dimanche, 01 février 2026
Interdiction de l’AfD: les vieux partis allemands ne tiennent plus qu’en nouant des intrigues

Interdiction de l’AfD: les vieux partis allemands ne tiennent plus qu’en nouant des intrigues
Source: https://derstatus.at/politik/afd-verbot-altparteien-werde...
Que faire lorsque l’adversaire politique devient trop puissant? Apparemment, on préfère recourir au bâton judiciaire et à des astuces politiques douteuses, plutôt que d’affronter le jugement des citoyens. La frontière entre démocratie et maintien du pouvoir devient préoccupante dans un Allemagne du «Mur de feu» (du "cordon sanitaire").
Interdiction de l’AfD comme condition préalable
Quand un système établi est-il dépassé? La réponse peut être très courte: dès que les vieux acteurs en place mettent la pression pour forcer un dernier reste de cohésion. Les jours d’une ère idéologique semblent comptés, dont les composantes n’ont plus grand-chose en commun quant au fond et au programme, mais qui cherchent le moindre dénominateur commun de peur de perdre le pouvoir. Les Verts exigent, avant les élections régionales en Rhénanie-Palatinat, qu’une procédure d’interdiction contre l’AfD soit engagée.
Sans cet artifice, il ne pourrait y avoir de contrat de coalition, pourrait-on dire. Friedrich Merz a déjà dû accepter des milliards de dettes pour acheter le soutien de la SPD à sa candidature à la chancellerie. Et maintenant, il semblerait aussi qu’à Mayence, une tractation du même acabit se prépare. Si tu me promets que nous irions ensemble devant la Cour constitutionnelle, je te tends la main pour un mariage de convenance, telle serait probablement une solution de compromis. En quoi tout cela a-t-il encore du sens ou relève-t-il du bon ordre des choses? En rien, absolument rien, il faut le constater.

Éliminer la concurrence par un procès fallacieux
Les pressions et les menaces façonnent désormais tellement la vie politique berlinoise que de simples citoyens seraient depuis longtemps traduits en justice pour des délits, s’ils s’aventuraient à appliquer les méthodes que les partis utilisent sans scrupules ni honte pour préserver leur vacuité. La crainte que l’Alternative für Deutschland puisse atteindre une majorité absolue et empêcher ceux qui se sont si confortablement installés dans les sièges et les postes de prendre pour contrôler le pouvoir, ne conduit pas seulement à des déviances bizarres, mais à des actes carrément criminels.
Les menaces et les ultimatums ne peuvent en aucun cas constituer une base de confiance. Quiconque tombe dans le piège y participe, et devient complice du mécontentement, de la désillusion et de la colère du peuple souverain. Le boycott et le blocage de l’opposition, agonie de critiques, prennent des tournures si extrêmes qu’on ne peut plus parler de démocratie. La polarisation a contribué à bien plus que l’exclusion, que l’isolement et que la privation d’égalité des chances dans les joutes électorales. La privation des droits se poursuit à un rythme sans précédent: ce ne sont pas les Bleus (= AfD), accusés de tous les maux, qui veulent détruire le pays et les institutions, mais bel et bien les partis colorés.
Un quart des électeurs, de manière totalitaire, risque d'être privé de tribune
Vaincre un concurrent à tout prix et le faire taire, se chercher des alliés contre-nature pour suivre la seule voie de la répression: ce type de comportement est assumé de manière dévoyée et délinquante. Les mécanismes sont aussi subtils que dans l'ancienne RDA, on ne fait même plus l’effort de dissimuler le caractère totalitaire de ses agissements. Les partis de l'establishment utilise une règle fondamentale du droit constitutionnel, qui n'autorise l’élimination d’un adversaire politique qu'à titre absolument exceptionnel dans la vie politique. En agissant de la sorte, les vieux partis de l'establishment montrent des traits grotesques, exprimant un primitivisme sordide.
Comme si l’on n’était pas capable de voir ce que Klingbeil, Banaszak, Reichinnek ou Brantner complotent sous le prétexte de «défense» de la démocratie allemande. Ils veulent ôter à un quart des citoyens toute identité idéologique, croyant, dans leur méchante naïveté, qu’après une décision du tribunal constitutionnel de Karlsruhe, les brebis perdues reviendraient aux troupeaux d’origine. La durabilité n’a jamais été leur fort quand il s’est agi d’automobiles électriques nuisibles à l’environnement, de pompes à chaleur et d’éoliennes, qu’ils considèrent comme des exploits en matières écologiques. Il est tout simplement naïf de penser que la politique peut se faire par interdits.
Une interdiction renforcerait l’opposition
Un tel simplisme ne fonctionne ni avec l’alcool ni en ce qui concerne l’AfD. La croyance naïve selon laquelle il suffit de tourner la tête pour oublier est probablement une mauvaise croyance. Mais la RDA a déjà montré que la résistance populaire ne peut pas être arrêtée par des expédients simplistes. Si l’on veut vraiment éliminer le risque d'une rébellion, d'une révolte des mécontents, il faut faire intervenir le seul bon sens.
Jusqu’à présent, la rue est encore calme, à l’exception des grand-mères que l'on a mobilisées pour battre le tambour ou souffler dans des trompettes de Jéricho pour faire reculer et couler la droite alternative. Mais la situation pourrait rapidement changer si l'on place sous tutelle ceux qui refusent de changer de cap, c’est-à-dire si l'on donne à un parti alternatif et challengeur le droit légitime de diriger, si cela est confirmé par le vote des citoyens.
La crainte d'une manipulation des élections n’est pas à écarter; déjà dans des sondages organisés par les médias publics, on constate des décalages étranges, difficilement explicables par la raison. Il faut rester vigilant face à la fraude. Car les «bons» (auto-proclamés) n’hésitent plus devant aucune audace pour garantir leur carrière, leurs postes et leur argent.
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vendredi, 30 janvier 2026
Axel Matthes: "Je me permets la révolte"
Axel Matthes: "Je me permets la révolte"
Bernard Lindekens
Source: Knooppunt Delta, Nieuwsbrief, Nr. 206, Januari 2026
Si tout va bien, il fêtera cette année, le 18 mai, ses quatre-vingt-dix ans: Axel Matthes. Un âge qui impose non seulement le respect, mais il est aussi un homme, devenu quasiment un symbole pendant toute la longue période durant laquelle il a mis au défi, secoué, et parfois carrément irrité le monde de l’édition allemande. Dans cet univers éditorial, son nom apparaît comme un murmure, comme quelque chose que l’on ne prononce pas toujours à haute voix mais que tout le monde connaît. Ce n’est pas un éditeur du genre à vouloir se mettre en avant. Il n’a jamais été l’homme des conférences, des tapis rouges ou des stratégies de best-sellers prévisibles. Axel Matthes considérait une maison d’édition comme un laboratoire de la pensée, pas comme une entreprise avec des objectifs matériels et mensuels. Et c’est précisément pour cela qu’il a laissé une empreinte durable sur la culture littéraire européenne.
Matthes est né en 1936 à Berlin, une ville où l’histoire n’était jamais loin. Il y étudia le droit et la sociologie à l’Université libre de Berlin. Ceux qui l’ont rencontré plus tard ont vite compris que son véritable domaine n’était pas la salle de cours ou le tribunal, mais la zone d’ombre entre littérature, philosophie et l’indicible. L’endroit où la plupart des éditeurs évitent de se rendre.
Il travailla d’abord comme antiquaire, libraire et éditeur avant de fonder, en 1968 à Munich, avec Klaus P. Rogner et Marianne Bernhard, la maison d’édition Rogner & Bernhard. Il y fut responsable du fonds jusqu’en 1976, mais dut quitter à la fin de cette année-là suite à une décision de la directrice, Antje Ellermann.


Mais la véritable naissance de Matthes en tant qu’éditeur avec sa propre signature eut lieu en 1977, lorsqu’il fonda, avec l’imprimeur Claus Seitz, ce qui allait devenir la légendaire maison d'édition Matthes & Seitz à Munich. Pour Matthes, cela ne signifiait pas simplement créer une nouvelle maison. C’était aussi prononcer un manifeste. Une déclaration que les livres n'existent pas d'abord pour le marché, mais pour cette fine couche de lecteurs prêts à mobiliser leur esprit. Le programme qu’il élaborait n’était pas une simple collection de titres, mais un défi intellectuel. Georges Bataille, Antonin Artaud, Michel Leiris, les surréalistes, les mystiques, les malheureux, les visionnaires — tous trouvaient refuge chez lui. Non pas forcément parce que c’était commercialement judicieux, mais parce que c’était nécessaire. Parce qu’il existe des voix qui sont dangereuses pour le bon goût, pour les orthodoxies politiques de gauche comme de droite, pour la tranquillité de l’âme bourgeoise. Et il fallait que quelqu'un protége ces voix.

A lire pour cerner la personnalité de Gerd Bergfleth:
http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2010/09/24/l...
http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2010/09/24/g... &
http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2023/03/17/g...
Surtout la série Debatte deviendrait légendaire. En particulier le petit ouvrage de Gerd Bergfleth Zur Kritik der palavernden Aufklärung. Il s’agit d’une petite anthologie où, aux côtés de textes de Bergfleth lui-même, figurent notamment des contributions de Jean Baudrillard (« La fatalité de la modernité ») et de Georges Bataille (« Nietzsche »). Elle provoqua immédiatement un petit scandale lorsque Bergfleth fit lentement basculer la pensée de Walter Benjamin et y chercha la clé dans la judéité de la théorie critique. L’accusation d’antisémitisme ne tarda pas. Mais Axel Matthes défendit son auteur avec ferveur. D’ailleurs, la maison d’édition jouerait un rôle clé dans tout le débat sur le postmodernisme en Allemagne.

Sa maison d’édition n’était pas seulement un lieu pour découvrir des livres provocateurs et pertinents, mais un lieu pour débattre sur des idées qui dérangeaient. Dans cette perspective, il créa aussi la revue annuelle Der Pfahl, qu’il décrivait comme une exploration du « no man’s land entre art et science ». Ce no man’s land était précisément l’endroit où Matthes se sentait chez lui. Pas dans les disciplines établies, pas au centre, mais toujours en marge — là où tout est encore possible et rien n’est évident. Botho Strauss, l’un des dramaturges les plus importants de l’ex-République fédérale, devint collaborateur de Der Pfahl. Il proposa à Axel Matthes le texte original de l’essai Anschwellender Bocksgesang pour publication. Sur la recommandation de ce dernier, Strauss (photo, ci-dessous) envoya une version abrégée de son texte à Der Spiegel. Ce fut l’un des textes les plus discutés des années 1990 en Allemagne, marquant le passage de Strauss de dramaturge renommé à intellectuel public critiquant le climat politique et culturel dominant (1).

A lire à propos de Botho Strauss:
http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2023/03/03/i...
À partir de 1991, Axel Matthes contribua régulièrement à la revue conservatrice Etappe et à la revue Criticon, éditée par Caspar von Schrenck-Notzing. En 1997, il fut nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres pour ses mérites envers la littérature française.
Mais chaque idéalisme a ses limites. À partir des années 1990, les difficultés financières s’accumulèrent. Le marché — cette énorme machine indifférente à toute notion de qualité et de réelle pertinence — avait de moins en moins de patience pour une maison d’édition qui refusait de suivre une logique mercantile. Finalement, en 2004, Matthes dut vendre le nom, les droits et le stock. Ainsi naquit Matthes & Seitz Berlin — une nouvelle maison qui poursuit l’esprit de l’ancien, mais avec d’autres moyens et une nouvelle génération à sa tête.
Ce qui reste, c’est l’héritage de Matthes, et celui-ci est plus grand que ce que son ancien chiffre d’affaires annuel aurait jamais pu devenir. Pendant des décennies, il a maintenu un espace où la littérature et la philosophie les plus rebelles pouvaient exister. Non pas parce que c’était possible, mais parce qu’il croyait que c’était nécessaire. Il a montré ce que le métier d’éditeur signifie: prendre des risques, choisir à contre-courant, rester fidèle à l’idée que la culture ne se mesure pas en chiffres de vente.

A lire pour comprendre le contexte:
http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2011/09/20/r...
Axel Matthes est donc une figure rare dans le monde du livre: un éditeur qui ne se contentait pas de publier des livres, mais incarnait aussi une certaine attitude intellectuelle. Il est la preuve vivante que la littérature est propulsée en avant par des personnes assez têtues pour ignorer ce qu'un monde médiocre exige d’elles. Quiconque a travaillé avec Matthes rappelle toujours son acuité, sa fidélité obstinée à ses auteurs, sa capacité quasi instinctive à sentir quand un texte était une nécessité, pas une option. Et peut-être est-ce cela précisément qui fait qu’un éditeur est un éditeur: connaître la différence entre un livre qui veut exister et un livre qui doit exister.
Peut-être sa plus grande héritage est-il celui qui nous rappelle que la vraie culture commence toujours par quelqu’un qui dit, doucement ou fort : « Je me permets la révolte. » (2)
Bernard Lindekens
Notes:
(1) Le texte original est également paru dans Der Pfahl après sa publication dans Der Spiegel
(2) Librement inspiré par la sélection que Axel Matthes a lui-même constituée : Bernd Mattheus, Axel Matthes, Ich gestatte mir die Revolte, Matthes & Seitz, Munich, 1985, 400 p. ISBN: 978-3-88221-361-4
17:27 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, axel matthes, éditeurs, édition, matthes & seitz, non-conformisme |
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Allemagne: combat pour la constitution

Allemagne: combat pour la constitution
Werner Olles
Depuis au moins l’époque de l’essai très lucide de Günter Maschke, Die Verschwörung der FLAK-Helfer (= « La conspiration des auxiliaires de la Flak », 1985), nous savons que l’histoire de la République fédérale d’Allemagne est une histoire qui emprunte la pente savonneuse, et que le noyau sacré de sa constitution, sous la forme d’un « patriotisme constitutionnel », a remplacé la nation. Depuis longtemps, la célèbre phrase de Friedrich Ebert de 1919 n’est plus d’actualité: «Et si nous sommes confrontés à la question: ou l'Allemagne ou la Constitution, alors nous ne laisserons pas l’Allemagne sombrer à cause de la Constitution!».
Cette phrase éclaire la situation dans laquelle « notre démocratie » se trouve aujourd’hui, bien qu'elle l'explique seulement de manière rudimentaire, mais elle porte encore en elle la substance même de l’État, de la souveraineté et de la nation, ainsi que la conscience de la corruption que contient cette conception propre à la RFA et à ses quislings de gouvernants, propre à son establishment corrompu dans tous les domaines, ceux de la politique, des médias et de l’économie, ainsi que propre à leur «société civile» actuelle, qui n’est rien d’autre qu’un peuple mutilé.

Mais si la Constitution est réellement la prison dont il faut s’échapper pour enfin retrouver la nation, alors, en conséquence, on doit voir la RFA comme un organe de domination étrangère et déplorer son absence totale de légitimité politique structurelle, y compris de la démocratisation de cette belle décadence, et on doit aussi la voir comme une hydre quasi-totalitaire, dépourvue de conscience, taraudée par un moralisme excessif, et, dans le sens le plus strict du terme, affecté d’un infantilisme et d’une intrinsèque infériorité dépourvue de limites, et, enfin, on doit la soumettre à une critique des plus acerbes et des plus dures.
Car, en réalité, les Allemands ne peuvent plus rien faire de ce joujou qu’est la Loi fondamentale, que les vainqueurs alliés leur ont généreusement offert, sauf qu'ils l'ont modifiée à de nombreuses reprises au détriment de leur propre peuple.
La RFA oscille entre idiocratie et démonocratie: elle est prisonnière d’un lien apparemment indissoluble entre simulation démocratique et hypocrisie. La libérer de cette mentalité propre à des « cerveaux de cochon » signifie, pour la droite, de quitter la zone monotone de la supériorité morale, de briser sa propre hybris et sa propre arrogance, et de sortir de ses ghettos, ceux du statu quo bétonné, de la médiocrité, de l’obscurantisme dogmatique, de l’autosatisfaction et de la lâcheté, afin de parachever l’agonie d’une structure qui n’a plus rien à voir ni avec l’Allemagne en tant qu’État ni avec la nation des Allemands.
La seule raison d’État allemande qui tienne ne peut être que la restitution du Reich allemand, avec toutes ses bonnes traditions. Grâce à une nouvelle loi sur les partis, il faudra garantir que les positions qualifiables de félonnes pour la patrie, telles qu’elles sont actuellement exprimées par les partis du cartel au pouvoir et surtout par les partis d'une gauche rabique, nouvelle loi qui serait édictée dans la démocratie illibérale qu'il faudra bien vite fonder, une démocratie illibérale qui combinera éléments césariens et démocratie directe, pour que les partis foireux ne puissent plus jamais revenir au pouvoir.
Les peurs àla carthaginoise et les réserves des instances conservatrices sont hors de propos. Au contraire, la droite doit se laisser guider par la « Déclaration de foi » (1812) de Carl von Clausewitz: "Je crois et je déclare que tout peuple ne doit rien respecter davantage que la dignité et la liberté de son existence… et je considère comme des plus nuisibles la fausse sagesse avec laquelle les petits esprits cherchent à fuir le danger, car elle pouvait inspirer la peur et l’effroi !".
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lundi, 26 janvier 2026
Cinq raisons pour lesquelles la droite allemande doit se détourner du culte MAGA - Ainsi que toutes les droites et les gauches européennes...

Cinq raisons pour lesquelles la droite allemande doit se détourner du culte MAGA
Ainsi que toutes les droites et les gauches européennes...
par Bruno Wolters
Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/fuenf-gruende-wa...
Le culte qui s'est créé autour du mouvement « MAGA » révèle, chez une partie de la droite allemande, moins une force qu’une dépendance stratégique, et menace de subordonner les intérêts européens à des jeux de pouvoir étrangers. Bruno Wolters met en garde contre le fait que la souveraineté politique ne peut naître que lorsque l’on maintient une distance vis-à-vis des cycles d’excitation médiatiques lancés par les services américains.
Il y a des moments où la proximité politique ne signifie pas la force mais la dépendance. L’enthousiasme actuel pour le fatras idéologique du mouvement MAGA chez une large partie de la droite européenne – en particulier en Allemagne – l'atteste. Ce qui a commencé comme une sympathie tactique s’est, dans certains cas, transformé en une soumission mentale.
L’une des tentations classiques des mouvements politiques est de considérer les succès étrangers comme des succès à soi. La fixation d’une partie de la droite allemande sur Donald Trump et le milieu MAGA est l’expression exacte de cette tentation: on projette ses propres désirs, conflits non résolus et blocages stratégiques sur un acteur étranger, en oubliant que ses actions ne sont ni destinées ni adaptées à l’Europe.
Ce n’est pas seulement imprudent sur le plan politique mais aussi stratégiquement dangereux – surtout maintenant que le président américain et ses conseillers veulent, après le Venezuela, aussi contrôler le Groenland. Il s’agit ici d'un territoire danois, donc de l'espace souverain d’un partenaire de l’OTAN, qui s’est montré au fil des décennies comme l’un des alliés américains les plus loyaux.
Conséquence: selon certains médias, Trump aurait ordonné à ses militaires d’élaborer des plans offensifs, tandis que les généraux tenteraient de le distraire en abordant d’autres sujets. La cupidité de Trump pour le Groenland ne doit pas nous apaiser – et que se passerait-il s’il déclarait que les bases américaines en Europe, comme Ramstein, deviendraient toutes territoire américain? Avec l’instabilité de Trump, tout doit être envisagé. Cela signifie que la droite allemande et européenne doit suivre une voie différente de celle du mouvement MAGA.


1. Le piège canadien: quand la souveraineté nationale devient soudain réalité
Au Canada, jusqu’à peu près avant les élections de l’été 2025, une victoire claire des conservateurs sur les libéraux au pouvoir était attendue, jusqu’à ce que Trump, avec ses fantasmes d’annexion ("51ème État") et ses taxes punitives, ne bouleverse la rhétorique de la campagne. Début 2025, selon des études, les conservateurs avaient près de 30 points de pourcentage d’avance sur leurs rivaux de gauche et libéraux. Mais ce qui a suivi n’a pas été une révolte de gauche ou une campagne morale, mais une réaction souverainiste des électeurs. Les sondages montraient que la majorité des Canadiens percevaient ces débordements comme une attaque contre leur souveraineté nationale, tandis que, contre toute attente, les supporters conservateurs de Trump au Canada étaient soudain considérés comme des collaborateurs potentiels du futur ennemi américain. Le parti conservateur, proche de Trump, a ainsi perdu son avantage.
C’est ici que cet exemple canadien devrait servir d'avertisseur pour la droite allemande. S’attacher de manière démonstrative à un président américain dont la rhétorique remet en question la souveraineté d’autres pays, voire la sienne propre, envoie un message à son propre peuple et lui dit que le destin de la nation dépend finalement des caprices d’un autre continent. Les sondages sur le gouvernement Trump montrent à quel point sa personne est polarisante: les républicains l’aiment, les démocrates le détestent, et les indépendants sont divisés. Pour la droite et la mouvance conservatrice allemandes, cela signifie: s’accrocher à une figure aussi divisive consiste aussi à importer une telle division en Europe, sans toutefois posséder les moyens de puissance correspondants.
Une dépendance trop étroite à l'endroit du mouvement MAGA comporte le danger d’être perçu non pas comme une force nationale indépendante mais comme une formation qui importe des conflits étrangers. Le message des électeurs canadiens est clair: faire de son pays un appendice des projets d'une puissance étrangère, c’est perdre sa légitimité. Nous, Européens, ne devons pas faire cette erreur à notre tour.
2. La souveraineté mentale comme condition d’efficacité politique
Trump et son mouvement MAGA mènent une politique selon le modèle de l'«escroquerie populiste de droite»: d’abord, la colère populaire contre l’immigration, le terrorisme et la désindustrialisation est attisée. Ensuite, les populistes de droite sont élus, qui font beaucoup de bruit, puis agissent de manière perturbatrice en politique étrangère en étant principalement au service des intérêts de l’élite politique et économique, sans changer fondamentalement la situation intérieure. Finalement, ils sont houspillés hors des allées du pouvoir, la gauche reprend alors celui-ci, aggravant la situation – et le cycle recommence. Ce mécanisme s’applique désormais au mouvement MAGA, presque comme un cas suggéré par un manuel. En Europe, on a aussi pu voir ce modèle dans le gouvernement de Wilders aux Pays-Bas.
Après un peu plus d’un an au pouvoir, l’administration MAGA semble politiquement épuisée: le bilan de la rémigration promise et annoncée est à peu près le même que celui des gouvernements démocratiques précédents, les chiffres des expulsions réelles restent dans la moyenne, tandis que des "expulsions spectaculaires" et symboliques sont médiatisées. L'inflation, la migration massive et les ruptures sociales ne sont pas résolues, voire empirent – et les premières analyses économiques indiquent que la politique douanière a détruit plus d’emplois qu’elle n'en a créés. Beaucoup de promesses et d'annonces n’ont pas été concrétisées jusqu’à présent. Trump s’en démarque même.

Cela signifie que MAGA remplit exactement la fonction systémique esquissée par l'effet «scam»: la colère populaire est canalisée, transformée en une politique de type affectif et en une mise en scène médiatique, mais pas en réformes structurelles véritables. Le système d’immigration reste essentiellement inchangé, les structures de soutien au combat anti-blancs ne sont pas remises en question, et l’administration libérale reste intacte. Pour la droite allemande, c’est une leçon: s’aligner sur un populisme de droite de ce type, c’est adopter un mécanisme qui génère de l’indignation pour la neutraliser politiquement.
Car l’Europe ne deviendra pas une grande puissance ou une puissance spatiale tant qu’elle restera mentalement dans la zone d’avant-garde des États-Unis. Cela concerne non seulement les gouvernements, mais aussi l’opposition. Un mouvement de droite qui tire son énergie politique des batailles culturelles américaines, des cycles électoraux et des rituels d’indignation made in USA, ne pense pas souverainement, mais réactivement: pure agitation sans effets réels.
Les études sur le soutien à Trump illustrent ce problème précis. MAGA n’est pas un projet qui intègre la nation, mais un phénomène de constitution de camps fortement polarisés. Même aux États-Unis, le mouvement MAGA ne subsiste que de manière fragmentaire. Le rejet massif par les indépendants, la division selon des lignes culturelles et sociales, ainsi que la diminution du soutien en dehors de la base dure, ne parlent pas en faveur d’un modèle à exporter.
La souveraineté mentale consiste à analyser la réalité politique de manière objective, plutôt que de s’enivrer d’images où force et dureté sont obscènement mises en exergue. Ceux qui réagissent constamment aux signaux venus d'Amérique perdent de vue leurs propres nécessités stratégiques.

3. Les intérêts des États-Unis ne sont pas les nôtres – et ne l’ont jamais été
L’une des erreurs les plus tenaces de la droite européenne est de supposer qu’un président «de droite» aux États-Unis serait un allié naturel. Cependant, cette supposition ignore des faits fondamentaux d’ordre géopolitique. Les États-Unis agissent comme un empire – indépendamment de celui qui siège à la Maison Blanche. Leurs intérêts sont structuraux et idéologiques.
Les États-Unis poursuivent – indépendamment de leur administration – la stabilisation de leur empire. Un sondage sur une intervention militaire américaine montre qu’au sein même de la population américaine, un équilibre existe entre les réponses «opposition», «soutien» et «indécision», alors que les camps politiques s’opposent. Mais que l’on lise 47% de rejet ou 33% d’approbation: pour Washington, ce qui compte, c’est que la machine de la politique étrangère continue de fonctionner, peu importe si l’Europe en bénéficie.
Mais: le conflit imminent avec la Chine est perçu par Washington comme existentiel. Pour l’Europe, la Chine est principalement un partenaire économique, moins une menace géopolitique ou idéologique. Pour l’Allemagne, la coopération avec la Chine est cruciale pour l’industrie et l’exportation. Une politique ignorant cette réalité nuit à ses propres bases.
Il en va de même pour la question énergétique. La dépendance croissante de l’approvisionnement énergétique européen à des intérêts américains crée de nouvelles dépendances. L’énergie devient un levier de pression politique – même sur les alliés. Ceux qui pensent pouvoir désamorcer cela par proximité idéologique se méprennent sur la logique de la politique de puissance.
L’Europe a d’autres intérêts fondamentaux: la coopération économique avec de nombreux autres pays, une fourniture d’énergie stable et l’évitement de guerres d’intervention coûteuses qui génèrent des flux migratoires. Si la droite allemande se laisse entraîner dans «les combats à mort» qui agitent l’imperium américain – cela va du changement de régime réclamé en Iran à la surveillance des champs pétrolifères vénézuéliens –, elle adopte un agenda qui déstabilise ses propres sociétés.
Ajoutez à cela la question énergétique et monétaire: avec la perte progressive du pouvoir du dollar américain, l’incitation pour Washington d’exercer une pression politique via des ressources énergétiques et des régimes de sanctions s’accroît. Une dépendance durable de l’approvisionnement énergétique allemand aux diktats américains signifierait que toute politique indépendante envers la Russie ou la Chine pourrait être indirectement sanctionnée. Ceux qui brandissent dans de telles conditions des drapeaux MAGA contribuent involontairement à fixer la République fédérale comme avant-poste industriel d’une grande puissance étrangère. Qui exige la souveraineté doit d’abord la penser. Et ceux qui prennent au sérieux l’indépendance européenne ne peuvent plus se laisser lier aux cycles d’excitation propagés par un empire étranger.

4. Dommages à la réputation: la menace MAGA comme hypothèque stratégique
Un problème central de la gouvernance MAGA actuelle réside moins dans ses échecs ouverts dans certains domaines politiques que dans la manière dont le pouvoir est désormais exercé de manière démonstrative: non comme une puissance étatique, mais comme un réseau personnel. Non plus comme un projet politique, mais comme un réseau familial et économique.
Ce que l’on observe actuellement aux États-Unis, ce n’est pas une renaissance nationale, mais un affaiblissement rapide des intérêts politiques qui y sont liés. L’entourage immédiat de Trump agit de plus en plus comme une structure parallèle d’entrepreneurs: projets cryptographiques non ironiques avec un caractère évident de scam, construction de marques personnelles utilisant la proximité politique, accès privilégié pour les grands donateurs et les oligarques technologiques, qui ne jouent plus le rôle d’alliés mais de co-gouvernants.
Ce n’est pas un argument moral mais un argument qui doit évoquer la réputation. Ceux qui se lient de manière démonstrative au mouvement MAGA ne s’attachent pas à «l’Amérique» ou à une transformation de l’État dans un sens idéologiquement conservateur, mais à un milieu de plus en plus étroit d’intérêts familiaux, de capital-risque, de monopoles technologiques et de patronage politique. La frontière entre pouvoir politique et avantage privé n’est plus dissimulée mais ostentatoirement acceptée.
Plutôt que d’être perçue comme une contre-force souveraine, une telle alliance, étiquetée nationaliste, populiste ou conservatrice, risque d’apparaître comme la branche provinciale d’un milieu oligarchique américain. Non comme une force sérieuse avec ses propres réponses mais comme spectatrice enthousiaste de jeux de pouvoir étrangers. Cela nuit non seulement à la crédibilité, mais aussi à toute stratégie à long terme.
Précisément parce que la confiance dans les institutions politiques s’effrite, la crédibilité devient la ressource la plus rare de toute opposition. Toute proximité visible avec un réseau de fraude cryptographique, de deals d’oligarques et de patronage familial affaiblit cette ressource – non seulement auprès des opposants mais aussi auprès des électeurs potentiels qui espèrent restaurer l’ordre, la transparence et la justice sociale. Une droite européenne souveraine doit donc maintenir ses distances: aussi bien vis-à-vis du culte MAGA en tant que figure cultuelle que vis-à-vis des réseaux environnants d’argent, de glamour et de spectacles numériques.
5. Solutions propres – la droite multipolaire plutôt que l’importation MAGA
Pour la droite européenne, un rare créneau temporel s’ouvre actuellement: celui de la possibilité de maintenir une distance dans la dignité. Ceux qui abandonnent maintenant leurs illusions gagnent du temps pour la théorie, l’organisation et la construction stratégique. Ceux qui persistent dans le culte du mouvement MAGA risquent une perte massive de crédibilité. Il est temps de formuler une stratégie européenne indépendante qui associe rémigration, souveraineté et rationalité économique, sans s’attacher aux cycles de la politique intérieure américaine.
De plus, l’usure intérieure du camp MAGA est manifeste: le «tournant» promis n’a pas eu lieu, des scandales majeurs n’ont pas été élucidés, et économiquement, ce sont surtout les grands donateurs, les réseaux néocon et l’entourage familial immédiat de la direction qui ont profité. La collusion apparente avec le grand capital et les intérêts lobbyistes n’est même plus dissimulée mais célébrée comme une expression de «puissance». Le prix en est la déconnexion avec les électeurs qui rêvent d’une véritable renaissance sociale ou nationale.
Le danger est réel que des acteurs américains tentent d’utiliser le populisme de droite européen comme le vecteur d'une vassalisation renouvelée. La dépendance énergétique, les exigences de loyauté géopolitique et la pression économique en seraient les conséquences. La démocratie chrétienne classique est aujourd'hui épuisée – une nouvelle mouvance porteuse doit être trouvée.
Une stratégie européenne indépendante devrait, en revanche, être sobre et orientée par ses propres intérêts. Elle n’éviterait pas des questions difficiles telles: la relation avec la Russie, la coopération économique avec la Chine, le rejet d’une politique extérieure uniquement basée sur le moralisme niais au profit de calculs politiques réalistes. Une démarcation consciente par rapport aux luttes simulées et mimétiques, le tout au profit d’une conquête silencieuse mais résolue des institutions nationales, voilà ce qui serait nécessaire.
Conclusion: contre le fallacieux populisme de droite
Le populisme de droite d’aujourd’hui n’a pas disparu mais s’est adapté. Il utilise un langage, des codes et des affects de droite sans en réaliser les objectifs. Il canalise l’énergie de la protestation, la neutralise, puis la ramène dans le système existant de façon contrôlée. Ceux qui veulent un changement réel doivent apprendre à reconnaître aussi le populisme de droite comme une impasse potentielle. MAGA en est l’exemple le plus visible. Pour la droite allemande, ce serait un signe de maturité de tourner froidement la page de ce culte – non pas par anti-américanisme, mais par simple conscience que les peuples qui ne se représentent pas eux-mêmes sont gérés par d’autres.
La droite allemande doit faire un choix : continuer à agir dans l’ombre de puissances étrangères – ou agir enfin de manière indépendante. La souveraineté n’est pas une pose. C’est une séparation délibérée.
À propos de l’auteur: Qui est Bruno Wolters?
Bruno Wolters est né en 1994 en Allemagne et a étudié la philosophie et l’histoire dans le nord de l’Allemagne. Depuis 2022, Wolters est rédacteur de la revue Freilich. Ses domaines d’intérêt sont l’histoire des idées et la philosophie politique.
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Pourquoi la politique allemande est-elle si faible sur le plan stratégique?

Pourquoi la politique allemande est-elle si faible sur le plan stratégique?
Markus G. Bußmann, MBA
Source: https://www.linkedin.com/in/markusgbussmann/
C'est simple. Parce que la politique allemande est systématiquement conçue pour sa propre gestion, et non pour une stratégie bien précise. Il ne s'agit pas de l'échec personnel de certains politiciens mais d'un défaut de conception conforme à la norme DIN.
Voici 7 raisons qui expliquent pourquoi nous semblons si dépassés et pourquoi cette situation devrait perdurer:
1. La gestion plutôt que la pensée stratégique
L'Allemagne se considère comme le gardien moral du monde. Or, toute stratégie cohérente exige de penser explicitement en termes de pouvoir, d'intérêts et de conflits. À Berlin, on considère cela comme indécent. On préfère réagir "correctement" mais toujours trop tard. L'État fonctionne comme un service d'urbanisme obstiné avec une perception extérieure déplorable.
2. Les coalitions tuent la vision à long terme
Les cycles de quatre ans et les calculs cogités par toute coalition conduisent à une politique basée sur le principe suivant: ce qui ne suscite pas de controverse aujourd'hui est déjà stratégique.
Les grandes lignes ne survivent pas aux négociations de la coalition en cours. Elles sont édulcorées jusqu'à ce que plus personne ne s'y oppose, mais que plus personne ne les soutienne non plus. Nous avons affaire à un ragoût consensuel au lieu d'un changement de cap.
3. Le consensus comme substitut à la décision
En Allemagne, le consensus est considéré comme une catégorie morale. Mais la stratégie a besoin de dissensions et de priorités. Celui qui veut tout prendre en compte ne donne la priorité à rien. Celui qui ne donne la priorité à rien se voit imposer des priorités par d'autres.
4. Forte domination des juristes et de l'administration
L'élite allemande raisonne en termes de :
- compétences
- procédures
- risques constitutionnels
Et non en termes de :
- scénarios
- changements de pouvoir
- dépendances
Le droit remplace la réalité. D'un point de vue juridique, cela semble correct, conforme, à première vue, mais c'est complètement irréaliste.
5. L'économie est considérée à tort comme un secteur qui fonctionne tout seul
Pendant des décennies, on a cru que la puissance industrielle était une loi naturelle en Allemagne. Donc:
- pas de programme de recherche ambitieux
- pas de stratégie technologique
- pas de culture startup
Lorsque d'autres États ont commencé à subventionner, protéger et orienter stratégiquement, l'Allemagne a déclaré que c'était incorrect, puis qu'il n'y avait pas d'autre alternative.
6. Un frein historique
Après 1945, un profond malaise s'est développé à l'égard de tout ce qui ressemble à l'intérêt national. C'est compréhensible, mais cela a des conséquences :
- les intérêts sont dissimulés sous des considérations morales
- les questions de pouvoir sont externalisées
- le leadership est délégué à des règles
Les règles sont une bonne chose. Mais elles ne dirigent pas les pays.
7. Une politique sans prix à payer pour les erreurs
Les erreurs stratégiques n'ont pratiquement aucune conséquence sur les personnes dans ce pays. In fine, personne n'est responsable. Et personne ne démissionne à cause d'erreurs
- de dépendances
- de prévisions
- d'attentes en matière de risques
Sans responsabilité, pas de stratégie. La politique allemande n'est ni stupide ni incompétente. Elle est simplement optimisée structurellement pour la stabilité, et non pour un véritable changement. Cela fonctionne très bien en période calme.
Dans un monde marqué par la rivalité entre Xi, Poutine et Trump, par les guerres technologiques et la formation de blocs, cela revient à participer à une course automobile en respectant parfaitement le code de la route. Et ensuite, le conducteur vertueux demande avec un grand sérieux pourquoi les autres ont un comportement inconsidéré.
21:34 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, allemagne |
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mercredi, 21 janvier 2026
Protéger l’Ukraine pour protéger le Groenland? Sur la logique du document de la DGAP allemande sur la «Doctrine Donroe»

Protéger l’Ukraine pour protéger le Groenland?
Sur la logique du document de la DGAP allemande sur la «Doctrine Donroe»
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
La Société allemande pour la politique étrangère (DGAP) a publié début 2026 un mémo (https://dgap.org/en/research/publications/donroe-doctrine-requires-firm-calm-response-europe), qui, sous le mot-clé de «Doctrine Donroe», étudie la politique extérieure de la deuxième présidence de Donald Trump.
Ce document mérite l’attention – non pas parce qu’il convainc nécessairement, mais parce qu’il montre de manière exemplaire comment la politique étrangère allemande est actuellement pensée, encadrée et priorisée.
Tout d’abord, voyons l'argumentation du mémo.
L’autrice décrit la politique extérieure de Trump comme une rechute dans une pensée typique du 19ème siècle: nationaliste, imprégnée de christianisme, ouvertement orientée vers la puissance. Le terme «Doctrine Donroe» doit illustrer que Trump réinterprète la doctrine classique de Monroe – qui consiste à protéger l’hémisphère occidental – de façon renouvelée, plus débridée et plus explicite que les gouvernements américains précédents. Trois éléments la caractérisent: d’abord, un mépris ostentatoire pour les normes internationales; ensuite, un «mercantilisme musclé», où les gains économiques sont garantis et sécurisés par la puissance militaire; et enfin, une approche politique reposant expressément sur le court terme, qui relègue la stabilité, les alliances et les effets secondaires au second plan.

De cette analyse découle une mise en garde sur le plan de la sécurité pour l’Europe – notamment en ce qui concerne le Groenland. Même si une annexion est considérée comme peu probable, la région est interprétée comme un cas-test de la projection de puissance américaine. L’Europe doit donc agir de manière unie, souligner son autonomie et tenter de « faire comprendre » ses intérêts en matière de sécurité aux Américains.
Jusqu’ici, le document reste dans le cadre d’une analyse classique des risques. L'étape décisive intervient cependant ensuite – et c’est précisément là que commence le problème.
En effet, la DGAP conclut que l’Europe – et implicitement l’Allemagne – doit poursuivre résolument et approfondir son soutien à l’Ukraine pour contrer d’éventuelles ambitions expansionnistes américaines. La politique envers l’Ukraine devient ainsi une clé stratégique: preuve de la capacité d’action européenne, signal de fermeté face à Washington, et expression d’un réel sujet politique.
Ce lien stratégique constitue le point névralgique du mémo.
Car c’est ici que différents espaces conflictuels, intérêts et logiques de pouvoir sont connectés de manière fonctionnelle, sans qu’une causalité sécuritaire solide soit établie. Pourquoi des livraisons d’armes et un soutien financier durable à Kiev doivent-ils, en particulier, permettre d’atténuer les ambitions américaines dans l’Atlantique Nord, reste inexpliqué. L'Ukraine n’est pas traitée comme un problème de sécurité autonome, mais comme un instrument symbolique universel de la puissance européenne.
Cela nous amène à la question des intérêts.
Contrairement à certaines critiques, le mémo de la DGAP définit clairement les intérêts européens – et donc aussi les intérêts allemands. Selon lui, ils résident dans le maintien de l’ordre basé sur des règles, dans la cohésion européenne et dans une continuité politique crédible, incarnée principalement par la politique envers l’Ukraine. C’est cohérent – mais extrêmement réducteur.
Car les intérêts allemands ne sont pas formulés comme le résultat d’une priorisation ouverte, mais comme une déduction d’un postulat d’ordre. Divers champs politiques – Arctique, Europe de l’Est, relations transatlantiques – ne sont pas évalués séparément, mais regroupés normativement. Les coûts, risques et alternatives pour l’Allemagne elle-même restent peu analysés : c'est-à-dire les coûts politiques, énergétiques, économiques, fiscaux, sécuritaires.
La politique extérieure apparaît ainsi moins comme un instrument de défense des intérêts de l’État que comme une épreuve de fidélité à l’ordre. Toute déviation ne met pas en danger une position concrète mais toute la crédibilité européenne.
C’est précisément là que réside le danger de telles logiques issues de think tanks. Elles remplacent l’évaluation stratégique par des chaînes d’arguments moralement connotés. Elles relient les conflits, plutôt que de les désolidariser. Et elles définissent la capacité d’agir politique non pas par la réalisation d’objectifs, mais par la continuité d'une attitude.
Conclusion :
Le document de la DGAP est moins une analyse de la politique extérieure américaine qu’un miroir de l’auto-affirmation européenne. Il montre comment les intérêts allemands sont actuellement pensés: fortement liés à l’ordre en place, faiblement priorisés, très symboliques. Mais si l’on veut réellement orienter la politique extérieure allemande selon des intérêts nationaux, il faut précisément commencer ici – et reposer la question à laquelle le mémo répond trop vite :
Qu’est-ce qui sert concrètement l’Allemagne – et qu’est-ce qui sert surtout une certaine vision du monde en matière de politique extérieure ?
19:24 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique internationale, europe, affaires européennes, ukraine, groenland, allemagne |
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mercredi, 14 janvier 2026
Une orgie de destructions: l'extrémisme de gauche frappe l'Allemagne des Alpes à la côte de la mer du Nord

Une orgie de destructions: l'extrémisme de gauche frappe l'Allemagne des Alpes à la côte de la mer du Nord
Source: https://derstatus.at/meinungen/schneise-der-zerstorung-li...
L’Allemagne brûle et beaucoup regardent ailleurs. De la Bavière à la côte de la Mer du Nord, une traînée sombre traverse le pays, une traînée faite de sabotage, d’incendies criminels et de propagande exerce ses ravages. Le militantisme d’extrême gauche touche le secteur énergétique, la police, la propriété privée. Et la communauté nationale dans son ensemble. En cas de doute, la presse mainstream accuse toujours la Russie.
Actuellement, les théoriciens du complot travaillent dur pour faire porter à Poutine la responsabilité de l’attaque terroriste contre l’approvisionnement électrique à Berlin. Selon une analyse prétendant utiliser une intelligence artificielle, l’origine de la revendication écrite serait à chercher à Moscou. Mais lorsqu’on interroge l’intelligence artificielle elle-même, elle arrive à une toute autre conclusion. Grok (xAI) a répondu: «Le texte est typique des revendications d’extrême gauche – verbeux, chargé idéologiquement, avec des formulations telles que “action pour le bien commun”, “acte de légitime défense” ou “solidarité internationale avec tous ceux qui protègent la Terre et la vie”. De telles phrases alambiquées et ampoulées sont courantes dans la scène autonome -similaires aux textes des anciens de la Rote Armee Fraktion (RAF - "Bande à Baader") ou des groupes écologistes militants plus récents. Certains passages paraissent maladroits ou artificiels, ce qui a alimenté des spéculations sur une traduction automatique réalisée sur les réseaux sociaux », selon la réponse du 6 janvier 2025.
Peu de régions ont été épargnées par les attaques, sabotages et violences
Ce n’est d’ailleurs pas la première infraction de ce genre attribuée à la mouvance autonome. Au contraire, la liste est désormais bien remplie qui énumère les actes de violence commis par ce milieu. La soi-disant « bande du marteau » a organisé entre 2018 et 2020 au moins six braquages coordonnés contre de supposés "nazis" en Saxe et en Thuringe. Treize personnes ont été blessées, parfois gravement. Leur but était d’intimider des activistes d’extrême droite, la cheffe de file Lina E. a été condamnée à cinq ans de prison en 2023. Le groupe «Vulkangruppe», désormais suspecté d’avoir perpétré l’attentat contre le réseau énergétique de la capitale, est actif depuis 2011. En 2023, il a déjà commis un sabotage sur des câbles, perturbant largement une infrastructure locale. Bien qu’il n’y ait pas eu de victimes, les autorités ont considéré cette opération comme potentiellement mortelle, en la tolérant au moins par négligence.
Le milieu se radicalise
Depuis 2020, anarchistes et cagoulés attaquent en permanence les forces de sécurité. Que ce soit à Leipzig ou à Connewitz: lors de l’expulsion de maisons occupées ou lors de manifestations, ils ont lancé des pierres ou des bouteilles, mais aussi des cocktails Molotov. À Francfort et Hambourg, ils ont organisé des violences dans la rue, y compris des chasses à l’homme contre des policiers et des dégradations de véhicules de police. Des centaines d’incidents ont été recensés dans ces métropoles, y compris l’incendie de bureaux de parti, la démolition de chantiers ou des manipulations de la voirie. Le milieu continue de se radicaliser. En janvier 2025, 23 voitures de la brigade canine ont été incendiées à Munich. Partout dans le pays, les masques radio, les bobines de câbles, les biens de la Bundeswehr ou d’entreprises sont ciblés. Des voitures de luxe sont autant attaquées que des parkings souterrains, des maisons de figures politiques de l’AFD, « Vonovia », « Tesla » ou « Hentschke Bau ».

L’extrémisme de gauche augmente en nombre et en radicalité
Depuis 2019, près de 50 attaques attribuées au «Block noir» ont été recensées autour de Munich. Des symboles antifascistes ont été retrouvés lors d’incendies criminels dans le Landkreis de Sigmaringen en octobre 2025. Le militantisme anti-gentrification ne recule plus devant: il s'attaque aux biens et aux personnes. En 2020, à Rheda-Wiedenbrück, une tentative d’attaque contre la résidence d’un entrepreneur a été menée par les «Cellules d’action révolutionnaires». En 2023, l’Antifa a sévi le long des lignes ferroviaires entre Düsseldorf et Duisburg, ce qui a nécessité l’arrêt du trafic, avec «Kommando Angry Birds» comme suspect. Dans la région de Neu-Isenburg, une série d’explosions a eu lieu, principalement contre des propriétés privées en Rhénanie-Palatinat. Les dégâts se chiffrent en millions, et la haine, la jalousie et la méfiance envers la société ne sont plus dissimulées mais revendiquées ouvertement.
Pourquoi la justice ne sévit-elle pas ?
Les statistiques montrent qu’entre 2018 et 2019, les infractions liées à l’extrême gauche ont augmenté de 4622 à 6449. En 2019, les délits violents se montaient à 921, et en 2024, ils ont atteint 5857. Parmi eux, 532 sont considérés comme des agressions ou attaques contre la vie. Le Bundesamt pour la protection de la Constitution et le BKA signalent une augmentation rapide des suspects: en 2020, 34.300 personnes étaient soupçonnées d’appartenir à cette mouvance, aujourd’hui elles sont 38.000. Au total, 11.200 sont considérées comme violentes. Le problème n'est toujours pas pleinement reconnu, car le taux d’élucidation de seulement 42% en témoigne. Les militants actuellement en vue ne craignent pas l’intervention de l’État. En 15 ans, il n’a pas été possible de démanteler leurs structures décentralisées. Une piste suivie en 2024 avec deux hommes s’est soldée par un acquittement, les enquêteurs repartent de zéro. Ont-ils été aveugles trop longtemps ?
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samedi, 10 janvier 2026
Tension politique dans plusieurs Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est – Merz sous pression

Tension politique dans plusieurs Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est – Merz sous pression
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Les négociations gouvernementales interminables aux Pays-Bas, le gouvernement français dirigé par le président Macron qui échoue encore à obtenir une majorité parlementaire viable, et le Premier ministre britannique Sir Keir Starmer qui, l’année prochaine, doit faire face à une défaite écrasante aux élections au Pays de Galles, ce qui met de plus en plus la majorité travailliste dans une situation difficile. Parce que l’Allemagne n’apparaît pas dans nos médias mainstream, il semble que chez nos voisins de l’Est tout soit calme. Rien n’est moins vrai!
Deux ans avant les prochaines élections régionales, le parti d’extrême gauche Die Linke se dit prêt à soutenir de manière constructive un gouvernement minoritaire de la CDU dans le Land de Saxe-Anhalt, dans le but d’écarter l’AfD du pouvoir. «Ce genre d’opposition constructive, que nous appliquons déjà en Thuringe et en Saxe, pourrait aussi être une solution ici», déclare Jan Van Aken, président de Die Linke. La seule condition qu’il pose est «que la CDU ne cherche pas à former des majorités avec l’AfD». En d’autres termes: exclure l’électeur de droite. Selon des sondages récents, l’AfD peut compter sur 40% des électeurs, la CDU sur 26% (en baisse de 8%) et Die Linke sur 11 %. La CDU devrait être totalement folle pour s’allier avec Die Linke — en termes purement politiques.
Y aura-t-il de nouvelles élections dans le Land de Brandebourg?
Une tension politique encore plus forte règne dans un autre Land de l’ancienne Allemagne de l’Est, le Brandebourg. Lors d’un vote au parlement régional, 2 députés sur 14 de la fraction BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht, gauche socio-économique, mais critique de l'immigration) n’ont pas voté avec le reste de la BSW, qui forme le gouvernement régional avec la SPD. Ce qui a conduit 8 collègues à exiger leur exclusion du parti. Ensuite, 2 autres députés de la BSW ont annoncé qu’ils quitteraient également la fraction. Tout cela alors que le gouvernement SPD-BSW dans le Brandenburg ne dispose que d’une majorité de 2 voix.
Un changement de coalition avec la CDU ne changerait rien, car la CDU ne compte que 12 députés. La seule option restante, en dehors de nouvelles élections: une coalition entre le BSW, la SPD et la CDU. Mais 8 députés du BSW ont déjà fait savoir qu’ils ne souhaitent pas continuer à appliquer la politique de la SPD. Selon une source anonyme au sein du BSW, «avec leur vote en faveur du BSW, les électeurs allemands ont clairement voulu signifier qu’ils voulaient une autre politique. Nous n’avons pas été élus pour être la ‘branche politique’ de la SPD». Selon les sondages les plus récents, l’AfD atteint 35%, la SPD chute à seulement 21% (en baisse de 11%). L’AfD pourrait devenir la première force dans ce Land, dépassant la CDU et la SPD réunis.
En attendant, la coalition au Brandenburg a éclaté. Croyez-moi: l’Allemagne est sous haute tension politique.
23:54 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, actualité, europe, affaires européennes, afd |
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dimanche, 04 janvier 2026
Un belliciste vert à Francfort, Omid Nouripour

Un belliciste vert à Francfort, Omid Nouripour
Wolfgang Hübner
En première ligne avec Kiesewetter et Strack-Zimmermann
Les Verts de Francfort ont une certaine tradition qui consiste à enrichir la politique allemande de figures particulièrement discutables: avec Daniel Cohn-Bendit, ils nous ont présenté l’un des idéologues en chef du «multiculturalisme», dont les effets secondaires sont particulièrement visibles lors des célébrations du Nouvel An. Le meilleur ami de Cohn-Bendit, Joschka Fischer, avait déjà derrière lui une carrière de combattant de rue dans les rangs de l'extrême gauche militante et de fauteur de terreur contre la police, lorsqu'il est devenu le premier ministre vert du Land de Hesse, puis finalement ministre allemand des Affaires étrangères dans un gouvernement rouge-vert.

L’actuel vice-président vert du Bundestag, Omid Nouripour, suit les traces de ses anciens camarades de parti avec ses récentes déclarations sur la guerre en Ukraine. Cet ancien étudiant sans emploi, qui avait jadis abandonné ses études et qui, né en Iran, est devenu citoyen allemand en 2002, s’est non seulement entièrement rangé derrière la ligne anti-russe du chancelier Friedrich Merz. Mais il a également demandé que l'on utilise l’arme ballistique allemande Taurus pour soutenir l’Ukraine. Ainsi, il rejoint le groupe des plus agressifs propagateurs de la guerre, comme Roderich Kiesewetter (CDU) et Marie-Agnes Strack-Zimmermann (FDP).
Pour Francfort, la ville natale du citoyen musulman Nouripour, cela n’est pas une affaire insignifiante. En effet, dans le cas désormais tout à fait envisageable, pour notre malheur à tous, d’un conflit armé entre l’OTAN et la Russie, la métropole du Main, avec son nœud internet des plus importants à l'échelle mondiale et avec ses nombreux centres de données, figure parmi les cibles particulièrement vulnérables aux frappes de missiles russes, avec des conséquences imprévisibles pour la population civile de notre ville. Moscou n’a jamais laissé planer le moindre doute: toute attaque par missiles Taurus sur le territoire russe serait considérée comme une provocation et Moscou y répondrait par des ripostes militaires de grande envergure.
C’est également la raison pour laquelle de telles attaques n’ont jusqu’à présent pas eu lieu. Le politicien vert Nouripour en est parfaitement conscient. Sa demande à Merz de ne plus attendre pour utiliser le missile Taurus est absolument irresponsable et le discrédite en tant que représentant des intérêts de Francfort au Bundestag allemand.
Wolfgang Hübner
17:38 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : omid nouripour, allemagne, francfort, verts, europe, affaires européennes, bellicisme |
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vendredi, 02 janvier 2026
Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute

Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/cinesi-arabi-indiani-statuniten...
À qui revient l'Allemagne ? À eux ! Non, non, pas aux Allemands. Mais à tous ceux qui mettent sur la table des industriels de l'ancienne locomotive de l'Europe une somme considérable en dollars, roupies, yens, yuans, rials. En somme, toute devise provenant de n'importe quelle partie du monde est la bienvenue. Tout comme en Italie. La seule différence est qu'ici, les acheteurs potentiels se montrent difficiles lorsqu'il s'agit d'acheter l'ancienne Ilva ou les nombreuses entreprises métallurgiques en difficulté, tandis que l'industrie allemande profite encore d'une image d'efficacité.
Le résultat, cependant, est le même. On vient faire ses achats en Europe parce que les entrepreneurs du Vieux Continent ne sont plus à la hauteur de leurs pères et grands-pères qui ont bâti les entreprises. Avec les exceptions incontournables, bien sûr. Ferrero s'engage à se développer tant en interne que par des acquisitions à l'étranger. Mais c'est justement une exception. Avec quelques autres. En Italie comme en Allemagne. Et aussi en France, à part Arnault et quelques autres rares entrepreneurs.

Pour le reste, mieux vaut beaucoup d'argent, puisqu'on est fichu, et tout de suite. Volkswagen s'apprête, pour la première fois, à fermer une usine sur le sol allemand. Et il y a déjà des étrangers prêts à prendre la relève. Cela vaut pour la chimie, les technologies de pointe, les secteurs innovants, les services qui attirent les Américains.
Les acquisitions étrangères ont augmenté ces dernières années, représentant un cinquième de toutes celles effectuées dans l'Union européenne, et concernent non seulement les grands groupes, mais aussi, de plus en plus souvent, les PME.
Les données relatives aux investissements étrangers greenfield, c'est-à-dire ex novo, sont également particulièrement intéressantes. L'Espagne occupe la première place en Europe, suivie de près par l'Allemagne. Cela signifie que les entrepreneurs étrangers croient au potentiel des travailleurs européens, ainsi qu'aux opportunités offertes par les différents pays. Ce sont les entrepreneurs européens qui manquent de courage et de compétences. Ils sont remplacés par des collègues venus du monde entier.
Ils rachètent des entreprises mécaniques, automobiles et électroniques. Mais les Chinois sont également sur le point de finaliser l'acquisition d'activités commerciales telles que celles du groupe allemand Ceconomy, qui détient, en Italie, le réseau Mediaworld. Sans oublier le secteur de la mode et de l'alimentation.
16:46 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes, économie |
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dimanche, 07 décembre 2025
„L’Allemagne n’est pas un État souverain“: Höcke perçoit une domination structurelle extérieure

„L’Allemagne n’est pas un État souverain“: Höcke perçoit une domination structurelle extérieure
Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/deutschland-ist-...
Lors d'une conférence de presse nationale, l'homme politique de l’AfD de Thüringe, Björn Höcke, a récemment déclaré sans ambiguïté que l’Allemagne n’était pas un État souverain. Les compétences étatiques centrales ont été transférées à des organisations internationales.
Pour le leader de l’AfD de Thüringe, Björn Höcke, c’est clair: l’Allemagne n’est actuellement pas un État souverain donc n'est pas un Etat libre.
Erfurt. Fin novembre, l’AfD de Thüringe a publié un communiqué de presse dans lequel elle critiquait vivement les réflexions de la CDU de Thüringe, qui envisageait de mobiliser les jeunes pour un nouveau service obligatoire. Les démocrates-chrétiens voulaient „forcer les jeunes à un service“, alors qu’ils „poussent ce pays depuis des décennies vers l’abîme“, a critiqué l’AfD.
Le point central de la déclaration était l’accusation selon laquelle l’État perdrait son autorité morale s’il ne remplissait pas ses missions fondamentales. Un État qui „ne protège pas ses frontières et ne fait rien pour atteindre la paix en Europe de l’Est“, n’aurait selon l’AfD aucune légitimité pour „envoyer nos jeunes en service obligatoire – ni dans le cadre d'un service civil dit obligatoire ni dans le cadre d'un service militaire“. De telles mesures ne serviraient, selon l’AfD, qu’aux intérêts d’un „bureaucratisme idéologisé sans épine dorsale“.

Exigence d’un État souverain
Dans le communiqué de presse, le président de la fraction AfD de Thüringe au Landtag, Björn Höcke, a repris cette argumentation. Avant que „même un seul jeune ne doive à nouveau porter l’uniforme sous la contrainte, cet État doit enfin redevenir un État pour les Allemands – souverain, libre et orienté vers les intérêts allemands.“
Lors de la dernière conférence de presse nationale avant la session plénière de décembre au Landtag de Thüringe, un journaliste s’est référé précisément à ce passage. Il a voulu savoir de Höcke si sa demande, selon laquelle l’Allemagne doit d’abord redevenir souveraine, signifiait que, selon lui, l’Allemagne n’est actuellement pas un État souverain et, par conséquent, n'est pas un Etat libre.
„Oui, nous ne sommes pas un État souverain“
Höcke a d’abord souligné que cela „se lit clairement dans le communiqué de presse“. Ensuite, il a confirmé cette interprétation sans ambiguïté. „Oui, nous ne sommes pas un État souverain“, a-t-il dit, et a ajouté que cela „est également tout à fait compréhensible en droit national“.
Pour justifier cela, il a expliqué que l’Allemagne avait transféré sa souveraineté en matière de défense à l’OTAN, sa souveraineté financière à la BCE, sa souveraineté économique à l’UE, et sa souveraineté sanitaire à l’OMS. Ces organisations, selon Höcke, ne seraient pas légitimées démocratiquement et ne seraient pas contrôlées démocratiquement. „Oui, l’Allemagne n’est pas un État souverain. C’est ainsi.“
15:33 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : björn höcke, afd, allemagne, europe, affaires européennes |
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mardi, 02 décembre 2025
Merz ne peut pas arrêter la politique migratoire de Merkel en Allemagne

Merz ne peut pas arrêter la politique migratoire de Merkel en Allemagne
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Après le tournant migratoire de la chancelière Merkel (CDU) en 2015, environ un million de migrants syriens se sont dirigés vers l’Allemagne. Dix ans plus tard, Friedrich Merz (CDU) est devenu chancelier, notamment avec la promesse de resserrer drastiquement la politique migratoire. Six mois après son élection, les paradoxes se multiplient. Sa coalition montre peu d’ambition en matière d’immigration, et les tensions internes au sein de la CDU sapent sa crédibilité.
Malgré la chute du régime d’Assad en 2024 et l’arrivée du nouveau président Ahmed al-Charaa, les réfugiés syriens ne retournent pas dans leur pays natal. Le chancelier Merz a donc proposé de réfléchir à d'éventuelles expulsions, car « la guerre civile en Syrie est terminée, il n’y a donc plus de raison de demander l’asile en Allemagne ». Merz mise donc sur une collaboration pragmatique avec le nouveau régime syrien pour relancer les rapatriements. « Ils sont essentiels pour la reconstruction du pays », a-t-il déclaré.

Pour son ministre des Affaires étrangères, un retour dans un pays dévasté n’est pas une option.
Lors d’une conférence de presse récente à Husum, dans le Schleswig-Holstein, Friedrich Merz a déclaré : « Sans ces hommes (c'est-à-dire les réfugiés syriens qui retourneraient en Syrie), une reconstruction du pays est impossible. » Mais son propre ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul (photo - également membre de la CDU), lui a formellement répondu lors de sa visite à Damas. Il a décrit le chaos: «Ici, très peu de personnes peuvent vraiment vivre de manière acceptable». Le ministre a plaidé pour des expulsions très limitées «dans quelques cas exceptionnels», notamment pour les criminels.
Pendant ce temps, l’héritage migratoire de Mutti Merkel pèse des milliards d’euros. Pour 2023, le coût financier de la politique migratoire allemande est estimé à 6,4 % des dépenses publiques, soit une somme de 29,7 milliards d’euros. Il est clair que le mécontentement de nombreux Allemands est très bien capté par le parti d’opposition AfD. Alice Weidel, présidente de l’AfD, a durement dénoncé l’hypocrisie de la CDU: « Voilà ce que nous dit la CDU: 40 millions d’euros prévus pour la ‘reconstruction’ de la Syrie, mais les Syriens ‘ne peuvent pas revenir’, selon le ministre Wadephul. Le contribuable allemand est doublement touché. »
Au Bundestag, le ministre Wadephul a de nouveau déclaré que la destruction de la Syrie était pire que celle de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Les parlementaires étaient sans voix. Selon le magazine allemand Der Spiegel, cela indique que le ministre ne peut plus compter sur ses collègues de la CDU au parlement. Certains disent — pour l’instant anonymement — que le ministre ferait mieux de démissionner.
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lundi, 01 décembre 2025
L'Allemagne d'après-guerre et la formation des Revolutionäre Obleute

L'Allemagne d'après-guerre et la formation des Revolutionäre Obleute
Troy Southgate
Source: https://troysouthgate.substack.com/p/postwar-germany-and-...
L'histoire de la gauche allemande à la fin de la Première Guerre mondiale, ainsi que pendant la période qui a immédiatement suivi le conflit, est un sujet fascinant que j'ai longuement abordé dans mes biographies d'Otto Strasser (2010) et d'Ernst Röhm (2016). Cependant, dans la nouvelle édition traduite de l'ouvrage d'Albert Schmelzer sur Rudolf Steiner et le mouvement tripartite, le rôle des communistes dans la création des conseils ouvriers allemands est considérablement minimisé. Si Schmelzer a la chance, en tant qu'Allemand de souche, d'avoir accès à certaines sources historiques précieuses sur la période en question, certaines de ses conclusions sont toutefois quelque peu douteuses.

S'il note à juste titre que le Parti social-démocrate (SPD), par exemple, a adopté une attitude résolument nationaliste et a commencé à soutenir l'effort de guerre du pays, il minimise considérablement l'influence que la Russie soviétique a eue sur les conseils eux-mêmes. Ce n'est pas pour rien que les Freikorps – qui, au départ, étaient utilisés par le gouvernement réactionnaire comme unités mercenaires afin de renforcer sa propre position – avaient réussi à rallier tant de personnes à leur cause anticommuniste, mais Schmelzer soutient que les conseils eux-mêmes étaient composés en grande majorité de membres du SPD et que les communistes pro-soviétiques n'y jouaient qu'un rôle mineur, voire insignifiant.
Cela mis à part, il propose un résumé intéressant des cinq visions du monde qui étaient en vogue à l'époque:
(1) la monarchie restauratrice,
(2) la démocratie pluraliste dans une économie capitaliste,
(3) le gouvernement parlementaire avec des conseils démocratiques et la socialisation économique,
(4) la dictature communiste pure et dure, et
(5) ce qu'il décrit comme un système de conseils politiques et économiques « purs ».
Il ne fait guère de doute que la droite militariste, du moins avant l'avènement de l'hitlérisme, privilégiait la première option, tandis que la deuxième était préférée par ceux qui, comme le Parti populaire allemand (DVP), étaient libéraux-conservateurs. La troisième catégorie désigne le SPD de centre-gauche, qui comptait plus d'un million de membres en 1918, tandis que la quatrième fait clairement allusion au Parti communiste (KPD) de Rosa Luxemburg.

Peu après que les sociaux-démocrates indépendants (USPD) se soient séparés de la SPD en raison de son nouveau bellicisme, l'USPD s'est lui-même scindé en deux lorsqu'il a donné naissance à la KPD susmentionnée. La cinquième catégorie de Schmelzer, si je ne vous ai pas trop submergé avec cette litanie kaléidoscopique de labels idéologiques, était apparemment occupée par les segments de gauche de l'USPD et ce sont eux qui, selon lui, luttaient pour une forme plus autonome de décentralisation politique, sociale et économique.

Les membres de l'USPD qui adhéraient à cette vision plus radicale se faisaient appeler les « délégués révolutionnaires » (Revolutionäre Obleute) et menèrent des grèves très efficaces afin d'essayer d'empêcher le pays de sombrer dans une guerre totale destructrice. Ironiquement, bien que ces éléments particuliers n'aient pas suivi Luxemburg au sein de la KPD, ils étaient considérablement plus radicaux dans le sens où ils s'opposaient fondamentalement au contrôle de l'économie par l'État et à la participation à l'assemblée nationale bourgeoise. Leur principale erreur, cependant, comme le souligne Schmelzer dans son livre, est que, alors que la faction Revolutionäre Obleute luttait pour l'autodétermination, elle a commis l'erreur de chercher à appliquer ces principes dans un climat marqué par un chaos total et un autoritarisme croissant.


La meilleure stratégie, du moins pour les nationaux-anarchistes qui soutiennent bon nombre d'objectifs similaires, aurait été d'appliquer ces principes autarciques à la périphérie et non au cœur d'une société de plus en plus technologique. En fin de compte, ce sont Karl Kautsky, Hugo Haase et Rudolf Hilferding – tous issus de l'aile droite de l'USPD – qui ont finalement décidé que le parti devait prêter allégeance au système démocratique et abandonner complètement l'idée de conseils « purs ». Bien que de nombreux partisans des Revolutionäre Obleute aient ensuite rejoint l'Union libre des travailleurs (FAUD), une occasion unique avait été gâchée.
19:02 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, allemagne, gauches allemandes, années 20, république de weimar |
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vendredi, 28 novembre 2025
Les États-Unis veulent contrôler le gazoduc Nord Stream pour leurs propres besoins

Les États-Unis veulent contrôler le gazoduc Nord Stream pour leurs propres besoins
Source: https://mpr21.info/estados-unidos-quiere-controlar-el-gas...
En novembre de l’année dernière, nous avons annoncé que le spéculateur américain Stephen P. Lynch souhaitait acheter le gazoduc Nord Stream, si celui-ci était mis aux enchères lors du procès qui allait être lancé en Suisse contre l’opérateur en faillite.
En mai, le tribunal suisse a approuvé la vente. Une entreprise, Pyrit Energy AG, souhaite l’acquérir, selon l’annonce de son directeur, Ralph Niemeyer, qui a affirmé que son offre était la meilleure solution et qu’il avait négocié la transaction avec le directeur de Gazprom, Alexei Miller.
Bien que le gazoduc ne soit pas encore en service, l’intérêt pour celui-ci croît de jour en jour. Pyrit espère obtenir l’approbation des 27 pour transporter le gaz russe, malgré le fait qu’en octobre, le Conseil de l’Union européenne ait adopté un plan pour bloquer les importations de combustibles russes. L’accord s’exécute via Dubaï, le centre mondial de compensation pour les hydrocarbures.
Ce n’est pas un hasard si la police allemande a soudainement émis des mandat d’arrêt contre trois saboteurs du service secret ukrainien et quatre plongeurs militaires pour le sabotage du gazoduc.

L’ambiance a changé, et même en Pologne, des déclarations très surprenantes se font entendre. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, a déclaré que l’amélioration des relations diplomatiques entre les États-Unis et la Russie pourrait conduire à la reconstruction de Nord Stream. « Les Européens achèteront ce gaz. Je pense que nous aussi. Parce que cela sera tout simplement légalisé par les États-Unis, notre principal allié », a déclaré Chaputowicz à la radio RMF24.
Peut-être que tout est déjà en marche. Cet été, Lynch, qui est un collaborateur proche de Trump, a payé la dette des exploitants de Nord Stream envers leurs créanciers. Lynch tente également d’acheter le gazoduc, mais attention; le plan est très différent: il ne s’agit pas de transporter du gaz russe vers l’Europe. Certains pensent que ce que les États-Unis veulent, c’est empêcher la Chine d’accéder au gazoduc.
Bien sûr, les opérations de Lynch sont liées à un accord de paix en Ukraine. Mais le gazoduc reste intéressant dans toutes les circonstances… aussi pour les États-Unis, qui ne disposent pas de suffisamment de carburant pour faire fonctionner leurs centres de données en intelligence artificielle.
Bien que les États-Unis soient le principal producteur mondial de gaz, avec un billion de mètres cubes, la consommation intérieure et celle du Mexique absorbent ensemble 900 milliards de mètres cubes. En d’autres termes, les investissements colossaux prévus pour l’intelligence artificielle aux États-Unis dépendent aussi… du gaz russe.
Pour que les « génies » de Bruxelles comprennent: le paquet de sanctions numéro 19 est une folie ; les tentatives de bloquer les exportations de gaz russe sont vouées à l’échec. La seule question est de savoir si le pipeline arrivera en Allemagne ou si une autre opportunité sera manquée à son tour.
Nous restons en alerte : l’entreprise qui exploitait le gazoduc Nord Stream était à moitié russe et à moitié allemande ; maintenant, nous verrons si l’entreprise qui l’achètera sera à moitié russe et à moitié américaine, c’est-à-dire si l’Europe restera à nouveau mise à l’écart.
18:26 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nord stream, europe, actualité, affaires européennes, hydrocarbures, gazoducs, allemagne |
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mardi, 18 novembre 2025
Trois fois l'Ostpolitik. Trois fois Moscou. Trois étapes importantes de l'histoire récente de l'Allemagne

Trois fois l'Ostpolitik. Toutes les bonnes choses vont par trois... ou pas?
Trois fois l'Ostpolitik. Trois fois Moscou. Trois étapes importantes de l'histoire récente de l'Allemagne
Rainer K. Kämpf
Source: https://pi-news.net/2025/11/alle-guten-dinge-sind-drei-od...
Dans un article intéressant, le blogueur Alexander Wallasch se demande si la ligne de Tino Chrupalla sur la Russie fera définitivement de l'AfD un parti populaire. L'occasion n'a jamais été aussi propice qu'aujourd'hui. Une Ostpolitik équilibrée et clairement ouverte, un signe plus que décisif envers Moscou, peut briser le blocage désolant de la politique étrangère allemande actuelle.
Quiconque s'est égaré et s'est enlisé dans le marécage ferait bien de faire marche arrière et de corriger le cap. Si l'AfD décide d'opter pour une orientation purement atlantiste de sa politique et en fait sa doctrine suprême, elle court le risque de suivre la voie bien tracée de l'ancienne République fédérale et de se complaire dans le confort d'une souveraineté « ressentie ».
Ce n'est guère alternatif et c'est inquiétant, car cela s'aligne sur un discours politique qu'elle veut pourtant dépasser. L'Allemagne a un besoin urgent de s'ouvrir, de faire un bond en avant pour retrouver sa crédibilité et sa réputation d'antan. Elle n'y parviendra guère en suivant exclusivement la voie tracée par Washington.
Revenons un instant en arrière:
En 1955, Konrad Adenauer remporta un succès spectaculaire en matière de politique étrangère grâce à sa politique à l'égard de Moscou et ramena chez eux les prisonniers de guerre allemands qui demeuraient encore captifs en Union Soviétique.

En 1970, Willy Brandt rendit possibles les traités de Moscou et de Varsovie grâce à sa politique à l'égard de l'Est. Au final, cela aboutit au traité fondamental entre la République fédérale d'Allemagne et la RDA.
Helmut Kohl a saisi l'occasion qui s'offrait à lui et a obtenu en 1990 que Moscou rende possible la réunification allemande.
Trois fois la politique d'ouverture à l'Est a porté des fruits. Par trois fois, des chanceliers se sont rendus à Moscou. Trois étapes importantes de l'histoire récente de l'Allemagne. Aujourd'hui, l'Allemagne traverse la crise la plus grave depuis 1945. L'avenir de la nation est à la croisée des chemins et nous devons prendre une décision.
L'AfD a aujourd'hui une chance unique d'entrer dans l'histoire comme un parti populaire qui ouvre la voie vers l'Est, écarte le danger apparent d'une guerre et établit l'Allemagne dans le cercle des États qui veulent et peuvent façonner la géopolitique avec assurance et autonomie.
En d'autres termes, l'avenir du parti et du pays ne réside pas dans la voie confortable et bien rodée de l'allégeance au transatlantisme, mais dans une volonté de rupture face au carcan qu'impose la puissance occidentale victorieuse.
12:54 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ostpolitik, europe, actualité, politique internationale, afd, allemagne, affaires européennes |
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mercredi, 12 novembre 2025
Les résultats scolaires en Allemagne sont en chute libre

Les résultats scolaires en Allemagne sont en chute libre
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Dans le cadre d'une stratégie globale de suivi de l'enseignement, l'Allemagne examine régulièrement dans quelle mesure les objectifs de compétence dans l'enseignement sont atteints dans les différents Länder de la République fédérale. À cette fin, l'IQB (Institut zur Qualitätsentwicklung im Bildungswesen – Institut pour le développement de la qualité dans l'enseignement) de l'université Humboldt de Berlin publie chaque année des rapports. Les résultats de l'IQB-Bildungstrend 2024 viennent d'être présentés.
Cette nouvelle étude annuelle révèle qu'un élève sur trois dans l'enseignement secondaire n'atteint même pas les normes éducatives minimales. Les résultats des élèves des écoles allemandes ont chuté de manière spectaculaire en 2024 – ils n'étaient déjà pas brillants ces dernières années, selon le journal allemand Bild-Zeitung, qui a pu consulter les résultats. Sur les 38.000 élèves testés dans l'enseignement secondaire, 34% n'ont même pas atteint les normes éducatives minimales.
Retard linguistique et mesures liées au coro navirus
Par rapport aux résultats d'études précédentes menées en 2012 et 2018, on constate une baisse spectaculaire des performances scolaires, selon l'étude. Environ 9% des élèves de dernière année du secondaire n'atteindraient même pas les normes minimales requises pour obtenir leur diplôme, selon cette étude IQB-Bildungstrend. L'étude a examiné l'évolution des résultats dans les matières suivantes: mathématiques, biologie, physique et chimie.
25% des élèves échouent en chimie (+ 9 points de pourcentage), 24% en mathématiques, 16% en physique et 10% en biologie (+ 5 points de pourcentage).
Les chercheurs s'intéressent particulièrement aux retards linguistiques et aux mesures liées au coronavirus. Selon cette enquête annuelle sur la qualité de l'enseignement, les enfants issus de l'immigration, qui obtiennent des résultats nettement inférieurs à ceux de leurs camarades allemands dans les matières scientifiques, restent un problème important. Mais, fait remarquable, les élèves allemands dans leur ensemble enregistrent également une baisse de leurs résultats. Afin de compenser les désavantages des enfants issus de l'immigration, les chercheurs demandent instamment une amélioration de l'enseignement linguistique pour les nouveaux arrivants.
Les mesures liées au coronavirus, et en particulier la fermeture obligatoire des écoles, ont également eu des conséquences néfastes, selon les chercheurs. Les écoles de Brême, de Hesse, de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de Sarre obtiennent les plus mauvais résultats dans cette étude IQB-Bildungstrend 2024. Un signe supplémentaire des limites de la politique migratoire. Le fameux slogan de Merkel « Wir schaffen das » (Nous y arriverons) sonne de plus en plus faux...

Petit ajout :
« En 2016, je suis venu en Allemagne pour commencer mon doctorat. À l'époque, l'Allemagne était un bastion de la science et de la technologie. Et aujourd'hui, en l'espace de seulement 9 années, j'ai eu l'incroyable opportunité de voir comment un pays du Premier Monde, qui était en passe de devenir une puissance mondiale, s'est systématiquement détruit par une série de mauvaises décisions politiques, qui avaient toutes pour but de l'affaiblir. Toutes ces mesures et décisions autodestructrices ont un point commun : elles ont toutes été prises par une poignée de millenials aisés des grandes villes, des millenials qui se sentent moralement supérieurs et qui voudraient en fait être félicités pour leur « bonne conduite ». Il est fou de voir comment le narcissisme de quelques individus peut détruire tout un pays. D'une certaine manière, je compatis particulièrement avec les Allemands travailleurs et ambitieux, surtout ceux qui ont travaillé dur pour construire le pays et qui doivent maintenant le voir ruiné par une bande de salauds suffisants et arrogants », déclare Mayukh Panja, astrophysicien, sur X le 26 octobre 2025.
L'Allemagne était autrefois le moteur économique de l'Europe (occidentale) et est le principal partenaire économique de la Flandre.
14:56 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Ecole/Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : école, éducation, europe, actualité, affaires européennes, allemagne |
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Étude du DIW: le risque de pauvreté en Allemagne est fortement déterminé par l'immigration

Étude du DIW: le risque de pauvreté en Allemagne est fortement déterminé par l'immigration
Peter W. Logghe
Quelle: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
L'Allemagne compte plusieurs instituts économiques faisant autorité, tels que le Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung (DIW - Institut allemand de recherche économique). Une étude récente du DIW montre qu'environ deux migrants sur trois en Allemagne sont exposés au risque de pauvreté. L'une des causes est sans aucun doute l'échec de l'intégration sur le marché du travail allemand. Mais il y a plus. L'étude montre également l'ampleur du risque de pauvreté en Allemagne en général et dans les communautés de migrants.
Deux tiers des personnes issues de l'immigration en Allemagne sont pauvres ou exposées au risque de pauvreté. L'étude, qui portait sur les inégalités de revenus et les risques de pauvreté, a été publiée à la mi-octobre et a fait l'objet de commentaires détaillés dans le Süddeutsche Zeitung. « Lorsque ces personnes (c'est-à-dire les migrants) exercent une activité professionnelle, il s'agit généralement d'emplois moins bien rémunérés, de postes à temps partiel et de mini-jobs », explique Markus Grabka, chercheur au DIW.
25 % des migrants vivent dans la pauvreté
Dans son étude, M. Grabka souligne que le risque de pauvreté en Allemagne est fortement influencé par la question de l'immigration. Au cours des 15 dernières années, la situation financière et économique des personnes issues de l'immigration a très peu évolué.
Si 12 à 13% des Allemands de souche sont exposés au risque de pauvreté, ce pourcentage est nettement plus élevé chez les migrants. En 2020, environ 70% des migrants vivaient sous le seuil de pauvreté.
En Allemagne, ce seuil est atteint lorsqu'une personne dispose de moins de 60% du revenu moyen des ménages. Pour quelques-uns, ce seuil est fixé à 1419 euros nets par mois pour l'année 2022. Selon le DIW, 63,7% des migrants avaient un revenu inférieur à ce seuil. Grabka affirme toutefois que depuis 2020, le risque de pauvreté chez les migrants a diminué, car un certain nombre d'entre eux parviennent à intégrer le marché du travail. Il estime néanmoins que le retard reste très important.
La question est de savoir si l'Allemagne a vraiment intérêt à accueillir encore plus de pauvreté dans le pays. Ce n'est pas bon pour les migrants (vu le risque de pauvreté), ce n'est pas bon pour l'État providence allemand et ce n'est pas bon pour les Allemands eux-mêmes.
12:02 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes, pauvreté |
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samedi, 08 novembre 2025
Le chancelier allemand orchestre la mise en scène des drones russes pour justifier le réarmement

Le chancelier allemand orchestre la mise en scène des drones russes pour justifier le réarmement
Source: https://mpr21.info/el-canciller-aleman-esta-orquestando-e...
Le journal allemand Handelsblatt répète le mantra: « Plusieurs drones non armés ont été aperçus au-dessus de la base militaire belge de Kleine Brogel, utilisée par l’OTAN. » Mais, étonnamment, cette fois, il n’y a pas eu de déclarations alarmistes sur la "guerre hybride menée par la Russie". Même, le ministre belge de la Défense, Theo Franken, s’est montré heureux car “le système de détection fonctionne” (1).
Comme pour les cyberattaques, il semble que les pays européens testent les boucliers anti-drones qu’ils ont fabriqués et, pour vérifier leur bon fonctionnement, ils doivent les faire voler. Ensuite, ils profitent de l’agitation pour poursuivre la campagne anti-russe dans les médias de désinformation.
Cela semble confirmé par une information provenant de United Unmanned Systems (UUS), une entreprise allemande de drones étroitement liée au parti CDU. Selon cette société, le chancelier Friedrich Merz aurait personnellement commandité au moins deux des attaques attribuées aux Russes: celle de l’aéroport de Munich en octobre et une autre à Aalborg, au Danemark, en septembre.
Merz aurait orchestré ces deux montages pour justifier une augmentation massive des dépenses militaires. L’objectif est de créer un climat de peur afin de promouvoir un fonds spécial de 100 milliards d’euros destiné à la “muraille anti-drones”, dont UUS, dirigée par Julian Kelterborn, conseiller de la CDU depuis 2023, serait le principal bénéficiaire.

Mais la campagne de désinformation continue. Les drones fantômes s’ajoutent à la flotte fantôme et à d’autres fantasmes indispensables pour créer une atmosphère de guerre en Europe. Selon l’IISS (Institut International d’Études Stratégiques), les Russes commettent en moyenne deux actes de sabotage par mois en Europe.
Selon cette campagne délirante, entre 2022 et fin 2024, le service secret russe aurait commis 12 actes de sabotage sur le territoire allemand. “La Russie mène une guerre non conventionnelle contre l’Europe. Par le biais de campagnes de sabotage, de vandalisme, d’espionnage et d’actions clandestines, l’objectif de la Russie est de déstabiliser les gouvernements européens, de saper le soutien public à l’Ukraine en imposant des coûts sociaux et économiques à l’Europe, et d’affaiblir la capacité collective de l’OTAN et de l’Union européenne à répondre à l’agression russe,” affirme l’IISS (2).
À ces montages récents s’est ajoutée une autre mise en scène plus cinématographique: un prétendu “complot russe” pour assassiner Armin Papperger, directeur de Rheinmetall, la plus grande entreprise d’armement d’Europe et principal fournisseur de chars, de munitions et de systèmes blindés à l’Ukraine.
La CIA et le service de renseignement allemand BND auraient empêché ce crime.
Notes:
(1) https://www.handelsblatt.com/politik/international/ukrain...
(2) https://www.iiss.org/research-paper/2025/08/the-scale-of-...
13:10 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, allemagne, affaires européennes, bellicisme |
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jeudi, 06 novembre 2025
Un expert économique fait une prévision choc: l'Allemagne risque 25 ans de dépression permanente

Un expert économique fait une prévision choc: l'Allemagne risque 25 ans de dépression permanente
Munich. Ce n'est plus un secret depuis longtemps : depuis des années, les fonds alloués aux entreprises privées en Allemagne sont insuffisants. Les investissements dans le secteur privé sont retombés au niveau de 2015. Dans le même temps, les dépenses publiques ont considérablement augmenté, soit de 25 % depuis 2015.
Le professeur Clemens Fuest (photo), directeur de l'Institut Ifo de Munich, a dressé un tableau alarmant de la situation dans le journal « Bild am Sonntag » et a choqué avec ses prévisions : « L'Allemagne est en déclin économique depuis des années. La situation est désormais dramatique. » Et : « Des millions de citoyens constatent déjà une baisse de leur niveau de vie. » Cet économiste renommé craint une dépression durable de 25 ans, similaire à celle qu'a connue l'Italie.

En effet, la crise actuelle représente déjà la plus longue période de faiblesse économique de l'histoire de la République fédérale. D'autres problèmes s'y ajoutent, tels que les pénuries d'approvisionnement en terres rares en provenance de Chine, qui entraînent déjà des arrêts de production.
Mais ce ne sont pas seulement les décisions politiques prises à Berlin qui pèsent sur l'économie allemande, mais aussi les obstacles réglementaires imposés par Bruxelles. Fuest demande un allègement conséquent des charges bureaucratiques pesant sur les entreprises. Il s'agit notamment des obligations étendues en matière de documentation dans le domaine du CO₂ et tout au long des chaînes d'approvisionnement, qui sont pratiquement impossibles à respecter dans la pratique (st).
Source: Zu erst .de, Nov. 2025.
17:45 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, allemagne, affaires européennes, économie |
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dimanche, 02 novembre 2025
Beaucoup d'argent des contribuables allemands pour l'extrême gauche

Beaucoup d'argent des contribuables allemands pour l'extrême gauche
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer (CDU), a critiqué la remise d'un prix à une maison d'édition d'extrême gauche. Selon son porte-parole, aucun « signe suspect » de « glorification de la violence » n'a été découvert chez l'éditeur concerné, a-t-il déclaré au portail d'information Nius. Pour la cinquième fois, cette maison d'édition, baptisée « Verbrecher Verlag » (littéralement « maison d'édition criminelle »), a reçu une prime de 18.000 euros. En 2013, la maison d'édition a publié le livre « Gedenken abschaffen » (Supprimer la mémoire), dans lequel tout souvenir des bombardements de Dresde est rejeté et rendu suspect. Le collectif d'auteurs « Rechercheteam Dresden » avait déjà publié une liste des « lieux de rencontre de l'extrême droite » dans la ville de Dresde. Peu après cette publication, le bureau d'une association qualifiée d'extrême droite a été gravement endommagé.
Une deuxième subvention a attiré encore plus l'attention. Le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la ville de Mari ont décerné le Grimme Online Award au site web « afd-verbot.de » du Zentrum für Politische Schönheit, un groupe d'extrême gauche. Ce site plaide ouvertement en faveur de l'interdiction du parti d'opposition AfD et présente les représentants du parti comme des ennemis criminels de la Constitution. Selon la chancellerie du Land, ce choix a été fait « par une commission indépendante et des experts ». La subvention s'élève à 2,51 millions d'euros, soit 85 % des ressources opérationnelles de l'association.

Pendant ce temps, l'Allemagne est en proie aux flammes. Le lundi 6 octobre, le pavillon de chasse Thiergarten de la princesse Gloria von Thurn und Taxis (près de Ratisbonne) a été entièrement détruit par un incendie, comme vous avez pu le lire sur le site web de l'hebdomadaire anversois 't Pallieterke. Meubles anciens, lustres, porcelaine, collection complète d'objets de chasse : tout a été détruit. Très vite, on a soupçonné qu'il s'agissait d'un incendie criminel. Peu après l'incendie, un « commando Antifa » a revendiqué la responsabilité de l'incendie via le portail Internet d'extrême gauche Indymedia. Selon ce commando, l'attaque est un avertissement à la maîtresse des lieux, car Gloria von Thurn und Taxis ne cache pas son amitié avec Alice Weidel, présidente de l'AfD. Et cela n'est bien sûr pas acceptable pour la gauche tolérante en Allemagne.
Entre-temps, le danger continue de venir de la droite et les contribuables allemands continuent de débourser des sommes considérables pour financer toutes sortes de clubs d'extrême gauche. À qui cela profite-t-il ? Et surtout, pourquoi un parti centriste comme la CDU laisse-t-il passer tout cela ? Pourquoi n'intervient-il pas, par exemple sur le plan financier ? Considère-t-il ses propres électeurs comme des idiots ?
Ainsi, le centre-droit ou les conservateurs semblent encore pires que la gauche : avec une politique de gauche, on sait à quoi s'attendre, tandis qu'un gouvernement de centre-droit ou conservateur prétend faire les choses « différemment », alors que rien ne change, bien au contraire.
Récemment, quelqu'un m'a dit : « Un gouvernement de droite est un gouvernement qui commet les mêmes bêtises qu'un gouvernement de gauche, mais à un rythme plus lent ». Ne peut-on vraiment pas attendre davantage d'une politique de droite ?
15:37 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes |
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lundi, 27 octobre 2025
Le "mur coupe-feu" continue d’agiter les esprits en Allemagne – quelques faits

Le "mur coupe-feu" continue d’agiter les esprits en Allemagne – quelques faits
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Le ‘mur coupe-feu’, utilisé systématiquement comme un instrument antidémocratique, choque tellement que même le SPD appelle à briser le cordon sanitaire. Face à l’augmentation des pourcentages de l’AfD dans divers sondages, des dirigeants du SPD ont demandé à la CDU de modifier sa politique du ‘mur coupe-feu’ – mais uniquement en ce qui concerne Die Linke. Le ministre de l’Intérieur de Thuringe, Georg Maier (SPD), a déclaré au quotidien allemand Handelsblatt que diverses clauses d’incompatibilité, énoncées au sein de la CDU, empêchent la formation de majorités stables. Et c’est pourquoi l’AfD gagne de plus en plus d’adhérents.
Le contexte derrière tout cela sont les récents sondages dans le Land allemand de Saxe-Anhalt: l’AfD pourrait obtenir 40 % des voix, la CDU environ 26%. Un gouvernement sans l’AfD ne peut exister qu’avec une coalition incluant Die Linke. Mais la clause d’incompatibilité de la CDU empêche une telle coopération. « Il s’agit d’une nécessité realpolitisch », disent aussi Sebastian Fiedler et Sebastian Roloff. Donc: avec Die Linke. La seule autre option, mais posée comme « impossible », serait une collaboration « avec les ennemis de la démocratie, comme le parti d’extrême droite AfD ». La ‘tolérance’ de la gauche ne fait qu’aggraver le fossé social en Allemagne.

La base locale de la CDU voit cela autrement: le mur coupe-feu, c’est n’importe quoi !
Stefan Kerth, président du district CDU en Vorpommern-Rügen, a demandé dans une vidéo à son parti de briser le cordon sanitaire contre l’AfD. Littéralement: « Le mur coupe-feu, c’est n’importe quoi, il n’a fait que renforcer l’AfD » (dans le journal local Ostsee-Zeitung). Non, ce que la CDU doit faire maintenant, c’est établir des conditions pour une coopération avec l’AfD: « La CDU veut faire avancer les choses, mais le cordon empêche tout changement de cap. » Et il a ajouté: « Pourquoi la CDU ne formule-t-elle pas des conditions pour une coopération? Dire quelles personnes, quelles activités, quels points du programme l’AfD doit abandonner?».
La CDU doit s’ouvrir à des coalitions et des partenariats en dehors des partis de gauche, et très rapidement: «Mieux vaut le faire maintenant, tant que nous pouvons encore en définir les accents et la direction». Kerth a échangé en 2023 sa carte de membre du SPD contre celle de la CDU à cause de la politique migratoire. Il a déjà déclaré qu’aucun changement fondamental de cap sur la migration n’est possible sans l’AfD. Depuis 2015, l’Allemagne a perdu le contrôle, et les partis de gauche ne traiteront jamais la problématique migratoire en profondeur, car ils la minimisent toujours.
Kerth ne voit aucun danger dans une participation au gouvernement de l’AfD: « Dans notre proximité, gouvernent des partis de droite et des nationalistes, des collègues de l’AfD. Et pourtant, le monde ne s’est pas effondré ! Et c’est précisément l’Allemagne, très sensible à l’histoire, qui retomberait immédiatement dans des affres similaires à celle qui existaient sous le Troisième Reich s'il n'y avait pas le cordon sanitaire? Je n’y crois plus. » Par ailleurs, d’autres politiciens CDU/CSU plus éminents s’expriment également en faveur de la levée du mur coupe-feu contre l’AfD, comme l’ancien ministre de la Défense Karl-Theodor zu Guttenberg, l’ancien secrétaire général de la CDU Peter Tauber et le président du comité des valeurs de base de la CDU, Andreas Rödder.
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mercredi, 22 octobre 2025
De Kim Il Sung à Hölderlin et Kafka - L'itinéraire d'un révolutionnaire allemand des années 1960

De Kim Il Sung à Hölderlin et Kafka
L'itinéraire d'un révolutionnaire allemand des années 1960
par Werner Olles
Dans les beaux jours du mouvement de protestation estudiantin de 1967/68, je fis la connaissance de KD Wolff en tant que président fédéral de l’Union des étudiants socialistes allemands (SDS), dont je suis devenu membre le Jeudi Saint 1968, le jour de l’attentat contre le responsable du SDS à Berlin, Rudi Dutschke. Le Vendredi Saint, le SDS est passé devant notre appartement à Bockenheim près de l’université à bord d’une vieille Volkswagen, et depuis notre balcon, j’ai entendu le haut-parleur qui diffusait la chanson de Joan Baez “It’s all over now, Baby blue!”. Ensuite, une invitation a été lancée pour se retrouver l’après-midi sur le campus et se rendre ensemble à l’imprimerie Societät pour empêcher la livraison du Bild Zeitung, car la presse de Springer, et en particulier le “Bild,” était jugée responsable de l’attentat contre Dutschke à cause des titres à teneur diffamatoire que ce journal grand tirage n'avait cessé d'imprimer. Les affrontements violents qui ont suivi avec la police, en partie montée, nos protestations et manifestations contre la guerre de l’impérialisme américain au Vietnam, la Conférence internationale du Vietnam en février 1968 à Berlin-Ouest, la lutte ratée contre la loi d’exception, et la recherche d’une reconstruction de la théorie révolutionnaire dans l’espace sis entre la théorie critique et la pratique activiste, visant à développer un socialisme anti-autoritaire et non stalinien, ont été durant plusieurs années les points communs qui m’unissaient à KD. Il n’y a pas de raisons pour se livrer, aujourd'hui, à des distanciations hypocrites.


Le comité fédéral du SDS, comptant dans la fraction anti-autoritaire des “Loups Rouges” (Wolff = Loup), KD et son frère cadet Frank, prônait un modèle d’émancipation anti-autoritaire, sans réaliser que le système politique en Allemagne de l’Ouest évoluait depuis longtemps vers une société libérale et tolérante.
Contrairement à ce que prétend KD Wolff dans son autobiographie — où il évoque “un passé nazi dissimulé par le silence et une éviction de la question de la culpabilité” —, la tendance à “affronter le passé” était très faible, du moins au sein du SDS de Francfort et de Berlin. En réalité, KD a suivi une longue psychanalyse pour traiter les traumatismes liés à ses parents, qui avaient parfois sympathisé avec le national-socialisme. Il faut donc voir la rébellion de 68 aussi comme une lutte des fils contre leurs pères, où les grands-pères (Marcuse, Adorno, Horkheimer, etc.) leur venaient en aide.
Heureusement, chez les intellectuels et penseurs comme Hans-Jürgen Krahl, Rudi Dutschke et Bernd Rabehl, la tendance à s’occuper du passé était très faible, ils avaient probablement compris que “chaque peuple a connu son Hitler,” comme l’avait dit le sage président égyptien Anouar el Sadat. Leur préoccupation portait surtout sur le rôle de l’intelligentsia dans le contexte du pouvoir politique, tout en sachant clairement que l’intelligence ne se trouve pas uniquement dans la tête. KD, en revanche, était l’organisateur qui maintenait ensemble, au sein du SDS, les différentes factions, celles des antiautoritaires, des sympathisants de la DKP et de la faction maoïste en vestes de cuir.
Les premiers conflits entre KD d’une part, et Krahl et Dutschke de l’autre, ont éclaté lors de la 22ème Conférence des délégués du SDS en septembre 1967 à Francfort. La déclaration de principe des deux exprimait clairement que le modèle archaïque d’un mouvement de protestation avec des manifestations et des rassemblements, ainsi qu’une attitude purement théorique, n’était plus capable de faire bouger quoi que ce soit, mais que théorie et pratique devaient fusionner dans la revendication “Education par l’action” (Aufklärung durch Aktion)

Dutschke parlait ouvertement d’organiser une “guérilla urbaine,” qui devait s’inspirer des mouvements révolutionnaires latino-américains. La question sensible était celle de la violence, celle qui permettrait de dépasser les limites du système. KD était littéralement atterré, il ne voulait pas aller jusque-là. Mais avec la mort d’Adorno en août 1969 et le décès tragique et accidentel de Krahl en février 1970, l’atmosphère dans le SDS a finalement basculé dans la consternation et la résignation. S’y ajoutait la conversion de nombreux activistes du SDS au néo-léninisme, leur entrée dans la DKP financée par la RDA, et la dogmatisation de la théorie marxiste en une vision du monde socialiste, qui s’est exprimée dans des sectes comme le KBW, la KPD/AO, diverses KPD/ML et groupes trotskystes.
La dissolution de l’Union fédérale du SDS, dont les actifs sont malheureusement tombés entre les mains d’un groupe mafieux qui a donné naissance plus tard au KBW, dont les membres ont même dû apporter leur patrimoine en adhérant, avec ses tendances radicales, a certes marqué la fin du mouvement étudiant, mais à Francfort, on était prêt à explorer de nouvelles voies.

KD a fondé avec les futurs terroristes Winfried “Boni” Böse et Johannes Weinrich la maison d’édition “Roter Stern” ("Etoile Rouge") avec ses librairies éponymes à Bochum, Marburg et Mayence, et a noué, après un voyage en Corée du Nord (voir Kursbuch n° 30, “Le socialisme comme pouvoir d’État”), des liens commerciaux avec ce régime. Parallèlement, des groupes comme “Roter Gallus,” “Rote Panther,” et le “Comité de solidarité des Black Panthers” sont apparus, dont KD Wolff était au moins le “leader informel”.
Le fait que des membres de la RAF aient encore séjourné en avril 1971 dans les locaux de l’éditeur à Westend/Francfort, et aient été fournis en armes par Weinrich et Böse, n'aurait pas été remarqué par KD, selon ce qu'il nous raconte aujourd'hui. Personnellement, je pouvais parfois affranchir le courrier chez l’éditeur, et j'ai cependant pu constater que Weinrich et Böse approvisionnaient notamment des groupes terroristes grecs et italiens en armes, en les dissimulant dans les garnitures intérieures des portières de voitures, puis en les faisant passer clandestinement vers la Grèce et l’Italie.
Aujourd’hui, on sait qu’avec des pistolets livrés au groupe terroriste italien Lotta Continua, deux jeunes du MSI, la jeunesse néofasciste, qui montaient la garde devant leur siège à Rome, ont été assassinés de manière sournoise depuis des tirs venus d'une voiture. Encore aujourd’hui, à Rome, chaque année, le jour de leur assassinat, des milliers de jeunes hommes leur rendent hommage; leurs noms sont appelés, et une voix unanime s’élève alors dans la rue: “Présente !”.
Mais aussi les “Rote Panther”, les "Panthères rouges", dont j’étais membre, n’ont pas été inactifs. Après les plénières, deux ou trois camarades se retrouvaient généralement et lançaient des attaques nocturnes contre des cibles telles que la "Cité de l’Emploi" américaine, la société Hochtief, le United Trade Center ou le consulat général d’Espagne. Heureusement, aucune personne n’a été blessée lors de ces actions, et nous n’avions aucun problème à commettre des violences contre des biens. Cependant, tout cela devenait dangereux puisqu’une nuit, une terroriste de la RAF — selon mes souvenirs, il s’agissait d’Astrid Proll — a reçu une arme. Nous fûmes alors poursuivis par la police d’État, qui nous avait observés, à travers tout Francfort. Et qu’en était-il encore une fois de l’appartement secret dans la cour dans la Leipzigerstraße, dans le quartier Bockenheim de Francfort, qui aurait été loué pour cacher un agent du consulat américain à l’occasion d’une opération de kidnapping? Le fait que KD ne mentionne pas tout cela, n'en dit pas un seul mot, est totalement incompréhensible, car d’une part tout est depuis longtemps prescris, et d’autre part, il savait non seulement tout de nos actions nocturnes, mais il était aussi présent lors de la majorité d’entre elles.
Winfried Böse, (tué en 1976 à l'aéroport d'Entebbe par une unité spéciale israélienne après que les passagers juifs d'un avion détourné aient été sélectionnés — après quoi ils furent séparés du reste —), et Hannes Weinrich, (qui purge une peine de prison à vie à Berlin en tant que bras droit du tueur en série Carlos), ont ensuite fondé les Cellules révolutionnaires, qui auraient apparemment accidentellement tiré sur le ministre des Finances de Hesse, Heinz-Herbert Karry (FDP), j’ai quitté le scène parce que j'ai lutté pendant des décennies contre une maladie extrêmement grave que j’avais contractée en 1969 lors d’un camp d’entraînement de terroristes palestiniens du Fatah au Liban. En ce lieu, des membres du SDS s’entraînaient avec des terroristes de l’Armée rouge japonaise, de l’ETA basque, de l’Action directe française et de l’IRA pour acquérir les techniques de la guérilla.


Les succès ultérieurs de KD en tant qu’éditeur de Hölderlin, Kafka, Manes Sperber et des “Fantaisies masculines” de Klaus Theweleit, ainsi que son existence de père de famille comblé de bonheur, on les lui auraient bien souhaités. En ce sens, il est effectivement un “Hans-la-chance.” On aurait toutefois pu attendre un peu de compassion pour ceux du “mouvement” qui ont ensuite eu une vie difficile et dont la trajectoire n’était pas celle qu’ils avaient imaginée. Peut-être aussi quelques mots sur les scandales antisémites que nous avions provoqués à l’époque avec notre “solidarité avec la Palestine”, laquelle était en réalité clairement antisémite, et qui dominent aujourd’hui les “universités” allemandes ruinés par les années 68, ou la cancel culture est tout sauf “libérale” et “tolérante,” menée qu'elle est par les successeurs ratés du soulèvement de l’époque, et qui se traduisent par des menaces et de la violence contre des maisons d’édition conservatrices et de droite. Malheureusement, il n’y a pas un seul mot à ce sujet, dans l'autobiographie de KD. Une chose est cependant hautement méritoire: selon ses propres dires, il n’a jamais voté pour les Verts.
Werner Olles
KD Wolff : Bin ich nicht ein Hans im Glück? Studentenrevolte - Hölderlin - Kafka (= Ne suis-je pas un Hans-la-chance ? Révolution étudiante — Hölderlin — Kafka). Klostermann Verlag. Francfort 2025. 260 pages. 28 euros
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mardi, 21 octobre 2025
Voyage dans l'univers parallèle

Voyage dans l'univers parallèle
Karl Richter
Le député de l’AfD Markus Frohnmaier est accusé par des cercles de l’Union (démocrate-chrétienne) de "trahison" nationale. Il prévoit en effet un voyage à Moscou et souhaite y rechercher le "dialogue". Une démarche attendue depuis longtemps et qui est très raisonnable. Mais: en pleine guerre en Ukraine, que l’Occident a principalement déclenchée et qu’il maintient toujours en ébullition par tous les moyens, cela ne peut évidemment pas passer. L’hypocrisie de l’Union démocrate-chrétienne appartient à cette catégorie "où l’on ne peut pas manger autant qu’on voudrait vomir". Commettre plus de trahison nationale que celle qui a été infligée aux Allemands par l’Union depuis la fondation de la République fédérale jusqu’à aujourd’hui, ce n’est pas possible.

Frohnmaier (photo) veut aller à Moscou, et, moi, je viens juste d’en revenir. Après des années d’absence, cela faisait belle lurette qu’il était temps d'y retourner, et malgré la campagne médiatique, les voyages en Russie ne sont ni impossibles ni interdits. Après trois ans et demi de guerre, je voulais me faire ma propre idée de la façon dont le pays gère cela, un pays qui, selon la propagande occidentale, est au bord de l’effondrement et est isolé internationalement. Et surtout, je voulais faire la preuve, constater de visu: sommes-nous désormais, en tant qu’Allemands, haïs par les Russes à cause de la politique incroyablement stupide et dangereuse de nos dirigeants ?
Pour commencer: non, aucune trace de germanophobie. Les Russes "normaux" que l’on rencontre dans l’ascenseur, au restaurant ou au supermarché et qui savent que l’on vient d’Allemagne, savent apparemment, et aussi bien que leur gouvernement, faire la distinction entre les Allemands et leur régime dangereux, dont la haine envers l’Allemagne est effrayante. Au contraire, malgré tout, le respect pour les Allemands reste élevé, et ceux qui ont de la famille en Allemagne ou y sont déjà allés, le montrent volontiers et s'efforcent, amicalement, de prononcer à notre intention quelques mots d’allemand. Même à l’aéroport, lors du départ, je suis salué par le personnel strict qui contrôle mon passeport et mon billet d’avion avec un "Au revoir !" bien soutenu.

Ce ne signifie pas que la guerre ne se déroule pas. À l’arrivée à Samara sur la Volga (photo), il y a, tout d'un coup, une "alerte drone", et, plus tard, il s’avère que cela fait partie du quotidien. Mais l'alerte se fait uniquement par SMS, par un avertissement sur le téléphone. En réalité, pour les gens, cela se ressent à peine, la vie continue normalement. S'il n'y avait pas, sur certains bus, le "Z" patriotique bien affiché, et s'il n'y avait pas de grandes affiches dans les rues pour faire la promotion du service dans les forces armées – pour des montants à sept chiffres en roubles –, on pourrait croire que la guerre n’est qu’une illusion. Il est évident que même le gouvernement ne la grossit pas trop et ne veut pas imposer trop de restrictions à la population. Cependant, il doit augmenter la TVA de 20 à 22 % à partir du 1er janvier 2026 pour financer la défense.
Le philosophe et géopolitologue Alexandre Douguine a récemment formulé une remarque: pour de nombreux conservateurs en Occident, la Russie représente une sorte d’idéal, celui de l’Europe d’autrefois, un idéal "meilleur", auquel l’Occident d’aujourd’hui a tourné le dos de manière systématique, tandis que la Russie – aussi officiellement – se voit comme le gardien des valeurs traditionnelles de l’Europe. En réalité, le tableau de la vie publique, pour les Européens de l’Ouest, qui, chez eux, sont déçus et irrités, est presque paradisiaque: il se présente sous un jour tranquille, aussi bien à Moscou qu’à Novossibirsk, loin en Sibérie. Dans les spots publicitaires à la télévision, on ne voit que des personnes blanches. À Samara, j’ai vu un (en chiffres: 1) Noir, à Moscou trois. Et personne ne semble se soucier du risque éventuel d’être poignardé dans le métro ou poussé sur la voie ferrée. En cette "Allemagne qui est la meilleure qui ait jamais existé" (Steinmeier), on dénombre statistiquement 80 délits à l’arme blanche par jour. Il ne faut rien exagérer. Mais, il n'en demeure par moins que le risque d’être poignardé est un indicateur de la qualité de vie.
Douguine a justement critiqué la société russe qui est en guerre, pour laquelle la guerre est, dans l’ensemble, très lointaine. Douguine a dit que, malgré l’hostilité ouverte de l’Occident, le pays se concentre encore trop peu sur sa propre identité et continue à ressembler à une simple copie d’anciennes sociétés occidentales. C’est exact. À la télévision, on voit, à l’exception d’une ou deux chaînes de musique folklorique russe ou de films patriotiques de guerre, le même genre de déchets sous-culturels qu’ici, des comédies stupides dans les programmes du soir et de la musique pop. Dans les supermarchés, on trouve de tout, et à l’exception de grandes entreprises comme Daimler ou Microsoft, qui se sont pliées aux sanctions, on peut se procurer tous les produits occidentaux, de la crème Nivea à la bière Spaten en passant par les ordinateurs Apple, tout cela reste omniprésent. Même dans les banques, on remarque que malgré l'abandon du système de paiement occidental SWIFT, on travaille encore sur des ordinateurs Dell. La "libération", celle qui aurait libéré les Russes des logiciels et des matériels américains, et qui a été annoncée il y a plusieurs années, n’a apparemment pas encore été réalisée. Sur la route, on voit aussi de plus en plus de voitures chinoises, en plus de Hyundai et Daihatsu.
La dynamique économique du pays est visible partout. Que Vladimir Poutine, qui vient de fêter son 73ème anniversaire, soit le garant principal de cette croissance, ne fait aucun doute pour mes interlocuteurs russes. L’un d’eux, le représentant de longue date du Parti démocratique libéral (LDPR), Valeri Voronine, considère que le chef du Kremlin est le chef d’État le plus compétent au monde, qui, en 25 ans de règne, a réalisé des exploits et a conféré à son pays une nouvelle influence mondiale. Tout le monde doit être d’accord avec cette évaluation, du moins tous ceux qui se souviennent de la situation de la Russie dans les années 1990. La guerre, depuis 2022, n’a pas sérieusement menacé cette reprise, au contraire.
Les sanctions ont surtout nui aux populations des pays qui les ont appliquées. En Allemagne, les prix de l’énergie domestique ont augmenté de 50,3% entre 2020 et 2024. Non, ce n’est pas de la propagande du Kremlin. Ce chiffre a été publié jeudi par l’Office fédéral de la statistique dans un communiqué. Les responsables de cette catastrophe résident à Berlin et à Bruxelles, pas à Moscou.

La société russe fonctionne aujourd’hui comme une société parallèle. Elle n’a pas besoin de rougir face à l'Occident, surtout pas face à la société allemande devenue un "Shithole". Peut-être deviendra-t-elle, dans le cadre de la confrontation continue avec l’Occident, dans les années à venir, encore plus "russe" qu’elle ne l’est aujourd’hui – ou peut-être plus eurasiatique. Sur les aéroports, on voit partout des inscriptions en russe, en anglais et en chinois (photo). Sans aucun doute, l’Occident, par ses politiques aberrantes, a fortement favorisé l’intégration de l’espace eurasien et la multipolarisation de la politique internationale: c'est bien là le résultat patent de ses sanctions suicidaires. En plus de l’axe eurasien, d’autres "grands espaces régionaux" se développeront dans un avenir proche – Douguine en prévoit dans son livre "Mission eurasienne" (2022) pas moins de douze, dont cinq rien qu'en Asie –; leur formation est déjà alimentée par la dynamique économique du monde non occidental (BRICS!). Le reste du processus est tout simplement dû à la politique aveugle de l'Occident, qui se débat avec force contre son propre déclin.
Sur le front de la communication, la multipolarisation a déjà créé des faits concrets. Non seulement l’UE censure les médias russes et refuse à RT ou Sputnik leur licence de diffusion. La censure russe n’est pas non plus une coquille vide et touche une série de médias allemands, même relativement inoffensifs comme "Welt", qui ne peuvent pas être consultés sur Internet en Russie. Pour les personnes intellectuellement productives qui dépendent d’un flux libre d’informations, cela est tout aussi inacceptable que la répression de l’UE. De temps en temps, un serveur VPN aide le chercheur. En résumé: les déclarations répétées de l’UE sur la liberté de la presse ne sont qu’une farce. Sur le sujet de la "démocratie dirigée", l’Occident n’a rien à reprocher à la Russie. Le fait que, en Allemagne, certains candidats indésirables – comme lors des dernières élections communales en Rhénanie du Nord-Westphalie – soient systématiquement exclus et qu’on travaille ouvertement à interdire le plus grand parti d’opposition, n’échappe pas à mes interlocuteurs russes.
Lorsque, après un peu plus de deux semaines, le portillon du poste de contrôle des passeports à l’aéroport de Munich s'est refermé derrière moi, je n’ai pas eu un bon pressentiment. Tout ce qui aurait paru incongru jadis revient soudainement: des voilées complètes, des Noirs, des freaks du mouvement Antifa aux cheveux bleus. Non, je ne veux pas de ces "valeurs occidentales-là". Je ne les accepte pas. Si j’avais l’occasion de commettre une trahison nationale comme le député de l’AfD Markus Frohnmaier, je n’hésiterais pas.
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samedi, 11 octobre 2025
Merkel vient de l'admettre: la Pologne et les pays baltes également responsables de la guerre en Ukraine

Merkel vient de l'admettre: la Pologne et les pays baltes également responsables de la guerre en Ukraine
Berlin/Budapest. L’ancienne chancelière allemande Angela Merkel n’est jamais à court de révélations surprenantes. On se souvient de son aveu sans détour – en accord avec le président français Hollande – lors d’un entretien avec Die Zeit en décembre 2022, selon lequel l’accord de Minsk de 2014 n’avait eu pour but que de donner à l’Ukraine du temps pour se réarmer.
Voici maintenant la nouvelle sensation : lors d’une interview accordée au média en ligne hongrois Partizán, l’ancienne chancelière a notamment déclaré que la Pologne et les pays baltes étaient également responsables du déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022. Selon ses dires, elle a tenté en juin 2021 d’établir un nouveau format de discussions avec la Russie, après avoir constaté que « l’accord de Minsk n’était plus pris au sérieux par Poutine, et c’est pourquoi je voulais un nouveau format, afin que nous puissions parler directement à Poutine en tant qu’Union européenne ».
Mais cette tentative a échoué en raison de l’opposition des pays d’Europe de l’Est: « Certains ne l’ont pas soutenue. Il s’agissait surtout des pays baltes, mais la Pologne était également contre. » Selon Merkel, ces pays craignaient « que nous n’ayons pas de politique commune envers la Russie ».
Selon elle, cet échec a largement contribué à une escalade ultérieure : « En tout cas, cela n’a pas abouti. Ensuite, j’ai quitté mes fonctions, et c’est alors que l’agression de Poutine a commencé. »
De manière surprenante, Merkel cite également la “pandémie” de Covid comme facteur ayant favorisé la guerre. À cause de la « peur de Poutine face à la pandémie de Co vid », les rencontres en personne étaient impossibles. « Si l’on ne peut pas se rencontrer, si l’on ne peut pas exposer ses différends face à face, on ne trouve pas de nouveaux compromis », analyse-t-elle rétrospectivement. Les visioconférences n’étaient pas suffisantes.
Dans le même temps, Merkel a défendu les accords de Minsk, qui « avaient permis une accalmie » et donné à l’Ukraine la possibilité de « rassembler ses forces et de devenir un autre pays ». Elle a ainsi réitéré son aveu que les accords de Minsk n’étaient qu’une manœuvre de diversion.
Sans surprise, les propos de Merkel ont suscité des réactions vives chez les intéressés. Le président polonais Andrzej Duda a fermement rejeté les accusations et insisté sur le fait que son pays n’était pas complice, mais bien une victime potentielle de l’agression russe. Mais cela est faux, et ce n’est pas seulement l’avis de Merkel, mais aussi celui du président du Kremlin, Poutine. Lors de son long entretien avec le journaliste américain Tucker Carlson en février 2024, Poutine a tenu la Pologne largement responsable de l’escalade du conflit en Ukraine – et a précisé à cette occasion que la Pologne, par une politique similaire, avait également été au moins en partie responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939 (mü).
Source: Zu erst, Oct. 2025.
20:08 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, pologne, pays baltes, ukraine, russie, europe, affaires européennes, angela merkel |
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mardi, 07 octobre 2025
Allemagne: Vers un état d'urgence sous l'hystérie guerrière

Allemagne:
Vers un état d'urgence sous l'hystérie guerrière
par Wolfgang Hübner
Source: https://pi-news.net/2025/10/mit-kriegshysterie-in-den-not...
Il est tentant pour Merz & Co. de « résoudre » la crise politique intérieure due à la force montante de l'AfD et le front politique extérieur dans la guerre en Ukraine à l'aide de lois d'urgence.
Friedrich Merz ne sera jamais un chancelier populaire ni couronné de succès. Mais il fait tout pour devenir au moins le premier chancelier fonctionnant à coup de mesures d'urgence dans l'histoire de la République fédérale. L'hostilité envers la Russie, qu'il soutient agressivement avec d'autres, la militarisation de l'économie et de la société, l'escalade de l'hystérie guerrière mènent à un objectif bien caché, mais de plus en plus clair: faire de l'Allemagne un État en état permanent d'urgence dans lequel les droits fondamentaux sont restreints ou supprimés, mais où le pouvoir du gouvernement peut prendre des proportions dictatoriales.
Contrairement à de nombreux autres membres du gouvernement de coalition formé par l'Union (démocrate-chrétienne) et la SPD socialiste, Merz est assez âgé pour avoir vécu le 30 mai 1968. À l'époque, après des années de luttes politiques contre la résistance acharnée de l'opposition extraparlementaire (APO), les lois d'urgence ont été adoptées au Bundestag à une large majorité par les partis au pouvoir, l'Union et la SPD. En ce jour noir de l'histoire de notre pays, 100 députés du Bundestag ont tout de même voté contre cette modification de la Loi fondamentale, y compris ceux qui venaient des rangs de la SPD.
Pendant près de 60 ans, c'est-à-dire pendant toute la durée de la « guerre froide » jusqu'en 1990, les lois d'urgence n'ont pas été appliquées. Mais la demande du plus fervent belliciste de la CDU, Roderich Kiesewetter, de proclamer « l'état d'urgence » en raison de prétendues menaces russes, laisse entrevoir les possibilités envisagées. En effet, il est tentant pour la démocratie partitocratique allemande de « résoudre » à la fois la crise politique intérieure due à la montée en puissance de l'AfD et la confrontation en cours, extrêmement dangereuse sur le plan de la politique étrangère, suite à la guerre en Ukraine à l'aide de lois d'urgence.

Le ministre-président sortant de Saxe-Anhalt, Reiner Haseloff (CDU), n'a laissé aucun doute sur la façon dont le cartel formé par la CDU/CSU, la SPD et les Verts, ainsi que les médias de masse, se perçoit lui-même, à savoir comme un « système » qui, selon la devise « C'est nous ou eux ! », est prêt à tout pour empêcher l'AfD de participer au pouvoir. Dans le même temps, Manfred Weber, homme politique européen de premier plan issu de la CSU, propose dans un talk-show de paralyser le métro de Moscou par une cyberattaque. Il s'agit là d'une provocation politique, incendiaire et irresponsable, dont la réalisation entraînerait des représailles très sévères de la part de la Russie, à moins que le président Poutine ne veuille risquer sa chute au profit de cercles plus radicaux.
Ce qui est particulièrement grave dans cette situation, c'est que la direction de la SPD, autour de Lars Klingbeil et Boris Pistorius, accepte d'attiser l'hystérie guerrière. Mais tout comme la SPD était prête, en 1968, avec à sa tête la légende du parti Willy Brandt, à faire passer les lois d'urgence avec l'Union contre une forte opposition interne au parti, la social-démocratie d'aujourd'hui, en pleine déliquescence, est prête à s'opposer une fois de plus aux intérêts du peuple en matière de liberté et de paix.
Encore une remarque personnelle: en tant que vétéran de l'APO ("Opposition extra-parlementaire"), ayant participé à de nombreuses manifestations et rassemblements contre les lois d'urgence entre 1966 et 1968, je n'aurais jamais imaginé devoir un jour assister à l'application de ces lois. Cela m'attriste de devoir désormais le craindre à mon grand âge.
11:17 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes |
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