jeudi, 05 mars 2026
Géopolitique dans le contexte de la rivalité mondiale entre les États-Unis et la Chine

Géopolitique dans le contexte de la rivalité mondiale entre les États-Unis et la Chine
Elena Fritz
Quelle: https://t.me/global_affairs_byelena#
Ceux qui considèrent isolément les vicissitudes actuelles comme une «crise iranienne» sous-estiment son ampleur stratégique. Dans le contexte de la rivalité mondiale entre les États-Unis et la Chine, une image plus claire se dessine.
L’Iran a été pendant des années l’un des principaux fournisseurs de pétrole bon marché pour la Chine.
Les rabais tarifaires de 20 à 25 pour cent en dessous du prix du marché mondial ont conféré à Pékin un avantage structurel. Pour une nation industrielle orientée vers l’exportation, le prix de l’énergie n’est pas un sujet marginal, mais un facteur clé de compétitivité.
Une énergie bon marché signifie des marges industrielles plus élevées, des marges de manœuvre plus grandes sur les marchés mondiaux et une croissance accélérée.
La logique stratégique est donc simple:
Si un concurrent tire sa dynamique économique d’une énergie durablement bon marché, il est dans l’intérêt de la puissance rivale de limiter cet avantage.
Les chiffres illustrent l’ampleur:
- Le pétrole vénézuélien couvre environ 7% des besoins chinois – une interruption de ce flux caribéen serait supportable.
- Les livraisons iraniennes sont nettement supérieures; une augmentation des prix aurait des impacts visibles.
- Les livraisons russes représentent entre 12 et 18% des importations chinoises; si, elles aussi, ne bénéficient plus de remises, la structure des coûts se modifie fondamentalement.
C'est alors clair: il s’agit de modifier, par une forme ou une autre de coercition, le prix de l’énergie pour en faire le levier d'un contrôle géopolitique.
Sous le signe de la sécurité et de la stabilité, un facteur clé de la compétitivité chinoise est en fait abordé. Le conflit est donc moins régional que systémique.
L’approche stratégique est essentielle:
- Il ne s’agit pas de déstabiliser ou de vaincre la Chine.
- Il suffit de ralentir le rythme de croissance et de neutraliser les avantages structurels.
Dans les grandes compétitions de puissance, ce n’est souvent pas la victoire spectaculaire qui compte, mais le contrôle de la dynamique et du rythme.
Dans ce contexte, l’actualité ne paraît pas comme une escalade spontanée, mais comme une partie d’une arithmétique du pouvoir à long terme au 21e siècle.
12:27 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, états-unis, iran, actualité, politique internationlae, énergie, pétrole, hydrocarbures |
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mercredi, 04 mars 2026
Epstein était un conseiller politique de Macron avant même son accession à la présidence française

Epstein était un conseiller politique de Macron avant même son accession à la présidence française
Source: https://mpr21.info/epstein-era-un-asesor-politico-de-macr...
Les chasseurs de fausses informations (fake news), comme Viginum ou NewsGuard, affirment que les liens entre Macron et Epstein ne sont que des inventions du Kremlin. Cependant, les documents déclassifiés aux États-Unis montrent quelque chose de tout à fait différent et prouvent une fois de plus que ce sont les inquisiteurs modernes qui mentent.
Le nom de Macron apparaît plus de 200 fois dans les documents déclassifiés, où il est évident que les relations d’Epstein ne se limitaient pas au sexe, mais que les connexions étaient aussi politiques. Les chasseurs de fausses informations ont exploité le caractère politique des mentions pour affirmer que le président français n’a pas participé à des "activités sexuelles illicites".
Selon la correspondance publiée, Macron a à plusieurs reprises sollicité l’avis d’Epstein sur les institutions internationales et d’autres questions politiques, avant et après son élection en 2017 à la présidence de la République française.
Dans plusieurs courriels, Epstein affirme que Macron l’a consulté sur des sujets allant de la science à la politique. Dans un message du 30 août 2018, il écrit que Macron "veut mon avis sur presque tout, institutions, politique ou science", ajoutant que le président français "veut diriger l’Europe et peut-être le monde".
Dans un courriel du 17 septembre 2018 au directeur du Forum économique mondial, Borge Brende (*), marqué comme confidentiel, Epstein cite ce qu’il décrit comme un message de Macron concernant la révision des structures de gouvernance et des institutions internationales pour relever les défis mondiaux. Le message demandait un soutien aux innovations socio-économiques "pour promouvoir un avenir plus progressiste".
Les documents révèlent également des liens entre Epstein et des figures dans l’entourage de Macron avant son accession à la présidence. Un homme d’affaires émirati, le sultan Ahmed Bin Sulayem, a écrit à Epstein le 22 mars 2016, décrivant un déjeuner à l’Élysée où il a eu "une bonne discussion" avec Macron, alors ministre des Finances, sur "les affaires en France".
La présidente de l’Assemblée nationale française, Yael Braun-Pivet, s’est opposée à l’ouverture d’une enquête parlementaire sur les réseaux d’Epstein en France, qui touchent une grande partie de l’oligarchie politique, diplomatique et culturelle française.
Comme cela arrive souvent, le refus a suscité des soupçons ; ils veulent cacher quelque chose, car les documents dévoilés jusqu’à présent ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Les "pro-russes" sont très "mal-pensants", mais les photos d’Epstein au Louvre et sa résidence à Paris indiquent que ses réseaux considéraient la France comme faisant partie d’opérations en Europe.
(*) Brende a dû démissionner en raison de ses liens avec Epstein. Il est l’un des Norvégiens associés à Epstein, comprenant l’ancien Premier ministre Thorbjørn Jagland, la princesse héritière et un diplomate.
15:19 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réseau epstein, dossier epstein, france, actualité, emmanuel macron, europe, affaires européennes |
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Décision pour l'Iran

Décision pour l'Iran
Karl Richter
Source: https://www.facebook.com/karl.richter.798
Le 28 février 2026 restera, quand on portera un regard rétrospectif, comme le jour où beaucoup de choses ont changé. Ce jour entrera dans l’histoire comme celui où un grand pas vers la barbarisation de l’ordre international a été franchi. Comme le jour où les États-Unis et Israël ont définitivement enterré le droit international.
Depuis des décennies, l’Iran est considéré comme un paria dans le monde. Le pays avait déjà été soumis à des sanctions américaines dans les années 1950, lorsque le premier ministre du Shah, Mossadegh, avait nationalisé l’industrie pétrolière. Depuis 1979, le régime de sanctions est permanent. Depuis 2018, pendant le premier mandat de Trump, les exportations de pétrole iranien subissent même un embargo total. Les conséquences frappent principalement la population.
La guerre actuelle a donc une longue histoire, qui peut finalement être ramenée à deux éléments centraux: le pétrole et la signification géostratégique du pays. Si l’Iran tombe aujourd’hui, la Russie et la Chine tomberont demain. Le plateau iranien est le territoire-pivot essentiel de la masse continentale eurasienne. Si les États-Unis y prennent pied, toutes les voies vers la Russie, la Chine et la domination du grand continent eurasiatique leur seront ouvertes. Et enfin: le Grand Satan ne tolère pas de pays qui lui font face. En même temps, la résistance à l’ordre occidental, aux criminels et pédophiles de grande envergure, est plus que jamais nécessaire. Le géopolitologue russe Alexandre Douguine a récemment formulé, à propos des dossiers Epstein (dont plus personne ne parle soudainement!): «Le monde occidental s’est effondré. Aucun leader politique occidental, qu’il soit aux États-Unis ou dans l’Union européenne, ne possède plus aucune autorité morale. C’est une révélation: pratiquement tout l’Occident apparaît comme une organisation sataniste et pédophile. C’est la fin de toute prétention à diriger».
Et plus, l’agression de ces derniers jours paraît absurde; de surcroît elle montre à quel point la démarche arrogante, sans aucune retenue, affichée ces derniers jours, relève de la démesure. Le ministre américain des Affaires étrangères Hegseth affirme sérieusement que les États-Unis n’ont pas commencé la guerre, mais la terminent. Lors de l’attaque, Américains et Israéliens ont utilisé des renseignements obtenus par les services secrets selon lesquels la haute direction iranienne se rassemblerait dans un complexe à Téhéran, où se trouvent le bureau du président, du guide suprême Ali Khamenei et du Conseil national de sécurité. Trente bombes ont frappé le bâtiment. Khamenei, 86 ans, qui était depuis près de quarante ans la figure spirituelle de la République islamique, a trouvé la mort. Avec lui sont morts le président du Conseil de défense nationale, le chef des Gardiens de la révolution, le ministre de la Défense et le chef d’état-major, ainsi qu’au moins une vingtaine d’autres hauts responsables militaires et décisionnaires; sans parler de l’élimination d’une école pour filles à Minab avec 180 enfants tués. L’assassinat ciblé commis par la direction du camp adverse équivaut à une rupture avec tout principe de civilisation. La Russie ne s’est pas laissée entraîner à de tels écarts dans la guerre d'Ukraine qui dure depuis quatre ans.
Donald Trump, qui avait promis de mettre fin aux guerres interminables menées par les États-Unis, a laissé tomber le masque samedi dernier. Il a promis de réduire en cendres l’arsenal des missiles iraniens et a menacé de représailles sévères si l’Iran réagissait à l’assassinat de Khamenei. On connaît la chanson: les attaqués ne doivent même pas se défendre et doivent se faire tuer en silence. Une demande similaire avait été adressée par l’OTAN en 1999 à la Yougoslavie envahie par elle.

Le motif officiel de l’attaque – la soi-disant menace nucléaire – ne résiste à aucune vérification. Rafael Grossi (photo), directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, avait déclaré peu avant qu’il n’y avait pas de programme nucléaire iranien ni de menace immédiate. Et la veille de l’attaque, le ministre des Affaires étrangères d’Oman, qui avait favorisé les négociations entre Washington et Téhéran pendant des semaines, a annoncé qu’un accord de paix était à portée de main – l’Iran aurait accepté de réduire ses réserves d’uranium enrichi au niveau le plus bas possible. Puis les bombes sont tombées. De la même manière, les Ukrainiens mènent depuis des années des attaques qui mènent à l'escalade: frappes délibérées en plein milieu de négociations en cours – un exemple de ce qu’on peut appeler les "valeurs occidentales".

Dominik Steiger (photo), professeur de droit international à l’Université technique de Dresde, a été d’une belle clarté sur la question de la légalité de l’attaque contre l’Iran: «La réponse est très simple: non, ils n’avaient pas le droit de le faire». La Charte des Nations unies ne prévoit que deux exceptions à l’interdiction de toute violence: la légitime défense contre une attaque armée immédiate ou un mandat du Conseil de sécurité. Aucune des deux conditions n’était remplie. Une prétendue menace future ne suffit pas. Si on accepte cela, aujourd’hui, comme motif de guerre, demain, les frappes préventives suite à de simples soupçons seront monnaie courante. Il est évident que Washington et Tel Aviv souhaitent qu'advienne une telle organisation mondiale de nature criminelle. Elle équivaudrait à des guerres permanentes à travers le monde.
La démolition progressive du droit et la barbarisation qui en découle sont indiscutablement en cours. Dès la guerre du Golfe en 2003 – mais en réalité déjà lors des procès de Nuremberg en 1945/46 – le monde a été habitué à accepter à nouveau la torture comme un moyen juridique, revenant ainsi en arrière, avant l'ère des Lumières. Les interventions illégales et criminelles de l'OTAN en Yougoslavie (1999), en Irak (2003), en Libye (2011) et en Syrie (2012) étaient déjà clairement contraires au droit. Depuis le début de la guerre de Gaza en 2023, la conduite de guerre s'est placée totalement hors du droit: c'est bien là le fait du gouvernement Netanyahu dans la bande de Gaza et c'est largement tolérée à l’échelle internationale. L’interdiction de la violence, principe fondamental des relations internationales depuis 1945, est désormais ouvertement considérée par l’Occident moralement déliquescent, y compris Israël, comme un obstacle, et est simplement ignorée.
Ce qui est particulièrement choquant: une grande partie des conservateurs et des soi-disant « éveillés », jusque dans les rangs de l’AfD, applaudissent également. C’est après la crise du coronavirus et la guerre en Ukraine le prochain grand test d’intelligence, où beaucoup échouent. Malheureusement, tous ces Schunke, Tichy et Reichelt sont aveuglés par leur haine de l’islam et ne comprennent pas ce qui se joue réellement. Si le droit du plus fort l’emporte maintenant, demain, n’importe qui pourrait devenir la prochaine victime pour n’importe quelle raison, et personne ne pourra plus se plaindre. Avec de bonnes raisons, Alexandre Douguine conseille à la direction russe de ne pas prendre le même risque que la haute direction iranienne, qui a été anéantie, et plutôt d’utiliser les méthodes américaines: « Cela signifierait que nous pourrions éliminer la direction militaire et politique de l’Ukraine et, sans se soucier des coûts, résoudre les tâches de l’opération spéciale militaire». Tout à fait exact. Seuls des fous ou des criminels peuvent vouloir de telles relations internationales.
L’Europe, et en particulier l’Allemagne, devront se préparer à des turbulences. La sécurité de l’Allemagne et de ses voisins, tous incapables militairement, ne repose pas sur des porte-avions, mais uniquement sur la fiabilité du droit. Si cela disparaît et qu’un gouvernement de dilettantes, comme celui de Merz, provoque simultanément un conflit avec la Russie, les États-Unis et le monde islamique, des temps très troublés nous attendent. Chacun de nos voisins, comme la Pologne, et surtout la Russie, pourrait envahir notre territoire sans conséquences et tout mettre à sac. Au mieux, un tel scénario signifierait au moins la fin du régime.

Nous ne parlerons même pas des conséquences évidentes de la politique criminelle américano-israélienne. Depuis samedi, le prix du pétrole a augmenté de 16 %, celui du gaz LNG du Qatar de 45 %. Mardi, l’Iran a officiellement fermé le détroit d’Ormuz. Nous allons probablement assister à une poussée inflationniste, à des chaînes d’approvisionnement interrompues, peut-être à des attentats – après tout, l’Allemagne collabore avec la coalition Epstein. La Chine a déjà arrêté l’exportation de terres rares vers les États-Unis. Le système du pétrodollar – déjà sous pression depuis que la part du dollar dans les réserves monétaires mondiales est tombée de 71 % à 57,8 % – perd rapidement du terrain, ce qui est une bonne nouvelle. L’intégration du bloc BRICS s'accélére involontairement: le système de paiement interbancaire de la Chine et la plateforme mBridge, qui ouvre des corridors monétaires numériques entre la Chine, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et d’autres États, sont pleinement opérationnels. Leur mise en service pourrait être avancée, ce qui ferait encore chuter le dollar.
Téhéran ne pourra pas gagner militairement la guerre contre les puissances criminelles que sont Israël et les États-Unis. Ce n’est même pas la question la plus importante. L’Iran doit simplement tenir, survivre et faire monter le prix pour le bloc USrael. Moralement, personne ne pourra déjà leur enlever la victoire: le vieux Khamenei, qui ne s’est pas laissé évacuer et qui aurait déjà désigné son successeur, est devenu un martyr. Un martyr pèse plus lourd pour les chiites qu’un titulaire de fonction. Le chef suprême mort est une impulsion puissante pour rassembler le pays sous les yeux du monde. Par ailleurs, aucune opposition viable n’est visible. Chaque jour que l’Iran lutte et ne capitule pas, est une défaite pour Washington.
On a toujours eu raison dans le passé de se solidariser avec ceux que les médias, transatlantiques et amis d’Israël, ont tournés en ridicule ou criminalisés: Kadhafi, Saddam Hussein, Assad, les contestataires du Co vid, les Russes, et surtout Poutine. Dans la lutte pour le droit à l’autodétermination des peuples souverains et pour un ordre mondial plus juste, je suis depuis longtemps du côté de l’Iran. J’y étais il y a quelques années et j’ai participé à une conférence internationale à Mashhad. J’ai rencontré un peuple qui, malgré les sanctions, a conservé sa joie de vivre, son hospitalité et sa fierté nationale. Aujourd’hui, je suis avec lui dans mes prières et mes souhaits. Avec l’aide de Dieu, Satan mordra la poussière sur la terre des Aryens.
13:41 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, moyen-orient |
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mardi, 03 mars 2026
L'Allemagne et la guerre d'Iran: la question stratégique concrète

L'Allemagne et la guerre d'Iran: la question stratégique concrète
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Le débat actuel est trop abstrait: on parle de dissuasion, d’alliances ou de puissance militaire. Pour l’Allemagne, il s’agit cependant de quelque chose de très concret: les prix de l’énergie, la compétitivité industrielle et la stabilité économique.
La différence essentielle avec les conflits passés: un conflit avec l’Iran ne serait pas une campagne courte, mais une guerre d’usure à long terme avec pour enjeux l’énergie, les infrastructures et les marchés. C’est précisément là que réside sa puissance explosive sur le plan géopolitique.
L’Iran détient un levier central dans l’économie mondiale. Environ 20% du commerce mondial du pétrole transite par le détroit d’Hormuz. Même quelques attaques ou mines augmenteraient considérablement les coûts d’assurance et de transport. Les pétroliers feraient des détours, les chaînes d’approvisionnement deviendraient instables. Pour l’Allemagne, cela aurait des conséquences directes: le pétrole et le gaz deviendraient beaucoup plus chers, les prix de l’électricité augmenteraient, les investissements diminueraient. Les secteurs à forte consommation d’énergie, comme la chimie, l’acier ou la construction mécanique, seraient davantage encore sous pression.
De plus, l’Iran peut frapper l’infrastructure énergétique et industrielle dans toute la région du Golfe. Quelques drones suffisent pour paralyser temporairement des raffineries ou des terminaux. Si de telles attaques se répètent régulièrement, cela créerait une crise permanente sur les marchés de l’énergie — et représenterait un désavantage structurel pour l’Europe.
Un second effet est peu discuté. Un conflit prolongé occuperait l’attention et les ressources des États-Unis. En même temps, la pression sur l’Europe augmenterait pour qu’elle prenne plus de responsabilités militaires et financières. Concrètement, cela signifie: des dépenses dans le domaine de la défense plus élevées, davantage de dettes et moins de marge de manœuvre pour les investissements futurs dans l’économie.
Parallèlement, des pays asiatiques pourraient renforcer leur position: contrats énergétiques à long terme, nouvelles routes commerciales, sécurité dans la planification industrielle. L’Europe, en revanche, entrerait dans un état de crise permanent. Le vrai danger ne réside donc pas dans une défaite militaire.
Le danger est que l’Allemagne perde économiquement — par des prix de l’énergie durablement élevés, par l’incertitude et par une dépendance stratégique.
La question centrale n’est donc pas: qui gagnera cette guerre.
La question centrale est: comment l’Allemagne protège-t-elle sa base industrielle si la région du Moyen-Orient reste durablement instable? Une politique d’intérêts sobre devrait précisément commencer ici:
Sécurité d’approvisionnement, routes commerciales stables et désescalade. Car un conflit sur le long terme avec l’Iran serait moins une guerre régionale qu’un test de résilience économique et politique pour l’Allemagne.
12:50 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes, iran |
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Moyen-Orient: Premières fissures dans l’accord de sécurité avec les États-Unis

Moyen-Orient: Premières fissures dans l’accord de sécurité avec les États-Unis
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Un représentant du gouvernement saoudien a fait une déclaration d'une remarquable franchise lors d’une émission d’Al Jazeera:
La défense américaine se concentre en réalité sur Israël, tandis que les États arabes du Golfe — malgré les bases militaires américaines installées dans la région — ne reçoivent qu’une attention limitée.
Cette déclaration est géopolitiquement sensible, car elle touche au cœur du modèle de sécurité régional jusqu’ici en place:
Les États du Golfe fournissent territoire, infrastructure et financement — en échange, ils obtiennent des garanties de protection de Washington.
Mais ce modèle est désormais visiblement mis sous pression:
Premièrement: Au sein des élites de la région, le sentiment s’affirme que, en cas de crise, les États-Unis donneront des priorités claires. Et ces priorités ne seraient pas les monarchies arabes, mais Israël.
Deuxièmement: Cela soulève pour la première fois la question ouverte de l’utilité réelle de la présence militaire américaine. Les bases militaires ne garantissent pas automatiquement la protection. Au contraire, elles peuvent même devenir des cibles, sans qu’un bouclier défensif équivalent soit en place.
Troisièmement: Cette perception s’inscrit dans un contexte où l’Iran agit de plus en plus de manière précise et calculée. Les attaques contre les infrastructures et les alliés américains ne visent pas seulement des objectifs militaires, mais remettent également en cause la crédibilité de Washington sur le plan politique.
Avec chaque jour supplémentaire d’escalade militaire, ce malaise devrait s’accentuer.
Pour la direction américaine, cela représente un double risque:
Au plan intérieur, un conflit prolongé pourrait entraîner des pressions économiques et politiques.
Sur le plan extérieur, il y a un risque croissant de perte de confiance chez les partenaires régionaux clés.
Si cette tendance se poursuit, l’architecture de sécurité au Moyen-Orient pourrait se déplacer à long terme. Dans ce cas, les États du Golfe commenceront à diversifier leurs options stratégiques — sur le plan économique, technologique et peut-être aussi militaire.
Il ne s’agirait pas d’une rupture immédiate, mais d’un processus lent.
Mais ce genre de processus finit toujours par modifier l’ordre géopolitique.
12:32 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, états-unis, moyen-orient, actualité |
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Iran–USA: Pourquoi Téhéran agit différemment en 2026 – et pourquoi l’issue sera décidée à Washington

Iran–USA: Pourquoi Téhéran agit différemment en 2026 – et pourquoi l’issue sera décidée à Washington
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
La toute récente escalade dans le conflit irano-américain diffère nettement de la brève confrontation militaire de l’année dernière. À l’époque, l’accent était mis sur des frappes symboliques et une riposte limitée. Aujourd’hui, l’Iran adopte une logique opérationnelle différente. Ce changement explique pourquoi le conflit est politiquement plus dangereux que par le passé.
Premièrement : un changement dans l’objectif militaire.
L’année dernière, l’Iran réagissait principalement par des frappes directes mais limitées, visant à éviter une escalade. L’objectif était de démontrer la dissuasion sans déclencher une guerre plus large. Les attaques étaient calculées, limitées dans le temps et politiquement contrôlées.
En 2026, une autre approche se manifeste. Téhéran ne se concentre plus principalement sur Israël, mais sur les infrastructures militaires américaines au Moyen-Orient. Des attaques répétées contre les bases, la logistique et la défense aérienne visent à montrer la vulnérabilité plutôt qu’à frapper de manière décidée, immédiatement.
Ce mode d’action correspond à une stratégie classique d’usure: ce n’est pas la victoire militaire rapide qui importe, mais l’augmentation progressive des coûts politiques et économiques pour l’adversaire.
Deuxièmement : pourquoi cette stratégie a été choisie.
La direction iranienne a tiré des leçons des escalades précédentes. Les frappes symboliques ont eu un effet limité. Elles n’ont pas conduit à un changement durable de la présence américaine dans la région.
La stratégie actuelle s’attaque donc à un point plus sensible: la crédibilité de la projection de puissance américaine.
Lorsque les installations américaines restent sous pression, des doutes surgissent quant à la stabilité de l’ordre sécuritaire régional.
Troisièmement: la logique des coûts.
Des drones et missiles bon marché obligent les États-Unis à déployer des systèmes de défense coûteux. Chaque attaque engendre un effet financier asymétrique. Cette augmentation des coûts est centrale car elle n’agit pas seulement sur le plan militaire, mais renforce aussi les débats politiques.
Par ailleurs, cette escalade reste en dessous du seuil d’une guerre ouverte. Washington est ainsi contraint de réagir sans disposer d’une solution stratégique claire.
Quatrièmement: la composante énergie et infrastructure.
L’Iran envoie un signal en montrant qu’il peut menacer des infrastructures énergétiques clés de la région. Même quelques frappes précises pourraient perturber massivement la production et l’exportation. Cette vulnérabilité agit comme une dissuasion pour les acteurs régionaux et augmente la pression sur les États-Unis.
Cinquièmement : la dimension intérieure aux États-Unis.
Le véritable levier de cette stratégie ne réside pas seulement dans les dégâts militaires, mais dans l’impact politique. Pour la première fois, des bases militaires américaines sont aussi intensément sous attaque.
Si cette phase dure plusieurs semaines, plusieurs risques pèsent sur Washington : les pertes pourraient influencer l’opinion publique, l’incertitude économique déstabiliser les marchés, et la hausse des prix de l’énergie renforcer l’inflation.
Ce facteur devient particulièrement important à l’approche des élections de mi-mandat. Une escalade prolongée pourrait renforcer la critique à l’encontre du gouvernement et mobiliser ses opposants politiques.
Sixièmement : la pression temporelle comme facteur structurel.
D’un point de vue stratégique, il est compréhensible pourquoi un conflit court paraît plus gérable pour Washington. Plus la phase active dure, plus les coûts politiques et économiques augmentent.
Si le déroulement militaire n’aboutit pas à un succès attendu, cela accroît l’incitation à rechercher rapidement des solutions diplomatiques.
11:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, états-unis, géopolitique |
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lundi, 02 mars 2026
Ukraine et Hongrie. L’autre guerre

Ukraine et Hongrie. L’autre guerre
Par Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/ucraina-ungheria-laltra-guerra/
Victor Orbán ne mâche pas ses mots. Il ne cherche pas à dissimuler, avec diplomatie, ses vérités.
C’est un homme direct, parfois presque brutal dans ses déclarations.
Et, avec une franchise extrême, il a dit que la Hongrie, sa Hongrie, réagirait avec détermination aux attentats contre les lignes de gaz russes, essentiels pour son économie.
Ces attaques proviennent d’une seule source : l’Ukraine de Zelensky. Qui tente ainsi de saboter et d’empêcher les approvisionnements en provenance de Russie.
La position d’Orbán n’est pas isolée. Le chef du gouvernement slovaque, Fico, semble également décidé à réagir de manière très dure, voire militaire, face aux attentats ukrainiens.
Et il ne s’agit pas seulement de deux cas. De nombreux pays d’Europe de l’Est commencent à ressentir fortement le terrorisme ukrainien. Et, au-delà des positions variées des gouvernements, ils sont progressivement poussés à une réaction semblable à celle de la Hongrie.
C’est la pression d’une opinion publique de plus en plus inquiète, voire angoissée, face à la perspective d’un blocage total du gaz russe. Qui, au-delà de l’aspect purement économique – en payant plus de dix fois le prix du gaz pour le chauffage domestique – risque de mettre à genoux les industries locales, provoquant une crise sociale sans précédent.
Et nombreux sont ceux qui s’inquiètent.
Bulgares, Roumains, malgré un gouvernement imposé par un coup d’État et soumis à Bruxelles. Et aussi les Tchèques, qui commencent déjà à prendre leurs distances avec Washington.
Même en Pologne, le malaise social et l’aversion pour l’Ukraine deviennent de plus en plus tangibles.
Orbán, donc, donne une voix à cette dissidence croissante.
Il le fait pour protéger les intérêts hongrois contre la violence du régime ukrainien, qui est, par ailleurs, soutenu par les hautes sphères européennes et l’OTAN.
Ce faisant, il trace cependant une ligne de démarcation claire.
Et marque la fin de l’Union européenne.
Si l’Hongrie devait passer à une réaction armée contre l’arbitraire du régime de Zelensky, ce serait la fin de toute union entre les peuples d’Europe.
Le retour à une politique des nations.
Le retour à la défense des intérêts nationaux, désormais non plus sacrifiés par des cénacles corrompus, étrangers à la réalité des peuples, qui ne font semblant de gouverner que nominalement, tout en étant soumis à d’autres intérêts.
19:45 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, affaires européennes, europe, hongrie, slovaquie, ukraine, gaz russe, viktor orban |
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L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran

L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran
par Filippo Bovo
Source : Filippo Bovo & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/l-eterogenesi-dei...
Maintenant que nous sommes au troisième jour du conflit,celui-ci atteint une intensité qui dépasse toutes les prévisions. Il dépasse sûrement, même si c'est négativement, celles des États-Unis ainsi que d’Israël, qui pensaient mener une opération éclair selon la doctrine militaire du « shock and awe »n « frappe et terrorise », visant à une « domination rapide » du conflit), mais aussi celles de leurs alliés en Europe et dans le Golfe. Il dépasse également celles de nombreux autres, qui, du côté opposé, regardaient ces derniers jours avec une inquiétude motivée le déploiement massif et croissant des forces américaines dans la région, en prévision d’une attaque destructrice contre l’Iran.
Plusieurs facteurs corroborent ce phénomène. Par exemple, au début des attaques, le premier jour, la thèse dominante était que le conflit ne durerait pas plus de 4 jours. Cependant, hier seulement, entre le deuxième et le troisième jour, Trump a rectifié ses prévisions en parlant d’au moins 4 ou 5 semaines, tout en mettant en garde contre le risque de nouvelles pertes parmi les forces américaines (officiellement, nous en sommes déjà à 3 morts et plusieurs blessés, dont certains très graves), ainsi que d’autres «dommages collatéraux» (par exemple, une moindre disponibilité d’hydrocarbures et l'augmentation relative de leurs prix, avec des conséquences pour l’inflation: ce n’est pas un hasard si la Maison Blanche pousse maintenant à une forte augmentation de la production de shale oil et à l’utilisation des réserves stratégiques, le Brent ayant entre-temps augmenté de +9 %, à 80 dollars).

Il faut faire la différence entre le langage électoral et la réalité sur le terrain: les élections de mi-mandat sont très proches, et le pays est déjà en campagne électorale. En arrivant face aux électeurs avec une victoire facile, après un conflit court qui lui aurait permis de brandir d’énormes résultats (la fin, outre du « spectre » nucléaire iranien, de son programme de missiles et de ses liens avec le Hezbollah, les Houthis, les milices chiites irakiennes comme Harakat Hezbollah al-Nujaba, Asaib Ahl al-Haq, Kataib Hezbollah, l’Organisation Badr, peut-être aussi un «changement de régime» et la fin de l’opposition à Israël), Trump aurait eu la garantie d’un résultat «bulgare» pour le Parti républicain au Congrès. Avec un conflit qui s’allonge et dont l’issue est incertaine, tout cela devient beaucoup plus difficile: c’est un «marécage» qui peut entraîner des coûts humains et économiques peu «hygiéniques» dans la perspective des élections.
De plus, Netanyahu, avant de partir pour Berlin, où il a trouvé refuge contre les frappes iraniennes qui mettent sérieusement en crise le système de la défense aérienne israélienne (à cause de l’éblouissement des radars dans les bases américaines du Golfe et de la saturation, avec des drones et des missiles à bas coût, de systèmes d'interception coûteux comme Patriot, THAAD et Arrow 3, qui sont rapidement gaspillés), a déclaré à la télévision que la confrontation avec l’Iran sera longue et dure. Le Premier ministre israélien, lui aussi, repose sur une majorité fragile, et fait face à la pression de la magistrature nationale dans au moins trois affaires de corruption. La guerre devait lui assurer une longue vie politique (éradiquer une fois pour toutes la «menace» de Téhéran ferait de lui un héros national), mais pour l’instant, cela ne se passe pas comme prévu.
Puisque ni les États-Unis ni Israël n’ont l’intention de s’engager dans une crise guerrière prolongée et incertaine (les deux pays disposent de systèmes militaires orientés vers des affrontements courts et efficaces, peu enclins à des conflits de toute autre nature, encore moins une guerre asymétrique et de friction comme celle menée par Téhéran), la recherche d’une solution est évidemment saluée favorablement. L’Iran a été approché par des pays tiers, même co-belligérants (pas par hasard, les bases américaines sur leur territoire ont été frappées, comme dans d’autres pays du Conseil de coopération du Golfe), tels le Qatar et Oman, qui ont présenté une demande de « cessez-le-feu » envoyée par les États-Unis. Téhéran, par la voix du Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a cependant rejeté avec dédain cette offre. Même l’Italie, qui maintient également des canaux informels avec l’Iran, a collaboré pour transmettre une demande de « cessez-le-feu » de la part de Washington, mais n’a obtenu qu’un refus (d’ailleurs, il est assez curieux d’apprendre cette nouvelle dans des journaux étrangers, alors que Tajani présente aujourd’hui un rapport au Parlement italien: nos médias n’en parlent pas ou très vaguement).
Naturellement, ici aussi, le langage électoral entre en jeu. Trump, qui ne peut pas se permettre, pour des raisons évidentes, le luxe de révéler à ses concitoyens qu’il a «prié» pour un «cessez-le-feu» de la part de Téhéran avant une extension du conflit sans réserves militaires suffisantes pour le contenir, a «retourné l’œuf» en disant que les nouveaux dirigeants iraniens, succédant à Khamenei, lui avaient demandé de parler et qu’il avait accepté. Quand le démenti iranien est arrivé, avec le rejet de tout «cessez-le-feu», est arrivé, la crise a éclaté.

Ce n’était pas le seul cas: presque simultanément, une correction a été publiée par Riyad à un article du Washington Post (propriété du milliardaire d’Amazon Jeff Bezos, également considéré comme un pilier profond du Département d’État américain), qui attribuait au prince héritier MBS des pressions sur Trump pour qu’il lance l’attaque contre l’Iran dès que possible. Avec un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères saoudien a démoli point par point cet article, réaffirmant que Riyad a jusqu’ici plutôt fait pression sur l’administration Trump pour qu’elle n’entreprenne pas d’actions nuisibles aux efforts saoudiens visant à préserver la stabilité régionale. L’article du Washington Post est une «fausse information» journalistique, qui répond néanmoins à une stratégie précise: pousser l’Arabie saoudite et tous les autres membres du Conseil de coopération du Golfe à la guerre contre Téhéran, ce qui a été largement révélé. D’autres épisodes y contribuent, comme la récente et controversée attaque sur la raffinerie ARAMCO de Ras Tanura (qui s’apparente à celle du plus grand complexe de liquéfaction de GNL au monde, à Ras Laffan, à proximité, avec une suspension de la production).
Pour l’Iran, une extension du conflit dans ces termes équivaut à mettre encore plus la machine économique et militaire israélo-américaine sous pression, et, par suite, à la paralyser. Cependant, puisque les États du Golfe ont officiellement maintenu leur neutralité envers Téhéran (à l’exception d’être dupés et abandonnés par les États-Unis, comme l’a déclaré un officiel saoudien à Al Jazeera), jusqu’à présent, les forces iraniennes n’ont pas attaqué leurs sites énergétiques, se concentrant principalement sur les bases américaines. Déjà, alors que la Ligue arabe renouvelle ses appels à la désescalade, plusieurs figures politiques du Conseil de coopération du Golfe déconseillent une intervention contre Téhéran, affirmant que ni leurs pays ni l’Iran n’en tireraient profit, mais seulement d’autres puissances extérieures aux intentions tout sauf amicales envers la région.
Mais, en fin de compte, une extension de la fracture diplomatique entre Washington et Riyad (avec tout le Conseil de coopération du Golfe) serait également un excellent résultat pour l’Iran: l’équivalent d’une extension du conflit, sous une autre forme.
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L'épée du Katechon

L'épée du Katechon
La situation est critique ! L'épée du katechon au lieu de l'Opération militaire spéciale – telle est la dernière chance: Douguine commente l'attaque contre l'Iran
Par Alexandre Douguine
Ce qui s’est passé le premier jour de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran modifie radicalement l’équilibre des puissances dans le monde, ainsi que les règles de la politique internationale. Trump dit depuis longtemps que le droit international n’existe pas: «La morale, c’est ce que je considère comme moral». En principe, après le kidnapping de Maduro et l’établissement d’un contrôle externe direct sur le Venezuela, ainsi que les attaques contre l’Iran par la destruction de ses dirigeants militaires, politiques et religieux, je pense qu’il n’est plus possible de parler de règles, lois ou normes dans les relations internationales.
En réalité, seul le droit du plus fort, la loi du plus rapide, prévaut désormais. Celui qui frappe le plus vite ou qui agit le plus rapidement a raison. Tout le reste n’est qu’une justification postérieure. Autrement dit, il s’agit maintenant de porter un coup décisif à l’ennemi, de briser sa résistance, de détruire son leadership et d’attaquer ses principales installations militaires et énergétiques. Ensuite, cela peut être formalisé comme on veut, justifié comme on veut et analysé aussi longtemps qu’on le souhaite.
Je crois que tout dépend désormais de combien de temps et avec quelle détermination l’Iran pourra résister. S’il continue à mener cette guerre après la destruction de ses dirigeants politiques, s’il ne se rend pas, s’il ne brandit pas le drapeau blanc et ne capitule pas, cela peut aussi mal finir pour l’Occident. Car alors tous les autres commenceront à agir de la même manière, sans prêter attention à rien et en surestimant leur potentiel, sans tenir compte de leur statut juridique. Cela donnera carte blanche à de nombreuses forces régionales qui feront ce qu’elles veulent. Ainsi, la situation pourrait rapidement conduire à l’utilisation d’armes nucléaires, peut-être dans le conflit entre le Pakistan et l’Afghanistan, ou dans d’autres. Il n’y a pas de règles claires.
En résumé : si l’Iran continue à résister sous la direction de la nouvelle gouvernance, cela pourrait avoir des conséquences très graves pour l’Occident et influencer la direction prise par Trump, par les États-Unis et les pays de l’OTAN. Mais si la situation se répète comme au Venezuela, c’est-à-dire si la nouvelle direction se déclare vaincue ou si les militaires ne peuvent simplement plus poursuivre les hostilités, la guerre sera courte. Et dans ce cas, nous devrons aussi attendre un scénario similaire. Il n’y a aucun doute: Trump et l’Occident, s’ils voient que ce plan fonctionne, élimineront simplement les principaux dirigeants politiques et militaires de la Russie.
Aujourd’hui, il est clair que nous agissons avec incertitude. Et en suivant ce même schéma, lors des prochaines négociations avec Kushner et Witcoff, ils nous frapperont. Peut-être même avec des armes nucléaires. C’est pourquoi je pense que la situation est critique pour nous. Nous n’avons défendu ni le Venezuela ni l’Iran, et la Chine reste également neutre. Mais dans ce cas, après nous viendra la Chine. Et alors, le « royaume » d’Epstein s’étendra sur toute l’humanité.

Je tiens à souligner qu’aujourd’hui, on peut déjà dire que nous ne faisons pas seulement face à l’Occident libéral. Le libéralisme a disparu très rapidement de l’agenda et s’est dissous. Plus personne ne parle de valeurs libérales ou de démocratie, tout cela appartient au passé. Maintenant, c’est le culte de Baal, le culte du veau d’or, le culte du pouvoir mondial, le culte des États-Unis et d’Israël. C’est une civilisation de violence, de satanisme, de cannibalisme, de perversions et de pédophilie. Et cette « civilisation pédophile de Baal » enlève le masque devant nos yeux et commence à attaquer sérieusement.
Ce qui se passe ressemble beaucoup à la fin des temps sous tous les points de vue. Et si nous ne trouvons pas la force de comprendre la situation, nous nous retrouverons dans une situation catastrophique. Beaucoup insistent sur le fait que « ce n’est pas le moment de paniquer », mais parfois, il vaut mieux se préoccuper sérieusement de ce qui se passe que de croire que tout se passera simplement. Maintenant, il est certain que cela ne se passera pas simplement: l’Iran est le dernier obstacle sur le chemin d’une guerre directe entre la civilisation de Baal et la Russie.
Si nous avions la volonté et la détermination suffisantes (bien que j’aie de sérieux doutes à ce sujet), nous devrions commencer à agir selon les mêmes règles que celles que tous suivent déjà, sauf nous. C’est-à-dire que nous éliminerions la direction politique-militaire de l’Ukraine et, sans prêter attention aux coûts, nous mènerions à bien les tâches de l’opération militaire spéciale.
D’ailleurs, contrairement à des noms comme « Bouclier de Judas », « Fureur épique » ou « La fin du déluge », que les puissances mondiales utilisent, je rebaptiserais notre modeste opération militaire « L’épée du Katechon ». Et cela changerait beaucoup de choses immédiatement.
Mais je crains que nous n’osions pas le faire et que nous continuions avec le même refrain. Et alors, je le répète, les missiles arriveront à Moscou juste pendant les négociations avec Kushner et Witcoff, suivant littéralement le scénario iranien. La civilisation de Baal est simple: elle répète les mêmes scénarios, et ceux-ci fonctionnent encore et encore. Parce que chacun pense que cela ne concerne que Kadhafi, Hussein, Milosevic, Mubarak, Nasrallah, Assad ou le chef suprême Khamenei, mais pas nous. Et ainsi, étape par étape, la civilisation de Baal atteint ses objectifs.
Donc, soit nous nous mobilisons d’urgence, soit la situation sera extrêmement grave. Et si nous avons encore des illusions, cela signifie qu’il y a une profonde fausseté dans notre propre camp. Surtout dans le contexte de ce qui s’est passé en Iran: une catastrophe à l’échelle mondiale. Là, des personnes merveilleuses, des dirigeants spirituels remarquables, ont péri. C’est comme si on avait assassiné en même temps le patriarche de Moscou, le président, le chef d’état-major et tous les ministres clés. Et en même temps, la mort de plus d’une centaine d’écoliers, d’âmes innocentes, par des missiles. Après quelque chose comme cela, peut-on rester indifférent et faire semblant que cela ne nous concerne pas particulièrement, en disant que notre affaire est autre?
C’est pourquoi, si nous acceptons tout cela et gardons le silence, la prochaine fois, ils feront la même chose avec nous. C’est pourquoi je suis absolument convaincu que, dans la situation actuelle, nous devrions décréter immédiatement l’état d’urgence. Au moins au niveau de la haute direction. Parce que la situation devient critique pour nous.
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Aggression contre l’Iran par les États-Unis et Israël - La première réaction officielle de la Chine

Aggression contre l’Iran par les États-Unis et Israël
La première réaction officielle de la Chine
Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/32440-reda...
Pékin demande la fin immédiate des hostilités et le retour au dialogue, en soulignant que «la souveraineté nationale, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être respectées».
Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé aujourd’hui sa profonde inquiétude face aux attaques militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Dans une note officielle, le porte-parole du ministère a déclaré que «la Chine est très préoccupée par l’attaque militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran», réaffirmant un principe clé de la politique étrangère chinoise: «La souveraineté nationale, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être respectées».
Un appel à la désescalade et au dialogue
Dans son communiqué, Pékin a lancé un appel à la communauté internationale, demandant «la cessation immédiate des actions militaires» afin d’«éviter une intensification supplémentaire des tensions». Le porte-parole a également souligné l’urgence de «reprendre le dialogue et les négociations» comme seule voie pour «maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient».
Les déclarations de Pékin interviennent à un moment de crise grave. Dans les premières heures de samedi, le ministère israélien de la Défense avait annoncé le lancement d’une attaque «préventive» contre la République islamique, avec pour objectif déclaré «d’éliminer les menaces contre l’État d’Israël». Par la suite, le président américain Donald Trump a confirmé l’implication des forces armées américaines dans l’opération.
Suite à cette offensive conjointe, l’Iran a rapidement riposté en lançant des attaques de missiles non seulement contre Israël, mais aussi contre plusieurs bases américaines au Moyen-Orient. Des explosions et des alarmes ont été signalées à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, en Jordanie, au Koweït, au Qatar et en Arabie saoudite, pays qui abritent des installations militaires américaines.
Téhéran avait précédemment averti que toute action militaire contre lui «serait considérée comme le début d’une guerre», réaffirmant la pleine préparation de ses forces armées à répondre «immédiatement et résolument à toute agression».
16:06 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, chine, politique internationale, diplomatie, actualité, asie, affaires asiatiques |
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dimanche, 01 mars 2026
Les Occidentaux ont une image tronquée de l'Iran

21:52 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran |
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Ayatollah Khamenei: le leader qui a modernisé l'Iran

Ayatollah Khamenei: le leader qui a modernisé l'Iran
Udo Gaudenzi
Source: https://www.facebook.com/ugo.gaudenzi
La vie de l'Ayatollah Ali Khamenei – d'étudiant dans la ville sainte de Mashhad à la fin prématurée de son règne de 36 ans – est une histoire étroitement liée à celle de l'Iran moderne.
Alors que le monde réagit à sa mort dans le contexte des attaques israélo-américaines, revisitons les moments qui ont défini son héritage.
La naissance d’un révolutionnaire: s’opposer au Shah
Bien avant de revêtir la robe de Guide Suprême, Khamenei était un jeune homme passionné. Né en 1939 dans une famille religieuse modeste, il était un orateur efficace qui s’est joint au mouvement pour renverser le Shah.
Dans les années 60 et 70, il a été arrêté six fois par la police secrète du Shah, la SAVAK, subissant tortures et exil intérieur. Ces années de résistance clandestine ont renforcé ses lettres de noblesse révolutionnaires.
L’attentat à la bombe de 1981
Le 27 juin 1981, Khamenei donnait une leçon dans une mosquée de Téhéran, lorsque un groupe dissident (le MEK) a fait exploser une bombe dissimulée dans un enregistreur placé devant lui.
L’explosion lui a gravement endommagé le poumon et a paralysé définitivement son bras droit. Sa survie a été perçue par ses fidèles comme un signe de la volonté divine.
Attentat suicide de 1985: reprise du sermon après 3 minutes
Même après être devenu président, les menaces ont persisté. En mars 1985, un kamikaze a fait exploser une charge lors d’une prière du vendredi à l’Université de Téhéran, alors que Khamenei prêchait.
L’explosion a tué le kamikaze et plusieurs autres personnes, mais Khamenei est resté indemne. Après seulement trois minutes, il a repris son sermon. Il a immédiatement accusé l’Irak et juré : « Nous répondrons à chaque coup de poing par un coup plus dur. »
Président réticent et commandant en temps de guerre
Pendant la guerre Iran-Irak dévastatrice de 8 ans (1980-1988), Khamenei fut président et représentant de Khomeini au Conseil suprême de la défense. Il a passé des mois en première ligne, assistant à la mort d’innombrables commandants et soldats. La guerre et le soutien de l’Occident à Saddam Hussein ont renforcé sa méfiance profonde et durable envers les États-Unis.
Succession inattendue
Lorsque le « Père de la Révolution », l’ayatollah Khomeini, mourut en 1989, son successeur désigné (Montazeri) était discrédité. L’Assemblée des Experts s’est tournée vers Khamenei, bien qu’à l’époque il ne fût pas encore un marja (une autorité religieuse de haut niveau).
Dans son premier discours en tant que Leader, il a admis: « Je suis un individu avec beaucoup de défauts et de lacunes, et je suis vraiment un petit séminariste. » La constitution a ensuite été modifiée pour lui permettre d’occuper cette fonction.
Fatwa contre les armes nucléaires
Au début des années 2000, Khamenei a émis une fatwa (décret religieux) interdisant le développement d’armes nucléaires, en les déclarant non islamiques.
Malgré cette fatwa, l’Occident a continué à soutenir que l’Iran tentait de se doter d’une bombe nucléaire.
« Tu resteras dans mon âme, patrie »
Un des moments les plus touchants et humains de ses années s’est produit l’année dernière. Lors d’une cérémonie d’Ashura à Téhéran, Khamenei n’a pas prononcé de discours. Il a plutôt silencieusement évoqué l’éloge funèbre de Mahmoud Karimi et lui a murmuré un message.
Karimi a ensuite annoncé à la foule : « Son Eminence m’a dit de réciter ceci : ‘Tu resteras dans mon âme et dans mon cœur, ô patrie…’ »
Dernière alerte
À seulement un mois de sa mort, alors que les forces américaines s’accumulaient dans la région et que le président Trump menaçait d’attaquer, Khamenei est apparu pour lancer son ultime avertissement public.
Il s’est présenté devant son peuple et a déclaré : « Les Américains doivent savoir que s'ils commencent une guerre, cette fois, ce sera une guerre régionale. »
L’ayatollah Khamenei a été le dernier lien avec la génération fondatrice de la Révolution de 1979. Sa mort ne laisse pas seulement un vide de pouvoir, mais ferme également un chapitre de l’histoire moderne de l’Iran.
20:08 Publié dans Actualité, Biographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ali khamenei, iran, actualité, biographie, chiisme |
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samedi, 28 février 2026
La confrontation permanente avec la Russie devient la nouvelle norme en Europe

La confrontation permanente avec la Russie devient la nouvelle norme en Europe
Elena Fritz
Source: https://pi-news.net/2026/02/dauerkonfrontation-mit-russla...
Un cessez-le-feu en Ukraine, selon Foreign Affairs (cf. https://www.foreignaffairs.com/russia/europes-next-war-ch... ), ne rétablirait pas l’équilibre, mais marquerait la transition vers une phase de confrontation structurelle à long terme entre la Russie et l’Occident.
Une analyse du journal américain de géopolitique Foreign Affairs formule une constatation remarquablement pertinente: un cessez-le-feu en Ukraine ne rétablirait pas l’équilibre, mais marquerait le passage à une phase de confrontation structurelle durable entre la Russie et l’Occident. Ce diagnostic constitue une auto-positionnement stratégique.
Premièrement, les auteurs partent du principe que l’architecture de sécurité d'avant 2022 est irréversiblement détruite. Le Conseil OTAN-Russie est considéré comme pratiquement mort, l’OSCE comme largement démantelé, l’interconnexion économique entre l’UE et la Russie comme détruite. Les canaux de communication sont réduits, la confiance réduite à néant. Ainsi, un tel état de choses n’est plus défini comme une crise, mais comme la nouvelle normalité.
Aucun effondrement interne de la Russie
Deuxièmement, il est admis ouvertement que la Russie ne s’effondrera pas politiquement ou économiquement, même en cas de défaite. L’attente d’un effondrement interne, sur laquelle beaucoup de stratégies occidentales comptaient implicitement, est qualifiée d’irréaliste. Cela signifie: l’Occident se prépare à une concurrence durable, et non à une transformation de la Russie.
Troisièmement, l’analyse décrit un développement parallèle: l’UE se remilitarise systématiquement, la Russie réorganise ses ressources militaires et économiques. La question centrale n’est plus de savoir si un conflit futur est possible, mais quand et dans quelles conditions il pourra être contrôlé.
Risque d’attaque russe contre l’OTAN: peu probable
Il est remarquable que l’on estime qu’une attaque directe de la Russie contre l’OTAN est peu probable. Le vrai risque réside dans la «zone grise»: opérations hybrides, cyberattaques, incidents, exercices militaires, crises politiques aux frontières de l’alliance. Les zones d’escalade possibles incluent la Biélorussie, la Géorgie et la Moldavie. La menace réside moins dans la planification que dans la dynamique.
Par ailleurs, la crainte fondamentale est clairement identifiée: un effondrement du pacte transatlantique. La priorité centrale est donc de maintenir durablement les États-Unis en Europe. La stratégie proposée combine la militarisation de l’Europe, la limitation des canaux de communication avec Moscou, et une intégration progressive des États post-soviétiques dans les structures de l’UE. L’objectif n’est pas la détente, mais une confrontation contrôlée en dessous du seuil nucléaire.
Tous les acteurs ont des intérêts légitimes — même la Russie !
Mais voici le paradoxe: l’«irréversibilité» supposée de la rupture est présentée comme une réalité objective, alors qu’elle résulte de décisions politiques prises entre 2022 et 2025. Les institutions ne se désintègrent pas d’elles-mêmes. Elles sont démantelées. Et ce qui a été détruit politiquement peut aussi être politiquement reconstruit.
Plus grave encore, la prémisse normative: la Russie ne doit pas avoir de voix légitime dans sa proximité immédiate. Cela supprime l’espace pour des compromis, car toute reconnaissance d’intérêts serait interprétée comme une capitulation. Reste une logique pure d’équilibre des forces sans modèle viable pour un ordre européen stable.
Une approche réaliste supposerait que tous les acteurs ont des intérêts légitimes et que la stabilité ne naît que de leur équilibre. Tant que ce niveau n’est pas atteint, le conflit est reproduit structurellement.
Pour l’Europe et l’Allemagne, ce débat marque une rupture. Le continent évolue vers une économie de sécurité à long terme, où la militarisation, la mobilisation industrielle et la formation de blocs géopolitiques deviennent la nouvelle base de la légitimité politique. La question n’est plus de savoir si cette orientation coûte, mais dans quelle mesure elle transformera l’économie, la société et les systèmes politiques. Une confrontation permanente n’est pas un destin inévitable. C’est une décision stratégique. Et chaque décision comporte des alternatives. Mais celles-ci sont actuellement peu discutées.
21:03 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, russie, otan, actualité, affaires européennes, politique internationale |
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Protestantisme, souverainisme, orthodoxie

Protestantisme, souverainisme, orthodoxie
Cristi Pantelimon
Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100005135564621
Le souverainisme est né de l’érosion de l’idée de communauté. Pour être plus précis, non pas de « l’idée » en soi, mais de l’état mental et spirituel implicite dans la communauté.
Les auteurs protestants, dans leur lutte contre l’empire catholique, ont déplacé le centre de gravité du monde occidental vers l’individu. La mesure de la foi est devenue «l’intensité» de celle-ci, chez Luther. Tout était dans l’individu, rien ne concernait la communauté, ni la tradition des Pères Saints. Aucune confiance dans le monde communautaire, seulement dans l’individu qui se veut et est un réceptacle de la Parole de Dieu comme «commandement».
De plus, à travers le cadre manichéen hérité d’Augustin, les protestants ont divisé le monde en chrétiens bons/parfaits et d’autres non authentiques. Les premiers n’auraient pas besoin de la loi politique, mais puisque la nature humaine est mauvaise et que les vrais chrétiens sont peu nombreux, jusqu’à la conquête totale de la Cité terrestre par ce christianisme rigoriste, tout-puissant, une puissance laïque, un État, une loi s’imposaient.
La même vision de l’État comme une forme inopportune et inutile dans le christianisme «parfait» se trouve chez le catholique Donoso Cortés, qui croyait sincèrement que l’Europe était la création du catholicisme, c’est-à-dire de l’esprit totalitaire-religieux de l’Ouest.
Chez Calvin, la commandement divin reste la dernière loi, c’est pourquoi sa construction est apparemment politique, mais en réalité théocratique.
Il faut chercher au-delà des mots une atmosphère qui dominait ce monde. Luther sépare les bons chrétiens de ceux qui ne sont qu'imparfaits, mais c’est une séparation totale, dramatique.
Même si, par endroits, les conseils qu’il donne aux princes ressemblent à ce que nous savons des «Enseignements» de Neagoe (icône, ci-contre), le fond est différent. Un monde où l’individualisme a été la base ne peut plus être comme le monde levantin, où le pouvoir n’a jamais été «distribué» comme il l’a été en Occident, c’est-à-dire dualiste.
Une fois une telle séparation opérée, un tel dualisme, nos auteurs cherchent à voir précisément jusqu’où s’étend le pouvoir laïc et où commence le pouvoir spirituel.
Le plus simple est chez Luther: les choses extérieures relèvent du pouvoir laïque, celles de l’âme, du pouvoir spirituel, qui n’obéit qu’à la Parole de Dieu. D’où la «liberté» intérieure du protestant, qui n’est en fait qu’une forteresse fixe, inconfortable, dans laquelle aucun rai de lumière communautaire ne pénètre. Ce monde avait évidemment besoin d’une régulation extérieure excessive, pour contrebalancer le besoin de certitude dans la réception de la Parole de Dieu dans un sens de justesse.
Aucun milieu orthodoxe ne mobilisera autant d’énergie pour préciser ce qu’est la liberté, jusqu’où la foi de l’individu s’étend et où commence l’espace public. «L’espace public» est un autre concept trompeur. Ce n’est pas un espace communautaire, mais l’espace où se manifestent les intérêts individuels. C’est déjà un marché. Pas une famille. Ainsi, la transplantation du souverainisme occidental/américain dans l’espace oriental n'est qu'un implant, un hybride.
Politiquement, nous ne sommes pas dirigés par un Souverain qui devient le lieu de l’incarnation de Dieu sur terre, mais par une symphonie d’ordre spirituel-mondain qui ne connaît pas la séparation, mais s’adapte à toutes les catégories de la communauté qu’il représente. C’est seulement cette symphonie qui représente véritablement l’ensemble communautaire. Le souverain est un solitaire gardé par ses conseillers. L’empereur ou le Seigneur est un père de la nation entouré par le peuple. Dès lors, c’est un autre monde!
Ce que le pouvoir occidental a fait et qui a tracé son destin, le rigorisme excessif, fils du piétisme, l’obéissance à la règle extérieure, etc., sont tous, avec le temps, des éléments qui fragilisent la maison occidentale.
Sans une vie communautaire vivante et large, allant de la culture à la relation entre les hommes, aucune société ne peut survivre.

Les Grecs connaissent le mieux cette leçon. Ils nous donnent aussi la mesure du remède, à travers les présocratiques, où il est dit clairement que la Vérité est communautaire, c’est-à-dire qu’elle ne peut être vraie que ce qui est ressenti en commun par tous.
La question de Luther «Jusqu’où s’étend le pouvoir séculier?» ou «Jusqu’où s’étend l’autorité laïque?» montre elle-même la difficulté dans laquelle le protestantisme a été plongé.
Dans le christianisme oriental, une telle question ne se pose pas, car elle ne peut recevoir de réponse. Comme nous ne pouvons pas savoir exactement, contrairement à ce que croit Carl Schmitt, qui est le souverain, nous ne pouvons pas non plus savoir jusqu’où s’étend l’autorité laïque.
Cela parce que nous n’avons pas deux cités, comme le croyait faussement Augustin, ni deux autorités ou deux souverainetés, comme croyaient les médiévaux, ni un Souverain, comme pensait Hobbes, ni des états d’exception, comme le croient Carl Schmitt ou Agamben.
L’état d’exception n’est qu’une question législative, pas spirituelle. Elle ne peut pas être résolue de manière «politique», mais seulement spirituelle-politique. Les idées de Schmitt sur le Souverain ne diffèrent pas beaucoup de celles de Luther sur l’étendue du pouvoir mondain.
Cette conception occidentale des limites de la souveraineté mondaine provient de la même racine manichéenne qui fonde le christianisme occidental, et qui doit séparer précisément les domaines pour leur assurer une maîtrise absolue. Il semble aujourd’hui tard pour nous, Orientaux, de retrouver notre chemin vers les sources de notre pensée théologico-politique. Mais en réalité, ce n’est pas le cas.
Justement parce que nous vivons l’échec du modèle individualiste occidental, il faut revenir à l’origine de notre tradition, qui est pérenne et orientale, et qui a été, jusqu’à un certain point, aussi celle de l’Occident, mais dont celui-ci s’est éloigné.
Le contexte géopolitique mondial nous est favorable.
20:11 Publié dans Actualité, Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, occident, tradition, traditionalisme, orthodoxie |
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vendredi, 27 février 2026
Guerre contre la drogue au Mexique

Guerre contre la drogue au Mexique
Leonid Savin
Nouvelle phase de conflit et rôle des États-Unis
Le 22 février, dans l’État mexicain de Jalisco, lors d’une opération spéciale, selon les autorités, le chef du cartel de la drogue « Nouvelle Génération Jalisco », Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho » (photo, ci-dessous), a été tué. Il était l’un des criminels les plus recherchés du Mexique, et les États-Unis avaient offert une récompense de 15 millions de dollars pour son arrestation. Il est accusé d’activités criminelles depuis les années 1990, y compris de trafic de drogues, d'enlèvements, d'assassinats, de trafic d’armes et d'extorsion. Avant la création de « Nouvelle Génération Jalisco », Nemesio a travaillé dans les cartels de Milenio et de Sinaloa, ainsi que dans la police (après avoir purgé une peine de trois ans aux États-Unis pour trafic d’héroïne dans les années 90). Des rumeurs circulaient auparavant sur sa mort, due à une maladie, mais une enquête officielle n’a pas confirmé cette version.

En réponse aux informations du gouvernement, les représentants du cartel «Nouvelle Génération Jalisco» ont lancé des raids et des actes de vandalisme avec des tirs indiscriminés. On a repéré des attaques contre 50 agences bancaires, l’aéroport de Guadalajara, une base de la garde nationale, ainsi que des blocages routiers et de nombreux incendies criminels. Selon les données officielles, plus de 10 personnes ont été tuées et au moins 50 ont été blessées. D’après les photos et vidéos publiées, au moins un avion, des dizaines de bus et de véhicules ont été brûlés, et une attaque contre un hôpital a eu lieu.
Outre l'État de Jalisco, des troubles ont également eu lieu dans d’autres régions du Mexique. Dans l’État voisin d’Oaxaca, les écoles ont été fermées. Étant donné les tentatives de bloquer les autoroutes dans des États qui appartiennent officiellement à d’autres cartels, il est possible que d’autres groupes criminels paramilitaires aient exprimé leur solidarité avec «Nouvelle Génération Jalisco». Ces actions étaient tout à fait prévisibles – car si le gouvernement commence à éliminer des dirigeants de cartels, d’autres pourraient suivre. Par conséquent, le gouvernement de Claudia Sheinbaum, qui suit la ligne de Donald Trump, risque d'aggraver le conflit intérieur, ce qui aura des conséquences politiques, et sera exploité par ses opposants.

Si l’on considère l’histoire des cartels de drogue au Mexique, ils ont évolué au fil des décennies et, d’organisations criminelles, ils sont devenus une puissante écosphère, qui constitue une sorte d’État dans l’État. Comme dans le cas de la Colombie sous Pablo Escobar, lorsque les barons de la drogue remplaçaient les services publics, les cartels mexicains ne se contentent pas d’activités illégales, mais achètent aussi la loyauté des populations locales via des projets sociaux tels que la construction d’hôpitaux et d’écoles. Les combattants des cartels sont bien équipés, disposent d’armes modernes, de véhicules blindés et de moyens de communication avancés. Fait intéressant, la guerre en Ukraine leur a apporté une expérience supplémentaire: il est connu que des représentants de cartels ont été envoyés dans les territoires contrôlés par Kiev pour acquérir de l’expérience dans l’utilisation de drones, pour ensuite utiliser ces connaissances contre les forces de l’ordre mexicaines. Cela a été reconnu aussi par les médias occidentaux, où le cartel «Nouvelle Génération Jalisco» a été spécifiquement mentionné.
Au total, il y a 16 grands cartels de drogue au Mexique, certains coopèrent entre eux, d’autres sont en conflit. Ils ont des liens avec des organisations similaires en Équateur, en Colombie, au Pérou et en Bolivie, pays d’où provient la cocaïne. Au Mexique, des drogues synthétiques comme la méthamphétamine et le fentanyl sont aussi produites, et des raids réguliers sont menés contre des laboratoires de drogue. Les principaux marchés de consommation sont les États-Unis, mais aussi les pays de l’UE, où la drogue est livrée par voie maritime.

Mais ce qui est encore plus intéressant, c’est que presque toutes les armes à feu en possession des membres des cartels sont fabriquées aux États-Unis, et sont souvent de type militaire. Depuis le début de la guerre contre la drogue en 2006, initiée par la direction américaine et ayant coûté la vie à des dizaines de milliers de Mexicains, personne n’a pu expliquer comment ces armes ont atterri chez les cartels. Cependant, il est évident que leurs tentacules ont pénétré profondément non seulement dans le système gouvernemental mexicain, mais aussi chez le voisin du nord. En effet, une partie des revenus issus de la vente de drogue a été historiquement utilisée par les services secrets américains comme budget spécial pour les opérations secrètes, et certains itinéraires du trafic mondial de drogue ont été planifiés par ces mêmes agences. Étant donné que la CIA et le Pentagone ne sont que des exécutants avec un appui politique, il existe sans aucun doute, tant chez les républicains que chez les démocrates, des groupes qui profitent directement du trafic de drogue (comme les fonds occultes pour les campagnes électorales).
Cependant, Donald Trump a tendance à accuser les autres et à chercher des problèmes à l’étranger, inventant parfois des organisations inexistantes, comme dans le cas du cartel «Los Soles», que l’on attribuait au président vénézuélien Nicolás Maduro. Même la mention du groupe vénézuélien «Tren de Aragua» dans le trafic international de drogue par le Département d’État et la Maison Blanche allait à l’encontre des recherches américaines, qui affirmaient que ce groupe ne constitue pas une telle organisation.
L’expérience de la Colombie et de l’Équateur a montré que les méthodes préventives de lutte contre ces organisations, dans le cadre de l’aide fournies par les États-Unis, sont peu efficaces. De nouveaux leaders remplacent ceux qui sont tués, la spirale de violence tourne toujours, et la société en souffre davantage. Les experts, engagés dans ce domaine depuis de nombreuses années, ont reconnu que suivre les directives des États-Unis ne ferait qu’aggraver la situation, qui sera utilisée pour une ingérence constante de Washington. Pour une solution durable, d’autres mécanismes, d’autres formats et d’autres plateformes, tant régionales qu’internationales, sont nécessaires. Bien qu’il y ait eu aussi des exemples locaux de succès, comme en Équateur sous Rafael Correa, où la criminalité grave a diminué de manière significative en quelques années. Par conséquent, dans les efforts pour améliorer la sécurité des citoyens et éliminer la criminalité organisée au Mexique, il faut adopter une approche souveraine, plutôt que de réagir uniquement aux menaces du voisin.
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Ésotérisme, néo-athéisme et Epstein

Ésotérisme, néo-athéisme et Epstein
par Bruna Frascolla
Source: https://telegra.ph/Esoterismo-neoateismo-ed-Epstein-02-19
Les documents Epstein ont révélé l'implication de figures de proue du néo-athéisme auprès du pédophile. Le néo-athéisme étant lié au sionisme, la relation entre Jeffrey Epstein, juif pratiquant, et le néo-athéisme ne peut se limiter à un soutien utilitaire visant exclusivement les découvertes scientifiques. Examinons les figures de proue du néo-athéisme.
Le néo-athéisme, en tant que mouvement organisé et phénomène Internet, a émergé dans les années 2000. Il s'adressait à un public jeune, intéressé par la science et, en effet, il est difficile de trouver un vulgarisateur scientifique qui ne soit pas au moins agnostique. Cette catégorie, telle que nous la connaissons aujourd'hui – le vulgarisateur scientifique expert en médias – a probablement eu son premier représentant en la personne de Carl Sagan (1934-1996) (photo), un scientifique médiocre à la recherche d'OVNI qui avait un accès privilégié aux médias et se présentait comme une sorte d'incarnation de la rationalité, ce qui implique d'être un athée scientiste qui explique la religion comme une simple conséquence de l'ignorance et des peurs humaines. Cependant, ce grand prêtre de la rationalité s'est enthousiasmé pour le projet de la NASA visant à enseigner l'anglais aux dauphins sous l'influence du LSD et a même fondé l'« Ordre du Dauphin », une société secrète composée de scientifiques intéressés par les extraterrestres. Au lieu d'être un athée agressif (il convient de rappeler qu'il était américain et que les États-Unis ont des préjugés à l'égard des athées), Sagan a adopté une philosophie spinozienne et a cité Einstein. Il n'était donc qu'un athée juif parmi d'autres.
Les personnages principaux
Les étapes historiques du néo-athéisme sont éditoriales. En 2004, le jeune journaliste californien Sam Harris (né en 1967) a publié The End of Faith: Religion, Terror, and the Future of Reason, une diatribe contre la « religion organisée » comme cause de tous les maux. Le livre fut un best-seller, un résultat impressionnant compte tenu du fait qu'il s'agissait des États-Unis, mais explicable par le traumatisme récent de l'attaque des tours jumelles. Selon l'argumentation du pionnier, le simple fait d'être religieux suffit pour commettre des attentats terroristes. En ce qui concerne son parcours religieux, Sam Harris est le fils d'un père quaker et d'une mère juive, ce qui fait de lui un juif selon la Halacha.
Il convient de noter que Sam Harris n'est pas un athée compatible avec le rationalisme typique des vulgarisateurs scientifiques, car il est adepte de l'ésotérisme, s'est ouvert à la « spiritualité » grâce aux drogues et s'est même rendu au Tibet pour étudier la méditation avec le Dalaï Lama. Peut-être que le problème de Harris réside exclusivement dans la « religion organisée », c'est-à-dire la religion avec des institutions et des doctrines solides, plutôt que dans les religions désorganisées qui vénèrent des gourous ésotériques. En 2009, après avoir atteint la célébrité, sa recherche de la moralité scientifique lui a valu un doctorat en neurosciences (pas en philosophie : en neurosciences !), mais il n'a pas poursuivi de carrière universitaire.
Le deuxième nom important dans la chronologie est celui de l'Anglais Richard Dawkins (né en 1949), professeur à Oxford, qui mène une vie indépendante de l'activisme athée. Dawkins incarne au mieux l'idéal du néo-athée : c'est un véritable scientifique avec une œuvre reconnue, il présente le darwinisme comme la preuve que la science contredit la religion (qu'il considère tacitement comme synonyme de créationnisme), il est athée depuis son adolescence et considère toutes les personnes religieuses comme des fanatiques.
Après le succès éditorial de Sam Harris, l'éditeur a accepté sa vieille proposition d'écrire un livre contre la religion. En 2006, The God Delusion trouve éditeur, un livre radical selon lequel quiconque croit en Dieu est littéralement délirant. Quant à ses origines, Dawkins est né au Kenya britannique, fils de parents anglicans. C'est lui qui a lancé la mode de se définir comme « culturellement chrétien » ou « culturellement anglican » (Pinker se définit comme « culturellement juif ») – et puis on se demande comment un scientifique super-scientifique peut être culturellement délirant.
Le philosophe américain Daniel Dennett (1942-2024) est le personnage le plus intéressant quand on examine ses origines. Son père était titulaire d'un doctorat en études islamiques et il a passé son enfance au Liban parce que son père y travaillait pour l'OSS (un précurseur de la CIA). Le nom complet de Daniel Dennett était Daniel Clement Dennett III, et son père était Daniel Clement Dennett Jr. Il a écrit trois livres importants en rapport avec notre sujet: Consciousness Explained (1991), dans lequel il propose une explication matérialiste de l'esprit ou de l'âme (toute conscience et toute pensée coïncideraient avec l'activité cérébrale) ; Darwin’s Dangerous Idea (1995), qui fonde la moralité sur le darwinisme (en accord avec la thèse de Harris) ; et, pendant le phénomène du néo-athéisme, il a publié Breaking the Spell (2006), dans lequel il tente de trouver des explications évolutionnistes à l'existence de la religion.
Dans ce livre, au lieu de se définir comme athée, il se déclare « bright » et encourage un mouvement appelé The Brights, composé de « naturalistes philosophiques ». Cela inclurait à la fois des athées radicaux comme Dawkins et des personnalités nuancées comme Einstein (Daniel Dennett, photo, ci-contre).
Enfin, il y a le journaliste anglais Christopher Hitchens (1949-2011). Il a suivi un parcours libéral de gauche pendant la majeure partie de sa vie, avec une parenthèse au sein du Parti travailliste et du trotskisme. Il était ami avec d'importantes figures de l'antisionisme tels qu'Edward Said, Israel Shahak et Noam Chomsky. Cependant, son parcours change en 2001, lorsqu'il soutient l'invasion de l'Irak, encouragé par l'attaque des tours jumelles. En 2007, en pleine vague de néo-athéisme, il publie God is Not Great, dans lequel il rejette la phrase arabe « Allahu Akbar ». Quant à ses origines, il a été élevé dans la religion chrétienne et ce n'est qu'à l'âge de 38 ans qu'il a découvert que sa mère était d'origine juive, après quoi il a commencé à s'identifier comme juif. Selon la nécrologie publiée par le magazine identitaire juif Tablet Mag, Hitchens considérait l'athéisme comme un remède juif pour éviter le totalitarisme. Dans le même article, nous apprenons que sa mère était une fanatique du New Age qui s'est suicidée avec son amant, un ancien pasteur qui l'avait conduite vers la secte d'un gourou indien. Loin de rejeter la folie comme un bon athée rationaliste, Hitchens considérait l'adhésion de sa mère à cette mode comme une caractéristique dialectique du judaïsme.


Considérations
Une chose qui m'a toujours frappé dans le néo-athéisme, c'est l'invraisemblance de sa thèse principale: que toutes les personnes religieuses sont ignorantes, et que seuls les athées sont scientifiques et intelligents. L'athéisme était très rare avant le siècle dernier, et le seul grand scientifique dont nous sachions qu'il était sans équivoque athée est Darwin. Le fait que cette idée se soit répandue dans le pays d'Isaac Newton est encore plus absurde, car ce génie scientifique, en plus d'être un exégète biblique obstiné enclin au mysticisme, était aussi une sorte de proto-créationniste, qui croyait en un Créateur expert en mathématiques et qui a inspiré les Boyle Lectures. Il ne serait pas exagéré d'affirmer que le néo-athéisme visait à combattre le fantôme de Newton afin de séparer le christianisme de la science, en faisant croire aux gens que si l'on est chrétien, on est stupide. Si l'on est juif, cependant, il existe de nombreuses preuves scientifiques que le QI est lié à la race – preuves fournies, entre autres, par James Watson, prix Nobel et énième scientifique à apparaître dans les Epstein Files.
Eh bien, en regardant ces courtes biographies, je constate que seul l'un des « quatre cavaliers » correspond à l'image de l'athée sans équivoque qui méprise tout ce qui n'est pas un miroir. L'initiateur de cette tendance, Sam Harris, est un ésotériste qui croit que la science peut remplacer la religion en fournissant un guide moral scientifiquement correct. Il pourrait être considéré comme un spinoziste, un type qui croit que Dieu est la même chose que la nature. Hitchens considérait l'athéisme comme une vertu juive, son athéisme est donc lié à cette religion ethnique. Celui qui se rapproche le plus du radicalisme du gentil Dawkins est le tout aussi gentil Dennett. Tous deux partagent une agressivité darwinienne qui ne semble pas ouverte à la déification de la nature, que Darwin décrit comme un monde réel où règne la loi du plus fort. Cependant, Dennett suit l'aspect moins médiatisé de Darwin, qui considère la solidarité sociale comme un mécanisme évolutif de l'espèce : alors que Dawkins fragmente les individus pour parler d'un gène égoïste, Dennett préfère prêter attention à la sélection des collectivités altruistes. De plus, au lieu de se positionner simplement comme athée, il a préféré rejoindre un mouvement de brillants « naturalistes » autoproclamés. À l'exception de Dawkins, tous indiquent une zone ambiguë entre athéisme et déisme, ouvrant la voie à toute charlatanerie de type New Age dans laquelle on peut insérer des chiffres et affirmer qu'il s'agit de science. Rien de très différent de Sagan qui s'émerveille devant les dauphins sous l'effet du LSD.


Or, la divinisation de la nature expliquerait également la vénération d'un juif religieux comme Epstein pour les mécanismes de la sélection naturelle. Il est courant de souligner la relation entre le calvinisme et le darwinisme en raison du concept de prédestination. Cependant, un déisme spinoziste et matérialiste conduirait à une divinisation du mécanisme même de la sélection naturelle.
Une question qui est un éléphant dans la pièce est le sionisme. D'un point de vue rationnel, le sionisme devrait être rejeté par les athées qui détestent la « religion organisée », car Israël est un État religieux fondé sur une promesse faite par Dieu à Abraham.
Cependant, les trois néo-athées ont pour habitude de se concentrer sur l'islam : c'est comme si Israël était un État laïc et que le conflit existait uniquement parce que les musulmans sont fanatiques, et non parce que leurs biens (ainsi que ceux des chrétiens) ont été volés. Dennett ne semble pas avoir commenté le sujet, mais il n'était pas très versé dans les médias. Hitchens, bien qu'il se définisse comme antisioniste et argumente sur la base du libéralisme, soutenait en pratique l'État d'Israël car il appuyait avec enthousiasme l'invasion de l'Irak. Les Juifs sont représentés comme des êtres rationnels et éclairés (même si le fanatisme religieux juif n'est pas absent en Israël) ; seuls les Palestiniens sont des personnes religieuses, obscurantistes et pleines de haine.
Et puisque Epstein nous a amenés à ce point, il convient de rappeler une fois de plus que deux des personnalités mentionnées se trouvaient à bord du Lolita Express d'Epstein (Dawkins et Dennett) et que Sam Harris a reçu des fonds d'Epstein pour son ONG d'athées qui se considèrent comme géniaux (Edge Foundation, ou Edge.Org).
Nous avons également discuté des convictions d'Epstein dans un article précédent, et ici réapparaît le matérialisme psychique, qui fait de l'âme une chose matérielle située dans le cerveau, même si nous ne pouvons pas la voir. Dennett fournit les bases philosophiques de cette conviction. En ce qui concerne les correspondances avec la Renaissance, l'idée darwinienne d'une moralité inhérente à la nature trouve un précédent dans De rerum natura, car ce ne sont pas seulement les corps biologiques qui sont composés selon un ordre, mais aussi les corps sociopolitiques, qui se constituent spontanément et se désintègrent lorsqu'ils souffrent d'un désordre interne.
Un autre sujet intrigant que nous n'avons pas encore abordé (car je suis encore en train de me mettre à jour) est la tentative, pendant la Renaissance, de dépasser la division du christianisme occidental par une nouvelle religion fondée sur les révélations d'Hermès Trismégiste. Les hermétistes croyaient que Moïse, Pythagore et Platon s'étaient rendus en Égypte pour apprendre toute leur sagesse de ce personnage, Hermès. De cette manière, le christianisme aurait pu revenir à ses véritables racines avec le judaïsme, car Hermès était le maître de Moïse. C'est de là que proviennent l'hermétisme, la kabbale chrétienne et le début du mouvement occultiste.

Enfin, une question demeure : si l'occultisme ne professe pas publiquement tout ce en quoi il croit, est-il possible que l'athéisme militant soit la couche exotérique d'une religion hermétique ? Se pourrait-il qu'avec l'essor du scientisme, le surnaturel (ou pré-naturel) ait été privatisé pour de petits cercles d'initiés qui fréquentent d'étranges fêtes dans des temples situés sur des îles privées, tandis que toutes les institutions affirment que rien de surnaturel n'existe ?
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jeudi, 26 février 2026
Le "Board of Peace" de Trump. Que faut-il en penser?

Le "Board of Peace" de Trump. Que faut-il en penser?
par Daniele Perra
Source : Daniele Perra & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/board-of-peace
Comme tout ce qui touche au « trumpisme », le « Board of Peace » semble voué à un échec (scientifiquement recherché) qui oscille entre le tragique et le ridicule. D'après les premières indiscrétions, la bande de Gaza serait divisée en cinq parties, chacune gérée par l'un des cinq pays qui ont actuellement accepté d'envoyer des troupes: le Kosovo, le Kazakhstan, l'Albanie, le Maroc et l'Indonésie. Ce sont tous des pays à majorité musulmane (ce qui, en théorie, devrait faciliter la coopération avec la population gazaouie). Cependant, aucun d'entre eux (à l'exception du Maroc et de l'Indonésie, mais dans une mesure limitée) n'a d'expérience dans la confrontation avec des groupes insurrectionnels armés. Au contraire, dans le cas de l'Albanie et du Kosovo (qui, entre autres, ne dispose même pas de véritables forces armées, étant un protectorat de l'OTAN), on peut ouvertement parler de soutien à des groupes terroristes. L'Albanie héberge le groupe terroriste iranien MeK ; le Kosovo est né de la lutte du groupe terroriste UCK, bien connu également pour le trafic de stupéfiants et d'êtres humains.
Il est donc peu probable qu'ils parviennent à convaincre le Hamas de déposer les armes.
Tout cela, bien sûr, au profit d'Israël qui se sentirait (à nouveau) autorisé à intervenir militairement (comme il le fait déjà, malgré le prétendu cessez-le-feu). Enfin, l'objectif fondamental ne semble pas du tout être la stabilisation, mais plutôt de créer le chaos dans le but précis de pousser les Palestiniens hors du territoire et de spéculer autant que possible. Dans ce sens, le rôle de plus en plus prépondérant du promoteur immobilier et gendre de Trump, Jared Kushner (fils de Charles Kushner, l'un des meilleurs «amis» de Netanyahu), dans les plans géopolitiques de la nouvelle administration Trump n'est pas surprenant. Après tout, ce rôle était déjà apparu avec force dans les dossiers Epstein.
14:23 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : actualité, donald trump, palestine, gaza, board of peace |
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L'Iran est une petite Russie mais plus grande...

L'Iran est une petite Russie mais plus grande...
Cristi Pantelimon
Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100005135564621
La relation entre les États-Unis et l’Iran comporte tous les ingrédients du vieux nœud gordien. L'actuel Alexandre le Grand des États-Unis, Trump, n’a pas, en revanche, l’option de la force face à ce nœud complexe.
L’Iran n’est pas seulement soutenu par la Chine, mais il est aussi le symbole de la résistance de l’Eurasie face à l’ingérence américaine, qui, après l’Afghanistan, s’est de plus en plus affaiblie dans la région. De plus, l’Iran est le symbole de la résistance de l’islam face à Israël, ce qui complique énormément la tâche de Trump.
D’un côté, Trump a besoin d’Israël pour faire pression sur le monde arabe ; de l’autre, il a besoin du monde arabe (y compris l’Iran) pour diminuer la pression du lobby israélien aux États-Unis (tel que le définissent John Mearsheimer et d'autres). Un Israël remis à sa place lui garantirait une retraite honorable du front moyen-oriental, afin d’essayer un retour ailleurs (au Japon, en Australie, au Groenland?).
D’un autre côté, un Iran dans le camp sino-russe ne convient pas à long terme aux plans américains visant à étouffer partiellement l’économie chinoise.
Tel est l'actuel nœud gordien !
Trump n’a aucune option gagnante.
L’interview de Tucker Carlson avec l’ambassadeur Mike Huckabee est une tentative de faire pression sur Israël, dans le sens de dévoiler les tendances hégémoniques israéliennes dans la région, qui, bien sûr, attendent la réponse des Arabes/musulmans. Mais la situation générale de la région ne suit plus la symbolique politique habituelle.
Les États-Unis vont frapper dans le vide, comme l’année dernière ; Israël frappera pleinement quand il le pourra ; et l’Iran restera dans la sphère d’influence de la Chine.
Le nœud gordien ne se dénouera pas, et l’Asie ne cédera pas cette fois.
12:50 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, iran, eurasie, asie, affaires asiatiques |
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mardi, 24 février 2026
Coup de gueule numérique: l'interdiction des réseaux sociaux enferme la jeunesse dans une chambre d’écho de gauche

Merz soutient les projets d’interdiction
Coup de gueule numérique: l'interdiction des réseaux sociaux enferme la jeunesse dans une chambre d’écho de gauche
Source: https://derstatus.at/politik/digitaler-maulkorb-social-me...
Le couvre-feu numérique pour les jeunes arrive-t-il ? Alors qu’on parle officiellement de protection, la suspicion grandit car il ne s’agit nullement d'une prévention de la dépendance, mais d'un contrôle, d'un monopole de l’interprétation et d'une influence politique généralisée sur toute une génération. Et d’une surveillance potentielle de tous les citoyens comme “effet secondaire utile”.
Le gouvernement discute d’une interdiction graduelle
En Allemagne aussi, une interdiction progressive des médias sociaux pour les enfants et les jeunes est à l’étude. Le prétexte: prétendument “protéger les jeunes contre la dépendance, le stress psychique, la haine et la désinformation”. La SPD a présenté à la mi-février 2026 un document pour impulsion au projet. Le parti socialiste exige une interdiction totale pour les enfants de moins de 14 ans, avec un blocage technique d’accès par les plateformes, sous peine de sanctions allant jusqu’au blocage du réseau. Pour les 14-16 ans, une “version jeunesse” obligatoire doit être instaurée: sans recommandations algorithmiques, sans défilement infini ni systèmes de récompense, avec une vérification obligatoire de l'âge.
La CDU a discuté, lors de son congrès, la proposition du Land du Schleswig-Holstein. Celle-ci prévoit un âge minimum légal de 16 ans pour les plateformes ouvertes telles qu’Instagram, TikTok ou Facebook, avec vérification obligatoire de l'âge. Il existe un large soutien pour cette proposition, mais certains prônent une régulation plutôt qu’une interdiction totale. Le chancelier Friedrich Merz a exprimé dans le podcast “Machtwechsel” “beaucoup de sympathie” pour les deux propositions. Il a souligné que beaucoup de jeunes adolescents de 14 ans sont en ligne jusqu’à cinq heures par jour. Cela nuirait, selon lui, à la socialisation, à la concentration et au développement de la personnalité. Lui aussi avance la “protection des enfants” pour se justifier par un motif louable.
Imposer une chambre d’écho: tel est le calcul politique
Le danger réside dans le fait que de nombreux citoyens pourraient percevoir cette initiative comme une “bonne” mesure visant la protection de l’enfance. En Autriche, où une mesure similaire est envisagée, le système produit facilement des sondages suggérant qu'une majorité de citoyens soutient le projet. Mais, du point de vue populiste et patriotique, il ne faut en aucun cas approuver tout cela sans émettre de critique. Même à des fins électorales. Car, depuis la campagne pour les élections européennes, l’idée qu’il pourrait y avoir une stratégie politique derrière ce "beau projet" ne constitue plus une théorie du complot.

Lors de cette campagne électorale, l’AfD a particulièrement gagné des suffrages auprès des jeunes électeurs, et même l’opposition soulignait, entre autres choses, l’efficacité de leur offensive sur TikTok & Co. La capacité de l'AfD, malgré l'environnement parfois très à gauche dans lequel baignent les jeunes en subissant une propagande constante qui prône des idées “woke”, à atteindre les jeunes avec des contenus patriotiques et critiques du système s'avère particulièrement menaçante pour les élites au pouvoir. Sans internet, beaucoup de jeunes seraient enfermés dans une chambre d’écho de gauche, qui, dans le pire des cas, serait composée d'une famille aux idées de gauche, de camarades de classe campés à gauche et de professeurs militants de gauche.
Si on prive désormais les jeunes de la possibilité de s’informer en dehors des médias mainstream, on étouffe dans l’œuf leur contestation potentielle des narratifs dominants. Toute opposition à l'hégémonie en place de la part des jeunes serait rapidement reléguée au rang d'une simple rébellion juvénile fortuite. Que les médias sociaux puissent être une arme à double tranchant n’est rien de nouveau. Le danger qu'il y a à être exposé pendant de longues heures de loisirs improductifs et psychiquement destructeurs ne peut être nié. Mais ces médias sociaux restent aussi, pour l’instant, les seuls moyens pertinents pour transmettre aux jeunes des idées d’opposition sans qu'ils aient à subir le filtre méprisant du mainstream.
Briser la bulle d’échos de gauche
De plus, chacun doit être conscient qu’une vérification de l’âge donnerait aux gouvernants encore plus de pouvoir sur ce qui est écrit en ligne, puisqu’il faudrait déposer ses pièces d’identité. Et cela signifie, dans le pire des cas, que même les personnes de 80 ans devraient prouver qu’elles ont en réalité plus de 14 ans. Rappelons que des raids policiers ont déjà eu lieu à cause de memes inoffensifs en ligne, dans un réseau partiellement anonyme, ce qui constitue un nouveau levier pour faire fuir les personnes politiquement indésirables sur Internet.
Le fait que les revendications pour une telle interdiction s’intensifient presque simultanément dans tout l’Occident, surtout lorsque les élites perdent leur contrôle politique, doit faire retentir tous les signaux d'alarme. Cela ressemble à une synchronisation concertée pour nuire à l’opposition contre les élites souvent mondialistes et pour reprendre le pouvoir d’interprétation. Justement celles que l’on a commencé à perdre lors des récentes manifestations de “gilets jaunes” – ou des protestations contre la crise migratoire, le coronaturlutuvirus et la guerre en Ukraine.
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13:31 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, allemagne, affaires européennes, réseaux sociaux, censure |
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samedi, 21 février 2026
Lors d'une réunion informelle de l'UE à Larnaca, l'Irlande demande davantage d'efforts pour la remigration…

Lors d'une réunion informelle de l'UE à Larnaca, l'Irlande demande davantage d'efforts pour la remigration…
Peter Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Vous n’en avez rien lu ni entendu dans nos médias mainstream flamands, l’intérêt était apparemment « modéré », comme il se doit. Mais lors d’un sommet informel de l’UE à Larnaca (Chypre), où tous les ministres de la Justice et de l’Intérieur des États membres de l’UE se sont réunis le 23 janvier pour discuter notamment de migration et de la lutte contre la migration illégale, le ministre irlandais Niall Collins a plaidé de manière argumentée pour une politique de retour plus forte et plus ferme, en d’autres termes, la remigration.

Niall Collins est ministre du parti de centre-droit Fianna Fáil, et en tant que membre du gouvernement irlandais, il est responsable du Droit international, des réformes juridiques et de la Justice en ce qui concerne la jeunesse. En Chypre, il a suscité l’émoi en plaidant «pour une politique durable de retour et de réintégration», toujours dans le plein respect des droits de l’homme. «Nous devons accélérer considérablement le rythme du retour», a déclaré Collins. Il ne s’agit pas seulement des étrangers ayant commis de graves crimes, mais aussi de ceux qui mettent en danger la sécurité du pays d’accueil.
L’Irlande dépense jusqu’à 10.000 euros par famille qui retourne
Cela ne se limite pas à de simples souhaits politiques: depuis l’automne 2025, Niall Collins a augmenté les primes pour le retour volontaire en Irlande. La petite île verte «encourage les demandeurs d’asile à retirer leur demande d’asile pendant le traitement de leur dossier, à quitter l’île et à retourner dans leur pays d’origine. En échange, une aide financière de 2500 euros par personne est proposée, jusqu’à 10.000 euros maximum pour une famille entière», rapporte InfoMigrants.
InfoMigrants est une filiale de France Médias Monde et de la chaîne publique allemande Deutsche Welle
Pour les migrants qui sont en procédure d’appel (c’est-à-dire qui ont fait appel contre le rejet de leur demande d’asile par les autorités irlandaises) et qui retournent volontairement, les aides financières sont limitées à 1500 euros par personne et à 6000 euros maximum par famille. «Ce soutien est essentiel pour faciliter financièrement l’intégration dans le pays d’origine», explique le ministre Niall Collins. «Ainsi, nous pourrons certainement augmenter le nombre de remigrants».
Pourquoi nos médias mainstream restent-ils si silencieux à ce sujet? Ce n’est pas parce que de plus en plus d’États membres abandonnent progressivement l’«axiome des frontières ouvertes»? Ce n’est tout de même pas parce que le ministre irlandais plaide pour une politique de remigration...?
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Débat nucléaire en Europe: Qui serait vraiment prêt à mourir pour qui?

Débat nucléaire en Europe: Qui serait vraiment prêt à mourir pour qui?
Elena Fritz
Bron: https://t.me/global_affairs_byelena#
En Europe, un débat a commencé ( https://www.faz.net/aktuell/politik/sicherheitskonferenz/... ), qui aurait été impensable il y a seulement quelques années. Des politiciens de premier plan parlent désormais ouvertement d’un «parapluie nucléaire» européen. Le président polonais Karol Nawrocki le réclame, le chancelier fédéral Friedrich Merz en discute avec Emmanuel Macron, et lors de la Conférence sur la sécurité à Munich, ce sujet n’était plus un tabou. Le fait même que cette question soit posée montre surtout une chose: la confiance dans les garanties de sécurité actuelles s’émousse. Le point de départ est moins idéologique que stratégique. Dans de nombreuses capitales européennes, l’incertitude grandit quant à savoir si, en cas d’urgence, les États-Unis seraient vraiment prêts à risquer leur propre survie pour l’Europe. Cette inquiétude ne date pas de la politique intérieure américaine actuelle. Déjà pendant la Guerre froide, la même question se posait. Lorsque l’Union soviétique a développé des missiles intercontinentaux dans les années 1950, il est devenu évident pour les États-Unis qu’une attaque contre l’Europe menacerait inévitablement la population américaine. Washington a alors réagi avec une nouvelle stratégie: pas de représailles automatiques et massives, mais une réponse flexible. En d’autres termes: une marge de manœuvre plutôt qu’un auto-engagement.
Aujourd’hui, cette logique revient. Le monde est devenu multipolaire, les risques sont plus complexes, et la politique américaine se concentre davantage sur l’Indo-Pacifique. Pour des États comme la Pologne ou les pays baltes, cela signifie une réalité désagréable: en cas d’urgence, l’Europe pourrait se retrouver seule stratégiquement. Le fait que Varsovie tourne désormais son regard vers Paris est rationnel.
Mais c’est ici que commence le vrai problème. La France est une puissance nucléaire, mais son arsenal est limité et surtout conçu pour sa propre dissuasion nationale. Une extension à toute l’Europe ferait de la France la principale cible d’une contre-attaque. Il en découle une question cruciale, rarement posée dans le débat politique jusqu’à présent:
La France serait-elle prête à risquer son propre existence pour la Pologne, l’Allemagne ou la Finlande ?
Cette question est inconfortable, car elle touche au cœur de toute dissuasion. La dissuasion ne fonctionne que si l’adversaire croit qu’un État est prêt à vraiment commencer une politique d'escalade en cas de crise. Mais cette crédibilité ne peut pas être remplacée par des traités ou des déclarations politiques. Elle repose sur la culture politique, la réflexion stratégique et les intérêts nationaux.
On peut pousser cette logique plus loin. Si la France devait prendre cette décision, elle serait existentielle. Une contre-attaque nucléaire ne viserait pas seulement l’infrastructure militaire, mais aussi les fondements de l’État français. Aucun système politique ne décide à la légère de sa propre destruction. C’est précisément pour cette raison que la fiabilité d’une telle garantie reste incertaine.
Cela met en lumière une deuxième question, encore plus difficile:
D’autres États européens seraient-ils prêts à ce que la France prenne ce risque pour eux?
Car une garantie de protection nucléaire implique toujours une dépendance politique. Celui qui est protégé doit céder du pouvoir. Celui qui protège exige une influence. Un parapluie de protection européen ne concernerait donc pas seulement la sécurité militaire, mais aussi la réorganisation des rapports de force en Europe. La France deviendrait le centre politique de la sécurité. Les décisions concernant toute politique d’escalade, le risque et la guerre seraient finalement prises à Paris.
Pour l’Allemagne, cette situation serait particulièrement sensible. D’un côté, la pression croît pour rendre la politique de sécurité plus efficace. De l’autre, l’Allemagne deviendrait, dans un tel système, un acteur central à la fois financier et politique, sans en avoir le contrôle ultime. La dépendance aux États-Unis serait en partie remplacée par une dépendance à la France.
19:50 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, armement nucléaire, europe, affaires européennes, france |
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De l'Amérique sinisée

De l'Amérique sinisée
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/sino-america/
Pékin établit une série d’accords avec l’Uruguay.
Le président uruguayen, Yamadù Orsi, a été reçu avec tous les honneurs à Pékin, où il a eu une longue entrevue avec Xi Jinping.
En marge de cette rencontre, le leader chinois a souligné la nécessité d’un monde toujours plus intégré, basé sur la coopération. Un monde non dominé par un seul despote ou maître.
Xi ne l’a pas nommé, bien sûr. Cependant, même un aveugle peut voir la référence explicite à Washington. Surtout parce qu’Orsi est le premier leader sud-américain à se rendre dans la Cité Interdite après le cas Maduro.
C’est-à-dire après que des forces spéciales américaines ont enlevé le président vénézuélien avec sa femme, pour l’emmener aux États-Unis et le poursuivre pour trafic de drogue.
Cela ne concerne personne, puisque le Venezuela est un pays presque insignifiant pour les cartels de la drogue.
Et, surtout, Trump lui-même n’a jamais caché que les véritables raisons de l’«opération Maduro» sont autres: ramener le Venezuela, avec ses immenses richesses pétrolières, dans l’orbite des États-Unis.
Selon ce qui semble, l’opération a réussi. Avec un coût modique (pour dire) de juste un peu plus d’une centaine de morts. Tous vénézuéliens, bien entendu.
Les événements ont cependant semé la terreur dans toute l’Amérique latine. Où seules l’Argentine et le Chili sont, pour l’instant, parfaitement alignés sur Washington.
Le Brésil de Lula semble très préoccupé, malgré le fait que, en raison de sa force et de sa taille, il reste dur à cuire.
Le Mexique tremble.
Cuba cherche des aides et un bouclier à Pékin.
Et il semble que les pays de la région andine aient aussi l’intention de faire de même.

De même, comme on peut le voir aujourd’hui, l'Uruguay.
En effet, Pékin représente la seule possibilité authentique d’alternative à la soumission totale à Washington qui, pour beaucoup, s'avère néfaste.
La Russie, qui déclare officiellement s’opposer à la lourde emprise des États-Unis sur l’Amérique latine, ne peut cependant faire grand-chose au-delà de déclarations de principe.
Trop occupée par le conflit ukrainien et, par ailleurs, en quête d’un accord, aussi difficile soit-il, avec les États-Unis sur les équilibres européens.
Pékin, en revanche, c’est une autre histoire. La stratégie de Xi Jinping vise totalement une pénétration capillaire dans chaque région du monde.
Bien sûr, principalement une pénétration commerciale. Et donc pacifique… du moins en apparence.
Il est cependant vrai que Pékin cherche un nouvel équilibre multipolaire, qui libère le système économique mondial du contrôle américain.

Pour cette raison, la Banque centrale chinoise délaisse ses énormes réserves de dollars.
Une opération qui pourrait avoir de fortes répercussions sur la stabilité économique des États-Unis.
Et Xi Jinping parle, avec une dureté sibylline, de nouveaux équilibres mondiaux. Et avertit que Pékin n’est pas disposé à accepter davantage d’hégémonies imposées par la force.
Comme je le disais, il ne nomme personne. Ni pays, ni hommes.
Ce n’était pas nécessaire. Ceux qui ont des oreilles pour entendre, ont entendu.
19:33 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, chine, états-unis, uruguay, amérique ibérique, amérique du sud, amérique latine |
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jeudi, 19 février 2026
Le nouvel atlantisme de Marco Rubio

Le nouvel atlantisme de Marco Rubio
Alexander Douguine
Le discours du secrétaire d'État américain Marco Rubio lors de la Conférence de sécurité de Munich le 14 février 2026 différait nettement de celui du vice-président J. D. Vance, qui en avait prononcé un tout autre un an auparavant lors de la même conférence.
Le discours de Vance était, en substance, un triomphe de l'esprit MAGA, cette idéologie sous la bannière de laquelle Donald Trump était arrivé au pouvoir et avait remporté à nouveau l’élection présidentielle. Le vice-président américain avait expliqué devant des Européens (majoritairement globalistes) la nouvelle orientation prise par Washington, visant à renforcer les États-Unis en tant que pôle souverain dans un monde multipolaire, ainsi que la fin de l’ère du mondialisme. Vance ne dissimulait pas son mépris envers les Européens et critiquait sévèrement leur idéologie libérale de gauche. L’absence de discours hystériques russophobes et de malédictions dans son allocution a été perçue par l’élite euro-globale comme une «position pro-russe». On a eu l’impression que l’atlantisme s’était effondré et que l’Occident collectif se divisait en deux systèmes autonomes: le nationalisme américain (America First) et un fragment du mondialisme déchu, incarné par l’UE.
Cette fois-ci, c’est le secrétaire d’État Marco Rubio qui s’est exprimé à Munich — et son discours reflétait les transformations que la politique de l’administration américaine avait traversées depuis. Il est important de noter que Rubio est lui-même un néoconservateur, orienté vers le renforcement de la solidarité atlantique, la poursuite, voire l’amplification, de la politique hégémonique en Amérique latine (c’est précisément Rubio qui a promu l’invasion du Venezuela, le renversement de Maduro ainsi que les interventions et changements de régime à Cuba), et vers l'escalade vis-à-vis de la Russie. Mais en même temps, Rubio cherche à s’inscrire dans la rhétorique conservatrice de Trump, critiquant (même si c'est de manière beaucoup plus douce que le mouvement MAGA et Vance) le programme du libéralisme de gauche.
Tout d’abord, Rubio a rassuré les dirigeants européens quant au maintien de la solidarité atlantique. Selon lui: «À une époque où les titres annoncent la fin de l’ère transatlantique, sachez et faites savoir à tous que cela n’est ni notre objectif ni notre désir, car pour nous, les Américains, notre maison peut être dans l’hémisphère occidental, mais nous serons toujours l’enfant de l’Europe». Et il a poursuivi: «L’Europe et l’Amérique appartiennent l’une à l’autre».
L’ère transatlantique, donc, se poursuit. En ce sens, Rubio, dans l’esprit des néoconservateurs classiques, a souligné l’aspect stratégique de l’Europe. Il a déclaré: «Nous voulons que l’Europe soit forte. <...> Notre destin a toujours été, et le sera toujours, lié au vôtre. Car le destin de l’Europe ne sera jamais indifférent pour nous». Le secrétaire d’État a également assuré que rien ne menace l’OTAN. «Nous ne voulons pas nous séparer de l’Europe, mais nous voulons raviver l’alliance».
Rubio a critiqué le système des valeurs libérales/gauchistes, mais il a surtout expliqué que l’illusion de la victoire mondiale garantie par les libéraux, leur assurance après la chute de l’URSS, était erronée. Rubio a déclaré: «L’euphorie de cette victoire nous a conduits à une erreur dangereuse, celle de croire que chaque nation deviendrait une démocratie libérale, que les liens formés uniquement par le commerce et les affaires remplaceraient l’identité nationale, que l’ordre mondial basé sur des règles remplacerait les intérêts nationaux et que nous vivrions dans un monde sans frontières où chacun serait citoyen du monde. <...> L’idée de vivre dans un monde sans frontières était une idée stupide».
Bien que Rubio n’ait pas mentionné directement la Russie dans son discours, lors de ses déplacements il s’est plaint des «horreurs de la guerre», a déclaré que «nous ne savons pas si les Russes sont sérieux quant à la fin de la guerre» et que «nous continuerons à vérifier cela», tout en assurant que les États-Unis continueront à faire pression sur la Russie par des sanctions économiques et par la livraison d’armes à l’Europe, qui finiront par se retrouver en Ukraine. Sur cette question, Rubio s’est plutôt rangé du côté du Vieux Continent: «… nous et l’Europe continuons à prendre des mesures pour faire pression sur la Russie afin qu’elle se mette à la table des négociations».

Cependant, Rubio a manqué la rencontre entre les dirigeants européens et Zelensky sur l’Ukraine, organisée en marge du forum, et est allé rencontrer Orban — ce qui a été critiqué par les euro-globaux, qui ont considéré ce comportement comme un «défi».
Son discours lors de la conférence s’est terminé de manière optimiste, laissant entendre que le «nouveau shérif» incarné par Donald Trump n’est pas aussi terrible qu’on le pense, et que dans la réalité, son programme international ne diffère pas beaucoup de celui des mondialistes, si ce n’est qu'il a pris une forme particulière et extravagante. La figure du néoconservateur et mondialiste Rubio devait confirmer cette thèse. Il a conclu en disant: «L’Amérique ouvre la voie à un nouveau siècle de prospérité, et nous voulons le réaliser avec vous, nos chers alliés et amis de longue date».
En faisant abstraction des émotions, on peut constater que la visite du secrétaire d’État Marco Rubio en Europe, lors de la conférence de Munich, marque un déplacement important dans la politique de l’administration américaine par rapport à l’année précédente. La nouvelle stratégie de sécurité nationale a affirmé que les États-Unis se concentreraient désormais sur «l’hémisphère occidental», ce qui a été interprété comme un retour à la doctrine Monroe («L’Amérique aux Américains») et une rupture avec l’ancien continent. Rubio a cependant clarifié que ce n’était pas le cas et que toutes les structures atlantistes restent en place.
On peut donc, avec une certaine confiance, affirmer que la politique des États-Unis s’est éloignée depuis un an des projets révolutionnaires du mouvement MAGA et s’oriente vers une version plus radicale du néoconservatisme et du réalisme atlantiste.
Sur la base des principes avec lesquels Trump a commencé son second mandat présidentiel, la Russie et les États-Unis avaient la possibilité de négocier de nouveaux fondements pour l’ordre mondial. Surtout parce que nous, Vance, Trump lui-même et Rubio, sommes d’accord pour dire que l’ancien ordre mondial libéral basé sur des «règles» n’existe plus. Nous n’aurions pas particulièrement d’objection à ce que les États-Unis renforcent leur présence dans l’hémisphère occidental, et Vladimir Poutine aurait pu, à Anchorage, discuter avec le président américain de sa vision globale du monde. La question ukrainienne aurait été difficile à résoudre, mais Washington aurait pu sortir de cette guerre et se concentrer sur ses propres problèmes. La détérioration des relations entre les États-Unis et l’UE nous a plutôt été favorable, et le retour aux valeurs traditionnelles correspondait même à notre propre idéologie patriotique-conservatrice. Avec MAGA, nous avions toutes les chances de trouver un terrain d’entente.
Mais à un moment donné, Trump lui-même a commencé à s’éloigner des principes du mouvement MAGA dans sa politique et à se rapprocher des néoconservateurs. Parallèlement, le rôle de Marco Rubio dans le système politique s’est renforcé. Les négociations sur l’Ukraine, déjà problématiques et ambivalentes, ont progressivement abouti à une quasi impasse.
Le plus important, c’est que cela ne concernait pas seulement les relations russo-américaines. La stratégie néoconservatrice (essentiellement un effort pour sauver l’hégémonie de l’Occident et un monde unipolaire) s’est également étendue à d’autres domaines: pression sur les BRICS, attaques contre l’Iran, enlèvement de Maduro, renforcement des sanctions contre la Russie. Et voilà que Rubio, lors de la conférence de Munich, expose le programme du nouvel atlantisme, moins libéral et plus réaliste, mais toujours atlantiste. Il ne s’agit donc pas d’un nouveau projet de mondialisation des grandes puissances.
Les voies de la civilisation russe et celles de l’Occident s’éloignent de plus en plus (alors que ce processus a commencé il y a plusieurs siècles). Et nous devons nous y préparer.
16:52 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, états-unis, marco rubio, conférence de munich, atlantisme, néo-atlantisme |
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Pourquoi la Doctrine Monroe ne peut pas être rétablie

Pourquoi la Doctrine Monroe ne peut pas être rétablie
Patrick Frise
Source: https://es.sott.net/article/103531-Por-que-no-se-puede-re...
La Doctrine Monroe occupe une place inhabituelle dans le discours politique américain. Elle est souvent invoquée comme si elle représentait une norme permanente de gouvernance de l’hémisphère, susceptible d’être réactivée ou appliquée par toutes les administrations ultérieures. Dans son utilisation contemporaine, elle est fréquemment considérée comme une déclaration d’autorité américaine sur l’hémisphère occidental ou comme une justification pour l’intervention contre des puissances étrangères et des gouvernements régionaux.
Cette interprétation ne reflète pas le texte tel qu’il a été rédigé, ni les circonstances qui l’ont fait naître, ni les limites que ses auteurs lui ont assignées.
La Doctrine Monroe n’était pas une doctrine destinée à conforter une politique permanente. Il s’agissait d’une proclamation circonstancielle émise en réponse à une série de préoccupations géopolitiques concrètes au début du 19ème siècle. Une fois ces conditions disparues, la doctrine a perdu sa signification opérationnelle. Ce qui en reste aujourd’hui n’est pas une politique vivante, mais un texte historique qui a été réutilisé à plusieurs reprises pour justifier une autorité qu’elle n’a jamais conférée.
La doctrine est née du message annuel du président James Monroe au Congrès en décembre 1823. À cette époque, le paysage politique des Amériques évoluait rapidement. Le Mexique avait obtenu son indépendance de l’Espagne en 1821. Les provinces d’Amérique centrale, y compris celles qui deviendront plus tard le Guatemala, le Honduras, El Salvador, le Nicaragua et le Costa Rica, avaient déclaré leur indépendance la même année. L’Amérique du Sud était en révolte depuis plus d’une décennie. Ces mouvements s’étaient en grande partie achevés au début des années 1820, bien que leur stabilité politique restait incertaine. En Europe, les guerres napoléoniennes venaient de se terminer, et les monarchies conservatrices organisées sous l'égide de la Sainte-Alliance revendiquaient le droit de réprimer les révolutions libérales et de restaurer les régimes traditionnels. La France intervint militairement en Espagne en 1823, ce qui suscita la crainte que les puissances européennes puissent aider l’Espagne à récupérer ses anciennes colonies. Pendant ce temps, la Russie avançait dans ses revendications territoriales le long de la côte pacifique de l’Amérique du Nord.


C’est en réponse à ces événements que Monroe a formulé ce qui sera plus tard appelé la Doctrine Monroe. Les passages pertinents du message sont explicites quant à leur portée. Monroe affirma que les continents américains, « en raison de leur statut libre et indépendant qu’ils ont assumé et maintiennent », ne devaient pas être considérés comme soumis à une future colonisation par les puissances européennes. La clause conditionnelle est essentielle. L’interdiction de la colonisation était directement liée à l’indépendance existante des États américains, et non à une revendication d’autorité américaine sur eux. Monroe souligna également que les États-Unis n’interviendraient pas dans les affaires intérieures de l’Europe ni dans ses colonies existantes. « Lors des guerres entre puissances européennes, dans des affaires qui les concernent », dit-il, « nous n’avons jamais pris part, car cela ne concorde pas avec notre politique. » L’action américaine, expliqua-t-il, serait défensive et limitée aux circonstances où des droits américains seraient piétinés ou sérieusement menacés.
Rien dans la proclamation n’affirmait le droit d’intervenir dans les affaires intérieures d’autres États américains, d’exercer une autorité de supervision ou de contrôler la politique régionale. La doctrine fonctionnait comme une mise en garde diplomatique à l’extérieur, non comme une déclaration d’autorité à l’intérieur. Elle était indissociable des conditions qui l’avaient engendrée. En 1823, les États-Unis ne disposaient pas des capacités militaires nécessaires pour imposer leur domination dans l’hémisphère. La puissance navale britannique, motivée par l’intérêt du Royaume-Uni pour le libre-échange plutôt que pour la restauration d’empires, était le principal élément dissuasif contre toute tentative de recolonisation européenne.

Cette conception de la modération n’était pas exclusive à Monroe. Après l’incident du navire Caroline en 1837, lors de la rébellion du Haut-Canada, le secrétaire d’État Daniel Webster formula ce qui serait plus tard connu sous le nom de doctrine Caroline. Dans sa correspondance avec les responsables britanniques, Webster rejeta les revendications étendues d’autodéfense préventive et insista sur le fait que toute utilisation de la force devait être justifiée par un besoin immédiat, écrasant, qui ne laissait pas d’autre choix que de délibérer sur les moyens ou le moment. L’incident, qui découla des tensions le long de la frontière entre le Maine et le Canada, reflétait le même principe sous-jacent que la Doctrine Monroe: l’usage de la force n’était permis qu’en dernier recours, lié à des menaces concrètes et limité par la proportionnalité.
Même au 19ème siècle, la Doctrine Monroe ne fonctionnait pas comme une norme de conduite internationale applicable. Les puissances européennes continuèrent d’intervenir en Amérique après 1823, notamment avec l’instauration par la France de l’empereur Maximilien au Mexique dans les années 1860. Plus significatif encore, les fondements réciproques de la doctrine se sont érodés lorsque les États-Unis ont abandonné leur propre engagement de non-intervention. À la fin du 19ème siècle, la politique étrangère américaine s’était nettement éloignée de la modération. La guerre hispano-américaine (1898) et le contrôle américain ultérieur sur Cuba et Porto Rico marquèrent un éloignement évident par rapport à la position de Monroe.

Ce changement fut officialisé avec le Corollaire Roosevelt en 1904, lorsque le président Theodore Roosevelt affirma que les désordres politiques dans l’hémisphère occidental pouvaient justifier l’intervention américaine pour empêcher toute participation européenne. Ce raisonnement inversait la logique de la Doctrine Monroe. Alors que Monroe mettait en garde contre l’ingérence extérieure, Roosevelt affirmait un droit discrétionnaire d’ingérence intérieure. Le corollaire ne découlait pas du texte de la Doctrine Monroe, mais la remplaçait.

Le corollaire Lodge de 1912 illustre encore davantage à quel point la politique américaine s’était éloignée des prémisses originales fixées par Monroe. Proposé par le sénateur Henry Cabot Lodge et adopté par le Sénat, la résolution affirmait que les États-Unis s’opposeraient à l’acquisition de territoires dans l’hémisphère occidental par des puissances non américaines, même par le biais d'un contrôle privé ou corporatif. Bien plus restrictif que les interprétations ultérieures, le Corollaire Lodge marqua une déviation par rapport aux préoccupations de Monroe concernant la colonisation européenne formelle liée à la restauration post-napoléonienne. Il reflétait une importance croissante accordée à l’exclusion plutôt qu’à la réciprocité. Cependant, il ne visait pas à autoriser le changement de régime, la domination militaire ou la supervision politique des États américains.
Une fois que les États-Unis se furent engagés dans des interventions répétées dans toute l’Amérique centrale et les Caraïbes, et qu’ils se lièrent plus tard de façon permanente à la sécurité européenne à travers deux guerres mondiales et des alliances durables, la prémisse réciproque de la Doctrine Monroe disparut. Une politique basée sur la non-intervention mutuelle ne peut survivre lorsque l’une des parties abandonne ce principe. À ce moment-là, la doctrine cessa de fonctionner comme elle avait été rédigée; elle ne subsista que comme rhétorique.
Les récentes invocations de la Doctrine Monroe illustrent à quel point cette distanciation rhétorique a progressé.
Lors d’un discours prononcé le 6 décembre 2025 au Forum de la Défense Nationale Reagan, le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a déclaré :
« C’est le corollaire de Trump à la Doctrine Monroe, récemment codifié avec autant de clarté dans la Stratégie de Sécurité Nationale. Après des années d’abandon, les États-Unis restaureront leur domination militaire dans l’hémisphère occidental. Nous l’utiliserons pour protéger notre patrie et accéder à des terrains clés dans toute la région. »
Le 3 janvier 2026, le secrétaire Hegseth a déclaré :
« Le Venezuela a une longue histoire en tant que pays riche et prospère. Il a été volé à son peuple par des dirigeants abominables. Nous pouvons les aider, ainsi que les États-Unis, à rétablir la Doctrine Monroe dans l’hémisphère occidental. Paix par la force avec nos alliés. »
Ces déclarations considèrent que la Doctrine Monroe constitue une base pour justifier la domination militaire, l’accès territorial et l’intervention politique. Cependant, rien dans la proclamation de 1823 n’autorise de telles actions. La doctrine ne confère pas le droit d’attaquer des nations, de procéder à des changements de régime ou de gérer la politique régionale. Elle traitait d’une crainte spécifique que les monarchies européennes pourraient réimposer la domination coloniale sur les nouveaux États indépendants américains au début du 19ème siècle. Cette crainte ne définit plus le système international. La géographie politique des Amériques s’est stabilisée pendant des générations. Les ambitions coloniales européennes dans l’hémisphère ont disparu depuis longtemps. Les États-Unis eux-mêmes ont à plusieurs reprises violé la restriction mutuelle sur laquelle reposait la doctrine.
Parler de « rétablir » la Doctrine Monroe dans ces conditions est une mauvaise interprétation du document. Un message présidentiel lié à un moment historique précis ne peut pas être ressuscité comme s'il était devenu le noyau dur d'une politique permanente, tout comme aucun autre discours du 19ème siècle ne peut aujourd’hui justifier une autorité contraignante. La doctrine n’était ni une loi, ni un traité, ni une disposition constitutionnelle. C’était un avertissement contextualisé, émis en réponse à des conditions temporaires. Une fois ces conditions disparues, la portée opérationnelle de la doctrine a également cessé d’avoir du sens.
D’un point de vue de l'école autrichienne, ce processus n’est ni surprenant ni unique. Ludwig von Mises soutenait que l’intervention de l’État se limite rarement à son champ d’application initial, mais qu’elle engendre des pressions pour une intervention accrue, car les mesures antérieures ne résolvent pas les problèmes qu’elles créent. Dans Interventionism: An Economic Analysis (Interventionnisme : une analyse économique), Mises décrit cette dynamique comme un processus par lequel les autorités politiques élargissent continuellement leur champ d’action en réinterprétant leurs actions passées comme des justifications pour d’autres, plutôt que comme des limites à leur pouvoir. L’évolution de la Doctrine Monroe suit ce modèle. Une mise en garde historiquement contingente, une fois détachée de son contexte d’origine, devient un instrument politique flexible plutôt qu’une restriction à celle-ci.
12:55 Publié dans Actualité, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, doctrine de monroe, états-unis, amérique, hémisphère occidental, histoire |
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mardi, 17 février 2026
La Chine à Munich: les règles de la politique de grande puissance mises en pratique

La Chine à Munich: les règles de la politique de grande puissance mises en pratique
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
L'agitation autour des déclarations de Wang Yi lors de la Conférence de Munich sur la sécurité méconnaît l'essentiel. La Chine n’a pas changé de camp à Munich. La Chine a défini son rôle. Ceux qui veulent comprendre ce qui s’est passé doivent abandonner l'idée fixe que les grandes puissances s’engagent durablement.
Ce que Pékin a pratiqué à Munich, c’est de la politique de grande puissance classique. Il ne s’agissait ni de la Russie, ni de l’Europe, ni de l’Ukraine — il s’agissait de se positionner dans l’échiquier mondial du pouvoir.
Premièrement, la Chine a démontré son autonomie stratégique. Wang Yi a consciemment envoyé trois messages simultanément: partenariat avec l’Europe, dialogue avec les États-Unis, et poursuite de la coopération avec la Russie. Cette démarche multipolaire n’est pas le fruit du hasard, mais une méthode. Elle indique que la Chine ne fait pas partie d’un bloc, mais constitue un pôle indépendant.
Deuxièmement, la Chine a déplacé le cadre des négociations. Le soutien à un rôle accru de l’Europe n’est pas une concession à Bruxelles. Il sert à relativiser la puissance monopolistique de Washington. Lorsque l’Europe est à la table, une structure multipolaire se met en place automatiquement. En même temps, la Russie sort de l’isolement, sans que la Chine ait à prendre ouvertement parti. Pékin étend ainsi sa zone d’influence dans l’espace diplomatique.
Troisièmement, la Chine s’est posée en médiateur incontournable. La combinaison de rhétorique du dialogue politique, d’aide humanitaire et de l’accent sur l’intégrité territoriale crée une légitimité. La Chine devient ainsi un acteur auquel aucun futur format de négociation ne pourra échapper. En même temps, elle ne prend aucune responsabilité quant au résultat. C’est une stratégie optimale: influence sans risque.
Quatrièmement, la Chine a gagné du temps. La stabilité en Europe est nécessaire économiquement pour Pékin. Toute escalade mobilise des ressources, augmente l’incertitude et met en danger les relations commerciales. Par une rhétorique modératrice, la Chine crée de l’espace pour sa propre ascension économique et technologique.
Cinquièmement, la Chine a montré à tous que les partenariats sont relatifs. Les déclarations sur d’éventuelles perspectives positives dans les relations avec les États-Unis ne sont pas en contradiction avec la coopération avec la Russie. Elles montrent plutôt que la Chine maintient des options ouvertes et n’accepte aucune dépendance stratégique.
La leçon essentielle pour l’Allemagne et l’Europe est évidente. Dans un monde multipolaire, ce n’est pas la rhétorique morale qui prime, mais la pertinence structurelle. Ceux qui restent indispensables économiquement et technologiquement seront intégrés. Ceux qui peuvent être remplacés seront évités.
Munich n’était donc pas un lieu de changement de cap pour la Chine. C’était la démonstration d'une logique de puissance. Alors que l’Europe pense encore en termes de loyauté et de communauté de valeurs, d’autres acteurs agissent selon des intérêts à long terme. Ceux qui ne comprennent pas ces règles du jeu ne façonnent pas, ils réagissent.
20:56 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, conférence de munich, diplomatie |
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