mercredi, 20 mai 2026
Pourquoi la CDU et la SPD restent-elles silencieuses ? L’AfD exige une commission d’enquête sur l’attentat terroriste contre le gazoduc Nord Stream

Pourquoi la CDU et la SPD restent-elles silencieuses? L’AfD exige une commission d’enquête sur l’attentat terroriste contre le gazoduc Nord Stream
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198069
Que sait Merz sur l’attentat terroriste contre Nord Stream ? Pourquoi lui et les autres se taisent-ils ?
Le sabotage des gazoducs Nord Stream compte parmi les attaques les plus graves contre les infrastructures européennes de l’après-guerre. À ce jour, de nombreuses questions restent sans réponse – mais au lieu d’obtenir des autorités une réponse claire et nette, les citoyens constatent surtout un silence politique.
Couvrir plutôt que révéler la vérité ? L’AfD veut une commission d’enquête sur le sabotage de Nord Stream
L’actuelle fraction parlementaire de l’AfD au Bundestag propose la création d’une commission d’enquête. L’objectif est d’éclaircir en profondeur les circonstances des attaques et de mettre en évidence les responsabilités politiques, de les rendre transparentes.
Pourquoi la CDU/CSU et le SPD deviennent-ils complices des terroristes ?
Les critiques portent notamment sur la CDU/CSU et la SPD. Selon l’AfD, ces deux partis auraient jusqu’à présent résisté à toute mise sur pied d'une enquête véritable et indépendante. Pourtant, face à une attaque contre le principal vecteur qui nous fournissait de l’énergie et, par suite, contre toute l’infrastructure du pays, il ne devrait y avoir aucun tabou politique.
«Il s’agit de faire la lumière sur l’une des attaques les plus graves contre les infrastructures de l'Allemagne d’après-guerre. Une attaque contre la souveraineté nationale ne doit pas rester sans conséquences», déclare la fraction AfD.

À cela s’ajoute une déclaration du vice-président de cette même fraction et porte-parole en politique étrangère de l’AfD, Markus Frohnmaier (photo), dans un communiqué de presse:
« […] La commission d’enquête doit déterminer ce que le gouvernement allemand savait, quand il l’a su, s’il a été averti avant l’attaque, si et dans quelle mesure des services d’État ukrainiens étaient impliqués dans l’attaque, et pourquoi le gouvernement allemand reste silencieux malgré les renseignements compilés depuis. Si la participation d'un Etat quelconque à l’attaque est prouvée, l’Allemagne doit également pouvoir demander des compensations.
Nous appelons toutes les factions du Bundestag à soutenir cette proposition. Il ne s’agit pas de politique partisane. Il s’agit de faire la lumière sur l’une des attaques les plus graves contre une infrastructure allemande de l’après-guerre. Une attaque contre la souveraineté nationale ne doit pas rester sans conséquences. »
Cette initiative devrait à nouveau raviver le débat sur Nord Stream. De nombreux citoyens attendent encore des réponses claires sur qui se cache derrière l’attaque – et pourquoi le gouvernement allemand n’a pas encore apporté une transparence totale.
La question demeure: pourquoi les vieux partis protègent-ils les terroristes? Est-ce par soumission aux États-Unis? Ou sont-ils eux-mêmes impliqués? Ou les deux?
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Étude de l'UNICEF: les performances scolaires en Allemagne plongent dans le néant

Étude de l'UNICEF: les performances scolaires en Allemagne plongent dans le néant
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198087
La très bonne position de l’Allemagne dans le domaine de l’éducation est devenue un souvenir du passé. La toute dernière étude de l’UNICEF sur le bien-être des enfants en Europe révèle et objectifie ce que tout le monde sait déjà dans le secteur de l’éducation: le taux d’analphabétisme en Allemagne explose et le système éducatif allemand s’effondre. En ce qui concerne le bien-être des enfants, l’Allemagne ne se classe plus qu’à la 25ème place sur 37.
Compétences faibles en lecture et en mathématiques
Environ 40% des adolescents de 15 ans n'atteignent pas les exigences minimales requises en lecture et en mathématiques. L’Allemagne se constitue ainsi une main-d'œuvre peu instruite, qui ne pourra plus exercer des emplois hautement qualifiés. Les perspectives d’avenir d’une part croissante de la jeunesse en Allemagne sont la criminalité, les emplois précaires ou une vie en permanence sous perfusion d’aides sociales.
Non seulement l’UNICEF, mais aussi la plupart des médias de masse et des acteurs politiques ignorent, dans le débat sur la catastrophe éducative allemande, l’éléphant qui est bien présent dans la pièce: de nombreux élèves de primaire parlent peu ou pas du tout allemand lors de l’inscription, car dans leurs familles, l’allemand n’est connu que comme une langue étrangère. Sans compétences linguistiques allemandes exploitables, ils peinent à suivre les cours. Ce fiasco est le résultat d'errements politiques et une conséquence directe de la politique migratoire.
Conséquences de la politique migratoire
Une politique migratoire peut réussir, si elle s’accompagne d’un apprentissage linguistique immédiat et global. Elle est condamnée à l’échec si son ampleur – comme c’est le cas en Allemagne depuis plusieurs décennies – dépasse les capacités de transmission linguistique.
L’Allemagne est un pays presque sans ressources naturelles. La seule ressource qui a, depuis 1871, alimenté la puissance économique croissante de l’Allemagne dans le monde, était l’éducation et la formation pratique dont pouvait bénéficier la population allemande. Cette ressource a été efficacement détruite par des analphabètes politiques, dont la fureur destructrice entraîne l’analphabétisation de segments de population de plus en plus nombreux.

À propos de l’auteur : Manfred Rouhs, né en 1965, est président de l’association Signal für Deutschland e.V., qui indemnise les victimes de crimes motivés politiquement, et publie trimestriellement la revue SIGNAL, où cet article a également été publié pour la première fois. Suivez-le sur X (https://x.com/ManfredRouhs )! Manfred Rouhs est actif en tant qu’entrepreneur à Berlin.
12:01 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Ecole/Education | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : allemagne, actualité, école, éducation, enseignement, europe, affaires européennes |
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dimanche, 17 mai 2026
Sahra Wagenknecht appelle Merz à la démission: «Mieux vaut mettre fin à cette coalition ratée»

Sahra Wagenknecht appelle Merz à la démission: «Mieux vaut mettre fin à cette coalition ratée»
Berlin. Un an après l'entrée en fonction de la coalition noire-rouge dirigée par le chancelier fédéral Friedrich Merz et le vice-chancelier Lars Klingbeil, la fondatrice du parti BSW, Sahra Wagenknecht, appelle le gouvernement fédéral à la démission. «Friedrich Merz est en fonction depuis un an maintenant, et on ne peut qu'espérer qu'une chose: épargner aux citoyens une deuxième année», a-t-elle déclaré au journal Die Welt. Car: «Merz et Klingbeil mènent une politique que personne n'a choisie et qui ruine le pays et sa population».
«En matière de compétence et de popularité», Merz obtient même un score inférieur à celui de l'ancien chancelier Olaf Scholz (SPD). Sahra Wagenknecht exige une fin anticipée de ce gouvernement calamiteux: «Mettre fin à cette coalition ratée serait la meilleure chose pour l'Allemagne, avant que les dommages qu'elle cause ne deviennent irréversibles».
En guise d'alternative, l'ancienne figure politique de Die Linke propose un «gouvernement citoyen»: «Un cabinet composé de spécialistes compétents et proches des citoyens, qui chercherait pour chaque thème une majorité au parlement sans exclure aucun groupe parlementaire, devrait prendre les rênes. Nous aurions alors à nouveau un système politique qui pourrait à juste titre être qualifié de démocratie».
Le propre parti de Sahra Wagenknecht, le BSW, a manqué de peu la barre des 5% aux élections fédérales de février 2025 et a engagé une procédure à ce sujet devant la Cour constitutionnelle fédérale allemande. Néanmoins, en Thuringe, le BSW fait partie d'une coalition plutôt controversée aux côtés de la CDU et de la SPD.
L'opinion publique dans le pays donne raison à Sahra Wagenknecht. Un sondage YouGov mené auprès de 2190 adultes a révélé que 55% des Allemands ne pensent pas que la coalition tiendra jusqu'en 2029. Seuls 25% jugent probable une législature complète. Même parmi les partisans de l'Union (CDU/CSU), 46% prévoient une fin anticipée (SPD: 39%). Seuls dix pour cent des personnes interrogées évaluent le travail du gouvernement comme plutôt bon ou très bon. 69% – plus des deux tiers – le jugent plutôt mauvais ou très mauvais (rk).
Source: Zu erst, mai 2026.
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mercredi, 06 mai 2026
L’Allemagne se débine devant Kiev — et Nord Stream devient le cas d’école de la souveraineté allemande

L’Allemagne se débine devant Kiev — et Nord Stream devient le cas d’école de la souveraineté allemande
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
La Neue Zürcher Zeitung formule de manière exceptionnellement tranchante ce qui est depuis des années occulté à Berlin: la critique de l’Ukraine est largement taboue en Allemagne. Même lorsque des intérêts allemands fondamentaux sont directement touchés, Berlin ne réagit pas en tant qu’État souverain, mais comme un prisonnier politique, victime de sa propre narration.
Le point le plus évident est Nord Stream.
Selon tout ce qui est désormais publiquement connu, des traces de sabotage mènent à des liens avec l’Ukraine. Il ne s’agit pas d’un thème subalterne de la politique étrangère. Il s’est agi de faire exploser une infrastructure énergétique de toute première importance pour l'industrie allemande, la seule capable de préserver sa compétitivité industrielle, sa sécurité d’approvisionnement, et de répondre à la question de savoir si l’Allemagne est encore prête à affirmer ses propres intérêts en tant que tels.
Pourtant, Berlin reste silencieux.
Ce silence n’est pas un accident de fonctionnement. Il suit une logique interne.
Depuis longtemps, l’Ukraine n’est plus seulement un État soutenu dans sa guerre par le monde politique allemand. Elle est devenue le fondement moral de tout le changement de régime qui s'observe en Allemagne. À travers Kiev, on explique pourquoi l’Allemagne s’arme, contracte des dettes, accepte la hausse des prix de l’énergie, surcharge son industrie et s’insère de plus en plus profondément dans une confrontation permanente avec la Russie.
Si Berlin critiquait sérieusement Kiev, il devrait justifier sa propre politique de manière autre. Alors, surgiraient soudainement des sujets que l’on veut éviter: les intérêts allemands réels, le coût de la servilité, la stratégie américaine, la perte d’une énergie bon marché, l’affaiblissement de l’industrie, et le nouveau rôle de l’Allemagne en tant que base arrière logistique du front oriental.
C’est précisément pour cela que le schéma moral reste si important:
- Kiev représente le Bien.
- Le Bien ne doit pas être écorné.
- Ce qui ne correspond pas à l’image d'Epinal doit être ignoré.
Cela crée une forme dangereuse de désarmement politique vis-à-vis de l'extérieur. L’Allemagne doit devenir plus forte militairement, mais ne pas déployer de stratégie. Elle doit payer, livrer, produire et assumer des risques, tandis que la ligne de conduite reste définie outre-atlantique.
Dans ce contexte, l’Ukraine agit comme un levier politique. Elle sort définitivement l’Allemagne de tout rôle équilibrant possible en Eurasie. Une Allemagne avec une politique énergétique propre, sa propre stratégie envers la Russie, et ses propres intérêts industriels, serait un facteur autonome sur le continent. Une Allemagne qui définit entièrement sa politique étrangère à travers le conflit ukrainien devient prévisible, dépendante et contrôlable.
On parle de valeurs. Il s’agit de liens.
On parle de responsabilité. Il s’agit de charges.
On parle de sécurité. Il s’agit de l’intégration de l’Allemagne dans un conflit dont les acteurs stratégiques ne siègent pas nécessairement à Berlin.
La NZZ dit les choses clairement: l’Allemagne se débine devant Kiev.
Plus précisément: l’Allemagne renonce à sa capacité de poser des jugements souverains, car sinon la construction morale de sa propre politique extérieure pourrait s’effondrer.
Nord Stream est donc plus qu’une attaque contre des gazoducs. C’est un cas d’école qui dévoile l'état de la souveraineté allemande.
Celui qui ne pense pas politiquement jusqu’au bout la destruction de sa propre infrastructure énergétique a déjà accepté que d’autres décident de la hiérarchie des intérêts allemands.
#geopolitiek@global_affairs_byelena
19:41 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nord stream, allemagne, ukraine, europe, affaires européennes |
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mardi, 05 mai 2026
5000 soldats américains en moins en Allemagne: une goutte d’eau hors d'un océan

5000 soldats américains en moins en Allemagne: une goutte d’eau hors d'un océan
Washington. Une bonne nouvelle – et une mauvaise. La bonne: après de nombreuses tentatives et annonces dans le passé, les États-Unis prennent enfin au sérieux la réduction de leur présence militaire en Allemagne. La mauvaise: seulement 5000 hommes seront retirés – bien que Trump ait annoncé davantage ce week-end.
En Europe, environ 86.000 soldats américains sont actuellement stationnés, dont environ 39.000 en Allemagne. Moins 5000, cela représente toujours 34.000 soldats américains stationnés sur le sol allemand. Selon le ministre américain de la Défense Hegseth, le retrait devrait être achevé d'ici six à douze mois. La démarche a été justifiée par une révision approfondie des déploiements de troupes en Europe ainsi que par les besoins des zones d’opérations.
Ce retrait fait suite à une critique acerbe du président américain Donald Trump à l’encontre du chancelier Friedrich Merz, en raison de sa position défavorable à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. Trump avait déjà voulu examiner la possibilité d’une telle démarche.
Samedi, le président a réitéré et annoncé une réduction « significative » de la présence des troupes américaines en Allemagne. Lorsqu’on lui a demandé la raison, il a refusé de donner une explication claire, mais a précisé qu’une réduction encore plus importante était à venir, car l’engagement des États-Unis pour la sécurité européenne allait être diminué. « Nous allons drastiquement réduire nos effectifs. Et nous allons retirer beaucoup plus que 5000 soldats », a déclaré Trump devant des journalistes en Floride.
Les indices se multiplient pour montrer qu’il s’agit encore une fois d’une décision typique de Trump, prise sur un coup de tête. « Nous ne savons pas quelles unités sont précisément affectées. Est-ce le noyau d’une brigade, une escadre aérienne ? », a déclaré l’ancien ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Ivo Daalder, à Euronews. Une autre source américaine a confié à la plateforme: «Il n’y a pas de détails, parce que Trump a simplement inventé ce chiffre». Et encore: «Les 5000 militaires relèvent une estimation purement arbitraire, sortie de nulle part, pour marquer le coup dans sa dispute avec Merz ».
Depuis des décennies, l’Allemagne sert les États-Unis comme plaque tournante de leur logistique militaire – et continuera de le faire. Même dans le récent conflit avec l’Iran, la logistique américaine en Allemagne a été essentielle pour les opérations militaires des Etats-Unis. Depuis la base aérienne de Ramstein, la coordination de toutes les missions de drones dans la région afro-asiatique est assurée.
Déjà lors du premier mandat de Trump (2017-2021), celui-ci avait menacé de qu'il réduirait les effectifs de l'US Army en Allemagne de 12.000 soldats, en représailles à ce qu’il considérait comme des dépenses de défense allemandes trop faibles. Son successeur, Joe Biden, a stoppé ces plans. Lors de son second mandat, Trump a initialement rassuré le monde, mais il a ensuite réagi avec irritabilité face à l’attitude critique des Européens concernant la guerre en Iran. Cependant, rien ne changera fondamentalement avec le retrait désormais confirmé (mü).
Source: Zu erst, Mai 2026.
20:39 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : états-unis, us army, allemagne, europe, affaires européennes, donald trump |
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vendredi, 01 mai 2026
Allemagne: un 1er mai calme avant de réels affrontements

Allemagne: un 1er mai calme avant de réels affrontements
par Wolfgang Hübner
Source: https://pi-news.net/2026/05/ein-1-mai-vor-den-kaempfen/
Pour l'instant, presque personne ne se précipite dans les rues en ce 1er mai – le 1er mai 2027 s'annonce toutefois plus intéressant.
Le 1er mai était autrefois la journée internationale de lutte de la classe ouvrière. Certes, on entendra aujourd’hui les discours habituels de la DGB (Confédération allemande des syndicats) avec toutes sortes d’avertissements sur la détérioration de la situation des salariés et des retraités. Et les médias en rendront compte consciencieusement. On devrait également signaler quelques émeutes dans les bastions antifascistes de Berlin et Leipzig. Mais cela n’a, une fois de plus, rien de particulièrement passionnant. Seul le trafic lié aux excursions pourrait, en raison des trois jours fériés consécutifs, provoquer quelques perturbations avec des victimes d’accidents de la route.
Aucune trace de lutte des classes ce 1er mai ? Seuls ceux qui perçoivent l’évolution politique et socio-économique réelle de notre pays à travers le filtre des médias dominants, largement alignés, peuvent croire cela. Car la lutte des classes est bel et bien menée avec ardeur ! Mais pas par le bas, c’est-à-dire par les travailleurs, par ceux-là même qui créent de la valeur ajoutée, ni par les petits retraités et les retraités ordinaires, et encore moins par ceux qui sont réduits au silence par les prestations sociales.
La lutte des classes de notre époque est bien au contraire menée de manière très intense par le haut. Car les classes aisées et dirigeantes en Allemagne ont depuis longtemps compris que, sans croissance et avec une économie politiquement condamnée au déclin, il faut sévir davantage contre les classes posées comme inférieures si l’on veut préserver ses propres privilèges. Dans la forme de gouvernement la plus utile à cet effet, à savoir «notre démocratie» qui est un État totalitaire structurés par les partis, ses principaux bénéficiaires ne mènent bien sûr pas une lutte des classes ouverte, mais mettent par exemple en place des commissions.
À ma connaissance, ni la commission sur la « réforme de la santé », ni celle sur la « réforme des retraites » ne compte un seul membre qui sera affecté négativement par les résultats de ces « réformes ». Et ceux qui mènent un réarmement militaire et veulent rendre le pays apte à mener une guerre ont déjà acquis des paquets d’actions de Rheinstahl et de fabricants de drones. La militarisation, et ce n’est pas seulement le cas en Allemagne, ne profite toujours qu’aux profiteurs politiques et économiques, mais jamais aux masses populaires.
Notre peuple est actuellement très frustré par le gouvernement fédéral et par un chancelier qui non seulement ment de manière notoire, mais s’est également révélé pleurnichard patenté. Mais cette frustration est généralement passive, c’est pourquoi presque personne ne se précipite dans la rue pour l’instant. Cela ne restera toutefois pas ainsi, même chez nos compatriotes qui font montre d'une légendaire patience de mouton.
Car la lutte des classes qui s'intensifie depuis le sommet approche rapidement du point où les opprimés, soit se laissent faire complètement, soit commencent à se défendre. Ceux qui mènent la lutte des classes depuis le sommet misent sur cette dernière option. C'est aussi et surtout pour cette raison que l'appareil de propagande et de répression a été considérablement perfectionné. Le 1er mai 2027 s'annonce intéressant.
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mardi, 28 avril 2026
La mer Baltique, nouveau théâtre de conflit

La mer Baltique, nouveau théâtre de conflit
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
La guerre modifie sa propre géographie. L'Ukraine reste le théâtre de combat visible. Mais le prochain point de pression dangereux se trouve en Mer Baltique.
Pour la Russie, la mer Baltique n'est pas une mer marginale. C'est un accès aux marchés mondiaux, une route pour les exportations d'énergie et une zone de contact avec l'OTAN. Ceux qui y contrôlent des tankers russes, arrêtent des marins ou entravent la soi-disant flotte de l'ombre ne traitent pas d'un aspect secondaire. Ils touchent un point sensible du pouvoir russe.
Du point de vue occidental, il s'agit de déployer une politique de sanctions. Du point de vue russe, cela peut apparaître comme l'organisation d'un blocus maritime. Et les grandes puissances réagissent rarement par voies juridiques aux blocus. Elles réagissent par l'exercice de la puissance politique.
C'est précisément pourquoi les déclarations de Donald Tusk sont très intéressantes (https://www.ft.com/content/1a5a2502-a45a-40c1-af6f-b30ecc... ). Lorsque le Premier ministre polonais parle d'une confrontation potentielle avec la Russie dans les mois à venir et exprime en même temps des doutes quant à la fiabilité des États-Unis, cela révèle le cœur du problème: l'Europe de l'Est souhaite une fermeté maximale vis-à-vis de Moscou, mais a besoin de garanties américaines pour pouvoir mettre cette fermeté en oeuvre.
C'est la logique classique de l'alliance. La Pologne et les États baltes poussent la logique conflictuelle en avant. Les États-Unis, eux, conservent le contrôle stratégique. L'Allemagne, de son côté, doit payer, livrer et fournir des capacités industrielles.
Pour Berlin, c'est là un rôle défavorable. L'Allemagne n'est pas l'architecte de cette ligne qui mène à l'escalade. Elle n'en est pas non plus la principale bénéficiaire. Mais elle serait l'un des principaux payeurs: tant sur les plans financier, industriel et logistique que politique.
Moscou ne voit pas seulement la Bundeswehr d'aujourd'hui. Elle voit l'Allemagne de demain: son industrie, son génie mécanique, ses ports, ses capitaux, sa logistique. Une Allemagne qui serait dirigée sur le long terme vers une économie de défense modifierait l'équilibre des forces en Europe.

Du point de vue russe, cela donne une image globale: l'Ukraine entrave la Russie. L'Europe gagne du temps. L'Allemagne devient le pilier industriel de la remilitarisation. Parallèlement, la pression sur les voies d'exportation russes en Mer Baltique augmente.
Partager ou non cette perception russe est une question secondaire. Ce qui est essentiel, c'est que cette perception peut influencer l'action russe.
Le danger ne réside pas dans une grande guerre annoncée, mais dans un enchaînement de petites étapes: contrôle des tankers, arrestations, contre-mesures russes, appel à l'article 5, évaluation américaine, escalade européenne.
C'est ainsi que naissent des situations dangereuses: chaque partie considère l'étape qu'elle franchit comme limitée et défensive. L'autre la perçoit comme une attaque.
Pour l'Allemagne, la question centrale demeure :
Quel intérêt allemand y a-t-il à transformer la mer Baltique en une zone de confrontation permanente ?
Toutes les mesures prises contre la Russie ne relèvent pas d'une politique qui assure la sécurité de l'Allemagne. Toute dureté adoptée par l'OTAN ne relève pas de l'intérêt politique de l'Allemagne. Et toute remilitarisation européenne ne renforce pas la souveraineté allemande.
Si Berlin ne développe pas une ligne stratégique propre, l'Allemagne ne sera pas un acteur dans cet ordre, mais une simple ressource: pas un décideur, mais un payeur; pas un stratège, mais un gestionnaire de base logistique pour une politique d'escalade dictée par l'étranger.
Source (https://nationalinterest.org/blog/buzz/russian-media-turn... )
#géopolitique@affaires_mondiales_byelena
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samedi, 25 avril 2026
Les fronts se clarifient - Les «droitards» atlantistes et les «sionistes chrétiens» – la Cinquième Colonne des globalistes

Les fronts se clarifient
Les «droitards» atlantistes et les «sionistes chrétiens» – la Cinquième Colonne des globalistes
par Werner Olles
La politique planétaire et les combats culturels mondiaux à l’ère du libéralisme globalitaire et néo-impérialiste font ressurgir du tombeau les formes hideuses des valeurs récemment réclamées avec insistance par l’idéal des Lumières. La responsabilité principale de cette évolution violente revient aux « droitards » atlantistes et aux « sionistes chrétiens », dont le rôle, en tant que produits authentiques de la civilisation occidentale, a été jusqu’ici largement sous-estimé.
Oscillant entre ordre fondé sur la violence et logique de destruction, ils jouent un rôle non négligeable dans le cadre de la démocratie, des droits de l’homme et des marchés libres dans un monde globalisé, au sein du jeu fatal entre le policier mondial, les acteurs étatiques de la violence tels qu’Israël et l’Ukraine, et la mythologie selon laquelle le national-socialisme aurait été principalement une force anti-occidentale.
Mais ce n’est rien d’autre qu’une idéologie tenace, largement véhiculée par l’Occident collectif, par l’UE, par l’OTAN et par leurs défenseurs idéologiques, adorateurs des sociétés civiles métropolitaines, où prospère aujourd’hui plus que jamais le patriotisme étatique à la Habermas. Même si peu d'entre nous peuvent éviter un certain haut-le-coeur en voyant des figures telles que Zelensky et ses groupies Merz, Klingbeil, Starmer, Macron et von der Leyen: elles ne peuvent réaliser leur œuvre, ces figures, que parce qu’elles croient en la toute-puissance de la volonté politique, et que le véritable souverain ne leur frappe pas sur les doigts, qu'elles ont rapaces et sales.

Ainsi, elles manipulent sans scrupules l’argent des contribuables, créent des milliards pour une Ukraine totalement corrompue, et nourrissent non pas les caisses vides des retraites ou de la sécurité sociale, mais engraissent à l’échelle mondiale des millions d’illégaux issus des taudis d’Orient et d’Afrique, de la naissance à la mort. Le travailleur ordinaire, le petit entrepreneur et le moyennement fortuné doivent travailler jusqu’à soixante-dix ans pour ensuite, autant que faire se peut, quitter rapidement, en étant ainsi "socialement responsable", le paradis terrestre du capitalisme mondial.
Horkheimer, par exemple, l’un des représentants les plus conservateurs et cohérents de la théorie critique, voyait dans «l’État autoritaire» la réalisation et l’émancipation irréfutable de la politique par rapport à l’économie, car seul le fascisme serait capable, pensait-il, de mener une révolution véritable et effective pour soumettre le système à une critique fondamentale et, en fin de compte, le renverser. Cependant, l’analyse empirique a désormais profondément falsifié cette vision plutôt sympathique, conséquence des nombreuses maladies infantiles et ambiguïtés du fascisme, dont les sphères peu différenciées avaient également tendance à aller vers l'«objectivisme» et le «déterminisme économique».

La Political Correctness, originaire des États-Unis, s’est depuis lors transformée, faute de critique sociale de fond et de mouvement réellement protestataire, en une calamité morale à prétention didactique, produisant à tour de bras des définitions arbitraires du racisme, du fascisme, du chauvinisme, etc.; elle s’est désormais métamorphosée en un libéralisme de gauche woke, théoriquement abracadabrant, et a transformé ses carences intellectuelles et son incompétence théorique en violence de gangs, ceux des extrémistes de gauche. De nombreux idiots, notamment dans diverses ONG financées par l’État, ont ainsi pu laisser libre cours à leur racisme inversé, antisémite et nationaliste, dans un climat de société civile abrutie par une télévision publique à redevance obligatoire.
Mais dans ces marécages putrides et toxiques est né un sectarisme psychopathologique anti-allemand, mais pas seulement cela. Dans leur sillage, on a assisté à la chute de toute politique réaliste, et à l'avènement d'un état d’urgence démocratique entretenu contre les citoyens et contre la nature, le tout accompagné de la transformation d'un capitaliste général en un criminel complet: ce pandémonium a marqué la fin de la politique habituelle (depuis 1949) et d’un système de régulation socio-politique.
À partir de ce moment, aucune perversion ne pouvait plus rester simple hypothèse, mais devenait réalité. Avec l’émergence des idiots historiques réunis en une cohue en 1989, allant du président américain aux verts allemands, en passant par d’anciens communistes russes, une figure est apparue à la lumière: celle qui a proclamé le libéralisme comme force dominante dans la sphère publique, tout en ignorant que cet événement devait inévitablement conduire à une forme ou une autre de guerre civile.
Les bruits qui annonçaient la catastrophe sociale et les cris de douleur du petit monde politique n’ont pas été entendus. La violence des bandes s’est insidieusement mêlée aux actions de l’appareil dit démocratique pour nous monter un théâtre de simulacres postmoderne. Qu’un type comme Berlusconi soit encore une épiphanie qui n'était pas totalement désagréable, dont les plaisanteries capricieuses du « Bunga-Bunga » divertissaient encore le public, aujourd’hui on voit dans le mythe Epstein le signe avant-coureur ou même le porteur d’une nouvelle offensive totalitaire, qui se transforme en barbarie pédophile, érigeant le système étatique en système totalitaire et faisant du totalitarisme substantiel de la modernité la seule forme véritable et légale: la démocratie libérale.
De la secte anti-allemande aux récents convertis, depuis la prise de pouvoir de Trump, des «droitards» partisans de la «société civile» occidentale, qui laissent les aviations israélienne et américaine bombarder et tuer en Iran et au Liban au nom de la démocratie libérale, et qui transforment la Libye et la Syrie avec la meilleure conscience du monde en abattoirs islamistes – l’essentiel étant que les «tyrans» anti-impérialistes, anti-occidentaux et anti-israéliens tels Khaddafi et Assad soient partis – ici s’ouvre un terrain fertile et effrayant pour des spéculations ontologiques sur l’inutilité de toute recherche humaine de paix.

Nous rappelons à ce propos la guerre civile en Yougoslavie, alimentée par l’Allemagne et l’UE, que l’OTAN a déclenchée en 1999 par une campagne de bombardements contre la Serbie et le Monténégro. Il s’agissait d’une guerre d’agression clairement contraire au droit international, même – il faut le dire – soutenue ouvertement par la Confédération allemande des syndicats de gauche (DGB). En 2002, l’ancien Premier ministre serbe Milosevic a été inculpé par le Tribunal pénal international à La Haye, mais il ne s’agissait pas d’un procès équitable ou de faire la lumière sur de véritables crimes, mais d’un tribunal des vainqueurs qui, a posteriori, a légitimé la guerre d’agression.
Il n’est plus nécessaire d’écouter la sagesse prudente des anciens, qui ont terminé leur mission. C’est comme dans une pièce de théâtre médiocre. De l’ennui profond à l’écœurement existentiel, c’est la chute du réalisme qui se joue dans cette atmosphère d’incapacité générale des «droites» et des «gauches»: la convergence catastrophique du système est à la fois niée avec rage par «le haut» et «le bas».
Les jeunes «gauchistes» et «droitistes» – en particulier les anciens radicaux de gauche et les néocons d’aujourd’hui, «sionistes chrétiens» et les «droitards» atlantistes, qui trouvent leur grand bonheur en visitant les villas de Trump en Floride, et dont la majorité provient du KBW, sont des fétichistes de l’organisation, pour ensuite se présenter comme des éducateurs sociaux diplômés avec un arrière-plan de lutte de classes en mode opéra – ont à peu près autant de connaissances de la Théorie critique qu’un chat n'en a sur les livres sur les chats. La mutation de M. Joschka Fischer, du spontanéiste radical de gauche à la caricature outrée d’un homme d’État préoccupé, peut être considérée comme le scénario-modèle de toutes les histoires personnelles des ex-gauchistes.
Aujourd’hui, si l’on veut être pris au sérieux, que l’on soit «droitard» ou «gauchiste», on ne se réfère plus à une révolution mondiale, à la souveraineté des États insoumis comme l’Iran ou le Venezuela, ou à la paix, mais on doit lever le doigt, en se donnant la mine du donneur de leçons, pour avertir le bon peuple de la menace d’une attaque russe contre des États vassaux européens totalement ruinés, et, surtout, qu'il faut, en presque tout contexte, évoquer «Auschwitz».
Les mots de Konrad Adenauer en 1951 devant le Bundestag, selon lesquels «le peuple allemand a, dans sa majorité, condamné les crimes commis contre les Juifs et ne s’en est pas rendu complice», est depuis longtemps oubliée. Pour les «sionistes chrétiens», une telle déclaration, qui dit toute la vérité, est déjà qualifiable d'«antisémite», et la chancelière Merkel, «la calamité en pantalon», a déclaré en 2008 devant la Knesset que la sécurité d’Israël était la raison d’État de l’Allemagne.
Cette terminologie en perpétuelle fluctuation sera utilisée pour l’éternité par les parties intéressées pour étouffer toute protestation contre la politique et les crimes de guerre d’Israël à Gaza, et pour accroître sans limite la répression contre les groupes et les individus pris sous le feu croisé des diktats de l’opinion publique allemande.
En réalité, la couverture médiatique des médias d'Etat ou proches de l’État des vicissitudes de cette guerre, dont le nombre de morts dépasse les centaines de milliers, constitue un scandale absolu, empêchant toute vue impartiale sur le camp palestinien. Mais en fin de compte, toutes les événements qui se déroulent en Israël et autour d’Israël sont subordonnées aux intérêts américains, ce qui ne pose aucun problème aux « droitards » tatlantistes.

La nouvelle prémisse de la politique mondiale, depuis la dissolution de l’URSS en 1991 jusqu’à la guerre de Gaza en 2023, reste l’unipolarité, où seule une puissance mondiale, les États-Unis, est reconnue comme unique hegemon. De plus, le manque d’intérêt en Allemagne pour une réflexion approfondie, comme le montre par exemple Michael Lüders dans son livre «Drecksarbeit ? Israël, l’Amérique et la mégalomanie impériale au Moyen-Orient» (Munich, 2025), conduit à une représentation et une perception toujours plus déformées des événements réels qui frappent cette région.
Le bien absolu, ce sont les droits de l’homme et la démocratie en tant que «domination de l’argent» (Oswald Spengler) et «tyrannie de la majorité» (Alexis de Tocqueville). En réalité, «le réactionnaire doit s’habituer à vivre dans la crépuscule violet de la défaite» (Nicolás Gómez Dávila). Personne n’a mieux décrit le désespoir de notre existence que ce plus grand des misanthropes du 20ème siècle. Aujourd’hui, il serait un cas pour la «Protection de la Constitution»!
Werner Olles
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dimanche, 19 avril 2026
Surprise pour la direction des syndicats allemands! Les membres de ces syndicats votent plus souvent pour l’AfD que les non-membres

Surprise pour la direction des syndicats allemands! Les membres de ces syndicats votent plus souvent pour l’AfD que les non-membres
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Au cours de ces dernières années, les syndicats allemands ont fait de "la lutte contre l’extrême droite", et plus précisément contre l’AfD, un point important de leur programme. Et voici maintenant que claque un coup de tonnerre dans un ciel syndical tout bleu: selon une analyse du groupe de recherche Wahlen, les membres des syndicats en Allemagne votent plus fréquemment pour la droite conservatrice qu'est l'AfD que les non-syndiqués et d’autres catégories de la population allemande. C’est ce que révèle Reinhard Bispinck (photo), ancien directeur scientifique du service de documentation du DGB (= Union syndicale allemande), sur le site tarifpolitik.info.
Reinhard Bispinck s’est basé sur les résultats des dernières élections régionales en Allemagne, celles du Bade-Wurtemberg et de la Rhénanie-Palatinat. D’après l’analyse des résultats dans le Bade-Wurtemberg, 24% des syndiqués ont voté pour l’AfD, alors que le parti a obtenu en moyenne 18,8% dans ce Land. Qui plus est: 18% des travailleurs non syndiqués ont voté pour l’AfD. Ce fait est d’autant plus remarquable que les syndicats jouent un rôle important aux côtés des groupes d’extrême gauche dans la lutte contre l’AfD classée à droite: ainsi, la présidente actuelle du DGB, Yasmin Fahimi (ancienne députée SPD), est l’une des opposantes les plus acharnées à l’AfD.

(Texte: Ne vous laissez pas abuser quand on vous dit qu'exiger des alaires plus élevés conduit nécessairement à l'inflation. Cela ne peut se déduire des statistiques qui nous ont été présentées).
L’AfD a trois fois plus de soutien chez les syndiqués que la SPD…!
Ces résultats doivent aussi inquiéter le syndicat, qui est traditionnellement proche de la SPD: selon l’étude, en moyenne, seulement 8% des syndiqués ont voté pour la SPD en Bade-Wurtemberg: ça fait mal! Avec cela, les «camarades» sociaux-démocrates n’ont recueilli qu’un tiers des voix qui sont allées à l’AfD, dite d’extrême droite. Chez les syndiqués, les Grünen sont arrivés en tête dans le Bade-Wurtemberg, avec 29%. Ensuite vient l’AfD, avec 23%, puis la CDU en troisième position avec 23%. Die Linke n’a recueilli que 6%.
En Rhénanie-Palatinat, l’AfD occupe également la deuxième place parmi les électeurs syndiqués. Dans ce Land, 23% d’entre eux ont voté pour l’AfD, alors qu’en moyenne, le parti a obtenu 19,5% dans cette région. Le parti le plus fort parmi les membres des syndicats en Rhénanie-Palatinat reste la SPD, avec 32%. La CDU, qui a obtenu 31% dans ce Land, reçoit peu de soutien chez les membres syndicaux, avec seulement 21%.
Dans ces deux Länder, l’AfD est clairement devenue le deuxième parti politique parmi les travailleurs syndiqués. Et ce qui est important à noter: l’AfD a recueilli plus de voix chez les syndiqués que la moyenne. Quant à savoir si cette étude apportera plus de réalisme aux syndicats, c'est malheureusement peu crédible.
12:58 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, allemagne, syndicats, syndicalisme, afd |
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samedi, 04 avril 2026
Carl Schmitt: Miniatures de Plettenberg 18 – Berlin-Schlachtensee, mars-mai 1945

Carl Schmitt: Miniatures de Plettenberg 18 – Berlin-Schlachtensee, mars-mai 1945
Jeroným Černý
Source: https://deliandiver.org/carl-schmitt-plettenberske-miniat...
Contexte
Ces notes de journal datant de 1945 sont tirées de l'édition critique des archives littéraires de Schmitt, préparée dans le cadre d'un projet d'édition à long terme financé par la Communauté allemande de recherche (Deutsche Forschungsgemeinschaft, DFG). Le texte s'appuie sur les manuscrits originaux et les notes sténographiques (sténographie de Gabelsberger) conservés dans les archives littéraires de Carl Schmitt à Plettenberg. L'édition a été préparée sous la supervision scientifique de la Carl-Schmitt-Gesellschaft e. V. dans le cadre de la collection Plettenberger Miniaturen.
La publication des notes de journal de Carl Schmitt prises à Schlachtensee, près de Berlin, au printemps 1945, constitue une réalisation éditoriale remarquable qui met à la disposition du lecteur un texte né de l’expérience immédiate d’un tournant historique, et non d’une réflexion rétrospective. Il ne s'agit ni d'un document de repentance ni d'une justification a posteriori du passé, mais de la poursuite de la pensée de Schmitt sous forme de journal, caractérisée par la distance, l'observation et une réflexion sur le présent, concise sur le plan linguistique. La critique ne vise donc pas à porter un jugement moral sur l’auteur, mais à examiner la nature du texte lui-même, son cadre éditorial et son importance pour la réception contemporaine de l’un des penseurs politico-juridiques les plus controversés du 20ème siècle.
La critique est structurée en blocs thématiques qui ne suivent pas la succession mécanique des entrées du journal, mais la logique interne de la réflexion de Schmitt.
Berlin 1945 : l'effondrement du monde
Les notes du journal de Carl Schmitt, datant de mars à mai 1945, ont été rédigées alors que Berlin se trouvait dans un état de décomposition effective de l'ordre politique, juridique et civilisationnel. La ville, où Schmitt réside dans le quartier de Schlachtensee, est certes éloignée des combats les plus violents du centre, mais elle est néanmoins pleinement entraînée dans la logique de la guerre totale: bombardements, chaos, mouvements de réfugiés, effondrement de l’approvisionnement, présence de forces armées et menace constante de violence. Le journal de Schmitt n’est pas une chronique des événements militaires, mais le récit d’une expérience existentielle de la fin du monde, dans laquelle les catégories politiques se désagrègent en une réalité nue faite de peur, de faim et d’incertitude.


Un thème récurrent est le rétrécissement de l’horizon de la vie humaine à des actes élémentaires: la recherche de nourriture, d’eau, de combustible, la quête d’un espace relativement sûr, l’attente de l’arrivée des troupes, l’interprétation des bruits de tirs. Schmitt remarque comment la réalité quotidienne se réduit à la survie biologique, tandis que tout ce qui revêtait auparavant une signification « d’ordre supérieur » – la culture, l’éducation, l’État, les institutions – apparaît comme vide ou impuissant. Selon lui, cette expérience révèle la véritable nature de la civilisation moderne: sa capacité à diriger le monde se transforme, en temps de crise, en une incapacité à protéger qui que ce soit. En même temps, il y a une peur permanente, qui n’est pas seulement la peur de la mort, mais la peur de l’imprévisibilité de la situation. Schmitt souligne à plusieurs reprises que ce ne sont pas des règles qui décident de la vie et de la mort, mais le hasard, l’instant, la rencontre avec un soldat ou un officier en particulier. Cette expérience revêt une profonde signification théorique : elle montre l’effondrement de la distinction entre légalité et illégalité, entre guerre et criminalité, entre décision et arbitraire. Le pouvoir ne se manifeste pas ici comme un acte souverain, mais comme un simple fait de violence, dépourvu de toute forme de légitimation.

L’attention de Schmitt se porte à plusieurs reprises sur la figure du soldat, notamment russe, mais pas dans un sens idéologique. Les Russes ne sont pas décrits dans le journal comme des ennemis avant tout, mais comme les porteurs d’un rapport au pouvoir et à la réalité différent, étranger à Schmitt, mais compréhensible. Il déduit de leurs agissements une combinaison de brutalité et de pragmatisme qui contraste avec la décomposition de l’autorité étatique allemande. Alors que l’État allemand s’effondre dans les formules toutes faites, les ordres vides de sens et l’obéissance formelle, le vainqueur apparaît comme une puissance brutale, mais d’autant plus efficace. Une caractéristique importante de ces notes est l’absence de pathos lié à la défaite. Schmitt évite les formulations héroïques ou tragiques. Il ne voit pas la fin du Reich comme une chute dramatique, mais comme un épuisement qui révèle le vide des constructions idéologiques. Il se moque à plusieurs reprises des clichés linguistiques qui, il y a peu encore, légitimaient la violence, et constate leur totale futilité face à la menace réelle.
C'est également à cette phase du journal qu'apparaît le motif du silence. Schmitt constate que tout discours sensé devient impossible. Le langage de la politique, du droit et de la philosophie fait défaut ; il ne reste que de brèves notes, des bribes, tantôt ironiques, tantôt résignées. Le silence n’est pas ici l’expression d’un vide, mais un geste de défense, un simple refus de poursuivre un discours qui s’est révélé faux. Le premier bloc thématique du journal dépeint ainsi Berlin en 1945 non pas comme une toile de fond historique, mais comme un laboratoire de l’effondrement de l’ordre moderne. Schmitt n’y propose pas encore de réflexion systématique sur la culpabilité ou la responsabilité ; ces questions viendront plus tard. Pour l’instant, nous en sommes à l’expérience fondamentale: le monde, qui était perçu comme juridiquement et politiquement ordonné, s’est effondré en une succession de situations où règnent la force, le hasard et la capacité de survivre.
Culpabilité, nihilisme et effondrement du sens
Après une première expérience de la menace physique et de l'effondrement de l'ordre quotidien, le journal de Schmitt évolue progressivement vers une réflexion plus profonde sur la culpabilité et le sens, ou plutôt vers la question de savoir s'il est encore possible, dans une situation de défaite totale, de parler de responsabilité dans les catégories morales et juridiques traditionnelles.

Chez Schmitt, le thème de la culpabilité n'apparaît pas sous la forme d'une confession autocritique explicite, mais comme un problème théorique et théologique qui émerge de la confrontation avec le nihilisme de l'époque moderne. Schmitt constate à plusieurs reprises que l’effondrement de l’ordre politique est en même temps un effondrement du contenu significatif, dans lequel se sont vidés de leur sens les concepts par lesquels la guerre, l’État et la nation étaient légitimés. Le langage qui, il y a peu, servait encore à justifier les décisions et à mobiliser la société, apparaît désormais vide de sens. C’est précisément dans ce vide que se révèle, selon Schmitt, le cœur du nihilisme: non pas comme une négation active des valeurs, mais comme une situation dans laquelle les valeurs cessent d’avoir un caractère contraignant.
Dans ce contexte, des motifs théologiques apparaissent de plus en plus souvent dans le journal, notamment des références à la conception chrétienne de la culpabilité, du jugement et de la rédemption. Schmitt ne revient pas ici au christianisme sous la forme d’une piété personnelle, mais comme au dernier cadre conceptuel capable de nommer une situation dénuée de sens. Alors que la morale moderne échoue selon lui, le langage théologique de la culpabilité et du jugement conserve la capacité de structurer l’expérience de la catastrophe.
La distinction entre culpabilité personnelle et culpabilité politique joue ici un rôle fondamental. Schmitt refuse de réduire la défaite et les crimes du régime à des défaillances morales individuelles, tout en évitant d’assumer directement sa propre responsabilité politique. Dans son interprétation, la culpabilité est plutôt structurelle: elle découle de la participation à un ordre qui s'est effondré plutôt que d'une action concrète. Ce mode de réflexion permet à Schmitt de garder ses distances tant par rapport à une introspection moralisatrice qu'à une simple auto-justification. Dans son journal, le thème du jugement revient à plusieurs reprises, mais il n’est pas compris avant tout comme un jugement humain, mais comme un jugement historique ou divin. Schmitt remarque qu’après l’effondrement de l’État, l’instance capable de statuer avec autorité sur la culpabilité et l’innocence disparaît. C'est précisément cette absence d'autorité décisive qui, selon lui, constitue l'un des traits les plus profonds du nihilisme: un monde où personne ne peut légitimement juger est un monde sans ordre.

Une caractéristique marquante de ces passages est la critique du moralisme d'après-guerre, que Schmitt anticipe avant même la fin de la guerre. Il craint que la défaite ne soit interprétée non pas comme un fait politique, mais comme un drame moral dans lequel les vainqueurs se présenteront comme des juges sans responsabilité propre. Cette critique n’est pas formulée ouvertement, mais transparaît dans des remarques ironiques sur la « morale des vainqueurs » et la condamnation universelle des vaincus. Parallèlement, cependant, apparaissent dans le journal des moments d’incertitude existentielle qui ne peuvent être réduits à une construction théorique. Schmitt note des sentiments de vide, de désespoir et de silence qui ne sont surmontés par aucune foi claire. Le christianisme fonctionne ici plutôt comme un langage permettant de parler de ce vide, et non comme une source de réconfort ou d’espoir.
Le deuxième bloc thématique montre ainsi Schmitt dans la position d’un penseur confronté à l’échec radical de l’ordre politique et moral moderne, sans disposer d’une alternative convaincante. La culpabilité n’est pas résolue ici, le nihilisme n’est pas surmonté et la théologie n’offre pas le salut, mais seulement un cadre conceptuel dans lequel cette situation peut être réfléchie. Le journal devient ainsi le récit d’une pensée en situation limite, où les anciennes catégories se sont effondrées et où les nouvelles ne font que se chercher péniblement.
L'État, la légalité et l'effondrement de la souveraineté
Dans le troisième niveau des notes du journal, Carl Schmitt revient sur les concepts qui constituent le cœur de sa propre théorie politico-juridique: l'État, la souveraineté, la légalité et la décision. Pour lui, l’année 1945 ne représente pas seulement la défaite historique de l’Allemagne, mais aussi un test empirique de la validité de ces concepts. En ce sens, le journal se lit comme une réévaluation silencieuse, mais fondamentale, des catégories théoriques à travers lesquelles Schmitt a analysé la politique moderne pendant des décennies. Schmitt constate que l’État, en tant que garant de l’ordre, a de fait cessé d’exister avant même sa capitulation formelle. Les institutions continuent d’émettre des ordres, mais ces ordres n’engagent plus personne; les normes subsistent sur le papier, mais perdent leur force normative. La légalité se détache de la réalité et se transforme en une forme vide. C'est précisément cette situation qui, selon Schmitt, révèle la faiblesse de l'État de droit moderne: sa dépendance à l'égard d'un pouvoir de fait qu'il n'est pas en mesure de garantir lui-même.

Schmitt accorde une attention particulière à l'effondrement de la décision souveraine. Dans ses travaux antérieurs, il définissait le souverain comme celui qui décide de l’état d’exception. En 1945, cependant, aucune décision de ce type n’est prise. L’état d’exception existe, mais sans souverain. Le pouvoir se désagrège en fragments que personne ne rassemble, et la prise de décision bascule dans le domaine du hasard et de l’arbitraire local. Cette expérience est paradoxale pour Schmitt: l’état d’exception, qui devait confirmer la souveraineté, devient la preuve de son inexistence.
Dans ce contexte, le journal formule une critique virulente de l'État bureaucratique. Schmitt constate que c'est précisément en temps de crise que la bureaucratie se révèle totalement impuissante. Elle est capable de produire des documents, des ordres et des actes formels, mais pas de véritables décisions; l'État se réduit ainsi à un appareil administratif dépourvu de noyau politique, ce qui, selon Schmitt, représente la phase finale de son évolution moderne. Schmitt réfléchit également à la relation entre le droit et la victoire. Il prend conscience que l’ordre d’après-guerre ne reposera pas sur la continuité des normes juridiques, mais sur le fait de la victoire. Le droit n’apparaît pas ici comme un système neutre de règles, mais comme un instrument de légitimation du pouvoir des vainqueurs. Cette perspective conduit Schmitt à un profond scepticisme à l’égard de l’idée d’un droit international universel et neutre sur le plan des valeurs, qui, selon lui, présuppose toujours un porteur politique concret.
Le journal laisse également entrevoir une autocritique implicite de la théorie de Schmitt lui-même. Si l’État échoue précisément au moment où il doit décider, il faut alors repenser la relation entre la décision, les institutions et la légitimité. Schmitt ne formule certes pas ces questions de manière systématique, mais ses remarques révèlent qu’après 1945, il n’est plus possible de s’en tenir sans autre forme de procès à l’ancien schéma conceptuel.
Schmitt apparaît ainsi non pas comme un théoricien de la souveraineté, mais comme un auteur dont les propres catégories sont mises à l’épreuve par une réalité implacable. L’État, la légalité et la souveraineté n’apparaissent pas dans le journal de 1945 comme des concepts stables, mais comme des constructions problématiques dont la validité est conditionnée par des circonstances historiques et de pouvoir concrètes. C’est précisément cette expérience qui fait de ce journal l’un des documents les plus intéressants et les plus contradictoires de la pensée tardive de Schmitt.

Vainqueurs, vaincus et nouvel ordre mondial
Dans ce cadre conceptuel, le journal de Schmitt passe de l’expérience immédiate de l’effondrement de l’État à une réflexion plus large sur l’ordre mondial d’après-guerre. La victoire des puissances alliées n’est pour lui pas seulement un fait militaire, mais le signe d’une transformation plus profonde de l’ordre politique mondial. Schmitt ne raisonne toutefois pas en termes de restauration de la vieille Europe, mais dans la perspective de la fin définitive d’une époque où l’Europe constituait le centre de la prise de décision politique. Il accorde une attention particulière à l’Union soviétique, qui n’apparaît pas dans ses notes principalement comme un adversaire idéologique, mais comme le porteur d’un autre type de pouvoir, radicalement différent. Pour lui, la Russie incarne une forme d’existence politique qui n’est pas encombrée par les fictions juridiques libérales ni par l’universalisme moral. Son pouvoir s’exprime directement, sans besoin d’être légitimé par des valeurs abstraites. C’est précisément cette « sincérité du pouvoir » qui, selon Schmitt, rend la présence soviétique effrayante, mais en même temps politiquement compréhensible.
À l’inverse, l’Occident, principalement sous la forme des puissances anglo-américaines, apparaît dans le journal comme une force qui combine la supériorité militaire avec le langage moral des valeurs universelles. Schmitt voit dans cette alliance entre pouvoir et morale un danger fondamental: les vainqueurs se stylisent en juges de l’humanité, masquant ainsi leurs propres intérêts politiques et transformant le conflit politique en condamnation morale. Cette critique anticipe les réflexions ultérieures de Schmitt sur la « notion discriminatoire de la guerre » et sur la rhétorique humanitaire en tant qu’instrument de pouvoir. Dans cette configuration, l’Europe apparaît comme un espace sans voix propre. Schmitt remarque que le vieux continent a perdu la capacité de formuler son propre projet politique et devient l’objet des décisions d’autrui. L’Allemagne, qui était encore récemment considérée comme un acteur clé de la politique européenne, se réduit désormais à un territoire conquis dont le destin sera déterminé de l’extérieur. Schmitt interprète cet état non pas comme une défaite temporaire, mais comme le symptôme d’un épuisement plus profond de la tradition politique européenne.

Le journal aborde le thème de la fin du nomos européen, c’est-à-dire de l’ordre spatial et juridique qui a structuré la politique mondiale pendant des siècles. L'effondrement de l'Allemagne est ici compris comme faisant partie d'un processus plus large, dans lequel se désagrège la conception européenne de l'ordre fondée sur la souveraineté étatique, le territoire délimité et l'équilibre des pouvoirs. Selon Schmitt, le monde d'après-guerre se caractérisera par une asymétrie, dans laquelle les grandes puissances mondiales, agissant avec des prétentions universalistes, auront le dernier mot. Dans le même temps, Schmitt rejette toutefois toute nostalgie simpliste. Il n’appelle ni au retour de la vieille Europe, ni à la réhabilitation de l’État vaincu. Il constate plutôt que la politique s’est déplacée vers un autre plan, où les catégories européennes traditionnelles cessent de fonctionner. Ce glissement est pour lui source d’angoisse intellectuelle, mais non d’espoirs illusoires.
À ce niveau, le journal s’étend du domaine de l’expérience personnelle à un diagnostic géopolitique, où le réalisme du pouvoir se mêle à un profond scepticisme envers l’universalisme moral des vainqueurs. Schmitt apparaît ici comme un penseur qui tente de comprendre le nouvel ordre mondial au moment de sa naissance, sans se faire d’illusions ni sur la position des vaincus ni sur l’avenir de l’Europe.
Autoréflexion, silence et « système Plettenberg »
Dans les derniers passages de son journal, l'attention de Carl Schmitt s'éloigne progressivement des événements immédiats et des réflexions géopolitiques pour se tourner vers sa propre existence après la défaite. Le journal se transforme alors en un espace d’introspection, caractérisé toutefois par la retenue, le caractère fragmentaire et le refus de toute confession explicite. Schmitt n’écrit ni confession ni plaidoyer; ses notes prennent plutôt la forme d’une cartographie silencieuse de nouvelles conditions d’existence. Le silence est l’un des thèmes clés. Schmitt suggère à plusieurs reprises que parler signifie s’exposer à un danger, non seulement physique, mais aussi moral et politique. Les mots perdent leur fonction protectrice et deviennent des éléments de preuve. Le silence est donc compris non pas comme un vide, mais comme une forme d’autodéfense et, en même temps, comme un moyen de préserver son autonomie intérieure dans une situation où l’espace public cesse d’être sûr.

La maison de Carl Schmitt à Plettenberg.
C’est dans ce contexte qu’apparaît l’embryon de ce que des interprétations ultérieures qualifieront de «système Plettenberg»: un retrait de la vie publique, universitaire et politique, vers une vie privée qui reste toutefois intensément intellectuelle. Le journal laisse entendre que ce retrait n’est pas seulement une réaction forcée face à la défaite et à l’ostracisme, mais aussi une stratégie consciente. Schmitt prend conscience que la possibilité de poursuivre sa réflexion est subordonnée à une prise de distance par rapport au discours public, désormais dominé par les vainqueurs et leurs catégories morales. Chez Schmitt, l’auto-réflexion ne se situe pas au niveau du regret face à des décisions politiques concrètes, mais au niveau du destin d’un penseur qui faisait partie d’un ordre effondré. Il revient sans cesse à l’idée que l’intellectuel est inévitablement impliqué dans des structures de pouvoir qu’il ne peut pas entièrement contrôler. Cette perspective lui permet de concevoir son propre passé comme tragique, mais pas nécessairement criminel, évitant ainsi une nouvelle fois toute auto-évaluation morale univoque.
Le temps joue un rôle important dans ces passages. Schmitt est conscient qu’un jugement immédiat est inévitablement injuste, tandis qu’une véritable compréhension exige du recul. Le journal travaille ainsi implicitement avec l’idée d’un décalage historique, dans lequel le sens des événements ne se révèle qu’a posteriori. Cette orientation vers la réception future de sa propre œuvre est manifeste dans les notes sur ce qui doit être conservé, ce qui doit être oublié et ce qui doit rester tu. Les dernières parties du journal ne montrent aucun signe d’optimisme ni d’espoir de restauration de l’ordre politique. Pourtant, elles ne sont pas l’expression d’une résignation. Elles signalent plutôt un glissement de la réflexion vers un autre plan, où il n’est plus question de décisions politiques, mais d’interprétation du monde après la catastrophe. C’est précisément sur ce plan que naît le Schmitt d’après-guerre – un auteur dont l’influence va paradoxalement croître au cours des décennies suivantes depuis la périphérie, depuis l’espace du silence et de la correspondance privée.
Le dernier bloc de réflexion de cette recension conclut ainsi le journal non pas par une conclusion, mais par une transition. La défaite ne conduit pas à une conclusion théorique, mais à une transformation de la manière de penser et d’exister. Le journal de 1945 apparaît en ce sens comme un tournant : la fin d’un monde et, en même temps, le début d’une longue période de réflexion qui façonnera l’œuvre tardive de Schmitt ainsi que sa réception ambivalente.

Le journal de 1945 dans l’œuvre de Schmitt
Les notes du journal de Carl Schmitt de 1945 constituent, dans son œuvre, un document exceptionnel qui se distingue tant de ses écrits théoriques systématiques que de ses textes essayistiques ultérieurs. Il ne s’agit ni d’une révision théorique au sens strict du terme, ni d’une confession personnelle, mais d’un enregistrement de la pensée dans une situation limite, où l’appareil conceptuel existant s’avère insuffisant, mais encore irremplaçable. C’est précisément cette ambivalence qui fait du journal une source essentielle pour comprendre la pensée tardive de Schmitt.
Le journal de 1945 est avant tout un document sur l’effondrement de l’ordre politique moderne, vu du point de vue de l’auteur qui a analysé et articulé théoriquement cet ordre pendant des décennies. Schmitt ne présente pas ici un nouveau concept d’État, de souveraineté ou de droit, mais observe leur effondrement effectif dans une situation où l’état d’exception ne conduit plus à une décision, mais à la dissolution du pouvoir dans la réalité nue de la violence et du hasard.
Cette désintégration est à la fois une confirmation et une réfutation empiriques de sa propre théorie: une confirmation en ce sens que la politique se réduit effectivement au conflit et à la décision, une réfutation en ce sens que la décision cesse d’avoir un caractère souverain. Le journal revêt également une importance particulière pour la compréhension du rapport de Schmitt à la culpabilité et à la responsabilité. Au lieu d’un règlement moral direct avec le passé, le texte propose une réflexion structurelle et théologique qui permet de nommer la catastrophe sans la condamner ni la clore définitivement. La culpabilité n’est ici ni individualisée ni pleinement externalisée; elle reste un problème non résolu, repoussé à l’horizon d’un jugement historique ou transcendant. Ce caractère inachevé est l’une des caractéristiques les plus problématiques, mais aussi les plus éloquentes du journal.
Sur le plan géopolitique, le journal anticipe les réflexions ultérieures de Schmitt sur la fin du nomos européen et l’émergence d’un nouvel ordre mondial, dans lequel le pouvoir se légitime par le biais de valeurs universalistes.
La critique de l’universalisme moral des vainqueurs, associée à une reconnaissance réaliste du fait de la victoire, prend ici la forme d’un diagnostic discret mais rigoureux, qui sera réinterprété et instrumentalisé à maintes reprises au cours des décennies suivantes. De plus, elle est plus que jamais d’actualité en 2026.
Le journal de 1945 marque ainsi la transition vers l’existence d’après-guerre de Carl Schmitt, caractérisée par un repli sur la vie privée, le silence et une influence indirecte par le biais de la correspondance et des visites. En ce sens, il ne s’agit pas de la fin de la pensée de Schmitt, mais de sa transformation. L’expérience de la défaite ne conduit pas à un nouveau projet politique, mais à une réflexion de longue haleine sur un monde où la politique s’est définitivement dissociée de la tradition européenne de l’État. Dans l’ensemble, le journal de 1945 peut être lu comme un texte « frontalier » qui révèle les possibilités de la théorie politique de Schmitt au moment même de sa vérification historique. Son importance ne réside pas dans les réponses qu’il apporte, mais dans les questions qu’il laisse ouvertes et qui restent d’actualité dans les débats actuels sur la crise de l’État, du droit et de la légitimité politique.
Sources:
Édition : Carl Schmitt – Opuscula (Miniatures de Plettenberg, volume 18)
Carl Schmitt, Berlin-Schlachtensee mars–mai 1945, Éd. Martin Tielke et Gerd Giesler, 26 pages, ISBN 978-3-9820020-7-1, Publié à la demande de la Carl-Schmitt-Gesellschaft e. V. (2025)
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vendredi, 03 avril 2026
Autarcie plutôt que dépendance: pourquoi nous devons enfin devenir adultes en matière de politique énergétique

Autarcie plutôt que dépendance: pourquoi nous devons enfin devenir adultes en matière de politique énergétique
Un jeune député régional de l’AfD demande une réorientation de la politique énergétique et environnementale et plaide pour plus d’autarcie, une exploitation des ressources et un pragmatisme technologique. Mike Grener esquisse ici un agenda qui va bien au-delà de la simple critique.
Par Maximilian Gerner
Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/autarkie-statt-a...
Je suis donc le nouveau venu ici, dans le rédaction de freilich-magazine.com. Maximilian Gerner est mon nom, et si vous ne me connaissez pas encore – ce qui est assez probable, sauf si vous me suivez déjà depuis longtemps sur Instagram grâce à mes contributions sur les dégustations de bières nationales et internationales ou les matchs du VfB Stuttgart –, cela devrait bientôt changer. En effet, j’ai été élu lors des élections régionales du 8 mars 2026 pour l’AfD au Parlement du Bade-Wurtemberg, et je compte bien y instaurer un nouveau style politique. Tant selon les critères généraux que pour l’AfD. Cela semble ambitieux ? Mais ce n’est peut-être pas tant que ça, car la barre n’est souvent pas très haute.
Mais commençons par le début: je suis né en 1998, intéressé par la politique depuis au moins 1999, j’aime autant troller hors ligne qu’en ligne, et je pense que la consommation d’alcool et la musculation sont deux facettes d’une même médaille. En 2017, je suis devenu membre de l’AfD – sobre, je tiens à le préciser – et depuis 2022, je suis conseiller parlementaire pour l’environnement, le climat et l’économie de l’énergie au sein du groupe AfD au Parlement du Bade-Wurtemberg. En étant placé 22ème sur la liste, je suis désormais passé de collaborateur à député, et je vais donc coûter encore plus d’argent aux contribuables à l’avenir. Merci à tous les électeurs – je donnerai tout pour que ceux-ci puissent dire dans cinq ans: ce type vaut notre argent !
Entre ambition et réalité
Au cours des quatre dernières années, j’ai, de par mon métier, traité quotidiennement des questions de politique environnementale et énergétique, et je suis convaincu que ce domaine doit occuper une place bien plus centrale dans notre travail politique. Cela concerne aussi bien la politique énergétique pure que les questions environnementales. Les deux sont souvent liées, mais il existe également des questions importantes de protection de l’environnement qui n’ont rien à voir avec la production d’énergie. Ici, nous avons, en tant que représentants de l'AfD – et je le dis sur le mode de l'autocritique – encore des progrès à faire.
Trop souvent, les figures politiques de l’AfD ne parlent avec passion de la protection de l’environnement que lorsqu’ils peuvent l’opposer, par exemple, aux éoliennes. Je veux changer cela, car la protection de l’environnement n’est pas un vêtement de circonstance qu’on enfile tous pendant quelque temps puis qu’on range ensuite dans le placard, mais la condition de base pour assurer une existence digne aux générations présentes et futures. Comme je suis quelqu’un qui aime passionnément se retrouver dans la nature, j’en suis peut-être plus conscient que d’autres. Je veux porter cette conscience non seulement au Parlement, mais aussi dans mon propre parti.
Car selon moi, il ne suffit pas de critiquer les éoliennes dans les régions peu venteuses ou au milieu de la flore et de la faune fragiles. Il ne suffit pas de produire de l’énergie solaire uniquement sur des surfaces déjà imperméabilisées et de ne pas vouloir voir ces installations sur des espaces verts. Si nous voulons faire notre travail correctement en tant que mandataire de l'AfD, nous devons offrir plus. Oui, nous voulons revenir sur la sortie du nucléaire – mais cela ne se fait pas du jour au lendemain. Oui, nous voulons maintenir provisoirement les centrales à charbon dans le cadre d’un mix énergétique équilibré. Mais que se passera-t-il après ?

Pourquoi l’autarcie est importante
Nous vivons une époque incertaine. Et c’est un euphémisme. Nous sommes témoins de bouleversements géopolitiques historiques. À la frontière orientale de l’Europe, la guerre fait rage. La volonté affichée de la Chine de s’emparer de Taïwan menace les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ce n’est pas seulement le cas pour l’industrie des semi-conducteurs, mais aussi pour le secteur important des terres rares.
Et aux États-Unis, le président est imprévisible: aujourd’hui, il pourrait imposer des tarifs absurdes contre tout et n’importe qui, demain faire kidnapper le chef d’État d’un pays voisin, ou après-demain envahir le Groenland – rappelons que cette terre appartient au Danemark et que le Danemark est membre de l’OTAN !
Il serait négligent, face à tout cela, de ne pas se préparer de manière aussi diversifiée et autarcique que possible, surtout en ce qui concerne l’approvisionnement énergétique. Ce n’est pas seulement vrai depuis la pénurie de gaz, il y a quelques années. Et c'est dès lors clair: nous ne devons pas dépendre de monopolistes étrangers – peu importe si le monopoliste actuel semble encore bienveillant envers nous aujourd’hui.

Exploiter les ressources nationales
Selon moi, cela signifie ce qui suit: nous avons besoin d’une vision globale pour que notre pays puisse couvrir autant que possible ses besoins en énergie et en matériaux par lui-même. Cela inclut, par exemple, des installations de biogaz décentralisées, tout comme une sortie contrôlée de l’interdiction de fait du fracking, afin de ne pas devoir importer le gaz pour nos centrales à gaz. Il s’agit également d’explorer les gisements nationaux de lithium, par exemple dans la fosse rhénane. De même il faut se préparer à l’extraction de l’uranium dans les Monts Métallifères, une fois que sera lancée la reprise du nucléaire – notamment avec de petits réacteurs décentralisés. Ce sont des points qui n’ont jusqu’à présent aucune place dans le débat public, ni n’ont été abordés de manière offensive par l’AfD. Je m’engagerai de toutes mes forces pour que cela change.
Il serait court-termiste de laisser de côté ces sujets. La ministre de l’Économie Katherina Reiche (CDU) a récemment souligné que l’Allemagne dispose de ses propres gisements de gaz et a déclaré: «Du gaz peut être extrait ici». Cette déclaration a vite été éclipsée par l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. Mais elle montre que le sujet finira par arriver sur la table. Nous devons y être préparés.
La question de la crédibilité politique
Ce serait très contradictoire si, faute de préparation, les sections locales de l’AfD venaient à empêcher l’exploitation des ressources nationales par une attitude «pas dans mon jardin», alors que le parti ne cesse de revendiquer leur utilisation dans la production énergétique. Il faut bien sûr « peser avec beaucoup de sensibilité les intérêts environnementaux et l’approvisionnement en ressources », pour citer à nouveau Mme Reiche – mais on ne peut pas, d’un côté, refuser l’importation de gaz liquéfié des États-Unis pour des raisons soi-disant écologiques (en remplacement du gaz russe), et de l’autre, bloquer l’exploitation de nos propres gisements ici. On ne peut pas réclamer le retour du nucléaire tout en dépendant naïvement du marché étranger pour l’approvisionnement en uranium – surtout venant du Kazakhstan, proche de la Russie et de la Chine, qui, en cas de conflit mondial majeur (le mot-clé, ici, est Taïwan), agirait probablement dans l’intérêt de ces puissances.

Ce ne sont là que deux exemples parmi tant d’autres. Mais vous l’aurez sans doute compris à ce stade: je suis sérieux quand je parle de résilience, de diversification et d’autarcie. L’idée et surtout la mise en œuvre concrète peuvent être inconfortables, mais c’est la seule réponse sensée aux grands défis de notre époque, tout en respectant la durabilité. Nous devons en finir avec le petit jeu étriqué et aller vers un concept global cohérent. J’y apporterai ma contribution. Sauf si je suis au bar, au stade, dans la nature ou à l’entraînement.
À propos de l’auteur Maximilian Gerner
Maximilian Gerner, né en 1998, est sommelier de bière et connaisseur du football. Depuis 2026, il est député de l’AfD au Parlement du Bade-Wurtemberg.
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jeudi, 02 avril 2026
L'École de Francfort, la théorie critique et le phénomène Jürgen Habermas

L'École de Francfort, la théorie critique et le phénomène Jürgen Habermas
Un hommage tardif et quelque peu différent
Werner Olles
Au cœur de la période de reconstruction de l’ère Adenauer, une décennie avant la fameuse année 1968, une révolution a éclaté à l’Institut de recherche sociale de Francfort, sous l'impulsion du jeune théoricien marxiste Jürgen Habermas, qui était depuis deux ans assistant à l’Institut.
Max Horkheimer, qui se trouvait alors en vacances dans sa résidence d’été au Tessin, a immédiatement écrit une lettre incendiaire à son ami et co-directeur Theodor W. Adorno, afin de lui ouvrir les yeux sur les dangers qui guettaient désormais l’Institut. Son collaborateur Jürgen Habermas, alors à la fin de la vingtaine, avait publié un essai intitulé « Zur philosophischen Diskussion um Marx und den Marxismus » (« Sur la discussion philosophique autour de Marx et du marxisme »), écrit qui se déclarait de manière irresponsable en faveur de la révolution.
Adorno proposa rapidement d’entrer en contact avec Habermas pour donner à ce jeune assistant trop impulsif une dernière semonce. Horkheimer voyait en effet son œuvre vitale menacée, même si les deux anciens savaient que les drames œdipaux tardifs ne prenaient leur véritable envol que lorsque, deux décennies plus tard, les jeunes reprendraient les mêmes idées subversives des anciens, idées dont ces derniers ne voulaient plus rien entendre.

Les révoltes de la jeunesse et le conservatisme des anciens révoltés ne sont en réalité rien de bien nouveau — il en existe même en mode inversé, ce qui paraît encore plus déroutant et étrange — et l’article de Habermas dans la revue Philosophische Rundschau n’était en substance qu’un inventaire exhaustif de la littérature marxiste contemporaine, rien de plus, rien de moins, et Horkheimer reconnaissait pleinement la rigueur et la finesse de ce travail.
Sa critique portait cependant sur la conception révolutionnaire de Marx, qui avait renversé la philosophie de Hegel et l'avait remise sur pieds, et sur l’intention du jeune Habermas d’abolir la critique purement théorique pour la transformer en pratique sociale-révolutionnaire.
L'Institut demandait à se débarrasser d’Habermas mais ce ne fut pas immédiat; cependant Horkheimer refusa de lui accorder l’habilitation, ce qui conduisit Habermas à démissionner, pour se faire promouvoir peu après avec son travail intitulé Strukturwandel der Öffentlichkeit chez le marxiste Wolfgang Abendroth à Marburg. Deux ans plus tard, il devient professeur à Heidelberg, puis en 1964 à Francfort, précisément pour prendre la succession de Horkheimer, avec l'accord exprès de ce dernier.
Au même moment où Habermas était nommé « philosophe-sociologue » (Horkheimer) à la faculté, un jeune étudiant nommé Hans-Jürgen Krahl, dont la formation politique initiale avait commencé dans la ligue nationaliste jadis fondée par Ludendorff, puis avait cofondé en 1961 la Junge Union (Jeunesse démocrate-chrétienne) à Alfeld, et qui fut membre d’une corporation étudiante pratiquant la Mensur (duel à l'épée) lors de ses études à Göttingen, décida de se fixer à Francfort pour rejoindre le Sozialistischer Deutscher Studentenbund (SDS), de gauche militante, après s’être insurgé contre un ancien de sa corporation.

Quelques années plus tard, de 1967 à 1969, il se rendit célèbre lorsqu'il affronta, lors d'une joute oratoire bien connue entre les représentants de l’École de Francfort, dont Adorno et Habermas, d’un côté, et les étudiants révoltés, Krahl étant leur chef de file le plus brillant. Cette joute portait sur le « contrôle sur la force productive de la science ». Alors que le SDS, qui menait le mouvement étudiant et extra-parlementaire, formulait des revendications de plus en plus radicales, Habermas contribua aussi à l’intensification du conflit en avançant des contre-arguments provocateurs de son cru. Les autorités de la théorie critique se sentaient menacées tant sur la plan de la polémique intellectuelle que sur celui de leur intégrité physique, et Habermas réagit en accusant le SDS de fomenter un « fascisme de gauche ».


Les grèves étudiantes, les occupations de locaux dans diverses institutions et les expulsions par la police se succédèrent. Krahl fut inculpé d’atteinte à la paix intérieure de l’institution — et avant d’être à son tour emmené par la police, il murmura encore quelques mots apaisants à Adorno pour lui dire que tout cela n’était pas ad personam. Cependant c'est Adorno qui dut témoigner contre lui devant le tribunal.
En août 1969, Adorno mourut d’une crise cardiaque, peu après qu’un tract du SDS eut proclamé: «Adorno en tant qu’institution est mort», et le «Conseil des femmes» du SDS avait humilié profondément le professeur cardiaque, qui n’était pas insensible à la beauté féminine, en lui faisant subir une mauvaise plaisanterie. Le fait que Krahl, appelé comme nul autre à succéder à Adorno, ait trouvé la mort un an plus tard dans un accident de voiture sur une route verglacée dans la région de l'Oberhessen, à l’âge de 27 ans, est aussi tragique que banal, mais il est probablement juste de dire que les années mouvementées d’un révolutionnaire comptent comme les années de la vie d'un chien, chacune en valant sept.
Cependant, la confrontation entre Habermas et les étudiants révoltés ne surprend pas rétrospectivement, car le Habermas de 1957 était tout sauf un Krahl avant la lettre, n'était pas un apologète de la révolution, car pour Habermas, la révolution était un problème philosophico-épistémologique, dont la dimension pratique entraînait la violence intrinsèque à toute révolution. Il ne faisait que la repousser avec véhémence, et il ressentait même une peur face à la dialectique fatale des Lumières, en anticipant la célèbre citation de Horkheimer: « …que la révolution ne peut être que fasciste!».
Ainsi, Habermas, au fil du temps, en vint à une conception purement contemplative et non pratique de la théorie marxiste, qu’il rejetait finalement dans sa totalité. Son objectif de fonder la société sur des bases normatives postulait un changement de paradigme: il fallait passer de la «philosophie de la conscience» à une «réalité communicative». Dans la théorie critique des Horkheimer et Adorno, il ne percevait désormais plus qu’une domination fondée sur le scepticisme irrationnel et sur une hostilité à toute rationalité, tandis qu’il reconstruisait lui-même l’histoire mondiale en la percevant comme un processus de formation de l’humanité.
Le représentant le plus éminent de la «deuxième génération» de l’École de Francfort conçut finalement une éthique discursive universaliste qui — comme le remarqua ironiquement Günter Maschke — « est réfutée chaque soir dans le journal parlé de la fin de l’après-midi ».
Dans ce contexte, il vaut la peine de rappeler l’anecdote racontée par feu mon ami Maschke, lorsqu’il donnait des cours à l’académie de la marine de La Punta au Pérou. Dans ce contexte Maschke assista à un combat entre l’armée et les terroristes maoïstes du Sendero Luminoso (Sentier lumineux) dans une petite ville de la Sierra Madre. Sa narration est particulièrement frappante. Après la bataille, la ville n’était plus qu’un champ de ruines, sauf une petite librairie du centre, où était restée intacte une édition espagnole du best-seller de Habermas, Theorie des kommunikativen Handelns («Théorie de l’agir communicationnel»). Lorsqu’il éclata de rire, en découvrant ce livre dans les décombres, malgré les cadavres qui gisaient aux alentours, ses camarades furent quelque peu irrités. En réalité, la théorisation par Habermas d’un tel normativisme positiviste ne se trouve pas dans le domaine du possible humain.
La théorie critique avait pourtant compris très tôt cette différence entre théorie et réel, et la «Dialectique négative», le «catholicisme de Heidegger», mais aussi les premiers écrits de Marx ou de Lénine («L’État et la Révolution») et les «Considérations intempestives» de Nietzsche sont bien plus proches du niveau analytique-intellectuel des années 1920 de Lukács, Korsch et Horkheimer que de l'habermassienne «surveillance morale de la politique» (Günter Maschke). Cette césure explique l’éloignement du réel dans lequel sombre l’intelligentsia des sciences humaines actuelles dans l’université de masse et auprès du personnel qui en dépend pour la «formation, l’accompagnement, la planification».
Avec la disparition de la perspective marxiste sur la révolution dans la pensée de Jürgen Habermas, au profit d’un impératif finalement autoritaire de produire du discours, le chemin vers l’affirmation du statu quo, posé comme indépassable et inamovible, était largement ouvert, et il ne restait rien de l'activisme radical-spontané d’un Herbert Marcuse, que Theodor W. Adorno voulait au moins préserver de manière héroïque et résignée. « Saint Jürgen », comme Günter Maschke appelait volontiers Habermas, a également beaucoup accompli dans ce domaine. Cependant, il ne faut pas oublier ses débuts en tant que jeune marxiste et théoricien de la révolution.
16:14 Publié dans Actualité, Hommages, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, théorie critique, jürgen habermas, école de francfort, sds, hans-jürgen krahl, gauches, philosophie |
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lundi, 30 mars 2026
Tino Chrupalla: Soldats américains, hors d’Allemagne!

Tino Chrupalla: Soldats américains, hors d’Allemagne!
Par Valentina Schacht
Source: https://www.compact-online.de/tino-chrupalla-us-soldaten-...
Alors que les États-Unis ont déclenché une nouvelle guerre au Moyen-Orient et que les attaques défensives iraniennes visent les positions américaines dans toute la région, de nombreux citoyens prennent conscience du danger que représentent de telles bases militaires.
À présent, le chef de l’AfD, Tino Chrupalla, intervient dans le débat en avançant une position claire: lors du congrès régional de Saxe, ce natif de Görlitz exige le retrait des forces militaires américaines d’Allemagne!
Déjà dans notre édition de COMPACT, dont le thème principal était « Le pacificateur – Comment Tino Chrupalla maintient l’AfD sur la bonne voie », nous avons montré à qui nous devons la prise de position claire contre la guerre. En savoir plus ici : https://www.compact-shop.de/shop/russland/compact-der-fri...

Ami go home – avec ces trois mots, qui n’ont guère besoin d’explications supplémentaires, on peut résumer le message central du discours de Tino Chrupalla, lequel a enthousiasmé les quelque 300 délégués saxons lors du congrès régional. Le retrait des quelque 40.000 soldats américains d'une armée qui occupe l'Allemagne depuis 1945 et qui utilise notre territoire pour sa machinerie de guerre dans le monde entier — et en tête, nous avons la base américaine centrale de Ramstein en Rhénanie-Palatinat — est présenté comme objectif principal à atteindre d’ici 2029. «Commençons à mettre cela en œuvre – avec le retrait des troupes américaines d’Allemagne», a déclaré Chrupalla dans son discours.
Alors que, notamment dans les sections occidentales de l’AfD, tout débat sur l’occupation persistante de l’Allemagne et sur le soutien aux guerres contraires au droit international, menées par les États-Unis, est évité, et où certains partisans dociles du statu quo acceptent cette occupation, Chrupalla sait qu’il peut s’appuyer sur le programme de son parti: «Dans ce contexte, 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et 25 ans après la fin de la division de l’Europe, la renégociation du statut des troupes alliées en Allemagne est à l’ordre du jour. Celle-ci doit être adaptée à la souveraineté retrouvée de l’Allemagne. L’AfD s’engage pour le retrait de toutes les troupes alliées stationnées sur le sol allemand et en particulier de leurs armes nucléaires», peut-on lire dans les positions fondamentales de l’AfD, adoptées dès 2015. Bien avant la nouvelle agression de l’Occident, cette entité "qui repose sur des valeurs", contre l’Ukraine. Et avant les guerres récentes menées par les Américains au Moyen-Orient. Sous l’effet des nouvelles donnes, les formulations auraient sans doute été encore plus claires et plus incisives.
Chrupalla : L’Espagne comme modèle en matière de politique étrangère
Tino Chrupalla s’est également exprimé sur la guerre actuelle au Moyen-Orient dans son discours, saluant la position du gouvernement espagnol sous Pedro Sánchez, qui non seulement s’est opposé à la guerre américano-israélienne, mais a aussi interdit aux Américains l’utilisation de bases militaires sur le sol espagnol dans ce contexte. Une démarche qui devrait également être imitée en Allemagne.
12:41 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, tino chrupalla, afd, europe, affaires européennes, neutralité |
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jeudi, 19 mars 2026
Les premières chaînes d’approvisionnement cèdent: l’industrie chimique au bord de l’effondrement?

Les premières chaînes d’approvisionnement cèdent: l’industrie chimique au bord de l’effondrement?
Berlin. Pour l’industrie chimique allemande, qui souffre déjà de la flambée des coûts depuis le début de la guerre en Ukraine, la situation pourrait, dès à présent, devenir vraiment critique. Elle est soumise à une pression supplémentaire en raison de l’arrêt de l’approvisionnement en matières premières via le détroit d’Ormuz. De plus en plus d’entreprises de taille moyenne ont signalé des problèmes ces derniers jours, indique l’Association de l’Industrie Chimique (VCI).
Le directeur général, Wolfgang Große-Entrup (photo), parle d’une situation «extrêmement tendue». «Les signaux que nous recevons actuellement, notamment des PME, sont dramatiques. Il ne s’agit plus seulement d’une question de prix, mais aussi de disponibilité». On constate déjà des «pénuries extrêmes» et des «ruptures de chaînes d’approvisionnement dans le secteur des matières premières».
La principale raison est la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent de nombreuses matières premières indispensables à la production chimique. L’association considère la situation comme particulièrement critique pour le soufre, dont la moitié du commerce mondial transite par ce détroit. L’approvisionnement en hélium est également sous pression: 40% de la production mondiale provient du Qatar. «Ce sont des secteurs qui sont désormais très préoccupés», explique Große-Entrup. À cela s’ajoutent des restrictions dans le commerce de l’aluminium.
Comme deuxième facteur de pression, la VCI mentionne la réduction des livraisons en provenance de Chine. Les producteurs chinois privilégient de plus en plus leur propre approvisionnement. «Les Chinois savent parfaitement qu’il pourrait y avoir des pénuries à l’avenir», explique Große-Entrup. C’est pourquoi la devise «China first» s’applique de plus en plus.
Les longs trajets de transport depuis la Chine donnent encore un peu de répit à l’industrie locale. « Ce qui est en route est en route. Ce que nous ne pouvons plus commander maintenant fera défaut d’ici six à huit semaines. »
Les entreprises restent discrètes sur les informations concrètes concernant les pénuries – le sujet est trop sensible pour la compétitivité. Un problème concerne cependant l’approvisionnement en résines pour peintures et plastiques.
Le secteur chimique allemand, pilier central de l’industrie du pays, est déjà profondément dans le rouge. «Le bilan annuel de la chimie est catastrophique. Production, chiffre d’affaires et prix sont en baisse», déclare Große-Entrup. En raison de l’incertitude liée à la guerre avec l’Iran, l’association a renoncé à toute prévision pour 2026. Mais même si suffisamment de matières premières étaient disponibles, les fabricants allemands ne pourraient plus proposer leurs produits à des prix compétitifs. (rk)
Source: Zu erst, Mars 2026.
20:26 Publié dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes, détroit d'ormuz, industrie chimique |
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Non aux guerres américaines! Toutes les bases américaines en Allemagne doivent être fermées

Non aux guerres américaines! Toutes les bases américaines en Allemagne doivent être fermées
L’AfD a raison – mais elle ne va pas assez loin. Tant que des soldats américains sont stationnés sur le sol allemand, l’Allemagne est partie prenante de la guerre, contre sa propre volonté.
Par Bruno Wolters
Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/raus-aus-den-us-...
Les bases militaires américaines sont des centres névralgiques pour la projection de puissance américaine – les critiques y voient le symbole du fait que l’Allemagne, en matière de politique étrangère, n’agit jusqu’à aujourd’hui que de manière limitée et en rien souveraine.
Imaginons le scénario suivant: un Allemand se tient à la pompe à essence. Il regarde l’affichage. Le chiffre tourne. Il paie. Il se demande pourquoi. Il devrait le savoir.
La hausse du prix du carburant n’est ni un échec du marché, ni un phénomène naturel, ni un caprice de la conjoncture mondiale. C’est le résultat concret, quotidien, d’une guerre menée conjointement par Washington et Tel-Aviv, tandis que Berlin se tait. Certes, la forte fiscalité est aussi une raison des prix élevés à la pompe, mais cela n’est qu’un facteur secondaire aujourd’hui.

Pendant ce temps, sur le sol allemand, les réservoirs de l’US Air Force sont remplis et du matériel militaire important est acheminé via les bases américaines en Allemagne vers le Moyen-Orient. Quiconque tolère des bases militaires américaines sur son territoire, qui sont utilisées pour des guerres d’agression au Moyen-Orient, fait de son pays une partie prenante à la guerre. Contre son gré, sans vote, sans débat – mais avec toutes les conséquences.
Il existe une revendication qui devrait depuis longtemps être sur la table, mais qui ne l’est pas. L’AfD, qui est le seul parti à oser encore aborder les tabous de la politique étrangère, devrait la faire sienne: l’Allemagne ne doit pas mettre à disposition des bases militaires pour les guerres d’agression américaines contre l’Iran. Ce serait factuellement juste, politiquement courageux et plus que nécessaire. Mais même cette exigence, aussi nécessaire soit-elle, ne serait qu’une première étape. Celui qui veut interdire uniquement l’utilisation pour cette guerre, raisonne en termes d’exceptions et non de principes. La conséquence logique de cette revendication doit être: toutes les bases militaires américaines en Allemagne doivent être fermées. Pas pendant un seul jour. Mais cela doit être l'objectif politique à énoncer aujourd’hui et à poursuivre dès demain.
La Maison Blanche attise – et Berlin regarde
Ce qui se passe au Moyen-Orient ne relève pas de la défense. L’attaque américano-israélienne contre l’Iran était une guerre d’agression. Aussi clairement que cela a été formulé, cela doit être dit. Mais: l’Occident, l’Allemagne comprise, l’a acceptée sans objection. Netanyahou a atteint son objectif stratégique et entraîné les États-Unis dans une guerre avec l’Iran. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le Premier ministre israélien a besoin d’escalades extérieures: il est sous pression dans son propre pays, visé par des enquêtes pour corruption, et semble chercher son salut dans les conflits armés.

Depuis vingt ans, Israël répète la même affirmation sur les armes nucléaires iraniennes. Les organisations internationales et l’Iran lui-même démentent cela. Selon des informations relayées par Reuters, le Pentagone a confirmé il y a quelques jours: une première frappe iranienne n’était pas à prévoir avant la guerre. Et: il existe de l’uranium enrichi à 60%, mais pour fabriquer des armes nucléaires, il en faut à 90%. Les Iraniens n’y sont pas encore. Mais cette affirmation est utile, alors on la répète.
Israël agit désormais au Moyen-Orient comme Sparte: il n’y a plus que la logique militaire, plus de stratégie à long terme, la victoire est une fin en soi. Netanyahou menace les peuples voisins du sort du Hamas et du Hezbollah. Il a transformé Israël en une machine de guerre permanente – et Washington le suit. Trump, qui s’était présenté comme isolationniste, s’est laissé entraîner par Netanyahou. Son isolationnisme n’est plus crédible. L’axe Washington-Tel Aviv opère selon la loi du plus fort.
Et l’Allemagne? L’Allemagne s’est tue. L’UE s’est tue. On appelle cela la fidélité à l’alliance. Autrefois, on aurait parlé de vassalité. Les États-Unis peuvent, pour 20% des coûts de l’OTAN, prendre 100% des décisions. L’Europe peut être humiliée et achète en échange plus d’armes et de matériel militaire. L’Allemagne est suiveuse dans une guerre par procuration. La soi-disant « hégémonie libérale » des États-Unis n’est rien d’autre qu’une politique de puissance avec un vernis moral.
L’AfD devrait soutenir cette revendication
Dans un système politique où toute objection à la logique atlantiste est diabolisée comme étant du « poutinisme » ou de l'« antiaméricanisme », ne serait-ce que formuler cette revendication serait un acte de clarté politique. L’Allemagne ne doit pas devenir une base arrière pour une guerre d’agression contre l’Iran ou une autre puissance. Aujourd’hui l’Iran, demain la Chine? Ce n’est pas une question de gauche ou de droite, mais une question d’intérêts nationaux et de souveraineté élémentaire. L’AfD, qui se targue de dire ce que les autres n’osent pas dire, devrait être la première à soutenir cette revendication. Qu’elle ne l’ait pas encore fait est une occasion manquée.
Mais même si elle le faisait, l’ambiguïté resterait dans le principe: qui n’exclut que la guerre contre l’Iran, accepte toutes les autres utilisations tacitement. Il accepte la structure. Et c’est justement cette structure qui pose problème. Tant que les troupes américaines sont stationnées sur le sol allemand, que l’Allemagne ne peut ni contrôler ni retirer, l’Allemagne n’est pas un État pleinement souverain. C’est un quasi-protectorat.

Après 1945, l’Allemagne était une puissance économique, mais n’avait pas d’influence politique. Les grandes décisions étaient prises ailleurs. L’ancrage à l’Ouest, aussi nécessaire ait-il paru à Adenauer, s’est révélé à long terme incompatible avec une véritable souveraineté. Qui nie l’incompatibilité entre les objectifs nationaux allemands et les obligations transatlantiques se voile la face – ou n’a pas étudié l’histoire.
Pourquoi toutes les bases doivent disparaître
La souveraineté est indivisible. Qui tolère des troupes étrangères sur son sol qu’il ne peut contrôler, renonce à la souveraineté – qu’il en soit conscient ou non. Les bases américaines en Allemagne ne sont pas une garantie de protection pour le peuple allemand. Ce sont des positions stratégiques de la puissance mondiale américaine. Qui les héberge assume automatiquement la coresponsabilité de ce qui s’y fait.
On objectera : « Sans les États-Unis, nous serions sans défense. » Défense contre qui ? L’Iran n’a pas attaqué l’Allemagne. Il ne le fera pas. Et aucun autre ennemi systémique des Américains ne nous attaquera. Nous n’avons aucun compte à régler à Taïwan. Il n’y a aucune raison à cela. Les États-Unis ne protègent pas l’Allemagne, mais leurs propres positions stratégiques, auxquelles l’Allemagne appartient. C’est une nuance importante.

On dira : « C’est de l’antiaméricanisme. » Pourtant, la France sous de Gaulle n’était pas un pays antiaméricain. C’était un pays souverain. L’Espagne non plus n’est pas un pays antiaméricain. C’est un pays sûr de lui-même. L’antiaméricanisme est une attitude. La souveraineté est une revendication et un droit. L’Autriche est neutre à ce jour, et 80% de la population soutient cette option. Ce que l’Autriche et l’Espagne peuvent faire, l’Allemagne ne doit pas s’en croire à jamais incapable. La question n’est pas de pouvoir, mais de vouloir.
On dira : c’est utopique. Mais l’unité allemande était aussi utopique en 1989. Les revendications politiques qui semblent impossibles aujourd’hui peuvent devenir demain raison d’État si les circonstances changent. Et elles sont justement en train de changer. Les États-Unis eux-mêmes remettent l’alliance en question. Trump démolit l’ordre atlantique de ses propres mains. Dans cette situation, il ne serait pas naïf de réclamer la souveraineté ; il serait naïf de ne pas le faire.
Deux revendications – claires et sans détour
Les revendications sont désormais sur la table.
Premièrement : aucune utilisation des bases militaires allemandes par les États-Unis pour des guerres d’agression contre l’Iran ou tout autre État qui n’attaque pas l’Allemagne ou ses alliés. C’est le minimum.
Deuxièmement – et c’est la véritable revendication qui en découle : toutes les bases militaires américaines en Allemagne doivent être fermées. Non comme un geste, non comme un symbole, mais comme l’objectif stratégique d’une politique étrangère allemande digne de ce nom. Ce n’est pas du pacifisme. Ce n’est pas une capitulation. C’est la conséquence logique de la revendication de souveraineté nationale que toute nation sur Terre revendique pour elle-même – sauf l’Allemagne. Qui accueille sur son sol des troupes étrangères, qui font la guerre sans son accord, a déjà renoncé à sa souveraineté. La seule question est de savoir s’il s’en rend enfin compte.
À propos de l’auteur: Bruno Wolters
Bruno Wolters est né en Allemagne en 1994 et a étudié la philosophie et l’histoire dans le nord de l’Allemagne. Depuis 2022, Wolters est auteur pour la revue Freilich. Ses domaines d’intérêt sont l’histoire des idées et la philosophie politique.
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mercredi, 18 mars 2026
Exit le semeur de confusions

Exit le semeur de confusions
Karl Richter
Source: https://www.facebook.com/karl.richter.798
De mortuis nihil nisi bene – on ne doit rien dire de mal des morts. Mais dans le cas de Jürgen Habermas, décédé samedi à Starnberg à l’âge de 96 ans, on peut faire une exception. Habermas fut un promoteur déterminant de l’arrimage occidental de l’Allemagne après 1945, en infectant la gauche d'un marxisme modernisé, enrichi d’approches à la sauce américaine, et en l’orientant vers l’Occident. Il devint l’un des propagandistes les plus influents de la fameuse rééducation.
Né à Düsseldorf, il fut, pendant la guerre, chef de section dans les Jeunesses hitlériennes, avant de devenir rapidement, après celle-ci, victime de la «rééducation» et de faire carrière comme moralisateur en chef de la jeune République fédérale. Aucun autre intellectuel n’a autant façonné la conscience politique de la société allemande d’après-guerre que Jürgen Habermas, qui a appris aux Allemands à renier leurs traditions et à placer leur salut dans les « valeurs occidentales ».
En 1999, lors de l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie, il s’en réjouissait et suggérait qu’il ne s’agissait là que d’une «aide d’urgence légitimée par le droit international». Selon lui, le monde serait de toute façon sur la voie qui mènerait du « droit international classique des États vers le droit cosmopolitique d’une société mondiale de citoyens », ainsi fabulait-il. Nous constatons aujourd’hui où cela nous a mené. Il s’est lamenté sur la réunification de 1989, allant jusqu’à halluciner que l’unité nationale des Allemands « entrait en collision avec les règles universalistes de la coexistence égalitaire de formes de vie différentes ». Mais déjà à l’époque, ce sont surtout les élucubrations de Habermas qui entraient en collision avec la réalité.
Après avoir soutenu sa thèse en 1954 auprès de l’ancien activiste nazi Erich Rothacker et avoir publié une précoce critique de Heidegger, il fut recruté par le centre de gravité de la future « École de Francfort », soit par Theodor W. Adorno, pour devenir assistant à l’Institut de recherche sociale de Francfort. Là, Habermas transforma la soi-disant «théorie critique» en une théorie fumeuse de la communication – contribuant ainsi de manière décisive à rendre le marxisme à nouveau fréquentable pour une nouvelle génération d’intellectuels et de gauchistes en Europe de l’Ouest.
Son œuvre principale, la Théorie de l’agir communicationnel en deux volumes, parue en 1981, promet l’émancipation par le discours – un discours prétendument «sans domination». En réalité, le discours selon Habermas est lui-même un instrument de domination. Quiconque ne se soumet pas à ses règles du jeu ne peut pas participer – une théorie de l’exclusion que la gauche a depuis lors intériorisée jusqu’au refus total de la réalité; on le voit à l’exclusion pathologique, quasi religieuse, que subit l’AfD.
Parallèlement, le discours devient un substitut à l’action: le parler remplace l'agir. Toute une génération d’activistes étudiants en fut marquée – devenant des enseignants, des professeurs d’université, des apparatchiks sociaux-démocrates, des entêtés syndicaux, tous imbuvables et improductifs. Le fait qu’on ait laissé ce type humain remodeler la société allemande pendant des décennies a mené le pays là où il en est aujourd’hui. Intellectuellement, c’est un champ de ruines.
La prétendue philosophie de Habermas n’est qu’une pure création de l’esprit. Son langage, alambiqué et abscons jusqu’à l’incompréhensible, n’est qu’un interminable moulin à concepts. Sa « philosophie » n’en est pas une. Elle ne transmet ni connaissance, ni intuition morale. Elle ne fait progresser personne. Qu’elle ait, dans les universités allemandes, remplacé toute la philosophie antérieure de Platon à Heidegger, a signifié, pour le pays des poètes et des penseurs, la mort cérébrale.
Il faut, dans ce contexte, se rappeler la parole toujours actuelle de Confucius: «Si les concepts ne sont pas corrects, les mots ne sont pas adéquats; si les mots ne sont pas adéquats, les œuvres n’aboutissent pas; si les œuvres n’aboutissent pas, la morale et l’art ne prospèrent pas; si la morale et l’art ne prospèrent pas, les sanctions ne sont pas appropriées; si les sanctions ne sont pas appropriées, le peuple ne sait pas où poser la main et le pied. C’est pourquoi l’homme noble veille en toutes circonstances à ce que ses concepts puissent s’exprimer en mots, et que ses mots puissent se traduire en actes. Voilà ce qui compte». C’est ici que se situe Habermas: il s'est posé comme le destructeur de la pensée, comme le perturbateur des esprits et des âmes.
Pendant des décennies, Habermas fut considéré comme une instance morale et intellectuelle de la République fédérale. Lors de la querelle des historiens dans les années 1980, il s’arrogea l’autorité de décider de ce qu’il était encore « possible de dire » en Allemagne.
Toute tentative de considérer l’histoire allemande autrement qu’à travers le prisme de la culpabilité, il la condamnait comme «apologétique». Il inventa le concept de «patriotisme constitutionnel», qui devint un slogan creux prisé par la gauche désireuse d’abolir l’Allemagne. Mais: c’est soit le patriotisme, soit la constitution. Les patriotes constitutionnels ont déjà perdu.
Le bilan de Habermas est, tout compte fait, dévastateur. Il a formé des générations d’universitaires à transformer les conflits sociaux en discours, et par là, à obscurcir la pensée à grande échelle. Même le mouvement étudiant, qui visait encore à changer la société, s’est transformé sous son influence en une pure secte de la communication qui, grâce à l’hégémonie médiatique de la gauche, domine depuis des décennies la vie publique. Finalement, Habermas ne fut qu’une chose: le plus grand embrouilleur des esprits en Allemagne après 1945. Il n’y a pas lieu de le pleurer.
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dimanche, 15 mars 2026
Friedrich List: l’économiste du capitalisme industriel

Friedrich List: l’économiste du capitalisme industriel
Paolo Raimondi
Source: https://jornalpurosangue.net/2026/01/03/friedrich-list-o-...
Je limiterai mes observations à la réfutation de la théorie d’Adam Smith et compagnie, dont les erreurs fondamentales n’ont pas encore été comprises avec la clarté nécessaire.
C’est cette théorie qui fournit aux opposants du Système Américain (selon List) la base intellectuelle de leur opposition. C’est la combinaison de ces soi-disant théoriciens avec ceux qui pensent avoir un intérêt dans le soi-disant libre marché qui donne à cette opposition une force aussi apparente. Arborant une supposée supériorité en science et en connaissance, ces disciples de Smith et de Jean-Baptiste Say considèrent tout défenseur du bon sens comme des empiristes dont les capacités intellectuelles et les réalisations littéraires ne seraient pas assez fortes pour comprendre la doctrine sublime de leurs maîtres.
« Je crois qu’il est du devoir [de la Convention Générale de Harrisburg, de 1827] de s’attaquer à la racine du mal, en déclarant erroné le système d’Adam Smith et compagnie, en lui déclarant la guerre au nom du Système Américain, en invitant les hommes de lettres à révéler ses erreurs et à prononcer des conférences populaires sur le Système Américain, et, enfin, en exigeant que les gouvernements des différents États, ainsi que le gouvernement fédéral [des États-Unis], soutiennent l’étude du Système Américain dans les divers collèges, universités et institutions littéraires placés sous leurs auspices. »
Qui croyez-vous être l’auteur de cette déclaration radicale? Un révolutionnaire anticapitaliste? Un communiste marxiste? Ou simplement un socialiste aux paroles dures? Non. Il s’agit de Friedrich List, dans une lettre écrite le 10 juillet 1827, en Pennsylvanie, adressée à Charles Ingersoll, vice-président de la Société de Pennsylvanie pour la Promotion des Manufactures et des Arts Mécaniques.
Friedrich List, le scientifique et économiste allemand né à Reutlingen (Wurtemberg) en 1789, allait devenir, avant sa mort en 1846, le père de l’Union douanière allemande, le fameux Zollverein, qui fut la base de l’unité politique de l’Allemagne. List fut un ardent défenseur du capitalisme industriel, du Système Américain d’économie physique, du système d’économie nationale et du premier grand système ferroviaire et de transports intégré à l’échelle européenne.
Je crois qu’il est psychologiquement pertinent d’avoir cette référence historique précise, car l’effondrement du système économique bolchevique a frappé l’Europe de l’Est et l’Union Soviétique, plongeant les observateurs dans une telle perplexité qu’il existe depuis une tendance à penser, sous la présomption que la propagande occidentale est vraie, que toutes les économies occidentales sont couronnées de succès et suivent les mêmes principes que le soi-disant libre marché.
La crise économique et globale est si avancée et explosive que nous n’avons pas le droit de commettre cette erreur ni de perdre plus de temps.
Je vais maintenant souligner rapidement quelques-unes des contributions les plus pertinentes de la théorie et de l’action de List, en cherchant à utiliser ses propres arguments, extraits de ses nombreux écrits, le plus connu étant « Le Système national d’économie politique » de 1844.
Le cosmopolitisme contre les nations
L’économie politique se compose de trois éléments : 1) l'économie individuelle ; 2) l'économie nationale ; 3) l'économie de l’humanité. Adam Smith traite de l’économie individuelle et de l’économie de l’humanité, c’est-à-dire de l’économie cosmopolite. Liberté sur toute la planète, paix universelle et éternelle, droits naturels, union de toute la famille humaine. La liberté absolue du commerce sur tout le globe était en parfaite harmonie avec cette doctrine.
C’est l’idéologie du « One World », du nouvel ordre mondial, avec la bénédiction des loges maçonniques.
Mais ce n’est pas la réalité. Dans le monde réel, il existe des nations ; certaines sont avancées, dotées de pouvoir industriel et militaire ; d’autres non. Dans le monde réel, il existe aussi des guerres et des intérêts distincts, parfois opposés, entre nations. List affirme :
« Dans les conditions existantes dans le monde, le résultat du libre-échange général ne serait pas une république universelle, mais, au contraire, une sujétion universelle des nations les moins avancées à la suprématie des puissances manufacturières, commerciales et navales dominantes. »
List accusa Smith (qui travailla pour la Compagnie des Indes orientales) de servir les intérêts de la Grande-Bretagne, la puissance coloniale, afin de maintenir les colonies au niveau de productrices de biens agricoles, de matières premières ou de produits intensifs en main-d’œuvre et de basse technologie pour l’exportation. De même, List attaqua la théorie de la population de Malthus comme étant le résultat du système colonial de libre-échange d’Adam Smith.
List opposa à cela l’idée d’une économie nationale, d’une importance décisive pour les nations émergentes — une économie nationale cherchant à développer sa propre base industrielle et ses forces productives, mettant son marché intérieur à la disposition des manufactures naissantes, protégées, si nécessaire, par des tarifs et des droits de douane.
Le pouvoir productif contre la valeur d’échange
Pour Adam Smith, la « richesse des nations » repose sur l’échange de valeurs monétaires organisé autour du principe « acheter à bas prix, vendre à prix élevé » (« buy cheap and sell dear »). Smith affirme que, si une nation produit du coton, par exemple, pour des raisons climatiques et naturelles, elle doit simplement continuer à le produire et à l’exporter, achetant à d’autres nations ce qu’elles produisent de mieux, comme les produits textiles finis d’Angleterre.
Et qu’en est-il de la création d’un système industriel national, incluant des manufactures textiles? Smith objecte que cela ne serait pas économique, car produire en interne coûterait, au début, plus cher qu’importer des biens déjà manufacturés. C’est le système que l’Empire britannique voulait maintenir vis-à-vis de ses colonies, y compris les États-Unis, jusqu’à l’indépendance américaine, et c’est ce que fait et continue de faire le Fonds monétaire international vis-à-vis du secteur en développement, des pays d’Europe de l’Est et du monde en général.
L’idée de List est qu’une nation qui ne produit que des valeurs d’échange peut, à un moment donné, sembler prospère, mais elle ne sera jamais souveraine, indépendante et véritablement forte du point de vue industriel.
« Le pouvoir de produire la richesse est infiniment plus important que la richesse elle-même ; il assure non seulement la possession et l’accroissement de ce qui a été gagné, mais aussi le remplacement de ce qui a été perdu. »
Éducation, progrès culturels, promotion scientifique, promotion de la justice, défense nationale, accroissement des connaissances, expansion de la liberté, amélioration des institutions politiques, combinés à un pouvoir manufacturier croissant : telle est la source de la valeur et, une fois mobilisée, elle peut générer une production matérielle accrue.
« L’état actuel des nations est le résultat de l’accumulation de toutes les découvertes, inventions, améliorations, perfectionnements et efforts de toutes les générations qui ont vécu avant nous ; ils forment le capital mental de la race humaine actuelle, et chaque nation n’est productive que dans la mesure où elle a su s’approprier ces conquêtes des générations précédentes et les élargir par ses propres acquisitions. Le produit le plus important des nations consiste en les hommes. »

Dans cette perspective, List soutint la création d’écoles polytechniques, c’est-à-dire d’écoles de sciences et d’ingénierie, dans toutes les grandes villes d’Amérique et d’Europe. Il présenta diverses propositions pour promouvoir l’éducation scientifique et humaniste, soutint l’organisation d’expositions économiques et scientifiques comme aspect de l’éducation et de la socialisation des découvertes scientifiques et technologiques et de leur mise en œuvre.
Le capitalisme industriel
Le système américain, ou capitalisme industriel, consiste en le développement, par l’État, de l’infrastructure économique de base, avec l’idée que c’est à l’État de générer du crédit et de fournir la direction et l’entretien de ces projets. Cela est réalisé par une combinaison d’action économique directe de l’État et par la création, par l’État, d’un système de régulations dans lequel les intérêts privés peuvent opérer. En même temps, on favorise le progrès technologique et l’activité entrepreneuriale.
C’est la création d’une base industrielle technologiquement avancée qui résulte du développement d’une économie nationale, de la production et du marché intérieur. Le marché intérieur, notamment dans la phase initiale, doit être protégé par le maintien de barrières commerciales.
La politique de crédit et financière du Système Américain est associée à Alexander Hamilton (portrait), le premier secrétaire au Trésor des États-Unis (1789–1794), qui fonda la Première Banque nationale des États-Unis. La banque nationale crée du crédit (à de faibles taux d’intérêt), augmentant la quantité de papier-monnaie en circulation, mais en veillant à ce qu’il soit strictement destiné à des catégories spécifiques d’investissement productif. Cette fonction est coordonnée avec le système bancaire privé.
List participa directement à la promotion du Système Américain après avoir été introduit aux États-Unis par le général marquis de Lafayette. Il fut accueilli en Amérique, en 1825, comme républicain et patriote européen et américain. Il collabora personnellement avec des Américains tels que Henry Clay (futur secrétaire d’État), John Quincy Adams (futur président) et l’économiste Mathew Carey.
Le Zollverein
Trente-six États allemands, chacun avec sa propre économie et son propre système tarifaire, n’avaient pas de poids historique face à l’écrasante puissance militaire et économique de l’Empire britannique et de ses colonies. Les Britanniques manipulaient continuellement ces États, opposant les intérêts des uns aux autres.
List comprit que, pour devenir indépendante et unie, l’Allemagne devait développer sa propre industrie, ses manufactures et son pouvoir productif. L’union politique pouvait être atteinte s’il y avait une union économique fonctionnelle. Il proposa la création d’un marché commun pour les États allemands, c’est-à-dire l’élimination des tarifs internes. Mais, pour bâtir une force industrielle, il faut du temps, et la structure industrielle nationale encore fragile devait pouvoir produire pour le marché intérieur, même si, au début, les coûts étaient supérieurs aux offres britanniques. Le marché devait être protégé par des droits de douane contre la concurrence étrangère. Seules les branches industrielles les plus importantes (à forte concentration technologique) devaient bénéficier d’une protection spéciale dans la phase initiale.

Le Zollverein débuta le 1er janvier 1835 (List y œuvrait depuis 1819), avec les associations Prusse-Hanovre et Bavière-Wurtemberg, incorporant les autres États au fil du temps, les dernières à adhérer étant les villes hanséatiques, plus influencées par la Grande-Bretagne. L’idée de List était d’associer, en réalité, toute l’Europe continentale à cette union.
Il proposa cela à la Belgique en 1844 ; il tenta d’inclure la Hollande la même année ; l’Autriche et la Hongrie, y compris Prague, avaient déjà été invitées en 1843 ; et, à partir de là, il envisagea un corridor de développement le long du Danube jusqu’à la Turquie. Il discuta de cela avec la France, où il entretenait des contacts avec des adeptes de la tradition colbertiste. Il avait aussi un plan pour associer la Russie à cette expansion des manufactures et du commerce.
On peut dire qu’il est le véritable père de la Communauté économique européenne basée sur le Système Américain.
Le système ferroviaire et l’infrastructure
Pour créer un système industriel national et promouvoir le développement des forces productives de la nouvelle union, List proposa la réalisation immédiate d’une série de grands projets centrés fondamentalement sur la création d’un réseau efficace de liaisons ferroviaires. List qualifiait le Zollverein et le système ferroviaire de « jumeaux siamois ».

Dès 1833, dans son premier plan ferroviaire global, l’une des branches partant de Leipzig allait jusqu’à Prague. Son projet était de relier toute l’Europe continentale par des voies ferrées et des canaux intérieurs, atteignant tout particulièrement la Belgique et la Hollande, établissant ainsi une connexion directe de l’Europe avec les États-Unis par la navigation océanique.
Les idées de List sur un « système national d’économie politique » sont parvenues au Japon, à la Chine de Sun Yat-sen, à l’Amérique latine, à la Hongrie et dans tous les coins de l’Europe. L’Association des fileurs de Bohême fut très proche des idées de List, et l’écrivain slovaque Ľudovít Štúr fit campagne pour ses programmes.
Publié dans l’« Executive Intelligence Review » le 21 juin 1991.
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lundi, 09 mars 2026
La Bundeswehr achète des avions de combat F-35 que le Pentagone pourrait paralyser

La Bundeswehr achète des avions de combat F-35 que le Pentagone pourrait paralyser
Florian Rötzer
Source: https://overton-magazin.de/top-story/bundeswehr-kauft-f-3...
Le « fonds spécial », c’est-à-dire le recours à l’endettement illimité décidé par le gouvernement Merz pour le réarmement afin de devenir la plus grande force armée d’Europe, a permis d’acheter en grande quantité chez nos amis américains, en l’occurrence 35 chasseurs F-35 Lightning II. Ces avions furtifs, qui doivent remplacer les Tornado et assurer la « participation nucléaire », coûtent la bagatelle de 10 milliards d’euros. Pour cela, la base aérienne de Büchel doit être profondément transformée.
La justification officielle est que le F-35 est conçu pour les armes nucléaires, que plusieurs autres pays de l’OTAN en achètent également et qu’il « offre tout ce qui caractérise un avion de combat de cinquième génération : fusion des données de capteurs dans le cockpit, mise en réseau des appareils via un datalink spécial et une faible probabilité de détection (furtivité) par les radars ennemis ».
Le Danemark a acheté au total 43 avions de chasse F-35A et a déjà retiré tous ses F-16 du service. Depuis que Trump a cherché à annexer le Groenland, ce choix est moins bien vécu. Après tout, le Danemark s’est remis entre les mains du Pentagone et dépend des données, des communications, des pièces de rechange ou des mises à jour logicielles. À cela s’ajoutent des défauts sérieux pour cet avion surévalué et hors de prix. Il existe des difficultés lors des vols supersoniques en mode furtif, au niveau de la précision des tirs, de la disponibilité opérationnelle, des pièces détachées ou en cas de froid, de pluie ou d’orage.

Par mise à jour logicielle, on entend que le constructeur et/ou le Pentagone a accès aux systèmes informatiques des avions – et peut, en fin de compte, faire en sorte que, par exemple, ils ne puissent pas décoller. Il n’est donc guère surprenant que le ministre néerlandais de la Défense, Gijs Tuinman (photo), évoque un autre problème. Non seulement les mises à jour logicielles posent problème, mais les avions pourraient aussi être piratés – « comme un iPhone » :
« Le F-35 est vraiment un produit commun. Les Britanniques fabriquent les moteurs Rolls-Royce, et les Américains en ont tout simplement besoin. Et même si cette interdépendance ne conduisait pas à des mises à jour logicielles, le F-35, dans son état actuel, reste meilleur que d’autres avions de combat. Si, malgré tout, vous souhaitez une mise à niveau, je vais dire quelque chose que je ne devrais jamais dire, mais je le dis quand même : on peut pirater un F-35 comme un iPhone. »
Tuinman n’a pas donné plus de détails. S’il existe des failles de sécurité, non seulement les Américains mais aussi des adversaires pourraient paralyser les avions, mais il serait aussi possible pour les Danois et les Néerlandais de piloter les avions indépendamment du Pentagone. Au printemps 2025, Joachim Schranzhofer, chef de la communication du groupe d’armement allemand Hensoldt, avait déjà déclaré au Bild : « Le ‘kill switch’ dans le F-35 est plus qu’une simple rumeur. Mais c’est encore plus simple avec le système de planification de mission : alors l’avion reste tout simplement cloué au sol. »
Cela ne semble pas avoir impressionné Pistorius. Il paraît qu’à ce jour, seul Israël a conclu un accord avec le constructeur Lockheed Martin pour utiliser un logiciel propre sur les F-35. Les avions F-35 Lightning II des autres pays reçoivent leurs mises à jour via le système propriétaire Automatic Logistics Information System. L’Allemagne, le Danemark et d’autres pays peuvent bien posséder les avions, mais les États-Unis contrôlent le logiciel et donc le cœur des appareils. Cela concerne tous les systèmes d’armes sophistiqués, par exemple aussi les systèmes de défense antiaérienne Patriot. L’achat de systèmes d’armes crée non seulement une dépendance, mais aussi une vulnérabilité face au vendeur.
Florian Rötzer
Florian Rötzer, né en 1953, est le fondateur du magazine en ligne Telepolis, dont il a été le rédacteur en chef de 1996 à 2020. Depuis 2022, il est rédacteur au Overton Magazin. Il est l’auteur de plusieurs livres. Son livre In der Wüste der Gegenwart, écrit avec Moshe Zuckermann, vient de paraître.
Plus d’articles de Florian Rötzer: https://overton-magazin.de/author/florian-roetzer/

19:50 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Défense, Militaria | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : défense, bundeswehr, luftwaffe, europe, affaires européennes, allemagne, danemark, pays-bas, f-35, aviation |
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samedi, 07 mars 2026
Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes

Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Si l’on observe les évolutions actuelles de manière objective, une parenté stratégique apparaît entre la guerre en Ukraine et l’escalade actuelle au Moyen-Orient. La clé décisive des conflits géopolitiques modernes se situe de moins en moins sur le champ de bataille – mais de plus en plus dans l’économie et les flux énergétiques.
Guerre en Ukraine : Les conséquences économiques touchent l’Europe – surtout l’Allemagne
La guerre en Ukraine n’a pas frappé “l’Occident tout entier” de manière égale sur le plan économique. Les charges sont très inégalement réparties. Alors que les États-Unis ont pu générer des revenus supplémentaires grâce à l’exportation massive de GNL (gaz naturel liquéfié), c’est surtout l’industrie européenne qui s’est retrouvée sous pression – et au sein de l’Europe, particulièrement l’Allemagne.
Les causes sont structurelles:
- L’Allemagne dépendait fortement de l’énergie russe bon marché.
- Les industries à forte consommation d’énergie sont la colonne vertébrale de l’industrie allemande.
- La hausse des prix de l’énergie touche donc directement la base industrielle.
Depuis la rupture des relations énergétiques avec la Russie, les coûts de chauffage et les prix de l’énergie ont nettement augmenté, tandis que les prix de l’électricité pour l’industrie et les ménages restent parmi les plus élevés d’Europe. La conséquence en est une faiblesse économique persistante: l’économie allemande stagne depuis des années.

Moyen-Orient : Attaque contre le système énergétique mondial
C’est précisément ici que le conflit avec l’Iran devient géopolitiquement pertinent: le détroit d’Ormuz est l’une des artères énergétiques les plus importantes du monde. Une part significative du commerce mondial du pétrole transite par ce détroit.
Les attaques contre les pétroliers ou la menace sur la navigation ont des conséquences immédiates:
- hausse des prix du pétrole;
- hausse des prix du gaz;
- nervosité sur les marchés financiers.
Même de petites perturbations de cette route peuvent faire grimper l’inflation et les prix de l’énergie dans le monde entier.
La logique stratégique
La logique de tels conflits est relativement simple. Lorsqu’un État est militairement en nette infériorité, il ne cherche pas nécessairement à gagner la guerre. Il tente plutôt de maximiser les coûts économiques pour l’adversaire.
Cela signifie :
- hausse des prix de l’énergie;
- chaînes d’approvisionnement sous pression;
- marchés financiers très sensibles.
La guerre se déplace ainsi du champ de bataille vers le système économique.
Et l’Allemagne ?
Voici le point décisif. L’Allemagne a déjà supporté la plus grande partie des coûts structurels de la guerre en Ukraine:
- perte d’une énergie bon marché;
- augmentation des coûts de production;
- pression croissante sur l’industrie et les PME.
Si une nouvelle crise énergétique venait à éclater au Moyen-Orient, ce point sensible serait une nouvelle fois touché. La hausse des prix du pétrole et du gaz aurait un effet immédiat: coûts de production plus élevés – inflation accrue – pression supplémentaire sur l’industrie et le tissu économique.
Ou, pour le dire simplement: la guerre en Ukraine a déjà massivement affaibli l’économie allemande. Une nouvelle crise énergétique au Moyen-Orient pourrait être le coup de grâce pour la puissance industrielle allemande.
17:49 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, économie, actualité, ukraine, hydrocarbures, allemagne, europe, affaires européennes, moyen-orient |
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mercredi, 04 mars 2026
Le danger d'une déstabilisation de l'Europe: l’AfD et la FPÖ appellent à la modération dans la guerre en Iran

Le danger d'une déstabilisation de l'Europe: l’AfD et la FPÖ appellent à la modération dans la guerre en Iran
Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/warnung-vor-dest...
Face à la guerre d’agression contre l’Iran, l’AfD et la FPÖ appellent à la retenue et à un retour à la diplomatie. La FPÖ met également en garde contre des conséquences économiques et sécuritaires de grande ampleur pour l’Autriche.
Face aux tensions croissantes après l’attaque contre l’Iran, l’AfD et la FPÖ prônent la prudence politique ainsi qu’un retour à la table des négociations.
Berlin/Vienne – Après les récentes frappes militaires d’Israël et des États-Unis contre des cibles en Iran, la situation au Moyen-Orient s’est encore aggravée. Depuis le week-end, on parle d’une escalade qui s'avère évidente. Des observateurs mettent en garde contre une extension des hostilités au-delà de la région. Dans ce contexte, l’AfD en Allemagne ainsi que la FPÖ en Autriche appellent à la retenue et à la désescalade.
L’AfD appelle à la retenue
Les coprésidents du groupe parlementaire de l’AfD au Bundestag, Alice Weidel et Tino Chrupalla, ont réagi avec inquiétude aux actions militaires contre l’Iran. Dans une déclaration commune, ils ont déclaré: «Nous avons pris connaissance avec grande inquiétude des attaques d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Nous appelons toutes les parties au conflit à une retenue absolue». La population civile et les infrastructures civiles doivent être protégées, et le droit international ainsi que le droit humanitaire international doivent être respectés sans restriction.
«La nouvelle déstabilisation du Moyen-Orient ne sert pas l’intérêt de l’Allemagne et doit cesser», ont indiqué les deux figures de proue de l’AfD.

Ils reçoivent également un soutien interne au parti. Le député fédéral de l’AfD, Torben Braga, rappelle que les frappes aériennes seules ne peuvent pas imposer un changement politique durable. Malgré cette « réalité indiscutable », l’AfD, ou plutôt Weidel et Chrupalla, subissent « massivement des critiques et des attaques parce qu’ils restent calmes, au lieu de tomber dans la fièvre belliciste et de célébrer aveuglément les opérations militaires des États-Unis et d’Israël». Selon Braga, cette critique n’est plus objective.
Il souligne que «tout tourne maintenant autour d'une volonté d'harceler l’AfD parce qu’elle ose prendre une position qui ne correspond pas à 1000 % à leur propre opinion», critique-t-il.
La FPÖ mise sur la désescalade au Moyen-Orient
Face à la guerre d'agression, la FPÖ appelle également à la modération. La porte-parole en politique étrangère du parti, Susanne Fürst (photo), s’est montrée profondément préoccupée par l’évolution de la situation.

«L’escalade actuelle au Moyen-Orient me remplit de la plus grande inquiétude. La chose la plus importante est maintenant que la situation ne dégénère pas en une conflagration généralisée et que les hostilités militaires cessent dès que possible», a-t-elle souligné ce week-end dans un communiqué.
Elle espère donc «qu’une désescalade de la situation sera de nouveau possible, que le maximum de vies humaines sera épargné, et qu’il y aura un retour à la table des négociations».
Elle a également rappelé la tradition de neutralité de l’Autriche: La neutralité nous a apporté paix, liberté, sécurité et prospérité pendant des décennies, même en ces temps de turbulences géopolitiques mondiales».
L’Autriche doit revenir à une politique de neutralité active et devenir «un lieu de dialogue et de médiation».
Kickl exige des clarifications sur les conséquences de l’attaque américano-israélienne
Pendant ce temps, Herbert Kickl (photo), chef du parti FPÖ, s’est concentré sur les conséquences économiques et sécuritaires possibles de l’escalade pour l’Autriche. Il attend des réponses concrètes du gouvernement fédéral concernant l’impact de la hausse des prix du pétrole sur l’économie nationale, ainsi que sur d’éventuelles interruptions ou réductions d’approvisionnement en gaz naturel liquide dans la région.
Il souligne également que la mer Rouge est une question centrale pour le commerce international et l’approvisionnement en énergie, et il s’interroge sur les conséquences possibles d’un blocus.

Il évoque aussi l’impact du conflit sur la situation sécuritaire en Autriche, notamment en lien avec une éventuelle future migration. Le gouvernement doit préciser quelles mesures ont déjà été prises ou sont planifiées pour protéger le pays contre les effets directs et indirects du conflit.
Il s’agit aussi de savoir quelles actions le ministère des Affaires étrangères entreprend pour protéger les citoyens autrichiens dans la région concernée.
« Je suis curieux de savoir combien de temps il faudra avant que nous en tirions quelque chose. Je pense que la population a le droit de le savoir », a déclaré Kickl.
Selon un rapport de Fass ohne Boden, les premières conséquences économiques de l’escalade guerrière sont déjà perceptibles. Des compagnies maritimes ont suspendu leurs traversées du détroit d’Hormuz, et plusieurs pétroliers sont à l’ancre, immobilisés dans le Golfe Persique.
Les tensions sont dues à des avertissements des Gardiens de la révolution iraniens, qui affirment qu’aucun navire ne doit traverser le détroit. Parallèlement, les primes d’assurance pour le transport par la région ont fortement augmenté, ce qui entraîne une hausse des coûts pour l’énergie et les marchandises.
Ce passage stratégique, qui représente environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et une part importante du commerce mondial de gaz naturel liquéfié, est considéré comme un point névralgique de l’économie mondiale.
Les marchés réagissent déjà avec nervosité : le prix du Brent a augmenté sensiblement. Une véritable blocus entraînerait, selon les analystes, d’importantes perturbations dans le commerce mondial — avec des conséquences perceptibles en Europe aussi.
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mardi, 03 mars 2026
L'Allemagne et la guerre d'Iran: la question stratégique concrète

L'Allemagne et la guerre d'Iran: la question stratégique concrète
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Le débat actuel est trop abstrait: on parle de dissuasion, d’alliances ou de puissance militaire. Pour l’Allemagne, il s’agit cependant de quelque chose de très concret: les prix de l’énergie, la compétitivité industrielle et la stabilité économique.
La différence essentielle avec les conflits passés: un conflit avec l’Iran ne serait pas une campagne courte, mais une guerre d’usure à long terme avec pour enjeux l’énergie, les infrastructures et les marchés. C’est précisément là que réside sa puissance explosive sur le plan géopolitique.
L’Iran détient un levier central dans l’économie mondiale. Environ 20% du commerce mondial du pétrole transite par le détroit d’Hormuz. Même quelques attaques ou mines augmenteraient considérablement les coûts d’assurance et de transport. Les pétroliers feraient des détours, les chaînes d’approvisionnement deviendraient instables. Pour l’Allemagne, cela aurait des conséquences directes: le pétrole et le gaz deviendraient beaucoup plus chers, les prix de l’électricité augmenteraient, les investissements diminueraient. Les secteurs à forte consommation d’énergie, comme la chimie, l’acier ou la construction mécanique, seraient davantage encore sous pression.
De plus, l’Iran peut frapper l’infrastructure énergétique et industrielle dans toute la région du Golfe. Quelques drones suffisent pour paralyser temporairement des raffineries ou des terminaux. Si de telles attaques se répètent régulièrement, cela créerait une crise permanente sur les marchés de l’énergie — et représenterait un désavantage structurel pour l’Europe.
Un second effet est peu discuté. Un conflit prolongé occuperait l’attention et les ressources des États-Unis. En même temps, la pression sur l’Europe augmenterait pour qu’elle prenne plus de responsabilités militaires et financières. Concrètement, cela signifie: des dépenses dans le domaine de la défense plus élevées, davantage de dettes et moins de marge de manœuvre pour les investissements futurs dans l’économie.
Parallèlement, des pays asiatiques pourraient renforcer leur position: contrats énergétiques à long terme, nouvelles routes commerciales, sécurité dans la planification industrielle. L’Europe, en revanche, entrerait dans un état de crise permanent. Le vrai danger ne réside donc pas dans une défaite militaire.
Le danger est que l’Allemagne perde économiquement — par des prix de l’énergie durablement élevés, par l’incertitude et par une dépendance stratégique.
La question centrale n’est donc pas: qui gagnera cette guerre.
La question centrale est: comment l’Allemagne protège-t-elle sa base industrielle si la région du Moyen-Orient reste durablement instable? Une politique d’intérêts sobre devrait précisément commencer ici:
Sécurité d’approvisionnement, routes commerciales stables et désescalade. Car un conflit sur le long terme avec l’Iran serait moins une guerre régionale qu’un test de résilience économique et politique pour l’Allemagne.
12:50 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes, iran |
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mardi, 24 février 2026
Coup de gueule numérique: l'interdiction des réseaux sociaux enferme la jeunesse dans une chambre d’écho de gauche

Merz soutient les projets d’interdiction
Coup de gueule numérique: l'interdiction des réseaux sociaux enferme la jeunesse dans une chambre d’écho de gauche
Source: https://derstatus.at/politik/digitaler-maulkorb-social-me...
Le couvre-feu numérique pour les jeunes arrive-t-il ? Alors qu’on parle officiellement de protection, la suspicion grandit car il ne s’agit nullement d'une prévention de la dépendance, mais d'un contrôle, d'un monopole de l’interprétation et d'une influence politique généralisée sur toute une génération. Et d’une surveillance potentielle de tous les citoyens comme “effet secondaire utile”.
Le gouvernement discute d’une interdiction graduelle
En Allemagne aussi, une interdiction progressive des médias sociaux pour les enfants et les jeunes est à l’étude. Le prétexte: prétendument “protéger les jeunes contre la dépendance, le stress psychique, la haine et la désinformation”. La SPD a présenté à la mi-février 2026 un document pour impulsion au projet. Le parti socialiste exige une interdiction totale pour les enfants de moins de 14 ans, avec un blocage technique d’accès par les plateformes, sous peine de sanctions allant jusqu’au blocage du réseau. Pour les 14-16 ans, une “version jeunesse” obligatoire doit être instaurée: sans recommandations algorithmiques, sans défilement infini ni systèmes de récompense, avec une vérification obligatoire de l'âge.
La CDU a discuté, lors de son congrès, la proposition du Land du Schleswig-Holstein. Celle-ci prévoit un âge minimum légal de 16 ans pour les plateformes ouvertes telles qu’Instagram, TikTok ou Facebook, avec vérification obligatoire de l'âge. Il existe un large soutien pour cette proposition, mais certains prônent une régulation plutôt qu’une interdiction totale. Le chancelier Friedrich Merz a exprimé dans le podcast “Machtwechsel” “beaucoup de sympathie” pour les deux propositions. Il a souligné que beaucoup de jeunes adolescents de 14 ans sont en ligne jusqu’à cinq heures par jour. Cela nuirait, selon lui, à la socialisation, à la concentration et au développement de la personnalité. Lui aussi avance la “protection des enfants” pour se justifier par un motif louable.
Imposer une chambre d’écho: tel est le calcul politique
Le danger réside dans le fait que de nombreux citoyens pourraient percevoir cette initiative comme une “bonne” mesure visant la protection de l’enfance. En Autriche, où une mesure similaire est envisagée, le système produit facilement des sondages suggérant qu'une majorité de citoyens soutient le projet. Mais, du point de vue populiste et patriotique, il ne faut en aucun cas approuver tout cela sans émettre de critique. Même à des fins électorales. Car, depuis la campagne pour les élections européennes, l’idée qu’il pourrait y avoir une stratégie politique derrière ce "beau projet" ne constitue plus une théorie du complot.

Lors de cette campagne électorale, l’AfD a particulièrement gagné des suffrages auprès des jeunes électeurs, et même l’opposition soulignait, entre autres choses, l’efficacité de leur offensive sur TikTok & Co. La capacité de l'AfD, malgré l'environnement parfois très à gauche dans lequel baignent les jeunes en subissant une propagande constante qui prône des idées “woke”, à atteindre les jeunes avec des contenus patriotiques et critiques du système s'avère particulièrement menaçante pour les élites au pouvoir. Sans internet, beaucoup de jeunes seraient enfermés dans une chambre d’écho de gauche, qui, dans le pire des cas, serait composée d'une famille aux idées de gauche, de camarades de classe campés à gauche et de professeurs militants de gauche.
Si on prive désormais les jeunes de la possibilité de s’informer en dehors des médias mainstream, on étouffe dans l’œuf leur contestation potentielle des narratifs dominants. Toute opposition à l'hégémonie en place de la part des jeunes serait rapidement reléguée au rang d'une simple rébellion juvénile fortuite. Que les médias sociaux puissent être une arme à double tranchant n’est rien de nouveau. Le danger qu'il y a à être exposé pendant de longues heures de loisirs improductifs et psychiquement destructeurs ne peut être nié. Mais ces médias sociaux restent aussi, pour l’instant, les seuls moyens pertinents pour transmettre aux jeunes des idées d’opposition sans qu'ils aient à subir le filtre méprisant du mainstream.
Briser la bulle d’échos de gauche
De plus, chacun doit être conscient qu’une vérification de l’âge donnerait aux gouvernants encore plus de pouvoir sur ce qui est écrit en ligne, puisqu’il faudrait déposer ses pièces d’identité. Et cela signifie, dans le pire des cas, que même les personnes de 80 ans devraient prouver qu’elles ont en réalité plus de 14 ans. Rappelons que des raids policiers ont déjà eu lieu à cause de memes inoffensifs en ligne, dans un réseau partiellement anonyme, ce qui constitue un nouveau levier pour faire fuir les personnes politiquement indésirables sur Internet.
Le fait que les revendications pour une telle interdiction s’intensifient presque simultanément dans tout l’Occident, surtout lorsque les élites perdent leur contrôle politique, doit faire retentir tous les signaux d'alarme. Cela ressemble à une synchronisation concertée pour nuire à l’opposition contre les élites souvent mondialistes et pour reprendre le pouvoir d’interprétation. Justement celles que l’on a commencé à perdre lors des récentes manifestations de “gilets jaunes” – ou des protestations contre la crise migratoire, le coronaturlutuvirus et la guerre en Ukraine.
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mercredi, 04 février 2026
Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
L'année 2026 sera une année électorale et donc potentiellement une année clé pour les démocraties européennes. Qu'il s'agisse de sécurité, d'énergie, de changements géopolitiques, de souveraineté ou de migration, ces élections auront un impact sur l'UE. En avril 2026, les Hongrois éliront un nouveau parlement. Depuis 2010, Orban a réussi, avec sa coalition de centre-droit Fidesz-KDNP, à remporter quatre élections consécutives. Budapest est devenue une plaque tournante du conservatisme européen.
Orban a notamment mené une politique migratoire restrictive, ce qui lui a valu des sanctions juridiques, des pressions financières et politiques de la part de l'UE. Et pour la première fois, toute l'opposition hongroise se rallie derrière une seule figure, Peter Magyar et son parti Tisza, pour défier Orban. Tisza appartient au groupe PPE et se montre très pro-UE. Une défaite d'Orban sera perçue comme un succès stratégique des institutions et de la politique de l'UE.

Les États-Unis d'Amérique, la Suède, la Slovénie et l'Allemagne
Les élections de novembre 2026 aux États-Unis, les élections dites de mi-mandat, sont également importantes. Il s'agit d'un test crucial pour Donald Trump, car il ne dispose que d'une faible majorité à la Chambre des représentants. Il peut jouer plusieurs atouts : la croissance économique, la lutte contre l'immigration clandestine, la guerre contre la drogue, les interventions à l'étranger. Cela suffira-t-il à lui permettre de conserver sa majorité ou va-t-il la perdre ? Et surtout, quelles en seront les conséquences pour l'Europe ?

Les Suédois éliront un nouveau parlement en septembre 2026, après quatre ans de gouvernement au cours desquels les Démocrates suédois ont pu influencer la politique migratoire et sécuritaire en accordant leur soutien au gouvernement de centre-droit. Seront-ils récompensés pour cela ? Les récents sondages indiquent que les sociaux-démocrates ont la faveur des électeurs. Y aura-t-il un nouvel accord avec les conservateurs en Suède ? En Slovénie, le populiste de droite Janez Jansa (photo) espère revenir au pouvoir avec son parti SDS après les élections de mars. Cela signifierait un renforcement du bloc de droite en Europe de l'Est.
Enfin, plusieurs élections régionales auront lieu en Allemagne, où les « etablierte Parteien » (les partis établis) observent avec inquiétude la montée en puissance du parti populaire Alternative für Deutschland. Dans certains Länder est-allemands, l'AfD dépasse largement les 35% des intentions de vote, si l'on en croit les sondages. Non, nous ne nous ennuierons certainement pas sur le plan politique en 2026.
19:02 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : affaires européennes, politique, actualité, europe, hongrie, slovénie, suède, allemagne, états-unis, midterms 2026 |
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mardi, 03 février 2026
Les indicateurs économiques allemands annoncent des temps difficiles

Les indicateurs économiques allemands annoncent des temps difficiles
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Les chiffres du bureau de conseil aux entreprises Falkensteg montrent que le nombre de faillites de moyennes et grandes entreprises (entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 10 millions d'euros) aura augmenté de 25% en 2025 par rapport à 2024. Depuis la crise du coronavirus, le nombre de faillites de moyennes entreprises a triplé. Le chercheur Jonas Eckhardt parle d'une évolution dramatique, car selon lui, il ne s'agit plus d'une faiblesse conjoncturelle, mais de problèmes structurels profonds.
Pour 2026, le cabinet de conseil Falkensteg prévoit également une augmentation supplémentaire du nombre de faillites de moyennes et grandes entreprises. Selon Jonas Eckhardt (photo), nous pouvons nous attendre à une augmentation de 10 à 20%. Les principales causes ont déjà été mentionnées: des consommateurs incertains qui reportent leurs achats (construction automobile et mécanique), des coûts énergétiques élevés (en raison de la transition énergétique verte) et une bureaucratie, une réglementation sans équivalent en Europe, même en Flandre.
Les chiffres des exportations baissent, ceux des importations augmentent
Ces chiffres indiquent également une «fatigue économique» en Allemagne. En novembre 2025, les exportations allemandes ont baissé de 2,5% par rapport à octobre, soit la plus forte baisse mensuelle depuis mai 2024. Dans le même temps, les importations de marchandises étrangères en Allemagne ont augmenté de 0,8%. Il s'agit de chiffres officiels, publiés par l'Office fédéral allemand de la statistique.
Les exportations allemandes ont atteint 128,1 milliards d'euros, tandis que les importations étrangères en Allemagne se sont élevées à 115,1 milliards d'euros. L'excédent commercial s'élève ainsi à 13,1 milliards d'euros, alors qu'il était encore de 17,2 milliards d'euros en octobre. La plus forte augmentation des importations a été enregistrée pour les marchandises en provenance de Chine, ce qui n'est bien sûr pas tout à fait surprenant. C'est une augmentation de 8% par rapport au mois d'octobre.
Une dernière donnée économique concernant notre principal partenaire commercial, l'Allemagne: depuis le début de l'année 2026, les réserves de gaz dans les réservoirs allemands ont atteint leur niveau le plus bas en 15 ans. Selon le Verband der europäischen Gasinfrastrukturbetreiber (GIE ou Union des gestionnaires d'infrastructures gazières européennes), les réserves de gaz en Allemagne représentaient 53% de la capacité maximale de stockage au 5 janvier. Normalement, le niveau à la fin janvier est de 70%. L'Agence allemande pour le réseau gazier a donc appelé les Allemands à économiser leur consommation de gaz. Heureusement, l'Allemagne peut compter sur les importations de gaz via la France et la Belgique. La moyenne européenne des réserves de gaz s'élève à 59% de la capacité disponible. Avec 53%, l'Allemagne se situe clairement en dessous de cette moyenne. En Pologne, où il fait également très froid en ce moment, les réservoirs de gaz sont actuellement remplis à plus de 80%.
L'Allemagne est dans une situation difficile. Cela ne sera pas sans conséquences pour les autres États membres de l'UE.
20:19 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, économie, europe, allemagne, affaires européennes |
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dimanche, 01 février 2026
Interdiction de l’AfD: les vieux partis allemands ne tiennent plus qu’en nouant des intrigues

Interdiction de l’AfD: les vieux partis allemands ne tiennent plus qu’en nouant des intrigues
Source: https://derstatus.at/politik/afd-verbot-altparteien-werde...
Que faire lorsque l’adversaire politique devient trop puissant? Apparemment, on préfère recourir au bâton judiciaire et à des astuces politiques douteuses, plutôt que d’affronter le jugement des citoyens. La frontière entre démocratie et maintien du pouvoir devient préoccupante dans un Allemagne du «Mur de feu» (du "cordon sanitaire").
Interdiction de l’AfD comme condition préalable
Quand un système établi est-il dépassé? La réponse peut être très courte: dès que les vieux acteurs en place mettent la pression pour forcer un dernier reste de cohésion. Les jours d’une ère idéologique semblent comptés, dont les composantes n’ont plus grand-chose en commun quant au fond et au programme, mais qui cherchent le moindre dénominateur commun de peur de perdre le pouvoir. Les Verts exigent, avant les élections régionales en Rhénanie-Palatinat, qu’une procédure d’interdiction contre l’AfD soit engagée.
Sans cet artifice, il ne pourrait y avoir de contrat de coalition, pourrait-on dire. Friedrich Merz a déjà dû accepter des milliards de dettes pour acheter le soutien de la SPD à sa candidature à la chancellerie. Et maintenant, il semblerait aussi qu’à Mayence, une tractation du même acabit se prépare. Si tu me promets que nous irions ensemble devant la Cour constitutionnelle, je te tends la main pour un mariage de convenance, telle serait probablement une solution de compromis. En quoi tout cela a-t-il encore du sens ou relève-t-il du bon ordre des choses? En rien, absolument rien, il faut le constater.

Éliminer la concurrence par un procès fallacieux
Les pressions et les menaces façonnent désormais tellement la vie politique berlinoise que de simples citoyens seraient depuis longtemps traduits en justice pour des délits, s’ils s’aventuraient à appliquer les méthodes que les partis utilisent sans scrupules ni honte pour préserver leur vacuité. La crainte que l’Alternative für Deutschland puisse atteindre une majorité absolue et empêcher ceux qui se sont si confortablement installés dans les sièges et les postes de prendre pour contrôler le pouvoir, ne conduit pas seulement à des déviances bizarres, mais à des actes carrément criminels.
Les menaces et les ultimatums ne peuvent en aucun cas constituer une base de confiance. Quiconque tombe dans le piège y participe, et devient complice du mécontentement, de la désillusion et de la colère du peuple souverain. Le boycott et le blocage de l’opposition, agonie de critiques, prennent des tournures si extrêmes qu’on ne peut plus parler de démocratie. La polarisation a contribué à bien plus que l’exclusion, que l’isolement et que la privation d’égalité des chances dans les joutes électorales. La privation des droits se poursuit à un rythme sans précédent: ce ne sont pas les Bleus (= AfD), accusés de tous les maux, qui veulent détruire le pays et les institutions, mais bel et bien les partis colorés.
Un quart des électeurs, de manière totalitaire, risque d'être privé de tribune
Vaincre un concurrent à tout prix et le faire taire, se chercher des alliés contre-nature pour suivre la seule voie de la répression: ce type de comportement est assumé de manière dévoyée et délinquante. Les mécanismes sont aussi subtils que dans l'ancienne RDA, on ne fait même plus l’effort de dissimuler le caractère totalitaire de ses agissements. Les partis de l'establishment utilise une règle fondamentale du droit constitutionnel, qui n'autorise l’élimination d’un adversaire politique qu'à titre absolument exceptionnel dans la vie politique. En agissant de la sorte, les vieux partis de l'establishment montrent des traits grotesques, exprimant un primitivisme sordide.
Comme si l’on n’était pas capable de voir ce que Klingbeil, Banaszak, Reichinnek ou Brantner complotent sous le prétexte de «défense» de la démocratie allemande. Ils veulent ôter à un quart des citoyens toute identité idéologique, croyant, dans leur méchante naïveté, qu’après une décision du tribunal constitutionnel de Karlsruhe, les brebis perdues reviendraient aux troupeaux d’origine. La durabilité n’a jamais été leur fort quand il s’est agi d’automobiles électriques nuisibles à l’environnement, de pompes à chaleur et d’éoliennes, qu’ils considèrent comme des exploits en matières écologiques. Il est tout simplement naïf de penser que la politique peut se faire par interdits.
Une interdiction renforcerait l’opposition
Un tel simplisme ne fonctionne ni avec l’alcool ni en ce qui concerne l’AfD. La croyance naïve selon laquelle il suffit de tourner la tête pour oublier est probablement une mauvaise croyance. Mais la RDA a déjà montré que la résistance populaire ne peut pas être arrêtée par des expédients simplistes. Si l’on veut vraiment éliminer le risque d'une rébellion, d'une révolte des mécontents, il faut faire intervenir le seul bon sens.
Jusqu’à présent, la rue est encore calme, à l’exception des grand-mères que l'on a mobilisées pour battre le tambour ou souffler dans des trompettes de Jéricho pour faire reculer et couler la droite alternative. Mais la situation pourrait rapidement changer si l'on place sous tutelle ceux qui refusent de changer de cap, c’est-à-dire si l'on donne à un parti alternatif et challengeur le droit légitime de diriger, si cela est confirmé par le vote des citoyens.
La crainte d'une manipulation des élections n’est pas à écarter; déjà dans des sondages organisés par les médias publics, on constate des décalages étranges, difficilement explicables par la raison. Il faut rester vigilant face à la fraude. Car les «bons» (auto-proclamés) n’hésitent plus devant aucune audace pour garantir leur carrière, leurs postes et leur argent.
+++ Suivez-nous sur Telegram : t.me/DerStatus & sur Twitter/X : @derStatus_at +++
19:22 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afd, allemagne, europe, affaires européennes |
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