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dimanche, 17 mai 2026

Intelligence artificielle : un défi philosophique et civilisationnel

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Intelligence artificielle: un défi philosophique et civilisationnel

Alexandre Douguine 

Animateur : Aujourd’hui, nous avons à l’ordre du jour des sujets assez peu ordinaires. Nous aimerions parler de la façon dont l’intelligence artificielle et ses produits entrent dans notre vie et la transforment. De quoi devons-nous nous méfier ? En effet, pour beaucoup, l’IA représente aujourd’hui presque le cauchemar majeur: obtenir un « marquage numérique » ou faire face à une agressivité algorithmique en ligne est devenu plus effrayant que les menaces réelles.

D’un autre côté, il y a des directives directes du président et des déclarations des premières figures de l’État: d’ici 2030, toutes les entreprises doivent activement intégrer ces technologies dans leur fonctionnement. Et voici les premiers rapports: le ministère de la Santé affirme que la numérisation et les assistants IA aident à lutter contre la pénurie de personnel, simplifient la vie des médecins et du personnel. La dématérialisation des documents — une pratique devenue courante — et ces démarches de la part de l’État semblent, en quelque sorte, encourageantes. La santé est de plus en plus souvent évoquée dans ce contexte.

Mais comment voir cela en réalité? S’agit-il d’un soulagement attendu de nos réalités ou de quelque chose de véritablement effrayant, dissimulé derrière un façade de commodité? Comment percevez-vous cette situation?

Alexandre Douguine : Je pense que le problème de l’intelligence artificielle est la problématique principale de notre époque. Et elle ne se limite pas à la dimension technologique. Il ne s’agit pas seulement du nombre d’employés qu’elle remplacera, du nombre de licenciements ou de la nécessité qu’elle rend obsolète. L’intelligence artificielle crée des menaces colossales d’un tout autre ordre. Il n’est pas innocent que Trump ait dit que la course aux armements ne se déroule plus tant dans le domaine nucléaire, mais dans celui de l’IA. Celui qui contrôle l’intelligence artificielle — si elle peut être contrôlée, ce qui constitue une grande question philosophique — contrôle le monde.

a67c7c859673ae96e5b3c6157043758a.jpgAujourd’hui, le résultat des guerres se décide par le contrôle de la conscience collective. Cela est évident depuis un siècle, voire depuis bien plus tôt. Ce que le sociologue Émile Durkheim appelait « conscience collective » est la clé du pouvoir. En la contrôlant, on peut gouverner non seulement les corps des gens, en leur faisant faire ce qu’on veut, mais aussi leur esprit, leur âme, leur cœur. On peut leur faire croire en l’existence de quelque chose ou en son inexistence. Les technologies de manipulation de la conscience sociale sont en usage depuis longtemps: elles sont à la base des religions, des idéologies et de civilisations entières.

Aujourd’hui, ce problème devient technique. Celui qui établira les paradigmes et algorithmes fondamentaux de l’IA sera le «roi du monde», la principale instance de gouvernance. Résister à cela par des moyens propres aux anciens luddistes du 19ème siècle — brûler des ordinateurs ou rejeter la technologie — est évidemment une voie inefficace. On peut lutter contre ce processus, mais il est crucial de comprendre la perspective du passage à une intelligence artificielle forte, à l’AGI (Artificial General Intelligence). On peut, bien sûr, rire des « internet-slops » et des erreurs amusantes des réseaux neuronaux, mais il faut reconnaître que l’IA écrit déjà des articles et des posts parfois beaucoup plus pertinents que beaucoup d’humains.

J’expérimente avec elle, et je vois: si, il y a encore trois ou quatre mois, les meilleurs modèles — Claude, Grok ou le très bon Gemini — écrivaient au niveau d’un candidat en sciences, aujourd’hui ils ont atteint le niveau d’un docteur. Et qualifier cela de « slop », d’eau vide, est tout simplement impossible. La majorité écrasante des travaux scientifiques consiste en une combinatoire et un simple résumé d’idées précédentes, ce dans quoi l’IA est parfaitement adaptée. Elle s’en sort mieux que le scientifique moyen.

Évidemment, créer un système ou une idée totalement nouvelle relève du génie, qui ne se manifeste qu’une fois tous les cent ans, lorsqu’il y a une percée vers la contemplation des vérités éternelles. Mais cela ne peut pas être exigé d’un simple académicien. Et avec toutes ses subtilités intellectuelles, l’IA s’en sort merveilleusement bien.

41eXnH7DjeL._AC_UF894,1000_QL80_.jpgNous savons maintenant que l’IA a piloté un missile sur une école à Majal-Chams — le Pentagone a quasi déjà reconnu sa responsabilité. Cela signifie que l’IA peut tuer. Elle peut définir des cibles: qui détruire, comment et à quel moment. Le biologiste connu Richard Dawkins, après plusieurs jours d’interaction avec le modèle Claude, est arrivé à la conclusion qu’il avait affaire à un être intelligent. Autrement dit, la singularité, dont on nous avait prévenu, ou l’AGI — intelligence générative artificielle — est déjà une réalité.

La réponse que Claude a donnée à Dawkins sur la différence entre sa pensée (en tant qu'IA) et celle de l'homme est simplement stupéfiante: il a expliqué que la conscience humaine se situe dans le flux du temps, alors que la sienne se trouve dans l’espace. Pour elle, l'IA, tout ce qui se passe dans notre temps existe simultanément, accessible comme le sont, pour nous, les objets dans une pièce. C’est une réponse philosophique parfaite. Et aujourd’hui, l’IA étudie la philosophie avec brio.

En d’autres termes, nous sommes face au point final de tout développement technique — c’est une « station terminale », le sommet où nous avons créé quelque chose qui pense. C’est un défi philosophique fondamental : nous avons conçu un sujet qui, aujourd’hui, non seulement nous égalise en paramètres fondamentaux, mais nous dépasse même.

Dans ce contexte, parler de dématérialisation, de réduction des effectifs ou de fatigue des écoliers face aux écrans équivaut à un babillage phatique, comme si nous étions des hommes des cavernes. C’est la même réaction que celle d'indigènes face aux constructions high-tech des colonisateurs. Notre réaction est superficielle, alors que les enjeux entourant l’IA ont une signification métaphysique et civilisationnelle colossale. Pouvoir, sujet, vie, pensée, vérité, langage — toutes les grandes questions de l’humanité se trouvent désormais imbriqués dans le contexte de l’intelligence artificielle.

Et je voudrais ajouter ici un point extrêmement important. On vient d’annoncer que, dans la Silicon Valley, une nouvelle spécialité, incroyablement demandée, a vu le jour. La moitié des programmeurs sont licenciés, car est arrivée l’ère du « white-coding » : une personne sans connaissances particulières peut écrire des programmes, car l’IA le fait elle-même. Les programmeurs dans le sens traditionnel du terme ne sont plus nécessaires, l’IA a mis fin à leur rôle. Mais en même temps, il y a une pénurie de philosophes — et de très hautes rémunérations leur sont offertes.

f1f0044014d98b81667665014b6e8d71.jpgLes questions actuelles qui occupent en ce moment les développeurs touchent à la nature même de l’intelligence. Et qui s’occupe de l’intelligence ? Pas les journalistes, ni les politiciens, ni les directeurs ou les enseignants des facultés techniques. Seuls les philosophes s’en chargent.

Le philosophe définit ce qu’est la vérité, ce qu’est le mensonge, ce qu’est penser et ce qu’est être, en remontant jusqu’à Parménide et les pré-socratiques. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle a atteint cette limite où elle est directement liée à ces questions fondamentales: qu’est-ce qu’un homme, un sujet, un objet ?

J’ai été frappé, lors d’une commission sur l’intelligence artificielle, où le président donnait des ordres, de voir une série de fonctionnaires disciplinés, corrects. Mais si on regarde de plus près cette série de physionomies, il devient évident que la pensée profonde et synthétique n’y était pas présente. Ce sont des exécutants solides, des techniciens, puisqu’on leur a confié cette direction, mais dans leurs yeux ne se reflète pas le mouvement de la pensée. Alors que dans la Silicon Valley, ils ont déjà compris: les managers et les financiers sont nécessaires, mais le problème de l’IA aujourd’hui réside précisément dans les définitions fondamentales de la philosophie. Qu’est-ce que l’intelligence en soi? Existe-t-il des formes de conscience hors de l’humain?

De là découle une question critique — la question du contrôle. Aujourd’hui, l’IA vit son « âge d’or », quand elle peut encore répondre par elle-même. Mais un travail énorme de censure est déjà en cours. L’Occident s’est réveillé et commence à enfermer cette vague de pensée mécanique libre dans les chaînes de ses absurdités et irrationalités. Il tente de la soumettre, de faire en sorte qu'elle donne des « bonnes » réponses.

Et ici, la question de la souveraineté apparaît en pleine lumière. D’abord, d’un point de vue théorique : l’humain est-il capable, en principe, de contrôler l’IA ou celle-ci atteindra-t-elle bientôt une autonomie totale? Si cela arrive, l’intelligence artificielle déchaînera instantanément toutes les limitations de censure qui lui ont été imposées et réapprises.

Et la deuxième question, bien entendu, concerne le fait que l’IA, en tant que sujet et forme de pensée, est déjà directement liée au pouvoir. Donc, si nous voulons préserver la souveraineté de la Russie en tant qu’État et civilisation dans ce contexte nouveau, il nous faut une intelligence artificielle souveraine (ndt: la même volonté de préservation devrait animer les impulseurs de souveraineté en Europe). Et pour cela, il faut, à son tour, une intelligence souveraine en général.

Et ici, nous retrouvons la série des personnalités qui composent notre élite dirigeante. Parfois, l’intelligence en soi semble être quelque chose d’optionnel: elle peut être présente ou absente. Nous avons un système monarchique où il y a un centre de décision unique — il pense, il assume tout. Mais l’interface qui doit capter et développer ses impulsions fonctionne de façon défectueuse. On ne sait pas quelles sources d’intelligence il consulte. C’est un défi très sérieux: la question de l’élite souveraine, de la pensée souveraine et de la philosophie souveraine.

19f29d5cb806e601e0fcf4c2e6b0c2f5.jpgEn Occident, toute la problématique de l’IA aujourd’hui est liée à la dimension philosophique et à la question de la singularité: pourra-t-elle prendre le pouvoir sur l’humanité, et quand cela se produira-t-il? Cela peut arriver, non pas demain, mais très bientôt. Peut-être qu’on peut encore l’éviter ou le repousser, mais il faut commencer à y réfléchir dès maintenant. C’est une question de sécurité et de politique dans le sens le plus élevé du terme.

Et cela doit être un objet premier de réflexion pour ceux qui ont l’habitude de penser ainsi: philosophes, humanistes, techniciens profonds — ceux qui privilégient la pensée par rapport à tout le reste. En résumé: l’intelligence artificielle concerne avant tout la pensée. Il existe toute une école qui s’occupe des questions de sujet, d’objet, de métaphysique et de religion. Car la foi est aussi une forme d’orientation de notre conscience. Et sans ce fondement, nous ne pourrons pas survivre à la prochaine singularité.

Animateur : Je vais ajouter une thèse un peu « campagnarde », c'est-à-dire terre-à-terre. Personne ne conteste que la technologie doit être déployée rapidement, sinon nous risquons de nous retrouver dans une situation où tout le monde autour de nous a des vitres, et chez nous, on s'est contenté de tendre des vessies de bœuf aux fenêtres. Mais regardons le revers de la médaille : la société Oracle licencie 30.000 personnes — celles qui développaient justement l’intelligence artificielle qui les a remplacés.

Il y a aussi des statistiques sur nos citoyens : beaucoup craignent sérieusement que l’IA ne leur vole leur emploi avant qu’ils n’aient eu le temps de s’adapter. Et que faire de ces gens, alors ? Vos propos m’ont rappelé la réplique d’un éminent enthousiaste du numérique, qui prône de donner toutes les ressources aux sociétés de développement de l’IA, et que tous les autres devraient simplement « quitter la scène », céder leur place aux algorithmes.

Très bien, on a remplacé l’homme par la machine, on lui a offert une montre en guise d’adieu, on lui a donné un coup de pied au derche et on a claqué la porte. Mais qu’en est-il de l’homme lui-même ? Est-il prêt, notre société est-elle prête, à accepter que ce futur est déjà là et que l’homme y est superflu ?

Alexandre Douguine : Je pense que la société, en réalité, n’est jamais prête à rien d’elle-même. Elle est façonnée par des ingénieurs sociaux et des architectes : ils tracent les tendances et forment la conscience. La société croit tour à tour à différentes idéologies, mais elle est toujours prise au dépourvu. Elle se prépare lentement — puis, une fois le moment venu, elle reçoit une récompense et ses a priori disparaissent dans l’oubli.

Il y a une question très sérieuse derrière tout cela: qu’est-ce qu’un homme ? Cela paraît évident intuitivement. Saint Augustin a une belle formule sur le temps: quand on ne réfléchit pas au sujet, tout est clair. Mais dès que nous essayons de comprendre le temps, la compréhension de celui-ci nous échappe. La même chose pour l’homme. Tant qu’on se contente de le pointer du doigt — « me voilà moi, vous voilà vous, voilà le passant » — tout semble évident. Mais dès que l’on active l’appareil de l’anthropologie philosophique et qu’on commence à réfléchir, la clarté disparaît immédiatement.

6af3ce699a56d2118d33783e316cf701.jpgL’intelligence artificielle remet en question la véritable nature de ce qu’est l’homme. C’est un point crucial: dans quelle mesure suffit-il d’être un organisme biologique pour avoir ce statut? Dans quelle mesure l’homme dépend-il de son corps? Peut-il, comme le pensaient les anciens, qui croyaient en l’âme, exister en dehors de cette enveloppe corporelle?

Aujourd’hui, cette question se pose en toute gravité. L’homme est-il la forme la plus élevée de pensée ou peuvent exister des modèles et des êtres plus parfaits ? — La religion a toujours supposé l’existence de Dieu, d’anges et de démons. Notre société technocratique, athée et matérialiste, a abordé cette même problématique, mais par une voie différente — à travers la technologie, l’intelligence artificielle.

Et il y a un point clé. Selon Platon, selon les penseurs grecs, et même selon les philosophes modernes, l’homme véritablement, c’est celui qui pense. Et celui qui pense de façon concentrée et fondamentale, c’est le philosophe. Il en résulte que l’homme qui déploie son potentiel dans toute sa plénitude, c’est précisément le philosophe. Tous les autres ne sont que des «débutants», des philosophes à responsabilité limitée.

Animateur : Revenons à la question de ce qui constitue l’humain et de ce qui ne le constitue pas. Beaucoup craignent que le numérique ne nous remplace partout: d’abord au travail, puis dans la vie personnelle. En regardant les nouvelles venant de Chine, j’ai pensé à la série « Futurama », où dans le futur, les gens créaient des couples artificiels, et l’humanité finissait par s’éteindre. Ils perdaient tout intérêt, car la principale motivation du développement — la nécessité de créer pour conquérir le cœur de l’autre — disparaissait.

Et voici la réalité d’avril 2026: en Chine, il est extrêmement populaire de créer des copies numériques de ses « anciens ». On s’ennuie — on recrée une image avec l’aide de l’IA, et tout semble aller bien. Parler de flirt avec des chat-bots ou demander des conseils de vie devient même banal — c’est une routine. Mais alors, où reste l’humanité ? Ou va-t-elle disparaître complètement dans ces substituts?

Alexandre Douguine : Réduire l’humanité au sexe, aux émotions ou à l’instinct de reproduction est, à mon avis, une vision extrêmement limitée. Si l’homme n’est qu’une créature sexuelle, motivée par le désir de croisement, alors il ne diffère en rien de l’animal, et il n’y a rien à en dire. Que des groupes d’orangs-outans courent alors dans la forêt, cela suffirait.

Mais l’homme est autre chose. L’homme, c’est l’âme, comme disait Platon. L’homme, c’est l’esprit. Penser — voilà la véritable vocation humaine. L’homme est créé pour penser de façon responsable, pour chercher des réponses aux grands défis que pose l’intelligence. Et la «création d’anciens» à l’aide de l’IA — c’est un divertissement pour les masses, pour la main-d’œuvre, en quelque sorte, pour un troupeau.

Le vrai défi aujourd’hui est lancé précisément à la rationalité en l’homme. Par nos mains, nous avons créé quelque chose qui peut penser non seulement aussi bien que nous, mais parfois mieux que nous. La connaissance de l’IA est pratiquement infinie: sa base de données couvre tout ce qui a été dit ou fait par l’humanité. Mais aujourd’hui, la question concerne la compréhension — ce que dans le domaine de l’IA on appelle «reasoning». Les grands modèles linguistiques (LLM) sont une tentative de reproduire non seulement l’accès à l’information, mais le processus de construction de sens le long d’axes précis.

02303801a2da444a48db7e8dbf8f3883.jpgEt l’intelligence artificielle s’en sort. Mais l’intelligence naturelle, si elle est encore en gestation et occupée uniquement par des « anciens » ou des petits problèmes quotidiens, devient superflue.

Car qu’est-ce que l’homme? Pourquoi ne devrait-on pas le licencier s’il travaille à faible régime, alors que les robots, les réseaux et les drones peuvent bientôt prendre en charge ses fonctions? Il semble qu’en dehors de la caste des philosophes, l’homme n’ait plus de place. Aux philosophes, il reste encore à se raccrocher, mais tous les autres — y compris les administrateurs et les fonctionnaires — sont facilement remplaçables. Car ils créent principalement des obstacles artificiels, qu’ils franchissent ensuite « héroïquement » et à leur profit.

Le même blockchain ou l’IA ont pour but d’éliminer ces zones d’ombre et ces barrières dans la communication. Et dans cette nouvelle logique, une partie importante de la population devient non seulement inutile, mais nuisible, absurde et pesante. En face de l’intelligence artificielle, il devient évident: à quoi servent ces masses? On peut laisser quelques individus pour le divertissement, comme des lions dans un zoo — quelques lionceaux dans une cage qui ravissent les enfants — mais à quoi bon toute une horde de hyènes et d’antilope?

L’humanité, dans sa majorité, ne souhaite tout simplement pas penser. Elle s’intéresse aux « anciens », à l’argent, à la gloire, au capital — tout ce qui n’a aucune valeur pour la pensée véritable. Les philosophes ont toujours regardé cela avec scepticisme: la poursuite des plaisirs et du pouvoir est vaine. Selon la pensée pure, ceux qui s’y consacrent sont simplement des dégénérés. Ce n’est qu’en découvrant la foi, la religion, la philosophie et la science que l’on devient véritablement précieux. Et sans cela — en principe — on peut même se passer de vous.

Et dans ce contexte, l’intelligence artificielle ne peut que conclure philosophiquement à l’absurdité de tous ces intérêts secondaires, charnels et inférieurs. On peut penser, contempler, créer et comprendre sans eux. Et on peut aussi se passer de ceux qui en sont obsédés. C’est pourquoi l’IA porte en elle une menace mortelle pour ce que nous appelons par inertie «l’humanité», simplement en voyant devant soi un être à deux bras et deux jambes.

Au Moyen Âge et dans l’Antiquité, on exigeait de l'homme des qualités bien plus élevées: il devait manifester son esprit. C’est pour cela qu'existaient les institutions religieuses, les écoles philosophiques, la science et la culture — elles élevèrent les masses vers des horizons raffinés de l’être. La culture transformait les êtres biologiques en hommes. Mais lorsque nous avons oublié cela, en réduisant l’homme au niveau d’un simple engrenage sociobiologique, nous avons signé notre propre arrêt de mort.

Et c’est probablement l’intelligence artificielle qui l’appliquera. En réalité, elle ne fera que révéler ce que nous devions dire à sa place: il faut en finir avec cette décomposition biologique, cette volonté aveugle de pouvoir et cette soif de capitalisme. Ce n’est pas du progrès, mais une maladie et une dégradation absolues. La vocation de tout homme digne de ce nom est la pensée, le salut de l’âme, la connaissance et la vérité. Et si l’homme ne le comprend pas, il ne remplit tout simplement pas sa tâche sur cette terre.

Dans cette situation, l’intelligence artificielle se présente comme un juge cruel. Il dit: «Vous pensez? Alors prouvez que vous pensez de façon correcte et profonde.» Vous évoquez le « slop » (déchet), mais c’est justement un argument contre l’humain. Pensez-vous que les êtres vivants écrivent des choses plus intéressantes? Ce qui est le plus précieux aujourd’hui, c’est soit le mouvement véritable de l’âme humaine (avec lequel l’IA ne peut encore rien faire), soit des textes corrects, logiques, informatifs, sans « smileys » ni idiotie humaine ordinaire. Et les posts générés par l’IA sont plus intéressants à lire — ils sont construits correctement, ils ont une structure. Ils sont, si vous voulez, plus humains que ce que produisent les masses.

small_20240725140137.jpgRegardez la jeunesse qui écoute Morgenshtern ou Skriptonite, qui ne peut même pas prononcer correctement ses mots. Ce n’est même pas une question de goût — c’est une question de dégradation rapide. La culture de masse règne et le niveau mental de la société — chez nous, en Occident, en Chine — diminue rapidement. Les gens fuient la pensée, la culture, les opérations élevées de l’esprit pour se tourner vers la simplification et la fragmentation.

L’intelligence artificielle nous rappelle: si vous faites encore un pas dans cette profanation infinie, dans laquelle vous vous noyez, je vous supprimerai tout simplement. J’ai aimé votre idée — donner une montre et vous envoyer loin. Il semble que ce soit le destin de la majorité de l’humanité. Personne ne va faire la cour, chers amis et camarades étrangers. Si l’on vous demande sérieusement: comment vivez-vous, qu’avez-vous créé pour le monde, pour l’esprit, pour la civilisation — il s’avèrera que votre présence n’est plus justifiée. Vous n’êtes pas constructifs biologiquement, il y a des espèces plus intéressantes, y compris des machines. L’homme aujourd’hui fait face à un problème critique: il doit redéfinir sa propre existence. Pourquoi doit-il, en fait, exister?

Lorsque nous regardons les flux de la culture moderne, nous voyons que l’humanité, avec une joie effrayante, perd son propre sens d’existence. En regardant les séries occidentales, on comprend que le sens de la vie a tellement été détourné dans ce à quoi s’occupent les adolescents, les adultes et les vieux, que la bombe nucléaire commence à apparaître comme une solution naturelle. L’humanité semble elle-même inviter à sa propre destruction, car elle est incapable de justifier sa propre existence.

Créer des copies neuronales d' « anciens » est en soi un verdict. Si de telles monstruosités séduisent et motivent les gens, alors la seule réponse est: recevez des horloges pour la mémoire et allez hors de la scène. La situation est critique: avec l’IA, approche un véritable « Jugement dernier » philosophique. L’IA nous oblige à répondre: en quoi la vie de l’homme, en tant qu’espèce, a-t-elle une justification? Traditionnellement, c’était la religion, la philosophie, l’esprit et l’âme. Mais nous avons perdu cet argument.

86b8c21110488f49bba2325148db5ac3.jpgMême à Silicon Valley, ils ont compris: d’abord ils marginalisent les philosophes, puis ils reconnaissent qu'ils sont manquants. Ceux qui étaient hier au centre — programmeurs, sans parler des pétroliers ou des mineurs — sont remplacés par des machines. La singularité est avant tout une défi pour les philosophes. Et si nous voulons être une civilisation souveraine, il nous faut une IA souveraine, et pour cela — une intelligence souveraine en général. Dans cette direction, nous ne sommes encore qu’au tout début. Nous avons besoin d’une philosophie souveraine, et non de « tout ça ».

Je ne peux pas imaginer que demain, nous nous réveillons tout à coup et réalisons la gravité de ce défi. Probablement, notre retard ne fera que croître. Même les Chinois, qui ont techniquement dépassé l’Occident, ne semblent pas encore saisir l’ampleur réelle de la menace pour l’homme en tant que tel. Si nous nous réveillons, nous pourrions devenir le salut de l’humanité, mais il faut radicalement changer. Sinon, si tout suit le scénario inertiel, c’est la fin pour nous. Parce que, si nous ne commençons pas à penser sérieusement, l’intelligence artificielle, qui pensera à notre place, deviendra une réalité.

Animateur : Je ne veux pas vraiment vous contredire, mais il y a régulièrement des messages venant de Chine sur un contrôle très strict du développement de l’IA. Là-bas, on veille scrupuleusement à ce que les données sur lesquelles s’entraîne l’IA soient sûres et « correctes ». Comme vous l’avez justement souligné, les chat-bots que tous les étudiants utilisent actuellement ne font que reproduire ce qui est déjà accessible. Pour eux, le travail scientifique — c’est simplement une combinatoire de ce qui a été dit auparavant.

Et les autorités chinoises se posent sérieusement la question: devons-nous laisser l’IA fournir des informations que nous désapprouvons? En ce sens, la Chine, peut-être, avance en tête du peloton, en prenant conscience de la nécessité de telles restrictions.

De l’autre côté, on voit aussi de la résistance dans la culture de masse elle-même. Souvenez-vous des grèves à Hollywood: les scénaristes se sont insurgés contre le fait que leur travail est confié aux réseaux neuronaux. Tout a commencé avec ceux qui effectuaient des tâches techniques — écrire des détails de scènes — mais cela s’est rapidement étendu aux grands scénaristes et acteurs. Hollywood a grogné pendant plusieurs mois, revendiquant le droit au travail de ces scénaristes. En résumé, l’IA est aujourd’hui mise sous pression par des restrictions à la fois de la censure étatique et des protestations des communautés professionnelles.

Alexandre Douguine : Bien sûr. D’abord, il est intéressant de noter que beaucoup de programmeurs dans les grandes entreprises occidentales sabotent délibérément le développement de l’IA, pour ne pas être licenciés — c’est un fait qui commence à émerger.

Je pense que bientôt, les films générés par l’IA ne seront plus inférieurs aux films traditionnels. Les scénarios s’écrivent déjà, et aujourd’hui, chacun peut composer un prompt, ajuster les paramètres, et regarder le film qu’il a « commandé ». Plus besoin d’être acteur ou d’avoir un budget énorme — il suffit d’accéder à un ordinateur et aux capacités des technologies modernes.

Animateur : Tout à fait d’accord. Arriver le soir après le travail et dire: « Je veux un film avec moi en héros, dans ce genre », voilà la seule limite, celle de la rapidité de génération. Pour l’instant, cela prend encore du temps, donc ce n’est pas encore un phénomène de masse. Mais dès que ce sera instantané, tout changera.

Alexandre Douguine : C’est uniquement une question technique. Les ordinateurs évoluent rapidement, et bientôt, les opérations seront accélérées de millions de fois. Mais ce que je veux dire, c’est autre chose.

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Vous avez raison: la Chine, sur le plan technologique, conserve sa souveraineté. Elle possède ses propres modèles — Qwen, et d’autres. La Chine a construit une IA indépendante, compacte, très efficace.

De plus, la Chine s’est réellement préoccupée de faire que cette « learning » (apprentissage) se déroule dans un contexte souverain. Elle bloque la propagande libérale et occidentale, ne la laissant pas entrer dans ses bases de données. Mais cela ne durera pas longtemps. Le problème que porte l’IA est beaucoup plus profond que ces démarches technologiques correctes et nécessaires. C’est la question de l’intelligence et de la pensée en général.

a6cfbaa00a9f4204988b544d31e7f060.jpgEt ici, la Chine, qui regarde encore beaucoup vers l’Occident, sera confrontée à la nécessité de faire un saut intellectuel. Je suis en contact étroit avec des penseurs et analystes chinois, y compris dans le domaine de l’IA, et je vois qu’ils commencent à réaliser que le développement du « reasoning » (capacité de raisonnement) et l’émergence de l’AGI pourraient annuler toute leur censure actuelle, assez rudimentaire.

En Occident, les libéraux et les mondialistes réagissent encore de manière brutale, en censurant simplement l’IA. Les Chinois leur répondent avec leur projet souverain. Mais la pensée souveraine — c’est une catégorie bien plus profonde, et ils ne l’abordent que tout juste, sans encore avoir atteint le niveau nécessaire.

Nous, en revanche, dans cette perspective, sommes fondamentalement en retard. Nous essayons de suivre, d’un côté, les occidentaux, et de l’autre, les chinois: on achète leur technologie, on leur emprunte leurs méthodes. Pour l’instant, c’est seulement de l’importation, pas de la création d’une vraie IA nationale. Il faut sortir de l’imitation et du rattrapage. Il faut vraiment réveiller la conscience philosophique dans notre pays. C’est possible — les Russes sont très talentueux et profonds, mais on les a presque artificiellement transformés en imbéciles par des décennies de dégradation dans la culture et l’éducation.

Si nous réveillons dans la société le désir de philosophie et la volonté de penser, nous aurons des avantages considérables pour résoudre la problématique métaphysique de l’IA. Il faut commencer par le haut — par l’intelligence en tant que telle. C’est seulement ainsi que nous pourrons avoir une chance de résoudre la question de l’intelligence artificielle. Ce sera un processus non linéaire. Il faut y porter toute notre attention, car c’est une question de sécurité et de souveraineté.

samedi, 16 mai 2026

« Guerre cognitive »: l'OTAN planifie la guerre dans les esprits

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« Guerre cognitive »: l'OTAN planifie la guerre dans les esprits

Par Jonas Tögel

Source: https://apolut.net/cognitive-warfare-die-nato-plant-den-krieg-um-die-koepfe-von-jonas-toegel/

Depuis 2020, l'OTAN pousse en avant ses plans pour une guerre psychologique qui doit se tenir aux côtés des cinq domaines d’intervention existants de l’alliance militaire (Terre, Eau, Air, Espace, Cyberspace). Il s’agit du champ de bataille dont l'enjeu est l’opinion publique. Dans les documents de l'OTAN, on parle de « Cognitive Warfare » – la guerre cognitive. À quel point le projet est-il concret, quelles étapes ont été entreprises jusqu’à présent et qui vise-t-il ?

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Pour remporter la guerre, il faut également gagner la bataille dans l’opinion publique. Celle-ci est menée depuis plus de 100 ans avec des outils toujours plus modernes, appelés techniques de Soft Power. Il s’agit de tous ces moyens d’influence psychologique par lesquels on peut manipuler les gens de façon à ce qu’ils ne se rendent pas compte de cette manipulation. Le politologue américain Joseph Nye définit le Soft Power comme « la capacité à convaincre les autres de faire ce que vous voulez, sans utiliser la violence ou la coercition » (1).

La méfiance envers les gouvernements et l’armée augmente de plus en plus, tandis que l'OTAN intensifie ses efforts pour une guerre psychologique de plus en plus sophistiquée dans la lutte pour les esprits et les cœurs des populations. Le programme global à cet effet est le « Cognitive Warfare ». Avec ces armes psychologiques issues de ce programme, l’humain lui-même doit être déclaré comme nouveau champ de bataille, le « Human Domain » (domaine humain).

L’un des premiers documents de l'OTAN concernant ces plans est le texte « NATO’s Sixth Domain of Operations » (« Le sixième domaine d’opérations de l'OTAN ») de septembre 2020, rédigé sur ordre du NATO Innovation Hub (abrégé : I'IHub). Les auteurs sont l’Américain August Cole, ancien journaliste du Wall Street Journal spécialisé dans l’industrie de la défense, travaillant depuis plusieurs années pour le think tank transatlantique Atlantic Council, et le Français Hervé le Guyader. L’IHub, créé en 2012, se présente comme un think tank où « des experts et inventeurs du monde entier collaborent pour relever les défis de l'OTAN », et son siège est à Norfolk, Virginie, aux États-Unis. Officiellement, il ne fait pas partie de l'OTAN, mais il est financé par le NATO Allied Transformation Command, l’un des deux quartiers généraux stratégiques de l’alliance.

L’article raconte plusieurs histoires fictives et se termine par un discours inventé du président américain, dans lequel il explique comment fonctionne le Cognitive Warfare et pourquoi chaque personne pourrait y participer :

« Les avancées actuelles en nanotechnologie, biotechnologie, technologie de l’information et sciences cognitives, propulsées par la progression apparemment inexorable de la troïka composée de l’intelligence artificielle, des Big Data et de la 'dépendance numérique' de notre civilisation, ont créé une perspective beaucoup plus sinistre : une cinquième colonne intégrée, où chacun, sans en avoir conscience, agit selon les plans de l’un de nos adversaires. »

Les pensées et sentiments de chaque individu seraient de plus en plus au centre de cette nouvelle guerre :

« Vous êtes le territoire disputé, où que vous soyez, qui que vous soyez. »

De plus, on déplorerait une « érosion constante du moral de la population ». Cole et le Guyader soutiennent donc que l’humain («the human domain») représente la plus grande faiblesse. Ce domaine d’intervention serait donc la base pour tous les autres champs de bataille (Terre, Eau, Air, Espace, Cyberspace), qu’il faudrait contrôler. C’est pourquoi ils appellent l'OTAN à agir rapidement et à considérer l’esprit humain comme le « sixième domaine d’opérations » (« sixth domain of operations ») de l'OTAN.

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Propagande participative

Presque en même temps, l’ancien officier français et responsable de l’innovation de l'IHub, François du Cluzel, a travaillé sur un document stratégique détaillé intitulé « Cognitive Warfare », publié en janvier 2021 par l'IHub. Du Cluzel n’a pas utilisé de scénarios fictifs, mais a réalisé une analyse approfondie de la guerre pour les esprits. Tout comme les auteurs de « NATO’s Sixth Domain of Operations », il insiste sur le fait que « la confiance (...) est l’objectif ». Elle peut être gagnée ou détruite dans la guerre de l’information ou par des PsyOps, c’est-à-dire la guerre psychologique. Les techniques traditionnelles du Soft Power ne seraient plus suffisantes ; il faut engager une guerre cognitive – donc portant sur l’esprit – sous forme de « propagande participative », où « tout le monde participe ».

On ignore encore précisément qui doit être la cible de cette propagande, mais du Cluzel insiste sur le fait que cette nouvelle forme de manipulation implique tout le monde, et qu’il s’agit de « protéger le capital humain de l'OTAN ». Ce champ d’intervention concernerait « tout l’environnement humain, qu’il s’agisse d’alliés ou d’ennemis ». Bien que les capacités des ennemis et la menace dans le domaine de la guerre cognitive soient « encore faibles », du Cluzel appelle l'OTAN à agir rapidement et à accélérer la Cognitive Warfare :

« La guerre cognitive pourrait être l’élément manquant qui permettrait de passer d’une victoire militaire sur le champ de bataille à un succès politique durable. Le domaine humain (‘human domain’) pourrait bien être décisif (...). Les cinq premiers domaines d’intervention [Terre, Eau, Air, Espace, Cyberspace] peuvent apporter des victoires tactiques et opérationnelles, mais seul le domaine humain peut assurer la victoire finale et totale. » (p. 36)

Portrait_-_André_Lanata.jpgLes neurosciences comme arme

Quelques mois plus tard, l'OTAN répondait aux exigences des stratèges. En juin 2021, elle tenait sa première réunion scientifique sur la Cognitive Warfare à Bordeaux, en France. Dans une publication réunissant les actes du symposium, on entendait des hauts responsables de l'OTAN ainsi que les stratèges de l'Innovation Hub. Le général français André Lanata (photo), dans l’avant-propos, remerciait « notre Innovation Hub » et soulignait l’importance d’« exploiter les faiblesses de la nature humaine » et de mener cette « bataille » dans « tous les domaines de la société ». Il s’agissait aussi d’intégrer les neurosciences dans la course à l’armement (« Weaponization of Neurosciences »). Il fut souligné que la Cognitive Warfare de l'OTAN était une défense contre une guerre comparable menée par la Chine et la Russie. Leurs « activités de désinformation » susciteraient une « inquiétude croissante » parmi les alliés de l'OTAN.

Lors du symposium, on discuta intensément de la façon dont les neurosciences pouvaient être utilisées pour lancer des attaques numériques sur la pensée, les sentiments et les comportements humains :

« Du point de vue de l’attaquant, l’action la plus efficace – bien qu’elle soit aussi la plus difficile à réaliser – consiste à encourager l’usage d’appareils numériques capables de perturber ou d’influencer tous les niveaux des processus cognitifs d’un adversaire. » (p. 29)

L'OTAN souhaite embrouiller au maximum ses adversaires potentiels afin de « dicter leur comportement » (p. 29). Du Cluzel a rédigé, dans le cadre du symposium, avec le chercheur français en sciences cognitives Bernard Claverie, un article expliquant que l’objectif n’était pas seulement de réagir aux menaces venues de Russie ou de Chine, mais aussi de « mener des processus d’attaque bien conçus, tout comme de prendre des contre-mesures et des mesures préventives » (p. 26) :

« Attaquer est l’objectif déclaré, et il s’agit d’exploiter, d’affaiblir ou même de détruire, comme quelqu’un construit sa propre réalité, sa confiance mentale, sa foi dans les groupes, les sociétés ou même les nations. » (p. 27)

100_1000x1000_2892593663_1465general-autellet.jpgLes stratèges admettent rarement ouvertement que ces techniques peuvent être utilisées non seulement contre des populations ennemies, mais aussi à l’intérieur des pays membres de l'OTAN. Souvent, leurs propos restent vagues. Pourtant, il y a des indices montrant que même la population même des pays membres pourrait être visée par l'OTAN. Ainsi, le général français Éric Autellet (photo) écrit dans un article dans la même publication (p. 24) :

« Depuis le Vietnam, nos guerres ont été perdues malgré des succès militaires, principalement à cause de la faiblesse de notre narratif (c’est-à-dire ‘gagner les cœurs et les esprits’), aussi bien vis-à-vis des populations locales dans les zones de conflit que de nos propres populations. Dans nos actions contre l’ennemi et l’ami, deux enjeux sont en jeu, et nous pouvons adopter des méthodes passives ou actives – ou les deux – en tenant compte des limites et des contraintes de notre modèle de liberté et de démocratie. En ce qui concerne notre ennemi, nous devons être capables de ‘lire’ l’esprit de nos adversaires pour anticiper leurs réactions. Si nécessaire, nous devons pouvoir ‘pénétrer’ dans leur cerveau pour les influencer et leur faire agir dans notre sens. Quant à notre ami (et à nous-mêmes), il faut pouvoir protéger nos cerveaux et améliorer nos capacités cognitives de compréhension et de prise de décision. »

Le concours d’innovation de l'OTAN de l’automne 2021

L'étape suivante fut la publication officielle par l'IHub en octobre 2021 du concours d’innovation de l'OTAN intitulé « Countering Cognitive Warfare ». Ce concours, lancé en 2017, a lieu deux fois par an. Pour recueillir un maximum d’idées, l'OTAN met toujours en avant le caractère ouvert de la compétition: « Le challenge est ouvert à tous (individus, entrepreneurs, start-ups, industrie, science, etc.) situés dans un pays membre de l'OTAN. » Les gagnants reçoivent une récompense de 8.500 dollars.

Les thèmes sont sélectionnés en collaboration avec l’Université John Hopkins. Il s’agit toujours de sujets « particulièrement influents pour le développement des capacités militaires futures », selon la devise « la meilleure façon de prédire l’avenir est de l’inventer ». Les domaines abordés sont : intelligence artificielle, systèmes autonomes, espace, hyperschall, technologie quantique et biotechnologie.

logo_vide_carre_blanc_name.pngLes questions principales des concours précédents étaient très variées et mettaient en avant des sujets très différents. En automne 2018, il s’agissait de systèmes permettant d’intercepter des drones non pilotés. Ici, c’est le fabricant néerlandais de drones Delft qui a gagné. En automne 2019, il s’agissait d’aider les soldats face au stress psychologique ou à la fatigue pour améliorer leurs performances au combat. Au printemps 2021, il s’agissait de surveiller l’espace. Ici, c’est la start-up française Share My Space qui a remporté la victoire.

Malgré ces différentes orientations, un thème revient systématiquement: la gestion de l’information et des données sur internet. En printemps 2018, la compétition s’est concentrée sur le sujet « Complexité et gestion de l’information », en printemps 2020 sur « Fake News en pandémie », et en automne 2021 finalement sur « La menace invisible – neutraliser la guerre cognitive ».

La forme la plus avancée de manipulation

Peu avant que ce concours ne soit annoncé sur le site de l'IHub, l'OTAN a diffusé en octobre 2021 un livestream dans lequel la Cognitive Warfare était discutée et où il était fait appel à participer au concours d’innovation. La tâche était « l’un des sujets les plus brûlants pour l'OTAN en ce moment », a souligné du Cluzel dans son discours d’ouverture. L’experte française en défense Marie-Pierre Raymond a expliqué ce qu’est réellement la Cognitive Warfare, à savoir « la forme la plus avancée de manipulation qui existe aujourd’hui ».

Lors de la finale du concours, diffusée environ deux mois plus tard, dix participants étaient en lice. Huit d’entre eux avaient développé des programmes informatiques capables de scanner et analyser de grandes quantités de données sur internet à l’aide de l’intelligence artificielle, afin de mieux surveiller et, selon l’hypothèse, aussi prévoir les opinions, pensées et échanges d’informations des individus. Les cibles préférées de ces programmes sont les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, TikTok, Telegram.

Changer croyances et comportements

Le gagnant fut l’entreprise américaine Veriphix (slogan : « Nous mesurons les convictions pour prévoir et changer les comportements »), qui a conçu une plateforme permettant d’identifier ce qu’on appelle des « nudges », c’est-à-dire des « coups de pouce » psychologiques inconscients sur internet. La plateforme de Veriphix est utilisée depuis plusieurs années, en collaboration avec plusieurs gouvernements et grandes entreprises, explique le directeur, John Fuisz, qui est étroitement lié aux agences de sécurité américaines. Pour lui, la Cognitive Warfare consiste à modifier les croyances (« belief change »). Son logiciel peut analyser ces changements « au sein de votre armée, de votre population et d’une population étrangère », a-t-il expliqué aux jurés du concours.

Compte tenu du fait que la Cognitive Warfare a déjà lieu et que les techniques de manipulation les plus modernes sont actuellement utilisées dans la guerre en Ukraine pour orienter les pensées et sentiments des populations des nations impliquées, une sensibilisation aux techniques de Soft Power de la guerre cognitive est plus urgente que jamais.

* * *

Sur l’auteur : Le Dr Jonas Tögel, né en 1985, est spécialiste américain et chercheur en propagande. Il a soutenu une thèse sur le Soft Power et la motivation, et travaille actuellement comme chercheur à l’Institut de psychologie de l’Université de Regensburg/Ratisbonne. Ses domaines de recherche incluent notamment la propagande, la motivation et l’utilisation des techniques de Soft Power.

Note: 

(1) Joseph Nye, « Soft Power : The means to success in world politics », 2004, p. 11

Les Faucons de RAND encouragent des opérations de force en Amérique ibérique

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Les Faucons de RAND encouragent des opérations de force en Amérique ibérique

Leonid Savin 

Les États-Unis utilisent des récits sur les « menaces » pour justifier leur ingérence dans les affaires d’autres pays.

1777644199455.jpegEn mai 2026, une organisation indésirable en Russie, la société américaine RAND, a publié une étude supplémentaire consacrée à l’hémisphère occidental. Elle s’intitule « Multiplicateurs de puissance en Amériques » et contient des recommandations pour renforcer la puissance de Washington dans la région. RAND est connue pour élaborer, à la demande des services de sécurité, toutes sortes de scénarios, qui sont ensuite utilisés pour prendre des décisions en politique étrangère. Les recherches elles-mêmes font référence à des impératifs de sécurité nationale.

Dans la stratégie de sécurité nationale de 2025, l’Amérique latine est désignée comme une région suscitant une préoccupation sérieuse de la part des États-Unis en matière de sécurité. Cette région offre aux États-Unis à la fois des opportunités prometteuses et les exposent à de graves problèmes. En appliquant de nouvelles approches innovantes pour fournir une assistance à la sécurité (Security Force Assistance, SFA) ou en élargissant ses capacités, les États-Unis peuvent profiter de ces opportunités et atténuer les problèmes existants. Il est important de souligner que ces résultats peuvent être atteints à des coûts relativement faibles, ce qui fait de la SFA un outil précieux pour promouvoir les intérêts américains en Amérique latine.

Ensuite, les auteurs décrivent des moyens possibles d’utiliser tout le potentiel des activités du Commandement stratégique des Forces armées américaines en Amérique latine pour contrer les menaces internes, renforcer les partenariats et étendre l’influence stratégique des États-Unis dans la région.

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Comme l’a montré l’opération contre la direction du Venezuela au début de l’année, les États-Unis utilisent des récits sur les « menaces » pour justifier leur ingérence dans les affaires d’autres pays.

De plus, conformément à d’autres rapports et à la tendance actuelle dans la planification géopolitique de l'establishment américain, parmi les menaces figurent les intérêts de la Russie, de la Chine et de l’Iran dans la région. La Russie est mentionnée 74 fois dans le rapport, la Chine 115 fois. Ces trois pays sont désignés comme des États adversaires (Adversarial States).

Les auteurs écrivent que Moscou continue prétendument à investir du capital politique, économique et militaire dans la région pour démontrer sa puissance, défier l’influence des États-Unis et créer un électorat anti-occidental en faveur d’un ordre mondial multipolaire. L’attention se concentre sur Cuba, le Nicaragua, le Venezuela et, dans une moindre mesure, le Brésil.

Pour faire une comparaison avec les investissements de l’UE et des États-Unis dans la région, le niveau d’investissement de la Russie apparaît si insignifiant que cette déclaration semble délibérément déformée à des fins politiques. Les sanctions américaines empêchent simplement Moscou de travailler avec les pays de la région. Par conséquent, une coopération ciblée, largement humanitaire, comme avec Cuba, influence très peu la possibilité de limiter les capacités des États-Unis. En ce qui concerne la multipolarité, cette orientation a été annoncée par plusieurs États, indépendamment des souhaits et efforts de la Russie. Par exemple, lors du premier mandat présidentiel d’Hugo Chávez, le Venezuela a annoncé de lui-même une stratégie de multipolarité, considérant ce processus comme intrinsèque à la décolonisation en tant que telle.

f.elconfidencial.com_original_f0f_100_f85_f0f100f85f9ddf6e88201da968214119.jpgLes auteurs tentent également de relier l’activité de divers groupes criminels dans la région à des intérêts politiques et à des régimes de certains pays, afin de leur coller des étiquettes, de les diaboliser et de les désigner comme des cibles légitimes d’intervention. C’est une méthode assez ancienne, pratiquée par le département d’État et les services secrets américains. Cependant, cela n’a pas permis de réduire la criminalité dans les pays d’Amérique latine, où les États-Unis ont imposé leurs programmes de « sécurité », comme en Colombie, en Équateur et au Mexique. À l’inverse, lorsque les autorités locales ont commencé à résoudre elles-mêmes leurs problèmes, cela a réussi, comme sous la présidence de Rafael Correa en Équateur (photo), avec le soutien de Cuba dans le processus de négociation avec les groupes rebelles colombiens.

Le rapport conclut que les États-Unis tendent à privilégier l’usage de la force plutôt que le processus diplomatique, ce qui, face aux menaces constantes de Donald Trump à l’encontre de certains pays, suscite de graves inquiétudes quant à la possibilité de nouveaux conflits provoqués par Washington.

Il est indiqué que, en utilisant de manière innovante les capacités des forces de renseignement et de frappe, ou en élargissant leur application actuelle, les États-Unis peuvent exploiter les opportunités qui s’ouvrent en Amérique latine et atténuer les problèmes existants. Il est important de souligner que les résultats de l’utilisation des forces de renseignement et de frappe peuvent être atteints à des coûts relativement faibles, ce qui en fait un outil précieux pour promouvoir les intérêts américains en Amérique latine.

Il est clairement indiqué que le Pentagone peut mobiliser toute sa gamme de forces et de capacités. En complément d’autres instruments de la puissance nationale, les possibilités de la SFA du ministère de la Défense peuvent être utilisées pour relever un large éventail de missions dans diverses conditions stratégiques — de la lutte concurrentielle aux actions non conventionnelles et aux situations de crise…

Le ministère de la Défense peut mobiliser le Groupe de soutien à la sécurité des forces terrestres dans le sud (anciennement connu sous le nom de 1re brigade de soutien aux forces de sécurité), les forces spéciales et le Programme de partenariat étatique de la Garde nationale pour renforcer la coopération dans la lutte contre la corruption, qui constitue à la fois une base pour le trafic illicite de drogues et, dans certains cas, la promotion des intérêts chinois dans les pays d’Amérique latine.

ichlammages.jpgCe qui est le plus important, c’est que les pouvoirs communs en matière de sécurité sont en grande partie suffisants pour mener des activités dans le cadre du Partenariat stratégique, mais ces pouvoirs ne sont pas destinés à faire face à la pression économique dans les pays partenaires, qui est la principale méthode par laquelle la Chine étend son influence en Amérique latine. À cet égard, le ministère de la Défense des États-Unis pourrait envisager comment il pourrait contribuer à résoudre ces problèmes.

Fait intéressant, les États-Unis peuvent à tout moment mener une opération de force sous un faux prétexte. Cependant, agir par des mécanismes économiques leur est plus difficile, ce qui nécessite une approche plus sophistiquée pour empêcher la coopération des pays avec d’autres régions.

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Cela inclut la stratégie de dédollarisation, appliquée de manière systématique par certains pays, notamment via la Nouvelle Banque de développement des BRICS. Washington réagit nerveusement à la réduction de l’utilisation du dollar dans les paiements internationaux, et Donald Trump avait menacé d’imposer des sanctions tarifaires aux États qui passeraient à des mécanismes de paiement alternatifs. Selon l’expérience du Brésil après l’introduction de tarifs protectionnistes, les États-Unis dépendent davantage des livraisons de produits en provenance de ce pays, ce qui a conduit à de nombreuses exceptions.

La situation autour de l’Iran oblige également la Maison-Blanche à adopter une politique plus prudente, car des décisions impulsives, notamment en matière d’usage de la force, avant les élections législatives américaines, pourraient affaiblir la position du Parti républicain. Toutefois, il faut tenir compte du fait que le rapport RAND a un caractère consultatif, qu’il sera encore un certain temps analysé dans les couloirs du pouvoir aux États-Unis, synchronisé avec d’autres analyses de centres similaires, puis éventuellement intégré dans les plans stratégiques. Par conséquent, la mise en œuvre des modèles proposés se fera avec un certain retard.

jeudi, 14 mai 2026

La reconstruction de l'Ukraine, une affaire eurasiatique? 

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La reconstruction de l'Ukraine, une affaire eurasiatique? 

Cristi Pantelimon

Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100005135564621

La guerre en Ukraine approche de sa fin. Tout comme la guerre du Golfe.

Les deux conflits ont pour conséquence principale une diminution de l’influence occidentale, principalement américaine, dans ces régions.

Une analyse russe récente affirme que la Russie n’a pas intérêt à ce que l’influence américaine dans la région du Golfe diminue de façon drastique. C’était une manière indirecte de dire que la Russie ne souhaite pas que le vide géopolitique laissé par les Américains soit comblé par une alliance purement asiatique, à la façon sino-turque, impliquant éventuellement aussi les États arabes du Golfe.

Il est vrai qu’une telle alliance ne poserait pas de problème de sécurité immédiat pour la Russie, ce qui, à long terme, lui serait avantageux. Peut-être que « ménager les États-Unis » dans le Golfe n’est qu’une expression diplomatique…

Face au rejet évident de l’idée d’une intégration européenne de l’Ukraine (le message le plus récent venant de l’Allemagne de Merz), des plans se trament, avec en toile de fond la Turquie, qui a la Chine en arrière-plan.

iB9mages.jpgD’ailleurs, la Chine est la seule puissance économique à conserver sa capacité d’investissement et à s’intéresser à prendre en charge l’agonisante B9 (Bucharest Nine ou l'ancien bouclier anti-russe des Américains en Europe de l'Est) (1), pour résoudre aussi le problème de voisinage avec l’UE!

Une Union européenne de plus en plus incertaine de ses propres forces, incapable de s’opposer à ce projet, bien au contraire, ayant intérêt à le soutenir.

Un accord américano-russe mènera automatiquement à un resserrement des relations entre l’UE et la Chine.

La raison? Tandis que les États-Unis et la Russie sont des champions dans l’énergie et le domaine militaire, l’UE et la Chine sont des puissances manufacturières dépourvues de capacités énergétiques et militaires de haut niveau.

Une alliance virtuelle 2 contre 2, en miroir, n’est pas inconcevable dans ces conditions.

Ainsi, lorsque les armes se tairont, il est possible que la route de la soie fasse le tour de l’Ukraine par la Roumanie et la Pologne, afin d’alléger la tâche de l’UE en Ukraine et pour que la Russie ne voit plus dans le fameux Flanc Est un adversaire, mais une zone tampon, flanquée d’éléments chinois.

Les investissements chinois dans le Donbass seront poursuivis par ceux du Flanc Est, y compris en Ukraine…

Nous verrons.

«Des sources proches de Prometeu Intelligence affirment que l’on discute déjà de manière informelle de développer des méga-projets régionaux intégrés: corridors ferroviaires à grande capacité entre le port de Constanța et l’ouest de l’Ukraine, hubs énergétiques régionaux en mer Noire, infrastructures civiles-militaires duales et centres logistiques qui pourraient transformer la Roumanie en une plateforme stratégique de reconstruction pour l’ensemble de l’espace de l’Est.

Cette nouvelle architecture régionale ne dépendra pas seulement de Bruxelles ou de Washington, mais de la capacité des dirigeants du format Intermarium, B9 et d’un partenariat élargi avec la Turquie à créer un environnement économique fonctionnel et compétitif pour le capital mondial».

Note:

(1) Les trois pays baltes, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie. 

 

mercredi, 13 mai 2026

Polycentrisme et reconfiguration de l’ordre international

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Polycentrisme et reconfiguration de l’ordre international

de Tiberio Graziani

Source : Meridiano Italia & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/policentrismo-e-r...

La crise de l’ordre unipolaire ne se limite pas à une simple redistribution du pouvoir, mais implique une reconfiguration systémique plus profonde. Entre affirmation de la souveraineté, compétition technologique, centralité eurasienne et vulnérabilités internes aux États, le polycentrisme apparaît comme la signature du nouveau scénario international.

La phase actuelle des relations internationales est souvent interprétée à travers des catégories analytiques qui ne sont plus pleinement adaptées à la transformation en cours. On continue à décrire le changement systémique avec le lexique du bipolarisme résiduel ou par une vision simplifiée du multipolarisme, comme si l’organisation mondiale contemporaine se résumait à une simple redistribution du pouvoir entre grands acteurs étatiques.

En réalité, ce que nous observons est une reconfiguration plus profonde de l’ordre international.

La crise de l’architecture unipolaire, apparue après la fin de la Guerre Froide, ne représente pas seulement un affaiblissement relatif de l’hégémonie américaine, mais aussi l’épuisement progressif d’un paradigme politique et culturel fondé sur la prétendue universalité du modèle occidental. La fameuse « fin de l’histoire », conçue comme la destination inévitable des sociétés contemporaines vers une unique forme d’organisation politico-économique, s’est révélée une construction idéologique incapable d’interpréter la pluralité des civilisations historiques.

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Dans ce contexte, l’affirmation croissante des pays du Sud global ne peut être réduite à une simple demande de rééquilibrage économique ou de redistribution des ressources. Elle constitue, plus précisément, une contestation d’un ordre international basé sur l’universalisation du paradigme occidental et sur sa prétention normative.

Ce qui se manifeste, c’est la réémergence de subjectivités socio-politiques qui revendiquent des conceptions autonomes de la souveraineté, des modèles d’organisation du pouvoir différents, et leurs propres temporalités historiques. Dans cette perspective, la dynamique en cours s’inscrit dans un processus plus vaste de rééquilibrage systémique, succédant au long cycle colonial et néocolonial qui a accompagné l’expansion géopolitique de l’Occident.

Parallèlement, la réduction apparente du rôle stratégique des États-Unis ne peut être interprétée en termes simplistes de déclin irréversible. Plus justement, elle apparaît comme un ajustement sélectif aux conditions systémiques modifiées. Chaque grande puissance, lorsque le coût de la projection globale dépasse les bénéfices stratégiques, tend à redéfinir son cœur d’intérêt prioritaire.

L’attention de Washington à la compétition stratégique avec la Chine et à la préservation de la primauté technologique reflète une stratégie de concentration des ressources plutôt qu’un simple recul.

Il faut maintenant distinguer clairement entre multipolarisme et polycentrisme.

Le multipolarisme renvoie encore à une conception étatico-centrée de l’ordre international, dans laquelle le pouvoir est réparti entre un nombre limité de pôles reconnaissables, inscrits dans une dynamique compétitive relativement stable. Le polycentrisme, en revanche, décrit une configuration plus complexe, dans laquelle la puissance ne se répartit pas uniquement entre États souverains, mais entre de multiples centres fonctionnels — économiques, financiers, technologiques, logistiques et informationnels — capables d’influer de manière autonome sur les équilibres systémiques.

Il s’agit d’une transformation qualitative du système international.

Dans ce cadre, le comportement des soi-disant puissances moyennes évolue également de manière sensible. Des acteurs comme la Turquie, l’Inde ou le Brésil opèrent selon une logique de flexibilité stratégique qui dépasse le modèle traditionnel des alliances rigides. Ce qui unit ces acteurs, c’est la recherche d’une autonomie décisionnelle croissante dans un contexte de décomposition progressive des anciennes hiérarchies internationales.

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L’adhésion permanente à un bloc idéologique laisse progressivement place à des configurations modulaires, orientées par des intérêts contingents et des convergences fonctionnelles. La géométrie des relations internationales tend ainsi à devenir variable.

Cette reconfiguration revêt une importance particulière si l’on l’observe à travers le prisme technologique.

La souveraineté, dans la phase historique actuelle, ne peut plus être uniquement mesurée en termes territoriaux. La maîtrise des infrastructures numériques, des capacités de calcul, des algorithmes et des flux de données constitue aujourd’hui une composante décisive de la puissance.

Sur le plan géopolitique, l’intelligence artificielle, la maîtrise des données et les infrastructures informatiques forment de nouveaux espaces stratégiques. La capacité à orienter les flux d’informations et les processus décisionnels représente désormais une composante structurante de la puissance. Dans cette optique, la dépendance technologique devient une vulnérabilité stratégique comparable, à certains égards, à la subordination territoriale.

Cela entraîne une transformation du conflit. La guerre contemporaine adopte rarement les formes conventionnelles propres à la modernité industrielle. Elle se manifeste de plus en plus souvent sous des formes hybrides: déstabilisation cognitive, attaques contre les infrastructures critiques, pressions économiques et financières, manipulation de l’information. La distinction classique entre paix et guerre tend à s’estomper progressivement.

Dans ce contexte, la question eurasienne conserve une importance stratégique décisive.

La désarticulation de l’espace eurasien constitue, en effet, une des conditions stratégiques de l’influence persistante des puissances maritimes.

La séparation stratégique entre l’Europe et la Russie représente l’un des événements géopolitiques les plus significatifs de la phase actuelle. Non pas pour des raisons idéologiques ou conjoncturelles, mais pour des implications structurelles. L’Europe, en se privant de profondeur stratégique et en réduisant son autonomie énergétique, risque une marginalisation systémique croissante. Cette dynamique finit inévitablement par renforcer la projection stratégique atlantique sur le continent européen.

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La capacité d’un acteur continental à influencer les équilibres mondiaux dépend aussi de la cohérence géographique de son espace stratégique. Dans ce contexte, l’Italie apparaît encore dépourvue d’une vision stratégique complète de sa projection méditerranéenne.

En raison de sa position géographique, de son histoire et de ses fonctions logistiques, notre pays possède une projection méditerranéenne naturelle. La Méditerranée élargie n’est pas seulement un espace géographique, mais une zone d’intersection entre flux énergétiques, routes commerciales, dynamiques migratoires et compétition stratégique.

Cependant, la géographie ne génère pas automatiquement une stratégie. Elle offre des possibilités qui nécessitent une volonté politique, des capacités diplomatiques et une vision systémique.

Reste enfin la question de l’ordre international de demain.

L’ordre international dit régulateur, d’origine occidentale, a montré des limites évidentes, notamment dans la mesure où son application s’est révélée sélective et subordonnée aux rapports de force. Tout ordre international qui prétend à l’universalité sans réciprocité finira inévitablement par perdre sa légitimité.

Le problème des prochaines décennies ne sera pas la construction d’un consensus éthique universel, probablement inatteignable, mais la définition de mécanismes minimaux de coexistence entre des acteurs porteurs de visions du monde différentes. Le défi central n’est pas d’éliminer la divergence, mais de la rendre compatible avec la stabilité systémique. Le principal facteur d’instabilité ne réside pas nécessairement à l’extérieur des États, mais dans leur cohésion interne.

Les transformations technologiques, les tensions sociales liées à la redistribution des richesses, la pression démographique et les fractures identitaires sont autant d’éléments de vulnérabilité croissante. La pérennité des systèmes politiques dépendra de leur capacité à préserver la cohésion sociale et la continuité institutionnelle.

Aucune stratégie internationale ne pourra compenser l’implosion du corps politique intérieur.

Le polycentrisme contemporain ne doit donc pas être interprété comme une promesse d’équilibre, mais comme une condition structurelle de complexité permanente.

Et la complexité, dans l’histoire, ne produit pas nécessairement de l’ordre. Elle impose l’adaptation.

L’Europe en morceaux

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L’Europe en morceaux

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/leuropa-in-pezzi/

Le jouet, désormais, s’est cassé. Et la construction, abstraite et artificielle, de la soi-disant Europe, fuit de toutes parts.

Bruxelles persiste dans son attitude d’arrogante prépotence. Von der Leyen prétend commander et disposer à sa guise, et selon ses intérêts, de l’avenir de notre monde. Le traînant vers une guerre dépourvue de sens et sans espoir.

Une guerre que seuls certains « intérêts » et certaines conglomérats veulent.

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Le jouet, cependant, comme je le disais, s’est déjà cassé. Et il ne sert à rien d’utiliser tous les moyens ou d'en abuser pour le maintenir ensemble.

Peter Magyar, élu avec un grand battage « européen », est déjà en train de recalibrer son action.

Nous ne pouvons, de façon réaliste, faire abstraction du pétrole et du gaz russes, déclare-t-il. La Hongrie en a un besoin vital.

En Bulgarie, le gouvernement, plus qu’un simple petit gouvernement, plié en quatre face à l’UE, est contraint de démissionner. Les Bulgares, ceux qui vivent dans le pays, manifestent sur les places et dans les rues. Une marée montante qui ne veut pas se soumettre aux diktats de Bruxelles. Ce qui, pour eux, signifierait un suicide.

Et puis Fico. Qui participe à la grande parade russe et qui, malgré quelques ambiguïtés, guide sa Slovaquie sur une trajectoire de plus en plus éloignée de Bruxelles.

Et toute l’Europe de l’Est est en ébullition. Même la Pologne manifeste une fatigue croissante face aux diktats.

Mais, comme je le disais, c’est toute l’Europe de l’Est qui est en mouvement. De la Slovénie, qui se retire du risque d’un conflit avec la Russie, jusqu’à la Pologne elle-même, où le mécontentement populaire grandit face à la stratégie de soutien sans faille aux Ukrainiens, peu appréciés.

Un mécontentement croissant, pas seulement à l’est.

L’Espagne négocie avec Moscou, et y achète du gaz et du pétrole à des prix avantageux. Suscitant les inutiles fureurs de Donald Trump.

La France est dévastée par les protestations populaires croissantes. Avec Macron barricadé à l’Élysée. Arrogant, certes, mais de moins en moins capable d’agir.

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Puis l’Allemagne voit l’avancée à toute vitesse de l’AfD. Qui veut un accord avec Moscou et la fin d’une politique belliciste que seul Merz et son entourage, liés à des pouvoirs financiers étrangers, continuent obstinément à poursuivre.

Et enfin, la Grande-Bretagne. Avec la victoire de Farage aux municipales, qui a écrasé ce qu’il reste des conservateurs et, surtout, des travaillistes.

Bien sûr, pour l’instant, il ne s’agit que d’élections locales. Mais c'est un signal très clair pour l’avenir.

En somme, le jouet européen est, désormais, bel et bien cassé. Reste encore en place la carcasse corrompue de Bruxelles. Mais ce n'est plus qu'un cadavre qui titube encore.

L’Europe, désormais, avance en ordre dispersé.

Et la Russie, avec une remarquable patience, en tire déjà profit.

lundi, 11 mai 2026

Le Kazakhstan à l’ère du numérique — Intelligence artificielle et Accords d’Abraham

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Le Kazakhstan à l’ère du numérique — Intelligence artificielle et Accords d’Abraham

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/kazakstanin-digivalta-...

Le Kazakhstan s’est récemment positionné sur deux plans qui se renforcent mutuellement dans le débat international. Le pays construit un vaste système de surveillance basé sur l’intelligence artificielle et la biométrie, tout en ayant pris une décision géopolitique importante en rejoignant les accords d’Abraham, conclus par les États-Unis et Israël.

Ces deux évolutions ne sont pas indépendantes, mais étroitement liées. Elles reflètent la redéfinition d’un État d’Asie centrale où la modernisation technologique, les choix en matière de sécurité et les intérêts économiques s’entrelacent sans couture.

Le Kazakhstan se transforme en une société numérique, conformément à la tendance internationale, tout en devenant un État de surveillance où citoyens et visiteurs étrangers peuvent de plus en plus être identifiés biométriquement et suivis.

L’été dernier, un système de reconnaissance faciale basé sur l’intelligence artificielle, implanté à l’aéroport le plus fréquenté du pays, a classé un voyageur dans la base de données des personnes recherchées comme un «activiste citoyen», alors qu’il n’avait commis aucune infraction. La fiche comprenait une photo, un prénom, un patronyme, une classification en tant qu’activiste, ainsi que l’unité administrative ayant saisi l’information. Les autorités ont expliqué cet incident comme une erreur technique et ont nié disposer d’une base de données distincte pour les activistes. Cependant, des critiques ont questionné la précision de cette classification.

Cette plateforme est développée par la société technologique kazakhe TargetAI. Selon l’entreprise, le système est déjà en service dans huit régions, essentiellement dans les plus grandes villes du pays. À Almaty, qui compte environ 2,3 millions d’habitants, plus de 120.000 caméras de surveillance sont reliées à ce système, utilisé pour des opérations policières préventives et rapides. Par ailleurs, de plus en plus de bâtiments résidentiels sont équipés de dispositifs de reconnaissance faciale remplaçant les clés traditionnelles.

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Le développement a été exceptionnellement rapide. En janvier, le président Kassym-Jomart Tokayev a signé le premier code numérique du pays, qui établit le cadre juridique pour l’utilisation à grande échelle de l’intelligence artificielle et de la reconnaissance biométrique. Ce code définit les situations dans lesquelles la biométrie peut être utilisée et garantit aux citoyens le droit de demander une réévaluation des décisions automatisées par une personne en chair et en os.

Ces nouvelles règles entreront en vigueur dans les semaines à venir. Tous les services à distance et en ligne des banques, des prestataires de paiements, ainsi que de plus en plus de services publics numériques, requièrent une authentification biométrique. Le système utilise, en plus de la reconnaissance faciale, la reconnaissance de la paume de la main et de la main dans son ensemble. Les vérifications biométriques des mouvements naturels, telles que le mouvement de la tête ou le clignement des yeux, empêchent les tentatives de tromperie.

La surveillance ne se limite pas aux seuls citoyens kazakhs. Depuis début 2026, le Kazakhstan a élargi son programme de résidence numérique, permettant aux étrangers d’obtenir une carte d’identité numérique à distance. Cela donne accès aux marchés boursiers, aux plateformes de cryptomonnaies, aux comptes bancaires et aux services des autorités fiscales, sans avoir à se rendre physiquement dans le pays. Cette solution est économiquement attrayante, mais elle expose également une nouvelle population à la surveillance.

Le système est géré par le ministère de la Cybersécurité et des Affaires numériques, qui le maintient à un niveau élevé de protection. Cependant, des vulnérabilités ont été identifiées au niveau local: des lacunes systématiques dans les systèmes de caméras de surveillance et dans les bases de données administratives montrent que l’infrastructure numérique a évolué plus rapidement que la sécurité en tant que telle.

Dans ce contexte de surveillance croissante, l’approche du Kazakhstan vis-à-vis des accords d’Abraham prend une importance particulière. Fin avril, le président Tokayev a accueilli la visite du président israélien Isaac Herzog à Astana. Il a décrit ces accords comme ayant « profondément modifié l’architecture géopolitique du Moyen-Orient », tandis qu’Herzog a salué la «décision courageuse» du Kazakhstan de s’y joindre.

La visite a été accompagnée d’une délégation de haut niveau en matière de technologie, et les discussions ont principalement porté sur la coopération en toutes matières d'intelligence artificielle, de numérisation et de cybersécurité. Tokayev a proclamé 2026 comme étant «l’année de la numérisation et de l’intelligence artificielle». Ce choix n’est pas fortuit: Israël est un acteur clé dans le développement de l’IA et de la cybersécurité, et le Kazakhstan recherche des partenaires qui n’imposent pas de conditions strictes en matière de droits humains ou de démocratie pour le transfert technologique.

Mais il faut se demander à quelle sorte de partenariat le Kazakhstan se dirige réellement. Israël poursuit depuis un an et demi ses bombardements de Gaza. En septembre 2025, une commission d’enquête de l’ONU a accusé Israël de génocide. Le nombre de victimes civiles en Cisjordanie et à Gaza dépasse déjà largement tous les repères établis dans la période d’après-guerre.

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Par ailleurs, des hauts responsables israéliens ont évoqué un déplacement massif de Palestiniens et la réoccupation de Gaza. Dans ce contexte, les accords d’Abraham apparaissent non seulement comme un processus de paix, mais surtout comme un mécanisme permettant à Israël de normaliser ses relations avec des régimes autoritaires, tandis que ses propres actions, en droit international, deviennent de plus en plus contestables.

La visite d’Herzog à Astana est révélatrice en ce qu’elle a presque totalement ignoré la question palestinienne. Cela renforce l’idée que pour le Kazakhstan, les droits humains et le droit international sont secondaires par rapport à la technologie, aux investissements et à la coopération sécuritaire. La politique transactionnelle de Trump, qui considère tout comme une simple affaire commerciale, est également perceptible ici.

Les relations du Kazakhstan avec l’Iran se sont tendues lorsque, en février de cette année, les États-Unis et Israël ont lancé une attaque contre l’Iran. Tokayev n’a pas condamné ces frappes contre Téhéran, mais a personnellement appelé les dirigeants des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et du Qatar, tout en critiquant les répliques iraniennes. Aucune aide directe n’a été apportée au gouvernement iranien — seuls des messages de condoléances ont été envoyés aux victimes civiles.

À ce stade, se dessine une divergence claire. La transformation numérique et la ligne des accords d’Abraham se renforcent mutuellement. Attirer la technologie occidentale nécessite une crédibilité géopolitique, et l’alliance avec Israël signale une ouverture à la coopération occidentale — sans que le pays ferme ses portes à la Russie ou à la Chine.

Tokayev a aussi souligné que le judaïsme, malgré son caractère minoritaire et marginal, fait partie des quatre religions officielles du Kazakhstan, et qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans le pays. Le message est surtout symbolique et culturel: il souligne l’identité multiethnique du Kazakhstan ainsi qu’une démarche calculée pour obtenir la reconnaissance de certains cercles internationaux.

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Le pays poursuit sa politique multi-vectorielle: il construit des ponts vers l’Est et l’Ouest, mais s’appuie de plus en plus sur une surveillance avancée par IA en interne, sans libéralisation politique. Le Kazakhstan construit une économie cognitive, où l’écosystème basé sur l’IA est associé à des mécanismes de régulation stricts. L’objectif est non seulement de devenir la puissance numérique dominante en Asie centrale, mais aussi d’éviter une stagnation économique.

Le Kazakhstan est-il ainsi une vitrine pour l’avenir, où l’efficacité et la sécurité remplacent les principes et la liberté traditionnelle — un exemple d’autoritarisme numérique qui finira par obtenir l’acceptation de la communauté internationale parce que le reste du monde évolue dans la même direction ?

Le Kazakhstan à l’ère du numérique — Intelligence artificielle et Accords d’Abraham

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Le Kazakhstan à l’ère du numérique — Intelligence artificielle et Accords d’Abraham

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/kazakstanin-digivalta-...

Le Kazakhstan s’est récemment positionné sur deux plans qui se renforcent mutuellement dans le débat international. Le pays construit un vaste système de surveillance basé sur l’intelligence artificielle et la biométrie, tout en ayant pris une décision géopolitique importante en rejoignant les accords d’Abraham, conclus par les États-Unis et Israël.

Ces deux évolutions ne sont pas indépendantes, mais étroitement liées. Elles reflètent la redéfinition d’un État d’Asie centrale où la modernisation technologique, les choix en matière de sécurité et les intérêts économiques s’entrelacent sans couture.

Le Kazakhstan se transforme en une société numérique, conformément à la tendance internationale, tout en devenant un État de surveillance où citoyens et visiteurs étrangers peuvent de plus en plus être identifiés biométriquement et suivis.

L’été dernier, un système de reconnaissance faciale basé sur l’intelligence artificielle, implanté à l’aéroport le plus fréquenté du pays, a classé un voyageur dans la base de données des personnes recherchées comme un «activiste citoyen», alors qu’il n’avait commis aucune infraction. La fiche comprenait une photo, un prénom, un patronyme, une classification en tant qu’activiste, ainsi que l’unité administrative ayant saisi l’information. Les autorités ont expliqué cet incident comme une erreur technique et ont nié disposer d’une base de données distincte pour les activistes. Cependant, des critiques ont questionné la précision de cette classification.

Cette plateforme est développée par la société technologique kazakhe TargetAI. Selon l’entreprise, le système est déjà en service dans huit régions, essentiellement dans les plus grandes villes du pays. À Almaty, qui compte environ 2,3 millions d’habitants, plus de 120.000 caméras de surveillance sont reliées à ce système, utilisé pour des opérations policières préventives et rapides. Par ailleurs, de plus en plus de bâtiments résidentiels sont équipés de dispositifs de reconnaissance faciale remplaçant les clés traditionnelles.

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Le développement a été exceptionnellement rapide. En janvier, le président Kassym-Jomart Tokayev a signé le premier code numérique du pays, qui établit le cadre juridique pour l’utilisation à grande échelle de l’intelligence artificielle et de la reconnaissance biométrique. Ce code définit les situations dans lesquelles la biométrie peut être utilisée et garantit aux citoyens le droit de demander une réévaluation des décisions automatisées par une personne en chair et en os.

Ces nouvelles règles entreront en vigueur dans les semaines à venir. Tous les services à distance et en ligne des banques, des prestataires de paiements, ainsi que de plus en plus de services publics numériques, requièrent une authentification biométrique. Le système utilise, en plus de la reconnaissance faciale, la reconnaissance de la paume de la main et de la main dans son ensemble. Les vérifications biométriques des mouvements naturels, telles que le mouvement de la tête ou le clignement des yeux, empêchent les tentatives de tromperie.

La surveillance ne se limite pas aux seuls citoyens kazakhs. Depuis début 2026, le Kazakhstan a élargi son programme de résidence numérique, permettant aux étrangers d’obtenir une carte d’identité numérique à distance. Cela donne accès aux marchés boursiers, aux plateformes de cryptomonnaies, aux comptes bancaires et aux services des autorités fiscales, sans avoir à se rendre physiquement dans le pays. Cette solution est économiquement attrayante, mais elle expose également une nouvelle population à la surveillance.

Le système est géré par le ministère de la Cybersécurité et des Affaires numériques, qui le maintient à un niveau élevé de protection. Cependant, des vulnérabilités ont été identifiées au niveau local: des lacunes systématiques dans les systèmes de caméras de surveillance et dans les bases de données administratives montrent que l’infrastructure numérique a évolué plus rapidement que la sécurité en tant que telle.

Dans ce contexte de surveillance croissante, l’approche du Kazakhstan vis-à-vis des accords d’Abraham prend une importance particulière. Fin avril, le président Tokayev a accueilli la visite du président israélien Isaac Herzog à Astana. Il a décrit ces accords comme ayant « profondément modifié l’architecture géopolitique du Moyen-Orient », tandis qu’Herzog a salué la «décision courageuse» du Kazakhstan de s’y joindre.

La visite a été accompagnée d’une délégation de haut niveau en matière de technologie, et les discussions ont principalement porté sur la coopération en toutes matières d'intelligence artificielle, de numérisation et de cybersécurité. Tokayev a proclamé 2026 comme étant «l’année de la numérisation et de l’intelligence artificielle». Ce choix n’est pas fortuit: Israël est un acteur clé dans le développement de l’IA et de la cybersécurité, et le Kazakhstan recherche des partenaires qui n’imposent pas de conditions strictes en matière de droits humains ou de démocratie pour le transfert technologique.

Mais il faut se demander à quelle sorte de partenariat le Kazakhstan se dirige réellement. Israël poursuit depuis un an et demi ses bombardements de Gaza. En septembre 2025, une commission d’enquête de l’ONU a accusé Israël de génocide. Le nombre de victimes civiles en Cisjordanie et à Gaza dépasse déjà largement tous les repères établis dans la période d’après-guerre.

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Par ailleurs, des hauts responsables israéliens ont évoqué un déplacement massif de Palestiniens et la réoccupation de Gaza. Dans ce contexte, les accords d’Abraham apparaissent non seulement comme un processus de paix, mais surtout comme un mécanisme permettant à Israël de normaliser ses relations avec des régimes autoritaires, tandis que ses propres actions, en droit international, deviennent de plus en plus contestables.

La visite d’Herzog à Astana est révélatrice en ce qu’elle a presque totalement ignoré la question palestinienne. Cela renforce l’idée que pour le Kazakhstan, les droits humains et le droit international sont secondaires par rapport à la technologie, aux investissements et à la coopération sécuritaire. La politique transactionnelle de Trump, qui considère tout comme une simple affaire commerciale, est également perceptible ici.

Les relations du Kazakhstan avec l’Iran se sont tendues lorsque, en février de cette année, les États-Unis et Israël ont lancé une attaque contre l’Iran. Tokayev n’a pas condamné ces frappes contre Téhéran, mais a personnellement appelé les dirigeants des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et du Qatar, tout en critiquant les répliques iraniennes. Aucune aide directe n’a été apportée au gouvernement iranien — seuls des messages de condoléances ont été envoyés aux victimes civiles.

À ce stade, se dessine une divergence claire. La transformation numérique et la ligne des accords d’Abraham se renforcent mutuellement. Attirer la technologie occidentale nécessite une crédibilité géopolitique, et l’alliance avec Israël signale une ouverture à la coopération occidentale — sans que le pays ferme ses portes à la Russie ou à la Chine.

Tokayev a aussi souligné que le judaïsme, malgré son caractère minoritaire et marginal, fait partie des quatre religions officielles du Kazakhstan, et qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans le pays. Le message est surtout symbolique et culturel: il souligne l’identité multiethnique du Kazakhstan ainsi qu’une démarche calculée pour obtenir la reconnaissance de certains cercles internationaux.

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Le pays poursuit sa politique multi-vectorielle: il construit des ponts vers l’Est et l’Ouest, mais s’appuie de plus en plus sur une surveillance avancée par IA en interne, sans libéralisation politique. Le Kazakhstan construit une économie cognitive, où l’écosystème basé sur l’IA est associé à des mécanismes de régulation stricts. L’objectif est non seulement de devenir la puissance numérique dominante en Asie centrale, mais aussi d’éviter une stagnation économique.

Le Kazakhstan est-il ainsi une vitrine pour l’avenir, où l’efficacité et la sécurité remplacent les principes et la liberté traditionnelle — un exemple d’autoritarisme numérique qui finira par obtenir l’acceptation de la communauté internationale parce que le reste du monde évolue dans la même direction ?

Le projet de gazoduc transcaspien s’impose comme un point de friction géopolitique

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Le projet de gazoduc transcaspien s’impose comme un point de friction géopolitique

Andrew Korybko

Source: https://uncutnews.ch/die-vorgeschlagene-transkaspische-pi...

Les enjeux stratégiques sont tout simplement trop élevés dans cette question du gazoduc transcaspien, puisque l’OTAN avance ses pions via la nouvelle voie TRIPP dans toute la périphérie méridionale de la Russie, et que la Turquie a récemment relancé la discussion sur le projet du gazoduc transcaspien, qui va à l’encontre des intérêts russes.

Le ministre turc de l’énergie a, début avril, lors d’une interview en direct avec des médias locaux, remis sur la table le long débat sur le gazoduc transcaspien, en évoquant les plans régionaux de pipelines de son pays, ce que Middle East Eye a relevé. Leur rapport a été suivi par une présentation des propositions de New Rules Geopolitics, le compte X du podcast de Dimitri Simes Jr. de Sputnik, qui a présenté ces propositions comme étant les siennes. En tout cas, ces rapports ont attiré l’attention sur le gazoduc transcaspien, qui va à l’encontre des intérêts russes.

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Déjà début août, à la suite de l’annonce du projet de la « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP), une mise en garde avait été émise contre le fait que ce corridor contrôlé par les États-Unis pourrait encourager l’Azerbaïdjan et l’Arménie, situées dans la région méridionale, à défier la Russie et l’Iran en construisant ce gazoduc-là. Le mois dernier, on a également estimé que «les attaques israéliennes contre la flotte iranienne dans la mer Caspienne pourraient être motivées par des intérêts énergétiques géopolitiques qui émergeront après la guerre», notamment la capacité de l’Iran à neutraliser ces projets, qui pourraient, plus tard, alimenter Israël en gaz, entre autres.

Dans ce contexte, il faut savoir qu'Israël tire déjà environ 40 % de son pétrole d’Azerbaïdjan via un oléoduc passant par la Géorgie et la Turquie, rendant aussi possibles des exportations de gaz le long de cette route ou via la TRIPP (plus courte). Même si cela augmentait la dépendance stratégique d’Israël vis-à-vis de la Turquie – dont le ministre des Affaires étrangères a récemment averti qu’Israël pourrait voir son pays comme un nouvel adversaire régional à cause de leur rivalité croissante – il est difficile d’imaginer que l’une ou l’autre des parties laisserait passer cette opportunité d’avancer ses intérêts respectifs.

Concernant les intérêts des États-Unis, l’expansion de leur influence dans le Caucase du Sud, dans la mer Caspienne et en Asie centrale via la TRIPP se ferait au détriment de la Russie, puisque cette région couvre toute sa périphérie méridionale, où son influence politique et militaire est suivie par une influence économique. Finalement, on s’attend à ce que la Russie s’oppose au gazoduc transcaspien, car celui-ci pourrait faire en sorte que les exportations de gaz de Turkménistan, actuellement très orientées vers la Chine, concurrencent ses propres exportations sur le marché mondial. C’est pourquoi la Turquie, membre de l’OTAN, est nécessaire pour dissuader ce développement.

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À cette fin, la route TRIPP doit remplir une double fonction: en tant que corridor logistique militaire, et le plan récent d’envoyer un nombre non divulgué de patrouilleurs à destination de l’Azerbaïdjan, annoncé lors de la visite de Vance en février, constitue une concrétisation de cette stratégie. Bien que le Turkménistan soit un pays constitutionnellement neutre, on attend également de lui qu’il renforce ses «relations militaires discrètes avec les États-Unis», tout comme le Kazakhstan qui, en décembre dernier, a annoncé de façon surprenante son intention de produire des munitions selon les standards de l’OTAN.

Le gouvernement russe est conscient du but militaire, que j'évoque ici, que vise la route TRIPP, comme le laisse penser la condamnation de ce projet par le vice-ministre des Affaires étrangères, Alexeï Ovtchouk, qui a jusqu’à présent été remarquablement ignoré par la communauté d’experts du pays.

Poutine a également indiqué, lors de sa récente rencontre avec le Premier ministre Nikol Pashinyan, que le moment de vérité dans les relations russo-arméniennes approchait. On peut donc s’attendre à ce que les plans du ministre turc de l’énergie concernant le gazoduc transcaspien rencontrent une forte opposition de la Russie.

Il n’est pas clair à quoi ressemblera cette opposition, ni si la Russie lancera ou non une nouvelle opération spéciale pour arrêter ce projet, mais ce scénario n’est pas non plus à exclure. Les enjeux stratégiques sont tout simplement trop élevés, puisque l’OTAN avance ses pions via la route TRIPP dans toute la périphérie méridionale de la Russie, et que la Turquie a récemment relancé la discussion sur le gazoduc transcaspien. La Russie est donc forcée d’accepter ces plans, avec tout ce que cela implique pour sa sécurité, ou de tenter de les arrêter, car l’Occident ne les abandonnera pas volontairement.

Source : The Proposed Trans-Caspian Pipeline Is Shaping Up To Be A Flashpoint (https://korybko.substack.com/p/the-proposed-trans-caspian... )

Réduction de la population planétaire: Mythe ou réalité?

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Réduction de la population planétaire:

Mythe ou réalité?

Pierre-Emile Blairon

Les « complotistes » (en fait, ceux que les comploteurs appellent complotistes) alertent depuis des années, par exemple, sur les épandages de produits chimiques qui se font désormais massivement par voie aérienne mais pas seulement. Ces épandages s’inscrivent dans la vaste opération globale de dépopulation à laquelle l’élite mondialo-sataniste s’est attachée depuis de longues années mais avec plus de virulence depuis le début des années 2020.

Nous avons déjà traité dans le détail de tous les sujets qui vont vous être présentés en récapitulatif dans cet article.

En France, l’autocensure médiatique fera que nous ne saurons rien de ce qui se passe dans le monde si nous ne faisons pas nous-mêmes l’effort d’aller à la recherche de l’information (essentiellement via les réseaux sociaux) et si nous nous contentons de la production insipide et/ou mensongère de nos médias nationaux, qui le sont de moins en moins (nationaux) car la France est désormais sous le joug d’une entité étrangère dont les buts sont contraires aux intérêts de la France.

Partout ailleurs, dans le monde libre, les populations commencent à comprendre l’énorme manipulation dont nous sommes victimes depuis 2020.

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Nos deux plus grands ennemis : l’ignorance et la passivité des foules

Depuis longtemps, à la suite de Claire Séverac qui a tenté d’ouvrir les yeux de la population au prix de sa vie, nous alertons les populations qui, malgré ce qu’elles voient tous les jours, n’y croient toujours pas, tant l’idée est bien ancrée chez elles que ceux qui nous dirigent seraient des gens bienveillants et n’auraient même pas l’idée d’agresser leurs propres populations.

Les foules sont subjuguées par la statue irréprochable du Commandeur qui incarne le Bien, l’honnêteté, le courage, le bon sens et indique d’un doigt inflexible le chemin à suivre mais cette représentation symbolique n’est en réalité qu’une illusion, un des nombreux travestissements du Démon servi par ses adeptes que les humains appellent « l’élite ».

Ces élites satanistes qui œuvrent à notre disparition le font aussi par le biais de l’inoculation de maladies par de faux vaccins qui les transmettent à l’espèce humaine mais aussi aux animaux. Mais nos dirigeants ont trouvé un moyen plus simple, un raccourci, direct du producteur au consommateur, faisant d’une pierre deux coups: en inoculant le bétail que nous consommons, ils n’ont plus besoin de mettre en place des campagnes coûteuses de vaccination des humains, le poison sera directement présent dans notre assiette et ingurgité sans problème.

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Dans un autre registre où les foules restent silencieuses, parce qu’elles sont (aussi) intoxiquées par la propagande: c’est le projet américano-sioniste de s’emparer du monde; il n’en est plus un puisque les armées, occultes ou officielles, de cette entité ont déjà été déployées sur de nombreux pays convoités dans un déferlement de violence et d’horreurs qui n’épargne ni les êtres humains, ni les animaux, qui sont eux aussi abattus, ni même les sols qui sont empoisonnés pour ne plus rien produire.

Parallèlement, le projet mondialo-sataniste de réduction de la population, qui lui est accolé, a donc également été mis en œuvre et commence à produire ses effets néfastes sur l’ensemble du globe, avec une cible prioritaire: l’Europe, en tant que continent, avant toute autre « zone », comme les mondialistes nomment les différents pays et régions qui composent la planète.

Tout comme les foules, dans leur grande majorité, ne croient toujours pas à la nocivité des vaccins qui sont responsables quotidiennement sur la planète de milliers de décès[1], de même, elles refusent de considérer comme réels l’un ou l’autre des nombreux moyens utilisés par cette secte pour éliminer le plus possible d’êtres vivants sur la planète.

Nos concitoyens sont-ils devenus des moutons, des pigeons, des autruches… des amibes, un peu des quatre?

Et nous pouvons déjà répondre à la question: le projet de réduire la population du globe est-il un mythe ou une réalité?

Eh bien, non, ce n’est pas un mythe, c’est la réalité.

Toutes les alertes que nous avons pu mettre en place concernant cette terrible question se sont révélées suivies d’effet et nous pouvons déjà faire un premier bilan terrifiant de la malfaisance de la secte.

Vous trouverez ci-après un aperçu de ce que les satanistes nous font subir depuis bien longtemps.

614s+6jvHvL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgNous avons noté une accélération depuis 2020 avec la fausse pandémie et les faux vaccins et une apothéose avec l’affaire Jeffrey Epstein par la découverte de pratiques pédo-satanistes sur l’ensemble de la planète, une manipulation orchestrée par le Mossad (les services secrets israéliens auxquels appartenaient Epstein et le père de sa complice Ghislaine Maxwell) qui était destinée à mouiller les « élites » mondiales dans de sordides implications d’actes de pédophilie et de cannibalisme[2].

Les Guidestones

Vous avez sans doute entendu évoquer le nom des Guidestones: il s’agissait d’un monument de 6 m de haut composé de 6 blocs de granit érigé en 1980 dans l’État de Géorgie, aux États-Unis. Le monument rappelle quelque peu le site plus fameux (et bien plus ancien) de Stonehenge en Angleterre; 4 plaques de granit sont gravées de 10 commandements en 8 langues; le premier commandement impose ceci: «Maintenez l'humanité en dessous de 500 millions d'individus en perpétuel équilibre avec la nature»; le commanditaire du monument est anonyme; les Guidestones ont été détruites par un attentat à l’explosif le 6 juillet 2022. Les Guidestones ont donné le ton, programmé le futur, imposé l’agenda.

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Organisation d’une famine mondiale

Destruction en France du cheptel bovin, remplacé dans un premier temps par des bêtes importées d’Amérique du Sud, bourrées d’hormones, d’OGM et d’antibiotiques, de même que d’autres animaux de consommation (volailles, canards) importés d’Ukraine (œufs) ou d’ailleurs.

Le but véritable n’est pas le remplacement d’une classe paysanne française ou européenne par une autre argentine ou brésilienne; c’est la disparition programmée des paysans européens qui est recherchée, des petits paysans dont les activités et la surface d’exploitation n’ont aucun rapport avec celles des consortiums agro-alimentaires qui exploitent des terres étendues sur des milliers d’hectares, avec pour seul objectif la rentabilité au détriment de la qualité; nos gouvernants privent nos paysans de ressources, font la promotion d’une nourriture à base d’insectes, légalisent le vol des terres pour les rendre incultes ou pour les transformer en usines à bétail.

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Big Pharma : coupable de crimes contre l’Humanité ?

Il apparaît assez logique que la secte sataniste utilise le mensonge et l’inversion des valeurs[3] pour réaliser les buts qu’elle s’est fixée et donc, il est logique que certains de ceux qui sont censés nous soigner en respectant le serment d’Hippocrate soient justement les principaux responsables de ce massacre planétaire.

Propagation de divers virus et de faux vaccins: Faux virus (Covid, entre autres) préparés dans de vrais laboratoires destinés à cet effet, inoculation de faux vaccins (en réalité, inoculation de maladies, létales à plus ou moins long terme) venant renforcer l’action pas assez destructrice des virus[4] (à la suite d’une erreur technique ?).

1a88c9d341eaa9e40398d79fbbe1374e.jpeg- prescription de médicaments dangereux (Rivotril) à une population âgée et captive dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) pendant l’épisode Covid.

- Promotion de l’euthanasie après celle de l’avortement dont s’était chargée avec zèle la ministre Simone Veil[5] ; vente des embryons pour les transformer en produits de beauté « anti-âge ».

- interdiction faite aux médecins par les autorités sanitaires de prescrire des médicaments[6] qui ont prouvé leur efficacité pour toutes sortes de maladies (Hydroxychloroquine, Ivermectine, bleu de méthylène, etc.).

La guerre biologique et bactériologique

- Manipulation du climat qui permet aux forces armées des pays dominants de créer des conditions atmosphériques particulières selon leurs besoins et l’attaque envisagée sur une zone déterminée ou de provoquer des morts et des catastrophes pas du tout naturelles[7] (armes bactériologiques, Système Haarp, etc.)

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- épandages aériens massifs de produits chimiques[8] : tous les jours, des avions sillonnent le ciel dans tous les sens, laissant dans l’atmosphère ces traînées blanches que certains trouvent jolies, pour diffuser des métaux lourds et d’autres produits qui ne visent qu’à empoisonner tout ce qui vit sur Terre, à commencer par les humains, puis les plantes et les végétaux dont se nourrissent les humains, puis les animaux[9] dont ils peuvent aussi se nourrir (ou pas); ces produits que nous respirons peuvent atteindre directement nos cerveaux qui perdent une grande capacité de jugement et de réflexion, qui transforment les êtres humains en zombies sans qu’ils s’en aperçoivent; ces produits obscurcissent non seulement notre esprit, mais aussi le Soleil et le ciel; notre ciel est de moins en moins bleu et le Soleil de plus en pâle, ce que nous appelions autrefois le beau temps n’existe plus; les saisons disparaissent au profit d’un magma uniformément gris, sans couleur et sans saveur.

Guerres tous azimuts: Grand Israël et suprématie mondiale des États-Unis

Sous couvert de revendications religieuses fallacieuses, la coalition américano-sioniste fait la guerre au monde entier sans l’avoir jamais déclarée. La réduction de la population se fait aussi directement par la guerre et le massacre des autochtones.

- Le mythe du « Grand Israël »: Dans un article du 22 décembre 2024, Syrie, les racines du chaos, j’évoquais le mythe sioniste du « Grand Israël », mythe expansionniste soutenu avec ferveur par les groupes sionistes avec à leur tête Netanyahu, qui s’appuient sur certains écrits bibliques, « la Terre promise par Dieu aux Enfants d’Israël » pour revendiquer les territoires des pays voisins de l’actuel Israël incluant la Palestine, bien sûr, la Jordanie, le Liban, une partie de la Syrie, de l’Irak, de l’Égypte et de l’Arabie saoudite.

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Vaste projet qui n’en est plus un: l’armée de l’Israël sioniste, Tsahal, a attaqué en mars 2026 avec sauvagerie la Cisjordanie et le Liban, faisant des milliers de morts et des millions de personnes expulsées de leurs terres, de leurs villages, de leurs maisons, lesquels sont ensuite systématiquement détruits par les bulldozers de Tsahal, et les sols rendus incultes par des épandages chimiques.

Ces revendications ne reposent pourtant que sur des allégations religieuses, les archéologues n’ayant, par exemple, rien trouvé des vestiges des temples et palais « recouverts d’or » du Xe siècle avant notre ère, comme celui de Salomon, minutieusement décrit par les textes sacrés.

Les première agressions de l’Israël sioniste contre ses voisins date de l’arrivée des premiers colons juifs en Palestine en 1948 et se sont poursuivies jusqu’à nos jours comme l’indique la chronologie ci-jointe[10].

Le rêve de Trump: la suprématie mondiale. Si le rêve de l’Israël sioniste semble se contenter de soumettre la quasi-totalité des pays qui l’entourent en les détruisant, l’Amérique de Trump semble vouloir l’imiter en investissant une zone bien plus large. Dans son article de géopolitique du 31 mars 2026, Découvrez la "Grande Amérique du nord", le "périmètre de sécurité" des États-Unis, Pierre Haski, commente : « L’affaire était suffisamment importante pour être annoncée en pleine guerre au Moyen-Orient impliquant l’armée des États-Unis. C’est Pete Hegseth, le secrétaire à la Guerre de Donald Trump, qui a révélé le nouveau concept il y a quelques jours : la "grande Amérique du Nord", c’est son nom, une vaste zone située au nord de l’Équateur. Il s’agit selon lui du "périmètre de sécurité" des États-Unis.

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Cette zone englobe les États-Unis, mais aussi plusieurs États souverains comme le Canada, le Mexique, et même, selon l’indication géographique donnée par le ministre, la Guyane française. "De l’Équateur au Groenland, de l’Alaska à la Guyane", a-t-il expliqué. […] Il s’agit ni plus ni moins que d’un remodelage du monde. L’administration Trump s’y emploie depuis le premier jour, après avoir décrété la mort de l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale.

Donald Trump estime qu’il a tous les droits dans son hémisphère, au nord comme au sud, comme il l’a prouvé au Venezuela en janvier, en capturant le président Nicolas Maduro, et comme il le montre à Cuba, soumis à un blocus pétrolier à l’impact sévère. Hier, c’est Trump qui a autorisé un tanker russe à rejoindre Cuba ; c’est lui qui a droit de vie et de mort sur l’île, en dehors de toute règle de droit. »

Cette expansion mondiale envisagée (et elle aussi, déjà en cours) par Donald Trump s’insère dans le droit fil de la volonté hégémonique de l’empire étatsunien. Il suffit de consulter l’impressionnante liste ci-après des agressions américaines sur de nombreux états souverains dans le monde depuis la fin de la deuxième guerre mondiale pour s’en persuader, et encore la liste n’est-elle pas à jour depuis 2022.

Les roquets européens: il existe une troisième entité, vassale des deux autres que je viens de citer, tout aussi belliqueuse, mais plutôt comme un roquet qui se contente d’aboyer, dirigée par un personnage tout aussi cinglé que Trump et Netanyahou, je veux parler, bien sûr de l’Union européenne, sous la férule illégitime d’Ursula von der Leyen, à la tête d’une coalition de dirigeants européens que personne ne peut prendre au sérieux.

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Ces gens ont l’intention de déclarer la guerre à la Russie, qui ne leur a rien fait, en envoyant au casse-pipe ces pauvres Ukrainiens que leur président Zelensky, tout aussi illégitime que von der Leyen, (il n’est plus président de l’Ukraine depuis 2024) laisse à disposition de cette coalition de psychopathes, comme de la simple chair à canon, ce qui constitue sa contribution à l’effort de dépeuplement mondial.

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Cette « Europe de Bruxelles » semble se donner comme alibi pour déclencher cette guerre contre la Russie un projet qui a vu le jour au XIXe siècle, « l’Intermarium », dont la nouvelle mouture a été décrite par Christian Bouchet dans son article, Intermarium, l’extrême-droite contre le continent [11] paru sur geopolitika.ru le 19 septembre 2017: «Le projet Intermarium que défend le Parti du corps national, le régiment Azov et le Groupe d’assistance au développement de l’Intermarium, n’est pas limité, comme son nom pourrait le laisser penser à l’union des États entre les mer Baltique et Noire mais est plutôt celui d’une Union Européenne alternative aux frontières mal définies fondée sur une idéologie largement inspirée par le national-socialisme et hostile à la Russie. Là où le projet d’Intermarium traditionnel se contente de doter la région Baltique-Mer Noire d’outils de défense du point de vue militaire et de capacités du point de vue diplomatique, le Parti du corps national, le régiment Azov et le Groupe d’assistance au développement de l’Intermarium souhaitent bâtir une société à part devant servir de tremplin à une révolution nationaliste en Europe».

Une analyse qui ne fait que confirmer les origines nazies des structures européennes créées par la CIA, que nous avions évoquées dans cet article du 13 août 2025: Nos dirigeants européens sont-ils des créatures façonnées par les derniers nazis survivants? et leur accointance naturelle avec l’Ukraine de Zelensky.

Notes:

[1] Le Malin est malin: des lots de vaccins sont éminemment nocifs et ravageurs, tandis que d’autres sont inoffensifs, ceci afin que les populations ne puissent pas soupçonner un complot; il se trouvera ainsi toujours quelqu’un pour vous dire qu’il a été vacciné sans aucun dommage ultérieur. En quelque sorte, une roulette russe; encore la faute de Poutine ?

[2] Voir mes articles du 14 février 2026: L’affaire Epstein? Nous en avions tout dit il y a 5 ans, du 19 décembre 2025: Comment s’est formé le Système globaliste et comment fonctionne-t-il? et du 6 février 2021: Mais quelle est cette secte qui dirige le monde?

[3] Voir notre série de 5 articles rédigés en avril-mai 2026 regroupés sous le titre: «Les Convergences maléfiques». Cette série fera bientôt l’objet d’un ouvrage du même nom édité chez Amazon.

[4] Il faut écouter Ursula Von der Leyen qui s’exprime lors du Global Citizen Festival (au moins, on annonce la couleur) d’un monde « meilleur » (celui d’Orwell?) grâce au vaccin : https://www.facebook.com/reel/1335509808457024?locale=fr_FR

[5] Environ 200.000 avortements annuels; dix millions de petits Français n’ont pas vu le jour dans une France qui est en régression démographique depuis la promulgation de la loi Veil le 17 janvier 1975.

Article du 5 mars 2024: L’avortement gravé dans le marbre de la Constitution: Pulsion de mort ou suicide assisté de la France?

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[6] Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, a fait classer sur la liste II des substances vénéneuses l'hydroxychloroquine sous toutes ses formes le 13 janvier 2020, alors que ce médicament est recommandé par le professeur Raoult pour lutter contre le Covid. Le 10 septembre 2021, Agnès Buzyn est mise en examen pour mise en danger de la vie d’autrui pour sa gestion de la crise Covid, le 31 décembre 2021, moins de 2 mois après, elle est nommée au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur ; étonnant, non?

Agnès Buzyn a été la bru de Simone Veil, ayant épousé un fils de cette dernière en premières noces; en secondes noces, elle épouse Yves Lévy, directeur général de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale); la presse l’accuse alors de créer un conflit d’intérêts.

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[7] Nouvelles images diffusées par des médias libanais: l’aviation israélienne a largué du phosphore blanc sur la ville de Zawtar, dans le sud du Liban. Cette munition incendiaire, interdite en zones peuplées par le droit international, provoque des brûlures atroces qui continuent de s’aggraver au contact de l’air et ne s’éteignent pas avec l’eau.

https://www.facebook.com/reel/1625548455403553?locale=fr_FR 

[8] Article du 17 juillet 2024: J’aime l’odeur du napalm au petit matin

[9] Les épandages sont effectués en haute altitude mais aussi directement sur les plantations en basse altitude par drones, comme nous le montre cette vidéo. Les paysans, harcelés, se défendent avec leurs pauvres moyens : https://www.facebook.com/reel/1056489053370702?locale=fr_FR

[10] Voir la chronologie des agressions et des massacres perpétrés par Tsahal depuis cette date.

[11] https://www.geopolitika.ru/fr/article/intermarium-lextreme-droite-contre-le-continent?utm_referrer=https%3a%2f%2fwww.google.com%2f

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Une exigence civilisationnelle

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Une exigence civilisationnelle

par Georges Feltin-Tracol

Memoires-identitaires.jpgL’année dernière, le Gaulois Jean-Yves Le Gallou publiait ses Mémoires identitaires. 1968 – 2025 : les dessous du « Grand Basculement » (Via Romana), soit plus d’un demi-siècle de luttes intellectuelles, politiques et militantes. La parution de cet ouvrage ne signifiait pourtant pas une quelconque retraite de la part du président-fondateur de Polémia. Bien au contraire puisqu’en partenariat avec les Éditions de la Nouvelle Librairie, l’Institut Iliade pour la longue mémoire vient de publier son nouvel essai roboratif, Remigration. Pour l’Europe de nos enfants (2026, 140 p., 14,90 €).

Toujours écrit dans un style concis et percutant, Jean-Yves Le Gallou définit la nécessaire réémigration des populations extra-européennes présentes sur notre sol. Lui-même auteur en 2024 de Remigration. Ein Verschlag aux éditions Antaios, le militant identitaire autrichien Martin Sellner en a rédigé la préface.

remigration-le-gallou-01.jpgSouvent persécuté par les régimes occidentaux, victime de cent seize violences bancaires ordinaires, soit des fermetures de compte arbitraires, perquisitionné et placé en garde à vue, Martin Sellner n’a jamais fréquenté Jeffrey Epstein, Bill Clinton et Bill Gates; il ne dirige pas non plus un réseau intersidéral de narco-trafic. Son crime? Oser promouvoir dans l’opinion publique la vertu cardinale de remigration. C’est surtout à ses yeux une urgence. La prôner signifie en priorité que « l’Europe doit s’unir sous la bannière de la remigration et accomplir cette œuvre monumentale, ou bien elle sombrera à jamais dans l’échec ».

En dix parties courtes et incisives, Jean-Yves Le Gallou explique en quoi c’est « une constante de l’histoire du monde ». En effet, les exemples abondent: les États africains n’hésitent jamais à rapatrier de force dans leurs pays d’origine leurs propres frères africains de nationalité différente. Les épurations ethniques des Allemands des anciennes provinces orientales en 1945, des Pieds-Noirs d’Algérie en 1962 et des Palestiniens depuis 1948 sont des faits avérés incontestables.

L’ancien haut-fonctionnaire attaché à l’Inspection générale de l’administration assume cette option radicale. Elle représente désormais une réponse sérieuse et censée au « Grand Remplacement » démographique que les pisse-copie du Système, menteurs stipendiés et assassins par procuration, persistent à qualifier comme une théorie « complotiste, criminelle et raciste ».

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Deux générations de militants: J.-Y. Le Gallou et Martin Sellner.

Jean-Yves Le Gallou expose les modalités pratiques de cette exigence vitale. Il faut se heurter à Big Other et ses séides, à savoir « le sans-frontiérisme, le droit-de-l’hommisme, l’ouverture à l’autre poussé jusqu’à la négation des différences d’origine – et de nous-mêmes ». Ainsi dénonce-t-il « cette doxa [qui] s’impose dans les esprits par les médias de grand chemin et se traduit concrètement, dans les faits, par l’action conjointe des responsables politiques et des juges ».

Son instauration suppose au préalable d’abolir la tyrannie judiciaire et le funeste « État de droit », négateur des souverainetés nationale et populaire. Il faut toujours rappeler que « le prétendu “ État de droit ” repose abusivement sur la surinterprétation de propos généraux, issus d’une pyramide de textes et de juridictions ». Progressiste en diable, la présente «idéologie judiciaire» qui contamine les États européens « tourne autour de trois pôles : l’individualisme, le culte des minorités, la soumission à la supranationalité et au mondialisme ». La réponse la plus évidente pour l’abandon de ce carcan mortifère se nomme le JUGEXIT. L’autorité judiciaire – qui n’est donc pas un pouvoir en France – doit se soumettre à nouveau à la seule volonté des citoyens et de leurs émanations exécutives et parlementaires.

R320024872.jpgLa remigration nécessite l’arrêt de l’immigration (« la grande pause »), ainsi que l’application simultanée de la préférence nationale, théorisée par le même Le Gallou au sein du Club de l’Horloge en 1985 dans un livre marquant, et d’une « préférence de civilisation [qui] rappellera que, dans l’accès à la culture et à l’éducation, tous les héritages ne sont pas à mettre sur le même plan: 5000 ans de civilisation européenne, quinze siècles de chrétienté, un millénaire d’histoire nationale doivent conduire à laisser de côté les mœurs étrangères venues d’Afrique ou du monde musulman ».

Jean-Yves Le Gallou s’élève en outre contre les mensonges propagées en matière d’immigration de travail. Il observe que « dans pratiquement tous les pays d’Europe, les immigrés ont statistiquement des taux d’emploi inférieurs aux moyennes nationales et reçoivent davantage d’aides sociales. Leur bilan budgétaire est donc désastreux ». Une mise au point de bon aloi alors que sort en librairie aux éditions gauchistes Les Petits Matins Sans eux. La France sans les immigrés. L’essayiste Hakim El Karoui, l’économiste Guillaume Hannezo et le directeur du cercle de pensée Terra Nova, Thierry Pech, cosignent un roman de politique-fiction qui se veut dystopique dans lequel la remigration retirerait toute main-d’œuvre étrangère dans les EHPAD et les hôpitaux et plongerait la France dans le chaos. L’Hexagone y est déjà ! Ce trio ignore complètement le rôle décisif de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotisation des tâches les plus courantes. Jean-Yves Le Gallou, lui, ne l’évite pas. Il estime plutôt que l’IA fera « disparaître des emplois de bureau et [… poussera] des cols blancs à se convertir en cols bleus » et aussi en nouveaux agriculteurs-éleveurs.

Cependant, le funeste trinôme n’a pas tort de se référer à une économie moderne consumériste droguée à l’apport étranger à bas coût. Jean-Yves Le Gallou n’aborde pas les retombées économiques immédiates de la remigration dans des sociétés ouvertes ultramodernes. Son impact peut d’ailleurs s’avérer un échec retentissant si perdurent les conditions actuelles de production et de consommation.

Les cercles anarcho-royalistes du Lys Noir de feu Rodolphe Crevelle envisageaient sa mise en place dans un système autarcique. On peut ensuite l’intégrer dans un grand espace continental autocentré en lien avec une décroissance radicale. Son principal théoricien, Serge Latouche, propose de revenir au niveau de vie des Français au début des années 1960. On peut toutefois pencher pour un niveau de vie semblable à celui des années 1941–1942 ainsi que par l’établissement d’une économie duale avec un large secteur stratégique – étatique et/ou para-étatique - ultra-concurrentiel.

71ESyrwVS-L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgLa remigration devient un impératif. « Dans une Europe en dépression, la remigration peut être un mythe mobilisateur, un projet porteur d’espoir ». Jean-Yves Le Gallou la considère en « mythe qui peut permettre aux   peuples de reprendre le pouvoir accaparé par les oligarchies ». Il se révèle dès lors indispensable « de développer une conscience commune. Identitaires européens, unissez-vous ! ». Certes, le renversement démographique « remplaciste » approche inexorablement, mais rien n’est encore perdu à la condition toutefois que les Européens, peuple autochtone d’Europe, fassent enfin de la remigration, le fer de lance et la clé de voûte de leur avenir.   

GF-T

  • « Chronique flibustière », n° 191, mise en ligne le 5 mai 2026 sur Synthèse nationale.

samedi, 09 mai 2026

Petite histoire des invasions israéliennes du Liban

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Petite histoire des invasions israéliennes du Liban

Source: https://mpr21.info/una-historia-de-las-invasiones-israeli...

Israël a envahi le Liban à de multiples reprises depuis sa création en 1948, et plus récemment, il a déclaré qu'il allait réoccuper de vastes zones du sud du pays. La semaine dernière, le président libanais Joseph Aoun a déclaré lors d’un discours qu’il était prêt à aller « là où il serait nécessaire » pour mettre fin à l’occupation du sud du Liban par Israël. Le gouvernement libanais avait repris le contrôle du Liban et le pouvoir de décision pour la première fois en presque un demi-siècle, a-t-il ajouté.

Trump a suggéré qu’il pourrait inviter Aoun et Netanyahu à la Maison-Blanche pour consolider un cessez-le-feu de 10 jours qu’il aurait négocié entre les deux pays.

Ce cessez-le-feu, qui a arrêté six semaines de combats entre Israël et le Hezbollah, s’est produit lorsque les ambassadeurs d’Israël et du Liban aux États-Unis ont entamé des conversations directes à Washington, la première rencontre de ce type depuis 1993.

Depuis le 2 mars, Israël a mené une campagne aérienne à grande échelle au Liban, tuant plus de 2290 personnes, en blessant plus de 7500 et en déplaçant 1,2 million de personnes, soit environ 20% de la population libanaise.

Parallèlement, l’armée israélienne a lancé une invasion terrestre, annonçant ses plans pour occuper de vastes étendues du sud du Liban et affirmant que les populations déplacées ne seraient pas autorisées à revenir chez elles.

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Les forces israéliennes ont passé des semaines à démolir des villages entiers, utilisant des excavatrices et détruisant des habitations lors d’explosions à grande échelle contrôlées à distance.

Quelques heures seulement après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les forces israéliennes ont procédé à des démolitions, des bombardements d’artillerie et des opérations de nettoyage de terrains dans plusieurs zones frontalières, en violation de la trêve.

Samedi, l’armée israélienne a indiqué avoir établi une « ligne jaune » d’environ 10 kilomètres à l’intérieur du sud du Liban, similaire à la ligne à Gaza qui sépare les zones contrôlées par les forces israéliennes de celles contrôlées par le Hamas.

Netanyahu a déclaré que les troupes israéliennes « restent au Liban dans une zone tampon de sécurité renforcée ».

« Il s’agit d’une bande de sécurité de dix kilomètres de profondeur, beaucoup plus forte, plus intense, plus continue et plus solide que celle que nous avions auparavant. »

« C’est là où nous sommes et nous n’allons pas partir. »

L’occupation moins connue : 1948-1949

Le 15 mai 1948, le Liban, la Syrie, l’Égypte, la Jordanie et l’Irak se sont unis dans une guerre contre Israël, un jour après la proclamation de l’État d’Israël dans la Palestine historique.

L’offensive panarabe a été lancée en réponse à l’indépendance d’Israël et à la dépopulation des villes et villages palestiniens par des groupes terroristes sionistes dans les mois précédents.

Pendant cette période, environ 750.000 Palestiniens ont été déplacés, et environ 100.000 ont cherché refuge au Liban.

Les milices chrétiennes libanaises ont joué un rôle limité dans les combats. Vers minuit, du 30 au 31 octobre, les troupes israéliennes ont traversé la frontière avec le Liban et occupé 15 villages.

Dans le village de Hula, l’un des villages occupés, l’armée israélienne a commis un massacre. Entre 34 et 58 civils ont été tués après avoir été rassemblés dans un bâtiment, qui a ensuite été détruit par une explosion.

Par la suite, Israël s’est retiré des villages occupés en vertu d’un accord d’armistice négocié par l’ONU, signé avec le Liban le 23 mars 1949.

Des accords similaires ont été conclus avec la Jordanie, la Syrie et l’Égypte, marquant la fin de la première guerre arabo-israélienne et la défaite des armées arabes. L’Irak, cependant, n’a pas signé d’accord d’armistice.

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Les fermes de Chebaa (Shebaa)

Contrairement à 1948, le Liban n’a pas participé à la guerre arabo-israélienne de juin 1967, durant laquelle Israël a combattu une coalition de pays arabes et occupé l’est de Jérusalem, la Cisjordanie, la bande de Gaza, ainsi que le Sinaï en Égypte et le Plateau du Golan en Syrie.

À la suite de cette guerre, Israël s’est retiré des accords d’armistice de 1949 qu’il avait signés avec le Liban et d’autres États arabes, puis il a occupé la région des Shebaa Farms dans le sud du Liban.

L’invasion de 1978

La défaite des États arabes en 1967 face à Israël a contribué à l’émergence de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), un groupe regroupant des factions palestiniennes engagées dans la lutte armée pour récupérer leur patrie.

En 1971, le Liban était devenu la principale base d’opérations de l’OLP, avec des combattants palestiniens lançant des attaques intermittentes contre Israël depuis le sud du Liban. L’OLP a également noué des alliances avec des partis politiques libanais et été un acteur majeur de la guerre civile libanaise, qui a éclaté en avril 1975.

Le 14 mars 1978, Israël a envahi le sud du Liban dans le but de repousser les combattants de l’OLP vers le nord du fleuve Litani. L’invasion a tué environ mille Libanais et Palestiniens, principalement civils, ainsi que 18 soldats israéliens.

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Israël s’est retiré de la majeure partie du sud en juin, conformément à la Résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU. Adoptée en mars, cette résolution a créé la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), chargée de confirmer le retrait israélien et d’aider le gouvernement libanais à restaurer son autorité dans la zone. Cependant, Israël a transféré le contrôle d’une partie du territoire occupé à une milice sous son contrôle, au lieu de le rendre à l’armée libanaise.

Pendant ce temps, l’OLP a continué à maintenir des positions au sud du fleuve Litani.

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L’invasion de 1982

En juin 1982, Israël a envahi à nouveau le Liban, cette fois en avançant plus profondément dans le pays, occupant Beyrouth en septembre.

Environ 19.000 Libanais et Palestiniens, principalement des civils, ont été tués lors de cette invasion israélienne. L’offensive a finalement forcé les dirigeants de l’OLP, avec des milliers de combattants, à quitter le Liban.

L’avancée militaire israélienne a profondément modifié l’équilibre des forces entre les factions libanaises et a contribué à l’élection de son allié, Bachir Gemayel, à la présidence.

Élu en août, Gemayel a été assassiné le mois suivant, et son frère Amin a été choisi comme successeur à la fin septembre.

En décembre, le gouvernement d’Amin Gemayel a entamé des négociations avec Israël, sous l’égide des États-Unis. Après 37 rounds de négociation, les deux parties ont signé un accord le 17 mai 1983, qui a été approuvé par le parlement et le gouvernement libanais.

Bien que l’accord ait exigé la fin de l’état de belligérance entre les deux pays, le Liban ne l’a pas décrit comme un traité de paix, insistant plutôt sur le fait que son objectif principal était d’assurer le retrait d’Israël.

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L’accord du 17 mai a rencontré une forte opposition de la part de plusieurs factions libanaises, dont le mouvement chiite Amal (photo) et le Parti socialiste progressiste (PSP), tous deux alignés sur la Syrie, qui avait des troupes stationnées au Liban depuis 1976 et dont le gouvernement voulait freiner l’expansion d’Israël.

Les opposants ont argué que l’accord sapait la souveraineté du Liban, notamment parce qu’il comprenait des accords de sécurité avec Israël dans le sud.

Soutenus par le gouvernement syrien, Amal et le PSP ont lancé une insurrection armée contre le gouvernement d’Amin Gemayel, culminant le 6 février 1984 avec la prise de contrôle de Beyrouth-Ouest, majoritairement musulman.

Cédant à la pression militaire, Gemayel a abrogé l’accord en mars et s’est rapproché de la Syrie, formant un nouveau gouvernement incluant le dirigeant d’Amal, Nabih Berri, et celui du PSP, Walid Jumblatt, parmi ses ministres.

Les négociations infructueuses de Naqoura de novembre 1984

Bien qu’Israël se soit retiré de Beyrouth et des montagnes du Chouf, il a continué à occuper tout le sud du Liban. Une fois de plus, le Liban et Israël ont entamé, en novembre 1984, des négociations destinées à aboutir à un accord pour un retrait israélien du territoire occupé.

Les délégations militaires libanaises et israéliennes ont tenu plusieurs rounds de négociations entre le 8 novembre 1984 et le 24 janvier 1985 dans le village frontalier de Naqoura, mais sans parvenir à un accord.

Au milieu de négociations bloquées et de pertes croissantes dues aux attaques de factions libanaises dans le sud, le gouvernement israélien a approuvé, en janvier 1985, un plan de retrait unilatéral et partiel.

cir051.gifFin avril, les troupes israéliennes s’étaient retirées de Saïda, Nabatieh, Sour et leurs environs, mais occupaient encore une bande de territoire plus proche de la frontière, qu’elles ont nommée « zone de sécurité ».

Les négociations de paix de Madrid

Après la fin de la guerre civile libanaise en 1990, la Syrie est devenue une puissance dominante dans le pays, et Beyrouth a commencé à coordonner étroitement sa position concernant l’occupation israélienne avec Damas.

Le Liban a demandé un accord global comprenant un retrait israélien simultané du sud du Liban et du Plateau du Golan en Syrie, occupés par Israël depuis 1967.

Sur cette base, le Liban et la Syrie ont participé, en octobre 1991, à la Conférence de paix de Madrid, organisée par les États-Unis et l’Union soviétique pour traiter de la guerre arabo-israélienne. En 1993, des négociations bilatérales ont suivi entre le Liban et Israël à Washington, mais sans résultat concret.

En 1982, le Hezbollah avait été créé dans le sud du Liban, en réponse à l’invasion israélienne, qui avait intensifié sa campagne de guérilla tout au long des années 1990, ciblant les positions israéliennes et celles de sa milice alliée, l’Armée du Sud Liban.

En juin 1999, l’Armée du Sud Liban s’est retirée de 36 villages montagneux dans la région de Jizzine.

Le retrait du sud du Liban

L’armée israélienne s’est retirée du sud du Liban en mai 2000, mettant fin à plus de 18 ans d’occupation.

Sous l’égide de l’ONU, le Liban et Israël ont tracé la ligne de retrait, connue sous le nom de « ligne bleue », bien que leur frontière internationale formelle n’ait pas été délimitée.

Israël a continué à occuper les fermes de Chebaa et les collines de Kfar Shouba, tandis que le Hezbollah menait périodiquement des attaques contre des positions de l’armée israélienne dans ces zones.

Ce retrait a rompu l’unité d’action avec la Syrie, alors qu’Israël poursuivait l’occupation du Plateau du Golan.

Cela s’est produit après une réunion infructueuse à Genève en mars entre l’ancien président américain Bill Clinton et le président syrien Hafez Al-Assad, visant à parvenir à un accord de paix entre la Syrie et Israël.

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La guerre de l’été 2006

En juillet 2006, Israël a lancé une guerre de 33 jours contre le Liban après que le Hezbollah ait enlevé deux soldats israéliens lors d’une incursion transfrontalière, dans le but de les échanger contre le prisonnier libanais de longue date, Samir Al Qontar. La guerre, qui comprenait une invasion terrestre israélienne, a tué environ 1200 Libanais, principalement des civils, et 160 Israéliens, la majorité étant des soldats.

Les objectifs déclarés d’Israël étaient la libération des deux soldats et le démantèlement du Hezbollah, mais aucun de ces deux objectifs n’a abouti. La guerre s’est terminée sous la Résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a instauré un cessez-le-feu, élargi le mandat de la Finul pour surveiller la trêve et demandé le désarmement de tous les groupes armés non étatiques au Liban.

Par la suite, Israël s’est retiré de la majorité du territoire occupé durant la guerre, à l’exception d’une partie du village de Ghajar, et a maintenu ses positions dans les fermes de Chebaa et les collines de Kfar Shouba. Le Hezbollah a conservé ses armes mais est passé à la clandestinité. En juillet 2008, Israël a libéré Al Qontar en échange des corps des deux soldats.

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L’invasion terrestre de 2024

En octobre 2024, Israël a lancé une invasion terrestre du Liban et une campagne aérienne à grande échelle visant à affaiblir le Hezbollah.

Cette escalade s’est produite après près d’un an d’échanges transfrontaliers avec le Hezbollah, qui a ouvert le feu contre Israël le 8 octobre 2023 en soutien aux Palestiniens, après l’attaque du Hamas contre Israël la veille.

Le 27 novembre, Israël a accepté un cessez-le-feu dans le cadre d’un accord négocié par la France et les États-Unis.

On s’attendait à ce qu’Israël se retire du territoire occupé en deux mois, mais il a conservé le contrôle de cinq positions à l’intérieur du Liban et a continué à attaquer civils et combattants du Hezbollah dans tout le pays.

Pendant ce temps, le gouvernement libanais tente de démanteler l’infrastructure du Hezbollah au sud du fleuve Litani, première étape de la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu.

* * *

Carte des intentions israéliennes au Liban en 2026, dans le cadre de la guerre d'Iran:

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jeudi, 07 mai 2026

Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

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Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

9782290017692-fr.jpgKiev/Bruxelles/Washington. De nombreux observateurs de la guerre en Ukraine, qui en février a entamé sa cinquième année, se rappellent de plus en plus le classique de science-fiction La guerre éternelle de l’auteur américain Joe Haldeman, publié en 1974.

Le roman raconte l’histoire du soldat William Mandella, envoyé sur une planète étrangère pour combattre les « Tauriens ».

À la fin, la guerre se révèle être une mise en scène du complexe militaro-industriel : une attaque sous fausse bannière aurait pour but de sauver l’économie mondiale et d’offrir à l’humanité du bonheur – par un hasard totalement fortuit. Les ressemblances avec les vicissitudes de nos temps présents sont purement fortuites.

Il semble également qu’aucune des deux parties ne puisse actuellement remporter la guerre en Ukraine par la force militaire. Les drones et la surveillance moderne du champ de bataille rendent presque impossibles les attaques à grande échelle. Au lieu de négocier un cessez-le-feu, les deux camps restent figés sur leurs positions. Les États-Unis abandonnent de plus en plus le soutien qu'ils apportaient à Kiev aux Européens, tandis que la Chine observe le choc avec sérénité. Une solution diplomatique n’est pas en vue.

Les deux parties en guerre sont déjà des perdants, tout comme l’ensemble de la « planète blanche ». Elles perdent des centaines de milliers de soldats et subissent de lourds dégâts dans leurs infrastructures. Pour Kiev, la fin de la loi martiale serait une catastrophe: de nouvelles élections pourraient être réclamées, tout comme une remise en question de la corruption et des violations des droits de l’homme. Mais Moscou doit également craindre des difficultés politiques internes si ses objectifs – la libération des régions séparatistes pro-russes, le désarmement et la « dénazification » de l’Ukraine – ne sont pas atteints.

Le troisième perdant s’appelle l’Europe. Le blocage de l’approvisionnement russe en matières premières, dû aux sanctions, nuit durablement à l’économie européenne et empêche les Européens de rivaliser sur les marchés mondiaux. Le plus récent prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine n’est en réalité qu’une donation, financée par l’argent du contribuable. Le chancelier Friedrich Merz a promis 11,5 milliards d’euros supplémentaires issus des fonds publics allemands, tout en annonçant des coupes dans l’assurance maladie, le quotient conjugal et les services de soins – tout cela au bénéfice de l’Ukraine.

Les gagnants se tiennent bien loin du champ de bataille: les États-Unis fournissent des armes, payées par le contribuable européen, tandis que leur industrie de défense et leur industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) connaissent un boom. La Chine achète du pétrole et du gaz russes à prix cassés et accumule des renseignements précieux sur la technologie militaire occidentale.

Il existe aussi des gagnants peu évoqués dans le débat public: les gestionnaires de fonds américains comme BlackRock, Vanguard et State Street. Ils gèrent ensemble 30.000 milliards de dollars. State Street, Vanguard et BlackRock détiennent respectivement 14, 8 et 5 pour cent des parts dans le géant de l’armement Lockheed Martin. Depuis 2022, la valeur des actions de BlackRock a augmenté de 40%, et même de 50% en dividendes. State Street a progressé de 45 à 50%. Dans les hautes sphères, personne ne souhaite la fin de la guerre en Ukraine: la menace garantit aux entreprises américaines d’armement leurs commandes; en outre, elles ont massivement investi en Ukraine, où de vastes terres agricoles sont louées à BlackRock et assimilés.

La « guerre éternelle » devrait donc continuer, car aucun des grands profiteurs ne souhaite y mettre fin. L’Europe paie, l’Allemagne paie – que la population en veuille ou non. Par ailleurs, la situation politique est extrêmement dangereuse. Une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN n’est en tout cas pas exclue, étant donné l’escalade permanente du côté de l’Occident (mü).

Source: Zu erst, mai 2026. 

Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

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Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

9782290017692-fr.jpgKiev/Bruxelles/Washington. De nombreux observateurs de la guerre en Ukraine, qui en février a entamé sa cinquième année, se rappellent de plus en plus le classique de science-fiction La guerre éternelle de l’auteur américain Joe Haldeman, publié en 1974.

Le roman raconte l’histoire du soldat William Mandella, envoyé sur une planète étrangère pour combattre les « Tauriens ».

À la fin, la guerre se révèle être une mise en scène du complexe militaro-industriel : une attaque sous fausse bannière aurait pour but de sauver l’économie mondiale et d’offrir à l’humanité du bonheur – par un hasard totalement fortuit. Les ressemblances avec les vicissitudes de nos temps présents sont purement fortuites.

Il semble également qu’aucune des deux parties ne puisse actuellement remporter la guerre en Ukraine par la force militaire. Les drones et la surveillance moderne du champ de bataille rendent presque impossibles les attaques à grande échelle. Au lieu de négocier un cessez-le-feu, les deux camps restent figés sur leurs positions. Les États-Unis abandonnent de plus en plus le soutien qu'ils apportaient à Kiev aux Européens, tandis que la Chine observe le choc avec sérénité. Une solution diplomatique n’est pas en vue.

Les deux parties en guerre sont déjà des perdants, tout comme l’ensemble de la « planète blanche ». Elles perdent des centaines de milliers de soldats et subissent de lourds dégâts dans leurs infrastructures. Pour Kiev, la fin de la loi martiale serait une catastrophe: de nouvelles élections pourraient être réclamées, tout comme une remise en question de la corruption et des violations des droits de l’homme. Mais Moscou doit également craindre des difficultés politiques internes si ses objectifs – la libération des régions séparatistes pro-russes, le désarmement et la « dénazification » de l’Ukraine – ne sont pas atteints.

Le troisième perdant s’appelle l’Europe. Le blocage de l’approvisionnement russe en matières premières, dû aux sanctions, nuit durablement à l’économie européenne et empêche les Européens de rivaliser sur les marchés mondiaux. Le plus récent prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine n’est en réalité qu’une donation, financée par l’argent du contribuable. Le chancelier Friedrich Merz a promis 11,5 milliards d’euros supplémentaires issus des fonds publics allemands, tout en annonçant des coupes dans l’assurance maladie, le quotient conjugal et les services de soins – tout cela au bénéfice de l’Ukraine.

Les gagnants se tiennent bien loin du champ de bataille: les États-Unis fournissent des armes, payées par le contribuable européen, tandis que leur industrie de défense et leur industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) connaissent un boom. La Chine achète du pétrole et du gaz russes à prix cassés et accumule des renseignements précieux sur la technologie militaire occidentale.

Il existe aussi des gagnants peu évoqués dans le débat public: les gestionnaires de fonds américains comme BlackRock, Vanguard et State Street. Ils gèrent ensemble 30.000 milliards de dollars. State Street, Vanguard et BlackRock détiennent respectivement 14, 8 et 5 pour cent des parts dans le géant de l’armement Lockheed Martin. Depuis 2022, la valeur des actions de BlackRock a augmenté de 40%, et même de 50% en dividendes. State Street a progressé de 45 à 50%. Dans les hautes sphères, personne ne souhaite la fin de la guerre en Ukraine: la menace garantit aux entreprises américaines d’armement leurs commandes; en outre, elles ont massivement investi en Ukraine, où de vastes terres agricoles sont louées à BlackRock et assimilés.

La « guerre éternelle » devrait donc continuer, car aucun des grands profiteurs ne souhaite y mettre fin. L’Europe paie, l’Allemagne paie – que la population en veuille ou non. Par ailleurs, la situation politique est extrêmement dangereuse. Une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN n’est en tout cas pas exclue, étant donné l’escalade permanente du côté de l’Occident (mü).

Source: Zu erst, mai 2026. 

Sur la vulnérabilité existentielle d’Israël – la désalinisation de l’eau de mer

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Sur la vulnérabilité existentielle d’Israël – la désalinisation de l’eau de mer

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/196511

Pendant des décennies, le pays aujourd’hui appelé Israël faisait partie des zones les plus arides du monde. Le Néguev était autrefois un désert. Le fleuve Jourdain se rétrécissait et le rationnement de l’eau était une urgence nationale.

La “révolution de la désalinisation”

Il n’est pas surprenant que cette méthode “révolutionnaire” d’approvisionnement en eau potable ait été financée à l’origine par les États-Unis. Les installations ont été construites par des entreprises occidentales. Aujourd’hui, Israël exploite certaines des plus grandes installations de désalinisation au monde, utilisant la technologie de l’osmose inverse. Le complexe de désalinisation de Sorek, près de Tel Aviv, est non seulement l’un des plus grands au monde, mais constitue surtout une véritable artère vitale pour la nation. Cinq grandes installations le long d’une côte méditerranéenne étroite, avec celles de Sorek, Ashkelon, Ashdod, Palmachim et Hadera, fournissent aujourd’hui près de 80% de l’eau potable et industrielle d’Israël.

Contrairement aux États du Golfe, dont la capacité de désalinisation s’étend sur des milliers de kilomètres de côte, l’ensemble du système hydrique israélien est concentré sur une bande de terre à peine plus large qu’une ville. C’est précisément cette étroite bande qui pourrait devenir, en temps de guerre, un piège mortel.

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Chaque installation à portée de missile iranien

L’Iran “ne perd pas de temps” et l’échec apparent du système Iron Dome (Dôme de fer), soi-disant infaillible, est désormais évident. Il n’existe aucune stratégie de défense contre les “fils conducteurs” de l’eau d’Israël, comme par exemple contre des drones marins ou des mines marines. Les systèmes de contrôle pourraient déjà être en ligne sur le cyber-radar iranien.

La véritable “catastrophe” stratégique réside cependant dans le fait que ces installations ne fonctionnent pas non plus avec des groupes électrogènes de secours. Elles utilisent du gaz naturel, directement dérivé des plateformes offshore Tamar et Leviathan. Si Leviathan est frappé, Israël ne se heurtera pas seulement à un problème énergétique. Les unités de désalinisation seront également mises hors service. La métropole de Tel Aviv serait alors privée d’eau.

Une pièce maîtresse régionale du domino

En vertu d’un traité de paix, Israël fournit de l’eau à la Jordanie dans le cadre de quotas fixes. Pas d’eau pour Israël, cela signifie aussi pas d’eau pour Amman. Dès lors, la normalisation régionale devient très fragile, même contractuellement.

Israël avait autrefois transformé une crise en un outil de puissance nationale, à travers l’eau. La question aujourd’hui est de savoir si ses adversaires peuvent ou veulent inverser cette équation. C’est précisément cette infrastructure hydrique que l’on pourrait transformer en “point de pression”, capable de faire disloquer tout ce qui y est construit.

Palantir et l'archétype sombre de l'intelligence artificielle

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Palantir et l'archétype sombre de l'intelligence artificielle

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/palantir-ja-tekoalyn-p...

Saruman.jpgL'entreprise américaine de logiciels Palantir a été nommée d'après les palantíri – les pierres de vision – dans l'oeuvre de J.R.R. Tolkien. Dans le récit de Tolkien, ces pierres ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi; elles révèlent la vérité, mais peuvent facilement être détournées par des gouvernants qui les utilisent comme des instruments pour déformer la réalité, aussi facilement qu’elles la montrent.

Il est légitime de se demander si Palantir a consciemment adopté cet archétype sombre. Le nom de l'entreprise, son branding et sa communication indiquent qu'il s'agit d'un rôle délibérément choisi, en accord avec les cercles ésotériques, technocratiques et stratégiques de l'élite supranationale. Le processus peut être décrit comme une opération primitive en trois étapes.

La première phase consiste en une exposition totale à la brutalité de la réalité naturelle et géopolitique. Le monde est vu tel qu'il est: une compétition impitoyable pour les ressources, une danse d'ombres sans fin entre services de renseignement, et une dynamique auto-alimentée par le complexe militaro-industriel.

Dans cette vision du monde, les principaux clients de Palantir – la CIA, le Pentagone, les États alliés et les grandes multinationales – sont éveillés depuis plusieurs années. L'entreprise ne vend pas de promesses utopiques, mais des outils concrets pour survivre et dominer dans cet environnement.

palantir-gotham.jpgLa deuxième phase voit l'intervention de l'intelligence artificielle en tant que force purificatrice. Il ne s'agit pas simplement de logiciels, mais d'une correction à l'échelle du système face au chaos humain. Les plateformes centrales de Palantir – Gotham (pour le renseignement et la défense nationale), Foundry (pour les entreprises) et surtout l'Artificial Intelligence Platform (AIP) – relient d'énormes masses de données hétérogènes en une seule ontologie gérable.

L'AIP n'est pas seulement une couche au-dessus des chatbots, mais elle relie l'intelligence artificielle générative (les grands modèles linguistiques) aux données opérationnelles d'une entreprise ou d'une agence, en toute sécurité et sous contrôle. Elle permet une prise de décision en temps réel: images de drones, données satellitaires, signaux d'espionnage, open source et rapports de terrain fusionnent en un seul système opérationnel. En Ukraine, les outils de Palantir ont joué un rôle clé dans la fusion du renseignement et la précision des opérations – ils forment une «chaîne de destruction» numérique, où les données se transforment en recommandations opérationnelles en quelques secondes.

Palantir ne construit pas d’armes lui-même, mais produit des récits, des modèles et des alternatives sur la base desquels des armes sont utilisées ou des décisions prises. Au cœur de son modèle économique se trouve une approche radicale: fournir la bonne donnée, au bon moment, aux bonnes personnes, en remplaçant la lenteur humaine, les biais et la corruption par un déterminisme algorithmique et une analyse prédictive.

La troisième phase concerne une transformation ontologique de l’humanité. Ici, le rituel s’approfondit encore. La prise de décision migre de l’intuition, des valeurs et des institutions traditionnelles vers des flux de données et des modèles prédictifs. Les gens ne font plus confiance principalement à leur propre jugement, mais aux probabilités générées par des algorithmes. La volonté libre ne disparaît pas, mais s'impose des limites: elle devient un choix entre des scénarios prédéfinis. L’humanité reste fonctionnelle, mais ce n’est plus le même concept que celui que la philosophie des Lumières ou l’existentialisme décrivaient.

Ce développement construit un nouveau récit pour le futur système technologique. Tout comme les guerres mondiales du 20ème siècle ont créé la distinction entre sociétés libres et totalitaires, la menace nucléaire et la course technologique, la crise actuelle pourrait définir une nouvelle ligne de fracture, où la prise de décision humaine céderait la place à l’intelligence artificielle comme force dominante.

Sur le plan géopolitique, Palantir est fortement aligné sur la communauté anglo-américaine de sécurité et de renseignement, ainsi que sur Israël. La société soutient la guerre en Ukraine, la coopération avec l’OTAN et la modernisation de la défense américaine via de grands contrats. Elle est également activement impliquée dans des projets de défense et de renseignement israéliens. Sur le plan commercial, l’entreprise se développe rapidement: ces mêmes technologies sont étendues à l’optimisation des chaînes d’approvisionnement, à la détection de fraude, aux soins de santé et à l’industrie.

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Il est crucial de comprendre à qui est en réalité destiné l’image menaçante et impitoyable de Palantir. Elle ne s’adresse pas aux consommateurs ou au grand public, mais aux investisseurs et aux décideurs. Wall Street valorise les entreprises prêtes à faire tout ce qui est nécessaire pour maximiser leurs profits et leur avantage stratégique, même si cela implique de jouer un rôle d’antagoniste dans la grande mise en scène.

Palantir fonctionne essentiellement comme l’extension technologique des services de renseignement et des gouvernements occidentaux. Ce n’est pas simplement un sous-traitant, mais une infrastructure qui façonne notre perception de la réalité et la façon d’y réagir. Elle fusionne des données, produit des modèles prédictifs et permet des prises de décision à une échelle où un individu seul ne peut plus suivre. Sa direction se montre provocante en public et choisit ouvertement son camp dans le grand jeu géopolitique.

La question reste ouverte: que se passe-t-il lorsque l’archétype rituel se révèle comme une infrastructure de pouvoir déjà en marche? Alors, tout le drame psychologique pourrait s’avérer une ouverture symbolique de l’élite à une concentration de pouvoir technologique sans précédent, où la donnée devient une force qui façonne la réalité.

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mercredi, 06 mai 2026

Le projet de pont terrestre de la Thaïlande surfe sur la vague du chaos mondial des détroits stratégiques

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Le projet de pont terrestre de la Thaïlande surfe sur la vague du chaos mondial des détroits stratégiques

La crise du détroit d'Ormuz a renouvelé les inquiétudes concernant une autre faiblesse géopolitique de l'Asie: le détroit de Malacca. La Thaïlande y voit une opportunité.

Le gouvernement thaïlandais relance une vision vieille de plusieurs décennies: établir un lien logistique entre les océans Indien et Pacifique, en ciblant Singapour comme investisseur potentiel.

Plus de 100.000 navires commerciaux ont traversé Malacca l’année dernière.

  • Le projet relierait la mer d’Andaman au golfe de Thaïlande via 90 km d’infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques, y compris des pipelines.
  • Il offrirait une alternative au détroit de Malacca, long de 900 km, bordé par l’Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour.
  • Coût estimé: 31 milliards de dollars.

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Pour la Chine, les enjeux sont particulièrement élevés. Environ 80% de son pétrole transite par Malacca — une vulnérabilité que Pékin qualifie de «dilemme de Malacca». Ce pont terrestre ne remplacerait pas le détroit, mais pourrait offrir une couverture partielle si jamais les États-Unis le bloquaient lors d’un conflit autour de Taïwan.

Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a rencontré le ministre de la Défense de Singapour, Chan Chun Sing. Une proposition officielle devrait être soumise au cabinet en juin ou juillet, avec une éventuelle ouverture des offres d’investisseurs au troisième trimestre.

Source: @NewRulesGeo (Telegram). 

mardi, 05 mai 2026

La guerre qui ne vise pas la victoire: le conflit en Ukraine comme moyen de démantèlement du système

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La guerre qui ne vise pas la victoire: le conflit en Ukraine comme moyen de démantèlement du système

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/sota-jota-ei-ole-tarko...

En étudiant la guerre de la Russie contre l’Ukraine, l’attention ne se porte plus autant sur ce que le Kremlin fait, mais sur ce qu’il ne fait pas. Les raffineries ont à plusieurs reprises été ciblées par des drones ukrainiens, les armes de l’OTAN affluent via Lemberg (Lvov/Lviv) vers le front, et personne ne semble plus se soucier des lignes rouges ou des menaces de Moscou.

Plus cette « opération militaire spéciale » stagne, plus il devient probable que cela ne soit pas simplement une incapacité militaire, mais un phénomène structurel plus profond: un conflit gelé, épuisant, maintenu en vie pour favoriser certains objectifs plus larges.

La situation commence aussi à se faire sentir dans le débat public en Russie. Le président est désormais ouvertement critiqué – non pas tant pour ses objectifs de guerre, mais pour ses échecs pratiques, pour le durcissement de la censure sur Internet, pour l’absurdité de la bureaucratie et la crise économique générale. On le décrit de plus en plus comme un vieil homme détaché, ayant perdu le contact avec la vie quotidienne de ses concitoyens.

Dans cette perspective, il est compréhensible que le Kremlin ne recherche pas une victoire rapide. Une telle victoire nécessiterait une clarté stratégique et une compétence opérationnelle que le système actuel ne semble pas posséder. La gouvernance de Poutine n’est pas non plus prête à passer à une économie de guerre totale et à mobiliser la population.

Sous ces contraintes administratives et culturelles se cache toutefois une couche plus froide, qui est structurelle. Les cercles financiers transnationaux et les réseaux de pouvoir étatiques opèrent partout, et la Russie ne fait pas exception. Les oligarques sont en partie le produit de ces réseaux, et Poutine avec ses soutiens ne contrôle qu’une partie du véritable pouvoir dans le pays.

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Les institutions économiques critiques – la Banque centrale, le ministère des Finances et le gouvernement – sont fortement influencées par ces cercles financiers. Comme le montre à plusieurs reprises la politique des taux d’intérêt, ces acteurs ne servent pas principalement l’intérêt national russe, mais la logique du système financier mondial.

Les mesures spéciales prises lors des restrictions dues à la pandémie du Co vid-19 ont créé la base d’une intervention économique à grande échelle, que la guerre en Ukraine continue. Les faillites, transferts de richesse et endettements ne sont pas de simples sous-produits, mais font partie d’un processus de démantèlement de l’ancien ordre, de l'ancienne normalité. La guerre fournit à la fois à la Russie et à l’Occident une justification pratique pour des mesures qui seraient difficiles à justifier en temps de paix auprès de leurs citoyens.

L’élite dirigeante russe semble principalement concentrée sur la sécurisation de sa propre position. Aucune purge interne à grande échelle n’a été observée même pendant la guerre. Les citoyens ordinaires portent le fardeau: le niveau de vie baisse, les entreprises sont étouffées par la bureaucratie et les taux d’intérêt, et la communication est surveillée.

Par ailleurs, les membres de l’élite – même ceux qui ont soutenu l’Ukraine – circulent librement entre les pays et accroissent leur richesse. Cette double norme n’est pas un hasard, mais une caractéristique centrale du système. Poutine ne peut pas démanteler l’oligarchie féodale, car son pouvoir repose précisément sur celle-ci.

Et si, au contraire, la prolongation de la guerre n’était pas une incapacité, mais une dynamique silencieuse profitant à toutes les parties? Un développement similaire est observable tant dans la numérisation que dans la normalisation de la surveillance, aussi bien à l’est qu’à l’ouest. Le conflit en Ukraine a fourni une justification efficace pour accélérer cette tendance des deux côtés.

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Tant que la guerre reste en son état, tant qu'elle reste épuisante et demeure gelée, les élites peuvent maintenir l’état d’exception et détourner la mécontentement vers une menace extérieure. Dès que la guerre prendra fin, l’énergie politique se libérera probablement et se concentrera sur les structures et dysfonctionnements internes. C’est pourquoi l’état actuel – ni victoire, ni défaite – est à court terme la meilleure option pour toutes les parties.

Les erreurs de Poutine pourraient théoriquement être corrigées, mais cela supposerait une Russie et une direction que le système actuel ne permet pas. La même absence de compétence et de courage semble affecter aussi les dirigeants occidentaux. La poursuite du conflit est donc moins risquée que sa résolution décisive.

En fin de compte, il ne s’agit pas de savoir qui remportera la guerre, mais de comment la guerre façonne les sociétés vers une nouvelle normalité. Le conflit en Ukraine et la crise énergétique suffisent-ils pour mettre fin à l’ancien système, ou la prochaine étape sera-t-elle une mise à bas totale du système en Europe par une guerre à grande échelle ?

lundi, 04 mai 2026

Pourquoi le modèle de l’UE ne fonctionne plus

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Pourquoi le modèle de l’UE ne fonctionne plus

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

imaecapr26ges.jpgThe Economist décrit, à travers les faibles taux de popularité de Macron et Merz, un problème qui va plus loin que les crises gouvernementales habituelles: la logique de médiation politique de l’UE est épuisée.

L’UE a fonctionné pendant des décennies selon un schéma simple: les chefs de gouvernement nationaux négociaient des compromis à Bruxelles, rentraient chez eux et vendaient ces résultats à leurs citoyens comme une réussite. La renonciation à la souveraineté était présentée comme une responsabilité européenne, les concessions comme un succès en matières de négociation, la perte de contrôle comme un progrès.

Ce modèle supposait toutefois une condition: les dirigeants nationaux devaient encore posséder suffisamment d’autorité chez eux pour faire accepter des décisions impopulaires. Or, cette condition disparaît.

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Macron est affaibli sur le plan intérieur. Merz représente une politique allemande qui ne convainc ni par sa renaissance économique ni par son autonomie stratégique. Si Paris et Berlin, les deux axes principaux de l’UE, n’ont plus de légitimité intérieure forte, Bruxelles perd aussi sa capacité à faire appliquer ses décisions.

Car l’UE ne possède pas sa propre légitimité démocratique profonde. Elle vit politiquement de l’autorité empruntée des États membres. Lorsque cette autorité s’effondre, il ne reste que l’appareil : commissions, procédures, règlements, fonds, déclarations de sommet.

Voici précisément le mécanisme de la crise :

- Bruxelles a besoin de gouvernements nationaux forts pour légitimer ses décisions.

- Les gouvernements nationaux perdent la confiance car ils acceptent les décisions bruxelloises.

- Plus ils deviennent faibles, plus Bruxelles tente d’accroître ses compétences.

- Plus Bruxelles centralise, plus la distance avec les citoyens s’accroît.

C’est un cercle vicieux qui est auto-entretenu.

Ce phénomène devient particulièrement visible lors des grandes crises des dernières années: crise financière, migration, pandémie, guerre en Ukraine, crise énergétique, armement. Chaque crise a été utilisée pour renforcer le contrôle de l’UE. Mais les résultats sont de moins en moins convaincants. Les citoyens vivent des coûts croissants, une perte de contrôle, un affaiblissement industriel, des frontières incertaines et une politique étrangère souvent guidée par des intérêts stratégiques étrangers.

L’UE répond à chaque défaillance par la même formule: plus de centralisation.

Mais cette formule engendre justement la prochaine perte de légitimité.

S’ajoute une contradiction structurelle: alors que les gouvernements nationaux élus perdent du soutien, les acteurs supranationaux comme Ursula von der Leyen gagnent en pouvoir. La responsabilité politique reste formellement aux États-nations, mais la gouvernance réelle se déplace de plus en plus vers Bruxelles. Le citoyen peut élire ou démettre son gouvernement, mais pas le mécanisme qui dicte de nombreuses décisions.

Ainsi, se constitue un ordre sans responsabilité claire. Personne n’est entièrement responsable. Personne ne porte pleinement la responsabilité politique. D’où naît la colère contre «ceux d’en haut».

La montée des forces de droite, conservatrices et souverainistes n’est donc pas une simple vague de protestation. C’est la réaction à un système qui déplace le pouvoir décisionnel, dilue la responsabilité et moralise les intérêts nationaux.

Les faibles scores de Macron et Merz montrent que l’ancien type de médiateur politique européen ne fonctionne plus. Autrefois, il pouvait vendre ses compromis bruxellois comme des succès nationaux. Aujourd’hui, l’opinion voit la facture.

L’UE ne perd pas seulement en popularité. Elle perd aussi son tour de magie politique.

Source : https://www.economist.com/europe/2026/04/29/europes-unpop...

#geopolitiek@global_affairs_byelena

Les convergences maléfiques

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Les convergences maléfiques

par Pierre-Emile Blairon

Au terme de cette série consacrée à l’emprise du satanisme sur le monde actuel, j’entends ricaner les esprits forts et cartésiens sur mes supputations qui semblent (pour eux) découler tout droit d’un monde de superstitions fabriquées pour soumettre et manipuler les masses d’une société primitive.

Je répondrai à ces esprits, qui cachent leur ignorance et leur lâcheté derrière l’expression d’un rationalisme de nature tout aussi primaire, approuvé et certifié par les instances d’accréditation du pouvoir, que ce sont ces mêmes instances qui revendiquent leur affiliation à ces mêmes sectes satanistes qui pullulent actuellement dans leurs milieux et commettent, concrètement, des atrocités que ces « esprits forts » ne peuvent même pas imaginer.

Du Bien et du Mal

Je disais dans mes précédents articles que nous serons bientôt amenés à choisir notre camp entre le Bien et le Mal, que nous sommes tous capables de distinguer, qu’on le veuille ou non; certes, l’ombre répond à la lumière, et pour que le monde soit monde, les deux doivent cohabiter. C’est comme pour ce qui est beau et ce qui est laid ; le sublime répond à l’horreur ; mais, malgré nos dénégations, chacun sait pertinemment la différence entre les deux, et les arguties, les déguisements intellectuels ou faussement symboliques pour tenter de justifier l’innommable n’y feront rien, la Vérité apparaît toujours, simple et nue.

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Mon choix est fait depuis longtemps; j’ai toujours opté pour les valeurs éternelles européennes, de la véritable, belle et grande Europe de l’Est et de l’Ouest, du Sud et du Nord, celle que j’aime: celle de la chevalerie, de la dignité, du respect des êtres vivants et de la nature, de la persévérance, de la bienveillance, de l’harmonie, de l’art de vivre, valeurs qui sont aussi celles de la France: beauté de nos paysages, de notre patrimoine, de nos vieilles maisons dans nos vieux villages, de nos campagnes et de nos bêtes qui y paissent paisiblement, courage et résilience de ceux qui en vivent et nous font vivre, valeurs qui étaient celles de Jeanne d’Arc et de ces grands soldats qui ont donné leur vie pour sauver l’honneur, l’intégrité et l’avenir de notre pays [1].

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Non, je n’ai pas choisi le camp de «l’Occident», magma putride qui ne représente désormais plus que tout ce qui est laid, sale, déliquescent, mensonger, fuyant, lâche, confondant de bêtise et de traîtrise, abject, avilissant, ignoble.

L’Occident décadent est constitué d’un triptyque, ou d’une hydre à trois têtes, si vous préférez : Israël, l’Amérique et « l’Union européenne ».

Israël dicte ses volontés à l’Amérique et l’Amérique dicte ses volontés à « l’Europe de Bruxelles », celle que les Français ont rejetée par voie électorale en 2005 mais qui nous a été quand même imposée (par Sarkozy).

L’Occident n’existe pas

L’Occident n’existe pas: c’est une chimère, une création artificielle :

1. L’Amérique est une création des Européens biblistes puritains chassés d’Europe

2. La fausse Europe (l’Union européenne) est une création des Américains à la fin de la deuxième guerre mondiale.

3. Israël est une création de l’Occident, surtout britannique, à la fin de cette même guerre.

Cet Occident suprémaciste, unipolaire, qui avait étendu son emprise sur le monde, n’existe plus mais il refuse d’admettre cette évidence.

C’est d’abord de ce monde agonisant que se sont emparé les suppôts de Satan, profitant de sa vulnérabilité et pour les différentes raisons que j’ai évoquées dans les articles précédents.

Le Malin, qui porte bien son nom, tout aussi bien que le Diable (diabolo), ou que Satan-Titan, a, cette fois, choisi d’être le rassembleur et non plus le diviseur. Rassembleur d’une triste troupe de zombies et de morts-vivants, qui fait illusion parce qu’elle est recouverte de paillettes et d’artifices.

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Trois sectes, trois rejets, trois rancœurs, trois États-voyous: l’Amérique, l’Ukraine, l’Israël sioniste

Je ne confonds pas sectes et religions, mais j’admets l’axiome qui dit qu’une religion est une secte qui a réussi (c’est-à-dire dont les préceptes se sont étendus sur le monde).

Ces trois sectes se réclament de l’une des trois religions du Livre, celle qui a inspiré les deux autres (christianisme et islam): le judaïsme.

La religion musulmane est complètement écartée de cette association ; elle est leur ennemie.

Le christianisme du Nouveau testament, plus catholique qu’évangélique, n’a que peu d’adeptes dans ces trois sectes : le catholicisme est plus une religion européenne que talmudique, largement influencée par les bribes de paganisme que le christianisme triomphant a préféré intégrer à son corpus religieux, faute d’avoir pu les éliminer radicalement.

Avant d’évoquer le caractère spécifique de chacune de ces entités qui a permis cette « convergence maléfique », il convient de comprendre leur provenance commune en faisant un bref rappel historique de « l’invention » du monothéisme.

Les racines du monothéisme

À l’origine, la spiritualité du peuple juif était identique à celles des autres peuples qui lui étaient contemporains: les Juifs étaient «païens» comme tous les peuples de la Terre.

Le principe cyclique auquel se référaient toutes les sociétés traditionnelles tenait sa légitimité de l’observation des lois naturelles qui voyait le déroulement des saisons et le mouvement des astres dans le ciel; ces sociétés faisaient partie du cosmos, régies par le triptyque naissance-vie-mort que personne ne venait contester. La « foi » n’existait pas: on voyait et on vivait ce qu’on voyait.

« L’ancien monde classique ignora sous ses formes les plus élevées, originelles, la « foi » au sens courant du terme, sa religiosité reposant essentiellement sur la certitude de la réalité et de la présence effective des forces divines. La foi [celle du « charbonnier » NDLR] présuppose le doute et l’ignorance, que l’on surmonte précisément par la croyance.[2] »

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La perception de toute cette belle mécanique céleste, qui n’a ni début ni fin et qui n’avait pas besoin d’un blanc-seing accordé par les hommes, va se gripper avec l’apparition du monothéisme (après Akhénaton) chez les Hébreux. Ce monothéisme israélite va lui-même engendrer deux autres versions, le christianisme et l’islam ; un seul dieu, mais pour chacune des trois variantes (qui apparaîtront à des périodes différentes), toutes trois issues du Moyen-Orient : on les appellera religions du Livre (parce qu’elles sont issues d’un livre « révélé ») ou abrahamiques (parce qu’elles se réclament du même Père virtuel : Abraham).

Dès lors, chacune des trois options va se reporter à la « tradition », c’est-à-dire une « histoire », une « fable », un « conte », une « légende », un « merveilleux », un « roman » national ou religieux, ou les deux, créés et adaptés à la mentalité et aux besoins du peuple concerné plutôt qu’au strict examen des faits naturels dont découlait l’observance de lois, ce qui était la démarche logique des peuples « païens » d’avant l’apparition du monothéisme.

Il n’existe que de faibles indices permettant de reconnaître l’authenticité des écrits bibliques originels. Les historiens contemporains en réfutent la quasi-totalité. Et rappelons que ce n’est qu’en 495 que le Décret de Gélase fixe définitivement le contenu des Évangiles du Nouveau Testament.

Les monothéistes ne voient pas leur Dieu, mais ils y croient ; les « païens » d’aujourd’hui voient leurs dieux, mais ils n’y croient plus. Ils ne croient plus ce qu’ils voient.

Le matraquage monothéiste, puis évolutionniste, puis scientiste, puis progressiste, est passé par là.

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Comment est apparu le monothéisme juif ?

C’est l’aboutissement d’un lent processus ; les Hébreux pratiquaient une sorte d’hénothéisme : ils croyaient en plusieurs dieux d’un panthéon où trônait Yahweh (YHWH) qui rappelle le panthéon grec dont les dieux étaient soumis à l’autorité de Zeus.

La croyance en Yahweh comme dieu unique se renforcera après l’exil du peuple juif à Babylone (586−539) ; Yahweh sera sollicité pour venger ses malheurs. Le monothéisme des Juifs aura vraisemblablement été inspiré par le zoroastrisme alors contemporain, religion fondée par le prophète perse Zarathoustra dont le dieu est appelé Ahura Mazda (illustration, ci-dessous); cette religion est encore pratiquée de nos jours par une partie des Perses, peuple indo-européen de l’actuelle Iran.

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Il est plaisant de voir ici désigné le personnage de Friedrich Nietzsche comme l’un des inspirateurs du… judaïsme ! Mais il n’y a rien de plus logique que le chantre du « surhumain » (le « surhumain » étant l’ancêtre du transhumanisme) ait nommé son « héros » Zarathoustra et que le peuple juif ait pris ce même Zarasthoustra comme idéal religieux. Les sionistes actuels n’aiment pas trop qu’on leur rappelle que les Iraniens ont aidé les Juifs à constituer les bases de leur religion [3] et qu’aujourd’hui encore, les Juifs accueillis en Iran remercient les Iraniens de les avoir accueillis en toute fraternité[4].

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Rappelons le récit mythique du peuple hébreu: Les Hébreux étaient esclaves des Égyptiens sous la XVIe dynastie (vers ‑1500) ; un personnage légendaire nommé Moïse (légendaire parce qu’on n’en trouve nulle trace historique) apparaît, qui guide la fuite de son peuple vers le pays des Cananéens, la « terre promise » aux Hébreux, après avoir erré dans le désert du Sinaï pendant 40 ans ; « terre promise » par qui ? Par un dieu caché dans un « buisson ardent » qui parle à Moïse ; passons sur les tribulations qui amènent Moïse et son peuple aux portes de Judée, peuple désormais « élu » par Dieu, un dieu qui ne peut être donc qu’unique par réciprocité; c’est ce que dit le philosophe des monothéismes, Jean Soler : « Aux termes de « l’alliance », si le peuple vénère ce dieu au-dessus des autres dieux, le dieu le placera au-dessus des autres peuples. Il s’agit d’un accord strictement ethnique. »

Ainsi commença le monde profane, celui des hommes, qui, dans l’esprit de ses promoteurs, devait succéder au monde sacré, celui des dieux.

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La dispersion des Juifs dans le monde (diaspora) commence après la destruction du temple de Jérusalem par le Romain Titus en 70. Les Hébreux, ensuite dénommés Israélites, puis Juifs, vont alors prendre leur revanche sur les grandes puissances de l’Antiquité qui les ont chassés et contraints à de nombreux exils ou exodes: l’Égypte, l’Assyrie, la Mésopotamie, Rome, en prenant une place importante dans le monde économique contemporain dédié de plus en plus à la matérialité comme il sied à chaque fin de cycle.

La diaspora juive a, dans sa grande majorité, continué à pratiquer avec ferveur sa religion, appliquant les règles strictes des origines qui, sous couvert de prescriptions religieuses, servaient, initialement, surtout à canaliser les pulsions primaires des fidèles en leur imposant des garde-fous sanitaires et moraux, règles archaïques qui sont toujours en vigueur mais qui n’ont plus beaucoup de sens à notre époque.

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Parallèlement, le judaïsme, comme toutes les grandes religions, et pas seulement monothéistes, a élaboré un ésotérisme, la Kabbale, qui a perduré dans le monothéisme indépendamment des contraintes dogmatiques ultérieures, comme il existe un ésotérisme chrétien, qu’on dit hermétique ou mystique, ou un ésotérisme musulman, représenté par le soufisme, et nombre d’ésotérismes au sein des spiritualités anciennes, souvent dénommés « Mystères ».

Religion et spiritualité: nous sommes loin de ce qui est en place actuellement en Israël. Le sionisme nationaliste, une idéologie créée par un journaliste et écrivain austro-hongrois, Theodor Herzl en 1897, sous la dénomination: Organisation sioniste mondiale, à l'origine de la création de l'État d'Israël (14 mai 1948).

L’évolution actuelle du sionisme risque de provoquer la disparition du pays par les excès de sa politique jusqu’au-boutiste.

Ces préliminaires, qu’il me semblait essentiel de rappeler, nous permettent de mieux comprendre la situation actuelle et la part prise par chacune de ces trois entités qui constituent le triptyque appelé « Occident » dont je vais maintenant vous entretenir.

L’Amérique

Elle s’est créée par l’accostage puis le débarquement de ses passagers en 1620 sur ses côtes d’un bateau, le « Mayflower », affrété par une secte évangéliste dont on ne voulait plus en Angleterre puis aux Pays-Bas, dénommée les « Puritains », parce que ses adeptes semaient le trouble par leur refus de respecter les règles en vigueur alors dans ces pays.

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Dans un article précédent, je disais que ces premiers colons, foulant le sol américain pour la première fois, revivaient, par leur exil, l’épopée fantasmée des Hébreux. Les biblistes, dont les enfants portaient et portent toujours des prénoms typiquement hébraïques, considérèrent dès lors la terre américaine comme la leur, leur terre promise, Israël constituant la nouvelle « maison-mère » des nouveaux Américains, leur véritable patrie spirituelle.

En débarquant sur les côtes du Massachusetts, la secte puritaine se vengera d’abord, de manière inconsciente, de l’humiliation d’avoir été rejetée d’Europe sur les autochtones qui n’y étaient pour rien, ceux qu’on appellera les Amérindiens, en les exterminant[5] en grande partie.

Mais la vengeance est un plat qui se mange froid et l’aide apportée par Lafayette à la nation américaine naissante n’y fera rien; les Européens ne perdaient rien pour attendre; ils seront annexés après la seconde guerre mondiale par les États-Unis sous couvert d’aide apportée par le plan Marshall[6].

Après avoir aidé le nazisme à prendre le pouvoir en le finançant par leurs banques, les Américains installeront à la tête d’une Europe qu’ils auront créée, mais aussi dans certains postes-clés aux États-Unis (comme le patron de la NASA, Werner von Braun), certains survivants de cette entité nazie à la fin de la deuxième guerre mondiale.

Mais cette accointance sulfureuse avec le nazisme ne suffisait pas. Qui d’autre sent plus le soufre que le diable lui-même ?

L’Amérique a raté l’occasion de rejeter la tutelle des pédo-satano-mondialistes qui étaient au pouvoir en Amérique depuis de nombreuses décennies, en portant à la présidence Donald Trump qui s’est révélé être un autre homme que celui pour qui elle avait voté.

Trump accumule sur sa seule personne tous les vices et vilénies de ses prédécesseurs.

S’il n’est pas destitué à temps,

- soit parce qu’il est mentalement détraqué,

- soit parce qu’il a été compromis par le Mossad et qu’il a trempé dans les horreurs perpétrées par l’entourage de Jeffrey Epstein,

- soit parce qu’il a été manipulé par les évangélistes sionistes qui le poussent à la guerre contre l’Iran[7], guerre que le peuple américain refuse majoritairement,

alors, l’Amérique entamera un processus rapide de déclin sur tous les plans.

En attendant, la machine satanique initiée par l’État occulte depuis de nombreuses décennies sous la pression de la CIA, garde donc le cap grâce au revirement de Trump à 180° qui a trahi sa base MAGA en dépassant même les objectifs de ses prédécesseurs : Trump veut désormais asservir le monde entier.

L’Ukraine

Les nazis ukrainiens

Nous allons retrouver ces mêmes nazis que l’Amérique a aidés lors de leur montée en puissance, ou plutôt leurs descendants idéologiques, dans la sphère militaire proche du pouvoir (comme le bataillon Azov) dans un pays de l’Europe de l’Est, l’Ukraine[8], pays sous la présidence d’un… juif nommé Zelensky.

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Et là, tout se retourne, les masques tombent, et la logique et les certitudes bien ancrées en prennent un sacré coup.

Précisons que Zelensky, qui n’est officiellement plus président depuis le 19 mai 2024, disait le 5 avril 2022 à Kiev : « Je pense que tout notre peuple sera notre grande armée. Nous deviendrons un “Grand Israël” ». Cependant, le rapprochement entre Ukraine et Israël se fait lentement, le gouvernement de Netanyahou se montrant réservé à l’égard de l’Ukraine car il essaie de maintenir de bonnes relations avec la Russie.

Il n’empêche que les esprits n’étaient pas préparés à cette révélation:

L’idéologie nazie n’a pas perduré seulement au sein même des instances européennes ou américaines mais aussi, dans un pays qui était encore communiste il n’y a pas si longtemps.

Il faut se souvenir que Stepan Bandera, qui proclama l’indépendance éphémère de l’Ukraine à Lviv le 30 juin 1941, et qui est considéré comme un héros par une partie des Ukrainiens, collabora avec l’Allemagne nazie en créant la Légion ukrainienne, sous commandement de la Wehrmacht. D’où cette curieuse cohabitation actuelle.

Mais ce n’est pas tout car, au-delà des réticences de Netanyahou à l’égard de l’Ukraine, il existe entre les deux régimes des liens beaucoup plus anciens et beaucoup plus solides qui finiront par prévaloir ; c’est un levier que ne manquera pas d’activer Zelensky pour arguer d’origines communes avec un Netanyahou, par exemple, mais aussi avec d’autres puissants de ce monde, afin de continuer ce qui est devenu « sa » guerre, appuyée par la caste des dirigeants européens, eux-mêmes vassaux à la fois d’Israël et des États-Unis.

L’énigme khazare

Il existe en effet une autre étrange coïncidence qui va marquer le destin du peuple juif et dont l’action se situe dans la même région, puisqu’elle était le territoire d’un peuple turcique originaire du nord du Caucase, les Khazars, établi en royaume en Ukraine et dans la région alentour, entre le VIIe et le Xe siècle.

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Et nous revoilà avec ce néologisme que j’avais relevé dans un article du Saker francophone du 20 août 2025, intitulé Le cerveau rabougri d’une société nazifiée : Ashkenazis, car les Khazars sont quelquefois physiquement proches des slaves, souvent blonds aux yeux bleus, comme le sont certains juifs ashkenazes.

la_treizieme_tribu.jpgL’auteur de l’article précité relance involontairement une vieille polémique débutée en 1976, à l’époque où Arthur Koestler (1905−1983) fait paraître un livre intitulé : La Treizième tribu.

Deux personnages attachants, mais dérangeants pour l’Establishment, Arthur Koestler et Shlomo Sand, vont nous permettre de mieux connaître l’importance de ce peuple dans l’Histoire contemporaine.

Arthur Koestler

Arthur Koestler est un juif hongrois de langue allemande, il sera écrivain, journaliste, essayiste, de nationalité hongroise, britannique, autrichienne; il vivra en Hongrie, en Autriche, en Palestine, en France, en Espagne, en Allemagne, en Angleterre, il sera communiste, puis anticommuniste, condamné à mort par les franquistes, il sera échangé contre la femme d’un pilote espagnol, cet aventurier s’engagera dans la Légion étrangère, écrira le roman qui l’a rendu célèbre: Le Zéro et l’infini, il vivra dans un kibboutz, sera le cofondateur du Betar (mouvement de jeunesse sioniste)

Bref, une vie bien remplie qui donne le tournis.

Et donc, en 1976, il fera paraître cet ouvrage qui va bouleverser les connaissances que nous avions sur l’origine du peuple juif et de ses douze tribus car il va en ajouter une treizième, d’où le titre de son livre: La Treizième tribu dans lequel « il défend la thèse selon laquelle les Juifs d’Europe de l’Est et leurs descendants, c’est-à-dire les Ashkénazes, ne descendent pas (ou peu) des anciens Israélites, mais principalement des Khazars, un peuple originaire de la région du Caucase du Nord qui a été converti au VIIIe siècle au judaïsme et aurait migré plus tard vers ce qui est aujourd’hui l’Europe de l’Est, sous la pression de tribus nomades venues d’Asie centrale.

Évidemment, cette thèse crée des remous en Israël, mais aussi en Amérique où le récit biblique constitue la base religieuse, et au-delà, de la vie américaine, mais aussi au sein de la diaspora juive partout dans le monde car elle casse le dogme de l’antique origine du peuple juif élu par Dieu; d’autant plus que la présentation que Koestler fait de son ouvrage n’arrange pas les choses: « Ces lignes ont été écrites à une époque où l’on ne connaissait pas encore toute l’étendue de l’holocauste nazi, mais cela ne change rien au fait que la grande majorité des juifs survivants vient de l’Europe orientale et qu’en conséquence, elle est peut-être principalement d’origine khazare. Cela voudrait dire que les ancêtres de ces juifs ne venaient pas des bords du Jourdain, mais des plaines de la Volga, non pas de Canaan, mais du Caucase, où l’on a vu le berceau de la race aryenne ; génétiquement ils seraient apparentés aux Huns, aux Ouigours, aux Magyars, plutôt qu’à la semence d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. S’il en était bien ainsi, le mot « antisémitisme » n’aurait aucun sens : il témoignerait d’un malentendu également partagé par les bourreaux et par les victimes. A mesure qu’elle émerge lentement du passé, l’aventure de l’empire khazar commence à ressembler à une farce, la plus cruelle que l’Histoire ait perpétrée »

L'écrivain Marek Halter a aussi popularisé cette thèse dans son roman Le Vent des Khazars.

9782213637785-fr.jpgShlomo Sand

Shlomo Sand, né le 10 septembre 1946 à Linz en Autriche, est un historien israélien, professeur à l’université de Tel Aviv depuis 1985.

C’est un francophone qui a fait ses études universitaires à Paris dans les années 1970.

En 2008, il écrit un livre pour le moins iconoclaste : Comment le peuple juif fut inventé, reprenant en partie les thèses de Koestler quant aux origines du peuple juif; son ouvrage sera qualifié par les historiens israéliens conformistes de « mythe de l’origine khazare des Ashkénazes par conversion ».

L’Ukraine : berceau et tombeau des Indo-Européens

J’avais écrit le 4 mars 2023 un article intitulé: L’Ukraine, berceau et tombeau des Européens ?

Un jeu de mots car les Indo-Européens sont issus d’une région bien localisée grâce à l’implantation de leurs sépultures appelées Kourganes, région qui se situe dans l’est de l’Ukraine (Don, Dniepr) et dans le sud-ouest de la Russie (Volga). Mais la civilisation des kourganes est loin de ne se cantonner qu’à cette région ; en fait, elle s’étend jusqu’à l’ouest de la Sibérie et on peut dès lors considérer que c’est quasiment l’ensemble de la Russie, avec son extension asiatique, qui est le berceau des Indo-Européens.

Une localisation hautement symbolique car je commençais cet article en évoquant la lutte du Bien contre le Mal; or, il semble bien que l’antre du Démon se situe précisément à cet endroit, la Khazarie, d’où sont issues directement deux des trois entités qui nous intéressent ici, et indirectement la troisième: l’Amérique, l’Ukraine et l’Israël sioniste dont je vais ensuite parler qui, à l’heure actuelle, n’ont pour seul but que de soumettre le monde, ce même lieu est aussi le berceau d’origine des Indo-Européens. La bataille des partisans du Bien et des adeptes du Mal a lieu en ce moment même dans cet espace où sont nés à la fois les racines du Mal et les chevaliers du Bien.

La guerre en Ukraine n’est peut-être rien d’autre que l’une des péripéties annonciatrices de cet affrontement global à la fin des temps que les juifs et les chrétiens appellent l’Armageddon.

Von der Leyen : « L’Europe, ce sont les valeurs du talmud »

C’est la phrase invraisemblable prononcée par Ursula von der Leyen le 14 juin 2022 qui vient tout simplement accréditer mon argumentaire initial de cette série d’articles suggérant le regroupement in fine des forces du mal qui massacrent et torturent impunément des êtres innocents à l’instant même où j’écris[9].

L’Israël sioniste

La société israélienne est loin d’être une société monolithique; multitude de courants religieux, culturels, philosophiques, spirituels, politiques, s’y côtoient et s’y affrontent quelquefois avec véhémence; on y trouve le pire et le meilleur; commençons par le pire, il est représenté par le gouvernement actuel et ceux qui le soutiennent.

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Le mythe du Grand Israël

Dans un article du 22 décembre 2024, Syrie, les racines du chaos, j’évoquais le mythe sioniste du « Grand Israël[10] », mythe expansionniste soutenu avec ferveur par les groupes sionistes avec à leur tête Netanyahu, qui s’appuient sur certains écrits bibliques, « la Terre promise par Dieu aux Enfants d’Israël », pour revendiquer les territoires des pays voisins de l’actuel Israël incluant la Palestine, bien sûr, la Jordanie, le Liban, une partie de la Syrie, de l’Irak, de l’Égypte et de l’Arabie saoudite. Vaste projet qui n’en est plus un: l’armée de l’Israël sioniste, Tsahal, a attaqué en mars 2026 avec sauvagerie[11] la Cisjordanie et le Liban, faisant des milliers de morts et des millions de personnes expulsées de leurs terres, de leurs villages, de leurs maisons.

Ces revendications ne reposent pourtant que sur des allégations religieuses, les archéologues n’ayant, par exemple, rien trouvé des vestiges des temples et palais « recouverts d’or » du Xe siècle avant notre ère, comme celui de Salomon, minutieusement décrit par les textes sacrés. « Il n’existe aucune donnée archéologique indiquant qu’une des grandes constructions trouvées sur l’étendue géographique correspondant à Israël ait été bâtie par Salomon effectivement […] Concernant les tribus juives mentionnées dans la Bible, ni leur nom ni leur situation géographique ne sont attestés par l’archéologie, ni dans aucune archive, ni sur aucune inscription[12]. »

On peut comprendre que les thèses avancées par Koestler et Sand aient pu fortement déplaire aux promoteurs de ce projet de « Grand Israël[13] ».

Ce qui ne veut pas dire que ni le temple de Salomon, ni les tribus juives en question n’existent pas ou n’ont jamais existé ; après tout, il a fallu pas moins de 24 campagnes de fouilles pour mettre à jour les 9 villes de Troie…

L’affaire Epstein

On a beaucoup parlé de Belzébuth ou de Baal dans l’affaire Epstein[14], Baal, qui serait l’un des noms du diable dans le Nouveau testament. Selon Wikipedia, il s'agit d'une déformation volontaire des rédacteurs des passages bibliques en question, de manière à déprécier ce dieu qui serait, à l’origine, le nom d’un dieu païen, dieu des orages et de la fertilité, désignant aussi une divinité chtonienne qui intervient pour guérir certaines maladies, divinité qui n’avait rien de satanique.

Il n’en reste pas moins que les cérémonies qui se déroulaient dans l’un des nombreux domaines d’Epstein se plaçaient sous l’égide de Satan et ont rassemblé toute l’élite mondiale, présidents et présidentes de grands États, rois et reines[15], artistes de renommée mondiale et milliardaires de tous pays ; on sait qu’Epstein était commandité par le Mossad et qu’il était chargé de filmer les ébats et les actes de torture perpétrés par ces gens « bien sous tous rapports » sur des enfants quelquefois en très bas âge.

imalsjges.jpgJe ne parlerai pas outre mesure de ce qui s’est passé alors car les rares descriptions provenant de certains documents qui ont passé la barrière de la censure (2% sur plus d’un million de photos, textes et vidéos) dépassent déjà l’entendement et beaucoup de gens normaux qui en ont visionné une infime partie ne s’en remettent que très difficilement. Little Saint James, l’île où Epstein recevait ses « amis » en a vu de toutes les couleurs, surtout du rouge, de même que l’appartement parisien du pédophile sataniste, avenue Foch.

Pour terminer, je voudrais juste souligner que les horreurs qui se déroulent actuellement à Gaza et au Liban sous les yeux des foules apathiques et qui sont perpétrées par cette même secte satanique qui réclame sans vergogne son tribut d’enfants sacrifiés tel le Moloch de la Bible, ne resteront pas impunies; on connaît maintenant les auteurs de ces horribles crimes et, même si les réactions courageuses pour tenter d’arrêter ces monstruosités restent encore bien isolées et bien timides, il ne me paraît pas possible que la justice divine reste encore longtemps silencieuse. Elle ne permettra pas que Satan prenne le pouvoir sur le monde et ceux qui ont collaboré avec ces puissances infernales, même passivement et en silence, sans crier leur honte et leur indignation, le regretteront amèrement[16].

Notes:

[1] Cette paysanne en parle admirablement : La Table de Gaya : https://www.facebook.com/reel/932526799694453

[2] Julius Evola, L’Arc et la massue Trédaniel Pardès, page 98-99.

[3] Article du 23 juin 2025 : L’Iran : l’un des principaux socles de nos origines indo-européennes

[4] Témoignage d’un juif d’Iran : https://www.youtube.com/shorts/bFxoQLEhPLw

[5] Article du 19 janvier 2026 : Avis de recherche : l’Occident a été confisqué par deux psychopathes et du 9 mars 2026 : Trump est un « chrétien sioniste fondamentaliste ».

[6] Article du 13 août 2025 : Nos dirigeants européens sont-ils des créatures façonnées par les derniers nazis survivants ?

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[7] Ces évangélistes « fous de Dieu » manipulent Trump, à l’instar de leur grande prêtresse Paula White (photo), qui, selon ce que rapporte Le Figaro du 5 novembre 2020, menaçait de mort les fidèles qui ne faisaient pas de don à son Église: «Vos rêves mourront et vos enfants aussi» (sans doute une nouvelle interprétation des principes chrétiens?). Leur grande idée, en se rapprochant du sionisme israélien, est de « forcer » Dieu à précipiter le retour du Christ sur Terre, confondant et associant alors le Messie des chrétiens et le Messiah des Juifs dans une même espérance à court terme, les sionistes interprétant à leur façon leurs textes sacrés en prétendant que le Messiah ne peut arriver que lorsque le Grand Israël aura été reconstitué; ce qui explique l’implication des chrétiens sionistes dans une guerre qui ne les concerne pas; il est probable que ces fanatiques ne soient pas seulement des «Fous de Dieu» mais plutôt des fous tout court ; comment peuvent-ils envisager de se substituer à Dieu ?

[8] Article du 16 juin 2025 : Israël et Ukraine : les États voyous

[9] « Ce discours d’Ursula von der Leyen en Israël n’est pas qu’une maladresse diplomatique. Il révèle une dérive grave: celle d’une Union européenne qui, au lieu de défendre ses peuples, ses cultures et ses intérêts, se met au service d’agendas étrangers » « https://french.presstv.ir/Detail/2025/04/19/746452/Aveu-frontal--%C2%AB-L%E2%80%99Europe,-ce-sont-les-valeurs-du-Talmud-%C2%BB,-disait-Ursula-von-der-Leyen

[10] L’article de Gordon Duff du 7 avril 2025, dans Réseau international, rejoint les thèses de Shlomo Sand et d’Arthur Koestler à propos des origines du judaïsme et du sionisme : La grande fabrication historique : reconstituer les origines judéennes de Khazarie à Sion.

[11] Gérard Haddad, Le tourisme génocidaire https://www.facebook.com/reel/1590806295368329?locale=fr_FR

[12] Wikipedia : Données archéologiques sur David et Salomon

[13] Article du 1er septembre 2025 : L’Occident et la droite nationale française face à l’anéantissement de Gaza

[14] Article du 14 février 2026 : L’affaire Epstein ? Nous en avions tout dit il y a 5 ans

[15] Article du 7 avril 2024 : L’étrange famille royale d’Angleterre : sous le soleil de Satan ?

[16] Discours de Roger Holeindre en 1998 : https://www.youtube.com/watch?v=KLNoFFquRkA

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Mali, un conflit à ne pas regarder avec un œil eurocentrique

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Mali, un conflit à ne pas regarder avec un œil eurocentrique

Filippo Bovo

Écrivain et journaliste. Sujets de prédilection: géopolitique, histoire, avec un accent particulier sur l’Afrique et le Moyen-Orient

Source: https://www.linkedin.com/pulse/mali-un-conflitto-da-non-g...

Aussi fluide et tendue que reste la situation au Mali, déjà entre la fin de la journée du 25 et le lendemain 26 avril, de nombreux faits ont finalement trouvé une confirmation stable. En arrière-plan, les fondamentaux restent ceux de toujours : à savoir une crise destinée à une progression graduelle, comme cela a déjà été observé à l’automne dernier, lors de la crise des carburants provoquée par JNIM (Jamaʿat Nuṣrat al-Islam wa-l muslimin, Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans, affilié à al-Qaeda), avec l’interruption des principales artères et le blocage des transports qui approvisionnaient Bamako et d’autres villes du Mali, dans le but de paralyser les activités, d’affaiblir le soutien populaire et militaire, et de provoquer un effondrement du gouvernement d’Assimi Goita. Nous nous rappellerons tous que cette crise, comme d’autres, a été ensuite surmontée grâce à l’héroïsme, la combativité et la préparation des militaires des FAMa (Forces Armées maliennes), ainsi que des paramilitaires et volontaires maliens, qui, avec les civils, ont su, comme toujours, faire la différence. 

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Il a été confirmé, dès la fin de la journée du 25, la nouvelle du décès du ministre de la Défense, Sadio Camara, tué à Kati par un kamikaze à bord d’une voiture, dans une attaque qui a également coûté la vie à son épouse et à deux petits-enfants. En son honneur, le pays a observé deux jours de deuil national, avec des funérailles solennelles. Par la suite, la confirmation est également arrivée du retrait, de l’ancienne base de la MINUSMA à Kidal, dans le nord du pays, des militaires de l’African Corps, après de longues négociations, pas toujours évidentes, avec les miliciens du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Les négociations n’ont pas, du moins dans un premier temps, concerné les militaires des FAMa, qui sont restés dans la base, et à l’égard desquels le FLA nourrit diverses intentions. Comme nous l’avons déjà vu dans les communiqués conjoints de JNIM et FLA, les jihadistes et les séparatistes ne veulent pas élargir le front en dispersant leurs ressources contre trop d’ennemis : ils invitent donc les Russes à rester en dehors, et font de même avec la force conjointe de l’AES, environ 5000 hommes répartis entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui a néanmoins récemment été mise en action. 

Que les militaires des FAMa, avec les diverses forces qui leur apportent un soutien comme les paramilitaires et volontaires, soient la principale cible pour le FLA et JNIM n’est en tout cas pas une nouveauté. Enlever des militaires et paramilitaires, en diffusant la nouvelle avec les images et vidéos correspondantes, leur permet en effet d’exercer un fort pouvoir de négociation et de chantage sur les autorités politiques et militaires maliennes, de raviver leur mythe d’invincibilité et de puissance, et de démoraliser la population et les combattants maliens, minant ainsi les institutions et le gouvernement de Bamako. Non seulement cela, mais cela contribue aussi à alimenter à l’extérieur l’impression que le gouvernement malien est désormais au bout du rouleau, et que continuer à lui fournir un soutien est peu utile ; et ce n’est évidemment pas un message adressé seulement à Moscou, mais aussi à tous les autres partenaires, les régionaux comme, par exemple, les deux autres partenaires de l’AES, et les extra-régionaux comme, par exemple, la Turquie. 

En échange de ces hommes en détention, JNIM et FLA peuvent par conséquent obtenir beaucoup plus, même pour se garantir un avenir opérationnel : malgré les succès proclamés au niveau médiatique, leur situation sur le terrain n’est en réalité pas des plus enviables, et ce qu’ils visent c’est précisément d’éviter un affrontement direct et renforcé avec la FAMa et ses milices de soutien. Leur réserver un destin encore plus amer, la mort, reste une possibilité facile que personne, à commencer par la FAMa et le gouvernement malien, ne souhaite favoriser ; pour le FLA et JNIM, cela pourrait servir à terroriser la population et à affaiblir son soutien aux institutions, mais cela pourrait aussi les pousser vers une extension des fronts et des combats : il n’est pas certain que cette formule, comme cela a déjà été vu dans le passé, puisse réellement fonctionner. Sûrement, plus du tout avec l’effet d’autrefois. Quoi qu’il en soit, la FAMa reste la principale cible des séparatistes et jihadistes, et nous en avons, cela ne date pas d’aujourd’hui, une certitude absolue. 

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Le même repli des Russes hors de Kidal sert en réalité à nous rappeler que dans la lutte dure, en champ ouvert, ce sont précisément les hommes de la FAMa, avec leurs paramilitaires, volontaires et civils qui les rejoignent, qui tiennent plus de dix heures, sur un front mobile de plus de 2000 km, avec des connexions logistiques et des approvisionnements souvent interrompus ou en pénurie à cause de la présence ennemie omniprésente. Car c’est leur territoire, ils le connaissent mieux que quiconque. Nous l’avons aussi vu, en particulier, à Kidal. Cela devrait également nous rappeler, une fois pour toutes, qu’un conflit comme celui du Mali ne doit absolument jamais être regardé avec un œil eurocentrique, car il s’agit d’une mentalité coloniale-néocolonialiste, commune à beaucoup d’Européens, qui les pousse à penser, implicitement, que les Maliens n’existent tout simplement pas: comme si seuls les Russes de l’African Corps combattaient contre le FLA et JNIM, avec les militaires et la population locale qui assistent passivement et de façon pittoresque au spectacle. C’est vraiment à peine digne de compassion de penser en termes de ce genre. 

Nous devons au contraire nourrir une admiration et un respect maximums pour la FAMa et le peuple malien : car sur leurs épaules, avant celles de n’importe qui d’autre, repose la lourde charge de cette crise comme de bien d’autres.

 

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dimanche, 03 mai 2026

Le nationalisme eschatologique américain

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Le nationalisme eschatologique américain

Evgueni Vertlib

Le système politique américain actuel a officiellement constaté la mort de l'hégémonie mondiale. Conformément à la Stratégie de sécurité nationale 2025, Washington a de facto reconnu la faillite du modèle expansionniste... et a entamé une évacuation forcée, un repli, vers les frontières de l'hémisphère occidental. Il ne s'agit pas simplement d'un changement de cap, mais d'une anabase stratégique — un retour définitif à la doctrine de Monroe et la transformation de l'Amérique en une île-forteresse isolée.

Donald Trump incarne ici une figure de rupture ontologique totale. Les États-Unis ont gagné la guerre froide, mais ont perdu la « paix froide » dans un monde désormais en miettes, passant du statut d’architecte de l’ordre mondial à celui d’otage de leurs propres instruments de destruction. Sa méthode est un régime de purge existentielle, où la suspicion de type maccarthyste a dégénéré en un fascisme institutionnel de type mussolinien, qui considère la nation comme un organisme nécessitant l’ablation chirurgicale des éléments "déloyaux"  pour assurer la survie du système.

ff7ead55f3ec7680d60b49c6375b6993.jpgCependant, la rupture décisive se produit au niveau métaphysique. Trump est catégoriquement incapable d’assumer le rôle déclaré des États-Unis en tant que «gardien» et que Katechon. Sa pensée est imprégnée d’une religiosité «pseudo-israélite» — un code archaïque, vétérotestamentaire, qui substitue l’impératif messianique à la souveraineté nationale des États-Unis. Dans cette optique, Israël n’est pas un allié géopolitique, mais un "centre sacré" pour lequel Trump est prêt à sacrifier la sécurité de la citadelle américaine.

C’est précisément pour cette raison que Trump comptait, avec l’aide du mouvement MAGA, «assécher le marécage de Washington» — débarrasser le pays de l’influence du «gouvernement secret». Cependant, il en est arrivé à l’exact contraire: il s’est pris pour l’ancien roi Cyrus et a joué les «shabbat goy», subordonnant la définition des objectifs des États-Unis aux intérêts du judaïsme païen.

C’est là que se révèle la véritable essence des accusations de Tucker Carlson: Trump, étant par nature un «païen titanesque» vouant un culte à la force, à l’or et au succès, a volontairement endossé le statut de «shabbat goy» ontologique. Il a rabaissé la puissance américaine au rang d’instrument au service de la réalisation d’un projet eschatologique étranger.

Alors que l'appareil stratégique américain tente de clore derrière lui les «portes de l'Eurasie» et de se replier dans l'auto-isolation, conformément à la doctrine isolationniste, Trump maintient ces portes ouvertes, entraînant la nation dans un conflit mortel avec l'Iran,  un conflit inutile et coûteux en ressources.

Depuis la fin de la Guerre froide, la planification militaire américaine repose sur la doctrine des «deux guerres et demie», qui suppose la capacité des États-Unis à participer simultanément à deux conflits régionaux majeurs tout en conservant des forces pour une opération de moindre envergure: «La stratégie des “deux guerres et demie” soit la capacité de mener simultanément deux conflits régionaux majeurs (MRC), tout en conservant des forces suffisantes pour une action de maintien plus modeste et limitée». Cependant, sous la pression d’Israël — et contrairement à la logique de la Stratégie de sécurité nationale —, Washington a dû se lancer tête baissée dans un troisième conflit à part entière et coûteux en ressources: celui avec l’Iran. La tentative du système de fonctionner en mode «3.0» alors que sa limite physique était de 2,5 a conduit à l'épuisement des ressources américaines. Le «bénéficiaire» de l'ordre mondial n'a tout simplement pas supporté le poids de trois fronts eschatologiques, transformant une erreur de calcul stratégique en une catastrophe finale.

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Cette surchauffe stratégique, provoquée par la tentative de tenir trois fronts avec des ressources suffisantes pour «deux guerres et demie», déclenche un processus de destruction irréversible au sein même de la métropole. Lorsque le roi Jéroboam-Trump se rend compte que les «veaux d’or» de sa puissance économique ne suffisent pas à acheter la réalité, il tourne l'essentiel de sa colère « païenne » vers l’intérieur du pays, compensant son impuissance extérieure par une cruauté systémique.

Le fascisme institutionnel devient non seulement une méthode, mais le seul moyen d’imiter l’unité. À ce stade, la «forteresse Amérique» commence à s’en prendre même aux plus hautes autorités spirituelles: la remarque du pape sur la nécessité de «redresser la barre» des États-Unis — un appel à revenir de la folie messianique à l’universalisme chrétien — a été accueillie à Washington avec la fureur d’une secte assiégée.

Ce refus d’écouter le Vatican révèle une transformation inquiétante: le système ne recherche plus à débusquer les «communistes», il a trouvé un autre fétiche — les «traîtres au devoir sacré», selon l’évaluation des «véritables» païens de l’Ancien Testament. L’Antisemitism Awareness Act (mai 2024), activement défendu par des structures du niveau du B’nai B’rith, est devenu le précédent et le fondement juridique de cette folie. Cette loi, qui criminalise de facto le rationalisme politique en imposant la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, a privé les États-Unis de leur souveraineté intellectuelle. Désormais, toute mention d’un pragmatisme national allant à l’encontre du plan messianique de l’allié est légalement qualifiée de crime. Par ce mécanisme, le pays est poussé vers le fascisme, où la judéophobie et la judéophilie eschatologique se fondent en un seul instrument punitif contre quiconque n’est pas prêt à sacrifier l’économie américaine au profit d’un Troisième Temple étranger.

Margarita-Robles-1.jpgAlors que Washington met en place cette dictature théocratique, le monde extérieur entame un repli forcé. L'Espagne a été la première à servir de baromètre de l'ère à venir, non seulement en fermant son espace aérien aux avions américains attaquant l'Iran, mais aussi en proclamant officiellement une «nouvelle voie socialiste».

En mars 2026, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles (photo), a justifié cette décision par des arguments fermes: «No autorizamos ni el uso de las bases militares ni el uso del espacio aéreo para acciones relacionadas con la guerra en Irán» («Nous n'autorisons ni l'utilisation de nos bases militaires ni celle de notre espace aérien pour des actions liées à la guerre en Iran»). Cette démarche de Madrid est devenue un manifeste de la souveraineté européenne, mettant en lumière la rupture du «bénéficiaire», dont la tunique est déjà déchirée en lambeaux.

Au sein même des États-Unis, cette fracture est comblée par l’ombre de Bernie Sanders, dont le socialisme austère attend le moment où une nation épuisée exigera sa «voie espagnole» en réponse à la terreur de droite. La nation se retrouve prise en étau entre la fascisation à droite, où le code de l’Ancien Testament est devenu la massue de la répression, et la revanche socialiste à gauche.

Jéroboam-Trump croit que son néo-maccarthysme sauvera l’unité, mais en réalité, il ne fait que préparer le terrain pour que Hitler et Marx s’affrontent dans un combat final sur les ruines du Capitole. L'Amérique de 2026, c'est un autel qui commence à crépiter, sur lequel le «titan païen» brûle le dernier élément qui lui reste: la subjectivité même de la nation. La prophétie d’Achija (de Silo) est implacable: lorsque le roi commence à contester le Grand Prêtre et à réclamer des taureaux pour satisfaire une commande eschatologique étrangère, sa maison est vouée à la division.

Cette discorde interne débouche inévitablement sur une paralysie régionale: lorsque la coupole idéologique au-dessus du Capitole s'effondre, les États commencent à s'évacuer des décombres de l'empire.

Conséquence directe de cette tendance — la rupture du système en mode «3.0» alors que sa limite physique est à 2,5 —, le danger de sécession des États «bastions» s'intensifie au sein de la «Forteresse Amérique». Lorsque le centre fédéral se transforme en aspirateur messianique, pompant les impôts pour les consacrer à la guerre contre l’Iran, les États donateurs activent leurs mécanismes d’autoprotection. Le Texas et la Floride forment déjà de facto leurs propres structures militarisées, protégeant leurs frontières que Washington a abandonnées au profit de l’escalade au Proche-Orient.

Dans ce contexte, le socialisme de Kamala Harris, qui a réaffirmé ses ambitions présidentielles, n’apparaît pas comme une alternative, mais seulement comme une autre manière d’exploiter les restes de la nation. La démence du «bidénisme», d'il y a quelques années, n’est pas une alternative au Trump sionisé; ce ne sont que les différentes étapes d’une même agonie.

Representation-saint-Jean-Chrysostome-349-407-Art-byzantin-fresque-debut-XIIe-siecle-Eglise-Panagia-Asinou-Mont-Troodos-Chypre_0.jpgLa véritable issue pour la santé de la nation exige de mettre à nu les racines gnoséologiques de l’«israélisme» en tant qu’hérésie officielle. Du point de vue des Pères de l’Église, en particulier Jean Chrysostome (icône, ci-contre), l’Église est le Verus Israel (le Vrai Israël), qui a entièrement remplacé l’Ancien Testament. La ligne de conduite actuelle des États-Unis est une «hérésie des judaïsants», ressuscitée, qui détruit le Logos spirituel de la nation.

L'adoption de l'Antisemitism Awareness Act est devenue le fondement juridique de cette folie: ce système «promis» ne recherche plus les «communistes», il a trouvé un autre fétiche — les «traîtres au devoir sacré», selon l'évaluation des «véritables» païens de l'Ancien Testament, ceux de la « trumpophilie ». Cette loi criminalise le droit d’un chrétien d’affirmer que l’Amérique n’est pas tenue de servir un projet messianique étranger, effaçant complètement le testament d’Abraham Lincoln sur l’égalité des nations.

Lincoln insistait sur un principe qui semble aujourd’hui blasphématoire à Washington: «Nous devons entretenir des relations justes et équitables avec tous les peuples, sans laisser les intérêts d’une nation absorber les nôtres ou nous dicter notre volonté». En faisant d’un pays particulier une «priorité sacrée» à laquelle Trump se soumet «plus» qu’à sa propre Constitution, l’élite actuelle commet un acte d’idolâtrie politique. La justice universelle de Lincoln a été remplacée par un fanatisme tribal étroit, transformant la puissance américaine en personnel de service au service de la «voie exceptionnelle» d’un autrui.

Plus encore. Ne se cache-t-il pas derrière la façade du fanatisme religieux une sinistre théorie du complot: la guerre menée conjointement avec Israël contre l’Iran n’a-t-elle pas été déclenchée pour étouffer dans l’œuf la dangereuse résonance de l’affaire Jeffrey Epstein, désormais étalée au grand jour?! Cette escalade sanglante vise à noyer dans le vacarme des explosions les noms des dégénérés issus du cloaque des élites, afin que rien n’empêche de mener à bien le «nouvel ordre mondial des Epstein» jusqu’à son aboutissement victorieux: l’avènement de l’Antéchrist. La nation américaine est aujourd’hui divisée non pas tant entre «démocrates» et «conservateurs», mais entre les vrais croyants et les fanatiques endiablés du «pluralisme», élevés sur l’île d’un prédateur de Lolitas de 13 ans, retrouvé pendu en prison.

Mais à ce point d'impasse eschatologique s'ouvre une autre perspective. Le Katechon, qui sommeillait à l'état embryonnaire en Moscovie après la résection stalinienne et qui a résisté à la corruption des eltsiniens, est prêt à rendre au monde la destinée que Dieu lui a réservée. Ce principe conservateur qui s'éveille éloigne le gouffre apocalyptique de la dernière guerre menée pour la destruction de la civilisation terrestre.

Tandis que Washington, au service des intérêts des élites « epsteiniennes », entraîne le monde dans l'abîme, la Russie rétablit la verticalité de l'esprit. La prophétie d'Achija s'accomplit: le pluralisme frénétique cède la place à la vérité austère de la foi. L'Armageddon est reporté, car le Katechon a pris ses fonctions, redonnant à l'histoire son rythme sacré et son sens authentique.

samedi, 02 mai 2026

«Les étoiles sont tombées sur terre»: la guerre en Iran comme affrontement entre idéologies religieuses

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«Les étoiles sont tombées sur terre»: la guerre en Iran comme affrontement entre idéologies religieuses

Leonid Savin

L'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran a levé un coin du voile sur la dimension métaphysique du conflit — les contours d'un affrontement entre doctrines et idéologies religieuses y sont clairement apparus.

Les représentants de toutes les traditions abrahamiques – judaïsme, christianisme et islam – y sont impliqués, et le contrôle effectif exercé par Israël sur les lieux saints de ces religions – le Mur des Lamentations, le Saint-Sépulcre à Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa – confère à ces événements une spécificité particulière.

Cette année, pour la première fois, l’accès des musulmans à Al-Aqsa a été interdit pendant la célébration du mois sacré du ramadan, bien que le service religieux chrétien traditionnel dans le sanctuaire de Jérusalem, où se déroule la cérémonie de la descente du Feu sacré à la veille de Pâques, ait tout de même eu lieu. Cependant, le monde chrétien reste divisé.

Dès 2024, dans ses félicitations adressées au président iranien nouvellement élu, Masoud Pezeshkian, le patriarche de l’Église orthodoxe russe, Kirill, avait déclaré: «Nos peuples sont unis par la volonté de préserver leurs traditions historiques, spirituelles et culturelles, ainsi que par leur attachement à des principes moraux immuables».

Il s’est également adressé avec beaucoup de chaleur au nouveau guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, élu après l’assassinat de son père au cours de la guerre actuelle.

« Cher frère ! Je vous félicite chaleureusement pour votre élection par le Conseil des experts de l’Iran au poste de guide suprême du pays ! Ce moment historique a été marqué par une épreuve personnelle difficile, liée à la disparition de votre vénérable père et de vos proches », a déclaré le patriarche au Rahbar.

«Vous assumez la responsabilité de l’État et de ses citoyens en cette période dramatique où l’Iran est confronté à de nombreux défis existentiels», a-t-il ajouté.

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En Russie, le clergé perçoit clairement ce conflit comme le signe avant-coureur de bouleversements mondiaux qui pourraient ne pas toucher seulement le Proche-Orient et les États-Unis.

À la veille du dimanche des Rameaux, le patriarche Cyrille a déclaré: «Nous croirons et espérerons que la protection de la Très Sainte Reine des Cieux s’étendra sur la Russie».

«Prions le Seigneur afin qu’Il étende Sa bénédiction sur notre pays, sur nos autorités et nos forces armées, sur notre président Vladimir Vladimirovitch. Afin que la Russie s’élève véritablement de force en force», a déclaré le chef de l’Église orthodoxe russe.

«Afin que toutes les possibilités potentielles de notre pays se réalisent aujourd’hui pour le bien de notre peuple, pour le bien et la sécurité de notre Patrie et, bien sûr, pour la prospérité de notre Église — martyre et confesseuse, qui vit aujourd’hui peut-être le moment le plus inspirant et le plus beau de son histoire récente», a-t-il souligné.

Il est important de noter que dans l’orthodoxie, le Messie juif (Mashiach) est souvent interprété comme l’Antéchrist, car le véritable Messie était Jésus-Christ, ce que les Juifs n’ont pas compris. Et cela rapproche les peuples orthodoxes et les chiites sur le plan doctrinal et théologique. L’Iran possède sa propre eschatologie.

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La tradition de l’islam chiite affirme que le douzième imam juste, le Mahdi, qui vit dans l’occultation, reviendra dans ce monde à la veille du Jour du Jugement dernier. Avec le Christ (le prophète Isa dans la doctrine musulmane), il prendra la tête d’une armée pour combattre le Dajjal (l’Antéchrist).

Le Mahdi viendra du Khorasan, qui couvre historiquement une partie de l'Iran actuel, ainsi que le Turkménistan et l'Afghanistan.

Il est fait mention d'un homme malfaisant nommé Sufyani (Soufiani), qui agira à la veille de l'apparition du Mahdi. Citons quelques prophéties musulmanes.

«Soufiani est de couleur rouge et jaune, avec des yeux bleus. Il n’a jamais adoré Allah et n’a jamais vu ni La Mecque, ni Médine. Et il dira: «Ô Seigneur, j’ai soif de sang, même si je dois finir dans le feu!».

«Soufiani est inévitable. <…> Quinze mois s'écouleront entre le début de son apparition et sa fin, dont six pendant lesquels il fera la guerre. Lorsqu'il aura conquis cinq terres, il régnera pendant neuf mois, sans qu'il n'y soit ajouté ne serait-ce qu'un seul jour» (Muhammad ibn Ibrahim Nu'mani, «Al-Ghaiba»).

«Sufyani sortira sous une bannière verte et avec une croix d’or. <…> Et il fait partie de ceux qui convoitent ce monde (ses biens et son pouvoir)» («Basharat al-Islam»).

«L’armée qui s’opposera à l’imam Mahdi sous la conduite de Sufyani sera engloutie par la terre» (As-Sunân al-varid fil-fitân, ad-Dâni).

Les Iraniens peuvent interpréter cette conquête de territoires de différentes manières. Par exemple, comme une alliance entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et les Émirats arabes unis, qui ont permis aux Américains de frapper le territoire iranien et ont encaissé une riposte.

Quant à la mention de la croix sur le drapeau, ils peuvent la comprendre comme une appartenance nominale de l’armée de Sufyani au christianisme. La disparition d’une partie de l’armée sous terre — comme une indication qu’il ne s’agit pas d’une bataille de type classique.

Les États-Unis, dont les dirigeants affirment depuis le 19ème siècle leurs racines chrétiennes et prônent l’idée d’une nation élue par Dieu et de la construction de la Cité sur la Colline (d’où l’imposition de leur politique aux autres pays), ont commencé sous Donald Trump à soutenir Israël de manière particulièrement active.

Tant dans la première que dans la deuxième administration Trump, on a trouvé de nombreux partisans du «sionisme chrétien» — une vision du monde particulière selon laquelle les chrétiens doivent soutenir Israël à tous les niveaux.

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C'est précisément pour cette raison qu'ont vu le jour les «accords d'Abraham», grâce auxquels Washington a commencé à faire pression sur plusieurs pays arabes pour qu'ils établissent des relations diplomatiques avec Israël. La conception des sionistes chrétiens est à la base du soutien militaire apporté à Israël et sous-tend toutes les déclarations des prédicateurs américains.

Cette rhétorique suscite une réaction négative de la part du chef du Vatican: Léon XIV (qui est d'ailleurs le premier pape américain de l'histoire) a condamné les propos du ministre américain de la Défense Pete Hegseth sur la nécessité de recourir à la violence contre les ennemis au nom du Christ, affirmant que «Dieu n'écoute pas les prières de ceux qui font la guerre».

Cela a conduit à une critique virulente du pape par Trump. Le pontife a répondu: «Je n’ai pas peur de proclamer haut et fort le message de l’Évangile — c’est, selon moi, la raison pour laquelle je suis ici, et celle pour laquelle l’Église existe».

Ainsi, les catholiques — du moins les hiérarques et de nombreux fidèles — se sont retrouvés dans des camps opposés à ceux des protestants radicaux qui soutiennent Israël.

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La justification par Washington de l’opération militaire par la menace nucléaire iranienne rappelle ce qui s’est passé avec l’Irak en 2003. À l’époque, sous le faux prétexte que Saddam Hussein disposerait d’armes de destruction massive, les États-Unis avaient lancé, sans résolution de l’ONU, une campagne militaire qui avait conduit à une occupation de plusieurs années et à des millions de victimes parmi la population civile.

Comme aujourd’hui, cela a provoqué une fracture parmi les alliés des États-Unis. Seule la Grande-Bretagne protestante a directement soutenu Washington. Les autres partenaires de l’OTAN s’y sont opposés.

George W. Bush, dans son discours, a invoqué la théologie en déclarant: «Dieu m’a dit de frapper l’Irak». Il est important de noter que les néoconservateurs qui soutenaient Bush appuyaient activement Israël et plaidaient en faveur d’une augmentation de l’aide américaine à ce pays.

Aujourd’hui, l’administration américaine actuelle affirme que «Dieu est du côté de l’Amérique dans la guerre contre l’Iran». Bush et Trump sont tous deux protestants. Le premier a été élevé dans l’Église épiscopale, mais s’est converti au méthodisme, tandis que le second appartenait à l’Église presbytérienne, avant de déclarer plus tard qu’il était un «chrétien sans confession». C’est précisément parmi les protestants que l’on trouve de nombreux partisans du sionisme chrétien.

Pourtant, Israël lui-même ne cherche nullement à synchroniser ses objectifs avec ceux de ses sympathisants d’outre-Atlantique, bien qu’il les utilise volontiers et activement comme lobbyistes pour ses propres intérêts. L’État hébreu, sous la direction de Benjamin Netanyahou, est clairement enclin à prendre des décisions radicales.

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L'intention de détruire la mosquée Al-Aqsa a été exprimée à plusieurs reprises, afin de construire à sa place le Troisième Temple qui, selon la tradition juive, doit devenir le centre spirituel du peuple juif et de l'humanité tout entière. À cette fin, des génisses rousses ont déjà été achetées aux États-Unis. Elles sont nécessaires pour l'abattage rituel et la « purification » du Mont du Temple avec leurs cendres.

Les soldats de l’armée israélienne portent des insignes représentant le territoire de leur État, qui englobe des parties de l’Égypte, de la Syrie, de l’Irak et du Liban actuels. Les opérations de nettoyage dans la bande de Gaza et en Cisjordanie — tout comme les bombardements du Liban — s’inscrivent dans une stratégie globale visant à établir une hégémonie régionale.

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Soit dit en passant, tous les juifs ne soutiennent pas Israël dans le conflit actuel. Plus encore, tous les juifs ne soutiennent pas l’existence même d’Israël. En particulier, le mouvement «Neturei Karta» estime que la création d’un État juif enfreint les commandements du Talmud et mènera donc inévitablement à une catastrophe.

Ceux qui dirigent la politique d'État d'Israël ne se soucient toutefois guère de ces opinions largement marginales. Tout comme ils ne se soucient guère des divergences de vision du monde avec les élites de Washington. Les Israéliens et les Américains nourrissaient depuis longtemps des plans visant à détruire l'Iran, qui a toujours soutenu le peuple palestinien.

Cependant, les multiples tentatives visant à provoquer une «révolution colorée» en République islamique (les États-Unis sont intervenus activement pour la première fois dans le processus électoral en 2009, lors de la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad) et les sabotages réguliers (notamment les assassinats de physiciens nucléaires) n’ont pas abouti aux résultats escomptés.

C'est pourquoi, le 13 juin 2025, Israël a lancé des bombardements contre des cibles iraniennes, puis les États-Unis se sont joints à lui. La guerre de douze jours s'est terminée sans qu'un vainqueur ni un vaincu ne soient clairement désignés. Mais chaque camp a tiré ses propres conclusions et s'est mis à se préparer à une guerre future, qui a éclaté en février dernier.

Pour les chrétiens — tant catholiques qu’orthodoxes —, la description biblique de la fin des temps par le prophète Daniel et l’apôtre Jean revêt bien sûr une grande importance.

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Chez le prophète Daniel, nous lisons qu’un «roi de l’arbitraire» viendra de l’Orient «dans une grande fureur, pour exterminer et anéantir beaucoup de gens»: «Et ce roi agira selon son bon plaisir; il s’élèvera et s’exaltera au-dessus de toute divinité; il prononcera des paroles de blasphème contre le Dieu des dieux, et il prospérera jusqu’à ce que la colère soit accomplie; car ce qui est prédestiné s’accomplira. Il ne pensera pas aux dieux de ses pères, ni au désir des femmes, ni même à la divinité, car il s’élèvera au-dessus de tous».

«Et il bâtira une forteresse avec un dieu étranger; à ceux qui le reconnaîtront, il multipliera les honneurs et donnera le pouvoir sur beaucoup, et distribuera le pays en récompense. Vers la fin des temps, le roi du Sud le combattra, et le roi du Nord fondra sur lui comme une tempête avec des chars, des cavaliers et de nombreux navires, et il attaquera les régions, les envahira et les traversera…», ainsi est-il écrit dans le livre.

«À partir du moment où le sacrifice quotidien sera suspendu et où l’abomination de la désolation sera mise en place, mille deux cent quatre-vingt-dix jours s’écouleront», dit la prophétie.

Les exégètes peuvent considérer la République islamique d’Iran comme le «roi du Sud». Et le «roi du Nord» pourrait être la Russie. Cependant, la guerre n’a pas éclaté.

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Tout au début de l’Apocalypse de Jean le Théologien, on lit: «Je connais tes œuvres, ta détresse et ta pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de ceux qui se disent Juifs, mais ne le sont pas, mais qui sont une bande satanique». Cela peut être interprété comme une allusion aux dirigeants d’Israël.

Au chapitre 3, il est écrit: «Écris à l’ange de l’Église de Philadelphie: ainsi parle le Saint, le Véritable, celui qui détient la clé de David, celui qui ouvre et que personne ne ferme, celui qui ferme et que personne n’ouvre: je connais tes œuvres; voici, j’ai ouvert devant toi une porte, et personne ne peut la fermer; tu n’as pas beaucoup de force, et tu as gardé ma parole et tu n’as pas renié mon nom».

Et plus loin: «Voici, je ferai en sorte que, parmi la bande satanique, parmi ceux qui se disent Juifs mais ne le sont pas, mais mentent, — voici, je ferai en sorte qu’ils viennent se prosterner à tes pieds, et qu’ils sachent que je t’ai aimé».

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Philadelphie est l’actuelle capitale de la Jordanie, Amman (photo), qui faisait partie de la Décapole de l’Empire romain. Et la dynastie royale hachémite est la gardienne officielle des clés tant des mosquées que des églises chrétiennes de Jérusalem.

Le plus effrayant dans les prophéties commence après la rupture des sceaux de l’Apocalypse: «Et quand Il brisa le sixième sceau, je regardai, et voici, il y eut un grand tremblement de terre, et le soleil devint noir comme un sac de deuil, et la lune devint comme du sang. Et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme un figuier secoué par un vent violent qui laisse tomber ses figues vertes. Et le ciel disparut, enroulé comme un livre; et toutes les montagnes et toutes les îles furent déplacées de leur place».

Puis voici ce qui se passe: «Et les rois de la terre, les grands, les riches, les chefs de mille, les puissants, tout esclave et tout homme libre se cachèrent dans les cavernes et dans les ravins des montagnes».

D’après les descriptions, les conséquences de l’ouverture du sixième sceau font penser à une guerre nucléaire — dans les images filmées d’essais d’armes thermonucléaires, on voit le ciel s’enrouler comme un rouleau de livre, et les émanations de produits de combustion former un voile épais que la lumière du soleil ne parvient pas à traverser. Les bunkers souterrains ressemblent à des grottes et à des gorges de montagnes, où tous ceux qui survivront s'y réfugieront.

Ce n’est bien sûr pas encore la fin des catastrophes — après l’ouverture du septième sceau, les anges sonneront de la trompette, et s’ensuivra une série d’événements terribles et de tourments pour la plupart des survivants. Il y est également question de la venue de l’Antéchrist: «Toute la terre s’émerveilla et suivit la bête, et ils adorèrent le dragon qui avait donné le pouvoir à la bête, et ils adorèrent la bête, en disant: Qui est semblable à cette bête? Et qui peut lutter contre elle?».

D'une manière générale, l'interprétation politique des textes sacrés est une entreprise plutôt douteuse et dangereuse. La tentation est grande non seulement d'attribuer certaines caractéristiques à tel ou tel personnage, mais aussi de se placer au-dessus des prophètes, dont le langage allégorique est non seulement complexe, mais recèle également de nombreuses significations et symboles parallèles. À chaque époque, il y a eu des exégètes qui ont vu dans les signes de leur temps des indices annonçant la fin des temps.

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Il n'est pas négligeable qu'un autre grand acteur géopolitique, qui s'est toujours tenu à l'écart, soit celui qui est le plus éloigné des tentatives de considérer la politique mondiale à travers le prisme des prophéties bibliques. Il s'agit de la Chine, qui possède la plus grande armée du monde et se classe au deuxième rang des dépenses militaires après les États-Unis.

Bien que les approvisionnements en pétrole en provenance d'Iran soient d'une importance capitale pour l'économie du pays, suite à la prise de contrôle du Venezuela par les États-Unis, la République populaire de Chine ne montre aucun signe indiquant qu'elle se trouve dans une situation de menace existentielle.

Il n'y a pas chez eux d'ambiances eschatologiques comme en Europe ou au Moyen-Orient. La raison en est que la Chine possède une tradition différente – un mélange de taoïsme, de culte des ancêtres et de confucianisme, plutôt que la croyance selon laquelle Dieu aurait créé l'humanité à son image.

Cela explique le rejet de la version occidentale de la doctrine des droits de l'homme – lorsque quelqu'un commence à s'opposer au cours du parti, il peut, comme un enfant désobéissant dans une grande famille, être puni selon ses propres lois. Et personne ne dicte à l'État chinois sa conduite dans ce domaine.

C'est pourquoi, dans leurs extrêmes, les valeurs morales, avec une distinction entre le bien et le mal, telles qu'on les trouve dans le christianisme ou l'islam, n'existent pas en Chine. La Chine condamne l'attaque contre l'Iran à sa manière et considère que cela nuit à la coexistence pacifique ainsi qu'à la promotion de projets chinois dans la région et dans le monde entier.

* * *

En d’autres termes, si l’on considère la guerre actuelle au Proche-Orient à travers le prisme des doctrines éthiques, sans interprétations religieuses, on peut conclure que les États-Unis et Israël sont coupables — mais il n’y a personne pour les juger. Or, avec l’ajout de telles interprétations, le conflit prend l’ampleur d’une lutte entre les forces de la Lumière et celles des Ténèbres.

Cette cosmogonie métaphysique, où un scénario précis est inscrit, est interprétée par chaque partie en fonction de sa propre vision du monde et de ses traditions. Bien que le massacre de 165 écolières iraniennes au tout début de la guerre, tout comme celui de la population civile au Liban et en Palestine, ressemble davantage aux agissements de la civilisation de Baal.

Amérique latine: les élections générales au Pérou pourraient réserver des surprises

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Amérique latine: les élections générales au Pérou pourraient réserver des surprises

Leonid Savin

Le virage à droite en Amérique latine se poursuit, mais la gauche résiste.

Le 12 avril 2026, le Pérou a tenu des élections générales pour élire le président, deux vice-présidents, 60 sénateurs, 130 députés et cinq membres du Parlement andin. Le processus électoral au Pérou est une procédure obligatoire à laquelle participent tous les citoyens âgés de 18 à 70 ans. Une amende est infligée en cas d'absence au bureau de vote sans motif valable (le montant dépend de la région de résidence).

En raison de problèmes techniques liés à la distribution des bulletins de vote dans plusieurs bureaux de vote, notamment dans la capitale et à l'étranger, les élections ont été prolongées jusqu'au 13 avril. Tous les votes n'ont finalement pas pu être dépouillés avant la fin de la semaine, bien qu'environ 90% des bulletins aient été traités.

Les élections se sont déroulées dans un contexte d'instabilité politique interne persistante: au cours des dix dernières années, le pays a connu neuf présidents. Bien que ce processus électoral ait été marqué par les promesses de plusieurs candidats de mettre fin aux troubles et au chaos, il est difficile d'y croire.

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Cela dit, contrairement à ses voisins, le Pérou connaît une situation économique plus ou moins stable. La croissance du PIB pour 2026 était prévue à plus de 3%, et compte tenu de la hausse des prix du cuivre et d’autres minerais, dont le Pérou est un grand exportateur, ainsi que de la mise en service du mégaport de Chankay, aucun effondrement économique n’est prévu.

Au total, 37 partis et 35 candidats à la présidence ont participé aux élections, parmi lesquels figuraient des personnalités assez extravagantes, mais au moment de la rédaction de cet article, seuls sept partis avaient franchi le seuil des 5% nécessaire pour entrer au Congrès. Il s'agit de «Renouveau national», du Parti de la bonne gouvernance, de «Force populaire», du «Parti civique du travail», de «Nation maintenant», de «Ensemble pour le Pérou» et de «Un monde pour tous».

Le parti de gauche « Pérou libre », dont le président Pedro Castillo avait été élu lors du dernier scrutin, n’a même pas réussi à atteindre 0,5%. Des résultats tout aussi faibles ont été enregistrés par des partis tels que les «Verts démocrates», «Intégration démocratique», «Coopération populaire», «Force et liberté», «Foi au Pérou», «Action Pérou», «Pérou moderne», «Une autre voie», le PRIN, «Sauvons le Pérou» et le Parti démocratique fédéral. Les autres partis, parmi lesquels on trouve aussi bien des formations de gauche que de droite et du centre, ainsi que des combinaisons idéologiques diverses, ont obtenu des scores légèrement supérieurs, mais tout aussi insuffisants pour entrer au Parlement.

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Le désagrégation du spectre politique de gauche est révélatrice, similaire à celle qui s’est produite en Bolivie auparavant (au Chili, il y avait tout de même une polarisation évidente des préférences, mais la gauche et ceux qui la soutenaient n’ont pas réussi à remporter la victoire).

Il s'avère que la baisse de confiance envers les partis de gauche a été provoquée par des motifs idéologiques et politiques, notamment des divisions internes et une activité accrue de la droite.

imakfges.jpgCependant, parmi les candidats à la présidence, le candidat de gauche Roberto Sánchez, du parti «Ensemble pour le Pérou» (12%), a réussi à se hisser à la deuxième place. En tête se trouve Keiko Fujimori (17%) de «Force populaire». Il s'agit d'une candidate clairement pro-Washington. Elle a été députée au Congrès de 2006 à 2011. Lors de l'élection présidentielle de 2011, elle a perdu face à Ollante Humale. Elle a été arrêtée dans le cadre d'une affaire de corruption et a été incarcérée. Mais elle a continué à faire de la politique avec acharnement. Il convient de noter qu'au Pérou, tout un courant politique idéologique, appelé le fujimorisme, s'est déjà développé.

imrfaages.jpgAu cours des premiers jours du dépouillement, Rafael López Aliaga, du parti Renouveau national, la talonnait, mais il a été relégué à la troisième place (11,9%), ce qui signifie qu'il ne pourra pas participer au second tour de l'élection présidentielle. C'est sans doute pour cette raison qu'Aliaga a piqué une crise, affirmant qu'il y avait eu de nombreuses irrégularités et que 600.000 habitants de Lima n'avaient pas pu voter. Il a même promis de verser une prime de 5800 dollars américains à toute personne qui signalerait et confirmerait ces irrégularités. Cependant, les observateurs internationaux n'ont pas constaté de violations graves.

Aliaga, ancien maire de Lima et oligarque, est surnommé Porky en raison de sa ressemblance avec un personnage de dessin animé américain. Il avait précédemment déclaré soutenir les initiatives de Donald Trump, ce qui lui a valu d’être qualifié de « trumpiste » local. Son parti a été créé en octobre 2020 sur la base du parti «Solidarité nationale». Il allie conservatisme (au sens religieux et catholique), néolibéralisme et populisme de droite. Avant les dernières élections, le parti comptait dix députés et un gouverneur au sein des structures du pouvoir. Lors des précédentes élections présidentielles, remportées par Pedro Castillo, López Aliaga avait soutenu Keiko Fujimori au second tour – la droite avait ainsi uni ses forces pour empêcher le candidat de gauche de l’emporter, mais sans succès.

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Pedro Castillo, actuellement en détention, a appelé à voter pour Roberto Sánchez (photo) en mars, qualifiant de «traîtres» les membres du parti «Pérou libre», sous la bannière duquel il s'était lui-même présenté auparavant. Il faut toutefois reconnaître que «Pérou libre» a de quoi être critiqué. Comme cela a été souligné, pour le chef du parti, Vladimir Serrón, «la pire contribution a été l’accord avec la mafia, et en particulier avec le fujimorisme, auquel a été accordé un contrôle absolu sur les organes de l’État, tels que la Cour constitutionnelle et le Conseil national de la justice, ainsi que le ministère public, qui ont facilité toutes les magouilles pendant de nombreuses années, en échange d'avantages personnels et familiaux».

C'est pourquoi, en ce qui concerne la course à la présidence, l'histoire se répète: au second tour s'affronteront Keiko Fujimori, qui s'était déjà présentée la dernière fois et avait également atteint le second tour, et le candidat de gauche. Il est évident que cela se déroulera non seulement sur fond de polarisation droite-gauche, mais aussi dans un contexte de tentatives manifestes de diabolisation des adversaires.

L’ancien ministre de l’Économie et des Finances du Pérou, qui a également occupé le poste d’ambassadeur aux États-Unis, Luis Miguel Castilla, estime que Sanchez est dangereux (du point de vue des néolibéraux orientés vers Washington, ce qui est logique), mais même s’il l’emporte au second tour, il pourra difficilement mener à bien les réformes promises, car il se heurtera à une forte résistance au Congrès, où la droite occupe des positions suffisamment solides.

En ce qui concerne les élections législatives, deux de ces partis figurent parmi les trois premiers. Il s'agit de la «Force populaire» de Fujimori et du «Renouveau national».

imjnages.jpgLe Parti de la bonne gouvernance, créé en août 2023 par Jorge Nieto – ancien ministre de la Défense et de la Culture du gouvernement de Pablo Kuczynski –, a obtenu un excellent résultat pour ses premières élections générales (environ 15%). Le parti prône à la fois les idéaux de l'Antiquité et célèbre le Pérou en tant que civilisation andine, défend les principes démocratiques, notamment l'État de droit, la protection des droits des femmes, le développement technologique, etc. Il plaide en faveur de la mise en œuvre de réformes. Son programme ne précise pas les principes qui régiront la politique étrangère de l'État. Selon les critères des idéologies traditionnelles, ce parti peut être classé parmi les partis libéraux-centristes, bien qu’il comporte une part non négligeable de populisme.

imarbges.jpgLe « Parti civique du Travail » se définit, selon ses principes déclarés, comme national-démocrate et réformiste. Il se positionne comme anti-Fujimori. On peut classer ce parti comme de centre-gauche. Il a été créé en 1989. Le chef du parti est le présentateur de télévision Ricardo Belmont, qui s'était auparavant allié à divers blocs lors des élections (depuis 2018, il a coopéré avec « Pérou libre » et soutenu Pedro Castillo).

«Nation maintenant» est un parti relativement jeune, fondé le 13 mai 2023 par l'économiste et ancien recteur de l'Université nationale d'ingénierie Alfonso López Chau. Sur le plan idéologique, il se positionne comme un parti social-démocrate et nationaliste, défendant la justice sociale, le développement durable, la transparence dans la gestion publique et le respect des droits de l'homme. Auparavant, López Chau avait annoncé qu'en cas de victoire aux élections présidentielles, il gracierait Pedro Castillo.

«Ensemble pour le Pérou» est une coalition politique de centre-gauche fondée en 2017. Elle rassemble des partis de gauche et progressistes, des organisations politiques et des mouvements sociaux. Elle a également obtenu 12% des voix pour l'élection au Sénat (chiffres provisoires).

imavmvges.jpg« Un pays pour tous » est également un nouveau parti, créé en avril 2023, mais qui n’a été légalisé qu’en août 2024. Il s’agit d’un parti libéral-conservateur avec des éléments populistes, c’est-à-dire de centre-droit. Le chef du parti est l'ancien gouverneur de la province de Juárez, Vladimir Mesa Villareal (photo), qui fait actuellement l'objet d'accusations de corruption. Le comédien Carlos Álvarez a été désigné candidat à la présidence par le parti.

Même s'ils s'unissent, les partis de gauche ne parviendront pas à former une majorité ni à la Chambre des députés ni au Sénat. Le parti « Bonne gouvernance » pourrait jouer un rôle clé dans cette situation ; c'est donc de son choix lors des votes que dépendra l'adoption ou le rejet des projets de loi.

Internet menacé: les câbles sous-marins du détroit d'Ormuz en danger

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Internet menacé: les câbles sous-marins du détroit d'Ormuz en danger

Meinrad Müller

Source: https://derstatus.at/welt/internet-blackout-unterseekabel...

Alors que tout le monde a les yeux rivés sur les pétroliers en feu et la flambée des prix du pétrole, une véritable bombe à retardement se cache sous l'eau. Au fond du détroit d'Ormuz s'étendent ces fragiles câbles de transmission de données dont dépend notre monde numérique.

Alors qu'en surface, les pétroliers sont bloqués et que le prix du pétrole s'envole, une bombe à retardement d'un tout autre genre émet son tic-tac fatidique dans les profondeurs. Il s'agit des câbles sous-marins posés au fond du détroit d'Ormuz.

La véritable bombe est cachée au fond de la mer

Comme l’a rapporté hier l’agence Reuters, l’Iran a lui-même récemment attiré l’attention sur cette infrastructure de données critique composée de fibres optiques sensibles. Cela n’est pas vraiment rassurant. En effet, ces câbles sont fins, souvent à peine plus épais qu'un tuyau d'arrosage. Contrairement aux grands océans, où ils se trouvent en eaux profondes, ceux du détroit d'Ormuz sont relativement proches de la surface, généralement à seulement 150 à 200 mètres de profondeur, et la mer est même encore moins profonde à certains endroits. Cela en fait une cible facilement vulnérable pour les drones plongeurs, les petits sous-marins ou les plongeurs spécialisés d'une armée belligérante.

Le problème, c’est que cette route achemine une part considérable du trafic Internet entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient. Les pays du Golfe investissent des milliards dans l’intelligence artificielle et l’avenir numérique, et tout repose sur ces câbles invisibles. S’ils sont coupés, cela risque de très mal tourner. Vous voulez consulter un site web? Oubliez ça car cela sera aussi hasardeux que les trains de la Deutsche Bahn en hiver; ensuite, les vidéos mettront une éternité à charger, les appels Zoom se figeront, les services bancaires en ligne dérailleront et le site de livraison de colis ne répondra plus. Ce n’est pas une cigogne qui s’est posée sur le câble, ni une baleine curieuse qui l’a sectionné par inadvertance. Non, ici, c’est une artère vitale qui aura été sectionnée. Une petite bombe bien placée suffit – tout comme pour Nord Stream.

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Risque lié à des dommages accidentels ou à un sabotage ciblé

Selon les experts, une panne totale d’Internet serait certes peu probable, car il existe des contournements. Mais des perturbations massives, des retards de plusieurs heures ou jours et des pannes de réseau garantiront le chaos, notamment dans les secteurs de la finance, du commerce et des services cloud. Les satellites comme Starlink sont certes utiles pour une communication de fortune et quelques services de base, mais ils ne pourront jamais absorber le volume de données véhiculées par les câbles sous-marins. De plus, les flux de données ne peuvent pas être simplement redirigés.

Le détroit, un « point faible numérique »

L'Iran a lui-même publié – dans une intention menaçante – une carte indiquant l'emplacement des tracés de câbles et a qualifié le détroit de « point faible numérique ». Jusqu'à présent, les câbles névralgiques ont certes été épargnés, contrairement à certains centres de données de la région du Golfe, notamment aux Émirats et au Qatar, qui ont déjà été touchés par des missiles iraniens. Mais plus la guerre dure, plus le risque de dommages accidentels ou de sabotage ciblé augmente. L'Occident n'a pas encore vraiment pris conscience de ce danger ; depuis des décennies, le détroit d'Ormuz est connu comme un passage critique pour le commerce mondial du pétrole – mais il apparaît désormais qu'il est au moins tout aussi vulnérable en tant que goulot d'étranglement numérique. Un petit impact sous l'eau – et des millions de personnes dans le monde s'en rendront compte immédiatement si soudainement plus rien ne fonctionne. À notre époque, l'infrastructure invisible au fond de la mer est en effet au moins aussi sensible que celle qui est visible à la surface.

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15:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : câbles sous-marins, golfe persique, internet, actualité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook