Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 04 février 2020

Une autre idée de l'Europe - Les limites spirituelles de l'Europe d'aujourd'hui et le bilan critique de la modernité

Europa.jpg

Une autre idée de l'Europe

Les limites spirituelles de l'Europe d'aujourd'hui et le bilan critique de la modernité

« Ab integro nascitur ordo »

Irnerio Seminatore

Ex: http://www.ieri.be

LA PERSONNALITÉ DE L'EUROPE

L'idée de « limites géopolitiques et stratégiques » ou celles de « limites spirituelles » est décisive pour l'Europe.

C'est autour d'elles que se fera ou ne se fera pas à l'avenir l'unité politique du continent, comme « communauté de destin, de civilisation et de responsabilités ». Le domaine où les « limites » de l'Europe sont les plus évidentes est celui de la puissance politico-militaire et d'une diplomatie réaliste, anticipant sur les grands équilibres du monde et réagissant à des situations decrise, désormais multiformes.

De surcroît, les politiques d'élargissement, de proximité et de voisinage 1 n'ont de sens que si l'Europe revendique et défend une identité, une personnalité et une histoire, bref une certaine idée de l'Europe.

En revanche l'idée des « limites spirituelles » de l'Europe est moins évidente et se heurte de plein fouet à la modernité européenne, à ses issues historiques et à son héritage institutionnel, dont participe le processus d'intégration qui est parvenu à un seuil existentiel critique.

A l'évidence, l'Europe du présent est taraudée par l'épuisement de son « idée-guide » et de son projet politique. Cet épuisement a des répercussions sur son engagement et sur sa foi combattante. Le doute de l'Europe sur elle-même découle d'une dépolitisation des masses et des élites et du sentiment de désenchantement qui en résulte. Ces évidences montrent également que les élites européennes ont perdu toute relation avec la politique comme « violence conquérante » (M. Weber).

Aux yeux des analystes, la situation actuelle de l'Europe offre le spectacle d'une coexistence hybride de sécularisation de la foi, de neutralisation et laïcisation des consciences, d'une étonnante égalisation de valeurs incompatibles provenant d'un multiculturalisme déroutant.

Ce dernier est le signe annonciateur d'une « latence de l'ennemi »2, l'autre visage d'une cohésion introuvable de la société.

Face à une « démocratie désarmée » et à une reformulation nécessaire du « concept d'ennemi », tous les signes de notre temps indiquent que nous vivons une période d'épuisement. L'Europe est devenue une puissance qui recherche une seule légitimité, celle du « status quo ».

Or, tous les grands changements et toutes les grandes mutations proviennent de la force transcendante d'une « idée-guide » qui refuse les garanties offertes par le « status quo ».

SUR LA CONNAISSANCE DU PRÉSENT

À l’inverse de ce qui se passe sur la scène des croyances où toute reconnaissance authentique de la religion apparaît comme un retour à un principe premier, la désacralisation absolue de l’Europe et de l’esprit européen a progressé dans la vie publique comme dépolitisation. Cette neutralisation de l’existence est vécue par les masses comme une phase de cessation de la guerre et comme l’affirmation définitive de la « paix universelle », ou comme « la fin de l’histoire » selon l’expression de Francis Fukuyama.

Cependant, la loi secrète et improférable du vocabulaire de l’histoire nous dit que la « guerre la plus terrible peut être conduite au nom de la paix, l’oppression plus horrible au nom de la liberté et de la déshumanisation plus abjecte seulement au nom de l’humanité » (C.Schmitt-1929).

L’Europe mène à son bout un processus qui a débuté il y a cinq siècles, le processus de sécularisation de la politique. Dans les cinq derniers siècles, l’Europe a connu quatre phases différentes de son évolution. Elle a été organisée par ses élites autour de quatre grands regroupements de principes ou de centres de références spirituels, avant d’aboutir à l’époque actuelle, une époque d’agnosticisme et d’indifférence, caractérisée, selon l’expression de Ortega y Gasset par « l’âme servile et docile ».

LES « LIMITES SPIRITUELLES » DE L’EUROPE D’AUJOURD’HUI

Pour mieux en venir aux « limites » de l’Europe actuelle et à l’utopie de la réconciliation et de l’harmonie des intérêts, ainsi qu’à l’humanisme moralisant de la « pensée servile », il faut en venir à ce procès unique de l’histoire européenne et, suivant Vico, Comte et Schmitt, à l'examen de cette évolution, permettant de dégager une loi générale du développement humain.

21292466012.jpg

Cette loi fait référence à l’existence de centres organisateurs de la vie spirituelle d’une époque, hiérarchisant toutes les grandes orientations venant des élites-guides, « l’évidence de leurs convictions et de leurs arguments, le contenu de leurs intérêts spirituels, les principes de leurs actions, le secret de leur succès et la disponibilité des grandes masses à se laisser influencer » (Schmitt).

Ainsi, la neutralisation spirituelle de la conscience européenne remonte au XIX e siècle, à l’apparition d’une neutralité culturelle générale, dont l’« État agnostique et laïc » est l’expression emblématique. La légitimité de l’État repose désormais sur sa neutralité et son agnosticisme moral. C’est un État qui renonce à commander l’économie, mais aussi les consciences. Dans l’évolution de l’histoire de l’esprit européen, il importe de souligner que le centre de référence des idées est un terrain de lutte et de combat. En effet, l’accord ou le désaccord principal auquel tout le reste est subordonné permet d’atteindre l’évidence des choses, la compréhension des phénomènes et l’ordre de participation dans la vie sociétale.

Cette migration européenne des centres de référence intellectuels d’un terrain à l’autre, désacralise progressivement l’histoire de la pensée européenne, la neutralise et la dépolitise.

L’humanité européenne a accompli en cinq siècles une complète migration du terrain de la lutte vers un terrain neutre, allant de la foi vers l’agnosticisme, des guerres de religion aux guerres nationales, puis économiques et pour finir idéologiques.

Dans cette transition il y a eu déplacement successif du terrain du compromis général, qui de confessionnel, devient national, puis social et enfin idéologique et pour terminer neutre.

Au bout du parcours la neutralité spirituelle et politique parvient à atteindre un état de néant spirituel, celui d’une politique sans âme. C’est à ce stade, le stade du vide de l’esprit, que triomphe une nouvelle idée, abstraite et dépassionnalisée, sécularisée et dépolitisée, celle de l’Europe comme État postmoderne, un État sans État, une politique sans politique, un pouvoir sans autorité, une désacralisation sans légitimité ; une forme d’État sans sujets, car l’idée même de citoyen se traduit en un concept vide et totalement désincarné.

AUX RACINES PHILOSOPHIQUES D’UNE « AUTRE MODERNITÉ »

A la source de la modernité occidentale, la référence immédiate est celle de la tradition des Lumières. Cette racine est définie par le culte de la raison, l'affirmation de l'universalisme et l'autonomie de l'individu, s’incarnant politiquement dans la civilisation qui porta la révolution des droits de l'homme. Or cette source n'apparaît plus aujourd'hui comme l'origine unique de la modernité occidentale. Une « autre modernité », s'est définie par opposition aux Lumières, par un corpus de doctrines anti-cosmopolitiques, nourrissant une culture dans laquelle les certitudes de la raison ont été combattues par les vieux enchantements de la religion et de la foi.

Renaît aujourd'hui dans le monde, plus violent que jamais, le divorce entre la foi et la raison qui se traduit, d'une part, par la pensée radicale de l'Islam, activée par une hostilité principielle à l’Occident, et, de l'autre, par le relativisme philosophique et les doctrines du pluralisme et de la complexité.

europa1-600.jpg

Si les idées des Lumières ont engendré la civilisation des Droits de l'homme et de la Révolution et si ses grands noms restent Voltaire, Montesquieu Rousseau et Kant, la rupture du rationalisme avec la pensée de la tradition, s'incarnant politiquement dans les courants jacobins, contesta radicalement les idées reçues et l'ordre établi.

Dans le climat du renouveau intellectuel du XVIII e, l'opposition aux Lumières se fit cependant au nom de l’affirmation d'une « autre modernité », qui eut pour pères spirituels Edmund Burke (1729-1797 – historien anglo-irlandais) et Johann Gottfried Herder (1744-1803 – pasteur et patriote allemand).

Ceux-ci réfutèrent les idées universelles au nom de l'importance des communautés originelles, le peuple ou l'ethnos, la Gemeinschaft au lieu de la Gesellschaft, seules matrices culturelles de 1'« essence » spirituelle de l’individu, baigné dans la particularité d'une histoire collective toujours singulière.

Ce sont là les origines occidentales du conservatisme libéral s’opposant au déracinement de l’abs traction, de la raison pure et du culte des idées, faites pour être aimées par elles-mêmes dans le seul but de réinventer le monde.

Ainsi, sur les fondements d'une pensée more geometrico, une pensée « sans pères ni ascendants », le jacobinisme engendrera les doctrines du changement radical de l'homme, de la société et de l'histoire, que l’utopie marxiste convertira en totalitarisme et en antihumanisme, dans le but de réaliser une société unifiée et homogène, sans divisions ni conflits.

Or, puisque les Lumières marquèrent une rupture avec la théologie chrétienne, les idées de raison pure et le système des droits de l'homme, qui constituèrent le fondement du libéralisme politique et de la démocratie représentative, apparurent plus exportables à d'autres contextes culturels, généralisables à d'autres traditions et à d'autres histoires sociales et politiques. Par ailleurs, si la tradition réacquiert aujourd'hui la même légitimité que la démocratie représentative moderne, le relativisme historique ne devient-il pas la doctrine philosophique plus pertinente pour comprendre le monde contemporain, son pluralisme et sa complexité ?

Et la démocratie, comme forme de régime dont la seule source de légitimité est une fiction, la « volonté générale », peut-elle constituer encore le dépassement inévitable de la tradition et le fondement d'un équilibre de pouvoir propre aux régimes constitutionnels pluralistes, commandant le style d'une collectivité, son histoire et son avenir ?

L'ESPACE PLANÉTAIRE ET LE DESTIN OCCIDENTAL

La particularité du « destin occidental » et le changement du rapport entre l'Europe et le monde nous incitent à dresser un bilan critique des acquis et des dérives de la Modernité.
Ce bilan se heurte à une impossible synthèse entre « l'universel » européen et les particularismes locaux. Il en résulte ainsi une nouvelle approche intellectuelle comportant l'abandon progressif des aspirations universalistes des Lumières qui apparaissent désormais désincarnées et abstraites. Les convictions de l'Universel avaient fait croire, aux XIXième et XXième siècles, que l'on pourrait surmonter les obstacles de la différenciation inégalitaire de la société et l'hétérogénéité naturelle du monde, par l'arbitraire homogénéité des concepts. Cette vengeance spiritualiste de « l'Histoire » comporte l'émergence d'un “Nouveau Cycle Intellectuel”, relativiste, organiciste et anti-rationaliste.

Ce courant s'oppose aux généralisations arbitraires et aux certitudes rationalisantes et cela au nom du monde historique, comme totalité des formes d'existence de la condition humaine et surtout comme polythéisme de valeurs incompatibles, ou pour le dire avec Max Weber, comme opposition irréductible des croyances et « guerre des dieux ».

pasiphae1-600.jpg

Le grand dilemme, élémentaire et immédiat, qui se pose aujourd'hui à l’Europe consiste à savoir si on peut faire coexister l’utopie du droit public et la réalité de la politique mondiale.

Et si l’« essence » du politique peut être inscrite, à l’extérieur, dans la dialectique aventureuse et conflictuelle de l’un et du multiple et à l’intérieur dans un réseau de relations fonctionnelles, engendrant une version dispersée et administrative de la théorie de la décision et une image tranquillisante de la paix, la pax apparens de Thomas d’Aquin.

ADAPTATION INSTITUTIONNELLE OU REFONDATION RADICALE

Face à l'épuisement de son principe constitutif, au dévoiement de sa mission et à la perte grandissante de sa légitimité, de quoi l'UE a-t-elle besoin, comme fille de la « raison pure » et dernière incarnation de l'utopie rationaliste, pour faire face aux défis de notre temps.

D'une simple adaptation institutionnelle ou d'une refondation radicale ? A-t-elle besoin d'une nouvelle idée historique et laquelle ? Doit-elle fédérer des Nations et reconnaître la hiérarchie naturelle des plus puissantes d'entre elles ?

Ce qui fait toujours problème dans une période de mutations est la transformation d'une philosophie en une stratégie, par le biais de l'appareil institutionnel. L'appareil en lui-même est inerte, sans volonté ni action, car les institutions n'ont d'autres fonctions que de transformer les idées en pouvoir. En poursuivant le diagnostic de l'UE et en traçant le bilan désenchanté d'une physiologie institutionnelle en crise, la santé de l'organisme apparaît affectée par de multiples syndromes dégénératifs en contraste avec le retour des États.

Du point de vue des « limites historiques », l''autorité constitutionnelle de l'UE n'a pas encore franchi le seuil de « l'autorité fonctionnelle » et les jeux compensatoires entre pays-membres se sont fait valoir en termes de relations de puissance entre États souverains, au sein du processus d'intégration et de manière concertée, y compris en matière économique, (couple franco-allemand), mais en dehors du cadre d'intégration.

AKG52987.jpg

Dans la première phase de mise en œuvre du processus d'intégration, l'essence profonde des relations internationales, structurellement fondée sur l’état asocial du système inter-étatique a été masquée par l'idéalisation militante du « combat pour la paix », qui a inspiré la politique étrangère de l'Union et s'est réclamé d'un forme d'utopisme légaliste et juridiste.

Cette idéalisation a infirmé les préceptes de prudence et d'équilibre du réalisme classique, au nom du multilatéralisme et de la sécurité collective, qui constituent encore aujourd'hui les deux référents majeurs de la pratique diplomatique de l'UE.

LE CONCEPT « D'ENNEMI » ET LA « SÉCURITÉ COLLECTIVE »

Or l’absence de la figure de l’ennemi dans la définition du concept européen de sécurité est capitale pour la compréhension de sa faiblesse. En effet, cette absence est essentielle pour déceler la nature des réponses prévues pour faire face aux défis et aux menaces extérieures.

Cette absence de l’« ennemi » en acte, n’exclut guère la définition d’un « état latent d’hostilité », comme situation intermédiaire entre l’état de conflit et l’état de paix.

La « limite » du concept de sécurité adopté par l'Union prend la forme d'une dilution de sa personnalité dans un tout politiquement hétérogène, le multilatéralisme des Nations Unies, où les États démocratiques coexistent avec des États voyous et des États autocratiques ou encore des États en faillite. Il en résulte une autre « limite » de l’UE, son aveuglement face à la transformation conjointe du système international et de la puissance. En réalité la caractéristique principale d’une puissance est son unilatéralisme, autrement dit l’évaluation indépendante et autonome de ses choix existentiels, ne comportant pas de dilution de la volonté d’affirmer son identité et son avenir, en exécution des délibérations d’une enceinte multilatérale, les Nations unies, à l’âme « servile et docile », une enceinte qui n’est guère l’expression de la puissance de la paix et de son idéal, mais le simple substitut de la puissance qui lui fait défaut.

En ce qui concerne les aspects constitutionnels de l'UE, les « Traités de Rome » ou de Lisbonne n'ont pu amoindrir le sentiment d'appartenance nationale, car la gestion de l'identité et de la culture, qui n'a jamais été l'apanage de l'intégration, est restée de compétence nationale. A l'inverse, « l’appétit naturel des hommes pour l’état civil » et pour la paix, qui a été érigé en postulat moral du système européen a provoqué une inversion des conceptions westphaliennes de l’État, par la fiction de la « souveraineté partagée ».

Or, la doctrine de la « souveraineté partagée » n'a guère protégé les nations et les citoyens des turbulences de l'Histoire, de telle sorte que les partisans de « l'Europe des Patries » ont été les seuls à se préoccuper, paradoxalement, de l'interprétation extérieure de la souveraineté et donc de l'indépendance politique de l'Europe sur la scène internationale.

Du point de vue stratégique, la mutation de la souveraineté des États-forts découle de la coordination stratégique du BAM aux mains d'Hegemon et celle de « souveraineté limitée » a été élaborée par R. Haas à propos des États faibles et à base sociale non-viable.

Reise-europa-stier-DW-Reise-Muenchen-jpg.jpg

Le « système de défense » et de protection avancée du BAM est en effet un « système d’intégration politique » créateur de subordination et de dépendance des alliés vis-à-vis de la puissance dominante, tandis qu’il se configure comme un système d’« insularisation », et de containment pour les adversaires ou les rivaux.

Vis-à-vis des États faibles, la doctrine des « limitations de souveraineté » est applicable aux régimes autoritaires et intégristes, ainsi à une « souveraineté fictive « doit faire place une « souveraineté limitée ».

MODÈLES DÉMOCRATIQUES ET CRISES DE LÉGITIMITÉ

La résistance des sociétés non occidentales au rationalisme historique des Lumières a été dictée par la vocation de la philosophie rationaliste à imprimer un cours « critique » et « réformateur » aux ensembles sociaux traditionnels et à leur imposer « d'autres valeurs », d'autres justifications politiques et d'autres principes de légitimité, bref à les occidentaliser et les dénaturer.

Cela concerne en particulier l'imposition de régimes et modèles démocratiques et, dans l'ordre culturel, une vision problématique et laicisante de l'Histoire, qui est antithétique par rapport à la tradition.

Du point de vue des particularismes culturels, la diversité des cultures et des peuples qui restent les sujets collectifs de l'histoire appelle à une différence de perceptions, dans l'affrontement entre identités, longtemps reniées, et aujourd'hui ressurgissantes. En réaction au mouvement de mondialisation, de nouveaux facteurs de fragmentation et de désordre accroissent l'hétérogénéité du système et simultanément les mécanismes de régulation existants, régionaux ou universels, apparaissent inappropriés à gérer ou à maîtriser l'interdépendance de la planète.

En perspective, l'uniformisation de la culture nous montre que le processus de mondialisation a pour corollaire, l'irruption de nouveaux acteurs, individus et minorités, par delà les États ou les sociétés, revendiquant la reconnaissance de leurs statuts, juridiques et politiques, dans un horizon temporel amplifié et de ce fait, plus complexe.

Aujourd'hui les dessous de l'Histoire font apparaître les déceptions amères d'une crise de légitimité des démocraties, des conceptions de l'État de droit et des droits universels, coupables d'avoir dissocié l'intime relation entre l'universel et le particulier au profit du premier, ouvrant la voie à la révolte de la tradition et du passé, comme formes d'historicité authentiques.

Dans cette impossible synthèse entre les différentes approches de l'histoire et les manifestations de la vie spirituelle prenant corps dans la diversité des régimes et des formes de gouvernement, « l'universel » européen se heurte à une série innombrable de singularités culturelles, comme « inhérences » des régimes politiques à leur propre histoire. Par rapport à ces histoires individuelles et locales tout ce qui vient de l'extérieur apparaît comme une greffe « sans inhérence » à un passé, à une tradition particulière ou à une forme concrète du pluralisme historique. Cet heurt de l'universel et du particulier est préjudiciable pour tous les systèmes de concepts à prétention universaliste et en particulier pour le système d'idées abstraites et universelles héritées des Lumières.

En effet, si « l'universel » est la connexion nécessaire entre toutes les déterminations de la chose, ou encore le prédicat commun de plusieurs choses, les particularismes du monde de l'âge planétaire, idées, cultures, civilisations, régimes politiques, sociétés, ne peuvent exister, au niveau de la connaissance, que comme des épiphénomènes.

Ils figurent ainsi comme entités négligeables dans la définition d'une loi générale de l'évolution humaine, qui impose l'affirmation, nécessairement conflictuelle, d'un système politique sur les autres et qui fait du système démocratique un modèle hypostasié, là même où il est un régime révocable, périssable, précaire et contingent.

L'élargissement du « modèle démocratique » est apparu ainsi comme l'expression d'une vision utopique de l'Histoire et s'est heurté, à une interprétation messianique du monde historique.

La tradition et les sociétés traditionnelles témoignent de l'expression d'autres formes d'« historicité », indifférentes à l'idée de « démocratie », sauf pour les couches intellectuelles cosmopolites, libertaires et non organiques, sans légitimité et exclues des offices publics.

510M0VjuamL._SX355_.jpg

Ces sociétés représentent le démenti patent d'une conception de l'histoire comme abstraction.

L'interprétation de la démocratie comme « modèle » est également la négation de l'évolution des régimes politiques selon leur propre loi, ou selon leur propre individualité historique. Si le « modèle démocratique » devait prendre racine, cela correspondrait au triomphe de la « cité céleste» sur la « cité terrestre» de Saint Augustin, où le « bien » l'emporte définitivement sur le « mal ».

Ce triomphe clôturerait la doctrine moderne des cycles historiques et se conclurait définitivement par la « fin de l'histoire » (F. Fukuyama). Or, s'il y a toujours quelque chose de messianique dans cette fin de l'Histoire comme conclusion d'un cycle, c'est bien ce retour du monde à Dieu par le réenchantement de la foi. C'est le triomphe sur terre de l'agneau céleste.

Peut-on dès lors réenchanter le projet européen et repartir d'un ordre nouveau et d'une nouvelle idée de l'Europe en phase avec notre temps et en prise directe avec le « nouveau cycle intellectuel » ?

 

Bruxelles, le 19 Février 2014

 

 

Pensées interdites

pensees-interdites-gregory-roose-entretien-polemia.jpg

Pensées interdites

par Rémi TREMBLAY

C’est une banalité que d’affirmer que les Milléniaux lisent peu. Bercés par les écrans et gavés par les médias sociaux et les vidéos en ligne, ils n’ont que peu d’intérêt pour la lecture et s’il existe des exceptions à cette règle, il reste que la plupart ne s’emballeront jamais en lisant la prose de Charles Maurras ou de Lionel Groulx. Mais l’objectif n’est pas ici de les convaincre de s’intéresser à ces lectures qu’ils trouveront probablement fastidieuses et rébarbatives, mais de leur présenter un livre choc composé d’une série d’aphorismes qui saura capter leur intérêt et les faire renouer avec la lecture, au moins le temps d’un livre.

ED40Y1nWwAA7BhA.jpgLe livre de Grégory Roose, Pensées interdites, est parfait pour celui qui n’a jamais ouvert un ouvrage de politique ou que rebute l’idée de se plonger dans de grandes dissertations philosophiques, bref, un ouvrage idéal pour le Millénial ou quiconque lit peu.

L’auteur en est à son premier titre. Mal pensant comme on les aime s’assumant totalement, Roose constate le Grand Remplacement et propose comme voie de sortie, le Grand Rapatriement, soit le divorce avec les éléments exogènes qui ont refusé de s’assimiler. Il est temps de dire adieu à ceux qui partagent la même maison, mais qui ne l’aiment pas et qui ne nous aiment pas. Nul racisme chez lui; il croit l’assimilation possible, mais celle-ci n’est réalisable que si les immigrants sont de bonne foi et s’ils ne sont pas trop nombreux. Deux conditions que l’immigration comme elle se pratique aujourd’hui ne remplit pas. Ainsi, « le Grand Rapatriement doit être la conséquence opérationnelle d’une rupture de contrat entre un peuple autochtone et des fragments de peuples exogènes et dissidents ».

Ses réflexions, parfois humoristiques, voire sarcastiques, touchent un grand nombre de sujets, de la déferlante migratoire au féminisme moderne en passant par l’automobile et le journalisme. Chaque sujet mériterait une analyse complète, mais c’est justement là le charme des aphorismes; présenter en quelques mots une pensée complexe. L’aphorisme est à l’essai politique, ce que le haiku est au sonnet.

Pour bien exemplifier le style de Roose, le mieux est de présenter certaines de ses réflexions :

  • Avoir toujours raison est un art. Savoir reconnaître ses torts est une vertu. La plupart des politiciens sont des artistes vicieux.

  • La loi contre les « fake news » est censée « protéger la vie démocratique et républicaine ». Tout comme le nom officiel de la Corée du Nord contient les mots république et démocratique. Vous me suivez ?

  • Notre défaite démographique, concomitante à l’invasion migratoire, sonnerait le glas de notre civilisation deux fois millénaire.

  • La gauche dite « antiraciste » racialise tous les débats, mais c’est la droite qui est régulièrement qualifiée de raciste et de réactionnaire. Cette gauche est un fléau sociétal qui doit être ringardisé au nom de l’intérêt général.

  • L’inversion des flux migratoires est notre seul salut possible. À défaut, la civilisation européenne, subjuguée, disparaîtra dans quelques générations.

  • Ne pas dire « égorgé », dire « blessé mortellement au cou »; ne pas dire « immigré clandestin », dire « primo-arrivant »; ne pas dire « Grand Remplacement ». Surtout, ne pas le dire.

  • La censure sur les réseaux sociaux s’organise. La presse clandestine a toutes les raisons de renaître de ses cendres.

L’auteur n’a pas le même sens de la formule que Robert Poulet ou Xavier Eman, plus contemporain, mais il n’en demeure pas moins que ses réflexions sont la plupart du temps justes et parviennent en quelques mots bien sentis à déconstruire l’argumentaire de nos opposants, empêtrés dans leurs contradictions, ce qui nous fait oublier le manque de fil conducteur. On reconnaît chez cet homme le courage que François Bousquet nous exhorte à adopter. D’ailleurs, certaines de ses réflexions auraient pu être tirées du Manuel de guérilla culturelle de ce dernier.

Il ne reste plus qu’à mettre ce livre dans les mains de ceux qui font de l’urticaire à la simple évocation du mot « lecture ». C’est le cadeau idéal pour le neveu millénial ou l’homme trop pressé pour prendre le temps de s’asseoir et de se plonger dans une lecture de fond.

Rémy Tremblay

Grégory Roose, Pensées interdites, Apoxa, 2019, 148 p., 8 €.

• D’abord mis en ligne sur EuroLibertés, le 24 janvier 2020.

Coranovirus: nouveau front de la guerre hybride contre la Chine

1257768265-e9909.jpg

Coranovirus: nouveau front de la guerre hybride contre la Chine

Par Laurent SCHIAPARELLI

Les réactions des autorités occidentales, outrepassant les recommandations de l’OMS, contribuent à semer un climat de panique face à une épidémie encore somme toute limitée. Pourquoi ne réagit-on pas de la même manière à des menaces sanitaires autrement plus meurtrières?

L’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA) développe depuis quelques années le concept militaire de guerre mosaïquée (mosaic warfare), une sous-catégorie de la guerre hybride (combinaison de moyens militaires, cybernétiques et non-conventionnels, comme le terrorisme, la guerre de l’information, la criminalité).

Que ce soit dans le champ militaire, ou ici médiatique, il s’agit de projeter vers l’ennemi une multitude d’attaques de taille et de nature différente, qui individuellement sont peu décisives, mais qui, combinées et déployées simultanément ou successivement, ont pour but d’épuiser et de submerger les défenses adverses.

Il semble que cette stratégie soit aujourd’hui à l’œuvre dans le volet médiatique de la guerre économique déclarée par les États-Unis à la Chine.

Sur le devant de la scène, une guerre économique conventionnelle, au sujet de laquelle les deux gouvernements négocient de façon théâtrale depuis un an. En parallèle, une multitude d’attaques antichinoises restreintes et évolutives: droits de l’homme (Xinjiang), intégrité territoriale (Mer de Chine du Sud), souveraineté (Hong Kong) mais également environnementale (pollution, déforestation, incendies), et depuis quelques semaines, sanitaires avec l’apparition du coronavirus dans un marché à Wuhan.

Le fait que la DARPA finance plusieurs projets de recherche sur le forçage génétique, technique hautement controversée, est sûrement une coïncidence sur laquelle nous n’aurons pas le temps de nous attarder ici.

Reconnaissance de l’OMS, mais sanctions des Etats

Au cours de sa réunion du 30 janvier 2020, le Comité d’urgence de l’OMS a convenu, «dans un esprit de soutien et de reconnaissance envers la Chine», que la flambée épidémique constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Cette déclaration se borne à une série de recommandations à destination du personnel de l’OMS, de la Chine et de la communauté internationale, principalement sur un renforcement des échanges des données collectées.

Le point saillant de ce communiqué est l’absence de recommandation de restriction des déplacements. «[…] Les faits ont montré que la restriction de la circulation des personnes et des biens pendant les urgences de santé publique peut être inefficace […]. En outre, les restrictions peuvent interrompre l’aide et l’appui technique nécessaires, perturber les entreprises et avoir des effets négatifs sur l’économie des pays touchés.»

Ainsi, l’interruption de vols commerciaux vers et en provenance de la Chine de compagnies aériennes occidentales (British Airways, Lufthansa, Swiss, Air France) s’apparente dans le meilleur des cas à un excès de précautions, et dans le pire à une tentative malveillante de clouer la Chine au pilori.

Les États-Unis viennent de diffuser un avis de voyage de niveau 4 à destination de la Chine, l’Allemagne demande à ses ressortissants de quitter la ville de Wuhan, et la France propose le rapatriement aux Français de Wuhan qui le souhaitent (comment? Air France ne dessert plus la Chine depuis le 31 janvier). L’hystérie est donc alimentée depuis l’étranger une nouvelle fois, alors que les chiffres de propagation, aussi bien en Chine où l’épidémie est la plus grave, qu’à l’étranger, ne le justifient pas. Et ce le jour où l’OMS déclare que des restrictions de déplacements ne sont pas souhaitables.

Péril pulmonaire jaune ou gastro-entérite bien de chez nous?

En France, les médias sèment la panique. Cinq cas diagnostiqués, et on ne trouve déjà plus de masques en pharmacie. Le SAMU reçoit des appels de personnes qui s’inquiètent d’avoir «récemment mangé chinois», ou d’avoir reçu un colis de Chine. Les médias tournent en dérision cette psychose outrancière, mais plutôt que d’expliquer pourquoi il n’y a pas lieu de paniquer, ces médias nous apprennent que les services médicaux français sont «prêts». Sous-entendu, «il y a bien un danger venu de Chine».

chrome_2020-01-22_18-26-55.jpg

Pourtant, si on avait sincèrement voulu désamorcer ce début d’hystérie collective, il eut été plus simple de donner l’antenne à un expert, pour apporter un point de vue documenté et apaisant. On aurait pu donner la parole au Professeur Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection à Marseille, qui aurait pu expliquer à une heure de grande écoute, comme il le fait chaque semaine sur sa chaîne YouTube, que cette flambée épidémique en Chine est bénigne au regard d’autres maladies infectieuses qui sévissent en Occident dans le silence médiatique le plus total.

Dans une de ses brèves vidéos, datée du 17 septembre 2019, il explique que l’infection au clostridium difficile tue 20,000 personnes par an en Europe et 20,000 aux États-Unis. 10% de la population occidentale serait «colonisée» par ce clostridium difficile, qui est LA vraie maladie émergente, mais qui étrangement ne fait pas le buzz dans nos médias. Peut-être est-ce le fait qu’elle sévit fortement dans les EPHAD, où il faut bien mourir de quelque chose, de vieillesse, de maltraitance, ou de maladie.

Sa létalité va de 5 à 50% selon la souche, et elle a une très forte contagiosité. Malgre sa cinquième position au classement des maladies responsables de décès en France, le professeur Raoult constate que «ce n’est pas un problème médiatique».

En comparaison, le coronavirus 2019-nCoV a une létalité de 2,3% et s’est peu répandu à l’étranger: 259 cas sur 1100 au 1er février. Cette épidémie bénéficie d’une caisse de résonance médiatique que ni sa contagiosité ni sa létalité ne justifient. A l’inverse, l’avis d’un expert comme celui du professeur Raoult ne génère aucun buzz dans les médias. Il est même suspect aux yeux de certains membres de la communauté française en Chine, à qui on ne la fait pas, car ils ont consulté la fiche Wikipedia en français du Professeur Raoult, et n’ont pas manqué d’y remarquer la marque au fer rouge qui frappe ce professeur, celle qui expose son crime dès les premières lignes, celui d’être «climato-sceptique». Sa fiche Wikipedia en anglais, plus exhaustive, ne mentionne pas son opinion sur le climat, préférant détailler ses réussites dans son domaine, la biologie (brevets, prix, création de startups) et sur le fait qu’il soit présent dans le top 10 des chercheurs français, attribué par la revue Nature, et dans le top 99 des microbiologistes dans le monde.

La ligne de front est stoïque, les planqués s’affolent

Ainsi, la Chine fait face, sans débordements, à cette nouvelle épreuve, et comptabilise les mauvaises nouvelles qui s’accumulent, surtout en provenance de ses «partenaires étrangers». Autant de gouvernements occidentaux qui en temps normal font la danse du ventre pour signer des contrats commerciaux, mais qui, à l’annonce d’une épidémie encore bénigne, retournent leur veste et prennent des décisions draconiennes et inamicales d’évacuation, qui délivrent un tout autre message: la Chine ne serait pas capable de gérer cette épidémie, alors même que l’OMS salue la transparence et la réactivité chinoise dans cette crise. La crise du SRAS de 2003, qui avait explosé à Hong Kong, n’avait pas causé autant d’émoi chez les Occidentaux à l’époque.

Coronavirus.jpg

La population de Hong Kong justement (11 cas, 0 décès pour 7,1 millions d’habitants), habituée aux débordements émotionnels, ne manque pas de saisir la balle au bond pour exhiber un peu plus sa sinophobie schizophrénique: elle vient de faire pression sur l’Exécutif pour repousser l’ouverture des écoles au 2 mars (elle était prévue pour le 3, puis le 17 février), et fermer les liens ferroviaires avec la Chine (en contradiction avec les recommandations de l’OMS). Dans la continuité des émeutes des derniers mois, les appels se multiplient pour couper toute voie de communication avec la Chine. Les médecins sont à l’avant-garde de ces revendications, menaçant le gouvernement de se mettre en grève si toutes les voies de communication ne sont pas coupées d’ici le 3 février. Des bâtiments destinés à accueillir les patients en quarantaine ont été incendiés par le voisinage, des hôpitaux traitant des patients chinois ont été attaqués, et de nombreuses mises à sac de parapharmacies ont été signalées, pour de l’alcool et des masques. Ces scènes, dignes des classiques américains que sont Black Friday et L’attaque des zombies, montrent à quel point le virus de l’américanisation est actif dans ce petit territoire.

Cette nouvelle campagne médiatique antichinoise fera son petit effet sur les peuples occidentaux, dont une partie doit tout de même ressentir une certaine fatigue à ne lire que des informations systématiquement négatives et caricaturales sur la Chine. Comme souvent par le passé, les gouvernements européens ont tendance à trop en faire pour plaire à l’Oncle Sam, et s’exposent ainsi au ridicule tout d’abord, puis à une certaine rancune de la part du peuple et du gouvernement chinois, qui ne manquera pas de se transformer en mesure de rétorsion contre ceux partis trop précipitamment, et qui ont ainsi amplifié les difficultés économiques de la Chine au moment où il aurait été sage de montrer une certaine solidarité pragmatique.

Source : l’Antipresse n° 218 du 02/02/2020.

Pérou, élections législatives: victoire d'une secte biblique et prophétique !

Frepapggggg.jpg

Pérou, élections législatives: victoire d'une secte biblique et prophétique !

Le Frepap, bras politique d’une secte religieuse qui prône le retour aux valeurs de la Bible, devient, avec seize députés, le deuxième parti du pays.

frepap.jpgLes personnes de la communauté LGBTI ont «le mal enkysté dans le cœur et dans le sang, mais ils vont avoir une chance de découvrir le décalogue universel des commandements, et par cet intermédiaire entrer dans la moralisation, pour plus tard devenir des gens de bien». Ces propos délirants ne sont ni nouveaux ni surprenants de la part d’un pasteur évangélique en Amérique latine. Ils sont plus inquiétants quand ils sortent de la bouche d’un responsable dont le parti a fait une entrée fracassante dimanche à l’Assemblée nationale du Pérou, devenant avec près de 9% des voix et seize élus la deuxième force politique du pays.

La diatribe a été tenue devant les caméras par Wilmer Cayllahua, qui, avec sa longue tunique et sa barbe de prophète, a multiplié les apparitions médiatiques pendant la campagne électorale. Son parti, le Front populaire agricole du Pérou (Frepap, ou «Agro» pour ses partisans), s’intéresse moins au monde rural qu’au règne des cieux : c’est le bras séculier d’une secte née dans les Andes, l’Association évangélique de la mission israélite du nouveau pacte universel (Aeminpu).

Pour les «israélites», comme on les appelle couramment, le Pérou est la terre promise et ses habitants, le nouveau peuple élu. Ils s’habillent de longues tuniques, les femmes ont la tête couverte et les hommes ne se rasent pas. Le fondateur et messie, Ezequiel Ataucusi, cordonnier et père de sept enfants, eut une révélation en 1968 : emmené «au troisième ciel», selon ses dires, il se proclame la réincarnation du prophète Ezéchiel. Sa doctrine mélange allègrement une lecture littérale de l’Ancien Testament avec les mythes incaïques, la langue de la grande majorité des fidèles étant le quechua. Le moment fort du calendrier de la secte est la célébration de «l’holocauste», le sacrifice d’un bœuf qui brûle sept jours durant.

Programme ultraconservateur axé sur la moralisation

artworks-000073318053-vvmjhf-t500x500.jpgEn 1989, Ezequiel Ataucusi fonde le Frepap et se présente, l’année suivante, à l’élection présidentielle, expérience qu’il renouvelle en 1995 et 2000, sans jamais dépasser 1% des voix. Le parti «agro» parvient à faire élire quelques députés au fil des années 90, qui rejoignent rapidement (et probablement contre rémunération) des formations moins farfelues.

A sa mort en 2000, à 82 ans, son fils qui porte les mêmes nom et prénom lui succède et garde le cap fixé par son père : une activité spirituelle combinée à une ambition électorale. Dans un contexte de défiance vis-à-vis du monde politique, après des scandales de corruption et des poursuites judiciaires contre presque tous les anciens présidents du pays, le Frepap parvient à imposer son symbole, un petit poisson bleu, et à faire entendre son programme ultraconservateur axé sur la moralisation.

Pour tenter d’éteindre la polémique suscitée par les saillies homophobes de Wilmer Cayllahua, le président du parti, Ezequiel Ataucusi fils, a rappelé que son mouvement respecterait la Constitution et la vie privée des citoyens, en ajoutant : «Notre église compte trois homosexuels. Repentants, bien entendu !»

index.jpg

A noter que ce que Libération n’indique pas dans l’article que nous reproduisons ici (https://www.liberation.fr/planete/2020/02/01/les-homophob... ), c’est que grand apôtre de la vertu, la secte « évangélique » a depuis son implantation en Amazonie fait main basse sur le trafic de cocaïne péruvien. ( https://www.ulyces.co/lali-houghton/cette-secte-peruvienn...).

lundi, 03 février 2020

Alexander Wolfheze: “Iran is duidelijk deel van de Indo-Europese cultuurcirkel”

alexander-wolfheze.jpg

Alexander Wolfheze: “Iran is duidelijk deel van de Indo-Europese cultuurcirkel”

Op 3 januari werd de Iraanse generaal Qassem Soleimani met een moordaanslag om het leven gebracht, met het gevolg dat het Midden-Oosten, nu al geplaagd door oorlogen en opstanden, nog onrustiger is geworden. De Amerikaanse president Donald Trump beloofde in reactie op Iraanse aanvallen die daarna volgden, mogelijk 52 locaties in het land te bombarderen, waaronder zelfs cultureel erfgoed. Hij trok dit later weer in, maar evenwel blijft de kans op oorlog zeer wel aanwezig. Dr. Alexander Wolfheze heeft langdurig studie gedaan naar de cultuurgeschiedenis van het Nabije Oosten, wat ook Iran omvat. Kort geleden is zijn nieuwste boek met traditionalistische opstellen Alba Rosa in het Nederlands vertaald en bij Uitgeverij Arktos uitgebracht. ReactNieuws heeft hem enkele vragen voorgelegd.

war.pngHet lijkt erop dat de Iraniërs over een sterke mentaliteit beschikken om met een wereldmacht de confrontatie op te zoeken. Is hiervoor een historische verklaring?

Ook als de lezer een snel en kort antwoord zou willen, is hier toch wel een kleine historische inleiding nodig. Door ons slechte onderwijs en onze bevooroordeelde systeempers zijn veel mensen heel slecht geïnformeerd over de wereld om hen heen – daarmee is het publiek voor onze vijandelijke elite gemakkelijk te manipuleren. ‘Iran’ is in de ogen van veel mensen nu een soort barbaars ‘verweggistan’: één van de vele primitieve oorden in het Midden-Oosten die – naar ‘populistisch’ verluidt – worden bewoond door half-analfabete, lijfstraf-minnende inteelt-populaties en bestuurd door fanaat-onredelijke, hondsdol-antiwesterse godsdienstfanaten. Het is belangrijk heel wat kanttekeningen te plaatsen bij die simplistische kijk. Het komt onze vijandelijke elite maar al te goed uit dat de gemiddelde burger niet veel verder komt dan zulke vooroordelen.

Het woord ‘Iran’, etymologisch ‘(het land) van de Ariërs’, mag dan deel uitmaken van de officiële naam van de huidige ‘Islamitische Republiek Iran’, maar is pas sinds 1935 de gangbare en pas sinds 1979 de enig-officiële naam van een staat die tot dan toe in het Westen werd aangeduid als ‘Perzië’. Het is ook pas sinds 1979 dat die staat een republiek is – voor die tijd was er een Perzische Keizerrijk. Nog de laatste keizer, Mohammad Reza Pahlavi (r. 1941-1979), droeg de titels Shahanshah ‘Koning der Koningen’ en Aryamehr ‘Licht der Ariërs’ – beide gaan terug op een meer dan twee en half millennia oude rijksgedachte en staatstraditie. In het Westen werden deze staat en deze traditie, dragers van een luisterrijke en hoogstaande cultuur, aangeduid als ‘Perzisch’. Dat woord verwijst oorspronkelijk naar het oude hart van staat en traditie, namelijk de provincie Fars, gelegen in het zuidwesten van de huidige Islamitische Republiek – de relatie van ‘Perzisch’ tot ‘Iraans’ is in die zin te vergelijken met die tussen ‘Hollands’ en ‘Nederlands’. De Republiek der Zeven Verenigde Nederlanden had, via de Verenigde Oost-Indische Compagnie en gezantschappen, al goede en respectvolle betrekkingen met het Perzische Rijk, gebaseerd op neutraliteit en handel. De Perzische cultuur en taal waren in die tijd nog dominant in grote delen van de Oude Wereld, van de Balkan en Noord-Afrika (het Ottomaanse Rijk) tot in India (het Mogol Rijk) – zelfs in het 19e-eeuws Nederlands-Indië lazen en spraken veel geleerden en gezagsdragers nog Perzisch. De grootse literatuur en prachtige kunst van Perzië werden in Nederland, net als in de rest van Europa, uitgebreid bestudeerd en bewonderd. Perzië was in de beleving van gewone mensen toen nog een sprookjesland van magische tapijten, paradijstuinen en mystieke dichters. Pas sinds de Islamitische Revolutie van 1979 is er verandering gekomen in die waarneming – met de teloorgang van de oude naam ‘Perzisch’ verdwenen ook veel kennis, begrip en respect voor een hele oude en hoge cultuur.

Deze kleine inleiding geeft meteen een goede verbinding naar de historische verklaring waarom wordt gevraagd: de Perzische – of zo men wil Iraanse – geschiedenis verklaart veel van de basale houding van het huidige Iraanse bewind naar het buitenland. Het Iraanse bewind bestaat niet, zoals Westerse regeringen, uit globalistische loopjongens van het geschiedenisloze grootkapitaal en de waardevrije verlichtingsideologie: het Iraanse bewind ziet zichzelf als de trotse drager van een zeer hoge historische roeping en van een zeer oude nationale traditie. Die roeping en traditie vallen nu samen in een zeer speciale – en deels zeer Perzische – variant van de Islam: het Sjiisme (van het Arabische Sji’at Ali, ‘Partij van Ali’ – zij die Imam Ali en zijn nageslacht accepteren als opvolgers van de Profeet Mohammed). Die variant legt de nadruk op eschatologisch visie en messiaanse roeping, een nadruk die zich – soms heel subtiel en soms heel direct – uit in wat men in het Westen vroeger kende als ‘kruisvaarders’ roeping: een geleefd geloof en een levenshouding waarin discipline, strijdvaardigheid en zelfopoffering centraal staan. In de Nederlandse geschiedenis kunnen we dat soort uitingen ook zien, zoals in de Tachtigjarige Oorlog – die behalve onafhankelijkheidsoorlog ook godsdienstoorlog was – en in de Tweede Wereld Oorlog, waarin essentieel geleefde levensvisies bitter op elkaar botsten. De passie van de Engeland-vaarder enerzijds en die van de Waffen SS-vrijwilliger anderzijds. Die passie ligt dicht aan de oppervlakte van het Iraanse nationale leven – en wordt alleen maar versterkt door de constante bedreiging van de Amerikaanse vijand. Men herinnert zich daar nog dagelijks de miljoen slachtoffers van de bijna achtjaar durende oorlog tegen Saddam Hoessein (de Iran-Irak Oorlog van 1981-1988) – een oorlog die men, niet ten onrechte, ziet als een Amerikaanse poging om de Iraanse Revolutie dood te bloeden. Men ziet daar ook de constante Amerikaanse inmenging in binnenlandse politiek: via regionale afscheidingsbewegingen (vnl. in Baloechistan, Choezestan, Koerdistan), herhaaldelijke terreuraanslagen (m.n. de Volksmoedjahidien), economische sancties en propaganda hetzes. De combinatie van een gepassioneerde levenshouding en een sterk nationaal bewustzijn die de Iraanse politiek aanstuurt mag voor de gemiddelde moderne Westerse mens moeilijk navolgbaar zijn, maar is daarom niet minder authentiek en effectief.

comment-persepolis-fut-reduite-au-silence.jpg

In die zin is de Iraanse confrontatie met de hegemoniale Amerikaanse wereldmacht zo goed als onvermijdbaar: het Iraanse vasthouden van de eigen (staats)soevereine rechten en de eigen (meta)historische roeping – een vasthouden dat parallellen vindt in de onafhankelijke geopolitiek van Rusland, China en nog een klein aantal andere landen – is eenvoudigweg onverenigbaar met de agressieve globalistische politiek die nu wordt gevoerd door de mondiale vijandelijke elite en die zich nu via deep state structuren heeft meester gemaakt van het Amerikaanse staatsapparaat. De Belgische publicist Robert Steuckers heeft de via Amerikaanse hard power en soft power geïmplementeerde en in neo-liberale en cultuur-marxistische ideologie verankerde globalistische politiek van de mondiale vijandelijke elite sinds zeer treffend geduid als ‘pyro-politiek’. Het is de politiek van het met alle mogelijke middelen ‘weg- en neerbranden’ van alle alternatieve machtscentra, -structuren en -ideeën. Voorbeelden van verschillende pyro-politieke tactieken: het (versneld neo-liberale) ‘rampen-kapitalisme’ in het voormalige Oostblok in de jaren ’90, de (black op) ‘kleuren-revoluties’ in de voormalige Sovjet-sfeer in de jaren ’00 en de ‘Arabische lente beweging’ in het Midden-Oosten in de jaren ’10. Er blijven echter een aantal alternatieve machtspolen over buiten de ‘uni-polaire’ globalistische ‘Nieuwe Wereld Orde’ die is ontstaan sinds de ondergang van de Sovjet-Unie: bovenal China en Rusland. Ook Iran is nog altijd een authentieke soevereine staat, maar als middelgroot land is Iran echter veel kwetsbaarder dan de grootmachten China en Rusland. In confrontatie met de op de Amerikaanse supermacht steunende globalistische ‘greep naar de wereldmacht’ is er maar één echte garantie van staatssoevereiniteit, namelijk een geloofwaardige nucleaire afschrikking. Ben Goerion en De Gaulle begrepen dit principe en gaven daarmee Israël en Frankrijk de optie van een authentiek soevereine geopolitieke koers. De Klerk en Gaddafi lieten zich ervan afleiden en beroofden daarmee Zuid-Afrika en Libië van een overlevingskans in de globalistische leeuwenkuil. Vandaar het heikele probleem van het Iraanse nucleaire programma. Totdat Iran zich een ‘nucleaire optie’ verschaft hangt het overleven van Iran als soevereine staat af van een instabiele combinatie van zeer variabele factoren. Bijvoorbeeld van de vraag in hoeverre President Trump in staat is de deep state provocaties en manipulaties die gericht zijn op oorlog te neutraliseren. En uiteindelijk ook van de vraag op welk punt – en hoe – Rusland zal ingrijpen wanneer de integriteit en stabiliteit van de Iraanse staat in het geding is.

De Amerikaanse president Donald Trump sprak vrijuit over het bombarderen van plekken met cultureel erfgoed, waar moeten wij dan aan denken?

Dit soort bedekte bedreigingen passen goed in de globalistische strategie van ‘totale oorlog’ – van de pyro-politiek waarover we eerder spraken. Het is belangrijk duidelijk te zijn: de inzet van het globalisme is de wereldmacht en de globalistische vijandelijke elite is dus potentieel in staat van oorlog met de hele wereld, namelijk met alles wat haar macht – al is het maar in theorie – bedreigt. De globalistische vijandelijke elite kent geen grenzen en voelt zich evenzeer bedreigt door ‘binnenlandse’ als door ‘buitenlandse’ tegenkrachten: voor haar is een onafhankelijk opererende President Trump even gevaarlijk als een onafhankelijk opererende Iraanse staat. En niets komt haar beter uit dan dat die beiden elkaar vernietigen – dat is de inzet van de Amerikaanse deep state en de mondiale systeemmedia. De oorlog die de globalistische vijandelijke elite voert is ook maar heel beperkt ‘klassiek militair’. Pyro-politieke oorlogsvoering berust namelijk niet slechts op het ‘opbranden’ van de militaire en economische capaciteit van de vijand, maar vooral ook op het ‘wegbranden’ de identiteit en het moreel van de vijand. De identiteit van een volk en een natie bestaat in ruimte en tijd – ze altijd hangt samen bepaalde ‘heilige’ plaatsen en bepaalde historische ‘sleutelmomenten’. Door volken en naties in die plaatsen en momenten te treffen, kan hun identiteit gemanipuleerd worden. Vandaar dat de globalistische vijandelijke elite, natuurlijk via proxies, steeds specifieke symbolische doelwitten kiest. Op 9 september 2001 waren dat de hoogste wolkenkrabbers van New York en op 15 april 2019 was dat de Notre Dame de Paris. De Afghaanse Taliban en Arabische Da’esh terreurbewegingen, beide heimelijk opgezet via Westerse geheime diensten en gefinancierd door de Golfstaten, richtten zich op soortgelijke wijze tegen grote pre-Islamistische monumenten als Bamiyan en Palmyra. Het is dus logisch dat een Amerikaanse oorlogsinzet tegen Iran zich met name ook zou richten op het ‘in de as leggen’ van identiteits-bepalende Iraanse monumenten.

Mocht het toch tot oorlog komen, of zelfs een Amerikaanse invasie, wat gevolgen kan dit dan hebben voor dit cultureel erfgoed?

De vernietiging van ‘vastgoed’ cultuurgoed en de roof van ‘draagbaar’ erfgoed was ook onderdeel van globalistische oorlogen tegen Irak en Syrië – monumenten werden opgeblazen en musea leeggeroofd. Veel van de Assyrische kunstwerken in Nimrod zijn zo verloren gegaan en veel van de spijkerschrift kleitabletten uit het Baghdad Museum zijn zo via de zwarte markt verdwenen in privé-verzamelingen. De rijkdommen van Iran kan een soortgelijk lot beschoren zijn: de paradijstuinen van Shiraz, de moskeeën van Esfahan en de schatkamers van Teheran behoren tot de grootste scheppingen van de mensheid maar voor de globalistische vijandelijke elite zijn het niet meer dan wegwerpartikelen. Vergeet niet dat dit de vijandschap van deze elite zich richt tegen alles wat mooier, beter en hoger is dan zijzelf – en dus tegen bijna alles in deze wereld. De globalistische inzet op de vernietiging van cultureel erfgoed vooral een lange termijnstrategie: het gaat erom de identiteit van een volk en natie op lange termijn te manipuleren door de cultuur-overdracht te verstoren. De geallieerde terreurbombardementen op de As-mogendheden gedurende Tweede Wereld Oorlog geven een indicatie van de richting waarin men daarbij moet denken: het systematisch platleggen van vrijwel alle Duitse steden en het nucleair verdampen van Hirosjima en Nagasaki resulteerden in een collectieve traumatische stress stoornis in de Duitse en Japanse psyche. Na de Stunde Null ervaring van 1945 – de ervaring van een fysieke totaal-verwoesting en psychische ‘vijandelijke overname’ – viel er bijna letterlijk een ‘gat’ in het collectieve historisch geheugen van beide volkeren. Het is dit ‘zwarte gat’ in de geschiedenis – feitelijk een geforceerde collectieve identiteitscrisis – dat hun naoorlogse hersenspoeling mogelijk maakte. Dat deze strategie ook echt werkt wordt bewezen door het feit dat beide landen – dit jaar driekwart eeuw later – nog steeds gewillig in het gareel van de overwinnaar lopen: beide landen hebben nog steeds een Amerikaans militair garnizoen en schikken zich vooralsnog zonder noemenswaardige weerstand naar de globalistische politiek die door de Amerikaanse politieke elite wordt gedicteerd, hoe onlogisch en zelfvernietigend die politiek ook moge zijn. Met Japan staat er iets beter voor omdat het tenminste één soeverein symbool behield: de keizerlijke dynastieke continuïteit. Met Duitsland is het veel slechter gesteld: daar is nu sprake van authentieke zelfhaat – Bondskanselier Merkel’s ‘migratiebeleid’ sluit naadloos aan op die realiteit. Als de globalistische vijandelijke elite Iran in geopolitieke zin daadwerkelijk wil neutraliseren dan is een soortgelijke ‘behandeling’ als die van Japan en Duitsland het meest effectief: de eerste stap is het fysiek aantasten van cultureel erfgoed. Het beoogde effect is daarbij dus een lang termijneffect. Op de korte termijn zal de vernietiging van cultureel erfgoed het Iraanse volk zo verontwaardigd en woedend maken dat de weerstand tegen de Amerikaanse agressie in hoge mate wordt versterkt en in uiterst fanatisme doorslaat – net als het geval was bij de As-mogendheden gedurende de laatste maanden van de Tweede Wereld Oorlog. Die verhoogde inzet bepaald ook de drastische uitkomst. De uiteindelijke uitkomst van een dergelijke ‘totale oorlog’ is echter moeilijk te voorspellen: zij zal men name afhangen van de escalatie-bereidheid van de globalistische strategen – en van de risico-bereidheid van hun Russische tegenspelers.

persepolis-fars-iran.jpg

En hier komen we op een interessant vraagstuk: in hoeverre is de door de deep state gebezigde oorlogsretoriek reëel? Er is anno 2020 sprake van een duidelijke Amerikaanse imperial overreach: de militaire en financiële grenzen van de Amerikaanse macht zijn bereikt. Een echte globalistische overwinning op Iran is slechts mogelijk met grootschalige Amerikaanse militaire inzet: grondinvasie gevolgd door bezettingsgarnizoen. Zo’n overwinning is niet te bereiken door de inzet van lokale proxy groepen – dit is bewezen in Irak en Syrië. Een totale grondoorlog en een langdurige bezetting zouden veel van Amerika vergen: veel levens en veel geld. De politieke wil en brede ondersteuning lijken vooralsnog volledig te ontbreken; de daadwerkelijke belanghebbenden – het military industrial complex en buitenlandse lobby’s – zouden een enscenering van het niveau ‘Pearl Harbor’ of ‘9/11’ nodig hebben om voldoende binnenlandse steun te krijgen voor een grootschalige oorlog tegen Iran. Er is dus waarschijnlijk sprake van een bepaalde mate van ‘blufpoker’, wellicht bedoeld ter verhoging van de inzet bij toekomstige regionale diplomatieke initiatieven. Wat echter niet is uit te sluiten is een – al dan niet door deep state fracties bewerkstelligd – ‘incident’, gevolgd door een ‘per ongeluk’ oorlog.

Wat is onze, dus de Indo-Europese, verwantschap met Iran? Gaat dit enkel over de taal?

Historische verwantschap bestaat op verschillende niveau’s – van zeer abstracte kosmologie (mythologische symbolen en religieuze concepten) tot aan zeer concrete biologie (haplogroepen en fenotypes). Nu is biologische verwantschap op welk niveau dan ook, laat staan op het groepsniveau van etnische identiteit, natuurlijk zo goed als een taboe onderwerp in het huidige ‘politiek-correcte’ discours van de cultuur-nihilistische systeemmedia en systeemacademie – het blijft niettemin een realiteit. De cultuur-nihilistische deconstructie van elke soort authentieke groepsidentiteit is een belangrijk streven van de globalistische vijandelijke elite. Hiermee is een realistische discussie van genetische, epigenetische en fenotypische ontwikkeling en identiteit op niveau van etniciteit in de Westerse publieke sfeer bijna onmogelijk. Het gaat natuurlijk om wetenschappelijke materie met uiterste complexe aspecten, maar dat wil niet zeggen dat het biologische aspect van etniciteit zomaar van tafel kan worden geveegd. Het is verstandig met respect te kijken naar het historisch overgeleverde gegeven van etnische identiteit – en om volksidentiteiten als deel van de menselijke biologische variëteit te beschermen tegen de intrinsiek nivellerende en diep-ecocidale richting van het globalisme. In de Iraanse en Indische cultuursfeer denkt men overigens veel positiever en realistische over de eigen Indo-Europese oorsprong en identiteit dan in Europa.

Nu is ‘Indo-Europees’ in de eerste plaats een taalkundige uitdrukking, de Indo-Europese volkerengemeenschap – die al prehistorische tijd uitstrekte van de Europese Atlantische kust tot aan de Golf van Bengalen – heeft echter ook een bepaalde mate van culturele samenhang. Het is daarbij belangrijk op te merken dat ook godsdienst zich bij de Indo-Europese volkeren steeds minstens net zoveel aanpast aan de volksaard, als de volksaard aan de godsdienst. De typisch eigen leef- en gedachtewereld – door de Duitse filosoof Heidegger zeer treffend beschreven als Haus des Seins – van de Indo-Europese volkeren drukt steeds duidelijk een stempel op de niet-Indo-Europese godsdiensten waartoe zij voor een groot deel zijn overgegaan. Dat geldt voor het Europese Christendom evenzeer als de Iraanse Islam. De in Iran dominante Sji’a Islam en de daar sterk mee verweven Soefi Traditie wijken beide sterk af van in de Arabische wereld dominante Soenni Islam – en al helemaal van de neo-primitieve ‘Islam’ die wordt uitgedragen door de Wahhabitische puristen van het Arabisch schiereiland en die wordt uitgedragen door groepen als Al-Qaeda en Da’esh. Zo ligt in het Sjiisme een sterke nadruk op hiërarchische kosmologie – een typisch Indo-Europese gegeven. En zo is er in het Sji’a Islam een institutionele religieuze hiërarchie die ontbreekt in de Soenni Islam. Er is daarnaast ook een aansluiting op het oude Indo-Europese instituut van vererfbaar priester-koningschap: het Sjiisme kent de institutie van het Imamaat: de opvolgingslijn vanuit Imam Ali, de schoonzoon van de Profeet. Deze lijn heeft zelfs een legitieme claim op het hoogste wereldlijk gezag over het Perzische Rijk via het huwelijk van Imam Hossein, de tweede zoon van Imam Ali, met Shahr Banoe, de dochter van de laatste Sassanidische keizer Yazdegard III. Andere relevante elementen zijn het Sjiitisch juridisch beginsel van de Ijtihad – de onafhankelijke rede als bron van jurisprudentie – en de binnen het Sjiisme dominante afkeur van elke vorm van polygamie. Bovenal is er echter het feitelijk – geleefde – overleven van veel Zoroastrianistische cultuurelementen: kalender, feestdagen, rituelen. Het Zoroastrisme – dat in Iran ook nog een echte institutionele presentie heeft – is, net als het Vedisch Hindoeïsme, een authentieke Indo-Europese godsdienst.

Iran is daarmee, ondanks aanzienlijke materiële en culturele verschillen, duidelijk deel van de Indo-Europese cultuurcirkel waartoe ook de meeste Westerse landen behoren. Het is daarnaast ook als authentiek soevereine staat een natuurlijke bondgenoot van de anti-globalistische beweging die recent in het Westen opgang maakt als ‘Nieuw Rechts’. Voor de Nederlandse patriottisch-identitaire tak van Nieuw Rechts is het daarbij specifiek belangrijk toe te werken naar een op het eigen, Nederlandse, belang gebaseerde buitenlandse politiek. Nederland heeft als demografisch-economisch middelgroot handelsland belang bij een afgewogen maar stevige neutraliteitspolitiek – de politieke elite heeft die politiek na de Tweede Wereld Oorlog, onder dwang van de toenmalige omstandigheden (militair en economische zwakte, noodzaak tot wederopbouw, communistische dreiging), opgegeven. Maar ons land heeft een dure prijs betaald voor het dwingende Amerikaanse vazalschap en het kunstmatige Europese eenheidsproject die resulteren uit het opgeven van een soevereine neutraliteitspolitiek. Onder Amerikaanse politieke druk zijn Indonesië en Nieuw-Guinea, ondanks allerlei realistische staatsvorm-alternatieven voor ouderwets kolonialisme, overhaast opgegeven. Daarnaast heeft Nederland zich door het zich slaafs schikken naar Amerikaanse oorlogspolitiek medeschuldig gemaakt aan agressieoorlogen tegen onder meer Joegoslavië (1999), Afghanistan (2006) en Irak (2003). Onder Europese druk zijn nu ook de eigen munteenheid, de eigen grenzen en eigen rechtspraak opgeofferd aan globalistische belangen. Deze stand van zaken is niet alleen historisch volledig achterhaald, maar heeft zich nu ook als zeer schadelijk bewezen voor het Nederlandse volk: neo-liberale kaalslag, massa-immigratie, nihilistische indoctrinatie, sociale implosie en ecologisch wanbeleid hebben niet alleen de levenskwaliteit aangetast maar bedreigen nu ook het voortbestaan van het volk als volk en het land als land. Nederlands Nieuw Rechts staat voor de grote opgave van herstel van de staatsoevereiniteit – een op Nederlandse belangen afgestelde, authentiek-soevereine buitenlandse politiek is daarbij essentieel.

two-soldiers-bows-spears-ceramic-patterned-wall-city-babylon-berlin-germany-sept-historical-empire-septemper-61919248.jpg

Ten aanzien van Iran betekent dit een heroverweging van het door de systeemmedia en systeemacademia beeld van Iran als vijand. Als handelsland Nederland heeft veel te winnen bij een strikte neutraliteitspolitiek: betrekkingen zouden op basis van reëel eigenbelang moeten worden gemaakt – onafhankelijk van onheuse (want holle en selectieve) criteria als ‘mensenrechten’ en ‘internationaal recht’. Als zulke retorische criteria écht zouden moeten doorklinken in de Nederlandse buitenlandse politiek, dan zouden we moeten beginnen met sancties tegen Amerika en verbreken van diplomatieke betrekkingen met Saoedi-Arabië. Beide zijn natuurlijk geen reële opties en het is belangrijk dat Nederland juist reëel kijkt naar het eigenbelang. Het huidige ‘Calimero’ denken in de Nederlandse politiek – dat Nederland ‘te klein’ en ‘te kwetsbaar’ is voor een autonoom buitenlands beleid, buiten de EU, buiten de Euro, buiten Schengen en buiten de NAVO – is echter evenzeer onzin: Nederland heeft wel degelijk een goede onderhandelingspositie bij een zelfstandig buitenlands beleid: het heeft een bijzonder gunstige strategische positie in het hart van West-Europa, een goede handels- en communicatie infrastructuur, een hoogst inventieve technologiesector, een steenrijke financiële sector, een deels autarkische landbouwsector en een permanente toeristisch aantrekkingskracht. Met een eigen munt, losgekoppeld van woeker- en subsidiepraktijken van de ‘Europese Bank’, een eigen immigratiebeleid, losgekoppeld van de omvolking praktijk van de ‘Schengen Zone’, een eigen rechtssysteem, losgekoppeld van de totalitaire abstracties van het ‘Europese Recht’ en een eigen krijgsmacht, losgekoppeld van de agressief-expansieve ‘NAVO’ is er een wereld aan welvaart, welzijn en (zelf)respect te winnen. Iran is niet de vijand van Nederland – de echte vijand van Nederland is de globalistische elite: die vijand bevindt zich niet duizenden kilometers ver weg aan de Perzische Golf, maar binnen onze eigen grenzen, diep ingevreten in onze instituties.

Coomaraswamy et l’éternel péril occidental

coomaraswamy.jpg

Coomaraswamy et l’éternel péril occidental

Les Carnets de Nicolas Bonnal

Créature instable et périlleuse, l’occident menace le monde en se menaçant lui-même. Il a tout détruit avec le capital et les bons sentiments qui vont avec. L’impérialisme américain en phase terminale mais hystérique veut exterminer russes, chinois, iraniens et sanctionner ce qui lui résiste. Les européens (petit cap de l’Asie ou de l’Amérique ?) suivent extatiques ou éteints.  En même temps l’occident s’autodétruit rageusement à coups d’oligarchie, d’écologie, de féminisme, d’antiracisme et d’humanitarisme ; il contaminera le reste du monde comme toujours.

Golem dérangé ou marionnette folle, on ne l’arrêtera pas comme cela, cet occident. Sa matrice garde son pouvoir d’attraction étrange en plein Kali-Yuga : rappelons Spengler pour qui le triomphe de l’empire romain était déjà celui du pas grand-chose sur le vide. Ceux qui applaudissent le crépuscule américain oublient que l’on navigue dans la matrice américaine – dans un marécage de signes qui aura tout noyé, traditions, culture, spiritualités.

61TKv-9h3iL.jpgOn sait ce que Guénon pensait de l’occident et de sa mission civilisatrice. On va rappeler le grand hindouiste de Ceylan Coomaraswamy (s’il voyait ce qu’on a fait de son île…) qui écrivait vers 1945 :

« Parmi les forces qui font obstacle à une synthèse culturelle ou, pour mieux dire, à une entente commune indispensable en vue d’une coopération, les plus grandes sont celles de l’ignorance et du parti pris. L’ignorance et le parti pris sont à la base de la naïve présomption d’une «mission civilisatrice». Celle-ci apparaît, aux yeux des peuples «arriérés», contre qui elle est dirigée et dont elle se propose de détruire les cultures, comme une simple impertinence et une preuve du provincialisme de l’Occident moderne. »

Mais il ne faut pas mépriser le provincialisme américain ou occidental. Car il est résilient, insatiable, protéiforme, infatigable, et il a depuis tout corrompu avec son confort et sa propagande. Coomaraswamy écrivait il y a presque un siècle… que de progrès accomplis depuis !

Et Coomaraswamy ajoute sur l’arrogance du blanc :

« A vrai dire, si l’on veut qu’il y ait sur terre un peu plus de bonne volonté, l’homme blanc devra réaliser qu’il doit vivre dans un monde peuplé en grande partie de gens de couleur (et «de couleur» signifie habituellement, pour lui, «arriéré», c’est-à-dire différent de lui-même). Et le chrétien devra réaliser qu’il vit dans un monde à majorité non chrétienne. Il faudra que chacun prenne conscience de ces faits et les accepte, sans indignation ni regret. »

Comme on sait, l’occident est aujourd’hui suffisamment civilisateur pour vouloir effacer et le reste de blancs et le reste de christianisme (le fils de Coomaraswamy lamenta le concile antichrétien de Vatican II). Coomaraswamy rappelle ce complexe de maître d’école (Chesterton parlait de crèche féministe) :

« Avant même de pouvoir songer à un gouvernement mondial, il nous faut des citoyens du monde, qui puissent rencontrer leurs concitoyens sans se sentir gênés, comme entre gentlemen, et non en soi-disant maîtres d’école rencontrant des élèves que l’on instruit «obligatoirement» même si c’est aussi «librement». Il n’y a plus place dans le monde pour la grenouille dans le puits; elle ne prétend juger les autres que par sa propre expérience et ses propres habitudes. »

Et de se montrer polémique sur les réactions à cet occident, à une époque où l’on compte sur l’islam :

« Nous avons ainsi fini par réaliser que, comme l’a dit, il y a peu, El Glaoui, le pacha de Marrakech, «le monde musulman ne veut pas de l’inimaginable monde américain ou de son incroyable style de vie. Nous (les musulmans) voulons le monde du Qoran», et il en est de même, mutatis mutandis, pour la majorité des Orientaux. Cette majorité comprend non seulement tous ceux qui sont encore «cultivés et illettrés», mais aussi une fraction, bien plus importante qu’on ne le croit, de ceux qui ont passé des années à vivre et à étudier en Occident, car c’est parmi ceux-ci qu’il est possible de trouver bon nombre des «réactionnaires» les plus convaincus. Parfois, « plus nous voyons ce qu’est la démocratie et plus nous estimons la monarchie»; plus nous voyons ce qu’est l’« égalité », et moins nous admirons «ce monstre de la croissance moderne, l’État commercialo-financier» dans lequel la majorité vit de ses « jobs», où la dignité d’une vocation ou d’une profession est réservée au très petit nombre et où, comme l’écrit Éric Gill, «d’un côté, il y a l’artiste voué uniquement à s’exprimer, de l’autre l’ouvrier privé de tout “soi” à exprimer». »

Disons-le nûment, l’idéal occidental c’est du point de vue traditionnel le degré zéro de l’humain.

Coomaraswamy ajoute qu’il est bon de résister au commerce :

6700_1425892170.jpg« M. Brailsford objecte que «les seuls obstacles à l’accroissement du commerce intérieur sur une échelle gigantesque sont la pauvreté des villages et l’autarcie qui est propre à leurs plus anciennes traditions... Il existe encore maint village, où les artisans héréditaires, qui servent pour une ration de grains ou quelques arpents de terre franche, tisseront les étoffes dont il aura besoin, forgeront ses houes et tourneront ses pots». Malheureusement, «l’accroissement du commerce intérieur sur une échelle gigantesque » n’est aucunement l’une de nos ambitions principales. Nous tenons encore (avec Philon, De Decalogo, 69) pour vérité patente que l’artisan est de valeur supérieure au produit de son métier, et nous avons conscience que c’est avant tout dans les sociétés industrielles que cette vérité est ignorée. »

Le monde traditionnel est plus « démocratique » (Bernanos et Chesterton l’ont aussi compris, à propos de notre moyen âge des communes et des cités) :

« …le gouvernement traditionnel de l'Inde est bien moins centralisé et bien moins bureaucratique que n’importe quelle forme de gouvernement connue des démocraties modernes. On pourrait même dire que les castes sont la citadelle d’un gouvernement autonome bien plus réel que ce qu’on pourrait réaliser par le décompte de millions de voix prolétaires. Dans une très large mesure, les diverses castes coïncident avec les corps de métier. »

Et de défendre le modèle corporatif (la révolution libératrice supprima comme on sait cent jours fériés et chômés en France) :

« On pourrait dire que si l’Inde ne fut pas, au sens chinois ou islamique, un pays démocratique, elle fut néanmoins la terre aux multiples démocraties, c’est-à-dire aux groupes autonomes maîtrisant pleinement toutes les questions qui sont réellement dans leur compétence, et que peut-être aucun autre pays au monde n’a été mieux formé pour l’autonomie. Mais, comme l’a dit sir George Birdwood, «sous la domination britannique en Inde, l’autorité des corporations s’est nécessairement relâchée»; la nature d’une telle «nécessité» ne supportera guère l’analyse. »

Puis Coomaraswamy décrit l’horreur économique et militariste (et humanitaire, car tout vient avec dans le paquet-cadeau occidental,le bandage avec les bombes, comme dit le capitaine Villard dans le film Apocalypse now) :

« La simple existence de ces grands agrégats prolétariens dont les membres, qui s’exploitent les uns les autres, prolifèrent dans des «capitales» - lesquelles n’ont plus aucun rapport organique avec les corps sociaux sur lesquels elles croissent, mais dépendent des  débouchés mondiaux qui doivent être créés par des «guerres de pacification» et sans cesse stimulés par la «création de nouveaux besoins» au moyen d’une publicité suggestive - est fatale aux sociétés traditionnelles les plus fortement différenciées, dans lesquelles l’individu possède un statut déterminé par sa fonction et, en aucune manière, uniquement par la richesse ou la pauvreté; leur existence ruine automatiquement l’individu dont l’« efficacité » le ravale au niveau de producteur de matières premières, destinées à être transformées dans les usines du vainqueur; et on s’en débarrasse en les vendant à bas prix aux mêmes peuples «arriérés» qui doivent accepter leur quantité annuelle de gadgets, si l’on veut que les affaires prospèrent. »

Guénon aussi perçoit à cette époque que l’orient va craquer bien aidé par les guerres dites mondiales puis par la décolonisation (voyez notre texte sur Burckhardt). 

Puis Coomaraswamy cite le fameux et si peu lu Dr Schweitzer :

« Albert Schweitzer caractérise les conséquences économiques de l’exploitation commerciale (le «commerce mondial»): «Chaque fois que le commerce du bois marche bien, une famine permanente règne dans la région de l’Ogooué.» Lorsque ainsi «le commerce élit domicile dans chaque arbre», les conséquences spirituelles sont encore plus dévastatrices; la «civilisation» peut détruire les âmes aussi bien que les corps de ceux quelle contamine. »

Malheureusement il y a les premiers convertis à la matrice (la jeunesse orientale nage et navigue dedans) :

« Bien entendu, je n’ignore pas qu’il existe une foule d’Orientaux occidentalisés qui sont tout à fait disposés et même impatients de recevoir les dona ferentes de l’industrie sans s’attarder à examiner un seul instant ces «chevaux» donnés… »

A l’époque on résiste dans le cadre de la décolonisation (dont les effets furent pervers) :

wisdom.jpg« Qu’avez-vous exactement à nous offrir, vous qui êtes si pénétrés de votre «mission civilisatrice»? N’êtes-vous point étonnés «qu’il n’y ait plus de peuple dans toute l’Asie qui ne regarde l’Europe avec crainte et soupçon», comme l’a dit Rabindranath Tagore, ou que nous redoutions la perspective d’une alliance des puissances impérialistes dont la «Charte de l’Atlantique» ne devait pas s’appliquer à l’Inde et ne s’appliquera pas à la Chine si on peut l’éviter? »

Depuis on a progressé et tout a été balayé ou presque, même quand on prétend résister au nom du monde soi-disant multipolaire. Ni la Russie ni aucun pays oriental (pauvre Corée du Nord…) ne proposent de modèle alternatif. La Chine est bien compliquée – et combien peu attirante. Quant à Cuba ou au Venezuela…

Un peu de Debord pour compléter le maître, car le monde des années 2020 (ou 1980) est certainement plus effarant que celui des années quarante, hors-zone de guerre occidentale :

« Hormis un héritage encore important, mais destiné à se réduire toujours, de livres et de bâtiments anciens, qui du reste sont de plus en plus souvent sélectionnés et mis en perspective selon les convenances du spectacle, il n’existe plus rien, dans la culture et dans la nature, qui n’ait été transformé, et pollué, selon les moyens et les intérêts de l’industrie moderne. »

Et Debord de dénoncer justement les « inconséquents » qui croient que quelque chose du monde ancien a (ou aurait pu) subsisté :

« Non seulement on fait croire aux assujettis qu’ils sont encore, pour l’essentiel, dans un monde que l’on a fait disparaître, mais les gouvernants eux-mêmes souffrent parfois de l’inconséquence de s’y croire encore par quelques côtés. »

Lucien Cerise conclura logiquement :

« Pour Baudrillard, la véritable apocalypse n’était pas la fin réelle du monde, sa fin physique, matérielle, assumée, mais son unification dans ce qu’il appelait le « mondial », ce que l’on appelle aujourd’hui le mondialisme, et qui signait la vraie fin, le simulacre ultime, le « crime parfait », c’est-à-dire la fin niant qu’elle est la fin, la fin non assumée, donnant l’illusion que ça continue. La Matrice, comme dans le film, si vous voulez. »

Sources 

Ananda K. Coomaraswamy, Les illusions de la démocratie, in suis-je le gardien de mon frère (the bugbear of literacy), Pardes.

Lucien Cerise, gouverner par le chaos

Debord – Commentaires

Jean Baudrillard – La guerre du golfe n’a pas eu lieu (Galilée)

Réforme constitutionnelle russe – Le Conseil de l’Europe aux prises avec la souveraineté des États

1580554285.jpeg

Réforme constitutionnelle russe – Le Conseil de l’Europe aux prises avec la souveraineté des États

 
 
par Karine Bechet-Golovko
Ex: http://www.zejournal.mobi

Le débat sur la réforme constitutionnelle russe est arrivé jusqu’au Conseil de l’Europe, qui, comme nous l’avions sans difficulté prévu, s’est indigné de ce qu’un État membre ose encore penser à garantir sa souveraineté, sans pour autant savoir comment s’y prendre. Ici aussi l’Ukraine a été utile pour faussement soulever la question de la supériorité de la Constitution sur le droit international, « originalité » décriée qui est pourtant historiquement le lot des Constitutions, au moins en Europe occidentale. La balle est renvoyée à la Commission de Venise, qui va devoir se prononcer, finalement sur le droit des États à être souverain. L’enjeu est simple : dans ce monde global, il faut réussir à fixer formellement la fin de la supériorité formelle du droit national – les instances européennes vont-elles oser le pas ?

La réforme de la Constitution russe (voir notre texte ici) concerne plusieurs éléments qui s’opposent frontalement à la ligne idéologique globaliste, l’un d’entre eux concerne les rapports de supériorité entre le droit national et le droit international.

La Constitution russe de 1993 prévoit dans son Chapitre 1er sur les fondements constitutionnels, à l’article 15 al. 1, que, je cite :

« La Constitution de la Fédération de Russie a force juridique supérieure (…) ».

Et à l’article 15 al. 4 :

« Les principes et normes universellement reconnus du droit international et les traités internationaux de la Fédération de Russie sont partie intégrante de son système juridique. Si d’autres règles que celles prévues par la loi sont établies par un traité international de la Fédération de Russie, les règles du traité international prévalent ».

Autrement dit, la Constitution russe, comme l’ensemble des textes constitutionnels européens (au minimum) prévoit la supériorité de la Constitution. Les normes internationales sont infraconstitutionnelles, puisque la Constitution a une force juridique supérieure dans le système juridique russe et que les normes internationales sont intégrées, par l’article 15 de la Constitution, dans le système juridique russe. Sachant que sans disposition constitutionnelle prévoyant leur intégration dans le système juridique national, elles ne peuvent avoir d’effets juridiques dans ce système. Mais elles sont supralégislatives, car elles prévalent sur les normes législatives.

cr.jpgC’est notamment le système théorique qui existe en France. C’est le système de hiérarchie des normes, qui découle du théoricien autrichien Hans Kelsen au siècle dernier et qui a fondé le contrôle de constitutionnalité des lois en Europe continentale.

Alors où est le problème ? Il n’est pas juridique, il est politique et idéologique.

Lors de la rentrée parlementaire à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe – APCE, les députés ukrainiens et des pays Baltes (ils siègent dans cet hémicycle justement pour cela et accomplissent parfaitement leurs fonctions) ont interpellé leurs collègues pour attirer leur attention sur la réforme constitutionnelle russe qui, Ô sacrilège !, prévoit la supériorité de la Constitution sur le droit international. Les députés de l’APCE ont alors décidé, devant une telle insolence du constituant russe, de saisir la Commission de Venise (organe consultatif de soft power qui supervise les réformes dans les pays européens). Le fondement juridique n’est pas très clair, ce droit être une atteinte portée à l’image du Parti et de ses dieux.

Selon ces députés, la Russie se prépare à ne pas appliquer les décisions de la CEDH prises à son encontre. Ce qui fut déjà quelques fois le cas, lorsque des décisions (éminemment politiques) contraires à la Constitution russe furent adoptées contre le pays, même si dans la très grande majorité des cas, la Russie exécute les décisions de la CEDH.

Le fait est que la supériorité de la Constitution, bien qu’inscrite dans le texte constitutionnel et dans la culture juridique occidentale, est largement battue en brèche dans la pratique, à la fois – en ce qui concerne les pays européens – par les instances quasijudiciaires, et par les organes politiques, adoptant des normes, sans le consentement de l’État, qui s’imposent dans son ordre juridique interne (puisque la règle de l’unanimité n’est depuis longtemps plus de mise dans les instances de l’UE). Le système du Conseil de l’Europe, à la différence de celui de l’UE, est plus un système d’organes d’influence, devant propager la « bonne parole ». Seule la CEDH, organe quasijudiciaire de ce système, a le pouvoir de prendre des décisions contraignantes à l’égard des États européens membres du Conseil de l’Europe, qui ont reconnu sa juridiction.

Mais ce n’est pas parce que les États ont reconnu sa juridiction, qu’ils ont abandonné, par la même, automatiquement, leur souveraineté nationale, en se mettant bien au chaud sous la régence de son bon vouloir. Les décisions de la CEDH, comme n’importe quel acte de droit international, ne peuvent avoir une force juridique supérieure à la Constitution nationale. Ce que la Cour constitutionnelle russe a plusieurs fois rappelé. Et la Russie n’est pas le seul pays à s’être opposé à la CEDH, l’on compte par exemple l’Italie, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne.

Or, le rapport de forces entre la CEDH et les États est tel, que beaucoup s’inclinent, remettant de facto en cause la supériorité constitutionnelle sur le droit international. C’est ici que la réforme constitutionnelle russe prend tout son sens : la Cour constitutionnelle a besoin, face à la radicalisation du combat mené contre les instances nationales par les organes globalistes, dont la CEDH fait partie, d’un appui formel, permettant d’écarter l’application des normes internationales contraires à la Constitution. La réforme constitutionnelle russe ne modifie pas la hiérarchie des normes, elle ne fait que la préciser, la formaliser au regard des nouveaux enjeux.

Or, le pouvoir des instances du monde global se développe dans la marge de flou. Ils ne peuvent ouvertement exiger des États qu’ils renoncent à leur souveraineté à leur profit en contrepartie d’une « protection » – ce comportement serait trop ouvertement mafieux. Et les États doivent garder la face malgré leurs nombreux renoncements et transferts de compétences : ils ne peuvent ouvertement reconnaître qu’ils renoncent à leur souveraineté, tout en prétendant conserver le caractère démocratique de leur système institutionnel, alors fondé sur des élections qui n’ont plus de sens, autre que le maintien de l’illusion. Car il s’agit bien de cela, de la souveraineté. La supériorité juridique de la Constitution est la garantie formelle de la souveraineté de l’État, qui peut ainsi défendre son ordre juridique et en décider. Jusqu’à présent, elle était concurrencée par la supériorité politique du droit international, qui s’impose de facto, mais donc peut être écarté de jure lorsque l’État en a le courage politique, si les normes de droit international contreviennent aux normes constitutionnelles, telles qu’interprétées par les instances nationales.

Le pas que le Conseil de l’Europe veut faire est celui du passage de la supériorité politique à la supériorité juridique du droit international sur le droit constitutionnel. Ce qui conduirait à vider définitivement le peu de souveraineté qui reste aujourd’hui aux États européens. Pour cela l’Ukraine et les pays Baltes ouvrent la voie. La Commission de Venise osera-t-elle une révolution de cette ampleur ? Va-t-elle garantir une prise de pouvoir formelle des instances internationales ? Les États ne seraient plus alors que des coquilles totalement vides, ces coquilles étant encore utiles pour gérer les territoires et les populations qui s’y trouvent, quand les décisions se prennent ailleurs.

Dans cet esprit, le « crime » commis par la Russie aux yeux des instances européennes est de mettre ces États et ces instances internationales face à la réalité de la situation. Son crime, ce qui explique cette réaction, est de dévoiler le jeu qui se joue réellement, sans plus permettre aux uns et aux autres de faire semblant pour garder la face. La Russie tente ici d’effacer cette zone de flou, ce non-dit confortable, dans lequel se développe le pouvoir des instances globalistes.


- Source : Russie politics

Pour lire et relire Julien Freund

Freund-Julien-©-droit-famille.jpg

Pour lire et relire Julien Freund

par Georges FELTIN-TRACOL

Ex: http://www.europemaxima.com

Né le 9 janvier 1921 dans une famille nombreuse d’origine ouvrière et paysanne présente dans la commune lorraine de Henridorff en Moselle et décédé le 10 septembre 1993 à Colmar, Julien Freund appartient aux grands penseurs du politique, ce politique qu’il étudia dans une thèse dirigée par Raymond Aron, soutenue en 1965 et parue sous le titre de L’Essence du politique.

freund-politique.jpgD’abord instituteur pour pallier la disparition brutale de son père, le germanophone Julien Freund se retrouve otage des Allemands en juillet 1940 avant de poursuivre ses études à l’Université de Strasbourg repliée à Clermond-Ferrand. Il entre dès janvier 1941 en résistance dans le réseau Libération, puis dans les Groupes francs de combat de Jacques Renouvin. Arrêté en juin 1942, il est détenu dans la forteresse de Sisteron d’où il s’évade deux ans plus tard. Il rejoint alors un maquis FTP (Francs-tireurs et partisans) de la Drôme. Il y découvre l’endoctrinement communiste et la bassesse humaine.

Après-guerre, il milite un temps à l’UDSR (Union démocratique et socialiste de la Résistance), une petite formation charnière de centre-gauche de la IVe République, et au SNES (Syndicat national de l’enseignement secondaire). Il s’intéresse à la philosophie et en particulier à Aristote. C’est au début des années 1950 qu’il découvre le décisionnisme de Carl Schmitt. Las de l’instabilité gouvernementale, il se félicite du retour au pouvoir du Général De Gaulle en 1958 et approuve la Ve République dont il estime les institutions adaptées au caractère polémologique du politique français.

Philosophe, Julien Freund est aussi sociologue, politologue et, avec Gaston Bouthoul, polémologue, c’est-à-dire analyste du conflit. Dans La Décadence. Histoire sociologique et philosophique d’une catégorie de l’expérience humaine (Sirey, 1984), il considère en effet qu’il faut « savoir envisager le pire pour empêcher que celui-ci ne se produise (p. 386) ». Son tempérament bien trempé, son goût pour la provocation et son refus de déménager à Paris sans oublier une vive hostilité au gauchisme culturel le marginalisent au sein de l’univers feutré et guindé de l’enseignement supérieur. Il prend d’ailleurs sa retraite anticipée dès 1979 à l’âge de 58 ans. Il profite du village alsacien de Villé.

Il collabore à Éléments et à Nouvelle École, et participe à plusieurs colloques du GRECE et du Club de l’Horloge dont il est l’un des douze maîtres à penser. En préface de L’impératif du renouveau. Les enjeux de demain (Albatros, 1983) de Bruno Mégret et des Comités d’Action républicaine, il avoue que « par profession et par goût je suis amoureux des idées, mais je déteste les flatteries de l’intellectualisme, égaré dans les abstractions et les fictions superficielles (p. 7) ». Cette attitude le distingue de ses mornes collègues. Il écrit avec une ironie certaine en préface de son essai de 1970, Le Nouvel Âge. Éléments pour une théorie de la démocratie et de la paix (Marcel Rivière et Cie, coll. « Études sur le devenir social ») : « Je suis un réactionnaire de gauche (p. 9). » Il ajoute plus loin qu’« en réalité, les notions de droite et de gauche me sont devenues indifférentes; ce sont des catégories dans lesquelles je ne pense pas politiquement (idem) ».

Dans L’Aventure du politique. Entretiens avec Charles Blanchet (Critérion, 1991), ce catholique au chef toujours couvert d’un béret, se proclame « Français, gaulliste, européen et régionaliste ». Favorable à la réconciliation franco-allemande, il s’oppose néanmoins à la CED entre 1952 et 1954 avant de le regretter bien plus tard parce que, sans communauté militaire européenne effective, le projet continental perd toute consistance réelle. D’ailleurs, s’interroge-t-il dans La fin de la Renaissance (PUF, coll. « La politique éclatée », 1980), « les Européens seraient-ils même encore capables de mener une guerre ? (p. 7) » Il ne le pense pas, car « nous ne sommes pas simplement plongés dans une crise prolongée, prévient-il encore dans ce même ouvrage, mais en présence d’un terme, du dénouement d’un règne qui s’achève; un âge historique, celui de la Renaissance, est en train de se désagréger. L’Europe est désormais impuissante à assumer le destin qui fut le sien durant des siècles. Nous assistons à la fin de la première civilisation de caractère universel que le monde ait connue (p. 8) ». Un an auparavant, sa préface de L’impératif du renouveau exprimait son inquiétude lucide : « L’Europe est recroquevillée sur ses frontières géographiques, n’ayant guère plus d’autre puissance que sur elle-même, encore qu’il subsiste des vestiges de son ancienne grandeur. Elle a juste eu le temps de mettre en route la technologie moderne, mais l’exploitation lui échappe. Par rapport à ce qu’elle fut il y a à peine une cinquantaine d’années, elle est en déclin. Elle n’échappe pas aux vicissitudes historiques qui ont frappé toutes les civilisations, en dépit des progrès accomplis par chacune. C’est dans ce contexte de décadence que la France et l’Europe sont appelées à opérer leur renouveau. Elles ne pourront conjurer cette menace et réaliser leur redressement qu’à la condition d’assumer pleinement la situation actuelle, sans se perdre dans les rêveries prophétiques, utopiques ou nostalgiques.

1533951443_9782130377764_v100.jpgLa politique se fait sur le terrain, et non dans les divagations spéculatives (p. 13). » Il relève dans son étude remarquable sur la notion de décadence que « si les civilisations ne se valent pas, c’est que chacune repose sur une hiérarchie des valeurs qui lui est propre et qui est la résultante d’options plus ou moins conscientes concernant les investissements capables de stimuler leur énergie. Cette hiérarchie conditionne donc l’originalité de chaque civilisation. Reniant leur passé, les Européens se sont laissés imposer, par leurs intellectuels, l’idée que leur civilisation n’était sous aucun rapport supérieure aux autres et même qu’ils devraient battre leur coulpe pour avoir inventé le capitalisme, l’impérialisme, la bombe thermonucléaire, etc. Une fausse interprétation de la notion de tolérance a largement contribué à cette culpabilisation. En effet, ni les idées, ni les valeurs ne sont tolérantes. Refusant de reconnaître leur originalité, les Européens n’adhèrent plus aux valeurs dont ils sont porteurs, de sorte qu’ils sont en train de perdre l’esprit de leur culture et le dynamisme qui en découle. Si encore ils ne faisaient que récuser leurs philosophies du passé, mais ils sont en train d’étouffer le sens de la philosophie qu’ils ont développée durant des siècles. La confusion des valeurs et la crise spirituelle qui en est la conséquence en sont le pitoyable témoignage. L’égalitarisme ambiant les conduit jusqu’à oublier que la hiérarchie est consubstantielle à l’idée même de valeur (p. 364) ».

Ce conservateur libéral mécontent attaché au primat du régalien avance encore dans La fin de la Renaissance qu’« une civilisation décadente n’a plus d’autre projet que celui de se conserver (p. 22) ». Cette sentence réaliste explique le relatif effacement de son œuvre. Non réédités, ses ouvrages sont maintenant très difficiles à trouver chez les bouquinistes tandis que plusieurs manuscrits inédits attendent toujours quelques hardis éditeurs. Cette éclipse éditoriale contraste avec l’audience croissante de ses textes dans le monde hispanophone, dans le domaine germanophone, en Russie et chez les Anglo-Saxons. La découverte de Julien Freund à l’étranger coïncide avec la traduction soutenue des écrits de Carl Schmitt, y compris en Chine, en Corée et au Japon !

Par une franche liberté de ton, Julien Freund demeure un homme non seulement « mal-pensant », mais surtout intempestif, car « la vie est fondamentalement différenciation concrète et non universalisation abstraite (préface à L’impératif du renouveau, p. 7). Il avait deviné que le « festivisme » dépeint par Philippe Muray aboutirait à une nouvelle tyrannie postmoderniste. « Quand la transgression n’est plus occasionnelle mais devient un usage courant, ce qui s’accompagne en général d’une augmentation constante des effectifs de la police, on risque de péricliter insensiblement dans un État policier (La Décadence, p. 4). » Lire Julien Freund, c’est pouvoir aiguiser son intellect afin de mieux lutter contre le conformisme ambiant.

Georges Feltin-Tracol

• Chronique n° 32, « Les grandes figures identitaires européennes », lue le 28 janvier 2020 à Radio-Courtoisie au « Libre-Journal des Européens » de Thomas Ferrier.

dimanche, 02 février 2020

Imbolc... La fête celtique de la lumière et de la purification

Imbolc... La fête celtique de la lumière et de la purification

[NB: Pour le calcul exact de la date d'Imbolc: Pour Ambiuolcato, il faut que la lune soit gibbeuse montante (entre le premier quartier de lune et la pleine lune) et que le soleil soit dans le Verseau].

Dans la tradition païenne des Celtes, le 1er février se célébrait la fête connue sous le nom d'Imbolc. Cette fête hivernale annonçait le prochain retour du printemps. Imbolc marquait avant tout le retour de la lumière et des forces solaires. Dans le grand rythme des cycles saisonniers, le 1er février est un hymne à la lumière et aux jours qui petit à petit reprennent de la vigueur. Cependant, le mois de février se caractérise dans toutes les traditions indo-européennes par un accent mis sur la symbolique lunaire et les Déesses qui l'accompagnent. Ceci s'explique par le fait que les forces solaires ne sont pas encore au plus fort de leur course cyclique, élément qui nous rappelle le règne hivernal de l'obscurité et de la lune.

Imbolc est ainsi dédié à une Déesse celtique, la Déesse Brigit. C'est elle qui apporte ce retour cyclique de la lumière. Brigit est le nom irlandais de la Déesse, et il correspond à la Déesse Brigantia (actuelle Grande-Bretagne) ainsi qu'à la Déesse gauloise Rigani. Elle est un des aspects de la grande Déesse qui fut très vénérée chez les Celtes. Son nom vient de celui d'une tribu indo-européenne et signifie "altesse", "sublimité". Ce nom de Brigit se retrouve dans la toponymie de nombreux endroits de l'Europe celtique pour lesquels on peut déduire qu'elle y était partciulièrement adorée: Bragana (Portugal), Bregenz (Autriche), Brig (Valais, Suisse), Brega (Irlande), Braint (GB), Barrow (GB), Brent (GB). Ses fonctions sont multiples car son culte est rattché à la protection divine, la prophétie, la médecine, la fertilité et fécondité. Le bétail lui était dédié, ce qui nous renvoie encore une fois aux notions d'abondance et de fertilité. Mais dans la tradition populaire elle est avant tout restée comme une Déesse liée au feu. Cette symbolique du feu la connecte à celle du soleil dont elle incarne le retour en période hivernale. Une tradition toujours très vivante pour Imbolc est celle qui consiste à faire avec du jonc tressé une croix de Brigit. Cette croix que l'on peut voir sur la photo n'est autre qu'un swastika, symbole solaire par excellence. Ce swastika correspond tout à fait au symbolisme du retour de la lumière solaire. De nos jours encore en Irlande existe la coutume de tresser pour le 1er février des croix de Brigit, les enfants dans les maternelles et les écoles s'y donnent à coeur joie. Le culte de la Déesse Brigit était tellement enraciné parmi les peuples celtes, que la christianisation n'arriva jamais à supprimer son culte. Les tentatives furent pourtant nombreuses de la part des chréti(e)ns, mais tout comme pour d'autres Divinités païennes, l'église se vit obligée finalement de la christianiser en faisant d'elle Sainte-Brigid. Ce n'est bien-sûr pas un hasard si la date de cette Sainte-Brigid fut placée au 1er février.

original.jpg

Une autre caractéristique majeure de la fête d'Imbolc est la norme qui voulait qu'on se lave de forme rituelle les mains, les pieds et la tête. Ceci fait évidemment partie d'un rite de purification. Ce genre de rite est à mettre en parallèle avec les traditions romaines du mois de février comme celle des Lupercalia. Comme nous l'avons récemment vu, "februa" était un terme latin pour désigner les cérémonies de purification. Se purifier lors de la fête celtique d'Imbolc était donc en harmonie complète avec les forces cosmiques qui elles aussi se purifient au mois de février afin de préparer le retour cyclique des forces solaires.

L'étymologie du nom d'Imbolc est également très révélatrice. Imbolc vient de l'ancien irlandais "i mbolg" qui veut dire "dans le ventre". Ce terme fait bien-sûr référence à la grossesse d'une femme enceinte. Cette grossesse est liée à Brigit comme Déesse de la fécondité et protectrice des femmes enceintes. Par ailleurs l'aspect prophétique de la Déesse a lui aussi laissé des traces dans la célébration d'Imbolc étant donné qu'au 1er février on pratiquait beaucoup la divination. Le moment était propice pour interroger les signes afin de savoir ce que l'avenir réserve au foyer et au clan.

Pour Imbolc, n'oubliez donc pas de vous purifier, car vous préparerez de cette manière le grand retour de la lumière solaire, celui qui nous promet de beaux jours pour l'avenir.

JOYEUX IMBOLC À TOUTES ET À TOUS !!!

Hathuwolf Harson

Sources:
"Lexikon der keltischen Mythologie", Sylvia und Paul F. Botheroyd.

http://en.wikipedia.org/wiki/Imbolc

Origines païennes de février dans la tradition romaine: https://www.facebook.com/photo.php?fbid=361818503956964&set=a.305425889596226.1073741835.230064080465741&type=1&theater

Symbolisme du swastika: https://www.facebook.com/photo.php?fbid=315806118558203&a...

Leni Riefenstahl: Filmdom’s Wrongly Scorned Creative Genius

leni-riefenstahl.jpeg

Leni Riefenstahl: Filmdom’s Wrongly Scorned Creative Genius

 
Ex: https://www.inconvenienthistory.com

Leni Riefenstahl was an extraordinary woman of extraordinary accomplishment in many creative fields. Angelika Taschen writes of Riefenstahl:

She began as a celebrated dancer in Berlin during the early twenties, became an actress, then finally directed and produced her own films, several of which are among the most influential and most controversial in the history of film. Since the fifties she has traveled frequently to Africa and has lived for extended periods in the Sudan with the primitive Nuba tribes. Though long since a legend, she again attracted worldwide attention with her photographs of the Nuba. Then, at 71, she learned to dive and yet again turned her experiences into art with photographs of the undersea world.[1]

This article focuses on Riefenstahl’s remarkable career and the impact her association with Adolf Hitler had on her career, reputation, and life.

Early Career

Leni Riefenstahl showed talent in the arts, gymnastics and physical accomplishment early. Her first career choice of dance allowed her to merge her athletic abilities with her artistic powers and desire to express herself. Riefenstahl began dance training at Age 17, and by Age 21 she was making highly successful public appearances as a dancer. She traveled throughout Germany and many neighboring countries, scheduling dance performances almost every third day. In June 1924, she injured a knee during one of her leaps, forcing a cancellation of her tour. The resulting torn ligament in her knee ended her dancing career barely eight months after it had begun.[2]

Riefenstahl next pursued a career as an actress in “mountain films,” a genre specific to Germany which began its heyday in the first half of the 1920s. The self-confident Riefenstahl was given the lead in the movie The Holy Mountain even though she had never appeared in a major role. The film opened in December 1926 and enjoyed great success with both critics and the public. Riefenstahl was celebrated in the press as a new type of film actress, and the term “sports actress” was coined for her.[3]

After acting in some more mountain movies, Riefenstahl starred in the movie S.O.S. Iceberg set in Greenland. This film premiered on August 31, 1933 and was a big success. Everyone wanted to see the first movie ever filmed in the fascinating setting of Greenland; theaters were sold out days in advance. Few would have guessed this would be the last film Riefenstahl would act in for many years to come.[4]

leni-30er-eisberg-DW-Kultur-Berlin-jpg.jpg

Riefenstahl also set out to secure her place in film history by acting as producer, director, screenwriter, editor and star of the movie The Blue Light. This movie used many real-life farmers as actors, and included many authentic images of farmhouses, alpine huts and village churches. The film opened on March 24, 1932 to mixed reviews. However, Adolf Hitler was highly impressed by the realistic scenes of the farmers in the movie. Hitler later said, “Riefenstahl does it the right way, she goes to the villages and picks out her actors herself.”[5]

 Hitler’s Filmmaker

Riefenstahl was invited to meet with Hitler on May 22, 1932 at the North Sea Village of Horumersiel. Strolling on the beach, Hitler and Riefenstahl talked about her films, all of which Hitler had seen. Hitler said during the conversation, “Once we come to power, you must make my films.”[6]

Riefenstahl had read Mein Kampf and she agreed to make films for Hitler. Riefenstahl’s first movie for Hitler was Victory of Faith, which premiered on December 1, 1933. Since this movie showed repeated scenes of Ernst Röhm laughing or marching at Hitler’s side, it was withdrawn shortly after Röhm’s murder on July 1, 1934.[7] The film was also not Riefenstahl’s best work. The photography is mediocre in substantial sections of the film, and it lacked the overall unity of her later films.[8]

Riefenstahl’s next film for Hitler, Triumph of the Will, was a huge artistic and financial success. Steven Bach writes:

Ordinary Germans’ response to Triumph of the Will was the measure of homeland success. The picture played in major theaters and minor, in school auditoriums and assembly halls, in churches and barracks. Its final revenues are not known, but Ufa reported that the film had earned back its advance and gone into profit just two months after its release…Agreement was all but universal that, at only 32, she had created a new kind of heroic cinema. With art and craft, she had wed power and poetry so compellingly as to challenge the artistry of anything remotely similar that had gone before. Her manipulation of formal elements was virtuosic, her innovations in shooting and editing set new standards and remain exemplary for filmmakers seven decades later, when the controversy the film continues to generate is, in itself, testimony to its effectiveness.[9]

After the opening of Triumph of the Will in March 1935, Riefenstahl made the 28-minute film Day of Freedom in tribute to the German military. This movie served as a technical rehearsal for cameramen she had assembled for her next big assignment—the 1936 Berlin Olympics.[10] 

les-dieux-du-stade-1938-de-leni-riefenstahl_5787985.jpg

Riefenstahl covered all 136 Olympic events because her contract required her to prepare a sports film archive from which short films could be made for educational use. She therefore told her extensive team of cameramen and assistants that “everything would have to be shot and from every conceivable angle.” Her film Olympia premiered on April 20, 1938, which was Hitler’s 49th birthday. Olympia was universally acclaimed, and Riefenstahl became the most-celebrated woman in all of Germany.[11]

During World War II, Riefenstahl saved many of her colleagues from conscription by forming a combat-photographic unit. A “Special Riefenstahl Film Unit” composed of her handpicked film personnel departed Berlin for the front on September 10, 1939.

When gunfire shredded the canvas of her tent on September 12, Riefenstahl remarked, “I hadn’t imagined it would be this dangerous.” Riefenstahl resigned her commission after a German anti-partisan action in Konskie, Poland resulted in the deaths of approximately 30 Polish civilians.[12]     

Riefenstahl spent much of the rest of the war working on the film Tiefland. This movie became one of the most-expensive motion pictures in German film history. War conditions and Riefenstahl’s erratic health and personal life were major factors in the record-breaking five years it took to produce the movie. Riefenstahl was taken at the end of the war to an American detention camp where G.I.s too young to remember her face on the covers of Time and Newsweek examined her identity papers.[13]

Postwar Injustices

Leni Riefenstahl reunited with her husband, Peter Jacob, shortly after the war. Since neither Riefenstahl nor her husband nor her mother nor any of her three assistants had ever joined the Nazi Party, nor had any of them been politically active, she did not expect any problems from her captors. Unfortunately, she was wrong.[14]

Riefenstahl wrote:

[We] were wakened by the sound of tires screeching, engines stopping abruptly, orders yelled, general din, and a hammering on the window shutters. Then the intruders broke through the door, and we saw Americans with rifles who stood in front of our bed and shone lights at us. None of them spoke German, but their gestures said: ‘Get dressed, come with us immediately.’

This was my fourth arrest, but now my husband was with me, and we got to know the victors from a very different aspect. They were no longer the casual gangling GIs; these were soldiers who treated us roughly.[15]

Riefenstahl described her fifth arrest:

The jeep raced along the autobahns until…I was brought to the Salzburg Prison; there an elderly prison matron rudely pushed me into the cell, kicking me so hard that I fell to the ground; then the door was locked. There were two other women in the dark, barren room, and one of them, on her knees, slid about the floor, jabbering confusedly; then she began to scream, her limbs writhing hysterically. She seemed to have lost her mind. The other woman crouched on her bunk, weeping to herself.

I found myself in a prison cell for the first time, and it is an unbearable feeling. I pounded on the door, becoming so desperate that I eventually smashed my body against it with all my strength, until I collapsed in exhaustion. I felt that incarceration was worse than capital punishment, and I did not think I could survive a long term of imprisonment.[16]

LR_01.jpgRiefenstahl was eventually released from American custody only to be imprisoned by the French shortly thereafter. The weeks she spent in Innsbruck Women’s Prison caused her to want to commit suicide. Riefenstahl was arrested at least four times in the French Zone, and was eventually transferred to the ruins of Breisach, where she suffered from hunger. She was later transferred to Königsfeld, where the poverty and hunger was as great as it was in Breisach.[17]

Two years had passed since the end of the war, and no court trial of any kind had been slated for Riefenstahl. The French military government next transferred Riefenstahl to Freiburg, where she was locked up in a mental institution. After this three-month incarceration, she was transferred to Königsfeld, where she was required to report weekly to the French military authorities in Villingen.[18]

Riefenstahl was eventually forced to attend denazification hearings. Her first hearing was held in Villingen at the end of 1948. She won her case primarily because she had not been a party member. The French military government appealed her favorable ruling, and a second hearing was conducted in Freiburg in July 1949. Riefenstahl was again judged innocent, and the Baden State Commission on Political Purgation appealed this ruling. In her third trial, the Baden commission concluded that Riefenstahl, though innocent of specific crimes, had consciously and willingly served the Reich. She was classified as a “fellow traveler,” the next-to-lowest of the five degrees of complicity.[19]

Riefenstahl initiated a final hearing in Berlin in spring 1952 to recover her villa in Dahlem, which had been held by the Allies since the end of the war. The vital matter of Riefenstahl’s postwar classification as a “fellow traveler” was settled at this hearing. Since this classification carried no prohibitions or penalties, Riefenstahl was free to work again, although her film projects were repeatedly thwarted after the war.[20]

Postwar Fortunes

Leni Riefenstahl was widely pilloried for the positive statements she had made about Hitler before the war. For example, in February 1937 she told a reporter from the Detroit News: “To me, Hitler is the greatest man who ever lived. He truly is without fault, so simple and at the same time possessed of masculine strength. He asks nothing, nothing for himself. He’s really wonderful, he’s smart. He just radiates. All the great men of Germany—Frederick the Great, Nietzsche, Bismarck—had faults. Nor are those who stand with Hitler without fault. Only he is pure.”[21]

Despite such glowing statements, Riefenstahl’s association with Hitler was motivated primarily to advance her artistic career. Jürgen Trimborn writes:

Leni Riefenstahl began making films for the Führer in 1933, a career she could not have imagined one year before. Her cooperation with Hitler and the National Socialists was, in the end, based less on her fascination with their political program than on the opportunities that suddenly opened up to her in terms of artistic development. Of much greater importance to her than the “historical mission” of the Führer [were] her own career possibilities. The “new Germany” promulgated by the National Socialists would also make room for her, the insufficiently recognized artist.[22]

Riefenstahl when incarcerated by the Allies was frequently forced to inspect pictures from the German camps, and told that she must have known about these death camps. Steven Bach writes:

She was forced to look at photographs, images of Dachau. “I hid my face in my hands,” she recalled, as if the ordeal of viewing them equaled the horrors they depicted. She was not permitted to look away from the “gigantic eyes peering helplessly into the camera” from the hells of Dachau, Auschwitz, Buchenwald, Bergen-Belsen, and other death camps of which, she told the Americans, she had known nothing.[23]

Riefenstahl was telling the truth when she said she knew nothing about conditions in these German camps. In fact, the Allies were deceiving Riefenstahl by not telling her that most of the deaths in these camps occurred from natural causes. The Allies used these gruesome pictures from the German camps to induce guilt in Riefenstahl and the rest of the German people.

ce8ab2eb-fedc-4728-bc36-5d146c0b68b0.jpgRiefenstahl was also criticized for still supporting Hitler after witnessing the massacre of approximately 30 Jewish civilians in Konskie, Poland. This incident occurred after Polish partisans in Konskie had killed and mutilated a German officer and four soldiers. While such anti-partisan incidents were common during the war, they did not indicate a German plan of genocide against the Poles or the Jews. Riefenstahl was not complicit in this anti-partisan action, and she promptly terminated her film reporting of the war after this incident.[24]

Riefenstahl was smeared as a “Nazi monster” by many newspapers and magazines long after the war was over. Riefenstahl wrote:

They forged anything and everything. French newspapers ran love letters supposedly written by [Julius] Streicher. L’Humanite and East German magazines put me on the same level as criminal perverts. There was nothing I wasn’t accused of. Other papers claimed that I had become a “cultural slave of the Soviets”, and had sold my films to Mos Film in Moscow for piles of rubles.[25]

Conclusion

Film scholar Dr. Rainer Rother writes: “There is no other famous artist from the period of the Nazi regime who has exhibited the kind of lasting influence as has Leni Riefenstahl.”[26]

Riefenstahl’s films will survive. Susan Sontag falsely wrote in regard to Riefenstahl’s films, “Nobody making films today alludes to Riefenstahl.” Steven Bach writes in response to Sontag’s statement:

That was true, of course, if you discounted everything from George Lucas’s Star Wars to the Disney Company’s The Lion King to every sports photographer alive to the ubiquitous, erotically charged billboards and slick magazine layouts to media politics that, everywhere in the world, remain both inspired and corrupted by work Leni perfected in Nuremberg and Berlin with a viewfinder that a film historian once warned suggested “the disembodied, ubiquitous eye of God.”[27]

Unfortunately, Riefenstahl’s genius is slighted because she made films for Hitler. Her stature will be fully restored once it is understood that Hitler had never wanted war and did not commit genocide against European Jewry.[28] Riefenstahl may then unreservedly be recognized as one of the greatest film artists of the 20th Century.

Endnotes


[1] Taschen, Angelika, Leni Riefenstahl: Five Lives, New York: Taschen, 2001, p. 16.

[2] Trimborn, Jürgen, Leni Riefenstahl: A Life, New York: Faber and Faber, Inc., 2002, pp. 13, 20-23.

[3] Ibid., pp. 26, 29-31.

[4] Ibid., pp. 31-34.

[5] Ibid., pp. 38, 43, 48.

[6] Bach, Steven, Leni: The Life and Work of Leni Riefenstahl, New York: Alfred A. Knopf, 2007, pp. 90-91.

[7] Ibid., pp. 86, 121, 131.

[8] Rather, Ranier, Leni Riefenstahl: The Seduction of Genius, New York: Continuum, 2002, p. 57.

[9] Bach, Steven, Leni: The Life and Work of Leni Riefenstahl, New York: Alfred A. Knopf, 2007, pp. 139-140.

[10] Ibid., pp. 142-143.

[11] Ibid., pp. 151, 164, 166.

[12] Ibid., pp. 186-191.

[13] Ibid., pp. 208, 223.

[14] Riefenstahl, Leni, Leni Riefenstahl: A Memoir, New York: Picador USA, 1995, pp. 308, 327.

[15] Ibid., pp. 308-309.

[16] Ibid., pp. 309-310.

[17] Ibid., pp. 325-326, 329-332.

[18] Ibid., pp. 333-335.

[19] Bach, Steven, Leni: The Life and Work of Leni Riefenstahl, New York: Alfred A. Knopf, 2007, pp. 232-235.

[20] Ibid., pp. 235-237; Riefenstahl, Leni, Leni Riefenstahl: A Memoir, New York: Picador USA, 1995, p. 454.

[21] Trimborn, Jürgen, Leni Riefenstahl: A Life, New York: Faber and Faber, Inc., 2002, p. 212.

[22] Ibid., p. 80.

[23] Bach, Steven, Leni: The Life and Work of Leni Riefenstahl, New York: Alfred A. Knopf, 2007, p. 224.

[24] Ibid., pp. 188-192.

[25] Riefenstahl, Leni, Leni Riefenstahl: A Memoir, New York: Picador USA, 1995, p. 455.

[26] Trimborn, Jürgen, Leni Riefenstahl: A Life, New York: Faber and Faber, Inc., 2002, p. 274.

[27] Bach, Steven, Leni: The Life and Work of Leni Riefenstahl, New York: Alfred A. Knopf, 2007, p. 298.

[28] Wear, John, Germany’s War: The Origins, Aftermath and Atrocities of World War II, Upper Marlboro, Md., American Free Press, 2014, pp. 15-197, 340-389.

Author(s): John Wear
Title: Leni Riefenstahl: Filmdom’s Wrongly Scorned Creative Genius
Sources:  
Dates: published: 2020-01-19, first posted: 2020-01-19 23:35:34

12:30 Publié dans Cinéma, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : leni riefenstahl, cinéma, film, allemagne, 7ème art | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Yoram Hazony’s The Virtue of Nationalism

yoram-hazony.png

Yoram Hazony’s The Virtue of Nationalism
 

Ex: https://www.unz.com

Yoram Hazony is an Israeli political theorist. He has a BA in East Asian studies from Princeton and a Ph.D. in political theory from Rutgers. While at Princeton, he founded a conservative publication, the Princeton Tory. An orthodox Jew and a political Zionist, he is the president of the Herzl Institute in Jerusalem. He is also the chairman of the Edmund Burke Foundation, the purpose of which seems to be to nudge conservatism in America and Europe in a more nationalist direction.

The Virtue of Nationalism is a lucidly written, trenchantly argued antidote to the anti-nationalist sentiments that dominate mainstream politics, both Left and Right. Hazony seeks to defend the nation-state as the best form of government, pretty much for everyone. Hazony defines a nation as “a number of tribes with a shared heritage, usually including a common language or religious traditions, and a past history of joining together against common enemies” (p. 100). Hazony defines a nation-state as “a nation whose disparate tribes have come together under a single standing government, independent of all other governments” (p. 100).

HazonyNationalism.jpgHazony defines the nation-state in contradistinction to two alternatives: tribal anarchy and imperialism. Tribal anarchy is basically a condition of more or less perpetual suspicion, injustice, and conflict that exists between tribes of the same nation in the absence of a common government. Imperialism is an attempt to extend common government to the different nations of the world, which exist in a state of anarchy vis-à-vis each other.

Hazony’s primary example of tribes coming together to form a state is the tribes of Israel, whose history may well be entirely fictional. There are, however, historical examples of such “tribal” unification from the 19th century, when different Italian “tribes” came together in the Kingdom of Italy, and different German “tribes” came together to form the Second Reich. However, in the 19th and 20th centuries, it was far more common for nation-states to emerge by separating themselves from empires.

Hazony’s appeals to the Bible considerably weaken his argument but reveal his primary audience: American Protestant Zionists. Thus the first part of The Virtue of Nationalism offers a historical narrative in which nationalism was created by the ancient Israelites, suppressed by various ancient empires—Assyrian, Babylonian, Persian, Hellenistic, Roman, Catholic, and Islamic—then revived after the Reformation and codified in the Peace of Westphalia.

In Chapter III, “The Protestant Construction of the West,” Hazony claims that Protestant political thought rests on two Old Testament principles. First, legitimate governments must protect the common good of the people and uphold Christianity. Second, different nations have the right to self-determination, i.e., to govern themselves without the interference of others.

In Chapter VII, “Nationalist Alternatives to Liberalism,” Hazony distinguishes between the “neo-Catholic” approach, which upholds the Biblical principle of legitimacy but rejects nationalism for empire; the “neo-nationalist” view which rejects Biblical legitimacy but embraces the nation-state; and the “conservative” or “traditionalist” viewpoint, which embraces both Biblical legitimacy and nationalism.

Hazony, of course, favors the third, as would most Protestant Zionists, but it should be noted that only the second option is consistent with the American separation of church and state. Moreover, only the second option is consistent with the many European nations that are now post-Christian.

71SNg-fRfgL.jpgHazony argues that nationalism has a number of advantages over tribal anarchy. The small states of ancient Greece, medieval Italy, and modern Germany wasted a great deal of blood and wealth in conflicts that were almost literally fratricidal, and that made these peoples vulnerable to aggression from entirely different peoples. Unifying warring “tribes” of the same peoples under a nation-state created peace and prosperity within their borders and presented a united front to potential enemies from without.

But if the nation-state has such advantages, why stop there? Why not continue the process by unifying nation-states into empires? Wouldn’t that expand the realm of peace and prosperity, in principle to the whole globe?

Hazony prefers to stand with the nation-state. Political unification can lead us that far, but no farther. Thus he spends a good deal of time criticizing imperialism in all its forms: religious, ethnic, and secular, including liberalism, federalism, and civic nationalism. It is the best part of his book.

Hazony doesn’t like the word sovereignty, claiming it smacks of absolutism and rationalism. But he paraphrases the concept when he speaks of “collective freedom,” “non-interference in the internal affairs of other national states,” and “a government monopoly of organized coercive force within the state” (p. 177).

A nation is either sovereign or it isn’t. A sovereign state does not take orders from other entities. It controls its internal affairs. It does not suffer other armed powers within its borders. It stands on terms of equality with other sovereign states, no matter how large or small. It has the right to say “no” to other states and international bodies.

Imperialists seek to obfuscate this hard either/or with euphemisms like “federalism,” “subsidiarity,” and the risible EU newspeak “pooled sovereignty.” Federalism and subsidiarity are attempts to coax states to give up their sovereignty by assuring them that they will retain autonomy in all matters that are unimportant to the center. But on important matters, they are not allowed to say no. Thus when advocates of empire assure nations that they will be allowed to control their internal affairs, they will enjoy no more sovereignty than an Indian reservation. Pooled sovereignty means that EU member states can vote on EU policies, but they have to abide by majority decisions. They have no veto power, which means that they are not sovereign when it counts, which is when one wants to say “no.”

According to Hazony, the nation-state is superior to imperialism because:

  • Nationalism “offers the greatest possibility for collective self-determination.”
  • Nationalism “inculcates an aversion to the conquest of foreign nations.”
  • Nationalism “opens the door to a tolerance of diverse ways of life.”
  • Nationalism “establishes a life of astonishingly productive competition among nations as each strives to attain the maximal development of its abilities and those of its individual members.”
  • The “powerful mutual loyalties that are at the heart of the national state give us the only known foundation for the development of free institutions and individual liberties.” (p. 10)
  • Nationalism also reduces the amount of hatred and violence in the world (Part Three: Anti-Nationalism and Hate).

Hazony makes it clear that the tribes that are candidates for political unification in a nation-state already belong to the same nation. They share a common language, religion, and culture. In short, a nation is an ethnic group.

The collective freedom maximized by nation-states is the freedom of ethnic groups to live by their own lights—and to allow different peoples to do the same, hence tolerance and an aversion to empire. Hazony puts this point very beautifully in the Conclusion of his book:

The nationalist, we may say, knows two very large things, and maintains them both in his soul at the same time: He knows that there is great truth and beauty in his own national traditions and in his own loyalty to them; and yet he also knows that they are not the sum of human knowledge, for there is also truth and beauty to be found elsewhere, which is own nation does not possess. (p. 231)

9789657052068.jpgThe “mutual loyalty” at the heart of nation-states is a product of a common ethnicity. How does ethnic unity make free institutions possible? Every society needs order. Order either comes from within the individual or is imposed from without. A society in which individuals share a strong normative culture does not need a heavy-handed state to impose social order.

The move from nation-state to empire requires that peoples lose their collective sovereignty. Beyond that, because empires by nature contain many nations, the empire cannot depend upon a common culture to produce order and civility. These must, therefore, be imposed mechanically by the state. Thus empires erode free institutions.

Hazony offers a very strong critique of civic nationalism and the idea that a state can be ethnically neutral (Chapter XVI: “The Myth of the Neutral State”). Hazony thinks it is inevitable that the boundaries of states do not precisely coincide with nations. Not all Poles live in Poland, and some non-Poles do. But if all states are multiethnic, then shouldn’t they be ethnically “neutral”? Shouldn’t they base their unity on something other than ethnicity, such as a civic creed?

Hazony rejects this as a delusion. Even supposedly universalistic civic creeds are actually the products of particular ethnic groups. Their persistence through time depends on these ethnic groups. These ethnic groups might fool themselves into thinking that they are simply “humanity” and their principles are “universal,” but the minority groups who live with them are never fooled. Hazony claims that, whether we admit it or not, the core of every nation has to be an ethnic group that imposes its basic norms and ways of life on minorities.

Hazony also deals with the common argument that nationalism produces hatred and conflict, whereas high-minded globalist/imperialist schemes will give rise to peace and love. But everybody hates somebody. Globalists, Hazony points out, are energetic haters as well. They are also willing to unleash vast and devastating wars to bring peace and love to the far corners of the map.

411TCU-+pEL._SX315_BO1,204,203,200_.jpgIn fact, Hazony argues, imperialism is far more conducive to hatred and violence than nationalism.

Nationalists are particularists, and liberal globalists are universalists. Nationalists believe that it is legitimate for multiple states with different values and ways of life to exist, whereas liberal globalists implicitly deny the legitimacy of all non-liberal states and ways of life. Thus for liberal globalists, every other state is a potential target of hatred and war. Thus every conflict is potentially global. And every enemy should in principle be destroyed, for if no other regime is really legitimate, with whom can one reach a settlement? For globalists, the globe is the only natural limit for hatred, fighting, and political expansion.

Particularists, by contrast, have only petty hatreds and petty conflicts, which are confined to small areas and can be concluded in a relatively brief time with a negotiated peace, because nationalists regard it as legitimate for other nations to exist, even when they make war against them.

Liberal globalists have an inflated sense of themselves, for they believe that they represent not just a particular regime but the interests of all humanity. This means that they regard their enemies as the enemies of all humanity. This makes their hatreds more intense and their conflicts more protracted and deadly, because how can one not be at war with the enemies of humanity? (There are, of course, material limits to war, which often force globalists to stop fighting sooner than they would like.) Nationalists find it easier to avoid war and conclude peace because they don’t have inflated senses of their own goodness and their enemies’ evil.

An important theme of The Virtue of Nationalism is the critique of liberalism. Hazony claims liberalism is false because it begins with a false image of man: a rational actor loyal only to himself, shorn of any attachments to collectives—for instance, the family, tribe, and nation into which every individual is born. On top of this false anthropology, liberalism erects a false ethics and political philosophy: the only legitimate claims that can be made on a rational individual are those he chooses for himself. The only legitimate institutions are those that a rational individual would choose for himself.

Liberal man is basically identical to economic man. The rational, self-interested behavior of liberal man finds its purest expression in the marketplace. By making the behaviors of economic man normative, liberalism dissolves non-economic social institutions like family, tribes, and nations. All individuals emerge from these collectives, which impose unchosen relationships on individuals and evoke strong feelings of attachment, which can cause individuals to risk and sacrifice their lives to preserve these collectives. Hazony calls such collective attachments “loyalties” (p. 65). The liberal individualist project seeks to dissolve all unchosen relationships and to make all loyalties contingent on loyalty to the self.

Hazony argues that liberalism is an inherently imperialistic ideology. Nations are collectives. But only individuals matter to liberals. Because all men are the same insofar as they are rational, self-interested agents, all boundaries between political entities are morally meaningless. Liberals also believe that only liberal regimes are legitimate. Thus liberals have no moral objections to overthrowing illiberal regimes, particularly if this coincides with economic interests.

Hazony emphasizes that although nationalists reject imperialistic globalist institutions, nationalism is itself a vision of the best world order. Thus in Chapter XVIII he outlines “Some Principles of the Order of Nationalist States.”

First, he claims that “the order of national states . . . grants political independence to nations that are cohesive and strong enough to secure it” (p. 176). The core of cohesiveness is ethnic, which means that a proposed state that lacks a core ethnic group is not a candidate for independence. The most cohesive state of all, of course, would be entirely ethnically homogeneous.

As for being “strong enough to secure” independence: Why this concession to Realpolitik? If a nation is strong enough to secure its independence, it doesn’t really need international recognition. It is nice, but not necessary. It is precisely the peoples that cannot secure their independence on their own that need to depend on an international order of nationalist states. Many such countries exist today. Andorra, Lichtenstein, Monaco, the Vatican, and San Marino do not have the ability to establish their independence by force of arms. But that is true of most states. There is not a single nation in Europe that is a military match for the United States or Russia. Hazony thinks that small states that cannot secure their independence are doomed to become non-sovereign protectorates of larger states. But there are alternatives: Small states can secure their independence by allying themselves with other sovereign states, and they can appeal to the moral and political principles upheld by an international order of nationalist states.

The second principle is “non-interference in the internal affairs of other national states” (p. 177). Does this apply to all sovereign states, or just the nationalist ones? Does it not apply, then, to empires? This would be problematic, because, as I will discuss at greater length later, when Hazony claims that nation-states can contain minority groups under the dominion of a core ethnic population, it is hard to distinguish them from empires. This is particularly the case when Hazony argues that even empires that claim to be based on universal principles have an ethnic character.

cf204a130708bf5ad104fecc59436619-w204@1x.jpgThe third principle is “government monopoly of organized force within the state” (p. 177), as opposed to tribal anarchy. A failed state is one in which different ethnic groups create their own militias.

The fourth principle is the “maintenance of multiple centers of power” (p. 180), which is the old doctrine of maintaining a balance of power so that one state, or group of states, never becomes powerful enough to destroy the sovereignty of the rest.

The fifth principle is “parsimony in the establishment of independent states” (p. 182). The moral principle of nationalism need not lead simply to breaking up larger national units into smaller ones. Sometimes, as in the case of the reunification of Germany, one sovereign entity can be annexed to another one.

The sixth principle, “Protection of minority nations and tribes by the national government” (p. 183) is designed to prevent tribal anarchy and a failed state. Some tribal peoples are too small to be sovereign nations. But they should be given as much autonomy as possible short of that, because it is the right thing to do and because it is the best way to avoid conflict.

As for irreconcilably disgruntled tribes and minorities, the only solution Hazony envisions is repressing them. But other solutions are possible. Some tribes might be large enough to form their own nations, and if they are not happy with their current status, the international order of nationalist states should help negotiate their path to sovereignty, to avoid conflict and maximize opportunities for divergent cultural evolution. Disaffected minority groups from neighboring nations might be encouraged to join them, by moving people, by moving borders, or a combination of the two.

The seventh and final principle is the “non-transference of the powers of government to universal institutions” (p. 184).

As I read through The Virtue of Nationalism and tried to imagine objections, the main one is: “Nationalism leads to hatred and violence. Just look at the Nazis.” Hazony’s response to this is that Hitler wasn’t a nationalist. He was an imperialist.

But it is not that simple. In truth, Hitler was both. Thus we need another distinction besides nationalism vs. imperialism. We need to distinguish between good and bad forms of nationalism. When Hitler talked about bringing scattered German tribes under a common government, he was practicing the good form of nationalism. When he talked about Lebensraum in the East at the expense of other nations, that’s the bad sort of nationalism.

The bad nationalist demands freedom for his own nation but denies it to other nations. The bad nationalist stokes the pride and patriotism of his nation, then pits it against other nations. This is how European nations built vast colonial empires. Bad nationalism passes over into empire, but it does not cease to blacken the name of nationalism. Hence it might be more persuasive to grant that there is simply a bad form of nationalism.

51JEt3BkNhL._SX331_BO1,204,203,200_.jpgThe difference between good nationalism and bad nationalism is simple: Good nationalism is universalist. A good nationalist wants to ensure the sovereignty of his own people, but does not wish to deny the sovereignty of other peoples. Instead, he envisions a global order of sovereign nations, to the extent that this is possible. Hazony, however, wishes to stop short of the idea of a universal right to self-determination, which I will deal with at greater length later.

Clearly, The Virtue of Nationalism has many virtues. Every defender of nationalism will benefit from its arguments. But this book also has several vices. Hazony is dismissive of kinship — and more broadly, race — as the biological substratum of community. He is too willing to dismiss the idea of ethnic homogeneity which makes his conception of the nation indistinguishable from an empire. Finally, he is mistaken to reject the idea of a universal principle of national self-determination. I will deal with these topics in a separate essay that compares The Virtue of Nationalism to The White Nationalist Manifesto.

(Republished from Counter-Currents Publishing by permission of author or representative)

La guerre des microbes du Pentagone UN PROJET AU SERVICE D’UNE IDEOLOGIE

ob_b9285b_virus-mortel-laboratoire-usa-750x400.jpg

La guerre des microbes du Pentagone

UN PROJET AU SERVICE D’UNE IDEOLOGIE

Ex: https://geopolintel.fr

(Rappel: texte de décembre 2008)

Réunie officiellement en 1997, l’influente ligue « Projet pour le Nouveau Siècle Américain » (acronyme : PNAC) [1] regroupait un nombre imposant de membres issus du gouvernement de Ronald Reagan. En 2000, ils théorisaient dans un rapport intitulé :
« Reconstruire les défenses de l’Amérique » la nécessité pour ce pays de préserver et d’accroître sa position hégémonique afin d’instaurer la « Pax Americana ». En préambule de ce rapport, il était déclaré : « De nos jours, les États-Unis n’ont à l’échelle mondiale aucun rival. La grande stratégie de l’Amérique se doit de préserver et accroître cette position favorable pour une durée à venir aussi longue que possible. » [2]

Dans ce but, le PNAC préconisait de créer une unité militaire spatiale pour dominer l’espace ou de contrôler le cyberespace considéré comme une arme ennemie potentielle, mais aussi de développer des armes biologiques capables de cibler des génotypes humains. Ainsi, les idéologues néo-conservateurs annonçaient que : « Bien qu’il puisse falloir plusieurs décennies au processus d’adaptation pour se déployer, à terme l’art de la guerre, dans les airs, sur terre et sur mer, sera très différent de ce qu’il est aujourd’hui et le combat se déroulera vraisemblablement dans de nouvelles dimensions : dans l’espace ou le cyberespace et peut-être dans le monde des microbes. » Et ils écrivaient plus loin : « Les munitions elles-mêmes deviendront de plus en plus précises, tandis que de nouvelles méthodes d’attaques - électronique, non létale, biologique - deviendront plus facilement disponibles. » Enfin, ils précisaient leur pensée : « Et des formes évoluées de guerres biologiques capables de cibler des génotypes déterminés pourront faire passer la guerre biologique du règne de la terreur à celui d’un outil politique utile. ».

Beaucoup des membres du PNAC formaient, en 2001, le noyau dur de l’administration Bush junior, laquelle exprimait, dès le début de ce mandat, une volonté de privilégier l’action unilatérale et le refus de voir la souveraineté des Etats-Unis circonscrite par les traités multilatéraux et le droit international. Cette stratégie de primauté a été articulée, dès 1992, dans un rapport confidentiel intitulé « Defense Policy Guidance » [3] écrit par Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la défense, et Lewis Libby, conseiller aux questions de sécurité, sous la vice-présidence de Dick Cheney. Ce texte recommandait d’« empêcher toute puissance hostile de dominer des régions dont les ressources lui permettraient d’accéder au statut de grande puissance », de « décourager les pays industrialisés avancés de toute tentative visant à défier notre leadership ou à renverser l’ordre politique et économique établi », et de « prévenir l’émergence future de tout concurrent global. » Une doctrine qui apparaissait donc un cran plus dure que le containment de l’époque de la guerre froide.

Après les attentats du 11 septembre 2001, véritable « Pearl Harbour spatial » prophétisé par Donald Rumsfeld, la révolution militaire voulue par le PNAC fut votée et budgétisée par le Congrès. La nouvelle armée spatiale fut créée, et, autorisé par cet événement extraordinaire, le retrait unilatéral du traité ABM [4] qui limitait la militarisation de l’espace, permit de relancer le programme de « Guerre des étoiles » entrepris sous Reagan ainsi que de déployer son bouclier anti-missile. De même que fut mis en œuvre le contrôle du cyberespace à travers le Cyber-Command créé en 2006 et annoncé, dès 2003, dans le document « Information Operations Roadmap ». [5]

Wolfowitz_portrait_cropped.jpgEn 2002, sous l’impulsion de Paul Wolfowitz, cette administration adoptait« The National Security Strategy of the United States of America » [6] qui présentait la conception de guerre préemptive selon laquelle les Etats-Unis ne se limiteraient pas à des actes de guerre défensive mais exécuteraient des actes de guerre contre tout pays prétendument sur le point de les attaquer.
Ce fut une accélération marquée dans l’échelle des intentions belliqueuses des Etats-Unis. La « Doctrine Bush », unilatérale et souvent brutale dans le discours, prônait la guerre préventive, le maintien de la suprématie militaire américaine ainsi que parodoxalement le développement de la coopération internationale, des droits de l’homme et de la liberté. Elle visait, en particulier, à la refonte du monde arabo-mulsuman.

A sa suite, fut émise la « Stratégie Nationale pour combattre les Armes de Destruction Massive » [7]. Ce plan appellait à l’utilisation des ADM en vertu du recours à toutes les options, nucléaires, chimiques et biologiques et il usurpait le droit du Congrès à déclarer la guerre en violation de la constitution des Etats-Unis.

PROGRAMMES MILITAIRES BACTERIOLOGIQUES

Tout comme le traité ABM (anti-missiles balistiques), la Convention sur les Armes Biologiques (CAB) [8] fut ratifiée en 1972 par plus de cent nations dont les Etats-Unis. Ce traité interdit la mise au point, la fabrication et le stockage des armes bactériologiques et exige également leur destruction ou leur conversion à des fins pacifiques. Depuis la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis développent un programme de guerre biologique offensif mais, sous Nixon, on estime que les armes biologiques sont militairement contre-productives en ce sens qu’elles risquent d’engendrer un effet « retour de bâton » sur les forces armées et les populations. De plus, les USA disposent alors d’un arsenal nucléaire massif estimé plus efficient que les armes biologiques perçues comme la « bombe atomique du pauvre ». Ainsi la CAB empêche le développement peu coûteux de ces armes de destruction massive (ADM) par les pays du Tiers-Monde et garantit aux USA la supériorité militaire de leur force de frappe nucléaire grâce au Traité de 1968 sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Nixon respecte apparemment la CAB mais dans les entrailles du Pentagone, l’ancienne unité du programme bio-chimique n’est pas dissoute. Et après leur arrivée au pouvoir en 1981, les reaganiens du Pentagone engagent des financements massifs dans des programmes biologiques militaires sous des prétextes de défense, exploitant une faille de la CAB qui n’interdit pas les recherches « à des fins prophylactiques, de protection ou autres fins pacifiques ». En effet, la Convention autorise le développement, la production et peut-être même le stockage d’agents biologiques pathogènes en quantités limitées si ces derniers sont liés à la production de moyens de défense tels que les vaccins, les thérapies ou des vêtements de protection spéciaux. De même, la recherche est admise de facto, puisque la Convention n’y fait pas référence. De plus, la CAB a été rédigée avant que l’ingénierie génétique ne soit parvenue au rang de science de la vie, elle n’a donc pas pris en compte cette connaissance qui permet de mettre au point un outil à double tranchant car pouvant déboucher sur une utilisation défensive ou offensive.

Avec leur « Programme de Recherche en Défense Biologique », les néo-conservateurs signent des contrats avec des universités réputées sur tout le territoire des Etats-Unis, en totale infraction de l’article I de la CAB. En 1985, en réponse à une inquiétude légitime concernant le dévoiement des sciences de la vie par le Pentagone, le Congrès demande au « Conseil pour une Génétique Responsable » (CGR) de faire une proposition législative. Le CGR ignore alors que les reaganiens ont déjà autorisé, par l’intermédiaire de Donald Rumsfeld, à l’époque représentant des USA au Moyen-Orient, des expéditions d’agents biologiques (virus du Nil et Anthrax) à Sadam Hussein, cela en infraction avec l’article III de la CAB, espérant que celui-ci les militarise et les emploie contre l’Iran. Cette administration s’oppose au projet de loi du CGR. [9]

Arrivé au pouvoir, Bush senior remplace les reaganiens par des experts plus proches de la politique de Nixon et la nouvelle équipe permet le vote de la loi préconisée par le CGR en lui demandant, cependant, de la présenter au Congrès comme une mesure permettant de faire face au bio-terrorisme venu du Tiers-Monde susceptible de menacer les Etat-Unis. C’est la loi « Anti-Terrorisme sur les Armes Biologiques de 1989 » et elle remédie à toute lacune du texte de la CAB qui est respecté jusqu’à l’arrivée de l’équipe de Clinton. Celle-ci réactive à son tour le financement des recherches illégales du Pentagone malgré leur extensive activité de la décennie précédente.

A leur retour aux affaires, les reaganiens recyclés avec Bush junior, refusant de voir leurs propres sites inspectés, rejettent le protocole de vérification et de contrôle la CAB, alors en négociation au niveau international. Le New York Times révèle une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001, une des raisons essentielles de cette décision : l’administration souhaite dissimuler certains programmes de guerre biologique. Selon l’enquête du journal new-yorkais, trois projets semblaient particulièrement troublants : le test d’une installation expérimentale utilisant des organismes généralement inoffensifs, mais dotés de caractéristiques proches des agents pathogènes servant d’armes biologiques ; le test d’une bombe bactériologique, dont certaines composantes n’étaient pas au point ; un plan d’ingénierie génétique sur une souche résistante d’anthrax. Ils écrivent « Les États-Unis ont lancé un programme secret de recherches sur les armes biologiques qui selon les dires de certains fonctionnaires expérimente les limites du traité mondial interdisant ces armes. […] Au début de cette année, l’administration a dit que le Pentagone avait des plans pour créer génétiquement une variante potentiellement plus puissante de la bactérie qui cause la maladie du charbon. »

Le Centre pour la Loi et la Santé Publique (CLSP) qui a été formé un mois avant les élections de 2000, se réunit, en octobre 2001, dans le but d’établir une législation pour réagir à la menace bio-terroriste du moment. Le 23 novembre, il émet un document appelé « Actes des Pouvoirs des Modèles d’Urgence Santé » (APMUS) [10], une loi que le Département de la Santé et des Services Humanitaires suggère voir décrétée par les 50 états afin de contrôler les futures urgences en santé publique, telle que le bio-terrorisme. Une version révisée est émise le 21 décembre, contenant une définition plus précise de l’urgence en santé publique qui caractérise le bio-terrorisme et les agents biologiques et comprend des clauses pour les états qui veulent utiliser cet acte dans les cas de désastres chimiques, nucléaires ou naturels.

mevacc.jpgL’APMUS exige que chaque individu soit vacciné, un refus constituant un crime entraînant la quarantaine, et que chaque individu subisse un traitement médical spécifique, un refus constituant un crime entraînant la quarantaine. Il peut saisir toute propriété, incluant un immeuble, de la nourriture, des médicaments, de la gazoline ou des vêtements qu’un officier juge nécessaires pour contrôler l’urgence ainsi que
saisir et détruire toute propriété susceptible d’être dangereuse, il n’y aura ni compensation ni recours.
Il peut affecter un citoyen ou une entreprise au service de l’état, peut imposer le rationnement, le contrôle des prix, le contrôle des quotas et du transport. Enfin, cette loi peut suspendre n’importe quelle loi d’état, règle ou réglementation que l’on croira interférer à la maintenance de l’état d’urgence.

L’APMUS est actuellement évaluée par sept états. Cette loi n’espère-t-elle qu’un prétexte pour se voir décrétée et par la suite appliquée ? Que prévoient donc les autorités en proposant une telle loi ? A quel événement majeur se préparent-elles ?

Le nouveau « Programme de Défense Biologique et Chimique » (PDBC)) publié en mai 2004, qui succède au « Programme de Recherche en Défense Biologique » de Reagan, donne à plus de 300 instituts et 12000 personnes l’accès aux agents pathogènes appropriés à la guerre biologique. Le nombre des bourses du National Institut Health affectées à la recherche sur les maladies infectieuses est quant à lui multiplié par 15. Le PDBC sera par la suite appuyé par la « Déclaration Programmatique Finale d’Impact Environnemental » (DPFIE) du Pentagone. A la lecture du DPFIE /PDBC, il est évident que le Pentagone se prépare à mener une guerre biologique conformément aux directives de stratégie nationale de Bush Jr de 2002. Ainsi un paragraphe de cette déclaration stipule que la mission du PDBC est étendue à la défense des capacités militaires à réagir face à la menace lors de missions de sécurité nationale et de missions de combat.

Selon un rapport du Washington Post d’août 2005, le Pentagone a développé ses premiers plans pour des opérations visant à imposer la loi martiale dans le pays tout entier, en violation d’une décision du Congrès interdisant l’utilisation des militaires pour le maintien de l’ordre sur le territoire national (loi Commitus Posse). Les plans sont de grande envergure : les scénarios envisagés vont « de la basse intensité » avec des missions modestes de contrôle des foules, à « intensité élevée » avec la gestion totale de désastres à grande échelle après des attentats tels que l’émission d’un agent biologique.

En 2007, le rapport annuel du Pentagone atteste qu’il prépare des essais d’armes chimiques et biologiques à ciel ouvert en violation des Conventions internationales, révèle le professeur Francis A. Boyle expert au Conseil pour une Génétique Responsable et rédacteur de la loi de mise en application de la CAB, qui fut signée par le président George H. Bush Sr. Le Pentagone nie que le président George W. Bush ait émis une directive lui permettant de reprendre les essais de guerre chimique et biologique (GCB) en plein air, essais qui avaient été interrompus par le président Richard Nixon en 1969. Pourtant, les préparatifs annoncés par le Pentagone semblent indiquer qu’il est prêt à le faire. Le rapport annuel du Pentagone appelle apparemment à « des essais complets [de GCB] sur le terrain » pour ce qui touche à la mise au point et à l’exploitation de ces agents, et pas seulement de simulations. Le passage suivant est explicite : « Plus de 30 ans ont passé depuis l’interdiction aux États-Unis des tests en plein air d’agents chimiques vivants, et depuis que le dernier test de ce type a été réalisé, une grande partie de l’infrastructure nécessaire pour les essais sur le terrain, comme les détecteurs chimiques, n’existe plus ou est sérieusement périmée. Les augmentations actuellement prévues du budget de l’infrastructure « Essai et Évaluation » vont grandement améliorer aussi bien la mise au point que l’exploitation des essais sur le terrain, avec une meilleure représentation des menaces simulées et la définition de la réaction du système ».

laboratoire.jpg

Les essais en plein air déplacent la recherche sur les agents létaux hors des laboratoires afin d’étudier leur efficacité, y compris leurs modes de dispersion aérienne, et pour juger de leur capacité à infecter et à tuer lors des essais sur le terrain. Bien qu’une loi fédérale permette au président d’autoriser les essais en plein air d’agents de GCB, Boyle déclare que cela ne résout pas le problème du respect du droit international car une telle autorisation violerait la Convention Internationale sur les Armes Chimiques et la Convention sur les Armes Biologiques ainsi que les textes législatifs sur la mise en application de ces conventions au niveau national, et ces violations seraient légalement des crimes. Boyle affirme que la mise au point de l’anthrax en vue d’une éventuelle offensive de buts est mise en évidence par les efforts du gouvernement pour essayer de stocker massivement des vaccins contre la maladie du charbon et des antibiotiques, pour 25 millions d’États-uniens au moins, afin de protéger la population civile dans le cas où il y aurait un « retour de manivelle » à l’utilisation de l’anthrax dans le cadre d’une guerre biologique menée à l’étranger par le Pentagone. Il prévient que celui-ci est tout à fait prêt à lancer la guerre biologique par le biais de l’anthrax. Tous les équipements ont été acquis et toute la formation menée et la plupart des membres de forces armées US prêtes à combattre ont reçu des équipements de protection et des vaccins qui les protégeraient prétendument de cet agent.

Associated Press indique de son côté que l’armée états-unienne est en train de remplacer son Institut militaire des maladies infectieuses situé à Fort Detrick par un nouveau laboratoire qui serait composé d’un campus de bio-défense exploité par plusieurs agences. L’armée a déclaré à AP que le laboratoire est destiné à poursuivre des recherches uniquement à des fins défensives contre les menaces biologiques. Le fait que des scientifiques du gouvernement ont créé de nouvelles souches d’agents pathogènes pour lesquels il n’existe pas de remède connu contredit fortement l’argument selon lequel la recherche états-unienne est menée à des fins défensives. Richard Novick, professeur de microbiologie à l’université de New York, déclare : « Je ne peux imaginer une justification plausible pour expliquer la modification génétique de l’anthrax comme une mesure défensive. » En effet, l’altération d’un agent pathogène consiste à modifier sa structure de base afin que les vaccins existants s’avèrent inefficaces contre elle. L’argument selon lequel il faut poursuivre l’ingénierie génétique sur des agents pathogènes afin de créer un vaccin n’est pas fondé. En effet, la nature produit en trop grand nombre des agents pathogènes modifiables, avec trop de gènes altérables, pour qu’un seul vaccin soit efficace. Tous les experts en défense biologique le savent. Alors, pourquoi les Etats-Unis poursuivent-ils ce projet ?

LES SCIENCES DE LA VIE DEVOYEES

L’histoire de l’arme biologique a toujours coexisté avec celles des conflits. Ainsi, les archers de l’antiquité trempaient leurs flèches dans les entrailles des cadavres putréfiés ; des rivières, des sources et des puits étaient empoisonnés par des poisons végétaux ou des carcasses d’animaux en décomposition lors des campagnes guerrières ; des cadavres infectés par la peste étaient catapultés par dessus les remparts des villes assiégées... Longtemps, ces tentatives sont restées anecdotiques. Le tournant fut pris en 1763, par un officier anglais, avec l’emploi d’une maladie spécifique, la variole, contre les indiens d’Amérique et par le biais de couvertures contaminées. Plus près de nous, pendant la première guerre mondiale, l’Allemagne fut accusée d’utiliser le choléra en Italie, la peste à St Petersbourg, et, d’avoir d’infecté des milliers de mules en Mésopotamie avec le bacille de la morve. En 1929, l’URSS ouvrit un centre de recherche sur les armes biologiques au nord de la mer Caspienne. En 1931, l’armée japonaise créa trois centres spécialisés en guerre biologique et se livra au sein de l’unité 731 du général Shiro Ishii à des expérimentations humaines sur des prisonniers. De 1940 à 1944, l’aviation japonaise répandit la peste sur plusieurs villes de Chine en larguant des bombes à fragmentation ou en porcelaine remplies de bacilles, en lâchant des puces infectées, en même temps que du riz pour attirer les rongeurs. La Grande-Bretagne expérimenta, en 1941-1942, sur l’Ile de Gruinard, des dispositifs dedispersion de Bacillus anthracis. Cette île restera interdite d’accès pendant plusieurs décennies. En 1952, pendant la guerre de Corée, les Américains ont été accusés d’avoir répandu le choléra et des insectes infectés par la peste. En avril et mai 1979, une épidémie inhabituelle de charbon pulmonaire survint à Sverdlosk en URSS, après l’explosion d’un bâtiment militaire.

Les agents biologiques susceptibles d’être militarisés sont des agents vivants ou non, issus du règne animal, végétal ou microbien, provoquant une maladie chez l’homme, les plantes ou les animaux ou une détérioration des matériaux. La définition est étendue aux substances produites par les micro-organismes, animaux et plantes, donc aux toxines et peptides, quel que soit leur mode de production y compris, par conséquent la biogénétique, le génie génétique, la bio-ingéniérie et autres biotechnologies.

160210-M-RH401-022.JPG

Les agents biologiques peuvent être classés en : agents vivants capables de se reproduire par eux même (bactéries, champignons) ; en agents vivants capables de se reproduire uniquement sur une cellule hôte (virus) ; en agents non vivants incapables de se reproduire mais sécrétés par des organismes vivants (peptides, toxines) et en agents non vivants obtenus par synthèse chimique et de structure identique ou très proche des précédents.

Dans le premier groupe susceptible de créer des infections et des épidémies figurent les bactéries, en particulier l’agent du charbon (bacillus anthracis), celui de la peste (yersinia pestis), celui de la tularémie (francisella tularensis) l’agent de la brucellose, de la fièvre Q (coxiella burneti), la coccidioidomycose. Parmi les virus, on compte celui de la variole et des encéphalites (encéphalite à tiques, encéphalite japonaise, encéphalite de Venezuela, fièvre de Chikungunya, d’O Nyong-Nyong, fièvre de la Vallée du Rift et de la Vallée du Nil), de la dengue, de la fièvre jaune et des fièvres hémorragiques dues aux arboviroses (Lassa, Marburg, Ebola), sans oublier les agents agissant sur les plantes (mosaïque du tabac, rouille du blé ou du riz) ou les agents agissant sur les animaux (morve des équidés).
Parmi cette liste de maladies potentielles à usage militaire, les agents suivants, de classe A (haute priorité,facile à produire et à disséminer, transmissible de personne à personne, létalité importante, impact majeur en santé publique, panique et perturbation sociale assurées) l’anthrax, le botulisme, la peste, la variole, la tularémie et les fièvres hémorragiques offrent seuls des utilisations crédibles.
Mais le développement de nouvelles armes, lié aux progrès des biotechnologies et de la génétique moléculaire, peut se faire par deux grands moyens : optimisation d’agents déjà connus pour les rendre plus agressifs ou création de nouveaux agents. Les agents naturels évoqués précédemment peuvent être améliorés selon plusieurs modalités : accroissement de virulence, sélection de résistance aux antibiotiques ou dans le milieu extérieur, extension des cibles dans l’organisme, inefficacité vis-à-vis des vaccins existants, tableau pathologique inhabituel, introduction d’éléments génétiques exogènes, expression d’une toxine inhabituelle et enfin par hybridation. Ont déjà été réalisés l’association combinant la toxine hémolytique du bacille céreus et une souche modifiée de bacillus anthracis pour vaccins ; le croisement de la variole et du virus Ebola ; l’association du virus de la grippe et de la toxine de cobra ; le pox-virus modifié génétiquement ; le mariage des virus de la variole et d’une encéphalite ; le cocktail enterotoxine B staphylococcique et encéphalite équine du Vénézuela…
Tous ces cocktails de toxiques, de germes et de toxines ont fait dire au prix Nobel Lederberg que le danger de ces agents était supérieur à celui de la bombe H.

Une arme biologique doit avoir plusieurs composantes : un agent délétère, un vaccin pour parer à l’effet « retour de bâton », un dispositif d’acheminement et un mécanisme de dispersion. Ce dernier point, quand il est exigé du laboratoire de recherches, contractant du Pentagone, est révélateur de l’option offensive du projet.
Grâce à la technique de l’épissage des gènes, le biologiste développe un nouvel agent biologique, puis le vaccin. Il aérosolise l’agent, le teste sur des organismes vivants et enfin remet ces unités fondamentales aux militaires qui peuvent alors les produire et les stocker en vue de leur déploiement et usage. Une fois le virus ou la toxine militarisés, il faut un vecteur de dissémination tel qu’une bouche d’aération de métro, un système de ventilation d’immeuble, un avion, le réseau d’eau potable, des produits alimentaires ou encore le circuit postal, ainsi que des conditions favorables(température, soleil, vent, humidité) pour déclencher une hécatombe.
Dans les meilleures conditions possibles, un seul aéronef serait en mesure de disperser des quantités élevées d’agents bactériologiques sur des centaines, voire des milliers de kilomètres carrés par pulvérisation en ligne droite contre le vent depuis la région ciblée. Se défendre contre les agents destinés aux armes biologiques pose un problème, vu la difficulté à déceler leur présence ou à les identifier, les exigences de la prévention (connaître à l’avance le type d’agent, assurer la disponibilité de médicaments efficaces et disposer de suffisamment de temps pour développer une immunité) et le fait que des concentrations suffisamment élevées de l’agent peuvent neutraliser même l’immunité déjà acquise.

ob_9e1af9fd6a31e1841ab54821a7d1f76f_armes-biologiques.jpg

Les recherches médicales sur les séquences ADN visent à développer des produits pharmaceutiques capables de combattre les agents pathogènes en se basant sur le profil génétique de ces derniers mais aussi en agissant par rapport au code génétique d’une personne ou d’un groupe humain. En théorie, il est possible de développer un produit bien spécifique pour chaque individu et l’on peut imaginer qu’un traitement visant un groupe d’individus portant les mêmes gènes puisse être produit. Comme il est possible de créer un traitement médical fondé sur la génétique visant une ou plusieurs personnes, il est aussi possible en inversant le processus, de développer un agent pathogène ciblant un groupe humain spécifique. Ce n’est pas un hasard si les militaires ainsi que les services de renseignement du monde entier s’intéressent de près à la cartographie de l’ADN (décodage du génome humain).

Cette idée n’est pas nouvelle. En 1937, les japonais inoculent des virus et des bactéries à leurs prisonniers chinois, russes et américains afin d’en observer les effets selon les ethnies. Leurs travaux ont été récupérés par les américains après la guerre. L’état d’Israël s’est également livré à des recherches permettant le ciblage ethnique (le but étant de développer un agent touchant spécifiquement les arabes) et s’est basé sur des travaux sud-africains qui cherchaient à mettre au point une arme capable de tuer uniquement les individus à peau noire. Il ne faut pas oublier non plus le projet Paperclip, grâce auquel les Etats-Unis se sont garantis les services des plus brillants scientifiques nazis dès 1945, les faisant traverser l’Atlantique pour les faire travailler aux différents projets de guerre que l’armée américaine menait à cette époque. Cela fait donc près de 100 ans que de nombreux gouvernements étudient le moyen de développer des armes nouvelles en se basant sur des réactions chimiques et des séquences d’ADN. [11]

Fin 2001, la société britannique Acambis reçoit une commande de 155 millions de doses de vaccin contre la variole de la part du Département américain de la santé et des services humanitaires. [12] Pourquoi donc le gouvernement américain fait-il un stock de vaccin contre la variole alors que cette maladie est officiellement déclarée éradiquée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1977 ? Et que seuls deux laboratoires sont dépositaires de ce virus, l’un américain, l’autre russe ? Ces deux laboratoires ont été initialement créés à des fins de guerre bactériologique lors de la guerre froide.Si la variole a disparu, la bataille autour du devenir des stocks de virus conservés continue d’opposer les partisans de leur destruction à ceux de leur conservation. La décision de destruction avait déjà été prise pour 1993. Depuis, elle a constamment été reportée. A l’heure actuelle la décision de la destruction n’est toujours pas prise, elle est fixée à 2011. [13]Pour quels enjeux ?

Certains laboratoires ont manifesté leur opposition en avançant la nécessité de poursuivre les recherches sur ce virus pour la mise au point de tests diagnostiques et ont soutenu l’idée qu’il pourrait être entre les mains d’états peu scrupuleux, voire de groupes terroristes. En juin 2001, trois mois avant le 11 Septembre, les Etats-Unis organisent l’opération Dark Winter [14], une simulation d’attaque par la variole dans des supermarchés de trois grandes villes américaines. C’est un exercice d’alerte organisé parl’Institut de défense nationale, le Centre de recherches stratégiques international, l’Institut de prévention du terrorisme. Le journal Le Monde du 26 octobre 2001 décrit ainsi l’exercice :« L’attentat ne laissait aucune trace avant qu’une dizaine de jours plus tard les services d’urgence des hôpitaux ne soient submergés de malades. Les personnes contaminées ayant, à leur insu, infectées leur entourage, l’épidémie se serait répandue dans tout le pays avant d’être détectée. En deux mois, elle aurait fait un million de morts. Seul remède, le vaccin antivariolique. Le gouvernement américain vient donc de décider d’une commande de 40 millions de doses de vaccin qui s’ajouteront aux 15 millions de doses déjà stockées et envisagent de constituer un stock de 300 millions de doses. »
Pourtant la variole n’est pas contagieuse pendant l’incubation alors il est impossible que les personnes infectées, mais non malades, contaminent les autres, les critères retenus pour cette stimulation sont manifestement incohérents avec le mode opératoire de la variole. Il a même été envisagé que des terroristes auraient pu se laisser contaminer par la variole puis se promener dans le métro et en ville pendant huit jours afin de contaminer un maximum de personnes. C’est tout à fait contraire aux capacités réduites de contamination de ce virus.

moustique_wiki.jpg

En décembre 2002, le Pentagone révèle ses plans en cas d’épidémie de la variole. Cette autorité militaire argue que, compte tenu du fait que la variole est complètement éradiquée, un seul cas déclaré de cette maladie serait considéré comme résultant d’une attaque terroriste. Le gouvernement américain dit craindre que certaines souches aient pu être volées en Russie et vendues au marché noir à l’Irak. L’armée pourrait être appelée à assurer l’ordre dans les zones où une quarantaine serait imposée, pour le cas où une épidémie de variole éclaterait aux Etats-Unis à la suite d’une attaque bactériologique. Une campagne massive de vaccinations est préconisée, en commençant par les personnels de santé, et jusqu’à 500.000 militaires susceptibles de contracter la variole sur des champs de bataille. La commande du Pentagone inclut également le Vistide, un antiviral censé réduire les effets secondaires de la vaccination antivariolique ou traiter l’infection déclarée. Ce médicament est produit par les laboratoires Gilead Sciences dont le Secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, est le principal actionnaire après en avoir été administrateur jusqu’en 2001.

A la même époque, le journal The Independent rapporte que des scientifiques britanniques ont pour idée d’exhumer les corps de victimes de l’épidémie dite de la « grippe espagnole » qui est le virus de la pandémie la plus mortelle de l’histoire récente. (En quelques mois seulement de l’année 1918, la pandémie fit plus de victimes que la première guerre mondiale qui se terminait cette même année). Depuis 1997, de leur côté, deux groupes de biologistes moléculaires et de virologistes américains, dirigés par le docteur Jeffery Taubenberger (Institut de pathologie des forces armées, Washington) sont sur la trace de ce virus et ont annoncé en avoir retrouvé des fragments dans des tissus prélevés chez un américain mort de cette grippe, à l’âge de 21 ans, en 1918, en Caroline du Sud. Ils sont parvenus à recréer en laboratoire le virus et espèrent que ces résultats aideront à établir les bases moléculaires de la pathogénicité virale et, ainsi, à faciliter la mise au point de vaccins et de médicaments efficaces. [15]
Ils ont établi ainsi qu’il s’agissait d’un virus d’origine aviaire de sous-type H1N1. Selon le docteur Taubenberger, la pandémie de « grippe espagnole » a démarré en mars 1918 au Kansas dans l’une de ces fermes où existait alors une grande promiscuité entre canards, porcs et éleveurs. Cette variante de la grippe aurait donc trouvé le moyen de passer de l’animal à l’homme par le biais d’une mutation.Les chercheurs américains ont ensuite retrouvé la trace du même virus en Alaska, dans les tissus pulmonaires d’une femme décédée en 1918. Avec l’aide des techniques sophistiquées de la génétique inverse, ces chercheurs ont pu identifier les huit gènes du virus. Ils ont également réussi à créer ce matériel génétique « nu » qui, intégré à des cellules rénales humaines en culture, a permis, en quarante-huit heures, de recréer un agent pathogène que l’on croyait disparu depuis quatre-vingt-cinq ans.

Exhumer des corps pour obtenir un échantillon d’un virus disparu depuis près de cent ans et prendre le risque de faire resurgir l’épidémie. A quoi jouent donc ces apprentis sorciers ?

000_par7554505_5e259382cd282.jpg

En 2002, apparaît la pneumonie atypique, le SRAS, en Chine dans les environs de Hong-Kong. Entre le début novembre 2002 et début juillet 2003, elle touche presque 8500 personnes et fait 916 décès. En septembre 2003, de nouveaux cas apparaissent à Singapour, la cause de ce rebond semble due à un mauvais confinement du virus en laboratoire. Cette épidémie survient au moment même où est lancée la guerre totale contre le terrorisme, et la guerre Anglo-Américaine contre l’Irak sous prétexte que Saddam Hussein aurait accumulé un arsenal d’armes bactériologiques. Cette épidémie émergente complète opportunément les effets de la campagne contre le bioterrorisme. A l’époque, l’OMS lance un plan de crise pour éradiquer l’épidémie de pneumonie atypique. Davis Heymann, de l’OMS, déclare, à propos de la pneumonie atypique : « Nous n’avons jamais rencontré une épidémie aussi généralisée, à une aussi grande échelle ». Le Dr Stohr, virologue de l’OMS en charge de la coordination internationale des laboratoires, ajoute : « C’est la première fois qu’un réseau mondial de laboratoires échange ainsi des informations, des échantillons, des prélèvements sanguins et des images. Il n’y a plus de secrets, plus de jalousie, ni de compétition, face à une telle urgence sanitaire mondiale. C’est un réseau phénoménal ! ».

Entre temps, en avril 2003, un pavé dans la mare des communiqués des autorités provient de Russie. D’après Sergei Kolesnikov, membre de l’académie de Médecine, le virus est un cocktail de ceux de la rougeole et des oreillons, mélange qui ne peut pas apparaître spontanément dans la nature. « Nous ne pouvons l’obtenirqu’en laboratoire » a-t-il confié à l’agence de presse RIA Novosti lors d’une conférence à Irkoutsk en Sibérie. [16] A son avis, il s’agirait d’une arme bactériologique échappée d’un laboratoire et il existerait nécessairement un antidote tenu secret. Le Dr Nikolai Filatov, qui dirige les services d’épidémiologie de Moscou a, de son côté, confié au quotidien la Gazeta que la maladie a été fabriquée. De même, l’Institut of Science in Society de Londres évoque la possibilité que des expériences de génie génétique aient pu créer le virus de la pneumonie atypique, même par inadvertance. Il n’a cependant pas été jusqu’à envisager ouvertement l’hypothèse d’une création intentionnelle comme les scientifiques russes.

Dernier rebondissement, le 7 octobre 2008, le chef de la sécurité nationale de Taïwan déclare qu’il n’était pas exclu que l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère de 2002 ait eu pour origine des recherches menées par Pékin sur les armes biologiques. Il a cependant reconnu qu’il n’avait pu recueillir aucune preuve à l’appui de cette thèse. Cette accusation est portée dans un contexte de conflit larvé entre la Chine et les Etats-Unis. [17]

Que ce virus ait été relâché ou qu’il se soit échappé, sa propagation permet d’évaluer le temps de réponse des autorités et des laboratoires face aux armes bactériologiques. Un virus faiblement létal de fabrication humaine, c’est l’ídéal pour étudier le mode et la vitesse de propagation d’une arme virale.

LE BOUCLIER BIOLOGIQUE, ILLUSION OU ALIBI ?

Aucun état ne peut s’engager dans un programme d’utilisation offensive des armes biologiques sans s’assurer au préalable que sa population civile est protégée, ou plus précisément que soit maintenu un ordre civil efficace capable de conserver l’infrastructure nécessaire au fonctionnement du programme. Il serait suicidaire et criminel de la part de l’administration Bush de lancer une guerre biologique dite « préemptive » sans avoir mis en place au préalable un programme de « Défense Civile ». Celui-ci est en marche forcé depuis 2003.

8700816.jpgAnnoncé à grand renfort de déclarations mobilisatrices pour contrer les effets d’une éventuelle attaque bio-terroriste sur le sol américain, un programme massif de Biodéfense est lancé, coordonné par le Homeland Security Service. L’organisme public National Institute of Allergy and Infection Diseases (NIAID) [18] qui fait partie du réseau des centres de recherche spécialisés dans la santé aux Etats-Unis ( National Institutes of Health), est en première ligne de ce programme qui comprend trois volets essentiels : développer des parades thérapeutiques contre les principaux agents pathogènes connus, constituer des stocks stratégiques de vaccins et de médicaments et mettre en place des structures d’intervention rapide. Ce programme a été doté de la somme considérable de près d’une centaine de milliards de dollars sur 10 ans. Une part importante de ces crédits est allée au projet BioShield (bouclier biologique). Inauguré en 2004, il s’appuie sur diverses entreprises pharmaceutiques faisant d’elles des partenaires de défense. Celles-ci sont chargées de produire des produits permettant de faire face aux principaux risques qui seront stockés au Strategic National Stockpile. Sept produits ont été retenus : bacille du charbon, variole, tularémie, toxine botulique, fièvres hémorragiques et peste. Ces maladies sont propagées par des germes (bugs) spécifiques, pour lesquels il faut concevoir des remèdes (drugs)spécifiques. Le projet Bioshield [19] repose donc sur le principe : «  one bug, one drug  ». Ainsi des millions de doses de vaccins contre l’anthrax ont été fabriquées, à l’usage prioritairement des forces de sécurité et de défense.

Mais les entreprises pharmaceutiques ne se sont pas empressées de répondre aux appels d’offre, celles-ci préférant investir sur des produits de grande consommation plutôt que dans la prévention de maladies encore inconnues ou peu probables. Ainsi Marie Vodicka de la Pharmaceutical Research and Manufacturers of America déclare : « La vocation de nos compagnies est de subvenir aux besoins actuels en matière de santé et ce facteur doit être pris en compte lors de l’examen des menaces théoriques futures. »

utf-8-b-q2fwdhvyzsbk4oczzcyby3jhbiaymde4ltewlti0ighmgcaxmi4wni4ymy5wbmc.jpeg.png

Mais c’est au tour du Center for Biosecurity [20] de l’université de Pittsburgh de tenir un discours alarmiste en prévenant que les Etats-Unis restaient incapables de se prémunir contre les effets d’une attaque un tant soit peu consistante à l’anthrax. Le gouvernement exerce une pression acharnée pour développer son programme. Outre les laboratoires fédéraux largement sollicités, les industriels de la pharmacie sont vivement encouragés à participer à cette croisade contre ces nouveaux ennemis de la nation. Pour permettre aux grandes entreprises du secteur pharmaceutique, et accessoirement à celles qui fournissent des équipements de protection de faire face à leur devoir patriotique sans redouter d’être mises en cause en cas de problème avec l’un de leurs produits, la loi sur la Homeland Security prévoit de réduire considérablement leur responsabilité. Elles peuvent ainsi fournir à l’armée ou aux services publics n’importe quel produit défectueux, vaccin dangereux ou médicament mortel, sans courir le risque d’un procès ruineux. « Cela doit être un partenariat public privé pour être efficace », résume Anthony Fauci, principal architecte de BioShield. Pour convaincre les « big pharmas », Washington leur consent des conditions très favorables. L’Etat fédéral s’engage à acheter et à stocker les médicaments qui sortiront des laboratoires. Parallèlement, le NIAID [21] entend procéder au séquençage des génomes des principaux agents pathogènes connus. Ces travaux sont eux aussi considérés comme très stratégiques. Pour preuve, les membres participant à la commission intergouvernementale créée dans ce but : le DoD, la CIA, le FBI, la National Science Foundation et le NIAID.

Les spécialistes du bio-terrorisme dénoncent le côté illusoire voire dangereux d’un tel programme car la production des vaccins à grande échelle multiplie les risques d’évasions accidentelles ou criminelles. Quant à la pertinence du plan lui-même, plusieurs observateurs estiment que des bio-terroristes motivés et compétents feraient probablement appel à des souches génétiquement modifiées et par définition sans antidote connu. Une meilleure solution serait de développer des remèdes à large spectre actif contre une grande catégorie de virus et microbes. Une approche défensive sur le modèle du remède à large spectre demande des recherches fondamentales approfondies, afin de définir des structures et fonctions communes entre différents pathogènes, eux-mêmes susceptibles de muter spontanément ou artificiellement. Il ne s’agirait plus par ailleurs seulement de prévenir mais de réagir après contamination. Les autorités sanitaires américaines semblent avoir compris l’intérêt de cette démarche car le DoD vient de lancer une nouvelle initiative dite « Transformational Medical Technologies Initiative » [22]. Mais le projet Bioshield présente une autre faiblesse. Quels que soient les remèdes développés, encore faudrait-il les distribuer en temps utile aux populations. LeStrategic National Stockpile devrait en effet, en cas d’offensive bio-terroriste, distribuer très rapidement à plus de 3.000 administrations de terrain le remède adapté. Or ces administrations ont été laissées dramatiquement à l’abandon. Ni leurs effectifs ni leurs méthodes de travail ne leur permettraient de réagir efficacement comme cela a déjà été constaté à la suite de l’ouragan Katrina.

Le projet Bouclier Biologique est marqué par des retards et des problèmes opérationnels et le 12 décembre 2006, le Congrès adopte une loi approuvant un budget d’un milliard de dollars US pour financer trois années de recherches supplémentaires par le secteur privé sur ce programme.

L’ANTHRAX, UNE SAGA INTERMINABLE

Les deux guerres du Golfe

En 1990, l’administration Bush senior se prépare à la guerre contre l’Irak. Le ministre de la défense d’alors, Dick Cheney, ordonne que tous les soldats américains envoyés sur la zone d’hostilité soient vaccinés contre l’anthrax (ou maladie du charbon) et la toxine botulique avec des produits qui n’ont pas eu encore l’accord de la Food an Drug Administration (FDA) et sans le consentement éclairé des personnes concernées. Cheney craint-il l’effet « retour de bâton » sur ses troupes car connaissant la livraison secrète de ces agents pathogènes, par Rumsfeld à Sadam Hussein, lors de la guerre Irak-Iran dans les années 1980 ?
Où favorise-t-il, sous prétexte de prévention, les intérêts financiers du seul laboratoire fabricant les vaccins contre la maladie du charbon, le laboratoire du MBPI dans le Michigan qui dépend uniquement du département de la Défense (DoD) pour passer ses contrats et qui recrute donc des responsables militaires en son sein ? Le secteur pharmaceutique est bien représenté au sein même de l’administration en la personne de Donald Rumsfeld lui-même, qui a dirigé Searle (devenu Pharmacia) de 1977 à 1985, puis Amylin Pharmaceuticals et Gilead Science, jusqu’à sa nomination au poste de secrétaire à la Défense.

Les troupes américaines et anglaises engagées dans la première guerre du Golfe sont ainsi le champ d’une expérimentation médicale réelle à grande échelle qui semble être en grande partie responsable du « Gulf War Syndrom » qui touche la plupart des vétérans de ce conflit. Bush senior, Cheney, les généraux Colin Powell et Norman Schwarzkopf ont violé le Code de Nuremberg sur l’expérimentation médicale en obligeant leurs forces armées à prendre ces vaccins expérimentaux. Le Pentagone refuse toujours de reconnaître aujourd’hui l’existence du syndrome de la guerre du Golfe car il faudrait alors que les décideurs de l’époque, toujours en place aujourd’hui, en assument les conséquences légales, économiques et politiques.

En décembre 1996, MBPI fait l’objet d’une enquête de la FDA, qui débouche sur la menace d’une révocation de la licence du laboratoire fin 1997. Le Pentagone avait annoncé en mars qu’il allait lancer une campagne de vaccination de l’ensemble de ses troupes. Mais l’avertissement de la FDA contraint la société à cesser son activité pour rénover ses installations début 1998. Elle est alors cédée à une firme inconnue, BioPort Corporation, qui l’achète 25 millions de dollars, en septembre 1998, après avoir été assurée d’une subvention du Pentagone d’un montant de 15 millions de dollars pour la rénovation des installations. Un mois après ce rachat, un contrat inespéré de 29 millions de dollars est signé avec le DoD pour « produire, tester, embouteiller et stocker le vaccin contre l’anthrax ». Le Pentagone relance officiellement son projet de faire vacciner les 2,4 millions de soldats, marines et pilotes de chasse qui servent sous les drapeaux en mai suivant.

NMAH-JN2017-01299-000001.jpg

BioPort est fondée sur la base d’un consortium créé pour l’occasion de la reprise de MBPI. Dans le cas d’une industrie aussi sensible que la production de vaccins pour l’anthrax, dépendante exclusivement de contrats militaires, le Pentagone a probablement influé sur la composition de son capital et de son organigramme. On retrouve en effet, au poste de président, l’amiral William J. Crowe Jr, devenu chef d’état-major interarmes sous R. Reagan et G. H.W. Bush. Il est membre du Council on Foreign Relations(CFR) [23] dont il a présidé un groupe de travail, en février 2001, sur les moyens de prémunir les États-Unis contre la menace terroriste. Crowe détient 22,5 % de la société Intervac L.L.C, le reste étant concentré entre les mains de la famille El-Hibri dont Fuad El-Hibri, ressortissant allemand d’origine libanais, apparaît comme le véritable patron d’Intervac. Comme les Bush, il a fait ses études à Yale. Il a pris la nationalité états-unienne et est aujourd’hui directeur et président-directeur général de BioPort. BioPort appartient au groupe Carlyle au conseil d’administration duquel siège Bush senior et un frère de Oussama ben Laden et Fuad El-Hibri est lui-même un proche de la famille ben Laden

Un autre groupe est le détenteur du brevet de l’antibiotique Cipro permettant de traiter l’Anthrax, c’est la firme allemande Bayer, qui en détient l’exclusivité jusqu’en janvier 2003. Le groupe se trouve en grande difficulté financière à l’automne 2001. Il doit en effet faire face à une série de fusions coûteuses et à un grand nombre de procès pour la commercialisation d’un de ses médicaments qui a provoqué plusieurs décès.

BioPort, de son côté accusée de malfaçon et de fraude par la FDA depuis 1997, a absolument besoin d’un agrément pour reprendre sa production. Le dossier doit être discuté devant l’Agence fédérale au début du mois d’octobre. Les allégations des vétérans de la guerre du Golfe liant les vaccinations à l’anthrax qu’ils ont subi au fameux « syndrome de le la guerre du Golfe » dont ils souffrent ne plaident pas en faveur de la société.
Pour Bayer, comme pour BioPort, tout événement lié à la maladie du charbon qui convaincra les pouvoirs publics de la nécessité de se prémunir contre le bio-terrorisme sera une aubaine.. [24]

Les lettres à l’Anthrax

Le 11 septembre 2001, alors que toutes les forces armées sont en alerte, le laboratoire de Fort Detrick au Maryland est évacué. Depuis les années soixante, ce laboratoire met au point des armes biologiques à partir du virus Ebola, de la variole et de l’anthrax. Vers 15 heures, CNN annonce que les équipes du centre épidémiologique fédéral basé à Atlanta et la chaîne d’information continue sont mobilisées : une attaque du pays à l’anthrax par Oussama ben Laden est imminente. Cette alerte ne se concrétise heureusement pas mais la psychose de l’anthrax commence. Ce même jour se déroulait un exercice appelé « Tripod I » qui simulait une attaque bioterroriste au dessus de New York. Pour ce faire, l’Office of Emergency Managment, le siège de la cellule de gestion de crise créée au début 2001 déménagea du WTC deux jours avant les attentats.

Un mois plus tard, les Etats-Unis subissent de nouvelles attaques traumatisantes avec l’envoi de premières lettres contenant cet agent pathogène adressées au Sun le 8 octobre et à la chaîne NBC le 12. Un troisième cas d’anthrax respiratoire est également recensé au sein de l’American Media Inc. La piste privilégiée par le FBI est celle de l’épandage d’anthrax dans l’air par des fondamentalistes musulmans. La panique s’empare de la population, qui se rue sur le Cipro sous l’effet du discours alarmiste propagé par les autorités et malgré l’avertissement des spécialistes en bioterrorisme qui pensent que la souche utilisée est certainement militaire et a donc été conçue pour résister aux traitements connus.

Depuis plusieurs mois, l’hypothèse de l’utilisation du bacille de charbon par des organisations terroristes était avancée par plusieurs responsables états-uniens. Donald Rumsfeld, le devin du « Pearl Harbor spatial » était l’un d’entre eux. En effet, dès le 16 septembre, le secrétaire à la Défense annonçait qu’« une [nouvelle] attaque de terroristes peut arriver à tout moment. [...] Ils peuvent nous menacer de guerre chimique, biologique, de missiles ». Bush et son état major, sur les conseils de Jérôme Hauer, conseiller à la sécurité aux National Institutes of Health(NIH), se mettent quant à eux à absorber le Cipro dès le 11 septembre. Comment Jerôme Hauer a-t-il pu anticiper un risque aussi spécifique ? Les députés et le personnel du Congrès reçoivent du Cipro seulement lorsque des lettres à l’anthrax sont trouvées au Capitole.

Anthrax_Envelope_to_Daschle.jpg

Ces lettres sont destinées aux sénateurs démocrates, Daschle et Leahy, parlementaires opposés à l’USA Patriot Act. La salle du courrier du Congrès et les machines de tri ont été exposées à l’anthrax, les travaux parlementaires sont suspendus et les bâtiments évacués pour décontamination. On trouve des traces du bacille au département d’État et jusqu’au siège de la CIA. Le 23 octobre, le président Bush déclare « Je n’ai pas l’anthrax ! », ce qui laisse supposer que nul ne semblait à l’abri. La psychose est à son comble.
Bayer signe alors un accord avec le gouvernement pour la fourniture de 100 millions de tablettes Cipro au prix de 95 cents l’unité. Trois grandes sociétés pharmaceutiques ont pourtant proposé de fournir gratuitement un générique du Cipro, en échange de l’agrément de la FDA. L’offre est refusée.

Dans la foulée, la FDA accorde l’autorisation à BioPort de reprendre la production de vaccins contre l’anthrax, tandis que le gouvernement ressort son projet de vaccination de l’ensemble des troupes. Les affaires reprennent pour Bayer et BioPort.

Suspect de la première heure, Ayaad Assaad, un ex-biologiste de l’US Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID) [25], d’origine égyptienne, est désigné par une lettre anonyme envoyée au FBI l’identifiant comme appartenant à une cellule terroriste peut-être liée aux attaques à l’anthrax. Elle a été envoyée avant l’arrivée des lettres à l’anthrax, ce qui laisse suggérer une connaissance préalable des attentats, et dans un langage similaire aux lettres mortelles. Ayaad Assaad fait un coupable idéal. D’origine arabe, il avait aussi intenté un procès à l’armée US pour discrimination. Si les lettres à l’anthrax ne contiennent pas de revendication, elles comportent un double message de haine envers Israël et les USA, et de gloire à Allah. Pourtant, selon le Hartford Courant, le FBI n’a pas cherché à retrouver l’auteur de la lettre, «  en dépit de son calendrier curieux, à savoir quelques jours avant que l’existence de lettres contaminées à l’anthrax ne soit connue. » Assaad a été rapidement mis hors de cause et la piste éludée.
Cette lettre démontre pourtant une connaissance intime des activités de l’USAMRIID, ce qui suggère qu’elle provient d’un groupe ayant l’accès à Fort Detrick. « L’auteur des lettres savait clairement tout sur moi : ma formation en agents chimiques et biologiques, mon accréditation de sécurité, à quel étage je travaille, que j’ai deux fils, le train que je prends pour aller travailler et où je vis » confie Assaad à la journaliste Laura Rozen. Il suggére au FBI de questionner deux de ses ex-collègues de l’USAMRIID susceptibles d’avoir une rancune contre lui : Philip Zack et Marian Rippy, lesquels quelques années auparavant avaient été réprimandés pour avoir envoyé à Assaad un poème raciste. Bien que la vidéo du Hartford Courant ait apporté la preuve que Zack avait fait des visites en dehors des horaires de bureau dans les laboratoires où étaient entreposés des agents pathogènes, il n’existe aucun dossier montrant que le FBI ait jamais enquêté sur lui ou sur Rippy. Zack a également été consultant chez Gilead, son nom apparaît dans une étude commandée par cette entreprise.

51c1bK+HLML._SX305_BO1,204,203,200_.jpgL’enquête baptisée Amerithrax mobilise des centaines d’agents fédéraux, donne lieu à plus de 8000 interrogatoires et 5000 assignations à comparaître. Dix-neuf laboratoires testent l’anthrax pour en découvrir l’origine. Les pistes du terrorisme international sont explorées, plusieurs lettres contenant des menaces à tonalité islamiste examinées. Mais la seule certitude de l’enquête mène à un centre de recherche de l’armée car selon un rapport de Barbara Hatch Rosenberg de la Fédération des Scientifiques d’Amérique, l’anthrax utilisé lors de ces attaques était concentré à un trillion de particules par gramme et les analystes du New Scientist affirment que cela correspond à la souche « Ames » laquelle provient de l’USAMRIID à Fort Detrick .
Barbara Rosenberg fournit à Jérôme Hauer, une liste d’une douzaine de suspects potentiels, notamment des scientifiques de divers instituts dont l’USAMRIID car, selon elle, seul un chercheur avait les capacités de la produire, de la dérober et de la transporter.

Un autre suspect émerge alors, pour le moins digne d’intérêt, suite à une fuite du ministre de la justice en personne. C’est le Dr Stephen J. Hatfill, microbiologiste accrédité secret-défense pour les recherches sur les armes biologiques. Spécialiste du bio-terrorisme, il est alors consultant pour la CIA, le Pentagone et le FBI. Son parcours est trouble. Travaillant pour le Pentagone depuis 1969, il part en Rhodésie dans les années 1980, se mettre au service du pouvoir en place. A la même époque, une épidémie de charbon touche des fermiers noirs. Puis, on le retrouve en Afrique du Sud, proche d’un chef de parti qui mène des actions contre des militants anti-apartheid. Il revient aux USA en 1995 et intègre le NIH. Il travaille à l’USAMRIID de 1997 à 1999. Enfin, il entre à la Scientific Applications International Incorporation (SAIC) [26]. Il se serait inventé un doctorat, une appartenance à la société royale de médecine. Sur son ordinateur, on trouve l’esquisse d’un roman racontant un attentat bio-terroriste. Hatfill a été aussi l’un des vecteurs de la fausse information selon laquelle l’Irak disposait des moyens technologiques pour fabriquer le meilleur anthrax au monde. Une histoire qui est plus tard reprise et amplifiée sous la forme des fameuses armes de destruction massive de Saddam Hussein. Il a eu l’occasion de côtoyer Jérôme Hauer à la SAIC au Centre Technologique et d’Analyse pour la Lutte contre le Terrorisme. Lors de son séjour en Rhodésie, il habitait dans le quartier de Greendale près de l’université où il enseignait. Les lettres à l’anthrax portaient le cachet « Greendale School », lieu inconnu en Amérique.

Pendant des mois, le Dr Hatfill est placé sous surveillance jour et nuit, sans résultat. Son accréditation secret-défense lui est retirée, il est suspendu de son travail mais garde son salaire. Le FBI se refuse à le désigner formellement comme suspect et, en 2005, il se retourne contre le gouvernement et le FBI pour fausse accusation.

Et sept ans après que les attaques d’anthrax ont entraîné la fermeture temporaire du Congrès, semé la panique dans tout le pays, tué 5 personnes et rendu malade 17 autres, en avril 2008, on apprend que le FBI se concentre sur 4 suspects. Fox News les identifie comme un ancien commandant adjoint, sans doute de l’US Army, un scientifique leader sur l’anthrax et un microbiologiste. Le quatrième suspect n’est pas décrit mais le FBI proclame tenir son homme en la personne de Bruce E. Ivins, scientifique à la renommée mondiale et couvert de décorations qui a travaillé au service de son pays pendant plus de 33 ans. Il travaillait depuis 18 ans dans le laboratoire de l’USAMRIID et, ironie du sort, c’est Ivins qui avec d’autres enquêteurs, avait aidé les enquêteurs du FBI dans le cadre de l’analyse d’une des enveloppes contenant de l’anthrax. Le FBI est « confiant dans le fait que le Dr Ivins est la seule personne responsable de ces attaques  ». Mais la première semaine d’août 2008, son suicide est annoncé. Selon les médias américains qui sont les premiers à rapporter l’affaire, M. Ivins est déclaré mort dans ce qui ressemble à un suicide par une overdose de Tylenol (paracétamol) mélangé à de la codéine. Son avocat, Paul Kemp, dit qu’Ivins avait passé un certain nombre de tests au détecteur de mensonges et que le jury qui devait décider de sa mise en accusation en avait encore pour des semaines à rendre son acte d’accusation. Ivins s’est plaint à des amis que les agents le traquaient lui et sa famille. Le superviseur de Ivins à l’USAMRIID rapporte que celui-ci avait été émotionnellement affecté par le comportement du FBI.

Quelques jours après sa mort, le FBI annonce qu’il va mettre fin à l’enquête Amerithrax. « Le dossier Anthrax est bouclé  » claironne le Daily News le 4 août. Ces annonces en suivent de près une autre, beaucoup plus discrète, le 27 juin, concernant le précédant suspect, Steven Hatfill qui porte sur la fin de son procès. Le gouvernement américain a dû lui verser 5,8 millions de dollars en compensations morales pour des accusations désormais considérées non fondées.

Francis Boyle, professeur de droit international et rédacteur de la loi de mise en application de la CAB, qui conseilla le FBI lors des enquêtes préliminaires sur les lettres à l’anthrax, dit de Ivins qu’il paraît difficile qu’il ait eu la connaissance technologique nécessaire à la production de lettres à l’anthrax. Jeffrey Adamovicz, qui dirigea la division bactériologique à Fort Detrick en 2003 et 2004, déclare que l’anthrax envoyé par courrier au sénateur Daschle était « si concentré, si consistant et si pur que j’affirmerais que Bruce ne pouvait pas avoir participé à ce travail ». Faisant suite à la publication du FBI concernant Ivins, le New York Times affirme dans un éditorial qu’« il n’existe pas de preuve directe de sa culpabilité » et dénonce le « manque de charges solides et incontestables. » Les enquêteurs ne sont pas parvenus à localiser Ivins dans le New Jersey lorsque les lettres ont été envoyées depuis la région de Princeton. Le mobile n’a pas non plus été établi. Pourquoi Ivins, un démocrate attitré, aurait réservé aux sénateurs Patrick Leahy et Tom Daschle (deux démocrates influents) l’envoi des lettres meurtrières ?
Il semble improbable qu’un savant fou puisse se spécialiser dans de telles activités politiques ciblées sans raison apparente. Le Dr Gerry Andrews, un professeur de microbiologie et ancien collègue de Ivins à Fort Detrick, a écrit dans le New York Times : « Quand l’équipe d’Ivins a analysé la poudre, elle a constaté qu’il s’agissait d’une arme à l’anthrax dont la qualité de préparation des spores était étonnamment raffinée, à un point jamais vu avant par le personnel à Fort Detrick. » Mais dans un email obtenu par Fox news, des scientifiques de Fort Detrick ont ouvertement évoqué le fait que l’anthrax qu’on leur a demandé d’analyser suite aux attaques était quasiment identique à celui fabriqué par leurs collègues.

anthrax.jpg

Si les scientifiques de Fort Detrick n’ont pas la capacité de produire ce type de bacille du charbon, qui l’a ? Et si le FBI a la conviction que le tueur à l’anthrax travaillait à Fort Detrick (des nouvelles techniques ADN ayant permis opportunément d’associer les spores à ce laboratoire), alors la lettre au sujet d’Assaad est une pièce maîtresse qui innocente Ivins. Beaucoup de questions sans réponse encore à ce jour mais peut-être que si la recherche de preuves basées sur les spores de la maladie du charbon était correctement menée, elle conduirait directement au programme secret de guerre biologique des Etats-Unis, programme illégal violant l’Anti-Terrorism Act de 1989 sur les armes bactériologiques. En effet, les défaillances choquantes du FBI ne s’arrêtent pas là. L’anthrax utilisé dans les attentats terroristes a donc été identifié comme étant similaire à une des souches conservées aux laboratoires de Ames. La base de données Ames conserve la liste complète des entités, des organismes et des laboratoires ayant fait l’acquisition de souches d’anthrax. Lorsque les chercheurs, par peur que les terroristes ne pénètrent dans le laboratoire, ont proposé de détruire les cultures d’anthrax, le FBI n’a pas fait d’objection. « Ce fut une étonnante décision » a déclaré Francis Boyle. « Ils auraient dû les conserver comme preuve. Il s’agissait de la piste qui menait vers celui ou ceux qui avait accès au développement de la super-souche qui a frappé Daschle et Leahy. » Boyle émet la théorie que l’enquête du FBI a été volontairement sabotée pour opérer une dissimulation. Il est à noter que l’agent du FBI en charge de la coordination de l’enquête sur l’anthrax est Marion « Spike » (la censure) Bowman qui a joué un rôle surprenant dans le fiasco de l’ordinateur de Moussaoui qui eut pour conséquence que les agents de terrain de Minneapolis s’en virent refuser l’accès.

William C. Patrick III est l’inventeur du processus de transformation, en arme biologique, de l’anthrax dit de type « Ames ». Il est aussi l’auteur d’un rapport, de 1999, auquel a participé Steven Hatfill, qui étudie les réponses possibles à une attaque à l’anthrax par courrier. Ce rapport qui a été classifié par la CIA met en garde contre une attaque bioterroriste à l’anthrax et note l’impréparation militaire en la matière. Il décrit ce que l’armée US devrait faire. Les similitudes entre ce que le rapport prédit et les attaques à l’anthrax de l’après 11 Septembre sont étranges. La BBC suggéra plus tard la possibilité qu’il existât un projet secret de la CIA visant à étudier les méthodes d’envoi d’anthrax par la poste qui serait devenu hors de contrôle et que le terroriste à l’anthrax connaissait l’existence de cette étude ou y avait participé. La CIA et William Patrick ont nié l’existence de ce rapport, bien que des copies de celui-ci aient fait l’objet de fuites dans les médias.

LA GRIPPE AVIAIRE, UNE INTOXICATION MONDIALE

« Sommes-nous à la veille d’une catastrophe mondiale résultant du passage imminent dans l’espèce humaine d’un virus grippal hautement pathogène d’origine animale ? Est-on au contraire en train de noircir, à l’envi, une situation épidémiologique, et ce alors même qu’aucun expert au monde ne peut raisonnablement prédire comment elle pourra évoluer à court, moyen ou long terme ?  » Le Monde du 29 septembre 2005.

031d64b123_50068695_2638-aviaire-01.jpg

De 2003 au 23 septembre 2008, le bilan humain de la catastrophe attendue de la pandémie de grippe aviaire est de seulement 245 décès sur 387 cas confirmés biologiquement et notifiés à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Il existe énormément de souches différentes de virus aviaires, retrouvés chez les oiseaux migrateurs, certains peu pathogènes et d’autres hautement pathogènes comme le virus grippal Influenza A, dans son sous-type H5N1, qui peut se décliner à son tour en de nombreux variants, plus ou moins pathogènes. Ces formes virales n’infectent pas facilement l’homme. La grippe provoquée par le sous-type H5N1 est appelée « grippe aviaire », et n’affectait que les oiseaux sauvages ou domestiques avant 1997. C’est à compter de cette date que l’on signale les premiers cas d’infection chez l’homme. L’épidémie s’est déclarée à Hong-Kong, où 18 cas chez les humains, dont six décès, ont mené à l’abattage massif de poulets dans les régions présumées comme étant la source du virus.

A ce jour, on a signalé des cas humains dans sept pays, pour la plupart en Asie : Cambodge, Chine, Indonésie, Iraq, Thaïlande, Turquie et Viet-Nam. Les premiers patients de la flambée actuelle, notifiés au Viet-Nam, ont développé les symptômes fin 2003. Avec plus de 90 cas, ce pays reste le plus touché. Tous les cas humains ont coïncidé avec des épizooties de grippe aviaire H5N1 dans les populations de volailles. Globalement, plus de la moitié des cas humains confirmés en laboratoire ont été mortels mais la grippe aviaire H5N1 reste une maladie rare chez l’homme.

Cette affection est transmissible entre volatiles et plus rarement à des mammifères, dont le porc qui est à la fois réceptif aux virus grippaux aviaires et humains ; mais elle est habituellement difficilement transmissible à l’humain. Lorsque la souche est hautement pathogène, ce virus peut se transmettre exceptionnellement à l’homme. La transmission s’effectue avec des contacts directs, fréquents et intensifs, avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés. Une transmission du virus aviaire à l’homme risque de favoriser des échanges de matériel génétique entre les deux virus chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humaine. Un tel réassortiment génétique entre ces deux virus pourrait engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait ainsi la transmission inter humaine de ce nouveau type de virus qui pourrait diffuser sur un mode épidémique.

A l’heure actuelle, rien ne permet de présager que la grippe aviaire provoque chez l’homme une pandémie, c’est exclu tant que le virus H5N1 ne se transmet pas de personne à personne. Malgré cela, alors que la grippe aviaire reste circonscrite en Asie du Sud-Est, l’OMS multiplie, depuis début 2005, les messages d’alerte auprès de la communauté internationale sur le risque d’une pandémie de grippe aviaire. A ce jour, la menace ne touche pourtant que l’industrie de la volaille dans les zones concernées. En effet, les responsables sanitaires doivent détruire les élevages de manière à prévenir une éventuelle propagation du virus et environ 150 millions de poulets et diverses volailles ont dû mourir, soit de cette grippe aviaire, soit par abattage de prévention.

Devons-nous nous vraiment nous préparer à une épidémie de grippe comparable à celle de la grippe espagnole en 1918-1919 qui était également d’origine aviaire ? Une pandémie, c’est en quelque sorte la guerre mondiale des épidémies.

Pourquoi le gouvernement des États-Unis et d’autres pays occidentaux dépensent-ils des centaines de millions d’argent des contribuables pour stocker un soi-disant vaccin anti-H5N1 ? Il est impossible de créer un vaccin contre un virus qui n’existe pas encore. Si un vaccin contre la grippe aviaire dans sa forme pandémique est développé, cela signifie que le virus pandémique préexiste naturellement ou qu’il a été créé en le cultivant suffisamment longtemps dans des cellules souches humaines. Tous les virus grippaux de type A impliqués dans la grippe aviaire ou la grippe humaine sont génétiquement instables, les artificiellement créés encore plus. Ces virus peuvent muter, c’est-à-dire réassortir leur matériel génétique et fusionner. C’est le phénomène constant de commutation, aboutissant à la création d’un nouveau sous-type, différent des virus dont il est issu et contre lequel les populations n’ont aucune immunité, y compris vaccinale. La fiabilité d’un vaccin demande de plus des années, ou au moins des mois, de tests sur les populations visées.

Ne devrait-on pas plutôt, comme le préconise, le docteur Angot, directeur adjoint de l’Organisation mondiale de la santé animale, « mettre le maximum de fonds dans la lutte contre la maladie animale dans tous les pays où elle existe, pour tuer la maladie à la source et par là même éviter la possibilité de mutation du virus et son adaptation à l’homme ».

Mais les pays industriels, éloignés pour l’instant des foyers de grippe aviaire, préfèrent constituer à prix d’or des réserves d’un traitement antiviral, le Tamiflu, qui n’a pourtant pas même fait pleinement la preuve de son efficacité dans la grippe ordinaire. Un rapport de l’Office canadien de coordination de l’évaluation des technologies de la santé (OCCETS), confirmait en 2001 que le Tamiflu et le Relenza (autre antiviral) ne seraient pas plus efficaces qu’un placebo dans le traitement préventif et curatif de la grippe (rapports technologiques de janvier et novembre 2001). Pire en novembre 2005, Changaï Pharmaceutical Co reconnaissait avoir répertorié au Japon, le pays où cette pilule a été la plus vendue, depuis 2001, au moins 21 morts chez les plus de 16 ans sous Tamiflu, ainsi que 13 décès d’enfants de moins 16 ans entre mars 2004 et avril 2005. Le président de l’institut de pharmacovigilance japonais, Rokuro Hama, le répète dans tous les congrès et revues scientifiques. Les Etats-Unis ont cependant constitué une réserve de Tamiflu pour un montant de 3 milliards de dollars, la France et l’Angleterre se contentant chacun de plus de vingt à 40 millions de traitements individuels.

Particulièrement coûteuses, toutes ces mesures préventives conseillées par l’OMS ont pour effet de masquer les vraies causes de la propagation de ces épizooties que sont les méthodes d’élevage concentrationnaire de l’industrie avicole.

Les laboratoires pharmaceutiques seraient-ils les premiers à tirer profit de cette catastrophe hypothétique ?

d2e2492e-0ffc-4247-a91e-e7e7b4fb2b79.jpg

Le Tamiflu, antiviral contre la grippe saisonnière, a été développé et breveté en 1996 par la firme de biotechnologie californienne Gilead Sciences Inc. En janvier 1997, Donald H. Rumsfeld fut nommé président du conseil d’administration de Gilead Sciences, il y est resté jusque début 2001 quand il est devenu Secrétaire à la Défense. Alors que George W. Bush annonçait sa « stratégie nationale » à 7 milliards de dollars contre une éventuelle épidémie de grippe aviaire, Rumsfeld décidait de se mettre en retrait de toute décision gouvernementale sur la maladie. En effet, le magazine financier américain Fortune révélait, le même jour, que Rumsfeld était l’heureux détenteur d’au moins 5 millions de dollars d’actions de la société Gilead Sciences. Après la publication de l’article dans Fortune, le secrétaire à la Défense a préféré prendre les devants face à de possibles accusations de conflit d’intérêt. Il a indiqué avoir déjà pensé vendre ses actions en début d’année, lorsque la question d’une pandémie possible commençait à se poser. Puis, après avoir consulté le Comité d’éthique du Sénat, les services juridiques de la Maison Blanche et le département de la justice, il avait décidé de ne pas vendre mais de s’abstenir de toute participation aux décisions concernant la grippe aviaire. La moindre des prudences quand on sait que le Pentagone a déjà commandé pour des millions de dollars de Tamiflu pour les soldats US dans le monde. Fortune révélait également quel’ancien secrétaire d’Etat Georges Schultz, moins scrupuleux ou moins exposé et qui siège actuellement au conseil d’administration de Gilead, a vendu pour 7 millions de dollars d’actions depuis le début 2005.

Le Tamiflu est un remède long et coûteux à fabriquer, dérivé de la badiane, l’anis étoilé. Le processus de transformation de cette plante chinoise en antiviral dure plus d’un an. Aussi l’entreprise s’est associée, pour sa fabrication et sa commercialisation, aux laboratoires suisses Roche auxquels Gilead cède, en 1996, tous les droits d’exploitation du Tamiflu contre 10 % des ventes qui flambent depuis les discours de prévention de l’OMS.

Curieux retournement de situation pour un médicament jusqu’à présent considéré par les hommes de l’art comme de la camelote. Les tests effectués avant la commercialisation indiquent que absorbé, dans les 48 heures suivant l’apparition des premiers symptômes de la grippe humaine, leTamiflu peut réduire la durée de la maladie d’un jour et demi. Gain modeste qui peine à rivaliser avec remèdes empiriques et aspirine. De fait, jusqu’à l’arrivée opportune de l’épizootie de grippe aviaire, le Tamiflu vendait tellement peu que Roche pensait à le retirer du marché. Si l’effet sur la grippe humaine est faible, rien ne peut garantir l’efficacité du Tamiflu sur le virus aviaire mutant car ce virus n’existe pas encore. De plus, le virus aviaire a touché tellement peu de personnes dans le monde qu’il y a peu de patients sur lesquels le tester. Il semblerait même que des chercheurs japonais aient constaté qu’en administrant ce médicament à certains malades de l’aviaire, ceux-ci développent immédiatement une résistance au principe actif, qui ne fonctionnerait donc pas du tout.

Cependant, en août 2005, un communiqué de l’OMS informe que la firme pharmaceutique Roche donne à la communauté internationale trois millions de traitements de Tamiflu qui seront destinés à la lutte contre la grippe aviaire dans les pays pauvres. « En cas de pandémie et s’il est associé à d’autres mesures, l’administration de Tamiflu pourrait aider à limiter les maladies et les morts et contenir l’explosion du virus. Ou à en ralentir la diffusion » affirme la suprême autorité pour la santé publique. Avec son obole aux pauvres et grâce à l’aval de l’OMS, le Tamiflu entre en piste dans le cirque médiatique de la grippe aviaire. Cette opération de communication réussie propage le Tamiflu comme unique antiviral qui pourrait s’opposer à la grippe aviaire humaine. En l’espace de quelques mois, et en dépit du conditionnel qui entoure l’événement pandémique, soixante nations s’assurent de réserves pour 25 % de leur population, tandis que les pharmacies sont prises d’assaut par ceux qui se méfient des promesses des gouvernements. Roche annonce que les usines travaillent 24 heures sur 24, de 2004 jusqu’à fin 2006, la production de la précieuse poudre blanche sera décuplée.

En 2005, le chiffre d’affaires du Tamiflu dépasse le milliard d’euros et la multinationale réalise le meilleur résultat de son histoire. Alors que la moitié de la planète implore qu’on augmente la production ou qu’on délivre le brevet pour permettre la fabrication de génériques, Roche fait savoir qu’il est disposé à négocier. La pression des Nations Unies et des USA s’est manifestée, mais c’est le choix de la stratégie de communication qui une fois de plus l’emporte. Roche se déclare préoccupé de la santé publique et donc, prêt à discuter les conditions de cession de la licence à qui les contactera.

Par ailleurs, l’Organisation mondiale du commerce avait établi en 2001 et confirmé en 2003 qu’en cas d’urgence sanitaire les gouvernements ont le droit de copier les médicaments, en dépit de tout brevet. Anticipant une telle étape, Roche fait figure de philanthrope et se garantit une part des royalties. Etant donné le succès de la première donation, il renchérit avec deux autres millions de traitements, le communiqué de l’OMS récitant : « Nous sommes reconnaissants à Roche de sa généreuse donation ». La production du médicament est prévue pour 300 millions de doses en 2007. Les actionnaires de Gilead se portent bien.

Fortune écrit, en novembre 2005 : « Grâce à la peur d’une pandémie, les actions de Gilead sont passées en six mois de 35 à 47 dollars. Le chef du Pentagone nous a offert un million de dollars ».

En 2007, un conflit éclate entre l’OMS et l’Indonésie qui est un des pays le plus touché par la maladie en termes de mortalité humaine. Il s’agit du dossier brûlant du partage gratuit des échantillons de virus H5N1 nécessaires pour confectionner un vaccin. En février, la ministre indonésien de la Santé, Siti Fadilah Supari, annonçait avoir signé un accord avec un groupe pharmaceutique américain, la société BAXTER International. Le contrat prévoit l’envoi gracieux de souches virales de H5N1 en échange de vaccins contre l’épidémie, à tarif préférentiel, en cas d’urgence. La connaissance des séquences virales conditionne la mise au point de vaccins et l’OMS a immédiatement dénoncé ce contrat, au nom de la santé publique et de l’intérêt général. Elle appelle au principe de partage gratuit d’échantillons. L’Indonésie se sent doublement lésée : son bilan en victimes la place au premier rang des pays fournisseurs de souches virales de H5N1 alors que ses chercheurs ne sont pas associés à la recherche. Or,un dépôt de brevet de vaccin rapporte beaucoup d’argent et face à la menace d’une épidémie mondiale de grippe aviaire, le marché est prometteur et les laboratoires sont en rivalité dans la course à la découverte du vaccin. En monnayant un contrat d’exclusivité, souches contre vaccins, avec Baxter, le gouvernement indonésien a donc tiré son épingle du jeu, au risque de faire perdre du terrain aux laboratoires qui travaillent sous le parrainage de l’OMS. Carsi cette organisation souhaite la transparence des données au nom d’une noble cause, qui est de parer à une pandémie mondiale, elle protège aussi une quinzaine de laboratoires dans le monde qui, selon un arrangement conclu sous ses auspices, se partagent confidentiellement des informations cruciales sur le virus H5N1. Le système actuel est tel que l’OMS et ses affiliés partagent des échantillons de virus avec des sociétés privées, sans collaborer avec les états d’où proviennent ces échantillons de virus. « C’est inacceptable pour les pays en voie de développement. » s’insurge la ministre indonésienne. A moins d’accords du type de celui que l’Indonésie demande, rien n’empêche les laboratoires de l’OMS de passer un contrat d’exclusivité avec des compagnies pharmaceutiques, ce qui pourrait conduire à de graves problèmes d’accès aux médicaments pour les pays en développement en cas de survenue de la pandémie.

arton11303-f22a5.jpg

Certains scientifiques et certains gouvernements interpellent publiquement l’OMS afin qu’elle publie cette base de données dans l’intérêt de la santé mondiale. Mais l’OMS ne donne pas les noms des laboratoires collaborateurs réticents à la publication des informations sur le séquençage de la grippe aviaire, parce ceux-ci veulent garder des droits sur l’information. Il est clair pour tous les observateurs que les Etats-Unis représentent l’obstacle principal. Le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC) et le Centre des opérations du programme mondial de surveillance de la grippe des Etats-Unis, refusent de rendre publiques la plupart de leurs informations sur le séquençage. Les données qu’ils détiennent proviennent bien entendu d’échantillons du virus de la grippe aviaire collectés dans les pays atteints. L’aspect financier de cette affaire est révélateur des enjeux de la réponse à la grippe aviaire. La plupart des fonds consacrés à la lutte contre la grippe aviaire ont été centralisés en janvier 2006 lors d’une conférence à Beijing où près 30 donateurs se sont engagés pour 1,86 milliards de dollars. Parmi les donateurs, les Etats-Unis sont ceux qui dépensent le plus pour la grippe aviaire, même si la souche H5N1 du virus n’a pas encore touché le pays. L’argent de Washington afflue partout et stimule également ses entreprises, en particulier celles du secteur de la santé. Les fonds affectés à la surveillance par exemple, une des priorités pour le gouvernement des Etats-Unis, bénéficieront à Applera Corporation, qui est sur le point de lancer un partenariat mondial pour la distribution des protocoles de séquençage et des kits de détection de la grippe aviaire de la compagnie.

Lors des manifestations de cas de grippe aviaire, des échantillons du virus sont donc envoyés soit à des laboratoires collaborateurs de l’OMS pour des tests, soit directement collectés par divers programmes de surveillance des Etats-Unis, comme celui géré par le Réseau mondial des unités de recherches médicales de la Marine du Ministère de la Défense (NAMRU). Il faut noter que l’homme qui est responsable du réseau NAMRU au Secrétariat à la Défense des Etats-Unis est D.Rumsfeld, notoirement impliqué dans l’industrie pharmaceutique.On devrait se souvenir que Rumsfeld, quand il fut nommé président de G.D. Searle, fit pression sur la Food and Drug Administration pour permettre la mise sur le marché de l’Aspartame refusé pendant les dix années précédentes.

Il y a une unité NAMRU en Indonésie, qui sert en même temps de centre collaborateur de l’OMS pour les maladies infectieuses en Asie du Sud-Est. En mai 2008, après 30 ans de collaboration, le gouvernement indonésien demande au NAMRU de quitter le pays à l’expiration de son contrat. Le laboratoire de l’US Navy, NAMRU-2, est suspecté par les autorités indonésiennes de se livrer à des activités secrètes. « L’idée que l’unité de recherche médicale de la Marine fasse de l’espionnage est tout simplement absurde » déclare le chef-adjoint de la mission diplomatique américaine. «  Rien n’est couvert par le secret-défense, tout est totalement transparent. Le NAMRU-2 est un laboratoire de recherche biomédicale sur les pathologies infectieuses, au bénéfice mutuel des Etats-Unis, du ministère indonésien de la Santé et de la communauté internationale de santé publique. » assure-t’il.
« Pourquoi donc un laboratoire de santé devrait-il être géré par l’armée ? » rétorque la ministre de la Santé indonésienne. Dans son livre publié dernièrement « Il est temps pour le monde de changer : La main divine derrière la grippe aviaire » la ministre prétend que Washington utilise des échantillons de grippe aviaire partagés par des pays touchés pour créer des armes biologiques. Elle écrit notamment : « Il n’est pas impossible qu’il puisse exister dans les pays développés un groupe de personnes assez folles pour recombiner les virus afin de provoquer une pandémie mondiale. » Le ministre de la Défense indonésien, Juwono Sudarsono, se déclare, quant à lui hostile, à prolonger l’immunité diplomatique des chercheurs américains du NAMRU-2. « Il est clair qu’il faut mettre un terme aux activités du NAMRU-2 et fermer ses locaux ici. » a indiqué Mutamimul Ula, un parlementaire du Parti de la justice et de la prospérité. « Nous envisageons de proposer la création d’une commission parlementaire spéciale chargée de clarifier les raisons de la présence du NAMRU en Indonésie. » a de son côté annoncé Sidarto Danusubroto, un député du parti PDIP. Le chercheur indonésien en biodéfense, Isro Sanihardjo, a déclaré que les États-Unis pourraient utiliser les échantillons de virus de l’Indonésie pour développer des armes au laboratoire de Los Alamos. Isro était interrogé à propos du récent livre de la ministre Siti Fadilah. Washington et Jakarta négocient depuis 2005 une poursuite de la coopération entre le NAMRU-2 et le ministère de la Santé indonésien, mais les discussions sont dans l’impasse. L’Indonésie a en tout cas cessé d’envoyer ses échantillons de virus H5N1 au NAMRU-2. [27]

Que penser de cette grave polémique ? De telles accusations lancées par des membres d’un gouvernement à l’encontre d’un autre sont sérieuses. Il est difficile d’imaginer qu’elles ne sont proférées que dans le but de faire pression au sujet du litige, entre les deux pays quant à la souveraineté nationale sur les virus et aux enjeux financiers qu’elle implique. Ces exigences sont qualifiées de « dérive hallucinante » par Richard Holbrooke, diplomate américain, dans un texte du 23 septembre dernier co-écrit avec la responsable Santé au Conseil des relations étrangères. Dans celui-ci, il s’élève contre le refus indonésien de collaborer sur le virus H5N1. Il regrette que depuis 2005, l’Indonésie ait partagé avec l’OMS des échantillons provenant de seulement deux des plus de 135 personnes recensées comme étant infectées par le H5N1. Il s’étonne que le gouvernement indonésien menace de fermer l’unité de recherche médicale 2 de la marine américaine « qui fournit aux organismes de santé publique à travers le monde des informations transparentes d’importance vitale. » Il n’hésite pas à accuser l’Indonésie de favoriser l’émergence de nouvelles souches de grippe par son refus de communiquer les échantillons de virus. Enfin, il affirme qu’« il faut faire front à l’accusation de l’Indonésie selon laquelle NAMRU-2 est un site de recherche d’armes biologiques. » [28]

Ces allégations indonésiennes ne sont-elles pas à rapprocher des avertissements de Francis Boyle qui dit que suivant des directives de stratégie nationale adoptées par Bush en 2002, le Pentagone « est maintenant en train d’accélérer pour mener et gagner une guerre biologique sans information ou approbation préalable du public. » ? Boyle rajoute que le Programme de Défense Chimique et Biologique du Pentagone a été révisé en 2003 pour supporter une frappe « de premier usage » en cas de guerre et que ce programme inclut « Red Teaming », ce qu’il décrit comme « complot, planification et organisation de comment utiliser la guerre biologique ».
En outre, le biologiste moléculaire, Jonathan King, de l’Institut Technologique du Massachussetts avertit que « l’administration Bush a lancé un programme majeur qui menace d’exposer la santé de notre peuple à beaucoup plus de risques que les aléas auxquels elle prétend être en train de répondre. » King ajoute que la politique du président Bush « n’améliore pas la sécurité du peuple américain  » mais « crée un nouveau risque pour notre population de la plus effroyable espèce ».

Dans une étude réalisée en 2004, l’Association médicale britannique a lancé un avertissement à l’effet que le monde n’est peut-être qu’à seulement quelques années d’ « armes biologiques terrifiantes capables de tuer seulement les personnes de certains groupes ethniques  » en citant les progrès réalisés dans la technologie des armes génétiques.

La grippe aviaire pourrait-elle devenir une de celles-ci, après manipulation génétique du virus ? Pourquoi le NAMRU-2 tient-il autant à recevoir les échantillons de l’Indonésie ? Se préparent-ils à une pandémie de grippe ou préparent-ils une pandémie de grippe ? A moins que cette hystérie entretenue par l’OMS ne le soit que dans des buts lucratifs.

Dans l’expectative, nous constatons que les autorités craignent la lassitude des populations face à l’annonce maintes fois réitérée et pas concrétisée de cette catastrophe prédite. « Pandémique fatigue » cette expression fait le tour des congrès de virologie du monde entier. Elle indique la crainte des spécialistes face à la démobilisation d’une opinion publique mondiale lassée de s’entendre menacer d’un risque de pandémie aviaire incertain. L’OMS, les gouvernements, les fabricants de vaccins et les spécialistes de virologie multiplient les déclarations alarmistes pour tenter de convaincre de la certitude de sa survenue, sinon de sa date. Les congressistes réunis à l’occasion de la troisième conférence sur la grippe organisée à Faro ce mois-ci par l’Association des médecins en lutte contre la grippe (ESWI), se disent convaincus que : la « La pandémie adviendra. Quand ? Mystère ! ». Tous les résultats d’études qui sont actuellement publiés semblent donc bien parvenir aux même conclusions : l’humanité est bien à l’aube d’une grande pandémie mondiale due à une prochaine mutation de la grippe aviaire qui favorisera sa propagation entre les humains. La principale question qui hante désormais les chercheurs n’est donc plus « si », mais « quand » cette mutation interviendra t’elle ?

Le 16 juin 2008, Sanofi Pasteur, la division vaccins du groupe Sanofi-Aventis, annonce dans un communiqué de presse son engagement à donner 60 millions de doses de vaccin H5N1 à l’OMS pour la constitution d’un stock de réserve international. Même méthode pour capter le marché mondial qu’entreprise par Gilead pour le Tamiflu. Sanofi Pasteur se déclare être au premier rang pour la préparation à la menace de pandémie de grippe grâce à son expertise dans le développement et la fabrication de vaccins contre la grippe saisonnière. Sanofi est engagé dans un solide programme de recherche et développement et dans un plan ambitieux de production de vaccins contre la grippe saisonnière et pandémique. En avril 2007, la FDA a déjà enregistré un vaccin contre le virus H5N1 de Sanofi Pasteur, premier vaccin humain contre la grippe aviaire autorisé aux Etats-Unis. Sanofi Pasteur a également annoncé l’achèvement de la construction aux Etats-Unis d’une nouvelle usine de production de vaccin contre la grippe saisonnière. Cette usine, à la pointe de la technologie, est prévue pour être opérationnelle dès 2009. Enfin, une nouvelle unité de remplissage doit entrer en fonction en France qui permettra d’augmenter les capacités de production totales. Ce « prétendu » vaccin rentre en concurrence directe avec le Tamiflu, l’antiviral de Gilead.

EPIDEMIE MORTELLE CHEZ LES MICROBIOLOGISTES

Dans ce contexte ultra sensible de recherches en ingénierie génétique à vocation militaire ainsi que de course effrénée aux profits, une série suspecte de décès touche le milieu des scientifiques en microbiologie depuis le 11 Septembre 2001. Tous ces biologistes, dont certains de renommée internationale, sont morts précocement et dans des conditions troubles si ce n’est tragiques. Coïncidence ou conspiration ?

grippe-aviaire-pandemie1.jpg

«  Nous ne pouvons jamais dire d’un fait que ce n’est pas une conspiration, » dit Bradley Efron, professeur de statistiques à l’université de Stanford «  nous ne pouvons que souligner les chances qu’il ne le soit pas. »

En 2001, le 6 novembre, Wall Jeffrey Paris, 41 ans, est retrouvé mort près d’un parking non loin de son bureau. Il était un expert biomédical, spécialisé dans le brevet et la propriété intellectuelle.
Le 12 novembre, Benito Que, 52 ans, est trouvé dans un état comateux dans une rue près du laboratoire où il travaillait. Il décède trois semaines plus tard. Il était biologiste cellulaire, mêlé aux recherches ontologiques du département d’hématologie de l’école de Médecine de l’université de Miami. Ses recherches reposaient en grande partie sur l’étude des séquences de l’ADN.
Le 10 décembre, David Schwartz, 57 ans, est poignardé dans sa maison de campagne en Virginie. Il était membre fondateur de l’Association de biotechnologie de Virginie et directeur exécutif à la Recherche et au développement du Centre d’innovation technologique de Virginie. Il était fort respecté en biophysique et considéré comme faisant autorité dans le domaine des séquences de l’ADN.
Quatre jours plus tard, Set Van Nguyen, 44 ans, meurt dans le sas d’entrée d’une chambre froide dans les installations pour maladies animalières de l’Organisation de recherches scientifiques et industrielles du Commonwealth, à Geelong, en Australie. Deux scientifiques de cet aménagement, employant la manipulation génétique et les chaînes de l’ADN, auraient créé une forme incroyablement virulente d’une sorte cousine de la variole. Les chercheurs étaient préoccupés qu’une manipulation similaire puisse être faite sur la variole, pouvant ainsi en faire une arme terrible.
Le 16 décembre, Don C.Wiley, 57 ans, disparaît pendant un voyage professionnel à Memphis. La police retrouve sa voiture de location vide sur un pont en dehors de Memphis. Son corps sera repêché plus tard dans le fleuve du Mississippi. Il appartenait à l’Institut médical Howard Hughes de l’université Harvard et était un des plus éminents microbiologistes du monde. Il avait remporté bon nombre des plus prestigieux prix pour ses travaux qui pouvaient permettre de réaliser les vaccins antiviraux. Il était impliqué de près dans la recherche sur les séquences de l’ADN.

Le 23 décembre, Vladimir Pasechnik, 64 ans, est retrouvé mort à Wiltshire, en Angleterre, près de chez lui. Russe exilé en Grande-Bretagne, il était alors le plus important scientifique du programme de guerre biologique de l’URSS, lequel programme dépendait en grande partie des séquences de l’ADN. Il avait réussi le processus d’aérosolisation du microbe de la peste. La nécrologie du New York Times indiquait que l’annonce du décès de Pasechnik avait été faite aux Etats-Unis par le Dr Christopher Davis qui signala qu’une attaque cardiaque était à l’origine de son décès. Davis était le membre du Renseignement britannique qui fit faire un compte-rendu au Dr Pasechnik à l’époque de sa défection d’URSS. Pasechnik passa les dix années suivant sa défection à travailler au Centre de microbiologie appliquée et de recherches au Département de la santé du Royaume-Uni. En 2000, en compagnie de son partenaire Caisey Harlington, Pasechnik avait formé une entreprise appelée Regma Biotechnologies Ltd. Qui se décrivait comme une compagnie de produits pharmaceutiques œuvrant à fournir une alternative aux antibiotiques. Au cours de la panique causée par l’anthrax, Pasechnik avait offert ses services au gouvernement britannique.

Alibek.jpgEn URSS, son bras droit s’appelait Kanatjan Alibekov, aujourd’hui connu sous le nom américanisé de Ken Alibek. Il passa aux Etats-Unis en 1992. Il est actuellement président des Biosystèmes Avancés Hadron, une filiale de Hadron Inc. Elle se décrit comme une compagnie spécialisée dans le développement de solutions techniques pour les agences de renseignement. Le 20 décembre elle reçut 12 millions de dollars de fonds pour ses recherches en biodéfense médicale, de la part de l’Agence des projets de recherches avancées pour la Défense, les Recherches médicales et commandes matérielles de l’armée des Etats-Unis. Dans l’exercice de ses fonctions que Alibek donna un ample témoignage à la Chambre du Comité des Services Armés sur les armes biologiques.

Hadron est actuellement suspectée d’être étroitement reliée au vol du précieux logiciel Promis, propriété de la Corporation Inslaw, un programme informatique sophistiqué capable d’intégrer une grande variété de données informatiques. Ces dernières années, le logiciel aurait été couplé à l’intelligence artificielle et modifié par de nombreux services de renseignements, leur permettant de pénétrer dans n’importe quel système informatique sans se faire repérer. Etant donné sa capacité unique et les liens antérieurs de Hadron avec Promis, il est possible que le logiciel, en pénétrant dans les données informatiques utilisées par chacune des victimes susmentionnées, puisse avoir identifié les recherches qui menaçaient de compromettre une « opération noire ».
Ken Alibek a travaillé ces dernières années en étroit contact avec William C. Patrick III, le créateur de la souche d’Anthrax de type Ames qui a servi lors de l’attaque terroriste du Congrès.

Il y a, en outre, un lien entre trois des cinq scientifiques américains qui sont morts. Wiley, Schwartz et Benito Que travaillaient pour des installations de recherche médicale qui recevaient des subventions de l’Institut Médical Howard Hughes (IMHH). Celui-ci finançait un nombre important de programmes de recherche dans des écoles, des hôpitaux et des installations de recherche, et l’on suppose depuis longtemps des « opérations noires » de recherches biomédicales pour des agences de renseignement. La physicienne Patricia Dole, qui enquête depuis longtemps dans le domaine de la guerre biologique, rapporte un récit de personnes reliées à l’IMHH qui ont été assassinées. En 1994, José Trias rencontra un ami à Houston, au Texas, et planifiait de rendre public ce qu’il savait personnellement des subventions de « façade » de l’IMHH qui, par la « porte arrière », servaient aux opérations noires de la biorecherche. Le lendemain, Trias et son épouse furent trouvés morts dans leur demeure de Chevy Chase, dans le Maryland. L’IMHH a son quartier général à Chevy Chase. La police décrivit le double meurtre comme le fait de professionnels. Tsunao Saitoh, qui travaillait anciennement dans un laboratoire de l’Université Columbia subventionné par l’IMHH, a été fusillé à mort, le 7 mai 1996, alors qu’il était au volant de sa voiture, dans la cour de sa maison, à La Jolla, en Californie. La police a également décrit ceci comme l’œuvre d’un professionnel.

En 2002, en l’espace de quelques semaines en janvier, Ivan Glebov et Alexi Brushlinski, deux membres de l’Académie des sciences de Moscou décèdent à la suite d’une agression ; Glebov, à St Pétersbourg et Brushlinski à Moscou. Puis en février, le chef de la microbiologie de l’université de Médecine de Moscou, Vladimir Victor Korshunov, 56 ans, meurt d’un traumatisme crânien dans l’entrée de sa maison. La Pravda rapporta à l’époque que ce dernier avait probablement inventé un vaccin contre une arme biologique.
David Wynn-Williams, 55 ans, est tué le 24 mars, dans une collision entre deux voitures lors de son jogging près de sa maison à Cambridge en Angleterre. Il travaillait sur le projet antarctique d’Astrobiology et pour le centre de recherches de la NASA Ames. Il y eut un appel à témoin pour retrouver les véhicules.
Steven Mostow, 63 ans, meurt le 25 mars, près de Denver dans le Colorado dans l’accident de l’avion qu’il pilotait. Il était un des principaux experts en matière de maladie infectieuse et doyen associé à l’université du centre des Sciences de santé du Colorado. Mostow était un expert en menace de bio-terrorisme et était connu en tant que « Dr. Flu » pour son expertise dans le traitement de la grippe.
David R.Knibbs décède brutalement, le 5 août, à 49 ans, à la suite d’une syncope. C’était un pathobiologiste reconnu.

En 2003, le 24 juin, Leland Rickman, 47 ans, un expert de San Diego sur les maladies infectieuses et, depuis le 11 Septembre, conseiller en bioterrorisme, décède lors d’un déplacement professionnel en Afrique. Il se plaint à un collègue de mal de tête et celui-ci le retrouve mort dans sa chambre d’hôtel. Les causes de sa mort n’ont pas été déterminées. Il était professeur et praticien multidisciplinaires, expert dans les maladies infectieuses, la médecine interne, l’épidémiologie, la microbiologie et les antibiotiques.

David-Kelly-300x225.jpgEn Angleterre, David Kelly est retrouvé mort près de son domicile le 18 juillet, il se serait suicidé en se tailladant un seul poignet.Il était un employé du ministère de la défense britannique et un expert en guerre biologique ainsi qu’inspecteur de l’ONU en Irak où il est allé 37 fois. Il est prouvé qu’il était le principal informateur de Andrew Gilligan, journaliste de la BBC au sujet de son enquête sur la falsification d’un rapport de septembre 2002, par le gouvernement britannique de Tony Blair concernant les armes de destruction massive irakiennes.

Le scientifique britannique a été impliqué dans des travaux à l’Institut israélien pour la recherche biologique de Nes Sion. Les sources israéliennes affirment que Kelly a rencontré des scientifiques de l’institut à plusieurs reprises à Londres. Israël n’a pas signé la CAB et défend le développement, la possession et l’usage d’armes biologiques et chimiques. La CIA, le FBI et le MI5 examinent les connexions de Kelly. Leur enquête dévoile que Kelly avait des contacts avec deux sociétés dans l’industrie de bio-défense américaine. Kelly voulait démissionner de son poste au Ministère de la Défense pour travailler aux Etats-Unis.
Avant sa mort, il avait été discrètement contacté par deux sociétés : Hadron Advanced Biosystems proche du Pentagone et dont le président est Ken Alibek et REGMA Biotechnologies. Kelly, avec l’approbation du gouvernement anglais, avait aidé Pasechnik à créer Regma Biotechnologies à Porton Down pour effectuer des recherches classées secret-défense. Kelly s’est arrangé pour lui obtenir un laboratoire à Porton Down, un établissement spécialisé dans la défense contre les armes biologiques et chimiques. Pasechnik a été trouvé mort quelques jours après qu’il ait rencontré Don C. Wiley à Boston.
Le Dr Kelly a également travaillé avec Benito Que et Don Wiley. Quels étaient les liens entre le Ministère de La Défense américain et ses deux chercheurs ? Qu’est-il arrivé aux résultats de leurs recherches ? Les liens de Kelly avec l’Institut de Recherche Biologique de Nes Sion dans la banlieue de Tel Aviv intriguent plus encore. Sa connexion à l’installation biologique israélienne a été découverte en octobre 2001, peu après qu’un vol commercial reliant Israël à Novosibirsk en Sibérie, a été abattu au dessus de la Mer Noire par un missile sol-air ukrainien « égaré ». Le vol transportait entre autres cinq microbiologistes russes qui retournaient à leur institut de recherche à Novosibirsk, la capitale scientifique de la Sibérie. Pourquoi le Mossad a-t-il envoyé une équipe en Ukraine pour examiner l’accident ? Pourquoi les autorités ukrainiennes ont-elles toujours tu le nom des microbiologistes morts ? Pasechnik ou Kelly les connaissaient-ils ?
L’Institut pour la Recherche Biologique de Nes Sion est l’un des endroits les plus secrets d’Israël. Il y a eu des rapports persistants sur l’institut, indiquant que les israéliens aussi étaient engagés dans la recherche sur le séquençage d’ADN. Un ancien membre de la Knesset, Dedi Zucker, a provoqué un scandale au Parlement israélien quand il a déclaré que l’institut essayait de créer une arme spécifique ethnique capable de cibler uniquement les Arabes.

Michael Perich, 46 ans, meurt le 11 octobre, dans un accident de voiture au cours duquel il se noie coincé par sa ceinture de sécurité. Il avait travaillé sur le virus du Nil.
Le 20 novembre, Robert Leslie Burghoff, 45 ans, est percuté sur un trottoir par un chauffard qui prend la fuite. Il était stagiaire post-doctorat au Baylor College of Medecine de Houston au Texas, au département de la virologie moléculaire et de la microbiologie.

Le 23 janvier 2004, Robert Shope, 74 ans, meurt à l’hôpital des complications d’une greffe. Il était virologue au Département de pathologie du Centre de biodéfense et maladies infectieuses émergentes de l’université de Médecine du Texas. Il était l’auteur d’un rapport de 1992 avertissant de l’apparition de nouvelles maladies infectieuses dangereuses. Avec le Dr Tesh, ils avaient fait du centre la référence mondiale en matière de virus avec une collection de 5000 échantillons. Les deux dernières années, il travaillait avec le DoD pour développer des antiviraux aux agents viraux possibles du bioterrorisme.
Le 24 janvier, soit le lendemain de la mort du précédent, son collègue Michael Patrick Kiley, 62 ans, meurt d’une crise cardiaque foudroyante. Il travaillait avec le Dr Shope sur la mise à niveau du Centre de biodéfense pour abriter les microbes les plus pathogènes dans le cadre d’un programme d’armes biologiques.
Le 13 mars, Vadake Srinivasan, microbiologiste, meurt dans l’accident de sa voiture qui a percuté le rail de sécurité. Originaire d’Inde, il était réputé dans le milieu universitaire.
Le 27 juin, Paul Norman, 52 ans, de Salisbury en Grande-Bretagne, est tué dans le crash du mono-moteur qu’il pilotait dans le Devon. Il était considéré comme chef de file dans le domaine de l’expertise scientifique pour la détection et la protection au laboratoire du Ministère de la défense à Porton Down. Il était très investi dans la campagne contre l’usage d’armes biologiques et chimiques.
Larry Bustard, 53 ans,meurt dans des circonstances inconnues le 2 juillet. Il était un scientifique du Sandia National Laboratories. En tant qu’expert en matière de bio-terrorisme, son équipe a développé une nouvelle formulation de produits à utiliser contre les agents biologiques et chimiques. Il est intervenu pendant les attaques à l’anthrax pour décontaminer le Capitol Hill exposé à la poudre.
John Badwey, 54 ans,était un biochimiste à la Harvard Medical Schoolspécialisé dans les maladies infectieuses rares. Il est mort le 21 juillet, il avait contracté deux semaines plus tôt une pneumonie.
Matthew Allison, 32 ans, scientifique en biologie moléculaire et biotechnologie,est tué dans l’explosion de sa voiture le 13 octobre.
John R. La Montagne, 61 ans,microbiologiste, directeur-adjoint au National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) du National Institutes of Health (NIH). Il décède le 2 novembre d’une embolie pulmonaire.

En 2005, le 7 janvier, Jeong H. Im, 72 ans, est découvert poignardé dans le coffre d’un véhicule en feu dans le Maryland. Il avait été chimiste à l’université du Missouri, spécialisé dans les protéines.
Douglas James Passaro, 43 ans, est mort le 18 avril de causes inconnuesà son domicile. Il était un épidémiologiste renommé et avait exécuté avec ses étudiants des exercices de bio-terrorisme.
Todd Kaupila décède le 8 mai, à l’âge de 41 ans, d’une pancréatite hémorragique à l’hôpital de Los Alamos. Il s’était réjoui, la veille de sa mort, du renvoi du directeur qui l’avait impliqué dans un scandale sur la sécurité du laboratoire duquel il avait été renvoyé. Il avait toujours soutenu avoir été un bouc émissaire.
Leonid Strachunsky est décédé le 8 juin après avoir été frappé à la tête avec un objet lourd. Expert épidémiologiste pour l’OMS et directeur du Therapy Institut de la Fédération de Russie de lutte anti-microbe, spécialisé dans la création de microbes résistants aux armes biologiques. Strachunsky a été retrouvé mort dans sa chambre à Moscou à l’hôtel Slavyanka. Venu de Smolensk, il était en route vers les États-Unis.
Les enquêteurs ont spéculé que le meurtre de Strachunsky était lié à une soudaine épidémie de l’hépatite A, qui avait frappé plus de 500 personnes en Russie, dans la région de Tver, et qui avait atteint Smolensk, et que certains croyaient avoir été causée par une arme biologique.

unnamed.jpgLe 22 mai 2006, le Dr Lee Jong Wook, 61 ans, décède d’une AVC. Directeur de l’OMS depuis 2003, il avait mené les programmes de lutte contre la grippe aviaire, le sida et autres maladies infectieuses.

Le 10 octobre 2007, Mario Alberto Vargas Olvera, est assassiné à son domicile de nombreux coups portés à la tête et au cou, à Ensenada en Californie. Il était un biologiste de réputation internationale.

Le 29 juillet 2008, le Dr Bruce Ivins, 62 ans, brillant biologiste des laboratoires militaires américains et principal suspect dans l’enquête de l’anthrax, se suicide avant son inculpation à son domicile en absorbant massivement de la codeine et de l’acétaminophène.

Le 29 juin précédant, deux étudiants en génie biologique, Laurent Bonomo et Gabriel Ferez, en stage de fin d’études à l’Imperial College de Londres avaient été sauvagement assassinés.

Ferez et Bonomo étaient considérés, à l’Impérial College, l’une des meilleures universités au monde, à la pointe de la recherche sur les pathologies infectieuses émergentes, ainsi que dans leur école d’ingénieurs « Polytech’Clermont-Ferrand » comme très brillants, et semblaient d’ores et déjà promis à un bel avenir professionnel. Il ne leur restait plus qu’une année d’étude avant de passer leur diplôme d’ingénieur et avaient été sélectionnés par le département des Sciences de la vie de l’Imperial College, pour un projet de recherche dans les chaînes de protéines au sein de l’ADN.

Le mobile du meurtre reste à ce jour inconnu, même si les enquêteurs semblent pencher pour un cambriolage qui aurait dégénéré en déchaînement de violence. Deux marginaux sont inculpés dans les jours qui suivent les faits. Leur procès permettra-t’il d’évacuer les zones d’ombre qui entourent ce fait divers dramatique ? Les agresseurs auraient torturé les deux étudiants pour leur extorquer les codes secrets de leurs cartes bancaires. Crime de psychopathes arguent certains enquêteurs.

Ces meurtres sont-ils une mise en scène ? La sauvagerie de l’attaque pourrait avoir valeur d’avertissement. David Holmes, maître de conférences à la Manchester Metropolitan University, a déclaré : « Ils ont été victimes d’un meurtre de démonstration. ».

Si l’assassinat des deux étudiants a vraiment un rapport avec leur spécialisation, ils sont deux scientifiques de plus parmi les nombreux assassinés, suicidés, morts accidentellement ou de maladie foudroyante au cours de ces dernières années. La plupart de ces scientifiques travaillaient sur les séquences d’ADN afin de trouver un traitement génétique à plusieurs maladies. Leurs recherches menaçaient la pérennité des contrats des compagnies qui fabriquent des antibiotiques, des antiviraux et des vaccins. S’ils réussissaient, c’était d’importants profits en perspective pour eux et leur société et perte de marchés pour les autres. De plus, leurs travaux n’avaient pas de prix non plus pour les militaires et les agences de renseignements intéressés à développer des armes biologiques.

CONCLUSION

La crainte de l’éventualité d’une guerre biologique, sournoise, à visée ethnique qui plus est, est alimentée par des années de recherches secrètes dans certains laboratoires gouvernementaux et des investissements massifs dans les budgets scientifiques militaires de ces pays. Le risque de prolifération mondiale des agents pathogènes à vocation militaire, quant à lui, n’est plus une hypothèse, dès lors que depuis ces 20 dernières années, il apparaît que beaucoup de pays ont monté des arsenaux considérables d’armes biologiques, ceci en violation des traités internationaux.

En raison de leur grande virulence potentielle, les armes biologiques coûtent moins cher que les armes classiques, chimiques ou nucléaires ; elles offrent une flexibilité tactique puisqu’il existe une variété d’agents pouvant être combinés de multiples façons ; elles peuvent théoriquement être utilisées pour frapper de grandes cibles sur de longues périodes en raison de leur capacité à se multiplier et à provoquer des épidémies, elles peuvent infliger d’énormes pertes et susciter la mobilisation de ressources massives pour riposter ; elles conviennent à des opérations clandestines car elles peuvent être diffusées discrètement et leurs effets mettent du temps à apparaître ; enfin elles peuvent apparaître comme naturelles et donc éviter toute velléité de riposte du pays touché envers le pays agresseur.

Par contre, les armes biologiques sont peu fiables en raison de leurs effets incertains et jamais immédiats ; elles peuvent toucher aussi l’agresseur et ses alliés ; elles compliquent les autres opérations militaires en imposant de lourdes mesures de précaution ; leur utilisation, interdite par une convention internationale, si elle est avérée, risque de conduire à des sanctions internationales.

En raison des avantages évoqués et bien que l’utilisation d’armes biologiques présente des inconvénients, les agents pathogènes peuvent se montrer d’une utilité politique efficiente, lorsque des résultats, ni immédiats ni massifs ne sont nécessaires. Cependant, l’imprévisibilité de leur impact en terme de morbidité et donc de mortalité, et les effets de panique qui caractérisent les armes biologiques, en font surtout des armes de désorganisation massive. En effet, outre leur pouvoir potentiellement dévastateur, le pouvoir psychologique de ces armes est considérable, (effet de démoralisation, de déstabilisation des populations, difficiles à gérer par les autorités). Ces armes créent le doute, la peur, voire la panique. En cela, elles disposent d’une formidable capacité de désorganisation d’une société et de nuisance sur son économie.

Parallèlement, la culture de la peur impose une vision irréfléchie de la menace, visant à affoler une population convaincue de la réalité du danger. La première arme est la désinformation et l’on peut dire que le pari du bio-terrorisme est déjà gagné lorsqu’il incite à prendre des mesures qui, en vertu du principe de précaution, font dépenser, probablement sans objet, des sommes considérables capables de faire fructifier artificiellement certaines industries.

shutterstock_160438841.jpg

Les acteurs du PNAC, au pouvoir depuis presque dix ans et influents dans les coulisses depuis de longues années, ont projeté de développer des armes biologiques capables de cibler des populations précises. La guerre biologique est, pour eux, une des armes du futur, politiquement rentable et idéologiquement acceptable. Ils ont déjà largement fait les preuves de leurs intentions en réalisant en partie leur programme annoncé dans leurs écrits. Le verbe devance toujours l’action.

En raison de tout ce qui précède, l’émergence de toute épidémie ou même de toute nouvelle maladie, en quelque endroit du globe, doit être attentivement et lucidement considérée.

Rédaction Geopolintel

Décembre 2008

Et en mars 2009, débutait la « pandémie » dite mexicaine, puis porcine, enfin grippe AH1N1 !

samedi, 01 février 2020

Un national-collectivisme français à découvrir

clementi-pierre.jpg

Un national-collectivisme français à découvrir

par Georges FELTIN-TRACOL

qu-est-ce-que-le-national-collectivisme.jpgAux débuts des années 1990, inquiète de la résistance nationale-patriotique en Russie contre Boris Eltsine, une certaine presse de caniveau fantasmait sur une hypothétique convergence « rouge – brun » en France. Sa profonde inculture l’empêcha de mentionner le national-bolchevisme allemand de l’Entre-deux-guerres, le souverainisme communiste réalisé en RDA et en Roumanie ou le national-communisme du philosophe Régis Debray à la fin des années 1970. Le philosophe français aurait certainement été surpris de savoir que son pays connut naguère un embryon national-communiste ou national-collectiviste six décennies plus tôt.

Comme aux temps héroïques de ses premières années, les éditions Ars Magna publient parfois quelques brochures cartonnées. La dernière en date rassemble les écrits de Pierre Clémenti (1910 – 1982). Tour à tour ouvrier métallurgiste, modeste employé de banque et journaliste, le parrain de Pierre Vial, le président – fondateur de Terre et Peuple, lance au lendemain de la tuerie du 6 février 1934 un Parti français national-communiste (PFN-C), un quotidien Le Pays libre, et une branche jeune, le Jeune Front, animé par un certain Robert Hersant… Sous l’Occupation à la demande des autorités allemandes d’occupation, le PFN-C devient « national-collectiviste ». Son chef s’engage ensuite dans la LVF. Après 1945, Pierre Clémenti se réfugie en Allemagne et en Italie. Une fois amnistié, il poursuivra le combat politique au sein du Nouvel Ordre européen et d’Ordre nouveau.

Il serait erroné de penser que son national-communisme/national-collectivisme corresponde au national-bolchevisme de la Révolution conservatrice allemande qu’il ignorait par ailleurs. « Par national-collectivisme, nous indiquons que, seules, doivent être collectivisées les entreprises d’importance nationale (p. 18). » Favorable au parti unique, il veut une république enfin délivrée du « favoritisme parlementaire et maçonnique (p. 27) ». Se réclamant de « grands socialistes que furent Fourier, Toussenel, Clovis Hugue, de Morès et tant d’autres (p. 33) », tous hostiles au Grand Capital, Pierre Clémenti affirme qu’« inspiré de Proudhon et de Lucien Deslinières, instruit par Georges Sorel, le national-collectivisme est une doctrine sociale qui fait mieux que de tourner le dos au marxisme. Il le combat (p. 35) ».

Le PFN-C de Pierre Clémenti se trouve en concurrence dans un contexte difficile avec d’autres formations partisanes qui occupent à peu près le même créneau politique : le Rassemblement national-populaire de l’ancien socialiste Marcel Déat et le Parti populaire français de l’ancien communiste Jacques Doriot. Le national-collectivisme de Pierre Clémenti s’inscrit dans ce que l’historien des idées politiques Marc Crapez appela avec raison la « gauche réactionnaire ». Il serait bien que Ars Magna édite Manifeste pour l’unité révolutionnaire. Avec les chefs, sans eux, ou malgré eux du national-syndicaliste français Philippe Dreux.

pays-libre-22-fevrier-1941.jpg

Luttant « pour toute la France, à tous les Français (p. 45) », Pierre Clémenti se fait visionnaire. « Le fameux front des démocraties, dont on parle toujours, mais qu’on ne réalise jamais, n’est pas autre chose qu’une ingénieuse combinaison pour nous faire les instruments, ou les victimes, de vengeances internationales où nous n’avons rien à voir (p. 42). » Un propos toujours d’actualité par ces temps d’ingérences bellicistes néo-coloniales venues d’outre-Atlantique. Le national-collectivisme français ou quand l’idéologie des Lumières produit elle-même sa propre part d’obscurité…

Georges Feltin-Tracol

• Pierre Clémenti, Qu’est-ce que le national-collectivisme ?, préface de Michael Guérin, Ars Magna, 2019, 68 p., 15 €.

vendredi, 31 janvier 2020

Coalescence et tensions interraciales

ob_efe7d4_huile.jpg

Coalescence et tensions interraciales

par Antonin Campana

Ex: https://www.autochtonisme.com

 

« Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français » (Charles de Gaulle, rapporté par Alain Peyrefitte). Ce 05 mars 1959, le général de Gaulle venait intuitivement d’appliquer aux populations les principes élémentaires de la mécanique des fluides !

Le processus est bien connu, vérifiez-le avec de l’eau, ce sera plus visible qu’avec du vinaigre. Ainsi, quand on agite vigoureusement un mélange d’huile et d’eau on voit nettement des gouttelettes sphériques d’huile se disperser dans l’eau. Mais dès que l’on cesse cette action, les molécules d’huiles et les molécules d’eau se séparent et se rassemblent selon leur nature. Le processus physique en action s’appelle la « coalescence ».

La coalescence est donc un phénomène par lequel les éléments dispersés d’une substance identique ont tendance à se réunir. Les physiciens nous expliquent que ce processus de rassemblement s’opère sous l’action de ce qu’ils appellent la « tension interfaciale ».

Voilà, approximativement, comment cela se passe :

Les molécules d’huile situées en périphérie des gouttelettes d’huile sont en contact avec les molécules  d’eau. Elles interagissent donc avec celles-ci alors que celles qui sont au centre des gouttelettes n’interagissent qu’avec leurs semblables. Même chose, bien sûr, pour les molécules d’eau. Il s’ensuit que les deux matières, l’huile et l’eau, ne sont pas rigoureusement dans le même état à leur interface et en leur milieu.  Le contact entre molécules d’eau et molécules d’huile rend donc le milieu instable. Chaque molécule est attirée par son propre milieu (force de cohésion) et une « tension », dite « interfaciale », s’exerce là où les deux milieux se touchent. Cependant, comme tous les systèmes, le système engendré par le mélange d’huile et d’eau tend naturellement vers un équilibre qui correspond à la configuration de plus basse tension. Le système modifie donc son organisation pour diminuer l’aire de contact entre les deux milieux. A volume égal, une sphère unique présentera moins de surface de contact que plusieurs sphères dispersées. Les sphères dispersées vont donc se réunir progressivement en une sphère unique. D’où la coalescence observée !

Mais, le principe physique de la coalescence peut-il s’appliquer à des populations ? On notera tout d’abord que la coalescence se produit généralement dans des fluides. On observera ensuite qu’une population se comporte, sous bien des aspects, comme une sorte de « fluide ».

Un fluide est un « milieu matériel parfaitement déformable » dit Wikipedia. Or, quoi de plus « déformable » qu’une population ? Celle-ci peut être dispersée et quasiment réduite à l’état gazeux (« le peuple juif au milieu des nations »). Tel un liquide, une population peut s’écouler hors de ses frontières (l’immigration africaine) et remplir un nouvel espace (Grand Remplacement). Tel un solide, une population peut au contraire former un bloc résilient et compact face à l’envahisseur (la France de la 1ere guerre mondiale). La transition entre les états gazeux, liquide et solide peut être lente, sous l’effet de forces démographiques, culturelles ou économiques, voire brutale, sous l’effet par exemple d’un effondrement militaire.

Flora+Coquerel+64th+Annual+Miss+Universe+Pageant+Pu4nWSpt2ATl.jpg

Si l’on postule qu’une population peut (aussi) s’analyser comme un fluide, alors nous devrions pouvoir vérifier que le principe de coalescence s’applique également aux populations. L’exercice sera d’autant plus facile que le régime en place organise aujourd’hui le mélange artificiel de populations aussi différentes que le sont l’huile et l’eau. Et que constatons-nous ?

Tout d’abord, que les « molécules autochtones » situées en périphérie du peuple autochtone (la « France périphérique ») sont en contact avec des «  molécules allochtones ». Elles interagissent avec ces dernières alors que les molécules autochtones qui sont au centre du milieu autochtone (la France des métropoles) n’interagissent qu’avec d’autres molécules autochtones. Il s’ensuit, voyez Christophe Guilluy, que face à l’immigration et au vivre-tous-ensemble, les molécules autochtones réagissent différemment selon qu’elles résident au centre ou à la périphérie. Les molécules de la périphérie subissent directement l’immigration de peuplement et réagissent en conséquence, soit par la fuite, soit par la résistance (vote FN), soit par les deux. Les molécules du centre, cultivant un entre-soi rigoureux et protégées de toute promiscuité avec la matière étrangère, ignorent, méprisent et ne comprennent pas les tensions qui animent les molécules de la périphérie. Il s’ensuit que la matière autochtone, notre peuple, n’est pas « rigoureusement  dans le même état à sa surface que dans son milieu ». Cela, bien sûr, se traduit politiquement : LREM pour les molécules du milieu, RN pour les molécules de l’interface.

 Notons, d’ailleurs, que la même configuration doit pouvoir être observée dans la matière allochtone. Les molécules allochtones vivant au centre des banlieues ne connaissent et ne comprennent sans doute pas les problèmes des molécules allochtones au contact de la matière autochtone. La fracture entre allochtones vivant de l’économie parallèle, au centre des banlieues, et allochtones « intégrés », dans l’obligation de composer avec le milieu autochtone, est sûrement aussi profonde que la fracture entre Autochtones vivant au centre des métropoles et Autochtones subissant la présence étrangère.

On observera néanmoins que chaque molécule humaine est attirée par son propre milieu (force de cohésion). Les Autochtones, qu’ils soient au centre ou à la périphérie, entendent préserver leur mode de vie autochtone. Les allochtones, quant à eux, qu’ils soient « intégrés » ou pas, sont séduits par les valeurs culturelles ou religieuses qu’ils ont héritées de leurs parents. Une force de cohésion s’exerce sur les deux milieux humains, sans que ceux qui les composent en soit forcément conscients. Chacun des deux milieux se replie sur lui-même et s’arcboute sur son identité. Aussi les zones de contact entre la matière autochtone et la matière allochtone sont-elles des zones de plus en plus instables. La délinquance, les agressions, la chute des prix de l’immobilier et, globalement, le recul des populations autochtones, caractérisent cette instabilité. Au niveau individuel, lorsqu’on ne peut éviter le contact avec l’Autre, l’instabilité se caractérise par des relations superficielles et peu durables. On se fréquente rarement par plaisir.

En résumé, on observera que la population vivant en France peut être analysée comme un système instable animé de fortes tensions internes. D’où le phénomène de coalescence que l’on constate !

En effet, à l’instar des fluides classiques, la population multiethnique instable va tendre « naturellement vers un équilibre qui correspond à la configuration de plus basse tension ». Le système social va naturellement modifier son organisation pour diminuer l’aire de contact entre les milieux autochtones et allochtones. De même, qu’à volume égal, une sphère unique présente moins de surface de contact avec l’autre milieu que plusieurs sphères dispersées, une population rassemblée présentera moins d’occasions de contacts avec l’autre population qu’une population dispersée. Si mon environnement est autochtone et homogène, je verrais moins d’étrangers que s’il est métissé. Diminuer les points de contacts revient à diminuer les risques de conflit : contrairement à ce que pensent les bobos enfermés dans leur entre-soi, plus les Autochtones et les allochtones se connaissent, moins ils s’apprécient. A un certain niveau, la séparation devient un gage de paix sociale. La coalescence qui en résulte se fera selon le principe éprouvé : « Qui se ressemble s’assemble » !

i-3Y32P1IPDOhX_iduLE1KXO2Oo@497x328.jpg

Nous dirons que la coalescence, c’est-à-dire le rassemblement des populations selon leur origine, ou si l’on préfère, pour reprendre notre définition, le phénomène par lequel des individus dispersés d’une population identique ont tendance à se réunir, est un processus naturel actionné par le besoin des systèmes, y compris sociaux, de parvenir à l’équilibre. Or, c’est une loi physique : pour parvenir à l’équilibre, ces systèmes n’ont pas d’autres moyens que de diminuer les « tensions interfaciales » qui s’exercent là où les deux milieux se touchent. Et les « tensions interfaciales » dont parlent les physiciens ne sont rien d’autres que les « tensions interraciales » rapportées par les sociologues et les historiens. Un régime politique aspirant à la concorde civile favoriserait donc le caractère naturellement coalescible des populations et ne chercherait jamais à le gommer, comme le fait pourtant la République.

Au début de cet article nous avons dit que l’huile et l’eau mélangées se séparaient automatiquement quand l’on cessait d’agiter vigoureusement le récipient qui les contenait. Imaginons que le récipient soit la France. Imaginons qu’il ne s’agisse pas d’huile et d’eau, mais, comme nous l’avons dit, de populations aussi différentes que le sont l’huile et l’eau. Question : qui agite le récipient ?

A l’évidence le régime en place ! C’est lui, en effet, qui a conçu le mélange, nous assurant qu’il serait stable et enrichissant pour tous. Et c’est bien lui qui secoue la France en voulant « intégrer » de force des immigrés au milieu de notre peuple, en les dispersant dans nos campagnes, en leur réservant des emplois protégés, en obligeant la « mixité sociale », en restreignant la visibilité de notre culture…  C’est bien lui enfin qui, méprisant toutes les lois de la physique des fluides, multiplie et augmente les « surfaces de tension interfaciale », précipitant ainsi notre pays vers la guerre civile.

Le régime est coupable ! Nous lui proposons une solution, s’il veut durer encore un peu : qu’il reconnaisse le droit à l’existence du peuple autochtone de France et qu’il reconnaisse son droit à la coalescence. Il diminuera ainsi des tensions interraciales qui ne profitent à personne… et nous pourrons utilement préparer le « monde d’après » !

Antonin Campana

L’usurpation du Pouvoir par les minorités

C’est toujours de cette façon que meurt un régime politique, voire une civilisation : lorsqu’un petit groupe d’agités, aussi motivés qu’efficaces, s’empare de la force publique, profitant de la passivité du troupeau humain.

Les minorités commencent par saper l’autorité du Pouvoir en place, sous les applaudissements d’une partie des rejetons veules, incapables et moralement déficients de l’élite de la richesse et de la culture. C’est la phase nécessaire, généralement longue de plusieurs décennies, que des observateurs aussi lucides qu’impuissants nomment parfois, d’une façon fort intelligente : miner une société.

On y parvient grâce à l’hystérie et à l’arrogance, par l’usage des confusions sémantiques et du trompe-l’œil, et encore plus facilement si l’on adopte un statut victimaire. Les sexagénaires actuels ne peuvent oublier comment ont agi, puis triomphé, les agitateurs des années 1965 sq. en Occident.

L’hystérie du comportement, l’arrogance du discours exercent une extraordinaire fascination sur le bourgeois, l’ouvrier, le commerçant ou le paysan calmes et travailleurs. Car, pour des êtres qui s’ennuient à force de routine, d’application et de conformisme, il persiste toujours un espoir de divertissement hors normes. Les détraqué(e)s et les crétins fascinent les êtres de bon sens, au même titre qu’ils se jettent, avant de s’endormir ou lors de leurs vacances, sur des thrillers dégoulinant de joie de nuire, de malfaisance, de sang et d’horreur.

La bonne propagande est celle qui fait passer l’exception pour la règle, qui parvient à faire adhérer aux plus gros mensonges, par le mécanisme de l’information, tronquée parce que partielle et partisane, ainsi que par la répétition jusqu’à satiété des mêmes bobards. Les images et les films truqués valent infiniment mieux que n’importe quel discours démagogique, tout le monde le sait depuis plus d’un siècle. Mais le succès va toujours à celui qui promet la lune sans effort ou, mieux encore, le paradis, soit terrestre, mais dans un avenir indéterminé, soit post-mortem – et personne n’est jamais revenu d’outre-tombe pour détromper les bonimenteurs.

Au bout du compte, l’universitaire se retrouve aux côtés de l’analphabète, vaincu par les mêmes mensonges ou les mêmes demi-vérités, seule varie la présentation… encore a-t-on vu en 1968 de soi-disant brillants cerveaux beugler des slogans d’un merveilleux crétinisme.

La reconnaissance par les médias – partant par l’opinion publique qu’il est devenu si aisé de formater grâce à la propagande télévisée, puis aux blogs et aux sites à prétentions historiques du Net – du statut de victime personnelle, familiale ou communautaire, permet d’exiger une protection juridique particulière, une atténuation du discours médiatique en cas de déviance personnelle ou communautaire, et d’espérer un afflux d’hommages publics et privés, ainsi que de subventions d’origine étatique.

Être reconnu descendant d’un peuple de « victimes perpétuelles de persécutions » permet de s’intégrer à ces « minorités qui font la loi ». Se réclamer du judaïsme victimaire, se poser en lointain descendant d’esclaves, en victime de discrimination sexiste ou « homophobe », en résidu d’inceste ou de viol à l’âge prépubère font de n’importe quel minus, voire d’un authentique délinquant, un sujet hautement protégé par les médias, l’administration publique et les directeurs des relations humaines du secteur public et du privé. La posture victimaire bien exploitée autorise la revendication permanente et tous azimuts.

À la fin du processus de pourrissement de la société, s’impose l’une des minorités. Qu’elle soit composée d’une communauté d’affairistes, d’intellectuels, de professionnels de la manipulation d’opinion publique (depuis les journalistes et les politiciens « fous de dieu » jusqu’aux simples courtiers en assurance vie éternelle) ou encore de guerriers ne fait rien à l’affaire. D’ailleurs, bien souvent, comme ce fut le cas en France l’An 1789, à Petrograd en 1917 ou à Téhéran l’An 1979, on trouve associés des membres de ces quatre composantes.

Dès qu’une minorité a triomphé, raflant le Pouvoir – soit la puissance policière et militaire, la justice, les médias, le droit d’user de l’argent public et, pour les nullités plus ou moins décoratives, l’accès aux sinécures dorées –, débutent les querelles de Divas. La lutte est sans merci, mais pas forcément sanglante. Puis se crée une société nouvelle, dont la durabilité dépend de bien trop de paramètres, dont le plus puissant demeure sa sacrée majesté le hasard, pour qu’on puisse énoncer une théorie à ce propos.

Il n’est pas besoin de « complot » (variante à la sauce romantique : de « conjuration ») pour expliquer la victoire d’une minorité.

Les minorités qui ont triomphé ces derniers millénaires jouissaient presque toutes d’un chef, parfois génial (tels Jules César et son neveu Octave devenu Auguste), souvent médiocre (un François Mitterrand a incarné l’espoir du changement en France à l’aube des années 1980).

De façon obligatoire, elles sont riches de propagandistes efficaces, ceux qui savent « colérer » la populace, suivant le principe fondamental : « Plus c’est gros, plus c’est con, mieux ça passe. »

Mais, pour triompher, elles doivent nécessairement enthousiasmer des militants prêts à tout sacrifier pour la cause. Une minorité qui gagne n’est pas celle qui pleurniche ou intente des actions en justice pour enrichir ses membres ou faire parler d’eux. Une minorité qui emporte le morceau est celle qui parvient à noyauter l’infrastructure de l’État, non pas les hauts fonctionnaires vénaux et opportunistes, mais des centaines de petits agents mus par l’idéal ou l’ambition – et la combinaison de ces deux motivations s’est toujours avérée particulièrement efficace.

Dans la France soixante-huitarde, les fêtards alcoolo-tabagiques et les grandes gueules marxistes de toutes les chapelles (trotskistes et maoïstes s’avérant les plus nocifs) ont obtenu ce qu’ils voulaient : l’abolition de l’État napoléonien, la féminisation de la société – gage d’une plus grande efficacité de la propagande pleurnicharde et démagogique –, le brassage des races et des cultures. Ils n’ont fait que détruire, tenter de dissoudre l’esprit national. Ils y sont presque parvenus grâce à la globalo-mondialisation.

Le résultat est effarant, au point que le seul (et lamentable) mouvement populiste français est objectivement devenu le premier parti du pays… au moment où il n’a plus ni chef, ni doctrine, ni élan, ni militantisme actif.

Au milieu des ruines, il reste l’espérance. Celle du triomphe d’une aristocratie du courage et de la droiture, au service du Bien commun et de la Nation, elle-même pleinement intégrée à la race européenne.

Mais pour obtenir ce résultat, il faut attendre que les Français – et d’une manière générale les Européens – souffrent davantage qu’actuellement, pour qu’enfin ils se révoltent. Ils ne le feront que le jour où une puissante minorité active aura compris que la globalo-mondialisation menace directement la survie de leurs descendants.

Car, si la plupart des minorités triomphantes s’avèrent malfaisantes, corrompues, tyranniques, voire sanguinaires, il en est de bienfaisantes – celle qui instaura l’Empire romain, par exemple.

17:55 Publié dans Définitions, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : définition, sociologie, minorités | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

In Defense of Mishima

d2decle-f07d3c0a-fcd2-4216-9aa3-c9d6cfbdad95.jpg

In Defense of Mishima

I have read Andrew Joyce’s article “Against Mishima [2]” at The Occidental Observer with great interest and mixed feelings. I admire Dr. Joyce’s writings on the Jewish question, but to be candid, his critique of Mishima is on the whole tendentious and shallow. It is also overly emphatic on some topics while neglecting or downplaying other equally, if not more, important ones.

Dr. Joyce seems fixated on Mishima’s sexuality, which Joyce attributes to his unhealthy family environment and peculiar upbringing. Mishima’s sexuality is understandably regarded as unsavory by most traditional-minded people. But Dr. Joyce had gone a bit too far with his meticulous attention to this particular issue. Furthermore, I’m afraid that many of his claims about Mishima’s private life are based on taking his novel Confessions of a Mask as a straightforward autobiography, which is not supported by Mishima scholarship.

Mishima is certainly not a paragon of traditional sexual morality. That said, is he still worthy of the respect he receives from white nationalists? I believe the answer is yes, if we focus on the uplifting aspects of his life and work, including many of his writings and speeches that were given short shrift in Dr. Joyce’s article and perhaps are also generally less known to people who do not read Japanese.

The kernel of Dr. Joyce’s argument is that “if key aspects of his biography, including the death, are linked significantly more to his sexuality than his politics, then this is grounds to reconsider the worth of promoting such a figure,” which was later reinforced by his other claim that “a theory thus presents itself that Mishima’s carefully orchestrated death was a piece of homosexual sadomasochist theatre rather than anything political, let alone fascistic or in the tradition of the Samurai.”

To be frank, I found this assertion utterly preposterous. When a man delivers a speech about the importance of the Samurai tradition, then kills himself Samurai-style by cutting open his stomach—literally “spilling his guts”—it seems perverse to wonder if he is being insincere, if he is engaging in “homosexual sadomasochist theatre.” Irony, camp, and theatrics are all fake. There is nothing ironic or campy or fake about actually killing oneself.

Joyce simply ignores the text of Mishima’s final speech, in which he decried the ugly post-war era of Japan, deploring its materialistic and spiritually vacuous society. He lambasted venal and cowardly mainstream politicians. He called for Constitutional reform. He highlighted the authenticity of the Japanese military tradition, contrasting it to the miserable reality of the Japanese Self-defense Force, pointing out the dishonor of the Japanese military forever being a mercenary force of America and capitalists. He rejected the hypocrisy and nihilism of the post-war democracy and its mantra of “respect for human lives.” He reasserted the paramount status of the Tennō (Emperor) and Dentō (tradition), and urged the audience to die as real men and warriors combating the nation-wrecking post-war political regime and value system.

Then he demonstrated that he meant it.

The speech remains every bit as pertinent, powerful, and inspiring when read today as it was back then. The speech alone is enough to guarantee the immortality of Mishima as a nationalist figure of global significance, to say nothing of his numerous politically and culturally themed writings, fiction and non-fiction alike, and his other relevant speeches, which Dr. Joyce was either unaware of or chose to ignore.

A central argument of Dr. Joyce against Mishima is that “he seems hardly political at all. His fiction, denounced by early critics of all political hues as full of ‘evil narcissism’ possessing ‘no reality,’ is almost entirely devoid of ideology.” This could not be further from the truth and seems based on sheer ignorance. I wonder how many works of Mishima Dr. Joyce has actually read or even read about? Did he ever read Mishima’s final speech in full, or his Anti-Revolutionary Manifesto?

Admittedly, Mishima was not a political theorist or a philosopher; he was primarily a novelist and playwright. But being a nationalist writer and activist, his literary world was rich in themes drawn from Japanese history, traditional culture, politics, and current affairs. And, when it comes to political and ideological relevance, it is accurate to understand Mishima more as a Right-wing artist and inspirational activist than a theorist, which certainly has value for the Dissident Right in the West.

4806040005_b70748afe4_b.jpgDr. Joyce maintained that “Mishima, of course, never explored the Emperor’s role in World War II in any depth, and his chief fixation appears solely to have been the decision of the Emperor to accede to Allied demands and ‘become human.’” This is a baffling statement which again simply betrays Dr. Joyce’s lack of knowledge. Besides rightfully decrying the Showa Emperor’s self-demotion to “become human” from his traditional status of “Arahitogami” (god in human form or demigod), Mishima also critically examined the Emperor’s role in politics before, during, and after the war, which revealed that what Mishima essentially venerated was not the individual Tennō but the tō (the unique and time-honored Japanese monarchical system).

For example, Mishima criticized the Showa Emperor, expressing strong sympathy with the rebel soldiers of the “2.26 Incident” of 1936, who were genuine patriots with lofty ideals who were mercilessly crushed by the explicit order of the Emperor. His Patriotism and Voice of the Martyrs were written with great feeling in commemoration of them. [1] [3]

Mishima also extolled the spirit and actions, and lamented the defeat of, the Samurai bands (prototypes of the movie The Last Samurai) who held fast to traditional values in defiance of Japan’s westernization in the wake of the Meiji Restoration. This is justifiably perceived as his criticism of the Meiji regime. Interested readers are recommended to take a look at my old review of the book Persona: A Biography of Yukio Mishima here [4].

Mishima believed that the Emperor could unify Japanese society as a cultural figure, standing above the political realm. He believed that if the monarchy stood as a national and cultural principle of unity, this would create a free space for political debate and cultural innovation, without endangering the cohesion of society. This view is rooted in Japanese tradition, but seeks to make space for important elements of modernity, including political pluralism and cultural freedom. One may agree or disagree with such views, but contra Joyce, they do exist, and they are not vague or vacuous.

A comprehensive search will discover that Mishima’s many books, essays, dramas, and speeches contain explicit or implicit messages defending Japan’s political, cultural, and military traditions, including but not limited to Bushido, expressed with the beauty and exuberance that are Mishima’s literary hallmarks and showing his profound cultivation in ancient Japanese and Chinese classics. His non-fiction books on cultural and political topics include For the Young Samurais, Introduction to Hagakure, Sun and Steel, and Theory of Cultural Defense. The same themes are discussed in his novel Runaway Horses and numerous essays. The five books cited above are especially popular and widely read in France and Italy.

In Sun and Steel (1968), Mishima writes, “Sword/martial art means to fight and fall like scattering blossoms, and pen/literary art means to cultivate imperishable blossoms.” Mishima has certainly lived up to this ideal himself, fulfilling it with his own sword and pen. According to literary critic Koichiro Tomioka, Sun and Steel is almost Mishima’s “literary suicide note” in which his cultural and philosophic thoughts were condensed. In it, Mishima argues that it is exactly the post-war era, in which all values have been inverted, that necessitates the revival of the ancient ethic code of “Bun-Bu-Ryodo” (cultivating a mastery of both pen and sword), as when “Bu” (sword) is gone, “Bun” (pen) slackens and decays. It is in the healthy tension created by the contrasting “Bun” and “Bu” that Mishima was seeking to reclaim traditional Japanese sensibilities.

Mishima also made some famous political statements in a long and heated debate with Leftist students at Tokyo University in 1969, the peak of a cultural and political maelstrom that had swept across Japan’s campuses at large. Their discussion went beyond different political stances into philosophical realms. While the students advocated transcending time and realizing a conceptual revolution in a new space, Mishima upheld the continuum of time. The topics included the Emperor, arts and aesthetics, ego and flesh, morality of violence, politics and literature, time and space, beauty as concept and reality, etc. While being an avowed and ardent Right-wing nationalist in politics and culture, Mishima actually showed sympathy with the Left-wing students’ opposition to capitalism and big business, telling the students: “If you guys are willing to recognize the sanctity and solemnity of the Emperor [as the head of the Japanese national community], I am willing join your ranks.”

Dr. Joyce also made a few jaundiced remarks that detract from his credibility. For example, he claims “[Mishima] was so poor at articulating his ideas to troops during his coup attempt that he was simply laughed at by gathered soldiers.” This is a surprisingly uninformed and erroneous assertion. It was true that Mishima was jeered and taunted by the gathered troops, who interrupted his speech multiple times by shouting. But their behavior had nothing to do with Mishima’s alleged inability to articulate his ideas. Mishima, after all, made a career of articulating ideas, a talent that did not fail him in his final speech.

The problem, rather, lies with the soldiers themselves, who understandably resented the fact that they were convened to listen to Mishima’s speech under duress because Mishima had taken their commander hostage. Moreover, most post-war Japanese servicemen were mere salarymen in a prosperous and materialistic society. They had little connection with the Japanese warrior tradition and were hardly capable of appreciating the problems of the spiritually vacuous society that had produced them. Mishima was perhaps aware of the possibility that he was “casting pearls before swine,” but he knew that his actions would give his words a far larger audience than the hecklers before him. Interestingly enough, according to a 2015 Mishima memorial in the Japanese nationalist publication Sankei Shimbun, some of the soldiers who mocked Mishima’s words later came around to his way of thinking.

220a2f3ecc43279fc46b234d8af41b27.jpg

Dr. Joyce states that “[Mishima] lied during his own army medical exam during the war in an effort to avoid military service.” This was simply not true. According to a number of Japanese books and essays on Mishima written by his supporters and critics alike, a large amount of evidence on this particular issue pointed to Mishima’s father Azusa Hiraoka using his government connections to help his son evade military conscription, about which Mishima was unaware. Another version of the story is that, although Mishima passed the initial exam, he was diagnosed with pulmonary infiltrates and was judged physically unqualified and excluded from military service, which was unsurprising due to his chronically weak physical conditions from early childhood.

Rather than chasing after such pointless shadows, it is far more worthwhile to take notice of the fact that Mishima had long felt pangs of conscience and an acute sense of survivor’s guilt for his inability to fight as a result of his physical condition in his youth, which partly explained why he took up body building after the war, striving to become a better man in both physical and spiritual senses, and entered the cultural and spiritual world of Bushido and the Samurai.

Another baseless and snide remark from Dr. Joyce is “One could add speculations that Mishima’s military fantasies were an extension of his sexual fixations, including a possible attempt to simply gain power over a large number of athletic young men. But this would be laboring an all-too-obvious point.” There is simply no evidence that Mishima harbored such baleful intent toward the young men who joined his Tatenokai (Shield Society). There has not been a single allegation of sexual impropriety, either before or after Mishima’s death, either from the young men themselves or from the media at large, including many hostile tabloid papers eager to pounce on the first possible chance to sling mud at Mishima. Surely one could expect that Mishima’s young followers, however juvenile and starry-eyed they might have been back then, would have said something in the last half-century if they had really become targets of Mishima’s “sexual fixations.”

Dr. Joyce moves from disparaging Mishima to demeaning Japanese culture in general in his misguided dismissal of Seppuku. Joyce’s major source, namely Toyomasa Fuse, is a Leftist who hates his ancestral cultural roots, like many Japanese and other East Asians who have either grown up in post-war American society or have been educated in toxic American institutions of higher learning. A simple search online reveals that Fuse was one of a select few Japanese groomed by the American occupation regime as a new intellectual elite. Fuse went to the US in 1950, sponsored by the US government, and later received both his Master’s and Ph.D. degrees from UC Berkeley, where he became a full-fledged Leftist and anti-traditionalist scholar. He was an active member of the anti-Vietnam War movement and moved from the US to Canada in 1968 with some other anti-war college professors. As the founder of the hilariously named Canada Suicide Studies Society, he specialized in and taught “Suicide Studies” at York University from 1972 until his retirement in 1997. Consulting Fuse on Japanese militarism is like consulting the Frankfurt School about Prussian militarism. Joyce, of all people, should know better.

The last sweeping and sloppy charge against Japanese culture by Dr. Joyce that I would like to counter is this: “Again, we must question, at a time when we are trying to break free from high levels of social concern and shaming in Europe, whether it is healthy or helpful to praise practices originating in pathologically shame-centered cultures.”

Surely Dr. Joyce realizes that social shaming in today’s Western countries is fundamentally different from social shaming in traditional Japanese society.

The shaming of whites in Western societies was imposed by an alien hostile elite on the native white populace for the purpose of undermining their traditional culture and values. But the shame culture of Japan is imposed by the Japanese community on its own members to encourage them to live up to communal standards and serve the common good. To put it simply, shaming in the West is an alien contrivance to undermine white society by pinning whites down with false guilt, while shaming in Japan is an indigenous and organic way that the Japanese maintain social norms and enhance social cohesion. The gradual decline of Japanese shaming culture in recent years due to Western influence is another trend that has alarmed traditionalists and nationalists in Japan.

If white societies had greater social cohesion and responsibility, reinforced by shaming, they probably would have resisted the takeover of hostile alien elites. Perhaps, then, white nationalists should study and adopt Japanese shaming mechanisms instead of bashing and trashing them. By calling traditional Japanese shame-centered culture embodied by Mishima “pathological,” Dr. Joyce might as well be quoting from the Frankfurt School, which sought to pathologize healthy white family and social norms, which are not so different from healthy Japanese norms.

Note

[1] [5] Two of the leaders of the uprising, senior captain Asaichi Isobe and senior captain Hisashi Kōno, evoked the greatest empathetic feelings from Mishima, and their patriotism, sincerity, and Samurai mettle became sources of his literary creations. Mishima wrote Patriotism and Voice of the Martyrs based on the Prison Note of Isobe, which featured the revengeful ghosts of the 2.26 uprising soldiers and Kamikaze pilots.

In a conversation with Tsukasa Kōno, elder brother of senior captain Hisashi Kōno, who was a key member of the uprising and committed suicide after the coup failed, Mishima remarks on the Showa Emperor’s dismissive words on the officers who decided to commit suicide: “Go ahead and kill themselves if they want. I’m not going to honor those despicable men with any official envoy.” Mishima commented: “It was not the rightful conduct for a Japanese Emperor. This is so sad.” Tsukasa asked Mishima: “Had those young officers known what the Emperor had said, would they have still shouted ‘Tennō Heika Banzai!’ (Long Live His Majesty the Emperor) before the firing squad?”

Mishima answered: “Even when the Emperor didn’t behave like an emperor, subjects ought to behave like subjects. They knew they must fulfill their part as subjects and chanted ‘Long Live the Emperor,’ believing in the judgment of the heaven. But what a tragedy for Japan!” When uttering his, he looked teary and his voice choked. After publishing Voice of the Martyrs, Mishima wrote in a letter to Tsukasa: “I wrote it with an intention to present it before the memorial tablets of your younger brother and other deceased officers of the 2.26 Uprising.”

 

Article printed from Counter-Currents Publishing: https://www.counter-currents.com

URL to article: https://www.counter-currents.com/2020/01/in-defense-of-mishima/

URLs in this post:

[1] Image: https://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2014/08/Grave_of_Yukio_Mishima.jpg

[2] Against Mishima: https://www.theoccidentalobserver.net/2020/01/08/against-mishima-sex-death-and-optics-in-the-dissident-right/

[3] [1]: #_ftn1

[4] here: https://www.counter-currents.com/2014/09/naoko-inoses-persona-a-biography-of-yukio-mishima/

[5] [1]: #_ftnref1

Comment la santé est devenue un enjeu géopolitique

24259_ebe24dd415a5841.jpg

Comment la santé est devenue un enjeu géopolitique

Ex: https://echelledejacob.blogspot.com
 
Ni l’altruisme ni la philanthropie n’expliquent la préoccupation des grandes puissances pour la santé mondiale. Mais plutôt des intérêts tantôt sécuritaires, tantôt économiques ou géopolitiques. Néanmoins, l’Europe pourrait mieux utiliser les fonds octroyés aux institutions internationales. La priorité revient à l’Afrique francophone, où se concentrent les défis des décennies à venir.
 
En 2000, cent quatre-vingt-treize Etats membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) et vingt-trois organisations internationales se fixent huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) : atteindre, d’ici à 2015, des « niveaux de progrès minimum » en matière de réduction de la pauvreté, de la faim, des inégalités, et d’amélioration de l’accès à la santé, à l’eau potable ainsi qu’à l’éducation (lire « Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) relatifs à la santé »).

D’emblée, Mme Gro Harlem Brundtland, alors directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), identifie une priorité : dégager des financements à la hauteur du défi. Elle confie à M. Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, la commission « Macroéconomie et santé » visant à accroître les investissements en faveur de la réalisation rapide des OMD dans la santé.

Entre 2000 et 2007, les financements mondiaux des pays en développement, provenant de partenariats public-privé associant le secteur industriel et commercial, notamment les fabricants de vaccins et de médicaments, ont été multipliés par quatre — par trois pour la période 2001-2010, atteignant un pic de 28,2 milliards de dollars en 2010. Les fonds américains publics et privés en constituent la plus grande part. La Fondation Bill et Melinda Gates a donné à elle seule près de 900 millions de dollars en 2012. L’Afrique aurait reçu 56 % des financements en 2010. L’aide mondiale au développement a augmenté de 61 % sur cette période, pour atteindre 148,4 milliards de dollars en 2010.

Aux Etats-Unis, une question sécuritaire

Pourtant, 2015 approche, et la réalisation des OMD demeure toujours aussi lointaine en Afrique subsaharienne. L’insuffisance des financements n’explique qu’en partie ces retards : d’autres facteurs, moins connus, ont aussi joué un rôle important. Il est utile d’y revenir, alors que se prépare l’élaboration des « nouveaux objectifs » à mettre en œuvre après 2015.

De nombreuses études et recherches montrent que l’allocation de l’aide mondiale ne repose pas seulement sur des critères épidémiologiques, de population, ou de charge de maladie, mais aussi sur ces puissants vecteurs que furent et que demeurent les intérêts commerciaux, les relations historiques et les rapports géopolitiques (lire « Mission inaccomplie en Afrique de l’Ouest »).

La relecture de l’histoire de la santé indique que la tenue des premières conférences internationales sur le sujet, au XIXe siècle, était moins motivée par le désir de vaincre la propagation de la peste, du choléra ou de la fièvre jaune que par la volonté de réduire au minimum les mesures de quarantaine, qui s’avéraient coûteuses pour le commerce… Ces tensions entre la médecine, la santé, les intérêts marchands et le pouvoir politique forment les termes d’une équation paradoxale inhérente à la question de la santé publique mondiale. L’accès des populations pauvres aux médicaments dans le cadre des Accords sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (Adpic) exprime bien ces tensions, qui, dans le monde contemporain, peuvent aller jusqu’au bras de fer.

Les fondateurs et les partenaires du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme présupposent que les stratégies de lutte contre ces trois maladies sont pertinentes dans tous les pays et qu’« il ne manque plus que l’argent ». Pour comprendre cette vision financière des enjeux de santé et ses limites en termes d’efficacité, il faut revenir sur le contexte dans lequel le Fonds mondial a été créé.

En 1996, M. William Clinton, alors président des Etats-Unis, publie une directive appelant à une stratégie davantage orientée vers les maladies infectieuses. Il s’agit là moins d’un élan d’altruisme que d’une préoccupation de sécurité nationale. Propagation, conséquences économiques, retard dans le développement de nouvelles molécules, résistance des agents infectieux aux antibiotiques, mobilité des populations, croissance des mégapoles, faiblesse des systèmes de santé des pays pauvres : ces sujets inquiètent l’administration américaine, et ce bien avant les attentats du 11 septembre 2001.

Dès 1997, l’Institut de médecine, instance de référence scientifique américaine, publie un rapport expliquant que la santé mondiale est « d’un intérêt vital pour les Etats-Unis ». Pour la première fois apparaît l’expression global health, que nous traduisons par santé mondiale : « Les pays du monde ont trop en commun pour que la santé soit considérée comme une question relevant du niveau national. Un nouveau concept de “santé mondiale” est nécessaire pour traiter des problèmes de santé qui transcendent les frontières, qui peuvent être influencés par des événements se produisant dans d’autres pays, et auxquels de meilleures solutions pourraient être envisagées par la coopération. »

Alors que le sida se propage en Afrique australe de manière spectaculaire, la publication en 1999 par le ministère de la défense sud-africain de taux élevés de prévalence de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) chez les militaires de nombreux Etats d’Afrique alarme les autorités. Les capacités de défense nationale ne seraient, à court terme, plus suffisantes pour faire face à des conflits internes ou externes. Selon l’International Crisis Group (ICG), de nombreux pays « ne seront bientôt plus en mesure de contribuer aux opérations de maintien de la paix ». Sur la période 1999-2008, le Conseil national des services de renseignement du gouvernement américain, le National Intelligence Council (NIC), centre de réflexion stratégique, publie six rapports sur la santé mondiale. Fait inédit, ces documents définissent une maladie comme un « agent de menace non traditionnel » pour la sécurité des Etats-Unis, dont les bases militaires constellent la planète.

Cette « menace » va parvenir jusqu’aux Nations unies. Pour la première fois de son histoire, le 10 janvier 2000, à New York, le Conseil de sécurité inscrit à l’ordre du jour de sa réunion un thème qui n’est pas lié à un risque direct de conflit : « La situation en Afrique : l’impact du sida sur la paix et la sécurité en Afrique ». Les Etats-Unis président les échanges, avec le vice-président Albert Gore le matin et l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, Richard Holbrooke, l’après-midi. Il en sortira plusieurs résolutions. L’article 90 de la résolution de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies du 27 juin 2001 appelle à la création d’un « fonds mondial santé et VIH-sida afin de financer une réponse urgente à l’épidémie selon une approche intégrée de prévention, de prise en charge, de soutien et de traitement, et d’appuyer les Etats dans leurs efforts contre le sida, avec une priorité donnée aux pays les plus touchés, notamment en Afrique subsaharienne et dans les Caraïbes ».

Le Fonds mondial voit le jour grâce à la mobilisation des membres du G8 par M. Annan. Loin du « fonds santé et sida » recommandé, le mandat du partenariat public-privé (PPP) mondial porte seulement sur le sida, la tuberculose et le paludisme. La politique de sécurité nationale américaine se nourrit de peurs plus ou moins fondées contre lesquelles il faut lutter : le communisme, le terrorisme, les maladies… Tels sont les « traumatismes » inspirant les politiques de défense des Etats-Unis, qui n’hésitent pas, pour défendre leurs positions sur les enjeux de santé mondiale, à instrumentaliser le Conseil de sécurité des Nations unies.

Après une décennie marquée par la guerre en Afghanistan et en Irak, la stratégie de M. Barack Obama consiste à emmener son pays vers d’autres combats que les « conflits à l’extérieur ». Il s’agit de « restaurer le leadership américain à l’étranger », y compris pour relever les défis liés au contrôle des épidémies, thème expressément mentionné dans la stratégie de sécurité nationale en 2010. Lorsque le gouvernement annonce, en juillet 2012, la création au sein du département d’Etat de l’Office of Global Health Diplomacy — institué juste avant le départ de Mme Hillary Clinton —, il affirme vouloir prendre le contrôle et le pouvoir. « Nous avons recommandé de passer du leadership en interne [c’est-à-dire entre les agences nationales de coopération sanitaire] au leadership mondial par le gouvernement américain », précise le communiqué. « Les Etats-Unis ont bien compris qu’au fond la véritable puissance, aujourd’hui, c’est de pouvoir jouer dans les deux sphères, interétatique et transnationale », analyse l’historien des relations internationales Georges-Henri Soutou. 

Choix financiers sous influence

L’analyse des facteurs qui ont façonné les politiques sanitaires de ces dernières décennies permet de distinguer trois conceptions : la santé mondiale comme investissement économique, comme outil sécuritaire et comme élément de politique étrangère (sans même parler de charité ou de santé publique, deux composantes supplémentaires qui, d’après David Stuckler et Martin McKee, complètent l’ensemble). En politique, la notion de sécurité implique l’urgence, le court terme et le contrôle des maladies contagieuses, plutôt que l’approche holistique et systémique de long terme qu’exigerait le renforcement des capacités institutionnelles des systèmes de santé. La pérennité des interventions financées pendant près de quinze ans en est fragilisée.

Ces observations aident à comprendre pourquoi l’aide n’est que d’une efficacité limitée : quels que soient les montants alloués par le Fonds mondial ou par le gouvernement américain au travers du plan d’urgence de lutte contre le sida (Pepfar ), les performances de ces programmes sur le terrain s’avèrent décevantes. La pertinence des financements en faveur de la prévention, ou l’ajustement des interventions à des dynamiques démographiques, urbaines, sociales, économiques ou conflictuelles, et aux spécificités nationales de la propagation, sont autant d’éléments fondamentaux relativement peu pris en compte.

Trente ans après le début de la pandémie, peu de moyens sont alloués à la recherche locale, épidémiologique, anthropologique et économique au service de la décision. Pour deux personnes mises sous traitement, cinq nouvelles infections se produisent. Le retentissement des violences sexuelles sur la féminisation de la pandémie en Afrique n’est pas même une hypothèse de recherche, sur un continent où les conflits armés se multiplient ! A l’échelle internationale, le détournement de quelques millions de dollars du Fonds mondial suscite davantage l’indignation que l’absence d’analyse, dans les pays mêmes, de l’efficacité des stratégies. Opérés sous influence, les choix financiers privilégient pourtant le paradigme curatif de la santé, au bénéfice de l’industrie pharmaceutique, plutôt que la prévention de la transmission du VIH.

De la multiplication des acteurs de l’aide au développement émergent des conflits de gouvernance entre « décideurs » et « partenaires », ce qui entraîne une dilution des responsabilités : qui doit rendre des comptes sur l’utilisation des financements alloués au travers de partenariats mondiaux ou de mécanismes innovants, quelle que soit la thématique ? Pour les aspects financiers, la responsabilité relève du conseil d’administration du Fonds mondial, plutôt que du seul secrétariat exécutif. Les aspects techniques et stratégiques sont censés être traités par les pays et leurs partenaires (Onusida, Fonds des Nations unies pour l’enfance — Unicef — et OMS). Si les agences de l’ONU ont apporté un appui technique aux Etats, leurs équipes ont-elles su les accompagner vers une vision stratégique qui tienne compte de leurs spécificités pour enrayer les trois pandémies ? Si la réponse est non, il est temps de l’assumer.

L’Afrique, la France et l’Europe seront confrontées au cours des décennies à venir à des défis hors normes. La population du continent noir va doubler d’ici à 2050, passant de un à deux milliards d’habitants, soit 20 % de la population mondiale. D’après l’économiste François Bourguignon, invité au Collège de France pour présenter son ouvrage sur la « mondialisation de l’inégalité », la pauvreté — au sens strict — sera un problème exclusivement africain d’ici à 2040 ou 2050.

Transitions démographique et épidémiologique sont en marche sur un continent qui s’urbanise rapidement, et où des maladies chroniques dont nous n’avons pas encore mesuré l’ampleur deviennent plus massives : cancers, diabètes, maladies cardio-vasculaires et respiratoires, problèmes de santé mentale, maladies liées aux pollutions environnementales… Ces affections, non ou tardivement dépistées et diagnostiquées, se propagent telles de nouvelles pandémies, en plus des accidents sur la voie publique, ajoutant à la charge de travail de personnels de santé déjà en nombre très insuffisant.

Les inégalités de santé s’inscrivent dans le sillage des inégalités économiques et sociales. Les systèmes d’assurance- maladie et de protection sociale se mettent en place trop lentement et inégalement d’une région à l’autre. La « couverture sanitaire universelle » serait utile aux populations pauvres si elle était un moyen au service d’une politique fondée sur les priorités nationales, et en particulier sur la prévention.

Compte tenu des liens historiques et des relations politiques, économiques et commerciales que la France et l’Europe entretiennent avec l’Afrique subsaharienne depuis quelques siècles, la contribution politique, leur expertise et leurs financements sont encore attendus, et ne doivent pas s’effacer derrière les priorités américaines. La situation en Afrique francophone de l’Ouest et du centre appelle des réactions massives sur le long terme.

A faire converger les objectifs de développement avec ceux du développement « durable » pour le monde d’après 2015, nous prenons le risque de ne nous intéresser qu’aux enjeux mondiaux communs, et de négliger une nouvelle fois les Etats fragiles et les populations les plus vulnérables. Les priorités, pour ceux-ci, sont plutôt l’éducation des filles (jusqu’au niveau de l’enseignement supérieur), la santé des femmes enceintes, les maladies tropicales ignorées et les capacités institutionnelles à élaborer et à gérer des politiques complexes.

Ne perdons pas de temps à plaider en faveur de la santé : « Ceux qui se posent la question de savoir si une meilleure santé est un bon instrument de développement négligent peut-être l’aspect le plus fondamental de la question, à savoir que santé et développement sont indissociables, insiste Amartya Sen. Il n’est pas nécessaire d’instrumentaliser la santé pour en établir la valeur, c’est-à-dire d’essayer de montrer qu’une bonne santé peut également contribuer à stimuler la croissance économique. » Privilégions, pour chacun sur la planète, l’idée d’une santé durable, plutôt que le seul mécanisme de financement qu’incarne la couverture sanitaire universelle, désormais présentée comme un objectif de développement durable.

00:26 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, santé, médecine | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 30 janvier 2020

El concepto de Defensa Integral

ORB_4168.JPG

El concepto de Defensa Integral

Ex: https://www.geopolitica.ru

Defensa Integral - Concepto

Entiendo el concepto de Defensa Integral como se refiere la comprensión, intervención y control de la mayor cantidad de variables mensurables vinculadas a la preservación de la soberanía del Estado, entendiendo que la Soberanía, en tanto poder efectivo del Estado sobre el territorio, deviene del Pueblo y de éste a su Gobierno, en pleno uso de las facultades constitucionales previstas en tanto gobierno electo. 

Por ello la Defensa Integral incluye no sólo aspectos militares, sino también otros que coadyuvan al mantenimiento de la gobernabilidad, aspecto fundamental para lograr los objetivos que el Gobierno Electo se ha propuesto. 

Defensa Integral - Esquema

Elementos de la Defensa Integral

Militar

El objetivo del desarrollo de las capacidades militares es la disuasión militar. La Directiva de Política de Defensa Nacional (DPDN), Decreto 1714/2009, y norma complementaria (Decreto 2645/2014), establece que la defensa nacional tendrá el carácter defensivo, autónomo y cooperativo. 

En el marco de la DPND, se plantea abordaje en dos áreas: Equipamiento y Formación ideológica. 

Formación Ideológica

Se plantea la necesaria revisión de los contenidos brindados en los establecimientos de formación militar de Oficiales y Suboficiales de todas las Armas, incluyendo los de educación superior:

  • Escuela de Oficiales de la Armada
  • Escuela de Suboficiales de la Armada
  • Escuela Naval Militar 
  • Liceo Naval Militar Almirante Brown 
  • Colegio Militar de la Nación
  • Escuela Superior de Guerra (Argentina)
  • Instituto Social Militar
  • Escuela de Aviación Militar
  • Liceo Aeronáutico Militar
  • Los Liceos militares de todo el país.

La carencia de una concepción geopolítica adecuada a nuestra realidad queda manifestada en la falta de “conciencia de clase” militar, donde el modelo a seguir continúa siendo el de los países de la OTAN, pese a que tenemos una parte de nuestro territorio ocupado por una base de la Alianza del Atlántico Norte en las Islas Malvinas. Se desprecia lo popular, los gobiernos populistas, se continúa con el cultivo de formación clasista y oligárquica, con una concepción de “Patria” indeterminada, alejada de lo popular y lo concreto. 

Equipamiento

El equipamiento de nuestras FFAA debe estar acorde a nuestra realidad geopolítica. No podemos seguir adquiriendo material militar de países de la OTAN, puesto que es una contradicción a nuestro reclamo de soberanía sobre las Islas Malvinas. Por ello los caminos que se plantean son los siguientes:

•  Potenciación de Capacidades

Mediante el apoyo político y de recursos materiales y humanos a la Industria de la Defensa, sea estatal (FADEA, FAMA) o privada (Cicaré, etc.).

• Adquisición

En la nueva concepción de Defensa Integral, la adquisición debe realizarse priorizando a países fuera de la órbita de OTAN, que proveen material más accesible y mantenimiento coordinado (en su mayoría), como Rusia y China. La renovación del equipamiento de las tres Armas principales puede lograrse progresivamente a través de convenios con estos países, donde ya hay voluntad de hacerlo 

Ideológica

Los vaivenes del populismo latinoamericano, el pase de la cima a la sima, responden a procesos que si bien han permitido el acceso a los derechos de grandes sectores de la población, no han podido modificar la matriz cultural de los ciudadanos, quienes en gran parte, siguen adaptando las formas del lenguaje y reflexión de los sectores de poder ajenos a los intereses nacionales y populares. 

De allí que en estos cuatro años debe darse una fuerte batalla en el campo cultural a fin de consolidar el proceso democrático y popular, en tanto justicia social, para perfilar un modelo de país no sólo en el plano económico, sino en el cultural. 

DCicrRwWsAA5tgm.jpg

La batalla cultural o guerra ideológica se plantea en dos frentes: 

• Medios de Comunicación

La batalla cultural debe disputarse en el plano de los medios de comunicación, fortaleciendo los pequeños los medios de comunicación aliados, a la vez que reaplicando la Ley de Servicios de Comunicación Audiovisual, con el fin de debilitar a los grandes grupos monopolísticos comunicacionales que forman ideología y no permiten la reflexión, tanto en forma directa a sus televidentes, oyentes o lectores como cuando son utilizados como agencias de prensa por los medios de comunicación del interior del país. Una vez aprobada la Ley de Solidaridad y Reactivación Productiva y consolidado la actualización de retenciones a las exportaciones, sería apropiado continuar con lo planteado anteriormente.  

La batalla comunicacional también se da desde la comunicación no tradicional, en particular redes sociales, donde el rol de los trolls o centros de difusión de mensajes maliciosos y noticias falsas o falaces (fake news) juega un rol importante a la hora de formar opinión en los sectores medios.

• Políticas Educativas

La centralidad del Estado posibilita la implementación de las políticas educativas tendientes a librar la batalla cultural en el ámbito de las Instituciones Educativas. Los planes, programas y proyectos planteados entre 2003 y 2015 adolecieron de instrumentos de control efectivo, su aplicación dependió del interés de cada ministro de educación provincial y las jornadas de actualización docentes fueron y siguen siendo formas de perder el tiempo en forma organizada. Es menester que los procesos de implementación, monitoreo y evaluación de las políticas públicas sean efectivos a fin de proveer las herramientas para el debate racional de ideas en alumnos primarios y secundarios, así como docentes. 

Infraestructura

La Defensa Integral implica orientar todo el potencial del Estado a proteger el gobierno democráticamente elegido, en tanto proyección de la soberanía popular, lo que incluye las obras públicas que favorezcan la defensa, protección, integración y proyección del Estado Argentino. 

La obra pública es una importante herramienta de reactivación de la demanda agregada, por lo que es conveniente priorizar aquellas que favorezcan la ocupación efectiva del territorio, la integración cultural y comercial, la protección de las fronteras y la proyección económica y cultural de la República Argentina a países limítrofes, especialmente a Uruguay, Paraguay y Bolivia. 

Política

La defensa del Gobierno del Estado también se logra consolidando el poder político democráticamente logrado y fortaleciendo a los actores políticos del proyecto nacional popular en territorios hostiles donde no son gobierno. 

Con las herramientas existentes y en forma coordinada y planificada, es posible asesorar y supervisar la gestión política de referentes propios a fin de minimizar los daños de gestión que minen su imagen y caudal electoral. 

Es necesario también brindar asesoramiento político para la construcción de poder democrático a aquellos referentes que disputan gobiernos municipales y provinciales gobernados por espacios políticos ajenos a la concepción política filosófica del Gobierno Nacional. 

01:08 Publié dans Défense, Militaria | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : défense, défense intégrale, militaria | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les signes de la Fin des Temps

ob_bebde0_apoc.jpg

Les signes de la Fin des Temps

 
 
Les principaux signes annonciateurs de la fin du monde selon diverses traditions :
 
-Dégénérescence de l'humanité, divisions et dissensions familiales
Seconde bataille de Mag Tured (vieux récit irlandais) : « Je verrai un monde qui ne me plaira pas ; été sans fleurs, vaches sans lait, femmes sans pudeur, hommes sans courage, (…), mauvais avis des vieillards, mauvais jugement des juges, chaque homme sera un traître ». Völuspa (45) : « Les frères s'entrebattront et se mettront à mort ». Ovide, Les métamorphoses (L. I) : « On vit de rapt ; l'hôte n'est pas en sécurité auprès de son hôte, ni le gendre auprès de son beau-père ; entre frères même, la bonne entente est rare. L'époux est une menace pour la vie de son épouse, l'épouse pour celle de son mari ». Vishnou-Purâna (L. VI) : « Les femmes n'obéiront pas aux maris et aux parents. Elles seront égoïstes, abjectes, désaxées, menteuses, et c'est à des dissolus qu'elles s'attacheront (…) Elles deviendront simplement un objet de satisfaction sexuelle ». Lingâ-Purâna : « On tuera les fœtus dans le ventre de leur mère ». Ibn 'Amr affirme que le prophète a dit : « L'Heure ne viendra pas avant qu'apparaissent la bassesse et la vulgarité, les liens de parenté seront rompus et le mauvais voisinage se répandra » (Hadith rapporté par Ahmad).
 
-Calamités naturelles
Matthieu (XXIV, 7) : « On verra s'élever nation contre nation, royaume contre royaume, et il y aura des pestes, des famines et des tremblements de terre en divers lieux ». Maslama Ibn Nufayl affirme que le prophète a dit : « Avant l'Heure, il y aura une épidémie sévère et après viendront les années de séismes » (Hadith rapporté par Ahmad). Vishnou-Purâna (L. IV) : « La terre ne sera respectée qu'à cause des trésors minéraux qu'elle renferme ». Ovide, Les métamorphoses (L. I) : « Les hommes ne se bornèrent point à demander à la terre ses moissons et ses fruits, ils osèrent pénétrer dans son sein; et les trésors qu'elle recelait, dans des antres voisins du Tartare, vinrent aggraver tous leurs maux. Déjà sont dans leurs mains le fer, instrument du crime, et l'or, plus pernicieux encore. La Discorde combat avec l'un et l'autre ».
 
-Régression des castes et métissage
Lactance, Institutions divines (VII, 17) : « Tout sera confus, contraire au droit divin et au droit naturel, tout sera mêlé ». Dans le célèbre « hadith de Gabriel », le prophète Mohammed cite parmi les signes de l'Heure : « Lorsque la servante engendrera sa maîtresse, et que tu verras les va-nu-pieds, les pâtres, se faire élever des constructions de plus en plus hautes ». Vishnou-Purâna (L. VI) : « Les gens du kali-yuga (l'âge sombre) prétendront ignorer les différences des races et le caractère sacré du mariage, la relation de maître à élève, l'importance des rites. Durant le kali-yuga des gens de toutes origines épouseront des filles de n'importe quelle race ». Apocalypse syriaque de Baruch (LXX, 5) : « Les sages se tairont et les fous parleront ».
 

00:40 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tradition, traditions, traditionalisme, fin des temps | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

»Volk, Nation und Staat« Dr. Dr. Thor v. Waldstein auf der 20. Winterakademie des IfS

thvw.jpg

»Volk, Nation und Staat« Dr. Dr. Thor v. Waldstein auf der 20. Winterakademie des IfS

 
Der Jurist und Politikwissenschaftler Dr. Dr. Thor v. Waldstein sprach im Rahmen der 20. Winterakademie (10.-12. Januar 2020) des Instituts für Staatspolitik (IfS) vor 150 Schülern und Studenten in Schnellroda über die Lektüre grundlegender Autoren, die zu den Grundpfeilern Volk, Nation und Staat forschten und publizierten.
 
Weitere Informationen zu Thor v. Waldstein: https://antaios.de/autoren/thor-v.-wa...
Weitere Informationen zum IfS und zu den halbjährlichen Akademien des Instituts: https://www.sezession.de https://www.staatspolitik.de
 

Russie : la fin pour les Intégrationnistes atlantistes … peut-être ?

PUTIN-MISHUSTIN.jpeg

Russie : la fin pour les Intégrationnistes atlantistes … peut-être ?


Source Unz Review via thesaker.is

À présent, nous avons tous entendu la nouvelle, tout le gouvernement russe a démissionné et un nouveau Premier ministre, Mikhail Mishustin, a été nommé. Et nous savons aussi qu’Internet a été submergé par toutes sortes de spéculations sur ce que tout cela pourrait signifier.

Hélas, tant que nous ne saurons pas qui sera inclus dans le nouveau gouvernement, nous ne pouvons pas vraiment dire grand-chose. Je veux dire, oui, en théorie, nous pourrions retenir notre souffle et nous attendre à ce que Glaziev soit nommé à une position importante dans le soi-disant «bloc économique» du gouvernement, mais comment savons-nous que ce ne sera pas Koudrine à la place ?!

On ne le sait pas.

Une chose que nous savons avec certitude, c’est ce que Poutine a annoncé dans son discours. Vous pouvez lire le texte intégral ici pour vous-même, mais voici deux choses que je veux souligner :

1 – Poutine a annoncé un effort majeur pour faire face à la pauvreté – toujours épouvantable – dont souffrent de nombreux Russes.

2- Poutine a annoncé un effort majeur pour vraiment rendre sa souveraineté à la Russie.

Pour le premier point, Poutine a proposé un certain nombre de programmes gouvernementaux majeurs pour faire face à la pauvreté insupportable dans laquelle de nombreux Russes vivent encore, y compris un nombre de maternités beaucoup plus important qui concerne également le problème démographique, des taux d’emprunts hypothécaires réduits, des soins de santé et des repas gratuits dans les écoles, etc.

Dans le deuxième point, Poutine a annoncé ce qui suit :

« La Russie ne peut être, et ne peut rester la Russie, que si  elle est souveraine. La souveraineté de notre nation doit être inconditionnelle. Nous avons fait beaucoup pour y parvenir. Nous avons restauré l’unité de notre État. Nous avons surmonté la situation où certains pouvoirs du gouvernement étaient essentiellement usurpés par des clans d’oligarques. La Russie est revenue dans la politique internationale en tant que pays dont l’opinion ne peut être ignorée. »

et

« Je suggère d’officialiser, au niveau constitutionnel, des exigences obligatoires pour ceux qui occupent des postes d’importance critique pour la sécurité nationale et la souveraineté. »

À tout le moins, c’est un très bon signe. Comme je l’ai suggéré à plusieurs reprises, le slogan «restaurer la pleine souveraineté» peut être un cri de guerre pour les patriotes russes et américains. Et nous connaissons aussi tous ceux qui seront absolument consternés par ces discours sur la «souveraineté», n’est-ce pas ?

Et encore.

J’ai l’impression que je dois mettre tout le monde en garde et rappeler à tous que le problème en Russie – et aux États-Unis – n’est pas tant une question de personne, mais plutôt une question de mauvais système, d’abord et avant tout. Je ne parlerai pas du côté américain de ce problème, mais permettez-moi de vous expliquer rapidement ce qui s’est passé en Russie au cours des dernières décennies.

La Russie d’aujourd’hui est le produit de plusieurs facteurs :

1  – L’Union soviétique non réformable des années 1980, qui s’est transformée en une sorte de «gâteau» pour la «Nomenklatura» soviétique qui, lorsqu’elle a réalisé qu’elle perdrait le contrôle du pays, a décidé de diviser l’Union soviétique en quinze pays différents – dont quelques-uns totalement fictifs – et se sont transformés de «défenseurs du Parti et de l’URSS» en «nationalistes fervents». C’était seulement un faux changement de slogan, comme toujours, mais la majorité des gens – qui voulaient maintenir l’Union soviétique – ne pouvaient rien y faire.

2 – Viennent ensuite les horreurs des années 1990 au cours desquelles la Russie, et le reste des républiques nouvellement créées, se sont débattus dans une orgie d’anarchie, de violence, de corruption et de soumission, totale et absolue, à l’Empire anglo-sioniste.

3 – Enfin, au cours des années 2000, nous avons assisté à une période de partage du pouvoir entre les Intégrationnistes atlantistes dirigés par Medvedev et le Souverainisme eurasien dirigé par Poutine. Il s’agissait d’un partenariat difficile dans lequel les Intégrationnistes atlantistes contrôlaient le «bloc économique» tandis que les Souverainistes eurasiens étaient chargés des affaires étrangères et de la défense de la Russie.

Comme leur nom l’indique, les Intégrationnistes atlantistes veulent intégrer la Russie – et eux-mêmes ! –  dans la sphère de contrôle anglo-sioniste tandis que les Souverainistes eurasiens veulent une Russie véritablement souveraine. Imaginez maintenant ce que ce premier groupe a ressenti en entendant Poutine déclarer :

Je suggère d’officialiser au niveau constitutionnel des exigences obligatoires pour ceux qui occupent des postes d’importance critique pour la sécurité et la souveraineté nationales. Plus précisément, les chefs des entités constituantes, les membres du Conseil de la Fédération, les députés à la Douma d’État, le Premier ministre et ses adjoints, les ministres fédéraux, les chefs d’agences fédérales et les juges ne devraient pas avoir de citoyenneté étrangère ou de permis de séjour ou tout autre document qui leur permet de vivre en permanence dans un État étranger. Le but et la mission du service public est de servir le peuple, et ceux qui entrent dans cette voie doivent savoir qu’en faisant cela, ils connectent leur vie de manière indissociable avec la Russie et le peuple russe sans aucun supposé ni allégeance. Les exigences doivent être encore plus strictes pour les candidats à la présidence. Je suggère d’officialiser une exigence selon laquelle les candidats à la présidence doivent avoir eu leur résidence permanente en Russie depuis au moins 25 ans et aucune citoyenneté, ou permis de séjour, étrangers et non seulement pendant la campagne électorale mais à tout moment avant celle-ci également.

Il s’agit clairement d’une condamnation à mort prononcée contre l’espoir suprême des Intégrationnistes atlantistes qui ne pourront désormais plus intégrer la Russie, ou eux-mêmes – au moyen de passeports, de comptes bancaires ou de biens immobiliers – dans les élites anglo-sionistes. Il y a maintenant même une blague qui court sur Runet (l’Internet russe) :

13h00 - Путин заявил, что госслужащие должны быть только гражданами Россиии
16h30 - Правительство в полном составе ушло в отставку

Traduction :

13 h 00 - Poutine dit que les fonctionnaires ne devraient avoir que la nationalité russe
16 h 30 - Démission complète du gouvernement

Et bien qu’il y ait un élément d’hyperbole ici, il y a aussi beaucoup de vérité !

Pourtant, nous devons toujours nous rappeler que dans l’histoire russe, l’ennemi intérieur a toujours été beaucoup plus dangereux pour le chef de la Russie que tout ennemi étranger. Dans notre cas, non seulement ces Intégrationnistes atlantistes résisteront à toutes les formes de retour véritable de la Russie à la souveraineté, mais ils seront soutenus par une classe politique russe très puissante et riche qui a gagné des millions en volant la Russie aveuglément durant les années 1990, ils seront également soutenus par tous les gouvernements occidentaux et les véritables dirigeants des «États profonds» de l’Empire anglo-sioniste.

cover-r4x3w1000-5e2742f2c90a5-08294cefee2bf7851cf7bb237a7b64fd3c3a895d-jpg.jpg

Ensuite, il y a ceux de la blogosphère, présumée pro-russe, qui étaient très heureux toutes ces dernières années de voir la Russie comme une social-démocratie de style occidental avec une économie, disons, très «libérale» – je préfère le mot «capitaliste» ce qui est à la fois plus honnête et moins ambiguë. Ils se sentiront désormais également menacés par ce qui semble être un virage assez dur vers la gauche, ce qui signifie que le Kremlin écoute enfin la volonté du peuple et que le turbo-capitalisme sera désormais progressivement remplacé par une forte augmentation de la solidarité sociale. J’attends avec impatience le yoga mental dans lequel ces gens vont maintenant devoir s’engager pour prétendre soutenir Poutine tout en restant en même temps fidèles à la propagande pour les Intégrationnistes atlantistes.

Comme je l’ai également dit à plusieurs reprises, Poutine est un homme très compétent à la tête d’un très mauvais système, et réformer vraiment un très mauvais système est une tâche extrêmement difficile.

Donc, alors que oui, il est possible que ce qui se passera ensuite soit – enfin ! – une purge de toute la cinquième colonne installée aux échelons supérieurs du pouvoir en Russie, ce n’est en aucun cas un fait accompli et nous devons attendre et voir quel genre de personnes obtiennent réellement leurs postes clés dans le gouvernement russe et, en particulier, dans le «bloc économique».

Nous ne devons jamais oublier à quel point les vrais patriotes russes étaient déçus lorsque, après une victoire triomphale aux élections, Poutine a, pour l’essentiel, reconduit la plupart du gouvernement Medvedev – très impopulaire – la dernière fois. Au lieu d’une purge nous avons eu la vilaine débâcle de la réforme des retraites.

Certains en Russie rêvent déjà d’une véritable purge, à la Staline, des élites politiques au pouvoir. Ils ont même remarqué que le nouveau Premier ministre a une ressemblance plus que minuscule avec Lavrentii Beria, le chef de la police secrète de Staline, voyez par vous-même :

D’accord, oui, il y a une ressemblance, mais les temps ont totalement changé ! Malgré toute la propagande occidentale sur la Russie, qui serait une sorte de «Mordor» autocratique / despotique, la vérité est qu’elle est un pays de droit et que Poutine est un président qui agit strictement dans les limites du droit russe. Il n’y aura pas de purges massives, pas d’arrestations nocturnes, pas d’exécutions secrètes.

Personnellement, je suis prudemment optimiste. Le langage utilisé dans le discours de Poutine porte tous les mots et expressions appropriés, et ses réformes suggérées sont toutes parfaitement sensées. Mais dans le passé, il y avait eu d’autres discours présidentiels avec des objectifs non moins élevés, mais la bureaucratie russe extrêmement puissante – oui, c’est aussi la « cinquième colonne qui n’existe pas » – a fait en sorte que ces objectifs ne soient jamais atteints.

Le nouveau Premier ministre a promis que la liste complète des nominations au nouveau gouvernement serait rendue publique avant le 21. Je suggère que nous attendions d’avoir tous les faits avant de faire des prédictions.

The Saker

Traduit par jj, relu par Kira pour la Saker Francophone

mercredi, 29 janvier 2020

Libyen im Patt: Wer will vom rohstoffreichsten Land Afrikas profitieren?

libyen.jpg

Libyen im Patt: Wer will vom rohstoffreichsten Land Afrikas profitieren?

 
Der Berliner Libyen-Gipfel ist vorbei. Einige verbuchen ihn als großartigen Erfolg, andere nur als den Beginn eines langwierigen Prozesses. Wieder andere sehen ihn als unzureichende Darstellung des komplexen Konfliktes in der Region. Wir sprachen mit dem Nah- und Mittelost-Experten Professor Udo Steinbach über die wahren Interessenkonflikte in Libyen.
 
Bildnachweise:
Quelle 1: Das Erste “Anne Will“ vom 19. Januar 2020
Quelle 2: Libyan National Army Information Office
Quelle 3: YouTube // Adeyinka Makinde
Quelle 4: Reuters Pictures Quelle 5: GNA Media
Quelle 6: UNIFEED-UNTV
Quelle 7: Libyan National Oil Corporation Folge
 
"Der Fehlende Part" auf Facebook: https://www.facebook.com/derfehlendep...
Folge Jasmin auf Twitter: https://twitter.com/jasminkosubek
Und sei auch bei Insta mit dabei! : ) https://www.instagram.com/derfehlende...
 

1177 BC: The Year Civilization Collapsed (Eric Cline, PhD)

1 Ze5YvBHM0tUBnw2_LcrSGA.jpeg

1177 BC: The Year Civilization Collapsed (Eric Cline, PhD)

 
 
51yRZ4grMYL._SX325_BO1,204,203,200_.jpgFrom about 1500 BC to 1200 BC, the Mediterranean region played host to a complex cosmopolitan and globalized world-system. It may have been this very internationalism that contributed to the apocalyptic disaster that ended the Bronze Age. When the end came, the civilized and international world of the Mediterranean regions came to a dramatic halt in a vast area stretching from Greece and Italy in the west to Egypt, Canaan, and Mesopotamia in the east. Large empires and small kingdoms collapsed rapidly. With their end came the world’s first recorded Dark Ages. It was not until centuries later that a new cultural renaissance emerged in Greece and the other affected areas, setting the stage for the evolution of Western society as we know it today. Professor Eric H. Cline of The George Washington University will explore why the Bronze Age came to an end and whether the collapse of those ancient civilizations might hold some warnings for our current society.
 
Considered for a Pulitzer Prize for his recent book 1177 BC, Dr. Eric H. Cline is Professor of Classics and Anthropology and the current Director of the Capitol Archaeological Institute at The George Washington University. He is a National Geographic Explorer, a Fulbright scholar, an NEH Public Scholar, and an award-winning teacher and author. He has degrees in archaeology and ancient history from Dartmouth, Yale, and the University of Pennsylvania; in May 2015, he was awarded an honorary doctoral degree (honoris causa) from Muhlenberg College. Dr. Cline is an active field archaeologist with 30 seasons of excavation and survey experience.
 
The views expressed in this video are those of the speaker and do not necessarily reflect the views of the National Capital Area Skeptics.
 

Pour une France des métiers

nouvelleviepro-top20-metiers-recherches.jpg

Pour une France des métiers

Par Franck BULEUX

Ex: https://metainfos.fr

La contestation qui ne faiblit pas est, si l’on ne tient pas compte de la subversion appuyée par les syndicats révolutionnaires, liée à la préservation de situations particulières, spécifiques, les fameux régimes dits spéciaux. Certaines de ces situations peuvent se révéler certes manifestement abusives, d’autres justifiées ; dans l’ensemble des situations, le temps a produit le souhait de la conservation de ces droits.

On le sent, que nous soyons en phase ou non avec ces revendications spécifiques, la France rejette ce concept d’« universalité » ou d’« universel » qui ne correspond en rien aux identités professionnelles de la France. On peut considérer assez simplement, qu’il existe des travaux plus difficiles physiquement que d’autres, limitant parfois l’espérance de la vie humaine. On peut aussi s’interroger sur le fait qu’un chauffeur de bus de la RATP (les transports franciliens) puisse liquider sa retraite dès 52 ans alors qu’un chauffeur de bus dans les autres régions doive attendre l’âge légal, c’est-à-dire 62 ans.

Oublions un peu ces travers, et essayons de nous placer au niveau macroéconomique. Si les mots ont un sens, les conventions collectives, créées en 1919, permettent de définir, en matière de droit du travail, des règles spécifiques aux branches d’activité, aux métiers. Dans certaines activités, il est utile de travailler le dimanche, dans d’autres, c’est superflu, voire inutile. Pourquoi uniformiser ce qui peut être spécifique ? Pourquoi faire d’une utile exception un principe ? L’égalitarisme est le principe le plus nocif de toute situation car il transforme une volonté d’équilibre (l’égalité) en système sectaire.

Bien sûr, la convention est une norme infra-légale, c’est-à-dire qu’elle ne peut être que plus favorable aux dispositions légales, sauf si la loi l’y autorise, ce qui limite son application mais rappelle la primauté législative. Les conventions collectives permettent d’ajuster l’application des lois selon le contexte et de prendre en compte la spécificité de chaque métier.

Or, ces conventions collectives, signées par les représentants syndicaux représentatifs des salariés et des employeurs, doivent être le socle de toute réforme de notre système économique.

La faiblesse syndicale (le taux des salariés syndiqués ne dépasse pas 8 % et encore les salariés de droit public font monter ce chiffre…) nous fait comprendre qu’il est temps de prendre en compte les besoins des métiers et non des permanents syndicaux. La confédération syndicale est une aberration, regroupant de facto des fédérations dont les revendications sont, par essence, diverses, voire opposées. La confédération n’est qu’un regroupement d’intérêts, seule la fédération a un sens.

Lors d’un colloque voici quatre ans, j’avais déjà donné mon avis sur l’élargissement des membres des conventions collectives, notamment auprès des retraités issus des métiers.

On parlera de corporatisme comme une horresco referens mais il s’agit de jouer sur les mots : une convention collective est une forme de corps social, donc de corporatisme. Le problème n’est pas le nom de l’institution mais la portée de ses pouvoirs et la désignation de ses membres, c’est-à-dire le choix de la représentativité réelle.

La peur du syndicalisme bloque souvent l’employeur, alors qu’il est question d’intérêts communs permettant de développer une entreprise, forme de structure alliant capital et travail. Il n’est pas insensé, effectivement, de rappeler que les pratiques des syndicats révolutionnaires ont beaucoup fait pour développer la peur du syndicalisme.

La France des métiers doit devenir une réalité : il n’y a, nulle part, d’universalité sinon pourquoi certaines conventions prévoient 10 semaines de congés par an et 15 mois de salaire par an ?

La révolution sociale appelle à une forme de conseil des métiers (à quoi sert le Conseil économique, social et environnemental ?) qui permettrait de réguler les conventions collectives. Le travail est probablement une des valeurs essentielles de notre civilisation, il serait temps de la valoriser.

Le simple terme « travail » est aujourd’hui déconsidéré : les jeunes cherchent un « job » tout en espérant, comme ils disent, une « année de césure » (terme très à la mode signifiant une année où on ne fait… rien !), les seniors espèrent un « boulot » en attendant la fin de l’activité et la retraite. Bref, nous ne sommes pas loin du tripalium, objet de torture qui a donné le mot… travail.

Le travail n’est ni un châtiment divin, ni l’exploitation d’un groupe social sur un autre, l’expression conjuguée du chistianno-marxisme n’exprime en rien la réalisation de l’individu par le travail, salarié ou non.

Au-delà du statut des individus, le métier doit être reconnu au sein de chaque convention, employeurs, salariés et retraités doivent trouver leur place symbolisant l’activité.

Renouer, aussi, avec l’apprentissage, véritable passage vers le métier, qui permettrait à de nombreux jeunes de s’épanouir au sens d’un atelier ou un bureau plutôt que dans des endroits où la haine de la France est répétée en boucle et mise en application en moins de temps qu’il n’en faut que pour former un artisan…

On comprendra qu’il faudra (pas de verbe au conditionnel mais au futur) restaurer le Premier mai, fête du Travail et non des syndicats révolutionnaires (les syndicats réformistes ne défilent même plus ou alors en régions pour éviter de se compter dans la capitale). On comprendra aussi qu’il est temps de restaurer la valeur travail… Ah bien sûr, elle n’est pas au fronton de nos établissements publics.

Il serait probablement le temps de l’ajouter : pas de liberté sans travail, l’égalité de toutes et de tous par le travail et la fraternité au cœur du travail.

La guerre du droit n’aura pas lieu

jus2.jpg

La guerre du droit n’aura pas lieu

par Valérie Bugault 
Ex: http://www.zejournal.mobi

À l’heure où certains commencent en France à se lever face aux risques de « sanctions » que les lois extraterritoriales américaines font peser sur les entreprises « françaises », il faut être bien clair sur les sous-jacents de cette dérisoire rébellion.

Cette « guerre du droit » qui émerge, tardivement, dans la conscience collective française n’aura pas lieu. En effet, depuis la décennie des années 1990, tout est, en France, mis en œuvre pour « anglo-saxonniser » le droit, c’est-à-dire pour faire disparaître tous les fondamentaux juridiques du droit continental traditionnel. Le Code civil, jusqu’alors qualifié de « droit commun » est, depuis cette époque, en voie de « modernisation » afin de le fusionner avec les principes commerçants, jusqu’alors et depuis l’avènement du Code de commerce de 1807, qualifiés de « dérogatoires ».

vblivre.jpgAinsi, depuis les années 90, les « milieux autorisés » (universitaires, juridiques et politiques, tous metteurs en scènes des volontés économiques hégémoniques) sont partis en guerre contre le droit civil français afin de l’accommoder à la sauce anglo-américaine globaliste ; il s’agit, ni plus ni moins que de transformer les principes du droit civil en principes commercialistes. Il serait fastidieux d’énumérer toutes les « modifications-modernisations-simplifications » qui ont eu lieu depuis lors et qui concernent toutes les branches du droit (droit de la famille et des personnes, tant patrimonial que biologique, droit contractuel, droit des biens, droit des sociétés…), toutes ont pour point commun d’être motivées par la domination et l’accaparement des principaux propriétaires de capitaux. Plus précisément il s’agit, pour les dominants monétaro-économiques, de valider juridiquement – par le « droit » donc – leur accaparement définitif sur tous les biens tangibles alors que les valeurs financières immatérielles sont condamnées – par ceux-là mêmes qui les ont créées – à une très prochaine disparition.

La domination économique des principaux propriétaires de capitaux se transforme dès lors en domination juridique. Parmi la multitude d’application de ce phénomène, citons la transformation du « droit de propriété » en « droit de propriété économique », laquelle connaît actuellement un nouveau développement avec le projet de redéfinition du droit de propriété foncier. Nous pourrions également citer la mise en œuvre, en droit français des sociétés, de la théorie de l’Agence…

Ayant déjà longuement écrit sur la question, je ne reviendrai pas ici sur ce qu’il faut entendre par « droit anglo-saxon », rappelons simplement que le prétendu « droit » d’origine anglaise n’est que la mise en forme règlementaire de la domination des puissants sur les faibles et qu’il n’a en conséquence rien – strictement rien – à voir avec le concept juridique de « droit » tel que traditionnellement compris en France.

La France était encore, jusqu’à il y a peu, la flamboyante porte-voix du droit continental, lequel est en retour sa raison d’être, rappelons par exemple :

  • que la Chine désigne la France par un idéogramme signifiant « pays de la loi »,
  • que le Code civil a été le plus grand succès français à l’exportation.

Or c’est précisément le droit continental, dont la France a été l’interprète accomplie, qui est à l’origine de la « civilisation européenne ». Le « droit » anglais, qui s’est, à partir de 1531, développé en toute autonomie, n’a été qu’une coquille formelle dépourvue de sens civilisationnel ; ce droit anglais n’a jamais eu pour objectif de porter et développer les principes d’intégrité et de justice mais au contraire de développer l’emprise des puissances, devenues financières, sur la Société, c’est-à-dire sur les populations. Le « droit anglais » est en lui-même, depuis le XVIème siècle, porteur du concept juridique « d’esclavagisme ».

La France n’existe, c’est-à-dire n’a de justification politique historique, que dans sa vocation à développer le « droit » au sens civilisationnel que ce terme comporte. Or, depuis l’avènement en France :

  • du parlementarisme dit représentatif (Révolution Française),
  • de la Banque centrale (1800),
  • du virage compradore de ses élites financières au début des années 1920,
  • de l’éviction par ses mêmes élites de De Gaulle (1969),
  • du virage compradore des « élites » politiques post-De Gaulle,

vbl3.jpgla France a d’elle-même consciencieusement renoncé à ses fondamentaux historique, c’est-à-dire qu’elle a volontairement renoncé à exister. Il ne faut donc pas s’étonner aujourd’hui de la volonté, ferme et définitive, des différents « gouverne-e-ment » français de faire disparaître l’entité politique française, en tant qu’État-nation, en la scindant et en la fusionnant dans le magma – dont la vocation est ab initio fédéraliste et globaliste – appelé « Union Européenne ». Cette Union Européenne n’est rien d’autre qu’une imposture institutionnelle chargée de valider politiquement la domination irrémédiable des puissances d’argent sur les populations. Elle est le premier pas institutionnel vers le Gouvernement Mondial. D’autres pas institutionnels existent, comme celui vers la création d’une monnaie mondiale dématérialisée contrôlée par les banquiers et leurs affidés…

L'auteur, Valérie Bugault, est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique.