison, et une raison bien précise:
Se faire comprendre par l’interlocuteur. Qui, étant occidental, devrait bien connaître et comprendre Thucydide. En somme, l’avoir dans son ADN culturel.
Et Xi Jinping parle très clairement, pour être un Chinois. Un Mandarín.
Thucydide, dit-il, interprète la principale cause de la guerre du Péloponnèse comme étant la peur de Sparte face à la montée de la puissance d’Athènes.
Une peur qui a conduit à une guerre très longue et épuisante. Pour les deux cités. Au point qu’elles sont devenues toutes deux la proie d’un ennemi extérieur: la Macédoine de Philippe et d’Alexandre.
Si Sparte n’avait pas nourri une telle crainte, que Thucydide identifie au début du conflit, un résultat différent aurait été possible. Une coopération entre Sparte et Athènes, qui aurait permis un développement beaucoup plus harmonieux de toute la Grèce.
Il parle de Thucydide, mais sa réflexion reste absolument chinoise.
Et il envoie un message clair, non seulement à Trump, mais aussi aux États-Unis du futur.
Personne ne tirerait profit d’un affrontement entre les États-Unis et la Chine, quelle que soit la conclusion provisoire qu’il pourrait avoir.
Au contraire, une guerre entre les deux puissances mènerait le monde tout entier vers une dérive dangereuse.
Il est donc préférable de tirer la leçon de Thucydide.
Il y a de la place pour tous dans le monde. Vous, Américains, ne devez pas craindre notre croissance. Au contraire, nous pouvons coopérer pour l’intérêt mutuel.

Il parle de Thucydide, Xi Jinping, pour se faire comprendre clairement par l’interlocuteur.
Mais il est dommage que celui-ci, Donald Trump, ne comprenne manifestement pas. Et ne connaisse pas Thucydide, la guerre du Péloponnèse, ni d’autres vieilleries de l’histoire.
Trump sourit. Il sourit sans comprendre. Son Occident, qui est malheureusement aussi devenu le nôtre, n’a plus aucune mémoire du passé.
Xi Jinping, cependant, l’a averti.
Son sourire chinois est chargé de menace.
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L’Europe doit investir pour rendre l’Amérique plus grande...

L’Europe doit investir pour rendre l’Amérique plus grande...
Ala de Granha
Source: https://electomagazine.it/leuropa-deve-investire-per-rend...
En bon néo-Étatsunien et ancien Italien, Federico Rampini du Corriere della Sera ne manque jamais une occasion de défendre les intérêts de sa nouvelle patrie. Il commence d’abord par expliquer que les investissements européens aux États-Unis sont une bénédiction pour l’Europe. Et peu importe si la société allemande BASF, qu’il prend comme exemple, a réduit sa présence en Allemagne après avoir consolidé ses activités aux États-Unis.
Mais ce n'est pas tout. Dans un autre article, Rampini soutient que Xi Jinping était plus intéressé par les riches milliardaires high tech américains qui accompagnaient Trump que par les vantardises de Trump lui-même. Et cela va de soi. Mais il ajoute ensuite que l’Europe ne serait pas capable de déployer une telle équipe d’entrepreneurs. Ainsi, le néo-Américain Rampini veut que les Européens investissent en Amérique du Nord, tout en ironisant sur l’absence de géants industriels sur le Vieux Continent.
Et ce n’est pas encore tout. Selon le journaliste du Corriere, les Européens seraient plus anti-américains que les Chinois. Peut-être parce qu’ils en ont assez d’être une colonie, mais ce sentiment-là échappe à Rampini. Tout comme il lui échappe que certains en Europe, face aux sanctions de Trump, aux tarifs douaniers absurdes, aient regardé Pékin comme une alternative économique et commerciale possible. Une folie pour Rampini qui, apparemment, ne tolère pas la moindre indépendance. Washington est la capitale de l’Occident, les autres doivent s’y conformer.
10:36 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, états-unis, affaires européennes |
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mardi, 19 mai 2026
Palantir et le FBI – L’architecture de la surveillance totale

Palantir et le FBI – L’architecture de la surveillance totale
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/197971
Le FBI a passé des années à se noyer dans des bases de données fragmentées qui ne pouvaient pas communiquer entre elles. Palantir, en revanche, fondé en 2003 par la branche Venture de la CIA, In-Q-Tel, a fourni la solution. À l’aide de différentes «méthodes», brièvement expliquées ci-dessous, Palantir a réussi à «résoudre» les problèmes.
Réseau Gotham
Le réseau dit Gotham ne sépare pas les données contenues dans des enregistrements individuels. Appels, transferts d’argent, adresses et membres de famille sont rassemblés en une carte vivante, où chaque recherche récupère tous les enregistrements liés accessibles au système. Le terme Gotham (souvent en Allemagne, il apparait sous la forme de logiciel Palantir Gotham utilisé par la police) décrit un puissant système d’analyse de données. Le principe fondamental de ce logiciel est de rassembler, relier et visualiser sous forme de réseau des données isolées et non structurées provenant de diverses sources (registres, dossiers de police, etc.).
Missions-Creep
Le FBI avait déjà renforcé ses liens avec Palantir lors de la traque de Bin Laden en 2010-2011. C’est précisément cet « instrument » qui a ensuite été étendu à l’application de la loi sur l’immigration et aux enquêtes intérieures.
La vie dans la barre de recherche
Les agents peuvent désormais rechercher en temps réel le statut d’immigration, les relations familiales, l’historique d’emploi ou les modèles de déplacement GPS. Gotham tire également des données de la CIA, du FBI, du DHS, des caméras de surveillance routière, des données de visas étudiants, des bases de données de gangs et de messages privés.

Boîte noire avec sourire
Palantir affirme que seul Palantir est le fournisseur autorisé de ce logiciel, aucun autre prestataire ne peut assurer la maintenance ou la formation. Le système reste une boîte noire à propriétaire, ce qui signifie que ni le public ni les législateurs ne peuvent voir comment ses algorithmes marquent certains liens, bien que des « pistes d’audit » optionnelles puissent être disponibles.
Pas de sortie
Une fois qu’une agence a intégré Gotham dans ses processus de travail, il devient techniquement impossible de le retirer. Palantir n’a pas autorisé d’autres fournisseurs pour l’assistance, et «sans mises à jour logicielles, il existe un risque accru que le système ne fonctionne plus correctement ou soit compromis».
Gotham déplace ainsi la logique d’enquête des crimes passés vers les menaces futures, basé sur des modèles plutôt que sur des preuves. Le système peut désormais accéder à plus de quatre milliards d’enregistrements individuels et suivre en temps réel l’activité téléphonique sur une carte.
C’est ainsi que l’on imagine le « futur » des structures de lutte contre la criminalité — pardon, de surveillance.
19:31 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, palantir, surveillance |
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Tout Japon anti-russe est un faux Japon - Comment l’Atlantisme a remodelé la conscience historique du Japon

Tout Japon anti-russe est un faux Japon
Comment l’Atlantisme a remodelé la conscience historique du Japon
Kazuhiro Hayashida
Source: https://www.multipolarpress.com/p/the-falsehood-of-anti-r...
Kazuhiro Hayashida examine comment le discours anti-russe moderne au Japon reflète une rupture civilisationnelle plus profonde, façonnée par l’influence atlantiste et l’amnésie historique.
Le discours anti-russe actuel que l'on entend au Japon est bien plus que la simple expression d’un positionnement diplomatique. Il constitue la manifestation en Asie de l’Est de ce que Daria Douguina qualifiait de «maladie de la modernité». Tout comme les agents de l’uniformisation détruisent la dualité de l’identité ethnique, l’ordre maritime anglo-américain a dissous l’axe du jugement historique naturel du Japon et a fixé le pays dans un rôle de mécanisme appliqué en périphérie. En empruntant le vocabulaire de René Guénon, cela représente la mise en œuvre politique du «règne de la quantité». Tout comme la modernité réduit les distinctions qualitatives à une uniformité quantitative, l’ordre maritime anglo-américain a réduit l’unicité civilisatrice du Japon en lui imposant des valeurs atlantistes homogénéisantes. La coque extérieure du Japon est restée intacte, tandis que sa substance intérieure, elle, a été remplacée.
Daria Douguina soutenait que chaque civilisation possède le droit de respirer son propre air et de connaître des phases de montée et de déclin selon son propre rythme. Le Japon contemporain, cependant, a bloqué cette respiration de ses propres mains. La Quatrième Convention russo-japonaise expose directement cette tromperie.
Au sein même du Japon, le sentiment anti-russe est souvent présenté comme une émotion historique naturelle. En réalité, il possède la même structure que ce que Daria Douguina analysait comme une «domination polie exercée au nom du progrès» — ce que René Guénon appelait la contre-initiation, la contre-tradition. La contre-tradition est l’opération par laquelle la véritable tradition est imitée tout en inversant ses valeurs de l’intérieur. C’est précisément ce qui se produit dans le discours anti-russe actuel. Plutôt que de s’imposer extérieurement, il s’implante comme si c’était la conscience historique propre du Japon, renversant ainsi la perception de l’intérieur. L’accumulation des accords russo-japonais de 1907, 1910, 1912 et 1916 dévoile la tromperie de cette implantation. Le Japon et la Russie n’étaient pas prédéterminés à rester des ennemis historiques essentiels au début du 20ème siècle. Après la guerre russo-japonaise, par le biais de négociations portant sur la Mandchourie, la Mongolie intérieure et la Chine, les deux puissances se rapprochèrent d’une position permettant une gestion conjointe de l’ordre en Extrême-Orient.
La Quatrième Convention russo-japonaise et ses accords secrets prouvent que les deux pays avaient atteint un stade où consultation et coopération primaient. Il s’agissait de bien plus qu’une trêve temporaire: cela constitue la preuve qu’un ordre multipolaire en Asie de l’Est a un jour existé en tant que véritable possibilité historique.

La question cruciale réside dans les intérêts structurels de l’hégémonie maritime anglo-américaine. Tout comme Daria Douguina définissait la multipolarité comme «la possibilité pour chaque civilisation d’exister selon ses propres conditions», la coopération russo-japonaise incarnait précisément cette possibilité en Asie de l’Est. Ce qui menaçait les puissances anglo-américaines n’était pas le conflit russo-japonais, mais la coopération russo-japonaise. Si le Japon et la Russie pouvaient coopérer en Extrême-Orient et limiter l’ingérence extérieure en Eurasie continentale, l’ordre maritime anglo-américain perdrait son droit d’intervention permanent en Asie de l’Est.
La coopération russo-japonaise représentait une situation dans laquelle le Japon maintenait son propre centre de gravité civilisationnel grâce à la coopération avec l’ordre continental établi dans la région. Ce que les puissances anglo-américaines voulaient, c’était la destruction de cette force centripète. Une fois le noyau civilisateur détruit, une civilisation devient creuse, ne conservant que sa coquille extérieure. Le Japon contemporain incarne précisément cette condition. Que le Japon cesse de respirer son propre air historique pour respirer à la place l’air atlantiste est devenu une condition essentielle pour le maintien de l’hégémonie maritime.
Aujourd’hui, cette descente a été institutionnellement achevée. Alors que Daria Douguina définissait la tradition comme «une force vivante que la modernité a tenté de détruire sans y parvenir», au Japon, c’est la mémoire historique elle-même qui est devenue la cible de l'entreprise de destruction.
Sous les bannières de la coopération avec l’OTAN, du dialogue sur la sécurité et des contre-mesures contre la désinformation, la perception que le Japon a désormais de la Russie se reconstruit à travers un cadre externe selon lequel « l’Euro-Atlantique et l’Indo-Pacifique forment une seule entité», mais ne se perçoit plus à travers l’expérience historique propre du Japon. C’est la forme achevée du règne de la quantité selon Guénon, la mise en œuvre politique de la maladie d’uniformisation de la modernité analysée par Daria Douguina.
La singularité qualitative est effacée, et l’uniformité quantitative qui s'exprime, entre autres, par l’hostilité (russophobe) qu'exigent les puissances anglo-américaines, est implantée à la place de la conscience historique du Japon. Ce n’est pas le Japon lui-même qui hait intrinsèquement la Russie. C’est plutôt que le Japon a été amené à confondre la forme d’hostilité exigée par l’ordre maritime anglo-américain avec sa propre émotion historique.

L’incarnation contemporaine la plus claire de cette structure est le gouvernement de Sanae Takaichi. L’essence de l’administration Takaichi réside dans l’application par procuration de l’ordre atlantiste, vêtu du vocabulaire du patriotisme. Des déclarations parlementaires ont récemment affirmé qu’une crise à Taïwan pourrait générer une situation menaçant la survie du Japon: cette posture ne provient pas d'une logique d’après-guerre qui serait propre au Japon. Elles émanent de l’adoption du récit historique posant la légitimité de Taïwan, récit qui structure l’axe de jugement devenu le propre du Japon actuel, alignant ainsi objectivement le Japon sur la ligne historique du gouvernement anti-japonais de Chongqing.
La forte réaction de la Chine ne doit donc pas être perçue comme une réponse émotionnelle fortuite, mais comme une réaction dans la suite logique d'une subjectivité historique non résolue. De même, la politique diplomatique prônant l’évolution d’un « Indo-Pacifique Libre et Ouvert » revient à une déclaration selon laquelle le Japon abandonne son rôle historique de pivot équilibrant entre les ordres continental et maritime, et se fixe comme une avant-poste de l’hégémonie maritime anglo-américaine.
C’est dans cette condition que la coquille creuse d’une civilisation ayant perdu son noyau civilisateur exprime la volonté des autres comme si c’était la sienne. Plus Sanae Takaichi parle subjectivement de renforcer le Japon, plus l’isolement de celui-ci s’approfondit objectivement. C’est le paradoxe essentiel de la poussée à droite actuelle et de la position historique de l’administration Takaichi.
Daria Douguina écrivait que «chaque âme se voit assigner sa place dans le cosmos, sa propre patrie spirituelle». On peut en dire autant des nations. René Guénon plaidait pour l’existence d’un centre métaphysique propre à chaque civilisation: dans cette perspective, la patrie historique du Japon se trouve au point de contact entre les ordres continental et maritime, tenant l’axe de leur médiation.
Le Japon n’a jamais été une nation destinée à établir sa subjectivité en adoptant une posture d'hostilité totale envers la Russie. Pourtant, le Japon contemporain a abandonné son noyau civilisateur et ne perçoit la Russie qu’à travers l’image moraliste façonnée par l'ennemi que sont les puissances anglo-américaines. Cette posture-là n’exprime pas une force. Elle représente la condition dans laquelle l’âme a été capturée par une passion artificielle et s’est enfoncée dans de faux rêves au fond de la caverne de Platon — telle est l’image d’une civilisation vidée qui conserve néanmoins sa seule coquille extérieure.
Ainsi, critiquer le discours anti-russe actuel ne signifie pas défendre inconditionnellement la Russie. Au contraire, tout comme Daria Douguina définissait la multipolarité non pas comme « une solution, mais comme une opportunité d’essayer encore une fois», cela consiste à exiger que le Japon retrouve la capacité de lire son propre passé selon sa propre perspective.
C’est la pratique de la reconquête du noyau civilisateur de l’intérieur — l'inversion d’une conscience inversée, tout comme René Guénon cherchait à révéler les manipulations de la contre-tradition. La Quatrième Convention russo-japonaise a marqué le point de départ de cette inversion. Cet accord a montré que l’hostilité entre la Russie et le Japon n’a jamais constitué un destin inévitable, et que la coopération russo-japonaise a déjà existé en tant que réalité historique. Effacer la mémoire de cette réalité constitue précisément la fonction centrale du discours anti-russe en tant que contre-tradition, et c’est la raison pour laquelle l’administration Takaichi occupe son sommet institutionnel.
Sans briser cette illusion, le Japon ne retrouvera jamais sa propre respiration civilisatrice.
18:49 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, russie, japon, asie, affaires asiatiques |
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dimanche, 17 mai 2026
Sahra Wagenknecht appelle Merz à la démission: «Mieux vaut mettre fin à cette coalition ratée»

Sahra Wagenknecht appelle Merz à la démission: «Mieux vaut mettre fin à cette coalition ratée»
Berlin. Un an après l'entrée en fonction de la coalition noire-rouge dirigée par le chancelier fédéral Friedrich Merz et le vice-chancelier Lars Klingbeil, la fondatrice du parti BSW, Sahra Wagenknecht, appelle le gouvernement fédéral à la démission. «Friedrich Merz est en fonction depuis un an maintenant, et on ne peut qu'espérer qu'une chose: épargner aux citoyens une deuxième année», a-t-elle déclaré au journal Die Welt. Car: «Merz et Klingbeil mènent une politique que personne n'a choisie et qui ruine le pays et sa population».
«En matière de compétence et de popularité», Merz obtient même un score inférieur à celui de l'ancien chancelier Olaf Scholz (SPD). Sahra Wagenknecht exige une fin anticipée de ce gouvernement calamiteux: «Mettre fin à cette coalition ratée serait la meilleure chose pour l'Allemagne, avant que les dommages qu'elle cause ne deviennent irréversibles».
En guise d'alternative, l'ancienne figure politique de Die Linke propose un «gouvernement citoyen»: «Un cabinet composé de spécialistes compétents et proches des citoyens, qui chercherait pour chaque thème une majorité au parlement sans exclure aucun groupe parlementaire, devrait prendre les rênes. Nous aurions alors à nouveau un système politique qui pourrait à juste titre être qualifié de démocratie».
Le propre parti de Sahra Wagenknecht, le BSW, a manqué de peu la barre des 5% aux élections fédérales de février 2025 et a engagé une procédure à ce sujet devant la Cour constitutionnelle fédérale allemande. Néanmoins, en Thuringe, le BSW fait partie d'une coalition plutôt controversée aux côtés de la CDU et de la SPD.
L'opinion publique dans le pays donne raison à Sahra Wagenknecht. Un sondage YouGov mené auprès de 2190 adultes a révélé que 55% des Allemands ne pensent pas que la coalition tiendra jusqu'en 2029. Seuls 25% jugent probable une législature complète. Même parmi les partisans de l'Union (CDU/CSU), 46% prévoient une fin anticipée (SPD: 39%). Seuls dix pour cent des personnes interrogées évaluent le travail du gouvernement comme plutôt bon ou très bon. 69% – plus des deux tiers – le jugent plutôt mauvais ou très mauvais (rk).
Source: Zu erst, mai 2026.
20:12 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sahra wagenknecht, bsw, allemagne, actualité, europe, affaires européennes, politique |
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