Simbolismo solar del trigo.

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18:33 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tellurisme, culte solairte, tradition, traditionalisme, eucharistie, messe |
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18:05 Publié dans Cinéma, Film, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, film, ferme des animaux, george orwell, littérature, dessin animé, littérature anglaise, lettres, lettres anglaises |
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Principes du fédéralisme proudhonien
«Constitutionnellement, l’Etat proudhonien présente donc finalement des organes de base correspondant aux groupes naturels, et des organes fédéraux correspondant aux fédérations de ces groupes et à leur émanation.Les organes de base seront territoriaux ou fonctionnels.Les organes de base territoriaux seront constitués par les communes, les cantons, les districts, les provinces ou régions, s’auto-administrant, dotés de conseils, de gouvernement et d’administration autonomes vis-à-vis de l’autorité fédérale. C’est ainsi que Proudhon demande l’abolition de l’institution préfectorale et critique, dès la création de l’ordre, la division en départements. Il préconise la division de la France en douze régions indépendantes inspirées des anciennes provinces. (...) Les organes de base fonctionnels sont constitués des “ateliers” et “conseils ouvriers”, des “groupes d’agriculteurs”, des “associations industrielles et agricoles”, des “syndicats”, des “services publics locaux autonomes” (comme les écoles et universités ou les tribunaux). Les organes fédéraux ou organes centralisés sont constitués par fédération ou délégation successives à partir des organes de base. Le pouvoir législatif central est assuré par un parlement fédéral composé, semble-t-il, d’une chambre des régions qui “comporte autant de députations qu’il y a de souverainetés provinciales” et d’une chambre des professions, issue “d’un vote des citoyens, par catégories de fonctions”. Le “pouvoir exécutif ” ou administratif est distribué conformément aux lois de l’économie et selon les critères de la comptabilité économique dont Proudhon est l’un des précurseurs»
Jean BANCAL "Proudhon, pluralisme et autogestion"
07:54 Publié dans Définitions, Théorie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : définition, proudhon, théorie politique, fédéralisme, sciences politiques, philosophie politique, politologie |
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" Parmi les inégalités de fait le respect ne peut être égal envers tous que s’il porte sur quelque chose d’identique en tous. Les hommes sont différents dans toutes les relations qui les lient à des choses situées en ce monde, sans aucune exception. Il n’y a d’identique en eux tous que la présence d’un lien avec l’autre réalité. Tous les êtres humains sont absolument identiques pour autant qu’ils peuvent être conçus comme constitués par une exigence centrale de bien autour de laquelle est disposée de la matière psychique et charnelle "
« Il ne faut leur [aux « malheureux »] donner que des mots qui expriment seulement du bien, du bien à l’état pur. La discrimination est facile. Les mots auxquels on peut joindre quelque chose qui désigne un mal sont étrangers au bien pur. On exprime un blâme quand on dit : “Il met sa personne en avant”. La personne est donc étrangère au bien. On peut parler d’un abus de la démocratie. La démocratie est donc étrangère au bien. La possession d’un droit implique la possibilité d’en faire un bon ou un mauvais usage. Le droit est donc étranger au bien. Au contraire l’accomplissement d’une obligation est un bien toujours, partout »
14:45 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : simone weil, enracinement, personne, sacré, philosophie |
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17:35 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, république, républicanisme, génocide, idéologie génocidaire, vendée, révolution française |
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William Morris, précurseur de George Orwell
par Pierre Olivier Gaden
(via Facebook)
Parmi les précurseurs de Georges Orwell dans ce qui a été désigné comme le socialisme anglais - disons d'outre manche :
William Morris une révolte socialiste contre le monde moderne.
Membre de la confrérie préraphaélite et initiateur avec John Ruskins Arts & Crafts (« Arts et artisanats »), William Morris fut une personnalité particulièrement attachante du mouvement socialiste britannique.
Lors d’un récent colloque du parti dit «socialiste », des observateurs ironiques ont pu noter que l’invocation du progrès et du développement avait remplacé dans les discours, la classe ouvrière et la justice sociale. Et si les orateurs prétendaient parfois se préoccuper de « la question écologique », ils ne contestaient jamais le dogme de la croissance ni ne s’interrogeaient sur les finalités de la production matérielle. Le système des objets, les impératifs du marché ou le déploiement sans entrave des forces productives semblent aujourd’hui des horizons indépassables pour la plupart des partis qui se réclament encore du socialisme ou se revendiquent héritiers de l’ancien mouvement ouvrier. Technocrates de la social-démocratie occidentale ou militants des derniers groupuscules marxistes-léninistes, ils sont des fidèles obéissants de la religion du progrès, qui n’imaginent pas d’autres mondes possibles hors du cercle de la raison marchande ou industrialiste.
La haine de la civilisation moderne
Les différents courants du socialisme ont pourtant longtemps entretenu une relation contrastée, sinon hostile à la modernité politique et économique. Ainsi les théoriciens du syndicalisme révolutionnaire – Georges Sorel ou Edouard Berth – critiquaient violemment les illusions de la démocratie représentative. Pierre Leroux, l’un des pères du socialisme français, fustigeait l’atomisation des sociétés par l’individualisme libéral avec des arguments que l’on croirait parfois empruntés à Joseph de Maistre. Karl Marx écrivit dans La question juive, un réquisitoire contre la philosophie bourgeoise des droits de l’homme qui scandaliserait la majorité des « gens de gauche ». Les premiers militants du mouvement ouvrier réagissaient contre les dégâts du progrès capitaliste, avec le souci de conserver un patrimoine de mœurs, d’institutions sociales et de savoir-faire, légués par ces « anciennes humanités », dont Charles Péguy pensait qu’elles étaient les fondations d’une révolution véritable.

Si William Morris ne regrettait rien des servitudes de l’ancien régime, ni de cette hiérarchie sociale qui justifiaient alors certains hommes d’église ou les penseurs d’une aristocratie vaincue, il ne se ralliait pas non plus à la philosophie bourgeoise du progrès. Il la récusait pour préserver les voies d’une authentique émancipation, qui ne soit pas une table rase, un désert où ne vivraient que des esclaves soumis au dieu-marché ou à l’idole industrie. Ce socialisme fut liquidé, on le sait, par l’hégémonie des bureaucraties stalinienne et social-réformiste. Aux projets d’autonomie et de gestion ouvrière succédèrent les capitalismes d’Etat, les plans quinquennaux ou le cauchemar climatisé d’une social-démocratie à la suédoise. Aujourd’hui où le mode de production capitaliste continue d’accumuler ses ruines, ses désastres écologiques et humains, il nous semble nécessaire d’en retrouver les voies.
William Morris est à cet égard, avec Charles Péguy et le communiste libertaire Gustav Landauer, une figure particulièrement attachante et représentative de cette pensée socialiste contre-moderne de la fin du XIXe siècle. Il fut l’un des premiers lecteurs de Karl Marx au Royaume-Uni, et confiait volontiers que la « passion dominante de sa vie avait toujours été la haine de la civilisation moderne ». On voit tout ce qui sépare le socialiste anglais d’une ministre de François Hollande...

Une révolte socialiste et panthéiste
Architecte, peintre, artisan, poète, militant révolutionnaire, imprimeur, éditeur, conférencier, défenseur de l’art gothique et grand contempteur de l’architecture utilitariste victorienne, écologiste inquiet de la pollution des bois et des rivières de son pays, il n’était pas un militant glacé par l’idéologie, ni un théoricien rêvant d’établir l’empire de la raison abstraite. Sa révolte socialiste était enracinée dans un amour du monde et de la vie, que certains de ses biographes ont considéré comme panthéiste. L’esprit du socialisme était, selon Morris, un « amour intense et presque présomptueux de l’écorce et de la surface de cette terre sur laquelle l’homme habite, tel celui de l’amour pour la chair exquise de la femme qu’il aime ».
Né le 24 mars 1834, à Walthamstow, au nord-est de Londres, William Morris a connu les derniers moments d’une vieille Angleterre que la modernité industrielle avait encore relativement préservée. Les ersatz ne s’étaient pas substitués complètement aux produits de la terre et les métropoles commerçantes aux villes anciennes. Bien que le père se soit enrichi dans la fourniture aux entreprises mécaniques naissantes, la famille du futur militant socialiste brassait sa propre bière, fabriquait son pain et son beurre. William Morris connu une enfance champêtre et bucolique. Les beautés de la country anglaise resteront parmi les inspirations les plus constantes de son art et de sa poésie. Après s’être destiné à la carrière de pasteur, il abandonne assez vite ses études de théologie pour se consacrer à la recherche esthétique et artistique. Il connaît la notoriété assez jeune, grâce à ses poésies romantiques – qui lui valent l’admiration du public cultivé – mais surtout grâce à son implication dans le mouvement Arts and Crafts, dont les promoteurs cherchent à retrouver l’unité perdue entre l’art et la vie, entre culture populaire et culture de l’élite. William Morris fonde dans les années 1860, une petite entreprise artisanale où il propose des créations alternatives aux produits manufacturés de la grande industrie. Les bénéfices, malgré les débuts difficiles de l’aventure, serviront plus tard à financer le mouvement socialiste.

William Morris s’est engagé assez tardivement dans la lutte socialiste. Son opposition du monde au monde capitaliste a d’abord puisé dans une tradition de critique culturelle de la société bourgeoise. Carlyle, le pamphlétaire populiste William Cobbett, Charles Dickens, mais surtout John Ruskin, sont ses premiers maîtres, avant Karl Marx. Ces différents auteurs, s’ils sont souvent des conservateurs ou des nostalgiques d’un âge d’or féodal, ont le mérite d’avoir dressé de violents réquisitoires contre l’utilitarisme libéral et ébauché une critique des théories de la valeur défendue alors par les disciples de Smith, Ricardo et Mill. William Morris, à la suite de Ruskin et du Dickens des Temps difficiles, récuse l’idée que l’homme est une machine à besoin. Il reproche aux économistes classiques d’avoir conçu un homo œconomicus abstrait, en faisant fi de ses affections, de ses passions, de ses mœurs, de son milieu, de ses traditions morales et religieuses. Annonçant certaines conclusions de Karl Polanyi, il constate que la victoire des principes libéraux opère une véritable révolution où l’économie se « désencastre » de tout ce qui dans les anciennes sociétés limitait et entravait sa croissance ; elle s’autonomise et devient la fin de toutes les activités sociales. L’artiste William Morris ne pouvait qu’être effrayé par ce règne de la quantité pure et cette destruction de la vie commune par les eaux glacées du calcul égoïste.
http://www.wmgallery.org.uk/…/2._Photograph_of_William_Morr…
17:28 Publié dans art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, arts, arts & crafts, william morris, angleterre, 19ème siècle, socialisme |
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Médiocrité parlière et pédantisme intrigailleur
« Un système politique (le système parlementaire) inventé tout exprès pour le triomphe de la médiocrité parlière, du pédantisme intrigailleur, du journalisme subventionné, exploitant la réclame et le chantage, où les transactions de conscience, la vulgarité des ambitions, la pauvreté des idées, de même que le lieu commun oratoire et la faconde académique sont des moyens assurés de succès, où la contradiction et l'inconséquence, le manque de franchise et d'audace, érigés en prudence et en modération, sont perpétuellement à l'ordre du jour ».
Proudhon
17:06 Publié dans Citation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citation, proudhon, parlementarisme |
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Le travail, c'est la liberté !
Exégèse des nouveaux lieux-communs
Jacques Ellul
« Le travail c’est la liberté. C’est bien la formule idéale de ce lieu commun. Ce qu’il faut qu’il y tienne quand même à la liberté, le bonhomme, pour formuler de si évidentes contre-vérités, pour avaler de si parfaites absurdités, et qu’il y ait de profonds philosophes pour l’expliquer « phénoménologiquement », et qu’il ait d’immenses politiciens pour l’appliquer juridiquement ! Mais bien sûr, c’est exactement dans la mesure même où le bonhomme est encaserné dans les blocs, lié à la machine, enserré dans les règlements administratifs, submergé de papiers officiels, tenu sous l’œil vigilant des polices, percé à jour par la perspicacité des psychologues, trituré par les implacables tentacules des Mass Media, figé dans le faisceau lumineux des microscopes sociaux et politiques, dépossédé de lui-même par toute la vie qu’on lui apprête pour son plus grand bonheur, confort, hygiène, santé, longévité, c’est dans la mesure même où le travail est son plus implacable destin, qu’il faut bien (qu’il faut bien sans quoi ce serait intolérable et porterait immédiatement au suicide) qu’il faut bien croire à ce lieu commun, se l’approprier avec rage, l’enfouir au plus profond de son cœur, et credo quia absurdum, le transformer en une raison de vivre. Ce que les gardiens vigilants espéraient précisément. » (158)
« L’expérience concrète de l’homme dans le monde technicisé est celle de la nécessité, d’une contrainte qui n’est pas seulement celle du travail ; mais de chaque relation et de chaque instant. Mais il faut sauver les apparences. Il faut convaincre cet homme qu’il est plus libre que jamais, et que la nécessité où il se trouve, c’est la vertu même ; le bien en soi, que jamais l’humanité n’a été si heureuse, si pacifique, si équilibrée, si vertueuse, si intelligente ; que la technique qui le contraint, c’est exactement ce qui le libère ! » (174)
« J’admets fort bien que l’on suive la nécessité. La corde au cou et le pied au cul. Vous ne pouvez faire autrement. Soit ; c’est la simple condition humaine, et la première expérience véritable est celle de l’obstacle auquel je me heurte, de la limite de ma force et de ma résistance, du sommeil invincible, de la peur du lendemain ou du gendarme. Je suis contraint par l’État, par le travail ; je suis conditionné par mon corps et par le corps social : telle est ma faiblesse, telle est ma lâcheté. Il n’y a pas à en faire de drames ni de complexes : elles nous sont communes. Mais ce qui devient inadmissible, c’est, dans cette situation-là, de lancer un glorieux cocorico : voyez comme j’ai vaincu et voyez comme je suis libre ! ou de faire un clin d’œil à la ronde : voyez comme je suis malin, et combien j’ai joué cette nécessité ! Car ici commence le règne du Menteur. » (177)
« Il ne leur suffit pas d’avoir l’avenir à eux, et à eux seuls, que la partie soit gagnée et que le seul avenir prévisible soit « davantage de technique, toujours davantage de technique ; davantage de pouvoirs aux techniciens, toujours davantage de pouvoirs aux techniciens » [...] Il leur faut encore une chose : la palme du martyre et la consécration de la Vertu triomphant du dragon tout-puissant et venimeux. Voyons, vous ne le savez pas ? [...] Il y a toujours des imbéciles de philosophes qui prétendent mettre des bâtons dans les roues du progrès avec des déclamations de sophistes et des arguments aussi vicieux qu’inexacts, en vertu d’une conception de l’homme radicalement périmée. » (233)
16:54 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jacques ellul, lieux communs, philosophie, travail |
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08:30 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tradition, traditionalisme |
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Marcel Gauchet: malheur français et néolibéralisme
Ex: Aph Aph Philippe Conrad (via Facebook)
Il y a un malheur français, bien spécifique à ce pays : pourquoi sommes-nous les champions du monde du pessimisme et du mécontentement de nous-mêmes ? Pourquoi vivons-nous notre situation, notre place dans l’Europe et le monde, comme un malheur incomparable ?
Marcel Gauchet aborde ce problème d’une façon originale, en procédant d’abord à un vaste examen historique, qui le conduit aux xviie-xviiie siècles, jusqu’à la période immédiatement contemporaine: pourquoi la mondialisation et l’insertion dans l’ensemble européen sont-ils ressentis en France avec une particulière inquiétude ? Pourquoi le divorce entre les élites et le peuple prend-il chez nous ce tour dramatique ? Quelle responsabilité incombe aux dirigeants dans la montée de ce qu’on appelle, sans y réfléchir, « populisme » ? Quel rôle joue, dans le marasme français, le néo-libéralisme auquel Mitterrand a converti la France sans le dire ?
Enfin, l’auteur montre que nous sommes aujourd’hui au plein coeur d’une période d’idéologie, d’autant plus pernicieuse qu’elle n’est jamais repérée pour ce qu’elle est, mais toujours confondue avec le cours obligatoire des choses : il s’agit de l’idéologie néo-libérale, qui va de pair avec la dépolitisation de nos sociétés.

10:51 Publié dans Livre, Livre, Théorie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, marcel gauchet, livre, théorie politique, néolibéralisme, sciences politiques, philosophie politique, politologie |
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Muray sur la haine des figures du passé en 1998, raccord avec l’actualité :
« Toujours suivant René Girard, on peut observer que simultanément à la chasse aux néo-coupables et à la transformation des victimes en néo-dieux, nous réinventons à tour de bras d’autres boucs émissaires, mais cette fois « dans l’Histoire », c’est-à-dire dans le passé, c’est-à-dire dans ce qui a précédé cette disparition de la réalité (et de l’Histoire) à laquelle nous participons quotidiennement de si bon cœur.
Le ton d’assurance invraisemblable avec lequel nous traquons tant de « sorcières » rétroactives est l’indice de notre fascination non dépassée ; et l’occasion, comme toujours, de nous mettre en valeur : « ce que nos pères ont fait, nous ne l’aurions pas fait ».
Au nom de l’éradication définitive de la violence, nous tournons notre violence non liquidable contre nos ancêtres, et nous tirons de l’inoffensive confrontation avec leurs fantômes un sentiment éclatant de supériorité « actuelle ». Nous baignons, dirait Girard, dans l’illusion parfaite de notre indépendance métaphysique, ou dans le mirage de notre auto-transcendance, c’est-à-dire dans le triomphe de notre vanité de masse [...]. »
— Philippe Muray, René Girard et la nouvelle comédie des méprises (in Exorcismes spirituels III, 1998).
00:42 Publié dans Actualité, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe muray, avtualité, rené girard, philosophie |
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02:04 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : friedrich nietzsche, thomas ferrier, julien rochedy, philosophie, surhomme, surhumanisme |
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The imposition of the nationwide lockdowns required elite consensus. There’s no way that a project of that magnitude could have been carried out absent the nearly universal support of establishment elites and their lackeys in the political class. There must have also been a fairly-detailed media strategy that excluded the voices of lockdown opponents while– at the same time– promoting an extremely dubious theory of universal quarantine that had no basis in science, no historical precedent, and no chance of preventing the long-term spread of the infection. All of this suggests that the lockdowns were not a spontaneous overreaction to a fairly-mild virus that kills roughly 1 in 500 mainly-older and infirm victims, but a comprehensive and thoroughly-vetted plan to impose “shock therapy” on the US economy in order to achieve the long-term strategic ambitions of ruling class elites. As one sardonic official opined, “Never let a crisis go to waste.”
It was clear from the beginning, that the lockdowns were going to have a catastrophic effect on the economy, and so they have. As of today, 30 million people have lost their jobs, tens of thousands of small and medium-sized businesses have been shuttered, second quarter GDP has plunged to an eye watering -45.5 percent (Atlanta Fed), and the economy has experienced its greatest shock in history. Even so, pundits in the mainstream media, remain steadfast in their opposition to lifting the lockdowns or modifying the medical martial law edicts that have been arbitrarily imposed by mainly-liberal governors across the country. Why? Why would the so-called “experts throw their weight behind such a sketchy policy when they knew how much suffering it was going to cause for ordinary working people? And why has the media continued to attack countries like Sweden who merely settled on a more conventional approach instead of imposing a full-blown lockdown? Swedish leaders and epidemiologists were unaware that adopting their own policy would be seen as a sign of defiance by their global overlords, but it was. Elites have decided that there can be no challenge to their idiotic lockdown model which is why Sweden had to be punished, ridiculed, and dragged through the mud. The treatment of Sweden further underscores the fact that the lockdown policy (and the destruction of the US economy) was not a random and impulsive act, but one part of a broader plan to restructure the economy to better serve the interests of elites. That’s what’s really going on. The lockdowns are being used to “reset” the economy and impose a new social order.
But why would corporate mandarins agree to a plan that would shrink their earnings and eviscerate short-term profitability?

Why? Because of the the stock market, that’s why. The recycling of earnings into financial assets has replaced product sales as the primary driver of profits. As you may have noticed, both the Fed and the US Treasury have taken unprecedented steps to ensure that stock prices will only go higher. To date, the Fed and Treasury have committed $8 trillion dollars to backstopping the weaker areas of the market in an effort to flood the market with liquidity. “Backstopping” is an innocuous-sounding term that analysts use to conceal what is really going on, which is, the Fed is “price fixing”, buying up trillions of dollars of corporate debt, ETF’s, MBS, and US Treasuries to keep prices artificially high in order to reward the investor class it secretly serves. This is why the corporations and Tech giants are not concerned about the vast devastation that has been inflicted on the economy. They’ll still be raking hefty profits via the stock market while the real economy slips deeper into a long-term coma. Besides, when the lockdowns are finally lifted, these same corporations will see a surge of consolidation brought on by the destruction of so many Mom and Pop industries that couldn’t survive the downturn. No doubt, the expansion of America’s tenacious monopolies factored heavily into the calculation to blow up the economy. Meanwhile, the deepening slump will undoubtedly create a permanent underclass that will eagerly work for a pittance of what they earned before the crash. So, there you have it: Profitability, consolidation and cheap labor. Why wouldn’t corporate bosses love the idea of crashing the economy? It’s a win-win situation for them.
We should have seen this coming. It’s been clear since the Russiagate fiasco that elites had settled on a more aggressive form of social control via nonstop disinformation presented as headline news based on spurious accusations from anonymous sources, none of who were were ever identified, and none of whose claims could ever be verified. The media continued this “breathless” saturation campaign without pause and without the slightest hesitation even after its central claims were exposed as lies. If you are a liberal who watches the liberal cable channels or reads the New York Times, you might still be unaware that the central claim that the emails were stolen from the DNC by Russia (or anyone else for that matter) has not only been disproved, but also, that Mueller, Comey, Clapper etc knew the story was false way back in 2017. Let that sink in for a minute. They all knew it was a lie after the cyber security team (Crowdstrike) that inspected the DNC computers testified that there was no evidence that the emails had been “exfiltrated”. In other words, there was no proof the emails were stolen. There was no justification for the Mueller investigation because there was no evidence that the DNC emails had been hacked, downloaded or pilfered. The whole thing was a hoax from the get go.

There’s no way to overstate the importance these recent findings, in fact, our understanding of Russiagate must be applied to the lockdowns, the Black Lives Matter protests and other psychological operations still in the making. What’s critical to grasp is not simply that the allegations were based on false claims, (which they were) but that a large number of senior-level officials in law enforcement (FBI), intel agencies, media and the White House knew with absolute certainty that the claims were false (from 2017 and on) but continued to propagate fake stories, spy on members of the new administration and use whatever tools they had at their disposal to overthrow an elected president. The guilty parties in this ruse have never admitted their guilt nor have they changed their fictitious storyline which still routinely appears in the media to this day. What we can glean from this incident, is that there is a vast secret state operating within the government, media and the DNC, that does not accept our system of government, does not accept the results of elections and will lie, cheat and steal to achieve their nefarious objectives. . That’s the lesson of Russiagate that has to be applied to both the lockdowns and the Black Lives Matter protests. They are just the next phase of the ongoing war on the American people.
The lockdowns are an Americanized version of the “Shock Doctrine”, that is, the country has been thrust into a severe crisis that will result in the implementing of neoliberal economic policies such as privatization, deregulation and cuts to social services. Already many of the liberal governors have driven their states into bankruptcy ensuring that budgets will have to be slashed, more jobs will be lost, funding for education and vital infrastructure will shrink, and assistance to the poor and needy will be sharply reduced. Shutting down the US economy, will create a catastrophe unlike anything we have ever seen in the United States. US Treasuries will likely loose their risk-free status while the dollar’s as days as the “world’s reserve currency” are probably numbered. That “exorbitant privilege” is based on confidence, and confidence in US leadership is at its lowest point in history.

It’s not surprising that the Black Lives Matter protests took place at the same time as the lockdowns. The looting, rioting and desecration of statues provided the perfect one-two punch for those who see some tactical advantage in intensifying public anxiety by exacerbating racial tensions and splitting the country into two warring camps. Divide and conquer remains the modus operandi of imperialists everywhere. That same rule applies here. Here’s more background from an article at the Off-Guardian:
“It is no coincidence that another Soros funded activism group Black Lives Matter has diverted the spotlight away from the lockdown’s broader impact on the fundamental human rights of billions of people, using the reliable methods of divide and rule, to highlight the plight of specific strata’s of society, and not all.
It’s worth pointing out that BLM’s activity spikes every four years. Always prior to the elections in the US, as African Americans make up an important social segment of Democrat votes. The same Democrats who play both sides like any smart gambler would. The Clintons, for example, are investors into BLM”s partner, the anti-fascist ANTIFA. While Hilary Clinton’s mentor (and best friend) was former KKK leader Robert Byrd.
BLM is a massively hyped, TV-made, politicized event, that panders to the populist and escapist appetite of the people. Blinding them from their true call to arms in defense of the universal rights of everyone. Cashing in on the youths pent-up aggression …. And weaponising the tiger locked in a rattled cage for 3-months, and unleashed by puppet masters as the mob…
As a general rule of thumb, it is safe to assume that if a social movement has the backing of big industry, big philanthropy or big politics, then its ideals run contrary to citizen empowerment.” (“The Co-opting of Activism by the State“, Off-Guardian)
Black Lives Matter protests provide another significant diversion from the massive destruction of the US economy. This basic plan has been used effectively many times in the past, most notably in the year following the invasion of Iraq. Some readers will remember how Iraqis militants fought US occupation forces following the invasion in 2003. The escalating violence and rising death-toll created a public relations nightmare for the Bush team that finally settled on a plan for crushing the resistance by arming and training Shia death squads. But the Bushies wanted to confuse the public about what they were really up to, so they concocted a narrative about a “sectarian war” that was intended to divert attention from the attacks on American soldiers.

In order to make the narrative more believable, US intel agents devised a plan to blow up the Shia’s most sacred religious site, the Golden Dome Mosque of Samarra, and blame it on Sunni extremists. The incident was then used to convince the American people that what was taking place in Iraq was not a war over foreign occupation, but a bitter sectarian conflict between Sunnis and Shia in which the US was just an impartial referee. The killing of George Floyd has been used in much the same way as the implosion of the mosque. It creates a credible narrative for a massive and coordinated protests that have less to do with racial injustice than they do with diverting attention from the destruction of the economy and sowing division among the American people. This is a classic example of how elites use myth and media to conceal their trouble-making and escape any accountability for their actions.
Check out this excerpt from a paper by Carlo Caduff, an academic at King’s College London, in a journal called Medical Anthropology Quarterly. It’s entitled “What Went Wrong: Corona and the World After the Full Stop”:
“Across the world, the pandemic unleashed authoritarian longings in democratic societies allowing governments to seize the opportunity, create states of exception and push political agendas. Commentators have presented the pandemic as a chance for the West to learn authoritarianism from the East. This pandemic risks teaching people to love power and call for its meticulous application. As a result of the unforeseeable social, political and economic consequences of today’s sweeping measures, governments across the world have launched record “stimulus” bills costing trillions of dollars, pounds, pesos, rand and rupees…. The trillions that governments are spending now as “stimulus” packages surpass even those of the 2008 financial crisis and will need to be paid for somehow. ... If austerity policies of the past are at the root of the current crisis with overwhelmed healthcare systems in some countries, the rapidly rising public debt is creating the perfect conditions for more austerity in the future. The pandemic response will have major implications for the public funding of education, welfare, social security, environment and health in the future.” (Lockdownskeptics.org)
This is precisely right. The country has been deliberately plunged into another Great Depression with the clear intention of imposing harsh austerity measures that will eviscerate Social Security, Medicare, Medicaid and any other social safteynet programs that benefit ordinary working people, retirees, or anyone else for that matter. None of it is random, spontaneous or spur-of-the-moment policymaking. It’s all drawn from a centuries-old Imperial Playbook that’s being used by scheming elites to implement their final plan for America: Tear down the statues, destroy the icons and symbols, rewrite the history, crush the populist resistance, create a permanent underclass that will work for pennies on the dollar, pit one group against the other by inciting racial hatred, political polarization and fratricidal warfare, promote the vandals who burn and loot our cities, attack anyone who speaks the truth, and offer unlimited support to the party that has aligned itself with the corrupt Intel agencies, the traitorous media, the sinister deep state, and the tyrannical elites who are determined to control the all the levers of state power and crush anyone who gets in their way.
08:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, diversion, covid-19, confinement, coronavirus, pandémie, blm, black lives matter |
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Ex: http://www.europemaxima.com
Malgré la menace persistante du coronavirus, la République populaire de Chine renoue avec ses problèmes d’ordre politique, environnemental, économique et social. Outre le ralentissement perceptible de l’« atelier du monde », le retour d’une forte pollution urbaine et de vives tensions frontalières avec l’Inde, l’agitation recommence à Hong Kong.
Depuis son retour à la mère-patrie chinoise en 1997, la principale place financière d’Extrême-Orient fait preuve d’une indiscipline habituelle qu’amplifie une nouvelle révolution de couleur qui suit celle des « parapluies ». Il y a un an, il s’agissait de contester un projet de loi permettant les extraditions vers la Chine continentale. Il s’agit aussi maintenant de s’opposer depuis le mois dernier à un projet de loi de sécurité nationale contre les risques de sédition, de subversion et de sécession. Ce nouveau texte passe directement devant le parlement chinois sans se préoccuper du parlement local de Hong Kong.

Les manifestants anti-Pékin à Hong Kong bénéficient du soutien officiel de Washington et de Londres. Donald Trump pourrait sanctionner la Chine si elle promulgue ces lois. Pour sa part, Boris Johnson se dit prêt à accorder la nationalité britannique aux résidents de Hong Kong, quitte à revenir sur une loi qui l’interdisait datant de Margaret Thatcher. Cette ingérence des Anglo-Saxons est inacceptable. Les Chinois se souviennent que Hong Kong devint une colonie britannique au lendemain de la Première Guerre de l’opium par l’odieux traité de Nankin de 1842. L’implantation anglaise résulte donc d’une intervention militaire coloniale destinée à encourager la consommation massive d’une drogue interdite dans l’Empire du Milieu. Le peuple chinois rumine encore ce viol territorial.
Partout où les Anglo-Saxons partent d’un territoire, ils le laissent appauvri et divisé : coupure artificielle de la péninsule coréenne en 1945, partage sanglant entre l’Inde et le Pakistan, tensions communautaires gréco-turques à Chypre, etc. On peut y rajouter l’existence d’un Canada multiculturaliste négateur de la spécificité identitaire canadienne-française.
La région autonome spéciale de Hong Kong dispose d’un statut particulier d’une durée de cinquante ans selon le principe officiel d’« un pays, deux systèmes ». Toutefois, les dirigeants chinois ont peu à peu compris que ce principe ne tient pas face à la mentalité anglo-saxonne qui prévaut toujours à Hong Kong. Par ses ambiguïtés consubstantielles, la langue anglaise ne véhiculerait-elle pas une perception du monde liquide, marchande et profondément corrosive ?

Des droitards français chez qui le Mur de Berlin n’est jamais tombé dans leur tête soutiennent par anti-communisme désuet les revendications des agitateurs professionnels de Hong Kong sans s’apercevoir, ni comprendre que derrière elles s’avancent des prises de position humanitaristes, cosmopolites et gendéristes qu’ils combattent par ailleurs en Europe. Cette schizophrénie et ce manichéisme témoignent d’un grand aveuglement. Oui, la Chine populaire cumule un communisme persistant, un nationalisme renaissant et un ultra-libéralisme d’État. Détaché des contraintes propres aux ploutocraties ochlocratiques de l’Ouest crépusculaire, l’État chinois se fait stratège géopolitique. Il conçoit les « nouvelles routes de la soie » eurasiatiques. Au contraire du Bloc occidental atlantiste, Pékin sait respecter la souveraineté étatique de ses partenaires. La Chine ne dénonce jamais les violences policières aux États-Unis, ne critique pas les trente années de répression militaire britannique en Irlande du Nord, n’incite pas, à l’inverse des ambassades US, les banlieues de l’immigration allogène de l’Europe occidentale à se soulever.
L’effervescence stérile de Hong Kong contraste avec une autre région administrative spéciale devenue chinoise en 1999, Macao. Par l’ancienneté de la présence européenne dès 1557, l’ex-colonie portugaise devrait elle aussi être en pointe dans la contestation, ce qui n’est pas le cas. Comment expliquer cette différence, sinon par un état d’esprit tout autre ? Sortons du cadre universel et uniforme coutumier et acceptons le plurivers éclectique des puissances, des civilisations, des races, des États et des peuples. Le monde chinois ne correspond pas au « monde » occidental post-blanc, ni au monde russe et encore moins aux mondes africains ou arabe. L’éloignement relativise de fait la primauté de certaines valeurs plus que négligeables telles que l’idéologie des droits de l’homme.
Il est par conséquent risible de voir Londres en plein Brexit difficile, pris par un regain d’indépendantisme en Écosse, voire en Ulster, et Washington, plus que jamais capitale des États-Désunis d’Amérique, s’indigner des intentions légitimes de la Chine populaire. Le gouvernement central de Pékin devrait crever au plus vite l’abcès purulent de Hong Kong et y proclamer l’état d’urgence. L’armée de libération populaire mettrait enfin au pas une populace christianomorphe rétive à l’ordre grand-spatial han.
Georges Feltin-Tracol
• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 178.
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» L’activiste a ainsi longuement détaillé le danger que fait peser selon lui sur sa cause le fait de s'allier à une gauche qui n'entend que récupérer le combat des Noirs pour ses propres intérêts : “On ne se reconnaît pas dans les forces néolibérales de gauche, ou de prétendue extrême gauche, qui disent vouloir accompagner notre communauté. Nous en avons marre de ce paternalisme exacerbé, de cette gauche qui pendant des années nous a fait croire qu'elle était notre amie, alors qu'en réalité elle était toujours là pour nous manipuler, et pour qu'on soit leurs ‘tirailleurs’ vis-à-vis de leurs intérêts.”
Les choses étant donc catastrophiquement ce qu’elles sont, avec un État réduit aux acquêts de son aveuglement et de sa lâcheté, il importe impérativement d’en tenir très-grand compte, par pur souci tactique de la réalité et quoi qu’il en soit de ce qu’on en pense tristement. Dans ce cadre, effectivement, nous répétons que l’intervention de Seba a tout son sens, toute sa logique et même sa sagesse, et elle nous invite à envisager des hypothèses prospectives qui valent pour les pays du bloc-BAO confrontés aux troubles de type-BLM, et la France par conséquent puisqu’elle y est inscrite et membre actif du club comme si elle avait besoin de dépendre d’une identité collective (?).
00:29 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kémi seba, actualité, france, afrique, affaires africaines, africanisme, panafricanisme |
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00:10 Publié dans Actualité, Science, Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sciences, biopolitique, actualité |
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Reparlons de la fin de l’histoire…
La catastrophe est arrivée avec Louis-Philippe, tout le monde devrait le savoir (cela me rappelle je ne sais quel journaliste royaliste qui me demandait si j’étais orléaniste ou légitimiste. On est légitimiste ou on n’est pas monarchiste, voilà tout). Depuis, on barbote. Voyez l’autre avec sa banque Rothschild et sa soumission aux patrons anglo-saxons.
Balzac c’est la comédie humaine et c’est aussi la recherche de l’absolu qui n’aboutit plus - et on n’a rien fait de mieux depuis. Car Balzac a compris mieux que tout le monde le monde moderne, peut-être mieux que Guénon même (à savoir que les résurrections et recommandations spirituelles seraient des potions, des simulacres).
Extraits de Z. Marcas, petite nouvelle méconnue, prodigieuse. On commence par la chambre de bonne :
« Comment espère-t-on faire rester les jeunes gens dans de pareils hôtels garnis ? Aussi les étudiants étudient-ils dans les cafés, au théâtre, dans les allées du Luxembourg, chez les grisettes, partout, même à l’École de Droit, excepté dans leur horrible chambre, horrible s’il s’agit d’étudier, charmante dès qu’on y babille et qu’on y fume. »
Les études professionnelles comme on dit au Pérou, de médecin, d’avocat, sont déjà des voies bouchées, observe le narrateur avec son ami Juste :
« Juste et moi, nous n’apercevions aucune place à prendre dans les deux professions que nos parents nous forçaient d’embrasser. Il y a cent avocats, cent médecins pour un. La foule obstrue ces deux voies, qui semblent mener à la fortune et qui sont deux arènes… »
Une observation sur la pléthorique médecine qui eût amusé notre Céline :
« L’affluence des postulants a forcé la médecine à se diviser en catégories : il y a le médecin qui écrit, le médecin qui professe, le médecin politique et le médecin militant ; quatre manières différentes d’être médecin, quatre sections déjà pleines. Quant à la cinquième division, celle des docteurs qui vendent des remèdes, il y a concurrence, et l’on s’y bat à coups d’affiches infâmes sur les murs de Paris. »
Oh, le complexe militaro-pharmaceutique ! Oh, le règne de la quantité !
Les avocats et l’Etat :
« Dans tous les tribunaux, il y a presque autant d’avocats que de causes. L’avocat s’est rejeté sur le journalisme, sur la politique, sur la littérature. Enfin l’État, assailli pour les moindres places de la magistrature, a fini par demander une certaine fortune aux solliciteurs. »
Cinquante ans avant Villiers de l’Isle-Adam Balzac explique le triomphe de la médiocrité qui maintenant connaît son apothéose en Europe avec la bureaucratie continentale :
« Aujourd’hui, le talent doit avoir le bonheur qui fait réussir l’incapacité ; bien plus, s’il manque aux basses conditions qui donnent le succès à la rampante médiocrité, il n’arrivera jamais. »
Balzac recommande donc comme Salluste (et votre serviteur sur un plateau télé) la discrétion, l’éloignement :
« Si nous connaissions parfaitement notre époque, nous nous connaissions aussi nous-mêmes, et nous préférions l’oisiveté des penseurs à une activité sans but, la nonchalance et le plaisir à des travaux inutiles qui eussent lassé notre courage et usé le vif de notre intelligence. Nous avions analysé l’état social en riant, en fumant, en nous promenant. Pour se faire ainsi, nos réflexions, nos discours n’en étaient ni moins sages, ni moins profonds. »
On se plaint en 2018 du niveau de la jeunesse ? Balzac :
« Tout en remarquant l’ilotisme auquel est condamnée la jeunesse, nous étions étonnés de la brutale indifférence du pouvoir pour tout ce qui tient à l’intelligence, à la pensée, à la poésie. »
Liquidation de la culture, triomphe idolâtre de la politique et de l’économie :
« Quels regards, Juste et moi, nous échangions souvent en lisant les journaux, en apprenant les événements de la politique, en parcourant les débats des Chambres, en discutant la conduite d’une cour dont la volontaire ignorance ne peut se comparer qu’à la platitude des courtisans, à la médiocrité des hommes qui forment une haie autour du nouveau trône, tous sans esprit ni portée, sans gloire ni science, sans influence ni grandeur. »
Comme Stendhal, Chateaubriand et même Toussenel, Balzac sera un nostalgique de Charles X :
« Quel éloge de la cour de Charles X, que la cour actuelle, si tant est que ce soit une cour ! Quelle haine contre le pays dans la naturalisation de vulgaires étrangers sans talent, intronisés à la Chambre des Pairs ! Quel déni de justice ! quelle insulte faite aux jeunes illustrations, aux ambitions nées sur le sol ! Nous regardions toutes ces choses comme un spectacle, et nous en gémissions sans prendre un parti sur nous-mêmes. »
Balzac évoque la conspiration et cette époque sur un ton qui annonce Drumont aussi (en prison, Balzac, au bûcher !) :
« Juste, que personne n’est venu chercher, et qui ne serait allé chercher personne, était, à
vingt-cinq ans, un profond politique, un homme d’une aptitude merveilleuse à saisir les rapports lointains entre les faits présents et les faits à venir. Il m’a dit en 1831 ce qui devait arriver et ce qui est arrivé : les assassinats, les conspirations, le règne des juifs, la gêne des mouvements de la France, la disette d’intelligences dans la sphère supérieure, et l’abondance de talents dans les bas-fonds où les plus beaux courages s’éteignent sous les cendres du cigare. Que devenir ? »
Les Français de souche qui en bavent et qui s’expatrient ? Lisez Balzac !
« Être médecin n’était-ce pas attendre pendant vingt ans une clientèle ? Vous savez ce qu’il est devenu ? Non. Eh ! bien, il est médecin ; mais il a quitté la France, il est en Asie. »
La conclusion du jeune grand homme :
« J’imite Juste, je déserte la France, où l’on dépense à se faire faire place le temps et l’énergie nécessaires aux plus hautes créations. Imitez-moi, mes amis, je vais là où l’on dirige à son gré sa destinée. »
Homo festivus… Chez Balzac il y a toujours une dérision bien française face aux échecs de la vie et du monde moderne et déceptif.
Il y a une vingtaine d’années j’avais rappelé à Philippe Muray que chez Hermann Broch comme chez Musil (génie juif plus connu mais moins passionnant) il y avait une dénonciation de la dimension carnavalesque dans l’écroulement austro-hongrois.
Chez Balzac déjà on veut s’amuser, s’éclater, fût-ce à l’étranger. Il cite même Palmyre :
« Après nous être longtemps promenés dans les ruines de Palmyre, nous les oubliâmes, nous étions si jeunes ! Puis vint le carnaval, ce carnaval parisien qui, désormais, effacera l’ancien carnaval de Venise, et qui dans quelques années attirera l’Europe à Paris, si de malencontreux préfets de police ne s’y opposent. On devrait tolérer le jeu pendant le carnaval ; mais les niais moralistes qui ont fait supprimer le jeu sont des calculateurs imbéciles qui ne rétabliront cette plaie nécessaire que quand il sera prouvé que la France laisse des millions en Allemagne. Ce joyeux carnaval amena, comme chez tous les étudiants, une grande misère… »
Puis Balzac présente son Marcas – très actuel comme on verra :
« Il savait le Droit des gens et connaissait tous les traités européens, les coutumes internationales. Il avait étudié les hommes et les choses dans cinq capitales : Londres, Berlin, Vienne, Petersburg et Constantinople. Nul mieux que lui ne connaissait les précédents de la Chambre. »
Les élites ? Balzac :
« Marcas avait appris tout ce qu’un véritable homme d’État doit savoir ; aussi son étonnement fut-il excessif quand il eut occasion de vérifier la profonde ignorance des gens parvenus en France aux affaires publiques. »
Il devine le futur de la France :
« En France, il n’y aura plus qu’un combat de courte durée, au siège même du gouvernement, et qui terminera la guerre morale que des intelligences d’élite auront faite auparavant. »
Les politiques, les sénateurs US comme des marionnettes, comme dans le Parrain. Balzac :
« En trois ans, Marcas créa une des cinquante prétendues capacités politiques qui sont les raquettes avec lesquelles deux mains sournoises se renvoient les portefeuilles, absolument comme un directeur de marionnettes heurte l’un contre l’autre le commissaire et Polichinelle dans son théâtre en plein vent, en espérant toujours faire sa recette. »
Corleone Marcas est comme un boss, dira Cochin, qui manipule ses mannequins :
« Sans démasquer encore toutes les batteries de sa supériorité, Marcas s’avança plus que la première fois, il montra la moitié de son savoir-faire ; le ministère ne dura que cent quatre-vingts jours, il fut dévoré. Marcas, mis en rapport avec quelques députés, les avait maniés comme pâte, en laissant chez tous une haute idée de ses talents. Son mannequin fit de nouveau partie d’un ministère, et le journal devint ministériel. »
Puis Balzac explique l’homme moderne, électeur, citoyen, consommateur, politicard, et « ce que Marcas appelait les stratagèmes de la bêtise : on frappe sur un homme, il paraît convaincu, il hoche la tête, tout va s’arranger ; le lendemain, cette gomme élastique, un moment comprimée, a repris pendant la nuit sa consistance, elle s’est même gonflée, et tout est à recommencer ; vous retravaillez jusqu’à ce que vous ayez reconnu que vous n’avez pas affaire à un homme, mais à du mastic qui se sèche au soleil. »
Et comme s’il pensait à Trump ou à nos ex-vingtième siècle, aux promesses bâclées des politiciens, Balzac dénonce « la difficulté d’opérer le bien, l’incroyable facilité de faire le mal. »
Et comme s’il fallait prouver que Balzac est le maître :
« …il y a pour les hommes supérieurs des Shibolet, et nous étions de la tribu des lévites modernes, sans être encore dans le Temple. Comme je vous l’ai dit, notre vie frivole couvrait les desseins que Juste a exécutés pour sa part et ceux que je vais mettre à fin. »
Et sur l’éternel présent de la jeunesse mécontente :
« La jeunesse n’a pas d’issue en France, elle y amasse une avalanche de capacités méconnues, d’ambitions légitimes et inquiètes, elle se marie peu, les familles ne savent que faire de leurs enfants ; quel sera le bruit qui ébranlera ces masses, je ne sais ; mais elles se précipiteront dans l’état de choses actuel et le bouleverseront. »
Vingt ans plus tard Flaubert dira que le peuple aussi est mort, après les nobles, les clercs et les bourgeois, et qu’il ne reste que la tourbe canaille et imbécile qui a gobé le Second Empire, qui marque le début de notre déclin littéraire. Si on sait pour qui vote la tourbe, on ne sait toujours pas pourquoi.
Balzac rajoute :
« Louis XIV, Napoléon, l’Angleterre étaient et sont avides de jeunesse intelligente. En France, la jeunesse est condamnée par la légalité nouvelle, par les conditions mauvaises du principe électif, par les vices de la constitution ministérielle. »
C’est JMLP qui disait un jour à notre amie Marie que 80% de nos jeunes diplômés fichent le camp. On était en 2012 ! Circulez, y’a de l’espoir…
Le piège républicain expliqué en une phrase par notre plus garnd esprit moderne (royaliste et légitimiste comme Tocqueville et Chateaubriand et Baudelaire aussi à sa manière) :
« En ce moment, on pousse la jeunesse entière à se faire républicaine, parce qu’elle voudra voir dans la république son émancipation. »
La république donnera comme on sait le radical replet, le maçon obtus, le libéral Ubu et le socialiste ventru !
Z. Marcas. Lisez cette nouvelle de seize pages, qui énonce aussi l’opposition moderne entre Russie et monde anglo-saxon !
On laisse le maître conclure : « vous appartenez à cette masse décrépite que l’intérêt rend hideuse, qui tremble, qui se recroqueville et qui veut rapetisser la France parce qu’elle se rapetisse. »
Et le patriote Marcas en mourra, prophète du déclin français :
« Marcas nous manifesta le plus profond mépris pour le gouvernement ; il nous parut douter des destinées de la France, et ce doute avait causé sa maladie… Marcas ne laissa pas de quoi se faire enterrer…
00:57 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : balzac, honoré de balzac, nicolas bonnal, lettres, lettres françaises, france, littérature, littérature française |
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00:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, républicains, démocrates, états-unis, politique internationale |
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L’œuvre de Julius Evola aura marqué d’une empreinte indélébile la Droite européenne et nord-américaine. Et, bien tenu, Europe Maxima ne fait pas exception. Il reste encore des textes inédits en français, sans parler de plusieurs ouvrages qui ne sont plus réédités. Les prix de l’occasion pour certains de ces livres sont tout simplement exorbitants !
Les éditions Kontre Kulture ont beaucoup œuvré pour la redécouverte des livres rares. Leur réédition du maître-ouvrage Révolte contre le monde moderne fut une initiative sans doute attendue depuis fort longtemps, d’autant plus qu’il est fortement conseillé de commencer par cet ouvrage riche, ouvrage qui pose les fondations de la pensée évolienne.
C’est au tour de l’opuscule La doctrine aryenne du combat et de la victoire d’être réédité. Autrefois disponible en supplément du septième numéro de la revue Totalité, ce discours délivré en allemand le 7 décembre 1940 à Rome était devenu lui aussi difficile à se procurer.

L’intérêt d’un ouvrage ne faisant pas partie des « classiques » de l’œuvre évolienne doit se trouver dans son format d’une part, et dans son contenu d’autre part. À l’heure où la lecture livresque rebute de plus en plus de monde, surtout parmi la jeunesse, un format court permet de focaliser l’attention et de ne pas effrayer le lecteur. Son contenu, ensuite, à l’instar d’un autre livre d’Evola sur la guerre, met en lumière l’aspect spirituel de la guerre.
En préambule, Julius Evola tient à faire le point sur les concepts a priori antagonistes, ou présenté comme tel par René Guénon par exemple, que sont « Action » et « Contemplation » chez les peuples aryens : « L’opposition entre action et contemplation était, en fait, inconnue des anciens Aryens. Action et contemplation n’étaient pas conçues par eux comme les termes d’une opposition. Elles désignaient seulement deux voies distinctes pour parvenir à la même réalisation spirituelle (p. 10). »
Puis de préciser que « [l]a tradition de l’action est typique des races aryano-occidentales. Mais cette tradition a progressivement subi une déviation (p. 10). » Chez ces peuples, la guerre renvoie à une lutte spirituelle cosmique mais à une échelle microscopique en quelque sorte : « D’une part, il y avait le principe olympien de la lumière, la réalité ouranienne et solaire; d’autre part, il y avait la violence brute, l’élément titanique et tellurique, barbare au sens classique du terme, féminin-démonique. Le thème de cette lutte métaphysique réapparaît de mille façons dans toutes les traditions d’origine aryenne (p. 11). »

Evola, pour appuyer son propos, convoque ensuite plusieurs traditions d’origine aryenne. La première qu’il cite est la tradition spirituelle d’Europe du Nord, plus particulièrement celle que l’on qualifie de nordico-germanique. Impossible de faire l’impasse sur le Valhalla (la halle des morts tombés au combat) et des Einherjar de Wotan, ces guerriers dont le Destin final est de combattre lors du Ragnarök. À noter, qu’Evola passe sous silence le fait que, selon certaines sources, la moitié des morts tombés au combat revient à la déesse Freya, déesse qui revêt certes des aspects guerriers, mais qui de par son essence (elle est une déesse Vane, c’est-à-dire de la Fertilité) n’a rien d’ouranien ni de solaire…
L’islam est ensuite abondamment cité par Evola pour son aspect belliqueux, à la nuance près que le concept de « Guerre sainte (Djihad) » couvre à la fois une conception martiale (le petit Djihad) et une conception spirituelle (le grand Djihad). « La petite guerre sainte est […] la lutte physique, matérielle, la guerre menée dans le monde extérieur. La grande guerre sainte est la lutte de l’homme contre les ennemis qu’il porte en lui-même. Plus précisément, c’est la lutte de l’élément surnaturel en l’homme contre tout ce qui est instinctif, lié à la passion, chaotique, sujet aux forces de la nature (pp. 13-14). »
Enfin, l’auteur de Révolte contre le monde moderne s’attarde aussi sur la Bhagavad-Gita, texte d’une importance capitale pour lui. Effectivement le caractère actif et spirituelle de la Bhagavad-Gita ne fait aucune doute. « Si nous savons apercevoir ici la forme la plus haute de réalisation spirituelle par le combat et l’héroïsme, nous comprenons alors combien est significatif le fait que cet enseignement soit présenté dans la Bhagavad-Gita comme dérivant d’un héritage primordial aryen et solaire. En effet, il fut donné par le “ Soleil ” au premier législateur des Aryens, Manu, avant d’être gardé par une dynastie de rois sacrés. Au cours des siècles, cet enseignement fut perdu, puis de nouveau révélé par la divinité, non à un prêtre, mais à un représentant de la noblesse guerrière, Arjûna (p. 17). »
Evola évoque aussi ces esprits, ces doubles que sont les Daimons, Valkyries et Fravashi perses qui sont en lien avec la mort héroïque et le combat. Encore une fois, c’est l’exemple des Valkyries qui est le plus parlant.
En guise de conclusion, Julius Evola affirme que « bien des choses dépendront de la façon dont l’individu pourra donner une forme à l’expérience du combat : c’est-à-dire s’il sera en mesure d’assumer héroïsme et sacrifice comme une catharsis, comme un moyen de libération et d’éveil intérieur. Cette entreprise de nos combattants – intérieure, invisible, éloignée des gestes et des grands mots – aura un caractère décisif, non seulement pour l’issue définitive et victorieuse des vicissitudes de cette époque particulièrement troublée, mais pour donner une forme et un sens à l’ordre qui naîtra de la victoire. C’est dans la bataille elle-même qu’il faut réveiller et tremper cette force qui, au-delà de la tourmente, du sang et des privations, favorisera,avec une splendeur nouvelle et une paix toute-puissante, une nouvelle création (p. 25) ».
La doctrine aryenne du combat et de la victoire est un vibrant appel à l’action en soi et à l’extérieur de soi via le prisme de la guerre. De nos jours, en ce monde iréniste, le propos de Julius Evola semble dater d’un autre temps. C’est effectivement le cas puisqu’il s’agit d’un temps éternel en quelque sorte, celui d’un Âge d’Or. Pour le retrouver, il faut agir sur soi, mener une guerre intérieure (car les forces ténébreuses de l’Âge du Loup sont aussi en nous, chacun porte en lui un loup Fenrir), lutter contre le dragon, contre son propre dragon.
Thierry Durolle
• Julius Evola, La doctrine aryenne du combat et de la victoire, Kontre Kulture, 2020, 32 p., 9,50 €.
00:44 Publié dans Livre, Livre, Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tradition, traditionalisme, julius evola, livre |
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‘De tijd van de grote debatten over de oorzaak van de Eerste Wereldoorlog is voorbij,’ schreef de Duitse historicus Oliver Janz in 2013. Niets is minder waar, antwoordt Luc Vanacker, germanist en historicus gespecialiseerd in de Eerste Wereldoorlog. In het boekje Over die oorlog dat onopgemerkt voorbijging tussen het luidruchtig klaroengeschal van de vele publicaties over het eind van de Eerste Wereldoorlog, stelt Vanacker de stoute vraag: is Duitsland alleen verantwoordelijk voor, en schuldig aan Wereldoorlog I?
Luc Vanacker vertelt ons over wat hij noemt het ‘puzzelstukje dat in de meeste ontstaansgeschiedenissen van de Eerste Wereldoorlog ontbreekt’. In januari 1914 vergaderen leden van Jong-Bosnië, Mlada Bosna in het Servisch, in de Occitaanse stad Toulouse. De aanslag op de Oostenrijks-Hongaarse kroonprins Frans Ferdinand werd dus in Zuid-Frankrijk besproken en voorbereid. ‘Dan al werd de naam Princip naar voor geschoven,’ voegt Vanacker er nog aan toe.
Doel was alle Serven onder één land te verenigen
Gavrilo Princip (1894-1918), die de aanslag zou plegen, was lid van de geheime Bosnisch-Servische nationalistische beweging de Zwarte Hand (Servisch: Crna Ruka). Deze samenzwerende groepering, in Toulouse aangeduid om de klus te klaren, was in Servië gekend als ‘zij die Frans spreken’. Haar doel was alle Serven onder één land te verenigen. Zes maanden voor de aanslag in Sarajevo op 28 juni 1914 was de zaak al grondig voorbereid. De Russen zouden voor Belgische wapens zorgen.
Ook de gekozen datum was geen toeval. Op 28 juni vieren de Serviërs een belangrijke feestdag, Vidovdan. Dat is de feestdag van Sveti Vit, een orthodoxe heilige die liever de marteldood stierf dan aan zijn geloof te verzaken.
De nauwe banden tussen Servië en Frankrijk dateren uit de 19de eeuw. Duizenden Franse studenten studeerden voor Wereldoorlog I in Belgrado. ‘Sinds 1911 bestond er een Franse Office central des nationalités dat via de vrijmetselaarsloges contact hield met de radicalen in Servië,’ aldus Luc Vanacker. ‘Servië was het meest francofiele land ter wereld,’ bevestigt de Servische historicus en diplomaat D.T. Batakovic. 75 jaar later, tijdens de Bosnische oorlog in 1992-1995, zullen sommige Fransen nog nadrukkelijk de Servische kant kiezen.
Na de aanslag wilde men af van de laatste getuigen van de Zwarte Hand. In 1917 werd een proces in Thessaloniki gevoerd tegen hun leider, Dragutin T. Dimitrijevic, bijgenaamd Aspic. In ruil voor de vrijspraak moest hij de volle verantwoordelijkheid van de aanslag op zich te nemen. Hij deed dat, maar werd alsnog geëxecuteerd. Het enige land dat op executie had aangedrongen, was… Frankrijk. ‘Hebben wij hier te maken met een opdrachtgever die zijn belangrijke uitvoerders het zwijgen wil opleggen,’ vraagt Vanacker.

Luc Vanacker vervolgt: ‘Wie kon het beter weten dan de Serviërs die na de oorlog Poincaré als de aanstichter van de oorlog bestempelden?’ Raymond Poincaré (1860-1934), was de president van de Franse Republiek ten tijde van de Eerste Wereldoorlog. Hij was geboren te Bar-le-Duc in Lotharingen. Samen met de Elzas was Lotharingen door de Duitsers op Frankrijk teruggenomen na de Frans-Duitse oorlog van 1870-71. De haat tegen Duitsland voor het verlies van Elzas en Lotharingen en de revanchegedachte zou Poincaré heel zijn politieke leven kenmerken. Een anekdote die veel zegt over de gevoelens van de man: de hond van Poincaré heette ‘Bismarck’.
Nu Elzas en Lotharingen de beschaving hadden moeten achterlaten voor de barbarij was de hele Franse politiek tussen 1871 en 1918 er op gericht om de herinnering aan het verloren gebied levendig te houden. In alle scholen hing een kaart van Frankrijk, met een blinde vlek voor Elzas-Lotharingen. Alle Franse leerlingen leerden het liedje:
Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine,
Et malgré vous nous resterons Français.
Het revanchisme en de herovering van Elzas-Lotharingen was voor elke jonge Fransman een schoolvak op zich. Elke morgen deed de Franse schoolgaande jeugd schietoefeningen op de speelplaats.
Om Elzas-Lotharingen terug te nemen met eigen kracht was Frankrijk te zwak. Poincaré werkte daarom ijverig aan de alliantie met Rusland, traditionele bondgenoot van de Serviërs. Groot-Brittannië, de andere bondgenoot, geloofde in 1914 nog in een defensieve houding van Frankrijk. Enkele decennia later klonk David Lloyd Georges, de Britse premier van toen, helemaal anders. Volgens hem subsidieerde Poincaré de bewapening van Polen en Tsjechoslowakije, moedigde de opstand aan in het Saarland en bestreed elke poging tot versoepeling van de maatregelen tegen Duitsland. Luc Vanacker citeert Lloyd Georges in 1938: ‘Hij (Poincaré) is de ware schepper van het moderne Duitsland met zijn groeiende bewapening en als dit op een nieuw conflict zou uitlopen, dan zal de ramp te wijten zijn aan Poincaré’.
Artikel 231 van het verdrag van Versailles stelt Duitsland alleen verantwoordelijk en dus schuldig voor alle schade wegens het op gang brengen van de oorlog. We weten vandaag de dag dat dit flagrant onjuist is. In een boek dat in 2003 verscheen* heeft de Franse historicus en verzetsstrijder Léon Schirmann het over ‘de leugens en desinformatie van de zomer 1914‘. Niet Oostenrijk-Hongarije, bondgenoot van Duitsland nam het initiatief van de oorlog. Maar wel Rusland, opgehitst door de Franse regering en door een bezoek van Poincaré die Duitsland op twee fronten wilde aanvallen. Luc Vanacker stelt terecht dat het voor Frankrijk in juli 1914 niet meer ging ‘om “defensief patriottisme”, maar om “offensief nationalisme”‘.
De revanchistische politiek van Frankrijk zal heel Europa definitief destabiliseren. Duitsland wordt als grootmacht vernederd, Oostenrijk-Hongarije verdwijnt van de kaart als draaischijf van Europa, en het Ottomaanse rijk wordt ontmanteld. Deze periode ziet ook de overwinning van het communisme, de opkomst van het nazisme, en van Amerika als grootmacht.
De conclusie laat Luc Vanacker aan de non-conformistische Franse schrijver Alfred Fabre Luce (1899-1983): ‘Duitsland en Oostenrijk-Hongarije hebben daden gesteld die de oorlog mogelijk maakten, de Triple Entente heeft die gesteld die hen zeker maakten’. Dat is dan zeer diplomatisch uitgedrukt. Het boek Over die oorlog van Luc Vanacker toont aan dat een ontbrekend stuk van de puzzel Frankrijk heet.
*Léon Schirmann/ Eté 1914: Mensonges et désinformation. Comment on « vend » une guerre/ Italiques, 2003
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Hommage à Marc Fumaroli (1932-2020)
par Institut Iliade (via Facebook)
Né à Marseille le 10 juin 1932, Marc Fumaroli a passé son enfance et son adolescence à Fès. Sa mère fut sa première institutrice. Études secondaires et baccalauréat de lettres au lycée de Fès Ville-Nouvelle. Études supérieures au lycée Thiers à Marseille, à l’université d’Aix-en-Provence et à la Sorbonne. Agrégation de lettres classiques en 1958. Service militaire à l’École militaire interarmes de Coëtquidan et dans le VIe Régiment d’artillerie à Colbert, dans le Constantinois, entre septembre 1958 et janvier 1961. Pensionnaire de la Fondation Thiers de septembre 1963 à août 1966. Élu assistant à la Faculté de lettres de Lille à la rentrée 1965. Docteur ès lettres à Paris IV-Sorbonne en juin 1976. Le même mois il est élu maître de conférences à Paris IV-Sorbonne à la succession du professeur Raymond Picard. Directeur de la revue XVIIe siècle (1976-1986) et membre du conseil de rédaction de la revue Commentaire (1978-2010), dirigée par Raymond Aron jusqu’à sa mort en 1983 et depuis par Jean-Claude Casanova.
En 1986, Marc Fumaroli est élu professeur au Collège de France, sur présentation du poète Yves Bonnefoy et de l’historien Jean Delumeau, dans une chaire intitulée « Rhétorique et société en Europe (XVIe-XVIIe siècles) ». Il a participé en 1977 à la fondation de la Société internationale pour l’histoire de la rhétorique, et il l’a présidée en 1984-1985, organisant cette dernière année son 3e Congrès international à Tours. Directeur du Centre d’étude de la langue et de la littérature françaises des XVIIe et XVIIIe siècles (Paris-IV-C.N.R.S.) de 1984 à 1994. De 1993 à 1999, il a été président de l’Association pour la sauvegarde des enseignements littéraires (S.E.L.), fondée par Mme Jacqueline de Romilly. Il succède en octobre 2006 à M. le chancelier Gabriel de Broglie à la présidence de la Commission interministérielle de terminologie. Il a fondé et dirige l’Institut européen pour l'Histoire de la République des Lettres, hôte de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm.
Il a été visiting professor à All Souls College, Oxford, en 1983, et visiting fellow à l’Institute for Advanced Study de Princeton en 1984. Il a enseigné ou donné des conférences dans de nombreuses universités des États-Unis (notamment New York University, Columbia, Johns Hopkins, Harvard, Princeton, Houston, Los Angeles). Invité par le professeur Allan Bloom, il a prononcé une série de conférences dans le cadre du Committee for Social Thought de Chicago dont il est devenu membre, avec le statut de professeur at large de l'Université, où il a enseigné deux mois par an jusqu’en 2006. Il a été aussi invité à prononcer des conférences dans le cadre du Center for Advanced Study in the Visual Arts de la National Gallery de Washington, notamment dans le cadre de sa Fifteenth Anniversary Lecture Series. Il y est revenu en mars-avril 2000 pour prononcer les six Mellon Lectures de cette année-là. Il a prononcé la Cassal Lecture à l’université de Londres et la Zaharoff Lecture à l'université d’Oxford en 1991. Il donne chaque année en mai une série de conférences à l’Istituto di Studi Filosofici fondé et dirigé par M. Gerardo Marotta, et participe fréquemment aux congrès de la Fondation Cini à Venise. Il a été invité dans la plupart des universités italiennes. Il a été nommé docteur honoris causa de l'université de Naples (Federigo Secondo) en 1994, de l'université de Bologne en 1999, de l'université de Gênes en 2004, de l'université Complutense de Madrid en 2005 et son enseignement au Collège de France a été donné par deux fois dans des institutions italiennes : université de Rome en 1995-1996, École normale supérieure de Pise en 1999-2000. Il considère, depuis sa jeunesse, l’Italie comme sa seconde patrie, et il est fier d’y compter d’innombrables amis, au premier rang desquels le professeur Tullio Gregory, directeur honoraire de l’Istituto di storia della filosofia de l’université de Rome-La Sapienza. Il est membre de nombreuses sociétés savantes françaises et étrangères. Membre correspondant de la British Academy, membre de l'American Academy of Sciences, Letters and Arts, membre de l'American Philosophical Society de Philadelphie, membre de l'Accademia dei Lincei depuis 1997, il est président de la Société d’histoire littéraire de la France, succédant à René Pomeau. Il fait partie du conseil de rédaction de la Revue d'histoire littéraire de la France, et il collabore fréquemment à la Revue. Il donne régulièrement des articles à des quotidiens et des hebdomadaires français et étrangers. Il a reçu en 1982 le prix Monseigneur Marcel de l’Académie française et, en 1992, son prix de la Critique. Il a reçu le prix Balzan en septembre 2001, le prix du Mémorial et le prix Combourg en 2004.
L’Académie française l’a élu le 2 mars 1995, dans son 6e fauteuil où il succédait à Eugène Ionesco, où il a été reçu le 25 janvier 1996 par Jean-Denis Bredin. Il a été élu, en 1998, à l'Académie des inscriptions et belles-lettres au fauteuil laissé par Georges Duby.
Mort le 24 juin 2020 à Paris.
Œuvres
1980 L’Âge de l’éloquence. Rhétorique et « res literaria » de la Renaissance au seuil de l’époque classique (Droz)
1985 Présentation et commentaire de La Fontaine, Fables, Lettres françaises (Imprimerie nationale)
1989 L’inspiration du poète de Poussin. Essai sur l’allégorie du Parnasse - Catalogue de l’exposition. (Musée du Louvre)
1990 Héros et orateurs, Rhétorique et dramaturgie cornéliennes (Droz)
1990 « La période 1600-1630 », dans Précis de littérature française du XVIIe siècle - sous la direction de Jean Mesnard (PUF)
1991 L’État culturel, essai sur une religion moderne
1994 Trois institutions littéraires (Gallimard)
1994 La Diplomatie de l’esprit, de Montaigne à La Fontaine (Hermann)
1994 L’École du silence (Flammarion)
1996 Le Loisir lettré à l’âge classique (Droz)
1997 Le Poète et le Roi. Jean de La Fontaine en son siècle
1998 L’Art de la conversation - sous la direction de Marc Fumaroli, Anthologie de Jacqueline Hellegouarc’h (Garnier)
1999 Chateaubriand et les Arts, « Ut Pictura Poesis - : Chateaubriand et les Arts », recueil d’études, publié avec le soutien de la Fondation Singer-Polignac
1999 Histoire de la rhétorique dans l’Europe moderne - dirigé et préfacé par Marc Fumaroli (PUF)

2000 La Querelle des Anciens et des Modernes - précédé d’un essai "Les Abeilles et les Araignées" (Gallimard)
2000 L’Esprit de la société, Cercle et « salons » parisiens au XVIIIe siècle - sous la direction de Marc Fumaroli, Anthologie de Jacqueline Hellegouarc’h (Garnier)
2001 Quand l’Europe parlait français - Traduction américaine parue en 2011
2001 La Diplomatie de l’esprit (Gallimard)
2001 L’Art de persuader - de Pascal, précédé par L'Art de conférer, de Montaigne (préface de Marc Fumaroli) (Rivages)
2001 Poussin, Sainte Françoise Romaine
2002 Richelieu : l’Art et le pouvoir - sous la direction de Hilliard Todd Goldfarb (Musée des Beaux-Arts de Montréal)
2004 Chateaubriand. Poésie et Terreur - Traduction italienne paru en 2006
2006 Exercices de lecture de Rabelais à Paul Valéry (Gallimard)
2009 Paris-New-York et retour : voyage à travers les arts et les images - Traductions italienne et espagnole à paraître en 2011 (Flammarion)
2010 Amelot de la Houssaye, L’Homme de cour (Gallimard)
2012 Le livre des métaphores (Robert Laffont)
2013 Le Sablier renversé - Des Modernes aux Anciens (Gallimard)
2014 La Grandeur et la Grâce (Robert Laffont)
2015 La République des Lettres - Collection Bibliothèque des Histoires (Gallimard)
2015 Mundus muliebris. Elisabeth Vigée Le Brun, peintre de l’Ancien Régime Féminin (Éditions de Fallois)
2016 Le comte de Caylus et Edme Bouchardon. Deux réformateurs du goût sous Louis XV (Somogy)
2019 Partis pris - Littérature, esthétique, politique (Robert Laffont)
2019 Le Poète et l'Empereur & autres textes sur Chateaubriand (Les Belles lettres)
2019 Lire les arts dans l'Europe d'Ancien Régime (Gallimard)
Discours et travaux académiques
Académie française.
00:40 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hommage, marc fumaroli, académie française, histoire, querelle des anciens et des modernes |
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Black Lives Matter : comment les globalistes manipulent la question raciale
Par Pierre-Antoine Plaquevent
Pierre-Antoine Plaquevent est auteur et analyste politique. Ses travaux portent plus particulièrement sur les domaines du soft power et de l’infoguerre ainsi que sur ceux de la philosophie politique, de la géopolitique et de l’étude comparée des religions et des idéologies. Il est l’auteur de Soros et la société ouverte, métapolitique du globalisme (éd. Culture & Racines, 2020).
Strategika publie l’étude la plus complète à ce jour sur le sujet, réalisée par le spécialiste francophone des réseaux Soros. Cette étude traite des objectifs et de l’idéologie du mouvement et de ceux de ses soutiens financiers. L’auteur retrace l’ensemble des financements de Black Lives Matter par les plus grandes fondations de la finance cosmopolite et expose son agenda politique. Il détaille aussi les articulations entre BLM, les réseaux de l’extrême gauche radicale (qui lui donne sa capacité d’organisation et sa structuration politique) et l’oligarchie financière globaliste. Il replace cette mouvance dans la perspective plus large de l’analyse des coups d’États qui emploient la société civile pour faire tomber les régimes politiques qui résistent à l’agenda globaliste. Il s’agit ici de la lutte à mort pour l’hégémonie sur l’Occident entre deux orientations de société antagonistes : globalisme et occidentalisme. Une lutte dont l’issue s’avèrera déterminante pour le futur géopolitique de toute l’humanité.

Les origines de « Black lives matter »
Extrait : (…) C’est réellement durant les manifestations et les émeutes de Ferguson en 2014 et 2015 que le mouvement va prendre forme. Courant 2015, Back Lives Matter deviendra alors officiellement un mouvement de défense des droits civiques des américains d’ascendance africaine. Il existait à cette époque 23 sections locales du mouvement Black Lives Matter aux États-Unis, au Canada et au Ghana. Le mouvement a depuis essaimé en une multitude de groupes et de sous-groupes de « base » reliés à l’organisation mère. Un type de structuration habituelle pour ce genre d’organisations décentralisées dans leur fonctionnement mais tenues en leur épicentre par leur idéologie.
Les objectifs et l’idéologie de Black Lives Matter
Extrait : (…) Il s’agit pour ce type de structure d’encadrer strictement l’action et la parole publique en leur sein dans le sens de l’agenda des financiers de ces organisations communautaires. Organisations qui n’auraient jamais atteint l’importance médiatique et politique qui est la leur sans ces promoteurs. (…) Il ne s’agit pas ici de pousser à une amélioration objective des conditions de vie des populations afro-descendantes mais bien d’utiliser la force cinétique sociale des frustrations accumulées au sein d’une partie de ces populations afin de les utiliser comme une arme à destination contre le gouvernement Trump et plus largement contre les classes moyennes américaines qui ont porté Donald Trump au pouvoir.
Black Lives Matter et l’extrême gauche globaliste
(…) Les CV des cadres et fondateurs du groupe éclairent aussi le lien substantiel qui existe entre extrême-gauche radicale, mouvements communautaristes et financiers globalistes.
Cullors, Garza et Tometi ont toutes trois travaillé dans des mouvements affiliés au Freedom Road Socialist Organization (Organisation socialiste de la route vers la liberté), l’une des quatre plus grandes organisations de gauche radicale des États-Unis.
(…) Le FRSO appelle ouvertement ses adhérents et sympathisants à transformer les émeutes et rassemblements récents en révolution communiste américaine contemporaine :
« Freedom Road Socialist Organization est une organisation marxiste-léniniste. Nous sommes rouges et fiers de l’être. »

« Il est temps maintenant de rejoindre une organisation révolutionnaire ! Rejoignez l’organisation Freedom Road Socialist Organization … Si vous avez été dans la rue ces dernières semaines, il y a de fortes chances que vous ayez réfléchi à la différence entre le type de changement que ce système a à offrir et le type de changement dont ce pays a besoin. Le capitalisme est un système qui a échoué et qui prospère grâce à l’exploitation, l’inégalité et l’oppression. L’administration réactionnaire et raciste de Trump a aggravé la pandémie. La crise économique que nous traversons est la pire depuis les années 1930. Le capitalisme monopolistique est un système qui se meurt et nous devons l’aider à en finir. Et c’est exactement ce à quoi travaille l’organisation socialiste Freedom Road. »
De la lutte des classes à la lutte des races : la stratégie contemporaine du communisme 2.0
(…) « L’organisation socialiste Freedom Road qui appelle maintenant ouvertement à une révolution contre le capitalisme à la suite de l’assassinat de Floyd George a un autre levier d’action : « The Advancement Project », une association qui se décrit comme « une organisation de défense des droits civils multiraciaux de nouvelle génération ». Son conseil d’administration comprend un ancien directeur de « la sensibilisation des communautés » du département américain de l’éducation sous Barack Obama et un ancien assistant du procureur général pour les droits civils de Bill Clinton. En 2013, l’Advancement Project du FRSO a reçu des millions de la part de grandes fondations américaines exonérées d’impôts, dont Ford (8,5 millions de dollars), Kellogg (3 millions de dollars), la fondation Hewlett (2,5 millions de dollars), la fondation Rockefeller (2,5 millions de dollars) et les fondations Soros (8,6 millions de dollars). »
(…) Revenons-nous ici sur La Black Alliance for Just Immigration (BAJI) fondée en 2006 dirigé par une autre co-fondatrice de BLM née au Nigeria, Opal Tometi. Cette dernière association a perçu un financement significatif de 100 000 dollars de la part de l’Open Society Foundations de George Soros comme le révèlent des documents internes de l’OSF.

Des révolutionnaires professionnels salariés du globalisme financier
(…) L’appui de George Soros va s’avérer fondamental pour l’entreprise Black Lives Matter. Le Washington Times du 14 janvier 2015 rapportait ainsi : « Il y a un homme solitaire au centre financier du mouvement de protestation de Ferguson. (…) C’est le milliardaire libéral George Soros, qui a construit un empire commercial qui domine l’Europe de l’autre côté de l’océan tout en forgeant une machine politique alimentée par des fondations à but non lucratif qui a un impact sur la politique américaine, un peu comme ce qu’il a fait avec MoveOn.org. M. Soros a stimulé le mouvement de protestation Ferguson en finançant et en mobilisant des groupes à travers les États-Unis pendant des années, selon des entretiens avec des acteurs clés et des dossiers financiers examinés par le Washington Times. »
(…) En tout, M. Soros a donné au moins 33 millions de dollars en un an pour soutenir des groupes déjà établis qui ont encouragé la base et les activistes de terrain à Ferguson.
Black Lives Matter, une nouvelle technologie politique globaliste
(…) À bien des égards les événements en cours aux États-Unis rappellent la technique des révolutions colorées. Le symbole même du mouvement Black Lives Matter, un poing fermé, est le même que celui que l’on retrouve dans les mouvements prétendument spontanés qui prirent le leadership de la contestation dans la plupart des révolutions colorées dans le monde. Rappelons que ce symbole fût d’abord celui d’Otpor. Otpor qui signifie « résistance » en serbe est le nom de l’organisation militante qui a joué un rôle déterminant dans la chute du régime de Slobodan Milosevic en 2000 et qui a servi de modèle pour des opérations de changement de régime par société civile interposée partout dans le monde.
Black Lives Matter en France
(…) Le collectif Adama Traoré tentera par exemple de se greffer aux manifestations des gilets jaunes afin de communautariser et de gauchiser les revendications des manifestants. La porte-parole du comité, Assa Traoré (la demi-sœur du défunt) déclarait à l’époque : « On va prendre le terrain, on va pas laisser la place à tous ces fachos, à tous ces racistes … Tous ces Gilets jaunes fascistes et fachos qui ont depuis quelques semaines, quelques jours, des propos racistes. » ( …) Assa Traoré fût salariée de l’Œuvre de protection des enfants juifs-Baron Edmond de Rothschild (Opej) jusqu’en décembre 2019. Elle a milité pendant un an alors qu’elle était officiellement en arrêt maladie.

2020, année géopolitique charnière pour la révolution globaliste
L’année 2020 est une année géopolitique charnière, le globalisme politique ne peut se permettre une réélection de Donald Trump qui l’éloignerait encore plus de la possibilité de reprise de contrôle de la puissance géopolitique américaine. (…) Nous assistons à la lutte à mort pour l’hégémonie sur l’Occident entre deux orientations de société antagonistes. L’issue de cette lutte déterminera le futur géopolitique de toute l’humanité. Cela les globalistes le savent, ils ne peuvent pas se permettre de perdre.
00:36 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, black lives matter, globalisation, racisme |
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00:29 Publié dans Littérature, Révolution conservatrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philosophie, temps, lettres, lettres allemandes, littérature, littérature allemande, ernst jünger, allemagne, révolution conservatrice |
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Bientôt 10 ans (2011) qu’a eu lieu l’intervention franco-anglaise en Libye, dont les conséquences néfastes se font encore sentir. Outre le chaos libyen, c’est l’ensemble de la zone sahélienne qui a été perturbée et qui est déstabilisée du fait de la propagation de la révolte touareg à cet espace. Un temps on a pensé que le général Haftar allait gagner la mise en prenant le pouvoir d’une Libye fracturée entre est et ouest, Cyrénaïque et Tripolitaine, dans laquelle se sont affrontés de multiples groupes djihadistes et notamment Al-Qaïda et l’État islamique. L’irruption de la Turquie est en train de changer la donne en fragilisant un espace méditerranéen qui est proche du nôtre et donc dans la zone directe de notre souveraineté. De façon fort classique, ce qui se passe en Libye nous rappelle les luttes méditerranéennes de l’époque moderne : empire ottoman, Angleterre, France, Égypte, un monde arabe fragilisé, mais central et Chypre, acteur clef dans cette partie.
Une Libye détruite et instable
Depuis la chute de Kadhafi en 2011, la Libye s’est fracturée et s’est installée dans une guerre d’enlisement conduite par les différentes tribus, soutenues plus ou moins ouvertement par les Occidentaux. Les accords de Skhirat (2015) signés sous l’égide de l’ONU n’ont pas permis la réconciliation ni empêché l’affrontement de deux camps, qui correspond à une fracture historique de la Libye : Tripoli d’un côté, Benghazi de l’autre. La Russie a officiellement soutenu le gouvernement de Benghazi à l’automne 2018 afin de disposer d’une tête de pont en Méditerranée. Pour Vladimir Poutine, c’était un coup plutôt réussi : soutien à Assad en Syrie et soutien à Haftar en Libye, donc opposition au gouvernement de Tripoli reconnu par l’ONU. Cela signait le retour de la Russie en Méditerranée. Mais si en Syrie la situation a tourné en faveur d’Assad, en Libye Haftar n’a jamais réussi à prendre le contrôle de l’ouest du pays. Ce n’est pas faute d’engagement de la part de la Russie, qui a envoyé des avions de chasse et des soldats de la société militaire privée Wagner. Au total, Moscou a envoyé près de 2 000 hommes en Libye (Wagner + des miliciens de Syrie).



Certain de sa victoire, Haftar a dénoncé l’accord de Skhirat en avril 2019, lançant une vaste offensive contre Tripoli. Il a réussi à prendre une partie de la Tripolitaine et à contrôler les faubourgs de la ville, mais sans jamais pouvoir renverser le gouvernement ni asseoir sa domination. Le 21 décembre 2019, le parlement turc a ratifié un accord de soutien au gouvernement de Tripoli, s’opposant ainsi à Haftar et à ses alliés occidentaux, mais se plaçant du côté de l’ONU et de ses résolutions. Habile façon d’exercer sa puissance tout en restant derrière le bouclier du droit international. En dépit d’un soutien constant des Occidentaux et d’une aide militaire et financière, Haftar n’a jamais réussi à prendre Tripoli. L’offensive turque l’a chassé de terres qui n’étaient pas les siennes.
Le beau coup d’Ankara
L’intervention militaire d’Ankara qui a apporté son soutien au GNA (Gouvernement d’union nationale) a renversé la donne et a privé Haftar d’une victoire qui lui semblait acquise. Il y a un an, plus rien, sauf le temps, ne s’opposait à la prise de pouvoir du général Haftar qui contrôlant l’est de la Libye avançait vers Tripoli. Un temps qui lui fut fatal et qui a permis un renversement inattendu. Haftar est soutenu par l’Égypte, la France, l’Arabie Saoudite et la Russie. Moscou l’a reçu en visite officielle et a envoyé de nombreux soldats à ses côtés via une société militaire privée. Cette conjugaison des forces devait permettre la prise de Tripoli et le renversement de Fayez al-Sarraj, lié aux Frères musulmans.
Erdogan a pris sa revanche sur la Syrie où il a été doublé par les Russes. Il a soutenu al-Sarraj en lui fournissant des armes, des hommes (près de 7 000), des conseillers lui permettant de réaliser une contre-offensive audacieuse qui a fait perdre l’ensemble de ses conquêtes à Haftar. La défaite est telle que l’on voit mal comment il pourrait reprendre la main et comment il pourra justifier un nouveau soutien auprès de ses alliés. Désormais, c’est à Ankara que passe la résolution du conflit.
La réussite semble totale pour la Turquie. Elle double l’Égypte et s’érige en acteur principal en Afrique du Nord. Elle prend sa revanche sur sa déroute en Syrie en doublant les Russes. Elle s’installe sur la rive sud de la Méditerranée, repoussant les Français et les Anglais. Elle contrôle la zone maritime gazière autour de Chypre. En quelques mois, Ankara a engagé et gagné un bras de fer et s’est positionné comme un acteur majeur en Méditerranée. Jusqu’à présent, sa puissance était mineure et consistait à ouvrir ou fermer le robinet migratoire, exerçant de ce fait sa pression sur l’Europe. Désormais, elle a montré qu’elle était une vraie puissance militaire, capable de pensée et de stratégie, de projection de forces et de contrôle de la mer. Ce n’est plus une puissance mineure, tampon entre plusieurs mondes, mais une vraie et authentique puissance politique et militaire, qui a des ambitions et qui les exploite.
Le 4 juin dernier, le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj était reçu par le président Erdogan à Ankara, montrant ainsi aux yeux de tous les alliances et les connivences du jeu méditerranéen. Le contrôle de la Tripolitaine est désormais assuré, ce qui ne règle pas complètement la question libyenne et maintien la fracture territoriale et culturelle. Ankara réalise de plus un beau coup diplomatique puisque al-Sarrraj est le dirigeant officiel de la Libye, reconnu comme tel par l’ONU. La Turquie peut donc se prévaloir de faire respecter le droit international et de maintenir la légalité, contrairement à ceux qui soutiennent le général Haftar.
L’Europe dans l’embarras
L’Europe a provoqué une situation dont elle a perdu le contrôle. Lancée en 2011, pour les mêmes raisons que la guerre d’Irak de 2003, la Libye s’est révélée être un échec majeur. Kadhafi éliminé, c’est la route migratoire vers l’Europe qui s’est soudainement ouverte. Comme dans un Monopoly géopolitique, la Turquie contrôle désormais l’ensemble des routes migratoires : la route asiatique, qui passe par son pays, la route africaine, qui passe par la Libye. Il va devenir beaucoup plus aisé pour Ankara de faire pression sur l’Europe en utilisant le chantage migratoire et en menaçant d’ouvrir le robinet. Nous risquons de connaître une situation beaucoup plus tendue qu’en 2015, arrivant dans des pays désormais saturés. Qui du Sahel et de la bande touarègue ? Ankara va-t-elle intervenir également dans cet espace et déstabiliser une présence française déjà mal assurée ?

L’autre enjeu est énergétique. La Libye est le premier producteur africain de pétrole, devant le Nigéria et l’Algérie. Jusqu’à présent, les gisements étaient partagés entre Total et ENI. L’immixtion turque risque de changer la donne. L’enjeu majeur concerne le gaz de Méditerranée, au large de l’Égypte et de Chypre, un gisement dont les premières prospectives ont montré qu’il pouvait être l’un des plus importants au monde. L’accord conclu entre Erdogan et al-Sarraj prévoit que la Libye soutienne les prétentions turques à une extension de sa ZEE dans l’espace méditerranée. Les Européens vont pouvoir s’en vouloir de n’avoir jamais réellement cherché à régler la question chypriote, dont le nord est illégalement occupé par la Turquie depuis 1974. La Turquie, qui était depuis 1922 aux marges de l’Europe, se retrouve désormais en son cœur. Un siècle après la disparition de l’Empire ottoman, celui-ci ressurgit, sous une forme modernisée, mais non moins volontariste. C’est toute la pensée mentale européenne qu’il va falloir revoir : la notion d’intervention humanitaire (toujours un échec), le refus de la puissance, la minoration de la force militaire. Pendant longtemps ont a cru que la guerre opposerait des États à des tribus et qu’elle serait asymétrique. Voilà que ressurgit la guerre classique, celle qui oppose des États à des États, qui conduit à des combats en ville et à des contrôles de territoire. La vraie guerre en quelque sorte, intense, destructrice, qui nécessite une articulation entre stratégie et tactique. L’attaque de la frégate Courbet le 10 juin par un bateau de la marine turque illustre cet état de fait. Le contrôle de la mer est une nécessité, tout comme la préparation à la gestion de ce type d’agression. Le bateau français tentait d’intercepter un navire livrant des armes à Tripoli, probablement financé par la Turquie.
Reste à voir si Ankara pourra tenir longtemps sa position. La situation libyenne est très loin d’être réglée. Les beaux succès d’aujourd’hui ne signifient pas la victoire finale d’Ankara. Pour l’Europe, et surtout pour la France, cet affrontement est une chance : confronté au réel de l’affrontement, la direction militaire et politique va être contrainte de se renouveler et d’adapter son positionnement.
Jean-Baptiste Noé est docteur en histoire économique. Il est directeur d'Orbis. Ecole de géopolitique. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Géopolitique du Vatican. La puissance de l'influence (Puf, 2015), Le défi migratoire. L'Europe ébranlée (2016) et, récemment, un ouvrage consacré à la Monarchie de Juillet : La parenthèse libérale. Dix-huit années qui ont changé la France (2018).
00:18 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique internationale, actualité, méditerranée, libye, turquie, afrique du nord, monde arabe, monde arabo-musulman, pétrole, hydrocarbures, afrique, affaires africaines |
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Par Hadrien Desuin*
Ex: https://geopragma.fr
La France multiplie les effets d’annonce en faveur de “l’Europe de la défense” sans pouvoir masquer sa dépendance à l’OTAN.
Quelques jours avant le sommet de Londres, les 3 et 4 décembre 2019, un entretien présidentiel publié dans l’hebdomadaire britannique The Economist met le feu aux poudres. En qualifiant l’OTAN d’organisation “en état de mort cérébrale“, Emmanuel Macron vole la vedette à Donald Trump, pourtant habitué à ce type de sortie fracassante. Son duel à fleuret moucheté avec le président turc et membre de l’OTAN, Erdogan, se poursuit en juin 2020, sur fond de guerre civile libyenne, lors de la venue à Paris du président tunisien, Kais Saied. Quelques jours plus tôt, la flotte turque a menacé une frégate française envoyée par l’OTAN au large des côtes libyennes. Washington n’a pas condamné la Turquie et l’OTAN a prudemment demandé une enquête, renvoyant dos à dos Turcs et Français. Ce camouflet illustre la marginalisation de la France dans l’alliance atlantique et justifie a posteriori ses doléances exprimées à Londres: une Europe de la défense indépendante de la tutelle américaine, moins complaisante vis-à-vis de la Turquie et moins obnubilée par la menace russe.Entre temps, Jens Stoltenberg, le secrétaire général norvégien de l’OTAN, est venu à l’Elysée demander des explications: « Nous avons besoin d’une structure de commandement forte et compétente, pas de diviser les ressources en deux ». Il serait selon lui « dénué de sens de permettre à l’OTAN et à l’Union européenne de rivaliser ». Nicole Bacharan, figure de la French-American Foundation, souvent critique du président Trump, sait mettre de l’eau dans son vin quand c’est nécessaire: « Sur le fond Trump a raison, c’est irréaliste de penser qu’une armée européenne pourrait se passer des États-Unis ». Angela Merkel a certes tenté une synthèse: « il ne s’agit pas d’une armée contre l’OTAN, bien au contraire ! Cela peut être une armée qui complétera l’OTAN de façon très utile, sans remettre ce lien en cause »; Vladimir Poutine est finalement le seul à voir dans une « une armée européenne : un processus positif pour le renforcement du monde multipolaire ».
La roue de secours de l’OTAN ?
En réalité, les malentendus entre l’OTAN et les projets d’armée européenne ou d’Europe de la Défense ne datent pas d’aujourd’hui. Après deux guerres mondiales Britanniques et Français sont traumatisés par l’engagement tardif des Américains contre l’Allemagne. Dès le 5 mars 1946, dans un discours resté fameux à Fulton, Winston Churchill s’alarme du “rideau de fer descendu à travers le continent, de Stettin dans la Baltique à Trieste sur l’Adriatique.” Suivront en 1947, la doctrine Truman et le plan Marshall mais aussi le traité franco-britannique de Dunkerque, signé le 4 mars, dans une ville ô combien symbolique. Un an plus tard, à Bruxelles, le traité bilatéral franco-britannique s’élargit au Benelux. Son article 5 prévoit une assistance mutuelle en cas d’agression extérieure. L’Europe de la défense ne va toutefois durer qu’un an. En 1949, avec le traité de Washington, les dispositions du traité de Bruxelles sont vidées de leurs substances et mis en sommeil. Washington, qui planifie une guerre imminente contre l’URSS, au vu de ce qui se passe au même moment en Corée, prend directement les commandes. Bien loin d’être concurrents, les deux projets militaires, OTAN et Europe de la défense apparaissent dès l’origine complémentaires dans la mesure où la dernière sert de palliatif ou de plan B, pour encourager ou suppléer une puissance américaine parfois hésitante. En 1954, lorsque Jean Monnet échoue de peu à fonder la CED (communauté européenne de Défense), l’Union de l’Europe occidentale (UEO) réactive le traité de Bruxelles et puis sombre à nouveau dans l’oubli.
35 ans plus tard, la guerre froide s’achève sur une victoire de l’OTAN par abandon des soviétiques. La paix européenne présuppose la réintégration de la Russie dans le concert européen mais la chose est impensable pour Washington. Les structures otaniennes diminuent leur empreinte au sol mais s’élargissent vers l’est. Les Européens, et singulièrement la France, tentent dans le même temps une relance de l’Union de l’Europe Occidentale, “troisième pilier du traité de Maastricht”.
Dans les faits, malgré l’implosion yougoslave et l’intervention tardive des Etats-Unis (accords de Dayton puis occupation du Kosovo), les nations européennes se sont empressées d’ “engranger les dividendes de la paix“. Formule prononcée par Laurent Fabius dès le 10 juin 1990 et symptomatique d’une vision économique du monde. La plupart des armées européennes se contentent des missions dites de Petersberg, du nom de la déclaration de l’UEO, faite à l’hôtel éponyme sur les hauteurs de Bonn en 1992. Missions “civilo-militaires” de formation, de coopération ou d’interposition dont les contours politiques s’avèrent assez flous. Il faut “gagner la paix” et non plus “faire la guerre”. Il y a une “division du travail entre les États-Unis, qui “faisaient le dîner”, et les Européens, qui “faisaient la vaisselle” ironise Robert Kagan dans un article dePolicy Review publié en 2002 et destiné à préparer l’opinion à la guerre en Irak. Article qui sera à l’origine de son ouvrage majeur, La puissance et la faiblesse. Pour Kagan, l’Europe s’apparente à Vénus, déesse de l’amour, tandis que Mars, dieu de la guerre, inspire l’Amérique. Autrement dit, l’armée américaine détruit l’ennemi et les Européens réparent les dégâts.
La PESD (Politique Européenne de Sécurité et de Défense), héritière de l’UEO n’a jamais pu se substituer à l’armée américaine en Europe. Dans les accords de “Berlin +”, la condition pour que l’UE bénéficie des moyens de l’OTAN est que celle-ci ne soit pas engagée. La mission judiciaire et policière EULEX Kosovo n’a, par exemple, pas d’accord de partenariat avec la KFOR. Cet accord est aujourd’hui verrouillé par la Turquie qui fait payer aux Européens, via l’OTAN, sa non adhésion à l’UE.
L’Europe de la Défense portée disparue
Certes la France et le Royaume-Uni tentent de conserver une capacité de projection et d’intervention “en premier” sur un théâtre d’opération. Ce sont les deux “nations-cadres” qui peuvent encore agir en autonomie ou diriger une coalition. Pour le reste, c’est le désarmement général: les crédits de défense dépassent péniblement les 1% du PIB. Le nombre de soldats et de régiments est divisé par deux ou trois en 30 ans. Dans son discours sur “l’État de l’Union” du 14 septembre 2016, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker a dévoilé un projet de “corps européen de solidarité” où les jeunes pourront servir les autorités nationales et locales mais aussi les ONG et les entreprises… Avec le Brexit, certains ont cru qu’il n’y avait plus d’obstacle à une Europe de la Défense. C’est méconnaître le tropisme atlantiste des pays d’Europe centrale, du nord et même du sud. Même la France a très tôt réaffirmé son étroite collaboration militaire avec le Royaume-Uni à l’occasion du sommet de Sandhurst en janvier 2018 et lors de l’exercice naval Griffin strike en Ecosse en octobre 2019. En théorie, la France a pu apparaître comme la dernière nation, avec peut-être la Belgique et le Luxembourg, à croire encore à l’Europe de la Défense. Mais en 2009, la France est rentrée dans le giron de l’OTAN et le fond européen de défense qu’elle a péniblement obtenu d’Angela Merkel pourra d’ailleurs servir à l’achat d’équipement militaire non-européen, signe de la dépendance américaine de l’Europe de la défense.
Les administrations américaines successives appellent de leur côté les nations européennes de l’OTAN à stopper l’hémorragie budgétaire. 70% de la défense européenne est en effet assurée par les États-Unis et les états-majors de l’OTAN sont pléthoriques. On comprend que Donald Trump ait menacé de se retirer pour obtenir une meilleure répartition financière. Mais cette confortable réticence européenne peut s’expliquer. D’une pierre deux coups; cet effort européen permet à l’armée américaine de financer son propre réarmement. Et l’Europe, en première ligne, sert de tête de pont à la défense américaine. La mise en place en Europe du bouclier antimissile face à la Russie coûte par exemple très cher et c’est l’industrie américaine (Raytheon) qui en bénéficie en très grande partie. Une base navale en Espagne, un centre de commandement en Allemagne et deux bases de lancements en Pologne et en Bulgarie, sans compter le coût du système d’arme. Voilà pourquoi, l’achat de système de défense anti-missile russe S-400 par la Turquie a suscité plus de colère et de frayeur à Washington que les protestations françaises face à l’intervention militaire de Erdogan en Libye et en Syrie.
*Hadrien Desuin, chercheur associé à GEOPRAGMA
09:52 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Défense, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique internationale, géopolitique, europe, union européenne, affaires européennes, défense |
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