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samedi, 17 septembre 2022

Rêve américain: le conflit en Ukraine poserait aussi des problèmes à la Chine

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Rêve américain: le conflit en Ukraine poserait aussi des problèmes à la Chine

Markku Siira

Source: https://markkusiira.com/2022/09/11/amerikkalaishaave-ukrainan-konfliktista-ongelmia-myos-kiinalle/

Hal Brands, spécialiste américain de la politique étrangère et partisan de l'atlantisme, affirme que "les mauvais résultats de la Russie en matière de combat posent également de sérieux problèmes à la Chine".

En lisant de telles analyses, il est bon de se rappeler que le chercheur regarde les choses à travers une lentille biaisée, celle de la politique étrangère et de sécurité américaine. Brands (photo) est également le co-auteur, avec Michael Beckley, d'un livre qui évalue l'escalade du conflit entre les États-Unis et la Chine dans un avenir proche.

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Brands spécule et imagine que le président chinois Xi Jinping est probablement consterné que Poutine ait lancé une attaque aussi maladroite et incompétente contre l'Ukraine peu de temps après que Xi ait signé une déclaration d'"amitié illimitée" avec Poutine. Par ailleurs, on soupçonne que le Kremlin aurait informé les Chinois de ses plans à l'avance.

Du point de vue américain, l'invasion de l'Ukraine par la Russie a causé des "revers stratégiques" à Pékin. Sous l'administration Biden, les États-Unis ont commencé à investir à Taïwan, les dépenses de défense dans la région indo-pacifique ont augmenté et la Chine a été menacée de nouvelles sanctions si Pékin venait à aider Moscou.

Toutefois, M. Brands estime que Pékin ne peut pas rester totalement inactif si la belligérance de la Russie en Ukraine prend un tournant défavorable à Moscou, car cela conduirait à tout le moins à une Russie affaiblie qui serait un allié moins utile et moins capable de distraire Washington.

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À l'extrême, l'instabilité politique en Russie pourrait causer des difficultés pour le "partenariat stratégique" entre les deux pays, sur lequel Xi a tant investi, selon Brands. On craint également un effet domino, où les problèmes politiques du Kremlin se répercuteraient sur les pays partenaires de la Russie.

Selon M. Brands, la meilleure option des États-Unis dans la compétition contre la Chine est d'essayer de faire en sorte que la Russie ne gagne pas en Ukraine. Cela laisserait Xi dans une situation où il n'y aurait pas d'options faciles.

Le chercheur américain suppose que Poutine cherchera davantage de soutien de la part de la Chine si la position de la Russie se détériore. Si Pékin ne trouve pas le moyen d'apporter ce soutien, le partenariat entre les deux pays pourrait être fracturé. La Chine est-elle prête à soutenir plus ouvertement la Russie, même si elle souffre économiquement et politiquement de cette alliance ?

Officiellement, la Chine a mis l'accent sur une solution diplomatique comme voie vers le rétablissement de la paix, et la République populaire ne s'est pas rangée du côté de la Russie contre l'Ukraine, bien que certaines déclarations chinoises aient laissé entendre que l'Occident, et non la Russie, était l'instigateur ultime du conflit ukrainien. Comme la Russie, la Chine a critiqué les ambitions expansionnistes de l'OTAN.

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Bien qu'un changement de direction ait été envisagé depuis des années, l'opération ukrainienne n'a fait qu'accélérer l'orientation de la Russie vers l'Asie, plutôt que vers l'Europe et l'Occident. S'exprimant lors du Forum économique oriental le 7 septembre, Poutine a souligné la "montée en puissance de l'Asie et du Pacifique" et a laissé entendre que l'Occident était "sur le déclin".

Ces dernières années, Poutine a signalé des "changements tectoniques irréversibles" dans les relations internationales. L'ordre libéral est en crise et le monde inflationniste est à bien des égards dans la tourmente: la crise ukrainienne fait également partie de cet enchevêtrement de problèmes.

La Russie peut-elle alors perdre la bataille contre les forces et les armements secrets de l'Occident, de l'OTAN, en Ukraine ? C'est le résultat espéré en Occident, où les médias ont salué chaque petit succès en Ukraine comme un tournant dans le cours des événements.

Pour autant, les mouvements opérationnels russes sont menés avec des effectifs très limités et aucun bombardier de type américain ne survole l'Ukraine. Le fait que le conflit se déroule selon les termes d'une crise économique et d'un démantèlement contrôlé du système actuel n'est pas quelque chose que dit Brands, en tant que répétiteur du récit politique dominant.

Vladimir Poutine et Xi Jinping se rencontreront prochainement lors de la réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai à Samarkand, en Ouzbékistan, les 15 et 16 septembre. Les présidents se sont rencontrés pour la dernière fois en février lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Pékin. Après les Jeux, la Russie a lancé son "opération militaire spéciale" en Ukraine et un nouveau rideau de fer est apparu pour diviser l'Est et l'Ouest.

Le Parlement européen et la Commission dénient à la Hongrie le "statut de démocratie"

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Le Parlement européen et la Commission dénient à la Hongrie le "statut de démocratie"

Source: https://www.unzensuriert.at/content/155465-eu-parlament-und-kommission-sprechen-ungarn-demokratie-status-ab/?utm_source=Unzensuriert-Infobrief&utm_medium=E-Mail&utm_campaign=Infobrief&pk_campaign=Unzensuriert-Infobrief

La Commission européenne et une majorité du Parlement européen ont fait preuve d'une autodiscipline incroyable en niant jeudi à la Hongrie le statut de pays démocratique. Un affront pour les citoyens d'un pays qui avaient accordé leur confiance à leur gouvernement lors d'élections libres et à une majorité écrasante. Les centralistes de l'UE menacent désormais de couper des milliards d'aides à la Hongrie.

Dans le même temps, ces mêmes personnalités politiques injectent des milliards d'euros en Ukraine et veulent même faire entrer ce pays dans l'UE. Un pays qui compte parmi les plus corrompus au monde et où les principes de l'État de droit sont très peu développés.

Les centralisateurs de l'UE déterminent ce qui est "démocratique"

Le député FPÖ et président du groupe parlementaire Autriche/Hongrie, Christian Hafenecker (photo), qualifie la résolution adoptée hier par le Parlement européen d'"acte arbitraire et d'affront inconcevable à la population hongroise, ainsi que d'ingérence illégitime dans les affaires internes d'un État souverain".

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Pour Hafenecker, les centralistes bruxellois et leurs auxiliaires ont toujours eu en travers de la gorge le fait que le peuple hongrois soutienne majoritairement, lors des élections, une force politique et un gouvernement qui s'engagent pour le maintien de la souveraineté, de l'identité nationale et du socle de valeurs chrétiennes et occidentales de leur pays et de l'Europe. Il juge ainsi les motivations des deux instances européennes derrière cette décision.

Qu'est-ce qu'Ursula von der Leyen a à cacher?

Il est grotesque que ce soit la Commission européenne qui ose priver la Hongrie de son "statut de démocratie" et accuser son gouvernement de corruption. Un organe dont la présidente Ursula von der Leyen n'était même pas candidate en tête de liste lors des élections européennes, ce qui constitue une tromperie manifeste dont les électeurs européens sont victimes.

En outre, selon l'eurodéputé Harald Vilimsky (FPÖ), la présidente de la Commission devrait de toute urgence donner toutes les informations voulues sur son rôle personnel dans l'achat des vaccins. Selon Vilimsky, un rapport de la Cour des comptes européenne montre que la Commission ne veut pas donner de détails sur l'achat de ces vaccins auprès du groupe Biontech-Pfizer et que les messages SMS à ce sujet sont devenus subitement "introuvables" sur le téléphone portable de Mme von der Leyen.

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Elizabeth Windsor et Elizabeth Truss: un bilan intermédiaire

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Elizabeth Windsor et Elizabeth Truss: un bilan intermédiaire

par Maxim Medovarov

Souce: https://www.ideeazione.com/elizabeth-windsor-ed-elizabeth-truss-risultati-intermedi/

Une évaluation sobre des capacités du système politique britannique dans une nouvelle phase de crise exceptionnellement aiguë du développement mondial s'impose.

Deux jours après avoir rencontré son homonyme et l'avoir confirmée comme Premier ministre, la reine Elizabeth II, minée par un stress excessif, a quitté ce monde. Il est difficile d'imaginer un moment plus symbolique et providentiel.

La Reine a commencé à régner sur le pays avec Churchill et l'a laissé avec Truss: la dégradation est évidente, mais le vecteur politique du premier et de la seconde est le même. Elizabeth II, en tant que monarque, n'a jamais été une figure décorative et a toujours été impliquée dans les affaires publiques bien plus que ce que l'on pouvait attendre d'elle. Même la première fois qu'il lui a parlé de politique, Churchill a été interpelé par la profondeur de ses connaissances.

Il ne fait aucun doute qu'Elizabeth II partage non seulement formellement (en tant que monarque qui ordonne l'usage de la force), mais en fait avec ses premiers ministres, la responsabilité de toutes les interventions, guerres, répressions et coups d'État dans le monde déclenchés par la Grande-Bretagne au cours des 70 dernières années. Le symbole de la complicité personnelle de la Reine dans les crimes de guerre a été sa prestation devant un piano volé au palais de Saddam Hussein. Et puis il y a eu et il y a Suez, les Malouines, l'Irak, la Yougoslavie, la Libye, la Syrie, l'Ukraine: partout l'élite britannique a laissé des marques sanglantes dans le monde au cours des 70 ans de règne d'Elizabeth II. Les réseaux sociaux en Argentine, en Iran, en Égypte se réjouissent aujourd'hui de la nouvelle de la mort de la reine.

Pour la société britannique elle-même, ce furent 70 ans de dégradation de la culture, de l'éducation, des infrastructures, de la protection sociale, des soins de santé et de l'économie. Aujourd'hui, les gens ordinaires et les villes du Royaume-Uni sont plus pauvres et plus ruinés qu'il y a seulement un demi-siècle. Un tiers de la population britannique est constituée d'immigrants ou de descendants d'immigrants, un fait qui se reflète désormais de manière éclatante au niveau du gouvernement et du parlement.

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Le Commonwealth britannique s'est effondré sous nos yeux au cours des deux dernières décennies. L'Inde a même rompu ses liens symboliques avec Londres et mène une politique totalement indépendante. Les Fidji ont fait sécession du Commonwealth, la Barbade de la Couronne britannique. L'Australie et la Jamaïque abordent pour la première fois une discussion politique sérieuse sur la sécession, sur le rejet de la souveraineté britannique suite au prochain couronnement de Charles. Bien sûr, il ne faut pas s'attendre à une sécession immédiate, mais le processus est en cours. En quelques années, Londres pourrait - si les circonstances extérieures le permettent - perdre non seulement ces territoires d'outre-mer, mais aussi l'Écosse et l'Irlande du Nord, devenant ainsi un royaume divisé.

Le décès d'Elizabeth II ne peut pas être simplement évoqué comme s'il s'agissait d'une simple question d'âge. Sa mère et son mari ont vécu plus longtemps qu'elle. Elle s'inscrit dans la tendance de l'année 2022, avec la grande guerre de libération en Ukraine et le glissement tectonique de l'économie mondiale vers la multipolarité, avec les décès symboliques de ceux qui incarnaient cette époque proche et révolue, de Jirinovski aux responsables de l'effondrement de l'Union soviétique. En l'espace de quatre mois, Chouchkevitch, Kravchuk, Burbulis, Bakatin et Gorbatchev sont morts les uns après les autres, ce qui ne peut être une simple coïncidence. Elizabeth II trouve logiquement sa place dans cette énumération nécrologique, tandis que les noms de Biden, Kissinger et Soros manquent encore à l'appel.

Elizabeth II était un symbole de l'atlantisme "doux". Il semble qu'elle n'ait fait des commentaires ouvertement anti-russes qu'une seule fois, il y a quelques années, dans un discours du trône devant le Parlement. Son rôle dans le système atlantiste était de représenter le "bon flic" face à ses premiers ministres. Aujourd'hui, les masques sont tombés et la catastrophe anthropologique vivante qu'est aujourd'hui la Grande-Bretagne, en la personne de Liz Truss, est harmonieusement complétée par le roi Charles III de Grande-Bretagne, caricatural et très mal aimé, qui a battu tous les records d'âge pour accéder au trône.

Le choix du nom de Charles pour le trône, d'une part, ramène pour la première fois la couronne britannique au souvenir des Stuarts et à ses racines écossaises. Bien qu'il n'y ait pas une goutte de sang anglais ou écossais chez Elizabeth et Charles, seulement du sang allemand et un peu de sang danois, tous deux ont pris soin de donner la priorité à l'Écosse dans leurs visites et leurs titres. Ce n'est pas une coïncidence si la reine a passé les derniers mois de sa vie au château de Balmoral, en Écosse.

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D'autre part, Charles II (1766-1788) était le nom du prétendant au trône britannique, le légendaire favori Charles Edward Stuart, "Bonnie Prince Charlie", dont le monument se dresse même à Derby, en Angleterre. Dans cette optique, le choix par le nouveau roi du nom de Charles III révèle un accent délibérément provocateur de sa succession aux monarques libéraux et oligarchiques qui gouvernent les îles depuis 1689 et qui sont étroitement alliés à l'élite financière et politique de la City. Le Prince Charles a longtemps cherché à se créer une drôle de réputation de champion du traditionalisme, mais ces dernières années ont montré à quel point il l'était.

L'engagement du nouveau roi envers l'atlantisme et le mondialisme sera tout aussi ferme que celui du nouveau premier ministre. Mais une nouvelle ère se profile à l'horizon, une ère sans Gorbatchev, si vous voulez ; et les différences se manifesteront par une profonde crise politique intérieure, un effondrement énergétique et une rupture complète des procédures démocratiques, même apparentes (c'est déjà le troisième premier ministre à arriver au pouvoir sans élections générales et malgré la haine de la majorité de la population du pays).

Du point de vue de la Russie, il n'y a pas lieu de se réjouir ou de se désoler. Il est nécessaire de procéder à une évaluation sobre des capacités réelles du système politique britannique dans la nouvelle phase, extraordinairement aiguë, du développement mondial. Mais l'écrasante majorité de la population britannique, selon tous les sondages et enquêtes, n'est manifestement pas heureuse de voir Charles III devenir ou de voir Liz Truss ou Boris Johnson à la tête du gouvernement, ou de subir l'imposition autoritaire du programme LGBT ou de se voir administrer des factures astronomiques d'électricité et de chauffage. On ne peut que lui présenter nos condoléances.

Peut-on encore railler le climat?

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Peut-on encore railler le climat?

par Georges FELTIN-TRACOL

Si la combustion avait dégagé un bilan carbone neutre, on aurait déjà brûlé en place publique Christophe Galtier. Lors de la conférence de presse d’après-match du lundi 5 septembre dernier, l’entraîneur du PSG a effectué un impaire gravissime. En d’autres temps plus inclusifs et citoyens, il aurait été banni de la cité des Bisounours.

Un journaliste lui demande pourquoi les joueurs et leurs accompagnateurs, soit une soixantaine de personnes, ont voyagé en avion privé entre Nantes et Paris. Sur le ton de la boutade, Christophe Galtier répond qu’il envisage pour les prochains déplacements à l’extérieur d’utiliser le char à voile. Présent à ses côtés, le jeune attaquant vedette Kylian Mbappé ne se retient pas pour franchement rigoler. Quelle horreur ! Quelle indécence ! Quelle faute en éco-responsabilité !

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Téméraires ou inconscients, l’entraîneur et le joueur ignorent certainement que dans l’Hexagone macronien de 2022, il est formellement interdit de plaisanter sur l’urgence climatique. Le propos comique de Christophe Galtier provoque une indignation intergalactique. Un tsunami de commentaires défavorables déferle sur les réseaux sociaux. Prompte à toujours donner des leçons, la caste politico-médiatique en rajoute volontiers. Élisabeth Borne elle-même, la ministresse des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, la mairesse de Paris Anne « 1,74 % » Hidalgo - et on en passe… - condamnent ce trait d’humour malicieux. Dans son édition du 7 septembre, un journaliste de Libération qualifie la scène d’« ignoble ». Pas moins ! La complicité de crime contre l’humanité pointe à l’horizon ! La libération de la parole et l’expression sans aucun tabou ne concerne pas tout le monde, ni tous les sujets. Nous le savions depuis longtemps; cela se confirme.

Dès le lendemain, devant la tempête médiatique déclenchée par une bande de bouffons, Christophe Galtier a présenté ses plus plates excuses. En 2010 au moment des élections régionales, le même Galtier avait désapprouvé l’affiche du Front National montrant des minarets sous forme de missiles. Dommage qu’il n’ait jamais revenu sur cette critique.

À l’heure où planent chez les bien-pensants la fin des piscines privées, des barbecues et de la viande à la cantine scolaire, tels des Salman Rushdie menacés par une secte météo protéiforme, Galtier et Mbappé ont commis en direct un blasphème climatique. Qu’attendent donc les groupes Verts au Palais-Bourbon et au Palais du Luxembourg pour déposer une proposition de loi pénalisant sévèrement tout outrage au climat et à la planète ? La lithosphère, le climat et la planète ne sauraient être raillés, voyons !

Le système médiatique d’occupation mentale bombarde en permanence l’opinion publique de considérations catastrophistes sur l’urgence climatique. Victimes de cette propagande délirante, les jeunes générations développent maintenant des symptômes inquiétants d’une nouvelle pathologie mentale : l’« éco-anxiété ». Par ailleurs, prendre en compte cette urgence climatique implique des initiatives à l’échelle planétaire en tant que « citoyens du monde ». Les utopies mortifères ne sont pas mortes. Elles prolifèrent dans la grande industrie du divertissement dont la médiastructure et la politique politicienne sont les annexes.

Cosmopolite, la religion climatique est aussi une eschatologie séculière. En dignes rejetons de Philippulus le Prophète dans l’album de Tintin, L'Étoile mystérieuse, les Verts crient à l’imminence de la fin du monde. À la différence des grands remplacements productif et démographique, il faudrait croire ce néo-millénarisme insensé.

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L’équipe du PSG doit-elle prendre des TGV ? La SNCF peut-elle proposer des horaires aménagés, en particulier la nuit alors que se réalisent les opérations indispensables de maintenance des voies ferrées ? En outre, la circulation ferroviaire des voyageurs et des marchandises arrive à saturation. La thrombose menace le rail à cause du non-renouvellement massif des personnels, souvent partis en retraite, et de la fermeture de nombreuses lignes ferroviaires dont le maintien aurait permis le délestage du fret.

Les belles âmes qui s’offusquent de ce persiflage climatique bon enfant ont gardé un silence pesant quand un gars faisait cet été du jet ski au large du fort de Brégançon. Elles ont en revanche soutenu les fiestas fort peu climato-correctes de la Première fêtarde de Finlande, Sanna Marin. Elles se sont enfin tues en voyant les courses estivales de karting dans la cour de la prison de Fresnes. Si ces engins avaient une propulsion thermique, quelle a donc été l’empreinte carbone de cette sympathique journée d’animation sur la planète ?

Une sotériologie artificielle se diffuse dans tout l’Occident moderne globalitaire. Le dogme infaillible de l’Immaculé Climat s’impose dans les rédactions et les cabinets ministériels. Et gare aux nouveaux mécréants ! Le député végan et « panzoo-iste » de Paris, Aymeric Caron, et son homologue Vert, Sandrine Rousseau, n’hésiteront pas à sévir. On en tremble déjà ! 

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 42, mise en ligne le 13 septembre 2022 sur Radio Méridien Zéro.

vendredi, 16 septembre 2022

La Suède détruit le cauchemar social-démocrate

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La Suède détruit le cauchemar social-démocrate

par Enric Ravello

Source: https://euro-sinergias.blogspot.com/2022/09/suecia-destruye-la-pesadilla.html

Magdalena Andersson, Premier ministre suédois, démissionne après les résultats des élections législatives suédoises. La cause n'est pas le résultat de son parti, qui reste le premier parti du pays avec 30% (+2%), mais l'échec de sa coalition gouvernementale de gauche, qui se retrouve derrière le bloc droite+nationalistes, laquelle, avec 176 sièges, a la majorité absolue et la possibilité de former un gouvernement.

C'est le signe indubitable de l'échec du modèle social-démocrate qui, depuis les années 1970, s'est acharné à détruire la société suédoise et à la transformer en un cauchemar multiculturel (1).

Ces résultats ouvrent un processus de négociations. Étant donné que la majorité absolue est détenue par le bloc droite+nationalistes et que le résultat des élections reflète un rejet clair des politiques sociales-démocrates, il y a deux options et deux questions.

La première option - la plus logique - serait que Jimmie Akesson, leader des Démocrates suédois (SD), qui a remporté 21% des voix et est la force la plus  représentative du bloc de droite en nombre de voix, soit à la tête du nouveau gouvernement. La deuxième option serait pour le leader du deuxième parti de droite, Ulf Kristersson des Modérés (17%), qui a subi lors de ces élections le raz-de-marée dans le bloc de droite en faveur des "Démocrates Suédois" (SD). 

Pour savoir quelle option sera la dernière, il faut se poser deux questions: Akesson exigera-t-il d'être le nouveau Premier ministre? Le reste des partis de droite, libéraux, modérés et conservateurs, continuera-t-il à appliquer un cordon sanitaire contre ce qu'il est convenu, dans les médias mainstream, d'appeler l'"extrême droite", soit les SD ? Les chrétiens-démocrates sont les plus réticents à l'idée de le faire, des rumeurs indiquant qu'ils pourraient même soutenir un gouvernement social-démocrate si les SD n'arrivent pas au pouvoir.

Les négociations s'annoncent longues et intenses, et M. Akesson a fait des déclarations initiales en toute franchise et dans un esprit constructif, mais sans encore arrêter une position concrète:

"Deuxièmement, le peuple suédois a voté pour un changement de pouvoir. Les succès électoraux, tant pour le camp bleu-jaune que pour notre parti, impliquent une grande responsabilité envers les électeurs, et nous assumerons cette responsabilité de la meilleure façon possible et avec le plus grand respect. Il faut maintenant en finir avec la politique social-démocrate ratée qui, depuis huit ans, continue de mener le pays dans la mauvaise direction. Il est temps de commencer à reconstruire la sécurité, le bien-être et la cohésion. Il est temps de faire passer la Suède en premier. Les Démocrates suédois seront une force constructive et motrice dans ce travail".

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Un processus commence maintenant pour pouvoir définir en détail comment l'équipe gagnante sera structurée et c'est un processus qui prendra le temps qu'il faut, tout cela afin de construire un nouveau gouvernement stable à long terme.

La formule du succès des SD est simple: être le seul parti qui ose pointer du doigt les conséquences désastreuses de l'immigration de masse, telles l'insécurité, la criminalité, le taux de viols élevés et le radicalisme islamique dans un pays où la gauche et la droite traditionnelle n'osaient pas dire un mot critique. Cette formule, associée à un processus interne de modération des formules, a fait passer les SD de 0,1 % en 1991 à 21 % aux dernières élections aujourd'hui.

Autres parties et tendances futures

Dans la section sur les autres partis, avec 1,4 % des voix, deux partis se distinguent par leurs positions et leurs positions antithétiques.

Le premier est Alternative pour la Suède (0,28%), une dissidence des SD, qui préconise une révision de tous les processus de légalisation et de naturalisation des immigrants et leur rapatriement. Si le vote anti-immigration s'est concentré sur les SD, le discours d'AfS augmente son soutien dans l'opinion publique suédoise. Dans une situation de radicalisation sur l'immigration, l'avenir dira si les SD durciront leurs discours ou si l'AfS parviendra à se développer au sein de l'électorat identitaire suédois. Beaucoup dépendra des performances des SD au cours des quatre prochaines années.

L'autre formation est le parti islamiste Nyans (0,44%) qui obtient des résultats compris entre 20 et 25% dans les banlieues de Stockholm et de Malmö.  Nyans a été fondé récemment et est soutenu financièrement et logistiquement par le gouvernement turc (2). Sa croissance est due à une tendance claire: les immigrants musulmans, qui sont de plus en plus nombreux, se sentent politiquement et démographiquement plus forts et votent déjà directement pour leurs propres partis, délaissant les partis de gauche, qui recevaient traditionnellement leurs votes comme acquis ; la croissance des Nyans se fait aux dépens des sociaux-démocrates et des autres partis de gauche. C'est le vote ethno-religieux qui va changer la carte politique européenne. Aux Pays-Bas, DENK, un parti présentant les mêmes caractéristiques est déjà présent au Parlement néerlandais.

Notes:

1) https://www.enricravellobarber.eu/2021/06/rinkeby-como-paradigma-del-fracaso.html#.YyRNxLTP2Uk

2) https://www.enricravellobarber.eu/2021/06/nuevo-partido-musulman-en-suecia-apela.html#.YyRNf7TP2Uk

 

Hégémonie et contre-hégémonie de la norme juridique : vers une théorie juridique multipolaire

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Hégémonie et contre-hégémonie de la norme juridique: vers une théorie juridique multipolaire

par Valentin Krotov

Source: https://www.ideeazione.com/egemonia-e-contro-egemonia-della-norma-giuridica-verso-una-teoria-giuridica-multipolare/

Si nous parlons d'hégémonie dans la politique mondiale, nous ne pouvons actuellement pas prendre l'influence hégémonique en considération sans aborder, en même temps, les mécanismes juridiques de l'hégémonie.

À cet égard, la théorie de Gramsci parle de l'exploitation spirituelle et culturelle de la classe ouvrière (du prolétariat) à travers des valeurs "bourgeoises", contribuant ainsi à l'embourgeoisement du prolétariat. De la même manière, la philosophie européenne, l'anthropologie européenne et la culture européenne sont devenues la source du droit international, de ses principes et de ses normes.

La formation du droit international dans sa forme moderne est un processus relativement récent. De plus, il n'y a pas si longtemps, dans les relations juridiques internationales, il y avait une division directe des peuples en "civilisés" et "non civilisés". Ce n'est que depuis l'adoption de la Charte des Nations unies en 1945 et jusqu'à ce jour que nous assistons à un ressac de l'arrogance directe des fondateurs du système moderne de relations internationales.

À cet égard, la théorie de l'origine du droit international a longtemps prévalu, selon laquelle le droit international s'est formé entre le 13ème et le 16ème siècles et s'est perfectionné en 1648 avec la paix de Westphalie, puis s'est étendu à d'autres nations et civilisations non européennes.

La nature néocoloniale du droit international est également toujours présente, car le modèle du système juridique international, dans son ensemble, est construit sur la logique civilisationnelle des États d'Europe occidentale.

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La principale source du droit international est le traité international. La signification conceptuelle d'un traité international est que les sujets des relations internationales (les États) expriment mutuellement et librement leur volonté.

À son tour, l'État, en tant que partie d'un traité international, est un individu collectif (une personnalité internationale). Par conséquent, l'ordre international établi se présente comme le résultat d'un traité entre plusieurs États.

Si l'on regarde à travers le prisme de l'histoire et de la philosophie européennes, avant l'établissement de l'ordre mondial et du nouveau système de relations internationales, il y avait une "guerre de tous contre tous" (selon Thomas Hobbes).

Ainsi, dans les relations internationales avec leur structure conventionnelle (multilatérale) de traités internationaux, les idées de Thomas Hobbes, exposées dans son célèbre ouvrage Léviathan, ont été mises en œuvre.

Par conséquent, le droit international moderne est inconcevable sans la mise en conformité des systèmes juridiques nationaux avec les mêmes normes juridiques. Nous constatons que le droit international est plus que visiblement influencé par la philosophie européenne, c'est-à-dire que le droit international est un droit issu de l'ontologie européenne.

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Montrons certaines des origines conceptuelles du droit international moderne.

1) Thomas Hobbes et la théorie du contrat social.

L'orientation anti-guerre du droit international moderne remonte au Pacte de Paris de 1928, un traité qui renonce à la guerre comme instrument de politique nationale. Le traité a été initié par le ministre français des Affaires étrangères Aristide Briand et le secrétaire d'État américain Frank Kellogg.

En particulier, l'activiste Jameson T. Shotwell incite Briand à conclure le traité anti-guerre. Shotwell a grandi dans une famille de quakers. Les Quakers étaient connus pour leur rejet de toute forme de violence et pour leurs vastes activités sociales visant à promouvoir les idéaux d'humanisme et de pacifisme dans la société.

Ainsi, une partie importante de la base du droit international reposait sur une option religieuse propre au christianisme occidental modernisé.

La base juridique de la sécurité internationale globale a finalement été institutionnalisée dans la Charte des Nations unies, qui proclame les principes garantissant le maintien de la paix et de la sécurité internationales, l'existence indépendante des États et le développement de la coopération internationale.

Aujourd'hui, les normes juridiques internationales sont l'incarnation du concept de stabilité hégémonique.

La version libérale de ce concept présente l'hégémonie comme un instrument de stabilité de l'ordre international et de sécurité internationale ; la destruction de cette stabilité, selon les idéologues libéraux, conduit à de nouvelles déstabilisations et à des guerres.

Par exemple, l'affaiblissement de l'hégémonie britannique a conduit à la déstabilisation de l'ordre international. Cette affirmation est étayée par les événements de la guerre mondiale de 1914, l'établissement de régimes fascistes en Europe et la Seconde Guerre mondiale. La prise de l'hégémonie mondiale par les États-Unis a conduit à la création du système de sécurité international actuel.

Le caractère libéral de l'hégémonie américaine souligne le fait que cet ordre mondial s'est positionné comme rationnel et le seul possible.

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Depuis lors, la solution militaire des problèmes politiques est devenue d'importance secondaire, car l'agression ouverte est interdite par le droit humanitaire international, mais elle permet en fait de nouvelles méthodes d'expansion de l'influence grâce à la technologie des réseaux [1].

Dans le même temps, l'hégémon représenté par les États-Unis se permet d'ignorer les normes du droit humanitaire international, spéculant sur les valeurs de la démocratie et de la stabilité internationale tout en menant des interventions militaires, utilisant même les forces armées de l'Alliance de l'Atlantique Nord.

Cependant, l'opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine a suscité une forte condamnation de la part du bloc occidental parmi les pays de l'ONU et un blocus économique sans précédent, qui ne correspond en rien au droit économique international, mais constitue un outil politique anti-juridique dans la lutte pour le maintien de l'hégémonie.      

2) L'établissement du capitalisme international comme norme économique mondiale.

Au début de la nouvelle ère de l'économie internationale, le passage de la coopération bilatérale entre États à la coopération multilatérale a joué un rôle important.

L'émergence de traités internationaux multilatéraux (conventions) est un trait distinctif de la forme moderne de la mondialisation, qui a contribué à la création de principes et de normes communs pour réglementer les relations du marché mondial.

Le développement de la mondialisation est directement lié à la propagation de l'économie de marché, qui a remplacé le système de commande et de contrôle établi dans les pays du bloc socialiste. Un facteur direct de la propagation de la mondialisation est l'effondrement de l'URSS et du bloc des États socialistes.

C'est ainsi que gagne le capitalisme mondial, qui dictera dorénavant ses conditions au monde entier.

Le principe de base de la mondialisation des marchés est le respect des "quatre libertés": la liberté de circulation des biens, des services, des capitaux et de la main-d'œuvre. La convergence des marchés donne naissance à des sujets interétatiques de droit international, qui créent un cadre juridique commun pour la coordination de la politique économique.

Les théoriciens libéraux du capitalisme international affirment que l'existence d'un État hégémonique libéral est l'une des conditions fondamentales du plein développement de l'économie de marché mondiale.

Au fil du temps, le développement du capitalisme mondial est devenu de plus en plus centralisé.

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Ainsi, en 1947, les États-Unis ont lancé l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), qui est devenu la base de la formation d'une immense zone de libre-échange. De plus en plus de pays à l'esprit libéral ont rejoint la zone.

Entre autres choses, l'intégration politico-juridique est nécessaire parce que les États-nations perdent leur capacité effective à exercer un contrôle sur les marchés des matières premières et les marchés financiers qui ont depuis longtemps dépassé un certain territoire [3].

L'hégémonie capitaliste mondiale prend ainsi forme.

La justification éthico-juridique de cette hégémonie est la théorie des droits de l'homme, qui se veut universelle à l'échelle mondiale.

3) Les droits de l'homme en tant que doctrine politique et juridique hégémonique.

La doctrine moderne des droits de l'homme remonte à la Renaissance (14ème et 16ème siècles). Au cours de cette période, le concept d'humanisme a commencé à émerger, dans lequel le libre arbitre et la dignité de l'homme ont commencé à être interprétés comme expression de la bonté et de la ressemblance avec Dieu. L'âme est présentée comme quelque chose d'inconditionnellement noble et pur. L'homme est considéré comme déjà sauvé et rien ne peut défaire son salut. L'homme est ainsi placé au centre de l'univers et acquiert, du point de vue du droit, un statut juridique différent.

Les idées d'empirisme et de mécanisme comme forme de philosophie séculaire ont gagné en popularité dans le Nouvel Âge.

Empirisme - "philosophie de l'expérience", cette doctrine reconnaît l'expérience sensuelle de l'homme comme le seul moyen de connaître le monde.  En tant que tel, il rejette le caractère sacré et l'expérience de la révélation.

Mécanisme - l'idée que la structure du monde est comme une machine globale.

Dès lors, le mécanisme et l'empirisme de la modernité contribuent à la désacralisation du monde et de l'homme (l'homme est un microcosme).

"La place de Dieu dans le monde, c'est l'esprit dans l'homme, la place de la matière dans le monde, c'est la place du corps en nous." - Sénèque, Lettres, 65, 24.

L'homme, quant à lui, est perçu comme un mécanisme et, en tant que tel, perd progressivement, au fil de l'histoire, sa subjectivité.

La personne est remplacée par un individu, et c'est l'individu qui devient le sujet des relations juridiques et aussi du droit international.

Toutes les notions conceptuelles (dignité humaine, droits de l'homme, valeur de l'individualité de chacun) ont une signification abstraite et donc purement technique.

La définition, le statut juridique et la signification de l'individu dépendent de l'évolution des circonstances politiques et des approches de l'interprétation du droit international.

La méthode doctrinale d'interprétation du droit, largement utilisée dans le droit international des droits de l'homme, permet d'interpréter les normes juridiques en fonction des tendances politiques immédiates.

C'est ainsi, par exemple, qu'est apparu le discours sur les "droits des LGBT", qui a été conceptuellement dérivé de la théorie générale des droits de l'homme et en est ensuite devenu une partie intégrante.

Les principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme sont la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966.

Ce sont ces deux documents qui constituent la base juridique de la création des garanties des droits de l'homme.

En élargissant la portée de ces textes, les instances internationales ont ainsi fait de l'homosexualité, déjà protégée par le droit international, un sujet de notoriété publique.

Le résultat est que le processus de normalisation de l'homosexualité, propre à la civilisation occidentale, est désormais au centre du discours du droit international.

À cet égard, nous portons notre attention sur la jurisprudence du Comité des droits de l'homme des Nations unies. En particulier, dans les affaires Toonen contre l'État de Tasmanie et Young contre l'Australie de 1992. Ces deux cas sont parmi les premières preuves officielles de l'existence d'un discours légalisé sur les relations homosexuelles.

En général, le discours sexuel est un sujet public depuis la révolution sexuelle aux États-Unis et en Europe (dans les années 1960 et 1970). La sexualisation de la société occidentale a fait entrer le côté intime des relations humaines dans la sphère publique et, comme nous l'avons vu dans la pratique du Comité des droits de l'homme de l'ONU, dans la sphère des relations internationales.

La participation d'un État à des groupements interétatiques a également pour effet de transférer certains de ses pouvoirs souverains. Cependant, aujourd'hui, la source des obligations internationales ne réside pas seulement dans les décisions juridiques des organes interétatiques, mais aussi dans les interprétations des normes des traités internationaux, qui constituent ensuite l'ordre juridique de l'État à travers les positions interprétatives des organes interétatiques, souvent les tribunaux. L'un de ces organismes est la Cour européenne des droits de l'homme.

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En outre, la Cour européenne des droits de l'homme se considère autorisée à adapter les droits de l'homme reconnus en fonction de l'évolution de la société européenne, ce qui peut conduire à la reconnaissance de droits qui ne sont pas directement inscrits dans la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales [4].

À partir de la jurisprudence du Comité des droits de l'homme de l'ONU et de la Cour européenne des droits de l'homme, nous observons le phénomène de l'hégémonie juridique des États d'Europe occidentale. Cela se produit lorsque les particularités morales, éthiques et juridiques d'une civilisation particulière sont présentées comme communes à l'ensemble de la communauté mondiale, ce qui ne correspond pas au principe de l'égalité souveraine des États et aux particularités socioculturelles des différentes civilisations.

L'arrogance ontologique des architectes de l'ordre international traverse tout le système du droit international.

La communauté internationale se positionne comme la communauté exclusive, tandis que tous les autres États qui ne font pas partie de la Déclaration occupent une position inclusive. L'un des principaux mécanismes d'hégémonie en droit international est donc le prestige. Le prestige en tant que catégorie sociologique peut également être considéré dans le contexte du droit international.

A l'aube de la création des Nations Unies (la Société des Nations), l'anthropologue américain Melville Hescovitz et un groupe de scientifiques de l'American Anthropological Association ont publié un mémorandum, exprimant leur opinion sur le contenu de la Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948. "La déclaration devrait être fondée sur des normes universelles de liberté et de justice, sur la base du principe selon lequel <...> un homme n'est libre que s'il peut vivre à la hauteur de la conception acceptée de la liberté dans sa société" [5]. La déclaration est donc fondée sur le principe selon lequel <...> un homme n'est libre que s'il peut vivre à la hauteur de la conception acceptée de la liberté dans sa société.

Ainsi, alors que dans la théorie de l'hégémonie classique de Gramsci, la classe dominante veut convaincre toutes les autres classes qu'elle est fondée sur un consensus de classe (l'état du tout), le droit international moderne part du principe qu'il est le destin et le droit de toute l'humanité.

Cette stratégie du droit international, renforcée par les résultats bien connus de la guerre froide, a transformé toute la réalité géopolitique.

La Russie dans le contexte juridique international

En 1991, l'Union des républiques socialistes soviétiques a cessé d'exister et le Pacte d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle (Pacte de Varsovie) a été dissous.

Le monde bipolaire a donc cessé d'exister. Pour la même raison, la confrontation entre les deux approches du statut de la propriété, de la démocratie et du droit a cessé.

La défunte Union soviétique, puis la Fédération de Russie, ont signé un certain nombre d'instruments juridiques internationaux importants dans le domaine de la politique et des droits de l'homme, s'intégrant ainsi au contexte juridique et idéologique de l'Europe.

Ainsi, le parlementarisme, la démocratie légale des partis et le capitalisme sont devenus partie intégrante du système politique et économique de la nouvelle Russie.

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La définition de notre État comme "État de droit" a établi un vecteur précis pour l'ensemble du système politico-juridique de la Fédération de Russie. Ainsi, d'une manière ou d'une autre, nous subordonnons le système politique de notre État à l'ordre juridique international (directement ou indirectement par le biais d'une législation nationale fondée sur des principes et des normes juridiques internationaux).

Cependant, l'Union soviétique s'est engagée sur la voie de l'intégration éthico-juridique avec l'Europe occidentale dès 1966, lorsqu'elle a signé les premiers documents internationaux dans le domaine des droits de l'homme : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Depuis lors, de la perestroïka jusqu'à récemment, la Russie a fusionné avec le monde global dans le contexte éthique et juridique.

L'ensemble du système constitutionnel, et par conséquent la législation sectorielle, est construit en fonction de ces obligations juridiques internationales.

En d'autres termes, l'ensemble du système juridique public et privé était fondé sur les valeurs et les idéaux politiques occidentaux. Cela est resté le cas aujourd'hui, mais a récemment commencé à évoluer vers la souveraineté de l'esprit-valeur, et donc du système juridique.

La situation a changé radicalement avec le début de l'opération militaire spéciale en Ukraine. Le déclenchement des hostilités a mis en évidence les contradictions entre la Russie et les pays d'Europe occidentale. L'une des conséquences du conflit a été le retrait de la Fédération de Russie du Conseil de l'Europe (une décision de j ure a été prise par le Comité des ministres du Conseil de l'Europe d'expulser la Fédération de Russie de l'organisation).

Le retrait de la Fédération de Russie de l'organisation pourrait, d'une certaine manière, servir à construire un modèle d'institutions étatiques et juridiques sur une base fondamentalement différente. En outre, le modèle existant présente des inconvénients importants, qui font l'objet de recherches par certains universitaires nationaux.

Le professeur Y. I. Skuratov, récipiendaire du titre de docteur en jurisprudence, conclut que "l'emprunt des institutions étatiques et juridiques occidentales, l'idéologie politique et juridique libérale sont devenus l'une des raisons de la déstabilisation du système juridique et politique national, de l'augmentation de la criminalité, de l'aliénation des gens vis-à-vis du gouvernement et de l'État... La modernisation de la société russe dans le courant de l'occidentalisation a causé de graves dommages à la culture juridique nationale..." [6].

À la lumière de la restructuration globale de l'ensemble de l'ordre mondial et de la destruction du modèle unipolaire, il est nécessaire de développer une nouvelle théorie juridique qui soit pertinente dans un monde multipolaire [7].

Vers une théorie juridique multipolaire

Les idées d'un autre marxiste célèbre (outre le susmentionné Antonio Gramsci), Georg Lukacs, peuvent être pertinentes pour la formation d'un droit mondial multipolaire.

Ce philosophe a largement contribué au développement du concept de conscience de classe.

Lukacs a présenté la conscience de classe comme un système de croyances partagé par ceux qui appartiennent collectivement à une classe socio-économique particulière.

Lukacs a également souligné que la conscience de classe n'est pas la conscience agrégée des individus d'une classe particulière, mais la conscience intégrale d'un groupe de personnes partageant la même position de classe.

D'autre part, le concept de conscience de classe dans le capitalisme selon Lukacs implique la présence d'une fausse conscience dans le prolétariat. Ces derniers n'ont pas une idée claire de leurs véritables intérêts et ne comprennent pas leur véritable position socio-historique et économique.

Tout comme la fausse conscience du prolétariat selon Lukacs, les peuples du monde moderne se trouvent aujourd'hui dans une fausse conscience, qui a abandonné sa propre identité afin de s'intégrer au système politique et juridique moderne.

Ainsi, la fausse conscience des peuples non-européens inclut le libéralisme en général et, en particulier, sa doctrine éthico-juridique des "droits de l'homme".

Il est possible d'opposer à la fausse conscience des peuples non-européens une "conscience de civilisation" qui correspondrait organiquement au code géopolitique, historique et culturel-religieux d'une civilisation particulière.

Il convient de noter que la base de la formation d'un ordre juridique multipolaire existe depuis des milliers d'années sous la forme des traditions juridiques de divers États et civilisations.

Pendant de nombreux siècles, de nombreuses régions du monde ont eu leur propre vision de l'homme, de la propriété, du crime et de la punition, qui s'est développée indépendamment du système juridique romano-germanique, mais elles disposaient en même temps d'institutions juridiques autonomes qui régulaient organiquement les relations sociales dans les sociétés non-européennes.

Notes:

[1] Voir pour plus de détails : Savin L.V. "Network-centric and Network Warfare. Une introduction au concept".

[2] Giplin R. L'économie politique des relations internationales. Princeton : Princeton University Press. 1987. 85.

[3] Ohmae K. La fin de l'État-nation : l'essor des économies régionales. N.Y., 1995 ; Scholte J.A. Globalization, First edition : A Critical Introduction. N.Y., 2000.P. 211-215.

[4] Voir : Mathieu B. Trouver un équilibre entre la protection de l'identité nationale et le respect des obligations internationales : la liberté d'expression face à des défis surmontables // Journal of Foreign Law and Comparative Law. 2021. Т. 17. № 1. С. 20 - 21.

[5] Déclaration des droits de l'homme, soumise à la Commission des droits de l'homme des Nations unies par le Comité exécutif de l'American Anthropological Association // American Anthropologist. 1947. № 49. P. 541.

[6] Skuratov Y. I. La nature eurasienne de la Russie et certains problèmes modernes de développement des institutions juridiques de l'État. - Ulan-Ude, 2012.

[7] Voir en détail : Dugin A. G. Théorie du monde multipolaire. Pluriversum. Tutoriel. - 2015.

jeudi, 15 septembre 2022

L'espace instable entre l'ancien et le nouvel ordre

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L'espace instable entre l'ancien et le nouvel ordre

Markku Siira

Source: https://markkusiira.com/2022/09/13/vanhan-ja-uuden-jarjestyksen-epavakaa-valitila/

Selon le diplomate et universitaire indien Shivshankar Menon, "une sorte d'anarchie se glisse dans les relations internationales" - non pas l'anarchie au sens strict du terme, mais plutôt "l'absence d'un principe central d'organisation ou d'un hégémon".

"Les États-Unis ont mené deux ordres après la Seconde Guerre mondiale", divise Menon (photo). Premièrement, "un ordre keynésien qui ne s'intéressait pas particulièrement à la manière dont les États géraient leurs affaires internes dans un monde bipolaire de guerre froide".

Dans les années 1990, c'était le tour de "l'ordre néolibéral dans un monde unipolaire", dans lequel une Amérique puissante ignorait complètement la souveraineté nationale et les frontières nationales des autres États quand elle le voulait.

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Les deux ordres ont affirmé être "ouverts, fondés sur des règles et libéraux" et ont prétendu "défendre la démocratie", les soi-disant "valeurs du libre marché, les droits de l'homme et l'État de droit".

En réalité, ils étaient fondés sur la "domination et la coercition militaires, politiques et économiques" des États-Unis. Dans l'ère post-soviétique, la plupart des grandes puissances, y compris la Chine émergente, ont suivi, du moins dans une certaine mesure, les règles truquées de l'ordre dirigé par l'Occident.

Mais les événements de ces dernières années laissent penser que cet arrangement appartient au passé. Les grandes puissances, y compris les États-Unis, se comportent désormais, selon Menon, de manière "révisionniste", c'est-à-dire qu'elles poursuivent leurs propres objectifs au détriment de l'ordre international.

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Ce révisionnisme se manifeste souvent par des différends territoriaux, comme ceux qui opposent la Chine à ses voisins, l'Inde, le Japon, le Vietnam et d'autres pays de la région maritime asiatique, et le conflit entre la Russie et l'Ukraine, qui est renforcée par l'alliance de l'OTAN.

Selon Menon, le révisionnisme se reflète également dans les actions de nombreuses autres puissances, "comme la suspicion croissante à l'égard du libre-échange aux États-Unis, le renforcement militaire d'un Japon autrefois pacifiste et le réarmement de l'Allemagne".

De nombreux pays sont mécontents du monde tel qu'ils le voient et cherchent à le changer à leur avantage. Cette tendance pourrait conduire à une géopolitique plus conflictuelle et à des perspectives économiques mondiales plus faibles.

Menon estime qu'à l'heure actuelle, "le monde est à la dérive". Dans l'espace instable actuel entre l'ancien et le nouvel ordre, les grandes puissances n'adhèrent plus à des principes et des normes clairs (on peut se demander si elles l'ont jamais fait).

De nombreux autres pays suivent leur propre voie. Le "principe de la souveraineté des États" est désormais invoqué pour mener une politique fondée sur la préférence des États, plutôt que la politique "fondée sur les valeurs" mise en avant par l'Occident (qui est, après tout, très fausse).

Ces dernières années, les États-Unis ont cultivé la rhétorique trompeuse selon laquelle le monde serait à nouveau défini par une confrontation entre deux blocs - le "monde libre" dirigé par l'Occident et les "États autocratiques". Les États soumis aux sanctions occidentales ont formé des partenariats stratégiques entre eux.

Alors que les anciennes normes et institutions s'érodent, des caractéristiques autoritaires sont déjà évidentes dans de nombreuses démocraties. Cette tendance s'est accélérée à l'époque de la pandémie, lorsque des restrictions à la libre circulation des personnes ont été imposées en raison de la crise sanitaire. "Les lois et règlements élaborés dans les circonstances exceptionnelles de la 'nouvelle normalité' permettent de renforcer le contrôle de l'État à l'avenir.

L'économie mondiale globalisée se fragmente en blocs commerciaux régionaux et la concurrence pour les avantages économiques et politiques entre les grandes puissances s'intensifie. Les pays doivent apprendre à se débrouiller dans cet entre-deux et se préparer à un avenir incertain.

"Une solution consiste à se tourner vers l'intérieur", analyse Menon. La Chine, l'Inde, les États-Unis et bien d'autres pays l'ont fait ces dernières années, en soulignant d'une manière ou d'une autre leur autosuffisance: la "stratégie de double circulation" de la Chine, la promesse de M. Biden de "reconstruire en mieux" et l'engagement de l'Inde, sous la direction du Premier ministre Narendra Modi, en faveur de l'aatmanirbharta, ou autosuffisance, en sont des exemples.

Si les pays veulent devenir plus indépendants économiquement, ils veulent aussi être mieux préparés militairement. Toutes les grandes puissances ont cherché à étendre leurs capacités de défense. Malgré les conséquences économiques de l'ère pandémique, les dépenses mondiales de défense ont dépassé les deux mille milliards de dollars pour la première fois en 2021.

Selon un professeur indien, une autre réponse à la situation actuelle est que les États forment des "coalitions ad hoc". La dernière décennie a vu l'émergence d'un certain nombre d'arrangements multilatéraux, tels que la Quad Alliance, les BRICS, l'Organisation de coopération de Shanghai et le regroupement I2U2 de l'Inde, d'Israël, des Émirats arabes unis et des États-Unis.

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Chaque problème semble donner lieu à un nouvel acronyme. Ces arrangements servent des objectifs géopolitiques spécifiques et, bien qu'ils puissent contribuer à renforcer les relations bilatérales entre certains pays, ils ne se rapprochent pas des groupements de l'époque de la guerre froide.

De nombreux États de taille moyenne ou plus petite franchissent inévitablement les lignes de démarcation et cherchent à équilibrer leurs relations avec les grandes puissances. La réaction de l'alliance des pays d'Asie du Sud-Est (ASEAN) aux différends entre les États-Unis et la Chine et le développement des relations entre Israël et les monarchies sunnites du Golfe par le biais des "pactes abrahamiques" sont des exemples de cette tendance.

Plus récemment, de nombreux pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine ayant des liens étroits avec l'Occident ont résisté à l'envie de rejoindre le front des sanctions anti-russes, alors que le conflit gelé en Ukraine se réchauffait à nouveau. Ces pays ne manifestent pas automatiquement de la sympathie pour le jargon cynique sur les "valeurs" propagé par l'Occident.

Cet équilibrage et cette couverture encouragent la recherche de solutions locales aux problèmes locaux, qu'il s'agisse d'accords économiques et commerciaux régionaux ou de solutions négociées aux différends politiques. Le processus de mondialisation, qui estompe les frontières, est-il en train de se retourner contre nous ?

Si les grandes puissances remettent bruyamment en question la sagesse de l'ancien ordre, les pays plus faibles ont déjà perdu la foi en la légitimité et l'équité de "l'ordre international fondé sur des règles".

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C'est particulièrement vrai pour les pays du Sud, qui ont vu l'ONU, le FMI, la Banque mondiale, l'OMC, le G20 et autres échouer dans leurs efforts. Aujourd'hui, plus de 53 pays sont menacés par une grave crise de la dette.

Alors que l'ancien ordre se désintègre et que le nouveau peine à émerger, le Prof. Menon estime que "les pays ayant une compréhension claire de l'équilibre des pouvoirs et une vision d'un ordre futur coopératif qui sert le bien commun auront un avantage".

Il est peu probable que l'équilibre des pouvoirs, qui évolue rapidement, fournisse la base d'un nouvel ordre stable avant un certain temps. Menon prévoit que les grandes puissances "se déplacent de crise en crise au fur et à mesure que leur insatisfaction à l'égard du système international et que la méfiance des unes à l'égard des autres grandit, comme une sorte de mouvement sans mouvement".

Le penseur indien est pessimiste quant à l'avenir. Menon note que "la capacité des grandes puissances s'est affaiblie en termes de gestion des relations étrangères, de gestion des crises, ou de capacité à résoudre les problèmes transnationaux".

Étant donné que les conclusions de Menon sont publiées dans Foreign Affairs, un journal du groupe de réflexion "Council on Foreign Relations" fondé par David Rockefeller, on peut se demander s'il ne suggère pas également que la solution réside dans une "gouvernance mondiale plus centralisée".

 

Syndrome du Titanic : Ernst Jünger et la culture de la panique

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Syndrome du Titanic : Ernst Jünger et la culture de la panique

par Nicolas Bonnal

A la fois prophète olympien et descripteur de la débâcle, Jünger prévoit notre anéantissement économique et anthropologique. Dans Soixante-dix s’efface, alors qu’il raconte des petits voyages (Maroc, Canaries) souvent décevants, le maître soudain catastrophé écrit :

« Les autos ruinent les villes ; le séjour devient une « saison en enfer » - les bruits, les gaz d’échappement, les dangers de mort. Quand on ne se fait pas écraser, on dépérit lentement. Même les îles lointaines en sont inondées. Sur les plages, les hôtels poussent comme des champignons, non isolément, mais par chaînes entières. Ils sont identiques, jusqu’à leurs trous de serrure ; leur modèle se trouve quelque part à New York ou à Tokyo. On estime par conséquent que le nombre des voyageurs va constamment croître, et qu’il faut, dans cette perspective, engager de plus en plus de personnel. Dans les îles, l’eau va aussi se raréfier. Fièvre du boom commercial. Qu’arrivera-t-il en cas de restrictions, de crise économique, de guerre ? L’évolution est irréversible. Un hôtel vide se change bientôt en ruine ; d’un garçon de restaurant, on ne refera jamais un berger. Viennent alors des paysages spectraux (p. 534).»

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L’effondrement qui nous arrive dans les années 2020, et qui est autant subi que provoqué via le Reset, devient chez Jünger un syndrome du Titanic. Vingt ans avant, dans son livre le plus important pour les survivalistes, le Traité du rebelle donc, Jünger écrit :

« La peur est l’un des symptômes de notre temps. Elle nous désarme d’autant plus qu’elle succède à une époque de grande liberté individuelle, où la misère même, telle que la décrit Dickens, par exemple, était presque oubliée. »

Jünger évoque justement le Titanic ; on se souvient du succès effarant de ce film répugnant. Il écrit donc :

« Comment ce passage s’est-il produit ? Si l’on voulait nommer l’instant fatal, aucun, sans doute, ne conviendrait mieux que celui où sombra le Titanic. La lumière et l’ombre s’y heurtent brutalement : l’hybris du progrès y rencontre la panique, le suprême confort se brise contre le néant, l’automatisme contre la catastrophe, qui prend l’aspect d’un accident de la circulation. »

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Jules Verne a bien montré que l’automatisme (la civilisation mécanique) croissait avec la peur. Voyez les 500 millions de la Bégum qui montre la montée du péril allemand sur fond de grosse industrialisation. Il y a une grosse promesse, raconte Jünger, mais elle croît avec un grand risque et une grosse trouille :

« Il est de fait que les progrès de l’automatisme et ceux de la peur sont très étroitement liés, en ce que l’homme, pour prix d’allègements techniques, limite sa capacité de décision. Il y gagne toutes sortes de commodités. Mais, en contrepartie, la perte de sa liberté ne peut que s’aggraver. La personne n’est plus dans la société comme un arbre dans la forêt ; elle ressemble au passager d’un navire rapide, qui porte le nom de Titanic, ou encore de Léviathan. Tant que le ciel demeure serein et la vue agréable, il ne remarque guère l’état de moindre liberté dans lequel il est tombé. Au contraire : l’optimisme éclate, la conscience d’une toute-puissance que procure la vitesse. Tout change lorsqu’on signale des îles qui crachent des flammes, ou des icebergs. Alors, ce n’est pas seulement la technique qui passe du confort à d’autres domaines : le manque de liberté se fait sentir, soit que triomphent les pouvoirs élémentaires, soit que des solitaires, ayant gardé leur force, exercent une autorité absolue. »

Jünger a vu le lien entre les mythes grecs et le progrès technique, comme Anouilh, Giraudoux, Domenach, Cocteau et quelques autres pendant et après la Guerre. Le Titanic n’est pas seul en cause. C’est aussi le syndrome du radeau de la méduse, épisode affreux de notre histoire et qui rappelle que la méduse nous transforme en pierres (en cœurs de pierre).

Jünger ajoute :

« Et nous finissons comme des bougies dans un tableau de Bosch :

On pourrait élever une objection : d’autres ères de crainte, de panique, d’Apocalypse ont suivi leur cours, sans que ce caractère d’automatisme vînt les renforcer, leur servir d’accompagnement.

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Laissons ce point : car l’automatisme ne prend ce caractère terrifiant que s’il s’avère être l’une des formes, le style même de la fatalité, dont Jérôme Bosch donnait déjà une représentation incomparable. »

Mais Jünger souligne l’essentiel. Nous crevons de trouille et c’est la marque du monde moderne (la vie aurait dû rester un « risque à courir, pas un problème à résoudre », comme disait un Bernanos écœuré) :

« On constatera que presque tous, hommes ou femmes, sont en proie à une panique telle qu’on n’en avait plus vu dans nos contrées depuis le début du Moyen Age. On les verra se jeter avec une sorte de rage dans leur terreur, en exhiber sans pudeur ni retenue les symptômes. »

Umberto Eco dans un bel essai sur le moyen âge avait parlé du retour impromptu de ces grandes peurs. Flaubert avait déjà souligné dans sa correspondance la trouille liée à un simple épisode météo (voyez mon texte) ; et c’est aujourd’hui sur fond de paniques climatiques que nos élites et gouvernements veulent nous anéantir. On veut alors se cacher (collapsologues, catastrophistes, apocalyptiques, à vos bateaux, à votre or, à vos cavernes !) et Jünger ajoute presque humoristiquement :

« On assiste à des enchères où l’on dispute s’il vaut mieux fuir, se cacher ou recourir au suicide, et l’on voit des esprits qui, gardant encore toute leur liberté, cherchent déjà par quelles méthodes et quelles ruses ils achèteront la faveur de la crapule, quand elle aura pris le pouvoir. »

L’automatisme progresse évidemment avec la panique, et dans le pays qui reste le plus avancé, l’Amérique :

« La culture de panique va s’appesantir, là où l’automatisme gagne sans cesse du terrain et touche à ses formes parfaites, comme en Amérique. Elle y trouve son terrain d’élection ; elle se répand à travers des réseaux dont la promptitude rivalise avec celle de l’éclair. Le seul besoin de prendre les nouvelles plusieurs fois par jour est un signe d’angoisse ; l’imagination s’échauffe, et se paralyse de son accélération même. »

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Jünger va même plus loin en dénonçant l'horreur télévisuelle qui crée péril russe, virus, Reset, dictature et pénurie (voyez mon texte "De Platon à Cnn"):

« Toutes ces antennes des villes géantes ressemblent à des cheveux qui se dressent sur une tête. Elles appellent des contacts démoniaques. »

Nous avons parlé du rôle narcotique de l’info dans un texte ici-même, en citant Platon, Théophraste, Fichte et Thoreau. Reprenons Thoreau :

« À peine un homme fait-il un somme d’une demi-heure après dîner, qu’en s’éveillant il dresse la tête et demande : « Quelles nouvelles ? » comme si le reste de l’humanité s’était tenu en faction près de lui. Il en est qui donnent l’ordre de les réveiller toutes les demi-heures, certes sans autre but ; sur quoi en guise de paiement ils racontent ce qu’ils ont rêvé. Après une nuit de sommeil, les nouvelles sont aussi indispensables que le premier déjeuner.

Dites-moi, je vous prie, qu’importe ce qui a pu encore arriver à quelqu’un, n’importe où sur ce globe ? »

Nous risquons toujours la guerre avec la Chine et la Russie, comme durant la Guerre Froide. Jünger remarque :

« Il est certain que l’Est n’échappe pas à la règle. L’Occident vit dans la peur de l’Est, et l’Est dans la peur de l’Occident. En tous les points du globe, on passe son existence dans l’attente d’horribles agressions. Nombreux sont ceux où la crainte de la guerre civile l’aggrave encore.

La machine politique, dans ses rouages élémentaires, n’est pas le seul objet de cette crainte. Il s’y joint d’innombrables angoisses. Elles provoquent cette incertitude qui met toute son espérance en la personne des médecins, des sauveurs, des thaumaturges. Signe avant-coureur du naufrage, plus lisible que tout danger matériel. »

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Ce naufrage n’est pas très prometteur d’autant que la solution semble impossible : on  combat pour la forme le minotaure au milieu des zombis. Jünger envoie promener le yoga, pourtant recommandé avec la Kabbale dans Sex and the City :

« Mais notre temps exige autre chose que la fondation d’écoles de yoga. Tel est pourtant le but, non seulement de nombreuses sectes, mais d’un certain style de nihilisme chrétien, qui se rend la tâche trop facile. On ne peut se contenter de connaître à l’étage supérieur le vrai et le bon, tandis que dans les caves, on écorche vifs vos frères humains. »

Reconnaissons que nous avons progressé. On les écorche moins vifs, on les bourre vifs et on les sur-informe vifs. Mais passons. Jünger encore pour conclure (si c’est encore possible) :

« Car nous ne sommes pas impliqués dans notre seule débâcle nationale ; nous sommes entraînés dans une catastrophe universelle, où l’on ne peut guère dire, et moins encore prophétiser, quels sont les vrais vainqueurs, et quels sont les vaincus. »

Ici il rejoint Mgr Gaume : pour ce dernier l’Apocalypse aurait lieu quand le monde serait unifié. Comme dira Guy  Debord : « dans un monde unifié on ne peut s’exiler ». Les démons de Davos peuvent alors se rassembler comme à la fin du chant I de Milton et entamer l’œuvre de destruction et de dépeuplement.

Ernst Jünger défendait le recours aux forêts. Comme on sait aussi les montagnes-parcs nationaux sont bourrées de parkings payants et nous venons d’apprendre que dans les Pyrénées, la balade sera payante. On paiera un automate. Mais ne paniquons pas...

Sources:

Jünger – Traité du rebelle, le recours aux forêts – archive.org

https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/06/27/de-platon-au...

https://lesakerfrancophone.fr/monseigneur-gaume-et-le-car...

https://www.dedefensa.org/article/flaubert-et-notre-abrut...

 

mercredi, 14 septembre 2022

La cour royale de Grande-Bretagne et les mots d'ordre mondialistes

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La cour royale de Grande-Bretagne et les mots d'ordre mondialistes

Markku Siira

Source: https://markkusiira.com/2022/09/09/britannian-kuningashovi-ja-globalistien-agendat/

Le décès de la reine d'Angleterre a été rapporté dans les médias du monde entier. Monarque qui régna plus de 70 ans, Elizabeth II, décède tout récemment au château de Balmoral en Écosse, unjeudi soir de septembre, à l'âge de 96 ans. Elle a bénéficié d'un grand succès populaire pendant la majeure partie de son règne - du moins c'est ce qu'on nous assure.

Certains disent que c'est l'Empire britannique qui a lancé le projet de mondialisation qui révolutionne le monde. Il est ironique que le décès du leader symbolique du Commonwealth soit pleuré par des personnes qui, dans le même temps, s'indignent du fait que leur île natale soit envahie par des immigrants venus des anciennes colonies, tandis que les Britanniques de souche seront bientôt une minorité dans leur propre pays.

Selon l'ordre de succession britannique, le fils aîné de la reine deviendra désormais roi. Né à Buckingham Palace en 1948, Charles est peut-être plus connu pour son mariage raté avec Lady Diana Spencer, qui est décédée dans un accident de la circulation à Paris en 1997, un an seulement après son divorce.

En tant que duc et prince de Windsor, Charles est dépeint en public comme un personnage maladroit mais aimable qui parle à ses plantes, aime l'architecture traditionnelle et protège la nature. Charles a même été considéré comme un "prince philosophe" antimoderne qui apprécie les religions du monde et est un partisan de l'école traditionaliste de la philosophie pérenne.

Mais dans une réalité plus dure, il est une noble figure de proue de l'empire mondialiste, où les manœuvres économiques et géopolitiques douteuses d'un petit groupe supranational sont hypocritement dissimulées derrière une façade philanthropique.

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Combien se souviennent encore que c'est Charles, le futur roi du "développement durable", qui s'est prononcé en 2020 en faveur du "Great Reset" du Forum économique mondial ? Charles partageait l'idée de Klaus Schwab et de ses partenaires que la "pandémie" offrait une opportunité de changer fondamentalement le monde.

Dans la pratique, cela signifie que l'héritier du trône britannique - ainsi que les familles fortunées et la nouvelle figure de proue politique du Royaume-Uni, le Premier ministre nouvellement élu Liz Truss - continuera à combiner techno-féodalisme, faux écologisme et capitalisme d'entreprise.

Lorsque le père de Charles, le prince Philip, est décédé lors de la crise sanitaire en avril 2021, de nombreux journalistes sinistres se sont souvenus que le prince, qui cultivait les remarques désobligeantes et l'humour noir, avait un jour déclaré qu'il espérait être réincarné en un "virus mortel qui contribuerait à résoudre la surpopulation".

Comme de nombreux eugénistes de l'élite dirigeante, Charles a appelé à freiner la croissance démographique dans les pays en développement, et son fils, le prince William, a provoqué l'indignation avec ses commentaires sur la croissance démographique en Afrique. Étrangement, même à notre époque politiquement trop correcte, de telles déclarations racistes et éco-fascistes sont pardonnées assez facilement lorsqu'elles sont éructées par les membres des familles royales.

La cour royale britannique, avec son étiquette et son esthétique, peut apparaître aux monarchistes les plus ardents comme une "gardienne de la tradition", mais Elizabeth II et ses descendants promeuvent des agendas mondialistes depuis des décennies, des politiques d'immigration libérales aux programmes de l'ONU et aux politiques d'identité pour les minorités sexuelles.

Le futur roi Charles III continuera à jouer son rôle dans le maintien d'un empire mondial d'exploitation. La gestion de cet empire comprend des familles puissantes, des familles de banquiers, des membres de la royauté et des propriétaires de sociétés internationales et de conglomérats médiatiques, qui ne renonceront pas volontairement à leur pouvoir et à leurs plans, qui ont été affinés dans les sociétés secrètes des élites pendant des décennies.

Werner Olles vient de fêter ses 80 ans: un social-patriote, un doux réactionnaire

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Werner Olles vient de fêter ses 80 ans: un social-patriote, un doux réactionnaire

par Siegfried Bublies

Source: https://wir-selbst.com/2022/09/12/werner-olles-zum-80-geburtstag-ein-sozialpatriotischer-ein-sanfter-reaktionar/

Les chemins de la vie ne sont souvent pas rectilignes, ils connaissent des hauts et des bas, des obstacles à surmonter, des bifurcations, des croisements, des pauses et aussi l'agitation d'une avancée constante, toujours vers de nouveaux horizons.

Lorsque Werner Olles a pris contact avec la rédaction de wir selbst en 1982, il y a exactement 40 ans, il avait déjà derrière lui un parcours qui l'avait mené à travers les catacombes de la gauche militante et révolutionnaire: adhésion au SDS en 1968, après sa dissolution, membre des "Panthères rouges", une organisation annonciatrice des "Cellules révolutionnaires" terroristes, séjour au Liban en 1969 avec une délégation du SDS dans un camp d'entraînement du Fatah, suivi d'une fuite avec l'aide de milices chrétiennes de la Falange pour revenir en RFA, rupture avec la gauche radicale en 1972 et membre du SPD de 1973 à 1977.

En revanche, l'équipe fondatrice de wir selbst venait du camp politique opposé, de l'extrême-droite: nous étions des nationalistes déçus, dégoûtés par le caractère rétrograde et la pauvreté intellectuelle de la Vieille Droite, nous cherchions des alternatives. C'est l'histoire toujours assez passionnante des "gens de gauche de la droite" et des "gens de droite de la gauche" qui se rencontrent et constatent que les points communs l'emportent sur ce qui les sépare. On pourrait alors se lancer dans une recherche intéressante pour savoir ce qu'il y a de commun. Il y a bien sûr des interfaces politiques et programmatiques évidentes, qui existent effectivement entre la vraie gauche et la vraie droite: une aspiration anticapitaliste un peu diffuse, un malaise face à la modernité et ses signes évidents de décadence, et un rejet de la faute sur l'esprit libéral de l'époque, qui ne connaît pas de traditions ni de valeurs transcendantes, mais seulement le marché, l'homme en tant que consommateur et l'hédonisme voulu et encouragé d'une société en décomposition.

Mais cela n'explique que partiellement la topographie du fer à cheval (Jean-Pierre Faye, Armin Mohler), où les extrémités gauche et droite du fer à cheval sont assez proches et où l'establishment, le centre méprisé, est à égale distance. Il faut toujours ajouter quelque chose d'individuel, quelque chose qui harmonise de manière presque magique les différentes expériences de vie dans des milieux politiques dissonants. C'est ainsi que Werner Olles nous a rendu visite pour la première fois (probablement en 1982) et, en tant qu'ex-gauchiste, il a tendu la main aux ex-droitiers avec simplicité et franchise : un homo politicus et un caractère fondamentalement honnête qui refusait la stigmatisation en raison d'une socialisation politique différente et qui, malgré des opinions différentes sur des questions particulières, a su apprécier notre idéalisme rebelle.

Werner Olles avait et a toujours une gaieté juvénile et contagieuse, qui n'admet que de légères touches de moquerie, mais qui parfois, lorsque les conversations évoluent vers un diagnostic de l'époque, montre aussi un fond d'humour noir. Cet homme extraordinairement érudit et cultivé avait une longueur d'avance sur nous, les plus jeunes, en termes de connaissances et d'expérience de la vie. A partir de 1982, il est devenu un auteur permanent de notre revue et aussi un compagnon de route et un conseiller amical. Son attitude douce et conciliante, son aimable modestie et son sens de l'humain ne doivent pas faire oublier que, sur les questions politiques existentielles, Werner Olles est d'une intransigeance, d'une dureté et d'une fidélité aux principes tout à fait inhabituelles. Un antilibéralisme prononcé, qui s'est affiné au fil des décennies dans l'amitié la plus étroite et l'échange intellectuel avec Günter Maschke, certainement le meilleur connaisseur de Carl Schmitt, doit être considéré comme une constante de la vie de l'homme politique et du publiciste Werner Olles.

Que personne ne s'y méprenne : Werner Olles est un amoureux de la liberté, un contempteur de la restriction de la parole libre, un adversaire des interdictions de penser, des entraves de l'État et des prescriptions langagières idéologiquement justifiées. Et c'est précisément pour cette raison qu'il est l'un des publicistes allemands les plus marquants qui affirment ouvertement leur hostilité au libéralisme - sous le couvert duquel se cachent le mondialisme, l'universalisme destructeur de la culture, l'exploitation capitaliste, le consumérisme et l'hédonisme.

Dans ce contexte, il est compréhensible que Werner Olles se soit consacré de plus en plus, au cours des deux dernières décennies, à des questions d'une importance supra-temporelle et qu'il ait retrouvé un accès à la foi chrétienne d'inspiration ultra-catholique. Dans un monde en décomposition, où les ordres, les traditions et les valeurs s'effritent, où les peuples et même les sexes humains sont dénigrés comme des constructions sociales, Olles cherche et trouve un appui dans le religieux, dans la certitude d'une toute-puissance divine. Comme cela n'est plus transmis par l'Église catholique officielle, Werner Olles s'est mis à la disposition des courants critiques envers l'Église, des courants sédévacantistes, en tant que publiciste et y trouve de plus en plus d'écho.

Depuis plus de 30 ans, Werner Olles travaille comme pigiste pour l'hebdomadaire conservateur Junge Freiheit. Ses critiques de livres, de magazines et de films y sont extrêmement populaires et sont déjà devenues une rubrique incontournable dans ce média intellectuel, phare des conservateurs allemands.

Depuis 2019, trois livres de Werner Olles sont déjà parus aux éditions Lindenbaum : Grenzgänger des Geistes (Écrivains oubliés, méconnus et bannis du XXe siècle, 2019), Feinberührungen (Contre le totalitarisme de gauche, 2020) et "Résistance ou émigration intérieure. Pourquoi nous nous battons" (2022).

Nous te félicitons de tout cœur, cher Werner, à l'occasion de ton 80ème anniversaire et te souhaitons de rester en bonne santé, d'être créatif et d'œuvrer de manière bénéfique pour le bien de notre peuple. Nous sommes fiers de t'avoir à nos côtés.

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Werner Olles - un parcours de vie

Né en 1942 à Bensberg (Bergisch-Gladbach), il est le cadet de deux frères et sœurs plus âgés. Son père est fonctionnaire de la Reichsbahn, sa mère enseignante. Après plusieurs bombardements et mutations de son père, il vit temporairement dans le Pays des Sudètes (à Reichsstadt) et à Wilhelmshorst près de Berlin. De là, il s'enfuit à l'ouest en traversant le Harz de nuit et dans le brouillard. Scolarisation à Mechernich (Eifel). Après une nouvelle mutation de son père, il s'installe à Francfort-sur-le-Main en 1950. Après l'école primaire, il passe quatre années d'études au Freiherr-vom-Stein-Gymnasium, puis s'inscrit à l'école de commerce. Il suit une formation d'agent d'assurance et exerce le métier de rêve de nettoyeur de vitres et de bâtiments. De 1963 à mi-1964, il effectue son service militaire à Homberg/Efze et Fritzlar. Ensuite, il travaille à nouveau comme vitrier et nettoyeur de bâtiments. En 1968, il adhère au SDS, puis, après sa dissolution, devient membre des "Panthères rouges", une organisation annonciatrice des "cellules révolutionnaires" terroristes. En 1972, après l'attentat contre les Jeux olympiques, il se détourne de la gauche militante et révolutionnaire.

Il adhère à la SPD en 1973. Il démissionne en 1976 en raison de désaccords politiques. Travaille depuis 1975 à la bibliothèque d'un établissement d'enseignement supérieur. Démissionne du syndicat à la fin des années 1970 en raison du refus du secrétaire responsable de rédiger une résolution de solidarité pour le syndicat polonais Solidarnosc "par égard pour les collègues du DKP". Cela entraîne une prise de distance avec la gauche politique et ses mensonges éhontés sur la "solidarité internationale".

Au début des années 1980, rupture définitive avec la gauche. Contacts avec des cercles nationaux-révolutionnaires et activité de rédacteur et d'auteur dans des revues de la mouvance nationale-révolutionnaire et de la Nouvelle Droite (Wir Selbst, Aufbruch, Neue Zeit). Au milieu des années 1980, évolution vers la "droite", collaboration à "Nation Europa" jusqu'au début des années 1990. Depuis 1993, collaboration occasionnelle à Junge Freiheit, dont il est, jusqu'à aujourd'hui, collaborateur indépendant. Il a publié des articles, des critiques et des interviews dans Criticón, Eckartbote, Europa, Aula, Zur Zeit, Neue Ordnung, Catholica, éléments, Nouvelles de Synergies Européennes, Gegengift, Sezession, la revue littéraire Rabenflug, les magazines de cinéma Morgengrauen, X-Tro et XUN ainsi que des contributions régulières dans la revue catholique romaine sédévacantiste Einsicht. Contributions à des livres dans Bye-bye '68 (Graz,1998), Sobre la konservative Revolution (Barcelone, 2000), Ein Leben für Deutschland. Denkschrift für Wolfgang Venohr" (Berlin, 2005), ainsi que de nombreux articles dans Enzyklopädie des Phantastischen Films (Meitingen).

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Dans les années 1990, conférences auprès de Burschenschaften et Landsmannschaften. Après s'être converti au conservatisme, se rapproche à nouveau du catholicisme traditionaliste ou sédévacantiste dans son rite préconciliaire.

 

 

 

 

 

lundi, 12 septembre 2022

L'alternative eurasienne: la vision d'Alexandre Douguine pour l'ère post-américaine

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L'alternative eurasienne

Lectures à méditer : la vision d'Alexandre Douguine pour l'ère post-américaine

A propos de l'édition allemande de "Mission Eurasie"

Karl Richter

Il y a quelques semaines, le journaliste, philosophe et géopoliticien russe Alexandre Douguine s'est brièvement retrouvé sous les feux de l'actualité dans son pays, lorsque sa fille Daria a été victime d'un attentat à la bombe non loin de Moscou en août.

Dans ce contexte, les médias occidentaux ont qualifié à plusieurs reprises Douguine, né en 1962, d'homme qui murmure à l'oreille des puissants, voire qui serait le "cerveau de Poutine" ("Putin's brain"). C'est sans aucun doute exagéré. Ce qui est vrai, c'est que Douguine, qui s'était déjà fait un nom dans la Russie post-soviétique dans les années 1990 en tant que penseur patriotique et révolutionnaire, était au tournant du millénaire le conseiller de Gennady Selesnov, alors porte-parole de la Douma.

Dans les années qui ont suivi la fin de l'Union soviétique, il a été l'un des premiers à évoquer le concept d'un ordre mondial "multipolaire" comme alternative au "One World" dominé par les États-Unis, concept que la politique étrangère russe a également adopté à l'époque. Au fil des années, Douguine a élargi son approche à la philosophie, voire à la spiritualité, et il est considéré aujourd'hui en Russie comme un éminent inspirateur d'idées. Il est également vrai que la politique étrangère russe suit depuis quelques années un cours de plus en plus "impérial", qui tient compte des nécessités géopolitiques. Douguine, qui a publié une douzaine de livres et d'innombrables articles dans des revues depuis les années 1990, a sans aucun doute contribué à cette évolution.

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Son dernier livre, intitulé Eurasische Mission, vient de paraître en traduction allemande et se veut une "introduction au néo-eurasisme". Il est déjà clair que l'"eurasisme" ou la "pensée eurasienne" n'est pas vraiment une nouveauté. Douguine fait référence à une poignée de penseurs et de scientifiques russes du siècle dernier comme étant ses fondateurs, tels le philologue et linguiste Nikolai S. Troubetskoï (1890 - 1938), l'historien Lev Nikolaevitch Gumilev (1912 - 1992) ou l'historien de la culture et philosophe Ivan A. Ilyine (1893 - 1954) ; ce dernier a été honoré il y a des années par Poutine lors d'une petite cérémonie ; il est considéré comme une sorte de "philosophe maison" par le chef du Kremlin.

Selon Douguine, l'eurasisme a été formulé très tôt comme une idée reflétant les origines "multiculturelles" et supranationales de la Russie, c'est-à-dire l'oblitération par les Mongols et les Tatars pendant des siècles. L'idée eurasienne est donc également en certaine contradiction avec le concept de nationalisme occidental et bourgeois: "Cette originalité de la culture et de l'État russes (qui présente des traits à la fois européens et asiatiques) définit (...) la voie historique particulière de la Russie et son programme national et étatique, qui ne coïncide pas avec celui de la tradition d'Europe occidentale".

D'un autre côté, cela représente une grande chance, surtout aujourd'hui: car l'idée eurasienne montre une voie praticable pour que de grands espaces culturels et géographiques puissent trouver un ordre intérieur pacifique, fondé sur le respect et la diversité, même sans guerres d'extermination (USA!) ni nivellement culturel (One World!).

C'est la thèse centrale de Douguine : si le monde veut survivre à l'effondrement inévitable de l'ordre mondial américano-capitaliste, il doit se mettre d'accord sur un contre-projet radical qui permette fondamentalement une coexistence pacifique: "Le mouvement eurasianiste est un lieu de dialogue multilatéral égalitaire pour des sujets souverains. (...) Nous devons unir nos efforts pour dessiner une carte accessible pour les peuples d'Eurasie pour le nouveau millénaire".

Remarquable : même l'UE, avec sa tendance à la formation d'États supranationaux, semble utile dans cette voie - elle pourrait contribuer à ce que l'Europe retrouve un rôle autonome, indépendant des États-Unis, dans son propre environnement géopolitique.

Mais en fin de compte, Douguine ne se fait pas d'illusions : il n'y aura pas de coexistence pacifique avec l'hégémon mondial américain. Car celui-ci, suivant sa logique capitaliste libérale, ne tolère pas de cultures, de peuples et d'espaces économiques autonomes à côté de lui. Les États-Unis sont le "pays du mal absolu". "L'empire américain devrait être détruit, et tôt ou tard, il le sera".

4cf3b1bcfbc588bb5646b3a5f78a9fdaea992c10-00-03.jpegFace au cancer de la mondialisation occidentale, le contre-projet "eurasiatique" a la fonction d'un message révolutionnaire qui peut encore tout changer pour le mieux à la douzième heure : "L'idée eurasiatique est un concept révolutionnaire au niveau mondial qui doit servir de nouvelle plate-forme de compréhension mutuelle et de coopération pour un grand conglomérat de puissances différentes : États, nations, cultures et religions qui rejettent la version atlantiste de la mondialisation".

La guerre en Ukraine, que Douguine voit comme une conséquence inévitable des provocations atlantistes continues, n'a fait qu'accélérer cette évolution. La guerre se joue en fin de compte sur le visage futur du monde. Douguine ne cache pas que la Russie est ici "destinée à prendre la tête d'une nouvelle alternative globale, eurasienne, à la vision occidentale de l'avenir du monde".

Pour certains lecteurs de "droite", tout cela est très fort de tabac - d'autant plus que Douguine déclare explicitement que l'État-nation classique est dépassé. Les droitiers occidentaux peuvent ne pas être d'accord. D'un autre côté, l'Allemagne dispose, avec le Saint Empire romain germanique, d'une vision d'empire vieille de plusieurs siècles, qui présente de nombreux points communs avec le concept eurasien de Douguine.

Au final, son livre - dont Constantin von Hoffmeister a assuré une traduction fluide et agréable - est une lecture captivante et inspirante pour tous ceux qui en ont assez de l'Occident, de l'OTAN, des gay prides et de l'obsession du genre. Certes, Douguine n'est pas un "homme de droite", encore moins un "nationaliste". Mais c'est un penseur visionnaire du 21ème siècle. Tout porte à croire qu'il aura raison. L'ère "multipolaire" n'en est qu'à ses débuts.

Karl Richter

dimanche, 11 septembre 2022

Hommage à François-Bernard Huyghe, l’un des plus fins analystes français de l’influence

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Hommage à François-Bernard Huyghe, l’un des plus fins analystes français de l’influence

par Bruno Racouchot

Source: http://www.communicationetinfluence.fr/2022/09/08/9-septembre-2022-hommage-a-francois-bernard-huyghe-lun-des-plus-fins-analystes-francais-de-linfluence/#more-1261

François-Bernard Huyghe nous a quitté en ce début septembre à l’âge de 71 ans, des suites d’une longue maladie. Homme d’une immense culture, d’une hauteur de vue qui n’avait d’égale que sa simplicité et sa verve, François-Bernard Huyghe s’était imposé au fil des années comme l’un des meilleurs spécialistes français de l’influence, en tout cas l’un des analystes les plus avisés. Fidèle compagnon de route de Communication & Influence, il était aussi un ami personnel avec lequel je me sentais en totale symbiose. Son rire, son esprit caustique, sa connaissance amusée des méandres de l’âme humaine et de la comédie sociétale qui lui est consubstantielle, son amour des arts et des périples lointains en faisait un homme aussi atypique que noble. Fidèle en amitié comme à ses idées, grand voyageur, de la Terre comme des zones de l’intellect pur, il avait le panache et la profondeur d’un seigneur de la Renaissance italienne.

Né en 1951, docteur d’État en Sciences politiques et habilité à diriger des recherches en Sciences de l’information et de la communication, il avait enseigné la sociologie des médias et l’infostratégie au CELSA, université de Paris IV-Sorbonne, et intervenait régulièrement à l’Ecole de Guerre Economique, à HEC et à l’ENA. Conseiller scientifique et membre du CSFRS (Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégique), il était également chercheur associé à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) et dirigeait des recherches à l’IR2I (Institut de Recherche en Intelligence Informationnelle).

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Mais avant d’embrasser cette carrière d’universitaire et de chercheur, François-Bernard Huyghe avait été réalisateur de télévision, fonctionnaire international pour l’UNESCO de 1984 à 1987, et délégué culturel à Venise en 1989-1990. Les amateurs d’histoire de l’art se souviendront que François-Bernard Huyghe était le fils de l’Académicien René Huyghe, professeur et conservateur en chef du Musée du Louvre, remarquable spécialiste de l’imaginaire, proche du GRECE (Groupement de recherche et d’étude sur la civilisation européenne) et pionnier en matière de réalisation de films d’art. Bon sang ne saurait mentir…

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Outre l’un de ses derniers ouvrages, L’art de la guerre idéologique (Cerf, 2019), François-Bernard Huygue avait publié de nombreux essais. Ce fut d’abord la fameuse et incroyablement visionnaire Soft-idéologie (avec Pierre Barbès, Robert Laffont, 1987), puis La langue de coton (Robert Laffont, 1991) et Les Experts ou l’art de se tromper de Jules Verne à Bill Gates (Plon, 1996). Vinrent ensuite l’Histoire des secrets : de la guerre du feu à l’Internet (avec Édith Huyghe, Hazan 2000), L’ennemi à l’ère numérique (PUF, 2001), Faire mourir et faire croire (Editions du Rocher, 2004), Comprendre le pouvoir stratégique des médias (Eyrolles, 2005), Les écoutes téléphoniques (PUF, Que sais-je ?, 2009), Les terroristes disent toujours ce qu’ils vont faire (avec Alain Bauer, PUF, 2010), Terrorismes : violence et propagande (Gallimard, 2011), Think tanks : quand les idées changent vraiment le monde (Vuibert, 2013), Gagner les cyberconflits : au-delà du technique (avec Olivier Kempf et Nicolas Mazzucchi, Economica, 2015), Désinformation : les armes du faux (Armand Colin, 2016), Daech : l’arme de la communication dévoilée (VA Press, 2017), Fake news : la grande peur (VA Press, 2018), Dans la tête des Gilets jaunes (avec Xavier Desmaison et Damien Liccia, VA éd., 2019).

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Grand voyageur, François-Bernard Huyghe avait aussi écrit avec son épouse Edith (décédée en 2014) de passionnants récits d’aventures dont Les coureurs d’épices (Payot, 1996), ou encore La route de la soie (Payot, 2006).

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Cher François-Bernard, après avoir parcouru le monde avec Edith, voici venu pour toi le temps du grand voyage pour la retrouver. Je vous souhaite de voguer ensemble vers ces îles mythiques de notre Grèce originelle que vous chérissiez tant. Que les hôtes de l’Olympe vous aient ainsi en leur garde bienveillante. Nul doute qu’un échange avec eux sur les jeux d’influence entre les dieux et les hommes accompagné de belles libations réjouira votre cœur !

Adieu l’ami ! Semper fidelis !

Bruno Racouchot, directeur de Communication & Influence

Pour en savoir plus sur ses travaux, voir son site, d’une grande richesse pour tous ceux qui s’intéressent aux questions informationnelles et communicationnelles : http://huyghe.fr/

Télécharger les deux n° de Communication & Influence avec François-Bernard Huyghe comme invité

Décembre 2019

http://www.comes-communication.com/files/newsletter/Commu...

Mai 2011

http://www.comes-communication.com/files/newsletter/Commu...

Hommage de la revue géopolitique Conflits

https://www.revueconflits.com/deces-de-francois-bernard-h...

Hommage de la revue Eléments

https://www.revue-elements.com/deces-de-francois-bernard-...

Quelques textes, entretiens et vidéos de François-Bernard Huyghe sur « euro-synergies » (liens activés). Liste non exhaustive.

- Fake news : Débat avec François-Bernard Huyghe, directeur de recherches à l’IRIS 

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/11/15/f...

- « La désinformation » - Trois questions à François-Bernard Huyghe

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2016/02/17/l...

- F.B Huyghe : "Il y a un retour de la censure !"

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2019/11/29/f...

- De la “pandémie médiatique” : entretien avec François-Bernard Huyghe

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2020/05/08/d...

- Progressisme, populisme, écologisme - Une interview de François-Bernard Huyghe sur l’art de la guerre idéologique

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2019/12/25/p...

- François-Bernard Huyghe : Crise sanitaire et guerre de l'information

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2020/05/13/f...

- François-Bernard Huygue : les Fake News

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/05/03/f...

- Todd, Zemmour, Onfray, Houellebecq, peut-on vraiment tout dire en France? - Entretien avec François-Bernard Huyghe

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- Fascistométrie et rééducation des masses...

par François-Bernard Huyghe

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- Gilets jaunes : la bataille de la dignité... par François-Bernard Huyghe

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- Au secours: les intellectuels reviennent... par la droite!

par François-Bernard Huyghe

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Giorgia Meloni et les prochaines élections italiennes - Entretien avec Marco Malaguti, directeur d'Essenzialismi

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Giorgia Meloni et les prochaines élections italiennes

Entretien avec Marco Malaguti, directeur d'Essenzialismi

Marco Malaguti (né en 1988 à Bologne), directeur du nouveau portail culturel et philosophique Essenzialismi (www.essenzialismi.it). Auteur pour la plateforme géopolitique Aliseo depuis mai 2022, membre du groupe de réflexion "Centro studi politici e strategici Machiavelli". Expert en philosophie romantique et postmoderne.

L'entretien a été réalisé et traduit de l'anglais par Alexander Markovics pour le journal allemand Deutsche Stimme.

Cher Monsieur Malaguti !
Vous êtes vous-même journaliste et vous vous intéressez depuis des années à la politique intérieure italienne. Le 25 septembre, l'Italie réélit son Parlement. La favorite est Giorgia Meloni, connue entre autres pour sa phrase célèbre "Je suis Giorgia. Une femme, une mère et une chrétienne. Et personne ne m'enlèvera cela". Comment évaluez-vous personnellement Mme Meloni et ses chances de gagner les prochaines élections ?

Ce que Giorgia Meloni récolte est le résultat d'un travail de plusieurs années. Contrairement à Salvini, Meloni a toujours eu une vertu fondamentale en politique: la patience. Son héritage politique comprend le MSI, un descendant direct du parti national fasciste, et elle s'est toujours préparée à participer au gouvernement, une nécessité que Salvini n'a jamais ressentie comme urgente. Par conséquent, Salvini s'est rapproché de tous les partis "marqués" au sein de l'UE, y compris le FN français. Bien que ce dernier soit historiquement plus proche du parti de Meloni, les Fratelli d'Italia (FdI) se sont plutôt rapprochés des partis conservateurs au pouvoir dans plusieurs pays de l'UE, notamment le PiS polonais et le FIDESZ hongrois. Cette manœuvre a également concerné l'autre côté de l'Atlantique : alors que Salvini tentait de se faire une réputation d'ami de Poutine (une opération qu'il a complètement annulée après l'invasion de l'Ukraine), Meloni a assisté à de nombreux événements conservateurs aux États-Unis, comme le CPAC, et est devenue membre de l'Institut Aspen.  De ce point de vue, elle a fait preuve de clairvoyance : bien qu'elle ait également eu des sympathies pro-russes dans le passé et que beaucoup dans son parti les partagent, elle a compris à l'avance que l'Occident allait radicaliser son action contre la Russie et qu'elle devait faire le ménage à temps, une mesure que ni Salvini ni Berlusconi, qui est un ami proche de Poutine, n'ont été en mesure de mettre en œuvre. Les FdI seront le parti le plus fort dans une coalition de droite et probablement le parti le plus fort d'Italie, mais il serait faux de considérer ces voix comme un héritage de Meloni. L'écrasante majorité de ces voix proviendront de la Ligue, qui les avait précédemment obtenues de Forza Italia. De manière générale, les électeurs de droite en Italie se sentent largement sous-représentés et cherchent à chaque fois un autre candidat pour défendre leurs intérêts. Meloni était tout simplement la seule candidate restante. Ce serait une erreur de considérer ces électeurs comme des habitués du FdI.

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Marco Malaguti.

Giorgia Meloni remporte les élections législatives en s'alliant avec Silvio Berlusconi et Matteo Salvini, qui ont tous deux une grande expérience politique et ont déjà travaillé avec Meloni par le passé. Malheureusement, Berlusconi et Salvini ont tous deux déçu de nombreux électeurs et légitimé le gouvernement technocratique européen de Draghi. Les critiques mondialistes décrivent l'ancienne journaliste comme une candidate d'"extrême droite" et mettent en garde contre un glissement de l'Italie vers un nouveau fascisme. Comment évaluez-vous idéologiquement la nouvelle alliance de droite en Italie ? Pourrait-elle réellement conduire à une révolution conservatrice en Italie ?

Meloni a réussi à se forger une réputation de pureté idéologique et d'intransigeance pour elle-même et son parti, mais la réalité est différente. Les FdI ne sont rien d'autre que les successeurs de l'Alleanza Nazionale (AN), un parti qui a déjà passé de nombreuses années dans une coalition avec Berlusconi, et de nombreux membres de l'AN font désormais partie des FdI. Meloni a elle-même été ministre de la Jeunesse dans le dernier gouvernement Berlusconi. L'idée qu'on se fait d'elle comme d'une femme politique intransigeante qui ne s'est jamais aventurée dans les bas-fonds de la gouvernance est donc romantique, mais fausse.

D'un point de vue idéologique, la coalition des droites italiennes a toujours été d'une grande confusion : des libéraux aux nostalgiques du mussolinisme, des régionalistes aux centralistes. Si je devais montrer ce qui unit cette coalition, je devrais d'abord citer l'aversion pour les impôts, une politique de sécurité stricte en termes de loi et d'ordre, ainsi qu'une hostilité voilée envers l'immigration et l'agenda LGBT. Si je cite des thèmes particuliers, c'est parce qu'il n'existe pas d'idéologie ou de philosophie formulée à laquelle la droite italienne adhère en bloc.

Le travail culturel qui définit une fois pour toutes ce que doit être la droite italienne n'a été fait que récemment et arrive trop tard, souvent écrasé en outre par le lourd héritage du fascisme, dont les Italiens ont encore aujourd'hui une bonne opinion, si l'on exclut les lois raciales. Je ne pense pas qu'un gouvernement de droite puisse déchaîner une "révolution conservatrice" en Italie, et encore moins un retour généralisé du fascisme. De manière réaliste, on peut s'attendre à un assouplissement de la censure des médias et à un arrêt momentané de l'agenda LGBT, mais tout cela sera perdu avec le prochain changement de gouvernement si cette politique n'est pas accompagnée d'un travail culturel profond en coulisses, qui n'a été mené que de manière très partielle et inefficace jusqu'à présent.

En matière de politique étrangère et de géopolitique, Giorgia Meloni adopte des approches plutôt non conventionnelles pour un parti de droite. Elle a ainsi déclaré publiquement vouloir suivre les directives de Bruxelles et livrer des armes à l'Ukraine. Que pensez-vous de ce positionnement géopolitique? Est-ce que cela permettra à l'Italie de récupérer sa souveraineté auprès de l'UE et des États-Unis ou est-ce que cela signifie une consécration de son statut de vassal des États-Unis ?

Aucun des partis de droite de la coalition n'a actuellement la volonté et la possibilité de changer la position atlantiste de l'Italie. La position vis-à-vis de l'UE est plus nuancée, mais la Lega et les FdI sont désormais sceptiques quant à une sortie de l'Italie hors de l'UE, alors que Forza Italia a toujours été pro-UE.  Cependant, l'européisme des FdI est très différent de celui des libéraux et plus proche de la vision eurocritique de Varsovie et Budapest que de l'européocentrisme français ou de la forte adhésion à l'euro en Allemagne.  Ce recentrage permet d'une part d'éviter que les électeurs eurosceptiques ne quittent les FdI pour des partis plus radicaux (par exemple Italexit ou ISP), mais d'autre part il place l'Italie dans une situation d'assiégeant du noyau européen franco-allemand, sous contrôle américain.

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Cet axe, qui marche de concert avec le groupe consolidé de Visegrad, serait complété par l'Italie et les pays du sud de l'UE.  Ce processus joue sur le profond mécontentement en Italie et dans ces pays en raison des politiques d'austérité mises en place par l'UE du Nord au détriment de l'UE du Sud. Ce n'est pas un hasard si Meloni a signé un pacte d'amitié avec le leader du parti espagnol Abascal. Si elle l'emporte en Italie et que la droite triomphe à Madrid grâce à Vox, nous serions alors face à la réalisation d'un rêve de Donald Trump : l'implosion de l'UE et la poursuite de cette politique de "diviser pour mieux régner" qui empêche l'Europe de s'émanciper de ses maîtres de Washington.

La revue de presse de CD - 11 septembre 2022

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La revue de presse de CD

11 septembre 2022

EN VEDETTE

Katya Kopylova, diplomate russe : « La réponse en cas d’attaque sera radicale ! »  

Katya Kopylova est diplomate et juriste russe. Jeune, très jolie, francophone sans aucun accent, interview d’un ovni : une tête – très - bien faite qui nous donne une belle leçon de géopolitique, historique et politique.

Livre noir

https://www.youtube.com/watch?v=xedMf06kWdU

ALLEMAGNE

L'industrie allemande met en garde contre l'explosion des coûts énergétiques : « L'Allemagne devient un musée industriel »

Les mises en garde contre les conséquences de la politique énergétique actuelle et l'explosion des coûts de l'énergie qui en résulte se font désormais entendre dans les milieux industriels. Début août déjà, le célèbre propriétaire de Trigema, Wolfgang Grupp, entre autres, avait mis en garde contre une « grande vague de licenciements ». Et la Chambre bavaroise de l'industrie et du commerce (BIHK) a déclaré qu'au vu des prix actuels de l'électricité, des milliers d'emplois étaient menacés rien qu'en Bavière ; si le gaz russe venait à manquer, ce chiffre pourrait atteindre un million rien qu'en Bavière.

euro-synergies.hautetfort.com

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Lu à l’étranger : Thilo Sarrazin, Les vœux pieux en politique

Figure majeure du SPD, exclu après avoir publié un livre critique sur l’immigration, Thilo Sarrazin continu d’analyser la vie politique allemande avec des livres qui sont toujours des bestsellers. Son dernier ouvrage analyse la prise de contrôle du sentimentalisme sur la vie politique. La rationalité et le temps long sont effacés pour être remplacés par l’émotivité et la réponse au court terme. Un livre non encore traduit en français mais qui permet de comprendre les débats intellectuels en Allemagne.

revueconflits.com

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CHILI

Réforme constitutionnelle au Chili : la « voix du peuple » contre la gauche

Le dimanche 4 septembre, tous les Chiliens sont allés voter et les résultats sont sans ambiguïté : le texte constitutionnel, porté avec enthousiasme par le président Boric a été rejeté par 61,86 % des voix.

contrepoints.org

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COMPLOTISME (?) – « c’est celui qui l’dit qu’y est »

A quoi sert la vaccination de masse ? De l’infertilité au transhumanisme…

Ce qui est appelé vaccin aujourd’hui semble se rapprocher toujours plus d’un outil de bricolage génétique qui permettrait aux dieux de l’enfer du great reset de prendre le contrôle de la production et de l’exploitation humaine. Une image qui m’a frappée récemment est la suivante. Elle sort directement des tiroirs de sympathisants de l’UE. Devant une Tour de Babel, flanquée de 11 étoiles inversées, se trouvent des « humains ». A les regarder de plus près, on imagine que ce sont des personnages de Légo. Or, ces gens seraient les « Nouveaux » européens. Autant de transhumains ?

lilianeheldkhawam.com

https://lilianeheldkhawam.com/2022/09/04/a-quoi-sert-la-v...

DÉCONSTRUCTION

« Le Seigneur des anneaux » d’Amazon souille le chef-d’œuvre de Tolkien

La plus grande menace de la Terre du Milieu et du monde du Seigneur des anneaux n’est plus Sauron ou Morgoth, mais les wokes. 

contrepoints.org

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L’idéologie woke s’attaque aux sciences de l’Homme

Censurer préventivement la science au nom du moralisme progressiste n’est pas seulement idiot, immoral et dangereux : c’est aussi se placer sur le terrain du lyssenkisme, du nom de Trofim Lyssenko, la pseudo-science stalinienne.

contrepoints.org

https://www.contrepoints.org/2022/09/03/438003-lideologie...

Sandrine Rousseau a raison

Dans une vidéo très bien réalisée, le Youtubeur Lapin du Futur se paye Sandrine Rousseau. Tout en appelant ceux qui la critiquent à ne pas se contenter de le faire en se moquant ou en rigolant. Car il a parfaitement saisi que derrière Sandrine Rousseau et quelques autres extrémistes de la « déconstruction » et de la « Table rase », il y a un véritable projet de société révolutionnaire qu’ils veulent mettre en place, pendant qu’une autre partie de la société se conforte dans son immobilisme sans bâtir un projet de société parallèle à celle que veulent ces nouveaux Khmers rouges.

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Vers l’euthanasie à marche forcée

C’est un puzzle qui se met en place sous nos yeux. Chaque pièce y trouve sa place. La vie politique étant pensée en séquences de communication, en fenêtres de tir afin de parvenir à faire adopter sans heurts tel ou tel texte de loi, il semble désormais clair qu’Emmanuel Macron proposera une loi consacrée à l’euthanasie active et au suicide assisté. « La réforme des retraites n'est pas dans les 60 priorités du gouvernement, mais il s'apprête à lancer le processus qui conduira – sans surprise – à légaliser l'euthanasie active et le suicide assisté. S'offrir facilement un succès dans l'opinion plutôt qu'affronter la contestation », analyse avec clarté Guillaume Tabard.

laselectiondujour.com

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DÉSINFORMATION/CORRUPTION/CENSURES/DÉBILITÉ

L’Express, parfait exemple de propagande de guerre

Le 24 mars 2022, un mois après le début de l’invasion de l’Ukraine par les forces russes, l’Ojim revenait sur les dix principes de la propagande de guerre. Pour nos lecteurs avides de mettre en pratique leurs capacités à repérer ces axiomes, la lecture du numéro 3712 (25 août 2022) de L’Express sera éclairante.

ojim.fr

https://www.ojim.fr/lexpress-nous-les-ukrainiens-propagan...

Revue de presse RT du 28 août au 3 septembre 2022

Notre exercice hebdomadaire de ré/désinformation grâce au média russe Russia Today. Cette semaine, il est visible que RT cherche, par sa sélection d’infos, à montrer la totale contre productivité des sanctions prises contre la Russie. Elles n’ont qu’un effet, mettre l’unité politique occidentale en danger, l’économie européenne à genoux et les citoyens au froid. Et l’Ukraine qui se prépare à devenir un centre terroriste, sous couvert de résistance…

lesakerfrancophone.fr

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Censure et fake news : Le Monde et LCI dans la tourmente

La onzième édition 2022 d’un rapport conduit par Le Reuters Institute for the Study of Journalism (RISJ) analysant l’activité des consommateurs sur le secteur des médias au niveau mondial, a été rédigée en interrogeant 93 000 « consommateurs » répartis sur tous les continents et 46 marchés distincts. D’après cette étude, il s'avère que seulement 29 % des Français ont confiance dans les médias, ce qui démontre une véritable crise de confiance. Et pour cause : le narratif sur les Gilets jaunes, le covid et la guerre en Ukraine, a beaucoup accentué cette séparation entre la presse et le citoyen. En témoigne ces deux exemples : avant de présenter ses excuses à ses lectrices et lecteurs ainsi qu’au président de la République, Le Monde, journal quotidien autrefois prestigieux, a dépublié suite à la colère de l'Elysée une tribune du politologue Paul Max Morin car « ce texte reposait sur des extraits de citation qui ne correspondent pas au fond des déclarations du chef de l’État ». Seulement quelques jours plus tard, c'est au tour de LCI de faire des siennes. Lors d'une émission, un journaliste provoque la stupeur. Assurant qu'il s'agissait de « propagande russe », celui-ci affirme qu'une manifestation, organisée notamment contre les rationnements énergétiques et pour la sortie de l'Otan, ne s'est jamais déroulée... alors qu'elle a bel et bien eu lieu le samedi 3 septembre.

francesoir.fr

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Les influenceurs virtuels sont-ils plus puissants que les influenceurs humains?

Face aux dangers liés à la réputation et au comportement des influenceurs « réels », les influenceurs virtuels apparaissent comme une solution efficace, car ils accomplissent des missions similaires sans exposer aux mêmes risques. Le phénomène des influenceurs virtuels prend de plus en plus d’ampleur et semble être privilégié par certaines entreprises. Plus fiables, moins chers, toujours disponibles, les influenceurs virtuels sont aussi incroyablement populaires et réalisent des performances remarquables auprès des consommateurs. Ils permettent aux marques d’être plus créatives tout en maîtrisant totalement le contenu.

theconversation.com

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Une presse française lâche et paresseuse

Ah, finalement, qu’il est doux d’être journaliste en France dans un journal de révérence ! Jadis, c’était un travail fatigant, voire stressant et parfois même risqué : il fallait aller chercher l’information directement sur le terrain et la corroborer le carnet de notes à la main. Certains événements pouvaient impliquer de mettre sa vie en danger ; et certaines informations, une fois obtenues, pouvaient signifier une exposition directe aux rétorsions des puissants…

contrepoints.org

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Palestine : la désinformation au 20h de France 2 continue

En juillet 2021, nous nous intéressions à la couverture qu’infligeait le « 20h » de France 2 au conflit opposant Israël aux Palestiniens. Nous notions alors à quel point c’est une constante dans cette rédaction, pour ne pas dire une ligne éditoriale, que de mutiler l’information (et le droit d’être informé) sur ce conflit en accumulant les œillères, les angles morts et les biais, voire les mensonges. Un constat qui ne s’est pas démenti depuis, y compris lorsqu’une journaliste palestinienne, mondialement reconnue, a été récemment assassinée par l’armée israélienne.

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ÉCOLOGIE

Environnementalisme systémique contre environnementalisme instrumental

La protection de l'environnement est l'une des questions les plus cruciales et les plus facilement instrumentalisées du monde contemporain. Pour comprendre la nature structurelle du problème, il faut commencer par une compréhension de base des mécanismes sous-jacents de la dynamique du capital, caractérisée par le besoin intrinsèque de croissance pérenne et de concurrence entre les agents économiques. L'état stable pour la société et l'économie décréterait l'effondrement du modèle capitaliste.

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ÉCONOMIE

La « shrinkflation », cette arnaque tapie dans les rayons de vos supermarchés

Le mot « shrinkflation » est une contraction du verbe to shrinkréduire », en anglais) et du mot « inflation ». C’est la tablette de chocolat qui a gardé le même nombre de carrés et son prix mais a perdu un demi-centimètre de chaque côté ; c’est le pot de fromage blanc ou de rillettes dont le fond remonte désormais jusqu’à la moitié ; le tube en carton des rouleaux de toilette qui a pris du diamètre ; les kilos qui ne font plus que 980 grammes, les céréales qui se baladent à l’aise dans leur boîte en carton ou certaines bouteilles d’eau minérale qui ne contiennent plus que 1,15 litre, contre 1,25 hier et 1,5 avant-hier. Etc.

Bvoltaire.fr

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ÉNERGIES

Nucléaire : une énergie qui dérange (vidéo)

Alors que près d’un Français sur deux considère comme prioritaire le maintien de nos capacités nucléaires actuelles, l’atome fait un retour remarqué sur le devant de la scène – et ce après une longue période de disgrâce. A la faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, dans la recherche d’une indépendance énergétique réaffirmée, ou bien encore pour limiter l’envolée des prix de l’électricité, tous les politiques – ou presque – semblent recommander son remède. Pour autant il est légitime de s’interroger sur cette source d’énergie et les fantasmes qu’elle véhicule. Qu’en est-il vraiment ? Professionnels et experts nous donnent les clefs pour mieux comprendre l’atome. Une excellente enquête.

documentaire-et-verite.com

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La crise énergétique s’aggrave en Finlande du fait des sanctions prises contre la Russie

Les effets secondaires des sanctions anti-russes deviennent de plus en plus insupportables pour les pays occidentaux. La Finlande a activé le niveau d’alerte maximal en raison de la crise énergétique, en prenant des mesures exceptionnelles pour gérer les difficultés d’approvisionnement. Le chef du gouvernement a même déclaré que le pays allait connaître une « économie de guerre », alors que la Finlande n’est manifestement en guerre avec aucun autre État. Ce scénario révèle la voie désastreuse que l’Occident a choisi de suivre par sa propre décision.

breizh-info.com

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Nucléaire : machine arrière toute !

Il est toujours possible de faire machine arrière. La Californie a reconsidéré la fermeture de la centrale nucléaire de Diablo Canyon.

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ÉTATS-UNIS

Les États-Unis pompent les poches des Européens avec l'excuse de la guerre

L'Occident collectif parle de l'introduction éventuelle d'un plafond sur les prix du pétrole en provenance de Russie. Toutefois, Moscou ne vendra pas d'or noir aux pays qui prennent une telle mesure, a déclaré le vice-premier ministre Alexander Novak. Quelles conséquences se cachent derrière le désir des États-Unis et de leurs alliés d'isoler la Russie, a demandé l'expert en économie Dmitry Adamidov

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LA CIA ET LES MÉDIAS (6/6) – Le rôle de la Commission Church

Comment les médias les plus puissants d’Amérique ont travaillé main dans la main avec la Central Intelligence Agency et pourquoi la Commission Church les a couverts.

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FRANCE

Énergie : Macron, président de la disette

Pourquoi avons-nous abandonné l’énergie nucléaire dont l’abondance était garantie ? Pour des raisons électoralistes (glaner des votes écologistes) pour inonder des industriels de l’énergie renouvelable de subventions (capitalisme de copinage).

Frédéric Bastiat fut le premier à dénoncer le système d’accaparement par la ruse de la spoliation légale par l’État (« cette grande fiction selon laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ») au nom d’une prétendue solidarité (« la Fraternité légalement forcée »). Il faudrait que chaque électeur mécontent puisse expédier Sophismes économiques et La loi à son député, sénateur, maire, et pourquoi pas à l’Élysée et Matignon pour qu’un peu de bon sens revienne dans les cerveaux de « la France d’en haut ».

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Le nucléaire français, histoire d’un désastre politique et idéologique

Prix en gros du mégawattheure à plus de 1.000 euros, Élisabeth Borne appelle les entreprises françaises à la « responsabilité collective » et n'exclut pas des coupures de courant cet hiver pour les particuliers. Comment la France, pays exportateur d'électricité, a-t-elle pu en arriver là ? Retour sur les 10 ans qui ont tué l'industrie nucléaire. Schizophrénie ou/et imbécillité ?

bvoltaire.fr

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Jean-Luc Mélenchon en mode Guy Mollet

Depuis son résultat au premier tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a adopté un comportement qui peut apparaître comme erratique mais qui finalement obéit à une logique et permet de le rattacher à un précédent politique. Juste après la deuxième Guerre mondiale, et avant le début de la guerre froide, Guy Mollet avait pris le contrôle de la SFIO (nom du PS de l’époque) avec des positions très à gauche et un discours résolument marxiste. Il avait même initié des contacts avec le PCF pour discuter d’une éventuelle fusion des deux partis !

vududroit.com

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Zones rurales contre zones urbaines : deux France s’opposent-elles vraiment dans les urnes ?

À la suite des élections présidentielle et législatives de 2022, de nombreux commentateurs ont mis en avant le clivage entre les ruraux et les urbains pour rendre compte des résultats du vote. Ce discours médiatique est produit principalement par des commentateurs qui pointent depuis des années, cartes à l’appui, le fossé – croissant – entre le vote des grandes villes et le vote d’une « France périphérique ». Il y aurait une opposition politique entre une France des métropoles, multiculturaliste, gagnante de la mondialisation et une France éloignée des grands pôles urbains, perdante de la mondialisation, subissant un déclin industriel et économique. Mais existe-t-il véritablement deux France opposées sur le plan électoral ? Si tel est le cas, l’origine de cette fragmentation est-elle essentiellement liée au contexte économique local ou à la composition de ces territoires ?

revueconflits.com

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GAFAM

Référé de BonSens contre Bill Gates: l'audience aura lieu le 22 septembre au tribunal de Nanterre

L'association BonSens.org et trois de ses administrateurs ont assigné en référé le co-fondateur de la multinationale Microsoft Bill Gates devant le tribunal judiciaire de Nanterre par le biais de leur avocat Me Diane Protat. Après que cette assignation a été dument délivrée au domicile américain de M. Gates, le cabinet d’avocats américain K&L Gates, un cabinet de Seattle fondé en 1883, dont l’un des principaux associés fut William H. Gates, père de Bill Gates, s’est constitué avocat le 6 septembre et représentera donc le milliardaire dans ce dossier. L'audience aura lieu le 22 septembre 2022 au tribunal judiciaire de Nanterre.

francesoir.fr

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Les réseaux sociaux vous espionnent, contrez-les !

Les réseaux sociaux sont devenus des armes dont nous sommes les munitions. Heureusement, nous pouvons arrêter les tirs.

contrepoints.org

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Plus de 50 employés de l'administration Biden impliqués dans une vaste opération de censure des réseaux sociaux

Selon les documents publiés le 31 août 2022 par le journal The Epoch Times, plus de 50 responsables de l’administration du président Biden issus d’une douzaine d’agences, ont été impliqués dans des efforts pour faire pression sur les entreprises de médias sociaux afin que celles-ci luttent contre « la désinformation » présumée. L'objectif : censurer les opinions qui vont à l’encontre du narratif selon lequel le vaccin « sûr et efficace » est la seule possibilité de venir à bout de l’épidémie de Sars-CoV-2.

francesoir.fr

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GÉOPOLITIQUE

Dossiers déclassifiés : La Grande-Bretagne a soutenu les États-Unis après la destruction d’un avion de ligne iranien

En 1988, un navire de guerre de la Marine américaine a abattu un avion de ligne iranien, tuant les 290 civils à bord. Des dossiers récemment déclassifiés montrent comment le gouvernement de Margaret Thatcher a offert un soutien immédiat aux États-Unis et a participé à la dissimulation de l’affaire.

les-crises.fr

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GRANDE-BRETAGNE

Décès de Elisabeth II, un obstacle au RESET levé. Refondation de la France.

Le roi Charles, portant la couronne des Objectifs de Développement durable de l’Agenda 2030 à la rencontre du World Economic Forum de 2020. La veille de la « pandémie » covidienne.  Elisabeth II est décédée ce 8 septembre 2022 à l’âge de 96 ans. Avec elle disparaît une figure de poids qui n’aurait pu cohabiter avec l’officialisation de la Nouvelle gouvernance associée au Nouveau Monde. Sa fonction est incompatible avec l’organisation transversale mondiale. C’est en ce même 8 septembre qu’une campagne médiatique française a annoncé la mise en place d’un Conseil National pour la Refondation du pays. Ce hasard de calendrier aidera grandement à atténuer les réactions populaires au lancement de ce projet.

Le blog de Liliane Held Khawam

https://lilianeheldkhawam.com/2022/09/09/deces-de-elisabe...

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LECTURES

Deux citations extraites de l’excellente revue hebdomadaire Antipresse (N° 352 | 28.08.2022), de Slobodan Despot :

« Le mot “cybernétique” est de la même étymologie grecque que “gouvernail“ et “gouverner“ : kubernetikè. La Domination planétaire tire ainsi le plus imparable parti de la Cybernétique, qui n’est pas tant la science des ordinateurs que la modalité moderne, mathématiquement assistée, de ce que Heidegger nomme la Führung, c’est-à-dire la direction impulsée par les ‘’chefs’’ (les Führers), et de sa doublure d’animosité et d’annihilation à l’encontre de l’animal. » Séminaire sur La Gestion Génocidaire du Globe, citation extraite de l’intervention intitulée « Les animaux malades de la Cybernétique », de Stéphane Zagdanski :

https://youtu.be/UhobfTWzePo

« Le temps des révolutions est aujourd’hui clos, nous vivons celui de l’extermination et, par ricochet, celui de la survie et de l’autodéfense. » « Vers l’autodéfense, Le défi des guerres internes », de Bernard Wicht, Jean-Cyrille Godefroy éditeur.

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Titre :

COVID 19. Une autre vision de l’épidémie. Sous-titre : Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas, de Laurent Toubiana. L’Artilleur, 272 p., 2022.

Auteur :

Laurent Toubiana est docteur en physique, épidémiologiste et chercheur à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM). Dirige de sa création en 2014 l’IRSAN (Institut de Recherche pour la valorisation de Santé).

Présentation :

Il s’agit du livre d’un honnête homme, savant sachant de son état, qui écrit pour ceux qui veulent comprendre ce qui s’est passé depuis 2020 et ces deux ans (pour l’instant) de démence, de propagande, de manipulation et de totalitarisme plus que rampant. Très clair, agrémenté de différents graphiques qui auraient mérités une présentation plus immédiate, il s’agit certainement du livre le plus clair et honnête sur la pseudo-pandémie que nous aurions subie.

Extraits :

« |…] la politique de massification des tests voulue par le gouvernement. Cette politique d’utilisation dévoyée des tests est parfaitement scandaleuse. En moins de deux ans, plus de 220 millions de tests ont été effectués pour une population de 67 millions d’habitants. Cela ne s’était jamais produit avant le Covid dans l’histoire du suivi des épidémies. »

« C’est apparemment Monsieur Jean Castex] qui, de 2005 à 2006, a été le directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale, où il a participé à l’introduction de la notion d’objectifs et de rentabilité dans l’hôpital et à une rationalisation des coûts dans le cadre du plan hôtel 2007. Nous sommes donc collectivement renseignés sur l’une des origines de la détérioration des soins. »

« Au début de ce livre, j’ai dit que mon propos était radical. Il n’a de radical que celui d’analyser les données épidémiologiques de la crise Covid et d’en conclure finalement que nous avons eu de la chance car cette épidémie était banale. Là où nous avons eu moins de chance, c’est dans la manière dont elle a été traitée. ça ce n’était pas banal. En vérité, mon discours n’apparaît comme radical qie par contraste avec la radicalité des mesures mises en place par les autorités sanitaires et avec le climat d’anxiété généralisée entretenu pour que les populations s’y soumettent. »

MONDIALISME

Donation américaine de plusieurs millions de dollars: une fondation de gauche veut renverser Orbán - et Soros se pointe à nouveau...

Le responsable de la communication du Fidesz, István Hollik, a indiqué aux médias qu'il était illégal en Hongrie qu'un parti reçoive des fonds de l'étranger. Selon lui, Márki-Zay et son équipe ont « abusé de la loi » puisqu'ils ont reçu les fonds sur le compte de leur association. Hollik a également attiré l'attention sur le fait qu'Action for Democracy avait des « milliers de liens » avec George Soros. (mü)

euro-synergies.hautetfort.com

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2022/09/02/d...

RÉFLEXIONS

Alain de Benoist : « La guerre qui se déroule actuellement en Ukraine est en fait une guerre des Etats-Unis contre la Russie »

En cette rentrée scolaire 2022-2023, nous avons donné la parole à Alain de Benoist, afin de faire le point sur l’actualité chaude du moment (guerre en Ukraine, crise politique et économique en France) mais aussi sur les perspectives, y compris chez nous, à moyen et long terme. Un entretien qui ouvre de nombreuses perspectives, loin des clichés éculés de nos politiciens et de nos « médias ».

breizh-info.com

https://www.breizh-info.com/2022/09/06/207529/alain-de-be...

« Le totalitarisme prend le pas sur la démocratie »

Pour l'instant pas censurée sur ma chaîne : archivez-la et diffusez-la ailleurs. « Aujourd'hui les représailles contre les défenseurs des droits humains sont très inquiétantes, et sont des exemples du traitement prochainement réservé à la société civile, de manière arbitraire. Lorsque les premières lignes, représentées par les citoyens qui se sont exposés depuis plus de deux ans à manifester leur inquiétude pour la protection des droits humains, auront été muselées et éliminées, c'est à ce moment-là que le peuple comprendra à quel pouvoir il a affaire, car le totalitarisme se déchaîne une fois qu'il a éliminé toute véritable opposition politique. »

arianebilheran.com

https://www.arianebilheran.com/so/adOBvPrZp?languageTag=e...

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Small is beautiful: Leopold Kohr et le refus de l’Etat totalitaire moderne

Nous allons vivre un cauchemar étatique dans tous les pays. Le penseur austro-américain Léopold Kohr était cité avec Jacques Ellul et Guy Debord à la fin du documentaire apocalyptique Koyaanisqatsi. C’est comme cela que je l’ai découvert en 1983. En réalité son nom est inconnu alors que son lemme est mythique : small is beautiful. Kohr est l’esprit qui a mis en doute le monde moderne dans tout ce qu’il a de gigantesque, de titanesque, d'autoritaire et de compliqué.

euro-synergies.hautetfort.com

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L’absolue nécessité de la peur

Les gouvernants ne font plus qu’une chose : surfer sur les peurs pour accroître leur pouvoir. Le pire ? Cela semble marcher.

contrepoints.org

https://www.contrepoints.org/2022/09/09/438473-labsolue-n...

RUSSIE

Retour sur les allégations de crimes de guerre russes en Ukraine : Boutcha (3/3)

Le 3 avril 2022, une vidéo commence à tourner sur les réseaux sociaux montrant une route jonchée de cadavres (ici reprise floutée par Sky News). Elle n’a ni date, ni explication. Mais, les internautes qui la partagent sur Twitter en sont déjà persuadés : il s’agit de victimes ukrainiennes de la barbarie russe. Qui a besoin de preuves quand les images semblent parler d’elles-mêmes ? Qui d’autre que les méchants envahisseurs russes pourraient massacrer ainsi des civils en pleine rue ? Cela semble tout à fait logique pour la majorité des gens qui croient déjà que les Russes ont bombardé la maternité et le théâtre de Marioupol, juste pour le plaisir de tuer des femmes et des enfants. La diabolisation était déjà lancée. Boutcha ne fait que confirmer ce dont beaucoup étaient déjà convaincus : les Russes sont des barbares et commettent des crimes de guerre en masse.  

Francesoir.fr

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SANTÉ/LIBERTÉS 

Le professeur Didier Raoult répond aux accusations de l’IGAS et des ministres

Afin de tirer un bilan de la crise du Covid-19, nous recevons le professeur Didier Raoult : angle de couverture médiatique des traitements précoces, conflits d’intérêts liés à l’industrie pharmaceutique, effets secondaires de la vaccination anti-Covid, ou encore attaques médiatiques et politiques contre l’IHU Méditerranée Infection, sur l’ensemble de ces thèmes brûlants, le célèbre microbiologiste répond sans concession à toutes nos questions dans le cadre de cet “Entretien essentiel“ fleuve.

francesoir.fr

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UKRAINE

[PODCAST] Ukraine : un siècle de tragédies – avec Stéphane Courtois

Stéphane Courtois est historien (directeur de recherche honoraire au CNRS), spécialiste de l’histoire d’Europe de l’Est et des régimes communistes. Dans cet entretien réalisé fin mai 2022, nous parlons de l’Ukraine. Quelle est l’histoire de cette nation, de son peuple, de son État, et de son territoire ? Des principautés vikings à l’époque contemporaine, Stéphane Courtois nous emmène à travers des siècles d’une histoire riche, rude et passionnante.

contrepoints.org

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UNION EUROPÉENNE

La folle stratégie de l’Europe pour la sécurité alimentaire

Ce rapport officiel de l’UE a été rédigé par des personnes aux ventres pleins, aux rêves idéologiques de pureté alimentaire et qui n’ont aucune idée du défi que représente l’obtention d’une récolte. Douloureux à lire mais encore plus à ignorer, je présente ici mes commentaires sur certains passages. Je ne cesse de me pincer quand je dis que c’est l’état d’esprit de nos dirigeants européens. Ce serait drôle si tant de gens ne risquaient pas de mourir ou de souffrir de malnutrition, en grande partie à cause de leur idéologie ignorante du culte de la nourriture.

contrepoints.org

https://www.contrepoints.org/2022/09/05/426312-la-folle-s...

L’enfer est pavé de bonnes intentions : l’Europe

L’Europe est un sujet qui nous a toujours été vendu comme répondant à de nobles intentions. Certes. Mais de quelle Europe parlons-nous ? Et la prééminence du politique sur tous les sujets ne fausse-t-elle pas tout débat de fond, menant petit à petit à l’enfer de la désillusion ?

contrepoints.org/

https://www.contrepoints.org/2022/09/03/167472-lenfer-est...

L’avenir de l’Union Européenne selon Olaf Scholz

Le chancelier allemand Olaf Scholz a prononcé un important discours sur sa vision de l’Union européenne, à l’Université Charles de Prague, le lundi 29 août (texte intégral en lien ci-dessous, traduit par la revue Le Grand Continent). Affirmant à quatre reprises que l’UE doit s’adapter au « changement d’époque », il a esquissé un programme de réformes pour qu’elle renforce son rôle « géopolitique » et défende sa « souveraineté ». Le point essentiel de ce programme est l’abandon de la règle de l’unanimité au profit de la « majorité qualifiée » dans les domaines de la politique étrangère et de la fiscalité. Autrement dit : un pays membre de l’UE ne disposerait plus d’un droit de véto pour bloquer une décision prise à la « majorité qualifiée » (c’est-à-dire adoptée par 55 % des États membres représentant au moins 65 % de la population de l'Union européenne : c’est l’un des modes de vote actuellement appliqué au sein du Conseil des ministres de l’Union européenne dans certains secteurs : Agriculture et pêche, Compétitivité, Emploi, etc.).

laselectiondujour.com

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samedi, 10 septembre 2022

La novlangue économique au travail

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La novlangue économique au travail

Dernièrement, il y a eu cinq cas d'utilisation de la novlangue dans le plan économique qui méritent d'être analysés, car pour le lecteur de la presse mainstream, les mots le trompent, ils relèvent de la novlangue. 

De plus, celle-ci a atteint un point extrême où les mots dissimulent de terribles plans, un contrôle et une domination des masses impensables il y a seulement quelques années.

1- - Europe : mettre progressivement en place le 'Crédit Social'.

En Chine, depuis 2018, ils ont établi un "Score de crédit social" pour tout le monde, qui est calculé sur des ordinateurs centralisés, à partir de données provenant d'achats, de transactions, de voyages ou de déplacements, de lectures et d'utilisation de la presse, d'Internet, du cinéma, de la télévision.....

Ceux qui ont un bon score ont la préférence pour les emplois, les transports, les universités, le logement, et ceux qui ont un moins bon score sont limités en tout. Une déclaration publique de soutien aux idées ou aux mesures du gouvernement améliore la note, et si la note est très mauvaise, vous pouvez finir dans un centre de rééducation.

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Tout cela est officiel, ce n'est pas un secret, bien sûr les gauches européennes ne le dénoncent pas et la presse du capitalisme ne le diffuse pas plus que modérément. Podemos, en Espagne, ne proteste pas à ce sujet puisque les communistes chinois le font.

Mais ce qui est effrayant, c'est que cette idée, sous une forme modérée et déguisée, commence à être mise en pratique en Europe. En juillet 2021, le Sénat français a créé une délégation chargée d'étudier les mesures de contrôle de la population, que ce soit pour des questions de santé, de terrorisme ou de mécontentement de masse (notamment les gilets jaunes). 

La conclusion a été d'établir des listes de citoyens "légaux" mais dangereux. Si une personne s'est montrée rebelle à ces contrôles, elle conserve sa liberté mais l'État peut la restreindre sur des questions d'emplois de fonctionnaires ou de militaires, de réductions des pensions ou des avantages, de files d'attente pour les soins, etc.

Cela a été écrit dans le mémorandum de cette commission du Sénat.

Et récemment, en Allemagne, une direction a été créée pour recueillir les accusations portées contre des "théoriciens du complot" ou des diffuseurs de "fake news" (ils décident de celles qui sont fausses).

Le 30 octobre 2020, le ministère espagnol de la Présidence, des Relations avec les tribunaux et de la Mémoire démocratique a publié l'arrêté ministériel PCM/1030/2020 "par lequel est publiée la Procédure d'action contre la désinformation approuvée par le Conseil national de sécurité."

Sous le néo-langage du "Crédit Social" se cache un contrôle individuel qui dépend de "toutes les activités économiques de l'individu", et celui d'une valorisation pour des priorités d'accès à toute une série de droits ou de facilités au gré de l'Etat.

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À la vitesse à laquelle cette idée progresse dans le Système, bientôt des millions de suspects seront contrôlés et inclus dans des listes de "citoyens dangereux" qui se verront refuser certains services sociaux. En fait, avec la question de la santé, cette idée était déjà mise en place sur la base du passeport de vaccination, mais ce n'était qu'un début.

2 - Une identité numérique européenne : un outil totalitaire ?

Ce n'est pas un secret, il est prévu que d'ici 2030, chaque citoyen de l'UE aura un numéro d'identification. Le règlement DAS a été établi sans propagande en 2014. Et en 2021, il s'appellera "Portefeuille d'identité numérique européen". C'est beau, c'est de la novlangue. 

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Ce qui pourrait être quelque chose de très raisonnable pour la mentalité normale, cache d'énormes dangers. On pourrait le traduire par "nous vous contrôlerons dans tous les pays, un seul pays vous inscrit, vous serez enregistré dans tous".

Ce numéro sera nécessaire pour accéder à de nombreux droits, privés et publics, ouvrir des comptes bancaires, s'inscrire dans les universités, entrer dans les hôpitaux ou louer des appartements. 

Mais il y a le problème suivant : si un pays européen classe votre numéro comme "dangereux", vous aurez des problèmes et des limitations, même si vous n'êtes pas un problème dans votre propre pays. Il y a des pays, comme l'Allemagne, qui ont bien l'intention de harceler ceux qui ne sont pas des sionistes déclarés.

Un nombre qui ouvre des portes est le même nombre qui peut les fermer.

Ce numéro pourrait être utile si ceux qui le manipulent étaient des gens honnêtes, mais entre les mains de ceux qui souhaitent faire taire les dissidents, et lorsqu'il est facile pour un pays d'être fanatique dans sa persécution et sa censure, un numéro commun est un réel danger.

3- Contrats permanents discontinus

Le travail temporaire était mal vu. De même qu'il est mal vu de qualifier quelqu'un de vieux, même s'il l'est, et on invente donc le "troisième âge" ou la "personne âgée".

Mais il y a des réalités à affronter. Les travailleurs du tourisme ou les travailleurs du nougat ou les travailleurs agricoles saisonniers, etc. ne peuvent pas avoir de contrat permanent. Et face à une augmentation ponctuelle de la demande ou à une incertitude quant à sa continuité, des employés doivent être engagés sur une base temporaire jusqu'à ce que l'on puisse voir si cela est nécessaire sur une base permanente.

Puis vient la novlangue, et on découvre les "Contrats Fixes Discontinus". Ils sont déjà permanents, bien que le terme "discontinu" prête à confusion. En réalité, il s'agit d'un contrat temporaire avec une indemnité de licenciement si le contrat discontinu n'est pas relancé. Une amélioration si vous le voyez de cette façon.

Mais la novlangue cache la chose la plus importante pour les politiciens :

1- Il n'y a plus de temporalité, tout est fixe, dans la lettre du moins. La propagande est immédiate, nous avons mis fin au caractère temporaire. Le fait qu'elle ne soit pas vraiment fixée est la chose la moins importante.

2- Et le plus important : comme il est permanent, à la fin de la période de travail, vous n'êtes pas au chômage, vous avez un contrat mais vous êtes en attente. Vous n'apparaitrez PAS dans les chiffres du chômage. C'est fondamental, pour mettre fin aux chiffres du chômage, pas au chômage en soi.

4 - Euros numériques

La BCE a établi en juillet 2021 un plan (qui ne sera pas réalisé si tôt, mais c'est normal dans tous les plans du système) pour qu'en janvier 2025 il n'y ait plus que des euros numériques, et non plus de la monnaie papier. 

Les excuses sont les mêmes depuis toujours, le contrôle fiscal et l'élimination de l'argent noir de la drogue. La réalité est qu'ils ne mettront pas du tout fin à la drogue, et que la fraude fiscale à grande échelle ne vient pas du fait de ne pas facturer et de facturer au noir, puisque depuis longtemps les factures de plus de 1000 euros doivent être payées par virement ou par chèque.

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Mais ce qu'ils veulent réaliser, c'est le contrôle absolu de ceux qui apportent une aide aux groupes ou aux personnes qui ne sont pas politiquement corrects, savoir ce que vous faites et ce que vous dépensez, ce que vous achetez et ce que vous lisez, etc.

Le contrôle personnel que les banques et les administrations peuvent atteindre est énorme, tout ce qui est fait et payé irait dans leurs ordinateurs.

L'anonymat du papier-monnaie est une défense contre l'intrusion officielle dans nos vies.

Nous devrons aller payer en dollars, en francs suisses, en livres ou en crypto-monnaies.

5 - L'UE aide en donnant des milliards d'euros pour la crise sanitaire et la crise.

Il y a quelque temps, la BCE a décidé d'apporter son "aide" en achetant de grandes quantités de dette publique de certains pays, dont l'Espagne, afin de maintenir les taux d'intérêt à un niveau très bas.

Et depuis la crise sanitaire apparaissent les nouvelles en novlangue,à propos des milliards que la BCE, l'UE, le FMI donnent aux états pour surmonter les crises (d'abord la santé et maintenant la guerre en Ukraine).

Les gens, dans leur ignorance, croient que cet argent nous est donné pour surmonter ces problèmes. Et ainsi, les politiciens de l'époque peuvent donner de l'argent, subventionner l'essence ou le gaz, etc.

Mais il s'avère que de temps en temps, il est rappelé, en petits caractères, que, la plupart du temps, cet argent doit être remboursé, c'est un prêt. Et nous nous retrouvons avec une dette de 130% du PIB ou plus. 

Ce serait grave, mais c'était déjà grave à 95% du PIB avant cela. Et le nouveau sérieux vient de deux côtés :
- Si l'argent était dépensé dans des domaines qui profiteraient à l'État, favoriseraient l'activité et réduiraient le chômage, et si l'on prévoyait comment l'argent serait remboursé à l'avenir, ce serait acceptable. Mais il est dépensé sans générer d'argent en retour et il n'existe aucun plan de remboursement lorsque l'argent est récupéré.

- Pour aggraver les choses, les intérêts de la dette étaient très bas, mais ils ont commencé à augmenter de façon alarmante, beaucoup, et on ne sait pas du tout comment l'État va pouvoir payer MÊME les intérêts, et encore moins rembourser une partie de cette dette "cadeau".

En somme, ce cadeau à l'emporte-pièce lie encore plus les Etats à la finance et les laisse encore plus dominés par les décisions usuraires des banques et de la finance.

 

Retour sur un été incandescent

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Retour sur un été incandescent

par Georges FELTIN-TRACOL

C’est la rentrée ! Mais la marche du monde ne s’est pas arrêtée pendant les mois de juillet et d’août. Certes, le système médiatique officiel français s’est vautré au cours de cette période de vacances dans une impressionnante complaisance climatique anxiogène. Les gigantesques incendies de forêts survenus en Gironde, en Bretagne, dans le Maine - Anjou ainsi que dans les Alpes et dans le Massif Central ont permis de désigner un responsable imparable : le réchauffement climatique. La sécheresse qui s’abat sur toute la France résulte aussi, selon la propagande médiatique, de ce même réchauffement. Quant aux violents épisodes orageux des 17 et 18 août dernier dans le Sud-Est et en Corse, c’en serait une conséquence indirecte. Salaud de réchauffement climatique !

Il est indéniable que la météo a perturbé les vacanciers, les travailleurs et les saisonniers. Les périodes de canicule auraient été plus fréquentes cette année. Ces importantes variations relevées ne doivent pourtant pas se focaliser sur la thèse réchauffiste. Le climat évolue au fil des siècles. Une œuvre anonyme, Le Journal d’un bourgeois de Paris, rapporte que dans la première moitié du XVe siècle, les hivers étaient très rigoureux si bien qu’on pouvait traverser la Seine gelée. Les historiens du « Roi-Soleil » surnomment le XVIIe siècle ludovicien le « petit âge glaciaire ». La montée progressive des températures commence au début du XVIIIe siècle, soit sept à huit décennies avant le départ de la Ire Révolution industrielle. Il faut par ailleurs observer que l’aboutissement des enclosures, véritable génocide rural silencieux, commencé deux siècles auparavant, favorisent la déforestation maximale de l’Angleterre et du Pays de Galles.

Plus prosaïquement, l’aridité croissante facilite les départs de feux parfois naturels (la tombée de la foudre), accidentels (éclats flambants de roues de trains touristiques à vapeur) ou intentionnels (actes de pyromanie). On est surpris que certains n’aient pas accusé les services russes, chinois ou syldaves d’en être les fauteurs. L’année dernière, les autorités algériennes incriminaient ouvertement des agents marocains et israéliens.

Rares ont été les commentateurs qui ont abordé la mauvaise gestion et l’absence d’entretien du domaine forestier français dispersé en une multitude de propriétés et dont certaines comme en Gironde dépendent de franchises accordées au Moyen Âge. Or, en plus d’un siècle, la superficie forestière dans l’Hexagone s’est fortement étendue au point que la France redevient cette « Gaule chevelue » décrite par Jules César dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules. Le dysfonctionnement structurel de la gestion forestière résulte d’une méthode chaotique et individualiste des parcelles boisées. Aucune différence n’existe entre les forêts domaniales, propriétés des collectivités territoriales, les communes en particulier, et les champs d’arbres privés. Dans le même temps, dans les espaces périphériques des métropoles ou dans les zones péri-urbaines, de nombreuses municipalités dévastent leurs bois communaux pour y construire des logements sociaux destinés aux familles monoparentales et aux populations dites « sensibles » sous peine de payer de lourdes amendes.

Dommage qu’il n’y ait aucune proposition de « planification forestière » sous la supervision de l’État en tant que régisseur national des forêts apte à mettre en valeur cette formidable richesse. Le bois sert de source d’énergie à de plus en plus de foyers appartenant aux catégories populaires et moyennes en voie de déclassement social. Le paysage forestier dépend de l’entretien des sols, ce qui implique une incitation auprès de nombreux jeunes gens, motivés, formés et aidés, à retourner à la terre. Maintes forêts ne sont plus entretenues, faute de troupeau qui nettoyait les sous-bois. Relancer l’agro-pastoralisme en Provence ou dans les Pyrénées réduirait en partie les risques d’incendie.

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La situation de grande aridité est aussi un effet négatif des activités humaines. Le modèle productiviste exigé par la PAC (Politique agricole commune) impose des cultures grandes consommatrices d’eau (céréales, maïs). Mais ce n’est pas le seul problème. Avec les restrictions prises par les préfectures, on assiste à différents conflits d’usage autour de cette ressource vitale. Des agriculteurs souhaitent créer des retenues d’eau, ce que rejettent les écologistes, d’où de violents incidents et le décès de Rémi Fraisse en octobre 2014 à Sivens. De tels réservoirs permettraient d’irriguer des cultures avides en eau. On peut comprendre l’irrigation maraîchère. Doit-on accepter l’arrosage des terrains de golf ? La priorité va-t-elle aux golfeurs ou bien aux agriculteurs ? L’État ne répond pas et préfère pratiquer un très difficile « en même temps ».

Certains villages du Midi de la France voient déjà leur source tarie et se résignent à s’approvisionner en bouteilles d’eau minérale. Et en ville ? D’éventuelles coupures d’eau combinées aux coupures de gaz, d’électricité et de chauffage pourraient à assez brève échéance susciter un mouvement social en comparaison duquel celui des Gilets jaunes ne serait qu’une aimable plaisanterie.

En outre, les communes urbaines disposent de canalisations anciennes et vétustes. Les changer serait bien plus coûteux que de laisser d’innombrables fuites d’eau parfois dues aux mouvements souterrains de terrain et à l’usure naturelle des matériaux. Afin de tendre vers le plein emploi effectif, ne pourrait-on pas entreprendre sur une décennie au moins une telle réfection ? Cela impliquerait un suivi long que ne permet pas la désastreuse démocratie libérale court-termiste !

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Avant d’être un geste écologique, économiser l’eau est d’abord une action de bon sens principalement financière. L’absence de vision sur une longue durée historique à propos du sort de la forêt et des usages contradictoires de l’eau procèdent de la déshérence avancée des services publics ou de services privatisés en quête d’une rentabilité élevée.

La Grasse Presse n’évoque pas ces problèmes et leurs enjeux édifiants. Elle préfère verser dans l’incantation climatique afin d’effrayer le quidam. Il est néanmoins surprenant - et même cocasse - qu’à l’heure de la « société liquide » et des assauts géopolitiques de la Mer (pour faire simple), bien des sociétés fluidifiées et post-genrées subissent un manque d’eau flagrant !    

GF-T

« Vigie d’un monde en ébullition », n° 41, mise en ligne le 6 septembre 2022 sur Radio Méridien Zéro.

Réorganisation militaire de l'Europe du Nord

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Réorganisation militaire de l'Europe du Nord

Groupe de réflexion Katehon

Source: https://www.geopolitika.ru/it/article/riorganizzazione-militare-delleuropa-settentrionale

L'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'OTAN constitue une menace plus sérieuse pour la Russie que l'acceptation insignifiante de nouveaux membres de rang.

L'élargissement de l'OTAN à la Suède et à la Finlande a déjà été décrit comme transformant la mer Baltique en eaux intérieures de l'OTAN. Cette affirmation n'est pas entièrement vraie. Car une partie de la Baltique appartient à la Russie et les îles Åland, qui font partie de la Finlande, ont un statut spécial. Mais il s'agit d'une autre question, à savoir l'intégration des capacités militaires, puisqu'en plus de l'OTAN, il existe une coopération en matière de défense entre les pays nordiques.

La coopération nordique en matière de défense est composée de cinq membres : le Danemark, la Finlande, l'Islande, la Norvège et la Suède. L'objectif de l'organisation est de renforcer les capacités de défense des pays participants en identifiant les domaines de coopération et en promouvant des solutions efficaces.

L'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'OTAN n'est pas seulement une valeur ajoutée. La perspective d'une intégration de la défense nordique offre l'opportunité d'un changement radical qui pourrait transformer la défense de l'Atlantique Nord. Il ne s'agit pas seulement de savoir comment les États-Unis règlent le jeu, mais comment les pays nordiques collaborent désormais pour façonner les règles et déterminer ce que les États-Unis peuvent fournir pour la défense de l'Europe du Nord. C'est-à-dire que Washington pourrait être le commanditaire probable de l'action. Puisque le voisin le plus proche potentiellement considéré comme une menace par les pays de l'OTAN est la Russie, des actions hypothétiques seraient prises contre la Russie.

En termes de géographie politique, la Norvège et la Finlande formeront désormais une longue frontière terrestre avec la Russie. La Suède et le Danemark (y compris le Groenland et les îles Féroé) n'ont pas une telle frontière et peuvent donc passer de la projection de puissance militaire terrestre au développement de capacités aériennes et navales.

Si une transformation profonde de la stratégie militaire devait se produire, les alliés de l'OTAN en dehors de l'Europe du Nord, en particulier les États-Unis et le Canada, devraient reconsidérer leur approche de la planification des opérations impliquant des pays d'Europe du Nord. Ce faisant, ces mêmes pays seront incités à développer des capacités militaires contre la Russie.

Il est probable que les pays nordiques commenceront progressivement à s'éloigner des plateformes traditionnelles et à se concentrer sur l'intégration des capacités de combat et sur l'interopérabilité pour les opérations militaires. À l'heure actuelle, les États nordiques visant la coopération en matière de défense envisagent de créer un commandement nordique qui serait pleinement intégré à l'OTAN. Si cela devait se produire, non seulement les capacités de défense globales feraient un bond en avant, mais l'OTAN pourrait également projeter sa force militaire dans l'Arctique et l'Atlantique.

La deuxième flotte de la marine américaine, basée à Norfolk, est susceptible d'assumer cette fonction, ses navires se déplaçant dans l'Atlantique et l'Arctique. Il faut garder à l'esprit les capacités du spectre électromagnétique et la nouvelle doctrine militaire américaine d'opérations intégrées sur l'ensemble du spectre.

Les capacités du Canada, qui devra augmenter sa contribution avec la nouvelle approche, notamment pour contrer la Russie dans l'Arctique, doivent également être prises en compte.

Le cas de la Finlande est particulièrement intéressant. Pont à l'époque de la guerre froide entre l'Union soviétique et l'Occident (ainsi que champ de bataille pour le renseignement), après l'effondrement de l'Union soviétique, Helsinki a répondu à la nouvelle ère à sa manière. La Finlande soutient désormais activement l'Ukraine, en lui fournissant des systèmes d'artillerie. Mais dans le cas de la réorganisation militaire de l'Europe du Nord, l'accent doit être mis sur la puissance aérienne, car l'OTAN met l'accent sur l'utilisation de ces forces en temps de conflit.

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Par ailleurs, quelques mois après la disparition de l'Union soviétique, les Finlandais ont signé un accord de 3 milliards de dollars avec les États-Unis pour l'achat de 64 avions de combat F-18. Cette décision a non seulement renforcé la puissance militaire de la Finlande, mais a également créé une base d'interopérabilité avec l'OTAN. Le 10 décembre 2021, la Finlande a annoncé sa décision d'acheter des jets F-35, et la Suède a également proposé d'acheter des avions de sa propre production. Cela indique le désir d'Helsinki de coopérer plus étroitement avec des alliés tels que les États-Unis.

Bien que l'adhésion officielle de la Finlande à l'OTAN soit encore loin, les membres de l'alliance ont déjà commencé à planifier la manière d'intégrer l'armée de l'air finlandaise dans leurs stratégies de lutte contre la Russie. Depuis plusieurs années, la Finlande effectue un entraînement transfrontalier de ses forces aériennes avec la Norvège et la Suède. Désormais, la Finlande sera pleinement intégrée aux autres partenaires du F-35 dans la région - Norvège, Danemark, Pologne, Pays-Bas et Belgique - ainsi qu'aux autres opérateurs de F-35 aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.

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Cela signifie que lorsque les Finlandais déploieront les F-35, ils feront partie d'une ceinture régionale de renseignement, de surveillance et de reconnaissance qui pénétrera le territoire russe et fournira avec lui des communications intégrées pour une réponse de la force. Le F-35 n'étant pas un chasseur traditionnel, il s'agit d'un système de combat volant dont les capacités augmentent avec le nombre de F-35 en vol. Les experts de l'OTAN recommandent déjà d'agir le plus rapidement possible pour utiliser le F-35 comme une force de frappe intégrée capable de frapper des cibles russes à longue distance en cas de conflit.

Par conséquent, la Russie est confrontée à une menace plus sérieuse qu'un simple membre supplémentaire de l'OTAN. Compte tenu de sa position, la Finlande devient un État clé pour influencer le comportement de la Russie dans la région.

vendredi, 09 septembre 2022

Le peuple russe en tant que force d'intégration

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Le peuple russe en tant que force d'intégration

Miklós Kewehazy & Karoj Lorant

Source: https://www.geopolitika.ru/article/russkiy-narod-kak-integriruyushchaya-sila

Les idées de Zbigniew Brzezinski sur la géopolitique dans son livre "Le grand échiquier" représentent une réorganisation du monde d'un point de vue américain ou, peut-être plus précisément, atlantiste, avec la possibilité de défendre aussi les intérêts américains.

FoundationsGeopolitics.jpgÀ l'opposé se trouve le livre d'Alexandre Douguine, Foundations of Geopolitics, et les opinions qui y sont exprimées sur les intérêts nationaux de la Russie. La présentation du livre de Douguine et de ses vues sur les intérêts géopolitiques de la Russie devient pertinente en raison de la tragédie de sa famille, l'assassinat planifié de sa fille.

Pour qu'un pays ou une nation ait des intérêts géopolitiques, il est important qu'il/elle dispose d'une puissance économique et militaire adéquate, sans laquelle il ne peut évidemment pas intervenir dans les questions géopolitiques, en recherchant une plus grande influence géopolitique. Cependant, on ne peut pas dire que cette situation soit particulièrement avantageuse pour le pays en question, car elle peut souvent entraîner la destruction de ce pays, comme le prouvent les exemples de la guerre en Corée, au Vietnam et maintenant en Ukraine.

Les intérêts géopolitiques peuvent être détenus non seulement par de grands pays, mais aussi par des groupes de pays unis selon certaines lignes, et même par des entités "super-étatiques". Douguine, par exemple, lorsqu'il évoque les intérêts nationaux russes, considère que son principal adversaire n'est pas l'Amérique, mais l'Alliance atlantique des États, qui est un concept bien plus large que les États-Unis eux-mêmes.

En effet, en ce qui concerne la fin de la guerre en Ukraine, il est très intéressant de savoir qui est l'autre partie du conflit ? Les États-Unis en tant qu'État-nation ? Les puissances anglo-saxonnes ? L'OTAN en tant qu'organisation ? Ou une "force d'arrière-plan euro-atlantique" qui plane sur tout cela ?

En outre, l'Europe peut avoir des intérêts géopolitiques en Europe (Alexandre Douguine suggère également de telles possibilités d'organisation géopolitique), qui diffèrent à la fois des intérêts nationaux américains, de ceux de l'OTAN en tant qu'organisation militaire, et surtout de ceux d'une "puissance de fond euro-atlantique".

Pour l'instant, cependant, les dirigeants de l'Union européenne et de ses grands États membres sont incapables d'articuler leurs propres intérêts géopolitiques parce qu'ils sont essentiellement les serviteurs de cette puissance de fond euro-atlantique, et là où ils ont encore leurs propres choix (politique énergétique), ils deviennent bien plus les fossoyeurs de l'Europe que les défenseurs des intérêts européens.

Contrairement à Brzezinski, par exemple, qui représentait principalement les intérêts atlantiques plutôt qu'américains dans ses exposés géopolitiques, Douguine est un véritable patriote russe, et sa réflexion se concentre sur les intérêts de la nation russe, ses spécificités culturelles et le rôle des Russes dans l'intégration de la région eurasienne.

Environ la moitié des huit chapitres de son livre Geopolitical Analysis, y compris une discussion et une évaluation des idées de ses autres collègues, sont consacrés à la situation géopolitique de la Russie et à ses relations potentielles.

Selon Douguine (à l'époque où son livre a été écrit, c'est-à-dire au milieu des années 1990), il y a deux directions en Russie concernant l'avenir du pays.

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La première est celle des libéraux radicaux, ou réformateurs, qui prennent pour exemple la société occidentale, le système capitaliste moderne, et acceptent pleinement la vision de Francis Fukuyama sur la fin de l'histoire, c'est-à-dire la victoire finale du capitalisme libéral. Cette tendance nie les valeurs telles que la nation, l'histoire, les intérêts géopolitiques, la justice sociale, tout est basé sur l'efficacité économique maximale, l'individualisme, le principe de la primauté de la consommation et le marché libre.

Selon lui, à la place de la Russie, les libéraux veulent construire une nouvelle société qui n'a jamais existé historiquement, dominée par les règles économiques et les attitudes culturelles qui régissent aujourd'hui l'Occident et surtout les États-Unis. En utilisant la terminologie libérale occidentale et les normes juridiques, ce camp libéral peut facilement répondre à tout problème de la réalité russe. Pendant longtemps, cette position a été presque la seule à dominer sur le plan idéologique, principalement parce qu'elle coïncidait généralement avec l'orientation générale des réformes libérales.

Un autre système de vues sur l'avenir de la Russie est le programme de la soi-disant opposition nationale-patriotique. Ce camp est très diversifié, et ses membres sont seulement unis par leur aversion pour les réformes libérales et leur aversion pour la logique libérale prônée par les réformateurs. Cette opposition n'est pas seulement nationale et patriotique, mais aussi "rose et blanche", c'est-à-dire qu'elle se compose de communistes qui rejettent les dogmes rigides du marxisme-léninisme et de partisans de la monarchie orthodoxe, de l'État de type tsariste.

Par conséquent, Alexandre Douguine appelle cette tendance la tendance soviéto-tsariste et affirme que leur système de vues est basé sur des archétypes idéologiques, géopolitiques, politico-sociaux et administratifs, qui tentent de se rapprocher des périodes soviétique et tsariste pré-soviétique.

Selon Douguine, l'idéologie de ces patriotes est beaucoup plus contradictoire et confuse que les constructions logiques et fermées des libéraux, de sorte qu'elle apparaît souvent non pas comme un concept ou une doctrine cohérente, mais fragmentée, au niveau de l'émotion, et plutôt incohérente.

Dugin rejette les deux tendances politiques et affirme qu'elles seraient une impasse pour le peuple russe. La tendance libérale entraînerait l'élimination progressive des caractéristiques nationales russes et signifierait la fin de l'histoire pour les Russes, tandis que la tendance soviéto-tsariste tenterait de faire revivre la nation et l'État dans les formes et structures historiques mêmes qui ont en fait conduit à leur dégradation progressive et à leur effondrement final.

Il y a donc un besoin urgent d'une troisième voie, d'un concept idéologique spécifique qui n'est pas un compromis entre le libéralisme des réformistes et le soviéto-tsarisme de l'"opposition unie", mais qui rompt avec la logique de la dualité "libéraux/opposition" et crée une véritable alternative aux deux, basée sur les spécificités et les intérêts de la nation russe.

Selon Douguine, le peuple russe est une communauté historique, ethniquement, culturellement, spirituellement et religieusement unie, porteuse d'une civilisation unique, qui a joué un rôle crucial dans la création non pas d'un mais de plusieurs États, de la mosaïque des anciennes principautés slaves à Moscou-Russie, l'Empire de Pierre le Grand et l'Union soviétique.

La continuité entre les différentes entités a été assurée par le peuple russe, qui ne s'est pas contenté de suivre les lignes ethniques, mais a exprimé en lui une idée de civilisation particulière et indépendante, différente de tout autre. La nation russe n'a pas été créée par l'État, mais par la nation russe. Le peuple russe a expérimenté différents types de systèmes étatiques au cours de l'histoire. Tout ceci justifie de placer le peuple russe et ses intérêts au cœur du développement du concept géopolitique.

Par conséquent, Alexandre Douguine considère le peuple russe comme une force d'intégration, capable d'unir d'autres peuples, et c'est sa vocation dans la région eurasienne. Les formations que cette alliance pourrait signifier, selon Douguine, nous les présenterons dans les articles suivants, en indiquant également les points de vue de Brzezinski, qui représente le pôle opposé. Ensemble, ces deux concepts jettent davantage de lumière sur le contexte de la guerre actuelle et croissante en Ukraine.

Nous constatons que les géopoliticiens tels que Douguine et Brzezinski dessinent et déchiffrent facilement des cartes, mais nous ne savons pas encore ce que leur mise en œuvre implique habituellement. Pourtant, il ne faut pas les condamner pour autant, car la prise en compte des facteurs dont traite la géopolitique peut également contribuer à l'établissement d'une coopération pacifique dans de grandes régions.

Deux disparitions: Jack Marchal & François-Bernard Huyghe

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Deux disparitions

par Jean-Gilles Malliarakis

Source: https://www.insolent.fr/2022/09/deux-disparitions.html

Oskar Lafontaine demande que l'Europe se détache des États-Unis

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Oskar Lafontaine demande que l'Europe se détache des États-Unis

Bernhard Tomaschitz

Source: https://zurzeit.at/index.php/oskar-lafontaine-fordert-abkoppelung-europas-von-den-usa/

Les dirigeants politiques de la coalition "Ampel" sont de "fidèles vassaux des États-Unis" !

Oskar Lafontaine a tenu des propos clairs dans une tribune publiée dans le Berliner Zeitung. L'ancien politicien de la SPD et de Die Linke y attire l'attention sur les dessous du conflit ukrainien, et plus précisément sur "l'image que les Etats-Unis ont d'eux-mêmes, à savoir qu'ils sont une nation élue qui prétend être et rester la seule puissance mondiale".

Et au plus tard avec le coup d'Etat de Maidan en 2014, les Etats-Unis auraient montré qu'ils n'étaient pas prêts à prendre en compte les intérêts de la Russie en matière de sécurité: "Ils ont mis en place un gouvernement fantoche pro-américain et ont tout fait pour intégrer les forces armées de l'Ukraine dans les structures de l'OTAN". Lafontaine fait également référence à la crise de Cuba en 1962, lorsque les États-Unis ont risqué une guerre nucléaire en raison du déploiement de missiles nucléaires soviétiques à Cuba.

Lafontaine s'en prend durement à l'Allemagne, qui "n'est pas un pays souverain". Pour l'homme de 78 ans, les dirigeants de la coalition "Ampel" comme le chancelier Scholz (SPD), la ministre des Affaires étrangères Baerbock et le ministre de l'Economie Habeck (tous deux membres du parti Die Grünen) ainsi que le ministre des Finances Lindner (FDP) sont de "fidèles vassaux des Etats-Unis", et le chef de la CDU Merz un "fidèle atlantiste".

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Lafontaine écrit que "la politique étrangère allemande nuit aux intérêts de notre pays et ne contribue pas à la paix en Europe". Il demande que l'Europe se détache des États-Unis et joue un rôle de médiateur entre les puissances mondiales rivales. Selon lui, l'Allemagne et la France ont le potentiel pour mettre en place une politique étrangère et de sécurité européenne indépendante.

Pour conclure son intervention, Lafontaine pointe du doigt le grand bénéficiaire du conflit ukrainien et des sanctions contre la Russie, suicidaires pour l'Europe : "Les entreprises industrielles européennes sont en train de partir et de créer de nouvelles filiales aux Etats-Unis. De même, les énormes commandes pour l'industrie de l'armement américaine et les bénéfices exorbitants engrangés par l'industrie de la fracturation hydraulique américaine, nuisible à l'environnement, montrent de manière éclatante à qui profitent cette guerre et ces sanctions".

jeudi, 08 septembre 2022

De Macron à Mitterrand : remarques sur la dictature pérenne du parti socialiste en France

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De Macron à Mitterrand : remarques sur la dictature pérenne du parti socialiste en France

Nicolas Bonnal

Quelques analystes de papier-mâché vantaient la disparition du parti socialiste en France. En réalité il est puissant comme jamais, en France, en Allemagne ou en Amérique. Car le parti socialiste ou la social-démocratie est le parti de la Fin des Temps, le parti de l’Etat omniprésent et forcené, et de la guerre éternelle (pour Rothbard et les libertariens américains). Le PS en France comme la SPD en Allemagne ou le parti démocrate en Amérique constituent aussi l’armature de l’Etat profond de ces malheureux pays et il semble qu’ils agissent comme une tunique de Nessus dont on ne puisse jamais se débarrasser. C’est que la masse des cancres vote pour eux et que la droite crève (rêve).

Il y a quelques mois l’excellent et bon communiste Régis de Castelnau écrivait : "La campagne de l’élection présidentielle 2022 est un grand révélateur de la déshérence politique dans laquelle se trouve notre pays. En 2017, un trio constitué de la haute fonction publique d’État, de l’oligarchie économique et de la magistrature politisée, a organisé de longue main un coup d’État pour faire élire à la magistrature suprême un parfait inconnu. S’appuyant sur l’essentiel de l’armature politique du Parti socialiste, Emmanuel Macron a ainsi réalisé un hold-up mettant la dernière main à la destruction des institutions républicaines."

J’avais un grand-oncle jadis, inévitable retraité de la fonction publique, qui me disait voter socialiste car c’était le parti fourre-tout. De fait ça l’est.

Le PS est le parti de la ponction publique et des retraités.

C’est le parti des boomers et des octogénaires ludiques façon Cohn-Bendit.

C’est le parti des affairistes et des magouilleurs (relisez les Montaldo)

C’est le parti des écolos, des antiracistes et des féministes, le parti du sociétal déstructurant.

C’est le parti de l’américanisation à mort.

C’est le parti bourgeois héritier de la bohême et de la Terreur révolutionnaire.

C’est le parti de la conspiration et de l’occultisme (Muray en a bien parlé dans son Dix-neuvième et moi dans mon Mitterrand).

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Le PS est aussi le parti de la désindustrialisation. On avait un déficit commercial de cent milliards en 1982 ; aujourd’hui on est à 150 milliards de francs mensuels.

Enfin c’est le parti des envahisseurs. 92% des musulmans ont voté pour Hollande en 2012, Hollande qui a sonné le glas de la France.

Le PS contrôle l’Elysée avec Macron et ses acolytes du business, et aussi l’opposition avec l’ineffable Mélenchon, monsieur antiracisme des années 80. Il contrôle aussi la républicaine fille Le Pen (la Marine, je lui dis merde comme Escartefigue, moi qui ai une carte du père me demandant d’être candidat) et ce troupeau d’assistés républicains dont Tocqueville a si brillamment parlé :

« Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre? »

Le reste est toujours d’actualité, sauf que le troupeau n’est plus du tout industrieux comme on sait :

« Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. »

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Que le berger gouvernemental du reste, sur ordre de Fink, de Blinken, d’Harari et de Klaus Schwab mène son troupeau à l’abattoir, ce n’est plus moi qui m’y opposerai. Marre d’être traité de facho pour exiger du chauffage en hiver ; pas assez PS pour ça.

Comme disait Vigny : « vous ne recevrez pas un cri d’amour de moi ».

Sources:

https://www.amazon.fr/gp/product/B0B7QLGBZ8/ref=dbs_a_def...

https://www.amazon.fr/Mitterrand-grand-initi%C3%A9-Nicola...

https://www.vududroit.com/2022/09/jean-luc-melenchon-en-m...

 

Plus jamais de gaz russe. Ce n'est pas Poutine qui l'a dit, mais les Anglo-Saxons

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Plus jamais de gaz russe. Ce n'est pas Poutine qui l'a dit, mais les Anglo-Saxons

par Maurizio Blondet

Source : Maurizio Blondet & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/gas-russo-mai-piu-ma-non-lo-ha-detto-putin-bensi-gli-anglosassoni

Supposons que les choses en Ukraine tournent bien, c'est-à-dire tournent comme les souhaits, les rêves ou les cauchemars déclarés de l'OTAN, des Occidentaux et des Anglos le voudraient : Zelensky gagne la guerre et triomphe, Poutine est vaincu, il est pendu à Nuremberg, et un gouvernement soumis aux souhaits de l'Occident est installé à Moscou, qui célèbre son premier jour d'installation par une Gay Pride (nos valeurs). Pensez-vous qu'ensuite, pacifiés, l'Alliance atlantique et les États-Unis nous laisseront, nous Européens, recommencer à acheter du gaz et du pétrole russes, comme avant ? Que nous reviendrons à cette normalité qu'ils appellent maintenant "la dépendance de l'Europe au gaz russe" ?

Enlevons cela de nos têtes. Les États-Unis et les Anglos ont manigancé le réarmement et la préparation de l'Ukraine et fomenté toutes les provocations qui ont conduit Poutine à déclencher le conflit, dans le but même de couper et de sceller les veines énergétiques russes qui fournissaient pacifiquement et à bon marché du gaz, du pétrole brut, du charbon au demi-milliard d'Européens et assuraient leur bien-être. L'Europe, et non la Russie, était dès le départ la cible à frapper par la crise conçue depuis belle lurette pour être mise en œuvre. Les Anglos ont pour eux la théorie de McKinder qui dit : celui qui domine le heartland domine un monde de terre - inatteignable par les navires prédateurs de l'empire britannique - qui s'étend sans interruption de l'Europe à la Chine en passant par la Russie, un immense ensemble continental autosuffisant, qui commerce par le rail, qui n'a nul besoin de dépendre des puissances atlantiques.

Disposer d'une théorie géopolitique est l'une des raisons du succès ; les Allemands qui n'en ont pas, et qui n'ont plus d'érudit qui l'a énoncée de manière lucide, sont nettement désavantagés : ils intégraient leur économie au gaz et au pétrole brut russes sans le dire, entre chiens et loups, laissant les choses "se faire" ; et ils sont perdants parce qu'ils n'osent pas énoncer, ni même concevoir, la théorie qui les sauverait (et nous sauverait tous) : "Rester avec Poutine" et s'intégrer à l'est jusqu'en Chine et en Iran.

La victoire de la théorie anglosphérienne de MacKinder a un facteur aggravant pour nous : elle n'est pas censée être appliquée temporairement. La pénurie de gaz et de pétrole brut - foudroyante et autodestructrice pour nos économies - est censée devenir une donnée permanente. Ben van Beurden, directeur général de Shell en Europe, a été clair : le gaz devra désormais être rationné sur le vieux continent, car les pénuries pourraient durer plusieurs années. Pour le Premier ministre belge, le diagnostic est le suivant : la crise durera cinq à dix ans. Mais la vérité est venue de la bouche de l'ancien vice-président d'Aramco, la principale compagnie pétrolière d'Arabie saoudite, qui a une fois de plus réitéré la position du gouvernement de son pays face aux demandes du président américain Joe Biden d'augmenter la production de pétrole : ce n'est pas un problème passager, car il n'y a pas assez de capacité de production dans le monde pour remplacer le gaz russe qu'importait l'Europe.

La passivité et la soumission avec lesquelles le ministre allemand de l'économie et le chef de la principale association d'entreprises du pays ont averti la semaine dernière que l'Allemagne se dirigeait vers l'abîme d'une désindustrialisation rapide sont remarquables. Nombre de ses entreprises, grandes et petites, sont soumises à une "pression énorme menant à une rupture structurelle", ont-ils déclaré, et à leur fermeture éventuelle - acceptant l'épuisement du "modèle économique" centré sur l'utilisation massive d'énergie, principalement importée de Russie, et à des prix inférieurs à ceux que proposent les États-Unis et d'autres exportateurs du monde.

Dans le Corriere, Federico Fubini énonce l'adhésion totale du pouvoir italiote à la théorie de MacKinder : "la guerre économique entre la Russie et l'Union européenne est loin d'être terminée. Et la seule certitude est que le camp capable d'encaisser le plus longtemps les sacrifices que ce conflit implique l'emportera".

Attendre un sauvetage anglo-saxon, qu'attendre du leadership sans qualité de l'Allemagne ?

Mais la crise énergétique touche également les États-Unis. Les administrations Trump et Biden ont toutes deux fait pression par le passé sur l'Allemagne pour qu'elle remplace les importations de gaz russe par du gaz américain, même si celui-ci est plus cher. Aujourd'hui, cependant, les États-Unis n'ont pas la capacité de fournir à l'Europe le gaz qu'ils produisent. Son prix a augmenté de 21,8 % depuis le 2 août, alors que les réserves stratégiques d'énergie chutent à des niveaux dangereux. Cette situation a incité l'administration Biden à demander aux compagnies pétrolières d'arrêter immédiatement les exportations, avertissant que si elles ne le font pas, le gouvernement prendra des mesures d'urgence. Il se trouve qu'à la veille des élections de mi-mandat, le gouvernement se tourne vers sa production pour stabiliser les prix locaux de l'essence.

Entre-temps, la tourmente financière met en évidence un écart grandissant entre la spéculation sur les prix à terme de l'énergie et les réserves physiques d'énergie. La semaine dernière, un rapport de Goldman Sachs a confirmé que le manque de liquidités entraîne une extrême volatilité financière des prix de l'énergie et que cela coexiste avec un resserrement croissant des stocks physiques, ce qui laisse présager de nouvelles turbulences dans les prix de l'énergie. Dans le même temps, de nouveaux alignements importants apparaissent sur la scène géopolitique. La récente signature d'un protocole d'accord entre les gouvernements de la Russie et de l'Iran implique l'investissement de 40 milliards de dollars pour exploiter conjointement leurs réserves de gaz naturel, qui sont parmi les plus importantes au monde.

Il y a un avenir dans le Heartland, mais pas pour nous ...

Pour le bien de la cause. Une exhortation à la lutte pour une civilisation multipolaire - In memoriam de Darya Dugina

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Pour le bien de la cause. Une exhortation à la lutte pour une civilisation multipolaire

In memoriam de Darya Dugina

René-Henri Manusardi

Source: https://www.geopolitika.ru/it/article/il-bene-della-causa-una-esortazione-alla-lotta-la-civilta-multipolare-memoriam-di-darya

"Cette guerre spirituelle contre le monde postmoderne me donne la force de vivre. Je sais que je lutte contre l'hégémonie du mal pour la vérité de la Tradition éternelle". Darya Dugina

Les racines d'une continuité idéale

L'adhésion à la pensée politique d'Alexandre Douguine est la conséquence cohérente et l'accomplissement actuel de la voie politique lancée jadis en Italie par l'Ordinovisme, qui depuis ses origines a fait de la Tradition, de la structure métapolitique impériale et de la pensée de Julius Evola ses fondements. Dans une vision du monde qui, déjà dans les années 1950, dépassait le mythe du sang du national-socialisme et la conception fasciste de l'État, pour donner un nouveau visage à l'idée impériale en tant que vaste réalité géopolitique naturelle et sacrée, portée par une confédération de peuples et d'ethnies.

C'est une réalité qui, au fond, est déjà née historiquement et militairement pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l'adhésion de nombreux jeunes d'Europe et d'Asie aux forces armées allemandes (Wehrmacht et Waffen SS) en tant qu'identité guerrière supranationale et multiethnique avec une fonction principalement anticommuniste ou, comme dans le cas des unités combattantes sur la base du volontariat de la RSI, avec un rôle fortement anti-ploutocratique et anticapitaliste.

Par conséquent, accuser aujourd'hui cette partie historiquement pertinente de l'espace politique national-populaire en Europe - vulgairement et injustement appelée "droite" - de traîtresse aux valeurs européennes, parce qu'elle a ouvertement soutenu Poutine et l'opération militaire spéciale russe, considérée comme un affrontement entre le nouvel ordre mondial unipolaire et une nouvelle civilisation d'empires multipolaires, revient à ne connaître ni son histoire ni son parcours politique. C'est aussi être relégué à une ignorance de l'actualité géopolitique ancrée dans des schémas obsolètes ou être confiné à l'utopie d'un tiers-positionnisme anti-historique de type euclidien, toujours plus élucubrant, et toujours aussi incapable de résoudre la quadrature du cercle.

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Seule la tradition génère le rebelle

"Quelque chose d'autre apparaît dans la Modernité: un individu hybride. Pas un héros, un aristocrate, un prêtre-guerrier qui a une relation personnelle avec la mort. Ni un cultivateur de blé, ni un paysan, ni un groupe ethnique, avec un Ancêtre collectif et une identité communautaire. Le bourgeois est un mutant, un croisement entre un guerrier lâche, un chevalier avide et un paysan paresseux et effronté. C'est l'archétype du laquais. L'individu est un bâtard. Au début, ce bâtard a détruit l'Empire, l'Église et les communautés rurales et, sous la forme du Tiers-État, a créé une nation. Une nation est une agglomération d'individus, de bourgeois abâtardis, de vils marchands. Par conséquent, dans une telle optique, le nationalisme est toujours une abomination. Il repose sur les considérations suivantes: "j'ai peur de me battre et je ne travaillerai pas; je vais spéculer et faire du commerce". Une nation n'est pas un groupe ethnique, ce n'est pas un peuple, ce n'est pas une société archaïque, ce n'est pas une société traditionnelle, ce n'est pas une aristocratie. C'est la modernité" (Aleksandr Douguine).

Ce qu'Alexandre Douguine dit de l'élite russe actuelle qui souffre d" l'occidentalisme, nous pouvons également le comprendre pour notre propre zone nationale-populaire. Suivre la Tradition est en fait un choix douloureux car il implique de désembrigader nos habitudes consuméristes et de quitter nos pseudo-valeurs en tant que victimes du capitalisme occidental.

Nous sommes tous pour la Tradition, en paroles, en actes, mais beaucoup d'entre nous restent dans leur coquille bourgeoise et en viennent même à vous dire, avec conviction, "que la métapolitique ne nourrit pas les Italiens et ne permet pas de joindre les deux bouts". Sauf qu'ils vivent et continuent de vivre sous les diktats de la métapolitique consumériste et transhumaniste de ceux qui nous gouvernent depuis 1789. Mais cela leur convient, cachés dans les canaux multimédias des médias sociaux comme des lions du clavier, dans les méandres de la Mamma RAI, de Mediaset, de Sky, etc., ils deviennent ensuite des moutons dans l'isoloir, car le "recpours aux forêts" est une utopie pour eux, tandis qu'eux-mêmes continuent à vivre dans cette utopie mortifère du totalitarisme libéral qui détruit l'Europe de nos Pères.

Je pense que beaucoup parmi ceux qui ont préféré le carriérisme politique confortable à la rébellion systématique ont été corrompus par le désir de tranquillité humaine et d'épanouissement personnel - choses légitimes pour le commun des mortels -, mais la plus grande douleur pour moi est de me rendre compte que certains parmi ceux qui partagent les mêmes idées, naturellement structurés dans le canon de l'hymnatisme héroïque évolien, avec immolation sanglante ou non sur les barricades de l'Histoire et avec celle encore plus éprouvante par le sacrifice quotidien et l'anonymat militant qui fait l'humus d'une mouvance, ont préféré les feux de la rampe, l'argent facile, la trahison continue et constante de leurs propres idéaux.

À ceux-ci s'ajoutent - selon les mots de Maurizio Murelli - ceux qui sont soi-disant troublés parce qu'ils ne peuvent pas partagé le pouvoir politique et qui, déçus par ce manque d'épanouissement personnel, continuent à se revendiquer d'une belle pureté révolutionnaire et s'obstinent à vivre dans le passé, incapables de saisir les méandres et les nouveaux horizons de la Tradition purifiée par les idéologies folles du XXe siècle, filles de la première guerre civile européenne, de l'échec du parlementarisme démocratique du premier après-guerre et proposent cet "Homme Nouveau" qui sans Tradition n'est qu'un monstre totalitaire.

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Hommage à Daria Douguina à Nice.

Que pouvons-nous dire, finalement, de tous, des premiers et des seconds? ... si ce n'est qu'ils étaient avec nous mais ne sont pas des nôtres... seule la Tradition engendre le Rebelle et les rebelles ne se battent que pour le retour à l'Ordre divin comme le Roi Arthur et pour la Justice sociale comme Robin des Bois dans le recours aux forêts, tertium non datur...

Au cœur de la lutte

"En tant que traditionaliste (c'est-à-dire fondant ma compréhension du monde sur les œuvres de René Guénon et de Julius Evola), l'Empire, l'idée d'Empire, me semble la forme positive et sacrée de l'État traditionnel. Au contraire, je crois que le nationalisme n'est qu'une tendance idéologique de la modernité, subversive, séculière, dirigée contre l'unité qu'est l'ordre supranational de l'Empire dans sa forme œcuménique. En revanche, en tant que Russe, l'Empire me semble le mode de souveraineté le plus adapté à mon peuple et à ses frères européens, le plus naturel au fond. Peut-être que nous, les Russes, sommes le dernier peuple impérial du monde. C'est parce que l'idée d'un peuple est étroitement liée à l'idée d'un empire. Lorsque nous disons 'les Russes', nous voulons généralement dire 'notre peuple' et inclure la grande multitude de peuples qui habitent nos terres et partagent avec nous l'immense espace géopolitique qu'est la Russie" (Aleksandr Douguine).

Je crois que la Weltanschauung de Douguine est la plus appropriée pour jeter les bases non pas tant d'une lutte "anti-système", un nom désormais métapolitiquement obsolète, mais d'un nouveau monde multipolaire. A mon humble avis, jamais la critique du libéralisme n'a touché des profondeurs aussi abyssales de démasquage épistémologique, méthodologique et technologique qu'avec Douguine, qui est un puits d'intuitions continuelles à cet égard. La guerre de propagande que l'élite mondiale de Davos mène depuis des années contre Alexandre Douguine, contre le mouvement eurasiste et contre la vision multipolaire semble enfin avoir atteint une symétrie des forces inimaginable auparavant. Cette nouvelle phase de rééquilibrage de la guerre psychologique au sens symétrique a été mise en œuvre et accélérée de manière décisive par l'opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine, ainsi que par l'opinion non conforme que, par le biais des médias sociaux, de nombreux citoyens se sont forgée à son sujet, contournant la pensée unique des médias et le ridicule d'une propagande souvent si fausse qu'elle a jeté le discrédit le plus total sur le courant dominant lui-même - avec ses agences d'information téléguidées par l'OTAN et les services de renseignement occidentaux.

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L'équation des médias consistant à établir, afin de la discréditer, une continuité entre les "no vax" et les pro-russes n'a servi à rien. Ce parallèle n'a fait que mettre davantage en évidence le fait que dans notre pays, il existe désormais une conscience populaire répandue - et un pourcentage très élevé de personnes opposées à la participation de l'Italie à l'incitation à la guerre en cours le prouve - qui perçoit clairement que le pouvoir politique ne suit plus qu'une direction non plus tant cachée qu'éhontée. Une direction dans laquelle l'influence du pouvoir financier et pragmatique des multinationales s'ajoute au pouvoir stratégique, réel et effectif des nouveaux maîtres du monde, adeptes de la fin de l'histoire, finis storiae, transhumanistes et gros bonnets de Davos.

Toutefois, cette guerre de propagande a connu deux phases précédentes, totalement asymétriques et au détriment de la vision multipolaire antagoniste à la pensée unique et au politiquement correct, propre de l'unipolarisme piloté par les États-Unis. Comme Rainaldo Graziani l'a récemment expliqué à quelques sympathisants de la Communauté organique du Destin présents à la "Cour du Brut" (en Lombardie), les deux asymétries précédentes concernaient, la première, le silence de la presse, aussi muette qu'une pierre tombale, sur le mouvement eurasiste multipolaire et son leader mondial, la seconde, la propagande mensongère des médias à son encontre, truffée d'erreurs, de calomnies, de déviations et de diabolisation de l'ennemi. De cette façon, la vaste profondeur humaine, culturelle et scientifique d'Alexandre Douguine a été réduite et exorcisée, pour en faire une caricature, celle d'un nouveau Raspoutine du Kremlin.

Dans l'équilibre actuel de la guerre psychologique symétrique, certes plus qualitative que quantitative entre unipolarisme et vision multipolaire, si, selon les mots de Douguine, l'idée de "Grand Réveil", opposée à celle de la Grande Réinitialisation imposée par Davos, est encore largement une  grandiose aspiration populaire plutôt qu'une réalisation politique concrète, le "Que faire ?" reste à comprendre concrètement. C'est-à-dire, quel est concrètement cet élément d'actualité, cet amadou, ce silex capable de déclencher l'étincelle du changement de Weltanschauung, de la tension métapolitique, de la réalisation pratique micro-sociale capable de propulser ensuite le changement macro-social ?

Si pour Evola la révolte contre le monde moderne passait par l'acte de "chevaucher le tigre", par l'individu absolu, si pour Douguine la révolte contre le monde postmoderne passe par l'avènement du sujet radical qui incarne en lui la Tradition sans la Tradition pour construire la réalité concrète et non idéologique de l'Idée impériale, il s'ensuit que - du moins pour notre chère Europe - l'agrégation dans la Tradition doit nécessairement se faire entre "semblables" et doit absolument passer par l'édification conséquente au niveau métapolitique et socio-économique de "Communautés organiques de destin". Le sens du "travail social missionnaire", partant à la recherche de personnes partageant les mêmes idées, afin de les convaincre du bien-fondé de la lutte multipolaire et de les inciter à créer ou à rejoindre les "Communautés Organiques du Destin", représente à notre humble avis le point de départ de la politique organisationnelle micro-sociale des prochaines années, une politique capable de réactiver le tissu de solidarité et de camaraderie à travers l'agrégation sociale et la lutte culturelle contre le nouvel ordre mondial imposé par l'impérialisme occidental et en faveur d'une vision réaliste impérialiste multipolaire.

La purification de cette phase totalitaire du libéralisme doit être radicale et sans compromis : par exemple, retour à la terre, à la nature, à la solidité des relations face à face et non strictement virtuelles, déconditionnement du tsunami multimédia et transhumaniste qui submerge et tue nos âmes, et bien plus encore. Par conséquent, nous ne devons pas seulement être des hommes se tenant au milieu d'un monde de ruines, mais nous devons commencer à devenir des bâtisseurs de cathédrales, en particulier la cathédrale intérieure et celle des "Communautés organiques du destin".

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Le Grand Réveil : une bataille pour la liberté des civilisations contre le Nouvel Ordre Mondial

"L'Occident croit que son parcours historique est un modèle pour toutes les autres civilisations destinées à suivre exactement la même direction. C'est son racisme de civilisation, sa culture raciste. Cette approche a conduit l'Occident dans une impasse, dans un labyrinthe de nihilisme et d'anti-humanisme. L'Occident, croyant être fermement engagé sur la voie du progrès, a détruit la famille, légalisé tous les vices possibles, et abandonné la religion, la tradition et l'art qui incarnaient sa volonté vers le sublime et l'idéal. Il est englué dans la matière, dans l'argent, dans la technologie, dans le mensonge. Et il appelle cyniquement cette dégénérescence,  "développement" et "progrès". En écartant la modernité occidentale, il nous reste une Tradition commune dans ses racines chez les Romains et les Grecs, chez les premiers chrétiens, dans le contexte du premier empire chrétien, dont nous avons conservé la loyauté plus longtemps que d'autres, luttant contre la "modernité"" (Aleksandr Douguine).

Aujourd'hui, par "camarades", on entend tous les adhérents des "Communautés organiques du destin", issus pour la plupart de l'Ordinovisme et d'autres franges de l'espace idéologico-culturel national-populaire, qui ont fait leur la vocation eurasiste de la Tradition multipolaire des civilisations et des peuples, telle que proposée par la philosophie métapolitique d'Alexandre Douguine. D'où une nouvelle camaraderie militante élargie à toutes les réalités désireuses de lutter contre le totalitarisme libéral, aux organisations de même sensibilité nées pour lutter contre l'unipolarisme piloté par les États-Unis, qui utilise tous les moyens légaux et illégaux pour mettre en œuvre dans le monde entier : la pensée unique, le politiquement correct, le fantasme de la fin de l'histoire (finis Storiae), le grand Reset, le transhumanisme, l'anéantissement de ce qui est social et sain dans l'être humain qui existe encore.

Cependant, tout l'espace idéologique nationale-populaire n'adhère pas ou n'est pas favorable à ce projet de Grand Réveil. Il y a ceux qui ont trop payé en termes judiciaires et qui ont dit "Stop!" à tout autre militantisme susceptible de recréer un climat de judiciarisme russophobe de la part de l'exécutif et du judiciaire ; ceux qui, par contre, tout en restant fortement anticommunistes, sont incapables de dissocier l'Histoire de la Russie de son passé bolchevique ; ceux qui vivent encore dans l'utopie du racisme blanc qui doit lutter contre l'invasion multiraciale de l'Est et promouvoir une Europe aryenne ; ceux qui finalement ne prennent pas position afin de ne pas détruire les relations sociales que la mouvance a construites laborieusement au fil des ans et qui craignent maintenant l'isolement social. Si tels sont les faits, le plus grave pour ces Amis est qu'ils ont été distancés par l'horloge de l'Histoire et qu'ils pensent lire les événements actuels avec les paramètres du 20ème siècle : ceux du Ventennio fasciste ou des "mille ans" de l'hitlérisme, ceux de la Guerre froide ou ceux de l'alliance USA/Russie visant à la destruction totale de l'Europe.

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Aujourd'hui, le front de la Lutte a changé et apparaît de plus en plus dans sa véritable forme comme une lutte spirituelle entre la Tradition et l'Anti-Tradition, entre la Civilisation résiduelle et l'Anti-Civilisation, entre le Katechon et l'Antéchrist, et l'attaque directe contre l'être humain dans sa dimension individuelle, familiale et sociale naturelle le démontre amplement, à un moment où nous verrons bientôt émerger une légalisation favorable à la pédophilie, après qu'elle ait déjà été innocentée d'un point de vue médico-psychiatrique où elle n'est plus qu'une légère perversion à tendance sexuelle.

Pour ces raisons, nous exhortons nos Amis à être forts, à avoir le courage d'embrasser cette Lutte, qui n'est même plus un choix métapolitique mais une guerre spirituelle urgente. Qu'ils sachent regarder en eux-mêmes - comme le postulait Julius Evola - pour voir s'il y a en eux cet innéisme aristocratique, cet ADN de l'Arya, cet élan des clans héroïques indo-européens, sur lequel greffer l'appel avec lequel aujourd'hui le divin, le Très Haut, nous enjoint à passer à l'acte dans ce crépuscule apocalyptique où tout n'est pas encore perdu, car c'est l'homme qui offre son épée, mais c'est Dieu qui accorde la victoire.

Consolider les relations entre les personnes libres et reconstruire les relations sociales en "communautés de destin organiques" inspirées par la camaraderie est le seul avenir possible pour la grandeur d'un nouvel Empire confédéré européen. Se tourner vers le passé pour trouver les racines spirituelles de la lignée, vivre dans le présent sa puissance atavique et la projeter dans le futur vers les générations à venir. C'est l'essence, c'est le pouvoir, c'est la vision du monde des castes des Indo-Européens : un monde de prêtres, de guerriers, d'artisans et de paysans. Trois en un et un en trois à la ressemblance de Dieu. Tous pour un et Un pour tous. "La vision du monde ne repose pas sur des livres, mais sur une forme et une sensibilité intérieures ayant un caractère non pas acquis mais inné" (J. Evola Intellectualisme et Weltanschauung).

La "Communauté organique de destin" peut rester une simple utopie de la "Quatrième théorie politique multipolaire" et l'Empire un mirage de celle-ci, si l'on ne devient pas à toutes fins utiles "Tous pour un, Un pour tous !", sans se lasser. Par exemple, la "Communauté organique du Destin", présente à la "Cour du Brut" (Lombardie), avec ses activités philosophiques, artistiques, culturelles et de sciences humaines, est aujourd'hui l'équivalent d'un petit monastère bénédictin du début du Moyen Âge. Elle représente cette bonne graine, cet humus, ce sol fertile, ce laboratoire spirituel qui a patiemment contribué au cours des siècles à la naissance du Saint Empire romain germanique des peuples d'Europe qui a déjà été et sera à nouveau établi, dans la perspective d'un nouveau monde multipolaire structuré en civilisations souveraines, indépendantes et enfin libres de l'agression du mondialisme unipolaire dans la traction des États-Unis et de l'OTAN.

Pour le bien de la Cause, dans l'attente de l'Eveil

"Aux yeux des mondialistes, les autres civilisations, cultures et sociétés traditionnelles doivent également être démantelées, reformatées et transformées en une masse cosmopolite mondiale indifférenciée et, dans un avenir proche, être remplacées par de nouvelles formes de vie, des organismes post-humains, des mécanismes ou des êtres hybrides. Par conséquent, le renouveau impérial de la Russie est appelé à être le signal d'une révolte universelle des peuples et des cultures contre les élites libérales mondialistes. En renaissant en tant qu'empire, en tant qu'empire orthodoxe, la Russie donnera l'exemple aux autres empires : chinois, turc, perse, arabe, indien, ainsi que latino-américain, africain... et européen. Au lieu de la domination d'un seul "empire" mondialiste, celui de la Grande Réinitialisation, le réveil russe devrait être le début d'une ère de nombreux empires, reflétant et incarnant la richesse des cultures, traditions, religions et systèmes de valeurs humains" (Alexandr Douguine).

Je pense sincèrement qu'en Italie - avec la montée au ciel de Darya Douguina - l'art, la culture, les initiatives éditoriales et les conférences sont désormais insuffisants pour affirmer la vérité de la nouvelle civilisation multipolaire promue par les "Communautés Organiques du Destin".

Ce qu'il faut, c'est un coup de reins pour ne pas disperser le mouvement eurasiste dans les méandres de la peur et de l'hésitation face à un ennemi apparemment invincible qui utilise tous les moyens licites et illicites du pouvoir pour écraser la dissidence. Une dissidence qui devra devenir une formation intégrale orientée vers une action organique et diversifiée, capable d'englober le corps, l'esprit, l'âme, les relations interpersonnelles et communautaires, mais surtout une action métapolitique fortement présente dans la sphère sociale et capable d'influencer la politique parlementaire et locale comme un grand think tank pour avoir un écho dans les médias, étant donné que nous sommes entrés dans une phase de lutte plus virulente et impitoyable.

Au-delà de la proximité consciencieuse et de l'affection sans bornes que l'on doit à Alexandre Douguine pour la perte de sa fille bien-aimée Darya, ce n'est cependant pas le moment de se lamenter, de se plaindre, de dire qu'ils ont tué arbitrairement idées et personnes pures, de dire aussi que tuer des philosophes, des artistes est la pire des choses. Ces perversions, tout pouvoir injuste les a toujours commises. À quoi servent donc les lamentations ? A quoi bon l'affliction alors ? Seulement pour dénaturer l'esprit de la lutte contre le pouvoir mondial illégitime et pervers, pervertissant.

La mort de Darya ne fait qu'ouvrir notre conscience et l'éclairer de la vérité et de la réalité, nous sortons de notre sommeil consumériste et social en découvrant l'amère vérité que seuls quelques-uns d'entre nous étaient déjà capables de saisir et de vivre au plus profond d'eux-mêmes : nous sommes en guerre ! Une guerre totale ! Alors réveillons-nous, déclenchons par nos vies et par nos efforts organisés le Grand Réveil de la Tradition contre la Grande Réinitialisation transhumaniste des seigneurs de l'or de Davos. Si l'adage selon lequel "celui qui sème le vent récolte la tempête" est vrai, semons sans crainte le vent de la vérité et nous récolterons sûrement la tempête que l'ennemi mondialiste soufflera contre nous. Mais n'ayons pas peur, car il vaut mieux vivre un jour comme un lion que cent ans comme une brebis, il vaut mieux mourir dans cette guerre, dans cette lutte, dans ces batailles quotidiennes que de mourir dans un lit de vieillards et à la fin de nos jours terrestres en regrettant et en pleurant d'avoir vécu une vie d'esclavage. Darya nous enseigne la Voie, Dieu nous accordera la Victoire. Avec l'aide de Dieu, que Darya nous bénisse d'en haut et donne l'intrépidité aux forts, le courage aux hésitants et la volonté aux agités.

mercredi, 07 septembre 2022

Nous avons mis nos têtes dans la bouche du canon

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Nous avons mis nos têtes dans la bouche du canon

par Maurizio Murelli

Source : Maurizio Murelli & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/abbiamo-infilato-la-testa-nella-bocca-del-cannone

Résumé

Une fois la guerre froide terminée et l'URSS implosée, l'Occident a commencé à rogner sur les intérêts nationaux de la Russie : élargissement de l'OTAN à l'Est en violation des pactes, agression armée contre des nations qui étaient sous le parapluie protecteur de l'URSS, telles la Serbie, la Libye, la Syrie, l'Irak. Il faut noter que la Russie est mise en cause pour son intervention armée dans le Donbass pour protéger la population qui est en fait soumise à un massacre depuis huit ans avec l'aval des Occidentaux, alors qu'il aurait été légitime et normal qu'en Irak, parmi les casus belli avancés par les Américains, il y ait la protection des Kurdes que Saddam aurait réprimés et contre lesquels des armes chimiques inexistantes étaient sur le point d'être utilisées : huit ans de guerre et des millions de morts. Passons sur l'instrumentalisation des Kurdes et le sort qui leur est réservé en Syrie ou sur la table de négociation pour élargir l'OTAN, passons à la "Légion étrangère" américaine composée d'Européens qui agissent contre les intérêts des Européens.

Après vingt ans de pression sur la Russie, cette dernière réagit lorsque ce qu'elle a toujours considéré comme une ligne rouge insurmontable est franchie : l'annexion de facto de l'Ukraine au système de l'OTAN (qui a aujourd'hui également son mot à dire sur les questions politiques et dicte l'ordre du jour) et sa transformation en une base militaire potentiellement hostile à la Russie. Une nation, l'Ukraine, déjà en faillite économique et littéralement achetée par les Occidentaux, une nation que les mêmes institutions et organisations occidentales ont, dans des temps pas si lointains, déclarée tout sauf démocratique et parmi les meilleurs endroits du monde pour la corruption, une base logistique pour la contrebande d'armes vers l'Afrique et le Moyen-Orient, etc.

Ayant franchi la ligne et empêché ce que l'Occident avait l'intention de faire à son détriment, la Russie est intervenue pour rétablir l'ordre. Et l'Occident, sous l'impulsion des Américains, entre en guerre contre elle : "pour défendre la démocratie lésée", déclare-t-il. Il soutient militairement l'Ukraine et mène une guerre commerciale contre la Russie en annonçant qu'il la mettrait en faillite en une semaine. Le déroulement de ces sanctions, même un imbécile le comprend.

Maintenant, après la question des céréales ukrainiennes sans lesquelles le tiers monde mourrait de faim - alors que, allez savoir pourquoi, on a pu faire partir vingt cargos d'Ukraine, 19 sont arrivés en Europe et un seul est parti vers l'Afrique - la question du gaz est au centre. Ce gaz que l'UE a immédiatement (au lendemain du 24 février) menacé d'arrêter d'acheter "parce qu'avec le gaz Poutine finance la guerre" et qui, maintenant que c'est Poutine qui fait le plein et menace de ne pas fournir, met les chancelleries européennes en ébullition, mettant à nu toute l'insipidité des dirigeants européens. Les gazettes et les politiciens, d'un côté, disent que le prix stratosphérique du gaz n'est pas dû à la guerre mais à la spéculation, de l'autre, parlent de chantage et de représailles poutiniennes (sic !), lui imputant directement le coût du gaz.

Le coût du gaz a commencé à augmenter des mois avant l'intervention russe en Ukraine, mais même si on ne vous le dit pas, il est évident que les spéculateurs étaient bien conscients qu'il y aurait tôt ou tard une guerre en Ukraine. Il est soit naïf, soit de mauvaise foi de prétendre qu'il n'y a pas d'interconnexion entre l'appareil militaro-politique et les bourses, qu'elles traitent de la finance, du gaz ou des navets. En Ukraine, tout était prêt pour lancer une attaque majeure... sur le Donbass et la Crimée, et cela se savait, et dans quelle mesure cela se savait !

Avant l'établissement de la "bourse du gaz", le gaz était acheté par les États avec des contrats à long terme, et l'Italie a encore plusieurs contrats de ce type. C'est pour cette raison que l'ENI a pu réaliser un bénéfice de 700% supérieur, se chiffrant à sept milliards, cette année. Elle vend le gaz qu'elle achète encore au prix prévu par les anciens contrats au prix fixé par la bourse aujourd'hui.

Mais au-delà de la question du prix, le problème aujourd'hui pour l'Europe, et pour l'Italie en particulier, est la disponibilité du gaz, qu'il coûte toujours les 2 euros auxquels il nous était vendu auparavant, ou les 10 euros fixés par la bourse néerlandaise. Et le gaz de la Russie est indispensable. Sans ce gaz, il y aura de la souffrance, pour les familles, pour les entreprises, pour l'économie. Sans le gaz nécessaire, les entreprises vont sauter et on estime que 100.000 entreprises sont d'ores et déjà en danger, avec un million de travailleurs qui seront licenciés ou mis au chômage.

Comment pourrait-on s'en sortir ? Tout d'abord en envoyant le système libéral au diable et en reprenant les négociations directes sur l'achat de gaz à la Russie (la Hongrie le fait), puis en échappant aux sanctions que les États-Unis nous imposent. Car les problèmes pour nous ne viennent pas seulement du gaz. Ou avons-nous oublié la question des engrais, des "terres rares", des différents métaux indispensables à l'industrie, de l'aluminium au cuivre, etc., sans lesquels les entreprises feront immanquablement faillite ?

Hier, M. Zelensky a téléphoné à l'UE germano-centrée pour réclamer un huitième train de sanctions, tandis que la disposition visant à empêcher les touristes russes de venir en Europe a été adoptée à la hâte. Et comme si cela ne suffisait pas, Mme Truss, celle qui affirme n'avoir aucun problème à utiliser des bombes atomiques, est sur le point d'arriver à la tête du gouvernement britannique. Elle s'entendra bien avec Meloni qui, hier encore, n'a pas dédaigné de s'incliner inconditionnellement devant le délire atlantiste, rabrouant en fait Salvini qui, en revanche, avait vu juste sur les sanctions.

Nous ne sommes pas du tout bien placés. Nous avons mis notre tête dans la bouche du canon. L'Europe a décidé de se suicider spectaculairement.

Deux réactions polonaises à l'assassinat de Daria Douguina

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Deux réactions polonaises à l'assassinat de Daria Douguina

* * *

Sur les réactions polonaises et occidentales à la mort de Daria Douguina

Ronald Lasecki

Source: https://www.geopolitika.ru/pl/article/o-reakcjach-na-smierc-darii-dugin

Daria Dugin était une militante de l'Anti-Système, et donc son assassinat est une frappe contre l'Anti-Système, très précisément. Si l'on s'en réjouit, si l'on "exprime sa compréhension" ou si l'on adopte simplement une position ambivalente, cela signifie que l'on n'a rien à voir avec l'antisystème.

Du point de vue de l'antisystème (donc aussi du mien), une telle personne, qui relativise ou tergiverse, est un ennemi politique, quelles que soient les fascinations idéologiques ou historiques qu'elle peut invoquer.  Je ne me prononce pas sur les auteurs de ces actes, car nous ne les connaissons pas encore. Le FSB affirme qu'ils sont ukrainiens. Il sera intéressant de voir si l'agence russe attrape les coupables, ou si cela ressemblera au meurtre de Bohdan Piasecki.

La réaction de l'opinion publique polonaise montre le vrai visage de la civilisation latine/occidentale, dont les idéologues tentent de la présenter comme le couronnement de l'humanité, alors qu'il s'agit en fait d'un cloaque moral dégoûtant, car quelle est la joie à manifester face à la mort d'une jeune femme qui devrait être une épouse et une mère, une nourricière au foyer, mais qui a été déchiquetée dans une attaque terroriste ?

Ce qui précède devrait également s'appliquer à la dégénérescence morale incontestable de la nation polonaise ; aujourd'hui, le sens que se donnent les Polonais est une haine raciste des Russes, qui prend la forme d'une monomanie psychotique et est indifférente à toute considération éthique. La responsabilité directe de cette situation incombe au PiS en tant que force dirigeante, sous le règne duquel cette haine morbide a atteint un niveau véritablement grotesque. Le problème, cependant, est plus vaste et concerne la déformation de l'ensemble de l'idéo-matrice polonaise - les raisons de cet état de fait, je les ai indiquées dans mon ancienne interview avec M. Oleg Hawicz.

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Cependant, le problème est peut-être encore plus universel. J'ai récemment lu le livre de Jared Diamond, Upheaval : How Nations Cope with Crisis and Change (j'essaierai d'en rédiger une critique dans les prochains jours). L'auteur y analyse, entre autres, les phénomènes générateurs de crise dans la vie publique américaine. Parmi ceux-ci, il mentionne la disparition de la capacité de compromis. Il illustre cela, entre autres, avec les exemples de l'administration Reagan, qui était capable de coopération politique avec la majorité démocratique du Congrès, et de la situation contemporaine, dans laquelle le conflit politique devient de plus en plus un conflit à somme nulle, dans lequel les adversaires n'ont que de la haine l'un pour l'autre. Il y a d'autres exemples dans le livre, d'ailleurs, et ils concernent, par exemple, la "sauvagerie" des relations dans la communauté scientifique.

En lisant ce chapitre, la pensée m'a traversé l'esprit qu'au lieu de quelques faits géopolitiques, économiques, militaires ou civilisationnels "durs" (nombre de brevets, prix Nobel ou quelque chose comme ça), ce que j'ai obtenu était "le discours d'un vieil homme sentimental et enfantin". Mais il y a probablement quelque chose à dire, comme en témoignent les commentaires susmentionnés des Polonais sur le coup d'État. Les auteurs de ces commentaires sont aussi bien des sociaux-démocrates que des progressistes de gauche (le manque de moralité ne me surprend pas du tout - Remigiusz Okraska, par exemple, a récemment soutenu le largage de bombes atomiques sur le Japon et le bombardement en tapis de Dresde par les Britanniques et les Américains), des catholiques de droite conservateurs (dans l'ensemble, cela ne me surprend pas non plus), des va-nu-pieds (qui essaient juste de faire de la lèche au Système), et aussi des personnes qui, semble-t-il, gardent une certaine distance émotionnelle.

Il est clair, pour toute personne normale, que dans les guerres, les gens s'entretuent en combattant avec des armes. Parfois, bien sûr, des civils, des femmes, sont également tués accidentellement. Lorsqu'ils meurent de façon non accidentelle, c'est un crime et un déshonneur pour les tueurs.

Daria Douguina était, pourrait-on dire, une combattante de la parole et de la plume. Elle s'est battue par la parole et la pensée, d'une manière qui n'est pas en contradiction avec la dignité d'une femme. Nous n'avons aucune preuve qu'elle ait combattu avec des armes ou qu'elle ait physiquement blessé quelqu'un, il serait donc inutile de discuter de telles éventualités. Si, par contre, elle se battait avec des mots, sur le front de la "guerre de l'information", ou était une "propagandiste" comme d'autres le disent, alors une réponse adéquate serait de la combattre précisément sur son propre front, celui des idées, de l'information et de la propagande.

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Tuer dans une attaque terroriste va clairement au-delà de ce "compromis" civilisationnel non écrit, selon lequel nous tuons ceux qui tuent et non ceux qui donnent des conférences ou produisent des émissions à la télévision, et nous n'utilisons pas du tout la violence armée contre les femmes. Et il est sans importance que Douguine lui-même, et non sa fille, ait été prétendument visé dans la tentative d'assassinat, car nous ne parlons pas des assassins (nous ne savons encore rien d'eux), mais de la réaction des Polonais à cette mort (une réaction de joie malveillante). Et si l'on voulait invoquer les mots de Douguine sur la "justice historique immanente" après la catastrophe de Smolensk, la comparaison serait également déplacée, car Lech Kaczynski était un homme politique actif, un chef d'État, et de plus, il est mort dans un accident et non dans une attaque terroriste. Daria Dougina, en revanche, était une civile et elle a été assassinée.

Cette dérogation au "compromis" civilisationnel non écrit selon lequel ceux qui se battent avec des mots et des stylos sont combattus avec des mots et des stylos et non avec des kalachnikovs, des bombes ou des drones n'est caractéristique que de la civilisation latine/occidentale. Le patriarche Kirill a présenté ses condoléances à Douguine. Un beau commentaire, plein de références aux valeurs familiales et au christianisme, a été écrit par Maria Zakharova. Au contraire, les sommités du conservatisme catholique en Pologne sautent de joie et applaudissent (bien qu'ils ne sachent pas encore qui).

Autrefois, il était clair qu'au-dessus des conflits politiques, il y avait un niveau de dialogue plus fondamental "tout humain". Le chef de l'opposition pouvait se battre contre le chef du gouvernement, mais en coulisses, ils pouvaient discuter de manière amicale. Les chevaliers pouvaient cesser de se battre du mercredi au dimanche. Les écrivains nationalistes pouvaient se rencontrer après la guerre lors de célébrations d'anniversaire ou aller boire une bière ensemble (un cas authentique de jeunes nationalistes croates et serbes que je connais ces dernières années).

L'homme de l'Occident d'aujourd'hui, cependant, mène une guerre totale contre tout ce qui ne fait pas partie de cet Occident, détruisant tout terrain commun de dialogue et d'éthique. C'est pourquoi la Pologne a coupé tout contact avec la Russie, bloque les médias russes et tente d'éradiquer toute connaissance de la langue russe, de sorte que personne ne puisse non seulement parler aux Russes, mais même les écouter ou les lire. C'est pourquoi l'IPN et les nationalistes qu'il a suscités creusent une tranchée de haine dans nos relations avec la Biélorussie, alimentant le culte de "Bury" à Hajnówka. C'est pourquoi les Polonais se réjouissent maintenant de la mort d'une jeune femme, simplement parce qu'elle était russe et fille d'un penseur diabolisé en Pologne.

Jared Diamond, cité plus haut, voit les raisons de la disparition de la culture du dialogue et du compromis dans la disparition des contacts interpersonnels directs, entre autres en raison de l'expansion des médias sociaux, qui, en donnant (illusoirement - du moins dans les relations avec le Système) le sentiment d'anonymat et d'impunité, ouvrent un espace pour l'escalade dans l'agression, créent les conditions pour déshumaniser l'adversaire, le retirant de l'espace éthique commun, au sein duquel nous réglons les relations mutuelles selon des droits et des devoirs spécifiques.

Ce n'est donc probablement pas une coïncidence si les Facebook et Twitter polonais ressemblent à ce qu'ils sont aujourd'hui (dans un statut, j'ai lu que Douguina était "une force vivante de l'adversaire qui devrait être anéantie" - c'est ainsi que les gens sont déshumanisés "de l'autre côté"). En manipulant habilement la censure et les algorithmes d'affichage, les campagnes de haine peuvent être efficacement filmées dans ces médias, ou plutôt, on peut simplement les laisser se développer spontanément, librement. (Nota bene, cela me rappelle un des épisodes de la série "Black Mirror", où le protagoniste, habillé par le Système d'un costume spécial et de lunettes, voyait dans les adversaires qu'il tuait des "orcs" dégoûtants, alors qu'en réalité il s'agissait de personnes normales, seulement celles de la "sous-classe" exclue par le Système).

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Je ne prétends pas que l'Occident a délibérément conçu les médias sociaux pour provoquer une atomisation sociale et une atrophie morale. Je soutiens que les médias sociaux sont occidentaux et que, dans la pratique, ils mènent à cela. La civilisation occidentale est donc un cloaque moral. La Pologne, en tant qu'état transformé par l'occidentalisation mimétique, en est la victime la plus grotesque. Nous en avons maintenant la preuve évidente.

Ronald Lasecki

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Daria Douguina-Platonova (1992-2022)

Konrad Rekas

Source: https://www.geopolitika.ru/pl/article/daria-dugina-platonowa-1992-2022

L'association de l'assassinat de Daria Douguina-Platonova avec le meurtre de Bohdan Piasecki est autoréflexive pour tout Polonais conscient. La punition du père par la mort de l'enfant, de l'héritier, a le caractère d'une vengeance biblique, voire rituelle, plus cruelle encore que de poignarder directement le parent. Et pourtant, on peut douter que ce fut la seule intention des assassins. Daria avait toutes les caractéristiques pour être une bonne cible. Elle n'était pas seulement ( ?) "la fille de Douguine", mais l'un des esprits les plus remarquables du slavisme contemporain, une personne au potentiel énorme, bien au-delà de l'héritage historique d'Alexandre Douguine et de l'eurasisme, noble cause, mais ghettoïsée après tout.

Une personnalité indépendante

Il ne sert pas à grand-chose d'essayer de deviner qui furent les auteurs de cet attentat aujourd'hui ; de plus, même l'exécution de ceux qui posent directement la bombe ne conduit pas nécessairement à l'identification des donneurs d'ordre. Ce dont nous sommes sûrs, en revanche, c'est que Daria était considérée comme une véritable menace par les puissances anglo-saxonnes. Et si une telle déclaration pouvait sembler exagérée à quiconque, ce n'était que jusqu'à la nuit du 20 au 21 août 2022.

Lorsque j'ai été interrogé par les services de sécurité britanniques, mes contacts et ma coopération avec Daria ont intéressé les agents bien plus que mes rencontres avec son père. L'œuvre d'Alexandre Douguine, la pensée eurasienne, la Quatrième théorie politique - tout cela a sans aucun doute une valeur intemporelle. Mais c'est Daria qui a construit des plates-formes viables pour la coopération internationale et l'échange d'idées, qui a soutenu le renouveau de la pensée nationale turque, qui a aidé la Moldavie, et qui s'est sentie particulièrement à l'aise dans sa France, sa destination préférée, où elle savait trouver les traces de sa gloire passée et... de sa raison. Elle-même était également sensible, pratique, honnête et sincère au point d'en souffrir. Aujourd'hui, il reste la douleur de ses proches. Car, aussi, presque aucun de ceux qui font des déclarations, commentent, échafaudent des théories, pondent des phrases et surtout expriment leur joie ne se rappelle qu'elle n'était pas seulement une fille, mais aussi une épouse. Un être humain, pas une entité politique.

Les héros vivent pour voir des monuments

Nota bene, elle était un être humain exceptionnel. Daria a soutenu son doctorat sur le platonisme à l'âge de 23 ans. Ses propres écrits et discours forment une entité distincte, s'inspirant de manière créative non seulement de la pensée d'Alexandre Douguine, mais aussi de toute la tradition humaniste d'Europe et d'Asie. Cela aussi restera dans les mémoires, car ces capacités et ces potentialités ont été notées et appréciées. Aussi, sans doute, dans ce qui a conduit à utiliser le moyen ultime....

Il y a une guerre en cours. Ainsi, personne n'attend de sympathie, surtout pas de la part d'ennemis, et encore moins de la part d'imbéciles. Daria est morte sur le champ de gloire, luttant avec ses pensées, sa parole et elle l'a fait pendant toute sa vie.  Il ne sert à rien de promettre quoi que ce soit aujourd'hui, de menacer, de déclarer. La guerre sera gagnée, des monuments seront érigés aux héros et aux victimes, la pensée sera laissée à ceux qui sont capables de la comprendre.

Et prions pour Daria Alexandrovna. Pour elle, prions le Tsar du Ciel.

Konrad Rękas