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mercredi, 18 mars 2026

Exit le semeur de confusions

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Exit le semeur de confusions

Karl Richter

Source: https://www.facebook.com/karl.richter.798

De mortuis nihil nisi bene – on ne doit rien dire de mal des morts. Mais dans le cas de Jürgen Habermas, décédé samedi à Starnberg à l’âge de 96 ans, on peut faire une exception. Habermas fut un promoteur déterminant de l’arrimage occidental de l’Allemagne après 1945, en infectant la gauche d'un marxisme modernisé, enrichi d’approches à la sauce américaine, et en l’orientant vers l’Occident. Il devint l’un des propagandistes les plus influents de la fameuse rééducation.

Né à Düsseldorf, il fut, pendant la guerre, chef de section dans les Jeunesses hitlériennes, avant de devenir rapidement, après celle-ci, victime de la «rééducation» et de faire carrière comme moralisateur en chef de la jeune République fédérale. Aucun autre intellectuel n’a autant façonné la conscience politique de la société allemande d’après-guerre que Jürgen Habermas, qui a appris aux Allemands à renier leurs traditions et à placer leur salut dans les « valeurs occidentales ».

En 1999, lors de l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie, il s’en réjouissait et suggérait qu’il ne s’agissait là que d’une «aide d’urgence légitimée par le droit international». Selon lui, le monde serait de toute façon sur la voie qui mènerait du « droit international classique des États vers le droit cosmopolitique d’une société mondiale de citoyens », ainsi fabulait-il. Nous constatons aujourd’hui où cela nous a mené. Il s’est lamenté sur la réunification de 1989, allant jusqu’à halluciner que l’unité nationale des Allemands « entrait en collision avec les règles universalistes de la coexistence égalitaire de formes de vie différentes ». Mais déjà à l’époque, ce sont surtout les élucubrations de Habermas qui entraient en collision avec la réalité.

61Yg-3u1E9L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgAprès avoir soutenu sa thèse en 1954 auprès de l’ancien activiste nazi Erich Rothacker et avoir publié une précoce critique de Heidegger, il fut recruté par le centre de gravité de la future « École de Francfort », soit par Theodor W. Adorno, pour devenir assistant à l’Institut de recherche sociale de Francfort. Là, Habermas transforma la soi-disant «théorie critique» en une théorie fumeuse de la communication – contribuant ainsi de manière décisive à rendre le marxisme à nouveau fréquentable pour une nouvelle génération d’intellectuels et de gauchistes en Europe de l’Ouest.

Son œuvre principale, la Théorie de l’agir communicationnel en deux volumes, parue en 1981, promet l’émancipation par le discours – un discours prétendument «sans domination». En réalité, le discours selon Habermas est lui-même un instrument de domination. Quiconque ne se soumet pas à ses règles du jeu ne peut pas participer – une théorie de l’exclusion que la gauche a depuis lors intériorisée jusqu’au refus total de la réalité; on le voit à l’exclusion pathologique, quasi religieuse, que subit l’AfD.

Parallèlement, le discours devient un substitut à l’action: le parler remplace l'agir. Toute une génération d’activistes étudiants en fut marquée – devenant des enseignants, des professeurs d’université, des apparatchiks sociaux-démocrates, des entêtés syndicaux, tous imbuvables et improductifs. Le fait qu’on ait laissé ce type humain remodeler la société allemande pendant des décennies a mené le pays là où il en est aujourd’hui. Intellectuellement, c’est un champ de ruines.

Theorie-de-l-agir-communicationnel-Tome-1.jpgLa prétendue philosophie de Habermas n’est qu’une pure création de l’esprit. Son langage, alambiqué et abscons jusqu’à l’incompréhensible, n’est qu’un interminable moulin à concepts. Sa « philosophie » n’en est pas une. Elle ne transmet ni connaissance, ni intuition morale. Elle ne fait progresser personne. Qu’elle ait, dans les universités allemandes, remplacé toute la philosophie antérieure de Platon à Heidegger, a signifié, pour le pays des poètes et des penseurs, la mort cérébrale.

Il faut, dans ce contexte, se rappeler la parole toujours actuelle de Confucius: «Si les concepts ne sont pas corrects, les mots ne sont pas adéquats; si les mots ne sont pas adéquats, les œuvres n’aboutissent pas; si les œuvres n’aboutissent pas, la morale et l’art ne prospèrent pas; si la morale et l’art ne prospèrent pas, les sanctions ne sont pas appropriées; si les sanctions ne sont pas appropriées, le peuple ne sait pas où poser la main et le pied. C’est pourquoi l’homme noble veille en toutes circonstances à ce que ses concepts puissent s’exprimer en mots, et que ses mots puissent se traduire en actes. Voilà ce qui compte». C’est ici que se situe Habermas: il s'est posé comme le destructeur de la pensée, comme le perturbateur des esprits et des âmes.

libriagcommjhweb.jpgPendant des décennies, Habermas fut considéré comme une instance morale et intellectuelle de la République fédérale. Lors de la querelle des historiens dans les années 1980, il s’arrogea l’autorité de décider de ce qu’il était encore « possible de dire » en Allemagne.

Toute tentative de considérer l’histoire allemande autrement qu’à travers le prisme de la culpabilité, il la condamnait comme «apologétique». Il inventa le concept de «patriotisme constitutionnel», qui devint un slogan creux prisé par la gauche désireuse d’abolir l’Allemagne. Mais: c’est soit le patriotisme, soit la constitution. Les patriotes constitutionnels ont déjà perdu.

Le bilan de Habermas est, tout compte fait, dévastateur. Il a formé des générations d’universitaires à transformer les conflits sociaux en discours, et par là, à obscurcir la pensée à grande échelle. Même le mouvement étudiant, qui visait encore à changer la société, s’est transformé sous son influence en une pure secte de la communication qui, grâce à l’hégémonie médiatique de la gauche, domine depuis des décennies la vie publique. Finalement, Habermas ne fut qu’une chose: le plus grand embrouilleur des esprits en Allemagne après 1945. Il n’y a pas lieu de le pleurer.

dimanche, 15 mars 2026

Friedrich List: l’économiste du capitalisme industriel

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Friedrich List: l’économiste du capitalisme industriel

Paolo Raimondi

Source: https://jornalpurosangue.net/2026/01/03/friedrich-list-o-...

Je limiterai mes observations à la réfutation de la théorie d’Adam Smith et compagnie, dont les erreurs fondamentales n’ont pas encore été comprises avec la clarté nécessaire.

C’est cette théorie qui fournit aux opposants du Système Américain (selon List) la base intellectuelle de leur opposition. C’est la combinaison de ces soi-disant théoriciens avec ceux qui pensent avoir un intérêt dans le soi-disant libre marché qui donne à cette opposition une force aussi apparente. Arborant une supposée supériorité en science et en connaissance, ces disciples de Smith et de Jean-Baptiste Say considèrent tout défenseur du bon sens comme des empiristes dont les capacités intellectuelles et les réalisations littéraires ne seraient pas assez fortes pour comprendre la doctrine sublime de leurs maîtres.

« Je crois qu’il est du devoir [de la Convention Générale de Harrisburg, de 1827] de s’attaquer à la racine du mal, en déclarant erroné le système d’Adam Smith et compagnie, en lui déclarant la guerre au nom du Système Américain, en invitant les hommes de lettres à révéler ses erreurs et à prononcer des conférences populaires sur le Système Américain, et, enfin, en exigeant que les gouvernements des différents États, ainsi que le gouvernement fédéral [des États-Unis], soutiennent l’étude du Système Américain dans les divers collèges, universités et institutions littéraires placés sous leurs auspices. »

Qui croyez-vous être l’auteur de cette déclaration radicale? Un révolutionnaire anticapitaliste? Un communiste marxiste? Ou simplement un socialiste aux paroles dures? Non. Il s’agit de Friedrich List, dans une lettre écrite le 10 juillet 1827, en Pennsylvanie, adressée à Charles Ingersoll, vice-président de la Société de Pennsylvanie pour la Promotion des Manufactures et des Arts Mécaniques.

Friedrich List, le scientifique et économiste allemand né à Reutlingen (Wurtemberg) en 1789, allait devenir, avant sa mort en 1846, le père de l’Union douanière allemande, le fameux Zollverein, qui fut la base de l’unité politique de l’Allemagne. List fut un ardent défenseur du capitalisme industriel, du Système Américain d’économie physique, du système d’économie nationale et du premier grand système ferroviaire et de transports intégré à l’échelle européenne.

Je crois qu’il est psychologiquement pertinent d’avoir cette référence historique précise, car l’effondrement du système économique bolchevique a frappé l’Europe de l’Est et l’Union Soviétique, plongeant les observateurs dans une telle perplexité qu’il existe depuis une tendance à penser, sous la présomption que la propagande occidentale est vraie, que toutes les économies occidentales sont couronnées de succès et suivent les mêmes principes que le soi-disant libre marché.

4105AX4QS9L._SX195_.jpgLa crise économique et globale est si avancée et explosive que nous n’avons pas le droit de commettre cette erreur ni de perdre plus de temps.

Je vais maintenant souligner rapidement quelques-unes des contributions les plus pertinentes de la théorie et de l’action de List, en cherchant à utiliser ses propres arguments, extraits de ses nombreux écrits, le plus connu étant « Le Système national d’économie politique » de 1844.

Le cosmopolitisme contre les nations

L’économie politique se compose de trois éléments : 1) l'économie individuelle ; 2) l'économie nationale ; 3) l'économie de l’humanité. Adam Smith traite de l’économie individuelle et de l’économie de l’humanité, c’est-à-dire de l’économie cosmopolite. Liberté sur toute la planète, paix universelle et éternelle, droits naturels, union de toute la famille humaine. La liberté absolue du commerce sur tout le globe était en parfaite harmonie avec cette doctrine.

C’est l’idéologie du « One World », du nouvel ordre mondial, avec la bénédiction des loges maçonniques.

Mais ce n’est pas la réalité. Dans le monde réel, il existe des nations ; certaines sont avancées, dotées de pouvoir industriel et militaire ; d’autres non. Dans le monde réel, il existe aussi des guerres et des intérêts distincts, parfois opposés, entre nations. List affirme :

« Dans les conditions existantes dans le monde, le résultat du libre-échange général ne serait pas une république universelle, mais, au contraire, une sujétion universelle des nations les moins avancées à la suprématie des puissances manufacturières, commerciales et navales dominantes. »

52adsm6x840.jpgList accusa Smith (qui travailla pour la Compagnie des Indes orientales) de servir les intérêts de la Grande-Bretagne, la puissance coloniale, afin de maintenir les colonies au niveau de productrices de biens agricoles, de matières premières ou de produits intensifs en main-d’œuvre et de basse technologie pour l’exportation. De même, List attaqua la théorie de la population de Malthus comme étant le résultat du système colonial de libre-échange d’Adam Smith.

List opposa à cela l’idée d’une économie nationale, d’une importance décisive pour les nations émergentes — une économie nationale cherchant à développer sa propre base industrielle et ses forces productives, mettant son marché intérieur à la disposition des manufactures naissantes, protégées, si nécessaire, par des tarifs et des droits de douane.

Le pouvoir productif contre la valeur d’échange

Pour Adam Smith, la « richesse des nations » repose sur l’échange de valeurs monétaires organisé autour du principe « acheter à bas prix, vendre à prix élevé » (« buy cheap and sell dear »). Smith affirme que, si une nation produit du coton, par exemple, pour des raisons climatiques et naturelles, elle doit simplement continuer à le produire et à l’exporter, achetant à d’autres nations ce qu’elles produisent de mieux, comme les produits textiles finis d’Angleterre.

Et qu’en est-il de la création d’un système industriel national, incluant des manufactures textiles? Smith objecte que cela ne serait pas économique, car produire en interne coûterait, au début, plus cher qu’importer des biens déjà manufacturés. C’est le système que l’Empire britannique voulait maintenir vis-à-vis de ses colonies, y compris les États-Unis, jusqu’à l’indépendance américaine, et c’est ce que fait et continue de faire le Fonds monétaire international vis-à-vis du secteur en développement, des pays d’Europe de l’Est et du monde en général.

L’idée de List est qu’une nation qui ne produit que des valeurs d’échange peut, à un moment donné, sembler prospère, mais elle ne sera jamais souveraine, indépendante et véritablement forte du point de vue industriel.

« Le pouvoir de produire la richesse est infiniment plus important que la richesse elle-même ; il assure non seulement la possession et l’accroissement de ce qui a été gagné, mais aussi le remplacement de ce qui a été perdu. »

Éducation, progrès culturels, promotion scientifique, promotion de la justice, défense nationale, accroissement des connaissances, expansion de la liberté, amélioration des institutions politiques, combinés à un pouvoir manufacturier croissant : telle est la source de la valeur et, une fois mobilisée, elle peut générer une production matérielle accrue.

« L’état actuel des nations est le résultat de l’accumulation de toutes les découvertes, inventions, améliorations, perfectionnements et efforts de toutes les générations qui ont vécu avant nous ; ils forment le capital mental de la race humaine actuelle, et chaque nation n’est productive que dans la mesure où elle a su s’approprier ces conquêtes des générations précédentes et les élargir par ses propres acquisitions. Le produit le plus important des nations consiste en les hommes. »

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Dans cette perspective, List soutint la création d’écoles polytechniques, c’est-à-dire d’écoles de sciences et d’ingénierie, dans toutes les grandes villes d’Amérique et d’Europe. Il présenta diverses propositions pour promouvoir l’éducation scientifique et humaniste, soutint l’organisation d’expositions économiques et scientifiques comme aspect de l’éducation et de la socialisation des découvertes scientifiques et technologiques et de leur mise en œuvre.

Le capitalisme industriel

Le système américain, ou capitalisme industriel, consiste en le développement, par l’État, de l’infrastructure économique de base, avec l’idée que c’est à l’État de générer du crédit et de fournir la direction et l’entretien de ces projets. Cela est réalisé par une combinaison d’action économique directe de l’État et par la création, par l’État, d’un système de régulations dans lequel les intérêts privés peuvent opérer. En même temps, on favorise le progrès technologique et l’activité entrepreneuriale.

C’est la création d’une base industrielle technologiquement avancée qui résulte du développement d’une économie nationale, de la production et du marché intérieur. Le marché intérieur, notamment dans la phase initiale, doit être protégé par le maintien de barrières commerciales.

a-hamilton-national-portrait-gallery.jpgLa politique de crédit et financière du Système Américain est associée à Alexander Hamilton (portrait), le premier secrétaire au Trésor des États-Unis (1789–1794), qui fonda la Première Banque nationale des États-Unis. La banque nationale crée du crédit (à de faibles taux d’intérêt), augmentant la quantité de papier-monnaie en circulation, mais en veillant à ce qu’il soit strictement destiné à des catégories spécifiques d’investissement productif. Cette fonction est coordonnée avec le système bancaire privé.

List participa directement à la promotion du Système Américain après avoir été introduit aux États-Unis par le général marquis de Lafayette. Il fut accueilli en Amérique, en 1825, comme républicain et patriote européen et américain. Il collabora personnellement avec des Américains tels que Henry Clay (futur secrétaire d’État), John Quincy Adams (futur président) et l’économiste Mathew Carey.

Le Zollverein

Trente-six États allemands, chacun avec sa propre économie et son propre système tarifaire, n’avaient pas de poids historique face à l’écrasante puissance militaire et économique de l’Empire britannique et de ses colonies. Les Britanniques manipulaient continuellement ces États, opposant les intérêts des uns aux autres.

List comprit que, pour devenir indépendante et unie, l’Allemagne devait développer sa propre industrie, ses manufactures et son pouvoir productif. L’union politique pouvait être atteinte s’il y avait une union économique fonctionnelle. Il proposa la création d’un marché commun pour les États allemands, c’est-à-dire l’élimination des tarifs internes. Mais, pour bâtir une force industrielle, il faut du temps, et la structure industrielle nationale encore fragile devait pouvoir produire pour le marché intérieur, même si, au début, les coûts étaient supérieurs aux offres britanniques. Le marché devait être protégé par des droits de douane contre la concurrence étrangère. Seules les branches industrielles les plus importantes (à forte concentration technologique) devaient bénéficier d’une protection spéciale dans la phase initiale.

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Le Zollverein débuta le 1er janvier 1835 (List y œuvrait depuis 1819), avec les associations Prusse-Hanovre et Bavière-Wurtemberg, incorporant les autres États au fil du temps, les dernières à adhérer étant les villes hanséatiques, plus influencées par la Grande-Bretagne. L’idée de List était d’associer, en réalité, toute l’Europe continentale à cette union.

Il proposa cela à la Belgique en 1844 ; il tenta d’inclure la Hollande la même année ; l’Autriche et la Hongrie, y compris Prague, avaient déjà été invitées en 1843 ; et, à partir de là, il envisagea un corridor de développement le long du Danube jusqu’à la Turquie. Il discuta de cela avec la France, où il entretenait des contacts avec des adeptes de la tradition colbertiste. Il avait aussi un plan pour associer la Russie à cette expansion des manufactures et du commerce.

On peut dire qu’il est le véritable père de la Communauté économique européenne basée sur le Système Américain.

Le système ferroviaire et l’infrastructure

Pour créer un système industriel national et promouvoir le développement des forces productives de la nouvelle union, List proposa la réalisation immédiate d’une série de grands projets centrés fondamentalement sur la création d’un réseau efficace de liaisons ferroviaires. List qualifiait le Zollverein et le système ferroviaire de « jumeaux siamois ».

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Dès 1833, dans son premier plan ferroviaire global, l’une des branches partant de Leipzig allait jusqu’à Prague. Son projet était de relier toute l’Europe continentale par des voies ferrées et des canaux intérieurs, atteignant tout particulièrement la Belgique et la Hollande, établissant ainsi une connexion directe de l’Europe avec les États-Unis par la navigation océanique.

Les idées de List sur un « système national d’économie politique » sont parvenues au Japon, à la Chine de Sun Yat-sen, à l’Amérique latine, à la Hongrie et dans tous les coins de l’Europe. L’Association des fileurs de Bohême fut très proche des idées de List, et l’écrivain slovaque Ľudovít Štúr fit campagne pour ses programmes.

Publié dans l’« Executive Intelligence Review » le 21 juin 1991.

lundi, 09 mars 2026

La Bundeswehr achète des avions de combat F-35 que le Pentagone pourrait paralyser

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La Bundeswehr achète des avions de combat F-35 que le Pentagone pourrait paralyser

Florian Rötzer

Source: https://overton-magazin.de/top-story/bundeswehr-kauft-f-3...

Le « fonds spécial », c’est-à-dire le recours à l’endettement illimité décidé par le gouvernement Merz pour le réarmement afin de devenir la plus grande force armée d’Europe, a permis d’acheter en grande quantité chez nos amis américains, en l’occurrence 35 chasseurs F-35 Lightning II. Ces avions furtifs, qui doivent remplacer les Tornado et assurer la « participation nucléaire », coûtent la bagatelle de 10 milliards d’euros. Pour cela, la base aérienne de Büchel doit être profondément transformée.

La justification officielle est que le F-35 est conçu pour les armes nucléaires, que plusieurs autres pays de l’OTAN en achètent également et qu’il « offre tout ce qui caractérise un avion de combat de cinquième génération : fusion des données de capteurs dans le cockpit, mise en réseau des appareils via un datalink spécial et une faible probabilité de détection (furtivité) par les radars ennemis ».

Le Danemark a acheté au total 43 avions de chasse F-35A et a déjà retiré tous ses F-16 du service. Depuis que Trump a cherché à annexer le Groenland, ce choix est moins bien vécu. Après tout, le Danemark s’est remis entre les mains du Pentagone et dépend des données, des communications, des pièces de rechange ou des mises à jour logicielles. À cela s’ajoutent des défauts sérieux pour cet avion surévalué et hors de prix. Il existe des difficultés lors des vols supersoniques en mode furtif, au niveau de la précision des tirs, de la disponibilité opérationnelle, des pièces détachées ou en cas de froid, de pluie ou d’orage.

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Par mise à jour logicielle, on entend que le constructeur et/ou le Pentagone a accès aux systèmes informatiques des avions – et peut, en fin de compte, faire en sorte que, par exemple, ils ne puissent pas décoller. Il n’est donc guère surprenant que le ministre néerlandais de la Défense, Gijs Tuinman (photo), évoque un autre problème. Non seulement les mises à jour logicielles posent problème, mais les avions pourraient aussi être piratés – « comme un iPhone » :

« Le F-35 est vraiment un produit commun. Les Britanniques fabriquent les moteurs Rolls-Royce, et les Américains en ont tout simplement besoin. Et même si cette interdépendance ne conduisait pas à des mises à jour logicielles, le F-35, dans son état actuel, reste meilleur que d’autres avions de combat. Si, malgré tout, vous souhaitez une mise à niveau, je vais dire quelque chose que je ne devrais jamais dire, mais je le dis quand même : on peut pirater un F-35 comme un iPhone. »

Tuinman n’a pas donné plus de détails. S’il existe des failles de sécurité, non seulement les Américains mais aussi des adversaires pourraient paralyser les avions, mais il serait aussi possible pour les Danois et les Néerlandais de piloter les avions indépendamment du Pentagone. Au printemps 2025, Joachim Schranzhofer, chef de la communication du groupe d’armement allemand Hensoldt, avait déjà déclaré au Bild : « Le ‘kill switch’ dans le F-35 est plus qu’une simple rumeur. Mais c’est encore plus simple avec le système de planification de mission : alors l’avion reste tout simplement cloué au sol. »

Cela ne semble pas avoir impressionné Pistorius. Il paraît qu’à ce jour, seul Israël a conclu un accord avec le constructeur Lockheed Martin pour utiliser un logiciel propre sur les F-35. Les avions F-35 Lightning II des autres pays reçoivent leurs mises à jour via le système propriétaire Automatic Logistics Information System. L’Allemagne, le Danemark et d’autres pays peuvent bien posséder les avions, mais les États-Unis contrôlent le logiciel et donc le cœur des appareils. Cela concerne tous les systèmes d’armes sophistiqués, par exemple aussi les systèmes de défense antiaérienne Patriot. L’achat de systèmes d’armes crée non seulement une dépendance, mais aussi une vulnérabilité face au vendeur.

Florian Rötzer

Florian Rötzer, né en 1953, est le fondateur du magazine en ligne Telepolis, dont il a été le rédacteur en chef de 1996 à 2020. Depuis 2022, il est rédacteur au Overton Magazin. Il est l’auteur de plusieurs livres. Son livre In der Wüste der Gegenwart, écrit avec Moshe Zuckermann, vient de paraître.

Plus d’articles de Florian Rötzer: https://overton-magazin.de/author/florian-roetzer/

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samedi, 07 mars 2026

Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes

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Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena#

Si l’on observe les évolutions actuelles de manière objective, une parenté stratégique apparaît entre la guerre en Ukraine et l’escalade actuelle au Moyen-Orient. La clé décisive des conflits géopolitiques modernes se situe de moins en moins sur le champ de bataille – mais de plus en plus dans l’économie et les flux énergétiques.

Guerre en Ukraine : Les conséquences économiques touchent l’Europe – surtout l’Allemagne

La guerre en Ukraine n’a pas frappé “l’Occident tout entier” de manière égale sur le plan économique. Les charges sont très inégalement réparties. Alors que les États-Unis ont pu générer des revenus supplémentaires grâce à l’exportation massive de GNL (gaz naturel liquéfié), c’est surtout l’industrie européenne qui s’est retrouvée sous pression – et au sein de l’Europe, particulièrement l’Allemagne.

Les causes sont structurelles:

- L’Allemagne dépendait fortement de l’énergie russe bon marché.

- Les industries à forte consommation d’énergie sont la colonne vertébrale de l’industrie allemande.

- La hausse des prix de l’énergie touche donc directement la base industrielle.

Depuis la rupture des relations énergétiques avec la Russie, les coûts de chauffage et les prix de l’énergie ont nettement augmenté, tandis que les prix de l’électricité pour l’industrie et les ménages restent parmi les plus élevés d’Europe. La conséquence en est une faiblesse économique persistante: l’économie allemande stagne depuis des années.

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Moyen-Orient : Attaque contre le système énergétique mondial

C’est précisément ici que le conflit avec l’Iran devient géopolitiquement pertinent: le détroit d’Ormuz est l’une des artères énergétiques les plus importantes du monde. Une part significative du commerce mondial du pétrole transite par ce détroit.

Les attaques contre les pétroliers ou la menace sur la navigation ont des conséquences immédiates:

- hausse des prix du pétrole;

- hausse des prix du gaz;

- nervosité sur les marchés financiers.

Même de petites perturbations de cette route peuvent faire grimper l’inflation et les prix de l’énergie dans le monde entier.

La logique stratégique

La logique de tels conflits est relativement simple. Lorsqu’un État est militairement en nette infériorité, il ne cherche pas nécessairement à gagner la guerre. Il tente plutôt de maximiser les coûts économiques pour l’adversaire.

Cela signifie :

- hausse des prix de l’énergie;

- chaînes d’approvisionnement sous pression;

- marchés financiers très sensibles.

La guerre se déplace ainsi du champ de bataille vers le système économique.

Et l’Allemagne ?

Voici le point décisif. L’Allemagne a déjà supporté la plus grande partie des coûts structurels de la guerre en Ukraine:

- perte d’une énergie bon marché;

- augmentation des coûts de production;

- pression croissante sur l’industrie et les PME.

Si une nouvelle crise énergétique venait à éclater au Moyen-Orient, ce point sensible serait une nouvelle fois touché. La hausse des prix du pétrole et du gaz aurait un effet immédiat: coûts de production plus élevés – inflation accrue – pression supplémentaire sur l’industrie et le tissu économique.

Ou, pour le dire simplement: la guerre en Ukraine a déjà massivement affaibli l’économie allemande. Une nouvelle crise énergétique au Moyen-Orient pourrait être le coup de grâce pour la puissance industrielle allemande.

 

mercredi, 04 mars 2026

Le danger d'une déstabilisation de l'Europe: l’AfD et la FPÖ appellent à la modération dans la guerre en Iran

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Le danger d'une déstabilisation de l'Europe: l’AfD et la FPÖ appellent à la modération dans la guerre en Iran

Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/warnung-vor-dest...

Face à la guerre d’agression contre l’Iran, l’AfD et la FPÖ appellent à la retenue et à un retour à la diplomatie. La FPÖ met également en garde contre des conséquences économiques et sécuritaires de grande ampleur pour l’Autriche. 

Face aux tensions croissantes après l’attaque contre l’Iran, l’AfD et la FPÖ prônent la prudence politique ainsi qu’un retour à la table des négociations. 

Berlin/Vienne – Après les récentes frappes militaires d’Israël et des États-Unis contre des cibles en Iran, la situation au Moyen-Orient s’est encore aggravée. Depuis le week-end, on parle d’une escalade qui s'avère évidente. Des observateurs mettent en garde contre une extension des hostilités au-delà de la région. Dans ce contexte, l’AfD en Allemagne ainsi que la FPÖ en Autriche appellent à la retenue et à la désescalade. 

L’AfD appelle à la retenue

Les coprésidents du groupe parlementaire de l’AfD au Bundestag, Alice Weidel et Tino Chrupalla, ont réagi avec inquiétude aux actions militaires contre l’Iran. Dans une déclaration commune, ils ont déclaré: «Nous avons pris connaissance avec grande inquiétude des attaques d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Nous appelons toutes les parties au conflit à une retenue absolue». La population civile et les infrastructures civiles doivent être protégées, et le droit international ainsi que le droit humanitaire international doivent être respectés sans restriction. 

«La nouvelle déstabilisation du Moyen-Orient ne sert pas l’intérêt de l’Allemagne et doit cesser», ont indiqué les deux figures de proue de l’AfD. 

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Ils reçoivent également un soutien interne au parti. Le député fédéral de l’AfD, Torben Braga, rappelle que les frappes aériennes seules ne peuvent pas imposer un changement politique durable. Malgré cette « réalité indiscutable », l’AfD, ou plutôt Weidel et Chrupalla, subissent « massivement des critiques et des attaques parce qu’ils restent calmes, au lieu de tomber dans la fièvre belliciste et de célébrer aveuglément les opérations militaires des États-Unis et d’Israël». Selon Braga, cette critique n’est plus objective. 

Il souligne que «tout tourne maintenant autour d'une volonté d'harceler l’AfD parce qu’elle ose prendre une position qui ne correspond pas à 1000 % à leur propre opinion», critique-t-il. 

La FPÖ mise sur la désescalade au Moyen-Orient

Face à la guerre d'agression, la FPÖ appelle également à la modération. La porte-parole en politique étrangère du parti, Susanne Fürst (photo), s’est montrée profondément préoccupée par l’évolution de la situation. 

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«L’escalade actuelle au Moyen-Orient me remplit de la plus grande inquiétude. La chose la plus importante est maintenant que la situation ne dégénère pas en une conflagration généralisée et que les hostilités militaires cessent dès que possible», a-t-elle souligné ce week-end dans un communiqué. 

Elle espère donc «qu’une désescalade de la situation sera de nouveau possible, que le maximum de vies humaines sera épargné, et qu’il y aura un retour à la table des négociations». 

Elle a également rappelé la tradition de neutralité de l’Autriche:  La neutralité nous a apporté paix, liberté, sécurité et prospérité pendant des décennies, même en ces temps de turbulences géopolitiques mondiales». 

L’Autriche doit revenir à une politique de neutralité active et devenir «un lieu de dialogue et de médiation». 

Kickl exige des clarifications sur les conséquences de l’attaque américano-israélienne

Pendant ce temps, Herbert Kickl (photo), chef du parti FPÖ, s’est concentré sur les conséquences économiques et sécuritaires possibles de l’escalade pour l’Autriche. Il attend des réponses concrètes du gouvernement fédéral concernant l’impact de la hausse des prix du pétrole sur l’économie nationale, ainsi que sur d’éventuelles interruptions ou réductions d’approvisionnement en gaz naturel liquide dans la région. 

Il souligne également que la mer Rouge est une question centrale pour le commerce international et l’approvisionnement en énergie, et il s’interroge sur les conséquences possibles d’un blocus. 

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Il évoque aussi l’impact du conflit sur la situation sécuritaire en Autriche, notamment en lien avec une éventuelle future migration. Le gouvernement doit préciser quelles mesures ont déjà été prises ou sont planifiées pour protéger le pays contre les effets directs et indirects du conflit. 

Il s’agit aussi de savoir quelles actions le ministère des Affaires étrangères entreprend pour protéger les citoyens autrichiens dans la région concernée. 

« Je suis curieux de savoir combien de temps il faudra avant que nous en tirions quelque chose. Je pense que la population a le droit de le savoir », a déclaré Kickl. 

Selon un rapport de Fass ohne Boden, les premières conséquences économiques de l’escalade guerrière sont déjà perceptibles. Des compagnies maritimes ont suspendu leurs traversées du détroit d’Hormuz, et plusieurs pétroliers sont à l’ancre, immobilisés dans le Golfe Persique. 

Les tensions sont dues à des avertissements des Gardiens de la révolution iraniens, qui affirment qu’aucun navire ne doit traverser le détroit. Parallèlement, les primes d’assurance pour le transport par la région ont fortement augmenté, ce qui entraîne une hausse des coûts pour l’énergie et les marchandises. 

Ce passage stratégique, qui représente environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et une part importante du commerce mondial de gaz naturel liquéfié, est considéré comme un point névralgique de l’économie mondiale. 

Les marchés réagissent déjà avec nervosité : le prix du Brent a augmenté sensiblement. Une véritable blocus entraînerait, selon les analystes, d’importantes perturbations dans le commerce mondial — avec des conséquences perceptibles en Europe aussi.

mardi, 03 mars 2026

L'Allemagne et la guerre d'Iran: la question stratégique concrète

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L'Allemagne et la guerre d'Iran: la question stratégique concrète

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena#

Le débat actuel est trop abstrait: on parle de dissuasion, d’alliances ou de puissance militaire. Pour l’Allemagne, il s’agit cependant de quelque chose de très concret: les prix de l’énergie, la compétitivité industrielle et la stabilité économique.

La différence essentielle avec les conflits passés: un conflit avec l’Iran ne serait pas une campagne courte, mais une guerre d’usure à long terme avec pour enjeux l’énergie, les infrastructures et les marchés. C’est précisément là que réside sa puissance explosive sur le plan géopolitique.

L’Iran détient un levier central dans l’économie mondiale. Environ 20% du commerce mondial du pétrole transite par le détroit d’Hormuz. Même quelques attaques ou mines augmenteraient considérablement les coûts d’assurance et de transport. Les pétroliers feraient des détours, les chaînes d’approvisionnement deviendraient instables. Pour l’Allemagne, cela aurait des conséquences directes: le pétrole et le gaz deviendraient beaucoup plus chers, les prix de l’électricité augmenteraient, les investissements diminueraient. Les secteurs à forte consommation d’énergie, comme la chimie, l’acier ou la construction mécanique, seraient davantage encore sous pression.

De plus, l’Iran peut frapper l’infrastructure énergétique et industrielle dans toute la région du Golfe. Quelques drones suffisent pour paralyser temporairement des raffineries ou des terminaux. Si de telles attaques se répètent régulièrement, cela créerait une crise permanente sur les marchés de l’énergie — et représenterait un désavantage structurel pour l’Europe.

Un second effet est peu discuté. Un conflit prolongé occuperait l’attention et les ressources des États-Unis. En même temps, la pression sur l’Europe augmenterait pour qu’elle prenne plus de responsabilités militaires et financières. Concrètement, cela signifie: des dépenses dans le domaine de la défense plus élevées, davantage de dettes et moins de marge de manœuvre pour les investissements futurs dans l’économie.

Parallèlement, des pays asiatiques pourraient renforcer leur position: contrats énergétiques à long terme, nouvelles routes commerciales, sécurité dans la planification industrielle. L’Europe, en revanche, entrerait dans un état de crise permanent. Le vrai danger ne réside donc pas dans une défaite militaire.

Le danger est que l’Allemagne perde économiquement — par des prix de l’énergie durablement élevés, par l’incertitude et par une dépendance stratégique.

La question centrale n’est donc pas: qui gagnera cette guerre.

La question centrale est: comment l’Allemagne protège-t-elle sa base industrielle si la région du Moyen-Orient reste durablement instable? Une politique d’intérêts sobre devrait précisément commencer ici:

Sécurité d’approvisionnement, routes commerciales stables et désescalade. Car un conflit sur le long terme avec l’Iran serait moins une guerre régionale qu’un test de résilience économique et politique pour l’Allemagne.

mardi, 24 février 2026

Coup de gueule numérique: l'interdiction des réseaux sociaux enferme la jeunesse dans une chambre d’écho de gauche

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Merz soutient les projets d’interdiction

Coup de gueule numérique: l'interdiction des réseaux sociaux enferme la jeunesse dans une chambre d’écho de gauche

Source: https://derstatus.at/politik/digitaler-maulkorb-social-me...

Le couvre-feu numérique pour les jeunes arrive-t-il ? Alors qu’on parle officiellement de protection, la suspicion grandit car il ne s’agit nullement d'une prévention de la dépendance, mais d'un contrôle, d'un monopole de l’interprétation et d'une influence politique généralisée sur toute une génération. Et d’une surveillance potentielle de tous les citoyens comme “effet secondaire utile”.

Le gouvernement discute d’une interdiction graduelle

En Allemagne aussi, une interdiction progressive des médias sociaux pour les enfants et les jeunes est à l’étude. Le prétexte: prétendument “protéger les jeunes contre la dépendance, le stress psychique, la haine et la désinformation”. La SPD a présenté à la mi-février 2026 un document pour impulsion au projet. Le parti socialiste exige une interdiction totale pour les enfants de moins de 14 ans, avec un blocage technique d’accès par les plateformes, sous peine de sanctions allant jusqu’au blocage du réseau. Pour les 14-16 ans, une “version jeunesse” obligatoire doit être instaurée: sans recommandations algorithmiques, sans défilement infini ni systèmes de récompense, avec une vérification obligatoire de l'âge.

La CDU a discuté, lors de son congrès, la proposition du Land du Schleswig-Holstein. Celle-ci prévoit un âge minimum légal de 16 ans pour les plateformes ouvertes telles qu’Instagram, TikTok ou Facebook, avec vérification obligatoire de l'âge. Il existe un large soutien pour cette proposition, mais certains prônent une régulation plutôt qu’une interdiction totale. Le chancelier Friedrich Merz a exprimé dans le podcast “Machtwechsel” “beaucoup de sympathie” pour les deux propositions. Il a souligné que beaucoup de jeunes adolescents de 14 ans sont en ligne jusqu’à cinq heures par jour. Cela nuirait, selon lui, à la socialisation, à la concentration et au développement de la personnalité. Lui aussi avance la “protection des enfants” pour se justifier par un motif louable.

Imposer une chambre d’écho: tel est le calcul politique

Le danger réside dans le fait que de nombreux citoyens pourraient percevoir cette initiative comme une “bonne” mesure visant la protection de l’enfance. En Autriche, où une mesure similaire est envisagée, le système produit facilement des sondages suggérant qu'une majorité de citoyens soutient le projet. Mais, du point de vue populiste et patriotique, il ne faut en aucun cas approuver tout cela sans émettre de critique. Même à des fins électorales. Car, depuis la campagne pour les élections européennes, l’idée qu’il pourrait y avoir une stratégie politique derrière ce "beau projet" ne constitue plus une théorie du complot. 

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Lors de cette campagne électorale, l’AfD a particulièrement gagné des suffrages auprès des jeunes électeurs, et même l’opposition soulignait, entre autres choses, l’efficacité de leur offensive sur TikTok & Co. La capacité de l'AfD, malgré l'environnement parfois très à gauche dans lequel baignent les jeunes en subissant une propagande constante qui prône des idées “woke”, à atteindre les jeunes avec des contenus patriotiques et critiques du système s'avère particulièrement menaçante pour les élites au pouvoir. Sans internet, beaucoup de jeunes seraient enfermés dans une chambre d’écho de gauche, qui, dans le pire des cas, serait composée d'une famille aux idées de gauche, de camarades de classe campés à gauche et de professeurs militants de gauche. 

Si on prive désormais les jeunes de la possibilité de s’informer en dehors des médias mainstream, on étouffe dans l’œuf leur contestation potentielle des narratifs dominants. Toute opposition à l'hégémonie en place de la part des jeunes serait rapidement reléguée au rang d'une simple rébellion juvénile fortuite. Que les médias sociaux puissent être une arme à double tranchant n’est rien de nouveau. Le danger qu'il y a à être exposé pendant de longues heures de loisirs improductifs et psychiquement destructeurs ne peut être nié. Mais ces médias sociaux restent aussi, pour l’instant, les seuls moyens pertinents pour transmettre aux jeunes des idées d’opposition sans qu'ils aient à subir le filtre méprisant du mainstream.

Briser la bulle d’échos de gauche

De plus, chacun doit être conscient qu’une vérification de l’âge donnerait aux gouvernants encore plus de pouvoir sur ce qui est écrit en ligne, puisqu’il faudrait déposer ses pièces d’identité. Et cela signifie, dans le pire des cas, que même les personnes de 80 ans devraient prouver qu’elles ont en réalité plus de 14 ans. Rappelons que des raids policiers ont déjà eu lieu à cause de memes inoffensifs en ligne, dans un réseau partiellement anonyme, ce qui constitue un nouveau levier pour faire fuir les personnes politiquement indésirables sur Internet.

Le fait que les revendications pour une telle interdiction s’intensifient presque simultanément dans tout l’Occident, surtout lorsque les élites perdent leur contrôle politique, doit faire retentir tous les signaux d'alarme. Cela ressemble à une synchronisation concertée pour nuire à l’opposition contre les élites souvent mondialistes et pour reprendre le pouvoir d’interprétation. Justement celles que l’on a commencé à perdre lors des récentes manifestations de “gilets jaunes” – ou des protestations contre la crise migratoire, le coronaturlutuvirus et la guerre en Ukraine. 

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mercredi, 04 février 2026

Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

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Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

L'année 2026 sera une année électorale et donc potentiellement une année clé pour les démocraties européennes. Qu'il s'agisse de sécurité, d'énergie, de changements géopolitiques, de souveraineté ou de migration, ces élections auront un impact sur l'UE. En avril 2026, les Hongrois éliront un nouveau parlement. Depuis 2010, Orban a réussi, avec sa coalition de centre-droit Fidesz-KDNP, à remporter quatre élections consécutives. Budapest est devenue une plaque tournante du conservatisme européen.

Orban a notamment mené une politique migratoire restrictive, ce qui lui a valu des sanctions juridiques, des pressions financières et politiques de la part de l'UE. Et pour la première fois, toute l'opposition hongroise se rallie derrière une seule figure, Peter Magyar et son parti Tisza, pour défier Orban. Tisza appartient au groupe PPE et se montre très pro-UE. Une défaite d'Orban sera perçue comme un succès stratégique des institutions et de la politique de l'UE.

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Les États-Unis d'Amérique, la Suède, la Slovénie et l'Allemagne

Les élections de novembre 2026 aux États-Unis, les élections dites de mi-mandat, sont également importantes. Il s'agit d'un test crucial pour Donald Trump, car il ne dispose que d'une faible majorité à la Chambre des représentants. Il peut jouer plusieurs atouts : la croissance économique, la lutte contre l'immigration clandestine, la guerre contre la drogue, les interventions à l'étranger. Cela suffira-t-il à lui permettre de conserver sa majorité ou va-t-il la perdre ? Et surtout, quelles en seront les conséquences pour l'Europe ?

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Les Suédois éliront un nouveau parlement en septembre 2026, après quatre ans de gouvernement au cours desquels les Démocrates suédois ont pu influencer la politique migratoire et sécuritaire en accordant leur soutien au gouvernement de centre-droit. Seront-ils récompensés pour cela ? Les récents sondages indiquent que les sociaux-démocrates ont la faveur des électeurs. Y aura-t-il un nouvel accord avec les conservateurs en Suède ? En Slovénie, le populiste de droite Janez Jansa (photo) espère revenir au pouvoir avec son parti SDS après les élections de mars. Cela signifierait un renforcement du bloc de droite en Europe de l'Est.

Enfin, plusieurs élections régionales auront lieu en Allemagne, où les « etablierte Parteien » (les partis établis) observent avec inquiétude la montée en puissance du parti populaire Alternative für Deutschland. Dans certains Länder est-allemands, l'AfD dépasse largement les 35% des intentions de vote, si l'on en croit les sondages. Non, nous ne nous ennuierons certainement pas sur le plan politique en 2026.

mardi, 03 février 2026

Les indicateurs économiques allemands annoncent des temps difficiles

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Les indicateurs économiques allemands annoncent des temps difficiles

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94 

Les chiffres du bureau de conseil aux entreprises Falkensteg montrent que le nombre de faillites de moyennes et grandes entreprises (entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 10 millions d'euros) aura augmenté de 25% en 2025 par rapport à 2024. Depuis la crise du coronavirus, le nombre de faillites de moyennes entreprises a triplé. Le chercheur Jonas Eckhardt parle d'une évolution dramatique, car selon lui, il ne s'agit plus d'une faiblesse conjoncturelle, mais de problèmes structurels profonds.

Falkensteg_Jonas-Eckhardt_033_k-1526890002.jpgPour 2026, le cabinet de conseil Falkensteg prévoit également une augmentation supplémentaire du nombre de faillites de moyennes et grandes entreprises. Selon Jonas Eckhardt (photo), nous pouvons nous attendre à une augmentation de 10 à 20%. Les principales causes ont déjà été mentionnées: des consommateurs incertains qui reportent leurs achats (construction automobile et mécanique), des coûts énergétiques élevés (en raison de la transition énergétique verte) et une bureaucratie, une réglementation sans équivalent en Europe, même en Flandre.

Les chiffres des exportations baissent, ceux des importations augmentent

Ces chiffres indiquent également une «fatigue économique» en Allemagne. En novembre 2025, les exportations allemandes ont baissé de 2,5% par rapport à octobre, soit la plus forte baisse mensuelle depuis mai 2024. Dans le même temps, les importations de marchandises étrangères en Allemagne ont augmenté de 0,8%. Il s'agit de chiffres officiels, publiés par l'Office fédéral allemand de la statistique.

Les exportations allemandes ont atteint 128,1 milliards d'euros, tandis que les importations étrangères en Allemagne se sont élevées à 115,1 milliards d'euros. L'excédent commercial s'élève ainsi à 13,1 milliards d'euros, alors qu'il était encore de 17,2 milliards d'euros en octobre. La plus forte augmentation des importations a été enregistrée pour les marchandises en provenance de Chine, ce qui n'est bien sûr pas tout à fait surprenant. C'est une augmentation de 8% par rapport au mois d'octobre.

Une dernière donnée économique concernant notre principal partenaire commercial, l'Allemagne: depuis le début de l'année 2026, les réserves de gaz dans les réservoirs allemands ont atteint leur niveau le plus bas en 15 ans. Selon le Verband der europäischen Gasinfrastrukturbetreiber (GIE ou Union des gestionnaires d'infrastructures gazières européennes), les réserves de gaz en Allemagne représentaient 53% de la capacité maximale de stockage au 5 janvier. Normalement, le niveau à la fin janvier est de 70%. L'Agence allemande pour le réseau gazier a donc appelé les Allemands à économiser leur consommation de gaz. Heureusement, l'Allemagne peut compter sur les importations de gaz via la France et la Belgique. La moyenne européenne des réserves de gaz s'élève à 59% de la capacité disponible. Avec 53%, l'Allemagne se situe clairement en dessous de cette moyenne. En Pologne, où il fait également très froid en ce moment, les réservoirs de gaz sont actuellement remplis à plus de 80%.

L'Allemagne est dans une situation difficile. Cela ne sera pas sans conséquences pour les autres États membres de l'UE.

dimanche, 01 février 2026

Interdiction de l’AfD: les vieux partis allemands ne tiennent plus qu’en nouant des intrigues

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Interdiction de l’AfD: les vieux partis allemands ne tiennent plus qu’en nouant des intrigues

Source: https://derstatus.at/politik/afd-verbot-altparteien-werde...

Que faire lorsque l’adversaire politique devient trop puissant? Apparemment, on préfère recourir au bâton judiciaire et à des astuces politiques douteuses, plutôt que d’affronter le jugement des citoyens. La frontière entre démocratie et maintien du pouvoir devient préoccupante dans un Allemagne du «Mur de feu» (du "cordon sanitaire").

Interdiction de l’AfD comme condition préalable

Quand un système établi est-il dépassé? La réponse peut être très courte: dès que les vieux acteurs en place mettent la pression pour forcer un dernier reste de cohésion. Les jours d’une ère idéologique semblent comptés, dont les composantes n’ont plus grand-chose en commun quant au fond et au programme, mais qui cherchent le moindre dénominateur commun de peur de perdre le pouvoir. Les Verts exigent, avant les élections régionales en Rhénanie-Palatinat, qu’une procédure d’interdiction contre l’AfD soit engagée.

Sans cet artifice, il ne pourrait y avoir de contrat de coalition, pourrait-on dire. Friedrich Merz a déjà dû accepter des milliards de dettes pour acheter le soutien de la SPD à sa candidature à la chancellerie. Et maintenant, il semblerait aussi qu’à Mayence, une tractation du même acabit se prépare. Si tu me promets que nous irions ensemble devant la Cour constitutionnelle, je te tends la main pour un mariage de convenance, telle serait probablement une solution de compromis. En quoi tout cela a-t-il encore du sens ou relève-t-il du bon ordre des choses? En rien, absolument rien, il faut le constater.

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Éliminer la concurrence par un procès fallacieux

Les pressions et les menaces façonnent désormais tellement la vie politique berlinoise que de simples citoyens seraient depuis longtemps traduits en justice pour des délits, s’ils s’aventuraient à appliquer les méthodes que les partis utilisent sans scrupules ni honte pour préserver leur vacuité. La crainte que l’Alternative für Deutschland puisse atteindre une majorité absolue et empêcher ceux qui se sont si confortablement installés dans les sièges et les postes de prendre pour contrôler le pouvoir, ne conduit pas seulement à des déviances bizarres, mais à des actes carrément criminels.

Les menaces et les ultimatums ne peuvent en aucun cas constituer une base de confiance. Quiconque tombe dans le piège y participe, et devient complice du mécontentement, de la désillusion et de la colère du peuple souverain. Le boycott et le blocage de l’opposition, agonie de critiques, prennent des tournures si extrêmes qu’on ne peut plus parler de démocratie. La polarisation a contribué à bien plus que l’exclusion, que l’isolement et que la privation d’égalité des chances dans les joutes électorales. La privation des droits se poursuit à un rythme sans précédent: ce ne sont pas les Bleus (= AfD), accusés de tous les maux, qui veulent détruire le pays et les institutions, mais bel et bien les partis colorés.

Un quart des électeurs, de manière totalitaire, risque d'être privé de tribune

Vaincre un concurrent à tout prix et le faire taire, se chercher des alliés contre-nature pour suivre la seule voie de la répression: ce type de comportement est assumé de manière dévoyée et délinquante. Les mécanismes sont aussi subtils que dans l'ancienne RDA, on ne fait même plus l’effort de dissimuler le caractère totalitaire de ses agissements. Les partis de l'establishment utilise une règle fondamentale du droit constitutionnel, qui n'autorise l’élimination d’un adversaire politique qu'à titre absolument exceptionnel dans la vie politique. En agissant de la sorte, les vieux partis de l'establishment montrent des traits grotesques, exprimant un primitivisme sordide.

Comme si l’on n’était pas capable de voir ce que Klingbeil, Banaszak, Reichinnek ou Brantner complotent sous le prétexte de «défense» de la démocratie allemande. Ils veulent ôter à un quart des citoyens toute identité idéologique, croyant, dans leur méchante naïveté, qu’après une décision du tribunal constitutionnel de Karlsruhe, les brebis perdues reviendraient aux troupeaux d’origine. La durabilité n’a jamais été leur fort quand il s’est agi d’automobiles électriques nuisibles à l’environnement, de pompes à chaleur et d’éoliennes, qu’ils considèrent comme des exploits en matières écologiques. Il est tout simplement naïf de penser que la politique peut se faire par interdits.

Une interdiction renforcerait l’opposition

Un tel simplisme ne fonctionne ni avec l’alcool ni en ce qui concerne l’AfD. La croyance naïve selon laquelle il suffit de tourner la tête pour oublier est probablement une mauvaise croyance. Mais la RDA a déjà montré que la résistance populaire ne peut pas être arrêtée par des expédients simplistes. Si l’on veut vraiment éliminer le risque d'une rébellion, d'une révolte des mécontents, il faut faire intervenir le seul bon sens.

Jusqu’à présent, la rue est encore calme, à l’exception des grand-mères que l'on a mobilisées pour battre le tambour ou souffler dans des trompettes de Jéricho pour faire reculer et couler la droite alternative. Mais la situation pourrait rapidement changer si l'on place sous tutelle ceux qui refusent de changer de cap, c’est-à-dire si l'on donne à un parti alternatif et challengeur le droit légitime de diriger, si cela est confirmé par le vote des citoyens.

La crainte d'une manipulation des élections n’est pas à écarter; déjà dans des sondages organisés par les médias publics, on constate des décalages étranges, difficilement explicables par la raison. Il faut rester vigilant face à la fraude. Car les «bons» (auto-proclamés) n’hésitent plus devant aucune audace pour garantir leur carrière, leurs postes et leur argent.

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vendredi, 30 janvier 2026

Axel Matthes: "Je me permets la révolte"

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Axel Matthes: "Je me permets la révolte"

Bernard Lindekens

Source: Knooppunt Delta, Nieuwsbrief, Nr. 206, Januari 2026

Si tout va bien, il fêtera cette année, le 18 mai, ses quatre-vingt-dix ans: Axel Matthes. Un âge qui impose non seulement le respect, mais il est aussi un homme, devenu quasiment un symbole pendant toute la longue période durant laquelle il a mis au défi, secoué, et parfois carrément irrité le monde de l’édition allemande. Dans cet univers éditorial, son nom apparaît comme un murmure, comme quelque chose que l’on ne prononce pas toujours à haute voix mais que tout le monde connaît. Ce n’est pas un éditeur du genre à vouloir se mettre en avant. Il n’a jamais été l’homme des conférences, des tapis rouges ou des stratégies de best-sellers prévisibles. Axel Matthes considérait une maison d’édition comme un laboratoire de la pensée, pas comme une entreprise avec des objectifs matériels et mensuels. Et c’est précisément pour cela qu’il a laissé une empreinte durable sur la culture littéraire européenne.

Matthes est né en 1936 à Berlin, une ville où l’histoire n’était jamais loin. Il y étudia le droit et la sociologie à l’Université libre de Berlin. Ceux qui l’ont rencontré plus tard ont vite compris que son véritable domaine n’était pas la salle de cours ou le tribunal, mais la zone d’ombre entre littérature, philosophie et l’indicible. L’endroit où la plupart des éditeurs évitent de se rendre.

Il travailla d’abord comme antiquaire, libraire et éditeur avant de fonder, en 1968 à Munich, avec Klaus P. Rogner et Marianne Bernhard, la maison d’édition Rogner & Bernhard. Il y fut responsable du fonds jusqu’en 1976, mais dut quitter à la fin de cette année-là suite à une décision de la directrice, Antje Ellermann.

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Mais la véritable naissance de Matthes en tant qu’éditeur avec sa propre signature eut lieu en 1977, lorsqu’il fonda, avec l’imprimeur Claus Seitz, ce qui allait devenir la légendaire maison d'édition Matthes & Seitz à Munich. Pour Matthes, cela ne signifiait pas simplement créer une nouvelle maison. C’était aussi prononcer un manifeste. Une déclaration que les livres n'existent pas d'abord pour le marché, mais pour cette fine couche de lecteurs prêts à mobiliser leur esprit. Le programme qu’il élaborait n’était pas une simple collection de titres, mais un défi intellectuel. Georges Bataille, Antonin Artaud, Michel Leiris, les surréalistes, les mystiques, les malheureux, les visionnaires — tous trouvaient refuge chez lui. Non pas forcément parce que c’était commercialement judicieux, mais parce que c’était nécessaire. Parce qu’il existe des voix qui sont dangereuses pour le bon goût, pour les orthodoxies politiques de gauche comme de droite, pour la tranquillité de l’âme bourgeoise. Et il fallait que quelqu'un protége ces voix.

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A lire pour cerner la personnalité de Gerd Bergfleth:

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2010/09/24/l...

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2010/09/24/g...

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2023/03/17/g... 

Surtout la série Debatte deviendrait légendaire. En particulier le petit ouvrage de Gerd Bergfleth Zur Kritik der palavernden Aufklärung. Il s’agit d’une petite anthologie où, aux côtés de textes de Bergfleth lui-même, figurent notamment des contributions de Jean Baudrillard (« La fatalité de la modernité ») et de Georges Bataille (« Nietzsche »). Elle provoqua immédiatement un petit scandale lorsque Bergfleth fit lentement basculer la pensée de Walter Benjamin et y chercha la clé dans la judéité de la théorie critique. L’accusation d’antisémitisme ne tarda pas. Mais Axel Matthes défendit son auteur avec ferveur. D’ailleurs, la maison d’édition jouerait un rôle clé dans tout le débat sur le postmodernisme en Allemagne.

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Sa maison d’édition n’était pas seulement un lieu pour découvrir des livres provocateurs et pertinents, mais un lieu pour débattre sur des idées qui dérangeaient. Dans cette perspective, il créa aussi la revue annuelle Der Pfahl, qu’il décrivait comme une exploration du « no man’s land entre art et science ». Ce no man’s land était précisément l’endroit où Matthes se sentait chez lui. Pas dans les disciplines établies, pas au centre, mais toujours en marge — là où tout est encore possible et rien n’est évident. Botho Strauss, l’un des dramaturges les plus importants de l’ex-République fédérale, devint collaborateur de Der Pfahl. Il proposa à Axel Matthes le texte original de l’essai Anschwellender Bocksgesang pour publication. Sur la recommandation de ce dernier, Strauss (photo, ci-dessous) envoya une version abrégée de son texte à Der Spiegel. Ce fut l’un des textes les plus discutés des années 1990 en Allemagne, marquant le passage de Strauss de dramaturge renommé à intellectuel public critiquant le climat politique et culturel dominant (1).

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A lire à propos de Botho Strauss: 

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2023/03/03/i...

À partir de 1991, Axel Matthes contribua régulièrement à la revue conservatrice Etappe et à la revue Criticon, éditée par Caspar von Schrenck-Notzing. En 1997, il fut nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres pour ses mérites envers la littérature française.

Mais chaque idéalisme a ses limites. À partir des années 1990, les difficultés financières s’accumulèrent. Le marché — cette énorme machine indifférente à toute notion de qualité et de réelle pertinence — avait de moins en moins de patience pour une maison d’édition qui refusait de suivre une logique mercantile. Finalement, en 2004, Matthes dut vendre le nom, les droits et le stock. Ainsi naquit Matthes & Seitz Berlin — une nouvelle maison qui poursuit l’esprit de l’ancien, mais avec d’autres moyens et une nouvelle génération à sa tête.

Ce qui reste, c’est l’héritage de Matthes, et celui-ci est plus grand que ce que son ancien chiffre d’affaires annuel aurait jamais pu devenir. Pendant des décennies, il a maintenu un espace où la littérature et la philosophie les plus rebelles pouvaient exister. Non pas parce que c’était possible, mais parce qu’il croyait que c’était nécessaire. Il a montré ce que le métier d’éditeur signifie: prendre des risques, choisir à contre-courant, rester fidèle à l’idée que la culture ne se mesure pas en chiffres de vente.

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A lire pour comprendre le contexte: 

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2011/09/20/r...

Axel Matthes est donc une figure rare dans le monde du livre: un éditeur qui ne se contentait pas de publier des livres, mais incarnait aussi une certaine attitude intellectuelle. Il est la preuve vivante que la littérature est propulsée en avant par des personnes assez têtues pour ignorer ce qu'un monde médiocre exige d’elles. Quiconque a travaillé avec Matthes rappelle toujours son acuité, sa fidélité obstinée à ses auteurs, sa capacité quasi instinctive à sentir quand un texte était une nécessité, pas une option. Et peut-être est-ce cela précisément qui fait qu’un éditeur est un éditeur: connaître la différence entre un livre qui veut exister et un livre qui doit exister.

Peut-être sa plus grande héritage est-il celui qui nous rappelle que la vraie culture commence toujours par quelqu’un qui dit, doucement ou fort : « Je me permets la révolte. » (2)

Bernard Lindekens

Notes:

(1) Le texte original est également paru dans Der Pfahl après sa publication dans Der Spiegel

(2) Librement inspiré par la sélection que Axel Matthes a lui-même constituée : Bernd Mattheus, Axel Matthes, Ich gestatte mir die Revolte, Matthes & Seitz, Munich, 1985, 400 p. ISBN: 978-3-88221-361-4

Allemagne: combat pour la constitution

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Allemagne: combat pour la constitution

Werner Olles

Depuis au moins l’époque de l’essai très lucide de Günter Maschke, Die Verschwörung der FLAK-Helfer (= « La conspiration des auxiliaires de la Flak », 1985), nous savons que l’histoire de la République fédérale d’Allemagne est une histoire qui emprunte la pente savonneuse, et que le noyau sacré de sa constitution, sous la forme d’un « patriotisme constitutionnel », a remplacé la nation. Depuis longtemps, la célèbre phrase de Friedrich Ebert de 1919 n’est plus d’actualité: «Et si nous sommes confrontés à la question: ou l'Allemagne ou la Constitution, alors nous ne laisserons pas l’Allemagne sombrer à cause de la Constitution!». 

Cette phrase éclaire la situation dans laquelle « notre démocratie » se trouve aujourd’hui, bien qu'elle l'explique seulement de manière rudimentaire, mais elle porte encore en elle la substance même de l’État, de la souveraineté et de la nation, ainsi que la conscience de la corruption que contient cette conception propre à la RFA et à ses quislings de gouvernants, propre à son establishment corrompu dans tous les domaines, ceux de la politique, des médias et de l’économie, ainsi que propre à leur «société civile» actuelle, qui n’est rien d’autre qu’un peuple mutilé. 

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Mais si la Constitution est réellement la prison dont il faut s’échapper pour enfin retrouver la nation, alors, en conséquence, on doit voir la RFA comme un organe de domination étrangère et déplorer son absence totale de légitimité politique structurelle, y compris de la démocratisation de cette belle décadence, et on doit aussi la voir comme une hydre quasi-totalitaire, dépourvue de conscience, taraudée par un moralisme excessif, et, dans le sens le plus strict du terme, affecté d’un infantilisme et d’une intrinsèque infériorité dépourvue de limites, et, enfin, on doit la soumettre à une critique des plus acerbes et des plus dures. 

Car, en réalité, les Allemands ne peuvent plus rien faire de ce joujou qu’est la Loi fondamentale, que les vainqueurs alliés leur ont généreusement offert, sauf qu'ils l'ont modifiée à de nombreuses reprises au détriment de leur propre peuple. 

La RFA oscille entre idiocratie et démonocratie: elle est prisonnière d’un lien apparemment indissoluble entre simulation démocratique et hypocrisie. La libérer de cette mentalité propre à des « cerveaux de cochon » signifie, pour la droite, de quitter la zone monotone de la supériorité morale, de briser sa propre hybris et sa propre arrogance, et de sortir de ses ghettos, ceux du statu quo bétonné, de la médiocrité, de l’obscurantisme dogmatique, de l’autosatisfaction et de la lâcheté, afin de parachever l’agonie d’une structure qui n’a plus rien à voir ni avec l’Allemagne en tant qu’État ni avec la nation des Allemands. 

La seule raison d’État allemande qui tienne ne peut être que la restitution du Reich allemand, avec toutes ses bonnes traditions. Grâce à une nouvelle loi sur les partis, il faudra garantir que les positions qualifiables de félonnes pour la patrie, telles qu’elles sont actuellement exprimées par les partis du cartel au pouvoir et surtout par les partis d'une gauche rabique, nouvelle loi qui serait édictée dans la démocratie illibérale qu'il faudra bien vite fonder, une démocratie illibérale qui combinera éléments césariens et démocratie directe, pour que les partis foireux ne puissent plus jamais revenir au pouvoir. 

Les peurs àla carthaginoise et les réserves des instances conservatrices sont hors de propos. Au contraire, la droite doit se laisser guider par la « Déclaration de foi » (1812) de Carl von Clausewitz: "Je crois et je déclare que tout peuple ne doit rien respecter davantage que la dignité et la liberté de son existence… et je considère comme des plus nuisibles la fausse sagesse avec laquelle les petits esprits cherchent à fuir le danger, car elle pouvait inspirer la peur et l’effroi !".

lundi, 26 janvier 2026

Cinq raisons pour lesquelles la droite allemande doit se détourner du culte MAGA - Ainsi que toutes les droites et les gauches européennes...

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Cinq raisons pour lesquelles la droite allemande doit se détourner du culte MAGA

Ainsi que toutes les droites et les gauches européennes...

par Bruno Wolters

Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/fuenf-gruende-wa...

Le culte qui s'est créé autour du mouvement « MAGA » révèle, chez une partie de la droite allemande, moins une force qu’une dépendance stratégique, et menace de subordonner les intérêts européens à des jeux de pouvoir étrangers. Bruno Wolters met en garde contre le fait que la souveraineté politique ne peut naître que lorsque l’on maintient une distance vis-à-vis des cycles d’excitation médiatiques lancés par les services américains.

Il y a des moments où la proximité politique ne signifie pas la force mais la dépendance. L’enthousiasme actuel pour le fatras idéologique du mouvement MAGA chez une large partie de la droite européenne – en particulier en Allemagne – l'atteste. Ce qui a commencé comme une sympathie tactique s’est, dans certains cas, transformé en une soumission mentale.

L’une des tentations classiques des mouvements politiques est de considérer les succès étrangers comme des succès à soi. La fixation d’une partie de la droite allemande sur Donald Trump et le milieu MAGA est l’expression exacte de cette tentation: on projette ses propres désirs, conflits non résolus et blocages stratégiques sur un acteur étranger, en oubliant que ses actions ne sont ni destinées ni adaptées à l’Europe.

Ce n’est pas seulement imprudent sur le plan politique mais aussi stratégiquement dangereux – surtout maintenant que le président américain et ses conseillers veulent, après le Venezuela, aussi contrôler le Groenland. Il s’agit ici d'un territoire danois, donc de l'espace souverain d’un partenaire de l’OTAN, qui s’est montré au fil des décennies comme l’un des alliés américains les plus loyaux.

Conséquence: selon certains médias, Trump aurait ordonné à ses militaires d’élaborer des plans offensifs, tandis que les généraux tenteraient de le distraire en abordant d’autres sujets. La cupidité de Trump pour le Groenland ne doit pas nous apaiser – et que se passerait-il s’il déclarait que les bases américaines en Europe, comme Ramstein, deviendraient toutes territoire américain? Avec l’instabilité de Trump, tout doit être envisagé. Cela signifie que la droite allemande et européenne doit suivre une voie différente de celle du mouvement MAGA.

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1. Le piège canadien: quand la souveraineté nationale devient soudain réalité

Au Canada, jusqu’à peu près avant les élections de l’été 2025, une victoire claire des conservateurs sur les libéraux au pouvoir était attendue, jusqu’à ce que Trump, avec ses fantasmes d’annexion ("51ème État") et ses taxes punitives, ne bouleverse la rhétorique de la campagne. Début 2025, selon des études, les conservateurs avaient près de 30 points de pourcentage d’avance sur leurs rivaux de gauche et libéraux. Mais ce qui a suivi n’a pas été une révolte de gauche ou une campagne morale, mais une réaction souverainiste des électeurs. Les sondages montraient que la majorité des Canadiens percevaient ces débordements comme une attaque contre leur souveraineté nationale, tandis que, contre toute attente, les supporters conservateurs de Trump au Canada étaient soudain considérés comme des collaborateurs potentiels du futur ennemi américain. Le parti conservateur, proche de Trump, a ainsi perdu son avantage.

C’est ici que cet exemple canadien devrait servir d'avertisseur pour la droite allemande. S’attacher de manière démonstrative à un président américain dont la rhétorique remet en question la souveraineté d’autres pays, voire la sienne propre, envoie un message à son propre peuple et lui dit que le destin de la nation dépend finalement des caprices d’un autre continent. Les sondages sur le gouvernement Trump montrent à quel point sa personne est polarisante: les républicains l’aiment, les démocrates le détestent, et les indépendants sont divisés. Pour la droite et la mouvance conservatrice allemandes, cela signifie: s’accrocher à une figure aussi divisive consiste aussi à importer une telle division en Europe, sans toutefois posséder les moyens de puissance correspondants.

Une dépendance trop étroite à l'endroit du mouvement MAGA comporte le danger d’être perçu non pas comme une force nationale indépendante mais comme une formation qui importe des conflits étrangers. Le message des électeurs canadiens est clair: faire de son pays un appendice des projets d'une puissance étrangère, c’est perdre sa légitimité. Nous, Européens, ne devons pas faire cette erreur à notre tour.

2. La souveraineté mentale comme condition d’efficacité politique

Trump et son mouvement MAGA mènent une politique selon le modèle de l'«escroquerie populiste de droite»: d’abord, la colère populaire contre l’immigration, le terrorisme et la désindustrialisation est attisée. Ensuite, les populistes de droite sont élus, qui font beaucoup de bruit, puis agissent de manière perturbatrice en politique étrangère en étant principalement au service des intérêts de l’élite politique et économique, sans changer fondamentalement la situation intérieure. Finalement, ils sont houspillés hors des allées du pouvoir, la gauche reprend alors celui-ci, aggravant la situation – et le cycle recommence. Ce mécanisme s’applique désormais au mouvement MAGA, presque comme un cas suggéré par un manuel. En Europe, on a aussi pu voir ce modèle dans le gouvernement de Wilders aux Pays-Bas.

Après un peu plus d’un an au pouvoir, l’administration MAGA semble politiquement épuisée: le bilan de la rémigration promise et annoncée est à peu près le même que celui des gouvernements démocratiques précédents, les chiffres des expulsions réelles restent dans la moyenne, tandis que des "expulsions spectaculaires" et symboliques sont médiatisées. L'inflation, la migration massive et les ruptures sociales ne sont pas résolues, voire empirent – et les premières analyses économiques indiquent que la politique douanière a détruit plus d’emplois qu’elle n'en a créés. Beaucoup de promesses et d'annonces n’ont pas été concrétisées jusqu’à présent. Trump s’en démarque même.

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Cela signifie que MAGA remplit exactement la fonction systémique esquissée par l'effet «scam»: la colère populaire est canalisée, transformée en une politique de type affectif et en une mise en scène médiatique, mais pas en réformes structurelles véritables. Le système d’immigration reste essentiellement inchangé, les structures de soutien au combat anti-blancs ne sont pas remises en question, et l’administration libérale reste intacte. Pour la droite allemande, c’est une leçon: s’aligner sur un populisme de droite de ce type, c’est adopter un mécanisme qui génère de l’indignation pour la neutraliser politiquement.

Car l’Europe ne deviendra pas une grande puissance ou une puissance spatiale tant qu’elle restera mentalement dans la zone d’avant-garde des États-Unis. Cela concerne non seulement les gouvernements, mais aussi l’opposition. Un mouvement de droite qui tire son énergie politique des batailles culturelles américaines, des cycles électoraux et des rituels d’indignation made in USA, ne pense pas souverainement, mais réactivement: pure agitation sans effets réels.

Les études sur le soutien à Trump illustrent ce problème précis. MAGA n’est pas un projet qui intègre la nation, mais un phénomène de constitution de camps fortement polarisés. Même aux États-Unis, le mouvement MAGA ne subsiste que de manière fragmentaire. Le rejet massif par les indépendants, la division selon des lignes culturelles et sociales, ainsi que la diminution du soutien en dehors de la base dure, ne parlent pas en faveur d’un modèle à exporter.

La souveraineté mentale consiste à analyser la réalité politique de manière objective, plutôt que de s’enivrer d’images où force et dureté sont obscènement mises en exergue. Ceux qui réagissent constamment aux signaux venus d'Amérique perdent de vue leurs propres nécessités stratégiques.

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3. Les intérêts des États-Unis ne sont pas les nôtres – et ne l’ont jamais été

L’une des erreurs les plus tenaces de la droite européenne est de supposer qu’un président «de droite» aux États-Unis serait un allié naturel. Cependant, cette supposition ignore des faits fondamentaux d’ordre géopolitique. Les États-Unis agissent comme un empire – indépendamment de celui qui siège à la Maison Blanche. Leurs intérêts sont structuraux et idéologiques.

Les États-Unis poursuivent – indépendamment de leur administration – la stabilisation de leur empire. Un sondage sur une intervention militaire américaine montre qu’au sein même de la population américaine, un équilibre existe entre les réponses «opposition», «soutien» et «indécision», alors que les camps politiques s’opposent. Mais que l’on lise 47% de rejet ou 33% d’approbation: pour Washington, ce qui compte, c’est que la machine de la politique étrangère continue de fonctionner, peu importe si l’Europe en bénéficie.

Mais: le conflit imminent avec la Chine est perçu par Washington comme existentiel. Pour l’Europe, la Chine est principalement un partenaire économique, moins une menace géopolitique ou idéologique. Pour l’Allemagne, la coopération avec la Chine est cruciale pour l’industrie et l’exportation. Une politique ignorant cette réalité nuit à ses propres bases.

Il en va de même pour la question énergétique. La dépendance croissante de l’approvisionnement énergétique européen à des intérêts américains crée de nouvelles dépendances. L’énergie devient un levier de pression politique – même sur les alliés. Ceux qui pensent pouvoir désamorcer cela par proximité idéologique se méprennent sur la logique de la politique de puissance.

L’Europe a d’autres intérêts fondamentaux: la coopération économique avec de nombreux autres pays, une fourniture d’énergie stable et l’évitement de guerres d’intervention coûteuses qui génèrent des flux migratoires. Si la droite allemande se laisse entraîner dans «les combats à mort» qui agitent l’imperium américain – cela va du changement de régime réclamé en Iran à la surveillance des champs pétrolifères vénézuéliens –, elle adopte un agenda qui déstabilise ses propres sociétés.

Ajoutez à cela la question énergétique et monétaire: avec la perte progressive du pouvoir du dollar américain, l’incitation pour Washington d’exercer une pression politique via des ressources énergétiques et des régimes de sanctions s’accroît. Une dépendance durable de l’approvisionnement énergétique allemand aux diktats américains signifierait que toute politique indépendante envers la Russie ou la Chine pourrait être indirectement sanctionnée. Ceux qui brandissent dans de telles conditions des drapeaux MAGA contribuent involontairement à fixer la République fédérale comme avant-poste industriel d’une grande puissance étrangère. Qui exige la souveraineté doit d’abord la penser. Et ceux qui prennent au sérieux l’indépendance européenne ne peuvent plus se laisser lier aux cycles d’excitation propagés par un empire étranger.

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4. Dommages à la réputation: la menace MAGA comme hypothèque stratégique

Un problème central de la gouvernance MAGA actuelle réside moins dans ses échecs ouverts dans certains domaines politiques que dans la manière dont le pouvoir est désormais exercé de manière démonstrative: non comme une puissance étatique, mais comme un réseau personnel. Non plus comme un projet politique, mais comme un réseau familial et économique.

Ce que l’on observe actuellement aux États-Unis, ce n’est pas une renaissance nationale, mais un affaiblissement rapide des intérêts politiques qui y sont liés. L’entourage immédiat de Trump agit de plus en plus comme une structure parallèle d’entrepreneurs: projets cryptographiques non ironiques avec un caractère évident de scam, construction de marques personnelles utilisant la proximité politique, accès privilégié pour les grands donateurs et les oligarques technologiques, qui ne jouent plus le rôle d’alliés mais de co-gouvernants.

Ce n’est pas un argument moral mais un argument qui doit évoquer la réputation. Ceux qui se lient de manière démonstrative au mouvement MAGA ne s’attachent pas à «l’Amérique» ou à une transformation de l’État dans un sens idéologiquement conservateur, mais à un milieu de plus en plus étroit d’intérêts familiaux, de capital-risque, de monopoles technologiques et de patronage politique. La frontière entre pouvoir politique et avantage privé n’est plus dissimulée mais ostentatoirement acceptée.

Plutôt que d’être perçue comme une contre-force souveraine, une telle alliance, étiquetée nationaliste, populiste ou conservatrice, risque d’apparaître comme la branche provinciale d’un milieu oligarchique américain. Non comme une force sérieuse avec ses propres réponses mais comme spectatrice enthousiaste de jeux de pouvoir étrangers. Cela nuit non seulement à la crédibilité, mais aussi à toute stratégie à long terme.

Précisément parce que la confiance dans les institutions politiques s’effrite, la crédibilité devient la ressource la plus rare de toute opposition. Toute proximité visible avec un réseau de fraude cryptographique, de deals d’oligarques et de patronage familial affaiblit cette ressource – non seulement auprès des opposants mais aussi auprès des électeurs potentiels qui espèrent restaurer l’ordre, la transparence et la justice sociale. Une droite européenne souveraine doit donc maintenir ses distances: aussi bien vis-à-vis du culte MAGA en tant que figure cultuelle que vis-à-vis des réseaux environnants d’argent, de glamour et de spectacles numériques.

5. Solutions propres – la droite multipolaire plutôt que l’importation MAGA

Pour la droite européenne, un rare créneau temporel s’ouvre actuellement: celui de la possibilité de maintenir une distance dans la dignité. Ceux qui abandonnent maintenant leurs illusions gagnent du temps pour la théorie, l’organisation et la construction stratégique. Ceux qui persistent dans le culte du mouvement MAGA risquent une perte massive de crédibilité. Il est temps de formuler une stratégie européenne indépendante qui associe rémigration, souveraineté et rationalité économique, sans s’attacher aux cycles de la politique intérieure américaine.

De plus, l’usure intérieure du camp MAGA est manifeste: le «tournant» promis n’a pas eu lieu, des scandales majeurs n’ont pas été élucidés, et économiquement, ce sont surtout les grands donateurs, les réseaux néocon et l’entourage familial immédiat de la direction qui ont profité. La collusion apparente avec le grand capital et les intérêts lobbyistes n’est même plus dissimulée mais célébrée comme une expression de «puissance». Le prix en est la déconnexion avec les électeurs qui rêvent d’une véritable renaissance sociale ou nationale.

Le danger est réel que des acteurs américains tentent d’utiliser le populisme de droite européen comme le vecteur d'une vassalisation renouvelée. La dépendance énergétique, les exigences de loyauté géopolitique et la pression économique en seraient les conséquences. La démocratie chrétienne classique est aujourd'hui épuisée – une nouvelle mouvance porteuse doit être trouvée.

Une stratégie européenne indépendante devrait, en revanche, être sobre et orientée par ses propres intérêts. Elle n’éviterait pas des questions difficiles telles: la relation avec la Russie, la coopération économique avec la Chine, le rejet d’une politique extérieure uniquement basée sur le moralisme niais au profit de calculs politiques réalistes. Une démarcation consciente par rapport aux luttes simulées et mimétiques, le tout au profit d’une conquête silencieuse mais résolue des institutions nationales, voilà ce qui serait nécessaire.

Conclusion: contre le fallacieux populisme de droite

Le populisme de droite d’aujourd’hui n’a pas disparu mais s’est adapté. Il utilise un langage, des codes et des affects de droite sans en réaliser les objectifs. Il canalise l’énergie de la protestation, la neutralise, puis la ramène dans le système existant de façon contrôlée. Ceux qui veulent un changement réel doivent apprendre à reconnaître aussi le populisme de droite comme une impasse potentielle. MAGA en est l’exemple le plus visible. Pour la droite allemande, ce serait un signe de maturité de tourner froidement la page de ce culte – non pas par anti-américanisme, mais par simple conscience que les peuples qui ne se représentent pas eux-mêmes sont gérés par d’autres.

La droite allemande doit faire un choix : continuer à agir dans l’ombre de puissances étrangères – ou agir enfin de manière indépendante. La souveraineté n’est pas une pose. C’est une séparation délibérée.

À propos de l’auteur: Qui est Bruno Wolters?

Bruno Wolters est né en 1994 en Allemagne et a étudié la philosophie et l’histoire dans le nord de l’Allemagne. Depuis 2022, Wolters est rédacteur de la revue Freilich. Ses domaines d’intérêt sont l’histoire des idées et la philosophie politique.

Pourquoi la politique allemande est-elle si faible sur le plan stratégique?

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Pourquoi la politique allemande est-elle si faible sur le plan stratégique?

Markus G. Bußmann, MBA

Source: https://www.linkedin.com/in/markusgbussmann/

C'est simple. Parce que la politique allemande est systématiquement conçue pour sa propre gestion, et non pour une stratégie bien précise. Il ne s'agit pas de l'échec personnel de certains politiciens mais d'un défaut de conception conforme à la norme DIN.

Voici 7 raisons qui expliquent pourquoi nous semblons si dépassés et pourquoi cette situation devrait perdurer:

1. La gestion plutôt que la pensée stratégique

L'Allemagne se considère comme le gardien moral du monde. Or, toute stratégie cohérente exige de penser explicitement en termes de pouvoir, d'intérêts et de conflits. À Berlin, on considère cela comme indécent. On préfère réagir "correctement" mais toujours trop tard. L'État fonctionne comme un service d'urbanisme obstiné avec une perception extérieure déplorable.

2. Les coalitions tuent la vision à long terme

Les cycles de quatre ans et les calculs cogités par toute coalition conduisent à une politique basée sur le principe suivant: ce qui ne suscite pas de controverse aujourd'hui est déjà stratégique.

Les grandes lignes ne survivent pas aux négociations de la coalition en cours. Elles sont édulcorées jusqu'à ce que plus personne ne s'y oppose, mais que plus personne ne les soutienne non plus. Nous avons affaire à un ragoût consensuel au lieu d'un changement de cap.

3. Le consensus comme substitut à la décision

En Allemagne, le consensus est considéré comme une catégorie morale. Mais la stratégie a besoin de dissensions et de priorités. Celui qui veut tout prendre en compte ne donne la priorité à rien. Celui qui ne donne la priorité à rien se voit imposer des priorités par d'autres.

4. Forte domination des juristes et de l'administration

L'élite allemande raisonne en termes de :

- compétences

- procédures

- risques constitutionnels

Et non en termes de :

- scénarios

- changements de pouvoir

- dépendances

Le droit remplace la réalité. D'un point de vue juridique, cela semble correct, conforme, à première vue, mais c'est complètement irréaliste.

5. L'économie est considérée à tort comme un secteur qui fonctionne tout seul

Pendant des décennies, on a cru que la puissance industrielle était une loi naturelle en Allemagne. Donc:

- pas de programme de recherche ambitieux

- pas de stratégie technologique

- pas de culture startup

Lorsque d'autres États ont commencé à subventionner, protéger et orienter stratégiquement, l'Allemagne a déclaré que c'était incorrect, puis qu'il n'y avait pas d'autre alternative.

6. Un frein historique

Après 1945, un profond malaise s'est développé à l'égard de tout ce qui ressemble à l'intérêt national. C'est compréhensible, mais cela a des conséquences :

- les intérêts sont dissimulés sous des considérations morales

- les questions de pouvoir sont externalisées

- le leadership est délégué à des règles

Les règles sont une bonne chose. Mais elles ne dirigent pas les pays.

7. Une politique sans prix à payer pour les erreurs

Les erreurs stratégiques n'ont pratiquement aucune conséquence sur les personnes dans ce pays. In fine, personne n'est responsable. Et personne ne démissionne à cause d'erreurs

- de dépendances

- de prévisions

- d'attentes en matière de risques

Sans responsabilité, pas de stratégie. La politique allemande n'est ni stupide ni incompétente. Elle est simplement optimisée structurellement pour la stabilité, et non pour un véritable changement. Cela fonctionne très bien en période calme.

Dans un monde marqué par la rivalité entre Xi, Poutine et Trump, par les guerres technologiques et la formation de blocs, cela revient à participer à une course automobile en respectant parfaitement le code de la route. Et ensuite, le conducteur vertueux demande avec un grand sérieux pourquoi les autres ont un comportement inconsidéré.

mercredi, 21 janvier 2026

Protéger l’Ukraine pour protéger le Groenland? Sur la logique du document de la DGAP allemande sur la «Doctrine Donroe»

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Protéger l’Ukraine pour protéger le Groenland?

Sur la logique du document de la DGAP allemande sur la «Doctrine Donroe»

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

La Société allemande pour la politique étrangère (DGAP) a publié début 2026 un mémo (https://dgap.org/en/research/publications/donroe-doctrine-requires-firm-calm-response-europe), qui, sous le mot-clé de «Doctrine Donroe», étudie la politique extérieure de la deuxième présidence de Donald Trump.

Ce document mérite l’attention – non pas parce qu’il convainc nécessairement, mais parce qu’il montre de manière exemplaire comment la politique étrangère allemande est actuellement pensée, encadrée et priorisée.

Tout d’abord, voyons l'argumentation du mémo.

L’autrice décrit la politique extérieure de Trump comme une rechute dans une pensée typique du 19ème siècle: nationaliste, imprégnée de christianisme, ouvertement orientée vers la puissance. Le terme «Doctrine Donroe» doit illustrer que Trump réinterprète la doctrine classique de Monroe – qui consiste à protéger l’hémisphère occidental – de façon renouvelée, plus débridée et plus explicite que les gouvernements américains précédents. Trois éléments la caractérisent: d’abord, un mépris ostentatoire pour les normes internationales; ensuite, un «mercantilisme musclé», où les gains économiques sont garantis et sécurisés par la puissance militaire; et enfin, une approche politique reposant expressément sur le court terme, qui relègue la stabilité, les alliances et les effets secondaires au second plan.

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De cette analyse découle une mise en garde sur le plan de la sécurité pour l’Europe – notamment en ce qui concerne le Groenland. Même si une annexion est considérée comme peu probable, la région est interprétée comme un cas-test de la projection de puissance américaine. L’Europe doit donc agir de manière unie, souligner son autonomie et tenter de « faire comprendre » ses intérêts en matière de sécurité aux Américains.

Jusqu’ici, le document reste dans le cadre d’une analyse classique des risques. L'étape décisive intervient cependant ensuite – et c’est précisément là que commence le problème.

En effet, la DGAP conclut que l’Europe – et implicitement l’Allemagne – doit poursuivre résolument et approfondir son soutien à l’Ukraine pour contrer d’éventuelles ambitions expansionnistes américaines. La politique envers l’Ukraine devient ainsi une clé stratégique: preuve de la capacité d’action européenne, signal de fermeté face à Washington, et expression d’un réel sujet politique.

Ce lien stratégique constitue le point névralgique du mémo.

Car c’est ici que différents espaces conflictuels, intérêts et logiques de pouvoir sont connectés de manière fonctionnelle, sans qu’une causalité sécuritaire solide soit établie. Pourquoi des livraisons d’armes et un soutien financier durable à Kiev doivent-ils, en particulier, permettre d’atténuer les ambitions américaines dans l’Atlantique Nord, reste inexpliqué. L'Ukraine n’est pas traitée comme un problème de sécurité autonome, mais comme un instrument symbolique universel de la puissance européenne.

Cela nous amène à la question des intérêts.

Contrairement à certaines critiques, le mémo de la DGAP définit clairement les intérêts européens – et donc aussi les intérêts allemands. Selon lui, ils résident dans le maintien de l’ordre basé sur des règles, dans la cohésion européenne et dans une continuité politique crédible, incarnée principalement par la politique envers l’Ukraine. C’est cohérent – mais extrêmement réducteur.

Car les intérêts allemands ne sont pas formulés comme le résultat d’une priorisation ouverte, mais comme une déduction d’un postulat d’ordre. Divers champs politiques – Arctique, Europe de l’Est, relations transatlantiques – ne sont pas évalués séparément, mais regroupés normativement. Les coûts, risques et alternatives pour l’Allemagne elle-même restent peu analysés : c'est-à-dire les coûts politiques, énergétiques, économiques, fiscaux, sécuritaires.

La politique extérieure apparaît ainsi moins comme un instrument de défense des intérêts de l’État que comme une épreuve de fidélité à l’ordre. Toute déviation ne met pas en danger une position concrète mais toute la crédibilité européenne.

C’est précisément là que réside le danger de telles logiques issues de think tanks. Elles remplacent l’évaluation stratégique par des chaînes d’arguments moralement connotés. Elles relient les conflits, plutôt que de les désolidariser. Et elles définissent la capacité d’agir politique non pas par la réalisation d’objectifs, mais par la continuité d'une attitude.

Conclusion :

Le document de la DGAP est moins une analyse de la politique extérieure américaine qu’un miroir de l’auto-affirmation européenne. Il montre comment les intérêts allemands sont actuellement pensés: fortement liés à l’ordre en place, faiblement priorisés, très symboliques. Mais si l’on veut réellement orienter la politique extérieure allemande selon des intérêts nationaux, il faut précisément commencer ici – et reposer la question à laquelle le mémo répond trop vite :

Qu’est-ce qui sert concrètement l’Allemagne – et qu’est-ce qui sert surtout une certaine vision du monde en matière de politique extérieure ?

mercredi, 14 janvier 2026

Une orgie de destructions: l'extrémisme de gauche frappe l'Allemagne des Alpes à la côte de la mer du Nord

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Une orgie de destructions: l'extrémisme de gauche frappe l'Allemagne des Alpes à la côte de la mer du Nord

Source: https://derstatus.at/meinungen/schneise-der-zerstorung-li...

L’Allemagne brûle et beaucoup regardent ailleurs. De la Bavière à la côte de la Mer du Nord, une traînée sombre traverse le pays, une traînée faite de sabotage, d’incendies criminels et de propagande exerce ses ravages. Le militantisme d’extrême gauche touche le secteur énergétique, la police, la propriété privée. Et la communauté nationale dans son ensemble. En cas de doute, la presse mainstream accuse toujours la Russie.

Actuellement, les théoriciens du complot travaillent dur pour faire porter à Poutine la responsabilité de l’attaque terroriste contre l’approvisionnement électrique à Berlin. Selon une analyse prétendant utiliser une intelligence artificielle, l’origine de la revendication écrite serait à chercher à Moscou. Mais lorsqu’on interroge l’intelligence artificielle elle-même, elle arrive à une toute autre conclusion. Grok (xAI) a répondu: «Le texte est typique des revendications d’extrême gauche – verbeux, chargé idéologiquement, avec des formulations telles que “action pour le bien commun”, “acte de légitime défense” ou “solidarité internationale avec tous ceux qui protègent la Terre et la vie”. De telles phrases alambiquées et ampoulées sont courantes dans la scène autonome -similaires aux textes des anciens de la Rote Armee Fraktion (RAF - "Bande à Baader") ou des groupes écologistes militants plus récents. Certains passages paraissent maladroits ou artificiels, ce qui a alimenté des spéculations sur une traduction automatique réalisée sur les réseaux sociaux », selon la réponse du 6 janvier 2025.

Peu de régions ont été épargnées par les attaques, sabotages et violences

Ce n’est d’ailleurs pas la première infraction de ce genre attribuée à la mouvance autonome. Au contraire, la liste est désormais bien remplie qui énumère les actes de violence commis par ce milieu. La soi-disant « bande du marteau » a organisé entre 2018 et 2020 au moins six braquages coordonnés contre de supposés "nazis" en Saxe et en Thuringe. Treize personnes ont été blessées, parfois gravement. Leur but était d’intimider des activistes d’extrême droite, la cheffe de file Lina E. a été condamnée à cinq ans de prison en 2023. Le groupe «Vulkangruppe», désormais suspecté d’avoir perpétré l’attentat contre le réseau énergétique de la capitale, est actif depuis 2011. En 2023, il a déjà commis un sabotage sur des câbles, perturbant largement une infrastructure locale. Bien qu’il n’y ait pas eu de victimes, les autorités ont considéré cette opération comme potentiellement mortelle, en la tolérant au moins par négligence.

Le milieu se radicalise

Depuis 2020, anarchistes et cagoulés attaquent en permanence les forces de sécurité. Que ce soit à Leipzig ou à Connewitz: lors de l’expulsion de maisons occupées ou lors de manifestations, ils ont lancé des pierres ou des bouteilles, mais aussi des cocktails Molotov. À Francfort et Hambourg, ils ont organisé des violences dans la rue, y compris des chasses à l’homme contre des policiers et des dégradations de véhicules de police. Des centaines d’incidents ont été recensés dans ces métropoles, y compris l’incendie de bureaux de parti, la démolition de chantiers ou des manipulations de la voirie. Le milieu continue de se radicaliser. En janvier 2025, 23 voitures de la brigade canine ont été incendiées à Munich. Partout dans le pays, les masques radio, les bobines de câbles, les biens de la Bundeswehr ou d’entreprises sont ciblés. Des voitures de luxe sont autant attaquées que des parkings souterrains, des maisons de figures politiques de l’AFD, « Vonovia », « Tesla » ou « Hentschke Bau ».

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L’extrémisme de gauche augmente en nombre et en radicalité

Depuis 2019, près de 50 attaques attribuées au «Block noir» ont été recensées autour de Munich. Des symboles antifascistes ont été retrouvés lors d’incendies criminels dans le Landkreis de Sigmaringen en octobre 2025. Le militantisme anti-gentrification ne recule plus devant: il s'attaque aux biens et aux personnes. En 2020, à Rheda-Wiedenbrück, une tentative d’attaque contre la résidence d’un entrepreneur a été menée par les «Cellules d’action révolutionnaires». En 2023, l’Antifa a sévi le long des lignes ferroviaires entre Düsseldorf et Duisburg, ce qui a nécessité l’arrêt du trafic, avec «Kommando Angry Birds» comme suspect. Dans la région de Neu-Isenburg, une série d’explosions a eu lieu, principalement contre des propriétés privées en Rhénanie-Palatinat. Les dégâts se chiffrent en millions, et la haine, la jalousie et la méfiance envers la société ne sont plus dissimulées mais revendiquées ouvertement.

Pourquoi la justice ne sévit-elle pas ?

Les statistiques montrent qu’entre 2018 et 2019, les infractions liées à l’extrême gauche ont augmenté de 4622 à 6449. En 2019, les délits violents se montaient à 921, et en 2024, ils ont atteint 5857. Parmi eux, 532 sont considérés comme des agressions ou attaques contre la vie. Le Bundesamt pour la protection de la Constitution et le BKA signalent une augmentation rapide des suspects: en 2020, 34.300 personnes étaient soupçonnées d’appartenir à cette mouvance, aujourd’hui elles sont 38.000. Au total, 11.200 sont considérées comme violentes. Le problème n'est toujours pas pleinement reconnu, car le taux d’élucidation de seulement 42% en témoigne. Les militants actuellement en vue ne craignent pas l’intervention de l’État. En 15 ans, il n’a pas été possible de démanteler leurs structures décentralisées. Une piste suivie en 2024 avec deux hommes s’est soldée par un acquittement, les enquêteurs repartent de zéro. Ont-ils été aveugles trop longtemps ?

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samedi, 10 janvier 2026

Tension politique dans plusieurs Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est – Merz sous pression

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Tension politique dans plusieurs Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est – Merz sous pression

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

Les négociations gouvernementales interminables aux Pays-Bas, le gouvernement français dirigé par le président Macron qui échoue encore à obtenir une majorité parlementaire viable, et le Premier ministre britannique Sir Keir Starmer qui, l’année prochaine, doit faire face à une défaite écrasante aux élections au Pays de Galles, ce qui met de plus en plus la majorité travailliste dans une situation difficile. Parce que l’Allemagne n’apparaît pas dans nos médias mainstream, il semble que chez nos voisins de l’Est tout soit calme. Rien n’est moins vrai!

Deux ans avant les prochaines élections régionales, le parti d’extrême gauche Die Linke se dit prêt à soutenir de manière constructive un gouvernement minoritaire de la CDU dans le Land de Saxe-Anhalt, dans le but d’écarter l’AfD du pouvoir. «Ce genre d’opposition constructive, que nous appliquons déjà en Thuringe et en Saxe, pourrait aussi être une solution ici», déclare Jan Van Aken, président de Die Linke. La seule condition qu’il pose est «que la CDU ne cherche pas à former des majorités avec l’AfD». En d’autres termes: exclure l’électeur de droite. Selon des sondages récents, l’AfD peut compter sur 40% des électeurs, la CDU sur 26% (en baisse de 8%) et Die Linke sur 11 %. La CDU devrait être totalement folle pour s’allier avec Die Linke — en termes purement politiques.

Y aura-t-il de nouvelles élections dans le Land de Brandebourg?

Une tension politique encore plus forte règne dans un autre Land de l’ancienne Allemagne de l’Est, le Brandebourg. Lors d’un vote au parlement régional, 2 députés sur 14 de la fraction BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht, gauche socio-économique, mais critique de l'immigration) n’ont pas voté avec le reste de la BSW, qui forme le gouvernement régional avec la SPD. Ce qui a conduit 8 collègues à exiger leur exclusion du parti. Ensuite, 2 autres députés de la BSW ont annoncé qu’ils quitteraient également la fraction. Tout cela alors que le gouvernement SPD-BSW dans le Brandenburg ne dispose que d’une majorité de 2 voix.

Un changement de coalition avec la CDU ne changerait rien, car la CDU ne compte que 12 députés. La seule option restante, en dehors de nouvelles élections: une coalition entre le BSW, la SPD et la CDU. Mais 8 députés du BSW ont déjà fait savoir qu’ils ne souhaitent pas continuer à appliquer la politique de la SPD. Selon une source anonyme au sein du BSW, «avec leur vote en faveur du BSW, les électeurs allemands ont clairement voulu signifier qu’ils voulaient une autre politique. Nous n’avons pas été élus pour être la ‘branche politique’ de la SPD». Selon les sondages les plus récents, l’AfD atteint 35%, la SPD chute à seulement 21% (en baisse de 11%). L’AfD pourrait devenir la première force dans ce Land, dépassant la CDU et la SPD réunis.

En attendant, la coalition au Brandenburg a éclaté. Croyez-moi: l’Allemagne est sous haute tension politique.

dimanche, 04 janvier 2026

Un belliciste vert à Francfort, Omid Nouripour

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Un belliciste vert à Francfort, Omid Nouripour

Wolfgang Hübner 

En première ligne avec Kiesewetter et Strack-Zimmermann

Les Verts de Francfort ont une certaine tradition qui consiste à enrichir la politique allemande de figures particulièrement discutables: avec Daniel Cohn-Bendit, ils nous ont présenté l’un des idéologues en chef du «multiculturalisme», dont les effets secondaires sont particulièrement visibles lors des célébrations du Nouvel An. Le meilleur ami de Cohn-Bendit, Joschka Fischer, avait déjà derrière lui une carrière de combattant de rue dans les rangs de l'extrême gauche militante et de fauteur de terreur contre la police, lorsqu'il est devenu le premier ministre vert du Land de Hesse, puis finalement ministre allemand des Affaires étrangères dans un gouvernement rouge-vert.

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L’actuel vice-président vert du Bundestag, Omid Nouripour, suit les traces de ses anciens camarades de parti avec ses récentes déclarations sur la guerre en Ukraine. Cet ancien étudiant sans emploi, qui avait jadis abandonné ses études et qui, né en Iran, est devenu citoyen allemand en 2002, s’est non seulement entièrement rangé derrière la ligne anti-russe du chancelier Friedrich Merz. Mais il a également demandé que l'on utilise l’arme ballistique allemande Taurus pour soutenir l’Ukraine. Ainsi, il rejoint le groupe des plus agressifs propagateurs de la guerre, comme Roderich Kiesewetter (CDU) et Marie-Agnes Strack-Zimmermann (FDP).

Pour Francfort, la ville natale du citoyen musulman Nouripour, cela n’est pas une affaire insignifiante. En effet, dans le cas désormais tout à fait envisageable, pour notre malheur à tous, d’un conflit armé entre l’OTAN et la Russie, la métropole du Main, avec son nœud internet des plus importants à l'échelle mondiale et avec ses nombreux centres de données, figure parmi les cibles particulièrement vulnérables aux frappes de missiles russes, avec des conséquences imprévisibles pour la population civile de notre ville. Moscou n’a jamais laissé planer le moindre doute: toute attaque par missiles Taurus sur le territoire russe serait considérée comme une provocation et Moscou y répondrait par des ripostes militaires de grande envergure.

C’est également la raison pour laquelle de telles attaques n’ont jusqu’à présent pas eu lieu. Le politicien vert Nouripour en est parfaitement conscient. Sa demande à Merz de ne plus attendre pour utiliser le missile Taurus est absolument irresponsable et le discrédite en tant que représentant des intérêts de Francfort au Bundestag allemand.

Wolfgang Hübner

vendredi, 02 janvier 2026

Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute

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Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute

Enrico Toselli

Source: https://electomagazine.it/cinesi-arabi-indiani-statuniten...

À qui revient l'Allemagne ? À eux ! Non, non, pas aux Allemands. Mais à tous ceux qui mettent sur la table des industriels de l'ancienne locomotive de l'Europe une somme considérable en dollars, roupies, yens, yuans, rials. En somme, toute devise provenant de n'importe quelle partie du monde est la bienvenue. Tout comme en Italie. La seule différence est qu'ici, les acheteurs potentiels se montrent difficiles lorsqu'il s'agit d'acheter l'ancienne Ilva ou les nombreuses entreprises métallurgiques en difficulté, tandis que l'industrie allemande profite encore d'une image d'efficacité.

Le résultat, cependant, est le même. On vient faire ses achats en Europe parce que les entrepreneurs du Vieux Continent ne sont plus à la hauteur de leurs pères et grands-pères qui ont bâti les entreprises. Avec les exceptions incontournables, bien sûr. Ferrero s'engage à se développer tant en interne que par des acquisitions à l'étranger. Mais c'est justement une exception. Avec quelques autres. En Italie comme en Allemagne. Et aussi en France, à part Arnault et quelques autres rares entrepreneurs.

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Pour le reste, mieux vaut beaucoup d'argent, puisqu'on est fichu, et tout de suite. Volkswagen s'apprête, pour la première fois, à fermer une usine sur le sol allemand. Et il y a déjà des étrangers prêts à prendre la relève. Cela vaut pour la chimie, les technologies de pointe, les secteurs innovants, les services qui attirent les Américains.

Les acquisitions étrangères ont augmenté ces dernières années, représentant un cinquième de toutes celles effectuées dans l'Union européenne, et concernent non seulement les grands groupes, mais aussi, de plus en plus souvent, les PME.

Les données relatives aux investissements étrangers greenfield, c'est-à-dire ex novo, sont également particulièrement intéressantes. L'Espagne occupe la première place en Europe, suivie de près par l'Allemagne. Cela signifie que les entrepreneurs étrangers croient au potentiel des travailleurs européens, ainsi qu'aux opportunités offertes par les différents pays. Ce sont les entrepreneurs européens qui manquent de courage et de compétences. Ils sont remplacés par des collègues venus du monde entier.

Ils rachètent des entreprises mécaniques, automobiles et électroniques. Mais les Chinois sont également sur le point de finaliser l'acquisition d'activités commerciales telles que celles du groupe allemand Ceconomy, qui détient, en Italie, le réseau Mediaworld. Sans oublier le secteur de la mode et de l'alimentation.

 

dimanche, 07 décembre 2025

„L’Allemagne n’est pas un État souverain“: Höcke perçoit une domination structurelle extérieure

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„L’Allemagne n’est pas un État souverain“: Höcke perçoit une domination structurelle extérieure

Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/deutschland-ist-...

Lors d'une conférence de presse nationale, l'homme politique de l’AfD de Thüringe, Björn Höcke, a récemment déclaré sans ambiguïté que l’Allemagne n’était pas un État souverain. Les compétences étatiques centrales ont été transférées à des organisations internationales.

Pour le leader de l’AfD de Thüringe, Björn Höcke, c’est clair: l’Allemagne n’est actuellement pas un État souverain donc n'est pas un Etat libre.

Erfurt. Fin novembre, l’AfD de Thüringe a publié un communiqué de presse dans lequel elle critiquait vivement les réflexions de la CDU de Thüringe, qui envisageait de mobiliser les jeunes pour un nouveau service obligatoire. Les démocrates-chrétiens voulaient „forcer les jeunes à un service“, alors qu’ils „poussent ce pays depuis des décennies vers l’abîme“, a critiqué l’AfD.

Le point central de la déclaration était l’accusation selon laquelle l’État perdrait son autorité morale s’il ne remplissait pas ses missions fondamentales. Un État qui „ne protège pas ses frontières et ne fait rien pour atteindre la paix en Europe de l’Est“, n’aurait selon l’AfD aucune légitimité pour „envoyer nos jeunes en service obligatoire – ni dans le cadre d'un service civil dit obligatoire ni dans le cadre d'un service militaire“. De telles mesures ne serviraient, selon l’AfD, qu’aux intérêts d’un „bureaucratisme idéologisé sans épine dorsale“.

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Exigence d’un État souverain

Dans le communiqué de presse, le président de la fraction AfD de Thüringe au Landtag, Björn Höcke, a repris cette argumentation. Avant que „même un seul jeune ne doive à nouveau porter l’uniforme sous la contrainte, cet État doit enfin redevenir un État pour les Allemands – souverain, libre et orienté vers les intérêts allemands.“

Lors de la dernière conférence de presse nationale avant la session plénière de décembre au Landtag de Thüringe, un journaliste s’est référé précisément à ce passage. Il a voulu savoir de Höcke si sa demande, selon laquelle l’Allemagne doit d’abord redevenir souveraine, signifiait que, selon lui, l’Allemagne n’est actuellement pas un État souverain et, par conséquent, n'est pas un Etat libre.

„Oui, nous ne sommes pas un État souverain“

Höcke a d’abord souligné que cela „se lit clairement dans le communiqué de presse“. Ensuite, il a confirmé cette interprétation sans ambiguïté. „Oui, nous ne sommes pas un État souverain“, a-t-il dit, et a ajouté que cela „est également tout à fait compréhensible en droit national“.

Pour justifier cela, il a expliqué que l’Allemagne avait transféré sa souveraineté en matière de défense à l’OTAN, sa souveraineté financière à la BCE, sa souveraineté économique à l’UE, et sa souveraineté sanitaire à l’OMS. Ces organisations, selon Höcke, ne seraient pas légitimées démocratiquement et ne seraient pas contrôlées démocratiquement. „Oui, l’Allemagne n’est pas un État souverain. C’est ainsi.“

mardi, 02 décembre 2025

Merz ne peut pas arrêter la politique migratoire de Merkel en Allemagne

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Merz ne peut pas arrêter la politique migratoire de Merkel en Allemagne

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

Après le tournant migratoire de la chancelière Merkel (CDU) en 2015, environ un million de migrants syriens se sont dirigés vers l’Allemagne. Dix ans plus tard, Friedrich Merz (CDU) est devenu chancelier, notamment avec la promesse de resserrer drastiquement la politique migratoire. Six mois après son élection, les paradoxes se multiplient. Sa coalition montre peu d’ambition en matière d’immigration, et les tensions internes au sein de la CDU sapent sa crédibilité.

Malgré la chute du régime d’Assad en 2024 et l’arrivée du nouveau président Ahmed al-Charaa, les réfugiés syriens ne retournent pas dans leur pays natal. Le chancelier Merz a donc proposé de réfléchir à d'éventuelles expulsions, car « la guerre civile en Syrie est terminée, il n’y a donc plus de raison de demander l’asile en Allemagne ». Merz mise donc sur une collaboration pragmatique avec le nouveau régime syrien pour relancer les rapatriements. « Ils sont essentiels pour la reconstruction du pays », a-t-il déclaré.

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Pour son ministre des Affaires étrangères, un retour dans un pays dévasté n’est pas une option.

Lors d’une conférence de presse récente à Husum, dans le Schleswig-Holstein, Friedrich Merz a déclaré : « Sans ces hommes (c'est-à-dire les réfugiés syriens qui retourneraient en Syrie), une reconstruction du pays est impossible. » Mais son propre ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul (photo - également membre de la CDU), lui a formellement répondu lors de sa visite à Damas. Il a décrit le chaos: «Ici, très peu de personnes peuvent vraiment vivre de manière acceptable». Le ministre a plaidé pour des expulsions très limitées «dans quelques cas exceptionnels», notamment pour les criminels.

Pendant ce temps, l’héritage migratoire de Mutti Merkel pèse des milliards d’euros. Pour 2023, le coût financier de la politique migratoire allemande est estimé à 6,4 % des dépenses publiques, soit une somme de 29,7 milliards d’euros. Il est clair que le mécontentement de nombreux Allemands est très bien capté par le parti d’opposition AfD. Alice Weidel, présidente de l’AfD, a durement dénoncé l’hypocrisie de la CDU: « Voilà ce que nous dit la CDU: 40 millions d’euros prévus pour la ‘reconstruction’ de la Syrie, mais les Syriens ‘ne peuvent pas revenir’, selon le ministre Wadephul. Le contribuable allemand est doublement touché. »

Au Bundestag, le ministre Wadephul a de nouveau déclaré que la destruction de la Syrie était pire que celle de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Les parlementaires étaient sans voix. Selon le magazine allemand Der Spiegel, cela indique que le ministre ne peut plus compter sur ses collègues de la CDU au parlement. Certains disent — pour l’instant anonymement — que le ministre ferait mieux de démissionner.

lundi, 01 décembre 2025

L'Allemagne d'après-guerre et la formation des Revolutionäre Obleute

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L'Allemagne d'après-guerre et la formation des Revolutionäre Obleute

Troy Southgate

Source: https://troysouthgate.substack.com/p/postwar-germany-and-...

L'histoire de la gauche allemande à la fin de la Première Guerre mondiale, ainsi que pendant la période qui a immédiatement suivi le conflit, est un sujet fascinant que j'ai longuement abordé dans mes biographies d'Otto Strasser (2010) et d'Ernst Röhm (2016). Cependant, dans la nouvelle édition traduite de l'ouvrage d'Albert Schmelzer sur Rudolf Steiner et le mouvement tripartite, le rôle des communistes dans la création des conseils ouvriers allemands est considérablement minimisé. Si Schmelzer a la chance, en tant qu'Allemand de souche, d'avoir accès à certaines sources historiques précieuses sur la période en question, certaines de ses conclusions sont toutefois quelque peu douteuses.

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S'il note à juste titre que le Parti social-démocrate (SPD), par exemple, a adopté une attitude résolument nationaliste et a commencé à soutenir l'effort de guerre du pays, il minimise considérablement l'influence que la Russie soviétique a eue sur les conseils eux-mêmes. Ce n'est pas pour rien que les Freikorps – qui, au départ, étaient utilisés par le gouvernement réactionnaire comme unités mercenaires afin de renforcer sa propre position – avaient réussi à rallier tant de personnes à leur cause anticommuniste, mais Schmelzer soutient que les conseils eux-mêmes étaient composés en grande majorité de membres du SPD et que les communistes pro-soviétiques n'y jouaient qu'un rôle mineur, voire insignifiant.

Cela mis à part, il propose un résumé intéressant des cinq visions du monde qui étaient en vogue à l'époque:

(1) la monarchie restauratrice,

(2) la démocratie pluraliste dans une économie capitaliste,

(3) le gouvernement parlementaire avec des conseils démocratiques et la socialisation économique,

(4) la dictature communiste pure et dure, et

(5) ce qu'il décrit comme un système de conseils politiques et économiques « purs ».

Il ne fait guère de doute que la droite militariste, du moins avant l'avènement de l'hitlérisme, privilégiait la première option, tandis que la deuxième était préférée par ceux qui, comme le Parti populaire allemand (DVP), étaient libéraux-conservateurs. La troisième catégorie désigne le SPD de centre-gauche, qui comptait plus d'un million de membres en 1918, tandis que la quatrième fait clairement allusion au Parti communiste (KPD) de Rosa Luxemburg.

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Peu après que les sociaux-démocrates indépendants (USPD) se soient séparés de la SPD en raison de son nouveau bellicisme, l'USPD s'est lui-même scindé en deux lorsqu'il a donné naissance à la KPD susmentionnée. La cinquième catégorie de Schmelzer, si je ne vous ai pas trop submergé avec cette litanie kaléidoscopique de labels idéologiques, était apparemment occupée par les segments de gauche de l'USPD et ce sont eux qui, selon lui, luttaient pour une forme plus autonome de décentralisation politique, sociale et économique.

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Les membres de l'USPD qui adhéraient à cette vision plus radicale se faisaient appeler les « délégués révolutionnaires » (Revolutionäre Obleute) et menèrent des grèves très efficaces afin d'essayer d'empêcher le pays de sombrer dans une guerre totale destructrice. Ironiquement, bien que ces éléments particuliers n'aient pas suivi Luxemburg au sein de la KPD, ils étaient considérablement plus radicaux dans le sens où ils s'opposaient fondamentalement au contrôle de l'économie par l'État et à la participation à l'assemblée nationale bourgeoise. Leur principale erreur, cependant, comme le souligne Schmelzer dans son livre, est que, alors que la faction Revolutionäre Obleute luttait pour l'autodétermination, elle a commis l'erreur de chercher à appliquer ces principes dans un climat marqué par un chaos total et un autoritarisme croissant.

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La meilleure stratégie, du moins pour les nationaux-anarchistes qui soutiennent bon nombre d'objectifs similaires, aurait été d'appliquer ces principes autarciques à la périphérie et non au cœur d'une société de plus en plus technologique. En fin de compte, ce sont Karl Kautsky, Hugo Haase et Rudolf Hilferding – tous issus de l'aile droite de l'USPD – qui ont finalement décidé que le parti devait prêter allégeance au système démocratique et abandonner complètement l'idée de conseils « purs ». Bien que de nombreux partisans des Revolutionäre Obleute aient ensuite rejoint l'Union libre des travailleurs (FAUD), une occasion unique avait été gâchée.

vendredi, 28 novembre 2025

Les États-Unis veulent contrôler le gazoduc Nord Stream pour leurs propres besoins

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Les États-Unis veulent contrôler le gazoduc Nord Stream pour leurs propres besoins

Source: https://mpr21.info/estados-unidos-quiere-controlar-el-gas...

En novembre de l’année dernière, nous avons annoncé que le spéculateur américain Stephen P. Lynch souhaitait acheter le gazoduc Nord Stream, si celui-ci était mis aux enchères lors du procès qui allait être lancé en Suisse contre l’opérateur en faillite.

En mai, le tribunal suisse a approuvé la vente. Une entreprise, Pyrit Energy AG, souhaite l’acquérir, selon l’annonce de son directeur, Ralph Niemeyer, qui a affirmé que son offre était la meilleure solution et qu’il avait négocié la transaction avec le directeur de Gazprom, Alexei Miller.

Bien que le gazoduc ne soit pas encore en service, l’intérêt pour celui-ci croît de jour en jour. Pyrit espère obtenir l’approbation des 27 pour transporter le gaz russe, malgré le fait qu’en octobre, le Conseil de l’Union européenne ait adopté un plan pour bloquer les importations de combustibles russes. L’accord s’exécute via Dubaï, le centre mondial de compensation pour les hydrocarbures.

Ce n’est pas un hasard si la police allemande a soudainement émis des mandat d’arrêt contre trois saboteurs du service secret ukrainien et quatre plongeurs militaires pour le sabotage du gazoduc.

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L’ambiance a changé, et même en Pologne, des déclarations très surprenantes se font entendre. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, a déclaré que l’amélioration des relations diplomatiques entre les États-Unis et la Russie pourrait conduire à la reconstruction de Nord Stream. « Les Européens achèteront ce gaz. Je pense que nous aussi. Parce que cela sera tout simplement légalisé par les États-Unis, notre principal allié », a déclaré Chaputowicz à la radio RMF24.

Peut-être que tout est déjà en marche. Cet été, Lynch, qui est un collaborateur proche de Trump, a payé la dette des exploitants de Nord Stream envers leurs créanciers. Lynch tente également d’acheter le gazoduc, mais attention; le plan est très différent: il ne s’agit pas de transporter du gaz russe vers l’Europe. Certains pensent que ce que les États-Unis veulent, c’est empêcher la Chine d’accéder au gazoduc.

Bien sûr, les opérations de Lynch sont liées à un accord de paix en Ukraine. Mais le gazoduc reste intéressant dans toutes les circonstances… aussi pour les États-Unis, qui ne disposent pas de suffisamment de carburant pour faire fonctionner leurs centres de données en intelligence artificielle.

Bien que les États-Unis soient le principal producteur mondial de gaz, avec un billion de mètres cubes, la consommation intérieure et celle du Mexique absorbent ensemble 900 milliards de mètres cubes. En d’autres termes, les investissements colossaux prévus pour l’intelligence artificielle aux États-Unis dépendent aussi… du gaz russe.

Pour que les « génies » de Bruxelles comprennent: le paquet de sanctions numéro 19 est une folie ; les tentatives de bloquer les exportations de gaz russe sont vouées à l’échec. La seule question est de savoir si le pipeline arrivera en Allemagne ou si une autre opportunité sera manquée à son tour.

Nous restons en alerte : l’entreprise qui exploitait le gazoduc Nord Stream était à moitié russe et à moitié allemande ; maintenant, nous verrons si l’entreprise qui l’achètera sera à moitié russe et à moitié américaine, c’est-à-dire si l’Europe restera à nouveau mise à l’écart.

mardi, 18 novembre 2025

Trois fois l'Ostpolitik. Trois fois Moscou. Trois étapes importantes de l'histoire récente de l'Allemagne

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Trois fois l'Ostpolitik. Toutes les bonnes choses vont par trois... ou pas?

Trois fois l'Ostpolitik. Trois fois Moscou. Trois étapes importantes de l'histoire récente de l'Allemagne

Rainer K. Kämpf

Source: https://pi-news.net/2025/11/alle-guten-dinge-sind-drei-od...

Dans un article intéressant, le blogueur Alexander Wallasch se demande si la ligne de Tino Chrupalla sur la Russie fera définitivement de l'AfD un parti populaire. L'occasion n'a jamais été aussi propice qu'aujourd'hui. Une Ostpolitik équilibrée et clairement ouverte, un signe plus que décisif envers Moscou, peut briser le blocage désolant de la politique étrangère allemande actuelle.

Quiconque s'est égaré et s'est enlisé dans le marécage ferait bien de faire marche arrière et de corriger le cap. Si l'AfD décide d'opter pour une orientation purement atlantiste de sa politique et en fait sa doctrine suprême, elle court le risque de suivre la voie bien tracée de l'ancienne République fédérale et de se complaire dans le confort d'une souveraineté « ressentie ».

Ce n'est guère alternatif et c'est inquiétant, car cela s'aligne sur un discours politique qu'elle veut pourtant dépasser. L'Allemagne a un besoin urgent de s'ouvrir, de faire un bond en avant pour retrouver sa crédibilité et sa réputation d'antan. Elle n'y parviendra guère en suivant exclusivement la voie tracée par Washington.

Revenons un instant en arrière:

En 1955, Konrad Adenauer remporta un succès spectaculaire en matière de politique étrangère grâce à sa politique à l'égard de Moscou et ramena chez eux les prisonniers de guerre allemands qui demeuraient encore captifs en Union Soviétique.

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En 1970, Willy Brandt rendit possibles les traités de Moscou et de Varsovie grâce à sa politique à l'égard de l'Est. Au final, cela aboutit au traité fondamental entre la République fédérale d'Allemagne et la RDA.

Helmut Kohl a saisi l'occasion qui s'offrait à lui et a obtenu en 1990 que Moscou rende possible la réunification allemande.

Trois fois la politique d'ouverture à l'Est a porté des fruits. Par trois fois, des chanceliers se sont rendus à Moscou. Trois étapes importantes de l'histoire récente de l'Allemagne. Aujourd'hui, l'Allemagne traverse la crise la plus grave depuis 1945. L'avenir de la nation est à la croisée des chemins et nous devons prendre une décision.

L'AfD a aujourd'hui une chance unique d'entrer dans l'histoire comme un parti populaire qui ouvre la voie vers l'Est, écarte le danger apparent d'une guerre et établit l'Allemagne dans le cercle des États qui veulent et peuvent façonner la géopolitique avec assurance et autonomie.

En d'autres termes, l'avenir du parti et du pays ne réside pas dans la voie confortable et bien rodée de l'allégeance au transatlantisme, mais dans une volonté de rupture face au carcan qu'impose la puissance occidentale victorieuse.

mercredi, 12 novembre 2025

Les résultats scolaires en Allemagne sont en chute libre

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Les résultats scolaires en Allemagne sont en chute libre

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94 

Dans le cadre d'une stratégie globale de suivi de l'enseignement, l'Allemagne examine régulièrement dans quelle mesure les objectifs de compétence dans l'enseignement sont atteints dans les différents Länder de la République fédérale. À cette fin, l'IQB (Institut zur Qualitätsentwicklung im Bildungswesen – Institut pour le développement de la qualité dans l'enseignement) de l'université Humboldt de Berlin publie chaque année des rapports. Les résultats de l'IQB-Bildungstrend 2024 viennent d'être présentés.

Cette nouvelle étude annuelle révèle qu'un élève sur trois dans l'enseignement secondaire n'atteint même pas les normes éducatives minimales. Les résultats des élèves des écoles allemandes ont chuté de manière spectaculaire en 2024 – ils n'étaient déjà pas brillants ces dernières années, selon le journal allemand Bild-Zeitung, qui a pu consulter les résultats. Sur les 38.000 élèves testés dans l'enseignement secondaire, 34% n'ont même pas atteint les normes éducatives minimales.

Retard linguistique et mesures liées au coro navirus

Par rapport aux résultats d'études précédentes menées en 2012 et 2018, on constate une baisse spectaculaire des performances scolaires, selon l'étude. Environ 9% des élèves de dernière année du secondaire n'atteindraient même pas les normes minimales requises pour obtenir leur diplôme, selon cette étude IQB-Bildungstrend. L'étude a examiné l'évolution des résultats dans les matières suivantes: mathématiques, biologie, physique et chimie.

25% des élèves échouent en chimie (+ 9 points de pourcentage), 24% en mathématiques, 16% en physique et 10% en biologie (+ 5 points de pourcentage).

Les chercheurs s'intéressent particulièrement aux retards linguistiques et aux mesures liées au coronavirus. Selon cette enquête annuelle sur la qualité de l'enseignement, les enfants issus de l'immigration, qui obtiennent des résultats nettement inférieurs à ceux de leurs camarades allemands dans les matières scientifiques, restent un problème important. Mais, fait remarquable, les élèves allemands dans leur ensemble enregistrent également une baisse de leurs résultats. Afin de compenser les désavantages des enfants issus de l'immigration, les chercheurs demandent instamment une amélioration de l'enseignement linguistique pour les nouveaux arrivants.

Les mesures liées au coronavirus, et en particulier la fermeture obligatoire des écoles, ont également eu des conséquences néfastes, selon les chercheurs. Les écoles de Brême, de Hesse, de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de Sarre obtiennent les plus mauvais résultats dans cette étude IQB-Bildungstrend 2024. Un signe supplémentaire des limites de la politique migratoire. Le fameux slogan de Merkel « Wir schaffen das » (Nous y arriverons) sonne de plus en plus faux...

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Petit ajout :

« En 2016, je suis venu en Allemagne pour commencer mon doctorat. À l'époque, l'Allemagne était un bastion de la science et de la technologie. Et aujourd'hui, en l'espace de seulement 9 années, j'ai eu l'incroyable opportunité de voir comment un pays du Premier Monde, qui était en passe de devenir une puissance mondiale, s'est systématiquement détruit par une série de mauvaises décisions politiques, qui avaient toutes pour but de l'affaiblir. Toutes ces mesures et décisions autodestructrices ont un point commun : elles ont toutes été prises par une poignée de millenials aisés des grandes villes, des millenials qui se sentent moralement supérieurs et qui voudraient en fait être félicités pour leur « bonne conduite ». Il est fou de voir comment le narcissisme de quelques individus peut détruire tout un pays. D'une certaine manière, je compatis particulièrement avec les Allemands travailleurs et ambitieux, surtout ceux qui ont travaillé dur pour construire le pays et qui doivent maintenant le voir ruiné par une bande de salauds suffisants et arrogants », déclare Mayukh Panja, astrophysicien, sur X le 26 octobre 2025.

L'Allemagne était autrefois le moteur économique de l'Europe (occidentale) et est le principal partenaire économique de la Flandre.