Luongo estime que Salvini doit saborder le gouvernement italien, obtenir de nouvelles élections où la Liga arriverait aisément en tête, quasiment proche de la majorité absolue, et engagerait la bataille finale contre Bruxelles pour la sortie de l’Italie de l’euro, et plus si nécessaire, – tout en s’inspirant de la “Dame de Plâtre” (Theresa May) pour faire exactement le contraire de son Brexit et obtenir un Italexit convenable.
Cette formidable montée de Salvini et de sa Liga, avec en plus les élections européennes dans le viseur et un PE qui pourrait devenir un terrible “ennemi intérieur” au sein de l’UE, se fait au moment où toutes les tensions se manifestent en Europe. La pensée courte nomme cela “populisme”, ce qui permet de nombreux “éléments de langage” aux esprits paresseux pour vomir quelques insultes politiquement correctes, alors qu’il s’agit d’une émeute collective de type antiSystème, animée par une dynamique collective particulièrement impressionnante qui laisse à penser sur le sens et le processus même de création de cet étrange-événement (un de plus et toujours le même).
La chance de Salvini, c’est que les trois “grands” européens sont à la dérive, et pour un certain temps, et dans un climat des plus grandes incertitudes...
• Au Royaume-Uni, l’étonnante “Dame de Plâtre” réussit à mettre le Royaume-Uni dans une situation pire que celle qu’il avait lorsqu’il était membre de l’UE. Sans doute s’agit-il de prouver aux citoyens britanniques qu’ils ont eu tort de voter en faveur du retrait de l’Europe, laquelle Europe semble pousser les élites et directions des pays européennes, toutes sous la bienheureuse influence du Système, à mettre toutes leurs intelligences considérables au service des politiques les plus stupides qui soient pour tous les acteurs-Système si l’on considère le résultat final probable.
• En Allemagne, c’est Merkel qui lutte pour retenir sa place dans l’Histoire, unanimement détestée, y compris dans son parti auquel elle a dû concéder la promesse de son départ avec les prochaines élections à l’issue desquelles elle aura peut-être réussi à suffisamment affaiblir ce parti pour permettre aux autres de trouver une combinaison de gouvernement sans lui. Merkel peut d’ores et déjà être désignée comme la plus fidèle exécutrice de la transformation de l’UE en une machine autodestructrice, insupportable aux peuples qu’elle prétend réunir ; elle a établi une fausse puissance de l’Allemagne, économiquement plus forte que jamais, politiquement plus éclatée qu’elle ne fut jamais et quasi-ingouvernable, stratégiquement gisant comme un pays véritablement “occupé” et privé de toute souveraineté, bien plus encore qu’au temps de la Guerre froide, par des États-Unis eux-mêmes en crise profonde.
• La France, on en a beaucoup parlé, parce que ce président, qui met toute sa prodigieuse intelligence au service des ambitions les plus stupides, a réussi à déclencher dans ce pays anesthésié par 20-30 ans de transformation de sa posture politico-culturelle en une parodie culturelle-sociétale, une émeute générale du type-jacquerie, incontrôlable, idéale pour susciter de puissants courants populistes, etc. Macron semble presque douée d’instinct divin subverti en diabolique pour, même dans les plus courtes déclarations possibles, jeter sur l’incendie qu’il veut éteindre à tout prix quelques gallons d’essence à très haut octane et au prix augmenté de taxes diverses... Comme ce matin à Bruxelles où il parvient à glisser, pour apaiser les choses, qu’il y a en France ceux qui s’adaptent à la mondialisation (dites plutôt globalization/globalisation, monsieur le président-si-parfaitement-anglophone) et ceux qui sont quelque chose comme “inaptes au progrès”, – donc, comprend-on, bons à jeter avec leurs gilets-jaunes dégueulasses. Le chemin dialectique de Macron est extraordinaire et tient du Disneyland pour attardés mentaux : accroché à la planche-pourrie Merkel, il exhorte et ordonne aux Français de s’adapter à une globalisation qui s’effondre partout, et notamment dans de nombreux pays d’Europe et surtout aux États-Unis.
On comprend alors que cette UE qui est en train de perdre tous ses dirigeants-Système et qui est conduite par une bureaucratie bruxelloise absolument aveugle tend à devenir à une très grande vitesse du pain béni pour un politicien aussi enragé et habile sinon machiavélique à la fois qu’est Salvini. Entre les naufrages des trois grands dont l’un offre les germes d’une jacquerie européenne, l’aveuglement bruxellois, les prochaines élections européennes, les coups de boutoir des américanistes-trumpistes qui se font dans ce cas les alliés objectifs des populistes, se forme ce que l’on nomme dans la langue anglo-américaine “a perfect storm” anti-UE dont Salvini devrait pouvoir profiter.
Salvini, mais aussi le gouvernement italien dans son entier avec les M5S, ont réussi l’opération majeure pour les populistes venant au pouvoir qui est de poursuivre une politique et une stratégie antiSystème après être entrés au cœur et à la direction de l’institution-Système qu’est le gouvernement. Ils l’ont fait en modifiant leur position naturelle, ce qui les exonère de toute responsabilité fondamentale pour leur parcours national (raison pour laquelle Salvini ne cesse de gagner en popularité depuis qu’il est au gouvernement) : au lieu de s’installer comme seulement victorieux au plan national et de se trouver devant le principal obstacle de mettre leur politique à l’épreuve des faits et du pouvoir, ils se sont placés au niveau européen de façon à affronter un nouvel adversaire (Bruxelles-UE), représentant bien mieux le Système que le gouvernement de l’Italie, et donc ainsi de conserver une posture antiSystème en passant de la référence nationale à la référence européenne.
Voici donc ci-dessous l’article de Tom Luongo, – en fait la première partie, qui concerne essentiellement Salvini, la deuxième partie étant consacrée aux risques que fait courir à la puissance de Wall Street qu’est Goldman-Sachs (dont le directeur de la BCE Mario Draghi fut l’honnête représentant en Europe, et en reste évidemment l’obligé) les possibles/probables déboires de l’euro. Le texte a paru sur le site de Luongo, Goats, Gold’n Guns, le 24 novembre 2018.
dedefensa.org
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Salvini prend le contrôle de l’avenir de l’Europe
Le Vice-Premier Ministre italien Matteo Salvini vient de se déclarer leader de l’avenir de l’Europe. Il refuse de bouger d’un pouce dans les négociations avec l’Union européenne sur le budget de l’Italie et il menace maintenant de renverser le gouvernement. En disant implicitement cela, il ne parle pas seulement pour les Italiens, il parle pour cette partie croissante de la population européenne qui voit en quoi l’UE est en train de se transformer et recule devant l’horreur de la chose.
Les protestations contre la nouvelle taxe sur le diesel dans la France d’Emmanuel Macron sont devenues violentes. Les dirigeants britanniques ont complètement trahi leur peuple dans leurs négociations sur le Brexit. Ils gagneront peut-être cette bataille mais l’animosité du peuple à leur encontre ne fera que se renforcer avec le temps. Alors que les dirigeants en France et en Allemagne perdent en popularité et ne restent en place que grâce aux querelles politiques internes, Merkel et Macron ne cessent de durcir leur rhétorique contre le nationalisme en plein essor que représente Salvini. Les deux s'emploient à promouvoir leur fédération européenne avant de quitter la scène du pouvoir, dans les prochaines années au mieux. S'ils perdent leur combat contre Salvini et le Hongrois Viktor Orban, ils risquent de devoir quitter leurs fonctions à la force des piques et des torches des violences de la rue.
Bernard Connelly, auteur du livre brillant The Rotten Heart of Europe (à lire absolument) pose la question essentielle du Brexit à laquelle aucune personne associée au Projet Fear ne tient à être confrontée. Si la séparation de l'UE est si compliquée, pourquoi personne ne parlait-il de blocus et de catastrophe économique avant le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse en 2014 ? La réponse est simple : personne au pouvoir ne s’attendait à ce que le référendum donne une réponse positive et la question n’a donc pas été considérée.
Maintenant, revenons à l’Italie. Salvini peut agiter sa menace audacieuse de faire tomber le gouvernement parce que son parti de la Legacontinue de monter dans les sondages chaque fois qu’il le fait.
Extrait de Zerohedge.com :
« ...Depuis lors, Salvini a continué de distancer Luigi Di Maio, l’autre vice-Premier ministre du pays, en tant que symbole politique et public de l’opposition farouche à l’UE. La Ligade Salvini a atteint 36,2% des intentions de vote en novembre, ce qui fait le quatrième sondage consécutif montrant une augmentation, selon une enquête Ipsos du journal Corriere della Sera. Le Movimento 5-Stelle (M5S), qui s’était imposé comme le premier parti lors des élections générales de mars, a chuté à 27,7% ce mois-ci, contre 28,7% en octobre. »
Cette situation place Salvini exactement où il veut être, aux commandes, orchestrant le spectacle de l’attaque contre Bruxelles dans le cadre de l’avenir de l’Italie. Mais il ne joue plus seulement pour l’avenir de l’Italie. Il sait que l’Italie est désormais le porte-drapeau de la résistance face à la tension particulièrement odieuse de la technocratie européenne.
Salvini a discrètement mis de côté la question de Italeave(Italexit) lors de la campagne des élections de mars parce que c'était de bonne politique. Une fois enfonction, lui et Luigi Di Maio, son partenaire du M5S, se sont engagés à fond dans un paquet de mesures économiques qui à la fois rencontrent une promesse de campagne et constituent un doigt d’honneur à l’intention de Merkel. De plus, Salvini a annoncé avec Orban le développement d’une “Ligue des Ligues” pour prendre d'assaut la Bastille du Parlement européen aux élections de mai 2019.
Plus il agit dans ce sens, plus il devient populaire.
Plus important encore, plus Di Maio et lui renforcent à leurs engagements, plus les Italiens voient Bruxelles comme l’ennemi de leur avenir. Et ne vous y trompez pas, ils suivent de près la façon dont Theresa May la “Dame de Plâtre” accouche d’un Brexit de cauchemar pour les Britanniques et par conséquent comment il faut procéder, – au contraire de May, – pour faire face avec efficacité à la terrible “incertitude” de la rupture avec l’UE.
La menace de Salvini de renverser le gouvernement dont il est actuellement le chef de file, c’est une déclaration de guerre contre Bruxelles et le reste de la classe politique italienne qui tenterait de s’opposer à lui dans les négociations sur le budget et la dette. La Legaest actuellement le partenaire junior dans le gouvernement italien. Des élections anticipées pourraient facilement la voir dépasser les 40% et obtenir un mandat populaire quasiment imbattable pour soutenir son approche conflictuelle de Bruxelles, tout en forçant ses partenaires 5-Etoiles de la coalition à le suivre.
Il s’agit là d’une tentative d’un coup politique majeur pour Salvini. En cas de succès, il deviendra le pôle d’attraction des eurosceptiques dans tous les pays européens qui leur permettra de rompre avec le “merkelisme” et la consolidation du pouvoir autour de l’Allemagne au sein de l’UE.
Les problèmes d’endettement de l’Italie ne peuvent être résolus dans l’euro. Salvini comprend cela. Le plus gros obstacle à ses projets est le peuple italien lui-même. Salvini doit faire comprendre aux Italiens que les charges et les difficultés à court terme d’une sortie de l’euro sont facilement justifiées par les avantages à long terme.
J’ignore si Salvini a expliqué, et suffisamment expliqué, cette manœuvre mais c’est absolument ce qu’il devra faire. C’est, dans l’esprit et selon n’importe quel composant (euro ou pas euro) la sorte de manœuvre que Theresa May a refusée, et c’est pourquoi elle a engagé des négociations sur le Brexit qui ont produit un accord bien pire que la situation dont la Grande-Bretagne disposait en tant que membre à part entière de l’UE.
Tom Luongo



" Malgré les nombreuses études qui lui ont été consacrées, une période cruciale de la vie de Julius Evola restait encore dans l’ombre, d’autant plus que l’intéressé, discret jusqu’à la réticence au sujet de lui-même, en avait très peu parlé : les années 1943-1951, qui furent celles de l’attitude à adopter face à la grande crise du régime fasciste et à la fondation de la République sociale italienne (rsi), puis de l’accident survenu à Vienne début 1945 qui le laissa paralysé des membres inférieurs, du véritable « chemin de croix » médical qui suivit entre l’Autriche, la Hongrie et l’Italie, enfin du retour définitif à Rome au printemps de 1951.
del.icio.us
Digg

Lecteur autant des néo-libéraux Ludwig von Mises et Friedriech von Hayek que de Carl Schmitt et de Julien Freund, ce Lombard approuve très tôt le fédéralisme italien et européen. Il juge en effet que l’État moderne sous sa forme d’État-nation entre dans un déclin inéluctable. Dans un rare texte de Gianfranco Miglio disponible en français, « Après l’État-nation » (mis en ligne le 17 novembre 2017 sur le site Le grand continent), il considère que « les villes sont de véritables communautés politiques, de fait toujours plus affranchies des États, entretenant parfois des relations étroites (ou des rivalités) les unes avec les autres. Elles sont toujours moins en harmonie avec leurs États respectifs qui leur imposent plutôt des limites ». Son inspiration politique s’appelle le Saint-Empire romain germanique et la Ligue hanséatique. Au soir de sa vie, il reconnaissait volontiers que « l’Empire était une structure multinationale qui servait aux Reichsstädten, aux Cités de l’Empire, à régler les conflits qui surgissent aux niveaux locaux. Mais pour le reste les communautés urbaines ou locales avaient la liberté de s’auto-gouverner, à promulguer leurs propres lois. L’autorité impériale les laissait en paix, au contraire de ce que fait Bruxelles aujourd’hui (dans La Padania du 15 juin 2000, repris dans Nouvelles de Synergies Européennes, n° 48, 2000) ».
Dans Un populisme à l’italienne ?, Jérémy Dousson, directeur général adjoint du magazine Alternatives économiques, apporte un éclairage intéressant. Le livre étudie un véritable « ovni » politique qui a permis l’avènement en Europe du premier « populisme de gouvernement » ! Paru avant les résultats des législatives du 4 mars 2018, l’ouvrage n’évoque pas bien sûr la nouvelle coalition gouvernementale. L’auteur précisait alors que « le mouvement ne s’allie pas avec les partis qui ont échoué; il gouverne seul ou il ne gouverne pas (p. 110) ». Pas sûr toutefois que Jérémy Dousson aurait conservé sa belle sérénité s’il avait appris l’entente avec la Ligue… Pourtant, « en tant que partis qui expriment, d’une manière différente, la mentalité populiste, prévient Marco Tarchi, leurs vues ne sont pas, sur le fond, incompatibles, donc une alliance est possible et, peut-être, viable (1) »
C’est Beppe Grillo qui pose dès le départ les interdits fondamentaux qui rendent le M5S si singulier. Les eletti (élus) n’existent pas, mais il y a des portavoci, les porte-parole. Avant une approbation en ligne sur la plateforme Rousseau, les éventuels candidats à une fonction élective s’engagent à ne pas cumuler de mandat, à n’effectuer que deux mandats consécutifs, à ne pas embaucher des membres de leur famille au titre d’assistants et à ne pas se parachuter dans une circonscription gagnable. Enfin, tous doivent présenter un casier judiciaire vierge. C’est la raison pour laquelle Beppe Grillo n’a jamais été candidat. Outre que « le comique a fait ou fait encore l’objet d’environ quatre-vingt-dix procès (p. 31) » pour des diffamations publiques, il a été condamné en 1981 pur un homicide involontaire lors d’un accident de la route. En 2014, un tribunal l’a aussi condamné à quatre mois de prison pour avoir brisé des scellés apposées sur le chantier du Lyon – Turin (5).








Diviser les divisions





C’est encore le langage de la guerre et du combat qui prévaut lorsque D’Annunzio parle de la femme. Pour lui, elle est « l’ennemie nécessaire ». Nous verrons plus loin ce que recouvre plus exactement cette expression ambiguë. Toutefois, décrire D’Annunzio comme un Casanova de bazar ne correspondrait pas à la réalité du personnage. Ce qui ressort du livre de Serra, c’est indéniablement une sensualité exacerbée mais le personnage n’est pas, à proprement dit, un obsédé sexuel. Serra parle plutôt d’ « obsédé sensuel » car c’est bien, avant tout, de l’âme des femmes convoitées dont il veut s’emparer. Le magnétisme qu’il exerce auprès d’elles relève certainement de ce « priapisme physique et cérébral » qui émane de sa personne. Fanatiser la femme comme fanatiser la foule — la foule étant femme — semble être la finalité de l’énergie déployée pour ses conquêtes. Sa période romaine fût le théâtre de relations multiples dans lesquelles cet « homme-animal » considérait les femmes comme des proies à posséder intégralement. Cette période marqua également le début de sa carrière d’ « endetté permanent » qui ne finira qu’à sa mort, ses conquêtes et liaisons ne faisant pas l’économie d’une profusion de cadeaux et de dépenses diverses. Quelques éléments témoignent de ce rapport aux femmes qui apparaît aujourd’hui d’autant plus singulier qu’il contrevient aux nouveaux crédos que notre époque tente d’imposer. Il épouse, par exemple, à vingt ans, en 1883, une « petite duchesse inoffensive » dont il ne divorcera jamais pour ne pas être obligé d’épouser les autres compagnes qui jalonneront immanquablement et régulièrement toute son existence. Dans ce rapport aux femmes, nous retrouvons un élément typique de sa personnalité, un mélange de calcul, de contrôle de soi et d’exaltation. Belliciste et esthète à la sensibilité élevée, il est par ailleurs extrêmement attentif aux détails physiques, caractéristique qui nourrira bien entendu sa littérature. Sur le terrain des femmes, c’est donc encore sa prédilection pour la conquête et la possession qui s’exprime. La plus rétive à cette disposition toute totalitaire et à ce machisme vampirique fut Eleonora Duse, une tragédienne surnommé la Divina qui s’emploiera à ne pas abandonner ses velléités d’indépendance ainsi que son goût pour les femmes. La résistance de cette primadonna de laquelle « émane un halo sexuellement trouble » et qu’il rencontra en 1895, alors qu’elle avait entamé la trentaine, laissera d’ailleurs notre héros quelque peu dépité. Elle fut toutefois une vraie muse et nourrira la production de D’Annunzio jusqu’en 1905 quand, mû par sa logique vampirique de possession et de rejet (« ce qui a été n’est plus »), il se tournera alors vers une nouvelle proie, Alessandra di Rudini Carlotti del Garda, qu’il surnommera Niké en hommage à la divinité de la victoire. Sur l’importance de la Divina, nous pouvons lire la chose suivante : « On a calculé qu’en six ou sept ans à peine, entre 1898 et 1905, D’Annunzio a écrit vingt mille vers sous forme de poèmes et douze mille vers pour ses drames (…). Cette productivité phénoménale, même pour lui, n’a pas été toujours inspirée par la Duse, mais aurait atteint difficilement ce record sans elle. » Cette aventure passionnée irriguera également son grand roman intitulé Le Feu dont le personnage principal sera Eleonora.
D’Annunzio, ce sont donc des grandes lignes de force qui s’activent. Se détachent d’abord ce goût pour l’aventure et un sens aigu de la dramaturgie, dispositions qui verseront indéniablement dans l’emphase mais qui se contenteront de flirter incidemment avec le cliché sans jamais toutefois y succomber. Prend forme également au fil de la lecture de D’Annunzio le Magnifique, une silhouette nietzschéenne qui refuse la vie tiède et bourgeoise et prend le parti de la vie, mobilisant pour cela une énergie toute dionysiaque. Ce qui frappe c’est cette volonté de ne pas s’endormir, ne pas céder à la satisfaction, au confort. Lorsque le guette le dannunzisme, lorsqu’il atteint une sorte de maîtrise à la fois de son art et de son personnage, il cherche dans la vie même le danger, le feu régénérateur qui lui évitera d’être simplement lui-même, achevé dans un contentement de soi de ruminant. C’est ce caractère faustien qui le poussera à 56 ans à se lancer dans l’aventure de Fiume. Pour lui, s’endormir c’est se rendre vulnérable. Il est animé d’un vitalisme nourri par ce proverbe local qu’il n’oubliera jamais : « Qui se fait brebis, trouve le loup qui le dévore. » Pour ce faire, il doit créer avec frénésie, créer sa propre vie et la créer la plus extraordinaire qui soit dans un royaume à son image. Si l’on devait résumer ce qu’il est, on pourrait dire : D’Annunzio c’est Fiume, Fiume c’est D’Annunzio. Et Fiume, c’est un radical et nietzschéen oui à la vie. Et d’ailleurs, pour se définir lui-même, on l’entendrait bien dire, amusé : D’Annunzio c’est moi !








Naturalmente alle tesi di CasaPound, si rispose facendo notare che Maltese (quindi Pratt) non sia nazionalista, non crede nei Paesi, non è razzista. Tutto vero. Ma prima di affermare che Pratt-Maltese siano “di sinistra”, inviterei a una riflessione più approfondita, perché negli anni 70, non tutti nell’ambiente politico-culturale di sinistra erano poi così tanto convinti dell’identità progressista del personaggio del maestro. Lo stesso Pratt in quegli anni dichiarò: “Bisognava rispolverare Marx ed Engels, autori che dovetti frequentare e che mi annoiarono immediatamente. Visitai anche Marcuse e qualche altro e ritornai ai classici dell’avventura. Venni subito accusato di infantilismo, di edonismo e di fascismo”. Successivamente poi, Pratt fu licenziato dalla rivista per cui lavorava, perché l’editore, politicamente vicino al Partito Comunista Francese, lo tacciava di libertarismo. Perciò, le insinuazioni di un Pratt “non di sinistra”, non sono invenzione recente di CasaPound. Che poi questo non significhi “fascista”, è un altro discorso. Tralasciamo che Pratt abbia combattuto nella Decima Flottiglia Mas.
















