Dr Bernard Plouvier
Auteur, essayiste
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L’étude de la curieuse notion de liberté d’expression à travers les âges laisse perplexe. En dépit de milliers de livres consacrés à ce sujet, généralement dépourvus de réel intérêt pratique pour le lecteur, force est de reconnaître qu’elle n’a pratiquement jamais existé
Dans l’Antiquité égyptienne, mésopotamienne, juive, persane, chinoise ou grecque, le respect pour les institutions et les dieux est exigé sous peine de mort. Seul varie le mode d’exécution : lapidation, crucifixion ou, plus simplement, l’épée, avec des raffinements qui influent sur la durée du supplice. On n’envoie pas encore au bûcher ni ne pend : le bois et les cordes sont choses précieuses.
À Rome, une fois passées les luttes intestines du dernier siècle de la République romaine et du premier siècle de l’Empire, la liberté d’expression fut, pour la première fois dans l’histoire des civilisations, respectée aux IIe et IIIe siècles : « On peut penser ce que l’on veut et dire ce que l’on pense », écrit Tacite, contemporain de Trajan.

Encore faut-il noter que sous César, sous Octave-Auguste ou sous Néron, l’on pouvait brocarder le maître sans encourir de foudres, mais, en cette époque de polythéisme bienveillant, Zeus-Jupiter lui-même était maudit des marins et des paysans en cas de mauvais temps.
Cette mansuétude, rarement signalée par les historiens, permet d’évoquer une curiosité également « omise » par nombre d’auteurs. L’étude exhaustive des dossiers de la Gestapo rhénane (E. A. Johnson : La terreur nazie. La Gestapo, les Juifs et les Allemands ordinaires, Albin Michel, 2001) a démontré que, jusqu’au début de l’année 1943, la police de cette province prussienne très peuplée classait sans suite une majorité d’affaires d’injures au chef de l’État ou au parti : il fallait être récidiviste ou avoir occasionné un gros scandale pour être condamné quand on était un « allemand ordinaire » – ce qui , en l’occurrence, signifiait n’être ni juif, ni ancien militant des partis socialiste ou communiste… c’est encore un « fait maudit » de l’histoire, telle qu’elle est narrée.
Après l’époque des empereurs polythéistes ou panthéistes, le clergé chrétien, puis les dictateurs séculiers imposèrent leurs dogmes et rudement. En France, au dernier siècle de l’Ancien Régime, dire tant soit peu de mal du roi, de sa famille, de ses maîtresses, des ministres (du moins tant qu’ils étaient bien en cour), de la religion et des prélats et de deux ou trois babioles du même tabac, ne conduisait plus aux galères (c’est-à-dire au bagne), mais à La Bastille, au donjon de Vincennes ou au Fort l’Évêque.
Mais ce fut pire durant la Révolution où un mot de travers pouvait entraîner son auteur « à la lanterne » ou « au rasoir national ». Sous le Premier Empire, pas plus que sous la Restauration, la liberté d’expression n’eut droit de cité. Sous la monarchie de Juillet, se moquer du roi-bourgeois ouvrait droit à un hébergement aux frais de l’État, gracieux, mais un peu rude, et sous le Second Empire, être classé républicain procurait la même jouissance, à moins que l’individu ne s’offre le coût et les affres, ô combien romantiques, de l’exil.
Au total, pour le cas français, on peut considérer que la liberté d’expression a existé de 1871 à 1938 (avec une interruption de 1914 à 1918, pour cause de « bourrage de crânes »), puis de 1969 à 1972, millésime où recommencèrent les procès pour atteinte à la religion (à condition qu’elle fût exotique) ou à l’origine ethnique (même remarque). Et comme l’on n’arrête pas le progrès, depuis le 14 juillet 1990, on va en correctionnelle (17e Chambre de Paris), voire en prison, pour avoir osé contester des dogmes historiques parfois assez peu assurés..

Bref, le palmarès français est peu reluisant, si l’on compare le score de notre cher « pays des Droits de l’homme » à celui des Imperatores romains, jugés impitoyables par de curieux auteurs. La liberté d’expression comme la Justice se laissent très aisément violer au nom de la « raison d’État ». Au moins, en temps de guerre civile ou étrangère, peut-on évoquer le Salut public pour expliquer, sinon excuser, les atteintes aux libertés. Il est d’autres causes absolument inexcusables : l’omnipotence d’un groupe d’influence (lobby, chez les anglo-us), la dictature des minorités, le fanatisme religieux.
Car, il a fallu attendre la décolonisation de l’Afrique et du Proche-Orient et le règne quasi-absolu du pétrodollar pour voir surgir de nouveau la théocratie musulmane, qui menace présentement l’Europe, comme elle l’avait fait du début du VIIIe au début du XVIIIe siècles. L’histoire des civilisations est chaotique : aux progrès succèdent des reculs considérables, pour peu que les Nations les plus avancées, mais aveulies et amollies, se laissent envahir par des sous évolués agressifs.
Que de riches humains, dépourvus d’idées générales, se moquent de la liberté d’expression pourvu qu’on leur octroie la pleine liberté de fabriquer et de vendre est chose fort ancienne. Il leur arrive même de trouver un (riche) philosophe pour étayer d’une belle rhétorique leurs revendications.
« La liberté est celle de faire, pour son propre bonheur, tout ce qui ne nuit pas aux autres » (Paul-Henri d’Holbach, in Système de la nature, un puissant soporifique paru en 1770). Mais le bon apôtre exige de l’État qu’il protège entrepreneurs et négociants de « la populace imbécile, privée de lumières et de bon sens, qui peut à chaque instant devenir l’instrument et le complice des démagogues turbulents qui veulent troubler la société ».
C’est très exactement le fondement du discours des notables qui ont exploité, plus durement que sous l’Ancien Régime, les nations occidentales, de 1830 à la Grande Guerre (et même au-delà). Toute remise en cause de la domination de la trinité dorée des financiers, des entrepreneurs et des négociants est assimilée, par leurs complices du demi-monde de la politique et des media, à une subversion de l’État.
Tout affaissement du Pouvoir politique face au Pouvoir de l’argent est à la fois une catastrophe pour le menu peuple et pour les Nations, les ploutocrates étant cosmopolites du fait de leurs intérêts multinationaux, voire transcontinentaux. Cela est bien connu depuis le XVIIIe siècle.
Mais « l’anarchie pourrait bien être plus funeste aux pauvres qu’aux riches » (Numa Fustel de Coulanges, in Histoire des institutions politiques de l’ancienne France, de 1875-77). Seul un État puissant, dirigé par des hommes probes, peut maîtriser la voracité des grands prédateurs, procurer aux citoyens l’accès au travail, source de leur dignité, ainsi qu’un minimum de protection sociale, mais aussi calmer les élans menaçants des fous furieux, prêts à tout oser, à tout faire pour assurer le règne de leur divinité ou de la « réforme sociale ». On connaît la ritournelle : « Pas de liberté pour les ennemis de La Liberté » !

Tout ne serait-il qu’une question de subtilité dans la rhétorique ? Non point ! C’est affaire de véritable démocratie, soit de tolérance (presque) universelle. Car n’importe qui, même la pire andouille – par exemple un dinosaure communiste ou une féministe enragée – a le droit de dire ce qu’il (ou qu’elle) croit juste, pas obligatoirement ce qu’il (ou elle) « pense », parce que bien des gens parlent plus vite que leurs capacités cognitives ne fonctionnent.
Au total, tout est bon à être dit, sauf la pornographie et la calomnie qui, seules, relèvent de la censure. La liberté d’expression ne doit avoir de limites que dans ces deux registres.
Heureux les libres citoyens des États-Unis d’Amérique du Nord où cette liberté fondamentale est garantie par le Premier Amendement à la Constitution. Pour une fois qu’il y a quelque chose de bon à piquer aux USA, l’électorat français s’en moque ! Il semble préférer les hamburgers, le Coca et Halloween.




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Or, la dernière partie de la phrase vient d’être censurée à Berlin, au Komische Oper qui programme actuellement Don Giovanni. La « Turquie » a été remplacée par la « Perse ». Cette initiative de la direction a été prise pour ne pas offenser la sensibilité des millions de citoyens turcs vivant en Allemagne, mais surtout pour ne pas créer de malentendus diplomatiques avec Erdogan, qui ces derniers mois a exercé de fortes pressions auprès des autorités allemandes et des médias en ce qui concerne l’image de la Turquie dont il convient de ne pas se moquer publiquement.





Le réchauffement climatique vient de faire une nouvelle victime, Philippe Verdier. Chef du Service Météo de France 2 depuis septembre 2012, il vient d'être licencié par la chaîne de télévision qui l'avait suspendu d'antenne auparavant. Il en a fait l'annonce vidéo, symboliquement, le jour de la fête de la Toussaint...




In november 1969 vergadert de jury van de Driejaarlijkse Staatsprijs – op dat ogenblik de belangrijkste literaire onderscheiding in Vlaanderen. Een van de vijf juryleden, romanschrijver Piet Van Aken, weigert mee te stemmen. Dat uitgerekend de vrijzinnige en linkse Van Aken zich ergert aan Gangreen 1 is merkwaardig. Koestert hij bezwaren tegen het beeld wat Geeraerts van de Congolezen ophangt of tegen de expliciete seks? Misschien. Maar de kans is groter dat Van Aken, die de Amerikaanse literatuur goed kent, meent wat hij zegt, namelijk dat hij zich stoort aan Geeraerts’ navolging van de lange zinnen zonder punten of komma’s van de Amerikaan Henry Miller – Miller die trouwens ook bekendstaat om zijn bedscènes. Wat er ook van zij, Geeraerts krijgt zijn Staatsprijs. Groot is dan ook de verontwaardiging wanneer de Brusselse politie medio december 1969 binnenvalt bij de bekende boekhandel Corman en er een exemplaar van Gangreen 1 meeneemt. Dat gebeurt op donderdag. De dag daarop verneemt de uitgever het nieuws. Hij brengt meteen een Nederlands weekblad op de hoogte.

Cible de la première condamnation de la 17
Ce qui affole le pouvoir, c’est que
Il faut bien savoir que le pouvoir oligarchique et l’idéologie qui nous gouvernent, avec leurs relais dans la justice, sont souterrainement hostile à la liberté d’expression. Il s’agit du double héritage du marxisme et d’une partie de la Révolution française : ”pas de liberté pour les ennemis de la liberté ”. Ce qui signifie : pas de liberté d’expression pour ceux qui n’ont pas nos idées, les seules morales. Ils sont le Mal, ils sont illégitimes. L’important n’est pas qu’ils disent la vérité, car cette dernière ne compte pas : une vérité incorrecte est haïssable et illégitime, pas une erreur correcte.
Faire taire les dissidents par l’intimidation de basse intensité (amendes, dommages et intérêts) est toujours la première phase de la répression. La seconde est plus dure mais elle est inévitable si l’on persiste. C’est la dissuasion par d’autres méthodes, disons non juridiques pour faire bref. La panoplie est riche. 



Droite du travail, gauche des valeurs. La politique du gouvernement Hollande semble se résumer à deux axes en apparence opposés mais en réalité convergents : mise aux normes mondialistes de l’économie française, pénalisation toujours plus forte du « racisme et de l’antisémitisme » sous couvert de lutte contre le djihadisme. Pendant que le gouvernement Hollande s’active à dépouiller les travailleurs français de leurs dernières protections face à la violence de l’économie de marché, il fait mine de protéger les personnes supposées vulnérables à la discrimination ethnique ou religieuse par une législation toujours plus stricte. Dans les deux cas, la méthode est similaire : passage en force et autoritarisme. Le but également : cette compassion victimaire (d’ailleurs à géométrie variable) sert le projet mondialiste en disqualifiant les oppositions à sa politique.
Nicolas Bourgoin, né à Paris, est démographe, docteur de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales et enseignant-chercheur. Il est l’auteur de quatre ouvrages : La révolution sécuritaire (1976-2012) aux Éditions Champ Social (2013), La République contre les libertés. Le virage autoritaire de la gauche libérale (Paris, L'Harmattan, 2015), Le suicide en prison (Paris, L’Harmattan, 1994) et Les chiffres du crime. Statistiques criminelles et contrôle social (Paris, L’Harmattan, 2008).
Un certain Volker Beck (ci-contre), député des « Verts » au parlement allemand, s’est récemment jeté sur le clavier de son ordinateur pour se fendre d’une lettre au ministère fédéral des affaires étrangères pour réclamer qu’Alexandre Douguine, le militant eurasiste russe, soit placé sur la « liste noire » des Russes sanctionnés par l’UE, afin, na! tralala!, qu’il ne puisse plus venir en Europe pour exposer ses thèses eurasistes et « multipolaires », pour le plus grand bien des chimères transatlantiques et unipolaires assénées par CNN et les cliques néo-libérales et otanesques (on se demande ce que doivent en penser ses électeurs, nombreux, issus des vieilles gauches allemandes...?). Le magazine allemand Zuerst avait en effet invité le politologue russe comme orateur pour participer à un colloque réservé à ses abonnés et lecteurs, événement qui doit se tenir début mars. L’agitation frénétique du député vert semble toutefois être sans objet : la « liste noire » de l’UE ne compte que des hommes d’affaires ou des représentants officiels de l’Etat russe : Douguine, lui, ne fait pas d’affaires et ne détient aucun mandat ou fonction au sein de la Fédération de Russie.