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mardi, 11 juin 2019

Alba Rosa with Alexander Wolfheze

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Alba Rosa with Alexander Wolfheze

 
 
ar500.jpgAlexander Wolfheze, author of 'Alba Rosa' (https://arktos.com/product/alba-rosa), joins us to discuss what the Traditionalist perspective can teach us about Cultural Nihilism and the crisis of our times.
 
 
 
 
 
 
 
 

18:20 Publié dans Livre, Livre, Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tradition, traditionalisme, alexander wolfheze, livre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Histoire de ta bêtise (François Bégaudeau)

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Histoire de ta bêtise (François Bégaudeau)

 
Une note de lecture sur un pamphlet consacré à une certaine forme de bien-pensance macroniste... https://www.amazon.fr/dp/B07L15K26Q
 
Sommaire :
 
Qui est "tu" ? : 2:55
 
"Tu", c'est les macronistes ? : 5:00
 
"Tu", c'est le macronisme ? : 6:20
 
Une révolte intellectuelle : 7:20
 
Une réflexion sur la nature du discours macroniste : 11:10
 
Une réflexion et non un procès : 12:25
 
Le refus de comprendre : 13:30
 
La pensée superficielle : 14:40
 
La destruction de la réalité : 20:15
 
La peur et la fausseté : 27:10
 
La bien-pensance de la nouvelle bourgeoisie cool : 31:25
 
Nihil novi sub sole : 32:50
 
Avis personnel : 34:45
 
Annonce prochaine vidéo : 41:00
 

À l’intérieur du système carcéral étatsunien

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À l’intérieur du système carcéral étatsunien

par Georges FELTIN-TRACOL

Alexis de Tocqueville dut sa célébrité à son séjour aux États-Unis en 1831 – 1832 où il devait à l’origine étudier le système pénitentiaire local. À son corps défendant, Frédéric Pierucci s’est retrouvé pendant plus de deux ans au cœur du milieu carcéral étatsunien en ce début de XXIe siècle.

piege-americain_0_400_642.jpgCe patron monde de la division chaudière d’Alstom basé à Singapour est arrêté par le FBI dès l’arrivée de son avion de ligne à New York, le 14 avril 2013. Accusé de corruption d’élus indonésiens afin d’obtenir la construction d’une centrale électrique à Tarahan sur l’île de Sumatra, il pâtit du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), une loi qui permet depuis 1977 aux autorités étatsuniennes et en particulier au ministère fédéral de la Justice – ou DOJ (Department of Justice) – de poursuivre n’importe qui n’importe où pour n’importe quoi. En 1998, le Congrès lui a conféré une valeur d’extraterritorialité. Cette loi dispose en outre des effets pernicieux du Patriot Act, de l’espionnage numérique généralisé orchestré par la NSA et encourage le FBI à placer au sein même des compagnies étrangères suspectées, souvent en concurrence féroce avec des firmes yankees, un mouchard infiltré prêt à tout balancer, puis une fois les entreprises condamnées, un « monitor », c’est-à-dire « un contrôleur qui rapporte au DOJ durant une période de trois ans (p. 80) ». Cette inacceptable ingérence résulte d’une conception hégémonique des activités économiques étatsuniennes. « Les autorités américaines considèrent que le moindre lien avec les États-Unis, cotation en bourse, échanges commerciaux en dollars, utilisation d’une boîte mail américaine, les autorise à agir (p. 77). » Le FCPA constitue donc une arme redoutable de la guerre économique et juridique que mène Washington au reste du monde. Par exemple, si le DOJ s’attaque aux sociétés pharmaceutiques, c’est parce qu’il considère les médecins étrangers comme des agents publics exerçant une délégation de service public !

Ubu chez Kafka

Le témoignage poignant de Frédéric Pierucci mériterait d’être lu par tous les auditeurs de l’École de guerre économique de Christian Harbulot tant il est passionnant et effrayant. Ce cadre supérieur presque quinquagénaire est conduit en détention provisoire dans la prison de Wyatt dans le Rhode Island classé niveau 4, soit de haute sécurité. Or il n’est « ni un récidiviste, ni un détenu dangereux. Ce choix est contraire à toute logique carcérale. Mais personne ne me fournira jamais la moindre explication (p. 40) ».

Ce qu’il découvre au cours de sa longue détention ne correspond jamais aux films, feuilletons et autres téléfilms réalisés par Hollywood pour décérébrer le monde entier. Prévues pour deux personnes, les cellules en accueillent quatre tant le taux d’emprisonnement aux États-Unis demeure le plus élevé au monde. Frédéric Pierucci nous aide à en comprendre les raisons profondes. On plonge ainsi dans les méandres ubuesques et kafkaïens de la justice étatsunienne au Connecticut. Pourquoi au fait cet État et non pas la Californie ou l’Indiana ? Peut-être parce que Frédéric Pierucci y vécut plusieurs années avant de s’installer en Asie… Les juges locaux y agissent en dociles caniches des procureurs fédéraux, d’exceptionnels salopards ceux-là ! Dès sa première confrontation avec l’un d’eux, David Novick, l’auteur trouve qu’il « ne fait aucun effort pour dissimuler son arrogance et me donne le sentiment d’être un bel arriviste (p. 21) ». Finalement jugé le 25 septembre 2017 en trente-huit minutes avec un seul bref échange avec le tribunal et condamné à trente mois de prison, une peine d’une sévérité exceptionnelle qui ne peut faire l’objet du moindre appel, Frédéric Pierucci dépeint bien la juge Janet Bond Arterton. « Cette magistrate incarne l’hypocrisie américaine dans toute sa splendeur (p. 332). »

Quant à ses avocats, ils respirent l’incompétence et la médiocrité. Le cabinet Day Pitney devrait les virer. La première, Liz, de trente-cinq – quarante ans, détonne immédiatement « par son manque d’expérience en matière pénale et son détachement qui fleurent l’amateurisme (p. 33) ». Le second, Stan, est un ancien procureur. D’abord rassuré, Frédéric Pierucci déchante bientôt; on a la franche impression que Stan aurait été brillant en avocat de la défense lors des procès de Moscou en 1938 ! La plupart des avocats « commencent leur carrière au sein des parquets, en tant que procureur adjoint, ou assistant, avant de rejoindre un grand cabinet. Dans leur immense majorité, ils ne plaideront jamais lors d’un procès pénal. Ce ne sont pas réellement des défenseurs, comme on l’entend en France, ce sont avant tout des négociateurs. Leur principal mission consiste à convaincre leur client d’accepter de plaider coupable. Et, ensuite, ils dealent la meilleure peine possible avec l’accusation (p. 116) ». Otage avéré du gouvernement étatsunien pour que General Electric acquiert à vil prix Alstom, un magnifique fleuron industriel français et européen et complètement ignoré par le gouvernement Hollande – Valls (deux tristes sires aux méfaits désormais légendaires), l’auteur apprend que « la justice américaine est un marché (p. 92) ». Un détenu de 57 ans qui cumule vingt-six ans de détention lui lance : « Ne fais jamais confiance à ton avocat. La plupart travaillent en sous-main pour le gouvernement. Et surtout, n’avoue jamais rien à ton conseil, autrement, il te forcera à faire un deal, à ses conditions, et si tu ne le fais pas, il balancera tout au procureur (p. 105). » Il se retrouve donc « sous surveillance, pris en étau entre Alstom et le DOJ, et sous contrôle d’un avocat que je n’ai pas choisi (p. 86) ». Dès leur première rencontre, Stan dépêché indirectement par Alstom avec qui il ne peut entrer en contact du fait de l’enquête exige de son client qu’il soit prêt à rembourser tous les frais en cas de condamnation, sinon il ne le défendra pas. Les rencontres suivantes avec « ses » avocats ressemblent plus à des discussions de marchands de tapis qu’à la préparation d’une défense. « Deal. Marché. Négociations ! Depuis que nous avons commencé notre briefing, Stan et Liz, ne me parlent que de négocier, jamais de juger sur des faits et des preuves (p. 90). »

Entraves multiples

Frédéric Pierucci note un trait psychologique révélateur qui réduit à néant l’illusion du Yankee self made man. « Les Américains adorent les process. Dans le cadre de leur travail, ils font rarement preuve d’imagination. En revanche, ils dépensent beaucoup d’énergie et de temps à respecter leurs process (p. 75). » Il profit du temps « offert » par son incarcération provisoire pour étudier le FCPA ainsi que le million et demi de pièces envoyées par les procureurs. En temps normal, cela nécessiterait au moins trois ans d’analyses et plusieurs millions de dollars de frais. Il en reçoit déjà environ trois mille enregistrées sur des CD. S’il peut « les visionner sur un écran et prendre des notes mais [… il n’a] pas le droit d’imprimer le moindre document (p. 141) », il ne peut consulter l’ordinateur qu’une heure par jour ! « Dans cette justice, les droits les plus élémentaires sont bafoués. Les représentants du Department of Justice ont parfaitement conscience que le temps joue pour eux. C’est donc à dessein qu’ils noient les accusés sous des tonnes de papier. Ils poursuivent toujours la même logique, implacable : priver les “ mis en examen ” – sauf les plus riches – des moyens réels de se défendre, pour les contraindre à plaider coupable (p. 142). »

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Frédéric Pierucci

S’il a été placé dans un univers inconnu hostile où il est très vite accueilli par trois francophones, un Canadien, un Grec qui a étudié à Marseille, et Jacky, âgé de 75 ans, un ancien de la French Connection, que tous les prisonniers respectent, c’est parce que « pour parvenir à leur fin, les magistrats sont prêts à laisser mijoter leurs gibiers aussi longtemps que nécessaire. À Wyatt, certains prisonniers sont en attente de deal depuis deux, voire cinq ans (p. 114) ». Bien pire, « pour éviter de perdre une procédure, les procureurs américains sont aussi prêts à tous les arrangements. Ils incitent ainsi les inculpés à coopérer en balançant leurs complices. Même en l’absence de toutes preuves matérielles (p. 115) ». Ainsi les statistiques officielles vantent que « le DOJ a un taux de réussite en matière pénale digne de résultats d’élections sous Ceausescu : 98,5 % ! Cela veut dire que 98,5 % des personnes mises en examen par le DOJ sont au bout du compte reconnues coupables ! (p. 114) ».

Quiconque est allé aux États-Unis sait qu’il faut en permanence dépenser un pognon de dingue. Les mécanismes judiciaires n’échappent pas au dieu Dollar. « Dans les affaires financières, cela signifie souvent l’étude de dizaines ou de centaines de milliers de documents. Très rares sont donc les mis en examen qui peuvent (pendant plusieurs mois, voire des années) rémunérer (à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars) un véritable défenseur, ou faire appel aux services d’un détective privé pour mener une contre-enquête (p. 113). »

L’enfer ultra-libéral

Le quotidien carcéral est lui aussi dominé par l’argent. « Wyatt est une prison privée. Le coût des repas est calculé au centime près. Il ne doit pas dépasser 1 dollar (0,80 euros). Et qui dit prison privée, dit entreprise, et donc bénéfices. Non seulement les détenus sont tenus de ne rien coûter à la collectivité mais ils sont priés de rapporter de l’argent aux sociétés qui gèrent les centres de détention (p. 65). » Pour téléphoner, « il faut d’abord payer ! Chaque détenu doit avoir un compte de cantine créditeur sur lequel est débité le coût, par ailleurs exorbitant, des communications téléphoniques (p. 56) ». Il n’y a pourtant que quatre vieux téléphones dans le réfectoire et les conversations enregistrées pour le FBI et les procureurs n’excèdent pas vingt minutes. Pour les appels vers l’étranger, « les personnes qui ont été autorisées à entrer en contact avec un détenu doivent s’inscrire sur une plateforme internet, à partir d’un compte bancaire ouvert aux États-Unis. Bonjour le cesse-tête pour un ressortissant étranger. En clair, cette procédure prend au bas mot une quinzaine de jours… et n’est pas donnée (p. 63) ». Si regarder la télévision est gratuite, l’écouter se paie !

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Avant de se prononcer sur une éventuelle libération conditionnelle, le juge exige une caution élevée et que deux citoyens des États-Unis acceptent d’être conjoints et solidaires, c’est-à-dire qu’ils mettent en gage leurs propres maisons. Deux amis de Frédéric Pierucci, Linda et Michaël, le feront quand même, relevant l’image bien terni de la société étatsunienne. Après quinze mois de détention provisoire, Frédéric Pierucci peut rentrer en France : il a versé au préalable une caution de 200 000 dollars, ne doit pas voyager hors d’Europe et envoie chaque semaine un courriel à un officier de probation outre-Atlantique. L’auteur explique ces conditions draconiennes parce que « la justice américaine a eu, par le passé, toutes les difficultés pour saisir des biens (p. 89) » en France. Pour combien de temps encore ? Libre et en attente de son procès, l’auteur fonde une société de compliance et engage un procès aux prud’hommes contre Alstom à Versailles. Et voilà que le DOJ se mêle « d’une procédure civile opposant un salarié français, sous contrat français régi par le Code du travail français avec une société française et devant un tribunal français (p. 316) » !

Condamné à l’automne 2017, Frédéric Pierucci retourne aux États-Unis pour purger sa peine, incarcéré au Moshannon Valley Correction Center en plein centre de la Pennsylvanie. Les conditions de vie y sont plus rudes. « Le centre pénitentiaire est géré par GEO, un concessionnaire privé qui possède plusieurs établissements du même genre aux États-Unis et à l’étranger. Comme toute entreprise, GEO essaie de maximiser son profit. Le groupe n’hésite donc pas à rogner au maximum sur les services (repas, chauffage, maintenance des locaux, services médicaux), à augmenter le prix des articles que les détenus peuvent acheter à l’économat, ou à allonger au maximum la durée du “ séjour ”, en envoyant, par exemple, des prisonniers au mitard, pour leur faire perdre une partie de leur réduction de peine obtenue pour bonne conduite (pp. 341 – 342) » Les autorités françaises se manifestent enfin. Elles réclament son transfèrement. « L’administration pénitentiaire américaine aura épuisé tous les recours, afin que je sois transféré le plus tard possible (p. 368). » Pour preuve, « trois jours pour effectuer un trajet de moins de 400 kilomètres (p. 370) » ! Les services de l’immigration perdent bien sûr son passeport… Comme quoi, cela arrive encore à l’heure du numérique. L’administration du Moshannon Valley Correction Center n’apprécie pas les interventions de la France auprès du gouvernement fédéral. Souvent corrompus et au QI de limace obèse, les matons commencent à harceler l’auteur en lui privant de ses journaux français et des photographies des siens.

Esclavage légal

En quête de profits élevés, le Moshannon Valley Correction Center ne veut pas libérer le moindre détenu qui doit travailler entre une et cinq heures par jour. Grâce à Frédéric Pierucci, on apprend que l’esclavage se poursuit toujours aux États-Unis. « L’administration pénitentiaire s’appuie en effet sur le célèbre Treizième amendement de la constitution américaine abolissant l’esclavage “ sauf pour les prisonniers condamnés pour crime ”. Légalement, nous sommes donc tous des esclaves ! (p. 349). » Et après, ça ose jouer aux gendarmes du monde…

Enfin revenu définitivement en France, Frédéric Pierucci reste encore quelques jours en prison, mais dans de bien meilleures conditions, preuve supplémentaire que cet innocent n’a été qu’un simple lampiste. Il obtient finalement une liberté conditionnelle à l’automne 2018 de la part d’un juge d’application des peines.

Le Piège américain éclaire d’une lumière crue les dérives du droit anglo-saxon fort peu protecteur que le droit écrit romain et la démarche inquisitoriale. Cependant, « le système judiciaire américain, aussi inique qu’il soit, possède au moins un mérite : il est relativement transparent (p. 291) ». Le secret de l’instruction n’existe pas ! À l’aune du récit de Frédéric Pierucci, on ne peut que s’inquiéter d’un autre innocent, Julien Assange, détenu à Belmarsh, une prison britannique de haute sécurité, torturé psychologiquement, et poursuivi par le DOJ pour une supposée trahison. On comprend mieux aussi les mécanismes diaboliques de la CPI (Cour pénale internationale), des tribunaux spéciaux sur l’ex-Yougoslavie et le Ruanda et des jugements de 1945 – 1946 et de 1946 – 1948. Aveugle par nature, la Thémis anglo-saxonne se révèle toujours plus infecte et complètement débile.

Georges Feltin-Tracol

• Frédéric Pierucci (avec Matthieu Aron), Le piège américain. L’otage de la plus grande entreprise de déstabilisation économique témoigne, postface d’Alain Juillet, JC Lattès, 2019, 396 p., 22 €.

vendredi, 07 juin 2019

Pierre Le Vigan : en finir avec le cancer du nihilisme

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Pierre Le Vigan : en finir avec le cancer du nihilisme

 
Pierre Le Vigan est philosophe. Après une étude approfondie de Nietzsche et Heidegger, il publie "Achever le nihilisme" aux éditions Sigest. Un essai sur une idéologie selon laquelle les choses ne signifient rien et vont vers rien. Une force qui ronge l'homme et détruit le désir du bien et de la vie.
 
 
 

13:34 Publié dans Livre, Livre, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre le vigan, livre, philosophie, nihilisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Presseschau - Juni 2019

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Presseschau

Juni 2019

AUßENPOLITISCHES

Europawahl 2019

Rechte Parteien verzeichnen deutlichen Stimmenzuwachs

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/rechte-part...

 

Grüntürkise Erfolge – Was ist los mit AfD und FPÖ?

https://www.youtube.com/watch?v=AiE2_lpGQ9U

 

Furious viewers slam BBC‘s ‚biased‘ Euro election coverage that focused on Remainer Lib Dems and Greens rather than big Brexit Party win – and allowed ex-Labour spin doctor Alastair Campbell to accuse Farage of taking Russian money for campaign

https://www.dailymail.co.uk/news/article-7073827/Furious-viewers-slam-BBCs-biased-election-coverage.html

 

Bei Wahlprognose für Österreich

„Unglaubliche Entgleisung“: FPÖ-Politiker echauffiert über Farbbalken in Tagesschau

https://www.focus.de/politik/ausland/europawahl/bei-wahlp...

 

Geheimes Treffen: Kramp-Karrenbauer und Trump-Schwiegersohn bei Bilderberg-Konferenz

https://www.neuepresse.de/Nachrichten/Politik/Deutschland...

 

Österreich

Heimliche Video-Aufnahmen: Vizekanzler Strache tritt zurück

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/heimliche-v...

 

FPÖ-Chef Heinz-Christian Strache tritt zurück

https://www.gmx.net/magazine/politik/fpoe-chef-heinz-christian-strache-tritt-zurueck-33746862

 

Strache tritt zurück: Koalition am Ende? - Der Systemfehler der FPÖ von Martin Sellner

https://www.youtube.com/watch?v=VNj1Qtj6moU

 

Zwei österreichische Lektionen

von Martin Sellner

https://sezession.de/61206/zwei-oesterreichische-lektionen

 

Solidarität, Metapolitik, Hoffnung

von Martin Sellner

https://sezession.de/61209/solidaritaet-metapolitik-hoffnung

 

Jan Böhmermann kannte Video von Heinz-Christian Strache – Andeutungen schon vor Wochen

https://www.gmx.net/magazine/politik/jan-boehmermann-kann...

 

(Zur Ibiza-Affäre)

Kolumne von Martin E. Renner

Die Verschwörung

http://www.pi-news.net/2019/05/die-verschwoerung/

 

Fünf Millionen Euro – Waxing-Winkeladvokat wuchert im Wiener Wespennest Ibiza, Wien, München: Wie die kriminellen Mittelsmänner aufflogen

http://www.pi-news.net/2019/05/ibiza-wien-muenchen-wie-di...

 

Wiener Anwalt und Münchner Sicherheitsunternehmer Das ist die erste heiße Spur im Ibiza-Gate

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/das-ist-die-erste-heisse-spur-im-ibiza-gate/

 

Ibiza-Gate (Teil 2): Insider packen über Strache-Video aus! Das sind die Täter!

https://www.youtube.com/watch?v=jrDfKMYRWmI https://www.oe24.at/oesterreich/politik/oe24-TV-enthuellt...

 

Bastis Balearen-Bumerang

Ibiza-Agitprop: Stecken Kurz und Benko hinter der Veröffentlichung?

http://www.pi-news.net/2019/05/ibiza-agitprop-stecken-kur...

 

Studentin enttarnt?

So lief Drehbuch zur Operation Strache in Ibiza

https://www.krone.at/1929662

 

Schützt die Hintermänner!

Warum sie in Wien so schnell aufräumen mussten, was Maaßen so gefährlich macht, und was Timmermans vom Islam weiß / Der satirische Wochenrückblick mit Hans Heckel

https://www.preussische-allgemeine.de/nachrichten/artikel/schuetzt-die-hintermaenner.html

 

Endlich – Strache und Phillipa antworten auf die Presse

https://www.youtube.com/watch?v=DiE5n-snVho&t=68s

 

Kurz-Förderer Benko kaufte 24 % von „Krone“ und „Kurier“

https://kontrast.at/rene-benko-krone-kurier-kurz/amp/

 

Straches Sturz und die Macht der Medien

von Martin Lichtmesz

https://sezession.de/61200/straches-sturz-und-die-macht-der-medien

 

Österreich Kanzler Kurz gestürzt

https://www.tagesschau.de/ausland/kurz-oesterreich-117.html

 

Britische Premierministerin

„… für das Land, das ich liebe“ sagt May und tritt unter Tränen ab

https://www.welt.de/politik/ausland/article194103091/Ther...

 

Wieder Anschlag in Frankreich

Explosion im französischen Lyon: Zweiter Verdächtiger festgenommen

https://www.merkur.de/politik/explosion-im-franzoesischen...

 

Vertuschte Flüchtlingskriminalität: Hollands Einwanderungsminister tritt zurück

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/vertuschte-...

 

Belgien

Dreck und Kriminalität: Brüsseler Busfahrer meiden Nordbahnhof

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/dreck-und-k...

 

„Eine Kultur der Gewalt“

Niederländisches Gericht verbietet Hells Angels

https://www.spiegel.de/panorama/justiz/hells-angels-niederlande-verbietet-umstrittenen-rockerclub-a-1269906.html

 

Neue norwegische Gesundheitsministerin

Freiheitliches Aushängeschild

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/freiheitlic...

https://www.noz.de/deutschland-welt/vermischtes/artikel/1...

 

Schwedens Justizminister plant Verbot der Runenschrift

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/schwedens-j...

 

Spanien: Vox – die Stimme von Rechtsaußen | ARTE Reportage

https://www.youtube.com/watch?v=vCEC8lvzetA

 

Unruhen in Albanien - „Alltag wird für Albaner immer härter“

https://www.zdf.de/nachrichten/heute/interview-zu-unruhen...

 

Wir oder die Russen – die USA haben der Türkei angeblich ein letztes Ultimatum gestellt

https://www.nzz.ch/international/f-35-usa-setzen-der-tuer...

 

Streit um Einmischung

Netanjahus Sohn attackiert Heiko Maas

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/netanjahus-sohn-attackiert-heiko-maas/

 

Iran kündigt Atomabkommen teilweise auf

Etappensieg für die Scharfmacher in Washington

von Thorsten Brückner

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/etappensieg-fuer-die-scharfmacher-in-washington/

 

Artillerie-Feuer und Luftangriffe

Türkisches Militär greift Kurden-Milizen im Irak an https://www.bz-berlin.de/welt/tuerkisches-militaer-greift-kurden-milizen-im-irak-an

 

Trump will Zölle für Einfuhren aus China erhöhen – Peking droht mit Konsequenzen

https://www.handelsblatt.com/politik/international/handel...

 

Mit Jeans zu Physik: Lehrer in Tadschikistan verprügelte Schüler

https://www.tt.com/ticker/15631501/mit-jeans-zu-physik-le...

 

Indonesien vernichtet im Ramadan hektoliterweise Alkohol

Straßenwalze rollt in öffentlichkeitswirksamer Aktion über Flaschen hinweg

https://www.derstandard.de/story/2000103888638/indonesien...

 

Müll-Streit

Philippinen schicken mehr als 1300 Tonnen Abfall nach Kanada zurück

Seit Monaten streiten die Philippinen mit Kanada über 69 Schiffscontainer mit Abfall, die schon seit 2013 in einem Hafen des Inselstaats lagern. Nun soll der Müll auf eine Tausende Kilometer lange Rückreise gehen.

https://www.spiegel.de/wirtschaft/philippinen-schicken-mehr-als-1300-tonnen-muell-nach-kanada-zurueck-a-1270125.html

 

Cyberattacke auf Baltimore: Schadsoftware stammt von der NSA

https://www.gmx.net/magazine/panorama/cyberattacke-baltim...

 

(Soziale Spaltung in den USA)

Milliardäre und Obdachlose

Der große Tech-Boom spaltet San Francisco

Der Tech-Boom beschert San Francisco immer mehr Millionäre. Die Kehrseite sind explodierende Mieten und viele Obdachlose.

https://www.tagesspiegel.de/gesellschaft/panorama/milliardaere-und-obdachlose-der-grosse-tech-boom-spaltet-san-francisco/24383552.html

 

(Finanzielle Unterstützung nach (schwarzer) Hautfarbe?) Atlanta

US-Milliardär zahlt Kredite für Hunderte Studenten ab

https://www.welt.de/vermischtes/article193783067/Atlanta-...

 

Brasilien

Präsident Bolsonaro lockert das Waffenrecht

https://www.spiegel.de/politik/ausland/brasilien-jair-bolsonaro-lockert-das-waffenrecht-a-1266302.html

 

Inflation in Venezuela steigt über 130.000 Prozent

https://www.faz.net/aktuell/wirtschaft/inflation-in-venezuela-steigt-ueber-130-000-prozent-16211964.html

 

Karibikstaat kämpft weiter ums Überleben

Haiti zehn Jahre nach dem Erdbeben: Besuch in einem vergessenen Land

https://www.hersfelder-zeitung.de/bad-hersfeld/haiti-zehn...

 

Simbabwe erlaubt Büffeljagd mit Pfeil und Bogen – als Touristenattraktion

https://www.epochtimes.de/politik/welt/simbabwe-erlaubt-b...

 

Inès Nieves Sancho aus Spanien war Lehrerin für Mädchen – ihr Todesurteil 77-jährige Nonne in Zentralafrikanischer Republik von Moslems geköpft

http://www.pi-news.net/2019/05/77-jaehrige-nonne-in-zentr...

 

Angriff auf Regierungschef

Australiens Premier bekommt Ei an den Kopf

Mitte Mai wird in Australien ein neues Parlament gewählt, Regierungschef Scott Morrison droht eine Niederlage. Im Wahlkampf hat ihn nun eine Frau mit einem Ei beworfen.

https://www.spiegel.de/politik/ausland/scott-morrison-australiens-premierminister-bekommt-ei-an-den-kopf-a-1266141.html

 

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INNENPOLITISCHES / GESELLSCHAFT / VERGANGENHEITSPOLITIK

 

SPD stürzt in Bremen ab, CDU zieht erstmals vorbei

https://www.welt.de/politik/deutschland/article194220439/...

 

Bürgerschaftswahl 2019

Alle Ergebnisse aus Bremen

https://www.spiegel.de/politik/deutschland/buergerschaftswahl-bremen-alle-ergebnisse-a-1257635.html

 

Deutscher Sonderweg

„Grün wählen“ als Wohlstandsphänomen

von Karlheinz Weißmann

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/gruen-waehlen-als-wohlstandsphaenomen/

 

Grüne nirgends so erfolgreich wie bei uns

Europa hat ein Problem: Deutschland!

Von Wolfgang Hübner

http://www.pi-news.net/2019/05/europa-hat-ein-problem-deutschland/

 

Linde-Aufsichtsratschef

Wolfgang Reitzle fordert Rückkehr zur Atomkraft

https://www.welt.de/wirtschaft/article193050011/Linde-Aufsichtsratschef-Wolfgang-Reitzle-fordert-Rueckkehr-zur-Atomkraft.html

 

Geheimdienst

Was macht die NSA in Wiesbaden?

https://merkurist.de/wiesbaden/geheimdienst-was-macht-die-nsa-in-wiesbaden_VoX

 

Europawahl

Kirchen und Einzelhandel rufen zu „mehr Europa“ auf

https://jungefreiheit.de/kultur/2019/kirchen-und-einzelha...

 

Elite-Uni verleiht Kanzlerin Ehrendoktorwürde

Harvard-Universität lobt Merkel für „Wir schaffen das“-Ausspruch

https://jungefreiheit.de/allgemein/2019/harvard-universit...

 

Lobeshymne auf Kanzlerin

„Sie ist die Beste“: Seehofer schwärmt von Merkel

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/sie-ist...

 

Gehypter Profi-Influencer

Nach Rezo-Fake: Wissenswertes über Rolle des Ströer-Konzerns

http://www.pi-news.net/2019/05/nach-rezo-fake-wissenswert...

 

Steuergelder für Homoparaden und Genderprojekte

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/steuerg...

 

(Hessischer Landtag...)

Festredner

Viel Applaus für Aufruf gegen Rassismus

Einige AfD-Abgeordnete scheren bei Rede des Staatsgerichtshofs-Präsidenten Poseck im Hessischen Landtag allerdings aus.

https://www.fr.de/rhein-main/viel-applaus-aufruf-gegen-rassismus-12313990.html

 

Kritik von AfD

Potsdam: Stadtparlament will politisch korrekten Verhaltenskodex

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/potsdam...

 

Wahlen

Nicht Fisch, nicht Fleisch

von Christian Vollradt

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/nicht-fisch-nicht-fleisch/

 

Europa und Kommunal – Wahlanalyse (1)

von Benedikt Kaiser

https://sezession.de/61224/europa-und-kommunal-wahlanalyse-1

 

Nach Landtagswahl

Kretschmer: Lieber Vier-Parteien-Koalition als Bündnis mit der AfD

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/kretsch...

 

AfD: Unvereinbarkeitsliste bleibt gültig

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/afd-unvereinbarkeitsliste-bleibt-gueltig/

 

Klimapolitik

Die AfD sollte eine ökologische Kernkompetenz entwickeln von Björn Schumacher

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/die-afd-sollte-eine-oekologische-kernkompetenz-entwickeln/

 

(auch dazu...)

Die ökologische Ursünde der Union

Wie die CDU die Grünen groß macht(e)

https://www.wiwo.de/politik/deutschland/die-oekologische-ursuende-der-union-wie-die-cdu-die-gruenen-gross-machte/24388492-all.html

 

Statt Einwanderungspolitik „radikaler Klimaschutz“ Boris Palmer erfindet sich neu

von Lukas Steinwandter

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/boris-palmer-erfindet-sich-neu/

 

Grüne Gefühlswelten

Moralischer Putzfimmel

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/moralischer-putzfimmel-samstag/

 

Sawsan Chebli

Dummdreister Größenwahn

von Michael Paulwitz

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/dummdreister-groessenwahn/

 

Leo-Studie : Millionen Erwachsene können nicht richtig Deutsch lesen und schreiben

https://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/menschen/studie-...

 

Geplantes Messerverbot

Der Bürger soll entwaffnet werden

von Thorsten Brückner

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/der-buerger-soll-entwaffnet-werden/

 

Islamdebatte, Görlitzer Park und Nationalhymne

Kaisers royaler Wochenrückblick

von Boris T. Kaiser

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/kaisers-royaler-wochenrueckblick-9/

 

70 Jahre Grundgesetz – Verfassung zwischen Wunsch und Wirklichkeit (Ein Vortrag in drei Teilen)

 https://www.youtube.com/watch?v=njSOoWo9PMw https://www.youtube.com/watch?v=aKFzFzrz7kg

https://www.youtube.com/watch?v=2q_E7trR2b8

 

Siegesfeier in Berlin

Falsche Verbrüderung

von Felix Krautkrämer

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/falsche-verbruederung/

 

Darmstadt

Darmstadt: Adieu Hindenburgstraße

https://www.fr.de/rhein-main/darmstadt/darmstadt-ort28564/adieu-hindenburgstrasse-12266950.html

 

Darmstadt will acht Straßennamen wegen NS-Bezugs ändern

https://www.n-tv.de/regionales/hessen/Darmstadt-will-acht...

 

(NS-Vergangenheit für aktuelle Polit-Agitation missbraucht) Greifbares Grauen

Dokumentarfilmregisseur diskutiert mit Schülern über NS-Terror

https://www.op-online.de/offenbach/offenbachhessen-dokume...

 

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LINKE / KAMPF GEGEN RECHTS / ANTIFASCHISMUS / RECHTE

 

Campact

Gegen alles, was rechts ist

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/gegen-alles-was-rechts-ist/

 

Maaßen 2.0? – Die Politik sägt an Meyer-Plaths Stuhl

https://sezession.de/61193/maassen-2-0-die-politik-saegt-...

 

Inside IB: Jetzt sprechen die Identitären (JF-TV Reportage)

https://www.youtube.com/watch?v=QXZVCEWqzxU

 

(Zur Polizeiaktion gegen „identitäre“ Polizisten)

Sonntagsheld (105) – Schwarze Schafe

https://sezession.de/61161/sonntagsheld-105-schwarze-schafe

 

(Tränenreiche „Antifa“-Story des Bayerischen Rundfunks um eine „Rechtsextremismus“-Expertin) Greding

Aktivistin bei AfD-Treffen angegangen

https://www.br.de/mediathek/video/greding-aktivistin-bei-afd-treffen-angegangen-av:5cd2ef26cf372a001a2bc98d

 

(Zu Greding...)

Höcke, Flügel, Deutschlandlied

von Götz Kubitschek

https://sezession.de/61173/hoecke-fluegel-deutschlandlied

 

(Bodo Ramelow hätte eine Lösung der Hymnen-Problematik...)

Bodo Ramelow will neue Nationalhymne

https://www.tichyseinblick.de/daili-es-sentials/bodo-ramelow-will-neue-nationalhymne/

 

(Oder so...)

Neue Nationalhymne: „Schni schna schnappi, überschnappi schnapp!“

https://www.achgut.com/artikel/neue_nationalhymne_schni_s...

 

(Antifa-“Künstler“ fühlen sich getroffen)

Nach IB-Vergleich

„Zentrum für politische Schönheit“ attackiert Kretschmer

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/zentrum...

 

Sigmar Gabriels Flirt mit dem Rechtsruck

https://sezession.de/61210/sigmar-gabriels-flirt-mit-dem-rechtsruck

 

Gauland, Kramp-Karrenbauer, Strauß und Hitler

Empörung über Büchsenwerf-Spiel der Jusos

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/empoerung-ueber-buechsenwerf-spiel-der-jusos/

 

(“Hasi“)

Der linke Fördersumpf: Steuergeld für Hausbesetzer

https://www.youtube.com/watch?v=WQba_91mU94

 

(“Organisiert ist NIKA im linksextremen Zusammenschluß `Ums Ganze`....“) „Antifaschistischer Aktionsmonat“

Linksextreme Szene ruft zum Kampf gegen die AfD auf

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/linksex...

 

Verwaltungsgericht

Bayerischer Rundfunk muß NPD-Wahlwerbung senden

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/bayeris...

 

Erfolge der AfD bei Europawahl

Bürgerrechtler Schorlemmer fürchtet „rassistische Internationale“

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/buerger...

 

Pop-Star Sarah Connor ist wütend über „AfD-Idioten“

https://jungefreiheit.de/kultur/2019/pop-star-sarah-conno...

 

Grünstadt

SPD fällt aus allen Wolken

Grünstadt: Benennung von Schöffe sorgt für Wirbel

https://www.rheinpfalz.de/lokal/gruenstadt/artikel/spd-fa...

 

Hamburg

Über 50 Schulen betroffen: Pädagogen dürfen keine AfD-Mitglieder sein

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/ueber-5...

 

Bayern

Früherer Bischof sagt Auftritt bei AfD nach Kritik ab

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/frueher...

 

Symbole

Anti-Nazi-Fahnen beschlagnahmt – Polizei greift bei Demo durch Dürfen Antifaschisten das Hakenkreuz zeigen? Bei einer Demonstration gegen die AfD hat die Frankfurter Polizei Fahnen der Grünen beschlagnahmt – wegen des Verwendens verfassungsfeindlicher Symbole. Die Partei reagiert bestürzt.

https://www.fnp.de/frankfurt/frankfurt-anti-nazi-fahnen-beschlagnahmt-polizei-greift-demo-durch-zr-12327785.html

 

„Antifaschistischer Beitrag zum Europawahlkampf 2019 in Berlin“

Gebrauchsanweisung für Verfassungsfeinde: 24 Seiten SA-Antifamethoden

http://www.pi-news.net/2019/05/gebrauchsanweisung-fuer-ve...

 

AfD sagt wegen Drohungen Wahlkampfschluss ab

https://www.tichyseinblick.de/daili-es-sentials/afd-sagt-...

 

Antwort der Bundesregierung

AfD ist Hauptopfer politischer Gewalt

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/afd-ist-hauptopfer-politischer-gewalt/

 

Natascha Runge in Bremen verletzt

Hübsche AfD-Politikerin übel zugerichtet – Wahl-Plakat stört Männer

https://www.nordbuzz.de/politik/natascha-runge-bremen-hue...

 

Matthias Klopfer (SPD) unterstützt Verstoß gegen Versammlungsgesetz Schorndorf: OB gibt Antifa OK zur Blockade gegen AfD

http://www.pi-news.net/2019/05/schorndorf-ob-gibt-antifa-...

 

Farbbeutelangriff auf Redaktion der Weltwoche

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/farbbeutelangriff-auf-redaktion-der-weltwoche/

 

Attacken auf „Weltwoche“

Molekularer Bürgerkrieg

von Dieter Stein

https://jungefreiheit.de/debatte/streiflicht/2019/molekularer-buergerkrieg/

 

Artikel inzwischen gelöscht

Gamestar: Angehörige von AfD-Wählern dürfen verbrannt werden

http://www.pi-news.net/2019/05/gamestar-angehoerige-von-a...

 

Chaos und Gewalt

Staatsschutz ermittelt nach Ausschreitungen in Bremen

https://www.nwzonline.de/bremen/bremen-chaos-und-gewalt-s...

 

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EINWANDERUNG / MULTIKULTURELLE GESELLSCHAFT

 

Vortragsabend des patriotischen Autors

Lichtmesz: „Der Große Austausch“

http://www.pi-news.net/2019/05/martin-lichtmesz-der-grosse-austausch/

 

Defend Malta – Die Doku

https://www.youtube.com/watch?v=-ccaNnM3PEw

 

#Borderless

Borderless (2019) | Emergency Backup

https://www.youtube.com/watch?v=ZQ_fz9EW5Iw

 

Mehr als 50 Migranten stürmen in spanische Nordafrika-Exklave

https://www.gmx.net/magazine/politik/50-migranten-stuerme...

 

Flüchtlingsorganisation

Malta: Gericht verurteilt „Lifeline“-Kapitän zu Geldstrafe

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/malta-geric...

 

„Zehn Gebote der Zuwanderung“

Asyl: Niederösterreich verlangt Dankbarkeit gegenüber Österreich

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/asyl-nieder...

 

Österreich: Kopftuchverbot für Grundschüler

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/oesterreich-kopftuchverbot-fuer-grundschueler/

 

Asylpolitik

„Neustart im Team“: Flüchtlingsbürgen als Mietzahler für Migranten

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/neustar...

 

Vonovia

Wohnungsunternehmen: Jeder zehnte Neumieter ist ein Flüchtling

https://jungefreiheit.de/wirtschaft/2019/wohnungsunterneh...

 

(Von Bewusstsein für eigene Defizite gibt es bei dieser Lobby-Gruppe keine Spur...) Hessen

Roma-Verein wirft Frankfurter Polizei Racial-Profiling vor

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/roma-ve...

 

(Späte Erkenntnis)

John Cleese

„London ist keine englische Stadt mehr“: Kritik für Monty-Python-Star sorgt für Kritik

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/london-ist-...

 

Islamische Fastenzeit

Aschaffenburg: Schulfest wegen Ramadans abgesagt

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/aschaff...

 

Ramadan: Kita verzichtet auf Grillwürste, Schule sagt Fest ab

https://jungefreiheit.de/kultur/gesellschaft/2019/ramadan...

 

Türkisch-arabische Hochzeitsfeste

Migrationsforscher Uslucan lehnt härtere Strafen für Autokorsos ab

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/migrati...

 

Nordrhein-Westfalen: Clans bekämpfen sich auf offener Straße

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/nordrhe...

 

Kampf gegen Sozialbetrug

NRW prüft Einführung fälschungssicherer Schülerausweise

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/nrw-pru...

 

(Ein Phänomen, das oft bei Familien mit Migrationshintergrund auftritt)

Wenn Sozialhilfeempfänger Porsche fahren: So kommt ihnen die Frankfurter Polizei auf die Schliche

https://www.fnp.de/frankfurt/frankfurt-polizei-spuert-bet...

 

Braunschweig: Studenten sollen Asylbewerbern weichen

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/braunsc...

 

„Frankreich gehört nicht den Franzosen!“: Hunderte Afrikaner besetzen Pariser Flughafen

https://www.unzensuriert.de/content/0029809-Frankreich-ge...

 

(Zum Antisemitismus)

Kippa für alle!

Von Henryk M. Broder

https://www.achgut.com/artikel/kippa_fuer_alle

 

Mehrere Verletzte in Magdeburg

Erneut geht ein Asylbewerber grundlos auf Passanten los

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/erneut-...

 

Ausländergewalt

Junge niedergestochen: Eritreischer Asylbewerber vor Gericht

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/junge-n...

 

„Schwarzfahrer“

Landshut: Nigerianer prügelt auf Zugbegleiter und Polizisten ein

http://www.pi-news.net/2019/05/landshut-nigerianer-pruege...

 

(Marrokaner-Milieu...)

Offenbach

Täter schoss aus Auto heraus

44-jährige Frau erschossen -  in der Luisenstraße kehrt wieder Normalität ein

https://www.op-online.de/offenbach/offenbach-hessen-nach-...

 

Polizei ermittelt und sucht Zeugen

Mann lauert Mädchen (8 und 10) auf – und überschreitet dabei eine Grenze

https://www.tz.de/welt/hanau-hessen-mann-lauert-maedchen-...

 

Köthen-Prozess

Urteil sorgt für Tumult im Prozess

https://www.volksstimme.de/sachsen-anhalt/koethen-prozess-urteil-sorgt-fuer-tumult-im-prozess

 

Nordrhein-Westfalen

Razzia: Polizei geht gegen irakisch-syrische Rocker vor

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/razzia-...

 

Berlin

Einwanderer verprügeln Polizisten: Mutter filmt Attacke

https://jungefreiheit.de/kultur/gesellschaft/2019/einwand...

 

(...kosovarisch-serbischer Herkunft...)

Polizeieinsatz in Hagen: Trauergemeinde blockiert Straße und verprügelt Autofahrer

https://rp-online.de/nrw/panorama/hagen-trauergemeinde-bl...

 

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KULTUR / UMWELT / ZEITGEIST / SONSTIGES

 

Urbanisierung: Verplante Planstädte

https://www.spektrum.de/news/verplante-planstaedte/1638766?utm_source=pocket-newtab

 

Wohnungsmarkt

Wem gehört New Yorks Skyline?

https://www.badische-zeitung.de/panorama/wem-gehoert-new-yorks-skyline--173651317.html

 

Aufbau des Sächsischen Palais

Geld für Polen: Weyel bringt Rückgabe des Deutschlandlieds ins Spiel

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/geld-fu...

 

Gesetzesentwurf

Verbot für Steingärten? Dieses Bundesland sagt Schotterwüsten den Kampf an

https://www.op-online.de/leben/wohnen/werden-steingaerten...

 

Hessen

Bebauungspläne und Grünsatzungen: Steingärten verhindern

https://www.n-tv.de/regionales/hessen/Bebauungsplaene-und...

 

Arte zeigt Fernsehserie „Eden“

TV-Unterhaltung über Asylkrise: Gut gemeint ist nicht gut gemacht

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/tv-unterh...

 

„Toto und Harry“

Fernseh-Polizist wettert gegen deutsche Asylpolitik

https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2019/fernseh...

 

TV-Kritik zu „Anne Will“

Der grüne Elefant der Medienkompetenz

https://jungefreiheit.de/kultur/medien/2019/der-gruene-elefant-der-medienkompetenz/

 

Europawahl

Rechtspopulisten spalten Deutschland: Tagesschau verteidigt AfD-Bericht

https://jungefreiheit.de/kultur/medien/2019/rechtspopulis...

 

(Mal wieder die unkomische Witzfigur...)

ORF distanziert sich

Böhmermann sorgt mit österreichfeindlichen Äußerungen für Eklat

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/boehmermann...

 

„Die Demokratie ist in Gefahr“

Nach Böhmermann: Autor Kehlmann kritisiert Österreich

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/nach-boehme...

 

ARD, ZDF und ORF schmieden Allianz gegen „Rechtspopulisten“

https://jungefreiheit.de/kultur/2019/ard-zdf-und-orf-schm...

 

Runde der Parteichefs vor der EU-Wahl

Gipfeltreffen des Populisten-Bashings

https://jungefreiheit.de/kultur/medien/2019/gipfeltreffen-des-populisten-bashings/

 

(taz, Süddeutsche und Tagesschau als „Belehrungsjournalismus“) Otto-Brenner-Stiftung

Studie: Medien waren „Propagandisten“ des Migrationspakts

https://jungefreiheit.de/kultur/medien/2019/studie-medien...

 

Microsoft macht Word politisch korrekt

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/microsoft-macht-word-politisch-korrekt/

 

Europawahlkampf

Weber verlangt Klarnamenpflicht in sozialen Netzwerken

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/weber-verla...

 

„Christchurch Call“

Neuseeland und Frankreich wollen gegen „Online-Gewalt“ vorgehen

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/neuseeland-...

 

Von Plattform entfernt

JF-Doku über Identitäre Bewegung wieder da

https://jungefreiheit.de/kultur/medien/2019/youtube-loescht-jf-doku-ueber-identitaere-bewegung/

 

Schlüsse ziehen aus der AfD-Medienkonferenz

https://sezession.de/61182/schluesse-ziehen-aus-der-afd-medienkonferenz

 

Und er kam doch: Milo Yiannopoulos mit frenetischem Applaus von Journalisten in Berlin gefeiert

https://philosophia-perennis.com/2019/05/12/und-er-kam-do...

 

(Mediale Inszenierungen von Merkel, Joko und Klaas)

Angela Merkel in Harvard, Österreichs Kanzlerin und ProSieben Kaisers royaler Wochenrückblick

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/kaisers-royaler-wochenrueckblick-11/

 

Neue App angekündigt

Pokémon soll bald auch im Schlaf spielbar sein

https://www.t-online.de/digital/id_85841942/-pokemon-sleep-diese-game-app-soll-im-schlaf-spielbar-sein.html

 

TU Darmstadt warnt vor Sicherheitslücken

Wenn der Staubsauger die Wohnung ausspäht

https://www.hessenschau.de/panorama/wenn-der-staubsauger-die-wohnung-ausspaeht,saugroboter-106.html

 

(Sie zerfleischen sich gegenseitig...)

Diskriminierung

Wegen transgenderkritischer Tweets: Steuerexpertin gefeuert

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/wegen-trans...

 

Ein Schülerheftchen und unsere Aufgabe als Eltern von Caroline Sommerfeld

https://sezession.de/61189/ein-schuelerheftchen-und-unsere-aufgabe-als-eltern

 

Afro-Look statt blonder Mähne

Neue Puppen für Kinder in Afrika

Zu dünn, zu sexy, nicht kindgerecht. Wie Puppen aussehen sollen, bietet hierzulande viel Stoff für Diskussionen. Auch Eltern in Afrika kennen das Problem. Im Fokus stehen dort Hautfarbe und Haare.

https://www.rnz.de/wissen/gesellschaft_artikel,-afro-look-statt-blonder-maehne-neue-puppen-fuer-kinder-in-afrika-_arid,440303.html

 

(Feministischer Anprangerungs-“Preis“ „Goldener Zaunpfahl“ ) Toilettenputz-Spiel für Mädchen

Negativpreis für absurdes „Gendermarketing“ vergeben

https://www.rbb24.de/panorama/beitrag/2019/05/gendermarke...

 

Studentenproteste

Harvard-Professor verliert Posten wegen Weinstein-Verteidigung

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/harvard-pro...

 

Augstein vs. Weißmann

Positionsbestimmung statt Konsensfindung

https://jungefreiheit.de/kultur/gesellschaft/2019/positionsbestimmung-statt-konsensfindung/

 

Neues Buch von David Engels

„Renovatio Europae“: Gegenentwurf zur Europäischen Union

https://jungefreiheit.de/kultur/literatur/2019/renovatio-...

 

Hochstaplerin Marie Sophie Hingst Bloggerin soll Holocaust-Opfer erfunden haben

Für ihren Blog „Read on my dear“ wurde die Historikerin Marie Sophie Hingst ausgezeichnet. Jetzt kam heraus: Ihre jüdische Familiengeschichte war gefälscht.

https://www.tagesspiegel.de/kultur/hochstaplerin-marie-sophie-hingst-bloggerin-soll-holocaust-opfer-erfunden-haben/24410552.html

 

Streit in Mannheim

Der Mohr soll weg

https://jungefreiheit.de/debatte/kommentar/2019/der-mohr-soll-weg/

 

Politische Korrektheit

Stadt Eisenberg hält trotz Kritik am „Mohr“ fest

https://jungefreiheit.de/kultur/2019/stadt-eisenberg-haelt-trotz-kritik-am-mohr-fest/

 

(Jetzt aber sofort alles genau ins Gegenteil verkehren...)

Von Muttertag bis Meisterzwang: So lebt das Erbe der Nazis fort

https://www.gmx.net/magazine/wissen/geschichte/muttertag-...

 

Südbaden

„Frevel an der Natur“ : Diebe klauen Tausende Orchideen-Knollen

https://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/kriminalitaet/sc...

 

Frankfurts Uni-Präsidentin auf Abwegen

„March for Science“ als Spektakel gegen „Klimawandel-Leugner“

http://www.bff-frankfurt.de/artikel/index.php?id=1408

 

(Alltagsmobbing)

Kultkneipe Zappbar

Frankfurter Wirt setzt „Kopfgeld“ auf Verfasser einer Google-Bewertung aus

https://www.op-online.de/region/frankfurt/frankfurt-hesse...

 

(Junge Menschen bei Mobilanbietern verschuldet...)

Schuldenfalle Handy: Was uns wirklich pleite macht

https://www.futurezone.de/digital-life/article225876075/S...

 

Frieden von Versailles

Negativsummenspiel mit lauter Verlierern

von Erich Weede

https://jungefreiheit.de/wissen/geschichte/2019/negativsummenspiel-mit-lauter-verlierern/

 

Kritik an SPÖ

Gabalier empört über Liederverbot: „Faschismus in reinster Form“

https://jungefreiheit.de/politik/ausland/2019/gabalier-em...

 

„Das Heerlager der Heiligen“ in Recklinghausen

von Martin Lichtmesz

https://sezession.de/61172/das-heerlager-der-heiligen-in-...

mercredi, 05 juin 2019

Le populisme ou la mort - Olivier Maulin

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Le populisme ou la mort

Olivier Maulin

On connaît la verve satirique qui caractérise les écrits de l'écrivain à succès Olivier Maulin. Le chantre du retour à la vraie nature est aussi un brillant polémiste qui sait porter un regard sans concession sur l'actualité. La preuve par son dernier ouvrage : "Le populisme ou la mort", recueil de chroniques parues dans Minute.
 

Marx et le pouvoir satanique de l’argent…

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Marx et le pouvoir satanique de l’argent…

Les Carnets de Nicolas Bonnal

Le culte de l’argent détruit la planète et l’humanité. Devenus humanitaires, les oligarques se montrent encore plus dangereux que quand ils sont simplement voraces… cela appelle une réflexion sur le rôle satanique de l’argent, vrai prince dans ce monde. Pas besoin d’évoquer les pleurnicheries du christianisme occidental qui aura contribué (réforme et découvertes, colonisation, solidification puis aggiornamento mielleux) plus qu’aucune autre religion à la destruction de ce monde. 

Voyons donc un penseur plus sérieux. 

Debord les cite souvent : dans ses manuscrits de 1844 formidablement inspirés, Marx décrit le pouvoir de l’argent. Et cela va donner les observations suivantes :

« L’argent en possédant la qualité de tout acheter, en possédant la qualité de s'approprier tous les objets est donc l'objet comme possession éminente. L'universalité de sa qualité est la toute-puissance de son essence. Il passe donc pour tout-puissant... L'argent est l'entremetteur entre le besoin et l'objet, entre la vie et le moyen de subsistance de l'homme. Mais ce qui sert de moyen terme à ma vie, sert aussi de moyen terme à l'existence des autres hommes pour moi. C'est pour moi l'autre homme. »

Pour nous éclairer Marx a recours comme votre serviteur aux classiques. On commence par Goethe :

« Que diantre! il est clair que tes mains et les pieds

Et ta tête et ton c... sont à toi ;

Mais tout ce dont je jouis allégrement

En est-ce donc moins à moi ?

Si je puis payer six étalons,

Leurs forces ne sont-elles pas miennes ?

Je mène bon grain et suis un gros monsieur,

Tout comme si j'avais vingt-quatre pattes… »

Puis Marx continue avecShakespeare via le splendide/méconnu Timon d'Athènes :

« De l'or! De l'or jaune, étincelant, précieux! Non, dieux du ciel, je ne suis pas un soupirant frivole... Ce peu d'or suffirait à rendre blanc le noir, beau le laid, juste l'injuste, noble l'infâme, jeune le vieux, vaillant le lâche... Cet or écartera de vos autels vos prêtres et vos serviteurs ; il arrachera l'oreiller de dessous la tête des mourants ; cet esclave jaune garantira et rompra les serments, bénira les maudits, fera adorer la lèpre livide, donnera aux voleurs place, titre, hommage et louange sur le banc des sénateurs ; c'est lui qui pousse à se remarier la veuve éplorée. Celle qui ferait lever la gorge à un hôpital de plaies hideuses, l'or l'embaume, la parfume, en fait de nouveau un jour d'avril. Allons, métal maudit, putain commune à toute l'humanité, toi qui mets la discorde parmi la foule des nations... »

Et plus loin :

« O toi, doux régicide, cher agent de divorce entre le fils et le père, brillant profanateur du lit le plus pur d'Hymen, vaillant Mars, séducteur toujours jeune, frais, délicat et aimé, toi dont la splendeur fait fondre la neige sacrée qui couvre le giron de Diane, toi dieu visible,& qui soudes ensemble les incompatibles et les fais se baiser, toi qui parles par toutes les bouches et dans tous les sens, pierre de touche des cœurs, traite en rebelle l'humanité, ton esclave, et par ta vertu jette-la en des querelles qui la détruisent, afin que les bêtes aient l'empire du monde. »

kmgb.jpgEt Marx commente et explique les passages cités :

« Shakespeare décrit parfaitement l'essence de l'argent. Pour le comprendre, commençons d'abord par expliquer le passage de Goethe :

Ce qui grâce à l'argent est pour moi, ce que je peux payer, c'est-à-dire ce que l'argent peut acheter, je le suis moi-même, moi le possesseur de l'argent. Ma force est tout aussi grande que celle de l’argent. »

L’argent peut tout et donc il dissout tout :

« Les qualités de l'argent sont mes qualités et mes forces essentielles, – à moi son possesseur. Ce que je suis et ce que je peux n'est donc nullement déterminé par mon individualité. Je suis laid, mais je peux m'acheter la plus belle femme. Donc je ne suis pas laid, car l'effet de la laideur, sa force repoussante, est anéanti par l'argent. De par mon individualité, je suis perclus, mais l'argent me procure vingt-quatre pattes ; je ne suis donc pas perclus; je suis un homme mauvais, malhonnête, sans conscience, sans esprit, mais l'argent est vénéré, donc aussi son possesseur, l'argent est le bien suprême, donc son possesseur est bon, l'argent m'évite en outre la peine d'être malhonnête ; on me présume donc honnête; je suis sans esprit, mais l'argent est l'esprit réel de toutes choses, comment son possesseur pourrait-il ne pas avoir d'esprit ? »

L’argent devient/achète l’esprit :

« De plus, il peut acheter les gens spirituels et celui qui possède la puissance sur les gens d'esprit n'est-il pas plus spirituel que l'homme d'esprit? Moi qui par l'argent peux tout ce à quoi aspire un cœur humain, est-ce que je ne possède pas tous les pouvoirs humaine ? Donc mon argent ne transforme-t-il pas toutes mes impuissances en leur contraire ? »

Et il devient « le lien de tous les liens » :

« Si l'argent est le lien qui me lie à la vie humaine, qui lie à moi la société et qui me lie à la nature et à l'homme, l'argent n'est-il pas le lien de tous les liens ? Ne peut-il pas dénouer et nouer tous les liens ? N'est-il non plus de ce fait le moyen universel de séparation ? Il est la vraiemonnaie divisionnaire, comme le vrai moyen d'union, la force chimique[universelle] de la société. »

Marx synthétise l’envolée de Shakespeare (à qui les lobbies LGBTQ financés grassement font subir les pires avanies) :

« Shakespeare souligne surtout deux propriétés de l'argent :

1º Il est la divinité visible, la transformation de toutes les qualités humaines et naturelles en leur contraire, la confusion et la perversion universelle des choses ; il fait fraterniser les impossibilités.

2º Il est la courtisane universelle, l'entremetteur universel des hommes et des peuples. »

La définition vient :

« La perversion et la confusion de toutes les qualités humaines et naturelles, la fraternisation des impossibilités - la force divine - de l'argent sont impliquées dans son essence in tant qu'essence générique aliénée, aliénante et s'aliénant, des hommes. Il est la puissance aliénée de l'humanité.

Ce que je ne puis en tant qu'homme, donc ce que ne peuvent toutes mes forces essentielles d'individu, je le puis grâce à l'argent. L'argent fait donc de chacune de ces forces essentielles ce qu'elle n'est pas en soi; c'est-à-dire qu'il en fait son contraire. »

 

Sources 

Karl Marx, manuscrits de 1844 (classiques.uqac.ca)

Shakespeare, Timon…

mardi, 04 juin 2019

Curieux polar fantastique

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Curieux polar fantastique

par Georges FELTIN-TRACOL

Avertissons immédiatement fans de polars et autres aficionados d’Arsène Lupin et de Sherlock Holmes, Mémoires d’un détective à vapeur ne relatent que partiellement les péripéties d’un détective féru d’informatique et de systèmes cybernétiques. C’est plutôt une compilation de documents, de notes éparses et d’archives que l’historien Viatcheslav Pavlovitch Koulikov a offert à l’Université de Bordeaux – Montaigne et qui tourne autour de son ami, le détective Jan Marcus Sylvanovitch Bodichiev, souvent en prise avec son demi-frère aîné, Félix Sylvanovitch Bodichiev alias Le Masque, redoutable cerveau d’une puissante organisation criminelle internationale.

Résident londonien, le détective Bodichiev est citoyen de l’Empire anglo-russe qui domine ce monde uchronique. Son point de bifurcation est proprement incongru et témoigne d’une méconnaissance profonde des règles dynastiques anglaises liées à l’anglicanisme. « Lorsque le tsar Constantin s’était marié avec Victoria, il venait déjà d’épouser la foi bouddhiste, tendance “ Petit Véhicule ”. Passionnée de spiritisme et de mysticisme, la jeune souveraine britannique avait suivi avec enthousiasme son époux dans cette voie. Les calendriers romains et orthodoxes avaient été abandonnés au profit d’un nouveau mode de datation, mis au point par les savants de Constantin d’après les calculs basés sur la naissance de Siddharta Gautama. Résultat des courses : alors que la France marxiste-engelsiste considérait que l’on était encore en 1969, l’Empire de Toutes les Russies, celui sur lequel le soleil ne se couchait réellement jamais, fêtait en grande pompe l’avènement de l’An 3 000 (p. 83). »

Dans cet univers assez « baroque », l’Anglo-Russie se prolonge jusqu’à la lointaine province de Californie et sa grande ville, Saint-Francisbourg. Il existe néanmoins sur le même continent « les États-Unis de Nord-Amérique, la Fédération brésilienne et l’Empire du Paraguay (p. 135) ». Si on suppose que la féroce Guerre de la Triple Alliance (1864 – 1870) s’est achevée par la victoire du Paraguay, on peut aussi envisager que l’Alaska et la côte Ouest du Canada relèvent de l’Empire anglo-russe. Une autre méconnaissance flagrante concerne la graphie en -ov qui remonte à la Révolution bolchévique. La Russie tsariste utilisait le -off. Bodichiev et Koulikov devraient par conséquent s’écrire « Bodichieff » et « Koulikoff ».

Ce n’est cependant pas la minceur de résolutions qui pose problème, ni même la combinaison d’un rétro-futur fort proche du Steampunk avec des avancées de haute technicité scientifique (hommes génétiquement modifiés, régulation météorologique spécifique au-dessus des propriétés de l’aristocratie et de la haute-bourgeoisie…), mais l’existence d’une « Union des Républiques Solidaires Françaises » dirigée par un Premier secrétaire du Parti communiste, Pierre Mendès-France. Quand il meurt, son successeur se nomme… Julien Dray ! Quant à Valéry Giscard d’Estaing, il dirige un « gouvernement français en exil » à « London ».

Outre la confusion chronologique, ce divertissement devient pernicieux puisqu’il qualifie le régime français non pas de « socialiste » ou de « communiste », mais de solidariste : « Parti solidariste (pp. 134 et 174) », « prosélytisme pro-solidariste (p. 141) », « Le Matin solidariste (p. 1) », « régime solidariste (p. 174) ». Pourquoi employer un mot si rare ? Soit l’auteur n’en connaît pas les différentes acceptions et l’a choisi pour sa sonorité. Soit il l’a fait sciemment afin de lui donner une connotation a priori négative et ainsi retarder le remplacement de celui de « socialisme ». De passage à Paris, le francophone Bodichiev approuve néanmoins « un système de tri raisonné des déchets ménagers, à fin de recyclage. De ce point de vue, au moins, l’Empire aurait eu bien des leçons d’écologie à recevoir des petits solidaristes (p. 138) ».

Peut-être aura-t-on de plus amples précisions avec un éventuel (et imminent ?) second volume ? Tant par les intrigues que par le contexte uchronique, l’ensemble n’en reste pas moins mitigé. La symbiose de la thalassocratie britannique et de la puissance continentale russe paraît bien improbable à l’aune de notre histoire. Dans le cadre de cette uchronie assez fantasque…

Georges Feltin-Tracol

• Viat et Olav Koulikov, Mémoires d’un détective à vapeur, les moutons électriques, coll. « Les saisons de l’étrange », traduction d’André-François Ruaud, 2018, 272 p., 17 €.

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The Jacobin Vision of Social Democracy Won’t Save Us

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The Jacobin Vision of Social Democracy Won’t Save Us

A Review of The Socialist Manifesto by Bhaskar Sunkara

The title of Bhaskar Sunkara’s new book is both bold and smart, from a marketing perspective at least. It’s eye-catching in its reference to The Communist Manifesto. I’m actually a little surprised that apparently no previous book has had that title, since it seems so obvious. The reason may be that other writers have been more humble than Sunkara, and less willing to elicit inevitable comparisons between their work and Marx’s. For no writer, and certainly not Sunkara, will fare well under such a comparison.

But I don’t want to be too harsh on the founder of Jacobin, whose magazine has (whatever one thinks of its particular political line) performed useful services for the American left. Sunkara is not a deep or original thinker, but he’s an effective popularizer—and in an age of mass ignorance, there’s much to be said for popularizations. The book is written for the uninitiated, and if it succeeds in piquing young readers’ interest in socialism, then it has served its purpose.

The title is a misnomer, however, for the book is no manifesto. It is essentially a critical history of socialism with a couple of chapters at the beginning and the end on the present and possible future of the left. The scope is ambitious: it ranges over the German Social Democratic Party up to World War I, the triumphs and tragedies of Leninism and Stalinism in Russia, Swedish social democracy, the record of “socialism” in China and the Third World, and the history of socialists in the U.S., in the process touching on the Labour Party in Britain, the Popular Front period in France, the impact of neoliberalism on the working class, and other subjects. It also has a chapter on fifteen lessons to be gleaned from the history, as well as a whimsical, speculative chapter (the first one) on what it might be like to live in a socialist society and what the transition from a social democratic to a socialist society might look like. Sunkara’s interpretations and ideas come from respectable scholars such as Michael Harrington, Vivek Chibber, and David Schweickart, in addition to younger writers for Jacobin.

bhaskar.jpgThrough most of the book, the arguments are anchored in sturdy common sense, however much one might contest a point or emphasis here and there. On “Third World socialism,” for example, whether in China or Africa or the Americas, Sunkara is right that it turned Marxism on its head, so to speak: “revolutionaries embraced socialism as a path to modernity and national liberation. Adapting a theory that was built around advanced capitalism and an industrial proletariat, they struggled to find ‘substitute proletariats’—from peasants to junior military officers to deprived underclasses—to achieve these ends.” None of it was socialism in the Marxist sense, as coming from the breakdown (literal or not) of capitalism and signifying the liberation of humanity from alienated and exploitative production. It was a “socialism” subordinated to nationalistic ends.

As for social democracy, Sunkara is clearly right that it always faces a “structural dilemma,” in that it exists within capitalism and depends on capitalist profitability. Historically it was safe only as long as there was an expanding economy. “Expansion gave succor to both the working class and capital. When growth slowed [in the 1970s] and the demands of workers made deeper inroads into firm profits, business owners rebelled against the class compromise.” The era of neoliberalism began.

Sunkara’s conclusion to his survey of twentieth-century socialism is appropriate: “The best we can say about socialism in the twentieth century is that it was a false start.” Personally, I would even argue (and have, in Worker Cooperatives and Revolution) that attempts to introduce socialism—which is to say workers’ democratic control of production—exclusively through the bureaucratic initiative of the state, in an international economic environment still completely dominated by the dynamics and the hierarchies of corporate capitalism, were always misconceived. If a transition to genuine socialism ever happens, it will necessarily take generations, generations of struggle around the world directed at everything from the interstitial construction of solidarity economies to the mobilization of millions on behalf of radical political parties.

What Sunkara envisions is that a new kind of “class-struggle social democracy,” of the sort that Jeremy Corbyn and Bernie Sanders advocate, may be achieved after years of popular struggle. But rather than being content with this achievement and possibly letting it be undermined by the capitalist class, as happened to classical social democracy, socialists have to keep pressing for more radical transformations, such as expansion of the cooperative or publicly-owned sector of the economy.

Democratic socialists must secure decisive majorities in legislatures while winning hegemony in the unions. Then our organizations must be willing to flex their social power in the form of mass mobilizations and political strikes to counter the structural power of capital and ensure that our leaders choose confrontation over accommodations with elites.

Eventually, this new social democracy will evolve into socialism, as the state and/or workers take over ownership and control of the remaining private firms.

Sunkara fleshes out these predictions a bit in his first chapter, but I think some skepticism is in order. Social democracy was appropriate to an era of industrial unionism and relatively limited mobility of capital. In a “globalized” age, it’s hard to see how social democracy can simply be reconstructed—in a more radical form, even, than before. History doesn’t work in this way, in which previous social formations are resurrected after they have succumbed to the universal solvent of capitalism. We can’t just return to conditions that no longer exist. That is a key lesson of Marxism itself.

In the U.S., to enact Medicare for All, safe and secure housing for all, free child care, decent public education at all levels, and other reforms Sunkara mentions would require, as he says, that socialists have strong legislative majorities. Given the power of the capitalist class, I don’t see this happening, at least not in the next twenty or thirty years. It took reactionaries decades of organization to achieve their current power—and they had enormous resources and existed in a broadly sympathetic political economy. It’s hard to imagine that socialists will have better luck.

Predicting the future isn’t exactly easy, especially not at this moment when humanity is poised on a precipice overlooking climate change, mass extinction of flora and fauna, economic crisis, complete political dysfunction, and general social breakdown. But my own prognosis would be more pessimistic than Sunkara’s. Neoliberalism has brought to its consummation the fracturing and atomizing of civil society that capitalism has entailed. The nation-state system itself seems in danger of decaying from within, from social crisis. There is no return of vitality and integration on the horizon. There is only a long period of crisis, a period of political flailing and confrontation, of stagnation and polarization, a period that will see lots of little left-wing victories and lots of defeats but few epochal triumphs. (If Sanders or Corbyn achieve power, for example, they will face a business community determined to destroy them.)

Whatever will be happening at the level of the national state, on smaller scales initiatives in the solidarity economy will be spreading around the nation and around the world, from people’s sheer necessity to survive. Activists will be pressing for changes in state policy to facilitate the growth of this non-capitalist economy, and states will be increasingly forthcoming if only because such local and decentralized projects are seen as relatively unthreatening to capitalist power. As left-wing parties acquire more influence, they will press for the expansion of this cooperative sector of the economy—along with other policies that are more directly and immediately threatening to capitalism. The reactionaries can’t control everything forever (otherwise society would completely collapse), and the left will begin to have more political victories to approximately the degree that a cooperative sector invested in the left grows. As repeated economic crises will be destroying huge amounts of wealth and thinning the ranks of the capitalist hyper-elite, a new society and economy will gradually emerge in the womb of the old regime.

In my above-mentioned book I argue that this scenario, which will unfold over many decades, is the only truly Marxist or materialist conception of socialist revolution, notwithstanding most Marxists’ hostility to any conception hinting of “gradual change.” The Jacobin social democratic scenario is naïve and ahistorical.

Nevertheless, Sunkara’s book is of value. Little in it will be new to long-time leftists, but American political culture could certainly use more popularizations like The Socialist Manifesto. We have a long, long war ahead.

Chris Wright has a Ph.D. in U.S. history from the University of Illinois at Chicago. He is the author of Notes of an Underground Humanist and Worker Cooperatives and Revolution: History and Possibilities in the United States. Read other articles by Chris, or visit Chris's website.

lundi, 03 juin 2019

Europe in Irreversible Decay

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Europe in Irreversible Decay

EU Elections are Proof of It

Europe, an “old” colonialist continent, is decaying, and in some places even collapsing. It senses how bad things are going. But it never thinks that it is its own fault.

North America is decaying as well, but there, people are not even used to comparing. They only “feel that things are not going well”. If everything else fails, they simply try to get some second or third job, and just survive, somehow.

On both sides of the Atlantic, the establishment is in panic. Their world is in crises, and the ‘crises’ arrived mainly because several great countries, including China, Russia, Iran, but also South Africa, Turkey, Venezuela, DPRK and the Philippines, are openly refusing to play in accordance with the script drawn in Washington, London and Paris. In these nations, there is suddenly no appetite for sacrificing their own people on the altar of well-being of Western citizens. Several countries, including Venezuela and Syria, are even willing to fight for their independence.

Despite insane and sadistic embargos and sanctions imposed on them by the West; China, Russia and Iran are now flourishing, in many fields doing much better than Europe and North America.

If they are really pushed any further, China, Russia and their allies combined, could easily collapse the economy of the United States; an economy which is built on clay and unserviceable debt. It is also becoming clear that militarily, the Pentagon could never defeat Beijing, Moscow, even Teheran.

After terrorizing the world for ages, the West is now almost finished: morally, economically, socially, and even militarily. It still plunders, but it has no plan to improve the state of the world. It cannot even think in such terms.

It hates China, and every other country that does have progressive, internationalist plans. It smears President Xi Jinping and his brainchild, the Belt and Road Initiative (BRI), but there is nothing new and exciting that the West is able to offer to the world. Yes, of course, those regime changes, coups, military interventions and theft of natural resources, but anything else? No, silence!

*****

During my two weeks long working visit to Europe, in the Czech Republic (now renamed to Czechia), a country that enjoys a higher HDI (Human Development Index defined by UNDP) than Italy or Spain, I saw several young, decently dressed men, picking through garbage bins, right in front of my hotel, looking for food.

I saw young Europeans kneeling and begging in Stuttgart, the second richest city in Germany (where both Mercedes and Porsche cars are produced).

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What I observed in all seven countries of the EU that I visited, was confusion, but also indifference, extreme selfishness and almost grotesque idleness. In great contrast to Asia, everybody in Europe was obsessed with their ‘rights’ and privileges, while no one gave a slightest damn about responsibilities.

When my plane from Copenhagen landed in Stuttgart, it began to rain. It was not heavy rain; just rain. The Canadair jet operated by SAS is a small aircraft, and it did not get a gate. It parked a few meters from the terminal and the captain announced that ground staff refused to bring a bus, due to lightning and the downpour. And so, we stayed inside the plane, for 10 minutes, 20 minutes, half an hour. The lightning ended. The drizzle continued. 40 minutes, no bus. One hour later, a bus appeared. A man from the ground staff emerged leisurely, totally wrapped in plastic, protected hermetically from rain. Passengers, on the other hand, were not even offered umbrellas.

“I love myself”, I later read graffiti in the center of the city.

The graffiti was not far from the central train station, which is being refurbished at the cost of several billion euros, and against the will of the citizens. The monstrous project is marching on at an insanely lazy pace, with only 5-6 construction workers detectable at a time, down in the tremendous excavations.

Stuttgart is unbelievably filthy. Escalators often do not work, drunkards are all over, and so are beggars. It is as if for decades, no one did any face-lift to the city. Once free museums are charging hefty entrance fees, and most of the public benches have disappeared from parks and avenues.

The decay is omnipresent. The German rail system (DB) has virtually collapsed. Almost all trains are late, from the ‘regional’; to the once glorified ICE (these German ‘bullet trains’ are actually moving slower, on average, even in comparison to some Indonesian inter-city expresses).

The services provided everywhere in Europe, from Finland to Italy, are grotesquely bad. Convenience stores, cafes, hotels – all are understaffed, badly run and mostly arrogant. Humans are often replaced by dysfunctional machines. Tension is everywhere, the bad mood omnipresent. Demanding anything is unthinkable; one risks being snapped at, insulted, sent to hell.

I still remember how Western propaganda used to glorify services in the capitalist countries, when we were growing up in the Communist East: “The customer is always treated like a god”. Yes, right! How laughable.

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For centuries, “European workers” were ‘subsidized’ by colonialist and neo-colonialist plunder, perpetrated in all non-white corners of the world. They ended up being spoiled, showered with benefits, and unproductive. That was fine for the elites: as long as the masses kept voting for the imperialist regime of the West.

“The Proletariat” eventually became right-wing, imperialist, even hedonistic.

I saw a lot this time, and soon I will write much more about it.

What I did not witness, was hope, or enthusiasm. There was no optimism. No healthy and productive exchange of ideas, or profound debate; something I am so used to in China, Russia or Venezuela, just confusion, apathy and decay everywhere.

And hate for those countries that are better, more human, more advanced, and full of socialist enthusiasm.

*****

Italy felt slightly different. Again, I met great left-wing thinkers there; philosophers, professors, filmmakers, journalists. I spoke at Sapienza University, the biggest university in Europe. I lectured about Venezuela and Western imperialism. I worked with the Venezuelan embassy in Rome. All of that was fantastic and enlightening, but was this really Italy?

A day after I left Rome for Beirut, Italians went to the polls. And they withdrew their supports from my friends of the 5-Star-Movement, leaving them with just over 17%, while doubling the backing for the extreme right-wing Northern League.

This virtually happened all over Europe. UK Labor lost, while right-wing Brexit forces gained significantly. Extreme right-wing, even near-fascist parties, reached unexpected heights.

It was all “me, me, me” politics. An orgy of “political selfies”. Me had enough of immigrants. Me wants better benefits. Me wants better medical care, shorter working hours. And so on.

Who pays for it, no one in Europe seems to care. Not once did I hear any European politicians lamenting about the plundering of West Papua or Borneo, about Amazonia or the Middle East, let alone Africa.

And immigration? Did we hear anything about that nuisance of European refugees, millions of them, many illegal, that have descended in the last decades on Southeast Asia, East Africa, Latin America, and even Sub Continent? They are escaping, in hordes, from meaninglessness, depressions, existential emptiness. In the process, they are stripping the locals of land, real estate, beaches, everything.

“Immigrants out”? Fine; then European immigrants out from the rest of the world, too! Enough of the one-sidedness!

The recent EU elections clearly showed that Europe has not evolved. For countless dark centuries, it used to live only for its pleasure, murdering millions in order to support its high life.

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Right now, it is trying to reshuffle its political and administrative system, so it can continue doing the same. More efficiently!

On top of it, absurdly, the world is expected to pity that overpaid and badly performing, mainly right-wing and lethargic European proletariat, and sacrifice further tens of millions of people, just in order to further increase its standard of living.

All this should not be allowed to happen. Never again! It has to be stopped.

What Europe has achieved so far, at the expense of billions of lives of “the others”, is definitely not worthy of dying for.

Beware of Europe and its people! Study its history. Study imperialism, colonialism and the genocides it has been spreading all over the world.

Let them vote in their fascists. But keep them away. Prevent them from spreading their poison all over the world.

They want to put the interests of their countries first? Wonderful! Let us do exactly the same: The people of Russia first, too! China first! And, Asia, Africa, Latin America first!

• First published by NEO – New Eastern Outlook

Andre Vltchek is a philosopher, novelist, filmmaker and investigative journalist. He has covered wars and conflicts in dozens of countries. Four of his latest books are China and Ecological Civilization with John B. Cobb, Jr., Revolutionary Optimism, Western Nihilism, a revolutionary novel Aurora and a bestselling work of political non-fiction: Exposing Lies Of The Empire. View his other books here. Watch Rwanda Gambit, his groundbreaking documentary about Rwanda and DRCongo and his film/dialogue with Noam Chomsky On Western Terrorism. Vltchek presently resides in East Asia and the Middle East, and continues to work around the world. He can be reached through his website and his Twitter. Read other articles by Andre.

Zen & Martial Arts

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Zen & Martial Arts

Translated by Guillaume Durocher

Ex: http://www.counter-currents.com

Translator’s Note: The following extracts are drawn from Taisen Deshimaru, Zen et Arts martiaux (Paris: Albin Michel, 1983 [1977]). The style reflects the rambling, spontaneous speaking of many Zen masters, whose “writings” are often not of their own initiative, but rather sayings recorded by their pious (often Western) followers. Another example of this would be Shunryū Suzuki, who was popular in California. This does raise the question of how “Taisen Deshimaru” authored the books ascribed to him. Deshimaru’s French was poor and his English a tolerable “Zenglish.” The particular French language used then must be the product of his followers. Still, as with all foundational spiritual texts, whatever the relationship with the founder himself, the words are a genuine reflection of his school or movement, and, in this case, of an authentically Francophone and European Zen.

Is there not a Way which would allow man to surpass the limits of his humanity? To go beyond?

It was to answer this fundamental hope that Budo[1] [2] produced the principle of wasa. One can define a wasa as an art, as a kind of super-technique passed on from master to student, enabling one to impose oneself on other man and to elevate oneself above them. The wasa of Japanese Budo goes back to the historical age of the samurai. It is a power, beyond the individual’s own strength.

Zen, for its part, has created another super-technique, which not only grants physical and mental strength, but even opens the path to Wisdom, the path of a wisdom comparable to that of God or Buddha. This is zazen:[2] [3] a training in sitting down in a traditional posture, a training in walking, in feeling oneself standing up, in breathing correctly; a mental attitude, the hishiryo[3] [4] state of consciousness, a profound and unique education. (16)

* * *

deshimarubook2.jpgThe Seven Principles

The fusion of Buddhism and Shintoism enabled the creation of Bushido, the Way of the samurai. One can sum up this Way in seven fundamental points:

  1. Gi: right decision in equanimity, the right attitude, truth. When we must die, we must die.
  2. Yu: bravery with shades of heroism.
  3. Jin: universal love, benevolence towards humanity.
  4. Rei: right behavior, which is a fundamental point.
  5. Makoto: total sincerity.
  6. Melyo: honor and glory.
  7. Chugi: devotion, loyalty.

These are the seven principles of the spirit of Bushido. Bu: martial arts. Shi: the warrior. Do: the Way.

The way of the samurai is imperative and absolute. The practice coming from the body via the unconscious is fundamental. Hence the very great importance assigned to education in right behavior.

The influences between Bushido and Buddhism have been reciprocal. But Buddhism was influenced by Bushido in five respects:

  1. The calming of sentiments.
  2. Tranquil obedience in the face of the inevitable.
  3. Self-mastery in the presence of any event.
  4. Greater intimacy with the idea of death than with that of life.
  5. Pure poverty.

Before the Second World War, Zen Master Kodo Sawaki gave lectures to the greatest martial arts masters, to the highest authorities of Budo. In French, we confuse martial arts and the arts of wars; but in Japanese the former is the Way. In the West, these martial arts, which are now fashionable, have become a sport, a technique, without the spirit of the Way.

In his lectures, Kodo Sawaki said that Zen and the martial arts have the same taste and are united. In Zen as in the martial arts, training counts for a lot. How long must one train? Many people have asked me: “How many years must I do zazen?” And I answer: “Until your death.” Then my conversation partners are not very happy. Europeans want to learn quickly, some even in a single day. “I’ve been once and I’ve understand,” so they say! But the dojo is different from University.

And Budo, too, one must continue up to one’s death. (20-21)

* * *

In the martial arts, one must penetrate the elements, the phenomena, and not miss the mark. The martial arts are then essentially virile, because man penetrates woman. But nowadays, everyone saves their energy and only half-lives. We are always incomplete. People half-live, tepid like bathwater. (31)

* * *

We must create our life, make ourselves free, detached, attentive only to the here and now: everything is there. (32)

* * *

To concentrate means the complete expulsion, the total discharge of energy. This must be found in all the acts of our life. In the modern world, we see just the opposite: the young half-live and are half-dead. And during their work or during zazen, they think of sex, and vice versa: it is like this in all the acts of life. (33)

* * *

One must channel the body’s tension and the technique’s skill into the mind’s mindfulness-intuition. The mind is then empty, ku,[4] [5] flawless. This is Zen. This is also the true way of Budo. In the face of death, as with life, the consciousness must be calm. And one must decide, all the while accepting, one’s life as much as one’s death. To not passively endure.[5] [6] Even if my body dies, my mind must remain upright: this is the training of Zen and Budo. (48)

* * *

In the spirit of Zen and Budo, daily life becomes a battlefield. Every moment one must be conscious, getting up, working, eating, going to sleep. Self-mastery is found here. (49)

* * *

You can use [controlled breathing] in your daily life. In a discussion, when you are getting emotion, practice it, and you will calm yourself. You keep your control. (53)

* * *

One must not bow any old which way: in the West, one vaguely joins the hands together and one bends the head down a bit; one has not understood anything about the gesture’s beauty! One must bow completely: join one’s hands together slowly, arms straight, parallel to the ground, the ends of the fingers coming to the nose’s height, then curving thus one’s back towards the ground, powerfully, to get back up with one’s hands still joined and putting the arms naturally along the body. Body upright, neck upright, feet on the ground, the mind calm. (In a majestic gesture, Taisen Deshimaru got up and bowed to us.) Thus you show the respect you have for your opponents, for your master, for the dojo, and for life! I am sometimes asked why I bow before the statue of the Buddha, in the dojo: I am not bowing to a wooden statue, but to all those who are here with me, in the dojo, and also to the entire cosmos. (55)

* * *

deshib3.jpgNo one is normal today. Everyone is a bit mad, with their mind working all the time: they see the world in a narrow, impoverished way. They are consumed by their ego. They think they see, but they are wrong: they are projecting their madness, their world, onto the world. No lucidity, no wisdom in that! That is why Socrates, like Buddha, like all sages, first says, “Know yourself and you will know the universe.” That is the spirit of traditional Zen and Bushido! For this, the observation of one’s behavior is very important. Behavior influences consciousness. With the right behavior, there is the right consciousness. Our attitude here, now, influences the entire environment: our words, our gestures, our bearings, all this influences what happens around us and within us. The actions of every moment, of every day, must be right. The behavior in the dojo will spill over in your daily life. Every gesture is important! How to eat, how to get dressed, how to wash, to go to the toilet, how to put things away, how to behave with others, with one’s family, one’s wife, how to work, how to be completely in each gesture. One must not dream one’s life! But one must be completely in everything we do. This is training in the kata.[6] [7] The spirit of Zen and Buddha tends to this: they are true sciences of behavior. This has nothing to do with the imagination that transforms the world, as in many religions. One must live the world with one’s body, here and now. And completely concentrate on each gesture. . . . Modern civilization understands nothing of all this, from school onward we are cut off from life in order to do theory. (55-56)

* * *

“What is the Buddha way?” It is to study the ego. “What is studying the ego?” To forget oneself. . . . “Do not think. Do not search. Do not desire. Do not hold yourself back. Do not obtain. Do not give up.” (66)

* * *

You must kill yourself, kill your own spirit. (69)

* * *

“The moon’s reflection in the river water does not move, does not flow. It’s only the water which is passing.” . . . If one wants to explain the relationships between spirit, consciousness, and the true self, it is exactly like the relationships between the Moon, its reflection, and the river water. (69-70)

* * *

In Budo, consciousness and action must always be a unity. At first, in aikido, kendo, etc., one repeats the wasa, the techniques, and the kata, the forms. One repeats them constantly for two or three years. The kata and wasa, the forms and techniques, also become a habit. At first to practice them, one must use one’s personal consciousness. It is the same in playing the piano, the drum, or the guitar, for example. At the end, it is possible to play unconsciously, without attachment anymore, without using the principles anymore. One can play naturally, automatically. It is possible to create something fresh by this wisdom. And it is the same in our daily life. This is Zen, the spirit of the Way.

The great works of art are created beyond technique. In the field of technology and science, the great discoveries go beyond principles and techniques. To be attached to only one idea, one category, one system of values, is a false conception, contrary to the laws of life and of the Way. (81)

* * *

If we only think about the result, the fruits [of our actions] with our personal consciousness, then we cannot concentrate nor evacuate our full energy. If we only make the make, the greatest fruits will then appear, unconsciously, naturally. Practice without consciousness is better than conscious practice. (83)

* * *

There need only be neither love nor hatred
For understanding to appear
Spontaneously clear
Like the light of day in a cave.

— From the Shin Jin Mei (Poem on Faith and Mind, 89)[7] [8]

* * *

[How can one exercise one’s ki?[8] [9]] By practicing zazen! (People laugh.) But also by training oneself in combat, in action. Today, children are too weak: modern education makes them weak, soft, ki-less. Master Obaku always educated with his kyosaku (staff) by striking great blows upon this follower who was too intelligent, asked too many questions, and always analyzed each situation with his conscious mind. (102-3)

* * *

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There is no reason to be afraid of anything. Those who are afraid are too selfish, think only of themselves. One must abandon one’s ego, then fear vanishes. When you always go against, fear arises. Even in a fight, one must have the same consciousness as one’s opponent and not go against, but with. This is a great koan.[9] [10]

One must become the situation and not differentiate oneself from it. A selfish being can never be brave, never. The true traditional education of the martial arts strengthens ki, destroys egoism and fear, makes one abandon the dualistic spirit, and develop mushin consciousness,[10] [11] which forgets the self.

No need to want to win; only then can one win.

To abandon the ego . . . That is the secret to the right life. The strengthening of the will, strength, and skill are necessary in life as in the practice of the martial arts. But to strengthen the spirit and find one’s freedom remain essential!

Mushin . . . nothingness. (103)

* * *

[Does the spirit remain?] Perhaps. I don’t agree with the Western theories which separate body and spirit. The spirit needs a form to realize itself, therefore a body. Also, if a body is dead, what we know under the name of spirit also dies, returns to the cosmic energy. Our ki, upon death, returns to the cosmos.

The real problem remains: where does all this come from? (105)

* * *

Another factor in the loss of ki, especially in modern civilization, is dispersion, mental agitation, anxiety, disordered thoughts: today, we use the frontal lobes too much, whereas one should develop the unconscious activity of the hypothalamus to strengthen the deep brain, intuition, instinct. And the lack of vital energy is making everyone sick: everyone is more or less sick today. (106)

* * *

To know how to concentrate is to put one’s ki, one’s vital energy, in one single action at a time.

Training in concentration means that, little by little, one knows how to concentrate on one thing at a time, but also to be conscious of everything which is happening around us. . . . In general, we need to fully concentrate in each situation. Here, now, I drink water; to only do this, to drink water. To concentrate on the water I drink. And so forth. No need to think too much! . . .

Concentration is acquired through training: to be concentrated on each gesture. To return to the normal state of the body and the mind. In the end, will plays no more role, it is done automatically, naturally, unconsciously. Without fatigue. Whereas with the will, the frontal lobes become tired, and with them, the entire being. During fights, the lower dan[11] [12] tire quickly because they are tense, always ask themselves what they should do, when to act, and so on. It’s the same thing for an actor who thinks about his role while acting, he is bad: he must live his role, that’s all, commit himself completely. . . . (107-8)

* * *

[What is the Way?] To look at one’s consciousness, here and now . . . and the Zen koan says: the Way is under your feet. (108)

* * *

[T]he martial arts ultimately aim to keep oneself alive in the face of contrary forces, whereas zazen resolves the question of death. I often say: practicing zazen is likely entering your coffin because, in the end, you abandon everything. . . . It follows that in being alive, we need to concentrate on life and the approach of death, we need to abandon life and know how to die. That is wisdom. But what is life, what is death?

Then, if we want to really live, we need to know death within oneself. Life is a succession of here-and-nows: one needs to constantly concentrate, in the here and now. People, who are worried by the future or the past, do not realize the illusion in which they live. One must resolve the contradiction in oneself, the contradiction carried by the brain itself. (108-9)

* * *

[What should I do when I am attacked? One cannot think of all these things at once.] Don’t think, of course! But react with wisdom. One must always be wise. If you are attacked by someone stronger than you and you really don’t feel you are up to size, it is better to flee! No need to get whooped! (People laugh.) Otherwise, one needs to fight. Without passion, with instinct, strength, and wisdom. (109)

* * *

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By reflecting on oneself, one can then see the imperfections of one’s karma and control the bonno,[12] [13] desires, and passions. And in this zazen is the great mirror to ourselves which allows us to improve ourselves. If in life there is no such practice which rebalances tendencies, we develop only a part of ourselves. One becomes, one way or another, too spiritualist or too materialist. That is the mistake of all of modern civilization and the cause of the current crisis. (110)

* * *

. . . understand that your life is nothing but a dream, a bubble, a shadow . . . Your death will come soon: never forget this from one moment of consciousness to another, from each breath in to each breath out. (118)

* * *

With a long experience, and thanks to the infinite merits of zazen, you will understand all this unconsciously . . . Nor is it from one day to the next that we will become sensitive to the goodness of the people with whom we live. On the Buddha-Way, you must always keep hope without ever tiring, whether this be in happiness or misfortune. . . .

It is within us that is found the root, the origin of life and death. (121)

* * *

If the mind is calm, the body can act spontaneously; action then becomes free and easy. If one always uses one’s conscious mind, the body is constrained in its action. (131)

* * *

Nowadays people are too chatty. When they talk, they only speak according to the result of the words, at a superficial level, to be polite, out of interest or competition. Human interrelations become complexity, worry, and pride. By the practice of zazen, we learn to have direct, natural ties, not influenced by our ego, and we also learn the merits of silence. (134)

* * *

“To study the Buddha-Way is to study oneself; to study oneself is to abandon the ego; to abandon to ego is to melt into the whole cosmos.” (136)

* * *

Cosmic energy is concentrated in the lower belly, and in particular in the genitals. Sexual energy, indeed, is the primary manifestation of this universal life in us, and enables the relationship between the life of the universe and individual life, between the world of phenomena and the invisible world of ku. . . .

Sexual energy during procreation enables the manifestation of the force (ki) of universal life in the phenomenal world. (137)

* * *

In Europe, the philosophers have tried to realize this fusion between mind and matter, but only at a superficial, purely intellectual level. (138)

Notes

[1] [14] The martial arts. The Way of the samurai, to be precise: bushido. Budo is the way of combat. But the kanji bu really means: to stop the sword, to stop using the sword, to cease fighting. [Unless otherwise indicated, footnotes are taken from Zen et arts martiaux’s Glossary. – GD]

[2] [15] Seated meditation. – GD

[3] [16] Thinking without thinking. Beyond thought.

[4] [17] Vacuity. Existence without a noumenon. In Buddhism, it also means: the Invisible. A notion identical with the notion of God.

[5] [18] For subir. – GD

 [6] A “form” in Budo. All the martial arts – judo, kendo, aikido, etc. – have kata: forms, actions, training exercises aimed at winning. The beginners must learn the kata, internalize them, use them, and then create based on them, from this original and specific form unique to each of the martial arts.

[7] [19] Translated from the French. – GD

[8] [20] Invisible activity imbued with the energy of the cosmos. Becomes the energy of the body, in all its cells.

[9] [21] A Zen riddle, often apparently absurd. – GD

[10] [22] “Mind without mind,” a kind of detached activity, comparable to “flow.” – GD

[11] [23] A rank in Eastern martial arts. – GD

[12] [24] Illusions, attachments. – GD

 

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Sans unité pas d’Europe

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Sans unité pas d’Europe

par Michel GRIMARD

Quel aveuglement frappe les Européens pour ne pas percevoir que l’Europe régresse, pillée par l’appétit conquérant des grandes puissances, qui ne fait que grandir, au même rythme que l’Europe décline. Mais quel pays de l’Union européenne peut prétendre à lui seul, tenir tête à ces géants ?

Pour endiguer ce dépérissement et répondre aux défis de ces nations continents, l’Europe doit être unie et souveraine. Au-delà de l’humanisme dont elle est porteuse, l’Union doit être la structure unitaire d’un continent, qui veut exister comme puissance du monde.

Aujourd’hui la voix de l’Europe est souvent inaudible. Elle ne porte guère sur la scène internationale, notamment au Proche-Orient. Son absence des discussions concernant le règlement du conflit israélo-palestinien l’illustre.

Refusons l’outrecuidance d’un Mike Pence, dictant aux Européens leur conduite.

Fortifions l’euro pour échapper à la suprématie du dollar, qui nous impose de subir les néfastes effets de la gigantesque dette des États-Unis. C’est au moment où l’Europe doit se renforcer, pour répondre aux nouvelles compétitions techniques et à l’inversement des rapports de force mondiaux, que les nationalistes veulent l’affaiblir.

Pourtant, seule son unité lui évitera d’être engloutie, avec ce qu’elle a apporté d’essentiel, après la IIe Guerre mondiale, la paix un bien absolu.

Notre facteur d’unité s’incarne dans les racines de l’Europe. Elles se retrouvent dans un même espace géographique et se puisent dans son histoire, sa culture, sa religion et ses peuples.

L’Europe apparaît déjà, certes en devenir, dès le premier millénaire. L’origine des langues, comme celle des religions est commune aux peuples européens, à quelques exceptions près. Qu’elles soient, pour les premières, grecque, latine, celte, germanique ou slave, leur tronc commun est indo-européen.

Qu’elles soient, pour les secondes, catholique, orthodoxe ou protestante, leur tronc commun est le christianisme. Ce sont ces critères, historiques, géographiques, religieux, culturels et linguistiques, qui fondent l’Europe, même si les trois dernières références se retrouvent, mais pas simultanément, au-delà des contours de cette Europe. Il convient de ne pas avoir peur de nos racines chrétiennes facteur essentiel de notre unité.

La chrétienté a été le principal creuset du sentiment européen. En unissant culturellement la majorité des peuples européens, elle a favorisé l’ancrage d’une communauté de pensée. Malgré les courants qui traverseront la chrétienté, au cours des siècles, elle ne cessera pas d’être la référence de ce sentiment européen.

La Révolution française n’est pas en reste, dans l’édification de ce sentiment européen. Son idéal démocratique et ses idées de liberté, d’égalité et de fraternité – filles des Lumières et qui seront testées lors de la création des États-Unis – qu’elle répand sur l’Europe, vont profondément influencer l’évolution du continent. La prise en compte de ces valeurs sera une étape particulièrement marquante, pour l’affirmation du sentiment européen.

Chaque civilisation s’appuie sur un socle de valeurs qui la définit. L’Europe doit être sans complexe pour revendiquer les siennes et asseoir sur elles sont identité. Le temps est venu qu’elle prenne conscience de sa réalité et s’affirme sans gêne, mais sans caractère impérialiste.

Si ses valeurs la conduisent à être naturellement généreuse, elle doit malgré tout regarder aussi avec lucidité, le monde tel qu’il est et se garder de toute utopie ou naïveté. L’Europe des idéaux doit se protéger, pour qu’ils continuent d’exister.

C’est un devoir pour l’Europe d’assurer sa protection, en pratiquant une politique internationale qui tienne compte des réalités, sans pour autant abdiquer tout principe. Elle ne devra plus être celle que l’on sollicite, financièrement et humainement, sans qu’elle puisse exercer un droit de regard, sur les actions dans lesquelles on l’engage.

L’Union européenne n’a malheureusement pas su répondre, aux changements extérieurs et aux aspirations intérieures, de ses citoyens.

Au besoin de protection, naturelle, dans le cadre de ses frontières, les Européens aspirent à l’équité des rapports entre les pays qui constituent l’Union. Les déséquilibres engendrés par ce manquement sont sources de frustrations et dressent les pays les uns contre les autres. Les réformes touchant la fiscalité, la concurrence, la protection sociale, notamment, doivent s’accélérer. La justice doit irriguer toutes les décisions si l’on veut construire, solidairement, l’Europe. Il va également de soi, que les structures qui gouvernent l’Europe, doivent se démocratiser.

D’où le nécessaire renforcement du rôle du parlement européen, relais majeur vers les citoyens, afin qu’ils se sentent associés aux décisions. Il est le pilier indispensable à l’expression démocratique, sans laquelle l’Europe ne peut se construire. Cessons l’élargissement de l’Union européenne, considéré comme un affermissement, alors qu’il n’est qu’illusion, car simple substitut à nos faiblesses. La boulimie de l’Union européenne, qui ne cesse d’ingérer, sans attendre de digérer, n’est pas la solution.

Projeter une vue prospective sur l’avenir de l’Union européenne s’avère nécessaire, tant les incertitudes et les hésitations demeurent nombreuses.

À la cadence des petits pas, peut-être utile à une époque, doit succéder un rythme qui colle aux changements rapides qui s’opèrent dans le monde. L’Union ne peut plus maintenir des structures paralysantes.

S’il faut réviser les traités pour parvenir à ces changements, n’hésitons pas. Il est urgent de rassembler ceux qui ont foi dans l’Europe, qui aspirent sincèrement à son unité, sa souveraineté, son indépendance.

Dans ce cadre, l’indépendance est souveraineté. Un noyau dur permettant de souder les tenants de cette Europe devient nécessaire. Pour autant il ne doit pas exclure, à terme, les pays, aujourd’hui timorés, qui freinent la construction de l’Union.

Des liens devront être maintenus, facilitant leur admission, quand ils seront arrivés à la maturité de cette volonté intégrationniste. Car pour assurer tous les objectifs que l’on assigne à l’Union européenne, protection de ses citoyens, de son économie, de son intégrité, de ses découvertes, il faut qu’elle dispose des structures qui lui permettent de les assumer, donc des pouvoirs régaliens, qui lui sont indispensables.

La France et l’Allemagne, qui ont permis des avancées importantes dans la construction européenne, peuvent être, avec d’autres membres de l’Union européenne qui partagent la même espérance, les acteurs de cette renaissance.

Les exemples foisonnent pour illustrer les difficultés que l’Union européenne rencontre dans sa direction actuelle. Notamment, le manque de réactivité face à l’urgence. Tout récemment, le naufrage de la fusion Alstom-Siemens, incompatible avec les règles de la concurrence intra-européenne, est catastrophique pour l’industrie ferroviaire européenne.

Dans ce domaine comme auparavant dans celui des panneaux solaires, l’Union est défaillante. Le changement des règles de la concurrence s’impose, afin d’éviter de subir de nouveaux avatars.

L’industrie européenne a besoin de s’extraire de ce carcan, pour acquérir la taille que requièrent aujourd’hui les nouvelles compétitivités. De même, la recherche n’est pas à la hauteur des possibilités qu’offre notre continent, alors qu’apparaissent, hors de notre champ de découverte, de nouveaux systèmes cruciaux pour maîtriser les technologies du futur. Il convient également de renforcer la zone euro, afin d’affirmer, face au dollar, notre présence dans les échanges internationaux. À travers ce qui précède apparaît l’impérieuse nécessité d’un nouveau pilotage.

Ne laissons pas se désagréger l’Union européenne, au plus grand profit de ceux qui la redoutent, sachant qu’unie, elle se hissera au premier plan des puissances mondiales. L’hégémonie des grands pays dans la conduite du monde sera brisée, les intérêts de notre continent préservés.

C’est en demeurant dans une Europe qui œuvre pour sa souveraineté, que les pays européens la conserveront. Autrement, ils ne seront que les supplétifs de grandes puissances qui les utiliseront, aux bénéfices de leurs seuls intérêts.

Michel Grimard,

Président du ROUE (Rassemblement pour l’Organisation de l’Unité européenne)

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L’illusion référendaire

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L’illusion référendaire

par Georges FELTIN-TRACOL

Ex: http://www.europemaxima.com

Depuis plus de six mois de contestation chaque samedi dans les rues et souvent sur les ronds-points, les « Gilets jaunes », par-delà leur sympathique spontanéité et leur hétérogénéité socio-politique, se retrouvent sur une même (et seule ?) revendication : le référendum d’initiative populaire ou « citoyenne ». Cette proposition serait bienvenue si elle s’appliquait en priorité aux problèmes communaux et départementaux, voire à la rigueur régionaux. L’usage de ce droit d’initiative implique en effet au préalable une réelle implication pour la chose publique ainsi qu’une véritable connaissance des enjeux grâce à une information impartiale. Ces conditions ne sont pas valables pour l’heure en France en raison de la psychologie collective statolâtrique des Français. Les « Gilets jaunes » considèrent néanmoins l’initiative référendaire comme la panacée alors qu’elle peut se révéler périlleuse. La votation suisse du 19 mai dernier le confirme amplement.

Avec une estimation de 2,3 millions d’armes, la Confédération helvétique se place au seizième rang mondial pour le nombre d’armes par habitant. Signataire des accords de Schengen et de Dublin, la Suisse a dû intégrer dans son droit fédéral une directive de l’Union dite européenne de lutte contre le terrorisme, d’interdiction des armes semi-automatique et pour le traçage des armes et de leurs composants. Principale formation hostile à l’UE, l’UDC – PPS (Union démocratique du Centre – Parti populaire suisse) et le groupe d’influence favorable aux armes ProTell ont jugé cette transposition liberticide, d’où la votation (ou référendum fédéral d’initiative populaire).

La participation est moins élevée que prévue (43,3 %). Le oui à la directive l’emporte largement à 63,73 %. Seul le Tessin la rejette à 54,5 %. Il s’agit d’une grande victoire pour le gouvernement fédéral, les partis de gauche et les pharisiens du désarmement civique. Certes, le citoyen suisse conservera le droit de détenir son arme de combat pour le service militaire. Il ne pourra plus en revanche la transmettre à son héritier ou la vendre. Les possesseurs d’armes seront en outre mieux identifiés et donc fichés. Un permis d’acquisition d’une arme semi-automatique (soit un chargeur de dix cartouches pour un pistolet ou de vingt pour un fusil) sera obligatoire. Le texte approuvé renforce enfin l’étroite collaboration des autorités helvétiques avec l’Union pseudo-européenne.

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Si ce projet de durcissement de la loi actuelle avait été rejeté, la Suisse aurait été contrainte de sortir des accords de Schengen et de Dublin bien que ces textes prévoient des exceptions que Berne aurait pu faire valoir. Par ailleurs liée en matière de défense à l’OTAN malgré la neutralité revendiquée, la Suisse appartient désormais de facto à une Union supposée européenne.

Il faut corréler la victoire du oui aux récentes déconvenues arrivées aux candidats de l’UDC – PPS dans plusieurs communes et cantons. Les nouveaux électeurs suisses semblent prêts à rejoindre à plus ou moins longue échéance l’UE et, pourquoi pas ?, l’Alliance Atlantique. Comment ? En usant à leur tour de l’initiative populaire référendaire ! Qu’elle soit représentative ou semi-directe, la démocratie moderne est en soi un mal majeur pour notre civilisation boréenne.

Georges Feltin-Tracol

• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 127, mise en ligne sur TV Libertés, le 27 mai 2019.

mercredi, 29 mai 2019

TERRE & PEUPLE Magazine n°79

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Communiqué de "Terre & Peuple/Wallonie"

TERRE & PEUPLE Magazine n°79

Le numéro 79 du TERRE & PEUPLE Magazine est centré autour du thème de la sécession ‘Contre l’Etat jacobin, l’appel au peuple’.

Dans son éditorial ‘Il faut brûler les savants’, Pierre Vial relève le fait que la mort du Professeur Faurisson n’a même pas été remarquée par l’extrême-droite ‘convenable’.  Le pendable d’où nous vient tout le mal a osé s’interroger sur le seul sujet historique interdit.  Au nom de quel intérêt l’est-il ?  Pierre Vial rappelle ce qu’en écrivait dans Le Figaro (03.04.90) l’historienne juive Annie Kriegel : « En s’abritant derrière des institutions juives inquiètes pour légitimer une insupportable police juive de la pensée, Michel Rocard devrait s’interroger en conscience s’il ne se prête pas à une répugnante instrumentalisation des concepts de racisme et d’antisémitisme en vue d’objectif peu avouables. »  Il complète l’éclairage de la question en citant la tribune qu’une vingtaine d’historiens de premier plan, dont Elisabeth Badinter et Pierre Vidal-Naquet, ont publiée dans l’Obs (14.12.05) : « Dans un Etat libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique.  C’est en violation de ces principes que des lois successives ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanction, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver. »

Pierre Vial poursuit son analyse magistrale du modèle identitaire des juifs.  Au moyen-âge, l’identité juive se vit dans le cadre de la Kehillah (communauté) qui répond, selon le statut légal local, à leurs besoins religieux (synagogue, cimetière, bains rituels, tribunal présidé par le rabbin local, lequel tranche au civil comme au pénal jusqu’au fouet, voire la mort en cas de trahison).  Un fonds de charité et une soupe populaire rencontrent les besoins des nécessiteux et un impôt communautaire assure, dans les communautés importantes, hospices et hôpitaux.  La sécurité et la défense sont financées par une taxe.  Si la communauté a obtenu un ghetto, elle en assume les charges sanitaires et militaires. 

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La coordination entre les communautés juives locales est assurée, dans les pays musulmans, en Pologne et en Lituanie, par des autorités centrales et, en France, en Allemagne et en Italie, par des rencontres de leurs représentants.  Les synagogues sont richement décorées, mais selon des motifs propres à l’art local, roman ou gothique chez les ashkénazes et mauresque chez les sépharades.  Les Bibles et livres de prières sont enrichis d’une profusion d’enluminures.  Les juifs ont été touchés par le brassage idéologique des Lumières et par la question de leur intégration à la société nouvelle, au prix d’une réforme.  Une véritable révolution pédagogique fait évoluer le système éducatif juif au bénéfice d’études laïques, notamment de la langue locale.  Les intellectuels juifs des Lumières incitent ainsi les leurs à s’intégrer. 

Moïse Mendelsohn traduit en allemand la Torah et le Livre des Psaumes.  Pour devenir citoyen à part entière d’un état national européen, certains intellectuels juifs se convertissent, notamment le poète Henri Heine.  D’autres cherchent un compromis « en adaptant la loi mosaïque à l’époque » et en s’intégrant sans renoncer entièrement à leur identité juive.  L’Europe occidentale des XVIIe et XVIIIe siècles leur accordait des chartes de protection, qui comportaient des restrictions et des menaces d’expulsion, lesquelles entretenaient un complexe de persécution.  A partir de 1780, en France et en Allemagne, on envisage pour eux un statut d’égalité des droits.  Il est acquis en 1791, non sans réserves : « Aux Juifs en tant que nation, rien ne sera accordé, en tant qu’êtres humains tout. ».  Ce qui revient à récuser leur identité, leurs coutumes, leurs institutions, auxquelles ils n’envisagent de renoncer qu’avec beaucoup de réticences.  Napoléon les juge « un vilain peuple, poltron et cruel. »  Ils ne s’en implantent pas moins dans le monde de la finance. 

Notamment, Amschel Moses, avec son agence à Francfort à l’enseigne Rotschild et dont les cinq fils établissent un réseau à travers l’Europe.  Ayant misé sur la défaite de Napoléon, Waterloo leur rapporta un pont d’or.  Ils installèrent des réseaux financiers internationaux et surent se rendre indispensables aux souverains européens.  Leur réussite apparut aux pionniers du mouvement socialiste comme l’illustration de l’exploitation capitaliste.  Pour Proudhon, « le Juif est l’ennemi du genre humain. »  Et Fourrier prophétise : « Une fois les Juifs répandus en France, le pays ne serait plus qu’une vaste synagogue. »  En dehors de la France, l’égalité des droits mit longtemps à être acquise : en 1860 dans l’Empire austro-hongrois et en 1871 en Allemagne.  Dès lors, les synagogues prennent un aspect monumental, avec les symboles identitaires, étoile de David et Tables de la Loi.  De nombreux artistes juifs sont reconnus et appréciés.  Un nombre croissant de Juifs concilient leur adaptation au monde des Lumières et une certaine fidélité à la tradition.  Dans le même temps, des courants revendiquent des formes de piété (sabbatianisme, hassidisme) inconciliables avec les mœurs des Gentils.

Ouvrant le dossier central ‘Sécession contre l’état jacobin’, Pierre Vial en appelle au peuple pour qu’il récuse globalement le système.  N’est-ce pas ce que fait le mouvement populiste des Gilets Jaunes, lesquels incarnent la libération de la parole et de l’action et, quoi qu’on prédise, s’inscrivent dans la durée.  Il réclame pour eux comme pour nous des solutions alternatives et il nous avertit contre les mirages électoraux.

Pierre Vial rappelle que l’appel au peuple est une tradition française.  A Rome, les plébiscites, proposés par les tribuns de la plèbe, s’imposaient à l’ensemble du peuple romain.  En 1799, le Consulat napoléonien s’est inscrit dans cette tradition du plébiscite et, en 1802, le Consulat à vie comme, en 1804 (et en 1815), l’Empire.  Napoléon III remet la chose pour rétablir l’empire en 1852 et pour rattacher Nice et la Savoie à la France en 1860.  Les fondateurs de la IIIe République étaient partisans de la « législation directe » et le général Boulanger, qui a lancé le mot ‘referendum’, était partisan d’une République plébiscitaire.  Pendant la guerre de 1914-18, les Comités plébiscitaires prônent l’Union sacrée. 

referendum_1958.jpgDe Gaulle, créant la Ve République, érige le référendum en principe, lequel se retournera contre lui en 1969.  Le référendum d’initiative populaire, très présent en Suisse, est aujourd’hui revendiqué, sous l’étiquette RIC, par les Gilets Jaunes.  Ce soulèvement évoque les jacqueries paysannes médiévales et les Rebeynes lyonnaises.  En 1436, à Lyon, les sauvages du baz estat se sont assemblés de leur propre autorité pour imposer dix élus commis par le peuple au Consulat de la ville, afin de faire payer les coupables de fraude fiscale.  La Grande Rebeyne de 1529 vise la gestion municipale qui favorise les marchands.  Ceux-ci contraignent les artisans par la concurrence des étrangers et détruisent la commune.  On refuse aux métiers des jurandes pour organiser leur solidarité.  Alors que le luxe des riches s’étale, le pouvoir d’achat du peuple baisse jusqu’à la disette.  Au mois d’avril 1529, des placards séditieux signés le Povre apparaissent aux carrefours, appelant à punir les coupables et leurs complices du Consulat.  Ils fixent rendez-vous au peuple le 25 avril au couvent des Cordeliers.  S’y retrouve une multitude de ‘menu peuple, povres mesnagers’, qui pille le couvent et ensuite les demeures des ‘gros accapareurs, bourgeois, gens riches et apparents de la ville’.  Le consulat fait appel au roi qui envoie cent gentilhommes ordinaires.  Dans les jours suivants, on dresse onze potences pour les meneurs.  Lyon connaîtra par la suite encore bien d’autres révoltes résultant de l’opposition entre le capital et le travail pour déboucher, au XIXe siècle, sur les insurrections des Canuts.  Mais le pouvoir royal a tôt compris la volonté du peuple d’être entendu lorsqu’il est victime des manœuvres des ‘gros’.  C’est la raison des Etats généraux. 

Etienne_Marcel_Idrac_Hotel_de_Ville.jpgDès le XIIe siècle, les seigneurs féodaux et les dignitaires ecclésiastiques ne suffisent plus.  La bourgeoisie urbaine, enrichie et instruite, veut se faire entendre, de même que la petite noblesse et le bas clergé.  Ainsi naît une représentation du peuple selon les trois ordres de la tripartition fonctionnelle des Indo-Européens, mais qui fait peu de cas des artisans et des ouvriers et des masses paysannes.  Aux XIVe et XVe siècles, le pouvoir royal s’appuie souvent sur les états, lesquels sont parfois tentés de s’imposer, notamment pour contrôler la perception des impôts et l’utilisation des recettes.  Dans les années 1355-58, les états de langue d’oïl sont des foyers d’agitation incessante, notamment de la part d’Etienne Marcel, riche prévôt des marchands parisiens, qui profite de la minorité du dauphin Charles mais sera finalement tué.  Le dauphin accorde habilement un pardon général et liquide les états généraux.  Quand, en 1789, Louis XVI convoque les états généraux, chaque bailliage rédige son cahier de doléances : il n’y a pas d’exemple dans l’histoire d’une pareille consultation écrite de tout un peuple.  La nuit du 4 août, alors qu’une ‘grande peur’ se propage dans les campagnes, la Constituante décide l’abolition des privilèges fiscaux et la condamnation de tout un système.  Est-ce à envisager aujourd’hui ?

C’est dans la perspective identitaire que Charles Bergé analyse la crise des Gilets Jaunes, colère d’un peuple inquiet du chômage et de la pauvreté qu’on engendrés la délocalisation industrielle et la disparition des services de proximité.  Mais l’origine du mouvement n’est pas qu’économique.  Le libéralisme détruit le lien social.  L’évolution ploutocratique à l’heure de la mondialisation détruit le lien social et la démocratie n’est en fin de compte représentative que d’intérêts étrangers au bien commun.  Les Gilets Jaunes n’en demeurent pas moins attachés à la République, en témoigne leur revendication du RIC, le référendum d’initiative citoyenne.  Guère révolutionnaires, ils sont en fait nostalgiques d’une république gaullienne révolue. 

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En face, il y a les élites bourgeoises qui, depuis 1870, ont fondé un régime dominé économiquement et politiquement par une bourgeoisie qui, dans un compromis républicain (suffrage universel), accepta d’associer le peuple à la gestion.  Ce régime s’est trouvé renforcé par l’émergence d’une classe moyenne solide pétrie de l’idée républicaine.  Le compromis se révéla efficace jusqu’à l’avènement de la mondialisation, quand le maintien du compromis a exposé la bourgeoisie française au risque de se marginaliser à l’échelle mondiale.  Pour garder la main sur la société française, les libéraux devaient éliminer le peuple de l’équation politique.  L’immigration de peuplement a cassé les solidarités nationales.  Le métissage est devenu un moyen de saper la cohésion ethnique.  Une réaction conservatrice s’est assigné de renouer le compromis, mais le contexte social a changé entre-temps : la mondialisation a laminé les classes moyennes et la cohérence ethnique de la population s’est affaiblie en un conglomérat de communautés qui communient plus ou moins aux utopies libérales. 

Les conservateurs de l’expérience républicaine ont depuis longtemps rejoint le camp des identitaires et leur pensée s’accorde sur l’essentiel aux préoccupations de Gilets Jaunes, mais ils s’inquiètent des débordements, le modèle d’action civique restant la Manif Pour Tous, bien que des Gilets Jaunes de plus en plus nombreux ont le sentiment qu’il faut contraindre le régime à la réforme.  Les médias imputent les violences aux gauchistes et aux identitaires, lesquels se partagent entre conservateurs et solidaristes.  Ces derniers n’excluent aucun mode d’action.  Tous ne combattent pas pour l’identité albo-européenne, mais s’accordent pour rejeter le libéralisme.  Le régime attend les violences pour légitimer la répression.  A la différence des solidaristes, que leur impréparation rend inaptes à assumer le pouvoir ou même à conduire la révolution identitaire et notamment le mouvement des Gilets Jaunes, les conservateurs se montrent mieux organisés, mais encore incapables de l’emporter avant le basculement des équilibres européens.  Même si le mouvement des Gilets Jaunes devait s’essouffler, ce ne serait que partie remise, car ses causes sont durables.  Les identitaires y ont une carte à jouer, à condition d’avoir des buts clairs et réalistes.  Conservateurs et solidaristes doivent unir leurs forces.  Il est peu vraisemblable de sauver le régime dans une orientation identitaire.  Est préférable la solution alternative d’une démocratie organique identitaire, où chaque composante du peuple albo-européen a une place à tenir, notamment la frange identitaire de la bourgeoisie.  A condition toutefois que cette dernière se mette au service exclusif de son peuple et abandonne un régime économique mondialisé, oligarchique et ploutocratique.

Jean-Patrick Arteault examine le peuple des Gilets Jaunes et la crise imminente.  Un peuple que cinquante ans d’ingénierie sociale permettaient d’escompter avoir été déstructuré et dissout, précisément pour rendre toute révolte impossible.  Les GJ donnent ainsi raison au philosophe Jean-Claude Michéa qui maintient que les gens ordinaires conservent une dignité non-négociable.  Les valeurs traditionnelles de la culture populaire des autochtones ont été déconstruites, dans les années 1960-70, par leur individualisme et par leur culpabilité supposée dans les malheurs du XXe siècle, par l’inquisition du politiquement correct et par la déstructuration de l’éducation.  Une immigration de peuplement, qui vise à briser l’homogénéité ethnique, fait concurrence à la main d’œuvre autochtone et dégrade ses conditions de vie.  On peut s’étonner dans ces conditions qu’une fraction aussi importante du peuple trouve assez de ressources pour se révolter.   Depuis une quinzaine d’années, les oligarchies ont brutalement accéléré le processus de destruction de l’Europe autochtone, soit qu’elles se soient crues toutes-puissantes, à moins qu’il s’agisse pour elles d’anticiper une crise majeure et de rendre les autochtones incapables de revanche. 

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L’auteur épingle cinq coups d’accélérateur : l’adoption du Traité de Lisbonne (malgré son rejet populaire) et le traitement brutal de la Grèce ; la crise financière de 2007 et sa facture reportée sur le peuple ; l’augmentation de l’immigration suite aux interventions en Libye et en Syrie ; la pastorale de la terreur climatique alors que le libre-échange planétaire multiplie les porte-conteneurs hyperpolluants ; le bouclage des classes populaires et moyennes de la France périphérique paupérisées.  Leur révolte n’est pas encore une révolution, mais ce n’est plus une simple jacquerie sociale. Elle génère des cadres tactiques.  S’il était intelligent, le régime composerait, au lieu d’osciller entre le pourrissement et l’autorité brutale.  Si le pire ne se produit pas d’ici là, un score faible aux européennes peut amener Macron à remettre son mandat en jeu, mais c’est peu probable.  Le véritable arbitre sera une crise financière et économique.  Il s’agit d’être là pour le jour d’après, avec les ‘intellectuels organiques’ de Gramsci. 

Robert Dragan dresse le relevé de tous les événements et manifestations liés à la révolte, depuis le 29 mai 2018, date où a été lancée la pétition en ligne pour abaisser le prix du carburant.  Elle avait, en novembre, recueilli un million de signatures.  La vidéo de Jacline Mouraud est vue six millions de fois.  L’Acte 1 a lieu le samedi 17 novembre.  Quelques manifestants pacifiques parviennent à proximité de l’Elysée.  L’Acte 2, le 24 novembre, réunit les syndicats de police et 700.000 manifestants dans toute la France (166.000 selon le gouvernement).  L’acte 3 met en place des ‘péages gratuits’ sur tout le territoire.  L’acte 4 mobilise 89.000 membres des forces de l’ordre.  1.723 interpellations, 264 blessés dont des éborgnés.  Acte 5 : baisse des présences, avec un policier pour un manifestant.  Acte 6 : moindre mobilisation.  Acte 7 : Etiage du mouvement.  Acte 8 : Regain.  Acte 9 : Nouveau regain.  Acte 10 : Nouveau regain.  Acte 11 : Le leader Jérôme Rodrigues est éborgné par une balle de LBD 40.  Acte 12 : Les manifestations parisiennes rendent hommages aux blessés et Hervé Ryssen dénonce un ‘grand remplacement’ de GJ par l’extrême gauche.

vb-buch.pngThierry Durolle interviewe Robert Steuckers à propos de la conférence que ce dernier a donnée à la bannière d’Auvergne sur le mouvement ethno-nationaliste ‘völkisch’, né en Allemagne de la crise bancaire de 1873 et d’une crise religieuse du protestantisme luthérien, à qui il était reproché d’être une religiosité étrangère plaquée sur l’âme européenne.  Le sociologue Henning Eichberg parlait d’une idéologie folkelig (ethniste) non-politisée, soit folcique, alors que folciste désignerait les mouvements allemands ultra-politisés.  Le mouvement fölkisch est né de l’euphorie de la victoire allemande de 1871 et d’une politique ultra-libérale qui a suscité une bulle spéculative dans un monde bancaire partiellement juif.  Les faillites et les tragédies familiales se multiplient.  La précarité suscite dés émigrations vers l’Amérique.  Le régime bismarckien rejette le libéralisme pur anglo-saxon.  Une dichotomie se marque entre le capital producteur des créateurs et le capital financier des ploutocrates.  Les syndicats ouvriers prennent de l’ampleur.  L’opposition contre les professions parasitaires prend une coloration antisémite.  Le poète Guido von List est une figure de l’ésotérisme folciste féru d’occultisme.  Plus consistante est la figure de Wilhelm Teudt, qui a découvert avant les archéologues les zones des sites cultuels préhistoriques et protohistoriques.  Paul de Lagarde fait retentir les mythes des Niebelungen et la poésie médiévale allemande qui avaient été occultés par le protestantisme.  Dans ses Deutsche Schriften,  il avertit contre l’Allemagne prospère, industrialisée à outrance, mais qui néglige les « besoins de l’âme ».  Il dénonce la « Lumpentheologie » d’un protestantisme ultra -réactionnaire et d’un catholicisme politisé.  Des lustres avant que Nietzsche ne proclame « la mort de Dieu », il impute à saint Paul de pervertir le message christique et veut rouvrir son peuple à sa religiosité naturelle. 

vb-buch2.jpgRobert Steuckers a évoqué le mouvement de la « Lebensreform », adventice au filon folciste et qui comporte nombre de ramifications, dont le mouvement colonial, le mouvement racialiste-hygiéniste, le mouvement eugéniste et les mouvements de jeunesse dont les Wandervögel, le végétarisme et le naturisme et un féminisme issu des religiosités nordiques pré-chrétiennes qui n’a rien de commun avec les Femens.  Le völkisch peut passer pour un écologiste avant la lettre, si on ne perd pas de vue qu’il défend à l’origine la petite paysannerie contre la ploutocratie financière.  Mais la défense des terroirs est aussi religieuse, réaction romantique au mécanicisme des Lumières.  Elle regarde au contraire les faits de nature comme une croissance chaque fois originale.  Alors que le mouvement socialiste soutient l’industrialisation et considère la protection de la nature comme un colifichet de luxe.  Le mouvement bio-régionaliste des terroirs du Heimatschutz est politiquement indépendant, bien que dans l’Allemagne de Guillaume II les frontières soient poreuses entre le culturel, le social et le politique.  Pour ce qui est de la spiritualité, les folcistes sont pénétrés de l’idée que la tradition germanique et européenne est immémoriale et qu’elle a été refoulée par la modernité.  Ayant lu Lagarde et Nietzsche, le pasteur Bonus est enthousiasmé par la mythologie germanique et scandinave et veut germaniser le christianisme.  Le dominicain rhénan Maître Eckhart (1260-1327), incarnation de la pensée germanique persécutée, a exercé une influence spirituelle majeure.  Sur le plan socio-économique, le folcisme, né de la grande crise économique, bancaire et boursière du laisser faire et laisser passer, veut une protection des producteurs,  paysannerie et  artisans, posés comme les meilleurs, contre les spéculateurs, lie du peuple, contre les parasitaires, parmi lesquels les praticiens du droit, jugés étrangers au réel, les fonctionnaires, les intellocrates et journalistes et les boursicoteurs.  Seules les strates des secteurs primaire et secondaire seraient représentées dans les assemblées.  Dans sa révolution conservatrice, Armin Mohler oppose la pensée völkisch au nationalisme soldatique des frères Jünger, qui escomptaient une guerre héroïque et loyale, alors qu’elle est désormais une guerre des matériels, la perfection de la technique acculant à une décélération, pour préserver les rythmes lents de la nature.  Le caractère extrême de la défaite de 1918 va susciter une virulence du militantisme, un radicalisme folciste de la part de plusieurs figures marquantes du futur mational-socialisme.  La crise de 2008, dont les banquiers sont responsables, rend actuel l’héritage folciste.

Alain Cagnat ressuscite par le détail l’épopée tragique de la migration des Hollandais dans ce coin de l’Afrique que Vasco de Gama a doublé en 1498.  Les Portugais, catholiques, l’ont laissé cultiver par des protestants hollandais.  L’histoire de ces Afrikaners se présente comme une collection d’images héroïques. 

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Dans cette zone de l’Afrique déserte d’autochtones, ce ne sera qu’à la fin du XVIIIe siècle que déboucheront des vagues de guerriers Xhosas.  Elles entrent au contact avec les Trekboers qui se sont avancés le plus au nord, jusqu’à la rivière Kei.  Au sud de celle-ci, leur antériorité sur les Noirs est incontestable.  En 1815, le Congrès de Vienne qui redessine la géographie en fait des sujets britanniques, ce qui a pour effet d’abolir le droit d’aînesse biblique qu’ils pratiquent et de fractionner leurs domaines.  C’est alors qu’ils subissent le choc de l’invasion zouloue, avec ses impis, des régiments de milliers de guerriers.  Mal traités par les Anglais, qui favorisent les Xhosas à leur détriment, ils s’engagent alors dans ce qui sera le mouvement fondateur de la nation boer, le Grand Trek. 

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Chargeant leurs biens sur des chariots traînés par des bœufs, ils esquivent Xhosas et Zoulous en partant vers le nord-est.  Ils inventent la tactique défensive du Laager, cercles concentriques de chariots qui offrent une défense efficace et permet aux Boers, excellents tireurs servis par leurs femmes qui s’affairent à recharger les armes, de faire des ravages : le 16 octobre 1836, une armée de 20.000 Ndébélés abandonnent sur le terrain 400 tués, alors que les Blancs n’ont perdu que deux hommes. 

Franchissant les montagnes du Drakensberg, l’armée boer atteint l’Océan Indien à Durban.  Le roi zoulou Dingane, feignant de négocier, a massacré la délégation non-armée des Boers et commis des atrocités.  Il en sera puni par le général Pretorius, qui l’affronte avec 470 Boers.  15.000 guerriers zoulous s’y cassent les dents sur son Laager et 3.000 restent sur le terrain .  Les raids zoulous auront coûté la vie à un millions de Noirs.  Victorieux, les Boers fondent la République indépendante du Natal. 

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Les Anglais débarquent en force et leur promettent une large autonomie, mais mangent bientôt leur parole.  Les Voortrekkers du Natal reprennent la route.  Ils rejoignent les 10.000 Boers du Transvaal et les 12.000 de l’Orange.  Ils font régner l’ordre, ce qui amène l’Angleterre à reconnaître l’indépendance de l’Orange et du Transvaal.  Entre temps, le roi Cetshwyao et ses 50.000 Zoulous menacent le Transvaal, à qui les Anglais proposent de les protéger contre une annexion provisoire.  Une armée de 16.000 Anglais est surprise dans son camp de base par les Zoulous qui en exterminent plus de 2.000.  Mais les Zoulous sont épuisés et les renforts anglais inépuisables.  C’est alors que les Boers se soulèvent, menés par Kruger, Joubert et Pretorius.  Leurs kommandos taillent en pièces le corps expéditionnaire des Britanniques, qui sont contraints de reconnaître la République indépendante du Transvaal, en 1883.  Ils anglicisent à marche forcée les provinces du sud. 

C’est à cette époque que sont découvert dans l’Orange les premiers diamants.  Aussitôt, sur ces terres amoureusement cultivées par de vertueux calvinistes se répand un tsunami obscène d’aventuriers sans foi ni loi, les Uitlanders (sans terre) qui deviennent plus nombreux qu’eux.  Ils se détestent mutuellement et, dans une situation bientôt explosive, le haut-commissaire Alfred Milner ouvre les hostilités de la deuxième guerre des Boers.  Les forces sont disproportionnées : 450.000 Britanniques suréquipés contre 52.000 hommes sans artillerie, mais très extrêmement mobiles, qui parviennent à tous les coups à étriller leur adversaire.  Mais ils commettent l’erreur d’assiéger les Anglais, qui resteront les maîtres.  C’est la fin de l’indépendance de l’Orange et du Transvaal.  Les Boers se reconvertissent dans la guérrilla, où ils sont comme des poissons dans l’eau.  Mais les Anglais suppriment l’eau : 35.000 fermes sont incendiées avec récoltes et bétail par dix mille auxiliaires noirs ; les hommes et les adolescents sont déportés hors d’Afrique ; 136.000 femmes, enfants ou vieillards et 115.000 serviteurs noirs loyaux sont parqués dans 58 camps de concentration où la mortalité a dépassé 17% !  Le 31 mai 1902, les Boers capitulent.  Ruinés, ils se prolétarisent.  Les Anglais favorisent l’immigration massive. Les Afrikaners ne sont pas racistes (Dieu qui a créé les races n’aime pas le métissage), ils sont paternalistes. 

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Soucieux de calmer leur ressentiment, les Anglais réunissent, en 1910, les provinces du Cap, du Natal, de l’Orange et du Transvaal dans un même état, l’Union sud-africaine.  Les lois raciales des Afrikaners expriment leur crainte d’être submergés.  En 1912, les Noirs qui commencent à s’organiser fondent l’ANC et le parti communiste en 1921.  La ségrégation est de plus en plus marquée, bien que, en 1936, la part des terres réservées aux Noirs passe de 7,8% à 13%.  En 1942, Nelson Mandela prend la tête de l’ANC au moment du Swartgevaar, menace des Noirs urbains qui deviennent plus nombreux que les Blancs.  En 1959, les extrémistes du Pan African Congress appellent à la désobéissance civile.  Dans le township de Sharpeville, la police débordée tire et fait 69 morts.  L’ANC et le PAC lancent une branche terroriste et sont interdits.  La République sud-africaine est alors exclue de l’OMS et de l’UNESCO et le leader de l’ANC reçoit le Prix Nobel de la Paix.  La République d’Afrique du Sud rompt ses liens avec le Commonwealth.  Le président Verwoerd est assassiné par un métis.  Son successeur John Vorster assouplit l’apartheid dans un vain souci d’apaiser la communauté internationale. En 1975, l’Angola et le Mozambique accèdent à l’indépendance et vont servir de base aux terroristes.  En 1976, Soweto se soulève.  La répression fait 600 morts.  En 1978, Botha remplace Vorster.  C’est un dur, mais il est contraint à l’ouverture et à abandonner les Rhodésiens aux hordes de Mugabé.  Heureusement, les rebelles se déchirent en trois factions : l’ANC dominée par les Xhosas et soutenue par l’URSS et Mgr Tutu ; le PAC, soutenu par la Chine et qui veut une Afrique sans aucun Blanc ; l’Inkatha, exclusivement zouloue.  Les Blancs subissent la terreur.  Ils se scindent eux aussi entre libéraux acquis à l’antiracisme, conservateurs résignés à l’ouverture et durs sans concession.  Malade, Botha est remplacé par de Klercq, lequel signe l’accord avec l’ANC et recevra bientôt, avec Mandela le Prix Nobel de la Paix.  La messe est dite !  Sur le plan économique, la RSA jusque là prospère ne fera bientôt plus partie des BRICS que pour mémoire.

L'Otan est une menace pour l'Europe

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L'Otan est une menace pour l'Europe

Ex: http://www.europesolidaire.eu 

Ces propos sont du général (2s) Vincent Desportes, très apprécié sur ce site. Ils ont été recueillis par Isabelle Lassere, du Figaro. Disons seulement que le général s'illusionne un peu sur la capacité des Européens d'échapper à l'influence américaine.
 

desportes_122.jpgLE FIGARO. - On a peu parlé de défense pendant la campagne des européennes. C'est pourtant un enjeu crucial pour l'avenir du continent. Est-ce grave ?

Général Vincent DESPORTES. - Oui, parce que ­l'Europe ne peut pas se construire seulement sur ses dimensions économique et sociale. Si elle n'est pas capable de défendre ses citoyens, elle ne sera pas crédible. Or, désormais, pour des raisons financières en particulier, les systèmes de défense des nations moyennes ne peuvent construire leur cohérence qu'au niveau supranational.

Cette atonie européenne est-elle similaire à celle qui existe avec l'écologie ?

Les Européens commencent à être sensibles au problème écologique, mais ils ne s'en saisissent pas. En matière de défense, ils n'ont pas encore pris conscience de l'importance du problème. Pourquoi ? Parce qu'ils pensent toujours vivre dans le monde d'hier, celui des bons sentiments. Ils ne voient pas venir ce monde de violences qui montent et qui sera dominé par les rapports de force. Les Européens se croient toujours protégés par le parapluie américain. À tort : il a longtemps été fiable mais il ne l'est plus.

Les attentats terroristes n'ont-ils pas réveillé la sensibilité européenne à la dangerosité du monde ?

En partie, si. Mais les principaux enjeux vont bien au-delà. Je pense notamment au grand affrontement déjà en cours entre les États-Unis et la Chine, qui s'affirme comme la nouvelle puissance impériale. Dans les années qui viennent, les relations internationales seront basées sur la puissance ; l'Europe doit se doter de ses attributs pour faire rempart à la Chine et faire part égale avec son ancien allié. Elle doit absolument reconstruire sa puissance, condition de son autonomie.

Que faut-il faire concrètement ?

L'Europe doit être capable de jouer son rôle dans le monde et de participer au maintien des grands équilibres. Elle ne pourra le faire que si elle détient la puissance militaire. Car la voix des nations ne porte qu'en fonction du calibre de leurs canons ! Si la ­France compte davantage que les autres pays, c'est justement parce qu'elle a une armée digne de ce nom. Si l'Europe est aphone, c'est parce qu'elle ne s'est pas dotée des moyens de la puissance.

Vous évoquez la possibilité d'un conflit sino-américain. Mais une confrontation entre les États-Unis et l'Iran ne pourrait-elle pas intervenir avant ?

À court terme, si l'on exclut le terrorisme, il existe d'autres zones de tension, notamment la région du Golfe et la péninsule nord-coréenne. Mais ce sont des conflits de petite ampleur par rapport aux grands enjeux qui s'annoncent. Personne n'a intérêt à ce que l'opposition entre l'Iran et les États-Unis se transforme en une guerre ouverte. Il semble en revanche écrit que le conflit de puissance entre la Chine et les États-Unis sera la grande histoire de demain...

À quoi sert encore l'Otan ?

L'alliance avec les États-Unis ressemble à celle qui unissait Athènes aux cités helléniques. L'Otan est une alliance sur laquelle règnent de manière hégémonique les Américains, qui offrent leur protectorat en échange de la vassalisation de leurs alliés. Le problème, c'est que ce protectorat n'est pas fiable. De Gaulle le disait déjà quand il affirmait qu'il fallait une armée française car le parapluie américain n'était pas suffisamment fiable. Il l'est encore moins aujourd'hui. L'Alliance est un leurre. Elle affaiblit les Français, car elle ne leur permet pas de parler au monde et de défendre leurs valeurs. Il faut sortir de l'illusion que les outils d'hier sont toujours pertinents pour le monde de demain.

L'Alliance atlantique peut-elle mourir ?

L'Otan est devenue une menace pour les pays ­européens. D'abord parce qu'elle est un outil de déresponsabilisation des États qui ne se croient plus capables d'assumer leur défense. Ensuite parce que son existence même est un outil de maintien et de renaissance des tensions en Europe. Il est temps que l'Otan soit remplacée par la défense européenne. La meilleure chose qui pourrait arriver à l'Alliance, c'est que les États-Unis s'en retirent. Ils placeraient ainsi l'Europe devant la nécessité d'avancer. Tant que l'Europe stratégique ne sera pas construite, le continent restera un protectorat à qui les États-Unis dictent leurs règles, comme le principe d'extrater­ritorialité dans l'affaire des sanctions contre l'Iran.

desportesstratagié.jpgPourtant, les pays de l'Est, notamment la Pologne, ne jurent toujours que par elle...

On peut comprendre que les Polonais croient être défendus par les États-Unis. Mais ils ont commis la même erreur en 1939, quand ils ont cru que la France viendrait les défendre s'ils étaient attaqués par les Allemands... Pourquoi les États-Unis sacrifieraient-ils Washington pour Varsovie si la Pologne était attaquée par la Russie ?

Parce qu'ils ont déjà traversé deux fois l'Atlantique pour sauver l'Europe...

Oui, mais ce n'était pas la même époque. Le ­nucléaire a complètement changé la donne. C'est la raison pour laquelle de Gaulle a voulu doter la France de la bombe atomique. La seule Europe qui vaille pour les États-Unis, c'est une Europe en perpétuel devenir. Ils ont toujours poussé pour les élargissements, y compris vis-à-vis de la Turquie. Mais la culture européenne est trop riche pour se limiter à ce qui en a été fait aux États-Unis. Le continent européen est celui de la philosophie et des Lumières, il a aussi été meurtri par la guerre. Il faut qu'à la puis­sance prédatrice américaine on puisse opposer une ­Europe capable de raisonner un monde qui ne l'est plus par les institutions internationales, qui ont été créées en 1945 ! S'appuyer sur les solutions d'hier pour construire le monde qui vient est dangereux et mortifère.

Vous semblez davantage craindre les États-Unis, qui malgré Trump restent notre partenaire et une démocratie, que la Russie qui cherche à diviser l'Europe.

L'Amérique n'est pas maligne comme un cancer. Mais quand elle n'est pas régulée, elle a tendance à imposer ses intérêts avant tout. Elle se détache par ailleurs de sa grand-mère patrie l'Europe pour se tourner vers le Pacifique. Quand ce processus sera achevé, l'Europe se trouvera bien démunie. Je pense que la Russie doit être intégrée à l'espace européen et que nous devons faire en sorte qu'elle ne soit plus une menace. L'avenir de l'Europe est eurasiatique, pas euro-atlantique. Nous avons, nous Occidentaux, contribué à faire ressurgir la menace russe. Nous avons raté l'après-guerre froide car nous n'avons pas réussi à réintégrer la Russie dans le jeu des ­démocraties.

L'armée européenne dont parle Emmanuel Macron, qui a provoqué des grincements de dents à l'Est et à l'Ouest, est-elle un gros mot ? Ou peut-elle être un objectif pour le futur ?

Elle ne peut pas exister aujourd'hui. Mais il faut assurer le plus vite possible la défense de l'Europe par l'Europe et pour l'Europe. Il faut créer un noyau dur capable de doter le continent d'une autonomie stratégique et capacitaire. Nous ne pouvons pas attendre la fin des divisions, notamment entre l'Est et l'Ouest, pour agir.

 

mardi, 28 mai 2019

Georges Feltin-Tracol: À quoi bon l’Union européenne ?

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À quoi bon l’Union européenne ?

par Georges FELTIN-TRACOL

Chers Camarades, Chers Amis,

Dans un mois, le dimanche 26 mai, plus de quatre cents millions d’électeurs sont conviés à élire leurs 705 représentants au Parlement européen pour la neuvième fois depuis 1979. Inscrite dans le traité de 1951 fondant la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), l’élection au suffrage universel direct d’une assemblée parlementaire supranationale ne se réalise qu’après la ferme insistance du président français Valéry Giscard d’Estaing auprès des huit autres gouvernements de la Communauté économique européenne (CEE).

Renouvelé tous les cinq ans, le Parlement européen symbolise bien ce que peut être l’Union dite européenne élaborée au fil d’une longue série de traités, à savoir un OVNI politique. Existe-t-il beaucoup d’assemblées dans le monde qui détiennent deux sièges, l’un à Bruxelles et l’autre à Strasbourg où s’organise une session hebdomadaire mensuelle ? Connaît-on ailleurs une assemblée dont les membres sont élus sur des modalités électorales variables selon les États membres ? Certes, depuis le traité d’Amsterdam de 1997, la proportionnelle est obligatoire, contraignant le Royaume-Uni à abandonner pour la circonstance le scrutin majoritaire uninominal à un tour. Mais bien des distorsions demeurent. Le 26 mai prochain, les Français choisiront une liste nationale comme ce fut le cas entre 1979 et 1999. De 2004 à 2014, l’Hexagone se divisait en circonscriptions plurirégionales sans aucune cohérence, à part pour la plus peuplée d’entre elles, l’Île-de-France. La région Rhône-Alpes était ainsi associée à Provence – Alpes – Côte d’Azur et à la Corse. Quant à l’Auvergne, elle intégrait le Limousin et la région Centre – Val-de-Loire.

S’y ajoutent d’autres critères différents. Pour avoir des élus, une liste française doit franchir le seuil de 5 % des suffrages exprimés. En Allemagne, ce seuil présent aux élections législatives et régionales n’est pas requis, ce qui a permis l’élection entre autres d’Udo Voigt pour le NPD. Quant aux candidatures, elles varient aussi. La parité hommes – femmes obligatoire (et discriminante pour les transsexuels !) ne concerne que la France et la Belgique. La présentation de candidats étrangers citoyens d’un autre État membre de l’Union supposée européenne est possible en France depuis le traité de Maastricht de 1992 à la condition d’y résider depuis au moins six mois. Dès la fin des années 1980, l’Italie autorisait les « étrangers proches » de figurer sur des listes sans obligatoirement y vivre. Ainsi, le professeur français de droit constitutionnel Maurice Duverger fut-il député européen du Parti communiste italien de 1989 à 1994, lui qui milita dans sa jeunesse au Parti populaire français de Jacques Doriot…

Depuis quarante ans, les conservateurs démocrates-chrétiens du PPE (Parti populaire européen) et les socialistes dirigent le Parlement européen avec l’appoint souvent négligeable des centristes et libéraux ainsi que, de temps en temps, du groupe des Verts et des régionalistes progressistes – multiculturalistes. Institution multinationale dont la présidence ne dure que deux ans et demi du fait d’un compromis sur sa rotation entre conservateurs et sociaux-démocrates, les groupes doivent respecter deux conditions draconiennes : un minimum de 27 membres appartenant à au moins sept nationalités. Ces règles expliquent la formation tardive du groupe Europe des libertés et des nations qui compte le Rassemblement national. Lors des précédentes mandatures, les députés frontistes ont toujours eu des difficultés pour former un groupe. En 1984, le groupe des Droites européennes présidé par Jean-Marie Le Pen réunissait les Italiens du MSI, un unioniste d’Ulster ainsi qu’un nationaliste grec. En 1989, le groupe devint technique en raison du profond désaccord entre les Republikaners allemands et le MSI à propos du Tyrol du Sud – Trentin – Haut-Adige. À partir de 1994, les députés frontistes siégeaient parmi les non-inscrits, c’est-à-dire sans aucun capacité d’influer sur les débats. En 2007, le frontiste Bruno Gollnisch préside le groupe Identité – Tradition – Souveraineté avant que ITS n’explose quelques mois plus tard après les déclarations tonitruantes d’Alessandra Mussolini, la petite-fille du Duce, qui accusait les Roumains (elle visait en fait les Roms) d’être à l’origine de la délinquance en Italie n’entraînent le départ des six élus du Parti de la Grande Roumanie. Entre 1999 et 2001, Jean-Marie Le Pen avait conclu avec l’Italienne progressiste cosmopolite Emma Bonino un accord pour former un groupe commun (avec le Vlaams Blok, la Ligue du Nord et un député néo-fasciste), le Groupe technique des indépendants. Or ce groupe fut dissous, victime de l’hostilité des autres groupes parlementaires et d’une décision inique de la Cour de justice de l’Union européenne qui estimait incompatibles les sensibilités représentées par le FN et le Parti radical transnational de Marco Pannella, vieil ami de Jean-Marie Le Pen.

ubu.pngLes méthodes de travail du Parlement dit européen s’approchent de la gouvernance du roi Ubu. Outre le rôle majeur, reconnu et officiel des groupes d’influence et/ou de pression (les lobbies), le Parlement de Bruxelles – Strasbourg exerce une co-décision avec la Commission européenne. Il peut même la renverser comme ce fut le cas en 1999 avec la Commission du trilatéraliste luxembourgeois Jacques Santer. En pratique, les parlementaires votent à la chaîne des directives et n’en débattent qu’une fois le scrutin clos. Cette originalité fonctionnelle confirme l’incongruité permanente que s’assigne ce Parlement fictif qui décerne chaque année un prix Sakharov (et non Alexandre Soljenitsyne !) à un quelconque « dissident » quelque part dans le monde entier. Le parlementaire européen se voit en paragon moral et bienfaisant de la planète entière. Il se détourne en revanche du sort des véritables dissidents de l’Occident, à savoir l’Australien Julian Assange, l’Étatsunien Edward Snowden, l’Allemand Horst Mahler, le Breton Boris Le Lay ou les Français Dieudonné, Alain Soral, Vincent Reynouard et Hervé Ryssen, tous persécutés, harcelés, condamnés, voire emprisonnés, pour « crimes » d’opinion.

Au contraire des Allemands et des Britanniques qui noyautent ou ont colonisé les instances de l’UE, les partis politiques français préfèrent y expédier les vaincus des dernières élections, les maîtresses (ou amants) des dirigeants et tous ceux susceptibles de contester l’autorité du chef. En 1979, Jacques Chirac met en position éligible l’ancien Premier ministre et très anti-européen Michel Debré afin de le dévaloriser. Deux ans plus tard, Debré se présente à la présidentielle contre Chirac et ne recueille que 1,66 %.

Le Parlement européen reflète bien ce qu’est l’Union appelée européenne. Celle-ci naît avec le traité de Maastricht et s’adosse aux Communautés européennes du charbon et de l’acier, disparue en 2002, du Marché commun et de l’énergie atomique. Cette union dite européenne établit une citoyenneté européenne supplémentaire à la citoyenneté étatique. Les résidents italiens, portugais, espagnols en France peuvent voter aux élections municipales et européennes, et siéger dans les conseils municipaux. Mais le droit français leur interdit la fonction de maire qui peut parrainer un candidat aux présidentielles et qui participe à l’élection des sénateurs. Hors de France, ces restrictions n’existent pas. L’ancien Premier ministre socialiste français, Manuel Valls, est candidat à la mairie de Barcelone, sa ville natale.

Les souverainistes et autres stato-nationalistes s’horrifient de la participation possible de ces « citoyens européens étrangers » à certains scrutins. À tort ! Nonobstant une personnalité abjecte, Manuel Valls maire de la principale ville catalane rappellerait une pratique habituelle du Moyen Âge et des Temps modernes. Confrontées à des guerres civiles larvées, les communes italiennes recouraient souvent à des podestats extérieurs afin d’être administrées. Terres impériales par excellence, l’Espagne et la Catalogne renoueraient pour l’occasion avec les gouverneurs – officiers de l’Empereur-Roi Charles venus des Pays Bas, de Rhénanie, de Franche-Comté et d’Italie. « Nicolas Perrenot de Granvelle, issu d’une modeste lignée roturière de forgerons comtois, sera le Chancelier de l’Empereur, écrit Robert Steuckers. […] Le recrutement de nobles flamands ou wallons pour l’armée espagnole cessera en 1823 seulement, quand l’argent des mines d’Amérique ne parviendra plus en abondance dans la métropole après l’indépendance des nations créoles. L’Artésien, natif d’Arras, Charles Bonaventure de Longueval, comte de Bucquoy, commandera des tercios espagnols comme des régiments impériaux dans les guerres terribles des deux premières décennies du XVIIe. Henry et John O’Neill commanderont les troupes recrutées dans la Verte Eirinn (1). »

erasmus.pngLe programme Erasmus facilite la formation des étudiants dans d’autres universités européennes. Il stimule un indéniable esprit européen à l’instar de leurs très lointains prédécesseurs qui traversaient toute la Chrétienté médiévale. Il incite à la formation de familles inter-européennes. En 2002, Cédric Klapisch réalisa L’Auberge espagnole, un film bobo autour du quotidien et de la vie sentimentale à Barcelone d’un Italien, d’une Anglaise, d’un Danois, d’un Allemand, d’un Français et d’une Belge. Derrière sa miéverie, ce film relança l’engouement des jeunes Français pour cet excellent programme universitaire. La citoyenneté européenne et Erasmus constituent deux exemples tangibles qui font avancer l’idée européenne de quelques centimètres. Il reste néanmoins plus d’un millier de kilomètres à parcourir !

Les adversaires de l’UE l’accusent de broyer les États-nations et de les fondre dans un machin supranationale. Or son architecture institutionnelle est un savant, subtil et complexe mélange entre la coopération intergouvernementale et un fédéralisme embryonnaire. En acceptant de nouveaux membres, l’Union a dû entériner des compromis qui en font un ensemble politique flou à la plasticité surprenante. Certains membres de l’UE (le Royaume-Uni, l’Irlande, la Roumanie, la Bulgarie) n’appartiennent pas à l’Espace Schengen tandis que d’autres, hors Union européenne, comme la Confédération helvétique, le Liechtenstein, la Norvège et l’Islande en font partie. Des États signataires de Schengen tels le Danemark, le Suède, la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie n’utilise pas l’euro, à la différence de l’Irlande. On oublie aussi que l’euro a cours de manière officielle en Andorre, à Monaco, dans la République de San Marin et dans la Cité du Vatican. La monnaie européenne est enfin de facto la monnaie officielle du Kossovo et du Monténégro.

Exempté de l’euro et de Schengen, le Royaume-Uni a eu toutes les raisons d’adopter le Brexit, sauf que sa clique politicienne anti-Brexit fait tout pour contourner les 52 % en faveur du Leave. L’incompétence crasse de Theresa May et les gesticulations stériles d’un Parlement incapable de prendre la moindre décision enlisent des négociations au point que les électeurs britanniques participeront certainement aux élections européennes à venir alors que 46 sièges britanniques ont été enlevés et les 27 restants redistribués à d’autres États dont la France afin d’assurer une meilleure représentativité démographique. Si en 1990 – 1991 les indépendantistes baltes avaient agi de la sorte, l’URSS existerait toujours, ce qui aurait été probablement un atout pour la construction politique de l’Europe. « Le mur de Berlin est-il tombé trop tôt ? La question joue de cynisme, prévient Luc Pauwels. Du point de vue humain, le communisme s’est naturellement effondré beaucoup trop tard. Mais d’un point de vue politique, il s’avère de plus en plus avoir joué un rôle malheureusement irremplaçable dans la motivation de nombreux Européens à l’édification d’une Europe politiquement unifiée (2). » En disparaissant entre 1989 et 1991, les communismes soviétique et titiste ont réveillé les nationalismes belliqueux dans les Balkans, en Transnistrie et dans le Caucase, et accru l’emprise étatsunienne sur le Vieux Continent. Leur chute a empêché les Européens de se donner les moyens de puissance propres à peser sur la scène internationale. Les politicards occidentaux se félicitaient alors des « dividendes de la paix »; ils abolissaient la conscription obligatoire et supprimaient maints régiments. La fin de la Guerre froide incita à l’impuissance européenne, au goût mortifère pour « le doux commerce » et la « fin de l’Histoire ». Le président français François Mitterrand avait un instant essayé de reprendre le concept de « Maison commune » du Soviétique Mikhaïl Gorbatchev en esquissant une « Confédération européenne » allant de Galway à Vladivostok, ce projet visionnaire fut aussitôt torpillé par l’occidentaliste tchèque Vaclav Havel. Le projet européen rata un tournant décisif et accepta sa démilitarisation mentale. Il faut reconnaître que « l’ADN de la construction européenne fut d’évacuer les rapports de force dans les relations entre États européens, souligne Nicole Gnesotto. On a mélangé les facteurs de guerre et les économies entre États afin qu’ils ne puissent plus se faire la guerre. L’idée même que l’Europe pourrait retrouver un appétit pour l’usage de la force et pour la volonté de puissance, qui est la raison de deux guerres mondiales au XXe siècle, l’idée d’une Allemagne s’appuyant sur des forces armées, est le dernier tabou de cette époque (3) ».

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Le pacifisme de l’Allemagne n’empêche pas la CDU et le SPD d’exiger maintenant que la France cède à l’évanescente Union européenne son statut de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Après plus de 70 ans de rééducation psychologique continue, la caste politicienne allemande largement inféodée à ses maîtres étatsuniens cherche à mieux enfermer la France dans le corset atlantiste. Le traité de Lisbonne reconnaît d’ailleurs ce scandaleux alignement, d’où la réintégration française dans l’OTAN en 2009. Berlin veut que Paris renonce à sa relative autonomie diplomatique sans que l’Allemagne ne fasse de son côté le moindre effort économique, financier ou monétaire. Pis, la Cour constitutionnelle fédérale allemande a toujours réaffirmé la pleine souveraineté de l’Allemagne au sein de l’Union dite européenne même si cette souveraineté reste largement fictive du fait du bon vouloir des Anglo-Saxons. La cour de Karlsruhe s’exprime sur le processus européen en 1974, en 1986, en 1993 et en 2009. Sa jurisprudence, toujours constante, définit l’UE comme un groupe d’États dont la pérennité ne repose que sur la seule volonté de ses membres qui peuvent en sortir à n’importe quel moment. Mieux, au sujet de l’Union économique et monétaire, « si [elle] devait se révéler incapable de maintenir de façon permanente la stabilité existant au moment du passage à la troisième phase, prévient l’ordo-gaulliste Marie-France Garaud, elle ne serait plus conforme à ce qui a été convenu (4) ». En juin 2009, l’arrêt de Karlsruhe considère que « le Parlement européen n’a pas la même légitimité que les parlements nationaux et la représentation parlementaire allemande ne peut être privée de ses prérogatives dans les domaines essentiels de la souveraineté étatique (5) ».

Ces restrictions juridiques n’empêchent pas la classe dirigeante allemande de chercher à « convaincre les voisins et partenaires de l’Allemagne que le sauvetage de l’UE ne passe plus par l’union monétaire, mais par l’union militaire. Arrêtons de faire marcher la planche à billets à la même vitesse, selon les directives de la Banque centrale européenne, et essayons plutôt de propulser des missiles à la même cadence. Voici la recette préconisée pour remettre l’UE sur les rails : reprendre le flambeau d’une Communauté européenne de défense (CED) (6) ». Les politiciens allemands poussent à cette nouvelle solution. Elle écarterait la France de tout rôle effectif dans le concert international des puissances, calmerait ses retraités uniquement préoccupés par leurs pensions et éviterait de mécontenter Washington.

esprit.gifPrésident populiste (ou contre-populiste) élu en mai 2017 sur une forte vague « dégagiste », Emmanuel Macron défend souvent et avec une sincérité certaine le concept de « souveraineté européenne ». Son emploi à la banque Rothschild et ses fonctions successives de secrétaire général-adjoint à la présidence de la République et de ministre de l’Économie font oublier qu’il collabora à Esprit. Cette revue proche de la deuxième gauche chrétienne fut fondée en 1932 par le philosophe personnaliste Emmanuel Mounier, figure de l’aile « gauche » des non-conformistes des années 1930. Débattant régulièrement avec les fédéralistes intégraux de L’Ordre nouveau comme Denis de Rougemont, Mounier participa un temps à l’école des cadres de la Révolution nationale d’Uriage. Or, dès 1946, bien des inscrits aux cours d’Uriage, après un passage dans les maquis de la Résistance, s’installèrent dans les cabinets ministériels et contribuèrent autour de l’anglomane Jean Monnet au lancement des premiers traités européens. La Révolution nationale célébrait la « communauté française ». Les anciens promus d’Uriage célébreraient, eux, les « Communautés européennes » (7). Les définitions sémantiques s’adaptent et changent en suivant l’échelle géographique…

Emmanuel Macron a déjà défendu la constitution d’une armée européenne éventuellement distincte de l’OTAN, ce qui expliquerait en partie ses nombreux déboires… Reprise par une Angela Merkel en fin de mandat sans néanmoins la concrétiser, cette surprenante suggestion contredit en réalité l’histoire et les finalités de la pseudo-Union européenne. Par des discours prononcés à Athènes, puis à La Sorbonne, Emmanuel Macron a cru séduire les Allemands et les pousser à une meilleure intégration européenne. L’ancienne communiste retournée par les officines de l’« État profond » yankee Angela Merkel repoussa les avances du Français. On peut dire aujourd’hui que le couple franco-allemand n’existe plus. Emmanuel Macron vient peut-être de comprendre le jeu cupide de Berlin. De là les concessions qu’il a accordées aux « Gilets jaunes » en décembre dernier et la possible et faiblarde taxation des GAFAM par la seule France pour le plus grand désespoir de Berlin. L’Allemagne craint en effet la riposte des États-Unis qui augmenteraient les taxes douanières et pénaliseraient toute l’industrie outre-Rhin. Avec une Italie solidement populiste par la coalition bancale LegaMouvement Cinq Étoiles, une France réfractaire à l’idée de voir ses lourdes dépenses militaires comptabilisées dans les critères budgétaires de Maastricht, et une Espagne politiquement instable, il faut de plus en plus envisager un Deutschxit. Il est possible qu’avec le départ de la chancellerie d’Angela Merkel, son successeur, seul ou en concertation avec l’Autriche, la Slovaquie, les États baltes, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Flandre belge, quitte la Zone euro et adopte un « euro-Mark ». Ce départ provoquerait soit la formation de deux zones monétaires européennes (euro du Nord et euro du Sud), soit le retour aux monnaies nationales et/ou complémentaires régionales. Ce serait la fin du projet européen et, très certainement, la transformation du continent européen en champ de bataille, virtuelle ou réelle, entre les États-Unis, la Chine, la Turquie et la Russie.

Dans un essai récent (8), Coralie Delaume considère que le « moteur franco-allemand » est donc un mirage. Par-delà la complicité personnelle entre Charles De Gaulle et Konrad Adenauer, Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand et Helmut Kohl, l’amitié germano-française est sabotée dès 1963 quand le Bundestag à la demande du ministre de l’Économie et futur chancelier, Ludwig Erhard, ratifie le traité de l’Élysée en y introduisant un préambule ouvertement atlantiste. Ce tropisme largement partagé en Europe occidentale, et désormais en Europe centrale et orientale, fait qu’« entre l’Europe puissance et l’Europe marchande posthistorique, il y a une incompatibilité radicale, souligne Coralie Delaume. […] L’Europe actuelle n’a pas été conçue comme une Europe politique, mais comme une Europe du marché et du droit où la marche des choses est soustraite à la force des passions politiques pour être placée sous le règne de la règle (9) ». L’Union pseudo-européenne confirme la dépolitisation du monde occidental envisagée par Carl Schmitt. « Il n’existe […] pas de puissance essentielle sans tradition de sa vision de la grandeur – car ne devient grand que celui qui voit grand; mais la faculté de voir le grand s’enseigne et se transmet au fil d’éducations risquées, avance Peter Sloterdijk. Sa pratique crée dans tous les Empires un athlétisme psychique et logique plus ou moins ésotérique, qui s’associe à la géographie et à la stratégie politiques (10). »

Le retour au politique de l’Europe n’est pas d’actualité malgré la montée des périls. Même en cas de conflit armé, les Européens ne sortiront pas de leur torpeur psychique et comportementale. Le secrétaire général de l’OTAN, le Norvégien Jans Stoltenberg, peut par conséquent déclarer que « l’unité de l’Europe est importante mais ne peut se substituer, être une alternative à l’unité transatlantique. La défense de l’Europe dépend de l’OTAN, d’autant que plus de 90 % des personnes vivant dans l’Union européenne vivent aussi dans un pays membre de l’OTAN (11) ». Plus que jamais, la défense européenne reste « un serpent de mer. La France en a toujours fait une priorité, mais les obstacles sont nombreux, déclare encore Nicole Gnesotto. L’Europe politique n’existe pas. L’Est et l’Ouest du continent n’ont pas la même perception des menaces. Les premiers redoutent le réveil de l’impérialisme russe et comptent encore sur les États-Unis et sur l’OTAN pour assurer leur sécurité, tandis que les seconds craignent la menace qui vient du Sud. Les attaques de Trump, qui veut se désengager de l’Europe, et le retour de la guerre ont provoqué un sursaut sur le Vieux Continent. Mais on est encore loin du compte, surtout si l’on compare les augmentations des budgets européens aux investissements massifs de la Chine et de la Russie (12) ». Il y a pourtant une urgence vitale à réagir ! Le chroniqueur très politiquement correct Christian Makarian cite Sigmar Gabriel, l’ancien vice-chancelier social-démocrate allemand : « Dans un monde où règnent les carnivores géopolitiques, nous, les Européens, sommes les derniers des végétariens (13). » Faut-il ensuite s’étonner de la mode végane et de la propagande en faveur de l’herbe qui submergent l’Europe ? « Le mot clé de cette fin de siècle, remarque Peter Sloterdijk, ce n’est pas “ décision ”, mais “ vécu ”. Les Européens n’ont plus désormais l’idée de se choisir eux-mêmes dépourvus de fondement, comme ils le firent jadis, au cours des années grises qui suivirent la guerre (14). » Que penser de certaines affirmations qui vont sciemment à l’encontre de l’essence même de l’Europe. « Les migrants, écrit une certaine Marielle Macé, professeur de littérature et écrivain, sont les nouveaux Européens, ceux pour qui l’Europe existe, ceux par qui pourra se maintenir l’idée d’Europe (15). » Les migrants voient surtout dans l’Europe une formidable corne d’abondance. Pas de doute, la moquette que Marielle Macé a probablement fumée était ce jour-là d’excellente qualité tant son plaidoyer pro-immigration allogène se montre fumeux…

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« Après l’échec de la Communauté européenne de défense, la construction européenne s’est rabattue sur l’économie, abandonnant sa défense à l’allié américain écrit Pascal Gauchon. Peut-elle aujourd’hui reprendre le chemin abandonné en 1954 ? (16) » Louis Gautier l’espère. Par exemple, « des initiatives récentes, telles la création d’un Fonds européen de défense (FEDef), la coopération permanente structurée (CSP), l’initiative européenne d’intervention (IFI) ou encore le lancement du programme aérien futur (Système de combat aérien futur / SCAF) ou de char futur (Main Ground Combat System / MGCS) en coopération avec les Allemands engagent une dynamique très positive de convergence et d’intégration européenne, en particulier dans le domaine capacitaire et industriel (17) ». L’abêtissement générationnel de nos compatriotes n’invite pourtant pas à l’optimisme. Le sursaut de l’Europe boréenne par le conflit armé relève dorénavant du vœu pieux.

Chef d’état-major des armées françaises démissionnaire en juillet 2017 et aujourd’hui employé d’une entreprise yankee, Boston Consulting Group, le général Pierre de Villiers est le frère de l’ancien homme politique libéral-conservateur Philippe de Villiers. Ce dernier vient de commettre un ouvrage (18) qui dénonce les origines atlantistes de la construction européenne (l’historien Pierre Hillard écrivait avec plus de sérieux la même chose il y a plus de dix ans…). Son frère, vrai général de salon, prévenait que « pour la défense européenne, il faut partir avec un noyau de pays qui travaillent ensemble, et non en imposant un engagement militaire supranational à vingt-huit pays. On ne meurt pas pour une entité supranationale. Quand un militaire se trouve face à l’ennemi, il sait qu’il peut y laisser sa peau. Pourquoi et pour qui fait-il cela ? On meurt pour la France, pour ses valeurs, pour son chef. […] Il faut que le ciment soit celui du sentiment d’appartenance à une communauté. Or le sentiment européen, et on peut le regretter, n’est pas suffisamment fort (19) ». Oui, hélas, le sentiment d’appartenance à la communauté européenne demeure plus que ténu auprès des peuples qui la constituent néanmoins. Les peuples européens ignorent leur longue histoire. Certes, « l’Europe ne vient pas de nulle part, note Laurent Wauquiez, le président des Républicains et président du conseil régional Auvergne – Rhône-Alpes : elle est le fruit de trois traditions, gréco-latine, judéo-chrétienne et des Lumières (20) ». Quelle vision courte, étriquée et incomplète de la part d’un premier à l’Agrégation d’histoire… Manquant d’imagination, Laurent Wauquiez plagie Paul Valéry. Il ignore les trois moments décisifs de notre européanité :

– la Préhistoire marquée par l’art rupestre à Lascaux et dans la grotte Chauvet,

– le fait indo-européen (ou boréen) qui donne une parenté anthropologique commune et une autochtonie indubitable,

– la période médiévale gothique qui exprime dans sa perfection intrinsèque l’esprit ancestral cher à Dominique Venner. Comment ne pas penser à l’incendie de Notre-Dame de Paris survenue le 15 avril dernier ? « Tous les Européens ont ressenti que les flammes portaient atteinte à une réalité symbolique dont l’Europe ne peut pas se passer, déclare Peter Sloterdijk : notre “ stratigraphie morale ”, qui s’incarne dans les grands bâtiments; je pourrais dire aussi la volonté européenne d’avoir une Histoire. Et de la conserver. Notre-Dame, c’est une preuve que l’Europe existe. Notre-Dame, c’est Notre-Europe. J’ai beau être allemand, et philosophe, comme vous le dites, j’ai dormi avec Quasimodo sous la charpente de Notre-Dame ! Grâce à Victor Hugo. Et ensuite Gina Lollobrigida est venue compléter le tableau dans le rôle d’Esmeralda au cinéma (21). »

grande-rosace-de-notre-dame-de-paris.jpgLes objections qu’avance Pierre de Villiers n’en sont pas moins justifiées. Peut-on mourir pour l’euro, les fonctionnaires de la Commission de Bruxelles et L’hymne à la Joie ? La réponse immédiate est bien sûr négative. Mais faudrait-il, le cas échéant, se sacrifier pour Emmanuel Macron, François Hollande ou Nicolas Sarközy, voire pour les fameuses valeurs républicaines françaises, soit le mariage pour tous, la lutte contre toutes les discriminations possibles et imaginables, l’égalitarisme total, le féminisme outrancier et le Diktat de « Big Other » ? Non bien sûr ! Notre loyauté va à notre vision du monde, pas aux drapeaux qui étouffent nos identités organiques.

Le Figaro du 16 janvier 2019 publie les résultats édifiants d’une enquête d’opinion. À la question suivante « Parmi les unités géographiques suivantes, à laquelle avez-vous le sentiment d’appartenir avant tout ? », seuls 3 % ne se prononcent pas. Auraient-ils été perplexes devant la brutalité et le simplisme de la question typique du caractère profondément centralisateur des Français ? Une question pareille serait difficilement concevable en Suisse où s’agencent les patriotismes communal, cantonal et fédéral même si la vie urbaine moderne les corrode plus ou moins lentement… Pour ce Baromètre de la confiance Cevipof – OpinionWay, 39 % montrent sans grande surprise leur attachement à la France (les auteurs ont pris soin de ne pas mentionner la « République » avec le risque d’occulter ce funeste régime politique aux fondements universalistes et cosmopolites). 23 % se réclament de la ville, de la localité, du canton (au sens français, à savoir une circonscription rurale). 18 % préfèrent la région (Corses, Occitans, Normands), la province (Berry, Béarn) et le département (Vendée). Plus surprenant, 11 % s’attachent au monde, ce qui signifie que les mondialistes représentent déjà un dixième de la population française. Observons toutefois que cette enquête n’intègre pas l’appartenance religieuse, ce qui aurait donné des résultats très révélateurs. Et l’Europe, me direz-vous ? Elle ne rassemble que… 6 % ! Loin, très loin derrière le sentiment cosmopolite. Cette désaffection résulte de l’incurie des politiciens qui tels les médecins de Molière accusent sans cesse Bruxelles de tous les maux possibles et imaginables. En dépit des milliards d’euros déversés sur tout le continent, l’UE pâtit toujours d’une image négative. L’Union dite européenne ne fait pas rêver les peuples. Naine géopolitique, elle devient progressivement un hospice pour vieillards séniles en paupérisation plus ou moins avancée.

En euro-fédéraliste convaincu, le journaliste Jean Quatremer estime que les États nationaux sont les principaux fauteurs des travers qui rongent l’UE. Son « problème [..] est qu’elle n’est que l’émanation des États membres (22) ». « Ce sont les États qui bloquent et peuvent ainsi faire porter le chapeau à la Commission… (23) » Dans ces conditions, le correspondant permanent du quotidien français libéral – libertaire Libération auprès des institutions européennes pense que « l’Union […] n’est que la marionnette des États et aucun d’entre eux n’est prêt à accepter qu’elle lui échappe (24) ». Il le démontre au risque de contrarier les souverainistes. L’apport législatif de la Commission « n’est pas de 80 %, mais seulement de 20 % en moyenne sur une période de vingt ans, une proportion qui a même tendance à diminuer en dépit des compétences nouvelles (25) ». « La proportion de normes européennes dans les lois nationales est comprise, poursuit-il encore, entre 30 et 40 % dans les secteurs agricole, bancaire, financier et environnemental, et entre 20 et 30 % dans l’énergie, les transports, la santé ou encore le commerce extérieur (26). » Jean Quatremer constate enfin « la propension des États à communautariser les échecs nationaux et à nationaliser les succès européens (27) ».

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Il faut recouper ce point de vue, rappelons-le, pro-Union européenne, avec le témoignage du ministre grec des Finances pendant cinq mois, l’universitaire Yanis Varoufakis (28). Ce dernier le présente dans Conversation entre adultes, un ouvrage remarquable. Ce membre du gouvernement soi-disant de gauche radicale s’aperçoit assez vite que les fonctionnaires européens lui mentent ouvertement, le méprisent et ne lui communiquent aucun document officiel. Il regrette que la rédaction du communiqué final des réunions européennes soit plus importante que les décisions prises à la va-vite et qui se calent toujours sur les recommandations de la bureaucratie continentale. Il est presque impossible de discuter dans de pareils cénacles ! En effet, il revient au président de l’Eurogroupe d’introduire le sujet. Il donne ensuite la parole aux représentants respectifs de la Commission européenne, du FMI et de la Banque centrale européenne. Il laisse enfin s’exprimer dans un délai très bref les ministres. Yanis Varoufakis en déduit qu’« un spectateur impartial et sensé en conclurait que l’Eurogroupe n’est là que pour permettre aux ministres de valider et légitimer les décisions prises en amont par les trois institutions (29) ». Il révèle la nature de l’Eurogroupe. « Les traités européens ne lui confèrent aucun statut légal, mais c’est le corps constitué qui prend les décisions les plus importantes pour l’Europe. La majorité des Européens, y compris les politiques, ne savent pas exactement ce que c’est, ni comment il fonctionne (30). » Varoufakis se rend compte que « le Groupe de travail Eurogroupe (EWG) [est] sur le papier […] l’instance au sein de laquelle se préparent les réunions de l’Eurogroupe; en réalité, ce groupe est une sorte de sombre creuset dans lequel la troïka concocte ses plans et ses politiques (31) ». Agent direct d’Angela Merkel, Thomas Wieser « était président du Groupe de travail Eurogroupe, cet organe dont le rôle est de préparer les réunions de l’Eurogroupe, là où les ministres des Finances de chaque pays prennent les décisions clés. En théorie, donc, Wieser était le délégué de Jeroen Dijsselbloem, ministre des Finances néerlandais et président de l’Eurogroupe. Ce que je ne savais pas et que je mesurerais plus tard, c’est que c’était l’homme le plus puissant de Bruxelles, beaucoup plus puissant que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, ou que Pierre Moscovici, le commissaire aux Affaires économiques et financières (le ministre des Finances de la Commission), voire, en certaines occasions, plus puissant que Dijsselbloem lui-même (32) ». En lisant Varoufakis, on saisit mieux les dessous du « Selmayrgate ». Bras droit de Jean-Claude Juncker, l’Allemand Martin Selmayr accède au secrétariat général de la Commission européenne en mars 2018. Quelques heures auparavant, il avait été nommé secrétaire général-adjoint… « Le collège des 28 commissaires a totalement démissionné, terrorisé par ce Raspoutine au petit pied, dénonce Jean Quatremer. C’est Selmayr qui gère tout, de la communication aux propositions législatives, une situation sans précédent de mémoire d’eurocrate. C’est ainsi à lui seul que l’on doit le très décevant “ cadre financier pluriannuel ” 2021-2027 qui gèle le budget communautaire à son niveau actuel ou encore le projet de démantèlement partiel de la Politique agricole commune (33). » Malgré de fortes pressions venant des parlementaires européens, Martin Selmayr n’a jamais démissionné. Pourquoi ?

Il faut connaître les formidables luttes d’influences pour comprendre le refus de la Commission européenne de créer un champion européen du rail entre l’entreprise allemande Siemens et l’entreprise française Alstom déjà bien dépouillée par des charognards financiers étatsuniens avec le consentement de François Hollande, ce qui lui aurait valu en d’autres temps un procès pour haute-trahison. La préférence européenne (ou communautaire) pratiquée jusqu’au traité de Maastricht de 1992 préservait l’économie de la CEE dans une perspective protectionniste listienne en référence au Germano-Américain Friedrich List. Dans ce cadre d’économie semi-fermée à des intervenants extérieurs furent conçus les projets Airbus et Ariane qui ne relèvent que de la volonté conjointe de grandes entreprises aéronautiques nationales et de leurs gouvernements respectifs, hors d’atteinte de toute bureaucratie dite européenne…

Il importe donc de « vaincre le concept libéral de la CEE, passer résolument de la voie politique à l’union européenne, au sens de l’Empire européen. L’Europe doit réussir sa propre décolonisation (34) ». Les conséquences qui en découleront, seraient « au bout du compte : un enrichissement mutuel, tant sur le plan économique que sur le plan culturel. Et une véritable intégration européenne, au-delà des antagonismes du passé (35) ». Dès lors, le continent se dirigerait vers une éventuelle organisation confédérale, renaissance de la patrie continentale de chacune de nos nations. « Renaissance » est d’ailleurs le titre de la liste pour les élections européennes du parti présidentiel français, un parti dont le fonctionnement s’apparente en partie à celui du Mouvement Cinq Étoiles.

Souverainistes, nationistes régionalistes et stato-nationalistes se trompent quand ils veulent la sortie de leur patrie de l’Europe. L’Europe est un continent alors qu’ils parlent d’un ensemble politico-économique composé d’États-nations. Or l’État-nation est lui aussi pourri comme d’ailleurs les régions. Il n’y a pour l’heure aucun recours possible parce que « la crise est dans l’homme (36) (Thierry Maulnier) ». Rien n’arrivera de vrai si ne s’opère pas en soi-même une véritable révolution spirituelle intégrale qui pourrait déboucher sur l’émergence d’une élite militante paneuropéenne qui n’existe pas et qui n’existera pas avant très longtemps. L’échec de Jeune Europe de Jean Thiriart dans la seconde moitié de la décennie 1960 le prouve aisément.

imjt_010.jpgSeule la civilisation européenne peut réunir de grands orchestres polyphoniques. Au début du XIIIe siècle apparaît l’« école musicale de Notre-Dame » à Paris avec Léonin et Pérotin le Grand. C’est la naissance de la polyphonie, de l’association simultanée de plusieurs voix indépendantes. La polyphonie est la seule capable de s’approcher du divin par ses compositions musicales. Par conséquent, si l’Europe ne relève pas le fantastique défi que lui impose l’histoire, nos compatriotes vivant sur un continent devenu un protectorat de forces extérieures et un haut lieu touristique muséal se demanderont en de rares moments de lucidité et avec regret : « Mais quelle Europe fallait-il construire ? S’agissait-il d’une palingénésie de l’Empire romain germanique recouvrant ses “ droits ” sur la France et les autres anciens royaumes ? S’agissait-il d’un nouveau mouvement des peuples pour dépasser leurs nationalités et s’intégrer à une communauté souveraine ou, plus vulgairement, d’une coalition entre de grandes firmes bancaires, industrielles ou commerciales ? (37) » Clio a souri aux Européens qui, frileux et craintifs, ont détourné leur regard.

En revanche, ceux qui se savent « bons Européens de l’avenir » rient aux vagues impétueuses de l’histoire. Polyphonique en elle-même, l’Europe se fera tôt ou tard par la synthèse de son passé sans répéter les mêmes erreurs. « L’Europe a failli être française avec Napoléon, et elle a failli devenir allemande avec Hitler. Dans l’un et l’autre cas, elle n’eut été qu’une Europe asservie. L’Europe que nous voulons ne doit être ni française, ni allemande, mais européenne, c’est-à-dire permettre l’épanouissement de tous ses peuples, et de toutes ses cultures. Plus variée qu’aucun autre continent, elle doit être capable de faire son unité sans rien sacrifier de cette diversité qui constitue son plus étonnant privilège (38). » « La fonction quintessencielle de la constitution de l’Europe tient dans un mécanisme de transfert de l’Empire, pense encore Peter Sloterdijk. L’Europe se met en marche et reste en mouvement dans la mesure où elle parvient à revendiquer l’Empire qui existait avant elle, et à le transformer. L’Europe est ainsi un théâtre pour les métamorphoses de l’Empire; l’idée directrice de son imagination politique est une sorte de métempsycose de l’Empire romain à travers les peuples européens déterminants et susceptibles de faire l’histoire (39). » Parmi les « peuples d’Empire » (Allemands, Espagnols, Anglais, Italiens, Russes, etc.), il désigne deux États dont la vocation serait de susciter l’Europe impériale. La France et la Suisse sont en elles-mêmes des « Europes réduites ». « La Suisse est le point de l’Europe, écrit Pierre Drieu la Rochelle, le point de tous les croisements physiques et métaphysiques, le point crucial – ce n’est pas en vain que son emblème est une croix; c’est donc un point sacré (40). » En effet, « la Suisse exprime le nœud indestructible dont est faite l’Europe : le nœud germano-latin, poursuit Drieu la Rochelle. Le Saint-Empire romain germanique figurait aussi ce nœud inévitable. Et la Suisse est une survivance du Saint-Empire. Impossible d’imaginer la Suisse sans le Saint-Empire. La Suisse s’est créée non à la marge, mais dans le milieu du Saint-Empire. Les Waldstätter, les trois cantons primitifs, étaient des terres impériales sur la route du Simplon, laquelle, de bonne heure au Moyen Âge, ajouta un nouveau lien entre les terres romaines et les terres germaines de l’Empire à tous ceux qui existaient déjà, corporels et spirituels, physiques et métaphysiques. La Suisse n’a pas été une survivance de l’Empire au sens funèbre du mot : ce fut un surgeon. La Suisse exprima la ressource organique de l’Europe. […] On ne peut pas faire une Europe d’où serait exclu ce que représentent la réalité et le mythe suisses, ce que représentent la réalité et le mythe de l’Empire (41) ».

Attendons donc le taureau, ce Kairos, qui emportera la civilisation albo-européenne vers son destin de katechon, rempart et bastion pour une terre médiane de communautés holistes conscientes de l’histoire tragique et capables d’affronter les gigantesques périls d’un univers interconnecté, effrayante combinaison du Meilleur des Mondes, de 1984, de Brazil et de la série télévisée Black Mirror.

Je vous remercie.

Georges Feltin-Tracol

Notes

1 : Robert Steuckers, « L’idée impériale en Europe », dans Jean Mabire. Magazine des Amis de Jean Mabire, n° 50, Équinoxe de Printemps 2019, pp. 10 – 11.

2 : Luc Pauwels, L’Europe impérieuse. Du long chemin de la CEE libérale à l’Empire européen, GRECE, coll. « Point de vue », n° 6, sans date, p. 5.

3 : Nicole Gnesotto, « En Europe, le besoin d’autorité l’emporte sur celui de liberté (entretien avec Isabelle Lasserre) », dans Le Figaro des 8 et 9 décembre 2018.

4 : Marie-France Garaud, Impostures politiques, Plon, coll. « Tribune libre », 2010, p. 58.

5 : Idem, p. 59.

6 : Ben Cramer, « L’Allemagne prête à flirter avec la bombe française », dans Charlie Hebdo du 28 décembre 2016.

7 : cf. Antonin Cohen, De Vichy à la Communauté européenne, PUF, 2012.

8 : Coralie Delaume, Le couple franco-allemand n’existe pas. Comment l’Europe est devenue allemande et pourquoi ça ne durera pas, Michalon, 2018.

9 : Coralie Delaume, « La “ souveraineté européenne ” est une antinomie (entretien avec Lucas Bretonnier) », dans Marianne, du 16 au 22 novembre 2018.

10 : Peter Sloterdijk, Si l’Europe s’éveille. Réflexions sur le programme d’une puissance mondale à la fin de l’ère de son absence politique, Éditions Mille et une nuits, 2003, pp. 77 – 78.

11 : dans Le Monde, du 22 février 2019.

12 : Nicole Gnesotto, art. cit.

13 : dans L’Express du 27 février 2019.

14 : Peter Sloterdijk, op. cit., p. 31.

15 : dans L’Obs du 18 avril 2019.

16 : Pascal Gauchon, dans Conflits, n° 21, avril – juin 2019, p. 64.

17 : Louis Gautier, « La défense européenne maintenant ou jamais », dans Conflits, op. cit., p. 65.

18 : Philippe de Villiers, J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu, Fayard, 2019.

19 : dans Le Point du 9 novembre 2017.

20 : dans Le Monde du 12 mars 2019.

21 : Peter Sloterdijk, « C’est un signal (entretien avec Christophe Ono-Dit-Biot) », dans Le Point, du 18 avril 2019.

22 : Jean Quatremer, Les salauds de l’Europe. Guide à l’usage des eurosceptiques, Calmann-Lévy, 2017, p. 191.

23 : Idem, pp. 223 – 224.

24 : Id., p. 299.

25 : Id., pp. 211 – 212.

26 : Id., pp. 219 – 220.

27 : Id., p. 225.

28 : Le dossier du n° 177 d’Éléments (avril – mai 2019) sur le populisme le range parmi les « populistes socialistes » ou « populistes de gauche ».

29 : Yanis Varoufakis, Conversation entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe, Éditions Les liens qui libèrent, 2017, p. 238.

30 : Idem, p. 237.

31: Id., p. 127.

32 : Id., pp. 143 – 144.

33 : Jean Quatremer, « Union européenne : nouvelle mascarade à la “ Commission Selmayr ” », mis en ligne sur Libération, le 11 juin 2018.

34 : Luc Pauwels, op. cit., p. 46.

35 : Robert Steuckers, « Vers l’unité européenne par la révolution régionale ? », dans Europa. Valeurs et racines profondes de l’Europe, tome I, Éditions Bios, 2017, p. 208.

36 : cf. Thierry Maulnier, La crise est dans l’homme, Redier, 1932.

37 : Pierre Fougeyrollas, La Nation. Essor et déclin des sociétés modernes, Fayard, 1987, p. 199.

38 : Paul Sérant, Des Choses à dire, La Table Ronde, 1973, p. 228.

39 : Peter Sloterdijk, op. cit., p. 52.

40 : Pierre Drieu la Rochelle, « Notes sur la Suisse (mars 1943) », dans Le Français d’Europe, Ars Magna, coll. « Les Ultras », 2017, p. 262.

41: Idem, pp. 256 – 257.

• Conférence prononcée à Genève (Suisse), le 27 avril 2019, à l’invitation du Cercle Proudhon et du Kalvingrad Patriote, puis revue et corrigée.

Elections européennes. Refus grandissant de l'Europe sous sa forme actuelle

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Elections européennes. Refus grandissant de l'Europe sous sa forme actuelle

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Les gains substantiels en voix des deux mouvements politiques stigmatisés respectivement sous le nom de populistes et d'extrême droite, lors des élections européennes du 27 mai, montrent un refus grandissant de l'Union européenne (UE) sous sa forme actuelle.

Celle-ci avait depuis longtemps fait illusion. Beaucoup y voyaient un effort pour faire de l'Europe une grande puissance mondiale, susceptible de se battre avec succès contre l'Empire américain et la montée en puissance de la Chine, désormais première puissance économique.

Mais c'était ne pas voir que du temps de la force des Etats-Unis, ceux-ci avaient considéré l'UE comme un ensemble vassal dans leur lutte contre la Russie. Une majorité d'Européens refusent encore de l'admettre, assujettis sous une forme ou une autre aux intérêts américains. Dans un nombre grandissant d'Etats européens cependant, le nombre des citoyens qui refusent cet assujettissement ne cesse d'augmenter. Ils cherchent à faire de l'UE, sous sa forme actuelle ou mieux sous une forme renouvelée, un véritable instrument de prise d'indépendance et de puissance.

Mais dans quels domaines et pourquoi faire ? Les « populistes », qu'il vaudrait mieux nommée souverainistes, qui sont déjà au pouvoir en Italie et dans quelques pays d'Europe centrale, ne refusent pas a priori l'UE, mais veulent la subordonner aux objectifs qu'ils se donnent en matière de souveraineté économique nationale et de politique internationale, incluant un rapprochement avec la Russie. Quant aux partis souverainistes dits d'"extrème droite", tel le Rassemblement National en France, leurs objectifs ne sont guère différents. On ajoutera la nouvelle importance des partis dits Verts qui ont gagné des sièges au Parlement du fait de l'absence constatée, malgré ses affirmations, de toute préoccupation écologique au sein de l'UE.

D'ores et déjà, les Conservateurs de la droite, du centre ou des partis se disant socialistes, au pouvoir dans les principaux Etats de l'UE, tentent de dissimuler leurs reculs, sinon leur défaite. Ils feignent de faire comme si ce refus marqué de leurs politiques européennes ne nécessitait pour satisfaire l'électorat de demain, que quelques réformes mineures. Mais les « populistes », l' « extrême droite » et les Verts ne feront aucun progrès dans l'opinion s'ils ne présentent pas clairement ce en quoi ils transformeraient l'UE, tant dans ses objectifs que dans sa forme, s'ils étaient au pouvoir.

Concernant les objectifs, il est clair que l'UE ne survivra que si elle est capable de proposer et faire appliquer un grand programme commun et obligatoire, convenablement financé, de lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation environnementale. L'autre domaine prioritaire sera la volonté de prise d'indépendance à l'égard de Washington, dans tous les domaines où l'Europe serait capable de mieux faire que les Américains si elle échappait à leur tutelle.

Ceci devrait se marquer en premier lieu par une politique de défense véritablement européenne, qui impliquerait sans doute un refus de l'Otan. Il faudrait dans le même temps rechercher de nouvelles relations avec la Russie, la Chine, et sans doute aussi l'Inde et les principaux Etats africains. Ces relations se traduiraient par des coopérations réciproques sur un pied d'égalité et non par des volontés d'affrontement ou d'ignorance volontaire, d'ailleurs vouées à l'échec, comme les Etats-Unis l'imposent aujourd'hui aux Européens.

Solutions institutionnelles

Concernant la forme qu'adopterait une nouvelle UE capable de mener de telles politiques, il est clair qu'une UE à 28 Etats-membres, dont la moindre mesure commune exige l'accord de tous, condamne l'UE à l'impuissance. De même la présence d'une Commission européenne qui s'est attribué tous les pouvoirs régaliens définis par les traités, notamment en termes diplomatiques et économiques, fait le jeu des Etats-Unis. Ceux-ci ont dès les origines placé des agents discrets mais influents, appuyés par les dollars de la CIA, dans tous les groupes de travail et de décisions importants.

Des formules d'union à quelques membres véritablement volontaires pour agir ensemble dans les principaux domaines où l'Europe doit s'affirmer, sont indispensables. On peut en trouver des exemples dans ce que l'on nomme actuellement des Agences, telle l'Agence spatiale européenne. Le nombre de telles structures, travaillant dans la plus grande transparence possible, pourrait être considérablement augmenté. Elles incluraient selon les domaines un certain nombre d'Etats non membres de l'UE, intéressés par une coopération avec les Européens.

Inutile de préciser que le refus grandissant actuel de l'UE sous sa forme actuelle ne débouchera sur aucune de ces solutions si la majorité des citoyens européens et des forces vives du continent ne se persuadent pas de leur nécessité. Ceci se fera d'autant moins que les ennemis de l'indépendance européenne, disposant des ressources des principaux médias, continueront à les persuader que l'UE, telle qu'elle est aujourd'hui, ne peut être modifiée.

Note

Il va de soi que dans les perspectives évoquées ci-dessus, le Parlement européen serait conservée, mais son rôle serait seulement consultatif et de discussion. Il financerait des études et formulerait des recommandations. Chaque Etat y disposerait d'un nombre de sièges proportionnel à sa population.

Scrutins, scène politique européenne et concert des nations

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Scrutins, scène politique européenne et concert des nations

Irnerio Seminatore

La scène politique européenne

Aujourd'hui en Europe, il y a une droite et un centre et la gauche a disparu. La droite est populiste,souverainiste et selon certains, nationaliste et le centre, mondialiste et élitiste. A la marge du système, la gauche anti-capitaliste est devenue, à des degrés divers, immigrationniste, différencialiste et multiculturaliste. Au cœur du réacteur nucléaire, la révolution du futur chauffe l'avenir du monde dans les turbines du capitalisme technologique et financier, peuplant les prairies et les vallées de start-up et, depuis l'élection de Tump, de "fake-news".

Malgré l'usure des partis traditionnels, l'usurpation des vieux progressismes se consomme de plus en plus dans la météore gauchiste, extra-parlementaire et black-blocs, au sein des avant gardes sexistes, pro-islamistes et post-coloniales, qui ont vidé et vilipendé la doctrine réformiste de la vieille social-démocratie welfariste.

En haut de la pyramide, le régime des partis est balayé et la démocratie libérale se débat dans les tourments de l'agonie et de la fin d'un cycle. Pendant que la machine sociale cherche son nouveau modèle de fonctionnement, l'Europe se regarde dans le miroir du passé, sans reconnaître son rêve, devenu exsangue et insignifiant. Au même temps, au bas de la pyramide, une révolte sociale violente, emblématisée par les "gilets jaunes", suscite la réaction de l’État, réduit à la répression et à mangeur d'utopies. C'est pourquoi un chamboulement profond menace l'ordre politique, sous la menace du "Dies Irae".

En effet la scène électorale est occupée par les stratégies européistes et eurosceptiques qui s'affrontent dans la galaxie d'un cosmos protéiforme, torpillé par les pressions liberticides de l’orthodoxie. L'altérité sexuelle, le mirage démocratique et la défense de l'identité ethnique et religieuse sont devenus des thèmes de campagne et des combats de civilisation, contre le totalitarisme de l'indifférencié et la quête égalitariste de l'émancipation.

Un "maccartisme soft" est en marche au sein des institutions et des appareils judiciaires, comme à l'époque de la première guerre froide et avance à visage masqué, porté par une politique de communication liberticide. Par ailleurs, depuis la crise financière de 2008, l'Union européenne improvise. A l'heure des élections, la réponse des "circonstances" prend le pas, à Bruxelles, sur la"politique de la règle" et des "traités". La barrière institutionnelle de la Commission, du Parlement et du Conseil est engagée, après le Brexit et la repolitisation des enjeux d'appartenance, dans la bataille pour une vision éternaliste de l'Union.

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Des trois sphères de l'Europe, la sphère "interne", ou fonctionnaliste (l'Europe de la Communauté/Commission, traités et règles communes), est désormais surmontée en importance, par la"sphère extérieure",confédérale, l'ancien concert des Nations ou la sphère machiavélienne. C'est le lieu des tensions entre l'un et le multiple et donc de l'hostilité et du conflit, bref de la souveraineté par définition, qui est le lieu ultime de l’événement et de la décision. Il désigne la frontière du projet européen, monopolisé par la "sphère intermédiaire", celle du Conseil, le cercle des Chefs d’États et de Gouvernement, chargé du destin schmittien de l'Europe, promue à sujet d'histoire.

lvm-politiek.jpgDepuis la crise financière de 2008, selon Luuk van Middelaar, l'Union Européenne a perdu sa boussole dans la bourrasque et les vents de la "politique de l’événement". Elle se révèle incapable de navigation et de stratégie et se prive d'esprit de système et d'avenir.

L'abandon des frontières et l'invasion

Réformes, élections, recompositions politiques pour éviter la désintégration de l'Union, le multipartisme français aurait pu faciliter la fonction de direction du premier ministre, dans sa tentative de gouverner sans régner, mais cet essai a fait faillite.

La France, comme les autres pays européens a fait face à quatre crises, imputables aux chocs extérieurs, la crise des subprimes et des marchés financiers, les turbulences et conflits du Proche et Moyen Orient et le tournant populiste du monde anglo-saxon (Tump & Bréxit). Or ces crises externes, mentionnées par Luuk van Middelaar, ont été aggravées par un cumul de ruptures internes, le ralentissement économique, la déstabilisation des classes moyennes, la sortie du Royaume-Uni et, pour terminer, la crise politique et morale (vague populiste, démocratie illibérale et contestations de valeurs),qui remettent en cause les paradigmes constitutifs de l'Union.

Mais, si les crises extérieures sapent l'existence d'une gouvernance bureaucratique, incapable d'agir sans l'expérience et les prérogatives des États-nations, la difficulté mortelle du marché intérieur (N.Baverez), a été celle d'être devenue la variable d’ajustement de l'affrontement planétaire entre Chine et États-Unis, en vase d'argile entre deux vases d'acier. Cependant la crise non résolue, qui a été à la source des dynamiques anti-libérales et antimondialistes, a été incontestablement l'abandon de la souveraineté nationale et l'ouverture des frontières, transformant la mondialisation économique en migrations transnationales à grande échelle.

Ça a été un processus incontrôlé et non réglementé, dont le mot "invasion" donne la définition la plus précise et la plus dramatique du phénomène. Processus dans lequel "l'inégalité entre les peuples prend le sens qu'avait jadis l'inégalité entre les classes"(Raymond Aron). Or, dans un monde aux frontières ouvertes, l'entrée d'un tsunami d'étrangers inassimilables dilue l'identité nationale, affaiblit la cohésion des pays et menace la sécurité intérieure. Ainsi, vouloir assimiler des masses ethniques et culturelles différentes et hostiles conduit l'Occident à sa perte.

En effet, les sociétés ouvertes de l'Ouest se sont unilatéralement désarmées. Dans ces conditions ,la menace d'une disparition ethnique est devenue une menace existentielle réelle, qui, à elle seule, exige un tournant politique radical, fondé sur la défense des nations. Cependant l'arrêt de l'immigration, qui transforme l'Europe de l'Ouest en appendice de la grande Afrique et de l'Eurasie musulmanes, remet en cause l'universalisme occidental et l'alliance insidieuse entre Bruxelles et l'Islam (Pacte de Marrakesch). Cette migration sape les "remparts historiques", qui ont partagés le Nord et le Sud et l'Europe de l'Est de l'Europe de l'Ouest. Un grand renversement est en cours à l'Est du continent, où les démocraties, dites "illibérales", de Kaczynski et d' Orban, récusent la tolérance libérale sur la diversité ethnique et culturelle et l'idée falsifiante de "société ouverte", au nom du danger de mort, dressé contre la majorité chrétienne et blanche du continent.

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Ainsi l'Europe centrale et orientale devient le dernier rempart contre l'invasion islamique, comme Byzance l'a été pendant des siècles, vis à vis de l'Italie, empêchant les musulmans de la conquérir entièrement, en l'intégrant au monde islamique.

Orban, paré à la fois en Guichardin et en Machiavel, a rappelé les dangers d'une société ouverte en juillet 2017, proclamant, contre le multiculturalisme antichrétien de Bruxelles: "Aujourd'hui nous avons le sentiment d'être l'avenir de l'Europe." La profanation de centaine d'églises et la destruction de Nôtre Dame de Paris, témoignent de cette remise en cause violente de la tradition et de la foi.

L'identité européenne, l'Islam et le processus d'intégration

Dès lors il apparaît clairement aux tenants des deux héritages, celui des "racines chrétiennes de l'Europe" et celui "du camp des Lumières historiques", que le foyer central de la controverse, opposant, dans la vie de tous les jours, les changements existentiels des sociétés à la préservation de l'identité européenne comme réalité charnelle et historique, est l'Islam, comme rejet insidieux et violent de notre passé et de notre présent.

Ainsi la transposition de cet affrontement dans la sphère politique, suppose d'une part que l'Europe ne soit plus une entité indéfiniment extensible (retour aux frontières extérieures), et que la défense de l'identité européenne soit devenue un problème existentiel, imposé par le terrorisme islamique, comme négation radicale de notre civilisation. La transposition de l'identité de l'Europe, en sa signification prescriptive, du plan historique au plan politique, est bel et bien la priorité des élections parlementaires du mois de mai, qui ont pour cible la "trahison" des élites mondialistes et européistes, déconnectées du réel. En ce sens, non seulement l'aliénation post-nationale n'a jamais été comprise ni partagée par les peuples, mais la force du passé et de la tradition est beaucoup plus enracinée aujourd'hui, de l'idéologie artificielle de l'intégration européenne et ce combat est de plus en plus politique et électoral, car il est démographique, prospectif et immanent. De surcroît le nom du pluralisme qu'il affiche ne saurait être que celui de la pluralité des nations.

catilina.jpgLa démocratie, les oppositions et les blâmes

La démocratie est la saveur d'une opposition sans blâmes, la blessure pour l'abus permanent fait par Catilina à Cicéron. La possibilité d'une contradiction légitime, dissociée du "cri au loup dans la bergerie", est au fond la voix rocailleuse du souverainiste, pour une autre conception de la liberté et de la vie, si bafouée par les gardiens du Temple. Cette voix, qui vient du fond des âges, est trente fois séculaire et a résonné, avant Rome, dans la fierté et l'orgueil d'Athènes. Elle ne vient pas du Coran et ne s'adresse pas à la Oumma, mais à l'agora de ceux qui veulent rester vaillants et combattre, en hommes "libres", leurs vrais ennemis, pour contrer la servitude menaçante.

Cependant, au cœur de la campagne électorale en cours, les enjeux européens n’apparaissent pas avec évidence et sont éparpillés et fragmentés, les rendant incompréhensibles. Ainsi les verdicts électoraux se prononceront sur des formes de popularité et de légitimité gouvernementales et nationales et guère sur les problèmes centraux du système européen, l'instrumentalisation politique de la justice, la manipulation des médias, le problème du leadership, le rôle et la composition du Parlement européen lui même, à transformer en Sénat d'une future Confédération des Nations. Le thème même de la démocratie et principalement d'équilibre entre les institutions internes de chaque pays ne fait pas consensus mais dispute.

La nomination du Président de la Commission (Gouvernance interne) ou du Conseil européen (Souveraineté extérieure), n'est pas clarifiée et ne sont pas abordées, en leurs répercussions nationales, les alliances européennes sur les politiques multilatérales.

Dans l'examen des oppositions légitimes, peu d'espace a été consacré à la double crise du Royaume-Uni, représentative et constitutionnelle, ou à la rupture du consensus politique en Allemagne par l'AfD, mais suffisamment de sermons ont été entendus sur les tirs croisés de l'establishment intégrationniste contre la coalition anti-système au pouvoir en Italie, pour l'exorciser et la crever dans l’œuf. Cet inventaire est naturellement incomplet et a délaissé les thèmes brûlants de la religion et de la politique, ou de la culture et de la conscience historique. De manière générale, à la montée des souverainistes et des populistes correspond un repli des intégrationnistes, assorti d'une critique presque unanime de la bureaucratie du pouvoir central, mais sans l'affichage d'une rupture de l'unité réalisée, artificielle et désormais exsangue.

La persistance de Clausewitz et de Machiavel

L'antinomie entre l'histoire violente et l'idéal pacifique, dans un monde où la recours à la force reste possible et légitime et au moment où, depuis 1945, la dislocation de l'ordre international et l'affaiblissement des relations transatlantiques redessinent un système international plus imprévisible, une Europe de la sécurité et de la défense apparaît plausible et nécessaire.

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En effet, le leadership bienveillant des États-Unis devient de plus en plus illusoire et l'autonomie stratégique de l'Europe, un but politique atteignable. Compte tenu de la politique internationale des États-Unis, induisant un repositionnement de l'Alliance atlantique par un renforcement de la posture de dissuasion vis à vis de la Russie, l'Europe risque d'être confrontée à un vide stratégique sur le continent et à des tensions et à des crises régionales fortes, en Afrique, au Proche et Moyen Orient, ainsi que dans l'aire de turbulences du Golfe, de la Syrie et de l'Iran.

Dans ces conditions serait invalidée l'antinomie mondiale de la sécurité, selon laquelle à la stabilité de la dissuasion au niveau global il existerait moins de stabilité aux divers niveaux régionaux, ce qui veut dire, pour l'Europe, qu'elle pourrait faire face, en termes de capacités, à un conflit central sur le continent et, simultanément, à une série de crises locales extérieures. Ainsi l'ensemble des menaces qui pèsent sur L'Europe, devraient la pousser à une vision commune sur le système multipolaire, à la définition de ses intérêts vitaux aux niveau régional et global et au partage d'une culture opérationnelle en toute situation.

De surcroît, en cas de confrontation sur le continent elle serait prise en tenaille sur deux fronts, interne et extérieur, par deux ennemis, un masqué (et interne) et l'autre déclaré (et extérieur). L'Europe n'a d'autres choix que de se doter d'une conception autonome en matière de sécurité et de s'assurer des moyens nécessaires. Cela se décline en autonomie dans la lutte contre le terrorisme, en protection des infrastructures contre la cyberguerre et en contrôle efficace des frontières. Sur le fond, face à une Union européenne, en voie de dislocation, l'évocation de la nation, contre toute forme d'universalisme, d'égalitarisme et de non-discrimination prouve que la nation est encore une idée moderne et que la sécession du peuple vient des sociétés qui acceptent d'être "inclusives" des forces qui veulent les détruire.

Pour terminer et dans le but d'une recomposition du paysage politique les campagnes électorales visent à départager deux champs de la représentation parlementaire, national et européen, ce qui veut dire pour toute force politique de savoir mesurer son propre capital d'influence au sein de l'Union, en transcendant les baromètres des indices de popularité nationaux et en abordant les "séquences institutionnelles" de l'agenda européen, où seront repartis les nouveaux postes de décision de l'Union (Présidences du Conseil, de la Commission, du Parlement et de la Banque centrale européenne). Par les rails institutionnels et tracés en amont, la politique de "l'ancien monde" canalisera ainsi les poussées émergentes dans les sentiments des peuples que l'on croyait assoupis et hors de l'histoire du monde.

C'est ainsi que l'âme des peuple redevient l'aiguille symbolique du réveil des nations.

Bruxelles le 17 mai 2019

Information

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Site internet : http://www.ieri.be

Tel : +32 (0)2 280 14 95

The War of Nihilisms

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The War of Nihilisms

H.A. Scott Trask 

Ex: https://www.chroniclesmagazine.org

The first English translation of Ernst Jünger’s journals from the Second World War is a cause for celebration. The journals were like treasures stashed away in an old castle, behind a door that could be unlocked only if one learned to read German. It’s open now, and what’s inside are literary gems on every page.

Jünger’s war journals were written in six parts. The first, Gardens and Streets, covering 1940, and last, A Cottage in the Vineyard, covering 1945 to 1948, are not included in this volume. It deals with the middle four, covering the years 1941 to 1945, published in 1949 under the title Strahlungen. It’s a word difficult to render into English, but most commonly translated as “emanations” or “radiations,” which convey the power of Jünger’s highly visual and allusive prose, which glows with immense erudition and culture. 

ejwk1.jpgIn the preface to his translation of Saint-John Perse’s Anabasis (1949), T.S. Eliot explained that some gifted writers are “able to write poetry in what is called prose.” That is what Jünger did in virtually all of his writings, especially here. Strahlungen is essentially a long prose poem, brimming with symbols, ideas, insights, and searing, unforgettable images. The Argentinian poet Jorge Luis Borges wrote in Gold of the Tigers (1977), “For a true poet, every moment of existence, every act, ought to be poetic since, in essence, it is so.” Jünger understood that. Likewise, Borges wrote in The Cipher (1981) that “the intellect (wakefulness) thinks by means of abstractions; poetry (dream) by means of images, myths, or fables. Intellectual poetry should pleasingly interweave these two processes.” 

Borges is relevant because he and Jünger read and admired each other’s work. There is a wonderful photo of an aged Borges visiting Jünger at his home in Wilflingen, Germany, in Julien Hervier’s The Details of Time: Conversations With Ernst Jünger (1995).

Jünger’s literary gifts were evident from the beginning. His Storm of Steel (1920, In Stahlgewittern) is still considered by many to be the best combat memoir from the Great War. Its successor, Copse 125 (1925), is excellent as well, although not as well-known. It recounts his experience as a stormtrooper officer during the summer of 1918. Between battles, he read Laurence Sterne’s Tristram Shandy, which he carried in his map case. 

Jünger was also a war hero. In September 1918, he was awarded the Pour le Mérite, the highest honor of the Prussian military. He became a nationalist after the war “under French influence” through reading the writer Maurice Barrès. Jünger would remain a Francophile through the next war. In the 1920’s he wrote for nationalist journals, and even briefly served as a volunteer officer in the Freikorps. In 1926, he sent a copy of his third combat memoir, Fire and Blood (1925), to Hitler with the inscription, “To the Nationalist Führer, Adolph Hitler.” Yet Jünger never joined the Nazi Party nor any party-controlled organizations, and beginning in the 1930’s he was suspected of political dissidence. Yet Hitler protected him, reportedly saying on more than one occasion, “Nothing happens to Jünger.”

Ernst_Jünger-Der_Kampf_als_inneres_Erlebnis,1922.jpgJünger considered the National Socialists to be a shallow and savage version of the conservative nationalism that he supported in the 1920’s. In the journals, he refers to Hitler under the pseudonym “Kniebolo,” meaning roughly “kneel to the devil,”  because he believed the man was under demonic influence. In late 1943 he wrote, “When I compare the legitimate claims of our Fatherland with what has occurred at his hands, I am overcome with infinite sadness.”

Jünger took no part in the Stauffenberg plot to assassinate Hitler, but he knew about it, and was actually briefed on it by Lieutenant Colonel von Hofacker, with whom he argued that the Führer should be arrested, not killed. Jünger believed that political assassinations only make things worse. Yet his writings certainly inspired the aristocratic conspirators, whom he considered among “the last chivalric men.” One of them was the commander-in-chief of the German forces in France, General Carl-Heinrich von Stülpnagel, who was not only Jünger’s superior officer but a friend. Another was General Erwin Rommel, who read Jünger’s Peace in manuscript in May 1944 and reportedly said, “This is a text one can work with.”

During the previous year, the Wehr macht had actually printed 20,000 copies of Jünger’s allegorical critique of the Nazi regime, On the Marble Cliffs (Auf den Marmorklippen, 1939). It was avidly read on the Eastern Front. Jünger received a letter from a lieutenant who claimed the whole regimental staff was reading it. “At night . . .we went to our tents, where, in the Marble Cliffs, we read about what we had actually experienced.”

Jünger served as an infantry officer during the German conquest of France in the spring of 1940. The next year he was promoted to captain and assigned to German headquarters in Paris as an intelligence officer. There is surprisingly little in this first Paris journal about his work or about the general military situation, although what is there is packed with meaning. 

For instance, on October 11, he recorded that “snow has already fallen in the central area of the eastern front.” Later that month, Rudolf Hess crash-landed in Scotland on his quixotic peace mission to England. Jünger was certain Hitler authorized the mission. In January he had a conversation with a lieutenant returning from Russia who told him that his battalion lost a third of its men to the cold.

Jünger himself visited the Eastern Front in November 1942. The several months he spent there form the second part of the journal, which is full of beautiful descriptive passages of the forests and mountains and fascinating insights into the military situation. He arrived in southeastern Russia just days before the Sixth Army was surrounded at Stalingrad. He recalled that a fellow officer and confidante had predicted in the spring that a Caucasus offensive would end in disaster: “He said it would open an umbrella, meaning that it would lead to the construction of huge fronts with narrow points of access.”

Yet, despite the encirclement, the German army continued to fight in the Caucasus Mountains for another month. Jünger was still there when the general retreat was ordered. The German commander in the Caucasus, General Rudolf Konrad, told Jünger that the German High Command had forgotten the most fundamental teachings of Clausewitz, especially the strategic importance of the concentration of forces: “He said that we could attack the Caucasus, Egypt, Leningrad, and Stalingrad—just not all at once, especially while we were still caught up in secondary objectives.” That, in one sentence, is why the Germans lost the war.

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The third part of Strahlungen begins upon Jünger’s return to Paris in February 1943. He was increasingly horrified by  reports reaching him of the destruction wrought by the Anglo-American aerial bombardment. He recorded five different ways people die from the bombs: some by the blast itself; some by the collapse of structures; others by being burned alive;  still more by suffocation or asphyxiation when the raging fires consumed all the oxygen. What especially appalled him was the dropping of molten phosphorus:

The images are becoming apocalyptic; people are seeing fire raining down from Heaven. This is actually an incendiary compound of rubber and phosphorus that is inextinguishable and inescapable as it engulfs all forms of life. There are stories of mothers who have been seen flinging their children into rivers.

His wife had remained at their home in Kirchhorst, outside the city of Hannover. During one phosphorus attack, “she watched as the phosphorus poured down on the city like molten silver.” A month later, he visited the city and found it reduced “to a heap of rubble. The places where I had lived as a child, as a schoolboy, as a young officer—all had been leveled.” The same was true for all the cities of western Germany. In three years of bombing, the allies destroyed them all.

By then, Jünger was well aware of the horrors of the concentration camps, which he called “charnel houses.” He believed both sides had succumbed to various forms of nihilism. He understood nihilism precisely as Nietszche had done: as the denial of the legitimacy of all historical standards, and of the tyranny of means that had become their own ends. 

He wrote of Hitler’s war on “the nomos, which guides him infallibly,” by which Jünger meant Hitler’s disregard for the inherited norms of Western Christian civilization. He believed the allies were guilty of the same crime, as exemplifed by their demand for unconditional surrender and their murderous bombing campaign. “We see the will to destroy, even at the cost of one’s own destruction,” he wrote. “This is a demonic trait.”

He saw the obliteration of ancient structures, such as libraries, cathedrals, monuments, museums, and beautiful old homes, as “one of the stepping stones to Americanism.” America was for him a symbol of the technocratic, materialistic, soulless civilization of the future. He found some support for this view in American writers like Melville, Poe, and Faulkner, whose Pylon (1935) he reread because “it describes the abstract hell of the world of technology with such precision.” He and German jurist Carl Schmitt together read the conclusion of the second volume of Tocqueville’s Democracy in America (1838), which predicts what Schmitt describes elsewhere as “the return of the structures of the absolute state, but without aristocracy,” making “catastrophes of unimaginable dimensions possible.”

Jünger rejoiced that Paris, “the city of cities,” was spared. Paris represented to Jünger the opposite set of values to those being everywhere imposed by force. She stood for culture, refinement, and permanence. She was “like an ark, heavily laden to the gunwales with ancient treasure.” Paris thus symbolized hope to Jünger. So did the German Fronde,  in which the French nobility rose up in the 17th century to try to stave off the advent of the absolutist state. Just as the Prussian aristocracy in the Wehrmacht had tried to rid their country of a destructive tyrant.

Jünger believed that “the fate of Germany is hopeless if a new chivalric order does not emerge from its youth.” Chivalry, as Jünger understood it, represented a fusion of the Germanic warrior ethic with Christianity and classical culture. Western Civilization could not and would not survive unless all three flourished together. Jünger, who read the Bible daily during the war, more than once asserted that theology needed to be restored to its rightful place as the queen of the sciences.

Sitting across from him on a train in the spring of 1944 sat a young German paratrooper (a lieutenant) engrossed in a book. Jünger saw a younger version of himself, and the three qualities he values: courage, intellect, and honor. Jünger understood these to be the essence of aristocracy and the glory of European culture. These three were necessary to save her. It remains true today.

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[A German Officer in Occupied Paris: The War Journals, 1941-1945, by Ernst Jünger (New York: Columbia University Press) 496 pp., $40.00]

Europawahl 2019: 13 Prozent für Kleinstparteien

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Europawahl 2019: 13 Prozent für Kleinstparteien
 
Manfred Rouhs
 
 
Guten Tag ,
 
bei der Europawahl am 26. Mai 2019 haben knapp 13 Prozent der Wähler ihr Kreuz bei einer Partei gemacht, die nicht im Deutschen Bundestag vertreten ist. Die „Sonstigen“ sind damit viertstärkste Kraft im Parteiengefüge nach CDU, SPD und Grünen, vor CSU, AfD, Linke und FDP. Das beweist: Immer mehr Menschen wenden sich vom etablierten Politikbetrieb ab und suchen eine Alternative zum Einerlei von Schwarz, Grün und Rot.
 
Alternative? – Da klingelt doch was …
 
Warum kann die AfD diese 13 Prozent (noch) nicht an sich binden?
 
Breites Spektrum
 
Nun, einerseits sind die „Sonstigen“ politisch heterogen. Die Spaßpartei eines Herrn Sonneborn hat wenig gemein beispielsweise mit einer Ökologisch-Demokratischen Partei, die als konservatives Fossil seit den frühen Tagen der ökologischen Bewegung in regionalen Nischen überlebt hat und programmatisch durchaus ernst zu nehmen ist. Ganz zu schweigen von radikalen Splittergruppen marxistischer oder neofaschistischer Prägung.
 
Andererseits wäre das Potential der AfD über diese 13 Prozent hinaus wahrscheinlich noch größer, falls die Partei ein systematisches Problem in den Griff bekommen würde, das mit der Struktur des deutschen massenmedialen Betriebs zusammenhängt.
 
Desinformation der Massenmedien
 
Denn dieser Medienbetrieb berichtet über die AfD entweder gar nicht, oder negativ. Vor allem aber unterschlägt er regelmäßig die Aktivitäten der AfD-Fraktionen in Stadt und Land – mit einer für die AfD sehr nachteiligen Folge.
 

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Die meisten AfD-Fraktionen stellen fleißig Anträge und Anfragen, machen also eine ganz ordentliche parlamentarische Arbeit. Aber das bekommt Otto Normalverbraucher nur mit, wenn er sich der Mühe unterzieht, ins Internet zu gehen und auf den Webseiten der AfD nachzulesen, was deren Volksvertreter in den letzten Monaten oder Jahren getan haben.
 
Das ist vor allem vielen älteren Menschen zu anstrengend. Gerade sie sind ein immenses Potential für die AfD. Sie erwarten aber, dass der Prophet zum Berg kommt und nicht umgekehrt. Sie wollen von der AfD aktiv informiert werden.
 
Aktiv werden – nicht nur im Wahlkampf
 
Würde die Partei beispielsweise eine Monatszeitung ins Leben rufen, möglichst mit vielen Regionalausgaben, die in Millionenauflage auch außerhalb der Wahlkämpfe an die Haushalte verteilt oder an Informationsständen weitergegeben wird, dann ließe sich ihr Wählerpotential in absehbarer Zeit wahrscheinlich verdoppeln.
 

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Eine Partei, die nur im Wahlkampf öffentlich sichtbar wird, ist langweilig und ähnelt den Altparteien. Eine Partei dagegen, die sich regelmäßig aktiv beim Bürger bemerkbar macht, gewinnt an Glaubwürdigkeit und beweist Kompetenz. Sie setzte feste Wurzeln und übersteht damit auch heftige Diffamierungsstürme, wie in diesen Wochen die FPÖ in Österreich beweist.
 
Protest alleine genügt schon lange nicht mehr. Der Bürger hat ein Recht darauf, zu erfahren, wie es besser gemacht werden kann. Das Mandat, eine Gegenöffentlichkeit aufzubauen, liegt bei jedem einzelnen von uns!
 
Mit freundlichen Grüßen
 
Manfred Rouhs

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Signal für Deutschland e.V., Alte Rhinstraße 16, 12681 Berlin, Vorstand nach § 26 BGB: Manfred Rouhs
 
Telefon 030 - 66 40 84 13 / Registergericht: Amtsgericht Charlottenburg, Aktenzeichen VR 36107 B
 
----------------------------------------
 
Spendenkonto für steuerlich abzugsfähige Zuwendungen:
 
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lundi, 27 mai 2019

Analysis of "Men Among the Ruins" (Kulturkampf Podcast)

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Analysis of "Men Among the Ruins" (Kulturkampf Podcast)

Full episode about Julius Evola's most political work - "Men Among the Ruins" which was written after the second World War. It has previously been taken off youtube.
 

Analysis of "Storm of Steel" (Kulturkampf Podcast)

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Analysis of "Storm of Steel" (Kulturkampf Podcast)

**READ DESCRIPTION**
Ernst Jünger was well-known thanks to various works which - by contrast to the defeatist and pacifist literature prevalent in the aftermath of the war - emphasized the potentially positive and spiritual aspects of modern warfare. On this account, Jünger had even been labelled the 'anti-Remarque'. Nor was Jünger a mere writer: having joined the Foreign Legion in his youth, he had later volunteered to fight in the First World War, where he was repeatedly wounded and was awarded the highest military honors.
 
Following the collapse of Imperial Germany, Jünger was held in high esteem in nationalist and combat circles, and soon emerged as one of the representatives of the ‘Conservative Revolution' - the term I already used to describe those circles which I came to appreciate and collaborate with in central Europe.
 
Julius Evola on Jünger's later life:
 
"It is as if the spiritual drive that Jünger had derived from his life in the trenches of the First World War, and applied on an intellectual level, had gradually run out.
 
Besides, not only did Jünger play no significant role during the Second World War, but it also appears that, when in service in occupied France, he got in touch with those members of the Wehrmacht who in 1944 attempted to murder Hitler.
 
Jünger, therefore, should be numbered among those individuals who first subscribed to 'Conservative Revolutionary' ideas but were later, in a way, traumatized by the National Socialist experience, to the point of being led to embrace the kind of sluggishly liberal and humanistic ideas which conformed to the dominant attempt 'to democratically reform' their country; individuals who have proven incapable of distinguishing the positive side of past ideas from the negative, and of remaining true to the former. Alas, this incapability to discern is, in a way, typical of contemporary Germany (the land of the 'economic miracle')."
 

Elections européennes: Un vote sans conséquence

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Elections européennes:

Un vote sans conséquence

Ex: http://www.zejournal.mobi

Les élections européennes de dimanche seront particulièrement sans conséquence. Le vote ne décide rien du tout, parce que le Parlement européen représente bien peu. En outre, le système de l’UE, qui décide presque tout ce qui est fondamental pour les politiques des États membres, ne fait pas l’objet d’un vote. La politique économique et monétaire est décidée par les banques, la BCE et la Commission, la politique étrangère et de sécurité reste du ressort du Pentagone par le biais de l’OTAN, et le cadre général est déterminé par des traités européens qui sont protégés par leur principal bénéficiaire, l’Allemagne, afin qu’ils ne puissent être modifiés. La comédie est manifeste.

Le grand Parti Néolibéral Unifié Européen (PNUE), avec ses deux grandes tendances, les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates, présente ces élections comme une question de vie ou de mort, de guerre ou de paix, dans des tons grandioses, qui contraste vivement avec leur manque de pertinence absolue. Tout le monde parle « d’élections décisives », de libéraux contre les autoritaires et de « pro-européens » contre « anti-européens ». Il semble que la civilisation elle-même soit en jeu.

Le parti de Macron nous présente une affiche représentant les Trümmerfrauen, les femmes allemandes qui, en 1945, ont ramassé les décombres de leurs villes détruites. Le parti de Merkel nous offre une photo en noir et blanc des ruines du Reichstag à Berlin la même année, en contraste avec une photo en couleur du même bâtiment déjà restauré et avec un couple prenant un selfie, avec le message : « La paix n’est pas une évidence« .

Des manifestations « européistes » (sociaux-démocrates, les verts et même Die Linke) ont eu lieu dimanche dans sept villes allemandes sous le slogan : « Une Europe pour tous : votre vote contre le nationalisme« . « Les nationalistes et les extrémistes de droite veulent mettre fin à l’UE et renforcer le nationalisme« , déclare le manifeste. C’est un message doublement déroutant, d’abord parce que le nationalisme (exportateur allemand) domine déjà depuis longtemps l’UE et ensuite parce que, selon les sondages, les ultras seront loin de décider quoi que ce soit au Parlement européen : pas beaucoup plus de 100 députés sur un total de 751, selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Toute cette hystérie n’est pas grave. La domination du PNUE est garantie par le prochain Parlement européen, qui de toute façon ne décide pratiquement rien.

La « plus grande Europe » des soi-disant « pro-européens », c’est-à-dire le transfert de plus de compétences et de pouvoir au système de l’UE, signifie arracher la petite démocratie qui reste dans les États-nations pour gonfler des institutions qui ne sont soumises à aucun contrôle citoyen. Et c’est précisément ce qui engraisse « l’anti-européanisme », de sorte que « plus d’Europe » équivaut à s’abonner à un nationalisme réactif qui est souvent extrême. Au milieu de cet amalgame, le seul résultat clair est que l’UE du PNUE devient plus sombre, plus xénophobe, plus militariste et plus sensible à l’extrême droite, comme on le voit déjà.

Comme l’a expliqué Oskar Lafontaine, la chancelière Merkel a tout dit dans son dernier discours électoral, samedi à Zagreb. Rien n’a été oublié. L’Europe est « un projet de paix » (c’est pourquoi nous collaborons aux guerres américaines au Moyen-Orient et en Afghanistan, nous réarmerons et enverrons des troupes en Afrique), « un projet de liberté » (c’est pourquoi nous sommes si résolument engagés dans la liberté de Julian Assange), « et un projet de bien-être » (c’est pourquoi la Grèce et les autres pays du Sud comme l’Espagne, l’Italie et le Portugal subissent les réductions sociales et salariales imposées par le nationalisme exportateur allemand).

« Le nationalisme est l’ennemi du projet européen », déclare Mme Merkel, qui a raison pour une fois sans faire référence au sien.

« Quand nous défendons nos intérêts, nous savons comment nous mettre à la place des autres », dit la chancelière, qui a critiqué l’héritage de Willy Brandt de politique de sanctions et de confrontation avec la Russie, précisément parce qu’elle ignore les intérêts de ce pays. Est-ce du cynisme ou de la cécité, se demande Lafontaine ?

Et le pire, c’est que toute cette grande comédie peut exploser à tout moment. Le secteur financier n’est toujours pas réglementé. Les systèmes de garantie n’en sont qu’à leurs balbutiements et si les banques reviennent à exploser, il n’y aura nulle part où trouver l’argent, prévient avec son bon sens l’économiste terrifié Frédéric Lordon, qui cite le diagnostic de Thomas Piketty :

« Nous risquons de relancer 2008 mais en pire ».

Les citoyens pourront-ils supporter à nouveau une crise et avec plus d’intensité ? C’est là que l’on revient sur l’importance des gilets jaunes, le mouvement social français.

Après plus de six mois, des dizaines de milliers de Français continuent de se mobiliser chaque samedi. Dernièrement, la participation a diminué. Et alors ? Tout le monde n’est pas prêt à risquer sa vie. Fin avril, les dégâts causés par le mouvement étaient les suivants : un mort, 248 blessés à la tête, 23 personnes ayant perdu un œil, 5 personnes mutilées aux mains ou aux doigts, des milliers arrêtées et des dizaines de milliers gazées et maltraitées par une violence policière inhabituelle qui ne respecte ni journalistes ni vétérans.

La police de Macron a utilisé des grenades explosives anti-émeutes (GLI-F4) et des projectiles en caoutchouc (LBD40) qui ont permis à Amnesty International, à la Ligue des droits de l’homme et à la Commission des droits de l’homme des Nations unies dirigée par Michelle Bachelet de se positionner. La réaction des médias français à l’alarme de Bachelet a battu tous les records de pathos. Macron tente de renforcer le pouvoir exécutif et d’institutionnaliser une sorte d’état d’urgence policière permanent avec une majorité parlementaire aussi écrasante qu’il y paraît, car son soutien social est faible.

Six mois plus tard, des millions de Français, qui ne descendent pas dans la rue, soutiennent ce mouvement malgré la forte pression médiatique dont ils ont fait l’objet, les élections européennes vont-elles changer cette situation ? La réponse est un « non » retentissant. Le danger d’un nouveau krach financier perdurera et le précédent d’une mobilisation sociale française potentiellement contagieuse se poursuivra également.

« Le mouvement des Gilets Jaunes n’a plus de débouché politique », a dit M. Macron.

Comme Merkel, le président français a raison quand il a tort, parce que lorsque les banques chuteront à nouveau, nous pourrions voir ce mouvement décider – non pas aux urnes, mais dans la rue – d’une crise de régime en France et se propager sur tout le continent. Le fusible est allumé et ces élections ne changent rien à cette situation.

Traduit par Réseau International

La réélection de Narendra Modi en Inde réjouit la Chine

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La réélection de Narendra Modi en Inde réjouit la Chine

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Narendra Damodardas Modi est membre du Bharatiya Janata Party BJP, un parti nationaliste hindou qui se réfère à l'Hindutva, il est Premier ministre de l'Inde depuis le 26 mai 2014.  A la tête du BJP, il a remporté le 21 juin 2019 les élections législatives, pour un second mandat de cinq ans. Il sera donc à nouveau Premier ministre.

On aurait pu penser que la Chine, très grande puissance voisine, aurait considéré ce succès avec circonspection. Modi a longtemps été proche des Etats-Unis et a accepté d'eux des aides militaires importantes. Aujourd'hui encore, il évoque le Cependant, ces dernières années, il s'était rapproché de la Chine, ainsi d'ailleurs que de la Russie, au sein d'une démarche géopolitique commune dans le cadre du Brics. Sa réélection satisfait les commentateurs politiques en Chine.

On y rappelle que Modi avait rencontré dans des sommets informel l'année dernière respectivement Xi Jinping à Wuhan et Vladimir Poutine à Sochi. Ils s'étaient respectivement rendu compte qu'ils pouvaient travailler ensemble de façon constructive. Modi avait par la suite compris qu'il pouvait très bien séparer la coopération économique de conflits politiques éventuels. Ainsi il avait rejoint récemment l'Asian Infrastructure Investment Bank malgré l'opposition des Etats-Unis et du Japon, tout en réaffirmant une politique stricte de non-alignement.

Lors des affrontements récents entre l'Inde et le Pakistan, Pékin avait joué un rôle modérateur apprécié en rappelant aux deux pays qu'ils pouvaient et devaient coopérer dans le domaine du commerce, de l'économie et de la lutte contre le terrorisme islamique, notamment comme membres l'un et l'autre de l'Organisation de Coopération de Shanghai. Le développement constant du commerce entre l' Inde et Chine, Delhi diminuant progressivement son déficit, est un puissant facteur de rapprochement. Il en est de même de leur participation commune au sein du Financial Action Task Force , organisation internationale dont le siège est à Paris et dont l'objectif est de lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

On sait par ailleurs que la Chine et l'Inde partagent désormais des politiques communes de contrôle des naissance, afin d'éviter de voir leur population d'environ 1 milliard de personnes chacun, déjà excessive au regard des ressources actuelles, s'accroître encore. Ceci sera un puissant facteur de rapprochement en terme philosophique et religieux.

Une nouvelle fois, nous devons regretter que les Européens ne cherchent pas suffisamment à développer de liens politiques et économique « gagnants-gagnants » au sein du couple formé dorénavant par Delhi et Pékin. Ceci serait certainement bien accueilli de part et d'autre.


 

dimanche, 26 mai 2019

Interview mit Prof. Dr. David Engels zum Verfall der EU

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Interview mit Prof. Dr. David Engels zum Verfall der EU

Die westliche Welt steckt in einer Krise

Ex: https://www.freiewelt.net

Die EU ist in der Krise. Das ist ein Symptom einer viel tieferen Krise, in der allgemein die westliche Welt steckt. Dies zeigt sich am Verfall der Werte, an der außenpolitischen Überforderung, an der Deindustrialiserung und den restriktiven Maßnahmen zur Zensur.

Foto: Freie Welt

Freie Welt: Sehr geehrter Herr Prof. Engels: Befindet sich die EU in einer Krise?

Prof. Engels: Leider ja, sogar mehr denn je. Selbst die politischen Eliten, welche lange ausschließlich von einer „institutionellen“ Krise der EU gesprochen haben, sind zunehmend gezwungen anzuerkennen, daß es sich um nichts weniger als um eine echte Zivilisationskrise handelt, wie kürzlich noch Emmanuel Macron in seinem feierlichen Aufruf schrieb. Diese Krise ist freilich nicht durch die EU hervorgerufen worden (wenn diese auch das ihre dazu getan hat, sie zu verstärken); vielmehr könnte man sagen, daß die EU selber mitsamt ihren zahlreichen inneren Problemen nur ein Symptom der sich immer stärker verschärfenden Krise der westlichen Welt ist.

Freie Welt: Was sind für Sie die Hauptprobleme des heutigen Europa?

Prof. Engels: Die Liste ist lang: Gesellschaftliche Polarisierung, Masseneinwanderung, Bildungsnotstand, Fundamentalismus, verfallende Infrastrukturen, Terrorismus, demographischer Niedergang, Desindustrialisierung, Zerfall der klassischen Familie, Hedonismus, Überalterung, Rechtsrelativismus, explodierende Staatsschulden, Islamisierung, Elitendemokratie, Kasinokapitalismus, asymmetrische Kriege, absehbarer Bankrott der Rentenkassen, Zunahme krimineller Gewalt, bürokratische Überregulierung, Bedrohung der Sicherheit der Frau, ausufernde Sozialbudgets, Parallelgesellschaften, Instrumentalisierung der historischen Schuld der abendländischen Völker, Bargeldabschaffung mitsamt den sich potentiell daraus ergebenden Negativzinsen, immer größerer wissenschaftlich-technologischer Rückstand, zunehmender Aufbau eines flächendeckenden digitalen Überwachungssystems – und die Liste ließe sich noch lange fortsetzen und natürlich um die zahlreichen inneren Probleme des EU-Apparats wie auch die äußeren Bedrohungen des Kontinents durch ein expandierendes China, eine instabile USA, einen immer fundamentalistischeren Nahen Osten und ein demographisch gärendes Afrika ergänzen.

Freie Welt: Was macht für Sie die Eckpfeiler der europäischen Identität aus?

Prof. Engels: Die europäische – ich bevorzuge eigentlich das schöne Wort „abendländische“ – Identität besteht in der seit Jahrhunderten geteilten gemeinsamen Geschichte mit ihrer inneren Dynamik und Zusammengehörigkeit. Ein noch so oberflächlicher Blick in ein beliebiges Museum europäischer Kunst oder Geschichte, sei es nun in Portugal, Deutschland oder Polen, sollte eigentlich genügen, selbst dem historisch Unbedarftesten zu zeigen, daß das Abendland eine kulturelle Schicksalsgemeinschaft sondergleichen ist: Von der Romanik über Gotik, Renaissance, Barock, Rokoko, Klassizismus, Romantik und Historismus bis zum Modernismus; vom mittelalterlichen Katholizismus über die Reformation, die Wiederentdeckung der Antike, die Aufklärung und den Liberalismus bis zur gegenwärtigen „politischen Korrektheit“; von der Monarchie über den Feudalismus, die frühneuzeitlichen Territorialstaaten, den Absolutismus, die bürgerliche Demokratie und den Totalitarismus bis hin zur gegenwärtigen internationalen und globalistischen Ordnung – all dies betrifft nicht nur einen einzigen europäischen Nationalstaat, sondern verbindet uns alle von Lissabon bis Vladivostok und von Palermo bis nach Tromsø, und trennt uns gleichzeitig auch in schärfster Weise von den anderen großen Kulturräumen der Weltgeschichte. Die Wurzel jener geteilten Identität aber liegt in der gemeinsamen Auseinandersetzung mit dem Christentum, wobei zu betonen ist, daß in Europa selbst noch die Ablehnung des Christentums sich in geistig typisch christlich geprägter Weise vollzieht. Wir können unserem christlichen Erbe nicht entkommen, denn wir tragen es in uns.

Freie Welt: Warum verkörpert die heutige EU diese nicht? Warum fällt es vielen Bürgern heutzutage schwer, sich mit der EU zu identifizieren?

de-l2-1.jpgProf. Engels: Sehr einfach: Die EU glaubt, sich von der historischen Identität des Abendlands abwenden zu können und den (wiederum letztlich typisch christlich verankerten) Wunsch nach Selbstüberwindung und Selbstkritik so pervertiert überziehen zu können, daß sie ganz auf eine historische Fundamentierung ihrer Identität verzichtet und gewissermaßen in Erwartung künftiger Weltverbrüderung schon jetzt auf dem europäischen Kontinent einen universalistischen, multikulturellen, rein humanistisch und somit relativistisch fundierten Weltstaat aufbaut. Das ist in etwa so klug, als schneide man einer Pflanze die Wurzeln ab, damit ihre Bodenhaftung sie nicht am Wachstum hindere – und ebenso selbstzerstörerisch, denn das europäische Projekt kann sich über kurz oder lang nur in einen materialistischen, zynischen und hedonistischen Alptraum wandeln, wenn die „Werte“, auf denen es basiert, rein positivistisch gesetzt und somit beliebig interpretier- und manipulierbar sind, da ihnen jeglicher absoluter, sei es transzendentaler, sei es traditionaler Bezugspunkt fehlt.

Freie Welt: Ist es überhaupt möglich, alle Vorgänge und Lebensbereiche der europäischen Länder in Brüssel zu zentralisieren?

Prof. Engels: Möglich ist dies sicher – Stichwort Sowjetunion –; die Frage ist natürlich nur, wie lange, und um welchen Preis.

Freie Welt: Droht ein Verlust unserer europäischen Identität?

Prof. Engels: Dieser Verlust „droht“ ja leider nicht nur, er ist bereits zu einem großen Teil eingetreten. Freilich ist dies nicht unmittelbar die alleinige Schuld der europäischen Institutionen; vielmehr handelt es sich nur um die letzte Konsequenz eines typisch spätzeitlichen Selbsthasses, der sich schon in der Fin-de-siècle-Stimmung ankündigte und sich in den 1968ern erstmals voll entlud. Die Entwicklung ist heute schon so weit geraten, daß seit wenigstens einer, wenn nicht zwei Generationen eine weitgehende Loslösung von der eigenen Geschichte und somit den eigenen Werten stattgefunden hat: Die heutigen Europäer wandeln durch ihre Lebenswelt wie Fremde durch das Museum einer lange untergegangenen Kultur, und es steht zu fürchten, daß zusammen mit der geteilten Vergangenheit nicht nur die innere Verpflichtung zum Schutz dieses Erbes verlorengeht, sondern auch jegliche Solidarität zwischen den Menschen abendländischer Kultur.

Freie Welt: Was ist für Sie die Aufgabe einer Europäischen Union? Brauchen wir überhaupt eine europäische Gemeinschaft?

Prof. Engels: Ja, wir brauchen sie sogar unbedingt. Aber freilich nicht in der gegenwärtigen Form, welche den eigentlichen Interessen des Abendlands geradezu entgegengesetzt ist: Wir brauchen eine institutionalisierte Zusammenarbeit der abendländischen Staaten, welche deren Lebensart bewahrt und sie nach außen hin schützt. Heute haben wir das Gegenteil: Eine EU, welche wesentlich daran beteiligt ist, Welt- und Menschenbild der europäischen Völker durch Universalismus, Multikulturalismus und politische Korrektheit aufzulösen und den Kontinent gleichzeitig den Interessen einer kleinen globalistischen Wirtschafts- und Politikelite auszuliefern.

Freie Welt: Welche Rolle kommt in einer Europäischen Gemeinschaft in Ihren Augen den einzelnen Nationen zu?

Prof. Engels: Als Kulturmorphologe erwarte ich, auch auf Basis des Vergleichs mit der Entwicklung anderer Zivilisationen, daß der „Nationalstaat“ im Sinne des 19. Jhs. nur noch eine sehr begrenzte Zukunft hat: Die äußere wie innere Bedrohung Europas ist solchermaßen geartet, daß das Abendland gegen die Gefahr der demographischen Überflutung, der Islamisierung und der Unterwerfung unter die chinesische Hegemonie nur dann noch eine Zukunft hat, wenn die Nationalstaaten zumindest Teile ihrer Hoheitsrechte an eine höhere Instanz delegieren: Auf sich alleine gestellt, dürften die meisten europäischen Nationalstaaten, Deutschland inklusive, rasch in der einen oder anderen Weise als politische und kulturelle Akteure der Weltgeschichte ausscheiden. Freilich muß es im Gegenzug gesichert werden, daß jene gemeinsamen Institutionen nicht nur einer echten demokratischen Kontrolle unterliegen, sondern auch im Geiste der positiven inneren Verbundenheit mit der abendländischen Geschichte und den europäischen Interessen agieren – was zur Zeit ja leider reine Zukunftsmusik und letztlich der Grund für die Krise der EU ist. Mit den „Nationen“ steht es freilich anders: Sie gab es bereits vor dem Nationalstaat, und sie werden diesen wohl auch überleben, wenn auch zum einen die Grenzen zwischen den einzelnen Völkern aufgrund der hohen Binnenmobilität zunehmend (wieder) verschwimmen werden, und zum anderen aufgrund der allgegenwärtigen Amerikanisierung eine gewisse Verflachung stattfindet, die ihrerseits natürlich auch den Weg zu einer zunehmenden, auch politischen Vereinheitlichung des Kontinents ebnet. Das darf und soll man bedauern – aber man kann es nicht rückgängig machen. Wem tatsächlich am Alten gelegen ist, der darf nicht versuchen, den status quo ante zu restituieren (etwa die angeblich „gute alte Bundesrepublik“), sondern der muß revolutionär in die Zukunft hinein wirken. Di Lampedusa schrieb einmal: „Damit alles gleichbleibt, muß sich alles verändern“ – diesen Satz sollte man sich gerade auf Seiten der Konservativen zu Herzen nehmen.

Freie Welt: Ihr nun herausgegebenes Buch Renovatio Europae trägt den Untertitel Plädoyer für einen hesperialistischen Neubau Europas. Halten Sie die EU nicht für reformierbar? Warum braucht es einen Neubau?

Prof. Engels: In der Tat: Die EU ist aus eigenen Kräften gegenwärtig nicht reformierbar – und dieser Zustand wird sicherlich auch einige Jahre, wenn nicht Jahrzehnte andauern, bis die EU, zusammen mit unserer gegenwärtigen Gesellschaft, an ihren inneren Widersprüchen zerbricht und den Weg freimacht für eine Neuordnung. Das wird ein sehr schmerzhafter und gewaltsamer Prozeß werden, und auch der daraus hervorgehende Zustand wird wohl in Anbetracht der Sachlage kaum ein Idealstaat werden. Immerhin aber soll unser Buch helfen, schon jetzt, wo es gewissermaßen zunehmend im Gebälk kracht, einige Wege aufzuzeigen, wie man aus den kommenden Zeiten das Beste machen könnte, und wie wir zumindest das Wichtigste, nämlich unser abendländisches Welt- und Menschenbild, in die Zukunft hinüberretten können. Es geht also weniger um ein unmittelbar zu realisierendes Idealbild – dafür ist es ohnehin schon viel zu spät – als vielmehr um eine Art regulative Idee, die aber heute schon ihre Wirkmächtigkeit entfalten kann – vielleicht gerade weil sie den gegenwärtigen Zuständen so radikal entgegengesetzt ist.

Freie Welt: Der Titel ist, schreiben Sie, auch eine Provokation. Warum wollen Sie provozieren?

Prof. Engels: Eine der größten Probleme der Gegenwart ist die feige und opportunistische Suche nach Kompromiß, Konsens und kleinsten gemeinsamen Nennern. Dies hat nicht nur zur gegenwärtigen Dominanz der „politischen Korrektheit“ geführt, die ja paradoxerweise eben jenen Anti-Elitismus zum Motor einer einzigartigen politischen und gesellschaftlichen Polarisierung des Westens in „Völker“ und „Eliten“, in „reich“ und „arm“ umgestaltet hat; es hat auch zu einer fast völligen Gleichschaltung „konservativer“ Denker und Meinungen mit dem gegenwärtigen Zeitgeist geführt. Anstatt sich mutig zu Tradition und Geschichte zu bekennen, bemühen sich die meisten Konservativen, ihre Positionen durch das allgegenwärtige Vokabular des Linksliberalismus zu begründen: Dies bringt sie aber nicht nur in eine unüberwindliche Schieflage, sondern gestaltet ihren Kampf um die Gestaltung unserer Lebensumstände in ein bloßes Betteln um ihre Anerkennung als „eine Meinung unter mehreren“. In dieser Situation einmal den Spieß herumzudrehen und sich nicht anzubiedern, sondern im Gegenteil die in sich selbst ruhende Begründung der eigenen Überzeugung zu unterstreichen, schien mir ein dringend notwendiger Schritt, gerade in einer Zeit der zunehmenden Verengung und Verschiebung des Meinungskorridors.

Freie Welt: Wer sollte das Buch lesen?

Prof. Engels: Jeder!

Freie Welt: Der Begriff Hesperialismus ist uns noch nie begegnet: Was ist der Hesperialismus?

Prof. Engels: Mit „Hesperialismus“ ist die Überzeugung gemeint, daß das Abendland nur dann eine Zukunft hat, wenn es zum einen treu zu seinem historischen Erbe steht und seine Wurzeln pflegt, anstatt sie abzuschneiden, zum anderen aber politisch eng zusammenarbeitet, um sich gegen die zahlreichen Gefahren von innen wie von außen zu wehren. Diese Überzeugung ist insoweit „neu“ bzw. unüblich, als lange Jahre hinweg der kulturkonservative Standpunkt meist mit den sogenannten Nationalisten oder Euroskeptikern assoziiert wurde, während das Bekenntnis zu einem vereinigten Europa meist eher auf Seiten der Linken gepflegt wurde.

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Freie Welt: Warum haben Sie ein neues Wort geschaffen? Hätte man nicht ein gängiges Wort neu definieren können?

Prof. Engels: Als Historiker bin ich natürlich sehr sensibel, wenn es um Begrifflichkeiten geht, und habe lange über die Frage nachgedacht. Leider ist es so, daß alle anderen Termini, welche ein ähnliches, patriotisches und gleichzeitig konservatives Bekenntnis zum Abendland hätten ausdrücken können, bereits ganz anders konnotiert waren. „Europäismus“ zum Beispiel ist heute ein Standardbegriff, um nicht etwa die eigentlichen „pro-Europäer“ zu bezeichnen, sondern vielmehr die Anhänger der EU mitsamt ihrer gegenwärtigen politisch korrekten Ideologie. Oder nehmen Sie „Okzidentalismus“ – hier denkt natürlich jeder an den Gegenbegriff „Orientalismus“ und die Debatte um Edward Said. Und ich will erst recht schweigen vom „Westlertum“, was ja auch nur als Antonym zu den „Slawophilen“ verständlich ist. Da war es angebracht, einen neuen Begriff zu prägen, und was lag näher, als die griechische Bezeichnung für den äußersten Westen der damals bekannten Welt, die Inseln der Hesperiden, zum Ausgangspunkt zu nehmen; umso mehr, als sie ja auch auf jene typisch abendländische, „faustische“ Sehnsucht nach dem verweisen, was immer „hinter dem Horizont“ ist, dem klassischen „plus ultra“…

Freie Welt: Wer sind für Sie die Feinde eines >>hesperialistischen Europas<<? Wo sehen Sie die größten Gefahren für Europa?

Prof. Engels: Das „hesperialistische“ Abendland ist von zahlreichen Seiten bedroht. Einige dieser Konflikte sind konkreter Art: In der multipolaren Welt des 21. Jh.s kann nur harter realpolitischer Pragmatismus, verbunden mit der Bereitschaft, schmerzliche Entscheidungen zu treffen, um noch Schlimmerem vorzubeugen, es verhindern, daß wir den Gefahren von Osten, Westen oder Süden erliegen oder an der inneren Spaltung in Klassen und Parallelgesellschaften zugrundegehen. Ein anderes Schlachtfeld – m.E. das eigentlich entscheidende – ist der Kampf um die innere, seelische Ausrichtung der letzten Abendländer: Denn der eigentliche „Feind“ Europas sitzt nicht, wie von vielen „Populisten“ behauptet, in den islamischen Vororten von Paris, London, Brüssel, Berlin oder Stockholm, auch wenn die Aufgabe, jene Bürger in das zu integrieren, was von der „Mehrheitsgesellschaft“ übrigbleibt, eine enorme Herausforderung ist. Der eigentliche Feind sitzt in uns selbst: Die Tendenz, uns von der Verpflichtung unserer Vergangenheit abzukoppeln und nur an uns und nicht unsere Vorfahren oder Nachkommen zu denken; die Versuchung, den letzten Fragen auszuweichen und ein tierhaftes, nur auf Bedürfnisbefriedigung ausgerichtetes Leben zu verbringen; die Feigheit, lieber mit der Masse zu gehen, um ungestört zu bleiben, als anzuecken; der Wunsch, keine Unterscheidungen mehr treffen zu müssen, aus jeder Ausnahme gleich eine Regel zu machen und Fragen von Gut und Böse elegant positivistisch zu relativieren; der einfache Opportunismus, in jedem Augenblick moralische Maximalpositionen zu vertreten, aus deren Unmöglichkeit sowohl ein gutes Gewissen als auch die praktische Unmöglichkeit ihrer Verwirklichung folgen, etc. Das ist der eigentliche Feind, den es zu bekämpfen gilt – und er ist heute mächtiger denn je.

Freie Welt: Glauben Sie, dass derzeit eine Bewegung entsteht, welche die linke Meinungsdominanz durchbricht? Welche Rolle sehen Sie darin für Ihr Buch?

Prof. Engels: Ich denke in der Tat, daß die Gegenbewegung zum politisch korrekten Linksliberalismus immer stärker wird, auch wenn es wohl viele Jahre, wenn nicht Jahrzehnte dauern wird, bis auf einen (ebenfalls noch in einiger Zukunft stehenden) politischen Wandel auch ein wirklich kultureller und gesellschaftlicher folgen wird – Stichwort „Marsch durch die Institutionen“. Doch reicht es nicht, jene Dominanz nur zu brechen – was soll an ihre Stelle treten? Die sogenannten „konservativen“ oder „populistischen“ Bewegungen sind tief gespalten, nicht nur, was etwa die Ausrichtung gegenüber Rußland betrifft, sondern auch und gerade die Werte: Laizismus oder Christentum; liberale oder soziale Marktwirtschaft; nationalistischer oder abendländischer Patriotismus; Positivismus oder Naturrecht; Modernismus oder Klassizismus; Individualismus oder Traditionalismus; Hedonismus oder Transzendenz… Sollte mein Buch mithelfen, die Waage zugunsten der jeweils zweiten Richtung ausschlagen zu lassen, wäre ich bereits überglücklich.

Freie Welt: Warum wir ein konservatives Weltbild heutzutage oft als rechtspopulistisch gebrandmarkt? Woher kommt all der Haß auf die konservativen Kräfte?

Prof. Engels: Vordergründig ließe sich natürlich einmal mehr das Trauma des Zweiten Weltkriegs und des Totalitarismus bemühen, aber das greift natürlich viel zu kurz, denn dann müßte eine ähnliche Abneigung auch gegen linke Kräfte bestehen, was generell nicht oder doch nicht im selben Maße der Fall ist. Auch kennen wir eine analoge Entwicklung ja gerade in jenen Staaten wie dem Vereinigten Königreich oder den USA, welche selber nie durch totalitäre Regime geprägt waren. Nein, die zunehmende Polarisierung in ein „universalistisches“ und ein „traditionalistisches“ Lager – denn das sind die einzigen Bezeichnungen, die gegenwärtig politisch überhaupt noch Sinn machen – geht mindestens bis auf den Ersten Weltkrieg zurück, wo wir sie im Kampf der „Zivilisation“ gegen die „Kultur“ finden, wie Thomas Mann sie in den „Betrachtungen eines Unpolitischen“ wortreich beschwor, und hatte bereits da eine Dimension erreicht, welche es eigentlich nötig machen würde, die Ursachen jener Spaltungen bis hin zur Französischen Revolution, ja vielleicht sogar bis zur Reformation zurückzuverfolgen (aber ich schweife ab) und gewissermaßen als allgegenwärtige anthropologische Konstante anzunehmen, die sich im Laufe der Kulturgeschichte mal zugunsten der einen, mal der anderen Richtung mit einer gewissen Regelhaftigkeit entwickelt. In dieser Hinsicht bin ich sehr von Oswald Spengler geprägt…

Freie Welt: Wird sich die Spaltung der Gesellschaft noch vertiefen?

Prof. Engels: Ganz sicherlich. In einigen Monaten oder Jahren werden massive Verteilungskämpfe einsetzen, wenn die Sozial- und Rentenfürsorge zerbricht, die Enteignung des Bürgers durch die Eurorettung (in Deutschland) bzw. die aufoktroyierte Austeritätskur (in Südeuropa) manifest wird und die Alimentierung immer größerer Migrantenmengen ins Visier der ausgebeuteten Bürger tritt. Kleinste Auslöser können hier rasch einen Flächenbrand entzünden, den zu löschen wohl viele Jahre, vielleicht sogar Jahrzehnte in Anspruch nehmen wird.

Freie Welt: Glauben Sie, dass die Kräfte des Establishments Ihre Anstrengungen noch intensivieren werden, um Ihre Macht zu erhalten? Was bedeutet dies für die freie Meinungsäußerung?

Prof. Engels: Es wird ihnen keine andere Möglichkeit bleiben: Zum einen macht die Stärke der „Populisten“ überall in Westeuropa „große Koalitionen“ zu einer institutionellen Notwendigkeit, so daß bis auf ein störrisches „Weiter so“ bzw. „Wir schaffen das“ machttechnisch nur noch eine punktuelle Alimentierung einzelner Wählerkreise möglich sein wird, nicht aber eine grundlegende Reform des gesamten Systems – ganz zu schweigen davon, daß letzteres ja auch ein Eingeständnis der eigenen Fehler wäre. Selbst einzelne Wahlsiege der „Populisten“ egal welcher Obedienz werden in Anbetracht der Interdependenz der europäischen Staaten untereinander nur wenig Einfluß auf die generelle geschichtliche Dynamik Europas in den kommenden Jahren ausüben können. Die öffentliche Debatte wird sich angesichts dieser politischen Polarisierung sicherlich weiter verschärfen: Das „politisch korrekte“ Spektrum wird in Anbetracht der nötigen, nahezu manichäischen Abgrenzung nach „rechts“ zunehmend enger werden und Abweichungen vom Erlaubten immer stärkere berufliche und gesellschaftliche Konsequenzen haben; das „konservative“ Spektrum aber wird wohl zunehmend stärker hervortreten und sich trotz der Gängelung der alternativen und sozialen Medien seine Kanäle zu schaffen wissen.

Freie Welt: Warum haben Sie sich für eine Aufsatzsammlung entschieden?

Prof. Engels: Das ganze Projekt entstammt ja einem Forschungsprojekt, welches ich seit 2018 am polnischen „Instytut Zachodni“ in Posen betreuen durfte. Erstes Ziel war es, Intellektuelle aus ganz Europa zu vernetzen, welche sich sowohl durch einen gewissen Kulturkonservatismus als auch durch eine positive Haltung der europäischen Vereinigung gegenüber kennzeichnen, um in dieser Hinsicht so etwas wie eine neue Öffentlichkeit zu schaffen. Polen war hierfür der ideale Ort, da gerade die polnische Öffentlichkeit (wie ohnehin alle Visegrad-Staaten) durch eine grundsätzlich positive Haltung gegenüber der europäischen Idee geprägt ist, ohne dafür doch ihre Liebe zur eigenen Kultur und zur historischen abendländischen Tradition opfern zu wollen – kein Wunder also, daß bei unserer Tagung zahlreiche interessierte Vertreter der polnischen Regierung und des polnischen Parlaments anwesend waren. Zweites Ziel war es, nicht auf der üblichen Ebene der Klagen über die (schlechte) Gegenwart und der kritiklosen Idealisierung der „guten alten Zeit“ zu verharren, sondern konkrete Reformvorschläge für Nationalstaat wie Europäische Union zu durchdenken. Das Resultat kann sich sehen lassen: Wir haben renommierte Denker aus Frankreich, dem Vereinigten Königreich, Belgien, Deutschland, Italien, Ungarn und Polen verpflichten können und dadurch gezeigt, daß „Konservatismus“ eben nicht mit Nationalismus gleichbedeutend sein muß, sondern ganz im Gegenteil Geister aus ganz Europa im konstruktiven Bemühen um eine innere Erneuerung vereinen kann.

de-l1.jpgFreie Welt: Was kennzeichnet die einzelnen Aufsätze? Wer sind die Autoren?

Prof. Engels: Wir haben uns bemüht, das weite Feld abendländischer Identität in verschiedene Schwerpunktbereiche aufzuteilen und von jeweils einem unserer Mitarbeiter analysieren zu lassen (mit einem Geleitwort von Justyna Schulz, der Direktorin des „Instytut Zachodni“). Chantal Delsol etwa, Philosophin, Gründerin des Hannah-Arendt-Instituts und Professorin an der Universität Marne-La-Vallée, untersucht die gegenwärtige Migrationskrise und plädiert nicht nur für einen größeren Realismus und Pragmatismus bei der Aufnahme neuer Einwanderer, sondern auch die Stärkung der europäischen Leitkultur. Alvino­Mario Fantini, ehemaliger Vorsitzender des Hayek-Instituts und Herausgeber der Zeitschrift „The European Conservative“, spürt den historischen Wurzeln des abendländischen Weltbilds nach und unterstreicht die Notwendigkeit einer inneren Rückkehr der Europäer zu ihrer christlichen Identität. Birgit Kelle, Publizistin und Journalistin, analysiert den gegenwärtigen Zerfall der Gesellschaft durch die „Gender“-Ideologie und engagiert sich für selbstbestimmte, aber den traditionellen Geschlechterrollen gegenüber durchaus positive Neubestimmung der europäischen Familienstrukturen. Zdzisław Krasnodębski, Professor für Soziologie an der Universität Bremen und Vize-Präsident des Europäischen Parlaments, zerlegt in seinem Beitrag auf sehr nuancierte Weise die Eckpunkte politisch korrekten Denkens und Handelns auch im Kontext der Spaltung zwischen West- und Osteuropa und setzt sich für eine selbstbewußtere Mitgestaltung der europäischen Einigung durch konservative Politiker an. András Lánczi, Professor für Politologie und Rektor der Corvinus-Universität in Budapest, zeigt den Widerspruch zwischen Naturrecht und positivistischem Rechtsrelativismus auf und unterstreicht die Bedeutung einer Einbindung historischer Werte in moderne Verfassungen. Max Otte, bekannter Wirtschaftswissenschaftler und Finanzexperte und Initiator des „Neuen Hambacher Festes“, bespricht die Probleme des gegenwärtig dominierenden angelsächsischen Wirtschaftsliberalismus und fordert eine Rückkehr zum kontinentalen Modell sozialer Marktwirtschaft, wie sie auch in der christlichen Soziallehre verteidigt wurde. Jonathan Price, Dozent für Philosophie an den Universitäten von Oxford und Warschau sowie Sekretär der „Vanenburg Society“, liefert eine transzendentale Einordung der gegenwärtigen modernistischen Ästhetik, zeigt, wie untrennbar diese vom Zerfall unserer gesellschaftlichen und politischen Ordnung ist, und wirbt für eine Rückbesinnung auf eine „klassische“ Ästhetik, welche auch zu einer Stärkung der politischen und kulturellen Solidarität der Europäer beitragen könnte. Ich selbst schließlich habe in meinem Beitrag versucht, die gegenwärtige (Fehl-)Entwicklung der EU in einen breiteren geschichtsphilosophischen Kontext einzuordnen und die Umrisse einer möglichen künftigen europäischen Verfassung zu skizzieren, welche sich durch radikale Subsidiarität wie eine konsequente Rückbesinnung auf unsere historischen Werte auszeichnet.

Freie Welt: Ein zentrales Thema, das in „Renovatio Europae“ immer wieder umkreist wird, ist die Begründung einer europäischen Verfassung. Warum braucht Europa eine Verfassung und wie sollte diese gestaltet sein?

Prof. Engels: Daß der Bürger weder genau weiß, was die EU letztlich institutionell sein will, noch, wohin sie sich entwickelt, trägt sicherlich zu der großen Verunsicherung unserer heutigen Zeit bei: Niemand besteigt gerne ein Schiff, dessen Ziel er nicht kennt, und dessen Kapitän er nicht vertraut. Bedenkt man, daß durch den Europäischen Gerichtshof und die gezielten Unklarheiten der gegenwärtigen Verträge einem ungesteuerten Wildwuchs der Institutionen ebenso wie einer beliebigen Interpretation der europäischen „Werte“ Tür und Tor geöffnet sind, kann man dem Bürger kaum Unrecht geben. Allein schon aus diesen Gründen scheint es mir wie vielen anderen Projektmitarbeitern unerläßlich, dem Schiff Europa durch eine mehr oder weniger definitive und klare Verfassung gewissermaßen eine effiziente Kommandostruktur zu geben, welche nationale Eigenarten ebenso wie eine hinreichende Steuerbarkeit des gesamten Unternehmens sichert und zudem die Rückbindung der europäischen Werte an jene transzendentale Dimension gewährleistet, welche alleine das Schiff auf Kurs zu halten vermag. Ganz konkret gesprochen bedeutet dies, Parlament und europäischen Rat zu den zwei Kammern einer wahrhaft demokratischen Volksvertretung umzugestalten, bei der die alleinige Gesetzbefugnis liegt, und welche zudem eine kleine Zahl von Staatssekretären bestellt, die an die Stelle der Kommission zu treten haben und sich mit einer Handvoll von Schlüsselbefugnissen beschäftigen (Schutz der Außengrenzen, Zusammenarbeit bei der Verbrechensbekämpfung, Infrastruktur, strategische Ressourcen, Forschungskooperation, legale Abstimmungsverfahren, Finanzen). Nur Außenpolitik und innere Streitschlichtung sollten einem von der Gesamtbevölkerung gewählten Magistraten übertragen werden, der gleichzeitig als äußerer Repräsentant der Union dienen kann. Die Verfassung sollte darüber hinaus aber auch das klare Bekenntnis zu den historischen Leitwerten der abendländischen Kultur enthalten (antikes und jüdisch-christliches Erbe, abendländisches Familienbild, sozialverträgliche Wirtschaft, naturrechtliche Prinzipien, etc.), welche der gegenwärtigen Beliebigkeit bei der Interpretation rein rechtspositivistisch begründeter „Werte“ entgegentreten und darüber hinaus eine verfassungsrechtliche Bestätigung des jahrhundertealten abendländischen Menschenbilds liefern sollen, welche erst eine langfristig glückliche Integration fremder Einwanderer möglich macht…

Freie Welt: Wie müssten sich europäische Konservative in Ihren Augen heutzutage vernetzen und wo finden Sie die stärksten Bündnispartner?

Prof. Engels: Ich denke, die vorrangige Frage seitens der gegenwärtigen „Konservativen“ ist die ideologische Entscheidung zwischen Liberalismus und Traditionalismus; alles andere folgt daraus. Diese Wahl konnte sowohl aus innerer Unsicherheit wie auch aus wahltaktischen Gründen lange aufgeschoben werden; die Unklarheit über den einzuschlagenden Kurs ist aber mittlerweile ein Hemmnis geworden, und selbst, wenn eine solche Trennung zeitweise einen wahltaktischen Rückschlag bringen könnte, würde sie doch zu einer deutlichen Schärfung des Profils und einem langfristigen Glaubwürdigkeitsgewinn führen. Was die Bündnispartner betrifft, so ist es zum einen unerläßlich, eine möglichst europaweite Front aufzubauen und die entsprechenden Wahlprogramme möglichst kompatibel (ich sage bewußt nicht: identisch) zu gestalten. Darüber hinaus gilt es aber auch, den Anschluß an unpolitische Organisationen zu finden und in die Zivilgesellschaft hineinzuwirken. Ich denke hier nicht nur an die Kirchen, Gewerkschaften, Schulen und Universitäten, sondern auch an das in Zukunft sicher steigende Bedürfnis nach sozialer Absicherung und nach Schutz vor steigenden Verbrechensraten und zunehmender Rechtsunsicherheit – hier einzuhaken, würde einen definitiven Vorteil bringen.

Freie Welt: Was erhoffen Sie sich in diesem Zusammenhang von der Übersetzung von Renovatio Europae in andere Sprachen?

Prof. Engels: Es war unsere feste Überzeugung, daß alle europäischen Staaten mit analogen Problemen konfrontiert sind, und auch eine langfristige Lösung nur auf europäischer Ebene stattfinden kann. Dementsprechend darf auch die Diskussion dieser Fragen nicht auf einzelne Nationalstaaten begrenzt bleiben, sondern muß auf dem ganzen Kontinent geführt werden. Wir sind daher sehr glücklich, daß neben der deutschen auch eine französische, englische, polnische und spanische Version unseres Buchs erscheinen wird. Gerade in Anbetracht der Tatsache, daß aufgrund der gegenwärtigen Medienlandschaft viele Europäer nur ein sehr ungenügendes Bild von den Verhältnissen im jeweiligen Nachbarland haben, das ihnen in der Regel nur dem Grade der dort herrschenden politischen Korrektheit entsprechend verzerrt präsentiert wird, ist übernationale Aufklärungsarbeit ein echtes Desiderat.

de-lnl.jpgFreie Welt: Was kann in Ihren Augen der einzelne Bürger heutzutage noch bewirken?

Prof. Engels: Der Gestaltungsspielraum des Einzelnen ist in einem Staatengebilde von einer halben Milliarde Menschen natürlich höchst beschränkt, zumal der gegenwärtig herrschende Geist im besten Fall eine apolitische innere Immigration, im schlechtesten die opportunistische Unterwerfung unter den ideologischen Mainstream fördert. Trotzdem mag gerade dies eine echte Chance sein: Wo keiner seine Stimme erhebt, da schallt der Ruf des Querdenkers umso lauter, wenn er nur die Wände des Schweigens durchbricht, welche leider von vielen Medien aufgerichtet werden. Und natürlich gilt heute wie immer in der Geschichte: Das echte Heil kommt niemals von der Gesellschaft, sondern immer aus dem Inneren. Für unsere Belange bedeutet dies, daß eine äußere Erneuerung oder doch wenigstens hinreichende Stabilisierung des alternden und verfallenden Europas nur dann Früchte tragen kann, wenn sie auch von einer inneren Rückbesinnung begleitet wird. Wie dies selbst unter widrigsten Umständen erreicht werden kann, zeigt Ernst Jüngers „Waldgänger“ – und in diesem Sinne wird in den nächsten Wochen ein weiteres Büchlein von mir erscheinen (zunächst nur in der französischen Version mit dem an Tschernyschewski angelehnten Titel „Que faire?“ – „Was tun?“), in dem es darum geht, wie man als unpolitischer Einzelner mit dem Niedergang Europas leben kann, ohne an seinem kulturellen Erbe zu verzweifeln. Hoffentlich wird auch eine deutsche Fassung erscheinen. Michel Houellebecq hat sich jedenfalls bereits sehr positiv über das Buch geäußert…

Freie Welt: Welche Rolle werden die Christen bei dem Neuaufbau Europas spielen? Glauben Sie an ein Wiedererstarken des christlichen Glaubens in Europa?

Prof. Engels: Das Christentum wird, wie ich gleichzeitig erwarte und erhoffe, eine wesentliche Rolle bei diesem Neuaufbau oder doch wenigstens bei der Festigung Europas spielen, aber als kulturmorphologischer Denker erwarte ich nicht, daß es hierbei zu einer echten spirituellen Neugeburt kommen wird – dafür sind wir zu weit gegangen, und dafür sind unsere zivilisatorischen Kräfte auch zu erschöpft. Immerhin aber steht zu hoffen, daß – wie im augusteischen Principat – ein „hesperialistisches“ Europa wesentlich auf einer kollektiven Rückbesinnung auf die christliche Tradition als ultimativer „Leitkultur“ des Kontinents beruhen wird; eine Art bewußte, gewissermaßen posthume Verklärung eines Erbes, das zumindest in einzelnen Menschen immer noch lebt und wirkt, und das auch in jenen, die zum Glauben selbst nicht mehr finden können, doch zumindest Liebe und Ehrfurcht hervorrufen kann. Denkt man an den gegenwärtigen Grad der Entchristlichung des laut Benedikt XVI. längst „heidnisch“ gewordenen Europas, wäre dies mehr, als die meisten von uns überhaupt erhoffen können – und vielleicht auch mehr als das, was wir nach der leichtfertigen Verschwendung unseres Erbes verdient haben.

Freie Welt: Sehr geehrter Prof. Engels, wir danken Ihnen sehr für das Gespräch.

[Siehe auch Buchrezension zum neuesten Werk von Professor Engels HIER]