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vendredi, 06 juin 2014

Le hollandisme, maladie infantile du socialisme...

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Le hollandisme, maladie infantile du socialisme...

par Jean-Paul Brighelli

Ex: http://metapoinfo.hautetfort.com

Vous pouvez découvrir ci-dessous un texte décapant, et assez étonnant, de Jean-Paul Brighelli, qui sur le site de Causeur règle violemment son compte au parti socialiste et à son gauchisme culturel.

Professeur en classes préparatoires, défenseur de l'élitisme républicain, Jean-Paul Brighelli est l'auteur, notamment, de nombreux essais sur le système éducatif, comme La fabrique du crétin : la mort programmée de l'école (Jean-Claude Gawsewitch, 2005). Il est également l'auteur de La société pornographique (Bourin, 2012).

La droite est le nouveau véhicule des ambitions révolutionnaires

Jean-Pierre le Goff, dont le petit doigt est à lui seul plus cultivé, politiquement parlant, que l’ensemble du gouvernement, s’est récemment fendu d’une analyse de la politique « sociétale » du gouvernement dont je ne saurais trop recommander la lecture aux gens intelligents qui viennent faire un tour sur Bonnet d’âne. L’auteur de La Barbarie douce (1999 — remarquable analyse de ce qu’une certaine gauche pédago a fait de l’école, sous prétexte de faire réussir tout le monde à l’occasion de la semaine des quatre jeudis) y dissipe avec une grande rigueur le rideau de fumée qu’un parti social-démocrate — le PS et ses alliés —, qui a renoncé à tout vrai principe de gauche, a développé pour camoufler le fait qu’il a renoncé à toute intervention crédible dans le domaine économique — le seul susceptible de faire bouillir la marmite des damnés de la terre — et classes moyennes comprises, cela finit par faire du monde.

Résumons : les lois sur le mariage gay, par exemple, sont des manifestations typiques de ce gauchisme culturel que dénonçait Lénine en 1920 — une déviation qui sous prétexte de « pureté » révolutionnaire, feint d’oublier que le facteur économique est déterminant en dernière instance — et pas l’autorisation de passer ou non devant un maire (et, in fine, devant un juge aux Affaires familiales), ou l’affirmation un peu péremptoire qu’un double cunni peut engendrer des bébés (ou en donne l’autorisation, ce qui revient au même). Ce qui aurait été vraiment révolutionnaire (un terme incompatible avec les libéraux au pouvoir, nous sommes bien d’accord), c’eût été de proclamer la non-nécessité du mariage bourgeois, et l’égalité des droits pour tous : le prolétariat, qui n’avait pas les moyens de s’offrir une dot, a inventé l’union libre de fait bien avant que les pseudo-libertaires ne s’en emparent.

Le Goff ou moi — question de génération — avons expérimenté jusqu’au dégoût les impasses du gauchisme culturel, qui à se vouloir pur et sans compromission avec les « partis bourgeois » (c’est tout le sens de la diatribe de Lénine) a fini par sombrer dans la collaboration de classe la plus honteuse : on évite de s’allier au P«C»F, comme on écrivait à l’époque, on critique le Programme commun, on se croit révolutionnaire parce qu’on lit le Monde et on finit suceur de barreau de chaise à Libé ou publiciste chez… Publicis. Ou prof sur le Net, jusqu’auboutiste des causes les plus variées et les plus avariées qui n’ont jamais qu’un seul objet (et la plupart de leurs thuriféraires ont si peu de conscience politique qu’ils ne s’en aperçoivent pas) : défendre l’état des choses, la répartition actuelle du capital, la « rigueur budgétaire » et l’Europe de Juncker-Schulz.

Quitte à paraître plus léniniste que Vladimir Ilitch, je voudrais le répéter encore et encore : le seul problème, c’est de donner à manger à ceux qui ont faim. Et cela fait du monde, en France même : on s’occupera du reste du monde ultérieurement, l’alter-mondialisme est une déviation majeure qui permet de se préoccuper des « étrangers », des primo-arrivants, des manouches et de ceux qui croient que Yannick Noah est un artiste, au lieu d’imposer une politique qui redonne au moins l’espoir de grignoter un peu de l’immense fortune française — la redistribution oui, les réformes Taubira (la femme qui ne sait pas chanter la Marseillaise, et encore moins l’Internationale) non. Évidemment, il est plus simple d’amuser le peuple, via des journalistes incompétents et / ou complices, avec des écrans de fumée, en espérant que cela vous donnera une chance en 2017, qu’avec une réduction visible des inégalités.

Au passage je préfère être dans ma peau que dans celle de Thomas Piketty, qui s’est décarcassé à prouver à ses anciens amis qu’une autre politique économique est nécessaire (et possible), et qui est le plus grand cocu de l’arrivée de la « Gauche » au pouvoir et qui a bien compris, en allant vendre sa salade aux USA, qu’il est possible de travailler avec des capitalistes intelligents, en attendant de prendre le pouvoir pour de bon, mais pas avec des « socialistes » français obsédés par les sondages, aveuglés d’ambitions minuscules et de mauvaise foi — définitivement disqualifiés.

Mélenchon a raté le coche : à faire du Parti de Gauche le véhicule d’une ambition personnelle, il n’est pas parvenu à présenter ses propositions économiques comme une solution aux difficultés croissantes des Français. La seule qui a capitalisé sur le sentiment intense de frustration, c’est Marine Le Pen. Calcul ou retournement, le FN tient ces temps-ci un discours anticapitaliste très drôle à entendre, pour qui se rappelle ses prises de position ultra-libérales d’il y a quelques années. De même, il (ou le Comité Racine qui théorise pour lui) a sur l’Ecole des positions que 90% des profs approuvent, en le disant ou sans le dire — et les 10% qui restent sont juste les hommes-liges du PS et des Verts, ceux qui ont ou qui espèrent des positions compatibles avec leur petitesse conceptuelle, pas avec le bien public, et certainement pas avec celui des élèves.

Alors soyons tout à fait clair : si demain je pense qu’une alliance tactique avec des partis de droite (un ticket Juppé-Bayrou, mais aussi bien un infléchissement du Bleu-Marine) peut faire avancer la cause de ceux qui souffrent réellement, victimes des dégraissages des grandes entreprises, de la politique de déflation systématique, ou des prétextes démagogico-pédagogiques qui théorisent le succès de tous afin de réaliser la réussite des mêmes, eh bien je m’allierai, et sans un battement de cils. Parce que toute alliance avec le PS est devenue impossible (et depuis plusieurs années, depuis l’ère Jospin en fait), et que persister à se vouloir « de gauche » avec les guignols sanglants qui nous gouvernent est une entreprise illusoire : la Droite est aujourd’hui — parce que les uns sont en crise, et que les autres ont faim de pouvoir — le véhicule le plus commode des ambitions réellement révolutionnaires.

Jean-Paul Brighelli (Causeur, 3 juin 2014)

L'histoire d'une Europe sans peuple

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L'histoire d'une Europe sans peuple

par Christophe Beaudouin
 
 
Comment les Européens ont-ils pu basculer, sans bruit, sans violence et presque sans s’en apercevoir, dans un régime antidémocratique ? Comment ont-ils pu laisser leurs gouvernements renoncer progressivement à ce qui leur était le plus cher : leurs libertés, à commencer par celle de choisir souverainement leur destin, ainsi que leurs communautés nationales ? Cette préservation des souverainetés était une condition impérieuse de la paix : l’Histoire nous enseigne que les démocraties modernes ne se font jamais la guerre entre elles. À l’heure où la dette publique, la pauvreté, la crise d’identité et la défiance populaire atteignent une ampleur historique sur le continent, la question de l’avenir démocratique de l’Europe paraît d’autant plus cruciale. Tels sont les enjeux en train de se nouer derrière les accélérations fédérales en cours, depuis le déploiement des effets du traité de Lisbonne jusqu’aux nouvelles bases juridiques d’une gouvernance disciplinée de la zone euro. Christophe Beaudouin, docteur en droit aborde ces questions sans tabou dans son ouvrage "La démocratie à l'épreuve de l'intégration européenne" (LGDJ, 2014) et dans le numéro de mai 2014 du mensuel "La Nef" consacré intitulé "Quelle l'Europe ?"

Sur la page « gouvernance européenne » de son site, la Commission avoue sans ambages qu’il s’agit d’une « forme dite postmoderne des organisations économiques et politiques » où il serait désormais possible de « gouverner sans gouvernement ». Est-ce à dire que nous aurions basculé dans le « despotisme doux » annoncé par Tocqueville et repris par Jacques Delors ? Cette Europe intégrée laisse voir bien davantage qu’une simple crise d’adolescence : défaut structurel de légitimité des institutions de l’Union, technicisation extrême du pouvoir, confusion des fonctions exécutives, législatives et judiciaires, contrôles parlementaires national ou européen impraticables, responsabilité politique inconsistante, absence de culture politique européenne et donc d’espace de débat public transnational, perméabilité manifeste aux influences privées mondialisées. Comment en sommes-nous arrivés là ?

1) La « méthode Monnet » (1950)

Nous sommes à Paris, dans le salon de l'Horloge du ministère des Affaires étrangères, le 18 avril 1951. Autour du ministre français Robert Schuman, sont réunis ses homologues des cinq autres États qui s’apprêtent à fonder ensemble la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Mais beaucoup trop de questions restent en souffrance et le texte officiel du traité n’est pas prêt. De sorte qu’à l’heure prévue de la signature, on trouve une solution inédite : les six ministres vont apposer leur signature au bas d’une feuille blanche. Six gouvernements vont engager solennellement leur nation dans une aventure qui dépasse de loin la simple mise en commun de productions vieillissantes. Ces signatures gouvernementales au pied d’une page immaculée signifient que quelque chose de supérieur prévaudrait toujours : « l’Esprit » unificateur. Un esprit qui l’emporterait même – on le comprit par la suite - sur la lettre des traités, sur l’intention des États fondateurs et sur la volonté des peuples exprimée par référendum.

C’est le succès de la « méthode Monnet », alimentée à l’époque par la logique des blocs qui obligeait à résister à l’expansion soviétique, quitte à fermer les yeux sur les entorses à la démocratie. Cette méthode fut définie par la fameuse déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950, préparée par Jean Monnet, alors commissaire au plan, pour forcer l’Allemagne et les autres pays d’Europe de l’ouest à la « réalisation de solidarités de fait », la « fusion d’intérêts » et « l’unification économique ». Cette proposition « réalisera les premières assises concrètes d’une fédération européenne (sic !) indispensable à la préservation de la paix. » Cette logique du fait accompli imposerait alors de nouveaux transferts de compétences des démocraties vers l’Union, sans besoin d’ailleurs d’obtenir le consentement des nations membres : c’est ce que le jargon bruxellois appelle le « spill-over » ou effet de débordement. Une « Haute Autorité », ancêtre de la Commission européenne, « composée de personnalités indépendantes » rendrait « ses décisions exécutoires » dans tous les pays adhérents.

Ainsi se formait la maladie congénitale à toute la construction européenne et pour son propre malheur : la rupture avec les démocraties nationales et le passage à la technocratie. Il faut dire que ces « pères de l’Europe », avaient l’un et l’autre, avec la démocratie et avec la France, une histoire particulière… Souvenons-nous : Robert Schuman est né Allemand à Luxembourg en 1886, réserviste dans la Wehrmacht en 1914, il devient Français à 32 ans lors du retour de la Lorraine à la France, député démocrate-chrétien de la Moselle de 1919 à 1940, il vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, sous-secrétaire d’État du gouvernement de Paul Reynaud, il le demeure sous l’État français et ne change de camp qu’après l’intégration de la Moselle au Reich. Jean Monnet quant à lui, né en 1888 à Cognac, fils d’un exportateur d’alcool, vécut la moitié du temps outre-manche et aux États-Unis pour affaires, banquier chez Lazard à New-York en 1908, il traite avec les grands noms de la finance anglo-saxonne et conseille plusieurs dirigeants mondiaux dont Roosevelt. Après l’armistice de 1940, il obtient du Foreign Office que de Gaulle soit empêché de lancer son appel à la BBC - avant que Churchill n’intervienne, puis dans une note secrète du 6 mai 1943 au secrétaire d’Etat américain Hopkins, il écrit à propos du futur libérateur de la France : « Il faut se résoudre à conclure que l’entente est impossible avec lui ; qu’il est un ennemi du peuple français et de ses libertés (…) de la reconstruction européenne (et) qu’en conséquence, il doit être détruit dans l’intérêt des Français, des Alliés et de la paix. » Heureusement pour l’Europe et pour la paix, Monnet ne réussit ni à faire taire de Gaulle, ni à le « détruire »… Mais il repart vite à la charge. A Roosevelt, Monnet écrit le 5 août suivant : « Il n’y aura pas de paix en Europe si les États se reconstituent sur la base de souverainetés nationales. Ils devront former une fédération qui en fasse une unité économique commune ». C’est ce à quoi il se consacre après 1946, pour faire des gouvernements des « instances d’exécution » dans une Europe supranationale au service du marché, expérimentation hasardeuse considérée comme une étape vers un futur gouvernement mondial. Au cours d’une cérémonie officielle où il reçoit en 1953 le premier laissez-passer européen, il brandit son passeport diplomatique français et proclame « nous pouvons le brûler !». C’est le modèle de la CECA qui est calqué dans le projet de Communauté européenne de défense (CED), dont l’échec devant l’Assemblée nationale française le 30 août 1954 oblige à un changement de stratégie des supranationalistes. Il leur faut maintenant avancer masqués.

2) Le fédéralisme dissimulé (1957)

Les traités de Rome du 25 mars 1957 marquent le passage d’un fédéralisme affiché à un fédéralisme dissimulé. Le créneau choisi est la mise en place d’un marché commun entre les six, sans droits de douane à l’intérieur mais avec un tarif extérieur protecteur. Cette Communauté européenne (CEE) est organisée selon un schéma apparemment plus respectueux des souverainetés nationales, dès lors que le pouvoir de décision appartient à une sorte de conférence diplomatique permanente : le Conseil. Les rédacteurs inoculent cependant un redoutable virus : l’objectif des quatre libertés économiques (libre-circulation des marchandises, des services, des capitaux et des individus) et, sur le plan politique, celui, lyrique, d’une « union sans cesse plus étroite ». L’« esprit » unificateur du Salon de l’Horloge est bien là et les outils d’une domination technocratique sont en place : rôle moteur de la Commission dotée du monopole de la proposition, interprétation souveraine et sans appel des traités par la Cour de justice, perspective d’extension du vote à la majorité avant dix ans.

Avec le retour du général de Gaulle en 1958, la construction européenne connaît une heureuse correction démocratique. Après le refus par les pays du Bénélux du plan Fouchet présenté par de Gaulle pour coiffer l’organisation d’une coopération politique intergouvernementale, une grande crise éclate. La Commission propose une réforme de la politique agricole commune assortie de nouvelles règles financières accroissant son pouvoir. De Gaulle refuse et réplique par la politique de la « chaise vide » qui, après sept mois, débouche sur le Conseil de Luxembourg du 28 janvier 1966 : rejet des projets financiers de la Commission et maintien de la prépondérance du Conseil (donc des États), abandon de la pratique (illégale) de la Commission de recevoir des lettres d’accréditation d’ambassadeurs de pays tiers et adoption du fameux « compromis ». Il permet à tout État estimant qu’une proposition de la Commission normalement votée à la majorité, qui menacerait des « intérêts très importants » pour lui, d’obtenir du Conseil une discussion jusqu’à parvenir à un accord unanime. C’était là une règle de respect, de confiance et d’optimisme qui aurait dû rester le fondement de la coopération européenne. De Gaulle rappelait ici que la Communauté était une association d’États et non leur fusion dans une « purée de marrons » sous tutelle technocratique. Hélas, aucun de ses successeurs n’aura la sagesse de poursuivre sur cette voie.

Si le système de vote à la majorité s’en trouve neutralisé, la Commission et la Cour de Justice conservent leurs prérogatives exorbitantes. Cela n’inquiète guère, vu le champ alors réduit des matières communautaires. La Cour sera le point de départ d’une discrète offensive qui s’avère victorieuse. Au début des années 1960, un petit groupe de juges activistes à Luxembourg élève la vision du préambule du Traité au rang d’élément d’un ordre juridique supérieur, voire supra-légal : c’est toujours le fameux « esprit » unificateur. Celui-ci s’impose même aux États fondateurs, pour justifier l’avènement d’un nouvel ordre juridique autonome et supérieur que ces mêmes États, apparemment sans le savoir, auraient créé sept ans plus tôt en signant le traité de Rome. On n’avait pas imaginé que cette formule creuse – « l’union sans cesse plus étroite » - serait interprétée littéralement en vue de la marche irréversible vers la fusion pure et simple des nations européennes en une entité unique et unitaire.

Une telle déclaration d’intention suffit pourtant à ce que la Commission ou la Cour vienne forcer la main des États, lisant dans les décisions des Conseils des ministres ce qui n'y figure pas, donnant aux actes juridiques européens à la fois une applicabilité directe (arrêt « Van Gend en Loos » adopté à une voix de majorité, 1963) et une supériorité sur toute loi nationale - même constitutionnelle ! - (arrêt « Costa », 1964) pourtant toutes deux refusées par le traité de Rome.

Elle justifiera aussi plus tard qu’on force la main des peuples en refusant de respecter les « non » référendaires, notamment de la France et des Pays-Bas au traité constitutionnel (2005) et de l’Irlande au traité gigogne de Lisbonne (2008). Comme si une « Vérité » religieuse orientait le processus européen vers l'impératif unique de l'intégration supranationale pour l'unification illimitée, plutôt que vers toute autre forme d'organisation européenne, et bien que rien de tout cela n’ait jamais été débattu, accepté, ni même compris et perçu jusqu’à présent par les peuples. L’expression « sans cesse plus étroite » signifie bien que l’union n’est pas une institution mais un processus, non pas un point d’arrivée aux contours restant plus ou moins à définir par les Européens du futur, mais une trajectoire, un engrenage à sens unique agrégeant les nations les unes aux autres, sans arrêt ni correction possibles.

Après le départ du général de Gaulle, la machine redémarre de plus belle. En 1972, ce sont les chefs d'État et de gouvernement eux-mêmes qui préconisent l’utilisation « aussi largement que possible » de la clause de flexibilité par la Commission (Déclaration de Paris). Elle pourra ainsi élargir, sans ratification d’un nouveau traité, ses compétences dans les domaines de l’environnement, des politiques régionales, sociale et industrielle. Jusqu’à l’Acte unique de 1987, cette clause sera utilisée, aux dépens des parlements nationaux, avec une imagination sans limites.

3) La technocratie de marché (depuis 1987)

C’est à partir de l’élection de François Mitterrand (« La France notre patrie, l’Europe notre avenir ») en 1981 et la dernière phase de la mondialisation, que le virus fédéral dissimulé dans le traité de Rome va être activé et que l’intégration supranationale connaît son véritable essor. La mondialisation des échanges, de la finance et de l’information a besoin d’États, mais d’États faibles. Cela tombe bien : les européistes aussi. Avec le tournant de la rigueur et de la monnaie forte en 1983 s’engage le début de la marche à la monnaie unique - et de la désindustrialisation massive - que parachève le traité de Maastricht. Entre-temps, Jacques Delors, Président de la Commission européenne à partir de 1985, lance la réalisation du marché intérieur, selon un programme de 300 directives pré-rédigées par des lobbies (European Roundtable).

Le grand basculement s’opère formellement avec l’Acte unique de 1987. Négocié par Roland Dumas et voté par la gauche et la droite, il prévoit la concurrence dite « libre et non faussée » - en réalité brutale et déloyale - administrée par la Commission, l’exercice de ces compétences à la majorité qualifiée et sous le contrôle de la Cour de Justice, la libéralisation des capitaux à l’égard de tous les pays extérieurs y compris les paradis fiscaux. Les droits de douane passent de 14,5% en 1992 à 1,5% en 2012, faisant de l’UE l’union commerciale la moins protégée du monde. Les États européens rompent avec leur responsabilité vis-à-vis de la politique macro-économique - réguler le niveau de certaines importations et exportations, stimuler la demande intérieure de consommation et d’investissement -, en abandonnent les instruments (la monnaie confiée à la BCE indépendante, le budget au Pacte de Stabilité) et toute volonté politique. En renonçant peu à peu aux frontières (traité de Schengen, 1985), à la maîtrise de la politique d’immigration, aux droits de douane et aux législations protectrices, on abolissait la différence entre « l’intérieur » et « l’extérieur » des États. De sorte qu’il n’existe plus aujourd’hui de vraie distinction possible entre marché interne ou européen et marché mondial.

On compte pas moins de six traités principaux ayant modifié le traité de Rome, depuis l’Acte unique de 1987 jusqu’au traité de stabilité, de coopération et de gouvernance (TSCG) de 2012, en passant par les traités de Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2001), et Lisbonne (2009), tous inconstitutionnels, obligeant à des révisions en cascade de notre Constitution. Depuis son adoption en 1958, les deux tiers en ont été changés, de sorte qu’elle n’a plus grand-chose à voir avec le texte fondateur de la Vème République. Il faut y ajouter les vagues d’élargissement qui ont naturellement bouleversé les dimensions et parfois les pratiques européennes, pour parvenir à vingt-huit États membres aujourd’hui, et demain trente ou trente-cinq.

Nous avons ainsi abandonné l’essentiel de notre souveraineté – 80% des lois et décisions sont européennes et mettent en œuvre le droit de la mondialisation - mais nous n’avons pas réussi, puisqu’il n’y a pas de peuple unique, à bâtir une démocratie de remplacement au niveau européen. Dès lors, comment continuer à obéir à un droit qui n’est pas perçu comme légitime ? La mondialisation exigerait, comme pour toute puissance qui se respecte aujourd'hui dans le monde, des souverainetés nationales plus vivantes que jamais, dans une confédération élargie, qui défendrait et porterait les valeurs de la civilisation européenne. Après le monarque, voici le peuple souverain à son tour chassé du trône par la nouvelle classe managériale : technocrates, juges et lobbies mondialisés déguisés en « experts ». Là où il n’y a plus de racines, il faut des tuteurs. Ceux-ci occupent le vide laissé par le renoncement des Politiques. Oeuvrant à l’extension sans fin du règne du marché et des droits subjectifs, ils ont fait de l’Europe le laboratoire expérimental de la gouvernance mondiale, pour passer « du gouvernement des Hommes à l’administration des choses » (Saint-Simon). Ils accompagnent l’irrésistible crue globalitaire en train d’abattre limites, distinctions et hiérarchies. Nous voici désormais tous « rois » : en réalité politiquement réduits à l’impuissance comme citoyens, mais juridiquement surarmés comme individus narcissiques, satisfaits de notre servitude à un empire « cool ». L’Européen du XXIème siècle reste pourtant l’«animal politique » décrit par Aristote. Refusant le grand déracinement, il tentera bientôt de retrouver sa famille, sa cité, sa nation, sa civilisation.

L'obiettivo degli Usa è la Germania

L'obiettivo degli Usa è la Germania      
 
Scritto da Gianfranco La Grassa   
Ex: http://www.noreporter.org


mer7798270.jpgCerto che se aspettavamo che se ne accorgesse qualcuno di noi...

Stiamo attenti a quanto è avvenuto dal 2011 ad oggi. Credo che il tutto sia teso al controllo dell’Europa, che oggi ha qualche incrinatura con l’avanzata di certi anti-UE (non però del tipo Farage o Grillo!). Anche la minaccia che sembra sia stata rivolta da Cameron a Merkel circa Juncker che non deve diventare presidente della Commissione europea sembra dimostri la preoccupazione che un giorno (non subito, non con la cancelliera attuale) la Germania possa diventare un problema per gli Usa in quanto magari vuole riprendere ampi contatti verso est per accrescere il peso in Europa. Questo spiega anche perché i più servi degli Usa insistano con la polemica contro la Germania. E contrabbandino pure la predominanza del capitale finanziario, la fine degli Stati nazionali, ecc. sempre in quanto servi dei servi degli Usa. Attenti a questi furfanti, si annidano anche fra i critici del capitalismo, critici critici di tutto. Maledetti imbroglioni. Serpenti di cui schiacciare la testa; sono i più pericolosi. Il male non sta nel “capitalismo” (magari “assoluto”); ma nel predominio statunitense che deve essere incrinato, in specie proprio in Europa. Addosso ai farabutti che deviano le critiche verso obiettivi fasulli per nascondere l’essenziale del predominio degli Usa. 

 


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jeudi, 05 juin 2014

El canal de Nicaragua y el nuevo mundo multipolar

por Juan Manuel Karg*

Ex: http://paginatransversal.wordpress.com

El progresivo declive de EE.UU. en su papel de “hegemón” internacional ha provocado la emergencia de otros actores con gran relevancia a nivel global: Rusia, China, Brasil e India, por un lado, y el conjunto de países de América Latina por otro, quienes han conformado un nuevo escenario multipolar. La crisis económica en Europa también fue propicia para posibilitar este escenario internacional que describimos, mostrando los límites de modelos de integración como la Unión Europea, y de modelos económicos con fuertes componentes librecambistas.

En ese contexto, en Nicaragua se plantea nuevamente la posibilidad de desarrollar un paso interocéanico, que conecte el Mar Caribe con el Océano Pacífico y Atlántico, sin la tutela de Washington. ¿Qué oportunidades y peligros presenta esta idea, donde participarían empresarios chinos y probablemente rusos, amparados por ambos gobiernos? ¿Cómo impactará en las economías latinoamericanas?

El proyecto del Canal de Nicaragua es, sin dudas, un proyecto muy ambicioso: con una construcción que se estima en unos 40.000 a 50.000 millones de dólares, conectaría al Mar Caribe con el Océano Atlántico y el Pacífico, comenzando sus obras a principios de 2015. Hay que decir que este no es un proyecto nuevo, ni mucho menos: hace siglos que se ha buscado una conexión en la zona, e incluso el Canal de Nicaragua ya se aparecía como idea antes de la construcción del propio Canal de Panamá, que data de 1914 y nace con una hegemonía absoluta de parte de EE.UU.

Una de las diferencias importantes con el Canal de Panamá, en las proyecciones conocidas hasta el momento, es que el nicaragüense podría ser además utilizado por barcos de gran calado. Sería, por consiguiente, un canal más ancho y más profundo que el de Panamá, que además se ha caracterizado en los últimos tiempos por cierta “lentitud” en las obras de remodelación, con la consiguiente falta de adecuación para el paso de nuevas embarcaciones.

¿Cómo puede impactar este multimillonario despliegue chino en Nicaragua? China parece pretender otro tipo de relación con el continente a la estadounidense –más allá de valoraciones comerciales muy positivas, claro, para el país asiático, que no hay que dejar de mencionar-. Un primer punto de crucial diferencia, hasta el momento: el no pretender construir bases militares en nuestro continente, como sí ha hecho Washington en Colombia y Perú, por ejemplo. Al respecto de este tema parece posible descartar la hipótesis de que esto pueda ser el inicio de una futura “militarización de América Latina por parte de China”, tal como han afirmado como posibilidad algunos analistas -visto y considerando el despliegue norteamericano en la región desde 1914, como subproducto de la construcción del Canal de Panamá-. La historia reciente no demuestra esa tesis en lo respectivo a la relación del “gigante asiático” con nuestro continente: la diplomacia china parece más cercana a la idea de “cooperación sur-sur” que a la injerencia en la política interna de los países del continente.

Dicho esto, nos preguntamos ¿Podrían estas obras ampliar las tensiones entre China y EEUU? Sin dudas Washington está tomando nota de los veloces movimientos de Beijing, y de la audacia comercial que parece mostrar en América Latina, con acuerdos comerciales y políticos en diversos países del otrora “patio trasero” norteamericano. Los datos son elocuentes: el PBI chino es el segundo a escala mundial desde 2011, y el país ha mostrado altas tasas de crecimiento en los últimos años, lo que le otorga al gigante asiático liquidez para invertir en otros lugares del mundo. El reciente viaje de Obama a Filipinas, con la consiguiente firma de un acuerdo de cooperación en el marco de defensa por el plazo de 10 años, parece ser una medida defensiva de EEUU, buscando aumentar su influencia en la región de Asia-Pacífico.

Para Nicaragua seguramente el proyecto traiga beneficios en el corto y mediano plazo, a medida que la obra vaya avanzando. En primer lugar, crearía miles de puestos de empleo por la magnitud de la construcción de una obra tan grande en extensión, con cerca de 500 km de largo. Algunos analistas han estimado que las obras del canal podrían llevar a un crecimiento del 10% anual en la economía nicaragüense. A su vez, para el ALBA-PetroCaribe, como organismos similares de integración regional, no sería menor que uno de sus socios miembros tenga dominio de un canal de tal importancia. Venezuela, por ejemplo, se vería beneficiada para exportar más fácilmente petróleo a China, que es el segundo comprador del mercado de hidrocarburos venezolano –el primero sigue siendo EE.UU.-.

En conclusión: el proyecto, para América Latina, podría significar la posibilidad de tener un canal con autonomía total respecto a Washington. En esto hay otra diferencia clara con su “antecesor”: si bien el Canal de Panamá fue cedido formalmente a su país, luego de 80 años de dominio estadounidense, Washington detenta la posibilidad, por ley, de intervenir militarmente la zona si ve peligrar sus intereses. Que esta cláusula no exista en Nicaragua es una salvaguarda para el continente, visto y considerando el “prontuario” que sobre el tema ostenta Washington en la región.

*Licenciado en Ciencia Política de la UBA. Investigador del Centro Cultural de la Cooperación de Buenos Aires.

Fuente: El Espía Digital

SPLEEN DE MAI : ENTRE POPULISME ET PARALYSIE

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SPLEEN DE MAI : ENTRE POPULISME ET PARALYSIE

Comment sauver la France ?

Michel Lhomme
Ex: http://metamag.fr

François Hollande est redevenu « Monsieur 3% » ! Les Français ne sont plus que 3% à le préférer comme candidat du PS à la prochaine présidentielle de 2017, selon l'étude OpinionWay, réalisée pour Le Figaro Magazine. C'est le même chiffre que les sondages lui donnaient quelques mois avant la primaire de 2011, quand il était opposé  à Dominique Strauss-Kahn.
 
Quel enseignement tirer des Européennes ?

Tout d'abord, le vote a révélé au grand jour la supercherie de la gauche. Au soir des résultats, Jean-Luc Mélenchon n'avait pas tout à fait tort en désignant comme premiers coupables ceux qui ont volé les mots de la gauche. La gauche providentielle n'est plus. La gauche intellectuelle des professeurs n'a plus aucune prise sur la réalité. Elle tourne à vide, prisonnière de la gauche de gouvernement technocratique au service exclusif des banques et de la finance. 

Le PS est à peine parvenu à obtenir 14 % des suffrages et il laisse derrière lui une France sans idées, exsangue, appauvrie, rongée par le chômage, la désindustrialisation et la précarisation de couches entières de la société. En fait, Hollande a fait ce qu'on lui a demandé de faire : il a serré la vis des Français, en imposant de nouvelles taxes. Il s'apprête pour demain à puiser dans leurs épargnes. Les millions d'euros qu'il prétend dégager ne serviront pas à relancer l'économie mais à renflouer les caisses des banques d'affaires internationales qui spéculent sur la dette de la France. De fait, avec les scores électoraux obtenus, le gouvernement est tétanisé et paralysé. Il ne peut plus gouverner. A un tel niveau de mécontentement, cela signifie qu'on n'est plus entendu mais surtout qu'il y a aussi dans les rangs des citoyens de la désobéissance civile. En fait, plus aucune administration ne fonctionne réellement en dehors de la gestion quotidienne des salaires et des flux.

Le deuxième élément marquant est bien sûr la spectaculaire percée du Front National mais qu'il faut relativiser. Bien sûr, pour le Front national, c'est une immense victoire. Avec 24,85 % des suffrages, il obtient de loin son meilleur score depuis sa création en 1972 et depuis son émergence électorale, il y a trente ans aux Européennes du 17 juin 1984. Mais l'abstention a été très forte (plus de 57 %) si bien que le parti avec 4,6 millions de voix, obtient moins de suffrages qu'à la Présidentielle de 2012 ! 

Les Français n'ont donc pas si changés que cela et il paraît difficile pour ce parti de remporter une élection présidentielle. Les électeurs en ont assez de la dégradation continue de leurs conditions de vie, de l'augmentation des impôts et des taxes, du politiquement correct, de la multiplication des radars automatiques sur les routes et des limitations de vitesse, de l'explosion de la violence gratuite et raciale, de la destruction méthodique de la famille et de leur environnement, de la dégradation de l'école et de la discrimination positive larvée, de la repentance permanente. C'est ainsi que le parti de Marine Le Pen a réussi comme Beppe Grillo en Italie en 2013 a cristalliser le mécontentement populaire. L'allusion à Beppe Grillo est volontaire. Beppe Grillo fit le même score que Marine le Pen aux élections italiennes des 24 et 25 février 2013. Et finalement, tout ceci n'était que du foin, un chanvre indien apte à stériliser la protestation populaire ? En somme, un rapt de la colère populaire. Peut-on d'ailleurs considérer comme totalement raisonnables les choix d'une nation dépressive ? Les électeurs n'ont-ils pas voté pour des inconnus, des candidats qu'ils ne connaissent même pas ? N'aurait-on finalement en mai que jouer aux élections ? N'est-ce pas sur un autre terrain, celui de la dissidence théorique, comme le suggère dans son dernier article Jacques-Yves Rossignol, mais aussi pratique, qu'il faut que la colère devienne positive et source de création ?

Poutine ou le Maître de la Parole

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Poutine ou le Maître de la Parole...

Nous reproduisons ci-dessous un texte remarquable de Philippe-Joseph Salazar, cueilli sur le site Les Influences et consacré à Vladimir Poutine et à sa parfaite maîtrise de la parole dans la conduite de la crise ukrainienne. Philippe-Joseph Salazar est philosophe et spécialiste de la rhétorique.

par Philippe-Joseph Salazar

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

On se souvient de la phrase du philosophe allemand Hegel, le génial auteur de la Phénoménologie de l’Esprit, quand il vit Napoléon passer sous sa fenêtre, en octobre 1806 : « J’ai vu l’âme du monde à la manœuvre » [1]. Eh bien, voilà un mois en écoutant Vladimir Poutine s’adresser à la Diète fédérale russe, lors de la réincorporation des terres irrédentes de Crimée à la Mère Patrie Russe, j’ai entendu parler l’âme du monde. J’ai entendu, et vu, la plus puissante des paroles se déployer, avec une telle sûreté de ton, une telle acuité d’arguments, une telle saisie du moment qu’une autre phrase de Hegel m’est venue naturellement aux lèvres : Poutine explique la politique « comme l’oiseau de Minerve qui prend son vol à la nuit tombée », pour mieux saisir sur le vif ceux qui n’y voient goutte, qui sont dans la nuit de leurs idées toutes faites, et ne savent plus ni parler, ni écouter – je veux dire « l’Ouest » comme le disent les médias, ces perroquets câblés.

Vladimir Poutine, âme du monde ? Ça mérite une explication. Maître absolu de la parole ? Ça mérite une analyse.

Depuis l’Irak et l’Afghanistan les directeurs de la communication des Etats-Unis et de l’OTAN ont mis au point une technologie rhétorique dite de « stratcomm », « communication stratégique », d’une simplicité qui s’est voulu génialement opérationnelle (ça tient sur une carte qu’on met dans la besace du trouffion, littéralement) et qui s’est révélée accablante d’efficacité, comme on le sait. Le spectacle désolant qu’offrent ces deux pays, jadis féodaux mais en paix, désormais féodaux mais en guerre, suffit à démontrer la terrible stupidité de la « stratcomm ». La stratcomm est supposée suppléer à la force brutale par l’influence persuasive, en alimentant le discours public et la propagande à coups de mots simples comme « stabilité, paix, prospérité » [2].

Dans le cas de l’Ukraine le mot clef, dès que l’Union Européenne, les Etats-Unis et l’OTAN ont mis le doigt dans l’engrenage, a été « désescalade ». Il faut « désescalader » ont répété les perroquets et les perruches médiatiques.

Le terme est codé : il implique que l’adversaire a « escaladé » ; en bon français (mais qui s’en soucie) le mot est très récent (1970) et il est militaire : « Ensemble d’opérations stratégiques visant à diminuer ou à supprimer la gravité des mesures militaires » [3]. On a bien lu : « mesures militaires ». Dans ce langage codé que parlent entre eux les services secrets, qui manipulent les médias en usant d’honorables correspondants, ou en plantant des infos sur les fameux réseaux sociaux, et les services de communication/propagande, le concept est militaire. Dire « désescalade » c’est déjà accuser la Russie d’avoir « escaladé ».

Qu’a fait Vladimir Poutine. Rien. Il a laissé dire. Sachant que s’il dit le mot, il est pris au piège.

Quel piège ? Celui-ci : le problème, avec le langage de la stracomm, c’est qu’il faut que l’adversaire le parle aussi. En philo on appelle ça le « différend » : vous m’accusez de ceci, et vous voulez que j’utilise pour me défendre les mots que vous employez pour m’accuser ? Le piège est grossier ! Car me défendre avec les termes que vous employez, c’est déjà accepter que c’est vous qui définissez le cadre de ma défense. Je suis cuit. Allez au diable ! Je « diffère » [4], et je dis autrement.

Un autre terme a donc été lancé par les services de stratcomm de l’OTAN et Cie, pour tenter de cerner et donc de cataloguer les récusants russophones d’abord de Crimée et depuis des régions frontalières orientales : ils ont été « radicalisés ». Les protestataires (on ne dit pas qu’ils sont des agents russes, ce qui est aussi difficile à prouver que de démontrer qu’à chaque fois qu’un chef de la CIA vient à Kiev, deux jours plus tard, comme par miracle, les Ukrainiens ont une poussée d’adrénaline et de frais uniformes), les protestataires, donc, sont « radicalisés ».

Ce terme est apparu lors de l’attentat de Boston par les frères Tsarnaev. « Ces jeunes gens ont été radicalisés » jacassait la presse américaine, aussitôt relayée par les médias français, jamais en retard d’une attrape. Or le terme est toujours employé à la voix passive : « ils ont été radicalisés », pas « ils se sont radicalisés » . Il existe un « par », un agent qui radicalise. Ici : la Russie, bien sûr [5].

Ce qui est intéressant est que, devant la faillite rhétorique de « désescalade/escalade », la stratcomm a tenté de lancer « radicalisation ». Mais, derechef, bec dans l’eau. Vladimir Poutine (et à faire pâlir d’envie le Quai d’Orsay, ce grand diplomate à la Metternich ou à la Kissinger, M. Lavrov), à la manœuvre, a fait comme si rien n’avait été dit. Il a ignoré. Magistral.

On va me dire : tout cela est un langage entre eux, nous, les péquins, on s’en tamponne le château arrière comme le déclama un jour Régine Crespin, sur la scène du Châtelet, dans son immortelle Grande Duchesse de Gérolstein. Or justement, la réplique de Vladimir Poutine à cette ligne de stratcomm a été de réduire l’OTAN, et les bavards de Bruxelles, non loin du GQG, à n’être que des grandes duchesses d’opérette. Il a simplement ignoré le mot, et donc mis de côté l’implication.

C’est alors que Poutine a retourné contre la communication « occidentale » sa propre méthode, à la stupéfaction des commentateurs américains depuis dix jours (Wall Street Journal, Reuters). Par exemple, il a ré-expédié à « l’Ouest » un autre terme clef de la stratcomm : « faire la guerre contre son propre peuple ».

De fait, dans l’arsenal rhétorique de la bienfaisance militaire occidentale, « to wage war against your own people », « faire la guerre contre votre propre peuple », a été l’expression clef, la litanie médiatique issue du glossaire américain de la stratcomm, pour justifier l’invasion de l’Iraq, l’intervention en Lybie et l’appui donné à la rébellion en Syrie : « Assad/Yanoukovitch, si vous faites la guerre contre votre propre peuple, alors nous, qui sommes les représentants de la démocratie, c’est à dire, du droit des peuples, nous avons le droit d’intervenir, car ce droit est moral ». Certes, mais encore ?

Vladimir Poutine a retourné l’expression. Les putschistes en place à Kiev « font la guerre à leur propre peuple ». Donc la Russie endosse le manteau dont s’est drapé jusque là « l’Ouest », pour venir à la défense des opprimés.

Du coup soudain, la chandelle est soufflée, et on n’entend plus l’expression naguère favorite de M. Obama. Lequel, par une de ces bévues dont il parsème ses discours quand il se prend lui-même dans les réticules séduisants de sa propre éloquence, a nommé la Russie : « Une puissance régionale ». Je suppose que ça a dû plaire à son auditoire américain, très cultivé, mais il suffit de regarder une mappemonde pour voir que ladite région, ma foi … Vladimir Poutine n’a de nouveau rien répliqué. Il laisse dire. Il ne pratique pas le jeu psychanalytique du fort-da, du tu me donnes, je te prends, je t’envoie, tu me renvoies, qui, chez Freud, est une marque d’infantilisme.

Quand on a rétabli les armoiries de la Russie impériale sur son drapeau, qu’on prépare un grandiose défilé militaire célébrant la victoire de l’Armée rouge sur l’Allemagne, qu’on méprise les fameuses sanctions comme un pauvre arsenal de boutiquier capitaliste, s’entendre dire que son empire, qui va de l’ancienne capitale Teutonique et prussienne de Königsberg à Vladivostok, on ne peut que sourire et laisser dire.

La maladie infantile du néo-capitalisme communicationnel est la fièvre de la réponse instantanée, de la re-réponse, de la re-re-réponse. Je ne vais pas vous faire un dessin. Voyez internet.

Laisser dire, un grand art. A « l’Ouest » règne l’irrépressible désir de parler, toujours, encore, et plus. De Russie, qui est aussi occidentale que nous le sommes, on mesure ses mots, comme à la manœuvre. Car, une des forces de la machine rhétorique de M. Poutine, est sa capacité à ne parler le langage de l’adversaire quand ça lui sert, et à ne rien rétorquer quand ça ne lui sert pas.

Car l’art du pouvoir exige le silence, la réponse mesurée à l’effet à obtenir, ce contrôle exigeant de soi-même à ne pas parler. A attendre. Et à frapper.

Dans la saga tragicomique et saignante de l’Ukraine, une vraie pièce d’Alfred Jarry, tout le monde est là à parler, à s’époumoner, à vitupérer, à baragouiner dans un anglais de bastringue (je recommande les débats désopilants sur France24 où des experts français bafouillent dans un anglais d’Auvergnat devant des Ukrainiens d’opéra-bouffe, sous l’œil ironique du très patient M. Picard), évidemment afin de satisfaire les médias – tandis que Vladimir Poutine, maître de la parole, calibre chaque conférence de presse, juge exactement du timing d’un communiqué, prend à chaque fois l’ « Ouest » au dépourvu, et simplement impose son rythme, son calendrier, sa marche, sa « manœuvre » en un mot.

Vladimir Poutine est donc l’âme du monde, au sens exact du « monde » dont il s’agit ici, le monde du politique, et au sens exact où « âme » signifie principe – Vladimir Poutine nous donne à voir ce que nous vîmes jadis à l’œuvre avec le Général, quand la France comprenait ce qu’est la puissance : la politique comme principe vital du monde où nous vivons, et la parole politique comme mesure de l’action à entreprendre.

Et l’âme, bien sûr, c’est aussi là où se loge, dans un fusil, la balle.

Philippe-Joseph Salazar

(Les influences,  6 mai 2014)

 

Notes :

[1On traduit toujours mal cette phrase en français (« j’ai vu Napoléon passer à cheval », pourquoi pas en patinette ?) car, dans l’allemand de haute précision de Hegel, elle est terrible, et le mot clef y est « recogniziert » : Napoléon est là, dans une manœuvre de reconnaissance du terrain. Relisez cette phrase hautaine et décisive, où la langue ennemie devient presque du latin cicéronien : « Den Kaiser – diese Weltseele – sah ich durch die Stadt zum rekognoszieren hinausreiten ».

[2J’explique le montage dans ActuDéfense http://www.actudefense.com/salazar-stratcomm-chef-veut-pa....

[3Trésor de la langue française, en ligne.

[4Tout ça, of course, dans Lyotard.

[5Dans l’attentat des Tsarnaev, les services de sécurité, incapables et d’avoir prévu et d’expliquer si/comment/pourquoi/avec qui, ont lancé dans la presse l’expression « self-radicalized », auto-radicalisés – ce qui était une manière de dire : nous n’avons pas à chercher plus loin qu’eux. La propagande n’a pas pris : les médias ont laissé tomber car un terroriste auto-radicalisé ne fournit par une « histoire » avec des complices, des réseaux, des épisodes, bref du tirage.

Als je wint, heb je vrienden...

 

bdm-lfl.jpgAls je wint, heb je vrienden...

door 

Ex: http://www.solidarisme.be

Als men jaren aan een stuk 'echte' vrienden en basismilitanten een mes in de rug plant, blijven meestal alleen de valse vrienden en de vijanden over. Die wachten op het geschikte ogenblik om hun ware gelaat te tonen, zoals nu bij het Vlaams Belang gebeurt. Dan bijten de wolven.

De carrièremakers, fluwelen fluisteraars zonder mening, de gatlikkers die jaren aan een stuk elke kritiek van kameraden op de gevoerde politiek als een aanval op ‘De Partij’ wegzetten, krijsen nu om het hardst dat het zo niet verder kan, dat er al lang kritiek leefde. Dat die niet bij hen leefde (of ze konden het goed verbergen), vergeten ze erbij te vertellen. De wolven zwegen.

Trouw stonden ze jarenlang pal naast hun boegbeeld Filip Dewinter. Kritiek of inbreng van ideeën beschouwden ze als belachelijk. Er was niets mis; alles ging goed aan het parlementaire front. De salons van de (schijn)macht waren zacht en temperden elke revolutionaire gedachte of kritische mening. De postjes, het geld: ze veegden elke poging tot ideologische vernieuwing weg. De wolven sliepen.

En wat te denken van die 'jonge' wolven zelf? Zij hebben weinig tot geen ideologisch noch enig geëvolueerd maatschappelijk inzicht. En het is niet eens hun eigen schuld, want de partij hield (en houdt) niet van mensen die zelfstandig denken en de ‘wolven’ vonden (en vinden) dat heel comfortabel. Als men de lappen vlees in de mond gesmeten krijgt, waarom zou men er dan voor vechten? Terwijl er juist nu wolven nodig zijn. Wolven die kunnen bijten, nu ze naast communisten zullen zitten (bijna even sterk in de federale Kamer als zijzelf). En die communisten zullen als hyena’s aan het eigen volkse electoraat van hun partij blijven sleuren…

Het andere deel van het VB-electoraat is reeds verloren aan de liberale euro-regionalisten van de N-VA. Het VB en de jonge wolven hebben bij hun eigen achterban dan ook jarenlang zélf reclame voor de liberalen van de N-VA gemaakt. Het eigen volk werd immers verteld dat die donkerblauwe leeuwen bondgenoten waren. De N-VA was een V-partij, nietwaar? Nooit weerklonk enige noemenswaardige kritiek daarop, buiten die van mezelf dan. Zo werd het VB-electoraat, ja zelfs de eigen leden, rijp gemaakt om voor de N-VA te stemmen. 'Tactisch stemmen' noemen sommige jonge wolven het vandaag. Onnozele praat vertellen zul je bedoelen.

O ja, men nam hier en daar ook standpunten en ideeën van ons, het N-SA, over. Die waren dan meestal wel ontdaan van de volledige context en analyse, zodat ze inconsequent overkwamen en aan kracht inboetten. Ja, de ideeën van het N-SA waren soms interessant zei men, maar men was te arrogant om ermee samen te werken. Solidaristische ideeën pikken kon men wel, samenwerken deed men met de ultra-liberalen van Vlott. En wat was, wat is de inbreng van die liberalen geweest? Dat ze meegeholpen hebben om het pad voor de N-VA te effenen misschien.

Ik ben al jaren lid van de partij en van bij het begin actief, samen met een deel van mijn familie. Toch vond men het nodig om mij uit de partijraad te weren. Men wil daar geen mensen zien die met ideeën of ideologie op de proppen komen. Men pikt liever ideeën bij anderen. En zij die nu schreeuwen om inspraak hebben die inspraak van militanten zoals ikzelf jarenlang monddood gemaakt.

De tijd dat men alleen door slogans te roepen een beweging of partij in stand kon houden is al een tijdje voorbij. Binnen het N-SA hebben we ons dan ook al een hele tijd geleden toegelegd op het ontwikkelen van een ‘nieuwe’ nationalistische lijn en ideologische standpunten. Dat men niet denkt dat het voldoende zal zijn de ‘bruine’ uitspraken te laten om opnieuw relevant te worden en te vernieuwen.

Waar ik ook niets over gehoord heb, is de patserige manier waarop het VB campagne heeft gevoerd met Hummers en helikopters. Dat was pas spuwen in het gezicht van een groot deel van de eigen achterban. Dat heeft niks met ‘bruine’ praat te maken, maar met empathie tegenover je kiezers en leden, en die verlies je als je jaren in de salons hebt gehangen met de rest van de politieke elite. Als men dat niet kan laten, zeker als de N-VA in de oppositie belandt, dan zal het VB compleet irrelevant worden. En dat de N-VA in de oppositie zal belanden, lijkt mij bijna een uitgemaakte zaak.

Het VB dreigt dus irrelevant te worden, tenzij er een hergroepering van nationalistische krachten komt en opnieuw een stevige basis wordt opgebouwd. Een dergelijke hergroepering zal niet simpel zijn in een maatschappij die steeds egocentrischer wordt en kan enkel lukken als het VB ook de moed heeft om ‘radicale’ veranderingen in de strategie en de ideologie door te voeren. De wereld is veranderd sinds de oprichting van de VNP en het Vlaams Blok. Het electoraat ook.

Islamfobie is bijvoorbeeld contraproductief voor een partij die rechtse of conservatieve waarden naar voren wil schuiven. En juist die waarden moeten het verschil met de rest maken. Je moet die dan wel (her)definiëren, want het is in onbruik geraakt om erover te spreken. Religieuze polarisatie brengt bovendien de samenleving in gevaar en levert niet genoeg op om ermee door te gaan. Dat heeft niets met deze of gene godsdienst op zich te maken, maar alles met de strategie op lange termijn alsook met de realiteit van die samenleving (hoe spijtig men dat ook kan vinden).

Men neemt in het VB (zogezegd) graag het Franse Front National als voorbeeld. Men vergeet daarbij (of men wil het niet geweten hebben) dat een beweging als die van Alain Soral een groot deel van de huidige koers van dat FN bij een bredere groep van Franse nationalisten gelegitimeerd heeft. En het kan een detail lijken, maar Jean-Marie Le Pen is zelfs peter van een dochter van Dieudonné M’bala M’bala (Sorals compagnon de route). Dat zijn feiten die niet los mogen worden gezien van de politieke context waarbinnen het FN opereert. En zo zijn er veel zaken die een diepere analyse vergen; een analyse die samen kan worden gemaakt.

Het ‘euro-kritische’ verhaal van het VB is een ander voorbeeld van een gebrekkige analyse. Het hangt met haken en ogen aan elkaar. Idem voor de linksere economische koers die de partij sinds kort volgt, maar die niet consistent is (want men laat zich vangen aan de begrippen links/rechts als men antwoorden formuleert). Zo kan de liberale tegenstander scoren en staat men zelf met de mond vol tanden. Externe bewegingen of groepen kunnen daarentegen als laboratorium dienen om ideeën uit te proberen zonder direct gevolg voor de partij.

Tot slot – en niet in het minst – leidt de neergang van het Vlaams Belang helaas ook tot een verzwakking van de ‘immigratie-kritische’ krachten die nog steeds bij de bevolking leven (zie het succes van Maggie De Block).

Daarom moet er een front worden gevormd van alle krachten die bereid zijn te vernieuwen. Zo niet, kan de partij zichzelf best opdoeken en kan ik mij beter bezighouden met nuttigere zaken. En ik ben niet de enige die zo denkt.

Jan De Beule
Voorzitter N-SA

mercredi, 04 juin 2014

L'historien israélien voit en Marine Le Pen et le FN les enfants du fascisme

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L'historien israélien voit en Marine Le Pen et le FN les enfants du fascisme.

Pierre-André Taguieff lui répond vertement et réfute toute reductio ad Hitlerum.

Ex: http://www.lepoint.fr 

Dans ces brèves réactions critiques aux propos de Zeev Sternhell portant notamment sur sa conception du fascisme et plus largement du mouvement des idées politiques depuis la fin du XVIIIe siècle, tels qu'on les rencontre dans son livre d'entretiens récemment paru, Histoire et Lumières. Changer le monde par la raison (Paris, Albin Michel), ainsi que dans plusieurs interviews (parues dans L'Humanité, Le Nouvel Observateur, Le Monde, Le Point, etc.), je m'en tiendrai à certains points de désaccord fondamentaux, osant à l'occasion quelques pointes ironiques. Je dois préciser d'entrée de jeu que je partage certaines analyses de l'historien des idées politiques, et que j'ai reconnu, dans certains de mes livres (Les Contre-Réactionnaires, en 2007, ou Du diable en politique, en 2014), le grand ébranlement des idées reçues sur "le fascisme" que les travaux de l'historien israélien ont provoqué en mettant en évidence, après George L. Mosse et A. James Gregor, la dimension culturelle et l'orientation révolutionnaire du fascisme. Mais je considère globalement comme une impasse sa manière de faire de l'histoire, sur la base de tris sélectifs dans des textes trop vite lus, ou interprétés d'une façon douteuse (prendre l'emploi du mot "race" comme indicateur de "racisme", sans tenir compte du contexte), et de quelques dogmes empruntés aux idéologies politiques "progressistes" appréciées par le citoyen engagé Sternhell, intellectuel de gauche israélien de culture française.

Je considère également comme une somme d'erreurs d'analyse le modèle sternhellien du "fascisme", fondé sur la thèse selon laquelle le "fascisme" serait né en France avant 1914, le "fascisme français" dérivant dès lors d'un proto-fascisme ou pré-fascisme qui se serait constitué entre le milieu des années 1880 et la veille de la Première Guerre mondiale. Comme l'a bien vu Jacques Julliard, il s'agissait là d'une construction douteuse, de l'invention d'un "fascisme imaginaire". Cette somme d'erreurs non reconnues par Sternhell, en dépit des arguments avancés par de très nombreux historiens, s'est transformée chez lui en une sorte d'illusion intellectuelle motrice, dotée d'une valeur existentielle. Critiquer les thèses dogmatiques de Sternhell devient dès lors un crime de lèse-majesté, dénoncé avec indignation, véhémence et virulence par l'historien convaincu qu'un complot franco-français, dont le siège serait l'Institut d'études politiques de Paris, a été organisé contre lui depuis le début des années 1980. Voilà qui ne favorise pas la discussion sereine sur le mode d'un échange d'arguments rationnels.

L'incarnation du Mal en politique

Je ne cacherai pas le double sentiment de surprise et de déception qui m'a saisi d'une façon croissante à la lecture des ouvrages publiés par Sternhell à partir de 1983, date de parution de Ni droite ni gauche. L'idéologie fasciste en France. Car j'étais alors le lecteur admiratif, bien que déjà sceptique sur la vision attrape-tout du "fascisme" qui s'en dégageait, des deux premiers ouvrages de l'historien, Maurice Barrès et le nationalisme français (1972) et La Droite révolutionnaire 1885-1914. Les origines françaises du fascisme (1978). Il est surprenant en effet de voir un universitaire comme Sternhell substituer au regard critique et exigeant qu'on attend d'un historien le regard d'un militant de gauche qui, nourri de stéréotypes et de clichés hérités de la vulgate progressiste, dénonce avec indignation ce qu'il pense être l'incarnation du Mal en politique. Celui qui se donne pour un historien des idées politiques exprime sur un ton dogmatique une vision simpliste et manichéenne de l'histoire depuis le XVIIIe siècle, fondée sur l'opposition entre les bonnes Lumières et le mauvais nationalisme dérivé des "Anti-Lumières" (où un Herder en morceaux polémiquement choisis joue le rôle de l'inspirateur diabolique), opposition qu'il érige en clé de l'histoire moderne et contemporaine, oubliant au passage les origines jacobines (donc "illuministes") dudit nationalisme. En diabolisant la nation, en fantasmant le sentiment national comme intrinsèquement xénophobe, il en arrive à paraître confondre nationalisme et racisme, qu'il réduit sommairement à un "déterminisme biologique". Mais cela ne l'empêche pas de reconnaître que "le fascisme n'inclut pas nécessairement le déterminisme biologique", contrairement au nazisme, et de poser que "le fascisme est avant tout un nationalisme". Et de rappeler que, pour lui, "le fascisme se cristallise comme une synthèse de nationalisme intégral, de nationalisme organique qui, en lui-même, constitue un rejet des Lumières franco-kantiennes et une [sic : de la] révision antirationaliste, "antimatérialiste" du marxisme". On en infère que le bon marxisme est pour l'historien engagé un marxisme non "révisé", résolument "matérialiste" et "rationaliste", disons plus exactement scientiste. Autant dire le bon vieux marxisme soviétique. Mais il est vrai que Sternhell est un spécialiste du fascisme français, non du marxisme, encore moins du marxisme soviétique. S'il parle volontiers d'un peu de tout, on ne saurait lui faire grief de n'être pas un spécialiste de tout.

Une quatrième droite ?

Sternhell croit voir dans ce qu'il appelle la "droite révolutionnaire", née selon lui en France entre les années 1880 et la veille de la Première Guerre mondiale, à la fois une nouvelle synthèse idéologico-politique illustrant la tradition des "Anti-Lumières" et les origines intellectuelles du "fascisme". Le choix de la dénomination "droite révolutionnaire" est dicté par la volonté de l'historien d'ajouter une quatrième droite à la typologie trinitaire de René Rémond (légitimistes, orléanistes, bonapartistes). Il aurait pu aussi bien opter pour la dénomination "nationalisme révolutionnaire", ou pour celle de "nationalisme populiste" (ou encore celle de "national-populisme"). Mais il voulait à tout prix inscrire le pré-fascisme français qu'il croyait avoir identifié dans l'espace des droites, souligner l'appartenance à l'espace droitier de la supposée configuration pré-fasciste. Pour l'homme de gauche qu'il est avant tout, l'expression du Mal politique devait être située à droite. Sa définition du "fascisme", héritier supposé de la "droite révolutionnaire", est d'une surprenante plasticité : elle oscille entre le mariage du nationalisme xénophobe et du socialisme et le "ni droite ni gauche", ou plus précisément le double rejet du libéralisme (de la démocratie libérale/pluraliste) et du marxisme (non révisé). Le nationalisme de la terre et des morts, amalgamé avec celui du sol et du sang, serait donc, surgissant à la fin du XIXe siècle, le principal héritage politique des Anti-Lumières. Il s'opposerait autant à l'individualisme libéral qu'au rationalisme, aux droits de l'homme qu'à la Révolution française et à son héritage, et bien sûr à la croyance au progrès dans l'Histoire. Sans oublier "la démocratie", invoquée sans la moindre analyse de ses multiples interprétations contradictoires.

Sternhell est donc mû par la foi naïve des adeptes du "progressisme" standard, pour lesquels la "droite" incarne le Mal et la gauche le Bien. Au nom de ce qu'il appelle "les valeurs des Lumières" ou "les valeurs humanistes", il appelle la gauche à rester fidèle au "véritable héritage des Lumières", qu'il définit comme suit, le 12 août 2013, dans le journal communiste L'Humanité : "Les hommes, êtres rationnels et autonomes, sont capables de se construire un monde meilleur." Il redécouvre ainsi, avec la touchante naïveté de l'intellectuel engagé, le message ressassé par les néo-communistes des années 1990 (le slogan "Un autre monde est possible") : après avoir fait entrer de force la justice parmi les "valeurs des Lumières", oubliant donc les prophètes juifs, précurseurs brouillons des modernes et lumineux Diderot, Rousseau et Voltaire, il affirme doctement que "la justice signifie que l'on refuse l'idée que le monde tel qu'il est soit le seul possible". Il réécrit sans le savoir, croyant faire oeuvre scientifique, une histoire de France en noir et blanc, selon le Bien et le Mal, illustrant le point de vue moral et l'indignation rétrospective jusqu'à la caricature.

Sternhell, plus militant qu'historien

L'historien est assurément un moraliste, mais un piètre moraliste, comme l'est tout militant à oeillères se réclamant avec arrogance du "Progrès" ou de la "Raison", installé confortablement dans le Bien et jetant l'anathème sur les figures de son ennemi plus ou moins imaginaire, qu'il criminalise, bestialise ou diabolise. L'historien partisan et combattant défend un universalisme abstrait dont il ne voit pas l'envers, à savoir le projet de créer l'homme nouveau, le citoyen "régénéré", ainsi que les prétentions messianiques et l'impérialisme guerrier qui en dérive. On connaît pourtant les ravages causés par les projets modernes de rééduquer les humains réels, différents et inégaux, pour les conformer à un modèle normatif de l'humanité faisant prévaloir l'unité et l'égalité. D'où l'idéal de la table rase, dont le citoyen "pur", sans qualités, est le produit rêvé : il s'agit d'en finir avec un passé dépassé, avec les attributs archaïques de l'humain d'avant les Lumières que sont (je cite) "l'histoire, la culture, la langue ou la religion". Mais, dès lors, s'il faut faire abstraction de toutes ces caractéristiques des humains concrets, on ne comprend pas l'engagement de l'individu Sternhell en faveur du sionisme, c'est-à-dire du nationalisme juif. Si l'on ne doit voir que de l'humain en général en tout homme, s'il faut "faire table rase" de tous les héritages et de toutes les appartenances, la figure du Juif doit être chassée comme une survivance, un archaïsme dangereux. Ce qui distingue les humains et fonde les différences intergroupales est ainsi dénoncé comme ce qui "sépare", qui serait l'expression du Mal. Retour du diable : le mot diábolos (en grec) ou diabolus (en latin) ne signifie-t-il pas "celui qui divise" ? Libérer le Juif, c'est le libérer de sa particularité, c'est-à-dire de sa judéité. Donc, refuser à tout prix le sionisme, qui présuppose la judéité de ceux qui s'y engagent.

Comment Sternhell peut-il se dire (encore) "sioniste" ? Ce "sioniste de toujours", car telle est l'image qu'il veut donner de lui-même, ne cache pas cependant qu'il est un déçu du sionisme. Et ce, jusqu'à laisser entendre qu'il désespère d'Israël, où les droites triomphent. Dans un article paru le 1er avril 2011 dans le quotidien gauchiste Haaretz, "L'Anachronisme d'Israël", Sternhell prend le visage d'un prophète progressiste condamnant son pays sur le même ton que les pires ennemis d'Israël, et va jusqu'à justifier les campagnes en faveur de la délégitimation de l'État juif, qu'il dénonce comme une détestable résurgence d'un passé dépassé : "Lentement, mais sûrement, Israël est en passe d'acquérir un statut d'anachronisme. [...] Alors que les pays occidentaux se sont libérés de leur domination sur d'autres peuples, Israël, lui, prend forme quasi coloniale [...] Existe-t-il ailleurs en Occident un tel anachronisme ? Le colonialisme implantatoire est aujourd'hui la raison principale, et souvent même la seule, de l'opposition frisant parfois l'hostilité [sic] que suscite Israël dans de larges cercles de l'intelligentsia occidentale. Ce ne sont pas les ennemis du sionisme ou les antisémites qui provoquent la délégitimation d'Israël. C'est de ses propres mains, Israël lui-même."

"Israël est aujourd'hui à l'extrême droite du spectre politique"

Dans Histoire et Lumières, le militant Sternhell va plus loin, en énonçant froidement : "Ce qui se profile à l'horizon est désormais un État d'apartheid contre lequel il faudra lutter." L'image de l'apartheid empruntée à la propagande palestinienne semble l'empêcher de voir la réalité de la menace islamiste croissante, au Proche-Orient comme ailleurs. Dans Haaretz, le 1er novembre 2013, il ne rejette pas la thèse d'extrême gauche, largement diffusée par les milieux islamistes et pro-palestiniens, selon laquelle l'islamophobie serait en train de prendre aujourd'hui "la place de l'antisémitisme en tant que maladie du corps social". Dans le même article, il n'hésite pas à affirmer, à propos de Marine Le Pen, que, "comparée à la plupart des membres du gouvernement et de la Knesset, cette dernière ressemble à une dangereuse gauchiste". Bref, "Israël est aujourd'hui à l'extrême droite du spectre politique", et, pour lui, cela signifie que la politique d'Israël est raciste et xénophobe. Sternhell donne ainsi sa caution au thème majeur de l'actuelle propagande "antisioniste" : l'accusation de "racisme" et d'"apartheid" visant l'État d'Israël. Un tel aveuglement idéologique est inquiétant, en même temps qu'il témoigne du ralliement de certains intellectuels israéliens à la vulgate "antisioniste". C'est, pour ces intellectuels citoyens d'un État hautement diabolisé, la condition à remplir pour bénéficier d'une large audience à l'étranger. Qu'il s'agisse de Shlomo Sand, d'Ilan Pappé, de Michel Warschawski ou de Zeev Sternhell, la dénonciation publique d'Israël représente pour eux une garantie de bonne réception médiatique dans les démocraties occidentales, où la diabolisation d'Israël s'est banalisée dans les milieux politique et culturel. La figure d'un sioniste profondément déçu comme Sternhell a vraisemblablement plus d'attraits pour le public israélophobe occidental que celle d'un antisioniste déclaré. Et son statut d'historien israélien du fascisme devenu célèbre par la contestation même de ses thèses lui confère une crédibilité incomparablement plus grande que celle qu'on accorde à un universitaire français ou belge engagé dans la propagande anti-israélienne.

Étrangement, tout à sa célébration des "principes des Lumières", Sternhell fait l'impasse sur la judéophobie des Lumières, comme s'il n'avait pas sérieusement lu Voltaire et d'Holbach, ni leurs continuateurs au XIXe siècle. D'où la sentence qui peut être retournée comme un gant : "Quand on s'attaque aux principes des Lumières, l'antisémitisme n'est jamais loin." On pourrait tout autant affirmer que lorsqu'on se prosterne trop devant les Lumières et l'universalisme abstrait qu'elles imposent, l'antisémitisme n'est pas loin. On connaît la thèse centrale de l'antisémitisme "de Voltaire à Wagner" (comme disait Léon Poliakov), en passant par le jeune Marx : "le Juif" doit dépouiller sa particularité pour devenir un homme universel, pour rejoindre enfin le genre humain. S'il veut être pleinement homme, il doit cesser d'être juif. Mais Sternhell, en polémiste, recourt à la méthode de diabolisation : il tend à réduire tous les ennemis désignés à un ennemi unique, qui serait à la fois nationaliste, xénophobe, raciste et antisémite, et indistinctement anti-Lumières, anti-rationaliste, anti-progressiste (ou réactionnaire), antidémocrate, antimarxiste et antilibéral. C'est pourquoi il dédouane Voltaire, en réduisant sa haine des Juifs, comme peuple et comme communauté de croyants, à un simple aspect de l'"horreur" qu'il éprouvait pour "la religion tout court". En matière de judéophobie, il accable Herder et excuse Voltaire, pour sauver sa vision manichéenne des deux traditions qu'il distingue sans esprit de finesse, sans nuances, les Lumières et les Anti-Lumières, sans apercevoir les chevauchements entre les pensées des auteurs qu'il épingle, se contentant d'opposer les bons aux mauvais. Comme si l'important était de préserver le dogme fondamental de son catéchisme "progressiste". Insensible aux nuances, l'historien se montre aussi imperméable aux ambiguïtés.

À la fin de son livre d'entretiens, Histoire et Lumières, où, avec une naïveté confondante, il fait l'éloge du progrès et du "marxisme humaniste", Sternhell nous offre un morceau d'anthologie, quelque chose comme une réminiscence de la pensée-Garaudy des années 1970, avant la conversion du célèbre stalinien de dialogue à l'islam et à l'antisionisme radical. Il s'agit cependant d'un garaudysme simplifié, comme on peut en juger : "La critique du progrès est une impasse, car les gens ont besoin d'une vie meilleure. Une société meilleure, plus juste, voilà ce qu'est le progrès. Dans ce sens, je dois préciser que le marxisme tel que je l'entends, un marxisme qui fournirait une méthode à un socialisme capable de se mesurer aux dures réalités de notre temps, demeure un espoir, alors qu'il n'y a pas d'espoir dans le nationalisme. Le marxisme humaniste, dont le socialisme français portait les traits caractéristiques pendant longtemps, n'est pas mort. [...] La seule armature conceptuelle qui permette d'envisager un monde plus juste et plus humain reste le socialisme enraciné dans un marxisme modernisé, parce que seul le marxisme remet en cause le capitalisme."

Il déplore le "recul" des "idées" de gauche et d'extrême gauche

Bref, à ses yeux, le marxisme reste une "boussole", permettant aux hommes de "construire leur avenir", qui doit bien sûr être "meilleur". C'est ce que l'intellectuel engagé appelle le "progrès". La vulgate progressiste teintée de marxisme définit le "socialisme" ou la "gauche" dont Sternhell se montre un fervent défenseur. Comme les nostalgiques contemporains du communisme (Alain Badiou, Slavoj Zizek et quelques autres), Sternhell veut à tout prix préserver l'"idée", l'"idéal ou l'"hypothèse" communiste, lui conserver le statut symbolique privilégié d'un possible recours après l'échec, qu'il espère, du "libéralisme" ou du "capitalisme". Il s'efforce ainsi de ressusciter la thèse sartrienne, devenue slogan, du marxisme comme "horizon indépassable de notre temps". Ce faisant, il aménage et "humanise" le bon vieux marxisme orthodoxe, celui de l'époque stalinienne, dont il ne connaît guère que les versions françaises, qu'il semble considérer comme les indépassables "Lumières marxo-françaises", pour paraphraser une expression qu'il affectionne.

Le militant marxo-progressiste n'en aime pas moins flirter avec la philosophie, qui se réduit pour lui à une énumération de mots magiques en "isme" et de gros concepts qui sonnent creux, comme lorsqu'il déplore le "recul" des "idées" de gauche et d'extrême gauche : "Il y a un recul des idées fondamentales des Lumières franco-kantiennes, de l'universalisme, de l'individualisme, de l'idée de progrès, de la croyance que les hommes sont les mêmes d'un bout à l'autre du monde." Pour dénoncer ce déclin intellectuel, Sternhell n'évite pas d'employer la métaphore usée de "crispation", visant particulièrement la France : "Nous vivons un moment de crispation qui atteint le rationalisme. [...] La gauche n'ose pas se lever contre cette idée fausse entre toutes selon laquelle le capitalisme et l'économie de marché portent la liberté." Il faudrait donc inciter nos contemporains à sortir de ce triste état de "crispation", délivrer le rationalisme (lequel ?) de son emprise, et voir dans le marché la route vers la servitude. Autre signe du déclin impliqué par le recul des "idées" situées du bon côté : "L'idée que la France est et doit rester chrétienne est plus répandue que ce que l'on pense." On en frémit.

Sternhell ne peut se passer d'ennemis

Lorsqu'il traite du FN, Sternhell projette ses schémas interprétatifs rigides sur des phénomènes qu'il connaît insuffisamment, n'ayant jamais étudié spécifiquement les mouvements nationalistes français de l'après-1945. Il se contente d'émettre son diagnostic attendu : "fascisme". C'est l'un des principaux noms de son ennemi principal, dont la France serait, selon lui, le berceau, notamment avec le culte barrésien de la Terre et des Morts, et ce qu'il pense être une vision organique de la nation, qu'il conçoit d'une façon confuse comme une "unité homogène" (un "corps" n'est pourtant pas "homogène"), dotée d'une "âme" (l'expression "l'âme de la France" devient donc suspecte, "pré-fasciste"). Cette insistance sur le déterminisme biologique lui fait négliger la principale source intellectuelle du fascisme historique (mussolinien) et du nazisme : la conception social-darwiniste de la lutte pour la vie, impliquant une redéfinition du "progrès" comme effet de la concurrence inter-individuelle et inter-groupale. En outre, sa thèse sur le "pré-fascisme" français le conduit à une vision anhistorique du fascisme, à une méconnaissance du rôle moteur joué par la Première Guerre mondiale, école de violence technicisée, dont les vertus "héroïques" constituent la transfiguration fascistoïde. Le fascisme comme le national-socialisme sont inexplicables sans la prise en compte de l'expérience, durant les années de guerre, de l'égalité et de la solidarité des combattants, de ce "socialisme" de guerre qui fait naître le désintéressement et l'esprit de sacrifice, en même temps qu'il inculque le respect de l'autorité et le sens de la discipline. Tel fut le véritable "berceau" de l'esprit fasciste. On est en droit de s'étonner du fait qu'un militant sioniste (donc nationaliste) comme Sternhell, qui s'est engagé dans l'armée israélienne et a participé à plusieurs affrontements armés en reconnaissant que la vie militaire lui plaisait "beaucoup" ("Mes supérieurs directs m'ont dit que j'étais fait pour elle, que j'aimais ça, et que cela se voyait"), n'ait tiré aucune leçon de cette expérience militaire personnelle dans ses travaux d'historien. On peut faire l'hypothèse qu'entre cette expérience du combat qu'il présente positivement et l'engagement pacifiste affiché du cofondateur du mouvement La Paix maintenant, la contradiction était telle qu'il ne pouvait échapper à une situation de dissonance cognitive.

Comme les nationalistes, selon lui, Sternhell ne peut se passer d'ennemis, et il en voit beaucoup et partout. Posant avec autorité que le FN est la nouvelle figure française du "fascisme", il est assuré d'être applaudi par l'ensemble des médias de gauche et par la plupart des acteurs de la gauche plurielle. Au cours de sa tournée en France, l'historien engagé dénonce à son tour comme "fasciste" le parti nationaliste qu'une propagande néo-antifasciste aveugle a contribué à placer au centre de l'espace politique français. Il donne sa caution au présupposé de la stratégie anti-FN qui a constitué l'opium du peuple de gauche depuis une trentaine d'années. Intervenant ici en militant plutôt qu'en historien scrupuleux, il ne se soucie pas de faire les distinctions fines et les analyses nuancées qui s'imposent à propos d'un parti qui n'a cessé de se métamorphoser depuis sa création en octobre 1972. Mais surtout, rien ne permet d'affirmer que le FN se situe dans la filiation de la "droite révolutionnaire", comme configuration "pré-fasciste". Sternhell réitère ainsi sa lourde erreur d'interprétation des Croix-de-Feu et du Parti social français (PSF) qui leur ont succédé, mouvement conservateur, anti-parlementaire et autoritaire, donc bonapartiste, qu'il a hâtivement catégorisé comme "fasciste". En quoi le mouvement du colonel de La Rocque était-il "révolutionnaire" ? La même question se pose pour le FN.

L'hostilité au FN ne devrait pas conduire à le méconnaître

Sternhell reconnaît des changements dans l'évolution du FN, mais nie cependant que celui-ci ait changé. Et de reprendre à son compte le dogme néo-antifasciste fondamental, celui du non-changement du parti lepéniste : "Le FN n'a pas changé (de nature)", lequel peut s'énoncer sous la forme d'un dicton adapté au contexte : "Tel père, telle fille" (on n'échappe pas à la filiation ou à l'hérédité familiale). Pour mobiliser les militants, sans se soucier de la vérité, le discours de propagande est voué à répéter paresseusement que "rien ne change" du côté de la "bête immonde". Bref, le diable reste le diable, et il doit le rester, surtout quand il veut faire croire qu'il n'existe pas. Manuel Valls déclarait le 21 mai 2014 : "Le FN, avec Marine Le Pen, n'a pas changé." Mais la réitération d'un dogme n'est pas une démonstration. Et le champ d'exercice de l'efficacité symbolique du cliché ne dépasse pas le cercle des convaincus, qui ne cesse lui-même de se réduire.

L'hostilité au FN ne devrait pas conduire à le méconnaître ni à le réduire à du supposé "bien connu". Le dire une fois de plus "fasciste" ne fait pas avancer la connaissance. Ni reculer le phénomène ainsi baptisé. Seuls les derniers héritiers de la propagande communiste continuent de diaboliser le FN en le dénonçant comme "fasciste". La reductio ad Hitlerum a fait son temps. L'antifascisme incantatoire ne fonctionne plus. Le dynamisme du FN en témoigne. Il faut repartir de la réalité sociopolitique, analyser sans oeillères le FN dans ses évolutions récentes, le comparer avec d'autres partis-mouvements en Europe, dire clairement et précisément en quoi son projet politique est inacceptable, et inventer des stratégies de lutte, intellectuelles et politiques, contre cette formation nationale-populiste qui a su adapter son offre politique aux attentes ou aux demandes de son électorat potentiel. Face au FN, il s'agit d'imaginer, et non plus de commémorer et de ressasser platement, indéfiniment.

Presseschau - Juni 2014

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Presseschau
Juni 2014
 
Wieder mal einige Links. Bei Interesse einfach anklicken...
 
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AUßENPOLITISCHES
 
Gigantische Kreditblasen bedrohen das Finanzsystem
Am Finanzmarkt ist wieder alles wie vor der Krise. Teilweise sind die Übertreibungen sogar schlimmer als jemals zuvor. Doch erneut schauen Investoren und Politiker weg – manche sogar bewusst.
 
Finanzstabilitätsbericht
EZB warnt vor Kollaps der Börse
 
Amerika
Die Übermacht
von Thorsten Hinz
 
Freihandelsabkommen stoppen!
 
(Gesundheitssystem in den USA)
2525 Dollar für einen Allergietest
 
Hat der Nationalstaat wirklich ausgedient?
Es ist eine verstörende Geschichte: Die Nazis träumten einst von einem vereinten Europa. Und wenn wir uns fragen, welches Europa wir wollen, steht auch wieder die Frage an: Müssen gute Europäer den Nationalstaat wirklich überwinden?
 
Alternativen zur EU entwickeln
 
Europa stirbt aus, Afrika entscheidet die Zukunft
Bis zum Ende des Jahrhunderts verliert Deutschland rund ein Drittel seiner Bevölkerung. Dieser Trend ist unumkehrbar, zeigt eine UN-Studie. In Afrika dagegen explodiert die Zahl der Menschen.
 
TV-Duell Schulz gegen Juncker
Ziemlich beste Freunde
 
Martin Schulz und Jean-Claude Juncker
"Wer Populisten wählt, wählt leere Sätze"
 
(bizarr)
Grüne sauer auf SPD
Cohn-Bendit wirft Schulz nationalistischen Wahlkampf vor
 
(Europawahl)
Populisten vor der Tür
 
Interview mit İsmail Ertuğ
„Eine geringe Wahlbeteiligung begünstigt die Rechtsextremen.“
Warum sollen die Menschen in Europa wählen gehen? Im Gespräch erläutert İsmail Ertuğ die europäische Idee und warum eine große Wahlbeteiligung bei den anstehenden Europawahlen vor allem die demokratischen Parteien stärkt. Er warnt: eine geringe Wahlbeteiligung begünstigt Rechtsextremisten.
 
EU-Wahlwerbespot: "Voteman" blamiert dänisches Parlament
 
Voteman
 
(Reaktion auf Wahlsieg der Front National in Frankreich)
Hollande: Kein Wahlrecht für Ausländer
 
Patriotische EU-Fraktion in Reichweite
 
400-Milliarden-Dollar-Deal: Russland liefert Gas an China
 
Eurasische Wirtschaftsunion
Russland gründet Wirtschaftsunion mit Weißrussland und Kasachstan
 
Bei der Berichterstattung über den Konflikt zwischen der Ukraine und Russland gäbe es "entlarvende Automatismen", erklärt die Dozentin für Journalistik, Gabriele Krone-Schmalz.
 
Rechtsextreme zu stark hervorgehoben
US-Historiker Timothy Snyder kritisiert Medien wegen Ukraine
 
Wien: Russendenkmal in Farben der Ukraine beschmiert
 
Das ungarische Wunder des Victor Orbán
Wie ein Land seine Krise überwunden hat
 
Balkan-Flut
Hochwasserlage wird durch Minen explosiv
 
London ist Welt-Hauptstadt der Superreichen
In keiner Stadt weltweit leben so viele Milliardäre wie in London. Allerdings sind fast alle Ausländer. Sie sorgen auch für eine "Millionärsexplosion" in Großbritannien – und verändern das Land.
 
Erstmals seit Zweitem Weltkrieg: Rotes Kreuz verteilt Lebensmittel in Großbritannien
 
Wirtschaftskrise: Millionen Europäer bekommen Lebensmittel vom Roten Kreuz
 
Patriotische Konsumenten: Die Griechen werden Selbstversorger
In der Krise kommen bei griechischen Konsumenten zwei Dinge zusammen: wachsende Not und wiedererwachter Stolz auf heimische Produkte. Vom lokalen Bauern bis zur Supermarktkette boomen Lebensmittel aus der Heimat.
 
US-Senator dankt Assad für Rettung syrischer Christen vor Al-Qaida
 
Putschversuch im libyschen Schlamassel
 
Iraner wegen Happy-Video in Haft
 
Schweiz
Tunesischer Hoteldirektor wirft Buddhisten raus
 
Proteste gegen Scharia-Einführung in Brunei
Hollywood boykottiert Hotel des Sultans
 
Brutaler Ehrenmord in Pakistan
Vater rechtfertigt Steinigung seiner schwangeren Tochter
 
Sudan
Schwangerer Christin droht Todesurteil
Islamisches Recht: Frau soll wegen Hinwendung zum Christentum hingerichtet werden
 
Nigeria
Zwei Autobomben explodiert
Mindestens 46 Tote bei Anschlag in Nigeria
 
Anschlag in Xinjiang
Attentäter sollen religiöse Extremisten sein
 
Mob in Kambodscha bringt vermeintlichen Hexer um
 
(Unfassbarer Eingriff des Staates in die Bestattungskultur)
Wegen Sargverbot
Chinesen begehen Selbstmord für Beerdigung
 
Japan
Mann wegen Waffen aus 3D-Drucker verhaftet
 
Japaner druckt Waffen mit 3D-Drucker
 
INNENPOLITISCHES / GESELLSCHAFT / VERGANGENHEITSPOLITIK
 
Petition
Auflösung aller US-Militärbasen und Abzug aller US-Truppen und US-Atomwaffen aus Deutschland
 
Üppiges Tagegeld stellt Schulz' Versprechen infrage
"Ein Europa der Menschen. Nicht des Geldes", wirbt Martin Schulz. Warum bekam der Parlamentspräsident zusätzlich zum Gehalt Tagegelder von 110.000 Euro jährlich? Und wann endeten diese Zahlungen?
 
Europawahl
Wahlbetrug: Ermittlungen gegen „Zeit“-Chefredakteur
 
Als ich Plasberg die Angst vor der SPD ansah
Kurz vor Beginn seiner Talkshow bat Plasberg Henryk M. Broder in seine Garderobe. Er wollte ihn dazu bringen, einen Skandal zu beschweigen. Aus Angst vor der Wut der Sozialdemokratie.
 
„Hart aber fair“
Broder wirft WDR Angst vor SPD vor
 
Lautstarker Auftritt
Steinmeier schreit Gegner nieder
 
„An der Grenze zur Verfassungsfeindlichkeit“
AfD weist Kritik von Kramp-Karrenbauer zurück
 
Kubicki wirft AfD Deutschtümelei vor
 
Endergebnis: Deutschland schickt 14 Parteien nach Straßburg
 
EU-Parlament
Wer sind die Kleinen und was wollen sie?
 
Bürgerbewegung Pro NRW gewinnt bei Kommunalwahlen
 
(Die Anhänger der Grünen verschwinden nicht, sondern werden mit Eintritt ins Rentenalter zur stärksten demographischen Kraft)
Studie: Wähler werden älter, aber nicht konservativer
 
Wachsende Ungleichheit
Wo bleibt der Protest? Anmerkungen zum Entwurf des Armuts- und Reichtumsberichts der Bundesregierung.
 
Viele Ausgaben sind zu teuer
Reparaturen, Urlaub, Essen: Was sich die Deutschen nicht mehr leisten können
 
Grüne: Volksbanken-Werbung “geschmacklos”
 
Linkspartei fordert Nelson-Mandela-Professur
 
Bündnis Recht und Demokratie
 
(1. Weltkrieg und Regionalpresse)
Notizen aus der Provinz
 
Und doch haben wir die Lichter wieder leuchten sehen
Tränen und weitere Betrachtungen: Mit dem Ersten Weltkrieg begann das Trauma unserer Vorfahren. Warum Europa aus der Geschichte gelernt hat – aber den Sommer vor der Urkatastrophe nicht vergessen darf
 
Der 23. Mai
 
(Die deutsche Automobilwirtschaft steht zur Vergangenheitsbewältigung an)
Erbe der Auto Union
Audi stellt sich seiner NS-Vergangenheit
 
Ulbrichts geheime Nobelherberge in Oberhof
 
Denkmalstreit
Sowjet-Panzer bleiben in Berlin
 
(CDU und "Grüne" für Ernst Thälmann)
Rödermark
Nun doch kein Thälmann-Weg
 
LINKE / KAMPF GEGEN RECHTS / ANTIFASCHISMUS / RECHTE
 
Sozialphilosoph Peter Furth im Interview
„Die 68er-Revolte hat eine Wächtergeneration hinterlassen"
 
Historiker über Linksalternative
„Zwang, sich selbst zu verwirklichen“
Sven Reichardt hat über die Erfolge, aber auch die Desillusionierung der linksalternativen Bewegung geforscht. Sie sei Teil eines Wandels gewesen, sagt er.
 
Der Nazivorwurf
 
(Große Video-Dokumentation zu "Antifaschismus" und AfD)
blu-TV "Deutschland von Innen" XXL-Doku
 
Warum die Antifa in Sachen AfD gar nicht so falsch liegt
Überlegungen zu den linksextremen Attacken gegen die Partei
 
„Rechts“ ist noch lange nicht rechts
Zu einigen Reaktionen auf den Text über „Antifa“ und AfD
 
Einsatz in Regensburg
AfD-Veranstaltung: Polizei nimmt 54 Demonstranten fest
 
Übergriffe und Plakatzerstörungen
AfD-Chef Lucke beklagt Angriffe im Wahlkampf
 
Mecklenburg-Vorpommern
Landesregierung verweigert AfD Schutz vor Linksextremisten
 
Angriff auf AfD-Wahlkampf in Frankfurt
 
„taz“ kämpft nach AfD-Anzeige mit Wutsturm
 
Neu-Ulm
Grüner hängt Wahlplakate der AfD ab
 
AfD: "In Leipzig hängt kein einziges Plakat mehr"
 
(Antifa-Journalistin Andrea Röpcke wurde rausgeschmissen…)
Streit bei Wahlkampfauftritt
AfD wirft Journalistin aus dem Saal
 
(…und einen Schmierentheater-Darsteller gleicher Machart hatte sie im Schlepptau.)
„taz“-Journalist erfindet Angriff während AfD-Veranstaltung
 
Andrea Röpke
Antifaschistin mit Mission
 
 (Mal wieder der übliche Andreas Speit-Anprangerungsartikel)
Der rechte Rand
Wer sich an linker "Unterwanderung" der Öko-Partei stößt
Braune gegen Grüne
 
Mark Schwott – der Menschenjäger von der Antifa
 
(zu der gleichen Type)
NRW: Linke Menschenjagd auf ein ganzes Dorf
 
Nach Opferverhöhnung
Verfahren gegen Piraten-Politikerin Anne Helm eingestellt
 
(Identitäre Demonstration in Wien – incl. linke Gegendemonstranten)
Wien: Demo der Indentitären unter dem Motto – „Unser Europa ist nicht eure Union“
 
Der Marsch der Identitären am Samstag in Wien
 
Identitäre Demonstration in Wien – Linke Gewalt und Polizeigewalt
 
Wien: Linke Blamagen und identitäre Offensiven
 
Identitäre in Wien
Linke Demonstrantin täuschte Fehlgeburt vor
 
Die Nichtschwangere der linken Gewalttäter
 
Wien
Randale bei Demo: Keine Entschuldigung von den Grünen
 
Marko Perkovic alias Thompson
Rechtsrocker geht gegen Kritiker vor
 
Offenbach
Angeklagter kommt glimpflich davon
Geldstrafe: Hitlergruß kostet 280 Euro
 
Montagsmahnwache in Berlin
Etwas Frieden am Brandenburger Tor
 
(Bündnis "Wem gehört die Stadt" gegen "Gentrifizierung")
Offenbach: Wohnungen an Ludwigstraße 187-197
Politisch ausgeschlachtet
 
Innenministerium: Zahl politisch motivierter Straftaten steigt stark
Mehr Straftaten, größere Brutalität: 2013 wurden deutlich mehr Delikte mit politischem Hintergrund begangen. Besonders stark nahm die Zahl der Straftaten im linken Spektrum zu.
 
Krawalle bei 1.-Mai-Demonstrationen
 
Wien
Linksradikale Parolen auf Karlskirche geschmiert
 
EINWANDERUNG / MULTIKULTURELLE GESELLSCHAFT
 
Grundatzrede zur Integration
Gauck preist multikulturelle Gesellschaft
 
Mein Bundespräsident ist das nicht mehr!
Gauck rechtfertigt doppelte Staatsbürgerschaft
 
Kommentar zur Gauck-Rede
Neue soziologische Steißgeburt
von Thorsten Hinz
 
Integration
Gaucks Girlanden
von Michael Paulwitz
 
(Grundgesetz-Gedenkfeier-Rede)
Navid Kermani
Der Hyper-Assimilierte
von Thorsten Hinz
 
Rassismus-Vorwurf
Weiß hat immer schuld
 
(Antiweißer Rassismus)
USA
„Prüf dein Privileg“
 
Streit über Tasche
Die Angst der Union vor dem Halbmond im C
In der CDU in Neuss läuft eine Kontroverse über den Umgang mit dem Islam. Konservative Gläubige warnen vor eine Abschwächung christlicher Werte. Schuld daran ist ein Stofftasche. Ein Ortsbesuch.
 
Salafisten unterwandern sieben Hamburger Schulen
 
Radikalisierung
Jugendhaus schließt nach Drohung von Salafisten
 
Islamverbände empört über Schweizer Komiker-Duo
 
Chef der Polizeigewerkschaft kritisiert
„Unbeschreibliche Frauenfeindlichkeit“
 
Respekt verloren
Kommentar: Gewalt gegen Polizistinnen
 
Ausländermob beschimpft Polizisten: Haß-Video empört Berlin
 
Neues Afrikaner-Lager am Alexanderplatz
 
Rückführung eines Eritreers gescheitert
Abschiebung ins Hoffnungslose?
 
Ethnische Minderheiten in Großbritannien wachsen rasant
 
Wirtschaft fordert den Abbau von Hürden für Fachkräfte
Firmen pochen auf mehr Zuwanderung
 
(Fachkräfte-Schleuser)
Offenbach
Ausgeklügeltes System aus Scheinfirmen
Maserati statt gerechte Löhne
 
Nach Urteil des EU-Gerichtshofs
Zahl der Kindergeld-Anträge aus Osteuropa steigt stark
 
(Auch eine Form der Einwanderung…)
Immunität
Immer mehr Verkehrsdelikte durch Diplomaten
 
(Zigeuner in Wien)
Parlament beschäftigt sich mit Münzdiebstahl aus Zierbrunnen
 
(Die Zentralmedien verschweigen wie immer die Herkunft…)
Fast sechs Jahre Haft für brutalen Ehemann
Er misshandelte und verletzte seine Frau auf brutalste Weise: Jetzt ist ein 39jähriger Familienvater zu einer langen Haftstrafe verurteilt worden.
 
(…die Bild-Zeitung nennt zumindest die Vornamen)
Weil sie kein Kopftuch trug
Ehemann prügelt Frau halb tot
„Ich darf sie schlagen, sie gehört mir!"
 
Offenbach
„Zum Sex eingeladen“
Hohe Haftstrafe nach Vergewaltigung
 
KULTUR / UMWELT / ZEITGEIST / SONSTIGES
 
Energetische Sanierung Stoppt den Dämmwahn!
Deutschland wird mit Styroporplatten verpackt. Das ist ökologisch zweifelhaft, absurd teuer, die Häuser gehen schneller kaputt. Und es drohen noch weitere Risiken.
 
Sindelfingen Rathaus wird zum Denkmal
 
Verfallene Schlösser
„Für mich ist das wie Auftragsmord“
 
Königsberg
Projekt "Herz der Stadt" - Reale Konzepte oder theoretische Phantasien?
 
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(NPD-Mitbegründer 1967 in Diskussion mit Fritz Bauer und anderen)
1967: Podiumsdiskussion mit Fritz Bauer, Gerd Bucerius, Ralf Dahrendorf, Adolf von Thadden (Teil 1 von 2)
1967: Podiumsdiskussion mit Fritz Bauer, Gerd Bucerius, Ralf Dahrendorf Adolf von Thadden (Teil 2 von 2)
 
Volker Pispers - Meinungen und Stimmungen 2014
 
TV-Kritik: „Clara Immerwahr“
Das Giftgas war ihr Tod
Die ARD inszeniert das Leben der Clara Immerwahr als eindringliches Emmanzipations- und Wissenschaftsdrama. Ein filmisches Denkmal für die in Vergessenheit geratene Pazifistin und Chemikerin.

What Obama Told Us At West Point

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What Obama Told Us At West Point

Paul Craig ROBERTS

Ex: http://www.strategic-culture.org

 
At West Point Obama told us, to the applause of West Point cadets, that «American exceptionalism» is a doctrine that justifies whatever Washington does.  If Washington violates domestic and international law by torturing «detainees» or violates the Nuremberg standard by invading countries that have undertaken no hostile action against the US or its allies,  «exceptionalism» is the priest’s blessing that absolves Washington’s sins against law and international norms. Washington’s crimes are transformed into Washington’s affirmation of the rule of law.  

Here is Obama in his own words:  »I believe in American exceptionalism with every fiber of my being. But what makes us exceptional is not our ability to flout international norms and the rule of law; it is our willingness to affirm them through our actions.» 

Actions indeed. In the 21st century «American exceptionalism» has destroyed seven countries in whole or in part. Millions of people are dead, maimed, and displaced, and all of this criminal destruction is evidence of Washington’s reaffirmation of international norms and the rule of law. Destruction and murder are merely collateral damage from Washington’s affirmation of international norms.

«American exceptionalism» also  means that US presidents can lie through their teeth and misrepresent those they choose to demonize.  Listen to Obama’s misrepresentations of the Putin and Assad governments:  »Russia’s aggression towards former Soviet states unnerves capitals in Europe . . . In Ukraine, Russia’s recent actions recall the days when Soviet tanks rolled into Eastern Europe .»  Obama misrepresents Assad as «a dictator who bombs and starves his own people.»

Did any of the cadets in Obama’s West Point audience wonder why, if Assad is a brutal dictator who bombs and starves his own people, the Syrian people are supporting Assad instead of the American-backed «liberation forces,» the combination of imported jihadists and al Qaeda fighters who object to Assad’s government because it is secular? The US military is taught to respect its civilian commander-in-chief, but if West Point cadets actually do obtain an education, it is remarkable that Obama’s audience did not break out in laughter.

The reference to Soviet tanks rolling into Europe is a reference to the Hungarian (1956) and  Czech (1968) «revolutions» when the Hungarian and Czech communist leaders attempted to assert independence from Moscow.  It is doubtful that Washington’s response to countries attempting to exit NATO would be any different.  A few months ago Washington responded to political talk in Germany and England about leaving the EU by informing both governments that it was not in Washington’s interest for them to depart from the European Union.

Obama used the image of Soviet tanks in order to color Russia with the Soviet Threat, to mischaracterize Russia’s response to the Georgian invasion of South Ossetia, and to misrepresent Crimea’s vote in favor of reunification with Russia as «Russia’s invasion and annexation of Crimea.»  These lies are still a mainstay in the US media and in Washington’s official propaganda.

Obama’s speech is probably the most disingenuous ever given by a Western politician. We could have fun for hours with all the crimes that Washington commits but buries in rhetoric directed at others.  Perhaps my favorite is Obama evoking a world in which «individuals aren’t slaughtered because of political belief.»  I am sure Obama was thinking of this just world when he murdered without due process of law four American citizens «outside of areas of active hostilities.» 

Another favorite is the way Obama flushed the US Constitution of its meaning. Obama said, with reference to bringing the Guantanamo prisoners to the US, that «American values and legal traditions don’t permit the indefinite detention of people beyond our borders.» No, Obama, the US Constitution prevents the indefinite detention of US citizens by the US government anywhere on earth, especially within our borders.  

By detaining and by murdering US citizens without due process of law, Obama has violated his oath of office and should be impeached.  It was only a short time ago that President Bill Clinton was impeached by the US House of Representatives (the Senate saved him from conviction) for lying about his sexual affair with a White House intern.  How times change. Today a president who violates his oath of office to protect the Constitution from enemies foreign and domestic gets a free ride.  The Constitution has lost its power to protect citizens from the arbitrary power of government. The US is the Constitution.  Without the Constitution the US ceases to exist, and the country becomes a tyranny, both at home and abroad. Today the US is a tyranny cloaked in the garb of «freedom and democracy.»

Instead of laughing our way through Obama’s ridiculous speech to what apparently was a dumbed-down West Point graduating class, lets pay attention to Obama’s bottom line: «America must always lead on the world stage. . . . The military is, and always will be, the backbone of that leadership.»

In other words, Washington doesn’t use diplomacy.  Washington uses coercion. The favorite threat is: «Do as you are told or we will bomb you into the Stone Age.» Obama’s speech is a justification of Washington’s criminal actions on the grounds that Washington acts for the exceptional Americans whose exceptionalism places them and, thereby, their government above law and international norms. In this way of thinking, only the failure to prevail constitutes failure.

Americans are the new ubermensch, the new master race. Inferior humans can be bombed, invaded, and sanctioned. Obama’s West Point speech asserts American superiority over all others and Washington’s determination to continue this superiority by preventing the rise of other powers.  This arrogant hubris was not enough for the Washington Post editorial board. The newspaper’s editorial damned Obama for binding US power and limiting its use to «a narrow set of core interest,» such as direct threats to America.

The American «liberal media» object that Obama’s claim of exceptionalism is not broad enough for Washington’s purposes.  Obama’s address, the Washington Post wrote, bound «US power» and «offered scant comfort» to those militarists who want to overthrow Syria, Iran, Russia, and China. 

The world should take note that the most militarily aggressive American president in history is considered a wimp by the neoconized American media.  The media drives wars, and the American media, firmly allied with the military/security complex, is driving the world to the final war.

Elecciones al Parlamento Europeo: Ha ganado el “partido pro-ruso”

Se esperaba que en las próximas elecciones al Parlamento Europeo avanzaran significativamente los partidos patrióticos y nacional-populares. Y como señalaba hace unos días el diario The Washington Post, el mayor beneficio de ello lo obtendrá un hombre que no está en ninguna lista electoral: Vladimir Putin.

De hecho, los principales líderes europeos escupen saliva y condenan a Putin, pero los votantes comprometidos en apoyar lo que les gusta apuntan a Putin y como “el líder de Rusia desafió a Occidente y plantó cara en Ucrania.” Esto será un nuevo golpe a los esfuerzos de los burócratas de la UE para tomar una postura firme en contra de Rusia.

Muchos partidos de los denominados de “extrema derecha” así como un cierto número de grupos izquierdistas apoyaron abiertamente las acciones de Rusia en Ucrania y acusaban a los EE.UU. y la UE de provocar la crisis (ejemplo de Podemos en España). “Es la extrema derecha y la extrema izquierda quien enfurece a las corrientes europeístas con Putin” señalaba el experto de la London School of Economics Simon Hicks. También le gusta a estas corrientes políticas que toda esta situación ilustra la hipocresía de las élites: dijeron que iban a tratar a Putin con dureza, pero son incapaces. El aumento de la representación de la extrema derecha no podrá influir directamente en las decisiones sobre las sanciones. Esto continuará ocurriendo pues depende de las decisiones de los gobiernos nacionales que están dominados por los grandes partidos, decía el diario The Washington Post. Sin embargo, junto a los radicales de extrema izquierda, pueden ocupar una tercera parte del Parlamento Europeo, lo que dará una nueva arma Putin para una guerra mediática. “A Putin le será más fácil burlarse de los europeos”.

Esto es lo que los medios de comunicación rusos ya están diciendo: hacen hincapié en que los líderes radicales de derecha pueden ser los representantes legales de Europa. El Front National francés se puso a la vanguardia”, mientras que las fuerzas pro-rusas se alzaban en el este de Ucrania, Marine Le Pen declaraba a los periodistas en Moscú que “la Unión Europea había declarado una nueva guerra fría a Rusia”.

Hay que señalar que muchos políticos europeos de corrientes nacional-populares fueron invitados como observadores a la península del Mar Negro y testificaron que las votaciones habían transcurrido en libertad y eran justas. Aunque entre los radicales en Europa hay muchas diferencias, comparten el deseo de debilitar a la UE y “seguir las mismas líneas nacionalistas y autoritarias” que valoran de Putin, según el analista político alemán del Washington Post.

De hecho, muchas corrientes nacional-populares se sienten almas gemelas de las ideas de Putin: Él se opone a la decadencia occidental y al liberalismo, y aboga por el nacionalismo conservador, bajo el cual exige que se adhieran a los valores tradicionales. Los nacionalistas europeos creen que Europa está en declive por el cosmopolitismo pro-americano, considera uno de los analistas húngaros: “Putin propone un modelo alternativo, un líder que apoya abiertamente puntos de vista cristianos, que no consideran los derechos humanos de especial importancia y que cree en la mano poderosa de Dios”. También señala que “la facción anti-UE” en el Parlamento Europeo puede “votar a favor de los intereses de Rusia para expresar sus puntos de vista.”

Las ideas de Vladímir Putin: “Rusia es el bastión contra la hegemonía estadounidense y la decadencia occidental

El presidente ruso Vladimir Putin defendió su visión de una Rusia con responsabilidad “histórica”, en un mundo inestable, bastión contra la hegemonía estadounidense y garante de los valores ante a la decadencia del mundo occidental. Rusia defiende “los valores tradicionales”, en especial, la concepción tradicional de la familia, y se opone a la “tolerancia estéril” practicada en numerosos países, declaró el presidente ruso en un famoso discurso en el Kremlin.

Rusia rechaza “la supuesta tolerancia, estéril, que no hace diferencia entre sexos“, afirmó Putin. “Cada vez más gente en el mundo apoya nuestra postura, que es la defensa de los valores tradicionales, que constituyen desde hace milenios los fundamentos morales y espirituales de la civilización de cada pueblo“, agregó.

Asimismo, el jefe de estado ruso denunció “la revaluación de las normas morales” en muchos países del mundo, en los que se le exige a la sociedad, “por muy extraño que parezca“, “poner al mismo nivel el bien y el mal“. Rusia defiende “un punto de vista conservador” con el objetivo de “impedir una vuelta atrás” hacia “el caos de las tinieblas“, declaró Putin citando al filósofo ortodoxo Nicolas Berdiaev, expulsado de Rusia tras la revolución de 1917.

Rusia ha sido muy criticada en occidente por promulgar una ley que prohíbe la “propaganda” homosexual a menores, un texto considerado como discriminatorio por los defensores de los derechos humanos. Rusia reaccionó antes con vigor a la legalización del matrimonio homosexual en varios países, entre ellos Francia. “El mundo es cada vez más contradictorio y agitado. En esas condiciones, se refuerza la responsabilidad histórica de Rusia“, declaró Putin en su mensaje a la nación en el gran salón del Kremlin. Se trata de la responsabilidad de un “garante clave de la estabilidad global y regional, y de un Estado que defiende con constancia sus valores“, agregó, reivindicando el papel de su país en la crisis siria. Aliado desde hace tiempo del régimen de Damasco, al que suministra armas, Rusia bloqueó cualquier veleidad de intervención occidental en nombre del derecho internacional. “No aspiramos al nombre de superpotencia, si se entiende por ello una ambición de hegemonía mundial o regional, nosotros no atacamos los intereses de nadie, no imponemos a nadie nuestra protección y no damos lecciones a nadie“, declaró Putin, en un alusión clara a Estados Unidos. “Pero nos esforzaremos en ser líderes“, agregó el exagente del KGB.

Subrayó su determinación de lograr el proyecto de unión económica euroasiática con los países surgidos de la exURSS, a los que Rusia invita con insistencia.

Putin advirtió a Estados Unidos, sin nombrarlo, contra una tentativa de asegurarse la superioridad estratégica. “El problema nuclear iraní se termina, pero el sistema de defensa antimisiles sigue“, ironizó. Rusia ha denunciado siempre la instalación a su lado de elementos de ese dispositivo, justificado por Estados Unidos por la amenaza de “estados canallas”. “Nadie debe tener ilusiones sobre la posibilidad de obtener la superioridad sobre Rusia. No lo aceptaremos nunca“, declaró Putin, recordando haber lanzado un programa de rearme del país “sin precedente”.

Fuente: El Espía Digital

mardi, 03 juin 2014

Fosfatos y uranio: ¿Otros motivos para la intervención saudí en Siria?

por Lajos Szaszdi

Ex: http://paginatransversal.wordpress.com

Otra razón del por qué países como EE.UU., Arabia Saudita, Francia, el Reino Unido, Jordania, Israel y Turquía están envueltos en desestabilizar a Siria podría ser para asumir derechos de explotación y control sobre los depósitos de uranio que se hallan en los yacimientos de rocas de fosfatos de Siria. Según M. Ragheb, hay más demanda de uranio en el mundo como combustible para centrales nucleares de energía eléctrica que suministros disponibles de este mineral.

En el año 2005 por ejemplo menciona que se consumieron 68,000 toneladas de mineral de uranio en bruto pero sólo hubo una producción de 39,000 toneladas aquel año. Esto dice representaría una diferencia de 43% entre la oferta y demanda global de uranio. Sigue exponiendo que para el 2007 no había suficiente uranio enriquecido para los 435 reactores operando en el mundo en aquel entonces y que generaban 17% de la energía eléctrica mundial. La falta de uranio enriquecido suficiente para satisfacer la demanda global no permitiría tampoco suplir de combustible a 28 nuevos reactores que estaban en construcción en 2007.

El problema aumentará ya que para el 2013 se habrían completado 48 nuevas centrales nucleares a nivel mundial, habiendo 200 nuevos reactores en construcción o que están planeados. Además, Ragheb menciona que Francia produce 80% de su energía eléctrica por medio de centrales nucleares y no poseyendo producción nacional de uranio consume hasta un 15% del uranio producido y ofrecido a la venta globalmente. Menciona igualmente que el Reino Unido, Alemania, Japón y Corea del Sur solo producen 0.196% del uranio producido anualmente en el mundo pero entre los cuatro consumían el 24% producido a nivel mundial. Más aun, colectivamente los países de Occidente según Ragheb producen solo el 4% del uranio disponible a nivel mundial pero consumen el 72% de los suministros globales de uranio.

Infografía: Participación de Rusia en la construcción de centrales nucleares

Los EE.UU. para 2009 tenían proyectadas 28 nuevas centrales nucleares, pero en 2006 consumió 57 millones de libras de óxido de uranio concentrado, de los cuales solo produjo 4 millones de libras, teniendo que importar el resto. Según cita Ragheb, para el año 2025 EE.UU. tendrá una demanda de 75 millones de libras de óxido de uranio concentrado y aún con un aumento nacional de su producción, tendrá que importar de 55 a 65 millones de libras en 2025 para suplir de combustible a sus reactores nucleares.

Se calcula que para 2025 el mundo tendrá una demanda de 230 millones de libras de óxido de uranio concentrado pero sólo habrá una oferta de 200 millones de libras, o tendrá una demanda de 300 millones de libras de óxido de uranio concentrado y tan solo una oferta de 170 millones de libras. Por esta carestía de uranio los precios del mineral en el mercado pueden ir en aumento de un promedio estimado por Ragheb de $65 dólares la libra de uranio – pudiéndose comprar por $42 dólares la libra en el mercado al contado (spot market) – hasta inclusive un precio de $136 dólares la libra alcanzado en 2007, o hasta de $200 dólares la libra de uranio en un futuro. De acuerdo a Ragheb, de producirse tales diferencias entre la oferta y la demanda de uranio para las centrales nucleares, “haría la extracción de uranio de fuentes de rocas de fosfato necesaria para salvar la distancia” [entre oferta y demanda].

De acuerdo a Ragheb, Siria tiene ricos depósitos de rocas de fosfato y ocupa el quinto lugar en el Cercano Oriente en la producción de rocas de fosfato, habiendo por ejemplo extraído 2.04 millones de toneladas de fosfato en 2001. En este sentido, la mayor parte de las rocas de fosfato producidas son exportadas. Es interesante que en la ciudad de Homs, la tercera ciudad en población de Siria después de Alepo y Damasco, hay una “micro” planta de producción de ácido fosfórico para su uso en el procesamiento de alimentos que según indica Ragheb está bajo la supervisión del Organismo Internacional de Energía Atómica. No hay al parecer indicios de que la planta de acuerdo a esta fuente produzca uranio como derivado de la producción de ácido fosfórico. Ha de asumirse que Siria posea importantes yacimientos de uranio contenido en sus depósitos de rocas de fosfato, probablemente codiciados ambos por al menos algunos de los países involucrados activamente en desestabilizar a Siria para causar la caída de su gobierno y poner en su lugar un régimen “quislingo” (por Quisling, colaboracionista noruego de las fuerzas de ocupación alemanas de su país y del régimen alemán hitleriano durante la II Guerra Mundial), favorable a los intereses económicos de esos estados conspiradores.

De acuerdo al International Fertilizer Development Center (IFDC), el Centro Internacional de Desarrollo de Fertilizantes citando a Gecopham, la Compañía General para Fosfatos y Minas estatal siria, los depósitos de rocas de fosfato descubiertos en Siria sobrepasan los 2,000 millones de toneladas. Según Gecopham, los yacimientos de fosfato del este del país son los más importantes. La producción anual de concentrado de fosfato es de 3.85 millones de toneladas a partir de 2005, exportándose el 80% y empleándose el 20% restante en producir ácido fosfórico y también fertilizantes de fosfato en la planta Fertilizantes Homs en la ciudad del mismo nombre.

Infografía: Funcionamiento de una central nuclear

En el blog anterior se mencionó citando a Ragheb que después de Marruecos Arabia Saudita, Egipto, Siria, Jordania e Israel contienen las reservas más importantes de rocas de fosfato en el Cercano Oriente. De estos países mencionados, Arabia Saudita, Jordania e Israel, vecinos de Siria, están envueltos en apoyar a los insurgentes y terroristas cuyo objetivo es tratar de provocar la caída del gobierno sirio por la fuerza. Se puede considerar a esos estados no sólo actualmente enemigos de Siria sino también competidores del estado sirio en el mercado internacional como dueño de las empresas dedicadas a la explotación, procesamiento y exportación de los depósitos de fosfato sirios.

Podría ser también que Arabia Saudita, Jordania e Israel también tengan interés en explotar los potenciales depósitos de uranio en las rocas fosfáticas de Siria para exportación en beneficio suyo y para su propio consumo a costa de Siria, tras eliminar con un cambio de gobierno – como ahora están tratando – al estado sirio como competidor comercial e industrial, con la esperada privatización de compañías estatales en beneficio de los intereses extranjeros. Las famosas privatizaciones neoliberales tan promovidas y hasta impuestas por EE.UU. y sus aliados de la Unión Europea.

Hay que recordar del anterior blog que Arabia Saudita en su Mina de Al Jalamid espera producir anualmente 4.5 millones de toneladas de concentrado de fosfato, habiendo mencionado Ragheb que el proyecto de fosfato de la Mina de Al Jalamid esperaba producir 3 millones de toneladas al año. Esto se compara con la esperada producción siria de 3.85 millones de toneladas de concentrado de fosfato a partir de 2005 y la producción minera de Siria en 2008 de 3.22 millones de toneladas según IFDC, al parecer de concentrado de fosfato.

En 2008 Jordania tuvo una producción minera de 6.27 millones de toneladas de fosfato e Israel ese mismo año produjo 3.09 millones de toneladas de fosfato. Comparativamente de acuerdo a Ragheb, a los depósitos de rocas de fosfato en bruto conocidos en Siria, que sobrepasan los 2,000 millones de toneladas, Jordania tiene depósitos de 1,800 millones de toneladas de rocas de fosfato sin procesar e Israel 1,600 millones de toneladas de rocas de fosfato en bruto. Arabia Saudita puede que tenga tan solo en la Cuenca de Sirhan-Turayf unas 7,800 millones de toneladas métricas de rocas de fosfato en bruto.

No es improbable que algunas de las potencias occidentales involucradas en apoyar a los terroristas e insurgentes islamistas que pretenden derrocar por la fuerza al gobierno sirio lo hagan para ganar acceso a una fuente más de uranio extraído de depósitos de rocas fosfáticas para sus centrales nucleares de energía eléctrica. Dichas potencias buscarían diversificar el número de fuentes de uranio ante la competencia mundial por dicho mineral de cantidades limitadas.

Es interesante que la República Centroafricana es según Ragheb la única en poseer depósitos de fosforita continentales en África en el área de Bakouma, donde se estima que hay 17,000 toneladas de uranio. Igualmente, en otra fuente se menciona que durante la búsqueda de uranio en la década de los 60 del siglo XX, se hallaron depósitos de rocas fosfáticas de la época geológica del Eoceno en la República Centroafricana cerca del área de Bakouma. Los hallazgos, se dice, fueron “notables” por su contenido de uranio, con un promedio de 0.25%” de óxido de uranio.

Según Nicolas Dasnois, aunque la mayor parte de las compañías mineras se concentran en explotar los principales depósitos de uranio como los de Níger – con depósitos identificados de 275,500 toneladas de uranio – y Namibia, otros intereses mineros buscan yacimientos de uranio menores sin explotar como en la República Centroafricana. Los yacimientos de uranio de Siria estarían en esta categoría de depósitos de uranio más pequeños vírgenes.

Con reservas de uranio identificadas de 12,000 toneladas en la República Centroafricana, la compañía nuclear francesa Areva planea iniciar la explotación de los depósitos de uranio del país africano entre 2016 y 2017. Areva es considerada la compañía nuclear más grande del mundo según la Asociación Nuclear Mundial. Con relación a este tema según Dasnois, la compañía canadiense Rockgate Capital Corporation tiene planes de iniciar la producción de los depósitos de Mali de 8,533 toneladas de uranio, otras reservas de uranio que se pueden considerar pequeñas.

No sería improbable que la presencia militar francesa en la República Centroafricana – que acaba de ser extendida con una mayoría de votos por los diputados del Parlamento francés – además de estar en el país africano para reestablecer el orden y poner fin a la violencia sectaria entre musulmanes y cristianos, se halle también para asegurar que Francia en un futuro tenga acceso privilegiado a los depósitos de uranio en los yacimientos de rocas fosfáticas del país africano. Así, a las 1,600 tropas francesas enviadas en diciembre a la República Centroafricana, país con un área similar al de Francia, se acaban de añadir 400 más, para un total de 2,000 soldados.

El año pasado Francia desplegó 4,000 tropas en Mali para expulsar del norte del país africano a insurgentes islamistas radicales que lo ocupaban y desde donde amenazaban con conquistar el sur de Mali controlado por el gobierno maliense. El interés de Francia en intervenir en Mali no se habría limitado a defender el gobierno de una ex colonia, a evitar que el país se convirtiese en una base de operaciones de terrorismo islamista sunita con acceso a minas de oro con el cual financiar actividades terroristas e insurgencias, a impedir que Mali llegase a ser una fuente de exportación del integrismo islamista y la yihad a los países de poblaciones musulmanas de la región del África Occidental y el Sahel o por razones humanitarias para evitar amenazas a la población civil, como en el caso de la República Centroafricana.

Mali es rica en oro y otros minerales, teniendo yacimientos de uranio y depósitos de fosfatos, otro importante sector de minería maliense con reservas potenciales de 22 millones de toneladas de donde también se podría extraer uranio. La intervención militar de Francia en Mali se habría producido también para proteger al país vecino de Níger de mayoría musulmana de ser desestabilizado por los militantes islamistas radicales en Mali, tomándose en cuenta que la empresa de energía atómica francesa Areva opera dos minas de uranio en Níger.

Para Areva las minas nigerinas de Arlit e Imouraren son una importante fuente de uranio para las centrales nucleares de Francia, habiendo la compañía francesa explotado el uranio de Níger por más de 50 años, siendo además el inversor más importante del país africano. De acuerdo a un estudio del Parlamento francés, el 18% del uranio consumido en las 58 centrales de energía atómica francesas en 2008 procedió de Níger. Así en febrero de 2013 Francia tenía unos doce soldados de fuerzas especiales protegiendo la mina de Arlit. Níger, el quinto productor de uranio del mundo, proporciona según la prensa francesa una quinta parte del uranio que consume Francia en sus centrales nucleares.

El proceso de extracción industrial del uranio contenido en ácido fosfórico, éste producto del procesamiento de rocas de fosfato con ácido sulfúrico, puede hacerse más eficiente e incluso abaratarse con el proceso llamado PhosEnergy, “un proceso de intercambio iónico (IX)”. Dicho proceso permite la recuperación de un 95% del uranio en los fosfatos sin residuos radioactivos, pudiendo costar la extracción tan solo $18 dólares por libra de uranio extraída.

Países como Arabia Saudita, Jordania o Francia podrían estar interesados en explotar los depósitos de uranio contenidos en los yacimientos de rocas de fosfato sirios. De estar Riad interesada en intervenir en Siria para tener acceso privilegiado a los depósitos de uranio sirios, la Compañía Minera de Arabia Saudita Ma’aden (Ma’aden Saudi Arabian Mining Company) jugaría un papel fundamental en la producción de uranio sirio extraído de rocas de fosfato. Incluso se ha dicho que Ma’aden desea convertirse en la compañía productora de fosfatos más grande del mundo, otro motivo adicional que podría tener la monarquía saudita de querer controlar los recursos minerales de Siria.

La subsidiaria de la compañía Ma’aden para fosfatos es la Compañía de Fosfatos Ma’aden (Ma’aden Phosphate Company), una empresa conjunta de Ma’aden, con un 70% de las acciones, con SABIC con un 30%.  Ma’aden está construyendo una nueva planta de ácido fosfórico que probablemente podría producir uranio extraído de rocas de fosfato, con el año 2016 como “período de contrato” de este proyecto, con capacidad de producción anual planeada de 1.5 millones de toneladas y con un valor de 3.5 mil millones riyales saudíes. Esta planta podría ser parte del proyecto conjunto de Ma’aden con la empresa estadounidense Mosaic y SABIC de Arabia Saudita para la producción minera de rocas de fosfato y la producción de fertilizante a base de éstas. El proyecto, valorado en $7 mil millones de dólares, tendrá una participación del 60% para Ma’aden, de un 25% para Mosaic Corporation (MOS) de Plymouth, Minnesota, actualmente la empresa productora de fosfatos más grande del mundo, y de SABIC con un 15% de las acciones.

En cuanto a localización, se planea levantar el Proyecto de Fosfatos Wa’ad Al Shammal en el norte de Arabia Saudita en la Ciudad Industrial de Minerales Wa’ad Al Shammal. Como parte de este proyecto se va a ampliar la capacidad de procesamiento de la Ciudad Industrial de Minerales Ras Al Jair, localizada en la costa este saudí en el Golfo Pérsico y conectada a la Ciudad Industrial de Minerales Wa’ad Al Shammal por un ferrocarril ya construido. El proyecto, en el cual la compañía americana Mosaic planea invertir mil millones de dólares, empezará a operar en 2016 y tendrá una capacidad proyectada de producción anual de 3.5 millones de toneladas. La intención es satisfacer la demanda anual de fósforos como fertilizantes, que mundialmente crece en alrededor de unas 1.5 millones de toneladas según un alto miembro de Mosaic.

El apoyo de varias potencias a los terroristas e insurgentes en Siria para provocar la caída del gobierno de Damasco podría estar en parte motivado por intereses económicos ligados a una futura explotación de los recursos minerales sirios por empresas y multinacionales pertenecientes a los países que apoyan la desestabilización de Siria. De ser así sería un ejemplo de neocolonialismo en el siglo XXI, y un peligroso ejemplo a seguir por potencias interesadas en poder explotar a toda costa y a favor de sus intereses nacionales corporativos los recursos de los países en desarrollo a expensas de su soberanía, seguridad y bienestar.

Fuente: RT

lundi, 02 juin 2014

Shia and Christian Unity under Hezbollah and FPM is Essential

Lebanon and Syria: Shia and Christian Unity under Hezbollah and FPM is Essential

Jibril Khoury and Lee Jay Walker

Modern Tokyo Times - Ex: http://moderntokyotimes.com

Gulf and Western powers easily sacrificed the Christians of Iraq and clearly the same powers care little about the Alawites, Christians and the Shia minority in Syria which face Takfiri persecution and daily massacres. It is therefore incumbent on General Michel Aoun and the Free Patriotic Movement (FPM) to maintain a firm relationship with Hezbollah. The FPM is mainly supported by Christians while Hezbollah is a powerful force within the Shia community. If the FPM and Hezbollah are hoodwinked by outside forces which seek to cause divisions, then both communities will suffer in the long-term given the shifting sands being backed by Gulf powers throughout the Levant.

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The Coptic Christians in Egypt were sidelined because America only cares about Camp David and protecting Israel, Saudi Arabia and Turkey at all costs throughout the Middle East. When the Muslim Brotherhood in Egypt began to focus on taking over the political apparatus and espoused sectarian thinking towards the minority Christian and Shia communities, then like usual Washington wasn’t concerned. Not surprisingly, while the Obama administration is worried about the fate of the Muslim Brotherhood in Egypt, little is said about the brutal murders of Christians by supporters of Morsi and the Muslim Brotherhood.

Indeed, while powerful Gulf nations are free to spread militant Salafi Islam throughout Africa, Europe, the Middle East, North America and Southeast Asia; it is abundantly clear that not one single non-Muslim place of worship is allowed in Saudi Arabia and apostates face death. This reality highlights the demise of Christianity within major Western nations and that secular governments care little when it comes to religious freedom. Therefore, the Christians of Lebanon should realize that they will be abandoned abroad at the drop of a hat because just like their co-religionists in Syria they are expendable. After all, when al-Qaeda affiliates and the Free Syrian Army (FSA) are involved in destroying Christian churches, kidnapping Christian bishops, cleansing Christians and other minorities like the Alawites and Shia; then this means little in America, France and the United Kingdom because Gulf nations are allowed to fund Takfiris and al-Qaeda affiliates openly. Of course, elites in Ankara, London, Paris and Washington are also involved in many terrorist and sectarian ratlines.

Aoun commented about the kidnap of two Christian bishops by FSA Islamists in Syria by stating that “These acts do not represent in any way a struggle for freedom, but rather terrorist acts committed by hate-filled, malicious terrorists who feed on the blood of innocents and the lives of civilians … while attempts to justify this terrorism under the pretext of seeking to oust the regime have become ridiculous and pathetic.”

The Christian Patriarch Cardinal Mar Bechara Boutros al-Rahi of the Maronite Church in Lebanon and All the East ”…called for halting violence in Syria and starting a national dialogue to reach a peaceful solution to the crisis.,,”

“During an honoring celebration held by the Syrian and Lebanese community in Brasilia, al-Rahi appealed (to) the international community and the countries which support the war in Syria to stop supporting and financing murder operations and to halt arming terrorism and destabilizing a secure country and to sit (at a) dialogue table.”

Gulf and Western powers also want to weaken the Christians of Lebanon by sowing internal dissent and undermining the FPM because Aoun refuses to be bought. Similarly, the European Union is being forced to put more pressure on Hezbollah because of the whims of America, Israel and Saudi Arabia. This is based on utilizing anti-Hezbollah rhetoric throughout many media channels and by powerful think tanks espousing propaganda for their political backers. Therefore, the terrorist attack in Bulgaria appears to have been “a hatchet job” in order to lay the foundation of undermining Hezbollah.

Media agencies are powerful tools in the wrong hands therefore labeling Hezbollah to be sectarian and militant needs to be questioned. Hezbollah fighters in Syria are helping border communities against Takfiri fanatics and a plethora of Sunni sectarian forces which also have no qualms in killing Sunni Muslim clerics. In the last 12 months in Syria several Sunni Muslim clerics have been killed for either supporting the Syrian government or for seeking accommodation with other minority groups. Therefore, when Hezbollah helped to retake a border district between Lebanon and Syria the Christians once more began to rebuild their church which was defiled by Gulf and Western backed terrorists. However, the real reality on the ground is ignored because it doesn’t suit the agenda of powerful Gulf and Western nations.

In Syria it is Takfiri Islamists and a plethora of sectarian terrorist groups which are involved in beheading minorities, brutally killing captured Syrian soldiers, committing atrocities against civilians based on religious and political affiliation and setting off car bombs throughout this nation. Hezbollah, on the other hand, is fighting alongside the Syrian armed forces in parts of Syria irrespective if the soldiers are Alawite, Christian, Shia or Sunni. This isn’t surprising because Hezbollah supports the Palestinian cause and it is abundantly clear that the majority of Palestinians are Sunni Muslim. Therefore, the mass propaganda angle against Hezbollah is easily dismantled because this movement is resisting the hegemonic dreams of major Western powers, Gulf nations and the state of Israel.

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In 2006 Hezbollah under Hassan Nasrallah signed a very important memorandum with Aoun whereby powerful Shia and Christian forces would work together based on mutual interests. Of course, certain disagreements exist just like in all nations because this is the nature of politics and you also have a different confessional basis. Despite this, the memorandum highlighted that the old days were over whereby militants within both communities would move on in order to lay the foundation for a new Lebanon whereby fear is taken out of the equation.

Hezbollah and the FPM both gain mutually when it comes to maintaining the military of Hezbollah based on the notion of resistance, while Christians in the FPM gain politically within the power mechanisms of Lebanon because of the powerful support that Hezbollah gives. Issues related to different lifestyles, cultures and religious affiliation highlights the pragmatism of both Hezbollah and the FPM. Ironically, it is the ambitions of Aoun which may threaten the mutual alliance because he seeks to broaden his political church. Therefore, Hezbollah is adopting a patient stance in order to keep the alliance together while Aoun knows that he can’t afford to lose the special relationship because it will weaken his powerbase.

If Christians and the Shia focus on the reality of modern day Syria then clearly they will realize that in the eyes of Takfiris and the plethora of terrorist forces in this country, that both religious communities are deemed to be “infidels.” This reality is proven on the ground because many Christian churches and Shia mosques have been destroyed. At the same time, both faith communities face enormous persecution at the hands of al-Qaeda affiliates, Takfiris and the followers of Salafi Islam in Syria. If Gulf and Western backed terrorist and sectarian groups emerged victorious under the prevailing conditions in Syria then a bloodbath against the Alawites, Christians and Shia would ensue. Likewise, the Druze community would feel the full force of Salafi bigotry in Syria if the Syrian armed forces were defeated.

Indeed, a brutal civilizational struggle is underway in Lebanon and Syria whereby Gulf petrodollars seek to crush indigenous Sunni Islam because of their views on supporting mutual accommodation with all religious groups. This civilizational war can be felt in Afghanistan, Egypt, Iraq, Lebanon, Libya, Mali, Pakistan, Tunisia, Somalia, Syria, and in other nations. Likewise, gradually the dark and sinister Salafi movement and Gulf petrodollars are spreading their evil tentacles to Indonesia, Malaysia and throughout Central Asia and the Caucasus region. Indeed, these sinister forces can be felt within European nations and in North America. Therefore, many Sufi shrines have been destroyed in Libya, Mali and Somalia while Sunni Muslim clerics have been killed in Syria.

Syria now is on the frontline in a civilizational war whereby moderate forces and religious diversity are being threatened by Gulf Islamist petrodollars which seek to crush moderation and religious pluralism. This brutal force is being backed and supported by America, France and the United Kingdom because of various factors despite laying the foundation for terrorist attacks at home. The recent brutal murder of Lee Rigby is evidence of this evil force which is being given a free hand to spread hatred and division. Also, it is clear that September 11, Benghazi and Madrid happened because of Gulf and Western powers supporting al-Qaeda and Islamist terrorism in Afghanistan, Bosnia and Libya. After all, blowback will always emerge and now in Egypt the same Muslim Brotherhood that America bankrolled and met frequently within powerful political institutions in Washington; is now the same Muslim Brotherhood which wants to castigate America. Despite this, the same dangerous game keeps on being played despite the reality of the outcome – after all, look at modern day Afghanistan, Iraq, Libya and Pakistan (self-induced).

The Levant is now being pulverized by sinister forces which are supporting sectarianism and terrorism. In recent months it is clear that elements within the FSA and various al-Qaeda affiliated groups are now intent on spreading terrorism in Lebanon. This follows on from the increasing reality of sectarian hatred which is being espoused by the same dark forces in Syria and which can be found throughout the Gulf region. Syria is now on the frontline and the enemies of this nation also desire to crush Hezbollah and to weaken the Christian position throughout the Levant. Therefore, it is incumbent that Syria survives and that the central state overcomes diabolical forces which support sedition; to enforce a brutal Sharia Islamic state based on Gulf Salafi Islam; to crush all religious minorities; and to enforce women into the shadows.

At the same time Hezbollah and the FPM must remain united because clearly many outside nations want to defeat these internal political forces by utilizing various dark means. It is clear that America, France, Israel, Qatar, Saudi Arabia, Turkey and the United Kingdom desire to control the region. These nations therefore will use any underhanded tactic at their disposal in order to weaken Iran, the Russian Federation and to crush all independent forces within the Middle East which refuse to bow down to Gulf and Western hegemony. This reality means that the only way to destroy Syria and movements like Hezbollah in Lebanon – even if the Christians of the Levant are crushed – is to spread sectarianism, sedition and terrorism while spreading hatred throughout the media and destroying the economic lifeline of Syria.

Clearly, this reality is being played out in Syria whereby the most brutal Takfiri terrorists in the world are bypassing international passport controls based on the deeds of powerful Gulf and Western nations. Military arms keep on flowing into the Levant because even a weakened Syria beset by terrorist problems like Iraq will be deemed a victory. Of course, the enemies of Syria smell blood and seek the demise of the government at all costs irrespective if this destroys the religious mosaic of this nation. Likewise, the anti-Hezbollah rhetoric is now witnessing a new challenge to its powerbase by spreading enormous propaganda, creeping terrorism in the Hezbollah heartland and by curtailing the funding of this movement. This reality means that it is essential for Hezbollah and the FPM to remain firm during such delicate times in order to prevent outside forces from dictating the future of Lebanon.

leejay@moderntokyotimes.com

http://moderntokyotimes.com

¿Qué hay detrás de Boko Haram y la propaganda mediática?

por Maximiliano Sbarbi Osuna

Ex: http://paginatransversal.wordpress.com

Es llamativo que durante la reunión que mantuvo días atrás el presidente de Francia, François Hollande, con los líderes de Nigeria, Níger, Chad, Togo, Benin y altos representantes diplomáticos de Gran Bretaña y Estados Unidos, haya manifestado ignorar quién o quiénes financian al grupo terrorista nigeriano Boko Haram, que mantiene secuestradas unas 270 niñas desde hace un mes. También es curioso que recién ahora París y Washington comiencen una campaña de alerta contra este grupo extremista, siendo que desde 2009 ha asesinado a unas tres mil personas.

¿Quién financia a Boko Haram?

La asociación ilícita entre la OTAN con Al Qaeda para el Magreb Islámico en 2011, por medio de la cuál Occidente y el extremismo lograron quitar a Kadafi del medio y repartirse las riquezas petroleras, acuíferas y armamentísticas de Libia, produjo un asentamiento permanente en Bengasi, desde donde se torció el destino de la Primavera Árabe a favor de Occidente.

Por ejemplo, desde allí se enviaron recursos, armas y combatientes a Siria.

Pero, las cuantiosas armas de las que disponía Kadafi, compradas a Rusia y Occidente fueron robadas y vendidas en el mercado negro a través del desierto del Sahara, terminando en manos de Ansar Dine (grupo extremista de Malí), rebeldes de la República Centroafricana y de Boko Haram, la guerrilla musulmana del norte de Nigeria.

Era sabido que los almacenes de armas diseminados por toda Libia, que fueron abandonados tras los bombardeos de la OTAN iban a ser saqueados y repartidos a grupos extremistas contra los cuáles Kadafi había combatido antes de 2011.

Precisamente, Francia fue uno de los países que promovió con mayor énfasis el ataque a Libia.

Además, una investigación difundida por el diario The Nigerian Tribune y reproducida en diversos medios detalla que una organización de caridad londinense recauda fondos para Boko Haram: Al-Muntada Trust Fund es el nombre.

Desde 2009 los extremistas se hicieron conocidos en el exterior de Nigeria, pero recién en 2011 consiguieron las armas de Al Qaeda y en 2012 fueron entrenados en el norte de Malí antes de la intervención francesa.

El grupo maliense Ansar Dine habría capacitado a Boko Haram junto con Al Qaeda para el Magreb Islámico durante la anarquía en Malí en 2012.

También, existen analistas que indican que Arabia Saudita financia indirectamente a los nigerianos, tal como hace con los extremistas chechenos, talibanes, rebeldes sirios, etc.

Asimismo, se están por cumplir diez años de la sangrienta toma de rehenes en un colegio en Beslán, Osetia del Norte (Rusia), por parte de extremistas islámicos apoyados económicamente por el reino saudí. Como se ve el modus operandi es similar.

¿Por qué intervienen Francia y Estados Unidos?

París va a prestar asesores militares para que ayuden al ejército de Nigeria a liberar a las niñas capturadas.
Pero, a Francia no le preocupa el extremismo islámico tanto como otra amenaza que hay en África. Por eso, intervino en Malí en 2012, en Centroafricana en 2013 y 2014, tras el golpe y cuida muy bien a sus aliados de Níger (país de donde extrae el uranio para sus plantas nucleares) y a la dictadura de Chad.

Por su parte, EE.UU., también le teme a un gigante mucho más difícil de manejar que al terrorismo islámico. Esa amenaza se llama China, y la creciente relación entre Pekín y los países africanos espanta a las compañías occidentales.

Principalmente, porque China a cambio de extraer los recursos (petróleo, gas, minerales preciosos y metales) invierte en infraestructura y en desarrollo social en los países a los cuáles se asocia.

La presencia china no deja de ser desigual, dado que Pekín extrae materias primas a cambio de productos con valor agregado, y además en el caso particular de Nigeria, ha vertido residuos tóxicos en el delta del río Níger.

En cambio, las empresas Total, Chevron y Shell han saqueado los recursos y corrompido a las elites locales profundizando aun más la desigualdad en África Central y Occidental.

Por eso, la campaña mediática demonizando a este grupo extremista es aprovechada por las potencias occidentales para legitimar su presencia militar y su control con un pretexto altruista, pero en realidad pretenden no perder terreno a manos de China, que necesita las materias primas africanas para sostener el crecimiento.

La competencia contra China en África ha llegado a un punto tal que Washington ha dividido a Sudán en dos partes autónomas e independientes: la petrolera aliada de Occidente (Sudán del Sur) y la que carece de petróleo pero tiene la infraestructura para la exportación de crudo (Sudán del Norte), cercana a China.

Control y manipulación

Estados Unidos además de frenar a China tiene otros dos objetivos. El primero es ubicar al AFRICOM, es decir el Comando Central Africano, en algún lugar del continente, ya que actualmente se encuentra en Stuttgart, Alemania.

En Bengasi no ha podido establecerse por la lucha entre facciones, que aun no lograron consolidar el poder en Libia. La interna de esta lucha alcanzó el 11 de septiembre de 2012 a EEUU, cuando el embajador norteamericano en Libia fue asesinado en el consulado.

Nigeria podría ser una buena ubicación para el AFRICOM, con la complicidad del presidente nigeriano Goodluck Jonathan, originario del sur petrolero y que ha olvidado al norte pobre y musulmán, profundizando la ya escandalosa desigualdad en el país africano más poblado.

Por otro lado, a pesar de que EE.UU. esté por recuperar su autonomía energética, gracias a la extracción de gas de esquisto, sus compañías procuran continuar con el negocio de la extracción y exportación de hidrocarburos.

Estados al servicio de multinacionales

Es habitual, en varios países de África, que las empresas multinacionales apoyadas por potencias financien guerrillas locales contra otras empresas disfrazando estas luchas de “conflictos étnicos”.

En el Delta del Níger son cotidianos los sabotajes contra oleoductos o contra trabajadores de las empresas petroleras. Es posible que Boko Haram sea un grupo extremista cercano a Al Qaeda o que también sea parte de esta estrategia imperialista de contratar mano de obra militar local para desplazar a compañías competidoras.

Por todo lo expuesto, ¿puede Hollande ignorar qué se teje detrás del extremismo de Boko Haram?

Fuente: El Espía Digital

Netwerk Europese elite maakt einde aan democratie

Onderzoeksjournalist: Netwerk Europese elite maakt einde aan democratie

‘De stille staatsgreep: Neoliberale politieke en financiële elite wil samenleving compleet veranderen zonder dat burgers daar een stem in krijgen’


De afbraak van de democratie, rechtsstaat en sociale zekerheid, zoals die in Zuid Europa reeds heeft plaatsgewonden, staat ook ons te wachten, waarschuwt Roth.

Jürgen Roth, een van de bekendste Duitse onderzoeksjournalisten die al sinds de jaren ’70 boeken schrijft en Tv-documentaires maakt, onthult in zijn nieuwe werk ‘De Stille Staatsgreep’ hoe een machtige elitegroep van politici en financiële topmanagers stap voor stap de democratie en sociale (rechts)staat in de EU ontmantelen, totdat de burgers helemaal niets meer te vertellen hebben over hun samenleving en toekomst. Tevens waarschuwt hij dat de Duitsers –en met hen de Nederlanders- hun apathie bitter zullen berouwen, zodra de Griekse en Spaanse crises ook onze landen bereikt.

Ronde Tafels

Hoge vertegenwoordigers van de financiële industrie, de media, grote beursgenoteerde bedrijven en internationale adviesbureaus komen regelmatig met leden van de Europese sociaaldemocratische politieke dynastieën samen in zogenaamde ‘Ronde Tafel’ bijeenkomsten. Hun code: absolute zwijgzaamheid – reden waarom u er in de reguliere media nooit iets over zult lezen.

In Brussel bestaan er bijvoorbeeld de European Round Table of Industrialists (ERT) en de European Financial Services Round Table (EFR). In de EFR zitten de leiders van de machtigste Europese banken en verzekeraars. Roth toont in zijn boek aan hoe onvoorstelbaar veel invloed deze EFR op de Europese Commissie heeft. ‘Men noemt deze Round Tables graag lobbyisten, maar dat is een bewuste bagatellisering. Zij hebben namelijk directe toegang tot de politieke besluitvormers in hun landen.’

‘Complot van Europese economische en politieke elite’

De journalist noemt ook de Bilderbergers, die volgens hem vergeleken bij deze Round Tables maar weinig invloed hebben. Voor de jaarlijkse Bilderberg bijeenkomsten –editie 2014 in Kopenhagen- worden alleen politici uitgenodigd die achter het neoliberale denken staan (zoals in de afgelopen jaren VVD-premier Rutte en D66-leider Pechtold), leiders die de megabanken en –concerns alle vrijheid en macht willen geven.

Dit is beslist geen complottheorie, stelt Roth. ‘Er bestaat wel een complot – dat van een kleine, exclusieve Europese economische en politieke elite tegen de sociale en democratische staat. Hun doel is ondubbelzinnig een ideologische revolutie, de totale invoering van de vrije, onbeteugelde markteconomie.’

Stille staatsgreep

Volgens Ulisses Garrido, voormalige vakbondsleider in Portugal en huidig afdelingsdirecteur bij de Europese bond van vakbonden, wil deze elite ‘een complete verandering van de samenleving, zonder dat de bevolking daar in mee kan beslissen. Het is zonder twijfel een stille staatsgreep.’

Ook Francisco Louca, professor aan het Wetenschappelijke Economische Instituut van de Technische Universiteit van Lissabon, spreekt van een staatsgreep. ‘Deze stille coup is een model voor de algemene privatisering van openbare instellingen, voor de vernietiging van de democratische sociale staat.’ De deelnemers van de Round Tables zijn verantwoordelijk voor de uitvoering van dit plan.

Daarbij heeft de financiële industrie de touwtjes stevig in handen. ‘In veel Europese landen zijn de politici quasi ingekocht door hen,’ aldus Roth. ‘Zij voeren uit wat hen voorgezegd wordt, zodat zij daar na hun ambtstermijn een lucratieve baan kunnen krijgen.’

Democratie en sociale rechten worden vernietigd

Deze leiders van de Europese financiële industrie, massamedia en grote nationale en internationale concerns streven naar het maximaliseren van hun macht en winsten. Daarvoor is het nodig de democratische samenleving en de sociale rechten van de burgers stap voor stap te vernietigen. Niet voor niets wordt niet één vertegenwoordiger van de Europese burgers bij deze Round Tables toegelaten.

In Griekenland, Portugal en Spanje is de democratische rechtsstaat feitelijk reeds verpletterd, stelt de onderzoeksjournalist. Dit wordt bewust door de media en politici verzwegen. ‘De corrupte elite, die voor de economische situatie verantwoordelijk is, zijn hier weer de profiteurs. Iets vergelijkbaar zullen ze ook in Duitsland en Oostenrijk -en dus ook Nederland- proberen. De destabilisering van onze samenleving is ook hier al ver gevorderd.’

‘Corruptie op het hoogste politieke niveau’

Roth spreekt van ‘corruptie op het hoogste politieke niveau’, van een eliteclubje dat direct schuldig is aan het veroorzaken van de schuldencrises in onder andere Griekenland en Portugal. Dezelfde politici werken samen met de Trojka (EU/ECB/IMF).

‘Hun programma was het vernietigen van de laatste sociale verworvenheden. Wat politiek niet te realiseren was, werd overgegeven aan de Trojka. En die brak zonder enige democratische legitimiteit de sociale structuren in de zuidelijke landen af. Velen zeggen dat dit slechts een model voor heel Europa was, een proeftuin zogezegd.’

Alles wordt geprivatiseerd

Het doel van deze ‘stille staatsgreep’ is de privatisering van alle staatsbedrijven en publieke gebouwen, infrastructuur, et cetera. Alles wordt voor een spotprijsje verkocht aan de lievelingetjes van het heersende politieke systeem. Onderwijs, gezondheid, sociale zekerheid, alles wordt geprivatiseerd. ‘Wat hier gebeurt is de onteigening van het volksvermogen. Ik wil helemaal niet weten hoeveel crimineel verdiend kapitaal ondertussen in Griekenland, Spanje of Portugal is geïnvesteerd, om over Italië maar te zwijgen.’

Europa dreigt door sociale spanningen in te storten

Als het Verdrag over de Handel in Diensten (TiSA) erdoor komt, zal dit alles slechts een voorproefje zijn gebleken voor wat ook hier staat te gebeuren. Daar wordt echter niet of nauwelijks over gesproken in de media, ook niet tijdens de Europese verkiezingscampagnes. ‘Men wil alles aan de vrije markt overgeven, gemeenschappelijk eigendom zal er niet meer zijn. Een gruwelijk idee. En zoals altijd is alles geheim, vindt alles achter gesloten deuren plaats. En men laat dat –althans in Duitsland (en gezien de EP-exit polls absoluut ook in Nederland)- nog gebeuren ook.’

Roth durft geen voorspelling te doen over hoe de EU er over vijf jaar voorstaat. ‘Maar als er door de Europese verkiezingen geen radicale systeemwisseling in Brussel komt, zal Europa door sociale en maatschappelijke spanningen in elkaar storten. Nu al groeit er een generatie zonder enig toekomstperspectief op.’

‘Apathie burgers Noord Europa zal zich bitter wreken’

Burgers kunnen zich hier (nog) tegen verzetten door zich aan te sluiten bij sociale initiatieven en organisaties, die streven naar het herstellen van de transparante rechtsstaat. De onderzoeksjournalist vindt het echter dom en zorgwekkend dat de meeste burgers in noord Europa nog het naïeve geloof hebben dat wat in Griekenland en Portugal is gebeurd, hen niet zal treffen. ‘Deze politieke apathie zal zich op de middellange termijn bitter wreken,’ waarschuwt hij.

Xander

(1) Deutsche Wirtschafts Nachrichten

dimanche, 01 juin 2014

Eclairages de Bruno Drweski sur la situation en Ukraine

Eclairages de Bruno Drweski sur la situation en Ukraine

Ex: http://www.cercledesvolontaires.fr

Le Cercle des Volontaires a sollicité les éclairages de Bruno Drweski sur la situation ukrainienne. Maître de conférence à l’Institut National des Langues et Civilisation Orientales, ce spécialiste de l’Europe de l’Est nous éclaire sur les événements des dernières semaines, du coup de force du 22 février au massacre d’Odessa du 2 mai.

C’est également l’occasion de revenir avec lui sur le traitement de l’information par les grands médias. Son analyse est sans appel : en une vingtaine d’années, l’objectivité a changé de camp ! Loin d’être totalement impartiale, l’information russe est aujourd’hui plus crédible que la presse occidentale.

 

Et selon lui,  cette dernière n’est pas la seule victime de la mainmise des néoconservateurs sur le monde occidental, la crise ukrainienne marquant une étape dans le processus de déconstruction du droit international.

 

Propos recueillis par Jérôme Pasdelou et Baptiste

Japanese Politicians Hoping to Kick Start a Natural Gas Pipeline with the Russian Federation

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Japanese Politicians Hoping to Kick Start a Natural Gas Pipeline with the Russian Federation

Michiyo Tanabe and Nuray Lydia Oglu

Modern Tokyo Times

Ex: http://moderntokyotimes.com

If America is taken out of the equation in relation to geopolitical meddling then Japan and the Russian Federation would have a blooming relationship based on mutual shared interests. These interests apply to greater cultural interaction, economic development, geopolitical issues, greater partnership in the area of energy and other natural resources, closer military ties – and other powerful areas. Therefore, it is hoped that the government of Prime Minister Abe will listen deeply to thirty-three Japanese lawmakers that desire a new important gas pipeline that will link both nations.

Lee Jay Walker at Modern Tokyo Times states: “Indeed, the Russian Federation in the area of energy and natural resources is of major significance to all nations in Northeast Asia. This reality is abundantly clear to China and this also ties in with Central Asia where the influence of the Russian Federation remains significant, to say the least. Of course, for China the military angle and space technology in relation to the Russian Federation is also of major importance for the power brokers in Beijing. Likewise, both North Korea and South Korea understand the importance of developing good relations with Moscow. Indeed, unlike other nations throughout the region, the Russian Federation is viewed to be a neutral power throughout the region whereby political elites in Moscow can play a very important role in times of tension throughout Northeast Asia.”

The proposed new gas pipeline will link the Sakhalin Island (Russian Federation) with the prefecture of Ibaraki (Japan). Obviously, this will boost the regional economy of Northern Japan and Ibaraki because many companies will gain in various ways. Also, given the internal crisis in Japan in the area of energy in relation to the nuclear crisis that erupted after a powerful 9.0-magnitude earthquake triggered a brutal tsunami; then clearly the thirty-three Japanese lawmakers have a valid point. Not only this, with the Russian Federation signing a major energy deal with China then it is equally essential that Japan increases its economic, political and geopolitical interests with power brokers based in Moscow.

Naokazu Takemoto, an influential individual within the lawmakers group, is making it known that he will discuss this issue with the leader of Japan. It also bodes well that the leaders of Japan and the Russian Federation have a firm relationship therefore it is hoped that Abe will not succumb to any possible meddling from Washington. After all, while Japan and America have a special relationship it is equally clear that you should never put all your eggs in one basket. Therefore, Japan needs to focus on developing stronger ties with the Russian Federation and likewise political elites in Moscow must become more understanding of the interests of Japan.

President Vladimir Putin is scheduled to visit Japan this autumn therefore it is a great opportunity for both leaders to cement ties between both nations to a much higher degree. This reality means that Takemoto needs to build up fresh momentum and it is hoped that other Japanese lawmakers will come on board. The deal may appear minor after China and the Russian Federation recently agreed to a $400 billion deal whereby Russia’s gas will help to boost the economy of China by enabling a natural flow of energy to this nation over the next 30 years in this deal. Despite this, the $5.9 billion plan being proposed between Japan and the Russian Federation may unleash other fresh projects in the near future.

In the last three years after the nuclear crisis in Fukushima it is known that spending on liquefied imports of natural gas is now just over double the costs of pre-March 11. Of course, the Ministry of Finance fully understands the need to implement a new energy policy in order to meet the demands of business companies. It is hoped that Abe will listen to Takemoto and all members of the group that supports a deal between Japan and the Russian Federation.

In another article by Modern Tokyo Times it was stated: “The Russian Federation is a binding force in uniting Eurasia and Central Asia therefore political elites in Tokyo need to focus on geopolitics and national interests. At the same time, with China and Japan relations being frosty to say the least it is clear that Moscow desires to be an honest broker. Likewise, the Korean Peninsula is very complex but once more the Russian Federation is viewed positively because of being diplomatic towards all regional powers. Similarly, Northern Japan needs greater economic investment and the natural linkages between the Russian Far East and Northern Japan is clear for all to see. Therefore, the above realities and the significance of energy issues and other natural resources that Japan needs must be weighed up heavily by political elites in Tokyo.”

The Foreign Minister of Japan, Fumio Kishida, commented in the past that “… Cooperation between Japan and Russia, as key players in the Pacific Ocean region, is important for fortifying peace and stability in the region.”

Therefore, it is hoped that the thirty-three Japanese lawmakers within the ruling parties of Japan will impact greatly on Abe. After all, Japan must always put national interests first rather than succumbing to the whims of America.

Lee Jay Walker gave support to both main writers

leejay@moderntokyotimes.com

samedi, 31 mai 2014

Comment on justifie les “interventions”...

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Bernhard TOMASCHITZ:

Comment on justifie les “interventions”...

De la notion d’Etat failli en Afrique

Depuis plus de vingt ans, on évoque les “Etats faillis” dans tous les débats internationaux. Les Etats menacés de faillite sont souvent des Etats dont les frontières sont incertaines et ont été jadis fixées par les puissances coloniales. Pourtant les “Etats faillis” ou “affaiblis” recèlent de bonnes opportunités pour les puissances mondiales. Ils offrent autant d’opportunités à intervenir, à s’incruster sur d’autres continents; ensuite, le processus de “nation building” s’avère très lucratif, permet de faire de très bonnes affaires.

Dans le Sud-Soudan, le conflit, qui y sévissait depuis décembre 2013, a subitement gagné en intensité fin avril 2014: ce conflit oppose l’ancien vice-président Riek Machar au président en exercice Salva Kiir. Les rebelles, pour la plupart partisans de Machar, avaient commis un massacre dans la ville de Bentiu (plus de 200 morts), comme le rapporte l’ONU. Ces turbulences nous amènent à nous poser une question: le Sud-Soudan, devenu indépendant en juillet 2011, doit-il déjà être considéré comme un Etat failli?

Généralement, on parle d’Etat failli, de “failed state”, quand on évoque un Etat qui ne peut plus remplir ses fonctions fondamentales. La Somalie, l’Afghanistan, le Yémen, la République Démocratique du Congo, la République centrafricaine et Haïti sont des exemples emblématiques d’Etats qui, de facto, n’existent plus que sur le papier et où le gouvernement central a perdu le contrôle de larges portions du territoire national ou n’y exerce plus qu’une autorité limitée.

Le concept d’Etat failli est apparu pour la première fois en 1992 dans une revue américaine spécialisée en relations internationales, “Foreign Policy”, où l’on trouvait un article de Gerald Helman et Steven Ratner, qui disait: “Un phénomène inquiétant émerge, celui de l’Etat national failli, devenu totalement incapable sur le long terme de devenir un membre à part entière de la communauté internationale. Des troubles intérieurs, l’effondrement des structures gouvernementales et la misère économique débouchent, ensemble, sur une destruction complète, pareille à celle que connaissait l’Allemagne après la seconde guerre mondiale”.

Lorsque Helman et Ratner ont publié leur article, c’était la Somalie, pays de la Corne de l’Afrique, qui faisait la une de l’actualité internationale. Après la chute en 1991 du dictateur marxiste Siad Barré, auparavant soutenu par l’Union Soviétique, le pouvoir central s’était progressivement érodé; des chefs de guerre locaux et, plus tard, des bandes d’islamistes (qu’on disait proches du réseau terroriste Al Qaeda) se sont emparé du pouvoir. En 1993, sous la direction des Etats-Unis, l’ONU est intervenue mais la mission a lamentablement échoué.

Depuis lors, les Américains font une véritable fixation sur les “Etats faillis”, mais leurs préoccupations ne sont pas pour autant humanitaires. En effet, le concept d’Etat failli a une utilité: on décrit de tels Etats comme autant de dangers pour les Etats-Unis mais leur existence permet, simultanément, de maintenir les budgets très élevés de la défense après l’effondrement du rival géopolitique soviétique, de justifier ces dépenses face aux contribuables américains. La définition de l’Etat failli va toutefois de paire avec l’idée de “nation building”, soit de reconstruction des structures étatiques. Pour affronter et combattre les problèmes soulevés par la diffusion du terrorisme, par la “chaotisation” de régions entières ou par les catastrophes écologiques et leurs causes, le Professeur Michael Mazarr du “National War College” (une université de l’armée américaine) avance la thèse suivante depuis les années 90: “Les Etats-Unis doivent aller de l’avant et aider les pays dont question”. Mazarr évoque dans ce contexte un “engagement d’ampleur néo-impériale”. Il ajoute: “Les Etats-Unis sont allés de l’avant, surtout, et de manière bien visible, dans les longues campagnes menées en Afghanistan et en Irak”.

George W. Bush, au début de sa carrière, n’aimait pas trop les interventions militaires dans les “Etats faillis”: “Laissez-moi vous dire ce qui m’inquiète; je suis inquiet devant tous mes interlocuteurs qui utilisent les notions de ‘reconstruction étatique’ et d’’intervention militaire’ dans la même phrase”. Ce sont ces termes mêmes qu’il a utilisés, un jour, pendant la campagne électorale de 2000, en faisant allusion aux idées du candidat démocrate à la présidence, Al Gore, qui était partisan de telles interventions “reconstructrices”. Pourtant, après les attentats du 11 septembre 2001, Bush, sous l’influence des néo-conservateurs ancrés dans son gouvernement et dans l’équipe de ses proches conseillers, va changer radicalement d’avis. Ainsi, dans le texte fixant “la stratégie nationale de sécurité” de 2002, on peut lire: “L’Amérique n’est plus tant menacée aujourd’hui par des Etats conquérants que par des Etats faillis”.

Tout en haut de la liste des Etats, dont émanait soi-disant un danger pour la “sécurité nationale” des Etats-Unis, se trouvait bien entendu l’Afghanistan. Ce pays montagneux de l’Hindou Kouch était campé comme un “havre sûr” pour les terroristes islamistes et comme un repère pour Al Qaeda: tels étaient les arguments américains pour envahir le pays en octobre 2001. Les “Etats faillis” sont donc des “havres sûrs” pour les terroristes: cette équation est encore et toujours posée aujourd’hui. Par ce tour de passe-passe, on camoufle les véritables intérêts qui sont en jeu.

Michael Mazarr montre que l’index des Etats faillis, dressé par “Foreign Policy”, et auquel on fait si souvent référence dans les débats, ne constitue pas pour autant une liste de priorités pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Seuls trois Etats parmi les vingt premiers de la liste (l’Afghanistan, l’Irak et le Pakistan) détiennent une importance géostratégique, à cause, précisément, de “leurs liens avec le terrorisme”. Quant à la “menace terroriste”, Mazarr écrit: “Ce n’est pas vraiment le danger terroriste qui est mis en exergue dans la liste des Etats affaiblis: seul un Etat parmi les vingt premiers de la liste, le Soudan, se retrouve sur une autre liste, celle du Ministère des Affaires étrangères, qui reprend les Etats qui financent le terrorisme; la plupart des autres Etats affaiblis n’ont qu’un rapport très marginal avec le terrorisme”.

En mars 2003, la guerre d’agression est déclenchée contre l’Irak qui, sous la férule de Saddam Hussein, n’était nullement un Etat failli mais, au contraire, un Etat qui fonctionnait bien. Aujourd’hui, après sa “libération”, l’Irak est menacé d’effondrement définitif et des attentats sanglants ponctuent la vie quotidienne, devenue bien précaire, de ses habitants. La construction d’un Etat démocratique de modèle occidental, pour autant qu’elle ait été même envisagée, a échoué sur toute la ligne. Cependant, la destruction délibérée des structures de cet Etat a permis au complexe militaro-industriel américain de faire de substantiels bénéfices.

Très éclairante à ce propos est une étude réalisée par William D. Hartung en 2008. Dans son introduction, ce spécialiste des dépenses militaires, actif au sein de la boîte-à-penser “New America Foundation”, constate que le coût des dépenses pour la défense après le 11 septembre 2011 n’a cessé d’augmenter et que cet accroissement ininterrompu s’est poursuivi tout au long de la décennie 2000-2010. Dans son ensemble, le budget régulier alloué au Pentagone et les dépenses complémentaires pour les opérations en Afghanistan et en Irak ont atteint la somme annuelle de 700 milliards de dollars, le chiffre le plus élevé depuis la seconde guerre mondiale.

Plus de la moitié de ces 700 milliards de dollars, soit 400 milliards de dollars, ont abouti dans l’escarcelle de partenaires contractuels privés du ministère américain de la défense. Hartung se fait alors plus précis: “Les grands partenaires contractuels du Pentagone ont pu quasiment doubler leurs chiffres d’affaires et leurs carnets de commande pendant les années fiscales de 2001 à 2008”. Il s’agit bien entendu des industries de l’armement. L’entreprise Lockheed Martin a encaissé à elle seule, rien qu’en 2008, la somme de 29 milliards de dollars sur base de contrats signés avec le Pentagone. Cette entreprise a dès lors reçu plus d’argent des contribuables américains que l’agence pour la protection de l’environnement (7,5 milliards de dollars), que le ministère du travail (11,4 milliards) ou que le ministère de la mobilité (15,5 milliards).

Même après les guerres sans succès menées en Afghanistan et en Irak, Washington demeure obnubilé par les Etats faillis ou fragilisés, qui doivent recevoir de l’aide pour éviter la faillite totale. Dans le document “Global Trends 2030”, émis par le “National Intelligence Council” (une organisation chapeautant les seize services de renseignement américains) en décembre 2012, on peut lire: “Le modèle que nous avons élaboré montre que bon nombre d’Etats fragiles ou faibles, comme l’Afghanistan, la République Démocratique du Congo et la Somalie, demeureront encore et toujours très fragiles dans les quinze ou vingt années à venir”.

Les Etats faillis ou affaiblis demeureront dans l’avenir une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis comme l’atteste notamment la “Quadrennial Defence Review” (QDR) de 2014. Cette publication consiste en un rapport, établi tous les quatre ans, sur les plans de défense américains. On y constate: “Troubles et violences ne cessent pas d’exister, créant un environnement fertile pour l’extrémisme violent et pour les conflits sectaires, surtout dans les Etats faibles, qui s’étendent du Sahel à l’Asie méridionale, où les citoyens américains expatriés courent des dangers”. Le Pentagone cherche à éliminer ce type de situation en “ré-équilibrant ses efforts dans la lutte contre le terrorisme”, stratégie qui doit se déployer prioritairement en suscitant des “capacités de partenariat”, surtout dans les Etats affaiblis. Les Etats-Unis ne veulent pas seulment renforcer les partenariats existants mais aussi et surtout créer de “nouveaux partenariats innovateurs”.

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Dans la pratique, cela signifie que Washington tentera désormais d’installer de nouvelles bases militaires à l’étranger. En 2005, on estimait que les Etats-Unis entretenaient environ 750 installations de plus ou moins grande ampleur dans le monde. La concentration de leurs efforts sur la zone du Sahel nous permet de conclure que c’est désormais en Afrique que le déploiement militaire américain aura lieu dans les années à venir. Ce n’est toutefois qu’en 2007 que l’AFRICOM fut mis sur pied, soit le commandement militaire américain pour l’ensemble de l’Afrique, sauf l’Egypte. Or ce sont précisément les Etats “faillis” ou “faibles” qui ont été déterminants pour la création de ce commandement régional africain des forces armées américaines. Parmi les tâches que s’assigne l’AFRICOM et ses partenaires, il y a bien sûr, “contrer le danger que représente les agissements d’Al Qaeda et d’autres groupes extrémistes, les empêcher d’avoir des havres sûrs et de poursuivre leurs activités déstabilisatrices”.

Si l’on veut donner un bon exemple d’Etat failli qui a servi de prétexte aux Américains pour s’incruster dans la région, on doit immanquablement citer la Somalie. Dans ce pays, les Etats-Unis et l’Union Européenne soutiennent la mission AMISOM de l’Union Africaine et combattent, avec leurs forces navales, la piraterie dans le Golfe d’Aden. La pièce maîtresse des Etats-Unis dans la région est le fameux Camp Lemonnier à Djibouti, petit Etat situé au nord de la Somalie. Le 16 avril 2014 le journal militaire américain “Army Times” écrit, à propos de cette base américaine: “Les dangers qui ont émergé dans cette région nous ont aidé à transformer le point d’appui américain de Camp Lemonnier, sur la côte orientale de l’Afrique, à Djibouti, qui n’était plus qu’un poste éloigné à moitié en ruines et n’abritant que deux centaines de soldats, en une plaque tournante pour les missions de l’AFRICOM et en une base capable d’accueillir plusieurs milliers de soldats américains”.

En Afrique, l’Union Européenne, elle aussi, tente de s’implanter, sous l’impulsion de la France; elle cherche ainsi à stabiliser d’autres “Etats faillis”. Au début de l’année 2013, Paris a forcé la main de ses partenaires européens pour qu’ils acceptent le principe d’une mission de l’UE au Mali, où, un an auparavant, des islamistes avaient pris le contrôle du Nord du pays et avaient proclamé l’indépendance de l’Etat dit d’Azawad, non reconnu par la communauté internationale.

Au Mali, l’enjeu n’était pas tant la sauvegarde de l’unité du pays et la lutte contre le terrorisme islamiste: il s’agissait bien plutôt d’intérêts autres dans ce pays d’Afrique occidentale, notamment de sécuriser l’exploitation de richesses naturelles car le Mali est le troisième producteur d’or en Afrique et dispose également d’importantes réserves d’uranium, de cuivre et de bauxite. Qui plus est, bon nombre d’indices semblent indiquer que le Mali recèlerait en son sous-sol des réserves pétrolières. Dans un rapport établi par le ministère malien de l’énergie et des mines, on peut lire: “Le Mali pourrait bien devenir un espace de transit stratégique pour l’exportation de pétrole et de gaz provenant de la région du Sud-Sahara et qu’il s’agira d’acheminer vers le monde occidental; de plus, il sera sans doute possible de relier le bassin de Taoudeni au marché européen via l’Algérie”.

Les “Etats faillis” sont donc principalement perçu par les stratégistes sous l’angle de la géostratégie et de la géoéconomie. Cependant, si l’on s’en tient à ces seules réalités géographiques et économiques, on oublie les véritables racines des troubles qui secouent toute l’Afrique. Ces turbulences incessantes révèlent l’impossibilité de “construire des nations” (“nation building”) dans les Etats actuels du continent noir. Très souvent sinon toujours, les “Etats faillis” sont des constructions arbitraires dont les frontières artificielles remontent à l’ère coloniale, quand on ne tenait absolument pas compte des équilibres entre ethnies et tribus. La vague de décolonisation a, elle, apporté d’autres problèmes.

Gerald Helman et Steven Ratner attiraient déjà notre attention en 1992: l’ONU et ses Etats membres ont accordé plus de poids au droit à l’autodétermination des anciennes colonies qu’à leurs chances de survie. “Tous étaient d’accord pour dire que les nouveaux Etats avaient besoin d’aides économiques; l’ONU a donc incité des institutions comme la Banque mondiale et l’UNDP (“United Nations Development Programme”), à aider ces pays (...). A cette époque, dans l’euphorie de la décolonisation, à laquelle on voulait donner du sens, on considérait comme totalement inconvenant de penser que des Etats pouvaient faillir, qu’ils seraient à terme incapables de fonctionner en tant qu’entités indépendantes”.

Pour résoudre les problèmes endémiques d’un grand nombre d’Etats africains, il ne faut plus construire des Etats artificiels, imaginés par l’idéologie universaliste, mais il faudrait bien plutôt procéder à une modification généralisée du tracé des frontières inter-africaines, sous l’égide de comités internationaux.

Bernhard TOMASCHITZ.

(article paru dans “zur Zeit”, Vienne, n°19/2014, http://www.zurzeit.at ).

Le rejet d'une Europe qui n'est ni puissante, ni souveraine, ni solidaire

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Elections européennes

Le rejet d'une Europe qui n'est ni puissante, ni souveraine, ni solidaire

par Jean Paul Baquiast
Ex: http://www.europesolidaire.eu
 
Les interprétations du vote français aux élections européennes seront dès ce soir nombreuses. Nous présentons ici la nôtre, sans prétendre bien entendu qu'elle soit préférable à d'autres.

1. Les bons scores du FN et de l'abstention pourraient laisser croire qu'une majorité de Français rejettent désormais le projet européen. Nous pensons en fait qu'ils rejettent une Europe incarnée par les actuelles institutions et politiques européennes. Les Français sentent très bien que cette Europe n'est ni puissante, ni souveraine, ni solidaire.

Elle n'est pas puissante dans la mesure où elle refuse tout ce qui fait la puissance dans le monde actuelle:
- de grands programmes technologiques et industriels.
- d'importantes ressources budgétaires au service de la recherche scientifique fondamentale et appliquée, des formations universitaires compétitives, des investissements visant spécifiquement la croissance et l'emploi pour le développement durable.
- une armée européenne modernisée et sous le seul contrôle des gouvernements européens.

Elle n'est pas autonome parce qu'elle est à la remorque :
- sur le plan économique des intérêts financiers internationaux, qui sont principalement sous le contrôle du capital américain.
- sur le plan géopolitique, des stratégies militaires et diplomatique des Etats-Unis. Ceux-ci ont depuis 60 ans enrôlé l'Europe pour leur servir d'avant-garde dans la lutte contre la Russie et bientôt contre la Chine. Il faudrait au contraire mobiliser l'Europe dans ce grand projet qui a été nommé l'euroBRICS.

Elle n'est pas solidaire parce qu'elle admet:
- que les Etats européens les moins riches supportent presque seuls le coût de la crise, ce qui pousse leurs citoyens dans la misère ou la délinquance.
- qu'une étroite minorité européenne d'ultra-riches et d'ultra-puissants mettent 90% des populations à leur service exclusif.
- que les services publics européens seuls susceptibles d'imposer des équipements collectifs au service de tous, soient privatisés, souvent au profit d'intérêts non européens.

2. Or, que peuvent faire les électeurs européens, notamment en France et dans les pays du Sud, pour que les institutions européennes soient modifiées, à la fois sur le plan juridique et dans la pratique quotidienne ? Ceci afin qu'une Europe puissante, autonome et solidaire, dans le sens indiqué ci-dessus, soit substituée à l'Europe actuelle.

- Ils ne peuvent pas compter sur une modification des majorités au Parlement européen, lequel est contrôlé par les Etats nationaux via les Conseils de Chefs d'Etat et les conseils des ministres, quand ce n'est pas par des lobbies représentant tous les intérêts nationaux et internationaux voulant affaiblir et coloniser l'Europe.

- Ils ne peuvent pas compter sur les majorités et les gouvernements nationaux actuellement en place pour conférer à l'Europe la puissance, la souveraineté et la solidarité que l'on attendrait d'un grand ensemble tel que l'Europe. Ces gouvernements ont montré qu'ils étaient sous la tutelle plus ou moins étroite, soit des intérêts financiers internationaux, soit de l'Empire américain. Cette tutelle, entre autres formes, se manifeste tous les jours davantage par l'espionnage auquel cet Empire se livre sur Internet.

3. Une seule solution demeure, pour ceux qui ne satisfont pas de la décadence européenne programmée. Il faut rejeter ce que l'on nomme dorénavant le Système.

- Ce rejet se fera inévitablement, si rien ne change, sous la forme de manifestations violentes. Elles seront durement réprimées mais sans doute en sortiront-elles renforcées.

- Dans l'immédiat, le rejet se manifeste sous une forme démocratique, lors des élections européennes et nationales. L'abstention peut tenter certains électeurs, mais sa signification est trop floue pour qu'elle ait beaucoup de succès. Reste alors le vote pour des partis de rejet. L'extrême gauche n'attire pas, pour diverses raisons. Nous le regrettons. Beaucoup voudront donc se rabattre sur les extrêmes droites, dont en France le Front national. Les électeurs ayant fait ce choix ne partagent pas nécessairement les valeurs de ces partis. Ils veulent seulement, par un geste fort, signifier, tant à l'attention des gouvernements qu'à celle des institutions européennes, leur refus de plus en plus radical du Système. Ceci ne veut pas dire ici que nous les soutenons, et moins encore l'état-major du FN, mais il serait contre-productif de ne pas analyser leurs raisons.

Si les gouvernements au pouvoir en Europe, notamment en France, ne comprennent pas que, pour récupérer du crédit, ils doivent dorénavant se battre pour une Europe puissante, indépendante et solidaire, ils seront vite balayés.

Le comprendront-ils? On peut en douter. Alors, les crises s'aggravant, un chaos durable s'installera dans la grande majorité des Etats européens ainsi qu'à Bruxelles. Il serait illusoire de penser que ce chaos puisse être créateur.

 

Jean Paul Baquiast

vendredi, 30 mai 2014

Elections européennes 2014. Succès du souverainisme, échec du nationalisme ?

Elections européennes 2014. Succès du souverainisme, échec du nationalisme ?

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com

 

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1195901.jpgLe Front National a obtenu 24.85% des voix aux élections européennes, avec un taux de participation d’environ 43%, légèrement meilleur qu’en 2009 mais tout de même très faible. Alors que 88% de ses électeurs ont fait le choix de ce vote à cause de l’immigration, sous-entendue non-européenne, la direction du FN a considéré au contraire que le peuple avait validé ses options UE-phobes et €urophobes, ce qui n’était pas du tout le cas.

A chaque victoire de ce parti, à cause du ras le bol croissant de plus en plus d’électeurs français face à la problématique migratoire, Marine Le Pen y voit un succès de son nouveau positionnement souverainiste. C’est une erreur, une erreur qui aurait été sanctionnée dans les urnes si les media avaient fait un véritable travail d’information en révélant la vérité sur ce parti, au lieu de continuer de le diaboliser et de dramatiser sa récente réussite. Car enfin, si les électeurs du FN découvraient que le positionnement « nouveau » de ce parti sur cette question qui les taraude reposait sur la même utopie universaliste suicidaire que partage toute la classe politique, sans doute chercheraient-ils ailleurs une solution politique.

Même si le FN progresse, il ne faut pas oublier que le camp souverainiste et nationaliste a souvent été aux alentours de 23% aux européennes. Malgré la présence de Dupont-Aignan, qui obtient 3,82%, ce qui n’est pas si mal, le FN a bénéficié du report de voix des électeurs du RPF et du MPF, orphelins cette année. Cette progression n’est donc pas au final si spectaculaire, même si le camp eurosceptique (FN+DLR) obtient sept points de plus que son niveau le plus élevé.

Néanmoins, il faut reconnaître que les partis souverainistes ou post-nationalistes ont réussi à s’imposer au détriment d’un nationalisme ethnique plus classique, et en l’absence de candidats européistes identitaires, seule véritable réponse politique à la crise de civilisation que connaît l’Europe.

1. Victoire des souverainistes europhobes.

Avec près de 25% des voix pour le FN et 27,5% des voix pour UkiP, les souverainistes triomphent en France et au Royaume-Uni, envoyant à eux deux 48 députés eurosceptiques à Strasbourg. En revanche, le PVV de Wilders avec 13.2% (-3.8) connaît une sérieuse déconvenue, même si le score reste relativement élevé. Surtout, il devient le quatrième parti du pays, ce qui est un déclassement douloureux. Wilders paye sans doute la crise interne de son parti suite à des déclarations perturbatrices sur les Marocains vivant aux Pays-Bas.

Autre succès, cette fois au Danemark, où le DFP multiplie par deux son score, en atteignant 26,6% des voix, obtenant quatre députés, devenant le premier parti du pays, ce qui ne saurait préjuger d’une possible victoire électorale aux prochaines législatives. Le DFP, parti d’un pays n’ayant pas l’euro, a toutefois un positionnement eurosceptique modéré. C’est aussi le cas des Sverigedemokraterna qui, avec 9,7%, multiplient leur score par trois. Leur euroscepticisme n’est pas radical, ce parti ne souhaitant pas nécessairement que son pays quitte l’UE. Les SD, connus pour des positions beaucoup plus dures par le passé, ont recentré leur discours.

Le FPÖ autrichien, avec 20,5% des voix, retrouve un niveau électoral tout à fait correct, même si loin des 27% d’Haider, alors que le BZÖ de feu Haider tombe à 0,5% des voix, disparaissant ainsi totalement du champ politique. Strache peut se féliciter d’avoir été récompensé par son action militante, même s’il a bénéficié aussi de l’absence de Stronach et de celle de la liste Martin.

Le parti des Vrais Finnois, « Perussuomalaiset », avec 12,9% des voix, progresse de plus de trois points, mais est bien en-dessous des 19% qu’il avait obtenus aux législatives. Timo Soini n’a pas réussi à faire de son parti le premier du pays, dans un contexte certes d’abstention forte. Cela semble annoncer un léger reflux.

Plus étonnants sont l’émergence d’un parti populiste tchèque dirigé par un tchéco-japonais et cette « coalition de la nouvelle droite » (KNP) d’un riche excentrique, formation eurosceptique qui obtient 7,06% des voix. La disparition de la Ligue des Familles et de Samoobrona explique sans doute le succès de nouveaux partis. On sait que Marine Le Pen pense au KNP comme septième membre de la coalition parlementaire qu’elle souhaite créer à Strasbourg.

Il faut néanmoins relativiser ce succès des formations eurosceptiques, même si l’AfD allemande a obtenu 7,04% des voix, ce qui est un score très satisfaisant pour un parti récent qui avait échoué à obtenir les 5% aux élections législatives. L’AfD devrait sans doute rejoindre le groupe conservateur autour des Tories de Cameron.

En Italie, la Ligue du Nord, avec 6,16% des voix, a su remonter la pente en raison d’une nouvelle direction et d’un choix eurosceptique plus affirmé. Frères d’Italie (Fratelli d’Italia) de Giorgia Meloni échouent en revanche aux portes du parlement avec 3,66% des voix.

Enfin, la Lituanie de la liste menée par Rolandas Paksas (TT) obtient 14,27% tandis que la liste patriote LNKK de la Lettonie voisine obtient 14,25% des voix. Paksas est convoité lui aussi par le groupe « Alliance européenne de la liberté » de Wilders et Le Pen.

2. Echec relatif des nationalistes.

Cet échec relatif des nationalistes est à nuancer car 7 députés nationalistes radicaux font leur entrée au parlement européen de Strasbourg. Avec 9,3% des voix et 3 élus, l’Aube Dorée continue son ascension électorale malgré la répression judiciaire contre ses dirigeants, une campagne internationale contre ce mouvement, et finit à la troisième place des partis, devant le PASOK social-démocrate. D’autres listes nationalistes, dont le retour du Front National grec, obtiennent 1,6% des voix, dont le Laos (1,44%) qui connaît là un effondrement complet. Les Grecs Indépendants, souverainistes, échouent également avec 3,46% des voix mais obtiennent néanmoins un député. L’homologue chypriote de l’Aube Dorée, l’ELAM, se contente de 2,69% des voix.

De même, avec 14,77% des voix, loin des 20% obtenus aux législatives, le Jobbik fait rentrer trois députés et se permet de devancer le MSZP socialiste.

On notera enfin, à titre anecdotique, que la NPD n’a obtenu qu’1% des voix, score dérisoire lui permettant néanmoins de disposer d’un élu en raison d’une modification de la loi électorale faisant sauter aux élections européennes, et à elles seules, le seuil. Avec 0,6% des voix, il était possible d’avoir un député. Avec 0,4% des voix, les REP échouent néanmoins, la droite nationale n’obtenant que 1,4% en tout en Allemagne.

En revanche, partout ailleurs, les nationalistes connaissent une sérieuse déconvenue. Le BNP s’effondre à 1,14% (contre 6,5% en 2009), littéralement dévoré par UkiP. Les autres nationalistes atteignent en tout 0,93% des voix. Ataka n’obtient que 2,97% des voix en Bulgarie, concurrencé par le Front National pour le Salut de la Bulgarie (3,07%). Le PRM roumain est réduit à 2,71% des voix. Le SNS slovaque, dont le FN espérait des élus, est à 3,61% des voix, brisé par l’existence d’un SNS « chrétien » (0,64%) des voix et surtout par un parti ultra-nationaliste, le LSNS de l’élu local Marian Kotleba, présenté dans la presse française comme « néo-nazi », avec 1,73% des voix. Quant au voisin tchèque, aucun parti nationaliste n’était candidat, les « républicains » ayant sombré corps et âme.

La coalition nationaliste croate, « Alliance pour la Croatie », autour des différents HSP, et en l’absence du HCSP, obtient 6,88% et un élu. Ce parti reste mineur. Quant au SNS slovène, avec 4,04% des voix, il échoue de peu. Le SNS reste néanmoins un parti nationaliste très modéré.

Dans la péninsule ibérique, la droite nationale continue d’être abonnée à des scores ridiculement bas, 0,26% en faisant la somme des voix de « Démocratie nationale », du MSR et de la Phalange. Au Portugal, le PNR se contente d’un 0,37% des voix, avec une légère progression si on peut dire. En Pologne, le « mouvement national » (Ruch Narodowy) obtient 1.4% des voix, ce qui est un échec pour cette coalition de partis ultra-nationalistes dont le congrès avait pourtant été une réussite.

3. Le cas belge.

En Flandre, la NVA de Bart de Wever est le grand vainqueur des élections avec 26,7% des voix et quatre sièges. Ce parti patriote, « nationaliste flamand » modéré, mais aucunement europhobe, réussit à s’implanter à Strasbourg. Il écrase le Vlaams Belang, qui n’obtient que 6,8% des voix et un élu, ce qui est très faible. Le VB paye son ralliement à la ligne eurosceptique de son nouvel allié, Marine Le Pen. Il a également pris sur les questions d’immigration des positions très modérées. Le néo-souverainisme du VB est puni en faveur de la NVA.

En Wallonie, le Parti Populaire, de droite conservatrice, obtient 6% des voix, ce qui n’est pas négligeable mais en l’absence des « Fronts Nationaux » belges, dissous sur demande expresse de Le Pen. La liste « La Droite » obtient 1,6% des voix et la liste grotesque de « Debout les belges », le parti de Laurent Louis avec comme tête de liste Abdesselam Laghmich, a obtenu 3% des voix, sans doute dans certaines banlieues « dieudonnesques ».

Conclusion.

Même si les formations eurosceptiques renforcent leurs positions, avec le triple succès Royaume-Uni/France/Danemark, on ne peut pas affirmer qu’une « vague brune » (au-delà de la question de cette coloration diabolisante totalement inadéquate) a déferlé sur le vieux continent. Les eurosceptiques en Belgique, en Finlande ou aux Pays-Bas reculent même d’une manière significative. Le score du FPÖ autrichien est bon mais c’est son niveau habituel dans les grandes périodes. En Italie, on est encore loin des scores d’Alliance Nationale et de la Ligue du Nord des années 1990. Enfin, en Suède, la progression des SD est nette mais pas forcément significative.

Le succès du FN, néanmoins, recréant la surprise à des élections européennes après l’émergence de 1984, mérite une analyse plus poussée qui fera l’objet d’un second article volontairement plus polémique et que je publierai cette semaine.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

Memory Holes in the American Right

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Memory Holes in the American Right

By

GaryNorth.com

Ex: http://www.lewrockwell.com

We all know about the memory hole. That was the unofficial name of a department of government in George Orwell’s novel, Nineteen Eighty-Four. It was devoted to re-writing history. It destroyed historical documents to make this re-writing easier. This was its motto: “He who controls the past controls the future. He who controls the present controls the past.”

Orwell used the Soviet Union as his model. The USSR was famous for using photo editing techniques to remove past leaders from old photos. These people became non-persons. Photoshop is simply a low-cost tool for modern media organizations to do similar sorts of things. They do it to sell more products. The USSR did it to maintain power.

These techniques are still being used inside what Mrs. Clinton calls the vast Right-wing conspiracy. Today’s leaders want to erase all traces of the earlier leaders.

Why? Because the time-servers who collect their salaries are nonentities. They do not want to be compared to the founders. They do not want the evidence of decline available for all to see. Max Weber had a phrase for this almost a century ago: the routinization of charisma. The bureaucrats inherit the earth.

PRESERVING THE PAST

One of the saddest aspects in the history of the post-World War II conservative movement is the fact that it is almost impossible to trace its history at the grass roots level.

Part of this problem is this: the little organizations used mimeograph machines to publish their message. This was a shoestring movement until at least the mid-1950′s. These materials were tossed out by survivors after the blue-haired ladies died. These women collected newspaper clippings, scoured the Congressional Record, published their newsletters, and had meetings. They left few traces.

The newsletters have disappeared. Think of the Dan Smoot Report. Think of the early years of Human Events. Think of Hilaire DuBarrier’s HduB Report. Think of Don Bell Report. They are gone with the wind.

I have a complete set of the HduB Report on a CD-ROM. I do not think it is possible to trace the history of the European Union without reading these reports. But they are not online. I do not know who owns the copyrights. Neither does the man who created the CD-ROM.

To construct the history of the conservative movement, the various organizations that published newsletters, magazines, and books should go into their files, send them to a specialist in producing searchable PDF’s, and then post all of that information online free of charge. This is the minimal commitment necessary to keep old ideas alive.

If an organization has spent decades asking for donations from its supporters in order to get out the message, and then it suppresses or ignores that message through the 80% of the history of the organization, then something is fundamentally wrong with the thinking of the present directors. Any organization that raises money for years to publish the true word, and then decides to deep-six the true word, has abandoned the true word.

All of that money was raised, all of that enthusiasm was generated, all of that information was published, yet the organization’s present salaried directors decide that it’s not worth preserving online free of charge.

Something is deeply wrong with any idea-based organization that does not post its entire body of published materials online.

I cannot imagine any ideological organization’s senior staff this shortsighted, yet I know it’s the case. I have seen it over and over. There is simply no strong commitment to preserving the legacy of the organization. The present directors implicitly dismiss all of the work of the previous directors, as if all that money, all those ideas, all that effort in publishing the material was not really worth it. It is as if all of this material is worthless today. The senior directors of the organization have self-consciously made a decision not to preserve this information for the present members of the organization.

I’m thinking of a particular organization. Let’s see if you can figure this out. It has been around for over 50 years. It published a great deal of material. It published a magazine every month. It published newsletters from the organization’s senior director. It raised money for years to try to get this information out to the public. It was one of the fundamental organizations in the history of the conservative movement. But its present directors have refused for over 15 years to put this information online.

I know a man who has put all of the material into PDF’s, and he even put it up on a website. But he doesn’t have the copyright to the publications, so he is not allowed by the organization to post this material publicly. I have seen it. I have used it. But you can’t find by searching for it online, because the individual has not posted it where the general public can get at it. The reason for this is simple: he does not own the copyright.

Could this be an organization that you have committed money to? Have you even asked this about the organizations that you do commit money to. Have you made sure that you are not donating a dime to any organization that has a body of material like this, but which has not put all of this material online, free of charge?

If the organization is self-consciously suppressing this, then you should not donate to it. If the organization is run by men who are so shortsighted that they want to ignore 50 years of publication, then why should you continue to send money to it? The publication can be scanned in and converted to PDFs for about 35 cents a page. “We just can’t afford this!” Some minimum-wage intern could run copies through a standard copy machine, which will convert pages to searchable PDF’s if it has Adobe Acrobat installed. But the senior decision-makers in the organization have no vision of the future, because they have no vision of the past. If they think the past is irrelevant, then they think the future is irrelevant. All they care about is this month’s “scare ‘em and skin ‘em” fundraising effort.

One organization that does things right is the Mises Institute. All of the old materials in the Austrian school movement are available free of charge here: https://mises.org/Literature

Years ago, I put up the money for the Mises Institute to post all of the issues of American Affairs online. It had been edited by Garet Garrett. It was long forgotten. No organization owned them. This was not a matter of dropping materials down the organization’s memory hole. There was no succession. The Mises Institute believes in preserving legacies like this. The Mises Institute understands the importance of the past in building the future.

My recommendation: do not donate a dime to any ideological outfit that has not posted all of its past publications online for free. Simple. “No searchable PDF’s online for free — no donation.” This should be an unbreakable rule.

I did this over 15 years ago with the publications of my Institute for Christian Economics. I shut it down in December 2001, because I realized that I no longer needed to raise money to publish books. I can publish a book in 90 seconds in PDF form. I keep these materials, 1975-2001, online for free here:http://www.garynorth.com/public/department78.cfm.

DOES ANYONE CARE?

I understand the problem. Most people are not interested in history. Most people are not interested in the stories of how the movement or an organization got started. Most people care about the present mainly, and they barely care about the future. They surely do not care about the past.

The conservative movement is grounded philosophically on a vision of history that asserts the legitimacy of historical process. Conservatives believe that the past is important. They believe that preserving the memory of the past is important. They understand that the world today is the product of the past, and that he who does not understand the past is not going to have a coherent plan for shaping the future. But the leaders of the conservative movement have tended not to believe this. They have not been committed to preserving the past. They had been political activists, and the political activist has a vision not much longer than the next congressional election. This has been a deep-seated problem within the conservative movement ever since it began after World War II. It began mainly as anti-Communism, and interest in the past was limited to studies of how the communist infiltrated this or that organization. It was not in any way committed to pass conservative ideas, which had lost their power to persuade people by 1946.

So, the modern conservative movement began as an “anti-” movement. Such movements are inherently reactionary. They react to present crazies and present crises. They react to whatever the Establishment is doing, or plans to do, or might possibly do, in the near future. The conservative movement has always been 80% committed to putting out fires. You cannot build a movement, let alone a society, based on continual fire drills. But this is what the conservative movement has attempted to do.

Frankly, I don’t think it’s much different today. Conservatives may be worried about whether Hillary Clinton is going to run, or whether she can win, but they are not at all concerned about what the world will be like after one term of whoever is elected president in 2016. I call this a lack of 2020 vision.

People whose time perspective does not extend beyond the next presidential election are not concerned with building up a body of materials that can serve as a foundation for restoring liberty. They are unfamiliar with how the American Republic became the American Empire, and they are basically committed to extending the American Empire through military means. Then they want to make things better by a few reforms, none of which stands a political chance. They want clean up the mess in government. They want to sweep the bad guys out.

We know where this leads.

When the unclean spirit is gone out of a man, he walketh through dry places, seeking rest, and findeth none. Then he saith, I will return into my house from whence I came out; and when he is come, he findeth it empty, swept, and garnished. Then goeth he, and taketh with himself seven other spirits more wicked than himself, and they enter in and dwell there: and the last state of that man is worse than the first. Even so shall it be also unto this wicked generation (Matthew 12:43-45).

CONCLUSION

If your favorite conservative organization does not have all of its previous magazines, newsletters, special reports, and so forth online, do not send it any more money.

Drop a note to the head of the organization. Explain your desire to get the organization’s old materials posted where Google can find them. Say that you are willing to make a donation to fund such a publication project.

If you get an explanation that “at the present time, we do not have the funds,” send your money elsewhere.

The Mises Institute is a good choice.

LE SOUVERAINISME, UN SUICIDE POUR L'EUROPE

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LE SOUVERAINISME, UN SUICIDE POUR L'EUROPE
 
Une tribune libre de circonstance

Yann Louarn
Ex: http://metamag.fr

Alors qu'une vague dite « souverainiste » s'apprêterait à déferler lors des élections Européennes de dimanche prochain, les défenseurs d'une Europe unie semblent avoir du mal à se faire entendre tant l'idée Européenne est actuellement incarnée par la Commission de Bruxelles  ,constituée de membres nommés par les gouvernements souverains des Etats d'Europe , et par une alliance économique et politique inféodée aux intérêts américains et aux marchés économiques mondiaux.


Pourtant, cette construction européenne possède une légitimité notamment au regard de l'histoire de sa civilisation pluri-millénaire. Celle-ci a vu en permanence les peuples d'Europe s'unir, partager, inventer, construire ensemble, découvrir le monde, sans empêcher toutefois les guerres fratricides et les conflits de pouvoir. Ainsi, le siècle de 1914 aura connu deux guerres civiles qui ont anéanti des millions d'Européens, dont une bonne partie de l'élite du début du siècle dernier. Il aura pourtant été à la fois le siècle du grand suicide des peuples Européens par la guerre et celui porteur d'une volonté d'apaisement et de construction d'un ensemble politique et économique cohérent, enraciné, fort. C'est contre cela que se sont opposés les gouvernements français, anglais et allemands, pourtant censés être les moteurs de l'Europe et cela depuis des décennies. C'est le fruit de leur asservissement économique sans conditions aux USA depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.


Ils s'y sont opposés en fabriquant des institutions technocratiques, sans légitimité populaire , mais surtout en effaçant toute trace de leur passé commun, leurs traditions, leur civilisation, leurs religions ce qui devrait pourtant constituer la base de l'Union des Européens.


Ils s'y sont opposés en élargissant sans cesse un espace considéré comme uniquement économique et en affichant, depuis plusieurs décennies, la volonté de faire entrer la Turquie, c'est à dire en réalité l'empire Ottoman, ennemi historique de la civilisation européenne, dans cet ensemble « sans âme ».
Ils s'y sont opposés en laissant l'Amérique mener plusieurs guerres et même en y collaborant sur le sol Européen, comme en Serbie, au Kosovo, mais aussi des guerres d'influence, comme en Ukraine, au détriment de la Russie.


Ils s'y sont opposés en ouvrant grand les frontières de l'Europe, en favorisant l'immigration massive venue prioritairement de l'Afrique ou du Maghreb pour la France, de Turquie pour l'Allemagne et d'Asie pour l'Angleterre. Une immigration qui, petit à petit, est apparue aux peuples d'Europe comme la volonté d'une minorité de les remplacer purement et simplement par d'autres populations. Il est ainsi devenu courant de Birmingham à Bruxelles en passant par certains quartiers parisiens ou berlinois, que les Européens de souche soient minoritaires.


Ils s'y sont opposés car, au final, ces dirigeants des pays européens n'étaient que des souverainistes défendant leurs intérêts économiques propres et ceux d'une petite oligarchie dominante aujourd'hui. Mme Le Pen, M. Mélenchon ou M. De Villiers, comme M. Farage au Royaume-Uni, ne sont en fait que leurs enfants.


Des enfants contestataires certes : mais que défendent-ils au juste ?


La souveraineté de leur petite Nation en tant qu'espace géographique et entité historique face à l'union nécessaire des peuples Européens en vue de constituer une Europe souveraine et puissante. Celle-la même qu'ils refusent aux petites patries qui constituent la France ou l'Angleterre, comme en témoigne la volonté de Madame Le Pen de supprimer les régions, de ne pas reconnaître les langues régionales ou celle de M. Farage d'appeler à voter contre l'indépendance de l'Ecosse.


Ces « souverainistes » pour lesquels de nombreux européens s'apprêtent à voter et qui disent être le dernier rempart de leur peuple ( contre qui ? contre quoi ? ) sont en réalité le couteau qui pourrait provoquer le suicide de tout un continent. Un suicide pour lequel, néanmoins, les principaux responsables se trouvent au sein de la Commission de Bruxelles et dans les milieux qui ont construit cette Europe technocratique.


Ce que veut M. Farage aujourd'hui ? Empêcher les immigrés d'Europe de l'Est de se rendre en Angleterre, leur enlever tous droits sociaux, les « mettre à la mer ». Mais où était ce Monsieur à l'époque où toute l'Angleterre s'indignait contre les propos d'Enoch Powell, qui avait prédit «  l'invasion du pays » par les peuples du Tiers-Monde ? Où était M. Farage lorsque des pans entiers de la Grande-Bretagne sont tombés sous la coupe islamique et asiatique ? Il ne parlait pas. Il se taisait. Et aujourd'hui, c'est une pakistanaise responsable des jeunes de son parti, l'UKIP, qui demanderait aux citoyens anglais d'aller voter pour renvoyer « chez eux » des Européens de l'Est.


Tout comme aujourd'hui, des dirigeants du Front National, vont prôner une « tolérance zéro » envers les Roms et une restriction de l'immigration venant de l'Europe de l'Est. C'est également le parti de Marine Le Pen qui s'accroche aux DOM-TOM français, derniers vestiges d'un colonialisme dont toute l'Europe paye aujourd'hui les conséquences, et qui dans le même temps refuse qu'un Grec ou qu'un Allemand participe aux décisions collectives de l'Union des Européens.


Lorsque Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de gauche et souverainiste jacobin lui aussi, déclare que les Français sont plus proches culturellement de la Méditerranée, du Maghreb et de l'Afrique que de l'Estonie ou de l'Ukraine et qu'ils ont un avenir commun, il ne dit pas autre chose que ces souverainistes « de droite », nostalgiques d'une époque révolue, accrochés à leurs dogmes ( et notamment celui de la France universelle ou celui de l'Angleterre conquérante ) et aveugles aux grands bouleversements, notamment démographique, de l'histoire à venir.


Quelles conséquences, quel impact sur la vie des Européens auraient une victoire ou une percée des souverainistes aux élections ? Le taux de chômage massif diminuera t-il parce que Madame Le Pen et M. Farage vont s'asseoir un peu plus souvent et avec un plus grand nombre de députés au Parlement européen ? Les banques cesseront-elles de prêter à intérêt à des Etats qui assurent pourtant leur survie ? Les millions d'étrangers extra-européens, qui souhaitent pénétrer en Europe dans ce qu'ils croient être un Eldorado, y renonceront t-ils spontanément ? Les mosquées qui fleurissent dans toute l'Europe fermeront t-elles leurs portes ? Les campagnes se repeupleront-elles par miracle ?


Non bien entendu. Car le Parlement européen ne possède aucun pouvoir mais surtout parce que ces souverainistes n'entendent aucunement renverser les élites qu'elles jugent pourtant à raison illégitimes.
Ces mêmes souverainistes n'entendent pas non plus inverser le processus migratoire qui conduit au grand remplacement en cours en Europe, puisque et Mme Le Pen et M. Farage sont des partisans acharnés de l'assimilation et d'une société dans laquelle le drapeau National est plus important que l'identité régionale, ethnique, religieuse ou culturelle.


Penser le contraire, croire dans une sortie de l'Europe qui briserait irrémédiablement l'avenir commun des peuples qui la constituent, c'est se mentir à soi-même, c'est accepter simplement et fatalement qu'après la chute de l'Empire Romain, après les guerres fratricides du 20ème siècle, l'Europe et les Européens en finissent définitivement avec leur histoire et leur civilisation dans un magma à côté duquel la guerre des Balkans ressemblerait au paradis sur terre.


Changer l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui, cela va de soi. Mais pour cela, encore faut t-il aimer les peuples qui la constituent et épouser l'idée d'une Europe-puissance.


« Quand les barbares étaient aux portes de l'Empire, les Romains discutaient du sexe des anges  ».

 

La bioéconomie, c’est le stade ultime du capitalisme

La bioéconomie, c’est le stade ultime du capitalisme

Ex: http://fortune.fdesouche.com

claf.pngDans son livre “Le Corps-Marché”, la sociologue canadienne Céline Lafontaine, professeure à l’université de Montréal, dénonce la “bioéconomie”, une économie fondée sur la marchandisation du corps.

S’attachant en particulier à l’industrie biomédicale, Céline Lafontaine délivre une  enquête documentée et pragmatique sur les enjeux de la bioéconomie. Elle éclaire les règles d’un marché mondialisé du corps humain, dont les éléments (sang, ovules, cellules, tissus…) sont de plus en plus marchandisés, comme dans l’industrie de la procréation. Par-delà les clivages éthiques que tous ces débats suscitent entre les citoyens – par exemple au sujet de la gestation pour autrui –, elle consigne précisément les enjeux réels de cette bioéconomie souveraine. Un éclairage à partir duquel les positions éthiques de chacun peuvent s’ajuster en fonction de plusieurs conceptions possibles de la liberté et de l’égalité…

 

Le monde vivant est devenu aujourd’hui, selon vous, “une mine à exploiter”. Une mine qui définit ce que vous appelez la “bioéconomie” ? Qu’est-ce qui la caractérise ?

Céline Lafontaine – La bioéconomie, c’est le nouveau modèle de développement économique, promulgué par l’OCDE. La bioéconomie est au cœur du processus de globalisation. L’origine du concept se rattache à l’écologie et au modèle de la décroissance. Face à l’épuisement des ressources naturelles, la bioéconomie, dans sa première version, devait tenir compte des limites imposées par la planète, des limites du vivant.

Historiquement, la bioéconomie est directement liée à la crise du pétrole du début des années 70, à l’abandon de l’étalon-or, au moment où le rapport du Club de Rome annonçait l’épuisement de l’énergie fossile.

Les Etats-Unis ont alors réagi en développant un nouveau modèle de l’économie qui place les processus vivants au centre de tout. Dès le début des années 80, le pays a investi massivement dans les biotechnologies. La bioéconomie, c’est donc un mode de production qui touche tous les secteurs économiques (agriculture, industrie, santé…), qui prend les processus vitaux, au niveau de l’ADN et des cellules, pour les transformer et leur conférer une nouvelle productivité.

Ces processus biologiques sont à la source d’une nouvelle productivité. Plutôt que d’utiliser la force de travail des ouvriers, la bioéconomie est fondée sur l’exploitation du vivant, la manipulation des gènes, des processus cellulaires et des processus vitaux. La vie elle-même est devenue la source de la productivité économique.

La bioéconomie est-elle consubstantiellement liée à l’économie financiarisée ?

Oui, c’est très clair ; il y a un lien entre le corps des femmes et la monnaie. L’abandon de l’étalon-or au début des années 70 – la dématérialisation de la monnaie, donc –, c’est la dématérialisation du rapport à la nature, au corps. L’économie informationnelle transforme le rapport au corps avec une vision décomposée du corps. On a l’impression, dans cette économie dématérialisée, que les ovules poussent dans les arbres. Il faut, je pense, revenir aux bases matérielles, biologiques, de ces corps.

Existe-t-il un marché constitué autour du corps humain ?

Le marché du corps humain existe de fait depuis les débuts de la médecine occidentale. Mais, le marché de la bioéconomie s’est internationalisé, avec notamment le développement des recherches sur les cellules souches embryonnaires. La bioéconomie, centrée sur le corps féminin se nourrit en fait de l’industrie de la procréation in vitro. Ce premier modèle d’industrialisation permet de comprendre la logique de la globalisation. Cette industrie a créé une demande, la fécondation in vitro, avec des banques d’ovules et des banques de sperme, apparues dès les années 80 aux Etats-Unis. Le phénomène s’est démocratisé de par le monde. Le travail reproductif des corps s’est exporté.

Les ovules des femmes américaines se vendent et s’exportent. Les mères porteuses se trouvent surtout en Inde : les femmes indiennes coûtent moins cher que les mères porteuses américaines. Mais on ne prend pas les ovules des femmes indiennes, car on ne veut pas du matériel génétique “racialisé” ; on en est là.

Comment comprendre le développement de ce marché du corps ? A quoi imputez-vous ce développement : aux progrès scientifiques, à la demande sociale qui évolue, aux intérêts marchands… ?

Il y a d’abord une volonté des Etats de développer la recherche biomédicale. Après la Seconde Guerre mondiale, la santé est devenue le fondement de la citoyenneté en s’inscrivant dans le corps de la nation à travers la mise en place des systèmes de santé publique ou le système du don du sang. Un système que le scandale du sang contaminé a effrité, en France comme au Canada dans les années 80.

Le modèle du don a été transposé aux ovules. Mais dans les faits, il n’y a pas de don d’ovules sans rémunération, sauf en France et au Canada où les banques sont vides. C’est une technologie invasive qui a des effets importants sur la santé, malgré la banalisation de l’in vitro, la stimulation ovarienne, la mise en production du corps… Ce sont des traitements pénibles. Pour donner, il faut qu’il y ait de l’argent en retour. Des femmes, dans le besoin, vendent leurs ovules, avec des effets catastrophiques pour leur santé, souvent. Même si c’est un échange financier, on le camoufle dans la rhétorique du don : le don de vie.

Le don vous semble donc un faux-semblant ?

Cette rhétorique du don de sang est à la base des Etats-nations. Or, j’insiste, le don camoufle aujourd’hui des logiques d’appropriation. On parle de compensation financière aux Etats-Unis, pour masquer la réalité d’une relation marchande. Les défenseurs des mères porteuses parlent du don de vie ; les femmes seraient censées se valoriser à travers ce don.

Pour moi, il faut questionner ce don qui est plus proche d’un sacrifice. Dans une société très capitaliste, la valorisation du don des femmes est problématique. Les bio-banques qui se développent dans le monde symbolisent ce travestissement du don, sous couvert du consentement éclairé. Les gens donnent pour faire avancer la recherche, mais les mécanismes de recherche mis en place font en sorte que les retombées de ces recherches sont privatisées et reviennent dans le corps social sous forme d’une médecine privatisée, tellement chère qu’elle met en péril le système de santé publique. On naturalise le don des femmes aujourd’hui ; or, l’économie du don se nourrit du corps de la population et privatise les retombées.

Tous les éléments du corps humain, qui font l’objet d’un trafic marchand – les organes, le sperme, le sang, les cellules… doivent-ils être mis sur le même plan, d’un point de vue moral?

Avec les organes, on est aux limites de l’illicite. On est là dans une forme de “cannibalisme”, dans une forme d’appropriation de l’autre. Le don d’organes a donné lieu à une rhétorique de la pénurie qui a nourri ainsi le “tourisme médical”. Les femmes donnent par exemple leur rein, plus que les hommes. Il y a une survalorisation du don des femmes dans une société qui proclame l’autonomie.

Je ne me situe pas sur un plan moral s’agissant des mères lesbiennes désirant un enfant. Mais le sperme n’est pas l’équivalent biologique de l’ovule ; il y en a un qu’on doit récolter, c’est une ressource renouvelable ; l’autre est une ressource rare, puisque le nombre d’ovocytes est limité à la naissance. Donner du sperme ou des ovules, ce n’est pas pareil ; cela n’a pas les mêmes répercussions ; il y a une intrusion dans le corps qui n’est pas du même ordre.

Comment définissez-vous votre approche sociologique dans le cadre de ces questions complexes, où les positions morales et éthiques s’opposent souvent violemment?

Ma perspective est celle d’un féminisme matérialiste, qui consiste à prendre au sérieux la matière du corps. L’un des problèmes des “gender studies” est selon moi d’avoir oublié la matérialité des corps. Faire croire à un équivalent du masculin et du féminin nous fait oublier que dans les faits, un ovule, ce n’est pas du sperme. L’enjeu de la bioéconomie, c’est précisément la valeur de ces produits reproductifs.

Vous parlez d’un renversement entre le “zoe” et le “bios”; c’est-à-dire?

Selon la thèse du philosophe Giorgio Agamben, il y a une distinction entre la vie nue, purement biologique, zoe, et bios, la vie sociale, politique. Dans l’époque contemporaine, il y a ce renversement car les processus biologiques deviennent la valeur politique. Le projet du politique devient le projet du bios, du prolongement de la vie. L’individu investit maintenant dans son capital biologique, porté par une vision “biologisante” du rapport à soi. C’est cette distinction que je fais entre le corps-objet et le corps-sujet.

L’idée du post-humain, l’idée de faire de son corps un projet de vie se sont imposées : plus on subjectivise le corps, plus on l’objectivise à travers ses différents produits. On reprend les mêmes logiques d’exploitation que l’industrie manufacturière.

C’est pire encore car on s’appuie sur des logiques de domination des femmes.

Vous parlez même d’un “cannibalisme technoscientifique”.

Oui, dans le sens où le corps des plus pauvres nourrit le corps des plus riches. Le corps des femmes les plus jeunes et pauvres nourrit le corps des femmes ménopausées. La médecine régénératrice vise à contourner la pénurie d’organes à partir de traitements à base de cellules. La cellule ne sert plus exclusivement d’expérimentation : elle devient un produit thérapeutique. Avec les cellules souches embryonnaires, issues de l’industrie de la procréation in vitro, on est dans une économie de la promesse, de spéculation.

L’idée de régénérer le corps est née avec l’annonce de la Banque mondiale d’un rapport sur le lien entre la décroissance et le vieillissement de la population. On a alors investi dans cette médecine régénératrice, avec cette idée de vaincre le vieillissement en tant que tel. Les logiques de marché sont liées à des politiques gouvernementales. On investit donc publiquement dans une médecine qui ne concerne que les riches.

Même en France ?

Il n’y a pas d’exception française sur ce point. Certes, il y a en France une bioéthique développée, mais les biobanques et le modèle de recherche et la médecine régénératrice se développent tout autant, c’est le même modèle que dans les pays anglo-saxons. On observe la même logique de privatisation ; on présuppose que les prélèvements sont opérés pour le corps de la nation ; or, ce n’est pas le cas ; le modèle du don, très politique, n’est qu’apparent. On est passé d’un don de corps à corps, comme dans le cas de la greffe d’organes, au corps pour la recherche, comme si c’était la même logique, comme si le corps politique faisait corps avec la recherche biomédicale. Je ne veux pas critiquer la recherche en tant que telle, mais discuter de la place qu’a prise la médecine dans nos vies. La bioéconomie, c’est le stade ultime du capitalisme ; on est dans la promesse d’une régénération infinie des processus vitaux.

Où placez-vous l’éthique dans votre travail ? L’argument de la marchandisation ne vous semble-t-il pas parfois détourné par tous ceux qui, au nom de normes morales conservatrices contestent, le droit pour ceux qui le désirent à la procréation médicale assistée ou à la gestation pour autrui ?

Il n’y a pas, selon moi, d’ambiguïté, on est vraiment dans une marchandisation au sens de mise en marché. Là où il y a un glissement possible, c’est quand le débat dérive vers un point de vue moral ou religieux. Mais mon point de vue est celui d’une sociologue attentive aux inégalités que cela engendre. La distinction faite entre conservateurs de droite et libéraux de gauche me semble erronée. Pour moi, être de gauche, ce n’est pas militer pour le in vitro, qui reste une industrie. C’est du libéralisme pur. Ceux qui manifestent pour le droit à la PMA ne questionnent pas la pression faite sur les femmes, le modèle de la maternité…

L’accès aux nouvelles technologies, c’est réclamer l’accès à d’autres corps. Qu’on le veuille ou non, cela repose sur un marché. Est-ce conservateur de rappeler qu’il existe du masculin et du féminin ? Les mères porteuses, c’est une pratique d’exploitation. C’est du même ordre que le travail des enfants en Chine. Les mères porteuses sont toujours des femmes dominées, pauvres, qui le font toujours en échange d’argent. Le don de soi se rapproche d’un sacrifice.

Ma perspective, c’est de réfléchir au maintien des systèmes de santé publique, à la réduction des inégalités. Et surtout, je pense que les corps sont reliés les uns aux autres. Il y a un corps social, il faut réfléchir à une nouvelle politique de la vie  et penser le corps social dans sa finitude.

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Céline Lafontaine, Le corps-marché. La marchandisation de la vie humaine à l’ère de la bioéconomie (Seuil, 288 p, 21,50 €)

Paniek Engelse en Franse regeringen na overwinning anti-EU partijen

Paniek Engelse en Franse regeringen na overwinning anti-EU partijen

Britten zijn massa-immigratie helemaal zat

Le Figaro: Regering Hollande ‘bedrukt en radeloos’

Nederland uitzondering in EU met winst eurofielen


Sombere gezichten bij premier David Cameron (R) en Nick Klegg, wiens Liberaal-democratische partij (de Britse D66) compleet werd weggevaagd.

In Groot Brittannië en Frankrijk lijkt er paniek uitgebroken in de zittende regeringen na de enorme overwinningen van de anti-EU partijen. De Britse UKIP van Nigel Farage en het Franse Front National van Marine Le Pen werden in hun thuislanden de grootste partij, terwijl de zittende regeringspartijen een verpletterende nederlaag leden. De boodschap van de kiezers is overduidelijk: wij willen niet meer, maar minder Brussel – véél minder, en wij willen onafhankelijk en democratisch blijven.

Geschokt na overwinning Farage

Voor het eerst sinds 1910 werd in het Verenigd Koninkrijk een andere partij dan de Conservatieven of socialisten (Labour) de winnaar van de nationale verkiezingen. De UKIP, die zo snel mogelijk uit de EU wil treden, kreeg de meeste afgevaardigden, terwijl de liberaal-democratische regeringspartij (de Britse D66) bijna al zijn zetels in het Europarlement kwijtraakte.

Premier David Cameron was zichtbaar geschokt. Hij probeerde Farage te beledigen, maar zijn woorden kwamen eerder als een compliment over. Hij noemde Farage ‘geen eenvoudige gozer uit de pub’, zoals hij zichzelf graag afschildert, maar een ‘geslepen politicus die voor alles een politieke tactiek gebruikt’.

Dat is nu juist de kracht van Nigel Farage. Hij weet hoe het politieke systeem werkt, profiteert er zelf ook van, en is juist vanwege die kennis zo gevaarlijk voor de gevestigde globalistische orde. Bovendien beloofde Farage de Britten dat ‘dit nog niet alles is’, en hij ook bij de parlementsverkiezingen in 2015 op een overtuigende overwinning aast.

‘Het volksleger heeft gesproken’

‘Het volksleger van de UKIP heeft vanavond gesproken en heeft het meest verbazingwekkende resultaat dat we in de afgelopen 100 jaar hebben gezien geleverd,’ aldus de EU-criticus. Verwacht wordt dat de roep om een referendum over de EU na zijn klinkende overwinning alleen maar krachtiger zal worden. Cameron had reeds ingestemd met een referendum, maar pas in 2017, in de hoop dat de ergste anti-Brusselse storm dan voorbij zal zijn.

Britten zijn massa-immigratie helemaal zat

Volgens het UKIP, dat zich baseert op onafhankelijke onderzoeken, zal de welvaart in Groot Brittannië door het verlaten van de EU weer toenemen. Ook zal het land democratisch(er) worden. Belangrijkste reden waarom de Britten massaal op hem stemden was de enorme onvrede over de massa-immigratie. Zo kwamen er dankzij de Brusselse wetten vorig jaar 27% meer migranten uit arme EU-landen zoals Roemenië en Bulgarije. Hierdoor is de sociale zekerheid onder grote druk komen te staan, en voelen de Britten zich bedreigd in hun nationale identiteit.

Om kiezers terug te winnen hebben de Conservatieven nu maatregelen aangekondigd om de toestroom van arme EU-burgers tegen te houden. Volgens de Sunday Telegraph zullen werklozen voortaan na 6 maanden het land uit worden gezet. Daarnaast moeten immigranten aantonen dat ze voldoende eigen vermogen hebben. (1)

Regering Hollande ‘radeloos’ na overwinning Le Pen

In Frankrijk heeft president Francois Hollande een heuse crisisbijeenkomst met zijn belangrijkste ministers georganiseerd vanwege de verpletterende nederlaag die zijn socialistische partij leed. Nieuwe verkiezingen, zoals Front National leider Marine Le Pen als absolute winnaar eist, wil Hollande dan ook ten koste van alles voorkomen.

Premier Manuel Valls beloofde de Fransen onmiddellijk forse belastingverlagingen. Wie dat moet gaan betalen is echter volstrekt onduidelijk. De Franse staatsfinanciën zijn een ongekende puinhoop, reden waarom Parijs regelmatig eist dat de Europese Centrale Bank de geldkranen nog verder opendraait.

Volgens de oudste Franse krant Le Figaro is de stemming in de regering Hollande ‘bedrukt en radeloos’, en hangen er spreekwoordelijke ‘zwarte sluiers’ voor het Champs Élysée. De afstraffing door de kiezers kwam bij de socialisten zó hard aan, dat ze niet eens proberen deze goed te praten. Le Figaro: ‘Dit is een oorvijg voor Europa, een verdere terugslag voor ons en een motie van wantrouwen tegen Hollande. De keizer is zijn kleren kwijt (lett. de koning is naakt).’

Hele EU zelfde beeld, uitgezonderd Nederland

In bijna heel Europa boekten de anti-EU partijen winst. Het extreemlinkse Griekse Syriza kreeg 26%-28% van de stemmen en werden de grootste partij. In Spanje verloren de conservatieven en socialisten zoveel, dat ze voor het eerst in de geschiedenis samen minder dan 50% van de stemmen kregen. Twee linkse partijen kregen kwamen op respectievelijk 10% en 8% uit.

In Italië behaalde Beppe Grillo’s M5S 25,5% en werd daarmee de tweede partij van het land, achter de sociaaldemocraten (34,5%) (3). Ook in België (NV-A), Oostenrijk (FPÖ), en Duitsland (AfD, 7%) wonnen de eurosceptici in meer of mindere mate. In Finland verdubbelden de ‘Ware Finnen’ hun Europese zetels weliswaar van 1 naar 2, maar vergeleken met de 20% bij de parlementsverkiezingen in 2011 was dat een flinke tegenvaller.

Nederland was feitelijk het enige land waar de meest eurofiele partij, D66, stemmen won, en de enige anti-EU partij PVV juist een zetel kwijtraakte. Om een bekende uitspraak van Louis van Gaal te parafraseren: ‘Zijn jullie nou zo slim, of zijn wij nou zo dom?’ Zijn wij Nederlanders het slimste jongetje van de EU-klas, zoals Den Haag zich doorgaans graag presenteert, of presenteert ons volk zich toch weer als die klassieke ‘dumme Holländer’, die altijd alles beter menen te weten, maar feitelijk van klok noch klepel weten?

Xander

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jeudi, 29 mai 2014

Western Cracks appear on Ukraine and Russian Sanctions

Ukraine Russia and USA.jpg

Author: Jim

Western Cracks appear on Ukraine and Russian Sanctions

Ex: http://journal-neo.org

“Because the United States itself has a long record of supporting terrorists and using terrorist tactics, the slogans of today’s war on terrorism merely makes the United States look hypocritical to the rest of the world.”-

Professor William Odom, formerly President Reagan’s NSA Director

We had hoped as time went by that the huffing and puffing of Western arm chair political generals would be seen for what it was by a growing number of their constituents… an attempt to distract attention from domestic problems by using Russia and Putin as a Mexican piñata.

Here in the US our war-loving NeoCons drooled over the opportunity to do some Russia bashing. But to everyone’s surprise, they had support across the aisle, as Democrats felt they needed to make a show of supporting “their” president. Such displays are considered an expected courtesy on Capitol Hill.

We all know they could not care less what the people felt, despite having polled in strong numbers they did not want American involvement. But we know that meant no American troops. So the war strategy has morphed into a primarily financial one, with the US the number one sanctions gunslinger on the planet.

And for fighting troops, after Syria, the US is quite experienced in using proxy troops now, including the terrorist kind. Unfortunately there has been no public political blow back, no accepting of responsibility by politicians or their parties for the continued slaughter in Syria. That has set the stage for encouraging them to use the same scenario on Ukraine.

The unsaid threat is, “Either do what we want or watch your country be destroyed in endless civil war, with the help of all the outside mercenaries and hired killers we can find on the cheap.” The wild-card game of chicken for the West would be their taking the risk of having their loans default, while the Russians would suffer big loses in their business holdings in East Ukraine, not to mention the uncertainties of continued gas flow through the Westward pipelines.

The people will have their first major political input with the European Parliamentary elections just around the corner. I had been willing to place a bet that the business community in Europe would not be too excited about sanctions wars with Russia. They have been struggling during these years of recession and austerity, especially with regard to declining exports.

The main sanctions counterattack came on two fronts, in Germany of all places. Foreign Minister Frank-Walter Steinmeier said, “We must avoid falling into an automatic [sanctions] mode, which leads only to a dead end and leaves no more policy options.”

Ex-chancellors Gerhard Schroeder and Helmut Schmidt denounced the silly game of playing sanctions-roulette, with the 95-year-old Schmidt accusing the EU leaders of megalomania for attempting to annex Ukraine. EU leaders have been blind to the risks of triggering the mess we have now with Ukraine on the edge of complete civil war and the breakup of the country. Merkel was publicly booed at a political event with her party this week, all of this evidence that the pendulum is swinging back.

Next, the German Chamber of Commerce lead the way for the business community in their opposition to any more sanction threats as just plain crazy because Russia is a major export market for many German companies. The number of jobs directly involving Russian exports came in at 300,000. But left out was the important aspect that those export earnings play a key roll in helping keep Germany’s balance of payments in line. These exports to Russia pay for the energy imports.

I had been watching this happen like a slow-motion train wreck. While the Western buffoons were playing Puff the Magic Dragon with their Russo-phobia, Putin and Lavrov, as always, were not over reacting. But they were sending out signals that they were doing what anyone else would have to do when being threatened with escalating sanctions. They began a crash sourcing program to see where they could replace the imports they needed. But that got no traction for the US State Department dummies, or Mr. Hague in Britain. The West was still in denial.

A week went by and more hints came with the announcement that the Russian defense community must plan on domestically producing all the critical things they need to avoid being held up like a stagecoach by the sanctions bandits. The bell went ding, ding, ding. Those Russian export markets for Western companies were now going to be a PERMANENT loss even if the Ukrainian crisis cools off. So the business community felt they were being ill-used by their politicians, which they were.

Now we come to another dangerous area on the Western regime-change follies. When they have miscalculated and created a big mess, what to do they do? They blame the other guy, because taking the blame for screw ups is considered an idiot’s move. Their thinking is, “No one else ever takes the blame, so why should I?” And in that regard, they do have a point.

But that makes them very dangerous, and here is some proof. The insurgents have been losing in Syria, totally rejected by the Syrian people who hate them for the carnage they have brought upon the country. Enter stage-left last week the Friends of Syria making a big show in giving the Syrian National Council more support to keep fighting, when if they had any sense, they should be pressuring them to negotiate the best deal they can. You can’t really call this poor leadership, because it’s no leadership at all.

I am sharing this in detail as I foresee the West could be stupid enough to do a Syria number on Ukraine. You already have the Right Sector head, Dimitry Yarosh, stating during a presidential campaign debate that guerrilla warfare would be coming soon to the East Ukraine break-away regions.

Kiev’s Interior Minister has already acknowledged that foreign mercenaries are in the country and have been deployed. With all the stories we have heard of Kiev having to beg for soap and underwear for their troops, we must assume that some foreign country has militarily intervened by paying for the mercenaries.

The only grownup actions we saw from the West this week came from the IMF. It warned Kiev coup-meisters that if they could not come to some arrangement to prevent the East from breaking away, the debt rollover commitment would have to be “reviewed”, since any hope for economic improvement would go up in smoke. The threat did not seem to bother Dimitry Yarosh very much, as he was also threatening to blow up the gas pipelines. This guy could become the poster boy against future coups.

We see no visible pressure from the US or EU to reign in Kiev’s military operations which is a signal that they have Western approval. We had general artillery shelling of Kramatorsk today, something that would not have been done without authorization from Kiev. The new Donestk interim government says it will not talk to Kiev while its troops are attacking — a quite reasonable position.

This will just harden positions even further and make any settlement later much more difficult. I have been studying the photos closely and the Eastern self-defense people are well armed now with light weapons. You can see that army veterans are their core defense troops, and they have layered ambush positions along all the lines of approach. They have anti-armor weapons, too, although they have used them sparingly.

We got the first reports today of Ukrainian soldiers going over to the East, then being recaptured and executed. If Kiev engages in that, or their nationalist killers do, I can tell you that will put a military coup on the front burner. No professional army is going watch a bunch of cheap politicians and their thugs start executing their soldiers.

Resupply problems would be a major deterrent for that, but we don’t know if Kiev can resupply them anyway. All the army has to do is make a deal with the Russians to watch the border for them and then redeploy to confront the Kiev and Right Sector troop units, and Kiev’s “anti-terrorist” operation will be over.

If the army field grade leaders are smart, they will realize they can stop the killing. And we learned today than their rear area would be protected, as the Kharkov region has bowed out of the Kiev elections and will be holding their own referendum. You can assume they are mobilizing their army for defense at the same time. The three regions are contiguous, with their backs to the Russian border and interior lines of communication between them.

If they reached that point the next trip-wire would be if Kiev would use its attack helicopters and fighter bombers against ground forces in defensive positions. If that happened, then all bets are off, as the Russians might send in air defense units. I can’t see them sitting back and watching Russians being bombed while in defense positions.

Lavrov drew that red line, of protecting Russian citizens if attacked as they were in Georgia, and large numbers of people in East Ukraine are. We hope that it does not get worse, before it gets better.

Jim W. Dean, managing editor for Veteran Today, producer/host of Heritage TV Atlanta, specially for the online magazine “New Eastern Outlook”.