dimanche, 12 janvier 2025
Quelques réflexions sur la pensée de Robert Musil
Quelques réflexions sur la pensée de Robert Musil
par Jean Montalte
Source: Twitter-X: @JMontalte
Extrait du portrait que j'ai consacré à Musil:
"Robert Musil a consigné dans son journal les mots suivants, qui pourraient s'appliquer à notre temps avec autant de vraisemblance sinon plus : « Je trouvai en venant au monde des principes déjà ébranlés. » Nous n'en finissons pas d'être en crise, ni d'en entendre parler, en tant que nation, en tant que civilisation, en tant qu'entité économique. Ce terme revient si souvent que sa signification s'en est obscurcie, phénomène d'érosion que le bavardage sécrète de nature.
Robert Musil appartient à une génération qui a été confrontée à des crises d'une ampleur considérable, et qui n'ont jamais été résorbées tout à fait ; pour une part essentielle, elles se sont même accentuées.
Crise spirituelle et religieuse dont le cri retentissant « Dieu est mort », arraché à la déréliction des hommes par l'insensé de Nietzsche témoigne.
Crise du fondement des mathématiques, que des esprits éminents, tels Frege, Russell ou encore Gödel ont tenté de résoudre, avec plus ou moins de bonheur.
Crise des sciences européennes, à laquelle Husserl oppose une tentative désespérée de réfection unitaire, face à une spécialisation qui la mettra finalement en échec.
Crise du langage, qui tient ses prestiges et ses sortilèges en suspicion, avec Maeterlinck, Hugo von Hofmannsthal – la Lettre de Lord Chandos en est un condensé – et enfin l'initiateur de la philosophie analytique, le génial auteur du Tractatus logico-philosophicus et philosophe du langage Ludwig Wittgenstein.
Crise du fondement de la morale que Nietzsche s'emploiera à dissoudre dans une généalogie célèbre.
Enfin crise de la civillisation qui débouche sur le cataclysme de la grande guerre, ce suicide des nations européennes. Oswald Spengler, spécialiste en apocalypse, écrira Le déclin de l'Occident et apportera une philosophie de l'Histoire qui rendra compte de ces phénomènes apparemment disjoints dans une vision unitaire et synthétique du devenir des nations et de leur mort.
L'oeuvre majeure de Robert Musil, L'homme sans qualités, peut sans doute se concevoir comme un tableau de cette crise de la civilisation européenne, une satire de l'époque qui a précédé la grande guerre et, d'une certaine manière, une vigoureuse contestation sinon réfutation de la pensée décliniste de Spengler.
Lors d'une interview pour le journal russe de Moscou, le Novy Mir, Musil explique qu'il travaille à « un tableau satirique et utopique de la culture occidentale moderne ». Thomas Mann, impressionné par les qualités intellectuelles et artistiques de l'écrivain autrichien, saluera ce roman, où il «trouve exprimée, en termes plus forts et plus complexes que nulle part ailleurs, cette aspiration du début du XXe siècle à redéfinir une culture, une spiritualité sur les ruines du passé, ce regret d'une totalité mythique perdue»."
***
Lire aussi: Robert Musil: Der deutsche Mensch als Symptom – eine Rezension
von Konrad Gill
13:25 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, lettres, lettres allemandes, littérature allemande, robert musil | |
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Après des critiques désastreuses: le livre “Liberté” de Merkel ne peut plus être évalué sur Amazon
Après des critiques désastreuses: le livre “Liberté” de Merkel ne peut plus être évalué sur Amazon
Source: https://report24.news/nach-verheerenden-rezensionen-merke...
L’establishment médiatique est très enthousiaste quand il évoque les mémoires d’Angela Merkel, parues tout récemment sous le titre pour le moins ironique de “Liberté” (Freiheit). Les citoyens, en revanche, semblent nettement moins convaincus. Amazon a rapidement décidé de suspendre la possibilité de publier des critiques sur le livre.
“Nous ne pouvons malheureusement pas accepter de critiques pour cet article. Des restrictions concernant la publication de critiques sont en vigueur pour ce produit. Cela peut être dû à diverses raisons, notamment des activités inhabituelles liées aux critiques.”
Cet avertissement, affiché en rouge sur le site d’Amazon, apparaît lorsque l’on tente de laisser un commentaire sur les mémoires d’Angela Merkel.
https://twitter.com/ernsterjuenger/status/186368934200000...
Les “mémoires tant attendues d’Angela Merkel” divisent: si 55 % des 137 évaluateurs ont attribué cinq étoiles, les critiques à une étoile sont implacables. On y lit des commentaires dénonçant une “autocélébration au lieu d’une réflexion critique”. Le refus d’assumer des erreurs politiques ayant eu des conséquences graves est très mal perçu par de nombreux lecteurs. L’un d’eux commente:
“Merkel évite systématiquement de reconnaître ses erreurs politiques. Ni la transition énergétique controversée, ni les défis de la crise de l’euro, ni la polarisation de la société engendrée par sa politique migratoire ne sont abordés de manière critique. Ce qui frappe particulièrement, c’est son manque de prise de conscience des tensions provoquées par l’afflux massif de migrants et de demandeurs d’asile en Allemagne. Bien au contraire, on comprend entre les lignes que Merkel, encore aujourd’hui, continuerait à défendre une politique d’accueil sans limite – sans se soucier des conséquences sociales.”
D’autres qualifient le livre de “provocation” et d'“insulte”, et l’un des critiques a titré son évaluation: “La biographie de la femme qui a mené l’Allemagne à sa perte”. La question se pose : voulait-on éviter que de tels commentaires se multiplient ? Le doute est permis.
Un constat révélateur : au final, on n’a même plus la “liberté” d’exprimer son opinion sur le livre de l’ancienne chancelière… Cela semble bien refléter l’Allemagne qu’elle a laissée derrière elle après 16 ans au pouvoir.
12:23 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Livre, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, livre, angela merkel, allemagne, europe, affaires européennes | |
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vendredi, 10 janvier 2025
Trump et la doctrine de Monroe
Trump et la doctrine de Monroe
par Leonardo Sinigaglia (*)
Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/29539-leon...
Il y a presque exactement deux siècles, les États-Unis, après avoir consolidé leur souveraineté sur les territoires arrachés au contrôle de l'Empire britannique, annonçaient au monde que l'ensemble du continent américain serait désormais considéré comme une zone de juridiction exclusive de Washington. Cela s'est d'abord traduit par un soutien aux pays d'Amérique latine dans leur lutte pour l'indépendance, mais l'apparence « libertaire » de l'action américaine a rapidement cédé la place à un dessein hégémonique clair. Ce qui est entré dans l'histoire sous le nom de « doctrine Monroe » a en fait été codifié plus de deux décennies après la présidence de l'homme d'État du même nom, un représentant du parti démocrate-républicain, l'ancêtre du GOP d'aujourd'hui, qui en a matériellement jeté les bases.
C'est sous la présidence de James Knox Polk (photo, en haut), un démocrate, qu'elle a été systématisée par le secrétaire d'État de l'époque, John Quincy Adams (photo, en bas). Le discours inaugural de la présidence de Polk en 1845 illustre bien la nouvelle perspective hégémonique avec laquelle la toute jeune fédération abordait ce qu'elle considérait comme « son » hémisphère: « L'occasion a été jugée opportune d'affirmer, en tant que principe dans lequel les droits et les intérêts des États-Unis sont impliqués, que les continents américains, par la condition de liberté et d'indépendance qu'ils ont assumée et qu'ils maintiennent, ne doivent pas être considérés dorénavant comme des sujets de colonisation future par une quelconque puissance européenne. [...].
Nous devons donc à la franchise et aux relations amicales existant entre les États-Unis et ces puissances de déclarer que nous devrions considérer toute tentative de leur part d'étendre leur système à une partie quelconque de cet hémisphère comme dangereuse pour notre paix et notre sécurité ».
Derrière ce langage diplomatique se cache la volonté d'expulser les intérêts « étrangers » du continent américain, non pas pour rapprocher les peuples qui le peuplent, mais pour imposer la suprématie des États-Unis d'Amérique. S'il est bien connu que l'idéologie de la « destinée manifeste » prévoyait l'anéantissement progressif des Amérindiens, considérés comme faisant partie de la « nature sauvage », il est juste de garder à l'esprit que les peuples d'Amérique latine étaient considérés comme ne méritant pas non plus une quelconque souveraineté nationale.
La marche vers l'ouest de la « civilisation » américaine n'était pas seulement dirigée contre les Premières nations (First Nations), mais aussi, en allant vers le sud, contre le reste des habitants du continent et les États qu'ils avaient réussi à construire, laborieusement et souvent de manière précaire. Quelques années après le discours inaugural de Polk, les troupes de Washington attaquèrent la Californie, le Texas et le Nouveau-Mexique, où la révolte des colons américains contre l'État mexicain faisait rage depuis des années, animée surtout par leur volonté de préserver l'esclavage, institution abolie par le président Vicente Ramon Guerrero en 1837. La guerre fut rapide et particulièrement sanglante, avec des exécutions sommaires de guérilleros et de prisonniers mexicains par les soldats américains, et se termina par l'occupation de la ville de Mexico et l'annexion de plusieurs territoires jusqu'au Pacifique.
Il faut attendre la deuxième partie du XXe siècle pour que les États-Unis achèvent l'occupation de l'Ouest: en 1900, les derniers kilomètres carrés de territoire sont également arpentés et morcelés, prêts à être vendus aux entreprises qui en ont besoin ou à être attribués aux colons. Entre-temps, le développement économique capitaliste a fait des États-Unis une puissance capable de rivaliser avec les empires européens sur la scène internationale. Cependant, leur énorme extension continentale semble insuffisante et Washington entreprend la construction de son propre « empire », un empire qui, contrairement à ses concurrents, sera « démocratique », sans couronnes et sans formalités coloniales, mais pas moins despotique et exterminateur.
Après avoir liquidé le Mexique, les États-Unis ont imposé leur puissance dans toute l'Amérique latine, non seulement par la pénétration économique, mais aussi par des interventions militaires directes. Le Marine Corps a été largement utilisé pour des opérations de « police » visant à pacifier les gouvernements récalcitrants ou les rébellions indépendantistes à de nombreuses reprises : en 1852 et 1890 en Argentine, en 1854, 1857, 1865, 1870 et 1895 en Grande Colombie, au Nicaragua en 1855, 1858, 1857 et 1894, en Uruguay en 1855, 1858 et 1868, au Paraguay en 1859. En 1898, les États-Unis parviennent à arracher à l'Espagne le contrôle de Cuba, de Porto Rico, de l'île de Guam et des Philippines, où ils répriment dans le sang une grande révolte indépendantiste qui fait plus de 100.000 morts.
En 1903, le président Theodore Roosevelt, vétéran de la guerre de Cuba, a encouragé un coup d'État au Panama, qui faisait partie de la Grande Colombie, dans le but de déclarer l'indépendance de la région afin de la placer sous la protection directe des États-Unis et d'entamer la construction du canal, qui restera entre les mains de Washington jusqu'en 1999. Dans les mêmes années, se déroulent les tristement célèbres « guerres de la banane », appelées ainsi en raison du rôle central joué par les intérêts des grandes entreprises agroalimentaires, parmi lesquelles la United Fruit Company, aujourd'hui Chiquita, et la Standard Fruit Company, aujourd'hui Dole, désireuses d'éviter à tout prix toute réforme agricole et toute diminution de leur influence sur les États latino-américains. Les incursions en République dominicaine, occupée entièrement de 1916 à 1924, l'occupation du Nicaragua de 1912 à 1933, de nouveaux affrontements avec le Mexique entre 1910 et 1917, avec une implication directe dans la guerre civile qui divise le pays, sont nombreuses, l'occupation d'Haïti entre 1915 et 1934, ainsi que pas moins de sept interventions armées contre le Honduras, pays en quelque sorte contrôlé par la United Fruit et converti à la monoculture de la banane qui y était exportée vers le monde occidental, au bénéfice des habitants.
Il convient de noter que cet interventionnisme américain allait de pair avec une rhétorique « isolationniste » : il n'y avait aucune contradiction matérielle entre la « neutralité » revendiquée par Washington dans les affaires européennes et les intrusions violentes dans la vie intérieure des États américains, ceux-ci étant considérés non pas comme des entités autonomes et indépendantes, mais comme l'« arrière-cour » des États-Unis. L'ensemble du continent américain devient ainsi le centre d'une puissance impériale qui, grâce aux deux guerres mondiales, s'affirmera mondialement en quelques décennies, avant d'être contrecarrée par le mouvement anticolonialiste et le camp socialiste.
Son emprise sur le continent américain est restée presque totale pendant la guerre froide et la construction ultérieure de l'ordre hégémonique unipolaire, à l'exception notable de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua. La phase internationale qui a débuté avec la chute du bloc de l'Est et l'imposition mondiale du « consensus de Washington » peut sembler à certains égards opposée à l'ère marquée par la « doctrine Monroe », mais elle n'en est en réalité que la suite logique : si auparavant l'ensemble du continent américain était soumis à la souveraineté des États-Unis, le régime de Washington, immensément plus fort, était désormais en mesure de repousser, en pratique et indéfiniment, les frontières de cet hémisphère considéré comme son domaine exclusif.
Il est donc erroné de voir dans la perspective stratégique américaine une dichotomie fondamentale entre l'isolationnisme et l'interventionnisme, comme s'il s'agissait de deux visions opposées. En réalité, il ne s'agit que d'expressions différentes de la même perspective hégémonique et impérialiste, deux expressions qui renvoient à deux moments différents : le premier à un moment de rassemblement des forces, le second à un moment d'expression violente des forces accumulées.
Comparé à l'illusion interventionniste de la direction du parti DEM, l'isolationnisme proposé par Donald Trump représente une politique plus réaliste et rationnelle dans la phase actuelle marquée par la crise et l'affaiblissement du régime hégémonique américain. Cet isolationnisme ne doit pas être confondu avec une volonté de renoncer au statut de « nation indispensable », mais doit être considéré pour ce qu'il est: un repli stratégique au sein du continent américain destiné à servir à nouveau de base aux ambitions impériales de Washington. Les théâtres d'affrontement hors du continent américain, du Moyen-Orient à l'Ukraine, en passant par l'Afrique et l'Asie-Pacifique, ne seront nullement abandonnés, mais seront de plus en plus « sous-traités » à des alliés subalternes locaux, sur lesquels pèseront de plus en plus les coûts sociaux, économiques et militaires des conflits.
À quelques semaines de la seconde investiture de Trump, les signes de la volonté de la prochaine administration de poursuivre cette nouvelle perspective isolationniste ne cessent de se multiplier. Les menaces adressées au gouvernement panaméen, contre lequel une nouvelle intervention militaire est prévue au cas où les droits de passage des navires américains ne seraient pas supprimés, les hypothèses de l'achat du Groenland et de l'invasion du Mexique dans la perspective de la « guerre contre les cartels de la drogue », ainsi que la référence au Premier ministre canadien Trudeau en tant que « gouverneur » d'un État de l'Union ne doivent pas être interprétées comme une simple provocation, mais comme l'indication d'une volonté concrète d'accroître le contrôle et l'exploitation du continent par Washington dans un contexte de crise profonde de l'ordre unipolaire.
(*) Né à Gênes le 24 mai 1999, il est diplômé en histoire de l'université de la même ville en 2022. Activiste politique, il a participé à de nombreuses initiatives, tant dans sa ville natale que dans toute l'Italie.
19:32 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : donald trump, doctrine de monroe, états-unis, hémisphère occidental, histoire, amérique dusud, amérique centrale, amérique ibérique | |
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Meta ne veut plus de «vérificateurs de faits» – mais qu’en est-il du «shadowbanning»?
Meta ne veut plus de «vérificateurs de faits» – mais qu’en est-il du «shadowbanning»?
Source: https://report24.news/meta-will-keine-faktenchecker-mehr-...
L'ère des soi-disant « vérificateurs de faits » devrait prendre fin sur Facebook, Instagram et Threads. C’est ce qu’a annoncé Mark Zuckerberg, le patron de Meta. Mais quel est l’intérêt de mettre un terme aux mesures de censure idéologiquement motivées si certaines restrictions sur la portée de certains comptes persistent ?
Par Heinz Steiner
Mark Zuckerberg se présente désormais comme un défenseur de la liberté d’expression. À la place des « vérificateurs de faits », les utilisateurs des plateformes de Meta comme Facebook, Instagram ou Threads devraient dorénavant aider à signaler les fausses informations via des « Community Notes » – un système également utilisé par X (anciennement Twitter) d’Elon Musk. Si beaucoup de médias alternatifs ou indépendants y voient un espoir de plus grande liberté et diversité d’opinion, cette annonce comporte toutefois un point problématique: personne ne parle de la pratique du «shadowbanning» des comptes indésirables.
Le «shadowbanning» désigne une pratique sur les réseaux sociaux consistant à limiter la visibilité des contenus d’un utilisateur sans que celui-ci en soit informé. Cette mesure est souvent utilisée comme sanction pour des violations présumées des règles ou en fonction des décisions des « vérificateurs de faits ». Ce type de restriction algorithmique de la portée des publications est appliqué depuis des années et a poussé de nombreux médias indépendants à quitter ces plateformes.
Des articles intéressants qui, avant l’instauration de ces mesures de censure, atteignaient parfois des centaines de milliers de personnes sur Facebook, peinent aujourd’hui à atteindre quelques milliers d’utilisateurs. Ce phénomène affecte l’ensemble du secteur médiatique, car Zuckerberg privilégie sur ses plateformes les contenus légers et apolitiques, comme les images de chats, au détriment des actualités et des informations utiles.
Même si la suppression de ces organisations de « vérification des faits » – généralement marquées à gauche, dont l’incontournable et controversée association « Correctiv » (Allemagne) – devrait réduire la rigueur de la machine à censurer, il est peu probable qu’un changement radical s’opère. La Commission européenne continue d’exiger des mesures strictes de censure contre les opinions et informations jugées indésirables, souvent qualifiées de « désinformation » ou de « fake news ». Par conséquent, les modifications annoncées semblent avant tout d’ordre cosmétique.
Ce n’est que lorsque Meta reviendra à ses racines et garantira une liberté comparable à celle d’il y a dix ou douze ans que l’on pourra parler d’un véritable tournant. Cela nécessiterait cependant un changement politique à l’échelle européenne, et particulièrement en Allemagne, semblable à celui observé aux États-Unis. Avec la CDU de Merz – à laquelle appartient également la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, surnommée « Zensursula » ("Censursula") – ce changement est tout aussi improbable qu’avec le SPD ou les Verts, favorables à une censure accrue.
Ce qui reste, c’est un arrière-goût amer d’une opération de communication de la part de Zuckerberg, qui cherche à se rapprocher de Donald Trump sans pour autant faire de réels compromis en faveur de la liberté d’expression. Trump devrait également accroître la pression sur Bruxelles pour que ces libertés fondamentales et ces droits soient mieux respectés, au lieu d’être continuellement restreints par des lois et des règlements de censure de plus en plus sévères.
18:11 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, meta, censure, shadowbanning, fact checkers | |
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De la xénophobie, du nationalisme, de la noblesse
15:18 Publié dans Philosophie, Réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : noblesse, nationalisme, xénophobie | |
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Les prophéties inutiles d'Orwell, écrivain ostracisé et oublié
Les prophéties inutiles d'Orwell, écrivain ostracisé et oublié
La vengeance de l'histoire frappe l'écrivain anglo-saxon. Ou plutôt Nemo propheta in patria
par Gianfranco de Turris
Source: https://www.barbadillo.it/117276-il-punto-di-g-deturris-l...
George Orwell, né Eric Blair (1903-1950), est le journaliste et écrivain dont on se souviendra toujours pour avoir mis en garde ses compatriotes et l'Occident tout entier contre la dictature de la pensée mise en œuvre aussi, et peut-être surtout, par la dictature des mots et contre une pseudo-démocratie fondée uniquement sur les apparences. On pense à ses deux romans les plus célèbres, du moins ceux dont on se souvient le plus aujourd'hui dans l'ensemble de sa vaste production: La Ferme des animaux de 1943 où la phrase des cochons adressée aux autres bêtes est devenue immortelle: « tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres » ; et 1984, publié en 1948 et dont le scénario semble maintenant avoir été réalisé en 2024, c'est-à-dire 40 ans après la date qu'il avait prévue, parce que celui-là même qui a indiqué comment, dans les faits concrets, dans la préservation de la mémoire et du souvenir, dans l'utilisation précise du papier imprimé, se jouait le destin de l'humanité, aujourd'hui, au lieu de 2018, comme l'a rappelé le Corriere della Sera le 27 août 2024, toutes ses archives ont été dispersées...
Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu'une grande maison d'édition, ayant acheté celle qui avait imprimé ses livres jusqu'à sa mort, a décidé, pour des raisons triviales, celles d'un manque d'espace, de céder certaines archives et parmi elles, par coïncidence, précisément celle d'Orwell, qui n'est certainement pas un auteur mineur et inconnu, et par conséquent tout ce qu'elles contenaient, des textes originaux aux brouillons, notes, correspondance, etc., tout, vraiment tout, a été dispersé, non pas rassemblé en un seul endroit, mais éparpillé chez des particuliers, dans des librairies, des bibliothèques, tout simplement parce que la personne qui devait effectuer ce déménagement avait décidé de le donner à quelqu'un et avait exigé la somme exorbitante d'un million de livres sterling. N'ayant pas pu l'obtenir, au lieu de négocier, il a réparti le matériel des archives Orwell entre de nombreuses personnes, de sorte qu'e l'écrivain a été touché précisément là où il était le plus typique et le plus caractéristique.
À ce stade, on ne peut manquer de rappeler la figure de Big Brother immortalisée dans 1984. Le titre italien dérive de la traduction littérale de l'anglais Big Brother, qui signifie simplement "grand frère", celui qui nous aide sur le chemin, celui qui nous vient en aide dans les moments difficiles, ce qui, dans la version italienne, n'est pas immédiatement évident et que l'on peut comprendre en partie en pensant que l'écrivain a choisi cette définition en contraste - et c'était peut-être le cas - avec le terme Little Father (petit père) attribué à Staline et, avant lui, au tsar.
Or, le personnage principal de 1984, Winston Smith, travaille au ministère de la Vérité, chargé de mettre à jour, ou plutôt d'adapter, les livres, dictionnaires et encyclopédies à l'évolution de la situation politique et historique du moment, en supprimant des noms et des faits et en en ajoutant d'autres, ce qui est typique des dictatures de la pensée qui veulent faire oublier certaines choses et n'en retenir que d'autres, selon un autre principe immortel: celui qui contrôle le passé contrôle le présent, et celui qui contrôle le présent contrôle l'avenir.
En outre, l'écrivain a eu l'idée d'ajouter en annexe à son roman un petit essai consacré aux Principes de la novlangue, celui sur lequel il s'est appuyé pour démontrer comment une dictature pouvait exister en influençant simplement les mots, un essai qu'un éditeur intelligent et clairvoyant devrait décider de republier sous une forme autonome avec un appareil critique et topique adéquat.
Le néo-langage, ou novlangue, est le langage grâce auquel on peut dire tout et le contraire de tout sans être illogique ou contradictoire: pour donner un exemple, la guerre signifie la paix (et vice versa). Et n'est-ce pas ce qui se passe aujourd'hui où certains mots doivent être utilisés d'une certaine manière et d'autres ne peuvent pas l'être, voire sont absolument interdits, où Big Brother s'appelle aujourd'hui Politically Correct, conçu et imposé par l'élite académique américaine et qui s'est ensuite répandu comme une traînée de poudre et est devenu une sorte de sens commun artificiel grâce aux intellectuels et aux médias, jusqu'à arriver à la récente culture woke, qui signifie "réveille-toi !". Bien sûr, se réveiller, ouvrir les yeux, se réaliser jusqu'à s'exprimer avec l'infâme cancel culture, qui veut effacer tout ce qui ne correspond pas aux critères du Politically Correct, jusqu'à détruire des monuments, abattre des statues, interdire des livres.
Et nous sommes au cœur du problème, car d'un César monocratique et autoritaire qui impose sa volonté et ses goûts à ses sujets, bref, de Big Brother comme on l'entend communément, nous sommes passés à un César démocratique à mille têtes qui voudrait dicter sa loi à tout le monde dans un mélange frémissant de politiquement correct et de respectabilité/de bien-pensance. Et même cette bonne nouvelle nous vient d'Amérique, où, souvenez-vous, il y a quelque temps, une enseignante d'histoire de l'art a été renvoyée de son école à cause des protestations des familles des élèves à qui elle avait osé montrer, la pauvre, l'image du David de Michel-Ange ! Heureusement, le maire de Florence l'a invitée à visiter la ville...
La nouvelle est à lire dans Il Giornale du 8 octobre 2024 où Alessandro Gnocchi raconte comment le PEN Club a publié un dossier sur les « livres interdits » aux Etats-Unis, ceux qui passent pour tels dans le pays des libertés démocratiques par excellence. Il y en a pas moins de dix mille (10.000) qui ne peuvent pas être inclus dans les bibliothèques de l'enseignement public, les écoles, les foires du livre, etc. Des Etats comme la Floride, l'Iowa, le Wisconsin se distinguent par leur législation restrictive, une tendance à la censure (c'est le cas de le dire) qui s'est intensifiée au cours des cinq dernières années.
La liste des auteurs et/ou des livres est vraiment impressionnante : Toni Morrison, Chuck Palahniuk, Bret Easton Ellis, Ranson Riggs, Danielle Steel, Jodi Piccoult, Sally Rooney, Margaret Atwood, George R. R. Martin, John Grisham, Alice Walker, mais aussi Stephen King, Kurt Vonnegut, Agatha Christie et Philip K. Dick avec les plus célèbres romans du monde. Dick avec le désormais célèbre Blade Runner, ainsi que de nombreux « classiques » non spécifiques qu'il serait important de connaître afin de mieux comprendre les critères selon lesquels ils sont eux aussi considérés comme « interdits », et enfin, et c'est ce qui nous intéresse ici, George Orwell avec 1984, c'est-à-dire l'œuvre la plus célèbre et la plus significative qui a dénoncé cette « dictature de la pensée » et c'est peut-être précisément pour cette raison qu'elle est censurée ! S'agit-il ou non d'un némesis de l'histoire contre l'écrivain anglais ?
Derrière tout cela, autant qu'on puisse en déduire, se cachent une respectabilité et une bigoterie pures et simples, typiques d'un certain provincialisme du « Sud profond », mais manifestement, dans l'Amérique d'aujourd'hui, beaucoup plus répandues qu'on ne le pense, comme le prouve aussi le fait que parmi les ouvrages interdits figurent deux livres d'un historien de l'art italien, Federico Zeri, avec un essai sur les nus de Michel-Ange et un autre sur la peinture d'Edward Munch. Incroyable mais vrai, et il serait intéressant de connaître les raisons de l'ostracisme à l'encontre de ce dernier : pourquoi Le Cri interpelle-t-il autant ? tandis que pour le premier essai, il suffit de rappeler l'histoire du professeur dont la mésaventure a été racontée plus haut... Pure bigoterie d'une certaine Amérique pas si « profonde »...
La cancel culture ne fait donc pas seulement partie du mouvement woke, elle est devenue pratiquement « institutionnelle »: de la démolition des monuments, on est passé à la démolition de la pensée. Sans paradoxe, on peut supposer qu'au XXIe siècle, il n'y a pas beaucoup de différence entre les États-Unis et l'ex-Union soviétique en termes de liberté d'expression des idées, comme l'avait prophétisé Julius Evola dans les années 1930. Et comme le pauvre George Orwell, aujourd'hui ostracisé, nous avait prévenu en vain....
Dans l'état actuel des choses aux États-Unis, nous ne voudrions pas qu'il soit si paradoxal ou absurde que, même dans la nation des libertés par excellence, un ministère de la répression du vice et de la promotion de la vertu puisse être créé, comme dans l'Iran des ayatollahs, et que, d'autre part, nous arrivions à la société décrite dans Fahrenheit 451 de Ray Bradbury il y a 70 ans, mais toujours aussi pertinente aujourd'hui, où les pompiers n'éteignent pas les incendies, mais les allument... tout compte fait ! Coupable de dire des choses trop différentes les unes des autres au risque d'embrouiller les pauvres lecteurs, comme l'explique le chef des pompiers à un jeune préposé perplexe.
Malheureusement, la culture de l'annulation est fondamentalement similaire….
12:55 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, lettres, lettres anglaises, littérature anglaise, george orwell, cancel culture | |
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Chesterton et Borges
Chesterton et Borges
Par Juan Manuel de Prada
Source: https://noticiasholisticas.com.ar/chesterton-y-borges-por...
Un siècle et demi après sa naissance, les œuvres de Gilbert Keith Chesterton sont encore régulièrement réimprimées et sa figure fait l'objet d'un « culte » croissant. Il est en effet paradoxal (mais un écrivain aussi doué pour le paradoxe que Chesterton ne pouvait avoir d'autre destin) qu'une époque qui s'acharne à ne pas croire tout ce en quoi Chesterton croyait avec ferveur s'acharne également à vénérer Chesterton. Car le scepticisme terminal et putrescent de notre époque n'a pu venir à bout du talent foisonnant du créateur du Père Brown, avec sa tonne de bon sens, avec la bonne santé rugissante de son argumentation et la splendeur de son style, qui débordait sur tous les genres.
Chesterton, qui dans ses dernières années était un auteur de plus en plus vilipendé par ses compatriotes, a néanmoins joui en Espagne et dans d'autres pays catholiques d'une popularité qui s'est prolongée tout au long des années 1940 et 1950. Mais dans la seconde moitié du siècle dernier (alors que les pays catholiques devenaient « protestants »), un manteau d'opprobre s'est abattu sur Chesterton, en raison de ses opinions « réactionnaires » (c'est-à-dire clairvoyantes et très sages) sur la démocratie, le progressisme, l'évolutionnisme, le féminisme et les autres « ismes » émétiques en circulation. Même son plus fervent et prestigieux défenseur, Jorge Luis Borges, n'échappe pas au rejet général de la pensée de Chesterton dans le progressisme environnemental ; et déjà, lorsqu'il écrit sa nécrologie dans la revue « Sur », il prend ses distances avec les positions de son maître (« Aucun des attraits du christianisme ne peut rivaliser avec son invraisemblance débridée »), affirmant que Chesterton est ce qu'il est en dépit de son catholicisme, et non grâce à lui.
Borges affirmera également que « l'intérêt qu'elles [les croyances de Chesterton] suscitent est limité ; supposer qu'elles l'épuisent, c'est oublier qu'un credo est l'aboutissement ultime d'une série de processus mentaux et émotionnels ». Mais il s'avère que pour Chesterton, le credo était quelque chose de bien plus important qu'une « série de processus mentaux et émotionnels ». Il était le carburant de toute sa littérature, qui s'attachait à éclairer les mystères de la foi, non pas à la manière sèche de tant d'apologistes étouffants, mais à la manière jonglée d'un artiste de cirque, de sorte que les dogmes sont mis sous nos yeux pour faire des sauts périlleux et faire semblant d'être ivres, nous faisant rire presque sans que nous nous en apercevions, comme le ferait un gentleman en pyjama et en chapeau melon. Borges n'a jamais compris quelque chose d'aussi élémentaire, et il a eu beau lire, citer et traduire Chesterton, imiter son humour polémique et la belle « clarté latine » de son style paradoxal, il a toujours insisté pour construire un Chesterton à sa mesure, allégé ou « purifié » des aspects de sa pensée qu'il jugeait inintelligibles ou qu'il rejetait (n'oublions pas que, pour Borges, « l'idée d'un être parfait, omnipotent, tout-puissant est l'ultime création de la littérature fantastique »).
Ainsi, toutes les lectures de Chesterton par Borges sont boiteuses, hémiplégiques, souvent grotesques, quand elles ne sont pas carrément idiotes. C'est le cas, par exemple, lorsqu'il présente « Le nommé Jeudi » comme une fantaisie à mi-chemin entre Lewis Carroll et Franz Kafka, en ignorant la thèse théologique que le livre cache dans ses pages. Car « Le nommé Jeudi » est avant tout une très belle fable sur les mystères de la souffrance, le libre arbitre et le problème du mal, qui sont après tout les mêmes questions que celles que l'on trouve dans le Livre de Job ; seul le traitement chestertonien est totalement nouveau. Pour un lecteur non averti, « Le nommé Jeudi » peut sembler être une diatribe contre l'anarchisme ; mais Chesterton ne dirige pas ses fléchettes contre la désobéissance aux gouvernements, mais contre le « non serviam » transformé en un « vaste mouvement philosophique qui annonce toujours un âge futur de béatitude ».
En fin de compte, Borges faisait partie de ce vaste mouvement philosophique ; c'est pourquoi, bien qu'il ait toujours écrit sous l'« influence notoire » de Chesterton, il n'a jamais pu pénétrer l'homme qui palpitait dans l'éclat de son écriture, en qui s'amalgamaient - comme l'a écrit Leonardo Castellani - « la sagesse du vieillard, la raison de l'homme, la combativité du jeune homme, la pétulance du garçon, le rire de l'enfant et le regard étonné et sérieux du nourrisson ». Et tous ces vêtements apparaissent dans ses écrits, qui exercent une influence vitale sur ses lecteurs. Car l'influence de Chesterton n'est pas seulement (contrairement à celle de Borges) intellectuelle ou esthétique ; Chesterton est aussi un « maître à penser » qui façonne notre pensée et nous apprend à vivre.
Je crois que c'est finalement la raison ultime de la pertinence de Chesterton, un siècle et demi après sa naissance ; une pertinence de la même nature que celle d'autres auteurs comme Cervantès ou Dostoïevski qui, en plus de nous donner un plaisir littéraire, nous façonnent intérieurement ; une pertinence que Borges ne pourra jamais avoir, même s'il est l'écrivain espagnol le plus techniquement parfait de tout le vingtième siècle. C'est sans doute une magnifique ironie que Dieu ait choisi Borges comme sauveur de Chesterton, sans lui permettre de pénétrer la raison ultime de sa valeur, tout comme il a choisi Moïse comme guide vers la terre promise, sans lui permettre d'y mettre les pieds. Car Dieu est un ironiste aussi paradoxal et éblouissant que Chesterton lui-même.
11:44 Publié dans Littérature, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : g. k. chesterton, chesterton, jorge luis borges, lettres, littérature, littérature anglaise, littérature argentine, lettres argentines, lettres anglaises | |
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jeudi, 09 janvier 2025
Les mains du dragon sur le canal de Panama. Voici pourquoi Donald veut le reprendre
Les mains du dragon sur le canal de Panama. Voici pourquoi Donald veut le reprendre
Les États-Unis l'ont cédé, puis ce fut la «trahison»: des accords avec la Chine, qui le contrôle désormais
Marco Valle
Source: https://www.ilgiornale.it/news/politica/mani-dragone-sul-...
C'est bien connu, The Donald n'aime pas les tournures de phrases compliquées et déteste les sophismes diplomatiques. Ses déclarations brutales de Noël sur le sort du Panama et de son canal le confirment une fois de plus. Pour Trump, la petite république pénalise délibérément le trafic maritime américain au profit de la Chine qui, par l'intermédiaire de la société CK Hutchison Holdings, basée à Hong Kong, contrôle deux des cinq ports adjacents au point de transit stratégique mondial, ainsi que des zones franches.
Pour le nouveau président, il s'agit là de "l'ongle du dragon jaune avide" qui s'apprête à engloutir le pays d'Amérique centrale. Ce n'est pas un hasard si le 27 décembre, sur son compte Truth, il a ironiquement souhaité un « Joyeux Noël à tout le monde, y compris aux merveilleux soldats chinois qui gèrent avec amour, mais illégalement, le canal de Panama ». Bref, pour le prochain occupant de la Maison Blanche, la ligne d'eau stratégique entre les deux océans est sur le point de tomber entre les mains de Pékin et il est prêt à utiliser tous les moyens pour l'empêcher.
Au-delà des hyperboles trumpiennes, l'affaire est très complexe et les enjeux pour Washington sont très importants: depuis plus d'un siècle, le Panama et son canal sont une créature des Etats-Unis, le centre géopolitique de leur «arrière-cour». Tout a commencé en 1903, lorsque le président Theodore Roosevelt a décidé que le district périphérique du nord de la Colombie « méritait » l'indépendance. La partie est facile: les canons du croiseur Nashville soutiennent les tièdes ambitions séparatistes de l'élite créole locale, forçant Bogota à capituler, et deux semaines après l'indépendance, la république nouvellement établie autorise les Américains à commencer les travaux du canal.
Roosevelt n'a pas perdu de temps. En dix ans, ses ingénieurs réussissent une entreprise abandonnée d'abord par les Espagnols (la première étude, en 1793, est due à l'amiral Alessandro Malaspina, navigateur toscan au service de Madrid), puis, à la fin du XIXe siècle, par les Français de Ferdinand de Lesseps, l'homme de Suez. Un ouvrage colossal, une voie d'eau de 82 kilomètres à travers un terrain impraticable et montagneux, qui révolutionne le trafic maritime et témoigne de la puissance technologique de la république étoilée. Inaugurée le 15 août 1914, la voie d'eau est restée sous souveraineté américaine (accueillant d'importantes installations militaires) jusqu'au 31 décembre 1999, date à laquelle Jimmy Carter, récemment décédé, a décidé de la céder aux Panaméens. Une décision historique que Trump n'a jamais appréciée : « Quand Carter l'a bêtement cédée pour un dollar, c'était entièrement au Panama de la gérer, pas à la Chine, ni à personne d'autre ».
Et c'est là que réside le problème. Début 2017, surprenant Washington, le président panaméen de l'époque, M. Varela, a rompu les liens diplomatiques avec Taïwan et a signé en juin un protocole d'accord contraignant avec la Chine de Xi Jinping. C'était le début d'une formidable offensive diplomatique et commerciale. Quelques chiffres : selon les statistiques des douanes chinoises, le volume des échanges entre la Chine et le Panama en 2021 était de 11.344 milliards de dollars, dont 10.180 milliards de dollars d'exportations chinoises et 1164 milliards de dollars d'importations, avec une augmentation régulière et fructueuse d'une année sur l'autre. La Chine est ainsi devenue le principal partenaire commercial du Panama, le premier fournisseur de la zone franche de Colon et le deuxième utilisateur du canal. Des données lourdes. Une éventuelle satellisation du Panama dans l'orbite économique chinoise n'est plus une probabilité lointaine mais une possibilité, certes pas immédiate, mais réelle.
Des perspectives qui irritent le déjà colérique Trump. Pour lui, « si les principes, tant moraux que légaux, du geste magnanime de donation ne sont pas suivis, alors nous exigerons que le canal nous soit rendu, en totalité, rapidement et sans question ».
Le président panaméen Jose Raul Mulino (photo) a répondu que « chaque mètre carré du canal et de la zone environnante appartient au Panama et continuera d'appartenir au Panama. La souveraineté et l'indépendance de notre pays ne sont pas négociables ». Toujours sur Truth, Trump a répondu : « Nous verrons ».
19:50 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : panama, canal de panama, états-unis, donald trump, amérique centrale, amérique ibérique, amérique latine, géopolitique | |
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L’appétit de Trump
L’appétit de Trump
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/lappetito-di-trump/
Trump semble avoir un appétit considérable… Si bien que, peu avant son entrée en fonction au Bureau Ovale, il sème la peur à grande dose. Mais pas chez les Russes ou les Chinois, qui pourtant le regardent avec beaucoup de méfiance. C’est aux Européens, ses alliés/ses subalternes, qu’il inspire de la crainte.
Et c’est précisément vers eux qu’il semble diriger ses appétits, toujours plus manifestes et imposants.
Selon le Tycoon, donc, le Groenland, cette grande île subarctique, doit bientôt devenir américaine. Le fait qu’elle continue, officiellement, à faire partie du Danemark ne l’intéresse pas. Pas plus que le fait que ce petit royaume soit un allié des États-Unis. Le Groenland représente une nécessité stratégique pour Washington. Point final.
Ensuite… le Canada. Trudeau a fait son temps. Mais il a également dû s’en aller, emporté par des scandales de toutes sortes.
Très bien, dit Trump. Il est temps d’en finir avec cette fiction du Commonwealth. Avec ce Canada qui appartient, officiellement, à la Couronne britannique. À un roi lointain, sans importance.
Le Canada est américain. Et, par conséquent, il doit pleinement intégrer les États-Unis.
Les grands médias italiens, et les experts qui pontifient du haut de divers podiums, présentent ces sorties soudaines de Trump comme les signes d’une sorte de folie. Une preuve, selon eux, de l’inadéquation de l’homme à occuper une fonction aussi élevée.
Je me permets de ne pas être d’accord. Car, certes, Trump ne respecte en rien les canons habituels de l’expression politique et diplomatique. Et il a, sans aucun doute, une forte tendance au personnalisme et à l’excentricité. Toutefois, il n’est pas fou. Et, en réalité, il a une vision bien claire de l’Amérique et de son rôle international.
Et cette vision ne lui est pas propre.
Car Trump représente véritablement l’Amérique. Celle, profonde, qui est très éloignée des canons conventionnels et des stéréotypes auxquels nous avons été, pendant trop longtemps, habitués. Et ces stéréotypes correspondent davantage à des élites, ou si l’on préfère, à des cercles internationaux fermés. Américains seulement de nom, en réalité autoréférentiels et éloignés du peuple. De tout peuple, et en particulier du peuple américain.
Ce peuple, lui, se reconnaît dans Trump. Et dans ses déclarations, même les plus extrêmes. C’est l’Amérique profonde, celle qui travaille et qui produit. Celle qui n’a rien à voir avec la haute finance de Wall Street.
Une Amérique que nous ignorons. Que nous ne connaissons pas et ne comprenons pas. Tout comme, pour elle, nous autres Européens sommes des étrangers. Voire de véritables aliens.
Cette Amérique semble désormais arrivée au pouvoir aux États-Unis. Et décidée à faire sauter les vieux schémas de la politique internationale. Des schémas remontant à la Seconde Guerre mondiale, et peut-être même à des époques antérieures.
Sera-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Difficile à prévoir. Tout comme il est difficile, pour l’instant, de savoir si Trump aura la force et la détermination de mener ce changement jusqu’au bout.
Une chose est toutefois certaine: il représente la seule nouveauté marquante dans un paysage politique stagnant et sclérosé comme l’est, depuis longtemps, celui du prétendu « Occident ».
19:21 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, états-unis, groenland, canada, donald trump, politique internationale | |
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Une note de Dominique Venner sur Jean-Marie Le Pen
Une note de Dominique Venner sur Jean-Marie Le Pen
Ex: Dominique Venner, Carnet rebelles, vol 3, p 273-274. Ed de La Nouvelle Librairie, 2023.
Déjeuner parc Montretout - lundi 5 décembre 1994.
Froid. Beau temps d’hiver. 13 heures.
Maître d’hôtel, concierge (sans uniforme) noir (style paki plutôt qu’africain). Sens de l’humour du propriétaire des lieux. Deux dobermans fort débonnaires.
Hall dans un sympathique désordre de maison de campagne. Selle d’équitation sur la rampe de l’escalier, semble avoir été posée depuis cinq minutes. Vieux canapé encombré de manteaux.
Une petite fille blonde se promène (quatre ou cinq ans), enfant d’une des filles de Jean-Marie Le Pen.
Brouhaha de voix venant d’une salle de réunion, dominé par la voix bien connue de Le Pen.
Les participants sortent. Quelques visages connus: Bruno Mégret, Reveau, Le Gallou, Yvan Blot (que Jean-Marie Le Pen priera à déjeuner avec nous), Patrick Peillon, Racouchot, etc… Présentation à Samuel Maréchal (gendre et directeur du Front National de la jeunesse).
Atmosphère de travail et d’activité. Quand nous nous levons de table vers 14h30, Le Pen et Yvan partent pour une réunion (bureau politique ?). R25 aux glaces noires suivie de voiture gardes du corps.
Très en forme (surtout quand se joignent à nous pour le café Patrick Peillon et Bruno Racouchot). Le grand acteur se révèle. Numéro des grands jours. Rappel affaires confidences de Louis Pauwels au Figaro Magazine après entretien: « Ils vous écraseront… »
Franz-Olivier Giesbert : « Pourquoi ne faites-vous pas les gestes que l’on attend de vous ? Pourquoi vous entêter ? ».
« Parce que je refuse de me coucher ! ».
Et c’est bien ce qui est admirable chez cet homme malgré tous les travers de caractère. Il ne s’est jamais couché. La plus belle carrière politique lui était ouverte s’il ne s’était pas « entêté ». S’il n’était pas resté fidèle.
D’où quelques paroles plus amusées, ironiques qu’acerbes sur Alain de Benoist, « l’obsédé de la note » que je défends mais en position difficile. Je défends aussi Gilbert Collard (« petit coq ») qu’il a bien connu autrefois au Quartier-Latin et qui a fait des confidences déplaisantes semble-t-il aux auteurs d’un livre hostile comme il se doit.
Nous parlons de mon Histoire de la Résistance. Intéressé. Évoque ses souvenirs à seize ans. Rejoint le maquis breton avec le revolver de son père. Et reçoit en retour une bonne trempe de sa mère…Ce qu’il voit lors de la Libération le dégoûte à tout jamais et, par réaction, l’incite à de la sympathie pour les vaincus.
Je le retrouve intellectuellement inchangé. Même fougue, plus profonde sans doute. Il est porté par une espérance, c’est évident. Quel chemin parcouru depuis 1981 !
Tout tient par lui, c’est évident, quelle que soit la qualité d’une petite poignée autour. Phénomène unique à notre époque que celui de la réunion chez un même homme des qualités d’un puissant animal politique et d’une fidélité à des convictions qui le condamnent à la marginalité… A moins que… C’est bien entendu cette part du « à moins que » à laquelle il croit grâce à une santé et une énergie vitale exceptionnelles, qui le fait agir.
Dominique Venner, Carnet rebelles, vol 3, p 273-274. Ed de La Nouvelle Librairie, 2023.
19:02 Publié dans Nouvelle Droite | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean-marie le pen, dominique venner, france, nouvelle droite, front national | |
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Quatre réactions hors des sentiers battus suite au décès de Jean-Marie Le Pen
Quatre réactions hors des sentiers battus suite au décès de Jean-Marie Le Pen
Jean-Marie Le Pen est mort. Une vie de travail, de rires, de larmes et de chants, c'est une vie au moins ! Au temps des fonctionnaires de la politique, des ectoplasmes incultes et des calculateurs tordus, Le Pen était vivant et quelque-chose chez lui était vraiment libre. Ses idées ? Plutôt la constance d'une attitude devant la vie et des fidélités. Nous en avons tous et elles nous emmènent parfois bien loin. Pour ma part, j'ai bien aimé le vieux chef anarchiste.
Comme j'y pense, il m'avait raconté une petite histoire allégorique. La voici :
Un scorpion demanda à une vache de l'autoriser à monter sur son dos pour traverser un fleuve tumultueux. La vache s'inquiétait : "Impossible, tu vas me piquer !" Le scorpion argumenta ainsi : "Si je le fais, je vais mourir noyé, tu n'as donc rien à craindre." Cela semblait logique et la vache accepta. Elle s'engagea alors dans l'eau avec le scorpion sur son dos et, au milieu du fleuve, celui-ci la piqua. Avant de mourir, emportée par les flots, elle lui demanda : "Tu vas mourir toi aussi ? Pourquoi alors m'as-tu piqué ?" Le scorpion lui répondit : "Je sais, mais c'est plus fort que moi, je suis un scorpion."
Laurent Ozon
* * *
Jean-Marie Le Pen est mort. Paix à son âme. J’ai rencontré une fois dans ma vie le président du Front national et le moment ne fut pas des plus heureux. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir cohabité avec lui durant des années tant sa présence fut marquante dans la France des années 1980 à 2000. Je ne compte pas mes amis qui l’ont rejoint, lassés d’une métapolitique qui semblait dans l’impasse après la campagne de 1979.
Paladin d’une idée de la nation qui m’était profondément étrangère, reniant son identité bretonne avec une constance zélée, défenseur armé d’un empire colonial moribond et mainteneur d’une Algérie française contre nature, exécrateur de l’idée européenne, j’ai peu en partage avec cette figure singulière de la politique française qui a tout fait pour ne pas parvenir au pouvoir.
Pourtant, il n’est point nécessaire de partager les idées d’une personne publique pour saluer sa dimension historique, accouchée, faut-il le rappeler, par la duplicité géniale de François Mitterrand. Je reconnais tout aussi volontiers son talent cicéronien qui a séduit deux générations de Français et qui a largement contribué à réveiller des esprits endormis par le conformisme distillé en permanence par les médias.
Ce sont ces éveillés qui constituent le socle d’un renouveau possible, alimenté par les idées d’un Eric Zemmour, lecteur du magazine éléments ou du Journal du dimanche, informé par TVLibertés ou par Cnews, capable de créer une société alternative décidée à ne pas se laisser mourir.
Aujourd’hui, à l’heure de sa mort, je reconnais même s’il m’en coûte, la dette que nous avons à son égard.
Tristan Mordrelle
* * *
Jean-Marie Le Pen is niet meer.
De meest succesvolle Franse patriot van de laatste vele tientallen jaren overleed vandaag op 96-jarige leeftijd.
Hij begreep wat zijn dochter niet begrijpt en ijverde meer dan 30 jaar geleden al voor vrede met Rusland. Hij begreep de geopolitieke noden van Europa.
Hij zei me in 1994 al dat ook Wit-Rusland belangrijk is.
God met jou, Jean-Marie !
Kris Roman
(Jean-Marie Le Pen n'est plus. Le patriote le plus talentueux de France au cours de nombreuses décennies est décédé aujourd'hui à l'âge de 96 ans.
Il a compris ce que sa fille ne comprend pas et militait depuis plus de trente ans pour qu'il y ai la paix avec la Russie. Il comprenait les nécessités géopolitiques de l'Europe.
En 1994 déjà, il me disait que la Biélorussie aussi était importante.
Que Dieu soit avec toi, Jean-Marie ! ).
* * *
C’est peut-être parce que je suis Arabe que je n’ai jamais trouvé les propos de cet homme choquants. Bien au contraire, j’ai toujours eu l’impression qu’il était pragmatique et sincère dans son amour pour son pays. Sur l’échiquier politique arabe, Jean-Marie Le Pen aurait probablement été classé « tendance gauchiste ». Que la paix l’accompagne dans l’au-delà, qu’il retrouve l’Éternel et que ses erreurs lui soient pardonnées. Puisse Dieu accorder à sa famille la force, la patience et le courage nécessaires pour surmonter cette épreuve difficile.
الله يرحم الناس أجمعين
17:51 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, jean-marie le pen, france, hommages | |
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mercredi, 08 janvier 2025
Une vie de combat pour la France et les Français
Une vie de combat pour la France et les Français
par Georges Feltin-Tracol
7 janvier 2025: Jean-Marie Le Pen vient de disparaître à l’âge de 96 ans. «Jamais Charlie», il décède dix ans après l’attaque terroriste contre la rédaction de Charlie Hebdo qui, à la fin des années 1990, avait lancé une pétition pour l’interdiction du Front national. Les journalistes se plaisent par ailleurs à rappeler que le « Menhir » fut condamné 25 fois par une justice partiale pour délits d’opinion et d’expression. Il restera dans l’histoire comme un visionnaire, un précurseur et un éveilleur de peuple. Relisons par conséquent la recension du second tome, plus politique, de ses mémoires (la recension du premier tome peut se lire ici : http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/11/22/quand-le-menhir-se-souvient.html ).
* * *
Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du Front national, a sorti à l’automne 2019 le second tome de ses mémoires. Après la surprise de Fils de la Nation dans lequel on découvrait l’homme Le Pen, ce nouveau volume, intitulé Tribun du peuple, relate sa vie politique, d’où la relative déception de tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l’aventure frontiste. L’ouvrage commence à la fondation du Front national (FN) et va jusqu’à nos jours.
Tout au long du récit, Jean-Marie Le Pen s’en prend avec une virulence rare et légitime à ce qu’il désigne comme l’« Établissement » ou le « Système ». « J’appelle système, par définition, la mécanique qui régente la vie politique française par l’alternance de partis complices. Qu’importe le nom qu’on lui donne, bande des quatre ou UMPS, l’important est qu’il ne se cantonne pas à la stricte politique : il déborde sur les médias, la publicité, etc. C’est une machine qui s’empare de la société tout entière pour la diriger à sa convenance. » C’est une pieuvre dont les tentacules investissent le journalisme, les universités et l’histoire. C’est un bonheur de voir l’auteur s’attaquer en page 113 à ces chercheurs et plumitifs militants (les Igounet, Albertini, Doucet et Lebourg) qui ne cessent de traquer leurs fantasmes et qui sans l’existence de l’« extrême-droite » seraient contraints d’écrire dans la rubrique des chiens écrasés ou d’enseigner dans un collège paumé dans une banlieue de l’immigration. Jean-Marie Le Pen les fait vivre.
Contre la médiacaste
Ce tome deux a moins suscité l’intérêt de la part des journalistes que le premier. « L’immense majorité des articles que la presse m’a consacrés n’a pas été rédigée après la lecture du livre, mais d’après la “ synthèse ” que l’AFP a publiée en balayant des yeux les bonnes feuilles qu’elle s’était procurées. » Faut-il s’en étonner de la part de l’officine maîtresse en désinformation ? L’hystérique pathologique Christine Angot au style si nullissime n’a « pas compris que la ruse était de profiter de ce battage publicitaire pour donner envie au grand public de ne pas lire le livre ». Jean-Marie Le Pen accuse : « Mes adversaires se sont arrangés pour que peu de personnes […] partagent » ses mémoires qui jettent une lumière crue sur les événements des quarante dernières années.
À l’instar des décroissants « Casseurs de Pub », il ne se prive pas de souligner que « les messages publicitaires servent à installer dans l’esprit public, de façon subliminale, des images et des sentiments indépendants de l’objet qu’ils sont censés vanter. En d’autres termes, ce sont de puissants instruments de propagande, au service du politiquement correct. En particulier au service du grand mélange et du grand remplacement ». Il confirme en outre que les « nouveaux propagandistes […] sont journalistes et communicants ».
C’est ainsi qu’il qualifie respectivement l’« affaire du détail » du 13 septembre 1987 à RTL d’« embuscade médiatique » et l’odieuse machination socialiste de Carpentras de 1990 de « pacte social spécifique ». Il note qu’à ces occasions de partis pris assumés, « une paire de journalistes frénétiques s’érigeait en tribunal, et l’opinion ratifiait leur condamnation sans même écouter mes arguments ». Rien qu’entre 1986 et 1992, Jean-Marie Le Pen et les membres du FN font l’objet de plusieurs centaines d’agressions ! Sans oublier le traquenard de Mantes-la-Jolie en 1997, l’auteur est encore poursuivi par une justice bien connue pour sa partialité politique. Le FN, son président et ses militants ont subi des attaques, des attentats, des persécutions qui, sous d’autres latitudes, leur auraient valu de recevoir le prix Nobel de la Paix, le prix Sakharov du Parlement européen et le soutien aveugle des ONG droits-de-l’hommistes.
S’élevant contre les mensonges médiatiques, l’auteur s’inquiète d’entrer « dans une société manichéenne, où seuls sont habilités à parler ceux qui figurent le Bien ». Sa préoccupation concerne partout « l’histoire [qui] est aujourd’hui la simple pétrification de la mémoire de la presse dominante, la validation officielle de la propagande de gauche ». Et gare à ceux qui s’écartent des chemins balisés ! Ils risquent dès à présent le bannissement social, voire l’emprisonnement, bientôt peut-être la décapitation en direct sur les chaînes info avant 20 h. Élucubrations fantaisistes ? Bien des Gilets jaunes ont perdu un œil ou une main de l’automne 2018 au printemps 2019. « Les CRS ne sont plus des SS, ce sont les prétoriens de Cohn-Bendit. » Avec ses deux tomes de ses souvenirs, Jean-Marie Le Pen entend être « passeur de mémoire et rectificateur d’histoire ».
Présidents de la Décadence
Il dénonce devant l’histoire les fauteurs du déclin de la France. En premier lieu, François Mitterrand et Jacques Chirac, tous deux responsables « d’un crime encore pire que la haute-trahison [… le] meurtre de leur pays. Après eux vint le temps des petits malfaiteurs ». En effet, par l’intermédiaire d’associations communautaires revendicatives (SOS-Racisme), « le racisme anti-blanc, le racisme anti-français, sont le fruit de la stratégie de Mitterrand appuyée par Chirac ». L’ouvrage n’épargne pas non plus Valéry Giscard d’Estaing et son rêve de « libéralisme avancé », préfiguration bancale de la société française décomposée, mondialisée et éclatée chère à Emmanuel Macron. Responsable de la légalisation de l’avortement, du divorce par consentement mutuel et du regroupement familial pour les étrangers immigrés, le troisième président de la Ve République « a limité la natalité française pour accueillir plus de migrants. Le mécanisme du grand remplacement était installé : seul le rythme s’en est accéléré depuis ».
Il réserve cependant ses flèches les plus acérées à l’infâme Jacques Chirac, ce « militant résolu de l’Anti-France ». Chirac fut un jouisseur qui vécut sous les ors de la « Ripoublique » (l’Hôtel de Ville, Matignon, l’Élysée) pour satisfaire son ego démesuré de pâle technocrate arriviste. Ses innombrables revirements se comprennent à l’aune de cette ambition pitoyable. « Était-il déjà dépendant de la drogue que son dealer lui fournissait ? ». Ce dealer se nomme Gérard Fauré. Il vient de publier deux livres de souvenirs (Dealer du Tout-Paris. Le fournisseur des stars parle, Nouveau Monde Éditions, 2018, et Le Prince de la coke. Dealer du Tout-Paris… La suite, Nouveau Monde Éditions, 2020) dans lesquels il relate ses livraisons de cocaïne au Tout-Paris politico-artistique.
En ce qui concerne le « Corrézien de Paris », ses souvenirs narcotiques recoupent le roman politique à clé de Sophie Coignard et d’Alexandre Wickham, Mafia chic (Fayard, 2007). Gérard Fauré « livrait cent grammes par semaine à Jacques C., Élysée, rue du faubourg Saint-Honoré. Cent grammes? L’autre en offrait, ce n’est pas possible ! À ses petites amies, sans doute. Ça explique l’agitation de ce grand vide qui a dirigé la France ». On attend que la « victime » Vanessa Springora édite les récits glaçants et effroyables des jeunes femmes violées par le triste sire présidentiel. On comprend mieux maintenant pourquoi « la drogue, dans nos banlieues, n’est pas un problème, c’est la solution qu’a choisie l’État pour assurer sa paix civile ».
Le constat de Jean-Marie Le Pen sur l’état de notre pays après les présidences de Giscard d’Estaing, de Mitterrand, de Chirac, de Sarközy, de Hollande et de Macron est accablant. « La France est moins intelligente, moins érudite, moins compétente, moins habile aujourd’hui qu’il y a quarante ans. Les enquêtes internationales sur le niveau scolaire ou le QI enregistrent cette régression ». L’intellectuel de gauche républicaine nationiste Emmanuel Todd parvient à la même conclusion dans son nouvel essai, Les luttes de classes en France au XXIe siècle (Le Seuil, 2020).
L’aventure mouvementée du FN
Contre ce délabrement moral généralisé, très tôt, « le Front national, Front national pour l’unité française, était à l’origine au-dessus et en dehors de la politique ordinaire. Un recours pour ceux qui refusent l’assassinat, le suicide assisté, de la France. Une bouée pour ceux qui espèrent perpétuer le destin français ». Il revient sur sa naissance agitée en 1972. À l’origine, Ordre Nouveau (ON) veut élargir son audience et gagner un plus grand électorat en créant les conditions favorables au regroupement des nationaux et des nationalistes. Sollicitant sans succès Jean-Jacques Susini et Dominique Venner, les responsables d’Ordre Nouveau se tournent faute de mieux vers Jean-Marie Le Pen. Or, « les gens d’Ordre Nouveau me paraissaient des gauchistes de droite sortis de Mai 68 ». Il ne cache pas se méfier « par expérience d’un milieu qui gamberge beaucoup mais n’a pas été formé comme la gauche à la discipline. Il est moins gouvernable qu’une tribu gauloise ». Il souligne que depuis l’échec de la candidature présidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour en 1965, « “ l’extrême droite ” était une minuscule bouilloire perpétuellement agitée de tentatives de faire valoir ses idées, le plus souvent fugaces ou avortées, sans moyens, sans organe d’information solide à l’exception de Rivarol. Les associations et les dissociations de ces structures éphémères dépendaient plus des affinités entre individus que de l’idéologie ou de la doctrine ».
La rupture avec ON se fait au lendemain de législatives plus que décevantes en 1973. C’est la première scission d’un FN qui en connaîtra bien d’autres du fait de sa nature même. « J’étais le mieux placé pour rassembler les composantes du Front national, explique Jean-Marie Le Pen. Les contradictions des uns et des autres, des cathos tradis et païens ancestraux, des fachos, des roicos, des libéraux, ne trouvaient leur solution qu’en moi, garant et incarnation du compromis nationaliste. »
La décennie 1970 et le début des années 1980 voient s’amplifier la rivalité féroce entre le FN et le prolongement d’Ordre Nouveau. Tandis que Jean-Marie Le Pen se déclare candidat à l’Élysée pour la première fois en 1974, Valéry Giscard d’Estaing embauche par l’intermédiaire de Michel Poniatowski des militants nationalistes. « Les gens d’Ordre Nouveau ont collé pour de l’argent, cingle-t-il. Ils en ont tiré dix-huit millions d’anciens francs, ce qui leur permet de lancer, à l’automne, leur nouveau mouvement, le Parti des forces nouvelles, (PFN), avec de luxueuses publications. Mais l’argent a une odeur et le PFN restera marqué à tout jamais par cette origine mercenaire, par sa compromission avec la fausse droite au pouvoir ».
Cela n’empêchera pas en 1985 le FN, sous la houlette de son secrétaire général Jean-Pierre Stirbois, d’accueillir quelques cadres du PFN afin d’aider les fédérations départementales en cours de formation de se structurer.
Quelques figures nationales… ou non
Jean-Marie Le Pen évoque quelques personnalités qu’il a côtoyées au sein du Front. Son ami, Hubert Lambert, auteur sous le pseudonyme de Hubert Saint-Julien de Louis Rossel (1844 – 1871). Pensée et action d’un officier insurgé (Presses continentales, 1962) et de Défense nationale et OTAN (Presses continentales, 1971), tout millionnaire qu’il était, se disait « national travailliste » ! Il dépeint Dominique Venner en « intellectuel brillant, raide et paradoxal ». Son suicide « à Notre-Dame m’a beaucoup frappé. C’était un homme d’une grande intelligence et d’un grand courage, sincère mais désespéré. Il a choisi le bâtiment le plus représentatif de notre civilisation européenne, chrétienne et disons-le, française, pour donner à son acte le plus grand écho. Cet athée païen a choisi pour son appel au secours de la nation le maître-autel de Notre-Dame de Paris. Il n’était pas croyant mais n’ignorait pas la force des symboles ».
Plus proche de lui, et contredisant volontiers la biographie de Nicolas Lebourg et de Joseph Beauregard, François Duprat. L’homme qui inventa le Front national (Denoël, 2012), François Duprat « était un électron libre, un garçon intéressant […], mais il n’avait pas de place opérationnelle dans le mouvement. En revanche, il a contribué à notre réflexion doctrinale. Historien et politique, il avait compris l’importance de l’Histoire dans le combat politique, il en avait fait la théorie, et c’est pourquoi il avait cofondé une revue d’histoire du fascisme. C’était sa manière de rechercher une troisième voie entre ceux qui avaient selon lui le monopole de la représentation de l’Histoire, les “ communistes ” et les “ régimistes ”. Je dois avouer que je me sens plus proche aujourd’hui de Duprat que je ne l’étais à l’époque. L’histoire du Front national, notamment depuis le détail, m’a rapproché de soucis et d’analyses qui alors lui étaient propres ».
Plus récemment encore, un autre persécuté politique, Alain Soral « fut, avec son talent propre, un des maillons de la chaîne qui rattache les hommes honnêtes venus de la gauche au combat national, une fois qu’ils ont osé franchir le rubicon ». Toujours déplaisant envers Jean-Marie Le Pen qui a pourtant eu le courage de sonner le tocsin avant tout le monde, l’actuel maire de Béziers est bien moins traité. Robert Ménard « est un pauvre garçon dont la meilleure partie est l’épouse, un néophyte mal converti. Se souvenir qu’il était gauchiste à Reporters sans frontières. Il continue à donner des leçons, c’est sa forme d’esprit ». Le désir biterrois d’unir les droites se solde toujours par le refus obstiné de cette droite d’affaires qui ne veut que les électeurs patriotes. L’union des droites est belle et bien dépassée depuis le baron Armand de Mackau à la fin du XIXe siècle. Il importe au contraire de briser cette droite affairiste-là.
Le président du Front national de 1972 à 2011 répond à ses détracteurs au sujet de son air grave au soir du 21 avril 2002 au moment de sa qualification pour le second tour de la présidentielle. Il savait qu’il ne disposait d’aucun relais dans la haute administration, la magistrature, la police ou l’armée en cas de victoire, qu’il n’aurait pas non plus des personnes qualifiées pour exercer des fonctions techniques cruciales telles que le secrétariat général de la présidence de la République. Regrettant que le Front national devenu Rassemblement national n’ait plus un seul organe de presse imprimé comme National-Hebdo, Français d’abord ou Identité, il estime en fin politique que la conclusion d’ententes politico-électorales ne s’effectue qu’en situation avantageuse. « Il faut donner au Front national la masse critique à partir de laquelle, malgré l’interdit, il pourra passer des alliances afin de parvenir au pouvoir. Les compromis ne se passent en effet qu’en position de force, sauf à finir en compromissions. » L’exemple le plus pertinent reste l’élection des présidents des conseils régionaux en 1998 en Picardie, en Bourgogne, en Rhône-Alpes et en Languedoc-Roussillon. La présence déterminante des conseillers régionaux frontistes contraigne quatre hommes de centre-droit, proches de l’UDF, à sceller un accord de gestion autour de points raisonnables avec le FN pour le plus grand bien des habitants de ces régions. Ces expériences furent bien sûr condamnées par l’abominable Chirac et toute sa clique politico-syndicalo-médiatique.
Du travail militant et intellectuel frontiste
La légende journalistique veut que les trois mairies gagnées en 1995 (Orange, Marignane et Toulon) suivies en 1997 par Vitrolles auraient été des fiascos. Elle oublie volontiers qu’en 2001, seule la ville de Toulon est perdue comme fut perdue dès 1992 la commune de Saint-Gilles-du-Gard remportée en 1989 par le libéral-atlantiste pro-Disneyland-Paris Charles de Chambrun. Outre la commune néo-calédonienne de Thio en 1983, le FN compte déjà un conseiller municipal à Toulouse en 1977 ! Aux municipales de 1983, on recense deux conseillers municipaux frontistes à Dreux (avant l’élection partielle qui se transformera en « tonnerre » national), et un respectivement à Lunel, à Grasses et à Antibes sans oublier Jean-Marie Le Pen lui-même en tant que conseiller d’arrondissement dans le XXe.
À propos de la Nouvelle-Calédonie, Jean-Marie Le Pen découvre pendant son séjour sur le « Caillou » une réalité bien éloignée de la narration journalistique. Il remarque que l’indépendantisme kanak est « dirigé non pas contre la France, mais contre le RPCR et ses commanditaires, Lafleur, Laroque, Lavoix, les trois L, et les autres richards chiraquiens qui, sous couleur de représenter la France, imposaient une oligarchie dont ils tiraient le plus grand profit ».
Bien que regroupement de diverses sensibilités nationales et nationalistes, « le Front national d’avant, le Front national de la traversée du désert, le Front national “ artisanal ” avait poussé beaucoup plus loin qu’on ne le dit la réflexion doctrinale ». Pour preuve, un fascicule méconnu de 1979, Problèmes énergétiques et solutions écologiques, qui démontre l’antériorité du combat écologique bien pensé du FN par rapport aux Verts.
Jean-Marie Le Pen évoque aussi le travail de Pierre Gérard, secrétaire général du FN avant que Jean-Pierre Stirbois ne le remplace. Pierre Gérard rédige Droite et démocratie économique. Ce texte se réclame d’« un capitalisme populaire, notamment par la distribution du capital des grandes entreprises nationalisées aux Français ». Était-il un distributiste français, disciple de G. K. Chesterton et de Hilaire Belloc ou bien un lecteur du pancapitalisme de Marcel Loichot, largement aidé par Raymond Abellio ? Selon Jean-Marie Le Pen, ce livre « était une bonne synthèse entre liberté et solidarité, une troisième voie réaliste entre luttes des classes et monopoles, loin des aspirations interventionnistes, en quelque sorte proto-philippotistes, qu’Ordre Nouveau avait transmises au Parti des forces nouvelles ». Tant avec Pierre Gérard qu’avec Bruno Mégret plus tard, le FN a souvent proposé une tierce voie économique et sociale. Au soir du 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen se proclame « économiquement de droite, socialement de gauche et nationalement de France ».
Sur le monde et les enjeux européens
Le « Diable de la République » qui serait plus vraisemblablement l’« Archange de la Nation » insiste sur son expérience géopolitique. Il a des pages très fortes envers cette victime du mondialisme qu’a été le président irakien Saddam Hussein. Quand il le rencontre pour la première fois à Bagdad au moment de la future deuxième guerre du Golfe afin d’obtenir la libération de Français horrifiés d’être sauvés par la « Bête immonde », « le courant est passé. Il y a eu quelque chose. Une sympathie naturelle entre deux parias qui refusent de courber l’échine devant la puissance injuste et cherchent des solutions humaines à des conflits humains. Peut-être aussi entre deux fils du peuple qui aiment leur pays et ont combattu pour lui ». Ces lignes devraient être lues et méditées par cette jeune participante d’Academia Christiana qui, en août 2016, choquée d’entendre l’éloge du dirigeant irakien par l’auteur de ces lignes, lui demanda si ce n’était pas excessif de célébrer un « tueur ». Malgré toute sa bonne volonté et sa candeur, elle confondait l’impératif du politique, l’illusion de la morale publique et le monde joyeux de « L’Île aux Enfants ».
Jean-Marie Le Pen a combattu toute sa vie pour la France et les Français. Il a aussi lutté pour la vraie Europe. « Nous fûmes des éclaireurs éclairés du combat et contre l’invasion et contre la décadence de l’Europe. » Dès la chute du Mur de Berlin, il devine que « la révolution mondialiste prenait l’identité française et européenne en tenaille entre l’invasion migratoire venue du tiers-monde et l’invasion culturelle américaine ». Sur ce point précis, le vingt-neuvième chapitre, « L’Europe d’Autant-Lara », est magnifique.
En 1989, le grand réalisateur de cinéma Claude Autant-Lara, longtemps proche des communistes, est élu député européen sur la liste du FN. Doyen d’âge du Parlement européen le jour de la première séance inaugurale, il prononce un brillant discours hostile à l’américanisation de la vieille civilisation européenne. Hélas ! Ce beau texte n’a jamais été conservé. Claude Autant-Lara aime le génie français. Derrière l’entreprise « rock-coca », il se doute que « tout empire multiculturel, multireligieux, multi-ethnique provoque de telles tensions qu’il induit en réaction un pouvoir fort, une surveillance constante, un vivre ensemble de fer ». Les sociétés multiraciales d’Occident versent dans la compétition des races et se retrouvent sous prétexte d’état d’urgence sanitaire, bancaire ou glaciaire avec des assignations à résidence collectives et un contrôle de masse tatillon des populations.
L’auteur de Tribun du peuple rappelle que « député poujadiste, j’avais voté contre le Traité de Rome. L’Europe était pour moi une histoire commune, un sentiment commun ». En 1984, président du groupe des Droites européennes, il rappelle que « l’histoire de l’Europe, c’est d’abord Marathon, c’est Salamine, c’est Lépante, c’est Vienne, c’est Poitiers ». À l’occasion d’une autre intervention prononcée en séance le 6 avril 1988, il lance : « Ici, aujourd’hui, à Strasbourg, je propose aux peuples d’Europe un objectif et un mythe. Un objectif : la liberté pour l’Europe de l’Est. […] Un mythe […] : celui de la construction et de la renaissance d’une Europe grande puissance du XXIe siècle. » Quel sens de l’anticipation !
« J’ai toujours été européen, profondément, fortement », « mais autant j’étais européen, autant je n’étais pas européiste ». « La pratique du Parlement européen m’a conduit à ne plus croire que l’Europe de Bruxelles puisse s’amender. » Au contraire des Frexiters obsessionnels, Jean-Marie Le Pen reconnaît qu’« à nos débuts à Strasbourg, j’ai cru à la possibilité d’une confédération des puissances européennes veillant à la défense de ses intérêts communs et de ses frontières, notamment contre l’immigration, j’ai même préconisé une armée européenne. J’ai bien dû constater hélas que ce n’est pas cela que voulait le Parlement européen et la Commission européenne. Ils ne pensaient qu’à nous emmener, par petites étapes, mais à marche forcée, vers la fédération, en masquant plus ou moins leur but ». Il précise même que « lors de notre première mandature à Strasbourg, nous préconisions une confédération des nations européennes étroitement alliées aux États-Unis au sein de l’OTAN contre la menace soviétique. À la seconde, nous défendions un monde multipolaire contre Washington et sa menace monopoliste. La menace ne vient plus de l’Est, elle vient du Sud physiquement et, mentalement, de l’Ouest et du Nord ».
Le second tome des mémoires du « Menhir » constitue donc un formidable témoignage de cinquante années d’engagement politique effectif. Les dernières pages dégagent une « mélancolie française » certaine. Élu président de la République dès 1988, Jean-Marie Le Pen aurait donné une autre impulsion à la France et à l’Europe qui ne seraient pas aujourd’hui la risée du monde. Il restera dans l’histoire comme un Aétius politique assassiné symboliquement par le Système cosmopolite.
Dans deux siècles au moins, quand on étudiera ce combattant politique du XXe et du début du XXIe siècle, on s’étonnera à la fois de ses prévisions souvent justes et de l’aveuglement volontaire de ses contemporains à son égard. Le peuple s’est détourné du tribun pour suivre les pantins et autres histrions pour son plus grand malheur.
- Jean-Marie Le Pen, Mémoires. Tome II. Tribun du peuple, Éditions Muller, 2019, 559 p., 24,90 €.
- D’abord mis en ligne sur Europe Maxima, le 19 avril 2020, puis le lendemain sur Synthèse nationale.
18:14 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Hommages, Livre, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean-marie le pen, hommage, livre, france, europe, affaires européennes | |
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mardi, 07 janvier 2025
Canada : la fin de la Trudeau-mania
Canada: la fin de la Trudeau-mania
Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2025/01/kanada-das-ende-der-trude...
Justin Trudeau, l’ancien chouchou de l’élite mondiale progressiste de gauche, a annoncé sa démission en tant que Premier ministre du Canada.
Une nouvelle fracassante en provenance du Canada: Justin Trudeau, qui fut autrefois la figure emblématique de l’élite mondiale progressiste de gauche, a annoncé sa démission. Après des années de gouvernement, en suivant toujours une ligne globaliste, agrémentée de mises en scène multiculturalistes et de promesses excessives sur un avenir « vert », le Canada se prépare à un renouveau politique. Tous les regards se tournent désormais vers Pierre Poilievre, un politicien qui n’hésite pas à défendre fermement les intérêts nationaux du Canada. Un cauchemar pour les partisans de Trudeau, mais une lueur d’espoir pour ceux qui en ont assez des politiques symboliques et du matraquage idéologique.
La chute de Trudeau n’est pas due au hasard. C’est le résultat de plusieurs années de mauvaise gestion: une hausse du coût de la vie, une société de plus en plus divisée et une politique semblant davantage servir les réseaux internationaux que les besoins réels de la population canadienne.
Cependant, le départ de Trudeau ne se limite pas à un phénomène local. On observe une tendance mondiale vers une politique davantage axée sur les intérêts nationaux. De l’Europe aux États-Unis, la résistance contre l’élite globale autoproclamée se renforce.
Europe : De l’obsession verte au retour à la réalité
En Europe également, le paysage politique évolue. L’Autriche montre la voie. Le président Alexander Van der Bellen a dû céder, non sans réticence, la formation du gouvernement à Herbert Kickl, chef du Parti de la liberté. Un signe fort: les citoyens réclament davantage de sécurité, de stabilité et de pragmatisme économique, et rejettent une « dictature climatique » ainsi que des flux migratoires incessants.
En Allemagne, une dynamique similaire se fait sentir. L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) continue d’enregistrer des résultats record et pousse les partis traditionnels dans leurs retranchements. Le soutien de réseaux conservateurs internationaux, en particulier des États-Unis, donne un nouvel élan au parti. Alors que le gouvernement de coalition dit « feu tricolore » poursuit sa course vers l’autodestruction idéologique, le désir d’une politique véritablement tournée vers les intérêts du pays grandit parmi la population.
Royaume-Uni : Reform UK en précurseur
Le Royaume-Uni n’échappe pas non plus à cette agitation politique. Le parti Reform UK de Nigel Farage gagne du terrain et exige un changement radical de la part du Premier ministre Keir Starmer. Face à la pression croissante de la population et au soutien de forces conservatrices internationales, il devient évident que les Britanniques en ont assez d’une politique davantage préoccupée par l’Union européenne que par leur propre pays.
La démission de Trudeau n’est qu’un épisode de plus dans un affrontement mondial entre les citoyens et une élite de plus en plus déconnectée des préoccupations réelles de la population. Ce que veulent les gens, ce ne sont pas des activistes climatiques, une immigration massive ou une rééducation axée sur le genre, mais bien la sécurité, la stabilité et des perspectives d’avenir.
Le vent tourne au détriment des mondialistes. Le départ de Trudeau pourrait n’être que le début. La question n’est pas de savoir si la bulle globaliste éclatera, mais quand. Assiste-t-on à la fin du rêve globaliste et au début d’une nouvelle ère de politique souveraine ?
21:29 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, politique, canada, justin trudeau | |
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L'Indonésie rejoint les BRICS : un signal contre l’Occident
L'Indonésie rejoint les BRICS : un signal contre l’Occident
Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2025/01/indonesien-tritt-brics-be...
Le groupe des États BRICS a accueilli le plus grand archipel du monde, l’Indonésie, comme dixième membre de son organisation
L’Indonésie est désormais officiellement membre des BRICS, comme l’a annoncé le gouvernement brésilien. Créé à l’origine en 2006 par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, le groupe BRICS s’est élargi en 2011 avec l’adhésion de l’Afrique du Sud. Depuis, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran et les Émirats arabes unis ont également rejoint l’organisation. L’Arabie saoudite, dont l’entrée était prévue pour 2024, se serait retirée sous la pression des États-Unis.
L’Indonésie, un pays émergent de plus de 280 millions d’habitants, affiche des chiffres impressionnants. C’est le quatrième pays le plus peuplé du monde, avec plus de 165 millions de personnes – soit plus de la moitié de la population – âgées de moins de 30 ans. Ces jeunes générations constituent un levier essentiel pour le développement économique du pays. Par ailleurs, l’Indonésie est la plus grande nation musulmane du monde: 80 % de sa population adhère à l’islam.
Sur le plan économique, l’Indonésie occupe déjà la 16ème place mondiale en termes de produit intérieur brut (PIB). Avec une croissance économique annuelle d’environ 5%, le pays vise à devenir la quatrième économie mondiale d’ici 2050. Cette progression est principalement alimentée par une gestion stratégique de ses ressources naturelles. Contrairement à de nombreux autres pays riches en ressources, l’Indonésie ne mise pas sur l’exportation brute de ses matières premières, mais sur leur transformation locale. Un exemple clé est le nickel, une ressource cruciale pour les véhicules électriques et les semi-conducteurs modernes. Plutôt que de vendre des matières premières non transformées, l’Indonésie développe son industrie afin d’accroître la valeur ajoutée sur son territoire.
L’adhésion de l’Indonésie aux BRICS constitue un signal clair: le Sud et l’Est global gagnent en influence et s’opposent à la domination de l’ordre mondial occidental. Cela renforce non seulement le groupe BRICS, mais montre également qu’il existe des alternatives à une dépendance unilatérale envers les centres de pouvoir occidentaux.
L’Indonésie est un exemple frappant de la manière dont des pays, grâce à des politiques intelligentes, peuvent suivre leur propre voie – en s’émancipant de l’hégémonie occidentale pour évoluer vers un ordre mondial multipolaire. L’Occident devrait y prêter une attention particulière : l’époque où il pouvait imposer seul les règles du jeu touche irrémédiablement à sa fin.
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Le fascisme et la psychanalyse
Le fascisme et la psychanalyse
Par Chiara (Blocco Studentesco)
Source: https://www.bloccostudentesco.org/2024/12/06/bs-fascismo-e-psicanalisi/
« À Benito Mussolini, avec les salutations respectueuses d’un vieil homme qui reconnaît dans le détenteur du pouvoir un héros de la civilisation ».
Ce qui pourrait sembler être la pensée d’un fervent en chemise noire n’est autre, à la grande surprise générale, qu’une dédicace de Sigmund Freud. En avril 1933, à la suite d’une visite d’Edoardo Weiss et de Gioacchino Forzano dans son cabinet viennois, Freud signa ainsi l’ouvrage « Warum Krieg? » (Pourquoi la guerre ?) écrit avec Albert Einstein.
Très souvent, avec beaucoup de difficulté, certains ont tenté de justifier cet acte. Ils ont avancé l’argument de la passion de Freud pour l’archéologie et la réhabilitation par Mussolini des forums impériaux. D’autres ont supposé qu’il voyait en lui un possible rempart contre l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne d’Adolf Hitler, récemment élu.
Peut-être, aussi difficile que cela soit à accepter, s’agissait-il d’une admiration sincère et réelle.
Quoi qu’il en soit, environ un mois plus tard, un article paru dans Il Popolo d’Italia révélait que Mussolini considérait la psychanalyse comme une imposture.
La psychanalyse fit son apparition en Italie dès les années 1910. À cette époque, une conception proche de celle de Cesare Lombroso prévalait encore, selon laquelle les névroses avaient une origine organique, ce qui valut à la psychanalyse d’être qualifiée d’anti-scientifique.
Malgré les nombreuses réticences, la nouvelle discipline trouva un espace à Trieste. Entre les années 1920 et 1930, le psychiatre Edoardo Weiss, formé à Vienne sous la direction de Freud, y exerça dans l’asile de la ville.
Dans une Trieste encore marquée par son passé austro-hongrois, la psychanalyse devint un phénomène culturel. Italo Svevo en fit le thème central de son roman La Conscience de Zeno. Umberto Saba, qui fut lui-même patient de Weiss, s’inspira de cette thérapie pour écrire son recueil Il piccolo Berto.
Au début des années 1930, Edoardo Weiss s’installa à Rome, où il entama une véritable activité de vulgarisation scientifique de la psychanalyse. C’est ainsi que naquit la première revue spécialisée, la Rivista Italiana di Psicoanalisi.
Cette discipline fut perçue comme une vision du monde alternative à la philosophie néo-idéaliste alors dominante.
Par ailleurs, durant cette même période, un groupe d’intellectuels fascistes favorables à cette nouvelle théorie fonda la revue Il Saggiatore. Ils pensaient que l’humanité traversait une profonde crise de valeurs et que l’idéalisme de Giovanni Gentile était incapable d’offrir les outils nécessaires pour y faire face. Selon eux, la psychanalyse permettrait de rétablir un équilibre entre l’eros et le logos, restituant ainsi à l’homme sa dimension instinctive, émotionnelle et affective.
En revanche, pour des intellectuels tels que Giovanni Gentile et Benedetto Croce, il était inconcevable de placer l’inconscient au-dessus du sujet lui-même. Toutefois, ni l’un ni l’autre ne firent obstacle à la diffusion de la psychanalyse et encouragèrent même la traduction en italien des ouvrages de Freud.
Sans grande surprise, l’opposant principal à la psychanalyse ne fut pas le fascisme, mais l’Église. Celle-ci rejeta son déterminisme et contesta l’idée que la religion était une illusion. De plus, elle se montra extrêmement sceptique quant à l’importance accordée par Freud à la sexualité. Cependant, certains catholiques furent plus nuancés : le père Agostino Gemelli lui attribua le mérite d’avoir reconnu le caractère dynamique de la psyché et le rôle des instincts, tout en restant prudent et réservé.
Mussolini lui-même ne fut pas un partisan de la psychanalyse. On ignore ce qu’il pensait exactement à ce sujet, mais l’article mentionné précédemment dans Il Popolo d’Italia ne laisse guère de place au doute. Il est néanmoins important de noter qu’il était un grand admirateur de Gustave Le Bon, le père de la psychologie des foules, et qu’il avait intégré ses théories.
La situation changea en 1934, lorsque la Rivista Italiana di Psicoanalisi fut bannie sous la pression des autorités ecclésiastiques. De plus, avec l’intensification des politiques antisémites, de nombreux psychanalystes, souvent d’origine juive, émigrèrent, mettant fin à cette collaboration intellectuelle. Des articles hostiles à la psychanalyse furent alors encouragés, non par une réelle aversion envers la discipline, mais pour s’aligner sur la politique raciale du régime.
En conclusion, attribuer au fascisme la responsabilité d’avoir combattu la psychanalyse en Italie serait une simplification historique. Bien qu’elle n’ait jamais été pleinement adoptée par le régime, la psychanalyse ne fut pas l’objet d’une véritable campagne de répression. Au contraire, certains intellectuels fascistes y voyaient un outil utile pour affronter la crise de valeurs de l’époque et rétablir un équilibre entre la raison et l’instinct. Ce furent davantage les politiques raciales et l’Église qui limitèrent l’expansion d’une discipline qui, malgré les obstacles, parvint à trouver un écho et des interlocuteurs en Italie, laissant une empreinte significative dans le paysage culturel de l’époque.
20:05 Publié dans Histoire, Psychologie/psychanalyse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, psychanalyse, fascisme, italie, sigmund freud, edoardo weiss | |
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Compte à rebours avant l'effondrement de l'Europe
Compte à rebours avant l'effondrement de l'Europe
Source: https://dissident.one/aftellen-naar-de-europese-ineenstor...
Maintenant que le flux de gaz russe vers l'Europe via le territoire ukrainien a été bloqué, il n'y a plus grand-chose à faire avant l'effondrement économique et social total du continent européen.
La coopération énergétique entre la Russie et l'Europe est enfin (presque) complètement terminée, écrit Lucas Leiroz. Après presque trois ans de sanctions et de sabotage, le partenariat énergétique bilatéral entre Moscou et l'UE a encaissé son plus grand coup historique. Kiev a tenu sa promesse de ne pas renouveler le contrat avec Gazprom, qui permettait ainsi au gaz russe d'arriver en Europe et créait une situation d'insécurité énergétique extrêmement inconfortable pour ses propres « partenaires » de l'Union européenne.
Le matin du premier jour de 2025, la Fédération de Russie a cessé de fournir du gaz aux acheteurs européens via l'Ukraine. Malgré le conflit en cours, la société russe Gazprom et la société ukrainienne Naftogaz ont maintenu un accord de transit énergétique signé en 2020 et expirant le dernier jour de 2024. Auparavant, Kiev avait annoncé qu'elle n'était pas disposée à renouveler le contrat avec Gazprom, bien que certains pays européens lui aient demandé à plusieurs reprises de le faire.
Malgré les sanctions imposées à la Russie depuis 2022, certains pays européens ont continué à bénéficier des importations de gaz russe, notamment la Slovaquie et la Hongrie - pays qui ont refusé de participer au boycott anti-russe parrainé par l'Occident - et l'Autriche, pays historiquement neutre dans les conflits géopolitiques et militaires de l'Europe. D'autres pays, qui ont pourtant respecté les sanctions, ont hypocritement continué à recevoir du gaz russe, notamment l'Italie, la Pologne, la Roumanie et la Moldavie. Il y a également eu des cas de revente de gaz, les pays destinataires réexportant la marchandise vers des pays essayant de contourner les sanctions.
Avec la fin de la route par l'Ukraine, ces États ont perdu toute garantie d'une source d'énergie sûre, précisément en hiver, la période de l'année où la consommation de gaz est la plus élevée en Europe. Bien sûr, il existe actuellement des réserves d'énergie qui peuvent être suffisantes pour répondre aux défis de la saison actuelle, mais la situation deviendra de plus en plus critique au fil du temps. Les pays européens devront trouver de nouvelles sources de gaz ou développer l'utilisation des deux seules voies d'acheminement restantes pour le gaz russe (via la Turquie et la mer Noire). Des indicateurs récents montrent une augmentation significative des prix du gaz chez les exportateurs asiatiques. On s'attend également à ce qu'Ankara saisisse l'occasion de tirer davantage de profits de son gazoduc.
Les Européens espèrent actuellement un approvisionnement en gaz bon marché via le projet de gazoduc qatari-turc à travers la Syrie, attendu depuis longtemps. Avec la chute du gouvernement légitime de Bashar al Assad, les géants de l'énergie de la Turquie et du Golfe ont relancé la proposition, bien qu'ils attendent la pacification intérieure de la Syrie par la junte d'Al-Qaïda pour commencer la construction. Certains analystes optimistes en Europe pensent que ce serait l'antidote à la dépendance de l'Europe vis-à-vis du gaz russe - ou asiatique et américain, comme dans les circonstances actuelles.
Le plus gros problème, quand on formule de tels espoirs, est la croyance en la bonne volonté des faucons occidentaux de « pacifier la Syrie ». Sans Assad, Damas est devenu un « État défaillant », avec un territoire divisé entre différentes factions en proie à des hostilités permanentes. Il est peu probable que cela change, tout simplement parce que même si les opérateurs tactiques de la crise syrienne (la Turquie et le Qatar) souhaitent une pacification, les mentors stratégiques (Israël et les États-Unis) ne sont pas intéressés. Tel-Aviv préfère une Syrie polarisée et déchirée par la guerre, qui ne peut rien faire pour empêcher les avancées territoriales dans le Golan et au-delà. Washington, soumis aux intérêts israéliens par l'intermédiaire du lobby sioniste international, est intéressé par la même chose - tout en encourageant, bien sûr, les terroristes kurdes à aggraver encore la situation intérieure syrienne.
En d'autres termes, les analystes occidentaux ne comprennent toujours pas que les décideurs de l'axe unipolaire ne veulent tout simplement pas résoudre les problèmes de l'Europe. Il n'est pas dans l'intérêt des États-Unis que leurs « partenaires » en Europe retrouvent une énergie bon marché et une base industrielle solide. Pour Washington, l'effondrement de l'Europe n'est pas une tragédie mais un objectif stratégique, dont les racines se trouvent dans la science géopolitique elle-même.
Selon les fondements de la géopolitique occidentale, l'intégration russo-européenne serait désastreuse pour l'axe atlantique américano-britannique. Par conséquent, face à la victoire militaire imminente de la Russie et à la réhabilitation de Moscou en tant que puissance géopolitique eurasienne, les Américains et les Britanniques ont utilisé une stratégie de « terre brûlée » en Europe.
Les sanctions, l'attaque terroriste contre Nord Stream et la fermeture de la route ukrainienne vers l'Europe sont des événements qui s'inscrivent dans le même contexte stratégique: dans tous ces cas, les stratèges anglo-américains veulent déclencher une crise énergétique en Europe pour parfaire la désindustrialisation et provoquer la crise économique et sociale qui s'ensuivra. L'objectif final est une Europe ruinée, qui n'est pas seulement réticente mais aussi incapable d'établir des liens stratégiques avec Moscou à l'avenir.
Avec la fermeture de la route du gaz ukrainien, on peut dire que les États-Unis ont remporté une bataille majeure dans leur guerre économique contre l'Europe. L'effondrement total n'est qu'une question de temps.
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lundi, 06 janvier 2025
L'Europe atlantique peut-elle considérer l'Europe de l'Est comme la sienne?
L'Europe atlantique peut-elle considérer l'Europe de l'Est comme la sienne?
par Antonio Catalano
Source: https://www.ariannaeditrice.it/articoli/puo-l-europa-atla...
Une lecture largement acceptée dans notre monde actuel tient pour acquis le fait que le bloc de l'Est fait « naturellement » partie de l'Europe occidentale, après avoir été intérieurement « fracturé » par quarante ans de domination soviétique. Emmanuel Todd, dans son ouvrage « La défaite de l'Occident », dans le chapitre consacré à l'Europe de l'Est, en particulier aux démocraties populaires du bloc soviétique, tente d'expliquer pourquoi la russophobie et l'appartenance au camp occidental de ces pays n'est pas un fait « naturel ».
Todd est convaincu du contraire, qu'il s'agit de deux trajectoires qui ont toujours été distinctes, complémentaires mais opposées. Il revient ainsi sur le moment historique où la rupture entre l'ouest et l'est se détermine, aux XIIe-XIIIe siècles, avec une accélération au XVIe siècle. Une période où la partie orientale, moins développée, se limite à exporter des produits simples, notamment du bois et des céréales, qu'elle échange contre des objets d'art en provenance d'Europe occidentale. À l'Est, où l'urbanisation est moins déterminante, l'emprise des propriétaires terriens se renforce, générant ce qu'Engels appelle le « second servage », faisant ainsi de cette région le premier « tiers-monde » de l'Occident.
À l'exception de la Tchécoslovaquie, la soviétisation n'est pas intervenue dans un monde initialement gouverné par des démocraties libérales, mais dans un monde où des régimes ouvertement autoritaires étaient en vigueur.
Todd relève un paradoxe : les pays d'Europe de l'Est qui ne peuvent être qualifiés de russophobes sont l'Allemagne de l'Est et la Hongrie. En Allemagne de l'Est, nous avons une forte minorité nostalgique du communisme et un soutien beaucoup plus faible (par rapport à l'ancienne République fédérale) à l'Ukraine sont palpables ; la Hongrie dirigée par Viktor Orban est officiellement hostile à la position pro-ukrainienne de l'UE et a l'intention de poursuivre sa coopération avec la Russie.
Pourtant, rappelle Todd, ce sont deux pays qui, plus que tout autre, ont lutté contre la Russie pendant la domination soviétique: en 1953 en Allemagne de l'Est avec des grèves massives; en 1956 en Hongrie avec une révolte réprimée dans le sang. Aujourd'hui, ces deux régions ou pays sont les moins hostiles à la Russie.
La haine de la Russie, dit Todd, trahit une certaine inauthenticité.
Alors qu'en Europe occidentale, le secteur industriel représente un pourcentage décroissant de la population - Royaume-Uni et Suède (18%), France (19%), Italie (27%), Allemagne (28%) -, en Europe orientale, ce qui constitue à l'Ouest le niveau le plus élevé devient ici le plus bas - Slovénie (30%), Macédoine, Bulgarie, Pologne et Hongrie (31%), République tchèque et Slovaquie (37%). Cette spécialisation industrielle, selon Todd, nous dit que l'assimilation de l'Europe de l'Est à l'Europe de l'Ouest est erronée, elle est encore une fois inauthentique.
« L'intégration dans l'UE de ces pays, certes démocratisés, mais avec leurs classes moyennes issues de la méritocratie communiste et leurs prolétariats nés de la mondialisation, n'a nullement été l'adjonction aux États-nations d'Europe occidentale d'autres États-nations qui leur ressemblaient. Au contraire, des sociétés ont été introduites en Europe occidentale dont l'histoire était différente et l'est restée, et dans certaines régions, cette différence n'a fait que s'accentuer. L'explosion de la russophobie, associée au désir d'adhérer à l'UE et à l'OTAN, loin d'exprimer une véritable proximité avec l'Occident, équivaut à un déni de la réalité historique et sociale ».
Lorsque Todd écrivait « La défaite de l'Occident », il n'avait forcément pas encore eu connaissance de la suspension, en décembre dernier en Roumanie, des élections qui allaient certainement voir la victoire de Calin Georgescu. Un Georgescu qui n'a jamais caché son désir de rétablir des relations amicales avec la Russie et qui, après la très grave décision prise par la Cour constitutionnelle roumaine (décision imposée par les Américains qui construisent en Roumanie, près de Constanta sur la mer Noire, la plus grande base de l'OTAN en Europe), qualifie cette décision de "coup d'État". Tout comme il n'était pas au courant de la tentative d'assassinat presque mortelle contre le premier ministre slovaque Fico, qui est également considéré comme indigne de confiance par les dirigeants atlantistes.
22:19 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Livre, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, emmanuel todd, europe, affaires européennes | |
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L’atout gazier de la Norvège gelé: les inquiétudes énergétiques de l’Europe s’aggravent
L’atout gazier de la Norvège gelé: les inquiétudes énergétiques de l’Europe s’aggravent
Source: https://report24.news/norwegens-gas-ass-friert-ein-europa...
Dans l’obscurité glaciale de l’hiver norvégien, la sécurité énergétique de l’Europe vacille de nouveau. Le terminal Hammerfest LNG (photos), la plus grande installation d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) du continent, est à l’arrêt depuis le début de l’année – et ce, précisément au moment où les réserves de gaz en Europe diminuent plus vite que prévu, tandis que l’Ukraine ne transporte plus de gaz russe.
Un compresseur défectueux a mis hors service l’installation ultramoderne de Melkøya, selon un rapport récent du gestionnaire de réseau norvégien Gassco. Les travaux de réparation devraient se poursuivre jusqu’au 9 janvier. Pour l’Europe, cela signifie une perte temporaire d’approvisionnement en gaz capable, en temps normal, de chauffer 6,5 millions de foyers.
Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi. Depuis le 1er janvier 2025, aucun gaz russe ne transite plus par les pipelines ukrainiens – un tournant historique dans l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Les stocks de gaz, qui étaient encore bien remplis au début de l’hiver, se vident désormais à une vitesse préoccupante en raison du froid.
Hammerfest LNG revêt une importance stratégique pour la Norvège, devenue le principal fournisseur de gaz de l’Europe après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’installation représente environ 5% des exportations gazières norvégiennes – une part non négligeable en cette période de marchés énergétiques sous tension.
Cette panne actuelle s’ajoute à une série de problèmes techniques. En avril 2023, une fuite de gaz avait déjà fait les gros titres, et l’incendie dévastateur de 2020 avait entraîné un arrêt total de l’installation pendant 18 mois. Le gestionnaire Equinor et ses partenaires – dont TotalEnergies et Vår Energi – semblent sous-estimer les défis techniques imposés par les conditions arctiques.
Les experts énergétiques mettent déjà en garde contre de possibles flambées des prix sur les marchés gaziers européens si les réparations devaient se prolonger. Cette situation met une fois de plus en lumière la dépendance de l’Europe vis-à-vis de certaines infrastructures clés – une leçon que l’on pensait pourtant avoir retenue après la crise du gaz russe.
La question qui se pose désormais : à quel point la nouvelle architecture énergétique de l’Europe est-elle vulnérable ? La panne de Hammerfest LNG pourrait bien devenir un test de résistance pour l’approvisionnement en gaz post-russe – un test dont le continent aurait volontiers fait l’économie en ce mois de janvier 2025.
20:48 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gnl, gaz liquéfié, norvège, europe, affaires européennes | |
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Trump veut couper la Chine du pétrole bon marché iranien
Trump veut couper la Chine du pétrole bon marché iranien
Source: https://report24.news/trump-will-china-vom-billigen-irani...
L’Iran continue d’exporter d’énormes quantités de pétrole vers la Chine malgré les sanctions américaines. Donald Trump veut y mettre fin. Mais ce ne sera pas si facile. Le monde est devenu plus multipolaire. D’un autre côté, Pékin mise de plus en plus sur la réduction de sa dépendance aux importations de pétrole.
Depuis des années, la Chine achète joyeusement du pétrole à l’"État voyou" iranien, contournant toutes les sanctions – et maintenant Donald Trump menace de détruire ce modèle économique lucratif. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: sous l’administration Biden, jugée trop passive, la production de pétrole iranien est passée de 2 millions de barils par jour à 3,2 millions. Un cadeau pour la Chine, qui couvre 13% de ses besoins en pétrole grâce à l’Iran – évidemment par des voies détournées, aussi opaques que la soupe d’un restaurant de rue à Pékin.
Particulièrement astucieux: le détour par la Malaisie. Ce pays exporte soudainement 1,456 million de barils par jour vers la Chine alors qu’il ne produit lui-même que 0,35 million. Pas besoin d’être un génie des mathématiques pour comprendre que quelque chose ne tourne pas rond. Une flotte de vieux pétroliers, qui désactivent leurs transpondeurs comme des adolescents éteignent leurs téléphones en classe, rend cela possible.
Mais Trump, le trouble-fête de Mar-a-Lago, a déjà sonné la trompette de guerre: «Quiconque achète du pétrole à l’Iran ne fera plus d’affaires avec l’Amérique». Une formule simple qu’il a déjà utilisée avec succès dans le passé. À l’époque, la production de pétrole iranien avait rapidement chuté. Cependant, cette fois-ci, la situation est plus complexe: la Chine et l’Iran ont mis en place un système commercial sophistiqué qui contourne le dollar comme le diable fuit l’eau bénite. Ils négocient en yuans, utilisent un réseau d’intermédiaires et rient sous cape.
Pendant que ce drame se déroule, une évolution encore plus significative se dessine en arrière-plan: l’Inde dépasse la Chine en tant que moteur de la croissance de la demande mondiale de pétrole. Tandis que la Chine, avec sa politique agressive en faveur des véhicules électriques, réduit sa consommation de pétrole, l’Inde continue de s’appuyer sur les combustibles fossiles. Cette transition est compréhensible pour Pékin, d’autant plus que le pays fait partie des principaux producteurs de matières premières essentielles à l’électromobilité, ce qui lui permet de réduire sa dépendance aux importations.
Ironie de l’histoire : la tentative de Trump d’isoler l’Iran pourrait précisément provoquer des turbulences sur le marché mondial du pétrole – et ainsi compromettre sa promesse de garantir aux Américains des prix bas à la pompe. Mais qui a jamais dit que la géopolitique devait être logique ? La lutte pour l’or noir, toujours essentiel à l’économie mondiale, entre dans une nouvelle phase.
20:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, iran, états-unis, donald trump, pétrole, hydrocarbures | |
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Cinq ans de «Green Deal»: un expert règle ses comptes avec «l'économie planifiée» de l'UE
Cinq ans de «Green Deal»: un expert règle ses comptes avec «l'économie planifiée» de l'UE
Bruxelles. En principe, le fameux « Green Deal », la conversion de l'économie européenne au développement durable, à la neutralité climatique et à la décarbonisation, devait apporter un nouvel essor aux économies européennes. Mais ce projet ambitieux, qui est surtout associé au nom de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, s'est entre-temps révélé être un échec retentissant. L'expert économique suédois Jonas Grafström (photo) a qualifié la politique de désindustrialisation liée au « Green Deal » d'économie planifiée et a prédit des conséquences désastreuses pour l'économie européenne.
En 2019, la commissaire von der Leyen avait promis que le « Green Deal » donnerait à l'UE un rôle de leader en matière de protection du climat, d'innovation et de prospérité. En réalité, seule la jungle administrative s'est développée jusqu'à présent - alors que les États-Unis et la Chine ont largement dépassé l'UE en termes de technologie, de prospérité et de création d'emplois.
« Alors que le PIB de l'UE a augmenté de 21 pour cent au cours des 15 dernières années, celui des États-Unis a progressé de 72 pour cent et celui de la Chine de 290 pour cent, les dernières prévisions de croissance soulignant encore davantage la stagnation de l'UE », calcule Grafström dans une étude récemment publiée, qui examine à la loupe les faiblesses du “Green Deal” à l'exemple des fabricants européens de batteries. La politique industrielle devrait en fait permettre aux entreprises de prospérer et d'innover, au lieu de fausser les marchés par des subventions inutiles et des mesures protectionnistes, critique-t-il dans son étude.
En Allemagne, les conséquences entraînent désormais les entreprises les unes après les autres dans le gouffre. Selon les experts, jusqu'à 300.000 emplois risquent d'être supprimés l'année prochaine, surtout dans l'industrie métallurgique, très gourmande en énergie. Et ce chiffre ne comprend pas encore les « adaptations de la production » et les fermetures d'usines de l'industrie automobile et de ses fournisseurs.
« Une politique industrielle efficace requiert la capacité de mettre un terme aux projets qui échouent plutôt que de les soutenir indéfiniment », souligne Grafström. Il cite comme exemple actuel la faillite du fabricant suédois de batteries Northvolt, qui a fait perdre directement 300 millions d'euros aux contribuables européens ainsi que plusieurs centaines de millions par le biais de « subventions » nationales (mü).
Source: Zu erst, Jan. 2025.
19:59 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Ecologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : écologie, green deal, europe, affaires européennes | |
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dimanche, 05 janvier 2025
L'Inde, le Convive de pierre
L'Inde, le Convive de pierre
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/india-il-convitato-di-pietra/
Depuis quelque temps, l'attention des médias est presque totalement focalisée sur la Russie et le Moyen-Orient. Et l'on parle très peu de la Chine, qui est aussi le géant émergent, ou plutôt émergé, et dont dépendent en grande partie les équilibres et les déséquilibres du Monde. Et qui influe surtout sur les tensions et conflits, plus ou moins latents, dans la région cruciale de l'Indo-Pacifique.
Mais si la Chine fait l'objet de rumeurs sporadiques, l'Inde est entourée d'un véritable silence. Un silence assourdissant.
Peu de nouvelles nous viennent de cette Inde pourtant d'importance capitale pour la marche du monde. Et, surtout, nous n'en recevons, de la médiacratie occidentale, que des analyses partielles et fragmentaires. Qui continuent à faire prévaloir une image du sous-continent indien plus liée aux romans de Salgari qu'à la réalité.
Or, en réalité, l'Inde d'aujourd'hui, l'Union indienne, représente le Convive de pierre de la scène politique et économique mondiale.
Avec une croissance vraiment impressionnante de son système industriel. Et, surtout, avec un système financier qui a fait de sa bourse le deuxième centre mondial de capitaux propres.
Ce qui lui permet de devenir un centre d'attraction pour tous les pays qui craignent de se soumettre à l'hégémonie américaine dans ce secteur. Et ils sont nombreux, de plus en plus nombreux. Compte tenu de la politique essentiellement impérialiste de Washington, qui en effraie plus d'un.
En fait, l'Inde tente sérieusement de devenir un centre financier indépendant à la fois des États-Unis et de l'économie chinoise, très forte et voisine.
C'est un rôle qui n'est pas sans danger, mais vers lequel elle s'oriente très résolument.
Bien sûr, le prix à payer n'est pas mince.
Le sous-continent indien a en effet renoncé à toute politique de protection sociale, adoptant un libéralisme fort. Ce qui, inévitablement, pèse lourdement sur les masses les plus pauvres et creuse un fossé de plus en plus grand entre elles et les nouvelles classes émergentes. Les enfants, si l'on peut dire, de la nouvelle politique financière de l'Inde.
Une politique qui a, à toutes fins utiles, un nom. Narendra Damodardas Modi, le leader du Parti du peuple indien, au pouvoir sans interruption depuis mai 2014.
Une période très longue pour une démocratie. Et en effet, Modi a été accusé à plusieurs reprises d'utiliser des moyens coercitifs, durs et fondamentalement anti-démocratiques pour atteindre ses objectifs. Et d'avoir plongé une grande partie de la population dans la misère.
Cependant, il est également vrai que le souriant et rusé Modi a fait de l'Inde le nouveau protagoniste de la scène économique mondiale. Et une véritable puissance, même militaire, capable de se maintenir indépendante des États-Unis et de la Chine.
Bien sûr, c'est un nationaliste hindou ardent, avec un passé dans les groupes activistes durs. Mais c'est aussi un très bon politicien, comme il l'a prouvé pendant longtemps en tant que gouverneur du Gujarat. Et comme il le montre depuis dix ans à partir de centres de pouvoir installés à Dehli.
Son objectif semble très clair.
Faire de l'Inde le principal centre d'attraction financière des BRICS, et des autres pays émergents sur la scène internationale. En évitant toutefois un choc frontal avec Washington.
Si bien que les positions de Dehli sur la scène internationale apparaissent, pour être généreuses, ambiguës. Toujours suspendue entre l'Est chinois et l'Ouest américain. Tentant de se ménager un espace d'action autonome de plus en plus large. Tout en évitant les conflits directs.
Il est pour l'instant très difficile de dire si cette action sera productive à l'avenir ou si elle débouchera sur une crise, tant interne qu'externe.
Modi sourit. Et va droit au but.
L'avenir dira s'il a raison d'agir ainsi.
21:12 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, narendra modi, inde, brics, asie, affaires asiatiques, politique internationale | |
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Neuf nouveaux partenaires pour les BRICS afin d’encercler l’Occident collectif dirigé par les États-Unis
Neuf nouveaux partenaires pour les BRICS afin d’encercler l’Occident collectif dirigé par les États-Unis
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/altri-9-partner-per-i-brics-per-accerchiare-loccidente-collettivo-a-guida-usa/
Biélorussie, Bolivie, Cuba, Indonésie, Kazakhstan, Malaisie, Thaïlande, Ouganda et Ouzbékistan: l’année 2025 commence avec ces nouveaux partenaires des BRICS. Partenaires, et non membres à part entière ayant droit de vote, mais faisant néanmoins partie de cette structure alternative à l’Occident collectif dont les politiques sont souvent biaisées. Contrairement à l’OTAN, les BRICS ne sont pas une alliance militaire, ni même une alliance politique au sens strict.
Ils n’ont rien à voir avec l’Union européenne, bien que Bruxelles fasse tout pour effacer l’identité européenne.
Cependant, les BRICS deviennent une alternative, y compris sur le plan politique, au moment même où la puissance économique de ce groupe de pays associés sous diverses formes ne cesse de croître. L’Occident collectif, qui a utilisé l’arme des sanctions pour frapper quiconque faisait obstacle à l’empire américain, perd de son efficacité dès lors que le reste du monde trouve des moyens de contourner ces sanctions.
On l’a déjà constaté avec les menaces de Washington contre l’Inde à propos des accords conclus avec Moscou et Téhéran. Modi les a simplement ignorées, et les Américains ont fait semblant de ne rien voir pour ne pas provoquer davantage un pays devenu de plus en plus essentiel dans les équilibres mondiaux.
Les nouveaux partenaires des BRICS sont très différents les uns des autres, y compris sur le plan économique. Si Cuba rejoint principalement pour obtenir des aides, la présence de l’Indonésie garantit, à l’inverse, une contribution importante au commerce interne du groupe. De plus, la répartition géographique des partenaires constitue un renforcement notable, avec des pays européens, asiatiques, africains et latino-américains.
Il serait illusoire, à Rome et à Bruxelles, de croire que cet élargissement est terminé. Quatre autres pays devraient adhérer prochainement, et d’autres encore ont déjà présenté leur candidature. L’encerclement se resserre. Et les discours autour du Plan Mattei ne suffiront pas à le briser.
20:09 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, brics, politique internationale | |
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L'Équateur ouvre ses portes à l'armée américaine
L'Équateur ouvre ses portes à l'armée américaine
Leonid Savin
Après les informations sur la présence militaire américaine au Panama (et les déclarations ultérieures de Donald Trump selon lesquelles il rendrait le canal de Panama aux Etats-Unis), l'activité du Pentagone s'est manifestée de manière spectaculaire en Équateur.
On a appris que le président équatorien Daniel Noboa cédait les îles Galápagos aux États-Unis pour qu'elles servent de base militaire. Le 10 décembre 2024, le projet de sécurité intégrée pour la région des îles et les instructions pour la mise en œuvre des accords de coopération entre l'Équateur et les États-Unis ont été approuvés. Ce fut la touche finale du passage dans la sphère d'influence de la Maison Blanche et la destruction de facto de la souveraineté de l'État latino-américain.
Il convient de rappeler que, par décret du 15 février 2024, Quito a ratifié l'accord avec Washington sur le statut des forces armées, signé le 6 octobre 2023 sous l'administration de Guillermo Lasso, en vertu duquel le personnel militaire et civil du ministère américain de la défense et de ses sous-traitants bénéficierait de privilèges, d'exemptions et d'immunités équivalents à ceux accordés au personnel administratif et technique des missions diplomatiques en vertu de la Convention de Vienne.
Dans la pratique, cela signifie l'établissement d'une base militaire, comme ce fut le cas de 1999 à 2009 dans la ville côtière de Manta, un accord que le président Rafael Correa (photo) a refusé de renouveler, parce que la nouvelle Constitution de 2008 interdisait la présence de forces armées étrangères ou de bases militaires sur le territoire équatorien. Il est plus qu'évident que la tentative de coup d'État d'octobre 2010 en Équateur, au cours de laquelle des rebelles entraînés aux États-Unis ont tiré sur le président légalement élu Rafael Correa, était liée à un changement dans la politique étrangère du pays.
C'est à ce moment-là que Daniel Noboa a déposé un amendement constitutionnel à l'Assemblée (parlement) pour supprimer un article interdisant la présence en Equateur de bases d'autres pays.
Bien que l'amendement n'ait pas été voté par l'Assemblée, l'opinion de nombreux experts selon laquelle un régime colonial de facto serait établi est bien fondée.
Il est également regrettable que la ou les bases militaires soient installées dans une réserve naturelle unique au monde. En 1978, l'UNESCO a déclaré l'archipel patrimoine naturel de l'humanité. Son écosystème est très fragile et il ne fait aucun doute qu'il ne résistera pas à la pression exercée par l'armée américaine. Bien qu'il soit officiellement indiqué que les navires de guerre, les avions et les équipages américains, exemptés de droits administratifs (taxes), seront soumis à des contrôles environnementaux stricts lorsqu'ils entreront dans l'île, il est scientifiquement prouvé que les armées américaines, ainsi que leurs homologues britanniques, sont les plus polluants au monde.
On peut donc d'ores et déjà parler d'une catastrophe environnementale imminente.
Quel est l'objectif de la présence militaire étrangère ? Selon les documents, il s'agit de « lutter contre le trafic de drogue, la pêche illégale et d'autres activités maritimes illégales dans cette région de l'Équateur. Il est important d'éviter les conflits violents et autres délits connexes entre les groupes narcoterroristes liés aux cartels internationaux qui se disputent les routes d'exportation de la drogue et le contrôle territorial des exportations de drogue ».
En fait, l'ordre du jour est plus large que cela. Du point de vue des dirigeants équatoriens actuels, il s'agit d'une orientation vers les États-Unis et Israël dans la politique mondiale. Outre les intérêts du complexe militaro-industriel américain lié aux entrepreneurs privés, Washington étend effectivement son influence géostratégique parce que l'Équateur se projette dans le corridor maritime du Pacifique oriental. L'Équateur est en train d'étendre ses frontières vers d'autres régions du monde, notamment les îles Galápagos, Coco au Costa Rica, Gorgon et Malpelo en Colombie, et Cohiba au Panama. Mais les objectifs déclarés de lutte contre le trafic de drogue sont discutables, car les îles Galápagos sont situées à l'écart des routes traditionnelles du trafic de cocaïne en provenance d'Amérique du Sud. Nous devrions plutôt parler ici d'une expansion globale de la présence militaire américaine, en tenant compte des intérêts croissants de la lutte contre la Chine et son projet « Belt and Road » dans la région. Ajoutons à cela le rôle du Nicaragua et du Venezuela dans l'opposition aux États-Unis et la mise en œuvre de la politique du socialisme bolivarien, qui irrite Washington et ses clients locaux. La nouvelle base américaine servira évidemment de moyen de dissuasion pour faire pression sur les États récalcitrants.
Jusqu'à présent, une coalition de 50 organisations civiques, nationales et internationales s'est opposée à la présence militaire étrangère dans les îles Galápagos parce qu'elle viole la Constitution équatorienne, menace la préservation de l'archipel et met en péril la souveraineté nationale.
Cette souveraineté est d'ailleurs également menacée par la dollarisation excessive de l'économie équatorienne.
Il est intéressant de noter que tout cela se déroule dans le contexte d'une crise politique interne en Équateur. Le 24 décembre 2024, la vice-présidente de l'Équateur, Veronica Abad (photo), a publié une lettre appelant les organisations nationales et internationales à agir dans son cas, qu'elle a qualifié d'« achèvement d'un coup d'État déclaré ».
Le ministère du travail avait déjà tenté de la suspendre, mais la juge Nubia Vera avait tranché en faveur d'Abad. Cependant, elle n'a pas pu se rendre sur son lieu de travail car les bureaux ont été bloqués par les militaires et le président Daniel Noboa a signé un décret ordonnant son transfert immédiat en Turquie.
Selon Mme Abad, la tentative de l'envoyer en Turquie est « une nouvelle insulte aux Équatoriens » par laquelle le président cherche à « prendre l'avantage sur les autres candidats à la présidence » sans renoncer au pouvoir. Bien que la loi l'oblige à céder le pouvoir au vice-président pour la durée de la campagne. L'élection est prévue pour le 9 février 2025, et la campagne commencera dès le début du mois de janvier.
Cela signifie un programme d'information assez massif, contre lequel il sera possible de réaliser l'escroquerie de l'amendement constitutionnel et d'autoriser l'armée américaine à pénétrer dans les îles Galápagos. Compte tenu de ce qui précède, il existe un risque avéré que cela se produise.
P.S. On sait également que le gouvernement du Pérou, pays voisin de l'Équateur, a approuvé par l'acte législatif n°32214 l'entrée de l'armée américaine dans le pays en 2025. L'accord sera valable pour toute l'année civile. Les militaires américains seront stationnés dans 16 régions: Lima, Cayao, Loreto, San Martin, Huánuco, Ucayali, Pasco, Junín, Huancavelica, Cuzco, Ayacucho, Apurimac, Madre de Dios, ainsi qu'Iquitos et Pucusana. Dans cette optique, les actions du Pentagone ressemblent à une stratégie délibérée et à long terme dans le style de la Doctrine Monroe 2.0.
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La fin du "quatrième tournant"
La fin du "quatrième tournant"
Alexandre Douguine
La théorie générationnelle de Strauss-Howe, ou théorie du « quatrième tournant », postule que l'histoire suit des schémas cycliques en passant par quatre tournants, chacun durant environ 20 à 25 ans :
1) Haute période (premier tournant) - C'est une ère d'institutions fortes et de conformisme. La confiance collective est élevée et l'individualisme est faible.
2) Période d'Éveil (deuxième tournant) - Un bouleversement culturel au cours duquel la jeune génération se rebelle contre les normes établies, ce qui conduit à un renouveau spirituel et culturel.
3) La période d'effritement (troisième tournant) - Les institutions s'affaiblissent, l'individualisme s'accroît et la confiance du public dans les institutions diminue. La société se fragmente.
4) La période de Crise (quatrième tournant) - Période de bouleversements majeurs où une action collective est nécessaire pour résoudre des problèmes cruciaux, impliquant souvent une guerre, un effondrement économique ou un changement social majeur. Cela conduit à un nouvel apogée, qui redémarre le cycle.
Ces cycles sont façonnés par la psychologie collective des différentes générations (Prophète, Nomade, Héros et Artiste), chacune ayant des traits distincts influencés par l'époque dans laquelle elle est née. La théorie suggère que la compréhension de ces cycles peut aider à prédire les changements sociétaux à venir et à s'y préparer.
La théorie générationnelle de Strauss-Howe marque la transition d'un cycle historique à un autre, un passage symbolisé aujourd'hui par Donald Trump. Le néoconservatisme et le sionisme chrétien sont considérés comme des parties intégrantes de la phase de crise, ce qui représente un défi important.
La théorie de Strauss-Howe est particulièrement pertinente lorsqu'elle aborde la dynamique entre la socialité (holisme) et l'individualisme. Cela s'apparente au célèbre dilemme de L. Dumont, où la socialité représente l'apogée, le début et le printemps, tandis que l'individualisme signifie la crise, la fin et l'hiver, l'individu étant dépeint comme Krampus.
La modernité occidentale, dans ce contexte, est la crise, le déclin (Untergang). Le nominalisme et l'individualisme occidentaux sont emblématiques de l'hiver de l'histoire, marquant la transition de la culture à la civilisation (selon Spengler) et l'oubli de l'être (Heidegger). La théorie générationnelle peut être étendue à des cycles historiques plus larges.
En juxtaposant des cycles relativement courts comme le saeculum et les Turnings aux vastes saisons de l'histoire (comme la Tradition, la Modernité, la Postmodernité), nous concluons que Trump signifie la fin d'une époque majeure - la fin du monde moderne.
Cela marque également la fin de la modernité occidentale. Le postmodernisme sert de fondement philosophique à la culture woke et au mondialisme libéral, révélant le nihilisme inhérent à la modernité occidentale. C'est le point culminant des fins, la fin de l'histoire occidentale.
Trump finalise cette fin, symbolisant la fin de la fin. Cependant, la question demeure: est-il conscient de sa mission ? Peut-il initier un nouveau départ ? Le prochain sommet (haute période, hauts temps) ne peut être quelque chose de relatif, de limité ou de local. Le prochain tournant doit être une révolution conservatrice globale à l'échelle mondiale.
Le prochain sommet (hauts temps, haute période) doit signifier le dépassement de la modernité, c'est-à-dire de l'individualisme occidental, de l'atomisme, du libéralisme et du capitalisme. L'Occident doit se transcender. C'est pourquoi les œuvres de Weaver et le platonisme politique sont si importants. Le prochain Grand Réveil devrait être un Grand Réveil, mais pas au sens de Strauss-Howe.
La modernité occidentale était fondamentalement défectueuse, conduisant à une dégénérescence totale et à un désastre, culminant avec le règne de l'Antéchrist. La culture woke est la culture de l'Antéchrist.
Le prochain sommet (hauts temps) ne peut être que le grand retour au Christ. Le Christ est le roi du monde. Son autorité a été temporairement usurpée par le prince de ce monde, mais le règne de Satan prend fin. Les libéraux sont considérés comme possédés par Satan et la modernité elle-même est satanique. En termes hindous, ce cycle est connu sous le nom de Kali-Yuga, l'âge des ténèbres.
Trump est bien plus qu'un simple Trump, c'est un signe.
17:55 Publié dans Actualité, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, théorie générationnelle strauss-howe, strauss-howe, alexandre douguine | |
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samedi, 04 janvier 2025
Le réveil des Alaouites
Le réveil des Alaouites
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/il-risveglio-degli-alawiti/
Comme on pouvait s’y attendre. Il n’était certainement pas nécessaire de posséder la boule de cristal de Merlin l’Enchanteur pour le prévoir. Il suffisait de connaître un peu l’histoire récente de la Syrie et de ne pas avoir, volontairement, les yeux recouverts d’œillères comme le font les animateurs de nos grands médias.
La nouvelle, relayée par certaines agences sans grand écho, est assez simple et, surtout, claire.
Les forces de sécurité syriennes se sont retrouvées en grande difficulté lors d’une série d’affrontements armés dans la province de Tartous, où elles avaient tenté d’arrêter un ancien haut responsable du régime d’Assad, accusé de divers méfaits.
Ce qui importe ici, cependant, ce ne sont pas les accusations, qu’elles soient vraies ou fausses. Ni même ce qu’il faut entendre par « forces de sécurité » syriennes, car la Syrie, en tant qu’État et non simple entité géographique, n’existe plus. Et, très probablement, l’expression « forces de sécurité » est utilisée par nos médias pour dissimuler la réalité: des milices djihadistes, violentes et incontrôlables, qui cherchent à imposer leur loi et à éliminer tous leurs opposants, réels ou supposés.
Ce qui compte vraiment, c’est la réaction. Une réaction armée et ferme des Alaouites, qui contrôlent encore manifestement cette région où se trouve, par ailleurs, une importante base russe. Cependant, selon certaines sources, cette base serait en cours d’évacuation rapide.
Cela expliquerait, entre autres, l’expansion dans la zone des milices djihadistes, qui ont pris le contrôle de Damas sous le nom fallacieux de « forces de sécurité ». Une appellation tellement incongrue que seuls des médias totalement soumis à la propagande, comme les nôtres, peuvent la prendre au sérieux.
La véritable nouvelle est ailleurs: les djihadistes ont tenté de s’emparer de la région de Tartous, se croyant en position de force grâce au retrait des Russes. Mais ils ont été repoussés avec fermeté par une réaction des Alaouites, majoritaires dans cette région. Rappelons que les Alaouites représentent environ 10% de la population totale de la Syrie.
Cela nous révèle une chose importante: la minorité alaouite n’est pas totalement démobilisée après la fuite d’Assad à Moscou. Et après une période de confusion compréhensible, elle semble prête à se défendre par les armes. Car, pour les Alaouites, il n’y a pas d’autre option: soit ils se défendent, soit ils fuient en masse. Et cette dernière hypothèse paraît peu probable, car ils n’auraient nulle part où aller.
Une autre option? Subir un véritable génocide.
Par ailleurs, Assad lui-même est soudainement redevenu actif depuis Moscou, avec des déclarations loin d’être résignées, laissant entrevoir une tentative de revenir sur le devant de la scène, même sans un soutien russe clairement profilé.
Bien sûr, la situation reste confuse et difficile à interpréter.
Toutefois, une chose semble évidente: la minorité alaouite, depuis toujours bien organisée et armée, n’a aucune intention de subir un génocide sans se défendre.
Cela peut avoir de nombreuses conséquences, très intéressantes, pour l’avenir de ce que nous appelions autrefois la Syrie.
Et également pour les équilibres, ou plutôt les déséquilibres, généraux du Moyen-Orient.
22:18 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alaouites, syrie, levant, proche-orient | |
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