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vendredi, 18 décembre 2020

La Chine est en constante évolution mais reste toujours une

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La Chine est en constante évolution mais reste toujours une

Alejandro Linconao

Ex : https://grupominerva.com.ar

Si nous cherchons à comprendre l'histoire comme le fit Spengler qui la voyait en tant qu'organisme vivant et changeant, nous pouvons comprendre le dynamisme des civilisations, avec leurs périodes de paix et de chaos, un dynamisme d'une logique toujours inattendue. Du point de vue du visionnaire allemand, l'histoire, comme tout ce qui est cosmique, "porte l'empreinte de la périodicité" (Spengler, 1966). Cette périodicité, cette alternance, est clairement perceptible dans la vaste histoire chinoise.

L'histoire de l'homme semble répéter des cycles similaires à ceux de la nature. Une période d'instabilité est suivie d'un changement qui établit une nouvelle stabilité, puis cette même stabilité est renouvelée à son tour. Lorsqu'une forme primitive devient plus complexe, il devient nécessaire d'avoir de nouvelles formes d'organisation qui puissent l’englober. Ainsi, partant de clans isolés, le processus va créer des villages, puis transformer les villages en villes-État, puis enx royaumes et, dans certains cas, il est nécessaire d’établir un empire. L'histoire de la Chine est un bon exemple d’un tel processus.

La longue existence de la Chine en tant qu'unité se reflète dans le fait qu'elle connaît des cycles différents mais similaires. Son groupe humain, bien que diversifié, en est venu à former une identité qui occupera les mêmes coordonnées géographiques pendant des milliers d'années. Le peuple chinois a connu cinq dynasties et de multiples guerres, invasions et révolutions jusqu'à l'arrivée des temps modernes. Les Chinois d'aujourd'hui pourraient bien tourner leur regard et s'identifier aux Chinois d'il y a deux millénaires et même à ceux d'il y a 4000 ans. Ils peuvent remonter à des époques lointaines et trouver des formes, des particularités qui leur sont communes, ils peuvent constater que ceux d'hier et ceux d'aujourd'hui partagent une identité.

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Chine : identité et changement

La Chine a traversé les millénaires en actualisant toujours son visage, il est toujours le même mais différent. Tout au long de son histoire, elle a conservé des caractéristiques identifiantes qui la rendent unique. Divers groupes ethniques ont développé des axes qui ont commencé à dominer les différences linguistiques et ethniques.

La dynastie des Zhou (1046 av. J.-C. - 256 av. J.-C.) est la plus ancienne des dynasties mentionnées dans la littérature chinoise. Parmi les œuvres littéraires de cette époque figure le célèbre I Ching.  Dans cette longue période, Confucius émerge avec sa doctrine morale qui coexiste avec des conceptions plus anciennes et est liée à des pratiques magiques. Ces croyances moyennement uniformes ont été fusionnées sous le nom de taoïsme. La Chine, dans des mouvements pendulaires, se concentrera davantage sur l'une ou l'autre école, mais il ne fait aucun doute que les deux constituent partiellement le noyau de « l'être chinois ». La dynastie des Zhou, au sein de laquelle ces doctrines ont pris une forme achevée, a été la dernière avant l'arrivée des empires. Durant cette dynastie, une façon de penser les relations humaines et le pouvoir a été cultivée. Cet intérêt pour la bonne gouvernance et la conscience sociale déterminera un lien fort entre l'intelligentsia et la classe dirigeante qui prendra une importance particulière dans la prochaine dynastie (Pletcher, 2010).

Sous la dynastie Zhou, les gouvernements féodaux tomberont et l'empire chinois naîtra avec la dynastie Qin. Au temps de l'empereur Qin Shi Huang (247 av. J.-C. - 221 av. J.-C.), les différentes cultures locales ont commencé à s'unir en une civilisation commune, la Chine a ainsi acquis son visage définitif. Ainsi, un autre élément essentiel de l'identité chinoise verra le jour : l'empereur, quelqu'un qui détient un pouvoir absolu. Sa figure est l'emblème de l'unité du pays.

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La bureaucratie, autre élément caractéristique de l'État chinois, naîtra également à cette époque. On cherchait un système administratif stable qui établisse une bureaucratie centralisée. Pour avoir accès à la bureaucratie, il fallait passer des examens pour prouver la connaissance des classiques confucéens. Après deux millénaires, le système d'examen de la fonction publique chinoise a été aboli en 1905 par la dynastie Qing dans une tentative maladroite de modernisation. Le système lui-même a finalement été démantelé avec l'avènement de la révolution communiste (Pletcher, 2010).

L'échec de la rupture provoquée par la modernité

La figure de Mao a été un séisme dans l'histoire chinoise, mais même ses apparentes nouveautés ont répété l'histoire de ce pays ancien. C'était un révolutionnaire, oui, mais avec une grande empreinte chinoise.

Le communisme avec Mao a changé les institutions et a cherché, inutilement, à détruire leur milieu culturel. Cependant, les anciennes institutions, telles que les clans familiaux, ainsi que la pensée, les pratiques et les croyances populaires resteront latentes dans le cœur des gens.

Le gouvernement communiste maintiendra et même renforcera la bureaucratie, bien qu'elle soit dissociée de sa tradition. De même, le gouvernement communiste égalitaire établirait Mao comme le chef suprême et inattaquable, ce qui, sans le dire, fit de lui l’équivalent d’un empereur. Il revenait une fois de plus à l'une des coordonnées de l'idiosyncrasie chinoise.

La présence de l'absolutisme est une figure commune dans l'histoire chinoise. Sous la dynastie Ming, en 1380, la fonction de Premier ministre a été abolie, l'empereur exerçant directement le pouvoir. Toutes les décisions importantes sont venues directement de lui. Les classes moyennes sont devenues les véhicules des désirs impériaux. Au niveau communautaire, les villages étaient organisés de façon autonome et régis par la morale confucéenne plutôt que par le droit civil. Les communautés fonctionnaient indépendamment du pouvoir central, même le premier empereur Ming a opposé son veto à l'entrée des fonctionnaires dans les zones rurales (Huang, 1998). Le système politique atomisé a compensé leur manque de force par des appels moraux et des punitions brutales. Le pouvoir impérial et ses décisions ont été renforcés, bien que les communautés aient conservé leurs propres particularités.

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La révolution culturelle chinoise sanglante (1966-1976), qui a persécuté les traditions millénaires, n'était pas quelque chose de nouveau. L'histoire de la Chine enregistre de nombreuses persécutions comme celles qui ont privilégié les taoïstes contre les bouddhistes et les néo-confucéens. À bien des égards, la pensée de Mao a un prédécesseur dans la rébellion de Hong Xiuquan. Le Hong messianique s'opposerait à la fois à l'influence étrangère et aux traditions chinoises et, après de violentes luttes, deviendra empereur. Cependant, il ne peut échapper à son histoire et inscrit des idées dans la tradition confucéenne (Pletcher, 2010). Le régime des rebelles de Hong, un siècle avant celui de Mao, a dicté des mesures révolutionnaires et radicales parmi lesquelles la collectivisation de la propriété foncière. Cependant, ces idées collectivistes, ainsi que les idées confucéennes qu'il détenait, remontent à deux mille ans.

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L'idée d'une organisation communautaire forte remonte au moins au savant Mancio ou Mencius (370 av. J.-C. - 289 av. J.-C.) et à d'autres écrivains de la fin de la période Chou et du début de la période Han. Ils décrivent un système idéal dont on peut supposer qu'il s'inspire du I Ching. Le système appelé Ching t'ien (Bodde, 2008) impliquait la division des terres en une grille de neuf secteurs distribués à huit familles. Chaque famille occupe un secteur, laissant le neuvième pour la culture communale, par laquelle elle rend hommage au seigneur du lieu (Legge, 1875). Les paysans ont dû privilégier le travail du secteur commun avant celui de leur propre secteur. Cette image commune est restée ancrée dans certaines connotations idylliques en Chine et on peut supposer que ces récits ont encouragé les aspirations socialistes.

Le "Grand Bond en avant" proposé par Mao, qui visait à industrialiser le pays, n'était pas non plus sans précédent. Des mesures similaires avaient déjà été prises, par exemple, sous la dynastie Song (960-1279) avec l'industrie sidérurgique, il y a mille ans.

La répétition historique dans l’orbite du géant asiatique est une évidence historique. C'est un signe de renouvellement dans ce qui est similaire, sa forte identité le fait se renouveler, changer mais à sa manière.

Sa forte identité l'amène à se concevoir comme le centre du monde. Depuis la dynastie des Zhou, ce que nous, Occidentaux, désignons comme la Chine s'appelle Zhōngguó, le pays du centre. Cette pensée a animé sans doute l'histoire du pays pendant des millénaires, apportant parfois sa propre inertie.

L'arrivée du communisme a été un événement perturbateur mais, en même temps, la répétition de constantes historiques. L'intervention de Mao dans l’histoire chinoise a été l'une de ces tempêtes qui balaient cycliquement la Chine et les nations en général. Cependant, elle ressemblait à une tempête dévastatrice qui frappe des régions entière et fait apparaître les anciennes fondations sur lesquelles l’histoire et la vie du peuple se sont déroulées.

Bien que les conséquences de la désastreuse Révolution culturelle ne soient pas encore guéries, la sève de la Chine coule toujours dans son corps ancien. Aujourd'hui, les pratiques d'inspiration taoïste se mêlent à la pensée confucéenne ; la médecine traditionnelle à la science occidentale, les rituels sont maintenus et récupérés tout en s'adaptant au contexte mondial. La Chine allie la tradition à une modernité qui ne parvient pas à étouffer ses valeurs consubstantielles. Le géant restera debout tant qu'il conservera ses coordonnées fondatrices, les mâts de son existence, son ancienne identité.

L'histoire chinoise est un exemple particulier de cycles historiques qui ne sont autres que des cycles humains. L'histoire humaine est imprévisible et changeante, cette imprévisibilité et ces changements relevant du particulier, mais elle prend une forme cyclique, ce qui est une règle générale. Comme le mythique Zhang Guo Lao chevauchant son âne à l'envers, lorsque nous avançons, nous le faisons en regardant en arrière.

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Références :

Bodde, D. (1986) The State and Empire of Chin in Fairbank, J. K., & Twitchett, D. C. (Eds.). The Cambridge History of China: Volume I, The Ch’in and Han Empires, 221 B.C.-A.D. 220. Cambridge University Press.

Huang, R. (1998) The Ming Fiscal Administration in The Cambridge History of China. Volume 8. The Ming Dynasty, 1368 – 1644, Part 2. Cambridge University Press.

Legge, J. (1875) The Chinese Classics: Vol. 2. The Life and words of Mencius.

London: Trübner & CO. & Ludgate Hill

Pletcher, K. (Ed.). (2010). The history of China. Britannica Educational Publishing.

Spengler, O. (1966) La decadencia de Occidente, Tomo II, trad. Morente, M. G.. Madrid: Espasa-Calpe, S.A.

 

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Unmasking Antifa

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Know Your Enemy:
Antifa

Kyle Shideler, ed., Gabriel Nadales, Erin Smith, Matthew Vadum, J. Michael Waller
Unmasking Antifa: Five Perspectives on a Growing Threat
Washington: Center for Security Policy, 2020

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A menace stalks America: Antifa. While this menace has rampaged across the country since Donald Trump’s inauguration, very little information has circulated about the movement’s origins, means of support, or ideology. This deplorable situation has changed thanks to the Center for Security Policy [2].

The book is a series of essays. The first and most important essay is by Kyle Shideler [3]. It is the text of his testimony before the US Senate Judiciary Committee, Subcommittee on the Constitution. In this testimony, Shideler lays out the basics of the Antifa problem.

Testifying before a Senatorial committee is an enormous feat. We shouldn’t seek to disengage from ordinary public life. Every white advocate should be a good citizen, family man, and hard worker. Stand up straight and tall. Lieutenant Colonel Roberts [4], a Rightist of old that was certainly racially aware, was a model citizen and brave soldier. He had his work read into the Congressional Record by Congressman John R. Rarick [5] on October 9, 1968.

In late 1968, the United States was suffering from Sub-Saharan and Leftist violence and rioting. Abroad, it appeared as though the Soviet Union was winning the Cold War. It seemed that the Red Flag of Revolution would fly atop the globe and America would become a new Congo. But little things, like getting your ideas to a Congressman, made a big difference in the long run.

Joe Biden is Right: Antifa is an Idea

Gabriel Nadales, a former Antifa activist, argues that one shouldn’t consider Antifa an organization. Instead, it should be understood “not as a noun but as an adjective and a verb” (p. 30). To put it in other words, Antifa is a movement. It has no central control center. Instead, it has a package of ideas that anyone can download. Antifa “as an adjective” is the various Left-wing organizations and independent activists who consider themselves “antifascist.” The structure of these groups is horizontal. A person in a more ordinary Leftist group can connect with more radical Leftists through overlapping ideas, groups, and people. An impressionable Leftist can thus start with concern for abandoned puppies with cute eyes and end up a mask-wearing arsonist. The latter thing is the “verb”: the willingness to promote ideas with violence.

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With the above in mind, a good way to step over the idea of Antifa but defeat the idea just the same is for a prosecutor to ignore the “Antifa ideology” and target Antifa rioters as a group of individuals conspiring to commit acts of arson and vandalism. This is just a suggestion, though. So far, no legal strategies have really worked against Antifa that I know of.

Antifa ideology

Antifa’s ideology is the following. They view America’s government and its constitutional founding principles as racist and therefore illegitimate.

“Like an electrostatic force, the movement continues to push larger elements of the public to become more and more ‘anti-racist’ or ‘anti-fascist’ — as if the vast majority of Americans are not already that way — to compel normal people to believe that lack of militancy is in itself racist and fascist” (p. 11).

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 [6]

Antifa’s twin flags represent two different things. The red flag represents Communism and the black flag represents Anarchism. The two ideologies are actually incompatible, but that hardly matters – neither creed works in the real world. Anarchists and Communists had a bitter falling out during the Spanish Civil War.

Antifa has five “Points of Unity” that any Leftist organization or unaffiliated Leftists can believe in.

They are:

  1. We disrupt fascist and far-right organizing and activity.
  2. We don’t rely on the cops or courts to do our work for us. This doesn’t mean we never go to court, but the cops uphold white supremacy and the status quo. They attack us and everyone who resists oppression. We must rely on ourselves to protect ourselves and stop the fascists.
  3. We oppose all forms of oppression and exploitation. We intend to do the hard work necessary to build a broad, strong movement of oppressed people centered on the working class against racism, sexism, nativism, anti-Semitism, Islamophobia, homophobia, transphobia, and discrimination against the disabled, the oldest, the youngest, and the most oppressed people. We support abortion rights and reproductive freedom. We want a classless, free society. We intend to win!
  4. We hold ourselves accountable personally and collectively to live up to our ideals and values.
  5. We not only support each other within the network, but we also support people outside the network who we believe have similar aims or principles. An attack on one is an attack on all. (p. 18)

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With the religion of Negro Worship and the illicit second constitution [7] that is the 1964 Civil Rights Act behind them, Antifa can call the shots with rhetorical framing.

To achieve real-world dominance, Antifa must first achieve a kind of information battlespace dominance. This is done through a fundamentally dishonest rhetorical tactic. . . By keeping the meaning of critical terms such as “fascism,” “fascism-adjacent,” “violence,” and “self-defense” purposefully undefined, self-labeled “antifascists” are able to deploy the classic motte-and-bailey rhetorical tactic that makes them hard to pin down. Antifa supporters deliberately camouflage their own aggressively authoritarian definitions — whereby all opposition to their activities is considered de facto fascist as the more normal and mainstream understanding of those terms. (p. 48)

Antifa wishes to make it too costly for anyone that is a “fascist” to operate. Erin Smith calls this tactic “operant conditioning.” Should Antifa continued unchecked, political involvement will become too costly for ordinary Americans.

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A way to counter these ideas is to emphasize that the definition of “far-right organizing and activity” is so broad as to include anyone, even moderate Democrats. Second, keep up the emphasis that Sub-Saharans are dangerous. Finally, remind people that Leftism is a lie. Its utopian vision always ends in blood and tears when applied in the real world. Furthermore, Leftism requires one to lie about things that are obviously true, Transsexuals [8] are boys pretending to be girls (or vice versa). It isn’t “science.”

Antifa Tactics

Some of the earliest rioters that had an ideology like Antifa were involved in the 1848 revolutions in Europe. (Many of the 48s weren’t Anarchists. 1848 is a long story.) In America, Anarchists were active in Chicago in the nineteenth century. They were led by Albert Parsons, an old-stock American with Yankee roots who served in the Confederate Army. Many of the early Anarchist thinkers were Germans.

Today’s Antifa tactics have been honed since the Spanish Civil War [9] and were further refined in Germany. Antifa groups in Central Europe during the Cold War had state sponsorship from East Germany. The concept of “Autonomous Zones” arose in Germany.

Concerned citizens shouldn’t go looking for an Antifa chapter. Instead, Antifa adherents swim in the swamps of other Leftist groups. Their trick is to be interwoven with otherwise legitimate protestors and wreak havoc. The police are thus forced into a lose-lose situation. It is too easy for them to use too much force and thus get social scorn from all sides, or they can do nothing and appear weak.

Antifa Logistics

Amateurs talk tactics, professionals talk logistics. Who provides the funding for hotel rooms, transportation, medical care, and food? Where Antifa gets its funding is a mystery. In the “Autonomous Zones” that sprung up with the George Floyd riots, Antifa members resorted to running protection rackets on the businesses in the areas they occupied. They also shook down passing people for money. This didn’t net much.

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The authors suspect that Antifa gains some financial support from Black Lives Matter, a movement with which they overlap ideologically. Black Lives Matter gets millions of dollars in funding. Indeed, $90 million was raised to bail out protestors (p. 75). Arrested Antifa are also supported by the National Lawyers Guild. This innocuous-sounding organization’s origins are with the Communist Party USA. Furthermore, long-standing Communist groups have been involved in the George Floyd rioting and they are likely contributing. The authors also believe George Soros has a hand in funding Antifa.

Nobody knows for sure, though. And nobody in law enforcement seems to want to find out. The authors argue that members of the Democratic Party are sympathetic to Antifa. Thus Democrats in the Deep State are making sure that the FBI is ineffective. FBI memos are leaving Antifa disturbances to local police, who are easily overwhelmed. The FBI is really only a semi-competent Pretorian Guard [10], — it is time to consider abolishing it and rolling up any worthwhile functions into the Department of Homeland Security.

The Antifa movement is of foreign origin (Germany, Spain, etc.). It is networked internationally, and it has targeted constitutionally recognized politicians. Its goal is the overthrow of the United States government and traditional American liberties. It is time for American society to move against this movement.

Of course, it is easy to say American society should. . . and so far, Antifa terrorists have been getting away with their crimes. But it is not unusual that the ground has shifted under an idea, institution, or movement when it is at its height. Bigger and better things have crashed than Antifa.

The (possibly) incoming president, Joe Biden, probably recognizes the potential for his opposition to be more ferocious than it was for Bill Clinton [11] earlier. He has sent out feelers for “outreach to conservatives.” Should you get “outreached” by anything related to Joe Biden, you need to say the number one priority is destroying Antifa. Remember, Biden signed the 1994 Crime Bill [12]. We might be able to work with him. Regardless, it is your duty to be a good citizen.

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Article printed from Counter-Currents: https://counter-currents.com

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[1] Image: https://counter-currents.com/wp-content/uploads/2020/12/unmaskingantifa.png

[2] Center for Security Policy: https://www.centerforsecuritypolicy.org/

[3] Kyle Shideler: https://www.centerforsecuritypolicy.org/wp-content/uploads/2020/08/Shideler_full_bio.pdf

[4] Lieutenant Colonel Roberts: https://counter-currents.com/2020/09/metapolitics-matterslieutenant-colonel-archibald-roberts-the-anatomy-of-a-revolution/

[5] John R. Rarick: https://en.wikipedia.org/wiki/John_Rarick

[6] Image: https://counter-currents.com/wp-content/uploads/2020/12/antifaflag.png

[7] illicit second constitution: https://counter-currents.com/2020/02/target-the-1964-civil-rights-act/

[8] Transsexuals: https://counter-currents.com/2019/01/the-adults-left-the-room-a-long-time-ago/

[9] Spanish Civil War: https://counter-currents.com/tag/spanish-civil-war/

[10] Pretorian Guard: https://en.wikipedia.org/wiki/Praetorian_Guard

[11] Bill Clinton: https://counter-currents.com/2020/05/near-greatness-shenanigans-bill-clinton-the-unwise-right/

[12] 1994 Crime Bill: https://counter-currents.com/2017/09/he-was-just-about-to-turn-his-life-around/

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jeudi, 17 décembre 2020

Sur la crèche de Bergoglio, sur la statue de Moloch à Rome

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Sur la crèche de Bergoglio, sur la statue de Moloch à Rome

par Nicolas Bonnal

Vatican et satanisme : regardez ce que Bergoglio et sa clique ont fait de la crèche un an après leur Moloch. Vigilant Citizen : « La scène de la Nativité 2020 du Vatican est une collection bizarre de pièces laides qui incluent un astronaute et un bourreau portant un masque à cornes… Cela reflète la façon dont l’élite occulte a élevé sa tête laide cette année, empoisonnant chaque aspect de nos vies avec son programme toxique. Par une démonstration totalement anti-chrétienne, l’élite a cherché à prouver que son idéologie toxique est également ancrée dans le Vatican…Les satanistes n’auraient pas fait mieux.»

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2019/11/11/consecration-de-rome-et-de-loccident-au-satanisme-une-statue-de-moloch-a-rome/

VIGILANT : Le 11 décembre, le Vatican a dévoilé sa crèche 2020 sur la place Saint-Pierre. Et, une fois que le drap rouge couvrant la scène a été enlevé, la foule a découvert un ange Gabriel imposant, brutaliste et totem qui les regardait, avec un astronaute et un bourreau masqué (oui, ces gars qui tuent des personnes condamnées à mort).

Disons que les applaudissements qui ont suivi le dévoilement ont été «polis». Voici quelques photos de la crèche.

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Un ange à l’air inquiétant regarde la foule pendant que Jésus reste couvert de tissu rouge pendant un moment (je ne sais pas pourquoi). Derrière les personnages se trouve un néon qui est probablement censé ressembler à des montagnes à l’horizon. Cependant, à première vue, il semble que la foudre frappe la scène de la Nativité.

Un astronaute et un bourreau masqué sont également inclus dans la scène de la Nativité.

Dans un communiqué de presse, un gouvernorat de la Cité du Vatican a annoncé que la crèche «vise à être un signe d’espoir et de foi pour le monde entier, en particulier dans cette période difficile due à l’urgence sanitaire du COVID-19».

Mais cette chose n’a pas du tout apporté «espoir et foi». En fait, presque tous les observateurs l’ont absolument détesté.

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C’est presque comme si le Vatican avait créé – exprès – quelque chose de si laid qu’il incite les chrétiens pieux à détester un morceau représentant la naissance de Jésus. Les satanistes n’auraient pas fait mieux.

La laideur armée

Intitulée «Nativité monumentale», cette crèche a été créée entre 1965 et 1975 par des étudiants et des professeurs de l’école d’art FA Grue à Castelli, en Italie. L’œuvre originale contenait plus de 50 pièces, mais seules quelques-unes ont été sélectionnées pour la crèche du Vatican et ils ont choisi un bourreau portant un masque à cornes.

La «Nativité monumentale» serait un hommage aux œuvres céramiques de renommée mondiale de la région des Abruzzes tout en donnant une touche post-moderne à la scène classique de la Nativité.

S’adressant à un journal local, l’historien de l’art italien Andrea Cionci a demandé s’il s’agissait d’un «cauchemar ou d’un chef-d’œuvre».

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«Oubliez le doux visage de la Vierge, l’incarnation tendre et lumineuse de l’Enfant Jésus, la douceur paternelle de saint Joseph et la fervente merveille des bergers. Pour la première fois au milieu de la colonnade du Bernin, le Vatican a érigé une œuvre brutalement postmoderne datant des années soixante.

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Dans le choix de cette crèche, tous les thèmes du pontificat de François sont reconnus: surtout un modernisme lourd et une rupture radicale avec la Tradition.

Les personnages ressemblent aux masques des anciens et féroces Samnites, ancêtres des Abruzzes, qui avaient une religion panthéiste, animiste, fétichiste, magique, un peu à l’image de la déesse andine de la fertilité Pachamama.

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La «scène de la Nativité» de Castelli est une œuvre dépassée et le produit d’une école d’art fortement idéologique. L’œuvre offre une image de la céramique de Castelli qui ne correspond certainement pas à la réalité, étant donné que cet art admirable est célèbre pour son élégance formelle et son inspiration décorative exquise et délicate qui sont complètement absentes ici.

Les références aux sculptures grecques, égyptiennes et sumériennes des personnages suggèrent la méthode historico-critique libérale d’interprétation des Écritures. Les érudits bibliques libéraux ont émis l’hypothèse que divers aspects de la Bible sont des adaptations de cultures païennes plutôt que le résultat d’une révélation divine.

Bien que la «laideur» soit subjective, cette crèche fait presque tout son possible pour être aussi désagréable que possible pour les yeux, ce qui, à son tour, est désagréable pour l’âme. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette scène est anti-dévotionnelle. Je veux dire, qui prierait réellement pour cette chose? Vous ne pouvez pas. Et c’est en quelque sorte l’objectif des esprits tordus derrière cette chose.

En outre, au-delà de sa laideur générale, la scène de la Nativité contient également de nombreux symboles et références historiques qui véhiculent un message plutôt flagrant: il s’agit en fait d’une scène anti-Nativité.

Anti-Nativité

Habituellement, le centre d’intérêt des scènes de la Nativité est l’enfant Jésus. Cependant, dans cette chose, le bébé Jésus est fondamentalement un enfant en bas âge au hasard, juste debout là, ressemblant à un bouchon géant.

VÉNÈRE MOI

Le point central de cette pièce n’est pas Jésus mais plutôt l’ange Gabriel. Il est entouré d’une auréole massive alors que Jésus se tient toujours là, ressemblant à un bouchon géant. De plus, l’ange domine tout au sommet d’un pilier nervuré. La forme générale de ce pilier rappelle fortement un symbole important de l’Égypte ancienne: le pilier Djed.

A droite: un pilier de djed dédié à la déesse Hathor.

Le djed est un symbole commun dans l’Égypte ancienne et est censé représenter le dieu Osiris, plus précisément sa colonne vertébrale. Bien que ce symbole ait probablement une signification ésotérique relative aux chakras (qui seraient basés sur la colonne vertébrale), le djed est également de nature phallique et associé aux rites de fertilité. En fait, la «levée du djed» était une cérémonie importante dans l’Égypte ancienne.

La levée de la cérémonie du djed est censée représenter le triomphe d’Osiris sur Set. Lors de la cérémonie, le pharaon utilise des cordes pour élever un pilier, avec l’aide de prêtres. Cela coïncidait avec la période de l’année où l’année agricole a commencé et les champs ont été semés. Ce n’était qu’une partie des 17 jours de vacances de festivals consacrés à Osiris. Dans l’ensemble, la cérémonie de levée du djed représentait à la fois la résurrection d’Osiris et la force et la stabilité du monarque.
– Ancient Origins, le symbole sacré du pilier Djed

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Le Vatican a-t-il faussement fait assister ses croyants à une cérémonie de «lever du djed»? Une chose est sûre, l’influence égyptienne de cette crèche se marie bien avec ce qui se cache immédiatement derrière.

Juste derrière la scène de la Nativité se trouve l’obélisque de Saint-Pierre (originaire d’Égypte).

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La disposition générale du Vatican est la magie égyptienne à la vue de tous. L’obélisque phallique (représentant Osiris et le principe masculin) fait face au dôme en forme d’utérus de la basilique Saint-Pierre (représentant Isis et le principe féminin). La même disposition exacte peut être trouvée dans divers centres de pouvoir du monde, y compris Washington DC.

À Washington DC, un obélisque (le monument de Washington) fait face au dôme du Capitole américain.

Dans la magie égyptienne, l’union des principes masculins et féminins (Osiris et Isis) produit un «enfant étoile» (Horus). En termes ésotériques, cet enfant étoile est une puissante énergie magique.

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Le hiéroglyphe représentant Sirius – l’étoile la plus importante du symbolisme occulte (lisez mon article à ce sujet ici ) est composé de trois éléments de la trinité égyptienne: un obélisque, un dôme et une étoile.

Le Vatican a donc un obélisque et un dôme. Où est l’étoile qui complète cette trinité? C’est là, mais il faut regarder d’en haut.

L’obélisque de Saint-Pierre se trouve au milieu d’une étoile à huit branches, également connue sous le nom d’étoile d’Ishtar.

Une étoile à huit branches surmonte également l’arbre de Noël qui se trouve à côté de la crèche de cette année.

En parlant de choses dans l’espace extra-atmosphérique, la scène de la Nativité du Vatican comprend également un astronaute. Pourquoi? Dieu seul sait.

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L’astronaute semble tenir / donner naissance à quelque chose. En outre, il y a une étoile à huit branches sur le casque.

Compte tenu du fait que cette figure a été créée entre 1965 et 1975, elle pourrait être une référence à l’alunissage de 1969. Mais pourquoi, en 2020, le Vatican a-t-il choisi cette chose pour se tenir à côté de Jésus?

Encore plus déroutant, pourquoi y a-t-il un bourreau portant un masque à cornes debout à côté de Jésus?

Même lui se dit: «Qu’est-ce que je fais ici?».

Dans les temps anciens, les bourreaux exécutaient les condamnations à mort des personnes condamnées légalement en se coupant la tête. Dans certains cas, ils portaient des masques grotesques aux traits macabres et menaçants pour terrifier davantage les prisonniers tout en les dépersonnalisant en tant qu’individu. En bref, c’est une figure bizarre à placer à côté d’un nouveau-né Jésus, surtout compte tenu du fait que Jésus lui-même a finalement été condamné à mort.

Selon Religion News Service , le bourreau est là pour représenter l’opposition du Vatican à la peine de mort. C’est un argument assez faible qui n’a guère de sens. Je veux dire, je suis à peu près sûr que le Vatican est également contre le crystal meth. Devraient-ils également ajouter un marchand de méthamphétamine à la scène de la Nativité?

Dans une scène qui est littéralement appelée «Nativité», cette figure cornue représente la mort. C’est l’antithèse d’une «Nativité». Je ne pense pas que les satanistes auraient fait un meilleur travail en profanant une scène représentant la naissance de Jésus.

En conclusion

D’une certaine manière, la crèche de cette année est un triste reflet de l’année 2020. C’est un ensemble de personnages sans expression et socialement distancés qui n’interagissent pas les uns avec les autres tout en se tenant sous la lueur néon des écrans de téléphone et d’ordinateurs.

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Cela reflète également la façon dont l’élite occulte a élevé sa tête laide cette année, empoisonnant chaque aspect de nos vies avec son programme toxique. Par une démonstration totalement anti-chrétienne, l’élite a cherché à prouver que son idéologie toxique est également ancrée dans le Vatican.

Alors que la «Nativité monumentale» a été créée il y a des décennies, elle a été sélectionnée pour la crèche de cette année 2020 pour une raison spécifique: elle contient des symboles spécifiques tout en véhiculant une énergie spécifique. Comme tout ce qui s’est passé cette année, cette scène consiste à mettre en valeur le contrôle de l’élite et la démoralisation des masses.

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Le marxisme, l’antifascisme et la gauche fuchsia

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Le marxisme, l’antifascisme et la gauche fuchsia

par Diego Fusaro

Ex : https://legio-victrix.blogspot.com

(texte de 2019)

Je suis très heureux que mon interview avec le journal El Confidencial ait déclenché un grand débat philosophico-politique en Espagne. Je dois bien sûr remercier l'excellent journaliste Esteban Hernández de m'avoir donné cette opportunité. L'interview a suscité un grand débat. Le principal représentant de la gauche espagnole, Alberto Garzón, est également intervenu en émettant quelques réflexions critiques, et a pris une position critique sur mon interview. Le sujet qui a suscité le plus de controverses et de réflexions contradictoires a été celui du fascisme et de l'antifascisme, ainsi que le problème du souverainisme populiste de gauche. Je commence rapidement par le premier problème, puis je passe au second.

9781912142217_p0_v1_s1200x630.jpgBien sûr, la question de l'antifascisme est absolument décisive. Je voudrais résumer la question comme suit : à l'époque de Gramsci ou de Gobetti, en nous limitant au contexte italien, l'antifascisme était indispensable et fondamental, et il avait, du moins chez Gramsci, un but politique communiste, patriotique et anticapitaliste. Le problème, cependant, se pose lorsque l'antifascisme continue à se développer en l'absence de fascisme ou, plus précisément, lorsque le fascisme, si par cette expression nous entendons le pouvoir de manière générique, change de visage.

Donc, de Gramsci, il faut passer à Pasolini pour comprendre le problème. Dans les années 1970, Pasolini avait parfaitement compris que le nouveau visage du pouvoir n'était plus celui d’un clergé-fasciste, mais celui du permissif, du consumériste, de l'hédoniste. Pasolini a déclaré que "l'antifascisme archéologique" était un alibi très commode, qui permettait, sans grand effort, de lutter contre le pouvoir fasciste, qui n'existait plus, et de ne pas prendre position par rapport au nouveau visage du pouvoir : le pouvoir consumériste et hédoniste. C'était la fonction stratégique de l'antifascisme en l'absence de fascisme, si l'on veut le dire ainsi.

Quant aux groupes de jeunes fascistes, Pasolini, dans ses Écrits corsaires, déclare qu'ils sont « paléofascistes » et donc ne sont plus fascistes. Dans quel sens ? Dans le sens où le nouveau fascisme était celui de la civilisation consumériste, un fascisme encore plus totalitaire que le précédent, un fascisme qui a conquis les âmes, alors que l'ancien fascisme, au contraire, créait une dissociation entre les âmes et les corps ; l'uniforme fasciste était porté, mais plus tard, quand il a été enlevé, le fascisme n'avait pas encore affecté l'âme, les gens pensaient encore librement, étant peut-être antifascistes dans l'âme. Au contraire, le nouveau fascisme de la consommation, a dit Pasolini, est un fascisme vraiment totalitaire parce qu'il colonise les âmes et ne permet pas la dissociation entre l'uniforme et le cœur, si on veut l'appeler ainsi.

Je crois, sur les traces de Pasolini, qu'aujourd'hui une grande partie de la gauche n'est plus rouge, mais rose, n’est plus « faucille et marteau », mais « arc-en-ciel », qu’elle utilise l'antifascisme en l'absence de fascisme comme alibi pour ne pas être anticapitaliste en présence du capitalisme. En fait, une grande partie de la gauche, qui est passée de l'internationalisme prolétarien au cosmopolitisme libéral, est véritablement et totalement capitaliste, son programme est celui de la "société ouverte" capitaliste : ouverture illimitée du réel et du symbolique, libre circulation des biens et des personnes, modernisation avancée et, par conséquent, elle lutte contre tout ce qui s'oppose à la modernisation capitaliste, qualifiée de "fasciste", "régressive" et "anti-moderne".

71PUwJ8kV0L.jpgPar conséquent, la gauche, qui ne défend plus les idées de Gramsci et de Marx, mais qui défend directement le capital, du moins la plus grande partie de celui-ci, a besoin de maintenir l'antifascisme en vie pour se légitimer, afin que la contradiction ne soit pas visible et évidente ; c'est-à-dire que cette gauche veut dissimuler le fait pourtant patent que la gauche est restée antifasciste, alors que le fascisme n'existe plus mais n'est pas pour autant anticapitaliste, alors que le capitalisme progresse plus que jamais. Au contraire, les hommes de gauche utilisent l'antifascisme comme prétexte pour adhérer complètement au "fascisme" de la civilisation consumériste, à l'atout invisible de l'économie de marché. Je pense au cas français où la gauche forme un front antifasciste uni contre Le Pen pour accepter pleinement le "fascisme de marché" et l'élite financière cooptée par Rothschild, représentée par le libéral Macron.

C'est le premier point fondamental. Si l'antifascisme était une question indispensable à l'époque de Gramsci, il devient aujourd'hui un alibi pour accepter le cosmopolitisme libéral, de sorte que le véritable antifascisme aujourd'hui est l'anticapitalisme radical de ceux qui n'ont pas encore vendu leur cœur et leur esprit au capitalisme dominant. Sur le deuxième point, il est clair, à mon avis, et je ne suis pas le seul à soutenir cette thèse - en Italie je pense, par exemple, à Costanzo Preve ou, plus récemment, à Carlo Formenti - que la lutte des classes aujourd'hui passe nécessairement par la récupération de la souveraineté nationale contre les dispositifs mondialistes du marché, et passe par ce que Formenti lui-même a appelé le "moment populiste".

En bref, le conflit de classes aujourd'hui est le conflit entre une classe cosmopolite liquide et financière d'une part, et les masses populaires nationales d'autre part, ces dernières subissant les effets de la mondialisation que je définis comme la "classe précaire", précaire non seulement dans le domaine du travail, par le biais du contrat de travail flexible et instable, mais aussi dans le monde de la vie, du Lebenswelt, dirait Husserl, car en fait les dominés d'aujourd'hui ne peuvent pas constituer une famille, avoir une stabilité existentielle ou participer activement à la politique en tant que citoyens de l'État souverain national.

Par conséquent, le conflit, aujourd'hui plus que jamais, est évidemment une lutte entre une "classe mondiale" cosmopolite, liquide et financière, qui est de droite - si l'on veut utiliser les anciennes catégories - dans l'économie, et de gauche dans la culture, et une masse populaire nationale souffrant de la mondialisation, constituée de la vieille classe moyenne précarisée et de la vieille classe ouvrière atomisée et réduite à des conditions précaires. La classe dominante est donc à droite dans l'économie et à gauche dans les coutumes et la culture. De droite sur le plan de l’économie parce qu'elle a assumé l'impératif libéral : privatisation, réduction des dépenses publiques, suppression des droits sociaux accordés jadis par l'Etat-providence. Tout cela se produit dans le cadre de la désobéralisation de l'économie. On dit que l'objectif de la "cession de souveraineté" est d'éviter les conflits, en réalité il s'agit de détruire les États nationaux souverains en tant qu'espaces de démocratie et de droits sociaux.

41XioJlMwsL._SY445_QL70_ML2_.jpgIl n'y a pas d'autre réalité, dans la modernité, pour les droits sociaux et les démocraties en dehors des États souverains nationaux. C'est pourquoi l'expression de Che Guevara "la patrie ou la mort" a sa propre validité aujourd'hui encore, non seulement parce qu'elle revendique l'identité contre l'anonymat impersonnel des marchés, mais aussi parce qu'elle revendique l'idée de souveraineté nationale contre les processus de déracinement voulus par le capitalisme mondialiste. La classe dominante est de gauche en matière de coutumes et de culture parce qu'elle n'a pas fait sien l'impératif de la gauche anticapitaliste de Gramsci ou de Lénine, qu'elle a d'ailleurs répudié, mais a adopté celui de la gauche rose de 1968, qui identifie le communisme à la libéralisation individualiste de la consommation et des coutumes ; c'est-à-dire à la société de libre-service des consommateurs individuels qui ont toute la liberté qu'ils peuvent concrètement acheter et se sentir libres comme des atomes de Nietzsche, comme des surhommes avec une volonté de pouvoir illimitée, c'est-à-dire qu'ils conçoivent la liberté comme la propriété de l'individu déraciné par rapport aux communautés sédentaires qu’ils posent comme autoritaires : la communauté familiale, la communauté politique, la communauté religieuse.

C'est l'absurdité, la confusion, qui caractérise le monstre de la pensée unique dominante de l'élite capitaliste, contre laquelle, pour récupérer un discours de classe qui protège ceux d'en bas contre ceux d'en haut, le travail contre le capital, il est évidemment nécessaire de reprendre le contrôle de l'économie. C'est le thème du beau livre de Fazi et Mitchell Reclaiming the State, qui est sorti en italien sous le titre Sovranità o Barbarie [Souveraineté ou Barbarie]. Aujourd'hui, les classes dominées n'ont d'autre choix que de récupérer complètement la souveraineté nationale, économique, politique et géopolitique et de réintroduire des formes de lutte de classe dans les espaces de l'État souverain national, afin que le Serviteur et le Seigneur (ou l’Esclave et le Maître), selon les termes de Hegel, puissent à nouveau se regarder en face et que le conflit de classe, impossible à réaliser dans les espaces mondialisés, puisse être récupéré. Si nous voulons le dire autrement, l'État national souverain peut être démocratique et socialiste.

413hJnFH1dL._SX356_BO1,204,203,200_.jpgUne économie sans politique et sans État ne sera jamais démocratique ou socialiste, elle sera toujours l'humus idéal pour le capital cosmopolite, qui est tout sauf socialiste et démocratique. D'où l'importance de ce que j'appelle le souverainisme internationaliste et populiste. Souveraineté parce que la souveraineté nationale est pleinement récupérée comme base des droits et des démocraties, du socialisme et des conquêtes sociales. Internationaliste parce que ce n'est pas le nationalisme de la droite réactionnaire, xénophobe et autoritaire, c'est une souveraineté internationaliste ouverte aux autres nations socialistes et démocratiques, elle crée un internationalisme prolétarien, comme on l'appelait autrefois, qui est à l'opposé du nationalisme individualiste et réactionnaire et du cosmopolitisme libéral auxquels la gauche rose a vendu sa tête et son cœur, comme je l'ai dit précédemment.

C'est pourquoi il me semble important de récupérer le principe de la souveraineté internationaliste qui se fonde sur le populisme, compris comme une théorie du peuple et pour le peuple, comme une vision qui s'oppose aux processus de post-démocratisation administrés par les élites financières liquides et qui réaffirme le principe du national-populaisme, compris à la manière de Gramsci. Un populisme conçu non pas dans un sens régressif, c'est-à-dire, pour le dire clairement, dans un sens émancipateur, comme Laclau et Mouffe l'ont très bien écrit, un populisme de gauche, si l'on veut encore utiliser cette catégorie, un populisme dont le but est l'émancipation objective des classes dominées et qui est basé sur la démocratie socialiste. C'est le point fondamental qui apparaît également dans les œuvres de Carlo Formenti. Le paradoxe est que ce discours, qui en d'autres temps aurait été appelé léniniste, marxiste ou gramscien, aujourd'hui la gauche rose et arc-en-ciel le qualifie de fasciste.

C'est un paradoxe car je me réfère évidemment à Gramsci, à la démocratie socialiste, à la solidarité internationale, au slogan de Che Guevara "La patrie ou la mort", au modèle de solidarité souveraine et d'internationalisme, aux expériences bolivariennes en Amérique du Sud : àbnChávez au Venezuela, à Morales en Bolivie et à toutes les expériences de socialisme patriotique anti-américain et anti-mondialiste qui ne peuvent sans doute pas être qualifiées de fascistes. La catégorie du fascisme, de ce point de vue, nous introduit dans un paradoxe logique, aujourd'hui le fascisme est utilisé comme une catégorie complètement a-historique. Le fascisme n'est plus seulement et essentiellement celui de Mussolini, qui est mort en 1945. Aujourd'hui, nous comprenons le fascisme, je donne cette définition, comme tout ce qui n'est pas organiquement lié à la pensée unique politiquement correcte et éthiquement corrompue, plus précisément, le fascisme est, du point de vue du seigneur cosmopolite sans-frontiériste et de celui de la gauche colorée rose, fuchsia et en arc-en-ciel, tout ce qui s'oppose à la domination de la classe dominante, et je vous donne un exemple concret observé de nos jours. Aujourd'hui, l'une des thèses dominantes du seigneur cosmopolite est l'ouverture des ports et des frontières. Pourquoi ? Parce que le monde entier doit être réduit à un espace ouvert et déréglementé pour la libre circulation des biens et des personnes.

61OmDpTKMoL.jpgPar conséquent, quiconque s'oppose à cette vision, revendiquant la primauté de l'humain et du politique, défendant la nécessité de réguler, réclamant la primauté du politique et de la démocratie sur les flux de capitaux, de personnes, de désirs, de consommation, est automatiquement calomnié comme fasciste par la gauche rose-fuchsia, pour qui tout ce qui ne se met pas au diapason avec le seigneur cosmopolite, dont ils sont les idiots utiles, est fasciste. Le paradoxe est le suivant, je le résume ainsi, cette gauche diffame tout ce qui s'oppose à l'ordre de la classe dominante sans-frontiériste, de la classe globocratique du capital, elle diffame comme fasciste l'idée de l'intervention de l'État dans l'économie, elle diffame comme fasciste le réveil des classes dominées, des opprimés qui, comme le disait Fichte, sont au-dessus de toute autorité qui prétend être supérieure.

Le peuple est souverain, la démocratie, après tout, est la souveraineté du peuple qui, pour s'exercer, a besoin d'un État souverain où le peuple est, à son tour, souverain ; sans souveraineté d'État, il ne peut y avoir de souveraineté d'État, de souveraineté populaire et, par suite, de démocratie. C'est précisément sur cette base que l'Union européenne se fonde, en éliminant la souveraineté des États afin d'anéantir la souveraineté populaire dans les États donc d'anéantir les démocraties et les droits sociaux qui y sont liés. Ainsi, l'antifascisme redevient la clé fondamentale des classes dominantes et des partisans de la gauche rose-fuchsia, afin de délégitimer toutes les propositions de renouvellement et de démocratisation de l'espace mondial.

Le paradoxe est qu'aujourd'hui, comme l'a dit Orwell, le rapport entre les mots et les choses est subverti, aujourd'hui la violence et la persécution de la libre pensée qui caractérisaient le fascisme réapparaissent sous le nom d'antifascisme, dans la figure sans précédent des brigades roses de l'antifascisme arc-en-ciel et des escadrons qui, au nom de l'antifascisme, attaquent, souvent non seulement de manière métaphorique, tous ceux qui n'adhèrent pas au seul verbe politiquement correct de la classe dirigeante.

Aujourd'hui, nous devons donc en prendre conscience et, évidemment, garder une distance de sécurité par rapport au fascisme historique, qui n'existe plus, et nous opposer au néolibéralisme cosmopolite, réellement existant et faussement progressiste d'aujourd'hui, auquel la gauche s'est lâchement adaptée en cultivant le paradoxe que nous avons décrit. Chaque fois que la gauche évoque « le retour du fascisme », elle crée un "front unique" qui légitimise le cosmopolitisme libéral ou, comme dirait Pasolini, le nouveau fascisme de la civilisation glamour des marchés.

Lessons from the Collapse of Catholicism in France

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The Postwar Triumph of Social Liberalism
Lessons from the Collapse of Catholicism in France

Ex: https://www.unz.com

Jérôme Fourquet’s The French Archipelago provides a kind of dynamic radioscopy of the French nation as she has developed in recent decades. The picture, as detailed in my review of the book, is one of the fading away of the old sociological left and right, leaving behind a fragmented subcultural and political landscape, divided in multiple ways along educational/economic, ethnic, and religious lines.

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As part of this, Fourquet meticulously documents the decline of Catholicism and the triumph socially liberal values in postwar France. The pollster identifies a number of patterns which are instructive both for France and other Western nations, which are virtually all experiencing similar changes.

The decline of Catholicism in France is overwhelming and apparent in innumerable areas:

  • Baptism: once overwhelming, down to around 30% of newborns in 2015 (p. 25)
  • Regular mass-going: from 35% in 1961 to 6% today.
  • Divorce: taboo until the 1960s, then steadily rising.
  • Marriage: once a “hegemonic social norm,” declining since the 1973 Oil Shock (p. 37). Out-of-wedlock births have steadily risen from 5.9% in 1965 to 59.9% in 2017. A caveat: this figure is not synonymous with broken homes and single mothers, as many unwed couples live together, typically within a civil union (PACS, p. 42).
  • Abortion: 48% of French supported in 1974 (moreso among the young), with hegemonic 75% support across generations in 2014 (p. 44).
  • Gay marriage: steady support of over 60%, though only around half of French support adoption by gay couples, with some fluctuation (p. 48). Older people’s opinion on the matter is rapidly converging with the young, with little class divide.
  • Gay children: There is a marked male-female divide on the acceptance of homosexuality among one’s children. In 2000-03, two thirds of women said they would be perfectly happy with their child being gay, but only half of men said the same (p. 52).
  • Medically-assisted procreation: half of French support allowing lesbians and single mothers to conceive children through in vitro fertilization, with the mention that “fatherless children” would be born. Two thirds of young people support the measure (p. 55).

Catholicism’s decline to marginality and even oblivion in France is evident from the number of Catholic priests. In 1950, there were about as many priests and monks in France as during the French Revolution in 1789 (around 170,000, bearing in mind the general population had more than doubled). Today, they number only 51,500 and the authors predict that Catholic parish priests will be a virtually extinct breed within 30 years (p. 28).

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Number of Catholic diocesan priests in France

At the end of the nineteenth and in the early twentieth centuries, France provided three quarters of the Catholic missionaries proselytizing in Africa and Asia. Today, in a dramatic reversal, the bulk of new Catholic priests comes from the Third World. Some African prelates, such as Cardinal Robert Sarah, have themselves expressed grave alarm at Europe’s godlessness, infertility and invasion by Muslim immigration.

Catholicism has gone from forming the core of one of France’s two primary subcultures to merely one subculture for the 6-12% of French who remain practicing Catholics (6% being the ones who go to mass, 12% those who claim to be practicing). Even these have embraced many aspects of social liberalism (e.g. acceptance of sex before marriage). Practicing Catholics tend to be older than the general population.

Fourquet also documents other social changes. Only Muslims and practicing Catholics still prefer the traditional funerary practice of burial, with a majority of French now wishing to be incinerated after death (p. 57). Fourquet links this to the fact that most people no longer live in their old villages near to their ancestors’ graves and thus no longer feel the importance of lineage.

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Tattooing used to be a very marginal practice (sailors, soldiers . . .) but has steadily risen and now stabilized, with a quarter of young people having tattoos (p. 59). Tattoos and the adoption of rare names represent “a major phenomenon of today’s societies: mass narcissism” (60). There has also been a steady growth in the number of young people who have engaged in oral sex.

The attitude of the French towards animals is also changing. In the mold of the Old Testament, the French used to consider animals as essentially humans’ slaves, to be used however they saw fit. Today, two thirds of French oppose the use of circus animals or the stuffing of geese to make famous French delicacy of foie gras. “Anti-specism” is a new fashion among academics and talking heads.

The evolutionary meaning of traditional culture

Many see in the decline of Catholic practice and customs a triumph over the irrational superstitions inherited from the ignorant past. Even a secularist should ask however: How did these values come to predominate and what do they represent?

In The Descent of Man, Charles Darwin himself had stressed that traditional cultures tend in a crude and primitive way to be guided by what is good for the community: “The judgment of the community will generally be guided by some rude experience of what is best in the long run for all the members; but this judgment will not rarely err from ignorance and weak powers of reasonings.”

Many traditional cultures, including those of the West, emphasize patriarchy, the specialization of gender norms, child-rearing, and familial responsibilities. It’s easy to conceive how nations and families adhering to such norms would naturally outcompete those who did not.[1] This is especially so if we recall the conditions of premodern life: a fairly high fatality risk for pregnant mothers, high infant mortality, and constant struggle – undertaken especially by men – in the physical and social world to secure the one’s security and livelihood.

After the Second World War, the emergence of an affluent society meant that the egalitarian and individualist tendencies of liberalism, which had always been present since at least the eighteenth century, would dramatically radicalize and upturn the social order.

Human beings have always chafed against the apparently, and often actually, arbitrary rigors and constraints of their particular culture. As the sophist Hippias is supposed to have said some 2400 years ago: “I regard you all as relatives and family and fellow citizens – by nature, not by custom. For by nature like is akin to like, but convention is a tyrant over mankind and often constrains people to act contrary to nature” (Plato, Protagoras, 337c-d).

Put simply, young people increasingly could no longer accept the traditional familial and religious constraints of the past and no other coherent value system could rise to replace them – besides, precisely, an ethos of individual entitlement. What’s more rising prosperity and the welfare state actually meant that people could, more and more, get by materially with looser family ties. The father and husband’s economic responsibilities to the household were increasingly substituted by the corporation and the State.

Patterns of cultural change: deep generational shifts, not events

Fourquet identifies a recurring pattern to these trends: the new values first emerge among French youth and the secularizing geographical core (the greater Parisian basin in particular), then gradually spread to the whole population and territory. He does not discuss whether the media and educational systems shape these youthful attitudes, or whether these arise more spontaneously.

It is easy to underestimate the scale and speed of social changes because of a generational lag effect: even as the youth overwhelmingly adopt a new practice, one may have the impression the country has not changed much because the older generations representing the bulk of the population have not adopted them. The effect has gotten more marked as the French population has aged, the average now being over 41 years old.

When the population is evenly split on a new social practice, Fourquet describes this as like a chemical “unstable equilibrium” which can rapidly shift as the old generation dies out and the new norm becomes hegemonic. Indeed, eventually the old adopt the new norms, sometimes even before dying out. All these trends remind us of the importance of the young, as against the peculiar obsessions and taboos of older generations.

On all these issues, Fourquet shows that events tend to have a marginal impact on the overall trend. Neither the infamous May ’68 protests nor Pope Paul VI’s July 1968 encyclical Humanae vitae recalling of the ban on contraception seem to have had much impact. The decline of mass attendance did see a bump when it became no longer mandatory to attend systematically to receive communion, but this was only an accelerant.

France’s spectacular 2012 anti-gay-marriage protests, with hundreds of thousands of people marching across the country, may have a served as a moment of organization and consolidation for French conservatism, but appears to have had little impact on opinion. There appears to be a fait accompli effect whereby a portion of population switches to supporting a measure once it is passed into law.

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French public support for gay marriage (in blue) and adoption by gay couples (in red)

The appeal of liberal nihilism

The basic human drive beneath these changes seems quite straightforward: a rejection of traditional constraints in favor of new norms concerned primarily with maximizing personal choice and economic security.

It is unclear what are the limits, if any, to the disintegration of traditional norms, roles, and identities. The French have disconnected sex from procreation (contraceptives, abortion), mother-father complementarity in parenting (divorce, gay marriage), and the idea of the individual as part of a lasting family, lineage, or nation.

Fourquet highlights as an example of the reigning moral relativism the comments of Jean-François Delfraissy, President of the National Consultative Council on Ethics (CCNE), who said in 2018 that “The refusal to establish a framework or to give reference points is seen at all levels of society,” that “everyone has their own vision of ethics,” and that he did know what “good and evil” are (p. 56). Ultimately for Fourquet, what matters is demographics: “You [the losing side of culture wars] are philosophically wrong because you are sociologically and demographically in the minority” (p. 64).

The biotechnologies of enhancement . . . and disintegration

We can go much further on the road of identitarian disintegration. Will the youth accept transgenderism – that is to say the rejection of biological sex as such, letting people “choose” their sex, whatever their chromosomes or genitalia, through genital self-mutilation and hormonal manipulation? There is currently little pushback across the West, with the partial exception of the irreversible mutilation of children by transgender activists (see the recent court ruling in England requiring children under 16 to get court approval to access puberty blockers).

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With new biotechnologies, disintegration of traditional identities can go much further. Currently, enhanced reproductive techniques (procréation médicalement assistée or PMA, including notably in vitro fertilization or IVF) are only legal in France for heterosexual couples. However, there are efforts underway, which will likely be successful and widely accepted, to broaden access to PMA to single mothers and lesbian couples. After all, many ask, why shouldn’t such women be able to have children? The effect will be to have new generations of children willingly deprived of their biological father. The fatherless child may well become a normality. Such practices are already legal in France’s neighbor Belgium.

Single women and lesbians with access to IVF can of course choose from a wide variety of sperm without having to seduce the father. This is likely having eugenic and Nordicist effects as women disproportionately choose sperm from well-educated, healthy, and attractive White fathers. The demand seems to be strongest precisely where northern features are scarce. Serbian women, including Gypsies it seems, are fertilizing their eggs with Danish sperm. Indeed, Danish sperm is perhaps the most popular in the world. In multiracial Brazil, White Americans’ sperm is extraordinarily popular. Such practices further loosen the ties between fatherhood, family, and race.

Then there is the practice of surrogacy or gestation pour autrui (GPA), in which a woman carries to term another person’s embryo. Women who can’t or don’t want to face the hardships and risks of pregnancy could pay another woman to carry their child for them. Homosexual males, who obviously cannot become pregnant, could do the same. This could become a particularly profitable business in which Third-World women in particular could carry wealthy couples’ children. Pierre Bergé, the wealthy homosexual owner of the fashion label Yves Saint Laurent, once notoriously defended the marketization of surrogacy on television saying: “I am for all freedoms. Whether you rent your belly to make a child or rent your arms to work in a factory, what’s the difference? It’s the distinction which is shocking.”

Another technique is artificial gametogenesis. Scientists are learning how to create sperm or ovules from an organisms’ other cells. The most obvious application is in allowing infertile heterosexual couples to create working sperm or ovules and thus conceive. However, there are more radical possibilities: such techniques could enable you to create sperm from a woman or an ovule from a man. Lesbian couples could then have biological children as a couple as such. (Try to wrap your head around the implications for “motherhood” and “fatherhood.”)

The most promising techniques for eugenicists are embryo selection and CRISPR gene editing. The former already takes place in a certain sense: it is common practice in many countries for a woman to abort her fetus if it is found to have severe congenital defects such as Down’s syndrome. Wider embryo selection would allow parents to choose to a child with more genes predisposing to certain traits, such as intelligence or good health, without genetic modification. CRISPR could enable almost unlimited possibilities, including the creation of monstrosities.

Such biotechnologies, which are in principle neither good nor bad and anyway are probably inevitable in the long run, become dangerous in a nihilistic context like ours.

Catholic embers

Still, we should not write off traditional values yet. Fourquet also highlights another trend: the more economically backward, farmer-heavy, and religious regions of France in 1960 – especially concentrated in the western regions – are today among the most economically dynamic and socially cohesive. Demographers Hervé Le Bras and Emmanuel Todd have attributed this to what they call “Zombie Catholicism,” though it might be fairer to speak of residual Catholic traditional values. Fourquet “completely agrees with their analysis when they describe, for example, the higher educational performance and greater social cohesion reigning in the Grand Ouest as being the shadow of Catholicism, whose flame has since gone out” (p. 14).

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Percentage of farmers as a share of the active population in 1968

By contrast, the precociously dechristianized and industrialized regions of northern and eastern France are now economically depressed and culturally alienated. The Whites there often in a bad state. This may be because of the collapse of traditional values which imposed some structure on lower class Whites’ lives. This is an intriguing hypothesis. Then again, the reversal of economic fortunes between western and northeastern France may also be part of a cycle of difficult economic reconversion for regions heavily invested in now-obsolete industries.

In any case, religious minorities often have high fertility while liberal nihilists, understandably, do not. For those who see no particular importance for lineage, nation, or God, who consider that all human beings are basically equal atoms in an empty universe, raising children naturally seems a meaningless chore or, at best, a mere lifestyle choice. Enhanced or modified reproduction, at this is stage, make up a very small minority of births.

In France, Catholic religiosity is not synonymous with being a hick. Rather, provincial bourgeois Catholic families are famous for being high-functioning, educated, and high-fertility, providing the cadres for the country’s anti-gay-marriage movement in past years. A friend of mine from my university days is such a Catholic, an engineer, apologist of Marshal Philippe Pétain (finding “Work, Family, Fatherland” a much more constructive slogan than “Liberty, Equality, Fraternity”), and is currently expecting his fifth child.

But how significant are high-functioning Catholics actually? This is difficult to say, as there is a lack of data. It is noteworthy that today’s practicing French Catholics are much more likely to be religious out of sincere individual zeal rather than socially conformist pressure. If we look a century or two ahead, assuming humans are still ruling the roost, it seems probable the Earth will naturally fall to believers.

Notes

[1] Of course, traditional norms are not uniformly adaptive in an evolutionary sense. In Catholic Europe, the specific expression of these norms was partially determined in a top-down fashion by the particular doctrines of the Church. Several important Catholic doctrines may be considered maladaptive or dysgenic, notably the the sacralization of fetuses (retarding the development of medical technologies), the ban on abortion, and the drive to convert all human beings to the faith regardless of ethnicity.

mercredi, 16 décembre 2020

Althusius chez les Kurdes

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Althusius chez les Kurdes

par Georges FELTIN-TRACOL

Ex: http://www.europemaxima.com

L’université française commence enfin à se pencher sur l’œuvre de Johannes Althusius (1563 – 1638) qui contraste avec les écrits de Jean Bodin (1530 – 1596), auteur des Six Livres de la République au contenu absolutiste marqué. À l’unicité et à la concentration du pouvoir dans les mains d’un seul homme, Althusius propose une société politique dont la souveraineté se répartit entre différentes communautés selon le principe de subsidiarité. Il est le père du fédéralisme moderne.

Les réflexions de ce sujet réformé du Saint-Empire romain germanique ont peut-être inspiré l’écologiste libertaire étatsunien Murray Bookchin qui propose le remplacement de l’infrastructure étatique centralisée par des ensembles autogérés de taille humain. Les analyses de l’Étatsunien ont durablement conquis le Kurde Abdullah Öcalan. En détention depuis 1999 dans une prison turque où il purge une peine à perpétuité, le chef charismatique du PKK (Parti des travailleurs kurdes) a eu le temps de réviser toute l’orientation politique de son mouvement en guerre contre Ankara. Ayant délaissé le léninisme, le stalinisme et le maoïsme, le PKK réclame la reconnaissance officielle de la personnalité kurde sans pour autant frayer avec le séparatisme, le nationalisme, le conservatisme et l’indépendantisme du peuple kurde. Éditée par Libertalia, La révolution communaliste. Écrits de prison (2020, 252 p., 10 €) donne pour la première fois au lecteur français le point de vue d’Abdullah Öcalan sur ce brûlant sujet.

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En quatre textes étayés et argumentés, il insiste beaucoup sur le « confédéralisme démocratique » pratiqué au Rojava, ce territoire syrien administré par les forces kurdes en lutte contre Daech, Damas et Ankara. Sa vision semble procéder, volontairement ou non, de la pensée fédéraliste organique d’Althusius avec un fort engagement en faveur de l’égalité sociale, de l’écologie et du féminisme.

À l’instar des anarchistes pendant la guerre d’Espagne ou de certains socialistes dits « utopiques » du XIXe siècle tels Étienne Cabet ou Charles Fourier, voire Pierre-Joseph Proudhon, les Kurdes cherchent à bâtir une société différente des cadres sociaux habituels mobilisés par l’État-nation. « La question nationale n’est pas un fantasme de la modernité capitaliste. Néanmoins, estime Abdullah Öcalan, c’est bien la modernité capitaliste qui a imposé la question nationale à la société (p. 99). » Il ne veut pas résoudre la seule question nationale; il souhaite l’intégrer avec d’autres questions tout aussi déterminantes (sociale, sexuelle, écologique) dans un ensemble plus vaste dont les solutions reposent sur le « confédéralisme démocratique ».

Prenant acte à la fois de la faillite de l’État-nation à l’heure de la mondialisation et de la très complexe mosaïque religieuse et ethno-culturelle du Moyen-Orient, Abdullah Öcalan conçoit le « confédéralisme démocratique » comme « un paradigme social non étatique. Il n’est pas contrôlé par un État. Le confédéralisme démocratique représente également l’organisation de la démocratie et de la culture. [Il] est fondé sur la participation de la population : ce sont les communautés concernées qui y maîtrisent le processus décisionnel. Les niveaux les plus élevés ne sont présents qu’afin d’assurer la coordination et la mise en œuvre de la volonté des communautés qui envoient leurs délégués aux assemblées générales. Pour un an, ils font office à la fois de porte-parole et d’institution exécutive. Cependant, le pouvoir décisionnel de base est dévolu aux institutions populaires (p. 98) ».

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Le « confédéralisme démocratique » d’Abdullah Öcalan fait fortement furieusement penser à la « troisième théorie universelle » exposée dans le Livre vert de Mouammar Kadhafi. Le Guide de la Révolution libyenne en appelait au dépérissement de l’État (et à son dépassement !) par le biais d’un néologisme arabe « Jamahiriya » qu’on traduit par « État des masses populaires » et qui s’appliquait à une Libye historiquement divisée par les rivalités tribales et claniques. Est-ce le cas pour le Rojava ? En raison des combats, la pleine réalisation de ce « confédéralisme démocratique » ne se fait pas pour l’heure. Cela n’empêche pas les libertaires, les gauchistes et les antifas de la planète entière de soutenir et de se revendiquer de cette nouvelle utopie. Si le Rojava parvient à se maintenir, il est certain que ce territoire émancipé conservera sa notoriété politique auprès des « hors-sol ».

Georges Feltin-Tracol

• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 194, mise en ligne sur TVLibertés, le 8 décembre 2020.

Macron et la France « orange psychiatrique »

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Macron et la France « orange psychiatrique »

 
 
par Nicolas Bonnal 

Macron tient cet hexagone et il ne va pas le lâcher. Pourquoi se fatiguer à organiser des élections présidentielles que de toute manière il gagnerait grâce à BFM, au juge, au bobo, à l’écolo, au bourgeois ? Macron est venu à point pour profiter de ce qui faisait rêver Sarkozy : la France « orange psychiatrique ». Si l’on veut se consoler, on précisera que l’élite chinoise est indélogeable, que l’élite anglaise l’est aussi : que Netanyahou ou Merkel sont au pouvoir depuis treize ou trente ans, et qu’en somme la gouvernance totalitaire est déjà en place dans presque tous les pays.

Si la France est devenue un pays relativement violent, elle est surtout devenue un pays sous contrôle psychiatrique permanent. De ce point de vue la référence à Kubrick reste essentielle car Orange Mécanique est d’abord une réflexion sur le conditionnement moderne – bien plus que sur la violence et le sexe qui servent de prétexte au dit conditionnement. Le conditionnement permet comme le masque et la distanciation de créer cet individu robotique  dont rêve le pouvoir moderne, et finalement tout pouvoir. Dans le film le conservateur Tory vire au fascisme, comme Boris Johnson, Merkel, Bayrou, tant d’autres…

Ce à quoi nous assistons planétairement c’est à un triomphe des États et des administrations, y compris et surtout dans les pays prétendument libéraux ; les penseurs libéraux m’ont toujours paru hypocrites ou ridicules dans leur défense des belles démocraties anglo-saxonnes… Le flicage mondial convient parfaitement au pouvoir, comme les technologies et c’est pourquoi ils affolent, ruinent et terrorisent leur population en attendant d’en liquider une partie. L’État hégélien se réalise partout, qui avait fait de Bonaparte (« cette âme du monde », disait Hegel) son modèle.

Citons Marx et son Dix-huit Brumaire qui évoque le Second Empire, régime qui inspira Maurice Joly et ses dialogues aux enfers :

« Chaque intérêt commun fut immédiatement détaché de la société, opposé à elle à titre d’intérêt supérieur, général, enlevé à l’initiative des membres de la société, transformé en objet de l’activité gouvernementale, depuis le pont, la maison d’école et la propriété communale du plus petit hameau jusqu’aux chemins de fer, aux biens nationaux et aux universités. La république parlementaire, enfin, se vit contrainte, dans sa lutte contre la révolution, de renforcer par ses mesures de répression les moyens d’action et la centralisation du pouvoir gouvernemental. Toutes les révolutions politiques n’ont fait que perfectionner cette machine, au lieu de la briser. Les partis qui luttèrent à tour de rôle pour le pouvoir considérèrent la conquête de cet immense édifice d’État comme la principale proie du vainqueur ».

On répète car c’est grandiose : « Toutes les révolutions politiques n’ont fait que perfectionner cette machine, au lieu de la briser ».

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Dans le cas de Macron on sait que le parti n’avait pas d’antécédent. C’est un parti d’aventuriers, comme a dit Régis de Castelnau. Et c’est tant pis pour les Français et tant mieux pour l’horreur qui doit se passer en France l’an prochain.

Marx explique encore, et voyez comme cette situation de présent éternel, comme j’aime à dire s’applique pour nous :

« Ce n’est que sous le second Bonaparte que l’État semble être devenu complètement indépendant. La machine d’État s’est si bien renforcée en face de la société bourgeoise qu’il lui suffit d’avoir à sa tête le chef de la société du 10 Décembre, chevalier de fortune venu de l’étranger, élevé sur le pavois par une soldatesque ivre, achetée avec de l’eau-de-vie et du saucisson, et à laquelle il lui faut constamment en jeter à nouveau ».

D’où le désespoir qui aide à maintenir la dictature :

« C’est ce qui explique le morne désespoir, l’effroyable sentiment de découragement et d’humiliation qui oppresse la poitrine de la France et entrave sa respiration. Elle se sent comme déshonorée ».

Déshonneur après la manif pour tous, déshonneur après les gilets jaunes… Un petit livre de développement personnel pour surmonter tout cela alors ? Comme disait Boris Vian, fils des guerres et de la crise de 29, « ils cassent le monde, il en reste assez pour moi ! »

Le contrôle psychiatrique avant de devenir chimique et audiovisuel fut d’abord tatillon et bureaucratique. Pas besoin de citer Tocqueville pour rappeler que c’est ainsi que l’on crée le troupeau commode qui se masque ou se confine. C’est le développement de cette bureaucratie qui comme dans la Chine eunuque décrite par le sociologue hongrois Balasz crée ce citoyen bancal, handicapé, plus très bon à grand-chose. Certains comme nous peuvent avoir une nostalgie athénienne ou rousseauiste du citoyen autonome qui enflammait les romantiques allemands comme Schlegel, mais comme les autres dépendent de leur pitance étatique, de leur bureaucratie policière et médicale… Il est amusant de rappeler que les deux rares défenseurs de la liberté individuelle et du libre choix dans Orange Mécanique sont le gardien de prison et le bon aumônier. Mais ils incarnent un ordre ancien – et donc moqué et caricaturé chez Kubrick – qui va disparaître devant l’appareil des Gestapos médiatiques et médicales. Le reste acclame le ministre Tory qui prépare déjà le virage fasciste de l’Angleterre anticipée par Burgess, dont la femme avait été violée pendant la guerre par des soldats américains.

C’est l’éminent Castelnau, comme je le disais plus haut, qui a le mieux défini le régime de Macron. Les deux tyrans mondialistes comme Sarkozy ou Hollande furent vus comme étant de droite ou de gauche. Il fallait être au centre-droit, et Macron le fut avec tous les Bayrou, cathos et maçons de la place, partant résolument le bourgeois. Il fallait être aussi roué et aventurier, et il le fut dès le début. Marx encore :

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« À côté de « roués » ruinés, aux moyens d’existence douteux, et d’origine également douteuse, d’aventuriers et de déchets corrompus de la bourgeoisie, des forçats sortis du bagne, des galériens en rupture de ban, des filous, des charlatans, des lazzaroni, des pickpockets, des escamoteurs, des joueurs, des souteneurs, des tenanciers de maisons publiques, des porte-faix, des écrivassiers, des joueurs d’orgues, des chiffonniers, des rémouleurs, des rétameurs, des mendiants, bref, toute cette masse confuse, décomposée, flottante, que les Français appellent la « bohème » ».

Castelnau a décrit cette faune LREM sur son blog :

« …chez LREM, recrutés sur CV par Jean-Paul Delevoye y voisinent commerçants faillis, aventuriers, opportunistes sans principe, incompétents notoires et parfaits ahuris dont la seule caractéristique est d’obéir au doigt et à l’œil aux gardes chiourmes nommés par Macron pour les surveiller. Et les punir si jamais ils renâclent. Ce parlement croupion humiliant pour la France, est fort utile à Emmanuel Macron qui l’a complètement enrégimenté. Il n’est que de voir comment sont fixés les ordres du jour, proposés des textes liberticides adoptés sans aucune discussion véritable pour mesurer l’ampleur du désastre… »

La même bohème fut à l’œuvre avec le nazisme qui fut aussi une dictature gay (lisez le Rose et le brun de Philippe Simonnot), écolo, pharmaceutique et petite-bourgeoise. N’oublions pas sa russophobie…

Comme on trouve tout dans les classiques, on trouve même la notion de mascarade chez Marx :

« Vieux roué retors, il considère la vie des peuples, leur activité et celles de l’État, comme une comédie au sens le plus vulgaire du mot, comme une mascarade, où les grands costumes, les grands mots et les grandes poses ne servent qu’à masquer les canailles les plus mesquines. Ce Bonaparte, qui s’institue le chef du sous-prolétariat, qui retrouve là seulement, sous une forme multipliée, les intérêts qu’il poursuit lui-même personnellement, qui, dans ce rebut, ce déchet, cette écume de toutes les classes de la société, reconnaît la seule classe sur laquelle il puisse s’appuyer sans réserve… »

C’est la racaille des banlieues (revoyez les images de Macron à Pantin) et des universités anglo-américaines qui s’impose : c’est la génération Mitterrand. Quel bourgeois ne rêve d’envoyer son rejeton en Angleterre ? On a assisté à un basculement anthropologique et pédagogique ici, et à l’émergence d’une élite techno-fasciste et cosmopolite qui va nous en faire voir de toutes les douleurs… Elle s’appuie sur la racaille de rues qui sert de supplétif à une police alléchée par le sang.

Terminons sur cette France « orange psychiatrique », qui a peur du virus, de musulman, du pollueur, du complotiste, du démasqué, mais pas de l’hydre qui la dévore. Il y a six ans Gérard Chaliand déclarait :

« L’autre jour, je suis passé à la pharmacie et la pharmacienne me disait que les clients défilent, depuis le 13 novembre, pour prendre des calmants. Les gens se demandent ce qui va se passer ; ils ont peur. Les médias nous pourrissent la vie avec leur audimat. Ils rendent service à Daech ; ils font leur propagande : si je relaie six fois un crime de guerre de l’ennemi, je lui rends cinq fois service. C’est la société du spectacle. C’est minable. Mais, non, contrairement à ce que raconte Hollande, nous ne sommes pas en guerre : une guerre, ce serait comme ça tous les jours ; on est dans une situation conflictuelle… En l’espace de trente ans, les gens se sont ramollis. Ils ont peur. Mes compatriotes, dans l’ensemble, ont peur de tout… Comme je l’ai dit, c’est le prix de la paix et de la prospérité. C’est aussi le vieillissement de la population qui engendre le conservatisme. L’espèce humaine cherche la sécurité, hélas, à tout prix. Je l’ai fui car c’est le début de la mort ».

C’est le César de Pagnol, ce chantre de la médiocrité républicaine, qui croyant faire un bon mot, déclare préférer une laide vie à une belle mort. On peut le rassurer : dans la France « orange psychiatrique », il aura une laide vie et une laide mort.

Sources :

Nicolas Bonnal – Kubrick (Dualpha, Amazon) ; Céline (Avatar) ; chroniques sur la fin de l’histoire (Amazon)

Marx – Le dix-huit brumaire


- Source : RI

mardi, 15 décembre 2020

Les "antiracistes" et la réinvention du langage

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Les "antiracistes" et la réinvention du langage

par Marco Malaguti

Source : Centro Machiavelli & https://www.ariannaeditrice.it

"Je ne suis pas raciste mais...". Cette phrase a longtemps été une phrase qui ne peut plus être prononcée. Dans le passé, elle était utilisée pour exprimer les distinctions les plus polies concernant l'immigration de masse, mais maintenant elle est considérée comme une sorte de confession. Le "mais" nie automatiquement la négation, quelle que soit la suite de la phrase, de sorte que le "je ne suis pas raciste" est arbitrairement supprimé par celui qui reçoit la phrase : une intervention extérieure brutale révoque la légitimité de la relation existante entre le signifiant et le signifié, modifiant de manière significative ce deuxième aspect, le sommet du triangle sémiotique de la signification.

31tJToGpqVL.jpgUne telle opération n'est possible qu'en intervenant au niveau de la légitimation, dont le fonctionnement est décrit avec précision par Jean-François Lyotard dans le deuxième chapitre de La condition postmoderne avec un titre particulièrement emblématique : "Le problème". Le droit de décider de ce qui est vrai - par exemple, que la phrase "Je ne suis pas raciste mais" implique le rejet de la discrimination raciale - est pour Lyotard un problème essentiellement prospectif. Le droit de décider de ce qui est vrai ou faux (par exemple un sens), est étroitement lié au droit de décider de ce qui est juste et de ce qui est injuste. Dans un tel scénario, la science (la sémiotique) est étroitement liée à la politique et à l'éthique qui, selon Lyotard, reposerait sur un concept appelé "Occident". Lyotard conclut son chapitre par ce commentaire paradigmatique : "Qui décide de ce qu'est la connaissance (c'est-à-dire le sens à attribuer aux signifiants, ndA) ? La question de la connaissance à l'ère des technologies de l'information est plus que jamais la question du gouvernement".

En ce sens, l'œuvre culturelle du progressisme a été activée avec clairvoyance par une remise en question de toute la culture occidentale qui a sagement combiné les outils d'un relativisme semi-absolu et d'un dogmatisme para théologique qui ne sont qu'en apparence en contradiction l'un avec l'autre. L'affirmation progressive de significations progressistes corroborée par l'imprimatur de la légitimité académique et politique a placé les défenseurs des anciennes significations dans une impasse dont il semble n'y avoir aucune issue.

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Dans un tel contexte, l'adversaire double les enjeux : il ne suffit plus de proclamer que l'on n'adhère pas aux anciennes significations, il faut les répudier publiquement. L'autodafé de l'Inquisition espagnole est de nouveau à la mode. C'est ce qu'ont suggéré des universitaires comme Ibram Kendi (Université de Boston), qui, lors d'un webinaire de l'Université de Stanford, a déclaré qu'il ne suffit plus de ne pas dire qu'on est raciste, mais qu'il faut une déclaration publique de lutte contre le racisme.

Nous l'avons vu : Lyotard a attribué à l'Occident un sens central en tant que concept prospectif. Si nous encadrons les significations dans une prospective occidentale (c'est-à-dire blanche), la déclaration de Kendi a une logique qui lui est propre : les institutions décident de ce qui est juste et de ce qui ne l'est pas, c'est-à-dire qu'elles décident des significations des signifiants dans une perspective eurocentrique, donc implicitement raciste. Au lieu de cela, exiger des autoproclamations ouvertes d'antiracisme démolit le système de consensus et de légitimité sur lequel reposent les significations.

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Mais le problème qui se pose est celui de l'émergence, qui connote cette évolution comme une simple succession d'actes de force nihilistes : ceux qui ont le plus de force brute et de ruse pour s'imposer au détriment des autres sont aux commandes, et une perspective commune fait totalement défaut. C'est ainsi que se produit le déclin de toute transcendance politique, en particulier dans les républiques libérales-démocrates. En ce sens, le concept d'État lui-même est redéfini et se corrode, devenant une sorte de vase prêt à être rempli, selon la fortuité, le hasard et les forces qui s'affrontent à l'extérieur, avec des significations toujours nouvelles. Les oppositions, quelles qu'elles soient, sont soumises à la violence coercitive des maîtres du sens, prêts cependant à en payer le prix au premier moment de faiblesse de ceux-ci.

Le concept d'alternance démocratique disparaît, submergé par une lutte brutale pour la vie et la mort.

Cet état de précarité totale est perçu avec lucidité par les appareils au pouvoir, qui courent se mettre à l'abri :

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Le pouvoir déclenche une course à des lois toujours plus liberticides dans une sorte d'idéation pré-traumatique mais loin d'être paranoïaque. Cette tendance peut être observée dans tous les pays, des démocraties libérales occidentales aux pays "populistes", des "démocraties" sud-américaines au totalitarisme chinois et aux monarchies musulmanes du Golfe persique. Dans tous les pays du monde, les technologies et les lois qui les contrôlent représentent le secteur clé des relations entre les gouvernements et les oppositions, et aucun changement de tendance n'est visible : ce processus trouve précisément ses racines dans le champ de bataille sémiologique et plus encore dans celui des récits et des images.

L'importance de ce champ de bataille a été implicitement soulignée par Kendi lui-même à l'occasion des dernières élections présidentielles, lorsqu'il s'est particulièrement attardé sur des expressions telles que "vote légal" et "responsabilité personnelle", soulignant le caractère éminemment linguistique du problème. Il reste à savoir si les différentes langues du monde, en particulier celles d'origine européenne, peuvent être repensées dans une optique "inclusive" et "antiraciste", ou si, ayant été codifiées et provenant d'une époque certainement "raciste" (ainsi que "patriarcale", "homophobe", etc.), elles ne devraient pas plutôt être abolies tout court et remplacées par quelque chose d'autre, peut-être créé de toutes pièces, en dehors de la perspective occidentale.

Ce problème affecte la légitimité même des États qui seraient théoriquement appelés à approuver de telles mesures, mais qui sont aussi les rejetons d'un même horizon sémiotique. La conséquence serait qu'aucun État, du moins à l'Ouest, ne serait pleinement légitime. Un message radical dont les conséquences à long terme peuvent être aussi dangereuses qu'impondérables.

Fausses nouvelles : une nouvelle chasse aux sorcières

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Fausses nouvelles : une nouvelle chasse aux sorcières

par Enrica Perucchietti

Source :  Nazione futura & https://www.ariannaeditrice.it

Enrica Perucchietti, journaliste et écrivain, fait un tabac en librairie avec Fake News. Come il potere controlla i media e censura l’informazione indipendente per ottenere il consenso.  (= Fake News. Comment le pouvoir contrôle les médias et censure l'information indépendante pour obtenir un consensus). Ce livre décrit le monde dystopique dans lequel nous avons été catapultés ces derniers mois. Analyses, descriptions, commentaires et réflexions pour démasquer le pouvoir qui contrôle l'information et occulte la dissidence.

Entretien avec Enrica Perucchietti

Fake News vise à démasquer le pouvoir qui contrôle les médias et censure l'information. Pensez-vous que la lutte contre les fausses nouvelles ressemble à une nouvelle chasse aux sorcières ?

Oui, je crois que la lutte actuelle contre les pseudo-fausses nouvelles est en fait une chasse aux sorcières, d’un type très élaboré, visant à réprimer toute dissidence. Elle dure désormais depuis trois ans, et elle a atteint son point culminant pendant le confinement, avec la censure sur le Net de contenus que l'algorithme de service ne considérait pas comme convergents avec le récit officiel sur le Covid-19. D'une part, cette chasse aux sorcières moderne exploite la question de la cyberintimidation, de la haine et de la désinformation sur le web, pour aboutir à l'approbation d'une censure du réseau, en venant à assumer, du DDL Gambaro à la Commission d'enquête parlementaire sur les fausses nouvelles, l'introduction de nouvelles lois ou formes d'amendes et d'emprisonnement pour ceux qui divulguent des nouvelles "fausses, exagérées, biaisées, concernant des données ou des faits manifestement infondés ou faux" ; des normes qui rappellent le crime d'opinion (une forme moderne de psycho-réalité orwellienne), dont le but n'est pas tant de frapper les nouvelles non fondées que la dissidence en général.

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La classe politique prépare-t-elle les nouvelles pour obtenir un consensus et obscurcir les dissensions?

La propagande a toujours été, même en démocratie, un outil de formation de l'opinion publique et d'hétéro-détermination du consensus. La politique, et plus généralement le pouvoir, a intérêt à diriger l'information, qui, surtout au cours de ces derniers mois, est parfois devenue indissociable de la propagande. Un exemple récent est le décret-loi 34/2020 (dit "décret de relance") qui, dans son article 195, a prévu l'allocation de 50 millions d'euros pour la fourniture d'une contribution extraordinaire en faveur des diffuseurs locaux de radio et de télévision (c'est-à-dire des spots) qui s'engagent à transmettre des messages de communication institutionnelle relatifs à l'urgence sanitaire dans leurs propres espaces d'information. On peut imaginer combien d'éditeurs, pour accéder à ce financement, en viendront à accepter de diffuser des spots institutionnels et à aligner leur ligne éditoriale sur une version pro-gouvernementale. Cela conduira bien évidemment à la formation de l'opinion publique en orientant le consensus dans la direction prédéterminée d'en haut (dans ce cas par le gouvernement). Les informations de masse qui se diffusent par le biais des médias grand public et bénéficient d'investissements sont obligées de se soumettre à des lignes éditoriales spécifiques et à la volonté (ou au caprice) des sponsors. Y compris, bien sûr, la censure.

Ce que vous appelez la "psychose antiraciste" se répand. De quoi s'agit-il ?

Cette psychose fait partie du progressisme politiquement correct qui, depuis des années, tente de reprogrammer les consciences. Au lieu de sensibiliser les citoyens sur des questions significatives, elle tente de convertir les masses par la violence, la psychose et l'hystérie, en refusant toute forme de confrontation. En d'autres termes, on a créé une forme de psychopole arc-en-ciel et politiquement correct qui ne tolère pas les déviations par rapport à la pensée unique qui est aussi féroce qu'implacable. Pensons, par exemple, à Black Lives Matter : le mouvement, né après l'homicide dont fut victime George Floyd, a décrété l'interdiction de films parce qu'ils sont considérés comme racistes, sexistes, homophobes ou transphobes, (Variety, le magazine américain culte des cinéphiles du monde entier, a publié une liste de dix films considérés comme "dangereux", de Autant en emporte le vent à Forrest Gump), une autre liste d’œuvres littéraires (de Dante à Lovecraft), une liste de termes considérés comme racistes et a également banalisé la démolition iconoclaste de statues. Cela a généré une véritable psychose qui a touché des domaines inattendus, en changeant une fois de plus le langage et en interdisant l'utilisation de termes tabous. L'Oréal, la multinationale des cosmétiques, a décidé de supprimer le mot "blanc" et "blanchissant" de ses produits : cette décision intervient après que la filiale indienne du groupe Unilever, qui a choisi de rebaptiser sa crème blanchissante pour la peau commercialisée sous le nom de "Fair & Lovely", ait visé un modèle plus "inclusif". Johnson & Johnson a également confirmé aux médias qu'elle ne vendra plus le sérum blanchissant "Fine Fairness" de Neutrogena, mais qu'elle le remplacera par un hydratant d'Indian Clean & Clear, appelé "Clear Fairness Cream". La frénésie antiraciste a également investi le Git-Hub, la communauté des développeurs informatiques, peuplée de programmeurs d'Apple, Microsoft, Google, Twitter, Facebook et sur laquelle les codes sources sont téléchargés et divers sujets sont débattus sur des forums de discussion spéciaux. Le siège a pris la décision d'abolir le terme technique "maître", utilisé dans les logiciels, parce qu'il est trop proche de l'esclavage.

Donald Trump pourrait être un cas d'école, en tant que victime de la censure par Twitter, surtout dans son moment politique le plus délicat : la campagne électorale. Comment analysez-vous l'affaire Trump dans le contexte de la communication ?

C'est un cas emblématique et très grave en termes de liberté de pensée et d'information, puisque - qu'on aime le personnage ou non - Trump a été victime de battage publicitaire, de campagnes de diffamation, de scandales montés et pilotés avec art, voire de censure des réseaux sociaux et des chaînes de télévision. La censure a servi à empêcher à tout prix que certains messages du président sortant puissent pénétrer et se répandre dans l'opinion publique : si cela se produit avec l'occupant de la Maison Blanche, comment peut-on penser que le citoyen moyen sera immunisé ?

Les canulars circulant facilement sur le web sont des canulars, rarement reconnus par l'utilisateur moyen. Serait-ce une bonne habitude de vérifier les faits ?

fake-news-n-e-4d.jpgSi la vérification des faits était objective et ne constituait pas seulement un moyen d'attaquer, de dénigrer et de persécuter des informations indépendantes, elle constituerait une pratique bonne et souhaitable. C'est pourquoi j'ai rejoint le projet de Matteo Gracis du site nobufale.it, dont le but est de vérifier les nouvelles, y compris, toutefois, celles transmises par les médias, qui sont les premiers à se tromper, et non de vérifier les nouvelles et de diffuser de fausses nouvelles.

Sommes-nous en train de revivre un deuxième 1984 ?

Nous risquons de nous réveiller dans un contexte très similaire. En quelques mois, nous avons été catapultés dans une véritable dystopie, un système totalitaire, produit par l'intersection d'idéologies égalitaires, du capitalisme technologique et du contrôle pharmaceutique, incluant la surveillance des citoyens, le déploiement de drones, les amendes sauvages, les propositions de bracelets hi-tech pour la distanciation sociale, la distanciation verticale dans les transports publics, le psycho-policier, le néo-langage avec l'invention de termes ad hoc pour marquer les dissidents (NO MASK , négationniste, etc.), la censure du web, les traitements médicaux obligatoires, la délation, la tempête d’injures sur les réseaux sociaux contre ceux qui osent critiquer les mesures prises par le gouvernement. ), la censure sur le web, le traitement médical obligatoire, etc. La crainte de l'urgence sanitaire a conduit à la création d'une sorte de psychopole dans lequel les citoyens ont joué avec diligence le rôle d'informateurs, prêts à dénoncer toute personne qui, selon leurs paramètres, ne respectait pas les règles. Cela a créé une sorte de chasse au "untore" de la mémoire de Manzoni (vous vous souvenez de la colonne infâme ?) avec le signalement viral de comportements ambigus et la création de groupes Facebook où signaler tout contrevenant aux interdictions. Les "dissidents", c'est-à-dire ceux qui critiquaient l'excès de restrictions, étaient insultés, dénigrés, menacés, coupables précisément de penser mal, comme si leur esprit critique pouvait mettre en danger, voire "infecter", toute la communauté. On peut bien dire que, assombrie, voire écrasée par le poids de la peur, la recherche de la sécurité a conduit de plus en plus de personnes à accepter de s'appuyer sur des mesures autoritaires et répressives pour se sentir en sécurité. Le pouvoir, qui ne s'identifie pas à la politique mais l'exploite et la dirige dans les coulisses, profite des moments de crise pour diriger l'opinion publique de manière de plus en plus sophistiquée, en imposant un principe d'autorité : dans un horizon où tout risque de s'estomper et de disparaître sous le poids des images, où tout devient "relatif" et virtuel, pour comprendre ce qui est vrai et ce qui est faux, il faut se référer à une autorité extérieure pour être rassuré et savoir orienter ses choix.

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La langue est un autre élément étudié dans son analyse. La pathologie du politiquement correct affecte-t-elle également notre façon de nous exprimer ?

Le recours à des néologismes toujours nouveaux, créés avec art, signifie que ce n'est plus nous qui pensons avec des mots, mais que ce sont les mots eux-mêmes qui pensent pour nous. Cela se produit parce qu'ils sont vidés de leur sens, sclérosés, tout comme l'esprit des gens est devenu schizophrène à force d'être manipulé et de vivre dans un présent éternel où l'histoire est constamment falsifiée et réécrite. Le langage est réduit à l'essentiel, les mots deviennent des coquilles vides, idéales pour véhiculer les concepts du « double langage » orwellien, qui peuvent être constamment modifiés, renversés, niés, désavoués. De même que la conscience est nivelée et l'identité de la personne est éradiquée, car "remplie" par les préceptes du pouvoir, de même le langage est vidé. La pensée unique, aujourd'hui, ne nécessite plus une censure violente, bien que le dénigrement et la violence médiatique la remplacent en partie, mais fait de chacun un censeur de lui-même. D'une part, la répression et la violence nous empêchent d'exprimer ce que nous voudrions, par peur d'une réaction; d'autre part, le politiquement correct et le néolangage (la novlangue) rendent de plus en plus difficile non seulement de parler et d'écrire, mais même de penser. Le néo-langage politiquement correct est une construction artificielle et bureaucratique ; c'est une langue pour les fanatiques idéologiques, qui infecte le monde entier, s'imposant par des slogans et une dépendance aux médias. Aujourd'hui, nous pouvons observer de nombreux exemples de néo-langage, mais le plus flagrant est le processus de réécriture du langage, qui a été imposé par le gender friendly pour subjuguer mentalement les consciences et les empêcher de "penser", et surtout de penser de manière "hérétique".

Revenant sur la forme du langage, quand le pouvoir "s'adresse au public comme à des enfants" ?

L'exploitation de l'émotion est une technique classique, une règle d'or, pour provoquer un court-circuit dans une analyse rationnelle. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte à l'inconscient, d'implanter ou d'injecter des idées, des désirs, des peurs et des craintes. Walter Lippmann a déjà expliqué l'importance de l'empathie : une personne finit par s'identifier à une idée ou à une image lorsqu'elle la sent sienne, c'est-à-dire lorsqu'elle éprouve un sentiment de participation émotionnelle et donc de proximité.

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Comment la stratégie de distraction est-elle mise en œuvre ?

Elle est l'élément principal du contrôle social et consiste à détourner l'attention du public des problèmes et des changements importants décidés par les élites politiques et économiques, par la technique du déluge ou de l'inondation de "distractions" continues et d'informations insignifiantes. C'est-à-dire qu'il vise à occuper le public sans lui donner le temps de réfléchir, le rendant ainsi "passif". Déjà Aldous Huxley notait, dans Le meilleur des mondes revisité, comment les puissants avaient compris que, pour contrôler les masses, il fallait agir sur "l'appétit presque insatiable de distractions" de l'homme. En ce sens, explique le romancier anglais, l'industrie des médias est décrite comme l'un des bras armés des gouvernants, visant non pas tant à communiquer le vrai ou le faux, mais plutôt à offrir l'irréel, c'est-à-dire une évasion du réel qui oblige l'homme à se distraire des contingences sociales, économiques et politiques. Cette règle peut également être appliquée aux scandales, aux nouvelles ou aux commérages, qui servent à détourner l'attention de l'opinion publique de problèmes beaucoup plus urgents. Il comprend également tous les événements sportifs ou spectacles qui parviennent à attirer une attention considérable des médias et donc du public.

L'urgence de Covid19 a été un test pour la communication au grand public. Quel a été l'effet sur la population ?

À partir des différentes versions émises sur la propagation de la contagion, pendant les mois de la pandémie du Covid-19, les informations officielles étaient virtuelles, contradictoires et parfois schizophrènes, alimentant un récit catastrophique et générant la terreur et la psychose de masse. Au cours des premiers mois, je pense que le caractère vague des informations était dû en partie au manque de transparence dans la gestion initiale de la pandémie par la Chine et en partie à la diffusion de données contradictoires et peu claires par les organismes institutionnels et les "experts". Pendant des semaines, même les journalistes n'ont pas pu comprendre la gravité de la situation, car les déclarations - parfois exprimées superficiellement et à titre personnel - des "experts" étaient trop diverses et contradictoires. D'où la désorientation et la perception publique de l'information "virtuelle". Dans les mois qui ont suivi, on a cependant pu constater que les médias ont délibérément choisi de continuer à cautionner le catastrophisme et d'accroître l'anxiété et la psychose, poursuivant une criminologie de la santé visant à maintenir un climat de peur élevé et justifiant des mesures répressives clairement destinées à maintenir la pression jusqu'à l'arrivée du vaccin. Le fait que l'opinion publique soit divisée même sur une question aussi sensible que la pandémie du Covid-19 montre clairement que l'information, de plus en plus spectaculaire, peine parfois à être crédible, précisément parce qu'elle semble avoir abandonné l'objectivité et la recherche de la vérité pour se soumettre à des lignes éditoriales spécifiques ou simplement pour faire de l'audimat, capter quelques clics ou vendre quelques exemplaires supplémentaires d'un journal. Dans ce cas, même les journalistes se sont trouvés obligés de courir après des informations confuses et contradictoires émanant d'organes officiels : comme ils sont tous devenus des "experts" mais sont tous en contradiction les uns avec les autres, il a été difficile de reconstituer et de diffuser des informations correctes.

Davos, le Covid-19 et la grande réinitialisation

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Davos, le Covid-19 et la grande réinitialisation

"Guerre" et Covid, considérations amorales
 
Irnerio SEMINATORE

La Réinitialisation

La Réinitialisation, ou le "Great Reset" est le guide prospectif de "Davos", phare du globalisme référentiel, pour repenser le système international, améliorer le capitalisme, apporter des solutions aux défis planétaires et esquisser un nouvel ordre mondial. Pour les adeptes de la théorie du complot, il s'agirait de la mise sur pied d'un plan mondial de contrôle, de manipulation et de destruction malthusienne de la population, sur fonds de pandémie Covid 19 et du réseau 5G. La droite réformiste et multilatéraliste du globalisme, s'opposerait ici, à l'aile souverainiste et multipolariste du mondialisme.

La réinitialisation serait au même temps le Graal de "Davos" et le secret inavouable des globalistes de la grande finance, dont l'idéologie se constitue autour d'un projet de dépopulation planétaire et donc d'une philosophie génocidaire, à expérimentation smart et transversale, pour mesurer concrètement les failles du système, âpre et asymétrique. L'hypothèse de base de ce projet, grâce au Covid19 est de reconstruire la société sur une économie durable, qui a ses limites dans l'insuffisance des ressources et dans l'inadaptation des politiques censées les distribuer.

Qui ne se rappelle à ce propos du Rapport Meadows sur "Les limites à la croissance" de 1972, qui fut commandé au Massachusetts Institute of Technology (MIT), par le "Club de Rome" ? Personne ne peut oublier, à ce même propos, l'incontournable "1984" de Orwell, publié en 1949, sur les formes de totalitarisme qui se cachaient derrière la façade de la Novlangue, l'universalisation de la restriction des limites de la pensée.

41y7IMyPZzL._SX315_BO1,204,203,200_.jpgLe Rapport Meadows

Le premier modélisait l'empreinte écologique des principales interactions du "Système Terre": population, économie, énergie, production agricole et industrielle. Il mettait en avant le danger, pour l'environnement planétaire des conséquences dramatiques d'une croissance démographique et économique exponentielle de l'humanité sur le long terme et faisait état des risques de catastrophe environnementale et économique, liés à la quête de croissance, à partir de ressources limitées et d'un monde fini. Le rapport concluait à l'urgence de freiner l'augmentation de la population ainsi que l'industrialisation. La théorie de l'interdépendance, conçue dans la même année, 1972, par le "Rapport Spécial du Département d’État américain", servait parfaitement ce modèle et laissait entrevoir une possible convergence d'intérêts entre Est et Ouest, capitalisme et socialisme.

Les modalités des calculs du Rapport Meadows comme la dimension alarmiste du rapport firent l’objet de nombreuses controverses, en particulier l’idée que le franchissement de certaines limites conduirait nécessairement à un effondrement économique et à une baisse massive de la population. Ce travail précurseur a largement contribué à une prise de conscience non seulement de la fragilité de l’écosystème, mais aussi des "boucles de rétroaction" qui le régissent et des questions démographiques en matière d’environnement. Selon Laure Waridel et Philippe Descamps, les conclusions du rapport Meadows tiennent toujours la route et son rejet témoigne de la force des biais cognitifs quant aux effets de l’activité humaine sur l’environnement et en appelle toujours à freiner la croissance et à protéger la biodiversité.

91AXG-rkZJL.jpg"1984" de George Orwell

Le deuxième modèle, "1984" de Orwell, se donnait pour but, dans un monde obstinément bipolaire et radicalement antinomique de restreindre, avec le paradoxe de la Novlangue, les limites de la pensée, de manière à ce que les crimes de celle-ci, l'opposition, l'insubordination ou la révolte, n'aient plus de mots ou de concepts pour l'exprimer (toute analogie à l'actualité est purement arbitraire). D'autres penseront pour vous, par des procédés du haut vers le bas de la société !

L'insémination des idées comme celle des enfants procédera par des méthodes artificielles. D'autre part la réinterprétation et le renversement mémoriels du passé transformeront le mensonge en vérité.

L'abattement des statues des grands hommes, le changement de noms des édifices et des rues,la modification et le trucage des photos, ou encore les actuelles fake-news, altéreront et modifieront le passé et deviendront les vérités du moment, le sang bouillant qui nourrit l'esprit de révolte. Ils seront le tombeau de l'autorité ! Dans ces conditions la réinitialisation devient nécessaire et se colore de la promesse de la Bible et la mondialisation représentera le rachat de la dégénérescence du christianisme.

Le Covid de Davos

Le Covid est une chance pour Davos ! Les complotistes, les conspirationnistes et les vérificateurs de la pensée ont acquis la certitude qu'elle avait été inventée, créée à dessein, dans les laboratoires militaires de Wuhan ! Et bien non !

81TBcvgYqNL.jpgElle vient d'un monde inique et pervers, qu'il faut réformer et un changement radical s'impose ! Profitons de cette occasion historique ! "Il s’agit, - clame d'en haut le tout-puissant Docteur Schwab, Président-Fondateur de Davos,- de rendre (le monde) moins clivant, moins polluant, moins destructeur, plus inclusif, plus équitable et plus juste que celui dans lequel nous vivions à l’ère pré-pandémique." Une véritable révolution ! Ni rouge ni noire, mais verte ! Elle rendra notre vie, déjà difficile, définitivement plate et sans oppositions.

En effet la réinitialisation, n'est pas une conséquence du Covid, mais une opportunité fondatrice. Il faudra agir "ensemble et rapidement, afin de réorganiser tous les aspects de nos sociétés et de nos économies, de l’éducation aux contrats sociaux et aux conditions de travail. Chaque pays, des États-Unis à la Chine, doit participer, et chaque industrie, du pétrole et du gaz à la technologie, doit être transformée." Une grande révolution globaliste blanche, inclusive et laissant derrière nous le Mal (les oppositions) et les grandes iniquités sociales. Voici le terrifiant message de Davos. Il est existentiel et biblique ! En clair le choix de chacun se résumerait aux expressions les plus simples : Politique ou science bridée ? État ou individu ? Démocratie ou totalitarisme ? Au niveau inter-étatique et systémique, le champ de la pandémie aura pour confrontation l'emprise du pouvoir de l'hémisphère Nord sur le Sud, ou bien de l'Est sur l'Ouest ? Et la réinitialisation sera-t-elle souple et  multilatéraliste et par conséquent interne à l'actuelle hiérarchie des pouvoirs mondiaux, ou, en revanche, multipolariste et disruptive, exigeant une guerre nucléaire ? Elle sera de nature à comporter un coup d’État globaliste à l'intérieur de la Triade. Et quel sera le choix de l'Europe et de l'Otan dans ce terrain, totalement nouveau, d'expérimentation et d'expérience historique ?

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Guerre et Covid19. Considérations amorales

Si le Covid est considéré comme une forme de guerre et donc comme un aspect de la politique mondiale, interne à la logique d'affrontement régulier du système, dont le but inavouable serait un projet de dépopulation de la planète et donc une grande purge générale du monde, un accord entre les puissances globales (Triade- USA, République Populaire Chinoise et Russie, ou avec les noms de 1984 d'Orwell, Oceania, Eurasia et Eastasia) est nécessaire pour le contrôle mesuré de la pandémie. En revanche, si le Covid n'est qu'un complément de la politique d'hégémonie et de suprématie systémiques, tous les autres moyens de la politique seront nécessaires pour affermir ses intérêts, y compris la guerre nucléaire et génocidaire, à côté des gains (en morts) de la pandémie. Ainsi la perspective de résolution de la pandémie ne concernerait plus seulement un choix de régime et de société, ni même une révolution blanche, mais une option de fond sur la nature civilisationnelle du système hégémonique de demain et sur la détermination, conséquente et contraignante, des grands choix éternels de la philosophie. Cette option aura pour référence de base le citoyen ou le peuple et, par là et en conséquence ultime, la garantie de sécurité de l’État; autrement dit une soumission conditionnelle et relative de l'individu au pouvoir en Océania ou, par une sorte d'antinomie conceptuelle, une subordination intégrale et totale de l'individu au Pouvoir et au "Ministère de la Vérité", en Estasia, où le souverain est le démiurge arbitraire du destin des nations.

Bruxelles le 13 décembre 2020

lundi, 14 décembre 2020

Télétravail, la rupture...

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Télétravail, la rupture...
 
par Hervé Juvin
Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Hervé Juvin,  cueilli sur son site personnel et consacré aux conséquences de la généralisation du télétravail provoquée par les les mesures sanitaires de lutte contre l"épidémie.

Économiste de formation et député européen, Hervé Juvin est notamment l'auteur de deux essais essentiels, Le renversement du monde (Gallimard, 2010) et La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013). Candidat aux élections européennes sur la liste du Rassemblement national, il a publié récemment un manifeste intitulé France, le moment politique (Rocher, 2018).

Télétravail, la rupture

Et si les conséquences politiques et sociales de la réponse au COVID19 comptaient à la fin bien plus que les effets directs et indirects de la maladie ?

Télétravail, des heureux

Et si la réponse au COVID19 avait accéléré la fin de la société salariale européenne, de sorte que c’est est fini du travail au bureau, des immeubles de bureaux, et de la vie au travail telle que la société du tertiaire l’a réalisée et vécue pendant un demi-siècle, partout en Europe, telle qu’est s’est généralisée au point que l’universalisation du salariat semblait écrite ?

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Cette société de conseil, sise à la Défense, réduit sa superficie de bureaux des deux tiers, économisant au passage plusieurs centaines de milliers d’euros de loyers, et adopte le principe du « deux tiers télétravail ou chez le client, un tiers au bureau ou chez le client ».

Ce cadre dirigeant d’une banque voisine le reconnaît à mi-voix ; après un premier confinement (raté) à Paris, un second confinement (réussi) sur le bassin d’Arcachon, devenu virtuose dans l’art de manier téléconférences et webinaires, l’idée de revenir au bureau chaque jour de la semaine est devenue totalement improbable, et le travail à distance s’impose comme une évidence.

Et ces investisseurs britanniques et luxembourgeois de faire leurs calculs ; mettre en télétravail la majeure partie des salariés employés des sociétés dans lesquels ils ont investi, économisé l’espace de bureau, les abonnements et les frais correspondants, peuvent augmenter les dividendes de moitié dans l’année !

Ils ne font que tirer objectivement les conséquences financières d’un état de fait que bien peu semblent vouloir regarder en face ; les entreprises, et en fait leurs actionnaires, ont réussi ce dont ils rêvaient depuis longtemps, reporter le coût de l’outil de travail sur le salarié. Nous en revenons au travail à domicile, au travail à façon, au travail à la pièce !

Le télétravail soulève de vraies questions pour notre société

C’est entendu, le salarié pourra, ou devra, être en télétravail la majorité du temps — rappelons que dans une France dont les services représentent plus de 70 % de l’activité, c’est à peu près le tiers des salariés dont la nature du travail n’implique pas la présence physique sur le lieu de travail, chez le client, ou dans un lieu défini ; le déport des tâches vers le client final (par exemple dans la banque, qui rêve de fermer ses guichets et de déporter toutes les opérations sur le numérique) accélère l’évolution en ce sens.

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Qu’en est-il du télétravailleur ? Qu’il travaille depuis son appartement, sa résidence secondaire, ou un bureau qu’il a loué, c’est à lui d’assumer le coût de son lieu de travail, des abonnements d’électricité, de chauffage, d’Internet qui vont avec, et de son poste de travail (bien sûr, certaines entreprises prendront tout ou partie de ces coûts en charge. Seront-elles les plus nombreuses ?) Et, pour les entreprises qui n’ont pas de chèques déjeuner, et au titre de dispositions récentes du gouvernement, c’est à lui de supporter intégralement le coût de ses repas. Il est généralement estimé qu’un poste de travail acceptable occupe au moins 5 min 2 s à 6 min 2 s. Pour certains, le prix du m2 est négligeable ; à Paris, ou dans les autres métropoles, disposer d’un bureau individuel pour télétravailler est un luxe qui se paie, et quine pourra pas toujours se résumer à occuper un coin de la table de la cuisine, ou du salon !

L’organisation concrète du télétravail dans la durée pose des questions à ce jour peu résolues. Celles bien sûr de la construction et de l’animation du collectif ; que devient l’équipe, le service, l’entreprise même, quand les contacts à distance se substituent à la proximité du lieu de travail commun ? Et que devient cette fabrique de l’intelligence collective et de l’intimité professionnelle qu’est la machine à café, ou le restaurant d’entreprise ? Celles de la gestion du temps de travail, de la disponibilité et de la présence au travail.

Vers une réorganisation complète du lien salarial !

Qui n’a des exemples des débordements auxquels les mails, les téléconférences, les messages « urgent » envoyés à des heures baroques, soumettent des salariés qui de fait, n’ont plus d’horaires — c’est-à-dire ne ferment plus jamais la porte du bureau ; ils n’ont plus de bureau ! Et qui n’anticipe une déstructuration des temps sociaux qui transforme tout ce que nous croyions savoir sur la séparation entre temps de travail et loisir, entre présence au bureau et temps amical ou familial, etc. ? Le plus grave est d’une tout autre portée ; elle touche le fonctionnement démocratique lui-même. Le contact direct, dans l’entreprise comme entre citoyens, permet de confronter les points de vue, d’opposer les opinions, de creuser les désaccords — pas la téléconférence. La fabrique de la bonne décision, comme celle du vote, suppose cette expression qui peut avoir lieu en face à face, mais que les figurines en damier sur l’écran de « zoom » ne permettent pas. Dans l’entreprise comme à un Parlement européen tenté par le « tout virtuel », il faut mesurer ce qui est perdu, et qui s’appelle construction collective de la décision et du choix.  

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Il est plus que vraisemblable que les entreprises saisissent l’occasion donnée par la réponse publique à la pandémie, le télétravail, pour pérenniser et généraliser une modalité de travail qui a pour elles d’immenses avantages, au moins à court terme — et d’abord, celle de diviser les prix de leurs loyers et de leurs fournitures. Et il est tout aussi vraisemblable que cette occasion débouche sur une remise en cause du salariat, comme lien de subordination, comme engagement réciproque dans le temps, et comme institution de socialisation. Quand tout le travail est effectué « à la maison », avec un contact épisodique avec le chef de service, le manager ou le directeur qui agissent en donneurs d’ordres et en maître d’œuvre, avec un contrôle qualité et des livrables prédéfinis, qui a dit que le mot de « salarié » avait encore un sens ? Que deviennent la subordination et le lien hiérarchique, sinon ceux d’un prestataire à son client ? et quelle est la différence en un salarié en télétravail permanent, et un contrat de service de longue durée ?

Les expériences accumulées récemment, comme les expériences plus anciennes conduites dans des entreprises (EDF, etc.) et sous le contrôle de syndicats attentifs ont mis en avant l’ambigüité du télétravail, les risques de désocialisation qu’il peut entraîner, la difficulté à maintenir des rythmes de vie structurés, la difficulté plus grande encore à partager le savoir et à faire progresser la communauté de travail en mutualisant les retours d’expérience. La pression du court terme laisse peu de choix aux entreprises. C’est là que la politique sociale et conventionnelle devrait reprendre ses droits. Comme politique industrielle, comme politique des revenus, politique de l’emploi et politique du travail ne sont pas des gros mots.

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Et tout indique, des effets inouïs du numérique aux pratiques issues de la pandémie, qu’aucun gouvernement ne pourra longtemps laisser sans y répondre une situation qui conduit à la fois à l’éclatement du salariat comme nous l’avons connu, à une précarisation de l’emploi et des parcours professionnels sans précédent, à une « ubérisation générale » des emplois (nombre de professions dites « intellectuelles » se trouvant ravalées au rang de « petits boulots » précaires), et peut-être aussi à des libertés des offreurs de compétences et de services qui peuvent déboucher sur de nouvelles dynamiques et de nouvelles performances — hors de l’entreprise comme nous la connaissons, et de l’emploi comme nous l’avons connu.

L’entreprise comme assembleuse de compétences externes, l’entreprise comme conceptrice et ordonnatrice de réseaux de prestataires travaillant à la demande ; le travail comme travail à façon, travail à la demande, le travail comme prestation de service, disponibilité, ou vente d’informations ; ni les entreprises seules, ni les salariés devenus autoentrepreneurs, seuls, n’ont la capacité d’organiser, structurer et sécuriser leurs relations, et d’organiser la nouvelle société qui remplace déjà la société salariale. Car l’État seul, et les institutions, et la négociation collective peuvent faire de cette transformation un progrès, et assurer que la facilité du télétravail et le mirage du travail chez soi débouchent bien, pour finir sur le meilleur travail et la meilleure activité.

Hervé Juvin (Site officiel d'Hervé Juvin, 1er décembre 2020)

L'OTAN cherche le conflit

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L'OTAN cherche le conflit

Par Finian Cunningham

Source : https://www.ariannaeditrice.it

L'alliance militaire queconstitue l'OTAN, dirigée par les États-Unis, est comme un junkie belliciste  qui a besoin d'injecter des conflits et des tensions pour obtenir une "justification" de son existence.

La dépendance pathologique de l'OTAN à cette drogue belliciste s’est révélée à l’évidence avec la publication, la semaine dernière, de sa déclaration intitulée "OTAN 2030 - Unis pour une ère nouvelle".

En lisant entre les lignes de cette déclaration, il est clair que les planificateurs de l'alliance cherchent désespérément une justification officielle "pour pouvoir demeurer pertinents", plus de 70 ans après la création du bloc militaire en 1949, au début de la guerre froide avec l'Union soviétique.

Et les dirigeants de l’OTAN trouvent "justification" à leur existence en parlant de menaces imaginaires, posées par la Russie et la Chine. La guerre froide doit être maintenue, sinon l'OTAN deviendra lettre morte. Et les drogués au bellicisme ne peuvent pas laisser cela se produire.

Dans ses discours, Jens Stoltenberg, dirigeant civil de l'OTAN, a exagéré la menace d'agression en accusant la Russie et la Chine de "se rapprocher de nous" de "l'Arctique à l'Atlantique". Selon le chef de l'OTAN, le remède pour relever ce "défi" consiste, pour l'alliance, à déployer encore plus de forces et de bases militaires aux frontières de la Russie et probablement aussi de la Chine.

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En guise de rappel à la réalité, le Commandement de la flotte russe de la Baltique a publié cette semaine des données montrant qu'au cours des douze derniers mois, les États-Unis ont multiplié par cinq les vols de bombardiers stratégiques près des frontières occidentales de la Russie par rapport à l'année précédente. Ces avions sont capables de lancer des armes nucléaires. Cela s'est fait sous la présidence de Trump qui était censé être "modéré" face à la Russie et essayait de "normaliser" les relations bilatérales (selon ses critiques libéraux).

En outre, les États-Unis et la Pologne, membres de l'OTAN, ainsi que la Roumanie, déploient des missiles balistiques capables de frapper la Russie dans les minutes qui suivent leur lancement.

Pendant ce temps, Washington a mis au rebut une autre institution de contrôle des armements, le traité "Ciel ouvert", ce qui signifie que la Russie a été empêchée d'effectuer des vols de surveillance réguliers pour surveiller l'éventuelle montée en puissance de l'armée américaine.

Ce qui précède fait suite à la destruction, l'année dernière, par l'administration Trump du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) de l'époque de la guerre froide, qui pourrait ouvrir la voie au déploiement par les Américains d'armes nucléaires dites "tactiques" en Europe, dirigées contre la Russie. Une fois de plus, Trump, selon les médias mainstream, était censé être un "larbin" de la Russie. Arrêtez la propagande !

Les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN ont également l'intention de déployer davantage d'armes nucléaires tactiques près du territoire chinois. Cela expliquerait pourquoi Washington a abandonné le traité FNI. Alors que les Américains accusaient la Russie de violer ce traité, la vraie raison était que Washington se donnait carte blanche pour déployer des armes qui auraient été interdites dans des positions offensives vis-à-vis de la Chine.

Alors, qui menace qui ? La "déclaration d'intention" de l'OTAN accusant la Russie et la Chine de représenter une menace croissante est manifestement absurde. Elle met la réalité sens dessus dessous et l'articule avec une double pensée flagrante, ou une duplicité pure et simple.

L'OTAN est accro à la création d'ennemis parce qu'elle doit trouver un moyen de justifier les dépenses de près d'un trillion de dollars par an en armements militaires. Il s'agit des dépenses combinées de "défense" des États-Unis et de leurs alliés de l'OTAN. Ces dépenses représentent environ 20 fois celles de la Russie et de ses forces armées et cinq fois celles de la Chine.

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Le complexe militaro-industriel est une composante essentielle de la politique économique du capitalisme occidental. Les lobbyistes de l'industrie et les pots-de-vin substantiels font en sorte que les politiciens de Washington et de l'Europe sont achetés pour danser joyeusement au son des flûtes atlantistes et ainsi, pour maintenir en vie tout le racket de l'argent militaire. Cela explique les achats très onéreux de chasseurs-bombardiers F-35 et le remplacement des armes nucléaires en Italie, en Belgique et en Allemagne.

Mais au-delà de tout cela, l'OTAN n’est rien d’autre que le fer de lance de l'impérialisme américain. Sans la couverture politique de l'OTAN, Washington n'a pas le vernis du "multilatéralisme" quand il veut lancer des guerres à travers la planète. Garder l'OTAN unie, ou "rester pertinente" comme le disent par euphémisme ses planificateurs, est essentiel pour blanchir les opérations criminelles de l'impérialisme américain.

Avec une audacieuse distorsion orwellienne de la réalité, l'OTAN se retourne ensuite et accuse la Russie et la Chine de menacer la paix et la sécurité mondiales.

Le président élu Joe Biden parle de renforcer l'alliance de l'OTAN tout en pointant du doigt la Russie et la Chine, ce qui est inquiétant. Et les laquais euro-américains semblent disparaître du débat face à la perspective d'un plus grand aventurisme de l'OTAN. L'Amérique "est de retour", comme le déclare Biden, et les larbins européens sont ravis d'être impliqués dans de nouvelles guerres et de nouvelles agressions (celles perpétrées en Irak, en Afghanistan, en Somalie, en Libye, en Syrie, n'ont pas suffi).

Les fous bellicistes s'agitent dans cet asile qu’est devenu l'OTAN. Les camés bellicistes aspirent à une solution apocalyptique.

Avec les économies capitalistes occidentales en pleine crise et les problèmes sociaux en hausse, le danger est bien réel que les hallucinations de l'OTAN sur la Russie et la Chine finissent par déclencher des guerres.

Les gouvernements imbéciles d'Europe sont tous, autant qu’ils sont, à la merci de Washington et des centres de commandement de l'OTAN ; ils acceptent les mensonges de la propagande et les font leur, niant ainsi la réalité. L'exemple le plus frappant est la complicité de l'OTAN avec les groupes terroristes djihadistes sur les théâtres du Moyen-Orient, en particulier en Libye et en Syrie, où l'OTAN a utilisé ces fanatiques pour renverser des gouvernements légitimes que Washington n'aime pas, pour ensuite devoir faire face au retour de ces terroristes, ceux qui ont quitté l'Europe (les fameux combattants étrangers) et tirer la sonnette d'alarme sur le danger d'attentats, qui se sont régulièrement produits en France, en Allemagne, en Belgique et en Grande-Bretagne. Cependant, la leçon de ces épisodes n'est jamais apprise par les laquais européens de Washington et de l'OTAN.

Note sur l’auteur :

*Finian Cunningham a beaucoup écrit sur les questions internationales, avec des articles publiés dans plusieurs langues. Il est diplômé en chimie agricole et a travaillé comme rédacteur scientifique pour la Royal Society of Chemistry, à Cambridge, en Angleterre, avant de poursuivre une carrière de journaliste d'investigation. Il est également musicien et auteur de chansons. Pendant près de 20 ans, il a travaillé comme rédacteur et écrivain dans des médias de premier plan, dont The Mirror, Irish Times et Independent.

Source : Information Clearing House

Traduction et note de bas de page : Luciano Lago

 

dimanche, 13 décembre 2020

COVID-19: Quand l'Absurde devient Norme

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Café Noir N.01

COVID-19: Quand l'Absurde devient Norme

Une émission de Pierre Le Vigan et Gilbert Dawed

Café Noir – Un Autre Regard sur le Monde.
Émission du Vendredi 11 décembre 2020 avec Pierre Le Vigan et Gilbert Dawed.
 

samedi, 12 décembre 2020

Distanciation sociale et fraternité spirituelle

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Distanciation sociale et fraternité spirituelle

Un message du Groupe "Heliodromos" (Italie)

A méditer pendant le confinement et l'obligation à la distanciation sociale

Ex: https://www.azionetradizionale.com

Ce qui s'assemble aujourd'hui, artificiellement, jour après jour, sous nos yeux, prend de plus en plus le caractère sans équivoque d'une civilisation mécanique et anti-humaine, fondée sur une forme de barbarie sociale et politique dans laquelle, s'inspirant d'Ortega y Gasset, l'homme d’excellence ("celui qui exige beaucoup de lui-même"), est supplanté par l'homme vulgaire ("celui qui n'exige rien, mais se contente de ce qu'il est, et reste admiré de lui-même"), prêt à sacrifier toute liberté, dont il ne sait que faire, pour prolonger d'un jour seulement sa propre misérable et inutile survie terrestre. Le remplacement radical du paradigme sur lequel reposait l'existence de tout un chacun, il y a seulement quelques mois, est le signe d'un véritable tournant d'époque, qui laisse entrevoir une étape supplémentaire et définitive de l'action anti-traditionnelle, dont René Guénon nous a magistralement fait prendre conscience.

unnamedhdcouv.pngPour rester dans l'ère moderne, il s'est passé quelque chose de semblable, et tout aussi extrême et définitif, avec l'Humanisme, introduit suite à la Peste noire qui a clos le Moyen-Âge, entraînant la dissolution politique qui a vaincu l'Empire en le remplaçant par les Nations ; la dissolution religieuse et spirituelle marquée par la Réforme protestante ; la dissolution anthropologique, artistique et culturelle représentée par la Renaissance : après cette période, rien n'était plus vraiment comme avant. Jusqu'à ce que, par le truchement des Lumières, la Révolution française achève le travail de sape des siècles précédents et forme la matrice de toutes les tendances subversives et anti-humaines ultérieures.

La qualification négative croissante (qu'il serait plus correct d'appeler "disqualification") des agents humains est désormais bien visible : ces agents sont devenus les instruments et les porteurs de germes dissolvants, et ont obtenu l'accès au sommet des organes de l'État et des institutions publiques, lesquels sont de plus en plus "défectueux", voués aux vices, à la dépravation et à des perversions plus ou moins cachées. Ce processus involutif avait encore naguère pour vecteurs-accélérateurs l'inadéquation et le manque de qualité croissants de ceux qui étaient censés contrer ces processus, les réduisant à la seule vague concrétisation et à l'organisation de simples actes réactifs. On a donc recours à une attitude passive et perdante, car ceux qui réagissent partent d'une position de faiblesse, ayant déjà pris "gifles et coups", et se retrouvent à se battre sur le terrain choisi par l'adversaire.

Le fait est que les civilisations fondées sur des principes traditionnels, comme l'ont été les civilisations romaine et médiévale dans nos régions du monde, dans lesquelles l'homme a encore joué un rôle actif, devenant en même temps à la fois le récepteur et l’émetteur des influences spirituelles que ces réalités animaient, ont été suivies d'expressions de plus en plus partielles et incomplètes telles que, pour en rester aux étapes subversives mentionnées ci-dessus, la Contre-Réforme de l'Église catholique, le Légitimisme contre-révolutionnaire du XIXe siècle, jusqu'aux Fascismes européens du siècle dernier : les derniers émetteurs du témoin et le flambeau d'un feu toujours moins pur et moins vivant.

En arrivant à l'époque contemporaine et en regardant la farce sanitaire actuelle, tous ceux qui tentent, avec mérite, d'échapper   (- avec des nuances et des points de vue différents, pas toujours conciliables les uns avec les autres -)   au chœur bêlant du troupeau terrifié par le virus, ne font finalement que "répondre" et "réagir" à la narration officielle du pouvoir pharmaceutique et de ses infâmes serviteurs, en acceptant leurs arguments et leur champ de bataille, à commencer par la bataille de l'information. Peut-être quelqu'un se sentira-t-il encore libre et en pleine possession de ses facultés intellectuelles, simplement parce que le Pouvoir lui permet (pour peu de temps encore, vous verrez !) de se livrer au sarcasme et à l'ironie - comme toujours amplifiés dans les moments de crise et de difficulté - en se moquant des éléments marginaux et périphériques de toute l'orchestration. Se réduisant ainsi à utiliser les mêmes thèmes avec lesquels cette énorme fiction a été construite, en essayant seulement d'en inverser le sens, et d'en expliquer les données et le contenu d'un point de vue partiel ; manquant la vue d'ensemble, qui ne peut venir que de la connaissance des lois cycliques traditionnelles. Avec la circonstance aggravante de tomber dans le syndrome démocratique, qui prétend communiquer la vérité à quiconque, en raison du besoin sentimental de partage unanime et collectif. Alors qu'il devrait être établi depuis longtemps qu'il ne vaut la peine de se dire des choses que parmi ceux qui parlent la même langue.

heliodromos-20_21.jpgLe désir de sauver tout le monde (même ceux qui n'ont aucun désir d'être sauvés ! ) et le prosélytisme qui en découle, naissent, après tout, du fait que l'on se sent lié à tout le monde, sans distinction ; ignorant par culpabilité - du moins ceux qui ont une formation traditionnelle et anti-moderne - ce qu'Evola affirmait en son temps, dont l'enseignement est très précieux et décisif dans des moments comme le présent qui voit la prévalence de la confusion et de la désorientation, dans une de ses phrases les plus citées : "A partir d'un point donné, plus de sang, plus d'affection, plus de pays, plus de destin humain, on ne peut encore se sentir uni à quelqu'un. Unis, vous ne pouvez vous sentir unis qu'avec ceux qui sont sur le même chemin que vous".

Comme les données traditionnelles nous le montrent, à la fin du cycle actuel de l'humanité, le renversement parodique de tout principe et de toute institution, politique ou religieuse, devra nécessairement se produire, à partir des mêmes castes, sous réserve d'une inévitable "régression" dans leur rôle et leur signification d'origine, qui les conduira à un renversement total, au point qu'ils se retrouveront aux plus hautes fonctions, non seulement ceux qui étaient autrefois les Çûdra, mais aussi les parias et les intouchables, avec lesquels tout contact était interdit dans la civilisation hindoue. Et quel meilleur signe qu'une telle interdiction, que l'introduction parodique et ridicule de la distanciation sanitaire comme nouvelle condition de toute future coexistence humaine et sociale ?

Revenir donc à la phrase d'Evola qui vient d'être mentionnée : "partir d'un point donné" était déjà quelque chose qui, historiquement, avait sa validité objective par rapport aux tournants d'époque qui se sont produits au cours des siècles passés, mais qui prend une actualité définitive avec les événements que nous vivons aujourd'hui. D'autant plus si ce changement s'opère au sein des consciences, où les événements extérieurs ne représentent qu'un reflet de révolutions bien plus profondes que la misérable chronique quotidienne. Parmi les effets involontairement favorables de la mise en place des soins de santé, il faut cependant noter la clarification de la discrimination entre esclaves et opposants, entre les adeptes non critiques et obtus du récit officiel et ceux qui ont une ouverture d'esprit éclairée par la réflexion de la raison, toujours capables de poser des questions. Avec ceux qui portent le masque partout, convaincus qu'ils sauvent leur peau, avec ceux qui se saluent de la façon la plus étrange, en évitant soigneusement les étreintes et les poignées de main (gestes qui sont devenus, qui l'aurait cru, révolutionnaires !), avec ceux qui aseptisent même les pensées, nous ne pouvons rien avoir à partager. Et cela vaut en particulier pour les soi-disant partis, mouvements, cercles et initiatives de la "droite", non moins alignés que d'autres : par commodité, par peur et par manque évident de foi et de cohérence avec ce qui est dit en paroles. Au moins, ils auraient le courage de se saluer romantiquement, plutôt que de se barrer comme des ivrognes !  

Ainsi, "plus que par le sang" on peut se sentir uni (face aux décrets ministériels !), compte tenu de la désintégration et des attaques subies contre les liens familiaux et contre tous les descendants généalogiques, privant la société de son unité de base et de l'une de ses plus grandes forces et de sa stabilité. Il en résulte que des liens plus forts avec des personnes extérieures à la famille qu'avec les frères et sœurs naturels eux-mêmes peuvent être établis, lorsqu'une union horizontale et naturaliste est remplacée par une union verticale et spirituelle, en vue de projets communs et d'intérêts supérieurs qui transcendent le profit économique et héréditaire. Et, surtout, "plus que par les affects", étant donné la vacuité actuelle des liens sentimentaux, où l'intérêt personnel et l'égoïsme prévalent, au détriment du dévouement amoureux et de l'altruisme désintéressé, parce que l'amour authentique n'est pas quelque chose de froid, d'abstrait, d'indifférencié, de calculé et visant un rendement matériel. Il est vivant, chaleureux, intense et fortifiant. Par conséquent, pas même "plus que par la patrie", dégradée au rang de « comité de la nation et des entreprises », puisque le rôle du Père, dont elle a tiré son nom et sa signification, avec l'imposition de ses limites (au consumérisme en général et aux "droits" également marqués par les idéologèmes consuméristes) et de ses règles, a disparu, n'est plus fonctionnelle dans la société capitaliste, avec une prédisposition naturelle à l'audace, au risque et au danger, à la virilité et à la valeur, considérée comme un gaspillage inutile par la société dans laquelle les trois Mères (Suspiriorum, Tenebrarum et Lacrimarum) dominent ; ainsi que "plus que par un destin humain", surtout si cela a réduit la grande majorité des individus à des poulets d'élevage grossiers et gênants.

heliodromos-solstizio-20131.jpg"Unis, vous ne pouvez vous sentir qu'avec ceux qui sont sur le même chemin que vous", alors vous devenez la bannière et la devise qui doivent distinguer le militant du Front de la Tradition, à qui est confiée la tâche de témoigner avec courage et loyauté à l'Esprit (en tant que Réalité suprême, transcendante, absolue et illimitée), et de rester fidèle aux devoirs et responsabilités qui en découlent, de manière impersonnelle et sans en regarder les fruits. Pour quitter le troupeau destiné à l'abattoir inévitable et devenir un Groupe actif, conscient, formé et préparé, sans tergiversations ni références croisées, avant que "le temps n'arrive", prêt à faire sa part et à prendre la place de chacun, il est indispensable de prendre et de parcourir le Chemin amer ("pour la longueur du voyage et la fatigue de la route", selon l'ésotérisme islamique) qui conduit individuellement à la reconstruction intérieure, et en accord avec l'application d'une stratégie communautaire visant à la constitution, également physique, d'une forteresse et d'une république d'amis du sacré et d'hommes de bonne volonté, construite sous la bannière de la paix, de la sérénité et de la justice, dans la tempête déchainée du choc final.

Pour ce faire et pour donner une perspective large et globale à l'action à entreprendre, il faut examiner attentivement les possibilités concrètes d'intervention dans le monde extérieur, en supprimant tout romantisme et toute physiologie du beau geste (vieilles maladies de notre mouvance !), en visant exclusivement ce qui peut réellement servir, surtout "pour plus tard". Cela signifie que nous devons continuer à faire avec cohérence ce qui a été fait jusqu'à présent, en partant d'une analyse de la réalité effectuée, en son temps, à la lumière de la doctrine traditionnelle ; en silence, avec le détachement nécessaire et le renoncement indispensable pour ne pas être ébloui par les miroirs aux alouettes que le monde moderne nous présente, avec ses superstitions technologiques et informatiques, fantasmagoriques et déviées.

Au début de notre activité extérieure en tant que groupe Heliodromos, en imprimant les premiers numéros du magazine avec la ronéo, après un engagement minutieux et méticuleux avec la machine à écrire, il est venu à l'esprit des plus jeunes et des plus "novateurs" d'entre nous d'acheter une machine à écrire électrique, pour faciliter et accélérer le travail de composition ; nous nous sommes heurtés à une résistance inexplicable de la part de Gaetano, qui n'était pas du tout satisfait de toute cette dépendance technologique. Ce refus s'est ensuite traduit par l'utilisation immodérée des téléphones portables, qui commençaient discrètement à s'imposer, et des premières possibilités offertes par l'internet. La méfiance de Gaetano est née, d'une part, de raisons spirituelles bien fondées (les conforts ne sont pas toujours conciliables avec le travail intérieur et l'ascèse, bien au contraire !), et d'autre part, d'un souci prescient de devenir les victimes d'un contrôle de plus en plus intrusif, dont nous ne pouvons comprendre l'ampleur qu'aujourd'hui (avec nos échanges continus de messages sur les médias sociaux et nos rencontres très confortables sur le zoom !) Et la découverte que les mafiosi fugitifs évitaient soigneusement l'utilisation du téléphone, recourant à des "pizzini" apparemment anachroniques, a considérablement renforcé sa position.

indirizzi-per-l-azione-tradizionale.jpgAujourd'hui, que le dégoût pour les virologistes, les journalistes et les dirigeants qui pontifient quotidiennement en direct à la télévision (répugnants serviteurs, à qui l'on confie le sale boulot pour l'instauration de la dictature de la santé), vous donne envie de leur taper dessus et de rentrer chez vous un par un - en infligeant une "saine punition" à ceux qui contribuent à violer les lois divines et naturelles -, les paroles d'Evola, adressées en son temps à l'anarchiste de droite, reviennent plus utiles que jamais : "Bien sûr, si l'on pouvait aujourd'hui organiser une sorte de Sainte Vehme opérationnelle, de manière à maintenir les principaux auteurs de la subversion contemporaine dans un état constant d'insécurité physique, ce serait une très bonne chose. Mais ce n'est pas quelque chose qu'un jeune (et dans le monde d'aujourd'hui, pas même un État, ndlr) peut organiser, et d'autre part le système de défense de la société actuelle est trop bien construit pour que de telles initiatives ne soient pas étouffées dans l'œuf et ne soient pas payées trop cher". Il s'agirait, en fait, d'une explosion sentimentale infantile et stérile (passivement réactive, comme expliqué ci-dessus) qui, comme nous l'a appris l’ère du terrorisme intérieur du siècle dernier et du terrorisme international d'aujourd'hui, ne ferait que renforcer le pouvoir de l'adversaire, lui fournissant l'alibi pour de nouvelles restrictions répressives. Même si la constitution d'une unité opérationnelle "Barbalbero", qui se consacrerait à abattre, par exemple, dix antennes 5G pour chaque arbre déraciné, ne serait pas une mauvaise idée !

Mais cela ne fera pas obstacle au nouvel ordre mondial. Si le système actuel s'effondre, comme il est juste et naturel de l’imaginer, c'est plutôt en raison de son extrême fragilité et de son interdépendance informatique. Probablement, au moment où l'extension de son pouvoir de contrôle et de domination sera sur le point de devenir absolue et étendue à l'échelle planétaire, un petit échec ou une incursion souhaitable des pirates du web héroïques suffira à bloquer l'engrenage et à précipiter ce semblant de domination. Un peu comme ce qui arrive à Sauron dans la finale du Seigneur des Anneaux, qui est sur le point de prendre le dessus et qui est vu comme annulant à tout moment son "réseau" de contrôle et de domination, avec la simple destruction d'un objet insignifiant comme peut être un anneau. Un grain de sable qui bloque tout le mécanisme, ou, si vous préférez, le triomphe des fabricants de "couvercles" contre l'Illusion éternelle, des fabricants de "pots".

Heliodromos, n. 25-26, Equinoxe d'automne - Solstice d'hiver 2014

(pour plus d'informations : libreria@raido.it)

jeudi, 10 décembre 2020

La perception des idées de Martin Heidegger et Carl Schmitt en Chine

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La perception des idées de Martin Heidegger et Carl Schmitt en Chine

Par Xie Dongqiang

Traduction de Juan Gabriel Caro Rivera

Ex: https://www.geopolitica.ru/es

Martin Heidegger

Martin Heidegger était un penseur allemand, l'un des plus grands philosophes du XXe siècle. Il a créé la doctrine de l'Être comme l'élément fondamental et indéfinissable, mais faisant partie intégrante de l'univers. Il est l'un des plus éminents représentants de l'existentialisme allemand.

Franz_Brentano_portrait.jpgSelon lui, la philosophie, pendant plus de 2000 ans d'histoire, a prêté attention à tout ce qui a les caractéristiques de l'"être" dans ce monde, y compris le monde lui-même, mais a oublié ce que cela signifie. C'est la "question de vie" de Heidegger, qui traverse toutes ses œuvres comme un fil rouge. Une des sources qui a influencé son interprétation de ce thème a été les travaux de Franz Brentano (photo) sur l'utilisation des différents concepts de l'être dans Aristote. Heidegger commence son œuvre principale, L’Etre et le Temps, par un dialogue tiré du Sophiste de Platon, qui montre que la philosophie occidentale a ignoré le concept d'être parce qu'elle considérait que sa signification allait de soi. Heidegger, pour sa part, exige que toute la philosophie occidentale retrace dès le début toutes les étapes de la formation de ce concept, appelant à un processus de "destruction" de l'histoire de la philosophie. Heidegger définit la structure de l'existence humaine dans son ensemble comme "Sorge" (= le Souci), qui est l'unité de trois moments : "être dans le monde", "courir en avant" et "être avec le monde de l'être". La "Sorge" est la base de "l'analyse existentielle" de Heidegger, comme il l'a appelée dans L'être et le temps. Heidegger pense que pour décrire une expérience, il faut d'abord trouver quelque chose pour laquelle une telle description a un sens. Ainsi, Heidegger déduit sa description de l'expérience à travers le Dasein, pour lequel l'être devient une question. Dans L’Etre et le Temps, Heidegger a critiqué la nature métaphysique abstraite des façons traditionnelles de décrire l'existence humaine, comme l’"animal rationnel", la personnalité, l'être humain, l'âme, l'esprit ou le sujet. Le Dasein ne devient pas la base d'une nouvelle "anthropologie philosophique", mais Heidegger le comprend comme une condition pour la possibilité de quelque chose comme "anthropologie philosophique". Selon Heidegger, le Dasein est "Sorge". Dans la partie sur l'analyse existentielle, Heidegger écrit que le Dasein, qui se trouve jeté au monde entre les choses et les Autres, trouve en lui la possibilité et l'inévitabilité de sa propre mort.

L'essence de la pensée de Heidegger est la suivante : l'individu est l'existence du monde. Parmi tous les mammifères, seuls les humains ont la capacité d'être conscients de leur existence. Ils n'existent pas en tant que "je" associé au monde extérieur, ou en tant qu'entités qui interagissent avec d'autres choses dans ce monde. Les gens existent grâce à l'existence du monde et le monde existe grâce à l'existence des gens. Heidegger pense également que les gens sont en contradiction : ils prédisent une mort imminente, ce qui entraîne des expériences douloureuses et effrayantes.

Quant à l'adoption du Soi et du temps en Chine, Wang Heng souligne dans Foreign Philosophy que cela fait partie de l'existentialisme. Cela est probablement dû à l'atmosphère idéologique de lutte pour la liberté et la libération de l'homme dans les années 1980. Chacun croit que l'existence ou la survie est comprise comme un libre choix de l'individu. Il semble maintenant que la lecture de L'Être et le Temps par les Chinois était un peu inappropriée. Car dans L'Être et le Temps, Heidegger a sévèrement critiqué les valeurs dites modernes de subjectivité, de liberté individuelle et de libération de l'homme.

Heidegger a également des considérations idéologiques plus profondes. Liu Jinglu a souligné dans son article "Sur la critique de la métaphysique traditionnelle de Heidegger" que Heidegger s'intéresse à une question plus fondamentale, la question fondamentale de la métaphysique ou de la philosophie occidentale, et même la question clé de la civilisation occidentale. Heidegger estime que, si nous voulons comprendre l'existence, nous devons partir de l'existence réelle des êtres humains ; "l'être" ne peut être considéré comme un objet réel, tout comme l'existence humaine. L'essence d'un être humain est "l'être", c'est-à-dire que les gens n'ont pas une essence définie. Il est probable que les gens se tournent vers l'avenir et fassent face à leur propre mort.

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Après la Première Guerre mondiale, la civilisation occidentale moderne a été confrontée à une grave crise, c'est-à-dire à de profonds doutes sur le rationalisme moderne. Depuis le XVIIIe siècle, les Occidentaux ont senti qu'ils pouvaient comprendre le monde par la raison, la science et la technologie et établir un ordre social et politique rationnel, réalisant ce que Kant appelait la "paix perpétuelle". Mais la Première Guerre mondiale a fortement entamé cette confiance. C'est le contexte idéologique de l'Être et du Temps de Heidegger. Heidegger a posé la question suivante : cette philosophie rationaliste moderne peut-elle vraiment expliquer et transformer le monde ? La conclusion de L’Etre et le Temps est que le rationalisme moderne en tant que base philosophique de la civilisation moderne n'est pas enraciné en lui-même, parce que la connaissance rationnelle des gens est enracinée dans les émotions spécifiques de la vie des gens.

Plus tard, Heidegger a qualifié la crise du monde moderne de nihilisme. Il a déclaré que le nihilisme n'est pas une crise morale, qu'il ne signifie pas que notre vie a perdu son fondement moral, et qu'il n'est même pas une crise des valeurs comme Nietzsche l'a compris. Selon lui, la crise du nihilisme est la crise de toute la civilisation moderne en tant qu'époque technologique. Car l'essence de la technologie est d'abord de transformer l'"être" en un objet reconnaissable, un "être" compréhensible, puis de le conquérir et de le contrôler. La technologie, c'est comme le formatage d'un ordinateur, le formatage de tout. Le monde de l'existence humaine n'a donc plus aucun mystère et plus aucune source de sens. Heidegger a dit qu'à l'ère de la technologie, pourquoi les dieux se sont-ils enfuis ? Parce que les dieux doivent rester là où ils ne peuvent pas être atteints. Au niveau le plus profond, la pensée ultérieure de Heidegger nous oblige à réfléchir à de nombreuses questions fondamentales pour la survie de l'homme à l'ère de la technologie. Car à l'ère de la technologie, les gens sont confrontés non seulement à la fuite des dieux, mais aussi à d'importantes questions éthiques et morales qui sont étroitement liées à nos vies particulières. Heidegger nous demandera s'il y a un domaine que les humains ne peuvent pas comprendre et contrôler. Dans une période ultérieure de sa vie, il a cru que "l'être" est la source de toutes les pensées, et que nous devrions toujours trembler devant lui. Bien que l'être soit hors de portée de nos pensées, toutes nos pensées proviennent de ses dons.

Dans une interview intitulée "À propos de Heidegger et de sa philosophie", le professeur Wu Zengding, du département de philosophie de l'université de Pékin, estime que, bien que l'étude de Heidegger en Chine ait porté à l'origine sur l'Être et le Temps, de nombreux chercheurs se sont penchés sur ses pensées ultérieures, en particulier sur les pensées postérieures aux traditions de la pensée traditionnelle chinoise. Autre exemple : l'implication de Heidegger dans le nazisme et dans d'autres problèmes sont aujourd'hui très populaires dans les milieux universitaires et idéologiques occidentaux ; les universitaires chinois, bien qu'ils soient également concernés par ces questions, ne les considèrent pas comme les plus importantes dans la pensée de Heidegger.

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En outre, Wu Zhengding a souligné dans des interviews que l'importance fondamentale de Heidegger pour les universitaires chinois est qu'il leur fournit une référence particulièrement bonne pour comprendre les traditions philosophiques occidentales. Les érudits chinois croyaient inconsciemment que la civilisation occidentale progressait d'une lumière à l'autre et d'un progrès à l'autre : la Grèce antique était le point de départ et la modernité la fin. Mais Heidegger offre l'image inverse de la pensée. Elle aurait pu être pensée aussi bien à l'époque présocratique, à l'époque des Grecs et des Occidentaux qui, à cette époque, auraient pu avoir une compréhension plus réelle et plus profonde de l'"être", mais la civilisation moderne a oublié cette expérience mentale de l'"être".

En outre, Heidegger est également d'une grande importance chez les universitaires chinois pour comprendre la tradition idéologique de la Chine. Par exemple, les universitaires chinois ont utilisé le cadre de la philosophie occidentale ou de la métaphysique pour comprendre la pensée chinoise. Les chercheurs chinois ont donc toujours douté de l'existence de la philosophie dans la Chine ancienne. La science existe-t-elle ? L'épistémologie et la métaphysique existent-elles ? Les universitaires chinois pensent qu'une partie de la pensée chinoise est éthique et une autre métaphysique, mais quelle que soit la manière dont on l'explique, elle ne correspond pas à la philosophie occidentale, c'est-à-dire à la métaphysique. Mais aux yeux de Heidegger, les universitaires chinois auront le sentiment que la métaphysique occidentale elle-même peut être problématique, et qu'il n'est pas nécessaire de l'utiliser comme condition préalable et standard pour comprendre et expliquer la pensée chinoise, ou pour se plier délibérément à une école ou un système occidental particulier.

Carl Schmitt

Carl Schmitt est un théologien, juriste, philosophe, sociologue et théoricien politique allemand. Schmitt est l'une des figures les plus importantes et les plus controversées de la théorie juridique et politique du XXe siècle, grâce à ses nombreux ouvrages sur le pouvoir politique et la violence politique.

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Dans La notion du politique, Schmitt a écrit que la principale différence en politique est la différence entre amis et ennemis. C'est ce qui sépare la politique de tout le reste. L'appel judéo-chrétien à aimer ses ennemis s'inscrit parfaitement dans la religion, mais il ne peut être concilié avec la politique, qui implique toujours la vie et la mort. Les philosophes moraux se soucient de la justice, mais la politique n'a rien à voir avec le fait de rendre le monde plus juste. Les échanges économiques ne nécessitent que de la concurrence, pas de l'extinction. La situation est différente en ce qui concerne la politique. Schmitt dit : "La politique est la confrontation la plus intense et la plus extrême". La guerre est la forme la plus violente de la politique, et même s'il n'y a pas de guerre, la politique exige toujours que vous traitiez vos adversaires comme hostiles à ce que vous croyez.

Les conservateurs ont été plus attentifs aux opinions politiques de Schmitt que les libéraux. Schmitt pense que les libéraux ne sont jamais devenus des politiques. Les libéraux ont tendance à être optimistes sur la nature humaine, mais toutes les vraies théories politiques supposent que les gens sont mauvais. Les libéraux croient en la possibilité d'un gouvernement neutre qui peut régler les positions conflictuelles, mais pour Schmitt, comme tout gouvernement ne représente que la victoire d'une faction politique sur une autre, une telle neutralité n'existe pas. Les libéraux insistent sur le fait qu'il existe des groupes sociaux qui ne sont pas limités à l'État ; mais Schmitt estime que le pluralisme est une illusion car aucun État réel n'a permis à d'autres forces, comme la famille ou l'église, de s'opposer à son pouvoir. En bref, les libéraux s'inquiètent des autorités parce qu'ils critiquent la politique, ils ne s'impliquent pas dans la politique.

978-1-137-46659-4.jpgLe professeur Xiao Bin a souligné dans son livre "De l'État, du monde et de la nature humaine à la politique : la construction du concept politique de Schmitt", que l'homme lui-même est un être dangereux. "Il prétend que la politique est un danger pour les gens." La question suivante qui se pose lorsque l'on participe à la politique est d'expliquer ce qu'est la politique, en particulier la nature de la politique. La survie de l'unité nationale exige comme condition préalable une distinction entre ennemis et amis. Une politique fondée sur la séparation des ennemis et des amis est non seulement le destin inévitable de l'unité de la nation et de l'État, mais aussi la base de son existence. Schmitt a une compréhension unique de la nature de la politique : la norme de la politique est de séparer les amis et les ennemis. En fait, ce que nous appelons la politique implique la relation entre un ami et un autre, et la différence est l'intensité de cette différence. Cependant, nous ne pouvons pas ignorer le fait que les origines théologiques les plus secrètes et les plus mystérieuses et le nationalisme allemand ont un niveau de critères différent pour séparer les amis des ennemis.

En matière de politique, l'Est et l'Ouest parlent surtout de la compréhension de la nature humaine. Schmitt a également reconnu ce point : une question fondamentale de la philosophie politique est le débat entre le "mal" ou le "bien" dans la nature humaine. Dans son livre Le concept du politique, Schmitt soutient que les êtres humains sont par nature incertains, imprévisibles et qu'il s'agit toujours d'un problème non résolu. La conception confucéenne chinoise de la nature humaine met davantage l'accent sur le "développement de l'esprit". L'Occident, qui est très différent de l'Orient dans son tempérament spirituel, admire encore plus la "philosophie spirituelle". La civilisation maritime et l'histoire des affaires uniques de l'Occident ont permis à la connaissance et à l'intelligence de pénétrer et de dominer la politique. Selon Schmitt, le "bien" signifie l'existence de la "sécurité", le "mal" signifie le "danger". Le "danger" apporte de la vitalité au monde.

Selon Schmitt, la politique est toujours dominée par la nécessité de distinguer entre amis et ennemis. Les amis et les ennemis ne sont pas créés à partir de rien. Du point de vue de la théorie du contrat social : dans un état de nature, qu'il s'agisse d'un état de coexistence pacifique entre les gens ou d'un état de guerre lorsque les gens vivent ensemble comme des loups, les conflits sont inévitables. Marx a compris que l'État a été créé avant l'antagonisme des classes et que la politique est un produit de la lutte des classes. Cependant, Marx a mis l'accent sur la lutte des classes, et le but ultime est d'éliminer les classes et de supprimer la base économique créée par les classes. Marx a démontré la possibilité de l'élimination des classes, c'est-à-dire la réalisation de la liberté et de la libération de toute l'humanité : le communisme.

imagescs.jpgDu point de vue ci-dessus, la politique émerge des conflits humains et les phénomènes politiques de la société humaine sont inévitablement associés aux conflits et à la coopération. Même si vous comprenez la politique en termes de bonté et de moralité, comme Aristote, elle ne peut pas cacher l'existence du mal. Sous le bien suprême se trouve la crise du mal. L'homme est l'existence de l'incertitude, l'homme est un animal politique naturel, et où qu'il soit, il y aura des conflits. Dans les conflits, il y aura inévitablement deux camps opposés et la politique ne peut pas se débarrasser du conflit... Les deux aspects du conflit et de la confrontation nous donnent une base logique pour la division en amis et ennemis.

Schmitt a une vision pessimiste et négative du monde humain du point de vue de la théologie religieuse. L'état idéal de perfection n'existe que dans le Royaume de Dieu. Même la paix de Dieu serait inévitablement libérée de l'inimitié et des conflits. Ce mysticisme pessimiste détruit le caractère actif et optimiste des gens. Marx appelait la religion l'opium du peuple. La vie politique doit être construite sur la base matérielle d'une époque particulière. Bien que Schmitt ait attaqué le marxisme, sa philosophie politique n'a apparemment pas réussi à se libérer des chaînes de la théologie. Cette recherche de l'éternité et de la métaphysique absolue relie la philosophie politique à de mystérieuses traditions théologiques et souligne le statut absolu des facteurs politiques. La vision politique de l'ennemi et de l'ami fournit une méthode d'argumentation et affaiblit le souci humaniste qui existe dans la tradition de la philosophie politique occidentale.

La vision politique des ennemis et des amis de Carl Schmitt est la clé de notre compréhension de son concept politique. Plusieurs expositions, comparaisons et même arguments autour des pensées politiques de Schmitt sur les ennemis et les amis dans l'histoire ne sont pas sans fondement. Selon la compréhension de Gao Quanxi, il l'a même appelé "un penseur plein de mordant". Sous le couvert du nationalisme, Schmitt a compris la politique comme un ennemi de l'État national et l'a combattue. L'idée de théologie politique indique, à un niveau plus profond, que ce qui distingue les ennemis du Christ et lutte contre eux est la politique. Selon lui, "le lien systématique entre les prémisses théologiques et politiques est clair. Cependant, la participation théologique tend à confondre les concepts politiques car elle fait entrer la division des ennemis et des amis dans le domaine de la théologie morale". Avec une vision aussi pessimiste de la nature humaine, il n'est pas difficile d'adopter une attitude sceptique et jalouse à l'égard de la nature humaine. L'énoncé du mal sexuel dans un sens existentiel souligne que le contenu des actions humaines est entièrement déterminé par des impulsions, comme les animaux, et croit que cela est inévitable en fin de compte, ce qui vient de leur foi chrétienne. La vision politique que Schmitt a des amis et des ennemis est une combinaison de ces deux niveaux.

Les sept piliers de la sagesse mondialiste

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Les sept piliers de la sagesse mondialiste

par NicolasBonnal
Ex: https://nicolasbonnal.wordpress.com

L’accélération de la dictature mondialiste et du génocide qui va l’accompagner (et qui a déjà commencé, comme le Grand Reset, depuis le début des années 70) suppose une armature idéologique formidable, susceptible de couper l’herbe sous le pied à la résistance et de mettre fin à toute volonté populaire de se défendre. Comme on a vu avec Zinoviev récemment, cette démocratie totalitaire s’est mise en place avec la fin du communisme et s’est accélérée avec Obama, quand la gauche mondiale a basculé définitivement dans le camp du fascisme oligarchique et génocidaire (en France avec la présidence précédente).

Synthétisons leur stratégie globale en désignant ces sept piliers de la sagesse du diable qui parodient ceux du colonel Lawrence. Tout tourne autour d’une double volonté : dépeupler et souiller la nature humaine (cf. les Orcs de Tolkien).

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Malthusianisme et antiracisme : la dépopulation a commencé dans les années 70 (on saluera le rôle effrayant de VGE, modèle de technocrate mondialiste). Le malthusianisme oligarque qui ne veut ni pauvres, ni familles, ni peuples, suscite partout l’effondrement du niveau de vie. Les politiques antinatalistes mises en place au Japon au lendemain d’Hiroshima ont produit aussi leurs effets. Jusque-là cette dépopulation était appliquée aux peuples de couleur, maintenant à tous les peuples occidentaux. La culpabilisation de ces derniers est aussi un instrument de poids en matière de dépopulation/contrôle.

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Déchristianisation et désespoir : la révolution Bergoglio n’est pas une cause, elle est une conséquence. L’Eglise s’est coupé les pieds et la tête avec Vatican II et peu à peu la société totalitaire du capital a pu imposer son agenda. La lettre d’encouragement à Davos et aux mondialistes aura satisfait tous les humanistes et la rédaction de la Croix. Cette déchristianisation est allée de pair avec une crétinisation des esprits. Le pape semi-analphabète est loin des grands jésuites du siècle des Lumières et de leur enseignement, et il est amusant (paradoxal au sens de Chesterton) de voir que le recul de la religion est allé de pair avec un recul de la culture des humanités et du respect du patrimoine.

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Ecologie/catastrophisme : l’écologie est arrivée comme une bombe au tout début des années 70 avec Soleil vert et tout le reste, tous ces films qui prédisaient un futur apocalyptique qui n’a pas eu lieu, mais que l’on va créer maintenant, comme on crée les coupures du courant, le sabotage énergétique et les pénuries. On assiste au saccage en Europe de centaines de paysages grandioses et même classés par ces éoliennes qui ravagent  la vue et le sol et sont, disait même le Monde, construites par l’argent des mafias. Mais quand on n’aime pas, on ne compte pas.

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Technophilie  et addiction : la technophilie se développe avec le fascisme rétro et avec un retour en arrière drastique en matière culturelle (le rétrofuturisme de mon internet nouvelle voie) : on oublie le passé classique et chrétien de l’Europe et on revient à la préhistoire, au temps païens et esclavagistes, à la barbarie imbécile teintée de survie. La technophilie est une drogue et en tant que drogue elle démobilise la victime et même la résistance. Elle est plus facile à se procurer que le reste maintenant – et moins chère.  J’avais dit que la seule manière de résister au camp de concentration électronique est le tellurisme. Voyez le Partisan de Carl Schmitt, penseur incompris qui célébra la résistance russe, espagnole, vietnamienne ; mais tout cela s’estompe avec un écran devant les yeux tout le jour. Se surinformer n’est pas résister. Demandez à Lucien Cerise qui prend en ce moment le risque de manifester régulièrement, de se faire arrêter et embarquer au poste. Soulignons le remarquable parcours (débats et happenings) de Florian Philippot au passage, pendant que le RN vote avec LREM…

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Féminisme et révolutions sexuelles : ici le projet est banal, la séparation des sexes et le malthusianisme, avec une touche de culture de soumission sadienne (LGBTQ…). Les moyens sont divers, qui vont de la pédophilie (voyez les articles de Vincent Held) à la chasse désormais banale  au mâle blanc en passant par la médiatisation hystérique de n’importe quel fait divers. Désolé, mais la parité a permis aussi de mettre un certain nombre d’incompétentes au pouvoir et on arrive à un sommet en la matière. On soulignera le rôle sinistre de la démocratie américaine en cette matière féministe. Mais Tocqueville et Beaumont nous avaient prévenus, avant Emmanuel Todd.

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Vaccination et pharmacie ; on parle de leurs vaccins et de leur capacité exterminatrice. Mais le vaccin n’est que la cerise sur le gâteau pourri de la médecine postmoderne. Debord a dénoncé, et bien des médecins depuis, jusqu’au jeune Louis Fouché, les méthodes démentes de la médecine spectaculaire censée approuver ce qui est, c’est-à-dire les cours de la bourse, une bourse qui n’a plus besoin pour monter de l’activité humaine et qui ne veut plus d’hommes. Une étude américaine vient de montrer que les enfants non-vaccinés sont en meilleure santé que les vaccinés. On s’en doutait, les vaccins étant moins utiles que jadis ;  Kennedy Jr (celui qu’ils n’ont pas encore tué) a rappelé qu’un américain subit la bagatelle de soixante-dix  vaccins aujourd’hui. Et 45% des Américains sont en mauvaise santé. Comme on a dit, le génocide est déjà commencé depuis les années 70.

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Enfin, la sacralisation de l’élite : c’est le plus inquiétant, ces monstres qui veulent être divinisés. Les gourous en matière informatique, économique et financière, culturelle et spirituelle sont apparus aussi à partir des années 70, copie de cette Inde sous contrôle. Une caste sacerdotale en émerge, formée par des économistes hauts tortionnaires, des hommes politiques indélogeables. Ici on a repris le modèle des castes. Les Schwab, Gates et autres, au lieu d’être traités comme les criminels qu’ils sont, sont considérés comme des brahmanes, des sauveurs, des guides. Les Lagarde, Merkel, May, au lieu d’être considérées comme des crétines devenaient, avant Greta, les femmes qui vont sauver le monde (dixit l’Express). Il est très important en effet pour soumettre la masse de désigner des grands-sorciers claniques, ce qui explique sans doute les tenues vestimentaires qui font en ce moment la popularité du vieux Schwab. Dans la parodie satanique traditionnelle sont a parlé Guénon, il règne une volonté de créer une pseudo-élite traditionnelle nous ramenant à la pureté primordiale (le Reset). Pour eux ce Reset est une catharsis.

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mercredi, 09 décembre 2020

Le droit à la déconnexion

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Le droit à la déconnexion

par Jean-Paul Baquiast
Ex: http://www.europesolidaire.eu
 
Le droit à la déconnexion est en France un principe légal selon lequel un salarié est en droit de ne pas être connecté aux outils numériques professionnels (téléphone portable, courriels, etc.) hors ds horaires de travail.

Ceci inclut le temps de transport travail-domicile, les congés, les temps de repos, soirée, week-end, etc

La France a été le premier pays à avoir intégré ce droit dans le code du travail. Elle a été rejointe par la Belgique, l'Italie et la France. Rien de tel n'existe encore, ni dans les autres Etats européens ni semble-t-il ailleurs dans le monde.

Or avec dans l'immédiat la nécessité d'un télétravail au moins partiel en conséquence de l'épidémie Covid-19 et par ailleurs la généralisation des outils permettant le travail à distance, le problème du droit à la déconnexion est évoqué dans les pays ne disposant pas d'une telle législation, y compris en Russie et en Chine.

Selon un rapport européen datant de janvier 2020 Telework and ICT-based mobile work: Flexible working in the digital age 34% des salariés, qu'il s'agisse d'hommes aussi bien que de femmes, travaillent actuellement uniquement à domicile. Or si ceci leur apporte certains avantages, en terme de flexibilité du temps de travail, il apparaît que les conséquences nuisibles sur leur santé se généralisent. Ils travaillent toute la journée, sans temps de repos le matin et le soir, y compris au temps des repas. Ils sont constamment sous tension et éprouvent de moins en moins le désir de s'informer, même grâce à la télévision. De plus les troubles du sommeil et les insomnies se généralisent. Les rapports familiaux sont en permanence dérangés.

Les principaux bénéficiaires de l'absence de droit à la déconnexion sont les employeurs. Ils ont vite compris les avantages qu'ils pouvaient en tirer pour pouvoir disposer de salariées toujours accessibles. Ces travailleurs ne disposent pour le moment d'aucun droit leur permettant de s'y opposer. Les organisations syndicales commencent seulement à s'en préoccuper, mais n'ont pas encore trouver le moyen de mieux protéger les travailleurs.

L'Union Européenne devrait se saisir du problème. D'ores et déjà, dans une résolution adoptée le 1er décembre 2020, le  Committee on Employment and Social Affairs (EMPL) du parlement européen devra proposer à la Commission Européenne une directive européenne reconnaissant ce droit. Celle-ci devrait être votée en séance plénière en janvier 2021. Mais il appartiendra aux Etats-membres de la mettre effectivement en œuvre. Or comme dans ces Etats le poids politique des employeurs est considérablement plus élevé que celui des employé(e)s, le droit à la déconnexion ne semble pas près de devenir la règle

Le pan-turquisme et son impact en géopolitique

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Le pan-turquisme et son impact en géopolitique

Dimitrios Aristopoulos

Du 27 septembre au 10 novembre, une guerre entre l'Azerbaïdjan et les troupes arméniennes sur le territoire du Haut-Karabakh (Artsakh) a retenu l'attention de toute la communauté internationale. Nous avons non seulement été témoins du grand soutien de la Turquie et du président Recep Tayyip Erdogan au président azerbaïdjanais Ilham Aliyev pour l'effort de guerre, mais en même temps, d'autres membres du Conseil turc, composé du Kazakhstan, du Kirghizstan et de l'Ouzbékistan, ainsi que de la Hongrie en tant qu'État observateur, ont déclaré leur soutien à la cause azerbaïdjanaise. Il s'agit là de manifestations évidentes de l'idéologie panturque qui est fortement répandue dans ces pays.

Qu'est-ce que le panturquisme ?

Le panturquisme est une idéologie nationaliste, née au XIXe siècle, notamment chez les peuples turcophones vivant en Russie tsariste dans les années 1880, et qui s'est ensuite développée en Asie mineure. Sans jamais s’être établie comme l'idéologie officielle de l'État turc, elle a toujours été soutenue par les dirigeants d’Ankara, qu'ils l'aient admise ou non.

La base de l'idéologie panturque est l'émancipation des peuples turcophones, visant ensuite à leur union. Les peuples turcophones sont ceux que l'on trouve en Crimée, en Azerbaïdjan, dans le Caucase, au Turkménistan, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, au Kirghizstan, en Sibérie, en Afghanistan, en Iran, en Irak, en Syrie, en Bulgarie, en Yougoslavie, en Thrace occidentale, à Chypre et ailleurs avec, chapeautant le tout, la "Mère Turquie" pour créer un grand État turc de plus de 100 millions d'habitants.

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Les slogans utilisés par les panturcs sont les suivants:

- "Là où il y a des Turcs, il y a une Turquie".

- "Le monde des Turcs est un tout".

- "Tous les Turcs sont une seule armée."

- "Le panturquisme en tant qu'idéal est une nourriture morale pour la nation."

- "Chypre est aussi turque que l'Asie Mineure et la Thrace occidentale."

Quelle est la différence entre les idéologies néo-ottomane et panturque ?

L'ottomanisme est en fait plus un mouvement politique ethno-religieux qu'un mouvement ethno-racial. Les ottomanistes déclarent leur foi en la sainteté et la pérennité de l'Empire ottoman et de son sultan, en cherchant l'idée d'un "empire" pour remplacer le nationalisme et l'ordre politique des États-nations dans lesquels ils vivent. Bien qu'ils reconnaissent l'existence de différentes ethnies parmi eux, ils pensent que les différences culturelles et locales doivent être laissées de côté lorsqu'il s'agit d'une unification politique religieuse.

En revanche, le panturquisme ne se concentre pas tant sur la religion que sur la tradition ethnique des peuples et des nations. Il cherche à s’unifier, politiquement et culturellement, sous un "grand" État-nation turc, car ils partagent une tradition turque commune. Le panturquisme s'associe généralement aux pays qui ont un "héritage culturel turc" et une langue turque comme idiome officiel. Les pays/régions qui peuvent être inclus dans cette liste sont la Crimée, l'Azerbaïdjan, le Caucase, le Turkestan, le Kazakhstan, le Xinjiang en Chine occidentale, le Kirghizstan, le Tatarstan, la Sibérie, l'Afghanistan, l'Iran, l'Irak, la Syrie, la Bulgarie, Chypre et des régions de la Grèce du Nord et des îles orientales de l’archipel hellénique.

Comment l'idéologie panturque s'applique-t-elle dans notre géopolitique actuelle ?

Le panturquisme a toujours été la base idéologique du fonctionnement politique de la Turquie. Il a été le fondement idéologique sur lequel l'idéologie politique kémaliste s'est appuyée pour construire une grande Turquie. L’éradication de l'hellénisme en Asie Mineure en 1922, le génocide arménien de 1915-18 ainsi que celui des Assyriens, la persécution des Grecs de Constantinople en 1955, l'invasion de Chypre en 1974 ont tous été des effets de la doctrine panturque et de la politique expansionniste de la Turquie.

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Dans le monde multipolaire actuel, où l'Occident a perdu ses valeurs et où l'Orient revendique son rôle historique conquérant, les acteurs traditionnellement importants sur l'échiquier international doivent faire face à leurs propres problèmes internes. Dans ce contexte, Erdogan place la dynamique du nationalisme panturquiste afin de créer une grande alliance des groupes ethniques turcs. Et le conflit actuel dans le Caucase, à un moment où aucune grande puissance n'est du côté des Azéris, est une autre occasion d’asseoir sa présence dans la région. L'intervention de la Turquie en Libye, ainsi qu'en Syrie et ses revendications sur les zones économiques de la Grèce et de Chypre en Méditerranée orientale, fait également partie de l'agenda politique panturc, bien que ce soit l'ottomanisme qui soit utilisé comme arme idéologique dans ces cas.

Exemples de politiques panturques dans la Turquie moderne

Bien que la Turquie, sous le règne d'Erdogan, ait théoriquement abandonné la rhétorique panturque au profit du néo-ottomanisme, dans la pratique, c'est toujours l'idéologie panturque qui détermine la géopolitique turque. De son soutien aux Frères musulmans et de son invasion du nord de la Syrie à son implication dans la guerre civile libyenne, en passant par les menaces de lâcher à nouveau l’immigration illégale sur sol de la Grèce et de l'Europe, et la guerre en Artsakh (Nagorno Karabakh), combinée à la persécution des Kurdes, ne sont rien d'autre que des éléments à l’ordre du jour dans la doctrine panturque et qui affectent la politique expansionniste de la Turquie. Lors de l'anniversaire de la mort de Kemal Ataturk, le 10 novembre 2016, Erdogan a ouvertement déclaré que "la Turquie est plus grande que la Turquie", tout en parlant de sa doctrine sur les "frontières de son cœur", déclarant en même temps que "nous ne pouvons pas être emprisonnés dans 780 000 km². Nos frères qui vivent dans les régions de Mossoul, Kirkuk, Humus, Skopje, sont peut-être au-delà des frontières naturelles de la Turquie, mais ils seront toujours présents en nos cœurs. Le plan visant à soutenir les Azéris dans la guerre de l'Artsakh n'était pas spontané, mais une partie de la doctrine de l'ancien ministre des affaires étrangères, devenu le rival politique d'Erdogan, Ahmet Davutoglu. Celui-ci avait publié en 2001 un livre intitulé Strategic Depth ; Turkey's International Position. Dans ce livre, Davutoglu déclarait : "À moins que l'Azerbaïdjan n'acquière une position régionale stable et forte dans le Caucase et l'Albanie dans les Balkans, il ne sera pas possible pour la Turquie d'accroître son poids dans l'une ou l'autre région ni de développer des politiques à l'égard de l'Adriatique et de la mer Caspienne, qui sont dans son voisinage immédiat et dans sa sphère d'influence.

Article original de Dimitrios Aristopoulos:

https://www.geopolitica.ru/en/article/pan-turkism-and-its...

De la "Mare Nostrum" à l'Arctique, en passant par la Baltique, l'importance des "Méditerranéens" d'Eurasie

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De la "Mare Nostrum" à l'Arctique, en passant par la Baltique, l'importance des "Méditerranéens" d'Eurasie

Un nouveau numéro d’Eurasia, la revue géopolitique de Claudio Mutti

Par Cristiano Puglisi

Ex: https://blog.ilgiornale.it/puglisi

Un précieux cadeau de Noël pour les passionnés de géopolitique ! En effet, le nouveau numéro (n° 61) d’Eurasia, Magazine d'études géopolitiques, vient d’être publié ces jours-ci (et est donc disponible à la vente). Le titre intrigue : "Les Méditerranéens d'Eurasie". Le volume traite du thème de la domination sur les mers, où de plus en plus de facteurs défient les grandes puissances de l'époque actuelle. Il parle bien sûr des États-Unis, de la Chine et de la Russie, mais aussi d'acteurs régionaux ambitieux comme la Turquie, engagée dans la Méditerranée orientale, théâtre, comme le disent les chroniques, d'un différend avec la Grèce, Chypre et la France. Mais pourquoi décliner le terme "Méditerranée" au pluriel ? Y a-t-il d'autres mers qui peuvent être définies de cette manière, d’être « entre les terres », en dehors de la Méditerranée éponyme ?

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La Méditerranée - explique le directeur d’Eurasia, le professeur Claudio Mutti - est un bassin maritime qui, comme le dit le mot lui-même, est "au milieu des terres", étant presque entièrement circonscrit par elles. Si la mer Méditerranée par excellence est celle qui sépare les côtes de l'Europe, de l'Asie occidentale et de l'Afrique du Nord, Yves Lacoste a identifié deux autres mers que l'on peut également définir comme "méditerranéennes", car elles sont entourées de terres : une "Méditerranée" américaine, formée par le golfe du Mexique et la mer des Antilles, ainsi qu'une "Méditerranée" extrême orientale, formée par la mer Jaune, la mer de Chine orientale et la mer de Chine méridionale. En appliquant le critère de la géopolitique française à la masse continentale eurasienne, il en résulte que les rivages de notre grand continent sont baignés, outre la Méditerranée éponyme, par trois autres mers "méditerranéennes" : l'océan Arctique, la Baltique et la Méditerranée extrême-orientale".

On parle de réalités géographiques au centre du présent et de l'avenir du monde : si les États-Unis d'Amérique sont considérés comme l'archétype d'une puissance thalassocratique, il n'en va pas de même pour la Chine, pourtant le défi entre les deux géants géopolitiques semble destiné à devenir de plus en plus réel sur les mers.

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La stratégie terrestre des Etats-Unis - poursuit Claudio Mutti - après avoir tenté en vain d'attaquer la République populaire de Chine en déstabilisant ses provinces les plus intérieures (Tibet et Xinjiang), vise à saboter les projets d'infrastructure de la Nouvelle Route de la Soie. Mais plus que la terre, c'est la mer qui s'impose comme le théâtre du conflit sino-américain. Déjà à l'époque d'Obama, les États-Unis, alarmés par la suprématie productive que la Chine était en train d'acquérir, ont déplacé leur axe géostratégique vers la zone indo-pacifique, où s'installait le nouveau centre du commerce mondial. D'où l'importance géostratégique de la "Méditerranée" extrême-orientale et, en particulier, de la mer de Chine méridionale, une zone qui, en plus d'être riche en ressources naturelles, est le centre des activités économiques mondiales. Ici, dans cette zone contestée entre les deux superpuissances, la présence militaire des États-Unis vise à exercer une action d’ "endiguement" contre la Chine qui pourrait retarder le déclin de l'hégémonie américaine".

Mais, comme on l'a dit, il existe aussi une série de puissances régionales qui définissent leur vision stratégique avec bien plus qu'un simple regard sur le contexte maritime. Parmi celles-ci, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, auquel, dans ce numéro d'Eurasia, de nombreuses réflexions sont consacrées.

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Cem Gürdeniz.

La projection maritime actuelle de la Turquie - explique Mutti - est codifiée dans la désormais célèbre doctrine du "Pays bleu" (Mavi Vatan) formulée par l'amiral Cem Gürdeniz. On peut dire que cette doctrine affine la vision géopolitique "néo-ottomane", qui a été révisée à la lumière de la nature péninsulaire de l'Anatolie et de l'importance fondamentale des mers qui baignent ses côtes. Les stratèges d'Ankara sont convaincus que le jeu de la suprématie mondiale se jouera sur les mers et les océans du monde. L'avenir de la Turquie dépendra donc de son enracinement dans la Méditerranée. C'est dans cette perspective qu'Ankara a ouvert plusieurs fronts sur les rives de la Méditerranée, de Chypre à la Libye, au risque de provoquer une levée de boucliers de tous côtés.

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Fascinant, ne serait-ce que par la puissance qu'il exerce sur les fantasmes de l'imaginaire collectif, habitué à le relier aux souvenirs des expéditions historiques et héroïques, est la course pour la maîtrise de l'Océan Arctique...

Vous pouvez vous faire une idée de l'importance de l'océan Arctique (ou « Océan Glacial Arctique », selon le nom utilisé par les géographes italiens) - conclut M. Mutti - si vous considérez que l'année dernière, l'administration américaine a tenté d'acheter le Groenland, la plus grande île du monde, qui appartient politiquement au Danemark, l'un des huit États côtiers de la "Méditerranée" arctique. L'Arctique a pris une importance croissante non seulement pour les ressources naturelles présentes dans ses fonds marins, mais aussi pour les nouvelles routes maritimes qui le traversent, plus courtes et plus sûres que le canal de Suez, le canal de Panama ou le détroit de Magellan, même si les routes arctiques (dont l'utilisation est principalement saisonnière et liée au pétrole et au gaz naturel) sont encore loin de dépasser en importance les routes commerciales habituelles".

Pour commander ce numéro exceptionnel: https://www.eurasia-rivista.com/negozio/lxi-i-mediterranei-delleurasia/

La Crise du Haut-Karabagh avec Pierre Le Vigan & Gilbert Dawed

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Cafe Noir N.00

La Crise du Haut-Karabagh

avec Pierre Le Vigan & Gilbert Dawed

Ce qui compte n''est pas la guerre des civilisations c'est la géopolitique. Café Noir – Un Autre Regard sur le Monde. Émission du Vendredi 4 décembre 2020 avec Pierre Le Vigan et Gilbert Dawed.
 

mardi, 08 décembre 2020

Comment le libéralisme entrave les peuples

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Comment le libéralisme entrave les peuples

Pierre Le Vigan sur TVL

Qu'est-ce qui empêche une vie réellement humaine alors que les conditions matérielles n'ont jamais été aussi favorables ? Dans son dernier ouvrage "Le grand empêchement", le philosophe Pierre Le Vigan montre comment le libéralisme a livré les peuples aux forces économiques de la nouvelle aristocratie, qui sont les forces de l'argent. L'auteur explique aussi comment la société inclusive, promue par les élites françaises, bras armé du parti de l'étranger, a détruit les Etats nationaux pour les transformer en réceptacle des identités des autres. Pour Pierre Le Vigan, il sera impossible de restaurer la France et l'Europe telles qu'elles étaient avant la mondialisation mais propose de remettre la Vème République sur ses pieds.
 
 
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lundi, 07 décembre 2020

Répression globale

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Répression globale

par Georges FELTIN-TRACOL

Ex: http://www.europemaxima.com

Aux crises sanitaire, économique et sociale se superpose une crise dite « sécuritaire » relative aux récents attentats islamistes en Europe. Après les attaques contre les anciens bureaux de Charlie Hebdo, de Conflans – Sainte-Honorine, de Nice et de Vienne en Autriche, l’aile droitarde d’émanation sarközyste du Régime représentée par la chroniqueuse sur CNews Laurence Sailliet, l’édile niçois « motodidacte » Christian Estrosi, Valérie « Tout-Numérique » Pécresse et le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, exige l’instauration de l’état d’urgence. D’autres proposent l’adoption d’un délit fantasmatique de « radicalisation » ou d’« islamisme ». Le député gaullo-souverainiste de l’Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, souhaite pour sa part la création d’un délit de « prédication subversive et séditieuse ».

À tous les droitards qui applaudissent ces nouvelles sottises bravaches, signalons-leur qu’elles s’appliqueront aussi contre eux. Contester à l’IVG, ne sera-ce pas une « prédication subversive et séditieuse » ? L’église traditionaliste Saint-Nicolas-du-Chardonnet ne pourrait-elle pas être évacuée pour cause de « radicalisation religieuse » ? Rappelons-leur que le maire de Nice, exemple typique d’« islamo-clientélisme », veut entrer un logiciel de reconnaissance faciale dans son réseau serré de caméras de « vidéo- protection ». Il cherche ainsi à transformer sa police municipale en police nationale bis. Par-delà une meilleure vigilance et/ou réactivité supposée aux tentatives terroristes, il placerait son opposition identitaire sous une surveillance permanente et ficherait aisément les sympathisants. La répression politique prendrait alors une nouvelle dimension.

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Celle-ci s’amplifie déjà contre la faction nationaliste-révolutionnaire de l’Opposition nationale, populaire, sociale, identitaire et européenne sur tout le continent. En France, les exemples abondent. Libération du 19 novembre 2020 met en Une le danger de l’« Ultradroite. Identitaire et terrorisme brun dessus brun dessous ». L’« enquête » fielleuse et biaisée avec une photographie qui ne correspond pas au commentaire associe le Bastion social, Nice nationaliste, Les Braves – Vivre européen de Daniel Conversano, des Gilets jaunes niçois « manipulés » par Égalité et Réconciliation et le Rassemblement national. Il ne manque dans cette fable grotesque que le colonel Olrik, Voldemort, Fantômas, Dark Vador et le comte Dracula… La veille, Médiapart mettait en ligne un reportage de dénonciation sur « Dissous, le Bastion social se reconstitue sous de nouvelles identités ». En revanche, aucun de ces chantres de l’« esprit Charlie » n’a osé évoquer l’effarant procès de l’écrivain Renaud Camus tenu le 25 novembre 2020 devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris pour un twitt invitant les Africains à pratiquer massivement la contraception afin d’éviter des noyades en Méditerranée et le « réchauffement climatique ». Plane sur lui une peine de quatre mois de prison avec sursis ainsi que de lourdes amendes. Les parties civiles appâtées par le gain perdraient-elle le souvenir de Lucien Neuwirth, le législateur de la pilule en 1967 ? Seraient-elles favorables au retour de la loi de 1920 interdisant toute réclame de la contraception et donc crypto-hétéropatriarcales ? Outre la détention scandaleuse du judéologue Hervé Ryssen et des condamnations pour délit de presse de Jérôme Bourbon et d’Yvan Benedetti, victimes d’une haine judiciaire inouïe, Alain Soral vit désormais en exil de l’autre côté du lac Léman. Un exil que connaissent depuis plus longtemps l’historien Vincent Reynouard et le polémiste Boris Le Lay recherché par Interpol. Au procès de Gilets Jaunes poursuivis pour avoir participé à la manifestation du 5 janvier 2019, le tribunal relaxe deux prévenus, le 27 novembre dernier. En revanche, il reconnaît la culpabilité des deux autres qui auraient pris un chariot-élévateur pour ensuite enfoncer la porte d’entrée principale du ministère du très manuel Benjamin Griveaux. Résultat : des peines de dix-huit mois de prison dont six avec sursis probatoire et le port de bracelets électroniques. Port qui se généralisera bientôt pour tous les récalcitrants à la vaccination « non obligatoire » contre le couillonavirus. Cette sévérité étonne quand on compare cette sentence aux jugements dans les affaires de trafic et d’usage de stupéfiants...

Incarnation de la fausse liberté d’opinion et larbin consentant du Système kleptocratique, Le Canard enchaîné du 21 octobre 2020 désigne à la vindicte médiatique un enseignant d’une Prépa privée aux concours en HEC plus ou moins liée administrativement à un lycée, privée lui aussi, animé par Tiphaine Auzière, la belle-fille d’Emmanuel Macron. L’hebdomadaire s’indigne de la présence de Pascal Gauchon, fondateur de la revue Conflits et dirigeant dans les années 1970 du Parti des forces nouvelles, le mouvement rival du Front national. Il est évident que ce profil ne correspond pas à celui de Cédric Herrou.

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Bien des Français voudraient importer le modèle référendaire suisse. Or, malgré de fréquentes votations d’initiative populaire, la Suisse pâtit d’un pesant politiquement correct. L’association culturelle identitaire Kavingrad Patriot a rendu publique en août dernier son auto-dissolution. Il y a quelques semaines, Résistance helvétique a fermé son local, « L’Aquila », où se tenaient de passionnantes conférences. Le harcèlement insidieux de la mairie libérale-radicale d’Aigle a par conséquent payé.

La justice slovaque vient de condamner en première instance à quatre ans et quatre mois de prison le chef-fondateur du Parti populaire – Notre Slovaquie, Marian Kotleba. Le héraut de la lutte anti-corruption a-t-il fauté ? En juillet 2017, il a remis à quelques familles démunies slovaques un chèque de 1488 euros, ce qui entraîna son inculpation pour « promotion de sentiments de sympathie à l’égard d’un mouvement dont l’objectif est d’abolir les droits fondamentaux et les libertés ». La somme de 1488 euros serait en fait un code caché en faveur des quatorze lettres chers aux suprématistes blancs d’Amérique du Nord et au salut allemand des années 1930 – 1940. Quelle imagination ! Quelques semaines plus tôt, le 3 septembre 2020, le tribunal spécial de Pezinok acquittait en revanche le millionnaire Marian Kocner soupçonné d’avoir commandité l’assassinat du journaliste Jan Kuciak et de sa fiancée en février 2018. Composé de trois magistrats, le tribunal avait par avance écarté toute la correspondance cryptée par message numérique entre Kocner et sa confidente parce que « leur langage métaphorique ne permet pas de conclure à la culpabilité ». En revanche, écrire sur un chèque 1 – 4 – 8 – 8 est d’une évidence incontestable. Citant le président de cet étrange tribunal, Jan Hrubala, Le Monde du 5 septembre 2020 reconnaissait volontiers que « la réputation du système judiciaire slovaque n’est pas très élevée ». On le croit volontiers.

En Grèce, le 7 octobre 2020, après cinq ans et demi de procès, malgré des réquisitions du Parquet en décembre dernier favorables à un non-lieu général, Nikolaos Michaloliakos et six responsables d’Aube Dorée sont reconnus coupables de « direction et d’appartenance à une organisation criminelle » et condamnés à treize ans de prison. Le tribunal a en outre condamné quarante-cinq autres militants de ce mouvement patriotique hellène exemplaire d’« appartenance à une organisation criminelle ». Les unités anti-terroristes ont arrêté le chef d’Aube Dorée. Christos Pappas a préféré entrer en clandestinité. Courage à lui et à ses proches ! Pendant ce temps, les groupes terroristes antifas et gauchistes commettent de nombreuses violences en toute impunité.

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En juillet dernier, la justice espagnole mettait pour deux ans et demi en prison plusieurs militants nationalistes qui osèrent interrompre une réunion d’indépendantistes cosmopolites catalans. Quelques drapeaux gauchistes catalans et des meubles y furent renversés… Les juges espagnols y virent une violence inqualifiable en dépit de l’absence de toute plainte venant de ces drapeaux et mobilier.

Au cours des mois d’octobre et de novembre bien sombres avec le détournement industriel de voix à l’élection présidentielle aux États-Unis, ce qui serait du « complotisme », sauf quand il s’agit d’insister sur une évanescente interférence russe en 2016, la situation outre-Rhin reste contrastée. D’un côté, les dissidents Ursula Haverbeck, 91 ans – pas 21 ans ! – et Horst Mahler, 84 ans, sont enfin libres. Après une décennie de détention inhumaine et l’amputation d’une jambe, l’avocat allemand, ancien de la « Bande à Baader » rallié au néo-nationalisme, voit néanmoins le Parquet de Cottbus le poursuivre encore pour six chefs d’accusation portant sur des écrits et des publications anti-conformistes. Par ailleurs, le Parquet de Munich l’a placé sous une étroite « surveillance de conduite », ce qui interdit Horst Mahler de publier le moindre écrit sans un accord judiciaire préalable. Cette acharnement montre la profonde hargne du Régime allemand envers l’un de ses opposants les plus courageux. Ce n’est pas une nouveauté en Allemagne oligarchique. L’excellent blogue de Lionel Baland rapporte plusieurs informations préoccupantes. La première en date du 25 novembre signale que les autorités vont débloquer un milliard d’euros entre 2021 et 2024 contre l’« extrême droite » et en faveur d’une « société civile démocratique plus forte ». La seconde, du 27 novembre, signale que 691 locaux de l’AfD ont été attaqués en 2019 sur un total de 1339, soit 51,60 % des agressions politiques. La manne financière qui se déversera à partir de l’année prochaine accélérera ces actes de destruction sans susciter le courroux des médiats dominants d’occupation mentale. Par ailleurs, la police secrète d’État allemande, à savoir l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), n’hésite pas à recruter informateurs et provocateurs infiltrés dans l’AfD, au NPD et dans d’autres mouvements oppositionnels extra-parlementaires. Le BfV place aussi sous une étroite surveillance de nombreuses sections régionales de l’AfD, y compris des élus. Bien des militants de la droite nationale allemande sont des Alexeï Navalny en puissance.

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Il y a quelques semaines en Espagne et en Italie, le retour au confinement a déclenché des émeutes à Milan, à Naples, à Barcelone et à Madrid. Ces derniers jours, l’opinion française s’élève contre la proposition de loi macronienne sur la « sécurité globale » qu’elle confond sciemment avec des violences policières superfétatoires. Pourquoi cette même opinion se taisait-elle au moment de la défiguration et de l’arrachement de membres de Gilets jaunes ? Elle condamne l’évacuation légitime d’un campement sauvage d’immigrés clandestins sur la place de la République à Paris, mais ne réagit aux lois liberticides qui musellent les opinions les plus incorrectes… Il est enfin comique que les gouvernements français, allemand, italien et espagnol accusent encore et toujours le Bélarus de réprimer les manifestations colorées contre le très remarquable président Loukachenko qui, lui, a tout compris des dernières manœuvres de l’hyper-classe mondialiste. Quand son gouvernement sanctionnera-t-il les avoirs financiers des dirigeants occidentaux ? N’en déplaise aux plumitifs des médiats subventionnés, on est bien plus libre aujourd’hui au Bélarus que dans une Europe occidentale décadente.

Georges Feltin-Tracol.

Préface au livre "Guerre ideologica" de Jorge Sànchez Fuenzalida

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Robert Steuckers:

Préface au livre "Guerre ideologica" de Jorge Sànchez Fuenzalida

GUERRA IDEOLÓGICA, Subversión y emancipación en Occidente

Jorge Sánchez Fuenzalida

21,95

Comme son titre l’indique, cet ouvrage de Jorge Sànchez Fuenzalida traite d’un phénomène de plus en plus patent : la guerre idéologique qui est menée à travers le monde contre les peuples d’Europe, ou de souche européenne s’ils vivent en Amérique. Cette guerre idéologique, qui est une « guerre hybride » ou une « guerre de quatrième dimension » vise à détruire l’homme européen ou occidental, en dissolvant ses réflexes innés, ses certitudes héritées d’innombrables générations antérieures. Ce processus a été amorcé il y a longtemps : la révolte iconoclaste dans les Pays-Bas, qui connaîtra son apogée en 1566 quand se sont ébranlés les casseurs depuis leurs bases initiales du Hainaut méridional (aujourd’hui français), est la première manifestation de cette volonté, désormais récurrente de briser les ressorts de notre culture naturelle et spontanée. Ces casseurs hennuyers migreront vers les actuels Pays-Bas et, de là, vers l’Angleterre, qui sera marquée de leurs folies jusqu’au paroxysme de l’époque cromwellienne. La restauration post-cromwellienne les chassera vers l’Amérique, où la furie calviniste prendra des contours spécifiques, génèrera dans le psychisme américain ces fureurs destructrices et bellicistes que nous subissons aujourd’hui, que ce soit le fait du Pentagone ou de l’Etat profond ou que ce soit le fait des militants antiracistes (autoproclamés), des féministes délirantes ou des casseurs antifa qui provoquent, aujourd’hui, une sorte de « révolution orange » non exportée, sévissant sur le territoire américain lui-même.

Le spectacle de ces fureurs destructrices rend parfaitement visible le processus d’autodestruction et d’autodissolution de l’homo europaeus, en Amérique du Nord d’abord, en Europe ensuite. La lutte planétaire contre les amorces premières de cette pandémie théologico-idéologique fut une guerre dure et katéchonique menée par les rois Philippe II et Philippe III principalement, de la fin du 16ème siècle aux premières décennies du 17ème et seront suivies par les calamités de la guerre de Trente Ans. La politique est philosophie appliquée, nous rappelle Jorge Sànchez Fuenzalida : j’ajouterai que dans ce travail gigantesque de sape visant les assises du monde spirituel et matériel né en Europe, la théologie hypersimplifiée, caricaturale des descendants des casseurs de l’été 1566 est aussi politique mais politique apocalyptique et non katéchonique. Les casseurs de l’été 1566 ont pour descendants les puritains embarqués sur le Mayflower, les anciens esclaves afro-américains convertis à cette caricature de religion, les militants LGBT ou antifa qui sont retournés sans le savoir à ces simplismes destructeurs pseudo-théologiques et ont pour alliés les révolutionnaires institutionnalisés de facture franco-jacobine et, surtout, les wahhabites de la péninsule arabique, leurs élèves salafistes d’Afrique du Nord ou d’ailleurs. L’ensemble de ces filons constitue un cocktail explosif dont on se sert pour détruire une culture/civilisation : où que l’on soit dans l’espace occidental, dans l’américanosphère atlantiste, les processus de dissolution s’opèrent par l’intervention violente de l’un ou de l’autre de ces avatars de l’iconoclasme, apparu initialement dans le Comté du Hainaut, sous le règne de Philippe II.

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Cette alliance est subtile, apparemment inexistante, jamais explicitée comme telle dans les médias, toujours téléguidés depuis les officines du Deep State qui porte la marque indélébile du puritanisme des pèlerins du Mayflower. L’objectif est de modifier tous les substrats anthropologiques nés de l’histoire des peuples, tant au niveau culturel (par l’effacement de l’histoire et de la statuaire qui la remémore) qu’au niveau biologique (en niant la dualité sexuelle de l’espèce humaine). L’objectif est d’imposer cet arasement au monde entier, y compris aux cultures et aux civilisations non abrahamiques, lesquelles semblent, bien sûr, opposer une résilience plus forte, qui est proprement katéchonique, tandis que les forces katéchoniques potentielles de l’espace occidental patinent, paraissent incapables de s’organiser pour mettre fin au pandémonium.

Dans cette optique, le « marxisme culturel », pour reprendre une terminologie propre à la pensée paléo-conservatrice américaine, est un instrument de ce plan apocalyptique qui a pour objectif principal de détruire la base existentielle des familles (au sens large de la communauté des frères et des cousins ou au sens de la lignée, ou au sens restreint de la petite famille nucléaire). Le marxisme tout court, avant qu’il ne soit « marxisme culturel » (sans plus avoir de liens véritables avec la pensée du Marx de chair et de sang), avait déjà sapé les assises anthropologiques de la Russie soviétique et de la Russie d’Eltsine, provoquant un ressac démographique inquiétant, dont les retombées ne sont pas encore effacées. Il faudra l’action d’un Poutine pour tenter de revenir à l’anthropologie saine, base de toute civilisation. Poutine fait là œuvre katéchonique, de même que le Hongrois Orbàn. Tous deux opposent une forme théologico-anthropologique traditionnelle, de facture grecque-orthodoxe ou catholique-romaine, à la forme iconoclaste qui a commencé par détruire les statues et les images avant de s’attaquer, depuis quatre ou cinq décennies, aux fondements bio-ontologiques de l’homme, tel qu’il est. A cet homme, tel qu’il est, l’iconoclasme postmodernisé pose un homme autre, tel qu’il doit être, au nom de retentissantes élucubrations, vidé de toute substance, dé-genré, amnésique et dénaturé. L’idéologie des droits de l’homme, dans cette optique, n’est plus l’idéologie qui accorde des droits au citoyen d’une Cité, au zoon politikon qu’est l’homme selon Aristote, mais la nuisance idéologique qui sert à promouvoir un homme, un homonculus, tel qu’il n’est pas d’emblée au sein du cosmos mais tel qu’il est anarchiquement défini par tout un éventail de déments théologico-idéologiques.

Le « marxisme culturel », en ce sens, est un « marxisme dévoyé », dont le dévoiement s’est opéré au fil des décennies depuis la rédaction, par Karl Marx, du « Manifeste communiste » de 1844. A la dose de messianisme irréaliste que ce marxisme des origines recelait, dès le départ, en son sein, on a ajouté une belle collection de nuisances idéologiques, souvent tirées des « socialismes utopiques » (que Marx moquait), de formes les plus débiles de rousseauisme, dont les avatars, au 20ème siècle, furent la mode hippy et les marottes extraites du livre d’Herbert Marcuse, « L’Eros contre la civilisation », où la jouissance, non créatrice et consommatrice, doit, par un travail dissolvant et constant, déconstruire les fondements de la civilisation. D’autres, comme Foucault ou Derrida, exposants de la « French Theory », parleront carrément de « déconstruction », discours dissolvant pris à la lettre par leurs élèves américains, marqués, consciemment ou inconsciemment, par le mauvais esprit des casseurs de 1566 et des pèlerins du Mayflower. L’éros marcusien, la déconstruction de Derrida, la jouissance sans entraves de Foucault sont autant d’ingrédients nouveaux, qualifiés de modernes et de progressistes, que le vieux fond iconoclaste va mobiliser pour poursuivre son œuvre destructrice. Nous avons là les éléments idéologiques du festivisme soixante-huitard. A ceux-ci s’ajouteront, une décennie plus tard, les éléments dissolvants du néolibéralisme que l’on peut résumer par le slogan lapidaire de Margaret Thatcher, « There is no society », comme le fit récemment le géographe et sociologue français Christophe Guilluy, brillant analyste des fractures à l’œuvre dans la société française actuelle. L’homme est un être social, un « zoon politikon » et non un individu isolé. En annonçant les « détricotages » sociaux et industriels, le démantèlement des outils industriels et les délocalisations, le néolibéralisme thatchérien et reaganien voulait en finir avec l’Etat, instance à abolir. L’Etat est certes une forme abstraite mais la Cité traditionnelle et aristotélicienne, ou le royaume à base ethnique spécifique ou non, ne l’est pas : de telles cités sont le reflet du cosmos, sur lequel règne Dieu, comme le Roi règne en son royaume et le Dominus en sa domus (opulente ou modeste).  

L’idéologie LGBT, le festivisme et le néolibéralisme ont contribué tous trois à démolir les règnes de Dieu, du Roi ou du Dominus dans leurs aires sociales respectives. En dépit des clivages droite/gauche où la droite a été séduite, notamment depuis Chirac en France, par le néolibéralisme et les gauches par le festivisme, en dépit de la xénophilie qui reprenait la fable rousseauiste du « bon sauvage », remplacé par le polisson des banlieues, les faux conservateurs (libéraux ou démocrates-chrétiens), séduits par le thatchérisme, et les socialistes festivistes/xénophiles sont étroitement alliés dans leur abominable travail de sape des assises anthropologiques et même bio-ontologiques de notre civilisation. Nozick, en 1974, avant que la calamité thatchérienne ne s’abatte sur l’Angleterre, a bien synthétisé la problématique : l’Etat (et tout appareil juridique romain/augustéen) est un « frein » (à l’éros marcusien, à la libido déchaînée que Cohn-Bendit appelait de ses vœux, aux détricotages de Thatcher, etc.). L’Etat porté par des volontés affirmatrices et constructives n’est plus perçu comme un moteur d’innovation ou d’initiatives de tous genres mais comme un ballast. C’est un a priori des plus contestables.

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Le pandémonium mis en scène aujourd’hui, surtout depuis la pandémie du covid-19, a réduit à néant le droit sacré à la libre circulation des personnes et aux relations sociales, surtout en France et en Espagne, a ensuite été suivi par les émeutes antipolicières aux Etats-Unis, après la mort de Georges Floyd, par des scènes de pillage généralisé en Amérique du Nord et en Europe (Allemagne comprise !) et par la profanation orchestrée des statues de Christophe Colomb, Cervantès, Kant ( !), Léopold II, Baudouin I, Bismarck, De Gaulle, Gallieni, Churchill, Victoria, etc.  Le Kali Yuga, annoncé par la mythologie indienne et par les penseurs traditionalistes, est là sous nos yeux. Jorge Sànchez Fuenzalida apporte sa pierre à la réponse qu’il convient de donner à cette intolérable situation. Il donne des munitions idéologiques au katechon qui devra venir.

L’iconoclasme destructeur, depuis les fauteurs de troubles de 1566 jusqu’aux antifas et aux indigénistes de France aujourd’hui, est le fruit d’une idéologie de la négation, assénée dans les têtes par les médias et les écoles depuis que s’est installée l’ère soixante-huitarde. Dès Adorno, Horkheimer et les autres figures de l’école de Francfort, on annonçait la couleur : il fallait nier les fondements de toute civilisation, combattre toutes les idéologies affirmatrices, posées a priori comme intrinsèquement « fascistes », saper toutes les autorités, à commencer par celle des pères. Nous vivons aujourd’hui les retombées calamiteuses de cette philosophie agressive et irrationnelle de la négation. Marcuse décrétait que cette négation était « douce », comme le « doux commerce » des économistes puritains, « douces » comme les caresses concupiscentes de jeunes amants immatures, et épiméthéenne (et non « prométhéenne »). Aujourd’hui, nous devons nier la culture dévoyée de la négation, nier la grande négation, revendiquer sans peur la négation de la négation, or toute négation d’une négation revient à une affirmation. Devant le néolibéralisme, qui est arrivé au bout de son rouleau mais a laissé d’innombrables dégâts derrière lui, il faut se souvenir que celui-ci refusait toutes les volontés politiques (affirmatrices par définition), en prétendant rétablir une vieille fumisterie du 18ème siècle : celle de la « main invisible » et du « laissez-faire, laissez-passer », où aucune intervention politique et volontaire n’était plus autorisée et où la délocalisation antiéconomique nous était vendue comme le fin des fins de l’économie : contradiction dans les termes car « oikos », en grec ancien, signifie le « lieu ». Il n’y a pas d’économie réellement économique sans un lieu, stable, non mouvant, dont se préoccupe le Roi ou le « Spoudaios » (selon Aristote) pour le bien de ses sujets. « Oikos » a donné le terme latin « vicus » (village) et le néerlandais « wijk » (quartier dans une ville), voire le suffixe anglais « -wich »  (village). L’économie se déploie dans des lieux spécifiques et ne vagabonde pas sans frontières (qui ne sont pas nécessairement étatiques). A l’économie antiéconomique du néolibéralisme thatchérien, il faut rétablir les affirmations régulationnistes et protectionnistes, car elles sont katéchoniques.

« Affirmation » et « volonté » sont d’ailleurs les concepts salvateurs, explicités en fin de volume par Jorge Sànchez Fuenzalida. Ce sont les concepts que j’ai toujours voulu promouvoir dans ma carrière de Cassandre métapolitologue, avec mes camarades Guillaume Faye et Ange Sampieru. Je suis donc heureux qu’un homme jeune, à l’esprit vigoureux, comme l’ami Jorge, reprenne aujourd’hui le flambeau. Je lui souhaite longue vigueur dans ce combat qu’il mène déjà, même si le « Spoudaios » ne pointe pas encore à l’horizon. Devenu un vieillard après plus de quarante ans de combat sans relâche, je vais pouvoir bientôt, sans remords et grâce à des garçons comme Jorge, me coucher sur le flanc, comme une vieille bête, et mourir paisiblement.

Forest-Flotzenberg,

Juin 2020.

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dimanche, 06 décembre 2020

Le déclin des Etats-Unis et l’Axe islamo-confucéen

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Le déclin des Etats-Unis et l’Axe islamo-confucéen

Par Daniele Perra

Ex: https://www.eurasie-rivista.com

Parler ouvertement du déclin impérial des États-Unis d'Amérique, surtout lorsque les prétendus "accords d'Abraham" sont signés et que l'Union européenne publie une résolution condamnant le prétendu empoisonnement de l'opposant russe Alexei Navalny, qui bloque en fait les travaux pour le Nord Stream 2 (réalisant ainsi le rêve de Washington)[1], est une opération compliquée qui risque de générer plusieurs malentendus.

S'il est vrai que les États-Unis sont inévitablement confrontés à une période de crise et de déclin, il est tout aussi vrai que leur hégémonie mondiale (ce qui, en termes géopolitiques, pourrait être défini comme un "moment unipolaire") est encore loin d'être terminée.

Cependant, et malgré les apparences, il y a des signes évidents de ce déclin, tant au niveau interne qu'externe. Un énorme volume de fiction et de propagande a été produit autour de l'élection de Donald J. Trump en 2016. Une propagande dont même les personnages insoupçonnés (ou presque) qui, jusqu'à récemment, désignaient les États-Unis comme le principal ennemi, n'étaient pas à l'abri.

La victoire de Donald J. Trump a en effet été présentée comme la victoire d'un candidat anti-système et d'une forme nord-américaine de "populisme", même si elle a été déclinée en termes totalement postmodernes. Aujourd'hui, bien que la campagne présidentielle actuelle suive plus ou moins les mêmes pistes, on peut dire, en connaissance de cause, que Donald J. Trump, loin de remporter les élections de 2016 grâce à ses impulsions populistes et anti-systémiques, les a remportées principalement parce qu'il a dépensé deux fois plus que son adversaire pour la campagne [2]. Ce qui a été présenté comme une lutte entre le bien et le mal (l'affrontement entre le président anti-système et l'État dit "profond"), n'est rien d'autre qu'un affrontement entre différentes stratégies et appareils, ce qui n’est pas du tout étranger à l'histoire des États-Unis. Et on peut dire (toujours en connaissance de cause) que l'émergence de forces perturbatrices internes est historiquement synonyme de crise et de déclin pour une "entité impériale". Plutôt qu'une force révolutionnaire (comme la propagande l'a dépeint), le trumpisme est simplement la dernière tentative pour sauver la mondialisation américaine et, avec elle, une hégémonie mondiale de plus en plus déclinante.

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Notre analyse portera principalement sur les facteurs externes qui sont à l'origine de ce déclin. Et à cet égard, plusieurs facteurs doivent être pris en compte. Tout d'abord, nous devons garder à l'esprit que la crise pandémique a inévitablement accéléré toute une série de processus géopolitiques qui, selon toute probabilité, auraient pris plusieurs mois, voire des années, pour émerger. Dans d'autres analyses publiées dans Eurasia, il a été fait référence, par exemple, aux accords de cessez-le-feu commercial entre la Chine et les États-Unis qui, seulement en janvier de cette année 2020, ont été présentés par les officines de propagande américaines comme une grande victoire de la diplomatie de Washington. Mais quelques mois plus tard, on parlait déjà à nouveau de "guerre froide" et de "bipolarisme".

En fait, les accusations continues et répétées contre la Chine pour la propagation (et souvent même la fabrication)[3] du virus ont incité Pékin à modifier sa stratégie à l'égard de sa puissance rivale en déclin : les Chinois sont passés d'une stratégie d'accompagnement du déclin à une stratégie nettement plus agressive.

L'accord de coopération entre l'Iran et la Chine, paraphé en juillet, est étroitement lié à ce changement de stratégie. Les fondements de cet accord remontent à la visite de Xi Jinping à Téhéran en 2016. À cette occasion, les deux pays ont produit un communiqué commun sur 20 points qui révèle des passages d'un intérêt tout particulier. Le point 5, par exemple, stipule : "Les deux parties se soutiennent fortement l'une l'autre en ce qui concerne les questions relatives à leurs intérêts fondamentaux tels que l'indépendance, la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale. La partie iranienne poursuit son engagement ferme en faveur de la politique de la Chine unique. La partie chinoise soutient le "Plan de développement" de la partie iranienne ainsi que le renforcement du rôle de l'Iran dans les affaires régionales et internationales"[4].

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Le point 7 dit : "L'Iran se félicite de l'initiative de la Chine concernant la "ceinture économique de la route de la soie et la route maritime de la soie du XXIe siècle". En s'appuyant sur leurs forces et avantages respectifs ainsi que sur les possibilités offertes par la signature de documents tels que le "protocole d'accord sur la promotion conjointe de la ceinture économique de la route de la soie et de la route maritime de la soie du XXIe siècle" et le "protocole d'accord sur le renforcement des capacités industrielles et minérales et des investissements", les deux parties développeront la coopération et les investissements mutuels dans divers domaines, notamment les transports, les chemins de fer, les ports, l'énergie, l'industrie, le commerce et les services"[5].

Il est tout à fait clair que la coopération stratégique fondée sur ces hypothèses peut être perçue comme une menace directe par les États-Unis. Le pacte, qui durera 25 ans, redonne en effet de la vigueur au projet de la nouvelle route de la soie et redonne à l'Iran un rôle central dans le processus d'intégration eurasienne. En outre, elle surmonte le régime de sanctions nord-américain connu sous le nom de stratégie de "pression maximale", transformant la République islamique en un carrefour de première importance pour le commerce eurasien (l'Iran est au carrefour des directions Nord-Sud et Ouest-Est du continent) exactement comme dans l'Antiquité, lorsque la langue parlée le long de la route de la soie était le persan.

Comme l'a déclaré Ali Aqa Mohammadi (conseiller du Guide suprême Ali Khamenei) : "Ce document bouleverse le régime des sanctions et contrecarre de nombreux plans américains pour la région [...] La coordination entre la Chine et l'Iran peut faire sortir la région de l’emprise des États-Unis et briser leur réseau régional.

La coopération stratégique entre les deux pays est non seulement axée sur les investissements dans le secteur de l'énergie ou dans les infrastructures [7], mais aussi dans le secteur militaire. Le premier résultat (et aussi le plus inquiétant pour les États-Unis) des accords sino-iraniens a été le refus par le Conseil de sécurité des Nations unies de la demande nord-américaine de prolongation de l'embargo sur la vente d'armes à la République islamique, qui a expiré en octobre 2020. En fait, à partir d'octobre, la Chine commencera à fournir à Téhéran divers systèmes et armements de nouvelle génération.

Il est bien connu que la Chine et la Corée du Nord ont développé des liens militaires étroits avec l'Iran depuis le début des années 1980. Pékin, par exemple, a fourni un grand nombre de missiles balistiques à la République islamique nouvellement formée pendant la guerre contre l'Irak pour contrebalancer les plates-formes de lancement Scud B de fabrication soviétique fournies à l'armée de Saddam Hussein. La Chine a également joué un rôle fondamental en aidant Téhéran à développer son secteur militaire, à tel point que les plates-formes de missiles iraniennes actuelles sont basées sur des technologies chinoises[8].

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Par conséquent, grâce à cet accord de coopération, l'économie et le secteur militaire de Téhéran seront sérieusement renforcés. Dans le même temps, la Chine pourra bénéficier non seulement d'un approvisionnement stable (et de prix réduits) en hydrocarbures, mais aussi d'une entrée effective sur un vaste marché pour ses produits technologiques.

Mais ce ne sont pas les seules raisons pour lesquelles l'axe Pékin-Téhéran est considéré comme une menace sérieuse pour les États-Unis. Il y a d'autres facteurs à prendre en compte.

Tout d'abord, il est important de souligner, une fois de plus (si besoin est), que les États-Unis n'ont plus la force de faire face à un conflit militaire direct de grande envergure avec une puissance rivale.

L'Iran et la Chine ont tous deux montré qu'ils étaient "prêts" à affronter directement les États-Unis, si nécessaire. En comparaison, cette volonté (et cette disponibilité) s'est transformée en une sorte de dissuasion stratégique. Une guerre contre l'Iran (ou une attaque directe sur son propre territoire - la "ligne rouge" établie par le Corps des gardiens de la révolution) n'a jamais été réellement déclarée, car le Pentagone lui-même est conscient qu'elle coûterait de l'argent, causerait de graves dommages aux intérêts nord-américains dans la région, des vies humaines et une crise énergétique mondiale aux effets imprévisibles.

Une fois de plus, la Chine et l'Iran ont montré qu'ils ne veulent pas du tout la guerre, mais qu'ils sont prêts à la mener. Et tous deux savent parfaitement qu'en cas de conflit direct avec l'un des alliés régionaux des Etats-Unis (au Moyen-Orient ou dans la zone indo-pacifique), tout "l'Occident" et son opinion publique prendront inévitablement parti contre eux. C'est pourquoi un tel conflit a besoin non seulement d'une valeur stratégique mais aussi d'une valeur "morale". À cet égard, comme l'a souligné l'analyste Hu Xijin, les dirigeants de l'Armée populaire de libération ont établi qu'un éventuel conflit entre la Chine et un pays voisin avec lequel Pékin a des différends territoriaux doit respecter des exigences spécifiques : a) la Chine ne doit en aucun cas tirer le premier coup de feu ; b) la Chine doit montrer à la communauté internationale que tous les efforts ont été faits pour éviter le conflit ; c) la Chine ne doit jamais se permettre d'être impliquée de manière impulsive dans une confrontation militaire directe.

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En outre, un récent rapport du Pentagone a montré la menace que représente pour les États-Unis le renforcement militaire continu de la Chine[9].

L'un des objectifs de Pékin est de doubler ses capacités nucléaires d'ici 2030. De plus, la Chine possède plus de 12.000 missiles balistiques d'une portée comprise entre 500 et 5.000 km : elle a donc la capacité de frapper les intérêts américains dans le Pacifique occidental. Mais ce qui préoccupe vraiment le Pentagone, ce sont les capacités conventionnelles de l'Armée Populaire de Libération. Celle-ci possède en effet les forces navales et terrestres les plus nombreuses au monde : une armée dynamique et moderne capable de surmonter rapidement des conflits maritimes limités et, par conséquent, de défier la domination thalassocratique nord-américaine.

Il est tout aussi important de comprendre comment les États-Unis réagissent à la menace posée par la croissance des puissances eurasiennes et par leur coordination. En ce sens, outre les opérations classiques de sabotage le long de la nouvelle route de la soie, il faut se concentrer sur la signature des récents "accords d'Abraham" entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn (mais avec la possibilité de les étendre à d'autres monarchies arabes).

Il convient de souligner tout d'abord qu'il ne s'agit pas d'un simple coup de pouce électoral pour la campagne présidentielle de Donald J. Trump, ni d'une simple "justification" pour vendre des technologies militaires sophistiquées aux monarchies du Golfe aux dépens de la Chine. Si l'on oublie que de tels accords, signés par des entités financières (avant d’être politiques) qui, en réalité, n’ont jamais été en guerre contre Israël mais qui coopèrent souvent et volontairement avec lui à plusieurs niveaux, représentent la victoire du profit sur tout le reste (sur l'Homme avec un "H" majuscule, sur tout ce qui, malgré les efforts de l'"Occident", continue à maintenir en vigueur des valeurs sacrées, celles de la religion et celles des idées), ce qui est le plus intéressant ici est la portée géopolitique de l'opération de Trump.

Elle ouvre les marchés arabes à Israël et, grâce au projet de Corridor Trans-Arabe (étudié en opposition directe avec les corridors économiques de la Nouvelle Route de la Soie)[10], ouvre les portes de l'Océan Indien à l'entité sioniste. Ainsi, dans un sens plus large, les accords d'Abraham cherchent à saper (ou à limiter) le processus d'intégration eurasienne. Comme l'a laissé entendre le secrétaire d'État américain Mike Pompeo lui-même, plus pragmatique et moins enclin à la rhétorique pseudo-pacifiste de la propagande trumpiste, l'axe Israël/Monarchies du Golfe est fonctionnel pour la défense des intérêts américains dans la région et permet une plus grande concentration des forces dans la zone indo-pacifique.

Ces accords doivent donc être compris non seulement en termes anti-iraniens ou anti-turcs, comme une grande partie des analyses géopolitiques ont tenté de le démontrer, mais aussi anti-pakistanais et anti-chinois. Le Pakistan, par exemple, étant le seul État musulman à posséder un arsenal nucléaire, est naturellement dans la ligne de mire des sionistes. Aujourd'hui plus que jamais, après avoir pris acte de la tentative de limiter l'influence wahhabite en son sein [11] par les dirigeants politiques actuels, sa dénucléarisation figure parmi les objectifs premiers du sionisme.

Cependant, les "accords d'Abraham" ont également jeté les bases d'une autre menace pour la stratégie régionale sioniste et nord-américaine : le rapprochement et la revitalisation d'un lien entre l'Iran et la Turquie qui surmonte également le contraste entre les deux pays sur le champ de bataille syrien.

Le 8 septembre, la sixième réunion de haut niveau du Conseil de coopération entre Téhéran et Ankara a débuté. L'objectif de cette coopération, qui est bloquée depuis plusieurs années précisément à cause du conflit syrien, est de renforcer les relations entre la Turquie et l'Iran dans les domaines commercial et sécuritaire. En fait, les deux États ont également lancé récemment plusieurs opérations militaires conjointes dans le nord de l'Irak contre des groupes terroristes kurdes.

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Ce renforcement des relations, outre qu'il permet de mettre un terme aux interprétations sectaires (d'origine principalement occidentale) des conflits du Moyen-Orient, est également utile pour reconstruire le dialogue entre les forces de résistance au régime sioniste en Palestine : le Hamas (aujourd'hui, lié à la Turquie et au Qatar) et le Hezbollah (Parti et mouvement de résistance d'inspiration khomeyniste). Lors des réunions au sommet tenues à Beyrouth, les dirigeants politiques des deux mouvements, ayant surmonté les divisions générées par le conflit syrien, sont arrivés à la conclusion que le Hamas et le Hezbollah sont sur la même ligne dans l'opposition et la lutte contre Israël [12]. Sans considérer le fait qu'amener le Hamas au même niveau de capacité militaire que le Hezbollah, en plus de représenter une certaine menace, constituerait une fois de plus un élément de dissuasion contre de nouvelles opérations sionistes potentielles dans la bande de Gaza [13].

En février dernier, lors d'une conférence donnée à l'Institut d'études stratégiques d'Islamabad, l'ambassadeur iranien au Pakistan Seyyed Mohammad Ali Hosseini a suggéré l'idée de créer une alliance entre cinq pays (Turquie, Iran, Pakistan, Chine et Russie) pour favoriser la coopération eurasienne et résoudre pacifiquement tout différend régional.

La formation d'une telle alliance permettrait en outre de créer une forme de ceinture de sécurité capable de protéger l'Asie centrale (le "cœur du monde") des actions de sabotage, de déstabilisation et d'endiguement de tout développement, menées par l'Amérique du Nord.

Les premiers signes dans cette direction proviennent des exercices militaires "Caucase 2020" qui se dérouleront dans la région du Caucase entre le 21 et le 26 septembre et qui, axés sur les tactiques de défense et d'encerclement, impliqueront des unités militaires de Chine, de Russie, du Pakistan, d'Iran, d'Arménie, de Biélorussie et du Myanmar.

Il y a lieu d’être absolument convaincu que la création d'un axe islamo-confucéen (ou islamo-confuciano-orthodoxe)[14] pourrait représenter l’accélérateur du déclin de l'hégémonie américaine et de la faillite de toutes les stratégies visant à empêcher la naissance d'un ordre mondial multipolaire. L'espoir doit aussi se faire jour, d'ailleurs, de voir advenir le réveil des civilisations anciennes et combatives de l'Eurasie afin d’aider l'Europe à surmonter ce qui semble être une condition irréversible d'assujettissement culturel et géopolitique.

NOTES:

[1] Voir European Parliament Resolution on the situation in Russia: the poisoning of Alexei Navalny, www.europal.europa.eu.

[2] Fait qui montre bien comment fonctionne la « démocratie américaine » dont on vante tant le modèle. Voir à ce propos : Jean-Michel Paul, The economics of discontent. From failing elites to the rise of populism, Bruxelles 2018.

[3] Et, last but not least, la « recherche scientifique », menée par la Rule of Law Society et par la Rule of Law Foundation de Steve Bannon et Guo Wengui, qui prétendent démontrer l’origine du virus dans le laboratoire de Wuhan.

[4]Full text of Joint Statement on Comprehensive Strategic Partnership between I.R. Iran, P.R. China, www.president.ir.

[5]Ibidem.

[6]Iran-China deal to ditch dollar, bypass US sanctions: Leader’s Advisor, www.presstv.com.

[7] Cet accord de coopération prévoit plus de 400 milliards d’investissement. Une autre somme de 220 milliards sera versée au profit du secteur des infrastructures, visant le développement des liens ferroviaires (trains à grande vitesse) tant à l’intérieur de l’Iran que pour relier ce pays au reste de l’Eurasie : de la Chine à l’Asie centrale et, de là, à la Turquie et à l’Europe.

[8]China’s key role in facilitating Iran’s military modernization and nuclear program, implications for future relations, www.militarywatchmagazine.com.

[9]H. Xijin, China must be militarily and morally ready for a potential war, www.globaltimes.cn.

[10]Selon le mode particulier qu’implique le Corridor CPEC (China Pakistan Economic Corridor) ; il y a la possibilité que celui-ci soit prolongé pour relier directement le port de Gadwar au Pakistan à celui de Shabahar en Iran. Les deux ports seraient ainsi reliés entre eux et renforcés par une liaison ferroviaire qui, à son tour, favoriserait un développement économique régional de grande ampleur.

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[11] Récemment, il y a eu des manifestations anti-chiites à Karachi au Pakistan (ce qui met en exergue l’influence profonde du wahhabisme saoudien sur une bonne part de la population pakistanaise). Ces désordres montrent clairement quelles sont les motivations géopolitiques à l’œuvre dans cette région du monde. Déchaîner à nouveau la violence au Pakistan, pour le déséquilibrer de l’intérieur, s’avère utile pour retarder le mise en œuvre définitive du CPEC et pour discréditer le rapprochement lent mais continue du gouvernement d’Imran Khan avec les puissances d’Eurasie :la Russie et la Chine en premier lieu.  

[12]Hamas-Hezbollah talks and Iran-Turkey cooperation come at crucial time, www.middleeastmonitor.com.

[13] Les bombardements ont lieu tous les jours sur la Bande de Gaza, dans le silence assourdissant des médias occidentaux, silence qui a pour objectif de faire ignorer ces faits.

[14]Dans ce cas précis, on ne peut parler en termes « huntingtoniens », soit en terme de choc des civilisations, vu que l’Occident n’est pas une civilisation mais une construction idéologique utile pour garantir la domination américaine sur les espaces géographiques, soumis « géopolitiquement » à Washington.

« Théorie du complot » et comique de répétition

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« Théorie du complot » et comique de répétition

par Nicolas Bonnal

C’est du poumon que vous êtes malade

Le seul argumentaire du système, de ses intendants et de leur populace de téléphages est l’insulte tempérée par la menace. Quoiqu’on dise on est accusé de théorie de la conspiration avec un ricanement insultant et surtout menaçant.  Théorie de la conspiration rimera un jour avec camp de concentration pour les contrevenants et rime aussi avec le fameux comique de répétition. Pensez au poumon du Malade imaginaire de Molière, auteur qui n’a jamais été autant d’actualité : les Femmes savantes, les précieuses, le Malade imaginaire, Tartufe, le Bourgeois gentilhomme et surtout Georges Dandin, cocu à répétition des temps pseudo-cycliques.

Donc si l’on évoque Schwab, Davos, Gates, le mondialisme, l’ARN, l’ADN ou autres, on est accusé de complotisme sur un ton de précieux dégoûté. Cela montre que le système s’est renforcé/affaibli, qui peut s’établir sur une désertification intellectuelle bien globalisée.

Reprenons cette remarque extraordinaire de Guy Debord (il existe une bibliothèque pour l’insulter) sur ces mondialistes qui n’existent pas, ces vaccinateurs qui n’existent pas, ces banquiers qui n’existent pas, ce Reset qui n’existe pas, cet ADN qui n’existe pas, cette censure intégrale qui n’existe pas, cette élection volée qui n’existe pas, cette dictature qui n’existe pas, et tout le reste :

« La plus grande exigence d’une Mafia, où qu’elle puisse être constituée, est naturellement d’établir qu’elle n’existe pas, ou qu’elle a été victime de calomnies peu scientifiques ; et c’est son premier point de ressemblance avec le capitalisme. Mais en la circonstance, cette Mafia irritée d’être seule mise en vedette, est allée jusqu’à évoquer les autres groupements qui voudraient se faire oublier en la prenant abusivement comme bouc émissaire. »

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La cabale mondialiste (voyez mon livre Littérature et conspiration pour constater que Dostoïevski, Chesterton ou Jack London la voient venir en leur temps…) n’existant pas, ne peut exister qu’une méchante volonté de tout inventer pour mieux accuser. Il faut donc sanctionner et insulter les félons avant de pouvoir les enfermer. Et sur cette volonté de ne plus discuter mais d’insulter, qui repose sur la rage et l’impuissance (voyez le petit Blachier face au professeur Toussaint) Schopenhauer a déjà tout dit dans son fameux Art d’avoir toujours raison que l’on trouvera sur Wikisource :

« Lorsque l’on se rend compte que l’adversaire nous est supérieur et nous ôte toute raison, il faut alors devenir personnel, insultant, malpoli. Cela consiste à passer du sujet de la dispute (que l’on a perdue), au débateur lui-même en attaquant sa personne…En devenant personnel, on abandonne le sujet lui-même pour attaquer la personne elle-même : on devient insultant, malveillant, injurieux, vulgaire. C’est un appel des forces de l’intelligence dirigée à celles du corps, ou à l’animalisme. C’est une stratégie très appréciée car tout le monde peut l’appliquer, et elle est donc particulièrement utilisée. »

Tout le monde peut l’appliquer, en particulier les journalistes ignares qui ne savent que répondre aux savants Toubiana ou Fouché qu’on leur oppose sur un plateau. Que ne peuvent-ils faire taire leur adversaire avec un pistolet ! On oppose parfois les pédants (Molière, toujours) aux savants, or les pédants ne publient rien sur le plan scientifique contrairement à Raoult par exemple.

519uxVU+iOL.jpgTout cela marche parce la bêtise s’est répandue industriellement et ce grâce aux médias. A tout seigneur tout honneur, la presse. Au milieu du dix-neuvième siècle le bon théologien Mgr Gaume écrivait déjà à propos de l’imbécillité positiviste :

« Vous avez des yeux, et vous ne voyez pas ; des oreilles, et vous n'entendez pas; une volonté, et vous ne voulez pas. Fruit du don d'entendement, le sens chrétien, ce sixième sens de l'homme baptisé, vous manque.  Il manque à la plupart des hommes d'aujourd'hui et à un trop grand de nombre de femmes. Il manque aux familles, il manque à la société, il manque aux gouvernants et aux gouvernés, il manque au monde actuel. Monde de prétendues lumière et de prétendu progrès, il ne reste pour toi qu'un dernier vœu à former, c'est que l'Esprit d'intelligence te soit donné de nouveau et te montre à nu l'abîme inévitable, vers lequel te conduit à grands pas l'Esprit de ténèbres, redevenu, en punition de ton orgueil, ton guide et ton maître. »

Car leur monde moderne est le monde des gogos, des consommateurs, des guerres mondiales, du totalitarisme à répétition. Et il veut finir glorieusement par un Reset et une extermination.

Baudrillard dans sa Guerre du golfe avait évoqué la fonction des médias dans le maintien d’une hébétude collective. Or Mgr Gaume rappelle :

« Le premier effet d'un pareil désordre, c'est l'affaiblissement de l'intelligence, hebetudo. L'âme et le corps sont entre eux comme les deux plateaux d'une balance : quand l'un monte, l'autre descend. Par l'excès du boire et du manger, l'organisme se développe, et l'esprit s'émousse, s'épaissit, devient pesant, paresseux, inhabile à l'étude et aux fonctions purement intellectuelles : ce résultat est forcé. Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. En contact intime, habituel et coupable avec la matière, avec l'animalité, l'homme devient matière, il devient bête, animalis homo. »

En effet pour quelqu’un qui n’a pas envie de réfléchir ou de discuter (66%, 90%, 99%  des téléphages), l’accusation de théorie de la conspiration est bienvenue.  Elle est liée à une ignorance fumiste et  à une joie méchante, un ricanement (Blachier toujours à Toussaint : « vous êtes tellement con et conspiratif qu’on ne peut discuter avec vous… »). Et Gaume en parle de ce ricanement agressif, laïc et ploutocratique :

« Le second effet de l'esprit de gourmandise, c'est la folle joie, inepta laetitia. Devenue, par l'excès des aliments, victorieuse de l'esprit, la chair manifeste son insolent triomphe. Des rires immodérés, des facéties ridicules, des propos trop souvent obscènes, des gestes inconvenants ou puérils, des chants, des cris, des danses, des plaisirs bruyants, des fêtes théâtrales en sont l'inévitable expression. »

Alors on fait rentrer les bouffons  sur les plateaux télé, bouffons qui sont là pour ajouter plus de fausseté à l’esprit de ce monde. Et de parler du virus comme le faux médecin de Molière parle du poumon.

Sources:

Schopenhauer – L’art d’avoir toujours raison (Wikisource.org)

Mgr Gaume – Traité du Saint-Esprit, tome deuxième, pp. 472-474

Guy Debord – Commentaires, XXIII

Baudrillard – La Guerre du Golfe n’a pas eu lieu (Galilée)

Bonnal – Littérature et conspiration (Amazon.fr)

 

 

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