dimanche, 03 novembre 2024
Catastrophe de Valence: il ne s’agit pas de «changement climatique», mais d’incompétence criminelle
Catastrophe de Valence: il ne s’agit pas de «changement climatique», mais d’incompétence criminelle
Juan Manuel de Prada
Lors de la "goutte froide" de 1982, lorsque le barrage de Tous a cédé, causant quarante morts, mille litres par mètre carré sont tombés à Cortes de Pallàs (deux fois plus que cette fois-ci). Et les personnes les plus âgées de la région se souviendront également de la "goutte froide" qui a causé quatre-vingts morts en 195, pour laquelle nous ne disposons pas de données fiables sur les précipitations, car à cette époque la capacité maximale des pluviomètres était de deux cents litres par mètre carré.
En 1957 et en 1982, il s'est produit la même chose qu'en 2024, un phénomène météorologique typique à ces dates automnales dans le Levant espagnol: un air maritime polaire avec un vent d'est qui apporte des pluies torrentielles. C'est la « goutte froide », que la foule dirigeante, de concert avec les perroquets systémiques à la tête des moyens d'endoctrinement de masse, appelle désormais « Dana ». Mais dire "goutte froide", c'est faire référence à un phénomène météorologique bien connu dans les terres levantines; et les vermines politico-médiatiques doivent créer une « histoire » qui présente ce qui s'est passé comme quelque chose de nouveau, d'inconnu, d'inattendu et de terriblement dévastateur, causé par ce « changement climatique » dont nous sommes tous coupables.
Parce qu'il ne suffit pas à ces vermines de s'exonérer de leur culpabilité, mais ils veulent l'étendre à l'ensemble de la population, en rejetant la responsabilité des catastrophes naturelles sur le peuple qui souffre, justifiant ainsi les impositions auxquelles ils nous soumettent, pour le profit de la ploutocratie qu’ils servent. Si en 1957 et 1982 la goutte froide a fait moins de victimes qu'en 2024, alors que les moyens pour la prévoir, la prévenir et l'atténuer étaient bien moindres, c'est parce que nous sommes gouvernés par des criminels incompétents, uniquement attentifs à leur bien-être, qui nous pillent matériellement tout en se dégradant moralement.
Nous devons tolérer que ces voyous politiques nous envoient des centaines d'avertissements grotesques en été, annonçant l'apocalypse qui nous brûlera, pour construire leur histoire à dormir debout sur le soi-disant « changement climatique ». Par contre, lorsqu'une véritable alerte météorologique survient, avec des prévisions de pluies torrentielles très dangereuses, cette engeance reste coite. Avec des consignes orange lundi, ils auraient dû mobiliser tous les agents publics qualifiés dans le travail de secours, ils auraient dû suspendre les cours dans les écoles et toutes les activités professionnelles non essentielles, ils auraient dû exhorter la population à ne pas quitter leurs maisons et même à évacuer certaines villes.
Mais ces canailles n'ont pas levé le petit doigt, même quand le déluge a commencé; et, dans leur négligence criminelle, ils ont laissé les gens circuler sur des routes déjà inondées, ils ont laissé les gens quitter leurs maisons dans des villes dotées de boulevards où l'eau atteignait des hauteurs de plus d'un mètre. C'est la même négligence criminelle qui les a conduits auparavant – eux ou ceux qui les ont précédés dans la médiocrité – à approuver des plans d'urbanisme meurtriers, à construire des maisons au bord des boulevards, ou il y avait auparavant, en général, des ruisseaux et des rivières qui se sont asséchés au fil du temps, comme si des rigoles de rien du tout ou des bouches d'égout de dimension ridicule étaient suffisantes, flanquées de quelques roseaux sur les berges pour contenir les débordements provoqués par la "goutte froide".
C'est là qu'il faut faire des prévisions. Quant aux remèdes, nous montrons au monde que l’Espagne est un État en faillite, gouverné par des nullards qui assignent des dizaines de milliers de policiers, de gardes civils et de soldats pour protéger leurs sommets coloniaux et autres désordres systémiques, mais qui sont incapables de mobiliser l’armée pour dégager les routes et servir la population qui manque d'eau potable, de médicaments et de nourriture de base, peut-être parce que l'armée espagnole joue le rôle du fourmilier dans les missions que nous impose l'Oncle Sam dans les banlieues de l'Atlas, pour créer le climat guerrier qui intéresse le complexe militaro-industriel.
Au sommet de son audace, le Dr Sánchez, qui venait de jouer le rôle indien pour dissimuler les ignominies du professeur Begoñísima et les siennes, a eu le culot d'insinuer que la catastrophe s'était produite parce que les gens avaient ignoré les instructions de la protection civile. Mais la vérité est que, lorsque de telles indications sont parvenues sur les téléphones portables des Valenciens, de nombreuses personnes étaient déjà en train de se noyer ou d'être entraînées par les flots.
La catastrophe n'a pas été provoquée par un quelconque « changement climatique », comme le prétendent ces ignobles individus, mais par leur incompétence criminelle. Si nous, les Espagnols d'aujourd'hui, n'avions pas que de l'horchata dans nos veines, nous devrions les pendre puis les démembrer, pour finalement exposer leurs restes sur la place publique, afin qu'ils deviennent des appâts pour les mouches et les oiseaux charognards, comme il faut le faire avec les tyrans. Mais puisque nous sommes laissés entre les mains de Dieu, nous continuerons à nous laisser pisser au visage; et bien sûr, ils nous diront que leur urine puante, comme la goutte froide, est « la réalité dramatique du changement climatique ».
Source:
https://www.xn--elespaoldigital-3qb.com/no-es-cambio-climatico-sino-incompetencia-criminal/
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Complexités moldaves
Complexités moldaves
par Georges Feltin-Tracol
On trouve en Europe orientale un État qui ne devrait pas exister et qui existe pourtant, suite aux facéties tragiques de l’histoire. Naguère désigné comme la Bessarabie du Moyen Âge à 1944, car situé sur la rive occidentale du Dniestr, ce territoire convoité tour à tour par la Russie, l’Empire ottoman et, plus tard, la Roumanie s’appelle aujourd’hui la Moldavie qu’il ne faut surtout pas confondre avec une région historique éponyme, l’une des matrices de la nation roumaine qui s’étendait des Carpates orientales aux berges du Prout. D’une superficie de 33.700 km², cette ancienne république soviétique, la plus pauvre d’Europe, d’où une très forte émigration, partage 450 km de frontières avec la Roumanie, et une frontière commune longue de 940 km avec l’Ukraine.
À la fin de l’ère médiévale, la Bessarabie devient une province tributaire de la Sublime Porte. Le traité de Bucarest de 1812 accorde la région comprise entre le Prout et le Dniestr à l’Empire russe qui concède néanmoins des portions territoriales en faveur des Ottomans et des Roumains au lendemain de la guerre de Crimée dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Les troubles révolutionnaires de 1917 en Russie se répercutent en Bessarabie. Outre le conflit entre bolcheviks et contre-révolutionnaires, les Bessarabiens se divisent aussi entre quelques indépendantistes, des partisans du maintien dans la Russie, les tenants d’un rattachement à l’Ukraine et les chantres de l’union avec la Roumanie, car Bessarabiens et Roumains parlent la même langue latine, le roumain. Le 27 mars 1918, l’Assemblée nationale de Bessarabie proclame l’indépendance. Le 9 avril suivant, la même assemblée réclame l’intervention militaire de Bucarest et adopte l’union de la Bessarabie à la Roumanie. Les Alliés vainqueurs entérinent ce fait accompli le 28 octobre 1920 malgré les protestations de la Russie bolchevique et le refus des États-Unis d’Amérique d’approuver ce rattachement. La Bessarabie roumaine s’organisent en neuf départements. En réaction, en octobre 1924, Moscou fonde au sein de la république socialiste soviétique d’Ukraine, la république autonome de Moldavie installée sur la rive orientale du Dniestr. Conséquence du pacte germano-soviétique de non-agression du 23 août 1939, l’URSS exige par ultimatum en juin 1940 à Bucarest la Bessarabie et la Bucovine du Nord. Toute la Bessarabie passe sous tutelle soviétique. Mais l’opération Barbarossa du 22 juin 1941 permet à la Roumanie, alliée de l’Axe, de reconquérir les territoires perdus et d’avancer jusqu’à Odessa. La défaite allemande de 1945 redonne la Bessarabie à l’URSS qui fonde la république socialiste soviétique de Moldavie. Moscou se dépêche d’y installer des populations russophones et ukrainiennes et y impose une politique socialiste. Par exemple, le moldave est une langue roumaine russifiée rédigée en alphabet cyrillique.
La société soviétique moldave devient dès lors composite. Le recensement de 2014 indique 81% de Moldaves de langue roumaine, 6,5% d’Ukrainiens, 4,5% de Gagaouzes, 4% de Russes et 2% de Bulgares. Les Gagaouzes sont des chrétiens orthodoxes fidèles au patriarcat de Moscou et de langue turcique écrite en alphabet latin.
La proclamation de l’indépendance de la Moldavie, le 27 août 1991, cristallise les tensions ethniques. En effet, les dirigeants moldaves aspirent à rejoindre la Roumanie à peine émancipée dans des conditions plus que douteuses de la tutelle nationale-communiste. Or les non-roumanophones rejettent cette perspective en favorisant deux sécessions territoriales. Russophones et Ukrainiens créent la Transnistrie, un État-fantôme qui conserve les attributs du soviétisme et où stationnent 1500 soldats russes. Les Gagaouzes cherchent à se séparer de l’ensemble moldave, quitte à former des exclaves liées à la Fédération de Russie. Si le cas transnistrien est un exemple de conflit gelé, la communauté gagaouze a finalement obtenu le statut de république autonome (capitale: Komrat) constituée de quatre territoires non contigus rassemblés en trois districts administratifs.
À ces tensions ethnopolitiques plus ou moins latentes s’ajoutent des tiraillements géopolitiques entre un tropisme russe assez marqué chez les minorités linguistiques dont les Gagaouzes, et l’attrait occidental (Union pseudo-européenne, hégémonie yankee et grand espace euro-atlantiste) fort chez les élites moldaves roumanophones. Il faut enfin évoquer les violentes intrigues entre les différents oligarques locaux. Parmi eux signalons Vladimir Plahotniuc accusé d’avoir détourné un milliard de dollars et d’avoir corrompu toute la classe politique ou son adversaire, Ilan Shor (photo). Né en 1987 à Tel Aviv – Jaffa en Israël, c’est un banquier israélo-moldave et aussi russe qui fait de la politique. Frappé de sanctions personnelles par Washington en octobre 2022, puis par l’Union pseudo-européenne en 2023, il s’enfuit en Russie dès 2019 d’où il anime son propre mouvement politique, le Parti Shor, qu’il met en ordre de marche pour les législatives à venir.
Cette longue digression politico-historique s’imposait pour comprendre la situation politique actuelle. Le 20 octobre dernier, la Moldavie organisait un double scrutin le même jour, à savoir le premier tour de l’élection présidentielle et un référendum sur l’inscription dans la constitution sous la forme d’un titre V et d’un article 140 de l’objectif d’adhésion à l’Union dite européenne en attendant de rejoindre l’OTAN malgré la neutralité inscrite dans cette même constitution. En dépit d’une abstention de 48,32%, le référendum est validé puisqu’il mobilise plus du tiers des électeurs inscrits. Le oui gagne à 50,39% grâce au vote des expatriés. L’attraction de l’UE s’émousse fortement auprès de populations restées conservatrices.
La seconde « douche froide » concerne les résultats du premier tour de la présidentielle. Les commentateurs occidentaux pariaient et parlaient d’une réélection dès le premier tour de la présidente sortante Maia Sandu. Patatras ! L’ancienne première ministresse pendant moins de six mois en 2019 récolte 42,45%. Elle se présente au second tour sans de grandes réserves de voix. Son adversaire d’origine gagaouze russophone et détenteur de la nationalité roumaine, Alexandre Stoianoglo, candidat du Parti socialiste de la république de Moldavie, obtient 25,98%. Il pourrait bénéficier du report des suffrages des autres candidats, en particulier de l’homme d’affaires conservateur Renato Usatîi (13,79%) et d’Irina Vlah (5,38%), gouverneure de la Gagaouzie entre 2015 et 2023.
Les élections moldaves font l’objet d’une interprétation complotiste gouvernementale. La présidente sortante accuse Moscou d’avoir acheté 150.000 voix moldaves. Mais comment expliquer alors une si forte abstention (48,42%)? En Occident, le système médiatique d’occupation mentale insiste sur le caractère pro-russe d’Alexandre Stoianoglo. L’ancien procureur général l’est tellement qu’il a condamné l’invasion de l’Ukraine et l’annexion de la Crimée. Par ailleurs, sa fille travaille ou a travaillé encore récemment à la Banque centrale européenne à Francfort. Les plus informés savent que la BCE est un repaire d’agents aux ordres du Kremlin…
À l’instar d’autres ensembles étatiques d’Europe centrale, balkanique et orientale, la Moldavie est un cas très complexe. Sans ressources naturelles stratégiques vitales pour les grandes puissances mondiales, les influences variées qui s’y jouent démontrent en tout cas la primauté du politique sur l’économique.
GF-T
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 131, mise en ligne le 29 octobre 2024 sur Radio Méridien Zéro.
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samedi, 02 novembre 2024
Le Conseil de l'Atlantique pousse à la guerre contre l'Iran
Le Conseil de l'Atlantique pousse à la guerre contre l'Iran
Source: https://report24.news/atlantikrat-draengt-auf-kriegskurs-...
Les Etats-Unis, et donc leurs alliés européens, doivent être entraînés dans une guerre contre l'Iran. C'est ce que demande le Conseil atlantique. Le complexe militaro-industriel a manifestement besoin de nouvelles guerres. Surtout si Donald Trump souhaite mettre fin au conflit ukrainien.
L'influent Conseil de l'Atlantique (Atlantic Council) a présenté la semaine dernière un dangereux rapport stratégique. Intitulé de manière anodine «L'avenir de la stratégie américaine vis-à-vis de l'Iran», ce document révèle, à y regarder de plus près, un dangereux changement de cap dans la politique étrangère américaine.
Le rapport, présenté comme non partisan, vise ouvertement à impliquer davantage les Etats-Unis dans le conflit qui s'aggrave entre Israël et l'Iran. Particulièrement explosif: la stratégie proposée semble viser à manœuvrer aussi bien une éventuelle administration Trump qu'une administration Harris dans un conflit militaire.
Le rapport recommande le déploiement permanent de forces américaines supplémentaires dans la région - une mesure qui entraînerait inévitablement les Etats-Unis dans un futur conflit militaire avec la République islamique. Pourtant, 40.000 soldats américains sont déjà stationnés au Proche-Orient, et selon les idées du Conseil, ils devraient être restructurés en une « force de réaction rapide ».
La manière dont le rapport aborde la question de Trump est particulièrement révélatrice. Dans le contexte des rapports récents sur les prétendus piratages iraniens de la campagne électorale de Trump et des tentatives d'assassinat présumées, la recommandation du Conseil de répondre par la force militaire à toute attaque contre des politiciens américains apparaît comme une provocation calculée.
La dimension stratégique du rapport est encore plus évidente si l'on considère la constellation internationale. Le Conseil atlantique reconnaît lui-même que l'Iran entretient aujourd'hui des liens étroits avec la Russie et la Chine. Un conflit militaire avec l'Iran pourrait donc rapidement se transformer en une confrontation mondiale - un scénario qui, curieusement, n'est pas présenté comme un avertissement, mais presque comme une recommandation d'action. La « ligne rouge » proposée concernant les armes nucléaires iraniennes est également inquiétante. Le rapport demande une déclaration présidentielle selon laquelle les Etats-Unis ne toléreraient pas un Iran doté de l'arme nucléaire et l'empêcheraient militairement si nécessaire - sachant qu'Israël dispose déjà de son propre arsenal nucléaire.
La stratégie du Conseil atlantique semble se résumer à un opportunisme pervers: si Trump gagne et met fin à la guerre d'Ukraine comme il l'a annoncé, il devrait à la place être orienté vers un conflit avec l'Iran. Sous Harris, en revanche, la confrontation avec la Russie se poursuivrait. Le message du rapport est clair: le complexe militaro-industriel a besoin de sa guerre - peu importe où et avec qui. Les stratèges du Conseil de l'Atlantique ne semblent guère se soucier du fait que l'on s'expose à un conflit qui pourrait se transformer en incendie mondial.
19:09 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, conseil atlantique, atlantisme, occident, états-unis, iran | |
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Quand les BRICS+ discutaient à Kazan, l'Occident préparait ses prochaines actions
Quand les BRICS+ discutaient à Kazan, l'Occident préparait ses prochaines actions
Giuseppe Masala
Source: https://geoestrategia.eu/noticia/43601/geoestrategia/mien...
Alors que les yeux du monde se tournent vers Kazan pour suivre le déroulement du sommet des BRICS+ et tenter de comprendre si (et quand) le « nouveau monde » libéré de la tyrannie occidentale verra le jour, l'Occident ne reste certainement pas les bras croisés en attendant d'abdiquer devant le nouvel ordre.
Plusieurs signes indiquent que de nouvelles mesures se préparent pour élever encore le niveau de confrontation entre l'Occident et le bloc eurasien (essentiellement la Chine, la Russie et l'Iran).
Tout d'abord, les nouvelles du sommet de Kazan sont frappantes, car elles parlent d'un environnement dans lequel les Occidentaux - peu nombreux, pour être honnête - sont snobés, dans lequel l'anglais n'est plus utilisé de manière ostentatoire comme lingua franca, et dans lequel il y a un sentiment clair et net que les pays du bloc eurasien ne reculeront plus devant le fait d'abandonner l'Occident à son sort.
Mais même du côté occidental, on sent clairement que personne n'est prêt à capituler.
C'est ce qui ressort, par exemple, des dernières actions du principal allié de l'Amérique au sein de l'Union européenne... Ironiquement, nous faisons évidemment référence à la Pologne qui, hier encore, a annoncé la fermeture du consulat russe de Poznan, accusant les autorités russes d'avoir lancé depuis ce siège diplomatique un plan de sabotage des infrastructures polonaises. Il convient également de noter que le ministre des affaires étrangères de Varsovie, Radoslaw Sikorski, a expressément menacé d'expulser l'ambassadeur russe en Pologne, ce qui marquerait, de fait, la rupture définitive des relations diplomatiques entre Moscou et Varsovie et, par conséquent, annoncerait également un conflit direct à venir entre les deux pays.
D'autres mesures alarmantes indiquent le manque de volonté de l'Occident de trouver une solution pacifique au conflit actuel en Ukraine. Mesures qui peuvent certainement être identifiées dans les paroles (et les actions) de certains dirigeants politiques européens, tels que le ministre lituanien des affaires étrangères, qui continue à faire pression pour que des troupes européennes soient envoyées en Ukraine, comme il ressort clairement de son interview accordée il y a quelques jours.
Je voudrais ajouter que les propos du Lituanien ne sont en aucun cas ceux d'un fanatique, mais le constat rationnel que l'Ukraine ne pourra plus tenir longtemps par manque d'hommes, sachant que, selon des estimations très prudentes, l'armée de Kiev perd en moyenne au moins 1500 hommes toutes les 24 heures.
À ces propos s'ajoutent ceux de Paris, où Macron et son ministre de la défense Lecornu ont plus d'une fois exprimé leur intention d'envoyer des troupes en Ukraine.
Et que dire du nouveau « traité de défense » bilatéral entre la Grande-Bretagne, géant politique et militaire (en dehors de l'Europe), et l'Allemagne, géant économique et nain politico-militaire? Un traité vraiment bizarre qui, ces derniers jours, est tombé comme un éclair sur les chancelleries européennes et les salles de presse des médias. Un acte apparemment dépourvu de sens politique puisque, à proprement parler, Berlin travaille à la création d'une « armée » de l'UE: par suite, quel serait l'intérêt d'une alliance plus étroite avec un pays non membre de l'UE et, entre autres, cette puissance extérieure à l'UE étant connue pour ses positions de grande hostilité à l'égard de Moscou ?
Selon moi, il est clair que Londres a été lesté par sa victoire dans la Seconde Guerre mondiale, qui - strictement selon les traités de paix - place toujours l'Allemagne dans un statut de minorité politique, et il s'ensuit que Londres a trouvé là un moyen très habile de continuer à influencer les décisions militaires sur le continent européen malgré le fait que la Grande-Bretagne soit maintenant en dehors de l'UE. D'un point de vue pratique, le traité prévoit une étroite collaboration anglo-allemande sur la dernière génération de missiles de croisière à longue portée, ainsi qu'une étroite collaboration sur la construction de drones et de nombreux autres systèmes d'armes avancés. De plus, le traité prévoit le déploiement de troupes anglo-allemandes sur le flanc oriental de l'Europe « menacé » par la Russie.
Ce sont là des signes clairs que l'Europe occidentale n'est pas disposée à accepter le pouvoir acquis par des puissances émergentes telles que la Russie, la Chine et même l'Iran. Mais les déclarations provenant de l'autre côté de l'océan Atlantique sont tout aussi alarmantes. En effet, ce ne sont apparemment que les États-Unis qui se désintéressent de ce qui se passe sur le théâtre européen pour se concentrer sur les théâtres du Moyen-Orient et de l'Extrême-Orient.
En lisant les rapports des groupes de réflexion de Washington, on a le sentiment qu'il ne suffit pas que le gouvernement américain ait réduit en cendres la compétitivité européenne grâce au conflit en Ukraine et aux sanctions qui s'ensuivent. Il faut maintenant assurer une défaite stratégique à la Russie, si nécessaire en utilisant aussi le sol européen comme champ de bataille.
À cet égard, une étude publiée par le très influent Atlantic Council est d'un grand intérêt, indiquant une stratégie à long terme pour la défaite stratégique de la Russie.
Selon l'auteur du rapport, Ariel Cohen (photo), quel que soit le prochain président des États-Unis, « l'agression russe » en Ukraine restera un problème grave pour Washington.
À la suite de ce jugement, l'auteur affirme qu'il existe plusieurs options pour mettre fin à l'impasse sur le sol ukrainien, mais que seule la victoire militaire de Kiev avec la restitution des territoires cédés à la Russie (y compris la Crimée et le Donbass) serait considérée comme positive pour l'Occident. Toute autre option, qu'il s'agisse d'une victoire russe, d'un gel du conflit ou de la poursuite d'une guerre de faible intensité, doit être considérée - selon M. Cohen - comme une défaite claire pour l'Occident, qui n'a pas réussi à obtenir la défaite militaire de Moscou avec pour conséquence un «changement radical du pouvoir à Moscou», un refroidissement des relations avec la Chine et un retour à une «neutralité amicale avec l'Occident».
Pour rendre possible la chute de Moscou, Cohen suggère
1) d'accroître considérablement la militarisation de l'Ukraine par l'ensemble du monde occidental, en supprimant toutes les restrictions et interdictions relatives aux attaques contre les infrastructures stratégiques de la Russie;
2) de lancer une campagne d'information stratégique « pour apporter la vérité au peuple russe et au monde entier », en particulier au Sud. L'accent devrait être mis sur les jeunes et les mots clés devraient être « gaspillage », « corruption », « droits de l'homme », « assassinat de personnalités de l'opposition », etc ;
3) d'exploiter la dépendance à l'égard des technologies occidentales et de renforcer les sanctions pour déstabiliser la production d'armes et l'économie russe dans son ensemble ;
4) d'« éliminer » les marchés d'exportation d'armes de la Russie, « pour affaiblir davantage les revenus et l'influence de Moscou » ;
5) de réduire les revenus pétroliers et gaziers de la Russie en augmentant les exportations américaines de pétrole et de gaz afin de réduire les prix. L'UE devrait cesser d'importer du GNL russe et des engrais à forte teneur en gaz. Cela mettrait fin à la relation énergétique entre l'UE et la Russie et empêcherait le flux de revenus accrus vers la Russie, souligne M. Cohen;
6) de stimuler la « fuite des cerveaux » de la Russie, car les États-Unis manquent à présent « une occasion unique » de commencer à délivrer des visas aux spécialistes russes afin qu'ils puissent travailler « au profit des économies et des sociétés occidentales »;
7) d'exploiter activement le fait que « l'influence de la Russie en Asie centrale et dans le Caucase du Sud s'affaiblit », il devrait être possible de remplacer complètement « l'influence russe » par « l'influence américaine ». Et si les États locaux ne veulent pas coopérer, comme la Géorgie, des sanctions devraient être imposées.
En bref, comme on peut le voir, des voix influentes viennent également de Washington pour soutenir la thèse de la nécessité d'utiliser ce que les États-Unis appellent la « Full Spectrum Dominance », c'est-à-dire l'utilisation synergique d'une série de mesures militaires, diplomatiques, économiques et de propagande qui peuvent briser la force de l'adversaire et de ses alliés.
Seuls les naïfs peuvent croire que le conflit entre l'Occident et la Russie est dans sa phase finale. Malheureusement, l'Europe et les États-Unis ne peuvent pas se permettre de « faire le nœud » avec Moscou, d'autant plus si les relations entre les pays dits BRICS+ continuent de s'approfondir, défiant ouvertement l'empire occidental.
Giuseppe Masala, né en Sardaigne en 25 Avanti Google, est diplômé en économie et s'est spécialisé dans la « finance éthique ». Il se déclare cyber-marxiste mais, comme Leonardo Sciascia, pense qu'"il n'y a pas d'échappatoire à Dieu, ce n'est pas possible. L'exode de Dieu est une marche vers Dieu ».
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La mer contre la terre
La mer contre la terre
par Martino Mora
Source: https://www.ariannaeditrice.it/articoli/il-mare-contro-la...
C'est précisément parce que les valeurs matérielles, et donc économiques, dominent en son sein que l'Occident actuel ne fait pas la guerre au reste du monde pour des raisons strictement économiques.
Ce n'est qu'un paradoxe apparent. L'Occident américano-sioniste actuel, qui vénère la matière et l'individu atomisé, déteste le reste du monde précisément parce que ce reste du monde ne vénère pas la matière et l'individu atomisé de la même manière. C'est pourquoi il n'a pas besoin de la perspective de gains économiques pour lui faire la guerre.
La guerre contre la Russie via l'Ukraine en est un exemple évident. La ploutocratie anglo-américaine déteste Poutine pour des raisons existentielles, pas pour des raisons commerciales. Il suffit de lire ce qu'écrit le financier et idéologue George Soros pour le comprendre. L'Occident ploutocratique déteste la Russie comme il détestait autrefois les autocraties tsariste, prussienne et habsbourgeoise.
Les marchands anglo-saxons détestent Poutine parce qu'il a subordonné les pouvoirs économiques des « oligarques », qui ont débordé de démocratie démagogique dans les années Eltsine, à sa volonté politique. Il ne les a pas expropriés au nom du communisme (bien que certains cultivent la fixation d'un Poutine « bolchevique »), mais les a subordonnés au pouvoir de l'État, c'est-à-dire au sien, par la ruse ou par l'escroquerie. Il a donc rejeté, dans la pratique, le modèle sorosien de « civilisation ouverte », dans lequel seul l'argent gouverne.
Le modèle de Poutine est donc un modèle « césariste » de civilisation et de pouvoir, dans lequel la politique subordonne à elle-même, en le contenant, le règne animal de l'esprit. Et dans lequel un rôle non marginal est également redonné à la dimension religieuse, ce qui est d'ailleurs intolérable pour les tenants de la « société ouverte ».
La Russie d'aujourd'hui n'est pas un modèle véritablement alternatif à la folie spirituelle de l'Occident, mais elle contient au moins les dégâts de la commercialisation à grande échelle de la vie sociale et de la dissolution panérotique des coutumes et de la famille. Ce n'est pas rien.
La haine contre l'Iran est encore plus évidente. Elle se fait passer pour de l'aversion envers le fondamentalisme islamique. Si la véritable aversion était pour le fondamentalisme, l'islam sunnite du Golfe devrait être beaucoup plus détesté que la théocratie chiite de l'Iran, dans laquelle non seulement les minorités chrétiennes et juives, mais aussi les femmes, propagande mise à part, s'en sortent beaucoup mieux. L'Arabie saoudite et le Qatar, ou peut-être le Pakistan ou le Soudan, seraient les principaux ennemis.
Certes, des raisons stratégiques d'alliance géopolitique entre l'américano-sionisme et ses adversaires jouent contre l'Iran. Mais en fin de compte, oublions cela, on en revient toujours là, au choc des civilisations. Le vrai, pas l'imaginaire. Et le choc des civilisations actuel, du moins le principal, est entre le nihilisme matérialiste et atomiste de l'Occident anglo-sioniste, qui a répudié le christianisme et sa Tradition (et s'enfonce donc de plus en plus vers le bas), et le reste du monde.
La mer contre la terre.
18:06 Publié dans Actualité, Définitions, Théorie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terremer, actualité, géopolitique, théorie politique, définition, politologie, sciences politiques, philosophie politique | |
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Les pays du groupe BRICS se renforcent
Les pays du groupe BRICS se renforcent
Leonid Savin
Source: https://www.geopolitika.ru/en/article/brics-gaining-strength?utm_referrer=https%3a%2f%2fl.facebook.com%2f
La réunion actuelle de l'association informelle des dix pays du groupe BRICS s'est transformée en percée à bien des égards. L'année de la présidence russe de ce club, malgré les tentatives de l'Occident collectif de gagner les pays du Sud et la guerre de l'information de masse, a été marquée par un intérêt significatif de nombreux pays pour participer à part entière à cette structure.
Trente-cinq pays ont déjà demandé à être admis au sein des BRICS en tant que participants à part entière. Au total, les représentants de 36 États sont arrivés au sommet des BRICS à Kazan, dont 22 pays représentés directement par leurs dirigeants, ainsi que les représentants de six organisations internationales, tandis que les médias mondiaux ont accordé une attention particulière à l'apparition du secrétaire général de l'ONU.
Les rapports des présidents de la Nouvelle banque de développement, du Conseil des entreprises, du Mécanisme de coopération interbancaire, de l'Alliance des femmes d'affaires ont été entendus, des réunions bilatérales des dirigeants des pays ont eu lieu, ainsi qu'une session plénière BRICS Plus/Outreach avec la participation des dirigeants des pays de la CEI, des délégations de nombreux pays d'Asie, d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Amérique latine, des chefs des organes exécutifs d'un certain nombre d'organisations internationales.
Treize pays présents au sommet ont déjà reçu le statut de pays partenaire des BRICS. Il s'agit de la Turquie, du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan, de l'Algérie, de la Biélorussie, de la Bolivie, de Cuba, de l'Indonésie, de la Malaisie, du Nigeria, de la Thaïlande, de l'Ouganda et du Viêt Nam. Comme vous pouvez le constater, la taille du pays et l'état de son économie n'influent aucunement sur la décision d'accorder un tel statut.
À l'issue de la rencontre entre Vladimir Poutine et Xi Jinping (il convient de souligner que la Russie et la Chine sont des partenaires proches au sein des BRICS, qui s'opposent également activement à l'hégémonie des États-Unis), le président russe a noté que les relations russo-chinoises sont devenues un modèle de la manière dont les relations entre les États devraient être construites dans le monde actuel; la coopération entre les deux pays est l'un des principaux facteurs de stabilisation sur la scène mondiale. "Nous avons l'intention de renforcer encore la coordination sur toutes les plateformes multilatérales afin de garantir la sécurité mondiale et un ordre mondial juste", et “au fil des années de notre travail commun, l'autorité et l'influence des BRICS se sont accrues”.
À son tour, Xi Jinping a noté qu'« au fil des décennies, les relations sino-russes, qui ont résisté aux épreuves de la situation internationale instable, ont parcouru un long chemin et acquis un caractère sans précédent » et que « dans les conditions d'une transformation tectonique sans précédent depuis des siècles, la situation internationale subit de graves changements et bouleversements. Mais cela ne peut ébranler la conviction de l'inviolabilité du choix stratégique des deux pays en faveur d'un soutien mutuel ferme».
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé à un règlement pacifique du conflit en Ukraine sur la base de la charte de l'organisation des Nations unies et du droit international. « Nous avons besoin de paix en Ukraine. Une paix juste conformément à la Charte des Nations unies, au droit international et aux résolutions de l'Assemblée générale », a-t-il déclaré lors de la réunion du 24 octobre. Il a ajouté que tous les conflits actuels dans le monde devaient être résolus « tout en maintenant l'engagement envers les valeurs de la Charte des Nations unies, les principes de l'État de droit, l'intégrité territoriale et l'indépendance politique de tous les États ».
Vladimir Poutine a répondu que « nous devrions tous vivre comme une grande famille. C'est ainsi que nous vivons. Malheureusement, les querelles, les scandales et la division des biens se produisent souvent dans les familles. Parfois, on en vient à se battre ». Dans le même temps, il a souligné que les BRICS considèrent la création d'une « atmosphère favorable dans une maison commune » comme l'un de leurs objectifs. « Nous le faisons et nous le ferons. Y compris en étroite coordination avec les Nations unies », a conclu M. Poutine.
Il est important de noter ici que les BRICS ont été présentés comme une organisation indépendante qui, en fait, se positionne comme un égal de l'ONU. Deuxièmement, si nous parlons des paroles du secrétaire général de l'ONU, il est nécessaire de rappeler que la charte de l'ONU stipule le droit à l'autodétermination des peuples. Et en ce qui concerne l'Ukraine, conformément à la Charte des Nations unies, les Russes avaient tout à fait le droit de se séparer du régime "néo-nazi", ce que certains territoires ont fait en 2014 et que le reste de l'armée russe aide aujourd'hui à libérer.
Une déclaration importante a été faite sur la nécessité de réformer l'ONU elle-même. Il a été noté que la structure de l'ONU devrait être adaptée aux réalités modernes et que les pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine devraient être davantage représentés au sein du Conseil de sécurité de l'ONU. Derrière l'écran de l'ordre imposé par l'Occident se cachent des tentatives de freiner le développement indépendant des pays de ces régions.
La transition vers un ordre mondial plus juste n'est pas facile, les sanctions unilatérales illégales, la manipulation des marchés boursiers et des marchés des changes, ainsi que l'ingérence dans la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne sont autant d'obstacles à la réalisation de cet objectif.
Dans son discours, le président russe Vladimir Poutine a également évoqué l'opération militaire spéciale en Ukraine, rappelant que « l'Ukraine est utilisée pour créer des menaces critiques pour la sécurité de la Russie » et que « ceux qui veulent infliger une défaite stratégique à la Russie ne connaissent pas l'histoire du pays, leurs calculs sont dès lors illusoires ». Une fois de plus, l'engagement en faveur de la création d'une Palestine souveraine a été évoqué: « un règlement au Moyen-Orient n'est possible qu'avec la correction de l'injustice historique et la création d'une Palestine indépendante ».
En ce qui concerne la participation des pays BRICS à l'économie mondiale, même selon les analystes occidentaux, dans les cinq prochaines années, l'économie mondiale reposera davantage sur les pays BRICS que sur les États du G7. Les prévisions du Fonds monétaire international indiquent que la Russie, la Chine, l'Inde et le Brésil seront à l'origine de la majeure partie de la croissance au cours de la période à venir. Dans le même temps, la contribution attendue à l'économie mondiale des membres du G7, tels que les États-Unis, l'Allemagne et le Japon, a été revue à la baisse. Et des pays comme l'Égypte et le Vietnam, grâce au poids plus important des économies en développement lorsqu'elles sont évaluées en termes de parité de pouvoir d'achat, atteindront le niveau de pays comme l'Allemagne et le Japon en termes de croissance économique. Selon les prévisions du FMI, la Chine restera le principal contributeur à l'économie mondiale. L'Inde, dont l'influence sur la croissance mondiale s'accroît également de manière significative, occupera la deuxième place.
Il est significatif qu'au cours du sommet des BRICS, le ministre russe des finances, Anton Siluanov, ait déclaré que la Russie répondrait de manière symétrique à l'utilisation par l'Occident des revenus des avoirs gelés de la Fédération de Russie et commencerait à utiliser les revenus des avoirs occidentaux dans le pays. De nouveaux outils seront également introduits à dessein, tels que la bourse des céréales des BRICS, qui, selon M. Poutine, contribuera également à protéger les marchés nationaux de l'ingérence et de la spéculation extérieures.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que « la Turquie croit aux objectifs des BRICS pour créer un ordre mondial et des relations commerciales justes ». Le vice-premier ministre serbe Alexander Vulin a quant à lui souligné le rôle constructif des BRICS. Il a déclaré que « personne au sein des BRICS n'exige que nous reconnaissions le Kosovo, que nous renoncions à la Republika Srpska ou que nous imposions des sanctions à l'UE ou à qui que ce soit d'autre. Dans les BRICS, on ne vous demande rien, mais on vous offre un monde complètement nouveau ».
La déclaration des BRICS, publiée le 23 octobre, compte plus de 40 pages et reprend en quelque sorte les thèses des récents sommets de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et de la Communauté des États indépendants (CEI). De nombreux points sont consacrés à un large éventail de questions.
Pour accéder au document: MUCfWDg0QRs3xfMUiCAmF3LEh02OL3Hk.pdf
Mais toutes ces questions sont liées au changement de l'architecture politique et économique mondiale et au désir de multipolarité et d'un ordre mondial plus juste, en lieu et place de l'« ordre fondé sur des règles » de l'Occident. Dans le même temps, l'UE s'est empressée de renier son implication dans le paragraphe sur l'inadmissibilité des sanctions unilatérales.
À l'issue du sommet, le président russe a également tenu une conférence de presse, au cours de laquelle il a noté que « sans exception, toutes les réunions et tous les événements que je viens de mentionner se sont déroulés dans le cadre traditionnel des affaires et de l'ouverture des BRICS, dans une atmosphère de compréhension mutuelle. Cette approche constructive du travail en commun nous a permis de discuter en détail d'un large éventail de questions pendant trois jours ».
Il a également déclaré que « nous avons confirmé que les BRICS ne sont pas un format fermé, qu'ils sont ouverts à tous ceux qui partagent leurs valeurs et que leurs membres sont prêts à travailler à la recherche de solutions communes sans diktats extérieurs ni tentatives d'imposer des approches étroites à qui que ce soit. Les BRICS ne peuvent que répondre à la demande croissante de coopération dans le monde. Par conséquent, nous avons accordé une attention particulière aux problèmes liés à l'expansion possible des BRICS par la création d'une nouvelle catégorie - les États partenaires ».
Pour confirmer les propos du Président, on peut ajouter que les dirigeants de la Chine et de l'Inde, qui sont antagonistes sur un certain nombre de questions, se sont entretenus lors du sommet, et que les présidents de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan ont également pu s'entretenir. Cela confirme une fois de plus l'importance de cette plateforme et le rôle constructif de la Russie, qui permet d'aplanir les contradictions et les malentendus. Mais dans ce domaine, la participation et l'influence de l'Occident restent un facteur important. L'exemple de l'Ukraine montre que là où l'Occident impose sa volonté politique, la discorde et le conflit surgissent toujours.
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vendredi, 01 novembre 2024
La Géorgie sous pression: course au contrôle et à la souveraineté
La Géorgie sous pression: course au contrôle et à la souveraineté
Source: https://www.pi-news.net/2024/10/georgien-unter-druck-wett...
Lors des élections législatives en Géorgie, république du Caucase du Sud, la commission électorale a déclaré vainqueur le parti national-conservateur «Rêve géorgien» du milliardaire Bidzina Ivanichvili avec 54% des voix.
Par Elena Fritz
Les dernières élections législatives de Géorgie, lors desquelles le parti « Rêve géorgien » (Georgian Dream - GD) a de nouveau assuré la majorité du gouvernement, illustrent la manière dont le pays se retrouve de plus en plus pris entre les fronts des grandes puissances. La situation stratégique dans le Caucase fait de la Géorgie un point névralgique dans la lutte géopolitique entre l'UE, l'OTAN et la Russie. Les acteurs occidentaux cherchent à intégrer étroitement la Géorgie dans leur zone d'influence, tandis que le gouvernement de Tbilissi tente de maintenir un équilibre neutre sous l'égide de GD - une approche qui est à la fois défiée par les tensions politiques internes et les tentatives de pression extérieures.
Pour l'Union européenne, la Géorgie est plus qu'un partenaire du Partenariat oriental: c'est un allié potentiel qui fait interface avec la Russie. Depuis des années, l'UE s'efforce de lier la Géorgie à elle sur le plan économique et politique; les programmes de soutien, les projets d'infrastructure et les conditions de réforme étant des éléments essentiels de cette stratégie. Bruxelles se présente ici comme un soutien, mais les conditions liées à ces programmes laissent peu de place à une politique nationale indépendante.
Un exemple est le financement continu par l'UE d'organisations de la société civile qui promeuvent les valeurs occidentales et renforcent souvent les forces pro-occidentales. Cela contribue à la polarisation de la société géorgienne et pousse le gouvernement à s'aligner plus clairement sur les intérêts occidentaux - une orientation qui remet de plus en plus en question la politique pragmatique de GD vis-à-vis de la Russie. En outre, l'UE met également la Géorgie sous pression en matière de politique de sécurité, par exemple en développant la coopération militaire avec l'OTAN. La stratégie est claire : en tant que partenaire de l'OTAN, la Géorgie doit devenir à long terme un avant-poste occidental dans le Caucase.
Intégration à l'OTAN : sécurité ou facteur de risque ?
La coopération avec l'OTAN, y compris les exercices communs et l'adaptation militaire aux normes de l'OTAN, rapproche dangereusement la Géorgie d'une confrontation avec la Russie. Moscou considère le Caucase comme faisant partie de sa sphère d'influence et a clairement fait savoir à plusieurs reprises qu'un élargissement de l'OTAN dans la région serait perçu comme une menace existentielle. Le conflit autour des régions géorgiennes séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud reste également un sujet sensible. Tout nouveau pas en direction de l'OTAN provoquerait des réactions politiques et militaires de la Russie - un scénario qui pourrait devenir une menace directe pour la Géorgie.
Le parti GD a reconnu ce facteur de risque et renonce donc officiellement à exiger une adhésion rapide à l'OTAN. Mais le rattachement croissant à l'OTAN via le « statut de partenariat » remet en question cette politique de neutralité et pourrait pousser la Géorgie dans un rôle qui présente des avantages stratégiques pour l'Occident, mais qui pourrait provoquer une escalade pour la Géorgie elle-même.
Des divisions internes: la déchirure de la société géorgienne
La société géorgienne est profondément divisée: l'opposition, sous la bannière du « Mouvement national unifié » (MNU) et de la « Coalition pour le changement », fait ouvertement campagne pour une intégration claire à l'Occident et attaque le gouvernement GD en le qualifiant de « pro-russe » ». Ces fronts politiques ne sont pas seulement de nature idéologique, mais ont un impact réel sur la stabilité politique interne. La présidente Salomé Zourabichvili, par exemple, appelle la population à protester et parle d'« élections russes ». De telles positions reflètent les divisions profondes qui existent en Géorgie, où les électeurs des grandes villes, pro-occidentaux, veulent faire avancer le courant pro-européen, tandis que les éléments plus conservateurs du pays ne veulent pas rompre complètement les relations plus traditionnelles avec la Russie.
De son côté, l'UE soutient indirectement ces tensions en encourageant les ONG et les mouvements politiques pro-occidentaux qui font pression sur le gouvernement et menacent ainsi l'équilibre interne. Ces tensions pourraient être de plus en plus utilisées de l'extérieur pour déstabiliser le gouvernement géorgien et imposer un leadership clairement pro-occidental si le « Rêve géorgien » maintient son cap axé sur la neutralité.
Options de politique réelle pour la Géorgie dans l'ordre multipolaire
En théorie, la Géorgie pourrait jouer un rôle clé dans un ordre mondial multipolaire, dans lequel elle serait un acteur souverain et entretiendrait à la fois des partenariats économiques avec l'UE et des relations pragmatiques avec la Russie. Mais la voie est étroite: les programmes occidentaux et la coopération militaire ont placé la Géorgie dans une position où elle reste dépendante du soutien de l'Occident.
Des partenariats alternatifs, par exemple avec la Chine ou d'autres acteurs eurasiens, pourraient certes apporter des avantages économiques à la Géorgie, mais entraîneraient la perte du soutien occidental et un renforcement des sanctions.
Dans cette constellation, une coopération plus étroite avec d'autres acteurs eurasiens - par exemple en tant que plaque tournante logistique dans le commerce avec la Chine - pourrait certes constituer une alternative stratégique, mais la dépendance vis-à-vis des investissements de l'UE et du soutien de l'OTAN laisse peu de marge de manœuvre au gouvernement. L'ordre mondial multipolaire pourrait théoriquement permettre à la Géorgie d'être plus indépendante, mais il manque actuellement des alternatives concrètes à l'Occident.
Conclusion : l'avenir de la Géorgie - entre intégration et souveraineté
La Géorgie est prise dans un dilemme: la véritable autonomie à laquelle aspire le gouvernement du « Rêve géorgien » est limitée par les mécanismes d'influence occidentaux. L'UE et l'OTAN continueront à défendre agressivement leurs intérêts pour lier fermement la Géorgie à leur sphère d'influence. Il ne reste guère de possibilité réaliste pour la Géorgie de se positionner en tant qu'acteur indépendant sans risquer de perdre le soutien de l'Occident.
Tant que la Géorgie sera liée à l'Occident sur le plan de la politique de sécurité et de l'économie, elle ne disposera guère de l'autonomie stratégique qui serait possible dans un ordre multipolaire. Les années à venir montreront si le « rêve géorgien » pourra maintenir la politique d'équilibre à long terme - ou si la Géorgie deviendra définitivement une sphère d'influence occidentale.
18:37 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, géorgie, caucase, europe, affaires européennes | |
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L'impératif? La puissance russe!
Portrait de Dimitri Donskoï par le peintre Victor Matourine.
L'impératif? La puissance russe!
Alexandre Douguine
Source: https://www.geopolitika.ru/article/imperativ-russkoy-vlasti
Le huitième congrès de Tsargrad, qui s'est tenu dans la cathédrale du Christ-Sauveur, a été d'une incroyable pertinence. Voici, en substance, ce qui s'y est dit.
Il est évident que nous vivons dans une société où l'idéologie est en train de changer - elle passe du libéralisme à la russéité. Et ce processus ne peut être arrêté. Il ne s'agit pas d'une décision ponctuelle des autorités, mais de la logique du temps, d'un ultimatum fixé par l'histoire elle-même.
L'Opération militaire spéciale a radicalement changé le paysage idéologique de la Russie. L'ère des technocrates idéologiquement neutres est révolue, celle des patriotes idéologiquement motivés a commencé.
Un nouveau type de fonctionnaire apparaît - qu'il soit gouverneur, ministre, dirigeant. Désormais, les représentants de l'État sont constamment confrontés à la mort, à la douleur, à l'horreur, à l'âme des gens. Ils ne peuvent se contenter d'instructions, de remplir des conditions formelles et de se corrompre tranquillement sur cette toile de fond. Ils sont impliqués dans l'histoire, et l'histoire exige de la subjectivité, un choix volontaire, une décision prise avec le cœur. Par conséquent, les personnes au pouvoir doivent faire un choix: soit elles sont du côté de la caste, soit du côté du peuple. Soit ils sont du côté de la guerre, ils y prennent une part active, soit leur cause demeure en marge (de l'histoire qui se fait). Être technocrate, c'est désormais choisir le camp de ma cause. Sinon, il faut changer sa vision du monde ou admettre ouvertement les opinions russes qui ont été formées auparavant et passer ouvertement du côté de la cause russe.
Là encore, chacun doit déterminer sa propre position. Il s'agit d'un tournant idéologique. Le libéralisme est complètement épuisé, même s'il existe encore par inertie. Mais aujourd'hui, la technocratie exécutive ne suffit plus. Face à la guerre, face aux ennemis intérieurs des cinquième et sixième colonnes, face aux migrations destructrices et à la démographie catastrophique, face aux valeurs traditionnelles et non traditionnelles, chacun doit faire un choix. Un choix clair et net. Non pas en chuchotant sotto voce, mais en parlant haut et fort. Et nous devrons répondre de ce choix et le mener jusqu'au bout. Peut-être jusqu'à notre propre fin, car nous sommes en guerre. Aujourd'hui, être russe ne signifie pas déposer une marque. Être russe, c'est rejoindre les rangs de la cause russe, c'est se réaliser en tant que nation, c'est tout sacrifier - y compris sa vie - pour le bien du pouvoir.
Le temps des compromis et des demi-mesures touche à sa fin. Le choix,qui est posé maintenant, aura une signification irréversible.
L'Évangile parle des ouvriers de la dernière heure. Ils se sont engagés plus tard que tous les autres, mais ils se sont engagés. Et on leur promet une part du Royaume des cieux. Mais après cette dernière heure, il sera vraiment trop tard.
C'est maintenant la dernière heure pour la cause russe. Il est temps d'apporter à la Patrie, à la Foi, au Pouvoir et au Peuple notre dernier serment.
Oui, depuis les années 80, la trahison est devenue une norme sociale, idéologique et psychologique. Chacun vivait pour soiet pour soi seul. Mais cette époque est révolue.
L'époque est foncièrement différente aujourd'hui. Elle n'est pas seulement illibérale, elle est incompatible avec la technocratiesans âme, sans épaisseur. C'est le temps de l'Idée qui est advenu. De l'idée russe (de l'idée ancrée dans notre réalité vivante). Il est enfin arrivé, ce temps de la décision ultime.
Pas un seul problème de la Russie contemporaine ne peut être considéré comme purement technique. Tous les problèmes, au contraire, ont une dimension idéologique. Ils sont apparus pour des raisons idéologiques et leur solution se trouve dans le domaine idéologique.
Pourquoi l'Opération militaire spéciale a-t-elle été déclenchée ? Parce que les libéraux et les Occidentaux de Russie ont pris la décision idéologique, en 1991, d'effondrer l'Empire (l'URSS). Et nous serons en guerre tant que nous n'aurons pas inversé les résultats de cette trahison.
D'où viennent les migrations ? Du fait que l'idéologie libérale nie, même en théorie, les facteurs ethnique et culturel-religieux. Et le principe capitaliste d'optimisation du profit exige la main-d'œuvre la moins chère et socialement la moins protégée possible. Et c'est cela l'idéologie libérale.
D'où vient le déclin démographique ? Du principe de l'individualisme et de l'engorgement des villes. Et aussi de la destruction systémique des valeurs familiales et du démantèlement du patriarcat classique. Il s'agit d'attitudes idéologiques qui ne peuvent être éliminées par des moyens techniques.
D'où vient la corruption ? De l'égoïsme dogmatique et du cynisme obligatoire, massivement retransmis par la culture: ils conduisent inévitablement à l'érosion de la responsabilité envers la société et à l'opportunisme juridique.
Et puisqu'il en est ainsi, nous avons besoin d'un organe idéologique. Qu'il s'agisse d'un système de contrôle de l'exécution et de la mise en œuvre des décrets présidentiels 809 et 314 et du concept de sécurité nationale. Ou de quelque chose d'autre. Et naturellement, l'idéologie patriotique russe devrait être introduite en douceur dans la société et gérée par des patriotes russes.
18:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, alexandre douguine, russie, idéologie russe | |
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jeudi, 31 octobre 2024
L'OTAN et la théorie des États porte-avions
L'OTAN et la théorie des États porte-avions
Carlos X. Blanco
En 1999, l’OTAN a lancé une action militaire en attaquant un pays européen. Les États-Unis, à la tête de l’OTAN, ont une fois de plus bombardé une nation souveraine de notre continent, la République fédérale de Yougoslavie. Depuis 1945, la Luftwaffe (armée de l’air allemande) n’avait pas attaqué un autre pays européen. En 1999, cette même force aérienne a encore tué. De même, l'armée de l'air espagnole, incapable de contenir l'expansionnisme marocain depuis au moins l'époque d'un Franco sénile, détenait néanmoins en Bosnie l'honneur douteux d'avoir été la première à être entrée au combat. Un autre « honneur » pour un pays comme l’Espagne, qui utilisait son armée depuis des siècles pour tuer ses propres compatriotes plutôt que pour se défendre contre des ennemis étrangers, même s’il s’agissait d’ennemis de pays pauvres ou de pays du tiers monde, était que l'on avait nommé secrétaire général de l’OTAN le « scientifique » et socialiste Javier Solana. Cependant, à part les troupes et les bouffons comme l’Espagne, l’Allemagne et d’autres partenaires de l’organisation, nous savons tous que l’action de guerre a été promue et menée par les États-Unis.
On estime que plus de 9000 tonnes de bombes se sont abattues sur ce pays européen. Les Serbes et d’autres peuples yougoslaves sont morts en grand nombre. Entre 1200 et 5000 personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées par les bombes de l’OTAN à l’aube du 21ème siècle. Il a été certifié que certaines bombes étaient fabriquées à l'uranium appauvri, ce qui est de mauvais augure pour le rôle de l'OTAN dans les conflits actuels et futurs: l'Europe ne sera jamais un sanctuaire protégé et l'OTAN n'est pas une copie d'une « armée européenne » puisqu'il s'agit d'un conglomérat militaire dirigé par les Américains. Au contraire, l’OTAN est une organisation dangereuse pour les peuples européens, dont le comportement expansif et agressif (contrairement à tous ses documents fondateurs) peut les mettre au bord de la destruction. Avec le même casus belli des « nettoyages ethniques » yougoslaves (ce fut, de fait, le casus belli du massacre de l’OTAN en 1999), de nombreux pays démocratiques et libéraux auraient dû être bombardés, sans parler des petites puissances alliées de l’oncle Sam (Israël, Arabie Saoudite, Maroc, etc.), à cause d'atrocités dont l'OTAN et son leader nord-américain détournent le regard.
Depuis la création de l’OTAN en 1949, une fois le Traité de Washington signé, cette organisation était présentée, dans le contexte de la Guerre froide, comme une alliance « défensive ». En tant qu’alliance militaire, une attaque contre l’un des membres doit susciter une réaction défensive de la part de tous les alliés. "Attaquer l'un de nous, c'est nous attaquer tous". Ce contexte de guerre froide n’était rien d’autre que le contexte supposé des blocs idéologiques: les Russes, nous disaient-ils, auraient atteint Lisbonne et implanté le communisme sans consulter leur ami américain. Cet ami devrait conduire une Europe détruite et affamée, à la fois sur la voie d’une reconstruction capitaliste et sur l’autre voie nécessaire: celle vers un renforcement militaire des partenaires et alliés de la puissance yankee.
Aujourd’hui, depuis les massacres contre la Yougoslavie (principalement contre les Serbes) de 1999, et plus encore depuis la guerre en Ukraine (débutée avec l’Euromaïdan de 2014), les yeux de nombreux citoyens du « vieux continent » se sont ouverts. . Mais pas assez. Le voile tombe peu à peu: l'OTAN ne protège pas la souveraineté des peuples et des nations d'Europe, mais peut (et de fait) doit compromettre leur indépendance et leur souveraineté, en les empêtrant dans des conflits qui ne répondent pas à leurs propres et légitimes intérêts, mais obéissent à la logique de pouvoirs autres que les leurs.
En d’autres termes très simples : faire partie de l’OTAN n’apporte pas de la sécurité, mais plutôt de la peur.
Une OTAN agressive (comme cela a été démontré en Yougoslavie et en Ukraine) est dangereuse pour les peuples et les nations mêmes celles qui sont immergées dans le Traité. C'est une OTAN qui les oblige à remilitariser les structures étatiques (recrutement forcé, envoi obligatoire de missions à l'étranger, augmentation de la fabrication d'armes, coupes sociales...) mais pas pour leur propre bénéfice, et en faveur de leur souveraineté nationale légitime, mais au profit de la propre logique de l'Oncle Sam, qui se révèle de plus en plus contradictoire avec celle de l'Europe. Ce qui est bon pour les Américains est mauvais pour les Européens, et vice versa.
D’un autre côté, le précédent agressif de 1999, contraire à la Charte des Nations Unies, a été le début d’une ombre qui est aujourd’hui sur le point de couvrir l’Occident. Le « jardin » de Josep Borrell, un autre socialiste espagnol raté, comme le chef de l’OTAN de l’époque, Solana, a été assombri par le meurtre de Serbes. Cette partie du monde, le paradis occidental, destinée à apporter les valeurs des Lumières et des Droits de l’Homme au reste d’une « jungle » et d’une humanité arriérée, a commencé à apparaître comme une jungle, ou mieux encore, comme sauvage elle-même. L’Europe était (encore une fois) redevenue une jungle et un bourbier en 1999.
L’OTAN et sa branche civile, l’Union européenne, ne pourront plus enseigner à qui que ce soit les droits de l’homme et les valeurs des Lumières. Les pays des BRICS, parmi lesquels figurera bientôt la Turquie d'Erdogan, se tordent de rire en entendant ces discours « occidentaux ». Même le dernier concierge de l’administration de ces États non occidentaux en est conscient: l’OTAN tue beaucoup depuis les airs. Sur le terrain, elle manque de capacité combative. Le nouvel « axe du mal » composé de la Russie, de la Chine et de l’Iran est bien conscient de l’évolution naturelle que suivra l’OTAN après sa défaite en Ukraine: le terrorisme. On parle beaucoup de « guerre hybride », mais les opérations entreprises par l’Empire d’Occident présentent toutes les caractéristiques des attentats terroristes. L'incapacité sur le terrain de maintenir une armée approvisionnée de manière régulière et homogène, excluant l'Apocalypse d'un scénario de guerre mondiale globale et déchaînée (avec recours aux armes thermonucléaires), fera de l'OTAN une sorte d'essaim mondial "type Israël". En quoi consiste ce modèle ? Enfin, dans une généralisation à d’autres latitudes de la formule de l’État artificiel-terroriste, comme l'est Israël.
Là où il y a un vide de souveraineté territoriale ou là où l’espace géopolitique est chaotique et où, en raison d’actions hybrides antérieures, l’État est déclaré « en faillite » (cas de l’Ukraine), l’OTAN procède à l’armement jusqu’aux dents d’une oligarchie locale, porteuse d'un "néo-Etat".. Les groupes nazistes ou fondamentalistes, selon les coordonnées géographiques et culturelles de la région, et par interposition, déclareront la guerre à tous ceux qui s'opposent ou ne collaborent pas aux plans hégémonistes nord-américains. À l’instar de certaines guerres de l’Antiquité, les ennemis sont attaqués au moyen de « néo-États » tampons et de mercenaires. Il ne s’agit plus seulement de recruter des étrangers de tous les pays imaginables, prêts à tuer et à mourir pour de l’argent. Il s’agit de louer et contracter des « néo-États », entités qui, au départ, étaient elles-mêmes des artifices créés ad hoc, ou des entités entretenues et reprogrammées si elles existaient déjà auparavant, en vue d’affronter une puissance ou une entente constituée de plusieurs pays. L'exemple d'Israël va se répandre, et sera suivi par le Kosovo, l'Ukraine de Zelensky ou le Maroc de Mohamed VI. Ces États artificiels sont comme de grands porte-avions statiques, implantés au milieu d’une zone conflictuelle ou stratégique. S’il s’agit d’une région pacifique ou pacifiée, les États-Unis parviennent à modifier cet état de fait et à semer le chaos pour affronter des ennemis, des concurrents ou même des neutres qui ne se sont pas montrés suffisamment consentants.
Actuellement, les pays d’Europe occidentale courent un très grave danger. Ces États artificiels sont créés sur le modèle Israël-Kosovo-Ukraine. La liste des nouveaux territoires hautement militarisés et convertis en États défaillants ou en États poubelles ne peut que s’allonger dans les années les plus immédiates. Il ne s’agit plus seulement d’une accumulation d’actions terroristes dans des pays souverains proches de la frontière russe, satellites ou alliés de Vladimir Poutine. C'est dans le « jardin » Europe.
D’un côté, nous avons l’Espagne au milieu de la tension maroco-israélienne: de nombreux éléments militaires sionistes ont été détectés dans ce pays du Maghreb. À la présence de personnel militaire et d'espionnage, il faut ajouter les investissements croissants dans la technologie de guerre de pointe qui comprend, entre autres, la surveillance par satellite, la technologie des drones , les logiciels d'espionnage (rappelez-vous le scandale d'espionnage du téléphone portable de Pedro Sánchez, président du gouvernement espagnol, à travers des technologies auxquelles ni le Maroc ni Israël ne sont étrangers).
L'armée marocaine, bien qu'elle soit théoriquement inférieure à l'armée espagnole, est considérée comme l'une des plus puissantes d'Afrique (parmi les cinq premières dans de nombreux paramètres d'évaluation) et, de toute façon, étant une monarchie despotique-féodale, elle est beaucoup moins liée (et plus consciente que l'Espagne) en termes de scrupules concernant le droit international, les droits de l'homme et les engagements de paix. Il a les mains libres pour attaquer. En fait, la monarchie maghrébine n’a jamais cessé de vivre en guerre (de faible intensité la plupart du temps) avec ses voisins et avec le Front Polisario. À cela s’ajoute le fait notable de bénéficier d’un énorme soutien de la part des « Trois Grands » de l’Occident : les États-Unis, la France et l’Entité sioniste (Israël).
Le royaume alaouite est depuis de nombreuses années un partenaire et un allié privilégié, et est considéré comme un acteur majeur au niveau régional. Clé d'accès à deux mers, l'océan Atlantique et la Méditerranée, il est bien plus accessible aux souhaits de l'Empire d'Occident, et fait office de chien de garde qui dégage l'accès à la Mare Nostrum et au Sahel . Concernant la mer Méditerranée, à l’autre extrémité de laquelle se trouve le plus grand porte-avions de la marine américaine, qui est l’État d’Israël lui-même, le Maroc est un partenaire essentiel du sionisme. Un blocus du détroit de Gibraltar analogue à celui de la mer Rouge (cette dernière, menée par les Houthis yéménites ) serait fatal et étoufferait à jamais l’entité sioniste. Pour y parvenir, il faut éviter, comme le prévoient les stratèges du Pentagone, toute inconstance religieuse national-populaire fondamentaliste ou laïque, en Afrique du Nord, inconstance solidaire avec la cause arabo-palestinienne, qui en Espagne, tant à l'époque de Franco qu'au sein de la gauche démocratique, a toujours été la cause la plus populaire, au-dessus des idéologies.
Le projet de l’Empire d’Occident (ou « Occident collectif ») ne consiste plus à générer un ordre, conforme à une certaine doctrine économico-politique, à partir duquel produire des idéologies ou des visions du monde. Bien que le nom de « néolibéralisme » soit généralement attribué à ce projet, la vérité est que les analystes les plus pointus n’ont trouvé rien d’autre que du nihilisme . C'est le cas du célèbre livre d'Emmanuel Todd sur l'échec de l'Occident, bien attesté par la guerre en Ukraine. Qu’une idéologie néolibérale ait triomphé en Europe occidentale n’est pas un fait en soi: c’est une formule rhétorique, guère plus qu’une verbalisation de faits objectifs qui déchirent nos sociétés comme le feraient des poignards: les gens ne croient plus à rien parce que. la famille disparaît, la motivation d'avoir un partenaire stable avec qui remplir le pays d'enfants, le désir d'épargner et de prospérer grâce à une profession ou une petite et moyenne entreprise, la force du code éthique qui fait que les jeunes refusent l'indulgence systématiques, les drogues et les comportements hédonistes anti-vitaux... Todd , en bon wébérien , est un idéaliste et, du point de vue du matérialisme historique orthodoxe, c'est un scientifique qui met, comme on dit, « la charrue avant les bœufs". Cependant, à la manière d’un médecin clinicien, avec son aide, nous devons nous occuper des symptômes de la mort de l’Occident. L’Occident néolibéral est devenu improductif, son mode de production est celui d’un capitalisme ultra-financiarisé qui a coupé les ponts avec la réalité économique qui, elle, n’est que Production. Et ici, la guerre et l’économie se rencontrent.
Depuis la fin du 20ème siècle, les États en faillite et les États indésirables ne peuvent plus être analysés en termes de PIB, de dette et d’autres paramètres de l’économie classique. Qui peut réaliser un audit économique sur des entités comme le Maroc, Israël, le Kosovo...? Les mêmes « nations canoniques » qui formaient autrefois cet Occident hautain qui a colonisé le reste du monde (Espagne, France, Royaume-Uni), que sont-elles aujourd’hui en termes de productivité? Les bases sociales et culturelles de ces entités sont aujourd’hui complètement mises à mal. Ce sont des sociétés qui, après la guerre civile (dans le cas de l'Espagne) ou la guerre mondiale (dans le reste de l'Europe, où il y avait aussi des aspects de guerre civile, comme en France ou en Italie) ont été complètement ruinées, et leur reconstruction d'après-guerre a été soigneusement pilotée par les États-Unis. Les Américains n'ont pas créé l'OTAN uniquement et peut-être pas tant pour opposer une force militaire suffisante au communisme soviétique, car les États-Unis auraient pu le faire seuls sans avoir besoin d'organisations de front ou de superstructures formatées en pseudo-alliances (l'Europe occidentale était, bien sûr, en fait, occupée et détruite), mais pour avoir l'Europe occidentale elle-même sous son contrôle.
Les renseignements nord-américains s’étaient nourris de milliers et de milliers d’émigrants et d’exilés, d’agents de toutes conditions et de toutes couleurs, depuis les rouges et les juifs antisoviétiques jusqu’aux nazis reconvertis. Tous ces agents, dûment rémunérés par le gendarme américain, ont rendu compte en détail des conditions qui ont conduit l'Europe au gouffre de 1939-1945 (avec l'avancée de la guerre mondiale qu'était déjà la guerre d'Espagne entre 1936 et 1939, un massacre qui fut déclenchée à son tour lors de la révolution asturienne de 1934). Mais ce n’était pas l’analyse historique qui intéressait seulement le pouvoir yankee. L’important était de concevoir le monde futur, le monde d’après-guerre : un monde dans lequel se produirait le changement culturel le plus gigantesque jamais signalé.
Ce changement culturel pourrait être appelé « américanisation » (American way of life) ou, comme le marxiste italien Preve l’a détecté avec précision, la « mondialisation ». Il s’agissait de faire en sorte que chaque Espagnol, Italien, Allemand, Français, Belge, etc. devienne un crétin américanisé , inconscient de toute tradition, étranger à la Haute Culture, plongé dans une consommation idiote et émoussé à l'extrême par l'industrie du divertissement. L'impact de la néo(pseudo)-culture d'Amérique du Nord et de l'anglosphère était telle (rappelez-vous simplement les ridicules fêtes d'Halloween organisées dans les écoles espagnoles, fêtes contre nature. La société de l'Europe occidentale a cessé, en quelques décennies, de cultiver tout ce qui concernait sa propre survie :
- 1. Cessation de l'activité productive. Les pays de l' OTAN ont délocalisé leur industrie et subissent l'intervention permanente des grandes entités de la finance de récupération (BlackRock, Vanguard, etc.). Ce sont des pions progressivement endettés qui financent la dette envers ceux qui doivent le plus: les États-Unis eux-mêmes. La dette s'est accrue à outrance, le secteur des services est devenu excessif et, en son sein, le tourisme est devenu un cancer pour l'Europe du Sud, qui finira par la détruire et la ruiner à jamais (voir Espagne).
- 2. Cessation de l’activité reproductive, avec l’anéantissement culturel et économique, sans parler de l’anéantissement militaire, qui accompagne l’hiver démographique et « l’importation » d’étrangers. L'Espagne est sauvée en partie parce qu'un grand nombre de ses émigrés sont originaires d'Amérique latine et, dans une large mesure, ne peuvent pas être considérés comme des étrangers étant donné que leur culture et leur langue sont les mêmes que celles de l'Espagne et que l'intégration est facile. On ne peut pas en dire autant des Marocains et des autres Africains, qui sont aussi ignoblement utilisés comme une bombe avec laquelle Mohamed VI et son clan affaiblissent toujours plus l'Espagne. La même chose peut être dite à propos d’autres pays européens, envahis et donc culturellement perturbés. La traite des êtres humains, à son tour, entraîne une renaissance du continent en réponse.
- 3. Cessation de la capacité défensive. L'Europe a renoncé à se défendre et accepte, si possible, de se mêler des problèmes des autres. Les maigres capacités militaires de nos armées nationales ne sont pas utilisées pour défendre nos points faibles, ceux où l'invasion de la souveraineté est menacée par les mafias et les satrapies africaines (voir l'africanisation rapide des îles espagnoles et d'autres côtes européennes de la Méditerranée, et le manque de protection de Ceuta et Melilla, villes que l'OTAN ne défendra pas lorsqu'elles seront, tôt ou tard, occupées par le Maroc). La Russie n’est pas l’ennemie de l’Europe: la Russie est une puissance européenne et, en outre, elle a sauvé les peuples de notre continent lorsqu’il était menacé, soit par les Turcs, soit par les nazis, ou par d’autres ennemis. Mais c'est là que nous en sommes.
Tandis que des vies et des euros sont brûlés dans une guerre perdue, comme celle en Ukraine, l’Europe laisse ses arrières découverts au sud. Alors que nous vivons tous dans les limbes du consumérisme et sous les effets psychotropes de la « démocratie libérale », notre âme meurt parce que la gouvernance américaine a brisé notre trépied: 1) produire, 2) avoir des enfants, 3) prendre les armes, mais uniquement pour se défendre nous-mêmes. Les trois choses doivent être bien faites, avec la justice sociale (culture du travail, socialisme), familiale (natalisme et soutien aux femmes mères) et le sens de la défense nationale (retour aux armées nationales, dont la haute mission est patriotique et non « missionnaire ». Abandon d'un agenda 2030 ou de droits humains éthérés.
En tant qu'Espagnol, qui peut presque voir l'Afrique par temps clair, je vois aussi de trop près les manœuvres du Pentagone, alors que de nouveaux États poubelles sont en train d'être conçus, comme le nouveau « Grand Maroc ». L'Europe a cessé d'intéresser les États-Unis. Cette vision spenglérienne de l’entité yankee comme un « peuple blanc », transplanté d’Europe sur des terres qui appartenaient auparavant aux Indiens, a disparu depuis longtemps… L’entité yankee, contrôlée par des financiers sans âme ni race (ils sont des capitaux, rien de plus) a trouvé son modèle exact en 1948: le sionisme. Même si Israël tombait, écrasé par ses ennemis, il existe des répliques mutantes de ce porte-avions intégré qu’est aujourd’hui l’entité sioniste, et il y a le Grand Maroc, la honte du Kosovo, ou la très artificielle et belliqueuse Ukraine. Demain, une Catalogne indépendante ou n'importe quelle néo-république ridicule et inventée seront des artifices qui serviront à asservir, comme le nouveau porte-avions de l' US Navy , une population de plus en plus appauvrie, aliénée et soumise à une colonisation féroce.
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"En Thaïlande, nous nous dirigeons vers une catastrophe"
"En Thaïlande, nous nous dirigeons vers une catastrophe"
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Comme certains États d'Europe occidentale, la Thaïlande a légalisé le cannabis il y a environ deux ans. En conséquence, la violence liée à la drogue a augmenté dans ce pays de vacances prisé par de nombreux Européens et les drogues provoquent des nuisances, comme le montre un rapport de l'hebdomadaire conservateur allemand Junge Freiheit. Bangkok, en particulier, et la fameuse Khaosan Road, subissent le poids de ces nuisances. Dans les agences de voyage, on trouve toutes sortes de cannabis à vendre. Le cannabis est partout.
Un Thaïlandais l'explique ainsi : « Après la légalisation, il y a eu un véritable boom. Tout le monde voulait cultiver du cannabis, faire du commerce et créer des entreprises ». De nombreux agriculteurs pauvres y ont vu une opportunité de compléter leurs revenus. Le prix de vente est bas: 200 bahts par gramme, soit environ 4 euros. En Europe, on paie rapidement 10 euros, et jusqu'à 40 euros dans les coffee shops d'Amsterdam. Sans surprise, cela a attiré en Thaïlande des masses de touristes de la drogue, qui ne se contentent plus de visiter les temples et les plages. La politique antidrogue sévère menée par la Thaïlande ces dernières années a fait place à une politique pro-cannabis et des milliers de boutiques de cannabis ont poussé comme des champignons.
La Thaïlande va réduire la portée de la légalisation
Une mère de trois enfants, gérante d'un restaurant sur Khaosan Road : « La légalisation sera une véritable catastrophe pour notre pays. Le nombre de toxicomanes a fortement augmenté, avec pour conséquence immédiate la violence. J'espère que cette mesure sera bientôt retirée ». Le ministère thaïlandais de la santé a récemment déclaré qu'il était presque impossible de traiter les problèmes de santé mentale. Avant la légalisation, le nombre de patients traités pour des problèmes de drogue était encore bien inférieur à 40.000 ; après la légalisation, ce nombre est passé à plus de 60.000.
Le nouveau gouvernement thaïlandais tire la sonnette d'alarme et souhaite revenir sur la légalisation d'ici la fin de l'année, de sorte que la vente de cannabis ne soit plus possible que pour des raisons médicales. Mais un nouveau problème est apparu entre-temps: l'explosion du nombre de magasins de cannabis et la croissance de la culture du cannabis ont provoqué l'émergence de groupes de pression qui veulent absolument empêcher une nouvelle interdiction du cannabis. Des sommes considérables ont été investies et l'industrie part du principe que les drogues resteront légales, de sorte que leurs investissements seront rentables. Le vieux mythe de la boîte de Pandore, pour ainsi dire. Les gouvernements d'Europe occidentale qui proposent des plans de légalisation devraient tenir compte de l'expérience thaïlandaise à cet égard.
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dimanche, 27 octobre 2024
L’Outre-mer ne répond plus
L’Outre-mer ne répond plus
par Georges Feltin-Tracol
En 1976, Jean-Claude Guillebaud publiait aux éditions du Seuil dans la collection « L’histoire immédiate » Les confettis de l’empire. Son enquête portait sur les derniers vestiges de l’ancien empire colonial français, à savoir les possessions ultra-marines bientôt dénommées DOM – TOM (départements et territoires d’Outre-mer).
Hormis l’Asie, la France est présente sur tous les autres continents sous la forme insulaire, à l’exception de la Guyane en Amérique du Sud et de la Terre-Adélie en Antarctique. Par le jeu des ZEE (zones économiques exclusives), Paris détient derrière les États-Unis d’Amérique le deuxième domaine maritime mondial. À l’encontre d’une idée reçue, ce n’est pas la Fédération de Russie qui compte le plus grand nombre de fuseaux horaires (onze continus), mais la France avec treize (discontinus) !
Ce constat contredit par conséquent la vision d’une France « tellurocratique ». Elle détient de solides atouts en matière de thalassopolitique. Pour combien de temps encore? En effet, la présence d’Emmanuel Macron bouleverse la donne en Outre-mer. Longtemps chasse gardée de la gauche socialo-communiste et des gaullistes (Michel Debré, maire d’Amboise en Indre-et-Loire est de 1963 à 1988 député de La Réunion), les territoires ultra-marins adoptent une variété de pratiques protestataires. Au moment des Gilets Jaunes en 2018 – 2019, La Réunion dans l’océan Indien et l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon dans l’Atlantique Nord deviennent des foyers virulents des revendications. Pendant la crise covididienne, la Martinique et la Guadeloupe se caractérisent par un taux élevé de refus de vaccination des personnels soignants qui perdent leur travail. L’élection présidentielle de 2022 confirme l’adhésion des populations locales aux candidats d’opposition. Au premier tour, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête en Martinique (53,10 %), en Guadeloupe (56,16 %), en Guyane (50,59 %) ou à La Réunion (40,26 %). Au second tour, Marine Le Pen remporte 69,60 % en Guadeloupe, 60,87 % en Martinique, 59,56 % à La Réunion, 55,42 % à Saint-Martin et Saint-Barthélémy ou 59,10 % à Mayotte.
Aux législatives de 2022, les Antilles envoient plusieurs élus qui siègent ensuite au GDR (Groupe républicain et démocrate) aux côtés des communistes ou au groupe centriste charnière LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires). Ainsi la Polynésie française élit-elle trois députés indépendantistes. Les législatives anticipées de 2024 confirment cette tendance même si les indépendantistes polynésiens perdent deux sièges au profit des autonomistes et des macronistes. Les deux premiers députés du Rassemblement national proviennent de Mayotte et de La Réunion.
À la différence du gouvernement de Gabriel Attal qui avait placé l’Outre-mer sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, le gouvernement de Michel Barnier a mis les affaires ultra-marines sous la tutelle directe de Matignon. Le sénateur Les Républicains du Rhône et ancien maire d’Oullins, François-Noël Buffet, en est le titulaire. On n’aimerait pas être à sa place tant la situation de l’Outre-mer est explosive.
Fragilisée par un afflux migratoire constant venu des Comores et désormais d’Afrique orientale, Mayotte est en proie à une insécurité endémique. Le maintien de l’ordre public y est problématique. Plus de la moitié de la population est dorénavant étrangère. En outre, l’archipel mahorais connaît des pénuries d’eau potable fréquentes et sort à peine d’une épidémie de choléra. La dégradation des conditions sanitaires y est manifeste.
Toujours dans l’océan Indien, le Royaume-Uni vient de rétrocéder à l’île Maurice la souveraineté effective des îles Chagos qui gardent néanmoins une base militaire stratégique étatsunienne. L’État malgache souhaiterait que la France s’en inspire pour céder les Îles éparses situées dans le canal du Mozambique ou au large de Madagascar. Or, contrairement aux Chagos où les habitants ont été déportés, Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Tromelin et les Glorieuses sont inhabitées. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne s’y applique pas, à moins de faire voter les espèces animales et florales locales…
Dans les Antilles, la Martinique est en proie à des violences nocturnes. À la fin du mois d’août 2024 surgit une vive agitation (incendie d’entreprises, pillage des boutiques, affrontements avec les policiers et les gendarmes) contre les effets de l’inflation et le coût élevé de la vie quotidienne. Les biens de première nécessité coûtent 40% de plus qu’en métropole sans oublier que 80% des produits parviennent par la voie maritime. Le préfet réplique par l’imposition d’un couvre-feu et l’interdiction de toutes manifestations. Par ailleurs, le Conseil d’État vient d’annuler une délibération de l’assemblée de Martinique qui entérinait l’usage administratif de la langue créole martiniquaise. Ces tensions rappellent la protestation de la Guadeloupe en 2009 contre la « Pwofitasyon » (l'exploitation outrancière). Pour quels résultats ? De nombreuses promesses et un déversement supplémentaire de subventions publiques considérables.
La situation demeure enfin inquiétante en Nouvelle-Calédonie. Le projet de loi constitutionnelle de lever le gel du corps électoral au printemps dernier plonge le « Caillou » dans une ambiance de guerre civile larvée. Les accords de Nouméa de 1998 interdisent aux citoyens français installés en Nouvelle-Calédonie après cette date de s’exprimer aux référendums d’autodétermination et aux élections provinciales. Les Kanak craignent un « grand remplacement démographique » de la part des Européens sans se faire accuser de racisme, de xénophobie et de complotisme. Tenu en pleine période covididienne le 12 décembre 2021, le troisième référendum donne 96,50% de non à l’indépendance, mais l’abstention assumée des indépendantistes monte à 56,13%. Le 7 juillet dernier, pour la première fois depuis 1988 un indépendantiste kanak, Emmanuel Tjibaou, fils de Jean-Marie Tjibaou, co-signataire des accords de Matignon en 1988, accède au Palais-Bourbon grâce aux électeurs de la seconde circonscription de la Nouvelle-Calédonie qui s’étend à l’ensemble du territoire moins le grand Nouméa et les îles Loyauté. Le 24 septembre 2024, fête de la citoyenneté calédonienne, les responsables kanak proclament la souveraineté des chefferies sur leurs territoires coutumiers. Il faut comprendre d’abord un territoire, et donc un ancrage géographique, un enracinement, ensuite, une population structurée dans un réseau de relations organisées, au-dessus duquel se trouve le grand chef coutumier et, enfin, des alliances au-delà des seules limites foncières. N’est-ce pas un exemple à travailler ?
Les violences, les pillages et les barrages édifiés sur les principaux axes routiers de l’île plongent la Nouvelle-Calédonie dans un profond marasme économique. On observe une augmentation des départs de familles européennes vers la métropole. Outre un contexte politique instable, les activités économiques de cet archipel redoutent la faillite annoncée de l’industrie du nickel, premier pourvoyeur des revenus. Ancienne ministre macronienne et présidente de la province Sud, Sonia Backès défend la fédéralisation régionale de la Nouvelle-Calédonie dans une perspective de partition. Or la partition n’est pas une solution valable. On le voit bien avec la séparation de Mayotte du reste des Comores qui attire volontiers les Comoriens paupérisés.
Département aux infrastructures déficientes, la Guyane se confronte à deux problèmes: le vandalisme écologique dû aux garimpeiros, les orpailleurs illégaux, et une arrivée massive d’étrangers clandestins venus du Surinam et du Brésil. Il est courant de rencontrer à Cayenne des immigrés syriens ou afghans. Des réseaux de passeurs transnationaux poussent les candidats au voyage à arriver au Brésil qui n’impose aucun visa. Les migrants franchissent ensuite la frontière franco-brésilienne. Leur venue attise des tensions communautaires dans un territoire déjà marqué par une forte insécurité.
Des puissances étrangères (États-Unis, Chine, Russie, Australie, Azerbaïdjan) attisent enfin le sentiment anti-français dans les derniers « confettis » de l’Hexagone. Elles encouragent au départ définitif des Français de ces portions ultra-marines. On peut bien sûr souhaiter l’indépendance de ces possessions extra-métropolitaines. Mais, sans l’approbation référendaire des peuples concernés, cela risque d’être difficile sauf si la France sombre dans des déficits abyssaux qui la rendront moins attractive pour les populations ultra-marines. Paris ne tient plus ses périphéries. La faute à une république une et indivisible qui assassine toute solution ethno-différencialiste réaliste. Il serait temps de fonder une VIe République, une république fédérale et plébiscitaire des peuples autochtones de France.
GF-T
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 130, mise en ligne le 22 octobre 2024 sur Radio Méridien Zéro.
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Entretien avec Markus Buchheit: les Allemands veulent des changements fondamentaux
Entretien avec Markus Buchheit: les Allemands veulent des changements fondamentaux
Qu’est-ce que les citoyens allemands reprochent le plus à la coalition "feu tricolore": la désindustrialisation, l’aide à l’Ukraine ou la politique migratoire?
Cet article a été initialement publié sur le portail serbe « Eagleeyeexplore »
Source: https://eagleeyeexplore.com/en/2024/10/23/interview-with-markus-buchheit-germans-want-fundamental-changes/
Le mécontentement généralisé des agriculteurs fin 2023 a déclenché une série de manifestations à travers le pays. Grâce à sa machine de propagande, le gouvernement a réussi à détourner l’attention du public et à relativiser ces protestations. J’espère que d’autres groupes d’intérêt prendront enfin position contre la politique absurde de la coalition "feu tricolore" et défendront plus fermement les droits des citoyens. Il est probable que l’establishment politique qualifie à nouveau cela d’extrémisme. J'appelle cela une participation démocratique, déclare Markus Buchheit, membre d'Alternative pour l'Allemagne (AfD), membre du Parlement européen, coordinateur de la commission du commerce extérieur et membre de la délégation de l'Assemblée parlementaire euro-latino-américaine, dans une interview pour notre portail.
Qu'ont montré les élections dans trois Länder allemands - était-ce la négation des résultats du parti le plus fort - et en même temps la délégitimation de l'électeur en tant que détenteur du pouvoir souverain ? Comment les « combattants déclarés pour la démocratie » issus des rangs de la coalition "feu tricolore" expliquent-ils cette destruction des principes démocratiques ?
Les récentes élections régionales en Thuringe, en Saxe et dans le Brandebourg ont clairement montré que de plus en plus d'Allemands souhaitent un changement politique fondamental. Néanmoins, les anciens partis tentent d’exclure l’AfD de la participation gouvernementale et même des fonctions parlementaires importantes par le biais de coalitions absurdes en termes de contenu. Il n’existe aucune base argumentative qui pourrait justifier cela. Au contraire, cela jette un éclairage significatif sur la compréhension que les anciens partis ont de la démocratie et sur la mesure dans laquelle ils respectent la volonté des électeurs.
Le chef du groupe parlementaire AfD-Thuringe a déclaré: «Lors des dernières élections, nous avions 12% des voix, lors des trois dernières, nous avons obtenu 33% des voix. Jusqu’à quand comptez-vous jouer à ce jeu? La limite supérieure pourrait-elle être dépassée lors des prochaines élections et le jeu de la construction d’une coalition sans principes visant à exclure l’AfD du jeu politique pourrait-il être inutile dans de telles circonstances?
Un premier obstacle important consiste à parvenir à une minorité de blocage dans autant de parlements que possible. Les anciens partis ne pourront alors éviter de dialoguer avec l’AfD et de conclure des compromis. Cela est déjà le cas depuis longtemps au niveau local. Par exemple, tout récemment, un membre de l'AfD a été élu à Bautzen avec vingt voix de plus que le nombre de membres du groupe parlementaire de l'AfD.
Ces élections étaient une sorte de référendum pour ou contre la Russie, pour ou contre le gaz russe, c'est-à-dire pour ou contre la désindustrialisation du pays. Comment expliquez-vous que la volonté du peuple et celle du gouvernement dans une coalition ne coïncident pas du tout ?
À mon avis, ces élections n’ont pas porté exclusivement sur la question du pour ou du contre la Russie. La désindustrialisation d’origine politique était certainement un aspect des décisions électorales. Mais dans l’ensemble, il s’agit d’une politique erronée de plus en plus évidente, qui va de l’immigration de masse à la transition absurde de l’énergie et des transports en passant par des projets idéologiques tels que l’intégration de la "dimension de genre", qui sont également rejetés par de nombreuses personnes. L’AfD est le seul parti à émettre des critiques notables à ce sujet et à proposer des arguments et des solutions solides. Apparemment, de plus en plus d’électeurs l’apprécient.
Quel prix l’Allemagne paie-t-elle pour sa position irrationnelle dans le conflit ukrainien?
Je ne qualifierais pas l’attitude de la politique étrangère allemande d’irrationnelle, mais je dirais qu’elle est fausse. L’Allemagne fait partie des perdants suite aux sanctions et les représentants allemands, y compris le ministre allemand des Affaires étrangères, ont à plusieurs reprises alimenté le conflit par leurs rhétoriques. Il serait plus sage d’œuvrer à une paix rapide.
Quelles peurs hantent l'Allemand moyen: la pauvreté, la guerre nucléaire, le terrorisme...?
Il existe diverses enquêtes sur ce sujet qui, bien qu'elles montrent des chiffres différents, font pour l'essentiel les mêmes constats. La plupart des Allemands s’inquiètent de l’inflation et de l’augmentation du coût de la vie, de l’immigration massive, de la pauvreté, etc. La peur des conflits militaires joue également un rôle.
Si cette politique n’est pas corrigée, la coalition gouvernementale pourrait-elle bientôt être une nouvelle fois confrontée à des protestations citoyennes soutenues par tous les mécontents ?
Il y a déjà eu de violentes protestations lors des grandes manifestations d’agriculteurs à travers le pays fin 2023. Le gouvernement a réussi à détourner l’attention des gens de cette affaire grâce à un coup de propagande. J’espère que d’autres groupes d’intérêt s’opposeront enfin à la politique absurde du gouvernement "feu tricolore" et feront davantage usage de leurs droits de citoyens. L’establishment politique qualifiera probablement cela d’extrémisme, une fois de plus. Moi, j'appelle cela la participation démocratique.
Les élections, non seulement en Allemagne mais aussi en Autriche, montrent un fort virage à droite. Combien de temps peut-on ignorer ce fait ?
Ma crainte est que les partis établis et la majorité des journalistes de gauche vont tenter d’ignorer ce fait le plus longtemps possible. Toutefois, dans certains pays, on constate déjà un relâchement. Par exemple, les Pays-Bas veulent expulser davantage, le Danemark a également modifié sa politique migratoire et la Pologne veut même la bloquer complètement. Si cette politique prévaut dans la majorité des pays européens, elle aura également un impact sur d’autres pays.
Au Parlement Européen, l’AfD fait partie d’une alliance qui s’engage à préserver les valeurs nationales, la souveraineté et le nouveau modèle européen. Ses voix et décisions sont-elles solitaires voire dénuées de sens ?
Bien entendu, il est plus efficace de travailler en grands groupes. Mais même en tant que groupe relativement restreint, nous disposons de nombreuses possibilités d’intervenir efficacement dans le processus de prise de décision politique. Nous voulons moins de droits pour Bruxelles et davantage pour les États-nations. Nous y travaillons.
À quelles tâches l’AfD est-elle désormais confrontée?
Selon moi, l’une des tâches essentielles consiste à créer un contre-public stable. C’est la seule façon pour nous de nous défendre efficacement contre les excès de l’establishment politique et de son réseau médiatique. Nous devons veiller à ce que les citoyens fassent l’expérience directe ou équitable de nos positions et non à travers le filtre manipulateur des médias du système.
12:16 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, affaires européennes, entretiens, markus buchheit, afd, allemagne, europe | |
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Le voyage de l’ONU à Kazan (Canossa)
Le voyage de l’ONU à Kazan (Canossa)
Nicolas Bonnal
Il y a un an, Guterres, encore patron de l’ONU, expliquait que la planète bouillait et qu’il faudrait se priver de tout (air y compris) pour sauver le climat. Depuis il a mis de l’eau dans son vin et s’est fait rabrouer notamment par Netanyahou qui lui a expliqué que l’ONU était une succursale des USA qui sont eux-mêmes une succursale d’Israël promis par tous ses prophètes à la domination sans partage du monde. Au début de la cata Internet, je rappelais Esaïe déjà :
« 2 Voici, les ténèbres couvrent la terre, Et l'obscurité les peuples; Mais sur toi l'Éternel se lève, Sur toi sa gloire apparaît.
3 Des nations marchent à ta lumière, Et des rois à la clarté de tes rayons.
L’immense prophète ajoute même :
9 Car les îles espèrent en moi, Et les navires de Tarsis sont en tête, Pour ramener de loin tes enfants, Avec leur argent et leur or, A cause du nom de l'Éternel, ton Dieu, Du Saint d'Israël qui te glorifie.
10 Les fils de l'étranger rebâtiront tes murs, Et leurs rois seront tes serviteurs; Car je t'ai frappée dans ma colère, Mais dans ma miséricorde j'ai pitié de toi.
11 Tes portes seront toujours ouvertes, Elles ne seront fermées ni jour ni nuit, Afin de laisser entrer chez toi les trésors des nations, Et leurs rois avec leur suite.
12 Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront, Ces nations-là seront exterminées. »
On poursuit gaiement :
« 13 La gloire du Liban viendra chez toi, Le cyprès, l'orme et le buis, tous ensemble, Pour orner le lieu de mon sanctuaire, Et je glorifierai la place où reposent mes pieds.
14 Les fils de tes oppresseurs viendront s'humilier devant toi, Et tous ceux qui te méprisaient se prosterneront à tes pieds; Ils t'appelleront ville de l'Éternel, Sion du Saint d'Israël. »
Et pour ceux qui craindraient pour leur sécurité (Esaïe donc, 60-62, voyez mon chapitre sur Internet entre Bible et Kabbale) :
6 Sur tes murs, Jérusalem, j'ai placé des gardes; Ils ne se tairont ni jour ni nuit. »
C’est toujours amusant de voir des crétins ne pas comprendre où mène leur judéo-christianisme. Il y aussi les imbéciles qui se jettent sur l’Apocalypse comme dans les bras de leur grand-mère, sans savoir ni comprendre pour quel agenda cet opus a été mis en place depuis notamment les débuts du judéo-protestantisme (relire Rothbard).
Mais venons-en à Kazan: Guterres y est allé comme à Canossa, et quelqu’un a compris pourquoi, une des excellentes chroniqueuses (marrant de voir que comme dans un pays non féministe comme la Russie les femmes excellent) de Ria.ru. Il s’agit d’Irina Alksnis. On l’écoute :
« Et il est extrêmement significatif que Moscou n’ait pas caché d’informations sur la visite de Guterres. Parce que s'il n'avait pas pris l'avion pour Kazan, cela aurait été un coup dur, avant tout, pour lui-même et pour l'organisation qu'il dirigeait. Et l’ONU et Guterres lui-même ont déjà subi tellement de pertes en matière de réputation, ces derniers temps, qu’ils n’en ont absolument pas besoin d’une autre, surtout d’une comme celle-ci».
Irina n’y va pas par quatre chemins: Kazan c’est Canossa et Guterres père d’une Onu socialo, écolo, woke et déconsidérée, y va pour se faire pardonner ses crimes ou tout au moins pour redresser la situ: car c’est l’Occident, vieilli et affaibli militairement et industriellement, qui s’isole, ce n’est pas Poutine, génie politique sans équivalent. Mais attention: ne comptez sur l’abruti spectateur de nos médias zombis pour l’apprendre. Il sera crevé avant, avec le dollar.
Irina encore :
« Il convient de rappeler que le dernier scandale très médiatisé s'est produit il y a moins d'un mois, lorsqu'Israël a déclaré le secrétaire général persona non grata, c'est-à-dire qu'un client des États-Unis a publiquement giflé un autre client américain . Si les relations privilégiées de Tel-Aviv avec Washington n’ont jamais été un secret, la transformation de l’ONU (plus précisément de l’appareil de l’organisation) en un vassal des Américains, au service de leurs intérêts et de leurs ordres, est devenue relativement récemment ouverte. »
Les bons peuples du sud et d’ailleurs ont enfin compris quels intérêts sert l’ONU:
«Cependant, cela semble si obscène que l’organisation internationale la plus influente et la plus importante des huit dernières décennies est en train de perdre rapidement son autorité sur la scène mondiale. En ce sens, la démarche d’Israël est très révélatrice: l’ONU est en train de se transformer en un lieu vide et son secrétaire général peut être effacé en toute impunité».
En fait les USA (imaginez un Trump élu et nerveux) pourraient se débarrasser du machin eux-mêmes :
«Et pour l’ONU, son appareil et ses dirigeants, la perte du prestige de l’organisation constitue un problème très grave. Les mêmes Américains n’en auront besoin que tant qu’il restera utile, tant qu’il sera capable d’influencer les processus mondiaux, tant que le monde écoutera leur opinion, tant qu’il sera véritablement perçu comme le cœur du système politique mondial et une plate-forme pour l'élaboration des décisions majeures de la communauté internationale».
Le laquais mondialiste n’a pas de futur :
«Et jouer le rôle de laquais de Washington détruit très rapidement tout le capital symbolique et politique acquis par l'ONU au cours des près de 80 années précédentes. Surtout maintenant, alors que les États perdent leur statut hégémonique et que l’opposition géopolitique de certaines voix faibles se transforme en un chœur amical de la majorité mondiale, qui forme activement des mécanismes alternatifs».
Les trois mousquetaires (USA et le duo franco-britannique) iront jusqu’au bout, n’en doutons pas. La classe politique y est trop nécrosée (cf. Barnier ou le reniement national) et la masse trop abrutie de télé ou de journaux (moment de relire McLuhan pour comprendre pourquoi et comment – et depuis quand…). Mais le reste comprend.
Guterres à Kazan, c’est une bonne nouvelle: mais si l’agenda impérialiste occidental est compromis, le reste des agendas est toujours là et usera comme on sait des Brics (pensez à Lula-vaccin qui n’était pas là) et du reste pour s’appliquer: lutte contre le carbone et donc la vie humaine, CBDC, contrôle informatique et totalitaire de l’humanité, vaccination high-tech pour n’importe quel bobo, etc.
Guterres à Kazan c’est comme Trump à Washington (si le Deep State le laisse repasser): une bonne et une mauvaise nouvelle à la fois. L’Adversaire mute pour la énième fois. Il ne sait faire que ça pour faire avancer sa cabale.
Sources :
https://ria.ru/20241023/guterresh-1979484954.html
https://www.biblegateway.com/passage/?search=%C3%89sa%C3%...
https://www.amazon.fr/INTERNET-SECRETS-MONDIALISATION-Nic...
https://www.amazon.fr/Internet-d%C3%A9clin-d%C3%A9mocrati...
11:32 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, onu, antonio guterres, brics, politique internationale | |
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Le capitalisme de guerre fait place à la technocratie totale
Le capitalisme de guerre fait place à la technocratie totale
Markku Siira
Source: https://markkusiira.com/2024/10/24/sotakapitalismi-raivaa-tilaa-totaaliteknokratialle/
Le professeur Fabio Vighi de l'université de Cardiff, habitué à citer Jean Baudrillard et à analyser les bobards hollywoodiens, n'a au moins pas rejoint l'Occident™ dans la guerre de l'information contre le reste de l'humanité (comme l'a fait, par exemple, le « pop-philosophe » slovène et ultra-gauchiste Slavoj Žižek), mais aborde la crise actuelle du capitalisme d'un point de vue plus (dé)réaliste.
Comme le prédisaient déjà les films hollywoodiens déprimants des années 1970, à la fin «personne ne gagne, un camp perd juste plus lentement que l'autre». La méga-crise qui se dessinait déjà à l'époque était, pour Vighi, le signe d'une «catastrophe socio-économique, culturelle et psychologique structurelle et bientôt mondiale, qui entre à présent dans une phase d'escalade rapide (bien que cette fois-ci Hollywood soit en plein déni de l'effondrement)».
Vighi, qui comprend également l'économie, a répété à maintes reprises que le système cynique dans lequel nous vivons «ne survit aujourd'hui qu'en commercialisant efficacement les situations d'urgence: pandémies, conflits militaires, guerres commerciales et autres catastrophes qui attendent patiemment dans la file d'attente».
Le chaos et l'instabilité de toutes sortes sont instrumentalisés au profit du pouvoir de l'argent, car « les problèmes d'intérêt mondial sont le seul atout restant d'une civilisation qui s'effondre ». Le capitalisme est devenu dépendant d'une « série ininterrompue de chocs géopolitiques » qui servent d'alibi pour continuer à créer des « actifs » à partir de rien et à les « canaliser » sur le marché boursier.
Un système économique fondé sur l'endettement est un « jeu de simulation qui nécessite un traumatisme constant ». Le capital « cannibalise violemment son propre avenir dans une tentative désespérée de dissimuler son insolvabilité - une astuce qui ne fonctionnera que tant que la monnaie fiduciaire représentée par les obligations ne sera pas réclamée en tant que titres » (et qui le ferait?).
Vighi, également spécialiste du cinéma, estime que ce Truman Show criminel en chair et en os «approche du point où le voilier heurte le faux horizon de carton». Mais où pouvons-nous échapper à cette brutale réalité (artificielle)?
Le problème sous-jacent devrait être évident : « les champions de la mondialisation se noient dans la dette et la consommation improductive ». Pour Vighi, ce n'est pas sans ironie, puisque « l'émetteur de la monnaie de réserve mondiale est en train de mourir de la maladie même qu'il inflige aux autres pays depuis des décennies, en les asséchant ».
La nation la plus puissante du monde, les États-Unis, est « engagée dans une lutte futile et désastreuse pour empêcher l'effondrement de son hégémonie mondiale en essayant de faire circuler le fardeau de la dette, véritable roche de Sisyphe ». La superpuissance a désormais besoin de « l'aide de l'inflation pour dissimuler ses actions insoutenables à la lumière du jour » et « pour empêcher la masse croissante d'obligations de révéler leur nature de pacotille ».
Il y a donc une « lutte existentielle dans les cercles financiers, qui exige des mesures toujours plus manipulatrices, irrationnelles et destructrices ». Étant donné qu'une grande partie du monde capitaliste est collatéralisée par la dette publique américaine, il semblerait légitime de conclure, dans une litote américaine, que « la merde a frappé le ventilateur mondial ».
Le déclin de l'Occident a conduit de nombreux acteurs géopolitiques à se retirer pragmatiquement du jeu dicté par l'hôte insolvable. Le processus en cours marque la fin de la domination du dollar, mais la lutte à mort a « déclenché des conflits intra-systémiques (en Ukraine et au Moyen-Orient) qui pourraient facilement dégénérer et détruire un grand nombre de vies humaines sur la planète ».
La corporatocratie capitaliste, reposant sur l'intérêt, qui domine l'Occident cherche à maintenir son hégémonie économique en parrainant des guerres, des confrontations et d'autres urgences mondiales, dont l'objectif essentiel est de justifier l'impression irréfléchie de plus d'argent.
Il est probable que toutes les puissances, grandes et petites, s'inquiètent de la situation en coulisses, car même si nous nous dirigeons vers un « monde multipolaire », une nouvelle infrastructure économique basée sur les monnaies numériques est déjà en cours d'élaboration, dans laquelle les « amis et les ennemis », au sens défini par Carl Schmitt, malgré leurs désaccords, sont tous impliqués.
La population mondiale a déjà été préparée avec succès à l'action civique par le biais d'une urgence coronaviresque. Les technocraties du futur proche pourront manipuler les masses plus efficacement et même normaliser la violence extrême, suivie en temps réel par des citoyens engourdis sur les écrans des appareils intelligents, comme dans le cas du génocide à Gaza.
Selon M. Vighi, les gens ressemblent de plus en plus à des «zombies marchant vers leur sinistre destin», les yeux rivés sur leur smartphone. En raison de la dépendance technologique, tout peut arriver «là-bas»: de petits enfants peuvent être écrasés sous des bombes démocratiques produites par des fabricants d'armes éthiques et approuvées par des gouvernements libéraux qui ont gagné la confiance des «citoyens décents».
Vighi, après avoir répété ses arguments, tente toujours de suggérer (peut-être un peu découragé ?) que «nous devrions trouver d'urgence des moyens de déprogrammer les esprits humains», sinon «même le bruit d'une explosion nucléaire ne les fera pas sortir de leur consentement inoculé».
Pourtant, lui aussi a observé que « depuis la grande expérience coronaviresque, le village mondial est de plus en plus habité par d'étranges créatures programmées pour discuter des pronoms à attribuer (aux nouvelles catégories sexuelles) plutôt que de critiquer les processus destructeurs de la machine à tuer qu'est le capital ». Mais comment les gens ordinaires peuvent-ils avoir un impact sur les guerres des banquiers ?
11:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabio vighi, capitalismede guerre, capitalisme, technocratie, actualité | |
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vendredi, 25 octobre 2024
Un motif de guerre explosif: en Ukraine, il s'agit d'énormes gisements de lithium
Un motif de guerre explosif: en Ukraine, il s'agit d'énormes gisements de lithium
Washington/Kiev. Fin décembre 2023, le « faucon » de la CDU Roderich Kiesewetter avait vendu la mèche lors d'une interview sur la chaîne ARD. Il avait déclaré sans ambages que l'UE dépendait du lithium de l'est de l'Ukraine pour son « tournant énergétique ». Les plus grands gisements d'Europe se trouvent dans la région de Donetsk-Luhansk, avait alors expliqué Kiesewetter. Plus tard, l'homme de la CDU a fait la une des journaux avec sa demande explosive selon laquelle la guerre devait être « portée en Russie ».
En effet, le lithium et d'autres matières premières comme les terres rares jouent un rôle important dans le « tournant énergétique ». Le lithium est considéré comme la matière première centrale de la transition énergétique. Ce métal est utilisé pour les batteries et les voitures électriques.
Chaque étoile représente un gisement de lithium.
Il n'est pas surprenant que les Etats-Unis voient les choses de la même manière: là aussi, on ne cache pas que les gisements de lithium dans l'est de l'Ukraine sont l'une des raisons de l'engagement américain aux côtés de Kiev. L'Ukraine est « assise sur des minéraux d'une valeur de mille milliards de dollars qui seraient bons pour notre économie », a laissé entendre le sénateur républicain américain Lindsey Graham lors d'une visite à Kiev en septembre, avant de poursuivre : « Je veux donc continuer à aider nos amis en Ukraine ».
Déjà auparavant, en juin, Graham avait également souligné sur la chaîne de télévision CBS que les « minéraux critiques » en Ukraine valaient dix à douze billions de dollars. Il ne veut pas « donner cet argent et ces actifs à Poutine pour qu'il les partage avec la Chine », a-t-il déclaré. Il faut donc aider l'Ukraine à gagner la guerre contre la Russie. Les États-Unis ne peuvent « pas se permettre » de la perdre.
Les convoitises américaines pour le lithium ont une longue histoire. Déjà début mars 2022, quelques jours après l'invasion russe, le New York Times rapportait que peu de temps auparavant, 17 experts militaires américains s'étaient adressés au secrétaire à la Défense Lloyd Austin en exigeant que les Etats-Unis s'assurent l'accès aux minéraux et métaux rares comme le lithium. En fait, le gouvernement de Kiev, dirigé par Zelensky avait déjà autorisé les Etats-Unis à exploiter le lithium dans le Donbass en 2021, a fait savoir le juriste russe et ancien directeur du bureau russe d'Interpol Vladimir Ovtchinski dans une analyse en septembre 2022. Il s'appuyait sur des informations ukrainiennes.
Le soutien de l'OTAN à l'Ukraine n'a donc pas grand-chose à voir avec les « valeurs occidentales » tant vantées et avec leur défense. Il s'agit, comme d'habitude dans de tels cas, de pure propagande. En réalité, il s'agit de matières premières, de beaucoup d'argent et de la protection de ses propres positions stratégiques - des deux côtés (mü).
19:59 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géopolitique, actualité, lithium, ukraine, europe, affaires européennes | |
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Ni Washington, ni Moscou: la chimère d'une «troisième voie»
Ni Washington, ni Moscou: la chimère d'une «troisième voie»
Yena Prinskin
Source: https://elmanifiesto.com/mundo-y-poder/325025725/Ni-con-Washington-ni-con-Moscu-La-quimera-de-una-tercera-via.html
Certains militants identitaires (peu nombreux) défendent cette voie. « Hay gente pa todo », disait El Gallo.
Cet article est une réponse aux arguments avancés lors d'une conférence à la Casa Pound italienne intitulée « Ni Washington, ni Moscou », véhiculant confusion et imposture idéologique à laquelle je m'empresse de répondre.
Une partie de la droite radicale s'est ralliée à la logique de Kiev, soutenant l'idée d'une attaque russe contre l'Europe, et affirme que l'armée russe mène une opération militaire dans l'intérêt des Etats-Unis. C'est en substance l'idée d'un Yalta II, qui permettrait une fois de plus d'écraser l'Europe au profit de ses ennemis historiques, les Etats-Unis et la Russie précisément.
Évitons ici de reconstituer les événements que tout le monde connaît et qui ont conduit, après l'Euromaïdan, à un gouvernement fantoche de l'Occident et à la fourniture d'armes aux groupes para-nazis par les forces de l'OTAN, et passons directement aux questions abordées par les orateurs.
Dans « Ni Washington ni Moscou », on retrouve le slogan de la droite radicale en vogue jusque dans les années 1980.
Aujourd'hui, l'idée de voir les Etats-Unis et la Russie sur un pied d'égalité est tout simplement déconnectée de l'histoire, car les soi-disant pro-russes (et plus précisément les droitiers) n'attendent pas que ces derniers les « libèrent » ou remplacent les bases de l'OTAN par les leurs. Nous sommes actuellement une colonie des Américains, comme le rappellent volontiers les analystes géopolitiques Lucio Caracciolo et Dario Fabbri.
Ainsi, l'objection binaire : « Vous voulez être occupés par les chars de l'Armée rouge », pouvait s'appliquer lorsque le monde était encore divisé en blocs, pas aujourd'hui. Il n'est pas question de soumettre l'Europe à qui que ce soit, ni aux Américains, ni aux Chinois, ni aux Russes, et encore moins d'adhérer au système de valeurs de ces derniers.
Une autre idée faussement en vogue dans certaines franges animées par ces « camarades » est l'imposture dialectique selon laquelle « la Russie, en envahissant l'Ukraine, a ressuscité l'OTAN », comme si l'OTAN ne s'était pas rapprochée progressivement de son étranger proche en englobant pas moins de 14 républiques de l'ancien Pacte de Varsovie. De plus, la Finlande et la Suède ont toujours fait partie du camp militaire occidental, et leur entrée officielle dans l'OTAN rompt un équilibre qui avait existé jusqu'au 22 février 2022, avec l'attaque russe en réponse à la décision du Joker de Kiev de violer l'état de neutralité exigé par la Russie pour des raisons de sécurité nationale. Plusieurs sources, dont celle du professeur Orsini, mentionnent également le projet de l'armée ukrainienne d'attaquer la Crimée. L'attaque russe aurait donc été inévitable.
Contrairement à ce qui a été dit lors de la réunion de Casa Pound, Biden et Johnson, et plus particulièrement ce dernier, ont tout fait pour pousser l'Ukraine à poursuivre le conflit, alors que le 22 mars 2022, Zelensky était prêt pour un accord de paix. Voilà pour la proposition de reddition et le gouvernement en exil à Londres !
Aujourd'hui encore, ceux qui parlent de sacrifier le sang ukrainien le font avec une conscience tachée de ce même sang.
Face à la menace « eurasienne », une renaissance industrielle, technologique et militaire est proposée. Sur la chimère d'une armée européenne, il faudrait consacrer un article à part entière, mais on peut rappeler les mots de Dario Fabbri : « Combien de Lituaniens mourraient pour l'Italie, et vice-versa? Une question dont la réponse est implicite. De plus, les orateurs bien intentionnés oublient que l'un des objectifs de cette guerre était de couler et de désindustrialiser l'Europe, et que l'Allemagne a connu avant tout une récession économique et industrielle due aux sanctions et à la rupture des approvisionnements en gaz. Est-il nécessaire de rappeler aux patriotes européens autoproclamés qui a fait sauter le gazoduc Nord Stream? Si le premier acteur du continent est à genoux, il le doit aux Américains et à leurs partenaires polonais qui leur servent de supplétifs décérébrés.
Toutes les bonnes intentions d'une Europe dotée d'une dissuasion nucléaire et d'une armée propre se heurtent à la réalité de pays individuels mus par leurs propres intérêts. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer la divergence entre l'Europe balte et les pays méditerranéens. Alors que l'on augmente le budget militaire pour promouvoir l'autonomie politico-stratégique vis-à-vis du souverain américain, on ne peut s'empêcher de penser que ce dernier profitera de la russophobie des pays de l'Est pour saboter toute velléité d'unité d'action en Europe et, par là même, d'autonomie. A l'heure où nous écrivons ces lignes, la Pologne et les pays baltes réclament des fonds de l'UE pour créer des infrastructures de défense et des armements supplémentaires. L'augmentation des budgets militaires de chaque pays pourrait même avoir l'effet inverse de celui escompté.
Une Europe illibérale face aux États-Unis et à la Russie ?
Le modèle actuel de l'UE est une émanation directe du modèle de valeurs anglo-américain. Nous baignons dans le libéralisme économique et sociétal, et parler d'un retour à des modèles de socialisation de l'entreprise, de participation des travailleurs, sent la naphtaline et ne va pas plus loin que l'habituelle nostalgie social-fasciste. Dans les discours prononcés lors de la réunion de Casa Pound, les mots habituels, « mythe », « destin », etc. reviennent toujours, mais sans aucune construction ou possibilité de réalisation concrète.
Au-delà, l'Europe ne semble pas porteuse d'un modèle de civilisation alternatif à celui de l'Amérique ou de l'Asie. Nous sommes au moins aussi immergés dans le mondialisme capitaliste que les Américains, avec toutes ses ramifications et les scories idéologiques formées par l'idéologie verte, woke et LGTBIQ+. La Russie et la Chine sont également des systèmes d'économie de marché, avec l'énorme différence que l'État et ses appareils filtrent et freinent toutes les dérives individualistes qui dissolvent l'Occident libéral. Bien sûr, les distorsions et les contradictions ne manquent pas, et personne ici ne défend les modèles de valeurs importés « d'Asie ».
La défense de cette UE où, à un moment donné, tout le monde se trouve être occidental, alors que cette UE est le fief de la bureaucratie et de la finance anglo-américaines, représente sa forme dégénérée, et ne justifie pas les actions de Macron et Draghi comme figures de transition vers un modèle plus authentiquement souverain. Les dirigeants européens actuels ont abdiqué leur rôle de médiateur entre les deux prétendants et se sont pliés à toutes les directives et à tous les ordres émanant de la Maison Blanche et du Pentagone. Si l'Europe est dans cet état de nanisme géopolitique, c'est à cause de ces personnages ineptes.
Au moment où j'écris, je me réfère à un article d'Adriano Scianca dans Primato Nazionale dans lequel il rappelle que même des intellectuels de la Nouvelle Droite comme Jean Thiriart et Guillaume Faye voyaient l'UE comme un organisme imparfait, un projet in itinere et encore valable aujourd'hui comme un sujet de transition vers une « Europe Puissance ».
Sans la Russie, il n'y a pas d'« Europe puissance ».
Il convient de mentionner que les intellectuels susmentionnés ont ouvertement parlé d'un continent eurasien. Ce détail semble avoir échappé à Adriano Scianca et Adinolfi, fils et père... Guillaume Faye lui-même a parlé plus explicitement d'une « Euro-Russie », évoquant cette dernière comme une force nationale qui libérerait l'Europe de la colonisation islamique, du chaos et du nihilisme individualiste des sociétés libérales-occidentales.
Exclure la Russie de ce processus d'intégration, c'est faire le jeu des Américains. En effet, comment rendre les Russes responsables d'une attaque contre l'Europe « commanditée » par les Etats-Unis si, comme l'a également rappelé Lucio Caracciolo, George Friedman du think tank Stratford a déclaré : « Nous avons fait quatre guerres pour empêcher l'Europe et la Russie de se rapprocher », suivant le slogan habituel: «Germans down, Russians out».
Il ne s'agit donc pas de renaître Européens pour ne pas mourir Occidentaux ou Asiatiques. Il n'y a pas aujourd'hui de « troisième voie », et ceux qui creusent des « tranchées européennes » en Ukraine le font en idiots utiles qui, une fois de plus, n'ont pas compris l'enjeu.
Pour ceux qui sont restés en 45, et pour ceux qui n'ont besoin que de deux runes (mais celles des chars russes ne comptent évidemment pas) pour ressusciter des schémas idéologiques qui ne tiennent pas la route face au présent. Et tout cela en exposant l'Europe à la destruction économique et militaire, tandis que ses manipulateurs pro-ukrainiens agitent le croque-mitaine « rouge » avec la bénédiction des von der Leyen et des Borrell, qui cautionnent l'attaque de missiles sur le territoire russe. Et ce, une fois de plus, pour le compte des Anglo-Américains qui veulent une Europe faible et en état de subordination permanente.
A ceux qui creusent des « tranchées » pour le compte de Washington, nous répondons qu'il n'y a pas de renaissance européenne sans la Russie. Les De Gaulle, les Thiriart, les Faye et même les Silvio Berlusconi l'ont toujours su, eux qui rêvaient d'une Europe de l'Atlantique à l'Oural (et bien au-delà). Certains patriotes européens autoproclamés l'ont oublié ou font semblant de ne pas l'avoir su, et penser mal, a dit quelqu'un, c'est souvent avoir raison. Que ceux qui veulent comprendre comprennent.
19:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, troisième voie | |
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Union européenne et post-démocratie : une analyse
Union européenne et post-démocratie: une analyse
Francesco Ingravalle
Source: https://www.kulturaeuropa.eu/2024/09/23/post-democrazia-e-unione-europea/
Rome, le 7 octobre - En 2003, le politologue britannique Colin Crouch a introduit le concept de « post-démocratie » dans les études politiques et sociales pour désigner un système politique qui, bien que régi par des normes et des institutions démocratiques, est en fait gouverné par de grands lobbies (transnationaux ou multinationaux) et par les médias de masse (qui en dépendent, directement ou indirectement) ; formellement, donc, une démocratie (pouvoir du « démos », du « peuple »), substantiellement une oligarchie.
La post-démocratie : le problème
Dans le livre III de la Politique, Aristote écrit : « Puisque constitution signifie la même chose que gouvernement et que le gouvernement est l'autorité souveraine de l'État, il est nécessaire que le souverain soit ou bien un seul homme, ou bien un petit nombre, ou encore un grand nombre. Lorsque l'un ou le petit nombre ou le grand nombre gouvernent pour le bien commun, ces constitutions sont nécessairement correctes, tandis que celles qui veillent à l'intérêt soit de l'un, soit du petit nombre, soit de la masse, sont des déviations [...] ». Il ajoute que « ou bien ceux qui prennent part au gouvernement ne doivent pas être appelés citoyens, ou bien ils doivent participer aux avantages communs ». La situation dans laquelle le petit nombre, les plus riches, gouvernent pour le petit nombre le plus riche est appelée « oligarchie » (considérée comme la déviation de l'aristocratie, c'est-à-dire le règne du petit nombre au profit du bien commun).
Plus de deux mille ans plus tard, Charles Wright Mills (1916-1962) écrit à propos de la démocratie américaine: « Les décisions ont tendance à avoir des effets unitaires, les dirigeants de chacun des trois groupes - les “seigneurs de la guerre”, les grands hommes d'affaires, les dirigeants politiques - ont tendance à marcher ensemble pour former l'élite qui détient le pouvoir en Amérique ».
Le terme « élite » renvoie à Vilfredo Pareto, un terme qui se réfère avant tout, mais pas exclusivement, à la dimension quantitative du groupe dirigeant, comme chez Aristote et comme chez Wright Mills: le petit nombre, les plus riches, pas nécessairement les meilleurs. La hiérarchie politique n'est pas fondée sur des critères éthiques. L'aristocratie, pour Aristote, pour Pareto et pour Wright Mills, est un devoir-être, pas une réalité. Une indication qu'il faut garder à l'esprit: la théorie politique est une chose, la réalité politique en est une autre; la théorie démocratique et la pratique démocratique sont des choses complètement différentes, au point de configurer une contradiction: le gouvernement démocratique du petit nombre et des plus riches; démocratique dans la forme, oligarchique dans la substance.
Le problème a été soulevé par Karl Marx dans son article de 1844 intitulé Die Judenfrage (La question juive): ce n'est que lorsque l'homme réel et individuel résume en lui le citoyen abstrait et qu'en tant qu'homme individuel, dans sa vie empirique, dans son travail individuel, dans ses relations individuelles, il devient un être appartenant à son espèce, ce n'est que lorsque l'homme a reconnu ou organisé ses « forces propres » en tant que forces sociales et qu'il ne sépare donc plus la force sociale de lui-même sous la forme de la force politique, ce n'est qu'alors que l'émancipation humaine s'accomplit. L'égalité juridique ne suffit pas à garantir la mise en œuvre des droits de l'homme, il faut l'égalité sociale. A l'époque, le suffrage universel n'existe pas en Europe, qui ne garantirait alors que l'égalité juridico-politique, sans toucher aux inégalités sociales; partout où le droit de vote existe, il est lié à la richesse. La démocratie, sur le plan théorique, n'est pas simplement liée au droit de vote, mais à la possibilité d'influencer effectivement la formation de la volonté collective, quelle que soit sa position dans la production de la richesse sociale. Sur la formation de la volonté collective, c'est-à-dire la formation du pouvoir de légiférer. La théorie démocratique est confrontée à l'obstacle du progrès technologique et scientifique qui a modifié la réalité objective sur laquelle le pouvoir législatif doit légiférer, ce qui pose le problème de la compétence des décideurs et dissout le mythe (remontant au philosophe grec Protagoras d'Abdère et contesté par Platon dans la République) de la compétence politique « naturelle » de tout être humain.
Socio-psychologie de la post-démocratie
À l'ère de l'anthropocène, c'est-à-dire à l'ère de l'agression capitaliste contre la biosphère, il n'est plus possible de légiférer sans savoir, et la décision politique est obligée de s'appuyer sur l'expertise techno-scientifique, quoique non neutre, des experts. Si cela complique le problème de la démocratie comme forme réelle de régime, cela n'affecte pas significativement la réalité de l'oligarchie; au contraire, la non-neutralité même des experts expose la législation à des torsions oligarchiques. Mais le problème de la démocratie théorique est qu'elle ne peut être efficace que si elle est fondée sur une citoyenneté active et critique et, donc, sur un système éducatif (école et médias) qui prépare l'opinion publique en ce sens. Or, on sait que dans la société de masse, ce n'est pas la fonction réelle de l'éducation (école, université) et de la communication sociale (médias); comme l'écrivait Wright Mills, à propos des États-Unis d'Amérique, au milieu des années 50: « D'une part, les structures de détention du pouvoir se sont renforcées et centralisées, d'autre part, les hommes se sont fragmentés en cercles étroits; des deux côtés, il y a eu une dépendance accrue à l'égard des moyens formels d'information et de communication, y compris de l'éducation proprement dite. Mais l'homme qui vit dans la masse ne reçoit pas de ces médias une vision qui l'aide à s'élever; au contraire, il reçoit une expérience stéréotypée, qui l'abaisse encore plus: il ne peut pas se procurer le détachement nécessaire pour observer ses expériences, et encore moins pour les évaluer - et encore moins pour évaluer ce qu'il ne peut pas expérimenter directement. Sa vie, au lieu de s'accompagner d'une discussion interne que nous appelons réflexion, se déroule en adhérant à un monologue inconscient, faisant écho à des modèles reçus de l'extérieur.
Ainsi, l'homme-masse n'a pas de projet propre [...] il se laisse porter, il respecte les habitudes, son comportement est un mélange gratuit de critères confus et de perspectives non critiques empruntées à des gens qu'il ne connaît pas et en qui il n'a plus confiance, si tant est qu'il en ait jamais eu ».
Plus de soixante ans plus tard, Tom Nichols écrit : « Le plus gros problème est que nous sommes fiers de ne pas savoir les choses. Les Américains en sont venus à considérer l'ignorance, surtout en matière de politique publique, comme une vertu. Pour les Américains, rejeter l'avis des experts, c'est affirmer leur autonomie, une façon d'isoler leur ego de plus en plus fragile et de ne pas s'entendre dire qu'ils font quelque chose de mal [...]. Tout est connaissable et n'importe quelle opinion sur n'importe quel sujet est aussi bonne que celle de n'importe qui d'autre. Non seulement les gens croient à des absurdités, mais ils « résistent activement à l'idée d'en savoir plus, de peur d'abandonner leurs croyances erronées ».
Tel est l'arrière-plan socio-psychologique de la post-démocratie: une opinion publique non critique est utilisée efficacement par les élites au pouvoir. On pourrait même affirmer que la post-démocratie commence bien avant l'âge sur lequel le diagnostic de Crouch était basé.
Les exécutifs post-démocratiques conduisent le monde à l'autodestruction, et les problèmes d'une opinion publique critique se posent donc avec une urgence particulière; il faut rappeler que les institutions sont, dans leur fonctionnement effectif, les structures de la réalité socio-psychologique qui les fait exister: cela explique qu'une même idée politique puisse être mise en œuvre de manière non seulement différente, mais opposée, l'une par rapport à l'autre. Mais les structures de la réalité socio-psychologique sont configurées par les rapports sociaux de production; la post-démocratie est la face institutionnelle de la dynamique capitaliste, surtout après la dérégulation des marchés de 1989 à 2007.
La post-démocratie et l'Europe
Il existe cependant un ensemble de processus concrets qui transcendent les différentes formes de post-démocratie en Europe: un ensemble de processus appelé « construction européenne » ou, si vous préférez, « intégration européenne » (que nous utilisons ici comme des expressions synonymes).
Ceux qui retracent les étapes de la construction de l'Union européenne actuelle peuvent constater que son principe moteur est la tension diplomatique des États constitutifs pour structurer des accords de marché supranationaux qui, de six États participants, se sont étendus à vingt-sept États participants en un peu plus de soixante-dix ans. La C.E.C.A. (1951), la C.E.E. (1957) construisent un espace de marché intégré dans lequel est affirmé le principe de la primauté du droit communautaire (depuis 1963), qui développe l'unité des exécutifs des trois communautés (C.E.C.A., C.E.E., plus connue, pour cette dernière, sous le nom d'« Euratom », créée avec la C.E.E. en 1957).
L'instance supranationale a une origine claire : la nécessité pour les États-Unis, dans l'Europe d'après-guerre, d'intégrer les marchés et de surmonter les nationalismes face au « danger soviétique » ; on pourrait donc dire que l'intégration européenne est un épiphénomène de la « guerre froide ». Il s'agit cependant d'un épiphénomène qui tend à dépasser les limites de l'intégration des marchés pour aboutir presque à une intégration politique, surtout après l'implosion du système hégémonique russo-soviétique, lorsque l'appellation « Union européenne » commencera à être utilisée dans les textes officiels. Cela n'est guère surprenant : l'intégration des marchés implique, dans une certaine mesure, l'intégration des systèmes juridiques et administratifs et, à tout le moins, la compatibilité des systèmes financiers. Ce corps qui s'agrandit progressivement ne manque pas de tête, le pouvoir législatif formé entre les traités de Maastricht (1992) et les traités de Lisbonne (2007).
Il doit légiférer sur des matières relevant de la compétence exclusive de l'UE (soigneusement énumérées) avec un système décisionnel inhabituel. Un système décisionnel inhabituel car il réunit dans une même procédure des institutions qui fonctionnent selon des logiques différentes: la Commission européenne, organe de nomination, bien que sous la tutelle des États membres, travaille selon une logique technocratique pour élaborer le schéma qui sera soumis à la codécision (dans le cadre de la procédure législative ordinaire) le Conseil des ministres de l'Union qui, dans ses différentes compositions, travaille selon la logique diplomatique de défense des intérêts de chaque État membre parce qu'il est l'expression des exécutifs de gouvernement de chaque État membre, et le Parlement européen (élu au suffrage universel par les citoyens de l'Union) qui travaille selon la logique démocratique de la dialectique majorité/minorité.
L'Union européenne, qui, depuis le début du 21ème siècle, dispose également d'une monnaie commune, l'euro (bien que gérée par une institution qui ne dépend d'aucune institution de l'UE), n'est pas un État, mais elle n'est pas non plus une organisation internationale comme les autres: ses lois, en effet, affectent directement chaque citoyen de l'Union.
Pourtant, dans son fonctionnement législatif, l'Union européenne mêle opportunément le principe de compétence, le principe de représentation des Etats membres et le principe de représentation démocratique des citoyens de l'Union, mais, comme on l'a dit, exclusivement, sur un nombre limité de matières législatives (union douanière, règles de concurrence pour le fonctionnement du marché intérieur, politique monétaire pour les pays qui ont adopté l'euro comme monnaie, conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la pêche, politique commerciale commune); pour la législation dans les matières qui ne relèvent pas de la compétence exclusive, l'action de l'Union est régie par les principes de subsidiarité et de proportionnalité, qui prévoient que l'action de l'Union ne doit se substituer à celle des États membres (et des collectivités infra-étatiques) que dans le cas où ceux-ci ne sont pas en mesure d'atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés par l'intermédiaire de l'Union, et seulement dans la mesure où son intervention est proportionnée aux objectifs de la Communauté.
L'hypothèse fédérale
Si l'Union européenne était un État (fédéral), elle représenterait une réponse institutionnelle aux problèmes de la post-démocratie, aux problèmes de la torsion oligarchique de la démocratie et aux problèmes connexes de la société de masse. Cependant, cet Etat fédéral pourrait difficilement représenter une réponse économique et sociale à ces problèmes. Ce ne sont pas les institutions qui créent la société, mais la société qui crée les institutions; une société capitaliste tend intrinsèquement vers l'oligopole, et l'oligopole tend vers le monopole qui, dans la politique concrète, se traduit par le système des élites de pouvoir, c'est-à-dire par l'oligarchie.
La gestion communautaire du marché unique appartient certes à la typologie du capitalisme encastré, du capitalisme intégré par des politiques sociales et d'autres objectifs communautaires. Mais elle assemble des ordres capitalistes de configurations diverses dans l'espace hégémonique de l'organisation militaire qu'est l'O.T.A.N., ce qui n'est pas négligeable du point de vue des contraintes qui pèsent sur la politique économique, et donc sociale, de la collectivité. Il faut également noter que ce sont les Etats membres qui sont les auteurs des traités communautaires et que ce sont les Etats membres, dans leurs différences de poids économique, qui sont les « seigneurs des traités ».
Toute hypothèse de transformation de l'Union européenne dans le sens de l'Etat fédéral nécessite, bien entendu, un sujet politico-culturel européen porteur d'un objectif aussi complexe. Un sujet dont on ne trouve aucune trace, face à des orientations ouvertement ou secrètement hostiles à la perspective d'une fédération européenne.
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Ingérence russe dans les élections américaines?
Ingérence russe dans les élections américaines?
An Jacobs
Source: Nieuwsbrief Knooppunt Delta, n°193, octobre 2024
La Russie pourrait s'être déjà rendue coupable d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine pour favoriser Trump. Une telle faute est difficile à prouver, et l'enquête prendra sans doute des années. Du moins si l'on cherche la vérité, et non à faire tomber quiconque ne s'inscrit pas dans le système dominant. D'un autre côté, les États-Unis ne devraient-ils pas balayer devant leur porte en matière d'ingérence ?
John Bonifield, journaliste de CNN, a été filmé par une caméra cachée lors d'une interview en 2017. On peut l'entendre affirmer que les États-Unis eux-mêmes tentent d'interférer dans les élections russes, et que la CIA n'est pas loin derrière lorsqu'il s'agit de tenter d'influencer et de contrôler des gouvernements étrangers. Certaines de ces actions sont également bien connues, notamment dans le cadre du conflit entre l'Ukraine et la Russie.
Pression de l'administration Biden lors de la crise de Covid
Il semble que les États-Unis n'interfèrent pas seulement dans d'autres États de manière directe, mais aussi par le biais de Meta, anciennement Facebook Inc, le géant américain qui possède notamment Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads. L'entreprise affirme que la propagande sur ses réseaux provient principalement de la Russie. Toutefois, à en croire Mark Zuckerberg, les États-Unis ne dorment pas non plus lorsqu'il s'agit de contrôler les plateformes d'information sur Internet, et pas seulement en ce qui concerne la Russie.
Mark Zuckerberg a ainsi confirmé que l'administration Biden avait encouragé, pour ne pas dire armé, Meta à censurer certains posts lors de la crise Co vid 2021. Twitter a également subi cette pression. A l'époque, Joe Biden estimait que faire circuler des informations fausses ou supposées fausses sur les vaccins revenait à tuer certaines personnes qui y croyaient ou pouvaient potentiellement tomber dans le panneau. Mais cette censure - car c'est bien de cela qu'il s'agit dans la pratique - ne concernait pas seulement les publications considérées comme conspirationnistes, ce qui est tout de même problématique, mais aussi les contenus humoristiques...
Au total, plus de 20 millions de contenus ont été supprimés par Facebook. La Maison Blanche nie totalement avoir fait pression sur Meta, et Renée DiResta, experte en désinformation et ancienne conseillère du Congrès américain, affirme que Mark Zuckerberg « ne fait rien d'autre que de céder à la pression de la droite ».
Ne pas être en décalage est plus important que d'avoir raison, semble-t-il
Il n'est pas toujours évident pour un site web de médias de vouloir simplement supprimer les fausses informations. Cependant, la vérité est toujours mieux servie en réfutant les idées fausses qu'en les interdisant. Dans ce cas de figure, la censure peut exceptionnellement se comprendre: la lutte pour la vérité coûte ce prix dans certains cas exceptionnels. Il a cependant fallu attendre mai 2021 pour que Facebook cesse de supprimer les posts affirmant que l'épidémie de Cov id-19 était due à une fuite en laboratoire du virus SARS-CoV2.
Entre-temps, nous savons que c'était pourtant la vérité et que l'épidémie de Cov id-19 n'était pas d'origine naturelle et n'avait donc rien à voir avec les pangolins ou les chauves-souris. Par conséquent, la suppression des rapports sur une fuite de laboratoire était tout à fait illégitime et n'a eu lieu que parce que cette déclaration ne convenait pas à ceux qui étaient au pouvoir - sans nécessairement savoir pourquoi.
C'est aussi pour cela que la censure de certaines informations jugées fausses est dangereuse: il est difficile d'être sûr que ces informations ne seront pas prouvées dans quelques mois ou quelques années. Et puis vous êtes là, en tant que journaliste ou auteur. Mettre certaines informations sous le boisseau est une vieille mais bonne recette.
Une mauvaise information est une information qui dérange ceux qui détiennent le pouvoir
L'administration Biden, et plus largement le parti démocrate, semble être au cœur de la stratégie de censure de Meta. En 2021, un scandale a failli éclater autour de Hunter Biden, le fils du président américain. Son ordinateur aurait pu contenir certains documents le liant à des affaires de corruption en Ukraine. Or, lorsque l'ordinateur a été réquisitionné par la CIA, il s'est avéré tellement cassé que les données ont été irrémédiablement perdues. C'est difficile à croire. D'abord parce que cet ordinateur aurait dû se trouver dans une pièce sécurisée, ensuite parce que les données ne disparaissent pas comme ça. Si vous cassez votre clé USB en deux, mais que la carte mère qui contient la RAM (ou mémoire interne) reste intacte, vos données sont facilement récupérables.
L'affaire aurait donc dû délier les langues. Si ce n'est pas le cas, c'est en partie ou à cause de Meta, qui a retiré de sa plateforme certaines contributions sur le sujet, toujours sous le prétexte d'une ingérence russe. Moscou est toujours un bon prétexte... Selon Mark Zuckerberg, il s'agissait d'une réaction excessive à « certaines » demandes liées à C ovid-19. C'est possible, mais il faut noter que cela a entamé sa crédibilité, pour ne pas dire plus.
La gauche n'est tout simplement pas favorable à la liberté d'expression
Ce n'est pas parce que les démocrates américains déclarent qu'ils sont parmi les bons que c'est effectivement le cas. En réalité, tout ce qui se rapproche de la censure est monnaie courante chez eux. À tel point que la candidate à la présidence Kamala Harris a affirmé que la liberté d'expression n'était pas un droit, mais un privilège. Un concept que l'on retrouve également dans de nombreux pays européens: seule la gauche a le droit de s'exprimer, parfois de dire des choses horribles, d'insulter grossièrement les gens ou de diffuser des informations d'une inexactitude ahurissante. La bonne cause, quoi. En revanche, la droite devrait vraiment se battre pour avoir le droit de donner sa version des faits. Et en plus, elle ne devrait jamais oublier le nécessaire choix ultra prudent des mots. Question de ne pas être immédiatement censuré.
Tous ces efforts ne sont même pas efficaces. Plutôt qu'une arme pour éviter que la vérité ne soit contaminée par de fausses informations dues à des ingérences étrangères, la censure semble être un moyen pour un camp vociférant, aux idées minoritaires, d'empêcher qu'une réalité qui ne leur convient pas ne devienne trop visible. Par exemple, les théories sur l'apparition d'un virus ou les informations sur la possible corruption de la famille d'un chef d'État sont efficacement supprimées.
Co vid-19, le regret tardif
Aujourd'hui, Mark Zuckerberg dit regretter d'avoir cédé aux pressions de l'administration Biden et d'avoir restreint la visibilité de certaines opinions. Si l'eurodéputée Marion Maréchal qualifie ces regrets, et surtout l'intention de Mark Zuckerberg de ne plus obéir aveuglément, de « séisme sans précédent », il est facile de se satisfaire trois ans après les faits, alors que la vérité sur l'information en question a été établie. Et Mark Zuckerberg profite de cette facilité.
Sa lettre, envoyée à la commission juridique de la Chambre des représentants des États-Unis, est on ne peut plus explicite. Quelque chose dont le parti républicain profite. Le PDG de Meta jure de prendre la ferme décision de ne plus céder aux pressions de quelque gouvernement que ce soit.
Les paroles ne sont guère suivies d'actes
Cependant, nous attendons toujours de voir les conséquences de ces souhaits. Au contraire, l'interdiction des médias russes n'est-elle pas la preuve que ces paroles ne seront pas suivies d'actes ? C'est encore l'administration Biden qui est à l'œuvre, et ce sont encore les médias qui perdent de la notoriété, des abonnés et de l'argent.
Autant de pertes qu'il est difficile de compenser. La lettre de Mark Zuckerberg peut être le signe d'une véritable contrition, tout comme elle peut être une assurance-vie qui lui permettra de ne pas céder aux éventuelles pressions d'une administration Trump, ou à la recherche du buzz alors que son concurrent X (ex-Twitter) fait régulièrement parler de lui.
Comment Meta a pris la seule décision raisonnable
Sans surprise, les médias européens sont du côté de Meta. D'ailleurs, s'ils n'y sont pas déjà obligés, ils y sont fortement encouragés puisque RT France est désormais interdite. RT America et RT UK ont déjà été sous pression pour fermer en 2022 et RT Deutsch en 2023. Un média qui dénoncerait l'interdiction des médias russes, même au nom de la liberté d'expression, pourrait être considéré comme un défenseur d'une certaine propagande russe.
Il risquerait alors de perdre ses droits de diffusion, sans parler des subventions. Le quotidien gratuit français 20 Minutes montre tous les signes de bonne volonté dès le début de son article: « Prévention - La Russie est la plus grande source d'influence secrète que Meta a découverte depuis 2017 », affirme-t-il un peu rapidement. Blâmer l'ennemi le plus rapidement possible est une vieille tactique. En ce qui concerne la liberté d'expression, il n'est pas évident de comprendre pourquoi certains points de vue dissidents ne devraient pas être couverts.
Comment le savez-vous, me demandent souvent les journalistes, les sourcils froncés. Ce n'est pas difficile, il suffit de regarder un peu plus loin que le bout de son nez (1).
Note:
(1) La question de savoir quand les discours de haine sont autorisés sur Facebook et WhatsApp peut être consultée sur ce site web et à bien d'autres endroits, entre autres (voir: http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2024/10/24/quand-les-propos-haineux-sont-ils-autorises-sur-facebook-et-whatsapp.html ) .
Meta, le propriétaire de Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads, a changé de cap depuis le début de la guerre entre la Russie et l'Ukraine et autorise désormais « provisoirement » les appels à la violence et d'autres formes de discours de haine s'ils sont anti-russes. De même, pour la réaction russe, The Guardian est ma principale source.
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jeudi, 24 octobre 2024
De la mort de la crédibilité allemande
De la mort de la crédibilité allemande
Source: https://www.pi-news.net/2024/10/vom-tod-der-deutschen-gla...
Le Commander Task Force Baltic à Rostock viole de manière flagrante le traité « Deux plus Quatre » de 1990 à Moscou.
Par Rainer K. Kämpf
L'ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne à Moscou, Alexander Graf Lambsdorff, a été convoqué au ministère russe des Affaires étrangères. La raison, nous la connaissons, c'est la violation du traité deux-plus-quatre.
Le Commander Task Force Baltic de Rostock viole de manière flagrante l'ordre d'après-guerre convenu de manière multilatérale en Allemagne et en Europe.
Et la suite ? Pour le bon ordre, l'ambassadeur a dû se présenter. Que va-t-il se passer ensuite ? C'est la question que nous nous posons tous, et certainement les Russes en premier lieu. Après l'élargissement continu, effectué au grand galop, de l'OTAN après 1990, l'Occident va directement à la confrontation et ne s'offusque nullement de violer aussi manifestement les traités établis. On semble certain que rien d'autre ne suivra. Mais quoi d'autre ?
Le GSSD (Groupe des forces soviétiques en Allemagne) ou, dans le cas présent, ses éventuels successeurs, ne réinvestiront pas leurs anciennes installations en Allemagne centrale. Il n'y a pas besoin de conséquences politiques, diplomatiques ou économiques, puisque les relations interétatiques sont de toute façon presque au plus bas. D'accord, le thermomètre chute vers le bas et il fera certainement encore plus froids de quelques degrés. Mais qu'est-ce que cela change ? Les responsables de ce coup de l'OTAN pensent certainement la même chose.
Mais à long terme et de manière très douloureuse, l'Occident se tire une balle dans le deuxième genou. Quelle leçon les Russes en tirent-ils ? Il ne vaut pas la peine de négocier et de conclure des contrats avec l'Occident, et en particulier avec l'Allemagne. Ils ne valent pas le papier sur lequel ils ont été couchés. A cela s'ajoute la perte de confiance prévue à très long terme. L'Allemagne n'est plus considérée comme un partenaire fiable.
Et le Russe se demande, en fronçant les sourcils, ce que peuvent encore représenter des « négociations de paix » et combien de temps durerait un « traité de paix » ? Ils ne vont certainement pas perdre leur temps à négocier avec une partie dont la crédibilité est proche de zéro.
La politique allemande actuelle s'est privée d'avenir pour longtemps. Qu'Annalena Baerbock reste ou non aux Affaires étrangères. Quelle importance ? Le ridicule serait un moindre mal. Désormais, c'est le stigmate de la Lumpenpolitik qui nous frappe.
19:34 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, affaires européennes, europe, otan, allemagne | |
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Plans radicaux de colonisation: Israël débat de l'avenir de la bande de Gaza
Plans radicaux de colonisation: Israël débat de l'avenir de la bande de Gaza
Source: https://report24.news/radikale-siedlungsplaene-israel-deb...
Plusieurs politiciens et députés du gouvernement israélien ont appelé, lors d'une conférence, à l'expulsion des Arabes de la bande de Gaza pour que les Israéliens s'y installent. Les nationalistes israéliens veulent faire avancer leur projet de création du Grand Israël de l'Euphrate au Nil.
Des membres haut placés du gouvernement israélien et des députés de la Knesset se sont réunis pour une conférence consacrée à la recolonisation de la bande de Gaza. L'événement, intitulé « Préparer la recolonisation de Gaza », s'est tenu dans le sud d'Israël, près de la frontière de Gaza, et a été organisé par l'organisation de colons Nachala en collaboration avec des représentants du Likoud. Parmi les participants se trouvaient d'éminents membres du gouvernement tels que la ministre des Affaires sociales May Golan et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, connu pour ses positions controversées. La conférence, qui a attiré plusieurs centaines de participants, est devenue une plate-forme pour des revendications territoriales de grande envergure.
Les déclarations de la ministre Golan, qui a établi un parallèle historique avec la « Nakba », ont été particulièrement remarquées. Dans son discours, elle a annoncé : « Nous les confronterons là où ça fait mal - dans leur pays. Ceux qui utilisent leur pays pour planifier un autre holocauste verront de notre part, avec l'aide de Dieu, se déclencher une autre Nakba dont ils parleront à leurs enfants et petits-enfants pendant 50 ans ».
Ben Gvir, qui a été accueilli par des chants de l'assistance tels que « Regardez, c'est notre prochain Premier ministre » et « Peine de mort pour les terroristes », s'est également exprimé sans ambiguïté : « Nous encouragerons la réinstallation volontaire de tous les habitants de Gaza. Nous leur donnerons la possibilité de partir vers d'autres pays, car cette terre nous appartient ».
Daniella Weiss, une figure de proue de l'organisation de colons Nachala, est allée encore plus loin dans ses déclarations. « Dans moins d'un an, vous pourrez m'appeler et me demander si j'ai réussi à réaliser mon rêve », a-t-elle déclaré aux journalistes. « En fait, vous n'avez pas besoin de m'appeler. Vous verrez par vous-même comment les Juifs iront à Gaza et comment les Arabes disparaitront de Gaza ». Weiss a également esquissé une vision du « grand Israël » : « Les véritables frontières du grand Israël se situent entre l'Euphrate et le Nil ».
La conférence marque un moment important dans la politique israélienne, reflétant la radicalisation croissante du débat sur l'avenir de la bande de Gaza. Les positions qui y ont été exprimées sont en nette contradiction avec le droit international et risquent de tendre encore davantage les relations déjà tendues avec les territoires palestiniens. Comme l'a récemment rapporté le journal israélien Haaretz, le gouvernement israélien ne cherche pas actuellement à relancer les pourparlers de cessez-le-feu avec le Hamas, mais fait plutôt avancer les plans d'annexion progressive de grandes parties de la bande de Gaza.
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Netanyahu marque un but contre son camp: Israël rapproche encore plus l'Iran et la Russie
Netanyahu marque un but contre son camp: Israël rapproche encore plus l'Iran et la Russie
Achgabat. C'est un signe à l'adresse d'Israël : le chef du Kremlin Poutine a déclaré lors d'une rencontre avec le nouveau président iranien Massoud Pezechkian que les relations avec l'Iran constituaient une priorité pour la Russie et se développaient avec succès. Jusqu'à présent, les deux chefs d'État n'avaient eu que des contacts téléphoniques.
La rencontre a eu lieu lors d'un sommet régional à Achgabat, la capitale du Turkménistan. Elle revêt une importance particulière dans le contexte des tensions israélo-iraniennes actuelles ; le gouvernement de Tel-Aviv n'ignore pas non plus que Téhéran et Moscou ont intensifié leurs relations et notamment leur coopération militaire et technologique au cours des dernières années. Cela donne une certaine sécurité au gouvernement de Téhéran. D'autre part, il s'est montré tout à fait modéré lors de la récente attaque de missiles iraniens contre Israël et n'a attaqué que des cibles militaires.
« Moscou et Téhéran coopèrent activement sur la scène internationale et se rejoignent souvent dans leur appréciation des événements mondiaux », a déclaré Poutine à Achgabat avant de faire un exposé : “Cette année, nous assistons à une augmentation du volume des échanges commerciaux entre les deux pays et à leur bon développement”.
Pezechkian, quant à lui, a qualifié les relations entre l'Iran et la Russie de « sincères et stratégiques ». Il a évoqué un accord de partenariat stratégique global entre l'Iran et la Russie. Il espère que la signature du document correspondant sera accélérée. « J'espère que nous conclurons cet accord lors du sommet des BRICS qui se tiendra dans la ville russe de Kazan ce mois-ci », a-t-il ajouté, en gardant également à l'esprit le conflit actuel avec Israël.
Pezechkian a remporté les élections iraniennes en juillet après la mort accidentelle du président Ebrahim Raisi. Il a pour objectif de renforcer la coopération bilatérale avec la Russie afin de pouvoir faire face aux sanctions « cruelles » de l'Occident.
Poutine a également invité Pezechkian à participer au sommet des BRICS en octobre en Russie, où les deux pays devraient signer un accord stratégique global. (mü)
19:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, politique internationale, israël, russie, iran | |
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Quand les propos haineux sont-ils autorisés sur Facebook et WhatsApp?
Quand les propos haineux sont-ils autorisés sur Facebook et WhatsApp?
An Jacobs
Source: Nieuwsbrief Knooppunt Delta, n°193, octobre 2024.
Déconcertant : parfois, les messages de haine sont autorisés sur les grands réseaux sociaux. Du moins pour Meta car leur propriétaire ne les supprime pas. L'aspect juridique, quant à lui, relève, lui, d'une autre dimension. Mais laissez-nous vous raconter toute l'histoire.
Meta Platforms Inc, Meta en abrégé, anciennement Facebook Inc, est un géant américain qui possède notamment Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads. Ce dernier réseau social est un concurrent récent de X, alias Twitter. À l'approche de l'élection présidentielle américaine de novembre 2024, Meta a annoncé qu'il allait bannir de ses plateformes certains médias russes, comme Russia Today (RT) et Rossia Segodnya.
Cette décision n'est pas anodine: RT comptait plus de 7,2 millions d'abonnés sur Facebook et 1 million sur Instagram. Meta affirme avoir pris cette décision pour empêcher l'ingérence de la Russie dans les élections américaines. Mais les précédents montrent que Meta est habitué à exercer la censure. Et plus encore, qu'il ne s'agit pas de « limiter les ingérences étrangères », mais plutôt d'encourager les ingérences américaines ou les tentatives de réécriture de la réalité.
Comment Meta combat la Russie, et vice versa
Meta annonce l'interdiction globale de Rossia Segodnya et de RT. Leurs comptes seront suspendus. Ils ne pourront donc plus partager leur contenu, mais les autres utilisateurs de Meta qui les suivent pourront le faire. YouTube annonce également avoir supprimé 230 chaînes liées à Rossia Segodnya et AVO TV Novosti, alors que ces deux chaînes étaient auparavant interdites.
Russia Today, qui dispose de versions française, anglaise, espagnole et arabe en plus de l'original russe, était présent dans de nombreux pays européens avant l'interdiction de 2022. Rossia Segodnya est un peu différente, il s'agit de l'organisme financier de RT, créé par décret de Vladimir Poutine fin 2013.
Meta contre la Russie : une guerre sans merci
L'inimitié entre Meta et la Russie ne date pas d'hier, loin s'en faut. Meta n'en est pas à sa première allégation d'ingérence russe dans les élections américaines. Avant l'interdiction de Meta, les médias russes avaient déjà été interdits de diffusion de publicités et leur portée était limitée. En conséquence, leur visibilité a été réduite et leurs ressources financières diminuées.
La réponse russe à cette politique est plus récente. En mars 2022, alors que la guerre entre l'Ukraine et la Russie venait de commencer, Facebook et Instagram ont été interdits en Russie parce qu'ils étaient considérés comme « extrémistes ». Ils ont pourtant été largement utilisés par les opposants à Poutine, dont certains seraient proches de « l'extrême droite » et souhaiteraient une action militaire plus violente et décisive contre l'Ukraine, ou d'autres (étiquetés « extrême gauche ») qui attendent au contraire le retour du communisme.
La guerre en Ukraine, un discours de haine recherché ?
Alors que Donald Trump gêne considérablement certaines élites américaines, des rumeurs d'« ingérence russe » circulent en permanence, pour tenter de le discréditer. Cependant, il ne s'agissait souvent que de paroles ou de faits difficilement prouvables, et donc difficiles à sanctionner officiellement. Ce n'est évidemment pas le cas de la guerre entre l'Ukraine et la Russie.
En 2022, le géant ajustera donc ses règles en matière d'« incitation à la haine ». Dès lors, les utilisateurs pourront exprimer leurs sentiments à l'égard de la Russie, de préférence négatifs, sans être dérangés. C'est en réponse à cela que Moscou qualifie Meta d'« organisation extrémiste » et bloque Instagram et Facebook sur le sol russe.
En réalité, le choix de Meta est loin d'être spontané. L'interdiction de Meta sur les médias russes fait suite à la pression du gouvernement américain. Celle-ci se fait de plus en plus pesante, maintenant qu'une victoire démocrate est quasiment acquise. Donald Trump soulève les foules et semble même immortel après deux tentatives d'assassinat. Pendant ce temps, Joe Biden a dû démissionner. Et la campagne de Kamala Harris ne décolle pas aussi bien que prévu.
Le risque d'un second mandat pour Trump est donc réel, et pour l'éviter, les démocrates ont recours aux accusations d'ingérence russe, entre autres. Cette pratique n'est pas nouvelle. En 2017, une enquête fédérale a été menée pour savoir si la Russie avait influencé l'élection de 2016 en faveur de Donald Trump. En 2021, la communauté du renseignement américain a publié un rapport faisant état d'une ingérence lors de l'élection de 2020, remportée par Joe Biden. Derrière l'interdiction des médias russes se cache donc l'intention d'éviter une troisième ingérence, bien que les deux premières soient discutables.
Pourquoi Washington craint-il les médias russes ?
Les médias russes sont accusés de déstabiliser l'opinion publique, de diviser les Américains et de s'appuyer sur des influenceurs et des médias d'extrême droite. Le ministère américain de la Justice accuse une trentaine de sites de désinformation, dont Tenet Media. Ce site employait des influenceurs accusés d'être d'extrême droite et surtout indirectement financés par la Russie via Rossia Segodnya.
Mais TM assure n'avoir aucune connaissance à ce sujet. Quoi qu'il en soit, sous la pression de ces accusations, Tenet Media a fait faillite en septembre 2024. Selon le secrétaire d'État américain Antony Blinken, ces médias sont également des ramifications des services de renseignement russes.
Washington tente de discréditer les médias russes
Meta n'est pas la seule entreprise, en son domaine, à subir les pressions américaines pour s'opposer à la Russie - ou du moins à en connaître l'existence. Le quotidien français 20 Minutes écrit que le département d'État américain indique qu'il fait lui-même des « efforts diplomatiques » pour encourager « les gouvernements du monde entier » à, littéralement, « limiter la capacité de la Russie à interférer dans les élections étrangères et à obtenir des armes pour son pays dans la guerre contre l'Ukraine ».
Depuis sa création en 2005, Russia Today est considéré en Occident comme un organe de propagande destiné à déstabiliser les Occidentaux et à les rallier à la cause russe. La France, par exemple, a fermé sa filiale française RT France en janvier 2023, au début de la guerre entre l'Ukraine et la Russie, après que l'Union européenne a gelé ses comptes bancaires.
18:58 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : facebook, réseaux sociaux, whatsapp, ingérence russe, meta | |
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mercredi, 23 octobre 2024
La Moldavie à la croisée des chemins entre l'Europe et la Russie
La Moldavie à la croisée des chemins entre l'Europe et la Russie
La Moldavie se trouve à la croisée des chemins, et l'issue de cette partie d'échecs géopolitique aura des conséquences importantes pour toute la région.
Par Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2024/10/moldawien-am-scheideweg-zwischen-europa-und-russland/
Les récentes élections et le référendum en Moldavie ont massivement remis en question l'orientation de longue date du gouvernement moldave en matière de politique européenne. La forte résistance, inattendue, à l'intégration souhaitée dans l'Union européenne et le net rejet de la population ont montré que la tentative d'intégrer fermement le pays dans la zone d'influence européenne a échoué. Les partisans de l'adhésion à l'UE ont été nettement distancés pendant une grande partie du dépouillement des votes. Mais à la fin, une « magie du dépouillement » a semblé équilibrer les opinions et diviser le pays.
Avant les élections, on s'attendait à une majorité stable en faveur du cours pro-UE - les sondages prévoyaient 55 pour cent d'approbation. La réalité a toutefois montré une autre image. Ceux qui s'opposent à l'adhésion ont nettement gagné en popularité et ont remis en question le cours actuel de la politique étrangère de Chisinau.
La décision d'inscrire l'adhésion à l'UE comme objectif stratégique de la Moldavie dans la Constitution revient désormais au Parlement. Les forces pro-européennes pourraient alors avoir des surprises. La présidente Maia Sandu (photo) a peut-être obtenu des succès ponctuels, mais son discours maintes fois reporté parle de lui-même: les défis socio-économiques du pays pèsent lourdement sur la population moldave, et de nombreux citoyens d'obédience prorusse regardent Sandu avec hostilité.
Peu d'alternatives à Alexandr Stoianoglo au second tour
Malgré cette évolution, l'opposition moldave n'a pas réussi à battre Sandu au premier tour. L'une des raisons en est la désunion des forces d'opposition qui n'ont pas réussi à s'unir. Chacun a tenté de sécuriser son propre potentiel électoral.
Mais au second tour, il n'y aura guère d'alternative à Alexandr Stoianoglo (photo), qui dispose d'un large soutien et pourrait bien battre Sandu. Même si Sandu remporte ce scrutin, elle sera confrontée en 2025 à des élections législatives décisives qui réorganiseront les rapports de force. Le Parlement, qui nomme le Premier ministre et le gouvernement, a bien plus d'influence que le président.
Les perspectives pour le parti de Sandu, le PAS, sont sombres. Un adversaire de taille se dessine déjà: le populaire maire de Chisinau, Ion Ceban (photo), qui ne se présente pas aux élections présidentielles, mais qui jouera probablement un rôle central lors des élections législatives.
Il est toutefois peu probable que la Moldavie se rapproche radicalement de la Russie si le camp Ceban remporte les élections. Il est plus probable que la Moldavie adopte une position neutre, similaire à celle de la Géorgie, en suivant une ligne de politique étrangère équilibrée, axée sur la paix et la coopération économique. Pour y parvenir, l'opposition moldave doit toutefois entreprendre d'importantes réformes internes. Les socialistes autour de Dodon et Stoianoglo, la force politique la plus importante du pays, tentent déjà de se distancer de l'image d'un parti prorusse. Stoianoglo a été désigné comme candidat à la présidence principalement parce que Dodon n'aurait que peu de chances de remporter les élections en raison de son image négative de politicien prorusse.
La Russie soutient l'homme d'affaires Ilan Shor
La Russie soutient en particulier l'homme d'affaires Ilan Shor (photo), dont les relations avec les socialistes sont toutefois tendues. Shor et ses représentants ont même été exclus de la participation politique, ce qui laisse planer le doute sur la stratégie de son soutien par la Russie.
La division régionale de la Moldavie est particulièrement frappante. Stoianoglo, originaire de Gagaouzie, a obtenu 48,67 % des voix dans la région autonome de Gagaouzie, tandis que Sandu n'y a obtenu qu'un maigre 2,26 %. En Transnistrie, où un référendum sur l'adhésion à l'UE a également été organisé, environ 70 pour cent des électeurs ont voté contre l'intégration européenne. Ce profond rejet de l'intégration européenne illustre le potentiel d'une éventuelle division du pays.
Si le cours d'intégration européenne échoue, on peut s'attendre à ce que l'UE, les Etats-Unis et l'OTAN prennent des mesures plus dures et plus efficaces pour réorienter la Moldavie. D'autre part, le sort des régions prorusses de Gagaouzie et de Transnistrie dépend des développements géopolitiques dans la région. La Russie ne pourrait soutenir ces régions que si elle parvenait à contrôler la mer Noire jusqu'à Odessa. L'avenir de la Moldavie dépendra donc en grande partie du succès des opérations militaires russes en Ukraine.
La Moldavie se trouve à un carrefour décisif et l'issue de cette partie d'échecs géopolitique aura des conséquences importantes pour l'ensemble de la région.
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La crise haïtienne s'aggrave: le Kenya va-t-il aider?
La crise haïtienne s'aggrave: le Kenya va-t-il aider?
Leonid Savin
De l'extérieur, il est évident qu'Haïti est devenu ce que l'on appelle communément en sciences politiques un État en faillite. Les multiples crises et problèmes qui ont frappé le pays ont abouti au fait que les forces de sécurité internationales, qui sont présentes sur place sur décision du Conseil de sécurité des Nations unies, ne suffisent pas. La situation humanitaire reste également désastreuse, avec au moins 3661 personnes tuées en conséquence directe du banditisme en 2024 à la fin du mois de septembre, selon les Nations unies. Au moins 700.000 personnes ont fui leur domicile dans tout le pays et près de la moitié de la population - au moins 5,4 millions de personnes - souffre d'insécurité alimentaire.
Des gangs bien armés, au nombre d'environ 200, contrôlent une grande partie de la capitale Port-au-Prince et continuent de s'emparer de territoires. Récemment, des membres du gang Gran Grif ont perpétré l'une des attaques les plus horribles de ces dernières années, tuant au moins 115 personnes dans une zone agricole, selon le maire local.
Le 30 septembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé à l'unanimité d'autoriser le déploiement d'une force de sécurité internationale pour lutter contre les gangs armés en Haïti pour une année supplémentaire, mais une proposition américaine visant à transformer la force en une mission de maintien de la paix des Nations unies a été retirée de la résolution en raison de l'opposition de la Russie et de la Chine.
Plus tard, le 11 octobre, il a été révélé que c'était le Kenya qui enverrait 600 policiers supplémentaires en Haïti le mois prochain pour renforcer la mission internationale de lutte contre les gangs, selon le président William Ruto. Une dizaine d'autres pays se sont engagés à envoyer un total d'environ 2900 soldats pour participer à la mission menée par le Kenya.
Alors qu'environ 430 soldats seulement sont actuellement stationnés en Haïti, près de 400 d'entre eux sont originaires du Kenya. Avec la police locale, ils sont bien moins nombreux que les gangs, dont les membres sont au nombre de 15.000 environ.
Pourquoi le Kenya ? Parce qu'il est un satellite et un client des États-Unis, et qu'il fait le travail demandé par Washington. Ce n'est pas un hasard si Joe Biden a signé en juin 2024 un mémorandum désignant ce pays africain comme le principal partenaire des États-Unis en dehors du bloc de l'OTAN.
Les Américains ont besoin du Kenya non seulement pour pénétrer le continent africain, mais aussi pour l'utiliser comme un outil à des fins diverses, y compris en Haïti. Bien qu'il soit évident que la police kenyane, ne parlant pas français et ne connaissant pas les traditions culturelles locales, ne sera probablement pas efficace pour éradiquer le banditisme. Ils sont plus susceptibles de convenir en tant que troupes punitives auxiliaires et comme personnel pour organiser des barrages routiers.
Les États-Unis eux-mêmes avaient un contingent de 25.000 hommes en Haïti, mais ils ont eux aussi échoué dans la construction de l'État. Ils n'étaient probablement pas vraiment intéressés par l'indépendance et la prospérité du pays, mais se sont contentés de soutenir des régimes corrompus.
Après l'ingérence des États-Unis dans les élections haïtiennes de 2010-2011 (Washington Proxy - l'Organisation des États américains a forcé Jude Célestin à retirer sa candidature au second tour), Michel Martelly a gagné, dont le régime a eu un impact sur la création de la situation actuelle, en particulier en ce qui concerne le commerce et l'importation d'armes légères utilisées par les gangs. L'année dernière, un rapport de l'ONU a également affirmé que l'ancien président avait financé, négocié et établi des relations avec des gangs, les utilisant pour étendre son influence sur certaines zones et « contribuant à la persistance de l'instabilité, dont les effets se font encore sentir aujourd'hui ».
Les États-Unis ont imposé des sanctions à Michel Martelly (photo) en août 2024 suite à des accusations liées au trafic de drogue, un responsable américain citant le rôle qu'il a joué, avec d'autres, dans « la perpétuation de la crise actuelle en Haïti ».
Les résultats de l'enquête sur l'assassinat du président haïtien Jovenel Moise en 2021 montrent également un rôle clair des États-Unis dans l'affaire.
Walter Wintemilla, homme d'affaires du sud de la Floride, et sa société Worldwide Capital Lending Group ont financé le complot. Il est accusé d'avoir prêté 175.000 dollars à une société de défense basée en Floride, CTU Security, qui serait à l'origine de l'assassinat. Cette société a engagé plus de vingt mercenaires colombiens qui ont tué le président. Parmi eux se trouvaient Pretel Ortiz, informateur du FBI, et Antonio Intriago, également accusé par le gouvernement bolivien d'avoir planifié le coup d'État manqué d'octobre 2020 contre le président Luis Arce. Alejandro Rivera Garcia, officier de l'armée colombienne à la retraite, était également présent en Bolivie avec le groupe et c'est lui aussi qui a conduit le groupe d'auteurs à Haïti.
Antonio Intriago est un citoyen américain d'origine vénézuélienne, et il était l'un des organisateurs du concert Venezuela Live Aid 2019 à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, dont même les principaux médias américains ont admis qu'il visait à promouvoir un changement de régime au Venezuela.
Fait révélateur, Christian Sanon, originaire de Floride, a annoncé son intention de diriger un gouvernement de transition de trois ans en Haïti dans une lettre adressée à Julie Chang, secrétaire adjointe du Bureau américain des affaires de l'hémisphère occidental au département d'État, six semaines avant l'assassinat.
Quant à l'ONU, on sait que depuis l'ouragan de 2010, lorsque la mission était stationnée dans ce pays, de nombreuses filles et femmes locales ont été victimes de viols collectifs, y compris par des casques bleus de l'ONU. On sait toutefois que de tels actes avaient déjà été commis par l'ONU dans le passé.
En outre, l'ONU a été impliquée dans la propagation du choléra sur l'île, ce dont le secrétaire général de l'organisation s'est officiellement excusé.
Mais pourquoi les États-Unis ont-ils eu besoin de soutenir des régimes corrompus et même d'introduire leurs troupes sur l'île ? La réponse pourrait être les intérêts géoéconomiques de Washington.
La Commission économique pour l'Amérique latine (CEAL), qui fait partie du Comité des Caraïbes pour le développement et la coopération, a publié dès mai 1980 un rapport décrivant la probabilité de l'existence d'importants gisements de pétrole dans les Caraïbes, y compris au large de Port-au-Prince, en Haïti.
Selon certains rapports, les réserves de gaz naturel au large d'Haïti sont également estimées à des milliers de milliards de dollars.
Serait-ce la véritable raison pour laquelle les États-Unis veulent prendre le contrôle total de ce pays afin d'en exploiter davantage les ressources ?
19:39 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, caraïbes, haïti | |
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Sommet des BRICS: un tournant dans le système multipolaire et la réponse des États-Unis
Sommet des BRICS: un tournant dans le système multipolaire et la réponse des États-Unis
Jamal Wakim
Le groupe des BRICS s'apprête à tenir son sommet dans la ville de Kazan, située dans le bassin de la Kama, du 22 au 24 octobre. Les neuf pays membres participeront à ce sommet: la Russie, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil (pays fondateurs), ainsi que l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran et les Émirats arabes unis (nouveaux membres). De nombreux autres pays aspirent également à rejoindre l'organisation, qui vise à rompre avec l'unipolarité et à instaurer un monde multipolaire, au détriment d'un système dominé par les États-Unis.
Il convient de noter que plus de 40 pays ont récemment exprimé leur désir de rejoindre les BRICS, dans un climat régional marqué par un grand optimisme quant à la mise en place de mécanismes économiques visant à réduire la domination du dollar, dans un contexte de hausse des taux d'intérêt de la monnaie américaine. Parmi ces pays figurent la Syrie, qui espère tirer des avantages économiques de son adhésion malgré le blocus occidental, et l'Algérie, qui se sent encerclée par la France et le Maroc, ce dernier pays étant de plus en plus proche d'Israël.
Quant à la Turquie, elle souffre des politiques américaines visant à redessiner la géographie du Moyen-Orient. L'adhésion de la Turquie aux BRICS serait une compensation à sa déception vis-à-vis de l'Union européenne, qui lui refuse l'entrée, selon le ministre turc des affaires étrangères Hakan Fidan. Pour la Russie, cette adhésion représenterait un coup dur pour l'OTAN, Ankara disposant de la deuxième puissance militaire au sein de l'Alliance, après les Etats-Unis. Ce rapprochement turc signifie un éloignement de l'Occident et un rapprochement de l'orbite eurasienne.
Sous la direction de la Russie, les BRICS ont renforcé leurs partenariats stratégiques dans les domaines du commerce, de l'investissement, de l'innovation, de la technologie et des initiatives sociales pour soutenir la croissance économique des pays membres. L'objectif central et le plus important poursuivi par Moscou est la création d'une monnaie unique pour le groupe, comme alternative au dollar américain, qui a été le principal pilier de l'hégémonie mondiale des États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette monnaie unique porterait un coup sévère à la domination financière des États-Unis dans le monde.
Cela peut expliquer la sensibilité avec laquelle les États-Unis traitent le sommet des BRICS. Le lancement d'une monnaie commune soustrairait environ 45 % de l'économie mondiale à la sphère d'influence du dollar, ce qui provoquerait un afflux massif de capitaux sur le marché américain et augmenterait l'inflation dans l'ensemble du monde occidental. Elle affaiblirait également l'hégémonie financière des États-Unis établie par les accords de Bretton Woods, qui ont fondé le Fonds monétaire international et la Banque mondiale en 1944, consolidant ainsi la domination économique des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale.
Cette situation a non seulement alarmé les responsables américains, mais elle a également exaspéré les élites financières mondiales, contrôlées par des familles basées aux États-Unis et en Occident, telles que les Rothschild, les Goldman et les Schiff, qui voient leur domination financière, commencée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, menacée par la perte d'influence croissante du dollar, principal instrument de domination du capitalisme financier, au même titre que la livre sterling.
Ce contexte a poussé Washington, et en particulier les néoconservateurs - fer de lance du capital financier sioniste - à intensifier leurs actions contre le bloc eurasiatique, en particulier la Russie et la Chine. Cela s'est manifesté par des pressions exercées sur l'Ukraine pour qu'elle lance une offensive dans la région de Koursk et par des tensions accrues avec la Chine en Asie de l'Est. Le point le plus alarmant a été l'escalade israélienne contre le Liban il y a environ un mois, avec des attaques contre le Hezbollah et l'assassinat de ses chefs militaires, y compris son secrétaire général, Sayyed Hassan Nasrallah.
Selon le philosophe russe Alexandre Douguine, ces événements marquent le début d'une troisième guerre mondiale. Il affirme qu'Israël, après avoir commis un génocide contre des civils devant le monde entier, a lancé une guerre totale contre le Liban. Tout comme les Israéliens à Gaza ont préféré prétendre qu'ils combattaient le Hamas plutôt que les Palestiniens, Netanyahou parle maintenant d'affronter le Hezbollah tout en menant des attaques massives contre des civils dans un pays souverain. Voilà ce qu'est la guerre. L'Occident soutient pleinement cette agression israélienne contre le Liban.
Douguine ajoute que sur le front ukrainien, l'Occident est en guerre contre la Russie par l'intermédiaire des nazis ukrainiens, tout en combattant les musulmans chiites par l'intermédiaire des (aske)nazis israéliens. L'Occident est également prêt à entrer en guerre contre la Chine avec le soutien des "nazis taïwanais", en s'alliant avec l'Inde, le Japon et la Corée du Sud.
Ainsi, le monde se trouve actuellement à un tournant, symbolisé par le sommet des BRICS qui se tiendra à Kazan, en Russie. On espère que ce sommet prendra des décisions qui accéléreront la transition d'un système unipolaire à un système multipolaire, marquant ainsi la fin de l'hégémonie occidentale qui a débuté au milieu du 18ème siècle, ainsi que du capitalisme financier sioniste. Cela expliquerait les efforts violents des États-Unis, des néo-conservateurs et d'Israël pour stopper cette transformation en intensifiant les conflits en Ukraine, en Asie de l'Est et au Moyen-Orient.
19:22 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, brics, politique internationale | |
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