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dimanche, 02 février 2020

La guerre des microbes du Pentagone UN PROJET AU SERVICE D’UNE IDEOLOGIE

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La guerre des microbes du Pentagone

UN PROJET AU SERVICE D’UNE IDEOLOGIE

Ex: https://geopolintel.fr

(Rappel: texte de décembre 2008)

Réunie officiellement en 1997, l’influente ligue « Projet pour le Nouveau Siècle Américain » (acronyme : PNAC) [1] regroupait un nombre imposant de membres issus du gouvernement de Ronald Reagan. En 2000, ils théorisaient dans un rapport intitulé :
« Reconstruire les défenses de l’Amérique » la nécessité pour ce pays de préserver et d’accroître sa position hégémonique afin d’instaurer la « Pax Americana ». En préambule de ce rapport, il était déclaré : « De nos jours, les États-Unis n’ont à l’échelle mondiale aucun rival. La grande stratégie de l’Amérique se doit de préserver et accroître cette position favorable pour une durée à venir aussi longue que possible. » [2]

Dans ce but, le PNAC préconisait de créer une unité militaire spatiale pour dominer l’espace ou de contrôler le cyberespace considéré comme une arme ennemie potentielle, mais aussi de développer des armes biologiques capables de cibler des génotypes humains. Ainsi, les idéologues néo-conservateurs annonçaient que : « Bien qu’il puisse falloir plusieurs décennies au processus d’adaptation pour se déployer, à terme l’art de la guerre, dans les airs, sur terre et sur mer, sera très différent de ce qu’il est aujourd’hui et le combat se déroulera vraisemblablement dans de nouvelles dimensions : dans l’espace ou le cyberespace et peut-être dans le monde des microbes. » Et ils écrivaient plus loin : « Les munitions elles-mêmes deviendront de plus en plus précises, tandis que de nouvelles méthodes d’attaques - électronique, non létale, biologique - deviendront plus facilement disponibles. » Enfin, ils précisaient leur pensée : « Et des formes évoluées de guerres biologiques capables de cibler des génotypes déterminés pourront faire passer la guerre biologique du règne de la terreur à celui d’un outil politique utile. ».

Beaucoup des membres du PNAC formaient, en 2001, le noyau dur de l’administration Bush junior, laquelle exprimait, dès le début de ce mandat, une volonté de privilégier l’action unilatérale et le refus de voir la souveraineté des Etats-Unis circonscrite par les traités multilatéraux et le droit international. Cette stratégie de primauté a été articulée, dès 1992, dans un rapport confidentiel intitulé « Defense Policy Guidance » [3] écrit par Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la défense, et Lewis Libby, conseiller aux questions de sécurité, sous la vice-présidence de Dick Cheney. Ce texte recommandait d’« empêcher toute puissance hostile de dominer des régions dont les ressources lui permettraient d’accéder au statut de grande puissance », de « décourager les pays industrialisés avancés de toute tentative visant à défier notre leadership ou à renverser l’ordre politique et économique établi », et de « prévenir l’émergence future de tout concurrent global. » Une doctrine qui apparaissait donc un cran plus dure que le containment de l’époque de la guerre froide.

Après les attentats du 11 septembre 2001, véritable « Pearl Harbour spatial » prophétisé par Donald Rumsfeld, la révolution militaire voulue par le PNAC fut votée et budgétisée par le Congrès. La nouvelle armée spatiale fut créée, et, autorisé par cet événement extraordinaire, le retrait unilatéral du traité ABM [4] qui limitait la militarisation de l’espace, permit de relancer le programme de « Guerre des étoiles » entrepris sous Reagan ainsi que de déployer son bouclier anti-missile. De même que fut mis en œuvre le contrôle du cyberespace à travers le Cyber-Command créé en 2006 et annoncé, dès 2003, dans le document « Information Operations Roadmap ». [5]

Wolfowitz_portrait_cropped.jpgEn 2002, sous l’impulsion de Paul Wolfowitz, cette administration adoptait« The National Security Strategy of the United States of America » [6] qui présentait la conception de guerre préemptive selon laquelle les Etats-Unis ne se limiteraient pas à des actes de guerre défensive mais exécuteraient des actes de guerre contre tout pays prétendument sur le point de les attaquer.
Ce fut une accélération marquée dans l’échelle des intentions belliqueuses des Etats-Unis. La « Doctrine Bush », unilatérale et souvent brutale dans le discours, prônait la guerre préventive, le maintien de la suprématie militaire américaine ainsi que parodoxalement le développement de la coopération internationale, des droits de l’homme et de la liberté. Elle visait, en particulier, à la refonte du monde arabo-mulsuman.

A sa suite, fut émise la « Stratégie Nationale pour combattre les Armes de Destruction Massive » [7]. Ce plan appellait à l’utilisation des ADM en vertu du recours à toutes les options, nucléaires, chimiques et biologiques et il usurpait le droit du Congrès à déclarer la guerre en violation de la constitution des Etats-Unis.

PROGRAMMES MILITAIRES BACTERIOLOGIQUES

Tout comme le traité ABM (anti-missiles balistiques), la Convention sur les Armes Biologiques (CAB) [8] fut ratifiée en 1972 par plus de cent nations dont les Etats-Unis. Ce traité interdit la mise au point, la fabrication et le stockage des armes bactériologiques et exige également leur destruction ou leur conversion à des fins pacifiques. Depuis la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis développent un programme de guerre biologique offensif mais, sous Nixon, on estime que les armes biologiques sont militairement contre-productives en ce sens qu’elles risquent d’engendrer un effet « retour de bâton » sur les forces armées et les populations. De plus, les USA disposent alors d’un arsenal nucléaire massif estimé plus efficient que les armes biologiques perçues comme la « bombe atomique du pauvre ». Ainsi la CAB empêche le développement peu coûteux de ces armes de destruction massive (ADM) par les pays du Tiers-Monde et garantit aux USA la supériorité militaire de leur force de frappe nucléaire grâce au Traité de 1968 sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Nixon respecte apparemment la CAB mais dans les entrailles du Pentagone, l’ancienne unité du programme bio-chimique n’est pas dissoute. Et après leur arrivée au pouvoir en 1981, les reaganiens du Pentagone engagent des financements massifs dans des programmes biologiques militaires sous des prétextes de défense, exploitant une faille de la CAB qui n’interdit pas les recherches « à des fins prophylactiques, de protection ou autres fins pacifiques ». En effet, la Convention autorise le développement, la production et peut-être même le stockage d’agents biologiques pathogènes en quantités limitées si ces derniers sont liés à la production de moyens de défense tels que les vaccins, les thérapies ou des vêtements de protection spéciaux. De même, la recherche est admise de facto, puisque la Convention n’y fait pas référence. De plus, la CAB a été rédigée avant que l’ingénierie génétique ne soit parvenue au rang de science de la vie, elle n’a donc pas pris en compte cette connaissance qui permet de mettre au point un outil à double tranchant car pouvant déboucher sur une utilisation défensive ou offensive.

Avec leur « Programme de Recherche en Défense Biologique », les néo-conservateurs signent des contrats avec des universités réputées sur tout le territoire des Etats-Unis, en totale infraction de l’article I de la CAB. En 1985, en réponse à une inquiétude légitime concernant le dévoiement des sciences de la vie par le Pentagone, le Congrès demande au « Conseil pour une Génétique Responsable » (CGR) de faire une proposition législative. Le CGR ignore alors que les reaganiens ont déjà autorisé, par l’intermédiaire de Donald Rumsfeld, à l’époque représentant des USA au Moyen-Orient, des expéditions d’agents biologiques (virus du Nil et Anthrax) à Sadam Hussein, cela en infraction avec l’article III de la CAB, espérant que celui-ci les militarise et les emploie contre l’Iran. Cette administration s’oppose au projet de loi du CGR. [9]

Arrivé au pouvoir, Bush senior remplace les reaganiens par des experts plus proches de la politique de Nixon et la nouvelle équipe permet le vote de la loi préconisée par le CGR en lui demandant, cependant, de la présenter au Congrès comme une mesure permettant de faire face au bio-terrorisme venu du Tiers-Monde susceptible de menacer les Etat-Unis. C’est la loi « Anti-Terrorisme sur les Armes Biologiques de 1989 » et elle remédie à toute lacune du texte de la CAB qui est respecté jusqu’à l’arrivée de l’équipe de Clinton. Celle-ci réactive à son tour le financement des recherches illégales du Pentagone malgré leur extensive activité de la décennie précédente.

A leur retour aux affaires, les reaganiens recyclés avec Bush junior, refusant de voir leurs propres sites inspectés, rejettent le protocole de vérification et de contrôle la CAB, alors en négociation au niveau international. Le New York Times révèle une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001, une des raisons essentielles de cette décision : l’administration souhaite dissimuler certains programmes de guerre biologique. Selon l’enquête du journal new-yorkais, trois projets semblaient particulièrement troublants : le test d’une installation expérimentale utilisant des organismes généralement inoffensifs, mais dotés de caractéristiques proches des agents pathogènes servant d’armes biologiques ; le test d’une bombe bactériologique, dont certaines composantes n’étaient pas au point ; un plan d’ingénierie génétique sur une souche résistante d’anthrax. Ils écrivent « Les États-Unis ont lancé un programme secret de recherches sur les armes biologiques qui selon les dires de certains fonctionnaires expérimente les limites du traité mondial interdisant ces armes. […] Au début de cette année, l’administration a dit que le Pentagone avait des plans pour créer génétiquement une variante potentiellement plus puissante de la bactérie qui cause la maladie du charbon. »

Le Centre pour la Loi et la Santé Publique (CLSP) qui a été formé un mois avant les élections de 2000, se réunit, en octobre 2001, dans le but d’établir une législation pour réagir à la menace bio-terroriste du moment. Le 23 novembre, il émet un document appelé « Actes des Pouvoirs des Modèles d’Urgence Santé » (APMUS) [10], une loi que le Département de la Santé et des Services Humanitaires suggère voir décrétée par les 50 états afin de contrôler les futures urgences en santé publique, telle que le bio-terrorisme. Une version révisée est émise le 21 décembre, contenant une définition plus précise de l’urgence en santé publique qui caractérise le bio-terrorisme et les agents biologiques et comprend des clauses pour les états qui veulent utiliser cet acte dans les cas de désastres chimiques, nucléaires ou naturels.

mevacc.jpgL’APMUS exige que chaque individu soit vacciné, un refus constituant un crime entraînant la quarantaine, et que chaque individu subisse un traitement médical spécifique, un refus constituant un crime entraînant la quarantaine. Il peut saisir toute propriété, incluant un immeuble, de la nourriture, des médicaments, de la gazoline ou des vêtements qu’un officier juge nécessaires pour contrôler l’urgence ainsi que
saisir et détruire toute propriété susceptible d’être dangereuse, il n’y aura ni compensation ni recours.
Il peut affecter un citoyen ou une entreprise au service de l’état, peut imposer le rationnement, le contrôle des prix, le contrôle des quotas et du transport. Enfin, cette loi peut suspendre n’importe quelle loi d’état, règle ou réglementation que l’on croira interférer à la maintenance de l’état d’urgence.

L’APMUS est actuellement évaluée par sept états. Cette loi n’espère-t-elle qu’un prétexte pour se voir décrétée et par la suite appliquée ? Que prévoient donc les autorités en proposant une telle loi ? A quel événement majeur se préparent-elles ?

Le nouveau « Programme de Défense Biologique et Chimique » (PDBC)) publié en mai 2004, qui succède au « Programme de Recherche en Défense Biologique » de Reagan, donne à plus de 300 instituts et 12000 personnes l’accès aux agents pathogènes appropriés à la guerre biologique. Le nombre des bourses du National Institut Health affectées à la recherche sur les maladies infectieuses est quant à lui multiplié par 15. Le PDBC sera par la suite appuyé par la « Déclaration Programmatique Finale d’Impact Environnemental » (DPFIE) du Pentagone. A la lecture du DPFIE /PDBC, il est évident que le Pentagone se prépare à mener une guerre biologique conformément aux directives de stratégie nationale de Bush Jr de 2002. Ainsi un paragraphe de cette déclaration stipule que la mission du PDBC est étendue à la défense des capacités militaires à réagir face à la menace lors de missions de sécurité nationale et de missions de combat.

Selon un rapport du Washington Post d’août 2005, le Pentagone a développé ses premiers plans pour des opérations visant à imposer la loi martiale dans le pays tout entier, en violation d’une décision du Congrès interdisant l’utilisation des militaires pour le maintien de l’ordre sur le territoire national (loi Commitus Posse). Les plans sont de grande envergure : les scénarios envisagés vont « de la basse intensité » avec des missions modestes de contrôle des foules, à « intensité élevée » avec la gestion totale de désastres à grande échelle après des attentats tels que l’émission d’un agent biologique.

En 2007, le rapport annuel du Pentagone atteste qu’il prépare des essais d’armes chimiques et biologiques à ciel ouvert en violation des Conventions internationales, révèle le professeur Francis A. Boyle expert au Conseil pour une Génétique Responsable et rédacteur de la loi de mise en application de la CAB, qui fut signée par le président George H. Bush Sr. Le Pentagone nie que le président George W. Bush ait émis une directive lui permettant de reprendre les essais de guerre chimique et biologique (GCB) en plein air, essais qui avaient été interrompus par le président Richard Nixon en 1969. Pourtant, les préparatifs annoncés par le Pentagone semblent indiquer qu’il est prêt à le faire. Le rapport annuel du Pentagone appelle apparemment à « des essais complets [de GCB] sur le terrain » pour ce qui touche à la mise au point et à l’exploitation de ces agents, et pas seulement de simulations. Le passage suivant est explicite : « Plus de 30 ans ont passé depuis l’interdiction aux États-Unis des tests en plein air d’agents chimiques vivants, et depuis que le dernier test de ce type a été réalisé, une grande partie de l’infrastructure nécessaire pour les essais sur le terrain, comme les détecteurs chimiques, n’existe plus ou est sérieusement périmée. Les augmentations actuellement prévues du budget de l’infrastructure « Essai et Évaluation » vont grandement améliorer aussi bien la mise au point que l’exploitation des essais sur le terrain, avec une meilleure représentation des menaces simulées et la définition de la réaction du système ».

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Les essais en plein air déplacent la recherche sur les agents létaux hors des laboratoires afin d’étudier leur efficacité, y compris leurs modes de dispersion aérienne, et pour juger de leur capacité à infecter et à tuer lors des essais sur le terrain. Bien qu’une loi fédérale permette au président d’autoriser les essais en plein air d’agents de GCB, Boyle déclare que cela ne résout pas le problème du respect du droit international car une telle autorisation violerait la Convention Internationale sur les Armes Chimiques et la Convention sur les Armes Biologiques ainsi que les textes législatifs sur la mise en application de ces conventions au niveau national, et ces violations seraient légalement des crimes. Boyle affirme que la mise au point de l’anthrax en vue d’une éventuelle offensive de buts est mise en évidence par les efforts du gouvernement pour essayer de stocker massivement des vaccins contre la maladie du charbon et des antibiotiques, pour 25 millions d’États-uniens au moins, afin de protéger la population civile dans le cas où il y aurait un « retour de manivelle » à l’utilisation de l’anthrax dans le cadre d’une guerre biologique menée à l’étranger par le Pentagone. Il prévient que celui-ci est tout à fait prêt à lancer la guerre biologique par le biais de l’anthrax. Tous les équipements ont été acquis et toute la formation menée et la plupart des membres de forces armées US prêtes à combattre ont reçu des équipements de protection et des vaccins qui les protégeraient prétendument de cet agent.

Associated Press indique de son côté que l’armée états-unienne est en train de remplacer son Institut militaire des maladies infectieuses situé à Fort Detrick par un nouveau laboratoire qui serait composé d’un campus de bio-défense exploité par plusieurs agences. L’armée a déclaré à AP que le laboratoire est destiné à poursuivre des recherches uniquement à des fins défensives contre les menaces biologiques. Le fait que des scientifiques du gouvernement ont créé de nouvelles souches d’agents pathogènes pour lesquels il n’existe pas de remède connu contredit fortement l’argument selon lequel la recherche états-unienne est menée à des fins défensives. Richard Novick, professeur de microbiologie à l’université de New York, déclare : « Je ne peux imaginer une justification plausible pour expliquer la modification génétique de l’anthrax comme une mesure défensive. » En effet, l’altération d’un agent pathogène consiste à modifier sa structure de base afin que les vaccins existants s’avèrent inefficaces contre elle. L’argument selon lequel il faut poursuivre l’ingénierie génétique sur des agents pathogènes afin de créer un vaccin n’est pas fondé. En effet, la nature produit en trop grand nombre des agents pathogènes modifiables, avec trop de gènes altérables, pour qu’un seul vaccin soit efficace. Tous les experts en défense biologique le savent. Alors, pourquoi les Etats-Unis poursuivent-ils ce projet ?

LES SCIENCES DE LA VIE DEVOYEES

L’histoire de l’arme biologique a toujours coexisté avec celles des conflits. Ainsi, les archers de l’antiquité trempaient leurs flèches dans les entrailles des cadavres putréfiés ; des rivières, des sources et des puits étaient empoisonnés par des poisons végétaux ou des carcasses d’animaux en décomposition lors des campagnes guerrières ; des cadavres infectés par la peste étaient catapultés par dessus les remparts des villes assiégées... Longtemps, ces tentatives sont restées anecdotiques. Le tournant fut pris en 1763, par un officier anglais, avec l’emploi d’une maladie spécifique, la variole, contre les indiens d’Amérique et par le biais de couvertures contaminées. Plus près de nous, pendant la première guerre mondiale, l’Allemagne fut accusée d’utiliser le choléra en Italie, la peste à St Petersbourg, et, d’avoir d’infecté des milliers de mules en Mésopotamie avec le bacille de la morve. En 1929, l’URSS ouvrit un centre de recherche sur les armes biologiques au nord de la mer Caspienne. En 1931, l’armée japonaise créa trois centres spécialisés en guerre biologique et se livra au sein de l’unité 731 du général Shiro Ishii à des expérimentations humaines sur des prisonniers. De 1940 à 1944, l’aviation japonaise répandit la peste sur plusieurs villes de Chine en larguant des bombes à fragmentation ou en porcelaine remplies de bacilles, en lâchant des puces infectées, en même temps que du riz pour attirer les rongeurs. La Grande-Bretagne expérimenta, en 1941-1942, sur l’Ile de Gruinard, des dispositifs dedispersion de Bacillus anthracis. Cette île restera interdite d’accès pendant plusieurs décennies. En 1952, pendant la guerre de Corée, les Américains ont été accusés d’avoir répandu le choléra et des insectes infectés par la peste. En avril et mai 1979, une épidémie inhabituelle de charbon pulmonaire survint à Sverdlosk en URSS, après l’explosion d’un bâtiment militaire.

Les agents biologiques susceptibles d’être militarisés sont des agents vivants ou non, issus du règne animal, végétal ou microbien, provoquant une maladie chez l’homme, les plantes ou les animaux ou une détérioration des matériaux. La définition est étendue aux substances produites par les micro-organismes, animaux et plantes, donc aux toxines et peptides, quel que soit leur mode de production y compris, par conséquent la biogénétique, le génie génétique, la bio-ingéniérie et autres biotechnologies.

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Les agents biologiques peuvent être classés en : agents vivants capables de se reproduire par eux même (bactéries, champignons) ; en agents vivants capables de se reproduire uniquement sur une cellule hôte (virus) ; en agents non vivants incapables de se reproduire mais sécrétés par des organismes vivants (peptides, toxines) et en agents non vivants obtenus par synthèse chimique et de structure identique ou très proche des précédents.

Dans le premier groupe susceptible de créer des infections et des épidémies figurent les bactéries, en particulier l’agent du charbon (bacillus anthracis), celui de la peste (yersinia pestis), celui de la tularémie (francisella tularensis) l’agent de la brucellose, de la fièvre Q (coxiella burneti), la coccidioidomycose. Parmi les virus, on compte celui de la variole et des encéphalites (encéphalite à tiques, encéphalite japonaise, encéphalite de Venezuela, fièvre de Chikungunya, d’O Nyong-Nyong, fièvre de la Vallée du Rift et de la Vallée du Nil), de la dengue, de la fièvre jaune et des fièvres hémorragiques dues aux arboviroses (Lassa, Marburg, Ebola), sans oublier les agents agissant sur les plantes (mosaïque du tabac, rouille du blé ou du riz) ou les agents agissant sur les animaux (morve des équidés).
Parmi cette liste de maladies potentielles à usage militaire, les agents suivants, de classe A (haute priorité,facile à produire et à disséminer, transmissible de personne à personne, létalité importante, impact majeur en santé publique, panique et perturbation sociale assurées) l’anthrax, le botulisme, la peste, la variole, la tularémie et les fièvres hémorragiques offrent seuls des utilisations crédibles.
Mais le développement de nouvelles armes, lié aux progrès des biotechnologies et de la génétique moléculaire, peut se faire par deux grands moyens : optimisation d’agents déjà connus pour les rendre plus agressifs ou création de nouveaux agents. Les agents naturels évoqués précédemment peuvent être améliorés selon plusieurs modalités : accroissement de virulence, sélection de résistance aux antibiotiques ou dans le milieu extérieur, extension des cibles dans l’organisme, inefficacité vis-à-vis des vaccins existants, tableau pathologique inhabituel, introduction d’éléments génétiques exogènes, expression d’une toxine inhabituelle et enfin par hybridation. Ont déjà été réalisés l’association combinant la toxine hémolytique du bacille céreus et une souche modifiée de bacillus anthracis pour vaccins ; le croisement de la variole et du virus Ebola ; l’association du virus de la grippe et de la toxine de cobra ; le pox-virus modifié génétiquement ; le mariage des virus de la variole et d’une encéphalite ; le cocktail enterotoxine B staphylococcique et encéphalite équine du Vénézuela…
Tous ces cocktails de toxiques, de germes et de toxines ont fait dire au prix Nobel Lederberg que le danger de ces agents était supérieur à celui de la bombe H.

Une arme biologique doit avoir plusieurs composantes : un agent délétère, un vaccin pour parer à l’effet « retour de bâton », un dispositif d’acheminement et un mécanisme de dispersion. Ce dernier point, quand il est exigé du laboratoire de recherches, contractant du Pentagone, est révélateur de l’option offensive du projet.
Grâce à la technique de l’épissage des gènes, le biologiste développe un nouvel agent biologique, puis le vaccin. Il aérosolise l’agent, le teste sur des organismes vivants et enfin remet ces unités fondamentales aux militaires qui peuvent alors les produire et les stocker en vue de leur déploiement et usage. Une fois le virus ou la toxine militarisés, il faut un vecteur de dissémination tel qu’une bouche d’aération de métro, un système de ventilation d’immeuble, un avion, le réseau d’eau potable, des produits alimentaires ou encore le circuit postal, ainsi que des conditions favorables(température, soleil, vent, humidité) pour déclencher une hécatombe.
Dans les meilleures conditions possibles, un seul aéronef serait en mesure de disperser des quantités élevées d’agents bactériologiques sur des centaines, voire des milliers de kilomètres carrés par pulvérisation en ligne droite contre le vent depuis la région ciblée. Se défendre contre les agents destinés aux armes biologiques pose un problème, vu la difficulté à déceler leur présence ou à les identifier, les exigences de la prévention (connaître à l’avance le type d’agent, assurer la disponibilité de médicaments efficaces et disposer de suffisamment de temps pour développer une immunité) et le fait que des concentrations suffisamment élevées de l’agent peuvent neutraliser même l’immunité déjà acquise.

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Les recherches médicales sur les séquences ADN visent à développer des produits pharmaceutiques capables de combattre les agents pathogènes en se basant sur le profil génétique de ces derniers mais aussi en agissant par rapport au code génétique d’une personne ou d’un groupe humain. En théorie, il est possible de développer un produit bien spécifique pour chaque individu et l’on peut imaginer qu’un traitement visant un groupe d’individus portant les mêmes gènes puisse être produit. Comme il est possible de créer un traitement médical fondé sur la génétique visant une ou plusieurs personnes, il est aussi possible en inversant le processus, de développer un agent pathogène ciblant un groupe humain spécifique. Ce n’est pas un hasard si les militaires ainsi que les services de renseignement du monde entier s’intéressent de près à la cartographie de l’ADN (décodage du génome humain).

Cette idée n’est pas nouvelle. En 1937, les japonais inoculent des virus et des bactéries à leurs prisonniers chinois, russes et américains afin d’en observer les effets selon les ethnies. Leurs travaux ont été récupérés par les américains après la guerre. L’état d’Israël s’est également livré à des recherches permettant le ciblage ethnique (le but étant de développer un agent touchant spécifiquement les arabes) et s’est basé sur des travaux sud-africains qui cherchaient à mettre au point une arme capable de tuer uniquement les individus à peau noire. Il ne faut pas oublier non plus le projet Paperclip, grâce auquel les Etats-Unis se sont garantis les services des plus brillants scientifiques nazis dès 1945, les faisant traverser l’Atlantique pour les faire travailler aux différents projets de guerre que l’armée américaine menait à cette époque. Cela fait donc près de 100 ans que de nombreux gouvernements étudient le moyen de développer des armes nouvelles en se basant sur des réactions chimiques et des séquences d’ADN. [11]

Fin 2001, la société britannique Acambis reçoit une commande de 155 millions de doses de vaccin contre la variole de la part du Département américain de la santé et des services humanitaires. [12] Pourquoi donc le gouvernement américain fait-il un stock de vaccin contre la variole alors que cette maladie est officiellement déclarée éradiquée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1977 ? Et que seuls deux laboratoires sont dépositaires de ce virus, l’un américain, l’autre russe ? Ces deux laboratoires ont été initialement créés à des fins de guerre bactériologique lors de la guerre froide.Si la variole a disparu, la bataille autour du devenir des stocks de virus conservés continue d’opposer les partisans de leur destruction à ceux de leur conservation. La décision de destruction avait déjà été prise pour 1993. Depuis, elle a constamment été reportée. A l’heure actuelle la décision de la destruction n’est toujours pas prise, elle est fixée à 2011. [13]Pour quels enjeux ?

Certains laboratoires ont manifesté leur opposition en avançant la nécessité de poursuivre les recherches sur ce virus pour la mise au point de tests diagnostiques et ont soutenu l’idée qu’il pourrait être entre les mains d’états peu scrupuleux, voire de groupes terroristes. En juin 2001, trois mois avant le 11 Septembre, les Etats-Unis organisent l’opération Dark Winter [14], une simulation d’attaque par la variole dans des supermarchés de trois grandes villes américaines. C’est un exercice d’alerte organisé parl’Institut de défense nationale, le Centre de recherches stratégiques international, l’Institut de prévention du terrorisme. Le journal Le Monde du 26 octobre 2001 décrit ainsi l’exercice :« L’attentat ne laissait aucune trace avant qu’une dizaine de jours plus tard les services d’urgence des hôpitaux ne soient submergés de malades. Les personnes contaminées ayant, à leur insu, infectées leur entourage, l’épidémie se serait répandue dans tout le pays avant d’être détectée. En deux mois, elle aurait fait un million de morts. Seul remède, le vaccin antivariolique. Le gouvernement américain vient donc de décider d’une commande de 40 millions de doses de vaccin qui s’ajouteront aux 15 millions de doses déjà stockées et envisagent de constituer un stock de 300 millions de doses. »
Pourtant la variole n’est pas contagieuse pendant l’incubation alors il est impossible que les personnes infectées, mais non malades, contaminent les autres, les critères retenus pour cette stimulation sont manifestement incohérents avec le mode opératoire de la variole. Il a même été envisagé que des terroristes auraient pu se laisser contaminer par la variole puis se promener dans le métro et en ville pendant huit jours afin de contaminer un maximum de personnes. C’est tout à fait contraire aux capacités réduites de contamination de ce virus.

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En décembre 2002, le Pentagone révèle ses plans en cas d’épidémie de la variole. Cette autorité militaire argue que, compte tenu du fait que la variole est complètement éradiquée, un seul cas déclaré de cette maladie serait considéré comme résultant d’une attaque terroriste. Le gouvernement américain dit craindre que certaines souches aient pu être volées en Russie et vendues au marché noir à l’Irak. L’armée pourrait être appelée à assurer l’ordre dans les zones où une quarantaine serait imposée, pour le cas où une épidémie de variole éclaterait aux Etats-Unis à la suite d’une attaque bactériologique. Une campagne massive de vaccinations est préconisée, en commençant par les personnels de santé, et jusqu’à 500.000 militaires susceptibles de contracter la variole sur des champs de bataille. La commande du Pentagone inclut également le Vistide, un antiviral censé réduire les effets secondaires de la vaccination antivariolique ou traiter l’infection déclarée. Ce médicament est produit par les laboratoires Gilead Sciences dont le Secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, est le principal actionnaire après en avoir été administrateur jusqu’en 2001.

A la même époque, le journal The Independent rapporte que des scientifiques britanniques ont pour idée d’exhumer les corps de victimes de l’épidémie dite de la « grippe espagnole » qui est le virus de la pandémie la plus mortelle de l’histoire récente. (En quelques mois seulement de l’année 1918, la pandémie fit plus de victimes que la première guerre mondiale qui se terminait cette même année). Depuis 1997, de leur côté, deux groupes de biologistes moléculaires et de virologistes américains, dirigés par le docteur Jeffery Taubenberger (Institut de pathologie des forces armées, Washington) sont sur la trace de ce virus et ont annoncé en avoir retrouvé des fragments dans des tissus prélevés chez un américain mort de cette grippe, à l’âge de 21 ans, en 1918, en Caroline du Sud. Ils sont parvenus à recréer en laboratoire le virus et espèrent que ces résultats aideront à établir les bases moléculaires de la pathogénicité virale et, ainsi, à faciliter la mise au point de vaccins et de médicaments efficaces. [15]
Ils ont établi ainsi qu’il s’agissait d’un virus d’origine aviaire de sous-type H1N1. Selon le docteur Taubenberger, la pandémie de « grippe espagnole » a démarré en mars 1918 au Kansas dans l’une de ces fermes où existait alors une grande promiscuité entre canards, porcs et éleveurs. Cette variante de la grippe aurait donc trouvé le moyen de passer de l’animal à l’homme par le biais d’une mutation.Les chercheurs américains ont ensuite retrouvé la trace du même virus en Alaska, dans les tissus pulmonaires d’une femme décédée en 1918. Avec l’aide des techniques sophistiquées de la génétique inverse, ces chercheurs ont pu identifier les huit gènes du virus. Ils ont également réussi à créer ce matériel génétique « nu » qui, intégré à des cellules rénales humaines en culture, a permis, en quarante-huit heures, de recréer un agent pathogène que l’on croyait disparu depuis quatre-vingt-cinq ans.

Exhumer des corps pour obtenir un échantillon d’un virus disparu depuis près de cent ans et prendre le risque de faire resurgir l’épidémie. A quoi jouent donc ces apprentis sorciers ?

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En 2002, apparaît la pneumonie atypique, le SRAS, en Chine dans les environs de Hong-Kong. Entre le début novembre 2002 et début juillet 2003, elle touche presque 8500 personnes et fait 916 décès. En septembre 2003, de nouveaux cas apparaissent à Singapour, la cause de ce rebond semble due à un mauvais confinement du virus en laboratoire. Cette épidémie survient au moment même où est lancée la guerre totale contre le terrorisme, et la guerre Anglo-Américaine contre l’Irak sous prétexte que Saddam Hussein aurait accumulé un arsenal d’armes bactériologiques. Cette épidémie émergente complète opportunément les effets de la campagne contre le bioterrorisme. A l’époque, l’OMS lance un plan de crise pour éradiquer l’épidémie de pneumonie atypique. Davis Heymann, de l’OMS, déclare, à propos de la pneumonie atypique : « Nous n’avons jamais rencontré une épidémie aussi généralisée, à une aussi grande échelle ». Le Dr Stohr, virologue de l’OMS en charge de la coordination internationale des laboratoires, ajoute : « C’est la première fois qu’un réseau mondial de laboratoires échange ainsi des informations, des échantillons, des prélèvements sanguins et des images. Il n’y a plus de secrets, plus de jalousie, ni de compétition, face à une telle urgence sanitaire mondiale. C’est un réseau phénoménal ! ».

Entre temps, en avril 2003, un pavé dans la mare des communiqués des autorités provient de Russie. D’après Sergei Kolesnikov, membre de l’académie de Médecine, le virus est un cocktail de ceux de la rougeole et des oreillons, mélange qui ne peut pas apparaître spontanément dans la nature. « Nous ne pouvons l’obtenirqu’en laboratoire » a-t-il confié à l’agence de presse RIA Novosti lors d’une conférence à Irkoutsk en Sibérie. [16] A son avis, il s’agirait d’une arme bactériologique échappée d’un laboratoire et il existerait nécessairement un antidote tenu secret. Le Dr Nikolai Filatov, qui dirige les services d’épidémiologie de Moscou a, de son côté, confié au quotidien la Gazeta que la maladie a été fabriquée. De même, l’Institut of Science in Society de Londres évoque la possibilité que des expériences de génie génétique aient pu créer le virus de la pneumonie atypique, même par inadvertance. Il n’a cependant pas été jusqu’à envisager ouvertement l’hypothèse d’une création intentionnelle comme les scientifiques russes.

Dernier rebondissement, le 7 octobre 2008, le chef de la sécurité nationale de Taïwan déclare qu’il n’était pas exclu que l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère de 2002 ait eu pour origine des recherches menées par Pékin sur les armes biologiques. Il a cependant reconnu qu’il n’avait pu recueillir aucune preuve à l’appui de cette thèse. Cette accusation est portée dans un contexte de conflit larvé entre la Chine et les Etats-Unis. [17]

Que ce virus ait été relâché ou qu’il se soit échappé, sa propagation permet d’évaluer le temps de réponse des autorités et des laboratoires face aux armes bactériologiques. Un virus faiblement létal de fabrication humaine, c’est l’ídéal pour étudier le mode et la vitesse de propagation d’une arme virale.

LE BOUCLIER BIOLOGIQUE, ILLUSION OU ALIBI ?

Aucun état ne peut s’engager dans un programme d’utilisation offensive des armes biologiques sans s’assurer au préalable que sa population civile est protégée, ou plus précisément que soit maintenu un ordre civil efficace capable de conserver l’infrastructure nécessaire au fonctionnement du programme. Il serait suicidaire et criminel de la part de l’administration Bush de lancer une guerre biologique dite « préemptive » sans avoir mis en place au préalable un programme de « Défense Civile ». Celui-ci est en marche forcé depuis 2003.

8700816.jpgAnnoncé à grand renfort de déclarations mobilisatrices pour contrer les effets d’une éventuelle attaque bio-terroriste sur le sol américain, un programme massif de Biodéfense est lancé, coordonné par le Homeland Security Service. L’organisme public National Institute of Allergy and Infection Diseases (NIAID) [18] qui fait partie du réseau des centres de recherche spécialisés dans la santé aux Etats-Unis ( National Institutes of Health), est en première ligne de ce programme qui comprend trois volets essentiels : développer des parades thérapeutiques contre les principaux agents pathogènes connus, constituer des stocks stratégiques de vaccins et de médicaments et mettre en place des structures d’intervention rapide. Ce programme a été doté de la somme considérable de près d’une centaine de milliards de dollars sur 10 ans. Une part importante de ces crédits est allée au projet BioShield (bouclier biologique). Inauguré en 2004, il s’appuie sur diverses entreprises pharmaceutiques faisant d’elles des partenaires de défense. Celles-ci sont chargées de produire des produits permettant de faire face aux principaux risques qui seront stockés au Strategic National Stockpile. Sept produits ont été retenus : bacille du charbon, variole, tularémie, toxine botulique, fièvres hémorragiques et peste. Ces maladies sont propagées par des germes (bugs) spécifiques, pour lesquels il faut concevoir des remèdes (drugs)spécifiques. Le projet Bioshield [19] repose donc sur le principe : «  one bug, one drug  ». Ainsi des millions de doses de vaccins contre l’anthrax ont été fabriquées, à l’usage prioritairement des forces de sécurité et de défense.

Mais les entreprises pharmaceutiques ne se sont pas empressées de répondre aux appels d’offre, celles-ci préférant investir sur des produits de grande consommation plutôt que dans la prévention de maladies encore inconnues ou peu probables. Ainsi Marie Vodicka de la Pharmaceutical Research and Manufacturers of America déclare : « La vocation de nos compagnies est de subvenir aux besoins actuels en matière de santé et ce facteur doit être pris en compte lors de l’examen des menaces théoriques futures. »

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Mais c’est au tour du Center for Biosecurity [20] de l’université de Pittsburgh de tenir un discours alarmiste en prévenant que les Etats-Unis restaient incapables de se prémunir contre les effets d’une attaque un tant soit peu consistante à l’anthrax. Le gouvernement exerce une pression acharnée pour développer son programme. Outre les laboratoires fédéraux largement sollicités, les industriels de la pharmacie sont vivement encouragés à participer à cette croisade contre ces nouveaux ennemis de la nation. Pour permettre aux grandes entreprises du secteur pharmaceutique, et accessoirement à celles qui fournissent des équipements de protection de faire face à leur devoir patriotique sans redouter d’être mises en cause en cas de problème avec l’un de leurs produits, la loi sur la Homeland Security prévoit de réduire considérablement leur responsabilité. Elles peuvent ainsi fournir à l’armée ou aux services publics n’importe quel produit défectueux, vaccin dangereux ou médicament mortel, sans courir le risque d’un procès ruineux. « Cela doit être un partenariat public privé pour être efficace », résume Anthony Fauci, principal architecte de BioShield. Pour convaincre les « big pharmas », Washington leur consent des conditions très favorables. L’Etat fédéral s’engage à acheter et à stocker les médicaments qui sortiront des laboratoires. Parallèlement, le NIAID [21] entend procéder au séquençage des génomes des principaux agents pathogènes connus. Ces travaux sont eux aussi considérés comme très stratégiques. Pour preuve, les membres participant à la commission intergouvernementale créée dans ce but : le DoD, la CIA, le FBI, la National Science Foundation et le NIAID.

Les spécialistes du bio-terrorisme dénoncent le côté illusoire voire dangereux d’un tel programme car la production des vaccins à grande échelle multiplie les risques d’évasions accidentelles ou criminelles. Quant à la pertinence du plan lui-même, plusieurs observateurs estiment que des bio-terroristes motivés et compétents feraient probablement appel à des souches génétiquement modifiées et par définition sans antidote connu. Une meilleure solution serait de développer des remèdes à large spectre actif contre une grande catégorie de virus et microbes. Une approche défensive sur le modèle du remède à large spectre demande des recherches fondamentales approfondies, afin de définir des structures et fonctions communes entre différents pathogènes, eux-mêmes susceptibles de muter spontanément ou artificiellement. Il ne s’agirait plus par ailleurs seulement de prévenir mais de réagir après contamination. Les autorités sanitaires américaines semblent avoir compris l’intérêt de cette démarche car le DoD vient de lancer une nouvelle initiative dite « Transformational Medical Technologies Initiative » [22]. Mais le projet Bioshield présente une autre faiblesse. Quels que soient les remèdes développés, encore faudrait-il les distribuer en temps utile aux populations. LeStrategic National Stockpile devrait en effet, en cas d’offensive bio-terroriste, distribuer très rapidement à plus de 3.000 administrations de terrain le remède adapté. Or ces administrations ont été laissées dramatiquement à l’abandon. Ni leurs effectifs ni leurs méthodes de travail ne leur permettraient de réagir efficacement comme cela a déjà été constaté à la suite de l’ouragan Katrina.

Le projet Bouclier Biologique est marqué par des retards et des problèmes opérationnels et le 12 décembre 2006, le Congrès adopte une loi approuvant un budget d’un milliard de dollars US pour financer trois années de recherches supplémentaires par le secteur privé sur ce programme.

L’ANTHRAX, UNE SAGA INTERMINABLE

Les deux guerres du Golfe

En 1990, l’administration Bush senior se prépare à la guerre contre l’Irak. Le ministre de la défense d’alors, Dick Cheney, ordonne que tous les soldats américains envoyés sur la zone d’hostilité soient vaccinés contre l’anthrax (ou maladie du charbon) et la toxine botulique avec des produits qui n’ont pas eu encore l’accord de la Food an Drug Administration (FDA) et sans le consentement éclairé des personnes concernées. Cheney craint-il l’effet « retour de bâton » sur ses troupes car connaissant la livraison secrète de ces agents pathogènes, par Rumsfeld à Sadam Hussein, lors de la guerre Irak-Iran dans les années 1980 ?
Où favorise-t-il, sous prétexte de prévention, les intérêts financiers du seul laboratoire fabricant les vaccins contre la maladie du charbon, le laboratoire du MBPI dans le Michigan qui dépend uniquement du département de la Défense (DoD) pour passer ses contrats et qui recrute donc des responsables militaires en son sein ? Le secteur pharmaceutique est bien représenté au sein même de l’administration en la personne de Donald Rumsfeld lui-même, qui a dirigé Searle (devenu Pharmacia) de 1977 à 1985, puis Amylin Pharmaceuticals et Gilead Science, jusqu’à sa nomination au poste de secrétaire à la Défense.

Les troupes américaines et anglaises engagées dans la première guerre du Golfe sont ainsi le champ d’une expérimentation médicale réelle à grande échelle qui semble être en grande partie responsable du « Gulf War Syndrom » qui touche la plupart des vétérans de ce conflit. Bush senior, Cheney, les généraux Colin Powell et Norman Schwarzkopf ont violé le Code de Nuremberg sur l’expérimentation médicale en obligeant leurs forces armées à prendre ces vaccins expérimentaux. Le Pentagone refuse toujours de reconnaître aujourd’hui l’existence du syndrome de la guerre du Golfe car il faudrait alors que les décideurs de l’époque, toujours en place aujourd’hui, en assument les conséquences légales, économiques et politiques.

En décembre 1996, MBPI fait l’objet d’une enquête de la FDA, qui débouche sur la menace d’une révocation de la licence du laboratoire fin 1997. Le Pentagone avait annoncé en mars qu’il allait lancer une campagne de vaccination de l’ensemble de ses troupes. Mais l’avertissement de la FDA contraint la société à cesser son activité pour rénover ses installations début 1998. Elle est alors cédée à une firme inconnue, BioPort Corporation, qui l’achète 25 millions de dollars, en septembre 1998, après avoir été assurée d’une subvention du Pentagone d’un montant de 15 millions de dollars pour la rénovation des installations. Un mois après ce rachat, un contrat inespéré de 29 millions de dollars est signé avec le DoD pour « produire, tester, embouteiller et stocker le vaccin contre l’anthrax ». Le Pentagone relance officiellement son projet de faire vacciner les 2,4 millions de soldats, marines et pilotes de chasse qui servent sous les drapeaux en mai suivant.

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BioPort est fondée sur la base d’un consortium créé pour l’occasion de la reprise de MBPI. Dans le cas d’une industrie aussi sensible que la production de vaccins pour l’anthrax, dépendante exclusivement de contrats militaires, le Pentagone a probablement influé sur la composition de son capital et de son organigramme. On retrouve en effet, au poste de président, l’amiral William J. Crowe Jr, devenu chef d’état-major interarmes sous R. Reagan et G. H.W. Bush. Il est membre du Council on Foreign Relations(CFR) [23] dont il a présidé un groupe de travail, en février 2001, sur les moyens de prémunir les États-Unis contre la menace terroriste. Crowe détient 22,5 % de la société Intervac L.L.C, le reste étant concentré entre les mains de la famille El-Hibri dont Fuad El-Hibri, ressortissant allemand d’origine libanais, apparaît comme le véritable patron d’Intervac. Comme les Bush, il a fait ses études à Yale. Il a pris la nationalité états-unienne et est aujourd’hui directeur et président-directeur général de BioPort. BioPort appartient au groupe Carlyle au conseil d’administration duquel siège Bush senior et un frère de Oussama ben Laden et Fuad El-Hibri est lui-même un proche de la famille ben Laden

Un autre groupe est le détenteur du brevet de l’antibiotique Cipro permettant de traiter l’Anthrax, c’est la firme allemande Bayer, qui en détient l’exclusivité jusqu’en janvier 2003. Le groupe se trouve en grande difficulté financière à l’automne 2001. Il doit en effet faire face à une série de fusions coûteuses et à un grand nombre de procès pour la commercialisation d’un de ses médicaments qui a provoqué plusieurs décès.

BioPort, de son côté accusée de malfaçon et de fraude par la FDA depuis 1997, a absolument besoin d’un agrément pour reprendre sa production. Le dossier doit être discuté devant l’Agence fédérale au début du mois d’octobre. Les allégations des vétérans de la guerre du Golfe liant les vaccinations à l’anthrax qu’ils ont subi au fameux « syndrome de le la guerre du Golfe » dont ils souffrent ne plaident pas en faveur de la société.
Pour Bayer, comme pour BioPort, tout événement lié à la maladie du charbon qui convaincra les pouvoirs publics de la nécessité de se prémunir contre le bio-terrorisme sera une aubaine.. [24]

Les lettres à l’Anthrax

Le 11 septembre 2001, alors que toutes les forces armées sont en alerte, le laboratoire de Fort Detrick au Maryland est évacué. Depuis les années soixante, ce laboratoire met au point des armes biologiques à partir du virus Ebola, de la variole et de l’anthrax. Vers 15 heures, CNN annonce que les équipes du centre épidémiologique fédéral basé à Atlanta et la chaîne d’information continue sont mobilisées : une attaque du pays à l’anthrax par Oussama ben Laden est imminente. Cette alerte ne se concrétise heureusement pas mais la psychose de l’anthrax commence. Ce même jour se déroulait un exercice appelé « Tripod I » qui simulait une attaque bioterroriste au dessus de New York. Pour ce faire, l’Office of Emergency Managment, le siège de la cellule de gestion de crise créée au début 2001 déménagea du WTC deux jours avant les attentats.

Un mois plus tard, les Etats-Unis subissent de nouvelles attaques traumatisantes avec l’envoi de premières lettres contenant cet agent pathogène adressées au Sun le 8 octobre et à la chaîne NBC le 12. Un troisième cas d’anthrax respiratoire est également recensé au sein de l’American Media Inc. La piste privilégiée par le FBI est celle de l’épandage d’anthrax dans l’air par des fondamentalistes musulmans. La panique s’empare de la population, qui se rue sur le Cipro sous l’effet du discours alarmiste propagé par les autorités et malgré l’avertissement des spécialistes en bioterrorisme qui pensent que la souche utilisée est certainement militaire et a donc été conçue pour résister aux traitements connus.

Depuis plusieurs mois, l’hypothèse de l’utilisation du bacille de charbon par des organisations terroristes était avancée par plusieurs responsables états-uniens. Donald Rumsfeld, le devin du « Pearl Harbor spatial » était l’un d’entre eux. En effet, dès le 16 septembre, le secrétaire à la Défense annonçait qu’« une [nouvelle] attaque de terroristes peut arriver à tout moment. [...] Ils peuvent nous menacer de guerre chimique, biologique, de missiles ». Bush et son état major, sur les conseils de Jérôme Hauer, conseiller à la sécurité aux National Institutes of Health(NIH), se mettent quant à eux à absorber le Cipro dès le 11 septembre. Comment Jerôme Hauer a-t-il pu anticiper un risque aussi spécifique ? Les députés et le personnel du Congrès reçoivent du Cipro seulement lorsque des lettres à l’anthrax sont trouvées au Capitole.

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Ces lettres sont destinées aux sénateurs démocrates, Daschle et Leahy, parlementaires opposés à l’USA Patriot Act. La salle du courrier du Congrès et les machines de tri ont été exposées à l’anthrax, les travaux parlementaires sont suspendus et les bâtiments évacués pour décontamination. On trouve des traces du bacille au département d’État et jusqu’au siège de la CIA. Le 23 octobre, le président Bush déclare « Je n’ai pas l’anthrax ! », ce qui laisse supposer que nul ne semblait à l’abri. La psychose est à son comble.
Bayer signe alors un accord avec le gouvernement pour la fourniture de 100 millions de tablettes Cipro au prix de 95 cents l’unité. Trois grandes sociétés pharmaceutiques ont pourtant proposé de fournir gratuitement un générique du Cipro, en échange de l’agrément de la FDA. L’offre est refusée.

Dans la foulée, la FDA accorde l’autorisation à BioPort de reprendre la production de vaccins contre l’anthrax, tandis que le gouvernement ressort son projet de vaccination de l’ensemble des troupes. Les affaires reprennent pour Bayer et BioPort.

Suspect de la première heure, Ayaad Assaad, un ex-biologiste de l’US Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID) [25], d’origine égyptienne, est désigné par une lettre anonyme envoyée au FBI l’identifiant comme appartenant à une cellule terroriste peut-être liée aux attaques à l’anthrax. Elle a été envoyée avant l’arrivée des lettres à l’anthrax, ce qui laisse suggérer une connaissance préalable des attentats, et dans un langage similaire aux lettres mortelles. Ayaad Assaad fait un coupable idéal. D’origine arabe, il avait aussi intenté un procès à l’armée US pour discrimination. Si les lettres à l’anthrax ne contiennent pas de revendication, elles comportent un double message de haine envers Israël et les USA, et de gloire à Allah. Pourtant, selon le Hartford Courant, le FBI n’a pas cherché à retrouver l’auteur de la lettre, «  en dépit de son calendrier curieux, à savoir quelques jours avant que l’existence de lettres contaminées à l’anthrax ne soit connue. » Assaad a été rapidement mis hors de cause et la piste éludée.
Cette lettre démontre pourtant une connaissance intime des activités de l’USAMRIID, ce qui suggère qu’elle provient d’un groupe ayant l’accès à Fort Detrick. « L’auteur des lettres savait clairement tout sur moi : ma formation en agents chimiques et biologiques, mon accréditation de sécurité, à quel étage je travaille, que j’ai deux fils, le train que je prends pour aller travailler et où je vis » confie Assaad à la journaliste Laura Rozen. Il suggére au FBI de questionner deux de ses ex-collègues de l’USAMRIID susceptibles d’avoir une rancune contre lui : Philip Zack et Marian Rippy, lesquels quelques années auparavant avaient été réprimandés pour avoir envoyé à Assaad un poème raciste. Bien que la vidéo du Hartford Courant ait apporté la preuve que Zack avait fait des visites en dehors des horaires de bureau dans les laboratoires où étaient entreposés des agents pathogènes, il n’existe aucun dossier montrant que le FBI ait jamais enquêté sur lui ou sur Rippy. Zack a également été consultant chez Gilead, son nom apparaît dans une étude commandée par cette entreprise.

51c1bK+HLML._SX305_BO1,204,203,200_.jpgL’enquête baptisée Amerithrax mobilise des centaines d’agents fédéraux, donne lieu à plus de 8000 interrogatoires et 5000 assignations à comparaître. Dix-neuf laboratoires testent l’anthrax pour en découvrir l’origine. Les pistes du terrorisme international sont explorées, plusieurs lettres contenant des menaces à tonalité islamiste examinées. Mais la seule certitude de l’enquête mène à un centre de recherche de l’armée car selon un rapport de Barbara Hatch Rosenberg de la Fédération des Scientifiques d’Amérique, l’anthrax utilisé lors de ces attaques était concentré à un trillion de particules par gramme et les analystes du New Scientist affirment que cela correspond à la souche « Ames » laquelle provient de l’USAMRIID à Fort Detrick .
Barbara Rosenberg fournit à Jérôme Hauer, une liste d’une douzaine de suspects potentiels, notamment des scientifiques de divers instituts dont l’USAMRIID car, selon elle, seul un chercheur avait les capacités de la produire, de la dérober et de la transporter.

Un autre suspect émerge alors, pour le moins digne d’intérêt, suite à une fuite du ministre de la justice en personne. C’est le Dr Stephen J. Hatfill, microbiologiste accrédité secret-défense pour les recherches sur les armes biologiques. Spécialiste du bio-terrorisme, il est alors consultant pour la CIA, le Pentagone et le FBI. Son parcours est trouble. Travaillant pour le Pentagone depuis 1969, il part en Rhodésie dans les années 1980, se mettre au service du pouvoir en place. A la même époque, une épidémie de charbon touche des fermiers noirs. Puis, on le retrouve en Afrique du Sud, proche d’un chef de parti qui mène des actions contre des militants anti-apartheid. Il revient aux USA en 1995 et intègre le NIH. Il travaille à l’USAMRIID de 1997 à 1999. Enfin, il entre à la Scientific Applications International Incorporation (SAIC) [26]. Il se serait inventé un doctorat, une appartenance à la société royale de médecine. Sur son ordinateur, on trouve l’esquisse d’un roman racontant un attentat bio-terroriste. Hatfill a été aussi l’un des vecteurs de la fausse information selon laquelle l’Irak disposait des moyens technologiques pour fabriquer le meilleur anthrax au monde. Une histoire qui est plus tard reprise et amplifiée sous la forme des fameuses armes de destruction massive de Saddam Hussein. Il a eu l’occasion de côtoyer Jérôme Hauer à la SAIC au Centre Technologique et d’Analyse pour la Lutte contre le Terrorisme. Lors de son séjour en Rhodésie, il habitait dans le quartier de Greendale près de l’université où il enseignait. Les lettres à l’anthrax portaient le cachet « Greendale School », lieu inconnu en Amérique.

Pendant des mois, le Dr Hatfill est placé sous surveillance jour et nuit, sans résultat. Son accréditation secret-défense lui est retirée, il est suspendu de son travail mais garde son salaire. Le FBI se refuse à le désigner formellement comme suspect et, en 2005, il se retourne contre le gouvernement et le FBI pour fausse accusation.

Et sept ans après que les attaques d’anthrax ont entraîné la fermeture temporaire du Congrès, semé la panique dans tout le pays, tué 5 personnes et rendu malade 17 autres, en avril 2008, on apprend que le FBI se concentre sur 4 suspects. Fox News les identifie comme un ancien commandant adjoint, sans doute de l’US Army, un scientifique leader sur l’anthrax et un microbiologiste. Le quatrième suspect n’est pas décrit mais le FBI proclame tenir son homme en la personne de Bruce E. Ivins, scientifique à la renommée mondiale et couvert de décorations qui a travaillé au service de son pays pendant plus de 33 ans. Il travaillait depuis 18 ans dans le laboratoire de l’USAMRIID et, ironie du sort, c’est Ivins qui avec d’autres enquêteurs, avait aidé les enquêteurs du FBI dans le cadre de l’analyse d’une des enveloppes contenant de l’anthrax. Le FBI est « confiant dans le fait que le Dr Ivins est la seule personne responsable de ces attaques  ». Mais la première semaine d’août 2008, son suicide est annoncé. Selon les médias américains qui sont les premiers à rapporter l’affaire, M. Ivins est déclaré mort dans ce qui ressemble à un suicide par une overdose de Tylenol (paracétamol) mélangé à de la codéine. Son avocat, Paul Kemp, dit qu’Ivins avait passé un certain nombre de tests au détecteur de mensonges et que le jury qui devait décider de sa mise en accusation en avait encore pour des semaines à rendre son acte d’accusation. Ivins s’est plaint à des amis que les agents le traquaient lui et sa famille. Le superviseur de Ivins à l’USAMRIID rapporte que celui-ci avait été émotionnellement affecté par le comportement du FBI.

Quelques jours après sa mort, le FBI annonce qu’il va mettre fin à l’enquête Amerithrax. « Le dossier Anthrax est bouclé  » claironne le Daily News le 4 août. Ces annonces en suivent de près une autre, beaucoup plus discrète, le 27 juin, concernant le précédant suspect, Steven Hatfill qui porte sur la fin de son procès. Le gouvernement américain a dû lui verser 5,8 millions de dollars en compensations morales pour des accusations désormais considérées non fondées.

Francis Boyle, professeur de droit international et rédacteur de la loi de mise en application de la CAB, qui conseilla le FBI lors des enquêtes préliminaires sur les lettres à l’anthrax, dit de Ivins qu’il paraît difficile qu’il ait eu la connaissance technologique nécessaire à la production de lettres à l’anthrax. Jeffrey Adamovicz, qui dirigea la division bactériologique à Fort Detrick en 2003 et 2004, déclare que l’anthrax envoyé par courrier au sénateur Daschle était « si concentré, si consistant et si pur que j’affirmerais que Bruce ne pouvait pas avoir participé à ce travail ». Faisant suite à la publication du FBI concernant Ivins, le New York Times affirme dans un éditorial qu’« il n’existe pas de preuve directe de sa culpabilité » et dénonce le « manque de charges solides et incontestables. » Les enquêteurs ne sont pas parvenus à localiser Ivins dans le New Jersey lorsque les lettres ont été envoyées depuis la région de Princeton. Le mobile n’a pas non plus été établi. Pourquoi Ivins, un démocrate attitré, aurait réservé aux sénateurs Patrick Leahy et Tom Daschle (deux démocrates influents) l’envoi des lettres meurtrières ?
Il semble improbable qu’un savant fou puisse se spécialiser dans de telles activités politiques ciblées sans raison apparente. Le Dr Gerry Andrews, un professeur de microbiologie et ancien collègue de Ivins à Fort Detrick, a écrit dans le New York Times : « Quand l’équipe d’Ivins a analysé la poudre, elle a constaté qu’il s’agissait d’une arme à l’anthrax dont la qualité de préparation des spores était étonnamment raffinée, à un point jamais vu avant par le personnel à Fort Detrick. » Mais dans un email obtenu par Fox news, des scientifiques de Fort Detrick ont ouvertement évoqué le fait que l’anthrax qu’on leur a demandé d’analyser suite aux attaques était quasiment identique à celui fabriqué par leurs collègues.

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Si les scientifiques de Fort Detrick n’ont pas la capacité de produire ce type de bacille du charbon, qui l’a ? Et si le FBI a la conviction que le tueur à l’anthrax travaillait à Fort Detrick (des nouvelles techniques ADN ayant permis opportunément d’associer les spores à ce laboratoire), alors la lettre au sujet d’Assaad est une pièce maîtresse qui innocente Ivins. Beaucoup de questions sans réponse encore à ce jour mais peut-être que si la recherche de preuves basées sur les spores de la maladie du charbon était correctement menée, elle conduirait directement au programme secret de guerre biologique des Etats-Unis, programme illégal violant l’Anti-Terrorism Act de 1989 sur les armes bactériologiques. En effet, les défaillances choquantes du FBI ne s’arrêtent pas là. L’anthrax utilisé dans les attentats terroristes a donc été identifié comme étant similaire à une des souches conservées aux laboratoires de Ames. La base de données Ames conserve la liste complète des entités, des organismes et des laboratoires ayant fait l’acquisition de souches d’anthrax. Lorsque les chercheurs, par peur que les terroristes ne pénètrent dans le laboratoire, ont proposé de détruire les cultures d’anthrax, le FBI n’a pas fait d’objection. « Ce fut une étonnante décision » a déclaré Francis Boyle. « Ils auraient dû les conserver comme preuve. Il s’agissait de la piste qui menait vers celui ou ceux qui avait accès au développement de la super-souche qui a frappé Daschle et Leahy. » Boyle émet la théorie que l’enquête du FBI a été volontairement sabotée pour opérer une dissimulation. Il est à noter que l’agent du FBI en charge de la coordination de l’enquête sur l’anthrax est Marion « Spike » (la censure) Bowman qui a joué un rôle surprenant dans le fiasco de l’ordinateur de Moussaoui qui eut pour conséquence que les agents de terrain de Minneapolis s’en virent refuser l’accès.

William C. Patrick III est l’inventeur du processus de transformation, en arme biologique, de l’anthrax dit de type « Ames ». Il est aussi l’auteur d’un rapport, de 1999, auquel a participé Steven Hatfill, qui étudie les réponses possibles à une attaque à l’anthrax par courrier. Ce rapport qui a été classifié par la CIA met en garde contre une attaque bioterroriste à l’anthrax et note l’impréparation militaire en la matière. Il décrit ce que l’armée US devrait faire. Les similitudes entre ce que le rapport prédit et les attaques à l’anthrax de l’après 11 Septembre sont étranges. La BBC suggéra plus tard la possibilité qu’il existât un projet secret de la CIA visant à étudier les méthodes d’envoi d’anthrax par la poste qui serait devenu hors de contrôle et que le terroriste à l’anthrax connaissait l’existence de cette étude ou y avait participé. La CIA et William Patrick ont nié l’existence de ce rapport, bien que des copies de celui-ci aient fait l’objet de fuites dans les médias.

LA GRIPPE AVIAIRE, UNE INTOXICATION MONDIALE

« Sommes-nous à la veille d’une catastrophe mondiale résultant du passage imminent dans l’espèce humaine d’un virus grippal hautement pathogène d’origine animale ? Est-on au contraire en train de noircir, à l’envi, une situation épidémiologique, et ce alors même qu’aucun expert au monde ne peut raisonnablement prédire comment elle pourra évoluer à court, moyen ou long terme ?  » Le Monde du 29 septembre 2005.

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De 2003 au 23 septembre 2008, le bilan humain de la catastrophe attendue de la pandémie de grippe aviaire est de seulement 245 décès sur 387 cas confirmés biologiquement et notifiés à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Il existe énormément de souches différentes de virus aviaires, retrouvés chez les oiseaux migrateurs, certains peu pathogènes et d’autres hautement pathogènes comme le virus grippal Influenza A, dans son sous-type H5N1, qui peut se décliner à son tour en de nombreux variants, plus ou moins pathogènes. Ces formes virales n’infectent pas facilement l’homme. La grippe provoquée par le sous-type H5N1 est appelée « grippe aviaire », et n’affectait que les oiseaux sauvages ou domestiques avant 1997. C’est à compter de cette date que l’on signale les premiers cas d’infection chez l’homme. L’épidémie s’est déclarée à Hong-Kong, où 18 cas chez les humains, dont six décès, ont mené à l’abattage massif de poulets dans les régions présumées comme étant la source du virus.

A ce jour, on a signalé des cas humains dans sept pays, pour la plupart en Asie : Cambodge, Chine, Indonésie, Iraq, Thaïlande, Turquie et Viet-Nam. Les premiers patients de la flambée actuelle, notifiés au Viet-Nam, ont développé les symptômes fin 2003. Avec plus de 90 cas, ce pays reste le plus touché. Tous les cas humains ont coïncidé avec des épizooties de grippe aviaire H5N1 dans les populations de volailles. Globalement, plus de la moitié des cas humains confirmés en laboratoire ont été mortels mais la grippe aviaire H5N1 reste une maladie rare chez l’homme.

Cette affection est transmissible entre volatiles et plus rarement à des mammifères, dont le porc qui est à la fois réceptif aux virus grippaux aviaires et humains ; mais elle est habituellement difficilement transmissible à l’humain. Lorsque la souche est hautement pathogène, ce virus peut se transmettre exceptionnellement à l’homme. La transmission s’effectue avec des contacts directs, fréquents et intensifs, avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés. Une transmission du virus aviaire à l’homme risque de favoriser des échanges de matériel génétique entre les deux virus chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humaine. Un tel réassortiment génétique entre ces deux virus pourrait engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait ainsi la transmission inter humaine de ce nouveau type de virus qui pourrait diffuser sur un mode épidémique.

A l’heure actuelle, rien ne permet de présager que la grippe aviaire provoque chez l’homme une pandémie, c’est exclu tant que le virus H5N1 ne se transmet pas de personne à personne. Malgré cela, alors que la grippe aviaire reste circonscrite en Asie du Sud-Est, l’OMS multiplie, depuis début 2005, les messages d’alerte auprès de la communauté internationale sur le risque d’une pandémie de grippe aviaire. A ce jour, la menace ne touche pourtant que l’industrie de la volaille dans les zones concernées. En effet, les responsables sanitaires doivent détruire les élevages de manière à prévenir une éventuelle propagation du virus et environ 150 millions de poulets et diverses volailles ont dû mourir, soit de cette grippe aviaire, soit par abattage de prévention.

Devons-nous nous vraiment nous préparer à une épidémie de grippe comparable à celle de la grippe espagnole en 1918-1919 qui était également d’origine aviaire ? Une pandémie, c’est en quelque sorte la guerre mondiale des épidémies.

Pourquoi le gouvernement des États-Unis et d’autres pays occidentaux dépensent-ils des centaines de millions d’argent des contribuables pour stocker un soi-disant vaccin anti-H5N1 ? Il est impossible de créer un vaccin contre un virus qui n’existe pas encore. Si un vaccin contre la grippe aviaire dans sa forme pandémique est développé, cela signifie que le virus pandémique préexiste naturellement ou qu’il a été créé en le cultivant suffisamment longtemps dans des cellules souches humaines. Tous les virus grippaux de type A impliqués dans la grippe aviaire ou la grippe humaine sont génétiquement instables, les artificiellement créés encore plus. Ces virus peuvent muter, c’est-à-dire réassortir leur matériel génétique et fusionner. C’est le phénomène constant de commutation, aboutissant à la création d’un nouveau sous-type, différent des virus dont il est issu et contre lequel les populations n’ont aucune immunité, y compris vaccinale. La fiabilité d’un vaccin demande de plus des années, ou au moins des mois, de tests sur les populations visées.

Ne devrait-on pas plutôt, comme le préconise, le docteur Angot, directeur adjoint de l’Organisation mondiale de la santé animale, « mettre le maximum de fonds dans la lutte contre la maladie animale dans tous les pays où elle existe, pour tuer la maladie à la source et par là même éviter la possibilité de mutation du virus et son adaptation à l’homme ».

Mais les pays industriels, éloignés pour l’instant des foyers de grippe aviaire, préfèrent constituer à prix d’or des réserves d’un traitement antiviral, le Tamiflu, qui n’a pourtant pas même fait pleinement la preuve de son efficacité dans la grippe ordinaire. Un rapport de l’Office canadien de coordination de l’évaluation des technologies de la santé (OCCETS), confirmait en 2001 que le Tamiflu et le Relenza (autre antiviral) ne seraient pas plus efficaces qu’un placebo dans le traitement préventif et curatif de la grippe (rapports technologiques de janvier et novembre 2001). Pire en novembre 2005, Changaï Pharmaceutical Co reconnaissait avoir répertorié au Japon, le pays où cette pilule a été la plus vendue, depuis 2001, au moins 21 morts chez les plus de 16 ans sous Tamiflu, ainsi que 13 décès d’enfants de moins 16 ans entre mars 2004 et avril 2005. Le président de l’institut de pharmacovigilance japonais, Rokuro Hama, le répète dans tous les congrès et revues scientifiques. Les Etats-Unis ont cependant constitué une réserve de Tamiflu pour un montant de 3 milliards de dollars, la France et l’Angleterre se contentant chacun de plus de vingt à 40 millions de traitements individuels.

Particulièrement coûteuses, toutes ces mesures préventives conseillées par l’OMS ont pour effet de masquer les vraies causes de la propagation de ces épizooties que sont les méthodes d’élevage concentrationnaire de l’industrie avicole.

Les laboratoires pharmaceutiques seraient-ils les premiers à tirer profit de cette catastrophe hypothétique ?

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Le Tamiflu, antiviral contre la grippe saisonnière, a été développé et breveté en 1996 par la firme de biotechnologie californienne Gilead Sciences Inc. En janvier 1997, Donald H. Rumsfeld fut nommé président du conseil d’administration de Gilead Sciences, il y est resté jusque début 2001 quand il est devenu Secrétaire à la Défense. Alors que George W. Bush annonçait sa « stratégie nationale » à 7 milliards de dollars contre une éventuelle épidémie de grippe aviaire, Rumsfeld décidait de se mettre en retrait de toute décision gouvernementale sur la maladie. En effet, le magazine financier américain Fortune révélait, le même jour, que Rumsfeld était l’heureux détenteur d’au moins 5 millions de dollars d’actions de la société Gilead Sciences. Après la publication de l’article dans Fortune, le secrétaire à la Défense a préféré prendre les devants face à de possibles accusations de conflit d’intérêt. Il a indiqué avoir déjà pensé vendre ses actions en début d’année, lorsque la question d’une pandémie possible commençait à se poser. Puis, après avoir consulté le Comité d’éthique du Sénat, les services juridiques de la Maison Blanche et le département de la justice, il avait décidé de ne pas vendre mais de s’abstenir de toute participation aux décisions concernant la grippe aviaire. La moindre des prudences quand on sait que le Pentagone a déjà commandé pour des millions de dollars de Tamiflu pour les soldats US dans le monde. Fortune révélait également quel’ancien secrétaire d’Etat Georges Schultz, moins scrupuleux ou moins exposé et qui siège actuellement au conseil d’administration de Gilead, a vendu pour 7 millions de dollars d’actions depuis le début 2005.

Le Tamiflu est un remède long et coûteux à fabriquer, dérivé de la badiane, l’anis étoilé. Le processus de transformation de cette plante chinoise en antiviral dure plus d’un an. Aussi l’entreprise s’est associée, pour sa fabrication et sa commercialisation, aux laboratoires suisses Roche auxquels Gilead cède, en 1996, tous les droits d’exploitation du Tamiflu contre 10 % des ventes qui flambent depuis les discours de prévention de l’OMS.

Curieux retournement de situation pour un médicament jusqu’à présent considéré par les hommes de l’art comme de la camelote. Les tests effectués avant la commercialisation indiquent que absorbé, dans les 48 heures suivant l’apparition des premiers symptômes de la grippe humaine, leTamiflu peut réduire la durée de la maladie d’un jour et demi. Gain modeste qui peine à rivaliser avec remèdes empiriques et aspirine. De fait, jusqu’à l’arrivée opportune de l’épizootie de grippe aviaire, le Tamiflu vendait tellement peu que Roche pensait à le retirer du marché. Si l’effet sur la grippe humaine est faible, rien ne peut garantir l’efficacité du Tamiflu sur le virus aviaire mutant car ce virus n’existe pas encore. De plus, le virus aviaire a touché tellement peu de personnes dans le monde qu’il y a peu de patients sur lesquels le tester. Il semblerait même que des chercheurs japonais aient constaté qu’en administrant ce médicament à certains malades de l’aviaire, ceux-ci développent immédiatement une résistance au principe actif, qui ne fonctionnerait donc pas du tout.

Cependant, en août 2005, un communiqué de l’OMS informe que la firme pharmaceutique Roche donne à la communauté internationale trois millions de traitements de Tamiflu qui seront destinés à la lutte contre la grippe aviaire dans les pays pauvres. « En cas de pandémie et s’il est associé à d’autres mesures, l’administration de Tamiflu pourrait aider à limiter les maladies et les morts et contenir l’explosion du virus. Ou à en ralentir la diffusion » affirme la suprême autorité pour la santé publique. Avec son obole aux pauvres et grâce à l’aval de l’OMS, le Tamiflu entre en piste dans le cirque médiatique de la grippe aviaire. Cette opération de communication réussie propage le Tamiflu comme unique antiviral qui pourrait s’opposer à la grippe aviaire humaine. En l’espace de quelques mois, et en dépit du conditionnel qui entoure l’événement pandémique, soixante nations s’assurent de réserves pour 25 % de leur population, tandis que les pharmacies sont prises d’assaut par ceux qui se méfient des promesses des gouvernements. Roche annonce que les usines travaillent 24 heures sur 24, de 2004 jusqu’à fin 2006, la production de la précieuse poudre blanche sera décuplée.

En 2005, le chiffre d’affaires du Tamiflu dépasse le milliard d’euros et la multinationale réalise le meilleur résultat de son histoire. Alors que la moitié de la planète implore qu’on augmente la production ou qu’on délivre le brevet pour permettre la fabrication de génériques, Roche fait savoir qu’il est disposé à négocier. La pression des Nations Unies et des USA s’est manifestée, mais c’est le choix de la stratégie de communication qui une fois de plus l’emporte. Roche se déclare préoccupé de la santé publique et donc, prêt à discuter les conditions de cession de la licence à qui les contactera.

Par ailleurs, l’Organisation mondiale du commerce avait établi en 2001 et confirmé en 2003 qu’en cas d’urgence sanitaire les gouvernements ont le droit de copier les médicaments, en dépit de tout brevet. Anticipant une telle étape, Roche fait figure de philanthrope et se garantit une part des royalties. Etant donné le succès de la première donation, il renchérit avec deux autres millions de traitements, le communiqué de l’OMS récitant : « Nous sommes reconnaissants à Roche de sa généreuse donation ». La production du médicament est prévue pour 300 millions de doses en 2007. Les actionnaires de Gilead se portent bien.

Fortune écrit, en novembre 2005 : « Grâce à la peur d’une pandémie, les actions de Gilead sont passées en six mois de 35 à 47 dollars. Le chef du Pentagone nous a offert un million de dollars ».

En 2007, un conflit éclate entre l’OMS et l’Indonésie qui est un des pays le plus touché par la maladie en termes de mortalité humaine. Il s’agit du dossier brûlant du partage gratuit des échantillons de virus H5N1 nécessaires pour confectionner un vaccin. En février, la ministre indonésien de la Santé, Siti Fadilah Supari, annonçait avoir signé un accord avec un groupe pharmaceutique américain, la société BAXTER International. Le contrat prévoit l’envoi gracieux de souches virales de H5N1 en échange de vaccins contre l’épidémie, à tarif préférentiel, en cas d’urgence. La connaissance des séquences virales conditionne la mise au point de vaccins et l’OMS a immédiatement dénoncé ce contrat, au nom de la santé publique et de l’intérêt général. Elle appelle au principe de partage gratuit d’échantillons. L’Indonésie se sent doublement lésée : son bilan en victimes la place au premier rang des pays fournisseurs de souches virales de H5N1 alors que ses chercheurs ne sont pas associés à la recherche. Or,un dépôt de brevet de vaccin rapporte beaucoup d’argent et face à la menace d’une épidémie mondiale de grippe aviaire, le marché est prometteur et les laboratoires sont en rivalité dans la course à la découverte du vaccin. En monnayant un contrat d’exclusivité, souches contre vaccins, avec Baxter, le gouvernement indonésien a donc tiré son épingle du jeu, au risque de faire perdre du terrain aux laboratoires qui travaillent sous le parrainage de l’OMS. Carsi cette organisation souhaite la transparence des données au nom d’une noble cause, qui est de parer à une pandémie mondiale, elle protège aussi une quinzaine de laboratoires dans le monde qui, selon un arrangement conclu sous ses auspices, se partagent confidentiellement des informations cruciales sur le virus H5N1. Le système actuel est tel que l’OMS et ses affiliés partagent des échantillons de virus avec des sociétés privées, sans collaborer avec les états d’où proviennent ces échantillons de virus. « C’est inacceptable pour les pays en voie de développement. » s’insurge la ministre indonésienne. A moins d’accords du type de celui que l’Indonésie demande, rien n’empêche les laboratoires de l’OMS de passer un contrat d’exclusivité avec des compagnies pharmaceutiques, ce qui pourrait conduire à de graves problèmes d’accès aux médicaments pour les pays en développement en cas de survenue de la pandémie.

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Certains scientifiques et certains gouvernements interpellent publiquement l’OMS afin qu’elle publie cette base de données dans l’intérêt de la santé mondiale. Mais l’OMS ne donne pas les noms des laboratoires collaborateurs réticents à la publication des informations sur le séquençage de la grippe aviaire, parce ceux-ci veulent garder des droits sur l’information. Il est clair pour tous les observateurs que les Etats-Unis représentent l’obstacle principal. Le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC) et le Centre des opérations du programme mondial de surveillance de la grippe des Etats-Unis, refusent de rendre publiques la plupart de leurs informations sur le séquençage. Les données qu’ils détiennent proviennent bien entendu d’échantillons du virus de la grippe aviaire collectés dans les pays atteints. L’aspect financier de cette affaire est révélateur des enjeux de la réponse à la grippe aviaire. La plupart des fonds consacrés à la lutte contre la grippe aviaire ont été centralisés en janvier 2006 lors d’une conférence à Beijing où près 30 donateurs se sont engagés pour 1,86 milliards de dollars. Parmi les donateurs, les Etats-Unis sont ceux qui dépensent le plus pour la grippe aviaire, même si la souche H5N1 du virus n’a pas encore touché le pays. L’argent de Washington afflue partout et stimule également ses entreprises, en particulier celles du secteur de la santé. Les fonds affectés à la surveillance par exemple, une des priorités pour le gouvernement des Etats-Unis, bénéficieront à Applera Corporation, qui est sur le point de lancer un partenariat mondial pour la distribution des protocoles de séquençage et des kits de détection de la grippe aviaire de la compagnie.

Lors des manifestations de cas de grippe aviaire, des échantillons du virus sont donc envoyés soit à des laboratoires collaborateurs de l’OMS pour des tests, soit directement collectés par divers programmes de surveillance des Etats-Unis, comme celui géré par le Réseau mondial des unités de recherches médicales de la Marine du Ministère de la Défense (NAMRU). Il faut noter que l’homme qui est responsable du réseau NAMRU au Secrétariat à la Défense des Etats-Unis est D.Rumsfeld, notoirement impliqué dans l’industrie pharmaceutique.On devrait se souvenir que Rumsfeld, quand il fut nommé président de G.D. Searle, fit pression sur la Food and Drug Administration pour permettre la mise sur le marché de l’Aspartame refusé pendant les dix années précédentes.

Il y a une unité NAMRU en Indonésie, qui sert en même temps de centre collaborateur de l’OMS pour les maladies infectieuses en Asie du Sud-Est. En mai 2008, après 30 ans de collaboration, le gouvernement indonésien demande au NAMRU de quitter le pays à l’expiration de son contrat. Le laboratoire de l’US Navy, NAMRU-2, est suspecté par les autorités indonésiennes de se livrer à des activités secrètes. « L’idée que l’unité de recherche médicale de la Marine fasse de l’espionnage est tout simplement absurde » déclare le chef-adjoint de la mission diplomatique américaine. «  Rien n’est couvert par le secret-défense, tout est totalement transparent. Le NAMRU-2 est un laboratoire de recherche biomédicale sur les pathologies infectieuses, au bénéfice mutuel des Etats-Unis, du ministère indonésien de la Santé et de la communauté internationale de santé publique. » assure-t’il.
« Pourquoi donc un laboratoire de santé devrait-il être géré par l’armée ? » rétorque la ministre de la Santé indonésienne. Dans son livre publié dernièrement « Il est temps pour le monde de changer : La main divine derrière la grippe aviaire » la ministre prétend que Washington utilise des échantillons de grippe aviaire partagés par des pays touchés pour créer des armes biologiques. Elle écrit notamment : « Il n’est pas impossible qu’il puisse exister dans les pays développés un groupe de personnes assez folles pour recombiner les virus afin de provoquer une pandémie mondiale. » Le ministre de la Défense indonésien, Juwono Sudarsono, se déclare, quant à lui hostile, à prolonger l’immunité diplomatique des chercheurs américains du NAMRU-2. « Il est clair qu’il faut mettre un terme aux activités du NAMRU-2 et fermer ses locaux ici. » a indiqué Mutamimul Ula, un parlementaire du Parti de la justice et de la prospérité. « Nous envisageons de proposer la création d’une commission parlementaire spéciale chargée de clarifier les raisons de la présence du NAMRU en Indonésie. » a de son côté annoncé Sidarto Danusubroto, un député du parti PDIP. Le chercheur indonésien en biodéfense, Isro Sanihardjo, a déclaré que les États-Unis pourraient utiliser les échantillons de virus de l’Indonésie pour développer des armes au laboratoire de Los Alamos. Isro était interrogé à propos du récent livre de la ministre Siti Fadilah. Washington et Jakarta négocient depuis 2005 une poursuite de la coopération entre le NAMRU-2 et le ministère de la Santé indonésien, mais les discussions sont dans l’impasse. L’Indonésie a en tout cas cessé d’envoyer ses échantillons de virus H5N1 au NAMRU-2. [27]

Que penser de cette grave polémique ? De telles accusations lancées par des membres d’un gouvernement à l’encontre d’un autre sont sérieuses. Il est difficile d’imaginer qu’elles ne sont proférées que dans le but de faire pression au sujet du litige, entre les deux pays quant à la souveraineté nationale sur les virus et aux enjeux financiers qu’elle implique. Ces exigences sont qualifiées de « dérive hallucinante » par Richard Holbrooke, diplomate américain, dans un texte du 23 septembre dernier co-écrit avec la responsable Santé au Conseil des relations étrangères. Dans celui-ci, il s’élève contre le refus indonésien de collaborer sur le virus H5N1. Il regrette que depuis 2005, l’Indonésie ait partagé avec l’OMS des échantillons provenant de seulement deux des plus de 135 personnes recensées comme étant infectées par le H5N1. Il s’étonne que le gouvernement indonésien menace de fermer l’unité de recherche médicale 2 de la marine américaine « qui fournit aux organismes de santé publique à travers le monde des informations transparentes d’importance vitale. » Il n’hésite pas à accuser l’Indonésie de favoriser l’émergence de nouvelles souches de grippe par son refus de communiquer les échantillons de virus. Enfin, il affirme qu’« il faut faire front à l’accusation de l’Indonésie selon laquelle NAMRU-2 est un site de recherche d’armes biologiques. » [28]

Ces allégations indonésiennes ne sont-elles pas à rapprocher des avertissements de Francis Boyle qui dit que suivant des directives de stratégie nationale adoptées par Bush en 2002, le Pentagone « est maintenant en train d’accélérer pour mener et gagner une guerre biologique sans information ou approbation préalable du public. » ? Boyle rajoute que le Programme de Défense Chimique et Biologique du Pentagone a été révisé en 2003 pour supporter une frappe « de premier usage » en cas de guerre et que ce programme inclut « Red Teaming », ce qu’il décrit comme « complot, planification et organisation de comment utiliser la guerre biologique ».
En outre, le biologiste moléculaire, Jonathan King, de l’Institut Technologique du Massachussetts avertit que « l’administration Bush a lancé un programme majeur qui menace d’exposer la santé de notre peuple à beaucoup plus de risques que les aléas auxquels elle prétend être en train de répondre. » King ajoute que la politique du président Bush « n’améliore pas la sécurité du peuple américain  » mais « crée un nouveau risque pour notre population de la plus effroyable espèce ».

Dans une étude réalisée en 2004, l’Association médicale britannique a lancé un avertissement à l’effet que le monde n’est peut-être qu’à seulement quelques années d’ « armes biologiques terrifiantes capables de tuer seulement les personnes de certains groupes ethniques  » en citant les progrès réalisés dans la technologie des armes génétiques.

La grippe aviaire pourrait-elle devenir une de celles-ci, après manipulation génétique du virus ? Pourquoi le NAMRU-2 tient-il autant à recevoir les échantillons de l’Indonésie ? Se préparent-ils à une pandémie de grippe ou préparent-ils une pandémie de grippe ? A moins que cette hystérie entretenue par l’OMS ne le soit que dans des buts lucratifs.

Dans l’expectative, nous constatons que les autorités craignent la lassitude des populations face à l’annonce maintes fois réitérée et pas concrétisée de cette catastrophe prédite. « Pandémique fatigue » cette expression fait le tour des congrès de virologie du monde entier. Elle indique la crainte des spécialistes face à la démobilisation d’une opinion publique mondiale lassée de s’entendre menacer d’un risque de pandémie aviaire incertain. L’OMS, les gouvernements, les fabricants de vaccins et les spécialistes de virologie multiplient les déclarations alarmistes pour tenter de convaincre de la certitude de sa survenue, sinon de sa date. Les congressistes réunis à l’occasion de la troisième conférence sur la grippe organisée à Faro ce mois-ci par l’Association des médecins en lutte contre la grippe (ESWI), se disent convaincus que : la « La pandémie adviendra. Quand ? Mystère ! ». Tous les résultats d’études qui sont actuellement publiés semblent donc bien parvenir aux même conclusions : l’humanité est bien à l’aube d’une grande pandémie mondiale due à une prochaine mutation de la grippe aviaire qui favorisera sa propagation entre les humains. La principale question qui hante désormais les chercheurs n’est donc plus « si », mais « quand » cette mutation interviendra t’elle ?

Le 16 juin 2008, Sanofi Pasteur, la division vaccins du groupe Sanofi-Aventis, annonce dans un communiqué de presse son engagement à donner 60 millions de doses de vaccin H5N1 à l’OMS pour la constitution d’un stock de réserve international. Même méthode pour capter le marché mondial qu’entreprise par Gilead pour le Tamiflu. Sanofi Pasteur se déclare être au premier rang pour la préparation à la menace de pandémie de grippe grâce à son expertise dans le développement et la fabrication de vaccins contre la grippe saisonnière. Sanofi est engagé dans un solide programme de recherche et développement et dans un plan ambitieux de production de vaccins contre la grippe saisonnière et pandémique. En avril 2007, la FDA a déjà enregistré un vaccin contre le virus H5N1 de Sanofi Pasteur, premier vaccin humain contre la grippe aviaire autorisé aux Etats-Unis. Sanofi Pasteur a également annoncé l’achèvement de la construction aux Etats-Unis d’une nouvelle usine de production de vaccin contre la grippe saisonnière. Cette usine, à la pointe de la technologie, est prévue pour être opérationnelle dès 2009. Enfin, une nouvelle unité de remplissage doit entrer en fonction en France qui permettra d’augmenter les capacités de production totales. Ce « prétendu » vaccin rentre en concurrence directe avec le Tamiflu, l’antiviral de Gilead.

EPIDEMIE MORTELLE CHEZ LES MICROBIOLOGISTES

Dans ce contexte ultra sensible de recherches en ingénierie génétique à vocation militaire ainsi que de course effrénée aux profits, une série suspecte de décès touche le milieu des scientifiques en microbiologie depuis le 11 Septembre 2001. Tous ces biologistes, dont certains de renommée internationale, sont morts précocement et dans des conditions troubles si ce n’est tragiques. Coïncidence ou conspiration ?

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«  Nous ne pouvons jamais dire d’un fait que ce n’est pas une conspiration, » dit Bradley Efron, professeur de statistiques à l’université de Stanford «  nous ne pouvons que souligner les chances qu’il ne le soit pas. »

En 2001, le 6 novembre, Wall Jeffrey Paris, 41 ans, est retrouvé mort près d’un parking non loin de son bureau. Il était un expert biomédical, spécialisé dans le brevet et la propriété intellectuelle.
Le 12 novembre, Benito Que, 52 ans, est trouvé dans un état comateux dans une rue près du laboratoire où il travaillait. Il décède trois semaines plus tard. Il était biologiste cellulaire, mêlé aux recherches ontologiques du département d’hématologie de l’école de Médecine de l’université de Miami. Ses recherches reposaient en grande partie sur l’étude des séquences de l’ADN.
Le 10 décembre, David Schwartz, 57 ans, est poignardé dans sa maison de campagne en Virginie. Il était membre fondateur de l’Association de biotechnologie de Virginie et directeur exécutif à la Recherche et au développement du Centre d’innovation technologique de Virginie. Il était fort respecté en biophysique et considéré comme faisant autorité dans le domaine des séquences de l’ADN.
Quatre jours plus tard, Set Van Nguyen, 44 ans, meurt dans le sas d’entrée d’une chambre froide dans les installations pour maladies animalières de l’Organisation de recherches scientifiques et industrielles du Commonwealth, à Geelong, en Australie. Deux scientifiques de cet aménagement, employant la manipulation génétique et les chaînes de l’ADN, auraient créé une forme incroyablement virulente d’une sorte cousine de la variole. Les chercheurs étaient préoccupés qu’une manipulation similaire puisse être faite sur la variole, pouvant ainsi en faire une arme terrible.
Le 16 décembre, Don C.Wiley, 57 ans, disparaît pendant un voyage professionnel à Memphis. La police retrouve sa voiture de location vide sur un pont en dehors de Memphis. Son corps sera repêché plus tard dans le fleuve du Mississippi. Il appartenait à l’Institut médical Howard Hughes de l’université Harvard et était un des plus éminents microbiologistes du monde. Il avait remporté bon nombre des plus prestigieux prix pour ses travaux qui pouvaient permettre de réaliser les vaccins antiviraux. Il était impliqué de près dans la recherche sur les séquences de l’ADN.

Le 23 décembre, Vladimir Pasechnik, 64 ans, est retrouvé mort à Wiltshire, en Angleterre, près de chez lui. Russe exilé en Grande-Bretagne, il était alors le plus important scientifique du programme de guerre biologique de l’URSS, lequel programme dépendait en grande partie des séquences de l’ADN. Il avait réussi le processus d’aérosolisation du microbe de la peste. La nécrologie du New York Times indiquait que l’annonce du décès de Pasechnik avait été faite aux Etats-Unis par le Dr Christopher Davis qui signala qu’une attaque cardiaque était à l’origine de son décès. Davis était le membre du Renseignement britannique qui fit faire un compte-rendu au Dr Pasechnik à l’époque de sa défection d’URSS. Pasechnik passa les dix années suivant sa défection à travailler au Centre de microbiologie appliquée et de recherches au Département de la santé du Royaume-Uni. En 2000, en compagnie de son partenaire Caisey Harlington, Pasechnik avait formé une entreprise appelée Regma Biotechnologies Ltd. Qui se décrivait comme une compagnie de produits pharmaceutiques œuvrant à fournir une alternative aux antibiotiques. Au cours de la panique causée par l’anthrax, Pasechnik avait offert ses services au gouvernement britannique.

Alibek.jpgEn URSS, son bras droit s’appelait Kanatjan Alibekov, aujourd’hui connu sous le nom américanisé de Ken Alibek. Il passa aux Etats-Unis en 1992. Il est actuellement président des Biosystèmes Avancés Hadron, une filiale de Hadron Inc. Elle se décrit comme une compagnie spécialisée dans le développement de solutions techniques pour les agences de renseignement. Le 20 décembre elle reçut 12 millions de dollars de fonds pour ses recherches en biodéfense médicale, de la part de l’Agence des projets de recherches avancées pour la Défense, les Recherches médicales et commandes matérielles de l’armée des Etats-Unis. Dans l’exercice de ses fonctions que Alibek donna un ample témoignage à la Chambre du Comité des Services Armés sur les armes biologiques.

Hadron est actuellement suspectée d’être étroitement reliée au vol du précieux logiciel Promis, propriété de la Corporation Inslaw, un programme informatique sophistiqué capable d’intégrer une grande variété de données informatiques. Ces dernières années, le logiciel aurait été couplé à l’intelligence artificielle et modifié par de nombreux services de renseignements, leur permettant de pénétrer dans n’importe quel système informatique sans se faire repérer. Etant donné sa capacité unique et les liens antérieurs de Hadron avec Promis, il est possible que le logiciel, en pénétrant dans les données informatiques utilisées par chacune des victimes susmentionnées, puisse avoir identifié les recherches qui menaçaient de compromettre une « opération noire ».
Ken Alibek a travaillé ces dernières années en étroit contact avec William C. Patrick III, le créateur de la souche d’Anthrax de type Ames qui a servi lors de l’attaque terroriste du Congrès.

Il y a, en outre, un lien entre trois des cinq scientifiques américains qui sont morts. Wiley, Schwartz et Benito Que travaillaient pour des installations de recherche médicale qui recevaient des subventions de l’Institut Médical Howard Hughes (IMHH). Celui-ci finançait un nombre important de programmes de recherche dans des écoles, des hôpitaux et des installations de recherche, et l’on suppose depuis longtemps des « opérations noires » de recherches biomédicales pour des agences de renseignement. La physicienne Patricia Dole, qui enquête depuis longtemps dans le domaine de la guerre biologique, rapporte un récit de personnes reliées à l’IMHH qui ont été assassinées. En 1994, José Trias rencontra un ami à Houston, au Texas, et planifiait de rendre public ce qu’il savait personnellement des subventions de « façade » de l’IMHH qui, par la « porte arrière », servaient aux opérations noires de la biorecherche. Le lendemain, Trias et son épouse furent trouvés morts dans leur demeure de Chevy Chase, dans le Maryland. L’IMHH a son quartier général à Chevy Chase. La police décrivit le double meurtre comme le fait de professionnels. Tsunao Saitoh, qui travaillait anciennement dans un laboratoire de l’Université Columbia subventionné par l’IMHH, a été fusillé à mort, le 7 mai 1996, alors qu’il était au volant de sa voiture, dans la cour de sa maison, à La Jolla, en Californie. La police a également décrit ceci comme l’œuvre d’un professionnel.

En 2002, en l’espace de quelques semaines en janvier, Ivan Glebov et Alexi Brushlinski, deux membres de l’Académie des sciences de Moscou décèdent à la suite d’une agression ; Glebov, à St Pétersbourg et Brushlinski à Moscou. Puis en février, le chef de la microbiologie de l’université de Médecine de Moscou, Vladimir Victor Korshunov, 56 ans, meurt d’un traumatisme crânien dans l’entrée de sa maison. La Pravda rapporta à l’époque que ce dernier avait probablement inventé un vaccin contre une arme biologique.
David Wynn-Williams, 55 ans, est tué le 24 mars, dans une collision entre deux voitures lors de son jogging près de sa maison à Cambridge en Angleterre. Il travaillait sur le projet antarctique d’Astrobiology et pour le centre de recherches de la NASA Ames. Il y eut un appel à témoin pour retrouver les véhicules.
Steven Mostow, 63 ans, meurt le 25 mars, près de Denver dans le Colorado dans l’accident de l’avion qu’il pilotait. Il était un des principaux experts en matière de maladie infectieuse et doyen associé à l’université du centre des Sciences de santé du Colorado. Mostow était un expert en menace de bio-terrorisme et était connu en tant que « Dr. Flu » pour son expertise dans le traitement de la grippe.
David R.Knibbs décède brutalement, le 5 août, à 49 ans, à la suite d’une syncope. C’était un pathobiologiste reconnu.

En 2003, le 24 juin, Leland Rickman, 47 ans, un expert de San Diego sur les maladies infectieuses et, depuis le 11 Septembre, conseiller en bioterrorisme, décède lors d’un déplacement professionnel en Afrique. Il se plaint à un collègue de mal de tête et celui-ci le retrouve mort dans sa chambre d’hôtel. Les causes de sa mort n’ont pas été déterminées. Il était professeur et praticien multidisciplinaires, expert dans les maladies infectieuses, la médecine interne, l’épidémiologie, la microbiologie et les antibiotiques.

David-Kelly-300x225.jpgEn Angleterre, David Kelly est retrouvé mort près de son domicile le 18 juillet, il se serait suicidé en se tailladant un seul poignet.Il était un employé du ministère de la défense britannique et un expert en guerre biologique ainsi qu’inspecteur de l’ONU en Irak où il est allé 37 fois. Il est prouvé qu’il était le principal informateur de Andrew Gilligan, journaliste de la BBC au sujet de son enquête sur la falsification d’un rapport de septembre 2002, par le gouvernement britannique de Tony Blair concernant les armes de destruction massive irakiennes.

Le scientifique britannique a été impliqué dans des travaux à l’Institut israélien pour la recherche biologique de Nes Sion. Les sources israéliennes affirment que Kelly a rencontré des scientifiques de l’institut à plusieurs reprises à Londres. Israël n’a pas signé la CAB et défend le développement, la possession et l’usage d’armes biologiques et chimiques. La CIA, le FBI et le MI5 examinent les connexions de Kelly. Leur enquête dévoile que Kelly avait des contacts avec deux sociétés dans l’industrie de bio-défense américaine. Kelly voulait démissionner de son poste au Ministère de la Défense pour travailler aux Etats-Unis.
Avant sa mort, il avait été discrètement contacté par deux sociétés : Hadron Advanced Biosystems proche du Pentagone et dont le président est Ken Alibek et REGMA Biotechnologies. Kelly, avec l’approbation du gouvernement anglais, avait aidé Pasechnik à créer Regma Biotechnologies à Porton Down pour effectuer des recherches classées secret-défense. Kelly s’est arrangé pour lui obtenir un laboratoire à Porton Down, un établissement spécialisé dans la défense contre les armes biologiques et chimiques. Pasechnik a été trouvé mort quelques jours après qu’il ait rencontré Don C. Wiley à Boston.
Le Dr Kelly a également travaillé avec Benito Que et Don Wiley. Quels étaient les liens entre le Ministère de La Défense américain et ses deux chercheurs ? Qu’est-il arrivé aux résultats de leurs recherches ? Les liens de Kelly avec l’Institut de Recherche Biologique de Nes Sion dans la banlieue de Tel Aviv intriguent plus encore. Sa connexion à l’installation biologique israélienne a été découverte en octobre 2001, peu après qu’un vol commercial reliant Israël à Novosibirsk en Sibérie, a été abattu au dessus de la Mer Noire par un missile sol-air ukrainien « égaré ». Le vol transportait entre autres cinq microbiologistes russes qui retournaient à leur institut de recherche à Novosibirsk, la capitale scientifique de la Sibérie. Pourquoi le Mossad a-t-il envoyé une équipe en Ukraine pour examiner l’accident ? Pourquoi les autorités ukrainiennes ont-elles toujours tu le nom des microbiologistes morts ? Pasechnik ou Kelly les connaissaient-ils ?
L’Institut pour la Recherche Biologique de Nes Sion est l’un des endroits les plus secrets d’Israël. Il y a eu des rapports persistants sur l’institut, indiquant que les israéliens aussi étaient engagés dans la recherche sur le séquençage d’ADN. Un ancien membre de la Knesset, Dedi Zucker, a provoqué un scandale au Parlement israélien quand il a déclaré que l’institut essayait de créer une arme spécifique ethnique capable de cibler uniquement les Arabes.

Michael Perich, 46 ans, meurt le 11 octobre, dans un accident de voiture au cours duquel il se noie coincé par sa ceinture de sécurité. Il avait travaillé sur le virus du Nil.
Le 20 novembre, Robert Leslie Burghoff, 45 ans, est percuté sur un trottoir par un chauffard qui prend la fuite. Il était stagiaire post-doctorat au Baylor College of Medecine de Houston au Texas, au département de la virologie moléculaire et de la microbiologie.

Le 23 janvier 2004, Robert Shope, 74 ans, meurt à l’hôpital des complications d’une greffe. Il était virologue au Département de pathologie du Centre de biodéfense et maladies infectieuses émergentes de l’université de Médecine du Texas. Il était l’auteur d’un rapport de 1992 avertissant de l’apparition de nouvelles maladies infectieuses dangereuses. Avec le Dr Tesh, ils avaient fait du centre la référence mondiale en matière de virus avec une collection de 5000 échantillons. Les deux dernières années, il travaillait avec le DoD pour développer des antiviraux aux agents viraux possibles du bioterrorisme.
Le 24 janvier, soit le lendemain de la mort du précédent, son collègue Michael Patrick Kiley, 62 ans, meurt d’une crise cardiaque foudroyante. Il travaillait avec le Dr Shope sur la mise à niveau du Centre de biodéfense pour abriter les microbes les plus pathogènes dans le cadre d’un programme d’armes biologiques.
Le 13 mars, Vadake Srinivasan, microbiologiste, meurt dans l’accident de sa voiture qui a percuté le rail de sécurité. Originaire d’Inde, il était réputé dans le milieu universitaire.
Le 27 juin, Paul Norman, 52 ans, de Salisbury en Grande-Bretagne, est tué dans le crash du mono-moteur qu’il pilotait dans le Devon. Il était considéré comme chef de file dans le domaine de l’expertise scientifique pour la détection et la protection au laboratoire du Ministère de la défense à Porton Down. Il était très investi dans la campagne contre l’usage d’armes biologiques et chimiques.
Larry Bustard, 53 ans,meurt dans des circonstances inconnues le 2 juillet. Il était un scientifique du Sandia National Laboratories. En tant qu’expert en matière de bio-terrorisme, son équipe a développé une nouvelle formulation de produits à utiliser contre les agents biologiques et chimiques. Il est intervenu pendant les attaques à l’anthrax pour décontaminer le Capitol Hill exposé à la poudre.
John Badwey, 54 ans,était un biochimiste à la Harvard Medical Schoolspécialisé dans les maladies infectieuses rares. Il est mort le 21 juillet, il avait contracté deux semaines plus tôt une pneumonie.
Matthew Allison, 32 ans, scientifique en biologie moléculaire et biotechnologie,est tué dans l’explosion de sa voiture le 13 octobre.
John R. La Montagne, 61 ans,microbiologiste, directeur-adjoint au National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) du National Institutes of Health (NIH). Il décède le 2 novembre d’une embolie pulmonaire.

En 2005, le 7 janvier, Jeong H. Im, 72 ans, est découvert poignardé dans le coffre d’un véhicule en feu dans le Maryland. Il avait été chimiste à l’université du Missouri, spécialisé dans les protéines.
Douglas James Passaro, 43 ans, est mort le 18 avril de causes inconnuesà son domicile. Il était un épidémiologiste renommé et avait exécuté avec ses étudiants des exercices de bio-terrorisme.
Todd Kaupila décède le 8 mai, à l’âge de 41 ans, d’une pancréatite hémorragique à l’hôpital de Los Alamos. Il s’était réjoui, la veille de sa mort, du renvoi du directeur qui l’avait impliqué dans un scandale sur la sécurité du laboratoire duquel il avait été renvoyé. Il avait toujours soutenu avoir été un bouc émissaire.
Leonid Strachunsky est décédé le 8 juin après avoir été frappé à la tête avec un objet lourd. Expert épidémiologiste pour l’OMS et directeur du Therapy Institut de la Fédération de Russie de lutte anti-microbe, spécialisé dans la création de microbes résistants aux armes biologiques. Strachunsky a été retrouvé mort dans sa chambre à Moscou à l’hôtel Slavyanka. Venu de Smolensk, il était en route vers les États-Unis.
Les enquêteurs ont spéculé que le meurtre de Strachunsky était lié à une soudaine épidémie de l’hépatite A, qui avait frappé plus de 500 personnes en Russie, dans la région de Tver, et qui avait atteint Smolensk, et que certains croyaient avoir été causée par une arme biologique.

unnamed.jpgLe 22 mai 2006, le Dr Lee Jong Wook, 61 ans, décède d’une AVC. Directeur de l’OMS depuis 2003, il avait mené les programmes de lutte contre la grippe aviaire, le sida et autres maladies infectieuses.

Le 10 octobre 2007, Mario Alberto Vargas Olvera, est assassiné à son domicile de nombreux coups portés à la tête et au cou, à Ensenada en Californie. Il était un biologiste de réputation internationale.

Le 29 juillet 2008, le Dr Bruce Ivins, 62 ans, brillant biologiste des laboratoires militaires américains et principal suspect dans l’enquête de l’anthrax, se suicide avant son inculpation à son domicile en absorbant massivement de la codeine et de l’acétaminophène.

Le 29 juin précédant, deux étudiants en génie biologique, Laurent Bonomo et Gabriel Ferez, en stage de fin d’études à l’Imperial College de Londres avaient été sauvagement assassinés.

Ferez et Bonomo étaient considérés, à l’Impérial College, l’une des meilleures universités au monde, à la pointe de la recherche sur les pathologies infectieuses émergentes, ainsi que dans leur école d’ingénieurs « Polytech’Clermont-Ferrand » comme très brillants, et semblaient d’ores et déjà promis à un bel avenir professionnel. Il ne leur restait plus qu’une année d’étude avant de passer leur diplôme d’ingénieur et avaient été sélectionnés par le département des Sciences de la vie de l’Imperial College, pour un projet de recherche dans les chaînes de protéines au sein de l’ADN.

Le mobile du meurtre reste à ce jour inconnu, même si les enquêteurs semblent pencher pour un cambriolage qui aurait dégénéré en déchaînement de violence. Deux marginaux sont inculpés dans les jours qui suivent les faits. Leur procès permettra-t’il d’évacuer les zones d’ombre qui entourent ce fait divers dramatique ? Les agresseurs auraient torturé les deux étudiants pour leur extorquer les codes secrets de leurs cartes bancaires. Crime de psychopathes arguent certains enquêteurs.

Ces meurtres sont-ils une mise en scène ? La sauvagerie de l’attaque pourrait avoir valeur d’avertissement. David Holmes, maître de conférences à la Manchester Metropolitan University, a déclaré : « Ils ont été victimes d’un meurtre de démonstration. ».

Si l’assassinat des deux étudiants a vraiment un rapport avec leur spécialisation, ils sont deux scientifiques de plus parmi les nombreux assassinés, suicidés, morts accidentellement ou de maladie foudroyante au cours de ces dernières années. La plupart de ces scientifiques travaillaient sur les séquences d’ADN afin de trouver un traitement génétique à plusieurs maladies. Leurs recherches menaçaient la pérennité des contrats des compagnies qui fabriquent des antibiotiques, des antiviraux et des vaccins. S’ils réussissaient, c’était d’importants profits en perspective pour eux et leur société et perte de marchés pour les autres. De plus, leurs travaux n’avaient pas de prix non plus pour les militaires et les agences de renseignements intéressés à développer des armes biologiques.

CONCLUSION

La crainte de l’éventualité d’une guerre biologique, sournoise, à visée ethnique qui plus est, est alimentée par des années de recherches secrètes dans certains laboratoires gouvernementaux et des investissements massifs dans les budgets scientifiques militaires de ces pays. Le risque de prolifération mondiale des agents pathogènes à vocation militaire, quant à lui, n’est plus une hypothèse, dès lors que depuis ces 20 dernières années, il apparaît que beaucoup de pays ont monté des arsenaux considérables d’armes biologiques, ceci en violation des traités internationaux.

En raison de leur grande virulence potentielle, les armes biologiques coûtent moins cher que les armes classiques, chimiques ou nucléaires ; elles offrent une flexibilité tactique puisqu’il existe une variété d’agents pouvant être combinés de multiples façons ; elles peuvent théoriquement être utilisées pour frapper de grandes cibles sur de longues périodes en raison de leur capacité à se multiplier et à provoquer des épidémies, elles peuvent infliger d’énormes pertes et susciter la mobilisation de ressources massives pour riposter ; elles conviennent à des opérations clandestines car elles peuvent être diffusées discrètement et leurs effets mettent du temps à apparaître ; enfin elles peuvent apparaître comme naturelles et donc éviter toute velléité de riposte du pays touché envers le pays agresseur.

Par contre, les armes biologiques sont peu fiables en raison de leurs effets incertains et jamais immédiats ; elles peuvent toucher aussi l’agresseur et ses alliés ; elles compliquent les autres opérations militaires en imposant de lourdes mesures de précaution ; leur utilisation, interdite par une convention internationale, si elle est avérée, risque de conduire à des sanctions internationales.

En raison des avantages évoqués et bien que l’utilisation d’armes biologiques présente des inconvénients, les agents pathogènes peuvent se montrer d’une utilité politique efficiente, lorsque des résultats, ni immédiats ni massifs ne sont nécessaires. Cependant, l’imprévisibilité de leur impact en terme de morbidité et donc de mortalité, et les effets de panique qui caractérisent les armes biologiques, en font surtout des armes de désorganisation massive. En effet, outre leur pouvoir potentiellement dévastateur, le pouvoir psychologique de ces armes est considérable, (effet de démoralisation, de déstabilisation des populations, difficiles à gérer par les autorités). Ces armes créent le doute, la peur, voire la panique. En cela, elles disposent d’une formidable capacité de désorganisation d’une société et de nuisance sur son économie.

Parallèlement, la culture de la peur impose une vision irréfléchie de la menace, visant à affoler une population convaincue de la réalité du danger. La première arme est la désinformation et l’on peut dire que le pari du bio-terrorisme est déjà gagné lorsqu’il incite à prendre des mesures qui, en vertu du principe de précaution, font dépenser, probablement sans objet, des sommes considérables capables de faire fructifier artificiellement certaines industries.

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Les acteurs du PNAC, au pouvoir depuis presque dix ans et influents dans les coulisses depuis de longues années, ont projeté de développer des armes biologiques capables de cibler des populations précises. La guerre biologique est, pour eux, une des armes du futur, politiquement rentable et idéologiquement acceptable. Ils ont déjà largement fait les preuves de leurs intentions en réalisant en partie leur programme annoncé dans leurs écrits. Le verbe devance toujours l’action.

En raison de tout ce qui précède, l’émergence de toute épidémie ou même de toute nouvelle maladie, en quelque endroit du globe, doit être attentivement et lucidement considérée.

Rédaction Geopolintel

Décembre 2008

Et en mars 2009, débutait la « pandémie » dite mexicaine, puis porcine, enfin grippe AH1N1 !

samedi, 01 février 2020

Un national-collectivisme français à découvrir

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Un national-collectivisme français à découvrir

par Georges FELTIN-TRACOL

qu-est-ce-que-le-national-collectivisme.jpgAux débuts des années 1990, inquiète de la résistance nationale-patriotique en Russie contre Boris Eltsine, une certaine presse de caniveau fantasmait sur une hypothétique convergence « rouge – brun » en France. Sa profonde inculture l’empêcha de mentionner le national-bolchevisme allemand de l’Entre-deux-guerres, le souverainisme communiste réalisé en RDA et en Roumanie ou le national-communisme du philosophe Régis Debray à la fin des années 1970. Le philosophe français aurait certainement été surpris de savoir que son pays connut naguère un embryon national-communiste ou national-collectiviste six décennies plus tôt.

Comme aux temps héroïques de ses premières années, les éditions Ars Magna publient parfois quelques brochures cartonnées. La dernière en date rassemble les écrits de Pierre Clémenti (1910 – 1982). Tour à tour ouvrier métallurgiste, modeste employé de banque et journaliste, le parrain de Pierre Vial, le président – fondateur de Terre et Peuple, lance au lendemain de la tuerie du 6 février 1934 un Parti français national-communiste (PFN-C), un quotidien Le Pays libre, et une branche jeune, le Jeune Front, animé par un certain Robert Hersant… Sous l’Occupation à la demande des autorités allemandes d’occupation, le PFN-C devient « national-collectiviste ». Son chef s’engage ensuite dans la LVF. Après 1945, Pierre Clémenti se réfugie en Allemagne et en Italie. Une fois amnistié, il poursuivra le combat politique au sein du Nouvel Ordre européen et d’Ordre nouveau.

Il serait erroné de penser que son national-communisme/national-collectivisme corresponde au national-bolchevisme de la Révolution conservatrice allemande qu’il ignorait par ailleurs. « Par national-collectivisme, nous indiquons que, seules, doivent être collectivisées les entreprises d’importance nationale (p. 18). » Favorable au parti unique, il veut une république enfin délivrée du « favoritisme parlementaire et maçonnique (p. 27) ». Se réclamant de « grands socialistes que furent Fourier, Toussenel, Clovis Hugue, de Morès et tant d’autres (p. 33) », tous hostiles au Grand Capital, Pierre Clémenti affirme qu’« inspiré de Proudhon et de Lucien Deslinières, instruit par Georges Sorel, le national-collectivisme est une doctrine sociale qui fait mieux que de tourner le dos au marxisme. Il le combat (p. 35) ».

Le PFN-C de Pierre Clémenti se trouve en concurrence dans un contexte difficile avec d’autres formations partisanes qui occupent à peu près le même créneau politique : le Rassemblement national-populaire de l’ancien socialiste Marcel Déat et le Parti populaire français de l’ancien communiste Jacques Doriot. Le national-collectivisme de Pierre Clémenti s’inscrit dans ce que l’historien des idées politiques Marc Crapez appela avec raison la « gauche réactionnaire ». Il serait bien que Ars Magna édite Manifeste pour l’unité révolutionnaire. Avec les chefs, sans eux, ou malgré eux du national-syndicaliste français Philippe Dreux.

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Luttant « pour toute la France, à tous les Français (p. 45) », Pierre Clémenti se fait visionnaire. « Le fameux front des démocraties, dont on parle toujours, mais qu’on ne réalise jamais, n’est pas autre chose qu’une ingénieuse combinaison pour nous faire les instruments, ou les victimes, de vengeances internationales où nous n’avons rien à voir (p. 42). » Un propos toujours d’actualité par ces temps d’ingérences bellicistes néo-coloniales venues d’outre-Atlantique. Le national-collectivisme français ou quand l’idéologie des Lumières produit elle-même sa propre part d’obscurité…

Georges Feltin-Tracol

• Pierre Clémenti, Qu’est-ce que le national-collectivisme ?, préface de Michael Guérin, Ars Magna, 2019, 68 p., 15 €.

vendredi, 31 janvier 2020

Coalescence et tensions interraciales

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Coalescence et tensions interraciales

par Antonin Campana

Ex: https://www.autochtonisme.com

 

« Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français » (Charles de Gaulle, rapporté par Alain Peyrefitte). Ce 05 mars 1959, le général de Gaulle venait intuitivement d’appliquer aux populations les principes élémentaires de la mécanique des fluides !

Le processus est bien connu, vérifiez-le avec de l’eau, ce sera plus visible qu’avec du vinaigre. Ainsi, quand on agite vigoureusement un mélange d’huile et d’eau on voit nettement des gouttelettes sphériques d’huile se disperser dans l’eau. Mais dès que l’on cesse cette action, les molécules d’huiles et les molécules d’eau se séparent et se rassemblent selon leur nature. Le processus physique en action s’appelle la « coalescence ».

La coalescence est donc un phénomène par lequel les éléments dispersés d’une substance identique ont tendance à se réunir. Les physiciens nous expliquent que ce processus de rassemblement s’opère sous l’action de ce qu’ils appellent la « tension interfaciale ».

Voilà, approximativement, comment cela se passe :

Les molécules d’huile situées en périphérie des gouttelettes d’huile sont en contact avec les molécules  d’eau. Elles interagissent donc avec celles-ci alors que celles qui sont au centre des gouttelettes n’interagissent qu’avec leurs semblables. Même chose, bien sûr, pour les molécules d’eau. Il s’ensuit que les deux matières, l’huile et l’eau, ne sont pas rigoureusement dans le même état à leur interface et en leur milieu.  Le contact entre molécules d’eau et molécules d’huile rend donc le milieu instable. Chaque molécule est attirée par son propre milieu (force de cohésion) et une « tension », dite « interfaciale », s’exerce là où les deux milieux se touchent. Cependant, comme tous les systèmes, le système engendré par le mélange d’huile et d’eau tend naturellement vers un équilibre qui correspond à la configuration de plus basse tension. Le système modifie donc son organisation pour diminuer l’aire de contact entre les deux milieux. A volume égal, une sphère unique présentera moins de surface de contact que plusieurs sphères dispersées. Les sphères dispersées vont donc se réunir progressivement en une sphère unique. D’où la coalescence observée !

Mais, le principe physique de la coalescence peut-il s’appliquer à des populations ? On notera tout d’abord que la coalescence se produit généralement dans des fluides. On observera ensuite qu’une population se comporte, sous bien des aspects, comme une sorte de « fluide ».

Un fluide est un « milieu matériel parfaitement déformable » dit Wikipedia. Or, quoi de plus « déformable » qu’une population ? Celle-ci peut être dispersée et quasiment réduite à l’état gazeux (« le peuple juif au milieu des nations »). Tel un liquide, une population peut s’écouler hors de ses frontières (l’immigration africaine) et remplir un nouvel espace (Grand Remplacement). Tel un solide, une population peut au contraire former un bloc résilient et compact face à l’envahisseur (la France de la 1ere guerre mondiale). La transition entre les états gazeux, liquide et solide peut être lente, sous l’effet de forces démographiques, culturelles ou économiques, voire brutale, sous l’effet par exemple d’un effondrement militaire.

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Si l’on postule qu’une population peut (aussi) s’analyser comme un fluide, alors nous devrions pouvoir vérifier que le principe de coalescence s’applique également aux populations. L’exercice sera d’autant plus facile que le régime en place organise aujourd’hui le mélange artificiel de populations aussi différentes que le sont l’huile et l’eau. Et que constatons-nous ?

Tout d’abord, que les « molécules autochtones » situées en périphérie du peuple autochtone (la « France périphérique ») sont en contact avec des «  molécules allochtones ». Elles interagissent avec ces dernières alors que les molécules autochtones qui sont au centre du milieu autochtone (la France des métropoles) n’interagissent qu’avec d’autres molécules autochtones. Il s’ensuit, voyez Christophe Guilluy, que face à l’immigration et au vivre-tous-ensemble, les molécules autochtones réagissent différemment selon qu’elles résident au centre ou à la périphérie. Les molécules de la périphérie subissent directement l’immigration de peuplement et réagissent en conséquence, soit par la fuite, soit par la résistance (vote FN), soit par les deux. Les molécules du centre, cultivant un entre-soi rigoureux et protégées de toute promiscuité avec la matière étrangère, ignorent, méprisent et ne comprennent pas les tensions qui animent les molécules de la périphérie. Il s’ensuit que la matière autochtone, notre peuple, n’est pas « rigoureusement  dans le même état à sa surface que dans son milieu ». Cela, bien sûr, se traduit politiquement : LREM pour les molécules du milieu, RN pour les molécules de l’interface.

 Notons, d’ailleurs, que la même configuration doit pouvoir être observée dans la matière allochtone. Les molécules allochtones vivant au centre des banlieues ne connaissent et ne comprennent sans doute pas les problèmes des molécules allochtones au contact de la matière autochtone. La fracture entre allochtones vivant de l’économie parallèle, au centre des banlieues, et allochtones « intégrés », dans l’obligation de composer avec le milieu autochtone, est sûrement aussi profonde que la fracture entre Autochtones vivant au centre des métropoles et Autochtones subissant la présence étrangère.

On observera néanmoins que chaque molécule humaine est attirée par son propre milieu (force de cohésion). Les Autochtones, qu’ils soient au centre ou à la périphérie, entendent préserver leur mode de vie autochtone. Les allochtones, quant à eux, qu’ils soient « intégrés » ou pas, sont séduits par les valeurs culturelles ou religieuses qu’ils ont héritées de leurs parents. Une force de cohésion s’exerce sur les deux milieux humains, sans que ceux qui les composent en soit forcément conscients. Chacun des deux milieux se replie sur lui-même et s’arcboute sur son identité. Aussi les zones de contact entre la matière autochtone et la matière allochtone sont-elles des zones de plus en plus instables. La délinquance, les agressions, la chute des prix de l’immobilier et, globalement, le recul des populations autochtones, caractérisent cette instabilité. Au niveau individuel, lorsqu’on ne peut éviter le contact avec l’Autre, l’instabilité se caractérise par des relations superficielles et peu durables. On se fréquente rarement par plaisir.

En résumé, on observera que la population vivant en France peut être analysée comme un système instable animé de fortes tensions internes. D’où le phénomène de coalescence que l’on constate !

En effet, à l’instar des fluides classiques, la population multiethnique instable va tendre « naturellement vers un équilibre qui correspond à la configuration de plus basse tension ». Le système social va naturellement modifier son organisation pour diminuer l’aire de contact entre les milieux autochtones et allochtones. De même, qu’à volume égal, une sphère unique présente moins de surface de contact avec l’autre milieu que plusieurs sphères dispersées, une population rassemblée présentera moins d’occasions de contacts avec l’autre population qu’une population dispersée. Si mon environnement est autochtone et homogène, je verrais moins d’étrangers que s’il est métissé. Diminuer les points de contacts revient à diminuer les risques de conflit : contrairement à ce que pensent les bobos enfermés dans leur entre-soi, plus les Autochtones et les allochtones se connaissent, moins ils s’apprécient. A un certain niveau, la séparation devient un gage de paix sociale. La coalescence qui en résulte se fera selon le principe éprouvé : « Qui se ressemble s’assemble » !

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Nous dirons que la coalescence, c’est-à-dire le rassemblement des populations selon leur origine, ou si l’on préfère, pour reprendre notre définition, le phénomène par lequel des individus dispersés d’une population identique ont tendance à se réunir, est un processus naturel actionné par le besoin des systèmes, y compris sociaux, de parvenir à l’équilibre. Or, c’est une loi physique : pour parvenir à l’équilibre, ces systèmes n’ont pas d’autres moyens que de diminuer les « tensions interfaciales » qui s’exercent là où les deux milieux se touchent. Et les « tensions interfaciales » dont parlent les physiciens ne sont rien d’autres que les « tensions interraciales » rapportées par les sociologues et les historiens. Un régime politique aspirant à la concorde civile favoriserait donc le caractère naturellement coalescible des populations et ne chercherait jamais à le gommer, comme le fait pourtant la République.

Au début de cet article nous avons dit que l’huile et l’eau mélangées se séparaient automatiquement quand l’on cessait d’agiter vigoureusement le récipient qui les contenait. Imaginons que le récipient soit la France. Imaginons qu’il ne s’agisse pas d’huile et d’eau, mais, comme nous l’avons dit, de populations aussi différentes que le sont l’huile et l’eau. Question : qui agite le récipient ?

A l’évidence le régime en place ! C’est lui, en effet, qui a conçu le mélange, nous assurant qu’il serait stable et enrichissant pour tous. Et c’est bien lui qui secoue la France en voulant « intégrer » de force des immigrés au milieu de notre peuple, en les dispersant dans nos campagnes, en leur réservant des emplois protégés, en obligeant la « mixité sociale », en restreignant la visibilité de notre culture…  C’est bien lui enfin qui, méprisant toutes les lois de la physique des fluides, multiplie et augmente les « surfaces de tension interfaciale », précipitant ainsi notre pays vers la guerre civile.

Le régime est coupable ! Nous lui proposons une solution, s’il veut durer encore un peu : qu’il reconnaisse le droit à l’existence du peuple autochtone de France et qu’il reconnaisse son droit à la coalescence. Il diminuera ainsi des tensions interraciales qui ne profitent à personne… et nous pourrons utilement préparer le « monde d’après » !

Antonin Campana

L’usurpation du Pouvoir par les minorités

C’est toujours de cette façon que meurt un régime politique, voire une civilisation : lorsqu’un petit groupe d’agités, aussi motivés qu’efficaces, s’empare de la force publique, profitant de la passivité du troupeau humain.

Les minorités commencent par saper l’autorité du Pouvoir en place, sous les applaudissements d’une partie des rejetons veules, incapables et moralement déficients de l’élite de la richesse et de la culture. C’est la phase nécessaire, généralement longue de plusieurs décennies, que des observateurs aussi lucides qu’impuissants nomment parfois, d’une façon fort intelligente : miner une société.

On y parvient grâce à l’hystérie et à l’arrogance, par l’usage des confusions sémantiques et du trompe-l’œil, et encore plus facilement si l’on adopte un statut victimaire. Les sexagénaires actuels ne peuvent oublier comment ont agi, puis triomphé, les agitateurs des années 1965 sq. en Occident.

L’hystérie du comportement, l’arrogance du discours exercent une extraordinaire fascination sur le bourgeois, l’ouvrier, le commerçant ou le paysan calmes et travailleurs. Car, pour des êtres qui s’ennuient à force de routine, d’application et de conformisme, il persiste toujours un espoir de divertissement hors normes. Les détraqué(e)s et les crétins fascinent les êtres de bon sens, au même titre qu’ils se jettent, avant de s’endormir ou lors de leurs vacances, sur des thrillers dégoulinant de joie de nuire, de malfaisance, de sang et d’horreur.

La bonne propagande est celle qui fait passer l’exception pour la règle, qui parvient à faire adhérer aux plus gros mensonges, par le mécanisme de l’information, tronquée parce que partielle et partisane, ainsi que par la répétition jusqu’à satiété des mêmes bobards. Les images et les films truqués valent infiniment mieux que n’importe quel discours démagogique, tout le monde le sait depuis plus d’un siècle. Mais le succès va toujours à celui qui promet la lune sans effort ou, mieux encore, le paradis, soit terrestre, mais dans un avenir indéterminé, soit post-mortem – et personne n’est jamais revenu d’outre-tombe pour détromper les bonimenteurs.

Au bout du compte, l’universitaire se retrouve aux côtés de l’analphabète, vaincu par les mêmes mensonges ou les mêmes demi-vérités, seule varie la présentation… encore a-t-on vu en 1968 de soi-disant brillants cerveaux beugler des slogans d’un merveilleux crétinisme.

La reconnaissance par les médias – partant par l’opinion publique qu’il est devenu si aisé de formater grâce à la propagande télévisée, puis aux blogs et aux sites à prétentions historiques du Net – du statut de victime personnelle, familiale ou communautaire, permet d’exiger une protection juridique particulière, une atténuation du discours médiatique en cas de déviance personnelle ou communautaire, et d’espérer un afflux d’hommages publics et privés, ainsi que de subventions d’origine étatique.

Être reconnu descendant d’un peuple de « victimes perpétuelles de persécutions » permet de s’intégrer à ces « minorités qui font la loi ». Se réclamer du judaïsme victimaire, se poser en lointain descendant d’esclaves, en victime de discrimination sexiste ou « homophobe », en résidu d’inceste ou de viol à l’âge prépubère font de n’importe quel minus, voire d’un authentique délinquant, un sujet hautement protégé par les médias, l’administration publique et les directeurs des relations humaines du secteur public et du privé. La posture victimaire bien exploitée autorise la revendication permanente et tous azimuts.

À la fin du processus de pourrissement de la société, s’impose l’une des minorités. Qu’elle soit composée d’une communauté d’affairistes, d’intellectuels, de professionnels de la manipulation d’opinion publique (depuis les journalistes et les politiciens « fous de dieu » jusqu’aux simples courtiers en assurance vie éternelle) ou encore de guerriers ne fait rien à l’affaire. D’ailleurs, bien souvent, comme ce fut le cas en France l’An 1789, à Petrograd en 1917 ou à Téhéran l’An 1979, on trouve associés des membres de ces quatre composantes.

Dès qu’une minorité a triomphé, raflant le Pouvoir – soit la puissance policière et militaire, la justice, les médias, le droit d’user de l’argent public et, pour les nullités plus ou moins décoratives, l’accès aux sinécures dorées –, débutent les querelles de Divas. La lutte est sans merci, mais pas forcément sanglante. Puis se crée une société nouvelle, dont la durabilité dépend de bien trop de paramètres, dont le plus puissant demeure sa sacrée majesté le hasard, pour qu’on puisse énoncer une théorie à ce propos.

Il n’est pas besoin de « complot » (variante à la sauce romantique : de « conjuration ») pour expliquer la victoire d’une minorité.

Les minorités qui ont triomphé ces derniers millénaires jouissaient presque toutes d’un chef, parfois génial (tels Jules César et son neveu Octave devenu Auguste), souvent médiocre (un François Mitterrand a incarné l’espoir du changement en France à l’aube des années 1980).

De façon obligatoire, elles sont riches de propagandistes efficaces, ceux qui savent « colérer » la populace, suivant le principe fondamental : « Plus c’est gros, plus c’est con, mieux ça passe. »

Mais, pour triompher, elles doivent nécessairement enthousiasmer des militants prêts à tout sacrifier pour la cause. Une minorité qui gagne n’est pas celle qui pleurniche ou intente des actions en justice pour enrichir ses membres ou faire parler d’eux. Une minorité qui emporte le morceau est celle qui parvient à noyauter l’infrastructure de l’État, non pas les hauts fonctionnaires vénaux et opportunistes, mais des centaines de petits agents mus par l’idéal ou l’ambition – et la combinaison de ces deux motivations s’est toujours avérée particulièrement efficace.

Dans la France soixante-huitarde, les fêtards alcoolo-tabagiques et les grandes gueules marxistes de toutes les chapelles (trotskistes et maoïstes s’avérant les plus nocifs) ont obtenu ce qu’ils voulaient : l’abolition de l’État napoléonien, la féminisation de la société – gage d’une plus grande efficacité de la propagande pleurnicharde et démagogique –, le brassage des races et des cultures. Ils n’ont fait que détruire, tenter de dissoudre l’esprit national. Ils y sont presque parvenus grâce à la globalo-mondialisation.

Le résultat est effarant, au point que le seul (et lamentable) mouvement populiste français est objectivement devenu le premier parti du pays… au moment où il n’a plus ni chef, ni doctrine, ni élan, ni militantisme actif.

Au milieu des ruines, il reste l’espérance. Celle du triomphe d’une aristocratie du courage et de la droiture, au service du Bien commun et de la Nation, elle-même pleinement intégrée à la race européenne.

Mais pour obtenir ce résultat, il faut attendre que les Français – et d’une manière générale les Européens – souffrent davantage qu’actuellement, pour qu’enfin ils se révoltent. Ils ne le feront que le jour où une puissante minorité active aura compris que la globalo-mondialisation menace directement la survie de leurs descendants.

Car, si la plupart des minorités triomphantes s’avèrent malfaisantes, corrompues, tyranniques, voire sanguinaires, il en est de bienfaisantes – celle qui instaura l’Empire romain, par exemple.

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In Defense of Mishima

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In Defense of Mishima

I have read Andrew Joyce’s article “Against Mishima [2]” at The Occidental Observer with great interest and mixed feelings. I admire Dr. Joyce’s writings on the Jewish question, but to be candid, his critique of Mishima is on the whole tendentious and shallow. It is also overly emphatic on some topics while neglecting or downplaying other equally, if not more, important ones.

Dr. Joyce seems fixated on Mishima’s sexuality, which Joyce attributes to his unhealthy family environment and peculiar upbringing. Mishima’s sexuality is understandably regarded as unsavory by most traditional-minded people. But Dr. Joyce had gone a bit too far with his meticulous attention to this particular issue. Furthermore, I’m afraid that many of his claims about Mishima’s private life are based on taking his novel Confessions of a Mask as a straightforward autobiography, which is not supported by Mishima scholarship.

Mishima is certainly not a paragon of traditional sexual morality. That said, is he still worthy of the respect he receives from white nationalists? I believe the answer is yes, if we focus on the uplifting aspects of his life and work, including many of his writings and speeches that were given short shrift in Dr. Joyce’s article and perhaps are also generally less known to people who do not read Japanese.

The kernel of Dr. Joyce’s argument is that “if key aspects of his biography, including the death, are linked significantly more to his sexuality than his politics, then this is grounds to reconsider the worth of promoting such a figure,” which was later reinforced by his other claim that “a theory thus presents itself that Mishima’s carefully orchestrated death was a piece of homosexual sadomasochist theatre rather than anything political, let alone fascistic or in the tradition of the Samurai.”

To be frank, I found this assertion utterly preposterous. When a man delivers a speech about the importance of the Samurai tradition, then kills himself Samurai-style by cutting open his stomach—literally “spilling his guts”—it seems perverse to wonder if he is being insincere, if he is engaging in “homosexual sadomasochist theatre.” Irony, camp, and theatrics are all fake. There is nothing ironic or campy or fake about actually killing oneself.

Joyce simply ignores the text of Mishima’s final speech, in which he decried the ugly post-war era of Japan, deploring its materialistic and spiritually vacuous society. He lambasted venal and cowardly mainstream politicians. He called for Constitutional reform. He highlighted the authenticity of the Japanese military tradition, contrasting it to the miserable reality of the Japanese Self-defense Force, pointing out the dishonor of the Japanese military forever being a mercenary force of America and capitalists. He rejected the hypocrisy and nihilism of the post-war democracy and its mantra of “respect for human lives.” He reasserted the paramount status of the Tennō (Emperor) and Dentō (tradition), and urged the audience to die as real men and warriors combating the nation-wrecking post-war political regime and value system.

Then he demonstrated that he meant it.

The speech remains every bit as pertinent, powerful, and inspiring when read today as it was back then. The speech alone is enough to guarantee the immortality of Mishima as a nationalist figure of global significance, to say nothing of his numerous politically and culturally themed writings, fiction and non-fiction alike, and his other relevant speeches, which Dr. Joyce was either unaware of or chose to ignore.

A central argument of Dr. Joyce against Mishima is that “he seems hardly political at all. His fiction, denounced by early critics of all political hues as full of ‘evil narcissism’ possessing ‘no reality,’ is almost entirely devoid of ideology.” This could not be further from the truth and seems based on sheer ignorance. I wonder how many works of Mishima Dr. Joyce has actually read or even read about? Did he ever read Mishima’s final speech in full, or his Anti-Revolutionary Manifesto?

Admittedly, Mishima was not a political theorist or a philosopher; he was primarily a novelist and playwright. But being a nationalist writer and activist, his literary world was rich in themes drawn from Japanese history, traditional culture, politics, and current affairs. And, when it comes to political and ideological relevance, it is accurate to understand Mishima more as a Right-wing artist and inspirational activist than a theorist, which certainly has value for the Dissident Right in the West.

4806040005_b70748afe4_b.jpgDr. Joyce maintained that “Mishima, of course, never explored the Emperor’s role in World War II in any depth, and his chief fixation appears solely to have been the decision of the Emperor to accede to Allied demands and ‘become human.’” This is a baffling statement which again simply betrays Dr. Joyce’s lack of knowledge. Besides rightfully decrying the Showa Emperor’s self-demotion to “become human” from his traditional status of “Arahitogami” (god in human form or demigod), Mishima also critically examined the Emperor’s role in politics before, during, and after the war, which revealed that what Mishima essentially venerated was not the individual Tennō but the tō (the unique and time-honored Japanese monarchical system).

For example, Mishima criticized the Showa Emperor, expressing strong sympathy with the rebel soldiers of the “2.26 Incident” of 1936, who were genuine patriots with lofty ideals who were mercilessly crushed by the explicit order of the Emperor. His Patriotism and Voice of the Martyrs were written with great feeling in commemoration of them. [1] [3]

Mishima also extolled the spirit and actions, and lamented the defeat of, the Samurai bands (prototypes of the movie The Last Samurai) who held fast to traditional values in defiance of Japan’s westernization in the wake of the Meiji Restoration. This is justifiably perceived as his criticism of the Meiji regime. Interested readers are recommended to take a look at my old review of the book Persona: A Biography of Yukio Mishima here [4].

Mishima believed that the Emperor could unify Japanese society as a cultural figure, standing above the political realm. He believed that if the monarchy stood as a national and cultural principle of unity, this would create a free space for political debate and cultural innovation, without endangering the cohesion of society. This view is rooted in Japanese tradition, but seeks to make space for important elements of modernity, including political pluralism and cultural freedom. One may agree or disagree with such views, but contra Joyce, they do exist, and they are not vague or vacuous.

A comprehensive search will discover that Mishima’s many books, essays, dramas, and speeches contain explicit or implicit messages defending Japan’s political, cultural, and military traditions, including but not limited to Bushido, expressed with the beauty and exuberance that are Mishima’s literary hallmarks and showing his profound cultivation in ancient Japanese and Chinese classics. His non-fiction books on cultural and political topics include For the Young Samurais, Introduction to Hagakure, Sun and Steel, and Theory of Cultural Defense. The same themes are discussed in his novel Runaway Horses and numerous essays. The five books cited above are especially popular and widely read in France and Italy.

In Sun and Steel (1968), Mishima writes, “Sword/martial art means to fight and fall like scattering blossoms, and pen/literary art means to cultivate imperishable blossoms.” Mishima has certainly lived up to this ideal himself, fulfilling it with his own sword and pen. According to literary critic Koichiro Tomioka, Sun and Steel is almost Mishima’s “literary suicide note” in which his cultural and philosophic thoughts were condensed. In it, Mishima argues that it is exactly the post-war era, in which all values have been inverted, that necessitates the revival of the ancient ethic code of “Bun-Bu-Ryodo” (cultivating a mastery of both pen and sword), as when “Bu” (sword) is gone, “Bun” (pen) slackens and decays. It is in the healthy tension created by the contrasting “Bun” and “Bu” that Mishima was seeking to reclaim traditional Japanese sensibilities.

Mishima also made some famous political statements in a long and heated debate with Leftist students at Tokyo University in 1969, the peak of a cultural and political maelstrom that had swept across Japan’s campuses at large. Their discussion went beyond different political stances into philosophical realms. While the students advocated transcending time and realizing a conceptual revolution in a new space, Mishima upheld the continuum of time. The topics included the Emperor, arts and aesthetics, ego and flesh, morality of violence, politics and literature, time and space, beauty as concept and reality, etc. While being an avowed and ardent Right-wing nationalist in politics and culture, Mishima actually showed sympathy with the Left-wing students’ opposition to capitalism and big business, telling the students: “If you guys are willing to recognize the sanctity and solemnity of the Emperor [as the head of the Japanese national community], I am willing join your ranks.”

Dr. Joyce also made a few jaundiced remarks that detract from his credibility. For example, he claims “[Mishima] was so poor at articulating his ideas to troops during his coup attempt that he was simply laughed at by gathered soldiers.” This is a surprisingly uninformed and erroneous assertion. It was true that Mishima was jeered and taunted by the gathered troops, who interrupted his speech multiple times by shouting. But their behavior had nothing to do with Mishima’s alleged inability to articulate his ideas. Mishima, after all, made a career of articulating ideas, a talent that did not fail him in his final speech.

The problem, rather, lies with the soldiers themselves, who understandably resented the fact that they were convened to listen to Mishima’s speech under duress because Mishima had taken their commander hostage. Moreover, most post-war Japanese servicemen were mere salarymen in a prosperous and materialistic society. They had little connection with the Japanese warrior tradition and were hardly capable of appreciating the problems of the spiritually vacuous society that had produced them. Mishima was perhaps aware of the possibility that he was “casting pearls before swine,” but he knew that his actions would give his words a far larger audience than the hecklers before him. Interestingly enough, according to a 2015 Mishima memorial in the Japanese nationalist publication Sankei Shimbun, some of the soldiers who mocked Mishima’s words later came around to his way of thinking.

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Dr. Joyce states that “[Mishima] lied during his own army medical exam during the war in an effort to avoid military service.” This was simply not true. According to a number of Japanese books and essays on Mishima written by his supporters and critics alike, a large amount of evidence on this particular issue pointed to Mishima’s father Azusa Hiraoka using his government connections to help his son evade military conscription, about which Mishima was unaware. Another version of the story is that, although Mishima passed the initial exam, he was diagnosed with pulmonary infiltrates and was judged physically unqualified and excluded from military service, which was unsurprising due to his chronically weak physical conditions from early childhood.

Rather than chasing after such pointless shadows, it is far more worthwhile to take notice of the fact that Mishima had long felt pangs of conscience and an acute sense of survivor’s guilt for his inability to fight as a result of his physical condition in his youth, which partly explained why he took up body building after the war, striving to become a better man in both physical and spiritual senses, and entered the cultural and spiritual world of Bushido and the Samurai.

Another baseless and snide remark from Dr. Joyce is “One could add speculations that Mishima’s military fantasies were an extension of his sexual fixations, including a possible attempt to simply gain power over a large number of athletic young men. But this would be laboring an all-too-obvious point.” There is simply no evidence that Mishima harbored such baleful intent toward the young men who joined his Tatenokai (Shield Society). There has not been a single allegation of sexual impropriety, either before or after Mishima’s death, either from the young men themselves or from the media at large, including many hostile tabloid papers eager to pounce on the first possible chance to sling mud at Mishima. Surely one could expect that Mishima’s young followers, however juvenile and starry-eyed they might have been back then, would have said something in the last half-century if they had really become targets of Mishima’s “sexual fixations.”

Dr. Joyce moves from disparaging Mishima to demeaning Japanese culture in general in his misguided dismissal of Seppuku. Joyce’s major source, namely Toyomasa Fuse, is a Leftist who hates his ancestral cultural roots, like many Japanese and other East Asians who have either grown up in post-war American society or have been educated in toxic American institutions of higher learning. A simple search online reveals that Fuse was one of a select few Japanese groomed by the American occupation regime as a new intellectual elite. Fuse went to the US in 1950, sponsored by the US government, and later received both his Master’s and Ph.D. degrees from UC Berkeley, where he became a full-fledged Leftist and anti-traditionalist scholar. He was an active member of the anti-Vietnam War movement and moved from the US to Canada in 1968 with some other anti-war college professors. As the founder of the hilariously named Canada Suicide Studies Society, he specialized in and taught “Suicide Studies” at York University from 1972 until his retirement in 1997. Consulting Fuse on Japanese militarism is like consulting the Frankfurt School about Prussian militarism. Joyce, of all people, should know better.

The last sweeping and sloppy charge against Japanese culture by Dr. Joyce that I would like to counter is this: “Again, we must question, at a time when we are trying to break free from high levels of social concern and shaming in Europe, whether it is healthy or helpful to praise practices originating in pathologically shame-centered cultures.”

Surely Dr. Joyce realizes that social shaming in today’s Western countries is fundamentally different from social shaming in traditional Japanese society.

The shaming of whites in Western societies was imposed by an alien hostile elite on the native white populace for the purpose of undermining their traditional culture and values. But the shame culture of Japan is imposed by the Japanese community on its own members to encourage them to live up to communal standards and serve the common good. To put it simply, shaming in the West is an alien contrivance to undermine white society by pinning whites down with false guilt, while shaming in Japan is an indigenous and organic way that the Japanese maintain social norms and enhance social cohesion. The gradual decline of Japanese shaming culture in recent years due to Western influence is another trend that has alarmed traditionalists and nationalists in Japan.

If white societies had greater social cohesion and responsibility, reinforced by shaming, they probably would have resisted the takeover of hostile alien elites. Perhaps, then, white nationalists should study and adopt Japanese shaming mechanisms instead of bashing and trashing them. By calling traditional Japanese shame-centered culture embodied by Mishima “pathological,” Dr. Joyce might as well be quoting from the Frankfurt School, which sought to pathologize healthy white family and social norms, which are not so different from healthy Japanese norms.

Note

[1] [5] Two of the leaders of the uprising, senior captain Asaichi Isobe and senior captain Hisashi Kōno, evoked the greatest empathetic feelings from Mishima, and their patriotism, sincerity, and Samurai mettle became sources of his literary creations. Mishima wrote Patriotism and Voice of the Martyrs based on the Prison Note of Isobe, which featured the revengeful ghosts of the 2.26 uprising soldiers and Kamikaze pilots.

In a conversation with Tsukasa Kōno, elder brother of senior captain Hisashi Kōno, who was a key member of the uprising and committed suicide after the coup failed, Mishima remarks on the Showa Emperor’s dismissive words on the officers who decided to commit suicide: “Go ahead and kill themselves if they want. I’m not going to honor those despicable men with any official envoy.” Mishima commented: “It was not the rightful conduct for a Japanese Emperor. This is so sad.” Tsukasa asked Mishima: “Had those young officers known what the Emperor had said, would they have still shouted ‘Tennō Heika Banzai!’ (Long Live His Majesty the Emperor) before the firing squad?”

Mishima answered: “Even when the Emperor didn’t behave like an emperor, subjects ought to behave like subjects. They knew they must fulfill their part as subjects and chanted ‘Long Live the Emperor,’ believing in the judgment of the heaven. But what a tragedy for Japan!” When uttering his, he looked teary and his voice choked. After publishing Voice of the Martyrs, Mishima wrote in a letter to Tsukasa: “I wrote it with an intention to present it before the memorial tablets of your younger brother and other deceased officers of the 2.26 Uprising.”

 

Article printed from Counter-Currents Publishing: https://www.counter-currents.com

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[1] Image: https://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2014/08/Grave_of_Yukio_Mishima.jpg

[2] Against Mishima: https://www.theoccidentalobserver.net/2020/01/08/against-mishima-sex-death-and-optics-in-the-dissident-right/

[3] [1]: #_ftn1

[4] here: https://www.counter-currents.com/2014/09/naoko-inoses-persona-a-biography-of-yukio-mishima/

[5] [1]: #_ftnref1

Comment la santé est devenue un enjeu géopolitique

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Comment la santé est devenue un enjeu géopolitique

Ex: https://echelledejacob.blogspot.com
 
Ni l’altruisme ni la philanthropie n’expliquent la préoccupation des grandes puissances pour la santé mondiale. Mais plutôt des intérêts tantôt sécuritaires, tantôt économiques ou géopolitiques. Néanmoins, l’Europe pourrait mieux utiliser les fonds octroyés aux institutions internationales. La priorité revient à l’Afrique francophone, où se concentrent les défis des décennies à venir.
 
En 2000, cent quatre-vingt-treize Etats membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) et vingt-trois organisations internationales se fixent huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) : atteindre, d’ici à 2015, des « niveaux de progrès minimum » en matière de réduction de la pauvreté, de la faim, des inégalités, et d’amélioration de l’accès à la santé, à l’eau potable ainsi qu’à l’éducation (lire « Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) relatifs à la santé »).

D’emblée, Mme Gro Harlem Brundtland, alors directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), identifie une priorité : dégager des financements à la hauteur du défi. Elle confie à M. Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, la commission « Macroéconomie et santé » visant à accroître les investissements en faveur de la réalisation rapide des OMD dans la santé.

Entre 2000 et 2007, les financements mondiaux des pays en développement, provenant de partenariats public-privé associant le secteur industriel et commercial, notamment les fabricants de vaccins et de médicaments, ont été multipliés par quatre — par trois pour la période 2001-2010, atteignant un pic de 28,2 milliards de dollars en 2010. Les fonds américains publics et privés en constituent la plus grande part. La Fondation Bill et Melinda Gates a donné à elle seule près de 900 millions de dollars en 2012. L’Afrique aurait reçu 56 % des financements en 2010. L’aide mondiale au développement a augmenté de 61 % sur cette période, pour atteindre 148,4 milliards de dollars en 2010.

Aux Etats-Unis, une question sécuritaire

Pourtant, 2015 approche, et la réalisation des OMD demeure toujours aussi lointaine en Afrique subsaharienne. L’insuffisance des financements n’explique qu’en partie ces retards : d’autres facteurs, moins connus, ont aussi joué un rôle important. Il est utile d’y revenir, alors que se prépare l’élaboration des « nouveaux objectifs » à mettre en œuvre après 2015.

De nombreuses études et recherches montrent que l’allocation de l’aide mondiale ne repose pas seulement sur des critères épidémiologiques, de population, ou de charge de maladie, mais aussi sur ces puissants vecteurs que furent et que demeurent les intérêts commerciaux, les relations historiques et les rapports géopolitiques (lire « Mission inaccomplie en Afrique de l’Ouest »).

La relecture de l’histoire de la santé indique que la tenue des premières conférences internationales sur le sujet, au XIXe siècle, était moins motivée par le désir de vaincre la propagation de la peste, du choléra ou de la fièvre jaune que par la volonté de réduire au minimum les mesures de quarantaine, qui s’avéraient coûteuses pour le commerce… Ces tensions entre la médecine, la santé, les intérêts marchands et le pouvoir politique forment les termes d’une équation paradoxale inhérente à la question de la santé publique mondiale. L’accès des populations pauvres aux médicaments dans le cadre des Accords sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (Adpic) exprime bien ces tensions, qui, dans le monde contemporain, peuvent aller jusqu’au bras de fer.

Les fondateurs et les partenaires du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme présupposent que les stratégies de lutte contre ces trois maladies sont pertinentes dans tous les pays et qu’« il ne manque plus que l’argent ». Pour comprendre cette vision financière des enjeux de santé et ses limites en termes d’efficacité, il faut revenir sur le contexte dans lequel le Fonds mondial a été créé.

En 1996, M. William Clinton, alors président des Etats-Unis, publie une directive appelant à une stratégie davantage orientée vers les maladies infectieuses. Il s’agit là moins d’un élan d’altruisme que d’une préoccupation de sécurité nationale. Propagation, conséquences économiques, retard dans le développement de nouvelles molécules, résistance des agents infectieux aux antibiotiques, mobilité des populations, croissance des mégapoles, faiblesse des systèmes de santé des pays pauvres : ces sujets inquiètent l’administration américaine, et ce bien avant les attentats du 11 septembre 2001.

Dès 1997, l’Institut de médecine, instance de référence scientifique américaine, publie un rapport expliquant que la santé mondiale est « d’un intérêt vital pour les Etats-Unis ». Pour la première fois apparaît l’expression global health, que nous traduisons par santé mondiale : « Les pays du monde ont trop en commun pour que la santé soit considérée comme une question relevant du niveau national. Un nouveau concept de “santé mondiale” est nécessaire pour traiter des problèmes de santé qui transcendent les frontières, qui peuvent être influencés par des événements se produisant dans d’autres pays, et auxquels de meilleures solutions pourraient être envisagées par la coopération. »

Alors que le sida se propage en Afrique australe de manière spectaculaire, la publication en 1999 par le ministère de la défense sud-africain de taux élevés de prévalence de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) chez les militaires de nombreux Etats d’Afrique alarme les autorités. Les capacités de défense nationale ne seraient, à court terme, plus suffisantes pour faire face à des conflits internes ou externes. Selon l’International Crisis Group (ICG), de nombreux pays « ne seront bientôt plus en mesure de contribuer aux opérations de maintien de la paix ». Sur la période 1999-2008, le Conseil national des services de renseignement du gouvernement américain, le National Intelligence Council (NIC), centre de réflexion stratégique, publie six rapports sur la santé mondiale. Fait inédit, ces documents définissent une maladie comme un « agent de menace non traditionnel » pour la sécurité des Etats-Unis, dont les bases militaires constellent la planète.

Cette « menace » va parvenir jusqu’aux Nations unies. Pour la première fois de son histoire, le 10 janvier 2000, à New York, le Conseil de sécurité inscrit à l’ordre du jour de sa réunion un thème qui n’est pas lié à un risque direct de conflit : « La situation en Afrique : l’impact du sida sur la paix et la sécurité en Afrique ». Les Etats-Unis président les échanges, avec le vice-président Albert Gore le matin et l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, Richard Holbrooke, l’après-midi. Il en sortira plusieurs résolutions. L’article 90 de la résolution de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies du 27 juin 2001 appelle à la création d’un « fonds mondial santé et VIH-sida afin de financer une réponse urgente à l’épidémie selon une approche intégrée de prévention, de prise en charge, de soutien et de traitement, et d’appuyer les Etats dans leurs efforts contre le sida, avec une priorité donnée aux pays les plus touchés, notamment en Afrique subsaharienne et dans les Caraïbes ».

Le Fonds mondial voit le jour grâce à la mobilisation des membres du G8 par M. Annan. Loin du « fonds santé et sida » recommandé, le mandat du partenariat public-privé (PPP) mondial porte seulement sur le sida, la tuberculose et le paludisme. La politique de sécurité nationale américaine se nourrit de peurs plus ou moins fondées contre lesquelles il faut lutter : le communisme, le terrorisme, les maladies… Tels sont les « traumatismes » inspirant les politiques de défense des Etats-Unis, qui n’hésitent pas, pour défendre leurs positions sur les enjeux de santé mondiale, à instrumentaliser le Conseil de sécurité des Nations unies.

Après une décennie marquée par la guerre en Afghanistan et en Irak, la stratégie de M. Barack Obama consiste à emmener son pays vers d’autres combats que les « conflits à l’extérieur ». Il s’agit de « restaurer le leadership américain à l’étranger », y compris pour relever les défis liés au contrôle des épidémies, thème expressément mentionné dans la stratégie de sécurité nationale en 2010. Lorsque le gouvernement annonce, en juillet 2012, la création au sein du département d’Etat de l’Office of Global Health Diplomacy — institué juste avant le départ de Mme Hillary Clinton —, il affirme vouloir prendre le contrôle et le pouvoir. « Nous avons recommandé de passer du leadership en interne [c’est-à-dire entre les agences nationales de coopération sanitaire] au leadership mondial par le gouvernement américain », précise le communiqué. « Les Etats-Unis ont bien compris qu’au fond la véritable puissance, aujourd’hui, c’est de pouvoir jouer dans les deux sphères, interétatique et transnationale », analyse l’historien des relations internationales Georges-Henri Soutou. 

Choix financiers sous influence

L’analyse des facteurs qui ont façonné les politiques sanitaires de ces dernières décennies permet de distinguer trois conceptions : la santé mondiale comme investissement économique, comme outil sécuritaire et comme élément de politique étrangère (sans même parler de charité ou de santé publique, deux composantes supplémentaires qui, d’après David Stuckler et Martin McKee, complètent l’ensemble). En politique, la notion de sécurité implique l’urgence, le court terme et le contrôle des maladies contagieuses, plutôt que l’approche holistique et systémique de long terme qu’exigerait le renforcement des capacités institutionnelles des systèmes de santé. La pérennité des interventions financées pendant près de quinze ans en est fragilisée.

Ces observations aident à comprendre pourquoi l’aide n’est que d’une efficacité limitée : quels que soient les montants alloués par le Fonds mondial ou par le gouvernement américain au travers du plan d’urgence de lutte contre le sida (Pepfar ), les performances de ces programmes sur le terrain s’avèrent décevantes. La pertinence des financements en faveur de la prévention, ou l’ajustement des interventions à des dynamiques démographiques, urbaines, sociales, économiques ou conflictuelles, et aux spécificités nationales de la propagation, sont autant d’éléments fondamentaux relativement peu pris en compte.

Trente ans après le début de la pandémie, peu de moyens sont alloués à la recherche locale, épidémiologique, anthropologique et économique au service de la décision. Pour deux personnes mises sous traitement, cinq nouvelles infections se produisent. Le retentissement des violences sexuelles sur la féminisation de la pandémie en Afrique n’est pas même une hypothèse de recherche, sur un continent où les conflits armés se multiplient ! A l’échelle internationale, le détournement de quelques millions de dollars du Fonds mondial suscite davantage l’indignation que l’absence d’analyse, dans les pays mêmes, de l’efficacité des stratégies. Opérés sous influence, les choix financiers privilégient pourtant le paradigme curatif de la santé, au bénéfice de l’industrie pharmaceutique, plutôt que la prévention de la transmission du VIH.

De la multiplication des acteurs de l’aide au développement émergent des conflits de gouvernance entre « décideurs » et « partenaires », ce qui entraîne une dilution des responsabilités : qui doit rendre des comptes sur l’utilisation des financements alloués au travers de partenariats mondiaux ou de mécanismes innovants, quelle que soit la thématique ? Pour les aspects financiers, la responsabilité relève du conseil d’administration du Fonds mondial, plutôt que du seul secrétariat exécutif. Les aspects techniques et stratégiques sont censés être traités par les pays et leurs partenaires (Onusida, Fonds des Nations unies pour l’enfance — Unicef — et OMS). Si les agences de l’ONU ont apporté un appui technique aux Etats, leurs équipes ont-elles su les accompagner vers une vision stratégique qui tienne compte de leurs spécificités pour enrayer les trois pandémies ? Si la réponse est non, il est temps de l’assumer.

L’Afrique, la France et l’Europe seront confrontées au cours des décennies à venir à des défis hors normes. La population du continent noir va doubler d’ici à 2050, passant de un à deux milliards d’habitants, soit 20 % de la population mondiale. D’après l’économiste François Bourguignon, invité au Collège de France pour présenter son ouvrage sur la « mondialisation de l’inégalité », la pauvreté — au sens strict — sera un problème exclusivement africain d’ici à 2040 ou 2050.

Transitions démographique et épidémiologique sont en marche sur un continent qui s’urbanise rapidement, et où des maladies chroniques dont nous n’avons pas encore mesuré l’ampleur deviennent plus massives : cancers, diabètes, maladies cardio-vasculaires et respiratoires, problèmes de santé mentale, maladies liées aux pollutions environnementales… Ces affections, non ou tardivement dépistées et diagnostiquées, se propagent telles de nouvelles pandémies, en plus des accidents sur la voie publique, ajoutant à la charge de travail de personnels de santé déjà en nombre très insuffisant.

Les inégalités de santé s’inscrivent dans le sillage des inégalités économiques et sociales. Les systèmes d’assurance- maladie et de protection sociale se mettent en place trop lentement et inégalement d’une région à l’autre. La « couverture sanitaire universelle » serait utile aux populations pauvres si elle était un moyen au service d’une politique fondée sur les priorités nationales, et en particulier sur la prévention.

Compte tenu des liens historiques et des relations politiques, économiques et commerciales que la France et l’Europe entretiennent avec l’Afrique subsaharienne depuis quelques siècles, la contribution politique, leur expertise et leurs financements sont encore attendus, et ne doivent pas s’effacer derrière les priorités américaines. La situation en Afrique francophone de l’Ouest et du centre appelle des réactions massives sur le long terme.

A faire converger les objectifs de développement avec ceux du développement « durable » pour le monde d’après 2015, nous prenons le risque de ne nous intéresser qu’aux enjeux mondiaux communs, et de négliger une nouvelle fois les Etats fragiles et les populations les plus vulnérables. Les priorités, pour ceux-ci, sont plutôt l’éducation des filles (jusqu’au niveau de l’enseignement supérieur), la santé des femmes enceintes, les maladies tropicales ignorées et les capacités institutionnelles à élaborer et à gérer des politiques complexes.

Ne perdons pas de temps à plaider en faveur de la santé : « Ceux qui se posent la question de savoir si une meilleure santé est un bon instrument de développement négligent peut-être l’aspect le plus fondamental de la question, à savoir que santé et développement sont indissociables, insiste Amartya Sen. Il n’est pas nécessaire d’instrumentaliser la santé pour en établir la valeur, c’est-à-dire d’essayer de montrer qu’une bonne santé peut également contribuer à stimuler la croissance économique. » Privilégions, pour chacun sur la planète, l’idée d’une santé durable, plutôt que le seul mécanisme de financement qu’incarne la couverture sanitaire universelle, désormais présentée comme un objectif de développement durable.

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jeudi, 30 janvier 2020

El concepto de Defensa Integral

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El concepto de Defensa Integral

Ex: https://www.geopolitica.ru

Defensa Integral - Concepto

Entiendo el concepto de Defensa Integral como se refiere la comprensión, intervención y control de la mayor cantidad de variables mensurables vinculadas a la preservación de la soberanía del Estado, entendiendo que la Soberanía, en tanto poder efectivo del Estado sobre el territorio, deviene del Pueblo y de éste a su Gobierno, en pleno uso de las facultades constitucionales previstas en tanto gobierno electo. 

Por ello la Defensa Integral incluye no sólo aspectos militares, sino también otros que coadyuvan al mantenimiento de la gobernabilidad, aspecto fundamental para lograr los objetivos que el Gobierno Electo se ha propuesto. 

Defensa Integral - Esquema

Elementos de la Defensa Integral

Militar

El objetivo del desarrollo de las capacidades militares es la disuasión militar. La Directiva de Política de Defensa Nacional (DPDN), Decreto 1714/2009, y norma complementaria (Decreto 2645/2014), establece que la defensa nacional tendrá el carácter defensivo, autónomo y cooperativo. 

En el marco de la DPND, se plantea abordaje en dos áreas: Equipamiento y Formación ideológica. 

Formación Ideológica

Se plantea la necesaria revisión de los contenidos brindados en los establecimientos de formación militar de Oficiales y Suboficiales de todas las Armas, incluyendo los de educación superior:

  • Escuela de Oficiales de la Armada
  • Escuela de Suboficiales de la Armada
  • Escuela Naval Militar 
  • Liceo Naval Militar Almirante Brown 
  • Colegio Militar de la Nación
  • Escuela Superior de Guerra (Argentina)
  • Instituto Social Militar
  • Escuela de Aviación Militar
  • Liceo Aeronáutico Militar
  • Los Liceos militares de todo el país.

La carencia de una concepción geopolítica adecuada a nuestra realidad queda manifestada en la falta de “conciencia de clase” militar, donde el modelo a seguir continúa siendo el de los países de la OTAN, pese a que tenemos una parte de nuestro territorio ocupado por una base de la Alianza del Atlántico Norte en las Islas Malvinas. Se desprecia lo popular, los gobiernos populistas, se continúa con el cultivo de formación clasista y oligárquica, con una concepción de “Patria” indeterminada, alejada de lo popular y lo concreto. 

Equipamiento

El equipamiento de nuestras FFAA debe estar acorde a nuestra realidad geopolítica. No podemos seguir adquiriendo material militar de países de la OTAN, puesto que es una contradicción a nuestro reclamo de soberanía sobre las Islas Malvinas. Por ello los caminos que se plantean son los siguientes:

•  Potenciación de Capacidades

Mediante el apoyo político y de recursos materiales y humanos a la Industria de la Defensa, sea estatal (FADEA, FAMA) o privada (Cicaré, etc.).

• Adquisición

En la nueva concepción de Defensa Integral, la adquisición debe realizarse priorizando a países fuera de la órbita de OTAN, que proveen material más accesible y mantenimiento coordinado (en su mayoría), como Rusia y China. La renovación del equipamiento de las tres Armas principales puede lograrse progresivamente a través de convenios con estos países, donde ya hay voluntad de hacerlo 

Ideológica

Los vaivenes del populismo latinoamericano, el pase de la cima a la sima, responden a procesos que si bien han permitido el acceso a los derechos de grandes sectores de la población, no han podido modificar la matriz cultural de los ciudadanos, quienes en gran parte, siguen adaptando las formas del lenguaje y reflexión de los sectores de poder ajenos a los intereses nacionales y populares. 

De allí que en estos cuatro años debe darse una fuerte batalla en el campo cultural a fin de consolidar el proceso democrático y popular, en tanto justicia social, para perfilar un modelo de país no sólo en el plano económico, sino en el cultural. 

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La batalla cultural o guerra ideológica se plantea en dos frentes: 

• Medios de Comunicación

La batalla cultural debe disputarse en el plano de los medios de comunicación, fortaleciendo los pequeños los medios de comunicación aliados, a la vez que reaplicando la Ley de Servicios de Comunicación Audiovisual, con el fin de debilitar a los grandes grupos monopolísticos comunicacionales que forman ideología y no permiten la reflexión, tanto en forma directa a sus televidentes, oyentes o lectores como cuando son utilizados como agencias de prensa por los medios de comunicación del interior del país. Una vez aprobada la Ley de Solidaridad y Reactivación Productiva y consolidado la actualización de retenciones a las exportaciones, sería apropiado continuar con lo planteado anteriormente.  

La batalla comunicacional también se da desde la comunicación no tradicional, en particular redes sociales, donde el rol de los trolls o centros de difusión de mensajes maliciosos y noticias falsas o falaces (fake news) juega un rol importante a la hora de formar opinión en los sectores medios.

• Políticas Educativas

La centralidad del Estado posibilita la implementación de las políticas educativas tendientes a librar la batalla cultural en el ámbito de las Instituciones Educativas. Los planes, programas y proyectos planteados entre 2003 y 2015 adolecieron de instrumentos de control efectivo, su aplicación dependió del interés de cada ministro de educación provincial y las jornadas de actualización docentes fueron y siguen siendo formas de perder el tiempo en forma organizada. Es menester que los procesos de implementación, monitoreo y evaluación de las políticas públicas sean efectivos a fin de proveer las herramientas para el debate racional de ideas en alumnos primarios y secundarios, así como docentes. 

Infraestructura

La Defensa Integral implica orientar todo el potencial del Estado a proteger el gobierno democráticamente elegido, en tanto proyección de la soberanía popular, lo que incluye las obras públicas que favorezcan la defensa, protección, integración y proyección del Estado Argentino. 

La obra pública es una importante herramienta de reactivación de la demanda agregada, por lo que es conveniente priorizar aquellas que favorezcan la ocupación efectiva del territorio, la integración cultural y comercial, la protección de las fronteras y la proyección económica y cultural de la República Argentina a países limítrofes, especialmente a Uruguay, Paraguay y Bolivia. 

Política

La defensa del Gobierno del Estado también se logra consolidando el poder político democráticamente logrado y fortaleciendo a los actores políticos del proyecto nacional popular en territorios hostiles donde no son gobierno. 

Con las herramientas existentes y en forma coordinada y planificada, es posible asesorar y supervisar la gestión política de referentes propios a fin de minimizar los daños de gestión que minen su imagen y caudal electoral. 

Es necesario también brindar asesoramiento político para la construcción de poder democrático a aquellos referentes que disputan gobiernos municipales y provinciales gobernados por espacios políticos ajenos a la concepción política filosófica del Gobierno Nacional. 

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Les signes de la Fin des Temps

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Les signes de la Fin des Temps

 
 
Les principaux signes annonciateurs de la fin du monde selon diverses traditions :
 
-Dégénérescence de l'humanité, divisions et dissensions familiales
Seconde bataille de Mag Tured (vieux récit irlandais) : « Je verrai un monde qui ne me plaira pas ; été sans fleurs, vaches sans lait, femmes sans pudeur, hommes sans courage, (…), mauvais avis des vieillards, mauvais jugement des juges, chaque homme sera un traître ». Völuspa (45) : « Les frères s'entrebattront et se mettront à mort ». Ovide, Les métamorphoses (L. I) : « On vit de rapt ; l'hôte n'est pas en sécurité auprès de son hôte, ni le gendre auprès de son beau-père ; entre frères même, la bonne entente est rare. L'époux est une menace pour la vie de son épouse, l'épouse pour celle de son mari ». Vishnou-Purâna (L. VI) : « Les femmes n'obéiront pas aux maris et aux parents. Elles seront égoïstes, abjectes, désaxées, menteuses, et c'est à des dissolus qu'elles s'attacheront (…) Elles deviendront simplement un objet de satisfaction sexuelle ». Lingâ-Purâna : « On tuera les fœtus dans le ventre de leur mère ». Ibn 'Amr affirme que le prophète a dit : « L'Heure ne viendra pas avant qu'apparaissent la bassesse et la vulgarité, les liens de parenté seront rompus et le mauvais voisinage se répandra » (Hadith rapporté par Ahmad).
 
-Calamités naturelles
Matthieu (XXIV, 7) : « On verra s'élever nation contre nation, royaume contre royaume, et il y aura des pestes, des famines et des tremblements de terre en divers lieux ». Maslama Ibn Nufayl affirme que le prophète a dit : « Avant l'Heure, il y aura une épidémie sévère et après viendront les années de séismes » (Hadith rapporté par Ahmad). Vishnou-Purâna (L. IV) : « La terre ne sera respectée qu'à cause des trésors minéraux qu'elle renferme ». Ovide, Les métamorphoses (L. I) : « Les hommes ne se bornèrent point à demander à la terre ses moissons et ses fruits, ils osèrent pénétrer dans son sein; et les trésors qu'elle recelait, dans des antres voisins du Tartare, vinrent aggraver tous leurs maux. Déjà sont dans leurs mains le fer, instrument du crime, et l'or, plus pernicieux encore. La Discorde combat avec l'un et l'autre ».
 
-Régression des castes et métissage
Lactance, Institutions divines (VII, 17) : « Tout sera confus, contraire au droit divin et au droit naturel, tout sera mêlé ». Dans le célèbre « hadith de Gabriel », le prophète Mohammed cite parmi les signes de l'Heure : « Lorsque la servante engendrera sa maîtresse, et que tu verras les va-nu-pieds, les pâtres, se faire élever des constructions de plus en plus hautes ». Vishnou-Purâna (L. VI) : « Les gens du kali-yuga (l'âge sombre) prétendront ignorer les différences des races et le caractère sacré du mariage, la relation de maître à élève, l'importance des rites. Durant le kali-yuga des gens de toutes origines épouseront des filles de n'importe quelle race ». Apocalypse syriaque de Baruch (LXX, 5) : « Les sages se tairont et les fous parleront ».
 

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»Volk, Nation und Staat« Dr. Dr. Thor v. Waldstein auf der 20. Winterakademie des IfS

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»Volk, Nation und Staat« Dr. Dr. Thor v. Waldstein auf der 20. Winterakademie des IfS

 
Der Jurist und Politikwissenschaftler Dr. Dr. Thor v. Waldstein sprach im Rahmen der 20. Winterakademie (10.-12. Januar 2020) des Instituts für Staatspolitik (IfS) vor 150 Schülern und Studenten in Schnellroda über die Lektüre grundlegender Autoren, die zu den Grundpfeilern Volk, Nation und Staat forschten und publizierten.
 
Weitere Informationen zu Thor v. Waldstein: https://antaios.de/autoren/thor-v.-wa...
Weitere Informationen zum IfS und zu den halbjährlichen Akademien des Instituts: https://www.sezession.de https://www.staatspolitik.de
 

Russie : la fin pour les Intégrationnistes atlantistes … peut-être ?

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Russie : la fin pour les Intégrationnistes atlantistes … peut-être ?


Source Unz Review via thesaker.is

À présent, nous avons tous entendu la nouvelle, tout le gouvernement russe a démissionné et un nouveau Premier ministre, Mikhail Mishustin, a été nommé. Et nous savons aussi qu’Internet a été submergé par toutes sortes de spéculations sur ce que tout cela pourrait signifier.

Hélas, tant que nous ne saurons pas qui sera inclus dans le nouveau gouvernement, nous ne pouvons pas vraiment dire grand-chose. Je veux dire, oui, en théorie, nous pourrions retenir notre souffle et nous attendre à ce que Glaziev soit nommé à une position importante dans le soi-disant «bloc économique» du gouvernement, mais comment savons-nous que ce ne sera pas Koudrine à la place ?!

On ne le sait pas.

Une chose que nous savons avec certitude, c’est ce que Poutine a annoncé dans son discours. Vous pouvez lire le texte intégral ici pour vous-même, mais voici deux choses que je veux souligner :

1 – Poutine a annoncé un effort majeur pour faire face à la pauvreté – toujours épouvantable – dont souffrent de nombreux Russes.

2- Poutine a annoncé un effort majeur pour vraiment rendre sa souveraineté à la Russie.

Pour le premier point, Poutine a proposé un certain nombre de programmes gouvernementaux majeurs pour faire face à la pauvreté insupportable dans laquelle de nombreux Russes vivent encore, y compris un nombre de maternités beaucoup plus important qui concerne également le problème démographique, des taux d’emprunts hypothécaires réduits, des soins de santé et des repas gratuits dans les écoles, etc.

Dans le deuxième point, Poutine a annoncé ce qui suit :

« La Russie ne peut être, et ne peut rester la Russie, que si  elle est souveraine. La souveraineté de notre nation doit être inconditionnelle. Nous avons fait beaucoup pour y parvenir. Nous avons restauré l’unité de notre État. Nous avons surmonté la situation où certains pouvoirs du gouvernement étaient essentiellement usurpés par des clans d’oligarques. La Russie est revenue dans la politique internationale en tant que pays dont l’opinion ne peut être ignorée. »

et

« Je suggère d’officialiser, au niveau constitutionnel, des exigences obligatoires pour ceux qui occupent des postes d’importance critique pour la sécurité nationale et la souveraineté. »

À tout le moins, c’est un très bon signe. Comme je l’ai suggéré à plusieurs reprises, le slogan «restaurer la pleine souveraineté» peut être un cri de guerre pour les patriotes russes et américains. Et nous connaissons aussi tous ceux qui seront absolument consternés par ces discours sur la «souveraineté», n’est-ce pas ?

Et encore.

J’ai l’impression que je dois mettre tout le monde en garde et rappeler à tous que le problème en Russie – et aux États-Unis – n’est pas tant une question de personne, mais plutôt une question de mauvais système, d’abord et avant tout. Je ne parlerai pas du côté américain de ce problème, mais permettez-moi de vous expliquer rapidement ce qui s’est passé en Russie au cours des dernières décennies.

La Russie d’aujourd’hui est le produit de plusieurs facteurs :

1  – L’Union soviétique non réformable des années 1980, qui s’est transformée en une sorte de «gâteau» pour la «Nomenklatura» soviétique qui, lorsqu’elle a réalisé qu’elle perdrait le contrôle du pays, a décidé de diviser l’Union soviétique en quinze pays différents – dont quelques-uns totalement fictifs – et se sont transformés de «défenseurs du Parti et de l’URSS» en «nationalistes fervents». C’était seulement un faux changement de slogan, comme toujours, mais la majorité des gens – qui voulaient maintenir l’Union soviétique – ne pouvaient rien y faire.

2 – Viennent ensuite les horreurs des années 1990 au cours desquelles la Russie, et le reste des républiques nouvellement créées, se sont débattus dans une orgie d’anarchie, de violence, de corruption et de soumission, totale et absolue, à l’Empire anglo-sioniste.

3 – Enfin, au cours des années 2000, nous avons assisté à une période de partage du pouvoir entre les Intégrationnistes atlantistes dirigés par Medvedev et le Souverainisme eurasien dirigé par Poutine. Il s’agissait d’un partenariat difficile dans lequel les Intégrationnistes atlantistes contrôlaient le «bloc économique» tandis que les Souverainistes eurasiens étaient chargés des affaires étrangères et de la défense de la Russie.

Comme leur nom l’indique, les Intégrationnistes atlantistes veulent intégrer la Russie – et eux-mêmes ! –  dans la sphère de contrôle anglo-sioniste tandis que les Souverainistes eurasiens veulent une Russie véritablement souveraine. Imaginez maintenant ce que ce premier groupe a ressenti en entendant Poutine déclarer :

Je suggère d’officialiser au niveau constitutionnel des exigences obligatoires pour ceux qui occupent des postes d’importance critique pour la sécurité et la souveraineté nationales. Plus précisément, les chefs des entités constituantes, les membres du Conseil de la Fédération, les députés à la Douma d’État, le Premier ministre et ses adjoints, les ministres fédéraux, les chefs d’agences fédérales et les juges ne devraient pas avoir de citoyenneté étrangère ou de permis de séjour ou tout autre document qui leur permet de vivre en permanence dans un État étranger. Le but et la mission du service public est de servir le peuple, et ceux qui entrent dans cette voie doivent savoir qu’en faisant cela, ils connectent leur vie de manière indissociable avec la Russie et le peuple russe sans aucun supposé ni allégeance. Les exigences doivent être encore plus strictes pour les candidats à la présidence. Je suggère d’officialiser une exigence selon laquelle les candidats à la présidence doivent avoir eu leur résidence permanente en Russie depuis au moins 25 ans et aucune citoyenneté, ou permis de séjour, étrangers et non seulement pendant la campagne électorale mais à tout moment avant celle-ci également.

Il s’agit clairement d’une condamnation à mort prononcée contre l’espoir suprême des Intégrationnistes atlantistes qui ne pourront désormais plus intégrer la Russie, ou eux-mêmes – au moyen de passeports, de comptes bancaires ou de biens immobiliers – dans les élites anglo-sionistes. Il y a maintenant même une blague qui court sur Runet (l’Internet russe) :

13h00 - Путин заявил, что госслужащие должны быть только гражданами Россиии
16h30 - Правительство в полном составе ушло в отставку

Traduction :

13 h 00 - Poutine dit que les fonctionnaires ne devraient avoir que la nationalité russe
16 h 30 - Démission complète du gouvernement

Et bien qu’il y ait un élément d’hyperbole ici, il y a aussi beaucoup de vérité !

Pourtant, nous devons toujours nous rappeler que dans l’histoire russe, l’ennemi intérieur a toujours été beaucoup plus dangereux pour le chef de la Russie que tout ennemi étranger. Dans notre cas, non seulement ces Intégrationnistes atlantistes résisteront à toutes les formes de retour véritable de la Russie à la souveraineté, mais ils seront soutenus par une classe politique russe très puissante et riche qui a gagné des millions en volant la Russie aveuglément durant les années 1990, ils seront également soutenus par tous les gouvernements occidentaux et les véritables dirigeants des «États profonds» de l’Empire anglo-sioniste.

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Ensuite, il y a ceux de la blogosphère, présumée pro-russe, qui étaient très heureux toutes ces dernières années de voir la Russie comme une social-démocratie de style occidental avec une économie, disons, très «libérale» – je préfère le mot «capitaliste» ce qui est à la fois plus honnête et moins ambiguë. Ils se sentiront désormais également menacés par ce qui semble être un virage assez dur vers la gauche, ce qui signifie que le Kremlin écoute enfin la volonté du peuple et que le turbo-capitalisme sera désormais progressivement remplacé par une forte augmentation de la solidarité sociale. J’attends avec impatience le yoga mental dans lequel ces gens vont maintenant devoir s’engager pour prétendre soutenir Poutine tout en restant en même temps fidèles à la propagande pour les Intégrationnistes atlantistes.

Comme je l’ai également dit à plusieurs reprises, Poutine est un homme très compétent à la tête d’un très mauvais système, et réformer vraiment un très mauvais système est une tâche extrêmement difficile.

Donc, alors que oui, il est possible que ce qui se passera ensuite soit – enfin ! – une purge de toute la cinquième colonne installée aux échelons supérieurs du pouvoir en Russie, ce n’est en aucun cas un fait accompli et nous devons attendre et voir quel genre de personnes obtiennent réellement leurs postes clés dans le gouvernement russe et, en particulier, dans le «bloc économique».

Nous ne devons jamais oublier à quel point les vrais patriotes russes étaient déçus lorsque, après une victoire triomphale aux élections, Poutine a, pour l’essentiel, reconduit la plupart du gouvernement Medvedev – très impopulaire – la dernière fois. Au lieu d’une purge nous avons eu la vilaine débâcle de la réforme des retraites.

Certains en Russie rêvent déjà d’une véritable purge, à la Staline, des élites politiques au pouvoir. Ils ont même remarqué que le nouveau Premier ministre a une ressemblance plus que minuscule avec Lavrentii Beria, le chef de la police secrète de Staline, voyez par vous-même :

D’accord, oui, il y a une ressemblance, mais les temps ont totalement changé ! Malgré toute la propagande occidentale sur la Russie, qui serait une sorte de «Mordor» autocratique / despotique, la vérité est qu’elle est un pays de droit et que Poutine est un président qui agit strictement dans les limites du droit russe. Il n’y aura pas de purges massives, pas d’arrestations nocturnes, pas d’exécutions secrètes.

Personnellement, je suis prudemment optimiste. Le langage utilisé dans le discours de Poutine porte tous les mots et expressions appropriés, et ses réformes suggérées sont toutes parfaitement sensées. Mais dans le passé, il y avait eu d’autres discours présidentiels avec des objectifs non moins élevés, mais la bureaucratie russe extrêmement puissante – oui, c’est aussi la « cinquième colonne qui n’existe pas » – a fait en sorte que ces objectifs ne soient jamais atteints.

Le nouveau Premier ministre a promis que la liste complète des nominations au nouveau gouvernement serait rendue publique avant le 21. Je suggère que nous attendions d’avoir tous les faits avant de faire des prédictions.

The Saker

Traduit par jj, relu par Kira pour la Saker Francophone

mercredi, 29 janvier 2020

Libyen im Patt: Wer will vom rohstoffreichsten Land Afrikas profitieren?

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Libyen im Patt: Wer will vom rohstoffreichsten Land Afrikas profitieren?

 
Der Berliner Libyen-Gipfel ist vorbei. Einige verbuchen ihn als großartigen Erfolg, andere nur als den Beginn eines langwierigen Prozesses. Wieder andere sehen ihn als unzureichende Darstellung des komplexen Konfliktes in der Region. Wir sprachen mit dem Nah- und Mittelost-Experten Professor Udo Steinbach über die wahren Interessenkonflikte in Libyen.
 
Bildnachweise:
Quelle 1: Das Erste “Anne Will“ vom 19. Januar 2020
Quelle 2: Libyan National Army Information Office
Quelle 3: YouTube // Adeyinka Makinde
Quelle 4: Reuters Pictures Quelle 5: GNA Media
Quelle 6: UNIFEED-UNTV
Quelle 7: Libyan National Oil Corporation Folge
 
"Der Fehlende Part" auf Facebook: https://www.facebook.com/derfehlendep...
Folge Jasmin auf Twitter: https://twitter.com/jasminkosubek
Und sei auch bei Insta mit dabei! : ) https://www.instagram.com/derfehlende...
 

1177 BC: The Year Civilization Collapsed (Eric Cline, PhD)

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1177 BC: The Year Civilization Collapsed (Eric Cline, PhD)

 
 
51yRZ4grMYL._SX325_BO1,204,203,200_.jpgFrom about 1500 BC to 1200 BC, the Mediterranean region played host to a complex cosmopolitan and globalized world-system. It may have been this very internationalism that contributed to the apocalyptic disaster that ended the Bronze Age. When the end came, the civilized and international world of the Mediterranean regions came to a dramatic halt in a vast area stretching from Greece and Italy in the west to Egypt, Canaan, and Mesopotamia in the east. Large empires and small kingdoms collapsed rapidly. With their end came the world’s first recorded Dark Ages. It was not until centuries later that a new cultural renaissance emerged in Greece and the other affected areas, setting the stage for the evolution of Western society as we know it today. Professor Eric H. Cline of The George Washington University will explore why the Bronze Age came to an end and whether the collapse of those ancient civilizations might hold some warnings for our current society.
 
Considered for a Pulitzer Prize for his recent book 1177 BC, Dr. Eric H. Cline is Professor of Classics and Anthropology and the current Director of the Capitol Archaeological Institute at The George Washington University. He is a National Geographic Explorer, a Fulbright scholar, an NEH Public Scholar, and an award-winning teacher and author. He has degrees in archaeology and ancient history from Dartmouth, Yale, and the University of Pennsylvania; in May 2015, he was awarded an honorary doctoral degree (honoris causa) from Muhlenberg College. Dr. Cline is an active field archaeologist with 30 seasons of excavation and survey experience.
 
The views expressed in this video are those of the speaker and do not necessarily reflect the views of the National Capital Area Skeptics.
 

Pour une France des métiers

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Pour une France des métiers

Par Franck BULEUX

Ex: https://metainfos.fr

La contestation qui ne faiblit pas est, si l’on ne tient pas compte de la subversion appuyée par les syndicats révolutionnaires, liée à la préservation de situations particulières, spécifiques, les fameux régimes dits spéciaux. Certaines de ces situations peuvent se révéler certes manifestement abusives, d’autres justifiées ; dans l’ensemble des situations, le temps a produit le souhait de la conservation de ces droits.

On le sent, que nous soyons en phase ou non avec ces revendications spécifiques, la France rejette ce concept d’« universalité » ou d’« universel » qui ne correspond en rien aux identités professionnelles de la France. On peut considérer assez simplement, qu’il existe des travaux plus difficiles physiquement que d’autres, limitant parfois l’espérance de la vie humaine. On peut aussi s’interroger sur le fait qu’un chauffeur de bus de la RATP (les transports franciliens) puisse liquider sa retraite dès 52 ans alors qu’un chauffeur de bus dans les autres régions doive attendre l’âge légal, c’est-à-dire 62 ans.

Oublions un peu ces travers, et essayons de nous placer au niveau macroéconomique. Si les mots ont un sens, les conventions collectives, créées en 1919, permettent de définir, en matière de droit du travail, des règles spécifiques aux branches d’activité, aux métiers. Dans certaines activités, il est utile de travailler le dimanche, dans d’autres, c’est superflu, voire inutile. Pourquoi uniformiser ce qui peut être spécifique ? Pourquoi faire d’une utile exception un principe ? L’égalitarisme est le principe le plus nocif de toute situation car il transforme une volonté d’équilibre (l’égalité) en système sectaire.

Bien sûr, la convention est une norme infra-légale, c’est-à-dire qu’elle ne peut être que plus favorable aux dispositions légales, sauf si la loi l’y autorise, ce qui limite son application mais rappelle la primauté législative. Les conventions collectives permettent d’ajuster l’application des lois selon le contexte et de prendre en compte la spécificité de chaque métier.

Or, ces conventions collectives, signées par les représentants syndicaux représentatifs des salariés et des employeurs, doivent être le socle de toute réforme de notre système économique.

La faiblesse syndicale (le taux des salariés syndiqués ne dépasse pas 8 % et encore les salariés de droit public font monter ce chiffre…) nous fait comprendre qu’il est temps de prendre en compte les besoins des métiers et non des permanents syndicaux. La confédération syndicale est une aberration, regroupant de facto des fédérations dont les revendications sont, par essence, diverses, voire opposées. La confédération n’est qu’un regroupement d’intérêts, seule la fédération a un sens.

Lors d’un colloque voici quatre ans, j’avais déjà donné mon avis sur l’élargissement des membres des conventions collectives, notamment auprès des retraités issus des métiers.

On parlera de corporatisme comme une horresco referens mais il s’agit de jouer sur les mots : une convention collective est une forme de corps social, donc de corporatisme. Le problème n’est pas le nom de l’institution mais la portée de ses pouvoirs et la désignation de ses membres, c’est-à-dire le choix de la représentativité réelle.

La peur du syndicalisme bloque souvent l’employeur, alors qu’il est question d’intérêts communs permettant de développer une entreprise, forme de structure alliant capital et travail. Il n’est pas insensé, effectivement, de rappeler que les pratiques des syndicats révolutionnaires ont beaucoup fait pour développer la peur du syndicalisme.

La France des métiers doit devenir une réalité : il n’y a, nulle part, d’universalité sinon pourquoi certaines conventions prévoient 10 semaines de congés par an et 15 mois de salaire par an ?

La révolution sociale appelle à une forme de conseil des métiers (à quoi sert le Conseil économique, social et environnemental ?) qui permettrait de réguler les conventions collectives. Le travail est probablement une des valeurs essentielles de notre civilisation, il serait temps de la valoriser.

Le simple terme « travail » est aujourd’hui déconsidéré : les jeunes cherchent un « job » tout en espérant, comme ils disent, une « année de césure » (terme très à la mode signifiant une année où on ne fait… rien !), les seniors espèrent un « boulot » en attendant la fin de l’activité et la retraite. Bref, nous ne sommes pas loin du tripalium, objet de torture qui a donné le mot… travail.

Le travail n’est ni un châtiment divin, ni l’exploitation d’un groupe social sur un autre, l’expression conjuguée du chistianno-marxisme n’exprime en rien la réalisation de l’individu par le travail, salarié ou non.

Au-delà du statut des individus, le métier doit être reconnu au sein de chaque convention, employeurs, salariés et retraités doivent trouver leur place symbolisant l’activité.

Renouer, aussi, avec l’apprentissage, véritable passage vers le métier, qui permettrait à de nombreux jeunes de s’épanouir au sens d’un atelier ou un bureau plutôt que dans des endroits où la haine de la France est répétée en boucle et mise en application en moins de temps qu’il n’en faut que pour former un artisan…

On comprendra qu’il faudra (pas de verbe au conditionnel mais au futur) restaurer le Premier mai, fête du Travail et non des syndicats révolutionnaires (les syndicats réformistes ne défilent même plus ou alors en régions pour éviter de se compter dans la capitale). On comprendra aussi qu’il est temps de restaurer la valeur travail… Ah bien sûr, elle n’est pas au fronton de nos établissements publics.

Il serait probablement le temps de l’ajouter : pas de liberté sans travail, l’égalité de toutes et de tous par le travail et la fraternité au cœur du travail.

La guerre du droit n’aura pas lieu

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La guerre du droit n’aura pas lieu

par Valérie Bugault 
Ex: http://www.zejournal.mobi

À l’heure où certains commencent en France à se lever face aux risques de « sanctions » que les lois extraterritoriales américaines font peser sur les entreprises « françaises », il faut être bien clair sur les sous-jacents de cette dérisoire rébellion.

Cette « guerre du droit » qui émerge, tardivement, dans la conscience collective française n’aura pas lieu. En effet, depuis la décennie des années 1990, tout est, en France, mis en œuvre pour « anglo-saxonniser » le droit, c’est-à-dire pour faire disparaître tous les fondamentaux juridiques du droit continental traditionnel. Le Code civil, jusqu’alors qualifié de « droit commun » est, depuis cette époque, en voie de « modernisation » afin de le fusionner avec les principes commerçants, jusqu’alors et depuis l’avènement du Code de commerce de 1807, qualifiés de « dérogatoires ».

vblivre.jpgAinsi, depuis les années 90, les « milieux autorisés » (universitaires, juridiques et politiques, tous metteurs en scènes des volontés économiques hégémoniques) sont partis en guerre contre le droit civil français afin de l’accommoder à la sauce anglo-américaine globaliste ; il s’agit, ni plus ni moins que de transformer les principes du droit civil en principes commercialistes. Il serait fastidieux d’énumérer toutes les « modifications-modernisations-simplifications » qui ont eu lieu depuis lors et qui concernent toutes les branches du droit (droit de la famille et des personnes, tant patrimonial que biologique, droit contractuel, droit des biens, droit des sociétés…), toutes ont pour point commun d’être motivées par la domination et l’accaparement des principaux propriétaires de capitaux. Plus précisément il s’agit, pour les dominants monétaro-économiques, de valider juridiquement – par le « droit » donc – leur accaparement définitif sur tous les biens tangibles alors que les valeurs financières immatérielles sont condamnées – par ceux-là mêmes qui les ont créées – à une très prochaine disparition.

La domination économique des principaux propriétaires de capitaux se transforme dès lors en domination juridique. Parmi la multitude d’application de ce phénomène, citons la transformation du « droit de propriété » en « droit de propriété économique », laquelle connaît actuellement un nouveau développement avec le projet de redéfinition du droit de propriété foncier. Nous pourrions également citer la mise en œuvre, en droit français des sociétés, de la théorie de l’Agence…

Ayant déjà longuement écrit sur la question, je ne reviendrai pas ici sur ce qu’il faut entendre par « droit anglo-saxon », rappelons simplement que le prétendu « droit » d’origine anglaise n’est que la mise en forme règlementaire de la domination des puissants sur les faibles et qu’il n’a en conséquence rien – strictement rien – à voir avec le concept juridique de « droit » tel que traditionnellement compris en France.

La France était encore, jusqu’à il y a peu, la flamboyante porte-voix du droit continental, lequel est en retour sa raison d’être, rappelons par exemple :

  • que la Chine désigne la France par un idéogramme signifiant « pays de la loi »,
  • que le Code civil a été le plus grand succès français à l’exportation.

Or c’est précisément le droit continental, dont la France a été l’interprète accomplie, qui est à l’origine de la « civilisation européenne ». Le « droit » anglais, qui s’est, à partir de 1531, développé en toute autonomie, n’a été qu’une coquille formelle dépourvue de sens civilisationnel ; ce droit anglais n’a jamais eu pour objectif de porter et développer les principes d’intégrité et de justice mais au contraire de développer l’emprise des puissances, devenues financières, sur la Société, c’est-à-dire sur les populations. Le « droit anglais » est en lui-même, depuis le XVIème siècle, porteur du concept juridique « d’esclavagisme ».

La France n’existe, c’est-à-dire n’a de justification politique historique, que dans sa vocation à développer le « droit » au sens civilisationnel que ce terme comporte. Or, depuis l’avènement en France :

  • du parlementarisme dit représentatif (Révolution Française),
  • de la Banque centrale (1800),
  • du virage compradore de ses élites financières au début des années 1920,
  • de l’éviction par ses mêmes élites de De Gaulle (1969),
  • du virage compradore des « élites » politiques post-De Gaulle,

vbl3.jpgla France a d’elle-même consciencieusement renoncé à ses fondamentaux historique, c’est-à-dire qu’elle a volontairement renoncé à exister. Il ne faut donc pas s’étonner aujourd’hui de la volonté, ferme et définitive, des différents « gouverne-e-ment » français de faire disparaître l’entité politique française, en tant qu’État-nation, en la scindant et en la fusionnant dans le magma – dont la vocation est ab initio fédéraliste et globaliste – appelé « Union Européenne ». Cette Union Européenne n’est rien d’autre qu’une imposture institutionnelle chargée de valider politiquement la domination irrémédiable des puissances d’argent sur les populations. Elle est le premier pas institutionnel vers le Gouvernement Mondial. D’autres pas institutionnels existent, comme celui vers la création d’une monnaie mondiale dématérialisée contrôlée par les banquiers et leurs affidés…

L'auteur, Valérie Bugault, est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique.

mardi, 28 janvier 2020

Allemagne : l’affaire Sarrazin

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Allemagne : l’affaire Sarrazin

La SPD et la liberté d’expression : Thilo Sarrazin est exclu du parti !

ths-b2.pngBerlin : Nous assistons à un nouvel épisode d’une tragicomédie qui a commencé déjà il y a quelques années. La SPD socialiste de Berlin vient d’exclure officiellement son ancien « Finanzsenator » Thilo Sarrazin, 74 ans. On se souvient que Thilo Sarrazin, écrivain en vue depuis la parution de son livre de 2010 « Deutschland schafft sich ab » (littéralement : « LAllemagne se déconstruit et s’autodétruit »), émettait des thèses non conformistes, parfois critiques à l’endroit de l’islam, ce qui le plaçait derechef sous la menace d’une exclusion. La goutte qui a fait déborder le vase fut une visite remarquée lors d’une manifestation de la FPÖ autrichienne dans le cadre de la campagne électorale pour les élections européennes.

Cependant, Sarrazin n’a pas été averti par son parti de la procédure d’exclusion en cours. « Si la nouvelle s’avère exacte, je mettrai en œuvre les procédure légale contre la décision de la cours d’arbitrage du Land de la SPD berlinoise », a déclaré Sarrazin.  « Je m’adresserai au niveau féd éral de cette cours d’arbitrage et j’ai d’ores et déjà mandat mon avocat pour ce faire ». Jeudi après-midi, 23 janvier 2020, tout était encore dans le flou quant à savoir si la décision de la SPD berlinoise était déjà entrée en vigueur ou non.

Politicien en vue de la SPD, Ralf Stegner, naguère membre du Bureau politique du parti, a salué la décision et a tenu des propos aigres : « Il est bon que nous ne devions plus nous justifier pour les éructations idiotes, abruptes et droitistes tenues par Sarrazin sur les réfugiés, sur l’islam et sur d’autres sujets tout aussi dépourvus de bon goût ! La décision était inévitable car la SPD s’est toujours engagée et s’engagera toujours pour la liberté, la justice et la solidarité » écrivait-il dans un « Tweet ».

Sarrazin, qui vient d’être jeté hors de la SPD, devait s’y attendre car, en mars 2019, il avait pris la parole à une soirée de débat organisée par la Fereiheitliche Akademie à Vienne, institu inféodé à la FPÖ. Y participaient également l’ancien vice-chancelier Heinz-Christian Strache, le conseiller de Vienne Maximilian Krauss (FPÖ) et le secrétaire-général du parti autrichien, aujourd’hui retiré de la politique, Harald Vilimsky.

En présentant son livre, Sarrazin avait expliqué que l’islam “était un ordre politique qui entravait la liberté d’expression et la démocratie ». Ces thèses critiques sont les siennes depuis des années et suscitent bien des débats animés. Depuis longtemps, au sein de la SPD, des voix réclamaient son exclusion (ts).

Article paru sur https://www.zuerst.de

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Sarrazin : la SPD berlinoise l’exclut, la FPÖ autrichienne l’invite à la rejoindre !

Berlin/Vienne : En excluant Thilo Sarrazin, la SPD socialiste allemande à gagner une étape dans la lutte. Dans une procédure d’appel, la commission de la cours d’arbitrage socialiste de Berlin a décidé que le parti pouvait exclure Sarrazin.

Les avocats de Sarrazin avaient annoncé qu’ils se pourvoiraient contre cette décision et porteraient l’affaire devant la commission d’arbitrage fédérale du parti. Sarrazin lui-même avait fait savoir qu’il poursuivrait son combat jusqu’au tribunal constitutionnel allemand, afin de rendre son exclusion nulle et non avenue. Bon nombre d’observateurs estiment qu’une telle procédure prendrait des années. Jusqu4à ce qu’une décision finale ne tombe, il restarait alors membre de la SPD.

Sarrazin rejette le jugement prononcé par la cours d’arbitrage berlinoise de la SPD. Devant les micros de l’ARD berlinoise, il a déclaré que dans la procédure d’appel, aucun compte n’avait été tenu de ses arguments. « Manifestement, le jugement avait été écrit d’avance », a-t-il dit. Il a rejeté le reproche qui lui a été fait d’énoncer des arguments de nature « raciste » dans ses assertions relatives aux musulmans. A propos de son livre « Feindliche Übernahme », il a dit qu’il « s’agissait d’un ouvrage scientifiques, qui n’injurie personne, qui demeure entièrement neutre dans sa formulation, bien qu’il présentât des faits peu agréables à entendre ».

52949076z.jpgEntretemps, la FPÖ viennoise a proposé à Sarrazin de lui accorder le titre de membre d’honneur. « Thilo Sarrazin a abordé dans ses ouvrages des problèmes importants en rapport avec l’islamisation de l’Europe et son corollaire, la perte de l’identité mitteleuropéenne », écrit la chef de la section viennoise de la FPÖ Dominik Nepp sur sa page Facebook, pour justifier la proposition de son parti. « C’est pour ces raisons qu’il est réprouvé et rejeté par de vastes segments de l’établissement de gauche. Pour ma part, il sera toujours cordialement le bienvenu à Vienne » (se).  

Article paru sur https://www.zuerst.de

 

Subversion - Ingénierie sociale négative

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Subversion - Ingénierie sociale négative

 
Cet audio traite des différentes techniques de subversion et de manipulation des peuples mises en place par nos pseudo-élites pour se maintenir au pouvoir ou désorganiser une société ennemie.
 
 
Bibliographie :
-Sun Tzu, L'art de la guerre
-Les 36 Stratagèmes, Manuel secret de l'art de la guerre
-De La Boétie E., Discours de la servitude volontaire
-Machiavel, Le Prince
-Bernays E., Propaganda
-De Marenches A., Dans le secret des princes
-Delaunay J., La foudre et le cancer
-Le Bon G., Psychologie des foules
-Della Luna M. et Cioni P., Neuro-Esclaves
-Cerise L., Neuro-Pirates
-Ewen S., La société de l'indécence
-Debord G., La société du spectacle
-Wiener N., Cybernétique et société
-Trinquier R., La guerre moderne
-Tiqqun, Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille
-Lenoble P-Y., Diablerie de foule.
 
Vidéo de Y. Bezmenov sur la subversion : https://www.youtube.com/watch?v=xA2bA...
 

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La coopération stratégique entre la Russie et le Japon se précise

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La coopération stratégique entre la Russie et le Japon se précise

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Il est généralement admis que le Japon est un fidèle auxiliaire de Washington dans sa lutte contre Moscou et Pékin. Il est très proche des Etats-Unis dans le domaine technologique et commerciale. Il ne paraît pas prêt à compromettre ces rapports.

De plus, sa proximité géographique avec la Russie et la Chine est généralement considérée à Tokyo comme une faiblesse. On compte sur la Flotte américaine du Pacifique pour aider éventuellement à la protection des côtes.

Cependant, durant un débat au Parlement le 22 janvier 2020, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a indiqué que les relations de coopération entre la Russie et le Japon avaient pris une importance encore jamais vue. Il a fait allusion à des projets économiques conjoints dans les Iles Kouriles méridionales, jusqu'à présent des territoires revendiqués respectivement par chacun des Etats. En novembre 2018, Vladimir Poutine et Shinzo Abe avaient annoncé qu'ils travaillaient ensemble à la définition d'un traité de paix à ce sujet.

Par ailleurs, les 20 et 21 janvier 2020, des manœuvres aéro-navales communes ont été organisées entre la Flotte Russe de la Baltique et la force japonaise d'auto-défense (Japanese Maritime Self-Defence Fleet) en Mer d'Arabie, visant à réprimer les activités de piratages très nombreuses dans ces eaux.

Dans le même temps, le 21 janvier, l'ambassadeur russe en Corée du Nord a discuté des possibilités de coopération avec les autorités de ce pays dans le domaine de l'aviation civile et de la dénucléarisation. Ceci a été bien accueilli au Japon qui redoute de voir la Corée du Nord se doter de nouveaux armements dont le Japon aurait pu être la première cible. Ultérieurement, le Japon pourrait participer activement au grand projet de coopération ferroviaire et commerciale associant la Corée du Sud, la Corée du Nord, la Russie, la Chine et la Mongolie dans le cadre du programme initialisé par le Chine dit des Nouvelles Routes de la Soie.

Il ne s'agit pas encore d'un traité de coopération formelle entre le Japon et la Russie. Mais avec le rejet de plus en plus marqué des Etats-Unis dans la région, ce Traité pourrait être recherché activement par Tokyo.

How Doggerland Sank Beneath The Waves (500,000-4000 BC)

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How Doggerland Sank Beneath The Waves (500,000-4000 BC)

Prehistoric Europe Documentary

 
 
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lundi, 27 janvier 2020

Radicalisation : mot piégé

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Radicalisation : mot piégé

par François-Bernard Huyghe

Ex: http://www.huyghe.fr

Article publié sur < ahref= https://www.marianne.net/debattons/les-mediologues >Marianne

Les médiologues

La récente libération d’un jihadiste parti en Syrie dès 2012, puis d’un islamiste, chef de Forzane Aliza, leur peine purgée, rappelle que, dans un État de droit, même les gens qui le combattent, finissent en liberté. Et, comme d’autres jihadistes relâchés avant eux, ils sembleraient avoir gardé leurs convictions. Cela n’étonnera que ceux qui pensent que l’institution pénitentiaire peut sauver les âmes ou ramener les égarés.

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La formule rituelle est : « ils ne se sont pas déradicalisés ». Cette terminologie devenue quasi officielle suggère un mécanisme psychique, peut-être réversible. Cela donna d’ailleurs lieu à un business de la déradicalisation maintenant plus contesté.

Étymologiquement, la radicalité est le fait de retourner aux racines de sa foi. Un salafiste, par définition littéraliste et fondamentaliste, ne devrait pas se sentir offensé par le mot. Mais le problème est le suffixe : « ation » qui suppose une action subie. D’autant que les médias parlent parallèlement de radicalisation du débat d’idées (dérivant trop à droite ou à gauche), de radicalisation du mouvement social qui se durcit ou de gilets jaunes radicalisés, ceux qui imiteraient les black blocs dans les manifestations. Initialement « normal », on pourrait donc se radicaliser, voire se déradicaliser.

Cette phraséologie entretient trois ambiguïtés :

- Le flou sur la différence entre une idée et un acte. Entre mauvaises pensée et actions brutales, contamination et brutalisaton. Selon F. Khosrokavar auteur de Radicalisation, ce serait le « processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d'action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l'ordre établi...». Cela suppose que le sujet soit sous influence ; la captation par l’idée pousse-au-crime pourrait se détecter, voire se corriger. L’idéologie est ce qui s’attrape (ou qui vous attrape) et change vos codes pour faire obéir et haïr. Le mystère de la violence ainsi renvoyé à l’énigme de la croyance - du moins celle qui est contraire à nos valeurs - soulève un paradoxe. Les radicalisés nous considèrent nous, les « normaux », comme les endoctrinés qui agressons. Et toute lutte idéologique suppose de proclamer que l’adversaire est un fanatique destructeur.

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- La frontière se confond entre une croyance et une volonté. Les jihadistes sont hyperdogmatiques et, même si nous ne cessons de leur répéter que « ce n’est pas le vrai islam », ils ne font rien qu’ils ne justifient par une sourate ou un hadith. Le principe de soumission au commandement divin - qui les conduit à refuser toute démocratie, Dieu devant commander et non le peuple - suppose le projet de vivre leur foi dans une communauté pure. Donc de combattre tout ce qui s’oppose au triomphe de l’Oumma. Donc l’obligation de la lutte. L’horrible cohérence du raisonnement rend douteuse la comparaison avec les gens qui tombent dans la drogue, l’alcoolisme ou la délinquance.

- La tension entre une passion et un dogme. On a beaucoup débattu (Roy vs Keppel) si un désir de radicalité cherchait prétexte ou direction dans le jihadisme ou l’inverse. Ou bien une force,- certes liée à des facteurs économiques, sociologiques ou culturels -, comme un désir de mort, trouve à se décharger dans l’engagement islamiste (mais pourquoi sous cette forme là ?). Ou bien une idéologie éveille les pulsions les plus guerrières (mais pourquoi avec une pareille efficacité rhétorique ?). Tout au long de l’Histoire les idées qui voulaient changer le monde ont rencontré des colères qui mobilisaient des gens. Entre les deux, des communautés, des groupes organisés, des outils pour convaincre et rassembler. C’est, d’ailleurs, ce dont s’occupe souvent la médiologie.

La notion de radicalisation réduit les rapports entre violence, révolte, soumission et idéologie à une dérive psychologique, crise ou anomalie sociale.

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Outre qu’elle n’explique guère, elle nie deux dimensions du jihadisme. Fait religieux, il suppose une communauté qui se rassemble par le haut. Fait politique, il implique une instance qui se proclame notre ennemie et nous traite comme tels. Là où nous pensons dysfonctionnements et thérapie, ils pensent affrontement final et jugement des âmes. Nier que l’autre pense n’a jamais aidé à le vaincre.
 

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Die Konstanten Ernst von Salomons

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Markus Klein:

Die Konstanten Ernst von Salomons

Ex: https://www.wir-selbst.com

Kadett, Freikorpskämpfer, Nationalist, Friedenskämpfer und Schriftsteller

Es gibt wenige Personen in der deutschen Geschichte des 20. Jahrhunderts‚ die während ihres gesamten Lebens solch unterschiedlichen und wechselhaften Beurteilungen von sämtlichen Seiten und Parteiungen unterworfen waren‚ wie Ernst von Salomon‚ der doch immer explizit für sich in Anspruch nahm‚ als „Deutscher“ zu handeln und zu schreiben. Die Spannweite der Urteile über ihn reicht von „literarisch hochbegabter Chronist‚ ein Verschwörer aus Veranlagung‚ ein moderner Landsknecht aus Neigung“ über „preußischer Rebell“ und „Edelfaschist“ bis zu „die begabteste und für die Geschichte des Jahrhunderts zwischen 1920 und 1930 vielleicht wesentlichste Erscheinung“. Damit sind noch längst nicht alle Urteile erfaßt.

Ohne daß vorab geklärt wurde‚ ob er denn überhaupt ein „politischer“ Mensch war‚ scheiden und schieden sich an ihm die Geister‚ entzündeten sich an seiner Person und seinen Handlungen und Stellungnahmen scharfe Konflikte bis hin zur Polarisation‚ und das selbst innerhalb nach außen homogen erscheinenden politischen Parteiungen. Mit wechselnden Vorzeichen‚ jedoch ununterbrochen‚ berief sich die eine oder andere Seite auf ihn als Kronzeugen‚ als Mitstreiter‚ oder verdammte ihn und seine Handlungen als „Opportunismus“‚ „Katzenjammer“‚ „Romantik“‚ „Naivität“‚ „Unverbesserlichkeit“‚ „Nihilismus“‚ „Verharmlosung“‚ „Kommunismus“ oder „Nationalsozialismus“. Die einen erklären ihn zum „German enemy of Germany“‚ andere gestehen ihm „Läuterung“ zu‚ mal bezeichnet man ihn als Wegbereiter des Dritten Reiches‚ und dann widmen ihm ehemalige Lagerinsassen von Buchenwald einen dankbaren Nachruf. Anscheinend nirgendwo auf Dauer hingehörend – zumal politisch –‚ aber immer Stellung beziehend‚ scheint sein Leben‚ das die ersten siebzig Jahre des 20. Jahrhunderts begleitet hat‚ unbegreiflich‚ wechselhaft‚ standortlos. Und dennoch: niemals scheint seine Person uninteressant‚ belang- oder wertlos‚ niemals wurde sie von allen Seiten zugleich ignoriert. Immer stritt man sich über ihn und mit ihm‚ verdammte ihn oder erklärte ihn gar für gefährlich; und durchgehend nahm er für sich in Anspruch‚ als Deutscher zu sprechen und zu handeln. Das scheint die einzige Konstante seines Lebens zu sein.

51CsGiF4ziL._SX322_BO1,204,203,200_.jpgErnst von Salomon ist in Deutschland erstmals unrühmlich bekannt geworden durch seine Teilnahme am Attentat auf den damaligen Reichsaußenminister Walther Rathenau im Sommer 1922. Nach Verbüßung seiner Zuchthausstrafe trat er für eine große Öffentlichkeit erneut in Erscheinung‚ als er im Januar 1930 bei Ernst Rowohlt sein literarisches Erstlingswerk „Die Geächteten“ veröffentlichte. Dieses stark autobiographisch geprägte Buch hatte im wesentlichen eben diesen Mord an Walther Rathenau zum Inhalt‚ durch den Ernst von Salomon als Figur der damaligen unmittelbaren Zeitgeschichte überhaupt interessant geworden war. Fortan galt er neben Ernst Jünger‚ Franz Schauwecker‚ Albrecht Erich Günther‚ Ernst Niekisch und Friedrich Hielscher als eine der Hauptfiguren des in der Literatur und der Publizistik jener Jahre vor dem Ende der Weimarer Republik wuchernden „Neuen Nationalismus“‚ wie sie selbst sich nannten. In dieser Zeit blühten in der geistigen Szene der Republik die literarischen Wortmeldungen der heute sogenannten „Konservativen Revolution“. In allen Veröffentlichungen zu diesem für die Geschichte und das Scheitern der Weimarer Republik so wichtigen Thema taucht immer wieder der Name Ernst von Salomons auf‚ ohne daß indes weiter auf ihn eingegangen wird. Nach der Katastrophe des Zweiten Weltkrieges sollte er sich erneut durch einen in der damaligen politischen Lage der Deutschen hochbrisanten Bestseller bemerkbar machen‚ der zum ersten Buchverkaufserfolg der neu entstandenen Republik wurde: „Der Fragebogen“. Die als Folge dieser Veröffentlichung aufeinanderprallenden Meinungen ließen erahnen‚ inwieweit Ernst von Salomon abermals mit seiner „Provokation“ in ein politisches Wespennest gestochen hatte. In weiten Kreisen der publizistischen Öffentlichkeit galt er nun als unverantwortlicher „Weißwäscher“ des Dritten Reiches‚ seiner Vorgeschichte und seiner Greuel. Zumal seine bitterböse Polemik gegen die amerikanische Besatzungsmacht polarisierte seine Leser. Und ein weiteres Mal in seinem Leben sollte er mit großer Resonanz in der Öffentlichkeit erscheinen. Ende der fünfziger und Anfang der sechziger Jahre engagierte sich der bis dahin als einschlägiger Propagandist des Soldatentums und des deutschen Nationalismus bekannt gewordene Ernst von Salomon publikumswirksam gegen die Wiederbewaffnung und die atomare Rüstung‚ nahm demonstrativ an den entstehenden Ostermärschen teil und ergriff Partei für als „kommunistisch“ bekannte oder benannte Organisationen und Parteien. Erstaunt und befremdet nahm die bundesdeutsche Öffentlichkeit zur Kenntnis‚ daß er einen Bogen vom „Rechts“-extremisten zum „Links“-extremisten geschlagen zu haben schien. Darin unterschied er sich eindeutig von den Verhaltensmustern der ansonsten als ehemalige „Nationalrevolutionäre“ bekannten Personen wie beispielsweise Ernst Jünger. Umgekehrt wiederum ist er in seinem Hausverlag‚ in dem die weitaus meisten Wortführer jener frühen Friedensbewegung zu Worte kamen‚ posthum wegen seiner nationalistischen Vergangenheit zur persona non grata erklärt worden. Das Andenken an ihn besteht dort ledglich in der Weitervermarktung seiner auflagenstärksten Bücher.

So scheint das Leben Ernst von Salomons durch einen Bruch gekennzeichnet‚ der ihn von allen anderen ehemaligen Vertretern der „Konservativen Revolution“ abhebt. Das allein sollte schon Anlaß genug sein‚ seiner Vita und den Bedingungen solcher Paradigmenwechsel nachzuspüren. Sofern man der „Konservativen Revolution“ und ihren Vertretern eine Relevanz in der deutschen Zeitgeschichte beimißt – was aufgrund der anscheinenden geistigen Verwandtschaft mit dem Nationalsozialismus naheliegt –‚ muß sich die Beschäftigung mit Ernst von Salomon als Subjekt solcher Forschungen geradezu aufdrängen. Über die anderen Vertreter dieses Forschungsthemas hinaus weist Ernst von Salomon neben dem obigen „Frontenwechsel“ noch ein besonderes Phänomen auf: er war vor seiner literarischen Laufbahn zunächst als Täter in Erscheinung getreten. Das wiederum sichert ihm eine herausragende Position innerhalb der „Konservativen Revolution“‚ die sich ansonsten primär im Literarischen abgespielt hat. Als Ansatz zur Aufhellung des Phänomens der „Konservativen Revolution“ ist seine Person somit vor jeder anderen geeignet.

Geschichte ist letzten Endes von Personen geprägt. Was immer die treibende Kraft der Geschichte sein mag‚ Utopie‚ Gewalt oder Mythos‚ was immer als Anlaß dahinterstehen mag‚ soziale‚ wirtschaftliche oder politische Konstanten der jeweiligen Gesellschaften‚ handeln tun Personen‚ und sei es auch kollektiv. Theodor Lessing hat deshalb wohl recht‚ wenn er bemerkt‚ daß die Biographie „nicht nur die lauteste‚ sondern auch die aufschlußreichste Quelle von Geschichte zu sein“ scheint. Über die Biographien der einzelnen Personen‚ ihre geistigen Hintergründe‚ Handlungen und Wirklungen auf ihre Umwelt‚ lassen sich Steinchen zu einem Gesamtbild der Geschichte zusammentragen. Für die Frage‚ wie und warum unsere deutsche Geschichte im 20. Jahrhundert so verlaufen ist‚ wie sie sich uns heute präsentiert‚ ist eine Beschäftigung mit Personen vom Range eines Ernst von Salomon unerläßlich. Sie haben aktiv und passiv in das Geschehen in jenem Jahrhundert direkt und indirekt eingegriffen und somit die deutsche Geschichte mitgeprägt. Ernst von Salomon hat darüberhinaus ein stark autobiographisch gepägtes Schrifttum hinterlassen‚ das nach wie vor zu entschiedensten Stellungnahmen herausfordert. Eine Auseinandersetzung mit seinem literarischen Erbe bedeutet gleichzeitig immer auch eine Auseinandersetzung mit der Geschichte und dem heutigen geistigen und politischen Gesicht Deutschlands. Andererseits prägt seine Hinterlassenschaft paradoxerweise auf französischer Seite gerade bei den dortigen Publizisten und Intellektuellen ein als positiv wahrgenommenes Bild von Deutschland und den Deutschen. Dieses Bild entspricht in keinster Weise den heutigen Gegebenheiten in Deutschland und wird umgekehrt von den Deutschen selbst als Schreckbild für unsere europäischen Nachbarn eingeschätzt. So stellt sich die Frage‚ wer dieser Ernst von Salomon war‚ woher und von wem seine weltanschaulichen und politischen Prägungen stammten‚ was er warum gewollt und unternommen hat‚ und was die Bedingungen waren‚ die seine „Konversionen“ herbeiführten – wenn es denn welche waren. Vielleicht nämlich war es ja auch nicht die Person von Salomon‚ deren Grundmuster sich änderten‚ sondern der politische Bedingungsrahmen nebst seinen Bewertungsmaßstäben‚ in dem die Deutschen fundamentale Wechsel zu vollziehen hatten.

515QHaZTS1L._SX306_BO1,204,203,200_.jpgDie Frage nach den Konstanten im Denken und Handeln Ernst von Salomons, aus denen sich eventuell eine politische Zuordnung ableiten ließe, die sein ganzes Leben erfaßt, läßt sich wohl nur dann beantworten, wenn man systematisch sein politisches Weltbild zusammenträgt. Dies soll hier geschehen.

Staat und Bürgerkrieg

Der Staat war in Ernst von Salomons Vorstellung zunächst einmal der Gegenbegriff zum Bürgerkrieg. Dies war ein Rückgriff auf den Staatsbegriff der frühen Neuzeit, als die entstehenden Staaten zu Instrumenten der Überwindung der konfessionellen Bürgerkriege wurden. Damit einher ging der zugehörige Begriff der Souveränität, wie er auch von Ernst von Salomon in Anspruch genommen wurde. Die Idee von der Souveränität des Staates verstand er in dem Sinne, den Thomas Hobbes ihr gegeben hatte: die von Natur aus ungeselligen Menschen werden erst durch die Macht des souveränen Staates zusammengezwungen und somit dem Staatszweck dienbar gemacht. Zur Souveränität in diesem Staatsverständnis gehörte ebenso, daß der Staat auf der einen Seite frei von universalistischen Interessen, andererseits frei von allen partikulären Interessen sei, die sich auf gesellschaftlicher Ebene finden. Das bedeutete zum einen, daß keine auf Utopien oder Geschichtsphilosophien gründende Ideologie zur Legitimationsgrundlage des Staates werden durfte, zum anderen, daß Staat und Gesellschaft keinesfalls miteinander zur Deckung kommen durften. Jeder Einfluß universalistischer oder partikulärer Interessen auf den Staat bedeutete nach diesem Staatsverständnis eine Negation der Souveränität. Durch eine solche Negation wiederum würde der Staat seine Funktion und seinen Sinn verlieren. So erklärt sich Ernst von Salomons grundsätzliche Ablehnung der pluralistischen Republik mit ihren Parteiungen und Einflußgruppen. Ein Staat unter dem bestimmenden Zugriff einer Partei war nach diesem Verständnis die Aufhebung des Staates selbst zurück zum Bürgerkrieg. Der Bürgerkrieg nach diesen Kategorien mußte nicht unbedingt offene Formen von Straßenschlachten oder ähnliches annehmen. Seine Existenz bewies sich bei solchem Staatsverständnis schon wesentlich sublimer: durch Identifizierung des Gegners mit dem Verbrecher, durch gleichzeitige Behauptung und Verneinung von Rechtsordnungen durch verschiedene Parteien, und durch exklusive Ideologiesierung des politischen Wettstreites.

Dieses Staatsverständnis findet sich bei Ernst von Salomons durch seine gesamte Vita. Es war in weiterem Sinne die staatstragende Grundlage des „Vernunftsstaates“ Preußen gewesen, wie er seit der napoleonischen Besatzungszeit, spätestens aber seit der Reichsgründung nicht mehr bestand. Überlebt hatte diese Vorstellung indes in einigen preußischen Adelsfamilien, deren ganze Daseinsberechtigung in der stillschweigenden Voraussetzung bestand, daß eben ein solcher Staat weiterbestände. Überlebt hatte dieses Bild vom Staat indes auch in den preußischen Kadettenanstalten und dem aus ihm hervorgegangenen Offizierskorps. Hier wurde ein anachronistisches Staatsbild in einer anachronistischen Institution weitergelebt und weitergegeben, für das es im Deutschen Reich keine Entsprechung mehr gab. So wurde Ernst von Salomon auf dieses Staatsbild hin geprägt. Es beeinflußte sein negatives Bild von der sich im Pluralismus auflösenden Weimarer Republik wie es seine Ablehnung des nationalsozialistischen Reiches prägte, in dem er vordergründig dessen Charakter als ideologische Bürgerkriegspartei erkannte. Und die aus diesem Verständnis sich ergebene Souveränität war es auch, die Ernst von Salomon nach dem Zweiten Weltkrieg für die Deutschen forderte, die er erneut, und diesmal sogar noch faktisch, ideologisch getrennt sah. Sein Rekurs auf sein idealistische Preußenbild zu jener Zeit bedeutete nichts anderes, als die Forderung nach einem deutschen Staat, der solch tiefgreifende Parteien kraft seiner Souveränität in sich aufzulösen vermöchte. Solange das nicht geschehen war, konnte für Ernst von Salomon auch keiner der deutschen Teilstaaten mit Recht die Qualität eines Staates für sich beanspruchen.

md30031759834.jpgAndererseits bedingte dieses Staatsverständnis aber auch zum Teil zumindest seinen aktivistischen Widerstand gegen die Weimarer Republik mit. Aus der dem Staat zugedachten Funktion heraus glaubte Ernst von Salomon, daß es für ihn auch eine „Pflicht zum Staate“ gäbe, d.h. daß er durch seinen Kampf gegen die Republik, der er ihr Staatssein in diesem Sinne absprach, eben die Vorraussetzungen schaffen würde, erneut einen Staat zu begründen. Hierbei taucht eine in seiner vita immer wiederkehrende Widersprüchlichkeit auf, die nur dadurch zu erklären scheint, daß Ernst von Salomon damals noch nicht begriffen hatte, daß dieser preußische souveräne Staat längst nicht mehr bestand, daß er auch nicht erst mit der Gründung der Republik verschwunden war, sondern weit vorher schon. Als seine Erziehung abgeschlossen war und er Kenntnis von politischen Erscheinungen nahm, war unglücklicherweise just jener Augenblick, in dem nach vierjähriger Kriegswirtschaft die Republik ausgerufen wurde. So machte er die Staatsform der Republik für etwas verantwortlich, was schon seit Jahrzehnten vorhanden war, und so kam er nicht auf den Gedanken, daß er selbst ein Relikt mit anachronistischem Staatsverständnis darstellt.

Armee und Krieg

Das Staatsverständnis, das Ernst von Salomon in den Kadettenanstalten vermittelt bekommen hatte, bedingte zwangsläufig auch sein anachronistisches Bild vom Charakter des Krieges. Der Staat als Gegenbegriff zum Bürgerkrieg hatte nicht nur das Recht zur Gewaltanwendung im Inneren bei sich monopolisiert, sondern vor allem auch das zum Krieg nach außen. Daraus war der Kriegsbegriff des gehegten europäischen Staatenkrieges entstanden. Diesem Kriegsbegriff entsprach das Verständnis von der Rolle der Armee. Die Armee konnte nach diesem Staatsverständnis allein Repräsentantin des souveränen Staates sein, wie auch der Staat sich in seiner Armee spiegelte. So erklärt sich seine trügerische Hoffnung von Ende 1918, mit der Rückkehr der Fronttruppen ins Reich werde automatisch die Einheit der Staatsbürger wiederhergestellt. Indes erklärt es auch, warum er sich gegen eine Wiederbewaffnung nach 1945 aussprach. Da eine Armee nur eine staatliche sein könne, weder die Bundesrepublik noch die DDR aber aufgrund der Teilung Staatscharakter in diesem Sinne hätten, durfte es auch keine Bewaffnung der beiden geben, die im Endeffekt nach seiner Bürgerkriegsoptik antagonistisch gegeneinander stehen mußten. Der hier bezüglich seiner eigenen Teilnahme an den partisanenähnlichen Freikorpstruppen in den Jahren 1919-21 auftauchende Widerspruch in seiner vita hängt erneut mit dem oben schon angesprochenen Problem zusammen. Zur damaligen Zeit führte in seinem Verständnis die Vorstellung noch die Optik, daß staatliche Regularität im Sinne seines Staatsverständnisses vorhanden sei. So konnte zunächst der bürgerkriegsähnliche Charakter der Freikorps nicht in sein Bewußtsein dringen. Nachdem die Armee sich gegen die Dynastie und für die Republik entschieden hatte, in dem pragmatischen Bewußtsein, damit eher dem Staat zu dienen als wenn er zur Disposition der Spartakisten stände, konnte für Ernst von Salomon aufgrund seines Verständnisses von Staat und Armee die Frage nach dem Charakter seines Einsatzes zunächst nicht auftauchen. Er glaubte sich in seinem Wollen identisch mit den Notwendigkeiten zum Staatserhalt. Seine Motivation, in den Freikorps zu dienen, entsprang also dem Willen, wie er es selbst nachher erkannte, „der staatlichen Idee, der staatlichen Aufgabe“ zu dienen. Erste Zweifel stellten sich allerdings ein, als er zu Polizeimaßnahmen eingesetzt wurde, was seinem Verständnis von der Rolle der Armee eines souveränen Staates diametral entgegengesetzt war. Darum auch drängte es ihn an die im Baltikum noch vorhandene Frontlinie, an der er staatserhaltende Entscheidungen anstehen sah. Sein Glaube, dort in Übereinstimmung mit den staatlichen Interessen des Reiches zu kämpfen, bewirkte in ihm den grundsätzlichen Bruch mit der Republik, als diese die Freikorpskämpfer aus dem Baltikum zurückrief. Doch auch der Kapp-Putsch ließ ihn nicht erkennen, daß er damit nicht mehr in Übereinstimmung mit seiner Vorstellung von der Armee handelte. Darum auch ließ er sich gleich anschließend als Zeitfreiwilliger für den Ruhrkampf werben.

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Zu Beginn des Zweiten Weltkrieges bewirkte sein Glaube an die weitere Gültigkeit des gehegten Krieges des ius publicum europaeum, daß er dessen durch die herrschende Ideologie des Nationalsozialismus zwangsläufig von Beginn an potentiell vorhandenen tatsächlichen Charakter nicht erkannte. Das Bewußtsein, daß schon seit dem Zeitalter des europäischen Imperialismus die Periode des gehegten Krieges vorbei war, daß Krieg und Bürgerkrieg nicht mehr voneinander zu trennen waren, stellte sich bei ihm erst im Verlauf dieses Krieges ein. Ab dann begriff er den Krieg und den folgenden „Kalten Krieg“ tatsächlich als ideologische Bürgerkriege. Ob er allerdings daraus auch die unabdingbar entstehende Schlußfolgerung erkannt hat, daß es den Staat in seinem Verständnis nicht mehr geben konnte, seit Kriege den Charakter von Bürgerkriegen angenommen hatten, ist zweifelhaft.

Kollektivzuordnungen

Das Staatsverständnis vom souveränen Staat als Gegenbegriff zum Bürgerkrieg hatte eigentlich nichts mit dem französischen Nationsbegriff gemein, der Staatsvolk und Nation gleichsetzt. Auch Preußen, dessen Bild für Ernst von Salomon zum Staatsbegriff wurde, war kein Nationalstaat gewesen und wollte es auch nicht sein. So wollte es Ernst von Salomon auch verstanden wissen, als er nach 1945 sein Modell „Preußen“ für eine europäische Einheit propagierte. Zur Zeit seiner Kadettenausbildung und vor allem in den Jahren danach sah dies noch anders aus. Neben der anachronistischen preußischen Staatsüberlieferung, die in den Kadettenanstalten und in der Armee vorherrschten, traten auch bei ihnen – ihre Staatsvorstellung verfremdend – die im Reich umgehenden nationalstaatlichen und deutsch-völkischen Ideen und damit zusammenhängend spezielle Formen des Antisemitismus. Vermischt mit der als Folge der Französischen Revolution aus Frankreich stammenden Idee vom Nationalstaat, führte dies in Deutschland, wo der Begriff der Nation mit einer Vorstellung von einer Volkszugehörigkeit einherlief, zu einer begrifflich unklaren Zweigleisigkeit. Dieser Dualismus, den weder Ernst von Salomon noch die anderen Kadetten und Freikorpskämpfer zu jener Zeit erkannten, drückt er später zur Zeit des rassenideologischen Nationalsozialismus in seinem Kadetten-Buch aus. Dort erklärt er, er habe am Beispiel seines Kameraden Bachelin erfahren, „wie sich die Fremdheit des Blutes sehr wohl in deutsche Anschauung sublimieren konnte …“ Zu seiner Kadettenzeit jedoch war ihm dies nicht bewußt geworden, und so erklärt sich der Widerspruch zwischen seiner ihn bestimmenden Staatsanschauung und den völkischen Ideen, die ihn vor allem nach dem Einsatz in Oberschlesien umtrieben, und die auch beim Rathenau-Attentat eine maßgebliche Rolle spielten. Völkisch-romantische Gedanken – wenn auch anderer Art – waren es auch, die ihn noch zur Zeit seiner Teilnahme am Landvolkkampf bewegten. Endgültig abgelegt zu haben scheint er sie erst während seiner Selbstreflexion in Frankreich, als er erstmals im Ausland weilte und dabei sich auch über die ins Extrem getriebenen Ideen der Nationalsozialisten klar zu werden versuchte.

818hoOGmTbL.jpgWas die unentwirrbare Vermischung solcher Gedanken noch verstärkte, war, daß Ernst von Salomon im Verlaufe seiner aktivistischen Phase über den souveränen Staat und das Volk hinweg noch eine dritte Solidarisierungsebene fand, die weder mit dem einen noch mit dem anderen etwas zu tun hatte. Dies war das frontenübergreifende Gemeinschaftsgefühl des sogenannten „Frontsozialismus“. Aus allen Kreisen und Schichten stammend, lag ihrem Empfinden und ihrem Verhalten, ebenso wie dem ihrer Jahrgangskameraden, die den entgegengesetzten Weg in die kommunistischen Truppen einschlugen, ein gemeinsames Generationserlebnis zugrunde. Dies war das Empfinden, daß mit dem Ausbruch des Krieges 1914 eine Epoche ihren Abschluß gefunden hätte, ähnlich wie dies auch bei den vergleichbaren Generationen in den anderen beteiligten Ländern begriffen wurde. Der Krieg bewirkte ein Gefühl der Auflösung sämtlicher Entzweiungen und des Durchbruchs zu einem neuen Prinzip des nationalen Zusammenlebens, was sich in dem Empfinden der Frontsoldaten noch unmittelbarer Ausdruck verschaffte. Das wurde begriffen als eine Antwort auf die Fragestellungen der vorherigen Epoche, die die Ausweichmöglichkeiten, vor allem die Jugendbewegung und der Expressionismus, nur unzureichend hatten verdrängen können. Und wo diese Fragestellungen nicht so prägnant oder auch überhaupt nicht vorhanden gewesen waren, der grenzenlose Krieg mußte sie zwangsläufig hervorrufen, denn „das Meer des vergossenen Blutes“, wie Ernst Niekisch schrieb, war nur zu ertragen, wenn sich die Aussicht auf eine neue, „höhere und `bessere΄ Ordnungswelt“ eröffnete. Um die Opfer des Krieges nicht als gänzlich sinnlos erscheinen zu lassen, mußte also ein Sinn dahinter gefunden werden, mußte am Ende all dieser Opfer stehen, und wo er es nicht tat, da war der Abgrund schier bodenlos, in den der Geist stürzte. Als aber am Ende des Krieges keine Wandlung eintrat, als die bürgerliche Ordnung weiterbestand und gar „den Sieg als Bestätigung ihrer selbst ausdeutete und feierte“, da öffnete sich eben dieser befürchtete Abgrund vor den Frontsoldaten wie vor den Kadetten, die in einem entsprechenden Geist erzogen worden waren und sich deshalb so nahtlos unter erstere einreihen konnten: „Das Ende des Krieges hat keinerlei eindeutige Lösung erbracht, hat keine Antwort gegeben, sondern hat nur die Fragestellung verschärft.“ Solche Ideen wiederum führten in Verbindung mit einer Enttäuschung über den angeblich „materialistischen“ Charakter der „Revolution“ von 1918/19 zu einer arroganten Position gegenüber den „Massen“, die doch andererseits das „Volk“ waren, das in seinen völkisch-nationalen Vorstellungen eine Rolle spielte. Und dieses elitäre Bewußtsein meinte eine Kategorie Menschen, die aktivistisch, idealistisch und „unbedingt“ handeln würden, im Gegensatz zum „bourgeoisen“ Bürger. Dieses Verbundenheitsgefühl aber bezog sich nicht ausschließlich auf deutsch Mitstreiter, sondern – auf einer gänzlich anderen Ebene – auf jeden Menschen, der dazugehören würde.

Diese völlige Vermischung unausgegorener Kollektivvorstellungen und ‑zuordnungen aber bedingte die romantischen Ideen von einer zunächst „völkischen“, dann „nationalen“ Revolution, die im Grunde nichts anderes bewiesen, als daß Ernst von Salomon zeitlebens massive (kollektive) Identitätsprobleme hatte. Das hat Wolfgang Herrmann schon 1933 und als bisher einziger richtig erkannt, der Ernst von Salomon als den Vertreter des romantischen Nationalismus innerhalb der „Konservativen Revolution“ betrachtete: „Ganz im Subjektiven wurzelnd, sucht er im Grunde nicht die Nation, sondern sich selbst.“ Das Wesen dieser politischen Romantik bestand gerade darin, daß seine Vertreter, die „ein höheres Drittes“ zu erstreben dachten, Opfer ihrer völligen Individualisierung waren. Diesem eklatanten Widerspruch unterlag auch Ernst von Salomon.

Geschichtsverständnis

Obwohl Ernst von Salomon Nominalist war, jede eschatologische Geschichtsphilosophie und die daraus folgenden Ideologien grundsätzlich abgelehnt hat, und obwohl er Spengler ausgiebig rezipiert hat, auch hinsichtlich des Kulturpessimismus, so ging ihm als Romantiker doch dessen zyklisches Geschichtsverständnis vollkommen ab. Auch er glaubte an eine „Fortentwicklung“ der Geschichte hin zu etwas „Höherem“. Deshalb galt es seinem Geschichtsverständnis nach, unbedingt im Sinne dieses „Höheren“ sich fortzuentwicklen und „Geschichte zu machen“. Das bedingte wiederum auch sein „preußisches“ Staatsverständnis und verfälschte es um ein weiteres Moment: Der Staat durfte ihm nichts statisch Seiendes sein, sondern mußte über eine Aufhebung des Bürgerkrieges hinaus seine Existenz in staatlicher Lebensäußerung und in Dynamik rechtfertigen. Dies vermischte Ernst von Salomon dabei ausgiebig mit den Volksvorstellungen, wie sie von Herder geprägt waren: die in ihrer politischen Form, dem Staat, angetretenen Völker waren ihm in Richtung eines „Höheren“ sich entwickelnde organische Individualitäten mit jeweils eigenen Anlagen, die die jeweils eigenen Aufgaben in der Weltgeschichte bestimmten.

Aus diesem Glauben an die Notwendigkeit einer normativen „Fortenwicklung“ der Geschichte entstand auch sein unbedingter Drang, „tätig“ (im Sinne von Hannah Arendts „Vom tätigen Leben“) zu sein, sich gegen den „bourgeoisen“ Stillstand des ausschließlichen Konsums zu wehren. Es war dies die Wurzel für seinen aktivistischen Idealismus. Gleichzeitig war es aber auch der tiefere Grund, der hinter Ernst von Salomons Kampf gegen die Bedrohung durch die Atombombe stand. Denn die Atombombe bedrohte nach seiner Geschichtsauffassung nicht nur die Leben der Menschen, sondern brachte durch ihr bedrohendes Dasein die Geschichte überhaupt zum Stillstand. Das aber durfte im Sinne einer solchen nicht-eschatologischen, gleichwohl aber linearen Geschichtsbetrachtung auf keinen Fall sein. Wie konnte da der Weg der Menschheit nach „höherer Humanität“ fortgesetzt werden?

csm_1742_189010ed1a.jpgSozialismus und Liberalismus

Weder der ideologische Sozialismus noch der Liberalismus waren für Ernst von Salomon eine relevante Bezuggröße. Unter beiden verstand er eschatologische und vor allem internationalistische Ideologien, die für ihn völlig undenkbar waren. Den Liberalismus verachtete er darüber hinaus zutiefst, da er die unter seiner Verbindlichkeit lebenden Menschen „korrumpieren“ würde: statt tätigem Idealismus und „Leben“ gelte für sie nur noch eine Bezugsgröße, die des Geldes und des Konsums. In seiner geschichtsphilosophischen Terminologie würde der Liberalismus, der für Ernst von Salomon unweigerlich mit dem Kapitalismus einherging, das „Leben“ des Menschen selbst unterbinden und durch ein bloß konsumierendens Vegetieren ersetzten. Da der Liberalismus durch eine völlige Individualisierung der Menschen zudem den Staat auflösen würde, er also der Existenz des Staates per definitionem feindlich sei, würde er obendrein die Teilnahme der betreffenden Staaten an dem Fortgang der Geschichte in dem Sinne, den Ernst von Salomon ihr beimaß, unterbinden. So aber müsse der notwendige Beitrag einzelner Völker zur „Beförderung der Humanität“ entfallen. Ähnliches konstatierte er auch für den ideologischen Sozialismus. Der korrumpiere die Menschen zwar nicht hin zu einem bloßen „Vegetieren“, da er einen ihm eigenen Idealismus mit sich bringe, doch führten dessen inhärente Tendenzen zum Internationalismus ebenfalls zu Konsequenzen für die Fortentwicklung der Geschichte. Da nach seiner Geschichtsauffassung jedes Volk je einen eigenen und nur bei ihm zu erwartenden Beitrag zur Fortentwicklung der Geschichte leisten konnte, mußten diese zwangsläufig durch eine volksübergreifende Internationalisierung aufgelöst und damit der Menschheit zu deren Schaden vorenthalten werden. Gleichwohl erkannte er im Sozialismus – zurückgreifend auf sein untergründiges Staatsverständnis – immer noch eine „staatsnähere“ Ideologie als im Liberalismus, da der Sozialismus hinsichtlich der Pluralisierung der Gesellschaft gegenteilige Interessen verfolge. Verbunden mit der Ausrufung des „Großen Vaterländischen Krieges“ ist dies auch ein Grund dafür, warum Ernst von Salomon Stalin als „Staatsmann“ Achtung erwies.

Interessanterweise nahm Ernst von Salomon dennoch den Begriff des „Sozialismus“ für sich in Anspruch, doch meinte er damit etwas völlig anderes. Was er damit für sich in Anspruch nahm und was er im Sinne einer staatsverbindlichen Idee anstrebte, war der von Arthur Moeller van den Bruck und von Oswald Spengler formulierte und propagierte „dritte Weg“ eines sogenannten „Preußischen Sozialismus“. Der sollte, auch in der Vorstellung Ernst von Salomons, frei von jeder Idee des Marxismus und des Internationalismus, den von ihnen idealisierten preußischen Staatsgedanken mit den aus dem „Frontsozialismus“ hervorgegangenen Ideen verbinden. In einen solchen „Sozialismus“ sollten „natürliche Ordnungen“ herrschen statt „bürgerlicher Organisation“, und in einem dadurch bestimmten Staat sollte es allein darauf ankommen, den Willen seiner Untertanen zu richten auf daß ihr Wollen dem Sollen entsprach. Das Sollen wiederum bedeutete, in einer organischen Gestaltung der Gesellschaft nach Rang und Wert der Persönlichkeit (=Ordnung), daß jeder nach Können, Rang und Wert seine Kraft dem Staate zur Verfügung stellte, und zwar im aktiven Sinne.

Bewertung

Die begrifflich durchgehend unscharfen Ideen und Vorstellungen und ihre gleichzeitige Vermischung, die hinter Ernst von Salomons Weltanschauung liegen, lassen unweigerlich nur den Schluß zu, daß Ernst von Salomon alles andere als ein methodischer Denker war. Das heißt gleichwohl nicht, daß er unbedingt unsystematisch im Verlaufe seines Lebens gehandelt und seine eigenen Positionen aufgegeben hat. Teilweise abgesehen von seiner frühen aktivistischen und völlig verworrenen Phase der Jahre 1919 bis 1922, worunter die Freikorpskämpfe und das Attentat auf Walther Rathenau fallen, ist er sich den danach für sich als bindend erkannten Prinzipien und Vorstellungen treu geblieben. Der Mangel an begrifflicher Klarheit oder eindeutiger politischer wie geistesgeschichtlicher Einordbarkeit steht dem nicht entgegen. So entspringen seine über sein Leben verteilten Handlungen, die von dritter Seite den widersprüchlichsten Bewertungen unterliegen, zumindest ab dem Zeitpunkt seiner Haftentlassung zu Weihnachten 1927 einer Kontinuität, die zwar Ernst von Salomon, nicht jedoch den jeweiligen politischen Rahmenbedingungen eigen war. Durchgehende Konstanten, die hinter seinen Handlungen und Verlautbarungen standen, war der im Rahmen seiner Geschichtsphilosophie liegende Glaube an die Nationen als unabdingbar die Fortentwicklung der Geschichte beeinflussende Subjekte. Dazu gehörte auch sein unbedingtes Streben nach „Staatlichkeit“ im souveränen Sinne, sowie umgekehrt seine völlige Ablehnung jedes Internationalismus und jeder eschatologischen und auf anderer Bezugsebene denn der Nation und ihrer Organisation liegenden Ideologie.

Jede Qualifizierung innerhalb der von ihm abgelehnten Begriffssysteme kann Ernst von Salomon nur schwerlich gerecht werden. Man kann ihn deshalb weder in einem Spannungsfeld zwischen Sozialismus, Liberalismus und Nationalsozialismus einordnen noch eines – von welcher der vorgenannten Seiten wie auch immer bewerteten – Opportunismus zeihen. Sofern man unbedingt eine einordnende Bewertung über Ernst von Salomon fällen will, wird man ihm mit seiner Selbstverortung als „Preuße“ in dem von ihm gemeinten und idealisierten Sinne wohl am gerechtesten.

Markus Klein

Nach dem Studium der Politischen Wissenschaften, der Neueren und Neuesten Geschichte, der Philosophie und der Rechtswissenschaften an den Universitäten Heidelberg, Kiel, Köln, Leipzig, München und Siena mit abschließender Promotion zum Dr. phil. sowie nach ersten Jahren Berufserfahrung als geisteswissenschaftlicher Verleger und Publizist schloß Markus Klein ein Nachdiplomstudium Marketing & Betriebswirtschaft als «Master of Marketing» am Wirtschaftswissenschaftlichen Zentrum der Universität Basel ab, später nochmals ergänzt um ein Leadership Excellence Program an der ESMT European School of Management and Technology in Berlin.

Quelles sont les dix avancées scientifiques et technologiques qui ont marqué 2019?

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Quelles sont les dix avancées scientifiques et technologiques qui ont marqué 2019?

Nous rééditons ici, pour accroître sa diffusion, un éditorial sur ce thème scientifique du sénateur honoraire René Trégouët, repris du site http://www.europesolidaire.eu . Les intertitres sont de ce site.

https://www.rtflash.fr/quelles-sont-dix-avancees-scientifiques-et-technologiques-qui-ont-marque-2019/article

Cette semaine, il m'apparaît intéressant, comme je le fais chaque début d'année, de parcourir la presse scientifique française et anglo-saxonne pour essayer d'en extraire les grandes avancées scientifiques qui ont marqué l'année 2019. Après avoir consulté de nombreuses publications, parmi lesquels « La Recherche », mais également la revue du MIT, ou encore « Technowise, « The Scientist » ou « Science News », nous avons finalement retenu dix découvertes ou ruptures technologiques, mais également sociétales, qui nous paraissent particulièrement importantes.

Photo d'un trou noir

La première découverte qui a marqué l'année 2019, et a été largement reprise par l'ensemble de la presse scientifique internationale, est la première photographie jamais réalisée d'un trou noir.  Celui-ci est un véritable monstre, situé au cœur de la galaxie Messier 87, à 55 millions d'années-lumière de notre Terre. Sa taille défie l'entendement, puisqu'il est 6,5 milliards de fois plus massif que notre étoile, le soleil. Quant à son diamètre, il atteint les 48 milliards de km, soit neuf fois celui de l'orbite de Pluton... (Voir NASA).

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Pour parvenir à réaliser ce premier cliché d'un trou noir, les scientifiques ont dû déployer des trésors d'ingéniosité et ont réussi à surmonter d'immenses difficultés techniques. Ils ont notamment dû synchroniser avec une extrême précision et combiner une multitude de signaux reçus simultanément par plusieurs instruments situés dans différentes régions du globe.

Au terme de deux années de travail, d'analyse et de traitement informatique de quantités gigantesques de données, astrophysiciens et informaticiens ont finalement réussi à produire cette première photo historique d'un trou noir, un simple cercle orangé, sur fond noir, qui ne semble pas très spectaculaire, mais qui ne représente pas moins une avancée décisive dans la connaissance de l'Univers. Cette première image d'un trou noir confirme en effet définitivement l'existence de ces objets tout à fait fascinants dont la réalité a été mise en doute pendant des décennies par de nombreux scientifiques. Cette photographie historique confirme également la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein qui explique le rôle fondamental de la force gravitationnelle (l'une des quatre interactions fondamentales de l'Univers) dans la structure de l'espace-temps et l'évolution du Cosmos.

Prédécesseurs de l'homo sapiens

Les deux découvertes suivantes que nous avons retenues concernent la connaissance de nos origines et de nos lointains ancêtres. On savait déjà, grâce à de récents travaux d'analyse de l'ADN de spécimens fossiles d'Homo sapiens, d'Homme de Neandertal et d'Homme de Denisova, que ce dernier et l'Homme de Neandertal avaient un ancêtre commun remontant à environ 450 000 ans, et que tous deux partageaient avec Homo sapiens un ancêtre commun remontant à environ 660 000 ans.

De nouvelles découvertes faites en 2019 confirment qu'il y a bien eu croisement et coexistence entre ces Dénisoviens, les Neandertal et les Sapiens. Certaines des populations d'Asie et d'Océanie en portent d'ailleurs encore la trace puisqu'on trouve, dans leur génome, des traces tout à fait identifiables de gènes de Dénisoviens. On sait en outre aujourd'hui que ce cousin de Neandertal et d'Homo sapiens a colonisé une large partie de l'Asie, qu'il s'est alors divisé entre au moins trois groupes distincts d'hominidés et qu'il s'est notamment adapté, bien avant Sapiens, à la vie à très haute altitude dans les montagnes de l'Himalaya (Voir Nature).

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Une autre découverte majeure, révélée également en 2019 par une étude publiée par le paléoanthropologue Florent Détroit (Muséum d'Histoire naturelle de Paris), confirme par ailleurs l'existence d'une nouvelle espèce humaine, Homo luzonenesis, qui vivait sur l'île de Luçon aux Philippines, il y 60 000 ans, ce qui porte à au moins cinq groupes les hominiens qui peuplaient déjà la Terre il y a 100 000 ans : les Homo Sapiens, en Afrique, les Neandertal en Europe, les Denisoviens en Asie, les Hommes de florès, en Indonésie et enfin les hommes de Luçon aux Philippines.

Avec ses caractéristiques anatomiques et morphologiques tout à fait particulières, mélange surprenant de traits archaïques et plus modernes, cet homme de Luçon était probablement à la fois bipède et arboricole. Ces découvertes remarquables concernant les Denisoviens et l'homme de Luçon bouleversent le schéma de l'évolution humaine et montrent clairement que celle-ci n'a pas été linéaire mais arborescente et foisonnante.

Sciences de la vie

Trois découvertes suivantes s'inscrivent dans le champ des sciences de la vie, de la médecine et des technologies de la santé. La première concerne la fascinante et subtile connexion entre les cellules cancéreuses et le système nerveux ; viennent ensuite les premières cultures de cerveau humain et l'arrivée des premières pilules ingérables téléguidées.

Aussi étrange que cela puisse paraître, une équipe de recherches françaises, du laboratoire cancer environnement (Inserm-CEA) à Fontenay-aux-Roses, a découvert l'an dernier que le cerveau produit des cellules-souches neuronales qui, franchissant la barrière hématoencéphalique – l'enveloppe du cerveau pourtant réputée infranchissable – sont transportées par le sang et vont aller infiltrer des tumeurs cancéreuses en formation, notamment dans la prostate (voir article RT Flash).

Cette équipe, dirigée par Claire Magnon, a travaillé sur les tumeurs de 52 patients atteints de cancer de la prostate. Ces recherches ont permis de découvrir une nouvelle catégorie de cellules, appelées « cellules progénitrices neuronales », que l'on trouve en principe uniquement au cours du développement embryonnaire, dans deux aires du cerveau, l'hippocampe et la zone sous-ventriculaire. Ce très beau travail scientifique a également permis de montrer qu'il existait une relation très forte entre le nombre de ces « cellules vagabondes » et l'agressivité du cancer étudié.

Cette découverte fondamentale est extrêmement importante car elle ouvre une voie thérapeutique tout à fait nouvelle pour combattre les cancers. De récentes observations cliniques ont notamment déjà pu montrer le meilleur taux de survie chez certains patients atteints de cancer de la prostate qui prenaient régulièrement des bêtabloquants (substances qui bloquent les récepteurs de l'adrénaline).

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Il faut également souligner que l'observation des fibres nerveuses à l'intérieur des tumeurs s'est étendue à d'autres types de cancer : côlon, pancréas, mélanome. Plusieurs essais cliniques sont d'ailleurs actuellement en cours aux États-Unis pour évaluer l'efficacité de bêtabloquants sur différentes tumeurs. L'idée est qu'en bloquant les récepteurs adrénaline et en empêchant l'adrénaline d'accéder aux cellules du trauma, il est peut-être possible d'entraver le développement de la tumeur.

Une autre avancée assez extraordinaire de sciences de la vie est celle qui concerne la production en laboratoire des premiers organoïdes de cerveaux. Ces mini cerveaux ont été créés par une équipe de recherche de l'Université de Californie-San Diego et, contre toute attente, ces organoïdes ont produit des neurones qui se sont peu à peu synchronisés sur différentes fréquences, comme le fait le cerveau d'un embryon, jusqu'au huitième mois de développement. Bien que ces organoïdes demeurent des structures beaucoup plus simples de cerveau humain, leur utilisation ouvre d'immenses perspectives, tant pour progresser dans la connaissance fondamentale du fonctionnement cérébral que pour expérimenter de nouveaux traitements contre les nombreuses pathologies qui peuvent affecter le cerveau, qu'il s'agisse de troubles, tels que l'autisme, ou de maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson (Voir Science Direct).

Dernière avancée retenue dans le domaine médical, la pilule intelligente et téléguidée, capable de réaliser des prélèvements à l'intérieur du corps, de filmer en haute définition l'intérieur des organes et, dans certains cas, d'acheminer et de délivrer « sur site » des médicaments, de manière programmable.

Depuis une dizaine d'années, la capsule endoscopique a pris une place majeure dans l'arsenal du diagnostic et ses moyens d'explorations de l'intestin grêle ont révolutionné les pratiques médicales. Il est aujourd'hui possible, à l'aide de ces petites capsules, d'explorer avec une grande précision l'estomac, le côlon ou l'intestin grêle, afin d'y déceler d'éventuelles lésions.

Aux Etats-Unis, Guillermo Tearney, pathologiste et ingénieur au Massachusetts General Hospital (MGH) à Boston, développe de petites pilules ingérables qui peuvent être utilisées pour inspecter l'intestin à la recherche de signes de dysfonctionnement entérique environnemental (EED) et même obtenir des biopsies tissulaires. Ce nouvel outil s'avère particulièrement efficace et précieux dans les pays en voie de développement où il permet de réaliser des examens et investigations fiables, rapides et peu onéreuses pour prendre en charge de manière précoce la dysfonction entérique de l'environnement, un trouble de l'inflammation intestinale très répandue dans les pays pauvres, notamment en Asie...

L'an dernier, une équipe d'ingénieurs du MIT a présenté un nouveau type de capsule ingérable, fabriqué en impression 3D et conçu pour demeurer un mois dans l'estomac avant de se dissoudre. Au cours de ces quatre semaines cette capsule transmet par Bluetooth une multitude d'informations. Cette capsule peut également délivrer plusieurs médicaments à libération prolongée et traiter de manière précise certaines infections.

Dans les années à venir, ces pilules et capsules intelligentes et téléguidées vont encore progresser en miniaturisation, en capacité de calcul et d'analyse et en autonomie. À terme, ces outils extraordinaires deviendront des auxiliaires indispensables en matière d'investigation et de soins et seront capables d'explorer la totalité du corps humain avec une précision inégalée.

Technologies numériques

Nous quittons à présent les sciences de la vie pour arriver dans le domaine des technologies numériques. Ce champ de recherche a fait l'objet l'an dernier d'une avancée qui n'a pas forcément eu la couverture médiatique qu'elle méritait, sans doute parce qu'il est assez difficile de l'expliquer simplement et d'en mesurer les immenses retombées. Il s'agit de l'annonce faite par Google, en octobre dernier, concernant la maîtrise du premier niveau de « suprématie quantique », un stade que les spécialistes appellent NISQ (Technologies Quantiques Bruitées d'Echelle Intermédiaire), qui désigne des calculateurs quantiques comptant 50 à 100 qubits, dépourvues de systèmes de correction d'erreur les mettant à l'abri du bruit. Bien qu'IBM conteste cette notion de "suprématie quantique" qui aurait été atteinte par Google, nous devons reconnaître qu'un pas important a été franchi.

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Ces machines, bien qu'elles ne soient pas encore capables d'effectuer tous les types de calculs très variés que sait faire un ordinateur classique, sont déjà en mesure, pour certains types de calculs particuliers, d'atteindre des performances inimaginables, en comparaison avec nos ordinateurs binaires. En l'occurrence, Google, grâce à sa puce quantique Sycamore, qui compte 53 qubits, est parvenu à réaliser en seulement trois minutes et demi un calcul très particulier (tâches l'échantillonnage des circuits quantiques aléatoire ou RCS) qui aurait pris plus de 10 000 ans en utilisant les plus gros supercalculateurs actuels, selon les allégations de Google.

La prochaine étape, qui devrait prendre entre 5 et 10 ans, sera celle de la mise au point d'un ordinateur quantique universel, entièrement opérationnel et capable de réaliser tous les types d'opérations. Il faudra pour cela concevoir des machines qui réunissent environ 1000 qbits, un objectif que les scientifiques considèrent à présent comme atteignable. Personne aujourd'hui ne peut prévoir ce que de telles machines, qui auront une puissance de calcul plusieurs millions de fois supérieures à celles de nos ordinateurs actuels, seront capables de faire. Mais il est certain que ces ordinateurs quantiques révolutionneront l'ensemble des disciplines scientifiques et bouleverseront nos sociétés.

L'autre avancée retenue en matière de technologies numériques est beaucoup moins réjouissante que la précédente : il s'agit de la technologie « Deepfake ». Ce redoutable outil, qui utilise toutes les ressources de l'intelligence artificielle, permet à présent de produire ou de modifier de manière quasi parfaite de fausses séquences vidéo, afin d'effacer ou de modifier certaines réalités ou certains faits gênants, ou, au contraire, d'inventer de toutes pièces des faits et situations qui n'ont pas eu lieu...

Les responsables politiques des Démocraties mais aussi les militaires américains considèrent que la technologie Deepfake constitue désormais une grave menace pour la sécurité nationale, et plus largement un grave danger pour le fonctionnement des démocraties. Bien sûr, cette technologie extrêmement puissante peut être utilisée de façon tout à fait légale dans de nombreux domaines, cinéma, divertissement, industrie, médecine, aménagement du territoire... Mais un tel outil peut également faire des ravages dans les mains d'organisations criminelles ou terroristes, ou de régimes politiques autoritaires. Face à cette technologie démiurgique, nos sociétés démocratiques vont donc devoir mettre en place des cadres légaux et éthiques tout à fait nouveaux, destinés à prévenir et à réprimer sans faiblesse les utilisations dévoyées et criminelles de cette technologie qui permet de modifier la réalité et de réécrire l'histoire.

Changement climatique

Les deux dernières avancées remarquables concernent la question absolument essentielle du changement climatique en cours, et plus précisément les technologies de captage du CO2 atmosphérique, qui seront nécessaires, en plus des efforts mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour parvenir à limiter les effets désastreux du réchauffement climatique en cours. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a rappelé à cet égard que ces technologies devront être capables de soustraire jusqu'à un milliard de tonnes de CO2 par an de l'atmosphère, au cours de ce siècle, si l'humanité veut limiter le réchauffement climatique en cours à moins de 2°.

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Pour parvenir à extraire ce CO2 de l'air à un coût compétitif, la société canadienne Carbon Engineering, soutenue par Bill Gates, a développé un réacteur géant, capable de capturer le dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère. Par un procédé chimique complexe, cette « technologie à émissions négatives » attire les particules de CO2 dans le réacteur, où elles sont stockées. Dénommé « Direct Air Capture »le procédé, qui reviendrait à moins de 100 $ par tonne de CO2 traitée, est testé depuis quelques mois à Squamish, une ville du sud-ouest du Canada. Carbon Engineering affirme qu'avec environ un millier de centrales d'une surface de 30 ha chacune, il serait possible de retirer de l'atmosphère une gigatonne de CO2 par an. Ce CO2 pourrait ensuite être valorisé, en étant retransformé en carburants utilisables par les véhicules thermiques, ou définitivement stocké dans le sous-sol, sous forme de carbonate de calcium.

En Suisse, une autre société basée à Zurich, Climeworks AG, a développé pour sa part un procédé qui permet d'aspirer directement le dioxyde de carbone de l'air. Chaque unité peut capter environ 900 tonnes de CO2 par an, et le CO2 ainsi récupéré pourra être utilisé pour améliorer certaines productions agricoles, produire des carburants ou certains matériaux industriels.

Enfin, la 10e et dernière avancée, mais non la moindre, concerne la prise de conscience mondiale du changement climatique en cours. En 2019, on le sait, les températures estivales ont battu des centaines de records historiques, partout dans le monde, entraînant une fonte des glaces sans précédent au Groenland et au Pôle Nord et contribuant à alimenter les incendies de forêt qui ont fait rage dans différentes régions du monde.

Mais 2019 a également connu un niveau sans précédent d'activisme climatique (Voir Science News), dont se félicitent scientifiques et climatologues. « Je n'ai jamais vu autant de protestations », explique le glaciologue Eric Rignot de l'Université de Californie à Irvine. Il fait référence aux marches climatiques qui ont eu lieu partout dans le monde et qui ont culminé lors du Sommet des Nations Unies sur l'action pour le climat en septembre à New York, avec 7,5 millions de personnes participant à une grève climatique mondiale.

De mai à août 2019, près de 400 records de températures record ont été enregistrés dans 29 pays de l'hémisphère Nord. Tout le monde a encore en mémoire les deux vagues de canicules sans précédent qui ont déferlé sur l'Europe et la France, mais également les vagues de chaleur et de sécheresse qui ont frappé l'Inde et le Pakistan, ainsi que la canicule qui a touché le Japon, envoyant plus de 18 000 personnes à l'hôpital en une semaine. Globalement, juillet 2019 a été le mois le plus chaud en 140 ans de tenue de registres, selon la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis.

Face à la violence du réel et à l'accélération de la fréquence de ces événements extrêmes et dévastateurs, les thèses climatosceptiques reculent partout dans le monde, y compris aux États-Unis (sauf l'opinion personnelle du Président des Etats-Unis telle qu'exprimée ces jours derniers à Davos), et l'opinion publique mondiale place désormais la question du réchauffement climatique en tête de ses préoccupations et de ses inquiétudes. Nous pouvons d'ailleurs faire le pari que les prochains scrutins qui auront lieu, tant en France que dans les autres pays du monde, vont se traduire par une confirmation de cette inquiétude climatique grandissante, et de cette attente de plus en plus forte de mesures économiques politiques et sociales destinées à faire de la lutte contre le changement climatique la priorité absolue.

On voit donc à travers ces dix grandes avancées scientifiques de 2019 que les scientifiques et chercheurs, loin de se contenter d'apporter des réponses aux questions essentielles de nos origines, du fonctionnement du vivant ou encore de la nature de notre Univers, ont également tenu à manifester leur engagement et à apporter leur contribution sur la question politique, démocratique et éthique fondamentale de l'avenir de notre espèce, confrontée à une menace climatique sans précédent qu'elle a elle-même provoquée.

Souhaitons que nos responsables économiques et politiques aient la lucidité, le courage et la sagesse, d'entendre les avertissements et les recommandations de la communauté scientifique et prennent enfin à bras-le-corps ce défi nullement insurmontable du changement climatique, en jetant les bases d'un nouveau développement économique, plus humain et plus juste, qui sache faire confiance au génie et à la créativité de l'homme et nous réconcilie avec le nature dont nous nous sommes peu à peu coupés, mais dont nous sommes pourtant issus...

René TRÉGOUËT
Sénateur honoraire
Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

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La double machine américaine à fabriquer un chaos mondial

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La double machine américaine à fabriquer un chaos mondial

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Nous prendrons ici le terme de chaos en son sens originel: désordre, puis déstructuration et finalement effondrement. C'est un tel sort qui menace actuellement le monde soumis au pouvoir américain.

La première machine à chaos américaine est l'appareil militaire tel qu'il est employé par le Pentagone dans le monde depuis 2001. Celui-ci repose sur ce que l'on nomme pour simplifier le complexe militaro-industriel américain. Il faut entendre par là l'ensemble des industries militaires américaines. Celles-ci consomment les trois quarts du budget de défense américain, soit plus de 700 milliards de dollars en 2018, en produisant des systèmes d'armements aussi coûteux qu'inutilisables dans le monde actuel. 

Sur ce total, mentionnons les systèmes d'armes aériens qui représentent 55,7 milliards (22,5 %), les systèmes navals 34,7 milliards (14 %), les missiles et munitions 21,6 milliards (8,7 %), les armements terrestres 14,6 milliards (5,9 %), les sciences & technologies 14,1 milliards (5,7 %), les systèmes basés sur les technologies numériques (montant non disponible).

En exemple de ces dépenses inutiles, on peut citer le porte-avions USS Gerald R.Ford qui vient d'être livré à la marine américaine, pour un prix au bas mot de 13 milliards. Or les stratèges en défense des Etats-Unis viennent de découvrir qu'un seul des nouveaux missiles hypersoniques russes, bien placé, pourrait le rendre non manœuvrable, voire l'envoyer par le fond. Dans le même temps, même si l'économie américaine paraît prospère, elle produit bien plus que dans le reste du monde occidental, un nombre considérables d'emplois temporaires mal rémunérés, d'hôpitaux mal équipés et débordés, de logements insalubres.

La machine à chaos américaine représentée par le complexe militaro-industriel s'étend à l'ensemble des Etats du monde, alliés consentants ou forcés des Etats-Unis. Ceux-ci sont obligés par Washington à s'engager dans des dépenses militaires destinées, comme c'est le but actuellement recherché au sein de l'Otan, à prendre le relais de l'armée américaine dans certain nombre domaines, en particulier aujourd'hui au Moyen-Orient. Moins favorisés économiquement que les Etats-Unis, ils s'épuisent à les suivre.

Accélérer la fin du monde

La seconde machine à chaos américaine, sans doute plus efficace à court terme que la première, découle des croyances religieuses inspirant un fort pourcentage des Américains. Ainsi il apparaît que les évangélistes-chrétiens américains d'aujourd'hui veulent délibérément provoquer la Fin des Temps ou Apocalypse telle qu'annoncée par les textes bibliques. Celle-ci devrait permettre la disparition du monde matériel au profit d'un monde spirituel où le peuple de Dieu, c'est-à-dire les Croyants, pourrait enfin, après la Grande Epreuve ou Tribulation, retrouver la divinité et devenir divin à son tour. Il est difficile de croire que de telles légendes puissent pousser des hommes d'Etat responsables à détruire le monde actuel pour accéder à Dieu. Mais dans le domaine des superstitions mortifères, cela n'a rien de surprenant.

De fait, aujourd'hui, il apparaît que le secrétaire d'Etat Mike Pompeo et le vice-président Mike Pence considèrent le Moyen-Orient comme le terrain de la fin du monde selon la vision chrétienne-évangéliste. En conséquence, il ne faut rien faire pour éviter la Grande Epreuve. Il ne faut pas notamment renoncer à y mener des guerres destructrices – destructrices d'un monde ancien qu'il convient d'aider à disparaître. Dans ces conditions, provoquer une guerre avec l'Iran, qui entraînerait nécessairement une guerre nucléaire avec la Russie, serait faire œuvre pieuse.

On peut croire que Donald Trump est trop préoccupé de ses propres intérêts pour jouer le rôle de l'Antéchrist qui selon les évangélistes accélérerait  le passage à l'Apocalypse. Mais comme Trump semble devenu désormais, quelles qu'aient été ses opinions antérieures, un exécutant dévoué des instructions que lui communiquent Mike Pompeo et Mike Pence, le pire est à craindre

dimanche, 26 janvier 2020

Des chercheurs pris dans la guerre biologique

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Des chercheurs pris dans la guerre biologique

par Etienne Aucouturier

Ex: http://www.geopolintel.fr

Que feriez-vous si le gouvernement vous demandait d’effectuer des recherches visant à défendre les populations contre des épidémies intentionnelles ? Au cours du XXe siècle, nombre de chimistes et biologistes civils, confrontés à cette question, ont accepté de collaborer secrètement, même si cela signifiait souvent aussi développer et produire les armes biologiques à combattre.

En janvier dernier, le virologue David Evans et son équipe de l’université d’Alberta, au Canada, indiquaient, dans la revue PLoS One, qu’ils avaient réussi à produire, à petit budget, une variante du virus de la variole. Conçue sur la base de séquences d’ADN trouvées sur Internet – qui provenaient du virus responsable de la forme chevaline de la variole –, l’initiative visait à produire un vaccin plus efficace contre cette maladie. Six mois plus tôt, la revue Science mettait déjà en garde contre cette recherche, alors en cours, qui pouvait donner l’occasion à des terroristes de produire à peu de frais des armes biologiques.

De fait, depuis que la période de l’après-Guerre froide a sonné le glas de la bipolarité politique du monde, ce que l’on nomme aujourd’hui le bioterrorisme préoccupe les États, particulièrement depuis l’épisode dit des « lettres à l’anthrax », au cours duquel, en octobre 2001, diverses institutions, dont des rédactions de journaux, avaient reçu des lettres contenant des bacilles de la maladie du charbon.

Certes, dès les premières décennies du xxe siècle, les États qui en avaient les capacités s’étaient lancés dans une course aux armements biologique et chimique, mais de nos jours, un nouvel aspect est venu renforcer l’inquiétude des dirigeants à ce sujet : la crainte de voir émerger des capacités de destruction sortant du cadre étatique. Le très grand nombre de canulars et les tentatives avérées de bioterrorisme des trente dernières années – dont celles des sectes Rajneesh à The Dalles, dans l’Oregon, en 1984 et Aum à Kameido, au Japon, en 1993 –, conjointement avec la fin de la Guerre froide et l’avènement d’Internet, laissent penser que l’arme biologique, l’arme atomique du pauvre comme la surnomment souvent les militaires, représenterait une menace sans précédent.

Le fait qu’une revue scientifique alerte sur les risques bioterroristes liés à une étude montre que le monde scientifique a fait siennes ces craintes. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Si dès les années 1950, profondément marqués par l’emploi de la bombe atomique, les physiciens du domaine ont pris acte des enjeux éthiques et politiques de leurs recherches, pendant ce temps, les chimistes, biologistes et médecins concernés par l’usage militaire de leurs travaux ne dénonçaient que marginalement les recherches sur les armes biologiques et chimiques, sans doute à cause de leur caractère plus secret et des usages moins catastrophiques ou spectaculaires qui en étaient faits.

Pourtant, ces armes ont été développées et utilisées dès le début du xxe siècle, soit bien avant l’arme nucléaire, et ce grâce à l’expertise scientifique et médicale de nombre d’entre eux. Un minutieux travail de recherche dans les archives militaires françaises, mais aussi dans d’autres fonds comme les archives de la direction de l’institut Pasteur, nous a en effet récemment permis de montrer que, en France, ces armes ont fait l’objet d’une collaboration continue des militaires avec des scientifiques et médecins civils, membres d’institutions de premier plan.

Du roquefort aux nuages artificiels

at.jpgLa France a été pionnière dans le domaine des armes biologiques et chimiques. Dès la première décennie du XXe siècle, un chimiste français renommé, Auguste Trillat, inventeur du formol quelques années auparavant, brevetait certes un procédé de fabrication industrielle du roquefort, mais posait aussi les bases de la production intentionnelle d’épidémies à l’aide de nuages artificiels microbiens.

Bien avant la Première Guerre mondiale, le pays avait entrepris des recherches à visée militaire sur les armes chimiques. Mais c’est pendant cette guerre que les Français, puis les Allemands, firent pour la première fois usage de gaz de combat. Les armes dites biologiques furent elles aussi utilisées, mais de façon marginale, plutôt en tant que moyens de sabotage (pour tuer du bétail ou des animaux de transport) qu’en tant qu’armes de destruction massive, ou visant massivement les humains. Néanmoins, la menace de guerre bactériologique que ces attaques rendaient plus tangible fit avancer les recherches sur les méthodes de désinfection et de prophylaxie (l’ensemble des mesures à prendre pour prévenir les maladies). Trillat, devenu en 1905 chef du service des recherches appliquées à l’hygiène de l’institut Pasteur, à Paris, joua ainsi un rôle fondamental dans la création du programme français d’armement biologique et chimique après la Première Guerre mondiale.

En 1922, lui qui avait été pionnier tant dans la production de nuages artificiels déclencheurs d’épidémies, pour lesquelles il avait étudié les conditions atmosphériques propices à leur développement, que dans la recherche de méthodes de désinfection chimique à grande échelle, fut sollicité pour donner les lignes directrices de ce nouveau programme, sous la forme d’un rapport commandé l’année précédente par le ministère de la Guerre. Dès lors s’installa une collaboration continue entre institutions de recherche civiles et militaires. Les recherches sur les armes chimiques et biologiques requérant des compétences et des équipements similaires, les institutions et chercheurs mobilisés travaillaient en commun sur les deux systèmes, qu’il s’agisse de la recherche, du développement ou de la production.

L’institut Pasteur, ainsi que de nombreuses institutions scientifiques et médicales françaises de premier plan, dont le Muséum national d’histoire naturelle et le Collège de France, participèrent à ce programme par l’intermédiaire de certains de leurs membres éminents, comme les chimistes Charles Moureu (Collège de France), Marcel Delépine (faculté de pharmacie) et André Job (Conservatoire national des arts et métiers), travaillant sous contrats secrets avec la sphère militaire.

Dans le monde, la crainte que les guerres du futur voient s’amplifier le caractère de guerre totale qu’avait pris la Grande Guerre conduisit les principales nations occidentales, mais aussi le Japon, à préparer en temps de paix, dès l’entre-deux-guerres, les moyens de défendre – et d’attaquer – non plus seulement les combattants, mais les populations de nations entières. À cette même époque, des rumeurs issues de la presse britannique sur des essais secrets de dispersion d’agents biologiques effectués par des agents secrets allemands dans le métro parisien achevèrent de convaincre l’opinion publique et l’État français de la nécessité de prendre au sérieux cette menace. La réorganisation de la France en nation armée, souhaitée au plus haut niveau de l’État, conduisit à la production de moyens offensifs et défensifs de guerre chimique, biologique, puis, après la Seconde Guerre mondiale, nucléaire.

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L’activité secrète de la poudrerie du Bouchet

La poudrerie du Bouchet, à Vert-le-Petit, au sud de Paris dans l’actuelle Essonne, devint graduellement le centre névralgique d’un réseau de recherche et développement d’armes biologiques et chimiques, incluant d’autres institutions civiles et militaires. Elle demeure de nos jours, sous le nom de Centre d’études du Bouchet, le centre du ministère des Armées dédié à la défense contre les menaces biologiques et chimiques, et l’un des rares sites en France (et dans le monde) à disposer d’un laboratoire de niveau de sécurité P4. Peu à peu, la France rassembla ainsi secrètement, sous l’appellation d’armes spéciales, un arsenal de nouveaux moyens offensifs et défensifs, étudiés et développés avec l’apport constant de l’expertise scientifique et médicale civile.

En 1947, une Commission médicale de défense contre la guerre moderne vit le jour afin de mieux centraliser les études relatives aux armes spéciales, de reconstruire une défense nationale incluant ces armes et de tirer parti des recherches scientifiques civiles ainsi que des renseignements issus des réseaux scientifiques internationaux de chercheurs. Mixte, cette commission était composée de militaires et de savants de premier plan, pour beaucoup médecins des facultés de médecine ou chercheurs de l’institut Pasteur. Entre autres membres, Léon Binet, doyen de la faculté de médecine de Paris, Robert Debré, président de l’Institut national d’hygiène, ou Jacques Tréfouël, directeur de l’institut Pasteur, prenaient part aux discussions secrètes de la commission et répondaient secrètement à diverses commandes militaires. Les laboratoires civils entreprirent ainsi une grande diversité d’études sur, par exemple, le mode d’action des trilons (les gaz neurotoxiques Sarin, Tabun et Soman), la possibilité de vacciner contre la radioactivité ou encore celle de potentialiser les effets délétères d’aérosols de bacilles du charbon en les combinant avec des métaux lourds.

Les décennies suivantes, l’ouverture à la sphère civile des recherches sur les armes spéciales se referma partiellement, le gouvernement préférant concentrer ses forces sur l’arme nucléaire. Mais de nombreux chercheurs continuèrent de travailler sur financement militaire, à des fins prophylactiques ou non, leur expertise demeurant indispensable, s’agissant par exemple des études sur la polyvaccination. À titre indicatif, en 1967, le nombre d’animaux de laboratoire destinés en France à l’expérimentation d’agents chimiques et biologiques de guerre (20 000 souris, 20 000 rats, 5 000 cobayes, 2 000 lapins et 50 singes) représentait 10 % de l’utilisation actuelle par an d’animaux à des fins scientifiques.

Outre la motivation patriotique mise en avant par certains scientifiques pour justifier leur collaboration à ces programmes, la relation mutuellement bénéficiaire entre l’armée et les hommes de science en France explique sa pérennité. Ainsi, en 1972, Jacques Monod, alors directeur de l’institut Pasteur, écrivait au ministre de la Défense nationale Michel Debré qu’il serait souhaitable de renforcer et formaliser les liens entre l’armée et l’institut Pasteur, qui formait alors selon lui « la quasi-totalité des médecins-biologistes de l’armée ».

Des essais mystérieux en Algérie

Les armes testées au moins depuis les années 1930 à l’ouest du Sahara algérien (ainsi que dans certains centres d’expérimentation métropolitains, notamment près de Bourges) continuèrent de l’être jusqu’à la fin des années 1970. Notamment, on fit exploser des obus, roquettes et grenades chargés en agents biologiques ou chimiques pour mesurer leurs effets en situation réelle. La nature exacte et l’étendue des essais effectués secrètement en Algérie dans les deux décennies qui suivirent les accords d’Évian (1962) demeurent à ce jour peu connues et font donc régulièrement l’objet de spéculations légitimes de la part des populations concernées, craignant que les sites n’aient pas été parfaitement dépollués. Néanmoins ces essais ont eu lieu et ont participé de l’expertise française dans le domaine des armes chimiques et biologiques.

Ainsi, de l’aube du xxe siècle au début des années 1970, la France a développé et produit, à des échelles variables selon les époques et les priorités politico-militaires, des poisons synthétiques ou non, destinés, d’une part, à être utilisés en temps de guerre contre les hommes, les animaux et les plantes, mais aussi, d’autre part, à tester leurs effets à grande échelle pour mieux s’en prémunir en situation opérationnelle.

Les autres nations développées n’ont pas été en reste au cours du xxe siècle. Le Royaume-Uni, le Japon, les États-Unis, l’URSS, le Canada, les Pays-Bas, Israël, l’Afrique du Sud et d’autres ont aussi eu, à des fins diverses et des échelles variables, leur programme de guerre biologique et chimique. Le Japon, lorsqu’il occupait la Mandchourie avant la Seconde Guerre mondiale, a par exemple effectué de cruels essais sur les populations chinoises locales. Les États-Unis ont, à l’issue de cette guerre, secrètement récupéré les données que les Japonais avaient récoltées. Et, dans le cadre de la Guerre froide, l’URSS serait aussi entrée en lice avec son ambitieux programme Biopreparat, selon des transfuges russes tels que Ken Alibek ou Vladimir Pasechnik.

Parmi les scientifiques, mais aussi les militaires, il semble qu’un consensus ait perduré quant à la nécessité de maintenir une forme de politique de santé publique secrète pour défendre les populations contre les armes biologiques et chimiques. En France comme ailleurs, cependant, cette dimension avouable de leur action était contrebalancée par une contribution simultanée à des programmes souvent offensifs. Cette forme de politique de « santé publique inversée » – selon l’expression d’un de ses critiques de la fin des années 1960, le Britannique Robin Clarke – a placé les scientifiques et médecins devant un dilemme moral : collaborer secrètement avec les armées de leur pays pour prémunir des populations civiles contre des épidémies intentionnelles, au risque de contribuer en même temps à les doter de moyens offensifs en pratiquant des recherches non divulguées sur des agents pathogènes naturels ou synthétiques. Il semblait ainsi irresponsable de refuser cette collaboration autant qu’il l’était de l’accepter, et tout aussi irresponsable de publier les résultats des recherches comme de ne pas les publier. La réponse récurrente des scientifiques à ce dilemme, en France au moins, a majoritairement consisté à jouer le jeu du secret.

JBS-Haldane.jpgDe même, rares ont été les avocats de l’usage des sciences biomédicales pour la guerre. Si quelques scientifiques comme le généticien britannique John Burdon Sanderson Haldane (photo), dans les années 1920, ou des militaires tels que le brigadier général Jacquard Hirshorn Rothschild, après la Seconde Guerre mondiale, ont entrevu dans l’utilisation des connaissances en physiologie un moyen de rendre la guerre plus humaine (en introduisant la possibilité d’utiliser des agents non létaux plutôt que des armes conventionnelles aux effets moins prévisibles, comme les explosifs), la sélection précise des effets physiologiques des armes est demeurée une inclusion contre-nature de la science et de la médecine dans la guerre (tandis que des armes conventionnelles aux effets moins prévisibles sont restées autorisées).

Aujourd’hui, les armes biologiques et chimiques continuent de faire l’objet d’un dilemme moral récurrent pour la biomédecine. On ne s’improvise pas savant militaire : les chercheurs se lancent rarement dans une carrière médicale ou scientifique en vue de produire des systèmes d’arme ou de prémunir les populations nationalescontre des armes biologiques et chimiques. Aussi la sphère militaire a-t-elle toujours besoin de l’expertise de chercheurs civils et continue-t-elle, selon les périodes, à les inclure secrètement dans des programmes militaires ou à financer des travaux d’intérêt militaire.

La responsabilité des chercheurs civils est d’autant plus grande que sans expertise physiologique, la distinction entre les agents chimiques ou biologiques bénins et malins est impossible. La connaissance précise du fonctionnement du corps (humain, mais aussi d’autres animaux ou de végétaux) et de ses interactions avec des substances ou agents exogènes est essentielle pour caractériser une substance ou un agent comme un poison. À tel point que les armes biologiques et chimiques devraient être rassemblées sous un même terme, « armes physiologiques », qui insisterait plus sur la sélectivité de leurs effets que sur le moyen utilisé pour les obtenir.

Et demain ?

Sauf à adopter une anthropologie optimiste fondée sur une confiance universelle, il semble difficilement pensable qu’un État soucieux de la sécurité de sa population et du droit humanitaire international ne cherche pas à mobiliser ses scientifiques en vue de secrètement préparer sa défense, donc en effectuant des recherches sur un maximum d’agents malins et sur leurs antidotes. Il résulte de cette tension entre la vocation universaliste de la science et les circonstances politiques qu’il reste difficile de nos jours de distinguer les recherches à vocation défensive de celles à vocation offensive : se défendre contre des poisons implique en effet d’en disposer afin de trouver des antidotes. Et par conséquent d’anticiper les menaces en maintenant une recherche biomédicale et militaire de pointe. Si le cadre législatif international tend à préserver un statu quo entre les États, comme c’est le cas de la dissuasion nucléaire, le cadre géopolitique de l’après-Guerre froide tend quant à lui à laisser planer la menace d’une utilisation moins prévisible ou identifiable de ces armes empoisonnantes par des groupes privés ou non étatiques.

Cela d’autant que les avancées scientifiques et techniques des dernières décennies – notamment Internet, les nanotechnologies et l’utilisation des big data en médecine – sont susceptibles de conférer à des États comme à des entités privées des moyens de guerre biologique sans précédent, en accroissant la possibilité de sélectionner précisément les effets physiologiques ainsi que les éventuelles populations cibles.

Par exemple, nombre d’hôpitaux sont aujourd’hui dotés de biobanques où sont stockées et parfois partagées à grande échelle les données de patients consentants (notamment génétiques) et leurs échantillons biomédicaux. Ces biobanques constituent une avancée considérable pour la recherche biomédicale. Néanmoins, elles présentent aussi le risque qu’à la faveur d’une instabilité politique d’un État y ayant accès ou d’une privatisation de leur gestion (que l’OCDE préconise depuis 2001), le rêve d’un partage global des progrès de la biomédecine ne se transforme en un cauchemar militaro-industriel. Il est donc plus que jamais nécessaire que les citoyens s’emparent de la question de la guerre biologique, dont les enjeux relèvent tant de la sécurité militaire que des sécurités sanitaire et alimentaire.

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Armes chimiques et armes « bio »

Aujourd’hui, la terminologie militaire établit une distinction entre les armes chimiques et les armes biologiques, fondée sur les substances utilisées. Cette distinction à des visées juridiques et tactiques. Les deux types d’armes ne sont pas interdits de la même manière ni depuis la même époque, et leur usage diffère. Pourtant, ils n’ont pas toujours été dissociés.

Parmi les textes de loi emblématiques à ce sujet, au milieu du xixe siècle, pendant la guerre de Sécession, fut adopté le code Lieber (1863) qui interdit, entre autres pratiques cruelles, l’usage de poisons dans la guerre. Mais à l’issue de la Première Guerre mondiale, une légère nuance est apparue dans le Protocole de Genève (1925) : il spécifia qu’il était interdit d’utiliser des gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et des moyens bactériologiques. Cette dissociation juridique en germe devint effective dans la seconde moitié du XXe siècle, avec la signature en 1972 de la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction. Les armes chimiques sont ainsi demeurées sans interdiction spécifique autre que celle du Protocole de Genève jusqu’en 1993, lorsque la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’usage des armes chimiques et sur leur destruction fut adoptée.

Qu’est-ce qui distingue fondamentalement ces deux types d’armes ? Les toxines biologiques (la ricine, par exemple) étant fonctionnellement équivalentes à des armes chimiques, la distinction juridique est faite en vertu de leur origine. Les toxines biologiques sont ainsi qualifiées de biologiques en ce qu’elles ne sont pas des produits de la synthèse chimique, mais sont trouvées telles quelles dans la nature. Elles sont issues du vivant. Il en est de même des autres agents biologiques : bactéries, virus, champignons, et autres agents pathogènes non synthétiques sont inclus dans la catégorie des armes de guerre biologique. D’un point de vue juridique, les armes biologiques sont donc comparables… aux produits alimentaires dits « issus de l’agriculture biologique ». En revanche, toute reproduction de toxine biologique par chimie de synthèse relève du droit des armes chimiques…

Ainsi, la subdivision juridique des poisons prévus pour un usage guerrier est discutable à bien des égards. Elle a vraisemblablement eu pour fonction de permettre aux États concernés, dans la seconde moitié du XXe siècle, de poursuivre des recherches, développements et productions d’armes chimiques en toute liberté.

Etienne Aucouturier​​​​​​​

 

Walther Darré: écologie, agriculture et national-socialisme

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Walther Darré: écologie, agriculture et national-socialisme

 

Offre de souscription à tarif avantageux pour un ouvrage très attendu ; celui du Dr. Anna Bramwell intitulé Walther Darré, le Blut und Boden et l’écologie hitlérienne :

 

Ricardo Walther Darré, Ministre de l’Agriculture et Chef Paysan de 1933 à 1942, mit sur le devant de la scène les vertus écologiques dans l’Allemagne nationale-socialiste avec souvent la même sémantique utilisée actuellement par ceux qui se posent comme les seuls défenseurs de la planète.

 

blood-and-soil.jpgAcquis au racialisme scientifique, il popularisa le concept du Blut und Boden (Sang et Sol), espérant abolir une société industrielle fermée au monde des affaires afin de la remplacer par une société organique prenant sa base sur un système de nobilité agreste héréditaire.

 

Condamnant l’incorporation au Reich de la Bohême et de la Moravie et décrivant Himmler comme étant « un jésuite chargé de garde prétorienne », il fut désavoué par Hitler entre 1940 et 1942. Dès lors, son rêve nourri par l’idée d’une nation constituée de petits fermiers semblait appartenir au passé.

 

Peut-on accorder crédit et sérieux à un ministre du IIIème Reich, qui plus est racialiste ? Cela ne rend-t-il pas ses idées inacceptables ? Quels sont les liens entre le « parti écologiste » d’Hitler et la popularité des politiques écologiques aujourd’hui ?

 

Cet essai de grande valeur, tant par la méthode de recherche approfondie que par une forte opinion indépendante, quoique mesurée, de l’auteur doit être lu au XXIe siècle.

 

Quiconque souhaite s’informer convenablement sur l’agriculture, la politique et l’écologie à notre époque ne peut faire l’économie d’ignorer les découvertes du Dr. Bramwell.

 

Inédit en langue française !

 

Jusqu’au 14 février 2020cet ouvrage avec cahier-photos central vous est proposé au prix exceptionnel de 26 euros au lieu de 32 qui sera son prix public lors de sa sortie le 15 février prochain.


ATTENTION : cette offre de souscription est valable pour les 100 premières commandes seulement ! 

Réservez sans plus tarder vos exemplaires au lien ci-dessous :

http://www.ladiffusiondulore.fr/home/793-walther-darre-le-blut-und-boden-et-l-ecologie-hitlerienne.html

 

0aaf7cf1d630fa7c40cf324e3f11197a.jpgMost widely held works

by Anna Bramwell

Ecology in the 20th century : a history by Anna Bramwell( Book )

28 editions published between 1988 and 1992 in 3 languages and held by 901 WorldCat member libraries worldwide

The fading of the Greens : the decline of environmental politics in the West by Anna Bramwell( Book )

13 editions published in 1994 in English and Italian and held by 617 WorldCat member libraries worldwide

The book traces how Green consciousness became skewed in political practice, preventing it from attracting support commensurate with popular feeling. Bramwell tracks this mismatch largely in relation to the dominance of the German Greens and their specific and untypical characteristics. Environmental consciousness, she argues, is undoubtedly here to stay, yet, 'in the process of rationalising environmentalism, of costing it, of playing trade wars with it, our concern for the intangible beauties of the natural world may go by the board'. The result of the manifest integrity and courage of Green activists may, ironically, be a West further impoverished by attempts to meet the demands of the developing world. But only the maligned West has the money and will to conserve the environment
 
Refugees in the age of total war( Book )

9 editions published in 1988 in English and held by 255 WorldCat member libraries worldwide

(Book )

13 editions published in 1985 in English and held by 229 WorldCat member libraries worldwide

A political biography of Darre, appointed National Peasant Leader and Minister of Food and Agriculture in 1933. Argues that his ecological ideas are still worthy of attention despite his racism. Although he believed in eugenics and Nordic racism, he did not emphasize their antisemitic aspect until after joining the Nazi Party in 1930, when he began to speak of the Jews as leaders of the capitalist urban threat to rural Germany and of an international Jewish conspiracy. He opposed anti-Jewish boycotts and delayed the Aryanization of Jewish land until 1940, not wanting his land reform program to be controlled by Nazi antisemitism. Although he was excluded from policy decisions after 1939, and dismissed in 1942, Darre was tried as a war criminal in 1949 and found guilty of participation in the Aryanization program and of expropriation of Polish and Jewish farmlands during the resettlement of ethnic Germans.
 
Ecologia e società nella Germania nazista : Walther Darré e il partito dei verdi di Hitler by Anna Bramwell( Book )

1 edition published in 1988 in Italian and held by 9 WorldCat member libraries worldwide

National Socialist agrarian theory and practice : with special reference to Darre and the settlement movement by Anna Bramwell( Book )

6 editions published between 1982 and 1983 in English and held by 6 WorldCat member libraries worldwide

Sangre y suelo el partido verde de Hilter : Walther Darré y la ecología nacional-socialista by Anna Bramwell( Book )

3 editions published in 2011 in Spanish and held by 2 WorldCat member libraries worldwide

Ecology in the 20th century a history by Anna Bramwell( Recording )

1 edition published in 2003 in English and held by 1 WorldCat member library worldwide

Anton Mirko Koktanek: Oswald Spengler. Leben und Werk

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Anton Mirko Koktanek: Oswald Spengler. Leben und Werk

Sehr geehrte Damen und Herren,

nach umfangreichen Vorarbeiten können wir nun endlich die schon lange geplante Neuauflage der großen Spengler-Biographie von Koktanek für den 17. Februar 2020 ankündigen.

Bitte nehmen Sie diese herausragende Biographie des bedeutenden Philosophen in Ihren Vertrieb auf.

Im Anhang finden Sie das Inhaltsverzeichnis sowie eine Titelabbildung.


Anton Mirko Koktanek

Oswald Spengler. Leben und Werk
Eine Biographie
ISBN 978-3-938176-15-3
560 Seiten + 16 Bilderseiten, Paperback, Preis: 34,00 Euro
Erscheinungstermin: 17. Februar 2020

Oswald Spengler (geb. 29.5.1880, gest. 8.5.1936) war einer der wirkungsvollsten und zugleich umstrittensten Denker des 20. Jahrhunderts. Mit seinem Hauptwerk „Der Untergang des Abendlandes“, dessen erster Band im Frühjahr 1918 erschien, beanspruchte Spengler, eine kopernikanische Wende in der Geschichtsphilosophie einzuleiten. Seine Kernthese lautete, daß die Weltgeschichte die Abfolge von verschiedenen Kulturen darstelle, die von Gesetzmäßigkeiten determiniert sei: „Jede Kultur durchläuft die Altersstufen des einzelnen Menschen. Jede hat ihre Kindheit, ihre Jugend, ihre Männlichkeit und ihr Greisentum.“ In „Zivilisationen“ sah Spengler die Spätzeiten der einzelnen Kulturen, deren Erlöschen und Untergang wie bei alternden Organismen bevorstehe. Dem gegen Ende des Ersten Weltkrieges ins Zerfallsstadium eintretenden Abendland prophezeite er ein bevorstehendes Zeitalter der Diktaturen und des Imperialismus.

Anton Mirko Koktanek, Philosoph und Nachlaßverwalter Oswald Spenglers, konnte für seine große Spengler-Biographie zahlreiche unveröffentlichte Zeugnisse verwenden, darunter auch dichterische Entwürfe Spenglers, Tagebuchnotizen seiner Schwester und nicht zuletzt seine Selbstbetrachtungen, die er als Gedächtnisstützen für die von ihm geplante, jedoch nicht geschriebene Autobiographie verfaßte. So entstand eine außerordentlich kenntnisreiche Lebens- und Werkbeschreibung des Geschichtsphilosophen Spengler, die zugleich einen Schlüssel zum Verständnis der Krisen, Kriege und Revolutionen und der Tragödie der deutschen Geschichte im 20. Jahrhundert bietet.

Mit freundlichen Grüßen

Heiderose Weigel
Lindenbaum Verlag GmbH
Bergstr. 11, 56290 Beltheim-Schnellbach

Tel. 06746 / 730047
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