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mardi, 25 mars 2014

Alaska was Russian...

 

lundi, 24 mars 2014

Entretien avec Anne-Marie Le Pourhiet sur l'Union européenne

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L'UE est une hydre technocratique manipulée par les lobbies...

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Anne-Marie Le Pourhiet au Cercle Poincaré. Professeur de droit public à l'université de Rennes-I et spécialiste du droit constitutionnel, Anne-Marie Le Pourhiet s'est fait connaître par la publication dans la grande presse de tribunes libres percutantes dans lesquelles elle défend avec talent des positions souverainistes orthodoxes.

 Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Entretien avec Anne-Marie Le Pourhiet sur l'Union européenne

«Renationaliser le pouvoir de décision pour le repolitiser»

— Les élections des députés européens approchent. Les dernières échéances ont montré un fort désintérêt des citoyens de presque tous les pays pour ce suffrage, et certains sondages annoncent une majorité eurosceptique au Parlement européen. Dans cette hypothèse, quelle influence pourrait avoir cette « chambre introuvable » eurosceptique sur le fonctionnement, voire la réforme, de l'Union européenne ?

    Vous savez, je suis constitutionnaliste et non politologue et encore moins voyante, je serais donc bien incapable de vous dire ce que serait et ferait exactement cette chambre à majorité eurosceptique. Mais la logique voudrait qu’elle refuse d’adopter une grande partie de la législation envahissante que propose la Commission en invoquant systématiquement les principes de proportionnalité et de subsidiarité auxquels est consacré un protocole additif au traité de Lisbonne. Défendre l’autonomie des États et saboter les prétentions fédéralistes de l’Union devrait être le premier souci d’une telle chambre.

— Sauf que la nouveauté des élections européennes de 2014, introduite par le traité de Lisbonne, c'est que les têtes de liste des partis européens sont désormais transnationales, désignées au niveau de l'Union, et celle dont le parti sortira premier du scrutin aura de grandes chances d'être élue, à la majorité absolue de la nouvelle chambre, à la tête de la Commission européenne. Le traité de Lisbonne réalise-t-il ainsi l'aspiration que Jacques Delors exprimait en 1990 - rejetée avec vigueur par Margaret Thatcher à la Chambre des Communes, avec son fameux « No ! No ! No ! » - de créer un régime parlementaire fédéral en Europe, où l'exécutif procéderait du législatif et serait responsable devant lui ?

    Que le traité de Lisbonne ait des prétentions constitutionnelles n’a rien d’étonnant puisqu’il est la copie conforme du traité constitutionnel que les Français avaient rejeté et que Nicolas Sarkozy a cependant fait ratifier par les parlementaires, de gauche et de droite, réunis pour contourner le verdict populaire. Le divorce ne peut que s’accroître entre des institutions à prétention fédérale et des peuples rétifs à la supranationalité. Élire des listes anti-fédéralistes aux européennes est donc une bonne stratégie pour essayer de torpiller le système de l’intérieur.

— Ces élections européennes, instaurées en 1979, ont eu pour vocation de démocratiser le fonctionnement de l'UE, en instaurant un corps représentatif émanant directement des citoyens des États-membres. Or l'idée même de « démocratie européenne » est discutée, notamment par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, en Allemagne, qui, dans sa décision du 30 juin 2009, estime qu'en l'absence de peuple européen, il ne saurait y avoir de démocratie européenne possible. Dépourvue de demos, l'UE n'a-t-elle pas vocation à n'être qu'une organisation internationale ?

    Je vous rappelle que le Conseil constitutionnel lui-même a affirmé clairement, dans sa décision du 30 décembre 1976 (n°76-71 DC) relative à l’élection au suffrage universel direct de ceux que l’on appelait encore à l’époque les  « représentants des peuples des États-membres des communautés européennes », qu’ « aucune disposition de nature constitutionnelle n’autorise des transferts de tout ou partie de la souveraineté nationale à quelque organisation internationale que ce soit », que l’élection des eurodéputés au suffrage universel direct n’est pas « de nature à modifier la nature de cette assemblée qui demeure composée de représentants de chacun des peuples de ces États », que «  la souveraineté qui est définie à l’article 3 de la Constitution de la République française, tant dans son fondement que dans son exercice, ne peut être que nationale et que seuls peuvent être regardés comme participant à l’exercice de cette souveraineté les représentants du peuple français élus dans le cadre des institutions de la République ». Le Conseil conclut que « l’acte du 20 septembre 1976 est relatif à l’élection des membres d’une assemblée qui n’appartient pas à l’ordre institutionnel de la République française et qui ne participe pas à l’exercice de la souveraineté nationale ». Dans sa décision du 19 novembre 2004 (n° 2005-505 DC) relative au traité constitutionnel, il a encore rappelé que le parlement européen « n’est pas l’émanation de la souveraineté nationale ».

 Il n’empêche que les révisions constitutionnelles ad hoc auxquelles nous procédons avant la ratification de chaque nouveau traité obscurcissent la situation juridique et que le Conseil est contraint de rédiger des motivations complexes. Dans la même décision, après avoir constaté que les stipulations du traité constitutionnel concernant son entrée en vigueur, sa révision et sa possibilité de dénonciation lui conservent « le caractère d’un traité international » et que sa dénomination (constitution pour l’Europe) est « sans incidence sur l’existence de la constitution française et sa place au sommet de l’ordre juridique interne », il affirme cependant que « l’article 88-1 de la Constitution française, issu de la révision de 1992, consacre l’existence d’un ordre juridique communautaire intégré à l’ordre juridique interne et distinct de l’ordre juridique international ». C’est peu dire que le raisonnement est confus et que sa cohérence laisse à désirer. La Constitution française reste donc au sommet d’un ordre juridique interne auquel un traité international intègre cependant un ordre juridique externe distinct de l’ordre juridique international mais dont les normes priment sur le droit interne ! Allez comprendre !

En tout état de cause, il eût fallu s’entendre effectivement, depuis longtemps, sur le fait que l’Europe ne devait pas dépasser le stade d’une confédération et d’un marché, mais nul n’a été capable d’arrêter le délire mégalomaniaque qui inspire cette machine infernale.

— À ce propos, les évolutions récentes de la construction européenne laissent transparaître l'ascendant qu'a l'Allemagne sur le fonctionnement présent et futur de l'Union européenne. Pour autant, avec la décision de la Cour de Karlsruhe mentionnée plus haut, le juge constitutionnel allemand a clairement identifié les domaines où tout nouvel approfondissement de l'intégration européenne requerrait préalablement une réforme substantielle – et improbable - de la Loi fondamentale allemande. L'idée de construire les « États-Unis d'Europe », si elle existe encore, est-elle vouée à mourir à Karlsruhe ?

   Par rapport au Conseil constitutionnel français, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe est obligée d’être beaucoup plus rigoureuse car les justiciables qui la saisissent produisent des recours rédigés par des juristes pointus, dont les arguments ne peuvent être évacués par des pirouettes. En outre la Constitution allemande consacre une forme de supra-constitutionnalité interdisant de réviser les principes posés à l’article 20, essentiellement le principe démocratique de souveraineté du peuple. La Cour est donc en effet condamnée à se montrer sévère et à déterminer un seuil au-delà duquel il ne serait plus possible de renforcer la supranationalité européenne dans le cadre de la loi fondamentale existante.

— Dès après sa réélection, Angela Merkel annonçait vouloir une réforme des traités européens pour 2015, notamment en faveur d'un renforcement de la gouvernance de la zone euro. David Cameron a quant à lui instauré une forme d'ultimatum à la réforme de l'Union européenne en fixant à 2017 le référendum d'appartenance du Royaume-Uni à l'UE. François Hollande préfère, de son côté, jouer la montre. Face à ces aspirations centrifuges des trois grandes puissances européennes, quelles devraient être, selon vous, les priorités d'une refonte de l'UE ?

    Les aspirations de Hollande et de Merkel ne me semblent pas « centrifuges », contrairement à celles de Cameron. Je dois dire que nous devons une fière chandelle aux conservateurs britanniques et que je ne peux m’empêcher de penser avec satisfaction : « Messieurs les Anglais, tirez-vous les premiers ! ». C’est aussi à eux, et à la conférence de Brighton qu’ils avaient convoquée, que l’on doit le protocole n°15 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme introduisant expressément dans son préambule le respect du « principe de subsidiarité » et de la « marge nationale d’appréciation » que la Cour de Strasbourg a une fâcheuse tendance à piétiner.

    La priorité d’une refonte de l’Union consiste à changer complètement le mode de définition des compétences de l’union en s’inspirant d’un modèle confédéral et d’une répartition centrifuge et  statique à l’américaine plutôt que d’une répartition centripète et dynamique à l’allemande. Il faut impérativement renationaliser le pouvoir de décision pour le repolitiser et faire reculer cette hydre technocratique manipulée par des lobbies.

— Mais les adversaires d'une réforme de l'Union en faveur des États arguent souvent du caractère irréversible de la construction européenne. Le traité de Maastricht était d'ailleurs écrit dans cet esprit, alors que celui de Lisbonne ouvre une brèche avec l'article 50 du Traité sur l'Union européenne (TUE) qui permet le « retrait volontaire » d'un État-membre de l'Union. Que l'on parle de rapatriement de compétences ou d' « Europe à la carte » avec des coopérations renforcées entre certains États, comment pourrait-on concrètement, et juridiquement, mettre en œuvre cet éventuel détricotage de l'UE actuelle ?

    C’est d’une simplicité biblique ! Vous prenez les traités actuels, vous raturez partout et surtout vous réécrivez les dispositions essentielles définissant les « objectifs » de l’Union en des termes filandreux et sans fin, car ce sont partout ces objectifs qui justifient les compétences, rendant par là-même celles-ci illimitées. Il faut revoir tout cela « au karcher ». C’est très facile, il suffit de le vouloir.

— À l'occasion de l'adoption du pacte de stabilité, vous aviez dénoncé un texte qui, par le biais de la « règle d'or » budgétaire que certains voulaient inscrire dans la Constitution, importait en France la préférence allemande pour la règle. Votre position se fondait alors sur les différences de nature qui existent entre les modèles constitutionnels français et allemand ; ce dernier étant centré sur une Loi fondamentale précise et, dans une certaine mesure, exhaustive. Quels risques cette tendance fait-elle courir sur la lettre et l'esprit de la Constitution de la Ve République, et sur l'équilibre institutionnel qu'elle consacre ?

    Hélas, ce risque est depuis longtemps consommé. Voyez les révisions constitutionnelles qui se sont accumulées depuis les années 1990 et qui ont multiplié les dispositions lourdingues et indigestes dont certaines incompréhensibles avec des renvois à un arsenal complémentaire de lois organiques et ordinaires en cascade, c’est un hamburger juridique inspiré des façons de légiférer germaniques et européennes. Ceci s’observe dans des révisions qui ne sont pourtant pas directement « commandées » par l’Europe elle-même, comme celle de 2003 sur l’organisation décentralisée (encore que la Charte européenne de l’autonomie locale ait inspiré l’ensemble)  ou celle de 2008 sur la modernisation des institutions.  C’est une mode, un travers calamiteux, une véritable « addiction » à la norme, un « maldroit »  que je compare volontiers à la « malbouffe » nutritionnelle et qui débouche sur la même obésité. Voyez la proposition de loi constitutionnelle socialiste sur la ratification de la Charte européenne des langues régionales, c’est une parfaite caricature de cette pathologie.

— D'ailleurs, l'Union européenne semble se construire et se légitimer par la norme justement, que ce soit par l'orthodoxie budgétaire dans la gouvernance de la zone euro ou par l'inflation normative qui résulte de l'activisme de la Commission et du Parlement. En quoi est-ce un problème que le projet européen, à défaut d'avoir un objectif et une forme clairs, repose au moins sur un appareil juridique « solide » ?


    Solide ? Ce n’est sûrement pas l’accumulation de normes tatillonnes, envahissantes et illégitimes qui rend un système juridique solide. Envoyez un obèse aux jeux olympiques, vous allez voir son degré de performance et de compétitivité !

— Certes. Mais dans le cas de la France, cette « importation » de la préférence allemande pour la règle n'a-t-elle pas au moins l'intérêt d'être un rempart contre les errements d'une classe politique française accaparée par la compétition politicienne, elle-même permise par diverses évolutions du régime de 1958 ?

    Oh la-la ! Vous m’entraînez dans la sociologie politique. Allez voir le dernier film de Roberto Ando « Viva la libertà » qui ressasse l’éternel problème de la classe politique italienne, sans toutefois faire encore autre chose que de s’indigner et d’en appeler de façon incantatoire à  la repolitisation et au réenchantement… Les belles paroles et les leçons de morale ne suffisent pas à révolutionner les hommes et leurs mœurs ! Les Italiens comme les Français ont sûrement la classe politique qu’ils méritent : elle est sans doute à leur image. Il n’y pas de société politique corrompue sans société civile corruptrice. Mais je ne pense pas  que la solution à cette « catastrophe » (selon le terme du film) consiste à accepter de se soumettre à la schlague allemande. Je n’oublierai jamais la lettre péremptoire adressée en pleine crise financière par le commissaire européen Olli Rehn à Guglio Tremonti (ministre italien de l'économie et des finances de 2008 à 2011) et le priant de répondre « in english »…. L’horreur absolue, une gifle à la démocratie, mais Rome s’est couchée ! Et à quel terrible spectacle avons-nous assisté lorsque le Premier ministre grec a proposé d’organiser un référendum sur la mise sous tutelle de son pays … On venait tuer la démocratie à domicile ! Pierre-André Taguieff a écrit en 2001 sur l’Union une phrase dure mais vraie: «  L’Europe est un empire gouverné par des super-oligarques, caste d’imposteurs suprêmes célébrant le culte de la démocratie après en avoir confisqué le nom et interdit la pratique » (« Les ravages de la mondialisation heureuse », in Peut-on encore débattre en France ? Plon – Le Figaro, 2001).

— Pour terminer l'entretien et élargir le propos, éloignons-nous (quoique) de l'Union européenne et parlons du Conseil de l'Europe, et de sa célèbre charte sur les langues régionales et minoritaires. D'aucuns décrient une atteinte d'une rare gravité contre le modèle républicain français. Qu'en pensez-vous ?


    Je ne peux que vous renvoyer à mon article récemment publié dans Marianne le 31 janvier 2014. Mon point de vue est clair : cette charte et ses promoteurs sont anti-républicains.

— Vous avez parfois dénoncé la dimension anglo-saxonne qui tend à caractériser de plus en plus le droit européen, incompatible selon vous avec le droit continental, et a fortiori avec le droit républicain français. En quoi consiste cette incompatibilité ? Quelles conséquences produit cette différence de nature entre les différents droits applicables en France ?

    Outre les vieilles différences de système juridique entre la common law et le droit continental, il y a surtout une différence culturelle colossale entre le multiculturalisme anglo-saxon et le modèle républicain français. Lorsque nous organisons des colloques juridiques communs entre l'université de Rennes 1, celle de Louvain-la-Neuve en Belgique et celle d'Ottawa, au Canada, je me rends compte que nous sommes tous francophones mais que les Belges et les Canadiens ne raisonnent pas comme nous. C’est frappant. Tous les conflits qui traversent actuellement la société française résultent de cette confrontation entre le modèle républicain et le multiculturalisme (féminisme compris) anglo-saxon. Et vous remarquerez que tous ces conflits atterrissent dans la Constitution puisque c’est elle qui fonde notre contrat social et notre « tradition républicaine » (cf. révisions sur la Nouvelle-Calédonie, l’organisation décentralisée version fédéralisme asymétrique, parité, Europe, langues régionales, etc …). C’est incontestablement notre « identité constitutionnelle » qui est en jeu. 

— Vous avez mentionné plus tôt la Cour européenne des Droits de l'Homme, parlons-en. Ses juges sont réputés pour les controverses politiques que créent leurs jugements dans certains États, et plus généralement pour l'interprétation extensive qu'ils auraient de leur office. La justice ayant pour but de faire appliquer les lois qu'une société se donne, et en l'absence de société européenne, quelle est la légitimité d'une justice européenne s'appliquant uniformément à des pays de cultures et de traditions différentes ? Quelle place et quel crédit accorder à la supranationalité normative ?

    Vous savez, Jean Foyer, quand il était garde des sceaux du général de Gaulle, avait compris que si le texte de la Convention européenne des droits de l’homme ne soulevait aucune objection en lui-même, c’est l’existence d’une Cour chargée de l’interpréter qui allait poser de graves problèmes de souveraineté. Il avait donc mis le général de Gaulle en garde contre le risque qu’il y avait à placer ainsi la France sous tutelle de juges européens. Au Conseil des ministres suivant, après que Couve de Murville eut exposé l’intérêt de ratifier la Convention, le Général conclut, en s’adressant à son garde des Sceaux: « J’ai lu votre note. Vous m’avez convaincu. La Convention ne sera pas ratifiée. La séance est levée ». Il lui avait précédemment enseigné : « Souvenez-vous de ceci : il y a d’abord la France, ensuite l’État, enfin, autant que les intérêts majeurs des deux sont sauvegardés, le droit ». Et il avait raison. Le droit n’est légitime que s’il traduit la volonté populaire, la « supranationalité » normative n’est évidemment pas légitime dès lors qu’elle échappe au contrôle des représentants de la nation.

Anne-Marie Le Pourhiet (Cercle Poincaré, 2 mars 2014)

Lavrov alerte les Algériens et met en garde les Tunisiens

Lavrov alerte les Algériens et met en garde les Tunisiens

Ex: http://www.tunisie-secret.com

La Russie hausse le ton. On ne touchera pas à l'Algérie, avertit Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie, qui, soit-dit en passant, a été accueilli à Tunis avec le drapeau Serbe, une bourde de la diplomatie tunisienne qui ne sait plus faire la différence entre un drapeau russe et un drapeau serbe. La conspiration contre l’Algérie n’est plus un secret pour personne. Tout est prêt pour déstabiliser ce pays coincé entre une Tunisie sous mandat islamo-atlantiste, un Maroc sous influence israélienne, et une Libye en voie d’afghanisation. A Tunis, les cinq conditions sont réunies pour mener à bien ce plan anti-algérien : la base militaire américaine qui se trouve à un vol d’oiseau des frontières algériennes, le siège de Freedom House qui est la pépinière des cybers-collabos, les rats palestiniens du Hamas qui ont creusé des dizaines de tunnels aux frontières tuniso-algériennes, la mini armée de djihadistes tunisiens, algériens, libyens et tchétchènes disséminés en Tunisie, et les cellules dormantes d’Al-Qaïda. TS.


Lavrov alerte les Algériens et met en garde les Tunisiens
En visite éclair en Tunisie, il y a quelques jours, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a soutenu lors de sa visite, il y a quelques jours à Tunis, que des «parties étrangères» veulent mettre l'Algérie à feu et à sang à travers la commercialisation d'un printemps algérien. Sans les nommer, le diplomate russe a ajouté que ces mêmes parties «ont ouvert plusieurs fronts près des frontières algériennes depuis la Libye, la Tunisie et le Mali». Etant des alliés traditionnels, M.Lavrov a notamment réitéré le soutien de son pays à l'Algérie. Le chef de la diplomatie russe a dévoilé, lors de son passage en Tunisie, que l'Algérie est devenue la cible des instigateurs et autres fomenteurs qui insistent pour y écrire le dernier épisode d'un supposé printemps arabe. Aussi, a-t-il mis en garde les autorités algériennes contre les instigateurs de ce qu'on appelle «printemps arabe».

Le ministre russe des AE incrimine directement ceux qui ont été à l'origine des bouleversements provoqués délibérément en Tunisie, en Libye et au Mali, d'où parvient la plus grande menace contre l'Algérie. Il estime que les conspirateurs du nouvel ordre mondial établissent leurs plans à base d'une politique d'influence en misant sur les minorités populaires et les réseaux terroristes.

Cependant, cette menace soulignée par Moscou n'est pas nouvelle pour les services de renseignements algériens, pas une menace qu'ignorent les services de renseignements algériens. Soumis à une très forte pression depuis le début de la guerre civile en Libye, les forces de sécurité algériennes ont misé sur leur expérience acquise sur le terrain de la lutte antiterroriste. En un temps relativement court, des milliers d'informations et de témoignages de première main ont été analysés et recoupés par les services du DRS engagés dans une course contre la montre contre tous genres de menaces, notamment des groupuscules criminels nés à l'ombre d'une crise libyenne qui aura servi de catalyseur au mouvement jihadiste. Un mouvement relativisé et parfois banalisé par l'ensemble des parties entrées en guerre contre le régime d'El Gueddafi, dont la France, la Grande-Bretagne et les USA. Dans leur banque de renseignements les services de sécurité ont réussi à identifier des réseaux nouvellement constitués composés de Marocains et de Libyens.

L'arrestation de plusieurs agents du Mossad en Algérie en est la preuve tangible. Ne jugeant pas nécessaire de dévoiler le véritable scénario programmé contre l'Algérie, des sources très au fait du contexte confient que l'Algérie constitue «un terreau fertile» pour les grands appétits occidentaux. Le rapport du département d'Etat américain sur les droits de l'homme qui épingle paradoxalement l'Algérie et l'analyse du Combating Terrorism Center (CTC) de l'Académie militaire de West Point qui a mis sous la loupe tout ce qui se passe dans le sud de l'Algérie, prétextant que cette région névralgique de l'économie du pays, serait l'épicentre d'un éclatement populaire à cause de la marginalisation des minorités, ne peuvent être considérés que comme une introduction aux véritables visées des Occidentaux.

Une perception initiatrice de ce qui se prépare. «L'Algérie est-elle dans le collimateur des USA?» s'interrogeait L'Expression dans l'une de ses précédentes éditions! La réponse a été révélée dans les colonnes du Los Angeles Times. Le journal rapporte que «des troupes de forces spéciales américaines se sont installées en Tunisie». Cette présence dont nous avons fait foi, mais démentie par les autorités tunisiennes est justifiée, souligne le même organe de presse par le fait «d'entretenir les forces militaires tunisiennes en matière de lutte contre le terrorisme».

Les marines dont le nombre serait d'une cinquantaine ont pris position au sud de la Tunisie à un vol d'oiseau des frontières algériennes depuis le mois de janvier 2014. «Un avion de type hélicoptère s'y est installé aussi», précise encore le Los Angeles Times. Ce n'est que l'aspect visible de l'iceberg et de l'énorme stratégie de guerre annoncée contre l'Algérie.

En effet, depuis la fin de l'année précédente, des informations vérifiées font état d'une forte présence d'agents des services de renseignement américains et d'agents de l'Africom dans le Sud tunisien. Jalouse de sa souveraineté, l'Algérie avait agi en un temps record pour libérer plus de 600 otages tout en sécurisant le périmètre. L'Unité spéciale appelée à mener l'opération avait impressionné le monde entier par son professionnalisme! Même si les USA prétextent leur mobilisation en Afrique pour une coordination de lutte contre le terrorisme et pour préserver leurs intérêts, il est tout de même difficile de ne pas croire que les USA n'ont pas un intérêt pour une partie de l'Algérie dont les réserves de gaz de schiste, de gaz conventionnel et d'autres minéraux comme l'uranium. Des clans complaisants sont déjà sur le terrain pour la mise en marche de la locomotive de déstabilisation.

L’Expression algérien, du 12 mars 2014. 

The NATO Syndrome, the EU’s Eastern Partnership Program, and the EAU

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Kto Kogo?*

 

The NATO Syndrome, the EU’s Eastern Partnership Program, and the EAU

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Ex: http://www.lewrockwell.com

In 2009, Poland and Sweden, ever attentive to the US’s geostrategic goals of isolating Russia and gaining control of China thereafter, initiated the Eastern Partnership program, which its sponsors said was intended to tighten ties with former Soviet Republics, such as Moldova, Armenia, Kyrgyzstan, and Ukraine.  A trade pact is a part of the Partnership’s Association Agreement (AA) deal.

What the Russians saw in the EU initiative was a repeat of the “NATO Syndrome,” in that what was promised would soon be betrayed, i.e. no NATO expansion in exchange for a Soviet agreement to the reunification of Germany.

To Russian eyes, NATO’s 1999 expansion throughout Eastern Europe and the subsequent celebratory bombing campaign against Serbia, inaugurated just one month later, and the still later Albanian annexation of Serbia’s heartland province of Kosovo, were altogether the Clinton Administration’s triple-combo opening salvos in an American campaign to recreate the Versailles Treaty’s cordon sanitaire.  And the 2009 Association Agreement is but a Trojan horse whose only practical purpose is to advance US and EU interests at the expense of the former Soviet republics’ naïve hopes and Russian security.

Dangling the Association Agreement’s implied – but not certain – right of eventual EU membership before the economically struggling former Soviet republics was but a means to beguile them into the EU orbit and thus US control with a future as NATO base hosts and IMF lab rats.

When the terms of the AA are examined, Russian skepticism is understandable.  The 350 laws alone that Ukraine would be required to institute over a ten-year period at a cost of twice the nation’s projected GNP in the same time period would overwhelm the struggling country, few of whose industrial and manufacturing products are either wanted or needed in the EU.

But whether or not Ukraine ever managed to fulfill EU conditions for membership would be of no importance to the U.S.  Once bound tight with IMF conditions and saddled with World Bank loans and perpetual debt, thereafter the west could leave the AA’s signatories to rot in limbo for years while their territory, cheap labor and resources were put to other, alien purposes.

The Russians saw as well that both the countries of the former Soviet Union and Russia, sandwiched as they are between large geopolitical units (China and the EU,) are disadvantaged when negotiating trade treaties and other matters.  Thus was born the idea of a new structure, the Eurasian Union (EAU), which began with the establishment of a Customs Union between Russia, Belarus and Kazakhstan in 2010.  The Russian plan was to inaugurate the Eurasian Union in 2015 with the inclusion of Armenia, Kyrgyzstan and Ukraine.

It is the Russian EAU initiative which is said to be Putin’s ham-fisted attempt to re-establish the Soviet empire, and not the plan of a man who accepts the world’s current political configuration and is attempting to place his country within that configuration as advantageously as possible.  It’s been a hard sell.

Without Ukraine, a Eurasian Union is at risk of never coalescing usefully, leaving the former republics and Russia vulnerable to neocon and globalist raids and incursions, possibly under cover of staged terrorist events.  In effect, the consequences might not be dissimilar from the days when Russian princes were run ragged repelling Tartar incursions from the south or the east, only having to turn and race westerly to beat back Lithuanian or Polish brigands.

By the week of the EU’s Eastern Partnership’s signing debut at the end of November 2013, Vladimir Putin had told Ukrainian president Viktor Yanukovich that he could continue flirting with the EU, if he wished.  But if Ukraine wanted a trade agreement with Russia, with whom the lion’s share of Ukraine’s trade actually occurs, $15 billion in the coming year, cut-rate gas prices, industrial co-operation projects, and possible further credits, the country would agree to the EAU.  Compared to the $200 million the EU offered out of a total of $799 million for all eight targeted Association Agreement signers and a certain decade in EU cold storage while the country underwent an IMF-directed mauling, Yanukovich made the prudent choice.

When the Ukrainian president informed the EU that Ukraine’s participation in the AA would require further discussion, a reasonable position considering the AA as drafted, and that the country had agreed to the join the EAU, thousands of misguided and confused protestors appeared in the Maidan.  Once the terms of the Russian offer were made public, the protests began petering out.

But in both the Russians’ EAU game plan and that of the US’s effort to sabotage the EAU, Ukraine is key.  Protest crowds on the Maidan began to grow again amid reports that many in the crowd were working for a daily wage.  Whether paid or unpaid, bussed in from Moldova or fresh off the Kiev city tram, it’s certain Ukrainians were not demonstrating for the establishment of NATO bases or IMF agreements, a number of which have already floundered and failed.

Recent events are not the first time the US has used Ukraine in an attempt to displace Russia as a significant power by piercing its sphere of influence.

In 2004, Putin and then Prime Minister Viktor Yanukovich had begun to tackle the politicized supply structure Stalin created to make permanent the Soviet Union.  By changing national borders and spreading key industrial components over two or more republics, Stalin bound the Soviet empire together.  When the 15 constituent republics that made up the Soviet Union became independent nations in 1992, this cross-border supply structure created havoc.

Mighty Soviet aluminum smelters were located in Siberia, but supplies of bauxite were to be had only in Ukraine.  A component an electronics manufacturer in Kharkiv needed could only be obtained from a manufacturer in Vilnius.  Multiplying the complications for obtaining key inputs throughout the industrial and manufacturing sectors of 15 nascent and bankrupt governments gives a fuller understanding of why the former republics have failed to successfully restructure their national economies.

Putin’s and Yanukovich’s initial efforts were beneficial, particularly to eastern Ukraine, in which the republic’s industrial sector is concentrated.  In 2004, Ukraine experienced a 12% increase in GNP, and the national currency, the hryvnia, enjoyed a modest appreciation.

The US-sponsored 2004 Orange Revolution put paid to the Putin-Yanukovich initiatives, and the Ukrainian cycle of state officials’ theft and oligarchical favoritism began anew under US-presidential pick Viktor Yushchenko, a recent tradition of sorts which Yanukovich was eager to honor, as well.

Fast forward to 21 February 2014, the day of the Yanukovich government’s violent ouster.  Earlier that day, Germany, France and Poland had brokered a compromise agreement between the elected Ukrainian government and the protestors’ spokesmen.  Having already agreed and executed much of the protestors’ agenda, the pre-2004 Ukrainian constitution was to be restored and Yanukovich, in turn, would stay in the diminished office of the presidency until new elections could be organized.

Within 12 hours of the agreement’s signing, dozens of corpses of demonstrators and police killed by sniper fire were reported in the Maidan.  On Saturday, in an un-constitutional procedure the Ukrainian parliament impeached Yanukovich, who then fled to Russia in fear of his life.

The Russian Foreign Ministry Russian Foreign Ministry observed that the Friday agreement was used “with the tacit consent of its external sponsors” as a “cover to promote the script of a forced change of power in Ukraine.”  In other words, the Russians smelled a high-stakes trick.

Now that the Ashton-Paet tape has leaked, and despite its being obediently ignored by the mainstream media, one wonders what other actions the west may have known about, but left unremarked on that Friday. Did the EU negotiators know that the opposition they were then championing in accordance with US preferences had possibly directed snipers into the Maidan to murder demonstrators and policemen alike?

Russian warnings to the US and the EU about the rough crowd in Kiev they’d taken up with were ignored. An arrogant Washington, in accord with a famous Leninism regarding the expediency of temporary alliances, sees no problem.  Once Ukrainian hotheads and thugs have been bled of all possible utility, they will be eliminated. Think Egypt.

In response to the coup, Moscow swiftly drew a red line so bright it might as well have been flashing in neon: within a day of Yanukovich’s shambolic impeachment 150,000 Russian soldiers were engaged in military exercises not so very far from Russia’s border with eastern Ukraine, almost overnight Crimea was under Russian military control, a bottled-up Ukrainian navy was registering little alarm at their predicament, and further payments on the remaining $12 billion of the $15 billion cash infusion and cut-rate prices for Russian gas Putin had earlier agreed with the overturned Yanukovich government were shelved.

What the US and the EU immediately claimed was a Russian invasion of Ukraine was a long term leaseholder’s defense of its property right.  Even with 16,000 troops in Ukraine, Russia is not in violation of the terms of its lease on the Sevastopol naval base.  The lease, a treaty in fact, permits the stationing and multiple movements on Crimean territory of as many as 25,000 Russian troops.

The west’s claim of a Russian invasion of Crimea is intended to support Ukrainian control of the Kerch Strait, a waterway at the northern end of the Black Sea which separates Ukraine’s Crimea Peninsula from the coast of Southern Russia and is one of Ukraine’s three potentially oil-producing provinces. Gas reserves lie offshore of the peninsula.

The US believes Ukraine’s long term needs for energy and income can be satisfied by cutting deals with Big Oil to drill for oil and gas, which can then be shipped through Ukrainian pipelines to the EU, and Europe’s dependence on Russian gas a forgotten inconvenience.

Complicating western media scripts, the Crimean parliament voted on 6 March to rejoin the Russian Federation.  A public referendum on Sunday, 16 March, confirmed the parliament’s earlier vote and the 96.7% of the electorate that voted its approval tallies with a 93.2% approval when the same question was put to the electorate in a 1991 referendum.  In the run-up to the recent public vote, 1000s-strong pro-Russian demonstrations erupted in the eastern Ukrainian cities of Donetsk and Lugansk at which possibly western mercenaries hired by wealthy Ukrainian oligarchs played the role of spoilers.

Without foreign largesse, the new Ukrainian coup government can’t even pay the nation’s light bill much less a single Ukrainian soldier’s combat pay.  In fact, the cost of tidying up a Ukraine that has been criminally misgoverned for over two decades in order to accommodate EU standards and procedures is in the neighborhood of a $200 billion, years-long taxpayer liability.

To date, the US has pledged $1 billion and the EU is planning a $1.5 billion emergency transfer to tide the coup government over prior to an IMF agreement and all before the 25 May elections.  Within a week of their elevation-by-mob, interim government leaders embarked on a palms-out Grande Tour of sorts.  A combined sum of $35 billion in promised IMF loans is now the west’s opening bid.

US policy achievements on behalf of American taxpayers for their $5 billion investment to date:  State Department-approved Ukrainian coup government officials have asked for money to finance an “independent Ukraine,” the US and the EU have offered up a promise of $35 billion to insure an “independent Ukraine,” and an “independent Ukraine” has agreed to take the money.

Where are the Pravy Sektor defaulters when you need them?  Hmm?

Over the horizon lies a propaganda campaign devoted to browbeating at least some of the Ukrainians’ requested billions from Russia’s earlier deal with the Yanukovich government on what will be said to be a “humanitarian” basis.  Rather like the ancient practice of the condemned paying the executioner’s fee, it will be an effort to maneuver Russia into paying the initial costs of Ukraine’s first steps towards EU membership.

When the Ukrainian people understand that the price for daydreams of strolling the Champs d’Elysées with a pocketful of euros is an IMF restructuring that entails the devaluation of the hryvnia, cuts in pensions, benefits and salaries to state employees, raising of the retirement age, the removal of subsidies to coal and other underperforming industries, the growth of natural gas prices, and other toxic rules and conditions that will translate into a life harder and colder than it now is, more turmoil is guaranteed.

Turmoil is the very aim of contemporary US statecraft.  In the “divide and rule” political schemata of empire, US blunders are but new opportunities to tighten the screws on what the US policymakers regard not as nations, but as subject territories.

What is extraordinary is that EU officials are persisting in the attempt to squeeze agreement with the IMF and to the Eastern Partnership from Ukraine’s coup government prior to the 25 May elections, and thereby secure their agents’ permanent presence in the country as a thing done.  The EU rush speaks to the insincerity and weakness of any substantial EU commitment to aid Ukraine or her people.

The Russians’ refusal to recognize the coup government is correct; doing so would only work to support the inevitable US effort to trade a Ukrainian agreement to the AA to Russia in return for Ukraine’s acceptance of the loss of Crimea.

In the wake of the Crimean referendum, a hysterical western and specifically US-aligned media has been shouting warnings of a sudden Russian grab for eastern Ukraine.  Stalin could have written the script – for the Americans, who without any foreign influence whatsoever long ago established their own history of provoking attacks.

Confused overnight media reports of the death of a Ukrainian soldier in Crimea, which imply that Russian troops are responsible, but which locals say was a tragic consequence of a dust-up with Crimean self-defense forces and an unknown sniper,  are indicative of the Russians’ concern that the west will create the evidence that compels Putin to make good his promises of protection of Russians in western Ukraine.

Russian Foreign Minister Sergei Lavrov said that Russian support for an OSCE observer mission in Ukraine is based on the need “of preventing provocations by ultranationalist and radical forces against Russian speakers and our compatriots in southeastern Ukraine and other regions.”

Contrary to western media’s repeated provocations, Russia has no interest in a divided Ukraine.  A divided country would only open Russia to endless enmity from western Ukrainians, and ongoing cross-border violence.  A division would be a tragedy for western Ukraine, which would bring increased economic misery and leave the country subject to a possible Polish annexation.

In truth, US scheming and bellicosity in Ukraine have only worked to drag the world back to the tired rhetoric of the cold war and to that era’s nuclear dangers and destructive tit-for-tat policies of economic sanctions, asset freezes, and boycotts.  The only bit of “new” is the threat of kicking Russia out of the irrelevant G-8’s treehouse.

The experience is rather like watching dinosaurs crashing about in a Steven Spielberg film.

The world is de-centralizing, and neither the rapidly changing times nor the world’s finances favor out-of-date multinational organizations, run-a-muck central banks, or rolling superpower seditions and military aggressions.

If so, then what explains Germany’s support of the US lead?  Since Russia supplies a third of the gas for Germany’s economy, risking Russia’s alienation seems unwise.

The cat western media doesn’t let out of the bag is the fact that Germany has a full tank of gas, and there’s plenty more from where that came from.

Gazprom’s Baltic Sea ‘Nord Stream’ project is complete and is now transporting Russian gas to Germany through a pipeline that transverses the bottom of the Baltic Sea, and the pipe’s capacity is double the amount of gas Germany purchased from Russia in 2012.  Since 2005, the chairman of the supervisory board of the management company of Nord Stream is Gerhard Shröder, the former German chancellor.

Gazprom in conjunction with Italy, France and Germany is building a second pipe, South Stream. The former SPD mayor of Hamburg, Henning Voscherau, plays the same supervisory role at South Stream Transport AG as Shröder does at Nord Stream.

Interestingly, the Financial Times reported that the City’s skittishness in the wake of John Kerry’s idiotic ultimatum to Putin to renounce in advance the results of the referendum in Crimea put ‘half a dozen live deals to fund some of Russia’s biggest companies” in limbo.”  But the FT article highlighted one deal that was not put in limbo:  “South Stream announced that it had signed a contract worth about EUR2 billion with Saipem of Italy to build the offshore stretch of the route under the Black Sea from Russia to Bulgaria. Construction is scheduled to start in June.”

Gazprom CEO Alexei Miller has been quoted as saying that the two projects in combination with the already-existing Belorussian “Beltansgaz” pipe would turn Ukraine’s network of gas pipelines and biggest strategic asset into “scrap.”

In other words, Germany’s verbal support for the west’s initiatives costs Germany exactly nothing.  Any actions beyond the symbolic would cost Germany.  Therefore, there will be no EU sanctions of consequence.  Even were Germany on side for a US-decreed suicide mission, twenty-eight nations’ governments are not going to agree to economic policies that will take the cost out of their own hides. In other words, no State Department neo-con princess is going to ‘’F**k the EU.”

With the Nord and South stream projects in hand, Germany, which has prospered mightily from the euro, but whose taxpayers are weary of bankrolling the sinking Mediterranean countries’ loans made by the prosperous north’s banks, has positioned itself remarkably well; in an EU financial pile-up, exiting the EU wouldn’t amount to much more than a fender bender.

Now that west has adopted Bolshevik political tools, the Russians ought to keep turning the tables and counter with what the west advocates only with words, i.e. freedom and economic competition.

An EAU based on free trade in which there are no tariffs, no quotas, and no favoritism by or for any member and which allowed for associate members would put the Soviet boogieman back in the closet.  A free trade pact would allow Russia and the former republics to reap the benefits of the spontaneous order that the world’s people are building daily on the internet without any state’s direction or even much of an awareness of what they are doing.

There would be costs to Russia for such an arrangement, and a subsidized energy program for certain former republics would have to be included initially, (and would be difficult to retire when no longer needed.)  But those initial costs would be less than the long term ones of state-managed trade agreements at which literally thousands of government lawyers and bureaucrats labor continually in order to first design and then police the treaties, which protect and favor individual nation’s corporate political funders at consumers’ expense.

An unhindered market-driven trade block would quickly rationalize the last vestiges of Stalin’s cross-border supply system at no cost to the Kremlin.  Endemic corruption would diminish since no bribes need be paid for permissions no longer required.  Overall, commerce and enterprise would be favored throughout the EAU.

A trade apparatus in which competing private entities provide reliable and efficient transport, short and intermediate term trade finance, goods insurance, and rapid dispute resolution in private courts would work to swell EAU membership rolls.  An EAU supportive of co-operative and unfettered trade would draw foreign investment, and new applicants for membership both within and outside of the CIS (Commonwealth of Independent States).

Would Russia ever initiate such a system?

The Russian love of everything big rather than the small and the quick argues against.  An unfortunate predilection towards monopoly, a modern manifestation of the legacy of the votchina structure of property rights established in the ancient Kievian state of ‘Rus, also posits a no.  Ditto the exhaustively detailed agreements covering every right and every duty between contracting parties. These elements all boil down to, for instance, Gazprom’s cultural and business preference for signing a single, complex, multi-year contract with Germany’s Ruhrgas, and not many agreements with a plethora of independent suppliers.

Still, the west would be wrong to write off the possibility of having to compete with a lean and mean EAU trade block.  Russia has demonstrated a capability for surprise.

After all, who would have thought in 2001 that the president of the Russian Federation, Vladimir Putin, would liberate the greatest number of people on the planet?

“Say what!?” you ask.

If any reader knows of another leader of a major power, who instituted a flat tax of 13% or less, and thereby liberated his people from the necessity of burdensome record keeping and government tracking, while eliminating from households’ budgets the grievous costs of accountants, tax lawyers, offshore scams, and sparing everyday life the social costs inherent in a society riven by the divisiveness that comes of progressive taxation, then, dear reader, please do email me that name.

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Kto kogo? was one of Vladimir Lenin’s favorite expressions. Literally, the phrase means “Who of whom,” and is perhaps best translated as “Who will triumph (over whom)?”  The ‘g’ in kogo is pronounced as a ‘v’.

 

Corporate Interests Behind Ukraine Putsch

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Corporate Interests Behind Ukraine Putsch

Behind the U.S.-backed coup that ousted the democratically elected president of Ukraine are the economic interests of giant corporations – from Cargill to Chevron – which see the country as a potential “gold mine” of profits from agricultural and energy exploitation, reports JP Sottile.

By JP Sottile

On Jan. 12, a reported 50,000 “pro-Western” Ukrainians descended upon Kiev’s Independence Square to protest against the government of President Viktor Yanukovych. Stoked in part by an attack on opposition leader Yuriy Lutsenko, the protest marked the beginning of the end of Yanukovych’s four year-long government.

That same day, the Financial Times reported a major deal for U.S. agribusiness titan Cargill.

Despite the turmoil within Ukrainian politics after Yanukovych rejected a major trade deal with the European Union just seven weeks earlier, Cargill was confident enough about the future to fork over $200 million to buy a stake in Ukraine’s UkrLandFarming. According to Financial Times, UkrLandFarming is the world’s eighth-largest land cultivator and second biggest egg producer. And those aren’t the only eggs in Cargill’s increasingly-ample basket.

On Dec. 13, Cargill announced the purchase of a stake in a Black Sea port. Cargill’s port at Novorossiysk — to the east of Russia’s strategically significant and historically important Crimean naval base — gives them a major entry-point to Russian markets and adds them to the list of Big Ag companies investing in ports around the Black Sea, both in Russia and Ukraine.

Cargill has been in Ukraine for over two decades, investing in grain elevators and acquiring a major Ukrainian animal feed company in 2011. And, based on its investment in UkrLandFarming, Cargill was decidedly confident amidst the post-EU deal chaos. It’s a stark juxtaposition to the alarm bells ringing out from the U.S. media, bellicose politicians on Capitol Hill and perplexed policymakers in the White House.

It’s even starker when compared to the anxiety expressed by Morgan Williams, President and CEO of the U.S.-Ukraine Business Council — which, according to its website, has been “Promoting U.S.-Ukraine business relations since 1995.” Williams was interviewed by the International Business Times on March 13 and, despite Cargill’s demonstrated willingness to spend, he said, “The instability has forced businesses to just go about their daily business and not make future plans for investment, expansion and hiring more employees.”

In fact, Williams, who does double-duty as Director of Government Affairs at the private equity firm SigmaBleyzer, claimed, “Business plans have been at a standstill.”

Apparently, he wasn’t aware of Cargill’s investment, which is odd given the fact that he could’ve simply called Van A. Yeutter, Vice President for Corporate Affairs at Cargill, and asked him about his company’s quite active business plan. There is little doubt Williams has the phone number because Mr. Yuetter serves on the Executive Committee of the selfsame U.S.-Ukraine Business Council. It’s quite a cozy investment club, too.

According to his SigmaBleyzer profile, Williams “started his work regarding Ukraine in 1992” and has since advised American agribusinesses “investing in the former Soviet Union.” As an experienced fixer for Big Ag, he must be fairly friendly with the folks on the Executive Committee.

Big Ag Luminaries

And what a committee it is — it’s a veritable who’s who of Big Ag. Among the luminaries working tirelessly and no doubt selflessly for a better, freer Ukraine are:

–Melissa Agustin, Director, International Government Affairs & Trade for Monsanto

–Brigitte Dias Ferreira, Counsel, International Affairs for John Deere

–Steven Nadherny, Director, Institutional Relations for agriculture equipment-maker CNH Industrial

–Jeff Rowe, Regional Director for DuPont Pioneer

–John F. Steele, Director, International Affairs for Eli Lilly & Company

And, of course, Cargill’s Van A. Yeutter. But Cargill isn’t alone in their warm feelings toward Ukraine. As Reuters reported in May 2013, Monsanto — the largest seed company in the world — plans to build a $140 million “non-GM (genetically modified) corn seed plant in Ukraine.”

And right after the decision on the EU trade deal, Jesus Madrazo, Monsanto’s Vice President for Corporate Engagement, reaffirmed his company’s “commitment to Ukraine” and “the importance of creating a favorable environment that encourages innovation and fosters the continued development of agriculture.”

Monsanto’s strategy includes a little “hearts and minds” public relations, too. On the heels of Mr. Madrazo’s reaffirmation, Monsanto announced “a social development program titled “Grain Basket of the Future” to help rural villagers in the country improve their quality of life.” The initiative will dole out grants of up to $25,000 to develop programs providing “educational opportunities, community empowerment, or small business development.”

The well-crafted moniker “Grain Basket of the Future” is telling because, once upon a time, Ukraine was known as “the breadbasket” of the Soviet Union. The CIA ranks Soviet-era Ukraine second only to Mother Russia as the “most economically important component of the former Soviet Union.”

In many ways, the farmland of Ukraine was the backbone of the USSR. Its “fertile black soil” generated over a quarter of the USSR’s agriculture. It exported “substantial quantities” of food to other republics and its farms generated four times the output of “the next-ranking republic.”

Although Ukraine’s agricultural output plummeted in the first decade after the break-up of the Soviet Union, the farming sector has been growing spectacularly in recent years. While Europe struggled to shake-off the Great Recession, Ukraine’s agriculture sector grew 13.7% in 2013.

Ukraine’s agriculture economy is hot. Russia’s is not. Hampered by the effects of climate change and 25 million hectares of uncultivated agricultural land, Russia lags behind its former breadbasket.

According to the Centre for Eastern Studies, Ukraine’s agricultural exports rose from $4.3 billion in 2005 to $17.9 billion in 2012 and, harkening the heyday of the USSR, farming currently accounts for 25 percent of its total exports. Ukraine is also the world’s third-largest exporter of wheat and of corn. And corn is not just food. It is also ethanol.

Feeding Europe

But people gotta eat — particularly in Europe. As Frank Holmes of U.S. Global Investors assessed in 2011, Ukraine is poised to become Europe’s butcher. Meat is difficult to ship, but Ukraine is perfectly located to satiate Europe’s hunger.

Just two days after Cargill bought into UkrLandFarming, Global Meat News (yes, “Global Meat News” is a thing) reported a huge forecasted spike in “all kinds” of Ukrainian meat exports, with an increase of  8.1% overall and staggering 71.4% spike in pork exports. No wonder Eli Lilly is represented on the U.S.-Ukraine Business Council’s Executive Committee. Its Elanco Animal Health unit is a major manufacturer of feed supplements.

And it is also notable that Monsanto’s planned seed plant is non-GMO, perhaps anticipating an emerging GMO-unfriendly European market and Europe’s growing appetite for organic foods. When it comes to Big Ag’s profitable future in Europe, the stakes couldn’t be higher.

For Russia and its hampered farming economy, it’s another in a long string of losses to U.S. encroachment — from NATO expansion into Eastern Europe to U.S. military presence to its south and onto a major shale gas development deal recently signed by Chevron in Ukraine.

So, why was Big Ag so bullish on Ukraine, even in the face of so much uncertainty and the predictable reaction by Russia?

The answer is that the seeds of Ukraine’s turn from Russia have been sown for the last two decades by the persistent Cold War alliance between corporations and foreign policy. It’s a version of the “Deep State” that is usually associated with the oil and defense industries, but also exists in America’s other heavily subsidized industry — agriculture.

Morgan Williams is at the nexus of Big Ag’s alliance with U.S. foreign policy. To wit, SigmaBleyzer touts Mr. Williams’ work with “various agencies of the U.S. government, members of Congress, congressional committees, the Embassy of Ukraine to the U.S., international financial institutions, think tanks and other organizations on U.S.-Ukraine business, trade, investment and economic development issues.”

As President of the U.S.-Ukraine Business Council, Williams has access to Council cohort — David Kramer, President of Freedom House. Officially a non-governmental organization, it has been linked with overt and covert “democracy” efforts in places where the door isn’t open to American interests — a.k.a. U.S. corporations.

Freedom House, the National Endowment for Democracy and National Democratic Institute helped fund and support the Ukrainian “Orange Revolution” in 2004. Freedom House is funded directly by the U.S. Government, the National Endowment for Democracy and the U.S. Department of State.

David Kramer is a former Deputy Assistant Secretary of State for European and Eurasian Affairs and, according to his Freedom House bio page, formerly a “Senior Fellow at the Project for the New American Century.”

Nuland’s Role

That puts Kramer and, by one degree of separation, Big Ag fixer Morgan Williams in the company of PNAC co-founder Robert Kagan who, as coincidence would have it, is married to Victoria “F*ck the EU” Nuland, the current Assistant Secretary of State for European and Eurasian Affairs.

Interestingly enough, Ms. Nuland spoke to the U.S.-Ukrainian Foundation last Dec. 13, extolling the virtues of the Euromaidan movement as the embodiment of “the principles and values that are the cornerstones for all free democracies.”

Nuland also told the group that the United States had invested more than $5 billion in support of Ukraine’s “European aspirations,” meaning pulling Ukraine away from Russia. She made her remarks on a dais featuring a backdrop emblazoned with a Chevron logo.

Also, her colleague and phone call buddy U.S. Ambassador to Ukraine Geoffrey Pyatt helped Chevron cook up their 50-year shale gas deal right in Russia’s kitchen.

Although Chevron sponsored that event, it is not listed as a supporter of the Foundation. But the Foundation does list the Coca-Cola Company, ExxonMobil and Raytheon as major sponsors. And, to close the circle of influence, the U.S.-Ukraine Business Council is also listed as a supporter.

Which brings the story back to Big Ag’s fixer — Morgan Williams.

Although he was glum about the current state of investment in Ukraine, he’s gotta wear shades when he looks into the future. He told the International Business Times, “The potential here for agriculture/agribusiness is amazing … production here could double.  The world needs the food Ukraine could produce in the future. Ukraine’s agriculture could be a real gold mine.”

Of course, his priority is to ensure that the bread of well-connected businesses gets lavishly buttered in Russia’s former breadbasket. And there is no better connected group of Ukraine-interested corporations than American agribusiness.

Given the extent of U.S. official involvement in Ukrainian politics — including the interesting fact that Ambassador Pyatt pledged U.S. assistance to the new government in investigating and rooting-out corruption — Cargill’s seemingly risky investment strategy probably wasn’t that risky, after all.

JP Sottile is a freelance journalist, radio co-host, documentary filmmaker and former broadcast news producer in Washington, D.C. His weekly show, Inside the Headlines w/ The Newsvandal, co-hosted by James Moore, airs every Friday on KRUU-FM in Fairfield, Iowa and is available online. He blogs at Newsvandal.com or you can follow him on Twitter, http://twitter/newsvandal.

dimanche, 23 mars 2014

Comment la NSA a industrialisé le hacking

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Comment la NSA a industrialisé le hacking

Les services secrets américains se sont dotés d’une infrastructure quasi-automatique pour injecter des malwares sur des millions des machines. Et ce n’est qu’un début. Voici un aperçu technique.

Gilbert Kallenborn
 
Avec la NSA, le piratage informatique est définitivement passé de l’artisanat à l’industrie lourde, comme le montrent les dernières révélations de The Intercept, datant du 12 mars. Basées sur des documents d’Edward Snowden, elles détaillent de manière effrayante l’infrastructure mise en place pour pouvoir injecter des malwares sur des millions de postes informatiques, et tout cela de manière quasi-automatique.
 
A la base de cette stratégie se trouvent les programmes « Turmoil » et « Turbine ». Le premier est un réseau mondial de capteurs, capable de détecter les traces des internautes sur n’importe quel réseau : fixe, ondes radios, satellites. Pour cela, il s’appuie sur tous les codes possibles et imaginables permettant d’identifier une personne sur le réseau : numéros de série de machine, adresses MAC, adresse IP, cookies, numéros de messages d’erreur Windows, numéros IMEI/UDID,  clés de chiffrement, etc.
 
Une fois que la cible est détectée, « Turmoil » active le programme « Turbine ». Lorsque la cible envoie une requête HTTP, ce dernier va tenter d’être plus rapide que le serveur interrogé et envoyer une fausse page vérolée. Tout cela se passe en quelques fractions de seconde. Cette technique fonctionne avec tout type de pages HTML, statiques ou dynamiques. Le site Facebook est particulièrement visé, comme le prouve cette animation.
 
L’injection de malwares dans les pages HTML a été baptisée « Quantum Insert » par la NSA (« Quantum Hand » dans le cas spécifique de Facebook). Mais ce n’est qu’une technique parmi d’autres. Le programme Turbine peut également injecter des malwares lors de requêtes DNS (« Quantum DSN »), de téléchargement de fichiers (« Quantum Copper »), d’un échange de messagerie instantanée MSN/XMPP (« Quantum Spim »), de requêtes de bases de données (« Quantum Squeel »), etc.
 
Selon les documents d’Edward Snowden, la NSA a créé plus d’une dizaine de techniques différentes pour injecter des malwares, toutes logiquement regroupées sous le terme « Quantum Theory ». Et ce système commence à être tellement bien huilé qu’il permet à la NSA de passer de quelques centaines « d’implants » (i.e. malwares installés) à plusieurs millions, comme le précise un autre document confidentiel.
 
Quant aux malwares eux-mêmes, ils sont évidemment très sophistiqués et dotés de noms toujours aussi exotiques : « Captivated Audience » enregistre les conservations par le microphone ; « Gumfish » enregistre l’utilisateur par la webcam ; « Foggy Bottom » siphonne les logs et les mots de passe ; « Salvage Rabbit » extrait des données depuis des disques flash USB, etc. Bref, la NSA s’est dotée d’une véritable usine du hack.
 
Source:
 

Crimea’s Reunification with Russia and National Self-Determination Trends in Europe

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Crimea’s Reunification with Russia and National Self-Determination Trends in Europe, Time for Peoples to Decide Their Own Fates

Dmitry MININ

Ex: http://www.strategic-culture.org

 
The Crimea’s return to Russia is a hot issue, but it’s not something absolutely extraordinary for Europe. Pretty soon the international community’s attention will switch over to other important and unexpected events related to the desire of peoples to implement their right to self-determination. 

As European history shows, the national states normally appear as a result of big wars: Germany and Italy were unified in the 70s of XIX century and new states emerged in the Balkans. As WWI and WWII ended, Europe has been facing vibrant events leading to the creation of new states and reshaping of borders. I thought that the period of 1989 -1992 was the time of the fourth wave of European map reshaping as the Cold War was over and a number of former socialist states dismembered. 23 states have appeared, or 24 entities if Kosovo is counted, in the place of Czechoslovakia, the Soviet Union and Yugoslavia as of 1989. The whole Slav world actually has gone through a transition period leading to the emergence of national states. The number is 13 now, but the figure is believed to bring bad luck, something that makes experts believe one more addition to the count – a state of Carpathian Rusyns - would just hit the spot as this is the only Slav nation still destitute of statehood and national identification. 

A group of Western states led by the United States and other NATO members actually inspired the fourth wave using the energy of nationalism to weaken a geopolitical adversary. But once started, a chain reaction is hard to stop. It has not been extinguished during all these twenty years but was rather shouldering waiting for the time to come. Back in history, a national partition used to happen after two-three generations, nowadays one generation is enough. Now the fifth wave of national identification is striking Europe and it is not necessarily linked to wars. Some peoples, especially in the West, continue to face the trends to partition, while others are in the process of unification, like in the case of Russia, for instance. Crimea is a more a left-over from the 1990s, and the main events are expected to take place soon not in the post-Soviet space, but rather in the «united» Europe. The Crimean referendum may influence the situation to some extent, but, in essence, it’ll be a backlash to the process launched by the West. These are the whims of Nemesis, the goddess of revenge. 

First of all, new tensions are getting high where national problems are still waiting for final solutions, or in the states of the Western Europe, and it is a heavy burden to be shouldered by Brussels. The risk of the use of force is high. Croats in Bosnia and Herzegovina have been dreaming about a national entity - the Croatian Republic of Herzeg-Bosnia - or joining Croatia since the days of the war. Serbs still cherish plans for the Republic of Srpska to become independent or become part of Serbia. Bosnian Muslims have been staging social protests for a few months, it’s not about economy only, they also raise the issue of national identity. The regional Muslim movement for autonomy in the Sanjak situated between Montenegro and Serbia would like to unite with the people of the same religion living in the north to make Greater Bosnia emerge. 

Serbs in In Kosovo-Mitrovica are especially elated by the Crimea events. They intend to intensify the pressure on Belgrade to make it insist they stay out of Pristina control. The Albanians in western Macedonia proclaimed the foundation of the Republic of Illirida in 1990, now they want the status of federal entity. In Bulgaria the trend to claim the larger part of eastern Macedonia is on the rise. Bulgarians believe the land rightfully belongs to them. Romania sets its eyes on Moldavia. Inside Romania the Székely Hungarians have intensified their activities. Almost all of them have Hungarian passports and demand self-determination for a large part of Transylvania as the first step on the way of unification with motherland. Slovakia and Serbian Voevodina face the same problems with Hungarian population. Formally Poland unambiguously supports the Kiev government, but experts have already expressed the opinion that the time has come to return the eastern kresy (borderlands in western Ukraine which is a former territory of the eastern provinces of Poland) into Rzeczpospolita (Poland). 

In Western Europe separatism has two trends: non-recognition of existing borders (in Belgium, Spain, Great Britain, Italy, France, Denmark and Germany) and negative attitude towards the EU itself. The November 2012 survey held in the UK showed the majority (56%) say «no» to the European Union and would prefer to leave. Prime Minister David Cameron has already said it’s a cut-and dried decision to hold a referendum on the issue. Germany follows the trend: 49% respondents there said they would be better off without the EU. Adding the sinking Ukraine to the pile of EU burdens will obviously strengthen the trend. The introduction of large-scale sanctions against Russia will inevitably lead to the general deterioration of economic situation in Europe putting the EU on the brink of disintegration. Some scenarios envision Europe as a federal state comprising 75 national states. This vision belongs to Daniel Cohn-Bendit of Germany’s Green Party and Guy Verhofstadt, former Prime Minister of Belgium, an author of a popular manifest on federal Europe. 

Talking about individual states, the partition of Great Britain is seen as inevitable. Simon Thomas, a Welsh Plaid Cymru party politician, believes that the 2014 referendum in Scotland will become an icebreaker moving across all the parts of the UK. According to him, the promulgation of Scotland’s independence means the partition of Great Britain. He believes that Scotland is the best example. Still Northern Iceland and Wales are in for changes. Simon Thomas thinks that it would be better for Wales to stay in the united Europe in case it leaves the UK. Not much time is left till the referendum slated for September 18 takes place. Scotland is attentively following the events in Crimea. It would be relevant to ask why something allowed once should be forbidden in other cases? Is it that "Gods may do what cattle may not»?

Germany still remains one state due to the inertia of recent unification, but it may not be immune to partition in the long run. It consists of different parts with the dialects that differ more than Russian and Ukrainian languages, for instance. 

The trend is on the rise – those who live in Bavaria and Baden-Württemberg don’t want to share with «hangers-on» from other, less prosperous, German lands. Wilfried Scharnagl, a high-standing member of the ruling Bavarian Christian Social Union party, has recently published his sensational book Freedom from Germany trying to wake up the Bavarian political establishment which has been surreptitiously dreaming about independence. 

In Italy the Northern League (Lega Nord) has been gaining strength since the 1960-70s cherishing dreams about separating from loafers, mafiosi and hedonists in the south by uniting into Padania, the land of hard working northerners. These kinds of ideas have become most popular as the crisis set in making the regions tighten their belts to increase aid to southern provinces deep in debt. Alto Adige (South Tyrol) is mainly populated by Austrians; it became part of Italy after WWII. The separatist trends there are on the rise. Venice has already launched a five-day referendum on splitting from Rome. The poll was organized by local activists and parties, who want a future state called Republic of Veneto. This would be reminiscent of the sovereign Venetian republic that existed for more than 1,000 years. 

 

In France, the voices calling for autonomy or even secession from Paris are heard louder in Corse, Alsace and Bretagne. 

In Spain Catalonia is demanding independence with Galicia and the Basque country ready to follow suit. A referendum in Catalonia is slated for November 4, no matter the central government in Madrid opposes the action. Barcelona has no intention to retreat. Here is a one more precedent relevant to the referendum just held in Crimea. 

 The attempts to keep Flanders and Wallonia together as parts of Belgium stymie, and Brussels, the European capital, risks remaining an entity with vaguely defined status. 

There are overseas forces that have fostered the separatist trends guided by the good old «rule and divide!» principle. Of course, the USA would like to see divided the West and the East of the continent. The separatist sentiments, limited by the West against the background of opposite trends picking up steam in the East, hardly meet the Washington’s goals. The US has failed to take into consideration just one thing. The peoples’ right to self-determination does not only presuppose a partition in case they don’t want to live together, but also unification if it meets the prevailing aspirations. Russia has overcome the negative trends emerged as a result of imposed disintegration and stepped on the different path of consolidation. That’s why the White House is so vibrant in its opposition to what is happening around Ukraine. The great strategic plan of «continents big game» is getting frustrated. As the history goes to show – Crimea is just the first step. 

Para Londres “los votos de Crimea no valen”, pero “los de Malvinas y Kosovo si"

Ex: http://www.elespiadigital.com

El Reino Unido respeta el derecho de los pueblos a la autodeterminación cuando eso conviene a sus intereses, según afirmó la analista política Nana Yakovenko.

Ante la negativa de Occidente a reconocer la legitimidad del referéndum en Crimea, la experta, citada por el portal Inosmi, recordó que la postura del Reino Unido sobre otros ejemplos de plebiscito, como el referéndum en las islas Malvinas, fue absolutamente contraria a la que mantiene ahora.

El embajador británico en la ONU, Mark Grant, afirmó en el  Consejo de Seguridad el 7 de agosto pasado: "En marzo pasado los residentes de las Malvinas aprovecharon su derecho a la autodeterminación mediante un referéndum y apoyaron en su mayoría su permanencia como territorio de ultramar del Reino Unido. No se puede ignorar la opinión de los isleños. El asunto de la soberanía de las Malvinas no se puede decidir en contra de sus deseos".

Otro ejemplo de la inconsistencia de Londres es la declaración unilateral de independencia de Kosovo en el año 2008.  

"La secesión de una parte de Estado de por sí no contradice a las leyes  internacionales", reza el memorándum del Gobierno británico presentado al Tribunal Internacional de Justicia al respecto de este caso.  

"En general, las leyes internacionales no prohíben la secesión ni prestan garantías de integridad a los Estados ante movimientos internos que puedan llevar a la separación o independencia apoyados por sus pertinentes pueblos", según el documento.

Resulta que en el caso de las Malvinas y Kosovo, Londres  prioriza la democracia y el derecho de los pueblos a la autodeterminación, "ideas a las que Rusia propone que se atenga la comunidad internacional en lo que se refiere a Crimea", resaltó Yakovenko.

La analista recordó que en el pasado, la inclinación prorrusa también prevalecía en la mayor parte de la opinión pública de los residentes de Crimea.

« Printemps algérien » en vue, une catastrophe pour la France ?

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«Printemps algérien» en vue, une catastrophe pour la France?

par Gabriel Robin
Ex: http://www.bvoltaire.fr
 
Si un conflit civil grave émergeait outre-Méditerranée, on peut sans peine imaginer que de nombreux Algériens fuiraient leur pays pour tenter de s’installer en France.

Abdelaziz Bouteflika brigue un quatrième mandat consécutif de président algérien. Âgé de 77 ans, l’homme est usé, une véritable momie qui ne se déplace plus qu’en fauteuil roulant suite à un accident vasculaire cérébral en 2013. Il bénéficie de l’appui des deux principaux partis politiques algériens, le FLN historique (Front de libération national) et le RND (Rassemblement national démocratique, représentant la majorité au Sénat). Cette oligarchie gérontocratique, dans laquelle les richesses et le pouvoir sont détenus par une caste dirigeante et consanguine, semble secouée à son tour par les convulsions qui ont agité son voisin tunisien et, bien sûr, l’Égypte. L’Algérie n’est pas une dictature au sens propre, la presse bénéficie d’une liberté relative, mais il s’agit bien d’un régime autoritaire.

L’Algérie a, pour l’instant, été « épargnée » par les mouvements des « printemps arabes ». Le directeur de la campagne d’Abdelaziz Bouteflika, le Premier ministre Abelmalek Sellal, déclarait même que « le printemps arabe est un moustique. Nous avons pu fermer la porte pour qu’il n’entre pas » ; alors que, dans le même temps, des affrontements communautaires opposaient ethnies berbères et arabes dans la ville de Ghardaïa, provoquant le décès de trois personnes. La situation est donc particulièrement tendue, et on peut avancer, sans trop se mouiller, que la configuration présente peut conduire à des troubles majeurs, voire à des conflits violents. Trois partis politiques ont d’ailleurs appelé à boycotter l’élection présidentielle et à manifester, estimant que celle-ci est une parodie d’élection libre.

Ces événements concernent au plus haut point la France : en effet, notre pays est historiquement lié à l’Algérie et nombre de personnes légalement françaises possèdent la double nationalité algérienne ou de la famille toujours « au pays ». Si un conflit civil grave émergeait outre-Méditerranée, on peut sans peine imaginer que de nombreux Algériens fuiraient leur pays pour tenter de s’installer en France. Chaque année, des milliers de ressortissants algériens souhaitent entrer en France et obtenir des « papiers » français. Mais avec une déstabilisation politique, le phénomène n’irait qu’en s’intensifiant lourdement. Nous nous retrouverions alors confrontés à un véritable exode, avec une arrivée massive de réfugiés politiques et de clandestins opportunistes, ainsi qu’une multiplication des mariages gris ou blancs.

Disons le tout net, la France n’est pas en mesure d’accueillir un nouveau flux d’immigration maghrébine, quand nous ne parvenons déjà pas à correctement intégrer ou assimiler ceux qui se trouvent ici. Nous avons pourtant toutes les raisons de craindre que le gouvernement ne sera pas capable de l’empêcher. Tant pour des raisons idéologiques que pratiques.

Pour les Français, un « printemps algérien » serait catastrophique…

Un partage du monde entre éditeurs

LE MONOPOLE DE L’OBSCURANTISME
 
Un partage du monde entre éditeurs

Auran Derien
Ex: http://metamag.fr

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En 2013, les éditeurs Penguin et Random House ont fusionné. Mais en même temps, on apprenait que le groupe Bertelsmann disposait de 53% du capital et que Pearson contrôlait le reste (47%). Les deux mamelles Penguin et Random House dominent le commerce des livres traditionnels et digitaux aux USA, en Grande Bretagne, Canada, Australie, Inde et Nouvelle Zélande. Un partage du monde a été décidé entre les deux producteurs et distributeurs des pensées pieuses occidentales. Penguin s’est octroyé l’Asie et l’Afrique du Sud alors que Random House inonde le monde qui parle Espagnol : Espagne, Mexique, Argentine, Uruguay, Colombie, Chili.
 
En 2012, l’ogre Bertelsman avait acquis l’entreprise Mondadori. Pierre HILLARD a expliqué, dans un livre publié chez François-Xavier de Guibert, qu’au delà de la censure qu’exerce Bertelsmann sur la pensée, une fondation a été mise en place, avec au moins 300 prédicateurs travaillant à plein temps pour promouvoir et imposer la cosmothéonigologie occidentale.

Bertelsmann et le retour à la barbarie

Bertelsmann est à la tête d’une liste impressionnante de médias, car il s’agit d’imposer de fausses vérités sans en avoir l’air. Le principe, qu’avait très bien perçu Alexandre Zinoviev, est que derrière mille médias on retrouve mille fois la dénonciation des hérétiques et des dissidents. Par exemple, Bertelsmann contrôle RTL (radio), M6 (télévision), le distributeur France Loisirs, et une quantité impressionnante de journaux et de revues: GEO, Femmes Actuelles, VSD, Stern, Gala, etc. Barack Obama a publié en 2006 son pensum L'audace de l’espoir chez Random House, propriété de Bertelsman…

Il en résulte aujourd’hui que des milliers d’employés (plus de 10.000 dans le monde), des centaines de maisons d’édition (au moins 250), des milliers de titres de revues, journaux,…dépendent d’un seul homme : Bertelsmann. Ce n’est pas fini d’ailleurs. Le groupe espagnol PRISA, en déficit depuis plusieurs exercices était en discussion, en 2013, avec le tandem Penguin - Random House, ce qui ajoutera bientôt les éditeurs Alfaguara, Aguilar, Suma de Letras et Taurus à la longue listes des esclaves. Si on regarde l’édition aujourd’hui, on a d’un côté le monstre Planète, de l’autre Pinguin et Random House. On a compris. La vieille obsession, imposer à toutes les sociétés des cadres mentaux inspirés par une axiomatique farfelue est de retour. Alors qu’au XVIIIème siècle il ne venait plus à l’idée de personne que la religion puisse être l’enjeu d’une guerre, le XXIème siècle connaît le rêve de la haine religieuse, acquise au prix d’une dissolution de l’humanité. La cause de la foi globalitaire, avec le monde unique du marché, des monopoles et de l’inquisition idéologique, mobilise-t-elle cependant les meilleurs esprits? Ou bien, toute cette littérature sous monopole Bertelsmann ne provient-elle que de personnalités de second plan ?
 
Bertelsman, l’anti Frédéric II

En 1740, Frédéric II accède au trône de Prusse. Il incarne immédiatement le disciple et ami de Voltaire et de d’Alembert. Lorsqu’en 1740, au Directoire, est posée la question de savoir si un catholique peut-être admis comme bourgeois de Francfort-sur-l’Oder, Frédéric répond que « toutes les religions sont égales et bonnes, pourvu que les gens qui les professent soient d’honnêtes gens » (Georges GUSDORF : Dieu, la nature, l’homme au siècle des lumières. Vol.V de “Les sciences humaines et la pensée occidentale”, Payot, 1972, p.21-22.). Frédéric tiendra à honneur d’accueillir les persécutés. Et l’Académie de Berlin était le foyer international d’une pensée plus libre que celles qui s’affirmaient ailleurs.
 
Tout cela est liquidé par Bertelsmann dont les productions nous replongent dans les temps de propagande apologétique. La domination du monde de l’édition a pour but de revenir à une ambiance antérieure à 1750, quand l’essentiel de l’édition était dédié à la théologie, au droit religieux et à l’histoire ecclésiastique. En termes contemporains, Bertelsmann publie sur la mythistoire du XXème siècle, les droits de l’homme, l’inquisition qui les accompagne et la théologie du mal chez tout le monde sauf chez les véritables bourreaux. Le XXIème siècle est donc parallèlement le siècle de l’augmentation des ouvrages de dévotion, et celui de la montée en puissance de l’Asie, dont les préoccupations immanentistes nous éloigneront peut-être peu à peu de la fureur animale. Bien sûr, nous ne savons pas quel est le destin des livres que produit Bertelsman. Car, à côté des gains et des publications, il y a le tirage et la diffusion et le suffrage universel des véritables lecteurs, méprisés il est vrai par les prédicateurs de la radio et les productions vomitives hollywoodiennes sur grand écran.
 
A l’assaut de l’humanité

En même temps que Bertelsman construit son monopole de l’industrie de l’obscurantisme, une fondation, créée en 1977, veut aplatir l’Europe, transformer sa beauté et sa diversité en un informe et gluant compost. Lénine reste d’actualité, lui qui déclarait, modifiant une formule de Clausewitz : « La paix est la poursuite de la guerre par d’autres moyens ». De toutes manières, la bienséance et l’honnêteté dont parlait Frédéric II n’ont plus cours. Les vainqueurs ont tous les droits. Ils n’ont aucun tribunal à craindre puisque les accusations ne vont que contre les vaincus. Le souci de la vérité ne doit pas tourmenter celui qui détient le monopole du mensonge. C’est la règle de Bertelsmann qui a toute la vérité révélée du monde globalitaire en partage…. 

samedi, 22 mars 2014

La sombra de BHL planea sobre Ucrania

por Adriano Erriguel

Ex: http://paginatransversal.wordpress.com

El peligro existe… ¿Qué digo? La masacre ya ha comenzado. Ya han empezado, como en Kosovo, a mutilar, decapitar y ejecutar de un tiro en la nuca a los habitantes de pueblos enteros. Y entonces, sí, tenemos buenas razones para intervenir y detener la carnicería (…) Será precisamente al dejar el regazo ucranio cuando algunos de los mencionados crimeos – y pienso en primer lugar en los tártaros – correrían el riesgo de ser asesinados”. Así se explicaba en un reciente artículo (publicado en España por El País) el millonario y filósofo Bernard-Henry Levi (“BHL”, marca registrada) sobre la crisis en Ucrania. Cabe suponer que se ha quedado a gusto. Ser capaz de deslizar – con subterfugios de retórica alambicada – una patraña de gran calibre y conseguir que los medios internacionales la recojan tiene que producir un gozo megalómano. Y si con ello además hace lo mejor que sabe hacer, incitar a la guerra, entonces tiene que ser el clímax.

La última gran gesta de este personaje tuvo lugar durante la guerra en Libia, país al que, aprovechando su conexión personal con el Eliseo, BHL contribuyó como pocos a destruir. En la presente crisis en Ucrania, como era previsible, no le ha faltado tiempo para acudir a Kiev a chupar cámara y a aportar el solaz de su palabra a los demócratas de turno: invocaciones a la Bastilla, a las barricadas, a la sangre que se vertirá “si llega lo peor”, despedida “con el corazón en un puño” y avión de vuelta a casa antes de que las balas comiencen a silbar.

BHL ha olido sangre. Y si viviéramos en la zona habría motivos para estar más que preocupados: la aparición en el horizonte de este pájaro de mal agüero suele marcar la hora fatídica en la que las bombas empiezan a caer y los cadáveres comienzan a apilarse. BHL es un turista universal de las guerras que él contribuye a atizar, y a las que acude con un enjambre de cámaras, estilistas y majorettes para hacerse la foto en pose de intelectual engagé con melena al viento y fondo de muerte y destrucción. Y es que, según sus propias palabras, “el arte de la filosofía sólo vale si es un arte de la guerra”.

BHL no es anécdota, es categoría. Porque como intelectual al servicio de los poderes hegemónicos representa la vacuidad de la moralina que esos mismos poderes utilizan para formatear un orden internacional a su servicio. ¿Cómo es el mundo según BHL? Una lucha cósmica en la que los defensores de la sociedad abierta, de la ilustración, de la ciudadanía universal y del libre mercado como fuente suprema de felicidad se enfrentan a los tiranos sanguinarios que se interponen en el camino de ese sueño libertario. Una lucha a muerte en la que BHL pone el verbo florido y otros ponen los muertos. Y en la que los derechos humanos – sabiamente administrados por su sumo sacerdotiso BHL – aportan con su uso selectivo la legitimación necesaria para hacer y deshacer países, en aras a un modelo de globalización unipolar y en beneficio de una elite transnacional globalizada. “Pequeño telegrafista del Imperio”, llamó hace tiempo un político francés (Jean-Pierre Chevènement) a BHL. La función de este sultán de la rive gauche consiste en aportar un marchamo intelectual de preciosa ridícula parisina a los designios estratégicos de la CIA.

Claro que en este caso no se trata de un país de chichinabo de esos que el Imperio está acostumbrado a avasallar. Un dato éste que no resta brío al delirium tremens belicista de un filósofo-millonario que ya está amagando con la “intervención” (¿y por donde empezamos BHL, por un desembarco en Sebastopol o directamente por un bombardeo de misiles nucleares tácticos?). Pero dadas las circunstancias no es descartable que en este caso la realpolitik prevalezca y que BHL tenga que mantenerse a raya del proceso de toma de decisiones. Esperemos por el bien de todos que su intervención directa en esta crisis no vaya más allá de su impagable aparición en Kiev hace unas semanas para predicar la democracia y la sociedad abierta ante los neonazis armados de Pravy Sektor y Svobodna que atiborraban la plaza del Maidán (y que seguramente estarían preguntándose de dónde salió este gilipollas).

Decíamos que BHL no es anécdota, es categoría. Es la demostración de que – como decía Braudillard – la realidad ha sido asesinada por lo virtual y de que vivimos en la sociedad del simulacro. En el imperio de lo banal o en la edad del vacío. En su mitología personal el millonario-filósofo se sueña Byron o Malraux, y sólo consigue ser… ¡BHL!

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Peter Scholl-Latour: Die Krim ist russisch

Peter Scholl-Latour: Die Krim ist russisch

RIFONDARE L’UNIONE EUROPEA

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RIFONDARE L’UNIONE EUROPEA

Claudio Mutti

Ex: http://www.eurasia-rivista.org

SOMMARIO DEL NUMERO XXXIII (1-2014) [1]

In seguito ai risultati referendari con cui una decina d’anni fa l’elettorato francese e olandese respinse la bozza della “Costituzione europea”, “Eurasia” pubblicò un breve dibattito tra me e Costanzo Preve sul tema Che farne dell’Unione Europea?

Il nostro compianto collaboratore scriveva tra l’altro: “Per poter perseguire la prospettiva politica, culturale e geopolitica di un’alleanza strategica fra i continenti europeo ed asiatico contro l’egemonismo imperiale americano, prospettiva che ha come presupposto una certa idea di Europa militarmente autonoma dagli USA e dal loro barbaro dominio, bisogna prima (sottolineo: prima) sconfiggere questa Europa, neoliberale (e quindi oligarchica) in economia ed euroatlantica (e quindi asservita) in politica e diplomazia. Senza sconfiggere prima questa Europa non solo non esiste eurasiatismo possibile, ma non esiste neppure un vero europeismo possibile”.

Da parte mia osservavo come nel risultato del voto francese e olandese si fossero manifestati non tanto il rifiuto dell’occidentalismo e del neoliberismo, quanto quei diffusi orientamenti “euroscettici” che, essendo espressione di irrealistiche nostalgie micronazionaliste se non addirittura del tribalismo etnico e localista, non solo non possono essere considerati alternativi alla globalizzazione mondialista, ma sono oggettivamente funzionali alla strategia dell’imperialismo statunitense. La mia conclusione, che qui ripropongo, era la seguente.

“La prima cosa da fare, sarebbe cominciare a gettare le basi per la formazione dei quadri di un movimento continentale che agisca per l’unità politica dell’Europa, in relazione solidale con tutte quelle forze politiche (governi, partiti, gruppi ecc.) che negli altri grandi spazi dell’Eurasia lottano per la nascita di un blocco eurasiatico capace di porre termine al tentativo statunitense di conquista del mondo. Solo un movimento politico strutturato su scala europea potrebbe avere la forza necessaria per sviluppare, nei confronti dell’Europa dei burocrati e dei tecnocrati, un’opposizione di senso algebrico opposta a quella degli euroscettici, un’opposizione cioè che sia finalizzata sì a buttar via l’acqua sporca del neoliberismo, ma anche a salvare il bambino europeo, per curarlo, riplasmarlo ed infondergli un’anima migliore”.

* * *

Oggi, a distanza di circa un decennio, l’acqua sporca è più sporca che mai e il bambino sta rischiando di morire. Siamo alla vigilia dell’elezione del nuovo Parlamento e i sondaggi dicono che il 53% dei cittadini europei non si sente europeo. A quanto pare, il “patriottismo costituzionale” teorizzato da Habermas non ha suscitato un grande entusiasmo.

D’altronde l’Europa liberaldemocratica, anziché sottrarsi all’egemonia statunitense ed avviare la costruzione di una propria potenza politica e militare nel “grande spazio” che le compete nel continente eurasiatico, stabilendo un’intesa solidale con le altre grandi potenze continentali, sembra impegnata a rinsaldare la propria collocazione nell’area occidentale ed a perpetuare il proprio asservimento nei confronti dell’imperialismo nordamericano.

L’Unione Europea e le cancellerie europee, dopo aver collaborato con Washington nel tentativo di ristrutturare il Nordafrica e il Vicino Oriente in conformità coi progetti statunitensi, si sono allineate col Dipartimento di Stato nordamericano nel sostenere la sovversione golpista in Ucraina, al fine di impedire che questo Paese confluisca nell’Unione doganale eurasiatica e trasformarlo in un avamposto della NATO nell’aggressione atlantica contro la Russia.

In tal modo l’Unione Europea coopera attivamente alla realizzazione del progetto di conquista elaborato dagli strateghi della Casa Bianca, secondo il quale l’Europa deve svolgere la funzione di una “testa di ponte democratica” [the democratic bridgehead] degli Stati Uniti in Eurasia. Scrive infatti Zbigniew Brzezinski: “L’Europa è la fondamentale testa di ponte geopolitica dell’America in Eurasia [Europe is America's essential geopolitical bridgehead in Eurasia]. Il ruolo dell’America nell’Europa democratica è enorme.

Diversamente dai vincoli dell’America col Giappone, la NATO rafforza l’influenza politica e il potere militare americani sul continente eurasiatico. Con le nazioni europee alleate che ancora dipendono considerevolmente dalla protezione USA, qualunque espansione del campo d’azione politico dell’Europa è automaticamente un’espansione dell’influenza statunitense. Un’Europa allargata e una NATO allargata serviranno gl’interessi a breve e a lungo termine della politica europea. Un’Europa allargata estenderà il raggio dell’influenza americana senza creare, allo stesso tempo, un’Europa così politicamente integrata che sia in grado di sfidare gli Stati Uniti in questioni di rilievo geopolitico, in particolare nel Vicino Oriente. Un’Europa politicamente definita è essenziale per assimilare la Russia in un sistema di cooperazione globale. (…) Un’Ucraina sovrana è una componente di importanza critica in una politica di questo genere, poiché costituisce un sostegno per Stati strategicamente decisivi [strategically pivotal states] come l’Azerbaigian e l’Uzbekistan”1.

Da Mackinder in poi, la strategia geopolitica della potenza talassocratica è sempre la stessa: occorre frazionare la regione-perno, puntando sull’effetto disgregante insito in quelle linee di faglia che corrono all’interno dei cosiddetti “paesi divisi”, cioè di quei paesi in cui consistenti gruppi di popolazione appartengono a culture diverse. Un anno prima che Brzezinski teorizzi la “testa di ponte democratica” in Eurasia, Samuel Huntington, prospettando la possibilità che l’Ucraina “si spacchi in due diverse entità e che la parte orientale del paese venga annessa alla Russia” (2), considera necessario “un forte ed efficace sostegno occidentale, che a sua volta potrebbe giungere solo qualora i rapporti tra Russia e Occidente si deteriorassero come ai tempi della Guerra fredda” (3).


L’interesse vitale dell’Europa non coincide coi piani di conquista nordamericani. L’Europa e la Russia, se vogliono esercitare un peso decisivo sulla ripartizione del potere mondiale, devono instaurare una stretta intesa che obbedisca agl’imperativi della loro complementarità geoeconomica e stabilire un’alleanza politico-militare che contribuisca alla difesa della sovranità eurasiatica. Solo così sarà possibile controbilanciare le iniziative intese a destabilizzare il Continente, risolvere le questioni territoriali, mantenere il controllo delle risorse naturali e regolare i flussi demografici disordinati.

Quando l’Europa lo capirà, una “rifondazione” dell’Unione Europea sarà inevitabile.

1. Zbigniew Brzezinski, A Geostrategy for Eurasia, “Foreign Affairs”, Sept.-Oct. 1997, pp. 53-57.
2. Samuel P. Huntington, Lo scontro delle civiltà e il nuovo ordine mondiale, Garzanti, Milano 2001, p. 241.
3. Samuel P. Huntington, op. cit., p. 242.

XXXIII (1-2014)  

Rifondare l’Unione Europea

SOMMARIO

Editoriale

Claudio Mutti, Rifondare l’Unione Europea

Dossario – Rifondare l’Unione Europea

Alessandra Colla, Il ritorno dell’antica fanciulla

Ali Reza Jalali, L’UE: evoluzione storica, istituzioni, rapporti con gli Stati membri

Spartaco A. Puttini, Stati Uniti d’Europa o Europa degli Stati Uniti?

Fabio Falchi, Europeismo contro euroatlantismo

Aldo Braccio, Europa non sovrana: il ruolo della Commissione

Stefano Vernole, La Germania e la tentazione dell’Europa a due velocità

Andrea Turi, Dove Europa nacque, l’Europa muore

Alessandro Lattanzio, I Gruppi Tattici ed altre formazioni

Antonino Galloni, Europa, dove ci porti?

Giuseppe Cappelluti, Europa e Russia: un rapporto da ricostruire

Maria Amoroso, Le Relazioni dell’UE con la Russia

Giovanni Armillotta, Multipartitismo e frontismo nell’Europa socialista

Katalin Egresi, Esperienze costituzionali ungheresi e italiane

Giacomo Gabellini, Sciacalli e sicari all’assalto dell’Europa

Documenti

AA. VV., Il ratto di Europa

Jean Thiriart, La geopolitica, l’Impero, l’Europa

Progetto per una più grande Europa

Interviste

Intervista a Vaqif Sadiqov, Ambasciatore della Repubblica dell’Azerbaigian in Italia a cura di Giuliano Bifolchi

Crimée-Serbie: le fait nationaliste

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Crimée-Serbie: le fait nationaliste
 
La démocratie mondialiste butte sur l’histoire des peuples

Jean Bonnevey
Ex: http://metamag.fr
 
Poutine est un nationaliste russe qui refuse la normalisation mondialiste. Il défend tous les Russes et indirectement ceux qui se sentent aujourd’hui plus Russe que Bruxellois.

Le référendum de Crimée illustre en fait la résistance nationaliste des patries de chair et de sang face au mondialisme du fric et au nivellement politique et sociétal. Nombreux sont ceux, dans le monde, qui pensent que la défense de l’héritage d’une culture enracinée et du sang de l’histoire mérite d’être pour le moins aussi respectée que la défense des pulsions sexuelles érigées en valeurs démocratiques supérieures ou la défense des lois du marché.

« Le nationalisme, c’est la guerre », disait François Mitterrand, certes, mais la démocratie aussi (guerre contre la Serbie – l’Irak – la Libye- guerres idéologique face au refus de la normalisation politique). La Crimée est la réponse légitime au péché originel du Kosovo où les frontières nationales ont été jugées moins importantes que les revendications communautaires. Les Kosovars redevenus albanais et musulmans, ce serait formidable et les Criméens voulant redevenir russe et orthodoxes, épouvantables. … On a  tout compris. 

Les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes et les Etats de défendre les frontières acquises par l’histoire. Le mondialisme est une utopie dévastatrice qui débouche sur des désordres mondiaux notamment depuis la fin  de l’Urss. Les soviétiques croyaient avoir détruit le sentiment national. Dans tous les pays de l’est, il est de retour, en Russie plus qu’ailleurs. Il est même de retour dans la Serbie voulant malgré tout se rapprocher de Bruxelles pour des raisons économiques. Mais Bruxelles est un totalitarisme qui  refuse les volontés politiques divergentes de son carcan bureaucratique qui lui sert de patriotisme.

Aleksandar Vučić, nouveau patron élu de la Serbie, est un ancien ultranationaliste reconverti à l’Europe, défenseur à ses heures du chef de guerre Ratko Mladic, mais qui a policé son image, et qui promet désormais de mener des réformes pour lutter contre la corruption et le chômage. Le Premier ministre socialiste Ivica Dacic est présenté comme le grand perdant. On lui prédit trois fois moins de voix que son rival, du jamais vu depuis la chute de Slobodan Milosevic. Les médias s’inquiètent des scores annoncés pour Aleksandar Vucic qui, lorsqu’il était ministre de l’Information sous Milosevic, musela la presse hostile.  Mais c’est aussi un homme à poigne, une qualité appréciée des Serbes, inquiets pour leur avenir économique.

Deux leçons électorales, Crimée et Serbie, montrent que la carotte économique est forte certes, mais que la motivation nationaliste ne peut être ignorée. C’est en respectant l’identité historique des peuples qui la composent que l’Europe a un avenir de l’Atlantique à l’Oural, certainement pas en  se présentant comme l’exécutrice des basses œuvres du modèle américain à  prétention uniforme et mondiale.

Le Kosovo a permis la Crimée. Le vote serbe vient, dans son pragmatisme sans reniement,  nous le rappeler.

vendredi, 21 mars 2014

Menaces sur la vente des Mistral à la Russie

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Menaces sur la vente des Mistral à la Russie: qui M. Fabius veut-il punir?
 
par Pierre Le Vigan
Ex: http://www.bvoltaire.fr
 
Dans l’attitude de M. Laurent Fabius, il y a un problème de fond et un problème de forme.
 

« La crise en Crimée est la plus sérieuse depuis la guerre froide », vient de déclarer Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Il demande à la Russie « d’éviter une escalade dangereuse. » Il va pourtant falloir que les dirigeants français et M. Jean-Marie Colombani (« Le retour de la guerre froide », slate.fr, 3 mars 2014) s’y fassent : la Crimée, c’est une affaire finie.

Il ne fait guère de doute que l’immense majorité de ses habitants ont voulu la séparation d’avec l’Ukraine. Et même ont voulu le rattachement à la Russie, car c’est la seule garantie pour que l’Ukraine ne remette pas la main sur la Crimée. Il n’y a d’ailleurs pas de « crise en Crimée », mais une crise « à propos de la Crimée ». Nuance. Poutine a rassuré les Tatars, conforté l’usage de la langue ukrainienne et assuré « ne pas vouloir la partition de l’Ukraine ». Ce n’est pas rien quand on sait à quel point les habitants de Kharkov, de la région du Don et du bassin du Donetsk, de Lougansk, mais aussi d’Odessa, de la Transnistrie (soit l’ensemble de la région entre le Dniestr et le Boug) et du Boudjak ne se sentent pas ukrainiens.

Selon les autorités autoproclamées de l’Ukraine, ce pays a reçu « des coups inacceptables à son intégrité ». « Le conflit entre dans une phase militaire », disent-elles encore. C’est toujours assez maladroit de qualifier d’inacceptables des choses que l’on devra de toute façon accepter. Viktor Ianoukovitch était certainement d’une grande impopularité, mais ceux qui l’ont remplacé sont d’une irresponsabilité qui finira vite par les rendre tout aussi impopulaires, mettant l’Ukraine dans une impasse.

Quoi qu’il en soit, M. Fabius menace de ne plus vendre des navires porte-hélicoptères Mistral à la Russie si « Poutine continue ce qu’il fait en Ukraine ». Les porte-hélicoptères, c’est 1.000 emplois pendant quatre ans à Saint-Nazaire (non loin de chez M. Jean-Marc Ayrault). Voilà une bonne idée qu’a eue M. Fabius. La France n’ayant aucun problème d’emploi et, encore moins, de balance commerciale, quel besoin avons-nous en effet de vendre nos navires de guerre ? Revenons sur terre : les échanges entre l’Union européenne et la Russie sont de plus de 320 milliards d’euros, l’Europe a besoin du gaz russe et la Russie a besoin des devises de l’Europe. Voilà la réalité.

Dans l’attitude de M. Laurent Fabius, il y a un problème de fond et un problème de forme. Le fond, ce sont les relations entre la France et la Russie. La forme est presque aussi importante : M. Fabius sort de la ligne de Jean-Marc Ayrault. On sait que M. Fabius ne fait pas grand cas du Premier ministre, mais il y a une logique des institutions que l’on n’aimerait pas voir bafouée d’une manière aussi indécente. Au fait, le 27 mars 1854, il y aura tout juste 160 ans, la France et la Grande-Bretagne déclaraient la guerre à la Russie pour bloquer sa poussée vers le sud. Objectif : stopper une expansion russe qui ne menaçait aucunement les intérêts français, mais gênait les intérêts britanniques. La France roulait pour l’Angleterre. À savoir : l’alliance anglaise ne nous fut d’aucun secours face à l’Allemagne en 1870-71.

L'Arabie Saoudite fait interdire 50 prénoms

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L'Arabie Saoudite fait interdire 50 prénoms

Auteur : brujitaf.fr 
Ex: http://www.zejournal.mobi

L'Arabie Saoudite vient de publier une liste de 50 prénoms qui seront désormais interdits dans le royaume car jugés "blasphématoires" ou "inappropriés".

Cette liste diffusée par le ministère de l'Intérieur répertorie des prénoms assez répandus dans le pays, aussi bien d'origine étrangère comme Alice ou Lauren ou plus locale mais jugés inadéquats.

Ainsi, Amir (prince), Malika (reine), Benyamin (en référence au Premier Ministre israélien Netanyahou) ou encore Jibril (Gabriel, l'archange) ne sont plus en odeur de sainteté dans le royaume wahhabite.

La liste des 50 prénoms bannis:

Malaak, Abdoul Aati, Abdoul Naser, Abdoul Musleh, Nabi, Nabiyya, Amir, Sumuw, Al Mamlaka, Malika, Mamlaka, Tabarak, Nardin, Maya, Linda, Randa, Basmala, Taline, Aram, Narij, Rital, Alice, Sandy, Rama, Maline, Elaine, Inar, Maliktina, Lareen, Kibrial, Lauren, Benyamin, Naris, Yara, Sitav, Loland, Tilaj, Barrah, Abdoul Nabi, Abdoul Rasoul, Jibril, Abdul Mu'in, Abrar, Iman, Bayan, Basil, Wirilam.

- Source : brujitaf.fr

Algérie : ça va mal finir

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Algérie : ça va mal finir

Tout le monde ne parle que de la crise Ukraine-Russie, mais il faut se pencher sur ce qui se passe en Algérie. On critique beaucoup M. Poutine, figure emblématique du tyran pour un Occident auto satisfait, mais on semble négliger le régime algérien, ubuesque, incompétent, oligarchique. Avec lequel pourtant la France entretient les meilleures relations, à la limite de la servilité, n’osant pas émettre contre lui la moindre critique (1).

Le 17 avril, le président Bouteflika, 77 ans, rendu impotent par un AVC, se présente pour un 4e mandat, après 15 ans de pouvoir. Évidemment, il ne pourra pas gouverner, mais il est la marionnette d’un clan, ou plutôt de plusieurs. L’Algérie danse sur une poudrière. Le 15 avril, une manifestation a eu lieu à Alger, avec le mouvement ”Barakat” (”Ça suffit !”), dénonçant une mascarade électorale. Dans le même temps, éclataient à Ghardaïa, à 600 km au sud de la capitale, des affrontements interethniques très violents. Ils opposaient les Mozabites (Berbères) et les Châambas (Arabes). Il y eut plus de 100 blessés graves et des pillages ou incendies de commerces et de maisons berbères. Ce n’est qu’un début.  L’Algérie se dirige vers une très grave crise.

Une nouvelle guerre civile couve, avec trois types d’antagonisme : 1) Islamistes contre laïcs ; 2) Berbères contre Arabes ; 3) luttes de pouvoir au sein de l’appareil d’État, impliquant le FLN, le RND et l’Armée. Depuis son indépendance, l’Algérie, qui aurait pu être la Californie de l’Afrique du Nord, est un pays de malheur. En dépit de ses ressources primaires pétro-gazières qui sont techniquement gérées par des Occidentaux et qui amènent à l’Algérie la majorité de ses devises, ce pays n’a su développer aucun secteur économique national performant. Le chômage y est endémique, la pauvreté persistante, la bureaucratie pachydermique. À l’inverse des pays d’Asie. Il y a donc bien un problème intrinsèque à ces populations. 

 Tout le monde le sait et le murmure mais personne n’ose le dire : du temps de la présence française, les populations d’Algérie vivaient bien mieux qu’aujourd’hui. D’ailleurs, l’importance de l’immigration des Algériens en France témoigne de leur fuite hors de leur propre pays pour venir vivre chez l’ancienne puissance coloniale. C’est à la fois une schizophrénie (ils restent nationalistes algériens tout en détestant le régime de leur pays) et un terrible aveu d’impuissance.

En Algérie, ça va éclater. Une guerre civile, extrêmement compliquée (comme dans tous les pays arabo-musulmans et de l’arc proche-oriental), se prépare. La raison profonde en est une instabilité psycho-ethnique de ces populations, incapables de vivre dans l’harmonie. L’islam ne fait qu’aggraver les choses. La même chose se remarque en Amérique du Sud, zone d’intenses mélanges  ethniques : mais elle est géopolitiquement décentrée, donc  de bien moindre importance que le Maghreb et le Proche Orient.

Pour ne rien arranger, la Libye voisine sombre dans le chaos : effondrement de la production pétrolière, délitement de l’État, éclatement du pays en zones néo-tribales, montée des affrontements, installation de bases armées islamistes. Bravo à ceux qui ont aidé à renverser le régime de Kadhafi. Quant à la Tunisie, les suites du ”printemps arabe”, véritable duperie, s’annoncent sous de très mauvaises augures. (2)

La prédiction que l’on peut faire, c’est que l’Algérie présente de grands risques de s’embraser, encore plus violemment que dans les années 90. Avec, à ses portes la Tunisie et la Libye, elles aussi menacées d’incendie. Et, partout en embuscade, l’islamisme. Pour la France, qui comporte de très nombreuses communautés originaires de l’Algérie et du Maghreb, la nouvelle est inquiétante et les conséquences peuvent être gravissimes. 

Notes:

(1) Deux causes : la mauvaise conscience coloniale de la repentance, fabriquée par les idéologies de gauche, et la présence en France de populations d’origine algérienne qu’il faut ménager.

(2) Pour l’instant, à part le Maroc et les monarchies du Golfe (qui sont toutes des autocraties héréditaires), tous les pays arabo-musulmans, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Syrie, Liban, Irak sont dans une situation explosive. À l’échelle du monde, 80 % des pays où l’islam est majoritaire ou très présent connaissent un état endémique d’instabilité pouvant dégénérer à tout moment. 

jeudi, 20 mars 2014

23 Mars 2014 : Rassemblement pour une révolte anthropologique!

23 Mars 2014 : Rassemblement pour une révolte anthropologique!

 

De la colère à la révolte, il n’y a qu’un pas. Nous le franchissons, et appelons tous les dissidents Français à participer à notre grand rassemblement "Pour une révolte anthropologique !", le 23 mars prochain, à la Défense.

Car il ne s’agit plus seulement de s’attaquer à tel ou tel parti, à telle loi ou à tel dignitaire de l’UMPS. C’est un rejet en bloc que nous devons formuler : rejet d’une vision du monde mortifère fondée sur l’inversion des valeurs, rejet de la subversion libérale-libertaire, rejet de la république des partis, des loges et des lobbies, rejet du mondialisme et de la finance internationale.

Les fronts d’hier sont dépassés. Le temps est venu de se rassembler autour d’un combat commun : celui de la riposte contre l’Empire.

RDV LE 23 MARS A PARTIR DE 14H, DEVANT LA GRANDE ARCHE DE LA DÉFENSE

♠ La Dissidence Française ♠

 

 

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La crise de l’euro frappera-t-elle bientôt l’Europe du Nord?

La crise de l’euro frappera-t-elle bientôt l’Europe du Nord?

Une étude avertit les Européens: la crise de la monnaie unique s’étendra probablement à la Belgique et à la Finlande

Le “Centre de Politique Européenne” (CPE) vient de publier un rapport qui suscite l’inquiétude. Selon cette étude, la crise de la dette, malgré le calme relatif qui règne aujourd’hui sur les marchés financiers internationaux, pourrait très bien s’étendre, notamment à des pays d’Europe du Nord. Pour la première fois, deux pays d’Europe du Nord, la Finlande et la Belgique sont frappés par une capacité déclinante à obtenir des crédits, tout comme les pays d’Europe méridionale.

Certes, la Belgique est considérée depuis longtemps comme un pays potentiellement en crise, à cause de la dette de l’Etat qui frise les 100% du PIB mais, pour la Finlande, l’alerte est nouvelle bien qu’elle étonne encore. Ce pays du Nord avait été considéré jusqu’il y a peu comme un roc inébranlable dans la tempête.

Même si ces deux pays, peu peuplés, ne doivent pas être considérés comme des poids lourds sur le marché, on a tout lieu de s’inquiéter de voir des pays du Nord se joindre à la liste des pays à problèmes, déclare le président du CA du CPE, Lüder Gerken. Dans les deux pays, on peut constater une involution, un ressac. Certes, les deux Etats nord-européens peuvent encore contracter des dettes; cette position, dont ils bénéficient, n’est pas encore véritablement menacée mais le taux de consommation est encore trop élevé en Belgique comme en Finlande.

(article paru dans “zur Zeit”, Vienne, n°9/2014; http://www.zurzeit.at ).

Entretien avec Hongbing Song, auteur de «La guerre des monnaies»

Entretien avec Hongbing Song, auteur de «La guerre des monnaies»

Ex: http://www.scriptoblog.com

Hongbing Song pense que la Chine devrait pousser l’intégration de la monnaie à travers l’Asie, prenant exemple sur l’Allemagne, qui a abandonné le deutsche Mark, mais a pris le contrôle de l’Europe et de l’euro. Bien que n’étant pas reconnue comme une source universitaire, la série La guerre des monnaies de Hongbing Song est très populaire parmi les lecteurs. Song se considère comme un « spécialiste de la finance internationale  », qui envisage l’économie en termes de « guerres ». Il croit que l’économie n’est qu’une pièce du jeu politique plutôt qu’une théorie ou une science.

 

 

Il explique son impopularité parmi les économistes du courant dominant en disant qu’il est compréhensible que « les économistes rejettent un nouveau système qui remet en question leur système de connaissances monopolistique ».

Dans ses livres, Song tente d’expliquer l’histoire et le développement du monde à travers la perspective des monnaies et de la finance. Il pense que « bien que l’histoire ne se répète tout simplement pas, l’humanité reflétée dans des périodes différentes est étonnamment semblable. » Song espère trouver une solution pour le développement du monde.

Lors de son entretien, Song mentionne que dans le passé, les Chinois ne se sont pas préoccupés des devises. L’argent, le commerce et les relations financières et commerciales ont été négligés pendant des milliers d’années en Chine.

The Economic observer  : Que-ce qui vous a poussé à écrire la série La Guerre des monnaies?

hong.jpgHongbing Song : J’habite aux États-Unis depuis 14 ans et j’ai passé plus de 20 ans en Chine. Si la Chine veut devenir une puissance mondiale comme les États-Unis, elle doit se concentrer sur plus de choses que sa simple puissance militaire. La principale concurrence entre les deux pays sera l’économie et les finances, plutôt que l’armée traditionnelle ou la guerre. Plus j’y réfléchissais, plus je réalisais que la puissance financière des États-Unis a été sous-estimée par la plupart des gens.

Tous mes livres tentent d’expliquer l’histoire et le développement du monde dans la perspective de la monnaie et de la finance. Les chinois ne sont pas très préoccupés par l’argent, et nous avons négligé l’argent, les échanges et l’influence de la finance sur le commerce pendant des milliers d’années.

Voulez-vous dire que nous n’avons pas conscience de l’importance de l’argent ?

Depuis les années 1940, il y a eu quelques occasions pour les Chinois d’acquérir de l’expérience dans la finance. En tant que puissance économique montante, la Chine pourrait subir des pertes dans la concurrence internationale, si nous ne possédons pas de solides connaissances sur la finance. C’est pourquoi j’ai combiné les deux notions de « monnaie » et « guerre ». Lorsque j’ai d’abord proposé ce concept, les gens étaient confus et ont demandé : « Comment une guerre pourrait éclater entre les monnaies ? » Cependant, lorsque les gens sont devenus plus conscients de l’environnement économique du monde, ils ont commencé à en accepter la possibilité.

Il n’y a pas de recherche systématique sur la concurrence des monnaies et de l’argent en Chine. Seuls les théories monétaires ou l’économie sont étudiées. La Chine a négligé l’importance de la finance comme un outil, une mesure et une arme, qui pourrait être vital pour son développement, son économie et sa sécurité nationale à l’avenir. Par conséquent, mon point central dans les quatre livres est en fait l’influence que l’argent a sur le sort d’un pays et du monde.

Qu’avez-vous trouvé ?

Basé sur un récent sondage que j’ai effectué à l’université ETH de Zurich, nous avons analysé la structure des capitaux propres de 37 millions d’entreprises transnationales et constaté que 147 des plus grands instituts financiers exercent un contrôle sur ces 37 millions d’entreprises. En outre, il y a 20 ou 30 grands groupes de sociétés de portefeuilles derrière ces 147 institutions. Cela montre comment les sociétés de portefeuilles financières minoritaires au sommet de la pyramide contrôlent effectivement la plupart des groupes transnationaux de matériaux de base et de d’énergie.

L’enquête a démontré mon hypothèse dans La guerre des monnaies 2. Il y avait 60 familles qui contrôlaient plus de 60 % des industries aux États-Unis, en dépit de leur récente disparition du classement des plus grandes fortunes du monde depuis 1940. Pourquoi ont-elles disparu, vous demandez-vous ? Est-ce à cause de la guerre ? Cependant, gardez à l’esprit qu’il n’y a pas eu depuis de guerre sur le sol américain. J’ai le sentiment qu’à cette époque, les grandes et indispensables entreprises dans le monde étaient encore contrôlées par une minorité de familles. Les grandes banques et les entreprises sont en fait très centralisées. Beaucoup de grandes familles financières ont mis en place des fonds et fait don de leurs fortunes, surtout après 1930. Ce qu’ils veulent, c’est le contrôle plutôt que la propriété. Bien qu’il y ait peut-être des philanthropes, la pratique courante de mise en place des fondations de charité ne me semble pas logique.

Le monde est vraiment en désordre maintenant. Votre quatrième livre est « La période des États en guerre ». Qui selon vous en sortira « gagnant » ?

D’après la situation actuelle, les États-Unis et l’Europe sont les régions qui sont les plus susceptibles de réussir. En comparaison, la Chine n’est pas encore au même niveau. La compétition pour le leadership de l’économie mondiale se fait donc principalement entre les États-Unis et l’Europe. Bien que la Chine soit également prête, le pays n’est pas encore aussi compétent.

Votre réponse est très différente des autres. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

Pour moi, la Chine est encore très fragile, non seulement au sens économique, mais en général aussi. L’énorme édifice économique que nous avons construit a une base très fragile. Comment pouvons-nous prétendre être une puissance mondiale si l’énergie et les matériaux ne sont pas suffisants au niveau national et que le commerce dépend principalement du ​marché étranger. Pour une véritable montée en puissance, son économie doit être beaucoup plus grande que sa dépendance aux marchés étrangers, comme l’expansion de l’Amérique l’a démontré. Avant son entrée dans la Seconde Guerre mondiale dans les années 1930, seulement 2 % à 3 % de sa croissance économique était attribuée aux marchés étrangers. En d’autres termes, les États-Unis n’avaient pas besoin d’un marché extérieur, et au contraire, les marchés étrangers avaient besoin des États-Unis. Même aujourd’hui, alors que cet État est devenu un immense empire dans le monde, son commerce extérieur ne représente que 8 % de son PIB, alors que le chiffre pour la Chine est de 30 %. Ce n’est que lorsque le pays n’est pas dépendant des autres qu’il peut mener sa propre voie.

Dans votre ère d’États supposés en guerre, est-ce que la Chine a un rôle décisif ?

Je ne suis pas pessimiste à ce sujet. L’idée de base est qu’un grand marché intérieur est la base pour l’ascension d’un pays. Certains ont mentionné l’internationalisation du yuan, mais il est évident que le yuan ne peut pas devenir la monnaie de réserve du monde si le marché intérieur de la Chine n’est pas le plus important du monde. L’économie chinoise est dépendante des exportations, ce qui signifie que la monnaie va refluer lorsque les marchandises seront exportées. Le Japon et l’Allemagne ont tous deux essayé l’internationalisation du mark et du yen. Toutefois, leur part dans la monnaie internationale n’a jamais dépassé 7 %, aussi à cause de leurs économies orientées vers l’exportation.

Cela pourrait servir de leçon à la Chine. Un tiers du PIB de la Chine vient de son marché intérieur, qui représente seulement un neuvième de la taille du marché américain. Le meilleur résultat pour les pays tournés vers l’exportation ne peut pas être mieux que ce qui était le cas pour le deutsche Mark ou le yen.

Quel est l’objectif stratégique de promotion de l’internationalisation du yuan ? À mon avis, la réponse est de remplacer le dollar. Cependant, est-il possible de garantir un encadrement efficace de la négociation des yuans à l’étranger maintenant ? Plus les yuans s’écoulent à l’étranger, plus cela sera dangereux. Il en va de même pour l’évaluation du yuan. Si l’administration d’État du marché des changes et de la Banque populaire de Chine met en place le taux de change à 6,36, alors que l’accord est de 5 à New York, quelle norme le marché va-t-il suivre ? Comme il y a beaucoup de dérivés financiers à l’étranger, le nombre d’accords là-bas peut dépasser celui de Pékin. Dans ce cas, la Chine pourrait perdre le droit d’établissement des prix.

C’est précisément pourquoi je regarde vers le passé. En regardant en arrière, nous pouvons observer comment la livre et le dollar ont augmenté. Lorsque l’on compare le marché intérieur des États-Unis et de la Grande-Bretagne à celui de la Chine, il est impossible de prétendre que le yuan pourrait remplacer le dollar américain d’ici les 30 prochaines années. Il serait préférable de promouvoir une monnaie asiatique et bénéficier de l’internationalisation indirecte des yuans. Cependant, il y a aussi des problèmes, tels que la façon dont l’Asie devrait être intégrée.

Voulez-vous dire la liaison de toute l’Asie ?

Oui. En fait, les Chinois pensent rarement à la raison pour laquelle l’économie asiatique est toujours distraite et contenue par les États-Unis et l’Europe alors que leur économie totale est déjà l’égal des deux puissances. Ils considèrent aussi rarement pourquoi tous les pays asiatiques se tournent vers les États-Unis à la place d’autres pays asiatiques en cas de problème. Si la Chine veut devenir une puissance mondiale, il est essentiel que celle-ci s’intègre à d’autres pays d’Asie.

L’intégration de l’Asie n’est elle pas difficile pour des raisons géographiques, historiques et de relations politiques ?

La racine des problèmes des pays asiatiques ne sont pas les malentendus et les obstacles historiques. Par rapport à ces problèmes secondaires, le principal facteur est externe – le fait que les États-Unis ne veulent pas que l’Asie s’unisse. Il n’y a pas eu autant de guerres en Asie, qu’il y en a eu en Europe, pourtant les pays sont encore très aliénés. Si l’Asie est intégrée en tant que communauté d’intérêt, les États-Unis n’auront aucune chance de rester une superpuissance.

C’est pourquoi j’ai décrit la réconciliation de l’Allemagne et de la France dans le livre. L’Allemagne et la France ont été réunies par la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Les deux pays étaient en guerre, lorsque la France a pris les régions de la Ruhr et de la Sarre après la Seconde Guerre mondiale et l’Allemagne a trouvé que leur développement était limité par la France après la guerre. La guerre potentielle dans les années 1950 entre les deux pays a été plus tard éliminée par l’articulation de leurs industries sidérurgiques. L’union est supra-souveraine et ouverte, appelant aussi d’autres pays à s’y joindre. C’est l’origine de la Communauté européenne et de l’Union européenne. Si les pays asiatiques ont des conflits sur la mer à l’est et au sud, pourquoi ne pas prendre l’exemple et intégrer les sources de pétrole là-bas avec une Union supra-souveraine, qui peut lier ensemble les intérêts de la Chine, du Japon et la Corée. D’ici là, aucun de ces pays ne commenceraient une guerre et un nouveau marché asiatique uni sera également créé. Quand une monnaie asiatique pourra enfin être promue, l’influence des États-Unis et de l’Europe sur la région diminuera.

Votre réflexion est typiquement américaine. Accepteriez-vous que les Chinois ne pensent pas normalement de la même manière ?

Oui. Après avoir vécu aux États-Unis, j’ai constaté que la pensée américaine et britannique est la clé de leur succès dans la conduite du monde, car elle se concentre sur l’intérêt national rationnel. Plutôt que de se concentrer sur le « visage » du pays, ils poursuivent les entreprises les plus rationnelles et les plus utiles. Le nationalisme en Chine est trop irrationnel. Ça ne fait pas de différence si nous nous plaignons des autres tout le temps. Cependant, si nous coopérons avec le Japon et unissons les pays asiatiques pour faire une organisation d’intérêt mutuel, la Chine en bénéficiera le plus. Comme dit le proverbe, même les mendiants doivent surveiller leur dos quand ils battent les chiens, comment la Chine pourrait s’opposer à l’Europe et aux États-Unis sans le secours de l’Asie ? La Chine devrait rivaliser avec l’Europe et les États-Unis pour le rôle de premier plan dans le monde. La « diplomatie de grande puissance » que nous avons trop soulignée dans le passé devrait être remplacée par une « diplomatie de voisin ». Même si nous pouvions maintenir une bonne relation avec l’Europe et les États-Unis, comment pouvons-nous attendre d’eux de nous aider sincèrement quand tout le monde est en concurrence avec l’autre pour être le leader du monde ? C’est comme essayer de trouver un poisson dans un arbre. Nous devrions nous tourner vers nos voisins asiatiques pour de l’aide en changeant notre mentalité au sujet de comment devenir le chef de file mondial.

Je ne veux pas dire que nous devrions vivre dans l’histoire, mais je veux montrer que nous ne devrions pas répéter l’histoire non plus – nous ne devons pas être divisés et gouvernés par des puissances étrangères. La Chine devrait intégrer les puissances asiatiques dans un marché commun ainsi qu’une monnaie commune. L’Allemagne a renoncé à son marché intérieur et son deutsche Mark, mais a gagné l’ensemble du marché ainsi que le contrôle de l’Union européenne. Il s’agit de la relation dialectique du « donner » et « gagner ». Comment pouvons-nous obtenir quelque chose sans donner ?

Traduction E&R
Source : The Economic Observer

Der Westen, Russland, China und die Ukraine

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«Rechtzeitig die bereits brennende Lunte aus dem Benzinfass nehmen»

Der Westen, Russland, China und die Ukraine

Ex: http://www.zeit-fragen.ch

von Willy Wimmer, Staatssekretär des Bundesministers der Verteidigung a.D., Mitglied des Deutschen Bundestages 1976–2009

Die Nachrichten wegen der Ukraine überschlagen sich und der schöne Schein von Sotschi mit den glänzend gestimmten Sportlern ist schneller zerstoben, als das allen lieb sein konnte.
Dennoch sollten wir in der Flut der Nachrichten über Ereignisse gut 700 Kilometer von Berlin entfernt die Meldung über ein fürchterliches Massaker in der chinesischen Stadt Kunming nicht übersehen oder falsch einordnen. Kunming als Hauptstadt der chinesischen Provinz Yünnan beeindruckt eigentlich durch seinen Charme, der an lebenslustige Gebiete am Mittelmeer erinnert. Am letzten Wochenende kam der Tod nach Kunming, als fast 30 Menschen ermordet und mehr als 100 Menschen schwer verletzt wurden. Weit weg?
Erinnern wir uns an den Vorabend des völkerrechtswidrigen Krieges gegen die Bundesrepublik Jugoslawien, dessen Beginn sich in diesen Tagen zum 15. Male jährt. Über Monate hatte es im chinesischen Westen Anschlag über Anschlag gegeben. Tote und Verletzte waren die Folge. Prominente Schauspieler aus Hollywood eröffneten eine Kampagne wegen Tibet. Es war so dramatisch, dass eine kriegerische Auseinandersetzung wegen Tibet erwartet wurde. Nicht nur im Spiegel konnte jeder lesen, dass wohl amerikanische Dienste hinter den Ereignissen im Westen Chinas stünden.
Das, was losbrach, waren die Bombenangriffe auf Belgrad, mitten im europäischen Kerngebiet, und das Vehikel war die albanische Terrororganisation UÇK, auf die die Vereinigten Staaten und später die gesamte Nato gesetzt hatte, um ihre Ziele in der Bundesrepublik Jugoslawien durchzusetzen.


Zeichen an der Wand sind häufiger zu sehen, als uns lieb sein kann. Das bedeutet für uns, dass wegen der gleichzeitig stattfindenden Umbrüche in der Ukraine das Gesamtbild nicht aus den Augen gelassen werden darf.


Es ist etwas ganz Grosses im Gange, das uns alle zerreissen kann. Wer heute Russland aus den G 8 schmeissen will, der hat keine Hemmungen, morgen China mit dem Rauswurf aus der Welthandelsorganisation zu drohen und die Drohung auch wahrzumachen. Es ist Endspiel-Zeit, und es ist geradezu spektakulär, wie der amerikanische Aussenminister John Kerry sich als Schutzengel des Völkerrechtes aufspielt.


Dennoch ist das amerikanische Verhalten seit dem völkerrechtswidrigen Krieg gegen Belgrad und die folgenden, ebenfalls klassischen Aggressionskriege gegen den Irak u. a., keine Ausrede für andere, in amerikanische Muster der letzten Jahrzehnte zu verfallen. Aber tun sie das? Man ist heute schnell bei der Hand, den russischen Präsidenten Putin mit Adolf Hitler zu vergleichen, wie es in diesen Tagen ein ehemaliger tschechischer Aussenminister getan hat. Fürst Schwarzenberg hat gut reden, waren es doch die Russen, die gnadenlos unter Adolf Hitler ihr Blut vergiessen mussten. Peinlicher geht es nicht mehr.


Aber die Ukraine wird uns um die Ohren fliegen, auch wenn es seit Joschka Fischer einen Nato-Modus zu geben scheint, wenn Ziele angeleuchtet werden. Janukowitsch ist weg, und wer will ihm eine Träne nachweinen? Bei den Protzvillen? Als wenn das bis zum Ringen um das Assoziierungsabkommen irgend jemanden in Brüssel, Berlin, London oder Washington gestört hätte. In der Staatskasse noch knapp 300 000 Euro? Wo waren die peniblen Brüsseler Schlaumeier bei der Überprüfung der Kiewer Daten vor dem angepeilten Abkommen zwecks grösserer Nähe der Ukraine zur Europäischen Union?


Von ganz neuer Qualität dürfte jedoch sein, dass nicht nur die US-amerikanische Staatssekretärin Nuland den Überlegungen zur Manipulation der neuen Regierung in der Ukraine freien Lauf gelassen hat. Hier wurde zum ersten Mal in der neueren Geschichte eine Regierung, die nach Bekundungen aller – von der OSZE bis zum Europa-Rat – durch faire und freie Wahlen zustande gekommen war, aus dem Amt geputscht, und alle Abkommen zur Krisenbeilegung wurden beiseite gefegt.


Das geschah wohlgemerkt auch und gerade durch Kräfte, die einen gesamteuropäischen Aufschrei der Abscheu hätten hervorrufen müssen. Noch in der Nacht der Machtergreifung wurde gegen die russischsprachigen Bewohner der Ukraine mobil gemacht. Man hatte nichts Eiligeres zu tun, als ihnen die Zerstörung ihrer Bürgerrechte in Aussicht zu stellen. Es war eben auch der ­politische Mob, der anschliessend drohte, durch die gesamte Ukraine zu fegen.


Wegen des unmittelbar drohenden Finanzkollapses der Ukraine droht sich dort ein Furor breitzumachen, der zwar heute nach dem Westen ruft, aber dem Heulen und Zähneknirschen drohen, wenn ihn die westeuropäische und amerikanische Realität erreicht.
Washington scheint zu den letzten Mitteln vor einer Kriegserklärung an die Russische Föderation greifen zu wollen, wenn man die Herren Obama und Kerry hört. Wäre es wegen der Dimension des von der Ukraine ausgehenden Urknalls für ganz Europa nicht sinnvoller gewesen, die Fäden zusammenzuhalten? Schliesslich war es Moskau, das der maroden Ukraine noch mehr Geld nachwerfen wollte, als der in diesen Dingen äusserst penible Westen.


Und Putin? Hätte er zuwarten sollen, bis die Kiewer Machtübernahme die russische Grenze erreicht hätte? Die Träger des neuen Geistes waren alle auf dem Weg. Was in Teufels Namen hat nach der Kiewer Machtübernahme die neuen Machthaber dazu veranlasst, nun jeden wichtigen Amtsträger im ganzen Land aus dem Amt zu jagen und durch eigene Günstlinge zu ersetzen? Der russische Präsident Putin hat durch die Form seiner Reaktion diesem Tun ein Halt-Signal gesetzt, für das man ihm vielleicht noch einmal sehr dankbar sein wird. Die Souveränität und territoriale Integrität auch der Ukraine stehen ausser Frage. Rechtzeitig die bereits brennende Lunte aus dem Benzinfass zu nehmen, wie es Putin gemacht hat, sollte dann als Chance begriffen werden, wenn das russische Handeln nicht als Gefährdung der eigenen westlichen Absichten gesehen wird.    •

Westeuropäische Medien wie gleichgeschaltet unter US-Oberbefehl?

Offener Brief an die Staats- und Regierungschefs der EU zur Sitzung vom 6. März 2014

Sehr verehrte Damen,
sehr geehrte Herren,
nach den Standards, die in der Europäischen Union bei schwierigen Entwicklungen üblich sind, müssten die Staats- und Regierungschefs bei ihrem Treffen in Brüssel wegen der Lage in der Ukraine festlegen, dass
1.    zu den neuen Machthabern in Kiew auf der Regierungsebene keine Kontakte stattfinden, solange es ernsthafte und begründete Zweifel an der Rechtmässigkeit der neuen Organe in Kiew gibt,
2.    so lange davon ausgegangen werden muss, dass in hohen und höchsten Ämtern der neuen Organe in Kiew sich Personen befinden, deren politische Haltung in ganz Europa Abscheu wegen ihres Gedankengutes hervorruft, sollte ein Boykott der EU […] über die Organe in Kiew so lange verhängt werden, bis diese Personen nicht mehr den im Amt befindlichen Organen in Kiew angehören. Für die Bundesregierung in Berlin ist es nicht akzeptabel, dass vor dem Bundesverfassungsgericht in Karlsruhe ein Verbot der NPD durchgesetzt werden soll, während man gleichzeitig in Kiew mit denen unter einer Decke steckt, die engste Kontakte zur NPD pflegen.
Es ist in hohem Masse bedauerlich, dass in Westeuropa die Medien auf die krisenhafte Entwicklung so reagieren, als wären sie gleichgeschaltet und unterstünden amerikanischem Oberbefehl. […]
In der letzten Woche drohten die Flammen des Maidan in Kiew auf die ganze Ukraine überzugreifen. Eine im Bürgerkrieg versinkende Ukraine hätte ganz Europa mit in den Untergang gerissen. Diese Gefahr ist immer noch nicht vom Tisch, weil die wirtschaftlichen Gefahren erst noch auf alle zukommen. Das besonnene und deutliche Auftreten der russischen Regierung unter Präsident Putin hat Europa und der Welt eine Chance gegeben, Souveränität und territoriale Integrität der Ukraine zu erhalten und uns vor dem Furor eines Bürgerkrieges in der Ukraine zu bewahren.
Die Russische Föderation hat in den Jahren, die mit dem ordinären Angriffskrieg der Nato gegen die Bundesrepublik Jugoslawien vor fast genau 15 Jahren und zu einem friedensbedrohenden und völkerrechtswidrigen Verhalten der USA auch in anderen Teilen der Welt führten, sich zum Völkerrecht und seinen tragenden Grundsätzen bekannt. Ohne dieses Völkerrecht und vor allem die Charta der Vereinten Nationen wird das Schicksal Europas mehr denn je ungewiss sein. […]

Willy Wimmer, Staatssekretär des Bundesministers der Verteidigung a.D., Mitglied des Deutschen Bundestages 1976–2009

Un devoir civique, lire The Intercept

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Un devoir civique, lire The Intercept

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

The Intercept est le journal fondé par Glenn Greenwald, Laura Poitras et Jeremy Scahill pour diffuser les informations rapportées par Edward Snowden et décrivant en détail les activités de la NSA, de la CIA et d'autres agences américaines afin d'espionner le web mondial. Nous considérons qu'il doit dorénavant devenir une de nos sources essentielles d'information.

The Intercept est le journal fondé par Glenn Greenwald, Laura Poitras et Jeremy Scahill pour diffuser les informations rapportées par Edward Snowden et décrivant en détail les activités de la NSA, de la CIA et d'autres agences américaines afin d'espionner le web mondial. Ces trois journalistes, comme nul ne devrait l'ignorer, ont été et demeurent l'objet de persécutions multiples visant à les réduire au silence. Ils ont le courage de les braver, peut-être au péril de leur vie. Ils ont été rejoints par une poignée de militants décidés à combattre l'hégémonie des susdites Agences sur le web.

C'est pourquoi The Intercept doit absolument devenir une des sources de références pour ceux qui se préoccupent de comprendre en profondeur comment va le monde. Ajoutons cependant, à l'intention des ingénus, que comme tout ce qui provient du web peut être piraté et déformé par divers « malware », il faudra toujours à l'avenir se demander si les textes présentés comme venant de The Intercept sont bien de lui.

Dans l'immédiat, nous ferons confiance aux articles déjà publiés par le Journal. Le premier de ceux-ci décrit la façon dont la NSA utilise l'espionnage sur les réseaux afin d'identifier les individus à cibler en vue d'assassinat par des drones. Compte-tenu de la lutte menée contre les Talibans en Afghanistan et au Pakistan, on dira que la chose est de bonne guerre. Mais la technique peut être aussi employée pour détruire, par des drones ou autrement, toute personne jugée nuisible. Il peut s'agir de vous. Il peut s'agir de moi.

Le deuxième article est un reportage photographique commenté concernant les implantations de la NSA et d'autres grandes agences sur le territoire américain. Ces immeubles hébergent des serveurs mémorisant les milliards d'informations collectées par les agences depuis quelques années. Ils hébergent aussi d'importantes équipes d'analystes et de hackers chargé de pirater les communications et les ordinateurs d'ennemis éventuels de l'Amérique. La définition en est si large qu'elle peut inclure, à nouveau, vous et moi.

Mais l'article qui doit aujourd'hui retenir toute notre attention concerne les méthodes employées à très grande échelle pour pénétrer les réseaux et les ordinateurs de millions d'usagers du web, qu'ils se trouvent aux Etats-Unis ou à l'étranger. « How the NSA Plans to Infect 'Millions' of Computers with Malware » On notera que ces opérations sont conduites à partir du siège de la NSA à Fort Meade, mais sont pleinement relayées par les services secrets britanniques, le désormais célèbre GCHQ, ainsi qu'au Japon et dans 3 autres pays, Australie, Canada, Nouvelle Zélande composant avec l'Amérique et le Royaume-uni le groupe dit des Five Eyes. Ceux qui, en Europe, déplorent l'excessif assujettissement des gouvernements aux stratégies américaines, devraient se demander jusqu'à quel point les services secrets des pays de l'Union européenne collaborent avec la NSA et plus généralement avec les Five Eyes dans le recueil et l'exploitation d'informations piratées dans les ordinateurs des usagers européens du Net.

Sans être à proprement parler technique, l'article fait allusion à beaucoup de méthodes d'espionnage informatique totalement ou presque totalement insoupçonnées à ce jour en France. Outre qu'il est en anglais, il ne retiendra sans doute pas l'attention des hommes politiques et des militants qui se préoccupent de l'indépendance du pays. Ceci est pour nous une occasion de plus pour déplorer l'illettrisme en matière de technologies de l'information qui sévit à tous les niveaux des administrations et des entreprises. Comment se défendre alors des emprises de l'Empire américain, à supposer que l'on veuille le faire. Il faudrait se rappeler la charge des cuirassiers français à Reichshoffen-Morsbronn en 1970, anéantis par les canons et les fusils prussiens (image). La disproportion des moyens est la même, à supposer que la volonté de se battre soit la même.

TURBINE



Nous nous bornerons ici à résumer le thème général de l'article. Il montre comment, à partir de 2005-2009, la NSA a développé des méthodes de surveillance révolutionnaires consistant à infecter des millions d'ordinateurs de par le monde avec des « implants » se comportant en espions. Les implantations visent en simultané les réseaux, serveurs et opérateurs téléphoniques des pays espionnés. Toutes les techniques ont été utilisées pour réaliser ces implants. La plus générale consiste à envoyer des e-mails dont l'ouverture provoque l'infection de l'ordinateur ciblé. Mais les utilisateurs ont fini par se méfier des e-mails anonymes.

Une autre méthode, reposant sur la diffusion croissante des « réseaux sociaux » tel Facebook, consiste à utiliser de faux serveurs au nom de ces réseaux pour introduire les malware chez des abonnés qui ne se méfient pas. Les ordinateurs de ceux-ci peuvent alors être utilisés pour enregistrer les propos et les images de leurs possesseurs, télécharger leurs fichiers, en corrompre les contenus ou en bloquer l'accès. De plus, des méthodes très sophistiquées ont été mises en place pour casser les encryptages que certains de ces utilisateurs ont installés pour se protéger. On est fort loin, on le voit, des méthodes archaïques utilisées en France par les juges d'instruction pour mesurer le degré d'implication supposée d'un ancien président de la République dans certaines affaires.

Mais la méthode des implants n'a pas été jugée suffisante par la NSA. Toutes les techniques énumérées ci-dessus supposent, bien qu'automatisées, l'intervention d'un trop grand nombre d'opérateurs humains, compte tenu du fait qu'elles visent des millions et à terme des dizaines ou centaines de millions d'utilisateurs. Il a fallu développer des procédures pouvant fonctionner de façon autonome, sans interventions humaines. C'est ce qu'Alain Cardon avait décrit dans son ouvrage, publié en octobre 2011 sur notre site " Vers un système de contrôle total" .

En l'espèce, il s'agit d'un système automatique baptisé TURBINE. Celui-ci vise à étendre le réseau des implants à des millions d'ordinateurs, réaliser les processus de contrôle par groupes et flux de machines plutôt individuellement et déclencher sur une large échelle des opérations relevant de ce qu'il faut bien appeler la cyber-war. Les concepteurs du système ont plus ou moins admis que les agents intelligents artificiels chargés de ces tâches pouvaient devenir entièrement autonomes, accumuler les erreurs non contrôlées voir entrainer des destructions du type de celles constatées dans l'utilisation des drones, mais à une toute autre échelle. Le risque est cependant accepté, car il s'agit du prix à payer pour assurer, non pas la survie de l'Amérique face à d'éventuels ennemis, mais le contrôle du monde entier par cette même Amérique.

Ajoutons que depuis la rédaction des documents recueillis par Edward Snowden, plusieurs années se sont écoulées. Comme l'on n'arrête pas le progrès, on peut imaginer la puissance dont les agences américaines disposent maintenant, et celle qu'elles ne manqueront pas d'acquérir dans les prochaines années. Sursum corda. Hauts les coeurs.

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Snowden dénonce un «bazar européen» au service des États-Unis

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Snowden dénonce un «bazar européen» au service des États-Unis

Ex: http://www.ledevoir.com 

Bruxelles — Sous pression américaine, l’UE a laissé se mettre en place un « bazar » de l’espionnage généralisant la surveillance de masse à tous les citoyens, a dénoncé auprès du Parlement européen le lanceur d’alerte américain Edward Snowden.

« L’une des activités essentielles de la division des affaires étrangères de la NSA est de faire pression ou d’inciter les États membres de l’UE à changer leurs lois autorisant la surveillance de masse », soutient M. Snowden dans une déposition écrite que le Parlement européen a rendu publique vendredi.

De telles opérations ont été menées en Suède, aux Pays-Bas, ou en Allemagne, avec comme résultat « la mise en place en secret de systèmes intrusifs de surveillance massive », met en garde l’ancien consultant en sécurité, qui répond à des questions écrites de la commission des Libertés civiles du Parlement.

M. Snowden incrimine notamment le droit que se réserve la NSA (Agence nationale de sécurité américaine) d’espionner les ressortissants des partenaires des États-Unis, sans les en informer. Au passage, cela permet aux États concernés d’invoquer leur ignorance face à leur opinion publique, met-il en avant.

Selon M. Snowden, le « résultat est un bazar européen » où les États membres acceptent de céder individuellement à la NSA des droits censés être limités mais lui permettant au final de mettre en place « un patchwork de surveillance de masse contre l’ensemble des citoyens ordinaires ».

M. Snowden exhorte les eurodéputés à agir pour empêcher que « les espions ne dictent la politique » des États de l’UE.

« La bonne nouvelle est qu’il y a une solution : la faiblesse de la surveillance de masse est qu’elle peut facilement être rendue trop coûteuse via des changements de normes techniques » avec la généralisation du cryptage, ajoute-t-il.

À l’issue d’une enquête de six mois sur la surveillance massive américaine révélée par M. Snowden, le Parlement européen doit se prononcer la semaine prochaine sur un projet de rapport préconisant de suspendre SWIFT et Safe Harbour, deux importants accords d’échange de données avec les États-Unis.

mercredi, 19 mars 2014

La Crise ukrainienne et la troisième voie géopolitique

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La Crise ukrainienne et la troisième voie géopolitique

par Jure Vujic

Ex: http://www.polemia.com

«L’Eurasisme russe aurait tout intérêt à ménager les nationalismes européens de cet espace centre-européen et de l’espace pontique de la mer Noire y compris l’Ukraine, plutôt que de nier leurs identités nationales et d’attiser leurs positions russophobes.»

♦ Polémia a reçu de son contributeur franco-croate, Jure Georges Vujic, une analyse géopolitique de la crise ukrainienne. Donner accès à la diversité des points de vue fait partie de notre ligne éditoriale. Nous la soumettons donc à la réflexion de nos lecteurs.
Polémia

Il semblerait que la crise ukrainienne divise la mouvance nationale et eurasiste en deux camps, le premier soutenant l’opposition nationaliste ukrainienne en tant que vivier identitaire et vecteur national-révolutionnaire, le second, le camp des «eurasistes» russophiles, qui, pour des raisons géopolitiques anti-atlantistes, soutiennent l’intervention russe en Crimée. Pourtant, cette vision binaire  demeure quelque peu simplificatrice. C’est pourquoi je réitère « qu’il faut savoir raison garder » et que la démesure dans l’analyse géopolitique, le jusqu’au-boutisme et l’engouement belliciste ne font que conforter une fois de plus l‘hybris  et le conflit entre des peuples européens et, une fois n’est pas coutume, sur la terre européenne.

Bien sûr, il faut rappeler que  suite à la décision du gouvernement élu de ne pas signer d’accords commerciaux avec l’Union européenne, le camp atlantiste et américain a tenté d’orchestrer une seconde « Révolution orange » cette fois-ci en s’appuyant et en manipulant des groupes ultranationalistes ukrainiens aux fins  d’installer un pouvoir pro-occidental à Kiev. Le nationalisme ukrainien extrêmement dynamique est autant antirusse qu’antioccidental alors que les arguments de l’adhésion à l’UE servent uniquement de levier d’émancipation de la tutelle russe. Par ailleurs, l’expérience de la Hongrie de Orban démontre très bien que l’on peut être dans l’UE et mener une politique nationale et souverainiste.

D’une part, je ne suis pas convaincu qu’il s’agisse d’une confrontation entre une vision eurasiste pro-russe et un nationalisme ukrainien pro-atlantiste. Il faut  avoir à l’esprit la question de la légitimité des manifestations du peuple ukrainien systématiquement spolié et paupérisé par des régimes corrompus et oligarchiques successifs, tour à tour pro-occidentaux et pro-russes (la famille du présidentViktor Ianoukovitch s’est enrichie de près de 8 milliards d’euros par an). D’autre part, l’opposition entre le sud-est russophone de l’Ukraine et l’EuroMaidan s’est cristallisée en raison du ressentiment antirusse qui s’est développé dans la partie occidentale de l’Ukraine. Si une partie des habitants s’est organisée en formations paramilitaires et a manifesté contre le nouveau gouvernement de Kiev, c’est parce que la révolution a gagné à ses yeux une connotation antirusse plutôt que pro-européenne.

Il est en effet déplorable que l’Ukraine soit entre le marteau et l’enclume, et  n’ait finalement que le choix entre l’intégration européenne pro-atlantiste et la soumission au voisin russe. C’est dans les leçons de l’histoire européenne qu’il faut peut-être chercher la solution. « L’Ukraine a toujours aspiré à être libre » a écrit Voltaire dans son Histoire de Charles XII, à propos de l’hetman Mazeppa. L’identité ukrainienne s’est cimentée il y a une dizaine de siècles et n’est pas près d’être russifiée, quand bien même son histoire reste étroitement liée à la Russie. L’Ukraine est et restera un pays écartelé entre le géant eurasiatique qu’est la Russie à l’est, et l’Europe centrale beaucoup plus proche de l’Occident. Etymologiquement le nom d’’Ukraine est associé à celui de « marche », et c’est ainsi qu’il faut la traiter en tant qu’espace géopolitique pontique et médian. C’est pourquoi la Russie aurait tout intérêt à traiter le peuple ukrainien et l’identité ukrainienne sur un pied d’égalité et de réciprocité plutôt qu’obstinément nier leur existence nationale, les associer à des «petits Russes», ce qui ne fera qu’exacerber le sentiment ukrainien antieurasiste et antirusse.

La Crimée se prononce pour son rattachement à la Russie

L’identité ukrainienne tout comme l’histoire des peuples cavaliers, de souche européenne, fait partie intégrante de notre héritage indo-européen le plus ancien tout comme le constitue l’héritage slavo-russe et orthodoxe. Il faut rappeler que c’est un chercheur ukrainien Iaroslav Lebedynsky, qui enseigne à l’Institut national des langues et civilisations orientales, qui nous a livré de remarquables  récits historiques sur les Scythes, les Sarmates, les Saces, les Cimmériens, les Iazyges et les Roxolans, les Alains, etc. qui témoignent de l’identité pluriséculaire de ces peuples de souche européenne sur cet espace eurasiatique qui va de l’Europe centrale jusqu’aux confins de la Sibérie orientale, espace qui ne possède pas de frontières naturelles comme l’expliquait le général Heinrich Jordis von Lohausen dans son traité de géopolitique. En effet, l’importance géostratégique pontique de l’Ukraine, bordée par la mer Noire et la mer d’Azov au sud et située entre l’Europe occidentale et la masse continentale eurasiatique, dépend en majeure partie de sa configuration frontalière. Les régions historiques ukrainiennes, comme la Volhynie et la Galicie (jadis polono-lituaniennes), la Bukovine (jadis moldave) ou la Méotide (jadis tatare criméenne), s’étendent  également sur les pays voisins, ouvrant ainsi une profondeur stratégique à la Russie au nord et à l’est, à la Biélorussie au nord, à la Pologne, à la Slovaquie et la Hongrie à l’ouest et à la Roumanie et la Moldavie au sud-ouest.

Bien sûr, il convient d’un point de vue géopolitique de soutenir le projet eurasiste russe comme facteur de rééquilibrage multipolaire face aux menées néo-impériales atlantistes, mais ce projet géopolitique grand-européen eurasiste doit être avant tout un projet fédérateur, de coopération géopolitique, fondé sur le respect de tous les peuples européens, sur le respect des souverainetés nationales et sur le principe de subsidiarité. L’affirmation agressive et exclusiviste de la composante slavo-orthodoxe et « grand-russe » dans le projet eurasiste, surtout dans les territoires centre-européens et du sud-est européen catholiques qui gardent un mauvais souvenir de l’expérience soviétique, ne fera au contraire que raviver les tensions entre les peuples européens, ce qui fait le jeu de la stratégie atlantiste qui divise pour régner. Par ailleurs, tout comme il convient de dénoncer la fragmentation ethno-confessionnelle qui est à l’œuvre au Moyen-Orient en tant qu’instrument de domination atlantiste, il convient aussi de se méfier des constructions annexionnistes ou irrédentistes linguistiques « grand-russes » sous prétexte d’unification « des terres russophones » qui peuvent à long terme avoir les mêmes effets dissolvants en Eurasie dans le Caucase et en  Europe centrale, car le même argument linguistique pourrait justifier la revendication séparatiste d’ethnies ou de populations non-européennes sur le sol européen. En effet, le déchaînement du nationalisme ethno-confessionnel à l’ouest de l’Ukraine inquiète les minorités ethniques et notamment les Polonais, les Hongrois et les Roumains. Les Tatares de Crimée qui semblent avoir déjà choisi leur rattachement à la Russie ne peuvent pas rester à l’écart de la recomposition en cours à l’ouest et au sud-ouest d’Ukraine. Ainsi le groupe  ethnique des Gagaouzes qui forment une communauté homogène en Moldavie s’est déjà prononcé par référendum pour l’intégration eurasienne. On assiste également à une montée en puissance du facteur turcophone dans la région du Caucase et dans les Balkans (en Bosnie Herzégovine), plus particulièrement dans le contexte des processus d’intégration dans l’espace eurasien.

Il faut rappeler que l’Ukraine, au-delà du contexte très particulier de ce pays (en réalité constitué de deux ensembles historiquement antagonistes, l’un catholique-uniate, tourné vers l’ouest et l’autre orthodoxe proche de la Russie), constitue un exemple des possibilités de manipulation d’un sentiment national. Pourtant je ne suis pas certain qu’un recentrage « grand-russe » de l’Ukraine constitue un pôle de stabilité géopolitique eurasiatique à long terme dans la mesure où le sentiment antirusse en Ukraine est fortement enraciné et cela depuis plusieurs siècles. La perception du projet eurasiste vu de Paris, Moscou, Vienne, Berlin, Zagreb, Kiev est très différente et variable. Dans les ex-pays du bloc soviétique, l’eurasisme est souvent perçu comme une idéologie néocoloniale «  grande russe  » et post-soviétique, car ces pays ont retrouvé leur indépendance nationale et étatique dans les années 1990 après la chute du Mur de Berlin (et non au XVIIIe ou XIXe siècle), et il est compréhensible qu’ils restent récalcitrants à tout projet fédérateur, multinational et/ou néo-impérial, alors que d’autres pays européens qui ont vécu « leur printemps des peuples » en 1848 ou avant, sont plus ouverts au discours eurasiste grand-continental. Il faut alors tenir compte de ces variables pondérables de psychologie collective (au même titre que les fameuses guerres de représentation) lorsqu’on adopte une position géopolitique  pan-européenne. L’eurasisme ne devrait pas évoluer vers un projet néocolonial et impérialiste (L’idée d’empire n’est pas réductible à l’impérialisme) mais rester fidèle à l’idéal de l’empire en tant qu’unité organique et œcuménique dans la diversité. Cet eurasisme géopolitique n’a jamais été aussi cohérent et  stable que lorsqu’il a été respectueux des idendités, et des diverses composantes impériales comme cela a été le cas lors de l’alliance austro-franco-russe du XVIIIe siècle, de la Sainte-Alliance et de l’Union des Trois Empereurs, voire en tant que projets d’alliance franco-germano-austro-russe de Gabriel Hanotaux (1853-1944), avant 1914.

Il convient également de constater que le projet eurasiste « grand-européen » ne peut reposer uniquement sur un pôle russo-centré, et que si l’on raisonne en termes de continent (de l’Atlantique à la Sibérie), il semblerait que ce projet soit à double vitesse, l’un russo-centré autour de l’union eurasiatique qui s’articule autour de la composante russo-slavo-orthodoxe et l’autre que l’on peut qualifier d’eurasiste-médian ou centre-européen (voire germano-slave mitteleuropéen) qui s’étend de l’Europe occidentale héritière de l’empire Carolingien (héritière de l’Empire romain) et l’eurasisme central-danubien qui s’étend le long de l’ancien limes danubien, à son embouchure dans la mer Noire, jusqu’à l’espace scythien de la Dobroudja, à la charnière de la Roumanie et de la Bulgarie actuelles. Le point de jonction de l’Eurasie russo-centré et de cette Eurasie centre–européenne est l’Ukraine qui de par sa position pontique relie et verrouille ainsi l’espace centre-européen pannonien et la profondeur eurasiatique vers l’est. Pourtant ce qui différencie àl’heure actuelle ces deux projets eurasiens complémentaires, c’est l’héritage historique de l’Union soviétique. En effet l’ensemble des peuples rattachés à la couronne austro-hongroise (Croates, Slovaques, Hongrois, Tchèques) gardent un mauvais souvenir de la férule communiste et des Etats multinationaux fantoches tels que la Yougoslavie titiste et la Tchécoslovaquie en tant que zones tampons et cordons sanitaires créés par la politique britannique dans les Balkans. C’est la raison pour laquelle l’Eurasisme russe aurait tout intérêt à ménager les nationalismes européens de cet espace centre-européen et de l’espace pontique de la mer Noire y compris l’Ukraine, plutȏt que de nier leurs identités nationales et d’attiser leurs positions russophobes.

Ainsi la crise ukrainienne peut être l’occasion ou jamais de réfléchir et de peut-être redéfinir les axes géopolitiques d’une Eurasie triarchique reposant sur la triplice géopolitique carolingienne-occidentale/catholique autro-hongroise et centre-européenne/slavo-orthodoxe eurasiatique.

Jure Georges Vujic
11/03/2014

Correspondance Polémia – 16/03/2014

Tsahal et les juifs orthodoxes

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Jan Ackermeier:

Tsahal et les juifs orthodoxes

Plusieurs centaines de milliers de juifs orthodoxes ont récemment manifesté à Jérusalem contre le projet de les enrôler dans l’armée et de leur imposer, comme à tous les citoyens israéliens, le service militaire obligatoire. Par des prières en pleine rue, ils protestent contre un projet de loi qui a été débattu au Parlement la semaine du 10 mars 2014. Cette nouvelle loi permet, pour la première fois depuis la fondation de l’Etat d’Israël en 1948, de prendre des mesures répressives contre les jeunes orthodoxes qui ne donnent aucune suite à l’ordre de rejoindre l’armée.

De tous les coins du pays, les ressortissants de tous les courants possibles et imaginables de l’orthodoxie juive s’étaient rendus à Jérusalem pour participer aux manifestations. La police a estimé leur nombre à plusieurs centaines de milliers. Un porte-paroles des forces de l’ordre a déclaré que 3500 policiers avaient été déployés pour éviter les débordements comme lors des manifestations précédentes.

Les juifs, qui suivent à la lettre les préceptes de leur religion, refusent généralement le service militaire en arguant que cela les empêche de pratiquer leurs rituels. En effet, dans l’armée israélienne, il n’y a pas de séparation nette entre hommes et femmes et le commandement exige souvent de mener des missions à bien le samedi, jour sacré de repos pour les juifs orthodoxes. Plusieurs milliers d’hommes ultra-orthodoxes servent pourtant déjà dans des unités spéciales de l’armée. Il y a deux ans, le Tribunal Suprême de l’Etat d’Israël avait décrété que le fait de libérer les juifs orthodoxes du service militaire était un expédient anti-constitutionnel. Cet expédient date de l’époque de la fondation de l’Etat hébreu en 1948. A l’époque, on ne comptait que 400 objecteurs de conscience ultra-orthodoxes par an. Mais, aujourd’hui, le taux de fécondité des familles orthodoxes est nettement supérieur à celui des autres strates de la population, marquées par le mode de vie occidental et dès lors moins religieuses.

De nos jours, le nombre d’hommes orthodoxes libérés de tout service militaire est estimé à 60.000 ou 70.000. Ce débat houleux sur le service militaire avait fait tomber la grande coalition du premier ministre Benjamin Netanyahou en 2012. La majorité des Israéliens, selon les sondages, réclame l’abolition des privilèges liés à la religion.

Jan Ackermeier.

(article paru dans “zur Zeit”, Vienne, n°10/2014, http://www.zurzeit.at ).